‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 36 sur 98 · DEUX · texte numérisé non relu

DEUX

Lequel ayant esté 52 ans cuké a Mel-

[belx,

ET FONDÉ 1.E BÉNÉMCE DE l'aITEL DE

[Notre-Dame du Rosaire,

ET L'NE BOURSE A LotVAIN, TREPASSA LE 21"* DE SEPTEMBRE L'AN

abCDefghlkLMnopqrstVXys.

Ce singulier chronogramme final donne le milésime 1666.

RcnscigucmenU administratif».

RÉNIER dit de Lorraine, Reinerus, peut-être aussi Reginherus, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres l'article que nous allons transcrire : « 808 « — la copie de Trêves marque l'année 89S « — Reiucrus, e comitibus Lotharingie, «Domious in Rodenmacher, Abbas Inipe- « rialis Monasterii Sli. Willibrordi D. Ep- « ternacensis , cui donavit Ecclesias in « Bergh et Rodenbach cum parte patri- « monii. »

Cet article demande nécessairement un commentaire. En effet, et tout d'abord 1» leçon 808 du manuscrit de la bibliothèque de Luxembourg est évidemment fautive parce qu'en cette année il n'y a pas ea d'abbé d'Echternach du nom de

Rénier, attendu qu'Adon, sacré en 798, a vécu jusqu'en 818. Quant à celle de la copie de Trêves, elle se rapporte bien au temps où un Rénier ou Réginar II a été préposé à ce monastère, mais elle ne marque ni Tannée de son intronisation (897), ni celle de son décès, 915 ou 916. Il faut donc admettre qu'elle a été placée là pour indiquer la date d'une des donations faites par cet abbé.

•D'un autre côté, le même article avance que ce personnage aurait été seigneur de Rodemacher, tandis que les plus anciens documents historiques connus touchant les seigneurs de ce nom ne remontent qu'à Tannée 1191 : il se peut cependant que l'assertion soit vraie en ce sens que Rénier aurait possédé des terres patrimoniales à Rodemacher , avec le droit de collation de l'église qui a bien certainement existé à celle époque reculée, puisque dans une charlrc, plus jeune de sept ans seulement, il en est fait positivement mention : « Caria « Reginarii Ducis : In Moselgowe Rotin- « bach , ao 905. » Cet acte porte même le nom du personnage qui nous occupe; nous n'en connaissons pas le texte.

L'abbé Rertels qui rapporte les mêmes gestes à ce personnage, ajoute qu'il a gouverné l'abbaye d'Echtcrnach pendant dixneuf ans, et qu'outre Berg et Rodemacher il lui a donné Waderlo : Faut-il traduire par Waterloo? nous ne le pensons pas.

Al. Michel marque encore que sous cet abbé le monastère a acquis, vers 901, le village d'Eltelbruck, iletlilbruck , par échange fait avec Bruotbert et son épouse Cunégondc.

Bnmi, 103.- BcaraotcT, II, P. J. IX.-Viri illuttrea, I, N° 19. — Mica tt. Catalogue des abbéi d'Echteraach, 10.— Ntto. Hittoire de Rodemacher ; roanuterit. — Ntvca, édition du Lnxembnrguin ro- •»»», ÏAUx. A* iTllfA.m.83 -Liber aurcua, 83, i»; nucr. de notre biblioth.

REULANDT, Hubert, est né à St. Vilh, pendant la seconde moitié du seizième siècle. Il apprit l'art de l'imprimerie à Anvers et à Cologne , et vint établir un atelier typographique à Luxembourg après

en avoir obtenu le privilège des archiducs, sous la date du 18 juillet 1618. Le 26 janvier 1619 i) prêta le serment prescrit et continua à travailler daus celte ville jusque vers l'année 1641 où il transporta ses presses à Trêves, parce que parait-il, le gouvernement n'exécutait pas à sou égard l'exemption de guet cl garde, logement de soldat et toutes autres charges communes , ainsi que le portent ses lettres-patentes de privilège. Depuis cette époque Hubert Reulandt n'appartient plus à la Biographie du Pays. Nous devons observer que les nombreuses éditions que cet imprimeur a livrées au public sont généralement correctes, exécutées sur de bon papier avec des caractères nets et de bonne encre.

Hubert Reulandt qui a succédé à Ma- Ihias Birlhon (v. sou art.) comme imprimeur à Luxembourg, doit être mort à Trêves, en 1661 ou les commencements de 1662, puisque les impressions de l'imprimerie Reulandt de cette dernière année portent le nom de Christophe-Guillaume Reulandt, son fds.

AVcaTB-PavcBT, Diaaerlation *ur la typographie h Luxembourg; dans: Publications de la Société archéologique du Grand-Duché, II, 48, iq<j.

RELTER, quelquefois Reulter, Jean, est né en 1680, à Scbimpach, village de neuf maisons dans la commune moderne d'Ober-Wampach. A l'age de 26 ans il entra dans la Compagnie de Jésus , se fit recevoir docteur en Théologie et enseigua d'ubord les humanités ainsi que la philosophie. Il donna plus tard et pendant huit ans le cours de théologie morale à l'université de Trêves où il mourut en 1762, à l'âge de 82 ans, qu'il avait partagés entre la prière , l'étude et les œuvres de charité. Nous avons de Jean Reuter trois ouvrages qui ont été plusieurs fois réimprimés. Ce sont: 4°. Theologia raoralis quadripartite, incipientibus accommodata ; 4 vol. in-8° ; Cologne, 1750. — 5». Neo- Confessarius practicè instructus, seu methodus ritè obeundi monus Confessant; vol. in-8"; Cologne, 1750: Ce line a

élé traduit en plusieurs langues. — 3\ Casus conscientiœ ex TheologiA morali et Methodo munus confessarii ritè obeundi; in-8". Cologne, 1753.

De FtXLBa, Dictionnaire historique, litt. R. — Les hommes illustres des Pays-Bas, II, 147. — Nevea, Histoire de la commune d'Oberwampach; dans: Pu* blicat. de la société archéol. de Luxembourg, VI, ItfO. — Cime*, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, SOI, 506. — Nabo» , Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 1" suppléa» , 154.- Nkcsurm, Les auteurs luxembourgeois, 40.

REUTER, Joseph-Antoine, est ne à Luxembourg, le 3 pluviôse an X ^janvier 1802), fils de Nicolas Reuter, propriétaire et marchand-tanneur, et d'Elisabeth Millenbach. Après avoir terminé avec une rare distinction ses études à l'université de Liège il soutint en 1824 nue thèse inaugurale bien écrite et intitulée: De substitutionibus, et obtint le grade de docteur en droits romain et moderne.

Reuter avait alors vingt-deux ans.

De retour dans sa ville natale il se lit inscrire sur le tableau des avocats attachés au Tribunal de Luxembourg; et deux ans après il reçut sa nomination de substitut du Procureur du Roi près le tribunal de Saint-Hubert, fonctions délicates dont le rendaient digne à tous égards son profond savoir, mais surtout sa rare probité. Après dix-huit mois d'exercice, le 25 août 1827, il fut appelé à siéger en qualité de Juge au même tribunal.

La révolution belge éclata sur ces entrefaites, et Reuter en adopta les principes; car dès le 16 octobre 1830, le gouvernement provisoire de Bruxelles le nomma président du tribunal d'arrondissement de Diekirch, fonctions éminentes dans lesquelles il ne put manquer d'être confirmé le 4 octobre 1832, lors de l'organisation définitive de l'ordre judiciaire en Belgique.

La reprise de possession du Luxembourg germanique par la Maison d'Orange, en juin 1839, le trouva remplissant cette dignité.

Peu de temps après, le 19 février 1840, à l'organisation nouvelle du service judiciaire, la grande réputation qu'il s'était

acquise le fit nommer président du tribunal de Luxembourg; et déjà le 8 juin 1841 il fut appelé à siéger au rang des conseillers à la cour supérieure de justice et de cassation. Mais il n'eut pas le bonheur de remplir pendant longtemps cette éminente magistrature : une maladie organique qui minait depuis plusieurs années sa constitution l'enleva à son pays le 13 avril 1844, à l'âge de quarante-un ans.

Comme jurisconsulte Reuter doit être rangé parmi les luxembourgeois les plus éminents: les jugements qu'il a rédigés, et ils sont en très grand nombre , sont en effet de véritables monuments de logique pour l'argumentation et de sagesse pour le dispositif. Comme magistrat il ajoute à ces titres incontestables à la recommandation de tous celui de sa rare équité, de sa dignité à conduire les débats et ses efforts constanls à faire avancer et à terminer les procès qui souvent sont traînés en longueur par pure nonchalence, afin d'augmenter les frais: car de remises de cause il n'en accordait aucune qui ne fût légitimée par les plus puissants motifs ; et c'est par cette inflexible sévérité qu'il était parvenu à faire disparaître un immense arriéré qu'il avait trouvé à son arrivée à Diekirch , ainsi qu'à empêcher qu'un état de choses semblable ne se formât près du jeune tribunal réorganisé de Luxembourg, qui avait eu le temps de vider son ancien rôle pendant le statu quo politique auquel les événements de 1830 à 1839 l'avaient condamné. La conduite pleine de dignité et de fermeté du Président Reuter est dès lors à proposer pour modèle à ses successeurs dans tous les pays qui ont des tribunaux et des plaideurs.

Reuter n'a publié , que nous sachions, que sa thèse inaugurale dont nous avons donné le titre, et qui se trouve reproduite, croyons-nous, dans les Annales de l'ancienne université de Liège.

SouTcairs contemporains. — Nota com mimique*».— Etat ciTil de la ville de Luxembourg. — Annuaire le l'Université de Liège, 1830, page «6 Nam», Calai. Bibl. Luxbg., 839.

Rbctbr, Nicolas le ou de ; v. RUYSTRE, Nicolas le on de.

REYNARD, Antoine, né à Junglinster, le 1" janvier 1808, capitaine-adjudant de place de 2* classe, décoré de la médaille de Java, décédé à Arlon le 21 août

Le capitaine Reynard débuta dans l'armée des Pays-Bas comme soldat à la 12* division d'infanterie, le 12 juin 1826. Il fit partie de la division expéditionnaire pour les Indes-Orientales, le 30 novembre 1826 et devint sous-officier.

Après avoir fait les campagnes de 1827, 1828 et 1829 aux Indes il revint en Europe le 28 avril 1830. Il entra dans l'armée belge pour continuation de service, le 5 novembre suivant et fut nommé souslieutenant au régiment d'élite, le 31 mai 1834. Mis en non activité pour infirmités, il fut placé à la section de réserve le 5 avril 1846 et nommé adjudant de place de 3* classe, le 3 janvier 1847. Promu au grade de lieutenant-adjudant de place de 2' classe, le 24 juin 1853, Reynard obtint le brevet de capitaine le 23 juillet

Le c*piUiac m Huai, Nécroloje des ofikciew de l'arabe belge.

RICHARD, Jean, ne noua est connu que par les quelques mots que l'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacrés et que nous transcrivons: «1312.

<« Joaones Riebardus Luxembnrgensis Epis- «copus Ratisboncnsis S. R. I. Princeps.»

Vlri Ulutre*. I, II* 16.

RICHARD, Jean-Henri-Mickel, fils de Théodore Richard, de Clervaux, et de Marguerite Servais, de WilU, est oé au dit Clervaux, le 4 septembre 1750.

Théodore Richard, père de Jean-Henri- Michel auquel cet article est consacré, doit recevoir ici une mention particulière pour avoir introduit l'importante industrie de U tannerie de cuir fort à Clervaux (vers 1 74 1) comme son beau-père, Richard Servais et Michel Servais son fils, l'avaient

importée à Wiltz vers 1710. Ce dernier avait été apprendre cet état a Stavelot, tandis que son beau-frère en obtint les notions nécessaires à Wiltz, chez Michel Servais et Pierre Tbilges, son associé.

Théodore Richard , dont il vient d'être question , avait un frère nommé Gilles ou Egide, qui se fit Jésuite. Il fut le dernier provincial de son ordre pour la Belgique. Après la suppression de sa compagnie il revint mourir dans sa famille à Clervaux, et fut inhumé à Munshausen , qui formait alors la paroisse. On dit que jamais il n'a voulu révéler aucun des secrets des Jésuites (textuel communiqué).

Jean-Henri-Michel Richard fit ses humanités au collège des Jésuites à Luxembourg. De là il alla suivre les cours de droit à l'université de Louvain où il obtint le grade de Docteur utriusque juris le 17 août 1775. Il prêta le 2 octobre suivant le serment d'avocat devant le conseil provincial de Luxembourg où nous le voyons encore en 1786 figurer sur le tableau du barreau.

Nommé plus tard capitaine et prévôt de St. Mard et Virton, il remplit ces dernières fonctions jusqu'à leur suppression après la conquête du pays par l'armée française, qui, parait-il, se saisit de lui et le traîna dans les prisons de Mont-médy, sous le prétexte sans doute de son attachement à la Maison d'Autriche.

Relâché après le retour de Tordre, J.- H.-M. Richard se retira à La Trapperie, près de Habaye-la-vieille, au sein de la famille d'Anethan qui était de ses amis, où il passa le reste de ses jours et mourut célibataire en 1814, à l'Age de 64 ans.

Le 16 janvier 1812 J.-H.-M. Richard fit son testament par lequel entr'autres legs faits à sa famille , il fait don d'une somme de 2000 francs à distribuer aux pauvrea dea deux villages de Habay, dans la proposition de deux tiers à ceux de Habay-la-vieiUe et le troisième à ceux de Habay-la-ueuve.

Dans un second testament on CodicHe, en date du 23 février de la même année 1812, il dit: «La providence ayant ac-

«cordé à tous mes neveux et nièces une « existence honnête et aisée, ils ne pour- «ront qu'applaudir à la résolution que «j'ai prise de donner une bonne part de « la pelile fortune que je tiens de la môme «providence aux pauvres de Clervaux «d'où elle me provient et de faire telle «autre institution chrétienne qui pourrait « conduire les hommes à une plus parfaite «connaissance de Dieu. En conséquence «je mets à la disposition de mon frère » — Jean-Gilles Richard , de Clervaux, époux de Anne-Marie Faber, de Hosiugen — « les fonds ci-après désignés à charge de « faire dire par le vicaire du même lieu, « tous les mois une messe pour le salut « de mon âme, celle de mes père et mère, «parents et amis, et pour que Dieu ac- « corde aux vivants de ma famille une « prospérité compatible avec la félicité de «Fautre vie; il dira aussi une treizième «messe le jour de mon anniversaire. Je « désirerais encore que le même vicaire «fût un homme assez iustruit à pouvoir «faire les dimanches qu'il n'aurait pas «d'empêchement, une courte instruction « sur les merveilles de la création sans né- « gliger celle sur le catéchisme et l'évangile « du jour ; persuadé qu'une connaissance «plus étendue de ces merveilles excitera «à la fois dans ses auditeurs l'admiration «et l'amour du créateur, par suite celui « du prochain ; de ces deux points dépend « tonte la loi et la paix dans le ménage «et la bonne intelligence entre tous les « habitants du même endroit. Pour donner «d'autant plus de facilité au vicaire de «remplir ce double but mes héritiers lui «procureront le Traité par Sturm tur les «œuvres de Dieu dans le régne de la «nature pour chaque jour de Vannée, « dont il pourra lire quelques chapitres, si «ainsi monsieur le curé le trouve conve- «nir; en outre on achètera deux antres «traités sur l'évangile , je joindrai une «note indicative des auteurs auxquels il « faudra donner la préférence , l'un restera « pour toujours attaché à la maison curiale « et l'autre à celle du vicaire ; on donnera

«au curé un exemplaire du traité par « Fluven, qui aura la môme destination. « Si cette institution ne pouvait pas être « remplie convenablement , il sera libre à « mes neveux ou leurs descendants en ligne « directe, établis à Clervaux de la convertir « en toute autre institution chrétienne qui « paraîtrait plus méritoire pour moi et plus «utile aux habitants de celle commune, «avec celle restriction cependant qu'on ne «pourra employer tout au plus que la « moitié du legs à l'une ou l'autre inslitu- « tion, car les pauvres ont aussi des droits « à ma succession : la vue d'un malheureux « a souvent été pour moi un reproche « muet de la différence qu'il y avait entre «lui et moi. Qu'a-t-il fait pour être dans « la misère ? qu'ai-je fait pour être dans « l'aisance ? Emu de cette observation, «je donne aux pauvres de mon endroit « natal le produit du surplus de la somme « léguée, et en attendant que l'institution « projetée ait son accomplissement , le «revenu de la totalité leur sera distribué; « mais pour que cette distribution se fasse «avec justice et sans interruption, tous «mes neveux et nièces ou leurs descen- «dants en ligne directe s'assembleront «tous les ans au mois de septembre à « Clervaux et conviendront de l'usage qu'il ('faudra faire de la somme qui n'aurait « pas eu une destination fixe ; ils dresse- «ront une liste contenant les noms des «pauvres qu'il faudra soulager, et de « quelle manière, soit en espèces, denrées « ou habillement* ; le même jour on leur « produira celle de l'année précédente por- «tant déclaration signée qu'on y a satis- « fait. La formation de cette liste ne pourra « se faire qu'à l'intervention du curé, qui «par état va trouver la misère dans son « réduit et connatt les indigents qui sont « le plus recommandables par lenr bonne « conduite.

« Pour pourvoir aux frais de ces diffé- « rentes dispositions , j'assigne d'abord le « rendage de cinquante écus ancien cours « de Luxembourg, de la ferme de Merle, « dite Burgundischer Hof, que j'ai achetée

«de Monsieur de Maréchal; en outre « donne mille francs qui seront places en «biens-fonds on constitution de rente chez «des propriétaires aisés qui fourniront «bonne hypothèque. En attendant que «ces argents soient placés, les intérêt» « des billets de change que j'ai sur diffé- «rents particuliers concourront au profit « des pauvres jusqu'à concurrence de douze « mille francs. Lorsque mes neveux de « Clervaux et leurs descendants, qui seront « établis au même lieu, et que je nomme « exécuteurs testamentaires des présentes, « pourront placer ces argents avantageuse- « ment , ils stipuleront en cette qualité, « que les intérêts en seront payés en leurs « mains pour être employés à l'accomplis- « sèment de mes volontés dernières, con- « signées dans le testament de ce jour. «Observant que ni ces fonds, ni la dite « ferme ne pourront dans aucun temps « être envisagés que comme une propriété « de ma famille qui tomberont en partage «au moment qu'on voudra leur donner « une destination contraire à celte disposi- « tion , car je veux que le bien se fasse «selon ma volonté ou qu'il ne s'en fasse «pas de ma part. Mais pour prévenir ce « partage, s'il est possible, je déclare que si «aucune des premières institutions pieuses «ne pouvait avoir lien, toute la somme «ainsi que la ferme deviendra le patri- « moine des pauvres, dont le produit «annuel sera distribué de la manière «prescrite, car il y aura toujours des « pauvres à Clervaux et rien ne peut em- « pécher de faire des aumônes.

« Je n'exige pas qu'on

«donne à mes institutions une sanction «légale; il sera libre aux exécuteurs tes- « tamentaires de ne la demander que pour « une partie ou pour rien du tout, cela « dépendra de l'espèce d'institution pieuse « qu'on adoptera et des circonstances dans « lesquelles on se trouvera. Dans tous les « cas j'ai la flatteuse espérance que le pa- « trimoine des pauvres aura une garantie « inviolable dans la probité de mes neveux «de Clervaux, soutenue par une surveuV

«lance scrupuleuse des autres et de leurs « descendants, et dans le zèle apostolique « d'un curé temporaire du même lieu, qui < « ne souffrira pas qu'on porte la moindre «atteinte à ce patrimoine; l'autorisant « par les présentes de faire en ce cas ses « réclamations même judiciaires, là où il . «appartiendra; à cet effet mes héritiers « feront faire deux copies de mon testa- « ment, dont une sera remise au dit Curé « et l'autre translatée en langue allemande « au vicaire de la même commune. Cette « dernière contribuera à perpétuer le sou- « venir de mes bonnes intentions en faveur « des pauvres et des obligations de mes «héritiers envers eux. Le curé de Clcr- «vaux ne pourra cependant pas faire <> usage de l'autorisation que je viens de « lui donner que pour s'opposer au par- « tage de la part des fonds légués aux « pauvres, tant et si longtemps qu'une force « majeure ne cherche pas d'en changer la « destination ou le mode de la distribu- « tion »

Note* — Itenaeignettent* fournit. — ArcaWra du Psl:iit , k Laieubonrg. — Protocole do notaire F. J. V*i»BMr», en l'ctode dn notaire Diaua-HoiLcarciTS . i Dielurc».

RICHARDOT, Pierre, fils de Jean Richardot, président du Conseil privé, à Bruxelles, est né vers Tannée 1575. A l'âge de sept ans ses parents le mirent à l'abbaye de St. Vaast à Arras, et il y demeura jusqu'en 1607 où les archiducs le nommèrent 61" abbé de St. Willibrorde à Ecbternach , pour succéder à Jean Bertels (v. son art.).

Pierre Richardot qui avait déjà précédemment rempli avec distinction plusieurs dignités monacales, était monté par degrés au latte des honneurs. Il reçut la consécration abbatiale des mains de l'évêque d'Azot, suffragant de Trêves.

Dès qu'il eut pris possession de son abbaye il mit tous ses soins à éteindre les dettes que son prédécesseur avait été obligé de contracter pour payer sa rançon et celle de son monastère, menacé de pillage et d'incendie par une troupe bollan-

daise qui était venue par uoe nuit obscure faire irruption à Echteroacb et emmener Je pauvre abbé Bertels avec plusieurs religieux prisonniers à Nimèguc. Il chercha ensuite à augmenter le nombre des moines afin que la discipline et la piété ne vinssent pas à s'attiédir si les offices n'étaient célébrés que par quelques-uns.

Il donnait lui-même l'exemple par sa frugalité et son assiduité à tous les exercices monastiques ; du reste, stricte et sévère envers les négligents, il était doux et attable à l'égard des autres.

D'un autre côté , comme les bâtiments de l'abbaye demandaient de grandes restaurations, il s'y appliqua avec ardeur et une si sage économie qu'on aurait pu croire qu'il puisait dans un trésor sans On, tandis qu'à son entrée en fonctions il n'avait trouvé qu'une caisse vide : l'église , les cellules, l'infirmerie et en général toutes les dépendances du monastère furent par ses soins remis en bon état.

L'abbé Richardot qui a vécu à une époque de troubles et d'inquiétudes, fut plusieurs fois employé dans des négocialions importantes, tant pour sa propre maison que pour l'Etat; et dans toutes il s'est conduit en diplomate babile et prudent. Ses travaux et ses soucis continuels minèrent peu à peu sa' santé ; une ophtalmie intense à laquelle se joignirent bientôt de graves accès de goutte, finirent par le rendre tout à fait impotent, à tel point qu'il fut obligé de se faire d'abord conduire, ensuite même porter au chœur pour assister aux heures canonicales , car il ne voulait jamais, môme lorsqu'il était tourmenté par les plus atroces douleurs, consentir à s'en absenter.

Richardot, dit Bertholet, se rendit en outre recommandable en ce qu'il a enrichi la bibliothèque de son abbaye de beaucoup de livres destinés à l'instruction et à l'édification des religieux.

Il est mort le 14 février 1628, à l'âge de 53 ans et après une prélature de 21. Il fut inhumé près du maître-autel, et on lui plaça l'épitaphe suivante, en forme de chronogramme :

bIs septeM profert febrVarIVs jethkra

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