‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 5 sur 98 · AC REVEREND1SSI1II DOMINI · texte numérisé non relu

AC REVEREND1SSI1II DOMINI

Eugemi-Albbbti d'ALLAMONT

RUBvEMUXDENSIUM V., Gandensium IX EPISCOPI Cor mîc situm est,

ReLIQUIM CADAVER M ADR ITT M S1BI

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Quo com Pontificis Regisqcb COJfSENSC

FBSTINAV1T, DBO DUCE , COMITB VIRTUTE

ut commissdm sibi ovilb, re et factis, noîf verbis, a ut spbcib

[tueretcr , iv. Kalbcd. Sept. cic. ic. c. lxxiii.

AKTB ABLATUS BST , QCAM PB0V1DBNTIA

[divisa

Optatis ejus respondebet.

Ut pace pbrfbcta pbrfrcatcr

QUISQUIS TRANSIS, DeCM PRECARB.

Quartiers :

Allamont. — Pavan. — Custines. — Ficquelmont. — Lenoncourt. — Uaraucourt. — Choiseuil. — Ray. — Jftérode. — Waroux. — Thiant. — Ghis telles. — Marchies. — Wissocq. — FJedekercke. — Van der Grachl.

De la IIact, Ann. cit. et relig. d1*vois-Cari|;na«, 100, mq. — BcrraOLEi-, VIII. — Histoire chronologique des éVéque» et du chapitre exempt de 81 BaTon. I. 48 à J$îl. — Picaarr, I. — Délice* de* Para Bas, I, 359; et II. 34. — Gallia ebriatiana, V. 1GG. — HUloire cccle*ia«tique, civile et littéraire du département de( Ardennea.

ALLAMONT, Jean d*, troisième du nom dans la généalogie de cette illustre maison, et né en 1548, était fils aîné d'Antoine qui a son article, et d'ide de Custine. Comme son père il prit le parti des armes et commença à servir à l'âge de 18 ans. II se trouva au siège de Valenciennes en 1567 et Tannée suivante à la bataille de Frise, si célèbre par la mort du duc d'Aremberg et du comte de Nassau, chefs des deux armées. 11 prit de même part & celle de Montcontour (1569), au siège et à la prise de Mons (1572), et finalement a la prise de Zutphen. Ces exploits lui méritèrent en 1577 le gouvernement de la place de Montmédy bien qu'il ne fût âgé que de vingt-neuf ans : il succédait en cette dernière qualité a son père, comme nous l'avons vu.

Jean d'Allamont n'avait pas moins de réputation dans les négocia lions diplomatiques: ce fut en effet lui qui traita avec le comte de Scbœmberg, maréchal de camp de cavalerie , dite des Reitrtt qui venaient d'être licenciés en France, et en obtint un renfort de sept mille hommes pour le service du roi d'Espagne : eu fut encore lui qui ménagea une suspension d'armes entre Don Juan d'Autriche et les Provinces- Unies , qui leva à Anvers une somme considérable pour le payement des troupes espagnoles, démarche qui pensa lui coûter la vie, qui envoya au service du même Don Juan les deux compagnies d'hommes d'armes qui avec quatre autres compagnies d'infanterie fournies par lui et la noblesse du Pays de Luxembourg et du Comté de Chiny furent les premières troupes que le Gouverneur espagnol employa contre les Pays-Bas. Jean d'Allamont trouva de plus moyen de donner une paie à la garnison de Montmédy sans être à la ebarge de l'Etat : Tous ces actes finirent par inspirer a Philippe II une si haute estime et une si grande confiance envers le Gouverneur de Montmédy qu'il l'adjoignit en qualité de conseiller au jeune prince de Parme lorsqu'il l'envoya en Flandre.

Jean d'Allamont avait épousé Philiberte,

fille de Bernard marquai de Lenoncourt et de filainville etc. , et de Claudine de Chamiset. Il mourut à l'âge de 69 ans, le 8 juin 1617, comme le portait son épitapbe armoriée de seize quartiers qui se trouvait dans une chapelle qu'il avait fait construire à Montmédy et dans laquelle il a été inhumé. Les services que ce grand capitaine avait rendus a la couronne d'Espagne le firent sincèrement regretter par le roi ; et ces regrêts, ajoutent les annales du temps, furent partagés par les habitants de Montmédy et ceux des endroits en dépendants à cause de la sagesse et de la douceur qu'il avait su montrer dans son gouvernement.

Les généalogies authentiques de sa maison le titrent de Baron de Busy , seigneur d'Allamont, Malandry, Brandeville , Dompierre.

Son épouse , qui avait été chanoinesse à Remiremont, lui donna Jean IV qui suit; Théodore qui a aussi son article ; Louis t Grand-Prévôt d'Ardenne; Bernard, capitaine pour S. M. C. ; Antoine abbé de Beaupré, vicaire-général, administrateur de la Dignité de Primat de Lorraine, seigneur de Ville-Cloye, Dompierre etc., mort en 1661 ; Marguerite, épouse de Louis de Custine d'Aufhance, bailly de Vianden.

TJmmcbvcx, Dictions. Unli-Di la Havt, A»- ■aléa dTT*i*-CarigM»; 109, rç. et 386. — Dm Ha rouf. Le Sdèle etvaiUant GouTrroeur, ra vie de Jean V d'AUaaoat, IL 15. SO. 144. 149. «ML — Ilùtoir* eceléaiMtiYM, civile et liMinire du dép*r-

ALLAMOINT Jean d', dit Jean IV, baron de Buxy , seigneur d'Allamont, Malandry, page de l'Archiduc Albert, était fils amé de Jean III qui précède, et de Philiberte, marquise de Lenoncourt. Né en 1596, il n'avait que vingt-six ans lorsque en récompense de ses exploits militaires il fnt pourvu du gouvernement de Montmédy devenu vacant par la mort de son père. Dans ce poste , tout de confiance, il se fit une si grande réputation de valeur que l'ennemi n'a pas même osé attaquer Montmédy de son temps , bien

que toutes les places des environs fussent emportées. Aussi sous ce -vigilant et généreux gouverneur la garnison fut-elle toujours nombreuse dans cette ville, les vivres et les munitions en abondance et les fortifications dans le meilleur état.

Fidèle et zélé serviteur de son roi, il fit de ses propres deniers couler six canons de bronze que pour cette raison on nomma Malandris. Il voulut aussi contribuer aux frais d'une nouvelle enceinte de murs, de parapets, bastions, grands boulevards , demi-lunes et redoutes que l'on fit construire à cette époque autour de celte place et sur lesquels il avait fait incruster ses armes.

Jean IV d'Allamont qui était aussi membre du Conseil de guerre du Roi, avait épousé Agnès de Mérode-Waroux, chanoinesse du Mans , fille de Jean, Baron de Mérode, Comte de Waroux, de Tbiest, Grand-maître d'hôtel de l'Electeur do Cologne Évêque et Prince de Liège, et de Marguerite de liarebin.

Cette dame, qui mourut en 1666, avait donné à son mari : Jean V , dont l'article suit ; Eugène-Albert , qui aussi a son article; et Anne, chanoinesse de Remiremont , héritière de sa branche , comtesse de Brandeville , dame d'Allamont et de Malandry, morte le 6 mai 1710 , épouse d'Alexandre Comte de Mérode, vicomte de Villers-sur-Lesse, seigneur d'Ossogne.

Jean IV d'Allamont mourut en 1644 et fut inhumé à Montmédy , dans la chapelle de son nom, dédiée à la vierge Marie et annexée à l'église paroissiale. Sa tombe porte l'inscription que nous transcrivons et qui est gravée sur une table de marbre:

Cy gist havt et pvissant Seignevr Messire Jean d'Alamont Seignevr dvdit Liev Malandri, Villé-Cloie dv ban de Busi etc. Govverncvr de Montmédy , Svccessivement avec son père et son ayevl Dv Conseil de gverre de Sa Majesté Catholique, en paix sovb Son Al" l'Archedvq Albert, en gverre sovb Son Al" le Cardinal-infant Ferdinand D'Avstriche.

Il étoit vn homme d'vn Cœvr générer x D'vne vertv rare d'vn esprit non Vxlgaire D'vne fidélité héréditaire, franc de Conversation , exempt de corrvplion Hayssant la médisance, ennemi de la Vengeance, prompt à la svrmonter, presc A pardonner et iovjovrs égal avx Adversités comme avx prospérités Enfin après avoir ainsi genercvtement Et vertvevsement vescv il rendit son Ame a Diev et sa place à son Boy Regretté de tovs gens de bien /el7 Jvi'nl644 Le 53 de son âge et de son govvernement Le 29'.

Chrestiens rêverez ses cendres Et priez povr son âme.

Ds la Hact, Ann. eiv. et rcllp. dTTrob-Carigaa», loc. cit. — Généalogie aatheoUqwe de la maison d'Allamont. — ComtnunicatioB* de Moajieur le maire de MontmédT.

ALLAMONT , Jean V d', était fils de Jean IV , Gouverneur de Montmédy, dont l'article précède, et d'Agnès, comtesse de Mérode-Waroux. Il naquit à Montmédy , le 19 octobre 1626 et se titrait de seigneur de Malandry, Baron de Buzy , Chevalier-Profès de Saint-Jacques, Gouverneur-Capitaine-et-PrévÔt de Montmédy.

Il était né avec beaucoup d'aptitude aux études et un grand fonds de bonté et de courage. Aussi ses parents ne négligèrentils rien pour dévélopper ces heureuse qualités en lui faisant faire des études soignées dans les lettres et en philosophie, dans lesquelles il lit des progrès rapides. Dès l'âge de huit ans il compta à l'armée dans la compagnie de son père, et quelques années plus tard on le vit commander uue compagnie d'infanterie dans le régiment du comte d'Isembourg:

il se signala dans ce grade à Courtrai , à Menin et à Lens où il fut fait prisonnier. Devenu ensuite capitaine de cavalerie dans le régiment de son cousin de Custine d'Aufllance , il fut commandé un jour sous les ordres de de Brouck pour aller au secours de Cambrai où il entra heureusement avec ses soldats. De là il passa en France et donna dans toutes les rencontres des marques éclatantes de son

courage, ce qui détermina le roi d'Espagne à l'appeler auprès de sa personne et à l'admettre dans ses gardes du corps dites garde» allemandes , avec le rang de lieutenant. Il Tut de plus honoré par ce prince de la chevalerie de Saint-Jacques, distinction éminente à celte époque; et presque en même temps il fut fait gentilhomme Je la Bouche. Enûn le roi lui accorda la survivance du Gouvernement de Montmédy dont plusieurs de ses ancêtres avaient été titulaires et dont un sieur de Béer était alors pourvu. Jean d'Allamont resta encore deux ans en Espagne. Le gouverneur de Béer étant mort sur ces entrelaites an mois de mai, il sollicita et obtint en 1657 la permission d'aller prendre possession de son gouvernement de Montmédy. Mais comme l'Espagne était pour lors en guerre avec la France le passage en Belgique était devenu d une difficulté extrême. D'Allamont ne s'effraya pas de ce danger : il prit la livrée du Président de la Chambre des Comptes de Bruxelles et suivit ce magistrat jusqu'en Flandre en se faisant passer pour son valet. De là il partit en toute hâte pour Montmédy en compagnie de son frère, le chanoine de St. Lambert (v. l'art. Eug.- Alb. d'Allamont). Ils y arrivèrent le 9 juin 1657 ; le surlendemain il prit possession de son office et le même jour au soir le maréchal de la Ferté vient investir la place au nom du roi de France et commença a en faire ce siège mémorable où d'Allamont se couvrit d'une si belle gloire. Celte attaque imprévue ne déconcerta pas le jeune gouverneur qui arrêta sur le champ son plan de défense et y déploya tout ce que l'expérience peut joindre à la valeur. Il était partout, pourvoyait à tout, soutenant les attaques, repoussant les assauts , faisant des sorties utiles, réparant instantanément les brèches que faisait le feu ennemi , en un mot se multipliant pour ainsi dire et remplissant tous les offices que le besoin de la défense savait créer, au point que , disputant le terrain pied à pied et le plus souvent avec des avan-

tages marqués, il est à croire que l'armée française aurait été obligée de lever le siège malgré la présence de Louis XIV au camp, si un boulet de canon n'était venu inopinément blesser à mort le vaillant commandant en lui emportant la cuisse gauche et lui faisant entrer dans le basventre un éclat de palissade, long d'un pied environ , avec le pommeau de son épée que l'éclat avait rencontré dans son vol.

Il fut transporté au château dans la chambre où son père était mort treize ans auparavant, et il y rendit l'âme le même jour 4 août 1657, à quatre heures du soir , après avoir fait son testament , reçu les consolations de la religion des mains de l'abbé d'Orval et prononcé ces paroles mémorables : Je meurs content et satisfait puisque c'est pour Dieu, pour mon roi et pour ma patrie. II n'était âgé que de trente-un ans , deux mois et quinze jours.

Son héroïque valeur dans la défense de la place qui lui était con6ée fut admirée par tous , même par l'ennemi auquel la mort du Gouverneur ouvrit les portes de la ville. Louis XIV lui-même , après la reddition de la place qui eut lieu dès le 6 août, c'est-à-dire deux jours après la perte de l'intrépide Jean d'Allamont , se contenta d'aller visiter les brèches, mais refusa d'entrer dans la ville, parce que, dit-il, celui que j'aurais voulu y voir et dont je rachèterais volontiers aujourd'hui la vie par la perle de deux mille de mes propres soldats, n'y est plus.

La nouvelle de la mort du brave d'Allamont répandit la tristesse à la Cour de Madrid; Don Juan en écrivit une lettre de condoléances à la douairière de Malandry, sa mère , et les Étals du Pays lui firent célébrer des obsèques solennelles auxquelles furent prononcés son oraison funèbre et son éloge. Un de ses admirateurs lui a composé l'épitaphe suivante:

Passant, ne verse plus de larmes Sur ce corps couvert de lauriers Que tu vois arrose du beau sang des guerriers Qui sont tombes dessous ses armes.

Admit* d'Allamont, et bénit son bonheur, Puisqu'il est mort au lit d'honneur Dans le sein charmant de la gloire ; Et que par sa valeur ce Mars a remporté Dessus la Parque la victoire Pour vivre en l'éternité.

Jean V d'Allamont n'a pas été marié.

Un ouvrage contemporain intitulé: Mémoires de Mademoiselle .... et publié à Mastricht, prétend an T. IV, p. 52, qu'il avait été tur le point de contracter mariage; que déjà «a famille était réunie pour signer le contrat , le jour même où commença le siège de Montmédy; et que cette circonstance força ses parents de rester dans cette ville pendant le siège. Le même ouvrage ajoute que sa fiancée ne le quitta pas nn instant affrontant arec lui tous les dangers , et qu'elle avait été à ses côtés lorsqu'il fut blessé : ce trait de bravoure chez une femme est trop honorable pour que nous eussions pu le passer sous silence. Malheureusement le nom de celle qui en fut capable n'est pas parvenu à la postérité.

D'Allamont avait suivant la mode du temps, désiré reposer à l'abbaye d'Orval, avec l'habit religieux. Ses biographes ne nous ont pas appris si ce voeu a été mis a exécution.

Le manuscrit des Viri illustres, si bien écrit d'ailleurs , passe un peu légèrement sur ce grand capitaine , se contentant de

n'en dire que ce qui suit: « 1655 de

« Dallamont ex capitaneo Equestri vices « seu locum tenens cohortis prretoriœ seu « custodi» corporis Pbilippi IV Hispaoi- « arum régis germanise Titulo ad hoc de- «lectus et evocatus. » Puis en marge , la date de 1655. Il semble que cette notice a été rédigée avant la mémorable défense de Montmédy qui a coûté la vie à ce célèbre Gouverneur; et que l'auteur de l'ouvrage dont nous parlons n'a plus retouché son manuscrit après la mort de Jean d'Allamont , car il y est à peine reconnaissable.

Bhtmmt, VIII , 71 S 76 i ùtidem: Journal da siège de Moatmédy, 108 h 190.— De L4 H»ot, 187

à 190. 507 à 598 — Le R. P m Waa*. Jéseite Vie de Jean d'Allaatoat— Du Haveat, Le fdUe et vaillant Gouverneur, ete.-Hiitoire ecclê*. , civile et littéraire du Départeraeot de* Ardenne* — Wii.uaracaa, MdUafea kiatoriqoea et littéraire*, 181. — UnoE«caoca, Dietionn. herald — Oesta Trevirorum;

ed McLiea et Wvrraeanca III. 101 Puaaar. 1.

-Uivnuac, 57—PaooaT, 80.- Viri Ulaatrea. II, N° 108

ALLAMONT, Théodore d', Chevalier- Comte de Brandeville , Justicier des nobles du Duché de Luxembourg, Grand-Prévôt de Dastogne et de Marche. Ce personnage , frère de Jean IV qui fut gouverneur de Montmédy, était fils de Jean III et de Philiberte, Marquise de Lenoncourt.

Théodore d'Allamont n'avait que quatorze ans lorsqu'il obtint une compagnie au régiment du Boucquoy dans lequel il servit cinq ans en Bohême où il assista à plusieurs rencontres, sièges, batailles et prises de villes : A la retraite du pont de Vienne il sut conserver une demi-lune placée audevant de ce pont. 11 prit ensuite part aux sièges de Gratz , de Rosenberg , de Frise et de Pragaditz : devant ces deux dernières places il monta môme un des premiers à l'assaut. Quelque tems après il commandait à Melque une garnison de quatre ceats hommes lorsque celte ville vint & être assiégé. Il s'y défendit pendant six semaines contre les assauts et les efforts des assiégeants qu'il força à la fin a déguerpir. A la célèbre bataille de Prague , le 8 novembre 1620, il se trouvait à la tête de l avantgarde et de Fescadron-volant dit: des enfants perdus. Il commença avec eux l'escarmouche et la soutint avec avantage, emporta une demi-lune avec trots canons et arriva nn des premiers aux portes de la ville. Il entra ensuite avec un secours dans celle de Presbourg qui était assiégée et y combattit avec tant de bravoure que l'ennemi fut contraint de décamper avec de grandes pertes. Revenu en Allemagne il alla au siège de Bréda où il commanda cinq compagnies du régiment du prince de Chimay et trois de celui du marquis de Brandenbourg: il y occupait un poste parti-

ailier an quartier d'Estersaide et il le défendit avec intrépidité contre différentes attaques de l'ennemi. Après la reddition de cette place il reçut Tordre de se joindre avec se» boit compagnies an gouverneur de Wesel pour l'exécution d'un grand coup. Mais cette entreprise manqua par suite de la mort du gouverneur qui (ut tué par un boulet. Alors Théodore d'Allamoot prit le commandement de tout ce corps d'armée qui se composait du régiment du doc de Neubourg , des huit compagnies qu'il avait amenées, de quatre compagnies de cavalerie avec quatre pièces de canon, trein, attirail et munitions y et les mena en bon ordre en garnison , bien que pendant tonte la marche il fat constamment harcelé par l'ennemi qui disposait de forces supérieures aux siennes. Après cet événement Théodore d'AUamont reçut le grade de capitaine de cavalerie et le titre de prévôt d'Ardenne (de Marche et de Bastogne).

11 suivit depuis le comte de Neden envoyé avec une armée dans le Palatinat au secours de Franckenthal , et pour récupérer d'autres places occupées par les Suédois: Théodore d'AUamont se signala surtout à la bataille de Spire.

Ces actes de bravoure ne restèrent pas sans récompense: par Lettres-Patentes expresses, en date du 11 décembre 1G52, le roi d'Espagne , « en vue de ses ex- « ploits , surtout à ladite bataille de Spire, «de même que de ceux qui les avaient «précédés, des services de ses ancêtres « et de l'ancienne extraction de sa maison ; k pour l'élever, l'accroître et décorer de « pins grands honneurs , droits , préroga- «tives et prééminences, le fit, créa et « déchira Comte ; et la terre et seigneurie « de Bkajvdevillx , consistant en haute , « moyenne et basse justice, située au Pays «Duché de Luxembourg, à la dignité, «titre et prééminence de Comté, avec « les appartenances et dépendances , han- «teur, jurisdiction et revenus y appar- « tenante, en faveur de Mbssi»b Théodore «d'Alhhoht, et ce que lui et ses suc-

«cesseurs pourront ajouter, unir et in- « corporer , pour lui , te* hoir* mâle* et « femelles né» et à naître en loyal et lé~ « gititne mariage; a la charge d'en faire «les reliefs, hommages et serment de « fidélité aux ducs et duchesses de Luxem- « bourg. »

Théodore d'AUamont ne jouit pas longtemps de cette belle distinction qu'il devait uniquement h son mérite personnel; il mourut encore la même année, ou au moins la suivante si nous devons en croire le manuscrit des Viri illustres qui a été écrit vers cette époque par un savant trèsrecommandable. Voici du reste la notice qui y est consacrée à Théodore d'AUamont: «1653. Theodorus de Dalamont « Dominus de Brandeville Judex Nobilium « ducat us Luxemburgensis et magnus pra> « positus Arduenna? sub comité de Bucquoy «in pngnA pragensi in pnelio ad pontes « vieonenses contra Gaborem Meligium ad « Danubium per 6. septimanas obsessum « défendit usque dum a Bucqnoyo libera- « retur. Ao 1653 créa tus a Philippo IV. « Hispaniarum Rege Cornes de Braude- « ville. *

Théodore d'AUamont avait épousé Marie de Mérode. Nous ignorons s'U a laissé postérité. Il fut le fondateur du monastère des Clarisses de Bastogne.

Da u Haït, 186 à 187» et 887. — Uatatcaoc* — Viri ilhutrct, II, N* 60. — Bnmur, VIII. 187.- Ulvsum, 56. — Patatsr, L — Archive* da cowtc d'Iaccooar, à Paria.

ALSCHEIO , Hartard d\ Le manuscrit des Viri illustres consacre à ce personnage une notice assez circonstanciée que nous allons transcrire: «Hartardus Dalscheidt «Luxemburgensis ex capitaneo cohortis « peditum Ordinis sancti Francisci de Ob- «servantia ab Episcopo Agrensi missus «in Transilvaniam Catholicorum in ea et « in Muldavia Apostolus, a Nicolao Scbandt «Sacre Cœsares Regiaeque Majest. par- « tiura Regni Hungariss Superioris Lustra- « tionum Bellicarum commissario et a Sy- « nodo Apostolico aliisque Magistratibus « publico testimonio Cassoviœ 1* septem- « bris 1657. dato, vocatus spiritualis pater

« et Germanise oationis animarum parens, « et qui brevi tempore Apostatas ab Or- « thodoxà Fide , Sancla? Matri Ecclesiae « reconciliavit 5 Acatbolicos ad veram Fi- « dem adduxeril non paucos ; Hseretico- «rum etiam ore laudatus et celebratus; « quem etiam idcirco Paulus Cornes Failli, « Palatinus Hungaritc, Litteris 21. sep- « temb. 1651. et patrem suum repetiit « a guardiano viennensi. »

Nous devons ajouter ici quelques explications que nous croyons indispensables , tant touchant la famille de ce personnage et du lieu de sa naissance que concernant l'année de son décès. Tous les auteurs qui ont parlé du Père Hartard d'Alsclieid s'accordent à dire qu'il était né dans le Pays de Luxembourg; cependant aucun d'eux ne dénomme le lieu de sa naissance ; et nous aussi nous ne pouvons donner à cet égard que des conjectures. En effet, si on voulait admettre qu'il a pris son nom de son endroit natal nous rapporterions l'honneur de lui avoir donné le jour au petit village d'Alscbcid, chef-lieu de la commune moderne de ce nom dans le canton de Wiltz et qui a ressorti anciennement à la seigneurie de Schutbourg, Gef de Wiltz et de Clervaux; car il ne peut veuir dans l'idée à personne de choisir pour cela la localité homonyme qui est située dans l'Eiffel et qui ne fut jamais luxembourgeoise. Mais alors, comment concilier son extraction infime avec le rang de capitaine qu'il avait obtenu avant d'entrer en religion ? Ce grade, comme on sait, ne se donnait alors qu'à des nobles. 11 semble donc qu'il n'en est pas ainsi et qu'il sort d'une famille de son nom , habituée à Houffalize , et qui, par Lettres-Patentes de Philippe II roi d'Espagne, datées de Madrid, le 28 mars 1591, fut annoblie dans la personne de Jean d'Alscheid, ou Dalscheidt comme le porte le brevet royal que nous avons devant nous, et dans celle de ses trois fils restants , l'aîné ayant été tué au siège de Harlem, en 1572 : Jean, le jeune, Conseiller et receveur général des domaines

et biens annotés à Luxembourg; Richard, secrétaire aux honneurs et Trésorier général des biens annotés aux Pays-Bas et en Bourgogne , Commis à l'Administration de l'Office de Trésorier-général d'Espagne ; et finalement Mathieu, Beceveur des Domaines et Pêcheries à Gertruidenberg.

Si donc nous comparons les dates et les domiciles de ces trois frères d'Alscheid avec les notions que nous avons sur la naissance et les antécédants de ilartard auquel cet article est consacré, nous serons très-porté à admettre qu'il était fils de Jean, le jeune ou Jean II, que nous venons de rappeler, et qu'il est venu au monde à Luxembourg , résidence de son père qui y fut en bonne réputation et où il procura de belles alliances à ses enfants et à ses petits-enfants.

Pour ce qui regarde l'époque de son décès, il ne nous est pas possible de la préciser. Tous les auteurs qu'il nous a été possible de consulter s'accordent à la fixer à l'année 1654; mais si cela était exact, d'où proviendrait la date du 1" Septembre 1657 posée sur l'attestation dont parle l'auteur des Viri illustres qui cependant était contemporain et qui est si minutieusement vrai dans son ouvrage ?

La famille d'Alscheid portail : écartelé d'or et d'azur, au griffon conlrécartelé de l'un dans l'autre , tenant de la dextre une hache de gueules , armé et lampassé de même; le timbre traillé de trois trailles , avec bourrelet et hachemenls aux couleurs de l'écu, surmonté du griffon naissant du champ. — Nos renseignements sur cette famille, que nous croyons éteinte, ne vont pas plus loin, à moins que nous ajoutions qu'en 1650 un Jean- Nicolas d'Alscheid était uni à Jeanne de Wiltz, fille de Melcbior (v. ce mot.) , et qu'en 1661 mourut Odile, leur fille, laquelle était épouse de Jean de Wiltheim, frère d'Euslache et licencié en droit.

Viri illuih-ea, I. N* U».-Ulvm.wg, 37.— Du

THOLIT . VIII, 187. — Pli UCT, I. — D. CALMCT,

Diblioth. lorr. — Lettres-Patentea d'annobliaaemtnt de la famille d'Alacbeid. — Généalogie antbeotiqve de la famille Brenoer de Nalbach.

Amaxd, le frère; v. ROBIN, Àmand.

AMBLAIVE, Jaques d' , naquit au village de son uoro dans l'ancien comté de Salin. Les Viri illustres parlent de lui dans les termes suivants: « 1636. Jacobus « Amblaviensis , dictus a pago in Comitatu » Salmensi hujus ducatùs , Pastor in Bergb « ad Mosellam , scripsit seminarium becci redem ex asse , suasu DDnm Eustachii « et Joannis Wiltbeim fratrum , quos aliàs « suos instituerai baeredes. »

Si notre ouvrage n'était destiné qu'à conserver le souvenir des personnages qui ont marqué leur carrière par des actions d'éclat, certes le modeste Jaques d'Amblaive y serait déplacé , parceque vouant toute son existence à sou troupeau il a peut-être vécu de la vie paisible des bons pasteurs. Mais tout en s'acquittant de ses devoirs apostoliques, il a su donner un emploi utile à ses épargnes ; et en cela il s'est particulièrement rendu digne de la reconnaissance des bommes qui n'envisagent la vertu que pour elle-même, et qui savent en apprécier le mérite chez l'habitant de l'humble chaumière autant que dans le faste de l'opulence.

Comme le passage que nous venons de transcrire de l'ouvrage des Viri illustres est extrêmement concis, nous avons jugé à propos d'y suppléer : La donation que Jacques d'Amblaive a faite en faveur du séminaire naissant des Jésuites à Luxembourg a été motivée , dit-il lui-même , par la conviction qu'il avait de l'utilité d'un étabbssement de ce genre destiné à former de bons prêtres. Elle fut faite par testament en date du 19 mai 1634, reçu par le notaire Aldring , de Luxembourg, en vertu d'une autorisation du roi Philippe II de l'année 1632. Dans cet acte le curé de fierg donna 100 florins au collège des Jésuites à Luxembourg , 50 florins aux Capucins de Thionville, 20 florins aux Récollets de Diekirch et finalement 1000 écus à Eus tache de Wiltbeim pour lors garde des Chartres au Conseil provincial de Luxembourg et à son frère Jean de Wiltbeim avocat au même Conseil, à charge par ces derniers de constituer

ces mille écus au séminaire des Jésuites dès que les difficultés que l'établissement de cette institution avait rencontrées auraient été levées et qu'elle aurait été définitivement installée ; ce qui fut ponctuellement exécuté comme nous l'avons marqué dans la notice historique que nous avons publié sur la famille de Wiltbeim.

Nous n'avons pas découvert l'année du décès de ce respectable ecclésiastique. Cependant on pourrait peut-être la fixer à 1636, d'après la mention qui se trouve en marge de son nom dans l'ouvrage des Viri illustres. 11 est à croire encore qu'il n'a pas quitté sa paroisse de Berg et qu'il y a été enterré.

Viri illustra, I, N° 7t.— Testament de Jean d'Amblaive, dsui le Protocole du notaire Aldring . aujourd'hui en l'étude du notaire Fuaek . de Luxembourg. — Niym, Notice historique sur la famille de Wiltbeim . 1S et 14.— Catalogua bnrsarum eollégii Lusembgsis, 184 , 109.— Nantis, Dissertation sur lea Bourse* d'études; dans •Programme de l'Athénée, 1847. XII et XXII.

Ahoris, le Père Belmique ou Helmie d'Amour; v. BELMIQUE d'Amour, le Père.

ANDRE j£ , Nicet , est né à Reckingen sur la Messe, le 14 septembre 1661.

A vingt-troU ans il entra à l'abbaye de St. Maximin et fut ordonné prêtre trois ans plus tard, le 20 décembre 1687.

La dignité d'Abbé de ce monastère étant venue à vaquer par la mort d'Alexandre Henn (v. ce mot) , les voix du chapitre se réunirent sur lui le 30 mai 1698, alors qu'il remplissait les fonctions de curé de Schwabenheim , paroisse qui dépendait de sa maison.

L'abbé Andréa;, bien qu'il vécût dans des temps de guerre et de troubles, fit reconstruire l'aîle droite de son monastère et récupéra plusieurs censés qui lui avaient été enlevées. Pas plus que son prédécesseur il ne négligea l'école qui y était attachée , et voulut avant tout avoir des religieux instruits. Il mourut d'apoplexie, le 19 octobre 1719, généralement regretté pour sa piété , sa science et sa régularité.

t. 8Ta*u»iuc, Metropolis Ecclesi* Trerereuais, I,

ANLY, Jean <T , naquit vers 1540, à Montmédy, non & Malmédy comme D. Calmet l'avance. 11 appartenait à une famille patricienne , aujourd'hui éteinte , qui portait: d'argent, à la bande de gueules, chargée de trois fleurs de lys d'or; cimier: un bourrelet d'argent et de gueules, au chien courant issant, accollé d'or.

Bien que pendant le seizième siècle cette maison fût habituée à Avioth et dans ses euvirons , il est a croire qu'elle a tiré son origine du village d'Anliers (écrit quelquefois Anly , en latin Anslar dans les anciens titres) , près de Neufchâteau , ancien marquisat d'Arlon, puisque nous Toyons en 1252 , au rapport de Bertholet, un Colet d'Anliers prévôt d'Arlon, porter les mêmes armes.

Jean d'Anly dont il est ici question se titrait d'écuyer, seigneur de Mobimont, demeurant à Breu, et avait épousé Marie de Tellin. Ce personnage ne nous est connu que par deux ouvrages qui sont restés manuscrits. Le premier, qui était conservé au monastère d'Orval et qui se trouve aujourd'hui déposé à la Bibliothèque dite de Bourgogne , a Bruxelles , a pour titre: Recueil ou abrégé concernant les faits et geste* des princes fArdenne, spécialement des ducs et comtes de Chiny , ensemble une table généalogique de la postérité de Clodion le chevelu , etc. Bertholet le cite au nombre des auteurs dont il s'est servi pour la composition de son Histoire de Luxembourg et Paquotdit avoir vu ce manuscrit. L'auteur remoute jusqu'à la ruine de Troie et débite sur l'origine des Francs les fables que l'on voit consignées dans quelques anciennes chroniques. Au reste Paquot assure cependant qu'il se trouve dans cet ouvrage des choses assez exactes et des faits bien appréciés sur l'histoire du moyen-âge et sur l'époque où il a été écrit. Le second avait pour suscription: Sommaires et briefs discows des troubles et guerres des Pays- Bas , extraits de plusieurs Histoires et Mémoires. C'était une simple compilation qui portait la date de 1585 et qui est vraisemblablement perdue aujourd'hui.

On ignore la date de la mort de Jean d'Anly qui du reste ne fut pas Bénédictin d'Orval, comme M. le comte de Becde-Lièvre l'admet dans sa Biographie liégeoise ; son nom n'était pas non plus Only, comme le même auteur l'écrit.

De la Haut, 40t.— Le CP w Bac-a* Liétm, Biographie Liégtoite, I, 867. — D. Calmr, Bibliotb.. lorraine; et Notice 4e 1* Lorrain*. — I1l*tiiolit , I, f. XXXIII ; et VI, 40. -Note» ««traite, de» arckir e» 4e la fouille 4e Martin j.-Coe»Ti« , Encyclopédie moderne, 1, tfOtt.

ANSBALDE, le Bienheureux ou le Saint y né d'une famille comtale dans le Pays de Luxembourg, florissait en l'année 860 où il fut désigné pour succéder a Egile (v. ce nom) en qualité de cinquième abbé de Prum.

Ansbalde se distinguait entre tous ses co-religieux par sa sainteté et sa bonté. Il eut la douleur de voir son monastère pillé et incendié par les Normands en 882 et ce fut de son temps que Hugo, fils naturel de Lothaire 11 et de Walrade y reçut la tonsure par les mains de l'abbé Kégiuon. Nous ne connaissons pas exactement l'année de son décès; cependant il ne vivait plus en 892 lorsque les Normands vinrent pour la seconde fois faire irruption dans l'abbaye de Prum. M. le Chanoine de Ram fixe sa mort au 12 juillet 886; mais cela n'est pas prouvé d'une manière absolue.

Sous son régime son monastère reçut plusieurs donations remarquables; mais tous ces faits ne constitueraient pas des titres suffisants pour comprendre Ansbalde dans cette Biographie si ce personnage n'avait obtenu une place au catalogue des saints: cette circonstance doit nous faire déplorer le manque presque absolu de renseignements sur ses gestes.

v. 8Ta4nr.BG, Metropoli» Eccleaias TreTericaj, I, 4«i$, «q.— Di R*", Vie» 4e» Père», des Martyr* et 4e» Saint*. IV, lit.— Mmiuos , SxcnL IV Bene- 4ieL. p. 11,476.

ANSELME , le Père , capucin-prédicateur à Luxembourg, qui fut trois fois gardien, est né à Esch-sur-la-Sûre. Il ne nous est connu que par ses ouvrages

dont nous avons découvert les suivants:

a. Dies sacerdotalis sanctificatus, scu brevis digne celebrandi diemque sanctificandi methodus, studiosè elaborata cunctoque clero ad salutarem usnm reverenter proposita. Volume in 12, Luxembourg, 1759. — 6. Le chemin étroit du ciel rendu facile par des pratiques familières qui conduisent à la perfection. Ouvrage partagé en plusieurs instructions et paragraphes, très-utile à tout chrétien désireux de faire son salut , et en particulier aux personnes, religieux ou autres, qui fout profession de vertu; comme aussi aux directeurs des consciences pour diriger et instruire leurs péuitents. Volume in 8°, 1747; Luxembourg.— c. Die heilige Kreuz-Schul , Jesum als einen Meisler der Vollkommenheit vorstcllend in scinem Leiden, Kreuz- und Siltenlehr.

Oder auserlesene nnd lehrvolle Reden , zum Nutzen als cin Hausbuch ausgegeben von dem Ehrwûrdigen Pater Anselmus von Esch, Gapuciner-Prediger , und der Wallonischen Provinz Professen. Volume in 8°; Luxembourg, 1770.— d. Oraison funèbre de Madame Marie Scholastiqtie Rourquin , abbesse de Bonncvoie. Luxembourg, 1752; 8 pages in 4°.

La bibliothèque de Luxembourg possède enfin un ouvrage intitulé : Panégyriques des Saints, par le R. P. Antoine Anselme; Paris, 1718; 3 volumes in 8°. Noos ne savons si cette œuvre doit être attribuée au même auteur.

Le Père Anselme mourut en 1751 ou 1752. Ce religieux s'est rendu très recommandable à sa maison par les accroissements considérables qu'il a procurés à la Bibliothèque et les services qu'il a rendus à l'église.

Kambb, CaUJogro de la Bibliethttpie de Luienkourg, <i%, 07, ■<{. et 710.

APPERT, Mathias ou Mathieu, natif de Bittbourg, pelile ville de l'ancien pays de Luxembourg et qui appartient aujourd'hui à la Prusse , a obtenu de l'auteur des Viri illustres la notice qui suit: «1606. « Mathias Appert Biedtburgus pastor in

« Diekirch , Decanus in Mersch , fundavit «duas bursas in seminario Luxembur- «gensi. » L'historique de la fondation dont il est ici question mérite d'être rapporté : Le curé Appert avait prêté, entre les années 1573 et 1575 et en trois versements, une somme totale de deux mille et cent écus a trente sols de Brabant (5183 frs. , 58 centimes de notre monnaie moderne) à Bernard d'Orley , seigneur de Linster et d'une huitième part de celle d'Escb-sur-la-Sùre, et à Julianede Bolicb, Bulicb ou Boulich , sa femme, lesquels avaient pour garantir leur dette , hypothéqué au créancier leur part dans la seigneurie d'Esch et celle qu'ils avaient dans Us dîmes de Diekirch. Bernard d'Orley et son épouse étant décédés en 1604, Jean Martin de Wachenheim qui avait épouse Elisabeth d'Orley héritière des biens engagés, fil comme tous les mauvais débiteurs, il accusa Appert d'usure. D'où un procès qui fut cependant terminé le 17 décembre delà même année 1604 par un accord autorisé par le Conseil provincial de Luxembourg et dans lequel il fut convenu que le curé Appert consentait à ce que après sa mort la somme en litige serait consacrée à la fondation de deux bourses d'études à créer soit à Louvain soit à Luxembourg. Sur ces entrefaites Mathias Appert mourut le 17 décembre 1606, comme le rapportent les Viri illustres et M. Paquet, non en 1616 comme le marque, par erreur sans doute, M. le Professeur Naraur ; et personne ne songea à exécuter la convention en question , jusqu'au 14 février 1633 où le Procureur des Jésuites obtint du Conseil provincial l'autorisation d'entrer en possession des fonds destinés à ces bourses. Mais rien n'était encore réglé ni sur l'administration de ces fonds , ni sur la présentation et les droits des titulaires, lorsque le premier août 1 645 , les parents du fondateur, de concert avec le Recteur du collège de Luxembourg demandèrent que ces bourses fussent définitivement appliquées au séminaire de cette dernière ville ; et cette demande fut accordée par

le Conseil malgré l'opposition de l'Université de Louvain qui prétendait attirer cette fondation à soi. Quant aux arrérages des revenus, depuis 1606 jusqu'en 1645, il fut disposé qu'ils seraient employés à rétablir le capital à son taux primitif parce qu'il avait beaucoup souffert depuis l'année 1636, de néfaste mémoire dans les annales luxembourgeoises.

Ces bourses sont du nombre de celles qui ont le moins souffert depuis leur fondation ; elles ont été conférées sans interruption depuis 1826 , et leurs revenus réunis , qui sont aujourd'hui de 895 frs. , permettraient d'y admettre un troisième titulaire. Quant aux conditions attachées à la jouissance et qui ont été stipulées par le Conseil provincial en 1646 , elles sont les suivantes : Les prétendants doivent être pauvres, aptes aux études et originaires de l'ancien Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Cbiny. La préférence est accordée aux parents du fondateur s'il y en a de capables et aux étudiants en Théologie, s'ils ne sont pas parents. Autrefois le Recteur du Collège était collateur, aujourd'hui ce droit est dévolu aux Bourgmestre et Echevins de la ville de Luxembourg.

Viri illo.tr*. I, M. &6.-PwwT, e«.-W»wr., Diaeertatioa, .or 1M bouraea d étade, , X et XIV. aq. — Catalogue bunarnm, fol. KG. US. 67-70— Aickirea Vaaaaau*. «le Diekirctu Domcr Appert.— Déciaiea do Conacil provincial du 1" aoél 1645.

Ardenkb, Raoul dit d'; v. RAOUL, dit d'Ardenne.

Ardrnnb, Remacle d*; v. REMACLE , dit d'Ardenne.

Arloh, Nicolat d'; v. NICOLAS, dit d'Arlon.

ARMIGER, Nicolas, était originaire du Pays de Luxembourg, sans qu'il nous ait été donné de dénommer le lieu de sa naissance. Il se fit recevoir Docteur en Théologie, entra dans l'Ordre de Saint- François et devint Provincial à Cologne. On connaît de ce savant religieux un ouvrage qu'il a publié à Trêves, en 1630, sous le titrede : Currus Myslico-Hisioricu* Sancti Francisci, et qui a mérité d'être

cité par l'évéque de Hontheim. La date de cette publication renverse l'allégation des biographes qui ont indiqué l'année 1560 pour celle de sa mort.

BtaTiouT, VIII. — Aa Bornant , Hiatoria Tre- Tereaai. diplonatica, III, 939. — D. Calmst, Biblioth. Lorraine. — PmaakT.I. — Nbcmawh, Le» anteara luirml.ourgcoi», dan. Programme de l'Aliéner, 1606. 16. Mte 6.

ARNOUL, dit de Luxembourg, lieu de sa naissance , et pour lequel le manuscrit des Viri illustres n'a que ces quelques mots: «Ra"P. F. Arnoldus de Luxem- « burgo provincialis Minoritarum », a été célèbre pour sa science et son éloquence. Il avait pris le bonnet de Docteur en Théologie et était devenu un des plus habiles professeurs de Cologne lorsque ses supérieurs le dénommèrent provincial de son Ordre. 11 est allé mourir à Bruxelles, en 1552, et fut infiniment regretté par le monde savant de son époque. Arnoul n'a laissé aucun ouvrage imprimé.

Wuwni a Wii/nroa , II, e. VI. }. S. — Viri illaatres.— Baaraoïar , VIIL— Piaaaar, I.— Ui.vbi.imc.

ARNOUL, dit de Grevenmacker, vint au monde en l'année 1608. Le manuscrit des Viri illustres donne une biographie assez détaillée de ce Dominicain célèbre ; nous nous contentons de la transcrire : « 1653. Arnoldus filius comitis Macheren- « Uni Ordinis Sancti Domioici , et per to- <« tam R. Imperii provinciam Prior province cialis , ad id munus suscipiendum vi obe- «dientiae coactus. Ad 1653. mortuus, «45 xtatis, die Nativitatis Domini, in Mo- «nasterio Vallis-Mariae in Luxemburgicis, « ibidem etiam sepultus. »

Nous n'ajouterons qu'une légère observation à rencontre de ce texte que nous croyons vicié ou plutôt incomplet : si on prend les mots tels qu'ils se suivent , l'auteur semblerait avoir voulu dire qu'Arnoul aurait été fils d'un comte de Mâcher : le Luxembourg possédait & cette époque un Greven, Graven-, et un Kœnigs-Macber. Mais il n'en est pas ainsi , car il n'y a pas eu alors de comte de ce nom. Nous croyons au contraire que dans l'original de

cet ouvrage que non» n'avons jamais m , il y a une lacune entre les mots filins et comitis Macberentini , et que ces deux derniers sont réunis par un trait d'union pour n'en faire qu'un, Grevenmacber , Comitis Marca , Marcha , Mâchera. La lacune que nous supposons devait être remplie par le nom du père d'Arnoul , nom qui n'a pas été ajouté parceque vraisemblablement J'auteur ne le connaissait pas au moment où il a écrit le passage et que plus tard cette circonstance aura été perdue de vue.

VlriiUutraa. I, W ISt.

Abnoul de Chiny; y. CHINY , Arnoul , Cde.

Abnoul de Chiny, evéque de Verdun; v. CHINY, Arnoul de, évéque de Verdun.

ARNOULT , d1, famille originaire de Montmédy, qui vient s'établir à Luxembourg pendant les premières années du dix-septième siècle et acquit dans le Duché plusieurs biens nobles tels que Soleuvre , Differdange , Schengen , Berbourg , Meysembourg, etc. Nous ne savons si elle est de noblesse ancienne ou bien si elle n'est entrée dans l'ordre équestre que depuis son séjour dans le Luxembourg allemand. Toujours est-il qu'elle portait des armes franches: d'argent, à la croix de Bourgogne de gueules accompagnée ou cantonnée de quatre lionceaux du même , lorsque le 26 décembre 1716 l'empereur Charles VI, en concédant à Charles- Guillaume et à Christophe d'Arnoult, frères, fils de Jean et de Marguerite-Isabelle ou Sybille de Busbach le titre de Baron pour services rendus tant par eux que par leurs ancêtres (nommément Jean et Jean-Mathieu) les autorisa a appliquer ce titre, le premier sur sa terre de Soleuvre , d'oii les Barons de Soleuvre actuels, en écartelant son écu de famille avec les anciennes arme» de cette seigneurie: d'or, au lion rampant de sable , armé et lampassé de gueules, la queue fourchue, nouée et passée en sautoir, le tout supporté par deux lions d'or, armés et lampassés de gueules et surmonté d'une couronne comtale; le second, sur celle de Meysem-

bourg, d'où les barons de Mcysembourg qui s'éteignirent déjà à la seconde génération et qui écartelaient l'écu franc d'Arnoult avec celui de celte terre : d'or , au chef de gueules chargé de trois merlettes d'argent ; supports et couronne comme les barons de Soleuvre.

Celte famille , qui est près de s'éteindre dans son nom, a produit plusieurs personnages dignes de figurer au nombre des illustrations luxembourgeoises: nous allons consacrer à chacun d'eux une notice particulière.

ARNOULT, Charles-Guillaume d* , chevalier , fils aîné de Jean-Prosper d'Arnoult et de Marguerite-Isabelle ou Sybille de Busbach fut baptisé le 21 février 1653. Dans le partage de l'hérédité de ses parents il obtint les seigneuries de Schengen, Berbourg, Soleuvre et Differdange; il fut de même admis à l'Etat noble des Pays- Duché de Luxembourg et Comté de Chiny.

Charles-Guillaume d'Arnoult prit le parti des armes et servit Charles II avec le grade de capitaine de cavalerie, d'abord dans le régiment de son oncle , le baron de Mirecourt , ensuite dans celui du prince Herman de Baden. Il avait épousé Anne- Marie de Linden qui lui donna une nombreuse postérité dont descendent les d'Arnoult de Soleuvre de nos jours. Il est mort le 6 novembre 1720. Pour services rendus tant a son roi qu'à son pays, ainsi qu'en souvenir de ceux de ses ancêtres, son père et son ayeul, Charles-Guillaume d'Arnoult fut, par Lettres-Patentes de l'empereur Charles VI datées de Vienne le 26 décembre 1716, honoié du titre de Baron d'Arnoult et de Soleuvre, pour lui et ses enfants et postérité en ligne directe, avec pouvoir d'écarteler ses armes de famille avec celles de l'ancienne seigneurie hautaine de Soleuvre, comme nous l'avons mentionné à l'article d'Arnoult qui précède.

Madame d'Arnoult, née de Linden, mourut veuve à Luxembourg, le 31 octobre 1713, et a été inhumée dans le caveau qui avait été construit pour elle et pour sa famille dans l'église des religieuses de la Congrégation, devant le chœur.

fiole» de famille. — Nits», Notice m la famille de Wiltheim. - Cacatu , «• partie. - Bxt««»i, Trophées de Brabaat, IV, 188. — Cncue»oc«.- Géaéalogieavtàeati^ae des Baroni d'Araoult et deSolcaTre. — Miuti, le* maouicritt à la Bibliothèque de Lmembourg, XXIV.

ARNOULT, Christophe d' , Chevalier, seigneur de Meysembourg, Kayll et Rumelange, non Bubange comme le portent par erreur les Lettres-Patentes du 26 décembre 1716 dont il sera parlé plus bas, était fils puîné de Jean-Prosper d'Arnoult (v. son article) et de Marguerite-Isabelle ou Sybillede Busbach. Ilestné le 2 août 1658.

Comme son père il étudia le droit à l'Université de Louvain où il subit avec la plus grande distinction ses examens du Docteur en droits civil et canon. 11 fut admis ensuite au Conseil provincial de Luxembourg en qualité d'avocat postulant, puis nommé Conseiller-lettré. A la retraite de son père en 1694, il remplaça celuici dans la vice-présidence et cinq ans plus tard, c'est-à-dire en 1692, son beau-père, lorsque ce dernier , le Président de Baillet de La Tour fut promu à la présidence du Grand-Conseil de Malines. Cette dernière dignité il la remplit pendant quarante sept ans, c'est-à-dire depuis 1699 jusqu'au 30 janvier 1746, jour de son décès à l'âge de 89 ans. Pendant cette magistrature de plus d'un demi siècle le Président d'Arnoult fit constamment preuve de capacités peu communes et d'un zèle infatigable pour remplir ses devoirs avec exactitude et avec la plus inflexible équité. Aussi la postérité a-t-elle eu raison de le proposer pour modèle: il est mort en effet presque assis encore sur son fauteuil de Président, puisque la veille du jour où il s'éteignit doucement entre les bras de sa fille éplorée , la comtesse de Willz, il avait encore, quoique déjà malade, siégé au Conseil cl expédié les affaires comme à l'ordinaire. Il avait aussi pendant un grand nombre d'années rempli les fonctions de garde des Chartres près le même Conseil provincial.

La réputation des mérites de ce grand homme étant parvenue aux oreilles de

l'Empereur Charles VI, sa Majesté par Lettres-Patentes datées de Vienne le 26 décembre 1716, voulant récompenser dignement les services éminents de Christophe d'Arnoult en qualité de Président du Conseil provincial de Luxembourg, le créa Baron de son nom avec pouvoir d'ajouter le même titre à sa terre de Meysembourg et d'écarteler ses armes avec celles de cette seigneurie , comme nous l'avons rapporté à l'article d'Arnoult.

Comme tout ce qui rappelle le souvenir des grands hommes doit être cher à la postérité, nous nous sommes cru en devoir de transcrire ici l'épitaphe de Christophe d'Arnoult, laquelle se trouvait placée dans le chœur de l'église des Pères Récollels à Luxembourg, à droite audessus des stalles des religieux et attachée au mur. Le vandalisme sans but qui a fait démolir cette église , la plus grande et la plus belle de la ville, n'a pas épargné cette épitaphe, comme nous croyons; de façon que nous pensons avoir rendu service en la conservant pure , parce que la copie de Merjai est fautive :

Hic jacbt

Nobilissimus bt Illcstbis Dohinus Chbis-

[topbobcs

Libbb Babo ab Abnoult bt Mbysbmbodbg, Topabcha in Kayll , Romelangb , etc.

Cabolo sbxto Impebatobi Deinde

MABLC-THEBBSliE ImPEBATBICI

A Status Consiliis.

RbGII SBNATUS LlTCILIBUBGI , VU ANNUM 8E-

[CDNDUM 8DPBA QCINQUAGBSIMUM PB£SBS.

VlYBNS

Cubiah, Tatbiam, Civitatbm, Sapieistia, factis, virtutb illustbavtt.

mortalibos bbbptum coblo 1ntulbbdnt.

DlVINI CDLTUS, SOLID.E P1BTATIS AviT\£ KB-

[ligionis

Amob, Stodicm, Zblcs

MORTCCM LDXBBCfiT PbOY1NC!£ COLUHEN , C(TBI£ DECES, PaDPBBBS PATBEM, StNGULl PATBOltCM.

AbaNTISSJMO PARENT! PROPB NONAGBNA RIO

[30 Januarii ajtro 1746

DbFCXCTO , MOCBBHS POSIUT F1LIA UNICA NoBILISSIMA BT lUXSTRlSSIMA DOMINA

Maria-Xavbria , Baroîussa ab Arnoult et a Mbysembourg,

COMITISSA DE WlITZ.

Carissmis manibcs Bene phecahk.

Cdltoik! TnEHinu LKvaijci vmrrB mm Qvm tu m Jvw, TOI *ocaiMi TOLO.

Quant au corps de cet drainent personnage il fut déposé au milieu du chœur de la même église, dans la tombe de son épouse , morte avant lui, sous une dalle en marbre bleu qui portait l'inscription qui suit: Jcy gissent

Messire Christophe Baron d'Arnoult Et de Meysembourg chevalier Seigneur De Rumelange, Kail etc., Conseiller d'Etat De Sa M. l'Impératrice Reine de Hongrie et

De Bohême, Président en son Conseil De Luxembourg etc. et garde des Chartres De la Province et Comté de Chiny , etc. Décédé le 30 janvier 1740.

Et Dame Anne-Barbe de Baillet son Epouse Décédée le 8 juillet 1724.

Requiescant in pace.

Le Président d'Arnoult avait épousé le 19 décembre 1694 Dame Anne-Barbe de Baillet de La Tour , fille de Christophe- Ernest, qui fut plus tard Président du Conseil d'Etat à Bruxelles, seigneur de La Tour et de Bétange , et d'Anne Coenen. Cette dame avait douné à son époux une fille unique , Barbb-M arib-Françoisb-Xaviere d'Arnoult, née le 1er octobre 1695, et mariée deux fois: a. par contrat du 13 juillet 1713, à Messire Charles-Ferdinand- Eugène de Cusiine, Chevalier-Comte de Wiltz, Baron d'Aufflance et du Fay-Billot, seigneur d'Arros, Poncey, Araterey, Chemilly , Malandry , etc. , Enseigne des chevaux -légers- Dauphin au service de S. M. T. C. , mort en 1748; d'où: 1° Tkéodore-François-de-Paule de Cusiine , qui hérita des titres et seigneuries de son père et fut marié en 1741 , à Aogustine- Robertine-Ghislaine de Sainte-Aldegonde-

Artésieune. Théodore -François- de -Paule de Custine, dernier comte régnant de Wiltz mourut en émigration à Bamberg, le 26 octobre 1798; sa femme, dont il avait été divorcée dès les premiers jours après son mariage et dont il n'a pas laissé de descendance, était décédée le 8 août 1783.2°AIWj1 nne de Custine , comtesse de Custine et de Wiltz, qui fut mariée le premier Juillet 1736 a François-Charles, comte de Lambertye de Cons-Ia-Grand- Ville , d'où la fumeuse marquise dite du Pont-d'Oye, Louise-Thérèse de Lambertye, épouse de Christophe-Charles du Bost, seigneur de cinq huitièmes d Escb-sur-la- Sùre , marquis du Pont-d'Oye , et qui a fourni la matière du charmant roman historique que M. Léon Wocquier, qui fut plus tard professeur à l'Université de Gand a publié en 1850. Dame Marie-Anne de Custine est décédée au château de Wiltz , le 9 octobre 1739. 3' Anne-Barbe , Comtesse de Custine et de Wiltz, née le 13 juillet 1716, religieuse; 4° Christophe-Charles- Ignace, Comte de Custine et de Wiltz, né le 29 juillet 1717, mort en bas âge ; 5° Antoine-François , Comte de Custine et de Wiltz, né le 23 mai 1719; mort enfant ; 6° Anne-Marie-Barbe-Françoise- Xavière, Comtesse de Cusiine et de Wiltz; religieuse; 7" Marie-Thérèse-Victoire-Ernesline-Oabr telle -Charlotte, comtesse de Custine et de Wiltz , née à Luxembourg le 3 juin 1723, mariée le 23 mars 1738 à Messire Innocent-Marie de Vastinhac , chevalier-marquis d'Imécourt, seigneur d'Inor, des Hautes et Basses-Loges, Luzy, Sivry-lès-Buzancy, Amblimont, lieutenantcolonel du Régiment de Périgord, etc.

6. En secondes noces la Dame Barbe- Marie-Françoise-Xavière , Baronne d'Arnoult et de Meysembourg épousa le 9 juin 1752, c'est-à-dire après quatre ans de veuvage et alors que déjà elle était parvenue à l'Age de cinquaote-sept ans Messire Lothaire-Frédéric , Baron Mohr de Wald, colonel au régiment Lamarck.

Dans la personne de cette dame qui mourut le 20 décembre 1754, âgée de

59 ans, s'éteignit la branche de la. famille d'Araoult titrée de Barons de Meysembourg.

B.-M.-F.-X. Baronne d'Araoult et de Meysembourg s'est particulièrement rendue recominandable par une donation de quarante écus à 56 sols , monnaie de Luxembourg (179 frs. 20 centimes) de rente annuelle, qu'elle a faite par acte autographe, daté du six septembre 1749, en faveur de l'hôpital de Wiltz, savoir: dix écus pour l'entretien d'un pensionnaire de plus au dit hôpital qui avait été fondé et en grande partie doté par les ancêtres de son mari défunt ; vingt-cinq écus à distribuer par quarts, aux quatre-temps , entre les plus nécessiteux de la terre et comté de Wiltz ; et finalement les cinq écus restants pour salaire de l'administrateur de sa fondation, laqueUe est perdue aujourd'hui parce qu'elle était assise sur des dimes.

Navea, Notices »*r la faaille de Willaeim et sur la 8eiinieurir-Raronie de Meysembourg. — Archives de la Haiioa de IV il li. — Archives municipale* de

la mêmt ville. — Notes pnrtiealièrei Note* «or la

famille d'Arnoalt. — Géaéalogie* des Maison* dlmëcourt, de Coatiae, d'Arooolt et de Lasnbcrtye.- Titres Vaa der Atratea. de Chérisey. — Piiaarr, III, 769. — Bcraeai, IV. 183. — Protocole da notaire de la Haye, de Wilta. — Laos Wocovisa, La deroière ■sarqabe da Peot-d'Oye — Uaottcaoca.— Manascrita da earé W«LTta , d'Ethe. — Le che». db CootcetLit, Généalogie de la famille d'Iaseeonrt. — Chronique manuscrite du earé Hoacari , de Wilts. — GAoaex. — Hbwai, manuscrit*. XXIV.

ABNOULT, Jean-Mathias , ou Mathieu d', est le premier personnage connu de cette famille , tant d'après les archives de celle-ci que d'après les renseignements historiques qui sont parvenus jusqu'à nous. Il naquit à Montmédy pendant la seconde moitié du seizième siècle et étudia le droit à l'université de Dôle où il reçut le bonnet de Docteur utriusque Juris après avoir subi ses examens avec la plus rare distinction. Nous allons transcrire la notice que le manuscrit des Viri illustres lui consacre: « 1649. Joannes-Mathias d'ArnouIdt e « Monlismadio J. U. Doctor Consiliarius « Begis et Dominus in Schengen — adde «Besch et Beuren — ac Ma thias —/*>(/<• po-

uliut: Joannes — filius Luxemhurgensis « patris viventis sed praescnis loco consi- « liarius ambo viventes seminario Luxem- «burgensi etiam de consensu Felicitatis « de Laittre privigna? ac conjugis Domini «de Limouzin Tribuni et Commendanlis «Arlunensis donaverunt quatuor jugera «vinearum et pradiolum Vormeringae quiet bus hic Matbias — id est: Joannes , uti «superius — filius una cum Margaretha a « Busbach assessoris filia addidit 200 da- « leros. » U semble que l'auteur que nous venons de citer n'a eu principalement en vue de relever pour Jean-Mathias d'Arnoult et Jean son fils, qu'il dénomme erronnément Mathias, la donation que ces personnages firent au séminaire de Luxembourg. Celte donation dont il est fait tant de bruit ici , fut faîte par acte du 20 juin 1646 et consistait : «dans toutes «les propriétés que le donateur possédait «au village de Wurmeraoge, lisez Burme- « range , non Wormeldange comme nous « l'avons écrit par erreur dans notre Notice « sur les de Wiltheim , tant en bâtiments, «jardins, vignobles, prairies, terres «arables, buissons, etc.» — ensemble quatre journaux; valeur d'alors: environ cent écus!!! — plus l'ajoute un peu plus conséquente de 200 écus dont parle le texte des Viri illustres — , avec charge pour le séminaire donataire de faire célébrer un anniversaire pour lui , sa femme défunte , ses enfants et en général tous ses parents vivants et décédés.

Les archives du Conseil provincial ne nous fournissent que très-peu de données sur la carrière de cet honorable magistrat; nous aimons à reproduire ici ceux que nous sommes parvenu à découvrir: Par Lettres-Patentes du 4 février 1617, Jean Mathias Arnoult («te) , licencié es-droits et avocat au Conseil provincial de Luxembourg fut nommé Conseiller-lettré au même Conseil à la vice-présidence duquel il parvint dans la suite , comme nous l'apprennent plusieurs actes authentiques , sans que nous ayons découvert sa nomination à ces fonctions. Comme en

cette dernière qualité il a eu occasion de présider plusieurs fois le Conseil , quelques biographes lui ont môme attribué le rang de Président titulaire. Il vivait encore en Tannée 1649 qui paraît avoir été celle de sa mort, d'après l'indication marginale des Viri illustres. Il avait épousé Elisabeth de Schellart qui avait été depuis 1603 veuve de Hartard de Laittres dont cette dame avait eu un ou plusieurs enfants , mais au moins Félicité dont mention plus haut. Elle mourut en 1646. Nous connaissons deux fils nommés , le premier Jean-Prosper (v. son article) et Jean-Guillaume , issus du mariage de Jean-Mathias d'Arnoult et d'Elisabeth de Schellart. Jean-Guillaume d'Arnoult épousa Marie d'Huart , fille de Jean- Gaspard d'Huart (v. son art.) , chevalier héréditaire du Saint-Empire et président du Conseil provincial de Luxembourg.

IVivtm, Notice* »ur lr» familles deWillbeim cl d'Ha- ■rt— Ua«*aca0c»..— Arcbirea da Conseil proriaeial de Laxea,bourg.-Titrej de la famille d'Arnoalt-Commaaicatioaa de M. le Comte «an der SJrateo Pontbos, de Cbérbey et de M le Baron Emmaaoel dHurt, de Bétange - Boni**. IV. 189 et 188- Viri Ulaatrea III, ïl» 2111.— Naarva, niaaertatioa «ar lei bouraea détodea, 1847. XII et XXII.- Généalogie de la famille d'AroooU de Soleurre et de Meystmboorg.— Catalogua burearum, 164, 199. — Gavaax, II* partie.

ARNOULT, Jean-Prosper d*t était fils de Jean-Mathias ou Mathieu (v. son article), et d'Elisabeth de Schellart. 11 naquit à Luxembourg en 1614 et se titrait de seigneur de Soleeuvre, Diflerdange, Schengen , Bitlbourg , Besch , Beuren , etc.

Comme son père il s'adonna à l'étude du droit, prit sa licence et fut admis le 17 avril 1635 en qualité d'avocat-postulant au Conseil provincial de Luxembourg.

Nommé ensuite substitut du Procureurgénéral près du même Conseil, par Lettres- Patentes du 28 avril 1646, il fut plus tard promu au rang de Conseiller-lettré , pois enfin à celui de Président, le 27 octobre 1 669 , par suite de la résignation de son père qui se trouvait cassé de vieillesse. Jean-Prosper, plus connu sous le nom de Jean d'Arnoult , mourut le 2 avril

1704 , à l'âge de 83 ans et après en avoir siégé pendaut plus de cinquante ans au Conseil provincial. 11 mérita par ses vastes connaissances , son zèle et son intégrité , d'être créé chevalier , pour lui et ses descendants.

Il avait épousé Marguerite-Isabelle ou Sybille de Busbach qui lui donna deux fils : Charles-Guillaume et Christophe, qui tous deux se sont rendus célèbres , l'un dans la robe , comme son père et son ayeul , l'autre dans les armes (voir leurs articles respectifs).

flarea, Notice historique aar la famille de Wiltbtim, 17.— Titres de CaaiiUe.— Arcbirea du Coaaeil proviaeial.— Bitum, IV. 185 et 188.— Uaceacaflca.— Nobiliaire de* Paj.-Baa et de Bourgogne, 688, raÏT — Caveaa, Adela.LeBikea.il* partie.

AtutouLT, Barbe -Marie- Françoise-Xavière, a"; t. ARNOULT , Christophe d't à la fin.

Aspblt, Pierre, dit d\; v. PIERRE, oïl d'Aspelt.

Ans, Antoine de Bonne- Espérance; v. LA VAUX , Anne.

Aobacdlus, Jean; y. KECK, Jean.

Audo, S*; v. AUDO VON, 5*.

Adbobnus , S*; v. AUDO VON, S*.

AUDO VON, S», est cité dans le manuscrit des Viri illustres comme suit:

« Sanctus Audovonus , Filius Comitis seu « Domini Martisvillani , Arcbiepiscopns « Rotamagensis, Galliae Cancellarius, inter «caetera fundator prioratus Vallis-Mona- « chorum , cui dédit Ecclesiam in Waro- « pacb ad Montem in quo Testigia arcis « quae domicilium et locus natalis illius « tradilione habetur. »

Ce grand homme dont le nom est singulièrement maltraité par les auteurs comme par les légendaires et transformé par eux en plusieurs personnages distincts, n'est autre que Saint-Ocbn. Nous trouvons en effet ce nom écrit Ado , Dado , Dodo, Audrcnus, Audovonus, Owen et finalement Ouen. Les historiens n'indiquent pas son lieu de naissance; mais une tradition constante s'est conservée qui indique la ville ou les environs de Marville. Quoiqu'il en soit ce saint personnage était fils,

dit-on , d'Authaire ou Audoaire , référendaire du roi Dagobert. Il naquit pendant les premières années du septième siècle et par son savoir et ses vertus il se fit juger digne de devenir Chancelier de France. Mais une autre vocation l'appelait au service des autels : En effet le siège archiépiscopal de Rouen étant venu à vaquer vers 635 a 640 il y fut promu avant même d'avoir été ordonné prêtre.

II se bâta de recevoir la prêtrise, le dimanche des rogations, avec Saint-Eloy son ami qui venait d'être comme lui désigné évéque de Noyon. Pendant sa préla tu re Oueu ne cessa de donner l'exemple de toutes les vertus chrétiennes. Il mourut à Clichy dans la nonanlième année de son fige , le 24 août 683 ou 689 , ou plus vraisemblablement 696. Trois ans après son décès son corps a été levé de terre par son successeur et sa mémoire inscrite au catalogue des saints honorés par l'Eglise.

Comme Chancelier de France Saint- Ouen , disent ses biographes , s'est rendu aussi recommandable que comme archevêque par sa ponctuelle exactitude, sa justice, les bons conseils qu'il donnait au roi Dagobert et à son fils Clovis II et finalement en employant l'autorité que lui donnait son caractère, sa haute position à la Cour et ses lumières, pour établir et conserver la paix entre les princes français. La grande réputation de savoir qu'il s'était acquise le fit quoique encore laïc, appeler à un Concile général que le Pape avait convoqué ; mais il s'en excusa prétextant que ses fonctions à la Cour de France ne lui permettaient pas de s'absenter. Lorsque plus tard il fut arebévêque de Rouen il assembla à Orléans un autre Concile contre les simoniaques. Saint- Ouen a écrit en 672 la vie de son ami , Saint-Eloy que d'Achery a publiée dans sa collection des vies des Saints de l'Ordre de Saint-Benoît.

Du Pin, Bibliothèque de* auteurs ecclesiaitiqne*. — Mai. no», Annale* Ordini* 8*' Benedicti , I. «70.— De Fellib , Dictionnaire historique. — Viri illustre*, I, ICS.-UwiuK, 37.-Aat.Gra*.», Le. fleur*

de la vie d<:« S»inU de RitAMKima, II , 188, »uif. — Aiaoïroi, De ge*ti* regum F rançonna , I. IV. e. 41. — De R*a, Vie* de* Père*, de* Martyr* et de* Saint*. IV, 808, tuiv. — Couina. Encyclopédie moderne , IL Vil, 301t. — Biographie universelle, XXXII, 860, «uiv.l

AUTEL, d' , de Aîtari, est une des familles les plus célèbres dans l'histoire de l'ancien Luxembourg où elle apparaît avec gloire presque à chaque page. Elle portait: de gueules à la croix pleine d'or, cantonnée de chaque côté, en chef de cinq, 2. 1. 2, et en pointe de quatre, 2. 2. billettes, également d'or. Cimier : un buste au biason de l'écu, couvert d'un chapeau de cardinal , à Ilots pendans , de gueules ainsi que le chapeau. La maison d'Autel, qui était originaire du château de même nom situé dans l'ancien marquisat d'Arlon aujourd'hui Luxembourg belge, s'est éteinte pendant le siècle dernier. Elle a produit plusieurs illustrations que nous allons passer en revue.

AUTEL , Gode froid d" , est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: «1656. Godefridus ab Elter seu « de Altari Dominus in Bertringen supra « Theonisvillam et Lhar ab Equestri « Ordine Ducatûs Luxemburgensis ad Pro- « vincia: negotia constituais saepe ad Archi- « ducem Leopoldum legatus , et nuper ab « hoc Hispaniarum régis nomine ad novum « arebiepiscopum Trevirensem multa sui « commendatione perfunctus bac legatio- « ne. » Nous ajouterons à cette courte notice les quelques renseignements suivants , les seuls que nous ayons pu réunir sur ce diplomate qui parait avoir joué un rôle assez important pour son époque : Il était (ils d'Adam-Englebert d'Autel, seigneur de Bertrange près de Thionville , du chef de son épouse Marie Faust de Stromberg, et il avait à son tour épousé Apolline , dame de partie des seigneuries de Larochette, Heffingen etMersch , qui passèrent de cette dame à leur fils Jean-Frédéric (v. son article).

Godefroid d'Autel qui avait été nommé Conseiller-noble ou de courte-robe au Conseil provincial de Luxembourg, par

Lettres-Patentes du 17 février 1662, mourut en 1673.

Viri illustres, III, H» SSS.— UaMsarocs. — Archives 4e 1» famille de R*i*ich de Hirsbach. — Notes (earalogiq.es. - Asantour. VI IL - Pnaacr, I et III — M amuerits dm curé Wum, d'Ethe,

AUTEL, Huard, Huward ou Hugue d', naquit au château d'Autel pendant la seconde moitié du quatorzième siècle. Il était fils de Huard d'Autel que Jean l'aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohème créa maréchal de sa cour a Prague, le jour de S' Pierre et S1 Paul de l'année 1341 et auquel le même prince donna le 22 février 1346 les seigneuries de Champ et Neuville. En 1358 le même Huard d'Autel, père du personnage auquel cet article est consacré, est dénommé sénéchal du duché de Luxembourg dans l'acte de vente de la ville de Braudeville, faite à son profit par Joffroy, seigneur d'Apremont et de Dun.

Notre Huard d'Autel qui se titrait de Seigneur d'Autel , Koerich , La Neuville, Slerpenich et partie de Hollenfeltz par sa seconde femme, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres la mention suivante : «1408. Huartusseu Hugo deAIftari vel Elter Dominus ibidem, in Kœ- « rich et Hollenfeltz, Gubernator seu Dros- «saritw pro Valentina vidua Ludovici « Aurelianeosis in partibns gallicis faujus «ducatus Lucelburgensis, sepultus in Ec- «clesia Vallis-Mariœ.»

Tout le monde sait les faits historiques qui signalèrent le règne de Wenceslas II, duc de Luxembourg ; nous ne les toucherons donc pas ici. Nous dirons simplement pour l'intelligence du passage que nous venons de transcrire, que : après l'assassinat de Louis duc d'Orléans, Wenceslas et son frère Josse marquis de Moravie ne s'inquiétant pas de l'hypothèque qu'ils avaient donnée à celui-ci pour garantie de la somme d'argent qu'il leur avait avancée, se remirent d'abord en possession des portions du Pays sur lesquelles cette hypothèque reposait et nommèrent Simon comte de Spanheim et de Vianden gouverneur du Duché de Luxembourg. La veuve du duc d'Orléans protesta contre cette violence et

l'affaire fut transigée moyennant l'envoi de Huard d'Autel à Ivoix, Montmédy, Damwillers et Orchimonl pour y commander au nom de l'Empereur -duc de Luxembourg et pour cette dame, jusqu'à ce que le prix de l'engagère qui grevait ces terres eut été remboursé. Ceci se passa vers 1408.

Il parait que dans cette charge difficile et délicate , Huard d'Autel sut s'acquérir des droits a la reconnaissance de son souverain, puisque en 141 1 , le mardi avant la fête de Saint-Jean, Wencelas, par Lettres datées de Prague, le créa Grand-Gruyer du comté do Chiny.

Nous n'avons pas découvert l'année précise du décès de ce personnage que toutefois nous ne voyons plus figurer depuis 1421. lia été marié deux fois. D'abord en 1394 a Marguerite d'Apremont; ensuite en 1397 à Ermengarde de Hollenfeltz.

De sa première union naquirent deux fils, Huard et Jean; de la seconde plusieurs enfants , entre autres une fille, Catherine d'Autel qui fut alliée en 1419 à Guillaume d'Orley, seigneur de Linster.

TjHotscsiiiCB. — Pnaasr, I et III. — afanascriU du en ré VVaiTta, d'Ethe. — Bunu, 63. — Généalogie de la maison d'Antrl. — Titres de la famille Mohr de Wald. — Dcitrolkt , IV. aati teitum, XXV. — Viri iUostres. III, N* 18».

AUTEL, Jean-Frédéric y Comte <Tt naquit le 7 septembre 1645, à Luxembourg, non au château d'Autel comme M. Marcellin La Garde l'avance sans preuves dans sa brochure intitulée : Notice sur les luxembourgeois célèbres. Il était fils de Godefroid d'Autel (v. son article) et d'Apolline de Larochettc, et se titrait de seigneur de Merscb, Tiercelet, Hefllngen, Mandern, Remich, Baron de Vogelsang.

Jean-Frédéric d'Autel débuta, parait-il, dans la vie publique à l'âge de trente-un ans (1676) où il fut nommé Conseiller de courte -robe au Conseil provincial de Luxembourg, fonctions qu'il n'occupa pas longtemps puisque très-peu après nous le voyons sur la scène militaire, dans ces temps féconds en événements stratégiques suscités par l'insatiable ambition de Louis XIV. Depuis son entrée à l'armée il figura

successivement dans la plupart des grandes batailles de la seconde moitié du dix-septième siècle, à SenefTe, à Flcurus, à Steenkerke, à Nerwinde, et eut souvent l'occasion de s'employer à déjeuer les plans des généraux français de son époque, des Turenne, des Luxembourg, des Catinat, des Vauban.

Nous sommes heureux de pouvoir donner ici une espèce d'État des services successifs de cet habile général: il entra à l'armée avec le grade de colonel d'un régiment d'infanterie haut-allemand au service de Sa Majesté Catholique, puis il fut nommé lieutenant-général des troupes de Son Altesse l'Electeur Palatin et général de l'artillerie de l'empereur Léopold I" , et plus tard feld-maréchal-général. Le 20 décembre 1685 Charles II le créa comte de son nom en récompense de ses services , et finalement après la paix Ryswick , conclue le 22 septembre 1697, il fut fait gouverneur et capitainegénéral des ville et duché de Luxembourg et comté de Chiny. En 1701 il obtint la charge de Justicier des nobles de la même province et enfin par brevet du 19 décembre 1706, Philippe V roi d'Espagne lui conféra l'Ordre de la Toison d'or. Cependant cette promotion ne rat pas reconnue par l'empereur Joseph 1".

Jean-Frédéric comte d'Autel mourut à l'âge de soixante-onze ans , le premier août 1716, et fut inhumé dans le chœur de l'église des Récollets à Luxembourg, où l'on a pu voir son épitaphe encastrée dans le mur, du cflté de l'évangile, jusqu'à la démolition de cette église en 1829—1830.

Nous rapportons ici celte inscription qui n'a peut-être pas été conservée :

Ici gît

Jean-Frédéric, Comte d'Autel, Baron

[db Yogelsang,

SEIGNEUR DE MeRSCH , HbFFINGEN , LARO-

[chette, Tiercelet Mander» et Remich , etc. ; ci-dbvant général des armées de s. a. e.

[Palatine,

ET GÉNÉRAL D'aBTILLBRJB DB Sa MAJESTE

[impériale.

Après cinq db ses ancêtres , sixième

[Gouverneur

bt Capitaine -général db la ville bt [Duché db Luxembourg bt Comté de Chiny,

CHEF DU SlÈGB DBS NOBLES DB LA MEME

[PROV1NCB.

SES BELLES QUALITÉS , SBS RARBS TALENS,

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