QUI OBIIT
anno Domini M.CC.XC.1X.
Gcsta TreTirornm, II, 12 ad 178.— D. C*i»bt, Notice de la Lorraine; art. Warnberj;. - Btuin, Biographie Je la Moselle, IV, 383. — Iltcsus, Manipulât Hcmmcrodensis, 67. — R«owi«, Annales Trerireases.
WARY , Mcolas , de Marville, dit Warius Nicolatu Marvillamis, suivant la mode de son époque, était natif de la ville dont il porta le nom. Il étudia la philosophie au collège du Faucon , à Louvain et obtint la quatrième place au concours de 1511. En 1526 il fut nommé président du collège des trois langues en remplacement de Jean Stercke , appelé aussi Fortis, qui avait le premier gou-
veroé cet établissement fondé par Jérôme de Busleydeo (v. son art.) . Wary ne conserva cette présidence que pendant trois ans environ , c'est-à-dire de 1 526 à 1 529 en laquelle dernière il mourut, jeune encore , le 2 octobre , et fut inhumé dans l'église de St. Pierre près de l'autel de St. Nicolas. Distingué entre bien d'autres par Erasme , Nicolas Wary eut une petite mais fort belle part dans ses suffrages. En effet, il lui dédia sa traduction latine du traité de Saint Jean Cbrysostôme sur S. Babylas.
Nàvt, Histoire du collège de* troit-laagvea , à Louvain, 9», aqq;et 388.— Vaimim And*»**, Faati •cadetn. lotao. «77.
WATLET, famille diekirchoise , habituée dans la maison de son nom, erronément dénommée maison Gœthals par l'Évêque de la Basse-Moûlurie. Cette maison appartient de nos jours aux héritiers Vannerus.
Six enfants naquirent du mariage d'André Watlet Prévôt de Diekirch et de Marguerite Biitgenbach, savoir: l°eu 1720, Jean-François , qui mourut récollet profès du monastère de sa ville natale ; 2* en 1722, Jean-Nicolas, qui succéda a son père dans les fonctions prévôtales et continua la lignée luxembourgeoise de son nom j 3" en 1724 , Charles-François; 4° en 1729, J tan-Guillaume ; 5° en 1731, "Pierre-Louis; 6° enGn , Anne-Marie-Caroline , née en 1738 et qui fut mariée à Pierre-Joseph Augustin, bailly héréditaire de la seigneurie de Brandenbourg.
Charles-François , Jean-Glillaumb et Pierre-Louis les Watlet prirent service a l'armée autrichienne et entrèrent en qualité de cadets dans le 29* régiment, dit de Wolfenbuttel , infanterie, régiment qui dans la suite eut pour propriétaire le feldmarécual Loudon et changea à cette occasion son nom en celui de Grfin-Loudon.
Charles-François était parvenu an grade de lieutenant lorsqu'il prit sa retraite pour épouser en Hongrie uue riche veuve de la famille de Silbernuget.
Jean-Guillaume et Pierre-Louis restèrent militaires et continuèrent a se distinguer par leur bravoure pendant la guerre dite de sept ans. Ils se couvrirent notamment de gloire aux batailles de Hochkirchen, le 2 septembre 1/58, et de Lignitz, le 15 août 1760, tellement que l'Impératrice-Reine leur Ct remettre à chacun d'eux , par les mains du feldmarécbal Loudon , une montre en or , ornée du portrait de la souveraine entouré de brillants ou de perles Gnes.
A la paix, les frères Watlet, qui tous deux étaient passés majors d'infanterie et avaient reçu plusieurs blessures graves, furent mandés à Vienne où la grande Marie-Thérèse leur concéda des lettres de Baron et à chacun d'eux un majorât situé en Bohême : l'aîné obtint la terre de Schibrun , le cadet celle de Hitzbrun.
Ils y ont épousé deux sœurs de Kesberlé, d'origine noble: Jean-Guillaume Marie- Joséphine , et Pierre-Louis Amélie. Ce dernier , qui est mort sans postérité, institua son frère Jean-Guillaume pour sou héritier universel , réservant toutefois pour sa sœur Anne-Marie-Caroline, dont mention plus haut, la montre qu'il avait reçue de l'Impératrice : cette montre se trouve de nos jours entre les mains de M' le Baron de Blocbausen qui , à ce que l'on dit , en est devenu propriétaire pour bons services rendus à la famille Augustin.
De l'union de Jean-Guillaume , Baron Watlet, mort à Prague en 1793, avec Marie- Joséphine de Kœberlé , laquelle est décédée à Pozibram en Bohème, en 1814, sont nés quatre enfants: 1* en 1769, Wenceslas; 2° en 1773 Sophie-Eupbrosinc , morte chanoinesse a Stahl ; 3° Marie-Anne, morte a Vienne en 1820, veuve du capitaine et chambellan comte Vrécourt de Lavaux ; 4# en 1779 enfin, Joseph-Cbarles-Guillaume , qui fut capitaine de grenadiers au régiment de l'archiduc Louis, et mourut en 1812. Il avait enlr'autrcs assisté à la bataille d'L'lm où il avait été grièvement blessé et fait prisonnier de guerre.
Wencbslas, l'aîné des enfants de Jean- Guillaume Baron Watlet , était très jeune encore lorsqu'il prit service à l'armée qu'il ne quitta point. En 1822 il était chevalier de la couronne de fer , lieutenant-général commandant une division à Padoue.
Plus tard il obtint le grade de lieutenantfeldmaréchal et celui de capitaine-lieutenant des premières gardes d'archers de l'empereur. Il est mort vers la fin de Tannée 1840. En 1799 il avait épousé Kose d'Avanzi, noble vénitienne qui le rendit père de 1° Joséphine; 2° Marie ; 3° Sophie et 4° François ; ces deux derniers sont morts jeunes. Avec lui s'éteignit la lignée des Barons Watlet de Bohème.
Malgré toutes nos démarches nous ne sommes pas parvenu à nous procurer une copie des Lettres patentes de Baron délivrées aux frères Watlet de Bohême.
Cette pièce expédiée comme récompense pour des actes de bravoure nous aurait sans doute fourni plusieurs renseignements précieux à noter. Cependant nous recevons une note intéressante , accompagnant la communication du blasou Watlet: elle nous fait connaître qu'à cette promotion le Souverain n'a fait qu'une addition et quelques changements à foneien écusson de cette famille. Or, le portrait du père des trois frères qui passèrent les premiers en Bohême , portrait qui est de nos jours possédé par M. le juge de paix Augustin de Remich , est accompagné de ces armoiries primitives consistant en un écu parti ; au 1 . d'azur, à la croix alézée d'argent } au deux de gueules , au lion montant d'argent , la queue simple et sans couronne. Heaume grillé. Cimier le lion naissant de l'écu.
Lorsque les frères Watlet obtinrent le titre de baron ils conservèrent leur écusson parti avec les meubles , dont les couleurs seules furent changées comme suit : La croix alézée du 1 obtint une bordure d'or ; au 2 le champ devint d'argent , au lion de gueules , portant un écusson du même ; le tout surmonté d'une couronne coratale à perles. Heaume couronné de
même ; cimier le lion de l'écu', sans écussoos. Hachements d'argent et de gueules.
Titre* et renitigncmenU de famille. — Corropooilanct'* de Wbxcmia», B*»o* Watlbt.— Notes fournie*. — DcMint des écuwoni Watlet.
Wbber, Conrad; v.VECERUS, Conrad.
WEBER, François, fils de Gérard Weber, pauvre journalier, et de Catherine Kesch , est né à Gœsdorf , au canton de Willz, le 21 novembre 1782.
Le jeune Weber avait à peine reçu les premiers principes de lecture et d'écriture, comme du reste on les enseignait alors dans les écoles de village, lorsque ses parents désirèrent lui faire suivre les leçons de latin que le Père Jean-Pierre Pemmers, de Dahl, donnait à cette époque à plusieurs jeunes gens des environs.
Cependant François Weber ne les suivit que pendant quelques années après lesquelles il alla à Mutfort, commune de Contcrn , où il devint maître d'école et prit en même temps des leçons de latin chez l'abbé Sckleich alors curé du dit eudroit et qui alla plus tard mourir à Feulen.
Vers 1805 Weber avait fini sa philosophie et s'était amassé quelques épargnes qui lui permirent de se rendre à Metz où il postula son entrée au séminaire dans lequel il ne tarda pas, par sa conduite exemplaire et par son application soutenue comme jamais il n'en fut , à captiver en sa faveur l'admiration des professeurs et un attachement tout à fait paternel de la part de l'évêque Jauffret qui lui offrit, peu après son intronisation en 1807, la place de maître aux conférences. Weber devait obtenir l'ordination aux quatre-teraps d'automne de la même année ; mais désireux de profiter encore pendant une année des leçons de ses professenrs il sollicita et obtint d'être remis pour un an : ce que d'autres moins avides d'apprendre auraient considéré comme un affront, François Weber l'accueillit comme une faveur.
Dès qu'il eut reçu l'onction sacerdotale,
vers 1808 on peut-être même 1809, l'évéque J au ffrct, qui s'était déclaré son protecteur lui offrit les fonctions de supérieur de son séminaire; mais il les refusa par modestie, se eontentant d'accepter l'humble poste de vicaire à Sarreguemines, auprès d'un curé accablé par les années et les infirmités. Il y renia deux ans au bout desquels il fut envoyé à Blicsbruckcn, toujours en qualité de vicaire.
Nommé vers 1812 ou 1813 curé-desservant à Dibling, toujours en Lorraine, il y demeura sept ans, faisant son unique occupation à bien diriger sa paroisse et à donner des cours d'humanités, de philosophie et même de théologie à plusieurs étudiants qu'il poussait si avant que plusieurs purent obtenir les ordres mineurs dès leur entrée au séminaire.
Pendant son adolescence déjà, Weber avait conçu un très vif désir pour les voyages lointains , mais surtout pour visiter les Lieux-Saints. Ce désir fut dans la suite changé par lui en un vœu solennel qu'il Ht lorsqu'il fut devenu prêtre. Aussi, après qu'il lui eut été possible de réunir quelques épargnes à Dibling, paroisse riche en revenus , voulut-il remplir son pieux dessein. Il donna en conséquence sa démission comme curé, enrichit son église d'un orgue et y fonda, comme souvenir un traitement pour l'organiste ainsi qu'un anniversaire à son intention. Il partit ensuite en pèlerinage pour Rome où il séjourna deux ans et demi, passant ses jours à visiter les églises et les monastères pour y faire ses dévotions. Ses vastes connaissances n'ayant pas lardéù être connues, il fut nommé professeur de théologie et de littérature allemande au collège germanique, fonctions qu'il remplit avec la plus grande distinction et qu'il continua jusqu'au printemps de l'année 1821.
Lorsqu'il crut sa mission religieuse h Rome terminée il se mit en roule pour la Turquie, la Palestine, la Syrie, l'Asie mineure et l'Egypte, afin de voir de ses propres yeux tons les lieux remarquables de l'ancien monde, mais surtout ceux que
le Sauveur avait touches et arrosés de son sang : il demeura entr'autres douze jours à Jérusalem. Dans une des provinces de l'Asie-mincurc il sut se faire bien voir du pacha qui lui fit cadeau d'un dromadaire pour transporter ses effets à travers les déserts de l'Arabie.
Après son retour en Europe il voyagea dans toutes les contrées catholiques, mais surtout dans celles où reposent les reliques des grands saints, afin de célébrer la messe sur leurs tombeaux : c'est ainsi qu'il a dit plus tard, que même hors les églises d'Italie il avait accompli le saint sacrifice dans plus de trois cents églises enrichies de reliques d'apôtres, de martyrs, de confesseurs etc. Le 4 mai 1822 il rentra dans son endroit natal, à Gn?sdorf, où il prêcha le dimanche 12 mai, jour de la dédicace de celte vieille église qu'il enrichit à cette occasion d'une particule assez considérable de la vraie Croix, avec son authentique. Il v fonda de même un anniversaire fixé au \ septembre.
Il retourna ensuite à Metz oii l'évêque le reçut avec bonté et lui offrit une place importante dans sa cathédrale ; mais l'abbé Weber s'en excusa, prétextant la faiblesse de sa santé. Il se rendit ensuite à Paris où nous le trouvons déjà le 17 avril 1823 chargé des fonctions délicates de prédicateur et de confesseur des dames, religieuses du couvent de N.-D. de Charité de Refuge, maison dite de St. Michel, rue St. Jacques, 193.
Pendant sept ans qu'il remplit cet emploi il occupa ses moments de loisir h rédiger YHisloire de ses voyages dans les trois parties de V Ancien - monde , surtout la Terre - Sainte ; 9 volumes in-8°. Cet ouvrage que lui-même il disait important, est resté manuscrit. Nous n'avons pas pu apprendre où il se trouve en ce moment; mais il semble qu'il serait à désirer qu'il fût imprimé ; il offrirait au moins autant d'intérêt que celui de Corncil de Bruyn : « Reizen door de vermaardste Declen van «.Klein Asia, de Eylanden Scio, Rhodus, « Cyprus, Metelino, Stanchio, etc., Mifs-
« gaders de voornaamste Steden van «Aegypten, Syrien en Palealina.» Delft, 1698; in-folio, avec un grand nombre de planches.
Lorsqu'à la suite des journées de juillet 1830 les religieux se trouvèrent exposés à des tracasseries en France, à cause de la part active qu'où les accusait d'avoir prise à la révolution pour soutenir la dynastie déchue, François
eber qui ne voulait accepter aucun parti politique , se renfermant absolument dans sa vocation sacerdotale , quitta Paris et se rendit à Munich où il professa la littérature allemande ; mais il n'y séjourna qu'un an au bout duquel il retourna à Rome pour entrer au noviciat des Jésuites. Envoyé vers 1833 au collège de N.-D. de la paix à Namur , il y professa jusque vers 1852: Le 21 novembre 1834, cinquante-deuxième anniversaire de sa naissance , il y prononça ses vœux solennels à l'ordre d'Ignace de Loyola.
Appelé ensuite à la résidence de Gand il fut occupé à la prédication et y mourut subitement , d'apoplexie ou bien d'un anévrisine , pendant la nuit du 29 avril 18o8, à l'Âge de soixante-quinze ans et sept mois. 11 a été inhumé au cimetière de son ordre , à Tronchiennes près de Gand.
François Weber était un prêtre pieux, vertueux et instruit. Toute sa vie a été passée en prière et en œuvres évangéliques. Ses correspondances avec sa famille , que nous avons eues entre les mains, ne respirent que cette suave onction d'une religiosité tellement absolue qu'en les lisant on se trouve comme transporté dans une atmosphère nouvelle. Cet homme apostolique portait constamment pendue au col une grande croix en argent, richement chargée de reliques qu'il avait acquises pendant ses longs voyages ; et lorsqu'il quitta la ville éternelle le Souverain-Pontife lui avait , par un brevet spécial , donné pouvoir d'absoudre tous les péchés sans exception aucune, même ceux réservés au Saint- Père.
ReucigacmcaU de famille. - Correspondait» da P*re François Wrbrr lui-même. — Lettre de faire part du prorineial des Jésuite*, à Gaad. — Etat civil de ta commaae de Gasdorfc
WEIIR, Jean, dit de, du lieu de sa naissance dans lu commune moderne de Palzein , Luxembourg prussien , a vécu pendant la première moitié du dix-septième siècle.
Jean de Welir , né de parents très pauvres, se trouvait réduit à garder les bestiaux dit-on, ou à servir comme domestique, lorsqu'il s'amouracha d'une fille d'un riche cultivateur dont la main lui fut refusée à cause de sa misère. Anéanti par ce mal- Leur il alla s'enrôler à Luxembourg dans l'armée espagnole qui y était alors en garnison; et par sa conduite ainsi que par sa bravoure sur le champ de bataille il monta rapidement do grade en grade jusqu'à celui de général de cavalerie. La tradition rapporte que , se trouvant un jour à Luxembourg il lui prit fantaisie de revoir son ancienne bonne amie , cette fille qui n'avait pas voulu l'accepter pour son époux alors qu'encore il n'était couvert que de haillons: il alla à Welir avec ses aides-de-camp et une suite aussi nombreuse que brillante , et fit appeler celte femme qui avait entretemps été mariée à un autre et avait eu le malheur de devenir pauvre à son tour. Elle se présenta devant le général sans le reconnaître, toute tremblante parce qu'elle ne pouvait savoir ce qu'on lui voulait. Qu'alors Jean de Wehr lut aurait demandé si elle ne connaissait plus en lui sou ancien amant Jean , dont elle avait méprisé les hommages? et qu'en môme temps il lui coula dans la main un rouleau de pièces d'or. Que celte pauvre femme, tout ébahie en voyant tant d'or et le riche uniforme de celui qui l'avait autrefois si sincèrement aimée, se serait écriée : qui aurait pu le prévoir ?
Tout ce qui précède ne repose que sur une tradilion constante qui s'est perpétuée dans le village de Wehr et les environs. Cetto tradition, qui a nécessairement un fondement historique, a fait soupçonner à M. le curé Schammel de Palzem que ce
Jean de Wehr ne serait notre que le fameux Jean dit aujourd'hui généralement de Wertb que les biographes des Pays- Bas font naître dans un village belge.
Cette idée, qui n'a pas été publiée jusqu'ici, acquiert une immense vraisemblance, même presqu'une certitude historique par les titres authentiques que, suivant M. le curé Scbammel , la famille Wcllenstein d'Ehuen posséderait sur le véritable Jean de Wehr dans le Luxembourg prussien, titres dans lesquels ce nom serait écrit tantôt Wehr, tantôt Werth ou Werdt.
A cette époque où l'on se dénommait généralement de son endroit natal et où l'orthographie fixe des noms patronymiques était si peu connue, la confusion devenait facile ; et ce surtout , comme cela arrive même -ouvent encore de nos jours, parce que celui qui, né dans une classe infime parvenait à de hautes dignités, pensait avoir intérêt à cacher I humilité de son origine.
Quoiqu'il en soit, Jean de ^ ebr, s'il est différent de Jean de Werth des biographies hollandaises, Morissait dans toute sa gloire à la même époque que ce dernier , c'est-à-dire entre 1638 et 164b; tous deux étaient nés pauvres ; tous deux s'enrôlèrent par dépit; tous deux servirent d'abord l'Espagne (l'empire) puis la Bavière ; tous deux enûn furent anoblis.
Et nous ferons même observer subsidiairement que la ville de Weert en Gueldre, où les biographes font naître leur Jean de Werth , nous parait placée bien trop loin des possessions espagnoles d'alors, pour permettre au jeune Jean d'avoir pu facilement exécuter son coup de tête eu s'enrôlant dans l'armée espagnole-impériale. Bien des vraisemblances militent ainsi en faveur de la tradition bi-séculaire et constante de l'ancien village luxembourgeois de Wehr pour revendiquer l'honneur dravoir donné le jour à ce général célèbre.
S'il fallait donc rapporter h notre Jean de Wehr les faits et gestes qui sont généralement attribués à Jean de Werth en faisant de ce personnage unique deux
individualités, nous ajouterions pour compléter son article, que : né en 1594 il servit d'abord et jusqu'en 1631 dans l'armée impériale; qu'il entra ensuite dans celle de Bavière avec le grade de colonel ; qu'il se distingua infiniment dans la guerre dite de trente ans que la maisou d'Autriche soutenait à celle époque contre les Suédois, les Français et les potentats de l'Allemagne, et qu'il eut divers succès très brillants qui le firent nommer général de cavalerie. Qu'en 1637 il prit le fort d'Ehrenbreitstein et força le duc Bernard de Saxc-Weimar de lever le siège de Kcnzingen , etc. etc. Qu'après avoir ravagé la Picardie il marcha sur Paris; etc. Qu'a la fin il fut fait prisonnier près de Rheiufelden en 1638 et conduit au chAteau de Vinccnncs d'où il sortit néanmoins bientôt après sur parole, à cause de ses belles manières mais surtout de sa force herculéenne ainsi que de son grand savoir boire et manger, au point que toute la haute volée de Paris voulut le voir. Qu'il récupéra définitivement sa liberté en 1642. Qu'il dégagea ensuite Rothweil, fit dix régiments français prisonniersj et que par un nouveau dépit il prit service sous l'empereur. Qu'il se couvrit d'une nouvelle gloire pendant la campagne de 1646; que l'année suivante il rentra sous les drapeaux bavarois et se retira après la paix de Munster, en 1648, dans ses propriétés de Bohème où il est mort le 12 septembre 1652 et fut inhumé dans la chapelle du château de Benateck près de Prague , dont l'empereur lui avait fait cadeau.
Les historiens ajoutent que lorsqu'il parlait le français il conservait toujours un fort accent allemand qui du reste était sa langue maternelle; preuve de plus, s'il en fallait encore, qu'il était né allemand, non hollandais ni belge. De Feller ajoute que son amabibté était si grande et si originale qu'il devint le sujet de plusieurs vaudevilles et de chansonnettes a Paris , d'où son nom serait devenu trèa populaire en France pendant sa captivité,
comme précédemment il y avait été en effroi.
Jean dît de Wehrt forme une des grandes figures militaires de la guerre de trente ans qu'il a faite presque toute entière. Le 4 avril 1635 l'empereur Ferdinand II l'avait créé baron de l'Empire au port d'armes: d'argent, au lion au naturel , couronné d'or , la queue fourchue en sautoir, armé et langué de gueules. Le 10 juillet 1647 Ferdinand 111 le créa comte.
Marié trois fois, d'abord à Gertrode de Gand; ensuite en 1636, à Cologoe, à Marie-Isabelle comtesse de Spaur, morte en 1647 ; enfin le 25 juillet 1648 à Marie- Susanne, baronne de Kuffstein. Sa première union seule lui donna un fils , mort jeune , et une fille.
François Binder , son biographe populaire fait le portrait suivant du cavalier noir ; c'est ainsi qu'il nomme le héros :
Aucun général de la guerre de trente ans n'a , pendant le second stade de ce drame sanglant exécuté avec succès autant d'actes de bravoure que Jean de Wehrt, et peu d'entre eux n'ont comme lui transmis à la postérité leur nom dans des chants patriotiques. Toute sa vie fut remplie d'aventures et d'agitations comme l'époque pendant laquelle il fut sur la scène : aussi chaque page de l'Histoire contemporaine porte-t-elle la mention de ce favori du sort qui ne dut toute sa gloire qu'à lui seul. Admiré d'abord par ses courses en guérillas, fabuleusement rapides et faites en sousordre, il commença après la journée de Nœrdlingen à laquelle il prit une glorieuse part, & briller dans une anréole indépendante ; et son apparition, soudaine comme le vent, en France où il s'en fallut peu qu'il ne fit le roi lui-même prisonnier ; sa chasse en avant de Paris ; sa course comme partisan contre les Hessois devant Ehrenbreilstein; la prise de cette forteresse ; ses combats heureux contre le duc Bernard devant Wittenweier ; l'escalade des retranchements ennemis sur le Rhin ; son héroïsme près de Rbeinfelden; sa
détention en France, devenue célèbre; la prise du camp de Tuttlingen ; sa noble audace même pendant les batailles où le sort se montrait contraire; la célérité d'action qu'il montra près de Herbsthausen où il décida la victoire ; la délivrance de l'empereur pendant une surprise tentée contre celui-ci au milieu de la nuit ; enfin l'heureuse chasse qu'il fit aux généraux ennemis près de Dacbau, tous ces faits sont de brillants joyaux pour orner la vie de Wehrt, et qui ont procuré l'immortalité à son nom dans l'Histoire.
Notes et renseignements Connus par M. Scnaanci, enté a Palicm-Weur. — De Fcxlks , Dictîonn. Ltstor. VI, 331$. — Les Délices des Pays-Bas, I, 339. — Moment, Suppléai. 111,1013.— Conversations Lciieon, édit. 1836 et 1831. - Jean de Werth. der Iteitergênerai; Ton Faaxz Bisana. 8chaffhanscn , 1836.
WEIDERT, ou Weyderl, François, Jésuite , théologien et confesseur de l'Electeur de Cologne, est mort à Luxembourg, en 1743.
Burnous, VIII, 197.
WEIMER, George et Antoine, étaient vraisemblablement frères, ou peut-être oncle et neveu.
Ils entrèrent l'un et l'autre dans la compagnie de Jésus. George, que nous avons lieu de croire le plus âgé, s'est occupé à traduire en allemand l'Histoire du Peuple de Dieu, par le jésuite Berruyer; et Antoine a fait imprimer cet ouvrage en 8 vol. in-4°, après l'avoir retouché. Ce livre, qui est sorti des presses des héritiers Chevalier de Luxembourg , en 1753, semble n'avoir jamais été mis en vente, puisqu'à la suppression des monastères l'édition entière a été trouvée en feuilles , déposée sur les combles de l'église des récollets et a été vendue en hausse publique comme maculature , à des épiciers. C'est ainsi que quelques personnes en ont pu réunir des exemplaires, auxquels tous il manque cependant les quatre dernières pages de la table chronologique ainsi que les quatre premières
do texte de la création, ensemble une feuille d'impression: Un de ces exemplaires se trouve à la Bibliothèque de Luxembourg, un second dans la nôtre et nous en avons dans le temps rencontré un troisième en vente chez un frippier. Il est possible qu'il n'en existe plus d'autres.
Les auteurs de ce livre lui ont donné le titre suivant : Die Geschichten des auserwehlten Volcks-Gotles, aus gœttlieher Schrifft allein zusammen getragen. Dos ist: Eine vollstœndig und schrifftmœszige Beschreibung ailes dessen, to sich mit dtnen Israëliten seit der Erschaffung der Welt, bisz zur Geburt des Messias zugetragen. Erstlich in Frantzœsischer Sprach verfasset durch P. Isaac- Joseph Berruyer der Gesellschafft Jesu Prîestern; Nachgehends durch Weil. P. Georg Weimer, erslgedachter Gesellschafft Priestern in dos Hoch-Teutsche uebersetzt. Anjetzo aber mit mœglichstem Fleisz uebersehen, und in Druck verfertiget herausz gegeben durch P. Anton. Weimer , encœhnter Gesellschafft Priestern. Lutzemburg, In Verlag der Erben des seel. Andreœ Chevalier. Ihro Kayserl. und Kœnigl. Maj. Buchdrucker, 1753. Mit Privilegio Ihro Rœmisch.
Kayserlich- ttnd Kamiglichen Maj estât und Erlaubnus der Obern.
Si nous admeltoDs que les deux pères Weimer ont été luxembourgeois, c'est bien parce que ce nom existe encore dans le Luxembourg où une famille l'a changé en Wcmmer; et que les héritiers Chevalier, de la même ville, ont été chargés d'imprimer cette œuvre. Il paraît du reste qu'Antoine Weimer résidait à Nancy , en 1753, puisque son épitre dédicatoire à Madame Elisabeth-Auguste de Sultzhach, comtesse palatine du Rhin , duchesse de Bavière , Juliers et Clèves , Marquise de Berg-op-Zoom , comtesse de Vcldentz, Sponheim et Bavensberg, est datée de cette ville. A la même époque Georges Weimer était mort, comme le titre même de l'ouvrage l'indique.
Claies. CaUl. Bibl. Luxbrg., 94. — Renieigoetaeati fournis. — F.'onTrage cité dan* le texte.
WELLENSTEIN, Nicolas, né à Ehoeo, aujourd'hui commune de Wormeldange, le 16 décembre 1700, fils de Jean-Guillaume Wellenstein et de Marguerite de Lœn , est décédé au même endroit, le 24 juillet 1771.
Député aux Etats du Duché de Luxembourg et Ecoutéte dans les seigneuries luxembourgeoises du chapitre de l'Eglise métropolitaine de Trêves, Nicolas Wellenstein fut parmi ses contemporains un homme distingué et important, souvent consulté par le Gouvernement. Il jouissait dans les Conseils du Pays d'une confiance et d'une influence méritées. Nicolas Wellenstein, père de Jean-Nicolas, fut l'aïeul de Nicolas Wellenstein vivant député aux anciens Etats et décédé Juge de paix du canton de Remich : et bis-aïeul de M' Mathias Wellenstein de Dreyborn , actuellement Conseiller honoraire de la Cour supérieure de Justice du Grand-Duché, et Conseiller d'Etat, ainsi que des frères de ce dernier.
lVaprea dea note* comaanniqnMf. — Archive* de la famille. — Archive* dea ancien* Eut*.
WELTER, Jean-Joseph, est né à RédaDge, aujourd'hui village français près de Bel vaux, le 3 mai 1763. Nous ne savons rien sur sa jeunesse qu'il passa vraisemblablement dans la maison paternelle. Plus tard il se rendit à Paris où il se mit, diton, au service comme valet de chambre chez un monsieur qui s'occupait de sciences naturelles et de chimie. C'est là que se décida chez Welter un goût prononcé pour l'étude, goût qu'il sut mettre à profit pendant ses heures de loisir, en se servant des livres de la bibliothèque de son maître; et il eut bientôt fait des progrès assez marqués pour pouvoir former le projet de suivre les leçons publiques à l'école des sciences : il en demanda la permission à son maître et elle lui fut accordée. Au bout d'une année environ il s'était déjà fait remarquer par le professeur de chimie qui lui proposa la place de préparateur de son cours. Welter qui fit
daDs cette offre une excellente occasion pour parvenir à une parfaite connaissance de sa branche favorite, accepta avec empressement ; et de ce jour commença véritablement pour lui une vie nouvelle qu'il devait consacrer uniquement à l'avancement des connaissances humaines.
L'aménité de son caractère, sa sagacité dans la manipulation et son intelligence a suivre comme a analyser les expériences de cette science qui était encore à son berceau , firent bientôt naître entre lui et le célèbre Thenard une amitié qui devait produire les plus heureux résultats. En effet, ce que le professeur ne faisait souvent que soupçonner dans les propriétés des substances soumises à ses études, le préparateur le vérifiait avec soin et le faisait consigner dans les annales des conquêtes de l'art chimique. Ses études lui firent en outre faire des découvertes importantes, telle que la vertu de la solution de chlorure de chaux pour servir au blaechiement de la toile, etc. Mais Welter était trop modeste pour accepter pour siennes les conquêtes qu'il faisait; il se contenta toujours de les indiquer à d'autres qui a leur tour eurent de lui la permission de les publier, mais avec défense expresse de nommer le véritable inventeur. C'est ainsi que Thenard et Gay-Lussac durent réellement une partie de leur réputation à Welter ; et encore aujourd'hui ces circonstances seraient ignorées si la reconnaissance n'avait obligé ces habiles professeurs à les révéler malgré la défense qui semblait les lier au secret.
Welter était aussi charitable et aussi serviable que modeste ; et il ne fut jamais plus heureux que lorsqu'il pouvait montrer aux industriels ses procédés nouveaux.
Il est mort célibataire , à Paris , le 6 juillet 1852, à l'âge de 89 ans. Ses mérites l'avaient fait décorer de l'étoile de la Légion d'honneur et de la croix de l'ordre luxembourgeois de la couronne de chêne.
Note* de famille. — Soaveairt pcrtoandi. — Let ouvra deG*Y-Lo*i«c et Je Tuait», etc.— Annale* de Ckiaie et de Payant.
WELTER, Théodore-Henri, fils de Henri Welter, régisseur du haut-fourneau dit de Montauban près de Buzenol , au canton moderne d'Etalle , et de Marie Picard , est né le 5 août 1750 , au dit fourneau de Montauban. Il avait un frère , religieux profès des écoliers à Houffalize, et deux sœurs, également religieuses à la Congrégation de Longwy. Son autre frère s'est marié.
Après avoir fait de bonnes études, Théodore-Henri Welter fut ordiné et ensuite nommé curé à Eschdorf en 1777.
En 1784 il fut transféré à Ethc-Belmont. C'est dans celte dernière cure qu'il fut témoin des excès commis par les troupes françaises pendant l'envahissement du Luxembourg, vers 1793 — 94, et assista à l'incendie de son village ainsi qu'à la lacération d'une infinité de titres historiques et de famille qu'il avait en dépôt chez lui. Après ces désastres , et lorsque la tranquillité fut revenue il crut faire nne œuvre patriotique en réunissant et en transcrivant en un gros registre qui est resté manuscrit, tous les renseignements généalogiques qu'il a pu recueillir sur les familles nobles du Pays. Ces fragments , qui sont devenus très-importants après la perte des titres originaux , le bon curé les a fait précéder d'une espèce de préface dans laquelle nous remarquons le passage suivant qui est caractéristique: «Un curé (c'est l'auteur lui- «méme), qui a vu avec peine brûler «publiquement en 1796 les titres du «siège des Nobles et les archives des «Trois-Elats de la province, déchirer les «papiers des Maisons religieuses et d'une «quantité de familles nobles, détruire les <( mausolées et les épitaphes de leurs an- «cêtres, soustraire tout ce qui respirait « l'antiquité , etc. , croit rendre service à «la postérité en lui conservant des ren- « seignements manuscrits sur les anciennes « familles do pays , renseignements aux- « quels on pourra en cas de besoin «avoir recours dans la suite, et qui «pourront indiquer à ceux des généra- « lions à venir qui seraient dans le cas
«de faire quelques recherches généalo- « giques, la route à suivre pour déterrer «ce que la nécessité pourrait leur faire «rechercher. Pour conserver ce dépôt aux «générations suivantes, il a eu recours «à diverses familles pour développer «clairement ce qui les concernait. II n'a « demandé que le simple historique de ce «qui leur était relatif. On s'est em- « pressé de toutes parts à communiquer «amicalement ce qui était relatif à leurs « ancêtres. » etc.
Ce précieux registre compte 888 pages et est aujourd'hui en la possession d'un petit neveu de l'auteur , Mr le Docteur Burnotte, de Florenville. La société archéologique du Grand-Duché de Luxembourg en possède des extraits considérables qu'elle doit à l'obligeance de Mr le chanoine Daman , de Wiltz , directeur de l'institut Marci a Chassepierre. 11 a pour titre : Généalogies de différentes familles du Pays de Luxembourg.
Le curé Welter a en outre écrit un autre cahier in folio , qu'il a suscrit : Tablettes généalogiques, représentant les ancêtres paternels et maternels de plusieurs Souverains luxembourgeois.
La paroisse d'Elhe était, sur ces entrefaites, devenue trop étendue pour pouvoir être convenablement régie par le curé Welter qui était avancé en âge et voyait ses forces diminuer : 11 demanda en conséquence et obtint celle de Chénois près de St. Mard , où il est mort vers l'année 1 822 , regretté pour ses connaissances et pour la douceur évangéiiquc qu'il avait constamment mise pendant près d'un demi siècle à diriger ses ouailles vers le salut.
Le curé Welter dit Fr. L. de Hontheim , était un homme rempli de science, versé dans la langue grecque , un appui de la foi et aurait convenu pour évéque.
Il avait sauvé , lors du sac de l'abbaye d'Orval, un livre d'heures qui avait appartenu a Weoccslas 1er , duc de Luxembourg. Sur la fin de sa vie il en fit cadeau à M. Dutreux-Boch , receveur-général du
Grand-Duché. Ce dernier a fait hommage du précieux manuscrit au Roi Guillaume I.
Renseignements comoianlquéj.— Lci mariaient* cité* dans le tcite.
Wkydbrt, François; v. WE1DERT, François.
WEYDERT, Jean-Baptiste, fils de Michel Weydert, propriétaire de Weyderterhof , près de Larochette , et de Catherine Atem, est né au dit Weydershof, le 5 décembre 1753. Lorsqu'il eut achevé ses humanités au collège de Luxembourg il passa au séminaire de Trêves où il fut ordiné en 1777 , à l'âge de 23 ans, par l'archevêque Clément - Wenceslas , après avoir obtenu le bonnet de Docteur en théologie à l'université de la même ville.
II fut d'abord après son ordination uommé vicaire à Nommera, puis quelques temps après desservant à Dockendorf où il se trouvait à l'époque de la conquête du pays par les armées républicaines qui abolirent, comme on sait, l'exercice public du culte par les prêtres non assermentés. Le curé Weydert, auquel sa conscience ne permettait pas de prêter ce serment blasphémateur , se crut en devoir de résigner sa paroisse et de vivre en homme privé, de manière à rester ignoré des sans-culottes , se contentant de dire la messe en cachette.
Pour mieux masquer son véritable état, il demanda même et obtint la place de juge de paix dans la commune qu'il habitait, sans être reconnu comme prêtre réfractaire par les agents du pouvoir exécutif comme sans être dénoncé par ses paroissiens qui l'aimaient tous comme un véritable père. Cette situation pour le curé Weydert dura jusqu'au concordat, après la conclusion duquel l'évéque de Metz, Pierre-François Bienaymé le fit passer à la cure primaire de Wiltz , par nomination du 7 novembre 1803. 11 en prit possession le 27 du même mois et, pendant vingt-nenf ans qu'il dirigea cette vaste paroisse, il sut se faire chérir par
ses ouailles comme à Dockeudorf: car, non content de leur prêcher la parole évangélique , il ne cessa pas un seul instant de mettre en pratique les leçons qu'il donnait du haut de la chaire. Le dernier acte de sa vie fut même encore un bienfait pour ses chers Wiltzois , car c'est ainsi qu'il les nommait : il leur abandonna toute sa fortune , par testament olographe du 1" décembre 1831.
Dans cet acte, vrai modèle d'amour et de charité chrétienne , il légua : 1° un capital de 1500 francs, pour les intérêts à en provenir servir à rémunérer par parts égales, le vicaire de Wiltz et celui de Niederwiltz, qu'il chargea de donner une instruction dominicale à la jeunesse de la paroisse, en expliquant tous les dimanches après les vêpres, un chapitre de l'ouvrage de Chrétien Sturm , intitulé: « Betrachtungen ùber die «Werke Gottes im Reiche der Natur» , ouvrage qui a obtenu l'honneur d'une traduction française sous le titre de : Considérations sur les œuvres de Dieu dans le règne de la nature et de la providence, et dont il laissa un exemplaire déposé au presbytère. Il ajouta que: à défaut de consentir à cette charge, le dit capital et les intérêts à en provenir appartiendront à l'hospice des pauvres de Wiltz.
Pour établir ici cette disposition sans qu'on puisse y opposer une objection quelconque, nous rapporterons le texte même
du testament : « 61"". Verordne ich
« zum Unterricht der Jugend ein Kapital « von fuenfzehn hnndert Franken (708 fls. «70 cts. P-B.) welche von den Herrn « Executoren auf gute und sichere Hypo- « theckeo zum jaehrlicben Interesse sollen « ausgeslellt werden zum Nutzen der zeit- « lichen Herrn Vicarien von Wiltz und «Niederwiltz. Dafuer sollen dièse Herrn « mit halbscheidlicher Theilung der Inte- « ressen gehalten seyn unter der Àufsicht «und Richtung des Herrn Pastors von «Wiltz, jede Sonntage des Jahres, die « vier Hauptfeste und jenes der HH. Apos- «teln Petrus und Paulus Tages der hie- « sigen Kirchweihe ansgenommen, die Ju-
te gend der Pfarrei nach der Vesper zu «versammeln, und selbe gehoerig in der « Christlichen Lehre und guten Sitten zu « unterrichten. Jedesmal sollen auch dièse « Herrn beim Beschlosz des Christlichen « Unterrichts der Jugend dem Monate und « der Zeit nach, ein Kapitel ans Christians « Sturms Betrachtungen neber die Wercke « Gottes im Reiche der Natur, wovon ich « ein Exemplar zurueck lasse, verstsndlich « vorlesen und kuerlzlich erkkeren , um «sich selbst zu ueben und der Jugend «Kenntnisz der Natur und der Wercke «Gottes zur Liebe der Religion beizu- « bringen. Wegen dieser Zulage, welche « sie besonders verdienen, soll den Herrn «Vicarien ihr gewœhnliches Gehalt im « geringsten nicht vermîndert werden. Soll- « ten auch dièse Herrn sich nicht gefallen «lassen dièse Zulage mit den gemelten « fiedingoissen anzunebmen, so soll obiges « Kapital mit den Inleressen dem hiesigen « Hospital zu nutzen der Armen zu fallen.»
Le même testament renferme en outre les libéralités suivantes : 2° Un capital dépareille somme (1500 francs) est donné, pour les intérêts à un provenir servir à habillerannuellementquatreélèvespauvres, les plus méritants des écoles de Wiltz, en guise de prix.
3° La somme nécessaire pour la fondation d'un simple anniversaire pour le repos de l'âme du testateur. — Cette dépense s'est élevée à 298 frs., 41 centimes.
4° La somme de 7134 francs, surplus de sa fortune a été donnée au bureau de bienfaisance de la commune.
Ainsi, ce digne prêtre a fait aux pauvres de sa paroisse une libéralité de dix mille quatre cent et trente -deux francs; c'està-dire qu'il leur a donné tout ce qu'il possédait encore ; ayant, déjà pendant sa vie, soulagé bien des misères secrètes.
Le enré Weydert s'est en outre rendu recommandable par les soins qu'il a mis à introduire à Wiltz et dans les environs la culture des arbres fruitiers, culture qui était jusque là restée tout-4t-fait négligée sous ce climat ardennais.
Homme du monde, savant, prudent et
affable en société, autant qu'il était prêtre éclairé, tolérant et zélé, sa connaissance était avidemment recherchée et cultivée par les petits et les grands ; et il n'a dépendu que de lui d'obtenir le rochet de chanoine à Metz; Ton va même jusqu'à ajouter, sur la foi de lettres qui ont été trouvées pàrmi ses papiers et qui avaient été conservées par Mr le juge de paix Faber (v. son art.) , que l'évêché de Namur lui aurait été offert de la part du roi Guillaume Ier, et qu'il aurait décliné cet honneur.
Jean-Baptiste Weydert est mort le 29 mai 1832, à l'âge de 78 ans et quelques mois. La reconnaissance publiqne lui a élevé un monument en marbre qui porte l'inscription suivante :
Die Pfabrkjkder Beschcktzer
WlLTZ DER SCHULE
zum Andemken J. B. WEYDERT ^ txn
PASTORS DES HOSP1TALS.
Er starb bswbint von semer Hebde, ©en 29 May 1832, in seinem 80"* Lb-
BENSJAHBB. FbIEDE SEINER AsCDB.
Archive* communal» de Wilts. — Notes et tonlaitance. — Tilre» originaux de J. B. Weydert.
Wbylbr , Barthélémy de; v. BARTHÉ- LÉMY, dit de Weyler.
WILLEHAD , quoiqu'étranger au Luxembourg par sa naissance et par son origine, appartient cependant à la Biographie de ce pays à canse du séjour que pendant sa persécution il fit à l'abbaye d'Echternach, sous l'abbé Beonrad (v. son art.).
Né dans le royaume de Northumberland pendant le huitième siècle, Willehad fut élevé dès son enfance dans les lettres et la piété. Son humilité , son amour pour la prière , l'austérité de sa vie , lui méritèrent l'honneur du sacerdoce. Lorsqu'il considérait les travaux apostoliques de plusieurs de ses compatriotes qui avaient suivi St. Willibrorde dans la Frise et Si. Boniface en Allemagne, Willehad se reprochait souvent son inaction et se sen-
tait enflammé d'un ardent désir d'aller prêcher l'Evangile aux peuples barbares qui étaient encore plongés dans les ténèbres du paganisme. Son zèle ayant été approuvé par ses supérieurs on loi permit de poursuivre sa vocation.
Il s'embarqua en conséquence vers l'année 772 et vint aborder en Frise. Il commença sa mission à Dockum, près du lieu où Saint Boniface et ses compagnons avaient été martyrisés dix-huit ans auparavant. Plus heureux que ces derniers , Willehad réussit à faire écouter ses instructions, à eB convertir plusieurs et à leur administrer le baptême. -
De là il passa l'Yssel et dirigea sa route vers le pays nommé de nos jours Ower- Yssel , où les habitants d'un village nommé Humarck tentèrent de le faire périr lui et ses compagnons ; mais il échappa à ce danger et alla prêcher dans la province de Drenthe où il opéra un grand nombre de conversions : Quelques-uns de ses disciples s'étant, peut-être par un excès de zèle, mis en devoir de démolir les temples des idoles de ces peuples , ceux-ci en furent si irrités qu'ils voulurent massacrer tous les missionnaires. Un de ces hommes déchargea même sur Willehad un violent coup de sabre qui lui aurait fendu la tête, si l'instrument meurtrier, en louchant un cordon qui retenait une boite de reliques que l'apôtre portait pendue au col , n'avait pas perdu son fil. Les idolâtres surpris de cette circonstance conçurent une si grande vénération pour Willehad, qu'ils ne pensèrent plus à le maltraiter , ni lui ni les siens. 11 se rendit de là dans la contrée où se trouve actuellement placée la ville de Brème et fat ainsi le premier missionnaire qui passa l'Elbe ; il y prêcha pendant sept ans l'Evangile aux différentes tribus des Saxons. Mais au bout de ce temps sa mission fut interrompue par la révolte de ce peuple contre l'autorité de Charlemagne (782).
Afin d'échapper aux massacres qui accompagnèrent cette levée de boucliers, Willehad s'embarqua pour la Frise ; et
de là il fit no voyage à Rome , dans le dessein de faire connaître ao pape Adrien les progrès qu'il avait faits dans ses travaux apostoliques. Le Souverain Pontife le reçut honorablement et l'envoya en France, d'où , en attendant la fin de la guerre , il se retira dans le monastère d'Echteroach, chez son parent, l'abbé Beonrad. Il y demeura deux ans qu'il employa à composer plusieurs commentaires sur l'Évangile, les épi très de St. Paul , etc. , que par reconnaissance il laissa à l'abbaye qui les avait soigneusement conservés jusqu'à sa suppression : Il parait qu'ils ont été perdus depuis.
Witikind , le chef des révoltés ayant reçu le baptême , et la paix étant rétablie dans cette province, Willehad rassembla ses compagnons et y retourna. Charlemagne lui permit de fixer sa demeure dans le Wigmore , entre l'Elbe et le Wéser.
Comme il établissait tous les jours de nouvelles églises , il fut enfin sacré évéque des Saxons , le 15 juillet 787 , et fixa en 788 sa résidence à Brème que l'on croit avoir été fondée vers ce temps là.
Après son sacre, cet apôtre de l'Évangile se sentit animé d'une nouvelle ardeur pour le salut des âmes et pour sa propre perfection. Il ne vivait que de pain, de miel , d'herbes et de fruits ; cependant sa santé s'étant considérablement dérangée par ce régime austère, le pape Adrien lui commanda de manger un peu de poisson.
Il s'était interdit l'usage de toute liqueur enivrante et disait tous les jours la messe, à moins qu'il ne lui survint quelqu'empèchement extraordinaire. La lecture des livres saints et la méditation faisaient ses délices. 11 avait coutume de réciter chaque jour le psautier tout entier, et souvent même plusieurs fois par jour. Il dédia, sous l'invocation de St. Pierre , sa cathédrale qu'il fit bâtir à Brème. Même dans sa vieillesse on ne put lui faire interrompre ses fonctions , ni l'engager à modérer son zèle pour la mortification. Pendant qu'il était au lit de la mort un de ses disciples lui dit en pleurant: N'aban-
donnez pas si tôt votre troupeau , vous le laisseriez exposé à la fureur des loups. Eh quoi, répondit le prélat, vous voulez m'empêcher d'aller à Dieu! Je recommande mon troupeau à celui qui m'en a confié la garde, et qui par sa miséricorde pourra le défendre. Il mourut dans un village frison nommé alors Blekenzée , aujourd'hui Plexem. On rapporta son corps à Brème et on l'inhuma dans la cathédrale. Il fut missionnaire pendant trente-cinq ans et évéque pendant deux ans trois mois et vingt-six jours ; il est mort ainsi le 16 octobre 789. St. Anchaire, son troisième successeur et premier archevêque de Hambourg l'inscrivit au catalogue des saints, par l'autorité du siège apostolique. Le même prélat a aussi écrit sa vie que Mabillon a publiée dans les Annales de l'Ordre St. Bénott.
GoMtcA*», Vin de* Père», de» Martyr» et de» principaux Saint»; XI, 59, »q<[. — Micbil, Catalogue des abbés oVEcliternach, 5. — Os* rat», 161.
— v. Stsammc, Metropolis Ecclesiss Trerer. 1, 1594.
— Cooarni, Encyclopédie Moderne , XXIV , 179.— Biographie universelle, L, 874.
WILLIBRORDE , St. , dit aussi Saint Clément-Willibrorde t est né en 657 ou 658 dans le royaume de Northumberland.
Son père, Wilgis, qui appartenait à une famille noble d'origine anglo-saxonne, était très pieux et mérita plus tard d'être également inscrit au catalogue des saints.
Le jeune Willibrorde n'avait pas encore atteint sa septième année lorsque ses parente l'envoyèrent au monastère de Rippon où ils le confièrent à la direction de St. Wilfrid sous lequel il croissait en vertu et en science, tellement qu'on a dit de lui: que personne ne fut plus gai que lui, plus serviable, plus obéissant ni plus assidu à l'étude. Il faisait des progrès si rapides dans le chemin de la vertu qu'il eut bientôt dépassé de beaucoup ses compagnons par ses manières élevées et par la gravité de son sérieux, au point que lorsqu'on l'observait de près on ne pouvait assez admirer son esprit, malgré son âge encore si tendre et la délicatesse de son corps.
La direction qui avait été donnée à son éducation loi inspira bientôt le désir de recevoir l'habit religieux dans l'abbaye de Rippon même. Il avait vingt ans et avait déjà obtenu la tonsure cléricale lorsqu'il conçut le désir de passer en Irlande, attiré par l'exemple et la réputation de St. Egbert de même que du vénérable Wigibert qui s'y étaient volontairement relégués afin de jooir de l'avantage d'une tranquille solitude. Lorsque son abbé lui eut permis de faire ce voyage, Willibrorde s'y rendit. 11 y était depuis dix ans, qu'il avait passés dans l'étude, la prière et la pratique de toutes les vertus monastiques, lorsque le vénérable abbé Egbert, après s'être assuré de sa vocation , lui fit administrer le sacrement de la prêtrise : Willibrorde avait alors trente ans d'âge.
Depuis son ordination il arrêta le projet d'aller prêcher la foi aux Frisons, malgré les dangers qui devaient être attachés à cette mission apostolique. Egbert, qui avait déjà eu le même dessein mais qui avait été empêché dans son exécution par des obstacles insurmontables, en nourrissait toujours l'espoir et était même occupé à y donner suite en envoyant d'autres apôtres dans ce pays, lorsque Willibrorde lui fit part de son intention. 11 approuva cette résolution avec empressement, parce qu'il connaissait son zèle et son habileté; lui adjoignit onze compagnons vertueux, les accompagna jusqu'à leur vaisseau et les laissa partir après leur avoir donné sa bénédiction.
Willibrorde aborda avec les siens à Catwyck, en l'année 690 ou 691. De là ils se rendirent à Utrecht: Les Frisons habitaient, comme on sait, une grande étendue de terres au bord de la mer du nord , entre l'Escaut et le Wéser. Pépin de Herstal venait de les vaincre avec leur roi Radbod , et avait réuni une partie de leurs possessions à la domination francke. Willibrorde alla d'abord trouver Pépin qui le reçut avec bonté et s'empressa de lui permettre de prêcher l'Évangile dans cette partie de la Frise qu'il avait conquise ; il
lui promit en outre de le soutenir dans son entreprise. Dès que le saint apôtre connut les intentions favorables du Maire du Palais il se crut en devoir d'aller à Rome demander au Souverain -Pontife l'autorisation d'enseigner le Christianisme aux peuples idolâtres. Après que le Pape Serge qui occupait alors le siège de Saint- Pierre se fut assuré de son zèle et de sa sainteté, il lui accorda les pouvoirs les plus étendus et lui donna en outre des reliques destinées aux églises qu'il pourrait fonder.
Dès qu'il eut atteint le but de son voyage Willibrorde se bâta de retourner auprès de ses compagnons qu'il avait laissés en Frise. Il chargea Swibert, l'un d'eux, d'aller convertir les Boructes, tandis que lui, avec ses dix autres missionnaires, s'occupèrent à la prédication dans la portion de la Frise qui était soumise au sceptre du roi franck. Au bout de dix ans, c'està-dire en 696, le nombre des convertis se trouva si considérable dans ces parages, que du consentement des évêqnes voisins, Pépin envoya derechef Willibrorde à Rome avec des lettres de recommandation dans lesquelles il suppliait très instamment le Saint-Père de l'élever à l'épiscopat. Le Pape le reçut avec bonté , et ayant pris connaissance de la demande dont il était porteur , il ne fit aucune difficulté pour lui donner l'onction épiscopale , malgré les protestations du Saint, disent les légendaires, parce que par humilité il voulait refuser cet honneur, engageant le Saint- Père à le conférer à un autre qui fût plos digne. Mais comme le Pape insista , Willibrorde finit par y consentir, par obéissance, et à cette occasion le Vicaire de Jésus-Christ changea son nom Willibrorde en celui de Clément. La cérémonie de sa consécration se fit dans l'église de St. Pierre même : Willibrorde avait alors 39 ans. Il obtint en même temps le pallium et le titre d'archevêque, avec permission d'établir son siège dans tel endroit du Pajs de Frise où il le jugerait convenable. II partit ensuite de Rome, après un séjour
de quinze jour», retourna en Frite et se fixa à Utrecht où Pépin loi donna pour sa demeure le château royal de Vitalbourg. Il bâtit dans cette Tille l'église de Saint- Sauvear qu'il érigea en cathédrale. 11 reconstruisit aussi et rebénit sous l'invocation de St. -Martin l'ancienne église de St.- Thomas , primitiTement élevée par le roi Dagobert à la prière de St. Wilfried , et qui avait été ruinée par les idolâtres: c'est cette dernière église qui devint plus tard la cathédrale. Le prélat y ajouta un chapitre de chanoines qui célébraient en même temps les offices a Saint-Sauveur pendant l'absence de l'archevêque et de ses compagnons ; et il y ajouta également des écoles.
L'onction épiscopale semblait avoir multiplié le zèle de notre apôtre. En effet, non content d'avoir répandu la lumière évangélique en Friesland il brûlait du désir de parcourir également l'Austrasie pour en gagner les peuples à la foi du Christ. Deux ans après sa consécration, ainsi en 698 , il fit un voyage à Trêves dans le dessein de fonder dans les environs de cette ville un monastère où il pût terminer ses jours dans la solitude et le repos de la contemplation. Saint Basin était pour lors archevêque de ce dernier diocèse. Ce prélat qui estimait infiniment Willibrorde, le reçut avec joie et apprit de lui avec un sensible plaisir qu'il avait choisi un endroit dans la vallée de la Sûre pour s'y installer. Une vierge vertueuse, nommée Irmine, fille du roi Dagobert H, vint heureusement au-devant des désirs de notre Saint : elle possédait des biens considérables au Heu dit de nos jours Ecbternach, et elle les donna généreusement à l'archevêque d'Utrecht, de manière qu'il ne se trouva plus arrêté pour exécuter son pienx dessein. Cette dame fit même plus, elle avait depuis peu fait construire dans celte localité un couvent pour y recevoir les voyageurs et les pèlerins (acte du 1" novembre 698) ; dès qu'elle eut connaissance des intentions de Willibrorde elle toi en céda le fonds avec les édifices qui
étaient déjà achevés: les historiens prétendent que l'archevêque Lutwiu (v. son art.) , qui succéda à St. Basin , avait porté Irmine à cette grandiose libéralité à laquelle Pépin avec son épouse Plectrude vinrent en ajouter d'autres encore. Tels furent les commencements de la riche et célèbre abbaye d'Echternach.
Lorsque Willibrorde vit la fondation de son monastère assurée , et que d'ailleurs l'état de son diocèse d'Utrecht était satisfaisant sous le rapport de la clôture , il voulut , encore en 698 , passer dans celle partie de la Frise qui était restée soumise au roi Radbod , et qui avait continué a conserver son culte idolâtre. Dans ce dessein il vint visiter Radbod qui le reçut bien, mais ne lui permit pas d'instruire ses sujets, parce que lui-même il était encore attaché au paganisme. Nonobstant celte défense le Saint ne se mit pas moins à prêcher; mais il quitta bientôt ce pays, parce qu'il vit que le peuple ne voulait pas l'écouter, et alla en Danemark dans l'espoir que là il réussirait plus facilement. Un princé nommé Ongent gouvernait alors cette nation : il était cruel et méchant, disent les légeudes ; et ces mauvaises qualités étaient partagées par ses sujets, de sorte que leur conversion parut impossible à opérer. Lorsque le Saint évéque vit cet état des choses il s'en retourna, emmenant avec lui trente enfants du pays qu'il entreprit d'initier au christianisme après les avoir baptisés.
Pendant le trajet il s'éleva une violente tempête qui le jeta sur l'île de Fosite, aujourd'hui Amelaud , non loin de la côte septentrionale de la Frise. Celte île était l'objet d'un culte particulier chez les Danois et les Frisons , parce qu'elle était dédiée au dieu Fosit. Quiconque aurait été assez osé que d'y tuer un animal qni y vivait , de manger une herbe qui y croissait ou de proférer une seule parole en y puisant de Peau à une fontaine, aurait passé pour un impie et un sacrilège. Willibrorde touché de l'aveuglement de ces peuples et voulant leur montrer que
ces défenses n'étaient que le Irait d'une ignare superstition, y Gt tuer quelques animaux qu'il mangea a?ec ses compagnons et haplisa trois enfants dans cette fontaine, en prononçant à haute Toix les paroles sacramentelles usitées dans l'Eglise. Les payens qui Tirent ces actes , s'attendaient h le voir tomber mort, ou bien entrer en fureur, par punition de leur Dieu; mais comme rien de tout cela ne lui arriva ils s'enfuirent pleins d'admiration et allèrent raconter cet événement au Roi.
Celui-ci entra dans une grande colère et voulut venger dans le sang des missionnaires l'affront qui venait d'être fait à son idole. Il ordonna en conséquence de tirer au sort , pendant trois jours , et trois fois chaque jour dans le dessein de faire mettre à mort celui qui aurait été désigné; mais le sort ne tomba point sur Willibrorde. Cependant un de ses compagnons fut la victime de cette aveugle superstition : il fut inscrit au nombre des martyrs.
De là Willibrorde se dirigea vers I'ile de Walchcren, une des principales de la Zélande, où il trouva dans un village une idole célèbre h laquelle le peuple allait jusqu'à faire des sacriGces humains. Dès qu'il la vit il entra en colère cl la renversa. Ce que voyant, le prêtre chargé de la desservir lui porta un violent coup de sabre qui , amorti par le cordon qui soutenait les reliques que le saint portait pendues au col, ne le toucha pas. Cet événement que tons prirent pour un miracle , fut cause que beaucoup d'entre les assistants se Grent baptiser : Une aventure semblable , rapportée sur le compte de saint Willchad (v. son art.), pourrait peutêtre engager un critique sévère à la révoquer en doute. Quoiqu'il en soit, Willibrorde éleva ensuite au môme endroit une église qu'il consacra de ses mains et qu'il soumit à l'abbaye d'Echternach.
Le roi Radbod mourut en 719, et à dater de cette époque l'Evangile eut accès dans toute la Frise.
En720Boniface vint trouver Willibrorde et resta avec lui pendant trois ans , après
lesquels il entreprit son voyage en Allemagne. L'historien Bède, qui était contemporain, a écrit de lui ces mots remarquables: «Willibrorde, surnommé Clément, est « encore en vie. C'est un vénérable vieil- « lard, depuis trente ans revêtu du caractère «d'évéque, et qui attend la palme de la «vie éternelle après avoir courageusement « combattu à la guerre spirituelle. » Suivant Alcuin , son biographe , il avait l'extérieur agréable et plein de dignité; il était sage dans ses conseils , infatigable dans l'accomplissement de ses devoirs apostoliques et très soucieux de nourrir ainsi que de fortiûer son âme par la prière, la lecture des psaumes, les veilles et les jeûnes.
Ses prédications détruisirent l'idolâtrie dans la plus grande partie de la Zélande, de la Hollande et de toutes les portions des Pays-Basque St. Arnaud etSt. Livin n'avaient pu visiter : Les Frisons, qui avaient été jusque-là un peuple sauvage , adoptèrent peu à peu des mœurs plus douces qui les rendirent dans la suite célèbres par leurs vertus et l«urs connaissances.
L'archevêque Willibrorde avait atteint un âge très avancé lorsqu'il commença seulement à désirer de passer le reste de ses jours dans le repos et la retraite. Dans ce dessein il se choisit un coadjuteur qu'il consacra lui-même évéque et auquel il remit la direction de son diocèse d'Utrecht. Pour lui il alla s'enfermer dans son abbaye d'Echternach où il mourut pendant la nuit du 6 au 7 novembre 739 , à l'âge de 81 ans. En 72G il avait fait son testament par lequel il abandonnait à son monastère tous les biens qui lui avaient été donnes par les princes, et demanda à y trouver sa sépulture. 11 fut en effet inhumé daos l'Eglise de l'abbaye, où son corps fut solennellement relevé de terre en l'année 1031, par Poppon, archevêque de Trêves et par les soins de l'abbé Humberl, pour être placé dans une belle châsse qui fut conservée sous le maître-autel jusqu'à la suppression du couvent, en 1794.
Les religieux s'étaient dispersés pendant
la naît du 7 an 8 août de cette même année 1794, et le 13 les troupes de la république française entrèrent a Ecbternach. Le 7 noyé m bre suivant, jour anniversaire de la mort du bienheureux, les sans culottes vinrent profaner son tombeau et disperser ses ossements. Le lendemain , un pieux prêtre , Willibrorde Meyers étant entré dans le temple dévasté, recueillit avec respect ce qu'il put des reliques de son saint patron, et les remit plus tard au curé-doyen d 'Ecbternach , nommé Mathias Coner (v.
son art.). Ce dernier les fit déposer en 1828 dans la même châsse en pierre qui les avait renfermées pendant près de onze siècles et placer sous le maître-autel de l'église paroissiale où elles se trouvent jusqu'ici. La même église possède en outre quelques ornements sacerdotaux et le silice du Saint. L'autel portatif dont il se servait pendant ses missions est aujourd'hui déposé au trésor de l'église de Notre-Dame, a Trêves ; il était autrefois conservé à l'abbaye de Notre-Dame aux martyrs de la même ville.
Bède, Alcuin et Theofrid (v. ce dernier article) ont écrit la vie du saint.
St. Willibrorde , dit-on , avait écrit un ouvrage intitulé : Ecclesiasticorum canonum liber; mais qui est perdu de nos jours. Swertius lui attribue en outre une Relation de te* voyages.
Swiatioa, Atheaue Belfiica?, 706, *q. — Gaa*- «citai, Aela Bandera m Dclyii, VI, 50 *qq<|- — Gaae*c«aa, Vie* de* Père*, de* Martyr* et de* Saint*, XI. Itt * 88. - Atann, Vît. Beati Cleaienti*- Wiilibwdl. - Beat, Vil* SU Willibrardi; But. Aaglie, lib. III, e. 97. — Tataraiet Vite Beati AVillibrordi. — Baowaa , I, 559, *qqq. — Habillo*, Annales Ordini* Sancti BeaedicU, IV, 378. — A* Ho.r.tta, Hkt. Tiwir. dialesMt. I. «16, 759; m, 979.-^ Mmui, VI. 1058. sq - Lebea.ge.cal«bte des B. CleaieM WilliLrod; Laiembonrg;, 1840, in-18*. — ». SiBABano, Metropoli* Eccleii* Trêve» reaew, I, «SI, *qq. - Bnntur, III, 89, *q. 158 •4 189, 968, 98a - Délice* de* P.j.-B... IV, 950, 965, *q. — Cooatia, Encyclopédie moderne, XXIV. 188. *e> — TaiTTBaïa. De Vtri* iJlaatribaa Ordinis SU. BeaedicU, Lib. III. e. 137. — Biefrapaie aaiTenelle, L, 580. — Navataa, Le* aatears taxera bourgeoU , 5. - Baarate, 156, tqqqq.
WI LLM A R , Jean- Geo rges-Olto-Martin- Victorin-Zaccharie , fils de Jean-Gaspard Willmar et de Marie-Marguerite Tandel, de Welteldorff, est né à Prum, en 1763. Il passa dès sa plus tendre jeunesse dans le pays de Luxembourg et fit ses humanités au collège de la ville de ce nom. Envoyé ensuite à Louvaio il suivit avec distinction le cours de philosophie en 1780 et y obtint la seconde place.
En 1783 il prit ses licences en droit et fut admis, le 1 3 mai de la même année, au barreau du Conseil Souverain de la Province. Comme il s'était proposé de consacrer ses talents au service de l'Etat et de solliciter dans la suite un emploi dans la magistrature, il demanda la naturalisation luxembourgeoise qui lui fut accordée par Lettres-patentes datées de Vienne, le 10 février 1791.
Sous le régime français, Willmar a rempli divers emplois dans le Luxembourg, nommé alors Département des Forêts : en l'an IV (1796) il était substitut-agent-national, et plus tard Président du tribunal criminel. En 1801, Napoléon 1er le nomma snns-préfet du troisième arrondissement, ayant son siège à Bittbourg.
Après les événements de 1814, il fut, par décision du Gouvernement général en date du 4 avril 1815, nommé Conseiller directorial du Département des Forêts, et comme tel chargé des fonctions de commissaire du roi des Pays-Bas en sa qualité de Grand-Duc de Luxembourg. Le 18 octobre 1815, le roi Guillaume I" le nomma gouverneur civil provisoire du Grand-Duché, et le 29 mai 1817, gouverneur définitif. Il conserva ces éminentes fonctions jusqu'à son décès , arrivé le 1er janvier 1831, à Cage de 68 ans: il était aussi Conseiller d'Etat du royaume des Pays-Bas et décoré des Ordres du Lion néerlandais et de l'aigle rouge de Prusse.
Willmar avait une réputation bien méritée comme éminent jurisconsulte; les consultations que comme avocat il a données sur le droit coutumier luxembourgeois,
sont encore aujourd'hui considérées comme des oracles. Comme administrateur il s'est montré un vrai modèle de probité, de délicatesse et de désintéressement. Dans les temps révolutionnaires de 1795 et les années suivantes il a souvent réclamé avec force contre les abus du pouvoir d'alors; sa franchise et l'indépendance de son caractère méritent même d'être citées comme exemples.
Lorsque les troubles de 1830 éclatèrent à Bruxelles, Willmar avait 68 ans. Comme il était entièrement dévoué à Guillaume Ier et à son gouvernement, ces événements firent sur lui une impression foudroyante qui produisit sur sa personne des effets d'autant plus pénibles qu'il sentait bien qu'à son âge la vigueur nécessaire pour éteindre l'incendie à son début lui manquait; et ce fut cette pensée sans doute qui abrégea sa vie , au point qu'il succomba inopinément sous une attaque d'apoplexie, à cinq heures du matin, lorsqu'encore il avait, comme de coutume, passé une partie de la nuit à travailler dans son cabinet.
Willmar avait successivement épousé deux sœurs , le 7 janvier 1787 Marie- Catherine Gras, décédée le 16 décembre 1794; et le 31 décembre 1795 Marie- Jeanne Gras. Du premier mariage sont nés cinq Gis et une fille ; du second un fils unique. La fille et deux des fils de la première union sont morts jeunes.
Notes communiquée*. — Archives de l'Eut— Mémorial administratif du Graad-Daché. — Almanacbs du Grand-Duché. — Etat ci»il de Luxembourg. — B*ascu, Eiflia iltustrata, III, 11, i. 334, au,, et note. — Koltx , Manuel des bourse*, 3G1, 3G5, 306 «q., 370 su,
WILLMAR , Jean - Pierre- Christine, fils aioé de J.-G.-O.-M.-V.-Z. Willmar (v. son art.) , ancien membre du Corps législatif de France , mort Conseiller d'Etat du Royaume des Pays-Bas et Gouverneur civil du Grand-Duché de Luxembourg, et de sa première épouse dame Marie- Catherine Gras, est né à Luxembourg, le 29 novembre 1790.
Admis le 28 septembre 1809 à l'école polytechnique , J.-P.-C. Willmar fat promu au grade de sous-lieutenant do génie à l'école d'application de Metz, le 1er octobre 1811. Nommé lieutenant le 12 février 1813 , il devint capitaine cette même année et fut fait prisonnier de guerre à Leipzig, le 19 octobre suivant.
Après avoir fait la campagne de 1813 en Saxe et celle de 1815 en France où il était passé aide-de-camp du générai Vandamme avec lequel il fut près de Wawre pendant que Napoléon Ie* était vaincu à Waterloo, il rentra dans sa patrie après les cent jours et fut admis dans le corps des ponts et chaussées avec le grade d'ingénieur de 1" classe, le 30 septembre 1817; le 4 août 1825 il fut nommé ingéoienr en chef de seconde classe pour la province de Liège.
La révolution de Bruxelles de 1830 le trouva dans cette position. Passé an service de la Belgique, Willmar rentra dans la carrière militaire et fut nommé successivement lieutenant-colonel du génie, le 18 octobre 1830 et directeur^général du génie, ad intérim, le 30 du même mois. Promu au grade de colonel le 14 février 1831 , il fut nommé Directeurgénéral du génie le 24 mars suivant. Do 10 septembre 1831 au 10 juin 1834 il remplit souvent , interimairement les fonctions d'inspecteur-général du génie. Nommé directeur des fortiGcations le 10 juin 1834, il fut désigné successivement commissaire aux conférences de Zonboven , pour l'exécution de l'article 4 dn traité du 21 mai 1833 et comme membre de la commission chargée de négocier a Paris les modifications à apporter aux tarifs des douanes de Belgique et de France.
Général-major le 7 août 1836, il fat adjoint à l' Inspecteur-général des fortiGcations et du corps du génie. Le 19 août suivant il fut chargé du portefeuille de la guerre en remplacement du général Evain, et le conserva jusqu'au 18 avril 1840.
Le 20 do même mois le Roi des Belges le nomma son aide-de-camp.
Le 24 Juin 1840 le général Willmar fut nommé envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Belgique à la cour de Berlin; et en J845 il passa eu la même qualité à celle des Pays-Bas. Elevé au grade de lieutenant-général le 9 juillet 1847, il fut placé hors de cadre le 18 décembre 1851.
Le lieutenant-général Willmar est mort à Le Haye, le 28 janvier 1858. à l'âge de 68 ans.
Dans les importantes fonctions militaires , administratives et diplomatiques que J.-P.-C. Willmar eut à remplir successivement, depuis 1830 surtout, il sut constamment se montrer directeur à le hauteur de sa réputation , comme il s'est fait un beau nom comme négociateur. Aussi ses éminents services à sa patrie adoptive furent-ils dignement récompensés par le Roi Léopold qui, par Lettrespatentes en forme , l'anoblit lui et sa descendance, et le créa baron de son nom , avec dévolution de ce dernier titre sur la téte de l'ainé de ses fils.
L'acte que nous venons de mentionner présente à nos yeux une importance trop grande pour que nous ayons pu nous empêcher de le transcrire ici:
« Nous Léopold , Roi des Belges , à « tons présents et à venir salut,
« Voulant donner une marque de notre « bienveillance au Sieur Jean-Pierre-Chri- «stine Willmar, Commandeur de Notre « Ordre , Grand'Croix de l'Ordre de la « branche Ernestine de la Maison de «Saxe, Grand'Croix de l'Ordre de Henri « le lion de Brunswick , Grand'Croix de «l'Ordre d'Âlbert l'ours, Commandeur « de l'Ordre de la Légion d'honneur , « Géuéral-major , Notre Aide-de-camp, « Notre Envoyé extraordinaire et Ministre « plénipotentiaire près de Sa Majesté le « Roi des Pays-Bas, Grand-Duc de Luxerait bourg et près de Sa Majesté le Roi de «Hanovre, Notre ancien Envoyé extraor- « dinaire et Ministre plénipotentiaire près
« de Sa Majesté le Roi de Pratèe , près de « Sa Majesté le Rot do Saxe , près Leurs «Altesses Royales les Ducs régnants de « Notre Maison et près de Son Altesse «Royale le Duc de Brunswick, Notre «ancien Ministre de la guerre, ancien «membre de la Chambre des représen- « tants; fils de Jean-Georges-Otton-Martin- « Victorin-Zaccharie et de Marie-Christine «Gras, petit-fils de Jean-Gaspar et de « Marie-Marguerite Tandcl ;
« 11 nous a plu par décision royale du «30 octobre de l'an 1845 de l'admettre «dans la Noblesse du royaume et de lui « conférer le titre de Baron;
« et désirant profiter de la grâce que
« Nous lui avons faite , les
« s'est retiré pardevant Notre Ministre des « affaires étrangères spécialement à ce par « Noos commis , à l'effet d'obtenir Nos « Lettres-Patentes nécessaires.
« A ces causes, considérant que de tout « temps les concessions de noblesse et de « litres ont été utilement employées, non- « seulement à récompenser les belles ac- «tions et les services rendus à l'Etat, « mais encore à en perpétuer le souvenir « dans les familles ; si est-il qu'il Nous a « plu anoblir, et par les présentes signées « de Notre main, Nous anoblissons de Noire «.propre volonté, autorité royale et consti- « tutionnelle le Sieur Willmar et ses des- « cendants des deux sexes nés et à naître « en mariage légitime, avec les prédicats de nMessire et Ecuyer, lui conférons en outre aie titre de Baron transmis si ble à ses des- « cendants mâles légitimes suivant l'ordre « de primogénilure. Voulant qu'il jouisse « de toutes les prérogatives que la Constitution et les lois du royaume attachent «ou pourront attacher par la suite a la «noblesse et à la dignité de baron; qu'il « soit inscrit en la dite qualité aux registres « ouverts à cet effet par notre Conseil hé- « raldique et qu'il y fasse dessiner ses ar- « moines.
« Permettons aux
« de prendre en tous lieox et en tous actes «le titre de Baron, et de porter les ar-
m moiries de sa famille, telles qu'elles sont « décrites ci-après et figurées aux présentes, « savoir :
« Un écu parti; à dextre coupé en chef « d'azur à une fleur de lys d'or, et en pointe 4 d'or plein ; à tenettre d'argent au lion « retapant de gueulet. Vécu timbré, pour « le titulaire seulement , de la couronne de « Baron belge, et surmonté pour les autres « descendants du dit Sieur Willmar d'un « heaume d'argent grillé, liséré, colleté et « couronné d'or, fourré et attaché de gueules, « attaché de ses lambrequins d'azur et d'or, « et sommé au cimier d'une fleur de lys d'or « de Vécu; ledit écu supporté par deux lions « au naturel.
«Nous requérons les Empereurs, les « Rois , les Ducs , les Princes , Comtes, « Seigneurs et Souverains quels qu'ils « puissent être, ainsi que tous ceux à qui il «appartiendra ultérieurement, de recon- « naître comme noble le susdit Messire «Willmar et ses descendants légitimes, « et comme barons dans Tordre de primo- « géniture masculine, et de les laisser jouir « de l'effet des présentes et des préroga- « tires y attachées.
« Mandons et ordonnons aux Cours et « Tribunaux, aux Autorités provinciales et « communales et à tous officiers, autorités « et fonctionnaires, tels qu'ils puissent être « non seulement de reconnaître le susdit « Messire et ses descendants légitimes dans « tont ce qui précède, mais de les mainte* «nir et protéger au besoin. Et afin que « ce soit chose ferme et stable a toujours, « Nous avons ordonné que les présentes « Lettres-patentes soient revêtues du sceau * de l'Etat.
« Donné à Bruxelles , sous Notre seing « royal et le contre-seing de Notre Ministre « des affaires étrangères, le quinzième jour «du mois de juin de l'an de grâce 1846.»
Outre les décorations ci-mentionnées, le général Baron Willmar obtint depuis le grand cordon de l'Ordre de la Couronne de Chêne et la grand-croix de celui du mérite civil de la Saxe royale. Il portait de même la croix de fer de Belgique et finalement la médaille dite de Sainte-Hélène :
D'un autre côté, pendant sa jeunesse il avait cultivé la poésie avec succès. Le» pièces de vers qu'il a fait insérer dans les recueils des Sociétés d'émulation de Liège et de Cambrai dont il était membre, de môme que dans l'Annuaire poétique de Bruxelles font regretter que des soins plus graves ne lui aient pas permis de poursuivre la culture des lettres , enlr'autres de terminer la traduction en vers du Don Carlos de Schiller.
Le général Baron J.-P.-C. Willmar avait contracté deux alliances; d'abord avec
dame Visschers, de Liège, qui lu»
donna un fils et une fille ; ensuite avec une dame de Rignée, veuve Petitbuguenin, d'oil un fils unique.
Etat civil. — Db fitvaa. Néerolofc ân oSciev* 4e l'araëe belge. — Archive* im Conseil Bcnldioae de Brlpqae.-Ciogr.phit geaonlo Je* BeJgw. «««, §q, Motet communiquées.
WILTHEIM, la famille de, semble être originaire de St.-Vith où elle a pendant plusieurs générations rempli avec distinction des fonctions municipales. Pendant la première moitié du seizième siècle un de ses membres , qui s'est fixé a Luxembourg, parait avoir attiré dans celte dernière ville la majeure partie de sa parenté qui depuis cette époque y a eu son siège principal.
Bien que les Willbeim paraissent avoir eu déjà antérieurement des prétentions à la noblesse, puisque Ungeschflck a conservé les autographes d'un Jost-IIenri de Wiltheim, portant en 1576: de gueules, à deux chevrons d'argent; et d'un Melchior de Wiltbeim, qui étudiait en droit en 1594, et blasonnait: d'or, à la croix de St. André de gueules , une rose au naturel en chef et deux feuilles de trèfle de sinople en fasce ; cimier : la rose de l'écu ; et que du reste tout nous dit qu'elle était dans une position de fortune assez brillante , nous ne pouvons la compter réellement dans l'ordre équestre qu'à dater de» Lettres-Patentes de l'Empereur Ferdinand II, datées du château de Prague, le 13 novembre 162V, par lesquelles ce prince a élevé Guillaume et Jean Wiltr
heim, frères, arec Euslache, Jean et Christophe Wiltheim, cousins, au rang nobiliaire , pour eux et leurs descendants mâles et femelles, leur accordant les prérogatives attachées à la chevalerie du Saint-Empire, avec port d'armes: «Un a écusson blanc ou d'argent, à deux bâtons « posés en sautoir et fleurdelysés chacun « aux deux bouts , accompagnés de huit «hermines, trois en chef, trois en fasce « et deux en pointe , le tout de sable ; « cimier : une fleur de lys de sable entre « deux vols, d'argent , chargés chacun de «six hermines, trois en chef, deux en «fasce et une en pointe.»
La généalogie de cette famille distinguée, que nous avons publiée en 1842, montre bien quels étaient les cinq personnages compris nominativement dans l'acte d'anoblissement: c'étaient deux frères avec le petit-CIs de l'un et deux fils de l'autre. Cependant Jean de Willheim avait six Cls ; pourquoi donc la faveur impériale ne se serait-elle pas également étendue aux autres? voilà une question qu'on pourrait faire d'abord , et ce surtout parce que ces quatre derniers ont été , au moins autant que les deux prétendus privilégiés, des hommes distingués. La réponse est facile à donner: Jean-Gaspard, Jean-Guillaume, Hubert et Alexandre étaient entrés dans les Ordres sacrés, l'anoblissement donné aux descendants de Wiltheim ne pouvait donc pas les intéresser; et pour euxmêmes , ils le tenaient naturellement de leur père. Christophe de Willheim, leur cousin, est nommé dans les Patentes, parce qu'à la date où celles-ci ont été expédiées il n'était pas encore engagé dans la compagnie des Jésuites , puisqu'il n'y est entré que l'année suivante. Son père n'a pas pu y être dénommé puisqu'il était mort depuis six ans.
Le nom de Wiltheim semble s'être éteint vers la fin du dix-huitième siècle ou les premières années du dix-neuvième.
On nous pardonnera sans doute de nous être particulièrement étendu sur celte famille dont plusieurs membres ont, pendant
deux générations surtout, illustré la patrie luxembourgeoise dans la magistrature et le sacerdoce ; mais surtout par leurs savantes recherches et leurs ouvrages sur l'histoire de la patrie luxembourgeoise, ouvrages dans lesquels , seuls entre tous les auteurs nationaux , ils nous ont conservé au moins les dessins d'un grand nombre de monuments antiques qui sont perdus aujourd'hui par l'effet de la coupable incurie, de la condamnable indolence de nos ancêtres , plus encore que par les ravages du temps.
fVrrEii, Notice historique *ur la faaille de Witt. heim. — BsKTaour. — Patente* d'anoblLiaenient; aux archivée de U niiio* de WUtx, et daai «elle* de M' de Martiaj. — Bacaecrëx. — Archives de 1a Société archéologique de Luxembourg.
WILTHEIM, Alexandn de, né à Luxembourg le 3 octobre 16*04, était le quatrième fils de Jean de Wiltheim, greffier du Conseil provincial de cette ville (v. son art.), et de Marguerite Brenner. A vingt ans (1624) il entra dans la compagnie de Jésus, professa ensuite pendant six ans la rhétorique au collège de sa ville natale et fut recteur du môme collège les six années suivantes.
Alexandre de Wiltheim est le personnage de celte famille de savants qui s'est rendu le plus recommandable par ses connaissances, ses écrits et ses savantes recherches sur les antiquités romaines dans le Pays de Luxembourg. On peut même dire sans craindre d'être démenti , qu'il est entre les archéologues luxembourgeois le plus remarquable et le plus profond. On lui a reproché quelque dureté dans le style ; mais ce défaut, s'il existait réellement, serait très largement racheté par les lumières immenses que ses ouvrages ont répandues sur les faits qui ont signalé la domination du peuple-roi sur le sol luxembourgeois.
Avant lui, son frère Guillaume ou Jean- Guillaume (v. son art.) avait étudié nos antiquités. Alexandre a repris son ouvrage qu'il a rectifié en quelques endroits, complété par de nouvelles recherches et re-
digé sur un nouveau plan : Nous ne disons pas cependant, comme un membre de la Société archéologique de Luxembourg a cru pouvoir le faire, que le Luxemburgum romanum d'Alexandre a effacé les Disquisitiorwt antiquariœ HisloritB Luxemburgensù de son frère Guillaume; nous sommes immensément loin de là, puisque quiconque a étudié l'une de ces œuvres, étudiera encore l'autre avec tout autant de fruit ; elles diffèrent en effet grandement entre elles et pour la matière et pour les considérations. Nous aimons à croire que notre honorable collègue, dont du reste on doit estimer et apprécier le jugement, ne s'est prononcé ainsi qu'à la simple vue des titres de ces deux productions, et qu'il ne s'était pas donné la peine de lire attentivement ees deax ouvrages et de les comparer entre eux, moins encore d'étudier comme elles le méritent les Disquisitiones antiquariœ, sans cela il se serait certes prononcé dans un autre sens; car bien assurément les deux œuvres peuvent parfaitement subsister l'une à côté de l'autre et faire également honneur à leurs auteurs.
Alexandre de Willbeim ne s'est pas contenté de décrire les monuments romains qui passaient sous ses yeux *ït d'en apprécier lê valeur historique ; il eut soin de colliger ceux dont il pouvait faire l'acquisition, pour les conserver à la postérité. C'est ainsi qu'il avait élevé dans le jardin des Jésuites de Luxembourg quatre arcades avec des pierres monumentales, qu'il décrit toutes dans son Luxemburgum romanum. Il avait aussi réuni un musée de médailles, etc. : Mais ces richesses ont été dispersées après sa mort. Les sculptures ont été jetées dans les fondations des nouveaux bâtiments de la maison des Jésuites, et les médailles, urnes, etc., vendues an conseiller de Ballonfeaux (v. son art.)! ! ! On a pris pour prétexte afin de justifier cet acte de vandalisme , que ces pierres attiraient de trop nombreuses visites de la part d'amateurs étrangers, ce qui occasionnait des dérangements aux Révérends Pères!
Si Alexandre de Willbeim a été curieux antiquaire, il fut aussi on pieux prêtre, témoin la statue qu'il avait fait élever à l'Ange-gardien a la deseente d'Eicli , sur les glacis hors de la porte-neuve à Luxembourg.
Il est mort plein de jours, vers Tannée 1694, a l'Age de 90 ans, et fut inhumé dans la nef de l'église des Jésuites , aujourd'hui Notre-Dame, du côté de l'évangile du maître-autel, en avant des marches de l'autel latéral attaché a la colonne d'entrée du chœur.
Nous ne pouvons terminer l'article de ce grand homme sans transcrire ici les lignes suivantes que le Père Bcrtholet lui a consacrées : « Le R. P. Alex. Wilt- « heim , génie de premier ordre , habile « antiquaire , mythologue savant , que les « Bollandistes ont comblé d'éloges, que « les Mabillon et les Montfaacon ont cono sullé et que tous les écrivains qui savent « rendre au vrai mérite ce qui lui est dû, «honorent et révèrent encore aojour- «d'hui;» etc.
Alexandre de Willbeim a beaucoup écrit; mais les plus importante de ses ouvrages sont restés manuscrits, a cause sans doute de l'apathie du public , peutêtre des frais considérables que leur impression aurait coûtée avec la gravure des figures , sans lesquelles ses savantes dissertations restaient inintelligibles. Aussi croyons-nous avoir rendu un vrai service a la science en mettant au jour, en 1842, en un volume in-4", plus un atlas de 99 planches, même format, et représentant 486 antiques, la plupart perdues aujourd'hui, son immortelle œuvre intitulée:
Luciliburgensia $ive Luxemburgum romanum. Hoc est Arduennœ veteris situs, populi, loca prica, ritus, sacra, lingua, vite consulares, castra, castella, villa; publicœ , jam indè a Caesarum temporibus urbis adhœe Luxemburgensis incunnabula et incrementom investigata atque a Fabulâ vindteata. Monimentorum insuper, pratprimis vero cglensis Secundinorum cisalpinoruro principis , inscriptionum , si-
mulacbrorum, sigillorum epitrapeziorum, gemmarum et aliarum antiquitatum quampluriroarum ta m nrbi Laxemburgensi importataram qaam per totam passim provinciam sparsarum mythologica romana.
Pleraquc aut prorsus nova, aut a nemine hacteuag explanata, erudile nooi minus quam operosè eruderata et illustrata a R. P. Alexandro Wilthemio, Luxemburgensi, Societatis Jesu Sacerdote. Opus postbumum.
Nous allons donner les titres des autres ouvrages du même auteur, en commençant par ceux qui sont imprimes : 2\ Vita'venerabilis Yolandae , priorissx ad Maria> Vallem , in Ducatù Luxemburgensi , eu m appendice de Margarelhâ, Henrici VII Imperatoris sorore, ejusdem loci priorissâ et Geuealogiâ historicâ veterum Coraitum Viennensium in Arduennà. Antwerpia?; 1674; in-8°. — 5°. Catalogua Abbatum munsteriensium Luxemburgi ; Trcviris , 1664 ; in-folio. — 4*. Diptycbon Leodiense, ex Consulari factum episcopale , et in illud Commentarius, ubi etiam de Bituriensi et Compendiensi, aliseque Antiquitatis moniroentis. Leodii, 1659; in-fol. ; flgg. — 5°. Appendix ad Diptyciion Leodiense ; Leodii, 1660; in-folio. — 6\ Gubernatores Luxemburgenses ; Trcviris, 1658; in-folio. — 7°. Acta Sancti Dagoberti, Francorum régis etmartyris; cum notis. 1653; in-4°. — g*. De Phialà Reliquiarum Sanclœ Agathîe, Virginia et Martyris Dissertatio;
Treviris, 1656; in-4*; figg. Les
compositions suivantes sont restées manuscrites , et se trouvent en grande partie li la Bibliothèque dite de Bourgogne, à Bruxelles , où elles furent déposées après la suppression de la compagnie de Jésus : 0°. Nota et fragmenta Stephani , Tenulio interprète; fragment de quelques pages.
— 10'. Varia armorum gênera, eorumque collatura ; Epitaphia. — IV. Vita Sancti Simeonis. — 1T. Pièces concernant l'église de St.-Siméon. — i5°. Chronique de St.-Maiimin, à Trêves. — 14°. De Sjmmacho et Ausonio. — fff*. Pièces concernant le Duché de Luxembourg: elles
ont surtout trait à l'abbaye de Clairefontaine. — f <T. Caroll IV. imperatoris Elogium. — 47°. Buechleîn des streitbaren Lebcns. — 48°. Ultrum brûlis non sit ratiocinatio? — 199. De Sanctâ Catharinâ, Philosophorum patrona. — 30°. De dicto Joannis Lessii super Bealum Thomam. — Si". De la vocation du P. Cbarlcs de Lorraine. — 22°. De miraculis B. Stanislaï Kosta. — 23°. Généalogie de la famille de Wiltheim. — 24°. Notice sur la sépulture de quelques Empereurs d'Allemagne enterrés à Spire. — 25'. Disputatio de Hannonis. — 2b". Fundatio Prumiensis Monasterii. — 27°. Chroniques de Stavelot. — 28. Historirc luxemburgeusis discussiones. — 29". Exccrpta ex Chronico manuscripto de Luxemburgo. — 50". Prospectus d'une Histoire de l'Église. — 51'. Annales Sancti Maximini, libri IV; deux volumes in-folio.
EnOn , l'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à Alexandre de Wiltheim les trois lignes qui suivent : « Alexan- « der Wiltheim, superioris Wilbelmi frater, « Societatis Jesu , posuit ad Luxemburgum « Staluam Angelo custodi, scripsit Hislo- « riam Abbatiae Sancti Maximini aliquot » Tomis. » Dans ce passage , nous ne reconnaissons pas le tact qui se découvre dans le reste de l'ouvrage dont nous l'avons extrait.
Viri illustres, I. N° 99. — Nme«. Notice hislorïijue sur la famille de Wiltheim. — D. Calbet, Bibliothèque lorraine; eti Ilittoirc de Lorraine, I, col. CVI1I. — De Fcusa, Dictionnaire historique, litt. W. — An Ho*tmi». Uist Trcvir. dîplomat. III, SUS. 1004 et 1080; eti Prodromna Ilift. Trcvir. I, 7, 74, 119. 181, sq. - B«sscn. Eiflia illustrât», 1, pan I, 01 , sq. — tJi.VKt.uo , 39. — Paovct, «4 — Mnttra, Programme de l'Athénée de Luxembourg, 1838. — Baylk, Dictionnaire historique et critique, 111, S37. — Dioekot, Encyclopédie. — Bcbtuolit, flïat. de Luxbrg. , I, 26; et: Lettre an Pire Donaventorc. — Scbayis, Les l'avs-Das avant et durant la domination romaine, II, 9rt0 — Menas, Chronique de Trêves; année 1894; p. 2iî8. — IVidaoaa. Dissertation aur le monoment d'Igel, 1S. — Classa, Catalogne de la ïtibliotbique de Luierabourg, S8I, 407 , 474, 490. - Biographie universelle, L, 009, sq. — Ivsobab*, Lea auteurs lux einbourgeois, 38, sq. - Mcsjai, MannscriU. 84.
WILTHEIM, Christophe de, était fils de Mclckior de Wiltbeini et de Marguerite de Busbacb (v. son art.) . Ce personnage est mentionné comme suit daos le manuscrit des Viri illustres: «Christoph. « Wiltheira LuxcmburgensisSocielat. Jesu, « fundator uuius Bursx in Scminario Lux- <( emburgensi. »
L'acte d'anoblissement de la famille de Wiltbeim, expédié le 13 novembre 1627, porte que déjà alors Christophe de \\ iltheim avait été peudant trois ans au service de Jean Swickart, archevêque de Mayence, en qualité de Secrétaire, et qu'il avait été plusieurs fois envoyé en mission par ce prélat. Après la mort de l'archevêque il alla suivre les cours de droit à l'université de Louvain ; mais se sentant une vocation toute particulière pour entrer dans la Compagnie des Jésuites il s'y engagea le 26 septembre 1628 et fut pendant assez longtemps aumônier des armées et missionnaire.
Le père Christophe de Wiltheira fonda, par acte du 27 septembre 1633, la bourse d'études connue sous son nom, et l'annexa au séminaire ou pensionnat attaché au collège des Jésuites de Luxembourg. Pour servir celle bourse il avait affecté la moitié d'un verger, dit jardin Busbacb. Ce verger , qui provenait de son patrimoine maternel , fut estimé à quinze cents éeus de trente sols du pays, ou 3600 francs, monnaie moderne. Par un codicile subséquent, en date du 20 juillet 1654, il établit que les étudiants de la famille de Wiltheira auront la préférence pour la jouissance du slipende, s'ils eu ont besoin. En seconde ligne viennent les jeunes gens nés à Luxembourg et enfin ceux des environs. Cepcudant cette libéralité avait été presqu'entièrement anéantie par des pertes successives: en 1836 elle était réduite à son quart environ , lorsque par arrêté royal eu date du 13 mars de cette mémo année il fut ordonné de la laisser vacante jusqn'à ce que par le cumul des intérêts on fût parvenu à rétablir le capital primitif, qui doit être de cent quatre-vingts
francs de revenu annuel. Les Bourgmestre et échevins de Luxembourg en soot aujourd'hui les collateurs.
Le Père Christophe de Wiltbeim a écrit la vie de sa mère, Marguerite de Butbaeh (v. son art.), connue sous le nom de sœur Monique. Cet ouvrage qui, paraît-il, n'a jamais été imprimé, fut rédigé en 16G3. Nous n'avons découvert ni l'année ni le lieu du décès de ce personnage.
Ntitii, Dissertation sur les bourses, X et XIX. — Nevcb, Notice historique «or la famille de Wiltbeim, 10, sqqq. — Viri ilimtre*. J, N« 101. -Manuscrits de Hcuti , 24. — La Tie «le sœur Motùqat de Butbaeh, éditée par un anonyme, d'après le manuscrit du P. Blalcuït.— Aa IIostueiu, Histor. Trcvir. diplomat. III, 22b\ et 1004. — Ci* tri». Catalogne Bibliott». Luxbrç., 48U. — .\*mia. Cotai. Itibliota. Luibrg. , 810. — Ncuhaxx, Les auteurs luxembourgeois, 53.
WILTHEIM, Eustache de, né h Luxembourg pendant le premier décennairc dn dix-septième siècle, était troisième fils de Jean de Wilthcim , Greffier du Conseil provincial de Luxembourg, et de Marguerite Brenner. Il se titrait de seigneur de Waldbrcdimus et de Gondclange.
Eustache de Wiltheira s'appliqua à l'étude du droit à l'université de Douai qui était pour lors très en vogue; et après avoir passé Docteur dans cette faculté il revint dans sa ville natale où il fut nommé substitut-secrétaire et greffier de Sa Majesté au Conseil provincial , par lettrespatentes du 15 février 1626, « pour as- « sister Jean Wilthcim son père , secré- « taire et greffier, au fait de son office, '.< et pour lui succéder à son décès » lequel arriva le 5 janvier 1636, à l'âge de 78 ans. Pat décret de l'infante Isabelle-Claire- Eugénie, en date du 21 juillet 1631 et ordonnance du Conseil provincial du 10 novembre suivant, il fut commis à coopérer avec le receveur-général des Domaines Gobin, au Cartulaire de la recette des domaines de Luxembourg. Le 26 décembre 1632 il a de même été nommé garde des Chartres du Conseil, en remplacement do président Jean Benninck, son beau-père qui était mort le 20 janvier précédent.
Il parait qu'Eustache de Wiltheim n'avait accepté les fonctions de commis-greffier qu'uniquement pour aider son vieux père qui avait atteint sa soixante-huitième année; car dès après son décès il fut nommé conseiller-lettré par patentes du 3 février 1637, et cet emploi était en effet mieux approprié à ses vastes connaissances ju ristiques. Peu de temps après il obtint une commission de surintendant de la justice au Palalinnt, et à son retour il fut nommé, le 8 juillet 1646, président provisoire du Conseil provincial, dignité qui lai fut confirmée définitivement par Lettres-Patentes du 23 novembre 1648 : il prêta son serment en cette dernière qualité, à Bruxelles, le 14 mai 1649. Après la paix des Pyrénées, conclue le 7 novembre 1659, il fut nommé commissaire du roi d'Espagne, à Metz, pour les conférences touchant les limites, en vertu des articles 109 et 110 de ce traité.
Eustache de Wiltbcim s'est beaucoup occupé ù réunir des documents pour servir à la composition de l'histoire du pays de Luxembourg; mais ces pièces, dont il semble que Bcrtholet a pu profiter, sont restées manuscrites. Elles sont en partie déposées à la Bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles, oh elles portent les titres suivants : 1°. Chroniques du Duché de Luxembourg, do 1391 ù 1026; extraits de comptes de la ville, etc. — 2°. Chronique de 1452 à 1572. — 5'. Mémoires sur les Annales de la Province, cités par Bertholet.
II avait en outre fait beaucoup de recherches sur les familles du Pays ; mais il parait que tout cela est perdu aujourd'hui. Eustache de YYillheim légua enfin, de concert avec son frère Jean, avocat au Conseil provincial, une somme de Aille éeus an séminaire de Luxembourg. Cette somme, ils l'avaient reçue en dépôt de Jacques d'Amblève (v. son art.), curé à Berg, sous condition de la destination qu'ils lui ont donnée.
Eustache de Wilthcim est mort le 22 janvier 1667, laissant de sa femme, Marie-
Régine de Benninck, fille du président de ce nom, trois enfants: Jean-Mathieu, qui fut avocat à Luxembourg ; Jean-Baptiste, d'abord avocat, ensuite substitut du Procureur-Général ; et Anne-Marie, qui devint l'épouse de Nicolas de Chérisey.
Nous terminerons cet article en transcrivant le passage concernant du manuscrit des Viri illustres qui ne fait que répéter plusieurs des particularités que nous avons consignées : <• Eustuthius Wiltheim, « Luxemburgcnsis, Dominus in Waldbre- (» dimus, filius Joannis superioris et gêner «Joannis Benninckh pnxsidis Luxembur- «gensis, ipse ex graphario ac secretario «status, Consiliario ac etiam superinten- « dente utriusque justicia? in Palatinatu « etiam prises Lnxemburgensis et prsrfee- « tus archivii, collegit quidquid ad publi- « cam et privatarum familiarum hujus du- « catùs historiam exstat , aliquando cvul- «gahdandum. Ipse et frater ejus Joannes <( hujus Consilii advocatus immature mor- «tuus, lnrreditatem 1000 Dalerorum a « Domino Jacobo Amblavicnsi pastore in « Bergh, sibidelalam, ad Sominarium Lux- « emburgensc ab se derivarunt quibus « Joannes moriens adhuc e suo addidit « dalcros 100. »
IVcye*. jVoticc Lutoriquc snr la famille «le Wiltlirïm, l.">, »«(., îiO, «qqq. — Viri illuntrcs, III, K9 839. — I). Cmir, riibliotliL-qur lorraine) ri: Lule 4e* écrivain» de Lorraine. — P»o«i«t, 04.— .\rebi»es do Conucil provincial. — IViusajiii , Les auteur* luxembourjeoit, 51.
WILTHEIM, Guillaume, ou plutôt Jean-Guillaume de, était le second fils de Jean de Wiltheim, greffier du Conseil provincial à Luxembourg , et de Marguerite Brenner. Les auteurs le nomment tantôt Guillaume , tantôt Jean- Guillaume et tantôt Jean ; et alors ils font de lui plusieurs personnages , à chacun desquels ils attribuent les munies gestes. Cette confusion devient évidente lorsqu'on lit dans la copie du manuscrit des Viri illustres qui se trouve à la Bibliothèque de Luxembourg un article consacré à Jean de Wiltheim (1636) où l'on
marque les faits que tout le monde sait appartenir à Guillaume; et sous l'année 1654 , en parlant de son frère Alexandre , on trouve ce dernier indiqué par : « Supe- « rioris Wilhblwi frater » , tandis qu'aucune mention n'y est donnée à un Guillaume, comme Ta fait le copiste de l'exemplaire du même ouvrage qui se trouve à la bibliothèque de Trêves ; ce que du reste, le Conseiller Muller, de cette dernière ville, a fait observer ayant nous.
Voici cet article des Viri illustres :
«1636. Joannes — in codice Trevirensi It- «gimus Joannes- Wilhelmvs— Willheim , « Luxemburgcnsis , societatis Jesu , ex iti- « nere in reguum Chinarum in quod milti « impetraverat , remissus , doctâ prius « Friburgi Briscovia? philosophià , primus « postmodum Luxeinburgi in patrià doit cuit Tbeologiam moralem in Collegio «Societatis Jesu, scripsit Historias Lux- • « emburgenses , potissimum sub Roma- « nis , quas inscripsit Diana arduennalica. »
Il paraît que Jean-Guillaume de Wïltheim est né vers 1594; mais nous ignorons absolument l'année de son décès. II vivait cependant encore en 1654. Il avait embrassé l'ordre des Jésuites et enseigné pendant quelque temps la philosophie à Fribourg lorsqu'il obtint d'être envoyé en Chine , mission toute de confiance que l'on ne confiait qu'à des sujets très distingués. Cependant il paraît qu'il ne passa pas dans ce pays , puisque nous le trouvons peu de temps après donnant le premier cours de Théologie morale au collège de Luxembourg.
Comme ses frères , Jean-Guillaume a écrit sur l'Histoire de Luxembourg , mais aucun de ses ouvrages n'a vu le jour jusqu'ici bien qu'il serait à désirer dans l'intérêt de la science, que plusieurs fussent publiés. Les manuscrits suivants se trouvent à la Bibliothèque de Bourgogne , à Bruxelles: 1". Histoire ou Catalogue des abbés de Munster, à Luxembourg. — 2°. De Sanclis Martyribus Trevirensibus.
— 5°. Diana Arduennalica. — 4°. Microscornus, seu Cosmographia. — S*. Historié fabrica , sive quomodo conscribenda his-
toria. — 69. Disquisitiooum anliquariarun Historié Luxemburgcnsis libri très.
L'évêque de Hontheim a analysé le dernier de ces ouvrages qui est le plus important de cet auteur et il est loin de porter à son égard le jugement irréfléchi doot nous avons parlé à l'article Alexandre de Willheim ; bien au contraire , après avoir parlé de l'Histoire de Bertels , dans laquelle il voudrait voir un peu plus de critique , et des huit volumes de Bcrtholet qu'il nomme une rédaction indigeste dont l'auteur ne lui parait pas avoir possédé les premiers éléments du jugement, il ajoute: «Feliciores in bac pro- «vincià fuere Wilthemii Alexander et « Wilhelmus ; » et il place ces deux der- « niers sur la môme ligne pour leur importance littéraire.
Pour démontrer encore davantage que l'œuvre de Jean-Guillaume de Willheim n'est pas, comme le critique l'a dit, devenu absolument inutile au public depuis l'impression du Luxemburgum romanum de son frère Alexandre , nous mettrons en regard ici la table des matières de l'un et de l'autre :
DisquisUionesmaiqmaiœ. lAucemburgum romamon.
lÀb. I. De populis qui /. De Arduennâ in ge-
romanorum lempori- nere.
bus Luxemburgenscra //. De Arduennse ve-
agrom incoluere. tusiis populis, flu-
minibus et pagis.
/M. De viis consulartbus romanorum Proviociae Luciliburgensis.