‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 58 sur 98 · DB · texte numérisé non relu

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Et quinta Juli pollbrs virtctibcs altis,

ASSIDCO POPULO VBRBRATOR QDOLIBBT ARNO.

Pierre de Luxembourg a composé quelques traités de piété; un entr'autres qu'il dédia à sa soeur et dans lequel il a rapporté tous les motifs qu'il croyait convaincants pour la faire renoncer au monde et se consacrer à Dieu. On a imprimé sous son nom : 2°. Le livre de Clergie, nommé l'image du monde. — 3°. La diète du salut. L'original de ses autres ouvrages se conservait aux Célestins de Paris.

Viri illustre*, I, n° M. - Mes*»», Histoire de. Eresqaes de Mets, 831 à 638. - Mon... V, 8*6. — Bunu, 198. — Lu BtaéMcri»», Histoire générale de Mets. II, 604 k 600.— Wiumn a AViltqiih , Ditquititionci antiquiritr. Iliitori^ luxembargensts , II . e. 6. §. S. — Cbroniqae dn Doyen 4e St. Thibaut, de Met,; .d .... 1584. sqq. - Bu'Mut, I, antè testas), XL1I; V, a»tè tcitam, V; VI, 388} VII, 134 A 160. - D« R*«, Vies des Pires, des Martyrs et des Saints. IV, 38, sqq. — CocsTiN, Encyclopédie moderne, XV, 47.— Riographie aniferselle. XXV. 466, sq, — Baowsa , Anaale» Trevirenses. 11b. XVIII. — Nsuauait, Les anteurs laxenboargeoii , 10.

LUXEM BOURG-LIGN Y , Philippe de, Comte de Brienne, est indiqué comme

suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres: «Philippus de Luxemburgo e « Comitibus de Roussy Episcopus Ceno- « macensis S. R. Ecclesiae Cardinalis. »

Ce personnage était troisième fils de Thibaut de Luxembourg, tige de la branche dite de Luxembourg-Fiennes , et de Philippotte de Melun, dame de Sottengbien.

Son père étant devenu veuf, se fit ecclésiastique et obtint les abbayes d'Igny et d'Orcampj il fut ensuite élu évéque du Mans, et le Pape Sixte IV le désigna cardinal ; mais il mourut en 1477, pendant qu'il se disposait à entreprendre le voyage de Rome pour aller recevoir le chapeau.

Quant à Philippe auquel cet article est consacré, il entra également dans les ordres sacrés et obtint d'abord on canonicat à la cathédrale de Touroay ; puis il devint évéque de Terouanne, ensuite d'Arras par résignation de son oncle, Philippe de Melun , enfin du Mans après le décès de son père. Ce prélat, qui eut toujours beaucoup de part aux affaires de l'Etat, fut en 1496, fait cardinal du titre des SS. Pierre et Marceliin par le Pape Alexandre VI qui le nomma son légat en France, poste qu'il remplit également sous le pontificat de Jules II. Alexandre VI l'employa pour la dissolution du mariage du roi Louis XII avec Jeanne do France. Il obtint en outre en commande les évéchés d'Albano et de Frascati.

Quelque temps après, le désir de la retraite porta Philippe à remettre soo évêché à son parent, François de Luxembourg (v. soo art.). Mais comme ce dernier mourut peu d'années plus tard, le chapitre l'engagea à se charger de nouveau de la direction du diocèse, et il finit par y consentir.

Philippe de Luxembourg est mort en 1519, à l'âge de 74 ans, avec la réputation d'avoir été un des plus grands prélats de son époque. Il fut inhumé dans sa cathédrale.

Vicaica. Histoire it Luiembonrg. — Moaaai, II, 608; et V, 818. — Les Déliées des Pays-Ras, III, 77.— RiaraoLCT , IV, anti teilum, X. — Viri illastrès. I, 5fi.

LUXEMBOURG-LIGNY, Walramde, était fils de Gui de Luxembourg , comte de Ugoy-St.-Pol , et de Mahaut de Châtiflon , comtesse de St.-Pol. L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré la notice que nous allons transcrire : «1396. «Valramos de Luxemburgo Cornes S" «Failli et in Roussy, sine quo Franciae «Rex nibil magnum agebat; duxit exerce citom pro Carolo VI. Gallorum Regc « subsidio Comiti contra Frisios, quos et « vieil. » Nous ajouterons que, né en 1355, il fut en 1396 nommé gouverneur de Gênes et en 1402 grand-maître des eaux-et-forêts de France. Il fit la guerre aux Anglais et fut deux fois battu par eux. Le duc de Bourgogne lui fit obtenir en 1410 la charge de grand-bouteiller de France et eu 1411 le gouvernement de Paris avec l'épée de Connétable.

Walram se titrait de Comte de St.-Pol, de Ligny et de Roussy , châtelain de Lille, seigneur de Fiennes et de Bohan. Il a été marié deux fois. En premières noces avec Mahaut, fille de Thomas de Hollande et demie-sœur de Richard II , roi d'Angleterre , d'où une fille , Jeanne , mariée à Antoine de Bourgogne, duc de Brabaot.

En secondes noces il avait épousé Bonne de Bar qui ne lui donna pas d'enfants.

Il est mort en 1414, à l'âge de 60 ans au château d'Yvois dont il était gouverneur, et fut enterré dans l'église de Notre-Dame de cette ville.

Viri illustres. II, Tt° 908. - Piouit. 54. - Dt FtLtn, Dictionnaire historique; Utt W. — un, IV, ante testant, IV, — clopédie moderae, XV, 47. — Biographie XXV, 404, »q1

MAIGRET, Georges, né en 1575, d'une bonne famille de Bouillon, entra à 17 ans chez les Augustins qui venaient de s'établir dans sa ville natale. Il acheva ses études à Louvain où il prit en 1604 le grade de Docteur en théologie , pendant qu'il était prieur de son Ordre à Tournay. Sept ans plus tard il fut désigné prieur à Liège et conserva cette dignité douze ans de suite. En 1614 il avait obtenu de Ferdinand de Bavière , alors Prince-Evèque , la cure de St. Georges de Iluy qui fut unie à un couvent d' Augustins, sans discontinuer d'être une paroisse de cette ville , et l'année suivante il y ou- Trit un collège d'humanités.

Eu 1622 le chapitre général qui se tint à Enghien (Anguien) le désigna provincial de la Basse-Allemagne ; il eut aussi le rang de définiteur ainsi que celui de visiteur, et il présida à quatre Chapitres différents de sa province. Enfin eu 1G24 il fut nommé prieur de Huy où il mou-

rut pieusement après une longue maladie , le 15 mai 1633 , à l'âge de 61 ans.

Le Père Georges Maigret a composé un assez grand nombre d'ouvrages dont nous allons indiquer les titres: 1°. Le Noviciat, ou niveau de la vie monastique, pour l'instruction des jeunes novices ; Douai , 1602 et 1609, in-12 ; Liège, 1615, même format. — 2*. Le Trésor, ou coffret honoraire de Jésus-Christ et des Saints , auquel est déclarée l'institution et excellence de la confrérie de la ceinture de St. Augustin; Douai , 1604, in-12; Liège, 1611 , in-12: Le P. Melcbior de Daelhem a traduit cet opuscule en latin , sous le titre de : Arca honoraria Chrîsti ac Sanctorum etc. Le Pape Eugène IV avait institué cette confrérie le 7 juin 1446 et l'avait mise sous la protection de la Ste. Vierge , de St. Augustin, de Ste. Monique et de St. Nicolas deTolentin que ce pontife venait de canoniser. —5°. Petit Rayon (Radiolus) ou Atone

de la splendeur monastique sur les fruicts que recoeilleot les fidellcs par la bienvenue et joyeuse entrée des religieux dans les villes , pour contre-poison au régal de Sathan et des hérétiques ses ministres ; Douai, 1608, io-12.— 4\ La vie du Bienheureux Jean de Satagthun , de l'Ordre des frères Ermites de St. Augustin, canonisé par Notre S. P. le Pape Clément VIII; Tournay, 1610, in-12: Cet ouvrage, qui est dédié à l'Infante Isabelle- Claire-Eugénie, a été traduit en latin par le P. Nicolas Bax qui dédia cette traduction au P.Maigret; Anvers, 1625, in-12.

—5*. Rejettons sacrés pulullants de la palme triomphante des premiers martyrs de l'Ordre dit des frères Ermites de St. Augustin , recueillis par le frère George Maigret, Bullionoy , Doct. thé. et prieur du mesme ordre au couvent de St Augustin lèz Liège; Liège, 1612, petit in-12: cet ouvrage renferme vingt-sept vies abrégées de martyrs. L'auteur en a aussi donné des éditions latines sous les titres de : Iconographia martyrum , etc. ,

1616; et Martyrographia Augustiniana

édit. nova, caHeris raulto auctior ; Anvers, 1625, in-12. — 6° Les larmes, ou gémissement de rhéraclite cbrestien, ressnssité miraculeusement de l'Enfer, et baptisé pour apprendre à chascun l'art de déplorer sa misère, selon l'un et l'autre hommes; Liège, 1613, in-12. — 7°. 11 a revu l'Antiphonaire et le Processional de son Ordre ; imprimés à Anvers, 1625, in-4°. —8°. Augustioo-Pyctacium provinciœ Flandris seu Germanise Inferioris; Bruxelles, 1625, in-12:

C'est une carte de cette province , qu'il présenta la même année au Chapitre-général des Augustins qui se tenait à Rome. — 9°. Litaniae Augustinîœ ; Louvain, 1626, in-16. - 10". Abrégé de la vie de St. Thomas de Ville-nenve , archevesque de Valence , de l'Ordre des frères Ermites de St. Augustin; Liège, 1626, in-12.

— 11°. La vie de Ste. Elisabeth, reine de Portugal; avec les cérémonies faictcs a Rome en sa canonizalion ; Liège, 1626,

in-12 : Le P. Maigret avait assisté à cette solennité. — /2°. Oraison funèbre de Madame Josine l'Aumosnière comtesse de la Marc , etc. , espouse de Monseigneur le comte de Rochefort, prononcée publiquement; Liège, 1627, io-12. — 13*.

Tractatus brevis, quo clarè ostenditur religiosos mendicantes ad alium ordinem , etiam strictiorem , transire non posse , excepto solo Carthusianorum , absque speciali Summi Pontificis licentid ; Liège, 1630, in-12. — 14°. Théâtres tragi-comiques et anatomiques , auxquels sont exposées les principales misères que les Provinces Belgiques ont endurées par guerre civile l'espace de quarante ans ou environ: C'est un carême que l'auteur avait prêché à Bruxelles. Des raisons de politique en ont arrêté l'impression.

Le Père Georges Maigret avait un neveu, connu tous le nom religieux de PÈRE ATHANASE, qui était né à Bouillon comme lui. Ce dernier se fit également recevoir en 1684 Docteur en Théologie à Louvain , deux ans avant sa mort et après avoir pendant un assez grand nombre d'années enseigné la Théologie à Cologne et à St. Guislain. Il a été, comme son oncle , prieur à Huy , et deux fois visiteur-définiteur de la province de Flandre. Il est mort à Huy, le 5 juin 1686 et fut inhumé dans l'église de St. George de cette ville , aux pieds de son oncle.

Nous trouvons finalement dans le Recueil aux Commissions des archives de l'ancien Conseil provincial de Luxembourg , que François-Joseph de Maigret , ci-devant capitaine au régiment de Ligne, infanterie , a été créé Comte de son nom, par Patentes du 6 décembre 1756. Cependant nous ne savons pas si ce personnage appartient à la même famille: Les comtes de Maigret portent d'azur , à trois coquilles d'or , 2 en chef et 1 en pointe; à la fasce du même.

SvrctTiof, Athen.r D«1b>csb, 975.— Cu m D(c-»r- Liivtt, Biocrapkie lilgeoUe. I, 436. •<{.; et 4JJ9. —Archive» do Conseil prorincial, Aeq. coma. N°

1109, p. 184.— Guin, Catalogne de la Bibliothèque de Luiembourg, 146.— Archive* et alliances de la Famille de Mutiel. de Thor«.

MALHERBES, Don Deni$, florissait pendant le dix-huitième siècle et mourut en 1777. Il était prévôt de l'abbaye de Stavelot où il professa la philosophie et la théologie. Don Malherbes a écrit un opuscule qu'il intitula : Secundus Triumphus S" Remacli, dans lequel il chercha à prouver la supériorité du monastère de Stavelot sur celui de Malmédy, question controversée pendant des siècles et qui n'a jamais reçu une solution absolue.

C«« >e B.c-Bt L.ci.i, Biographie liégeoise, II,

Malmédy , Jean-Baptiste de; v. JEAN- BAPTISTE , dit de Malmédy.

MANASSÈS , Seigneur de Hierges, au Duché de Bouillon, accompagna Godcfroid de Bouillon a la première croisade en Terre-Sainte et devint chancelier du royaume de Jérusalem. Il est mort vers 1099.

C«- m B.c n Lrtv„, Biographie liégeoise, I, 87.

MARCK, Robert II, de La, duc de Bouillon, seigneur de Sedan et chevalier de St. Michel , était fils de Robert 1" et de Jeanne de Marley, dame du Sau- Icy. Il naquit en 1480 el rendit son nom fameux par ses démêlés avec Charles- Quint. Petit-neveu du célèbre Guillaume de La Marck surnommé le Sanglier de* Ârdennes , il prit cette devise singulière : « Si Dieu ne me vient en aide , le diable « ne me saurait manquer. »

Robert II de La Marck lit ses premières armes en Italie , au service de Lonis XII , roi de France , lorsque ce prince revendiquait le Milanais et le royaume de Naples. Il obtint le grade de lieutenant-général et se distingua en cette qualité à la bataille de Novarre où il commandait les bandes noires.

Au plus fort de l'action il apprit que ses deux fils, Fleuranges et Jametz,

étaient tombés couverts de blessures sous des monceaux de morts et de mourants : Il s'élance aussitôt avec quelques-uns de ses plus intrépides hommes d'armes, s'ouvre un passage à travers l'ennemi et parvient au lieu ou gisaient ses enfants baignés dans leur sang et près de rendre le dernier soupir. Les dégager et les placer sur son cheval, ce fut pour loi l'affaire d'un moment j et, chargé de ce précieux fardeau il fut assez heureux pour traverser de nouveau les rangs des ennemis qui, électrisés par ce dévouement paternel de courage et de sang-froid , se rangèrent avec respect pour lui ouvrir un passage.

Cependant, à la sollicitation de son frère Evrard qui était Prince-Evèque de Liège , Robert abandonna ensuite le parti de François I" pour embrasser celai de l'Empereur Charles-Quint, à l'élection duquel il contribua même activement, liais bientôt après, il se brouilla avec son nouvel allié , et cette brouille même devait rehausser encore l'éclat de son nom :

Les Cbimay de Croy étaient en discussion avec les sires d'Eymeries pour la seigneurie de deux petits villages ardennais.

Les pairs consultés avaient dit: « Ce chi- « teau appartient aux Cbimay ; et comme «le Duché de Bouillon est indépendant et « ne ressortit de nulle suieraineté notre «jugement doit s'exécuter sans appel.»

Le sire d'Eymeries recourut a la justice de Charles-Quint qui fit réviser l'arrêt par le Conseil aulique. Le Sire de La Marck s'en offensa et vint , eu sa qualité de duc de Bouillon , réclamer lui-même ses droits à la diète: Il croyait que justice lui serait faite après ses services pour l'élection impériale. Maia Charles-Quint •e contenta de répondre : que le Conseil avait décidé et qu'il n'avait aucun pouvoir pour réformer la sentence. Impétueux de caractère , Robert , brisant un de ses gantelets sur la porte du château , s'écria : « Puisque celui que j'ai créé empereur ne «veut pas me rendre justice, je saurai « bien me la faire moi-même. » Et aussitôt

ii tint s'aboucher arec les commissaires de François I", à Sedan, pour offrir ses services et stipuler ses conditions. Le bras de La Marck était trop fort pour qu'on hésitât à remployer. D'un caractère ardent , impétueux , Robert ne se contenta pas de s'allier à la France; seigneur à peine de quelques villages et d'une trentaine de lieues de pays dans les Ardennes , il voulut , lui seul déclarer la guerre a l'Empereur et à ses électeurs ! Et en effet il fit défier Charles- Quint en pleine diète a Worms, et se mit aussitôt en campagne. Il entra d'abord dans le Luxembourg et vint en 1520 prendre Virton qui venait d'être fortifié. Il pénétra ensuite dans l'intérieur du Pays où il se livra à tous les excès. Mais su témérité ne tarda pas à être expiée par un grand revers: les impériaux, sous la conduite de Henri de Nassau , vinrent battre le château de Logne en brèche et le prirent. Les soldats qui en avaient formé la garnison furent pendus aux crénaux restés debout, et le château même, qui avait été engagé aux La Marck , restitué à l'abbaye de Stavelot dont il relevait: l'abbé le fit abattre. La forteresse de Bouillon fut ensuite cernée; la trahison la lit tomber au pouvoir des assiégeants qui la détruisirent après avoir brûlé la ville (1521) , et en remirent les débris aux mains de l'évêque de Liège : le traité de Madrid, conclu en 1526, confirma le prélat dans cette possession.

Robert II de La Marck est mort en 1535. Il avait épousé Catherine de Croy qui lui avait donné six fils et deux filles.

La G*a>>, Notice i«rlet Ii»xembourf;eoii célèbre», li{ , iqqq — Mouu, V, 114.— Biographie gémirait if BelfM, 140, h-Omui, Histoire d« Duché de Bomillon, ISIS k «05.

Marisy, Frédéric- Christophe' Henri- Pierre- Claude Wagnair de; v. WAG- NAIR de Marisy, F.-C.-H.-P.-C.

MARTIN , dit de Remouchamps , ainsi nommé de son endroit natal, situé sur la rivière d'Amblève, vit le jour en 1522.

Après avoir achevé ses humanités il entra à l'abbaye de Florennes , bourg de l'ancienne principauté de Liège , où il fit sa profession religieuse. Il y exerça pendant vingt-cinq ans la charge de procureur et fut finalement élu abbé en 1574, après la mort de Jean d'Emelhon.

Dès qu'il fut revêtu de cette dignité il s'occupa a rebâtir l'église de son monastère qui avait été ruinée presque de fond en comble par les armées françaises en 1554. Il n'avait pas encore achevé cette construction a laquelle il avait mis tous ses soins, lorsque la mort le surprit le 27 décembre 1600, épuisé de vieillesse, de travaux et d'études. II fut, comme ses prédécesseurs , inhumé vis-à-vis de l'autel de Notre-Dame , sous une tombe en pierre bleue.

L'Abbé Martin de Remouchamps était très-versé dans les langues grecque et latine, les saintes-écritures, le droit canonique et civil, la géométrie et l'histoire. Jacques Marchant, professeur de théologie à la même abbaye , lui attribue les trois ouvrages suivants, qui sont restés manuscrits: V. Epistolss ad diversos : quelques-unes de ces lettres sont adressées à Jean Molanus qui en a fait usage pour la rédaction de ses Natales Sanctorum Belgii; v. l'édit. de 1595, p. 182. — Antecessorum suorum luculenta historia: c'est un Catalogue historique des abbés de Florennes. — 5°. Aevi sui chronica : ou Histoire de ce qui s'est passé de son temps,

G» m Btc Lrt*.t, Biographie liégeois, I, 337.

MATHIAS , dit de Malmédy , du lieu de sa naissance, religieux du monastère d'Orval , s'est fait un nom comme littérateur sacré et profane. Dans les derniers temps de l'existence de son abbaye on y conservait encore le manuscrit d'une Chronique des faits et gestes des comtes de Chiny qu'il avait composée. Il parait que cet ouvrage , qui n'a jamais été imprimé, a été perdu.

Mathias de Malmédy est mort en 1555.

C* m iKH-uim, Biaffrapkie Uegeaùe, I, 802. — BiaTBOLrr, 111, P. J. IV. — Nbobab», Lct aatrnr* luxembonrgeola, 16. — Biitiu, 07. — T. 8rMi»n«, Metrop. Eeclea. Trtia. II, 168.

MATIS, Jean-François-de-Salis , est né à Thionville le 27 mai 1773, fils de Jean Matis, négociant, et de sa seconde femme Marie ERingen.

Entré an service comme sous-lientenant an régiment de Picardie, Matis remplit avec honneur tontes les fonctions militaires auxquelles il fut appelé: colonel du U7a d'infanterie de ligne en 1813 , il commanda en 1814 le 71*. Il fut de même placé a la tète de la légion des Landes à son organisation. Nommé maréchal de camp le 13 décembre 1821, il fut employé dans la 4* Division militaire et tint garnison à Angers ; plus tard, en 1829 il était commandant militaire d'Arras.

Le 28 août 1810 , Napoléon lw l'avait créé officier de la Légion d'honneur; et le 8 avril 1821 , Louis XVI II l'éleva au rang de commandeur de cet ordre.

Le général MaUs est mort après 1830, • en retraite, dit-on.

Btcui, Biographie de la BlWIle, III, 186, •*-.— TitMwm, Histoire de Thionrilte, 531, tej.

MALGRÉ , Jean de, quoique né à Sedan , peut à plus d'un titre être réclamé par Carignan , tant parce qu'il a passé ses derniers jours dans cette ville que parce qu'il a été pendant plusieurs années curé à Chauvency-St.-Hubert qui ressortissait autrefois à la Justice d'Yvois, dépendant à son tour du Luxembourg avant la paix des Pyrénées.

Jean de Maugré, qui était fils d'un capitaine de la milice frontière, est né pendant les premières années du dixhuitième siècle. Il fit ses études au collège des Jésuites de sa ville natale et entra plus tard au noviciat de cet ordre dans lequel il fut employé pendant plusieurs années à l'enseignement. Il quitta ensuite les Jésuites et fut nommé vicaire à Balan, puis successivement curé à Cbauvancy, Givet , St.-Hilaire , Gentilly près Paris et finalement prieur titulaire de St. Côme de

Chablis. Il se retira plus tard à Carignan après avoir résigné ses bénéûces , et il se trouvait dans celte Tille lorsque la réyolutioo de 1789 éclata: Il vit pendant ces jours d'horreur massacrer à ses côtés, dans une émeute à Sedan, son amiLatude; et lui-même , bien qu'âgé de près de 80 ans, il fut arrêté et enfermé an Mont- Dieu , d'où il ne sortit qu'à la chute de la Terreur. •

Jean de Maugré est mort en 1811.

On a de lui : i9. Une requête à l'Impératrice Marie -Thérèse: c'est une œuvre pleine de goût et de gatté, qui lui valut une lettre bien flatteuse de cette princesse et une gratification de cent ducats. — 2* . L'oraison funèbre du Maréchal de Belle- Isle; Paris, 1761, in-4°. — 3". L'oraison funèbre de Don Menn Effleor, Abbé d'Orval, 1765, in-4«.— 49. Discours sur le rétablissement du culte catholique dans la ville de Sedan ; Bouillon, 1785 , iu-4.— 5". Le militaire Chrétien; petit in-12:

Ce sont des extraits de ses sermons, prêchés à Givet, ville de garnison où il arait su se rendre intéressant aux officiers de même qu'aux soldats. — 7*. Une traduction complète des psaumes de David, en vers hexamètres et pentamètres ; manuscrit qu'il avait dédié au Pape Pie VI. — 8°. Panégyrique du Chevalier Bayard ; prononcé à Méxières.

Lacor, Annale* d"Y?oi«-Cari(jnan , 408, an;. — Biographie nnifertelle, XI, 87. - Witmi, Koo vean Bictionnnire nniverael, 518. — Ba Fsili*, Bictioanaire historique; Supplément, II, 185- — Bibliothèque de Luxembonre;. 1448, in ine.

MENGHEBS, Corneille, né à Zantfleid, petite ville à trois lieues d'Anvers, est particulièrement connu sous ce dernier nom, et vivait pendant le quinzième siècle. Il entra d'abord a l'abbaye de Bénédictins de St. Jacques, à Liège, puis il devint prieur de celle de Stavelot.

Menghers dit Zantflied, était un homme pienx et instruit, et passa pour un historien exact et fidèle, qui ne manque pas d'éloquence. Comme écrivain contemporain des événements qui se sont

passés de son temps, il est a considérer comme une autorité; et ce qui ajoute encore à soo mérite, c'est son jugement et sa véracité. Si on doit Ini reprocher quelquefois un peu de crédulité, ce défaut est largement compensé par la vivacité de ses récits et par les détails curieux qu'il nous a conservés : CbapeauviHe en parle toujours dans ces termes dans son Histoire des Evéques de Liège. Il a écrit une Chronique estimée qui commence à la création du monde et te termine à Tannée 1461 , époque où vraisemblablement l'auteur est mort. L'abbaye de SU Jacques a possédé l'original de cet ouvrage jusqu'à sa suppression. Les PP.

Martène et Durand ont publié de cette Chronique la partie qui commence à Tannée 1230 jusqu'à la fin, et qui forme environ quatre cents pages in-folio de PAmplissima Colleetio.

C» m Bm-m-Li*vh, fiiognpkfc liéfeoût. 1, 148. — Muni, Suppléant, III, ÏOM. — Dinu, HUt«ire dn P»y» 4e liège, H, 5J5.1. — Mtntn et Bnm, AnplÎMia» C*Ue«ti», V.-Cuiumiu, Ilisloria Efiicoperna leWientioa — . etc., rte.

IfERCY, Claudê-Florimond, Baron puis Comte de, est né en 1666, au château de Mercy, ou bien à Longwy, comme son grand-père , François , Baron de Mercy dont noos avons inséré l'article dans le corps de cet ouvrage.

Après avoir terminé ses études, s'être adonné aux mathématiques ainsi qu'aux différentes branches d'éducation suivies pur la noblesse de cette époque, il alla en 1682 offrir ses services à l'empereur Léopold, et se signala comme volontaire à la défense de Vienne assiégée par les Turcs. Ayant obtenu pen après une lieutenance dans un régiment de cuirassiers , il fit avec distinction six campagnes en Hongrie et eut un cheval tué sous lui , fut blessé en même temps à un œil et mérita le grade de capitaine. Envoyé en Italie en 1691 avec son corps, il y demeura jusqu'en 1696 et fit éprouver beaucoup de pertes ù l'armée française en dirigeant contre elle une guerre de partisans. Les preuves de

courage qu'il avait données en différentes rencontres, et notamment en 1697 à la bataille de Zeotha contre les Turcs, lui valurent le grade de major. En 1701 il quitta la Hongrie pour retourner en Italie où avec trois cents chevaux seulement il prit une batterie et mit six escadrons de cavalerie en fuite, le 9 décembre , près de Borgo-Forte; mais le lendemain, étant tombé dans une embuscade il fut fait prisonnier. Il éprouva le même malheur en 1702 à la surprise de Crémone par le prince Eugène qui pénétra dans la ville et emmena captif le maréchal de Villeroy lui-même qui y commandait. Mercy couvert de blessures resta dans la place : il était alors lieutenant-colonel. Dès qu'il fut guéri on l'échangea contre d'autres prisonniers, et un nouveau régiment dont il fut nommé colonel, loi fut confié. 11 se rendit avec ce corps sur le Rhin et se distingua au combat de Friedlingen où il eut un cheval tué sons lui et échappa avec peine. Pendant la campagne de 1704 il ne négligea aucune occasion d'inquiéter l'ennemi sur les bords du Rhin. Elevé au grade de feld-major-général , il emporta en 1705 les lignes de Pfaffendorf et obligea les Français a se retirer sons le canon de Strasbourg. L'année suivante il jeta des troupes dans Landau et y fit entrer des provisions malgré que celte ville fût déjà cernée , et la couvrit tellement bien que l'ennemi n'osa pas en entreprendre le siège. En 1707, le 22 septembre, il défit près d'Oflenbourg quatre mille hommes commandés par le général Vivans; fut fait feld-maréchal-lieutenant de la cavalerie impériale en 1708 et couvrit de nouveau les environs de Landau. En 1709 il était a la téte de six régiments dans le Duché de Mantoue. Revenu la même année sur le Rhin, il pénétra avec huit mille hommes dans la Haute-Alsace, au moyen d'un pont qu'il établit près de l'île de Neuchatel. Dès qu'il eut ainsi entamé le territoire de Bftle il attaqua le 26 août le comte Du Bourg, nommé depuis maréchal de France. Mais ce dernier, puissamment

retranché à Rumersen, opposa une résistance insurmontable , bien qu'il eût moins de troupes que son agresseur; et Mercy, blessé et vaincu ne ramena que peu de monde avec lui. Sa retraite fut même si précipitée qu'un grand nombre des siens se noyèrent dans le Rhin. La cassette de Mercy avec tous ses papiers tomba au pouvoir du vainqueur et sa déroute le mit dans l'impossibilité absolue de rejoindre, comme il en avait eu le dessein, les troupes de Savoie qui devaient passer par la Haute- Bourgogne.

Jusqu'en 1716 où commença la guerre avec les Turcs , notre général ne trouva aucune occasion favorable pour se signaler. A la bataille de Peterswaradin à laquelle il commandait en chef la cavalerie , il lit des prodiges de valeur et contribua puissamment à la victoire. Il couvrît le siège de Temeswar, força les Turcs de s'éloigner et demeura dans le bannat de Temeswar avec le titre de général-commandant. Le 9 novembre , Panzowa tomba entre ses mains et le 15 du même mois il prit Vipalanka. Ayant en 1717 rejoint la grandearmée avec son corps de troupes, il s'acquit beaucoup de gloire à la bataille de Belgrade, le 18 août, et fut chargé de mettre le pays à l'abri de nouvelles incursions. En 1719 il quitta son commandement dans le Temeswar, après y avoir rétabli la tranquillité, et se rendit en Sicile dont l'Empereur l'avait nommé commandant-général. Dès son arrivée, son premier soin fut d'enlever l'île de Lipari, au nord de la Sicile.

Le marquis de Leyde qui commandait en chef l'armée espagnole et dont les troupes n'avaient cessé de fuir devant l'ennemi, ayant reçu un renfort, engagea Mercy à lui livrer une bataille avant que les bataillons que ce dernier attendait ne fussent arrivés. Mercy n'écoutant que son courage, met son armée en mouvement le 27 juin, traverse quelques montagnes et vient se mettre en présence des Espagnols retranchés sous Villa-Franca , bourg fortifié du royaume de Naples, du côté du golfe de Venise. A peine fut-il en vue de l'ennemi

qu'il l'attaqua. On se battit pendant cinq heures avec un égal acharnement de part et d'autre; il y eut environ six mille morts et quatre mille blessés. Mercy fat au nombre des derniers avec plusieurs autres généraux. On a jugé différemment les résultats de cette bataille, puisque chaque parti s'est attribué la victoire; cependant les impériaux eurent cet avantage qu'ils rendirent la position de leurs adversaires plus critique en leur enlevant plusieurs points importants et en se conservant pour eux la libre communication avec la mer.

Le général Zumjungen qui avait momentanément remplacé Mercy depuis sa blessure , alla mettre le siège devant Messine qu'il attaqua vivement par terre et par mer. La ville se rendit après une médiocre résistance ; mais la citadelle ne céda qu'après une attaque meurtrière dirigée par Mercy lui-même qui signa aussi la capitulation.

L'année suivante il s'empara de Païenne qu'il fit réduire en cendres, chassa l'ennemi de toute la Sicile et reçut, au nom de l'Empereur , au milieu des ruines de la capitale, les hommages de l'armée vaincue. Cette expédition fit beaucoup d'honneur au baron de Mercy qui sç rendit de là à Vienne où il obtint de nouveau le gouvernement de Temeswar auquel on ajouta tout le bannat: 11 en prit possession le 28 juillet 1711.

Le 1*' octobre 1723, l'empereur éleva de Mercy à la dignité de feld-maréchal et le nomma peu de temps après son conseiller intime. Désigné en 1733 commandant en chef des troupes impériales qui se portaient en Italie contre la France et ses alliés , il arriva à Mantoue au mois de février 1734. Le premier mai il passa le Pô et s'avança dans le Duché de Parme. Une indisposition soudaine, quelques auteurs disent un coup d'apoplexie , l'ayant fait renoncer aux fatigues de la guerre, il quitta l'armée pour quelque temps. Dès qu'il l'eut rejoint il forma le dessein d'attaquer le prince de Croy qui se trouvait

fortement retranché dans son camp. Mais cet exploit fat le dernier qu'il entreprit : ce fut le 29 juin que l'action commença près du village de Croisetta non loin de Parme. A peine Hercy avait-il commandé l'attaque du village qu'un coup de mousquet l'atteignit à la tête et l'étendit mort. Son corps transporté à Reggio fut enterré dans l'église des chanoines.

Mercy était regardé comme un des premiers capitaines de son siècle; mais sa bravoure était rarement tempérée par la prudence ; et le feu dont il était animé dans une action lui devint souvent nuisible. Ce général a écrit des Mémoires sur Us campagnes du duc Charles V de Lorraine en Hongrie. D. Calmet en a profité ; mais cet ouvrage est resté manuscrit.

Le 29 avril 1720 l'empereur avait érigé en sa faveur la Terre de Mercy en Comté. Comme il n'avait pas d'enfants il adopta Antoine, comte d'Argenteau , son parent, à la condition qu'il prit son nom et ses armes: Depuis celte époque la famille d'Argenteau se dénomme de Mercy-Argenteau.

B««i«, Biographie de U Hoeelle. lit. 916, t<i1<i — . C"***\ Etrai car l'Histoire de Longwy, 173, •qqq. — Haïra, V, S88; et sapplémeat, III, SS7. — Codbtui, Encyclopédie moderne, XV, 4IÎ0. — JB.ogT.phJe noiTenelle, XXVI II, 300, •*

MERLIN, Antoine-Christophe, dit Merlin de Thionville ou le conventionnel, est né à Thionville, le 13 septembre 1762.

Sou père, ancien huissier, destinait son fils à l'état ecclésiastique; mais ce dernier, après avoir fait d'excellentes études au séminaire de Paris, ne se sentant aucune vocation pour le sacerdoce, quitta la soutane et revint dans son Pays natal oh il suivit la carrière du barreau. Il était avocat lorsque les premiers symptômes de la révolution française éclatèrent. Merlin en adopta les principes avec l'enthousiasme d'une jeunesse ardente et d'un caractère fougueux. Il fut élu membre de l'assemblée législative par l'arrondissement de Thionville, h la majorité de six cent vingt voix sur sept cents électeurs.

II n'eut pas plutôt pris séance à l'assemblée nationale qu'il se montra l'un des orateurs les plus chaleureux et les plus zélés de cette assemblée. Dès la première séance, le I" octobre, il réclama l'exécution de la loi qui portait que l'assemblée entière se diviserait en bureaux, une commission ayant l'injuste effet de donner à plusieurs le droit qui appartient à tous. Depuis ce début on le vit presque toujours à la tribune comme un soldat surla brèche, défendre souvent avec exaltation, les principes d'un ardent républicanisme. Il demanda que l'assemblée ne permit pas qu'on lui présentât comme loi une décision du comité de constitution ; parla pour qu'elle procédât avec le plus d'activité possible a la Constitution définitive ; engagea fortement les membres à se tenir dans une position plus calme, plus réservée dans le cours des séances ; défendit la validité de certaines élections, de celle du Calvados en particulier et rendit un brillant hommage au civisme de Fauchet, premier député de ce département. Il demanda que Joarnet fût rappelé a l'ordre pour avoir, dit-il, avancé une hérésie politique lorsqu'il avait dit que la Constitution avait besoin de l'acceptation du roi , et provoqua l'appel nominal afin que les députés se constituassent en Assemblée nationale législative, proposition qui fut agréée le 2 octobre, aux cris de * Vive la nation ! * 11 pressa ensuite la formation des bureaux ; demanda que la prestation du serment se fit avec une grande solennité ; que la Constitution fût apportée par l'archiviste; que ce fût en tenant la main posée sur ce livre sacré que chacun prononçât la formule du serment dans toute son intégrité , et que cette formule, imprimée en gros caractères, demeurât placée au-dessous du Bureau du Président, afin que chaque membre qui parlerait désormais à la tribune eût constamment sous les yeux la représentation de ses devoirs. Dans les séances suivantes il proposa de ne plus employer l'expression : Votre Majesté, le seul titre de Louis XVI étant

roi des Français; il proposa en outre de décréter que le corps législatif, malgré l'évidence de la prééminence de ses droits, eût à traiter d'égal à égal avec le pouvoir exécutif, et que le roi même devrait se rendre à l'assemblée nationale toutes les fois que cette dernière le jugerait convenable. Quelques jours après il demanda qu'on arrêtât et que l'on saisît toutes les voitures qu'on trouverait transportant des armes, des vivres ou des munitions de guerre propres k renforcer les ennemis de l'Etat; le 23 il ût écarter une motion d'ordre qui tendait à restreindre le droit de pétition aux seuls cas où des intérêts individuels auraient été lésés. Les jours suivants il dénonça le transport d'une multitude d'effets de harnachement au chiffre du roi ; s'opposa a ce qu'on renvoyât au pouvoir exécutif le procès-verbal de ceux qui avaient été arrêtés k Longwy; combattit les articles présentés par Condorcet sur l'émigration et demanda la question préalable. Le 6 novembre il fit écarter une proposition tendant à prier le roi de prendre de nouvelles mesures pour l'Ile de St.-Domingup. Dans la séance du lendemain , sur un amendement proposé par Merlin, l'assemblée décréta que les souslie u te nan ces vacantes dans les différents corps de l'armée seraient réservées pour être à l'avenir remplies par les gardes nationaux qui servaient aux frontières.

Devenu membre du comité de surveillance , il fit décréter que le pouvoir exécutif enverrait un courrier extraordinaire pour s'assurer de la personne de Tardy et autres, accusés de trahison; le 13 il voulut qu'une somme de dix millions demandée par le roi pour un armement vers St.-Domingue fût imposée sur les colonies, parce que le commerce seul, dit-il, jouit des prétendus avantages qu'on relire des colonies. Il présenta aussi des vues sur le mode de remplacement pour les emplois vacants dans l'armée ; fit charger le comité des dépenses de présenter un projet de loi pour faire payer les pensions des officiers retirés dans leurs Départements ;

demanda la question préalable sur l'article relatif au nouveau serment de la constitution civile du clergé et se plaignit des avantages qu'on donnait aux réfracta ires sur les constitutionnels ; dénonça une lettre signée Delatre , adressée à Galonné pour lui recommander son fils; signala le 25 les armements qui se faisaient à Coblence et proposa de mettre en accusation les princes français émigrés, leurs agents, fauteurs et adhérents. Dans une nouvelle discussion relative aux colonies, son opinion fut que l'on maintint chacun dans les droits

en faveur d'une création de petits assignats ; et le 26 il réclama avec force contre l'arrestation qu'on avait exercée sur lui la veille, au passage dit le Chœur-des- Feuillants , et contre l'établissement des clubs de ce nom dans l'arrondissement de l'assemblée.

En 1792 il demanda l'ajournement de la discussion sur la sanction des décrets concernant la haute-cour nationale; fit passer à l'ordre du jour sur les discours relatifs aux désordres arrivés dans Paris ; soutint la légitimité du séquestre des biens des émigrés pour indemnité des frais de la guerre; s'éleva contre le projet tendant â former en bataillons d'infanterie légère les compagnies de chasseurs de Paris ; s'opposa à ce qu'en temps de guerre on ne pût donner qu'à des officiers de ligne le commandement des places-fortes; attaqua le projet de faire délivrer aux soldats leur viande en nature , dans la crainte que les ministres ne les fassent mauvaises pour exaspérer le soldat; dénonça une création d'office de notaire par le ministre de la Justice; s'opposa k la suppression des séances du soir; sollicita un rapport sur le mode de séquestre des biens des émigrés ; vota pour que , en attendant cette loi , les corps administratifs fussent autorisés à prendre des mesures conservatrices de ces biens abandonnés; accusa le ministre Narbonne d'avoir fait arrêter le colonel Savignac ; se mêla k la discussion sur le

•équestre des biens des émigrés et s'opposa à l'exception réclamée en faveur des artistes et des savants, comme devant entraîuer à des abus, chacun pouvant prendre l'une ou l'autre de ces qualités; fit décréter qu'il n'y avait pas lieu à suivre l'accusation portée contre Vidal et François, arrêtés comme espions des émigrés ; demanda qu'un rapport contenant des dénonciations contre l'ex-ministre Narbonne fût ajourné; s'opposa à l'évacuation des tribunes qui avaient applaudi dans cette discussion ; parla en faveur du projet pour la prohibition du costume ecclésiastique; voulut que la poursuite des crimes d'embauchage fût attribuée à la haute cour ; sollicita en faveur de de Noailies, ambassadeur de France à Vienne, la faveur de se justifier à la barre; combattit vivement le projet d'établir des commandants temporaires dans les placesfortes pendant la durée de la guerre; demanda que la guerre fût déclarée aux rois et la paix aux nations; évoqua le rapport du décret qui consacrait à la patrie le tiers du traitement des députés en y substituant une contribution volontaire; accusa le ministre de l'Intérieur de favoriser les prêtres réfractaires et vota leur exil en Amérique; s'opposa avec chaleur à une motion du ministre de la guerre qui voulait qu'on accordât 1 chaque général une somme de cinquante mille livres pour entrer en campagne.

Quelques jours après il vota pour que Marat et Royou fussent mandés à la barre; il obtint le renvoi au comité militaire de sa dénonciation d'un brevet intitulé: «De par le Roi et Monseigneur « le Comte d'Artois. » Lors de la discussion du projet d'établissement des tribunaux correctionnels il déclara que rien, a son avis , n'est plus contraire à l'honneur des guerriers français, que les armées ne s'y soumettraient pas. Dans les séances suivantes, Merlin fit décréter l'envoi aux armées d'un discours du ministre de la guerre, contenant un trait de dévouement généreux du maréchal

Luckner; il annonça la rentrée de trots escadrons de Bercheny , purgés de leurs officiers qui les avaient mit passer à l'ennemi; fit décréter que tout militaire démissionnaire ne pourrait obtenir ni emploi ni retraite etc.

Au milieu de ces travaux législatifs, Larivière, juge de paix de la section Henri IV, poursuivant un journaliste qui avait parlé d'un comité autrichien, cita comme témoins Merlin , Bazire et Chabot, et décerna un mandat d'arrêt contre chacun d'eux. Merlin fnt conduit chez lu/ par la gendarmerie, mais il dénonça aussi tôt à l'assemblée cet abus de pouvoir, comme une violation de la représentation nationale. Le juge de paix, arrêté à son tour, fut décrété d'accusation. Les trois députés renouvelèrent bientôt les mêmes inculpations relatives au prétendu complot autrichien et citèrent à l'appui de cette accusation la reprise de la cocarde blanche par des soldats suisses, à Neuilly, et la destruction de plusieurs ballots de papiers brûlés & Sèvres , par Laporte, intendant de la liste-civile: la municipalité de Saint-Cloud affirmait que ces ballots contenaient des papiers appartenant à la Cour. Laporte , mandé à la barre , assura qu'on n'avait brûlé que l'édition entière d'un libelle intitulé: « Mémoires de Madame la Comtesse de Lamothe » qne cette dernière avait fait imprimer à Londres. L'information n'en fut pas moins continuée et ne produisit aucun résultat; mais Merlin se porta de nouveau et à diverses reprises , accusateur des ministres. Il vota pour le décret d'accusation porté contre le dac de Brissac , commandant de la garde du roi ; appuya le projet de la fédération civique proposé par le ministre Servan; reprocha à Duport-Dutertre , ex-ministre, ses propos contre les jacobins ; appuya la demande que faisaient les cent-suisses d'être employés et secourus; fit lever la suspension de Manuel, procureur de la commune de Paris. Ce fut encore sur le rapport de Merlin que l'assemblée

décréta d'accusation le député Blancgilly, de Sedan. Le 15 août il annoDça que les Prussiens et les Autrichiens étaient maîtres de Rodemacber, et qu'au moment où il parlait on ouvrait peut-être la tranchée devant Thionville; «mais, a ajouta-t-il , tous ses concitoyens laisse- « ront leur vie sur les remparts plutôt « que de livrer la ville. » Et à celte occasion il demanda que les femmes et les enfants des émigrés , ainsi que Louis XVI fussent déclarés des otages pour la France. Dans la même séance il fut d'avis que, vu l'état de siège auquel Longwy se trouvait réduit, on plaçât à Metz le siège de l'assemblée électorale. Sa qualité de membre du comité de surveillance le porta à demander un décret d'accusation contre tout le conseil général de la commune de Sedan pour n'avoir pas mis obstacle à la marche sur Paris de Lafayelte dont il proposa de raser la maison pour éterniser , dit-il , le souvenir de son crime. On le vit successivement présenter à l'assemblée deux quittances du trésorier de la liste-civile , sur ordonnance de Louis XVI , constatant le payement, pour 1792, de la dépense des maisons des princes émigrés; insister pour que les femmes et les enfants des émigrés fussent retenus en otages pendant l'occupation du territoire français par l'ennemi; faire autoriser le pouvoir exécutif à nommer aux places militaires; demander que les municipalités pussent disposer des armes des ex-nobles; déclarer qu'à l'expiration de ses fonctions il se rangera dans le corps des tyrannicides dont la formation était sollicitée par Jean Debry; proposer le rappel de tous les commandants de place, et ne cessa pas dans des discours où respire une fièvre républicaine , de diriger presque a son gré la marche d'une assemblée qu'il domina souvent par l'exaltation de son génie.

Quelques jours après avoir fait entendre ces dernières paroles , il présenta une relation de l'attaque et de la défense de

Thionville ; mais elle est généralement inexacte et faite dans un esprit qui ne peut servir de modèle à l'historien. Le lendemain il rendit un compte détaillé de sa mission dans les départements de l'Aisne et de la Somme, où il avait levé sept mille hommes que lui-même il avait conduits à l'armée de Champagne.

Nommé à l'unanimité des électeurs du Département de la Moselle , dépoté à la Convention , Merlin ne tarda pas à y montrer toute la véhémence et l'exaltation de ses opinions républicaines. Il s'opposa à ce que cette assemblée s'engageât par aucun serment et s'éleva contre les défiances jetées dans la Convention par l'idée d'un prétendu parti dictatorial. Dans les séances suivantes , presque toutes signalées par quelque sortie virulente de sa part, il rendit de nouveau compte de l'énergie des habitants de Thionville contre les assiégeants; et il fut accusé un jour par Narbonne d'avoir reçu différentes sommes de sa main , par l'entremise de Lacroix.

On le vit demander que Louis XVI , qu'il appelait infâme, fût jugé par la Convention nationale qui devait être pour lai un jury d'accusation et de jugement; accuser les feuillants de vouloir seuls une garde départementale ; regarder l'insurrection des ouvriers du camp sous Paris comme l'ouvrage de ceux qui voulaient entourer la Convention d'une force armée; demander qu'il fût ordonné à l'accusateur public de dénoncer au jury la ci-devant reine; manifester le désir, à l'occasion des débals entre Robespierre et Louvet , qu'on ne s'occupât pins désormais de querelles particulières; faire suspendre l'exécution du décret qui ordonnait la démolition des maisons de Longwy dont les habitants étaient accusés de s'être mal défendus et demander que les habitations des traitres fassent données aux malheureux bourgeois de Lille.

Le 10 octobre il accusa Roland, ministre de l'Intérieur , d'avoir porté atteinte à l'inviolabilité des correspondances

en retardant le départ de plusieurs courriers , mais il fat plusieurs fois interrompu par les murmures de l'assemblée, pendant que plusieurs conventionnels Tinrent le féliciter. Les jours suivants Merlia demanda que les papiers trouvés chez l'ex-constituant Bonnay ne fassent pas ouverts; que la réponse de Robespierre à Louvet fût imprimée à quioze cents exemplaires, ainsi qu'en avait usé le ministre de l'Intérieur pour la dénonciation de celui-ci: fit arrêter par la Société des Jacobins l'envoi de cette réponse aux sociétés affiliées, etc.

Plus tard il fit décréter d'arrestation Duquesnoy, maire de Nancy; s'opposa à l'ouverture d'une lettre attribuée à Narbonne , Malouet etc. , et relative à la défense de Louis XVI ; demanda que séance tenante on adoptât le mode d'exécution du décret ordonnant la réunion des assemblées primaires, afin de prononcer le rappel des députés qui auraient trahi la patrie; il annonça que le comté de Crébaoge, enclavé dans le département de la Moselle , venait de déclarer son adhésion à tous les actes de la Convention nationale, et le 16 décembre il prit part à la discussion où l'on agitait l'expulsion de la famille royale. Cette séance fut la dernière de l'année où Merlin prit la parole: son ardeur républicaine eut à se déployer sur un autre théâtre où il parut avec gloire.

La Convention nationale inquiète , ayant a lutter en même temps contre les ennemis du dehors et contre ceux qui déchiraient son sein, nomma deux commissaires aux armées commandées par Biron, Custine et Beurnouvelle , avec pouvoir de faire rendre compte à tous les comptables. Merlin se jette d'abord dans Mayence que menaçaient à la fois les forces combinées delà Prusse et de l'Autriche; écrivit que c'était au nom de Louis XVI que les ennemis combattaient les Français , vota la mort du roi , comme nationalicide et fournit ensuite des détails sur la situation de la garnison. Tant que ce

siège dura, Merlin aidé de son collègue Rewbel donna des preuves multipliées d'un courage brillant qui allait même jusqu'à la témérité: Aussi les Allemands lui donnèrent-ils le sobriquet plus honorable encore que singulier de Feuer-Teufel, C'était au milieu des ennemis qu'il faisait l'essai de ses armes: on lui apporta un jour un sabre de prix. Il se mit aussitôt à la tôte d'uné sortie et le rapporta teint du sang des hussards prussiens, en disant à ses soldats: t7 coupe bien. Il fit construire la redoute Merlin qui existe encore et qni porte toujours son nom. Tous les jours il présidait aux travaux , encourageait les ouvriers et bravait le feu meurtrier de l'ennemi. Cette redoute ayant été, vers la fin du siège, emportée par les Prussiens qui y mirent un de leurs meilleurs bataillons pour la défendre, Merlin demanda quelques hommes de bonne volonté : trente grenadiers se preV sentèrent. 11 fond à leur tôte sur le bataillon ennemi et le chasse. Souvent il pointait lui-même les canons des batteries et il en fit construire une au-delà du Rhin ; il se plaisait, au sortir de table, de conduire vers cette batterie les convives qui Tenaient de partager avec le Représentant du Peuple un morceau de cheval ou d'autre animal bien plus immonde. Les assiégeants ne manquaient jamais de saluer les visiteurs de leur mitraille, à un endroit où le chemin couvert était interrompu. Mais il avertissait là tous ses compagnons du danger et leur laissait la liberté de ne le point partager avec lui. Un tel dévouement méritait toute la gratitude de la Convention nationale; aussi Merlin reçut-il les témoignages de sa vive satisfaction, pendant que d'un autre côté le département du Finistère réclamait son expulsion du sein de cette assemblée. Après la plus opiniâtre résistance, Mayence fut cependant forcée de se rendre : les moyens de défense étaient épuisés, la ville se trouvait battue en ruine de tous côtés, la redoute deGustavenbourg, élevée par les Prussiens, foudroyait les moulins qui ne pouvaient

plus moudre le peu de blé qui existait encore, les munitions de guerre devenaient aussi rares que les subsistances; enfin la capitulation fut délibérée dans on conseil de guerre où siégeaient les généraux Doiret, Aubert-Dubayet, Beaupuis et Kleber. On obtint la capitulation la plus ho* norable.

Merlin fit a la Convention un rapport sur la reddition de cette place et sur les motifs qni l'avaient engagé à capituler; mais à une époque où les dénonciations calomnieuses se succédaient, les commis»

saires à l'armée dn Rhin ne pouvaient en être exempts, non plus que les braves qui les avaient si courageusement secondés.

Le général Aubert-Dubayet fut arrêté; Merlin brisa bientôt se» fers, repoussa Victorieusement les absurdes calomnies qu'on avait répandues et fit prendre par ta Convention un décret portant que « l'ar- « mée de Mayence avait bien mérité de la « Patrie. * Merlin s'étant absenté quelques jours après , Montant renouvela vainement les accusations qu'il avait fait entendre auparavant. Thurot et Chabot s'élancèrent à la tribune, défendirent avec énergie leur collègue et rappelèrent à rassemblée que , « le 10 août, armé de deux pistolets, « il avait porté l'effroi dans Time dn tyran, s A son retour, Merlin somma son accusateur de venir de nouveau soutenir ses accusations calomnieuses a la tribune; mais Montant ne répondit point à cet appel.

Barrère rappela dans cette môme séance le courage militaire de Merlin, et ce dernier mit fin aux discussions dont il avait été l'objet, par ces paroles remarquables : « Je n'ai plus qu'un mot a dire ; qu'une «commission militaire nous juge tous, et « si l'on me prouve qu'il existe à Mayence « une place large comme mon chapeau oh «un homme pût être en sûreté pendant « une heure , je consens à porter ma tête « sur l'échaflaud. »

Peu de jours après , Merlin , en qui la Convention ne cessait d'avoir la plus hante confiance, fut chargé d'une mission non moins importante que la première. On ren-

voya dans la Vendée à la tête de Tannée de Mayence, et aucun républicain ne montra plus de valeur ni peut-être plus d'équité. Cette mission peut être considérée comme un des plus beaux épisodes de la vie de Merlin , si remplie d'ailleurs d'événements extraordinaires. Un jour, emporté par son ardeur an milieu des Vendéens, il se trouva bien près de tomber vivant entre les mains de ses implacables ennemis ; un soldat avait déjà saisi la bride de son cheval ; sans s'étonner du danger, il fendit la tête de son agresseur, et, enfonçant les éperons dans les flancs du chevai , il franchit un ravin immense qui le séparait des siens, au grand étonnement des deux partis qui le croyaient prisonnier. Mais si son courage personnel ne fléchit point dans cette funeste guerre intestine , sa fougue et son effervescence politique diminuèrent sensiblement. Il s'éleva avec énergie contre tous les excès ; dénonça les opérations des généraux envoyés précédemment dans ta Vendée, fit un rapport sur la défaite des brigands à Saint - Shnpborien , réclama contre la destitution des généraux Caudaux et Aubert-Dubayet qui venaient d'en être frappés au moment même où ils avaient remporté des avantages signalés; il annonça le passage de l'armée a Ancenis et a Varades, après une marche victorieuse à travers tonte la Vendée et donna en plusieurs occasions des preuves de modération et d'humanité envers les vaincus. De retour à la Convention , on l'entendit faire des réclamations équitables et des motions fondées en raison et en sagesse. Epouvanté des horreurs qui se commettaient *autonr de lui; voyant tant de députés, dont plusieurs étaient de ses amis , tomber victimes de la haine de Robespierre; se croyant peut-être menacé lui-même , il se lia d'affection et d'intérêt avec le parti qui renversa le tyran et qui mit fin au règne de la Terreur.

Elu secrétaire de la Convention, 3 présenta un projet pour détruire la séparation des héritages dans la Vendée ; de-

manda qu'Osselin soit entendu avant d'être décrété d'accusation ; voulut qu'on remontât à la source des dénonciations contre les députés ; fit une motion en faveur d'Aubry, fils d'Olympe de Gouges; demanda que les étrangers ne fussent pas admis dans les armées ; fit décréter d'accusation les accusateurs du député Bernard ; appuya la motion d'échanger le prince de Linanges contre les représentants arrêtés par Dumourier; donna des éloges au patriotisme des parents des réquisitioonaires du onzième bataillon qni provoquaient enx-mêmes la punition de leurs enfants rebelles; fit adopter aux jacobins des mesures d'épuration ; voulut que le comité de salut public s'appelât comité de gouvernement; demanda que les gens des cidevant grands-seigneurs ne pussent remplir aucune fonction publique ; fit , aux jacobins , l'élogo de Danton pour avoir sauvé l'Etat le 10 août; demanda qu'il fût permis à tous les députés de voir Chabot et Bazire au Luxembourg; fit décréter l'arrestation de Manjean , ancien maitre-échevin de Metz , qni avait été dénoncé pour des exactions commises dans le département de la Moselle ; fit traduire au tribunal révolutionnaire Boissard , administrateur du département du Doubs; s'opposa à l'insertion au Bulletin des lois les détails du jugement de cinq Lillois et obtint le renvoi au comité de Salut public d'une dénonciation portée contre Lavàlette et Dufraine son aide-de-camp ; demanda une loi contre les femmes qui suivent les armées ; réclama l'exécution littérale de celle sur le gouvernement révolutionnaire ; justifia Ttiirion ; obtint en faveur de Bercy- Marigny de Chinon qu'il conserverait le cheval que son fils montait lorsqu'il fut enlevé d'un coup de canon au siège d'Angers ; communiqua une dépêche du général Beaupuy annonçant la déroute de l'armée catholique , et se plaignit du refus que le ministre faisait à cet officier do brevet de général de division ; parla en faveur de Bazîre et de Chabot; écrivit un article virulent contre Fitz-Gérald , agent d'An-

gleterre en Suisse ; réclama le brevet d'adjudant-général pour un militaire qui s'était distingué à Mayenceetdans la Vendée ; etc.

En 1794 , cet infatigable orateur fit ordonner la reddition des comptes des percepteurs de taxes révolutionnaires et autres impositions semblables; combattit les assertions de Philippeaux sur la Vendée et demanda qu'on entendît Westermann doot il prit la défense ; fit maintenir au rang des émigrés ceux qui avaient fui pendant le siège de Thionville ; demanda qu'on imitât les Prussiens qui avaient tout détruit dans leur invasion en France , et que les républicains eu pays ennemi fissent tout refluer sur les terres de la République, ajoutant que si les peuples se plaignaient, leur vengeance devait retomber sur leurs Souverains qni voulaient la guerre. Ce fut sur une de ses motions que la Convention jura par acclamation la République une et indivisible, et se rendit en masse à la fête du 21 janvier. Dans les séances suivantes il proposa de porter l'artillerie volante à neuf régiments ; repoussa comme exécrable la proposition de Ruhl contre l'Electeur de Mayence; fit adopter son projet sur l'artillerie ; vota le rappel de Javoques et la suppression du tribunal de Lyon; combattit aux jacobins l'envoi de missionnaires aux Pyrénées orientales et demanda que l'agent national du département de la Moselle ainsi que tous les agents publics fussent pris exclusivement parmi les membres de la Société ; fit décréter la condition de savoir lire et écrire pour pouvoir être admis aux grades militaires ; appuya une dénonciation contre le liquidateur de la liste-civile; proposa d'exclure les nobles du service militaire ; fit appliquer la loi contre les émigrés contre ceux de leurs débiteurs qui leur envoyaient de l'argent; demanda la suppression de la mendicité et un prompt rapport à cet effet ; inculpa Bouchotle alors ministre de la guerre; demanda que l'infâme Jourdao d'Avignon, surnommé coupe-lête, fût traduit à la barre pour sa conduite envers Pélissier ; prit la défense des Nantais calomniés ; etc.

Merlin avait, à cette époque montré tant d'aversion pour les menées de Robespierre et de son parti, que dans la Journée du 9 thermidor Henriot, commandant de la force armée de Paris, le satellite le pins dévoué des monstres qui ensanglantaient la France depuis dix-huit mois, fondit sur lui , suivi de quarante forcenés disposés à le mettre en pièces ; et le heurtant do canon d'un pistolet qu'il lui mit sur la poitrine , il le traîna au corps-degarde da Palais royal; Merlin le suivit sans résistance; mais reprenant tout a conp son énergie , il harangua à son tour les citoyens réunis , les ramena a son opinion et fit arrêter Henriot lui-même, remplissant ainsi Tan des vœux les plus vifs de la Convention. Il fit aussi mander à la barre la municipalité et le département de Paris , ligués avec les Jacobins pour opérer un mouvement contre cette assemblée. Merlin prit part à la discussion sur le remplacement des membres dn comité de salut public; demanda que leur nomination fût faite au scrutin; fit rapporter le décret sur le visa des congés accordés aux députés.

Elu membre do comité de sûreté générale il donoa des éloges à la manière dont la gendarmerie s'était conduite dans les derniers troubles qui avaient eu lieu , mais lui rappela qu'aucun agent de la force armée ne devait arrêter un représentant du peuple a moins d'être muni d'un décret de la Convention nationale; il obtint la suspension d'un décret rendu la veillle contre les troubles et les prêtres ; demanda que tous les vrais républicains détenus fussent mis en liberté, tandis qu'au contraire on tiendrait les aristocrates sous une verge de fer ; il demanda que Fouquier- Taioville donnât des explications snr la conspiration de l'étranger et snr celle de Luxembourg; parla en faveur des citoyens mis en liberté, etc.

Nommé le 3 fructidor président de la Convention , Merlin représenta dignement ce grand corps de l'Etat ; et le 8 on le vit avec satisfaction exhorter la Société des

jacobins qui était venue en députa lion se présenter à la barre, et l'engager à donner désormais l'exemple d'une entière soumission aux lois.

Depuis ce moment un notable changement s'opéra dans la marche politique de Merlin. Il porta des coups sensibles aux partisans de la montagne et même aux jacobins exagérés , et fut un de ceux qui contribuèrent le plus à la ruine de leur parti. Ainsi, on le vit successivement justifier Dubayet accusé de la perte de Mayence, et mettre la responsabilité de ce fait sur la tête de Cnstjne ; dénoncer avec toute l'énergie d'une âme vivement émue et les continnateurs de Robespierre et les jacobins et le comité révolutionnaire de Nantes ; demander le maintien du gouvernement révolutionnaire jusqu'à la paix et la peine de mort contre les agents ultra révolutionnaires ; accuser les jacobins de correspondre avec les égorgeurs de Marseille; etc.

Le 2 vendémiaire , à propos de plusieurs dénonciations portées contre des membres de la Convention, Merlin demanda qu'on mtt fin à de tels débals ; que la Convention formât dans son sein une commission, a Tappel nominal ; qu'on renvoyât les accusateurs aux trois comités de salut public, de sûreté générale et de législation, et que les honnêtes gens pussent enfin faire entendre leur voix si longtemps comprimée.

Le surlendemain il monta de nouveau à la tribune pour parler au sujet des fêtes nationales. Dans ce discours il exprima des idées excellentes sur la manière générale de célébrer des solennités nationales auxquelles il voulait faire intervenir directement le public, et non pas le laisser simple spectateur. Et dans une des séances suivantes il donna des détails étendus sur sa manière de voir à cet égard.

Plus tard il inculpa Carrier et le général Tnrreau pour leurs excès dans la Vendée ; communiqua au nom du comité de salut public des détails sur les troubles qui s'étaient élevés dans l'assemblée de la sec-

lion Guillaume - Tell , a Paris; annonça l'arrestation de Giot, commissaire du pouvoir exécutif aux Pyrénées ; provoqua des mesures contre ceux qui s'assemblaient clandestinement et présentaient ensuite leurs vœux comme étant celui des sections ; lut une lettre du commissaire de guerre Bouquet qui dénonçait l'adjudant-général Lefèvre comme ayant fait noyer à Paimbœuf des femmes et des enfants de rebelles de la Vendée ; s'opposa à ce qu'il fût mis hors de la loi et demanda à ce qu'il fût traduit devant le tribunal militaire; appuya le projet de loi sur la police des sociétés populaires ; s'opposa à la mise en liberté des représentants arrêtés le 9 thermidor ; annonça que la protestation de ces députés était au comité de sûreté générale et accusa ceux qui parlaient contre eux d'avoir calomnié le 31 mai; chercha k justifier Dubois-Craocé relativement au siège de Lyon, en disant que Coulhou et Ro- • bespierre avaient été ses accusateurs; annonça l'arrestation de Babeuf et celle du Président et des sociétaires du club électoral ; parla en faveur du général Danican qu'on accusait d'avoir gardé le lit le jour du siège d'Angers ; annonça la capitulation du fort du Rhin ; fit une sortie contre les continuateurs de Robespierre; rendit compte de l'assassinat du citoyen Olivier dans une rixe où il prenait le parti de la Convention ; fit rendre aux indigents leurs effets engagée au Mont-de-piété, en commémoration du 21 janvier; fit l'éloge de Philippeaux et de Camille-Desmoulins et appuya la proposition d'une féte au 9 thermidor ; demanda des secours pour la veuve Philippeaux ; dénonça le citoyen Adam, de Metz, comme un complice de Robespierre; provoqua le rapport de la commission des vingt-un sur les anciens membres du Gouvernement; reprocha à Richer-Sérizy d'avoir dénoncé Sieys; demanda l'échange des députés détenus en Autriche ; sollicita le maintien du décret qui rappelait les députés hors la loi avant d'avoir prononcé sur leur protestation, et invita ses collègues à la concorde et à

l'union ; discuta dans plusieurs séances les attributions à donner au comité de salut public 5 annonça un avantage remporté mous les murs de Luxembourg; fit rejeter la proposition de Romme qui voulait qu'on ne prescrivit point de limites à la quantité de pain que devait recevoir un ouvrier.

Dans la même séance cet orateur engagea ses collègues à frapper la tyrannie partout où elle se trouverait , à ne plus avoir égard aux bruits propagés par les ennemis de la Constitution et à rester également sévères pour les buveurs de sang et pour les royalistes.

Ce fut Merlin qui , envoyé à Meudon pour examiner les pertes qu'on y avait éprouvées , rassura la Constituante sur l'ensemble de ces pertes. La même année il se plaignit des personnalités lancées contre Lecointre de Versailles; annonça que le comité militaire avait pris des mesures pour réprimer les désordres qui troublaient la tranquillité publique ; reprocha vivement aux anciens membres du Gouvernement d'avoir fait inspecter sa conduite en attachant des espions sur ses pas et sur ceux de ses collègues ; fit sentir la nécessité de mettre la Constitution en activité et voulut que les assemblées primaires fussent révoquées pour le 10 floréal an IV (29 avril 1706) ; dans la discussion relative aux membres de l'ancien comité de salut publie il réclama la mise en jugement de ceux qui avaient couvert la France de cadavres et appuya la proposition faite d'imprimer la liste des détenus , d'y joindre l'énoncé des motifs de leur arrestation et de l'envoyer à chaque section de Paris; dans la journée du 12 germinal il invita au calme et à la retraite hors de la salle les citoyens qui s'y étaient tumultoairement attroupés pour demander la Constitution de l'an 1793 et du pain, et vota l'impression des adresses de félicitation, afin de prouver qu'en cette même journée les bons citoyens n'étaient pas soulevés contre la Convention

Paris ayant été mis en état de siège , on l'adjoignit a Pichegru dans le commande-

ment de cette Tille. Si Ton en croit le rapport de Deledoy, Merlin était dans le même moment l'un des conventionnels désignés par Duhem aux poignards du café Payen ; mais aucune menace ne pouvait l'ébranler, et son bouillant courage lui faisait mépriser l'impuissante furie des derniers restes du parti de Robespierre ;

11 demanda l'arrestation d'Amar et sa translation, ainsi que celle de Duhera au château de Ham, et continua de suivre la voie d'améliorations qu'il s'était tracée. Le même jour il annonça que Pichegru se disposait ù marcher contre les insurgés rassemblés à la cathédrile de Paris, et que la section de Gravilliers amenait elle-même Léonard Bourdon au comité de sûreté geuérale. Il appuya ensuite la demande d'un rapport sur le 9 thermidor et sur la journée du

12 germinal qui en est le complément; proposa l'affiche et l'envoi aux départements de l'adresse des Lyonnais à la Convention; voulut qu'on prît des mesures à l'égard de Joseph Lebon et des imitateurs de ce tigre; accusa Henti d'avoir entassé des mourants sur des morts et d'avoir fait incendier la petite ville de Goussel sous prétexte qu'il y avait circulé de faux assignats. Ayant déposé les pouvoirs militaires dont la Convention l'avait revêtu a l'époque du 12 germinal, il fut envoyé en qualité de représentant du peuple près de l'armée de Rhin et Moselle, et rendit un compte favorable du moral de cette armée ; il annonça la prise de la tête du pont de Manbeim par le général en chef Michau, celle de Luxembourg et la plantation de l'arbre de la liberté sur la place d'arme* de cette forteresse. On lui dut de longs détails relatifs à la célébration du 10 août à Strasbourg; et le 25 fructidor, à l'occasion de l'acceptation de la Constitution par l'armée de Rbin-et- Moselle, il envoya à la Convention un rapport détaillé et plein de feu sur cet événement.

Le Baron de Hardenberg, ministre de Prusse, ayant offert à Merlin et à Rivaud les bons odiccs de son roi pour

accélérer la paix entre l'Empire d'Allemagne et la France, Merlin lui écrivit:

« Nous regrettons de ne pouvoir répondre «à vos vœux; mais, soumis plus que «personne aux lois que nous fait notre « patrie , nous combattrons pour elle jus- « qu'au moment où elle nous dira : Arrêtez, « nous avons donné la paix à l'Europe. »

Le 13 vendémiaire an IV , Merlin annonça au comité de salut public que l'armée de Mayence était prête à marcher contre les brigands et les chouans de Paris. Il se montra dans sa mission à l'armée du Rhin ce qu'il n'avait cessé d'être depuis deux ans, ennemi des anarchistes et protecteur du faible et de l'opprimé. Parmi différents traits de modération et d'humanité, nous citerons le suivant: Il ordonna au général Marceau de laisser passer, sans aucun examen, le premier corps que le général ennemi ferait partir, et dans lequel se trouvaient tous les émigrés que des lois cruelles condamnaient ' à mort.

Merlin se trouva nommé dans la correspondance de Lemaître; ce qui n'empêcha pas qu'il ne fût réélu par plusieurs départements membre du Conseil des Cinq-Cents. Dans la session de l'an IV il présenta des modifications au projet relatif à la désertion ; demanda que Turreau fût jugé par un Conseil-de-guerre; déclara n'être pas membre de la Société du Panthéon; repoussa vivement une inculpation dirigée contre lui par le Journal des hommes libres; fit passer à l'ordre du jour sur une lettre de Drouet , député fugitif qui demandait sa rentrée en France ; il appuya le projet de réintégration civile des administrateurs de Longwy décrétés d'accusation sans indication d'aucun crime et traduits au tribunal révolutionnaire; il fit renvoyer à une commission la proposition de Couchery sur le maintien de la loi du 3 brumaire , etc.

Dans le cours de l'an V, Merlin vota pour l'admission d'un article additionnel au Code pénal militaire , présenté par Savary et relatif à la diminution des peines;

il traita Heintz de proconsul incendiaire et fit nommer une commission chargée d'examiner les motifs d'une destitution qu'il avait provoquée ; demanda instamment que la parole fût accordée à Tarbé, rapporteur de la commission des colonies, et s'éleva contre ceux qui cherchaient à renverser la Constitution. Il démontra combien il était nécessaire d'exiger une déclaration des ministres du culte ; appuya l'entrée des troupes dans le rayon constitutionnel, au 18 fructidor, jugeant que ce moyen était le seul qui pût empêcher une faction de mettre à proût la victoire que venait de remporter le parti royaliste. Il provoqua dans le même moment la déportation de Félix Lepelletier , d'Amar et d'Antonelle , qu'il désigna comme chefs de l'anarchie. L'année suivante, Molsa, iogénieur du département de la Moselle l'accusa, faussement croit-on, d'avoir par dilapidations acquis ses propriétés tandis qu'il n'en possédait aucune avant la révolution.

Ainsi finit, en 1798, la carrière législative d'Antoine-Cbristophe Merlin , dit de Thionvilie. Depuis lors il a rempli pendant quelque temps les fonctions de commissaire ordonnateur à l'armée d'Italie, puis celles d'administrateur général des postes. S étant prononcé contre le Consulat à vie il donna sa démission, ne voulant pas courber sa tête républicaine sous l'empire , et se retira des affaires et du monde. Il vendit sa propriété du Moot-Valérien pour acheter une terre peu considérable en Picardie , où il passait tout le temps qu'il ne résidait point à Paris.

A la vue des désastres de 1814, son amour patriotique se réveilla et, persuadé qu'en ce moment critique il servait la France en servant l'Empereur, il demanda l'autorisation de former à Amiens une légion pour combattre de nouveau l'étranger. L'empereur lui envoya cette permission avec le grade de colonel : Merlin avait alors 52 ans d'âge.

Il donna le 7 avril 1814 au prince de

Bénévent son adhésion au gouvernement provisoire, et sa lettre fut insérée dans tous les journaux. Pendant les cent-jours on lui proposa de se mettre de nouveau à la tête d'un corps-franc , mais il refusa ; ce qui n'empêcha pas les Prussiens de dévaster sa propriété qui , parait-il , formait son unique fortune , bien que dans le temps on eût répandu le bruit qu'il était immensément riche. Depuis lors il n'a pins figuré dans les affaires publiques.

Merlin est mort à Paris, le 3 mai 1839, âgé de 77 ans.

Il avait épousé , par motif de reconnaissance , une femme aveugle pour laquelle il eut toujours les attentions les plus grandes et les plus soutenues. Sa tendresse pour cette dame contrastait en apparence avec son caractère fougueux ; mais des personnes qui l'ont intimement connu, ont assuré que son exallation politique n'a jamais détruit chez lui les sentiments d'un bon cœur.

Btcm, Biographie de la Moselle, 10,397 à 967.

— VtaaoMaais, Statistique historique du Département de la Moselle, 470. - Taisana , Histoire de Thiouville, 594, aq. — Le Moniteur universel; anuéea 1701 . 1799, i795; an* II. III, IV, V, VII, Vin.

- Biographie des hommes vivant*, IV, 413, «qq.

— Biographie nouvelle des Contemporains, XIII, 940, sqqq.- Conversations Leiihon. éd. de 1831.

MERLIN, Christophe- Antoine, était frère du conventionnel , et naquit à Thionvilie , le 27 mai 1771.

D'abord simple cavalier , puis successivement chef d'escadron , major et colonel au quatrième régiment de hussards , il servit en même temps que Gabriel son autre frère (v. son art.) , sous les ordres du comte Bourcier qui loua plusieurs fois sa conduite. Il se signala particulièrement à la bataille d'Eylau, k la suite de laquelle il obtint le grade de major, le 20 février 1807. Appelé la même année en Espagne , avec son corps , il s'y distingua en plusieurs circonstances, notamment au mois d'août 1808. Nommé général de brigade le S juin 1809 , il fit rentrer dans le devoir les habitants de Bitbao qui s'étaient soulevés, et continua de

soutenir dignement la répotatioo de bravoure qu'il s'était acquise. Rentré en France, il reçut le 5 janvier 1814 le grade de général de division et fit éprouver le 13 mars une perte de plusieurs centaines de prisonniers au corps rosse commandé par le comte de Saint-Priest. Louis XVIII le nomma chevalier de Saint-Louis , le 9 juillet de la même année: il était déjà commandeur de la Légion d'honneur.

Depuis la seconde restauration , ce général a été inspecteur-général de cavalerie pendant plusieurs années. Une ordonnance du 16 février 1825 le mit à la retraite avec le maximum de la pension, pour cinquante-deux ans deux mois et trois jours de service. Napoléon l'avait créé Baron de l'Empire.

Begis, Biographie de U Moselle, III, 869, sa;.—

ViiioJmu , Statiitique historique du Département

èc la Moaelle, 470. — Tuniii, Histoire de Thio». Tille, 584, »q. — Biographie des hommes Tirsots, IV, 416, »q.

MERLIN, Jean-Baptiste-Gabriel, frère des deux précédents , est né à Tnionville comme eux, le 17 avril 1768. Il entra au service militaire le 13 août 1787 , comme simple cavalier au régiment de Royal-Cravattes , lorsque ce corps tenait garnison à Tnionville. Officier an 7* dragons ; chef d'escadron de la légion de police, devenu plus tard le 21* do dragons j puis dans la garde du Directoire, il devint colonel du 8* cuirassiers à la fin de 1799, servit pendant la campagne de Prusse sous les ordres du général Bourcier, se signala souvent par sa bravoure et fut élevé au rang de général de brigade le 5 juin 1809, après la bataille de Wagram. Louis XV11I le conserva dans son grade et lui confia après la seconde restauration la lieutenance de roi de ln classe dans la ville de Strasbourg. Il était commandeur de la Légion d'honneur et chevalier de St. Louis. Une ordonnance du 19 septembre 1821 le mit à la retraite après quarante-trois ans et douxe jours de service militaire.

B*cm, Biographie de 1> Motelle, HI. 969.-Vu- •imiiais, SUtutiqne hiitoriqae <U Département de la Moselle, 470. - Ttiesan, Hiatoire de Thio-iille, **4. «1

MOLI TOR , Gabriel - Jean - Joseph , Comte, maréchal et pair de France, grandcroix de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, commandeur de l'ordre, de Baden , etc. , est né à Hayaoge , canton de Thionville , le 7 mars 1770 , fils de Charles Molitor , garde royal des Maréchaux de France , et de Marie Poopart.

Molitor se destinait à l'état ecclésiastique, avait reçu la tonsure, portait la soutane et terminait a peine ses études lorsque la révolution éclata. De nouvelles inclinations se révélèrent en lui dès ce moment, et il s'empressa de suivre la carrière vers laquelle la jeunesse française se précipitait à cette époque avec enthousiasme. Nommé en 1791 capitaine au 4* bataillon de la Moselle , il devint deux années plus tard adjudant-général et fit en cette qualité toutes les campagnes des armées de la Moselle et du Rhin , se signalant partout et revenant couvert de blessures et de lauriers. En l'an VII Molitor, nommé général de brigade, quitte l'armée de Jourdau à laquelle il appartenait, passe sous les ordres de Masséna , fait la campagne de Suisse et se signale en plusieurs occasions. Chargé pur le général en chef d'occuper le canton de Glaris et de fortifier ainsi la tétc de la position de Soult, Molitor forme une sorte de garde-avancée ; mais , en raison de l'étendue du terrain il ne peut guère disposer que de douze a quinze cents hommes des deuxième et quatre-vingtquatrième demi-brigades. A la téte de cette colonne il attaque brusquement les troupes ennemies qui occupent les sommets du mont Bragel, emporte à la baïonnette cette formidable position et pousse les Autrichiens jusqu'au débouché de Klon- Thal. Ces derniers s'étant retranchés avec de l'artillerie dans le village de Netstall qui ferme le débouché a l'entrée de la vallée de Glaris, MoUtor laisse un bataillon

an débouché de Klon-Tbal afin d'assurer sa droite, et marche sur Glaris avec quatre compagnies qu'il place à la tète de la Tille, sur la grande route de Lintthal. En revenant à Netstall pour diriger l'attaque, le général français trouve le chemin intercepte- et tombe lui dixième au milieu d'un corps de quinze cents Suisses organisés et soldés par l'Angleterre. Il paie d'audace, ne consulte pas le danger qui l'environne, se fait jour l'épée i la main et regagne Klon-Thal où le bataillon de la 84' demibrigade se trouvait engagé. Les Suisses qui avaient suivi Molitor traversent le torrent de Lontsch , prennent les Français en queue et jettent le désordre dans leurs rangs ; mais le général s'élance à la tête des grenadiers, charge à la baïonnette et culbute dans le torrent tout ce qui n'est par tué ou fait prisonnier. De nouvelles colonnes ennemies ayant débouché prèsqu'en même temps, Molitor fut obligé de combattre toute la nuit pour se défendre. Un combat aussi prolongé avait épuisé presque toutes les munitions de la colonne française. Molitor occupait une hauteur dont le front formait un amphithéâtre très resserré. Il y fit rassembler une grande quantité d'énormes pierres pour s'en servir contre l'ennemi lorsque les cartouches viendraient à lui manquer tout-à-fait. Le lendemain au point du jour les Autrichiens qni s'étaient joints aux Suisses, tentèrent d'enlever d'assaut la position des Français ; mais, forts de leur supériorité numérique, ils négligèrent de prendre les précautions nécessaires qui pouvaient assurer le succès de leur attaque : toutefois, malgré la plus vive résistance de la part des assaillis, les assaillants commençaient à faire quelques progrès lorsque Molitor ordonna à ses soldats de faire rouler les quartiers de rocs qu'ils avaient amoncelés la veille. Cette défensive meurtrière à laquelle l'ennemi était loin de s'attendre, épouvanta tellement les Autrichiens et les Suisses qu'ils rétrogradèrent aussitôt dans le plus grand désordre. Molitor saisit ce moment pour faire battre la charge : les soldats,

à la tête desquels il se place lui-même, se précipitent alors des rochers, tombent à la baïonnette sur leurs adversaires, les culbutent et restent maîtres de la position retranchée de Netstall: Cet éclatant fait d'armes valut aux Français la possession de la vallée de Glaris. Nous ne nous étendrons pas davantage sur la campagne d'Helvélie où Molitor, bien qu'encore en sous-ordre sous Masséna', se couvrit de gloire dans ses marches, ses contre-marches et ses combats contre les généraux Sowarow, Jellachich et Lincken. Il mérita pendant cette campagne le grade de général de division qu'il obtint le 6 octobre 1800.

A la paix le général Molitor rentra en France. Nommé Gouverneur de la 7" Division militaire, il y demeura jusqu'en 1804 où il fut envoyé à l'armée d'Italie contre les Russes et les Monténégriens.

Il s'y distingua dans un grand nombre d'affaires; s'empara des bouches du Cattaro et fut créé grand-officier de la Légion d'honneur, le 25 juillet 1806. Cette campagne , dont le général Molitor a fait imprimer la relation dans le N° 47 du Spectateur militaire, a été ponr lui tout aussi féconde en gloire que celle de la Suisse.

En 1808 , Napoléon l'autorisa à porter la décoration de Commandeur de l'Ordre de Baden.

En 1813 il commandait les troupes françaises en Hollande lorsque les alliés s'approchèrent de cette contrée. Le 12 janvier 1814 il rendit compte au ministre de la guerre de l'enthousiasme et du généreux dévouement qui s'étaient emparés de ses troupes à la publication du 29* bulletin. Cependant tous ses efforts n'empêchèrent pas la Hollande a être envahie. Forcé à la retraite par la désertion des alliés et les révoltes de LaHaye, etc., i) évacua ce pays, ne laissant que de faibles garnisons sur ses derrières.

Au retour des Bourbons , Louis XVIII le nomma chevalier de St. Louis, inspecteur-général d'Infanterie et Grand-

it

Croix de la Légion d'honneur le 21 janvier 1815. Dès que Napoléon Ier eut remis le pied sur le sol français, Molitor courut se ranger de nouveau sous ses étendards et fut chargé d'organiser et de commander les gardes nationales de l'Alsace. Rapp était alors Gouverneur de ia 5* Division militaire dont Strasbourg était le chef-lieu : ces deux guerriers mirent une prodigieuse activité à remplir leur mandat, et Molitor était constamment en mouvement pour compléter l'organisation de la défense de la frontière. En peu de jours on le vit mettre en mouvement quarante bataillons de grenadiers et de chasseurs, deux régiments de lanciers et plusieurs compagnies de canoniers , tous composés de gardes-nationaux levés dans le Haut et le Bas-Rhin.

Par décret du 2 juin , l'empereur appela Molitor à la Chambre des Pairs; mais il ne put s'y rendre, étant chargé de la défense du Haut-Rhin et des Vosges.

A la seconde restauration des Bourbons, notre général perdit non seulement son titre à la pairie et son commandement militaire, mais encore la place de Gouverneur du Palais royal de Strasbourg qu'il occupait depuis le 20 mars de la même année.

En 1818 il fut rappelé de l'inactivité pour inspecter les troupes stationnées dans la 1 6* Division militaire ; et l'année suivante il fut replacé sur le cadre de l'armée active. Nommé en 1822 inspecteurgénéral d'infanterie, il fut désigné en 1823 pour être employé à l'armée d'Espagne.

Il s'y rendit à la tête du second corps de cette armée, composé d'environ vingtmille hommes , et prit une part très active comme très glorieuse a cette guerre, notamment à la bataille de Campillo, où ses manœuvres habiles décidèrent la victoire. Aussi son courage lui valut-il , après la campagne d'Espagne , la dignité de Pair de France, et le 9 octobre 1823, le bâton de Maréchal , qu'il avait l'un et l'autre si bien mérités.

Après la révolution de Juillet 1830, Lonis-Pbilippe le nomma Gouverneur des

Invalides, poste qu'il occupa jusqu'en 1849 où Louis-Napoléon, aujourd'hui Napoléon III, Empereur des Français, le conféra au Prince Jérôme et nomma Molitor Grand-Chancelier de la légion d'honneur.

Le Maréchal Molitor est mort à Paris, le 28 juillet 1849.

Bun , Biographe de la Moselle, III, S81 à 311. — VuioNOAit, Statiitique de la Moselle, 176- — Victoire* et coaquétee, etc., dea Français, X, XI,

xii, xiii. xv, xvi, xvii. xix, xxn.

XXni, XXIV, XXVI. - Galerie autorise de»

contemporain» . VII, 111 , f«|. — Biographie BOOTeUe de* contemporains , XIII, 401, tqqqq. ~~ ReBsrigne-

de 1881.

MORLOT, le Baron Antoine, général de Division , commandant de la Légion d'honneur, est un des nombreux exemples de la facilité avec laquelle certains hommes dépourvus d'instruction ont parcouru rapidement la carrière des grades.

Fils de Pierre Morlot, marchand, et d'Anne Bluet, Morlot est né le 5 mai 1766, à Bousse , arrondissement de Tbionville. Elevé au métier des champs , destiné à l'état de charron, ce militaire, ennuyé de la vie paisible , s'engagea dans un régiment d'artillerie en garnison à Metz et y obtint le grade de sergent. Cassé quelque temps après pour un abus de confiance, dit-on, commis en fait de comptabilité, Morlot rentra dans ses foyers, ne songeant plus à reprendre du service.

Mais ayant appris à la naissance de la révolution , qu'on allait procéder h la formation d'un certain nombre de bataillons de volontaires , il se rendit à Metz a la tête du contingent de sa commune et demanda à d'Hunolstein de commander la compagnie dont il avait été provisoirement élu le chef. Ses concitoyens consultés répondirent unanimement qu'ils y consentaient, et le grade de capitaine lui fat déféré. Des circonstances favorables l'ayant plus tard fait connaître de plusieurs représentants du peuple en mission a l'armée du Nord et à celle de Sambre et Meuse, il leur dut ses grades les plus élevés. Le 16 avril 1794, Morlot se trouvait au

combat et à la prise oVArhn. 11 a , la des suites d'une fièvre pernicieuse , le 21 même année, fait avec distinction la cara- mars 1809. Il commandait alors la 3" Dipagne de Belgique , combattu à Fleuras, vision du troisième corps de l'armée d'Esà Ostende , aa Mont-Palissel, s Mons, à psgoe, chargé d'opérer sur Jaca. A l'or- Nivelle , etc. On a même été jusqu'à lui gariisation de la Légion d'honneur en 1804, attribuer nne grande part dans la victoire Morlot en avait été fait commandant. A de Fleuras, 26 juin, parce que, élevé sa mort il avait le même grade et avait pendant deux heures dans un aérostat, à été créé Baron de l'Empire, une hauteur de quatre cents mètres au- Béclllf Bi««T.pkieaei«M«««He, m, 5*7, h«M dessus dn champ de bataille, il parvint — Vitilu, Dictioraah« <u D*parteme»t de u Moà transmettre au général Jonrdan dans •eUf» Ht 68. — Viumuu, sotUcîqac kUtwifM deux lettres, les dispositions de l'armée *e ,â 84

ennemie. Morlot aimait à raconter ces MUSSEY, Jean de, fils de Ferry de circonstances, et il a même voulu en per- Mussey et de Catherine Mathieu, naquit pétuer le souvenir dans une maison qu'il à Longwy, le 17 février 1644. Ayant posséda dans la suite à Richemont, en y reçu en 1662 les quatre ordres mineurs, faisant adapter une girouette qui représente il passa l'année suivante mattre-ès-arts à un ballon avec sa nacelle portant un homme l'Université de Trêves et professa le laarmé d'une lunette : cette girouette sub- tin pendant dix ans : Dans cet intervalle sbte encore , à ce qu'on nous a assuré. il avait obtenu la prêtrise. En 1675 il En 1795 il fut appelé devant les co- était curé de la ville de Hadamar, au mités de la Convention à Paris , pour ré- Duché de Nassau , dans laquelle il érigea pondre à une accusation de concussion en l'honneur de la Vierge Marie une qu'il aurait eu commise en 1793 étant à chapelle où le peuple se rendait en foule. Deux-Ponts: Morlot se justifia parfaite- Ce fut dans la même ville qn'un luthément et retourna à sa division. rien qui vivait avec une femme déban-

Etant passé à l'armée d'Allemagne , il chée , irrité de ce que Jean de Mussey prit part à la bataille d'Aldenhoven et à avait fait chasser l'objet de sa passion , la prise de Juliers. Il fit ensuite les cam- lui tira un coop de fusil chargé de deux pagnes de Suisse et d'Italie ; se trouva balles qui le blessèreql au genou droit et à la retraite de Moreau , combattit long- à la jambe gauche : il prit avec succès les temps dans le Tyrol et commanda en eaux d'Aix-la-chapelle ; et le 13 octobre 1797 — 98 la 3* division militaire. Parti 1679, trois ans environ après sa blespour Bréda le 27 fructidor an VII (13 sure, il fut pourvu de la cure de Longseptembre 1799), il ent Chateaunenf- wy. Il entra en fonctions le 6 novembre Randon pour successeur à Metz. suivant.

Au mois de Novembre 1807 l'arron- Le 27 novembre 1700 , le général des disse ment de Thionville élut Morlot can- jésuites lui donna des lettres d'affiliation didat au corps législatif. Il commandait h son ordre. Les soins que de Mussey alors, dit-on, à Toulouse. donnait à son église ne l'empêchaient pas

Appelé en Espagne au commencement d'exercer sa charité et de pourvoir géde la guerre, Morlot s'y distingua par néreusement au bien-être de sa famille: plusieurs traits de bravoure et d'huma- Il fit étudier les uns, dota les autres et nité qui lui font beaucoup d'honneur. Il employa tonte sa fortune en libéralités, prit part au siège de Saragosse et se Longwy n'avait pas d'hôpital ; Jean de rendit recommandable par sa belle con- Mussey forma le projet d'en élever un. duite envers les prisonniers. Quelques habitants généreux l'ayant aidé

Tombé malade quelque temps après, dans celte philanthropique entreprise , la il fnt transporté à Bayonne où il raonrut première pierre en fut posée en 1705,

par Jean-Pierre Verhorst , evéque suffragant de TrèTes, auquel Longwy ressortissait pour le spirituel. Ce fut en 1712, Tannée de son décès , arrivé après trentetrois ans d'exercice dans les fonctions de pasteur , qu'il publia son Histoire de Lorraine , à laquelle il donna pour titre : La Lorraine ancienne et moderne, ou l'an' cien Duché de Mosellane , véritable origine de la Maison royale et du duché moderne de Lorraine, avec un abrégé de chacun de set souverains; par M" Jean Mussey, prêtre, curé de Longwy, M .DCC.XU ; sans nom d'imprimeur; in-8". Cet ouvrage , bien écrit pour son temps , est loin d'être dépourvu de mérite. Mais on critique généralement l'auteur d'avoir eu le tort de prétendre que Gérard , premier duc héréditaire descendait des anciens ducs de Mosellane et des premiers rois des Gaules. Cette opinion , qu'il n'a pas su prouver clairement, a dû faire manquer le succès de son œuvre.

Jean de Mussey a en outre composé une Histoire de Longwy qui a été imprimée à Luxembourg , petit in-folio , en 1706 , par André Chevalier, avec le titre de: Famille bourgeoise de Mussey , établie en la ville de Longwy depuis cinq siècles, laquelle sera précédée d'une exacte recherche en forme de dissertation historique, de ce qui se peut tirer des Historiens et autres Autheurs, concernant le lieu de Longwy et de ses divers événements depuis 14 siècles jusqu'au temps présent. El sera suivie d'un ample Inventaire des Titres faisans la justification de l'Histoire pour le lieu , que de la parentée pour la Généalogie ; qui sont en une liasse au nombre de quatre cens , cotiez et paraphes par premier et dernier, entre mes mains. Achevé en 1766. Jean Mussey, curé de Longwy.

L'Histoire de Longwy comprend 14 pages. Le reste de l'ouvrage se compose de la généalogie de la famille de Mussey qui peut être considérée comme

une des plus anciennes de la province.

Un Poignon de Mussey était Maiour de Longwy en 1200, et jusqu'en 1600 cette magistrature civique a presque toujours été remplie par des membres de la même famille, qu'en 1456, le 24 juin, Réné, roi de Sicile et duc de Bar a anoblie dans la personne de Clesse Mussey, au port d'armes: de sable, à l'aigle d'or esployée, tranchée , soutenue de gueules.

Ungeschuck parle évidemment d'une autre famille homonyme lorsqu'il dit :

« Maison de nom et d'armes fort ancienne <« et des plus puissantes de la frontière « du pays de Luxembourg, sous la eba- * tellainie de Longuioo , fief donné à « Albert Evéque de Verdun , de l'illustre « maison de Mercy , par Hillians ar- «chevéquo de Trêves en 1519. — Elle « portait d'azur, à quatre chevrons d'or; «d'autre disent: d'or, au dextrochère «revêtu de gueules, tenant une épée « nue.

«Raimbauld, Paganus, Cono, Hugo, « Jean , chevaliers de Mussey , après « lesquels plusieurs autres de celte mai- « son , tous grands seigneurs , ce château « étant tombé entre les mains de Pierre «de Bar, sieur de Pierre-forte, par «transport qui lui en fut fait, moyennant « quelque récompense par Nicolas de Neu- « ville , évéque de Verdun , du consente- «ment de son chapitre, il lui en fit ses «reprises en 1311, et reconnut que ce « château lui était rcndable , et à ses soc- « cesseurs Evéques à leur volonté. »

Ungeschuck désigne sans doute la maison noble qui a pris son nom du manoir , aujourd'hui ruiné , situé auprès de Longuion , et qui avec le village , porte le nom de Mussy-V Evéque.

Mdmky, La famille bourgeoise de Muaaejr.— Btcr», nio|;r.-ip)iie de la Hoaelle, IIIt Sttt). — C""% Eaaai aur l'Hiatoire de Longer, 1 80, aq. — D. Catutr, Liste de* auteur* Lorrain* ; et Bibliothèque Lorraiac. — Cttat*. Catalogue de U Bibliothèque de Loir» koarf;, 163. — Uaccscacca.

NICOLAÏ, Ferdinand, n'appartiendrait pas à la Biographie Luxembourgeoise si les actes de philanthropie qui l'ont rendu recoromandable ne s'étaient point étendus à ce pays.

Ferdinand Nicolaï , né à Stavelot le 30 avril 1772, sortait d'une famille honorable. Il se destina d'abord au négoce; mais ses débuts ne furent pas heureux. Résolu d aller tenter la fortune en Allemagne il partit vers 1802, emportant pour tout bien la modeste somme de 45 Louis d'or , 1059 frs. 75 centimes, et se livra au commerce des cuirs tannés et des denrées

I "I COI 0 Ulules*

Ses spéculations ayant été heureuses pendant quelque temps, Nicolaï commença à jouer sur les fonds publics et obtint beaucoup de succès , au point qu'il parvint à réaliser une fortune considérable. Il habita successivement la plupart des grandes villes de l'Allemagne, notamment Cologne, Aixla-Chapelle, Coblence et Mayence. Parvenu enfin à cet âge où le repos devient un besoin, il se relira des affaires, vint passer quelques années à Stavelot, son endroit natal, et se fixa enfin définitivement en 1852 à Bruxelles oh il est mort le 15 octobre 1854, à l'âge de 82 ans, 4 mois et 15 jours.

Nicolaï n'avait pas d'instruction, dit-on ; il savait à peine écrire et coordonnait difficilement deux idées dans la même phrase. Maître d'une grande fortune, ajoute l'auteur du Nécrologe liégeois auquel nous empruntons les données que nous consignons sur ce personnage , et désireux de faire passer son nom à la postérité , il eut recours à la philanthropie. Ce moyen était assurément le plus louable 5 mais l'ostensibilité du mobile atténuait singulièrement le mérite de l'œuvre.

En distribuant ses bienfaits, Nicolaï sem blait moins voir l'infortune qu'il secourait, que la reconnaissance qui lui était acquise. Une manifestation publique, si modeste qu'elle fût, avait pour lui plus d'attrait que les larmes de joie et les bénédictions de familles entières. On connaissait son faible , on savait qu'il ne répandait ses largesses que pour autant que la renommée en fût l'écho : aussi est-il peu d'hommes qui, en trois années, aient reçu autant d'ovations que lui. Etablissements mis sous son patronage , rues et places baptisées de son nom , inscriptions eu son honneur dans les lieux publics, médailles, portraits, bustes, pièces de vers, rien n'a manqué à ce qu'il croyait devoir assurer son immortalité.

En dehors de ces munificences à éclat, Nicolaï était loin d'être généreux.

Nous ajouterons aussi qu'il se montrait souvent d'une bizarrerie que l'on ne pourrait expliquer sans tomber dans des faits par trop personnels. Il ne se plaisait nulle part, s'ennuyait de tout; parfois même il ne voulait pas voir les personnes que son vagabond caprice avait gratifiées. Nous pourrions signaler telle localité qui fut disgraciée parce qu'elle s'était refusée d'exprimer sa gratitude de la manière demandée par le donateur.

Ses nombreux actes de bienfaisance lui méritèrent la décoration de l'Ordre Léopold, le 2 novembre 1846 ; et plus tard, le 19 juillet 1852, le cordon de commandeur du même Ordre lui fut décerné au même titre.

Voici, d'après des documeots authentiques, l'indication des libéralités faites par Nicolaï :

1 ". Hospice Ferdinand Nicolaï à Stavelot.

Nicolaï acquit une partie des bâtiments

de l'ancienne abbaye de Stavelot et les fit approprier en 1843 pour servir d'asile aux infortunes de toute nature: le soin des malades fut confié aux Filles de la Croix qui y entrèrent le 26 août 1844. Voulant donner à cet établissement, auquel il avait attaché son nom, un caractère de perpétuité il en fit don aux hospices civils de Stavelot, par acte passé a Bruxelles, le 12 novembre 1845, approuvé par arrêté royal du 25 mars 1846. Cette donation comprend : f . la susdite partie de l'ancienne abbaye composée des bâtiments, i, vergers et dépendances, estimées revenu annuel de deux mille sept cents francs j I. tons les meubles et effets mobiliers qui se trouvaient dans les bâtiments, évalués à quinze mille cinq cent quatrevingt-huit francs; t. une inscription de huit mille francs de rentes au Grand-Livre de la dette publique de Belgique, emprunt de 1836, aux intérêts de 4 7..

Par acte du 8 novembre 1850, passé devant le notaire Bigoj, de Stavelot, approuvé par arrêté royal du 9 janvier 1851, Nicolal fit à l'hospice de Stavelot une nouvelle donation d'une rente de dix mille francs au capital nominal de quatre cent mille francs, emprunt de 1845. intérêts de Vf.\.

2°. La ville de Stavelot doit à sa munificence nne fontaine qui a coûté vingt-mille francs.

II a aussi donné à l'Eglise paroissiale des orgues dont la confection est évaluée à une somme égale de vingt mille francs ; et un lutrin d'une valeur de deux mille cinq cents francs.

3* Donations manuelles ;

Au mois d'août 1854, Nicolaï a fait un don manuel de cent mille francs qu'il a envoyé directement et par sommes égales à MM. les Gouverneurs des provinces dn Hainaut, de Limbourg, de Luxembourg et de Namur , pour être distribuées par leur intermédiaire aux bureaux de bienfaisance les plus pauvres de chacune de ces provinces.

4*. Donations à divers Bureaux de Bienfaisance.

Ces donations, en rentes sur l'Etat Belge , ont été faites sous réserve d'usufruit viager au profit du donateur ; elles se divisent comme suit :

Province de Liège, sept mille sept cents francs j

Province de Brabant, once mille francs;

Province de Hainaut, dix-neuf mille francs ;

Province de Luxembourg , seize mille neuf cent dix francs ;

Province de Namur, dix-sept mille cinq cents francs;

Province de Limbourg , seize mille duo, cents francs.

5°. Dispositions testamentaires.

Dans son testament, passé devant le notaire Horren, le 13 décembre 1853, Nicolal a inséré la disposition suivante: Je nomme et institue pour mes légataires universels les Bureaux de Bienfaisance des provinces de Hainaut, Namur, Luxembourg et Limbourg auxquels j'ai déjà fait des donations entre-vifs.

Ces donations ayant absorbé toute la fortune du testateur, il n'est plus guère resté dans la succession de celui-ci que le prorata des rentes sur l'Eut dont il s'était réservé l'usufruit. .

Les détails qui précèdent, concernant le nombre et l'importance des libéralités de Nicolal, sont résumés dans l'aperça numérique qui suit:

Ces libéralités ont fait l'objet de vingttrois actes de Donation.

En 1845 , donation à l'hospice Nicolaï de Stavelot: a. les bâtiments, revenu annuel , calculé i 3 7© , 2,700 frs. ; capital 90,000. 00

b. meubles, prix évalué à 15,588. 00

c. inscription de 8,000 frs. de rente, à l'intérêt

de 4%; capital . . 200,000. 00

d. donation de 1850, d'une rente de 10,000 francs aux hospices au

capital de ... . 400,000. 00

t. donation de 1851 an bureau de bienfaisance d« Stavelot, de 7,700 fr». de rentes, an capital de 485,000. 00

/. donation de 1852 , à

faisance, ensemble de

40,500 fra. de rentes,

an capital de . . . 1,215,000. 00 g. donation de 1853, à

onze bureaux de Bienfaisance , ensemble de

40,410 frs. de rentes,

au capital de . . . 1,012,600. 00 k. fontaine de Stavelot . 20,000. 00 •'. orgues de l'église de

Stavelot ....

/. lutrin pour l'église de

Stavelot .... 2,500. 00 k. don manuel fait en

1854 aux bureaux de

bienfaisance de Hai-

naut, Luxembourg,

Limbourg et Namur,

d'un capital de frs. 100,000. 00 2. donations a des bureaux de bienfaisance,

arec réserve d'usufruit,

au capital global de . 88,610. 00

Le tout outre d'autres dons particuliers qn'il a pu faire et dont les chiffres n'ont

pas été enregistrés ; ce qui a porté la fortune de Ferdinand Nicolaï, dépensée en œuvres de bienfaisance, a la somme énorme de quatre millions environ, si on y comprend les cadeaux sans publicité qu'il a faits quelquefois, comme nous avons eu l'occasion de nous en assurer.

Ferdinand Nicolaï était président de la Société royale de Philanthropie de Bruxelles , président d'honneur de la Société Amphyonique ainsi que des Refuges des Ursulines et de Sainte Gertrude.

Peu de temps après son décès, on a prétendu qu'il s'était marié pendant son séjour en Allemagne , et qu'il aurait quitté plus tard son épouse parce que son caractère ne lui allait pas j mais qu'après sa mort cette dame s'était proposé de venir revendiquer sa juste moitié dans les donations et les libéralités que sou mari avait accomplies; parce que, ajoutait-on, mariée sous le régime de la communauté légale , il n'avait pas été loisible à Nicolaï de disposer ainsi de toute sa fortune qui appartenait à la communauté. Quoiqu'il en soit, il semble positif qu'il n'a pas laissé d'enfants de ce mariage, et les bruits dont nons venons de parler sont oubliés aujourd'hui, du moins pour autant que nous sachions.

UiTIM CtflUin, Nécrologe lirgeoU pour 1&&4, 57, «H* — Le» jouro.ni im

OUDET, Don Jean, est né à Ytois- Carignan , pendant la seconde moitié du seizième siècle, et entra dans la Congrégation de St. Vanne à Verdun oh il prononça ses vœux religieux le 8 juin 1678.

Don Oudet fut bientôt appelé à enseigner la théologie et fit de bons disciples. Il excellait aussi dans la métaphysique, science pour laquelle il nourrissait une prédilection telle , qu'elle lui fit entreprendre le voyage de Paris pour aller

trouver Mallebranche afin de disputer avec lui sur son système qui venait de paraître. Mallebranche le reçut avec distinction, et il s'établit bientôt entre ces deux savants des discussions qui durèrent pendant quelque temps , mais après lesquelles les antagonistes se quittèrent sans avoir changé leurs opinions. Ce trait de singularité dans le caractère n'est pas le seul qu'on ait à citer de ce personnage.

D. Oudet a composé plusieurs ouvrages,

mais dont aucun n'a été publié. On dictait dans le temps dans sa congrégation son traité: De jure et justitid, qui, dit-on, était excellent. Don François parle en outre d'un Traité de la grâce du même auteur, où , ajoute-t-il , sans donner dans aucun écueil , il ne laisse rien à désirer que de le voir livré à l'impression.

D.Oudet est mort le 18 décembre 1736, à Novi-les-moines, maison de sa congrégation près de Réthel-Mazarin.

Lscor, Aimâtes dT^ai» Carigoaa, 4tS. K|. — D« Fellei, Dietioaaaire fcittoriqac ; 8mf piégeât , III, 818.— D. Funçou, Bibliothèque générale des écriée l'Ordre de 8t. Woott, IV. 17».

P1CART, Jean, est né en 1380, h Launois au Duché de Bouillon. 11 embrassa l'ordre de Citeaux dont il devint le 39" abbé-général. Député au Concile de Constance , il y prononça une harangue qui a été depuis insérée avec son éloge dans le Supplementum Patrum du Père Homey, et il concourut avec les Cardinaux à l'élection du Pape Martin V.

L'abbé Picart est mort dans son monastère, en l'année 1440.

C1* •■ Bcc-K-Ltivai. Biographie liégeoise , I, 157,.,.

POTIIO .... était prêtre et religieux de l'abbaye de Prum , non évoque comme le porte par erreur la dernière édition de Paris du Catalogue de la Bibliothèque des anciens écrivains ecclésiastiques. Il écrivit en 1552, comme il le dit lui-même, son livre : de la maison de Dieu , De Statu- Domûs Dei, qui fut publié plus tard à Hanau, in-8°, et inséré ensuite dans la Bibliothèque des Pères. 11 est de même l'auteur de l'ouvrage intitulé: De magna" Domo Sapienlia-, liber I; Hanau, 1532.

Bimn , Aanale* Trevireaset , H , 86. — v. Stsakuic, Metropolii Eeclcaiae Trer criée, I, 73- -8wutio», Atbeiur Belgicae, 680.

Phigny, Mathieu-Anne-Louis Que'rieux

de; v. QUÊRIEUX, M.-A.-L., Baron de Prigny.

PUYMAIORE , Gabriel-François, Bocdet de, est né à Thionville, le 7 mars 1729. 11 était 01s de François Boudet de Puymaigre, seigneur de Sioudray en Berry, commandant du troisième bataillon du régiment de Normandie, chevalier de St.

Louis , et d'Elisabeth de Bock.

Entré au service militaire vers 1744 à l'âge de quinze ans , comme officier de cavalerie, il était capitaine du régiment de cavalerie de Condé vers 1766 ; major au même régiment l'année suivante , avec rang de raestre-de-camp en 1770, puis lieutenant-colonel , et en 1777 dans les dragons de Condé, il passa brigadier le V mars 1780 , maréchal de camp le i" janvier 1784 et finalement lieutenantgénéral durant l'émigration.

Il est mort à l'étranger.

Tout ce que l'on peut réunir dans la pensée, dit Teissier, de loyauté dans le caractère , de valeuj chevaleresque , de dévouement à l'amitié, formait le caractère de ce brave général. Il avait épousé Thérèse Muzac.

Btcia, Biographie de la Moselle, III, TiiMin, Histoire de Taianville, 515.

QUARREUX, Gérard- Joseph de, est né en 1665 au village de Quarreux, ancien pays de Stavelot, dont il a retenu le nom. En 1685 il fut couronné primus k l'Université de LouTain. Plus lard il prit le grade de Docteur en théologie à la même université et obtint un canonicat à la collégiale de St. Pierre. Ses vastes connaissances, surtout en théologie, le firent nommer président du collège dit de Divœus et censeur royal-apostolique des livres, à Louvain. 11 fut également examinateur des livres, à Liège.

Quarreux' est mort en 1741, à l'âge de 57 ans. Nous ignorons s'il a laissé des ouvrages.

C" m Bic-m-Liévu, Biograpbit liégeoue, II,

QUÉRIEUX , Mathieu- Anne -Louis , Baron de Prigny , est né à Thionville, le

6 août 1774, fils de Liévin-François-Claudc de Prigny , seigneur de Quérieux , Garde de corps du roi , et de Marie-Madelaine- Marguerite-Elisabeth Constant-Milleret.

Il montra dès sou enfance un goût décidé pour les voyages de long-cours et pour la vie aventureuse. 11 entra en conséquence dans la marine où, sans autre protection que sa bravoure il sut se créer une carrière glorieuse et parvenir , à la suite d'une foule d'actions d'éclat, au grade de capitaine de vaisseau de première classe, et de capitaine des gardes du pavillon près du Dauphin, alors grand-amiral de France. Il était depuis longtemps chevalier de St. Louis et de la Légion d'honneur lorsqu'il obtint en 1820 le grade de commandeur de ce dernier ordre.

Le Baron de Prigny-Quérieux est mort à Paris, le 13 novembre 1827.

Bt«i*. Biographie de I» Moselle, III, JS31Ï.

REBEL, Jean-Nicolas, né à Thionville, le 8 septembre 1737 , était fils de Jean Rebel et de Marie-Marguerite Becker.

Rebel a su se faire dans sa patrie une répulaf iou justement méritée comme homme d'esprit. Il passa sa vie libre de tout lien et sans emploi , consacrant ses loisirs à l'étude, à la promenade et à la poésie. Insouciant pour ses compositions , il les remettait aussitôt achevées a ses amis qui étaient nombreux , et ne s'en occupait plus ; aussi a-t-il été impossible de recueillir ses œuvres. Cependant le journal intitulé Affiches des Trois-Evêchés en a publié plusieurs qui ne sont pas sans goût.

Rebel est mort dans sa ville natale, le 20 mars 1795.

Btcta . Biographie de U Mocclle, IV, 8, «g.

REGI NON , Regino, né d'uno famille noble et très distinguée d'Alta-Ripa, Haute- Riveou Altrep, florissail pendant le dixième siècle et les premières années du onzième. 11 entra à l'abbaye de Prum et y fit sa profession religieuse sous l'ordre de St. Bénoit. Il était cus&de lorsque Lolhairc fut enfermé dans ce monastère : Réginon dit que lui-même il coupa les cheveux à ce prince.

Lorsqu'avec le consentement du roi Arnoul l'abbé Farabert (v. son art.) abdiqua en 892 , Réginon fut choisi pour lui succéder dans la dignité abbatiale , le septième en rang.

A une vaste érudition et a une vie exem-

plaire Réginon joignait la ferme volonté* de faire refleurir le goût des bonnes études ainsi qu'une exacte discipline dans son monastère. Et eu effet, par suite des incursions des Normands et des guerres continuelles qui ont marqué les huitième et neuvième 6iècies, les abus les plus graves s'étaient insensiblement introduits dans les maisons religieuses , à un point tel que la discipline monastique avait été remplacée par la licence la plus scandaleuse. Réginon, dès qu'il eut reçu la bénédiction requise, m crut en devoir d'exhorter d'abord très sérieusement ses religieux à changer de vie et à observer les statuts de l'ordre qu'ils avaient embrassé; et il joignit constamment l'exempte au précepte. Cependant, en homme qui aimait l'étude, il saisissait également et avec le plus grand empressement toutes les occasions pour s'y livrer. Comme la vie régulière et appliquée ne sut plaire à la majorité de ses subordonnés, l'abbé fut obligé de sévir contre quelques-uns d'entre eux pour les ramener; mais cette rigueur, quoique nécessaire, déplut tellement à ces hommes qui n'avaient de religieux que leur habit , qu'ils commencèrent d'abord à murmurer; puis, voyant qu'ils n'obtiendraient rien contre la ferme résolution de leur abbé , ils finirent par éclater en plaintes contre lui ; et des plaintes ils en vinrent enfin aux accusations ouvertes auprès du roi Arnoul auquel ils insinuèrent que Réginon passait toute sa vie dans les livres et négligeait ainsi les soins du temporel de son abbaye. Arnoul, qui était pour lors occupé à renforcer son armée et avait eonséquemment besoin des secours de ses grands vassaux , se laissa entraîner sans un mûr examen lorsque deux puissants comtes de sa suite, Gérard et Manfred , qui avaient à Prum un frère du nom de Richaire (v. son art.) auquel les religieux avaient promis le titre d'abbé si on parvenait à se défaire de Réginon, se joignirent aux mécontents , et consentit a Péloignement de l'abbé. Ceci se passa en 899.

Réginon , soit qu'il eût volontairement

abdiqué pour se soustraire à l'opposition et aux tracasseries incessantes que lui suscitait la direction de son abbaye en présence du mauvais vouloir des religieux , soit qu'il eût été réellement déposé par l'autorité du roi Arnoul, ce qui est loin d'être constant, quitta cette maison et se retira à, Trêves auprès de l'archevêque Radbode, ou bien à l'abbaye de St. Maximin. 11 y vécut en simple religieux jusqu'à ce que l' archevêque lui eut donné la conduite de celle de St. Martin , au faubourg de Trêves.

II passa le reste de ses jour» s' occupant à étudier et h écrire. 11 composa en effet un ouvrage intitulé: De Diteiplinù Eecletiasticù et de Religione Ckrittiandt 2 volumes divisés en neuf cents chapitres, qu'il dédia à l'archevêque Radbode son bienfaiteur, sur la recommandation duquel ce livre a été rédigé et qui l'approuva ensuite dans un Concile tenu à Trêves. Ce traité est un recueil de canons et de règlements ecclésiastiques, comme son titre l'indique: Il semble qu'il a été le premier qui en Occident ait réuni les sentences des Pères et les lois civiles aux canons. Pour cette compilation, Réginon s'est servi non seulement des Conciles grecs et d'Afrique ainsi que des décrets des Papes, mais aussi des Conciles de France , d'Espagne et d'Allemagne, de même que des ouvrages des auteurs ecclésiastiques grecs et latins, mais surtout du code Théodosieu, des Capitulaires de Charlemagne et de ses successeurs rois de France, avec d'autres lois que ces Rois avaient données à divers peuples qui leur étaient sujets. M ait à l'égard des Papes il n'employa guère que celles de Sirice et de ses successeurs jusqu'à Hormisdas. Cet ouvrage à été imprimé pour la première fois en 1659, à Helmstadt. Baluze en a fait faire une seconde édition en 1671 , et de Hontheim en a donné des extraits dans son Prodromus Historiés Trevirensis.

Swertius cite en outre de lui ne antre œuvre qui aurait pour titre: De Doelrind Eceletiasdcâ libri, exSS. Patrum et C<m-

eiliorum Decretis. Ce livre, qu'il dit se VL «« - Ge.u Tre««,tt-,, i. oo} «« trouver eo manuscrit à la Bibliothèque a7 ~ B"""oll«*. *«3. - i»«t«j, ig.

impériale à Vienoe, semble être le môme « iiiu.tr.u, 1, ni, ,w. j.P.

que celui dont nous venons de parier. d.** de, Be»edikti.«r Orde», d»... P„fr,Ie KégiooD a aussi composé une Chronique, J« >'E««>«» et i.dMtrieiie dEekter»a«k ,

en deux livres, intitulée : Chronicon Fran- ias,t: 19, "oU lu- — °- Caimt, Bibliothèque eorum et Germanorum, res gestas continent !'0'r"i"<"I~-v. 8r*4"""' M«»«>H" Ecel«i« t«-

. >jm w •> a»-™, *.cc<7. rai/ jr^2i?«r- ^:rô;..î: d.Vhî:

(Mayence, lozl.): Cet ouvrage qu'il dé- toribM «ciM«*tiei., u, 407. - Bn«n, Viu dia a Adalbéron I", évéque de Metz, n'a- ALb,'•u, Vien.». i«76. - Twmn,

vaitété conduit par son auteur que jusqu'en dcTcxiixT8^'. "î DCCCXCU et 5,07 j un premier anonyme l'a con- ^» iii..tri.« vi«,n,m Germ..i* - Vm..« g * tmué d abord jusqu'à l'année 977; puis De Hi.to.ieU i.tioi., iik. u. b.^.»,.,'., d*' d'autres et successivement, jusqu'en 1408 8cript0ribui eccic.i».tie«. - Comt.», Encyclopédie comme nous l'indique l'édition imprimée r^™^

h Mayence, en 1521 : L'œuvre de Kéginon C.ui.ff.e d. 1. Bib.i.M^.e de i^L*. Vw mflme mérite toute l'attention des savants 4M ~ Bi«»»pW« univeneiie, xxxvn, siso

^rlPTortde ^ laq°e,,e * f3iU

Quelque, auteurs lui attribuent de plu.

on (7owm«i/a»re sur Marti anus Capella, RICHAIRE ou Ricaire, était né des

des Sermons et une lettre manuscrite qui comtes de Hainaut, si nous pouvons en

a pour titre : De Harmonicd institution, croire Foullon et Knauff. Il avait pour

dans laquelle il traite de la musique an- frè«* 1« Comtes de Gérard Manfred

tienne : Cette lettre est adressée à l'ar- 9ui appuyèrent auprès du Roi Arnoul les

chevéque Radbode. plaintes des religieux de l'abbaye de Prum

Réginon est mort vers l'année 915, et contre leur abbé Réginon (v. sou art.)

fut inhumé à St. Maximio. On a ouvert Paree qoe celui-d voulait mettre un frein

son tombeau en 1581, et on y trouve ses salutaire à leur conduite peu régulière

os, avec des cendres qui provenaient vrai- et en même temps les porter à l'étude,

semblablement dudlice, et une crosse ab- Nous avons dit a l'article Réginon que cet

batiale garnie de fer et brisée, pour montrer »PP°' eut pour effet la déposition soit

sans doute sa qualité d'abbé dépouillé forcée soit volontaire de cet abbé vertu-

de son monastère. La pierre sépulcrale eaK Poor loi substituer le dit Ricbaire qui

portait des restes de son épitapbe : fut> presque en même temps désigné abbé

aonnage en le nommant : Pastor bonus et

AbbasVgrkÛvs^v,; iWB ««' ^SZ^i^^i^MnSmàB

COBNOBIO Q VON DAM PrVJOB«S1 MORIBVS AL- ÎS JTl • » *«Wir

POSTOVAM MORIBVS AL nëgllge Ja yje mona8Uque et renda

O ' n r r r r yv LM1S toate8 ,es char8es oa obédiences de l'ab-

U D.C.C.C.C.XV. ^ de Lobbc$>

Les fastes do monastère de St. Hubert Quoiqu'il en soit, le clergé et le peuple

fixent le jour de son décès au cinq des du diocèse de Toogres l'élurent en 920

Calendes de juin , c'est-à-dire au 28 mai. P«*r leur évéque : II avait un certain

Athen* a«ijic«, 6«6. - a. H.«..«. Hilduin Poor compétiteur. Le pape Jean

TreTire»U, I, 546. tW, et x ,es mands tous deux à Rome, et après

■ , I, itf». - atoMai, les avoir entendus l'un et l'autre il sacra

ir*

Richaire, lai donna le palliam et dans ses lettres de confirmation lai attribua le titre fEvéque de Liège, que ses successeurs ont porté depuis.

Pour augmenter le lustre de sa cathédrale, l'évèque-abbé Richaire y attacha douze abbés, chefs de monastères, qui devaient le servir alternativement chaque mois en qualité de chapelains.

H est mort le dix avant les calendes d'Août de Tannée 945 , après un épiscopat de vingt-cinq ans, et fut enterré daos la crypte de l'église de St. Pierre, a Liège, qu'il avait rétablie après qu'elle eut été ruinée par les Normands, et dans laquelle il avait institué trente chanoines.

Focu*a, Hittoria LeoJieiuU, I, 105, iqqf. — H»»orr, Defeniio »bb*tic PraatkuU, 44. — Bn* thut. II. P. J. VI -C«« m Bu ii Liltu, Biographie liégeoite, I, 57.— Fimh, Hittoria EecleaMB Lcadiaaah, 910, «Hf,. — Diwu, HiiUira 4u paya 4e Liège, I, 10.

RODRIQUE, Rodrie ou Rodrigue, Jean- Ignace, est né à Malmédy, le 3 novembre 1697. Après avoir achevé ses humanités il se fit admettre en 1717, le 15 mai au noviciat des Jésuites, dans l'intention, diton, d'apprendre à connaître le régime, les vrais principes et l'organisation de cet ordre fameux sur lequel on a déjà tant écrit et que personne peut-être n'est parvenu jusqu'à ce jour à apprécier dans ses véritables tendances religieuses et politiques. Rodrique avait vingt ans lorsqu'il fit ce pas; et après huit ans de séjour chez ces réligieux il n'était, parait-il, pas plus avancé quant à l'objet de son but, que le jour où il y avait été admis. Il quitta en conséquence la Société le 27 novembre 1725, sous prétexte d'une maladie, dit Hartzhetm, et se mit a voyager en France; puis il se rendit à Cologne où il épousa une veuve qui était sans biens comme lui, mais qui possédait le privilège impérial pour le journal politique français intitulé : Gazette des Savant». Placé sous sa direction, ce journal prospéra. La guerre de 1741 lui donna quelque mérite, parce que Rodrique avait des relations dans les

différents part» et recevait ainsi des renseignements précieux. Mais n'osant pas imprimer dans sa Gazette tout ce qui parvenait à sa connaissance, il y suppléait par des Suppléments manuscrits qu'il distribuait à certaines personnes.

Très versé dans la politique des cours, il fut consulté par le prince Charles de Lorraine avant la conclusion de la paix d'Aix-la-Chapelle, en 1748, et il donna a ce prince des avis dont la sagesse se vérifia par les événements.

Jean-Ignace Rodrique est mort le 6 avril 1756, à l'âge de 59 ans, et fnt enterré dans le corridor du cloître des Pauvres-Clarisses, comme il l'avait demandé par son testament.

Outre sa Gazette , on a de Rodrique quelques ouvrages traitant la plupart de polémique monacale. Noos allons en énumérer les titres : i: Disputatiooes de Abbatibus, origine primaevà et bodiernâ constitutione abbatiarum inter se unitarum Malmundariensis et Slabulensis, opposite observationibus , maximè Reverendomm Edmundi Martène et Ursini Durand Praesbylerorum Benedictinorum e Congrcgatione S. Mauri; in-folio, Wirtzbourg, 1727: Durand opposa à cette attaque d'un passage de son Voyage littéraire sur l'abbaye de Stavelot, un ouvrage qu'il intitula ImperiaUs Slabulensis monasterii jura propugnata adversus iniques dispntationes Ignatii Roderici de abbatibus et origine Slabulensis ac Malmuodarii; infolio, Cologne, 1730. Rodrique y répliqua par: 4°. De Abbatibus monasteriorum Malmundariensis et Stabulensis D. Edmundi Martène; in-folio, Cologne, 1731. — 5°. Colonicnsis Ecclesiae de suce Melropoleos origine traditio vindicata ab impugnatoribus Disquisitoris aoooymi ; sive res pracipuae ab Orbe coodilo ad sxculum a Christo nato de ci nu m médium ordine chronologico digeste, et excursibus Pbilologico- Politicis in mores, iostituta, rem civilem, bellicam atque sacram prxcipuorum popidorum illustrâtes, in usum lectionum academicarum ; in-8°, 1734. —4°. Cor-

respondance des savants; in-12 : Ouvrage ^ M B«e-»«-l.*w«, Moc»)»Me li^Ue, n.

périod,,», p»,iM... 1. -reredi et î^"™^^'.™. E 5355* .£

samedi. 11 a commence en janvier 1743 et JprBf, X\, 73 -lWt.i... Bikiiotkt«. CoU.ie.-

n'apasété continué au-dela de sa première »■ . ma, - Biographie «ai«eneiie. XXX vin,

année ; c'était an journal littéraire. ■*!

SCHNEIDER , Nicolas, né à Hayange, canton de Thionville an Luxembourg français , s'était voué à la carrière militaire sons l'Empire , et était parvenu au grade de capitaine d'artillerie à pied. Il se trouvait, sous les ordres du commandant Laitier, enfermé à Huningue lorsque les alliés vinrent assiéger cette place en 1815 et la réduire à l'extrémité. Lorsqu'il s'agit de la rendre, le capitaine Schneider, qui parlait bien l'allemand, fut envoyé en parlementaire près du générai autrichien qni commandait le siège, pour discuter les articles de la capitulation. L'archiduc Jean, bien qu'il eèt déjà été renseigné par un déserteur , ne put ajouter foi aux paroles de Schneider qui lui apprit que la garnison n'avait jamais compté que trois cent quatrevingt-quinze hommes, réduits à une cinquantaine par les suites du siège: «Nous «verrons cela demain» , lai répondit l'arehidac d'un air de doute. Effectivement le lendemain , cinquante hommes , blessés pour la plupart, sortirent, enseignes dé-

ployées du milieu des ruines fumantes amoncelées par le feu de vingt batteries autrichiennes. Ils défilèrent devant les trente mille hommes de l'armée assiégeante et devant les étrangers acconrus de loin comme pour assister à un triomphe. Quand l'ennemi sut que c'était là tout, il comprit qu'il était vaincu, et toutefois un sentiment d'admiration s'emparaotde ces étrangers , leurs cris d'enthousiasme saluèrent les héroïques défenseurs d'Huningue.

Le capitaine Schneider avait tiré le dernier coup de canon hors de la place , et il termina là sa carrière guerrière : il demanda sa retraite la même année 1815 et se retira dans son endroit natal où il est mort le 24 juin 1841. 11 avait été décoré de la Légion d'honneur de la main de Napoléon I*.

VnuniM, Statùl^M MttoriqM de la M«dk,

Stavelot, Jean de; v. JEAN, dit de Stavelot.

TAILLEUR, Anne-Victoire, née en 1763 à Distroff près de Thionville, au Luxembourg français, était fille de Nicolas Tailleur, propriétaire et officier de la Seigneurie de Distroff.

Anne-Victoire Tailleur épousa le 28 août 1786 , Alexis deMéjanès, quartier-maftre-

trésorier du régiment de Bainault , infanterie , alors en garnison à Thionville. Son mari étant mort , elle devint la fondatrice, et depuis la supérieure-générale de l'ordre des Dames hospitalières de Sainte-Chrétienne de Metz , congrégation qui est très répandue de nos jours en France dans les

diocèses de MeU, de Rheims et de Cbâlons. Celle pieuse et utile institution , qui est consacrée au soulagement des pauvres et à l'instruction gratuite des jeunes Biles, a été approuvée par décret du 26 décembre 1810, et confirmée par ordonnance du 25 avril 1816. Anne-Victoire Tailleur vivait encore en 1830; nous n'avons pas découvert le jour de son décès.

Béat*, niograpliie de la Moselle, IV, 469. — TtiMtt», Histoire de Thiouvillr, 478.

THIBAULT , Mcolas, est né à Bouillon vers 1680. 11 fut prêtre et conseiller du duc de Bouillon au Bailliage de Sedan où il est mort en 1742.

Il est l'auteur d'un livre intitulé : Prières et instructions chrétiennes , avec un abrégé de l'Ecriture sainte.

C>« m lUc->t>Litvu, Biographie liégeoise, M, 584).

TREILHARD, Adam-Franço is-Charlcs, Comte de, est né à Cutry , au canton de Longwy, le 9 février 1764 , fils de Jean- Baptiste Treilhard , qui fut membre de la Convention , puis président du Conseil des Cinq-Cents , membre du Directoire et du Conseil d'Etat, enfin ministre d'Etat, mort en 1810.

Entré de bonne heure dans la carrière des armes, la bravoure du jeune Treilhard le fit passer rapidement par tous les grades : Il était déjà général avant le 18 brumaire, et commanda une brigade qui se distingua par plusieurs charges vigoureuses aux combats de Nuremberg et de Neunkircheu , livrés parle maréchal Augereau , les 18 et 21 décembre 1800. Treilhard se signala plusieurs fois dans les campagnes de 1805 et 1806; se trouva au combat de Pultusk, livré contre les Russes par le maréchal Lannes, le 26 décembre 1806, donna des preuves de courage à la téte de sa cavalerie légère , fut blessé , reçut le 30 du même mois le grade de lieutenant-général, et peu après des lettres de Baron. En 1807 et 1809, le général Treilhard servit avec une é^ale distinction en Pologne et en Autriche , passa en Espagne et fut

souvent aui prises avec l'ennemi jusqu'à l'évacuation de la Péninsule.

Le 21 juillet 1810 , à l'attaque du fort de la Conception défendu par l'armée Anglo-Portugaise, il commandait une division de cavalerie légère sous les ordres du duc d'Elchingen. 11 livra au général Crawfurl un Combat sanglant sur le plateau du fort, dans le but de rejeter l'ennemi dans Alméida ; mais il ne put y parvenir et Crawfurl effectua sa retraite par la route d'Alvéara après avoir fait sauter le fort. Ayant ensuite tourné le village de Val-de-la-Mula , pendant que le général Simon l'attaquait , il débusqua l'ennemi qui occupait la rive gauche du Turon et repoussa six cents cavaliers placés sur la route d' Alméida. L'ennemi revint avec du renfort et fut repoussé de nouveau par les trois régiments de Treilhard qui occupa la rive gauche du ravin entre Val-de-la- Mula et Alméida.

Le 16 février 1812 il battit Morillo qui dans la Haute-Estramadure s'était avancé avec deux mille hommes jusqu'aux portes d'Almagro , dans la Hanche , et le poursuivit avec vigueur pendant plusieurs jours.

Le 10 août de la même année il eut à se mesurer avec l'armée de Wellington, d'abord sur les routes de Galapagar, Torrela-Dones et Colmenar, puis à Majalahooda où l'ennemi , soutenu par quatre pièces en batterie, occupait une position avantageuse. Au reçu des ordres du roi Joseph , Treilhard sans attendre le renfort d'une brigade d'infanterie et de six pièces de canon qui devaient le soutenir, partit avec sa Division, impatiente de combattre les troupes anglaises. Le treizième, soutenu par le dixhuitième dragons ayant à sa tête le colonel Reizet , eurent promplement enlevé trois pièces de canon. De nombreux escadrons ennemis chargèrent aussitôt pour les reprendre ; trois fois la brigade fut repoussée et trois fois elle retourna à la charge. Accablée par le nombre, elle allait se retirer lorsque les deux premiers escadrons de la seconde brigade ayant chargé , culbutèrent l'ennemi. Mais sur les hauteurs qui do-

mineot Las Uosas plusieurs escadrons réunis les forcèrent à la retraite. La seconde ligne de bataille, composée des 19" et 22* dragons et des dragons Napoléon qui formaient la réserve sous les ordres du général Schasetti, se mit alors en fit une charge vigoureuse et succès complet.

Indépendamment des trois pièces d'artillerie enlevées par la première brigade et que la seconde empôcba d'être reprises, de nombreux bagages et plus de deux cents chevaux tombèrent au pouvoir de la Division Treilhard ; deux lieutenants-colonels blessés avec une soixantaine de prisonniers forent ramenés an quartier-général. Un officier supérieur et plus de cent cinquante anglais et portugais restèrent sur le champ de bataille; enfin, la perte de l'ennemi fut estimée à sept ou huit cents hommes.

Ce combat de cavalerie est un des plus beaux et des plus extraordinaires qui aient eu lieu , tant par la valeur que par l'acharnement qu'on y montra des deux côtés.

Mais ce succès n'empêcha pas les troupes françaises, trop peu nombreuses , d'abandonner Majalahonda.

Au commencement de 1814 , le général Treilhard ayant reçu l'ordre de ramener sa division en France, arriva le 16 février à Guignes où Napoléon l'attendait pour reprendre l'offensive sur la grande armée des alliés. Le même général contribua le lendemain au succès du combat de Nangis et se distingua en plusieurs occasions dans la campagne de France. Nommé comte et chevalier de St. Louis par Louis XVIII, le 8 juillet 1814 , Treilhard n'en demeura pas moins attaché à l'Empereur. Il commandait à Belle-Isle-en-Mer au retour de l'île d'Elbe , et s'empressa de se réunir aux militaires , chefs et soldats qui étaient sous ses ordres , pour exprimer par une adresse en date du 23 mars 1815, la satisfaction qu'il éprouvait du retour triomphant de Napoléon.

Depuis le retour de Louis XVIII à la seconde restauration, Treilhard a vécu dans la retraite la plus absolue.

Galerie des contemporains , VIII, 383. — Estai sur l'Histoire ds Long w y, 183. — Biographie no«- XX, 68, swq.

VALLASTER , né à Bambi-

derstroff, canton moderne de Fauquemont, au Luxembourg français, sculpteur èn bois, florissait en 1770 où il a orné l'Intérieur de la cathédrale de Strasbourg d'ouvrages très remarquables.

Notes administratives.

VAUX , Thierry, baron de, Feldzengmeister, conseiller intime, vice-directeur du corps du génie et propriétaire du 25' régiment de ligne, originaire d'i

branche collatérale de l'antique famille normande des comtes de Vaux , est né à Petit-Failly , le 4 juin 1748. Après l'achèvement de ses études il entra à l'école militaire de Sedan ; et plus tard (20 septembre 1768) , par l'entremise du duc Charles de Lorraine , il fut admis dans le génie autrichien, en qualité de cadet.

Dix ans après il passa premier lieutenant dans cette arme. Telle courte et telle vide d'événements que fut la guerre pour la succession de Bavière , de Vaux

trouva l'occasion d'y mettre ses connaissances en évidence. Il dirigea la construction des retranchements depuis Heidenpiltscb jusque Nen-Cieschdorf et accompagna en tonte occasion , comme volontaire le feldmaréchal-lieutenant marquis Botta contre l'ennemi. Au combat de Mœskirch , le 26 novembre , il rassembla sur l'ordre du lie □ ten a nt-feld maréchal Stain les soldats qui fuyaient hors de la mêlée et empêcha par la bonne disposition qu'il sut leur donner, tont progrès ultérieur de la part des Prussiens qui s'efforcèrent en vain pendant tont l'hiver, d'entamer sur un point quelconque les retranchements que de Vaux avait établis d'une manière très avantageuse sur tout le terrain entre Mœskirch et Zuckmantel. Après le traité de paix signé, de Vaux fnt nommé lieutenant-capitaine en récompense de ses éclatants services en cette circonstance, et employé à la construction de la forteresse de Theresicnstadt, d'où il rejoignit en 1788 , avant la guerre de Turquie, le corps d'armée du général de cavalerie comte Charles de Lichtenstein en Croatie.

Sous les ordres du colonel de génie de Lauer, de Vaux ouvrit pendant la nuit du 20 au 21 avril la première parallèle devant Tuerkisch-Dubicza , fit les plans d'une grande partie des travaux d'attaque et de défense que l'armée d'Autriche entreprit jusqu'à sa première retraite, et les exécuta avec une infatigable activité. Lorsque le feldmarécbal Loudon prit le commandement des troupes croates et s'avança de nouveau pour assiéger Dubicza , de Vaux lui rendit derechef des services signalés et se distingua principalement le 22 août par l'intrépidité avec laquelle il construisit un chemin couvert au pied même de la brèche : Pendant ce périlleux travail une balle vint loi fracasser le bras droit et le mit ainsi hors de combat. Cependant nous le retrouvons dès le mois de mai 1789 au siège de Berbir où avec son zèle accoutumé il dirigea les ouvrages et accé-

léra de beaucoup la reddition de la place. Employé au siège de Belgrade il y obtint des succès non moins brillants: En effet , il offrit d'achever pendant la nuit de 1" au 2 octobre la construction d'un ouvrage important et fermé près de l'aile gauche de la tranchée. Bien que ce travail fût exposé à une très vive

en était très-peu éloigné il avançait promptement, et il était près d'en terminer la couverture lorsqu'une balle vint de nouveau l'atteindre au bru droit. Saisissant aussitôt l'épée de ta main gauche il ramena au travail les ouvriers qui fuyaient et n'abandonna son dangereux poste que lorsque la grande perte de sang et l'ordre précis du colonel de Lauer l'y forcèrent Cette action héroïque lui valut ta croix de Marie-Thérèse et des lettres de baron qu'il obtint en 1792. L'année suivante il dirigea les travaux du siège de Czettin.

Au commencement de la guerre de la révolution française il fut appelé à Tarmée. Grièvement y essé devant Thionville, le 5 septembre, il resta incapable de tout service militaire jusqu'au mois de décembre où il alla fortifier les points stratégiques près de Trêves entre ta Sarre et la Moselle; employé ensuite an blocus de Valenciennes il contribua glorieusement au succès de Tassant tenté le 25 juillet au soir contre les avant-forts: il taisait partie de la seconde colonne principale sons le commandement du général baron Wenkheim. Ses services ne forent pas moins importants au siège du Quesnoy après qu'il eut assisté aux combats de Saultin , aux batailles de Famars et de Waltignies ainsi qu'au blocas de Maubeuge. Passé lieutenantrcolonel an mois d'août , il reçut l'ordre d'aller visiter les environs de Nienport , de fixer les meilleurs pointa pour y établir des ouvrages et des écluses, de trouver aoe ligne pouvant servir à couvrir les provinces de la Flandre occidentale depuis Ypres par Nienport jusqu'à ta mer , et finalement de mettre cette dernière viUs

ainsi qu'Ostende en état de défense. A son retour de cette commission de Vaux assista à l'assaut da camp français près de Landrecies et la Sumbre , comme an siège de cette forteresse, et fat beaucoup employé pendant les batailles de Cbarleroi et de Fleuras. Après la malheureuse issue de cette dernière il se rendit à Joliers , par ordre da Prince de Saxe-€oboarg, pour s'assurer de l'état de cette ville , et fut plus tard placé sous la division du doc d'Yorek. Lorsqu'après un repos assez long ta guerre se ralluma au commencement de l'automne 1795 , de Vaui reçut l'ordre de quitter le quartier-général de Limbourg pour se rendre à Neuwied où il attaqua la tète du pont que les Français y avaient construit. Les dispositions qu'il prit pour exécuter cette commission furent tellement avantageuses que l'ennemi abandonna avec précipitation et dans le pins grand désordre pendant la nuit du 31 octobre au premier novembre ses retranchements et détruisit le pont de bateaux entre ces oavrages et l'Ile de Neuwied : Un colonel , 24 officiers et 682 soldats , qui s'étaient attardés dans la fuite, furent faits prisonniers. Après le succès de ce fait d'armes il alla visiter la forteresse d'Ebrenbreitstein et se rendit de là au quartier-général à Mayence. Pendant le siège de Mannhcim qui suivit de près , de Vaux mit de nouveau au Jour les connaissances étendues qu'il avait dans sa spécialité et la justesse de son eoup d'oeil que déjà il avait d'ailleurs eu tant d'occasion de démontrer.

Les batteries construites d'après ses conseils sur la digue du Rhin ainsi que sur les anciennes tranchées , de concert avec les obusiers placés dans les parallèles, ouvrirent le 20 novembre un feu tellement bien dirigé contre la ville que déjà le 23 la garnison qui se composait d'environ 9000 hommes capitula. Sur Tordre de l'archiduc Charles , de Vaux traça ensuite et acheva le camp retranché de Mayence sur les hauteurs entre Hœchstheim et Laubenbeim. Nommé colonel au mois

de mai, il assista au combat près de Bopfingeu , mit la ville d'Iogolstadt en état de défense et entreprit , de concert avec le colonel du génie de Sxcreday , la direction du siège de Kebl. Le corps «fatlaque de cette place dut à sa parfaite connaissance des lieux et à son courage que la sortie que Moreau, le général ennemi tenta de faire avec des forces très considérables pendant la nuit du 22 au 23 novembre , échoua et que l'important village de Suudheim ainsi que le parc d'artillerie avec son laboratoire furent sauvés. Bien qu'il eût reçu une large blessure d'arme à feu en plein visage, de Vaux resta au quartier-général à Korck. , visitant, même avant que sa plaie ne fût cicatrisée et pendant un froid très-vif, presque tous les jours les- tranchées. Le i" janvier , ayant encore la tète enveloppée de bandages , il s'élança à In téte de sa colonne contre les quatre ouvrages de défense placés sur la rive droite Rhin supérieur. Après la chute de Rehl il alla diriger les travaux de siège en avant de la tète du pont de Hueningen dont la prise précipitée débarrassa la rive du Rhin de la présence de l'ennemi. De Vaux reçut à cette occasion la croix de commandeur de l'ordre de Marie-Thérèse. S'étant rendu pour ses propres affaires à Prague et à Vienne , il fut bientôt après chargé de la direction du génie de campagne à l'armée d'Italie et envoyé à Vordernberg.

En vertu d'ordres supérieurs il inspecta ensuite les forteresses de Passau , de Braunau , de Burgbausen ainsi que d'autres points militaires importants, et adressa au gouvernement un rapport sur les résultats de sa visite. Appelé après cela au quartier-général de l'archiduc Charles à Kannstatt il resta auprès de ce prince jusqu'aux commencements de Tannée 1798, s'occupant à fortifier davantage Braunau, Passau et Burghausen.

Comme cela était à prévoir, la paix de Campo-Formio n'eut qu'une courte durée.

La guerre qui recommença en 1799 sans véritable déclaration à cause des exigences

outrées du Directoire français, rappela de Vaux au quartier général de l'archiduc Charles à Heidelberg. Au mois de novembre il fut Dominé général-major, et commandé après la bataille d'Engen par le feldzeugmeister Kray pour Dooauwœrth et Neubourg où il fut chargé de défendre avec sept bataillons et quatre escadron* ce point important ainsi que les magasins qui y étaient réunis contre les courses des ennemis. Bien qu'il repoussât avec force les attaques et les tentatives de passage que les Français entreprirent près de Dooauwœrth, les 16 et 19 juin, il fut forcé de battre en retraite sur Ingolstadt, pendant la nuit de ce dernier jour, parce que Moreau ayant passé le Danube près de Dillingco et de Hocfastœtten , pouvait facilement envelopper la faible division autrichienne près de Donaowœrth. Après avoir mis le 22 juin sa brigade en garnisou dans la forteresse d'ingolstadt qu'il avait atteint sans éprouver de perte , de Vaux se rendit au quartier-général d'où, dès le 5 juillet, il fut envoyé sur l'inn supérieure et la Salxe avec la charge de fortifier les principaux gués de ces rivières, et construisit la tête do pont près de Muebldorf , ouvrage très important à cause des nombreux accidents du terrain. Il en éleva un autre près de Kraybourg et conseilla à bâtir des ouvrages près de Rosenheim, Wasserbourg, Neu-Oetting, Marktl, Borghausen, Dittmaning, Wildshut, Lauffen et Uberacker. Comme entretemps un corps considérable de troupes avait été réuni sous le commandement du lieulenanl-feldmaréchat prince de Reuss pour défendre le Tyrol, de Vaux reçut et exécuta l'ordre de fortifier les passages ainsi que les points stratégiques de ce pays. Peu de semaines plus tard une estafette lui apporta le brevet de Directeur du génie de campagne de l'armée d'Allemagne. Il prit part k la bataille de Hobeolinden.

Il était occupé aux fortifications de Vienne l'orsqu'an mois de décembre, après le traité de Lunéville, il fut attaché au bureau principal du génie et placé à la

suite de l'archiduc Jean, qui était directeur général de cette arme. L'année suivante il accompagna ce prince pendant son voyage militaire en Tyrol, le pays de Venise, celui de Rrain et en Carinthie. A l'irruption de la guerre de 1805 de Vaux entreprit la Direction du génie de campagne attaché à l'armée d'Italie , et dressa le plan de fortification des deux points importants de l'hermitage de Flitscb et de Chiusa-Venela. Mais comme les événements malheureux qui se déroulèrent en Allemagne rendirent ces postes insoutenables, les ouvrages commencés et qui étaient poussés avec activité, restèrent inachevés. 11 fortifia ensuite Prewald et se rendit peu de temps après k Carlstadt, où il fit cesser les travaux qui y étaient commencés parce qu'ils ne pouvaient devenir d'aucune utilité et ordonna d'en transférer les canons ainsi que les munitions à Sissek. Il attendit à Gross- Szigeth l'arrivée de toutes les divisions du génie, des mineurs et du corps de sapeurs qui revenaient du Tyrol, et envoya de la an quartier-général de l'archiduc Charles à Kcermend son rapport, que ce prince lui avait demandé, touchant la possibilité de la défense des citadelles de Raab, Ofen, Essegg, Peterwaradin, Brood et Gradiska. La paix de Presbourg ramena de Vaux à Vienne, d'où il accompagna l'archiduc Jean pendant son voyage en Autriche et en Styrie.

Le 31 décembre 1806 de Vaux fut nommé propriétaire du 45" régiment de ligne; le 2 mai 1807 lieutenant-feldroaréchal et au mois de février 1809 vice-directeur général du génie. Pendant la même année il fut fait prisonnier de guerre à la remise de Vienne. Rendu à la liberté sur sa parole d'honneur, il fut peu de temps après échangé contre Kinkel, lieutenantgénéral badois et après la conclusion de la paix chargé en qualité de commissaire autrichien de la réception de la capitale des mains du lieutenant-général français Andreossy. L'année suivante de Vaux alla inspecter avec le lieutenant-feldmaréchal baron Duka les points fortifiés d'Autriche

et de Styrie et obtint le 25* régiment d'infanterie en échange du 45' qui Tenait d'être licencié.

En septembre 1813 de Vaux fat promu an rang de feld-zeugraeister et au mois de juin 1817 l'empereur le nomma son conseiller intime effectif. Il est mort le 4 avril 1820 à Vienne, des suites d'une maladie longue et douloureuse d'épuisement, après avoir servi avec fidélité et on zèle infatigable sons quatre souverains successifs et pendant au-delà d'un demi-siècle. Au nombre des importantes compositions qu'on lui doit on peut citer surtout les mémoires dans lesquels il démontre l'importance de la forteresse de Komorn et développe ses vues sur les moyens de la rendre encore plus forte: Les ouvrages qui avaient été commencés en 1809 en grande partie sur ses plans et par le lieu tenaot-fold maréchal Chasteler, lesquels il continua en personne et qui furent enfin achevés par le général Dedovich, ont déjà, pendant la première année de leur existence après la bataille de Raab , rendu les services les plus importants ; et les événements de ces derniers temps ont de plus en plus prouvé la justesse du jugement de cet ingénieur aussi habile qu'expérimenté, lorsqu'il désignait Komorn comme une des places fortes principales de l'empire d'Autriche.

HirmirtL», Der Militer Mari* Tlere«ie»-Or<Un, I, 201 «t «78 .qq4, II. I75Ï et 174«.

VECRAI, Don André, né à Clause près de Clermont, ancien fief Iimbourgeois, entra à l'abbaye deMalmédy. Ce religieux, fort savant , était un industriel distingué : il établit et dirigea une papeterie célèbre et une belle cartoonerie à Bfalmédy. Ses cartons surtout , d'une qualité supérieure, étaient destinés à presser les draps. Don Vecrai , qui avait beaucoup voyagé pour se perfectionner, est mort en 1767.

C» •* Bic »t L.t*«, Biographie liégeoise, II,

VILLATTE , Eugène-Casimir , comte d' Outremont, est né à Longwy, le 14 avril 1770. Il débuta dans la carrière des

armes en qualité de sous-lieutenant au régiment de Bourbonnais, infanterie ; fit avec distinction les premières campagnes de la révolution j fut aide-de-camp de Bernadotte et parvint rapidement au grade de colonel. Nommé général de Brigade le 29 août 1803, commandant de la Légion d'honneur le 14 janvier 1804, et général de Division le 21 février 1807 à la suite de la bataille d'Eylau , il dut ce dernier grade aux services qu'il avait rendus pendant les campagnes de 1805 et 1806. Le 2 juin 1807 il contribua à la glorieuse défense de la redoute de Spanden , soutint le général Frère qui combattait à la téte d'un pont avec le 27" d'infanterie légère et fut chargé de prendre l'ennemi en flanc. 11 se distingua avec sa Division à la bataille de Fricdland et au combat de Wehlau qui précédèrent la paix de Tilsit.

Le général Villatte contribua le 31 octobre 1808 en Espagne, à la défaite de l'avant-garde du général Blacke qui défendait les hauteurs de Durango, ainsi qu'à la prise de Bilbao, que le général espagnol fut contraint d'évacuer en désordre. Quelques jours après, sa Division décida la victoire à Espinosa del Rey et se distingua encore à la Santa-Maria-del-Campo , de même qu'à Somo-Sierra.

A la prise de Madrid il emporta par escalade, le 3 décembre, l'établissement royal de Retiro, força la porte d'Alcala et successivement tous les postes retranchés qu'on avait établis dans son enceinte.

A Udès sa division s'étant avancée droit à l'ennemi, le 13 janvier 1809, pendant que le duc de Bellune tournait les Espagnols par Alcazar avec la Division Ruflin, elle attaqua et battit le corps d'armée commandé par le duc de l'Infantado qui défendait la position et la ville d'Uclès et lui fit dix-huit mille prisonniers , dont deux généraux, sept colonels, vingt lieutenantscolonels, trois cents officiers , etc. La prise de trente drapeaux et de toute l'artillerie complétèrent le succès de cette journée. Le général Villatte eut la plus grande gloire à cette victoire.

Le 16 mars il chassa les Espagnols de Val-de-Ramas, remonta le Sbor et poursoiTit l'ennemi de position en position , de rocher en rocher.

Le 28 il décida, à la tête de ses troupes, la sanglante victoire de Médellin et mérita en cette circonstance de nouveaux éloges du duc de Belluoe.

Le 28 juillet, le comte Villalte ût dos prodiges de valeur à la bataille de Tallaverade-la-Reyna.

Le 4 mars 1811, veille de la bataille de Chiclana , l'ennemi ayant opéré un débarquement près des lignes de Santi-Pétri, Villalte ordonna de la nuit h ses troupes de marcher contre lui et le culbuta complètement ; un drapeau, trente-six officiers, dont trois colonels, quatre cent cinquanteneuf sous-officiers et soldats faits prisonniers, deux cents hommes noyés et plus de cent tués furent les résultats de cette attaque.

Le 5 mars 1811 le général Villalte fut grièvement blessé à Chiclana où des forces triples semblaient devoir écraser les français. Une brigade de sa Division commença l'action , culbuta les Espagnols , leur tua plusieurs centaines d'hommes et détruisit leurs ouvrages commencés à la téte du pont de Santi-Pétri.

Le 26 mai 1812 il était près de Salamanque où il soutint avec six bataillons d'infanterie du 27# léger, des 63* et 94* de ligne et 300 dragons du 12' les attaques et les charges que réitérèrent plusieurs fois sur lui dans la journée huit mille hommes de cavalerie anglaise.

A la défaite de Vittoria il combattit avec succès le général anglais Hill ; mais il ne put proGler de ces succès à cause du désordre qui se mil dans l'armée. Cependant il sut maintenir ses troupes , se retira en boa ordre devant un ennemi qui lui était de beaucoup supérieur et soutint ainsi la retraite jusqu'à Salvatierra.

Pendant les campagnes de 1812 et 13, le général Villalte commandait le corps de réserve des Pyrénées , sur la Bidassoa. Le 25 juillet 1813 , l'armée française sous

les ordres du duc de Dalmatie ayant repris l'offensive, le général Villalte fut chargé de contenir l'ennemi avec seiie mille hommes sur la Basse-Bidassoa. Le 31 août il passa au gué cette rivière vert Bériatu et fit avec le général Reille des efforts inouïs, maïs inutiles pour enlever la gauche des positions de l'ennemi en avant d'Iran et pour se rapprocher de Saint-Sébastien qu'on avait l'intention de débloquer. Cependant une partie de sa Division gravit la montagne des Trois- Conronnes où était le camp ennemi , et y mit le feu.

Lors du passage du Bidassoa par les Anglais, le 8 octobre 1813, le général Villatte campé sur les hauteurs d'Ascain, à une lieue de Bayonnette, passa la Nive pour se porter au secours de la Division du général Tanpin assailli dans cette redoute et vivement mené par vingt mille ennemis. Cette division soutenue par la réserve du général Villatte put se reformer en arrière de la Nive, et les deux corps se maintinrent dans leur position jusqu'au mouvement que fit l'armée pour aller en prendre une nouvelle en avant de Bayonne.

Villatte avait été blessé à l'affaire de Bessussary sur la Nive, le 10 décembre. Il combattit à Orthez et à Toulouse , les 27 février et 10 avril 1814, et rendit en ces deux occasions des services signalés.

A la première restauration, Louis XVIII nomma le général Villatte chevalier de St. Louis, le 2 juin 1814, et inspecteur-général d'infanterie dans les 1 1* et 20* Divisions militaires. En 1815 à la seconde restauration, Villatte commandait les troupes françaises à Paris et avait toute la gendarmerie sous ses ordres. On le nomma membre du Conseil de guerre qui devait juger le maréchal Ney ; mais ce Conseil se déclara incompétent. En 1816 il passa au commandement de la 4" Division militaire à Nancy, et le 17 décembre 1818 à celui de la deuxième, à Chalons. Décoré du grand cordon de l'Ordre royal de ht Légion d'honneur le 20 septembre 1820, commandeur de l'ordre militaire de St. Louis

au mois d'août 1823, ce général commandait depuis le mois de janvier 1820 la 3* Division militaire lorsque la révolution de juillet éclata. Villatte n'ayant pas voulu adhérer au gouvernement de Louis-Philippe, fut mis h la retraite et alla passer le reste de ses jours a sa campagne près de Nancy. Il était aussi commandeur grand-croix de l'Ordre de l'épée, grand-croix de celui de Charles-Frédéric et chevalier de la couronne de Fer.

Le général Villatte est auteur d'un petit ouvrage qui a pour titre : Voyage du Roi à Metz; relation militaire. 1828, in-8"; 43 pages ; Metz , Verronnais.

■àci>, Biographie de la MoeeJle, IV, 401, aqqq.

— Hietoire de Longwy, 187, iq. — Table* du Mo- •Jtcor, de 1800 à. 1814. — Dictionnaire de* Gènenu franealt. — Dietioooaire de Bataille*. — Victoire* et Comète, de. Fraacab. XVII à XXVI.

— Bioffraphia dm Uwcs vifMto, V.

VILLATTE, François- Jean , ou Jean- François, était frère d'Eugène- Casimir qni précède. Il est né à Longwy, le 5 septembre 1785. Elevé à l'école militaire de Fontainebleau il entra en 1805 au 5* régiment d'infanterie légère en qualité de sous-lieutenant; passa ensuite lieutenant au 95* de ligne et, en 1807, aide-de-camp de son frère qu'il a peu quitté depuis et dont il a partagé les périls , les fatigues •t les dangers.

Il a obtenu sur le champ de bataille les grades de capitaine, de chef de bataillon et de lieutenant-colonel.

Il a rempli les fonctions de chef d'élalmajor de la 15* Division militaire; fut ensuite employé en la même qualité à une des Divisions de l'armée d'Espagne sous les ordres du Dauphin et avec le grade de colonel que le roi venait de lui conférer. Au mois de novembre 1823 il fut nommé chef d'état-major-général de la 3* Division militaire à Metz et mourut le 8 mai 1829, à Nancy, des suites d'une blessure affreuse qu'il avait reçue en 1813, en avant de Bayonne , et dont il ne pat jamais guérir.

François-Jean Villatte était officier de l'Ordre royol de la Légion d'bonnenr,

chevalier de St. Lonis, de Charles III, de St. Ferdinand d'Espagne et dn mérite militaire de Charles-Frédéric.

Etiai sur IHiateire de Lonfwy, 107, aq. — Bleu, Biographie de la Motel le, IV, 48.

V1SHES , Louis-Jacob de, est né à Montmédy vers l'année 1705 et dirigea ses études et ses travaux vers les antiquités ecclésiastiques : il s'occupa surtout de la liturgie et du culte. On a de lui : f*. Office de St. Charles; Paris, 1768; in-12. — 2*. Office de Jésus-Christ enseignant ; Paris , 1764 ; in-12. — 3*. Propre des religieuses de la Madelaine de Traioel; Paris, in-12°. — 4°. Propre de Saint-Germain l'Anxerrois; Paris, in-12. — 5".

Propre de St. Josse; Paris, in-12. — 6°. Propre de St. Jean en Grève ; Paris, in-12. — 7'. Propre de St. Landry ; in-12.

Le père Vismes est mort le 7 octobre 1753, à l'âge de 48 ans.

De Fille*. Dictionnaire hiatariajae ; (applrmrnt, liU. V. — Histoire ecclèaiailiqae, civile et littéraire do Département de» Ardennea. — LeetY, Annale* d'YTOU-Carigaan, 415, iq.

V01AKT, Jacques-Philippe , est né à Longwy, vers le milieu du dix-huitième siècle. Son père, employé alors dans l'administration des vivres , et depuis contrôleur-général des fermes, ne fit faire à sou fils que des études faibles, parce qu'il le destinait à son administration. C'est ainsi que Jacques-Philippe Voïart passa nne partie de sa vie aux armées , fut longtemps garde-militaire dans les vivres et ent pendant la révolution l'entreprise de la fourniture des Invalides. Il exerçait ce dernier emploi lorsqu'au plus fort de la Terreur il fut enfermé avec son épouse dans les caves de cet hôtel d'où ils n'échappèrent qne par hazard.

Voïart avait reçu de la nature le goût des beaux-arts et de la poésie. Dès ses plus jeunes années il dessinait, peignait la miniature, faisait des vers et composait de petits ouvrages en prose. La révolution vint interrompre ces occupations agréable» qu'il ne reprit qu'en 1815, époque à la-

quelle la paix le rendit aux muses. Devenu en 1820 l'un des fondateurs de la Société linéenne de Paris , il fut attaché au Bureau de cette Société en qualité de trésorier et publia entr'autres ouvrages les suivants : jf°. Entretiens sur la théorie de la peinture; 1820, in-12. — 2». Cboisy. Epitre en vers à mon ami; Paris, 1829, in-8\

Ami du célèbre médecin Alibert, Voïart Ta aidé dans la rédaction de quelques-uns de ses ouvrages. Il a été le père de la gracieuse madame Tas tu, et doit être mort depuis nne dixaine d'années.

Bac,., Bioer.pl.ie de U Moeelle. IV, 467, »q.

WAGNAIR DE MAR1SY, Frédérie- Christophe-Henri-Pierre-Claude , est né le 11 juillet 1764, à Kédange, canton moderne de Metzerwisse , suivant Viville et Verronnais ; à Altropp ou AltrolT, même canton, suivant Bégin. Il était fils de Michel Wagnair, notaire à Kédange, et d'Elisabeth de Marisy.

Frédéric Wagnair entra de bonne heure au service militaire. Cadet au régiment de Conflans, hussards, en 1779, sous-lieutenant le 2 janvier 1784, lieutenant le 27 mai 1788, capitaine le 29 avril 1792, chef d'escadron le 4 octobre 1793, il devint colonel du septième hussards le 1er messidor au II (19 juin 1794).

Nommé général de brigade le 12 floréal an XI (2 mai 1803), Frédéric Wagnair n'avait cessé jusqu'alors de mener une vie militaire fort active et de se signaler par des actes de bravoure. Le 14 messidor an II entrautres, sur la hauteur de Martinzée, il dégagea le lieutenant Thumelain, entouré de dix à douze cavaliers prussiens, après avoir sabré et mis cette troupe en fuite.

Il avait fait toutes les campagnes de la République (1792 à 1812) ; avait reçu trois coups de sabre dans l'affaire de Lopfuigen, le 24 thermidor an IV, et avait eu un cheval tué sous lui le 26 vendémiaire de la môme année au combat de Villingen. Il avait été fait commandant de la Légion d'honneur à la première promotion, le 25 prairial an XII (14 juin 1804).

Le général Wagnair est mort célibataire à Talaveyra à l'armée d'Espagne, le 2 janvier 1812.

Bac», BUfraphie de la Moiclle, IV, 371, aqf. — VinaoMAis . Statistique historique da Départe ment de la Motrlle. 9 et Ï04. - Vivilm, Dietiaa- ■aire du département de la MoaeUe, II, S14.

Walbam de Luxembourg» Ligny; v.

LUXEMBOURG-LIGNY, Walram de.

WANDELBERT, Wandelbertus , religieux de l'abbaye de Prum, florissait vers l'année 839. U a écrit en vers un Martyrologe que Molanus a publié, ainsi qu'une vie de St Goar, qu'il dédia a l'abbé Marquard (v. son art.).

t. STaaaaiac. MelropoIU Ecdesbe Trcvcrira, I.

72, et 464.

WENDEL, François de, né à Cbarleville, le 20 février 1778, est mort à Metz, le 11 mars 1825. Officier de la Légion d'honneur et chevalier de Saint- Louis, François de Wcndel occupait les fonctions d'Inspecteur-Géuéral des gardes nationales du Département de la Moselle. Propriétaire des forges de Ilayange, il s'est reodo célèbre comme industriel , en changeant entièrement l'ancien mode de fabrication du gros fer , ainsi que des fers platines el fendus.

Vaaaonaai*. Slatitlique niatarique de la MoaeUe,

WIBALDE, Wiebolde ou Guibalde, né dans la Lorraine ardennaise, pays de

.Stavelot, comme il le dit lai-même dans une de ses lettres , appartenait à une famille noble que quelques auteur* nomment du Pré, a Prato ou a Pratis. Il avait deux frères et une sœur qui tous trois entrèrent eu religion comme lui.

Confié dès sa plus tendre enfance a l'éducation des moines, comme cela était généralement la coutume à cette époque dans les bonnes familles, il apprit à l'abbaye de Stavelot la Religion, la Grammaire ainsi que la Rhétorique sous Reinard , il fit des progrès rapides dans ces branches, au point qu'il résolut de passer ensuite à Liège afin d'étudier la Dialectique, l'Arithmétique, la Géométrie et l'Astronomie, sciences dans lesquelles il acquit bientôt la réputation d'un génie du premier ordre: En effet, les sciences les plus abstraites u'étaient plus qu'nn jeu pour lui, et elles n'avaient point de subtilité qui échappât à sa pénétration.

A la fin de ses cours il résolut d'entrer en religion et choisit pour cela l'abbaye de Vaossor près de Oinaut, où il fut chargé de la direction des écoles. Cependant sa réputation avait volé partout, et l'abbaye de Stavelot où il avait passé ses premières années désira à le revoir. Après plusieurs négociations il y retourna et fut élu abbé de ce monastère vers la ûn d'octobre 1130, après le décès de l'abbé Jean de Reuland.

Aussitôt Wibalde se mit en devoir de remettre en ordre la discipline et le temporel de cette maison , et il y avait déjà réussi en grande partie lorsque l'Empereur Lothaire, étant venu le visiter à son retour d'une diète qu'il avait tenue à Liège, conçut pour lui une telle estime qu'il lu nomma son ministre et l'envoya en Italie à la tête d'une armée pour soutenir le pape Innocent II. Il fut ensuite chargé du commandement des flottes impériales dans la Méditerrannée (1137) et presque en même temps nommé, contre son gré, abbé du Mont-Cassin. Mais il quitta cette maison peu de temps après , afin d'échapper à la vengeance de Roger , roi de Sicile , qui

avait menacé de le faire pendre s'il tombait entre ses mains, et revint à Stavelot en 1138.

Après la mort de Lothaire il contribua beaucoup à faire élire empereur Conrad de Souabe qui eut pour lui la même amitié, et qui le désigna en 1146 abbé de la Nouvelle-Corbie. Il fit partie de la Croisade ordonnée par le pape Eugène III contre les Esclavons, et assista aux Conciles de Rheims et de Trêves au nom du roi Henri le jeune.

L'Empereur Frédéric I lui donna aussi toute sa confiance et l'envoya deux fois en ambassade à Constautinoplc. Il assista au couronnement de ce prince par le pape Adrien VI , et mourut , empoisonné diton , au retour de sa seconde ambassade à Coostantinople , le 18 juin 1158, à Réthulie en Paphlagonie, d'où son corps fut ramené à Stavelot par les soins de son frère Erlebalde qui lui succéda en qualité d'abbé de ce monastère. On lui fit l'épilapue qui suit:

Deo bt ECCLBSIjE WlBALDrs

Qui vixit , non vixit Intbr mortalbs omnium Abbatdm Fblicissimds, Summo PoîrriFici, Impbratori

Et PRINC1PIBUS CHARISSIMUS ,

Extrms corporis hîc dbposuit,

UnIVBRSA POSTER! T ATI

Ob pibtatbm, diligbntiam , Et singularbm zblcm Maximb bt perpktuo commendandus ; tu , qui post bum sbdebis , Fac idbm, bt vivbs.

Ce prélat , d'une prudence parfaite et d'une rare capacité dans les affaires , a laissé cent quarante et une lettres , monument précieux sur l'Histoire de l'Eglise et de l'Allemagne, que Marlène et Durand ont publiées dans l'Amplissima Colleclio veterum monumeotorum , T. II , 153. Swertius cite en outre de lui: f. Une vie de St. Ronifacc; et 5°, une de Ste Walburge , sœur de ce dernier.

Butimst. IV, 48 à 68; 117 k 104. - Im», Saapleseat, i056> ,rt C«*«M. - C" >■ fiic M-Lltvai, Biographie liégeoitc, I, 75, »q. — ConveraatioM-Lexihea, êdit. 1884, XII, SM.-C«c> fin, Eacyclopédie moderne, XXIV, 169. — Haut». llll, Bibliotbrca Coloaîeaata, 565. — MiiTttl et Doaaaa, Collectio anpliaiiaa, II, 155, aqqq. — Biographie anivertrlle, L, 477, tq. — Su-taut», Athenx Belgic* 665.

WIETERSHEIM , Edouard de, ancien ministre d'Etat au royaume de Saxe, est né en 1789 , dit le Conversalions- Lexicon , a Luxembourg , où son père , alors capitaine autrichien , était en garnison : cependant après de minutieuses recherches faites dans les registres de baptême de cette ville , on s'est assuré qu'il n'y est pas inscrit.

Le jeune Edouard de Wietersbeim commença son éducation à Pnch , près de Bitterfeld, bien appartenant à son père ; puis il se rendit a Leipsic pour suivre les cours de droit. Après qu'il eut terminé ses études il fut admis dans les bureaux de l'administration dont il devint bientôt membre. En 1813 il se rangea sous les drapeaux de la Saxe et fit arec le grade d'officier la campagne dite pour l'indépendance. Bien que ses propriétés entrèrent en 1815 sons la domination prussienne , il continua de rester attaché an gouvernement saxon qui le nomma conseiller d'état et de justice effectif, poste qui lai procura une grande influence comme chef du corde dit Voigtland, mais surtout de celui des mines, dans lequel dernier il sut de préférence montrer ses connaissances approfondies en fait d'arts et de manufactures.

Après la retraite d'Einsiedel , en 1830, Wietersheim lui succéda en qualité de directeur de la chambre de commerce , et lorsque ce corps fut dissous il fut nommé président de la commission générale attachée au ministère de l'intérieur. Comme commissaire du gouvernement près de la diète constitutionnelle depuis 1831 , il fit en plus d'une circonstance preuve de beaucoup d'éloquence et d'une expérience très-étendue. En 1835 il fut nommé di-

recteur de cercle à Dresde et chargé en môme temps comme conseiller intime effectif, de la direction d'une division traitant des intérêts commerciaux attachée au ministère de l'intérieur. Dans ces fonctions il mit tout son cèle à faire prospérer tous les genres de l'industrie nationale.

Il entra an ministère en 1840, et fut chargé du porte-feuille des cultes et de l'instruction publique où son administration fut rendue recommandable par la fondation d'une caisse de retraite pour les veuves et les orphelins d'instituteurs protestants, par la création de l'académie royale des sciences de Leipsic , l'annexion de professeurs capables à l'université de la même ville et la publication d'un règlement nouveau pour les écoles supérieures du royaume de Saxe. Après les événements politiques de 1848 il demanda et obtint sa retraite; mais il conserva la surveillance sur les établissements industriels.

Il se retira enfin absolument en 1853 dans la vie privée.

On doit a de Wietersbeim plusieurs ouvrages importants , au nombre desquels nous dénommerons en première ligne:

J°. La Démocratie; Leipsic , 1848; 2*. Des recherches concernant l'archéologie de l'Allemagne ; parmi lesquelles on doit distinguer : S*. Zur Vorgeschichle deutscher Nation; Leipsic, a1 852; etc.

Ca»Tcr«alioa«.Le»caa, «dit. de 1851 j XV. 8*

jsaHiç. 3144.

WOLTER DE NEURBOURG, Benoit- Nicolas , seigneur de Cattenom et antres lieux , maréchal de camp d'infanterie , chevalier de Saint-Louis , est né à Cattenom le 16 juillet 1726, fils de Jean- François de Wolter , conseiller au parlement de Metz , et de Marie-Françoise Desandrouins.

Appelé fort jeune au service militaire, il abandonna sans peine ses prétentions à la toge pour suivre la carrière des armes. Il figura avec honneur dans la guerre de sept ans et se trouvait déjà en 1761 lieu-

de l« compagnie des cent-soisses.

Il reçut le breret de colonel en 1766 et Ait nommé brigadier d'infanterie le 1M mars 1780. Maréchal de camp de la promotion du 1« janvier 1784, il cessa à cette époque de faire partie des centsnisses et se retira même peu de temps après dans ses terre*. Il y rivait tranquille lors des orages qui annoncèrent la révolution, lorsqu'on 1787 les vœux de ses concitoyens le désignèrent comme député de la noblesse à rassemblée provinciale des Trois-Evéchés et do Germontois. Louis XVI confirma ce choix en le

portant à la présidence de l'assemblée du district de ThionTille. Au mois de juillet 1789 le général Wolter fut élu député aux Etats-généraux. Obligé de se tenir caché pendant la Terreur , il rentra dans ses foyers après les troubles de la révolution et mourut à Catteoom le 23 février 1804 , a l'âge de 78 ans.

BtciM, Biofraplu* de la Moselle. IV, 488. — Vmko«mau, SUtiitiqne aUtorioae do Departeauat 4e la Moselle, 69. - Mouti . III, 355 de l'ddilio»

XH ROUET , Joseph, né à Spa, (tarissait vers le milieu du dix-huitième siècle et s'est distingué dans la gravure. Il a exécuté le plan du grand-marché de Liège , de l'Hôtel de ville et de la fontaine qui se trouve en face. Ce pion , qui est inséré dans le premier volume, p. 244, des Délices du Pays de Liège, est admiré par les connaisseurs.

C«- » Bic m Utu, BioCr.Phic

XHROUET, Lambert, oncle du précédent, florissait vers la même époque, c'est-à-dire en 1740. Il fut un des premiers tourneurs de son siècle et est né a Spa. Cet homme étonnant exécutait sur des tours, dont il était l'inventeur, des pièces merveilleuses par leur difficulté et leur finesse. La grande réputation qu'il s'était acquise par la beauté de ses ouvrages se répandit bientôt partout et lui valut l'honneur d'être mandé en 1748 à Vienne et d'y être retenu pendant six mois auprès de l'empereur François Ier. Il avait pris son tour avec lui et donna des leçons de cet art au monarque qui lui fit cadeau d'une belle tabatière en porcelaine de Saxe et de trois médailles d'or.

Il fut aussi appelé à Bruxelles par le duc Charles de Lorraine, qui était également amateur de cet amusement, et séjourna pendant quelque temps à sa cour.

D'autres princes d'Europe voulurent de même l'avoir auprès d'eux et ornèrent leurs cabinets d'ouvrages de ce célèbre artiste. Xbrouet exerçait encore son art à l'âge de soixante-onze ans ; et malgré sa caducité on voyait sortir de son tour des prodiges de goût et de délicatesse.

Cte Bec-ae-Liivae, Biographie Uéçeoi.e, II, 386. HUtoire du P«yi de Liège, II, 331.

XHROUET, Warner, médecin distingué de Spa, est vraisemblablement né dans cette ville. Il est mort en 1740, laissant les quatre ouvrages dont nous allons transcrire les titres : 1°. De trium humorum oculi origine , formatione et nutritione; Liège, 1688 , in 8°: Dans cet ouvrage il s'élève contre la doctrine de Nuck et prétend que les conduits aqueux de celui-ci sont de véritables artères. Il entre dans plusieurs autres détails, tels que sur la structure celluleuse de l'humeur vitrée , l'analyse du crystallin et l'humeur aqueuse, la membrane qui ferme l'iris, etc. Nuck publia une réplique en 1691. —

2°. La connaissance des eaux minérales de Spa, d'Aix-la-Chapelle etdeChaudfontaine, pour leurs véritables principes; Leyden, 1714, in-12: cet ouvrage renferme beaucoup d'observations pour confirmer les vertus de ces eaux. — S". Une traduction française du Spadacrène de Henri de Heers, enrichie de notes savantes ; LaHaye, 1739, in-12: Il y a corrigé les fautes touchant la chimie , et établi par ses ex-

périences l'existence d'un acide, d'un esprit volatile, d'une terre alcaline et du fer dans les eaux de Spa. — 4*. Une analyse sor le soufre , publiée dans le Journal de Trévoux , année 1707. Il prétend, contre le sentiment de Harabert qu'il attaque, que Ton peut obtenir des fleurs de soufre sans aucun mélange d'acide.

CM m Bcom-LUvu. Bi«fr*pkie lirfeoÏM, TL, «87.

Zantflibd , Menghert, Corneille, dit; v. MENGHERS, Corneille.

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