‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 34 sur 98 · V.8T*Aaacac, Hrtropoli* Eccles'ue Tre* ertn*U, I · texte numérisé non relu

V.8T*Aaacac, Hrtropoli* Eccles'ue Tre* ertn*U, I

64i — Noies «tr famille. — Em k'IIr*iiT, Fragncat gëaéatop., dans; Pablic. Soc. arc a l.mbrg., VIII. 151. - fi«atca, Eiftia illiulrata, II, p ail. 13V.

NEUMANN , Jean- Jacques - Bernard, Gis de Jean-Hcori Neumann et de Marie- Anne Scheuretle, propriétaires à Bœuvange (Clervaux) , est né le 20 août 1760.

Après avoir fait ses études humanitaires à l'abbaye de St. Hubert et sa théologie au séminaire de Liège où il obtint les ordres sacrés, il entra dans Tordre des Bénédictins à St. Hubert, et prit le nom de Don Etienne. II avait à peine fiait sa profession que la révolution française vint en 1794 le trouver dans sa retraite. Ne se dissimolant pas les suites que la conquête du Pays et l'introduction du nouvel ordre des choses devaient traîner après elles , tant pour lui que pour son monastère , il sortit de cette maison , même avant qu'elle ne fût mise en adjudication publique , et alla se cacher dans la maison paternelle avec son autre frère Richard -Antoine, curé de Harlange , qui aura son article. Comme bientôt après il se vit encore là entouré de dangers incessants il quitta également cette retraite et émigra en Allemagne, accompagnant son Abbé(v. l'art.

Spirlet). Mais à peine arrivés à Montjoie, emportant plusieurs objets de prix de leur abbaye, tels que des manuscrits, des ornements sacerdotaux, des reliques (entre autres l'étole du Saint patron) , etc. , le vieux prélat tomba malade , tellement que ce ne fut qu'avec peine qu'on put le transporter jusqu'à Eupcn pour le déposer dans le monastère des Franciscains où il mourut quelques jours après. De là Don Etienne revint dans sa maison paternelle où encore celte fois il ne lui fut donné de demeurer que peu de temps et jusqu'à l'époque où Ton commença à exiger le serment républicain. Afin de se soustraire aux persécutions que devait entraîner son refus décidé de jurer des blasphèmes, il mit en sûreté les richesses qu'il avait emportées et partit , seul cette fois , pour l'Allemagne où il passa un an à Mannheim, puis à Worms , ensuite à Spire , cl ne

revint dans sa patrie que lorsque la persécution fut un peu appaisée : Toutefois ce retour précoce le mit dans la nécessité de prêter le serment adouci de Gdélité à la Constitution de l'an VIII , prescrit par le décret du 18 brumaire an IX.

Après avoir , pendant quelque temps séjourné à Bœuvange comme prêtre sans emploi , il fut nommé commis-greffier chez M. de Musicl, payeur-général à Ettelbruck , fonctions auxquelles du reste il était très apte. A la conclusion «lu concordat il reporta à St. Hubert et rendit à cette église les reliques ainsi que l'étole sainte qu'il avait sauvées de la profanation. En 1805 il fut nommé desservant de la paroisse de Wcicberdange, fonctions qu'il remplit jusqu'en 1833 où il demanda et obtint sa retraite pour motif de santé, ayant du reste atteint l'âge de soixaatetreize ans. Il se retira chez son frère, propriétaire à Bœuvange, où il est décédé le 22 août 1834.

Comme le P. Etienne se distinguait par sa belle stature, sa bonne voix et son aménité, on le désignait déjà à St. Hubert, bien qu'il fût le dernier profès , comme devant devenir le successeur de l'abbé Spirlet qui à cette époque était déjà un vieillard presque dans la décrépitude.

Le curé J"-J«~ Brf Neumann laissa à ses héritiers entr'autres un psautier écrit en lettres d'or , estimé à une valeur de dix mille francs , et un évangéliaire superbe , provenant l'un et l'antre d'un don fait en 825 à l'abbaye de St. Hubert par Louis-le-débonnaire : un ancien manuscrit de l'historien Isidore et enfin un calice doré, à l'usage des abbés du monastère de St. Hubert. M. le Procureur d'Étal Bernard Neumann à Luxembourg, neveu du curé J.-J.-Bern. Neumann, possède de nos jours ces curiosités.

Nous avons dit plus haut que Don Etienne avait, après la signature du concordat , restitué l'étole dite de St. Hubert à la basilique qui porte son nom. En cela nous avons suivi l'opinion publique et le témoignage de Don Etienne lui-même.

Cependant il parait que , ayant de se dessaisir de celle relique , le pieux père en avait séparé une parcelle plus ou moins considérable qu'il conserva, puisque duos un acte signé par lui ainsi que par deux curés des environs , et daté de. Weicherdange, le 24 janvier 1820, il déclare avoir donné ce jour la à l'abbé Nicolas Crendal, curé d'Aldringen, une parcelle de l'étole sainte, enveloppée dans un fragment de vieille soie rouge à grandes ûeurs blanches. L'acte dont nous parlons ici, est actuellement entre nos mains; la particule qui était attachée à cet acte probalif au moyen d'un fil, a été enlevée pour être déposée à l'église d'Aldringen où il existe une confrérie de SU Hubert; l'enveloppe se trouve encore annexée à l'authentique, laquelle porte le visa et l'approbation du vicaire apostolique d'Aix-la-chapelle , auquel la paroisse d'Aldringen ressortit de nos jours.

Quant au restant du fragment de la sainte étole, on dit que Don Etienne Ta emporté lorsqu'il est retourné habiter sa maison paternelle ; et qu'après son décès il y était soigneusement conservé jusqu'à ce que pendant sa Visitation de l'église de Bœuvange, en 1846 ou 1847, Monseigneur J.-Th. Laurent, alors vicaire apostolique du Grand-Duché, ayant appris l'existence de ce précieux dépôt chez la famille Ncumann, lui en demanda l'abandon et l'obtint. Le vicaire apostolique en a à son tour distribué quelques fragments à des personnes connues et aura vraisemblablement conservé le reste. 'Monsieur Neuens, curé actncl de Weicberdaoge, en a obtenu une particule de O", 01 sur0%02, enchâssée dans un petit médaillon en argent, des mains de Monsieur Adames, aujourd'hui Pro-Vicaire apostolique ; elle provient suivant tonte apparence de la parcelle remise à Mgr. le vicaire apostolique Laurent.

Eut cmL — Ekuk, Die Lose*BbiirgerGU«beMhrkeaner , 1 18 »<|. — Kcuci|;iteiiicnU fournis. — Titre* dcpo»c* dam U famille Evt»-C»o»»i , de Wiltt.

NEUMANN, Richard-Antoine, frère cadet du précédent , est né à Bœuvange, le 16 mars 1763. Il étudia ses principes sous le curéd'Itzig , puis passa successivement aux collèges de lierve et de Luxembourg dans lesquels il obtint régulièrement tous les ans la médaille d'argent. Il commença également dans cette dernière ville ses cours de théologie sous le Professeur llavelange (v. son art.) , entra ensuite au séminaire de Trêves et fut consacré prêtre à Liège auquel diocèse il ressortissait à cette époque. Après avoir été pendant quelque temps vicaire à Niederwampach il fut, en 1793, nommé curé de Harlaoge où il n'y avait alors que 27 maisons tandis qu'à son décès , après uu séjour de cinquante-huit ans on en comptait plus de deux cents dont il avait marié et baptisé presque tous les habitants.

Fendant la persécution que les prêtres eurent à subir pour refus du serment révolutionnaire que la République française exigeait du clergé, le curé Neumann se tint caché et parvint non sans grande peine à échapper à l'arrestation; on se plail même à raconter d'une manière très circonstanciée à Harlange les dangers que mainte fois il a courus, et le bonheur providentiel qu'il a eu pour n'être pas surpris dans ses nombreuses retraites. Aussi le zèle qu'il montra pour ne pas abandonner ses paroissiens et les priver par là des secours spirituels fut-il récompensé par l'amour le plus franc et le dévouement le plus constant de ceux-ci. En revanche il leur avait voué uu attachement inviolable, au poiul qu'il refusa les offres les plus brillantes, telles que les cures primaires de Baslognc, de Nives et même en 1806 celle de Speicber , sous prétexte que sa santé ne lui permettait pas de se charger d'un fardeau si lourd ; mais en réalité parce qu'il voulait mourir au milieu de ses enfants de Harlange, car c'est ainsi qu'il nommait ses paroissiens.

Cependant lorsque plus tard les progrès de l'âge se firent sentir chez lui il avait un moment résolu de demander sa retraite.

Mais ses paroissiens ayant appris sa résolution, firent irruption dans le presbytère, se jetèrent à ses genoux et le supplièrent de rester parmi eux, ajoutant qu'on ferait toutes les démarches possibles pour lui obtenir un coadjuleur ; et que, s'il consentait à ne les point quitter ils pourvoiraient à tous ses besoins. Le bon vieillard, touché jusqu'aux larmes de celte preuve d'amour accéda à leurs vœux. Il obtint un coadjuleur qui fut logé dans la maison d'école et le respectable curé continua à résider au presbytère où il s'éteignit doucement à l'âge de 88 ans, le 22 janvier 1831, en odeur de vertueuse sainteté parmi les siens. En 1846 lo généreux roi Guillaume H avait voulu récompenser tant de mérites en conférant au vénérable curé Neuraann les insignes de l'ordre de la couronne de chêne, que sa modestie l'empêcha de porter. Et ce ne fut que dans une circonstance solennelle, pendant la Visitation de son église par Mgr. Laurent, vicaire-apostolique pour le Grand-Duché, que ses confrères purent parvenir à lui persuader de paraître devant le prélat décoré de la croix d'honneur.

Le curé Richard-Antoine Neuroann était savant, yersé surtout dans la science théologique et les connaissances exigées pour son état. Hais ce qui le distinguait particulièrement, c'était sa piété exemplaire, sa tempérance devenue proverbiale et son amour pour le prochain. Employant le jour à visiter les malades de sa paroisse et à procurer aux indigents des soulagements à leur misère, il passait une bonne partie de la nuit dans la prière et la méditation.

EUt citil. — So«T«ir* personnel» — Ehuh, Die Luicabargcr GUabenabckenncr, 91, tqq. — Reûscigiiemenl» fournis.

NEUNHEUSER, la famille de, originaire de Niltel, village situé sur la rive droite de la Moselle et qui a anciennement ressorti au pays de Luxembourg , fut anoblie pour services rendus, par Lettréepatentes de l'empereur Maximilien I" , datées d'Inspruck le 24 décembre 1506,

dans la personne de Mathias, Jean, Paul, Pierre et André, cinq frères Neunbeuser. En élevant ces cinq personnages à la noblesse l'empereur leur concéda pour eux et pour leurs descendants légitimes: un écusson d'azur , à la màison nouvellement construite d'or, ayant une, porte d'entrée suspendue à deui gonds de sable, avec serrure et poignée ou anneau du même ; à chaque côté de cette porte une meurtrière Laute et étroite ou uue fenêtre à vitraux plombés ; et au-dessus, trois fenêtres également garnies de carreaux en verre relevés de plomb, et rangées de front ; la maison couverte en tuiles au naturel ou de gueules ; finalement, à chacun des coins latéraux de la maison un pommeau d'argent. Heaume liséré d'or et d'azur, surmonté d'une tour d'or, à la porte fermée, aux gonds, serrure et poignée ou anneau de sable ; audessus de la porte, trois meurtrières, posées 1.2: ladite tour couverte d'un toit poiutu en tuiles, de gueules ; le tout sommé d'un pommeau d'argent, à girouette du même.

Il n'échappera sans doute a personne que ces armes sont allégoriques avec le nom Neu-Neun-Heuser de la famille anoblie, et que le nombre des frères qui ont obtenu cette honorable distinclion, coïncide avec celui des fenêtres de la maison nouvellement construite.

Il parait que la famille de Neunheuser quitta peu de temps après sa résidence de Nittel pour se mettre à l'abri des ravages des guerres et des pillages, et qu'elle vint se fixer à Arlon et dans ses environs, de même qu'à Luxembourg.

Plusieurs de ses membres ont pris service à l'armée où ils ont obtenu des grades ; d'autres entrèrent dans l'administration des finances, etc.

Nous croyons devoir ajouter ici que , arrivée à cette époque d'abus dans la délivrance de lettres nobiliaires en faveur de quiconque pouvait ou voulait en servir la finance requise, comme on disait alors, et qui très souvent se marchandait pour ainsi dire à l'encan, la famille de Neun-

heuser, tentée sans doute par la nouveauté, voulut aussi essayer d'y passer et accepta un brevet plus jeune , avec changement d'armoiries, de cet écu allégorique que nous avons décrit. En effet , nous avons eu devant les yeux des Patentes signées par l'impératrice-reine Marie-Thérèse, le 2 avril 1774, qui, en considération des emplois et des services de Jean- François de Neuoheuser, lequel comptait déjà légitimement six générations d'aïeux nobles depuis l'obtention du parchemin de 1506, « déclarant de science certaine, grâce «spéciale, libéralité, pleine puissance et « autorité souveraine, accorder et octroyer «par les présentes au dit Jean-François « de Neuoheuser ainsi qu'à ses enfants et « descendants de l'un et de l'autre sexe, « nés et à naître de mariage légitime le « titre et degré de nobletse » — ainsi nouvelle concession, par conséquent superfétation inutile pour ne pas dire plus, pour l'acceptant qui l'avait demandée — « au port d'armes comme suit : d'azur, à «deux tiges fleuragées de chardons au « naturel, posées en sautoir. Heaume :

« d'argent, grillé et liseré d'or, fourré de « gueules, surmonté d'un chardon de l'écu «et sommé d'une couronne d'or au lieu « de bourrelet. Supports : deux lévriers «tigrés, colletés et bourrelés de gueules « bordés d'or. »

Titra orijio.Bi de la famille de Nenrteuer.- Arehivea da Coocdl previacùl de Lu*emk««rg.— Géoùlogie de la faaulle de Nenabenser.

NEUNHEUSER, Henri-Dominique de, huitième des vingt-deux enfants de Jean- François de Neuoheuser, député des Etats du Luxembourg et receveur -général des domaines, et de Marie-Elisabeth de Seyl, né à Arlon le 11 janvier 1755, se destina à l'état ecclésiastique. Après avoir fait ses humanités à Luxembourg et sa philosophie à l'Université de Louvaia où il eut l'honneur d'être proclamé Primus, il passa au séminaire de Trêves et reçut dans cette ville Tordre de la prêtrise, le 29 mai

Deux ans après il fut nommé à l'im-

portante cure de Steinsel où il commença celte carrière active du sacerdoce qu'il honora. pendant un demi siècle de durée, par la pratique constante des vertus , de la piété, de la bienfaisance et d'une tolérance éclairée, qui sont l'appanage du bon pasteur. Cette paroisse qu'il administra pendant vingt-un ans, conservera longtemps encore le souvenir du bien qu'il répandit à pleines mains sur la nombreuse population confiée à ses soins spirituels, parce qu'il était le consolateur des malheureux et le père des pauvres. Une partie de son revenu était toujours consacré à nourrir les indigents, à faire des provisions de linge, de grains et autres objets de nécessité première qu'il distribuait avec discernement, ouvrant toujours une main plus large à ceux que la providence avait frappés des coups les plus rudes et les moins mérités. Il présidait lui-même aux divertissements de ses paroissiens; il adoucissait leurs mœurs par des conseils donnés avec une indulgente gravité comme il améliorait leur culture en leur montrant comment ils obtiendraient par des procédés nouveaux, des fruits plus doux dans leurs jardins et de plus belles moissons dans leurs champs.

Pendant les persécutions que la République française exerça contre les prêtres, Henri-Dominique de Neunneuser s'expatria : Un homme dont le caractère et l'influence portaient tant d'ombrage aux révolutionnaires et aux agents de la République, comme alors les terroristes entendaient cette forme de gouvernement, un te! homme ne pouvait demeurer dans une contrée que l'on prétendait régénérer et mouler à des allures qui répugnent à l'humanité. Il émigra et se rendit à Vienne où pendant dix-huit mois il resta attaché au prince de Colloredo en qualité d'aumônier.

Il rentra dans sa patrie en 1800, époqae de la restauration du culte; et trois ans après il fut élevé au poste éminent qu'il occupa avec tant de distinction jusqu'à son dernier jour, c'est-à-dire qu'il fut promu

aux fonctions de curé de la paroisse primaire de St. Pierre, à Luxembourg.

Le Pays ressortirait alors au diocèse de Metz : i'évêque, appréciant bientôt les rares qualités de de Neunheuser , le nomma en 1806 Pro- Vicaire chargé de l'administration de6 a flaires ecclésiastiques dans le Département des forêts. Sous les différents prélats qui depuis cette époque ont gouverné l'Église dans le Luxembourg de Neunheuser a conservé ce poste, tantôt sous le titre de Vicaire-général, tantôt sous celui de commissaire pour les affaires ecclésiastiques. L'évèque Jauflret ajouta à ces qualités honorifiques celle de chanoine et d'archidiacre diocésain de l'évêché de Mets. En 1823 il fut nommé vicaire-caprtulaire pour le Grand-Duché.

Peu d'ecclésiastiques ont rempli un plus long ministère évangélique, peu de prêtres ont mieux que lui déployé les hautes qualités du sage administrateur, du pasteur vigilant, éclairé et bienfaisant, de l'homme du monde; car, auprès des devoirs austères de la piété sacerdotale , auprès des exemples méritoires du prêtre chargé du salut d'un troupeau nombreux , il savait placer l'accomplissement de ces devoirs extérieurs qui , pour n'être pas aussi rigoureusement commandés à son caractère ecclésiastique n'en étaient pas moins comme un heureux complément des premiers et leur servaient pour ainsi dire de lien et de sanction aux yeux de ses concitoyens. On sait quel noble usage il fit -de sa fortune. Jamais il ne vit une infortune sans la soulager: il a en effet fait répandre durant sa vie autant de larmes de reconnaissance que de larmes de regret à sa mort. Combien de jeunes gens ont vu s'ouvrir devant eux la carrière des études , grâce à ses bienfaits soutenus ! Combien de dignes ecclésiastiques ont desservi des cures luxembourgeoises grâce à la constante sollicitude de sa main généreuse qui, pendant qu'ils étaient aux études, savait pourvoir à leurs besoins et leur procurer les moyens d'entrer dans le sanctuaire ! Cette haute et universelle considération dont peu d'hommes peuvent se flatter de

jouir au même degré , de Neunheuser ne la devait pas seulement à ces actes d'une bienfaisance toute pratique, il en avait trouvé la garantie dans des qualités que l'habitude avait rendues naturelles en lui et presque indépendantes de lui; car quiconque approchait de sa personne se sentait le besoin de le vénérer, de l'aimer, de le respecter ; le charme de la vertu et de la bonté découlait si spontanément de son âme qu'il attirait tout ce qui était autour de lui dans une atmosphère de bienveillance et de satisfaction.

Prêtre aussi instruit que vertueux, vrai ministre d'un Dieu de paix, d'amour, de miséricorde et d'équRé , Henri-Dominique de Neunheuser sut pendant sa longue carrière se faire estimer et chérir de tous, même de ses ennemis; alliant constamment la bonté la plus paternelle à la sévérité nécessaire, il a été vraiment l'homme le plus propre à diriger le clergé et le peuple luxembourgeois au sortir de la grande crise sociale que l'on venait de traverser, à cette époque de si triste mémoire. Aussi la reconnaissance publique a-t-elle voulu perpétuer le souvenir de ce grand homme en faisant faire son portrait au bas duquel l'Histoire a tracé cette inscription aussi vraie que simple et touchante:

Dilectcs Deo bt oominibcs, ejus memobia

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