‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 35 sur 98 · IN BENBD1CT10NE EST · texte numérisé non relu

IN BENBD1CT10NE EST

Henri-Dominique de Neunheuser est mort le 22 juillet 1831, à l'âge de 76 ans et 6 mois.

Notes de famille. — Souvcaîrf cuntrmporain». — Généalogie de la famille de Keunbeuaer.— F*ctaacaia« Nécrologe inséré dans le. Journal de Laxembourç, K°Ui. du 50 juillet 183t.

NEUNHEUSER , Jacques de, né à Luxembourg, fils de Jean-Guillaume de Neunheuser et de Marie-Elisabeth de Notbuiub, florissait pendant les deux moitiés du dixseptième siècle.

Après «voir pris le bonnet de Docteur en Théologie il obtint la prêtrise et fut nommé juge officiai ainsi que ebanoine-

vicaire-général de l'évèché de Strasbourg à Molsheim où son frère Jean-François était prévôt et receveur du grand chapitre.

Par donation entre-vifs en date du 1 5 mai 1671 , Jacques de Neunheuser eéda aux Jésuiles de Luxembourg la succession de sa tante , Anne de Neumheuaer, morte dans cette ville an mois de février de la même année. Cette succession montait à trois mille écus (13,800 francs) dont deux mille (9,200 francs) étaient destinés à augmenter les revenn» du pensionnat on séminaire attaché an collège, sans autre charge.

L'anteur du manuscrit des Vîri illustres a fourni sur ce personnage l'article qui suit : « Jacobua Neunheuser Luxemburgen- « sis S. Theologiae Doctor, vicarius in spi- «ritualibus et Judex officialisve Cnrioe «Episcopalis Argentinensis Molsheimii, «fundavitsuo e patrimonio Missionarios «in Collegio Luxembnrgensi Societatis « Jesu. »

Viri illoetret, I, K» III. — îf*««a, Diutrtatioa •>r let kaenea attachée* * l'Ataàtée de La*e*b««rg. XII. et XXUl -Wota* de fanUle coud. toi <{»««•,

NEUNHEUSER , Mathias de, originaire de Nittel, florissait pendant la seconde moitié du quinzième siècle et la première du seizième. Il était l'aîné des cinq frères Neunheuser qui furent anoblis par l'empereur Maximilien Ier, le 24 décembre

Chanoine capitnlaire des collégiales de St. Siméon et de St. Paulin à Trêves , Docteur dans l'un et l'autre droits à l'Université de la même ville et avocat consistorial , Mathias de Neunheuser s'est rendu particulièrement recommandante par la fondation de la précieuse bibliothèque de l'ancienne collégiale de St. Siméon , si riche en manuscrits rares et qui faisait l'admiration des connaisseurs.

Mathias de Neunheuser est mort à Trêves, le 16 septembre 1620 et a été inhumé dans l'église inférieure de St. Siméon , monument qui est déblayé aujourd'hui et rendu à sa majesté primitive sous le nom de Porta Aigra.

A» Ilomua, Hutoria Tretirenai* diplomatica-, II, Prodromua HUtoriae Trevireaiii, I, tf38,

nota d. — G c analogie de la famille de Keuaheuacr. — Notea et titre» de famille.

NEYEN, Jean-Michel, fils de Jean Neyen , dit de Bivange , mayeur héréditaire et justicier de la cour foncière de Berchem, et de Marie Kremer, de la maison-forte dite Haantzen, au dit Berchem, commune moderne de Rœser, est né le 20 juillet 1753.

Dès son plu» jeune Age Jean*Micbel Neyen se sentait no goût passionné pour l'étude. Ses parents ne voulant rien négliger pour faire développer ces heureuses dispositions le placèrent d'abord, suivant la mode de l'époque, chez les eapocins de Thionvîlle pour y recevoir le» premiers éléments. Pendant ses vacances , alors que les autres jeunes gen» de son âge s'amusaient ordinairement, il restait appliqué; et aux heure» où il n'était pas couché dans ses livres il s'amusait à des ouvrages de calligraphie, à copier des livres de prières choisies : c'est ainsi qu'il en a laissé six de différents formats , pour souvenir à sa famille. Nous en possédons un exemplaire et nous en avons vu un second qui sont de vrais chefs-d'œuvre de patience et de travail. Après qu'il eut achevé sa syntaxe chez le» capucins il alla terminer ses humanités au collège Thérésien de Luxembourg où il obtint des sucées très brillant»: En 1786 il se titrait de candidat en philosophie et fit son testament , parce que, est-il dit dans cet acte, se destinant à entrer en religion il voulait se défaire de ses biens temporels. Et en effet il se rendit a Longwy-bas dans le dessein de faire son noviciat chez les Pères Réeollets de cette ville. Mais ayant rencontré dès son entrée dans cette maison des difficultés de détail qui n'allaient pas à sa tête un peu trop chaude encore , il quitta le monastère et alla à Bruxelles où il s'enrôla le 1" juillet 1787, comme volontaire dans le régiment d'infanterie Prince de Ligne. Son but en entrant à l'armée était de suivre les hôpitaux pour étudier la chirurgie et de fréquenter en même

temps les cours de l'école de médecine. Et en effet, quelque temps après il passa sous-aide chirurgien. En cette qualité il prit part avec son régiment aux événements qui marquèrent cette époque dans les Provinces belgiques. Passé chirurgien de seconde classe en 1790 , après qu'il eut reçu à l'école le brevet d'officier de santé , il demanda et obtint un congé, le 30 septembre 1791 , pour se rendre à T Université de Pont-à-Mousson afin de continuer ses études médicales , et il y passa Docteur en médecine avec la plus grande distinction, le 1er juillet 1793. Muni de son diplôme il rentra au service et fut d'emblée fait chirurgien-major des lanciers du Prince de Scbwartzenberg. Il quitta le pays à la suite de son escadron pour prendre part à tontes les affaires auxquelles son corps assista jusqu'au traité de Lunéville, en 1801 , époque où ses mérites le firent nommer premier médecin de l'état-major-général, avec résidence à Vienne.

Neyen profita de ce repos pour s'occuper à mettre en ordre les observations pratiques qu'il avait eu occasion de faire à l'armée, et publia différents volumes qui eurent beaucoup de vogue dans le monde médical de l'époque. Il donna de même des cours privés de thérapeutique et de médecine opératoire dans les locaux de l'université de Vienne; et ces leçons étaient avidement suivies ; en un mot il se fît une réputation médicale si grande que, en 1809 ou 1810 il fut demandé à Naples où le gouvernement lui offrit le titre et le rang de premier médecin de la Cour et de directeur du service sanitaire. Il accepta ce poste de confiance et s'y rendit : il avait alors 56 ans environ. Depuis ce moment sa famille a perdu ses traces; et malgré toutes les démarches qu'elle a pu faire elle n'est pas parvenue à obtenir des renseignements sur son sort ultérieur; rependant non obstant la longévité qui est commune dans sa parenté , il est à croire qu'il a cessé de vivre, aujourd'hui qu'il aurait atteint l'âge de 108 ans passés.

Nous ne pouvons nous flatter d'avoir recueilli les titres de tous ses ouvrages; cependant nous citerons les suivants; i Dr Jobann-Hichael Neyen's vernuenfliger Arzt nnd Wundarzt ; 2 vol. in-8°; Vienne, 1803.-2° D' J.-M. Neyen's pracktisebe Heilkunde; 3 vol. in-8°; Vienne, 1805.

— 5* Chirurgische Beobachtungen , dargestellt von D* J.-M. Neyen , Printz Schwarzenbergischen Hulaner Régiments Cbirurg.; Vienne, 1802; 1 vol. in-80.— 4° De la maladie des femmes dite vulgairement : Le lait remonté. Dissertation inaugurale défendue devant la faculté de Médecine de la noble et illustre université de Pont-à-Mousson ; par J.-M. Neyen , de Bercbem au Duché de Luxembourg , Docteur en médecine; brochure in-4w, 176 pages. Nancy, 1" Juillet 1793.— 5« Von dem Kalten- oder Wechsel-Fieber. Versuch seinen Herrn Collegen dafgestellt dure» Dr J.-M. Neyen; in-8°, 20 pages; Vienne, 1807. — 6° Commentariolus in Ludov. Gotfredi Kleinii Selectum rationalem medicaminum, digestus studio J.-M.

Neyen, Musipontani Med. Doct. , et ad priva tas suas praelectiones in Aulft acad. Imp. Vienn. conscriptus; 2 vol. in-12°; Vienne, 1806.

Jean-Michel Neyen appartient à la famille Neyen ou plutôt de Neyen, qui porte : d'azur, à trois croisettes recroisetées d'argent, posées par 2. 1 ; heaume grillé, liséré de gueules; cimier: une corne de licorne, annelée d'argent et d'azur, de douze pièces; laquelle tire son origine connue de Thionville, ville qui dépendait autrefois du Pays de Luxembourg. De nos jours elle est divisée en deux branches principales. Au commencement du seizième siècle, un fils nommé Jean de Neyen est allé s'établir i Tournay et de là à Anvers où il orthographia bientôt son nom patronymique à la manière flamande, en écrivant van Neyen t changé dans la suite en ran Nyen,, en lisant à la manière des bollandais la lettre y ou ij comme ei ou ey. Il fut le grand-père de Jean de Neyen sur le compte duquel nous croyons devoir

dire quelques mots ici, parce que, sans être réellement né Luxembourgeois il sortait cependant d'une famille luxembourgeoise. Son père se nommait Martin, non Jean comme une faute typographique nous l'a fait dire dans notre Histoire de Vianden, pages 195 et 196, note 2. Cette branche tournaisieune ou anveraoise subsiste de nos jours à AnTers. Un autre fils, nommé Louis, vint habiter Peppange puis Bivange , l'un et l'autre dans la commune moderne de Rœser , au canton d'Escb-surl'Alzette, d'où une alliance fit entrer cette branche à Bcrchem , même commune moderne , où elle posséda des bien d'estoc: Cette dernière réside encore dans le Grand- Duché de Luxembourg. Nous avons sous les yeux un titre de famille de Tannée 1713 , signé par Nicolas de Neyen, se disant de Berckem (Berchem). La souche commune des deux branches de la famille de Neyen (tarissait à Thionville , en 1497, dans la personne de Bernard de Neyen, compté au nombre des gentilshommes du Pays. Les deux dernières descendances de la branche luxembourgeoise , dite de Bivange-Bercbem, ont omis la particule nobiliaire dans leur signature depuis l'irruption française; celle d'Anvers écrit toujours tan Nyen.

Jean de Neyen , dont nous avons prorois de dire quelques mots en passant, était natif d'Anvers. Il entra chez les récollets et devint Commissaire-général de cet ordre. Harœus qui lui a consacré trente pages in folio , a latinisé son nom en écrivant Naius, vocable dans lequel on ne reconnaît presque plus le nom Neyen ou van Nyen ; il le dit : etoquens ac industrius. Dewez le rappelle également: «homme «adroit, dit-il, éloquent, insinuant, « propre à manier les esprits et à les ga- « gner , aussi agréable dans la conversa- « tion qu'éloquent dans la chaire. Il était « connu très-avantageusement des Hollan- « dais les plus distingués. Le prince Mau- <• rice le traitait avec une familiarité d'an- << cienne conaissance , et son père avait « fréquenté la maison du prince Guillaume- « le-Taciturne. »

D'un autre côté , le comte de Neny, dans ses Mémoires historiques et politiques sur les Pays-Bas autrichiens , rapporte ainsi les faits qui ont rendu ce personnage recommaudable , en lui donnant une fois la qualification nobiliaire et la lui refusant une autre fois , sans doute par inadvertance. Nous copions le passage :

« Ces différentes conditions obli-

« gèrent Philippe III et les archiducs à re- « chercher la paix. Dès l'an 1606, ils enu voyèrent pour cet effet en Hollande un «gentilhomme Gueldrois, nommé Wal- « rave de Wittenborste , et Jean Gevserts, « secrétaire de la ville de Tnrnhout , qui « furent remplacées au commencement de « 1607 par un provincial des Récollets, « nommé Jean Neyen. Les États des Pro- « vinces-Unies leur déclarèrent avec fer- « meté qu'ils étaient résolus à n'entrer dans «aucune sorte de négociation, à moins que « le roi d'Espagne et les archiducs ne les « reeonnûssent auparavant pour des peuples «absolument libres, à quoi ces princes «jugèrent a propos de consentir.

« Cette importante condescendance fut « suivie d'une suspension d'armes de huit « mois , que l'on prolongea dans la suite. «Au commencement de 1608, le roi et « les archiducs envoyèrent à La Haye , « pour traiter de la paix ou d'une trêve , a Ambroise Spinola , chevalier de la Toi- « son d'or, conseiller d'Etat et mestre de « camp général des armées du roi ; Jean « Richardol , chef et président du conseil c privé des archiducs; Jean Mamidor, con- «seiller de guerre et secrétaire de S. M. « Catholique ; le père Jean de Neyen , com- «missaire-général de l'ordre de St. Fran- « çois aux Pays-Bas ; et Louis Verreycken, « audiencier et premier secrétaire des ar- « chiducs.

« Après plusieurs conférences tenues ù «La Haye, sous la méditation des Ara- « bassadeurs d'Angleterre et de France , « la négociation fut rompue ; mais elle se «renoua au commencement de 1609 , par « de nouvelles conférences indiquées à « Anvers , et ce fut dans cette ville que «l'on conclut, le 9 avril 1609, sous la

« même médiation , une Irève pour le « terme de douze années, » etc.

Titre* de fanille. — Archive* du département de la guerre de l'Empire d'Autriche. — Archive* de l'ancienne Chancellerie la icm bourgeois, A La Haye.— Etat civil de la. commime de Boaaer. — Diwsa, Hutoire générale de* province* belgique*, VI, 3GO a 580. — UUtoire générale de* Paya-Itaa, édît. Foppeni, I7S0, I, 49, note*; et IV, I8S - Haa.cn*. Annale* ducum Brahant III, 049 ad 078. — Va» ■«a Vvacjtr, Bmtivccu» «t Mntaau, ci Ira par Dcwu,

NÏCOLAS, dit d'Arlon, du lieu de sa naissance, florissait pendant le quatorzième siècle. Après avoir terminé ses études tbéologiques à Paris il entra chez les carmes de Trêves où il fit sa profession religieuse : Sa régularité, ses mœurs austères et ses vastes connaissances le firent choisir pour prieur de son monastère.

L'archevêque Boëmond II , de Sarbrucken, ayant trouvé l'occasion de faire sa connaissance, l'apprécia, l'admira et l'aima au point qu'il le sacra évéque d'Azot ou d'Acon (episcopus acouensis) et le nomma son suflragant le 20 septembre 1354. Dans ces éminentes fonctions Nicolas d'Arlon sut constamment se conduire avec la fermeté et la prudence nécessaires. Il mourut , disent les Annales , plein de jours et de mérites, en l'année 1392. Le monastère des Carmes de Trêves reçut sa dépouille mortelle et lui éleva un monument superbe avec cette épitaphe :

Rbvbrendissimo Ordinis NOSTmr Patri Nicolao de Ahluno,

ex Priore hl'jtjs conventcs assumpto IN Kpiscopcm Accose.nsem

S UFFBAG ANBUM ET VlCARlUM

Trevirbnsbii

SCB DtJOBUS ArCHIBPISCOPIS

Cdnone et Wbrnbro.

Bertholet ajoute que, pour conserver la mémoire de ce grand homme dans sa ville natale on y avait placé son portrait ♦•t une épitaphe qui subsistaient encore de son temps.

Bumma, Annal. Trcvir., II, 040 «t 230. — Aa

Uosmiin, But. Trevir. diplom„ II, 10, «q. et 18 f v *q.— Mai**, Epitoate HUt. Trevir. 801 — BeaTUOirT, V, 20* - Paouar , 34. - v. STaaaMa«, Hetropol. Eccte*. Trev. II, 448.

XIDRUM, Nicolas, Cls du mayeur de Salm, naquit pendant la seconde moitié du dix-septième siècle. D'abord commis au greffe du conseil provincial de Luxembourg il quitta ces fonctions pour entrer au service militaire où il se distingua dans plusieurs batailles et gagna le grade de colonel. Il fut enfin nommé gouverneur de Katisbonne par l'empereur Ferdinand II et mourut en 1636,

« 1636.— dit l'auteur du manuscrit des a Viri illustres, — Nicolàus Nidrum Sal- «mensis quaestoris Glius et jam e scriba « grapharia? Luxemburgica? Tribunus milt- « tum et tandem Guberuator Ratisbonensis « pro Ferdinando II. »

Vlri illuatre*, II, N* 1 85— Pitaaar. I, fol. LXXIII. — Be»*uoi*v, VIII, 194. - Pwnt . 05 - Utvtu«o, 58.

NIEDfiRUCK , Nicolas de, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « Nicolaus de Nied- « bruckh dominus in Hallendorff — an mo- « dernum Halstroff? — Luxemburgicus ex « Keltenhoffen, capilaneus sub duce Bavavr'œ militavit contra Bohemos rebelles, « exauthoratus ipse et conjunx ejus Mar- «garetha de Lahr legaverunt séminario « Luxemburgensi 1200 daleros. »

Il avait épousé Marguerite de Lahr (v.

son art.), et mourut en 1655.

Viri illuatre*, II, Tt° 109. — PaortT, 6iî — a. Na- Ma, Biaaertatioa *nr le* benne* d'étude*, Xll et XVIII. — v. STaaaaiac, der Motelttrom von BfeU bu Coblent, 89.

NIEDERCORN, Luc, né vraisemblablement à Luxembourg où une famille homonyme subsiste encore aujourd'hui, s'est fait Jésuite et a signé le précieux manuscrit intitulé: Res Munsterienses , ad" R* in Christo Patri ac Domino D. Henrico Suynen Âbbati et Domino in Munster, Cœterisque RR. PP. Munsteriensibus offerebant MM. Societatis Jesu Luxemburgi, anno MDCXXXIX.

Ct«MR. Catalogue de la Bibliolh. 4e Lnibrj , «63 et 47», .<i

NOSBAL1US, Henri, est cité par Bertholet pour avoir été célèbre prédicateur du monastère des carmes d'Arlon , sans indication de date. Le nom Nosbalius nous paraît être un de ces mots latinisés que Von traduirait parfaitement par Nospett, ■village qui de nos jours dépend de la commune de Kehlen, au canton de Capellen, pour faire du personnage qui nous occupe Henri, dit de Nospelt, son endroit natal.

JUtraoLir. V, 89*.

Nospblt, Henri de; v. Nosbalics, Henri.

NOTHOMB, ou Nothumb de, appartenait à la famille noble de ce nom, connue dès le treizième siècle et qui a dans le temps habité Differdange, portant: d'azur, à la fasce d'or, accompagnée d'un gland du môme en pointe. Cimier : le gland de l'écu entre deux trompes d'éléphant, fascées d'or et d'argent.

Le personnage qui nous occupe ici florissait en 1668 où, à la tète d'une troupe espagnole il tailla en pièces, entre Ethe et St. Léger, une division française qui ravageait les frontières du Pays de Luxembourg. L'endroit où se fit ce choc qui doit avoir été terrible , a retenu le nom de : tuerie Nothumb.

RensrigneneaU authentique» fourni».

NOVILANIUS ou Novillaniu», de Novilte ou de la Neuville, Nicolas, florissaît pendant la seconde moitié du seizième siècle et le premier quart du dix-septième.

Les annales le disent d'origine luxembourgeoise, luxemburgensis, d'où plusieurs auteurs ont inféré qu'il était né dans la ville même de Luxembourg, ce qui est loin d'être établi par l'adjectif luxemburgensis. Pour nous, nous croyons bonnement que le village de Noville, cbef-Iieu de commune moderne , près de Bastogrie , peut plus vraisemblablement revendiquer l'honneur de lui avoir donné le jour , comme il l'a donné sans contredit à Englebert Philippart (v. son art.) qui est aussi dit Novilanus par l'auteur du manuscrit des

Viri illustres. Quant à ceux qui voudraient placer ce personnage dans la famille Nouveau qui appartient de même au Luxembourg, nous pensons qu'il n'y a pas à y penser, pas plus que si on voulait latiniser le nom Neyen en Novilanius.

Quoiqu'il en soit, Nicolas de Noville ou Novilanius, issu d'une Ta mille considérée, entra à l'abbaye de St. Maximin où il se distingua par sa vie régulière et son caractère posé, mais surtout par ses connaissances. D'abord sous-prieur pendant deux ans, puis cellerier , il fut enfin envoyé à St. Nabor en qualité de coadjuteur (1610), emploi pour lequel il ne put obtenir sa confirmation de Rome, et qu'il résigna par obéissance entre les mains du chapitre, pour reprendre le rang de simple religieux.

Nous trouvons dans un manuscrit contemporain dont M. de la Fontaine père a eu la complaisance de nous communiquer des extraits, que le 23 mai 1608, Nicolas Novilanius, religieux de St. Maximin et prévôt à Uxbeim , revenait de la diète de Ratisboune où son éloquence et sa parfaite connaissance des titres de son monastère l'avaient fait députer par l'abbé Rénier Bhver, pour soutenir les droits de St. Maximin.

Novilanius fut le premier qui a écrit, par ordre chronologique, le Catalogue des abbés de sa maison depuis l'an 333 jusqu'à 1582 où Rénier Biwer fut promu à cette dignité. De Hontheim qui loue cette œuvre qu'il a publiée dans son Prodromus Historié Trevirensis, II, 995 ad 1045, sous le titre de : Nicolai Novillanii Chronicon Imperialis Monasterii S. Maximini 0. S.

B., site Gesta Abbatum S. Maximini ab anno Chritli CCCXXXU1, Toudrait y roir un peu plus de critique dans le narré de la première origine de ce monastère.

Nicolas Novilanius est mort le 3 mars

A* HoJTBxia. liittor. Treviren*. diplomal. III. 1000, »«).; et Prodron. HUtor. Tre* II. Nrcrolegiiim 8. Bfatinini. 971 ; et Gesta abkatum 8. Maxiniai, 997 »A 104J« namiaatim 10411. sq — P» «art. 04. — Naos*»», Les auteurs luseabourg<:oi>.

ai.

OCHAIN, Jean d\ dit Bras de fer, de U branche de sa famille qui possédait la seigneurie d'Aye près de Marche , florissait vers la fln du seizième siècle et pendant la première moitié du dix-septième. Il était Gis de Gilles d'Ochain, prévôt et mayeur de Marche, et de l'une de ses deux épouses, Jenoe de Suive ou Jeûne de Sarter.

Jean d'Ochain était petit de taille, mais il possédait un grand courage ; il était en outre très robuste. En 1591 il prit part à la guerre contre les Turcs et conserva toute sa vie une mine et un extérieur sauvages, on dit même féroces. L'empereur, dans l'armée duquel il combattait, lui avait confié son étendart. Enveloppé pendant la mêlée par les Musulmans qui voulaient le lui enlever, il ne le lâcha à la fin qu'en perdant le bras qui le portait. Il remplaça dans la suite le membre abattu par un bras en fer, artistement travaillé, d'où lui vint le surnom de Bras de fer.

A la paix Jean d'Ochain revint à Marche son endroit natal, et succéda aux charges de son père. En 1622 il épousa Jeanne de Soy, fille de François de Soy, seigneur d'Aye, Jamodinne et Hogue, officier et écheviu de Marche; et en 1662 il acquit de la maison de Schwarlzenberg la seigneurie de Hassouville, voisine de celle d'Aye.

Pour récompense de ses services contre les Turcs, l'empereur lui avait donné une charge de capitaine à gros traitement, avec dispense du service.

Jean d'Ochain, dit Bras de fer, mourut en 1656, laissant deux fils et une fille.

Ce personnage appartient à la célèbre Maison d'Ochain, issue des ducs de Normandie, portant : de gueules à deux léopards d'argent, passant l'un sur l'autre.

Cette famille s'est divisée en plusieurs branches qui toutes ont conservé leurs armes originaires, n'en changeant que les couleurs ; tels sont les d'Ochain purs, ceux de Jemeppe et ceux d'Aye.

GnrmsL, Ochain; Mémoire géoéal. , dani: Annales de I* Société pour la coneerratioa de* monuœrnt» hiitoriqaei et de* œuvre* d'art d'Arloa. IV, 90- Archivea d'Aye. commaniqoéet par M. »c Xaca- ■suaca, juge de paix k Marche.

OLIMART, Jean-Adolphe £ , écuyer, seigneur de Bettendorf, fils de Pierre- Ernest-Joseph d'Olimart et de Marie ou Marthe-Claire de Stein, de Heffingen, dame foncière et héritière de Bettendorf, est né vers l'année 1740. Après avoir pris le degré de licencié en droit à l'université de Louvain il fut reçu avocatpostulant au Conseil provincial de Lnxem* bourg, le 2 janvier 1764 et nommé Conseiller-lettré par patentes de l'année 1771.

Le 30 septembre 1765 Charles-Antoine, prêtre, et Pierre-Léonard, les d'Olimart, ses frères uniques alors encore en vie lui avaient cédé leurs parts respectives dans la seigneurie de Bettendorf et le Steios- Schlosz. 11 a fait plus tard démolir ce dernier qui n'était plus qu'une ruine insignifiante sous tous les rapports.

Par contrat du 19 septembre 1778, J.-A. d'Olimart épousa dame Cbristioe- Ernestine-Dorothée de Fiennes, fille de Jacques-Florent de Fiennes, écuyer, seigneur de Bohan et de Membre dans la province de Namur, et de Claire-Eléonore de la Biche.

Le 5 août 1783, après l'érection du Conseil provincial en Conseil-Souverain, le Conseiller d'Olimart fut nommé Procureur-général, fonctions qu'il cumula avec celles de Conseiller.

Le 28 janvier 1787, il fut, conjointe-

ment avec le Conseiller de la Fontaine (dont par mégarde l'article a dû être renvoyé à la fin de cet ouvrage) , son collègue au Conseil-Souverain, chargé de l'organisation des tribunaux de première instance , par lesquels le Souverain entendait remplacer dans le Duché de Luxembourg les tribunaux prévôtaux et les justices seigneuriales : ils furent à cette occasion, l'un et l'autre, nommés conseillers auliques au Conseil-Souverain de Justice, institué à Bruxelles (17 avril 1787); et avant leur départ pour leur nouvelle destination ils présidèrent en qualité de commissaires royaux au collège électoral , composé de citoyens notables de la ville de Luxembourg, auquel l'empereur avait délégué le droit de choisir les magistrats appelés à composer le tribunal de première instance de la capitale.

Pensant qu'on lira avec intérêt le procès-verbal de celte séance nous avons cru devoir le copier ici sur l'original même de cet acte: «Sa Majesté l'Empereur et « Roi aïant résolu d'établir dans cette ca- «pitale un nouveau Tribunal Roïal de «première Instance tant pour la dite ville «que pour les Bourgs, villages, hameaux « et leurs bans respectifs d'alentour , et « Sadite Majesté aîant au surplus atlri- « bué à la Commune de la prédite Ville «la prérogative de choisir elle-même par- « mi les aspirans qui seront munis d'un « acte d'éligibilité ceux qu'elle préférera « d'avoir pour ses Juges, il a en conse- « quence le vingt sept du présent mois « été procédé pardevant Vous conseiller « Commissaire de Sadite Majesté à l'ad- « jonction du Secrétaire de ce Conseil Bar- « tfaels , et à l'intervention de Monsieur « le Conseiller aulique d'Olimart , au choix « de cinq conseillers , par les Represen- « tans de la dite ville , savoir : par les « Justicier et Echevins de ce Magistrat , « par trois Exjusliciers , par les huit ca- « pitaioes de la Bourgeoisie , par les treize « maîtres des métiers et par le Baumaltre; « et suivant ce choix qui a été fait d'après «le prescrit de l'avertissement du 17 fe-

«vrier dernier les avocats Jean- Jacques « Faber , Jeao-Louis-Otton Francq , Jean- « Pierre Loutz, André-Mathieu DelaHaye, « et Antoine Laval ont été élus le pre- «mier à trente, le second à vingt-neuf, « le troisième à dix-huit , les quatrième « et cinquième chacun à dix-sept voix. Les « électeurs ont été au nombre de trente- « deux » il y avoit eu quinze aspirans , « savoir outre les Elus , l'Echevin du Ma- «gistrat et avocat Jean-Jacques Tesch « qui a eu quatorze voix , les avocats Hen- « ri Heuscbling qui eu a eu douze, Jean- « Léonard Leurs qui en a eu onze, Jean- « Michel-Henri Richard qui eu a eu six, « Michel Schwab qui en a eu deux , Michel «Poncelet, Jean-Pierre Kneip, N. Neu- «roan et Dominique Pescatoré qui eba- « cun en ont eu une , et Paul de Neun- «heuser qui n'en a pas eu. En foi de « quoi Nous avons dressé et signé le pre- « sent procès verbal d'Election a Luxeni- « bourg le 27* mars 1787.

« Sont signés : de la Fontaine. — d'Oli- «mart.— P. Bartels, secrét. »

Après le décès de l'empereur Joseph II et la suppression des grands changements introduits par ce prince dans la judicalure les conseillers d'Olimart et de la Fontaine, qui professaient les mêmes idées, possédaient les mêmes convictions politiques et ont partagé la même position comme hommes d'Etat ainsi que les mêmes honneurs , quittèrent Bruxelles pour revenir à Luxembourg , le premier en qualité de Président du Conseil-Souverain , poste devenu vacant par le décès du Président de Gerden , mort le 29 mars 1787; le second en qualité de Procureur-Général.

Mais n'ayant pas tardé de se convaincre que leurs promotions, faites en dehors des propositions du Conseil , étaieut envisagées comme violant les privilèges de ce corps , ils renoncèrent spontanément aux faveurs dont ils étaient devenus l'objet et rentrèrent dans les charges et dignités momentanément abandonnées.

A l'invasion de la Belgique par les armées républicaines françaises , d'Olimart,

attaché à la Jante Suprême d administration, suivit la Cour de Bruxelles à Bonn. Eu 1797 le fisc républicain se prévalut de la circonstance que les municipalités de l'ancien territoire français dans lesquelles d'Olimart possédait des biens l'avaient signalé comme absent, pour le faire porter sur la liste des émigrés et le contraignit de s'expatrier en frappant ses propriétés de séquestre. Rentré dans sa patrie à la cessation de cette vexation directoriale , il fut nommé Président du Tribunal de Diekircli qui venait d'être créé. Ce poste il l'occupa avec honneur, dignité et dévouement jusqu'à son décès , arrivé au château de Beltendorf, sa propriété patrimoniale, le 18 décembre 1820, a l'âge de 80 ans. J.-A. d'Olimart était décoré de l'ordre du Lion belgique, aujourd'hui nommé néerlandais.

La famille d'Olimart, d'Olimaert et d'Olymœrt suivant l'orthographie flamande, avec rang d'écuyer , semble originaire du Brabant. Sa descendance connue dans It pays, remonte à six degrés, y compris la génération vivant de nos jours. Elle y compte de Jean d'Olimart, sergent-major de bataille et commandant du château de UerbenmoBt en 1638, et porte : d'argent à cinq burelles d'azur ; cimier : un bras aux couleurs de l'écu , armé d'un poignard du même. Jean d'Oliroaert, qui forma souche dans le Luxembourg , fut chargé par patentes de Ferdinand , cardinal-infant, ù Bruxelles , le dernier jour de mai 1638 , de lever une compagnie de fusiliers haut-allemands, de deux cents hommes.

Par brevet donné à Ratisbonne , le 21 juillet 1640, Don Sancho de Monroy-y- Cuniga il fut nommé capitaine. Ce personnage avait épousé Jeanne de Lutzeralh ou Luxuroth. Cependant les tablettes de la famille remontent encore à deux générations ascendantes, l'une et l'autre avec alliances patriciennes, de façon qu'il semble qu'il n'y a pas lieu de chercher pour elle des patentes d'anoblissement dans les recueils nobiliaires qui du reste n'en donnent point. Ainsi nous noterons pour ces degrés ascendants, Philippe II d'Olymsert , époux

d'une dame de Puflenrode ou Puflenrath ; et Philippe l , d'Olymœrt , écuyer , résidant en Brabant, ayant peur femme Claire de Bœtz. Ces personnages furent respectivement père et grand-père du gouverneur de Hcrbeumont , lequel dernier eut un fils , Jean-Edouard d'Olimart , écuyer, promu le 12 janvier 1673 à la licence en droit à l'université de Dôle en Franche- Comté, reçu la même année avocat au Conseil provincial de Luxembourg , nommé le 25 juin 1698 conseiller et receveur-général des domaines , et mort enfin en août 1703, époux de Catherine d'Ehius, de Mons. Son fils , Pierre-Ernest-Joseph (nommé Mannrichter ou juge féodal du comté de Via ad en etseignuries de St. Vilh, Dasbourg et autres en dépendant , par patentes en date du 3 février 1746 , délivrées au nom de Louis de Gand de Mérode , prince d'iseughien , maréchal de France , etc. , etc. , et signées par ce prince) fut père du Président d'Olimart auquel cet article est consacré. Finalement, ce dernier fut le grand-père de la génération actuelle par Charlet-Anioine-Augusiin d'Olimart, ancien membre de la députalion des États provinciaux , mort conservateur des hypothèques à Luxembourg et chevalier du Lion néerlandais.

Nous ajouterons enfin que la liste des titres de noblesse , etc. , octroyés par le roi Philippe V porte la mention suivante : « Le 6 juillet 1711, titre de Comte et oc- « troy que faute d'enfans légitimes le dit v titre passera à demoiselle Thérèse d'EI- « zius sa sœur , mariée à François Cornet, » ou bien à leur défaut au fils unique de « feue demoiselle Catherine d'Ehius , aussi « sa sœur aine'e jadis épouse de feu « Edouard Olimar et à leurs descendons , «pour Léonard d'EIzius, Conseiller de « courte-robe de notre Conseil suprême « d'État des Pays-Bas établi à Madrid , et « Chancelier de l'Ordre de la Toison d'Or, « a Mons. »

Les comtes Cornet subsistent encore.

Archives de Famille. — Nomination! originales.— Titres et documente original». — Notes el renaeigne-

OLIVIER , Englebert, né à Bastogne pendant la seconde moitié, parait-il, du seizième siècle, est cité dans la Bibliothèque lorraine de Don Calmet pour avoir tradait en français l'ouvrage latin do Jésuite Dominique Caudale, intitulé: Du bonheur de l'état de virginité et de continence, en trois livres; Mayence, 1613; in-12°.

D. Calmct, Bibliothèque lorraine. — BJaoma*. Le»

OLIVIER, Jacquet, ou Jean, né à Bastogne comme le précédent, était apparemment son frère. Jacques Olivier entra dans la Compagnie de Jésus et fut recteur du collège de Creuznach. 11 a, à son tour traduit en latin l'ouvrage du Père Candale: Du bonheur de l'état de Virginité et de

ORLEY , Henri d', est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: « 1400. Henricus d'Orlay D" in B effort «eapitaneus Ducatus Luxemburgensis, se- « pultus in Linster. »

Nous n'avons, malgré les recherches les plus minutieuses, rien découvert d'ultérieur touchant ce personnage, si ce n'est qu'il commandait au quartier wallon, et qu'en l'année sus-marquée, qui fut celle de sa mort, son fils Wauthier lui succéda dans ses charges et ses possessions, tandis que sod neve», Arnoux d'Orley était à la même époque gouverneur du quartier allemand.

Viri illuatrea, III. BP» 188. - Manuscrit! du curé

D. C«IMT, BLWiothrqur

ORLEY, famille de nom et d'armés, connue dès les premières années du quatorzième siècle et qui subsistait vraisemblablement déjà pendant le treizième. Elle portait originairement : d'or , à 3 pals de gueules; plus tard elle n'en plaçait plus que deux. Cimier: une aigle naissante d'or entre un vol de sable.

Cette famille qui a occupé des emplois importants dans le Luxembourg et a eu des alliances avec plusieurs des premières maisons du Pays, s'est éteinte pendant le siècle dernier. Les Ludovisi (v. leur art.) ont été autorisés a en prendre le nom et les armes, par acte du 4 novembre 1724.

Dès 1413 les d'Orley figurent comme seigneurs ou co-seigneurs de la terre de Linster; ils ont de même possédé pendant quelque temps celle de Beaufort, et leur écusson figure au premier rang sur les clefs de voûte de l'église de Nicdcrwillz, paroisse des anciens seigneurs de Wiltz.

Uicaacaôca, D uiui, Eiflia illustrât», II , pan altéra, £48 ad B1J8.— Piiaaar, III, »erbo: Linster. — BcaruoLCT, passim. — Arcbire* du siège des nobles, a Luxembourg.

Orval, Gillet d'; v. GILLES, dît d'Orval.

Orval, un autre Gilles d"; v. GILLES, dit d'Orval, à la suite du précédent.

Orval, Guillaume d'; v. GUILLAUME, dii d'Orval.

OSBOURG, ou Oipurch, Pierre d' , a vécu pendant la seconde moitié du quatorzième siècle et la première du quinzième. Si nous pouvons en croire la tradition, Pierre d'Ospurch aurait été un gentilhomme étranger revenu de l'armée et qui se serait fixé à Grevenmacher où il aurait obtenu de Weneeslas II des Lettres datées du lundi devant la fesle de St. Simon et St. Jude, en Fan 1418, par lesquelles ce prince déclarait affranchie de toute charge et redevance sa maison et dépendances ainsi que ses autres propriétés.

Les Gestes de Trêves rapportent qu'en 1397 les bourgeois de cette ville ayant été en guerre avec Jean de Cronenbourg et Pierre Osberg, leurs ennemis acharnés, les firent tous deux prisopniers et les retinrent longtemps.

Ce personnage , qui semble avoir possédé une belle fortune, fit son testament en 1439, et légua tous ses biens pour ériger au dit Grevenmacher un hôpital destiné à recevoir les indigents maladcs-

et à accorder aux vieillards ainsi qu'aux voyageurs une généreuse hospitalité. Les échevins de la ville étaient déclarés mambours perpétuels ou administrateurs de cet établissement qui possédait en 1632 des vignobles, jardins, prairies et terres labourables, au nombre de quarante-Cinq numéros, outre la maison du fondateur.

De nos jours cette institution a un revenu approximatif de deux mille à deux mille cinq cents francs.

Butmj, 186. — Cartulaire mannterit de 103Sk 1036, «us archive* du Grand-Duché; et copies daM la Bibliothèque de M. le Président YVurtb Paquet, de même que dans la noire. — Note* administrative!. - Notes d'étude. - Gesta Trevirorum, 111, 37.

Ottos-Thbodobe; v. BECK, Théodore- Otton.

Oies, St.; v. AUDOVON, Si.

OUREN, la famille d\ maison de nom et d'armes, connue dès les commencements du douzième siècle et éteinte en 1730 suivant Bertholet, mais dont Baersch a encore trouvé Charles-Auguste en vie en 1 759 , portait : de gueules, à la croix ancrée d'or, finissant aux huit bouts en têtes de serpenteaux de même; heaume couvert d'un chapeau plat de gueules au rembras d'or, sommé de deux cornes adossées, l'une d'or, l'autre de gueules.

La famille d'Ouren a possédé la terre de son nom, ainsi que celles de Limpach, Tavigny, Maboropré, etc., et a occupé des emplois très élevés, tels que ceux de capitaine-prévôt de Luxembourg et de Bastogne, de conseiller de courte-robe, de justicier des nobles , de député de la noblesse, etc., etc. Plusieurs personnages de ce nom ont en outre mérité de figurer parmi les illustrations nationales ; nous allons les passer successivement en revue.

Archives de la Seigneurie d'Ouren. — Uxccscufics.. -BcsTnoicr. 111, P J. I; et IV. ante tcitum XXXIII. XXXVI et XLVII; Ï1M>. 3111, 383; P. J LXVIII , T. V, 131. 163. IBM. 881,883; P J. XXV; T. VI. Itil, »q. P. J. VIII; T. VII, 444. 4<tl ; T. VIII. 188; P. JF. LX1X. - Archives du siëge des noble*. — » 8T>\aec»o, Der MoseUlrooi von Met* bis Coblenz, «39. - PmsatT, III - Notes d'étude*.

OUREN, Alexandre S, était grand-prévôt de l'église de St. Lambert à Liège lorsqu'il fut légitimement et canoniqnemeni élu évêque de cette ville en l'année 1 164. Les historiens liégeois Fisen et Foullon te nomment, l'un : ex Orreanâ domo genitus apud Treviros, l'autre Alexander de Orreo Trevir, ce qui pourrait donner lieu a méprise si on ne se rappelait pas qu'autrefois il était d'usage, surtout pour les personnes d'église, de désigner la patrie par le nom du diocèse dans lequel ils étaient nés; ensuite si on n'avait pas égard aux nombreuses variantes que l'on remarque dans l'orthographie des noms de famille : 11 était si facile d'écrire de Orreo pour de Ouren ! Cependant nons avons trouvé écrit dans les titres anciens de cette famille, dont nous devons la communication à l'obligeance de Monsieur le Juge de paix La?is , de Houflalize : familia Ourcniana et .Orreniana ; d'où naturellement Orreorum et de Orreo. Du reste les anciennes notices authentiques que nous avons sous les yeux portent qu'en 1161 Alexandre d'Ouren, prévôt de la cathédrale de Liège était fils de noble seigneur d'Ouren , et qu'en 1181 vivaient Cunon et Arnoul d'Ouren, frères du défunt évêque de Liège.

Alexandre d'Ouren n'occupa le siège épiscopal de Liège que pendant trois ans environ, et son administration n'offre d'intéressant que la canonisation de Charlemagne, en 1 165, par ordre de l'anti-pape Pasehal, à laquelle ce prélat assista à Aixla-Chapelle. 11 suivit ensuite l'empereur Frédéric dans sa troisième expédition en Italie où il mourut de la peste, le 9 août 1167. Son corps fut ramené à Liège et inhumé dans sa cathédrale.

Fuir, Ilistorïa Ecoles isr Leodiensis, 588! sq. — Fovllov, Historia Leodiensis, I, 878. — Dtwes, Histoire dn Pays de Liège, I, 100. — Manuscrits Cu» ■u. — Ulvmimc , 30. — Puraarr , III. — Archive* d'Ouren.

OUREN, Charles d', était fils de Jean d'Ouren, seigneur de Tavigny, Limpach, etc., et prévôt de Luxembourg, et d'Adrienne de Pallant, dame de Reuland.

Charles d'Ouren , seigneur à son tour

de Tavigoy, Malberg, etc., prévôt de Luxembourg et Conseiller de courte-robe, épousa Nicolie de Housse. Nous mentionnons ce personnage sur lequel nous ne connaissons aucun détail biographique, parce que Fauteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré l'article qui suit : «1656. Carulus seu Caroius ab Ouren

«Luxemburgensis dominus in Limpacb, «Tavjgny, etc. Capitaneus et prepositus « urbis Luxemburgensis consiliarius Eques- «tris hujus ducatus posait Divo Josepho « ai (are apud franciscanos. »

Viri illustra, IIJ, H» 894. - Pua.rr. ni

0wb»,5ï.; t. AUDOVON, St.

P ALLANT ou Pallandt, Alexandre- Charles de, est né à Reuland pendant la seconde moitié du dix-septième siècle, et entra en religion à l'abbaye de Ste. Gertrude à Louvain, dont il devint successivement prieur et cinquième abbé mitré.

Il fut aussi juge synodal et conservateur des privilèges de l'université de la même ville, fonctions éminentes qui ne se confiaient qu'à des personnages qui à une haute naissance joignaient un mérite personnel transcendant et beaucoup de fermeté de caractère avec une exquise prudence.

L'abbé de Pa liant a été plusieurs fois nommé député ordinaire aux États du Bradant et assista entr'autres en cette qualité à l'inauguration de l'Empereur Charles VI, en 1717.

Les annales de son monastère font en outre son éloge pour avoir beaucoup embelli son église et son abbaye, ainsi que les maisons avoisioantes. Il est mort le 24 octobre 1722.

Alexandre-Charles de Pallant appartenait à l'ancienne famille de son nom, originaire du pays de Juliers et dont une branche s'est établie dans le Luxembourg où entr'autres terres elle a possédé Reuland . seigneurie à laquelle était attaché l'office de chambellan héréditaire du Duché de Luxembourg. Suivant Ungeschiick , les Pallant du Luxembourg portent : Fascé de sable et d'or , de six pièces , tandis que

Bucelin leur donne: Fascé d'argent et d'azur, de dix pièces. Cimier: un vol parti d'or et de sable, adossé par les pennes et supportant un écusson au blason de l'écu. La descendance de cette famille remonte, dit-on, jusqu'au dixième siècle où nous voyons en effet, en 963 , Wilprande II de Pallant, Gis de Wilprande I et époux de Jutte de Fénestrange ou Vinstingen, laquelle assista comme veuve en 996 aux tournois de Brunswick, et y remporta le prix.

Bcratas. Trophée* de Rrabant, IV, 390, <*j. — Bicnu*. Germanie Topo-Cbr»no-8temm&to(;ripbia Met* et prophan*, II, 1551, §q. - L'i&«scb6c». — Bcasca, Eiflia illustrait, II, pari «liera, 149 ad SOS. — Généalogies de plusieurs faasUles noble* illustre* et anciennes, ete.j manuscrit da 17' siècle, dan* Mtre bibliothèque. 430 ad 467 = C« msert provient du château de Scbuthourg.

PAQUET, Joseph, fils de Jean Paquet, propriétaire et tannenr, et d'Antoinette Louis, est né au Pfaffenthal, basse-ville de Luxembourg, le 25 thermidor au XII, 13 août 1804.

Après avoir achevé d'une manière brillante ses études humanitaires à l'athénée de sa ville natale il alla en septembre 1823 suivre les leçons universitaires, d'abord à Liège ensuite à Louvain et enfin à Bonn. Pendant son séjour à Louvain il fut, par arrêté dn collège des curateurs de cette dernière ville, en date do 9 novembre 1825, nommé répétiteur de Philosophie au collège philosophique qui ve-

naît d'y être érigé par le roi Guillaume 1". 11 n'avait encore que vingt-un ans lorsqu'il obtint cette distinction honorable; mais il faut ajouter que de 1821 à 1823 il avait déjà entendu les cours de philosophie du professeur Trausch (v. son art.) à Luxembourg ; et c fut sans doute dans ces savantes leçons qu'il avait fait daus l'étude de cette science spéculative les progrès marqués qui lui valurent cette flatteuse promotion : cette circonstance le mit en relation avec le professeur Seber qui devint bientôt son ami comme il était déjà son professeur. Aussi lorsque ce professeur mourut en 1828, Paquet fut-il chargé de présenter son éloge devant l'assemblée des Curateurs et de tous les élèves réunis. Le panégyrique qu'il prononça à cette occasion fut imprimé à Louvain, format iu-8°, sous le titre de : Oratio in memoriam Beali Seberi, in universilate Lovant ensi prof essor il P. 0., quarn habuil m magno auditorio colleyii philosophici. A. D. V. Kal. dec. 1827, post peracta sacra funerwn solemnia.

Son discours, plein de belles pensées et qui fut écouté avec faveur, montra que Paquet savait parfaitement apprécier les mérites transcendants du défunt, comme il prouva que le noble cœur de l'orateur conservait pour son maitre une reconnaissance vraiment filiale. .

Le 21 juillet de la môme année il était allé à Liège subir son examen de Docteur en philosophie et lettres. A cette occasion il soutint une thèse intitulée : De actionum liberarum lege supremâ. Le diplôme que la faculté lui remit porte la note hooorable : cum summâ doclrince prœstantiâ.

Il n'était de retour dans sa ville natale que depuis les derniers jours de décembre 1 827 , lorsque par arrêté du 28 octobre 1 828 il fut nommé professeur des langue et littérature hollandaises à l'athénéo de Luxembourg, et l'année suivante l'administration lui confia en outre la même chaire à l'école normale, avec le litre de professeur honoraire. Ces fonctions amenèrent Joseph Paquet ù composer une petite grammaire qu'il publia sous le titre

de : Chrestomatie hollandaise, et qui était en 1830 à sa seconde édition ; vol. in-8% Luxembourg.

La grande réputation pédagogique que déjà alors il avait su s'acquérir le firent nommer le 1" décembre 1829 membresecrétaire de la commission urbaine des écoles de Luxembourg. Ce n'était encore là qu'un théâtre trop peu vaste pour son incessante activité dans la branche de l'éducation de la jeunesse ; nous le verrons en effet un peu plus tard placé dans son véritable élément; mais n'anticipons pas sur les événements.

En 1831 il fut chargé du cours d'Histoire et de Géographie dans toutes les classes de l'athénée , après le départ du Professeur Ph. Derote qui était retourné en Belgique après les événements politiques de 1830 : Cette chaire il la conserva jusqu'en 1848.

Il publia en 1838 un manuel d'Histoire de Luxembourg sous le litre de : Die Hauptlhalsachen der Luxemburger Geschichte, sur Grundlage bei seinem Untertiehte dargetteUl von D1 Jos. P. etc.; Luxembourg, in-8°. Cet ouvrage est encore aujourd'hui le manuel le mieux digéré que l'on possède sur notre histoire nationale. Comme simple résumé il montre une coordination claire et précise des faits historiques; et il se distingue surtout par l'énumération de beaucoup de sources à consulter pour des études plus approfondies, ainsi que par l'indication sommaire des principaux grands hommes qui ont vu le jour dans le Pays.

L'opuscule que nous venons de citer est destiné à l'usage des élèves de l'athénée ; il fut suivi en 1 842 d'un autre aperçu pour les écoles primaires. Ce dernier a pour titre : Die Geschichte des Luxemburger Landes, zum Gebrauch der Primœrschulen; in-8°. Il en est à sa seconde édition qui a paru en 1856. Cette édition, beaucoup plus correcte et d'un style infiniment meilleur que la première, a été faite en collaboration avec Monsieur le Professeur Schaack.

Lorsque la loi de 1843 sur l'organisa-

tion de l'instruction primaire fut mise à exécution, Paquet fut nommé membre et secrétaire de la commission générale ainsi que du comité permament d'instruction.

Ces fonctions nouvelles ayant semblé entraîner une espèce d'incompatibilité avec celles de secrétaire de la commission urbaine des écoles, il se retira de cette dernière pour donner tout son temps à la première où il entreprit avec son zèle éprouvé depuis longtemps déjà, à continuer et à parfaire l'œuvre si péniblement commencée par son ami feu ie respectable abbé Maoternacb (v. son art.). Et ce zèle, celte persévérance infatigable, il n'a pas cessé jusqu'à son dernier jour de les vouer à son objet favori, à l'instruction de la jeunesse. Il fut en même temps nommé inspecteur d'écoles de la seconde subdivision du canton de Luxembourg, qui est de beaucoup plus étendue et plus populeuse que la première. Dans cette sphère d'action on ne saurait bonnement (•'imaginer le grand nombre de travaux qu'il a su exécuter et qui tous ne tendaient qu'à l'amélioration intellectuelle de nos populations par l'introduction de toutes les mesures capables de ta décider. Mais si Paquet semblait se donner en entier à la direction de l'enseignement primaire, il ne s'ensuit pas qu'il ait pour cela et un instant seulement négligé ses cours à l'athénée ; et l'on doit vraiment être étonné en pensant comment il a pu suffire à tant d'occupations si nombreuses et si diverses.

Malgré des travaux quotidiens si multipliés, il s'est encore trouvé en état, à la fin de l'année scolaire de 1844—45, de publier dans le Programme de l'athénée une : Esquisse historique de l'enseignement public dans le pays de Luxembourg; 26 pages gr. in-4+; dans laquelle il a montré un savoir profond de sa matière, autant que les résultats les plus satisfaisants de ses vastes recherches.

Un autre objet encore attira pendant longtemps toute la sollicitude de Paquet. De concert avec son ami, l'abbé Manternacb

avec lequel il était étroitement lié depuis l'adolescence, ces deux philanthropes travaillèrent pendant plusieurs années à l'érection à Luxembourg d'écoles ouvrières pour les garçons et pour les tilles ; ces écoles devaient être destinées à enseigner aux deux sexes et au sortir des classes primaires , des états utiles. Celle des Allés put être établie dès avant l'année 1838 et fut consolidée pour l'avenir au moyen de tombolas qui étaient annuellement instituées pour le produit en être employé à son entretien d'abord, ensuite à constituer les capitaux nécessaires afin d'en assurer la durée : les dames religieuses de Sainte- Sophie furent chargées d'enseigner aux élèves tous les ouvrages de mains utiles ou nécessaires au sexe; de manière que depuis cette époque des centaines de jeunes iilles indigentes sont arrachées à la misère et à la dépravation qui en est presque toujours la suite. Nous ajouterons que cette utile conception doit ses progrès, voir même une grande partie de son existence matérielle aux dons généreux de la vénérable Reine douairière des Pays-Bas, l'auguste veuve du bon roi Guillaume II, qui continue encore tous les ans, ainsi que Sa Majesté la Reine actuelle, à la gratifier par l'envoi de sommes assez considérables.

Si l'école des filles adolescentes a pu entrer en activité, il n'en a pas été de même de l'institution analogue que les auteurs du projet avuient en vue pour les garçons. Cette dernière n'existe pas encore, bien que quelques capitaux soient déjà réunis pour l'appeler à la vie : les intérêts anuuels de ces fonds sont provisoirement employés à faire apprendre des métiers à des jeunes gens peu favorisés par la fortune. Espérons néanmoins que la chose sera bientôt reprise en sous-œuvre par un autre philanthrope qui arrivera facilement au but poursuivi, avec la mise première déjà obtenue.

Les événements politiques de 1848 touchèrent également Paquet, en ce sens que : h l'organisation du secrétariat pour les affaires du Grand-Duché, attaché au

Cabinet du Roi à LaHaye, lequel remplaça l'ancienne Chancellerie luxembourgeoise au moment de la mise en vigueur de la Constitution libérale et populaire de 1848, Sa Majesté Guillaume II jeta les yeux sur lui et le nomma, par arrêté du 19 août, aux fonctions de secrétaire, lui conservant néanmoins ouvertes sa chaire à l'Athénée ainsi que ses autres fonctions, pour le cas où celte position nouvelle n'irait pas à son caractère si éloigné de la politique. Paquet quitta en conséquence et avec regret ses chers élèves de l'athénée de même que les écoliers avec les instituteurs primaires du Grand-Duché. Mais le poste tout honorable et de confiance qu'il venait d'obtenir ne tarda pas à lui déplaire parce qu'il l'enlevait à ses habitudes studieuses et aux occupations de toute sa vie j il sollicita eu conséquence et à plusieurs reprises sa démission honorable, que le Souverain fut enfin assez généreux pour lui accorder par arrêté du 10 juillet 1849 : en récompense de ses services, Sa Majesté Guillaume III lui conféra la croix de l'ordre du Lion néerlandais ; son auguste Prédécesseur lui avait déjà en 1 842 remis la décoration de la Couronne de chêne.

Pendant les derniers jours de la maladie qui l'enleva il avait également été nommé chevalier de l'aigle rouge de Prusse ; mais les insignes de cet ordre de même que le brevet n'arrivèrent a Luxembourg qu'après son inhumation.

De retour à Luxembourg, il avait repris ses leçons d'Histoire à l'athénée lorsque par arrêté Royal Grand-Ducal du 21 mars 1850 il fut nommé Censeur près du même établissement, position qui lui conûait la direction supérieure de ce qui peut concerner directement l'éducation morale des élèves. Enfin, le 7 octobre 1856 il échangea la chaire d'Histoire contre celle d'élégance latine en première : il fut en même temps nommé régent de celte classe.

Paquet fut aussi un des premiers fondateurs de la Société Royale Grand-Ducale pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de

Luxembourg, et un des associés de Flnsti (ut historique de France.

Nous ajouterons encore que depuis 1850 il a été chargé , en qualité de commissaire de l'administration supérieure d'aller tous les ans présider les solennités de clôture des années scolaires dans les différents établissements d'instruction moyenne, à Diukirch et à Echternacb, de même que les concours entre les instituteurs ainsi que ceux entre les élèves des écoles primaires dans les cantons du Pays.

Pendant l'invasion de l'épidémie cholérique à Luxembourg , en 1832, on l'a va partout, prodiguant des consolations aux malades, ordonnant et faisant exécuter les moyens d'assainissement, etc., etc., avec une abnégation et un courage presque sans exemple. Du reste, depuis son retour de l'université, en 1828, il n'y a presque pas eu de commission instituée ou de rapport demandé, que Paquet n'y fût adjoint ou qu'on n'eût pris son avis, tellement son zèle pour la chose pubbque était connu. Le gouvernement le fit même entrer à la commission de législation, par arrêté du 15 novembre 1849, et la presqu'unanimité des voix des électeurs l'appela à la chambre législative le 10 juin 1851 ; mais il résigna bientôt l'un et l'autre de ees mandats parce qu'il sentait que son caractère n'avait absolument aucune tournure pour la politique.

Enfin, élevé dans les principes les plus sévères du catholicisme romain , ces principes lui demeurèrent pendant toute sa vie dans toute leur pureté, et jamais il ne dévia des préceptes d'une religiosité éclairée mais sans ostentation. Pendant sa dernière maladie, qui fut longue et pénible, il fit preuve de cette résignation édifiante qui dénote si bien une conviction raisonnée et philosophique. L'athénée et le Grand- Duché ont perdn Paquet le 4 février 1858.

Par disposition testamentaire il légua à la bibliothèque de l'athénée sa bibliothèque qui renferme plusieurs ouvrages précieux, et il fonda près du même étabUssement une bourse d'études d'un revenu

de trois cents francs. Cette bourse , constituée en faveur de l'étudiant pauvre le plus méritant de l'athénée ou de l'école industrielle et originaire de la ville de Luxembourg, a été établie par arrêté royal grand-ducal du 31 mars 1858.

Wit», Panégyri«|tte de Jn» Paqaet; dnni : fteLalbolc do mai* de février i8i»8. p. 33 h 82. — Journal de Lo»«»l»ourB, IrtrfS, K" 30. 31 et 34.

— Luiemburger Mort tuer Wabrb. it uod Reckt.

— 8ouveniri personnel!, — IVinua, Catalogue de la IliMi.itlit i|ue de Lutenibaurg, 407 et <l 36. — Annuaire de l'université de Liège, 1830, 83. — Publication de la Société archéologique da Grand-Ducbé, 1840, p 41.

PASTORET, Nicolas, fils d'Antoine Pastoret, centenier et négociant, et de Thérèse de la Haye, originaire du château de Schimpach, est né à Arlon, le 20 octobre 1739.

Après avoir acquis dans sa famille les notions élémentaires nécessaires il entra en 1750 au collège des Jésuites à Luxembourg où, après cinq ans il finit les classes dites élémentaires qui , suivant l'usage d'alors se terminaient par la dialectique introductive à la logique et physique. Il éhidja également la philosophie au même établissement. Dans tous ses cours il avait obtenu les premiers prix lorsqu'il alla suivre en octobre 1758 les leçons de la faculté de droit à l'université de Louvain qui à cette époque avait la réputation d'être une des premières de l'Europe. Il s'y distingua comme à Luxembourg, et eut l'honneur d'être proclamé Primus:

Ses condisciples l'avaient en outre, pendant la dernière année de son séjour à l'université, reconnu pour leur fiscal et doyen, charge d'intérieur aussi délicate que difficile et honorable à remplir vis-à-vis d'égaux; et il s'en acquitta avec tant de distinction que le jour où il passa sa licence, le 13 mars 1762, ils avaient fait imprimer et distribuèrent une épitre congratulatoire en son honneur.

Le 21 avril de la même année il se fit inscrire sur le tableau des avocats-postulants près le Conseil provincial de Luxembourg, carrière dans laquelle il ne tarda

pas à se distinguer par son activité, sa probité, son intégrité, mais surtout par ses immenses connaissances; an point qu'il se rendit tellement rccommandable aux yeux du Conseil que celui-ci crut devoir le proposer comme premier candidat pour une place de conseiller lettré devenue vacante dans ce premier corps de magistrature du Pays. Aussi fut-il nommé à ce ppste par patentes du 10 août 1778 et installé le 1" octobre suivant, à la rentrée après les vacances ; et déjà il fut appelé le 28 octobre 1780, de h part de l'Empereur Joseph H, en mission au Grand- Conseil de Malines, pour assister à des délibérations intimes concernant le service du Souverain et du Pays.

On sait que par édit du 1" août 1782 le Conseil provincial de Luxembourg fut érigé en Cour souveraine à laquelle fut ajoutée une seconde chambre ou section.

D'un autre côté le président de Gcrden, déjà figé et maladif, occupé d'ailleurs, en sa qualité de Conseiller d'Etat, de beaucoup d'affaires particulières du Gouvernement, ne fréquentait plus que très peu le palais. Ces circonstances firent que, en qualité de vice-doyen ou second Conseiller rapporteor — le Conseiller du Rieux était doyen d'ancienneté — Pastoret fut appelé à présider la seconde chambre et chargé par le Conseil de tous les rapports et commissions les plus notables, parmi lesquels nous mentionnerons de préférence le projet de Code et de la nouvelle organisation judiciaire que Joseph II voulait introduire en Belgique, à l'instar de ses autres états héréditaires. Eu effet, en exécution d'un ordre des Gouverneurs-généraux des Provinces belgiquus en date du 19 octobre 1783, il fut chargé au mois d'octobre 1785 de ce travail aussi vaste que pénible. Ayant pour ce motif été dispensé de fréquenter le Conseil, il travailla sans relâche à cet ouvrage, pour lequel il rédigea un projet tout nouveau sur le code de Vienne et sur celui qui avait déjà été préparé par le chancelier de Brabant pour les Pays-Bas autrichiens.

Ce rapport fat terminé en cinq mois. Il roulait non seulement sur le mode de plaider mais encore en grande partie sur les lois mêmes et fut très-faTorablement accueilli par le Gouvernement qui en témoigna sa grande satisfaction à Fauteur.

Ce dernier obtint en récompense pour ses peines la charge de garde et trésorier des Chartres du Conseil par Patentes de l'Empereur François II en date du 1" septembre 1792, succédant en cette qualité au président de Gerden récemment décédé.

L'empereur Joseph II ayant, par diplôme du premier janvier 1783 supprimé tous les tribunaux dans les Pays-Bas autrichiens et créé de nouveaux sièges de justice organisés sur un pied nouveau, N. Pastoret fut désigné Conseiller au nouveau Conseil d'appel à Luxembourg, par patentes du 17 avril 1787, pour entrer en fonctions avec l'introduction de la dite réorganisation, le 1er mai suivant.

Le Conseiller au Grand-Conseil de Malines de Ludovisi d'Orley, également nommé Conseiller d'appel à Luxembourg, mais qui était déjà vieux et très caduc, avait été désigné pour remplir provisoirement les fonctions de président. Mais comme il n'était pas initié aux nouvelles formes et lois, Pastoret, premier Conseiller suivant en rang, prit sur lui la charge de cette présidence, parce qu'il connaissait parfaitement l'organisation nouvelle pour avoir aidé à l'élaborer et traduit l'ordonnance en allemand. Cependant le style introduit par Joseph II n'eut qu'une durée éphémère, puisque déjà par décret du 21 juin de la même année il fut abrogé pour les choses être remises sur l'ancien pied.

Le Conseil Souverain ayant en conséquence repris ses fonctions, et l'ancien Président de Gerden étant décédé sur ces entrefaites, ce corps de magistrature fut de droit présidé par le Conseiller du Rieux, le plus ancien magistrat rapporteur en rang, tandis que Pastoret dirigea la seconde Chambre. Du Rieux ayant peu de temps après été nommé Président effectif, et le Conseil ayant obtenu en 1788 une

troisième Chambre , Pastoret continua à présider la seconde et ce jusqu'à ce que pendant la révolution brabançonne le Président du Rieux fut détaché pour présider la commission royale établie à Luxembourg. Dans cet intervalle pendant lequel le gouvernement fut même obligé de quitter Bruxelles à cette époque critique, Pastoret présida le Conseil entier jusqu'à ce que la dite commission cessa d'exister après l'apaisement des troubles. Le Président du Rieux ayant repris son fauteuil en 1789, Pastoret rentra à la seconde Chambre, qu'il ne quitta plus jusqu'en 1795.

Le président du Rieux étant mort pendant le blocus de la forteresse de Luxembourg par les armées de la République française, Pastoret reprit la présidence du Conseil qu'il conserva pendant cette époque critique s'il en fut jamais, et jusqu'à la capitulation du 17 prairial an III de la République (6 juin 1795): deux jours après le Conseil souverain fut déclaré supprimé.

Nous croyons devoir faire observer ici que les attributions de ce corps magistral ne consistaient pas seulement à juger en dernier ressort comme tribunal de justice en toute matière litigieuse quelconque, civile, de police ou criminelle, mais encore à servir constamment d'avis et de conseil au gouvernement général de Bruxelles, tant dans les affaires de législation de toute espèce , qu'administratives en tout genre concernant la province; et que sur ces objets c'était constamment et spécialement le Président ou à son défaut le Conseiller qui en faisait les fonctions, qui était en relation soit avec le Gouvernement, soit avec les Etats ou avec le Gouverneur de la Province, lequel dernier était le chef de ce Conseil mais ne le fréquentait pas. Le général Baron de fiender, dernier Gouverneur sous le régime autrichien, était en même temps commandant de la forteresse pendant le blocus français : Il fut nécessairement en relation continuelle avec le Conseil souverain , vu surtout le manque absolu de

communication avec tout autre agent du gouvernement autrichien; aussi à la remise de la forteresse voulut-il témoigner par une lettre très flatteuse au Président Pastoret toute sa reconnaissance et même celle de son Souverain pour les nombreux et éminents services que la magistrature suprême du pays avait rendus (lettre du 8 juin 1795). *

Détaché de l'ancien souverain par la capitulation de la forteresse de Luxembourg et la conquête française, et délié par son monarque du serment de fidélité, Pastoret offrit, le lendemain de l'entrée du vainqueur dans la place, ses services au nouveau maître et accepta le jour suivant, sans avoir égard aux circonstances critiques et absolument exceptionnelles du moment, de présider au nom de la République le tribunal civil supérieur provisoire que celle-ci constitua dans la capitale pour remplacer le Conseil souverain. Il continua ces fonctions avec honneur et probité jusqu'à ce qu'en fructidor (septembre) suivant les représentants du peuple remplacèrent a leur tour ce tribunal provisoire par un tribunal civil. Nommé juge à ce nouveau tribunal, il en a d'abord, par l'assemblée électorale de l'an V y et successivement sans interruption de six en six mois, été choisi puis réélu Président, jusqu'au 28 prairial an VIII (17 juin 1800). A ce jour, et en suite d'une nouvelle organisation générale de la judicature, il fut désigné par les Consuls juge au tribunal d'appel de Metz et chargé en même temps, par un second brevet, daté du même jour, de la Présidence de la Cour criminelle du département des forêts, à Luxembourg, fonctions dans lesquelles il s'est distingué d'une manière tellement éminente qu'aujourd'hui encore sa réputation comme juriste et comme magistrat du caractère le plus ferme et le plus honorable s'est conservée dans les annales du Palais.

D'un autre côté, nous avons dit que le Président Pastoret avait, sous le régime autrichien, été chargé de la garde des Chartres. Lorsqu'à l'entrée des français,

en l'an III (1795) ces fonctions furent supprimées il remit fidèlement au vainqueur ces documents importants qu'il avait conservés avec toute la sollicitude possible pendant la guerre et le blocus , dans une tour particulière destinée à ce dépôt et qu'à ses propres frais il avait fait garantir contre l'éclat des bombes et les risques de l'incendie.

Par sa conduite distinguée Pastoret s'était gagné toute la confiance de ses concitoyens , surtout depuis l'introduction du régime français, parce que constamment il avait cherché à soigner comme à protéger leurs intérêts civiques. Comme récompense pour tous ces bienfaits il fut nommé trois fois président de l'assemblée primaire , et , alternativement d'après le prescrit de la loi, des assemblées électorales. Pendant les ans VI et VII il fut même désigné haut-juré de ces assemblées, et en l'an XII électeur départemental dans cinq cantons à la fois. On lui avait en outre donné l'expectative de le présenter comme candidat pour la première vacance à la cour de cassation, lorsqu'en l'an XIII (1804-05) il fut admis au corps législatif.

En 1801 (an IX) il avait été désigné membre de la Société libre des arts, do commerce et de l'agriculture du département, laquelle il présida pendant trois ans avec sagesse et prudence.

A l'expiration de son mandat au corps législatif, Pastoret était revenu à Luxembourg pour continuer à présider le Tribunal criminel, lorsqu'il mourut en 1810, à l'âge de près de 71 ans.

Avant son départ pour Paris, le Président Pastoret comptait quarante-trois ans de service an palais, savoir: seize ans comme avocat, quatre ans comme conseillerlettré et vingt-trois ans de présidence des différentes cours de justice qui s'étaient succédées dans l'intervalle; et pendant celte longue carrière il s'était constamment distingué entre tous ses collègues par son activité, son impartialité, sa probité, son dévouement ét son zèle, dans ces temps aussi difficiles qu'orageux où la prudence

ot des travaux extraordinaires comme de la plus grande délicatesse, nécessités par les troubles aussi bien que par les changements nombreux survenus dans Tordre des choses étaient devenus indispensables pour parvenir à opérer le bien.

En outre , N. Pastoret avait été appelé particulièrement au couronnement de l'empereur Napoléon 1", par considération pour ses vertus publiques et privées.

Par arrêté du Conseil-général de l'athénée de la langue française, en date du 19 mars 1807 il fut nommé membre honoraire de cette institution. Enfin, il était décoré de l'étoile de la Légion d'honneur.

Nous pensons ne pouvoir mieux terminer cet article qu'en rapportant quelques extraits d'un discours prononcé par le président de la cour d'appel de Metz , à l'audience du 26 juillet 1810, consacrée à l'installation des conseillers Auclaire et Perin:

« Messieurs , y est-il dit, si déjà Votre «conduite passée n'était un sùr garant de «l'avenir, si dans la carrière que vous « allez parcourir il vous fallait des motifs «d'émulation, quel modèle pourrait vous « offrir de meilleurs exemples que l'illustre « magistrat auquel vient succéder Mr. Au- « claire?

« Élèvede cette célèbre université de Lou- « vain à laquelle le nord de l'Empire doit un « grand nombre de savants dans les sciences «physiques et morales, M. Pastoret se «distingua éminemment parmi les juris- « consultes de sa patrie, fertile en habiles «interprètes des lois romaines.

«Sa réputation justement méritée dé- « termina le gouvernement autrichien à «l'appeler au Conseil provincial de Lux- « embourg.

« Cette compagnie ayant été érigée en « Conseil-souverain par l'Empereur Joseph « second, M. Pastoret y présidait la deu- «xième chambre lorsque les succès de la « guerre firent passer le pays de Luxem- « bourg sous la domination française.

« Toujours attaché à ses devoirs, digne « magistrat et véritable ami de son pays,

«M. Pastoret s'empressa d'accepter les « fonctions judiciaires que lui confiait le « nouveau Gouvernement.

« Il pensa que le magistrat se devait « entier à ses concitoyens; qu'un long usage «des formes et des lois de son pays lui « commandait le devoir de rester sur le « tribunal pour y maintenir la stabilité des «principes, l'immutabilité des maximes «sur lesquelles se fonde la véritable ju- « risprudence, celte sage interprétation des « lois à l'abri desquelles les peuples re- « posent dans la sécurité sur les nombreux « actes de la vie civile.

« Ces sentiments dignes d'une âme élc- « vée , il les fit partager a plusieurs de «ses confrères, confiant en ses lumières « et son patriotisme.

« Ce fut à leur dévouement mutuel que « le département des forêts dut la comf1 position de tribunaux qui constamment «méritèrent l'estime et la reconnaissance * des jurisdiciobles.

«Le zèle de M. Pastoret ne demeura «pas sans récompense.

«Appelé en l'an V1H, parmi les pre- « miers juges qui ont composé cette Cour, « il fut choisi pour présider la Cour crimi- « nulle séant à Luxembourg.

« Il remplissait ces fonctions avec dis- « linction lorsqu'ayant été mis par ses con- « citoyens en 1803 au rang des candidats « pour le Corps législatif, le suffrage du «Sénat l'appela au nombre de ce grand « corps , chargé de consentir les lois pré- « parées dans le conseil du restaurateur « de la monarchie, qui plus que l'homme « accoutumé a méditer sur les vrais prince cipes des lois , dans ces recueils de la « législation romaine , monument de la « haute sagesse du peuple qui connut le « mieux les véritables règles du droit civil, « qui plus que le magistrat occupé peo- « dant une longue vie à prononcer sur des « contestations de tout genre , pourrait ap- «précier des lois destinées à prévenir les «procès, à en régulariser la marche pour « les rendre moins fréquents et plus fa- « ciles à terminer ?

« Notre collègue venait de donner son « suffrage à la loi qui remettant dans les «mêmes mains tous les attributs de la « puissance judiciaire doit rendre à la ma- « gistrature l'éclat et l'autorité nécessaires «aux dispensateurs de la magistrature «souveraine; il se réjouissait d'appartc- « nir à un corps qui recouvrait son anci tique dignité.

«Mais à la Teille de reprendre des fonc- « tiQns toujours chères et sacrées , la mort « après une maladie aiguë est venue le «frapper au milieu d'amis et de parents « désolés de sa perte.

« Ce qui doit les consoler , c'est l'hom- «mage universel rendu à l'homme ver- « tu eux.

« Sa vie fut pleine , sa carrière fut toujours honorable, sa conduite constam- « ment sans reproche.

« Lorsqu'à soixante-onze ans , entouré « du cortège de ses vertus , un magistrat « descend dans la tombe , pourquoi se Ji- « vrerait-on à des regrets superflus ?

« Sa dette est acquittée , une religieuse « mort a terminé une glorieuse vie.

» Dans sa pompe funèbre Ton ne doit « plus songer qu'aux préceptes tracés par « ses exemples.

« Nous surtout , ses collègues , effor- « cons-noiis de l'imiter ! Si nous voulons

« rendre à sa mémoire le digne tribut que

« nous devons à ses vertus »

Au bas d'un fragment généalogique de la famille Pastoret, et certifié par Charles- Jean Beydaels , écuyer et roi d'armes , il est dit que : « ayant bien mûrement exa- « miné les preuves et documents de l'an- « tienne et honorable famille de Patloret , « le tout a été trouvé juste et véritable «selon la généalogie déduite de môme « que ses armoiries ; la dite généalogie « commençant à Hugues Pastoret et finis- « sant aux enfants légitimes de Messire «Nicolas Pastoret, conseiller au conseil « souverain , et de dame Hélène Marner, « son épouse , consistant en cinq degrés ou «générations. Le susdit Messire Nicolas «Pastoret, conseiller au conseil de Sa

« Majesté l'Impératrice douairière et Reine «ordonné en sa Province et Duché de « Luxembourg et Messircs ses collègues ' « sont en possession eux et leurs descen- «dants légitimes de jouir de tow les pri- « viléges et prérogatives dont jouissent les « gens nés nobles en ces Pays-Bas. » etc.

Les armes dont il vient d'être parlé, et dont nous n'avons qu'un dessin sans indication de couleurs, sont les suivantes : Un écude, encadré de, parsemé de vrilles de vigne à la bande de chargée de trois feuilles de vigne, brochant sur le tout. Heaume treillé, à la couronne fleuragée antique. Cimier : un double vol de , à la bande de, chargée de trois feuilles de vigne de l'écusson. A dextre un léopard à la langue fourchue pour support.

La descendance dont nous venons de parler, commence Hugues Pastoret, châtelain et juge de la baronnie de Cely au duché d'Aost en Piémont. Il a eu pour fils Laurent ou Jean-Laurent Pastoret, né le 17 février 1668, capitaine et quartiermaître au service du duc de Lorraine.

Son fils, Antoine Pastoret, centeuier et marchand à Arloo, est né à Givet, le 16 août 1702, et avait épousé Thérèse de la Haye qui le rendit père de Nicolas Pastoret, auquel cet article est consacré, et qui, époux de Hélène Marner, a survécu à tous ses enfants sauf deux filles dont l'une fut mariée à J.-L -Olhon-Franck, autre illustration luxembourgeoise dont l'article a du être renvoyé à la fin de cet ouvrage parce que nous n'avons pas obtenu à temps les notions nécessaires pour écrire sa biographie.

Hugues Pastoret que nous avons mentionné en tête avait deux frères, Pierre- SuJpice Pastoret, chanoine régulier a l'abbaye de N.-S. à Aultrey près de Remberviller, et Antoine Pastoret qui , marié à Laurence Jugalium, résidait à la Valdole, paroisse de Gignot. Il fut père de Joseph Pastoret, lequel se fixa à Bissen où très vraisemblablement il était agent des comtes de Créhange, seigneurs de cette terre.

Le Président Nicolas Pastoret avait un

frère, Joseph , décédé célibataire , et une sœur, Thérèse, unie à un sieur Schwartz, échevin à Arlon. Sa fille fut mariée au négociant Printz, de la même ville, en son temps membre des états provinciaux du Grand-Duché.

Quant à l'ascendance ultérieure des Pastoret, nous pouvons la remonter d'un degré de plus dans la personne de Jean, qui épousa Marie-Pantaléone Pointier, originaire par son aïeul Louis Pointier, de la paroisse de Gignot, dans le duché d'Aost en Piémont. Claude Pointier, un des fils de Louis, fut chanoine à Vaudémont où il est mort en 1627 après avoir fondé une bourse d'étude de son nom.

Titres originaux communique!. — Archive* im Couteil de Luxembourg et de la Coar de Mets. — Renseignement* de famille. — Alaunaen* da Paj« pour le. année* corre.pond.nte*.

PELTIER, Jean, fils d'un bon cultivateur , est né à Fillières , village de l'ancien Bar roi s , au canton de Longwy , département de la Moselle , le 8 ventôse an VIII, ou le 27 février 1800.

Son père ayant des relations de commerce et d'amitié avec un bon bourgeois de Luxembourg, mit son fils en pension chez ce propriétaire. Il fil sa première communion dans cette ville et entra ensuite au collège communal où il acheva ses humanités. Comme une vocation particulière appelait le jeune Pelticr vers le professorat il commença dès les premières années de sa vie d'étudiant à donner des répétitions ainsi que des cours particuliers aux élèves de cet établissement qui étaient moins avancés que lui.

Lorsqu'il eut terminé sa philosophie a Luxembourg, dont l'athénée, anté en 1817 sur l'ancien collège, a fourni tant de sujets remarquables à tous les services publics, à toutes les professions libérales, tant dans le Luxembourg que dans la Belgique, il se rendit à l'université de Liège où il fut reçu candidat en philosophie, le 7 décembre 1826. Il y suivit ensuite les cours du doctorat, mais d'après des renseignements que nous avons obtenus d'un de ses

neveux, il ne prit point ce grade académique.

D'un autre côté, comme il était né français et qu'il se destinait à une chaire professorale dans la ville de Luxembourg qu'il avait adoptée pour sa seconde patrie, il sollicita et obtint le 18 décembre 1826 sa naturalisation comme sujet du royaume des Pays-Bas.

Il était encore élève de l'université de Liège iorsqu'en 1828 il fut nommé professeur de rhétorique et de poésie au collège de Dolhaiu-Limbourg. Il occupa cette chaire avec talent et succès pendant cinq ans , pendant lesquels la révolution belge éclata et finit par lui ôter l'espoir de pouvoir un jour être admis à l'athénée de Luxembourg en qualité de Professeur, ainsi qu'il en avait formé le projet depuis longtemps. Il se décida donc à rester en Belgique.

Le 26 janvier 1833 il fut nommé directeur de l'établissement de Dolhain , fonctions auxquelles il était éminemment propre, tant par ses connaissances que par son caractère , étant aussi apte à l'enseignement élémentaire des sciences qu'à celui de la littérature. S'étant alors associé quelques jeunes professeurs qui depuis ont su faire leur chemin , il céda à l'un d'entre eux la première place, pour se consacrer tout entier à l'instruction des classes élémentaires: Il était convaincu que de la solidité des études dans les classes inférieures dépend le succès dans toutes les autres classes. Cette résolution du modeste directeur fit la fortune de son institution , et y amena une prospérité inconnue jusqu'alors ; et , résultat plus important encore , elle l'initia aux meilleures méthodes d'enseignement élémentaire et lui prépara la voie pour les fonctions importantes auxquelles il allait bientôt être appelé.

Le 8 octobre 1842, aussitôt après la promulgation de la loi sur l'instruction primaire, il fut nommé inspecteur pour la province de Liège. Ce choix était excellent. Pelticr, grâce à la profonde con-

naissance qu'il avait de la langue allemande j avait pu se tenir au courant de tout ce qui se faisait pour l'éducation et l'instruction , dans la contrée qui marche à la tête des progrés dans tous les degrés de renseignement; il allait donc être pour les instituteurs de la province de Liège un guide aussi sûr qu'érudit.

Véritable homme d'école, il ne parlait qu'avec enthousiasme de la mission des instituteurs du peuple. Sans cesse en rapport direct avec eux, soit qu'il visitât leurs classes, soit qu'il les réunit en conférences , il savait les stimuler et les relever à leurs propres yeux en même temps qu'il les éclairait et s'efforçait de leur faire pratiquer les méthodes les plus efficaces et les plus rationnelles. Ses pérégrinations s'étendaient souvent au-delà du cercle de son inspection : il n'est pour ainsi dire pas en Belgique une institution normale ni no établissement remarquable d'instruction élémentaire qu'il n'ait visité et d'où il n'ait rapporté quelques observations utiles pour les écoles placées sous sa direction. On peut dire, en un mot, qu'il a transformé l'enseignement primaire dans sa province.

Mais il savait aussi que le bien-être matériel des instituteurs influe puissamment sur leur enseignement. Il n'épargnait donc ni peines ni démarches pour améliorer leur position et pour leur procurer un matériel de classe et des locaux convenables.

Simple et modeste comme le plus humble des instituteurs, il ne leur faisait sentir la supériorité de sa position que par le bien-être qu'il leur procurait. Son plus grand bonheur était de signaler au gouvernement et aux administrations communales ceux qui par leur zèle et leur aptitude méritaient des encouragements ou des récompenses. Lorsque , au contraire , il avait à réprimander l'indolence ou quelque écart de conduite , il ne savait comment tempérer par l'aménité de la forme la sévérité du reproche. En un mot, il apportait dans l'exercice de ses fonctions toute la bonté et l'inaltérable douceur de son caractère.

Convaincu que l'éducation est incomplète sans la religion , il veillait avec sollicitude à ce que les instituteurs fissent de la morale chrétienne la base de leur enseignement, à ce qu'ils fussent eux-mêmes des modèles de moralité et de vertu.

Jean Peltier est mort le 23 novembre 1859, à l'âge de 59 ans, emporté par une maladie du cœur dont les germes s'étaient révélés chez lui depuis plus de deux ans.

Berne d« riMtructioa publique en Belgique; Ac année, mut. tint, T III, fétr. 1860, N" S p. 80, - «•«■■lit P«r«o»»el« - Ben.ei6ne»enU de f.mille

PEMMERS, Jean-Pierre, fils de Antoine Pemroers, cultivateur, et de Catherine Theis, est né à Dabi, commune de Gœsdorf, le 16 février 1756 et embrassa l'ordre des récollets au monastère de Trois-Vierges d'où la révolution française le chassa. Il refusa de prêter le serment révolutionnaire et vint se cacher dans sa maison paternelle où il eut le bonheur d'échapper à toutes les recherches des agents chargés de l'arrêter pour le déporter. Après la conclusion du concordat et l'érection de la chapelle de Dahl en église succursale il en fut nommé le premier desservant. Suivant la mode de celte époque, le Père Pemmers s'occupa outre ses soins pastoraux à enseigner les humanités a des jeunes gens qui se destinaient à la cléricature ; et cette entreprise il sut la remplir avec un talent distingué, parce que très savant lui-même il possédait la bonne manière d'instruire, mais surtout celle d'inspirer à ses élèves l'amour de la science. Aussi ne tarda-t-il pas à voir ses leçons suivies par un assez grand nombre d'étudiants dont il en poussa plusieurs si loin qu'ils se trouvèrent capables d'entrer directement au séminaire : Le Jésuite François Weber entr'autres (v. son art.) lui dut une partie de son éducation scientifique.

Le curé Pemmers était un excellent prédicateur de même qu'un prêtre ponctuel à remplir ses devoirs avec toute la conscience et les manières désirables. Sans être trop rigide il possédait le tact néces-

saire pour arriver à ramener les égarés dans le droit chemin plutôt par la persuasion que par In force. Et de nos jours encore il est très regretté par ses paroissiens pour la bonne direction qu'il n'a pas cessé de leur donner pendant les vingtneuf ans qu'il a tenu la charge de leurs âmes. EnGn , sa charité est restée proverbiale de même que sa tempérance et l'aménité , la sociabilité de son caractère.

Il est mort le 8 juin 1830, dans la 75e année de son âge, et au milieu de ses paroissiens qui par leurs sanglots, au moment où il rendait son âme à Dieu , témoignèrent hautement tout l'amour qu'ils lui portaieut.

Eut ci? il — Rensrignrmr rit* fourni» — Eaclixc, Die Lmcmburgrr GlaubeMbekenner, 181.

PENNINGER, Pierre, natif de Diekirch , se voua à l'état ecclésiastique et devint curé à Brandcnbourg où il paraît qu'il est mort en l'année 1636. L'auteur du manuscrit des Viri illustres mentionne ce respectable prêtre dans les termes suivants : « 1 636. Petrus Penningcr Diekircchensis pastor in Brandenbourg, fuoda- «vit in Seminario Luxeroburgensi 1res « bursas in honorera SS. Trinitatis qure « bellorum injurits intervenientibus, reduc- « ta ad unam. »

La belle dissertation sur ces fondations bienfaisantes, insérée par M. le Professeur Namur dans le Programme de l'Athénée de Luxembourg, anoée 1846 — 47, nous donne quelques détails ultérieurs au sujet de cette libéralité : « Le 4 juin 1632, «Pierre Penninger avait, par donation « entre-vifs, cédé aux Pères Jésuites une « somme de 2,500 écus a 30 sols (6,000 «frs.), en créances chirogiraphaires. Cette «donation, homologuée par le Conseil «provincial le 1" décembre de la même «année, devait servir à l'érection du sé- «minaire et à l'entretien de deux bour- «siers. Par testament du 5 janvier 1636, «le fondateur ajouta à la somme précéu demment donnée, 700 autres écus (1680 «francs; donc en tout 3,200 écus, fai-

» sant 7680 frs.), pour l'entretien de trois «écoliers au séminaire futur des Jésuites. « Ces bénéflees devaient être conférés à « des parents du donateur, et à défaut de « parents à des jeunes gens pauvres de la «paroisse de Brandcnbourg ou des en- « virons. Le Recteur du collège en était « collateur. »

Il parait que, comme le dit l'auteur du manuscrit des Viri illustres, les temps de guerre de celte époque ont désavantageusement influé sur la liquidation des créances cédées, puisque en déGnilive le séminaire n'a perçu en tout que 1790 florins de Brabant et 4 sols, laquelle somme a dû être à peine suffisante pour alimenter une seule bourse.

Cependant, par la sage administration de ces fonds, depuis la réorganisation de ce service, on est parvenu à en former un capital de francs 12,698, 40 centimes, servant annuellement 634 frs., 92 ces., avec lesquels il a été créé par arrêté Royal Grand-Ducal, en date du 28 août 1848, deux bourses, chacune au revenu de 317 francs, 46 centimes.

La s ociété archéologique du Grand-Duché possède un arbre généalogique de la famille du fondateur. Cette pièce peut devenir utile a consulter pour les aspirants à la jouissance de ces bourses.

Viri ilUalrea, I. H» 70. — A- Rama, DÏMcrtatioa ur le» borne*. XVI et X. - PoblicaiÙM de U Société archéologique de ï.oieraboarç, III, 35, K" 10. — Paqact, 03. — Mémorial législatif et a«l- ■niniatratif «la ftraod-Duebé «le Latbrg , aaaée 1848, 000. - Ma—aerili de Ma»*». M.

PÉPIN, Jérôme, originaire du pays do Luxembourg, se fit capucin et devint lecteur d'Écriture- Sainte au couvent de la ville de Luxembourg. La bibliothèque de cette ville possède de lui ; Oraison funèbre de Madame Antoinette-Lucie de Saint- Ignon, abbesse de Differdanqe; prononcée le 15 janvier 1754.

Cl**», Catalogue «le 1» Bibliothèque «le t««-

bourg.

PÉRIN , de Valentart, le frère, né au village de Yalensart pendant les premières

années du dix-baitième siècle, était simple vacher de l'abbaye d'Orval lorsqu'il se fit admettre dans ce monastère en qualité de frère lais. Ses dispositions naturelles s'étant promptemcot développées par l'occasion que lui fournissait son séjour à l'abbaye, il s'adonna à l'étude de la médecine , de la chirurgie et de la physique, et acquit bientôt dans ces sciences de très vastes connaissances, au point que, appelé plusieurs fois en consultation aux Cours de Bruxelles et de Vienne, il finit par obtenir la confiance sans bornes des archiducs, et la clientèle des têtes couronnées. Son dévouement pour le soulagement des pauvres des environs était sans bornes , tellement que de nos jours encore sa mémoire est en vénération dans les villages voisins d'Orval, où le prestige de ses belles cures s'est marié à bien des contes d'imagination merveillense : il paraît en effet , que longtemps avant Sulzer et Galvani, les expériences du frère Périn lui avaient fait soupçonner l'action électro-galvanique produite sur le système nerveux par la mise en contact de métaux de nature positive et négative.

Frère Périn de Valeosart est mort en

Ji»»ti». Le» chronique* de l'Abb»ve d'Ortal, 108. H.

PESCATORE , Constantin-Joseph -Antoine, né à Luxembourg, le 16 décembre 1787 , était fils de Dominique Pescatore, négociant, et de Marie-Madelaine Geschwind.

Antoine Pescatore passa toute sa première jeunesse au sein lie la maison paternelle, sans même la quitter pour entrer dans un établissement d'instruction publique. Cette circonstance , qui aurait pu exercer une influence fâcheuse sur le développement intellectuel du jeune homme , ne produisit cependant pas d'effets sensibles sur son éducation scientifique et littéraire. La lecture pour laquelle il conserva pendant toute sa vie une véritable passion, suppléa chez lui à tout enseignement

régulier. Son esprit vif et pénétrant lui permit de s'approprier un véritable trésor de connaissances très variées, parmi lesquelles on put remarquer facilement la prépondérance de celles qui avaient une portée plus immédiatement pratique; et nous ne faisons que rendre hommage à la vérité en ajoutant que , dans les questions commerciales, industrielles, agricoles , administratives et économiques eu général , il était rare d'entendre professer des doctrines plus saines que celles qu'en plusieurs occasions il a exposées.

Entré en 1807 dans l'administration des droits réunis avec le grade de sous-chef de bureau, il se fit bientôt remarquer par ses supérieurs par son aptitude pour les affaires. Quelques annés plus tard il fut nommé premier commis à la direction du département de la Corrèze.

Ramené dans son pays natal par des sentiments qui le déterminèrent à renoncer aux avantages certains d'une carrière commencée sous d'heureux auspices, il s'allia en 1813 a une famille respectable de Grevenmacber , au sein de laquelle il passa la première année de son mariage. Ce fut là que pendant la retraite de l'armée française après la désastreuse campagne de 1813 il eut l'occasion de donner les plus belles preuves de ses sentiments d'humanité en se dévouant, au risque de sa propre vie , au soulagement des malheureux soldats atteints du typhus.

En 1814, sous le régime des alliés, Pescatore vint se fixer à Luxembourg où il s'associa avec son frère Jean-Pierre (v. son art.) pour la création d'une maison de commerce et d'une manufacture de tabacs sons la raison sociale de: Pescatore frères ; et pendant la même année encore le suffrage de ses concitoyens le fit entrer au conseil de régence.

En 1816 il fut appelé à La Haye comme membre de l'assemblée des notables chargée d'émettre leur vote sur le projet de loi fondamentale pour le royaume des Pays- Bas qui venait d'être créé par le Congrès de Vienne.

Nommé en 1817 Bourgmestre-Président de la rille de Luxembourg, il eut à traverser une période administrative extrêmement difficile, tant à cause de la disette qui affligeait le pays, qu'à raison des logements militaires sans cesse renouvelés par le fait des mouvements continuels des troupes allemandes qui revenaient de France. Et malgré ces circonstances défavorables il réussit à léguer à ses successeurs dans l'administration urbaine une situation financière aussi florissante que parfaitement réglée.

Pendant la même année il s'était séparé de son frère pour établir en son propre nom un commerce qu'il continua jusqu'en 1822. A cette dernière date il s'associa de nouveau avec son frère , et la maison de banque ainsi que la manufacture de tabacs existant sous le nom de J.-P. Pescatore furent continuées sous la direction d'Antoine et de Jean-Pierre , jusqu'au 31 décembre 1841 où Antoine Pescatore , par suite d'arrangements avec son associé, prit pour son compte et à son nom personnel leur établissement de Luxembourg qu'il conserva jusque fin de 1845.

D'un autre côté, de 1824 à 1828 , Antoine Pescatore fut un des membres les plus distingués des États-Provinciaux. Aussi fut-il, pendant la session de cette dernière année, dépoté aux États-Généraux du royaume dont il fit partie jusqu'à la réunion ordinaire de 1830. Nous noterons ici comme une particularité qui caractérise bien la conviction politique d'Antoine Pescatore , que , malgré la pression exercée à cette époque sur les députés des provinces méridionales , il vota pour le dernier budget décennal ; et sa voix comme on sait , décida l'adoption de ce budget.

Lorsqu'on 1832 M. Tkorn (v. son art.), Gouverneur du Luxembourg pour le gouvernement belge eut été arrêté contre tout droit des gens, et conduit dans la forteresse de Luxembourg , Antoine Pescatore fut saisi par représailles , à Senningen , et transféré à Namur où il demeura détenu pendant six mois comme otage et jusqu'à sou échange contre le gouverneur d'Arlon.

A la reprise de possession du Grand- Ducné morcelé, Antoine Pescatore, qui depuis longtemps jouissait de la confiance et de l'estime du roi Guillaume 1er, fut nommé Chevalier de l'ordre du Lion néerlandais, en récompense de son dévouement à la dynastie régnante des Pays-Bas et de ses honorables services dans les diverses fonctions que jusqu'alors il avait été appelé à remplir. Une seconde marque de la haute considération dont à son tour S. M. Guillaume II l'honorait, fut l'invitation que ce généreux et chevaleresque souverain lui fit adresser en 1840 pour assister à son inauguration.

De 1841 à 1847 Antoine Pescatore représentait le canton de Grevenmacher aux États du Pays; et en 1854 il fut réélu par le même canton à la Chambre des députés.

Après avoir vu Antoine Pescatore pendant une si longue carrière vouer son intelligence et son activité au commerce, à l'industrie, à l'agriculture, aux fonctions administratives et politiques, on éprouve un véritable plaisir à le rencontrer également sur le terrain de la science. Il fut en effet membre honoraire de la Société des sciences naturelles et l'un des fondateurs de celle pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg.

Et, bien qu'il n'ait peut-être assisté à aucune séance de cette dernière association, tant à cause de son âge déjà avancé lorsqu'elle naquit que parce que ses vastes exploitations agricoles le retenaient éloigné de la ville , il avait compris les devoirs de son affiliation et s'appliqua avec la plus louable ardeur à faire explorer dans ses propriétés différentes mardelles au fond desquelles on découvrit plusieurs objets curieux remontant à une très haute antiquité et qu'il remit généreusement au musée national. Sa veuve fit également , au nom de son mari , cadeau à la Bibliothèque de dix-sept cent quatre-vingt-cinq volumes dont un assez grand nombre sont précieux.

Antoine Pescatore est mort tranquillc-

ment dans sa propriété an Scheid , commune de Hespérauge , le 31 octobre 1858, à Tage de près de 71 ans.

D'aprèa la notice de M. l'arckirUte Huit, pakliée <Um le N* »8S d« jo«r»al de Luiembourg, 1888; et repradaiie dam , Pablieatiou de la 8oeiété archéologique da Craad-Doefcé, XJV, p. IV, §qq. — Rectifications commit niqoéei. — Notes partiealièrea. — Comptea-rendaa de* i«.ioaj législatiTe*.

PESCATORE, Jean-Pierre, né à Luxembourg, le 11 mars 1793, était Gis de Dominique Pescatore, bourgeois-marchand en cette ville, et de Marie-Madelaine Geschwind.

Le» loia françaises sur la conscription Tayaut fait marcher sous les aigles du premier empire, en 1811, il revint dans sa patrie en 1813 après les revers de la campagne de Russie ; et le 20 mars 1814 il épousa k Grevenmacher dame Marguerite Beving qui est morte à Luxembourg le 26 juin 1821, sans laisser postérité.

Dès son retour de Tannée, son frère aîné l'avait associé au commerce de tabacs qu'il avait commencé après la suppression dé la régie française, à l'entrée des alliés à Luxembourg. Plus tard Jean-Pierre Pescatore prit lui-même la direction de cette manufacture k laquelle il sut donuer une grande extension, au point que ses affaires finirent par le mettre, en 1819, en rapport avec l'administration des tabacs en France ; et ces relations se développèrent bientôt si considérablement, qu'en 1834, à la suite d'une enquête faite sur les tabacs de la régie, il fut obligé de venir s'établir à Paris. 11 y eut d'abord une position modeste j mais sa fortune ne put, avec son talent spéculateur et son activité, tarder à prendre Un magnifique accroissement. Il devint en effet bientôt propriétaire du magniGque hôtel, 13, rue St.

Georges, k Paris, d'une belle campagne à la Celle-de-St.-Cloud et d'un immeuble important à Giscourt, dans le Hédoc.

En 1846 Pescatore se fit naturaliser français, et en 1852 S. M. le Roi des Pays-Bas le nomma consul pour le Grand- Duché de Luxembourg, en France ou au moins dans la capitale de ce pays.

Ses affaires ayant continué à prospérer, il était, à son décès arrivé le 1 1 décembre 1855 à l'âge de soixante-deux ans, propriétaire d'une fortune colossale de près de onze millions, que par testament olographe du 5 octobre 1853 il distribua entre ses neveux et ses nièces. Cependant dans cet acte de dernière volonté il n'oublia pas sa ville natale à laquelle il légua un beau capital destiné k l'érection d'un établissement de bienfaisance , plus ses collections de tableaux , antiques, livres, objets d'art , etc. Cette donation princière, destinée k perpétuer sa mémoire et à la faire béair par les générations futures, nous croyons devoir en transcrire ici les passages suivants qui montreront bien que, tout en enlevant à sa famille des valeurs qu'on dira énormes, ses collections seules étant estimées à environ trois cent mille francs, le généreux fondateur a été loin de ne rien lui laisser:

a Je soussigné, Jean-Pierre Pescatore , «né k Luxembourg, le 10 mars 1793, « négociant k Paris , 13, rue St. Georges, « ai fait mon testament ainsi qu'il suit :

« En confirmant tous les dons manuels « que j'ai pu faire antérieurement à ce jour

« à je déclare lui donner et

« léguer par les présentes :

«Je donne et lègue par préciput et « hors part , a ma nièce mon dote maine de la Celle, avec les bois, prés, « terres et autres dépendances, et en y « comprenant la totalité des meubles meu- « blants qui s'y trouvent , à la seule cx- « eeption des tableaux, dessins, statues, ob- «jets d'art, bibliothèque et livres.

« Je donne et lègue à aussi par

« préciput et hors part mon hôtel a Paris, « tel qu'il existera au jour de mon décès, « avec tous les meubles qui s'y trouveront,

« à la seule exception ainsi que

« des objets d'art, tels que tableaux, des- « sins et statues.

«Je donne etc.

« Je donne et lègue à la ville de Luxem- « bourg, pour en faire l'emploi ci-après

« indiqué, une somme de cinq cent mille « francs, qui lui sera remise et payée par « mes exécuteurs testamentaires dans Ta«- « née de mon décès. Cette somme, avec les « intérêts cumulés comme je vais le dire « est destinée à la fondation d'un établis- « sèment de bienfaisante ; mais il n'y aura «lieu de le créer que lorsque le capital, « par les intérêts capitalisés, aura atteint le « chiffre d'un million de francs. Aussitôt « qu'il aura atteint ce chiffre, les intérêts «à provenir du placement qui aura été « fait seront employés d'abord à la fon- « dation dmlit établissement et ensuite aux « dépenses annuelles d'entretien.

« Le Bourguemestre ou Maire et le Gou- « verneur de la ville de Luxembourg devront « s'adjoindre trois membres de ma famille « et s'entendre avec eux à la majorité de « (rot* voix sur les cinq pour effectuer le « placement de la somme que je viens de « léguer à la dite ville, ainsi que pour la « formation de l'établissement en question, «et déterminer les conditions à remplir «pour y être admis.

« Je réserve formellement à tous les « membres de ma famille, à quelque degré c que ce soit, le droit d'y être admis en « tout temps et par préférence à tous c autres, si le malheur des temps les y « obligeait.

« Je donne encore à la ville de Luxem- « bourg les tableaux, dessins, statues, bi- « bliothèques et objets d'art qui se trouve- « ront dans mes propriétés de la Celle et « de Paris^ au jour de mon décèi, sans en « rien réserver ni excepter; mais la dite « ville ne pourra en exiger la remise que « lorsque ces immeubles sortiront des « mains de mes légataires. Elle ne pourra « les vendre, aliéner ou échanger sous au- « cun prétexte. Ils seront convenablement «placés, de préférence dans l'établissement «à créer, à l'aide du legs ci-dessus; et « relie fondation ainsi que la dite collec- « tion porteront mon nom.

« Je donne

« A l'égard du surplus des meubles et « immeubles que je laisserai au jour de

« mon décès, j'en fais don à mes neveux

« et nièces à raison d'un huitième

« chacun, les instituant mes légataires uni- « versels, conjointement, chacun dans cette «proportion.

« Si au jour de mon décès , l'un de « mes légataires n'a pas d'enfants, le hui- « tièrae lui légué ne lui appartiendra qu'en «usufruit, aux charges de droit; il en «sera de même du conjoint de mes lé- « gataires , au cas où il survivrait à ces « derniers ; et dans ces deux éventualités «la nue- propriété appartiendra à mes «autres légataires universels susindiqués, «à charge d'emploi par les usufruitiers, « d'accord avec mes exécuteurs testamen- « taires.

«Dans les cas ci-dessus prévus où les « légataires universels verraient l'impor- « tance de leur legs augmentée par le fait «de la non existence d'enfants de l'un «d'entre eux, ils seront tenus de payei- « conjointement, chacun par égale portion «et dans l'année qui suivra t extinction « de l'usufruit et la réunion à la nue pro- «priété, en leur personne, à la ville de « Luxembourg, à laquelle j'en fais don et «legs, pour ce cas éventuel et pour en « employer le montant à la fondation de « l'établissement de bienfaisance dont j'ai « parlé précédemment, ce qui permettra ou « de le fonder plus tôt ou d'en accroître « l'importance, une somme égale aux deux « tiers de ce qui sera provenu audit léga- « taire universel du legs à lui fait.

« Les sommes, etc.

« Tous les frais et droits auxquels ces « présentes donneront lieu, seront suppor- « tés par ma succession , ma volonté « étant que tous les legs particuliers soient « délivrés francs et nets de tous frais.

«< Je nomme pour mes exécuteurs testa- « mentaircs, etc.

Signé : « J.-P. Pescatore. »

Soutenir» contcm|»orai»(. — Arcbiïrs municipale* Jf l.-nenibourt;. — Xotr» communiquer».

PETIT, Pierre, né à Izel , se forma à l'abbaye d Orval à l'art de fabriquer le

fer, art dans lequel il excella plus tard. Parmi ses plus beaux ouvrages nous citerons l'autel eu fer battu que Fou dresse tous les ans pendant l'octave de la Vierge dite Consolatrice des affligés , dans la grande nef de l'ancienne église des Jésuites, aujourd'hui la principale paroisse de la ville de Luxembourg. Cet autel, avec deux collatéraux qui y sont attachés au moyen de guirlandes également en fer battu, le tout très artistement travaillé, a été payé dix-sept cent et douze couronnes de France, ou 1929 fre. 60 centimes,

Pierre Petit est mort à Luxembourg, le 23 décembre 1804, dans on âge très avancé.

Pablicationt de la Société arebéulogiqne de Luxembourg, XI, 37. — Eut civil de Luxembourg. — HenscigocmeaU traditionnel*.

PETITHAN, François , né à Juzaine, le 21 mars 1788, lieutenant-général honoraire pensionné, commandeur de l'ordre de Léopold, décoré de la croix de fer, chevalier de la légion d'honneur , décédé à Bruxelles, le 9 août 1857.

Entré au service de France comme soldat au 26e régiment de ligne, le 29 août 1807, Petilhan obtint l'épaulette de souslieutenant le 9 novembre 1813, après avoir passé par tous les grades de sousofficier, et fut licencié en 1815.

Il avait fait les campagnes de 1807 et 1808 en Prusse, celles de 1809, 1810, 1811 , 1812, 1813 et 1814 en Espagne.

Le général Petithan fut admis au service des Pays-Bas en qualité de sous-lieutenant à la 1" division d'infanterie, le 27 mai 1815 , et prit part à la bataille de Waterloo; nommé lieutenaut le 17 juillet de la même année, et capitaine le 16 août 1829, il obtint sa démission le 19 novembre 1830.

Après les événements politiques de la même année 1830, Petithan entra dans l'armée belge comme capitaine au 1" régiment de ligne, et le 12 décembre de la même année il fut promu au grade de major.

Chargé le 15 avril 1831 de l'organisation et du commandement du 10* bataillon de tirailleurs luxembourgeois, il fit avec ce bataillon partie du corps d'armée de la Meuse qui combattit à Curange et à Kermpt. Le 16 septembre de la même année il fut incorporé au 12" régiment de ligne et nommé lieutenant-colonel le 7 janvier 1833. Le 23 janvier de l'année suivante, le lieutenant-colonel Petithan fut désigné pour commander le 2* régiment de chasseurs à pied.

Nommé successivement colonel, le 26 mai 1837; commandant du 2* régiment de ligne le 5 juin suivant ; général-major commandant la province de Brabant le 20 juillet 1845, il fut admis à la retraite le 6 octobre 1848.

En 1849, le général Petithan fut appelé par Sa Majesté le Roi des Belges au commandement supérieur de la garde civique de la capitale. II remplit ces fonctions avec dévouement jusqu'à sa mort.

Le ('.ipilninc l'armée belge.

Nécrologc dea officier* de

PETTINGER, Nicolas, est né à Ilamm, dans la commune de Sandweiler, le 21 mai 1764.

Il avait fait ses études, y compris la pliilosophie, au collège de Luxembourg, ses parents le destinant, parait-il, à la prêtrise , lorsqu'un coup de tète le porta en 1787 à aller en Autriche et à s'enrôler dans l'artillerie ; il servit dans cette arme pendant les guerres dites de la République.

Mais dégoûté de la partialité qui était passée en usage en Autriche de ne donner des grades qu'à la noblesse souvent ignorante qui touchait ainsi les gros traitements et recevait les honneurs tandis qu'elle faisait faire le service ainsi que les écritures par les soldats , il déserta et vint prendre service dans l'armée française , dans les rangs de laquelle il fit toutes les campagnes du premier Empire et parvint après plusieurs actions d'éclat jusqu'au grade de capitaine, croyons-nous, peutêtre de major, si nous devons en juger par la pension de quatorze cents fraocs

qui lui fut allouée en 1814, lorsqu'il fut, sur sa demande, mis en disponibilité après avoir reçu dix-sept blessures et perdu

l'ouïe.

Il était revenu à Luxembourg depuis huit mois environ lorsque un jour, c'était fin de mai 1815, il reçut du général commandant militaire de Metz un ordre qui le mandait dans cette ville : Ceci se passait pendant l'invasion des allies en France. Il s'y rendit aussitôt et fut envoyé commander à Rodemacher dont la garnison se composait de cent cinquante hommes, tant gardes-nationaux que recrutes et employés des douanes. Le fort ne possédait en outre que quatre méchants canons en fonte. Pettinger y était à peine installé , lorsque le 25 juin tout au matin, trois à quatre mille prussiens avec de l'artillerie se présentèrent inopinément devant le château, pensant l'emporter d'emblée par force , peut-être par surprise. Mais ils avaient compté sans leur hôte : le commandant Pettinger qui était sur ses gardes à tout événement , les reçut avec une si bonne contenance et fit si bien jouer ses canons chargés à mitraille, que les assaillauls se virent obligés de se sauver à toutes jambes et de regagner la forteresse de Luxembourg après une attaque de deux à trois heures seulement, laissant derrière eux un nombre très considérable de morts et de blessés, dont on porte le chiffre à deux cent quatre-vingt-cinq. Cette habile manœuvre de notre compatriote retarda l'investissement de Thionville et empêcha peut-être que cette ville n'éprouvât le sort de Longwy.

Quelque temps après Pettinger reçut l'ordre d'évacuer sa garnison sur Thionville et il le fit en bon ordre. 11 était en route pour cette dernière ville lorsque rencontrant une de ses connaissances de Luxembourg il lui dit dans sa naïveté de campagnard : « Eh bien, que disent donc nos «amis les prussiens? Ont-ils encore envie «de me prendre avec mes quatre flûtes « en fonte ? Ils ont trop peu présumé d'un «ancien luxembourgeois qui avait juré de «s'ensevelir dans son fort plutôt que de

«se rendre. Après cette leçon l'idée de « renouveler leur escapade leur sera sans o doute passée pour longtemps. »

Au rapport de toutes les personnes qui l'ont connu , Pettinger était un homme aussi doux en société que brave soldat ; et malgré son long séjour dans les camps autrichiens et français il avait conservé cette naïve bonhomie qui caractérise si particulièrement le peuple luxembourgeois.

Après les traites de 1815 Nicolas Pettinger est revenu dans sa patrie qu'il n'a plus quittée. Il est mort à Itzig, commune de Elespérange, le 4 février 1819, à l'âge de cinquante-cinq ans, après en avoir passé vingt-huit au service militaire et en campagne.

Nous regrettons bien de n'avoir pu recevoir communication de ses états de service que, par modestie sans doute, il a anéantis à son retour en 1815.

Note* de famille comtnuniqiée*. — Souvenir* contemporain!.— Eut civil 4e* cornaline* de Soodweilcr Ct de lletpéraoge.

PETZ ou Peetz , Adam, ou Adrien, ou encore Jean , est né à Luxembourg et florissait pendant la seconde moitié du seizième siècle ainsi que la première du dix-septième. L'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à ce savant et vertueux personnage l'article qui suit:

« 1607. Adamus Petz Luxemburgensis S.

«Theologiac Doclor Episcopus Tripolita- «nus, suiïraganeus Argentoratensis , ad « huoe honorem admittendum compulsus. »

Et en effet, Adam Petz brillait par ses vastes et profondes connaissances à l'université de Trêves où il professait, lorsque le cardinal Charles de Lorraine l'engagea avec les plus vives instances à se charger d'être son suffragant à l'évêché de Strasbourg. Ces fonctions il les continua également avec la plus louable distinction sous l'archiduc-évêque Léopold , successeur de Charles de Lorraine.

Viri illutre*, I, N° ttl. — 8t*amoc. Metropol. Ecclc*. Trever. I , i(«f 3. — Hiatoire de* evéqnr* de Stwboarg. — Bmtdoi.it. VIII, 104. — Pâocst, 03. -UmuH, 80. — Wii.iisi.hc* a Wiltoii» . Di*qaitit. antiqur. Hi»«or. Luxemb. II. c. G. §. 5.

PFORTZHEIM, écrit anciennement

POBTZHBIU et PORTZBSHEIM , Philifpe-

'Charles de, étaitfils de Philippe ou Philippe- Charles de Pfortzheim, seigneur de Colpach , membre de l'état noble dn Duché de Luxembourg) et de Marie-Catherine de Neanheuser. Il est né en 1742 au dit Colpach.

La famille de Pfortzheim, originaire du pays de Baden, est venue habiter le Lux* embourg vers Tannée 1381, et déjà pendant les commencements du quinzième siècle ses alliances la firent pour ainsi dire naturaliser ou nationaliser comme on disait alors, et lui procurèrent une grande influence. Cette famille ne subsiste plus dans le Luxembourg (belge) que dans la personne de Madame la baronne douairière de Marches, de Gnirsch, née Marie-Justine de Pfortzheim, et nièce du personnage qui nous occupe.

Une vocation toute particulière ayant fait choisir à Philippe-Charles de Pfortzheim la carrière des armes, il entra en 1752 comme volontaire à Tannée autrichienne, dans ce régiment devenu si fameux sous le nom des gardes wallonnes (alors les dragons n° 1 1 , aujourd'hui n" 7). Placé au premier rang du corps de St.- Ignou, il ne tarda pas par sa bravoure héroïque à monter successivement et en peu d'années par tous les grades inférieurs, jusqu'à celui de colonel.

Dès le commencement de la guerre de sept ans il trouva l'occasion favorable pour mettre au grand jour sa fidélité à toute épreuve aussi bien que de donner des preuves d'une bravoure passée eu proverbe, tellement que le nom de Pfortzheim devint synonyme avec courageux.

Le 18 juin 1757 et sous le commandement du général Nodosti il assista à la bataille de Kollin dans laquelle Frédéric II essuya une défaite complète : Il s'y distingua particulièrement par la prise d'une batterie de canons, exploit qui lui valut le grade d'enseigne dans son régiment qui de son côté obtint à la suite de cette journée le privilège de ne point porter

de moustaches , et ce privilège lui a été conservé jusqu'à nos jours, en mémoire des héros qui le composaient alors et qui tous étaient encore imberbes. L'année suivante il fut détaché avec cinquante dragons sous les ordres du général Johnus, pour aller faire des escarmouches et harceler l'ennemi j plus tard il prit part k la bataille de Hoclikirchen où il enleva une enseigne aux carabiniers prussiens (1758). En 1759, détaché de nouveau avec cent dragons sous les ordres du même général Johnus, avec commission de se porter dans les environs de Fribourg, il dirigea une première attaqoe contre le bataillon Manteuffel qu'il fit prisonnier de guerre. Après ce fait d'armes il passa premier-lieutenant. Quelque temps après il fut envoyé avec cent dragons d'arrière-garde, conduits par le général firentano à la poursuite de l'ennemi auquel il reprit l'artillerie d'un régiment d'infanterie dont celui-ci s'était emparé, aiosi qu'un grand nombre de prisonniers. Le 20 novembre de la même année il fut à l'affaire de Maxen où il attaqua l'ennemi à la tête de cinquante dragons et passa au travers de deux régiments de cavalerie prussienne, auxquels il enleva deux étendards.

Pendant les campagnes suivantes il s'attira par son zèle, sa fidélité et sa bravoure l'attention de plusieurs généraux. Après la paix de Hubertsbourg il fut nommé capitaine du régiment des dragons de Savoie, et en 1771 il obtint l'épauletle de major à la suite ou honoraire, avec la permission de renoncer à sa position.

Des services aussi éclatants ne pouvaient pas rester sans une récompense brillante de la part de la grande Marie-Thérèse.

Le 30 juillet 1773 elle lui fit expédier comme un témoignage de sa haute satisfaction le diplôme dont nous allons donner un extrait : « Marie-Thérèse, par la grâce « de Dieu Impératrice douairière des Ro- « mains, Reine de Hongrie, de Bohème, «etc., duchesse de Luxembourg, etc., « etc. A tous ceux qui ces présentes ver- « ront ou lire ouïront, Salut. De la part

<• de Notre cher et féal Philippe-Charles «de Pfortzheim, écuyer, né a Coulpach « en Notre Province et Duché de Luxem- « bourg, Major à h suite de Nos armées, << Nous a été très humblement représenté «que sa famille origioaire de la même « Province, y seroit reconnue depuis plu* « sieurs siècles pour Noble et d'ancienne «chevalerie, ayant droit au siège et à «l'état noble comme il consteroit d'une « Déclaration signée de six députés de cet «Ordre; qu'il seroit entré en 1752 à «Notre Royal Service, qu'en 1757 il au- « roit assisté à la Bataille de Colin sous « les ordres du Général Nadasty où il au- « roit été fait Enseigne pour s'être dis- « tingué à la prise d'une Batterie de ca- « nons ; que l'année suivante il aurait été «détaché avec 50 dragons sous les ordres « du général Johnus , qu'ayant ensuite « rejoint son régiment il se seroit trouvé «à la bataille de Hochkirchen en 1758, «où il aurait enlevé aux carabiniers prus- «siens un étendart; qu'en 1759 il aurait « encore été détaché avec 100 dragons «sous les ordres du même général vers « Freiberg , qu'ayant dirigé la première « attaque contre le bataillon Mandeiffel — « «te — qui fut fait prisonnier de guerre, il « seroit parvenu au grade de premier Lieu- « tenant; qu'ensuite ayant été commandé «avec 100 hommes sous les ordres du « général Brentano faisant l'arrière garde, « il aurait repris l'artillerie d'un régiment « d'infanterie dont les ennemis se seraient « emparés , et aurait même ramené les pri- «sonniers; que le 20 novembre de la « même année il aurait à l'affaire de Maxen «avec 50 Dragons attaqué et percé à tra- « vers deux régiments de cavalerie prus- « sienne et leur aurait enlevé deux éten- « darts ; que pendant toutes les campaignes « suivantes il se seroit attiré par son zèle, «sa fidélité et sa bravoure l'attention de « plusieurs de nos généraux , que nomci mément ses supérieurs et la plupart des « officiers du régiment de Saint-Ignon , « dans lequel il a servi , auroient certifié « le tout par un acte particulier muni de « leurs signatures ; qu'étant passé depuis

« dans le régiment de Savoye en qualité de «capitaine, il aurait obtenu le litre de «Major avec permission de se démettre « de sa charge , et qu'enfin lui suppliant « n'ayant rien plus à cœur que d'être ho- « norë de quelque grâce analogue à ses ser- « vices, il nous supplie en toute soumis- «sion de daigner lui permettre d'écarteler «Vécu de ses anciennes armoiries, savoir: « au premier et quatrième d'azur au chevron «d'argent, accompagné en chef de deux « étoiles à six raies d'or, et en pointe d'un «bras armé et gantelé, tenant une flamme « de feu , qci sont lbs anciennes armes de «sa famille ; au deuxième et troisième de «gueules à un canon allumé sur son affût, a d'or, posé sur une terrasse de simple, «qui sont celles analogues à ses services, «avec permission d'en sommer Vécu d'un «bonnet de baron, et de prendre pour «supports deux hommes armés de toutes « pièces à la face de carnation, ceints d'or, « et tenant chacun une banderolle aux « armes de Vécu. Nous ce que dessus con- « sidéré et voulant bien faire une atten- « lion favorable à ses services , avons de «l'avis de Notre chancelier de Cour et « d'Etat, accordé de Notre certaine science, « grâce , libéralité, pleine puissance etauto- « rité souveraine comme nous accordons par « les présentes à Philippe-Charles de Pfortz- « heim , ainsi qu'à ses enfans et descen- « dans de l'un et de l'autre sexe à naître « en légitime mariage , la permission d'é- « carteler l'écu de ses armoiries blasonnées «ci-dessus, de le sommer d'un bonnet « de baron et de le faire soutenir par deux « hommes armés de toutes pièces à la face « de carnation , ceints d'or , tenant chacun « une banderolle aux armes de l'écu , le « tout à la même forme et manière qu'elles « sont peintes et figurées au milieu des « présentes. Et voulant lui donuer une « marque ultérieure de Notre Royale Bien- «veillance, Nous l'avons exempté, comme « nous l'exemptons, par grâce spéciale , de « la moitié des droits royaux qu'il devrait «payer à l'occasion de ces concessions.

« Chargeons etc. — Signé: Marie-Thérèse.»

Si comme guerrier Ph.-Ch. de Pfortz-

heim s'était distingué par sa valeur héroïque sur les champs de bataille, il n'a pas renié cette vertu lorsque plus tard il se trouva placé sur un autre terrain , au sein de l'assemblée des États du Pays de Luxembourg pendant la longue période de paix qui s'écoula entre la guerre de trente ans et la révolution brabançonne de 1789. La noblesse l'avait choisi pour son député, et en cette qualité il résidait à Luxembourg où en face de l'ordre équestre en entier il n'hésita pas, un jour, de tirer l'épée, menaçant d'en frapper résolument le premier qui oserait prononcer un discours ou émettre une idée révolutionnaire, ou bien entreprendre un acte attentatoire à l'autorité du souverain. Et personne ne le contredit, parce que tous connaissaient son amour pour le maître qu'il servait, sa bravoure éprouvée et l'attachement que ses wallons toujours victorieux avaient pour leur chef.

L'année 1789 avec ses sérieuses menaces était arrivée sur ces entrefaites, lorsque le major Ph.-Ch. de Pfortzheim s'empressa de rentrer à l'armée. A cette époque les régiments wallons se trouvaient par suite de désertion réduits aux seuls cadres de leurs officiers et sous-ofTiciers. De Pfortzheim fut chargé de réorganiser celui de Latour ; et il remplit cette honorable mission d'une manière tout-à-fàit particulière comme avec un étonnant succès. Il commença son recrutement devant la porte du collège de Luxembourg, pendant que les élèves sortaient de classe : Il se présenta devant eux à cheval; et dans une allocution aussi patriotique que militaire il les engagea à venir donner leur liras à la patrie qui réclamait leur secours. M en convainquit soixante et douze qui le suivirent à la caserne du Pfaflenthal où ils signèrent leur engagement. De Luxembourg il se rendit dans les localités les plus populeuses du pays, et partout il obtint un entier succès, à tel point qu'en peu de temps le régiment se trouva au grand complet. Il y obtint le grade de

lieutenant-colonel (16 janvier 1790), puis celui de colonel en second.

Pfortzheim qui comptait sans conteste au nombre des premiers officiers de cavalerie de l'armée, s'acquit dans cette guerre , par son zèle infatigable, sa prudence et son courage , un mérite absolument transcendant eteontribua puissamment lorsque déjà il en était devenu colonel commandant (Juillet 1790) à la grande renommée de ce brave régiment des dragons de Latour , dont l'empereur Léopold décora la bannière d'une médaille en or, de grand module, portant son portrait et l'inscription suivante : À la fidélité et valeur signalée du Régiment de Latour- Dragons, reconnue par l'Empereur et Roy.

C'est ainsi que le 29 mars près de Vonèche il prit une position tellement avantageuse que les patriotes brabançons, qui se repliaient sur Beauraing , se trouvèrent entièrement coupés et furent en grande partie taillés en pièces par les dragons de Latour, et que très peu d'entre eux réussirent d'échapper à cette véritable ^boucherie, grâce au brouillard. Le 24 mai de la même année il attaqua si brusquement près de Tailland l'armée insurrectionnelle qui était parfaitement disposée, qu'il culbuta complètement sa cavalerie et mit l'infanterie entièrement en déroute, abandonnant quatre canons. Il fit le même sort à un corps de 4000 hommes qu'il surprit le 22 septembre près d'Anserenne et qu'il dispersa de manière que les fuyards se sauvèrent dans toutes les directions.

Ces actions d'éclat lui méritèrent la croix de l'ordre de Marie-Thérèse qui lui fut décernée le 19 décembre, toujours de la même année 1790.

La mort tragique de Louis XVI , 21 janvier 1793 , fut pour l'Europe le signal d'une croisade à tenter contre la France. L'Autriche et la Prusse devaient frapper les premiers coups. Les autrichiens ouvrirent la campagne le 1" mars et passèrent la Rofir entre Diiren et Juliers, sous la conduite du prince de Saxe-Co-

bourg: ils voulaient pénétrer dans les Pays-Bas afin d'en chasser les républicains. L'archiduc Charles commandait l'avantgarde ; il avait sous ses ordres le bataillon de grenadiers de Bricy et le régiment de chevau-légers ou dragons de Latour, avec son chef Ph.-Ch. de Pfortzheim qui à la retraite de devant Mons où les Autrichiens avaient glorieusement résisté à un ennemi beaucoup plus fort en nombre , avait exécuté des manœuvres tellement bien dirigées qu'il était bien démontré que , tout bon soldat qu'il était , il était aussi habile commandant : En effet, à l'approche du corps de de Pfortzheim les Français bien que se trouvant retranchés dans une position très avantageuse , ne voulurent pas tenter le sort du combat et se mirent a fuir dans les bois environnants ; mais les dragons de Latour ne leur en laissèrent pas le temps 5 ils s'élancèrent à leur poursuite et les ayant atteints ils en firent un terrible massacre. Le général de Clerfays , à la tête de la première ligne d'attaque qui comptait deux bataillons du régiment de Murray et un bataillon de celui de Wurtemberg se porta ensuite sur Aldenkoven , entre Juliers et Aix-la-chapelle , pendant que la division de Latour, dans Inquelle étaient incorporés le régiment prince de Lygne et un bataillon de celui de Vierset , se dirigeait vers Linnich sur la Koër : Ces troupes, soutenues par des corps prussiens , donnèrent une brillante chasse aux Français qui perdirent au-delà de 2000 hommes , tant tués que blessés et trois cents prisonniers , outre un drapeau et deux pièces de canon.

Le régiment de chevau-légers de Latour , rejoint par deux escadrons luxembourgeois prit une part glorieuse à ce fait d'armes. A la sérieuse attaque près de Hœnningen il accula l'infanterie et la cavalerie ennemies dans le bois , sabrant à l'aide d'une division de hussards d'Eslerhazy tout ce qui put «'Ire atteint; une seconde attaque tout aussi heureuse faite par la seconde ligne de Paile gauche acheva chez les français une défaite com-

plète. Malheureusement dans cette victoire le régiment de Latour eut à regretter la perte de son vaillant commandant, le colonel Pli .-Ch. de Pfortzheim ainsi que celle du chef d'escadron de Mesmacre.

Le premier avait reçu l'ordre de rejeter les avant-postes français qui s'étaient retranchés et se trouvaient pourvus de canons blindés. Résolu de s'emparer d'un de ces retranchements, il commanda à l'infanterie légère d'aller à la reconnaissance d'un point couvert de broussailles ; mais cet ordre fut mal exécuté : au moment où lui-même il s'avançait à la téte d'un de ses escadrons sur une des batteries françaises, un fantassin ennemi se leva hors de sa cachette et lui envoya sa charge entière en pleine poitrine et Pétendit mort bas de son cheval : Ses dragons vengèrent sans pitié sur les français la perte de leur vaillant colonel.

Dans son rapport snr l'issue de cette escarmouche qui fut un véritable combat à outrance , et précéda de 1 8 jours la bataille de Nerwinde où l'armée de Dumouriez fut battue et forcée d'évacuer la Belgique , le prince Frédéric-Josias de Saxe- Cobourg donna un témoignage non équivoque de toute sa sympathie pour le commandant de Pfortzheim et pour le chef d'escadron de Mesmacre. Il y, dit en effet : « Un nuage obscurcit la joie de ce triomphe. « Nous avons en effet à déplorer la perte du « colonel du régiment de Latour , que tout «le monde doit regretter, ainsi que celle « du chef d'escadron de Mesmacre. Pen- «dantquc, comme le chef d'escadron de « Mesmacre, de Pfortzheim combattait en « véritable héros dans les bois à la téte « de sa vaillante cavalerie une balle est ve- « nue l'atteindre et l'étendit mort sur place. »

De Pfortzheim périt le 1" mars 1793 , et obtint , par ordre du général en chef un cortège funèbre digne de son mérite militaire : Place sur un canon qui lui servit de corbillard , son corps fut conduit de rang en rang dans toute Parmée, puis transporté de la même manière à Aix-la-chapelle où il a été inhumé en grande pompe. La nou-

— Ni-

velle de la mort du brave colonel de Pfortzheim remplit le pays entier de deuil et de regrets.

Arcbivea d« Conteil provincial : Réf. aux Comm., S" 1111, p. 70. — Généalogie «laauscrile de la famille de Nenaheuier.— B^atca, Eiflia illtutr. II, ï« part. «OU êqq. ; et 8S4. — A. A. Hâuu, curé à Colpacb, Notice «or le colonel Ph.-Cb. de Ptaj-Ubeiat.. — Hiararita, Der militair Maria-TbereticnOrdeu, I, 310; et II, 1734.

PHILIPPART, Englcbert, est né à Notifie , pendant la première moitié du dix-septième siècle. L'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à ce personnage la mention que nous allons transcrire : « 1654. Engelbertus Pbilippart Noyilanus «prope Bastoniam, S. Theologix Bacca- « laurus pastor in Tintigny, fundator uni us « Bursae in Seminario Loxemburgensi. »

Cette bourse , fondée d'abord par acte authentique du 4 avril 1652, au capital de 2,500 florins a vingt sols, et qui devait après la mort du fondateur servir à l'entretien d'un boursier à choisir parmi ses plus proches et ses plus pauvres parents, et a défaut d'un parent parmi les enfants de la paroisse de Noville ou bien de Tintigny, pourvu qu'il fût pauvre, cette bourse disons-nous, n'a jamais eu de titulaire, tant parce que par un acte subséquent, en date du 30 mai 1673, Pbilippart modifia sa première institution en transportant les revenus de sa donation au profit du curateur du séminaire et en statuant que , en cas de dissolution de cette institution ces revenus demeureraient la propriété du collège, que parce que le capital donné ayant été employé à l'acquisition de la moitié de la dime de Saoera, l'objet de cette acquisition étant venu à tomber par l'abolition de la féodalité, la fondation elle-même s'est trouvée perdue.

Viri illustre», I, N* 103.— A. Naaua, Dissertation .ur le* bourse», XII et XX. -ManucriU MtWAf,

PHILIPPE , le frère, né à Echternach, se fit recevoir frère lais à l'abbaye des Bénédictins de cette ville , et se distingua par ses peintures à fresque dont plusieurs

existent encore. Il vivait pendant la première moitié du dix-huitième siècle.

Mu usa, Sauertbal, 65.

PHIL1PPI, Henri, est né en 1575, à ou dans les environs de Jamoigne, non à St. Hubert comme Moreri l'avance. Le manuscrit des Viri illustres lui a consacré l'article qui suit: «1636. Heinricus Pbi- « lippt ex prope Jamoing Ducatus Luxem- «burgensis Societat. Jesu S. Théologie «Doctor Ferdinandi III. C&saris Confes- « sarius et a pueritia institutor usque ad « ejusdem Electionem in Regem Romano- «rum sub et postquam immédiate mortuus « Ratisbonœ aô 1 636. »

A cette notice plus que succincte nous ajouterons que Philippi , qui était docteur en théologie, comme nous venons de le voir , enseigna d'abord la philosophie , la théologie et la positive à Gratz en Styrie, ensuite à Vienne, plus tard à Prague et ailleurs. Il est mort à Ratisbonne , le 30 novembre 1636.

Ce personnage a écrit plusieurs ouvrages de chronologie qui ne sont pas sans mérite. Nous en donnons les titres : |°. Iutroductio ad Chronologica , seu de computo ecclesiastico ad cbronologiam accommodato.

— £°. Generalis synopsis sacrorum canonum. — 5°. Qusstiones Chronologies, de annis Domini, Julianis, Nabonassari, et aerft Julianfl coropdnendis. — 4°. De annis nati et passi Salvatoris. — 5°. Tabula annorum expensorum pro Chronologia ecclesiastica. — ©**. Tractatus de Olympiadibus.

— 7". Chronologia veteris Testament!. — S0. Nota: et Quaestiones chronologies in pentatbeucum ; in Prophetas majores et minores.

Viri illustret. I, K° 7tf. — BitarnouT, VIII, 104.

Hhiu, V, 816. — NiYEii, Histoire de Jamoigne .

dam : Publication» de la Société arebéol. de Luxembourg, X, 70. *%.— Augambb, Bibliotbeca Scriptorum Soeietati» Jean. — Aaoaa V»icau, Bibliotbeca belçica. — Pubost, I, 006. — lï«uu»!»« , Les aatear* luxcmbourgeoi», 93.

PICARD, Pickard ou Pichard, Pichardius, Jean, né à Luxembourg, florissait

vers la Go du treizième siècle et les commencements du quatorzième. Il entra dans l'Ordre de St. Dominique au couvent de sa ville natale où il fit professe. II alla ensuite continuer ses éludes à l'université de Paris où il passa en 1308 bachelier en théologie. La même année le chapitre général des dominicains, teuu à Padoue, le nomma son vicaire dans la province teutonique; et la suivante, le grade de docteur en théologie lui fut conféré avec dispense de subir l'examen qui était exigé pour pouvoir obtenir cet honneur insigne.

En 1310 et 1311 il expliqua le Maître des sentences dans le couvent de son ordre, rue St. Jacques, à Paris, et en 1312 il dt nn voyage en Italie vers l'Empereur Henri VU de Luxembourg, qui le recommanda ai bien à cause de sa grande vertu, de son éloquence> de ses éminents mérites, mais surtout de ses vastes connaissances, qu'il lui 6t obtenir l'évéché de Ratisbonne où il mourut entre les années 1320 et 1330. M. Neumann croit qu'il n'a été que sufTragant de Ratisbonne et évèque in partibus : il ne nous a pas été donné de vérifier la choke.

Jean Picard a écrit les ouvrages suivants qui eurent une grande réputation. Nous ne savons pas s'ils ont été imprimés. Ce sont : I °. Summa Theologiae. — 2 °. Sermooes dominicales, festivales, quadragesimales et de sanctis, per totum annum : Parmi ses sermons on a particulièrement admiré celui de la nativité de Notre-Dame; il a pour texte : Fons parvus exivit in tlumen.

Les auteurs qui ont parlé de Picard le nomment tantôt Jean de Luxembourg, tantôt de Liccbtembourg , tantôt de Lettemberg et tantôt enfin de Lucidoraonte, ce qui a entraîné à plusieurs confusions, tout comme ceux qui écrivent Picard et Pichard; et ceci est si vrai que nous avons trouvé jusqu'à sept biographies différentes du même personnage, c'est-à-dire qui rapportent à des individus différents les actes divers du même prélat.

La bibliothèque de Luxembourg possède

un volume in-4°, intitulé : Picardi Joannis de priscâ Celtopœdiâ, libri quinque ; Paris, 1556. Ce livre peut-il être attribué au personnage qui nous occupe ici ?

D. CaLMT, Dibliothrqar Lorraine. — WlLBtlBC! A Wiltdcih, Aoliqoar. DùquUit. Biftor I.uirmbfj. II, c. 4. §. S. et e. 6. J. 3. - Aa Htmin, Di*Ur •Trevir. diploML, II, 13 — Bmtholst. VIII. 1U4. — PâQDir, 83, »q. — Pitaarr, I, foL LXXUI — Ciunr, Catalague de la ltiblioth. de Luxhrg., A'JO

Pichard, Jean; v. PICARD, Jean.

Pickard, Jean; v. PICARD, Jean.

PIERRE, dit d'Atptll, écrit aussi:

Âichspalt, Aichtpalter , Achtzspalt, Eichspald, Eichspalter, et plus fautivement encore Raichspalt.

Le manuscrit des Viri illustres ne mentionne pas cette illustration luxembourgeoise du premier ordre.

Les faits et gestes de ce personnage, célèbre sous plus d'un rapport dans l'Histoire de son époque, ne sont malheureusement pas assez connus peut-être pour qu'on puisse livrer sur lui une biographie complète et circonstanciée. Quoiqu'il en soit, nous allons transcrire ici tout ce que nous sommes parvenu à découvrir.

Pierre d'Aspelt est né vers le milieu du treizième siècle, de parents honnêtes mais peu aisés, à Aspelt, village du Pays de Luxembourg, à quinze kilomètres de la ville de ce nom et à cinq myriamètres de Trêves. Il fut dénommé d'Aspelt de l'endroit dont il était originaire.

Dès son plus jeune âge il se sentit une vocation particulière pour l'étude à laquelle il se livra avec ardeur , malgré le peu de moyens que ses parents pouvaient lui fournir pour parvenir, et chercha à développer les heureuses dispositions que la nature lui avait départies, autant que cela lui fut possible pendant ce siècle peu éclairé. Après avoir fréquenté pendant quelque temps une école élémentaire à Trêves, il se vit obligé, faute de secours, d aller chanter aux portes pour pourvoir à sa subsistance , jusqu'à ce que par une application soutenue pendant ses moments

de loisir, il fut parvenu à Se familiariser assez avec les connaissances qu'on enseignait alors communément dans les petites écoles, pour pouvoir donner lui-même des leçons aux enfants : alors il devint maître d'école. Cet état il l'embrassa pour trouver moyen d amasser quelques épargnes aûn de pouvoir continuer ses études scientifiques. Parvenu à ce but, il quitta son école et alla fréquenter une université dont le nom n'a pas été transmis A la postérité d'une manière certaine, bien que quelques auteurs dénomment celle de Paris : Il s'y voua h l'étude de l'art de guérir. Dès qu'il eut obtenu le degré de Docteur en médecine il retourna dans sa patrie où il se livra à la pratique : il avait acquis tant d'habileté dans son art, disent les auteurs contemporains, qu'il savait juger de l'état et du danger de ses malades en les entendant tousser (!!!) Mais, ajoute-t-on, ses connaissances médicales n'étaient pas les seules qu'il avait acquises ; il était également bien versé dans les sciences tliéologiques, surtout dans l'Ecriture-Sainte. Il s'était, du reste, fait ordonner prêtre. Cette circonstance doit d'autant moins nous étonner, qu'à cette époque et même encore longtemps après, beaucoup de médecins étaient clercs.

Sur ces entrefaites la réputation de Pierre d'Aspelt s'étant considérablement répandue, le puissant comte Henri IV de Luxembourg l'attacha à sa personne et le prit pour son médecin. Le séjour qu'il fit à la Cour lui donna de fréquentes occasions pour faire apprécier ses talents et son expérience dans les affaires; aussi le comte Henri finit-il par le consulter souvent, non seulement sur sa santé mais encore sur ses affaires domestiques ainsi que sur des questions de politique, et toujours il eut à se louer des avis que son médecin lui donnait. On a aussi prétendu que Pierre a rempli les mêmes fonctions de médecin auprès de la personne de l'empereur Rodolphe I; mais , si l'on a égard aux dates — Rodolphe a été empereur depuis 1271 jusqu'à 1292 — ainsi qu'à divers autres événements

de la vie de ce prince, comparés avec les gestes de Pierre d'Aspelt, on est forcé d'élever des doutes très fondés sur la véracité de cette circonstance.

Quoi qu'il en soit, une circonstance vraisemblablement fortuite, mais se rattachant directement à la carrière médicale que ce grand homme avait embrassée, vint tout-à-coup l'élever à la dignité d'un des premiers princes de l'Église d'occident, dignité qu'il remplit avec non moins d'éclat que la mission de soulager l'humanité soutirante. Si nous en croyons les données qui semblent les mieux fondées , il fut député un jour par le comte Henri de Luxembourg vers le pape Nicolas IV (1288 à 1294), ou plus vraisemblablement Roniface VIII (1295 à 1304) , pour une négociation importante. Pendant son séjour à la cour du Souverain-Pontife il eut occasion de mettre ses connaissances iatriques en pratique , en guérissant le Pape d'une maladie que les autres médecins avaient déclarée incurable : on dit communément qu'il s'agissait d'un flux de sang, peutêtre d'une bémorrhagie ou encore d'une fistule à l'anus. Le Pape voulut témoigner sa reconnaissance à Pierre d'Aspelt en le nommant Prévôt de la cathédrale de Trêves. Lorsqu'il Ini conféra ce bouélice , le Souverain- Pontife déclara que : un médecin aussi habile à guérir le corps méritait bien de devenir également le médecin d'un grand nombre d'âmes. A son retour, Pierre voulut prendre possession de la dignité de prévôt pour laquelle il exhiba ses bulles; le chapitre s'y opposa sous prétexte de l'humilité de l'extraction du nouveau titulaire; mais en réalité paralt-il , parce qu'il n'avait pas été consulté pour cette nomination. Le pape , qui ne pouvait ou ne voulait pas procéder contre les immunités de l'église de Trêves , dédommagea amplement son protégé en lui accordant en échange des provisions de Prévôt de Prague , de Ringen et de Wischcrad près de Prague , d'écolâtre à St. Siméon près de Trêves et finalement de curé de Rirthiogen et de Nittel

daus le même diocèse ; et l'année suivante, c'est-à-dire en 1296, il fut choisi pour succéder à Pierre de Rawen on de Reicbenstein , et sacré évêque de Bàle , sous le nom de Pierre II dans la liste des prélats de cette église qu'il gouverna avec une rare distinction , malgré les difficultés qu'il dut éprouver dans une administration qui était neuve pour lui, eu égard aux occupations auxquelles il s'était livré jusqu'alors ; et il étendit même sou domaine temporel par l'acquisition de plusieurs terres, entr'antres du château de Honberg et de la ville de Liechsdall que l'Empereur Albert I d'Autriche avait également eu la pensée d'acheter : ce qui fut la cause de beaucoup de persécutions que notre évéque eut à subir de la part de ce prince. Ce différend ne fut cependant pas de longue durée , puisque nous voyons déjà en 1300, l'évèque Pierre II chargé d'une mission importante par le même empereur, retourner auprès du pape Boni face VIII.

Gérard II, d'Epstein, archevêque de Muyence étant venu à mourir subitement sur ces entrefaites, au mois de février 1305, le chapitre métropolitain désigna pour lui succéder Baudouin de Luxembourg (v. son art.) , frère du comte Henri IV qui fut plus tard empereur sous le nom de Henri VII. L'évèque de Bàle fut encore, paraît-il , chargé d'aller demander la confirmation de cette nomination par le Pape. Mais Clément V, qui pour lors était assis sur la chaire de Saint-Pierre , ne voulut pas accorder cette ratification à cause de la jeunesse du nouvel-élu qui n'avait que dix-huit ans. En conséquence le chapitre s'assembla pour procéder à un nouveau choix; mais comme on ne put tomber d'accord , le Pape, de son autorité apostolique , désigna l'évèque de Bàle lui-même pour succéder à l'archevêque Gérard II, et le chapitre l'accueillit en cette qualité, sans doute sur la puissante recommandation de l'empereur. En conséquence Pierre d'Aspelt résigna Tévêché de Bàle et vint prendre possession de l'archevêché de

Mayence où il joua un rôle très important dans l'histoire de son époque.

En effet, non content de présider à plusieurs conciles diocésains et provinciaux, il prit une part très active aux affaires de l'Empire. 11 ne cessa pas non plus de porter un grand attachement à la Maison des comtes de Luxembourg à laquelle il devait sa fortune et au service de laquelle il s'était trouvé d'abord , comme nous l'avons vu. En 1307, il contribua puissamment à l'élection de Baudouin à l'archevêché de Trêves; et lorsqu'on 1308, après la mort de l'empereur Albert I les voix des Princes-Electeurs assemblés à Reynse se trouvaient d'abord très partagées sur le choix du successeur à donner à ce prince, il eut le talent de leur persuader de se réunir tous à lui pour procéder à cette élection et d'accepter celui qu'il dénommerait. Il désigna Henri IV, comte de Luxembourg, qui fut en effet proclamé et qui forma ainsi la souche de la Maison impériale dite de Luxembourg. Deux ans après il contribua encore beaucoup à faire choisir Jean, dit plus tard l'aveugle, fils de l'empereur Henri de Luxembourg pour roi de Bohême. 11 accompagna même ce jeune prince dans ses nouveaux états, le maria en 1310 à l'héritière de ce royaume, le couronna à Prague le 1 1 février 1311 et demeura à sa cour pendant un an pour prendre part au gouvernement, parce que pendant ce temps l'empereur son père était occupé en Italie. Ces circonstances motivèrent le refus que l'archevêque de Mayence fit présenter au Souverain-Pontife d'assister au concile de Vienne , tenu en 1311 ; et son excuse fut la seule entre celles des prélats allemands que le pape a admise comme fondée. L'attachement que l'archevêque Pierre d'Aspelt portait à la famille impériale était tellement connu de tous, que Frédéric, marquis de Misnie , qui s'était allié à Henri duc de Carintbie qui venait d'être chassé du trône de Boliî-me à cause de sa tyrannie et de ses exactions, se crut autorisé à se venger sur lui pour le tort qu'il prétendait que Jean,

le nouveau roi de Bohême avait fait à son allié, et alla faire une irruption sur les terres du diocèse de Mayence où il commit de grands dégâts, à tel point que l'empereur Henri fut obligé d'avouer que l'archevêque avait souffert bien des déboires et bien des pertes pour lui et pour sa maison : aussi après le retour de Pierre dans son diocèse, l'empereur lui fit-il de riches présents, entr'antrcs d'un fauteuil en or massif, garni de pierres précieuses : Ce fauteuil a été, dit-on, conservé pendant longtemps à Mayence.

La nouvelle de la mort inopinée et prématurée de Henri VII (août 1313) en Italie, causa à l'archevêque de Mayence un si grand chagrin qu'il s'écria en l'apprenant: «depuis cinq siècles le décès « d'aucun prince n'aura entraîné après soi « autant de malheurs que celui de l'empec« rcur Henri VII ! » Aussi les embarras que l'Allemagne eut a subir a la suite de cet événement n'onl-ils que trop vérifié cette prophétie.

Lorsque Louis, duc de Bavière fut élu empereur pour succéder à Henri VII, l'archevêque Pierre d'Aspelt était encore une fois à la tète des électeurs qui avaient pris parti pour ce prince. Mais comme ce choix rencontra beaucoup de difficultés et occasionna plusieurs guerres intestines, le public a dit qu'à cette occasion l'archevêque Pierre avait entièrement oublié son état de médecin, puisque par l'élection qu'il venait de faire d'un nouvel empereur, il avait rendu l'Empire plus malade que bien portant.

Pour ce qui regarde l'administration intérieure de son diocèse , Pierre d'Aspelt sut constamment, par un gouvernement sage , une piété solide et une vie exemplaire s'attacher ses subordonnés et s'acquérir l'estime des princes allemands aussi bien que de son clergé , bien qu'il montrât beaucoup de sévérité à l'égard de ce dernier sur le chapitre des mœurs. Il fut le fondateur de la chartreuse de Mayence. Son économie était devenue proverbiale.

Et en effet, bien qu'il vécut dans des

temps très agités, il avait trouvé les moyens d'amasser une épargne de 16,278 livres de deniers, somme très considérable alors, et qu'il employa à payer les anciennes dettes de son église ainsi qu'à faire de nouvelles acquisitions pour elle. Les élections à l'empire auxquelles il prit part ne contribuèrent pas peu , non plus, à l'avantage de son temporel. En effet, par le traité qu'il fit à cette occasion avec le comte Henri de Luxembourg, ce dernier dut promettre : de confirmer toutes les immunités et les privilèges de l'église de Mayence; d'assister l'archevêque contre tous ses ennemis et ce même au besoin de sa propre personne ; de ne jamais permettre que les affaires ni les personnes ecclésiastiques fussent jugées par des tribunaux séculiers ou laïcs; de confirmer à l'église de Mayence le péage de Lahnstein et la possession de Seligenstadt ainsi que du Bachgau; de protéger l'archevêque dans ses fonctions d'archi-chancelier ; de restituer tous les frais qu'il serait dans le cas de faire à l'occasion de l'élection projetée ; de lui abandonner le péage d'Ehrenfels en payement des sommes que l'empereur Albert lui devait encore ; de payer à la Cour de Rome trois mille marcs d'argent que lui Pierre devait encore pour le Pallium, etc. — Avec l'empereur Louis de Bavière il convint, outre la confirmation des articles du traité précédent qui trouvaient encore alors une application : que le nouvel empereur lui continuerait la possession du péage d'Ehrenfels , comme dédommagement des sommes qu'il avait dépensées pour l'empereur Henri ; qu'il lui abandonnerait plusieurs Gefs de l'empire, entre lesquels particulièrement la ville de Gotha et d'autres possessions en Thuringe, pour le cas où Louis viendrait à s'emparer de ce pays , ce qui cependant , pour le dire eu passant, n'a jamais eu lieu. Louis de Bavière s'obligea en outre d'abandonner à l'archevêque et ce dans toutes les églises du diocèse de Mayence , ce qu'on nommait les preces primariœ ; k lui payer dix mille marcs d'argent pour les

frais de son élection et de son couronnement , et , jusqu'à l'achèvement de ce paiement , à lui céder certaines terres en engagère.

Enfin , Pierre d'Aspelt est mort la veille de la fête de Saint-Boni face , le 4 juin 1320 , après avoir occupé le siège archiépiscopal de Mayence pendant près de quinze ans.

Telle est la biographie de ce grand homme, dépouillée de ce que certains auteurs y ont ajouté d'erroné ou d'inventé pour broder encore sur des actes qui sont assez recommandables dans leur vraie nudité. Nous ne relèverons pas les variantes que l'on a répandues successivement louchant les faits connus , parce que nous ne voulons pas allonger cet article par des discussions oiseuses. Cependant un point nous reste à débrouiller, et ce point consiste à établir historiquement que Pierre d'Aspelt est né au village d'As-

PBLT DANS LE PAYS DE LUXEMBOURG , qui

doit être fier de lui avoir donné le jour.

Les hésitations des auteurs qui refusent de reconnaître au modeste village d'Aspelt, commune de Frisange, l'honneur d'avoir vu naître le célèbre archevêque de Mayence qui porte son nom, doivent déjà prévenir à certains égards contre leurs suppositions: en effet, les uns avancent qu'il est né à Trêves, d'autres qu'il tire son nom d'une ferme près de Welschbillig, aujourd'hui dans le Luxembourg prussien, d'autres enfin qu'il était Tyrolien. Pour nous la solution de cette question semble simple : L'archevêque Pierre , dit d'Aspelt, est né à une époque où les noms de famille n'étaient pas encore en usage pour les roturiers , et fut dénommé d'Aspelt de son endroit natal. Ce nom Aspclt , estropié successivement en Aispelt puis Aichspelt, ensuite et plus fautivement encore en Âichtpalt , Achtzspalt , Raichspall, a reçu de plus de quelques-uns l'addition de la finale adjectivale tr, pour remplacer le von allemand , qui désignait son origine ; d'où Aspelter , signifiant von Aspelt , en français d'Aspelt pour né à As-

pelt; et ainsi de suite des autres variantes énumérées ci-haut. Mais, objectera-t-on , pourquoi son épitaphe porte-t-elle : De Treviri natus ? La réponse est encore facile à donner: L'archevêque Pierre d'Aspelt est né dans le diocèse de Trêves; et pour un prince de l'Église on n'aura pas voulu marquer le mauvais petit village de son origine. L'église métropolitaine étant considérée comme la maison paternelle de tous les diocésains , le nom de celle-ci devait désigner le pays de sa naissance, non le coin de terre, la hutte peutêtre où ce grand prélat est venu au monde; et même de nos jours encore nous nommons français celui qui est né en France, sans nous inquiéter du nom particulier de son endroit natal ; pourquoi dès lors en 1320 n'aurait-on pas pu dire de Treviri natus pour signifier que la personne en question est originaire du diocèse de Trêves, dont du reste le village d'Aspelt a ressorti jusqu'au concordat français de 1802, et ce surtout parce que cette personne était d'église?

D'un autre côté , un seul auteur , que nous sachions, Mr von Stramberg, ne pouvant bonnement disputer sur l'orthographie du nom , mais jaloux sans doute d'enlever au village luxembourgeois d'Aspelt l'illustration à laquelle il a donné le jour, a tenté d'en gratifier, au hasard peutêtre , une ferme de même nom , véritable ou supposée , mais au moins ignorée de nos jours et située soi-disant près de Welscbbillig ; et pour rendre ce conte plus vraisemblable il a avancé que Pierre d'Aspelt tirait son nom de cette ferme, mais qu'il est né à Trêves, fortuitement sans doute. Quels détours et quel gallimathias pour soutenir une inexactitude patente ! Le village d'Aspelt près de Frisa nge est connu dès avant le treizième siècle, et son nom est resté le même, tandis que la ferme problématiquement homonyme près de Welscbbillig n'existait vraisemblablement pas lorsque notre Pierre d'Aspelt a vu le jour. Ainsi, somme toute, nous maintenons avec les auteurs les plus

graves la proposition que nous avons énoncée, et qui consiste à dire que: l'archevêque Pierre 11 de Mayence est ne au village d'Âspelt, situé dans celte partie du Pays de Luxembourg qui rcssortissait à Fancien diocèse de Trètes. De cette manière les sentiments des différents auteurs sont concilies : les uns étant admis comme précisant le lieu môme, les autres le diocèse où le fait de cette naissance s'est accompli. Finalement, il serait inutile, pensons-nous , de relever Terreur de ceux qui veulent placer la patrie de cet éminenl personnage en Tyrol.

D. Casmt, Hibliotbèqae lorraine. — Gesta Treviroram intégra, edent Mot4.sk et Wvttbmbaci , II, 209, 308, 253, 340; Annotât S.-T.itthei., Canin. Ilirtang., II, 104, sq.{ et: De Viril illut tribut Ord, S. Bened. — Rt>ML»nv«, Codes epittolaris, I, 518, sqq. — Attnn trgentinrntij clironicon, II, 115, «q. — Btowta, Annal. Trev. II, 176, 185, 200.— Geatxos, Codes diplomatie ut, II, 520. — Cbronîcon Aul* régie. — S n* tics , Rcs moguntinss, 1. IV. — Fsaxs Wcnncn. Oer Mainser Dom and seine Denkm«clrr, I, 299. — Uarrinct, Chronicon bttiliente.— Bactcn , De epiacopi* moguntiait. — Did&tcalta de Francfort, N* 58 et 50 (27 février 1850). -Conversntions-Lesicon. 1894, I, 584; et 1846, I, 53.

— An Hosthii», Prodromos Hittor. Trevir, I, 721; II, 1076; et: Hittor. Trevir. diplomat., I, 997, not. b.j 640. — Moaiai, II, 86; III, 660} V, 580.

— Tbllot et Bo*AVMTVBS, M énoirea ponr tertir a l'Histoire ecclésiastique et civile de la province de Luxembourg ; msert. pastini; ab anno 129G ad 1513.

— BtirnoLtr, VIII et- IV, pasain. — Paovst, 25.— Ulvbuhg, 57.— von 8Ta*aaiac, Der Motelttroat, 441.

— Pitavios, Ratioaariusa tempornm, II et III. — Adreas-Kalender de Trivea, 1844, 867; 1845, 558.

— CootTi», Encyclopédie moderne, II, 805.

PIERRET, Jean-François, né en 1648, a vécu pendant la seconde moitié du dixseptième siècle et la première du dix-huitième. Nommé notaire le 17 février 1709 à Luxembourg qui fut vraisemblablement son endroit natal, ses protocoles sont continués jusqu'au 21 avril 1737, date de son décès.

Lorsqu'on examine ces minutes on ne peut assez s'étonner de leur nombre prodigieux et de leur netteté : toutes sont écrites de la main même du notaire. On s'imagine difficilement comment un seul homme a pu suffire à un travail si vaste ,

surtout si on y ajonte les expéditions de ces actes ; et nous en avons vu un nombre immense, qui toutes également ont été confectionnées par la même main.

Outre cela , le notaire Pierret avait conservé assez de loisir pour réunir deux gros in folio de copies d'anciennes ebartres concernant l'histoire du Pays et des localités qui en dépendaient : les originaux de ces actes, inédits jusqu'alors, se trouvaient disséminés en grande partie, et il a fallu les découvrir, les lire, ce qui n'était pas toujours chose facile, et les transcrire. De plus, il a écrit, aussi en un volume in folio, l'Histoire générale du Duché, de 963 à 1736, arrangée par ordre des princes qui l'ont gouverné ; puis un quatrième volume renfermant des données très intéressantes, et qui sans lui seraient vraisemblablement perdues aujourd'hui , touchant les seigneuries particulières du Luxembourg: c'est comme on dirait une histoire locale des différentes terres qui ressorlissaient en arrière-fief à nos comtes et à nos ducs. Dans un cinquième volume enfin, il a recueilli le nobiliaire du Pays, ou les actes des seigneurs, classés par localités.

Les Etats du Luxembourg, appréciant l'importance historique de ce grand travail, l'ont acheté en 1741 pour la somme de six cents florins ; et aujourd'hui il se trouve aux archives du gouvernement à Luxembourg, où il nous a été donné d'en faire prendre une copie. Les brouillons des différents volumes se trouvent en outre, mais disséminés, entre les mains de plusieurs particuliers ; la Société archéologique de Luxembourg est parvenue à en recueillir quelques-uns.

Bertholet (v. son art.) a profité de cet ouvrage, remarquable par l'ordre parfait que son auteur a su y mettre ; mais il l'a bouleversé tout en le copiant mot pour mot, et l'a embrouillé de ses dissertations fastidieuses et souvent entièrement étrangères au sujet qu'il avait à traiter.

En un mot, V Essai de l'Histoire de Luxembourg , par Pierret , mériterait en-

core aujourd'hui d'être imprimé s'il était revu quant au style un peu suranné, et complété par l'addition des faits arrivés depuis sa rédaction primitive.

Picrrct a encore écrit une partie d'un autre manuscrit in folio, intitulé: L'Art héraldique du blason, qui est conserve à la bibliothèque de Luxembourg, sous le nom d'Antoine lîngeschiick (v. son art.), et portant le Numéro 154. D. Calmet dit avoir vu l'original autographe de cet ouvrage chez le comte Lambert de Marchant, d'Anscmbourg (v. son art.). Finalement, il est également l'auteur d'un autre manuscrit in folio, contenant: f°. Un Journal historique de tout ce qui s'est passé de plus remarquable tant dans les États que dans la République des lettres en Europe et autres lieux considérables du monde, depuis V avènement de Philippe V, duc d'Anjou, à la couronne d'Espagne, sur la fin de 1700, faisant suite au Dictionnaire de Moreri de 1702; — S". Continuation de l'Histoire universelle , depuis 1700 jusqu'à 1705.

Protocoles «le J.-F. PicaaaT, au greffe du tribunal de Luxembourg. — AVûaTe-P*QoeT, Escb-sur-l'Alzette et sections qui en dépendent, S, note S. — Clams, Catalogue de la Bibliotb. de Luxhrg., 874, 494. etc.— D. Calhet, Bibliotb. lorraiae. — Arcbires du Grand- Duché de Luxembourg.— Nebbax», Les auteurs luxembourgeois, 41, s«|.

PLACIDE , le Père, né a Ettclbruck, se fit capucin et se distingua par son zèle comme prédicateur dans la province Rhénane. 11 faisait son séjour ordinaire à Maycnce où il mourut le 16 janvier 1720.

Le Père Placide est auteur d'un ouvrage allemand qu'il a intitulé : Pons mijsticus; Francfort, 1699.

UicaoTH. Hiitoria Provint»: rbenans* canuciuorum, 1 15 et 121. — Nmima*», Les auteur* luxembourgeois,

se.

PLUML1XG, curé à Berbourg, ne nous est connu que par l'ouvrage suivaul : Calholisch Gesang- und Iiell-Iiuch der Heiligen und Hochlœblichen Bruderschaft Jesu und Mariœ umb selig zu leben und selig zu sterben; Trêves, 1679.

!Vii»i*s, Les auteurs luxembourgeois, 3i$, note 2.

PONC1X, Jean-Ferdinand, connu aussi sous le nom de Poncin-Casaquy , né à HoufTalize , le 26 juin 1804 , fit ses études en droit à Paris ou il reçut le diplôme de Docteur.

En 1831 il fut nommé greffier du tribunal de première instance de Neufchàtcau, mais il dut résigner cet emploi dès l'année suivante. 11 vint alors se fixer à Bruxelles et s'attacha au barreau de la cour d'appel. Grâce à de puissantes protections il obtint le 2 mai 1845 la place de juge de paix du canton de Seraing.

Poncin était savant et aimait l'étude : il avait été reçu membre de la Société française de Statistique universelle, de celle de Géographie de Paris , correspondant de l'Académie d'archéologie de Belgique et de l'Institut historique de France.

Il a publié: i° Les Ardennaises; Poésies légères; Paris, 1826, in-8°— ^Résumé de l'histoire civile et politique de la province de Luxembourg; Bruxelles, Hayez, 1834 , in-8" ; 47 pages: Ce travail , dédié au comte Félix de Mérode , alors ministre des affaires étrangères en Belgique , ne traite que de la première époque de l'Histoire du Pays de Luxembourg, depuis la conquête des Gaules jusqu'à Sigefroy , fondateur de la maison de Luxembourg , en 963. L'auteur y donne un assez bon résumé des travaux historiques les plus importants écrits sur le Pays , ainsi que des indications curieuses et peu connues en Belgique sur les différents objets d'antiquités découverts récemment.— 59 Rêveries; dixain par un Luxembourgeois; Arlon, Bourgeois, 1843, in-8°, 16 pages: Les principales pièces de ce petit recueil poétique sont: Le Souvenir; La Tour d'Igel: Ballade; Le Rêve d'amour; Bonheur d'aimer; La Grèce; A un enfant; A ma Lyre.— 4" Recherches sur l'origine , les progrès et la décadence du droit romain ; Liège, Verhoven, 1853, in-8° , 138 pages : C'est un traité élémentaire, écrit avec précision , mais qui semble n'être autre qu'un résumé des cahiers universitaires de l'auteur. Ce travail, quiem-

brasse à la fois l'histoire externe et interne, est divisé en quatre parties: la première époque contient les sources du droit romain , depuis les commencements de Rome jusqu'aux douze tables; la se™ conde va jusqu'à Cicéron ; la troisième à Alexandre Sévère et la quatrième enfin à Justinien. Pour chaque époque l'auteur donne successivement l'historique des sources et de la science , une revue encyclopédique des systèmes de législation et des aperçus sur l'histoire du droit privé. — 5° Poncin a enfin écrit un nombre assez considérable de pièces de vers dont plusieurs ont été publiées dans l'Annuaire de littérature et des beaux-arts ; Liège, 1830, in-8", telles que, p. 108: La traque au loup d'Ardenne, ou la battue (fragment d'un poème inédit, intitulé: Les rives del'Ourte); p. 132: Un orage en Ardenne;p. 181: Le chant des Hellènes.

Le 12 septembre 1854, Poncin fut trouvé frappé d'un coup d'apoplexie , dans une cabane qu'il habitait dans un bois de la commune de Mont où il se livrait au plaisir de la chasse : il n'avait que 50 ans et quelques mois d'âge.

L\ C*rtTJir*« , Néeroloçe liégeois, p. 41 , tq.

— Renseignement! partie* lien.

PONDROM, André, est né à Hcisdorf, commune moderne de Steinscl , le 25 mars 1787. Il était fils d'André Pondrom, admodiateur de la seigneurie et du château de Hcisdorf, et de Marie-Anne Servais.

Nous ne savons rien sur la jeunesse de Pondrom. Le 20 juillet 1815 il obtint un diplôme de Docteur en médecine de la faculté de Paris où il avait terminé ses études médicales après avoir auparavant suivi les leçons de la faculté de Strasbourg. Rentré dans sa patrie il alla d'abord se fixer à Remich qu'il quitta déjà dans le courant de 1817 pour venir s'établir à Luxembourg où sa science, son calme observateur et ses manières aussi douces qu'affables lui acquirent bientôt une grande réputation comme praticien.

Nommé membre de la commission sani-

taire ou médicale du Grand-Duché, en 1823, il devint président de ce collège après le décès du Docteur Clasen (v. son art.) en 1849.

Si dans les temps ordinaires le médecin est un homme recoramandable au milieu de la Société , il devient presque un Dieu pendant les épidémies, surtout lorsqu'il connait et met en pratique ce qu'il y a de sublime dans sa vocation : Pondrom fut un de ces esprits d'élite qui comprennent cette vérité si consolante pour l'humanité souffrante comme si encourageante pour le Docteur dans les dégoûts que lui suscite très souvent l'ingratitude des malades qu'il a arrachés à la mort ou au moins au danger. Pendant les ravages du choléra en 1832, il sut se multiplier pour ainsi dire afin d'être partout où l'on réclamait ses soins et ses lumières ; nuit et jour il était en course et personne ne le demanda sans qu'il s'empressât d'accourir au chevet des cholériques, de les consoler et de leur prodiguer les secours que leur état réclamait. Ce dévouement aussi sublime qu'il a été désintéressé, fut enfin récompensé par le roi Guillaume II, de vénérée mémoire, lequel décora en 1843 ce véritable médecin de son Ordre luxembourgeois de la Couronne de chêne, réparant ainsi un oubli de la part de Guillaume lrr, oubli qui devrait être taxé de coupable indifférence si le monarque avait eu pu voir de ses propres yeux les sacrifices matériels et moraux qui avaient été faits. Nous disons sacrifices et nous appuyons sur ce mot; car si les soins de Pondrom ont pendant toute sa vie été empressés, ils furent aussi constamment désintéressés. Jamais en effet on ne le vit envoyer de comptes aux personnes qu'il présumait être dans la gêne bien qu'il soignât toujours ces dernières aussi exactement que les familles opulentes. Par arrêté du 19 février 1855, Pondrom fut élevé au rang de commandeur de l'Ordre de la Couronne de chêne.

Ses relations avec ses confrères furent toujours franches, ouvertes et sincères : il n'a jamais eu pour ses plus jeunes col-

lègues ainsi que les commençants cette morgue du pédanterie que la médiocrité affiche pour se donner de l'importance.

Les paroles encourageantes pour tous et en toute circonstance ne lui manquaient jamais.

Resté célibataire, il a usé largement en bienfaits matériels en faveur de certains de sa famille qui n'étaient pas favorisés de la fortune , des épargnes que les revenus de sa vaste clieulèle lui permettaient de faire ; et il ne s'amusa jamais à thésauriser pour enrichir ses parents après sa mort; il avait adopté une meilleure méthode : eu donnant pendant sa vie et au fur à mesure qu'il le pouvait, il se ménageait le plaisir de jouir du bonheur qu'il produisait.

Pondrom était horticulteur distingué, par goût autant que par amour pour les Heurs ; et il fut uu des premiers fondateurs de la société des sciences naturelles de Luxembourg dont il devint un des membres les plus zélés , et au sein de laquelle il prononça le discours de clôture de la septième année de l'existence de cette utile association. Son discours a été inséré dans les annales de la société, Tome IV.

Il n'a personnellement rien fait imprimer si ce n'est sa thèse inaugurale dont nous nç connaissons pas le titre ; mes ses beaux succès médicaux feront vivre pendant longtemps sa mémoire dans le Pays.

André Pondrom est mort à Luxembourg, le 24 mai 1859, à l'âge de 72 ans.

Souvenir* contemporain*. — Etat civil de Stctuset et de Luxembourg. — Archive* du gouvernement a Luxembourg. — Annale* de la «ociéle de* science* naturelle* de Laxbrg.

PORTE, Pierre ou Uenri de la, dit de liillbourg , du lieu de sa naissance , est cité pour avoir fondé l'hôpital de cette ville entre les années 1297 et 1300.

Le fondateur affecta à cette institution sa maison située hors de la ville, d'où lui est vraisemblablement venu son nom de la Porte , a Porté. L'hôpital dont il est ici question, possède au-delà de cent hectares de propriétés foncières, une maison avec dépendances et plusieurs capi-

taux considérables; de manière que ses revenus annuels sont estimés à quinze cents écus de Prusse, ou cinq mille six cent vingt-cinq francs. Ces rentes soul utilisées à l'entretien des pauvres, à fournir le traitement des instituteurs primaires, et les livres, etc., aux écoliers indigents, ainsi qu'à d'autres dépenses analogues. Finalement, les bâtiments servent h recevoir les voyageurs indigents et malades.

Reueignement* communiqué*. — Bearaouer, V, 50», lu. — Adreaz-Kalender de* Regierang*-8ri. Trier, 1843, p. lStt.-Br.aTu.*, 19».

PORTZHEIM OU PORTZKNHEISI, Philippe-

Charles ; v. Pi outziieim, Phil.-Ch.

PREZ, Antoine -F lor eut- Albert de , est né à Namur, le 20 avril 1759. Nommé à dix ans cadet dans le régiment wallon d'infanterie du général Smissxrt au service des Provinces-Unies, il fut en 1775 promu au grade d'enseigne du régiment marinier de Douglas, par le Stadhouder Guillaume V; lieutenant en 1781 et capitaine en 1790, il passa trois ans après et avec le même grade , dans les grenadiers.

Après l'invasion de la Hollande , en 1795 , de Prez se retira du service militaire. Le 27 octobre 1808, Napoléon I le nomma juge de paix du canton de Marche, et par arrêté du 28 janvier 1812, juge suppléant au tribunal de première instance en la même ville.

A l'entrée des alliés en 1813 , il fut, au nom des hautes puissances nommé président de la commission provisoire d'administration pour l'arrondissement de Marche , emploi qui fut supprimé à l'organisation des sous-intendances.

De 1820 à 29 , de Prez siégea à la seconde chambre des Étals-généraux du Royaume des Pays-Bas; et le 4 octobre 1825 il avait obtenu la décoration du Lion néerlandais. Après les événements du 1830 il renonça absolument à la vie publique.

Antoine-Florent-Albert de Prez est mort à sa propriété d'Aye , près de Marche , le 23 août 1841.

L'honorable famille Deprez n'avait ja-

mais, parait-il, appartenu à Tordre équestre; et ce ne fut qu'en 1816, lorsque la Chambre héraldique des Pays-Bas eut commission de régulariser , moyennant modique finance bien-entendu , l'état nobiliaire du royaume, que, proOtant de la particule « de » par laquelle son nom roturier commençait, elle s'avisa de demander pour elle aussi un brevet de reconnaissance de noblesse , qui lui fut accordé le 26 avril de cette année, au port d'armes comme suit: Ecartelé. Au premier d'argent, au lion de sable. Aux 2 et 3 échiqueté d'argent et d'azur. Au 4" en* fin : de gueules , à deux lions passants d'or. Heaume grillé d'or, liséré de gueules et sommé d'une couronne de baron. Cimier: un lion naissant de sable. Finalement pour supports: deux lions d'or, armés et lampassés de gueules.

Le mariage d'Antoine -Florent- Albert de Prez avec dame Justine-Eléonore de lieltiosle-de-Hassonvillc, de noblesse assez récente aussi , a pu faire venir l'idée de ce désir de compter dans la caste patricienne.

Renseignements cl titres de famille, communiqués par M. Ntoantnm, Juge de paix à Marche.

PREZ , Evrard de, oncle du précédent, était fils de Hubert Dcprez , échevin de Marche , et d'une dame Lcjœune. II naquit à Marche et embrassa la carrière militaire oii sa bravoure et ses connaissances le firent avancer jusqu'au grade de capitaine du génie , au service d'Autriche. Il fut tué à la bataille de Lisla , le 5 décembre 1757, et mérita d'être regretté par l'empereur. Dans une lettre de condoléance que sou général , le prince Charles de Waldeck a eu l'attention d'écrire à sa mère , le 15 février 1758, il dit en parlant du fils que cette dame venait de perdre : « C'était un officier qui méritait « de vivre ; et qui par son expérience, son « savoir et sa conduite s'était concilié les « suffrages de tout le monde. Je l'ai aimé « et estimé , et je le regrette sincèrement. »

Renseignements et litres de famillr, communiques par M. at Nctaatcus, Juge de paix à MaicÀe.

PROBST, Jean-Baptiste, né à Boulaide , entre les années 1730 et 1735, d'une famille très aisée et très considérée, alla étudier la médecine à l'université de Louvain où il obtint le bonnet de Docteur. De retour dans sa famille , il se fixa d'abord à Boulaide , puis à Luxembourg où il épousa Barbe Arendt , qui lui donna un fils , Jean-François , qui fut à son tour avocat et membre des États-provinciaux, puis enfin agent du Trésor et chevalier de l'ordre du Lion néerlandais.

En définitive, Jean-Baptiste Probst, le père , n'eut pour ainsi dire , pendaut les dix ou douze dernières années de sa vie aucune résidence fixe: le nombre des médecins étant à cette époque très restreint dans le Pays, chaque localité voulait le posséder. C'est pendant une de ces pérégrinations qu'il mourut à Wiltz, le 29 septembre 1795 , lorsqu'il était venu prodiguer les soins de son art aux habitants de cette localité et des environs, décimés par le typhus que leur avaient apporté les troupes qui alors y avaient converti le château princier des Comtes de Wiltz en hôpital militaire.

La grande réputation de science et de philanthropique désintéressement que J.-B. Probst avait su s'acquérir dans le Pays , s'est conservée jusqu'à nos jours dans les Ardennes surtout. Elle s'est traduite dans la rédaction de son acte de décès que nous nous croyons en devoir de transcrire :

«Anno 1795 die 29" mensis 7W" horà un- «decimà nocturna supremis Ecclcsiae sa- «cramenlis in Wiltz obiit Spectabilis et « pereruditus D" Joannes-Baptista Probst, «Medicinœ Doctor expertissimus , sexage- « narius ex Bauscbleydcn oriundus, orna- « ta: Barbara: Arendt Luxemburgcnsis « Conjux. Postridiè in Cœmilerio nostro pa- « rochiali tumulalus. » Signe': « P. Meyer, « pastor in Wiltz. »

Notes commoniqaées. — Etat cWU de VVilU.

PUL, Jean, fils ainé de Henri Pul, serrurier, et de Anne Engels, est né à Grelsch, commune moderne de Septfon-

taincs, pendant la première moitié du dix-huitième siècle.

Comme cela est passe en mode parmi les artisans, sortont à la campagne , Jean Pul apprit d'abord le métier de son père et finit par y exceller en véritable maître. Plus tard il se mit a travailler de l'horlogerie, état dan* lequel il se distingua bientôt au point qu'il fut nommé horloger de la cour successivement auprès de trois archevêques-électeurs de Trêves, dont les deux premiers lui firent, chacun une pension assez considérable. Pul résidait à Coblence où il avait de même le grade de capitaine de la garde de l'électeur; il est mort dans cette ville vers la fin du dernier siècle.

On rapporte qu'il avait été d'intention de rebâtir d'une manière somptueuse l'église de son endroit natal et de la pourvoir d'un ameublement convenable ainsi que de vases sacrés de prix ; mais qu'il avait ensuite renoncé à ce projet à cause de certaines manières inconvenantes du curé de cette époque. Quoiqu'il en soit, il y a encore à Grcisch un soleil d'un beau travail, sur le pied duquel le nom du donateur, Jean Pul se trouve gravé avec le railésime de 1700.

Communication de Mr Bill, propriétaire a Grcitcb. .cl corresp. de la Soc. archcol, du Grand-Duché.

PUT, Jean-Georges , ou Gérard, originaire du Luxembourg belge , a fondé par acte du 10 janvier 1741 , deux bourses d'études qui furent rétablies par arrêté royal belge du 15 décembre 1833.

Expoië de la situation du Luxembourg belge» 1837, 48.

PITZ , Jean, dit d'Adhrthurm, ou <f Igel, est né dans le village de ce dernier nom, vers la fin du seizième siècle. L'auteur du manuscrit des Viri illustres rappelle ce personnage dans les termes suivants:

«Joannes Putz ex Igel seu Aquila Pago « Luxcmburgensi ab Adler-Tnrn proplcr «monumcnlum vetus in hoc romanorum «cjusmodi a Fcrdinando II eliam eu m «nobilitatc cognominatus Ferdinando III

«a consiliis et supremus sacri patrimonii « per omnia régna et provincias hœredita- « rias intendens fundavit in seminario hic « Luxemburgensi suis genlilibus duas bur- « sas 3600 (1. Brabanticorum. »

Cet article nous donne tous les renseignements qui nous restent sur Jean Putz. Elevé par ses propres mérites à la dignité de conseiller d'Etat sous l'empereur Ferdinand II, et anobli par ce prince avec ajoute du nom de son endroit natal a Tur~ raquila, il fut nommé par Ferdinand III intendant-général des domaines de la couronne dans les Pays-Bas héréditaires.

Jean Putz est mort en 1052, sans avoir été marié.

Par acte daté de Vienne, le 6 janvier 1648 il fonda au séminaire de Luxembourg une bourse d'études en faveur des descendants légitimes de sa famille, qui doivent être de la religion catholique et aptes aux études ; le plus apte a la préférence, quelque soit son degré de parenté avec le fondatenr. Le choix d'état est libre.

Le capital de cette bourse, qui était primitivement de 4,277 florins, fut fourni hors d'une créance que Putz avait en Bohême et qu'il n'a pu liquider qu'avec beaucoup de peine et par l'intermédiaire du père Henri Germé (v. son art.). Le revenu de la fondation était dans le principe de 140 florins par an, ou cent florins pour l'entretien du boursier et quarante pour son lit et ses vêlements. Cependant de nos jours, la sage administration de cette libéralité en a fait augmenter le capital au point qu'il a été possible, dès 1848, d'en former deux bourses distinctes, rapportant chacune 125 florins des Pays- Bas, soit un capital pour les deux réunies, de florins 5,000, ou 10,582 francs.

Pour rester dans la vérité historique et afin de compléter l'arbre généalogique de la descendance collatérale du fondateur qui nous occupe ici, nous nous voyons engagé à donner quelques compléments authentiques qui serviront peut-être un jour comme preuves de filiation pour une branche entièrement omise par le compilateur du

Manuel des fondations de bourses d'étude 4° Mario; 5° Jean-Baptiste ; 6° l'rançoisinstitue'es en faveur des Luxembourgeois. Charles (boursier par arrêté du 19 déc. En effet, à la page 153 de son ouvrage, 1833) ; 7° Joseph les Schmilz. Mr J.-P. Koltz abandonne d'une manière Nous avons dit que Malhias Schmilz, tout-à-fait abrupte sa filiation au rameau père, a été déclaré eollatcur des bourses Marie Itohlcs, Kollc ou ltœder, de Keh- Pulz, comme le plus proche parent du racn (Cœuen , Cœmen) , épouse de Pierre fondateur, du chef de sa femme , er un Hoffmann dit Weis , de Gondciange (4e de ses fils bénéficiaires au même titre. En degré) , et dans une note au bas de la même effet, les quartiers aulhontiquement établis page il élève à cet égard des difficultés par lui le placent à la septième desplus que spécieuses qui semblent dénoter cendance et son fils à la huitième, tandis un je ne sais quoi de préveutiou contre que la généalogie prouvée par titres, pules prétentions élevées par les descendants bliée par M' J.-P. Koltz, chef de bureau de ce rameau qui par suite de négligence, au Gouvernement du Grand -Duché et n'avait jamais joui du bienfait de leur pa- membre secrétaire du comité consultatif rent ; et qui , présentant des preuves en pour les affaires des fondations d'instrucrègle, postulaient pour obtenir une des tion publique, descend jusqu'à la neuvième dites bourses de famille au moment même génération qui a déjà postulé pour l'obtenoù Mr J.-P. Koltz rédigeait son manuel, tion de celle faveur. Cependant, par arrêté de Monsieur l'Administrateur général Willmar, en date du . *"T"ot\T' V"'' *!î4 '^"'"".l^Z VW

éi\ j- i ta»* .... j • • illustre», III, V 93». — Paocst , <M. — Namur,

19 décembre 18o3, la justice adminis- DiMertation ,nr Jet b„uric. x et xvn.-Mcmo-

trative a fait droit en décidant: 1° que riai législatif et administratif du nd bûché.

les prétenlions étaient suffisamment jusli- «M», mus. - Note. eounnnniuuéw. - pin.R, 1,

fiées; 2° que même la descendance de ÏÏ;"ÏUL~J~\B?B "'"^ï* 'ï'

»«..,,.,. . , < -loi. — Koitï, Munucl «J f * bourse». t4u a 17U. —

Marie Kohles était en ceo moment la plus Aeto ,uihtnlitl^ produiu p„ lc 8. 8cn>,,„ p00P

proche en parenté, et 3° que, partant, l'obtention de la jouissance des bonne* Puti, eu l«iî3.

son chef actuel, le sieur Mathias Schmilz,

garde-général forestier assistant à Willz, pljTZ» Jean-Guillaume, natif de la mai-

comrae époux de Marguerite Birong, de son dite Kaulcrtz, à Lullange, commune

Grevenmacher était déclaré collateur du de Bœvange au canton de Clervaux, ne

dit stipende en sa qualité de parent le «st connu <Iue Par une ^dation qu'il

plus proche du fondateur. a failc e» faveur de l'instruction publique.

La généalogie intermédiaire établie par |,ar acle du 13 Jauvicr 1741 > Jea°-

pièces authentiques enlre la prénommée Guillaume Putz qui était célibataire, a

Marie Uohles se déduit comme suit : Marie «»«*é un cal)ilal dc lro,s ccnl vlnSt

Roblcs ou ltœder, dc Kehmcn et Pierre a cinquante-six sols, pour les intérêts à

Hoffmann ont procréé Anne-Marie Holf- cn provenir servir à la constitution de

mann, née à Wasserlicsch, le 3 octobre ^M b<>urses d'éu,des en favcur dc »

1757. Mariée le 9 avril 1778 à Marc Iii- parenté, née de la maison dite Kaulertz,

rong de Grevenmacher, elle fut la mère a Lullange.

de Marguerite Birong, née le 10 brumaire Cette constitution, qui semble n'avoir

an XI (Pr novembre 1802) et mariée le pas été régulièrement administrée, possède

21 février 1821 à Mathias Schmilz, du aujourd'hui un capital dc 1745 francs,

même Grevenmacher, aujourd'hui garde- Comme les revenus de cette somme sont

général forestier assistant à Willz. De absolument trop modiques pôur l'cntre-

cette dernière union sont nés à Grcven- tien de deux boursiers, la famille, d'acraacher, sept enfauls: 1° Jean-Pierre; cord avec les collateurs, dont l'un doit 2° Marc (mort célibataire) ; 3° Elisabeth ; être dc la parenté et l'aulrc élranger, ont

impétré le 6 avril 1853 un arrêté par lequel il est statué que ces revenus seront donnés à un boursier unique, se destinant de préférence à l'état ecclésiastiqne, et ce jusqu'à ce que la rente cumulée dépassera 250 francs annuellement. Lorsque ce ré-

sultat sera obtenu, la bourse primitive sera maintenue à ce taux et le surplus pourra être alloué à un second boursier, s'il y a lieu.

Protocoles du notoire Wolff, à Clerraov — Renteigoemenls de famille.

QiTELi.is; v. LE JE UNE , Quirin.

Rahlingen ou Ralingen , Geangoul, de; v. EICHORN, Geangoul, dit de Rahlingen.

Raichspalt, Pierre; v. PIERRE , dit d'Aspelt.

RANCKENDALL, Dominique, ou Rankendahl, de Tbionville, entra dans l'ordre des frères prêcheurs ou dominicains.

Il avait été prieur du couvent de son Ordre à Mayence et pendant quelque temps sous-prieur ainsi que prédicateur de celui de Luxembourg lorsqu'en 1 670 il fut nommé prieur de ce dernier. Ce religieux était très dévoué au culte des autels et a l'honneur de la maison de Dieu. Le temps de son priorat fut dur pour le monastère; mais par sa fermeté et son activité il sut conjurer l'orage qui semblait avoir décidé sa perte. Le comte de Monterey, gouverneur des Provinces belgiques avait projeté d'augmenter les fortifications de Luxembourg de manière à en faire un boulevard inexpugnable contre la France. Il vint en conséquence visiter cette place en 1671 ; et sur les conseils de Louvigny il résolut de ruiner fa demeure des dominicains et leur église, pour élever sur leur emplacement de nouvelles batteries destinées à proléger la ville de ce côté. Les villes

basses du Grund et du Pfaiïenthal étaient de môme destinées à disparaître, et des places à bâtir furent assignées aux habitants qui, pour ce motif, furent pour douze ans déclarés déchargés de toutes contributions. Mais avant qu'on ne commençât à détruire le couvent et l'église, le prieur Ranckcnthal se mit en mouvement pour détourner ce malheur. Il écrivit à Rome , à Vienne et peut-être ailleurs encore, pour intéresser les grands en sa faveur; son appel fut accueilli, et l'Impératrice elle-même expédia au gouverneur-général l'ordre de ménager la demeure des Pères dominicains. Le général de l'Ordre s'employa de même auprès de l'ambassadeur d'Espagne afin d'empêcher Monterey de mettre son plan à exécution. Bref, le couvent subsista, et dut sa conservation aux actives démarches de son prieur.

Dominique Ranckenthal procura encore d'autres bienfaits à sa maison ; ainsi il lit en 1672 faire à Bruxelles un tableau peint à l'huile, pour l'autel de la Vierge dite du Rosaire dans la chapelle de ce nom, laquelle est démolie aujourd'hui, et qui se trouvait placée derrière l'église de St. Michel ; il agrandit également l'orgue de cette église, etc.

11 s'occupa finalement à compulser les chartres, les titres et les docoments conservés aux archives du content des dominicains, et réunit le résultat de ses investigations en un volume qui présente l'Histoire succincte de cette maison. Ce travail, qui renferme beaucoup de détails curieux, porte pour titre : Fasti Fratrwn luxemburgensium Ordiniê Prœdicatorum, in très partes distribué.

"faaea, Catalogne de la Bibliothèque Je Luiemhourg, 831. — NtKHARB, Le* auteur* luïeroboorgcoi», 38. — Publications «le la Société archéologique «le Lniecaboare;, XII, 101 h 106< Gescbiebte «1er S. Micliaelt-Kirche in Lnxembarij, von M. Batatooirr, Vikar U. L. F.

Raoul de Houffalize; v. HOUFFA- LIZE, Raoul de.

RAUS1N ou Raussin , nom latinisé en Rausinus, Etienne, est né à Beauraing, Ilelloramus, village qui faisait autrefois partie du duché de Luxembourg, tandis qu'il ressortit aujourd'hui à l'arrondissement de Dinant, province de Namur.

Rausio fit de bonnes études d'humanités au collège du Porc à Louvain (1598), et passa son examen de Docteur en droit en Allenngne. Après avoir pratiqué pendant plusieurs années comme avocat à Liège, il devint bourgmestre de cette ville à deux reprises 'différentes, en 1627 et en 1634. A cette époque la démocratie n'avait presque plus de frein à Litige ; le peuple se plaignait de plusieurs rescrits et mandements, entr'autres de celui de 1613 sur les élections des magistrats, et «Tune décision du conseil privé du mois de juillet 1628. Raustn, homme qui joignait à une grande popularité do profondes connaissances en droit, surtout dans les anciens droits de la bourgeoisie, fut député par la ville à Vienne pour remontrer ces plaintes h l'empereur Ferdinand II. 11 s'acquitta de sa mission à la satisfaction de ses condtoyens et en publia même une relation intéressante qui nous est restée. Elle est intitulée: Ad Sacrum Çcesaream Majestatem inclyl* cititatis Ltodiensis

deîegatio. Et epitome processus catneralisinter tandem civitatem et serenitsimvm principem episcopum leodiensem- 1629,.

t»-4°. Foppens et Loyens rapportent les faits de celte manière, tandis que Rausin au contraire dit dans son second ouvrage, dont nous parlerons bientôt, qu'il alla à> Vienne sur la demande des métiers, pour demander le pardon de plusieurs notables liégeois condamnés criminellement; qu'il présenta au conseil aulique un mémoire assez long sur l'affaire; qu'à son retour le public torturant le sens de sa relation,, l'interpréta tout-à-fait contre lui; que par suite on l'insulta partout; qu'armé et muni d'instruments discordants de toute espèce, le peuple vint lui prodiguer l'outrage jusque dans sa maison.

Quoiqu'il en soit, il jouissait encore de la faveur populaire en 1634, puisqu'alors il fut de nouveau élu bourgmestre; mais voilà que versis gladiis et mutait* clypeis, disent ses biographes, sans trop expliquer les motifs de ce changement, il prend la plume, se pose en champion de l'absolutisme, en défenseur exagéré des droits du prince, et cherche à renverser tous les principes dont il s'était servi pour défendre les droits du peuple dans sa délégation.

Dans son ouvrage intitulé: Leodium Ecclesiœ Calhedralis site de Dominio, regalibus, mero mixtoque imperio et omni moda jurisdictione episcopo et principi Eburonum competentibus in urbe Leodiensi sacro romano Imperio médiate subjecta libri II, remotis fabulis , erroribus et superstitionibus popularibus; Namur, 1639, il commence par se moquer de ses plebicola largiloqui, interprètes des privilèges des liégeois , gui privilégiis immodicè gloriantur .... qui turgidiores contra principes promptius insolescunt. — U a maintenant en horreur les démocrates, les révolutionnaires qui parlent de privilèges et de droits du peuple. — Ceux qui scrutent les droits du prince, qui refusent obéissance à leur seigneur, monslra sunt in politieo regimine luto lutulentiora.—

Il ne dit pas, le nouveau flatteur du prince, ce qu'il faut faire lorsque le prince méconnaît les vœux du peuple représenté par les États. — Il cherche à prouver qu'en vertu du droit de régale et comme seigneur, tout appartient au prince-évèque , que par conséquent le magistral et les vingt-deux ne possèdent des privilèges et une parlio de la jurisdiefiou que précairement, par usure , par la bonue volonté du prince. Toute aulre doctrine, selon lui, produit raruachie et l'informe chaos des usurpations populaires , fléaux qu'il cherche à extirper, etc., etc.

Le style de Hausin est pur. Jl fait preuve de grandes connaissances en Histoire et en Droit public ; il ne lui manque qu'un jugement froid et impartial. De Mean et Sohct lo citent souvent et ne le réfutent presque jamais.

Etienne Hausin est mort à Liège , le 7 octobre 1G59.

Mohem, Supplément, III, 011.— V.tLtmt A»oa£, Bibliotbeca belgica, 017, *q. — Bsrrz, Mémoire sur l'ancien droit belgiquc, I, Stiil, sqq. — Diwiz, Histoire du I'ays «le Liège, II, 2111, *qqq; et iq. — Biographie générale «les Belge*, 1G0. — IVeîmax*;, les auteurs luxembourgeois, 29.

RAVENGER, llorissait pendant le dixième siècle, et les premières années du onzième. Entré à l'abbaye de St.

Maximin il y avait fait sa profession religieuse et embrassé la règle de St. Rénoit , lorsque le comte Sigefroy de Luxembourg , abbé laïc du monastère de St. Willibrordc à Ecliteruuch , voulant procurer la réforme de cette dernière maison en y réinstallant la discipline primitive, demanda et obtint de l'empereur Otlon I un diplôme daté du 15 mars 971 — nou 974 comme on écrit communément en copiant une erreur de scribe — par lequel l'observance de la discipline béuédicline y était rétablie. Sigefroy invita en conséquence Ravenger, dont sans doute la vertu , la piété et l'instruction lui étaient connues, puisqu'il était avoué du monastère dans lequel ce religieux vivait; il invita, disons-nous, Ravenger à venir à Echter-

nach pour prendre en mains la conduite de l'abbaye de St. Wdlibrorde. Ravenger amena avec lui quarante religieux éprouvés de St. Maximin , et justilia en tout point la confiance qu'on avait placée en lui , faisant refleurir la règle avec tant de succès que son monastère fut peu de temps après appelé l'école de St. Rénoit. Aussi obliut-il pour les siens la concession de plusieurs beaux privilèges nouveaux et la confirmation des anciennes immunités.

Otlon III octroya enfin en 992 à ce monastère le droit de battre monnaie , droit plus honorifique sans doute que lucratif, puisqu'il semble qu'il n'en a jamais été fait usage par l'abbaye. En 997 le comte Sigefroy lui céda la terre de Moudcrcange, etc.

L'abbé Ravenger gouverna l'abbaye d'Echtcrnaeh pendant trente-six aus et mourut le 13 août 1007. De Honlheim, Brower et Rertholet nous ont conservé son epitaphe qui donne le récit des principaux événements de sa vie. Nous la reproduisons ici :

Hac nranAivT fossa RAVINGERI patbis

[ossa ,

Et fiim HoMiNis lege soi.ita cims.

II uno Otto primes traxsmisit César

[OPI.MIS

SlFIUDI MOMTIS EtiBEGII COMITIS.

MlMT ET lit NC TAl.EM , yi'l V1TAM f.OEXO-

[biai.em

Hic iieparare no scfficeret srnuo.

Nam i.oci s iste ïioms not: teîipore kel-

[l.KilOMS

FACTUS EU AT YACCtS , ItEBIS ET EXIGUS. Dl'MQLE Vin IMDUSTUIS TRIBUS ASNIS SEX

[qI'OQI'E LLSTRIS Pb.EI UIT , EXIMIAM H El) 1)1 DU EcCLESIAM. SEPTEMBRE FI.EXDIS ÎCO.NIS DEXISQrE Ka-

[lekdis

ClAUSERAT IPSE IHEM , ISTNC 1IABEATQIE

[REQl'IEM.

A* Horraeia, Uistoria Trerircasis diplomatie*, I. 50M; et Prudroraus llistoriae TrevircutU, II, OUI: IVccrol. S. H.isitnini. — lUaaTisc et Du«ax», Voyage littéraire. II, «83 et «90. - Micntt. Catalogue* des abbé* d'Ecbtemaeb, 11, Sq.-Btarr.is, IU4.-*fo- •«m. Suppléai. III, 60». - BcanotKT. III. I» et

SS« et II, P. J. IX. - Liber aorem, manuaerit «le notre Bibliothèque, 8ô, r°.

RAVILLE, famille de nom et d'armes, très ancienne puisqu'elle florissait dis le dixième siècle ou au moins déjà pendant les premières années du onzième , et qui a produit un assez grand nombre d'illustrations. Raville , qui s'est éteint vers le commencement du dix-huitième siècle , portait: de gueules , à trois elievrons d'argent. Cimier: un paon naissant, d'azur, beequé d'or et crêté au naturel.

Celte famille , qui a été très considérée dans le pays, a possédé les terres et seigneuries de Raville , Ansembourg , Sept-fontaines , Hollenfellz, Kœricli , etc., de même que les charges de Lieutenant- Gouverneur, de Conseiller de courte-robe, de Justicier des nobles , de député de la noblesse, de capitaine-prévôt d'Arlon et de Bastogne , etc. , et depuis l'année 1461 celle de Maréchal de la noblesse du Luxembourg.

Plusieurs de ses membres occupèrent de même de hautes dignités ecclésiastiques.

Nous avons donné ci-haut les armes frauches de Raville. Cependant il parait que lorsqu'elle obtint la terre de Septfontaines cette maison écarlela son écu primitif avec celui de cette seigneurie , prenant : aux 1 et 4 de gueules , à trois chevrons d'argent (Raville primitif) ; aux 2 et 3 de gauches, à la croix ancrée d'argent (Sept-fontaines) , que la branche de Sept-fontaines et d'Ansembourg a conservées.

RAVILLE , Guillaume de , est cité dans le manuscrit des Viri illustres pour avoir, en 932 , assisté au premier tournois de Magdeboarg: «Wilhelmus dominos in « Rolliogen iaterfuit eidem — scilicet Mag- « deburgenti aô 932 — torneamento. »

Nous n'avons aucune particularité ultérieure à noter touchant ce personnage que Fauteur que nous venons de transcrire place parmi les : « Clari bello et amis. »

Viri UUttfc, II, W 194.

RAVILLE, Henri-Hartard de, se qualifiait de Baron de Raville. Il était (ils de Florent de Raville, seigneur d'Ansembourg, et de Anne Marguerite de Larochette , et naquit au vicux-chàtcau d'Ansembourg, le 13 décembre 1633.

Henri-Hartard de Raville se destina au service des autels. Dans cette intention il se rendit en 1655 à Rome au collège germanique où il séjourna pondant trois ans et jusqu'au 11 août 1658 afin d'achever ses études théologiques. Les principes des humanités il doit les avoir reçus au sein de sa famille. Il fut consacré prêtre à Rome même.

Rappelé par l'archevêque Charles-Gaspard von der Lcycn , il retourna aussitôt après son ordination dans l'archevêché de Trêves où il fut d'abord nommé chanoine et prévôt de St. Siméon, et par élection du 23 septembre 1662, chanoine capitula ire de Spire, et écohUrc du même chapitre ainsi que de celui de Bruchsal. Cependant il résigna ces dernières dignités en 1675 pour accepter un canonicat à la cathédrale de Trêves avec les fondions de Chorévêquc du titire de Stc. Agathe à Longuion. Lorsqu'en 1676 Jean -Hugo d'Orsbeck, évêque de Spire réunit l'archevêché de Trêves à celui de Spire, Henri- Hartard fut désigné son vicaire-général in spiritualibus et civilibus pour ce dernier évêché. Le 3 novembre 1688 il fut en outre nommé doyen du chapitre de cette dernière ville et prévôt de celui d'Odenheim à Bruchsal. Enfin, l'archevêque et évêque J.-II. d'Orsbeck étant mort le chapitre de Spire désigna d'une voix unanime, le 26 février 1711, H.-Il. de Raville évêque de celte principauté, le 75* prélat en rang d'ordre dans ce diocèse. Ce choix fut approuvé à Rome par le pape Clément XI, le 26 septembre 1712 et le nouvel évêque consacré le 9 septemblrc 1714.

Sans nous arrêter longtemps aux faits particuliers qui concernent l'administration de la principauté de Spire pendant qu'il en était gouverneur, nous dirons que cette époque, extrêmement orageuse à cause

«des guerres et des ravages des français •qui allèrent jusqu'à en réduire la capitale en cendres, a mis au grand jour les hautes qualités diplomatiques de H.-H. de Raville. D'un autre côté, si depuis son avènement •les Spirois n'ont plus eu à combattre l'ennemi du dehors ils furent continuellement en mésintelligence avec le prélat qui montra en toute occasion sa grande fermeté d'âme , bien que cependant l'histoire ne puisse pas en tout point approuver ni »sa conduite ni les mesures de rigueur qu'il a cru devoir employer aûn d'étouffer les plaintes quelquefois fondées de ses sujets.

L'évôque Prince Henri-IIartard de Raille est décédé le 30 novembre 1719, à l'âge de 86 ans. Il a été inhumé dans sa cathédrale, sous une tombe en marbre noir portant une longue inscription latine qui fait le résumé de sa vie. Comme cette épitaphe, d'abord mutilée par les français pendant la conquête, est entièrement disparue depuis la restauration du dôme en 1821, nous nous faisons un devoir de la copier ici comme document historique :

« Sisle viator et disce , mascula quod « virtus etiam post funera vivat. Ita post « fata sua in hocmonumentovivitœterneque «civet in suorum, quos moriens reliquit « devotorum cordibtu, subditorum amori- « bus, pauperum suspiriis, patria deside- « nu, œternâ dignus memoriâ, Rêver, et «Celsiss. S. R. I. Princeps ac Dominas,

Domikus HENRICUS-HARTARDUS DE

[ROLLINGEN, Episc. Spiren. Pr^ep. Weissexbcrg. et

« Hune mundo dédit 13. deceinbr.

«1633, abslulit 30 nov. 1719, festo S.

«Andréas aposloli,

« quorum inler amplexus crucis, post acerabissimos variorum morborum et mortis «dolores, 17 mensibus forli patientiâ, « constanti in Deum fiducid et resignatione « toleratos , ad aHernam in calo requiem,

«spe pleous obiit.

« Pietalem in Deum et B. Virginem hausit «x eum lacté materno, natura exquisilis ta- « lentxs ad quatvis ardua instruxit studium

«x et applicatio virium efformavit ad sum~ «x mos in utroque foro digniiates, officia tt «legationet habilem.

« In metropolitana Trevirensi fuit Ca- «x nonicus capitularis et Chorepiscopus ; in «x eathedrali Spirensi Scholasticus et Decaanus; in equestri Brucksaliensi Prapoa si tus. Eleetus tandem ad supremam Epis- «copatùs Dignitatem 24. febr. 1711, sic <neâ functus est, ut principalium virtutum « et meritorum gloriâ nulli fuerit secundus. «Habuerunt in illo principes ideam reg- «.nandi, clerus normam vivendi, familia «splendoris augmentum, patria solamen, « subditi parentem, pauperes asylum, boni «omnes uberrimarum laudum et summœ «x admirationis augmentum.

« Verbo : pr inceps fuit omni clogio ctsuperior, in quo nihil desiderari po- « tuit, quam immortalités. Hanc cum mun- « dus dare non posset, coslum dédit.

« In qVo CUM Deo paCe frVItVr œter- «nâ. »

L'évôque H.-H. de Raville avait, dès son départ pour Rome obtenu le personat de Sept-fontaines , fondé par Thomas de ce nom (v. son art.), et il le conserva pendant toute sa vie. En échange il avait orné celte église de vitraux en couleur et loi avait fait cadeau de beaux ornements sacerdotaux.

Pimsit, III, art. Raville. — A» BwiTatia, Diftoria Trevireasia diploMatiea, III, 896, »q.— t. Stmma«a«, MrtroBolis Eccleaic Trevtrfcc, I, SIS.— Vide H.-H. de D* ville; mer. ans arca. Sec. ârcbéol. Lmxhç.

RAVILLE, Pierre -Ernest, fils de Jacques de Raville, seigneur de Septfonl aines , Milbourg , Dagstuhl , Ansembourg et Kœrich, Conseiller de Courte-robe à Luxembourg, et de Marguerite de Bassompierre, sa première femme. Il est né au château d'Ansembourg pendant la seconde moitié du seizième siècle.

Nommé Conseiller de Courte -robe à Luxembourg en 1602, il devint en 1606 Justicier des nobles du Duché de Luxembourg et Comté de Chiny, puis lieutenantgouverneur du Pays. Il était en outre pré-

vôt d'Arlon et maréchal-héréditaire de la noblesse. L'auteur du manuscrit des Viri illustres ajoute à ces titres : qu'il se rendit recommandante par ses ambassades. Nous transcrivons l'article qui le concerne : « 1627 — erreur, il eût fallu écrire 1623 a — Petrus Ernestus a Rollingen Luxem- «burgensis Dominas in Dagstul, Kœrich, « Ansenbourg , Septemfontibus , etc. Ma- « rescballus et Judex Nobilium hujus duce catus ac prœpositus Arlunensis ob totam « Titam in conservatione bujus ducatus et c legationes pro Rege impensam, optime « de patria meritus sed precipue quod « unice promoverit œdificium Templi Colci Iegii Secietal. Jesu. »

Pierre-Ernest de Raville mourut le 14 mars 1623, et fut inbumé dans l'ancienne église de Kœrich, avec l'épitapbe qui suit :

Anno Domini UDCXXIII, die XIV Mardi Obiit et kie jacet Illustris ac admodum Generosus D. PETRUS-ERNESTUS Dinasta in Rollingen, Ansemborgh,

[StBBENBOKN,

Dalbmbroch, Kobrich , Mareschallus hœreditarius ; Marchionatûs

[Arlunensis

Capitaneus ac Prœpoiitus, Regioy Majes-

[tatis Hispaniarum In rébus bellicis ae civilibus a consiliis Ëques Nobilium, ac Justiciarius , Née non Pro-Gubernator in Luxemburgensi

[Ducatu,

Et Comitalu Chiniensi.

Cujos anima in pace reqm'escat aeternâ.

Pierre-Ernest de Raville avait épousé 1° Anne de Pallant, par laquelle il devint grand-père entr'autres de Henri-Hartard, prlnee-évôque de Spire, dont l'article précède; 2° Jeannette de Metteraicb.

IWbt, III. «K, IU ville. — Bcataottr, VI, 138. - Maanscrils Cura. - Viri IHa.tr ., III, K9 800.

Reçut -Berger; v. REICHENSPER- GER, Nicolas-Georges*

RECK ou Recker, eu pemt*étre Retkin-

ger, Pierre, dit de Luxembourg, a obtenu de fauteur du manuscrit des Viri illustres la mention suivante : «1550. Petrus de « Luxemburgo civis hujus urbis filius, ab- «bas Imperialis Monasterii Sti Maximini, Cornes in Vell. »

Ce personnage, paralt-il, a vécu dans des temps extrêmement difficiles et se trouvait constamment en butte vis-à-vis de compétiteurs puissants qui convoitaient sa dignité , et ce à un point tel qu'il s'est vu obligé , pour en Gnir , de payer à chacun d'eux de fortes sommes d'argent afin de les faire désister de leurs prétentions. D'abord cellerier, il fut désigné abbé de son monastère de St. Maximin le 26 février 1556; mais par suite des cabales que nous venons de mentionner , il ne put obtenir sa confirmation par le Souverain-Pontife que le 4 mai 1565, trois ans avant son décès. Les annales de sa maison font cependant son éloge pour les soins constants qu'il a donnés au troupeau confié a sa conduite.

Pierre Reck est mort à l'âge de quarante-huit ans et après vingt-sept ans de profession religieuse, le 1er mai 1568.

Nous donnerons ici sa longue épitaphe, dont une partie peut fort bien avoir été composée par lui-même, pendant un de ces moments où dégoûté de tout par suite des difficultés qui lui étaient sans cesse suscitées, il aura voulu exprimer le néant des gloires terrestres :

Qui 27 annos, qui bus partem in procuration rerum difficillimarum officii CeU lerarice, partim in Abbatialis dignitatis gubernatione huic Nobilissimo et Jmperiali Monasterio S. Maximini laudabiliter prafuit, Corpus hoc sacro loco Misericordis Dei extremum exspectans tribunal, reconditur. Et vixti annis 48.

Et plue bas :

Pracipitei quaso grtssus compesce viator ! Sedula quoi referam mente revolve tua.

PETRUS ego quondam Claustri venera-

[bilis Abbas

Imperialis eram: et cura suprema fuit.

Conservant repiransque simul claustralia

[jura

Semper dum sensu* mensque vigerct adhue. .\unc yelida hic mca membra cubant post

[trislia fata

Jam dudum factits vermibus esca pulris.

Quid modo deliciœ, qitid opes, quid blan-

[da voluplas?

Quid prosunt laudes, quid tnihi fawa lo-

[quax?

Splendida vestilus, quid gloria pompaque

[sœcli ?

Quid populi applausus, IS'obiliumque fa-

[vor ?

Denique quid prodest tnihi jam jactantia

[census ?

Gloria quid mundi fastus et ambitio?

Yere cuncta simul non sunt nisi fumus,

[cl umbra

Mobilis, et vend more repente fluunt.

Quisquis Chrisliadum legis hœc, prcesentia

[sperne,

El tolo poslhac peclore quœre Deum : Sic tibi divitias stabiles verasque parabis, Quas nequeunl rigidœ tollere jura necis. Ardenti vivens quos amplexabar amore, Quos animai rebar dimidium esse meœ, Hoc rogo ne tibi sit grave post hac dicere,

[quorum

Jiusla frequens calcas sarcophagosquc te-

[ris :

L'tDeus œthereas redivivum tollat in arces, Suminis immensa pro pietate sui.

Tu quoque Joannes, Divi modo chareDe-

[caue

Paulini summum sollicitare Deum.

Sanguine frater eras , sis et mihi frôler

[amore,

Fraternamque feras nunc mihi frater opem. Vtque anima athereis societur sedibus ora, Spiritus et sancta pace fruatur Amen.

Ai Horraai», Frodromui Diitoric Trerireaais, II, 1038, tqq.: NimuM, Chroaicoa Sa» Maxiainiant. — Viri illaatrea, 1, li* 41. — Btaraoïar, I, P. t. XIX; et VI. 564,

Reckïxgex, Agrice de; y. AGRECE, dtf de Reckingen.

REDOUTÉ, Antoine-Ferdinand, est né à SaiDt-Hubcrt, le 21 juin 1756. )) était

fils de Charles-Joseph Redouté (v. son art.) et de Margitcrite-Josèpne Chàlon.

Après avoir reçu de son père les premières notions dans la peinture il alla à l'âge de 20 ans à Paris où il exerça avec distinction son art aux décors et s'acquit dans ce genre une grande réputation.

L'ancienne salle du Tribu nat au Palais- Royal, l'Élysée-Bourbon ainsi que le château de Compiègnc témoignent encore aujourd'hui de la perfection à laquelle le talent de ce peintre était parvenu. Il est mort à Paris le 3 novembre 1809, h l'âge de 53 ans.

Le C* dc Bcc-ae-f.ikYnc, Biographie liégeoise, II, 4it3. — Biographie générale des Belges, 169.

REDOUTÉ Charles-Joseph, était fils de Jean-Jacques Redouté, peintre. Il est né le 2* juillet 1715, ù Jamagnc près de Philippeville. Elève de son père, il partit en 1737 pour Paris dans l'intention d'aller se perfectionner à l'académie dite dc St. Luc dans cette ville. Après un séjour de sept ans à Paris, Célestin Dc Jonc, (v. l'art. Jong, Célestin de), natif d'Olne et abbé de St.-Hubert l'engagea à venir décorer son monastère et achever les ouvrages commencés par Nicolas Thicry, de Verdun. Redouté quitta en conséquence Paris, le 16 décembre 1743 et se rendit à St. -Hubert après avoir été visiter sa famille a Dinant; et s'y fixa. Indépendamment des ouvrages qu'il fit pour le monastère de cette dernière ville il travailla aussi pour celui de Slavelot et pour les châteaux des environs. Il exerçait différents gcurcs de peinture : ainsi on a de lui des tableaux d'église, des portraits, des paysages, etc. r

Après une vie laborieuse il mourut à St.-Hubert, le 23 décembre 1776, à l'âge de 61 ans. Le 26 janvier 1750 il avait épousé Margucrite-Josèphc Châlon ,.

de cette ville , laquelle lui donna trois fils et deux filles.

La C<* m Bicat-Liavai, Biographie liégeoise, H,- 485. -Biographie générale dea Belge», 160.

REDOUTÉ Henri-Joseph, troisième flh> de Charles-Joseph Redouté (v. son art.)

et de Margueritc-Josèphe Chàlon, est nu à St. Hubert, le 2ti mai Î760.

Ayant perdu son père dès l'âge de dix ans , et ses frères se trouvant absent* de la maison paternelle , su mère qui voulait lai donner l'état qui était pour ainsi dire héréditaire dans sa famille , ie mit en apprentissage chez un peintre très médiocre, à Bouillon. H y demeura pendant plusieurs années ; mais comme sons un tel guide il ne pouvait faire des progrès, il alla en 178o rejoindre ses deux frères ainés à Paris où il suivit lu genre de Pierre-Joseph (v. son art.), la peinture des Heurs; cependaul il s'adonna également et avec succès à celle d'animaux et de coquillages: les meilleurs ouvrages d'histoire naturelle de son époque ont des planches faites par lui. Nommé peintre du Musée d'histoire naturelle sous la République , il lit partie de l'expédition d'Egypte aux travaux seien- . tifiqocs de laquelle il prit la part la plus active comme la plus honorable , par les nombreux dessins qu'il livra.

Reçu do droit membre de l'Institnt de France à son retour en 1802, Redouté reprit ses fonctions de peintre du Musée d'histoire naturelle ; mais à la chute de Napoléon I il perdit son traitement. De plus, ni l'empereur ni la Restauration n'ont pensé à reconnaître ou ù récompenser son zèle et ses talents ; car , seul de tous ses collèguej do la commission d'Egypte il n'obtint rien , pas même nnc indemnité poor son dévoùmcnt.

Dans la biographie circonstanciée que le comte de Bec-de-Lièvre donne de ce peintre distingué, il est dit qu'il avait formé 16 projet de publier une biographie de ses collègues de l'Institut d'Egypte. Nous ne savons si cet ouvrage qui promettait de devenir très intéressant, a été achevé et publié.

Le C" ar Brc-Bt-Li>;YBt , Biographie liégeoise, II, -400, iqqq. — Dictionnaire dea kommei de lettre*, des miidU et dea a r lu te» de ta Belgique, 104. — Couerratiou-Leiikon, é<liL de 1831.

REDOUTÉ Pierre-Joseph, était frère puîné d'Antoine-Ferdinand (v. ton art.) , conséquemment Dis de Charles-Joseph (v.

son art.) et de Marguerite-Joîèphe Cuâion. Il naquit à St.-IIubcrt , le 10 juillet

Après avoir appris de son père les principes du dessin il n'eut plus d'autres mailres que son géniu et ses propres inspirations. Dès sa plus tendre enfance il montra des disposilions extraordinaires: à six ans il ébauchait déjà de petits tableaux de genre. A treize ans il quitta sa famille pour aller se perfectionner en Flandre et eu Hollande, n'emportant avec lui que sa palette et ses pinceaux. Il demeura un an à Vilvordc où il peignit des dessus-de-porte, des décors d'appartements et des tableaux d'église. Use montra habile dans tous les genres de peinture auxquels il se livra. V l'Age de seize ans 9a réputation dans le pays était déjà assez répandue pour qu'il fut demandé par le peintre André pour l'aider dans ses Iravaux au château de Carlsbourg dans le duché de Bouillon ; mais son père étant sur ces entrefaites tombé dangereusement malade , il revint aussitôt près de lui et acheva ses ouvrages commencés. Son père étant mort en 1776, il reprit son voyage en Flandre pour étudier les maîtres de cette école, et il travailla dans plusieurs villes : à Heylissem enlr'autres , village près de Tirlemont, il fut chargé de peindre de grands tableaux d'église.

De retour à St-. Hubert le général Baron de Bcnder , gouverneur de Luxembourg le manda pour lui faire faire son portrait ; il fit également ceux du docteur Abinet et de plusieurs autres notabilités. La baronne de Tornaco , qui sut apprécier les talents du jeune peintre l'engagea à aller à Paris et lui donna à cet effet des lettres de recommandation; mais Redouté, insouciant comme les grands artistes le sont si souvent , les perdit en route. Après une visite faite à son endroit natal il se rendit a Paris , auprès de son frère ainé qui , depuis 1776 exerçait avec distinction dans cette ville la peinture de décors. Pierre-Joseph se décida à prendre ce genre comme gagne-pain , et travailla pour le théâtre italien. Mais pendant ses

moments de loisir il s'amusait à peindre des fleurs, spécialité vers laquelle son goût de prédilection l'avait porté dès sa jeunesse.

Il avait en 1784, essayé de faire d'après nature quelques branches de fleurs pour un marchand d'estampes qui les avait fait graver pour servir de modèle de dessin. Le botaniste Lheritier les ayant vues par hasard , fut frappé du talent du dessinateur, voulut le connaître et l'engagea à se livrer exclusivement à ce genre; et Redouté n'eut pas de peine à s'y résoudre lorsque Lheritier le chargea d'exécuter les figures de ses ouvrages pour lesquels il fit plos de cinq cents dessins qui opérèrent une espèce de révolution dans l'iconographie botanique. Dès lors la fortune ne cessa de sourire au peintre luxembourgeois qui ne fit plus que marcher de succès en succès. Il accompagna ensuite Lheritier à Londres et dessina une partie des planches du Sertum Anglicum.

Vers la même époque Gérard van Spaèndonck, peintre du cabinet du roi ayant connu et apprécié le talent de notre artiste, le chargea de peindre les vingt dessins de plantes nouvelles qu'en cette qualité il fournissait annuellement et qui devaient entrer dans le recueil des vélins commencé sous Louis XIV.

Redouté, déjà connu par ses belles Aquarelles dont il était l'inventeur, perfectionna ce genre et en fit une benreuse application aux travaux de la collection des vélins du Musée d'histoire naturelle, parce qu'il avait remarqué que la peinture ù la gouache s'écaillait au toucher et au frottement, tandis que sa manière délicate, sa couleur brillante et diaphane permettait de la manier sans altérer aucune partie de ces détails si essentiels à leur conservation et à l'étude de l'histoire naturelle.

Il venait d'être nommé dessinateur du cabinet de Marie-Antoinette lorsque la révolution arriva. En 1792 il le fut de l'académie des sciences; et à la création de l'Institut il devint dessinateur en titre de Ja classe de physique et de mathématiques.

Après le concours institué en 1793 pour le choix des artistes les plus habiles pour continuer la collection des plantes et des animaux peints d'après nature, sur vélin, déposée à la bibliothèque du Musée d'histoire naturelle, Pierre-Joseph Redouté, son frère Henri-Joseph et Maréchal furent nommés.

En 1805 il reçut le brevet de peintre de fleurs de l'impératrice Joséphine. Lorsqu'en 1822, après la mort de Gérard van Spaëndonck la place de professeur administrateur qu'il remplissait au Musée depuis son organisation fut supprimée, le cours d'iconographie avec le traitement de cinq mille francs qui y était attaché fut partagé entre loi et Huet, à charge de donner chacun un cours annuel de trente leçons, avec le titre modeste de maîtres de dessin dn Musée d'histoire naturelle. Redouté, malgré la gravité de l'injure faite à son talent éminent et à ses droits acquis, accepta ce changement dans l'intérêt de l'art.

Outre ses dessins de plantes il a fait un nombre immense de tableaux de fleurs à l'huile et à l'aquarelle, qui furent exposés au salon du Louvre. A l'occasion d'un de ces tableaux Charles X le décora de sa propre main de l'étoile de la légion d'honneur, le 14 janvier 1825.

Au titre de peintre de fleurs de Marie- Antoinette, de Joséphine et de Marie- Louise, Redouté joignit celui de peintre de la reine Marie-Amélie, et eut l'honneur de donner des leçons de son art aux princesses ses filles: Aussi la reconnaissance lui fit-elle dédier à Louise-Marie, la vertueuse Reine des Belges, et à sa sœur, la princesse Marie, son Choix des plut belles fleuri , qui fut publié en

En 1835 le roi Léopold de Belgique l'honora de son Ordre civil; et Veotenat a consacré à sa mémoire un genre de la famille des malvacées qu'il nomma Reàutea.

Pierre-Joseph Rcdonté s'éteignit à Paris le 19 juin 1840, à l'âge de 81 ans, tenant dans sa main nn lis à corolle blanche.

La ville de St. -Hubert est d'intention de placer son buste sur sa principale fontaine publique.

Outre les ouvrages que nous avons cités plus haut, Redouté a exécuté les planches des œuvres suivantes : Flora atlanfica de des Fontaines. — Botanique de J.-J. Rousseau. — Astragaiogia. — Les plantes grasses de de Candollc. — Flora borealis americana. — Histoire des chênes de l'Amérique septentrionale d'André Michaux.

— Histoire des arbres forestiers de l'Amérique du Nord, par A.-F. Michaux, fils. — Les arbres et arbustes de du Hamel. — Histoire naturelle du maïs , de Bonafous.

— Les Liliacées , 486 fig. — Les Roses, 168 Gg. ; texte de Thory. — Choix de 60 roses nouvelles non encore Ggurécs. — Histoire des Champignons; Essai de 4 à 500 figures coloriées. — Flore de Navarre, 120 fig. Texte de Bompland. — Le jardin de la Malmaison ; texte de Ventenat; etc.

C1* de Dcc-»r-LiKV*c, Biographie liégeoise, II > 434, «<i<j, — M. La Gai», Notice «or le» luicmboorgeoi* célèbres, Al, »qq. — Biographie générale dea Belges, 100, aq.— Galerie dea contemporain*, VIII, 80, *q. — Dictionnaire des homme* de lettre*, de* savants et dea artistes de la Belgique, 104, sq. — Biographie non relie dea contemporain*, XVII, sqq- - Coarri-MtW-Lexikon, éJ de 1001.

Regimiercs; v. RENIER.

REICHENSPERGER ou Reichtperger, Nicolas-Georges , est né à Thiooville. L'auteur du manuscrit des Viri illustres doanc sur cet habile diplomate un article assez complet et qui renferme tous les renseignements que nous avons pu recueillir sur lui. Teissier et Bégin l'ont omis dans leurs biographies. Voici cet article : « i 646. cNieolaus Georgius Reicbsperger Theo- «Disvillams S. Ca». Maj" Consiliarius ac « Cancellarius Archiepiscopi Moguntini ex- «terus ad banc erectus dignitatem ob «summam tractendarim rerum diflicilium o dexteritatem uti in Negotio pacis Muns- « teriensis eujus director cum laota laude « et amore omnium Regum ac principum «ut tam singuli ipsimetquam eorum legati o«i ob hoc tam féliciter finitum, catenas

«aurcas et Effigiatas brillas, dederint:

«sed et Hispaniaruni rex insuper ercavit «equitem S" Jacob i raroque cxcmplo « hujus filium. Mortuus est Franco fur li «magno sui post se relicto desiderio anno « 1651. o

Viri illustre*. III, X° 230. — Paoiit. 04. — Piebsct. I, fol. LXXIII, — IIebtdolct, VIII, 104: ce dernier auteur écrit absolument erroném-at /tttht- Berger. — t. Sr*»«»or., Moiclitrom, 30.

Reichi.ing, Bernard;?. BURINGER, Bernard.

IŒICHLIXG , Jean , ou Bcichlingen, est encore un de ces personnages recommandâmes sur lesquels nous n'avons de notions biographiques que le court article que l'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré et que nous transcrivons: « 1655. Joannes Reichlingen natus « ex Martlingen gago ad Suvam Tribunus «legionis germanorum aliquando guber- « nator et Commcndans Franckenthalia* , « Trcviris , Luxemburgi, Musoniique ; de « Consilio Bellico régis. Fuit inter primos «libérantes obsidione gallicâ Tlieonisvil- « lam. »

Il s'agit sans doute ici du siège de l'année 1639 , entrepris par Feuquières.

Viri illoitre*, II, W 107.

Reichspergbr , Nicolas-Georges ; v.

REICHENSPERGER , Nicolas-Georges.

REMACLE , St. , né à Bourges , vers la fin du sixième siècle ou pendant les premières années du suivant, était fils d'Albuce, bomme riche et d'extraction noble. Sa mère se nommait Matrinc.

Comme ses parents étaient très religieux ils voulurent donner à leur fils dès son plus jeune Age , une éducation soignée et toute chrétienne ; et ils le confièrent à St. Sulpice , leur évêque , lequel sut , par ses instructions le pénétrer des vérités éternelles et l'attacher entièrement à la vertu. Plus Remacle avançait dans les études plus il se sentait détacher des liens du monde ainsi que se dégoûter des vanités du siècle. Lorsqu'il fut arrivé à un cer-

tain âge il alla dans le Limousin et embrassa Tétai religieux à Solignac, dans un monastère que St. Eloy venait d'y fonder. Sa régularité, son amour pour la prière et la retraite , ses austérités et ses méditations le firent bientôt briller dans cette retraite au point que le saint fondateur crut devoir le charger de la conduite de ce troupeau. Dès qu'il fut placé à la tète «de sa communauté, Remacle chercha à s'acquitter de sa mission nouvelle avec tout le zèle dont il était capable , et Gt observer avec la plus ponctuelle exactitude les règles et les observances monastiques, de façon que son abbaye devint un modèle entre les autres.

La réputation de sainteté et de science -du jeune abbé ne tarda pas à se répandre au loin et parvint aux oreilles de Sigebert III , roi d'Austrasic, qui voulut le voir. Lorsque Remacle parut à la cour, son maintien , ses manières et sa conversation répondirent entièrement a la haute idée qu'on avait de sa vertu. Aussi le roi eutil pour lui la plus haute estime et l'employa dans ses conseils , surtout lorsqu'il s'agissait de questions qui pouvaient concerner le culte et les maisons religieuses. C'est ainsi qu'il le chargea de la mise à exécution de son projet de la fondation du monastère de Cugnon , entre Bouillon et Chiny (648) , qui fut le premier que le Luxembourg ait possédé.

Remacle, disent ses biographes, répondit parfaitement aux intentions du prince par la régularité et la ponctuelle observance qu'il introduisit dans cette maison. Ou montre encore de nos jours, sur l'emplacement du monastère , l'oratoire de St. Remacle , creusé dans le roc : il avait coutume , dit-on , de s'y retirer pour méditer à loisir sur les choses célestes , et y passait souvent des jours entiers dans les pratiques de la plus austère pénitence.

Cependant comme 11 observa bientôt que ce lieu n'était pas assez solitaire suivant ses désirs , à cause du voisinage de la cour et des fréquentes visites que lui

faisaient les personnes puissantes des environs, il conçut le projet de se retirer ailleurs ; et il vint choisir dans la forêt d'Ardcnne un emplacement plus à l'écart où, plus arraché au commerce des hommes il pût plus librement vaquer au service de Dieu. Ceci se passait en 650 ou 651.

Vers ce temps St. Amand, évéque de Tongres se démit de son éveché pour reprendre son premier emploi de missionnaire apostolique. Le clergé et le peuple du diocèse se réunirent en conséquence à l'efl'et de choisir un nouvel évéque ; et les suffrages unanimes tombèrent sur l'abbé Remacle , dont la grande réputation de vertu était répétée par toutes les bouches. Le roi Sigebert, sollicité de donner sou assentiment à ce choix , s'empressa d'y consentir , et Remacle fut chargé de la conduite de l'église de Tongres.

Notger et Harriger, qui ont écrit la biographie de St. Remacle , le louent surtout pour la reconnaissance qu'il a toujours conservée envers ses premiers maîtres, Saint-Sulpice et Saint-Eloy , ainsi que son désintéressement et son mépris pour les grandeurs du monde. Cette reconnaissance, ajoutent les mêmes auteurs , il la traduisit par la construction de plusieurs chapelles dans son diocèse , et qu'il consacra en leur honneur. Les conseils qu'il donna à St. Trond qui était venu le consulter sur le choix de son état et qu'il engagea a se mettre sous la conduite de Clodulphe , évéque de Metz et de léguer ses grands biens à cette église , non à la sienne , montrent bien son abnégation personnelle pour les richesses. Quant à la troisième qualité qui lui est attribuée , le mépris des dignités humaines, il la manifesta dans tous les actes de sa vie qu'il passa toute entière dans les travaux les plus pénibles, à instruire le peuple , a déraciner le vice et à vivre dans la solitude, loin du commerce des hommes , lui qui par sa naissance , par ses richesses de famille , par sa dignité d'évèque enfin , aurait pu facilement et même sans s'exposer a des reproches , goûter les douceurs de la vis.

Nous avons dit que Si. Remacle fut choisi pour succéder à l'évéque Amand.

.Mais cette haute position ne tarda pas à lui devenir à charge : habitué h vivre dans la solitude et à passer ses jours dans une continuelle contemplation , il ne pouvait se faire au faste qui semble être naturellement attaché au titre d'évéque j aussi ne fut-il pas longtemps sans s'apercevoir que cette dignité ne lui allait pas , malgré son zèle pour l'avancement et la propagation de la foi. Cependant il ne voulut pas non plus retourner à Cugnon, parce que comme nous Pavons déjà dit, ce monastère était trop exposé aux distractions. 11 ne lui resta donc que de choisir un emplacement convenable et d'y ériger une autre retraite plus appropriée à ses désirs de solitude. Il jeta en conséquence les yeux sur une vallée située au milieu de la forêt d'Ardcnne et arrosée de claires fontaines qui y faisaient croître des herbes abondantes. Cependant lorsqu'il alla la visiter, il y trouva plusieurs vestiges d'idohUrie dont il voulut la purifier au moyen du signe de la croix ; mais aussitôt , disent les légendaires , les sources tarirent et auraient rendu cet emplacement inhabitable à cause du manque d'eau potable , par un effet de la vengeance du mauvais génie , si le saint , par un miracle , n'avait pas conjuré la puissance des esprits infernaux. En effet , il fit inciser dans un bloc de rocher qui avait donné issue à la principale de ces fontaines , une croix dans laquelle il fondit du plomb , et aussitôt l'eau reparut plus limpide et plus abondante qu'auparavant : Le saint nomma la vallée : a-malo-mundata , d'où le vocable de Malmédy qu'elle a retenu.

Le monastère que Remacle fit élever au même endroit n'était pas achevé, ou au moins il ne l'était que depuis fort peu de temps lorsque cet évéque s'aperçut qu'il l'avait placé hors de son diocèse. Il ne voulut cependant pas que pour cette circonstance il vint h être anéanti , mais en même temps , comme il désirait résider et mourir sur le territoire de son église il

se mit aussitôt en devoir de faire jeter les fondements d'une autre abbaye , à deux lieues environ à l'occident de la première, en une autre vallée qui servait alors pour ainsi dire de tannière aux bètes fauves , Stabulum, d'où on a fait dans la suite le nom de Stavclot. Lorsque ces deux monastères furent achevés et que le roi d'Auslrasie y eut ajouté des terres en suffisance , un circuit de douze lieues , pour l'entretien des religieux , l'évéque Remacle en bénit les églises vers 6o9 et y plaça des moines qui devaient à toujours tire unis et dirigés par un seul et même abbé , comme s'ils ne formaient qu'une maison unique.

Le saint prélat ayant ainsi atteint l'objet de ses plus ardents désirs résolut de se démettre de l'épiscopat (660) et de s'enfermer à Stavelot pour passer le reste de ses jours dans la contemplation et la prière,, loin du tumulte des affaires et des distractions du siècle, parce que son plus grand désir avait toujours été de vivre inconnu. Mais l'éclat que causa cette retraite, loin de cacher le saint et de le soustraire au public qui le vénérait infiniment, ne servit qu'à le mettre plus en évidence : En effet, plusieurs seigneurs austrasiens, désireux de se mettre sous sa conduite vinrent y prendre l'habit religieux et se sanctifièrent en suivant ses exemples.

Dès qu'il arriva à Stavelot, Remacle fut constitué abbé de ses deux monastères.

Il y vécut encore pendant quinze ans dans la pratique la plus austère de la vie religieuse et mourut au milieu de son troupeau qu'il avait aimé comme ses enfants, le 3 septembre de l'année 673. Un de ses successeurs, St. Godvin, cinquième abbé de Stavelot l'éleva de terre et l'exposa à la vénération publique dans l'église de son monastère, dans une chasse d'argent dorée qui se trouve encore aujourd'hui dans la paroisse de cette ville.

Gnavcitu, Art* SaMtorain Belffii, III, 419, «qq<]. — Bnraour, II. 96 à 104. - Rmmcjum, Le* ûear* de la vie 4e* SaioU, II. 939. — Os Fuie», DietwDMiw hi*t*ri<|ue, lin. R. - Mu no, Die-

tionnaire géographique du Luxembourg, 38. — Foirttos, HUtoria I.eodienwi, I, 87, v^. — Dtwe*. Histoire do Poja de Liège, l> 3 ' F'*,,i• UUtor,a cccleaia: leodieuiis , 100. *<j<i«| — CocaTis, Encyclopédie moderne, XIX, 500. — T»itth£i* , De Viri» illustribns Ord. S. Bencdicti, lib. III, c. XCIX; et lib. IV, c. CXLIX.

REMACLE, dit dArdemu; ne nous est connu que par la mention que D. Calmet fait de lui dans sa Bibliothèque lorraine, de môme que Swerlius dans son Athcnaï Bclgicsc. Nous copions simplement l'article : « Rcruaclc d'Ardennc, natif de F1.0- « ri nés dans le Luxembourg, jurisconsulte « habile, conseiller, secrétaire du Roi d'Es- . « pagne , a composé quelques poésies, «comme Palamèdc et d'autres pièces sa- « crées, et trois livres d epigrammes impri- « mées à Paris, en 1507, iu-4°. »

Nous ferons observer que nous ne connaissons pas de localité luxembourgeoise, ni ancienne ni moderne, ayant nom de Florins. Nous savons bien qu'il existe un Florenne dans la province de Namur, mais qui n'a jamais fait partie du Luxembourg.

D. Calsct, Bibliothèque lorraine.— Xn»»», Lc« auteur» luxent bourgeois, 21, note 8. — Suutios. Atbenae belgicse, 6U4.

REMI , dit de St. -Hubert, parce qu'il était religieux de l'abbaye de ce nom, est mentionné par les biographes pour avoir été célèbre copiste-calligraphe pendant le premier quart du onzième siècle, alors que cet art était encore plongé dans les ténèbres.

Cu •« Btc M-LiiiM. Biographie liégeoise, I, 47. — »i Boiaiilx oi 8oc»ot. Edition du: Cantatorinm «ancti Ilubcrti. §. 12.

Remicii, Albert, C de; v. ALBERT, comte, dit de Remich.

REMSCHREIVER, ou Rcmschriever, Wollbert, est né à Luxembourg. Guillaume de Wiltheim cite ce personnage comme antiquaire et numismate habile. Il semble qu'il florissait pendant le seizième ou au moins pendant les premières années do dixseptième siècle.

Uiunni a Wninai», Aotiouar. DuquUit. bi»tor. Usemb. II. e. G. §. 3.

RE N DEUX, Michel, parait avoir vu le jour à Mclreux. Après avoir obtenu les ordres sacrés il fut nommé curé de ce môme endroit dont il administra la paroisse pendant 52 ans. Le curé Rendeux s'est particulièrement fait remarquer par la fondation d'une bourse d'études à l'université de Louvain et d'un bénéfice ecclésiastique qu'il attacha à l'autel de Notrc- Dame-du-Rosaire dans son église. Il est mort en 1666.

Sou épitaphe, qui subsiste dans la môme église, est gravée sur un marbre noir, incrusté dans le mur et mesurant 0", 88 sur 0°, 70, ayant aux quatre coins des tètes d'ange ailées. Elle porte les mots suivants :

slC pertransIbIt penVtIo gLobïa MVn-

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