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BETENDORFF VND BEIS: | : | .
Le reste est effacé comme les lettres que nous avons intercallées entre les majuscules.
Yiri fllustres, II,' N« i 7tf. — Renseignements adminbtratilli. — Notes d'études.
FONTAINE, Bertrand, curé à Froidlieu, commune de Sohier au canton de Wellin , a fondé par testaments du 10 et du 16 décembre 1746 trois bourses d'études chacune d'un revenu annuel de cinquante écus du Pays. Ces bourses ont, dans le même acte, été constituées en faveur d'étudiants peu moyennes du pays de Luxembourg on de celui de Stavelot, pour en jouir pendant cinq ans, dont deux en philosophie et trois en théologie.
Elles étaient attachées à la ville de Louvain , une au grand collège , la seconde an petit collège et la troisième à l'institut que le fondateur nomme Standonck.
J. P. KoLTS, Manuel des fondations de boartca d*étude; p. 414» s^q.
FONTAYNE, Joseph -Louis- Mathieu , comte d^Hamoncourt et marquis de la y né vers 1730 au chftteau d'Harnonconrt, canton de Virton , prit le parti des armes sous les drapeaux d'Autriche et parvint successivement au grade de général de cavalerie , propriétaire d'un régiment de cuirassiers , commandant général de la Pologne autrichienne et vice -commandant des ville et forteresse de Vienne. Le général de la Fontayne prit part aux cam-
pagnes qui signalèrent la fin du siècle dernier et celles de la première ^^xaine d'années du courant. Il était aussi chambellan de la cour de Vienne et mourut à Harnoncourt, le 30 juUlet 1816. Il repose dans rëglise de Lamorteau sous une tombe en marbre avec ses armes et une épitaphe qui retrace ses titres.
De la Fontayne-d'Hamonconrt, ancienne maison de Lorraine, porte: d'or, à deux bourdons de sable en sautoir, brisé d'une coquille de même en chef.
IteBseîgnemeiitf officiels et administratifs.
FOULQUES, Ftrfco, religieux et préchantre de Tabbaye de St. Hubert, est cité dans le Cantatorium comme très-habile dans Tenluminure des lettres capitales ainsi que dans la grayure sur bois et sur pierre. Il acquit en outre de la réputation comme sculpteur et comme ciseleur , mais surtout dans la peinture en miniature. Il florissait pendant la première moitié du onzième siècle (1027).
Dk R0BAU1.Z M 800MOT, édition du Cantatoriam oa Chronique de Tabbaye de 8t. Hubert, §. ifi,^<:*« as Bac-au-LiAvaB, Biographie liégeoise, I, 47.
FRANCK , Jean, religieux de Tabbaye d'Echternach, a composé Touvrage suivant :
TfiUTONici JoÀNNis Summa Confessionis fidei, cum commentario Sanct. Raimundi super textum Decretalium et summa Conr fessorum. Cette œuvre , volume in folio , manuscrit sur papier, de Tannée 1200, est conservée à la Bibliothèque de Luxembourg.
Est-il nécessaire de faire observer que dans le titre de ce manuscrit le nom de Tauteur est latinisé en: Joannes Teutonicus , pour Franck ?
Glasb», Catalogne de la Bibliothèque de Loiembourg; 861 et 300«
FRANCK , Pierre-François, est né au village de Villers-la-bonne-ean dans le canton de Sibret, et florissait pendant les deux moitiés du dix-huitième siècle. Il était fils de pierre Franck de Surré et d^Anne Schaack du moulin d'Oeil, les-
quels époux s'étaient établis au village de Yillers-la-bonne-eau.
Pierre-François Franck obtint la prêtrise et devint chanoine du chapitre de St. Vincent à Soignies , province du Hainaut. Nous ne connaissons absolument rien sur ce personnage , si ce n'est la fondation de deux bourses d'étades qu'il constitua sous forme de codicile, par acte re^ çu par le notaire Thilmany de Boulaide , en date du 28 juillet 1767. Ces deux bourses, que nous avons lieu de croire perdues , le fondateur les nommait la petite et la grande.
La première, au capital de quatre cent cinquante écus assis sur des dtmes, devait servir pour l'étude des humanités, pendant cinq ans, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la rhétorique, dans un établissement au choix du boursier.
La seconde , qui était annexée au coK lége d'Arras , à Louvain , avait un capital de quatorze cent soixante treize écus ou 7791 frs., S3 centimes. Le boursier, qui était pensionnaire an collège d'Arras^ payait quarante couronnes ou 232 francs pour sa table. Il devait avoir achevé la rhétorique et pouvoir entrer en philosophie. La durée de la jouissance était fixée à deux ans pour la philosophie , puis cinq ans pour la théologie , ou bien quatre pour la médecine et autant pour le droite suivant que le bénéficier se décidait à l'étude de l'une ou de l'autre de ces trois branches des connaissances humaines.
Les présentateurs sont dénommés ; pour la petite, son neveu, fils de sa sœur; pour la grande, son autre neveu, fils de son frère aîné et leurs descendants.
Le curé temporaire de Villers-la-bonneeau est établi collateur. Les présentateurs, qui sont chargés du placement des capitaux et de la rentrée des revenus , perçoivent respectivement pour chaque présentation un Louis de cinq écus ou 23 frs ; et quarante six francs. Le collateur obtient dans les mêmes cas une couronne (5 frs. 80) pour l'une, et 19 sols (1 fr. 62) pour l'autre.
En reconnaissance da bienfait les boarsiers sont tenus de réciter tontes les semaines le chapelet et le psaame De profundis pour le repos de Fàme du bienfaiteur et de celles de ses parents. Lorsqu'ils sont devenus prêtres ils doivent dire annuellement trois messes , aux jours indiqués, et cela pendant autant d'années qu'iU ont joui du sUpende ; lorsqu'ils obtiennent une cure ou un canonicat ils doivent au bout de trois ans de jouissance de leur bénéfice , verser cinquante écus ou 230 francs pour augmenter la dotation de la petite bourse.
Ces deux bourses sont destinées aux plus proches parents du fondateur , tant du côté paternel que du côté maternel.
A degré égal , le postulant le plus avancé est préféré.
Pour obtenir la grande, le prétendant .doit être en état d'entrer en philosophie.
Si aucun parent ne se trouvait qui fût assez avancé, la grande peut être donnée, mais par moitié seulement, pour les humanités avec permis de fréquenter tel collège qu'on voudra : dans ce cas la moitié restante du revenu de cette grande bourse servira à augmenter le capital de la petite.
Lorsqu'aucun parent ne se présentera, elle sera donnée à un étudiant de la paroisse de Villers-la-bonne-eau , mais seulement pour deux ans de philosophie à Louvain ; et à défaut d'un paroissien, sous la même réserve toujours, au plus pauvre étudiant en rhétorique du collège de Luxembourg.
Finalement, pour pouvoir continuer à toucher les revenus de chacune de ces deux bourses, il faut que les boursiers présentent tous les ans au collateur des certificats d'études assidues et de bonnes vie et mœurs, délivrés par le Directeur de l'établissement ainsi que par le ou les maîtres ou professeurs.
Afin d'établir les droits respectifs à l'obtention des bourses susdites, le fondateur établit sa généalogie comme suit :
Il a un frère, Nicolas, qui lui-même est père d'un fils, Pierre-François, demeurant
à Baschleiden. Il a aussi une sœar, Anne- Harie , épouse de Nicolas Reuter , à Arsdorf, lesquels ont un fils, Jean-Nicolas.
Finalement, il a un autre firëre, Dominique, pour lequel aucune alliance ni aucune postérité ne sont indiquées.
Gomme la date de cette fondation n'est pas ancienne, il sera encore facile aujourd'hui d'établir la filiation entière. Pour les capitaux, il n'y aura certes pas non plus de difficulté bien grande pour s'assurer s'ils sont perdus ou s'ils peuvent être récupérés, ayant été affectés sur hypothèque.
L'acte de fondation même se trouve en l'étude du notaire Arendt, à Wiltz, Protocole Thilmany, année 1767, N"* 1.
Nous nous sommes étendus à cet égard dans l'espoir que si ces Ugnes tombent entre des mains intéressées, on puisse faire les recherches nécessaires afin que les bonnes intentions du fondateur soient rempUes en procurant à une famille entière les moyens de se tirer de la bourbe de l'ignorance.
Protocole da notaire Thilmany* de Bonlaide.
FRANCK, Vincent, né à Yianden, vivait pendant la première moitié du dixseptième siècle. Il avait embrassé l'ordre de St. François. Le manuscrit des Viri illustres porte sur ce zélé religieux le passage suivant qui résume toute sa biographie : « Yincentins Franck Viandanus, Ca- « pucinus, fundator monasteriorum sui or- «dinis Francofurti et Aschaffenburgi ex (( corrogatis a se Eleemosinis, mortuus est «et sepultus in Neuerbourg prope pa- «triam. »
Viri illnttrcf. I, !¥<> 68.— Niriii, Histoire de Vianden, SOS.
François de Luxembourg -Ligny; v.
LUXEMBOURG-LIGNY, François de,
FRANÇOIS , dit d^Yvois, du lieu de sa naissance, est rappelé dans la Biographie de cette ville pour l'ouvrage dont voici le titre : Avertissement ez trois estais du monde sur anciens péchés qui y régnent et de leur prochaine punicion en en suivant
aulcunes prophéties et prognostieations, et déclarant leurs menaces et les comminations qtAe Dieu a fait et démontré par la nais-sance de ung monstre né à Ravenne le 6 mars de Van 1512^ avec la description et figure de ce monstre. Valence, in fol., chez Jean Belon.
Noos n'ayons aucun renseignement ultërienr sur ce personnage.
Db la Haut, AnnAlet ciTÎlefl et reliipentet dHITTou- Carignan, 4i6.— Lacboiz *o Mars, Bibliothèque IraBçai«e, I, 887. — Histoire ecelëtiattiqiie et littënûre da département des Ardeuet; manaicrit
Frédeaic de Neuerbourg; v. NEUER- BOURG, Frédéric, seign. de.
FRÉDÉRIC , né des ducs de Lorraine souche de la maison de Bar, se Yooa dès son enfance à la Tie religieuse au monastère de St. Hubert en Ardenne, où, paraitil, il a fait des études profondes, puisque Ters l'année 929 il fut appelé à Metz pour senrir de conseil à son ncTeu, Adalbéron I, quarante-sixième éyéque de cette église, qu'il aida pendant quelque temps à diriger son diocèse et à y rétablir la discipline. Plus tard Frédéric, plus amateur apparemment de la tranquillité du cloître que de l'agitation de la cour et des tracasseries dans les affaires publiques, se retira de nouyeau à l'abbaye de Gorze oii florissait alors une régularité extrême, et se liyra sans partage à la prière ainsi qu'aux exigences de la règle qu'il ayait embrassée.
Il y deyint préyôt ou bien prieur. Hais il ne demeura pas longtemps dans ce monastère, car Hildrarde , onzième abbé de St. Hubert étant mort yers 936, les religieux rélurent pour leur abbé et yinrent le supplier de reyenir parmi eux afin de les diriger dans les yoies du salut. L'éyéque Richard de Liège joignit ses instances à celles des moines et panrint enfin à yaincre
la répugnance de Frédéric pour le commandement : il retourna donc dans le monastère 011 il ayait prononcé ses yœux et le gouyerna, disent les annalistes, ayec une douceur exemplaire, mêlée à cette force de caractère qui conyient si bien pour maintenir dans une communauté nombreuse l'esprit de discipline si nécessaire afin de conserrer et d'affermir l'obseryance religieuse. L'abbé Frédéric fit reconstruire les murs d'enceinte de son abbaye et les flanqua de tours.
Inyité par l'abbé de St. Haximin à yenir assister à la consécration de la nouyelle église de ce monastère , parce que l'ancienne ayait été détruite par un coup de foudre, Frédéric se rendit à Trèyes en 942.
Il y tomba malade, mourut dix jours après la cérémonie et fat le premier mort qui a été inhumé dans cette église neuye.
BBanoLBT, n, 587 ; et P. J. XIV. — Di Roiauli BK Soomot; édit du Gaatatoriom , fil» — Hauiitta, Histoire des Eyesqnet de Mets, 309. ^ Lu BimlBic. Tuie, Histoire générale de Meta, II, 93, êq,
FRIBURGER, Mathias, né à Sarbourg, yiyait pendant le quinzième siècle. Après ayoir fait ses études à Heidelberg et y ayoir reçu le titre de Haitre-ès-arts il yint professer à Erfurt et s'adonna en même temps à l'étude du droit. Il était déjà ayancé en âge lorsqu'il alla prendre à Bonn le grade de Docteur en droit canon qu'il yint ensuite enseigner à Trèyes , k l'époque de la création de l'Uniyersité de cette yille en 1472. Il parait que plus tard il quitta encore cette chaire pour retourner à Bonn où il est mort.
Gesta TreTiromai, II, Annotationes, 99.
FuLCO de Grevenmacher; y. GREVEN- MACHER, Fulco de.
FuLCO de St. Hubert; y. FOULQUES.
GADERIUS, ou Gauderius, Henri, est né à Sterpenich non loin d^Arlon, pendant la seconde moitié du seizième siècle. Son nom, latinisé suivant la mode d'alors, doit être rendu par Goder, Gauder, d'où sans doute les Cauder de nos jours. Cependant nous nous voyons engagé à consigner ici une observation ultérieure, qui peut avoir son importance : Dans son testament, Henri Gaderius signe Henricw Sterpenich, non Gader. Il paraît que par là il a voulu suivre Tusage reçu à cette époque où l'on avait coutume de se dénommer par son endroit natal, non par son nom patronymique.
Voici ce que Fauteur du manuscrit des Viri illustres dit de ce personnage : k 1636. « Henricus Gauderius ex Sterpenich pago i< propè Arlunum S. Théol. Licentiatus ex « parocho in Kœrich ubi nobilem œdificavit « sumptu prope suo Ecclesiam Parochus in c( Sterpenich patria sua , seminarium colle- (vgiiLuxemburgensis scripsit Haeredem ex «asse fueratque is 10,000 aureorum si per «pacem licuisset frui, dus tamen Bursœ « ex eo fundatae , fundavit etiam scholam « et altare in Sterpenich ante quod sepul- <i tus. »
Henri Gauderius ou Cauder, après avoir terminé ses études à l'université de Louvain oit il prit le grade de licencié en théologie, devint curé à Kœrich dont il fit reconstruire l'église, presqu'exclusivement à ses frais, dit l'ouvrage auquel nous avons emprunté le passage que nous venons de transcrire. Cependant nous devons faire observer qu'il ne peut s'agir du superbe temple monumental que l'on voit de nos jours dans cette localité , puisque ce dernier ne date que de 1727 à 1791 , comme l'indiquent les différents milésimes qui y sont incrustés. Celui-ci a du reste été élevé hors du produit du tiers de toutes les dîmes de la seigneurie pendant soixante-
quatre ans, lequel tiers la fabrique avatC le droit de percevoir. Nous voyons en effet, pour prouver cette assertion d'une manière péremptoire, l'inscription suivante placée à l'entrée même de l'édifice actuel :
ttExstructa est haec Ëcclesia cura Reveccrendi Pastoris Joannis Pétri Nasngels « Expensas fabricâ suppeditante. »
Quelque temps après, Gauderius, devint curé de son endroit natal et il y resta jusqu'à l'année de sa mort. En 1636, pendant la guerre entre l'Espagne et la France, il se retira chez son parent, Jean Reding, à Arlon, afin d'échapper an tumutte des armées qui ravageaient le pays. C'est là que la peste le surprit et l'enleva le 10 mai, veille de la Pentecôte de la même année.
Il avait fondé à Sterpenich même une école et un autel dédié à la Ste. Vierge du rosaire, auquel il avait attaché un bénéfice d'altariste, et devant lequel il voulut être inhumé.
Gauderius fut un des premiers à former le projet de constituer des bourses d'études en faveur du séminaire futur des Jésuites de Luxembourg ; et en effet il avait déjà fait en 1609 un legs de trois cents écus pour l'entretien d'étudiants pauvres au collège de cette ville. Il avait renouvelé cette fondation en 1624 et l'avait augmentée en 1629, lorsque en 1631 il fit l'application de ses diverses donations au séminaire futur des Jésuites. Il se rendit à cet effet à Luxembourg et y fit dresser son dernier testament, le 26 avril de la même année, au monastère même des Jésuites.
D'après cet acte, l'intention du fondateur paraît avoir été de léguer un capital considérable pour favoriser l'instruction de la jeunesse. En effet il portait primitivement institution de douze bourses d'études dont six de cent florins à vingt sols chacune
étaient affectées à des étudiants en théologie et les six antres , de cent florins à dix sols, c'est-à-dire de moitié moins considérables , en faveur d'élèyes qui se destineront à d'autres branches des connaissances humaines^ le tout sous la direction des Jésuites de Luxemboui^. La préférence devait être accordée aux parents du fonda^ teur pourvu qu'ils fussent peu moyennes.
A leur défaut à des paroissiens de Sterpenich ou de Kœrich, aptes aux études; ou bien enfin, à défaut de ceux-ci , à des sujets originaires du Quartier allemand du Pays de Luxembourg à l'exclusion absolue de ceux du Quartier wallon et du Comté de Chiny.
Les biens qui étaient destinés à former le capital de ces bourses consistaient principalement en créances réparties sur des habitants de plusieurs villages. Mais la guerre qui avait dévasté et ruiné ces contrées vers cette époque, de même que la peste qui régna en même temps, avaient enlevé plusieurs familles entières et parmi elles un grand nombre des débiteurs du curé; de façon que la valeur réelle des donations de Gauderius n'a jamais pu être bien connue, parce que en outre, la mort avait enlevé ce respectable ecclésiastique avant qu'il eût pu remettre aux Pères Jésuites les titres de sa fondation avec toutes les pièces y rehtives. Ajoutons encore à cela la circonstance que, de son vivant encore le curé Gauderius avait chargé son neveu, le vicaire Jean Reding, de la recette de ces revenus; mais celui-ci mourut à son tour sans avoir rendu ses comptes. De plus ses registres se trouvèrent comme abandonnés et dans un désordre complet, puisque on les retrouva quelque temps après dans les rues d'Arlon, d'oii on les rapporta au collège de Luxembourg.
Par le concours de toutes ces circonstances fâcheuses de guerre et de maladie, jointes à la négligence des premiers administrateurs, cette fondation qui devait être si riche, se trouva déjà dès son origine réduite à des proportions très-humbles, puisqu'on n'a su en conserver qu'à peine
une seule bourse sur les douze qui avaient été constituées.
Cependant à force d'économie et d'une sage dispensation de ces revenus depuis 1818, l'administration des bourses attachées à l'Athénée de Luxembourg est parvenue à procurer à la fondation Gauderius un capital rapportant annuellement 488 francs et 48 centimes qui ont été répartis entre deux boursiers percevant chacun 232 francs 80 centimes (arrêté royal grandducal du 28 août 1848).
Vin Ulutret, I, N* 69. — NAMvm, DisserUtioii sur les bonnet d'études; danit Programme de TAthénëe, 1847, X, et XV, t^.— Paquit, 64.--]|[émorial législatif et admiaistratif dn Grand • DneKé de LuzemlN»mfg,*l848, 661$. — Notes d'étodes. — Eeascignefoimis par M. le Doyen Gasvab, de Kœrieh.
GANGLER, Jean- François, est né à Luxembourg, le 4 juillet 1788. Il fit ses premières études humanitaires à Técole centrale de la même Tille, puis au mois d'octobre 1804 il entra au lycée de Metz.
Panrenu à Tâge de la conscription militaire en 1807, il ftit obligé de partir pour l'armée. Il fut incorporé dans le V régiment d'infanterie légère dont il alla rejoindre le dépôt à Paris. Au mois d'octobre il a franchi la Bidassoa ayec le bataillon de guerre qui a fait partie de l'armée expéditionnaire du Portugal sous le commandement de Junot, et il s'y distingua dans plusieurs rencontres au point que ses certificats et états de service, s'ils avaient été connus de l'Empereur lui auraient fait obtenir l'étoile de la Légion d'honneur. Mais les démarches nécessaires furent négligées dans le moment opportun, ou elles ont peut-être été mal dirigées; et plus tard ces papiers ont été perdus pendant les désastres ; de façon qu'il semblait n'y avoir plus à penser à la récompense due à son courage lorsque Napoléon III, nous ne savons sur quels rapports , lui a décerné en 1850 cette distinction des braves , en souvenir de ses faits d'armes en Portugal.
Congédié en 1809 d'une manière trèshonorable et avec le rang d'adjudant-sousofQcier, à cause de deux blessures qu'il
avait reçoes en 1808 à la bataille de Vinciro, et qui lui rendaient le service impossible, Gangler fat nommé lieutenant dans le bataillon d'élite de la cohorte du département des forêts. Appelé peu de temps après à Prague comme professeur de langues et de littérature, il séjourna dans cette ville de 1810 à 1813.
Après la bataille de Gulm les hôpitaux et plusieurs bâtiments publics ayant été encombrés de blessés et de malades , il s'installa de son autorité privée dans un ancien couvent transformé en ambul{ince et consacra tous ses soins ainsi que tontes ses ressources aux braves français qui y gisaient sur le sol, faisant tour à tour le chirurgien et le quêteur. Cette conduite philanthropique a achevé de le perdre dans Tesprit du gouvernement autrichien et de la population de Prague exaspérée par de récents succès contre les sujets français en général et contre lui en particulier. Il fut forcé d'abandonner le pays : le 7 décembre 1813 il quitta la capitale de la Bohême qui lui avait présenté de grands avantages et ou son avenir paraissait assuré.
Après avoir erré pendant cinq mois à travers les armées des alliés et couru mille dangers il a enfin revu ses pénates au commencement de mai 1814.
Il avait occupé dans sa ville natale différents emplois en sous-ordre lorsqu'on 1831 il fut nommé commissaire de police de Luxembourg , fonctions de la plus exquise délicatesse en tout temps , mais qui Tétaient devenues bien davantage à cette époque oii la révolution belge qui venait d'éclater , enceignait la ville qui elle-même comptait beaucoup de partisans du régime nouveau. Cette position était rendue plus difficile encore par la circonstance de la présence d'une garnison fédérale et étrangère qui n'était pas toujours en harmonie avec la bourgeoisie. Gangler sut par sa prudence et par son tact éviter tous ces écueils tout en rendant à l'Ëtat les services que ce dernier était en droit d'exiger de lui; aussi le roi de Prusse, appréciant les hantes qualités du commissaire de
police de la capitale, lui avait-il décerné en 1839 Tordre de TAigle rouge.
Gangler comptait aussi parmi les littérateurs distingués, mais surtout parmi ceux du Luxembourg : la petite brochure qu'il a publiée vers 1841 sous le titre de:
Koïrblumen um Lamperbiireg geplekt, vol. in 12, est là pour attester d'un vrai talent poétique. On sait que les pièces détachées dont ce petit volume se compose sont écrites en idiome luxembourgeois:
Elles renferment une infinité de pensées dites avec grâce et de vers supérieurement harmonisés. Gangler a anssi fourni aux journaux plusieurs morceaux de vers en langue luxembourgeoise. Mais son œuvre principale et qui est digne de figurer dans toutes les bibliothèques à côté des Lexiques linguistiques les plus renommés , est sans doute son : Lexicon der luxemburger Umgangssprache , me m in und um Luxemburg gesprochen mrd, mit hochdeutscher und franzœsischer Uebersetzung und Erklœrung von J. F. Gangler.
Luxembourg 1847 ; un vol. in S"" de 495 pages pour lequel le Roi des Belges lui a décerné en 1849 une médaille d'or de grand module ; et la même année , la société archéologique de Luxembourg lui remit le diplôme de membre correspondant.
En 1854 enfin, il fut nommé membre de la société de littérature néerlandaise à Leyde.
Gangler est mort subitement le 13 mars 1856, victime de sa sensibilité : il accompagnait le convoi funèbre d'un de ses anciens frères d'armes, lorsque Timpression que lui faisait cette lugubre cérémonie détermina chez lui une attaque d'apoplexie foudroyante qui Temporta en peu d'heures.
Il était ftgé de 68 ans.
SovTenirt contemporains —Renfetgaernents fournie. — Eut eÎTil de la Tille de Lniembonig.— Publications de la Société arehéologiqne de Lazembonrg • 1886, XII, p. V. sq.
Gaudbrius, Henri; v. GADERIUS,
Henri.
Gaugbricus, SL; V. GÉRY, St.
Gexkgov de Ralingen ; v. EICHORN, Ctangou.
GEISEN, Jean-Henri'FrançoiS'Jacques" Charles de, né le 30 mars 1737 y à Luxembourg, chevalier héréditaire du Saint- Empire, était fils de Réné-Louis, Chevalier de Geisen après la mort de ses deux frères aînés et de Jeanne de Blochausen. 11 se titrait de seigneur de la Maro-Vogtey de Diekirch , de Bettingen , Sprinckange et Limpadi ; et entra au service d'Autriche cil il fit avec distinction la guerre de sept ans. Il se retira de Tarmée après avoir reçu plusieurs blessures et avec le grade de major au régiment des dragons du Prince Eugène de Savoie. En 1778 il épousa dame Vicloire-Dieudonnée , vicomiesse de la Fontayne, comtesse d'Hamoncourt, d'une ancienne famille de Lorraine, née à Sorbey près de Longwy, et qui lui survécut de cinquante-quatre ans, n'étant morte que le 16 janvier 1848, à Tâge de 97 ou suivant d^autres de 99 ans, sans laisser d'enfants.
J.-H.-F.-Jacques-Charles de Geisen est décédé le 4 mai 1794 à l'ftge de 57 ans. Il repose dans une chapelle latérale à gauche, dans Féglise de Limpach , sous une tombe en marbre noir avec ses armes et portant l'inscription qui suit:
Ci -GIT
JEAN-CHARLES, CHEV. DE GEI- SEN, SEIGNEUR DB Bettingen, Limpach, Diekirch, etc. etc., décédé à luxem-
EOURG, LE 4 MAI 1794.
Pendant le cours de sa carrière ayant rempli constamment les devoirs d'un bon chrétien , d'un homme d'honneur; CHARITABLE POUR LES PAUVRES, IL EST REGRETTÉ d'eUX ET DE SES NOMBREUX AMIS. *
Priez Dieu avec sa veuve pour le
REPOS DE son AME.
Par son testament en date du 28 avril 1847, Madame la douairière de Geisen a abandonné à la ville de Luxembourg son hôtel, rue du cqré, pour servir à
toujours de demeure au chef temporaire du clergé du Grand-Duché, et à la condition qu'elle ne reçoive aucune autre destination.
. La fiimille de Geisen, éteinte aujourd'hui, était ancienne et originaire du Luxembourg. Elle a été pendant plusieurs siècles inféodée à Bittbourg ou elle possédait une tour , et portait : écartelé, aux 1 et 4 d'argent à la bande de gueules, qui est Geisen franc ; aux 2 et S d'argent, à la fasce de gueules , chargée de 3 croisettes d'or, et accompagnée de trois fleurs de lys de gueules, 2 en chef et une en pointe, qui est Schellart, une de ses alliances. Heaume surmonté d'une couronne perlée. Cimier: un vol plein d'argent et de sable, à la croix d'or. Supports : deux lions d'or.
ArehWet de Biir||^K-Etch.— Bjiuch» Eiflia illattra- U, II. I. IS5, s^qq. ^ Notet d*ëfadet, — Reaseigneméats fournif.
GELLË, Jean-Baptiste, est né le 23 juillet 1777, à Gréhange, village qui dépend aujourd'hui du département de la Moselle.
11 n'avait que neuf ans lorsque son père, honnête marchand mais peu favorisé de la fortune, amena en 1786 sa famille à Luxembourg où dès Tannée suivante il acquit le droit de bourgeoisie par l'effet de son affiliation à la corporation des marchands de cette ville.
Gellé entra bientôt après au collège de Luxembourg oii il fit ses humanités. Arriva sur ces entrefaites cette époque de triste mais de significative mémoire, oii la France, lasse du régime féodal avec ses criants abus chercha à se rajeunir en tentant de bouleverser l'Europe . . . Gellé venait de terminer son cours de philosophie lorsque l'armée française étant entrée dans la ville de Luxembourg par capitulation du S juin 1795, tout l'ancien ordre des choses y fut radicalement remanié pour le plier suivant les lois de la République une et indivisible qui avait pris pour dévise : Liberté, Egalité, Fraternité. Le service de
la muDicipalité ayant été organisé d'après les errements nooTeaax, Gellé en fat nommé secrétaire-adjoint (!*' novembre 1796). Il occupa ce poste jusqu'au 1*' octobre soi- Tant où il fut admis en qualité de commis dans Tadministration centrale dans laquelle il fut quelque temps après nommé chef de bureau : C'est par ces modestes emplois qu'il commença sa longue carrière jpublique dans laquelle il n'a ayancé qu'en passant par tous les échelons et qu'il sut si honorablement fournir par son zèle infatigable ainsi que son esprit d'ordre.
Il avait à peine vingt-trois ans lorsqu'il devint chef de division à la Préfecture du Département des forêts, lequel dernier était pour lors trois fois an moins aussi étendu que le Grand-Duché actuel, et chargé des affaires domaniales qui à cette époque étaient très-importantes et très-épineuses à cause des innombrables questions qu'elles soulevaient à chaque instant, dans ces premiers moments oii une infinité de biens dits de main-morte étaient passés à des particuliers qui même en avaient aussitôt revendu une partie k des tiers, ignorant les servitudes comme les droits nouveaux. Mais Gellé, avec son dévouement sans bornes à son service, joint à une infatigable assiduité eut bientôt fait une élude approfondie de la matière, et ce à un tel point que plus d'une fois dans cette branche d'administration qui était neuve encore, ses vues eurent l'honneur d'être goûtées par le Conseil d'Etat de Paris, composé comme on sait de l'élite de la science, et changées en décisions générales ou législatives.
Il occupait encore ces fonctions k l'époque du grand cataclysme qui amena la chute de Napoléon P' et le départ des Français. A ce moment des offres trèsbrillantes furent faites k Gellé par le Préfet Jourdan afin de l'engager k le suivre en France. Mais il aimait trop sa patrie adoplive pour consentir k la quitter ; et il resta k son poste oii les alliés le trouvèrent au mois de mai 1814 : ils l'y conservèrent.
Lorsqu'une année plus tard, 1815, le
Luxembourg fut annexé au royaume des Pays-Bas et que Willmar (v. son art.) en fut nommé Gouverneur, ce dernier n'ayant pas tardé k apprécier le grand mérite ainsi que les vastes capacités de Gellé, lui conféra la place de secrétaire-général du Gouvernement du Grand-Duché, fonctions qui furent l'année d'après, changées en celles de Greffier des Etats provinciaux, de ce corps représentatif provincial qui avait été rétabli sur des bases presqu'entièrement neuves par la loi fondamentale de 1815.
De ce moment date k vrai dire la véritable période d'action de Gellé, cette période de quinze ans oii il lui fut donné de travailler de tous ses moyens au bien public , assisté qu'il était par les conseils du sage administrateur sous les ordres immédiats duquel il se trouvait placé et qui savait si bien goûter les plans utiles. C'est pendant cette période mémorable qu'U eut l'occasion de se vouer activement, avec son ardeur et avec sa persévérance naturelles k l'œuvre sainte de l'éducation populaire. Car ce fut réellement lui qui dès 1817 osa concevoir l'idée de doter le Pays d'une institution qui lui manquait jusqne- Ik en créant des écoles auxquelles devaient être préposés de bons instituteurs chargés de répandre parmi le peuple le germe bienfaisant de cette première éducation qui forme l'homme pour la société et le rend digne de jouir des bienfaits que procurent les lumières et la moralité. Cette idée sublime Gellé la communiqua d'abord en particulier k quelques amis intimes qui, de concert avec lui commencèrent a travailler avec ardeur k la faire fortifier : ces dignes collaborateurs publièrent bientôt après le plan d'une grande association pour favoriser l'instruction publique qui devait d'abord exister et fonctionner en dehors de l'action du gouvernement, les auteurs du projet se réservant par un juste orgueil de n'appeler celui-ci k leur aide que lorsque les résultats heureux qu'ils se promettaient de leurs louables efforts individuels leur en feraient en quelque sorte
un devoir. C^est ainsi que naquit cette société d'encouragement dont les bases solides ne tardèrent pas à provoquer des changements si heureux qu'en moins de deux ans et par suite d'efforts non interrompus, de même que par l'augmentation rapide de ses ressources on put voir sur tous les {>oints du Grand-Duché une renaissance complète de l'éducation et de l'instruction populaires: £t ce fut Gellé qui ayec le Gouverneur Willmar dirigeait ce service pénible.
L'administration générale qui avait obserTé avec une sollicitude paternelle ces heureuses tendances ne fit pas attendre son énergique coopération. Elle créa bientôt un jury temporaire d'instruction auquel fut confiée la direction de cette institution si véritablement patriotique , laquelle dès ce jour eut la force d'exécu^ tion nécessaire pour mener sans entrave sérieuse vers le but désiré l'objet de si grandes et de si nobles inspirations. Gellé fit partie de ce jury et y occupa le rang qui seul fut compatible avec ses désirs comme ayec son infatigable activité, celui de secrétaire perpétuel. Ces fonctions ne pouvaient être mieux confiées qu'à de telles mains, puisque lui seul peut-être possédait cette activité si nécessaire pour porter les communes à créer des écoles ou à pourvoir aux améliorations dont celles qui existaient étaient jugées susceptibles ; à construire des salles convenables; à introduire dans renseignement des méthodes plus appropriées; à relever le caractère des maîtres, à assurer plus d'indépendance et moins de précarité à leur position, à exciter leur émulation et les engager à entretenir avec un soin religieux le feu sacré de Tinstruction dans le Grand-Duché afin d'aider à placer une bonne fois ce pays sur la voie du progrès sur laquelle se trouvaient depuis longtemps déjà d'autres provinces du royaume. Aussi peu d'années se passèrentelles que déjà le Luxembourg avait atteint le premier rang dans la statistique de l'enseignement dans les Pays-Bas; et ce fut un beau fleuron que l'on put ajouter à la couronne civique de Gellé.
Ces choses se consommèrent entre 1817 et 1824 011 une organisation nouvelle , plus appropriée à l'époque , vint remplacer la première : Une commission provinciale pour l'administration et la direction de l'instruction primaire fut instituée et le pays divisé en huit arrondissements d'inspection. Gellé conserva les fonctions de secrétaire de cette commission et obtint en outre l'inspection du premier district , conjointement avec de Neunheuser (v. son art.), vicaire-général, e|t le Docteur J.-B.
Wiirth, père du célèbre J.-Th. Wûrth, qui trouvera également sa place dans cet ouvrage. Inutile d'ajouter que encore là le zèle de Gellé ne faiblit point ; et l'on s'en convaincra facilement lorsqu'on repasse les presque innombrables publications sur la matière que renferme le Mémorial administratif de l'époque : toutes ou presque toutes ces instructions sont sorties de sa plume; et elles portent toutes également le cachet de l'homme intimement et éminemment inspiré par l'amour le plus constant pour le bien public; toutes aussi montrent à l'évidence que la confiance que le Gouvernement avait mise en Gellé n'aurait pas pu être mieux placée. Et, nous pouvons le dire sans crainte d'être démenti : l'expérience que Gellé avait acquise dans cette branche d'économie politique si intéressante et si vitale, avait été portée si haut, que jusqu'ici personne ne l'a surpassé parmi nous et ne le surpassera encore de longtemps.
Les événements de ëeptembre 1 830 et leurs suites vinrent sur ces entrefaites détruire cette belle œuvre , nous dirions volontiers ce chef-d'œuvre de Gellé en bouleversant d'un trait de plume dans la Constitution belge tout le bien qu'il avait fait, pour y substituer non la liberté bien entendue de l'enseignement, comme certaines personnes intéressées à un désordre complet dans cette branche se sont plues à nommer la chose, mais bien un véritable chaos.
Ces mêmes événements, en isolant la capitale du reste du Grand-Duché , durent être doublement douloureux à l'âme sen-
sible de cet homme de bien ; mais la force de son caractère Ini fit supporter ces coups avec une résignation Traiment philosophique, de même que son inoccupation presque complète qui en fut la conséquence et qui dura pendant les neuf années de l'existence de cet isolement sous le rapport administratif, inoccupation qu'il voulut utiliser en acceptant une place dans la commission ou Bureau d'administration de TAthénée oii il eut plus d'une fois l'occasion de combattre en faveur de cet institut, le principal du Grand-Duché , contre les dangereuses innovations que tenta d'y introduire vers 1837, un commissaire venu de l'Allemagne avec de pleins pouvoirs supérieurs, mais dont les conceptions ^xotiques ne pouvaient cadrer avec les besoins réels du Luxembourg.
De 1830 à 1835 Gellé conserva ses fonctions de Greffier du Gouvernement ; et lorsque en 1835 le général de Gœdeke fut nommé président de la Commission de Gouvernement il entra dans cette commission comme membre effectif, en cumulant cette nouvelle dignité avec celle du secrétariat général. Cette position il la garda jusqu'en 1840, au départ du chef des services civils Hassenpflug où il fut porté provisoirement à la tête de l'administration. Il occupait ces hautes fonctions en 1841 lorsque feu le bon roi Guillaume II , d'impérissable mémoire parmi nous l'appela à La Haye pour présider la commission luxembourgeoise que ce généreux prince avait chargée de rédiger pour le Grand-Duché une Constitution aussi libérale que pouvaient le supporter les exigences d'alors de la Diète germanique:
Gellé prit une part très-active à cette œuvre de régénération politique dans laquelle on reconnaît son style en plusieurs endroits et des plus notables. A son départ de La Haye, lorsque ce code fondamental fut terminé , le roi qui aussi appréciait ce grand administrateur, lui offrit les fonctions de Gouverneur du Grand-Duché; mais sa modestie lui fit décliner cet honneur insigne d'une manière si absolue que le souverain
ne voulut plus insister; et Gellé resta conseiller de Gouvernement.
En 18421a confiance et l'estime du monarque lui firent déléguer l'honorable mission de le représenter à Sedan pendant la cérémonie de la translation solennelle des restes mortels d'une princesse de ses nobles parents, la Comtesse Marie-Elisabeth de Nassau qui avait été l'épouse de Henri de La -Tour, prince de Sedan et la mère du grand Turenne.
A la réorganisation de l'Instruction primaire en 1843 , nous le voyons reparaître avec sa longue expérience à la tête de la commission chargée de faire exécuter la nouvelle loi sur l'enseignement , et il prit jusqu'à sa mort la part la plus active aux travaux de cette commission*
En 1845 les électeurs du canton de Luxembourg voulant à leur tour payer à ses vertus civiques leur juste tribut de gratitude , le nommèrent membre des États; et les Comptes-rendus des deux sessions auxquelles il assista, prouvent à l'évidence combien son acquisition était précieuse à cause des vues sages et profondes qu'il a su développer au sein de cette assemblée.
Cette esquisse suffira sans doute pour constater la valeur de Gellé comme homme public; pour prouver sa haute intelligence, sa droiture, son attachement et son dévouement à sa patrie luxembourgeoise comme à son roi. Ennemi de Tiotrigue il n'a jamais sollicité: il n'a été dans toute la force du terme que le fils de ses propres œuvres. Gomme homme privé il était rempli de douceur et d'aménité; une bienveillance inaltérable fit constamment le fond de son caractère.
Fils unique avec deux sœurs qu'il a toujours aimées comme soi-même, il n'a jamais voulu se séparer d'elles, partageant ainsi ses revenus et ses traitements ; car ce fut assurément à cause d'elles que jamais il n'a voulu se marier.
Et pour tout dire, parlerons-nous de sa charité qui malgré ses soins à la cacher toujours, était devenue proverbiale
parmi les pauvres ? Il ne fat aucune entreprise, aucun acte de bienfaisance collectif auquel il ne prit sa large part; et, pour ne mentionner qu^un seul fait de ce genre, nous dirons que ce fut sous sa généreuse inspiration qu'avait été créée en 1 SI 9 cette institution de filature qui devait procurer des ressources aux personnes du sexe qui voulaient travailler : Cette belle pensée n'aboutit pas , à cause uniquement de la mauvaise foi avérée et de la crasse fainéandise de la classe indigente qui devait en percevoir les bénéfices. Nous ne finirions pas si nous voulions lever en entier le voile qui couvreTles nombreux actes de ce genre qu'il accomplit avec cette modestie vraiment évangélique qui lui commandait de laisser toujours ignorer à sa main gauche le bien que la droite avait fait ; et nous avons même hésité lorsque nous avons tracé ce peu de phrases, dans la crainte de trop divulguer de ces secrets que par hasard nous avons pu surprendre à sa pieuse philanthropie.
Nous terminerons cet article bien incomplet, en ajoutant que dès 1822 le zèle de Gellé fut recompensé par le roi des Pays-Bas qui lui conféra son ordre du Lion néerlandais. Plus tard Guillaume II Téleva au rang de Commandeur de cet ordre et lui remit également les insignes de com* mandeur d'abord, puis ceux de chevali/er de l'étoile de la Couronne de Chêne ; et finalement le roi des Belges le nomma de même Commandeur de son ordre civil de Léopold ; distinctions qui , en l'honorant infiniment,, ne surent point Penorgueillir.
Ce grand administrateur, cet estimable citoyen et ce noble philanthrope mourut après une courte maladie , calme comme il avait vécu, le 16 mars 1847, à l'âge de soixante-neuf ans et huit mois. Son convoi funèbre , auquel assista non seulement et littéralement parlant toute la ville de Luxembourg mais encore des milliers de notabilités du canton, prouva la profonde vénération et la haute estime que ses concitoyens portaient à cet éminent homme de bien qui a su si bien mériter de la patrie.
ScBROMLCiM, Notice nécrologîqiie tu* J.-B. Celle. — ArelÙTet da GonTer^emeiit da Grand-Duché»— Le Coarrier da Grand-Dnclié, du 510 mars 1847.— Le Volktfreond des 9i, 95 et 96 jaUlet, 6 août, iO et iH tepteabre iM8. — SoBTenin personaek.— Notes communiquées. -^ NBTm, Histoire de Vianden, 192; et PreuTes, lzxxiii. — Proeès-Tcrbal de la cérémonie de la translation des princes de Sedan, le 9 janTier 1849.
GELU, Jacques^ naquit à Yvois, aujourd'hui Carignan , de parents honnêtes, et s'éleva par ses propres mérites. Il alla étudier à TUniversité de Paris oii il passa maitre-ès-arts en 1391. Fait prêtre et vicaire à Ste. Geneviève de la même ville Geln continua ses études et fut reçu en 1395 bachelier en droit canonique. Le 11 mars 1401 il obtint le bonnet de docteur dans la même faculté à Fécole d'Orléans.
Nommé professeur ordinaire de droit à Paris dès Tannée suivante, il conunença ses leçons le 29 mars 1402 ; mais d^à le 14 décembre suivant Louis duc d'Orléans et frère de Charles YI , instruit de son habileté l'attacha à sa personne et le fit maître-des-requêtes de son hôtel. En 1405 le 26 avril , pn office de Conseiller au parlement ayant été mis au concours, Gelu l'emporta sur quatorze concurrents et fut installé le 15 mai suivant.
Le duc d'Orléans ayant été assassiné en 1407, Charles YI fit passer Geln au service des trois princes ses fils, poste qu'il occupa jusqu'en 1409. En 1410, au mois de décembre, le duc d'Anjou, Dauphin du Yiennois le nomma maitre-desreqnêtes au traitement de trois cents livres tournois. Le 15 octobre 1414 le même duc, à qui le roi avait délégué la surintendance des finances du royaume, le nomma à son insu contrôleur des finances de France; et deux mois après le Concile de Constance le désigna, quoiqu'absent, archevêque de Tours. Il fut intronisé le 20 décembre suivant et sacré le 13 janvier 1415 par l'archevêque de Paris, dans la chapelle de St. Paul en cette dernière ville et en présence du roi qui le nomma à cette occasion Conseiller d'Etat au traitement de mille livres tournois.
Le 30 mai 1415 Gelu se présenta au Concile de Constance qui le députa vers Benoit XIII pour demander son abdication à cet anti-pape. A son retour à Constance la nation française le désigna pour concourir avec les cardinaux à l'élection d^un nouveau pontife. Dans cette circonstance il obtint lui-même huit Yoix pour la papauté. Après la séparation du Concile il fut chargé de différentes missions qu'il conduisit toutes avec tact et prudence, tant en Espagne qu'à Naples et a Rome.
En 1419 il fut à l'instante sollicitation du chapitre d'Embrun dont auparavant il avait fait partie, transféré sur le siège de ce dernier diocèse. Il renonça dès lors aux affaires et ne s'occupa plus que du gouvernement de son église. Il est mort en 1432 avec la réputation d'un grand prélat comme d'un grand savant et d'un habile diplomate.
On a plusieurs ouvrages de Gelu; entr'autres: 4°. Sa propre biographie sous le titre de : Vita Jacobi Gelu , usque ad annum 1421. Cest une courte notice qui se trouve imcrite sur le revers de la cour verture d^un manuscrit de V église de Tours.
Don Martine Va publiée au T. III du nouveau ThesaurtM anecdotarum, p. 1947.
— 3^. Apologie pour l'Empereur Sigismond , le roi d'Arragon et les ambassadeurs du Concile de Constance, contre Benoît XIII. Gelu y peint sous des couleurs fortes et très-vraies l'ambition de cet antipape ainsi que sa conduite tortueuse. Cette pièce contribua beaucoup dit-on , àla paix de V église, en détachant de Benoit ceux qui avaient encore tenu pour lui. —5^. De puellâ aurelianensi dissertatio; manuscrit sur vélin ^ conservé à la Bibliothèque du roi, aujourd'hui impériale à Paris; Catal.
T. IV, l>r 6299. Cette dissertation fut composée pour Charles VII qui avait voulu voir le sentiment de Gelu sur cette héroïne célèbre. — 4^. Rerum ab antecessoribus suis in Ecclesià Ebredunensi gestarum brève compendium.
Biographie miiTenelle, XVII, 48. — GaUia chrittiana, III, col. 1089. — Ds la Uaijt, Annales ciTiles
et religienset d'Yvoit-Carignan, 403, sq — Don M a&- T&NB, op. citât. — GooaTiN, Encyclopédie moderne, XI, 4IS3.
GEORGE, Dominique, naquit à Cutry près de Longwy, pendant les premiers mois de Tannée 1613, d'bne famille riche.
Ayant perdu ses parenta de fort bonne heure il se retira chez son frère aîné qui était curé à Wuscen et doyen de Ghatelnait au diocèse de Toul. Celui-ci lui donna les premières notions de la langue latine, puis renvoya continuer ses humanités à Louvain d'oii George revint en 1637 pour aller faire sa théologie chez les Jésuites à Pont-à-Mousson. Il y avait alors dans cette ville une maison de chanoines réguliers de la congrégation de Lorraine , réforme nouvellement établie. Georges fit des démarches pour y être admis ; mais la guerre qui désolait alors ce pays ayant dispersé le troupeau de Pierre Fourier, supérieur de cette congrégation, le jeune homme se présenta au concours à Teffet d'obtenir la cure de Circourt qui était vacante. Il n^était pas encore prêtre; mais comme ses talenta surpassaient de beaucoup ceux de ses concurrente, Tévêque de Toul charmé de son savoir et de sa modestie^ Tordina extra tempora et lui conféra cette paroisse. George s'y comporta en pasteur aussi zélé que consciencieux ; mais les temps étaient pénibles. Les Suédois commencèrent peu après son installation leurs courses en Lorraine. Geoi^e et ses paroissiens se virent plusieurs fois obligés de se sauver ; et le village avec Téglise de Circourt ayant été incendiés, le pieux curé abandonné de ses ouailles, livré à luimême sur une terre ennemie, alla faire remise de son titre entre les mains de ses supérieurs ecclésiastiques, et avec leur permission vint a Paris oh il fut nommé préfet du Séminaire de St. Nicolas-du- Chardonnet avec la conduite des jeunes clercs. Ce fut dans cette maison qu'il fit connaissance de Delaplace, pourvu en commende dès Tâge de quinze ans, de Tabbaye de Val-Richer , et qui venait au séminaire dans le dessein d'y contracter
rhabitade des mœurs ecclésiastiques. Il se lia bientôt avec George et se mit sous sa direction.
La cure de Grëdange, dépendante de Tabbaye de Val-Richer étant Tenue à vaquer^ Delaplace engagea George à Faocepter. Bientôt aucune paroisse du diocèse ne fut mieux réglée. George ne se borna pas au soin de son troupeau; il parvint à établir entre les curés des conférences ecclésiastiques dont le succès et les bons effets passèrent ses espérances et en étendirent Tusage dans les diocèses voisins.
Des réformes s'introduisirent à cette époque dans les ordres religieux, et celui de Citeaux avait la sienne. Delaplace crut sa conscience obligée à procurer cet avantage spirituel à Tabbaye dont il était titulaire; et comme il savait que personne n'était plus à même que George d'exécuter un tel projet il résolut de se démettre en sa faveur de Tabbaye de Val-Richer. George l'accepta ; mais, persuadé avec raison qu'il entrait dans les principes de l'Eglise d'être religieux avant de devenir abbé ; convaincu d'ailleurs que pour prêcher utilement la réforme il fallait d'abord l'embrasser , il entra comme novice à Tâge de quarante ans au monastère de Barberi; et après avoir prononcé ses vœux il vint au Val- Richer, bien moins prendre possession d'une dignité que pour se charger d'un lourd fardeau. Beaucoup d'obstacles s'opposaient à la réforme : il les vaincu par sa patience, sa douceur et sa persévérance.
En 1664 les Pères de la réforme ayant jugé nécessaire aux intérêts de l'ordre d'envoyer une députation à Rome ils choisirent George et l'abbé de Rancé pour représentants. Notre abbé y reçut du Pape des marques particulières de la plus haute estime. Ce fut au retour de Rome qu'il attaqua vigoureusement les abus de son ordre et qu'il établit la réforme du Val- Richer j plus encore par ses actes et son exemple que par ses paroles.
Nommé visiteur de la Province de Normandie et chargé de plusieurs commissions relatives au maintien de la discipline mo-
nastique, il se conduisit toujours avec le zèle le plus éclairé comme le plus tolérant.
George mourut le 8 novembre 1693 à l'âge de 80 ans, laissant après lui la réputation d'un ecclésiastique charitable, humble et modeste autant qu'éclairé. Le jésuite Buffier a écrit sa vie.
Biivpfn, Vie de Tabbë George, 1694, in 18. — D. Calmst, Bibliothèque lorraine. — Biographie uni- ▼erselle, XVII, 194. — Béoin, Bioerraphie de la Moselle, II , 244, sqq ; et Histoire des seiences, des lettres, des arts et de la civilisation dans le Pays messin, 489 — G '", Essai snr THistoire de Longwy, 1611, sqq. •«GooaTiif, Encyclopédie moderne, XII, 5i. — Biographie aniTcrselle, XVII, 154, sq.
GÉRARD, le frère, naquit dans un faubourg de Li^e pendant la seconde moitié du dix-septième siècle. Il fut instruit et dirigé par Nandrin , vicaire de sa paroisse qui lui parlait souvent de la vie pénitente des religieux d'Orval.
Gérard avait appris le métier de menuisier. A la fin de ses années d'apprentissage il voulut aller à Paris pour se perfectionner dans cet art. Il y était déjà depuis quelques temps lorsque tout-à-coup il se manifesta en lui un désir irrésistible d'aller s'enfermer à Orval et de s'y consacrer à Dieu. Il s'y rendit en effet et fut reçu en qualité de frère menuisier ; mais dans la suite on lui fit étudier la chirurgie et la pharmacie, sciences dans lesquelles il fit des progrès très-rapide&iau point qu'il s'acquit bientôt une grande réputation de dextérité et d'habileté. Comme d'un autre côté il était bien instruit dans sa religion il voulut s'attacher à la vérité et ne tarda pas à se joindre à ceux de ses frères qui, se trouvant persécutés à cause de leur opposition à certaine bulle, dont nous n'avons pas pu apprendre le titre, prirent en 1725 le parti de se retirer en Hollande. Il leur fut d'un grand secours à Rhinwyck où ils s'étaient établis. Son habileté et sa charité le firent bientôt connaître de tous les gens de bien du Pays ; et c'est entre ses bras que Warlet, évéque de Babylone mourut. La maison de Rhinwyck n'ayant pas pu se soutenir, frère Gérard s'en vint en
France ayec son compagnon, frère Pernet.
Ils trouvèrent un généreux asile chez le curé Gogney de Nettancouri où ils vécurent en vrais religieux d'OrvaL Frère Pernel qui cultivait le jardin et menait une vie austère mourut le 6 janvier 1749. Frère Gérard de son côté exerçait son art de chirurgien dans tout le pays; et les pauvres étaient surtout l'objet de ses soins les plus assidus. Il fut découvert dans sa retraite et même décelé à son abbé ; mais celui-ci le laissa tranquille. Un mois environ après le décès de son compagnon d'exil il lui survint au genou un mal qui lui causa de vives douleurs qu'il supporta avec une patience exemplaire et qui l'enleva de ce monde le 1*' juin de la même année 1749 , après quatre mois de souffrances.
LiG*«MBic-M-Liftvu, Biographie liégeoise» II, 599.— NouTeUes ecclétiattiqiiet, Nëerologe, 31 i,
GERLÂCHE, Bernard-Âdrien de, né a Neufchâteau, le 17 juillet 1792, capitaine d'infanterie pensionné, décoré de la médaille de Sainte -Hélène, décédé à St.
Gilles-lez- Bruxelles^ le 16 février 1869.
Entré au service de France comme soldat au 12* régiment de ligne, le 24 Juin 1811, il obtint le grade de sergent-major en 1813 , fut fait prisonnier de guerre à Hanau le 29 octobre suivant et rentra au régiment le 7 mai 1814.
Après avoir fait la campagne de 1812 en Prusse et celle de 1813 en Sllésie et • en Saxe, de Gerlache quitta le service de France et fut admis dans l'armée des Pays- Bas le 15 juillet 1814 en qualité de souslieutenant au 1^ bataillon belge.
Il fit la campagne de 1815 contre la France et obtint sa démission le 24 juillet 1817. Rentré de nouveau dans l'armée comme sergent à la 12® division d'infanterie, le 5 mars 1822, il obtint le brevet de sons-lieutenant le 17 avril de Tannée suivante.
Le 9 novembre 1824 il passa h la division expéditionnaire pour les Indes Orientales et arriva à BaUvia le 16 janvier 1826.
Après avoir fait les campagnes de 1826, 1827 et 1828 aux Indes et avoir été blessé d'un coup de feu à la jambe gauche à Dessara Prina le 29 novembre 1827, il fut pensionné le 15 mai 1828 et reçut le brevet de lieutenant honoraire le 16 août 182».
Passé au service de Belgique avec le grade de capitaine adjudant de place, le 15 octobre 1830, il fut déchaîné des fonctions d'adjudant de place et désigné pour servir au V régiment de ligne, le 2 avril de l'année suivante.
Le capitaine de Gerlache fut admis à la pension de retraite le 10 avril 1834.
Le eapitaine m Bévue ; Nëerologe det offieiert de r«rmée belge.
GERLAIS , Jean, né à Marche pendant la seconde moitié du seizième siècle, ne nous est connu que par la mention plus que laconique que l'auteur du manuscrit
des Vin illustres fait de lui : k 1637
« Gerlais marchiensis prœses consilii Namur- « censis. » Il fut nommé treizième président du Conseil provincial de Namur, en remplacement de Zegre Coulez qui passa président du Grand Conseil de Malines en 1628. La date consignée dans le manuscrit des Viri illustres peut donc bien être celle de son décès.
Viri iUattreo, UI, N« ft40.- Les BéUees det Pi^t-Bat, Uh i6.
GERMÉ ou GERMAIS, Guillaume, naquit vers la fin du seizième siècle , peutêtre en 1660 ou bien en 1570, au hameau de Lamormenil dans l'ancien comté de Montaigu. Après avoir terminé ses études avec une rare distinction et avoir été reçu docteur en théologie Guillaume Germé, dit quelquefois Lamormam ou Lamormenil, de son endroit natal, non Lcemmermann comme le Conversations-Lexicoa écrit en germanisant ce nom sans motif, entra dans la compagnie de Jésus dans laquelle il sut bientôt acquérir un grand crédit, tant par ses lumières personnelles que par les efi'orts constants qu'il fit pour augmenter la gloire et la puissance de cet
ordre. Pour commencer sa carrière^ comme du reste cela était prescrit par les statuts de la société d'Ignace de Loyola, il professa d'abord la Philosophie et la Théologie à Gratz en Styrie. Quelque temps après il fut nommé Préfet des collèges de Gratz et de Vienne ; enfin TEmperenr Ferdinand II le prit pour son confesseur, fonctions qu'il conserra jusqu'à la mort de ce prince dont il a aussi écrit la Tie en quatre livres, mais dont le dernier seulement a été imprimé en 1638, in 4""; Vienne, Cologne et Anvers ; sous le titre de : Ferdinandi II Romanarum Imperataris Virtutes, a Guillelmo Germœo de Lamormaini Belgàluxemburg%e(MirdueHnate Soc. Jesu Sacerdote coMcriplœ. II a aussi publié à Gratz V Oraison funèbre de Marie -Anne de Bor viire, mère de Ferdinand II , prononcée par lui le 28 mai de la mime année 1658.
Après le décès de l'empereur Ferdinand II en 1637, Germé fut désigné provincial de son Ordre pour la province d'Autriche. C'est en cette qualité surtout qu'il montra son infatigable activité (Jour la propagation de l'institut religieux qu'il avait embrassé. En effet, en moins de dix ans il établit à Vienne même d'abord une maison professe avec un collège et une belle église neuve, puis un noviciat dit de Ste. Anne ; et finalement une Université à Tyrnau en Hongrie. Il sut en outre faire placer l'Université Caroline de Prague sous la direction de sa Compagnie et y annexa une maison professe. Il institua enfin plusieurs autres collèges tant en Bohême qu'en Autriche et favorisa singn^ lièrement l'érection du séminaire de Luxembourg : Ce séminaire était un établissement ou pensionnat indépendant du collège de cette ville et dans lequel étaient logâ, nourris et surveillés les élèves boursiers qui suivaient les cours.
Guillaume Germé mourut à Vienne, le 22 février 1648.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré l'article qui suit: «1646.
ce Guilhelmus Germe Lamormainianus sic « nominatus a patria pago comitatus montis-
«acuti in Arduenna Luxemburgica Socie- «tatis Jesu S. Theologi» Doctor Ferdi- (( nandi II Imperatoris cujus et vitam «scripsit confessarius usque ad mortem i< ejusdem post praepositus provincialis aus- « trias vir inter summos societatis Nostrse «maximus, instituit viennœ Domum pro- « fessam, œdificavit CoUegium cum templo «ex fundamentis nova, fundavit Novitiatum « ibidem ad S'*" Annam , procuravit uni- « versitatem Tnaacensem in Hungaria, Pra- « geqsem Carlinam Societati Jesu incorpo- « ravit, ibidemque etiam instituit domum «professam, procuravit coUcgia Cremb- « sensé, Iglaviense, Znaamiense et plurima «ejusmodi, seminarii denique Luxembur- «gensis promotor singularis, mortuus «viennas Austriae, vita ejus conscribitur « orbi exhibenda. »
Pierrot lui attribue un troisième ouvrage intitulé: Idea principis christiani.
JjSl vérité historique nous engage à transcrire un passage qui concerne le même personnage et qui se trouve dans l'Histoire des confesseurs des empereurs, des rois et d'autres princes, par M. l'abbé Grégoire, ancien évéque de Blois : « Martin Becan, «mort à Vienne en 1624, fut remplacé — «comme confesseur de F empereur Ferdi- « nand II — par le P. Guillaume Germé, «ou, comme l'appelle Pacquot, de Ger- « meau-Lamortmenil ; il procura la fonda- «tion de plusieurs collèges et séminaires « en Bohême et en Autriche. Mais, si l'on « en croit l'Histoire générale des jésuites, « le P. Germeau-Lamortmenil, non content « d'avoir fait sa compagnie propriétaire de «l'université de Prague, sut encore lui «approprier les plus riches bénéfices de « l'Allemagne. Quand Ferdinand eut réduit « les protestants, il ordonna, en 1629, que «les bénéfices dont ils s'étaient emparés « pendant les troubles , seraient restitués « aux ordres anciens, auxquels ils apparte- « naient auparavant. Il n'est pas de four- «beries, de violences, de calomnies, dont « le père confesseur ne fit usage pour en- « lever aux bénédictins , aux bernardins, « aux prémontrès et aux augusUns, les biens
<c qui devaient leur être restitués , et qui « pouvaient convenir à la société. Des re- «ligieuses bernardines furent exposées à ((des indignités et à des cruautés de la (( part des jésuites recteurs et provinciaux « employés par le P. Lamortmenil , pour « s'emparer de leurs monastères, après les a avoir chassées avec Tiolence. On a sou- «vent imprimé le récit de ces horreurs.»
Viri niiistret, I, N<> 77.— Nasub, Ditscrtation 8«r les boonet J'étndes; dantt Pro|p«iBiiie de l'atbénée, 1847, XVII. - Butiolit, Vni, 191.- PnuBT, I, fol. LXV; et IV, 664. — D. Gauiit, BibUoth. lorr.i et Hitt. de Lorr. V, 159. — Moism IV, 667. — Varmrhjbuh et Mbissbb, DictioBV. g^|pr. du LuzemboaTg, 88. — NAsom, Cataloc^e de U BibUotb. de Laxembonr^, 606. — NiuHAmi , fjef antean laxenboargeoif ; danti Programme de ratbénëe, 1856, 94. — TiOnTerMitioiM-Lexicoii; ëdlt de i8ISI. — GiiÉGOWB, Hbt. des confeMenn des impér, des roif et d'avtres princes, 167 sq. — Histoire géoérale des Jésaites; n, 341, sq. de l'édit de 1761.— Pac- QDOT, Mémoires littéraires, V, 98.
GERMÉ ou GERMAIS, Henri, frère de Guillaume qui précède , est né à Lamormenil conune celui-ci. Si Ton eu croit D. Calmet il entra dans la compagnie de Jésus en 1596 , à Tftge de Tingi-un ans et mourut à Vienne , le 26 novembre 1647.
Henri Germé , qui est aussi connu sous le nom deLamormainil, n'a rien publié de son propre cru ; cependant il a fait imprimer la traduction latine de plusieurs ouvrages de ses collègues qui étaient alors en Togue. Nous citerons parmi ces derniers : i^. L'Académie d'honneur du P.
Richéme; Vienne, 1635, in 8®. — 8^.
Catéchisme des Controverses du P. Guillaume BaiUy; Vienne, 1616, in 8^. — 5^. La Cour sainte du P. Gaussin , 3 vol.
— 4^ Le Prélat Chrétien, le Chevalier Chrétien , le Politique Chrétien ; Vienne, 1636 à 1 638, in 8"". —S\ L'Aimant de IV mour qui attire le cœur de l'homme à l'amour de Jésus-Christ du P. Bonet; Vienne, 1636. Italien.— (?''. Traité de Tamour divin du P. François de Salés ; traduit en latin. Cologne, 1657, in S''; etc., etc.
Comme son frère Guillaume fut confesseur de l'Empereur Ferdinand II , Henri le fut de Ferdinand III.
Mais ce que surtout rend Henri Germé recommandable ce furent les fondations de bourses d'études qu'il fit par lui-même, et qu'il aida Jean Putz (v. son art.) , antre illustration luxembourgeoise, à faire.
Jean Putz avait en Bohême une créance de 4648 florins que malgré les démarches les plus actives il ne pouvait récupérer.
Comme Conseiller de l'Empereur. il se trouvait souvent en contact avec Henri Germé qui , ainsi que nous venons de le dire, était le confesseur du même prince.
Il s'en ouvrit à lui et l'engagea à user de son crédit pour obtenir le payement de la somme lui due, promettant en cas de réussite de consacrer ce capital à la fondation d'une bourse au séminaire de Luxemboui^;.
Germé s'employa avec zèle à cette affaire et réussit heureusement à faire rentrer les deniers. Aussitôt Putz et lui se mirent en devoir d'exécuter leur projet philanthropique ; et par un premier envoi de trois mille trois cent trente un florins et demi de Brabant, destinés à l'acquisition de biens dont les revenus devaient alimenter la bourse en question, envoi auquel le P. Germé en ajouta trois cent trente six autres, ils com* mencèrent à réaliser leur dessein. Ces sommes furent acceptées par le Père Recteur du Collège de Luxembourg, le f août 1642.
La fondation eut donc lieu et ce aux conditions suivantes : Avec le produit des sommes consignées, auxquelles furent encore ajoutés plus tard deux cent quatrevingta florins de Brabant par donation du curé Heynen de Wasserliesch, ce qui constitua un capital de trois mille neuf cent quarante-sept et demi florins de Brabant , ou environ 7,303 francs , 40 centimes ; avec le produit de ce capital disons-nous, devaient être entretenus deux boursiers, chacun à cent florins pour entretien et quarante pour vêtementa et lit. Ces boursiers devaient être des descendants légitimes de la famille des fondateurs respectifs, professer la religion catholique et être aptes aux études. Le plus apte, c'est-à-dire celui qui aurait les meilleures dispositions de-
Tait obtenir la préférence quelque fût le degré de parenté ; finalement le choix d'état leur restait libre. Les deux plus âgés des membres des familles respectives étaient déclarés coUateurs ; et à défaut de parents capables deux catholiques au choix du Père Recteur du collège.
La constitution définitive de ces bourses fut signée par les fondateurs y Jean Putz en personne et Guillaume Germé au nom de son frère Henri, à Luxembourg, le 24 février 1648.
Non content de ce premier bienfait en faveur de ses parents, Henri Germé fit une fondation du même genre à FUniversité de Prague. Nous copions ici le passage concernant de la Dissertation sur les Bourses d'études attachées à TAthénée de Luxembourg, que M. le Professeur Namur a publiée en tête du Programme de 1846 -
«Après avoir obtenu du général des ce Jésuites, Mutins Vitelesci, la permission «de fonder une bourse d'études au conte victoire de St. Barthélémy, à Prague, « le père Henri Germé de Lamormenil fit <K en présence du Père Paul-Anaslase, rec- «teur de ce collège, l'acte de fondation « de cette bourse. En voici la teneur :
« 1^ Henri de Lamormesnil autorise le «susdit recteur à toucher annuellement « 138 fis. 48 Kreuzers (307 frs. 42 cen- « times) pour intérêts d'une somme de 2 1 80 « fis. du Rhin (6,100 frs.), déposés au Con- «seil de Prague, le 16 octobre 1645, «par les Pères Guillaume et Henri de « Lamormesnil.
« Cette somme, payable en deux termes', « servira à entretenir au susdit convictoire « de Prague un boursier du Pays de Luxem- « bourg : 90 florins seront payés pour nour- «riture et logement; 40 serviront à l'en- « tretien des vêtements , etc., et à Tobten- «tion des grades académiques, si letitu- « laire est apte aux études supérieures.
«2^ Le fondateur se réserve la nomi- « nation, sa vie durante. Après sa mort ce «droit passera au Recteur du collège de « Luxembourg qui sera prévenu par le di-
« recteur du convictoire de Prague, toutes «les fois que la bourse redeviendra va- « cante.
«3^ Si contre toute attente Fétablisse- « ment des Jésuites venait à se dissoudre « ou à être transféré autre part , on re- « mettra les titres de la fondation au père « provincial de la Belgique à la bienveillance « duquel la bourse sera recommandée.
« 4® Le récipiendaire devra être fils lé- « gitime de parents catholiques. On exigera « une bonne conduite morale et religieuse, « des capacités suffisantes et quelques con- « naissances dans la langue latine.
« 5^ Le choix de la future vocation res- «terà libre au boursier.
« 6"* Si rétablissement de St. Barthélé- «my à Prague venait à se dissoudre, la « bourse ne pourra nullement s'éteindre ou « être à la disposition du sénat de Prague, «qui ^st le dispositaire des fonds; elle «devra être perpétuée suivant la volonté « des fondateurs à Prague , ou autre part, «par les soins du père recteur.
«L'acte de fondation fait à Vienne, est «daté du l«r février 1646.
«Depuis la première nomination, faite « en 1646 par le fondateur lui-même, jus- « qu'en 1737, plusieurs Luxembourgeois « ont joui de cette bourse, » qui en conformité d'un rescrit impérial du 12 mars 1842 a été réunie à celles de Kœnigsgraetz et de Bileçk, et rapporte ainsi une somme de 250 florins d'Autriche.
Nous terminerons cet article en transcrivant encore la notice que Tauteur du manuscrit des Viri illustres a consacrée à Henri Germé: «1645. Henricus Lamor- « manni Societ. Jesu , frater Guilhelmi , « fundator bursae Lamormanicx in Semiua- « rio Luxemburgensi pecuniis a D»* Joanne « Putz ab Adierthurm Gaesaris Consiliario « hujus applicationi donatis mortuus Vien- « nae Austrias. »
Vin mnstres, I, N« 76.— Butbolit, Vin, 191.
— MoAni, rV, 867. — Nahdr, Difsertation tiir les bourses, X, et XVII. — D. Galhbt, Biblioth. lorr«
— PiBRBBT, I, foL LXV* — GukSBil, Catalo^e de U BibUoth. de Lazbrç., 130, 327 cl 550. — Vahau-
■iCLB» et MiissiA, Dictionnaire géographique du Luxembourg, 88. — MsaJAi, UanuscriU, XXFV. — Nhomahn. Les auteurs luxembourgeois, 24.
GERNICHAMPS, CAn«^opA«, curç de Villers-Ste-Gertrude , est cité sans plas de détails par Tellot , avec la mention qu'il a composé di?ers ouvrages dont les titres nous sont restés inconnus.
TsLLOT, Mémoires manuscrits sur THistoire du Pays de Luxembourg.
GERNIN, Jean-Paul, né à Remich, Docteur en Théologie et mort en 1615, a écrit sur la Théologie ; mais les titres de ses ouvrages ne sont pas parvenus jusqu'à nous.
BiaTUOLiT, VIII, i9i. — PuaasT» I, fol. LXV.
— Ulvsliug, 38. ^ Nbuhax», Les auteurs luxembourgeois, 34, note 4, P.
GÉRY, Saint ^ en latin Gaugerieus , d'où quelques-uns le nomment Gaugeric et Gaucher, est né à Yvois-Carignan , pendant la dernière moitié du sixième siècle. Son père , dit-on , se nommait Gaudence et sa mère Anastadiole: Bertholet écrit erronnément Astridiole.
Ses parents qui étaient d'origine noble, élevèrent le jeune Géry dans la crainte de Dieu et dans la connaissance parfaite de leur sainte religion ; aussi croissait-il tous les jours en piété sincère comme il avançait dans les connaissances qui étaient alors enseignées dans les écoles publiques, au point que vers l'année 577,Magnèric, archevêque de Trêves y dans une de ses visitations diocésaines , ayant appris à le con- ' naître , se crut en devoir de lui donner la tonsure et de l'élever au diaconat. Géry remplit dès ce jour les fonctions de clercdiacre avec zèle et pureté : Personne n'était plus charitable ni plus composé que lui dans ses dehors et sa conduite.
Dans ces pratiques de piété le diacre d'Yvois , c'est ainsi qu'on le nommait souvent , n'aimait rien tant que de n'être pas remarqué du monde ; mais la réputation de son mérite vola bientôt dans les pays voisins et l'y iBt désirer pour pasteur. Vedulfe, cinquième évêque d'Arras et de Gam-
bray étant mort sur ces entrefaites en 580, le clergé et le peuple de ces deux diocèses qui pour lors étaient réunis, s'empressèrent de députer vers Childeric 11^ roi d'Austrasie, pour lui demander Géry.
Le roi y consentit et Géry , par obéissance disent les légendaires, fut forcé de se charger du fardeau de Fépiscopat. Gilles, évéque deRheims l'ordonna prêtre et le sacra évêque. De ce jour commença pour le nouveau prélat une vie toute de sollicitude apostolique et de travaux évangéliques qu'il ne cessa de pratiquer pendant les trente-neuf années qu'il vécut encore.
Prédications, missions, dispensation des sacrements, telles étaient ses occupations constantes. Plein de conviction en la vérité de sa foi et dans les droits de l'Eglise , il soutint l'une et défendit constamment les autres avec le courage le plus héroïque, même contre les empiétements des rois auxquels il osa plus d'une fois faire des remontrances aussi franches que sévères ; et nous possédons encore une lettre qu'il écrivit au roi Clotaire pour rappeler ce monarque à son devoir envers les églises qu'il tentait de dépouiller pour enrichir ses créatures.
Lorsque Géry monta sur le siège archiépiscopal, son diocèse renfermait encore des restes sensibles d'idolâtrie que ses prédécesseurs n'étaient pas parvenus à extirper : Le saint prélat se mit en devoir de les exterminer et il y réussit. Le mont des Bœufs entr'autres, près de Cambray , avait conservé jusque là le privilège d'être le lieu d'un rendez-vous pour certaines pratiques payennes. Géry, pour en faire disparaître jusqu'aux moindres vestiges, y bâtit un monastère sous l'invocation de St. Médard. Cette maison subsista en cet endroit jusqu'en 1540 où Charles-Qulnt la fit détruire pour y élever une citadelle.
Alors les chanoines se retirèrent dans l'église de St. Vaast et y rapportèrent le corps de leur saint fondateur qui avait voulu être inhumé dans l'église de St. Mé* dard.
Géry mourut le 11 août 619 et fut dans la suite inscrit au catalogue des saints.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres est comme d'ordinaire , très-laconique à regard de ce pieux prélat : « Sanctus Gau- «gerlcus Ivodiensis, Episcopus Gamera- (( censis et Atrabensis. S.. R. Imperii Prince ceps, fundator Ecdesias collegiatse Ga- « meraci. »
BiaraoLBT, II, 71 à 7S. - Piuut, I, fol. LX V.- Db la Haut, Annales civilea et religienset d'Yvoif- Carignan, 407, tq.-»- Les Dëlicct des Paya-Bas, II, 556, et lU, 7i, note* — Suaius. ^ Gallia Christiana, m, 4. -Viri iUnstres, 1, N^" 2. -1Vil«lhus a WiLTUiH, Disqaisitiones antiquariap Historiée Inzembnrgensis; lib. II, c. 9, §. 5. ^ Db Rah, Vies des Pères, des Hartjrs et des Saints, IV, 585« — Gnss- «oiteB, Aeta Sanctornm Belgii, II, tttfO, ad SItf.
GE WIN, peut-être mieux Gbswin, Jean- Paul, originaire de Remich , ne nous est connu que par rouT^age intitulé : Virorum illustrium ex Ordine Eremitarum D. Augustini, par Gorneil Gurtius; Anyers, 1636. Il y est désigné comme auteur d'un liTre suscrit: Fama posthuma D. Pétri Richardoli, abbatis Epternacen$i$. L'auteur y relève les mérites de François Richardot, évêque d'Arras, frère de l'abbé d'Echternach, afin de mieux faire ressortir les excellentes qualités de ce dernier.
D'après une communication que M. le Professeur Marx, de Trêves, a eu la bonté de nous faire, il est à croire que J.-P' Gewin était religieux d'Ecbternach, et qu'il fut contemporain de l'abbé Richardot qui est mort en 1628 (t. son art.).
L'ouTrage cité dans le texte; et Professeur Habx, de Trêves, communication manuscrite du 29 mai
GHISLAIN, Gislain ou Sehetzel, Schetzelon, est un de ces personnages énigmatiques sur lesquels l'histoire aussi bien que la légende ne nous ont conservé que très-peu de renseignements directs et positifs. Si nous pouvons en croire Rertbolet, Schetzel était né dans le Luxembourg pendant les premières années du douzième siècle. Nous ne savons absolument rien sur son premier âge ni sur sa jeunesse, ni encore sur ses parents. Seulement il est constant que, élevé dans une
extrême piété il crut ne pouvoir se rendre plus agréable à Dieu qu'en se retirant dans la solitude afin de n'être point distrait dans ses méditations ; et il choisit la forêt du Grûnwald où il passa les quinze dernières années de sa vie, n'ayant que le firmament pour couverture, l'air pour habillement et le manger des bêtes sauvages ; car il ne se nourrissait que d'herbes , de racines, de glands et de faines , et ne se couvrait le corps que d'une simple ceinture de peau avec un sachet qu'il portait pendu au col. La légende nous apprend que seulement pendant ses quatre dernières années il a consenti en forme d'adoucissement à sa mortification surnaturelle , à manger de temps en temps un morceau de pain de son ou d'orge qu'il allait demander dans l'une ou l'autre des cabanes des environs et devant la porte desquelles il prenait aussi parfois son gite. On montre encore au Grûnwald une espèce de grotte près d'une fontaine, qu'on nomme de son nom et où la tradition veut qu'il ait demeuré.
Pendant l'été de l'année 1857, M. l'abbé Klein, desservant de la paroisse de Weimersldrch à fait faire des fouilles dans la grotte dont nous venons de parler, et on n'y découvrit que quelques fragments de vases avec deux lames de couteau enrouillées ainsi que des débris de poutres ; d'où l'on peut conclure, dit M. le curé, que cet antre a été habité dans le temps, qu'il a été agrandi par une main humaine et que très-vraisemblablement il y avait une espèce de construction-avancée , comme du reste il était d'usage chez les solitaires d'avoir un oratoire contigu à leur cellule. La fontaine dite de Schetzel se trouve à deux cents pas environ de la grotte, et dans les temps anciens un religieux de l'abbaye de Munster venait tous les ans en bénir l'eau: mais cet usage s'est perdu depuis plusieurs siècles.
Lorsque Schetzel pressentit, dit-on, que sa fin approchait, il alla au village voisin, à Jung- ou à Rurg-Linster, se fit administrer le St. Viatique et rendit bientôt après
son âme au créateur, en Tanuée 1141. Il fut inhumé d'abord au lieu même oii il avait Técu, et une chapelle fut bâtie sur son tombeau ; mais quelque temps après, c'est-à-dire vers Tannée 1160, Tabbé de Munster fit transférer son corps dans son église oii il fut solennellement enterré audevant du mattre-autel. La dévotion publique lui avait élevé un monument qui fut détruit lors de la ruine de Tancienne abbaye de Munster en 1 544 par ordre de Charles- Quint , et ses restes demeurèrent enfouis sous les décombres. Nous ne savons si ce pieux solitaire a été solennellement canonisé; quoiqu'il en soit le martyrologe belgique en fait mention au 6 août.
Nous ne pouvons nous empêcher de rapporter ici quelques particularités qui dépeignent plus particulièrement ce saint anachorète : Pendant un voyage qu'il fit à Trêves après la diète de Spire, St. Bernard ayant appris la vie austère de Schetzel, voulut le faire visiter par deux de ses religieux qu'il chargea de lui présenter de sa part une tunique et des souliers ou des sandales, le priant de s'en servir pour l'amour de lui. Ici nous laisserons parler l'un de ces religieux , parce que le style naïf de la légende peindra mieux la situation: «Nous nous mîmes incontinents en «chemin, et nous arrivâmes de grand « matin à la maison oii nous croyions qu'il «réposait. Ne l'ayant pas trouvé, nous « nous informâmes auprès de son hôte ou «était Schetzelon. Il nous dit qu'il était «parti vers minuit; que lui ayant demandé «pourquoi il partait de si bonne heure, « il lui avait répondu que quelques reli- «gieux devaient venir pour le chercher, « mais qu'il ne voulait pas se montrer à «eux pour lors. Nous avions cependant « cru le surprendre avant qu'il fût levé ....
« Nous priâmes son hôte d'aller au lieu « de sa retraite et de le supplier de notre « part de ne pas nous priver de sa pré- «sence, en considération de celui qui «nous avait députés. Il le fit, et quand «nous fûmes auprès de lui, nous le sa- « luâmes et lui offrîmes les présents que
«notre maître lui envoyait. Il les reçut « avec respect , se revêtit de la tunique et « se chaussa ; mais il ôta de suite le tont, « et nous dit : Béni soit Dieu qui a daigné «inspirer à cet homme apostolique de se « souvenir d'un misérable pêcheur comme « moi ; j'ai mis par amour pour lui et par «obéissance les vêtements qu'il m'avait « destinés , mais je ne puis pas les porter « plus longtemps , puisque je n'en ai pas «besoin, et que St. Bernard ne me l'a «point commandé; car je vous déclare, « mes amis, que rien ne me ferait plos de «peine que d'être obligé de me charger «de nouveau de ce fardeau, dont je me « suis dépouillé depuis longtemps.
« Lorsque nous vîmes la bonté et l'affa- «bilité de ce solitaire, nous lui parlâmes « avec plus de confiance , et nous lui de- « mandâmes s'il ressentait encore les ten- «tations du démon et les aiguillons de la «chair? Il sourit en entendant cette pro- « position , et comme sa vertu n'avait rien « de farouche , il nous parla ainsi : Il y « a longtemps , mes chers frères, que par « la grâce de Dieu je suis délivré des pas- « sions vicieuses de la chair ; mais puisque « la vie de l'homme est une tentation per- « pétuelle sur la terre, qui est-ce qui peut « se glorifier d'avoir un cœur pur ? Si nous « disons que nous sommes sans péché, nous «nous séduisons nous-mêmes, et la vérité « n'est pas en nous ; environnés de toutes «parts de pièges, comme nous sommes, « et exposés sans cesse aux traits de nos « ennemis , à moins que nous ne soyons « défendus du bouclier de la divine pro- « tection, pouvons-nous être à couvert des « embûches de ceux qui attaquent l'homme « le plus juste ? Nous nous confions néan- «moins en la miséricorde de Dieu, qui « est fidèle , et qui ne permettra pas que « nous soyons tentés au-dessus de nos forces.
« Mais pour vous satisfaire , je vous «raconterai les sortes de tentations aux- « quelles je suis quelque fois sujet : Un «jour qu'il faisait un firoid excessif, je « me couchai nu sur la terre, et il tomba « une si grande quantité de neige que j'en
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tfas couvert à la hauteur d'un pied et « demi ; de façon qu'il ne me restait qu'une «petite ouverture par où je respirais, «parce que mon haleine y avait fondu la « neige. Alors un lièvre , transi de froid, « cherchant son gite pour s'y cacher, passa « par cet endroit et s'y arrêta , attiré sans « doute par la chaleur. Ce hasard me fit « rire , et j'eus la pensée ou de le tuer « ou de le prendre à la main, afin de m'en « amuser. Mais je me retins, et revenu à « moi-même , je condamnai ma légèreté et « me reprochai la perte de temps que j'a- «vais faite dans cette pensée frivole. Je «laissai donc reposer le timide animal « aussi longtemps qu'il voulut , et jusqu'à «ce qu'il se retira de lui-même.
« Voilà une des tentations les plus con- «sidérables que je me souviens d'avoir « eues depuis plusieurs années; c'est pour «vous égayer que je vous en ai raconté « les circonstances, plus au long peut-être « qu'il ne convenait. Du reste, je suis con- « fiis et triste de ce que de vains objets «m'inquiètent, telles que des mouches « qui volent, et par où je me vois distrait «et empêché souvent de continuer les « méditations célestes. »
BnTBOLBT, IV, 97 à 104. — Martyrologe Belgique, a« 6 août : ViU 8ti Alhardi. — IViunaut a IVut- HtiH, Duqnisitionef antiqaariœ Historise loxemburgeasu, L. JI , c. 4, J. 3. — Di Fkllbb, DictioBDalre historique, litt S. — Lucas Niaïaaoaa, Res mviisterienses ; mscrt Bibl. Luxbg. — Histoire de Tâbbaye de Notre-Dame de Munster ; rascrt, BibL Lnxbg, — Renseignements fournis par M. Kimn , desserrant à IVcimerskirch. ~ BsowBa, Annales TrcTÎrenses, II, 49, sq« — Ulviuvo, 6. — Paqubt, 13. — Masbh, 393.
GILLES, dit ffOrval, Àegidius Àureœ- Vallis, est né à Liège suivant la plupart des auteurs, dans le Pays de Famenne suivant d'autres. Quoiqu'il en soit il entra à Orval oii il prononça ses vœux religieux.
Il y florissait pendant la première moitié du treizième siècle. M. le Comte de Becde-Lièvre dit qu'il est mort en 1248, tandis que d'autres historiens fixent Tannée 1251 , et ce avec plus de fondement puisqu'il a encore écrit des événements qui se sont passés en cette dernière année.
L'Histoire ne nous a rien conservé sur la vie de ce religieux qui paraît-il, est entré adolescent à Orval en qualité de novice et y mourut vieillard, ayant partagé tous ses instants entre l'étude, la prière et les travaux des mains , comme cela était d'usage dans son abbaye.
Nous avons de Gilles d'Orval, ainsi dénommé par quelques-uns parce qu'il était religieux de ce monastère, ou de Liège de son lieu natal, une Histoire des évèques de Tongres, de Maestricht et de Liège jusqu'à Henri de Gueldre (1251), sous le titre de : Historia Episcoporum Tungreniium, Trajectensium et Leodiensium, a S.
Matemo primo Tungrorum Episcopo, ad annum salutis CIO.CC.LI. Elle a été imprimée dans le second volume du Recueil de Cfaapeauville, en 1613. Cet ouvrage est très-estimé pour l'exactitude avec laquelle les faits y sont rapportés ; mais, dit Bertholet, on peut lui reprocher un peu trop de crédulité sur certains miracles : Il est la continuation des mémoires d'Ânselm de Liège.
CiArsAuviue , CoUectio anetomm pr«eipnomm qui gesta pontifienm Tnngreusinm, Traiertensinm et Leodiensiam scripsemnt, II. — Fa. Swcarios, AthensB Belgîcœ, i07. — BcarnoLST, I, 76, note f. — C** ni Bac-ra-LiivaB, Biographie liégeoise, I, 91. — D. Calhbt, Bibliothèque lorraine. — Montai, IV, 287 — La Gabdb, Notiee sur les luxembourgeois célèbres, iS, sq.— Paqubt, 25. — Biographie générale des Belges, 96. — Les Hommes illustres des Pays-Bas, II, 113. — Dbwbz, Histoire du Pays de Liège, II, 5IS4. Nbvhabb, Les auteurs luxembourgeois, 7.
GILLES, dit d'Orval, autre religieux du même monastère , ne nous est connu que par une histoire de son abbaye qu'il a composée et qui finit à l'année 1555 :
On trou?e dans cet ouvrage plusieurs faits d'Histoire du Pays de Luxembourg et du Comté de Chiny.
D. Galmbt, Bibliothèque lorraine. — Nsuhaiiii, Les auteurs luxembourgeois, IK.
GILLES, dit d'Yvois, mérite de trouver place parmi les illustrations du Payé à cause d'un trait d'héroïsme patriotique qui a rendu sa mémoire célèbre parmi ses compatriotes. Il était simple forgeron ou
maréchal-ferraot, mais homme de tête et de courage : Pendant le siège mémorable qu'Yvois, sa ville natale eut à soutenir contre François I. en 1541, Gilles à la tête de quelques bourgeois aussi brayes que lui, mais dont les noms ne sont pas parrenus jusqu'à nous, osa faire une sortie en plein jour et entreprendre de s'emparer d'une partie de rartillerie des assiégeants.
11 parvint k se saisir de trois pièces de canon qu'il traîna jusque dans les fossés au pied des murs de la place, se flattant de l'espoir que peut-être les assiégés pourri^ient au moyen de cordes , les enlever par dessus les murailles. Mais comme il vit bientôt que cela serait impossible il les endoua après en avoir br&lé les affûts.
Et ce ne fut qu'avec grande peine et après avoir perdu beaucoup de monde que les assiégeants parvinrent plus tard à les retirer du fossé.
A la suite du même siège qui fut mémorable sous plus d'un rapport, les habitants d'Yvois donnèrent une preuve bien honorable de leur fidélité à leur prince légitime : ils aimèrent mieux se faire bannir et perdre toute leur fortune plutôt que de prêter serment à un autre maître. Ils firent plus encore, ils s'enrôlèrent tous dans l'armée d'Espagne oii un grand nombre d'entre eux périt sur le champ de bataille pendant les deux années de guerre à outrance qui suivirent la reddition d'Yvois au Duc d'Orléans.
Di LA Haut, Annales eiTÎlet et rtUçlenutê d'Yvois- Carignan, iltf et 408, sq. — Do Bill, Mémoires, IV, 89.
Gilles ou Gillbsz, Jean, dit Baron d^Aldringtn; v. ALDRINGEN, Jean-GiU les, baron d\
GILSON, le frère Abraham, naquit à Habay-la-vieille , le !•' octobre 1741. Un amour profond pour le recueillement et la solitude le porta à se faire ermite au Biseux. Là, dans la contemplation, la prière et le silence, il se pénétra peu à peu des tableaux de la nature et se passionna pour elle. Sans avoir fait aucune étude du des-
sin il s'amusait à reproduire les sites dont Taspect avait frappé ses regards. Plus tard il entra comme frère convers à l'abbaye d'Orval où son talent pour la peinture ne tarda pas à se relever, et il fut goûté par ses supérieurs qui l'encouragèrent d'abord dans ses travaux, fidèles aux anciennes traditions de l'abbaye oii de tout temps on avait cherché à développer les différentes branches de connaissances humaines et des arts utiles. Bientôt après le firère fut envoyé à Rome et à Paris pour étudier aux académies de peinture dont il devint en peu de temps un des élèves les plus distingués : il s'inspirait en effet de la vue des chefs-d'œuvre de l'école italienne surtout. A son retour il alla encore visiter les œuvres des grands maîtres à Dusseldorf , à Manheim, à Bruxelles et à Anvers. Re* venu enfin définitivement dans son monastère, Gilson résolut de faire largement profiter celui-ci des fruits de l'expérience qu'il lui avait fait acquérir. On en jugera par la liste seule des tableaux qu'il composa pour la nouvelle église de l'abbaye ^ qui était, comme on sait, dédiée à St.
Bernard.
Fresques de la voûie, en trois grands tableaux : 4"^. Ste. Cécile, entourée d'anges qui chantent avec elle, placée au-dessus des orgues. — S^. Ascension du Christ qui est accompagné des Pères de l'Ancien-Testament. — 5^. Apothéose de St. Bernard et de St. Benoît accompagnés de religieux de leurs ordres respectifs.
Dans le bas-côté de ^aucA^.*' 4". Crucifiement de St. Pierre. -- S^. Chute de Simon-le-magicien. — ô"". St. Pierre guérissant les malades par son ombre. — 7^.
Entrée de Jésus à Jérusalem. — ^. Zachée sous le sycomore. -** 9". La Résurrection de Lazare. — f 0^. La Transfiguration du Christ. — ff ^.Sermon sur la montagne.— fJ?'. Les vendeurs chassés du Temple. — i5^. Jésus au Temple enseignant les Docteurs de la Loi.
Dans le bas-côté de droite: 44''. La Décollation de St. Paul. — 1S°. La Conversion de St. Paul. — lô"". St. Paul préchant à
Farëopage. — 17*". Le tribut dû à César.
— IS"". Le laTement des pieds. — 19"*. Jésus montant le calvaire. -* §&*. Elévation en croix. — Sl\ Descente de croix.— Sf. Résnrrection du Sauveur.
Dans le chœur: 25"". Apothéose et couronnement de la Vierge; fresque sur la coupole au centre des traverses. — 24^.
Présentation de la Vierge au Temple. — 25^. Présentation du Sauveur aux Docteurs ; fresques au-dessus des chapelles.
Sur les voûtes ou plafonds du chœur; fresque en trois tableaux; 26^. L'Arche d'Alliance et les sacrifices de TAncien- Testament.— â?"". L'Adoration de l'Agneau et les mystères de l'Apocalypse. — 28"".
Le Saint-Sacrement adoré par les Pères de l'Eglise.
Deux médaillons: QQ"". SS. Pierre et Paul, à mi-corps et de grandeur naturelle, entre les pilastres du chœur et ceux de la .nef transversale. — 50"*. Les sept Vertus théologales, en grisaille dans des panneaux.
Dans les onze chapelles: 51^.SS. Michel, Gabriel et Raphaël conduisant le jeune Tobie. — 5T Naissance du Sauveur.
— 55^ Martyr des premiers apôtres , sous Néron. — 54^ Le fondateur de l'Ordre de Citeaux en extase devant la Ste. Vierge qui lui présente son fils. — 5S'* Le fondateur du Mont-Cassin avec trois anges soutenant son livre , lui présentant un encrier et lui montrant l'Esprit-Saint qui l'inonde de ses lumières. — 56"*. Le Saint au poteau et le bourreau lui déchirant les chairs.
Plusieurs autres médaillons en grisaille.
Outre ces tableaux, le frère Abraham avait peint des toiles en grand nombre qui se trouvent soit dans l'église de Villers-devant-Orval, soit entre les mains de plusieurs particuliers : Il y en avait entre autres douze ou treize dans le réfectoire de l'abbaye de Munster, d'oh elles furent plus tard transportées à la maison curiale de la ville-haute de Luxembourg et finalement vendues par l'effet d'une coupable insouciance pour les beaux-arts. Le chiffre connu de ces peintures connues et décrites
par M. Namur s'élève à trois cent cinquante-un.
Après la dévastation et l'incendie de son abbaye, le frère Abraham s'était retiré à Luxembourg oh il a séjourné jusqu'à la reddition de cette place à l'armée de la République française ; puis il est allé mourir à Florenville, le 16 janvier 1809, à l'âge de soixante-huit ans, pleurant encore ses tableaux dévorés par les flammes a Orval et qui lui avaient coûté plus de vingtcinq ans de travail.
Il fut enterré dans ou près de l'église du même village oii l'épitaphe suivante, gravée sur une pierre bleue ados^^ée au mur du temple rappelle sa mémoire :
Cl-GlT ABRAHAM GILSON FRERE CONVERS DE l'ABBATE d'ORYAL.
il fut peintre celebre et son noble ta-
[lent decora cette eglise, artiste bienfaisant, modeste et vertu-
[bijx religieitx austere il vecut en bon frere et mourut en saint pere le 16 janvier 1809.
JsANTia, Chroniqaet de Tabbajc d*OiTaI, t89, tqq. — La Gaibb, Notice sur les loienbourgcois célèbres, 43. ~ Notes commnniqaées. ~ A Nanub» Notice sur le frère Abrmbani AsTcrs 1860; et 8« ëdit , Laxbg ,Bttck .
• GILSON, le frère Jérôme, était frère du précédent. Il entra comme lai k Tabbaye d'Orval oii il se distingua d'une manière éminente comme doreur. Il est mort à Florenville, auprès de son frère.
Renseignements commaaiqaés.
GIRCKEN, Nicolas, né à Eybertingen dans Tancienne prévôté de St. Vith, fit profession dans Tordre des Ermites de St.
Augustin , passa Docteur en Théologie et professa cette science à Cologne. Il fut aussi examinateur synodal et nommé prieur du monastère de sa règle dans la même ville, le 26 avril 1703 ; finalement on le désigna Provincial au chapitre tenu en cette ville. Il conserva cette dernière dignité
jusqu'au 23 janyier 1706 ; le 14 avril il Tobtiat de nouveau et la garda jusqu'au 10 mai 1715. Il mourut à Aix-la-chapelle le l«r juillet 1717 9 à l'âge de 56 aus, la 37* de sa professiou religieuse et la 33* de son ordination.
On a de lui l'ouvrage suivant qu'il composa pour l'instruction de ses religieux :
Sumna summœ Theologiœ Scholasticœ juxta tuta et inconctusa dogmata SS. Augw" tint et Thomœ; 4 vol. Cologne, 1704.  l'édition de 1719 il avait voulu ajouter un 5* volume ; De religione et statu religioio; mais la mort le prévint avant qu'il en eût achevé le manuscrit.
Haiitibbih , Bibliotheca coloniensis , fitf 6« -^ Niu- HAHH, Les antenn luxembourgeois, Z7.
Gislain; V. GHISLAIN.
GISLEBERT, moine de St. Hubert^ célèbre copiste du onzième siècle. La beauté et la régularité de ses caractères sont enftiore aujourd'hui un objet d'étonnement et d'administration pour les connaisseurs.
G^ de Bec-de- Lièvre, Biographie liégeoUe, 47.
GLEWEL, TFenand^abbéd'Ecbternach, de 1437 à 1465 , est beaucoup loué par Bertels qui lui consacre au-delà de deux pages^ c'est-a-dire beaucoup plus de place qu'il n'en a donnée à aucun autre abbé.
Nous n'avons découvert ni le lieu ni la date de la naissance de ce prélat, ni son extraction. Il était custode ou portier de l'abbaye lorsque Pierre de Hubingen , 48* abbé d'Echternach vint à mourir et que les religieux le forcèrent à accepter la dignité suprême de leur maison malgré ses protestations d'insuffisance. La clémence j dit Bertels, luisait sur la figure de l'abbé Wenand Glewel; une exquise prudence dans tous ses actes et la vigilance la plus éclairée dans la direction qu'il donnait au monastère. Il joignait à ces belles qualités une exactitude exemplaire à assister aux offices comme aux heures canonicales ; et pendant ses courts moments de loisir il s'occupait à des travaux littéraires d'un grand mérite , tant pour l'abbaye , ajoute
le même auteur , que pour le monde savant.
En effet il composa : P De computu reddendo. Ouvrage qui parait avoir été une espèce de compte-rendu de V administration de son monastère. On lui attribue en outre, 2: Uu Dictionnaire latin-allemand, qui est resté manuscrit et que l'on conserve à la Bibliothèque de Luxembourg , avec la suscription : Vocabnlarium latino-germanicum; vol. in 12. Ce livre est surtout destiné à servir à l'intelligence des anciens dipl4mes et des Chartres.
Afin de réunir ici tous les faits qui nous ont été conservés sur cet abbé , nous ajouterons que son élection a d'abord rencontré une opposition dans la personne du prélat de St. Martin de Trêves qui prétendait se mettre à sa place parce qu'encore du vivant de l'abbé défunt cette dignité, disait-il, lui avait été promise.
Mais Wenand Glewel se reposant sur la justice de sa cause , traduisit son compétiteur devant le concile de Bâle qui condamna les prétentions de ce dernier, confirma l'abbé Wenand et le fit bénir en 1439 au couvent des frères mineurs , à Bâle même.
Pendant un incendie considérable qui ravagea la ville d'Echternach en 1444, Tabbé Wenand Glewel ouvrit les caves de son monastère et donna à ceux qui travaillaient à éteindre les flammes du vin en abondance, afin de soutenir leurs forces, dit Bertels, qui ajoute qu'à cette occasion sept charretées furent ainsi distribuées. Cet abbé eut en outre à souffrir plusieurs contradictions pénibles tant de la part des habitants d'Echternach que de quelques-uns de ses moines mutinés contre son autorité; mais il les supporta toutes avec la plus belle grandeur d'flme à cause de l'amour qu'il portait à son monastère.
L'abbé Wenand Glewel est mort plein de jours en 1465 , et fut inhumé devant l'entrée de la sacristie de son église abbatiale.
Bbbtbls, 1 70, ¥qq, — - KlivHAini, Lee aoteurs lazembourgeois, 10. — BEtraoLBr, II, P. J. X. — IIlasbn, Gatalogae de U Bîblioth. de Lnxbrg., 4S2. — Liber aareui, mscrt parchem, fol. LXXXIIL
GOEBEL, Barthélémy, est un de ces religieux modestes dont THistoire n'a pas transmis les vertus j bien que de son temps il ait su se faire une réputation méritée de piété et de vie exemplaire. L'auteur du manuscrit des Viri illustres est la seule source qui nous ait fait connaître ce personnage qui a vécu vers l'époque de la rédaction de cet ouvrage : « 1654. Bartho- «lomaeus Gœbel Luxemburgensis Carthu- ((siœ Domûs Sancti Sixti in Rutila prior « et convisitator. ^) Avons-nous besoin d'ajouter qu'il faut traduire Rutila par Rethel?
Viri mustres, I« N* 107.
GOMAND , Jean- Henri- Willibrorde, fils de Remy-Nicolas Gomand j employé à la recette générale et de Catherine Beck, est né à Luxembourg, le 11 février 1817.
Il suivait les cours de l'athénée de cette ville lorsque M. Boch-Buschmann (v. son art.) propriétaire et directeur de la faïencerie de Septfontaines voulut créer près de cette manufacture une école de gravure dans le but de faire un sort convenable à des jeunes gens de bonne conduite et qui donnaient quelques espérances. A cet effet M. Boch s'informa près des profes^ seurs de l'athénée des élèves qu'ils croyaient dignes d'être admis à apprendre un art qui devait leur procurer une position aisée : Gomand fut un des premiers qui ont été recommandés ; et il ne démentit point la bonne opinion qu'on avait de lui.
Il s'appliqua d'une manière louable , se perfectionna dans le dessin dont il avait eu les premières notions sous la direction du Professeur Fresez , dans le cours duquel il figura plusieurs fois parmi les lauréats ; il apprit à modeler, s'initia aux secrets de fabrication de la faïencerie^ et après quelques années il était bon graveur.
Gomme vers 1845 l'invention de la galvanoplastie fit un moment craindre à bien des graveurs de voir leur avenir devenir précaire , Gomand demanda à être employé au bureau de la faïencerie oii il devint teneur de livres , puis caissier. Il fut plus tard chargé de surveiller la fabrication.
Dans l'accomplissement des devoirs que lui imposait ce dernier poste il eut occasion de s'occuper de nouveau de gravure et de dessin. Il le fit d'une manière digne d'éloges : Ce fut lui en effet qui dessina et grava les objets qui , à l'exposition universelle de Paris en 1855 , valurent à la faïencerie de Septfontaines la médaille de deuxième classe ; ce fut lui qui a modelé pour orner le musée de M. Boch, une frise dont une partie a figur^ à la même exposition et que le musée de Sèvres a jugée digne de paraître parmi les richesses de ses collections céramiques. Enfin la Société archéologique de Luxembourg , qui l'avait inscrit dès 1847 au nombre de ses membres correspondants ^ a su apprécier le talent qu'il a su mettre à déchiffrer les sceaux et les médailles : il a cherché avec une infatigable constance et a reproduit par un procédé à lui , avec une merveilleuse exactitude , les sceaux de tous nos souverains , des seigneurs, des institutions civiles et religieuses du pays. Un savant français, H. Achille Jubinal a constaté le mérite de cette reproduction pour laquelle il a^ au nom d'une société archéologique de France, fait don à Gomand d'un ouvrage de grande valeur.
Gomand est mort le 28 avril 1857, à peine flgé de quarante ans.
Notice nëerologiqoe sur Gomand; dans: Pnblleatîona de la société archéologique da Grand-Duché, à Luzenbourg} XII, zi, sq.
GORGES , Michel, est né à Bleyalf , le 30 octobre 1681. Dès l'âge de dix ans il suivit le cours de latin et la poésie à Munster-Eiffel; plus tard il entendit la philosophie au Collège des Trois-Couronnés à Cologne; enfin la Théologie dans la même ville. Entré dans Tordre des Jésuites il enseigna pendant huit ans la pédagogie au Collège de Cologne et s'y acquit une grande réputation de science.
Il fut ensuite nommé chapelain de Téglise de Saint Aubin dans la même ville , mais il n'en remplit les fonctions que pendant six mois, ayant, après un concours qui fut tenu à Dusseldorf , obtenu la cure de
Hochstadt dans le Duché de Juliers , à la* quelle était attachée la place de commis* saire près des religieuses du St. Sépulcre à Neuysz et celle de Camérier du chapitre archidiaconal de la même yille. Il yivait encore en 1745 ; mais nous n^avons pas découvert la date de son décès.
On a de Michel Georges, P. braChIVM DbI nostrI In prInCIpe bVgbnIo. Von
GOTTBS ARMb In SBRVIbN GBKCttPFTBR
tVrCkbnDraCh. Discours sur la victoire de Charles VI sur les Turcs. 1717. — 2®. Dreistimmige Lerch, das istLieb-Lobund Gebetts-Uebungen zu Ehren der eingefleischten Dreyfaltigkeit Jésus, Maria, Joseph. 1719. — 5^. Richtschnur der Marianischen Schœflein in Verehrung des Gnadenreichen Bildnus der allerseeligsten Mutter Gottes zu Kevelaer unter dem Titel :
Trœsterinn der Betruebten. 1741. — 4*.
Gnadenbaum^ das ist, die wundenvuerkende-allerseeligste Mutter Gottes Maria ia der Gnadenreicher Passauischer Bildnus Mariie in dem Hoch-Adelichen Closter Mariae-Bœchlein genannt zu Starckerath im Herzogthume Cleve gelegen.
HAKTzaBiM, BibUotheca colonieMÛ. S5I.
Granson , Amoul de; v. CHINY, ArnotU de Granson^ Comte de.
Grbin, Jean-Baptiste; t. GREYN, Jean- Baptiste.
GREVENMACHER, Fulco de, est cité pour avoir pris part à la première Croisade et pour avoir péri devant Ântioche, en 1096.
GREVENMÂCHER , Siger-de, compagnon de Fnlco qui précède, assista avec celui-ci à la première Croisade. Il périt comme lui et à ses côtés devant Antioche, en 1096.
GREYN, Jean-Baptiste, né pendant la première moitié du dix-huitième siècle, à Michelbuch, commune moderne de Vicbten , avait obtenu les ordres sacrés. Il était curé de Brachtenbach , au canton de Wiltz, lorsque de concert avec un autre prêtre ,
vraisemblablement de sa parenté, Jbah- Bbrnard Bbckbr , vicaire au même Michelbuch et originaire de ce village ou bien de Schandel, commune d'Useldange, ces deux respectables ecclésiastiques fondèrent le 7 octobre 1777, devant le notaire A. Everling de Grosbous le bénéfice dit de Michelbuch.
Les motifs qui les décidèrent à cette libéralité qui devait passer pour grandiose à cette époque et qui Tétait devenue en effet par le concours que les antres habitants du village s'empressèrent d'y apporter ; ces motifs sont trop puissants pour que nous ayons pu omettre de les transcrire ici:
« Les deux comparants , est-il dit dans « Vacte de fondation, pénétrés d'une fer- « veur chrétienne et sainte pour Tinstruction « de la jeunesse de Michelbuch , éloignée ft de toutes écoles , pour secours consolant «des infirmes si éloignés de l'église parois- « siale — Bissen dont cet endroit ressortis- «sait alors en étant éloigné de plus de i<einq kilomètres -^ comme aussi pour «intérêt corporel et spirituel du village «de Michelbuch, ont volontairement et « publiquement déclaré d*avoir donné, cédé « et transporté par donation entre-vifs pour a toujours et à perpétuité à un vicaire tem- « poraire de Michelbuch les biens et rentes c* ci-après leur appartenant respectivement, « sous les conditions, émoluments et charges « qui suivent.»
Cette donation consiste respectivement,
Â. pour Jean-Baptiste Greyn , i*. en la cession de son bien patrimonial dit Fehnrichsgut, consistant en prairies, champs labourables, terres sartables, bois et haies, ainsi qu'un journal et demi de terre de Vichtengut; 2^. en l'abandon d'un capital constitué, de trente écus du pays (138 francs et 30 centimes), rapportant par an quinze escaiins ou 8 frs. 64 centimes.
B. pour Jean-Bernard Becker , dans l'abandon de quatre capitaux ou créances constituées , montant au chiffre global de cinq cent sept écus et huit sols de Luxembourg (2,337 frs., 93 es.), rapportant en
rentes au denier vingt une somme de frs. 350, 68 es. par an.
Ces différentes sommes, l'abbé Becker a déclaré qu'elles provenaient de la succession de Tabbé Nicolas Gbmglbr , mort curé k Souftgen , et qu'il les abandonnait au profit de la dite fondation en acquit d'un devoir qu'il avait assumé en devenant héritier universel du dit curé Gengler.
Les donations dont il vient d'être parlé ont été faites en faveur d'un vicaire ou chapelain temporaire de Michelbuch, lequel devra toujours être approuvé pour entendre les confessions; le tout aui charges suivantes :
1^. De dire tous les dimanches et pour le village, la messe dans la chapelle du dit Michelbuch , et ce à une heure assez matinale pour ne pas empêcher les fidèles d'aller assister an service paroissial.
. 2^. De dire deux messes semainières, applicables aux familles respeclives des fondateurs.
3*. En acquit de la rente de 15 escalins provenant du capital Greyn, il a à dire annuellement quinze messes à l'intention des auteurs de ce fondateur.
4«. Aux quatre principales fêtes de Tannée il ne pourra célébrer la messe à Michelbuch que du consentement exprès du curé.
5*. Il tiendra pendant les mois de novembre, décembre, janvier et février une école gratuite pour les enfants du village.
Les branches à enseigner sont : l'instruction religieuse , la lecture et l'écriture.
6o. Il administrera la fondation.
7«. En cas de vacance, les prêtres issus de la famille des fondateurs auront toujours la préférence pour obtenir ce bénéfice dont ils ne pourront ensuite être démis que pour des causes réelles, non ennemies (sic) , de mauvaise et scandaleuse conduite ou d'une négligence coupable dans la tenue de l'école: ce dont le curé est toujours appréciateur et juge.
Les descendants de ces deux familles sont : ceux de la maison Greyn de Michelbuch, ceux de Michel Gengler et Susanne
Schrœder de Schandel, et ceux d'Augustin Becker et Susanne Gengler de Lintgen.
Les fondateurs posent en outre la réserve absolue que : pour le cas oii un jour l'objet de leur donation deviendrait caduc ou serait détourné de son saint but, les biens et capitaux respectivement donnés retourneront à leurs héritiers , savoir : les libéralités du premier donateur à la maison Greyn de Michelbuch, sa maison paternelle ; celles du second , par moitié aux enfants de sa sœur Catherine Becker de Bittbourg et la seconde moitié aux descendants des époux Michel Gengler et Susanne Schrœder de Schandel.
Les pertes à essuyer dans les biens ou les capitaux attachés à la fondation entraîneront une diminution proportionnelle dans les charges, sur décision du curé de la paroisse.
Cependant les pertes qui proviendront de la faute du bénéficier ou par sa négligence, seront supportées par lui ou par ses héritiers.
Pour corroborer la fondation, les habitants du village, ayant comparu personnellement avec leurs épouses, se sont obligés à livrer tous les ans à leur vicaire, le jour de St. Martin , onze novembre : a) quatre bichets (mesure de Vianden) de seigle par chaque cultivateur , et deux de ces bichets par ménage de journalier (total alors , 22 pour tout le village) ; b) un bichet de froment par maison de cultivateur (quatre en tout) ; c) quatre cordes d'Espagne de bois à prendre dans les bois particuliers, k façonner par les manœuvres et à charier par les quatre cultivateurs ; d) à admettre à la glandée , les années où il y en aura, deux porcs de leur vicaire ; e) à faire paître gratuitement pour lui trois bêtes à cornes, six brebis et autant de porcs; f) k entretenir en bon état de réparation et de construction la chapelle et la maison d'école ; g) k fournir les ornements ainsi que le luminaire de l'église et les pains du sacrifice ; le vin devant être donné par le chapelain.
Enfin, un particulier de Michelbuch,
Jean Salenttnyj de la maison dite Billen, a en outre ajouté à la fondation un de ses jardins auquel il a attaché la charge de deux messes annuelles ; et un autre, iVtco- Ids Genglefj dit Greyn, a échangé un jardin du douaire donné contre un autre plus commodément situé pour le vicaire.
Le douaire et la fondation Greyn-Becker subsistent jusqu'à ce jour comme bénéfice ecclésiastique. Ils ont été régularisés par arrêté royal belge du 10 avril 1834.
D'un autre côté , afin de préciser Timportance actuelle du bénéfice de Michelbuch , nous dirons que depuis la promulgation de la loi de 1843 sur rinstruction primaire le bénéficier, qui d'ailleurs jouit en outre aujourd'hui d'un traitement de vicaire sur la caisse de l'Etat, ne fuit plus l'école pendant les quatre mois d'hiver; mais en compensation il est tenu de verser annuellement de ce chef, et pour satisfaire à la clause de l'acte de fondation, une somme de cent et un francs, ou cinquante florins , la moitié du minimum du traitement annuel d'un instituteur. Les services religieux sont servis.
Quant aux terres qui constituent son douaire, elles se composent, d'après le cadastre, comme suit:
t* Terres labourables
2^ Terres sartables .
3® Prairies . . .
4" Jardins . • .
50 Bois 118
6^ Plantis . . .
7^ Haies à écorces .
En tout . . 8^ 42* 30 au revenu cadastral de frs. 135 79 et.
Nous n'avons découvert aucune particularité ultérieure sur l'abbé Jean-Bernard Becker.
Quant au curé Greyn, il avait été nommé curé de Brachtenbach en 1774 et avait pris possession de cette cure le 23 mai de la même année. Dans cette paroisse il s'est acquis l'amitié de tous par le zèle constant qu'il a su mettre à remplir tous les devoirs qui incombent au pasteur
d'âmes suivant la loi évangélique. Après y avoir, pendant vingt ans, donné l'exemple des vertus chrétiennes à tous, il fut transféré à la paroisse de Kaundorf, en 1794.
C'est dans ce poste qu'il eut à subir toutes les tourmentes de la persécution sous les premières années du régime républicain français : sommé le S octobre 1797 (14 vendimaire an VI) par le commissaire du pouvoir exécutif de prêter le serment révolutionnaire, il s'y refusa avec courage et par conviction , et fut par ce motif condamné à la déportation. Hais il sut se soustraire k cette peine en se tenant caché.
Dans cette pénible position il eut à essuyer toute l'amertume de ce que le curé Barthélémy (v. son art.), son successeur, a nommé persêcutiones galliean(u dans un registre de la paroisse de Kaundorf, et n'osa plus se montrer en public. Forcé de cette manière à cesser toute fonction pastorale, il ne put plus administrer les sacrements les plus indispensables suivant la loi des chrétiens, et dut souffrir que ses paroissiens enterrassent eux-mêmes leurs morts et baptisassent leurs enfants. Enfin, consumé de chagrin, ce prêtre consciencieux est mort à JUlichelbuch, son lieu natal, dans la force de Tâge, le 8 avril 1806, emportant les regrets de ses ouailles dont il était resté le pasteur après la réouverture des églises au culte, et qu'il n'avait jamais cessé d'aimer comme en toute occasion il les combla de bienfaits.
Renseigaemeiite foomit par M. le Profeiteur Cvs- I.IRC et M. IVahl, cnrë à Braclitenba«k. — ArckÎTea de la paroitte de Kaondorf. — Expoié de U aitna* tien dn Laxcmboarg belge» 1837, 48. — Acte de fondation du bén^ftce de Micbelbncb ; anz arcbiTcs da Ticariat apostolique, à Luxembourg. — Cadastre de la comaune de Vicbten. — Eenaeignementa donnée par des partienlien de Kanndorf. — Protocole da notaire Bernard, de Wilta, en l'étude du notaire G. Ritcbard.
GusNANGB, Thomas-Henri de; v. THO- MAS, Henri, dit de Guntingen.
Guibaldb; t. WIBALDE.
GuiLBRjfo ou Guillaume, Don; v. VER- DUGO, Guillaume de.
GuiLiERHi, Balthasardj dit Boningen; V. BONINGEN, Guiliermi-Balthasard.
Guillaume, C^ de Luxembourg ; v. LUX- EMBOURG, Guillaume^ C^ de.
GUILLAUME, dit ffOrval parce qa'il était religieux de cette abbaye, a écrit des sermons, sur le Cantique des Cantiques.
La bibliothèque de Luxembourg possède cet ouvrage en manuscrit, sur yelin; 1 toI.
in folio, du quinzième siècle.
Gi.%$sM, Catalogne de la BUtliotkèqae de Laiemkottrg, 258 et 514.
GUILLAUME, dit de Vianden, ne nous est connu que par Touvrage suivant qui n'a jamais été imprimé et qui est conservé en original à la Bibliothèque de Luxembourg : Liber Monasterii S. Willibrordi Epternacensis, scriptus sub Reverendo Domino Roberto aMonreal^ abbate, p. f. WiU librordu. (nom de Religion de Tauteur) a Vienna 1587. Continet summarium vitm S. Villibrordiy abbretiatione Aurei lihri, registrum omnium litterarum et adnotationum pagorum, curtium ac bonorum secundum ordinem alphabeticum in fine; vol.
in4^
N4jiija, Catalogne de la Bibliothèque de Lazembourg, 887, sq.
GULICH, Maximin, né à St. Vith au mois de mai 1610, entra dans le monastère de St. Maximin en 1631, après avoir terminé ses études humanitaires, et fut ordonné prêtre en 1636. Sa rare régularité, sa piété et ses vastes connaissances le firent désigner coadjuteur de Tabbé Agritius de Reckingen (y. Agrèce de Reckingen), le 2 juin 1654, et Tannée suivante septantequatrième abbé titulaire. Ce prélat eut la douleur de voir en 1674 son monastère dévasté par Tarmée française. Cet événement Taffligea tellement qu'il en gagna une maladie de langueur qui se changea plus tard en hydropisie, laquelle Tenleva le 29 décembre 1679 dans le refuge de son abbaye, à Trêves.
L'église de St. Martin, près de cette ville, reçut sa dépouille mortelle.
▼. SraAMiBao, Metropolis EcclesiK Trevereniis, I, 306, t4|.
GuNTiNGEN, Thomas- Henri; v. THO- MAS, Henri, dit de Guntingen.
GYMNICH, Eghard, Erard on Evrard, de, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Vlri illustres : « 1624. £yhar- «dus de Gymnich dominus in Berpergh, «monte sancti Joannis, Capitaneus gene- «ralis Ducatus Lusemburgensis, pro Jo- «anne Bavaro et Elisabetha Gorlicia, se- « pultus in Dudiing. »
La maison de Gymnich, dite Beyssel de Gymnich dans une de ses branches, est d'origine allemande et très-ancienne. Elle a été connue dès le douzième siècle dans la personne de Henri de Gymnich qui avait épousé une dame de Linden née des plus anciens barons de Hollande et de Gueldre.
Gymnich, qui est encore florissant, porte : d'argent à la croix engrelée de gueules. Heaume couronné, au canard d'argent, becqué de gueules, en avant d'une branche d'arbre de sable. Robens donne la généalogie de cette famille, mais il a omis la branche qui s'était fixée dans le Luxembourg dès la seconde moitié du treizième siècle, dans la personne de Guy de Gymnich que nous voyons seigneur de Dudelange en 1290. Cette terre a appartenu à ladite famille pendant plusieurs siècles, de même que celle de Berbourg que Evrard, auquel cet article est consacré, a également possédée. Cet Evrard qui doit avoir été un seigneur puissant et guerrier a pendant vingt-cinq ans, de 1412 à 1437, été constamment en guerre avec le Pays de Trêves. Il avait épousé Gudèle ou Gudule de Badereck qui se disait veuve en 1445. Nous ne savons pas si ces époux ont laissé postérité.
Finalement Evrard de Gymnich a été Gouverneur du Quartier allemand du Luxembourg de 1413 à 1421 sous Wenceslas II et sous Sigismond, et a été inhumé à Dudelange où cependant il n'existe plus le moindre vestige de son tombeau.
RoasMS , AdeUbuch de* Nieder- niid Mittel-Rheins ; Terbo : GymnicL et Beyrael Yon Gymnîek. — Bbatio- LBT, IT, ante textam XXV. — GetU TreTironmi, m, 37, sq.. Notes d'étades. — Vin Uliutres, III, N» 190.
HAGEN , le Père, né à Sentzig
près de Gattenom , florissait pendant la première moitié du dix-septième siècle. Ce personnage ne nous est connu que par les trois lignes que Tauteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacrées: «1650.
« Hagon ex Sencigh ad Kettenhof-
(( fen ad Mosellam ordinis Minimorum « Sancti Francisci de Paula et ejusdem per (' Austriam Bohemiam et Bavariam pro- « Tincialis. »
Viri iUttitre*, J, N» 117.
HAHN, Malhias, né à Derenbach, commune d'Ober-Wampach au canton de Wiltz, pendant les premières années du dix-huitième siècle , devint prêtre et fut nommé curé de la paroisse de Wiltz, à Niederwillz. Ce respectable ecclésiastique fit de ses épargnes un emploi utile en faisant donation à Fhospice de sa cure auquel il imposa Tobligation, en cas que un ou deux parents, tant de la lignée paternelle que de la maternelle voudraient faire des études, de payer à ce ou ces étudiants une bourse annuelle respectivement de trente ou de cinquante écus du Pays. Si au contraire aucun postulant ne se présente, les revenus de la fondation sont acquis intégralement à Thospice. Comme cette libéralité est encore servie de nos jours, nous nous croyons en devoir de transcrire par analyse les dispositions mêmes du titre de la donation : Par acte du 14 septembre 1762, le comte de Wiltz atteste que le curé Habn a remis à l'hôpital de Wiltz trois contrats d'obligation, plus un appoint de soixante écus en numéraire, lesquels forment une somme totale de neuf cents écus du Pays ou 4140 francs, portant intérêts à 5 pour cent. Le donateur se réserve sa vie durant la rente de ces capitaux, moins quatre écus qu'il abandonne déjà alors à Fhôpital , et après son
décès il dispose que : Pour le cas oii dans la branche paternelle ou bien la maternelle de sa famille, mais de préférence dans la première, il y aura un ou deux sujets, nés dans les maisons mêmes qui portent les noms de ces branches et aptes aux études, aussitôt qu'il ou ils entreront au collège ils percevront annuellement, s'il n'y en a qu'un, trente écus; s'il y en a deux, chacun vingt écus pendant leur séjour au dit collège, le tout moyenoant qu'ils produisent tous les ans une attestation d'application et de progrès à délivrer par le Recteur. Si aucun sujet, qualifié comme ci^dessus ne profite de cette libéralité , ou si un seul en jouit an lieu de deux, la totalité, ou bien l'excédant de la rente de quarante écus revient à l'hospice de Wiltz; ou bien ce revenu pourra être utilisé au profit de l'école de la ville , à faire apprendre à lire à des enfants pauvres de la paroisse, le tout sur la présentation du curé.
Si la propriété des maisons Bahn , de Derenbach, et Ifullers , de Brachtenbach, dont il est question plus haut, venait à sortir de la parenté, le privilège accordé à ces maisons cesserait et l'hôpital resterait seul en jouissance de ces revenus.
La durée de l'usufruit des dites bourses est limitée à cinq ans pour les humanités, deux pour la philosophie et quatre pour la théologie , y compris le temps nécessaire pour le séjour au séminaire afin de pouvoir obtenir les Ordres.
Par acte subséquent du 20 septembre 176S , le curé Hahn augmenta encore sa première fondation en la portant à treize cent cinq écus ou 8003 francs, en ajoutant aux conditions déjà établies la disposi-> tion suivante : si deux étudiants se trouvent en même temps vouloir profiter des bourses fondées, chacun d'eux touchera annuellement trente écus et un escalin (138 frs.
60 cts.) ; si aa contraire il n'y en a qu'an, celoi-ci recevra cinquante écus (230 frs).
Dans Tun comme dans Tantre cas Thôpital conserve le surplus des intérêts du capital entier.
Lorsque Mathias Hahn a fait cette seconde donation il n'était plus curé à Wiltz et se trouvait au château de Waudrumont en Champagne, ou vraisemblablement il est mort, nous ne savons en quelle année.
Avant de quitter sa cure il avait donné à réglise de Niederwilte un calice en aident doré, portant son nom. Ce souvenir a été enlevé pendant l'invasion de la République française.
ArclÛTct mnweipalct et de Hotpice de \iri)tB.
HALLE, Jean- Baptiste s vit le jour à Transinne^ chef-lieu de la comiyune du même nom au canton moderne de Wellin, le 16 février 1748. 11 était fils de Jean Halle, échevin de la cour de Villance et mairie de Transinne, et d'Anne Evrard.
Sa famille qui jouissait d'une belle aisance était en même temps honorée de l'estime et de la confiance générales.
Jean-Baptiste HaUe était le quatrième des onze enfants dont se composait cette famille ; et les soins que ses parents donnèrent à l'éducation de tons furent naturellement partagés par lui. Aussi leur fit-il honneur dans la suite; car dès le plus bas âge il montra cette régularité de mosurs, cette application à l'étude , cette finesse natureUe d'esprit et ces heureuses dispositions qui le distinguèrent dans la suite et qui faisaient présager déjà alors ce qu'il devait devenir plus tard.
Il commença ses humanités à Transinne même , d'oii il alla directement à Louvain faire son cours de Philosophie et de Théologie après y avoir achevé ses études préliminaires. Halle se distingua dans toutes ses classes , et à sa promotion au doctorat, on lui conféra le premier degré.
Halle obtint la tonsure à Liège, en 1769 : Il n'était alors âgé que de 21 ans.
Le 12 juin 1772 il reçut les quatre ordres mineurs, le lendemain le sons-di-
aconat dans l'église du Saint-Sépulcre , et l'année suivante, 1773 le diaconat dans la même église, à Liège. La même année encore, il concourut à Louvain pour la chaire de Philosophie au collège de Luxembourg et il la remporta. On sait que ce collège réorganisé après la dissolution de la compagnie de Jésus comprenait trois années de grammaire et de la syntaxe ; une année de poésie ; une de rhétorique ; deux de philosophie et finalement un cours de théologie.
Ainsi, en obtenant rang parmi les professeurs du nouvel établissement, Halle n'était que diacre. Cependant lorsqu'il quitta le diocèse de Liège , son évêque lui donna un témoignage des plus flatteurs, avec la faculté de se faire ordonner prêtre dans un diocèse à son choix ; et déjà pendant la première année de son séjour à Luxembourg il aura vraisemblablement demandé et obtenu la prêtrise à Trêves.
Il était du reste, d'après le témoignage unanime des personnes qui l'ont connu, un savant éminent possédant parfaitement le talent de se faire aimer et estimer de ses élèves qui étaient en même temps ses amis.
Halle enseigna la philosophie de 1773 à 1791. Ses cours, retenus à la dictée par ses élèves, présentent une coordination parfaite des matières avec des discussions très-judicieuses unies à une grande clarté dans les raisonnements : en un mot. Halle, sans s'éloigner absolument des méthodes alors adoptées pour classer les inflexions de son sujet, ne se laissait cependant pas lier par les subdivisions minutieuses des scolastiqueSj ni surtout par leurs distinctions trop souvent puériles, pifesque ridicules. Il abordait franchement sa thèse et se laissait aller alors à sa matière, mais toujours avec une parcimonie excessive dans les mots comme dans les phrases.
Chaque syllabe semble avoir dû chez lui donner une idée. Cependant les systèmes obtenaient à la fin du cours une revue rigoureuse , mais vraie ; et c'est peut-être là, dans cette critique absolument indépen-
dan te ) que Ton doit le plus admirer le sa- Tant professeur. Ses cahiers de philosophie morale y pour 1783 , sont peut-être son chef-d'œuvre et mériteraient à plus d'un égard d'être publiés : mais dans notre siècle positif les livres latins ne sont lus que par très-peu d'amateurs ! Pendant la même année 1783 il a aussi donné le cours de Physique théorique et expérimentale: mais ces leçons sont aujourd'hui absolument surannées.
En 1776 les Docteurs de l'Université de Louvain, qui connaissaient les talents et les mérites de leur ancien élève, lui avaient offert la chaire d'Ecriture-Sainte ; mais il n'avait pas accepté, motivant son refus sur son goût plus déterminé pour la philosophie. En 1785 le gouvernement lui proposa de se charger des leçons de droit canonique au séminaire filial de Luxembourg; mais encore il refusa, continuant de donner son cours de philosophie.
En 1791, après la suppression du séminaire filial, les Etats du Pays, qui voulaient avoir k Luxembourg un sémi* naire basé sur d'autres principes , jetèrent les yeux sur Halle et lui confièrent la direction de cette institution dont déjà il avait k leur sollicitation formé le plan et rédigé le règlement. Il accepta cette fois ; mais la révolution brabançonne qui fut suivie de près de la conquête du Luxembourg par la République française fit évanouir ses projets.
Lorsqu'on 1795 la Belgique fut, avec le Luxembourg, réunie à la France, et que des écoles centrales furent créées dans les chefs-lieux des nouveaux départements.
Halle devint bibliothécaire de celle de Luxembourg : On sait qu'à cette époque on réunit les débris des Bibliothèques des Jésuites et des maisons religieuses supprimées à celle des anciens Etats du Duché pour en former le noyau d'une collection départementale dont l'organisation lui fut confiée. Il s'en occupa en effet avec zèle et il arrangea ces livres dans le local qui lui avait été désigné, à l'ancien monastère de la Congrégation. L'école centrale ayant
cessé d'exister en 1803, la Bibliothèque fut remise à la ville qui continaa Halle dans ses fonctions de Bibliothécaire.
Mais lorsqu'en 1804 on établit l'école secondaire, Halle fut nommé à la direction du nouvel établissement à laquelle devaient être jointes les fonctions de Bibliothécaire; mais il refusa. Il accepta néanmoins ea échange la classe de première et de seconde latines et donna ces cours pendant deux ans au bout desquels il demanda et obtint la cure de Lacuisine près de St. Hubert.
Plus tard, le 25 juillet 1810, il fut nommé curé-primaire d'Etalle oii il est mort le 3 novembre 1824 dans la 76^ année de son âge.
Son éloge peut se résumer dans ce peu de mots: Sa latinité était pure et él^ante, sa vie vodeste et sa science profonde. Il n'a publié, que nous sachions, que des thèses sur la philosophie.
NAavft, Catalogue de la Bibliotkèqoe de Lttzenbourg, 32 à 49. — Renaeigveneiits conteaporaiBs. ^ Cahiers des court da Profesaear. ^ Notes de M. EnGLiaG.
Hangar, Romuald, né en 1598, entra à Tabbaye de St. Hubert oii il prononça ses vœux. Il devint plus tard prieur de son monastère sous Tabbë Fanson et mourut le 20 juin 1667. C'est là tout ce que nous savons sur la biographie de ce personnage qui, voué à sa règle , a sans doute passé ses jonh occupé à la prière et à rétude.
Le père Hancar a écrit VHistoire de son abbaye^ en latin et en français. De ces œuvres qui sont restées manuscrites, la première est perdue à ce qu^on croit La seconde, divisée en deux parties dont la première a 18 chapitres et la seconde 15, rapporte l'historique du monastère de St. Hubert en Ardenne depuis sa première fondation jusqu'à Tannée 1635. L'auteur, qui a pu puiser aux sources, a fourni un grand nombre de renseignements précieux et intéressants qui ne seraient peut-être pas indignes de Fimpression; mais nous lui reprocherons toujours de s'être traîné dan9 Tornière de la leçon
Ticiense qui admet ane localité dite An-dage, Andaine, au lieu de lire Ârdaine^ Ardenne , ainsi que nous ravoos péremptoirement démontré dans notre dissertation intitulée: Ahbbalocx.
Avec la correction que nous avons introduite et prouvée, il devient évident que jamais il n'a existé au lieu actuel de St.
Hubert un village ou hameau ayant nom d'Andaine ou Andage ; mais bien que le monastère fondé et doté par Pépin et Plectrude fut d'abord construit sur ou près les ruines du manoir princier dit Ambra j ad lacum pour le différencier des deux ou trois autres Ambra connus , et dénommé Honasterium in Ardainft , Ardennây parce qu'il était le seul qui existât alors dans cette contrée.
Nous avons prouvé aussi que le château d' Ambra dont il est ici question , n'a pu être placé qu'à Amberloux; et que rétablissement du monastère , dit aujourd'hui de St. Hubert , au lieu qu'il occupe actuellement, ne peut dater que de l'épiscopat de Walcand et de la translation de la relique du saint pendant le neuvième siècle. -<
Ds R0S4ULT5 édit. du GanUtoriam. — Annales de la Société pour Im eonserration des monuments historiques et des ceuTres d*art dans la Prorince de Luxembourg, 1855, m, 273 à 389, DisserUtion intitulée: L*aneien chAteau d*Ambra-ad-lacum in Ar. daiuA, placé sur le territoire ou ban de notre moderne AmberïouT, et le monastère y fondé par Pépin ; Déductions arcbéologiqnes sur certains lieux-dits; par le DocTBvn VimvwM^ 132 à 220. — AntiquiUs Ecelesise Andaginensis ; dans< Monuments pour serrir à Thistoire des ProTinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, édités par Da Rximmxao, VIII, 6, sqqq. — Acta Sanètorum, IV, MS.^MAaTiNB nr Do^am», Amplissîma GoUectio, IV, prélkce, XVIII— Nbohahh, Les auteurs luxembourgeois, 27, sq,
HANLET j Henri, né à Msstricht vers le commencement de la seconde moitié du dix*septième siècle, entra à l'abbaye d'Or^ val en qualité de frère con^ers. Il fut élevé sous la direction du curé Vitte, doyen du chapitre de Notre-Dame à Malines, lequel, paraît-il, l'avait engagé à se flaire religieux dans ce monastère oii bientôt ssi sagesse ejt ses vertus lui procurèrent
rinspection sur tous les frères convers. Un certain Sare, médecin et solitaire de Port- Royal et qui s'était retiré dans la même abbaye lui donna des leçons de médecine et de chirurgie dont il profita si bien qu'en peu de temps il sut se rendre très-utile aux malades de la maison de même qu'aux indigents des environs. Sa régularité et sa douceur l'avaient fait aimer et estimer de tous lorsque en 1725, à l'occasion d'une visite que l'abbé de Grimberg fit à Orval pour y foire recevoir la bulle contre le Jansénisme, il s'opposa à la décision papale et se retira, lui quinzième en Hollande, à Rhinwyck, où il mourut le 30 octobre 1736, à l'âge de 80 ans, épuisé de forces et accablé d'infirmités.
Li GOUTS »B Btc-oB-Liivsi, Biogmpbie liégeoise, fl, 379. — Néerolof^e des plus eélèbres défenseurs et eonfesseurs de la Teritë, 1 , 485.
HANNOT , René, est né à Weiswampacb vers la fin du seizième ou pendant les premières années du dix-septième siècle.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres donne sur ce religieux personnage des notions assez détaillées: a 1654. Renatus (c Hannot Luxemburgicus ex Weiswam- «pach ex accenso milite ordinis minimo- « rum Sti Francisci de Paula Goncionator, ft bis praeceptor monasterii Monacensis , i< scripsit germanice vitam Sti Francise! de €( Paula , inscripsitque serenissimae Maris « Annae Electrici Bavariae cujus rogatu ei a Magistratus iste secundo prorogatus.»
Viri iUnstres, I, N* 118. — IfmMARX, Les aateors luxembourgeois, 29,
HAPPART, Adolphe ou Adulphe^ religieux de l'abbaye de St. Hubert, florissait pendant la première moitié du seizième siècle. Il a écrit plusieurs opuscules sur l'histoire de son abbaye, son glorieux patron et son premier supérieur. La bibliothèque de l'Université de Liège possède un volume , petit in folio manuscritautographe, pensons nous, dans lequel sont réunis ses différents ouvrages dont nous donnerons les titres plus bas ; M. de Robaulx de Soumoy les croyait perdus.
Le style de cet auteur est assez coulant
et ses traités acquièrent on ^rai mérite parce qu'ils nous ont conservé les textes d'écrits plus anciens qui n'existent plus aujourd'hui. Cependant la critique historique y laisse parfois à désirer : néanmoins Martèae et Durand les citent avec éloge.
Voici les titres de la série des compositions diverses que renferme le précieux manuscrit de liége : I®. Vita et gesta Sti Huberti ante episcopatum. — S^. Vita Sti Huberti episcopi (auctore quodam ejus discipulo Tel familiari nt ipsa historia indicat) : ce n'est qu'une copie d^un autre auteur; Happart n'a fait quy ajouter un prologue. 5\ Hiracula Sti Huberti; au nombre de vingt-neuf: Cent encore ime copie d'un ouvrage plus ancien. — 4^. Extrait du martyrologe de Grégoire VIII, touchant st. Hubert : Copie. — !r. Hodus et assertio novenarii instituti peregrinorum Sancti Huberti, jnxta quem sacra stola manet yictitare debens, docens eundem ritum pium et sanctum, divino et naturali ratione fulcitum. Ouvrage de Happart.— C^. Vita Sti Beregisi abbaUs : copie d^un ouvrage plus ancien. — 7^ Catalogus abbatum mon**' Andaginen. Sub Annalium calculo assertus:
ouvrage de Happart. — S^. Cantatorium Sti Huberti : copie.— 9*. Gesta Sti Hnberti noviter édita, scilicet anno M.D.XI in festo Andreae apost. : ouvrage de Happart. — iO"^. Gesta Theoderici abbatis: ouvrage de Happart.
Là se bornent nùs renseignements sur ce religieux qui, dit-on, se distingua tant par ses talents et sa science que par sa conduite et les belles qualités du cœur. Il vivait encore en 1563.
C* M Bsc-BB-LièviB, Biographie liégeoise, I, 195. FoppBH*, Bibliotheca belgica. — MAiTÈm et DotAv», Gollectio ampliMina, IV.— Di Bobaolz, cdiL du Ca»tatoriam. — Nbykh • Amberlouz; diieerUtioa dams: Annales de la Société pour la eo^iserration des monuments historiques et les œuvres d*art dans la Pro- ▼inee de Luiemboarg, m, SIS; sq. — J. RoBBart, Vita Sti Huberti, 160, et passim. — Um BsimiCBBBO, Monuments pour servir à THistoire des proTiaees de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, VIII, 1$, sqq.
HAPPART, Adulphe, second personnage du même nom , que le C^ de Bec-
de-Lièvre cite comme mort en 1185, également religieux du monastère de St Hubert et qui comme son homonyme serait auteur d'une Chronique de son abbaye, forme yraisemblablement un double emploi d'inadvertance.
€*• BB Bbg-*bXiAvbb, Biographie li^eoise, I, 79.
Hardt y Jean ; y. KEGK y Jean.
HARGARDT, Henri^ naUf JEybertingen près de St. Vith, eut un sort en tout semblable à celui de son compatriole Gircken (v. ce mot). II embrassa la règle de St. Augustin en 1694 y prit le grade de Docteur, en Théologie et enseigna cette science à TUniTcrsité de Cologne. L'archevêque de ce diocèse le nomma examinateur Synodal et l'éleva à la dignité de pro- Tincial de son ordre. Hargardt mourut à Cologne en 1723 , à Fâge de 56 ans. On a de lui: i^ Varie thèses eruditae. — S^. Examen ordinandorum.
UAaTzniay Bibliotheca coloniensis. — Nbuhabb, Les aoteors lazeBsboarg^eois; dans: Programme de. rathéoée, 1856, 38.
HASEGH, Antoine, né en 1401 ; i&on« rut à Fâge de cent yingt-cinq ans^ en Tannée 1526. Hasech, qui avait obtenu la prêtrise eut le bonheur extraordinaire d'être pendant un siècle entier curé de h même paroisse , à Gouvy, dépendance de la commune moderne de Limerlé. On rapporte que cet ecclésiastique a conservé sa force et sa santé jusqu'à la fin de sa longue vie ; et qu'un jour son évêqne lui ayant demandé de quels moyens il s'était servi pour parvenir à ce grand âge , il lui «nr rait répondu qu'il avait toujours évité trois choses : les femmes, Fivresse et la colère.
Le portrait de ce sage centenaire a été gravé; il porte rinscription suivante qui résume sa biographie: «Vera effigies vec( nerabilis Viri Antonii Hasechi , Pastoris c( Gulensis , qui per annos centum in eodem <( pastoratu vixit. Obiit autem aetatis anno « CXXV , anno ChrisU MDXXVI. Interro- «gatus ab Episcopo Leodico quo génère (cregiminis vitam adeo longœvam prodox-
« isset j respondit se triom absiemiam sem- <( per extitîsse j videlicet : mulienun y ebri- « etatis et iracuodis. »
Dm Fbllia, Dictionnaire kistoriqae, litt. H; et» Itinéraire, II, 165. sq. — il** m Bic-M-LtàTts, Biographie liégeoise, I, i 87, sq. — Les liommes illastrea des Pays-Bas, I, 248. ^ Goditih, Encyciopëdie noderne, XII, 414.
HATTO , dixième abbé du moDaatère de St. Wiilibrorde à Echternach, succéda daos cette dignité au comte Âdelard. Les chroniques de Tabbaye disent qu'il a été évèque avant de devenir abbé ; cependant ils ne désignent pas son diocèse, et M. le Professeor Michel pense que ce peut avoir été le prâat de même nom qui vers cette ^oque occupait le siège de Hayence.
Quoiqu^il en soit il parait que Hatto on Hatton aura renoncé à Tépiscopat pour passer le reste de ses jours en paix dans la solitude du monastère. Son gonvernement a duré de 8S6 & 864.
Il y a eu aussi à Verceil un évèque da nom de Hatto. Hais ce dernier a vécu pendant le dixième siècle , de sorte quMl ne peut s'agir de lui.
BnTBLS, 163.— MiGiBL, Catalogue des abbés d*£cbternacb ; dans : Programme da Progymnase de cette TUle, i84{S, 9. — BRanoLer, II, P. J. IX. — 4>>va. na. Encyclopédie moderne, XII, 4i7. — Liber anrans, fol. 83, i^.
HATISTElîi y Hatsiein OU Hattenstein,
famille ancienne connue dès les premières années du treizième siècle et éteinte dans le courant du dix-huitième, a possédé dans le Luxemboui^ les seigneuries de Linay et de Born. Elle portait : Bandé d'argent et de gueules , de six pièces. Cimier : un vol au blason de Fécn.
Les Hattstein comptent entre autres personnages distingués an évêque de Spire qui vivait en 1580.
UaoascnvGK. — > Notes d'étndes. — Publications de la Société arcbcologi<|ac de Lnxembonrg, 1850, VI,
HATTSTEIN, Guillaume ou JeanrGuillaume de, était fils de Jean de Hattstein (v. son art.), président du Conseil provin-
cial de Luxembourg, et de Félicité de Hornung. Nous ne connaissons de lui que ce que nous apprend la notice que Fauteur du manuscrit des Viri illustres nous fournit: ((1634. Wilhelmus ab Hattenstein ((Philippi frater donavit seminario Lux- (( emburgensi 2000 flor. Brabant, in aug- (( mentum fnndationis, vixit celebs, mortuus «et sepultus in templo Societatis Jesu (( Luxemburgi quod liberaliter dotavit. »
M. Namur fixe l'année du décès de ce personnage à 1632. Que signifierait dans ce cas le milésime 1634 placé en marge dans les Viri illustres ? Nous trouvons de plus dans Fintéressante dissertation sur les fondations de bourses la mention (]ue Guillaume de Hattstein ne subordonna sa donation au séminaire futur des Jésuites à aucnne condition , Fabandonnant à la discrétion du directeur de cet établissement :
que cependant entre les années 1661 et 1667 elle a servi à Fentretien d'un boursier, tandis qu'après cette époque il n'en est plus question dans les archives.
Viwi îlUstres, III, N^ SI5.— N^ava, Dissertation s«r les bourses , XIII et XXIII. — Arcbives de la famille oa ViixBas de Born.
HATTSTEIN, Jean de, était fils de Guillaume de Hattstein et d'Anne de Heisters. Le 17 juin 1570 il fut nommé Conseiller lettré ou de longue robe au Conseil de Luxembourg, et le 25 mars 1593 il obtint la présidence du même Conseil. En 1587 il acheta la seigneurie de Born, des mains de Jean de Stein de Reichenstein, L'auteur du manuscrit des Viri illustres a omis ce personnage dont Fabbé Bertels fait le plus bel éloge pour ses profondes connaissances et sa rare éloquence.
Envoyé par le roi d'Espagne à la diète de Spire il y mourut en 1600 laissant de son épouse Félicité de Hornung six enfants dont deux : Guillaume et Philippe se sont acquis des droits à être inscrits parmi les célébrités luxembourgeoises (v. leurs art.).
BaaTBLS, 118 ^ Publications de la Société arcbëologique, iStfO, VI, i36. — Arcbives de Bnrgescb, de Born et an Conseil prorincial de Lnzemboarg. -* Bauscb, Eiflia illnstrata, II, 11, ii, 387.
HÂTTSTEIN, Philippe de, fils de Jean qui précède et de Félicité de HornuDg, a obtenu de Fauteur du manuscrit des Virî illustres la mention qui suit: a 1633.
n Philippus ab Hattenstein Luxemburgen- «sis Joannis prœsidis filius, Consilîarius «Régis et aliquando legatus ad Regem c( Daniae D"" in Bout. »
Nommé Conseiller honoraire au Conseil provincial , le 3 mai 1601 , il en fut désigné conseiller extraordinaire sans gages le 18 décembre 1604, puis conseiller ordinaire par Lettres du 24 septembre 1609.
Enfin Philippe II, comme le dit le manuscrit des Viri illustres, lui confia une mission près le roi de Danemark.
Philippe de Hattstein mourut en 1636, laissant de Françoise de Grezilles les cinq enfants dont les noms suivent: a) Florent, qui fut seigneur de Born et époux de Marguerite de Manderscheid , dont une fille unique; b) Philippe-Ernest; c) Jean; d) Anne-Madelaine , épouse d^Isaïe de Pouiily; e) enfin Ide-Marguerite , épouse de François de Mouza, Moussey ou Musset.
Vin niaitret, III, N* 814. — ManuscriU Clohbi. — PnbUeations de la Société archéologique de Loxemboarg, iSISO, VI, 156. — ArchÎTes do Conseil prorincial de Laxembourg, de Burgesck et de Bom.— BBaTHOLBT, VIII, 191. — Ungbichugk.
HAUTOY, Georges du, appartenait à cette branche de sa maison qui dès le treizième siècle s'est établie en Lorraine.
La famille du Hautoy, disent ses archives, descend d'un cadet de Luxembourg dont elle avait retenu les armes moins les burelles, c'est-à-dire Técu du Limbourg franc.
Georges du Hautoy était fils de Philippe, seigneur de Récicourt, Nubécourt, Buliinyille, Vaudoncourt, etc. , et de Claudine de Nettancourt.
Nous n'aurions pas parlé de ce personnage, parce qu'il n'appartient à proprement dire pas au Luxembourg, si l'auteur du manuscrit des Viri illustres ne l'avait pas inscrit dans son ouvrage. La notice qu'il nous a fournie sur lui est du reste suffisante, aussi nous contenterons-nous de la
transcrire: «1565. Georgius de Haotoy « Lotharingius nationis firancicœ eques orccdinis Joannis de Hierusalem Melitensîs V in ejusdem insulae fortalitio Sticlini dicto «cum 12 aliis equitibus Religiosis asgris a « turcis captus primum per pedem snspen- « sus postea crucifixns odio fidei christians «23 Januaniaô 1565; ejusinsignia erant ccLuxemburgica: Léo ruber in campo arec genteo coronatus, ungulatus auro canda « fùrcata et supra caudam gestabat Melu- (csinam pectentem se contemplantem se «in speculo et innatantem ant se balne- <x antem in cuppa , «semifeminam semisercc pentem. Majores ejus ex Gallia in Lotha- «ringiam devenerunt, orti ex secundaria «aliquo Domus Luxemburgicas , Martyro- « logico Melitense. »
Nous nous voyons engagé h donner ici quelques explications touchant l'ajoute du symbole de la fée Mélusine aux armes de famille de ce chevalier. Nous pensons qu'elles ne seront pas déplacées , et nous les puisons dans les déductions que nous nous croyons autorisé à tirer de la savante dissertation sur l'origine de ce conte, que M. Delafontaine père a fait insérer dans le T. VI des Publications annuelles de la Société archéologique de Luxembourg : En effet, sans s'occuper d'étymologie, M. Delafontaine dit, que pendant le dixième siècle vivait Mélissent, femme de Boémont IV, prince d'Ântioche, fille d'Aimeri de Luzignan, roi de Chypre, et d'Isabeau de Jérusalem. Ce nom de Mélusine, ajoute-t-il, identique^ je l'admets, avec ceux de Métissent, Melissine ou Melissendis, était très-rarement porté en Europe tandis qu'au contraire il était fort en usage dans l'Orient. — Tout le monde sait d'ailleurs que le premier auteur du conte de Mélusine a été Jean d'Arras qui vivait pendant le quatorzième siècle. —
En concluant maintenant d'après la con** sonnance des mots , nous ne trouverons dans Métissent, Melissine, Melissendis, qu'une très-légère variante de Fadjectif melitensis , racine Melita , Melite, nom latin de l'île de Malte: Ot^ Georges du
Hautoy était chevalier de Malte ; et , voulant ajouter cette qualification dans ses armes de famille , à cette époque oii Ton ne cherchait à parler que par images ^ surtout en héraldique y il aura adopté le symbole de la Mélusine , Hélissent, Melissensis de Jean d'Arras: le port d'armoiries désignait ainsi le noble , le chevalier; et la Hélusine, Melitensis, de Malte ^ la qualification particulière de son ordre.
Cette hypothèse acquiert même plus de poids à nos yeux par la place qui est assignée à ce symbole déterminatif ; car s'il s'agissait d'une partie intégrante d'armes de famille il se trouverait au franc quartier. Telle est^ sembie-t-il, la véritable origine de la variante que l'auteur du manuscrit des Viri illustres a signalée sur l'écusson de ce martyr^ mais qu'il n'a pas su expliquer , pas plus que nous ne l'aurions entrepris sans l'aide du beau travail de M. Delafontaine que nous avons rappelé ci-haut.
Viri iUaitres, II, IV** 174. — Di la Fomtaisii* Mélaslne ; dans : Publications de la Société archéologique dn Grand-Dacbé, 1850, VI, 146, sqq.— Hannscritt dn earé Weltm ; anx collectioBS de la Société archéoloifique de Lazemboarg. — Ukcbsghuck. — MoasBi, m, 6S3.
HAYELANGE, Jean-Joseph, fils de Servais Havelange et de Marie-Josèphe Crépin, est né le 16 octobre 1729, à Septroux, paroisse de Dienpart et commune d'AywaiUe dans la province de Liège. Il fur ordonné prêtre au diocèse de Malines, entra chez les Jésuites et enseigna pendant quelques années la philosophie au collège de Luxembourg oii il publia plmieun thèses sur cette matière, notamment en 1780. Comme il se montrait contraire à l'érection du séminaire filial de cette ville il encourut en 1786 la disgrâce de l'empereur Joseph II et perdit sa place de professeur. Il quitta alors Luxembourg avec son collègue Guenon et se retira à Louvain oii il devint, en 1789, recteur de l'Université. L'année précédente il avait publié contre les Jansénistes un ouvrage dont voici le titre: Ecclesiœ infallibilitas in
factis doctfinalihus demonstrata, et a Jansenianoram impugnaiionibus vindicata, per JoannemJosephum Havelange j ex Dieupart ^ Presbyterum^ Non ita pridem Sacrœ Théologies Professorem in Seminario JRegio LtLxemburgensi. M.DCC.LXXXVIII.
Sans indication du lieu d'impression. Vol.
in 8^; de 287 pages, à la fin duquel se trouve insérée la bulle du Pape condamnant le livre d'Eybel: Quid est Papa?
mais dont la circulation était permise en Autriche, Le débit de cet ouvrage de Havelange fut arrêté par suite d'une dépêche du Gouvernement en date du 26 août 1788, adressée au Procureur général.
Havelange envoya son travail & Pie VI qui lui adressa une lettre de félicitations et d'encouragement , datée de Rome^ calendis quintilibns 1 789 , laquelle ne lui parvint cependant que le 19 février 1790.
On a encore du même auteur: Avis towhant l'acceptation et Vusage des bons présentés aux ecclésiastiques supprimés.
Brochure in 8<>; Louvain, 1797.
Arrêté an mois de septembre de la même année 1797 pour avoir refusé de prêter le serment révolutionnaire français, il fut conduit à Rochefort et embarqué le 2S avril 1798 pour Cayenne oh il arriva vers la mijuin. De là on le transporta dans le district de Sinnamary oii il mourut à l'hôpital et dans l'état le plus déplorable, le 7 septembre de la même année, dans la cinquantième de son âge.
Havelange était pieux et savant. Sa force d'âme et l'onction de ses paroles le rendirent un sujet d'édification et d'admiration pour tous ceux qui eurent le malheur de partager son sort de déportation.
Etsca ef Gamn, Algemeine Encyclopédie; Utt.
H. — Pablications de U Société archéologique de Lazemboarg^, l8iS8, VIII « 2* partie, 15, sq. — Notes de M. le Professear Ejiclivo. — EUt civil d'Ay- Mraille.— NAMua, Catalogue Bibl. Lnzbrg., 116 et 789. — CouaTM, Encyclopédie moderue, XII, 421. — Mémoires mannscrits de J. M IVAGion, prêtre déporté aTce Havelange, pais Préfet apostolique à la Martinique (t. Tart Wagner, J. M ); aux coUeetions de la Société archéologique de Luxembourg. — Martyrologe d|i clergé firançaii pendant la Révolution, £84.
HAYONS, Thomas des, né en 1612, aaïc HayoDS) commane deFloreii?iUe, est coDsidéré par plusieurs critiques français et belges conraie un poète très-remarquable pour son temps par la correction de son style et l'élévation de ses idées.
Son père ayant été nommé régent au collège de Sedan, il habita cette Tille jusqu'en 1637 ou il se fixa définitirement à Liège.
Il n'y occupa jamais d*emploi et vécut de sa plume dans un état très-médiocre, dédiant ses ouvrages à de riches et puissants personnages pour en obtenir secours et protection. Outre la poésie, des Hayons cultiva également THistoire et la philologie, comme le prouvent ses œuvres dont nous ferons Ténumération. Bien qu'on ignore l'année de son décès il est certain cependant qu'il vivait encore en 1670.
On a de lui : i^. Les larmes de Sion, ou plaintes sur l'affliction de l'Église; Genève , 1636, in 16. «-i\ Les mystères de notre Rédemption, représentés en quatre tableaux; Sedan, 1646, in 4^; et Liège, 1661 , in S"". — J^ Les visions de Melinte , ou les triomphes de la valeur et de la piété; Liège, 1667, in 4^ -- 4^. La belle manière de vivre, ou avis moraux pour la conduite de la vie ; Liège, 1666, in 8^ -> Ô"". Les vies de Ste. Amalberge d'Ârdenne, de Ste. Landrade et de St. Amour; 1666, in S^'.—ff'. Le fidèle et vaillant gouverneur, représenté dans l'Histoire de la vie et de la mort de Jean d'AUamont de Halandry, gouverneur et capitaine de Montmèdy; Li^e, 1668, in 12. — 7^. Les Césars de l'empereur Julien, ou fable satirique contre les anciens empereurs romains, traduite du grec; Liège, 1670.
Outre ces ouvrages on a encore de lui plu* sieurs compositions poétiques de moindre étendue et qui offrent des passages superbes.
La GAftn« IVôUee mut les loxemlimirge^ît cAèbret^ 89 • aqq. — CooftTiN , EseyelopédUe modene, XII, 485.— IVioaAHN, Letaotenn Iniemlioiirgeoit, 55, tq.
Hecelon ; V. HESELON.
HEINS, François, fils de François Heins et de Susanne Weber , journaliers et fruitiers, est né à Grevenmacher, le 28 novembre 1793 , capitaine administrateur d'habillement pensionné, et décédé à Arlon le 24 octobre 1858.
Entré au service des Pays-Bas comme soldat à la 12^ division d'infonterie , le 29 août 1815, après avoir passé par tous les grades de sous-oflScier , il fut admis comme employé du génie à Bouillon, le 1** décembre 1824. Nommé garde du génie de 3* classe, le 13 avril 1827, Heins passa au service de Be^que avec le grade de garde du génie de l'* classe, le 14 octobre 1830.
Nommé successivement sons-lieutenant au bataillon des sapeurs-mineurs, le 10 avril 1831 ; Ueutenant le 8 octobre 1832; capitaine en second le 1^ octobre 1834 et administrateur d'habillement au 2* régiment d'artillerie le 18 juin 1842, le capitaine Heins fut admis à la pension de retraite le 19 août 1853.
Le eapiUiBe M Riras, Nécrolo|^e des •fteiett de rarmëe belge.
HELBERT , ou Hubert , dit de St. Hubert, né a Liège, mourut en 1150. 11 était religieux à l'abbaye de St. Hubert.
Philosophe , Théologien versé dans l'Ecriture-Sainte, il excellait en même temps dans la musique et a laissé un Commentaire sur le livre d^Abacuc.
C** ra BM-»i-LiiTfti» Biographie liégeoiie, I, 7S« — n RoMOLX, édit da C«»tatoriam» 39.
HELDT, Mathias de, on Heldo, et en latinisant à la mode du temps , Heldius, Heldus, est né à Arlon en l'année 1500.
Nous ne savons rien de sa famille ni de sa jeunesse. Pendant un voyage que Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays- Bas fit dans le Luxembourg elle le remarqua et commença à lui vouer un grand intérêt. L'ayant emmené avec elle à Halines elle en fit d'abord son secrétaire particulier. Plus tard de Heldt sut de même plaire à Charles-Quint qui le nomma son
chancelier ou pour parler plus juste son ▼ice-chancelier pour les affaires d'Allemagne et remploya dans presque toutes les négociations qu'il entama avec les princes luthériens : On sait que la charge de chancelier conférait la garde du sceau de TEtat avec la présidence du Conseil impérial, et que dans les circonstances solennelles le fonctionnaire qui en était revêtu avait place an pied du trône de Temperenr, des volontés duquel il était Tinterprête.
De Heldt conserva sa dignité sous Tempereur Ferdinand I y successeur de Charles^ Quint.
' Né roturier il fut anobli soit par FArchi-duchesse, soit et plus vraisemblablement par Temperenr lui-même , en récompense de ses longs et loyaux services.
Guillaume de Wiltheim le dénomme erronément André, et l'auteur du manuscrit des Viri illustres fait mention de lui en deux endroits différents de son ouvrage. Nous allons transcrire ces pas^ sages. Le premier : « 1S63. Hathias Heldt «arlunensis Caroli V Cassaris vicecancelc< larius cujus filia nnica fundavit Coloniae «monasterium. )» Le second nous fournit quelques données plus précises: «1563.
« Mathias Heldt arlunensis Caroli Y vice- « cancellarius sepultus in Ecclesia Parochi- « ali S** Lisolphi Colonis in propria Ca- «pella quam ditavit filia ejus quae splen- « dîde vixit Colonise et curru incedens ut « audivi (scribit ad me Colonift 25* octo- «bris 1663 Dominus Georgius ab Eischen c( arlunensis ecclesiae metropolitans canote nicus) voluit comitem habere et nobilem <cnuUum tandem unus volebat insinuare et « publicare se cum ea cubasse , illa cura- «vit seinspicia 7 obstetricibus et inventa c( fuit virgo , ille dicitur fugam cepisse in- «terim tamen in cera suspensus Coloniae c( illa dédit domum Coloniae primo denen « armen Clarissen quae ante paucos annos «cesserunt illam domum virginibns ordi- (( nis S*' Agustini 3* regulae, ejus advocati « dicuntur meliora bona accepisse et morte <c illam dixisse et petiisse an nuUus adesset
(^Arlunensium in civitate qua si voluisset «llli benefacere
(( Mathias Held Ritler und Beider
<i Rechter Docktor Rœm. Kaiserlicher
« Maytt Rats und Vice-Canceler etc.
c< Magdalena Brahdissin seine Eheliche
<iFrau au 1565.
«Baronius. aô 1537 adfuit Schmalcal-
ccdiae in Protestantium conventu ubi et
« Lutherus , Mathias Heldus a Carolo V
« missus ejus procancellarius : persuadere
c( conatus est ut mitterent legatos ad consi-
alium frustra. Hinc andiens principes Ca-
«tholicos illos in fœdus 11 annorum in-
« duxit. »
Ces passages nous apprennent que Mathias Heldt était docteur en Droits civil et canon ; que sa femme se nommait Madeleine Brand ou Brandis; qu'elle lui a donné une fille dont nous n'avons pas à nous oct;uper ici y et finalement qu'il est mort à Cologne en 1665.
Vin itIastKi, XII, N« 198 et 94t. — BnnoLCT, Vm, 191. — IVitanaot a IVilthbim, Anti^narias DUqnii. Hiit Luzenib. L II « e. 11. — L* Gakss, Notiee but les Lnienboargeois célèbres, 80, sq. — Pinin, I, fol. LXVII.
Helmie d^ Amour; ▼. BELMIQUE, le Père Amoris ou d'Amour.
HELMONT, Jean^ né à Bois-le-^uc dans le Brabant septentrional y vint faire profession religieuse à l'abbaye de Munster à Luxembourg où il devint d'abord cellerier sous l'abbé Guillaume Heck ou de Heck.
Ce dernier étant mort en l'année 1508 , Jean Helmont fut désigné pour lui succéder et fot ainsi le vingt-deuxième abbé de cette maison religieuse.
C'était un prélat très-instruit y de mœurs austères et très-attaché à la règle. Dès qu'il fut placé à la tête de son monastère il travailla de tous ses moyens à redresser les abus qui s'y étaient glissés et il parvint à y introduire en 15 lO la réforme de Bursfeld qui condamnait entr'autres la coutume que les religieux avaient contractée d'avoir de l'argent ou d'autres effets en propre, contrairement à l'ordre établi par leur saint fondateur.
La xéputalion de Tertu que Jean Helmoût s'était acquise le fit choisir par Jacques de Baden (v. son art.) , arche- Téqne de Trêves , pour son suffragant. 11 fut eu conséquence sacré évéque in partibus sous le titre de Syrone. L'archeyéque Jacques étant mort en 1511 , Jean Helmont conserva son titre et ses fonctions de suffragant auprès du successeur de celui-ci , Richard de Greiffenclau. Bien que ses devoirs en qualité de vicaire-général le forçassent à demeurer souvent à Trêves , le vertueux abbé n'oublia pas les soins qu'il devait à ses religieux de Munster , à la prospérité desquels il ne cessa de travailler en les maintenant dans Tobservance la plus exacte de la discipline religieuse et en faisant pour la communauté des transactions avantageuses.
Jean Helmont mourut plein de jours et de mérites en Tannée 1517 , après un régime de neyf ans.
Bbktbout* III, P. J. VI. — Ab Hontbsim, Hiitoriae TrcTirensit diplomaties, II, 546.— Bbbtbli, iSG, iq — Lucâi NiDBBGOBN, Rci manstcrienies, nscrt Bibl. Luxbg.—Uittoire de Tabbaye de Manstcr, nicrt BibL lM\hTQ.—v, Stbasbbbg, BIelr«polis Eceletiae Tre^ericae, I, 549, aq.
Hemmerode, Jean, abbé de '^ v. JEAN,
dit de S' Vtth.
Henebicy, Thomas; v. HENRIGI, Thomas.
HENN, Alexandre, de St. Vitb, est né le 10 février 1643. Il entra à dix-neuf ans au monastère de St.-Maximin près de Trêves oii il fut ordonné prêtre le 5 mars 1667. Le 10 janvier 1680 il fut nommé 75"^ abbé de sa maison , succédant ainsi à Maximin Gulich (v. son art.).
Aussitôt après sa confirmation, Tabbé Henn se mit en devoir de relever son abbaye qui avait été détruite sous son prédécesseur par les ordres du farouche Louis XIV, roi de France. En homme éclairé il employa ses soins à enrichir la bibliothèque du monastère, à en réorganiser les écoles sur un pied respectable et à faire fleurir la discipline, la régularité et la piété parmi ses religieux.
Cet excellent abbé , sur Téloge duquel les auteurs ne tarissent pas et qui fit briller de son plus pur éclat Fabbaye confiée à ses soins, mourut le 20 mai 1698 après avoir tenu la crosse abbatiale avec autant de vigueur éclairée que de douceur raisonnée pendant dix-huit ans et près, de quatre mois.