‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 57 sur 98 · QUBM FORM1DABANT ,CU1 DOSA TRIBUT A FB · texte numérisé non relu

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Moaaai, II, 109, sq. — Ds historique, lîlt B.— Sccea, Histoire universelle, ancienne et moderne; pauim, XIV de l'édition in ISi. — Oshat, Histoire 4e Bouillon, passiui. — La C** m Bcoaa-Latvii , Biographie universelle, III, 541, •q.— Coassais as Bavra , Reiseu door Je verme»rd»te Deelea vas Kleia Aaia etc. 1098 ( 287.— De» Rouen*, Stemneta Lotharingie ae Barri Dueun , 898, v», aqqq. — Cooana , Encyclopédie moderue, III, 184.- Ceaversatious-Leiikou , édit. de 1881.

BOUILLON, Godefroid de, dit l'a*-

eien, l'ardennais ou le barbu, était fils aîné de Ricuio , prince d'Ardeone , ainsi que doc de Mosellane , et de Malbilde de Franconie. Dans le partage de la succession paternelle (945) , Godefroid obtint les terres de Bouillon et de Verdan.

Ce prince, que les historiens représentent comme un guerrier intrépide et plein de dévouement pour son suzerain , mais dont les faits et gestes sont loin d'être tous parvenus jusqu'à nous, se trouva naturellement impliqué dans la guerre que le roi Lotbaire entreprit en 984 après le décès de l'empereur, pour récupérer l'ancien royaume de Lorraine ou de Lotharingie qui avait appartenu à ses ancêtres. Godefroid d'Ardenne , décidé à défendre et à soutenir de toutes ses forces Otton III , prince qui était encore au berceau, de même que l'intégrité de l'Empire, se hâta de réunir une armée qu'il mena contre la France, dans la croyance que celle-ci n'était pas préparée à une défense sérieuse: Mais il se vit bientôt trompé dans son attente. En effet, repoussé de toutes paru il se réfugia à Verdun avec son frère Sigefroid , qui fut le fondateur de la dynastie de Luxembourg. Les français enveloppèrent la place, la forcèrent et firent Godefroid prisonnier avec son frère. Ils furent cependant remis en liberté peu de temps après , et Lotbaire renonça à ses prétentions sur la Lothariugie.

Depuis cette époque nous ne voyons plus Godefroid s'occuper que des affaires intérieures de ses domaines. En 942 il avait fondé à Verdun le monastère de St. Vanne dans lequel il voulut être inhumé.

Il est mort en 986.

Owut, Bittoire de B*uill«n; pauin. — Diwn, BJitoire générale «le la Belgiipe, II, pajtim. — C» M B«C>M'LlftT*l, Biographie liégeoise, I, 49. — Butili, patsiu. — 8icta*aT »c Gcaaiooat, Chropifut. — Nmcioi, Chro*i<j«e; ad aao. 884.

BOUILLON , Godefroid de, nommé par quelques auteurs Godefroid IV, était fils atné d'Eustache II, comte de Boulogne, et d'Ide d'Ardenne.

Pour écrire l'Histoire complète de ce héros fameux, de ce preux chevalier, de ce pieux chef de la première Croisade, il faudrait un volume entier. Aussi pour ne pas dépasser les limites du cadre de cet ouvrage nous bornerons-nous à ne noler que très succinctement les faits et gestes de cet homme illustre, en ajoutant toutefois à notre récit les actes particuliers au pays auxquels il a pris part. Ces circonstances, qui peuvent paraître oiseuses dans un ouvrage de Biographie générale, forment toujours un complément nécessaire, indispensable, quand il s'agit d'une notice particulière, nationale.

Né vers le milieu du onzième siècle, en 1060 ou 1061, disent quelques Chroniques, au village de Baizy , près de Nivelle et de Villers, dans le diocèse de Liège ou le Brabant wallon, Godefroid de Bouillon eut pour précepteur un prêtre, gentilhomme picard nommé Pierre l'Hermite, qui devint à son tour fameux dans l'histoire des croisades.

Godefroid était à peine sorti de l'enfance lorsque son oncle, Godefroid -le- Bossu, duc de la Basse-Lorraine , fut assassiné près d'Anvers (1076) : Ce dernier avait légué le Duché de Bouillon à son neveu. Dès les premiers temps de son administration , le jeune Godefroid eut des difficultés assez sérieuses à démêler entre les gens de guerre auxquels avaient été données ou qui avaient usurpé par la force certaines terres et des dîmes que l'abbaye de Saint-Hubert en Ardenne réclamait comme siennes ; c'est ce que l'annaliste de ce monastère appelle la violence BouUlonnaise : Ces contestations qui durèrent plusieurs années, furent enfin apaisées par Godefroid en sa qualité d'avoué du monastère.

D'autre part, le duc de Bouillon élevé dans des sentiments d'qpe grande piété et d'une fidélité à toute épreuve, tant à sa Religion qu'à l'Empereur, fidélité qu'on avait eu soin de lui représenter à chaque occasion comme héréditaire dans sa famille, eut pendant longtemps à lutter avec soimême à l'occasion des grandes contesta-

lions qui pendaient entre l'Empereur et le Souverain-Pontife, dont la ténacité à tous deux tenait l'Europe dans une inquiétude continuelle. Godefroid, en homme sage et prudent , chercha néanmoins par sa conduite à ne déplaire ouvertement à aucun des cootendants, tout en restant attaché également à l'un et à l'autre. Il ne se tn£la en effet à aucun parti pendant ces contestations et lorsqu'ils se trouvaient en présence, se réservant de les servir chacun séparément contre tout tiers advenant, mais jamais l'un contre l'autre. Dans cet état des choses le pape Grégoire VII, l'ennemi juré de l'Empereur Henri IV, ne voulant ni comprendre ni apprécier la délicatesse de la position de Godefroid, exigeait de lui une obéissance instantanée et absolue, menaçant en cas de refus de le priver de ses fiefs, moyen que la Cour de Rome avait accoutumé de mettre en usage pendant ces siècles que nous ne voulons pas qualifier ici, et il eut même l'audace de tenter de mettre sa menace à exécution en écrivant à Manassès archevêque de Rbeims de lui retirer la terre de Douzy, etc. Manassès en serviteur servile voulut obéir à l'injonction papale sans s'enquérir de la justice de la démarche qu'on demandait de lui ; mais Godefroid sut déjouir ces basses intrigues par une - courageuse résistance qui lui réussit à un point tel que l'archevêque se vit bientôt forcé de renoncer à sa tentative, de crainte de s'attirer de graves déboires , de décider peut-être sa propre perte : Godefroid avait fait ses premières armes sous son oncle à la guerre de Flandre, et s'était déjà alors fait admirer par son agilité à la course, sa dextérité et sa force dans l'art de la lutte, dans les exercices de Péquitation, et plus que tout cela par son courage et son sangfroid au combat.

Quelque temps après (1077) Albert III comte de Namur s'étant mis en tête de taire valoir des droits beaucoup plus imaginaires que réels à la possession du duché de Bouillon , s'avança avec une armée jusqu'aux portes du château de ce nom.

Mais Godefroid le défendait; c'est assez dire que le comte de Namur fut repoussé avec des pertes tellement grandes qu'il perdit l'envie de revenir désormais à la charge. Ce nouvel exploit couvrit le duc de Bouillon d'une gloire qui se répandit bientôt au loin.

Dès qu'il fut débarassé du comte de Namur, Godefroid marcha sur Stenay dont il s'empara et força l'évéque de Verdun de lui conférer le titre de Vicomte de Verdun : Stenay fut fortifié et muni d'une imposante garnison.

Bientôt après (1078 — 1080) nous le retrouvons dans les rangs de l'empereur Henri, combattant à Mersebourg où il décida la victoire sur Rodolphe de Souabe qui périt pendant sa défaite : Thierry, comte ou duc de Mosellane, autre ennemi de Henri IV fut fait prisonnier par Godefroid et traîné dans les cachots du caste! de Bouillon ou il mourut.

Pendant les guerres que l'Empereur Henri fit en Italie et les événements déplorables que suscita son schisme avec Grégoire VII (1083—85), Godefroid se tint dans l'une et l'autre Lorraines , afin d'éloigoer de ces. contrées l'esprit de révolte. En 1086 il vint assister aux obsèques de l'abbé de St. Hubert, Thierry I". Deux ans plus tard (1088) il entra avec les plus puissants seigneurs des environs dans la confédération dite Trève-de- Dieu que Henri Ier, évéque de Liège (v. son art. Luxembourg , Henri de) avait organisée pour s'opposer aux maux incessants que suscitaient les guerres et les rapines continuelles de cette époque de désolante mémoire.

Godefroid, dont la réputation de bravoure et de fidélité avait volé partout, vit bientôt augmenter ses titres comme sa puissance : l'empereur avait donné le Duché de la Basse-Lotharingie à Conrad, son fils atné ; mais ce prince dénaturé trahit son père et son bienfaiteur au point d'oser tramer contre l'auteur de ses jours nn complot ayant pour but de lui ôter la vie. Henri IV apprit ce projet ; et , plein d'in-

dignation contre l'ingrat, le priva de son bénéfice qu'il donna an prince de Boni lion. Bientôt après il demanda même en mariage sa sœur Adélaïde et l'épousa.

Les fêtes qui suivirent cette cérémonie étaient à peine terminées lorsque Godefroid, devenu très poissant par le concours de tous ces événements, résolut de rentrer dans les domaines que ses ancêtres avaient autrefois possédés et qui alors se trouvaient aliénés. Dans ce dessein il médita et exécuta un nouveau coup de main sur Stenay qu'il prit une seconde fois et qu'il parvint à conserver avec le secours que lui amenèrent fort à propos ses deux frères, Baudouin (v. son art.) et Ënstache, ainsi que Henri comte de Grandpré; et cela malgré les forces que le comte de Namur et l'évêque de Verdun avaient mises en campagne pour reprendre cette ville devant laquelle ils avaient déjà mis le siège. Par la paix qui se fit bientôt après par l'entremise de l'évêque de Liège , il fut stipulé que le Duc de Bouillon aurait le haut domaine de Verdun et que l'évêque de cette ville reprendrait de loi le comté en fief.

Après ces exploits Godefroid rentra pour quelque temps dans l'obscurité (1091), ne voulant pas se mêler des dissenlions de l'empereur avec l'impératrice et son fils Conrad : le seul acte public que nous le voyons poser dans cet intervalle fut sa recommandation auprès d'Otbert à l'effet d'engager ce prélat à reprendre l'abbé de St.-Hubert dans ses bonnes grâces après l'avoir chassé de son monastère pour s'être déclaré opposé à sa nomination à l'évéché de Liège.

Mais des événements bien autrement glorieux pour Godefroid se préparaient.

Le Concile de Clermont avait résolu la Croisade contre les infidèles. PieTre l'Hermite, ancien instituteur de Godefroid avait fanatisé le monde chrétien en faveur de cette expédition, et le pape Urbain II avait, de sa main, donné la Croix au duc de Bouillon.

C'était en l'année 1094 ou 1095.

Avant de partir pour cette périlleuse

entreprise qui devait immortaliser son nom, Godefroid voulut montrer tout l'intérêt qu'A portait à l'abbaye de St.-Hubert en déposant en présence d'un entourage nombreux et choisi, sur l'autel de l'église de Bouillon un acte de donation en faveur de cette abbaye , de l'église de Baizy et ses accessoires, ainsi que la confirmation de celle de Sansanruz avec ses annexes , qui avait été autrefois concédée au même monastère par Godefroid-le-barbu son grand-père, le tout sous la seule charge pour l'abbé et les religieux, de desservir l'église de St. -Pierre près du château et la chapelle de St.-Jean dans ce fort. Vers la même époqne il institua en l'honneur de St. Michel un chapitre de douze chanoines à Anvers et rétablit le monastère de Stenay qui avait été ruiné par les guerres.

D'un autre côté, comme il était convaincu que les revenus du domaine de Bouillon et des fiefs ennexés à ce duché n'auraient pu suffire pour subvenir aax frais de son voyage projeté en Terre- Sainte , il résolut d'engager ces terres a l'évêque Albert et à l'église de Liège , contre payement d'nne somme d'argent sur le chiffre de laquelle les historiens sont loin d'être d'accord aujourd'hui, le tout sous la réserve expresse que ces biens resteraient à jamais attachés à l'Eglise de Liège si lui ou un d'entre ses héritiers qu'il désignait, ne venait les dégager en remboursant les deniers de l'engagée.

A l'évêque de Verdun il abandonna ses droits réels on prétendus sur le comté de ce nom et loi céda le château de Stenay avec le village de Mouza. L'évêque, piqué de générosité, lui compta en retour un secours en argent pour son voyage.

Godefroid avait terminé toutes ces dispositions lorsqu'arriva le moment fixé pour le départ de l'armée expéditionnaire, au printemps de l'an de grâce 1096. Les Croisés étaient convenu»

qu'on se réunirait dans la plaine de Constaotinople; mais pour éviter l'encorn-

brement inévitable qu'aurait produit une immense multitude si tous avaient suivi la même route , chaque chef devait prendre un autre chemin: Godefroid, avec soixante mille hommes la plupart Lorrains, se dirigea par l'Allemagne, traversant la Hongrie , la Valacbie et la Thrace.

Afin d'abréger , nous ne parlerons pas des difficultés de tout genre qui se présentèrent presque à chaque pas pendant cette longue marche oh l'Occident levé en masse , semblait vouloir aller engloutir l'Orient ; ni des embûches nombreuses qui étaient sans cesse tendues aux Croisés; ni enfin des pertes considérables d'hommes de tout âge que les fatigues leur faisaient tous les jours éprouver.

On arriva enfin au lieu du rendezvous où l'on trouva dans les Grecs, au lieu d'un peuple ami, des ennemis astutieux qui épuisèrent toutes les ressources de la mauvaise foi pour s'opposer au passage des Croisés, on an moins pour le contrecarrer. Godefroid en chef habile mais surtout courageux et franc, força l'empereur Alexis-Commène à tenir ses engagements, à loi ouvrir les chemins d'Orient et à dissimuler les inquiétudes que naturellement il avait dû concevoir en voyant toute cette armée étrangère entrer au cœur de ses états , comme pour les envahir. Il conclut en effet avec ce prince un traité par lequel il s'engageait à rendre les places de l'Empire grec qu'il prendrait sur les infidèles, a condition qu'Alexis fournirait à l'armée chrétienne les vivres nécessaires. L'Empereur qui s'était vu obligé a accepter ce traité , avait bien souscrit aux conditions qu'il lui imposait; mais il était résolu d'avance de n'en remplir aucune; ce qu'il fit en effet.

Godefroid qui avait été élu un des chefs de l'armée des Croisés , s'avança aussitôt vers Nicée dont il fit le siégé. Cette ville ayant été prise le 14 juin 1097 après un mois d'attaque , les Croisés continuèrent leur marche vers Jérusalem, en

passant par la Natolie oh ils enlevèrent encore on grand nombre de places. Leurs forces se composaient encore alors de cinq cent mille hommes de pied et de eent mille chevaux. Cette multitude eût sans doute été capable de tout entreprendre et de réussir en tout, parce que le courage ne lui manquait pas ; mais il eût fallu pour cela qu'elle fût homogène ; tandis que mal conçue dans son plan autant qu'erronément assortie dans sa composition , elle se voyait chaque jour à la veille de se dissoudre ou de s'entredétruire à cause du défaut d'unité et d'ensemble dans la direction suprême. Cependant Godefroid , le plus vaillant sans doute d'entre ces combattants, était là, il réunissait dans sa personne une énergie presque surnaturelle qui sut en mainte occasion racheter autant que possible le mal que les tiraillements entre les chefs faisaient éprouver à ces différentes cohortes sans discipline.

De la Natolie on passa devant la grande Antioche dont le siège fut immédiatement résolu. Cette ville fut prise, mais par trahison, le 3 juin 1098.

Les Croisés n'y étaient entrés que depuis trois jours lorsqu'une armée immense de Sarrasins vint à son tour les y assiéger. Sans provisions, au point qu'ils se voyaient obligés de se nourrir de chair de cheval et de chameau , et rendus encore de leurs fatigues antérieures, ils se croyaient à deux doigts de leur perte lorsqu'une pieuse fourberie vint les tirer d'affaire : un prêtre visionnaire déclara qu'il avait découvert le fer de la lance qui avait percé le flanc de Jésus crucifié, et que cette trouvaille leur assurait la victoire. Aussitôt le courage renaît parmi les assiégés, la superstition les aveugle; et furieux ils s'élancent sur les assaillants, qu'ils dispersent en les taillant en pièces.

L'année suivante, 1099, ils se trouvèrent devant Jérusalem , la ville sainte, le but de leur voyage et de leurs exploits. Le siège commença le 9 jnin ; et cinq semaines après , le vendredi 1 S juillet ,

cette ville fut prise après an assaut terrible après lequel le vainqueur se livra à un massacre horrible sur les vaincus:

tout y nageait dans le sang qui montait, disent les historiens contemporains , jusqu'au frein des chevaux.

Toutes ces victoires, les Croisés les durent à l'intrépidité de Godefroid de Bouillon.

Aussitôt après la conquête de Jérusalem , ce chef aussi pieux qu'il était vaillant , s'empressa de satisfaire sa dévotion : il se dépouilla de son armure qu'il avait juré de ne quitter qu'après avoir atteint le terme de son long et périlleux voyage, s'affubla de laine et alla, pieds nus, faire le tour de la ville , puis se rendit au Saint-Sépulcre où il adressa au Dieu des armées des actions de grâces pour les succès obtenus et ajouta une humble prière de remerctments pour la faveur qui lui était faite de pouvoir contempler de ses yeux le lieu où le corps du Sauveur du monde avait été déposé après son supplice sur la croix.

Huit jours après les Croisés se réunirent pour nommer un roi de Jérusalem et des pays conquis sur les infidèles : leur choix unanime tomba sur Godefroid de Bouillon. Ce prince accepta la dignité qu'on lui offrait , mais il refusa la qualité qui y était attachée , disant que jamais il ne consentirait à porter une couronne d'or dans la ville où Jésus-Christ, le Dieu des rois de la terre avait été couronné d'épines : 11 ne prit en effet que le titre de Duc et d'avoué ou protecteur du Saint-Sépulcre.

Le sultan d'Egypte, qui avait appris les victoires des Croises, commençait à craindre que , une fois affermis dans leurs conquêtes ils ne voulussent tenter de pénétrer également dans ses états. Comme d'antre part il voyait leur armée réduite à un très petit nombre , puisque de trois cent mille qui avaient pris Aotioche il ne leur restait que vingt mille combattants , Gt marcher contre eux une armée de quatre cent mille hommes. A la nouvelle de leur approche l'intrépide Godefroid ne perd point courage ; il s'avance à leur

rencontre dans la plaine d'Ascaloo, engage le combat et s'élance le premier sur eux ; les siens le suivent de près et en font un grand carnage : Cette nouvelle victoire assura au Duc-avoué du Saint-Sépulcre la paisible possession de la Palestine entière , moins deux ou trois places.

Dès lors Godefroid s'occupa moins à étendre ses conquêtes qu'à conserver celles qu'il avait faites et à y établir une bonne police. Il constitua à Jérusalem un patriarche, y fonda deux chapitres de chanoines , l'un attaché à l'Eglise du Saint- Sépulcre , l'autre à celle du Temple , et finalement un monastère dans la vallée de Josaphat. Après cela il fit publier en langue romane ou wallonne les Assises de Jéhusalbh , monument précieux pour le langage du temps, l'étude des lois du moyen-âge et leur juste application aux besoins de l'ordre social.

On attribue la rédaction de ce code fameux à Philippe de Navarre, savant jurisconsulte qui avait suivi les Croisés. La seconde révision des Assises fut faite en 1260, par Jean d'Ibelin, et la troisième par Jean de Lusignan. Cette œuvre est perdue; on n'en possède que quelques fragments traduits en latin et qui se trouvent à la Bibliothèque du Vatican.

Godefroid est mort à Jérusalem après un règne d'un an, le 18 juillet 1100. Il fut enterré dans la chapelle dite d'Adam, annexe de l'Eglise du Saint-Sépulcre.

Son tombeau , que de Bruyn a décrit et qui a subsisté jusqu'en 1807, a dispara depuis la soi-disante restauration de la chapelle qui le renfermait , par les soins d'un architecte grec qui a présidé à cette restauration après l'incendie qui l'avait réduite en cendres. Ce monument portait l'épitaphe suivante :

+ Hic iacbt inclitis dux

GODBFBIDCS DB Bui.LOft QUI TOTAM ISTAM TbBRAM AQUI- SIVIT CULTUI XRIAXO CUi.

Anima regnet ccm Xro Ame*.

Pour termioer cet article, nous aimons à transcrire ici le jagemeot qae l'abbé de Cuoisy a donné sur ce héros de la Chrétienté, dans le Journal des Savants, année 1712, p. 119: «Jamais l'antiqui- «té fabuleuse ne s'est imaginé un héros « aussi parfait en toutes choses , que la «vérité de l'Histoire nous représente «G ode froid de Bouillon. Sa naissance «était illustre, mais ce fut son mérite « qui Téleva au-dessus des autres ; et l'on «peut dire de lui que sa grandeur fut «l'ouvrage de sa vertn. »

En 1848 la Belgique a érigé une statue équestre à la mémoire de Godefroid de Bouillon. Ouvrage du sculpteur Simonis , elle décore la place royale de Bruxelles.

Ozir*t, Ilistoirc de Bouillon, iii & 71.~('omtk m Bic-M-Llivas, Biographie liégeoise, I, 87, Sq. — Diograqbie générale de» Belges, 33 — Moaeai , litt. G. — Bmtbolk* , III, 188 k 508, passiia.-Da Fauta, Dictionnaire historique, litt. G.— D« Wiu, Labores tlrrcolii christiani Goilefridi Ballionii; Lille, 1074. — La Tassa, Jérusalem délivrée; paasita.— Caatatoriaai ; passlm; ad nuaos concordantes. —0a Baora, Reisca etc., 988.— Wasseaooao , Antiquités, 9S«. aq. - Ds Massa, 119, aqqq.— Daa Routât». 8temma(a Lotharingie ac Barri Doeum, 923, i°, sqcjq. — Les Hommes illustres dea Pays- Bas, I, Î404 à SI08. — Cooaria, Encyclopédie moderne, litt. G.-Biographie universelle , XVII , 846, aqqq.— Les Belge* illustres, I, 87, sqqqq.— Conver- MtWLeiiko», édlt de 1881.

BOUILLON , Godefroid-Charles-Henri de la Tour d'Auvergne, due de, était fils unique de Cbarles-Godefroid de la Tour d'Auvergne , duc de Bouillon , auquel il succéda en 1772. Il avait une sœur, Looise- Henriette- Jeanne qui fut mariée à Hercule- Mariadec de Rohan , prince de Guimenée.

Ce prince, sur la vie duquel nous ne nous étendrons pas , a su s'acquérir de la part de la postérité le beau nom de philanthrope par les soins qu'il n'a cessé de donner au bonheur de ses sujets. Il fonda en effet l'hôpital de Bouillon, créa en 1774 une poste aux chevaux et une messagerie publique, encouragea le commerce , favorisa l'introduction et le développement de l'imprimerie et donna fina-

lement aux Bouillonnais uo grand nombre de lois sages.

Godefroid-Charles-Henri est mort en 1792, laissant un enfant unique, Jacques- Léopold-Charles, mort en 1802, dépossédé de la terre de Bouillon et sans postérité.

Oxtaav. Histoire de Bouillon, SSI9, sqqq.-ftfnss ta et VitnDaaa.cua, Dictionnaire géographique da Luxembourg, 194 et 965 à 966. — Paraaa, Histoire de l'ancienne principauté de Sedan, II, passisa. — Le Cu an Brc-bt-Liivas, Biographie liégeoise, II, 498. — Goacscia», Vie* de* Saints, des Pères et dea Martyrs, VII, 569, note.

BRIXHE, Jean-Guillaume, est né à Spa, le 27 juillet 1758. Dès sa plus tendre jeunesse il manifesta le goût Je plus passionné pour l'étude, surtout celle de la jurisprudence; et il y fit des progrès si rapides qu'à l'âge de dix-neuf ans il fut jugé capable d'être admis procureur à la cour de Spa. En février 1780 il reçut son immatriculation en qualité de notaire public au pays de Liège.

Lorsque la révolution liégeoise se préparait, à l'instar de celle de France, Brixhe en embrassa les principes avec enthousiasme et fut nommé Bourgmestre de Spa ainsi que membre secrétaire perpétuel de cette fameuse assemblée représentative dite de Franchimont qui fut toujours la première dans ses propositions ultra-libérales, que plus d'une fois elle fit présenter sous forme d'adresses à la municipalité de Liège à l'effet de les sanctionner à son tour. Elu en 1790 député suppléant au Tiers-Etat du Pays de Liège, il occupait ces fonctions lorsque l'armée autrichienne vint reprendre le pays et réinstaller l'Evéque : Brixhe proscrit comme un des quatorze premiers fauteurs de la révolte, se réfugia à Paris où il devint membre du comité général des Belges et des Liégeois réunis.

Son caractère ardent ne lui permettant pas plus à Paris que dans sa patrie de rester spectateur oisif des événements qui se succédaient avec tant de rapidité, il se mêla bientôt à tous les clubs , au point

que Robespierre le crut mériter d'être inscrit sur sa liste des bons patriotes : Brixhe était loin cependant, dit-on, de partager toutes les doctrines sanguinaires des terroristes.

L'armée française vint sur ces entrefaites conquérir la Belgique et avec elle le Pays de Liège; Brixhe la suivit et se vit bientôt réintégrer dans la municipalité de son endroit natal. Le peuple le députa en outre en même temps a l'administration générale du Pays de Liège où il se montra un des plus chauds partisans de la révolution française et de la réunion des provinces belgiques à la France.

A la retraite de Dumouriez il fut de nouveau forcé de se réfugier à Paris où il fut employé dans les bureaux de la vérification générale des assignats. Au mois de prairial an II (mai ou juin 1794) le comité de salut public , réuni à celui des finances et des assignats le nomma vérificateur dans les départements du Nord et des Ardennes. Paordivers arrêtés des représentants du peuple il fat envoyé avec la même qualité à la suite des armées dans les pays conquis : cet emploi il l'a conservé jusqu'à la suppression des assignats.

Se voyant privé de sa place il commença à exercer les fonctions de défenseur officieux près les tribunaux civils et criminels des départements de l'Ourthe, de Sambreet-Meuse et de la Meuse-inférieure : Une âme passionnée, une éloquence vive jointe à une logique serrée, une connaissance approfondie des lois lui firent bientôt obtenir dans cette nouvelle carrière les succès les plus brillants. En l'an VI (1798) l'assemblée électorale scissionnaire le nomma administrateur du département; et la suivante il fut envoyé au Conseil des Cinq- Cents. Il en fut exclu par la loi du 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799) et revint à Liège où il continua la profession de défenseur officieux. Le 27 frimaire an IX (18 décembre 1800) le premier Consul le nomma avoué près le tribunal d'appel de Liège, et le 18 fructidor an XII

(5 septembre 1803) l'école de droit de Paris lui délivra un diplôme de licencié.

Brixhe est mort le 25 février 1807.

Nous avons de lui: f°. Journal des séance» du Coogrès du marquisat de Fraachimont, tenu au village de Polieur, commencé le 26 août 1789 ; Liège , in-4*. — 2°. Plusieurs adresses de rassemblée franchimontoise à la municipalité de Liège.

— J°. Plan de municipalité pour le boorg et la commune de Spa , et dont la ratification finale est laissée aux cinq élections ; Spa, 1790, in-4°; 20 pages. —4°. Quelques plaidoyers remarquables par les questions importantes que l'auteur a su y soulever , et par le talent avec lequel il les a traitées. — S*. La tribune publique du Département de l'Ourthe ; Liège, Latour; an V, in-8°: Il en a paru 18 numéros formant 312 pages.

Poiaia, EiqnUsu biographique de l'ancien Par»

de Liéffe.-C* M Btc-M-LitTu, Biographie liégroii*. II, 804, - BiogmpWe général* d«* BeIc«, 40.

BROUSSE , Matkias-Pierre, Hs d'an conseiller au bailliage de Thionville , est né dans cette ville , le 13 septembre 1742.

Il était Jésuite non profès en 1764.

lorsque la société d'Ignace de Loyola fat dissoute en France. Devenu simple prêtre il fut pourvu dès qu'il eut atteint l'âge canonique, de la cure de Volcrange près de Thionville, dont les Jésuites de Trêves étaient collateurs.

En 1787 il fut chargé avec trois autres ecclésiastiques de représenter le clergé du District de Thionville à l'assemblée provinciale des Trois-Evêchés et du Clermontois qui se tenait à Metz sous la présidence de l'évéque, Monseigneur de Montmorency- Laval.

Brousse prêta le serment civique et religieux; intrigua pour être appelé aux Etats-Généraux, réussit dans son projet et aspira à Pévêché de Metz en mars 1791. Mais son absence, de même que le petit nombre de ses partisans entravèrent ses vues ambitieuses , et Nicolas Francin (v. son art.) , curé de Kœnigsmacher, élu par

— Si —

«a propres confrères, recul l'onction épis- b**«, nugraphic de la sto«eiie, i, lïe.— T««iu,

deTMoutiU.

copule civique. Cette préférence troubla ■*•«•«"• ** TkUwiUe. 5a«.- Table, d»

la vie de Brousse qui mourut ignoré et loin de Thionville, sa ville natale.

CvEMMKRER , Frédéric, né à Longwy, le jeune poêle ; l'étoile du berger ; le paie 2 juillet 1785, était fils d'un ancien pillon; la barque égarée. — 4°. En 1828 chef de bataillon d'infanterie et chevalier suivirent quatre autres morceaux : sur la de St. Louis, qui s'était marié à Longwy solitude ; sur le premier amour ; sur la où son régiment était en garnison. marguerite; sur l'orage. — 5°. Le Cban-

Frédério Cœmmerer fit ses études a sonnier des Grâces contient plusieurs corn-

Nancy, entra en 1804 dans le corps des positions du même auteur dont les œuvres

mineurs et se trouvait employé à Hambourg en général ne manquent ni d'élégance ni

lorsqu'il eut l'occasion de connaître et d'é- de naturel. — 6°. Elgire de Baumgarten,

pouser la nièce du poète Klopstock. ou trois jours dans les Alpes; poème,

Nommé plus tard à la direction des postes 1833.

à Longwy il occupa ses loisirs par Fétude Caemmerer avait été transféré a Langres, et composa plusieurs petits écrits qui lui Département de la Haute-Marne, toujours valurent la réputation d'un homme savant avec les fonctions de Directeur des Postes, et de bon goût littéraire. Nous connaissons II s'y occupait de la publication d'une édicté lui les opuscules suivants : 1 *. Mémoire tion complète de ses œuvres lorsque la sur un autel antique découvert à Havange, mort le surprit le 3 février 1838 , à l'âge village situé sur la route de Longwy à de 52 ans.

Btcia, Biographie de la Moselle, I, 224, iqcj.—

eraire.

Metz ; 1822, adressé à la société lia

plus tard Académie de Meta, qui en retour Etui n'r raLtoire de Longwy, 161, gqq — T«lut conféra le titre de membre correspon- * i*Acad««k rayai» de Mets) M»é« isas

dant. —2». La même année 1822 cette ? »• 7a» «M-M. p- 131; i887-

Socîété savante avait mis au concours la M' p' ™ ~ ■«"«««■«■•■ P«*«i*"

question suivante : Quelle a été dans ces CHARDON , Mathiat, dit Do» Charles,

derniers temps l'influence de fétude des est né à Yvois-Carignan en 1695 , d'une

sciences exactes sur les productions pure- famille honorable , puisque son frère oc-

ment littéraires? Cœraraerer envoya un cupa dans cette ville la charge de baillif.

mémoire portant pour épigraphe: Ante Mathias Chardon entra en religion en

omnia Musse. Cet écrit, quoique ne trai- 1711, dans l'ordre des Bénédictins de

tant pas le point principal de la question, la Congrégation de SL-Vanne , à Verdun,

an sentiment du jury examinateur, a paru y fit profession le 5 ou le 23 juin 1712

digne d'être honorablement mentionné à à Page de 17 ans et prit le nom de Don

cause des pensées ingénieuses, des images Charles sous lequel il fut connu plus tard

gracieuses et vives qui y sont exprimées dans le monde.

avec un style pur, élégant, animé, et qui II se livra avec passion à l'étude de la

décèle dans Fauteur un adorateur zélé des théologie , de l'antiquité sacrée et profane

lettres, un amant exclusif des Muses. — ainsi que des langues syriaque, hébraïque,

5°. En 1826 il adressa au même corps grecque et latine; l'italien ne lui demeura

savant quatre petites pièces de poésie : pas étranger non plus et il acquit bientôt

ta réputation d'un savant très distingué, an point qu'on lui confia les chaires de rhétorique , de philosophie et de théologie au monastère de Noti-les-moines près de Relbel : il les occupait d'une manière brillante lorsque son opposition à la bulle Unigenilus lui causa des désagréments graves et le fit destituer par le Chapitre général tenn à Toul en 1730. Après cette disgrâce il se retira à l'abbaye de St.-Arnoul à Metz où il est mort en 1771 , à l'âge de soixante-seize ans.

Le Père Don Charles-Mathias Chardon était un religieux très attaché à ses devoirs, ami de la règle, de la discipline et de l'étude; de mœurs austères et généralement estimé. La Clef du Cabinet, journal mensuel qui se publiait à cette époque à Luxembourg, a donné son éloge.

Nous avons de Don Charles : f°. Histoire des Sacrements, ou de la manière dont ils ont été administrés dans l'Eglise, et de l'usage qu'on en a fait depuis le temps des apôtres jusqu'à présent; 6 vol. in-12, Paris, 1745; c'est un ouvrage d'une profonde érudition, écrit solidement, plein de recherches et qui a été traduit en italien ; B rescia , 3 vol. in-4°. — 2°. Histoire des variations dans la discipline de l'Eglise ; restée manuscrite. — 5°. Traité contre les incrédules modernes ; manuscrit.

De la Haut et Lacov , Annale* civile* et religieuse» d*YTOi»-Carignan , 403. — Dl Fuui, Dictionnaire hùtorique; édition de 1838; Mont, II, 169; «u pépiement ta même oa venge, II, 08. — La Ciel du Cabinet; année 1771. - Cooarnf , Encyclopédie moderne, V, 583. -Biographie nniveraelle, VIII, 78.

CIIOUET de Bollemont, Charles, est né le 20 janvier 1749 , fut créé chevalier de St. Louis et devint par ses mérites et ses talents militaires lieutenant-général d'artillerie. Il est mort à Arrancy, le 17 décembre 1815.

Les notes qui nous ont été transmises snr ce personnage distingué se réduisent malheureusement au peu de mots qui précèdent.

Pïotei fournie».

COLLAS, Jean-Pavl-Louit, est oé à Tbion ville, le 13 septembre 1735. Il était fils d'un procureur du roi au bailliage de cette ville, et de Catherine-Reine Standt, de Limbourg. Doué d'nn esprit propre à l'étude des sciences exactes, Collas s'y livra avec ardeur. Il professa de bonne heure et avec distinction les mathématiques à l'université de Lorraine. 11 s'occupa aussi d'astronomie et y fit d'intéressantes observations: il s'aperçut entr'antres d'une éclypse de soleil qui n'avait été ni prévue ni annoncée par les astronomes de Paris.

Collas avait obtenu les ordres sacrés et partit de France en 1767 , pour aller prêcher en Chine : il fut un des derniers missionnaires qui y furent admis. S'étant rendu à Pékin on l'attacha comme mathématicien au service du palais. Il est mort dans cette ville, le 22 janvier 1781, n'étant encore âgé que de 46 ans.

Collas a fait insérer les mémoires dont les titres suivent dans la collection des Mémoires sur les Chinois: i°. Etat des réparations et additions faites à l'observatoire bâti depuis longtemps dans la maison des Missionnaires français à Pékin. — 2°. Observations astronomiques faites à Pékin, en 1775. — 5°. Lettre sur la quintescence minérale de M. le Comte de Lagaraye. — 4°. Lettre sur un sel appelé par les Chinois Kien. — 5°. Lettre sur la chaux noire de la Chine ; sur une matière appelée Lieou-li, espèce de verre , et sur une sorte particulière de mottes à brûler. — 6°. Lettre sur le Hoang-fau ou vitriol , sur le Naocha ou sel ammoniac , sur le Hoang-pè-mou.

— 7". Notice sur le charbon de terre. — 8°. Notice sur le cuivre blanc de la Chine, sur le minium et l'amadou. — 9". Notice sur le papier doré sans or. — 10° Notice snr le bambou. — 11°. Mémoire snr la valeur du taël d'argent en monnaie de France.

Bâem, Biographie de la Moselle, 1, 898, *•,•;•"" Biographie universelle, IX, 9*1. — Begutres de l'Eut cMI de Thionvitlc — Corot», Encyclopédie moderne, VI, «37. - Biographie «JuterecUe, IX,

COLLOZ, Don Michel, vit le jour en 1722, à Offagne, aujourd'hui commune du canton de Paliseul, arrondissement de Neufchâteau et dépendant autrefois du Duché de Bouillon. Colloz embrassa la règle de St. Bénolt et détint prieur de l'abbaye de Beaulieu en Argonne. Il était habile archiviste et grand amateur d'antiquités. II est mort vers Tannée 1780.

Don Michel Colloz a publié f>, l'Histoire monastique des Gaules ; précédée de savantes dissertations : Ouvrage très-estimé des savants. Il a aussi travaillé, £°, a l'Histoire de Metz.

C* m Bsc-M-LtivM, Biographie liégeoiie, II, 480. — Masculin LaGaioi, Notice i*r le* Laxcabourgeoi* célèbres, 37.

CONSEIL, Louis, officier de la Légion d'honneur, capitaine de chasseurs de la garde impériale , chef de bataillon de la garde nationale et membre du conseil municipal d'Ars-sur-Moselle, est né à Thionville, en 1777. Il était le vingt-deuxième enfant et le seizième fils de sa famille. Son père, fabricant de chandelles à Tbionville , ayant conduit tous ses enfants ait sacre de Louis XVI à Rheims, obtint une pension de ce monarque le jour même de la naissance du jeune Conseil qui fut pour ce motif nommé Louis, avec addition du nombre seize, pour le distinguer, dit-on, d'un de ses frères qui portait déjà le même nom, peut-être aussi , et par une coïncidence aussi extraordinaire que remarquable, à cause du rang d'ordre que le roi régnant occupait parmi les monarques homonymes de sa dynastie, rapporté à celui que par sa naissance le jeune homme avait entre les (ils du même père et de la même mère.

Il avait à peine quinze ans lorsqu'il s'enrôla dans le 4' bataillon des volontaires de la Moselle. Simple soldat , il fit dans ce corps les premières campagnes de la République; mais sa jeunesse, les privations et les fatigues de la guerre le ramenèrent malade dans sa famille. Il s'y rétablit cependant et se hâta de reprendre du service dans le 3* régiment de hus-

sards, dans lequel il avait obtenu tous ses grades en 1815 ; ce fut dans ce corps que sa valeur brilla de tout son éclat: Ce serait une longue tâche a raconter les faits d'armes qui ont illustré sa carrière. Dans toutes les campagnes de la République et de l'Empire il se montra constamment aux postes les plus périlleux , paya toujours de sa personne, reçut des blessures graves et eut plusieurs chevaux tués sous lui. Napoléon Ier avait reçu des mains de Louis Conseil plusieurs drapeaux enlevés à l'ennemi, lorsque détachant de sa poitrine l'étoile des braves il le créa officier de la Légion d'honneur, distinction qui ne se donnait alors qu'au vrai mérite.

Après les désastres de 1814 ses affections patriotiques qu'il ne pouvait cacher, lui attirèrent des disgrâces ; mais le retour de l'île d'Elbe l'en récompensa : Napoléon l'appela dans les chasseurs à cheval de sa garde. A Waterloo il était officier d'ordonnance près de l'Empereur qu'il ne quitta que le dernier. La restauration, pour réparer les fautes qui avaient amené les cent jours, faisait pleuvoir dans les corps des croix de St. Louis: Conseil refusa cette décoration : « Un volontaire de 92, « dit-il à son colonel avec une noble fierté, « ne peut être chevalier de St. Louis. Je «n'ai rien fait d'ailleurs pour ceux qui « m'offrent cette croix ; je ne les connais

« pas Celle-ci du moins (en frappant

« sur son cœur) je l'ai gagnée : elle n'irait « point avec l'autre. » Une réponse aussi franche le priva du fruit de ses campagnes ; et jeune encore , il n'avait que 38 ans et était à la veille de passer officier supérieur, on le mit à la retraite. Ce fut alors qu'il revint à Thionville où la vue des ennemis qui occupaient sa ville natale lui fit éprouver de nouveaux chagrins. Il la quitta bientôt pour s'unir, dans le bourg d'Ars-sur- Moselle, à une famille recommandante. En juillet 1830 il se bâta de faire arborer les trois couleurs à sa commune dont il organisa la garde nationale. Ce fut le dernier acte patriotique qu'il accomplit ; il est mort le 23 octobre 1833, à l'âge de 56 ans.

Solide de la Mwelle, 468,

COURTOIS , Alexandre-Nicolas, est né «Longuion, le 24 novembre 17S8. Il était fils de Jean Courtois, jurisconsulte an bailliage de LoDgaion, et de Marie-Elisabeth Cbatain.

Courtois montra de bonne heure des dispositions heureuses 5 moins dissipé que ne le sont ordinairement les jeunes gens de son âge , il copiait à cinq ans dans l'étude de son père, et à huit il écrivait assez bien pour donner des modèles d'écriture aux écoliers de l'instituteur de Ja commune. A l'âge de dix ans il commença à apprendre le latin ; et à quinze son père, chargé d'une famille de dix enfants , le plaça chez nn patricien de Nancy qui en fit bientôt son maître-clerc. Pins tard il entra à l'école de droit de Nancy; fut reçu bachelier le 27 juin 1783 et licencié Tannée suivante, à l'âge de vingt-six ans. Il entra alors au barreau où il acquit bientôt de la réputation par son éloquence et ses connaissances. Il partageait en outre son temps de manière à pouvoir en consacrer une partie à la littérature et à la poésie. Il fit insérer plusieurs pièces légères dans différents recueils et obtint des succès nombreux a l'académie de Nancy, aux séances de laquelle il assistait régulièrement. Ses correspondances littéraires étaient étendues. Plus tard il se retira même du barreau pour donner tous ses moments à ses études favorites et devint pendant un an un des collaborateurs du journal littéraire de Deux-Ponts. Il travailla ensuite au Journal général de l'Europe qui s'imprimait à Hervé ; et à dater du mois de juillet 1788 il rédigea Seul, pendant huit a dix mois le Journal de Luxembourg intitulé : Mélanges de littérature et de politique. D'autres feuilles publiques reçurent aussi des articles sortis de sa plume.

La révolution française éclata sur ces entrefaites. Alors les événements de la vie de Courtois se succédèrent rapidement. Nommé membre du district de Longwy il s'y fit remarquer par plu-

sieurs rapports lumineux. Peu de temps après il fut appelé à l'Administration du Département de la Moselle; mais la commission dont il faisait partie fut presque en même temps supprimée par ordre du Gouvernement. Courtois se rendit alors près du ministre Lebrun qui le nomma en 1792 commissaire national du pouvoir exécutif de la République dans la Flandre orientale poux opérer la rénnion de cette province. Il réussit par ses bons procédés et ses proclamations à gagner l'esprit des Belges; opéra la division administrative de leur territoire, y organisa les administrations ainsi que les tribunaux et sut y maintenir la paix au milieu des troubles qui agitaient la Fraoce à cette époqne.

Le 9 décembre 1792, dans une chaleureuse improvisation à la société des amis de la liberté et de légalité à Gand, Courtois engagea les peuples belges i organiser chez eux une Convention nationale. Son discours fut vivement applaudi et l'impression en fut ordonnée.

Le 22 février 1793 il parla également à l'occasion de l'assemblée communale de Gand.

Obligé de fuir lors de la défection de Dumouriez, Courtois revint avec une caisse bien remplie qu'il remit au Gouvernement, et fut ensuite a Longwy ou il prononça le 22 octobre de la même année un discours éloquemment écrit à l'occasion de l'anniversaire de la rentrée des troupes françaises dans cette ville. En récompense de sa loyauté et de ses services le ministre Lebrun l'avait fait nommer , le 19 juin 1798, accusateur militaire près le tribunal du deuxième arrondissement de l'armée de la Moselle dont Metz était le chef-lieu. Mais de telles fonctions cadraient mal avec l'esprit généreux, le caractère paisible de Courtois. Aussi ne tarda-t-il pas à être dénoncé comme modéré, accusation fort grave pour l'époque, et qui le mit a l'instant sous le poids d'un mandat d'arrêt. Courtois prévoyant l'orage dont il était menacé, se réfugia à Longuion

pour y occuper une place de juge près le deux cents vers ; dans le Journal de

tribunal civil où il remplissait depuis quel- Deux-Ponts.— 5*. Une infinité de pièces

que temps les fonctions de suppléant. Il fugitives insérées sous des noms supposés

obtint cette fois de demeurer chez lui sous dans la feuille précitée , les Affiches de

la surveillance d'un gendarme pendant Metz, le Journal de Nancy, l'Almanach

que son procès s'instruisait. Toute l'ad- des Muses, les Etrennes lyriques, etc.

ministration départementale ayant été dé- u M-fe,u , ^ 4 noncée a propos de son adresse au roi

sur l'affaire du 10 août, Courtois fut du COURTOIS, Anacharsis-Jean> frère nombre des victimes que l'on traîna à Pa- du précédent , est né comme lui à Lonris: en route les gendarmes que sa jeu- guion, le 6 octobre 1767, et entra au nesse et sa candeur intéressaient, vou- service militaire, le 11 décembre 1785. laient le laisser évader et lui en ména- Au passage du Rhin en 1794 il était geaîent les moyens. Mais sa conscience capitaine au 43' régiment d'infanterie et était calme et il n'envisageait pas la ca- passa le premier dans une barque avec tastropbe qui pesait sur sa tête. Con- <dix-huit hommes à la tête de l'île de Bcddamné à mort par le tribunal révolu- berg, força les retranchements de l'ennemi tioonaire il périt sur la guillotine , le 12 et fit vingt-deux prisonniers avec un officier, janvier 1794 , à l'âge de trente-trois ans. Ayant joint les tirailleurs de l'avant-garde Il avait été marié deax fois. Sa pre- il s'empara d'une pièce de canon avant mière femme lui donna un fils , Michel- d'entrer dans Kaiscrsvers. A la prise d'as- Amédée , qui avait embrassé la carrière saut de Friedberg il montra la plus grande des armes et mourut à vingt-six ans des intrépidité à la tète de sa compagnie : le suites de blessures reçues au champ général Jacopin Ini ayant ordonné do chard'honneur en combattant pour la France, ger l'ennemi qui était en masse dans la Sa seconde femme s'est plus tard rema- grande rue il le culbuta et le força à la riée à Liège qu'elle a continué d'habiter. . retraite. Dans cette journée on fil prison- Courtois jurisconsulte , littérateur et niers deux bataillons autrichiens. Au paspoëte, était doué d'une rare facilité dont sage du Tagliamento , le 26 ventôse an V il abusa quelques fois en composant des (16 mars 1797) il prit le commandement futilités qui passeraient peut-être aujour- du 3* bataillon d'après les ordres du géd'hui inapperçues. Elève de l'école de néral Duffaut, et s'empara de Cividal Dorât, il n'a pas eu le temps de mûrir qui était encore occupé par les grenaton talent; cependant il parvint parfois diers hongrois; il en fit beaucoup prià s'élever au-dessus de son maître. son ni ers. Le 4 germinal (24 mars 179"7) Outre un grand nombre de compo- a la prise du fort Cbnexa il commandait skions en prose et en vers qui n'ont pas la compagnie de grenadiers du 3" baété imprimées et qui furent en grande taillon quand il reçut l'ordre de s'empartie lacérées ou détruites , on a de lui : parer avec la première compagnie de im. Observations sur la ville de Looguion grenadiers du même régiment du glacis du Département de la Moselle ; Paris , de cette forteresse ; ils parvinrent à en io 12; 54 pages; an II de la liberté. — chasser l'ennemi et s'y établirent. D'a- 2°. Idée sur l'estime au marc d'argent, près le compte rendu au général Bonanouvelle mesure de la valeur des hommes, parte de la conduite que Courtois avait donnée par la majorité en voix de l'as- tenue dans les affaires du 26 ventôse et semblée nationale ; 24 pages in 12. — du 4 germinal il fut nommé chef de ba- 5°. Réflexions sur une brochure nouvelle, taillon. Au passage du Mincio , à PozzointituJée: Ultimatum; 16 pages in 12. — lo , le 4 nivôse an IX (25 décembre 4°. La Grille, conte gascon, de plus de 1800) le chef de bataillon Courtois se

distingua particulièrement: il fut le premier qui à la tète de son bataillon reprit le village de Pozzolo dont l'ennemi s'était emparé et y marcha le drapeau a la main. Courtois contribua par cette action au succès de la journée dans laquelle il fit quatre cents prisonniers, parmi lesquels se trouvaient quinze officiers. En Italie il se fit une brillante réputation , reçut plusieurs blessures et fut nommé Officier de la Légion d'honneur par l'Empereur. Passé major au 76* de ligne il se conduisit avec bravoure à Marengo, fit la campagne d'Allemagne, commanda a Wagram une brigade de grenadiers et de voltigeurs réunis, reçut deux blessures graves et mérita par sa belle conduite que l'Empereur lui conférât le litre de chevalier avec une dotation. Depuis 1815 le colonel Courtois avait obtenu sa retraite et vivait à Metz , lorsqu'en 1830 il fut nommé colonel d'une légion de la garde nationale de cette ville où il est décédé après une longue

maladie, le 4 juillet 1836, à l'âge de 79 ans.

Vmmmam, SUIttUqnc de U Moaelle, S3I . aq.— Bien, Biographie de la Moaelle. I, S 14.

COURTOIS, Marie-Florentin, frère des deux prëcédeats, entra comme simple soldat dans le quatrième bataillon des volontaires de la Moselle et fut fait souslieutenant par Louis XVI dans Royal- Konssillon. Il s'est trouvé au camp de la Lune , à la bataille de Jemmapes , à celle de Thouars , à celles de Savenay et du Mans ; a fait avec distinction les campagnes d'Italie , de la Vendée , de Prusse et d'Allemagne. Un boulet qu'il reçut en pleine poitrine en entrant dans le village de BomersdorfT mit fin à sa glorieuse carrière. U était chef de bataillon, membre de la Légion d'honneur et avait assisté avec le colonel Anacharsis-Jean Courtois, son frère (v. son art.) , a plus de trois cents combats , sièges ou batailles.

Btci», Biographie de la Moselle, I, 515, Vaaao»**», Statistique de la Moaelle, «St.

DAGLY né à Spa , était un

artiste distingué qui faisait les meilleurs vernis à l'épreuve de l'eau et du feu. Il est l'inventeur de ce beau vernis des Gobelins en usage depuis 1713 à la manufacture de ce nom et qui est connu sous celui de son inventeur : U est possible cependant qu'on ignore dans cet établissement que c'est à un enfant de Spa que l'on doit cette admirable invention. 11 employa , dit-on , quarante ans pour le trouver. Son vernis ressemble beaucoup à celui de la Chine et il a de plus la propriété de pouvoir être employé sur des matières ployables, comme les étoffes, la toile, le cuir. U avait obtenu en 1713 un privilège exclusif pour établir des manufactures en plusieurs endroits de la France. On croit qu'il est revenu finir

ses jours dans le pays de Liège , peutêtre dans son endroit natal.

Diwiz, Dittotre d« Pay§ de Liège, II, 555.— C*«». Bic-M Lttvat. Biographie liégeoise, 11,558. —Biographie générale du Belge* , 65.

DELCOUR, Jean, est né vers le milieu du dix-septième siècle à Hamoir, dans l'ancienne principauté de Stavelot.

Dès son plus jeune âge il montra un goût décidé pour la sculpture et s'y adonna avec entraînement: Il fit même deux voyages en Italie pour se perfectionner dans cet art par l'étude des chefs-d'œuvre des grands maîtres. Delcour se flxa en* suite à Liège qui possède ses principaux ouvrages , tels qu'un Saint Jean-Baptiste en bronze , au-dessus de la fontaine Hors-Château : une autre statue du même

saint dans la paroisse du même nom ; la fontaine de la place St. Paul où les figures sont également en bronze. L'église des religieuses dites les Bons-Eofants possédait aussi de lni un Cbrist au tombeau, en marbre blanc , etc. : cette œuvre se trouve aujourd'hui à la cathédrale. On raconte que Vauban , instruit des talents de Delconr , l'avait engagé à faire la statue équestre de Louis XIV pour la place des Victoires, mais que cet artiste s'y était refusé, prétextant son grand âge et ses infirmités.

Delcour est mort à Liège , le 4 avril 1707. La modestie et la probité de cet habile ouvrier ajoutaient encore à ses rares talents. Ses compositions sont d'un bon goût, ses contours élégants et ses draperies bien jetées.

Ds Fillm, Dictionnaire hiftariqae, litt. D. — Dinii, Uiitoire dn Pays de Liège, II, 355. — Cooatim, Encjclopédk moderne, VIII, 185.

DELCOUR , Jean-Gilles, que Dewez nomme simplement Jean, comme le précédent, naquit comme lui à Hamoir et manifesta bientôt une inclination ainsi qu'une disposition particulières pour la peinture qu'il vint apprendre à l'école de Kertbolet Flémalle de Liège. Il alla ensuite se perfectionner à Rome où il peignit le tableau de l'assomption pour le maître-autel des Gnillelmines de Liège et copia les batailles de Constantin contre Maxence d'après les fresques de Raphaël. Il y fit aussi une copie de la chute de Simon le magicien ponr la collégiale de St. Pierre à Liège et composa la table d'autel de la même église ; finalement l'Ange gardien dans le couvent des Anges de la même ville, ainsi que le plafond de l'église de No tre-Dame-d es-Fonds étaient aussi de lui et passaient pour ses chefs-d'œuvre.

Le peintre Jean-Gilles Delcour est mort subitement à Liège, en 1694.

Bvwax, Hiateire da Paye de Liège , II, S54. — De Fat.ua, Dictionnaire hiitoriqoc; article Delconr, •culptevr.— Biographie générale des Belge», 68, aq. -Conana, Encyclopédie a>oder.e, VIII, 185.

DO UTRE LE PONT , Joseph, est né à Halmédy, le 21 novembre 1775, d'une famille estimable. Il alla étudier la médecine aux universités de Wirzbourg et de Halle, et fut reçu docteur à cette dernière, en 1798. 11 fréquenta ensuite les leçons d'accouchement du Professeur Roër, à Vienne ; puis il exerça l'art de guérir, de 1799 jusqu'en 1816 , à Salzbourg où il professa en même temps l'art obstétrique.

En 1816 il fut nommé professeur à la maternité de Munich , puis à Wirzbourg; et en 1832 le roi de Prusse lui conféra l'ordre de l'aigle rouge.

Doutrelepoot est mort le 20 mai 1845 , laissant un assez grand nombre d'ouvrages sur la médecine, qui sont trèsestimés, dit-on, mais dont nous ne sommes pas parvenu à nous procurer les titres.

B«aaca, Eiflia illnatrata, 111, 1, i, 50.

DRION, Dieudonné, originaire de Wanne , à une lieue environ de Slavelot , naquit pendant la seconde moitié da dix-septième siècle. 11 entra en religion à l'abbaye de Malmédy , dout il était prieur lorsqu'en 1737 il fut nommé soixantedouzième Abbé-Prince de Stavelot-Malmédy. Ce respectable prélat est mort en 1741 ou 1742, avec la réputation d'une grande science et d'une exquise bonté, qui l'avaient fait chérir de ses religieux aussi bien que des habitants de sa principauté.

C» aa Btc-ai Liivaa, Biographie liégeoiae, II. 388.-Baai.»L«T, II, P. d. VIII.

DUCHATEAU, Philibert, né à Longuion en 1765, entra à l'armée où il parvint en assez peu de temps au grade de sous-lieutenant au 7* des chasseurs a cheval. Ducbateau fit toutes les campagnes de l'an VI et compta plusieurs actions d'éclat: il se distingua entr'autres le 25 floréal an VII (14 avril 1799) à l'affaire de Rome et reçut l'étoile de la Légion d'honneur le 25 prairial an XII (14 juin

1804). Il faisait partie de Pavant-garde qui commença à décider la déroule de I'avant-gardc de l'armée napolitaine et reçut un coup de feu dans ce combat.

Pendant le même mois il enleva deux drapeaux au milieu d'un régiment autrichien , et en récompense de cet acte de bravoure il fut, le même jour, nommé officier sur le champ de bataille. Le 28 thermidor an VII (15 août 1799), à la bataille de Novi, il eut un cheval tué sous lui.

Le lieutenant Duchateau est mort dans sa ville natale, le 13 mai 1806.

Tnumii, Statistique de U Moselle 8311.

DUCLOS, Pierre-Gilbert, est né a Longwy, le 14 mars 1765. Après avoir terminé ses études avec succès , le jeune Duclos entra à l'armée oh il parvint au grade d'officier d'état-major, après s'être distingué en différentes rencontres. Plus tard il quitta la carrière des armes avec une retraite de capitaine, et s'occupa de littérature. Fixé à Paris, il y a donné plusieurs pièces de théâtre qui ont eu du succès, mais dont nous n'avons pas découvert les titres. Il contribua en outre à la rédaction de quelques journaux. Vers 1827 il était professeur d'Histoire et de Géographie au collège de Sorrèze , fonctions qu'il a encore quittées depuis pour se livrer sans partage k son goût pour les lettres. Duclos , dit son biographe , avait en portefeuille, en 1829, de nombreux manuscrits qu'il se proposait de publier un jour; nous ignorons si ce projet a été rais à exécution. Ce littérateur est mort en 1838, à l'Hôtel des Invalides.

Btti», Biographie de la Moselle, I, 5V8. - C

Estai sur l'Histoire de Longwj , 1(1». — Renseignements particuliers.

DUQUESNOY, Adrien-Cyprien, est né à Briey, le 26 septembre 1759, fils de Charles-Louis Duquesnoy, Conseiller du roi , son procureur au bailliage de Driey, et de Jeanne Pcrrin. Après avoir fait de bonnes études au collège de Metz il prit le titre d'avocat, demeura quelque temps

à Briey partageant ses loisirs entre l'étude de l'agriculture et celle des belles-lettres, et fut ensuite s'établir à Nancy où résidait une partie de sa famille. Devenu, avant la révolution de 1789, syndic de Lorraine et du Bar rois, Duquesnoy se concilia l'estime publique et mérita d'être élu en 1789, député aux Etats-Généraux par le Tien- Etat du bailliage de Bar-le-Duc. Apôtre de la liberté, il en devint un des plus nobles défenseurs. 11 siégea peu de temps dans le parti appelé Palais royal qu'il abandonna pour prendre un ton plus modéré que celui de ses fougueux collègues; et plus d'une fois la tribune eut à s'enorgueillir de ses accents généreux. Il servait de bonne foi la liberté sans s'isoler d'une constitution monarchique qu'il jugeaitindispensable à la France, et demeurait attaché au trône tout en proclamant les droits do peuple, parce que le trône et le peuple lui semblaient devoir rester unis par les liens d'une constitution basée sur les prérogatives nécessaires de l'un et de l'autre. Peu de temps après son arrivée à Paris, Duquesnay se lia d'amitié avec les premiers publicistes et les plus célèbres écrivains de France ; il était l'intime ami de Mirabeau à qui ses talents et ses connaissances variées devinrent très-utiles en différentes circonstances.

A peine Duquesnoy eut-il pris place à l'assemblée qu'il se Gt remarquer par ses observations justes et sa diction facile. Dans les premières séances de 1789 il accusa la lenteur du travail de la constitution, proposa d'établir quelques principes avant son examen, parla sur le préambule de la déclaration des droits et pour le maintien de l'invocation à l'Etre suprême. Dans beaucoup d'autres circonstances il fit preuve de modération et de justesse de conception de son mandat , et on le vit toujours rangé au nombre des députés les plus éclairés comme les plus francs amis d'une sage liberté.

Rentre dans ses foyers à Nancy, il fut nommé maire de cette ville, le 12 février 1792. Décrété d'accusation en 1794 et

incarcéré pour avoir Contribué à dissoudre rassemblée populaire de Nancy, une des plus exaltées de toutes celles qui faisaient alors trembler la France, il eut le bonheur de n'être traduit devant le tribunal révolutionnaire qu'après la chute de Robespierre, et il fut acquitté. Depuis ce moment il ne fit plus parler de lui jusqu'après le 18 brumaire, où Napoléon le nomma chef de division au ministère de l'Intérieur, avec mission d'initier son frère Lucien dans la science du Gouvernement : l'expérience que Duquesnoy avait acquise le rendait digne de cet emploi.

Cependant les travaux que lui imposaient les charges dont il était pourvu ne suffisaient pas à l'activité de son esprit. Il fonda vers cette époque une grande fabrique près de Rouen et une filature qui rendirent d'éminents services a l'industrie française, mais qui ne tardèrent pas à absorber toute sa fortune. Il établit également et entretint pendant plusieurs années à ses frais un hospice où de jeunes filles apprenaient à travailler , institution éminemment philanthropique et qui suffirait pour laver son auteur des torts qu'on lui a généralement imputés.

Nommé maire du dixième arrondissement de Paris, Duquesnoy se montra digne de ces délicates fonctions : ami de l'humanité il se mit à la léte de tous les établissements qui pouvaient contribuer n l'avantage de ses concitoyens. Le conseil de bienfaisance le compta au nombre de ses membres , et l'établissement des sourdset-muets parmi ses administrateurs.

Un événement assez singulier arrêta tout-à-coup la fortune et la prospérité de Duquesnoy. Obligé par ses fonctions de constater l'état civil des citoyens, il inscrivit sur les registres de la mairie l'acte de mariage que Lucien Ronaparlc contracta en 1804 avec Mademoiselle Jouberton.

Le premier Consul, violemment irrité du secret qui lui avait été fait de cet acte, s'emporta contre le maire et ne voulut plus entendre parler de lui. Cette disgrâce, qui lui enlevait tout espoir de relever une

fortune qui baissait chaque jour davantage par suite d'obligations que ses entreprîtes lui avaient fait souscrire, aliéna sa raison; et, dans un accès de délire il conçut et exécuta le projet d'un suicide, en janvier 1808 : Son corps fut retrouvé dans la Seine, près de Rouen, vers la tin du même mois. 1) était dans toute la vigueur de l'âge, n'ayant que 49 ans, et pouvait rendre encore de grands services a ses concitoyens et à l'Etat. Plein de zèle pour tout ce qui avait rapport à l'utilité publique, amateur éclairé des beaux-arts, il protégeait de sa bourse et de son crédit ceux qui les cultivaient.

Duquesnoy est auteur des ouvrages dont les titres suivent : i\ Mémoire sur l'éducation des bêtes à laine ; 225 pages iu-8% Nancy, 1792. — 2*. Recueil de mémoires sur les hospices et les établissements d'humanité, traduits de plusieurs langues étrangères. J799 à 1804 ; 39 numéros, formant 15 volumes in-8°. — 3°. Aperçu statistique des Etats de l'Allemagne, par Hœck ; traduit de l'allemand; Paris, an IX ; in-folio.

— 4°. Histoire des pauvres, de leurs droits et de leurs devoirs; par Th. Ruggels; Paris, an X; traduit de l'anglais. — 5°. Esquisse du mémoire en faveur des pauvres de Jérémie Rentbam ; in-8° ; traduit de l'anglais. — 6°. Recherches sur le nombre des habitants de la Grande- Rretagne et de l'Irlande in-80.; de Sir Morton Eden, etc. — 7°. Recherches asiatiques, ou Mémoires de la Société établie au Bengale pour faire des recherches sur l'Histoire et les antiquités, les arts et la littérature de l'Asie; traduits de l'anglais, par A. Labanne, revus et augmentés de notes pour la partie orientale, physiologiqoe et historique par M. Langlès, et pour la partie des sciences exactes et naturelles par MM. Cuvier, Delambre, Lamarck et Olivier, membres de l'Institut; in-4°. — 8°. Quelques Essais de Rumfort. — 9°.

L'ami des patriotes, etc. , etc.

BtciK, Biographie de la Moselle, I. 4SI a 456.

— Vï»»ow»*i». 8tatiitiquc de la Motelle; 9e partie, 02. — Coc»tw , Encyclopédie moderne; IX, 181, tq. — Biographie nnÏTeraelle, XII, 354

DURBACH, Charles-Frédéric, est né à Catteoom, le 15 avril 1763. Occupé d'agriculture dès son enfance, Durbach dota sa province d'nn grand bienfait en y introduisant l'usage des prairies artificielles qui y étaient absolument ignorées avant lui. Il était maire de son endroit natal lorsqu'il fut appelé en 1790 à l'administration du département de la Moselle. Ami sincère de la liberté et de la monarchie constitutionnelle, mais éloigné des excès qui compromettaient le salut et la dignité de la France, Durbach s'opposa toujours autant que cela fut en lui aux fureurs d'une multitude égarée, souvent excitée au crime par quelques traîtres soudoyés. Ayant protesté hautement avec tous ses collègues contre les événements du 20 juin 1792, cet acte de courage attira sur sa téte l'animadversion du pouvoir sanguinaire qni commençait à tourmenter la France. Durbach fut nommé le 23 juin membre de la commission de comptabilité. Le 27 il proposa à la Chambre de supplier le roi de compléter les lois relatives aox abus de la presse, et le 30 il développa sa motion qui fut ajournée malgré toute l'éloquence de son auteur.

Plus tard il prit dans plusieurs discussions importantes une part très active aux débats de la Chambre ; mais nous ne pouvons entrer dans ces détails qui nous mèneraient trop loin. Nous ajouterons seulement qu'il était encore à la législature en 1818 où il montra la plus grande indépendance de caractère comme le plus éclatant civisme. Compris dans l'ordonnance de proscription du 24 juillet, il fut obligé de quitter Paris dans les trois jours , non sans protester contre une mesure qu'il proclamait injuste ettyrannique; et il ne rentra en France qu'après plusieurs années d'exil. Depuis

lors il vécut loin des fonctions publiques, mais encore occupé d'objets d'utilité générale. Il est mort à Tarbes (Hautes-Pyrénées) , le 16 septembre 1827, à sod retour des eaux thermales.

Durbach est auteur de plusieurs brochures, fruit des circonstances, et qui pour ce motif sont oubliées aujourd'hui. Nous allons en copier les titres: i°. Nécessité d'une Constitution ou Pacte social; 1814. — 2°. Encore un mot sur la Constitution; 1814.-3°. Du mode de présentation de la Constitution au Corps législatif et a la nation.— 4". Aux membres du Corps législatif sur le projet de donner une Charte à la France. — 5*. Discours an sujet de l'adresse au roi ; 6 juin 1814.— 6*. Discours sur la liberté delà presse; 30 juin 1814.-7°. Opinion sur la liberté de la presse; 6 août 1814.— 8°. Encore un mot aux défenseurs du projet de loi relatif à la liberté de la presse; 1814. — 9*. Encore quelques lignes sur la liberté de la presse; 1814. — 10*. Opinion sur la loi des Finances; 30 août 1814. — 11*. Opinion sur le projet de loi relatif à la naturalisation des Départements qui furent réunis à la France; 1814. — J2°. Opinion sur les amendements faits par la Chambre des Pairs au projet de loi relatif à la liberté de la presse; 1814.— 13". Opinion sur le projet de loi concernant la restitution aux émigrés de leurs biens non vendus ; 1814.— 14'. Les véritables intérêts de la Maison de Bourbon; 1814.

Galerie des contemporains, IV, 288. — Tbmuu» HUtoire Je Tkiwill*. 897. -■«•», Biograpkk Je U MMelle. 441 • «60 -Vntoa.A... 8t.ti.ti,»*

VI, «63, le-q.

Si -

FARABERT, Farabertus, sortait de la maison des Comtes palatins dits de St.

Pol ou peut-être de St. Paul , ex Comitibus S. Pauli de Palatio. Il entra à l'abbaye de Prum où il fit sa profession religieuse. Après la mort de l'abbé Ruofrid il fut désigné pour lui succéder dans le gouvernement de ce monastère dont il devint le onzième abbé en rang suivant Bertbolet, le dixième seulement d'après Knauff, et le second de son nom.

Les historiens s'accordent à dire que sous l'abbé Farabert le monastère de Prum avait acquis beaucoup de renommée par l'exacte discipline qu'il sut y maintenir et par le nombre de religieux qu'il y avait admis, lorsque Hugues, évêque de Tongres ou de Liège vint à mourir, le 14 janvier 947. Farabert fut appelé à lui succéder et devint ainsi le quarante-deuxième évêque de ce diocèse. En 948 il assista au Concile d'Ingclheim où il prit pour la première fois , disent quelques auteurs, le titre d'évêque de Liège: cependant d'autres annalistes prétendent que Richaire ou Ricairc (v. son art.) , un de ses prédécesseurs avait déjà adopté et pris cette qualification.

Ce prélat qui , paraît-il , a augmenté le nombre des paroisses de la capitale de son évéebé, ne gouverna que six ans: il mourut le 28 octobre 953. Les historiens liégeois ne font pas son éloge comme évêque, bien qu'ils ne spécifient aucun reproche direct: Il eût mieux fait, disentils seulement , de rester dans son abbaye qu'il avait parfaitement dirigée.

I, 161), »q. — DviVKX,

Hutoire du Pays de Liège, I, 90. — Clc M Bic- M-LltvM, Biographie lirfjroUe, I, ST. — Kaaorr, Dcfeniio Abbfttisc Prumitmit, 44. — Bmt*out> II, P. J. XII. — t. Stiabimg, Metropolû Eecle*ùe T«Teric«. I, 467.

FRANCIN, A'tcofcu, est né le 20 septembre 1735, à Kœnigs-Macher , village du Luxembourg français, arrondissement de Tbionville. Il était curé du même endroit lorsque Durbacb (v. son art.) le fit désigner évêque constitutionnel de Metz par l'assemblée électorale, le 15 mars 1791. Francin qui avait alors 56 ans et qui était franchement attaché a la discipline ecclésiastique, hésita longtemps avant d'accepter cette dangereuse mission. Mais après avoir mûrement réfléchi sur le bien qu'il pourrait faire en faveur de l'Eglise de Metz pendant ces temps de triste mémoire où l'absence d'un officiant assermenté était un arrêt de condamnation prononcé contre les édifices consacrés au culte, flatté peut-être aussi un peu dans son amour-propre pour la distinction qu'on lui conférait , il accepta à la fin et quitta quoiqu'avec regret une retraite où il avait su se faire aimer.

En ecclésiastique honnête il remplit avec beaucoup de dignité les fonctions épiscopales ; mais il n'était assis que depuis un peu plus d'un an sur ce siège lorsque déjà il fut dénoncé pour avoir célébré la fête d'un saint. Cette imputation suffit pour le faire arrêter avec son grandvicaire, en 1793, et le faire jeter dans les cachots de Clermoot-Ferrand d'où il ne sortit que quatorze mois après, à la fin de la Terreur.

De retour à Metz , Francin essaya vainement de relever les autels dans son

diocèse: délaissé du Gouvernement, repoussé par un grand nombre de fidèles qui fuyaient les prêtres assermentés , il n'eut plus, même pour faire le bien , qu'une autorité faible et très incertaine. Les épreuves douloureuses dans lesquelles il vécut pendant les neuf années qui suivirent sa mise en liberté eurent enfin un terme. A la signature du Concordat du 18 avril 1802, il résigna ses fonctions épiscopales avec un empressement beaucoup plus grand qu'il n'en avait montré pour le» accepter, et obtint en échange la cure de Notre-Dame qui venait d'être érigée. Mais il ne conserva cette nouvelle mission que peu de mois, il mourut dès le 24 août de la même année (16 fructidor an X) , à l'âge de 67 ans.

Un regret universel, dit son biographe, honora sa sépulture, et un tombeau lui fut élevé au cimetière Belle-Croix, à Metz. Il porte l'inscription suivante :

Ci-gît le Révérbndissimb Pérb bn Jésus-

[Christ ,

NICOLAS FRANCIN , Elu Evbqub du Dép. db la Moselle par

[la Const. frm ,

UHB PIBTB APOSTOLIQUE, DES M0BUH8

[douces , Une bienfaisance exemplaire , fubbnt 8b8 vertus.

IL DÉCÉDA PASTEUR db l'Eglisb Notre-

[Dame , a Metz , A l'agb de 67 ANS.

Un rbgrbt général honore sa sépulture, Lb 24 août 1802 , 6 fructidor an X db

[la Rép« frm.

* PaiBZ DlBU POUR SON AME.

Grégoire, ex-évêque de Blois avait proposé cette autre inscription :

Nicolao Francin Qui svffragante populo Invitus iniit episcopatwn , Suas ovet cognovit Sicui et sua eum cognoverunt; Manum aperuit inopi

Et paîmas extendit ad pauperem Ipse pauper et inops.

Saerorum dogmatum fuit propagator Fideique defensor Intrepidus.

lnspiœ et insatœ philosophie*

Factus vietitna CamiRces inter et maîeficos In careere per qualuordecim menses «tnctu* Ad supplieium jam tralabatur Impavidus.

Tandem gloriâ decorus In libertatemque vindicatus 24 die Augusti 1802 animam efflavit Annos natus LXV1I.

Optimo prœsuli metenses planctu magno

Bitia, Biagraphîe de la Maaelle, II, S 10, 14. —Guide da Tojagenr a Mets, «93-Notei commoniçnéet.

FRANÇOIS , Don Jean , est né le 26 janvier 1722 , non 1712 comme M. Marcellin La Garde l'écrit erronéroeot , au village d'Acremont, commune moderne de Jéhonville dans l'ancien Duché de Bouillon. 11 fit ses humanités chex les Augustins à Bouillon où il remporta tous les premiers prix. A l'âge de dix-sept ans il embrassa l'ordre de St. Benoit à l'abbaye de Beaoliea en Argonne et y prononça ses vœux eo 1740 : il ne fut sacré prêtre que six ans plus tard , lorsqu'il eut atteint l'âge canoniquement requis. En 1749 il fut nommé professeur a l'abbaye de Hautvilliers, prés de Bheims; et là, tout en enseignant la théologie , la philosophie , la rhétorique, le droit canonique et les mathématiques, il s'occupa activement de recherches d'histoire pour l'étude de laquelle il se sentait un goût de prédilection: non seulement il réunissait des faits et des dates, mais il les discutait et les soumettait à une critique judicieuse.

On lui donna dans sa congrégation plusieurs emplois dont il s'acquitta avec beaucoup d'honneur. Passé à St.-Vanne de Verdun il y remplit encore les fonctions de professeur, et en outre celle» de nuitre des novices. En 1757 il quitta cette

maison pour se rendre dans celle de St.- Symphorien à Metz où il devint doyen.

L'Académie de cette dernière ville ayant été fondée vers la même époque par une réunion de gens de lettres, Don Jean François en fut nommé un des premiers membres : il conçut dès lors le projet de publier l'Histoire générale de Metz , ouvrage à la rédaction duquel il consacra dix-huit années de sa vie. Peu de temps après il fut designé prieur de St. Arnoul , toujours à Metz; mais il n'occupa pas longtemps cette charge, puisqu'en 1758 les bénédictins de l'Académie allemande, siégeant à Trêves, l'invitèrent à s'établir près d'eux et à les secooder dans leurs travaux historiques et littéraires. Il s'y rendit avec empressement et ne tarda pas à être nommé secrétaire de cette importante institution ; ce qui le mit en rapport avec tous les savants de l'Europe. Il vivait à Trêves d'une manière conforme à ses goûts au milieu de personnages voués à l'élude, lorsqu'encore une fois l'obéissance monastique l'obligea à quitter cette résidence favorite pour retourner à Metz occuper la dignité de prieur de l'abbaye de St.-Clément. Il profita de son nouveau séjour dans cette ville pour mettre la dernière main à son Histoire. La bibliothèque de son monastère fut à cette occasion et par les soins de Don François, enrichie de plus de cinq mille volumes choisis; et finalement il fit restituer à sa congrégation deux riches prieurés dont ses études lui firent découvrir l'usurpation sur les bénédictins par des chapitres séculiers.

Ayant été reçu en 1773 au nombre des Académiciens de Cbâlons-sur-Marne il s'occupa à composer l'Histoire de cette ville sur le même plan que celle de Metz.

Ce savant religieux était rentré depuis quinze ans environ dans sa maison professe, l'abbaye de Beaulieu, lorsqu'il eut la douleur d'être témoin des commencements de la révolution française de 1789, et de la dissolution des ordres religieux. II se vit ainsi, malgré lui , rejeté dans le monde, arraché à un état qu'il aimait, à des tra-

vaux dont il s'était fait une douce habitude, en un mot aux goûts de toute sa vie. Retiré dans le hameau qui l'avait vu naître il y mourut le 22 avril 1791, à l'âge de près de soixante-dix ans.

Ce célèbre bénédictin est auteur des ouvrages suivants qui tous se distinguent par une critique sévère et impartiale:

Ie Histoire générale de Metz; en collaboration avec D. Tabouillot; 3 vol. in-4*, avec un vol. de Preuves; in-4°, 1769 et années suivantes. — 2° Vocabulaire austrasico, pour servir à l'intelligence des Prenves de l'histoire de Metz , des loix et atours de la ville, des Chartres, titres, actes, etc., écrits en langue romane, tant dans le Pays messin que dans les provinces wallonnes; volume in-8°, 1773.— Dictionnaire roman, wallon, ultique et tudesque; in-4°, Bouillon, 1777. —4°.

Bibliothèque générale de l'Ordre de St.

Bénoît, patriarche des moines d'occident, contenant une notice exacte des ouvrages de tout genre, composés par les religieux des diverses branches, filiations et réformes; 4 vol. in-4°, Bouillon, 1777. — 5°. Il avait en outre formé le projet d'un Recueil d'anciennes Chartres qu'il devait donner sous le titre de : Chartres austrasiennes. — 6*°. Il travailla encore, comme nous l'avons dit, à l'Histoire générale de Cbâlons-sur-Marne , d'après le plan de l'Histoire de Metz. — 7°. Il avait dressé un Code régulier ou monastique, à l'usage des religieux de quelqu'ordre qu'ils fussent.

— 8° enfin , un Pouillé du diocèse de Metz.

La mort de l'auteur et la révolution, survenues au milieu de ces gigantesques entreprises ont empêché les quatre derniers ouvrages de paraître.

DiFiuii, DicUonaaire historique; édit. de III, 189. — Biographie générale de* Belge», 90.

— La G»n, Notice sur les Lnxctnliuurgt-ois celèbrrt, 38. i<jq. — C,e de Btc-»e>I.iiva«, Biographie liégeoise, II, 448. — Na«u», Catalogue de la Biblioloèqie de Laie-bourg. 487, 78tf. - Cocar», Encyclopédie moderne, XI, 318. — Biographie universelle, XV, 490.

GAMA , Jean-Pierre, est né à Fontoy, «ri 1775 ou 1776. Ayant perdu ses parents de fort bonne heure il fut recueilli par un honnête propriétaire de Rombas, village Toisin,qui pourvut aux premiers frais de son instruction. Par son travail et ses succès le jeune Gaina se montra digne des bienfaits dont il était l'objet, et fit voir dès sa première jeunesse toute la maturité de l'âge mûr. Se seniant une grande vocation pour l'art de guérir il étudia la médecine et fut reçu Docteur. Nommé chirurgien-sous- aide au commencement de la révolution française de 1789, aux armées de la Moselle et du Rhin, il passa ensuite avec le même grade aux hôpitaux d'instruction de Metz et de Strasbourg. Aide -major au 5"* chasseurs à cheval, il fit avec ce corps la campagne de Hanovre; fut attaché ensuite en qualité de chirurgien-major aux ambulances des armées chargées d'opérer en Prusse, en Pologne et en Espagne , jusqu'en 1810 ou 1811 , où il devînt chirurgien principal d'un corps d'armée en Andalousie. Gama remplissait ces dernières fonctions à Waterloo , et partout on l'a vu à la hauteur de sa position.

Elevé aux fonctions de chirurgien en chef de l'hôpital d'instruction de Strasbourg il organisa d'une manière remarquable le service de ce grand établissement et en fit sortir une foule de sujets distingués. Revêtu en 1823 et sans l'avoir sollicité, du titre honorable de chirurgien en chef de l'armée d'Espagne, il dut à une ambition rivale de partager le fardeau qui lui était imposé. On lui conserva son titre, mais il n'eut que la direction du service de l'armée de Catalogne sous les ordres du Maréchal Moncey. Gama eut en cette circonstance à lutter souvent contre

l'autorité usurpatrice des intendants militaires, et le zèle avec lequel il sut toujours défendre la cause des chirurgiens sous ses ordres l'empêcha, parait-il, de partager les faveurs qu'on se plut à répandre sur l'année d'occupation.

Cependant la justice finit par imposer silence aux petites passions qui s'agitaient autour de lui. Revenu en France il reçut bientôt après le brevet de chirurgien en chef de l'hôpital de Val-de Gràce. Depais il a continué à occuper ces hautes fonctions avec la distinction que l'on retrouve toujours chez les personnages d'un mérite transcendant.

Si Gama s'est distingué comme chirurgien militaire il n'en a pas moins bien mérité pour ses savantes leçons théoriques aux hôpitaux d'instruction auxquels il a présidé pendant les temps de paix ; aussi les premiers corps savants se sont-ils empressés de se P associer ; ainsi il est devenu membre de l'Académie royale de Médecine de Paris, de la Société des sciences, agriculture et arts de Strasbourg, de la Société des sciences médicales de la Moselle, etc., etc. L'étoile d'officier de la Légion d'honneur brillait de même sur sa potrine.

Gama est mort à Paris, dans un âge avancé.

On a de lui : f°. Discours prononcé à l'hôpital militaire d'instruction de Strasbourg, le 12 novembre 1822, dans la séance publique destinée à la distribution des prix ; in-8° , Strasbourg. — 2e. Discours prononcé sur la tombe de Mazet; 1825, in-8°; Barcelonne. — 3°. Discours prononcé à l'hôpital militaire d'instruction du Val -de- Grâce , le 16 octobre 1827, dans la séance publique destinée à la distribution des prix ; Paris , in-8°. — 4°.

Mémoire sur les plaies de tête et sur l'encéphalite qui leur est consécutive ; Paris, 1826; in-8".

BéCil, Biographie de U Motelle , II, S18, tqq.

GÉRARD, Maurice-Etienne, comte, maréchal et pair de France , est né à Damvillers , Luxembourg français , le 4 avril

En 1791 il entra comme volontaire à l'armée du Nord et combattit pour la première fois à Fleurus sous les ordres de Jourdan. Plus tard il passa capitaine et aide-de-camp de Bernadotte qu'il suivit dans les campagnes du Rhin et d'Italie. Après la paix do Campo-Formio il accompagna Bernadotte à son ambassade à Vienne où par son courage il sauva la vie à ce dernier pendant une émeute. Nommé colonel il prit part a la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre 1803, et fut grièvement blessé: il obtint sur le champ de bataille même la croix de commandant de la Légion d'honneur. En 1806 il assista avec le grade de général de brigade à la campagne de Prusse, et en 1809 avec celui de chef d'état-major du neuvième corps d'armée il combattit à la bataille de Wagram, toujours sous Bernadotte qui lui avait confié le commandement de la cavalerie saxonne.

Depuis le mois de juillet jusqu'à celui d'octobre 1810 il fut en Espagne. Pendant la campagne de Russie il contribua beaucoup à la prise de Smolensck ; à la bataille de la Moskowa il conduisait la division du général Godin qui venait d'être tué; à la Bérésina il chercha avec une division du corps du maréchal Ney à couvrir le passage et conserva par ses manoeuvres habiles la vie à plusieurs miliers de soldats. Lorsqu'après le départ de Murât le vice-roi Eugène prit le commandement des débris des troupes stationnées sur la Vistule , Gérard obtint le corn mandement du Parrière-garde composée de douze mille napolitains. Avec ce peu de forces il harcela l'ennemi sur l'Oder et se retira ensuite sur l'Elbe où il prit le commandement des avant-postes.

Pendant la campagne de 1813 il était à la téte d'une division du onzième corps d'armée sous Macdonald. Par une marche hardie, qui toutefois était contraire aux ordres du général en chef, il arracha à Bautzcn la victoire aux ennemis qui croyaient déjà la tenir. Gravement blessé quelques jours après dans une escarmouche contre des postes avancés , il fut forcé de quitter l'armée pour quelque temps. Lorsqu'il eut repris son commandement après son rétablissement, il poussa près de Goldberg les prussiens sous les ordres du prince de Mecklembourg jusqu'en Silésie : le commandement du onzième corps d'armée fut la récompense de cette action d'éclat. Comme à la bataille sur la Katzbach , il fut très dangereusement blessé à la téte pendant la seconde journée de celle de Leipsic, de façon qu'encore une fois il dut quitter l'armée. Cependant il se trouvait déjà assez bien guéri vers la fin de l'année pour pouvoir être placé à la téte du corps de réserve de Paris, composé en grande partie de conscrits qu'il conduisit aussitôt contre les puissances alliées. Le sangfroid et la bravoure qu'il montra pendant la campagne de 1814 et qu'il conserva jusqu'au dernier moment, fnrent sans bornes. II basculait presque constamment les corps ennemis ; cependant il n'a pas pu poursuivre la victoire faute de moyens suffisants. Au nombre de ses plus belles actions d'éclat on doit nécessairement comprendre la persévérance qu'il montra à la bataille de Larothière , le 30 janvier, où il ne cessa qu'à minuit et encore seulement sur l'ordre exprès de l'empereur , la défense du pont de Dionville sur l'Aube. Le 18 février les français avaient déjà dès la pointe du jour entrepris mais inutilement d'attaquer l'ennemi près de Montereau, lorsque Gérard réçut de Napoléon l'ordre de se mettre à leur téte. Il changea aussitôt le plan d'attaque, marcha à l'ennemi avec impétuosité et remporta sur lui un bntin considérable.

Après l'abdication de l'empereur, Gérard reçut la délicate commission de ramener la garnison de Hambourg. Le maréchal Suchet lui confia ensuite l'inspection géné-

raie de la cinquième division militaire avec le commandement do camp de Belfort.

Au retour de l'Ile d'Elbe , il se range* de nouveau sous les ordres de Napoléon, obtint le commandement de l'armée de la Moselle et combattit avec gloire à la bataille de Ligny, le 16 juin 1815. Le surlendemain, 18 , il se trouvait sous les ordres du maréchal Groucby. Son corps d'armée était sur la route de Wawre.

Lorsqu'on entendit le canon gronder du côté de la forêt de Soignies, Gérard proposa de marcher immédiatement dans cette direction, manœuvre qui aurait pu donner à la bataille de Waterloo une issue toute autre que celle qu'elle a eue. Mais le Conseil de guerre pencha pour l'opinion de Groucby et de Vaodamme qui s'appuyaient sur des ordres vrais on prétendus de l'empereur.

Au moment où Gérard à la tête de son infanterie , tenta de pénétrer dans le village de Bierges, une balle l'atteignit à la poitrine. Malgré cette blessure il se fit transporter à la suite de son corps jusqu'audelà de la Loire et obtint la permission de résider à Tours jusqu'à sa guérison, lorsque le maréchal Macdonald prononça la dissolution de l'armée. Il vint ensuite à Paris , mais le gouvernement lui fit signifier de faire un voyage. 11 se rendit en conséquence à Bruxelles où il épousa la fille du Lieutenant-général de Valence. A son retour en France en 1817, il se retira à sa campagne de Villers-Creil , département de l'Oise. En 1822 et 1827 les électeurs l'envoyèrent à la chambre législative où il sut défendre avec dignité la Charte et les droits du peuple contre le parti ultra. Il était un jour à la chasse, en 1824, lorsqu'un coup de fusil maladroitement lâché lui fit perdre l'œil gauche. Ce malheur dut lui paraître pénible , surtout à cause de la grande faiblesse qu'il avait déjà auparavant ressentie au droit. Malgré cet accident il se mit le 29 juillet 1830 à la tétc du peuple en armes, et fut ensuite nommé ministre de la guerre par Louis-Philippe qui lui donna en outre

le bâton de maréchal et l'éieva en 1832 à la pairie.

Pendant son ministère il mit tous ses efforts à réorganiser sur un pied respectable l'armée dont la discipline avait été presque complètement viciée sous la restauration. Lorsque pendant le mois d'octobre la situation politique était devenue plus menaçante il résigna pour motif de santé son portefeuille entre les mains du maréchal Soult. Cependant au mois d'août 1831 sous le ministère de Casimir Périer il accepta le commandement en chef de l'armée du Nord, à la tête de laquelle il fit, en treize jours de temps évacuer le territoire belge par l'armée hollandaise. Le 15 novembre 1832 il entra une seconde fois en Belgique pour prendre la citadelle d'Anvers qui lui fut remise par le général Chassé , le 23 décembre suivant. Lors du changement ministériel de juillet 1834 il reprit le portefeuille de la guerre qu'il résigna déjà le 29 octobre suivant. En 1835 il fut appelé à succéder au duc de Trévise en qualité de grand chancelier de la Légion d'honneur, et après le décès du maréchal Lobeau il obtint le commandement en chef de la garde nationale du département de la Seine. Pendant l'émeute du 12 mai 1839 il se conduisit avec autant de ménagement que de fermeté. En 1842 il remit le commandement de la garde nationale entre les mains du général Jacqoeminot, à cause de sa grande faiblesse de la vue. Il est mort enfin au mois d'avril 1852, à l'âge de soizanle-dix-neuf ans.

ConTenaUoM-Lexikoo, édit «le 1881, litL G- — Victoire! et coaqaétet. — Hoaitcnr français. — Bio graphie nnivcneiie, etc.

GOURCY ou Gorcey, de, est

né à Longuion vers le milieu du dix-huitième siècle, fils d'un baron de Gourcy, descend d'une famille irlandaise qui était venue en France avec le roi Jacques. La famille de Gourcy , Gorcey , Gorcy, porte : d'hermines , à trois annelels de gueules , rangés en fasce.

Le jeune de Gourcy entra d'abord chez les Jésuites , mais il les quitta avant d'a-

voir pronoocé ses vœux. Il fat ensuite employé à la paroisse de St. Rocb à Paris, ou son éloquence et ses talents le firent bientôt remarquer ; il devint prédicateur du roi et acquit par ce titre une abbaye en commande , d'un revenu d'au moius vingt mille livres. L'évéque de Bordeaux se l'attacha plus tard en qualité de grandvicaire , fonctions qu'il remplissait encore lorsque la révolution de 1789 éclata et le força k émigrer. Il partit pour l'Italie où il se trouva bientôt réduit au plus misérable état. Les armées françaises étant sur ces entrefaites entrées dans ce pays, quelques officiers le reconnurent, le secoururent et l'admirent même à leur table. L'abbé de Gourcy vécut longtemps de cette générosité; puis il partit pour l'Allemagne et alla mourir à Augsbourg.

Ce savant personnage était membre de l'Académie de Nancy et d'un grand nombre de sociétés littéraires. Il fut un des ecclésiastiques que l'assemblée du clergé de France choisit pour écrire contre les nouveaux philosophes , à l'époque où ils inondaient l'Europe de leurs ouvrages. Lorsqu'il consacra sa plume au soutien de la religion il s'était déjà fait connaître avantageusement dans le monde littéraire par des écrits judicieux et profonds. Le caractère de ses ouvrages est la méthode et la netteté des idées. Son style est simple et sa critique ainsi que ses raisonnements solides ; ses connaissances trèsétendues.

L'abbé de Gourcy est auteur des compositions suivantes: f°. Eloge de Réné Descartes; 1765, in 8°.— 2°. Histoire philosophique et politique de la doctrine et des lois de Lycurgue; Nancy, 1768, in 12°.— 3". Quel fut l'état des personnes en France sous la première et la deuxième races de ses rois ? 1769 , in 12 ; 2* édition, 1779, in 8°.— ê°. Jean-Baptiste Rousseau vengé , ou Observations sur la critique qu'en a faite M. de la Harpe , et en général les critiques qu'on a faites des grands écrivains; Paris, 1772, in 12.

—5°. Essai sur le bonheur; 1777 , in 12.

— 6°. L'Apologétique et les Prescriptions de Tertullien ; 1780 , in 4°.— 7". Suite des anciens Apologistes de la religion chrétienne; traduits et analysés ; in 8". — 8*. Des droits et des devoirs des citoyens dans les circonstances présentes , avec un jugement impartial sur l'ouvrage de Mably; 1789, in 8«.

Lxcdt, IlioRi-iphie uoiveneUe, XVIII, 199, tq. — Boota, Biographie de U Moselle, II, S41 -Uo- 43t*caocK. — Cooktii, Encyclopédie modem, XII, 174-Bio6r«phie «niTenclle , oncicuc et moderne.

GUILLAUME , Jean-Joseph, est né à Bourseigne-Graade , au canton moderne de Gedinne , province actuelle de Namur, le 28 mars 1758: En 1779 il mérita d'être proclamé primus à l'université de Louvain. Ordonné prêtre à Namur , en 1782 , il fut nommé professeur de théologie et président du séminaire de ta même ville. Plus tard il devint Doyen de Fleuras , puis missionnaire , et mourut enfin en 1836 , supérieur du séminaire de Namur.

Jean-Joseph Guillaume était un homme d'une vie éminemment chrétienne et sacerdotale; mais surtout d'une exquise charité envers les pauvres. Sa simplicité et sa sainteté pouvaient le disputer pour les premiers temps du Christianisme:

aussi sa mémoire sera-t-elle longtemps en vénération parmi le clergé de son diocèse.

Article fourni por M' M.-J.-E. Porcukt , eoré de Bouneignc-ueare, en 1844

GURNEZ , Jean- Antoine, est né à Stavelot vers la fin du seizième siècle.

Après avoir fait de bonnes études il fut nommé régent de l'école publique de Matines; mais il quitta ce poste en 1629 pour entrer dans la congrégation de l'Oratoire où il fut ordonné prêtre. Lorsque l'année suivante l'administration de Matines eut, à la demande de l'Infante Isabelle-Claire-Eugénie, confié l'école de celte ville aux Pères de l'Oratoire , sous l'inspection de l'archevêque Boonen , suivant la licence qui en avait été obtenue du St. Siège en 1445 , le Père Gurnex

en devint le premier Préfet. Quelque temps celebris , etc. ; Bruxelles , 1 647 , in 4°.

après il partit de nouveau, abandonnant —5*. Chorograpbia sacra Laça* Parthe-

cette charge pour se retirer avec son frère nia , Mariani collûs antiquitate et miracu-

et deux autres Oratoriens chex le curé de lorum glorift illustris , quam e majonbus

St. Géry à Bruxelles. L'année d'après il ejusdem argumentis comroentarius uuper

fut nommé premier recteur de la chapelle editis , etc. : Inséré dans la Cborographia

de Notre-Dame-de-bon-Secours qui dé- sacra Brabantiîe de Sanderos, Sédition;

pendait de celle paroisse , et il y demeura 63 pages.

jusqu'à sa mort, arrivée dans l'Oratoire c„ M Blc.M.LlàvB,, niogT>pLie liégeoise, il,

même de St. Géry, le 23 octobre 1652. ft|4. c©c^m, Encyclopédie moderne, xn.!34o

Le PèreGurnex était versé dans la poé- GUYON , Xavier-E Honore , né à Fau-

sie, l'éloquence, hV critique etlhistoirc. ont en 1734 éUlit fi!s de Charles

On a de lui: i*. Palaestra scholoe publ,- £ éoraètre dislingué de l'ancien

cae Mechliniensis.-2°. ElogiumR. Dorai- dJhé ,de°Lorraine> el peut-fils d'un gé-

ni Cornelii Jaosenii , Iprensis Lptscopi: néral aiUrjcujen tué devant Virton et enterré

cet opuscule, de cinquante-six bexa- a Montméd

mètres, se trouve en tète du Commentaire Lg . g Gayon embrassa d'abord la de Jansénius sur le Pcntateuque dans le» .^y^ des armcs cl par*int en peu d'anéditions de Louvain, 1660, in 4°, et nécs >n de d.omder> Mais comme un de Rouen , 1704 , in 4° ; l'Augustinus y déddé ,e porlait a ,»état ecclésiastique est loué en termes énergiques.- d Vita f, enlra chc2 ,e8 j^tes à Pont-à-Mousson, et martyrium S. Liberti Malyoatis, et fit son noviciat) étudia avec beaucoup Mechlinensium principum Adonis et Ec- desuccès le8 8cienCe8 physiques etmaibéclesiae Clii , historicA face et poëmaUbus maljques ainsi qac ,es belles-lettres, comvariis aucta, etc. Malines, 1639; in 4 , piu9ieurs ouvrages dont cependant 217 pages : La vie de St. Libert offre peu ^ sQnl reglég inconnus el dede faits nouveaux et intéressants. On y ^ un dcs boa8 pnsdicateurs de son trouve ensuite des épigrammes , des élé- ordre

gies et une églogue à l'occasion delà irans- A *a 8uppreggion des Jésuites il fut

latioo solennelle d'une partie du crâne de nommë chape]ajD bénéficiaire à Morhange

St. Libert dans l'église métropolitaine de cl p<ju dfi |effips après ., oblinl ,a cure

Malines, à laquelle Hubert Germeys, de Le|Hn(ï oi| n ge flt chérir par ses au-

abbé de St. Trond en avait fait présent. mônes £ $eg fondations de charité.

.„ archiprêtre Brnxellense suburbanum , culta ac prodi- ^ contre-c>

giis Dcipara, a Normannorum tempori- *

bus , id est ante omnia Parthcniis aedibus Bé«>, Biosrnpkielde I. M-ciu. II, 501, •* et iconibus miraculosis in Belgio loca clara,

HENRY né en 1757, à St. Lan- Montmédy, entra à l'armée où sa bravoure

rent, village de l'arrondissement actuel de le fit avancer jusqu'au grade de général.

Il est mort à Verdun sur Meuse, en 1835 ou 36.

Aeueignementi •dauDutratiff.

HÉRÉ, Emmanuel, est oé à Sancy, le 14 octobre 1705. A l'avènement de Stanislas ex-roi de Pologne en Lorraine, il entra au service de ce prince en qualité d'ingénieur et de premier architecte : il fut un des artistes dont les talents contribuèrent le plus à donner à la Lorraine l'éclat dont elle a joui à cette époque. En effet , ce fut a son zèle, à son imagination vive et à ses conceptions aussi hardies que majestueuses que Nancy surtout est redevable de tant de beaux édifices qui y ont été élevés sous le règne du bon Stanislas. Il donna les plans des palais de la place royale et fut chargé de la direction des travaux qui furent exécutés sous ses yeux. Aussi le roi, pour lui marquer sa reconnaissance pour les services qu'il lui avait rendus, anoblil-il son architecte-ingé-

nieur par Lettres du 15 septembre 1751, pour lui et ses descendants!. A cette flatteuse distinction Louis XV en ajouta de son côté une autre non moins honorable ep lui conférant le cordon de St. Michel.

Héré est mort à Lunéville, le 3 février 1763, sincèrement regretté du roi Stanislas qui l'avait comblé de ses bienfaits. Quelques années avant sa mort, et en vertu d'on octroi du 2 janvier 1754 , il avait entrepris d'élever une fabrique d'amidon de marrons d'Inde ; mais ses projets ne lui réussirent malheureusement pas , et les pertes qu'il eut à subir de ce chef dérangèrent sa fortune. La rue qu'il habitait à Lunéville a retenu son nom.

Héré a publié ses plans en 3 volumes

in folio.

D. Calmkt, Bibliothèque Lorraine, additions et corrections. — Donut, Dictionnaire de la Lorrain* et du Barrois, I, 214, »qq. — Bécu, Biographie de la H ocelle, II, 3S7, acjq. — Gceaaua, de Lnaérille, 1818, p. 886.

JACQUEMIN, Nicolas, est né le 16 janvier 1736 , à Osne , succursale de Carignan. Après avoir fait de bonnes études il embrassa l'état ecclésiastique et fut , à la suppression des Jésuites , nommé professeur d'humanités au collège de Sedan.

Après avoir exercé ces fonctions pendant huit ans il passa à l'hotel-Dieu de celte ville en qualité de chapelain. En 1775 il partit comme missionnaire pour la Guyane et devint pendant dix ans curé à Sinamari. Pie VI récompensa son zèle et ses services par des Lettres de Préfet apostolique dans l'île de Cayenne et Terreferme de la Guyane française , en date du

13 mars 1787; il le créa en outre protonotaire apostolique. Lorsqu'en 1797 il se disposait à rentrer en France , les indigènes , dont il avait su gagner toute la confiance, firent ce qu'ils purent pour le détourner de son dessein, lui promettant de chasser et de pécher pour lui , aQn que rien ne lui manquât ; mais rien ne put le détourner. De retour dans sa patrie le Concile des Constitutionnels, assemblé en 1797, le nommaévêque de Cayenne; et l'année suivante il fut sacré eu cette ' qualité : c'était , comme le remarque avec infiniment de raison un de ses biographes, échanger contre un titre et des pouvoirs

bien éphémères ceux qu'il tenait du siège apostolique ainsi que les glorieux témoignages qui les avaient accompagnés. 11 ne put , du reste , aller prendre possession de son évêché qui n'était reconnu ni par la Cour de Rome ni par l'autorité civile. Lors du Concordat il donna sa démission comme évêque , se contentant d'une pension de douze cents francs que le Gouvernement français lui alloua. Il est mort en 1820, dans le modeste poste de curé d'un village près de Montereau au Département de Seine-et-Marne , diocèse de M eaux.

On a du curé Jacquemin : 1*. Rapport concernant l'état de la religion dans les colonies du Nouveau-Monde; 1798, 12 pages in 8"; inséré dans les annales de la Religion, T. VI , Nu 2.— S°. Mémoires sur la Guyane française; Paris, 1798, in-12; 108 pages. — 5°. Mémoire sur la Louisiane, contenant la description du sol et des productions de cette tle, et les moyens de la rendre florissante en peu de temps ; avec un vocabulaire et un abrégé de la grammaire et de la langue des sauvages; Paris, 1803, in-12 ; 167 pages.

Di i» Haut et Liccy, Annales d*Yvois-Carignan, 400. uq. - Journal de Pari» , du 50 septembre 1 803 ; 57. - La France littéraire, I" snpplémcat, 2il84 9* supplément, SOI.

JAUBERT, Louis, Comte de, fils de Werner, comte de Joubert-Jaubert, chevalier de St. Louis, colonel en retraite du régiment de Nassau, infanterie, et de Snsanne Laoir, est né à Tbionville, ie 19 février 1764.

Destiné comme son père et ses ancêtres à la carrière des armes, le jeune Jaubert commença son éducation au collège des Augustins de Tbionville, et la finit dans une école militaire d'où il sortit en 1781, élève d'artillerie. Il entra comme lieutenant en troisième dans le régiment de Metz, commandé par Faultrier, partit aussitôt pour l'Amérique et ne tarda pas à se distinguer dans son corps par l'agrément de son esprit et de son caractère. Il re-

vint en France avec le grade de lieutenant en premier. En 1791, tandis que son régiment était en garnison de Besançon, l'exemple de quarante-cinq de ses camarades et de son colonel le détermina à émigrer : il était alors capitaine en second. Son exil dura treize ans pendant lesquels il culliva par délassement les lettres et l'art du dessin. Les vers qu'il a faits, les articles qu'il fit insérer dans les journaux scientifiques et littéraires d'Allemagne, n'ont pas été réunis : leur auteur y attachait trop peu d'importance pour songer à les conserver. On y trouve toujours empreints la vivacité de sou esprit et l'habitude de la discussion littéraire. En société on se plaisait à l'entendre; personne sous ce rapport ne l'égalait. Sans prétention, d'un caractère bienveillant, commandant l'attention autour de lui par des récits toujours animés, il ne pouvait avoir ni ennemis ni envieux ; c'est ainsi qu'il a passé sa vie.

En 1796, pendant son émigration, il fut nommé chevalier de St.-Louis.

Dès que les lois révolutionnaires snr l'émigration eurent été adoucies en France, Jaubert rentra dans sa pairie et vint se fixer à Metz où lui furent offertes quelques années après les fonctions de conservateur de la Bibliothèque pnblique qu'il accepta avec plaisir sous l'administration du préfet de Vaublanc , et auxquelles le rendaient propre ses connaissances jointes à sa grande aménité: c'est à lui que l'on doit la rédaction des catalogues et l'ordre parfait qui règne dans cette nombreuse et intéressante collection qui n'était qu'un magasin en désordre lorsqu'il y entra et dont il a créé une Bibliothèque.

Il était bibliothécaire depuis seize à dixhuit ans lorsqu'il mourut le 27 septembre 1 823 , à l'âge de 59 ans.

Le comte Louis de Jaubert n'a publié qu'un seul ouvrage; c'est la traduction de celui de Robert de Spallart, intitulé: Tableau historique des costumes, des mœurs et des usages des principaux peuples de l'antiquité et du moyen-âge. Il devait avoir

10 volumes de texte et autant de cahiers de planches ; 7 seulement ont ▼■ le jour; Met*, 1804 a 1809, in-*°.

Baara, Biographie it la Maille, II, SOS, »qq. — TuitM , Hlitofae 4c TUarolle, 118, «qq.

JEAN , dit de Stavelot, vulgairement nommé S tabulant, né en 1386 dans la ville dont il porta le nom , se fit bénédictin à l'abbaye de St. -Laurent à Liège.

11 était poète, dessinateur, peintre et historien. Il a composé une Chronique qui commence à S t. -Materne et te termine en 1449, qui est Tannée de sa mort. Cet ouvrage a été continué plus tard par Jean de Looz, ou Loesensis , abbé de Stavelot, qui a été témoin oculaire des événements du règne de Lonis de Bourbon , évéque de Liège. On confond ordinairement les auteurs de ces deux ouvrages; celui de Stabulaus était conservé en manuscrit a l'abbaye de SL-Lanrent. Le même monastère possédait en outre quatre volumes in-folio, transcrits de sa main: les trois premiers renfermaient la Chronique de Jean d'Outre-Meuse et le quatrième la continuation de cette même chronique.

On a aussi du même auteur: §*. Une Traduction en roman-wallon de la Règle de St. Benoît. — 5*. Une Traduction française de la vie de St. Benoit avec ses miracle» , rédigée par St. Grégoire : il a orné cette dernière œuvre de vignettes qu'il a dessinées lui-même.

Jean de Stavelot est mort à l'Age de 63 ans.

Swmtics, Atbtne Brlgicx, 478. — Diwn, Histoire 4m Paya de Liège, II, 58». - C* n Btoac- Litvit, Biographie liéçeaiae, I, 145.

JEAN-BAPTISTE, dit de Malmédy , vivait pendant la première moitié du dixhuitième siècle et avait embrassé la carrière médicale dans laquelle il s'était fait recevoir Docteur.

Ce personnage ne nous est connu que par un ouvrage intitulé : Ditquititio physico-tnedica de naturd aquoe, et quœnam tit taluberrima , a Joanne-Baptittd de Malmedie, Medicinœ Doctore; ÂugutttB Eburonum, apud J.-P. Gramme, 1735; vol. in-12, de 95 pages.

KERKHERDÈRE, Jean-Gérard, est né en 1678, a Fauquemont. 11 étudia d'abord avec succès les humanités à Maastricht, puis la philosophie et la théologie à Louvain , enfin les langues savantes , la critique et l'antiquité. Il enseigna ensuite pendant plusieurs années les belles-lettres et donna conjointement des leçons d'Histoire au collège des Trais-Langues dans la même ville.

En 1708 l'empereur Joseph Ier le nomma son historiographe.

Kerkherdère est mort le 16 mars 1738, à l'âge de 60 ans.

Nous avons de ce personnage : 1°. Systems apocalypticum ; Louvain, 1708,

in-12 : C'est l'essai de l'ouvrage qoi suit. — 2°. De Monarchià Romœ pagnana?, secundùm concordiam inter SS. Prophetas Danielem et Joannem : consequens historié a monarchie conditoribus usque ad urbis et imperii ruinant. Accessit séries historiée apocalypticœ ; Louvain, 1727, in-12. — 3°. Prodromus Danelicus , sive novi conatus bistorici , critici, in celeberrimas difficultates historiée Veteris Testament^ monarchià ru m Asiœ, etc., ac praecipue Danielem propbctam; Louvain, 1711; in-12: cet ouvrage ainsi que le précédent, est plus d'érudition. Les hypothèses de l'auteur, assez vraisemblables, jettent beaucoup de jour sur les difficultés

historiques, chronologiques et géographiques de l'Ecriture-Sainte. — 4°. De situ Paradisi terrestris; Louvaio, 1731, in-12: L'auteur place le Paradis terrestre uo peu au-dessus de la Babylonie ; prend pour le Phison le bras occidental de î'Euphrate jusqu'à son embouchure , et pour le Gehon le bras oriental du même fleure, depuis la ville de Cypara, où il se mêle à un bras du Tygre, jusqu'à l'embouchure du même Tygre près de la ville et de Pile de Charax. Ce système diffère de celui du savant Huet, mais il est tout aussi probable. Kerkherdère a (ait précéder ce traité de : S0. Conatus novus de Cephâ reprehenso ; dans lequel il soutient que ce Céphas est différent de St. Pierre. — Ou trouve encore dans ce même volume , 6% une dissertation : sur le nombre des années pendant lesquelles le Sauveur a instruit le peuple ; et 7° une autre intitulée : De Cephâ ter correpto. — S\ Grammatica latioa ; Louvain , 1706 ; in- 12, de 117 pages , où il y a autant d'érudition que dans la plupart des grammaires,

même les plus volumineuses. — 9*. Ua grand nombre de poésies latines qui assurent à leur auteur une place distinguée sur le Parnasse. — { 0°. Quatuor Aetates ; resté manuscrit, et pouvant servir à l'éclaircissement de plusieurs endroits de la Génèse. — Opus quatuor monarchiarum ; auquel la Monarchiœ Roms Pagens devait servir de quatrième partie; manuscrit. — i2°. Traité des LXX semaines de Daniel ; qui était entre les mains du censeur lorsque l'auteur est mort. — i3°. Plusieurs autres compositions dont les titres nous sont restés inconnus.

Cte M Dic di Liïvé», Biographie liégeoite. II,

KLAM , né à Bambiderstroff,

canton de Fauquemont, au Luxembourg français, vivait en 1770. Elam était un sculpteur distingué , qui a orné la cathédrale de Strasbourg d'ouvrages en bois fort remarquables.

LACOUR ou Laeowrt, Guiot, Baron de, né à Yvois-Carignan, dans le courant du dix-huitième siècle, prit fort jeune, et en 1787, le parti des armes où ses mérites le firent parvenir au rang de général sous l'Empire, commandant de la Légion d'honneur et grand-croix de l'ordre de St. Henri de Saxe.

Il fit la campagne de Hollande en qualité d'adjudant-général sous Pichegru et celle d'Allemagne sous Moreau dont il fixa plus d'une fois l'attention par son courage et ses talents. Fait prisonnier en Suisse avec plusieurs officiers généraux, il fut d'abord accueilli avec assez de bienveillance par Suwarow ; mais bientôt après le général russe le traita avec une extrême rigueur: Cependant il lui rendit la liberté

sur parole. En 1801 il fut nommé général de brigade et investi du commandement des Départements de l'Yonne, de Mayenne et de la Loire. Il passa en 1803 à l'armée d'Italie en qualité de commandant d'une brigade et eut la gloire de terminer le siège de Gaête. En 1806 le général Lacour se rendit au corps d'armée de Davoust en Pologne, fit la campagne d'Autriche de 1809 et se distingua particulièrement au pont de Landshut qu'il emporta malgré la supériorité de l'ennemi.

Blessé à mort à la bataille de Wagram, il reçut la visite de l'empereur Napoléon qui , après lui avoir témoigné les regrets les plus touchants , lui conféra , avant de le quitter, le grade de général de division. Mais le général Lacour expira à Vienne,

Te 28 juillet, Tiogt-deox Jours après la bataille , regretté de tous ses compagnons d'armes.

Napoléon 1" estimait le général Lacoor ai baot qu'il avait ordonné par uo décret formel, daté de Tannée 1810, qoe sa statue serait une de celles qoi devaient orner le pont de la Concorde à Paris.

Biographie nonTelle drt Contemporain* , X, 840,

Lamaeck , Robert II de; v. MARCK, Robert H de La.

Latocb d'Auvbbgnb, Godefroid-Ckarlet-Htnride; v. BOUILLON , Godefroid- Charles-Henri de Latour d'Auvergne, due de.

LECUY, Jean-Baptiste, est né le 3 juillet 1740, à Yvois-Carignan, et se fit en 1759 religieux dans l'Ordre de Prémontré dont il devint pins tard Abbé- Général. En 1765 il fut reçu bachelier au collège de Prémontré a Paris, et Docteur en Sorbonne en 1770.

En 1782, 1785 et 1788 il tint des chapitres nationaux relatifs à la discipline, a l'amélioration des études, à la réforme et réimpression du bréviaire et autres livres liturgiques à l'usage des religieux de son ordre. Membre de l'assemblée provinciale du Soissonnais en 1787, il présida plus tard rassemblée du district de Laon , département de l'Aisne. En 1790, l'abbé Lecuy quitta son abbaye par suite de la suppression des ordres monastiques. Arrêté en 1793, il eut le bonheur d'échapper aux plus grandes persécutions de cette époque , et se retira a la campagne où il se livra à l'éducation particulière de quelques jeunes gens. Peu de temps après la révolution du 18 brumaire (9 novembre 1799) le Gouvernement consulaire ayant solennellement relevé les autels en France, l'abbé Lecuy revint à Paris.

Ses vastes connaissances , le tact exquis qu'il mettait dans ses relations avec le monde et sa grande vertu le firent choisir

pour confesseur par le roi Joseph , frère de l'Empereur des Français, et par la reine son épouse.

L'abbé Lecuy fut aussi nommé par le cardinal de Belloy chanoine de Notre-Dame a Paris, où il est mort le 22 avril 1834, à l'âge de 94 ans.

C'est lui qui a soigné la publication de l'excellent ouvrage qui a pour titre : Annuité civiles et religieuses a" Yvois-Carignan et de Mouxon; Paris, 1822; vol. in-8% que l'Abbé de la Haut, chanoine régulier de l'étroite observance de Prémontré avait laissé en manuscrit.

On doit en outre a ce respectable et savant ecclésiastique : 2*. Une traduction des Oeuvres de Franklin , revue, corrigée et publiée par Barbeu de Bourg ; Paris, 1773 , 2 vol. in-4\ - 5°. Traduction de l'interrogatoire de Franklin devant le Parlement d'Angleterre: février, 1766.

— 4°. Discours prononcé à l'ouverture du chapitre national de Prémontré, en 1770.

— 8°. Amintoret Theodora, suivi de l'excursion ; ou les merveilles de la Nature ; Traduit de l'anglais; Paris, 1798 , 3 vol. in-8°, fig. — 6°. Nouveau dictionnaire universel, historique, biographique , bibliographique et portatif; traduit de l'anglais, 1803 ; vol. gros in-8\ — 7°. Dictionnaire de poche latin-français, contenant non seulement les mots qui se trouvent dans les auteurs de la bonne latinité , mais encore ceux qui ont été employés par les écrivains du moyen-âge; Paris, 1803, vol. in-4\

— 8°. Abrégé de l'histoire de la Bible, contenant l'ancien et le nouveau Testament; 2 vol. in-8° ; fig. et atlas. — 9*. Un assez grand nombre d'articles dans le journal de Paris , depuis le 30 floréal an IX de la République (20 mai 1801). — /0\ Discours pour l'anniversaire du Couronnement et de la bataille d'Austerlilz ; Paris, 1813.

— ii °. Plusieurs sermons dignes du caractère et de la réputation de leur auteur.

Renseignement* particulier* —Biographie non Telle des Contemporains, XI, S9B, $q.

LE GROS , né à Bovignes prêt

de Dinant, alla se fixer à Malmédy où il florissait en 1777. Il a acquis de la réputation pour avoir inventé et confectionné le miroir concave que Ton admirait jadis k l'université de Bonn.

•« fi«c .. Lu*... Biographie liéfeoiae. II,

LE LOUP Remacle, né à Spa, florissait vers le milieu du dix-huitième siècle. U s'est distingué dans les paysages et les perspectives. C'est lui qui a dessiné et gravé les vues des villes et des châteaux , insérées dans les Délices du Pays de Liège.

U eut un fils, nommé Antoine, qui a réussi comme son père dans les paysages à l'encre de la Chine.

Dvwm. Hit tour* 4« P.y. de Liège, 11,543, iq. — C** B«c Dt-LuVrM, Biographie lîéyeoue, II,

LEMAIRE, Hubert, frère ntérin du maréchal de camp baron Thomas et beaufrère du premier Président Pécheur , est né à Cheminot, en 1751. Entré fort je a ne en qualité de clerc chez un procureur de Metz , il devint loi-môme , en 1777, procureur au parlement de celte ville. Avocat à la révolution , il eut la réputation d'être un bon jurisconsnlte et ne cessa de donner des consultations jusqu'à sa mort.

En l'an V (1796-97) il avait été élu membre du Conseil des Cinq-Cents , mais il n'y siégea pas, la loi du 19 fructidor (5 septembre 1797) étant venue annuler la nomination du Département de la Moselle avec celles de quarante-huit autres députés. Devenu chef de bureau à la Préfecture en 1800, il passa ensuite secrétaire en chef de la mairie de Metz et occupa ce dernier emploi avec autant de zèle que de distinction. On lui doit la mise en ordre des archives de la commune ; il en a fait une table historique en 12 volumes in-folio, travail immense et inûniment précieux.

Hubert Lemaire est mort k Metz, le 19 août 1825.

Btora, Biographie 4c la M Me Ile, II, 833- Notei de Taimu et Moat.

LEPAUTE, Jean-André, est né en 1720 os 1728 , au village de Thonne-Ulong , à une lieu de Montmédy , ou bien à Puilly près de Carigoan ; non à Montmédy môme , comme oo l'a écrit.

Il se destinait à l'état religieux et faisait dans ce dessein les études préliminaires nécessaires à l'effet de pouvoir être admis dans un monastère , lorsque son père , homme intelligent pour la confection des instruments aratoires le détourna de son projet et l'engagea à apprendre le métier de fondeur en cuivre. 11 suivit ce conseil et alla à Malhoa près d'Yvois- Carignan , chez un maître-fondeur qui s'occupait en même temps à réparer les horloges et les pendules communes: c'est dans cet atelier que Lepaute développa son génie pour l'horlogerie. Il -débuta par la construction de plusieurs horloges de campagne ; et , ayant pris goût à ces ouvrages il se rendit à Paris en 1740 pour s'y perfectionner. Sans ressources comme sans appui il chercha et trouva le moyen d'être admis chez un horloger habile où ses progrès furent tellement rapides que bientôt cet art lui dut de grands perfectionnements. Le 'premier il composa de grandes horloges horizontales pour lesquelles il imagina un échappement à repos dont les leviers étaient égaux. L'horloge du Luxembourg, celles du Palais-royal, du Jardin des plantes , des Invalides ainsi que l'horloge décimale des Tuileries sont de lni. En 1780 — 81 il répara ou plutôt il reconstruisit ceUe de l'Hôtel-deville, ouvrage qui coûta cinquante mille francs. Il a en outre inventé les moyens d'exécution d'un nouveau mouvement dont la courbe fut calculée par de Lalande avec lequel il était en relation d'amitié.

Lepaute a publié : I*. Traité d'horlogerie; in-4*, Paris, 1755-68.— 2\ Description de plusieurs ouvrages d'horlogerie; Paris, 1764, in-12.— 3*. Supplément au Traité d'horlogerie ; Paris.

Il est mort à Paris en 1801 , et avait

épousé en 1749 , Nxcole-Reine-Etable de la Brière, née a Pari», le & janvier 1723 : Celte dame cultiva l'astronomie et s'y fit de le réputation. Elle était membre de l'académie de Bélier», et coopéra au Traite" d'horlogerie, que son mari a publié comme nous l'avons vu plue haut. En 1757 elle concourut avec Clairant et de Lalande an calcul de l'attraction de Jupiter et de Saturne sur la Comité prédite par Halley, afin d'avoir exactement son retour. On lui doit en outre un ouvrage fort utile pour les astronomes et les navigateurs} c'est S* La connaissance des temps, que l'Académie publia chaque année, depuis 1759 jusqu'en 1774. On trouve encore d'elle dans le 18* volume , 1783 , des Ephémérides : 4', lee-'Calculs du soleil , de la lune et de tontes les planètes. — 5\ Elle calcula pour toute l'étendue de l'Europe, l'éclipsé annulaire du soleil prédite pour le 1" avril 1764 , travail qui fut suivi d'une carte que cette dame publia et où l'on voit de quart en quart d'heure la marche de l'éclipsé avec ses différentes phases. Nous avons encore d'elle : 6*. Description d'un nouvel échappement a repos ; 1753 , in-4\ — 7°.

Description d'une nouvelle pendule, pour servir de supplément au Traité d'horlogerie; Paris, 1760, in-4*. Finalement 8", l'Académie de Béliers et d'autres corps savants ont obtenu de cette dame plusieurs mémoires savants.

Madame Lepaute est morte à Paris , le 6 décembre 1788.

Db la Haot t Annales d*YTois-(2arignan , 411, •q.-Da Fiun, Dictionnaire hbtoriqne; .appt. III, lOa.-Biocraphie unirerndle, XXIV, 806.— Note» communiquée*. - Cooatib, Encyclopédie moderne, XIV, 865.-Biogr.pkie nielle de.Ca.temp.rai... XI, 871, .q.

LEPAUTE , Jean-Baptiilc, frère puîné de Jean-André qui précède, suivit la même carrière et avec le même succès.

Comme lui il a laissé des ouvrages qui ont conservé leur réputation et qui soutiennent la célébrité de l'un et de l'autre. Il est mort h Paris, le 1er mars 1802.

On lui doit la belle horloge de l'botelde-viUe de Paris , posée en 1786.

Da la Haut, An.ale. d*V? oU-Carignaa , 411.— Cobitik, Encyclopédie moderne, XIV, il(t3 — Biogr.phi. wMTataalle, XXIV, KM, a* — Biographie .awlle de. Coatempor^o-, XI, 571 . H.

LEPAUTE d'Agelet, Joseph, est né à Thonne-la-long vers l'année 1752. Il était neveu des deux précédents qui le firent venir k Paris en 1768 et lui firent étudier l'astronomie sous de Lalaode ; il se rendit assez habile dans cette science pour pouvoir être reçu à l'académie des sciences en 1785. En 1773 il avait fait un voyage en Australie , et plus tard l'amour de la science le fit accompagner La Peyrouse dans la désastreuse expédition où il périt avec l'équipage. Lepaute d'Agelet a composé des mémoires sur VAphélie de Vénus et sur la longueur de l'année.

D. la Haot, Aanalct d*Y»oU-C*rignp i , 413. — Co varia, Encyclopédie moderne, I, 804, .q.— Biographie nni,er.ell., I, 888.

LIHBOURG , Jean-Philippe de, médecin célèbre , né à Theux en 1726 , est mort en 1811, laissant une réputation européenne. Membre des Sociétés royales de médecine de Londres et de Paris, on a de lui : 1°. Plusieurs écrits sur les eaux minérales de Spa. — 2°. Un travail sur les caractères des médecins; Liège, 1760, in-12.— 3°. Dissertation sur la goutte et le rhumatisme goutteux. — 4".

Dissertation sur les affinités chimiques.—* S*. Mémoire sur l'influence des arts. — G*. Nouveaux amusements de Spa; 2 vol. —7°. Tableau de l'univers; publié par l'abbé de Feller.

Biographie générale de Belge., 188.

LISSOIR, Remacle, est né a Bouillon, le 12 février 1730. 11 dut à l'affection qu'un citoyen notable de sa ville natale avait pour lui, de faire d'excellentes études qui lui permirent, une fois entré en 1748 en qualité de novice à l'abbaye de Val-Dieu au diocèse de Rheims, d'acquérir assez de supériorité pour obtenir successivement

les fonctions de maître des novices, de professeur de théologie , de prieur et enfin d'abbé en 1766. Dès qu'il fut revêtu de cette dignité il prit des mesures qui témoignent de ses intentions généreuses et distinguées: il augmenta la bibliothèque de son couvent, établit une pharmacie gratuite pour les pauvres du voisinage , mit au concours les car es k sa nomination, etc. Il publia Tannée même de son élévation sur le siège abbatial un ouvrage intitulé: De Vélal de l'Église et de la puissance légitime du Pontife romain ; 2 vol. in 12 ; 1766, Wirabourg (Bouillon) : Dans cet ouvrage , qui reproduit plus ou moins les idées du Febronius de l'évéque de Hontheim (v. son art.) , Lissoir souleva sur les droits de la papauté des contestations bien hardies pour un religieux. Il fut, du reste, très-utile à son Ordre dont les chapitres nationaux l'avaient nommé visiteur. Il refondit les livres liturgiques des Prémontrés et en surveilla lui-même la réimpression.

La révolution l'ayant privé de son abbaye , il fut appelé par l'évêque constitutionnel du Département des Ardeones k desservir la cure de Charleville. Emprisonné sous la Terreur , il fut rendu k la liberté après le 9 thermidor et vint k Paris où il mena une existence ebétive jusqu'à ce que le Journal de Paris l'admit au nombre de ses rédacteurs. Il écrivit aussi des articles remarquables dans le Journal d'économie politique et de morale de Rœderer. En 1797 il assista en qualité de député du presbytère des Ardennes au concile des constitutionnels , et fut appelé après le Concordat aux fonctions d'aumônier de l'Hôtel des Invalides. Il exerça ces fonctions jusqu'à sa mort , arrivée le 13 mai 1806.

La Guu, Notice sur le* laxeabonrgeoM célèbre*. 57, iq -D« F«tit». Dictionnaire nUtoriqoe, «dit. 1839, litt. L. — Coootim, Encyclopédie moderne, XIV, 368.

LISSOIR , Théodore, frère de Remacle qui précède, est né à Bouillon comme ce dernier. Il entra dans l'Ordre de St.

Benoît et publia k Paris, en 1776, un Tableau géographique du Martyrologe romain; vol. in-12.

La 0*m«, Notice w le* l«««W»Jtgeoij eêlèkre*. 58. — Cocons, Encyclopédie moderne. XIV, 565, Biofmphie •■Ivettelle, XXIV, 869.

LUXEMBOURG-LIGNY oud«St.POL, branche cadette de la Maison régnante de Luxemboorg, qui prit sa naissance de Walram , fils puîné du Comte Henri II et de Marguerite de Bar. Cette branche qui s'est continuée jusqu'k nos jours dans plusieurs de ses rameaux collatéraux et qui a retenu les armes de sa souche, n'appartient pas , k proprement parler k la Biographie du Pays de Luxembourg ; mais nous nous voyons engagé k la mentionner pour pouvoir suivre le manuscrit des Vin illustres que nous avons entrepris de donner en entier, en le complétant. Cependant nous n'en établirons pas la généalogie suivie, comme nous l'avons fait pour la branche principale ou régnante du même nom ; et nous nous contenterons de dire successivement quelques mots sur la Biographie des personnages de cette lignée qui sont rappelés dans le manuscrit cité, renvoyant pour le surplus le lecteur k la descendance presque complète que Bertholet en a donnée en tête du Tome IV de son ouvrage.

LUXEMBOURG - LIGNY , André de, était fils de Gui , Comte de St.-Polou de Luxembourg-Ligoy , et de Mabaut de Châtillon, et frère puîné de Pierre (v. son art.) qui fut d'abord archidiacre de Dreux, pnis évêque de Meta, ensuite Cardinal et enfin canonisé.

André est né pendant la seconde moitié do quatorzième siècle et obtint , comme son frère , les Ordres sacrés. Voici ce que le manuscrit des Viri illustres dit de lui: «Andréas de Lnxemburgo, isUus Pet( In— l'article de ce dernier précède tmme- « dialement dans le dit manuscrit— frater , «Episcopus Cameracensis, S. R. In>P-

« Princeps. »> , Nous ne possédons aucune noUon ultérieure sur ce personnage, que sa dignité

d'évêque de Cambray semble seale avoir fait placer aa nombre des Viri illastrespar l'auteur de cet opuscule. Cependant nous devons mentionner ici une circonstance qui, quoique de mince importance, ne doit pas être passée sous silence à défaut d'autres faits qui pourraient concerner André de Luxembourg : Meurisse rapporte à l'article Pierre de Luxembourg , que celui-ci étant parvenu à l'évêché de Metz, avait résigné entre les mains de son frère André l'archidiaconat de Drenx ; de sorte que ce dernier semble avoir également occupé ce bénéfice avant son épiscopat.

L'ouvrage intitulé : Les Délices des Pays-Bas le fait succéder comme évêque de Cambray à Jean de T'Serches , mort en 1389, et ajoute que lui, André, est décédé à son tour en 1396.

Viri fflutrea, I, H» 33. - BikTioirr , IV» aote testant V. — MtotiMt, Histoire de* Efesqnei de

LUXEMBOURG-LIGNY, Charles de ou de St. Pol , n'appartient pas à la Biographie luxembourgeoise. Aussi , si nous le citons ici, ce n'est en effet que pour donner dans son entier le Manuscrit des Viri illustres qui sert de base à notre travail. Voici ce que l'auteur de cet ouvrage dit sur ce personnage : « Carolus de « Luxemburgo Ludovici Connestabnli Gal- « liœfilius Dux et Episcopus Laudinensis.»

Louis de Luxembourg , Comte de St. Pol , de Ligny et de Roussy , Châtelain de Lille et Connétable de France, fut le père de Charles dont il est ici question. Sa mère était Jeanne de Bar , Comtesse de Marie et de Soissous, dame de Ghistelles, etc. , première femme du dit Louis. Tout le monde sait la fin tragique du Connétable qui mourut décapité à Paris, en 1475, par un effet de l'implacable rancune de l'astucieux Louis XI , roi de France, et de la basse trahison de Charlesle-téméraire , duc de Bourgogne , qui eut la faiblesse de le livrer à son cruel en-

Charles de Luxembourg , qni fut évêque de Laon , était le troisième des quatre fils de Louis et de Jeanne de Bar. Une fille, Jaqueline , issue du même mariage, fut mariée en 1555 à Philippe, sire de Croy et comte de Porcéan. Les trois autres fils étaient: Jean, comte de Marie et de Soissous, chevalier de la Toison d'or , tué à la bataille de Morat contre les Suisses, en 1476; 2° Pierre, qui continua la lignée de St. Pol-Ligny sous le nom de Pierre II ; 3° enfin , Antoine , tige de la branche de Luxembourg- Brienne.

Viri Ulattre», I, HP 50. — Bmimut, III, aatè testa* VII t et I V. aatè testa m VI, •«.- Pmtum

LUXEMBOURG-LIGNY , François de, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « Franttciscus de Luxemburgo Antonli Comitis «de Roussy filins episcopus Cenomanensis. *>

L'auteur dont nous venons d'extraire ce passage verse dans une erreur en nommant le père de ce personnage Antoine , tandis qu'il aurait dû écrire Pierre I" , seigneur de Beaurevoir et de Richebourg, Comte de St. Pol et châtelain de Lille , lequel avait épousé Marguerite de Baulx. Son père est mort en 1433 et sa mère en 1469.

Viri illustres, I, N» 34. — Bunom, IV, astte Tolnmen, VI.

LUXEMBOURG-LIGNY, Jean de, est rappelé comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « 1409 , Jo- « anoes de Luxemburgo Dominus de Ba- « varcuoir ab historicis laudatnr uti prima- «rius miles sui saeculi. »

Cette notice , plus que sommaire , nous a mis dans un grand embarras pour savoir de quel personnage il pouvait s'agir. Nous avons cru un instant que l'on voulait designer Jean de Bavière, second mari de la trop fameuse Elisabeth de Gœrlitz, duchesse engagiste du Luxembourg; mais nous n'avons pas tardé à

être détrompé en comparant les dates.

En effet, Antoine de Bourgogne, le premier époux de cette prinocsse , n'est mort qu'en 1415, conséquemment Jean de Bavière qui avait d'abord été évêque de Liège, n'a pu appartenir au Luxembourg qu'après cette date: il devenait par conséquent moralement impossible de faire concorder l'administration de ce personnage avec le milésime 1409 placé en marge des Viri illustres. Mais alors quel a été ce Jean de Luxembourg? quelle est celte seigneurie de Bavarcuoir dont le nom semble avoir été estropié pour le plier à une désinence latinisée ? Serait-ce Berward? La chose pouvait paraître possible , car vers cette époque vivait un Jean, dynaste de Berward; mais alors pourquoi le dire de Luxembourg ? seraitce parce qu'il serait né dans cette ville, ou qu'il y aurait résidé?

Cependant en poursuivant nos recherches nous avons trouvé dans la Maison de Luxembourg-Ligny un Jean qui a vécu pendant la première moitié du quinzième siècle. Le manuscrit des Viri illustres a-l-il désigné ce dernier? Nous sommes absolument porté à le croire depuis que nous avons rencontré un passage de Pîerret où il est dit : « La branche de Luxembourg-firienne, «St. Toi et Piney , qui commença en Jean « 'de Luxembourg, seigneur de 13e acre voir, « etc., fils puîné de Gui , comte de Ligny, ««Ton est sorti Franco»- Henri de Montci morency , duc de Luxembourg , pair et «maréchal de France. » etc.

Nous nous croyons donc en devoir de copier ici l'article que la Biographie universelle a consacré à ce Jean de Luxembourg-Ligny , bien qu'à vrai dire ce personnage n'appartienne pas directement au pays , mais parce que , nous le répétons, 11 est mentionné dans le manuscrit des Viri illustres.

«Jean de Luxembourg, dit le comte «de Ligny, frère cadet du cardinal Louis « (v. son art.) , se montra comme lui très «attaché aux Anglais et à la maison de « Bourgogne qu'il servit longtemps les

«armes à la main. Il était en 1414 gom- « verneur d'Arras; et U fit sur les frontières « de France différentes incursions dans les- « quelles il se montra fort cruel. Henri V, « roi d'Angleterre , lui confia le gouvernement de Paris en 1418, et le lui ota « deux ans après pour le donner au duc « de Clarence.3 Le comte de Ligny com- <« manda ensuite différentes expéditions en « Picardie et dans le Haiaaut ; il s'empara «de Mouzon, de Beaumont, ravagea le « Beauvaisis et vint investir Compiègne oà «se trouvait Jeanne d'Arc. Cette héroïne «ayant été prise dans une sortie qu'elle «fit à la tête de la garnison, resta eu « son pouvoir; et il ne la remit aux «Anglais qu'après de vives sollicitations «et lorsqu'il eut reçu d'eux une somme « de dix mille livres. Jean de Luxembourg «continua ses incursions pendant plusieurs «années, et il commit des cruautés in- « ouïes dans les environs de Laou où «il conduisit sou neveu qu'il voulait ac- «coutumer à un tel spectacle. Sa haine «pour les sujets du roi de France était «telle, que dans plusieurs occasions H «leur tendit des pièges par le moyen «de différentes troupes de brigands ré- «pandue en Picardie et qu'il appuyait «secrètement. Après avoir vainement essayé de réconcilier les Anglais et les «Bourguignons, il refusa en 1435 de «signer le traité d'Arras, en affectant « envers le roi de France et même envers « le duc de Bourgogne un air d'iodépen- «dance qu'il n'était pas assez puissant «pour soutenir. Charles VII, irrité d'une « telle conduite , venait de donner ordre «à ses généraux de l'attaquer, lorsque «Jean mourut en 1440, laissant son «neveu héritier de ses vastes domaines, «de son courage et de cette fausse et «insidieuse politique qui devait entraîner « la ruine de sa maison. »

Biographie «mfcnclle, XXV. 468. - Viri illw- Irei. Il, Fr» ISS. — Pimwr, III, 885.

LUXEMBOURC-LIGNY , Jean de, évêque d'Apaume, est noté comme suit

par l'auteur du maouscrit des Viri illustres: « Joanoes de Luxemburgo Antonii «comitis de Roussy Nepos, Episcopos « Apamiensis. »

Bien qu'aucune date ne soit ajoutée à celte phrase, il est à croire que ce personnage a vécu pendant le seizième siècle, puisque l'ouvrage que nous venons de citer est en grande partie rédigé par ordre chronologique, et que Jean de Luxembourg se trouve placé entre d'autres illustrations dont Tune vivait en 1522 et la suivante en 1550. Cette supposition acquiert un grand degré de vraisemblance sinon une certitude absolue , quand on compare avec les indications fournies , la généalogie des cadets de Luxembourg- Ligny donnée par Bertbolet qui dit que Charles 1", comte de Bricnne, Ligny et Roussy, fils d'Antoine IM, laissa Antoine H, son successeur, Louis mort sans hoirs, Jean, Evéque de Pamien (Apamiensis 7) , mort à Avignon en 1 548 ; plus d'autres enfants encore qui ne nous intéressent pas ici.

Nous regrettons de n'avoir trouvé nulle part des détails ultérieurs sur ce personnage.

Vtrt illustra, I, K' 59. -Buiuut, IV, »tè teitum, VIII.

LUXEMBOURG -LIGNY, Louit de, n'appartiendrait pas plus à notre biographie que ses agnats dont nous venons de parler, si sa famille n'avait pas possédé en même temps le comté de Roussy ainsi que les terres de Fiennes et de Bohan.

Louis était fils de Jean 1er, comte de Luxembourg-Ligny , St. Pol et Roussy, Châtelain de Lille , Seigneur- de Fiennes et de Bohan, et de Marguerite d'Engfaien, comtesse de Conversan et de Brienne.

D'abord cinquante-unième évéque de Terouanne en 1414, il se déclara pour le parU des Anglais et fut en 1425 fait Chancelier de Henri VI, roi d'Angleterre, qui se titrait en même temps roi de France. Louis exerça cette charge jusqu'en 1435 où il obtint l'archevêché de Roueu ; puis

en 1439 le pape Eugène IV le nomma cardinal du titre des quatre saints couronnés. Cependant il ne voulut accepter celte dignité qu'à la condition que le roi d'Angleterre n'eût approuvé sa promotion, tellement il était dévoué aux intérêts de ce prince qui , en récompense de son attachement lui fit avoir l'Evêché d'Ely et lui confia ses plus importantes affaires en France. Le prélat les poussa avec vigueur, conduisant lui-même du secours aux places assiégées , animant les faibles , s'opposa nt a ceux qui étaient las du joug anglais et ne négligeant rien pour rétablir ce parti chancellant. Il se jeta dans la Bastille, en 1436, lorsque la ville de Paris fut soumise à Charles VII ; mais il fut obligé d'en sortir par composition et se retira pour lors en Angleterre où il est mort à Harfield , le 18 septembre ou bien le 4 octobre 1443.

Le manuscrit des Viri illustres consacre à ce personnage l'article que nous allons transcrire : « Ludovicus do Luxemburgo « S" Pétri ex Joanne fratre Comiteque in « Roussy Nepos Archiepiscopus Rotoma- « gensis S. R. Ecclesiœ Cardinalis. »

Délier* des P.yi B... III, IÎ18 - Viri Maître*, I, S&. — B*»Taoirr, IV, «ntè testa», V. fq. — Moim, II, 60*» et IV, 106». - De Fmn, Dictionnaire kii torique, 4dit. de 1859, IV, 2155.— CovaTia, Encyclopédie moderne, XV, 47. — Biographie naitcraelle, XXV, 4«7. i-j.

LUXEMBOURG-LIGNY, Pierre de, le bienheureux , est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : «1387. « Sanctus Petrus de Luxemburgo , Guido- « nis Comitis in Rutticb seu Roussy filins, «Episcopus Metensis S. R. Imp. prin- «ceps, S. Rota. Ecclesiœ Cardinalis minet culis clarissimus. »

Pierre de Luxembourg n'appartient que fort indirectement à la Biographie du Luxembourg. Fils de Gui de Luxembourg, comte de Ligny, et de Mabaut ou Matbilde de Cbatillon , comtesse de St. Pol , il est né au château de Ligny, le 20 juillet 1369. Il n'avait que dix ans lorsqu'il fut envoyé aux études à Paris où il fit de grands progrès, surtout dans les lettres sacrées

pour lesquelles sa piété innée Ini donnait une propension toute particulière. Plus il avançait en âge et plus il se sentait fortifié dans la vocation la plus décidée pour obtenir les Ordres et à mener une vie toute dévouée à Dieu. Son frère voyant ces dispositions, craignit un moment, disent les biographies , qu'il ne finît par se vouer absolument à la solitude. Pour empôclier cette résolution il demanda et obtint pour lui en 1383 , un canonicat à Notre-Dame. Pierre qui n'avait que douze ans se mit aussitôt en devoir de desservir les charges de ce bénéfice avec la plus ponctuelle exactitude, tout en continuant ses études. La réputation de sa vie exemplaire, de sa science et de sa vertu n'ayant pas tardé à parvenir aux oreilles de l'anti-pape Clément VII que la France avait reconnu pour Pontife légitime, ce dernier le nomma d'abord archidiacre de Dreux dans l'église de Chartres ; et peu de temps après , en

1384 il lui conféra l'évêché de Metz qui était devenu vacant par la mort de Thierry de Boppart. Pierre n'avait encore que quinze ans d'âge ; mais le Pape était persuadé que la sagesse et la vertu du jeune prélat suppléeraient à sa grande jeunesse.

Il fit son entrée solennelle à Metz en

1385 ; mais il n'y put jouir pendant longtemps de la paix : les messins considérant sa jeunesse ne crurent pas devoir se soumettre a son choix pour la nomination de leurs magistrats annuels, prétextant que ce choix devait leur appartenir jusqu'à tant que leur évêque aurait atteint l'âge canonique pour pouvoir être ordonné prêtre et recevoir l'onction épiscopale. Ces débats amenèrent bientôt des conflits déplorables entre le comte de St. Pol, frère de Pierre, et les bourgeois. Mais le récit de ces contestations n'entre pas dans notre sujet; nous dirons seulement que l'évêque ne prît aucune part aux actes de violence qui se commirent de part et d'autre.

Ces contestations n'étaient pas terminées lorsque Clément VII , charmé de plus en plus des vertus et de la sainteté de l'Evêque-élu de Metz, résolut de l'attacher

à sa personne. Il le manda en conséquence à Avignon, le créa cardinal du titre de St. George, eu 1386, et le retint à sa cour pour le faire servir d'exemple aux prélats de sa suite.

Pierre, loin de se laisser éblouir par l'éclat de la pourpre , ne voulut point se relâcher de ses pratiques de piété ; il se maintint au contraire plus que jamais dans les sentiments de la plus profonde humilité et dans les exercices de la plus rigoureuse austérité de vie et de mœurs , donnant presque toutes ses heures à la prière et à la méditation, et ne prenant de nourriture que ce qu'il en fallait strictement pour soutenir la vie : les jours de jeûne entr'autres il les passait au pain et à l'eau. Il se couvrait en outre le corps d'un rude cilice et , ajoutent les légendaires , se le déchirait souvent avec la discipline, tellement que ces excès de zèle et de piété ayant été dénoncés à Clément VII, celui-ci le manda auprès de lui et crut devoir l'exhorter au nom du ciel à les modérer, ajoutant que dans le poste où la Providence l'avait placé il ne devait pas vivre tant pour lui-même que pour l'Eglise. Sa charité dépassait toutes les bornes ; quoique né d'une famille opulente et percevant en outre des bénéfices considérables , il donnait tout aux pauvres, tellement que plus d'une fois il manqua lui-même du nécessaire, et qn'à sa mort on ne trouva dans ses coffres que vingt sols.

Ses jeûnes excessifs et sa vie plus que pénitente ne tardèrent pas à miner sa santé et à lui gagner enfin le germe de l'affection qui l'enleva à la fleur de l'âge. Pendant sa maladie on le porta à la villeneuve , près d'Avignon , afin qu'il y fût plus tranquille et hors du bruit. Il y fit son testament par lequel il légua ses biens à ses frères et & sa soeur; il voulut être inhumé dans le cimetière des pauvres à Avignon, sans autre distinction qu'une arcade en pierre, etc. Ses livres il les donna à son frère André (v. son art.) et fit encore quelques legs particuliers à des monastères de même qu'à ses domestiques.

— Si -

Pierre de Lnxemboorg-Ligny est mort le 2 juillet 1387 , à l'âge de dix-htiit ans moins autant de jours, et fut enterré à l'endroit qu'il avait lui-même choisi. En 1395 Charles VI, roi de France Gt élever au lieu de sa sépulture un couvent de Célestins dont l'église , dit-on , possède ses reliques. Il a été béatifié en 1527, cent et quarante ans après son décès.

Bertholet et Meurisse rapportent l'épltaphe qu'on inscrivit sur son tombeau.

Nous la transcrivons:

HOC COLITUR TeMPLO, TEGITUR 81MUL

[aurba yirttjs, Clara Luxbmbubgi soboles , nitidissima

[mbrcbs

OrBIS , BT CRUS HOR08 MORTALI CORPORE

[COELCM

TliANSFERTUR MBRIT1S PETRUS 1RTBR

[Ndmira Ncmer,

ArRIS MILLE DBNÏS SEPBLITCR, 8ICQCB

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