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Lorsqu'en 1823 on ouvrit son tombeau on trouva son corps encore en assez bon état de conservation. Sa longue étole en soie, ses sandales et sa barbe ont été conservées: elles se trouvent aujourd'hui déposées au presbytère d'Echternach.
Pierre Richardot avait un frère aîné, nommé Jean, qui fut d'abord évéque d'Arras, ensuite archevêque de Cambray et membre du Conseil privé. Ce dernier mourut le 28 février 1614, dans un âge peu avancé, auteur de commentaires sur quelques épitres de St. Paul, dont le manuscrit est conservé à la Bibliothèque de Luxembourg, sub n° 136, et avec la date de 1612. Deux petits volumes in folio, sur papier.
BtimuT, II, P. J. XI. — ». Stbamibs, Métro polit Eeclesue TrevereMM, I, 338, »<]. — Biographie Mi»er»ellc, XXXVII, 370, «i. - Cuin, Catalogue de la Bibliothèque de LuibrB., 964 et S77.-Not*i de SU. l'abbé E.«ik.
RITTER, Jean-Henri, fils de Louis Ritler , échevin de la haute justice et maître de poste à Sarbourg , et de Anne- Marie Krischel , est né au dit Sarbourg, le 14 septembre 1754.
Dans les anciens documents que nous avons sous les yeux , la famille Rilter porte la qualification de pranobilis et jouit d'un écusson équestre dont les émaux nous sont restés inconnus : il porte un chevron de ... . accompagné de 3 étoiles à
6 raies de , deux en chef et une en
pointe. Cette famille originaire d'Ulm, s'est déjà pendant la seconde moitié du seizième siècle , habituée à Sarbourg : Le 30 août 1590, Erhard Ritter, se disant de et à Kaltenbrun, conseiller aulique du priucc de Tyro! et son trésorier , testa en faveur de sa famille , lui léguant des sommes très considérables sur les salines de Sahbourg; mais il paraît que ces libéralités n'ont pas pu être touchées par les légataires.
Jean-Henri Ritter Gt ses études huma-
nitaires au collège des Jésuites à Trêves. Il prit ensuite service dans les armées de France, sous Louis XV; mais voyant après quatre ans que dans la carrière militaire il ne trouverait pas l'occasion de faire son chemin , il quitta les drapeaux et vint dans le Luxembourg où il se voua au notariat auquel il fut admis en 1781, avec résidence à Grevenmachcr. Outre les fonctions de notaire il occupa encore, de 1782 à 1795 , celles de procureur et de grenier près de plusieurs justices seigneuriales des environs , comme du reste c'était l'usage à cette époque.
A l'entrée des Français dans le Pays, il fut nommé Juge de paix de son canton , sous la date du 5 fructidor an III (22 août 1795) , signé Willmar , substitut agent national à Luxembourg. Cette magistrature ayant dans la suite été déclarée incompatible avec les fonctions de notaire, J.-H. Ritlcr opta pour ces dernières, et prêta le 13 vendémiaire an XIII (5 octobre 1804) le nouveau serment prescrit pour les notaires , après avoir , par décret impérial du 22 fructidor précédent (le 9 septembre 1804), été confirmé dans cette charge.
Le 17 janvier 1807, le préfet Lacoste le nomma aux fonctions de maire de la commune de Grevenmacher , en remplacement du sieur de Thierry , décédé , et pour le temps que celui-ci aurait encore eu à courir. Cependant, le 12 décembre de la même année , époque du renouvellement quinquennal des magistrats municipaux , il obtint un nouveau brevet , de même qu'en 1813.
J.-H. Ritter présida plusieurs fois sous l'Empire le collège électoral de son canton.
La mairie , à cette époque , présentait des difficultés multipliées à cause du passage continuel des troupes et des malheurs du temps. Et c'est dans l'accomplissement de ces fonctions que J.-H.
Ritter s'est rendu, on ne peut plus, recommandable par son dévouement civique envers ses concitoyens , comme les faits que nous rapporterons le démontreront.
En 1812 Ritter a inauguré dans sa commune le monument dit du Roi de Rome , qui subsiste encore dans un état parfait d'entretien : C'était l'époque de la plus grande prospérité et de l'apogée de la puissance du premier Empire français. Mais bientôt après arrivèrent les sinistres de la campagne dt Russie , puis la fatale bataille de Leipsic et la retraite de l'armée en France.
Vers la fin de 1813 l'évacuation des malades et des blessés arrivant des bords du Rhin par la Moselle présentait à Grevenmacher le spectacle le plus navrant:
Les malheureux abordaient ordinairement vers le soir, entassés dans des bateaux pestiférés , dénués de tout et accompagnés tout au plus de quelques infirmiers qui , au lieu de les soigner les dévalisaient très souvent s'il leur restait quelque chose. Il fallait les débarquer , leur procurer un gîte, les nourrir , les panser. Dans ces déplorables circonstances , dont la mémoire est restée fraîche encore à Grevenmacher après un demi-siècle , les habitants , leur maire en tête , firent des prodiges de dévouement et d'abnégation , car l'autorité supérieure n'avait pris aucune mesure , abandonnant le tout aux soins des autorités locales du passage.
D'un autre côté , la mortalité parmi les malades et les blessés était, devenue si grande que le cimetière ordinaire ne suffit bientôt plus pour les enterrements:
Il fallut en créer un second pour les militaires qui succombaient tous les jours en grand nombre ; et la contagion dyssentérique fit de tels ravages que l'on renonça même à sonner le glas funèbre.
Les villageois ne se rendaient plus à Grevenmacher ; les marchés n'étaient plus approvisionnés ; aucun logement militaire , malgré les grands passages de troupes , n'était assigné , etc. , etc. : c'était une époque terrible, disent les témoins contemporains. Mais ce ne fut point là tout encore : des militaires l'épidémie passa aux habitants et devint bientôt tellement générale dans la localité que en moins de
trois mois de temps l'était civil a eu à enregistrer plus de trois cents actes de décès sur une population de 1900 Ames que le dénombrement de [l'année précédente y avait notées!
Cependant le maire J.-H. Ritter ne laissa pas un instant refroidir son dévouement humanitaire et civique ; nuit et jour il était sur pied chercha ot à apporter quelque soulagement aux malheureux que la commune avait à soigner et très souvent à faire inhumer le lendemain ; et malgré les innombrables occupations qui devaient prendre tous ses moments à donner les ordres nécessaires comme à veiller à leur ponctuelle exécution , on Ta même vu plus d'une fois panser lui-même des plaies gangrénées que d'autres avaient négligées dans la croyance que le blessé succomberait quelques heures après : Ce zèle , ce dévouement ne se ralentit môme pas au moment où, frappé dans sa propre famille par la perte de deux victimes du typhus , 41 eut beaucoup à craindre d'en être luimême attaque ! Hais si pendant les ravages de la contagion la Providence le conserva debout pour aider à faire donner des secours à ceux qui étaient atteints de cette cruelle affection , elle ne l'épargna pas cependant: car après la On de l'épidémie, alors que les militaires malades qui devaient passer par Grevenmacher furent expédiés plus loin et les morts enterrés , le maire Ritter , exténué de fatigues et de travaux , tomba malade à son tour et fut un moment à deux doigts de la mort. Il eut cependant le bonheur de se relever, mais pour se voir condamné à de nouveaux dangers.
En effet, à cette époque de néfaste mémoire pour la ville de Grevenmacher, ce ne fut pas assez pour elle d'avoir eu à donner des soins aux blessés et aux soldate malades a leur passage, elle eut encore à pourvoir aux besoins tout aussi pressants des détachements de l'armée qui y arrivaient journellement pour être ensuite dirigés partie sur Luxembourg, partie sur Metz ou sur Thionville, car
Grevenmacher était un lieu d'étappe , c'eetà-dire de halle d'une nuit et d'obligation pour les habitants de fournir la nourriture nécessaire à tous. H est facile de concevoir que ces sacrifices prolongés durent finir par épuiser les ressources de la ville ; aussi arriva-t-il un moment où le dénouement fut complet, même dans les familles les plus aisées ; et cependant les besoins subsistaient, ils se renouvelaient tous les jours. L'autorité communale , le digne maire Ritter en tête , se vit dès lors obligée de créer des ressources nouvelles : un comité de secours fut constitué qui s'adressait aux communes des environs, pour obtenir des subsides en vivres , vêtements , linge et numéraire , car tout était venu à manquer. Et par ces démarches, toutes inspirées par Ritter , on fut remis dans la possibilité de continuer à fournir aux troupes de passage les livraisons que celles-ci exigeaient et dont elles avaient grandement besoin.
Grevenmacher n'était pas encore remis de cette panique, car c'en était une véritable, que les allies, faisant invasion en France, se présentèrent à leur tour avec les mêmes exigeances : bien que dans cette circonstance cette ville n'ait pas été traitée tout-à-fait en pays conquis, ses habitants eurent néanmoins à souffrir des péripéties bien pénibles et même dangereuses. En effet, k l'occupation du pays par un corps de l'armée hessoise destiné à bloquer la capitale , Grevenmacher dut pourvoir à tous les besoins du quartier-général du prince héréditaire établi a Roodt: Tous les cinq ou six jours arrivait un employé de la cuisine du prince avec une longue pancarde d'objets à fournir, non seulement pour la table du prince mais toutes sortes d'articles de consommation , de toilette et autres : il fallait livrer tout sous peine d'exécution militaire ; et cela a duré pendant de longues semaines!
Vers la même époque encore, on avait octroyé à Grevenmacher un commandant de place : C'était nn vieux capitaine nommé Jung , qui avait toutes les mauvaises qua-
lités du soldat pillard. Pendant toute la durée du séjour de Jung, le maire Ritter se vit tous les jours exposé à toutes les vexations imaginables et même aux plus grands périls pour sa vie. En effet, un jour qu'il lui «Tait été impossible de fournir assez prestement certains objets dont le commandant exigeait la livraison sur le champ, ce dernier s'emporta tellement qu'il lui aurait fait un mauvais parti si, prévenu d'avance et à temps il ne s'était fait enfermer dans une armoire afln d'échapper aux brutalités dont il était menacé. Ne l'ayant pas découvert malgré de minutieuses perquisitions, Jung se mit à maltraiter les membres de la famille du maire fugitif. Une autre fois, pendant le passage de troupes russes, on s'empara de J.-H. Ritter et on le couduisit d'écurie en écurie entre deux cosaques, les Canscbucks levés, pour faire amener tous les chevaux de l'endroit. Et des scènes analogues se reproduisaient presque journellement, au point qu'il était très rare que le maire et les membres de sa famille pussent se reposer pendant une nuit entière; plusieurs fois môme ils ont été sans voir le lit.
Ce ne fut qu'après l'annexion du Grand- Duché au royaume des Pays-Bas que le repos s'est rétabli : Une heureuse disposition du roi Guillaume Ier ayant déclaré que Grevenmacher n'était plus une étappe, les troupes de la Confédération germanique, destinées à aller tenir garnison dans la forteresse de Luxembourg n'ont conservé que le droit de passage sur la route militaire qui traverse la localité, sans pouvoir s'y arrêter.
J.-H. Ritter resta à la tète de l'administration urbaine de Grevenmacher sous le Gouvernement des Pays-Bas et jusqu'à son décès, le 1" décembre 1820. Il avait été marié deux fois, le 26 avril 1781 à Marguerite Hollgen, et le 28 avril 1795 à Marguerite Gerlinger. Cette seconde union a produit quatre fils et deux filles : l'aîné des fila est notaire et membre des Etats du Grand-Duché; les deux puînés sont capitaines dans l'armée belge, l'un
d'artillerie, l'autre d'infanterie; le quatrième enlin est mort au Texas. Les deux filles ont fait des alliances honorables.
BemeignemenU fourni». — Titrci originaux. — Al-
ROBERTI, Jean, né à St.-Hubert, le 4 août 1569 fit ses humanités au collège des Jésuites de Liège et son cours de philosophie à celui des Trois -couronnés de Cologne où il remporta la première place à la promotion des maitres-ès-arts, le 12 février 1592. La même année il entra au noviciat des Jésuites de la province du Rhin, à Trêves, et enseigna depuis avec réputation la théologie et l'Écriture-sainte aux universités de Douai, de Trêves, de Wurtzbourg et de Mayeoce, dans laquelle dernière il se fit recevoir docteur dans cette faculté. Il fut aussi recLcur du collège de Padfirborn. II fit de même un assez long séjour à Liège et vint mourir d'une manière très édifiante à Namur, le 14 janvier 1651, à l'âge de près de 82 ans.
Jean Roberti est auteur de vingt ouvrages imprimés, concernant les belles-lettres, la théologie, la controverse et l'histoire ecclésiastique, la plupart écrits en latin ; ces œuvres prouvent qu'il était versé dans les branches qu'il touchait, bien qu'il ait quelquefois mérité le reproche d'être plus subtile déetamateur que profond logicien. Son style en général est simple et facile. Nous allons donner les titres de ses divers écrits : i°. Dissertatio de «uperstitionc; in-16°. Trêves, 1614. — ST. Mys- Ucae Ezechielis quadrigœ; id est sancta quatuor Evangelia historiarum ettemporum série vinculata; grrccè et latine. In folio. Mayence, 1615. — 3°. Tractatus novi de magneticâ vulnerum curatione, auctore D.
Hodolpho Goclenio, etc., brevis anatome; in-18'. Louvain, 1616.-4°. Goclenius heautontimoroumenos ; id est , Curationis maguetieae et unguenti armarii ruina, adversus Goclenii magneticam synarlhrosin ; in-129. Luxembourg, 1618. — 5°. Metamorphosis magneticâ Calvino-Gocleniana ; in-16°. Liège, 1618. — 0°. Goclenius
raagus scrio delirans; adverses libellum cjus, quem Morosophiam inscripsit ; in-i 2°. Douai, 1619 — 7°. Curationis magneticre et unguenti arraarii magica impostura ; sire Responsio ad disputationem Joannis-Baptistx ab Ilelmont , mcdici pyrotechnici ; in-12°. Luxembourg, 1621. — 8°. Nalhanaël BarthoIonnT.us, dcmonstratio qua clarè probatur Natbanaëlcm esse ipsum Apostolura Bartholomamm ; in-4". Douai 1619.
— 9*. Ecclcsia? Aoglican.T reformatai basis impostura ; cum epistolà ad ill"*' atque amp""* Serenissimi Magna; Britannia? Régis consiliarios. Discutitur eliam obiter consilium profectionis, sivc fugae in Angliam Marci-Antonii de Dominis, quondam arcbiepiscopi nunc archiapostata:. Reduccndis reductis, maxime Anglis ; io-32. Luxembourg, 1619 : Dans cet ouvrage, l' auteur attaque deux synodes tenus en Angleterre. — Historia Sancti Huberti, principis Aquitani , ultimi Tungrensis et primi Leodieosis episcopi, cjusdcmquc urbis conditoris, Arduennneapostoli, magni Thaumalurgi ; cum nolis, paralipomenis et qua*stionibus Uubertinis; petit in-4°. Luxembourg, 1621. — Sanctorum quinquaginla Jurîspcrilorum elogia, contra populare commentum de solo Ivone ; in- 16'. Liège, 1632. — /2° Legia catbolica, qua-ostenditur Lcodienses episcopos omnes a Sanclo Materno, quem Sanctus Petrus Apostolns niisit, Catholicos fuisse; in-32w. Liège, 1633. — 13°. Vita Sancti Lambert!, vigesimi noni Tungrensis Episcopi et Martyris, ex antiquis, probatisque autboribus et chartis collecta et édita; in-12°. Liège 1633.-/4°. De l'Idolâtrie prétendue de l'Église romaine en l'adoration des images; in-12\ Liège, 1635.
— iS°. La confession de foy des prétendus reformez de Flandre , convaincue de fausseté dans tous les articles où elle est contraire à la doctrine de l'Église romaine ; in-12». Liège, 1642. — Paralella Sacro-Sancta; Missa; et Cœna; hxreticx,
prmside R. P. Joanne Robertî pro-
posita disputationi a Joanne Eringo. — 17°. Considérations adressées aux habitants de
Liège, pour les porter à retenir la foi catholique . Français et flamand. — i8°. Magia fanatica. — /0\ Contemptus raundi, autore anonymo. Opusculum pium verso rythmico conscriptum, a J. Roberti, S. J. publicatum ; in-12*. Luxembourg, 1618.
Î0\ D. Tbeofridi Ordinis S. Benedicti, abbatis et domini Efternacensis , Flores Epitaphii Sanctorum, libris quatuor, bactenùs nunquam editi ; opus multa pietate, eruditione multigenâ, et verè florida refertura. Joh. Roberti ex duobus MSS. biblioth. Efternacensis S. Clemenlis-Willibrordi descripsit, recensuit, distinxit et notis illustrait. Floruit Theofridus antè annos DL ; cujus et vita ab eodem Roberti addita; in-4°. Luxembourg, 1619.
— Enfin la bibliothèque de Luxembourg possède un ouvrage en deux volumes in folio, Paris, 1688, et intitulé: « R. P. « Roberti Aurifodina universalis scientia- « rum divinarum et hnmanarnm per senetentias distributa. » Ce livre doit-il être attribué au môme auteur? Nous hésiterons à l'admettre.
Moacni,8applémeiit, 111, 051. — Cu m Bcc-m- Liivaa, Oiograpbie liégeoise, II, 8», sqqq. — Paoesr, 04. — D. C»l«i»t, Biklioth. lorraine; et Catalogne des auteurs lorrains. — L* Gakdi, Kotice »nr les I.nif nibourgcoi» c-rlcbres, 24, *q.— PicaacT, I, fol. LXXIV. - SwMTroa. Atkena; Bdgfcc, 402.— B«atbolct. VIII, 104, tq.—D* Fcuca, Dictionn. biator., liU. R.— An llosTni», llistor. Tre»ir. Diplomat.. HT, 224. — Cocan*, Encyclopédie moderne, XX, 47. — Claies, Catalogue de la Bibliotb. de Lvxrmboarg, 204, 255, 578, 404, 400. — Biographie universelle, XXXVIII, 218, »q-Numaa«, Les a«ten» lusembourgeoit, 24, sq.
ROBERTI, Pierre, était frère aîné de Jean Roberti qui précède, et naquit comme celui-ci à St.-Hubert vers l'année 1566. Après avoir fait de bonnes études et pris le degré de licencié en théologie il entra à l'abbaye de Munster, à Luxembourg où il prononça ses vœux en 1584.
L'abbé Benoit Hamblin étant mort le 5 juin 1602, Pierre Roberti fut désigné le 9 juillet de la même année pour lui succéder. Son élection ayant été confirmée par les archiducs, sous la date du 27 août,
et par l'archevêque Lothaire, le 16 novembre suivant, le nouveau prélat se ût sacrer au monastère de St. Martin, à Trêves, Je 1er décembre de la môme année.
Le gouvernement de Pierre Hoberti est remarquable dans les Annales de l'abbaye de Munster, de même que dans l'histoire du Pays. En effet, lorsqu'il prit en mains le gouvernail de celte maison , son monastère n'était pas encore rétabli après sa destruction par ordre de Charles-Quint, en 1544, ou plutôt la construction des nouveaux édiGces sur un autre emplacement n'était pas achevée. Ses premiers soins furent donnés à cet objet. Dès qu'il eut élevé les bâtiments nécessaires pour assurer la régularité claustrale de son institution il chercha à y augmenter le nombre de religieux de même qu'à y faire fleurir le goût des bonnes études. Dans ce dessein il y attira d'excellents professeurs qui furent chargés d'enseigner aux novices les saintes écritures et la théologie; et pour exciter l'émulation de tous il assistait lui-même aux leçons. C'est ainsi qu'il parvint à former en peu de temps des personnages très instruits et très zélés, au point que sa maison s'acquit bientôt une réputaliou bien méritée de régularité et de science, de manière que plusieurs abbayes étrangères lui demandèrent de ses religieux pour procéder à leur réforme.
D'un autre côté, l'abbé Bcrtels (v. son art.) avait bien obtenu des cordeliers de la ville de Luxembourg la restitution du corps du roi Jean, surnomme l'aveugle; mais dans l'état où se trouvait son monastère à cette époque, il n'y avait pas eu à penser à donner à ce vaillant et bien aimé prince une sépulture digne de lui. Lorsque l'abbé Roberti eut achevé la construction de son église il se crut en devoir de solliciter de la munificence de l'Archiduc Albert d'élever un monument convenable au héros de Crécy; et il réussit dans cette démarche patriotique : le mausolée, tout en marbre blanc avec la statue do prince, de grandeur naturelle, fut placé
au milieu du chœur de la nouvelle église ; il coûta vingt-sept mille florins de Brabant, et le célèbre Puteanus y mit l'épitaphe suivante, gravée en lettres d'or :
JOANNES REX BOIIEMLE, COMES LUXEMBURGENSIS, Henuici VII.Mmpbbatoris Fîmes,
CaROLI IV. IttPBRATORIS PATER , WbNCESLAI ET SlGISMlNDl IMPBRATORDM
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prjnceps ammo maximes , sed uno corporis vit10 infelix , quod
[cecus ;
In Britannos alxilia pro Rbgb affine
[decbns proelio cuessiaco cecid1t.
ACIE D1SRIPTA, REBCSQCE DESPBRATIS IN
[\ICTORES IHRUT,
Et ctm non videret uostbm , pbriit Non pegnando tantùm , sed occembendo