‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 38 sur 98 · FORTIS · texte numérisé non relu

FORTIS

C1DCCCXLVI. IX. Kalbnd. septbmb.

Tantum IIeroem Iacehe sine Epitaphio Magnis Belgablm Princbps Albbrtis Non passds, llberalltate et men1ficentia sua mo.mhentem 110c fieri ccravit ; Et iniql.e sortis, sed invict.e virtltis

[hehoriam Aeternitati commendayit CID1DCXIII.

L'abbé Roberti gouverna l'abbaye de Munster pendant trente-quatre ans et mourut le 14 octobre 1636, à l'âge de 71 ans, après cinquante-deux de profession religieuse. Il a été inhumé à côté du tombeau de Jean l'aveugle et ses religieux inscrivirent sur la dalle qui recouvrait ses restes mortels la légende suivante :

Anno Domini MDCXXXVI. XIV. Octo-

[bris

Obiit admodem Révérendes Domines , DOMINUS PETRUS ROBERTI, Abkas et Domines hujes Monasterii, SS. Theologec Licbntiates,

POST BXPLBTOS iETATIS ANNOS LXXI,

Professions LU , rbgimiris vbro XXXIV.

EJCSDEM COBNOBII RBSTAUnATOR , HÎC 8BMJLTTJS ReQUIBSCAT II» PACB. AMBN.

V. Stmmhbc» Mctropoli*. Eeelea. Trever. I, SSÂ. ->Buimui, VI, 170. rç.; «t III, P. J.vi. — D. Calbct, Bibliotb. Lorraine. — Loc»» Nioeacoaa , l\ea Munstericnte* ; m*crt. Bibliotb. Laxkrg. ,el copie dans la noire.— Hialoire de l'Abbaye de W.-l». de Mimtaf} eaicrt. Bibl. de Lolbrg , et copie dau U Mitre. Le mtme aacrt ea allemand, dau notre Bibliotb. -

ROBIN, le frère Arnaud, est né à Chauveney-le-château , le 11 mars 1735.

Entré à l'abbaye d'Orval en qualité de frère laïc il s'occupa aux forges et se rendit dans cette branche l'ouTrier le plus prodigieux de son époque. Sous ce rapport il mérite donc à tous égards de figurer dans cet ouvrage, à cause de son inimitable talent a travailler les métaux, mais surtout le fer et l'acier qu'il maniait à sa volonté et pour ainsi dire d'après ses caprices. Les ouvrages que ce grand artiste a faits pour son abbaye , tels que le jubé et les portes de la nouvellle église ainsi que le grand escalier étaient tellement remarquables, au dire des connaisseurs contemporains, et d'une exécution si surprenante que les yeux restaient stupéfaits en les examinant. Frère Amand Robin mourut au réfuge de son abbaye à Luxembourg, le 10 octobre 1794, et a été inhumé au cimetière des dames de Bennevoie.

J tarin, Let ebroniqaei de l'abbaye d'Orval, 183 à 186. - Msmai , T. XXV de ats ■aaucrita.

RODEMACHER , Rodenmacher, quelquefois mais très anciennement Rodinbach, Rotinbach, et aujourd'hui nommé par les français Rodemack, est une des plus anciennes comme des plus puissantes familles du Pays. Elle a donné son nom a une petite ville du Luxembourg français. Rodemacber parait déjà dans l'histoire pendant les dernières années do neuvième ou tu toot moins pendant les premières dn dixième siècle; cependant nos annales ne

dénomment la série suivie de ses seigneurs que depuis 1191.

La famille de Rodemacner qui portait:

fascé d'or et d'axur, de six pièces, et pour cimier: un vol double au blason de lécu, a constamment été remuante et guerrière, ayant été jusqu'à oser s'en prendre à la puissante cité de Met*; et pendant les guerres que le Luxembourg eut à soutenir à l'occasion de la trop fameuse Elisabeth de Gœrlitz, ses dynastes avaient embrassé le parti qui s'opposait à Philippe de Bourgogne ainsi qu'à ses successeurs Cbarles-le-téméraire et Maximilien 1"; aussi ce dernier, pour en finir, fut-il obligé de les déclarer félons et de conûsquer leurs terres qu'il donna au marquis de Baden. Hespérange et Richemont furent détruits à cette occasion par les bourgeois de Luxembourg et les derniers rejetons de Rodemacher obligés d'errer sans soutien comme sans asyle.

Quoiqu'il en soit, un asseï grand nombre de personnages de cette famille qui a eu une fin si malheureuse, se sont rendus recommandables ; nous allons les passer en revue.

BiaraoteT, V. «10, VII. 337 5 VIII. 9,

«jqq. — Picaarr, III, art Aodemacb o« Bedemacbereo.— Nbtm, Histoire de fUdeawcber; •aert

RODEMACHER, DtpoW* de, qui florissait pendant la première moitié dn dixième siècle, passe pour avoir été juge au premier tournoi de Magdcbonrg. C'est tout ce que nous savons de lui , d'après le manuscrit des Viri illustres où il est dit: « 932. Dipoldus Dominus de Rodenmacher « interfuit primo Torncamento Magdeburgi u ejusdem judex. »

Viri illuatvea, II, 1*3

RODEMACHER, Gillet de, 1P du nom dans la généalogie connue de cette famille, est mentionné par l'auteur du manuscrit des Viri illustres pour avoir été gouverneur du Luxembourg sous le comte Jean l'aveugle, roi de Bohème. Voici la phrase concernante: «1330. Aegidius Dominus «in Rodenmacher a Joanne Rege Bobe-

v mise creatus et dictus gubernator Comi- « talus Lucelburgensis, Noritnbergîc. »

Ce Gilles était fils d'un autre Gilles, seigneur de Rodemacber, et de Sopbie dont la famille nous est restée inconnue. Entre 1277 et 1280 il était justicier des nobles.

Peu après qu'il eut succédé à son père, c'est-a-dire vers 1277, il eut des démêlés avec les dames de l'abbaye de Bonnevoie au sujet d'une rente de trois maldres de froment et d'autant de seigle dont Hugon de Wiess, cbevalicr, avait fait donation à I'abbesse et aux religieuses de ce monastère. Gilles soutenait que celte donation ne pouvait être valide parce qu'il n'y avait pas donné son consentement; attendu, disait-il, qnc les biens sur lesquels celte rente reposait relevaient de la terre de Rodemacber. Les débats, qui durèrent assez longtemps, furent très animés et le seigneur de Rodemacber menaçait môme les religieuses d'en venir à des voies de fait pour soutenir ce qu'il appelait son droit, lorsque le litige fut porté à la décision du comte de Luxembourg qui se prononça en faveur de l'abbessc. Gilles se soumit à la sentence et la contestation fut appaisée. 11 alla même plus loin, il donna la dime d'Itzig à l'abbaye pour servir de dot a ses deux filles, Elisabeth et Julienne qui y prirent le voile.

En 1282 nous le retrouvons parmi les seigneurs qui signèrent la conGrmation des privilèges de la ville de Luxembourg par le comte Henri 111, et en 1292 assistant comme vassal de nos comtes au mariage de Henri IV avec Marguerite deBrabant:

à cette occasion il renouvela son acte de vasselage comme les autres seigneurs.

Finalement, en 1302 il transporta en présence du comte de Luxembourg à son fils Jean, le fief de Rodemacber et autres, et confirma môme celle cession trois ans plus tard, ne se réservant que les biens de Gonderange, qui ces derniers dépendaient de la garde du château de Luxembourg ; apparemment parce que, retiré à

la cour de nos comtes il aura cru ne* pouvoir plus administrer convenablement ses autres domaines. Bien des actes très importants prouvent en effet qu'il y était en grand crédit; témoin entr'aulres sa nomination en qualité de Gouverneur du Comté, en 1310, avec promesse de la part du suzerain de l'indemniser de tous les frais qu'il pourrait èlre obligé d'exposer pour la défense de ce pays.

Gilles de Rodemacber vivait encore en 1318; mais après celte date il n'est plus fait mention de lui. Nous n'avons pas découvert le nom de son épouse qui lui donna un fils et deux filles que nous avons dénommés dans cet article.

Viri illiulre», III, X° llt.tnoifT, V, pat-

lira. — D. Calmct, Notice de In Lorraine; lia. II. — Note» d'étude».— Pitaacr, III. — Kcits, Histoire de llodcmacher; micrt.

RODEMACHER, Gilles de, IW du nom dans la série généalogique connue de cette famille, est rappelé comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : «1352. Aegidius de Rodenmacher, « Dominus in Chaspierre Cava Petra , « Gubernator jam ducalus Luxemburgen- « sis. »>

Il était fils de Jean de Rodemacber et d'Elisabeth de Milbourg. C'est là lout ce que nous pouvons dire sur ce personnage qui semble avoir presque toujours résidé auprès des comtes de Luxembourg, à la personne desquels il était très attaché.

Viri illustre», III, N° 186. -Niyis. Uutoircde- Roderaacher ; mtert. — BeataoLar, V, pattim ; et IV, aatè teitum XXV. — PiaaatT, III.

RODEMACHER, Gilles de, IV du nom, est mentionné en ces termes par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : «1441. Aegidius de Rodenmacher Gu- « bernator Ducatûs Luxemburgensis pro « Ëlisabetha Gorlicia. »

Nous devons avouer qu'il existe une grande confusion dans les nombreux Gilles de la généalogie de la maison de Rodemacber. Celui dont il est ici question semble avoir été fils de Gilles III et de

Jeanne de Cbàtillon. Les annales nous le dépeignent comme un grand batailleur, recevant souvent de toutes mains; mais resté fidèle à Elisabeth de Gorlitz qui l'avait comblé de bienfaits, tandis que le reste de sa famille avait suivi le parti contraire. Il se disait seigneur de Richemont, château qu'il reprit en 1411 de la duchesse engagiste pour une somme de deux cents florins du Rhin.

Nous le voyons déjà gouverneur du Luxembourg wallon, pour Wenceslas II.

L'inventaire manuscrit des archives de Lorraine et de Bar le fait mourir sans postérité, nous ne savons en quelle année, léguant ses domaines à son parent, Jcau de Rodemachcr lequel a joué à son tour un grand rôle dans les troubles qui ont déchiré le pays vers le milieu du quinzième siècle.

Jletme d'Amttratie; septembre «843. -Viri illustre», III , N« 10». - Pif «ut, III. — Notes d'études, — Nkycn. Histoire de Rodemacher; msert. — Biatbout , IV et V, foliit citatis.

RODEMACHER, Jean de, IV du nom, était fils de Gilles III (v. son art.) et de Jeanne de Cbàtillon. Ce personnage était en grand crédit à la cour de Luxembourg sous le gouvernement de Jean l'aveugle, de la confiance la plus absolue duquel il jouissait à juste titre, au point que ce priucc le chargea plusieurs fois de lever des troupes pour lui, promettant de le tenir indemne tant do ses débourses de ce chef que des dommages quelconques qu'il pourrait avoir à essuyer à cause de lui. Il intervint de même à tous les actes importants du comte de Luxembourg, tel qu'à son contrat de mariage avec Béatrix de Bourbon , si seconde femme , à son testament au pont de Bouvinnes , etc.

Jean II de Rodemacher était de plus un des premiers batailleurs de son temps, et assez osé pour s'en prendre à de puissants adversaires, tel que l'évêque de Metz qu'il attaqua près de St. Avold en 1337 , mais qui le battit. Le comte de Luxembourg qui semble n'avoir pas été

tout à fait étranger à cette querelley exclut avec le prélat messin une paix avantageuse pour le sire de Rodemacher..

Comme on ne voit plus- paraître ce seigneur sur le théâtre des événements depuis 1346, il est ù croire qu'il as&i&u avec son suzerain à la fameuse bataiike de Crécy et qu'il fut un des cinquante preux qui , attachés avec leurs chevaux am coursier du héros aveugle T périrent en ce jour de néfaste souvenir, couvrant leur prince bien-aimé de leur propre corps.

n««tnot«T, vi, ne. *n. — Pmut, m. -

N«tw, Histoire de Rodemaelier; mscit - Nolea d'étude..

RODEMACHER, Paul, ou Raoul et Roland de. 11 y a confusion évidente chez les auteurs touchant ce ou ces personnages que les uns nomment Raoul, en lui attribuant les gestes que les autres assignent à Paul et à Raoul , tandis que les autres admettent pour ces actes deux personnages distincts, Raoul l'un, l'autre Paul. Nous adoptons ce dernier sentiment, d'abord parce qu'il est le plus vraisemblable, ensuite parce que l'auteur du manuscrit des Viri illustres admet la même opinion.

Quoi qu'il en soit, que Paul et Raoul ou Roland ne fassent qu'un , soit qu'ils aient été deux individus , ils ont vécu à la même époque et ils étaient tous deux fils de Gilles III (v. son art.) et de Jeanne de Cbàtillon , conséquemment frères de Jean II (v. son art.).

Paul de Rodemacher est rappelé comm soit dans le manuscrit des Viri illustres : « 1393. Paulus Dominus de Rodenmacher « Episcopus virdunensis S. R. Imp. Prin- « ceps. » Les annales nous apprennent que ce personnage embrassa l'étal ecclésiastique et qu'il devint chanoine de l'église de Verdun. En 1378 il fut, après l'abdication de Guy de Rose, élu évéque de ce diocèse en concurrence avec Liébaut de Cusance. Paul de Rodemacher était appuyé par le pape Clément VII qui loi avait remis ses bulles, de même que par l'empereur Wenceslas. Mais le chapitre

ireftMB obstinément de l'admettre et de l'introniser., .parce que Liébaut avait pris les devants et s'était fait mettre eo possession de ré«êché avant loi. Ce conflit ne masqua pas d'amener des représailles sanglantes, comme du reste cela était de mode à cette époque : Les frères de Paul, •qui contenaient ce dernier, vinrent avec leurs vassaux «t quelques alliés faire irruption sur les terres de Verdun et y •commirent de grands dégâts. La contestation et Jcs courses durèrent pendant près -de six ans, jusqu'à ce qu'eoGn les deux partis, las de guerroyer et de piller, consentirent a un accommodement par lequel le Sire, de Rodemacher obtint une indemnité de seize cents livres pour désistement à «es prétentions ainsi que les revenus d'oie prébende en guise de pension viagère, et ses frères une autre somme d'argent pour frais de Ja guerre qu'ils avaient soutenue. Malgré cet accord, Paul de Rodemacher qui vivait encore en 1399 et peut-être pins tard, «ontinua à se titrer d'élu de Verdun.

Quant à Raoul , Rodolphe oc Roland de Rodemacher , dont Derlbolet fait deux personnages distincts, parce qu'il dénomme Raoul celui que nous avons désigné sous le nom de Paul ; Raoul de Rodemacher, disons-nous , a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres la mention suivante: « 1382. Rotandus de Rodenmacher « Gubernator Luxemburgensis pro Vences- « lao Caesare. » La date seule placée en marge de ce texte prouve déjà à certains égards que Raoul , Roland on Rodolphe doit être un personnage distinct du prétendant à l'évéché de Verdun, puisque, pendant que ce dernier était en guerre ouverte avec le chapitre de ce diocèse, le premier avait la charge de sénéchal du Luxembourg, fonctions qui demandaient nécessairement sa présence ailleurs qu'au camp sur les terres de Verdun. Du reste, il semble que notre Raoul a constamment vécu à la cour de Luxembourg , puisque nous le voyons pendant une longue série d'années 6gurer dans des actes qui furent

expédiés dans la capitale même du pays. En 1399 il intervint entr'autres, en qualité ' de Sénéchal, au traité de paix conclu entre Wenceslas II et Robert I duc de Rar. Il vivait encore en 1-106 ; mais il esta croire qu'il mourut vers celte époque, sans laisser postérité. Nous ne savons pas s'il a été marié.

Vlri ilUttres, I, N°SOt et III, N° 187. -Bwimut, V, S18; VII, 538. — Note* d'etodet. — Piitarr , IIL — D. Calmet, Histoire de Lorraine, I, •atë tei lu m , col, XL VI. — Nkyex, Uittoire de Rodemacber; mtert. — Manuscrits Clowis, — Paqukt, 34.

Rodemack, la famille el les personnages connus ; v. RODEMACHER , etc.

Rodenmacher , la famille et les personnages connus; v. RODEMACHER, etc.

RODER, Jean, est né ù St. Vil h pendant la première moitié du seizième siècle et entra en religion à l'abbaye d'IIemmerode où ses grands mérites le tirent élire cinquième abbé mitré et neuvième de son nom, le 7 mars 1581 , après avoir pendant qninze ans rempli avec la plus louable distinction les fonctions d'économe de ce monastère. Jean Roder était un homme qui possédait de très vastes connaissances qu'il chercha constamment à étendre pendant tous les moments dont ses fonctions d'abbé lui permettaient de disposer: la bibliothèque de sa maison se trouvait presque entièrement dilapidée et comme anéantie tant par l'insouciance des bibliothécaires que par les vols dont elle avait été l'objet. Le prélat , dès qu'il fut placé au gouvernail, employa tous ses soins à récupérer d'abord les précieux manuscrits sûr la théologie qui en avaient été distraits par des étrangers qui les avaient empruntés d'abord puis se les étaient appropriés ; il n'épargna ensuite aucun sacrifice pour l'enrichir d'ouvrages nouveaux et nombreux.

La réputation de science, de vertu et de piété que l'abbé Jean Roder avait su se faire engagea même Edmond de La Croix, général de l'ordre de Cîteaux , à le nommer en 1593 visiteur-vicaire- général des

monastères des deux sexes qui professaient cette règle dans le diocèse de Mayence , de Trêves , de Spire , du Palatinat , de la province du Rhin et de la Hesse. Pendaot qu'il remplissait ces fonctions délicates il eut le malbeur d'être fait prisonnier un jour avec deux autres religieux qui raccompagnaient, par une troupe d'aventuriers qui ne le relâchèrent qu'aprt'S qu'il leur eut payé une rançon de deux mille florins.

Jean Roder est mort en 1596 à Andernach , dans un couvent de femmes. Il y reçut la sépulture et l'on grava sur sa tombe l'épitaphe suivante :

OHMS TER CBNTUM STBTEUAT, TER SEX QVO-

[qub LUSTRA ,

Sexoie annos, postquam mors atra vic-

[ta fuit.

dlm subit àkdernacht roder , sua

[fata JOANNES.

ABBAS HEU! SOSTHiE SPESQUE SALUSQUB

[Domûs.

Est locus, undarum cokfluxu nomiisa du-

[cbns :

QlOD MANET RUEMS, PARTE MoSELLA

[fluat.

Non procul in Rheno Claustrum hinc

[distare videtur ,

VlRGINEUM , TANTI QUOD TENET OSSA VlRI.

Ter QUINQl'E Hbmerodium foelici nomine

[rexit ,

ANMS, COELIGERÛM SACRA STATUTA CO-

[lens.

AT TU QUI TRANSIS , DIC QU.ESO , VlATOR

[amicb ,

Da requibh famulo, Curiste bemgne

[tuo.

Nicol*» Hctsic», Maniputu» Hemmer»deuifl,\041, M. 5tt.— V. Slranberg, Helropolu Ëcclca. Trcvcr. II, ISI sq.

Rodinbach, la famille et let personnages connus; v. RODEMACHER.

Rodolphe de Luxembourg ; v. LUXEM- BOURG , Rodolphe de.

RODOLPHE, ou Rodulphe, dit de Si. Hubert, était religieux de l'abbaye de

ce nom et florissait pendant la première moitié du onzième siècle. Il s'est acquis une grande réputation comme copistecalligrapbe.

Cu m Bic-Di-Liavat, Biographie liégcoUe, I. 47.

ROETZ, Jean-G ode froid , né à Baasem, fut ordonné prêtre et nommé en 1699 curé de Stc Croix a Glaad , puis à Mulheira sur le Rhin où il mourut en 1739.

Le curé Rœlz a publié plusieurs ouvrages dont nous donnons ici les titres : î° Taeglich erœflnete Schule der Liebe im Hoclnvucrdigstcn Sacramcnt des Altars.

Erster Theil , 171*. Zweiter Theil, 1714. — 2* Die zum andermahl erœflnete Schule der Liebe im Hocinvucrdigsteo Sacramcnt des Altars ; das ist : Sacramentalisches Jahr-Buch. Zweyter Jabrgang. Cologne, 1733; 3 vol. — 3° Himmlische Tisch und Zucht-SchuI ; das ist : Sacrainenlalischc Andachts-Ucbungen etc. Traduit du français. 173S.

Bamcs. EiBia illustrât», III. I. I, 69.-B»aT«acia , Bibliotttcca colooiens u , 173.

ROLAND , Hyacinthe-Charles-Hippolyle, né à Neuf-château le 22 novembre 1811, lieutenant-colonel commandant le régiment du génie , chevalier de l'ordre de Léopold, décédé à Pau (F ranec) , le 24 janvier 1859.

Le lieutenaut-colonel Roland fut admis à l'académie militaire de Bréda, en qualité de cadet d'artillerie, le 22 septembre 1829. Il passa au service de Belgique et fut adjoint au commandant du génie ù Anvers, le 1er novembre 1830. Nommé aspirant du génie le 16 janvier 1831, et attaché provisoirement à la direction générale du génie, il fut adjoint au commandant du génie à Anvers le 6 février suivant. Promu successivement au grade de sous-lieutenant le 26 janvier 1832; lieutenant le 18 octobre 1833; le 27 novembre suivant il fut désigné pour commander le génie sur les rives de l'Escaut.

Nommé capitaine en second le 30 juillet 1837 et commandant du génie près

du corps expéditionnaire dirigé sur le Luxembourg le 21 décembre 1837, il rentra à Anvers et reprit ses fonctions d'adjoint au commandant du génie, le 27 janvier de l'année suivante, et fut ensuite nommé commandant du génie à Charteroy le 10 décembre 1849. Nommé capitaine en premier le 21 juillet 1852 il fut désigné pour l'état-iuajor du génie le 4 septembre 1845. Promu au grade de major le 21 février 1850 il commandait le génie à Natnur depuis le 23 janvier 1853 lorsqu'il obtint le. brevet de lieutenant-colonel le 24 juin suivant, et fut désigné pour prendre le commandement du régiment du génie, le 24 mars 1854.

Le lieutenant-colonel Roland avait reçu une médaille en vermeil pour acte de courage et de dévouement par arrêté du 29 juillet 1848.

Ias eapitaiae »■ Rcoat , Nr'erologe de* officiera de I W« belge.

Rollingex, la famille et tous ses personnages connus; v. R A VILLE.

ROTHE, Rote, Rode, Rolh, Roten, Rotin et Rothin Jean, peut-être Jean de Rotii, du lieu de sa naissance alors que les noms de famille u'auront pas encore été en usage.

Ce personnage, né vers Tannée 1362, choisit la carrière ecclésiastique et était déjà prêtre en 1387, puisqu'en cette année et jusqu'au 5 mai 1434 où il est mort à Eisenacb, nous le voyons successivement vicaire, chanoine, écolàtrc et chapelain de la comtesse Anne de Thuringie, fille de Gunther de Schwartzenbourg, épouse de Frédéric-Ie-Pacifique :

Eu effet, de 1387 à 1412 il a été vicaire de Notre-Dame au dit Eisenach; en 1418 chanoine du chapitre de la même église, où il figure le quatrième parmi les sept chanoines à prébendes. Dès 1422 il devint écolatre du même chapitre , succédant à Dietrich Langleben.

Pendant la dernière période de sa vie H fut chapelain de la comtesse Anne de Thuringie; et c'est même aux instances

de cette comtesse qu'il écrivit sa Chronique thuringienne qu'il lui dédia.

A l'avantage d'appartenir aux savants de son époque, Rothe parait avoir réuni plusieurs qualités qui dénotent un beau caractère. Il résulte d'extraits biographiques publiés par le professeur Michelsen que déjà comme jeune prêtre il a fait à la paroisse et à l'église d Eisenach des dons assez considérables. Dœring l'appelle le ûdèle chapelain de la comtesse, en même temps qu'il lui donne les épilhètes de pieux et de savant. Sa piété, du reste, trouve son meilleur témoignage dans le choix des matières de ses premières productions littéraires: des sujets de religion et de morale ont été l'objet de ses inspirations poétiques.

On a de Jean Rothe : f °. un poème sur la passion du Sauveur. Cette œuvre , qui était restée ignorée, a été acquise naguère par la bibliothèque de Dresde; c'est un manuscrit du quinzième siècle, partant il 6e pourrait que ce fût une copie autographe. On y lit: «dit nachgeschrebin Bùchelin « esz geczogin usz dem Bûche der Pas- «sion Jhesu-Christi, die Er (Herr) Johan v Rothe vorezeiten Scolasticus uû* dem «Stiffle zu Isenach beschrebin had und «sagit von den nachfolginden StugkiD»

(suit la table des matières). — £°. Uo poème sur la chasteté, dont on trouve des extraits dans : Adelung's Magazin fuer die deutsche Sprache; Leipsic, 1783, T. II, p. 108. On croit que cet ouvrage n'est qu'une traduction du latin. — 3°. Une biographie de Sainte Elisabeth, en vers allemands, publiée d'abord dans: Menkcnii Scriptores rerum germa nicarum pracipuè Saxonicarum. Lipsiœ, 1728; et plus tard plus complète dans : Bragur, literarisebes Magazin der deulsciien and nordischen Vorzeit, herausgegeben von Grœter, IV, 2* sect., Leipsic, 1800. L'édition de Menkenios a été faite sur un codex de la bibliothèque de Gotha , comme le titre même l'indique : « Vita S1" Elisabeth» , « Landgravia? Thuringiae , e codice bibl. « docatus Saxo-Gotban., apud Menken. »

etc. Ce manuscrit ne donne pas le nom de l'auteur. Bodmer, Proben der alten Schwœbiscben Poésie aus dem XIII Jahrhundert, Vorrede, p. XVIII, conjecture qu'il est de Jean Rothe. Kinderling, Litterarische Miscellen, dans Bragur, lit.

Mag. d. deutseb. u. nord. Vorzeit, VI, 2, le prouve à l'évidence en se fondant sur la préface de ce poème dans un manuscrit acquis il n'y a pas longtemps à la vente des livres de feu M. Ponika , à Zeiz. La vie de Sic. Elisabeth n'est pas sans intérêt historique et littéraire. C'est un poème de 4,500 vers divisés en 48 chants. On le regarde comme une traduction ou une nouvelle version en dialecte thuringien d'un poème du treizième siècle, attribué à Conrad de Marbourg. Cette opinion gagne surtout quelque fondement par la préambule d'un manuscrit que le comte de Montalembert a examiné à Munich et qui porte ces mots : der Mann der dit Buecblyn gedutscht had . «Ce poème,»

dit de Montalembert, «est une source aussi «précieuse et intéressante que la chronique «de Théodoric. Quoiqu'il ne soit peut-être «pas aussi complet ni aussi méthodique que «celle-ci, il donne plus de détails. Rien ne «semble échapper au narrateur, et il en ré- «sulte une abondance de renseignements «inappréciables pour la connaissance de «l'époque en général, du genre de vie des «cours, des opinions populaires , etc. Les «discours sont simples , touchants et naturels 5 les localités désignées avec le plus «grand soin, les dates Axées avec exacti- «tude ; enûn tout y porte le sceau de la «véracité et de la*contemporanéité.» — 4°. La plus importante des œuvres de Jean Kothe est sa Chronique tiinringiennc, citée sous différentes dénominations et appelée tantôt : Chronicon Thuringicum , Isenacense, Erfurtense, Erfordiense on Lauterbronnense, tantôt Johannis Rothii Chronicon. Menkenius l'a publiée sous le titre de : Monachi Isenacensis, vulgo Johannis Rotbe Chronicon thuringicum vernaculum J mais elle l'avait déjà été partiellement en i 552. L'importance locale de la Chronique

de J. Rothe est démontrée par le grand nombre de copies qui en ont été faites au moyen-âge. On en trouve dans les bibliothèques de Weissenfels, de Weimar et de Gotba. Menkenius qui a fait son édition d'après le codex de Weissenfels en mentionne encore d'autres : Exstant vero et alii codices, dit-il, hujus Chronici salis vetusti. Une autre circonstance qui parle surtout en faveur de cette importance, c'est que le baron de Lilienkron se propose d'en élaborer une nouvelle édition, en consultant les meilleurs manuscrits. De son côté, le professeur Michelsen s*exprime comme snit snr le mérite littéraire et historique de cette Chronique: «Sie ist als Grundlage und Mitlelpunkl «der thueringischen Stammes und Land- «gesebichte anzusehen. Ihre special-histo- « rische Bedeutung fuer die Literatur und <> Landesgeschicte von Thueringen ist da- « her unleugbar sehr gross. Sie ist schon « im Ablaufe des Mittelalters am meislcs < copiert, excerpiert und epitomiert und « von angesebenen Cbronikschreibern, na- « mentlicb von Iiarlung zu Erfurt weiter « forlgefuehrt worden. » Si d'un autre côté nous consultons les traités principaux d'histoire et la littérature allemande an XV* siècle, nous lirons tantôt que la Chronique de Rothe est le plus ancien monument de cette espèce en langue allemande ; tantôt que dans ce travail remarquable l'auteur a fait preuve d'un véritable talent d'historiographe. Par un style agréable et poétique, nous dira l'un, Rothe a su adoucir la forme aride de la chronique; un autre louera la force des expressions et les tours de phrase tout particuliers à l'idiôme thuringien, ce qui n'a pas peu contribué à populariser un ouvrage d'une aussi grande utilité pour le peuple auquel il était destiné. Le peuple y lira encore aujourd'hui avec un vif intérêt l'origine et la décadence de ses maisons princières, ses guerres à l'intérieur et à l'extérieur et tout ce qui snr le sol de la patrie s'est passé de remarquable.

Après avoir donné les détails biogra-

phiques qoi précèdent, il nous reste une autre question à examiner, et cette question nous semble très importante, parce que de sa solution dépend naturellement la justification de la place que nous avons accordée au personnage qui nous occupe dans la biographie luxembourgeoise.

En effet , Jean Rotbe ou, comme nous l'avons écrit dès l'ingrès de cet article, Jean de Roth, après avoir depuis des siècles figuré au nombre des luxembourgeois qui ont fait honneur à leur patrie en se distinguant en pays étranger , s'est vu revendiquer naguère par le Professeur Micbelsen comme né à Creuzbourg , non à Luxembourg ou dans le pays de ce nom.

Nous examinerons consciencieusement, les uns après les autres , les divers témoignages historiques qui pourront nous rappeler sou origine ; et parmi les nombreux ouvrages imprimés qui font mention de Jean Rothc de ou du Luxembourg, nous citerons les suivants : 1°. Pétri Albini Spécimen historiée novae Thuringorum, p.

339, publié en 1685, dans «Casparis Sagtltarii Antiquilates Tburingia?, cum specimine Pétri Albini; in-4°. — 2°.

Quetif, Scriptores ordinis pradicatorum, T. II,' fol. Parisiis, 1719, conf. codiecs.

— 3°. L. Wachlcr, Vcrsnch einer Geschichlc der Lilcratur, 3* part. §. 233.

— 4". C.-W. Schumacher , Vermischte Nachrichten, 11,47.-5°. F.-X. Wegele, Thueringiscbe Geschichtsquellen, II, 419.

nol. 12. — 6°. Galletti, J.-G.-A., Geschichle Thucringcns, II, xm— xvi. — 7°. Falkenstein , Thueringiscbe Chronik , II, 43-46.-8°. Dctring, Die thueringiscbe Chronik; Erfurt, 1812. — 9°. U comte de Montalembert , Histoire de sainte Elisabeth de Hongrie, in-8°; Louvain; 1836. — 10°. Pischon, Denkmaeler der deutschen Spracbc, 200. — 11°. Serapeum, Zcitschrift fuer Bibliolhekvnssensebaft, Handschriflenkunde und «Itère Literatur ; herausgegeben von Dr Robert Naumann; XVII Jabrg. Leipzig, 1856.

De tous ces témoignages celui de Petrus Albinut est le plus ancien, par conséquent

le plus important et le plus digne d'un examen attentif. Et d'abord voici ce qu'en dit Menkenius dans la préface du Tome II de son recueil précité :

ci Et Petrus Albinus, qui in ebronico « provincial! Misnensi inter libros quibus « usas , memorat Erfordiense Chronicon « manuscriplum, in specimine deTburiugia, «idem Isenacense vocat, et disertè Jo- «hanni Rothio Luzemburgenti sacerdoli «et scribœ Isenacensi , p. 339edit. Sagitt. « vindicat quera deinde pariter alii agoo- «vere autorem. »

Ce témoignage mérite d'être pris en sérieuse considération. Petrus Albinns, originairement Peter Weiss , Pierre Blanc, né à Schnceberg dans la Misnie, est un historien fort distingué qui mérite de la confiance. Après avoir fait ses études à Leipsic et à Francfort, il fut nommé professeur de poésie à Wittenberg et peu après historiographe et secrétaire privé de la maison de Saxe, fonctions qu'il remplit sous les électeurs Auguste et Christian I. Il est mort en 1598, donc 164 ans après Rothc.

Il importerait de savoir sur quelles preuves cet historien se fonde pour assurer que Rothe est luxembourgeois ; toutefois nous pensons pouvoir admettre avec confiance que ce ne sont pas les documents publiés par Micbelsen ; car le nom Cruzceborg , comme l'assure celui même qui a fait les extraits , ne permet aucun doute dans son interprétation ; et Albinus, à raison de sa proximité, devait mieux connaître Creuzbourg que Luxembourg; de sorte que même , en cas de doute il aurait dù être tenté d'admettre plutôt le premier que le dernier de ces noms.

A l'appui des preuves que nous venons d'alléguer en faveur de l'origine luxerabourgeoise de Jean Rothe , nous ajouterons encore les deux suivantes: Pendant les quatorzième et quinzième siècles , alors que généralement encore les noms do famille n'étaient pas usités et qu'on se dénommait simplement par son endroit natal, Jean Rothe aura pu se dire Joannes Ro-

tlitis, lequel nom traduit en langage moderne aura été rendu par Rothe ou Rolli ou Rode tout court au lieu de dire Jean de RoUj, Rothe ou Rode ou encore Roodt, tous noms de localités luxembourgeoises.

Et si Ton veut absolument reconnaître un véritable nom de famille dans le mot Rotbe , nous dirons encore qu'au quinzième siècle comme an dix-neuvième il y a dans le pays des Rolli, des Rode et des Roder, tandis que d'après des communications fournies par le Bourgmestre Kœhler , de Creuzbourg , les registres paroissiaux de cet endroit , et les plus anciens comme les plus modernes , ne renferment aucune trace d'appellation semblable voire même pas d'bomonyme en rapprochant.

Si maintenant nous passons en revue les arguments que le professeur Michelsen fait valoir pour insinuer que Jean Rothe ne serait pas originaire du Luxembourg mais bien du Creuzbourg, près d'Eisenach, Grand -Duché de Saxe-Weimar- Eisenach , nons commencerons par les pièces justificatives qu'il invoque.

Ce sont des copies de trente-un actes rédigés partie en langue allemande , parlie en latin , portant les dates de 1387 à J434, et extraits par M. Aùe des archives de Weimar et d'Eisenach ; des actes de vente ou de donation dans lesquels Jean Rothe figure accompagne des différents caractères dont il était revêtu aux différentes époques de son séjour à Eisenach : Dans ces documents il est mentionné tantôt comme personnage principal, tantôt comme, témoin. Un seul , le N° 17, porte ces mots: Dem ehrsamen Priesler Ern (Herrn) Joh. Rotkin von Cruzceborg, 1412; sans indication du jour.

Orig. pareb. muni d'un sceau.

Voici le raisonnement que Michelsen forme sur la production de ces extraits :

1° Si Jean Rotbe avait été de Luxembourg il n'aurait pas manqué dans sa Chronique de trahir son dialecte luxembourgeois qui diffère beaucoup de celui de Tburingie.

A cette objection on répondra qu'il est

bien vrai qu'il existe une grande différence entre ces deux dialectes d'une même langue-mère. Mais pourquoi Rothe, s'il est d'origine luxembourgeoise, aurait-il du écrire dans l'idiome de son pays natal? N'aura-t-il pas pu apprendre parfaitement le thuringien pendant son séjour d'au-delà de quarante ans à Eisenach ? Et en écrivant la chronique de son pays d'adoption, il était fort naturel de le faire dans le dialecte de ceux que la chose intéressait le plus. Dire que Rothe est nécessairement thuringien parce qu'il a écrit en thuringien, c'est, dans tous les cas une conclusion des plus hardies : La circonstance invoquée ne prouve rien ni pour ni contre la nationalité de Rothe.

2« Dans le N° 17 des extraits prémentionnés, continue Michelsen, on lit: Joh. Rothin aus Cruzceborg. L'acte compris sous ce numéro est on acte original sur parchemin , et d'après la réponse que M. Aùe a bien voulu opposer aux doutes que nous avions communiqués à M. le directeur des archives de Weimar, il est impossible de confondre les lettres Cr et L qui constituent la seule différence entre les deux noms.

La supposition de la possibilité d'une confusion de lettres est suggérée par Michelsen lui-même qui admet que les auteurs qui disent Rothe de ou du pays de Luxembourg ont consulté ces mêmes documents ; et que , par une erreur inconcevable ils ont lu Luzce borg au lieu de Cruzceborg.

La chose ne nous semble pas avoir beaucoup de probabilité. En effet, s'il en avait été ainsi, ils auraient indubitablement dû lire Cruzceborg , puisque le nom tel qu'il est écrit, ne donne dit-on, lien à aucun donte ; d'autant plus que Creuzbourg était plus connu que Luxembourg au plus ancien des auteurs dont le témoignage a été invoqué , et d'après lequel plusieurs autres ont soutenu que Rothe est originaire de ou au moins du Luxembourg.

En somme donc, s'il n'est pas possible

de détruire cet argument de Michelsen, à moins que Job. Rothin de Cruzcchorg puisse ne pas être le même que Jean Rothe, Fauteur de la Chronique tburingienne, on peut du moins ajouter une foi égale aux sources qui ont permis à Pierre Alhious et a d'autres d'avancer que Jean Rothe est luxembourgeois.

Enfin , s'il est réellement de Creuzbourg, on peut s'étonner de ce que dans les fréquentes mentions qu'il fait de cette localité dans sa chronique , il ne dise pas une seule fois qu'il y est né.

N«atra, Jeau Aothe, chroniqueur et poète du XVe siècle, est-il •rigioairc'de Luxembourg ou de Creuxbourg, Grand-Duché de Saxe-Weimar-Eisenach ? Extrait du T. XV du Bulletin du Bibliophile belge.

— ZeiUchriA de* Vercina fuer thueringwchc Geachichteund Altertbumskunde, III. I. Jeoa

— BcLuai Anuales isenacease*. — Dotaiac, Tbneringiache Chronik, 476. — Scacuacoia, Vermiiehle NachricbUn xur sa-ebsisrhen Geschichte, 11,48.— Pucioj, Dmkaueler der deutschen Sprache, 200. — H uirra, Geschichte der deuUeben National-Litcratur, 90.— Mo»BT.THfoa., Allgemeinc Litcriiturgrschichtc, 109. — H»a»T. lettre fur Jean Rotb et ta patrie.

Rotinbach , la famille et tous les personnages connus; v. RODEMACHER.

ROUGE R ou Rouyer, François de, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres une notice assez étendue. Nous allons la transcrire: «1655. Franciscus « de Rouyer ortus in pago prope Virto- « num tribunus militum , prrcfectus gênerait lis vigiliarum et post tormentorum sub « Bavante duce Eleclore et pro eo urbis « augustante commendans, tanlo apud hune « Electorem loco ut et ipse vivens et post « vidua eleclrix hoc sint usi ad adducen- « dam filio spoosara ex Sabaudià. Hodie « urbis Monachensis Gubernator et militiie « Bavaria: generalis seu supremus dux.

« Seminarii Luxemburgensis benefactor « eximius. «

Il parait parla date placée en marge de ce passage, que Pierret et son copiste Bertholet se sont trompés en assignant la mort de François de Rouger à cette même année, puisque l'auteur de notre manus-

crit parle de lui comme d'un personnage encore vivant.

D'une autre part, la dissertation sur les fondations de bourses d'étude attachée» à l'ancien collège des Jésuites à Luxembourg, ne parle pas des libéralités que ce personnage aurait faites à cet établissement : il faut donc croire qu'elles ont consisté en des sommes d'argent destinées à sa prospérité matérielle ou à être employées à la construction des bâtiments du séminaire-pensionnat en question.

Vir! illustres, II, N° 171. - Rc«tuout, VIII, îOii. — Pissarr. I, fol. LXXI V. - N*mia, Disserta, tioa sur les bourses d'étude attachées au collège de Luxembourg.

Roussin, Jean; v. RUSSIM, Jean.

ROUVROY, Jean Théodore, Baron d«, est né à Luxembourg, le 15 mars 1728 , lils d'un officier d'artillerie eu garnison dans cette ville. Son père élant rentré en Saxe d'où il était originaire, y amena sou fils qui y fit son éducation. Nommé 1744 lieutenant du corps des miocurs, il entra en 1753 avec le grade de capitaine dans l'artillerie autrichienne.

Ses talents constituèrent son unique recommandation.

Jean Théodore de Rouvroy utilisa le temps de paix à perfectionner son arme avec cette ardeur infatigable qui le distingua pendant toute sa vie ; aussi les résultats de ces efforts ne tardèrent-ils pas à se montrer an grand jour. Les combats près de Darmstadtet de llolilz prouvèrent quelle préférence l'artillerie a lorsqu'on sait la manier, car dans ces deux affaires, de Rouvroy força les canons ennemis, plus nombreux et plus forts, à se taire. Ce ne fut cependant que lorsqu'il était passé major que sa véritable activité se déploya. Pendant le blocus du corps de Fonquet près de Laodshut, le 23 juin 1760 , de Rouvroy qui était alors lieutenant-colonel prit de si bonnes dispositions que Loudon lui témoigna que sans son aide il ne serait vraisemblablement pas

parvenu à remporter une victoire aussi complète. Et ce fut sur cette recommandation que de Rouvroy, qui avait déjà obtenu le 4 décembre 1758 la décoration de l'ordre de Marie-Thérèse, fut promu au rang de colonel.

La prise rapide de Glatz fut due à ses bonnes dispositions ainsi qu'à celles du major Bechard : Quelques grenadiers qui s'étaient avancés jusqu'au! palissades avaient trouvé la garde endormie. A cette nouvelle plusieurs bataillons entrèrent dans le chemin couvert et surprirent l'ennemi avec lequel ils pénétrèrent pôle-môle dans la forteresse.

Breslau qui avait été enfermé sur ces entrefaites, ne put être pris par la force des armes malgré un bombardement très vif. Au combat de Liegnitz, le 15 août 1760, où le corps de Loudon fut forcé de se retirer au-delà de la Katzbacb, de Rouvroy , couvert par deux bataillons de grenadiers construisit près de Linowiz une batterie dont le jeu bien combiné tint les Prussiens en échec et fut d'un avantageux secours pour le corps de troupes autrichiennes.

A l'assaut contre Schweidnitz , le 10 octobre 1761 , les grenadiers s'élancèrent à la baîonctte et sans tirer un seul coup de fusil dans un des ouvrages extérieurs ; de Rouvroy, qui y était entré avec eux Gt tourner les canons contre la forteresse et facilita ainsi notablement l'attaque.

Nommé général en 1763, il prit une part très active à la nouvelle organisation du corps d'artillerie.

De Rouvroy, qui accompagnait constamment Loudon, avait dans toutes les occasions importantes beaucoup secondé celuici avec l'artillerie. Nommé baron des l'année 1761 , il fut peu de temps après désigné lieutenant-général et promu au rang de commandeur dans l'ordre de Marie- Thérèse (15 octobre 1765).

En 1772 il obtint un régiment d'artillerie et devint en 1775 lieutenant-feldmaréchal : l'Autriche loi dut alors la création de son artillerie à cheval.

Pendant la guerre pour la succession au trône de Bavière on fit en général peu usage en grand de l'artillerie; mais il n'en fut pas de môme dans celle contre les Turcs. De Rouvroy en fut le directeur dans l'une comme dans l'autre de ces deux guerres : il était feldzeugmeister-général depuis 1787 et commandant supérieur de tout le corps d'artillerie. En cette qualité il dirigea en 1788 l'attaque de Schabaczqui fut pris d'assaut sous les yeux de Joseph H : de Rouvroy y fut blessé à la poitrine. En juin 1789 Loudon lui accorda après la prise de Brebir l'éloge que par ses prudentes manoeuvres et sa bonne disposition de l'artillerie suivant son habitude bien connue, il avait iuûnimcnt contribué à ce que les travaux de siège dont la construction avait été extrêmement difficile et périlleuse, avaient pu ôtre achevés en si peu de temps et sans perte marquante dans le nombre des ouvriers.

De Rouvroy ne se trouva pas en état d'aider au siège de Belgrade : Il tomba malade dès les premiers jours de ce siège et mourut à Scmlin , le 30 septembre 1789, avant la chute de la place.

Joseph II qui lui avait destiné la grande croix de Marie-Thérèse , ordonna que le chiffre de la pension destinée à ce rang fût attribué à sa veuve, honorant par là les grands mérites d'un des premiers généraux d'artillerie de son armée. Le môme prince lui fit ériger un monument commémoratif à l'arsenal de Vienne.

De Rouvroy appartenait à ces hommes d'élite qui embrassent d'un seul coup d'oeil toutes les branches de l'art de la guerre, qui n'excluent pas de l'arme sous laquelle ils servent les autres parties de la stratégie mais les réunissent toutes dans un lien intime et par ce moyen rendent à l'état les services les plus utiles comme les plus glorieux.

Le baron Jean-Théodore de Rouvroy avait un fils , nommé Charles, qui fut lieutenantrfeldmaréchal , propriétaire du 3e régiment d'artillerie autrichienne et péril couvert de gloire à la bataille de Wagram,

le 6 juillet 1809. Né a Grossenbain en Saie, ce personnage n'appartient pas à la Biographie luxembourgeoise.

Etat civil «leti-uxcmlaourg. — ConTer«atiôBt-Lclieom Mit 1846, II, 1369; et édit. 1834, XIII,

ordr., i, rTITioVi ii,"i7a8 et irai. îH'i.

418 et II, 1737.

Rodyer, François de; v. ROUGER, Françoit de.

RUDIGER, religieux du monastère de St. Willibrorde a Echteroacb, succéda en 970 à Héribert (v. son art.) en qualité d'écolâtre ou de directeur des écoles de cette abbaye, et mourut en 990.

Rudiger a écrit : i° Un commentaire sur la règle de St. Bénoît. — 2° Quatorze litres sur les épltres de St. Paul. — 5° Sept livres sur les lettres canoniques.

Ruistrb , Nicolas , le ou de ; v.

RUISTRE, Nicolas le ou de.

KUSS1M , lioussin ; aussi C ut tira, Caussin ; Hussin ou Huslin chez quelques auteurs, Jean, né à Luxembourg, florissatt pendant la seconde moitié du treizième et les premières aimées du quatorzième siècle par sa piété et ces vastes connaissances en philosophie et en théologie. Profès de Tordre de St. Dominique au monastère de Luxembourg, son aptitude le lit dénommer Provincial pour la Teutonique. En 1368 il avait pris le grade de Docteur en théologie à l'école de Paris.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres ne donne à ce personnage que les deux ligues que nous transcrivons : «R*" P.

«Joannes Roussin Luxeroburgus provin- «cialis Dominicanorum per Teutoniam.»

Nous avons de ce religieux : 1° Commentaria in Magistrum sententiarum. — £° Commentaria in Epistolam D. Pauli ad Titum. — 5" Commentaria in XVpriora Capita S. Mathaei. — 4° Directorium Confessorum. — $° Sermones de Tempore et Saoctis per totum annum. — 0* Ser-

mones ad cierum. — On ht attribue euûn, mais vraisemblablement à tort : 7" La Cour Sainte; imprimé à Paris, 1657 ; 2 vol. in fol. — 6° De eloquentia sacra, et profana, lib. XVI; Paris, 1621 ; vol. in-V.

— 9°Tragœdi«e sacra; ; Paris, 1620 ; vol. in- 12°. — tO* Liber de Symbolicâ Aegyptiorum sapientià sive cognitio hiçroglyphorum; Cologne, 1631, in-8°.

Aa Haaracia , Hi«toria Tret irenaia dialooutica, II, 13. — AVii.aii.aag « Wuratia, Diiquitit, Antiquar. tlittor. Luiemb II, c. IV, § 3 ; et e. VI, § 3.

— D. Calmt . Biblioth. Lorraine ; et Catalogne des aotears lorrain*. — P*ooar, S4. — Viri illaatrea, I. N° 97. - Ctaacs, Catalogue de la Bibliatbeqae de Laxemboarg. 325, 4514, 431). — Neoaaxx, Les iutean laxembourgcou, W. — Sweitiui, Atbrnip Belgicat, 483, *q.

RUTH , Antoine -Ignace , est ne le 2* jour complémentaire de Tan XI, ou le 19 septembre 1802, d'une famille bourgeoise de Luxembourg. Il était (ils de Jean-Joseph, Gengoul Ruth, huissier près le tribunal d'arrondissement de cette ville , et de Marie-Josèphe Hastert.

Après avoir terminé avec beaucoup de distinction ses études préliminaires à l'athénée de Luxembourg où il remporta les premiers prix dans toutes ses classes, il alla suivre les cours de la faculté de droit à l'université de Liège et y obtint le bonnet de Docteur en 1827, après avoir soutenu une thèse dans laquelle il traitait des privilèges accordés aux vendeurs :

De privilegiis venditorwn.

Rentré dans sa ville natale , Antoine Ruth se fit admettre au barreau de Luxembourg et y obtint bientôt une belle réputation de savoir.

Le flot révolutionnaire qui déborda en septembre 1830 et détacha violemment les provinces méridionales du royaume des Pays-Bas de l'ancienne république batave, emporta également Ruth : 11 quitta Luxembourg pour aller adhérer au gouvernement belge qui, appréciant ses hautes connaissances comme jurisconsulte , se hâta de le nommer Procureur du Roi près le tribunal d'Arrondissement de Neufcfaàteau. Il occupa pendant quinze ans ces fonctions avec

conscience et dévouaient, jusqu'à ce qu'une chaire de droit étant devenue vacante à l'université de Liège qui venait d'être réorganisée, il y fut appelé.

Ruth était à peine installé en qualité de professeur extraordinaire, lorsqu'il mourut, le 30 juillet 1849, à l'âge de 47 ans. Il était décoré de la croix de fer.

Nous ne connaissons aucun ouvrage imprimé autre que sa dissertation inaugurale, qui soit sorti de sa plume ; cependant il serait à désirer qu'au moins les cahiers de ses cours fussent publiés, parce que, disent les élèves qui ont suivi les leçons de ce savant professeur, ils doivent être des modèles de logique , d'appréciation et d'érudition.

Annuaire de l'université de Liège, 1830 ; 70. — Souvenirs conlempornin». — RUaoi, Catalogne de la Bibliothèque de Lniemboorf, 839.

Kuthrk ou Rutthre. Nicolas le ou de ; v. RUYSTRE, Nicolas le ou de.

RUXTHIEL, Henri-Joseph, né de parents pauvres, à Lierneux, en 1775, fut destiné dès son enfance à garder les vaches et les moutons. Pendant qu'il passait ses jours à cet état il s'amusait à ciseler d'abord au moyen de son canif des tètes et des fleurs sur des morceaux de bois, et se perfectionna si bien dans ce travail qu'à l'âge de vingt-deux ans il pouvait passer pour artiste, sans môme qu'il connût peutêtre le nom de sou art. Il était un jour dans la prairie, entouré de son troupeau, occupé à sculpter sur le pommeau d'une canne ordinaire un groupe de fleurs qu'il voyait autour de lui, lorsqu'un monsieur vint à passer. Celui-ci voyant l'ouvrage du pâtre, l'admira ; il emmena Ruxtliicl à Liège et le présenta au Préfet, le baron Desmousseaux qui le plaça d'abord à l'école centrale où il laissa bientôt derrière lui ses condisciples dans les arts du dessin et de la sculpture.

Envoyé ensuite à Paris aux frais du gouvernement, il fut recommandé au célèbre Uoudon, sous lequel il fit des progrès très rapides, au point que, en 1804, au

concours de l'Institut il obtint le second prix, et en 1808 le prix d'expression fondé par le comte de Caylus.

Après avoir débuté par le Génie des arts et des sciences, et celui de la guerre, qui lui avaient été commandés pour le palais de la Légion d'honneur, ouvrages dont le Grand Chancelier, véritable appréciateur des arts, fut si content qu'il doubla le prix convenu, Ruxthiel fut chargé d'exécuter une partie des bas- reliefs de la colonne de la place Vendôme. En 1809 il exposa au grand concours de l'académie de France un bas-relief représentant Dédale et Icare qui lui valut le premier grand prix et la pension à l'école de Rome.

Il Gt ensuite les statues de Leda et de Pandore que le gouvernement impérial lui acheta ; les bustes de l'astronome Lalande, du sénateur Monge, du secrétaire d'état Maret et de son épouse. ' Il exécuta pour la ville de Liège et la bibliothèque publique de Gand le buste de Grétry. Il fit aussi avec un grand succès les bustes de Napoléon 1" , de Marie- Louise et du Roi de Rome, pour lequel dernier l'empereur loi envoya une gratification de trois mille francs avec le brevet de sculpteur des enfants de France.

Il exécuta encore la statue de Bossuet pour la cathédrale de Mcaux ; celle de St. Charles Borromée pour la Duchesse de Berry; puis celles de la Prudence , la Force, la Justice et la Charité; la Foi et l'Espérance en bas-relief; un autre basrelief : Jehovah entouré d'anges , pour l'église des Invalides.

La banque de France lui avait commandé, en 1814, un buste de Napoléon, et son pendant.- Napoléon ordonnant d'achever le Panthéon; mais les événements politiques de celte époque firent suspendre ce dernier ouvrage.

La même année, 1814, il exposa au Musée du Louvre : Zéphyr enlevant Psychée, qui fut acheté par le gouvernement. Il exécuta vers la même époque: les bustes de Weist, premier peintre du roi d'Angleterre, et de l'empereur Alexandre de Russie. En 1817 , ceux de Louis XVI et de Marie-

Antoinette, pour le palais Bourbon et la conciergerie ; ceux des Duc» d'Angouléme et de Berry ; en 1819 une figure allégorique en marbre, le butte en marbre du Duc de Richelieu pour la Tille d'Odessa et celui du Duc de Feltre en plâtre. En 1824, le buste de Louis XVI II et la statue en pied du Duc de Bordeaux dont il était sculpteur en titre. En 1827 l'apothéose de Madame Elisabeth de France et celui de Mademoiselle.

Il a aussi fait les bustes de Charles X, de la Duchesse d'Angouléme, du Duc de Wellington et de beaucoup d'autres grands personnages , tels que le Comte de Jaubert, de Lambre, le général Jobberi , l'.abbé de Lisle, les barons M icoud-d' limons et Desmousseaux , tous les deux préfets de l'Ourdie , Marchangy , Van Hutthem, de Gand, le Comte de Mercy-Argenteau , Simonis de Verviers et son épouse, etc.

Lorsque la révolution de Juillet 1830 éclata, il était chargé du monument funèbre de Madame Elisabeth de France , pour l'église do la Madelaine.

Ruxlhiel est mort au palais de l'Institut a Paris, le 16 septembre 1837, à l'Age de 62 ans.

C" at acc-DC-LicvK, Biographie licgroiïf, II, 770, aqq. — Dictionnaire «les hommeide lettre», desMvanlf et de* arliatet de la Belgique, 176.

RUYSTRE , Ruislre, Ruyttre , Rultre, Rutthre, Ruythre, Renier, Nicolas le ou de est un de ces noms estropiés de toutes les manières , au point qu'il serait difficile de le restituer à son orthographe véritable ; car les sept variantes que nous avons indiquées en tCle de cet article se rencontrent toutes dans des actes authentiques contemporains ou presque contemporaius. Cependant si nous osions avancer une opinion à cet égard , nous dirions, en choisissant entre ces différentes leçons , que la dernière nous semble être la seule vraie , et que les autres sont dérivées de celle-ci par l'effet de la manie qu'on a eue pendant les quinzième et seizième siècles , soit de latiniser les noms de famille, soit souvent

aussi de les écrire à la manière des idiomes différents des localités dans lesquelles on les prononçait ; et ici on paraît avoir préféré le flam and .

Quoiqu'il en soit la particule nobiliaire le ou de que Ion trouve souvent préposée à ce nom , ne rencontre de justification à nos yeux que dans l'habitude où Ton était alors de croire que l'on ne pouvait élrc grand homme ou au moins haut placé que si l'on était noble.

Nicolas Le Ruystrc, Huilez ou Reuler, né dans le courant du quinzième siècle , à Erpeldange près de Rcmich, non à Luxembourg comme Bertels le croyait, se voua au sacerdoce dans lequel ses éminenles connaissances le firent bientôt parvenir aux plus hautes dignilés.de l'Eglise. En effet, l'archiduc Philippe Gouverneurgénéral des Provinces belgiques ayant eu l'occasion d'apprécier ses mérites ne tarda pas à l'admettre dans ses conseils et à le nommer doyen du chapitre de St. Pierre a Louvain. Plus tard il obtint des canonicats à Arras et à Cambray, de même qu'à St. Bavon de Harlem. Il était en outre archidiacre de. Brabant et chanoine à Lierre lorsque Pierre de Ranchicourt, trenteseptième évêque d'Arras étant venu a mourir en 1499 , les votés unanimes du chapitre se réunirent en sa faveur pour l'élever à l'épiscopal cl le faire succéder au prélat défunt.

Dans cette haute position , Le Ruystre sut constamment unir le goût des sciences à l'accomplissement le plus ponctuel de ses devoirs : Partageant son temps entre l'élude et les soins d'une direction sage mais ferme de son diocèse, il s'occupa constamment à maintenir une bonne discipline de mœurs chez son clergé , jusqu'à son décès, arrivé àMalines,Ie 15 novembre 1509, après un épiscopat de dix ans. Suivant ses désirs il fut inhumé dans l'église de St. Pierre à Louvain où on lui éleva un tombeau avec cette épitaphe :

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