‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 26 sur 98 · S' ATTACHE \V NOM DBS COMTES BB MANS · texte numérisé non relu

S' ATTACHE \V NOM DBS COMTES BB MANS

« fbld ; d'un autre côté, aucun édifice ne «peut les recevoir, et quand même il se « présenterait un lieu capable de les conte- « nir, comment espérer de les placer conve- « noblement, et de pourvoir à des dépenses « dont l'objet n'en serait pas digne !

« Je viens en conséquence, prier Votre «Excellence de bien vouloir prononcer « sur l'emploi ultérieur de ces statues qui, « sous tous les rapports paraîtraient nepou- « voir être consacrées à un meilleur usage, « qu'au service de l'Eglise, en les converti tissant en cloches.

« Je prie » etc. « Le Gouverneur » Signé : « Willmar. »

Ce rapport foudroyant pour les pauvres, statues , et qui en réalité était immensément éloigné de Ja vérité ne pouvait être ■ suivi que de l'autorisation si ardemment poursuivie. L'arrêt de destruction fut prononcée à Bruxelles, le 6 mai 1819, et porte en termes textuels : « Il a été résolu « d'autoriser par le présent Monsieur le « Gouverneur du Grand-Duché de Luxem- « bourg, à faire donner aux statues dont « il s'agit, l'emploi pour lequel elles ont « été concédées à la fabrique de V Eglise « de St. Pierre. » Et cet emploi consistaitil à les détruire , ou bien à les exposer

«Objet:

« Statues de Mansfeld

aux regards du public auquel elles faisaient plaisir?

Ce fut sans doute un jour de fétc pour ceux qui avaient tramé Je complot lorsque cette décision arriva à Luxembourg.

Le 14 mai, c'est-à-dire huit jours après que la résolution avait été prise à Bruxelles, le Gouverneur Willmar écrivit au vicairegénéral de Neunheuser pour la lui annoncer. Voici la lettre:

« 3» Division Luxembourg, le 1 4

mai 1819.

« A Monsieur le Vicaire - Général du Grand-Duché de Lu- «N* «338. An 1819. xembourg.

« Monsieur le Vicaire-général ,

« Pow* m'avez , dans le temps , fait « l'honneur de tn1 in former que les statues a en bronze du comte de Mansfeld et de « ses deux épouses avaient été mises à votre « disposition, pour sbryir a la fonte de « nouvelles cloches , mais que divers « obstacles s'étaient opposés à l'exécution «de ce projet; que, néanmoins, ces staatues n'étant d'aucune valeur ni comme «monument des arts ni comme monument « historique, il serait d'autant plus urgent « de leur donner la destination précitée, «que déjà elles ont été dégradées dans «plusieurs de leurs parties.

«J'ai soumis à Son Excellence le « Ministre de l'Instruction publique , de « l'Industrie nationale et des Colonies, un « rapport sur cet objet, et Son Excellence «accueillant mes propositions, vient de « décider par arrêté dont vous trouverez « ci-joint expédition , que ces trois statues « seraient concédées à la fabrique de » l'Eglise de St. Pierre pour l'emploi préci cité.

« En conséquence, Monsieur le Vicaire- « Général, je les mets à votre disposition, «vous laissant le soin d'exécuter les intentions de Son Excellence le ministre.

« Agréez etc. « Le Gouverneur : » Signé: «Willmar. »

Les dispositions pour la destruction furent prises immédiatement, et le jour pour l'exécution fut fixé au 22 du même mois de mai : elle fut consommée en trois fois vingt-quatre heures.

Nous croyons pouvoir nous taire ici sur les épisodes qui accompagnèrent cette exécution et qui la suivirent, d'abord parce que nous ne rapportons que l'historique du sort des statues mêmes ; ensuite, parce que pour couvrir la turpitude de cet acte du plus ignare vandalisme ses auteurs ont cru devoir tout employer, déclarations sous serment, actes notariés, délibérations du conseil de fabrique, etc., qu'ils ont envoyés à Bruxelles, et sur la production desquels le gouvernement général a dû les croire parce qu'il ne devait pas soupçonner seulement qu'ils ne fussent pas l'expression de la vérité. Et cependant!!! .... Le ministre de l'Instruction publique s'est bien déclaré satisfait de ces preuves, fournies en réponse aux réclamations qui lui avaient été adressées de Luxembourg par des personnages très notables et très dignes de foi, an sujet de cette destruction qui avait été négociée dans l'ombre puisque les démarches préliminaires de même que la décision qui les a suivie ne furent connues du public que quand ont retenti les coups des marteaux inconoclastcs. Mais le Directeur général des affaires du culte catholique ne s'en est pas tenu pour content, puisque sur de nouvelles réclamations, venues de bonne source, dit-il, il a demandé un nouveau rapport au Gouverneur, lequel rapport à rédiger alors seulement qu'il aurait eu, par lui-même entendu les dépositions des témoins que le directeur dénommait. Il demandait en outre une copie de l'arrêté du préfet français qui devait avoir abandonné ce monument pour le briser et

KM FAIRE FONDRE DES CLOCHES, parce que

sans doute ce haut dignitaire commençait à douter de celte assertion qui en effet n'avait été qu'un mensonge. Sa lettre du 28 juillet 1819 resta sans réponse comme vraisemblablement aussi son rappel du 4 novembre suivant, N° 3927, Indivision;

du moins nous n'avons trouvé aux archives du gouvernement aucune trace de la minute d'une réponse. Et en effet, quelle réponse y donner ? on n'aurait pu fournir qu'un arrêté qui autorisait le dépôt du monument dans l'intérieur de l'église de St. Pierre afin de l'exposer aux yeux des citoyens et avec la réserve expresse qu'il demeurerait à la disposition du gouvernement; parce que, comme disait le préfet Jourdao dans sa dépêche du 24 mai 1811 au ministre de l'Intérieur de France : te Mansfeld, sans être un objet de fanatisme, faisait plaisir aux citoyens du Pays .... Il avait pris celte résolution, pour la satisfaction du public, non afin de le faire briser pour en fondre des cloches. Et du reste, à quoi aurait pu servir une réponse, le monument historique tant aimé des Luxembourgeois était brisé , il était irréparablement perdu pour le Pays ! Le parti le plus prudent a donc été de traîner la chose jusqu'à ce qu'elle fût oubliée au Gouvernement de Bruxelles ; car on savait bien qu'à Luxembourg le prestige qui entourait l'autorité civile et ecclésiastique ferait taire les réclamations qui devaient d'ailleurs paraître désormais inutiles. Et aujourd'hui, comme l'a dit avec infiniment de tact, M. le Directeur Muller dans le Programme de l'Athénée de Luxembourg pour l'année 1837-38, aujourd'hui les cloches de Notre-Dame sonnent tous les jours le glas funèbre d'un des derniers de nos plus vénérables monuments nationaux, qui fut mutilé, brisé et détruit à l'instigation d'un homme vertueux, tout le monde aime à en convenir , mais qui avait pour un moment oublié les beaux • souvenirs historiques qui se rattachent au vaillant gouverneur.

Après avoir péniblement esquissé la profanation des restes mortels d'une des premières de nos illustrations nationales, ainsi que le sort de son monument funéraire qui retraçait si bien sa grandeur et rappelait ses vertus avec ses bienfaits, nous revenons à sa personne.

Le Comte-Prince Pierre-Ernest de Mans-

felt avait la taille haute et majestueuse, le visage long, le teint fleuri, l'œil vif et hardi mais sévère, le menton un peu retroussé, la barbe en pointe, les cheveux noirs ne lui descendant que jusqu'aux oreilles, selon la mode de son époque.

Outre ses grands talents comme guerrier Mansfèlt doit être cite comme savant, mais surtout comme un des plus grands amateurs des arts qu'il protégeait d'une manière éclairée , et des antiquités , témoin les dépenses énormes qu'il a dû faire pour réunir dans son palais et ses jardins tous les monuments romains qu'il lui a été possible de recueillir dans le pays. Mais par contre nous devons lui adresser à cet égard un reproche que nous croyons fondé : en transplantant ainsi les débris des âges anciens il leur Atait une partie de leur valeur. C'est ainsi que dans sa manie de colliger il avait entr autres fait faire des essais pour enlever l'obélisque d'Fgel : Ses manœuvres téméraires pour exécuter ce projet ont môme été une des grandes causes, dit-on, de la détérioration de ce chef-d'œuvre de l'art des plus beaux siècles; et nous sommes heureux encore qu'Alexandre et Guillaume les frères de Wiltheim aient vécu à l'époque où ces antiques étaient encore entiers , pour pouvoir nous en laisser la description dans leurs savants ouvrages.

Mansfèlt avait eu deux épouses légitimes successives , non à la fois comme le vulgaire l'a cru parce que ses deux femmes se trouvaient placées à ses c<Mês sur son mausolée. Cette circonstance avait môme fait naître le conte populaire qui se débitait et se débite peut-être encore, qn'il était marié lorsqu'il accompagna l'Empereur Charles-Quint a l'expédition de Tunis où il aurait été fait prisonnier, puis délivré par une princesse tunisienne qui aurait mis pour condition à celtedélivrance, que le prisonnier l'épouserait. On ajoutait que , fidèle à sa parole donnée , il aurait à son retour et avec la dispense du Pape, pris cette seconde femme en légitime mariage après qu'elle serait fait baptiser,

et que les deux comtesses auraient constant- * ment vécu en parfaite intelligence. Cette fable , qui ressemble de loin à une légende analogue qui est racontée sur le compte de Gilles de Trazegnies, n'a pas besoin d'être réfutée quand on possède les faits que nous allons rapporter.

Marguerite, fille de Renard III Baron de Brederode et de Philippine de La Marck , première femme de Pierre-Ernest de Mansfèlt, fut unie à ce comte en 1546. Cette dame mourut en 1556 pendant la captivifé de son mari en France. Elle lui avait donné deux fils et une fille : a. Philippe , comte de Mansfèlt qui fut vicomte de Gand , puis de Kiszbourg , et malheureusement tué à Bruxelles en 1575 dans une querelle à la suite d'un banquet. 6. Philippe-Octavicn , plus particulièrement connu sous le dernier de ces deux noms et auquel nous consacrerons un article a part. e. Marguerite, mariée à Réné de Châlons et morte peu de temps après. — Ce mariage avait été conclu contre le gré de Mansfèlt. — Nous différons ici beaucoup du sentiment de plusieurs auteurs qui font naître du premier mariage légitime du comte Pierre-Ernest de Mansfèlt le prince Charles auquel nous avons consacré un article. Les mêmes auteurs prétendent aussi que Marguerite de Mansfèlt a été l'épouse de Palame ou Palamède de Châlons , fils naturel de Réné que nous reconnaissons pour le mari de cette dame:

Nous avons été conduit à ces résultats , que nous donnons pour positivement établis , par les recherches minutieuses que nous avons faites aux différentes sources que nous citerons à la fin de celte notice.

Mansfèlt avait épousé en secondes noces en 1562, Marie de Montmorency, fille de Joseph de Montmorency, comte de Nevele, et sœur du célèbre comte de Homes.

Celle dame, qui était veuve de Charles II comte de Lalaing, mourut à Luxembourg le 5 août , non février 1 570. De ce mariage sont nés plusieurs enfants: d. Frédéric , mort à Boulogne , avant son père. e. Renaud , f. Christierne , g. Philippe ,

h. Polixène et ». Ockive-Sigismond-Auguste , sur lesquels nous n'avons découvert aucune particularité si ce n'est qu'ils moururent tous avant leur père. Et finalement : 7. Une fille du nom de Dorothée , qui fut mariée à François de Verdugo (v. son art.).

Outre ces enfants légitimes Mansfelt a eu plusieurs bâtards , dont trois , Ernest, Anne, (dont le sort nous est resté inconnu,) et Charles ont été procréés d'Anne Benzeradt, alors qu'encore leur père était très jeune , ayant à peine dépassé les vingt et quelques années , puisque le 3e est né déjà en 1543. Nous parlons dans des notices séparées d'Ernest de Mansfelt , qui , tout grand capitaine qu'il a été, s'est acquis une triste célébrité par les embarras qu'il a suscités à ses souverains légitimes ; ainsi que de Charles de Mansfelt , le héros de Strigonie. Outre ces trois enfants naturels dont nous sommes parvenu à dénommer la mère unique , le Prince- Comte de Mansfelt a laissé un autre fils illégitime , nommé Charles , comme son frère plus âgé , et qui a également son article. Finalement les registres de baptême de la ville de Luxembourg rapportent un acte curieux sous plus d'un rapport et que nous nous croyons en devoir de transcrire ici à cause de sa singularité : « 1 3 septembre. 1603. Baptisa lus fuit Philippus, « ut dicebatur, nectamen ab omnibus cre- « debatur , filins illcgitimus illustris prin- « cipis et comilis Pétri Mansfeldii Guber- « natoris Luxemburgensis et coneuhina?

« ejus procacis Catharina?. Pa tri mis Jacob << Schrciner bey den Knodeler , dicti scorti « hospes , matrina Anna filia Theodori Sit- « tart. Bonus princeps , ùt dicebatur , oc- « tuagesimum excesserat a?tatis annum , « debiiis valde erat in lumbis , attainen «a scorlo persuasus , patrem se putabat. »

Quoiqu'il en soit , et nous devons le dire pour rester dans la vérité , l'Histoire ni la chronique n'ont révélé aucun fait qui eût pu ternir la fidélité conjugale de Mansfelt pendant ses deux mariages.

Scn**«iT. Histoire du Comte de Hantfeld. — Viri illu.trc», II, V M3. - Bulletins dr l'Académie de

Brosellei, VIII. N» 1, p. 08.- G*tmt«, Helden Lexicon, 1018. aqqq.— Iloaaaaa, Gcnealogiaebe Tabelle», II, 543.— laaorr. Notitia aacri Romani Im prrii procerum. lib V. c. XII. j. 8 p. 470 - W«w»i. m manuscrit*, paiaim - Gâtât*, Adel* Lexicon, II. 6ra. «qqq -8t«»d», dr bel la Bclgieo. — ManuaeriU du curé Weltc*. — Da Fcusa, Dictionnaire btstorique, lilt. M. — 1Vit.oai.nc* a Wilt- HEia. Disquuit. antiquar. bulor. lutemburg.. II, c. IV, §. 5 et « ; c. V. §. I ad 0. - Saiono 8»..

Eqnea aurri velieria , ad vitam et rea pra>. clarè gctta* Pétri Ernetli Principi* et Comitii Min»leldia», 1003, ia 4°. — IliataoLtr, IV, 448, étante textom, XXVI; T. VIII, 28 »q . 160 et 178.— D. Calbct Bibliotb Lorr. — Montai, V. 80. - Dca- .ai». 73, 116. 191 «j, 104. iq. -Lacer. Annale* cit. et relig. d'Yvoit-Cariguan, 110, 121. 333. 330 aq — Converaationi-Lexieon, 1840, II, 1040. —Mémoire mtert. atlriboé au P. BoaAvawroat, et intitulé : Province et ville de Luxembourg.— Lea Déliera de* Paya-Daa. pauia. — MviLta, Programme de l'Atbé née, 1838. 22, aq. - NtTts. Ilùtoire de Vianden, IUÎ), aq , et 103 «q. — Arcbif ea du Grand-Ducbé de Luxembourg, doaaier auacrit : Mnusolce et statues du Comte Pierre-Erncct de Mantfeld, dan* sue cbapellr joignant t'églue dea récollcta a Luxembourg. - Cotra- Tia. Encyclopédie moderne, XV, 103. — Habavi. Annale» ducum Rrabantie, T. III, paaaim. — XVrt- TaaaAcai. Le* aotiquitéa romaine* de la vallée de la Moiellc. 02 , note. — Publicationa de la 8ocirté ar ebéologique de Luxembourg, II, 20, K» 4

MANSFELT , Philippe-Ociavien , comte de , était fils de Pierre-Ernest (v. son art.) comte et prince de Mansfelt et de Marguerite de Brederode , sa première femme. Le manuscrit des Viri illustres renferme sur ce personnage la notice suivante :

«1587. Octavianus Cornes Mansfeldia*, « Petri-Ernesti filius aller , Luxemburgen- « sis , oceuhuit fortiler pugnaus aggredien- «do Crevecœur «d «Neomagum. Sepultus « cum pâtre. »

Il devait être né lorsque son père fut assiégé dans Yvois,en 1552, puisque, emmené prisonnier à la suite de la prise de cette ville , celui-ci trouva sa femme morte à son retour de la captivité, en

Oclavien de Mansfelt suivit la carrière des armes comme son père et son frère aîné , et se distingua par son courage dans les rangs de l'armée espagnole. Ayant suivi Alexandre Farnèse au siège de knodsembourg vis-à-vis de Nimègue il y fit des actions d'une valeur héroïque et fut tué

ao mois de juillet 1591, avec deux cents hommes qu'il commandait à l'assaut qui fut donné à ce fort. Son père fit embaumer son corps qui fut ramené à Luxembourg et inhumé dans le caveau de sa famille, aux Récollets.

Viri illuitrn. II, N» I4G.-Sc««***t, Uiiloire du co«tc de Muufelt. - M«r.i, V, 06.

MANTERNACH, Mathieu, est né à Larochette, le treize thermidor an XIII (1" août 1805) , de parents peu favorises de la fortune. Son père , petit drapier, se nommait Georges et sa mère Madelaine Àdehm. Déjà pendant sa première enfance on remarquait en lui des talents innés, joints à d'heureuses dispositions pour l'étude.

Le vénérable vicaire-général de Neunbeuser (v. son art.) ayant appris à le connaître pendant une visite qu'il avait faite à sa soeur , Madame Heuardt qui résidait à Larochette , le prit bientôt en affection et voulut être son Mécène. Le jeune Manternach n'avait que treize ans lorsqu'il fut admis à l'Athénée de Luxembourg où il fut constamment compté parroi les meilleurs élèves. Déjà alors il se distinguait entre tous par celte bonté de coeur et par cette douceur de caractère qui le firent chérir par ceux qui ont eu des relations avec lui.

Après avoir achevé ses cours d'humanités il passa au séminaire épiscopal de Namur et fut ordonné prêtre le 21 mai 1828 à Munster en Westphalie, le siège de Namur étant pour lors vacant. Déjà au mois de juin de la même année le vicaire-général de Neunheuser , jaloux d'avoir son protégé auprès de lui, jaloux aussi de le guider de ses conseils dès les premiers pas qu'il faisait dans le saintministère , le fit nommer vicaire à la paroisse de Saint Pierre à Luxembourg, dont il était curé titulaire : Manternach ne fut pas indigne de son protecteur. Le jeune ecclésiastique se fit bientôt remarquer par toutes les belles qualités qui peuvent orner le vrai ministre des autels et révéla

surtout son talent oratoire par plusieurs sermons qui furent très remarqués ; notamment le superbe panégyrique qu'il fit de son bienfaiteur que la mort vint enlever à lui et au pavs , au mois de juillet

Déjà alors il s'était gagné tous les cœurs, non seulement dans sa paroisse mais aussi dans la ville entière. 11 serait du reste difficile de dire par quoi ce digne prêtre a le plus captivé les hommes ; si c'était par cette onction toute évangélique avec laquelle il savait prêcher les vérités les plus austères de la religion , ou bien par cette candeur extrême , cette modestie si sincère qu'on remarquait dans tout son être; si c'était par cette bienveillance au-delà de toute expression qu'il portait peinte sur sa figure , ou bien par cette retenue qui sied «i bien au disciple du Christ; ou bien enfin, par cette abnégation si entière de soi-même toutes les fois qu'il s'agissait de porter les secours et les consolations de la religion aux malades ou de soulager l'infortune ou l'indigence. On se rappellera pendant longtemps encore à Luxembourg , parce que les parents le rediront à leurs enfants lorsqu'ils voudront dépeindre un bon prêtre, on se rappellera encore longtemps disons-nous, le dévouement évangélique de Manternach pendant les ravages du choléra en 1832, en visitant les hôpitaux et pénétrant dans les réduits les plus obscurs comme les plus misérables pour y répandre à pleines mains le baume de la consolation et de la confiance en Dieu , comme les secours les plus désintéressés de la charité.

Nommé la même année 1832 membre de la commission des écoles urbaines il en devint bientôt un des collaborateurs les plus actifs comme les plus intelligents et les plus indispensables , en même temps qu'il fut le véritable ami des instituteurs et des enfants auxquels il voua ses plus tendres soins comme son plus incessante sollicitude , à tel peint que la gratitude publique le nomma Manternach l'ami des enfants, surnom qui lui restera tant que

son soutenir subsistera. Les écoles des enfants pauvres fixèrent particulièrement son attention : Il fut un des fondateurs et des plus fermes appuis de l'école-ouvrière de S" Sophie pour les tilles indigentes; et ce fut encore lui qui conçut en 1839 la belle idée de célébrer la fête du Souverain par la formation d'une souscription dont le produit devait être destiné à constituer un semblable établissement pour les garçons pauvres.

En 1833 le gouvernement, jaloux d'encourager cet homme de mérite , lui proposa d'aller suivre les cours de théologie dans quelques universités allemandes et de se familiariser en même temps avec le système des écoles primaires de ce pays. A cette fin il lui fut alloué pour le terme de deux ans une somme de douze cents florins des Pays-Bas. Manternacb, toujours avide d étendre le cercle de ses connaissauces, accepta celte offre qui ne pouvait que l'honorer; il quitta le pays au mois de novembre. Après avoir successivement entendu les leçons aux Universités de Tubingen et de Munich il lit plusieurs voyages spéciaux dans le but d'étudier également l'organisation de renseignement primaire , et revint riche de science et d'une expérience dont son pays devait un jour profiter. Il fut accueilli avec un véritable enthousiasme ; et quoiqu'il pùt prétendre à une place éminente , il ne dédaigna pas de rentrer dans l'humble poste de vicaire de l'église de Saint-Pierre qu'il s'était réservé avant son départ. Infatigable dans 1 ; saint ministère il ne le fut pas moins dans l'administration des écoles de la ville et dans celle du bureau de bienfaisance dont il venait d'être nommé membre.

Au mois de septembre 1839 il quitta la maison curiale pour entrer à l'Athénée en qualité d'aumonier et de professeur de la religion catholique romaine dans cet établissement. Jamais nomination fut plus favorablement accueillie , parce que Manlernacli avait su d'avance se gagner tous 1rs esprits: ses leçons furent écoutées avec plaisir el ses préceptes suivis avec

une consciencieuse exactitude dont du reste il donnait l'exemple. Enfin , par arrêté royal du 19 février 1840 il fut élevé au poste éminent de Conseiller supérieur des écoles , et resta en même temps chargé de son cours à l'Athénée. Personne ne convenait mieux pour ces fonctions ; mais malheureusement ces dernières ne convenaient pas pour lui : doué d'une organisation éminemment sensible il prenait trop à cœur les contrariétés que l'administration rencontre à chaque pas. Cependant il ne recula jamais devant aucune difficulté pourvu qu'il eût conservé l'espoir de pouvoir la vaincre. Plein de zèle et de dévouement que Guillaume 11 , ce monarque si sage sut apprécier et voulut récompenser en lui conférant en 184^ les insignes de Tordre luxembourgeois de la couronne de chêne , il passait souvent des semaines entières sans goûter une seule fois le repos du sommeil , parce que tout était à faire alors, tout à organiser dans sa branche de service , et qu'il avait hâte de faire jouir le plutôt possible sa patrie du bien qu'il se proposait de lui procurer. Ce travail excessif ne tarda pas à miner sa santé qui , quoique robuste , ne pouvait pas supporter une contention si longtemps prolongée et sans relâche aucun. Il finit même par développer dans celte âme irnpressionabte le germe de l'affection qui enleva Manternach au Pays et à l'Eglise , à l'âge de 38 ans, le 24 février 1843.

Lorsqu'il se sentit malade il voulut , suivant le conseil de ses médecins , faire trêve à ses travaux excessifs. Dans ce dessein il se fit conduire chez un de ses amis, M. Wolff, le digne enré de Conlern , village à deux lieux de la ville , afin d'y être plus tranquille et loin de ses» dossiers , comme il disait ; il y mourut peu de jours après à deux heures du malin, de la mort des justes, en prononçant la prière du sauveur expirant sur la croix : « In manus tuas Domine com- « mendo spiritum meum. » Quelques jours avant sa mort il s'était fait administrer les derniers sacrements de l'Eglise qu'il

reçut avec un recueillement et une dévotion qu'on ne saurait décrire. Il se trouvait pendant cette touchante cérémonie, comme ravi en extase .et versait des larmes de joie. Lorsqu'elle fut terminée il se mit à genoux et dit aux ecclésiastiques présents et qui fondaient en larmes : «le «grand acte est accompli, mes chers frères, «rendons en grâces au Dieu de miséricorde en récitant le Te Deum»; et il pria avec ,eux , répétant trois fois le dernier verset de ce chant sublime : In te Domine speravi , non confundar in sternum. 11 ne s'occupa plus dès lors des choses de ce monde, employant le reste de ses moments à se préparer à l'éternité.

La dépouille mortelle de Maulernach fut ramenée à Luxembourg pour reposer dans sa paroisse. Jamais convoi funèbre ne fut plus nombreux ni plus imposant; toute la ville voulut y assister parce que tous tenaient à donner à l'homme aimable et aimé ce dernier tribut de respect et d'altachement. La bourgeoisie entière vint jusqu'aux confins de la commune audevant du cortège qui arrivait de Contern : à son abord , de jeunes demoiselles de la ville , habillées en pleureuses ouvraient la marche. Elles se jetèrent sur le cerceuil en l'arrosant de leurs larmes comme s'il renfermait les restes du meilleur des pères. L'évèque-vicaire-apostolique, qui était encore allé le visiter à Contern trois jours avant son décès , présidait à la cérémonie religieuse. Le corps fut d'abord porté dans l'église primaire où les matines funèbres furent chantées par un clergé très nombreux accouru de plusieurs lieues des alentours; puis le cortège se dirigea vers le cimetière. Le prélat voulut aussi prononcer le panégyrique du défunt: Il avait pris pour texte ces paroles des saintes écritures : lireviconsummatus explecil lempora multa.

Manternach fut inhumé au cimetière de la paroisse de N'.-D. où ses élèves lui ont fait ériger un monument funéraire.

Outre les nombreux et précieux rap-

ports que Manternach a faits au Gouvernement sur l'instruction publique, il a laissé plusieurs sermons très bien écrits, qui se trouvent aujourd'hui déposés à la bibliothèque du séminaire clérical à Luxembourg. Un seul de ces sermons a été imprimé, et c'est en réalité une de ses meilleures compositions dans ce genre :

C'est l'éloge de Suinte-Cécile et de l'art chrétien. Nous avons déjà rappelé son éloge funèbre de Mr de Neunheuser , son bienfaiteur : Le jeune prédicateur révélait déjà dans ce discours son talent transcendant d'orateur. Manternach a enfin et pendant plusieurs années consécutives , été chargé de prêcher le jour de la fête de St. Sébastien , patron de la Société si nationale des arquebusiers.

Journal de la ville et du Grand-DucLé de Luxembourg, d« 1" «art 1843. - Iteajeigaenieiit. four- "U — Eut civil.— Notes de H. le Professeur Eactitc.

-Note* de N. 11. AVoirr. curé a

Maquier, Anne; v. WAGNER , l'épouse, née Anne Maquier.

MARCHAND, Louis, né à Luxembourg, le 14 février 1807, (ils de Jean Marchand qui fut nommé en 181 '1 receveur- général puis agent du trésor à Diekirch , et de sa première femme , Antoinette Langers.

Louis Marchand fit des études gymnasiales très brillantes à l'athénée de Luxembourg , où il entra en 1820 et remporta chaque année un grand nombre de prix : En 1825 il terminait son cours de rhétorique. A d'heureuses dispositions il joignait beaucoup d'imagination pour la poésie, témoin entr'autres un grand nombre de pièces de vers allemands bien tournés qu'il composa lorsqu'encore il était élève de l'athénée. Plusieurs de ces morceaux ont été publiés dans divers recueils périodiques ; un plus grand nombre de ces essais sont cependant restés manuscrits. 11 a en outre fait imprimer pendant sa jeunesse déjà, quelques cahiers de compositions lyriques et dramatiques qui se distinguent en général par le feu de leur

coloris , cntr'aulres un fascicule intitulé : Knospen und Bluelhen.

En 1825 Louis Marchand se rendit à Paris pour étudier la médecine ; mais il quitta cette ville dès la fin de la première année et alla en 1826 suivre les cours de l'école vétérinaire d'Utrecht ou il passa, le 5 avril 1830 l'examen le plus brillant et obtint le diplôme de médecin-vétérinaire de première classe.

Les événements politiques de cette même année ayant mis en présence les armées de la Nécrlande et de la Belgique, Marchand, suivant sans doute sa conviction politique , prit service dans celle de Hollande et fut attaché comme vétérinaire au quartier-général du généralissime , puis feldmarécbal Guillaume , Prince d'Orange, qui fut depuis Roi des Pays-Bas et Grand- Duc de Luxembourg, sous le nom de Guillaume 11. En 1837 il quitta la Hollande , décoré de la croix de bronze , et vint s'établir en Belgique où son frère était capitaine d'artillerie. Celui-ci l'engagea à entrer dans son corps et parvint à le convaincre. Il y fut nommé vétérinaire et alla tenir garnison à Liège où il est mort en 1843.

Outre les connaissances les plus profondes qu'il possédait dans son art, Marchand en avait acquis beaucoup d'autres encore , et nommément en botanique , sous la première direction de l'abbé Mazuir, professeur de rhétorique et principal de l'athénée de Luxembourg à l'époque où il suivait cet établissement :

dans l'étude de cette science une classe de végétaux , la cryptogamie de Linné faisait surtout l'objet de ses observations favorites ; et dans le plan qu'un moment Tinant (v. son art.) , Marchand et M.

Crombach père , pharmacien à Diekirch avaient arrêté de publier la flore luxembourgeoise , la description de cette classe intéressante avait été dévolue à Marchand. Le projet dont nous venons de parler n'ayant pas été mis à exécution , Tinant édita à lui seul en 1836 les matériaux qui avaient été préparés par ces trois collaborateurs.

Sans pouvoir nous flatter d'avoir réuni

les titres de tous ses ouvrages, nous nous croyons en devoir de relater ici la série de ceux que nous avons réussi à apprendre à connaître : De 1825 à 1830, et successivement, il a fait paraître les pièces détachées de vers allemands, Bluelhen und Knospen , que nous avons déjà menliounées. Ces morceaux, il les a augmentés et retouchés pour une seconde édition qu'il a fait tirer en 1843 chez J. Laurent, à Àrlon. 2\ En 1830, Mémoire sur les propriétés nuisibles que les fourrages peuvent acquérir pour différents animaux domestiques par des productions cryptogamiques. Cet ouvrage est sans contredit celui qui fit le plus de gloire à son auteur, puisqu'il y rend compte d'une découverte importante qu'il a faite pour l'art vétérinaire en indiquant la véritable cause des maladies charbonneuses qui peuvent attaquer U bétail. La gloire de cette découverte en effet, revient à lui seul, puisqu'en France M. Plasse de Niort, qui a écrit sur le même sujet , mais après Marchand, na montré dans sa dissertation ni le talent ni la profondeur de notre compatriote. Entre 1830 et 1840: 3" Verhandling over de Standel Kruydeu van het Groolhertogdom Luxemburg. 4" De radicibus plantarum ; considérations anatomico - physiologique»

sur les plantes, principalement sur les racines et leurs rameaux; Utrecht, 1830.

5°. Mémoire sur la pathologie des parties herbacées des végétaux, et de l'influence des différentes maladies sur les fourrages, en donnant les principaux caractères roycroscopiques et de nouveaux détails. 6° Conspeclus Flora? cryptogajnicœ magni ducatus Luxemburgensis.

Pendant les dernières années de sa vie il s'occupa également de poésie française ; et à en juger d'après quelques morceaux qui ont paru dans la Revue de Liège , de 1840 à 1843, ses essais dans cette langue ont obtenu quelque succès.

Enfin, #% la Bibliothèque de Luxembourg possède de lui une brochure intitulée: Poetische Versuche. ErstesHeft: Rudolpb und Adelbaide, ein Rittergedicht ; vol. in 8", Luxembourg, 1826.

On a beaucoup admiré , même déjà pendant ses années de collège, la fécondité de son talent poétique qui se distinguait surtout par le naturel autant que par les pensées riches et correctement exprimées.

Va»*c»> ci**, Bictionnaire de» homme» dr lettres, des iituIi et de* artutet de la Belgique, 121.— Nabi.», Catalogua de la Bibltatb. de Luxbrg , 43 et 78&. — TiMAiiT, Flore luxembourgeoise; préface, « - RenteigaeaieaU fourni» par MM. E^cnw,, Caoaa*ca. père , 8t»B»t« et AVavaa. — Souvenir*. — l'iogriamit de la distribution des prix k l'Athénée de Luxembourg, 1021—2(1.

MARCHANT, Jacques de , appartenait à la famille de son nom qui obtint dans la suite le litre de Baron puis celui de Comte d'Ansembourg et du Saint-Empire. Jacques de Marchant était prêtre et curé-doyen de Couvin. Il est mort en 16i8, laissant les ouvrages dont nous copious ici les titres: i° Hortus pastorum. Ce livre , dit-on, esl encore estimé de nos jours. — £'. Plusieurs commentaires et des dissertations , imprimées en un volume in folio; Cologne, 1633.

D'X-'N.uu. Maria, die mceblige Patromn aur Eiehe aaf dem bt. Berge Maria'* bey Antembourg. 41 et note.

MARCHANT , Lambert-Joseph , né baron de Marchant et d'Ansembourg, seigneur du dit Aiisembourg, Septfontaines, Lseldange , Kœrich , etc. créé comts par Lettres-patentes du premier octobre 1749, était Gis aîné de Thomas de Marchant, seigneur d'Ansembourg , EH , Septfontaines, Useldange, etc. , fait baron le 10 décembre 1 728 , et d'Anne-Marie de Neuforge. Il est né au château d'Ansembourg, en 1705.

Lambert-Joseph de Marchant avait acquis de vastes connaissances et possédait un goût passionné pour les collections archéologiques et scientifiques. C'est ainsi qu'il avait amassé plus de quinze mille médailles tant anciennes que modernes , en or , en argent et en bronze : la bibliothèque de Luxembourg possède dix-huit volumes in folio qui composaient le catalogue de ce riche cabinet, et encore ce catalogue ntst pas complet.

Pour former sa collection , Lambert-

Joseph de Marchant ne recula devant aucune dépense , et il chercha à acquérir toutes les collections particulières qu'il trouvait à vendre. Il y Qt de celte manière couler entr'autres la série entière ou au moins presque entière des Pères de Wiltbeim (v. leurs art.), laquelle avait été achetée d'abord par le Conseiller de Balonfaux (v. son art.) , d'où elle avait finalement passé , pour le prix de six cents écus (2760 francs) à Christophe d'Arnoult, Baron de Meysembourg (v.

son art.).

Non content de recueillir des médailles , le Baron de Marchant avait aussi formé une bibliothèque très riche dont les ouvrages de géographie et de cosmographie catalogués formèrent seuls un gros registre. Que l'on juge du reste !

Lambert-Joseph de Marchant , qui était passionné pour la science aimait aussi les savants.. Ils les réunissait volontiers dans son chàteau-neuf d'Ansembourg qu'il avait fait construire dans le fond , et près duquel il avait établi un jardin immense, orné de statues et de jets-d'eau , et dans lequel il faisait cultiver toutes sortes de plantes les plus rares et les plus belles.

On conçoit facilement que les dépenses énormes que durent coûter toutes ces constructions et ces acquisitions étaient faites pour engloutir une fortune môme plus grande que celle que pouvait posséder le Baron de Marchant, qui pendant sa splendeur s'était fuit délivrer des Lettres de Comte comme nous l'avons déjà dit.

Aussi finit-il par contracter des dettes qui amenèrent sa ruine ainsi que la ▼ente de ses collections en hausse publique. Quelque temps avant cette vente par autorité de justice , la riche abbaye d'Orval lui offrait encore pour sa bibliothèque seule , la somme de dix mille écus ou 46,000 francs qui avaient été refusés : Plus tard on ne réalisa plus de ce chef que quatre mille francs! Quant au cabinet de médailles , on n'a pas su ce qu'il est devenu : il aura peut-être passé au creuset de l'orfèvre. Ce qu'il y a de sûr c'est qu'il fut perdu pour le pays, comme tant

d'autres trésors archéologiques qui nous ont été successivement enlevés parce que nous ne possédions pas d'institution nationale destinée à les réunir et à les conserver a toujours à la Patrie : car ce n'est que depuis la naissance de la Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg, à la création de laquelle nous avons , en compagnie de quelques vrais amis de la patrie voué pendant plusieurs années nos plus constants efforts ; ce n'est disons-nous , que depuis la constitution de celte société nationale que l'on peut espérer sauver du naufrage les débris qui restent encore de notre splendeur historique des anciens âges.

Lambert-Joseph comte de Marchant avait épousé Anne-Catherine comtesse de Velhruck de Garotha ou peut-être de Caroth, sœur de l'illustre prince-évêque de Liège qui fonda la société d'émulation de cette dernière ville. Elle mourut en 1760 après avoir donné à sou époux six fils et autant de demoiselles. Son mari lui survécut de huit ans. Ils reposent l'un et l'autre dans le chœur de l'église paroissiale de Tuntingen , au canton de Mersch, du côté de l'Evangile , sous un monument à leurs armes et portant l'épitaphe suivante :

Il If. JACET ILI.CSTRISSIMA AC NOBIL1SSIMA

Domina D. Anna-Catharina Sacri Romani Impbrii Comitissa j>b Marchant et d'ansembourg , Toparcha in Ansembourg ,

KoERICll, SlEBENBOHN, LsELDING , El.I. ,

[Râler, Bereluing, Vancb, Olm, etc.;

EX ANTIQD1SSIMA FaMILIA COMITLM DE YELfiRlCK

in Caroth orta. Obiit 12 MAY 1760.

EOQLB TIMCl.O OUIESf.IT

Lambert: Joseph : S. R. I. Combs mis coniux in 1isdem locis toparcua Deunctis 23 may 1768.

La famille de Marchant , dite d'Ansembourg , avait été anoblie par patentes du 17 août 1676 et du 8 août 1681 ; elle fut élevée a la baronie le 10 décembre 1728 et finalement à la dignité comtale le 1" octobre 174-9. Elle porte: d'argent; éeartelé : aux 1 et 4 au lion de sable ; aux 2 et 3 à la herse triangulaire du même.

Biographie générale des Belges, 144 — Arcbi»r» du Conseil provincial de Luxembourg. — D. Cxl«ct, Biblioth. lorraine.— Publication* de la Société arckéol. de Luxembourg. V, KG; VI. 65, note 1 4 et 151.— Note» d'étude*.— Noies communiquée*. — Arbre généalogique communiqué. — Manuscrit* du curé AVciteb. — Mantuerita de M — Clasim, Catalogne de la Bibliotlt. de Luxembourg, 401, aq. — D\ Mw Nuui, UuTfage cite; paiiim,

MARCHANT, Pierre de, de la famille des deux personnages qui précèdent, avait embrassé l'ordre de St. François et devint le fondateur des religieuses franciscaines de la province de Limbourg, réforme qui fut agréée en 1634 parle pape Urbaine VIII. Nous connaissons de Pierre de Marchant les œuvres suivantes : 1" Expositio lilteralis in regulam St. Francisci ; Anvers, 1634, in 8°. — 2° Tribunale sacramentale ; Gand, 1643; 2 vol. in fol.; et Anvers, 1650, 3 vol. — 3' Les constitutions de sa réforme.

Dr Nic.ot.Af Nina*, oorrage cité. 41 et note.

Marcocr, Evrard de; v. MERCL'RIA- NL'S, Evrard.

Marcour , Jacquet <tV; v. MERCl- RIANLS , Jacques.

Marcolr, Jean I. de; v. MERCU- RIAMS, Jean /.

Marcour, Jean II. de; v. MERCL- RIANUS, Jean II.

MAREISE , Anne-Catherine , dite Marie, enfant unique de Guillaume Mareise, originaire de Bois-le-Duc , et de Marie- Madelaine ScbelTer , est née à Luxembourg, le 5 février 1691. Après le décès de sa mère , arrivé le 2 janvier 1736, Anne-Catherine Mareise se relira à l'abbaye de Ronucvoie où elle est décédée le 14 janvier 1764.

Quatre jours avant sa mort elle fonda une bourse d'études qui a retenu son nom et dont le capital monte à mille écus de Luxembourg ou 4609 francs et 10 centimes. L'acte de cette fondation qui a date du 9 janvier 1764, s'énonce dans les termes suivants : « Voulant pourvoir à ce « que les uns et les autres aient la faci- « lité à éducquer et faire étudier leurs en- « fants , elle ordonne et veut qu'un capi- « tal de mille écus faisant deux mille huit «cents florins lirabant à vingt sols pièce , « argentan cours de cette province restera « placé à constitution d'intérêt à la direc- « tion de son exécuteur testamentaire , et «• que l'intérêt de ce capital servira à per- « pétuité à faire étudier l'un ou l'antre « enfant mâle de sa famille à nommer par «son exécuteur testamentaire tant et si « longtemps que lui exécuteur testamen- « taire vivra , lequel au moment qu'il en- « trera dans les basses classes de la lati- « nité et jusqu'à ce qu'il aura fini ses «études, soit de la Théologie, de Droit « ou de Médecine et quand même il irait «étudier pourvu d'une autre bourse à « Louvain , telle qu'elle puisse être , il « continuera à jouir des revenus de cette «fondation pour son entretien et pour «assister aux frais des degrés de bache- « liage ou licence qu'il prendra à ladite uni- « versité de Louvain et à chaque fois que «cette fondation viendra à vacquer, il sera « libre de la conférer à qui de la famille « l'exécuteur testamentaire jugera à pro- « pos et dans telle classe d'étude que le « nommé puisse se trouver , lequel nommé « en jouira jusques à ses études achevées « sans que qui que ce soit de la famille « puisse contester sa nomination , ni corn- « mencer le moindre procès à ce sujet , «la fondatrice déclarant expressément que « celui de sa famille et de leurs deseen- « dants à perpétuité qui s'aviseront d'in- « tenter un procès au sujet de la nomina- « tion faite de l'un ou de l'autre de la «famille à quelque degré-que ce puisse «être que lui et ses enfants en seront «privés.»

Par parenté , la dame Mareise déclare entendre le côté et ligne des Scheffer , soit paternel soit maternel.

Regittre* de l'ancien Magistrat de Lniembonrg.— Kolti, Manuel de* fondations de bonne* d'étnde, 584, sqq.

Marguerite, la sœur ) v. LUSCHEN, Elisabeth, Baronne de.

MARQUARD , ou Marcuard, issu diton des seigneurs de Bouillon, vivait pendant la seconde moitié du huitième et la première du neuvième siècle. Si on ne lisait que superficiellement les annales des abbayes de Prum et d'Echlernach on serait tenté d'admettre qu'il y a confusion dans les récits, ou bien qu'il faut reconnaître deux personnages du même nom dans des gestes qui ne regardent qu'un seul. Mais pour peu que l'on réQéchit on ne tarde pas à se convaincre que cette divergence prétendue peut facilement se concilier. En effet , Marquard entra d'abord à l'abbaye d'Echternacb où il fit son éducation et où il excella si bien dans les études qu'il fut jugé digne d'être préposé aux écoles de cette maison qui , sous sa sage direction, fleurirent bientôt d'un grand lustre ; car il était un génie rare et passait pour le plus grand savant de son temps.

Marquard occupait cet honorable emploi lorsque Tancrède, né des princes de Parme et second ou au moins troisième abbé de Prum vint à mourir en 829. Il fut postulé pour succéder à cet abbé et consentit à se charger de la conduite du monastère. Il réunit en même temps la dignité d'abbé de l'abbaye d'Ardenne, connue plus tard sons le nom de St. Hubert en Ardcnne.

Dans ce poste élevé, l'abbé Marquard n'oublia ni ses devoirs ni l'esprit de sa vocation ; et tous ses actes étaient des exemples de vertu , de régularité et de charité : il se déclara le protecteur des pauvres et l'ami de ses religieux qu'il guidait comme un vrai père. Il fonda lu monastère de Munster-KifTcl dans lequel il envoya d'abord une colonie de religieux

de Prum , lesquels toutefois embrassèrent plus tard et du consentement du fondateur la règle des chanoines. Il sollicita finalement auprès du pape Serge aûn d'obtenir de ce pontife des reliques pour son monastère et il reçut de lui quarante-six corps de saints.

Comme il commençait à vieillir et que la conduite de deux abbayes éloignées Tune de l'antre lui devenait très pénible , il voulut se démettre de celle des Ardennes et conféra en 836 la dignité abbatiale de celte dernière a Sévolde qui se sanctifia par ses vertus.

Marquard était aimé des grands et honoré des petits ; il fut pendant vingt-quatre ans abbé de Prum et mourut le 27 mai 853, plein de jours et de bonnes œuvres : les annales de Prum lui ont attribué la qualification de Saint.

Ses religieux lui firent l'épitaphe suivante :

Hic requiescit Marccardus abbas , Qui tertius hoc Monastericm rexit Anpcis XXIV. ET IV. Calend. jumi obht

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