XIII. Kalbndas àprilis obiit
ALEXANDER DE SOLUBRIO
ADVOCATUS DE LuCELBURCH, FUNDATOR HU-
[jUS COENOBII.
Requiescat in pace.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les trois lignes qui suivent : a 1252. Alexander de Solubrio, Zolwer, «advocatus C. L. prœpositus Luxembur- «gensis fundavit Monaslerium virginum «ordinis Sanctoe Clara in Diefferdingen. »
Viri illustres, III, N° 182. — Beetbolet, IV, 457 ad 445. — As Hontbeim, Hittoria Trevirensis diplomatica j ad ann. 1955. — Pieeeet, III, 625, sq.
SPIRLET, Dominique-Nicolas, né au village de Soiron dans l'ancien duché de Limbourg, le 11 mai 1715, entra à l'abbaye de St. Hubert où il fit profession le 31 mai 1733. Il obtint la prêtrise le 17 septembre 1739 et fut élu abbé de son monastère le 7 mars 1760, en remplacement de Célestin de Jong (v. son art.). Consacré le 24 mai 1761 à l'abbaye du Val-St.-Lambert , près de Liège , il eut la douleur d'assister à la suppression de sa maison.
Avant son élévation au siège abbatial l'abbé Spirlet avait passé plusieurs années à la cour du gouverneur-général des Pays- Ras à Bruxelles où il avait puisé le goût du luxe , de l'ostentation et des voyages. D'un autre côté, il était instruit, agronome distingué et nourrissait un penchant décidé pour les expériences , les novations et les entreprises industrielles. 11 sollicita pendant dix-sept ans auprès des cours d'Allemagne à l'effet d'obtenir que son abbaye fût déclarée indépendante de l'église de Liège. Il établit à St. Hubert un moulin
à écorces, une tannerie, une fabrique de potasse, une scierie, un haut-fourneau, une platinerie , une fenderie , des forges, un établissement de prairies artificielles et de vaches, à l'instar de ceux des Pays- Bas ; et dépensa à ces essais infructueux des sommes considérables.
Les difficultés qui depuis plusieurs siècles avaient été pendantes au sujet de la suzeraineté sur la terre de St. Hubert étaient enfin terminées lorsque la révolution brabançonne éclata , et l'abbé Spirlet avait repris la place que ses devanciers avaient jadis occupée aux Etats du Duché de Luxembourg. Sa longue expérience, sa connaissance approfondie des affaires publiques et son crédit auprès des cours de Vienne et de Bruxelles lui donnèrent, pendant les troubles des Pays-Bas, un tel ascendant sur les Etats, qu'on l'accusa de diriger cette assemblée à sa volonté et de lui faire subir l'influence de son attachement au régime autrichien pour comprimer l'esprit révolutionnaire : Ce bruit s'accrédita au point que, passant un jour par Namur il faillit être arrêté et maltraité par la populace mutinée. Cependant il signa les Remontrances des Etats du Luxembourg, lesquellesàla vérité étaient conçues dans des termes beaucoup plus modérés que celles des autres provinces.
La révolution française arriva sur ces
entrefaites et vint engloutir la Relgique. Les religieux furent dispersés et l'abbé Spirlet se retira dans un couvent de Franciscains à Eupen où il mourut en 1794, même avant la suppression de son abbaye en vertu de la loi du 15 fructidor an IV (1er septembre 1796).
Di Robavlx de 8oc*oy, édition du: Cantatorium Sancti Haberti, 192 et 858. — Comte db Beode- Lièvre, Biographie liégeoise, II, 489. — Publications de la Société archéologique de Luxembourg, VI, 35, N° tf. —Renseignement* fournis par H. le notaire Leovy, de St Hubert.
STADEN, Don Guillaume, né à Cologne, se fit religieux à l'abbaye de Munster à Luxembourg. Il devint ensuite et successivement curé de Sponheim et de
Bockenaw. Il est connu par les deux ouvrages suivants : 4°. Trophaea Verdugiana pace et bello ab lllustrissimis Verdugiani stemmatis Proceribus immortalitatis cedro appensa , historiis vere memorabilibus , eventibusque miraculosis , rerumque olim et nuperrimè gestarum enarrationibus élucida ta. Cologne, 1630, in-4°.— 2°. Oratio funebris dicta Guilielmo Verdugo Mecœnali defuncto Crucinaci 1629, 25 Januarii.
Clase*, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 224. — Hartzhuh, Bibliotbcca Coloniensis,
STAS , Jacques , prêtre séculier et altariste à l'ancienne église de St. Nicolas, à Luxembourg, s'est rendu reconimandahle par les soins qu'il a donnés à la direction de l'institut naissant dit hospice ou maison des orphelins dans cette ville. Jean-Maurice Schinbein , seigneur de Marbourg, lui avait confié vers 1727 un capital de mille écus, 4,600 francs , comme première mise dans la fondation de cet établissement philanthropique dont il avait conçu le dessein. L'abbé Stas se mit aussitôt h l'œuvre , réunit quelques orphelins pauvres, fit pour eux des quêtes auprès des personnes charitables, instruisit ses pensionnaires dans la religion , la lecture, le calcul et l'écriture, et finit par colliger des capitaux suffisants pour consolider l'institution qui fut légalement constituée par Lettres-patentes de Marie-Thérèse, le 19 juillet 1755. Voir l'article Schinbein , Jean-Maurice.
Lettres -patentes d'amortissement pour la maison des orphelins.— Registre du magistrat de Luxembourg, 6 mai 1727. -Notes de M. Weyeb, secrétaire comjnunal.
STATOR, Pierre, nom latinisé en Statorius, et rendu en polonais par Stoinski, est né à Thionville pendant le seizième siècle. Savant sectaire, ardent pour les nouveautés en matière de religion , Stator embrassa d'abord le calvinisme , puis le socianisme à Genève , d'où il se retira en Pologne en 1559. Il y succéda à Orsacius en qualité de recteur du collège de Pinczow.
Les premiers ouvrages publiés par Stator avaient pour but d'attaquer la divinité du Saint-Esprit et même celle de Jésus- Christ. Qu'il Fait fait par conviction ou seulement pour acquérir une certaine renommée en soutenant des idées hardies, peu conformes aux croyances religieuses généralement ou plutôt universellement admises, c'est ce qu'il serait impossible de pénétrer. Les historiens sociniens prétendent que si Stator abandonna plus tard l'hérésie qu'il avait proclamée d'abord, ce fut moins en raison d'un retour sur lui-même que par la crainte de se mettre en opposition formelle avec ses amis, de perdre ses pensions et tous les avantages qu'on lui faisait en Pologne. Le fait est que dans un synode tenu en 1567, il nia hautement qu'il eût jamais manifesté des sentiments contraires à la Divinité des trois personnes Trinitaires. Cette circonstance justifiera sans doute le sobriquet de Protée de son siècle , qu'un auteur contemporain lui a donné.
Stator avait un esprit vaste ; il parlait avec une rare élégance le latin , le français et le polonais. Tous ses ouvrages roulent sur la théologie et sont contraires au dogme de la Trinité. D. Calmet l'a omis dans sa Bibliothèque lorraine , et l'histoire de Metz , par les Bénédictins , ne fait que citer sa mort, arrivée en 1570.
Il a laissé un fils , connu sous le nom de Pierre Stoinski, qui fut ministre Socinien h Cracovie oit il mourut en 1605, auteur à son tour de plusieurs ouvrages en faveur de son parti.
On a de Pierre Stator f ° Livre contre le dogme de François Stancar, 1560.— 2° Oraison funèbre de Jean de Laska, 1560.-5° Lettre à R. Chelmius. — 4° Grammaire polonaise. — 5° Il a coopéré pendant six ans avec plusieurs savants à la traduction de la Bible en langue polonaise.
Hommes illustres des Pays-Bas, II, 182.— Bioi*, Biographie de la Moselle, IV, 259, sqq.— Les Bbbédictins, Histoire de Meta, III, 109, note f — TsittiEi, Histoire de Longwy, 521. — Du Fexiie, Dictionnaire historique, litt S.
STEICHEN, Jean-Baptiste, est né vers 1767, à Kayl, près du Mont-St.- Jean , d'une famille honnête et riche.
Jean-Baptiste Steichen , après avoir fait de bonnes études , entra dans les ordres sacrés peu de temps avant la conquête du Pays par les armées de la République française, et fut obligé , comme les autres ecclésiastiques non assermentés de cette époque , de se tenir caché pendant la terreur. Nommé professeur de troisième à Técole départementale , puis à l'athénée de Luxembourg, il se fit remarquer par sa profonde connaissance de la langue latine et par son talent remarquable pour improviser des vers latins le plus souvent heureux et très élégants. A la naissance du Roi de Rome , en 1811 , Steichen envoya une cantate latiue au concours institué pour célébrer cet événement.
En 1821 il se retira de* renseignement pour accepter la cure primaire de St. Michel à Luxembourg , fonctions qu'il conserva jusqu'à son décès arrivé le 29 août 1832. H était âgé de 65 ans et fut une des premières victimes de l'épidémie cholérique qui ravageait alors la capitale du Grand-Duché. Sous l'administration spirituelle de l'évéché de Metz, l'abbé Steichen avait été examinateur épiscopal; il a de même joui d'une grande confiance sous le régime de l'évéché de Namur.
Notes communiquées.— Souvenirs contemporains.
STEIL ou Steill, Grégoire-Henri, originaire d'un village de la prévôté de Remich , fut assesseur de la Chambre impériale de Spire, comme l'auteur du ipanuscrit des Viri illustres nous l'apprend sans plus de détails : « Gregorius «Henricus Steill ex prœlurâ Remich duce catus Luxemburgensis , imperialis Ca- « mère Spirensis assessor Cœsareus. »
Viri illustres, III» N° 242.
STE1NMETZ, Nicolas, est né en 1723, dans le duché de Luxembourg, à Riwer, chef-lieu d'une commune du canton de
Grevenmacher , non dans une des provinces des Pays-Bas comme l'histoire de l'ordre militaire de Marie-Thérèse l'avance erronément. Après avoir pendant quelques années suivi les leçons du collège de Luxembourg il entra a l'âge de vingt ans comme simple soldat dans l'artillerie ou bien dans le corps du génie de l'armée autrichienne. Par sa bonne conduite comme par ses études continuelles il avait déjà monté de grade en grade jusqu'à celui de capitaine, lorsque la guerre de sept ans éclata. En effet, par les améliorations et les ajoutes aux fortifications d'Olmiitz, Neisse, Glatz et Schweidnitz qu'il avait dirigées , il s'était acquis une réputation honorable tout comme il avait rendu d'importants services à l'état. Aussi en récompense obtint-il en 1760 le rang de major et la suivante celui de lieutenantcolonel du génie avec la décoration de l'ordre de Marie-Thérèse.
Déjà à la défense d'Olmùtz en 17S8 il avait été honoré d'une mention de distinction: Ce fut lui qui, aussitôt après la fermeture de la place sur la nouvelle reçue par le commandant que l'ennemi, posté dans le bois derrière le couvent de Hradisch, était occupé à fabriquer les gabions et les fascines nécessaires pour commencer le siège , fit une sortie avec un détachement de Croates et brûla les uns et les autres. Plus tard , lorsque le siège était entrepris et la tranché ouverte, Steinmelz s'étant aperçu d'une faute des assiégeants se hâta de faire élever deux ouvrages qu'il munit de petite artillerie avec laquelle il ravagea tellement les travaux du siège que l'ennemi , après six jours de tentatives inutiles pour entreprendre l'attaque par un autre côté et désespérant de pouvoir se ménager un point pour pouvoir approcher de la forteresse , se vit engagé à décamper. Steinmetz, qui avait pendant ce siège su rendre inutiles les travaux d'attaque par l'établissement de contre-ouvrages et de contremines , sut avec un succès extraordinaire profiter de cette expérience stratégique
devant Schweidnilz où il commandait le génie. Pendant qne les Prussiens se préparaient à attaquer cette forteresse , il éleva en très peu de temps sur la hauteur de Neumubl une redoute dont la position avantageuse força l'ennemi de porter son attaque sur un côté moins favorable, entre le jardin et le fort de Jauernik , sous une forte canonade des Autrichiens. Mais le plus grand mérite de Steinmetz fut sans doute la disposition aussi prompte que convenable qu'il prit au fort de Jauernik, lorsque toute cette gorge avec la garnison entière de mille hommes sous le major comte Berthold furent lancées en l'air par l'effet de l'explosion du magasin h poudre. C'était là un chef-d'œuvre de l'art des fortifications ; car les troupes qui y accoururent après le sinistre purent aussitôt se poster et repousser un impétueux assaut des assiégeants. Le roi Frédéric 11, qui était témoin de l'événement , ne pouvait pas se lasser d'admirer la bravoure de ces soldats qui, malgré tant de malheurs ne pouvaient être amenés à la fatigue.
En 1763 Steinmetz obtint des lettres de Baron et fut nommé Colonel en 1773. Pendant la guerre pour la succession en Bavière il rendit de grands services dans la défense des positions principales de la Bohême. Il obtint en 1780 la direction de la construction de la forteresse de Thérésienstadt qu'il acheva à la satisfaction de l'empereur. L'année suivante il obtint le grade de général-major et fut. employé pendant la première campagne de Turquie à l'armée de Sirmie ou à l'attaque de Schabacs il fit sauter une porte qui permit l'entrée de la place au colonel Sztàray avec le régiment Nicolas-Esterhazy, infanterie , lequel pourchassa les Turcs et les fit réfugier dans le fort supérieur.
Nommé en 1789 Feldmaréchal-Lieutenant et commandant de Thérésienstadt, Steinmetz est mort dans ce poste dans sa soixante-quinzième année (1795).
De» militer Maria-Tberesien-Orden und seine BfitgUeder. Naek anthentiscben Quellen bearbeitet von
D' J. HitTUtriL», I, 168; et II, 1720. — Motet et lettres de famille. — Renseignements administratifs.
STEIS, Jean-Baptiste, né à Grosbous le 13 septembre 1741 , avait d'abord résolu d'entrer en religion dans l'ordre des frères mineurs conventuels. Mais il ne tarda pas, déjà pendant son noviciat , à s'apercevoir que cet ordre ne lni convenait pas. Il quitta donc le monastère et retourna dans sa maison paternelle où il ne put pas se plaire davantage.
Il se trouvait dans cette désolante irrésolution lorsqu'il eut l'occasion de faire la connaissance d'un des officiers du régiment de Kaunitz qui se trouvait en garnison dans les provinces belgiques. Celui-ci l'engagea à entrer dans ce corps, lui promettant d'obtenir qu'il fût attaché à l'hôpital militaire de Bruxelles ou il pourrait s'adonner à l'étude de la chirurgie pour passer ' ensuite au service sanitaire de l'armée. Steis accepta la proposition avec empressement et profita si bien des démonstrations du chirurgien-major que deux ans environ après il put recevoir le brevet de sous-aide , ensuite celui d'aide major , et , pendant la révolution brabançonne , après la mort du chirurgien de régiment , le grade avec l'emploi de celuici : Steis était en effet devenu un opérateur assez exercé.
Au départ de son régiment pour l'Autriche lorsque la paix fut conclue, il quitta le service militaire et vint se fixer à Grosbous oii il se mit à exercer l'art chirurgical , sans diplôme ultérieur , son brevet de chirurgien-major l'ayant à cette époque dispensé de subir l'épreuve aujourd'hui requise pour se livrer à la pratique civile.
Steis se maria sur ces entrefaites à Marie-Elisabeth Peckels qui mourut le 6 juillet 1803, après l'avoir rendu père de trois fils et d'une fille. Se trouvant veuf, le désir de se faire ordiner lui revint ; et cette fois il eut la persévérance de le réaliser. En effet il écrivit à l'évêque de Metz, au diocèse duquel le Grand -Duché de Luxembourg ressortissait alors, pour lui exposer
qu'une vocation réelle l'appelait au sacerdoce , et le supplier de vouloir bien l'y admettre. Le prélat, après avoir pris tous les renseignements préalables nécessaires et avoir soumis le postulant à toutes les épreuves usitées pour s'assurer de la réalité de la vocation particulière dont on l'entretenait , l'accueillit dans son séminaire où les professeurs se convainquirent bientôt que ses études préliminaires, y compris celle de la théologie étaient suffisantes pour un aspirant à l'ordination. En conséquence dispense pour la présence aux cours lui fut accordée d'emblée , et les saints ordres lui furent successivement conférés, chaque fois avec les interstices canoniques. Il obtint enfin la prêtrise en 1805 et célébra ses prémices le 13 octobre de la même année , ayant ses deux fils pour servants et sa fille à ses côtés. Il fut ensuite nommé chapelain, d'abord à Baschleiden , ensuite à Dellen , enfin h Eschdorf, et continua également à s'occuper de chirurgie, principalement de la réduction des fractures, ayant un soin constant de se faire aider par ses deux fils, le troisième était mort en 1804, pour leur apprendre la pratique de ces opérations, sans cependant qu'il leur en enseignât la théorie. Toutefois l'un des deux paraît avoir profité quelque peu de ces démonstrations toutes mécaniques, puisqu'il a pu être admis, le 7 décembre 1812, à la pratique publique des petites opérations chirurgicales, bien que son éducation littéraire eût été entièrement négligée ; tandis que son autre frère, de même que sa sœur se sont contentés , toute leur vie durant, à exercer cet art d'une manière clandestine.
Vers 1811, l'abbé-chirurgien Steis s'était retiré à Grosbous chez son fils cadet, ou il est mort à l'âge de 71 ans, le 12 novembre 1812, avec la réputation d'avoir été un prêtre très pieux et d'un chirurgien très instruit comme très habile.
Néerologc àt J. B. 8teis, dans un registre de la paroisse de Grosbous, communiqué par Monsieur le
Professeur Engting, de lu part de H. le curé flfaoert. — Notes communiquées.
Stephanus; v. ETIENNE, ditdeSaltn.
STOLTZ, Jean , fils de Mathias Stoltz , bon cultivateur, et de Marie Wagner, est né à Steinsel, le 23 juillet 1750. Il commença ses études humanitaires au collège de Luxembourg , à l'âge de seize ans, et terminait sa rhétorique en 1772. Entré chez les capucins d'Arlon , il fut envoyé à Alost faire sa philosophie , puis à Tournay ou il étudia la théologie en même temps qu'il terminait son noviciat et recevait les ordres en 1774. Ce fut aussi dans la même ville qu'il prononça, en français , son premier sermon qui fut beaucoup goûté des auditeurs et lui fit déjà alors une bonne réputation d'orateur chrétien. Peu de temps après il fut nommé stationnaire kEupen où il eut le bonheur de ramener plusieurs dissidents par ses discours sur l'Eucharistie. En 1780 il revint au couvent d'Arlon , toujours avec le titre de prédicateur, et s'acquit, dans presque toute l'Ardenne qu'il parcourut pour prêcher , une immense renommée , tellement que lorsqu'il était annoncé tout le monde accourait d'une et de deux lieues à la ronde , pour l'entendre.
En 1783 le père Michel , c'était son nom de religion, fut appelé à Luxembourg pour prêcher le carême dans l'église du couvent de son ordre , laquelle se trouva souvent être trop petite pour contenir la foule des auditeurs avides de l'écouter. 11 demeura trois ans à Luxembourg, parcourant les environs , toujours pour prêcher. Survint sur ces entrefaites la révolution brabançonne puis la française , amenant après elles , comme on disait alors, un déluge de dissolution dans les mœurs. Le père Michel , comme un véritable apôtre chrétien , eut le courage de parler amèrement contre les nouveautés, sans considérer ce que ses discours pouvaient lui susciter de désagréments : il était trop imbu de la vérité de sa foi pour pouvoir reculer , même au péril de sa vie.
Retourné dans son couvent d'Arlon, il y demeura jusqu'à la suppression des monastères. Le 3 décembre 1796 un commissaire du pouvoir exécutif , accompagné d'une brigade de gendarmerie s'étant présenté chez les Pères , dit à ces religieux : nous venons vous mettre en liberté afin que vous puissiez enseigner à l'humanité les droits de l'homme. À ce le Père Michel , qui était alors dans toute la force de l'âge et un des derniers profès , répondit aussitôt : Comment veut-on que nous expliquions au peuple une doctrine que nous ne connaissons pas nous-mêmes ? Et le commissaire de répliquer: on vous l'apprendra. Du reste, ajouta-t-il, inutile de raisonner ; il faut que dans les vingtquatre heures ce lieu soit purgé de la vermine qui y pullule maintenant. Les capucins consternés furent bien obligés de se résoudre à abandonner leur retraite.
Ils se hâtèrent de réunir leurs objets les plus précieux , tels que soleils , calices , ciboires , missels , tableaux et se partagèrent le tout entre eux. Le Père Michel obtint pour son lot les Chartres, registres et manuscrits de la bibliothèque , dont son neveu, Mr J. B. Stoltz, doyen actuel de Betzdorf , a fait cadeau à la société archéologique du Grand-Duché, à Luxembourg.
Les républicains avaient laissé aux religieux l'alternative , ou de renoncer purement et simplement à tout droit sur leur couvent , ou bien d'accepter en échange de leurs prétentions sur ces bâtiments des bons, avec lesquels ils auraient pu acheter des propriétés domaniales. Mais aucun d'eux n'accepta ces bons; tous préférant la pauvreté plutôt , disaient-ils , que de pactiser avec les usurpateurs du patrimoine du Sauveur.
Père Michel se retira dans sa contrée natale , demeurant alternativement à Dommeldange , à Eîch , à Weimerskircb , à Muhlbach , à Beggen et au Limpertsberg, ne discontinuant pas de remplir en cachette les fonctions sacerdotales malgré que , pour refus du serment révolution-
naire il se vit constamment recherché et comme traqué par les gendarmes. Un jour nommément, comme il était ea chemin pour aller célébrer l'office divin, il fut rencontré par deux agents de la force publique qui, ne le reconnaissant pas lui intimèrent l'ordre de se joindre a eux pour rechercher le maudit Père Michel ; ce qu'il fit semblant d'exécuter, jusqu'au moment oii il trouva l'occasion d'échapper de leur vue. Une autre fois il se trouvait assis au coin du feu d'une maison de Beggen, affublé d'un vieux sarreau , portant des souliers déchirés et un sale bonnet de nuit sur la tète , tenant sur ses genoux un enfant de deux ans , lorsque deux gendarmes entrèrent.
Aussitôt l'enfant , saisi de crainte , se mit à pleurer et à crier papa , papa , comme on l'y avait habitué ; et la mère , avec une étonnante présence d'esprit d'envoyer le capucin prendre du bois , afin , dit-elle , que ces messieurs pussent se- chauffer par le froid qu'il faisait. Il sortit en effet, grommelant dans sa barbe: l'âge est méprisé de nos jours , et s'éloignant à toutes jambes. Les sbires se mirent bien à visiter tous les réduits de la maison , mais ils ne trouvèrent point le prêtre ré frac ta ire.
Lorsque la persécution fut finie le P. Michel fut nommé vicaire à Dommeldange ou il prêcha de nouveau avec onction et s'adonna avec zèle comme avec dévouement à l'enseignement de la doctrine chrétienne chez les enfants. Plus tard il fut transféré dans la même qualité à la paroisse de St. Jean à Luxembourg ou il vint également et puissamment en aide à son curé , tandis que ses heures libres il les consacrait à enseigner les principes de latin et de français à des commençants , parmi lesquels on compta plus tard plusieurs grands hommes. En 1821 il retourna a Weimerskirch ou , bien que jouissant de sa pension de retraite, il ne cessa de rendre de grands services par ses touchantes prédications et en visitant les malades auxquels il administrait les derniers secours spirituels et savait inculquer une
entière résignation comme une confiance absolue. Il avait depuis plus d'un demi siècle prêché la passion au jour du vendredi-saint lorsqu'il voulut en 1828 , déjà arrivé à l'Age de 78 ans , monter encore en chaire à ce jour de deuil pour la Chrétienté ; et cetle fois son discours fut si rempli de pathétique et de sainte inspiration que ses auditeurs , et ils étaient en très-grand nombre, se sont accordés à proclamer que c'était le pins beau de tous les sermons qu'il eût faits.
Le Père Jean Stoltz , dit Père Michel remit doucement son Ame au Créateur, le 9 septembre 1829, dans la quatrevingtième année de son âge. Il avait laissé en manuscrit un grand nombre de sermons qui, dit-on, auraient été bien dignes de l'impression pour l'instruction familière du peuple. Il avait en ontre écrit en forme de mémoires la relation de ses tortures pendant la révolution française ; mais tous ces écrits ont péri pendant un incendie du presbytère de Clervaux où son neveu , alors doyen de ce canton , les conservait.
Etal ciril de Steinsel et d'Eich. — Sourenirs personnels. — - Renseignements fournis par M" J.-B. Stoltz, doyen actuel de Betedorf, et d'autres personnes.—Ejglikg , Die Luxemburger Glaubcnsbekenner, 193, sqq.
STOLTZ, Mathias, frère du précédent, était comme celui-ci fils de Mathias Stoltz, cultivateur aisé, et de Marie Wagner. Il esl né à Steinsel, le 23 novembre 1766.
Dès ^son enfance on put remarquer chez Mathias Stoltz une véritable vocation pour l'état ecclésiastique, à laquelle était unie une intelligence très précoce : dans l'école de son village il surpassait toujours tous ses camarades par son zèle comme par' ses heureuses dispositions. Il avait environ 10 ans lorsque le vicaire de l'endroit, qui s'était aperçu de la facilité avec laquelle il avançait , engagea son père à le faire étudier, s'offrant de lui enseigner lui-même les premiers principes des langues allemande, française et latine. Les parents s'empressèrent de consentir à la proposition
et dès ce jour le jeune Stoltz suivit les leçons du vicaire qui ne négligea rien pour former le cœur de son élève suivant les préceptes de la doctrine chrétienne.
A l'âge de quatorze ans il entra au collège de Luxembourg, si célèbre à cette époque par la réputation de ses professeurs qui tous avaient été appelés de Louvain» Mathias Stoltz se distingua bientôt parmi ses condisciples par des capacités extraordinaires et par ses études aussi solides que rapides, au point qu'il ne tarda pas à s'acquérir l'attachement comme l'affection entière de ses maîtres. Aussi tous les ans remporta-t-il les premiers prix de tous les cours qu'il avait suivis : Plus tard même les livres qu'il avait ainsi obtenus formèrent environ 4e tiers de sa bibliothèque qui se distinguait autant par le nombre que par le choix des ouvrages dont elle se composait.
Lorsqu'il eut achevé ses humanités il fit encore à Luxembourg deux années de philosophie, avec la résolution bien arrêtée d'aller étudier la théologie à la célèbre université de Louvain. Mais l'empereur Joseph II supprima sur ces entrefaites cette institution dont la renommée était alors répandue dans le monde entier, et en remplaça la faculté de théologie par deux séminaires dits philosophiques , l'un à Louvain même, l'autre à Luxembourg.
Stoltz entra dans ce dernier ; mais il ne put s'y plaire, tant à cause de l'esprit qui avait présidé à son organisation qu'à celle des professeurs qui presque tous étaient allemands et imbus des principes de ce que Ton nommait alors le Joséphisme. Les décrets des 12 février et 16 mars 1787 ayant révoqué les ordonnances novatrices sur renseignement, et l'université de Louvain ayant été réouverte d'après son ancienne organisation, Stoltz se hâta d'y aller entendre les cours encore pendant deux ans , pour la philosophie et les sciences, continuant à y briller comme à Luxembourg : Parmi les cinq cents élèves en philosophie il eut la septième place. Après les deux ans révolus il obtint le grade de
Docteur en sciences et ès-arts, Scientiarum naturaliumdoctor, ariiumque magister, ainsi qu'âne bourselau collège dit du Pape, laquelle lui suffit amplement pour son entretien et tous ses autres besoins.
Entré en théologie il suivit pendant presque cinq ans toutes les branches de cette faculté, et mérita d'y recevoir le degré de Bachelier. En 1791 il fut ordonné prêtre par l'archevêque de Malines et trois ans après l'université de Louvain le nomma à la cure de Rodenborn ou Rodenbourg, paroisse très petite à la vérité mais très lucrative, à cause des dimes qu'il percevait et d'un douaire très considérable qui y était attaché. Il avait à peine commencé à administrer cette église lorsque la république française, d'exécrable mémoire 3 comme il avait l'habitude de la nommer , vint conquérir le Luxembourg, exigeant des prêtres le serment de haine à la royauté. Il refusa non seulement de se rendre coupable d'un si criant blasphème, disait-il, mais il exhorta encore tous ses confrères à suivre son exemple. Cette conduite ne pouvait manquer de lui attirer bien des désagréments et des persécutions qu'il souffrit avec calme et une parfaite résignation en la volonté de Dieu. Il ne déserta même pas sa paroisse comme beaucoup d'autres prêtres, et ne quitta pas ses habits d'ecclésiastique. Seulement, lorsque l'arrivée des gendarmes chargés de l'arrêter était dénoncée, il se contentait de se blottir dans une cachette pratiquée dans le presbytère même et y restait pendant des jours entiers, profitant de la nuit pour célébrer l'office divin et administrer les sacrements. Cependant le 7 décembre 1797 , trahi par un de ses domestiques qu'il avait dû renvoyer à cause de sa mauvaise conduite, il fut découvert par trois sbires qui le garottèrent et se préparèrent à l'emmener dans les prisons à Luxembourg. A la nouvelle de l'arrestation de leur curé, ses paroissiens accoururent dans l'intention de le délivrer de force des mains des agents de l'autorité républicaine ; mais Stoltz le leur défendit,
répétant les paroles de Jésus à Pierre: remettez la glaive dans le fourreau, car ceux qui se serviront de cette arme périront par elle. Traîné plutôt que conduit à Luxembourg il fut infermé dans l'abbaye de Munster, en attendant qu'on eût décidé sur son sort ultérieur. Cependant dès le surlendemain un de ses parents, bourgeois de la ville , obtint qu'il fut mis en liberté provisoire, sur cautionnement de sa propre personne. Il eut en conséquence la permission de demeurer en ville, chez ce parent même qui lui offrit une généreuse hospitalité.
Le 22 novembre 1798 l'heure du départ pour la déportation h l'Ile de Ré avait sonné. Conduits de prison en prison, au nombre de trente-deux, en butte à une multitude de mauvais traitements , lui et ses compagnons d'infortune, ils étaient plus de deux cents mêlés tantôt avec des brigands , des assassins , tantôt entassés sur de mauvaises charrettes, tantôt enfin marchant pieds nus et attachés avec des cordes k la queue des chevaux de leurs conducteurs, molestés en outre et tourmentés par la vermine, ils abordèrent le 22 janvier 1799 au lieu de leur exil, exténués par ce terrible voyage de deux mois entiers. À son arrivée Stoltz était pour ainsi dire réduit au marasme ; mais grâce aux soins éclairés qu'un médecin de l'île lui prodigua sa santé se remit peu à peu. Lorsqu'il fut rétabli sa rare intelligence, ses vastes connaissances, ses manières affables mais surtout sa piété aussi sincère qu'elle était exemplaire firent de lui un point de mire pour tous ceux qui eurent l'occasion de se trouver dans sa société : Tantôt il traitait avec ses confrères de hautes questions théologiques, tantôt il avait avec eux des conférences scientifiques, dans lesquelles toutes il brillait comme un météore consolateur sur cette plage qui portait tant de malheureux. La réputation de sa science n'ayant pas tardé à parvenir aux oreilles du gouverneur de l'île , celui-ci s'empressa de le charger de donner à ses enfants des
leçons de mathématiques, lui accordant en échange la permission de se promener librement sur nie et de jouir de plusieurs autres douceurs.
Sur ces entrefaites la rumeur se répandit que les captifs de Ré allaient être transférés en Guyane, terra quœ dévorât habitatores $uo$, disait Stoltz quand il récitait Thistoire de ses malheurs. En effet une frégate avait déjà été agréée dans ce but, et les prisonniers s'étaient pourvus des choses nécessaires pour ce long et périlleux voyage, lorsque par bonheur pour eux arriva le surlendemain le décret du 1er consul, daté du 18 Brumaire an VIII, qui mit fin à la captivité comme aux souffrances de Stoltz et de ses confrères , confesseurs comme lui de la foi de leurs pères.
Stoltz et ses co-déportés furent relâchés en trois catégories: à la première appartenaient ceux qui n'avaient prêté aucun serment; venaient ensuite ceux qui avaient juré le serment dit mitigé ; enfin ceux qui avaient tout juré. Stoltz qui appartenait à la première classe , retourna avec joie dans sa patrie. Pendant ce voyage on lui tendit partout une main secourable ; partout on lui prodigua l'hospitalité : à Niort entr'autres, des cbanoinesses lui offrirent vingt Louis d'or pour se défrayer en route ; mais ils les refusa modestement. Après avoir franchi les limites du Luxembourg il se rendit directement dans sa paroisse de Rodenborn où il fut reçu a bras ouverts après deux ans environ d'absence. Ses paroissiens accoururent au-devant de lui, lui adressant des félicitations sur son retour au milieu d'eux et tombant à ses genoux pour obtenir sa bénédiction pastorale. Stoltz continua à administrer sa paroisse comme un digne et zélé pasteur et consacrait en même temps ses moments de loisir à enseigner la théologie à quelques étudiants aspirant à la cléricature. Par son adresse et sa sagesse il parvint à conserver le douaire de son église.
Cependant il échangea quelque temps après , pour des motifs personnels et de
convenance particulière, sa cure de Rodenborn avec l'abbé Hormann , curé de Gontern. Le 1er juillet 1804 l'évêque de Metz confirma cette permutation et depuis cette époque 5 jusqu'au 1er mars 1834 oii il abdiqua en faveur de son neveu , Mr H. Wolff, curé actuel, il géra la succursale de Contern avec le plus louable zèle. Mathias Stoltz a atteint l'âge de 72 ans, malgré sa faible santé et toutes les persécutions qu'il a eu à endurer entre les années 1796 et 1800. Il est mort le 5 mars 1839 , sans remords et avec la confiance d'avoir fait tout le bien qu'il avait pu faire. Dans son testament en date du 14 juillet 1837, reçu par le notaire Clairquemort de Frisange, il légua tous ses fonds en argent monnayé aux missions étrangères et ses biens meubles et immeubles à son neveu, le Sr H. Wolff, son successeur dans la cure de Contern : Pendant sa vie il avait de beaucoup enrichi la fabrique de cette église. Il a été inhumé au cimetière de sa paroisse ou sa tombe en pierre , en forme d'une colonne octogone, très-simple et surmontée d'une croix, porte l'inscription suivante, rédigée par l'ancien évêque-vicaire-apostolique du Grand- Duché ; elle résume sa biographie :
Mathias Stoltz
natus in Steinsel
23A 9brU 1766
pie obiit in Contern
5 martii 1839,
Lovanii Artium Doctor
S. Theologiae Baccalaureus
Sacerdos 1791 ordinatus.
Parochus in Rodenborn
Per annos novem.
Recusato in Regiam Majestatem
Juramento proscriptus
In insulam Rheam
Déporta tu s.
In patriam post annum çedux
Trigiota per annos
Parochiani in Contera
rexit.
Quam docuit legem Semper et ipse fecit.
Scientiœ divinse
non magis
quam sacro ministerio
addictus.
Bonus animarum
Pastor.
Dévolus Ecclesiœ
Filius.
Benfaciendo
pertransiit.
Memoriam
in Beuedictione
reliquit.
Malhias Stoitz a, sous tous les rapports mérité le nom de savant. Il parlait avec la plus grande facilité les langues allemande et française, mais il parlait et écrivait mieux encore le latin. Il savait presque tous les classiques latins par cœur ; et même pendant ses vieux jours il aimait encore de réciter des odes entières d'Horace , des tirades de Virgile, mais surtout des morceaux choisis de Cicéron qui était son auteur favori et dont il s'était tellement approprié le style épistolaire et oratoire que ses confrères lui avaient donné le surnom de Cicéron moderne : Jusque dans la rédaction de ses actes paroissiaux de baptême, de mariage et de décès il suivait ce prince de l'élégante latinité ; pas deux de ces actes ne se ressemblent d'ailleurs pour les tours de phrases. Il savait également bien les langues grecque et hébraïque, possédant dans sa mémoire les plus belles odes d'Anacréon et de Pindare,
de même que presque tous les psaumes de David dans leur langue originale.
Il avait aussi des connaissances trèsétendues en mathématiques, en physique, en astronomie, en mécanique, en géographie ; mais surtout dans les sciences ecclésiastiques et le saint-ministère, discutant d'une manière si claire et si concise les questions les plus difficiles que tout le monde pouvait les comprendre. Mais son plus fort était l'herméneutique sacrée ou l'exégèse de l'écriture sainte. Il aimait beaucoup la conversation avec les savants et se plaisait infiniment à raisonner avec eux sur des sujets scientifiques. Toutes les heures que l'administration de sa paroisse lui laissait libres il les mettait à l'étude et à la. lecture: il lisait toujours, même à table et k la promenade , et il mourut presque le livre encore à la main : Aussi nommait-il sa bibliothèque sa compagne chérie. Doué d'une mémoire très vaste et en même temps très locale , il retenait tout ce qu'il lisait, connaissait l'histoire ecclésiastique et profane jusque dans leurs moindres détails avec leurs dates et leurs époques les plus minutieuses. Pendant son séjour h Louvain il avait de même acquis quelques notions de pathologie et de médecine légale.
Il possédait en même temps des connaissances très étendues en agronomie, et il fut le premier qui cultiva le treille à Rodenborn. Il aimait à faire des expériences en agriculture pour pouvoir donner à ses paroissiens des conseils dans l'art de cultiver leurs champs, car les siens, dit-on, produisaient toujours une récolte double en comparaison avec ceux de ses voisins.
Lorsqu'il était jeune encore, il suivit la mode très en usage à cette époque, où les prêtres tenaient des élèves auxquels ils enseignaient les principes des humanités. Stoltz forma de cette manière quelques bons sujets. Sa méthode pour apprendre les langues savantes était facile, courte et précise : il avait rédigé un manuel unique pour le latin et le grec, sous forme de
tableau. Sous le premier empire français le Directeur Munohen (y. son article) lui «▼ait offert une chaire de professeur au collège de Luxembourg; et plus tard, Mgf . Pisani de la Gaude, évéque de Namur, lui en proposa une a son séminaire ; mais Stoltz les refusa Tune et l'autre, prétextant la faiblesse de sa santé, tandis que le motif réel de ce refus ne provenait que de sa modestie et de son grand attachement pour ses paroissiens.
Si le curé Stoltz a mérité une place honorable parmi les savants luxembourgeois, il en mérite une non moins belle parmi les ecclésiastiques dévoués à Dieu et à la patrie. Infatigable dans le saintministère, il ne reculait devant aucune peine, aucune démarche pour conserver la concorde et l'amour chrétien parmi ses ouailles, pour leur enseigner les vérités les plus sublimes de l'évangile dans des instructions aussi populaires qu'elles étaient exquisement rai sonnées. Il était surtout l'ami des enfants auxquels il ne se fatiguait pas de donner l'instruction religieuse, tellement que de son temps sa paroisse avait la réputation méritée de posséder la jeunesse la mieux instruite dans tout le pays.
D'un caractère sérieux et grave en même temps que doux et bienveillant, la justice, la probité et la sincérité occupaient seules son âme et la remplissaient; aussi détestait-il l'hypocrisie et la flatterie avec tout leur cortège. Doué d'une piété très éclairée, il savait éviter les extrêmes et critiquait même franchement ses supérieurs lorsqu'ils allaient trop loin, parce qu'à ses yeux la sentence : justicia suprema est suprema tujusticia doit être vraie en tonte chose et pour tout le monde.
Il est à regretter que cet homme savant n'ait pas composé d'ouvrage ex professo, car nous n'avons de lui que des livres qu'il a retouchés , corrigés ou complétés. Cependant il avait dans le tempç commencé la rédaction d'un abrégé de l'Histoire du Pays d'après l'œuvre de Bertholet; mais ce travail n'a pas été achevé. II est vraisemblablement conservé par son neveu, M.
le curé actuel de Gontern. — £°. L'ancien catéchisme de Scomille, qui fut si longtemps en usage dans le Pays malgré tous ses défauts , Stoltz avait également entrepris de le faire passer par le creuset de l'épuration , en retranchant les demandes et les réponses sans but comme sans intérêt et les avait remplacées par des réponses essentielles. II en avait nommément réformé en entier la doctrine sur le sacrement de la confirmation; etc., etc. Ce travail a été imprimé chez Lamort à Luxembourg, à six cents exemplaires, que presque tous il a distribués gratuitement aux enfants de sa paroisse qui fréquentaient l'instruction religieuse qu'il donnait. Son édition ne porte pas de date et n'est point revêtue de l'imprimatur, parce que, dit-on, il n'était destiné qu'à ses propres ouailles et parce qu'il n'avait pas été chargé par l'autorité ecclésiastique de faire cette révision, qui du reste cependant était très bien pensée.— 5°. 11 a rédigé dans un meilleur ordre et adapté à l'usage des écoles primaires, l'opuscule intitulé: Kern der biblischen Geschichte; Luxembourg, Schmit-Bruck , 1826, 1829 et 1836.-4°. Il a de même refondu et augmenté un autre livre d'école connu sous le titre de: Sittemucht, das ist wie die christliche Jugend sich gegen Gott und die lieben Eltern und jeden Menschen und endlich gegen sich selbst verhalten soll ; par le R. P. Pierre Wiltz ; Schmit-Bruck, 1820. Ce petit ouvrage enseigne aux enfants la manière de remplir leurs devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers eux-mêmes. Stoltz y a ajouté des préceptes de bienséance à observer pendant le repas , en société et en présence des gens bien élevées. — 5°. 11 a retouché le Kyriale en usage au chœur et y a ajouté les Missa pontificalis et pontificia (1822. Schmit-Bruck): Stoltz était bon chantre et avait formé un beau chœur à Rodenborn ainsi qu'à Contern. — 6°. Il a aussi refait le petit Vespéral auquel il a ajouté plusieurs vêpres et une mélodie pour le psaume Miserere (Schmit- Bruck; 1823). Il avait entendu chanter
cette mélodie par des prêtres français étant sur le vaisseau qui le transporta à File de Ré. — 7°. Enfin il soigna et corrigea très exactement les épreuves de plusieurs ouvrages entr'autres des classiques latins, Virgile, Quinte-Gurce , Eutrope, etc. , que les imprimeurs Lamort et Schmit- Bruck de Luxembourg, avec lesquels il était lié d'amitié, lui adressaient.
Eigukc, Die LuxemboTger Glaubenabekenner, 71» »q. — Renseignements obtenus. — Souvenirs. — Etal cifil de 8 teins el et de Contern. — Notes fournies par MM. H. WoLrr, curé de Contern et 8tolt2, doyen de Betzdorf.
Strassen, Bernard de ; v. BERNARD, dit de Strassen.
STRASSEN, Wauthier de, est cité pour avoir pris part à la première croisade , sous Godefroid de Bouillon.
STRENG, Jean, de Luxembourg, naquit le 14 mai 1601 , et fut greffier du Conseil provincial. Par testament olographe du 14 août 1676, rédigé à l'âge de soixante-quinze ans il a fondé une bourse d'études au capital de mille patacons ou 4609 frs. et 10 c. , annexée au séminaire attaché au collège des Jésuites de Luxembourg . en faveur d'un étudiant de sa famille, et à défaut de parents d'un jeune homme de la ville de Luxembourg.
Dans le principe les héritiers du fondateur nommaient à cette bourse qui fut plus tard à la collation des Bourgmestre et échevins de la ville de Luxembourg. Cependant, depuis une réclamation d'un descendant de cette famille ce droit de collation lui a été restitué par arrêté du Ministre d'Etat en date du 22 mars 1858.
La bourse Streng ne rapporte plus que cent quarante-sept francs et 75 centimes.
Jean Streng est mort célibataire, le 4 décembre 1676.
Namur, Dissertation sur les bourses , X et XVIII. — Mémorial du Grand- Duché.
Strohberg, François-Louis Faust de; v. FAUST, François-Louis, de Strotnberg.
STUMPER, Jacques, fils de Pierre Stumper, bon cultivateur, et de Anne -Marie
Echternacb, est né h Steinsel, le 22 mai 1765. 11 commença l'étude des principes chez le curé de son endroit natal, pais alla les continuer au collège de Luxembourg et les termina à l'université de Louvain, Après avoir obtenu l'ordre de la prêtrise il fat, en 1792, nommé vicaire à Useldange où il tenait en même temps l'école du village lorsque la révolution française vint faire irruption dans le pays et introduisit les lois ainsi que les principes de la république. Comme Stumper refusa obstinément de prêter le sejment de haine à la royauté qu'on exigeait de lui il fut obligé de se tenir caché dans un trou qu'il s'était pratiqué en terre au bord du ruisseau nommé Attert, ou bien de se réfugier tantôtdans une, tantôt dans une autre maison. Il eut le bonheur d'échapper de dette manière à toutes les recherches, jusqu'au 5 vendémiaire an VIII oii il fut absous de la peine de la déportation et rendu à la liberté.
Lorsqu'en 1805 le collège de Luxembourg fut réorganisé sur un pied nouveau, Jacques Stumper y fut nommé professeur de troisième. Dans cette position il sut s'acquérir la réputation d'une impartialité exemplaire ainsi que celle d'un tact parfait pour exciter l'émulation chez ses élèves. Mais comme il eut en 1811 un différent assez animé avec M. Munchen (v. son art.), alors directeur de l'établissement, il crut devoir donner sa démission comme professeur, au grand regret des étudiants qui l'aimaient tous. La ville d'Echternach qui faisait à cette époque de grands efforts pour établir dans son sein une soi-disante école secondaire, se hâta de le faire nommer vicaire et lui conféra en même temps une place de professeur près de cette jeune institution. Il accepta ces offres, dans l'espoir de voir bientôt changer cette école supérieure en un collège communal. Stumper était un homme très instruit et un professeur très habile. Mais malgré ces qualités il lui restait impossible de contenter lui seul tous les besoins d'ua établissement de ce genre. Cependant et malgré les inconvénients qui devaient se
présenter en grand nombre , son écofe comptait, de 1811 h 1814, annuellement une quarantaine d'élèves , parce que les jeunes gens qui étudiaient sons lui , pouvaient être libérés de la conscription comme s'ils fréquentaient un petit séminaire , vu qu'il était agréé par l'université et par Févêque. Il avait partagé ses élèves en trois ou quatre divisions , dans lesquelles il enseignait le latin , le français, l'allemand, l'arithmétique, la géographie , l'histoire et le chant. Plus tard il comptait de 25 h 30 élèves qu'il poussait jusqu'en quatrième.
Lorsqu'en 1814 l'inspecteur Gœrens qui fut plus tard directeur de l'instruction publique, parcourait le pays de Luxembourg, il inspecta dans tous ses détails l'école de Stumper dont il fut tellement satisfait qu'il prit le maître en affection et lui adressa depuis ce jour un exemplaire de toutes ses compositions.
Sous le gouvernement des Pays-Bas Stumper continua à s'occuper de l'instruction des jeunes gens qui lui étaient confiés. En 1815 il étendit le plan de son enseignement en ajoutant h son programme la langue grecque qu'il avait apprise entretemps et sans maître.
Jacques Stumper est mort le 23 juin 1821 à l'âge de 65 ans.
Eue une, Oie Lnicmburger GU&bcnabekeniier, 195» sqq. — Etat cWil de le commune de Steineei.
STURM , Jacques , né à Luxembourg , le 13 mars 1807, était fils de Jean-Baptiste Sturm, modeste perruquier, et de Marguerite Champagne.
Sturm se sentit dès son plus jeune âge des dispositions très -heureuses pour l'art du dessin dont il suivit avec la plus grande exactitude les leçons à l'athénée de sa ville natale. En 1825 il se trouva placé sous M. le professeur Fresez qui , ayant bientôt reconnu chez son élève une rare vocation, le recommanda à Jobard , de Bruxelles, Chef d'un des premiers établissements lithographiques. Ce dernier s'empressa de Faceueilfir ; et <fts son entrée il lui fit déjà
un traitement de soixante francs par mois : c'était beaucoup pour Sturm qui appartenait à une famille très peu favorisée de la fortune. Aussi, pour prouver sa reconnais* sance à son patron, travaillart-il pour ainsi dire nuit et jour à se perfectionner dans cette carrière nouvelle.
L'établissement Jobard ayant été fermé par suite des événements politiques de 1830, et Jacques Sturm se voyant de nouveau livré à lui-même, osa saisir la palette et le pinceau, sous la direction de M. Navez ; et depuis ce temps il se livra exclusivement à la peinture historique. Doué du sentiment de la poésie il se mit ^vec la plus louable persistance à l'étude des maîtres : c'est ainsi qu'il médita les œuvres de Schœckspire, de Goethe, de Schiller, du Tasse et du Dante, dont il parvint à saisir les beautés comme les grands caractères si bien décrits par ces auteurs.
Après avoir exposé à Liège un Saint- Paul, une prière du matin, un groupe de trois belles têtes de femme, Faust et Margretha au jardiu de la vieille Marthe ; et en 1838 à Bruxelles la tentation du Christ dans le désert, il peignit d'après la Divina Comedia la naïve. et touchante figure de Françoise de Rimini. Mais cette toile éprouva quelques difficultés pour être admise en 1841 à l'exposition de Bruxelles.; et le peintre n'acquit que plus de gloire de ce refus. Les obstacles qu'on lui opposait de ce chef irritèrent son esprit à un point tel que sa santé en reçut un choc violent et funeste : il avail alors 33 ans d'âge. Il partit pour Paris; et après être encore une fois retourné à Bruxelles il alla en Italie dans le but de donner une heureuse diversion à l'abattement de son esprit et rétablir sous ce climat bienfaisant ses forces physiques qui s'affaiblissaient tous les jours davantage. Rome l'accueillit dans ses murs ; et il y eût trouvé un adoucissement h ses soucis, à ses peines, si les progrès de la maladie qui le minait n'avaient pas été trop avancés : il mourut dans cette ville, le 10 janvier 1844, âgé seulement dé 37 ans.
Soutenir! personnels. — Renseignements fournis. — Etat cWil de Luxembourg. -Waw, Miroir des arts dans les Pays-Bas.
STURM , ou SturmiuSj Jean, est né à Schleiden, le 1er octobre 1507. Son père, qui se nommait Guillaume, était un homme de lettres et receveur des comtes de Manderscheid-Schleiden.
Après avoir fait ses premières études dans son endroit natal, le jeune Sturm alla les continuer en 1523 ou 1524 à Liège oîi il y avait à cette époque une école florissante tant par la science des professeurs que par le nombre et la qualité des élèves qui la fréquentaient. Plus tard il vint à Louvain oh il passa trois années tant à l'étude qu'à l'enseignement. En 1528 il s'associa dans cette ville avec Rogier Roscius, professeur de grec, pour monter une imprimerie dans laquelle il publia quelques auteurs grecs qu'il apporta en 1529 à Paris où il. demeura huit ans, pendant lesquels il entendit les leçons de l'université de cette ville: il y suivait les cours de médecine et enseignait en même temps l'éloquence et la logique. Il se maria à Paris, et peu de temps après il se déclara pour la doctrine de la réformation, démarche qui n'était pas exempte de danger à cette époque ou le culte public des Réformés était interdit. Malgré son changement de confession, il sut s'acquérir et conserver l'amitié de plusieurs savants, surtout celle de Lefèvre d'Etaples, de Guillaume Bude et du Cardinal de Bellay qui l'estima toute sa vie.
En 1537 Bucer conseilla au sénat de Strasbourg d'attirer Sturm dans cette ville. Il y vint et obtint l'année suivante le rectorat k vie du collège auquel l'empereur Maximilien II accorda en 1568 de grands privilèges , et que plus tard , c'est-à-dire en 1621, Ferdinand II éleva au rang d'une université.
Jamais homme ne fut plus officieux que Jean Sturm ; il trouvait son plus grand plaisir à obliger les autres, à les aider dans leurs études et à contribuer de son mieux au succès de leurs travaux. Sa maison
était comme l'hôtellerie des pauvres et des étrangers, aiBsi que l'asile des bannis, surtout de ses coreligionnaires qui avaient fui la France par crainte des persécutions. Il leur faisait de grandes libéralités et s'appauvrit même pour venir à leur secours.
En 1555 l'empereur Charles-Quint lui conféra des lettres de noblesse et Maximilien II lui accorda plusieurs privilèges importants. Il s'acquitta avec succès de diverses légations en Angleterre, en France, en Danemark et vers quelques autres princes: En 1545 il avait été envoyé en ambassade auprès des rois de France et d'Angleterre pour moyenner leur accommodement; et il sut s'acquitter avec tant d'habileté de cette mission que l'un et l'autre de ces deux monarques lui firent de grands honneurs. Il fut aimé de François Ier, de Henri II et de Henri III, rois de France, de Christian et de Frédéric, rois de Danemark, de h reine Elisabeth d'Angleterre, des Electeurs et des princes de l'empire, des cardinaux Sardolet et Bembe, d'Erasme, de Melanchton, de Camerarius, de Manuce, de Calvin, de Bèze, de Ramus et de plusieurs autres savants.
Jusque là Jean Sturm devait se croire heureux ; mais des désagréments sérieux vinrent l'atteindre vers 1583 ou l'intolérance religieuse d'un ministre protestant chercha et réussit à le faire démettre de son rectorat, parce qu'il était trop tiède adhérant du Luthéranisme et semblait pencher davantage vers la doctrine mitigée de Calvin ; son antagoniste, nommé Papus, l'accusa de n'avoir pas, depuis vingt ans, assisté à ses prêches, et en inféra qu'il devait être coupable d'irréligion ! Aujourd'hui les sectes dissidentes puisent leur principale accusation contre les prêtres catholiques dans leur soi-disante intolérance et dans leur rigueur à suivre le précepte : qui non mecum est contra me est; et il y a deux siècles à peine, peu après leur origine, ils étaient cent fois plus intolérants encore. Quoiqu'il en soit, tout en prononçant son renvoi comme Recteur, le roagis-
Irat de Strasbourg mitigea cet arrêt en vue sans doute du grand âge de l'accusé qui fut déclaré entérite.
Jean Sturm a été marié trois fois; avec chacune de ses deux premières épouses il vécut vingt ans ; et la troisième lui survécut. Aucune de ces trois unions n'a produit postérité. Il devint aveugle sur la fin de ses jours et mourut le 3 février 1589 , à Fàge de 81 ans , 5 mois et 2 jours.
Sturm était un homme très-instruit , mais surtout grand ami de l'instruction. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages de littérature dont plusieurs sont excellents , outre beaucoup de livres de polémique qui ont perdu leur actualité aujourd'hui. Nous allons citer ceux dont les titres nous sont connus: 1°. De litterarum iudis rectè aperiendis. — 2*. De amissâ dicendi ratione. — 3°. Partitionum dialecticarum libri IV. — 4*. In Partitiones oratorias Ciceronis dialogi IV. — S*. Luctusad Joach. Camerarium , cum epitaphiis J. Sapidi. — 8°. Epis toi œ de dissidio periculoque Germanise, et de emendatione Ecclesiae.— 7°. Praefatio in quosdam Platonis dialogos. — S*. Gomment, in orationem Ciceronis, de Aruspicum responsis. — 9*. Emendationes in Orationes et Rbetoricorum libros omnes Ciceronis. — 10*. De Periodis libellus.— lt*. Nobilitas litterata.— 12°. Vita Beati Rhemani.
— 45°. Oratio funebris in obitum Jacobi Sturmii : Jacques Sturm, Bourgmaitre de Strasbourg, était un homme très-instruit et très-influent. Quoique homonyme de Jean Sturm, il n'était pas de la même famille. — 14*. Commentariolus in Aeschinii et Demosthenis Orationes contrarias.
•«— i£°. De educatione Principum.— i6°.
J)e nobilitate Anglicanâ. — Ï7°. Scholia in primum librum Politicorum Aristotelis. — iS*. Scholia in orationes Ciceronis pro Quintio , pro domo suft, pro Cn. Plancio, pro C. Rabirio posthumo, in Divinationem , contra Verrem , in 1 et 2. Philippicam.— 19°. Dialogi in Aristotelis Rhetoricam.— 20*. Resolutio operum Cicero-
nis.— i/° Epistolœ du» de Victoria Cfaristianorum ad Echinandas. — 9S*9 Epistola consolatoria ad Fabricios fratres. — 23°. Epistola de morte Erasmi , Episcopi Argentinensis. —24° Aristotelis Rhetorica in linguam latinam conversa , et scholiis explicata.— 2fl>°. Prolegomena in varios Autores. — 26°. Praefatio in scripta quaedam de Cœna Domini.— 27#. Hermogenis partitionum oratoriarum liber illustratus. — 28°. Hermogenis de ratione inveniendi oratoria , libri IV, et libri de dicendi generibus latinitate donati , cum scholiis.— 29°. Disceptationes logiez.— 50°. Lingus latinœ resolvendœ ratio. — 5t°. De imitatione oratoria libri III, cum scholiis. — J2°. De statibus causarum civilium. — 33*. Universa doctrina Hermogenis. — 54*. Comment, in Ciceronis Tusculanam I. — 58*. Consultatoria epistola ad Bernardum Botzeimium.— 5(5°. Orationes funèbres II. — 37°. Palinodia ad Lucam Osiandrum. — 58°. Invectiva contra L. Osiandrum. — 59°. Anti-Pappi III, contra J. Pappum. — 40*. Très partes priores Anti-Pappi quarti : I. Commonitio ; II. Anti-Prœmium ; III. Ànt. Osiander pro exteris Ecclesiis et pro synodo Neapoli Palatini. — 4P. Epistola apologetica contra Jac. Andream.— 4T. Epistola Eucharistica ambrosia ad J. Pappum. — 43°. Confessio augustana Argentinensis. — 44*. Epîstolarum eucharisticarum libri I. Epistola IV. — 45°. Epîstolarum eucharisticarum libri II , Epistola secunda. — 46*. De cognitione linguarum nostri sœculi. —47°. Physica.— 4S°. Philosophia naturalis. — 49*. Themata versibus. — 50°. Epistolœ classicœ. — 51°. Neanisci. — 52°. Leges, ordo et exercitia schohe Lavinganœ. — 53*. De universa ratione elocutionis rhetoricœ libri IV. — 54°. In Verrinam orationem Ciceronis sextam. — 55°. Rhetorica.— 56°. nccQcm]or;<n<;. — 57°. Commentarii in artem poëticam Horatii.
— 88*. Epistolœ et orationes variœ. — 89*. Institutiones litteratae.— 60*. De bello adversus Turcas perpetuo administrant do. — 64*. Une édition des œuvres de
- tw —
Claude Galenps. — 62°. De démonstration?
lib. I. qui dialecticarum partitionum est tertius. — 63°. De ratione interrogandi afcque collocandi Dialectica. — 64°. Ex Ciceronis epistolis selectis libri très, in usum puerilem. — 65°. De diceadî generjbus , de ratione gravitatis occultée , latinitate donati et sckoliis explicati. — 66°. De universâ ratione eloqitionis Rhetoricae. —
67°. De aoussâ ration eloeutioms rbetorica* libri IV.
Xniu, VI, 565-Baylb, IV, 994, eqqç.— fttqvit, 6i.— De Fn.ua, DietiouBaire hklori^ae, litt S.-Bjsmcb, Ei0iaiUu*tr«U, UI, I, 1, iî»9, •*- CouftTin, Encyclopédie moderne, XXI, 356. — Haitsbiih, Bibliotheca colonfiensis, 905. — Biographie nmi- ▼crselle, XLIV, 144, •qif.—BfmAint, Les rateus luxenboiirgeoie, 15.~CoineM«tîoM-I<ett)t«», étit
StMmius, Jean; s. STURM, Jem,
TANDEL, Charles-Antoine, né a Luxembourg , le 8 prairial au IX (28 mai 1801) , était fils de Charles-Nicolas-Damien Tandel et de Anne-Marie-Elisabeth-Josèphe-Rosalie Couturier.
Après qu'il eut terminé avec distinction ses études gymnaaiales au collège de Luxembourg il alla suivre à l'université de Liège la philosophie, les mathématiques et les sciences naturelles. Sur ces entrefaites son âge l'appela au service militaire parce qu'il ne possédait pas les moyens de se faire remplacer : cette circonstance fâcheuse interrompit pendant quelque temps sa carrière studieuse. Il alla ensuite résider pendant quelque temps à Bruxelles où il s'occupa principalement de littérature et de l'étude des langues modernes , daqs la connaissance desquelles il se rendit si habile qu'il écrivait également bien l'anglais , le hollandais , l'allemand et le français.
Quelque* temps après l'administration urbaine de Bouillon lui confia une chaire de langues anciennes au collège de cette ville; et en septembre 1826, la ville d'Echternach voulant réorganiser son collège en y appelant des professeurs capables de faire fleurir cet établissement, fixa ses choix parmi lesquels se trouva Charles Tandel qui fut chargé de l'enseignement des langues grecque et hollandaise , ainsi
que de l'Histoire dans les trois classes inférieures.
Les tendances du gouvernement d'alors pour centraliser les établissements d'instruction moyeuae, de même que les articles véhéments que le Journal de Luxembourg venait de publier contre le collège d'Ecbteraaoh, fournirent à Taadel l'occasion d'écrire deux brochures très intéressantes qu'il avait d'abord destinées à être insérées dans le journal auteur de l'attaque, mais qui furent refusées par la rédaction. La première avait pour but de réfuter deux articles sur l'enseignement, qui avaient paru dans les numéros 22 et 28 (année 1826) de la dite feniile, et dans lesquels la fermeture des collèges des petites villes était formellement demandée. La seconde avait pour titre : Observations sue l'bv-
SE1GKBMBHT DANS LES ATHÈNES ET COL- LEGES, terminées par des propositions touchant certaines améliorations et des économies à y introduire, de manière à pour voir annexer, sans sensible dépense nouvelle, une école industrielle à chacun dé ces établissements»
Tandel resta attaché ail collège d'Eohternach jusqu'au mois de février 1828 où il quitta cet établissement qui déclinait de jour en jour, h cause dit-on, du mauvais vouloir de l'administration de la ville ainsi que du Bureau d'administration qui refta-
«ait aux professeurs jusqu'aux meubles et appareils les plus nécessaires à l'eoseignemenL
À son départ d'Ecbternach Tandel se Tetira k Luxembourg où il reçut Tannée suivante une nomination de Professeur à l'école militaire de Breda. 11 y resta jusqu'aux événements politiques de septembre 1830 qui le forcèrent à aller à Bruxelles. A la réorganisation de l'enseignement en Belgique, il fut nommé inspecteur provincial pour l'instruction primaire dans le Luxembourg belge, parce que la faiblesse de sa saBté ne lui permettait plus d'occuper nue chaire professorale. Ces fonctions il les remplit avec zèle et intelligence, jusqu'au 11 septembre 1854, où il fut une des victimes de l'épidémie cholérique qui dépeuplait alors la ville d'Arlon.
Charles Tandel a conservé la réputation d'avoir été un homme d'honneur dans toute la force du terme. Consciencieux, ami de la vérité, laborieux, d'une exactitude extrême h remplir ses devoirs comme fonctionnaire et comme citoyen, d'une exquise sociabilité, franc et sincère à l'égard de tous, au point qu'il était admis dans toutes les sociétés et aimé de tous. Comme chef ou comme maître , il savait se faire respecter sans rigueur ; un désir unique occupa tons ses instants et ce désir c'était la pensée, la volonté de rechercher les moyens les plus propres à améliorer l'instruction publique en général. Aussi ce désir donna-t-il lieu à plusieurs compositions aussi profondément pensées que clairement exposées. Nous citerons entre autres : 3°. Idées sur l'instruction publique dans les Pays-Bas ; Bruxelles, 1829. — 4°. Plan d'une université pour la Belgique ; Bruxelles, 1831 $ etc., etc.
MtJLtBfc, Programme de l'école fndaetrielle dEchteniaeh, JSU8; parafai. — Souveain eonteaiporuiis. — Keateig»eme*t0 eaunuiiiqué*. — Nâvoa, Catalogne de la Biblioth. de Luibrg., 192 et 719.
TANDEL, Nicolas -Emile, fils de Cbarles-Nicolas-Damien Tandel et de Marie-Elisabeth-Josèphe-Rosalie Couturier , Qo&séquemment frère du précédent, est
né à Luxembourg , le 9 germinal an XII (30 mars 1804). À l'ftge de dix ans il entra au collège de sa ville natale oh il se trouva être le plus jeune de sa classe, et embrassa avec ardeur l'étude de toutes les branches des connaissances préparatoires qui donnent la clef des sciences d'application. Il figurait invariablement parmi les premiers élèves des cours qu'il avait à suivre.
La mère et la sœur de Tandel allèrent en juin 1819 se fixer h Bruxelles; il lus y accompagna sans avoir achevé son cours de rhétorique. Il semble qu'il fut depuis lors livré à hii-cnême et obligé de compléter sans maître son éducation classique ; et il le fit avec une merveilleuse facilité. Pour s'initier pratiquement h la carrière professorale vers laquelle il tendait dès sa jeunesse, il se voua pendant plusieurs années à l'enseignement privé, laissant partout de profonds souvenirs d'un savoir mûri et d'une noblesse de sentiments inaltérable.
Ses talents lui assignaient une place dans les établissements de l'Etat: En 1826, à l'âge de 22 ans, il fut appelé li donner un cours approfondi de langue allemande au collège philosophique nouvellement érigé à Louvain, ou par ses leçons comme par ses écrits il se concilia autant la sympathie que l'estime du public. Dans sa grammaire allemande, Formenlehre (1829) et SauUKre (1833), il soumit à un nouvel examen les principes de la grammaire et sut imprimer à ses règles de même qu'à ses raisonnements les caractères qui font le mérite des ouvrages de ce genre: ces deux compositions sont d'ailleurs aussi bien écrites qu'elles sont philosophiquement conçues.
La révolution belge de 1830 avait éclaté sur ces entrefaites; et l'on sait l'effet qu'elle produisit sur l'enseignement public en Belgique: Par son arrêté du 16 décembre, le Gouvernement provisoire avait profondément altéré la constitution intérieure des trois universités qui s'étaient vu enlever , l'une une , l'autre une
antre faculté , au point que Liège D'en conserva que trois et Gand ainsi que Louvain deux seulement. Cet état des choses avait dû sa naissance au renvoi des professeurs hollandais et à la mise à la retraite de plusieurs professeurs allemands.
Après cette tempête nous trouvons Tandel à l'université de Louvain , chargé du cours de statistique et d'économie politique; c'est-à-dire étudiant la pensée dans sa manifestation multiple, comme naguère il l'avait suivie dans son expression individuelle, de même que plus tard il devait l'observer à sa naissance. Il publia en 1834 la Théorie de la statistique, traduite du latin de Mone, avec additions.
En 1835 , lorsque la Belgique réorganisa ses deux universités de l'État, Tandel fut conservé à Liège. 11 y continua le cours d'économie politique et de statistique , auquel il joignit celui de géographie physique et ethnographique, cours obligatoire pour le doctorat en philosophie et lettres. L'année suivante le gouvernement lui offrit la chaire de philosophie, qu'il hésita d'abord d'accepter; mais pressé par ses amis il consentit à s'en charger: Il fut promu au rang de professeur extraordinaire, et trois ans plus tard à l'ordinariat.
Dans ces nouvelles fonctions il fut , depuis son entrée jusqu'à sa mort , un modèle de zèle et de bonté. II ne vivait que pour ses élèves ; pour eux il s'astreignait à un travail incessant : l'affection pour lui était unanime ; l'ascendant qu'il avait acquis sur eux était général. Chéri de ses collègues, estimé du public, il contribuait puissamment à la gloire de l'université et de sa patrie adoptive.
Il préluda à des travaux philosophiques plus étendus par un mémoire qu'il adressa à l'académie de Bruxelles, et qui fut lu dans la séance du 15 décembre 1839. Ce travail a été inséré dans le Tome XV des mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers. Il
a pour titre : Nouvel examen d'un phénomène psychologique du somnambulisme.
Son Cours de logique à l'usage de l'enseignement universitaire parut en 1841.
Par la loi du 27 septembre 1835 , le gouvernement belge dans sa sollicitude pour les études philosophiques «vastes et profondes avait remplacé le cours de psychologie par celui d'anthropologie dans les programmes universitaires : cette innovation qui devait asseoir la philosophie sur des fondements plus larges et moins arbitraires avait été accueillie avec faveur. L'anthropologie comprenant , outre la psychologie , la physiologie de l'homme , détermina le zélé professeur à publier son Esquisse d'un cours d'anthropologie, ouvrage conçu dans un esprit éminemment scientifique et qui provoqua les méditations des penseurs.
En 1843 Tandel commença le Sommaire de philosophie qui ne fut achevé que peu de temps avant sa mort: C'est, dit son panégyriste , le résumé du testament d'un philosophe chrétien.
Outre les écrits que nous venons de mentionner, Tandel a laissé une Analyse de la philosophie morale de de Cpck, vice-recteur de V université catholique de Louvain; plusieurs articles insérés dans la correspondance mathématique de M.
Quetelet; et quelques lettres adressées au Journal historique de M. Kersten.
Depuis longtemps la santé de Tandel était minée par des travaux continus. Ni la science médicale , ni le doux climat de Nice, ni les soins affectueux de sa famille ne purent arrêter les progrès de la maladie dont il était atteint : il lui fallait du repos. Il quitta la bruyante cité de Liège et se retira au petit-séminaire de St.-Trond, chez son ami, M. l'abbé de Lonay, professeur de philosophie. Comme dernier moyen de guérison l'art lui avait conseillé un essai fréquemment tenté aux environs de Paris , et notamment au bois de Boulogne , c'est-à-dire d'aspirer un air imprégné d'odeur de dépendances de ferme. On lui prépara au petit-sémî-
naire de St. Trond un appartement dis* posé dans ce sens ; mais le mal s'opiniàtra contre les ressources et les combinaisons de la médecine; et Tandel mourut le 25 octobre 1880 , entouré de sa famille. Il n'était âgé que de 46 ans.
Héritier des mœurs patriarchales de son pays natal, simple à la fois dans son génie et dans sa vertu, Tandel est du nombre des hommes les plus judicieux qui en Belgique aient cultivé l'analyse intellectuelle. Placé dans un Pays et à une époque de civilisation ou la prodigieuse complication des intérêts et les tiraillements des partis semblent avoir substitué une nouvelle race d'hommes a ceux qui vivaient à la naissance des sociétés ; dans un pays de liberté oii aujourd'hui toutes les idées de progrès, pour avoir cours en Europe, paraissent venir se faire naturaliser, mais où souvent la philosophie n'est qu'un plaidoyer en faveur d'un parti, Tandel donna à la science pour sauvegarde, non des hypothèses plus ou moins brillantes, mais cette même philosophie qui repose sur des faits manifestes, sur les besoins invariables de la nature humaine et qui prévaudra toujours dans l'esprit des hommes éclairés. Pour lui la foi est l'anneau suprême des grandes coordinations, elle est cette mystérieuse révélation qui unit le visible à l'invisible, le connu à l'inconnu, l'univers à la pensée.
11 était froid au premier abord; son calme était glacial ; son œil bleu et doux intimidait par la fixité du regard ; mais touchait-on une corde sensible, une fibre délicate , à l'instant il s'animait, il se montrait tel qu il était, passionné pour les idées générales, pour les enchaînements logiques, éloquent quand il traçait le tableau des égarements de l'esprit humain. Aviez-vous sa confiance , il était tout à vous , plein de cœur et d'un dévouement sans bornes. On ne savait pas ce qu'on devait le plus admirer en lui, ou sa modestie ou sa puissance de raisonnement. Comme la généralité des hommes éminents , il fut un
modèle de piété filiale, gardant la plus affectueuse tendresse envers le souvenir de sa mère, morte plusieurs années avant lui.
Tandel avait épousé en 1836, dame Sophie Vanpuyvelde, de Bruxelles, qui lui donna un fils et deux filles.
L'abbé Kuyi, Notice sur Emile Tandel; dans i Publications de la Société archéologique de Luxembourg, XII, 157 à 148. — Lomay, Notice sur N. £. Tandel; dans: Revue catholique, nor. 1850. — Journal de l*instructiou publique; no y. 1880. — Wamkoshic, dans: Zeitscbrift fur Philosophie u. 8pehu» lative Kritik, Ton Fichte; Halle, T. XXX, N° 401. — Loohass , Notice sur la vie et les travaux de N. E. Tandel, lue à la séance du Conseil académique de l'Université de Liège, le 121 janvier 1852.
TANDEL 9 Pierre, né au village de son nom , devînt chanoine de la collégiale de N.-D. à Pfalzel.
Par testament en date du 24 mars 1633, après avoir demandé h être inhumé dans le cloître de sa. collégiale, fait à chaque, membre de sa famille des legs particuliers et institué des anniversaires, il ordonna que mille écus dits du roi, plus quatorze cents autres écus dits à la croix seraient placés à intérêts pour servir à l'entretien de trois bourses d'études au profit des descendants de ses frères et sœurs, savoir : Mathias Tandel de Longsdorf , Elisabeth Tandel de Walsdorf, Catherine Tandel d'Obersgegen , Henri Tandel de Bastendorf et Jean Tandel du dit Tandel.
Depuis plus d'un siècle les capitaux affectés à ces bourses, et dont il ne nous a pas été donné de préciser la valeur nominale d'alors, comparée à notre monnaie moderne , se trouvent partagés en deux parts inégales, dont l'une est administrée dans le Grand-Duché de Luxembourg, l'autre par la commission d'administration du gymnase de Trêves. Chacune des deux a trois bourses distinctes ; celles de Trêves rapportent chacune 18 écus de Prusse ou frs. 67, 50 centimes; celles de Luxembourg au contraire ont chacune un revenu de 120 frs.
En capitalisant les deux sommes nous établirons la fortune respective de ces fon-
tm —
dations, celle de Trêves par firs. 5366, 25 centimes , et celle du Grand-Duché par^ 7200 frs. ; total 125*36 frs. et 25 cent., chiffre qui dépasse assurément le capital, primitivement constitué.
La portion possédée par le Grand-Duché a été régularisée quant à sa valeur et aux conditions de la jouissance par disposition du 22 septembre .1854, de la manière quk suit:
Conformément au désir du fondateur, le droit de collation appartient a une com7 mission composée des descendants les plus âgés des frères et sœurs du dit fondateur, au nombre de cinq, lesquels à chaque vacance sont convoqués à Diekirch : deux des commissaires , en l'absence des autres , peuvent procéder à la désignation du boursier. Pour le cas où aucun des collateurs ne se rendrait h Diekirch au jour fixé , le Directeur-général du département afférant procède a la collation.
Les boursiers doivent étudier les langues anciennes , ensuite la philosophie ou la théologie dans un établissement du Grand- Duché. La jouissance leur est conservée pour les études universitaires.
Les parents du fondateur ont droit à la jouissance, laquelle ne peut être conférée à des étrangers qu'en l'absence de parents postulants et seulement pour aussi longtemps qu'aucun parent n'en réclamera la collation à son profit.
Copie du testament du fondateur. -tSuaibiu, Der Moftelfttrom, 211. — Koltz, Manuel des fondations de bourses d'études, 347, sqqqq.; et 451.
TAURIN , Saint, né pendantle sixième siècle 9 à Yvois-Carignan , était frère de St.-Géry. L'église a placé ce personnage au catalogue des saints, mais la légende ne rapporte aucun fait positif qu'on puisse lui attribuer.
Le 1 1 août on fête à Evreux un Saint- Taurin qui doit avoir été premier évéque de cette ville; mais tous les critiques s'accordent à soutenir que ce Saint est un autre que le frère de St. Géry: le motif le plus concluant qu'ils rapportent à
cet égard c'est que ces deux Taurin ont véeu pendant des siècles différents ; ce qui du reste est historiquement prouvé.
Lbgvt et m la Haut , Annales civile* et relifieuses dlfrois-Carigaan ,19, sqq.; et 145. — Gomscae», \ftee des Pèrtt, des Hurtyre et des saints | au II
TELLOT, Jean, vivait vers le milieu du dix-huitième siècle. Il avait obtenu les ordres et fut longtemps curé de Remich. On a de lui un manuscrit en trois volumes, qu'il a composé en coopération avec le Père Bonaventure , dans le monde Mirchout Henri-Remi (v. son art.), capucin à Luxembourg. Cet ouvrage qui se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque de Monsieur Wttrth-Paquet, Président de la Cour supérieure de Justice à Luxembourg, a pour titre : Mémoires pour servir à l'Histoire civile et ecclésiastique de la Province de Luxembourg.
Paqust, VII.
THÉODORIC ou Thierry, religieux de l'abbaye de St. Willibrorde à Echternaeh, vivait pendant la seconde moitié du douzième siècle. Tbéodoric était savant et très* versé dans la connaissance des antiquités. Elevé dès son bas-âge dans l'étude des belles-lettres , il ne l'avait pas interrompue jusque dans une extrême vieillesse; et comme il avait souvent feuilleté les archives de son monastère il en savait parfaitement toutes les vicissitudes, son origine, ses ravages, ses privilèges.
11 fallait dans ce moment à l'abbaye an tel homme pour déjouer un projet d'engloutissement formé contre elle par Jean I", archevêque de Trêves. Ce prélat, qui avait été chancelier de l'empereur Henri VI, avait conservé un grand crédit à la cour. Il voulut s'en servir pour obtenir de Henri VI que le monastère d'Echternach dont il convoitait les riches revenus fût annexé h sa manse archiépiscopale: Il proposa en conséquence à ce prince de lui céder le château de Nassau en échange de l'abbaye. L'empereur, sans examiner la proposition, accéda à la demande de son*
favori et lai en fit même dépécher les lettres nécessaires dans lesquelles il déliait l'abbé et les religieux de leur serment de fidélité prêté à l'empire et leur ordonnait de recevoir leur maison du dit archevêque et de ses successeurs. Jean fit aussitôt venir à Trêves l'abbé Godefroid qui alors tenait la grosse du patrimoine de St. Willibrorde, lui lut le brevet impérial et lui ordonna d'y obéir. Mais l'abbé, comme frappé de la foudre, demanda un délai pour réfléchir. Pendant ce temps il fit, tant par lui-même que par son avoué , le comte de Luxembourg, des démarches sérieuses auprès de l'empereur afin de faire révoquer cette union qu'il présentait comme désastreuse à l'empire. Il fit plus, il donna à son religieux Théodoric commission de rédiger un mémoire historique dans lequel celui-ci , après avoir exposé la chronique de l'abbaye, nommait tous les souverains qui l'avaient gratifiée, soit de biens soit de privilèges; il y citait également les seigneurs qui étaient détenteurs de fiefs relevant du monastère et qui par suite de l'échange seraient devenus vassaux de l'évêque. Lorsqu'il eut terminé son travail il fut député avec un de ses confrères, nommé Hillin, vers l'empereur pour le lui présenter. Henri VI après l'avoir lu fut convaincu qu'on avait voulu surprendre sa religion : Il révoqua en conséquence l'échange projeté et même déjà décrété , par un nouvel édit dans lequel il déclarait que l'abbaye d'Echtérnach appartiendrait comme par le passé à l'empire, et qu'elle jouirait à toujours des mêmes immunités et de la même protection que sous ses illustres prédécesseurs. Ce diplôme est daté du mois de septembre 1192.
Le même Théodoric transcrivit en un grand livre les Chartres de fondation et de donations de son monastère , les diplômes de nature quelconque, les bulles et indulgences des papes, etc. Il dédia cet ouvrage à son abbé Godefroid, en 1193, et le continua jusqu'en 1220. Pendant le quinzième siècle il en avait été fait une copie, également écrite sur parchemin , et que nous
possédons. Ce recueil si précieux pour les religieux fut appelé le livre d'or, Liber aureus, non à cause de ses ornements extérieurs mais bien de sa valeur intrinsèque : Il avait acquis foi en justice. Nous ne savons ce que l'original peut être devenu; il aura vraisemblablement été enrichir une bibliothèque étrangère ou il se trouve peut-être ignoré aujourd'hui, comme tant d'autres trésors littéraires qui ont été dispersés lors de l'émigration des religieux en 1794.
Michel, Catalogne des abbés d'Echtérnach, 16, sq. — Aa Hoirratm, 1, passiin, et i i S. — Bbetoolst » IV, 947 ad 968. - Butels, 167. — Mullie, Beschreibaag des Sauerthales, 49. — Woeth-Paquet , Liber anreus de l'abbaye d'Echtérnach ; dans*. Publie, de la Soc. arcbêol. de Lnzbrg.: vol. XVI, p. t à 99 de la seconde partie.
Théodoric de Houff alizé; v. HOUF- FALIZE, Théodoric de.
Théodoric de Luxembourg; t. LUXEM- BOURG , Thierry ou Théodoric de.
Thkofrid; y. THIOFRIO.
THIBAUT, St., Theobaldus, sortait des comtes de Champagne. Il était fils d'Arnoul de Champagne et de Guile, petitenièce du grand Thibaut, archevêque de Vienne en Dauphiné , qui fut aussi inscrit 9 au catalogue des saints.
Thibaut est né à Provins en Brie, en Tannée 1017. Il reçut au baptême le nom de son grand-oncle maternel qui, dit-on, avait prédit sa naissance et sa sainteté future.
Dans sa jeunesse il ne s'occupa que d'études sérieuses et faisait tous ses efforts pour progresser dans la connaissance des choses célestes. Plus on tentait de lui inspirer du goût pour les grandeurs du monde plus il se recueillait en lui-même et prenait de précautions pour se prémunir contre les séductions. Il faisait une étude constante des vies des Pères du désert et se trouvait singulièrement attaché à la lecture des exemples de perfection qu'il y rencontrait, tout en éprouvant déjà alors le désir Je plus ardent d'imiter ces modèles: Les vies de St. Jean-Baptiste,
de St. Paul ermite, de St. Antoine et de St. Arsène firent surtout sur lui une impression profonde. Il soupirait sans cesse après le bonheur que ces religieux personnages devaient avoir eu de goûter les douceurs d'une contemplative solitude où rien ne pouvait les distraire de la prière et de leurs exercices de piété. Il visitait aussi fréquemment un pieux solitaire nommé Burchard qui vivait sur une petite île de la Seine ; et il s'essayait sous sa conduite à la pratique du jeûne , des veilles et des différentes autres mortifications religieuses.
Son père qui aussi était très pieux était cependant un homme du monde: il ne vit pas sans quelque crainte la tendance de son fils à vouloir se retirer de toute société. Il tenta même à plusieurs reprises, mais toujours inutilement, de lui faire accepter des partis avantageux et des postes brillants, soit à la cour, soit à l'année. Une guerre s'était allumée sur ces entrefaites entre Eudes II, comte de Champagne , son parent, et l'empereur Conradle-salique, au sujet de la succession au royaume d'Arles ; le père de Thibaut voulut le charger de commander les secours qu'il envoyait au Comte de Champagne ; mais celui-ci, tout en marquant la peine qu'il avait à désobéir, lui représenta l'obligation qu'il avait contractée par un vœu solennel d'abandonner le monde ; et obtint enfin, à force d'instances, la permission qu'il sollicitait de se consacrer entièrement à Dieu.
Peu de temps après il alla à l'abbaye de St.-Remy , de Rheims , avec un de ses amis, nommé Gauthier. Dès qu'ils y furent arrivés ils renvoyèrent chacun son domestique et partirent (eux-mêmes secrètement. En route ils échangèrent leurs habits contre les haillons de deux mendiants qu'ils rencontrèrent et se rendirent sous ce nouvel accoutrement, k pied et demandant l'aumône , d'abord dans les forêts du comté de Chiny , en un lieu qui fut plus tard appelé Suxy où ils s'occupèrent à aider les charbonniers à faire des charbons. Plus tard Louis , comte de Chiny bâtit en cet endroit et en leur honneur une chapelle
qui acquit de la célébrité et que le comte Evrard de La Marck détruisit en 1430.
La réputation de la sainteté de ces pieux ermites les ayaut bit remarquer par le peuple ils crurent prudent de se retirer en un autre lieu ou ils fussent moins observés. A cet effet ils dirigèrent leurs pas vers le Pays de Luxembourg, dans un bois près du village de Pittange, non en Souabe. comme Godescard et après lui M. le Chanoine de Ram l'ont écrit dans les vies des Pères , des Martyrs et des principaux saints: Ils choisirent cet endroit solitaire pour leur retraite , parce qu'il leur parut plus propre a l'exécution de leur dessein de se sanctifier dans la vie érémitique. Ils y construisirent deux cellules et résolurent d'y passer le reste de leurs jours.
Ils avaient appris de Burchard que la vie ascétique exige le travail des mains et que les anciens solitaires s'étaient occupés à faire des nattes ou des paniers. Pour y suppléer ils allaient dans les villages voisins exercer le métier de manœuvres près des maçons et se joindre aux serviteurs des fermes afin de partager avec eux les travaux les plus pénibles : ils employaient leur salaire à acheter du pain bis qui faisait toute leur nourriture. La nuit venue ils se retiraient dans leur forêt , chantaient ensemble des hymnes et passaient un temps considérable dans l'exercice de la contemplation ; puis le lendemain de très-grand matin ils retournaient à leur ouvrage.
C'est ainsi qu'ils passaient leur vie lorsque s'étant aperçus qu'on commençait à Pittange comme on l'avait fait à Suxy à les honorer comme des saints leur humilité leur fit à l'instant prendre le parti de quitter encore cette retraite et de faire nu-pieds un pèlerinage à St. Jacques de Compostelle.
A leur retour ils vinrent se fixer dans une autre partie du diocèse de Trêves où ils reprirent le train de vie qu'ils avaient mené à Pittange. Thibaut voulait apprendre par cœur les sept psaumes
de la pénitence et ensuite le psautier en entier; mais comme il n'avait pas d'argent ponr en acheter un, son compagnon envoya an clerc à Provins en demander an à son père et à sa mère ; mais il lui défendit de leur indiquer le lieu de leur retraite.
Le clerc fut bien reçu et Arnoul à qui le départ furtif de son fils avait causé bien du chagrin fut transporté de joie en apprenant qu'il vivait. Il voulut accompagner le clerc malgré les protestations de celui-ci et arriva ainsi auprès de Thibaut qui le voyant venir de loin se sauva précipitamment et partit avec son compagnon pour un nouveau pèlerinage. Cette fois ils allèrent à Rome visiter les tombeaux des princes des apôtres et de lk ils avaient dessein de se rendre à Jérusalem ; mais ils durent renoncer à ce dernier projet a cause de la cruelle guerre qui s'évissait alors dans les Lieux- Saints. Ils s'arrêtèrent donc en Italie en un endroit appelé Salanigo , près de Vicence dans le domaine de Venise où ils se construisirent deux cellules.
Au bout de deux ans Thibaut eut la douleur de perdre son compagnon Gauthier. Cet événement le porta à redoubler ses austérités : il s'interdit l'usage de la viande et de la graisse , ne vivant que de pain d'orge et d'eau ; puis quelque temps après , se contentant de fruits et d'herbes , il se retrancha encore le pain et ne se nourissait même souvent que de racines. Il couchait sur une planche, ayant un tronc d'arbre pour oreiller. Son sommeil était très court ; et pendant les cinq dernières années de sa vie il n'eut plus d'autre lit que le siège sur lequel il s'asseyait. Ce genre de vie si excessivement austère étant venu à la connaissance de Sindeker évêque de Vicence ce prélat crut devoir conférer à Thibaut les ordres sacrés que celui-ci reçut , diton , par pure obéissance , se croyant encore indigne du sacerdoce.
Le bruit de la sainteté de notre ermite se répandit bientôt au loin et finit
par arriver jusqu'aux oreilles de son père et de sa mère qui s'empressèrent d'aller le visiter. Ils le trouvèrent tout défiguré par la pénitence et exténué par les jeûnes. Sa mère, touchée à sa vue, se sentit tout-à-coup dégoûtée du monde et voulut finir ses jours dans une cellule placée à côté de celle de son fils.
Deux ans avant sa mort , Thibaut devint paralytique et son corps se couvrit d'ulcères affreux 'qui lui causèrent de grandes douleurs sans pouvoir lui arracher la moindre plainte et sans même lui faire relâcher de ses pratiques d'austérité. Lorsqu'il sentit que sa fin approchait il fit demander l'abbé de Vagadice, de l'ordre des camaldules , qui lui avait peu auparavant donné l'habit de sa communauté, et lui recommanda sa mère. Il reçut de lui le St. Viatique et expira doucement, le 30 juin 1066, à l'âge de quarante-neuf ans.
Son corps , inhumé d'abord dans l'église de Notre-Dame à Vicence, a été transporté plus tard dans une chapelle près d'Àuxerre , appelée chapelle de Saint Thibaut-au-bois. Le pape Alexandre III Ta canonisé et l'Eglise a fixé sa fête au jour anniversaire de son décès.
Le Saint ermite Thibaut est particulièrement honoré dans le Luxembourg à Marcourt, ou l'on a construit une chapelle en son honneur, au lieu même où se trouvait autrefois placé le castel de Montaigu. Il existe en outre à Luxembourg même la confrérie dite des sept métiers, constituée sous l'invocation de ce saint: c'est celle qui réunit les maçons, les vitriers, etc. Cette confrérie était autrefois établie dans l'église des Récollets; de nos jours elle est transférée en celle de Notre-Dame.
La chapelle de Pittange et l'église de Mersch possèdent de ses reliques.
Jamotts, Le Montniga de Saint-Thibaut. — Baatholet, III, 141, sqqq. — De Ram, édition des: Vies dei Pères, des Martyrs et des principaux Saints; IV, 4, sqg.
THIERRY, Louis, est né vers 1753, à Neufchftteau, petite ville du Luxembourg
belge. A l'âge de vingt ans il obtint une place de lieutenant dans le 28e régiment d'infanterie autrichienne et monta pendant la guerre contre les Turcs au grade de capitaine; pins tard et successivement, passant par tous les degrés , il parvint en récompense de ses mérites distingués à la place de colonel dans ce même régiment.
A l'attaque de Valenciennes (du 9 avril au 10 juillet 1793) le colonel Thierry s'offrit avec cent hommes de bonne volonté de son régiment , k conduire la troisième colonne qui était chargée de prendre d'assaut le petit ouvrage à corne situé à droite et près de l'Escaut, à l'extrémité du chemin couvert. Il se précipita avec impétuosité dans la redoute et poussa sur l'ennemi à la baïonnette. Cette attaque pleine de résolution coupa la retraite aux français dont le plus grand nombre furent tués. A l'escalade du petit ouvrage à corne qui fut entreprise aussitôt après, Thierry monta le premier avec ses volontaires sur le ravelin dont il s'empara ainsi que des lunettes placées en avant. Beaucoup d'ennemis y perdirent la vie et les neuf canons qui y furent trouvés ont été encloués. Vers minuit le chemin couvert fut couronné et mis en communication avec la troisième parallèle. Thierry défendit les boyaux jusqu'à la remise de la forteresse ; et, bien que chacun de ses soldats eût combattu avec le même courage que lui, quinze d'entre eux trouvèrent cependant l'occasion de se distinguer particulièrement avec leur commandant, ce qui leur valut, à chacun d'eux, la médaille d'argent et à Thierry l'ordre de Marie-Thérèse.
Thierry avait le grade de major en 1799 où il fut blessé à la bataille de Trebbia. Nommé général-major au commencement de la campagne de 1809, il quitta son régiment dans les rangs duquel il comptait trente-six ans de service. Pendant cette guerre il commanda une brigade du troisième corps d'armée et prit une part honorable aux escarmouches ainsi qu'aux batailles que le Lieutenant- Feldmaréchal prince de Hohenzollern eut à soutenir.
L. Thierry est mort à Bruenn , le 1" février 1810, dans la 57e année de son âge.
Hunnm.», Der militer Maria-Therefien-Ordea, I95U8 et II, 1736.
THIERRY, Saint, est né le 12 novembre 1006 ou 1007, de parents nobles, à Lerne dans le Hainaut. Son père, dit -on, se nommait Gonzo.
Thierry entra à l'abbaye de Lobbes où il fit profession dans l'ordre de Saint-Benoit. Il eut pour instructeur le célèbre Richard, abbé de St. Vanne de Verdun. Sous ce maître habile il fit de tels progrès dans les sciences sacrées et profanes qu'il acquit en peu de temps une si grande réputation de savoir et de prudence que de toutes parts on venait le consulter et prendre ses avis dans les cas les plus difficiles. Il s'empressait toujours, avec cette modestie qui sied si bien au véritable talent, de donner les conseils les plus salutaires. La douceur de ses mœurs et l'agrément de sa conversation prévenaient en outre le monde en sa faveur et le faisaient aimer de tous ceux qui lui parlaient.
Lorsqu'il fut parvenu à l'âge canonique, Gérard évéque de Cambray lui conféra la prêtrise et l'envoya enseigner l'Ecriture- Sainte dans plusieurs monastères de son ordre, entr'autres à Stavelot et à Verdun, où son souvenir s'est conservé pendant plusieurs siècles.
Il résolut ensuite de faire un pèlerinage en Terre-Sainte et en obtint la permission de son abbé. Il se mit en route par l'Allemagne ; mais arrivé en Hongrie il fat obligé de changer son itinéraire parce que la guerre qui sévissait dans ce pays l'eut exposé à trop de périls : il se dirigea en conséquence vers l'Italie, d'où il voulait passer à Jérusalem. A Rome il rencontra Théoduin évéque de Liège qui désapprouva son projet et l'engagea à retourner dans son pays. Thierry obéit et revint à Lobbes. Peu de temps après l'empereur ayant demandé à Théoduin un régent de théologie pour l'abbaye de Fulde cet évéque y destina Thierry qu'il fit venir auprès de lui pour lui annoncer sa résolution.
Mais Adelard (v. son art.) , abbé de Saint-Hubert étant mort sur ces entrefaites, Théoduin changea de sentiment à l'égard de Thierry: il envoya un antre religieux à Fnlde puis il procura l'élection de Thierry pour succéder à l'abbé Adelard. Le modeste religieux refusa d'abord d'accepter , se fondant disait-il, sur son incapacité dans le maniement du temporel, et sur son peu de vertu pour pouvoir espérer de conduire sûrement les âmes à Dieu. Mais ces prétextes ne furent pas jugés suffisants pour le dispenser d'accepter la dignité à laquelle il était appelé , et Théoduin insista d'autant plus fort sur la nécessité de l'obéissance. Forcé enfin de se rendre , le nouvel élu reçut la bénédiction abbatiale le cinq des noues de février 1055 et prit route pour son abbaye. Lorsqu'il fut en vue du clocher de St. Hubert il descendit de cheval et fit , malgré le froid de la saison , le reste du chemin nu-pieds, priant Dieu de le bénir dans l'administration qu'il allait entreprendre.
Les religieux le reçurent d'abord avec de grandes démonstrations de joie ; mais comme dès les premiers jours il se montra observateur très-stricte de la discipline monastique plusieurs d'entre les moines commencèrent bientôt à murmurer contre sa rigidité. Puis, l'un d'eux nommé Lambert, d'extraction noble et plus revêche que les autres, n'ayant du reste de religieux que l'habit , finit par s'opposer ouvertement. Thierry , loin de se laisser aller à la violence à l'égard du rebelle, n'usa que de douceur envers lui et parvint à la fin à le mener au repentir , tellement qu'il demanda avec instance et obtint de sortir de l'abbaye pour aller passer le reste de ses jours en pèlerin-pénitent , couvert de chaînes et mendiant son pain de porte en porte : arrivé dans cet état à l'abbaye de Mouzon , il s'y arrêta et y vécut encore deux ans après lesquels il est mort en vrai repentant.
Lorsque les religieux de Saint-Hubert virent cette conversion inespérée qu'ils at-
tribuèrent à un miracle , ils rentrèrent en eux-mêmes et finirent par obéir de bonne grâce à leur vertueux prélat qui n'eut plus dès lors de peine à mettre ses projets de réforme à exécution.
Thierry fut un constant modèle de piété , de vertu et de religieuse mortification. Il poussa même ses austérités si loin qu'il ne mangeait qu'une fois le jour , et encore n'usa-t-il jamais de viande, ni d'oeufs ni de frommage. Il couchait sur la dure, dormait peu et avait coutume d'aller lui-même éveiller les autres religieux pour chanter les matines. Il assistait à toutes les heures canonicales , aimait ses inférieurs et n'estimait en eux que la régularité jointe à l'innocence des mœurs, sans avoir égard ni à leur naissance ni à leurs talents. Il était tout à tous , se rendait aimable à chacun , entretenait tous les jours neuf pauvres de ses aumônes et s'abaissait jusqu'à leur laver les pieds et les mains , voyant sous leurs haillons la personne du Sauveur du monde.
L'abbé Thierry était aimé des grands et des petits; et les prélats de Liège, de Cologne , de Rheims , de Metz et de Laon avaient conçu une telle estime pour lui qu'ils se faisaient un honneur de prendre ses avis. Ârnoux, comte de Montaigu, Albert, comte de Namur et beaucoup d'autres seigneurs de distinction faisaient tant de cas de sa personne qu'ils remirent plus d'une fois leurs querelles particulières à son arbitrage.
Il avait quatre-vingts ans lorsqu'il se sentit attaqué de la maladie qui devait l'emporter. Il fit appeler l'évêque Henri de Liège auquel il fit une confession générale et reçut de lui les derniers secours spirituels avec les consolations de la religion.
L'abbé Thierry est mort le 24 août 1086 , après avoir occupé le siège abbatial de St. -Hubert pendant trente-deux ans qui marquèrent infiniment dans les annales de ce monastère: mais ces circonstances ne concernant pas directement
notre ouvrage nous en omettons le ré* cit.
Bmtbolbt, III» 934 ad 2tft. — Bt Bo*aolz as Socjuoy, Edition du: Cantatorion» Sancti Huberti, 5tf , §10 ad 93; §. 69. — Fissa, Flores Eccleeles Leodiensis , S8S , sqq. — D. Calhit , Bibliothèque Lorraine. — Be Bah, Edition dei: Vicâ des Pères, de» Martyr* et dot principaux Sainte , IV, 810 — Fétu, Légende de 8t. Hubert, 44, sqofl.
Thierry de Luxembourg, v. LUXEM- BOURG, Thierry ou Théodoric de.
THIERRY , Jean , né à Grevenmacher, en 1540, se fit Jésuite à Trêves, le 8 mars 1567 et s'est rendu très célèbre dans cette ville , de même qu'à Cologne, à Fulde , à Aix-la-Chapelle et à Spire où il a enseigné la philosophie et la théologie avec la plus rare distinction et prêché avec éloquence. A Trêves surtout ses sermons à la cathédrale ont puissamment contribué à ramener à la foi catholique beaucoup de personnes ébranlées par la doctrine de Calvin qui était alors en vogue. II est mort à Trêves, le 7 janvier 1610, à l'âge de 70 ans et dans une telle opinion de sainteté que bien des personnes ont cru devoir pendant une année entière après son décès , répandre des fleurs sur son tombeau; elles s'estimaient heureuses de posséder de ses cheveux.
Jean Thierry a composé : 1°. Un catéchisme intitulé: Praxis catechistica , et destiné à l'instruction des paroissiens. Cet ouvrage a été publié en 1622 in-8°, par ordre de l'archevêque de Trêves, avec une : Méthode pratique pour l'instruction paroissiale.— 2°. Quis dives salvus? Salviani Massiliensis Presbiteri adversus avaritiam sub nomine Timothei ad Ecclesiam Catholicam Epistolares Libri IV, divisés en chapitres et enrichis de notes explicatives marginales renfermant les décisions des saints pères; Trêves, 1609, in-4°.
Nous conseillons au lecteur de comparer cet article avec celui de Jean, dit de Kœnigsmacher s avec lequel les auteurs confondent notre Jean Thierry.
Il existe encore actuellement à Greven-
macher une famille de Thierry anoblie en 1712 et élevée deux mois plus tard à la chevalerie, dans la personne de Barthélémy Thierry , originaire du dit Greveomacher et Conseiller de Maximilien- Emmanuel, duc de Bavière. Jean Thierry auquel cet article est consacré aurait-il appartenu a cette famille?
Les patentes de noblesse dont nous venons de parler, sont expédiées au nom de Maximilien-Emmanuel et confèrent à l'impétrant ainsi qu'à ses descendants, enfants et postérité en légal mariage, le port d'armes suivant^ : un écusson de gueules, à une fasce d'azur, accompagnée de trois merlettes de même, deux en chef et nne en pointe ; avec trois fers de moulin de sable sur la dite fasce. Le tout timbré d'un heaume d'argent grillé et liséré d'or, les lambrequins ou feuillage d'argent et de gueules ; et au lieu de bourrelet une couronne d'or, à cinq fleurons. Cimier : une encolure de licorne, prenant son essor du dit heaume. Supports : deux lions léopardés d'or, tenant chacun une banderolle aux armes de Pécu.
Finalement, les Enregistrantes du Conseil provincial de Luxembourg portent en outre copie d'un brevet nobiliaire en date du 25 mars 1739, expédié en faveur d'un Jean Thierry, licencié es lois, Conseiller et receveur particulier héréditaire des aydes et tailles et autres impositions tant ordinaires qu'extraordinaires au département des forêts (c'est-à-dire de l'administration forestière) •
A» HonTHEiM, Hutoria Trevîrensis diplomatie», III, 228. — B. Calmbt, Biblioth. Lorr. — Swmtibs, Athènes Belgicae., 477.— Ncvhabh, Lee auteurs luxembourgeois, 20. — Enrepistratures du Conseil Proviocial: Req. aux commissions, N° 1107, p. 237. — Archives de la famille de Thierry.
THIOFRID, Thietfrid ou Theofrid, vivait pendant le dixième siècle et la première moitié du onzième. On ne connaît ni son extraction ni le lieu de sa naissance, et on n'a aucun détail sur sa vie, antérieurement à son entrée dans la carrière religieuse. Fort jeune encore il fit sa profes-
sion monastique et resta simple religieux pendant trente-neuf ans qu'il passa toutes dans l'étude des lettres sacrées et profanes oit il fit des progrès si grands qu'il finit par occuper une des places les plus distinguées parmi les hommes de lettres du pays ainsi que des provinces environnantes.
Regimbert était alors abbé du monastère de St. Willibrorde dans lequel Thiofrid avait choisi sa retraite. Ce prélat, qui était savant lui-même , n'ayant pas tardé à apprécier les mérites de Thiofrid l'avait assumé comme coadjuteur en 1076, afin d'assurer après son décès le bâton pastoral au plus digne d'entre ses religieux. L'abbé Regimbert étant mort en 1081, sa dignité était naturellement dévolue au coadjuteur ; mais un autre moine, paraît-il, voulut prendre les devants en s'adressant à l'empereur afin de recevoir de ce prince l'investiture du temporel de l'abbaye.
Thiofrid, sans s'émouvoir de cette intrigue, partit pour Rome et obtint sans peine du Souverain-Pontife les lettres de confirmation nécessaires dans l'occurence; et à son retour il se fit solennellement sacrer par l'ordinaire.
Homme d'nn esprit fin, subtil et délié, Thiofrid possédait pour son temps une érudition très vaste et très variée qui lui attirait l'admiration de ses contemporains. Peu de savants possédaient alors comme lui les langues anciennes, le latin, le grec et le hébreu. Non seulement l'écriture sainte, objet constant et favori de ses méditations, mais encore les auteurs classiques, les pères de l'Eglise, les historiens sacrés et profanes lui étaient très familiers. Il cultivait avec un succès égal l'art oratoire et la poésie, la théologie, la philosophie et les sciences exactes: mais son style, qui parfois ne manque pas d'abondance, est trop souvent obscurci par une profusion d'allégories, d'antithèses, d'allusions obscures, au point qu'aujourd'hui la lecture de ses ouvrages devient pénible à cause du luxe d'abstractions ascétiques qu'il y étale, mais qui étaient dans le goût de son temps. Enfin, sa prédilection pour
le grec l'a conduit dans des écarts, et nous ne saurions lui faire grâce dès nombreux héllénismes nouveaux qu'il a hasardés.
Il a écrit: 1*. La vie de St. Lutwin. — 3: Celle de St. Willibrorde, en prose et en vers. — 5°. Flores Epitaphii Sanc^ torum, quatuor libris; que le Jésuite Jean Roberti (v. son art.) a publiés en 1619. Le même Roberti a aussi publié la vie de St. Willibrorde qu'il a enrichie de Notes. Thiofrid a en outre composé : 4°. Un sermon pour l'anniversaire de la naissance de St. Willibrorde ; et 5°. Un autre pour celui de St. Wilgis , père de Willibrorde. Quelques fragments cités par Coccius nous indiquent qu'il avait encore écrit d'autres ouvrages mais qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous ; entr'autres plusieurs discours de cultu et veneratione sanctorum , etc. Il avait aussi copié en un volume grand in-folio tout le psautier qui a été conservé à l'abbaye jusqu'à sa suppression. La Bibliothèque de Luxembourg possède finalement un manuscrit sur vélin, de Tannée 1276, volume in-8°, intitulé: Thiofridi abbatis Breviarium. Serait-ce encore là une copie d'une de ses œuvres.
Un homme d'un si grand mérite devait nécessairement se faire une belle renommée. Aussi voyons-nous qu'il était en relation avec les célébrités contemporaines, Lanfranc, évêque de Gantorbery, St. Bruno, l'instituteur de Tordre des Chartreux, Ive, évéque de Chartres , Robert, le fondateur de Tordre de Cîteaux, Brunon, archevêque de Trêves. Ce dernier avait même pour lui tant d'affection qu'il mettait toute sa confiance dans ses lumières et qu'il en fit son directeur spirituel.
Voilà ce que nous avons à dire du savant. Comme abbé d'Echternach Thiofrid contribua beaucoup au bien temporel de son monastère en réglant de commun accord avec Henri, frère cadet du comte Guillaume de Luxembourg, les droits des avoués (1095). En 1096, Gérard de Vianden, non d'Alsace comme quelques auteurs l'ont cru, céda, sous le régime du même abbé, sa terre de Geichlingen à St. Willibrorde,
de même que Gontran son bien allodial de Burne sur la Sûre.
Nous ne pouvons nous dispenser de rapporter ici un événement assez singulier, qui pourrait paraître apocryphe s'il n'était rapporte par Thiofrid lui-même, au chapitre 36 de sa Biographie de St. Willibrorde : «Vers Tannée 1085, dit-il, les habitants v de l'île de Walcheren avaient à soutenir « une guerre acharnée contre Robert comte «de Flandre. Ils en sortirent victorieux. «Lorsque la paix n'était plus menacée « par les ennemis du dehors, une guerre « intestine Tint armer les citoyens les uns «contre les autres. St. Willibrorde qui, « comme on sait, avait été l'apôtre de ces «contrées, y jouissait encore d'un si haut «degré de vénération qu'on lui rendait « même hommage dans la personne de ses « successeurs abbés d'Echternach. Les par- «tis convinrent donc de choisir Thiofrid « pour arbitre de leurs discussions. Il se « rendit à leur prière , débarqua à Mid- « delbourg et réussit à rétablir la paix «parmi les insulaires qui, en reconnais- « sance du service que le saint leur avait « rendu , disaient-ils , par l'intermédiaire « de l'abbé de son monastère , remirent « à ce dernier les drapeaux qu'ils avaient « enlevés aux Flamands , afin d'en orner «l'église de l'abbaye d'Echternach.»
L'abbé Thiofrid est mort le 4 avril 1 106 ou 1110, pleuré des siens et après un gouvernement de vingt-huit ans. L'archevêque de Trêves lui donna un témoignage public de la considération qu'il lui avait portée, en veuant en personne célébrer ses funérailles.
SwmTius, Atbense belgice, 692.— Mabillon, Annales Ordiois lancti Benedicti, V, 1 36. — M icnu. , Catalogue des abbés d'Echternach, 15, sq.— Neïm, Histoire de VSandcn; Preuves, I, sq.— Neye», Dissertation intitulée: Henri, fils du Comte Conrad Ier, a t-ii été Comte-régnant de Luxembourg ? 16, sqq. — Bbstkls, 166. - Bbbtmolbt, II, P. J. IX; et in, 288 ad 294. - D. Calmit, Bibliothèque lorraine; eti Histoire de Lorraine, III, anté textum, col. CI. — v. Stbahibbg, Hetropolis Ecclc?. Trerer., I, 829. — Namcs, Catalogue de la Bibliotb. de Luxembourg, 716. — Clasbw, Ctta). Bibl. Lnxbrg., 255, 261, 284, 555 et 510- Liber Aureus nb-
bâtie SU. Willibrordi Epternacensis , 85r*, de notre Bibliotb. — Nbumawji, Les auteurs luxembourgeois, 6.
THOMiE, Nicolas, est né en 1678, au village d'Arsdorf, de parents bon* nêtes mais peu favorisés de la fortune. Il avait terminé ses humanités lorsque les calamités de la guerre lui firent quitter sa patrie en 1698 , pour se rendre à Cologne au collège des trois couronnés, afin d'achever ses études. En 1701 il avait passé sa philosophie avec une rare distinction et avait commencé le cours de théologie lorsqu'il fut appelé à Ratisbonoe pour enseigner le latin et l'éloquence aux jeunes barons d'Otren. Cette circonstance lui fit prendre du goût pour la jurisprudence , science dans laquelle il fit bientôt des progrès si marqués que la ville de Cologne le désigna pour son député aux diètes impériales. La manière distinguée avec laquelle il s'acquitta de cette commission fut cause que plusieurs autres villes impériales lui conférèrent également le soin de les représenter dans les mêmes circonstances. Nous ne savons pas la date de sou décès.
On a de Nicolas Thomas : 1°. Sex hydriae in nuptiis Domini Lahr et Dominas Eckhagen; 1702 ; Cologne. — î\ L1LI- CIDIVM (1709), Chronicon, seu Eugenii Principis Victoria. Carmen epicum; Cologne. — 3\ Corona facta ex Epomide Eximio Pâtre Paulo Aler S. J. Regenti Gymnasii Tricoronati , sacras Theologias Doctori ; Cologne, 171 1 . — 4°. Musopolis ex Vitopoli, in promotione RR. DD. Populorum suorum SS. Theologiœ Licentiatorum Nicolai Jouck, Pétri Aler, Caspari Gilson; Cologne, 1711. — 5°. Arcbiducum fata, seu vaticinium Europae, sub Carolo III, Hispaniarum Rege; 1711. — 6°, Academia Incarnati Verbi aperta; Ratisbonoe , 1712. — 7°. Turcicidium orienlis Bosphori; 1716. — #°. Diluculum orieolisSolisAustriaci; Ratisbonne; 1716.
— 9°. Imago Caroli Borromaei affixa nomini et omini Imperatoris Caroli VI;, Ratisbonne, 1720.
IhftTiHciM, fiibliotheca Coloniensis, 287. — Ncv- ■a*n, Les auteurs luxembourgeois, 37, nq.
THOMAS, Henri, né vers la fin du seizième siècle, à Gnenange (haute ou basse), aujourd'hui canton de Metzeroisse, arrondissement de Thion ville, d'un père qui était officier dans l'armée française à ce qu'il paraît , a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres un article assez explicite et qui nous dispense d'entrer dans de plus longs détails sur ce personnage qui mourut en 1654 : « Heinricus Thomas « ex Gunningen ad Mosellam supra Theo- « nisvillam pâtre vice capitaneo, S. Theo- « logiae Doctor et ejusdem in universitate « Friburgensi professor, Cathedralis Eccle- «siœ Basiliensis Canonicus ex vicario spi- «ritualium, et decano istius Episcopatus, « factusEpiscopus Cbrysopolitanus et Episce copi Basiliensis suffraganeus 9 scripsit « Collectanea Moralia ex veteribus philo- «sophis; idem Decanus Ecclesiœ Cathe- « dralis Basiliensis et prxpositus Colma- « riensis, recusato bis Episcopatu et Prince cipatu Basiliensi.»
Viri illustres, I, »• 114 - Paqcit, 6».
THORN, Jean-Baptiste, né à Remieh, le 7 mars 1783, fils d'un notaire de cette ville, étudia Je droit à Paris.
De retour dans sa province il se fit inscrire en 1806 sur le tableau du barreau de Luxembourg où il acquit bientôt une grande réputation d'éloquence et de savoir : il était en effet profond jurisconsulte. Plus tard, à l'organisation des Etats-Provinciaux décrétée par la Loi fondamentale du Royaume des Pays-Bas de 1815, il fut appelé à siéger dans cette assemblée comme représentant de l'ordre des campagnes et il y remplit dignement son mandat ; il a également fait partie de la Députation permanente et il était membre du Bureau d'administration de l'athénée de Luxembourg.
En 1830 la confiance que tout le monde avait en ses lumières, sa vaste érudition et son expérience comme juriste, l'avaient bit adjoindre par Je roi Guillaume I" à
la Commission, chargée d'élaborer les projets de nouveaux codes de lois pour le Royaume des Pays-Bas: il était en Angleterre, dit-on, occupé à étudier la législation de ce Pays lorsque les événements politiques de septembre vinrent bouleverser la Belgique et l'arracher violemment au sceptre de la Maison de Nassau-Orange.
Thorn se hâta d'adopter les principes de la révolution, fit sa soumission au Gouvernement provisoire de Bruxelles et fut nommé le 16 octobre Gouverneur civil de la province de Luxembourg, hors les murs de la capitale que la garnison fédérale empêcha de s'associer à la destinée de la Belgique : Son premier acte administratif porte la date du 22 octobre 1830. Le siège de son gouvernement fut provisoirement fixé à Arlon en attendant, dit l'arrêté, que la capitale naturelle du Pays fût soumise au nouveau régime, par les traités à intervenir.
Dans ces fonctions aussi élevées que délicates, Thorn donna un libre essor à son activité pour le travail : tout était à organiser, tout à créer à Àrlon, pour un gouvernement provincial. Il ne perdit pas courage et au bout de peu de mois les bureaux étaient installés et l'administration marchait aussi régulièrement que possible.
Appelé au congrès de Bruxelles et adjoint à la commission de constitution pour la Belgique, il ne s'y fit pas remarquer beaucoup ; cependant il vola contre le Décret d'exclusion de la Maison de Nassau-Orange du trône belge ; parce que sans doute il nourrissait encore , comme beaucoup d'autres, l'espoir de la possibilité d'une séparation administrative complète des provinces méridionales d'avec les septentrionales, comme les patriotes belges l'avaient d'abord demandé, séparation qui n'eut pas lieu par suite d'hésitations intempestives qui s'étaient fait jour > au palais du Loo, hésitations et temporisations auxquelles seules on doit attribuer la naissance du royaume actuel de Belgique sous le sceptre de S. M. Léopold duc de Saxe-Cobourg , sous lequel ce peuple a
montré depuis 1830 qu'il était tout à fait mûr pour êlre gouverné par des lois de liberté et de franchise administrative.
Thorn, avons-nous dit, avait été nommé gouverneur du Luxembourg dès la naissance du Gouvernement belge ; et il était là parfaitement à sa place parce que ses vastes connaissances législatives et juristiques, jointes k son expérience administrative , expérience qu'il avait puisée dans ses fonctions de membre de la députation des Etats provinciaux , avaient fait de lui l'homme qu'il fallait, en ce moment surtout oii la prudence et la fermeté devaient être réunies chez le premier administrateur d'une province qui était à chaque instant exposée à se voir envahir par les contingents de la confédération germanique, en vertu des traités existants. Mais, si comme administrateur il était à la hauteur de la position que la politique venait de lui faire , il n'y était que passablement en raison de ses relations domestiques.
En effet, travaillé pendant toute sa vie par la passion d'acquérir de vastes domaines, il s'était endetté par l'achat successif de quatre châteaux, ceux de Schœnfeltz, de Hollenfeltz, de Mnnsbach et de Reckange près de Mersch. Ces embarras financiers que, malgré ses énormes bénéfices comme avocat il n'avait pas encore pu éteindre entièrement lorsqu'il alla à Arlon, furent la cause, dit-on, qu'il attira sur sa réputation une tache qui ne lui ferait pas honneur si celte accusation était vraie : comme dès son entrée en fonctions, a-t-on débité méchamment, il avait à nommer à un très grand nombre d'emplois et que d'ailleurs les postulants, tous ou la plupart fugitifs de la forteresse de Luxembourg ne manquaient pas ; que même par leur nombre ils constituaient une vraie concurrence entre eux, il aurait profité de cette circonstance pour augmenter son pécule. Cette accusation, aussi méchante qu'elle est calomnieuse, n'étant d'ailleurs basée que sur une vague rumeur publique et sur certains actes peut-être un peu équivoques que nous avons eus entre les
mains, étant parvenue au Gouvernement à Bruxelles, celui-ci, malgré le cas qu'il devait faire des lumières de Thorn, ne put pas rester indifférent et sou changement fut décidé: Par arrêté royal du 21 septembre 1834, Thorn fut nommé au gouvernement de la province du Hainaot.
Il est mort à Mons, en 1841, Il avait été membre du sénat belge, de 1831 à
D'un autre côté, pour rendre cette biographie complète, nous nous voyons engagé à rappeler ici un épisode de la vie de Thorn, comme gouverneur de la province de Luxembourg : Au printemps de 1832 il était allé d'Àrlon visiter son château de Schœnfeltz, comme il avait coutume de le faire toutes les semaines ; lorsque le lundi, 18 avril, vers dix heures du matin il se dirigeait sans défiance vers la bergerie placée sur la hauteur. Tout à coup trois individus de la lie du peuple, doublement armés, se ruèrent sur lui ; sept autres suivirent de près. On le renversa sur le dos, on lui ferma la bouche avec violence et on arma sur lui, menaçant de faire feu s'il faisait le moindre mouvement pour se dégager , ou s'il proférait le moindre cri pour appeler des secours. Ainsi on le traîna plutôt qu'on ne le conduisit à travers bois et broussailles et pendant un trajet de plus de trois lieues , jusque sur le territoire de la ville de Luxembourg, ou une voiture , escortée de toute la gendarmerie qui se trouvait encore dans la forteresse, vint le prendre et le mena dans la ville. Sur les glacis le général de Gœdecke, gouverneur civil et militaire vint se placer à côté de lui dans la voiture et ils entrèrent ainsi à Luxembourg. Thorn fut déposé à la prison civile, ou on le retint pendant plus de sept mois comme prisonnier politique. Seulement on lai accorda, au mois de septembre et pendant . l'épidémie cholérique, d'être transféré dans un établissement mieux disposé, dans lequel toujours il était gardé à vne. Le 24 novembre le gouvernement du roi des Pays-Bas, après d'assez longues négocia-
tions diplomatiques, l'échangea enfin contre an personnage important, habitant la forteresse, et qne par mesure de représailles le gouvernement belge avait à son tour fait arrêter à son passage h Grevcnmacher.
L'arrestation de Thorn ne peut être considérée que comme un acte d'une brutale violence, contraire à tout droit et sans doute parfaitement inutile , exécuté à l'instigation de fonctionnaires subalternes attachés au parti contraire et qui étaient restés dans la ville: le motif politique que Ton aura voulu invoquer pour la justifier était nécessairement mal choisi ; car on ne peut nommer que sottise la pensée que Ton avait conçue, que la révolution serait immanquablement étouffée dans le Luxembourg du moment ou Ton aurait jeté dans les fers celui que Ton supposait, à tort ou à raison, être un des plus forts soutiens des principes proclamés par cette révolution. Elle forme une tache que l'Histoire fera retomber sur le prince même sous le gouvernement duquel le fait a été accompli ; car, en ne désavouant pas cet acte il s'en est rendu complice; et Ton est en quelque sorte fondé à lui en faire assumer toute la responsabilité. Du reste , nous ajouterons que le chef des sicaires qui arrêtèrent le gouverneur d'Arlon avait été tiré quelques années aupara- 1 vaut d'une fâcheuse position d'accusation
par celui-là même que sur de criminelles suggestions il a arrêté si brutalement, pour gaguer une pension de un florin des Pays-Bas par jour , que le gouvernement grand-ducal lui avait allouée pour perpétrer cette arrestation, pension qui lui fut cependant retirée plus tard lorsque la cour d'assises de Luxembourg même eut à le condamner pour un autre crime. Et à de telles gens on avait cru pouvoir donner une commission dont les auteurs rougissaient eux-mêmes! L'arrestation de Thorn, nous le répétons, n'a eu aucun motif avouable , comme sa détention n'a eu de résultat politique aucun.
Thorn n'a rien publié, si ce n'est quelques mémoires ou plaidoyers, qui sont
aussi profondément raisonnes que savamment écrits; et comme gouverneur du Luxembourg belge , un Exposé de la 5ttuation de cette province pour Vannée 1834: ce dernier ouvrage, grand in-8°, de 131 pages, plus un très grand nombre de tableaux, est un travail remarquable tant sous le rapport de la lucidité que sous celui de la profondeur des vues.
La mémoire de ses talents éminents comme orateur et comme juriste subsistera encore longtemps au tribunal de Luxembourg, près duquel il a instrumenté pendant plus de vingt-cinq ans avec la plus exquise dignité.
Thorn avait épousé une demoiselle Suttor, fille du Docteur Suttor mort président de la commission sanitaire du Grand-Duché. De ce mariage sont nés une fille, épouse de Monsieur Dubois, actuellement gouverneur civil du Luxembourg belge, et deux fils dont l'un est substitut du Procureur du Roi près le Tribunal de Marche.
Notes communiquées. — Souyenirs contemporains. — Archives de l'Etat, & Bruxelles. — Biographie générale des Belges, 199, s<|.
THYES, Félix s est né à Luxembourg, le 19 janvier 1830, fils de Joseph-Jean Thycs , ancien militaire du premier empire français. A son retour de l'armée, son père fut nommé commis à cheval près de l'administration des accises.
Le jeune Félix Thyes avait deux ans à peine lorsque , confié à une servante cette femme imprudente l'assit un jour sur des dalles froides et humides ; ce qui lui occasionna une paralysie des membres inférieurs qui demeura toute sa vie complète pour une jambe , de façon qu'il resta estropié.
Thyes fréquenta d'abord l'école primaire du village de Mersch ou le gouvernement belge avait placé son père. Celui-ci ayant été transféré à Virton amena sa famille avec lui et Félix put fréquenter les cours du collège de cette petite ville où il obtint le prix de français. De Virton il passa au collège d'Arlon ; mais il n'y resta que peu de temps et retourna avec
son père habiter Lintgen d'où il Tint suivre l'athénée de Luxembourg qu'il ne quitta qu'après avoir achevé la classe de poésie.
En 1852 il alla a Namur passer son examen d'élève universitaire et se fit inscrire encore la même année à la faculté de philosophie de l'université libre de Bruxelles: il avait alors 22 ans. A cette époque déjà le germe de la maladie qui l'enleva quelques années plus tard au milieu des plus flatteuses espérances , commençait à se développer chez lui. A un naturel bon, sensible et studieux il unissait toutes les qualités de l'âme qui rendent l'homme capable de bien sentir et de bien analyser ses pensées ainsi que ses sensations. Tour à tour adonné à l'étude ou accablé par les souffrances de sa maladie, il se trouva en état de subir au mois d'août 1853 son examen de candidature en philosophie et lettres, préparatoire aux études du droit qui étaient pour lui moins un travail qu'une tendance naturelle. Cependant la littérature formait la plus agréable de ses distractions, tandis que la branche qu'il suivait à l'université constituait ce qu'il nommait son gagne-pain futur. Ecrire était pour lui une passion à laquelle il s'abandonnait avec bonheur et dans la satisfaction de laquelle il puisait une volupté véritable ; aussi Thyes possédait-il un véritable génie d'auteur, un instinct de la forme et du beau que l'on rencontre si rarement réunis aujourd'hui.
En 1854 il publia son Essai sur la poésie luxembourgeoise qui fit non soupçonner mais montra son talent au grand jour. Ce premier ouvrage, si plein de fraîcheur d'imagination , d'originalité de pensées , de réflexions ingénieuses ou profondes , d'enthousiasme sympathique , de verve entraînante, d'images vives et pittoresques , de tournures neuves , hardies , piquantes ou gracieuses, donnait une juste mesure de ce qu'on pouvait attendre de lui. Encore pendant la même année il avait entrepris un roman et une comédie qui restèrent l'un et l'autre inachevés. Enfin au mois de novembre , toujours de la même année et au retour d'un
voyage en Allemagne , il se mit à composer son troisième et dernier ouvrage , intitulé, Marc-Bruno, Profil d'artiste, espèce de roman historique dans lequel il développa une idée que peut-être il avait depuis longtemps méditée. A peine avaitil terminé cette œuvre qui fut publiée en un volume in 18, de 191 pages, que les progrès de la maladie qui le minait depuis plusieurs années déjà le forcèrent à se mettre au lit pour ne plus se relever: il mourut à Bruxelles, le 8 mai 1855, à l'âge de 25 ans.
£c«iRK van Bemil, Notice sur Félix Tkyes.— Souvenirs contemporains.
TILLY , Philippe-Charles de, est indiqué par Bertholet comme originaire du Pays de Luxembourg. Dans ce cas il est vraisemblablement né à Tilly, village et commune du canton aujourd'hui français de Souilly, arrondissement de Verdun.
Philippe-Charles de Tilly devint évéque d'Acerra, dans le royaume de Naples, conseiller et chapelain d'honneur de Charles II , roi d'Espagne , et mourut en 1699.
BmTBOLRT, VIII, 196.
TINANT, François- Auguste, fils d'un inspecteur des eaux et forêts, est né à Luxembourg, le 3 novembre 1803. Il fit ses études à l'athénée de sa ville natale ou il eut occasion de développer de bonne heure son penchant pour la botanique , science dont les éléments lui furent enseignés par l'abbé Mazuir qui était alors principal de cette institution. II se voyait en outre encouragé dans ses premières recherches par son père que ses fonctions appelaient constamment dans les bois et qui plus d'une fois le rendit attentif à une plante rare ou remarquable.
Aussi bientôt ses jours de congé et de vacances furent-ils consacrés à des excursions botaniques dans tout l'ancien Grand- Duché. Peu à peu l'herbier de Tinant se forma et finit par se compléter pour les végétaux indigènes au pays. Dans la
même mesure s'accroissaient ses connais* sances botaniques; car cette science fut jusqu'à son dernier jour l'objet le plus sérieux et le plus favori de ses études.
En 1836 il publia la Flore luxembourgeoise, volume in 8% de S12 pages, fruit de douze années d'un travail incessant. Cet ouvrage consciencieux et d'un mérite immense , contient la description de toutes les plantes phanérogames du Grand-Duché, avec l'indication la plus scrupuleuse de leur floraison et des localités oii on les rencontre, et forme un vade-mecum indispensable aux amateurs de botanique dans le Pays.
Plus tard Tinant se voua avec le même zèle à la recherche de nos cryptogames. Les matériaux qu'il avait réunis et coordonnés pour cette partie si difficile de la phytologie devaient faire l'objet d'une nouvelle publication ; mais ce travail n'a pas pu voir le jour du vivant de son auteur.
Cependant ces recherches n'avaient, jusqu'en 1839, formé qu'un accessoire des occupations de Tinant qui , depuis 1828, avait accepté des fonctions publiques dans la partie des accises d'abord , puis dans la douane ; et ces fonctions il avait toujours voulu les remplir avec toute l'exactitude requise. Mais le Chef des services civils, par arrêté du 27 août 1839, peu après la reprise de possession du Luxembourg dit partie cédée, l'ayant appelé au poste de gardegénéral des forêts , emploi beaucoup plus en rapport avec sa spécialité, il lui fut enfin permis de donner un libre cours à son goût favori et de vivre pour ainsi dire au milieu de ses plantes chéries.
Plusieurs voyages qu'il fit en Belgique et sur les bords du Rhin lui fournirent l'occasion d'augmenter son herbier et de nouer de précieuses relations avec les savants de ces pays : en même temps aussi plusieurs sociétés savantes de premier ordre l'inscrivirent sur le tableau de leurs membres et il fut un des fondateurs de celle des sciences naturelles du Grand-Duché de Luxembourg.
Tinant publia dans les Recueils scientifiques des Pays-Bas différents mémoires sur la cryptogamie et fut chargé de réunir au jardin du pavillon royal de Walferdange , que l'on organisait alors , les plus belles plantes indigènes.
Enfin Tinant est mort à Dommeldange, le 26 janvier 1853, à l'âge de 49 ans seulement.
Ane. Dutcbvx, Notice biographique enr Tinant; dans : Mémoires de la Société des sciences naturelles de Luxembourg; année 1853, p. 154, sqqq.— Son- ▼enirs contemporains.— HUnca, Catal. Bibl. Lnxbrg., «80. - Cl48iii, Catal. BibUotb. Lnxbrg., 254 et
T1TEUX , Philippe-Joseph-Hyacinthe , est né à Saint-Hubert, en 1744. Entraîné vers l'étude de la sculpture par un penchant irrésistible et sans autre guide que sa propre imagination , il s'avisa d'abord d'imiter quelques-unes des figures qui ornaient l'église du monastère de sa ville natale ; et il y réussit si bien qu'il résolut, à l'âge de 17 ans de quitter sa patrie et d'aller travailler à Paris sous les plus grands maîtres. Leurs leçons jointes à la vue des chefs-d'œuvre de l'art développèrent bientôt ses talents innés et le tirèrent prématurément de la classe où sa jeunesse semblait devoir le retenir encore. La construction de la nouvelle église de S16 Geneviève, qui fut plus tard le Panthéon, pour être, pendant les dernières années rendue au culte catholique , lui fournit l'occasion d'étendre sa réputation naissante. Il obtint de faire les modèles des sculptures de ce temple magnifique, sous les ordres du sculpteur en chef Desart auquel il succéda plus tard et sous l'inspection de l'architecte de Puisieux. Il entreprit ensuite la sculpture de la salle de spectacle de Bordeaux, de celle des Variétés de Paris, du Palais royal et de l'église de St Eloy de Dunkerque dont il fit de ses propres mains la chaire à prêcher. Ce fut , de concert avec l'architecte Louis qu'il exécuta la plupart de ces travaux.
Vers les commencements de la révolution française il se trouva assez riche
pour acheter à Frenois , près de Sedan, une belle propriété dans laquelle il se retira. Nommé administrateur du Département des Ardennes il fat peu de temps après persécuté et emprisonné par les anarchistes , supportant ces maux avec courage. Depuis il exerça avec honneur plusieurs fonctions administratives gratuites, entr'autres celles de maire de Frenois. II était sur le point d'entreprendre de nouveaux travaux à Paris, et il Tenait d'assister à deux sessions du collège électoral des Ardennes , lorsque de retour à Frenois H fut atteint d'une paralysie qui l'enleva le 9 février 1809, à l'âge de 65 ans.
Cte db Bec-DE-LiÈvliit, Biographie liégeoise, II, 005. — La Ga»»b, Notice sur les luxembourgeois célèbres, 46, sq. — Biographie générale des Belges,
TRAPPE, Herman-Jean, Baron de, né h Liège vers l'année 1762, était fils de Messire Edmond-Herman , Baron de Trappe , chevalier du Saint-Empire , Magnat de Hongrie , seigneur de Boulaîde, Schonckwinckel , Chacoux , Watrange, etc. , chambellan de l'empereur Charles VI et de S. A. S. E. Jean-Théodore de Bavière, Prince-Evêque de Liège, et de son épouse dame Marie-Charlotte , Baronne de Monflin-Bondorf , dernière de son nom , dame haute-justicière de Lozange , du ban de Btgonville , Oneux , Jupille , Rahier , Ober-Wampach et Nicder-Wampach en partie. Le baron flerman-Jean de Trappe avait une sœur unique, dame Marie-Hermanne-Charlotte, baronne de Trappe, de Lozange et Bigonville , morte à Jehay, près de Liège, en 1808, épouse du Baron Armand- Lambert de Gand-Vilain dit Van den Steen de Jehay , vicomte de Harduemont, baron de Jehay et de Saive, dernier haut justicier de Jehay , dernier grand conservateur de la Bulle d'or liégeoise , échevin de la souveraine haute cour de Justice de la ville et principauté de Liège, membre de Tordre équestre et des états de la province de Liège, décédé a
même Jehay, en 1824, grand-père des barons Van den Steen modernes, lesquels derniers furent honorés du titre de Comte par le Pape Grégoire XVI , par bref du 25 mai 1846, comme une marque publique d'estime, déconsidération et de satisfaction pour la manière distinguée dont le baron Armand-Charles-Herman- Joseph Van den Steen , fils de Armand- Lambert que nous venons de dénommer, s'était acquitté de ses fonctions de ministre plénipotentiaire de Belgique près de la Cour de Rome.
La maison de Trappe , dont le baron Herman-Jean qui nous occupe en ce moment a été le dernier rejeton mâle, est connue depuis le treizième siècle; plusieurs de ses membres ont occupé des emplois honorables dans la cité de Liège, plusieurs ont été tréfoneiers de la Cathédrale de St. Lambert de cette Tille, etc. Cette famille , qui est entièrement éteinte maintenant et dont les grands biens sont dévolus à celle des Van den Steen de Jehay, portait: écartelé de sinopte. Aux 1 et 4 à trois ebausses-trapes d'or , placées 2.1; l'inférieure surmontée d'une colombe d'argent ; aux 2 et 3, à la couronne fleuron née d'or. L'écu surmonté d'une couronne de comte. Supports: deux griffons d'or.
Le Baron Herman-Jean de Trappe fat mis au collège de Soissons oîi il fit ses humanités avec grande distinction. Il avait dix-sept ans environ , lorsque se trouvant uu jour dans un bois pendant un fort orage, la foudre est venu tomber à ses pieds. Terrifié, anéanti pour ainsi dire par la commotion électrique , il commença à avoir peur des hommes et voulut rester seul, enfermé dans son habitation; et celte crainte lui dura toute sa vie , à tel point que ses domestiques , dont plusieurs ont été à son service pendant un grand nombre d'années , ne le virent jamais en face : Lorsqu'il avait besoin d'un service il écrivait ses ordres sur un billet, le déposait sur la table , sonnait son valet et se retirait dans une autre place jus-
qu'à ce qu'on avait apporté la commiswon au lieu indiqué par lui. Il lui arrivait même quelquefois d'inviter des personnages de marque k dtner; et quand elles arrivaient son couvert était mis, mais il ne paraissait jamais, se contentant de venir k la dérobée , voir et examiner la société k travers une fente ou bien un vitsisdas qu'il avait fait pratiquer à toutes les portes de ses appartements. Il craignait jusqu'à la clarté du jour, au point que toujours il y avait des bougies allumées dans les salles où il se tenait. Il voyageait beaucoup, mais toujours seul dans sa voiture, avec son cocher devant et un laquais derrière: Cependant il n'en descendait jamais que de la nuit, et il y rentrait avant le jour , dût- il y rester une demie journée s'il arrivait au lieu indiqué avant le soir. Il lui est arrivé une fois, entre autres, pendant un voyage k son château de Lozange, de casser une roue k sa chaise, le matin lorsqu'il traversait Bastogne; eh bien il n'a pas voulu en sortir et y est resté la journée entière, jusqu'à ce qu'elle fut réparée.
Si nous avons dit plus haut qu'il avait peur des hommes, cette crainte n'allait cependant pas si loin que de les lui faire fuir absolument ; car, là oii il croyait n'être pas connu il sortait quelquefois , mais seul et de très grand matin, ou bien pendant la soirée. II était très curieux et aimait k voir passer le monde, se tenant derrière un rideau de manière à n'être vu de personne : c'est ainsi qu'il avait loué à Bastogne un quartier donnant sur la grand'place, et il s'y tenait parfois plusieurs jours, occupé k observer les passants et k voir ce qui se faisait dans la rue. Dans son château de Losange, commune ardennaise de Villers-la-bonue-eau, il avait fait pratiquer une espèce de trou qui communiquait avec la chapelle castrale et il s'y rendait pour entendre la messe.
D'un autre côté, il semble qu'il était extrêmement méfiant: il avait toujours, pour chacune de ses propriétés, plusieurs hommes d'affaires, mais qui ne le voyaient
jamais ; et il les chargeait , toujours par billets, de se contrôler mutuellement, l'ua k l'insu de l'autre, afin que, par les rapports qui lui parvenaient de cette manière il pût s'assurer de l'intégrité de chacun d'eux. Il émigra comme le reste de sa famille pendant la révolution de 1789 j et avant de quitter Lozange il enferma une somme de sept cent mille francs, plus une partie de ses archives dans de grands pots de grès qu'il enterra lui-même, k l'insu de tout le monde dans uu coin du jardin et il n'y pensa peut-être plus jusque vers 1815 où il écrivit au jnge de paix du canton de Sibret, dans le ressort duquel le château est situé, de se rendre k Lozange, d'y convoquer en même temps deux autres messieurs qu'il lui désignait et d'ouvrir alors , tous trois étant réunis, un petit paquet qui y arriverait par h poste au jour indiqué , pour apprendre ses ordres. On y alla et on trouva effectivement, remise du matin, une boîte bien cachetée, dans laquelle il y avait une lettre portant ces mots: «MM... voudront bien se rendre k l'insu de tout le «monde au jardin du château, k l'angle
« du parterre et y fouiller la
«terre k une profondeur de trois pieds
« environ. Ils y trouveront pots en
«grès, pareils k ceux dans lesquels on «sale le beurre. Ils les enlèveront avec « précaution et les porteront au château : « Ces pots renferment une certaine somme « d'argent en Louis d'or simples et doubles, « plus les archives de la seigneurie ; ils « compteront exactement l'argent et m'en- « verront ensuite le tout par une voie sûre «a La Plante, près de Namur, avec l'in- « ventaire des espèces. Ces messieurs se- «ront récompensés des peines qu'ils se «seront données.» Les fouilles furent entreprises et la trouvaille faite ; l'argent ayant été compté et l'inventaire dressé on constata qu'il y avait 700,000 francs moins un double Louis d'or. Plus tard le Baron, en remerciant ces messieurs pour la régularité de leurs opérations , leur écrivit qu'à son départ pour l'émigration ce double
Louis d'or avait déjà manqué pour faire la somme ronde indiquée. Quant aux titres et parchemins ils étaient absolument adirés par l'humidité qui avait pénétré dans les vases.
Malgré ses excentricités qui tenaient en quelque façon de la monomanie , le baron de Trappe a été sensible à l'amour : une jeune personne des environs, Elisabeth Collette , qu'il avait vue peut-être h Bastogne , sut le captiver et le rendit successivement père de deux enfants légitimes qui moururent en bas-âge. Après leur perte de Trappe ne reparut plus à Lozange oii il avait laissé son épouse qui y mourut.
Après avoir lu ce caractère original, personne ne se douterait peut-être que le personnage qu'il dépeint dût occuper une place dans la Biographie des luxembourgeois distingués : Cependant de Trappe la mérite à juste titre. Frappé par un élément terrible pendant une aventure galante, lorsqu'il n'avait pas encore terminé sa croissance virile, ni achevé ses études, il n'a pas pu continuer ces dernières dans une institution publique; mais il ne persista pas moins pour cela à aimer les lettres et la littérature. Bien au contraire, retiré du commerce du monde qu'il traita constamment comme un étranger puisqu'il n'a voulu avoir aucune relation directe avec lui, l'étude fut son occupation constante; mais cette étude resta chez lui h l'état de germe ou de théorie, parce qu'elle ne pouvait recevoir le complément nécessaire du raisonnement: ce qu'il lisait dans les livres avait pour lui une valeur tout à fait absolue, non cette portée relative ou d'appréciation qui serait née de la discussion.
en un mot de dix façons diverses. 11 a essayé de la philosophie comme un bon collégien, de la politique comme on en fait en rhétorique, des poésies où l'on remarque entre des vers lieux-communs plusieurs tirades admirables. Il a aussi fait de la morale, de même que dans le genre romantique et quelques essais de pièces de théâtre. En un mot, le baron de Trappe serait devenu un auteur de premier ordre si ses études avaient été poussées jusqu'au bout sous les yeux de professeurs habiles, si surtout il avait pu, dans le commerce du monde , apprendre la connaissance si nécessaire du cœur humain: ne connaissant que sa propre personne et n'ayant de relations extérieures que très rarement et comme à la dérobée avec son épouse, que cependant il aimait tendrement mais qui, pour le dire en passant ne pouvait pas suffire à lui donner les leçons nécessaires d'expérience soeiale dont il avait si besoin pour apprendre h bien connaître le cœur humain , il est resté stationnaire alors qu'encore il n'était qu'au début de la belle carrière que ses talents innés loi promettaient.
Le baron de Trappe est mort le 4 septembre 1832, h l'âge de 70 ans environ, à sa campagne de La Plante près de Namur où il s'était retiré depuis une dixaine d'années. Il était chevalier du Phénix et membre de plusieurs académies et sociétés savantes.
II a , parait-il , commencé sa carrière d'auteur vers l'année 1790, c'est-à-dire à l'âge de trente-cinq an., par un Discourt en vers sur ¥ Athéisme , qui fut publié en l'an X , sous le pseudonyme de Citoyen Epprat (Trappe) ; brochure in-8p , de 8 En un mot, de Trappe fut pendant toute pages, soi-disant imprimé h Rome , à l'im-
sa vie un admirable sujet de dix-sept ans. Sa mémoire était bonne et son cœur excellent ; il éprouvait le besoin irrésistible de communiquer ses pensées, ses vues, ses réflexions , et il n'a jamais eu le courage de le faire de bouche à bouche ; c'est pour ce motif qu'il les a écrites et fait imprimer, avec des redites, des retouches,
primerie du Vatican : cet opuscule a beaucoup de beaux vers. — 2*. Portrait fait avant la révolution, formant une réponse à une pieuse épitre d'un Pierlot que je ne nomme nulle part, mais que je nommerai s'il veut ; 4 pages en vers ; in-8% sans date. — 5°. Lettre impartiale (contre le serment à prêter a la Constitua
tion consulaire), — 4°. Suite à la lettre impartiale , 7 pages in-8°. — 5°. Lettre ou petit Cataloge littéraire; 8 pages in-12° : C'est un jugement sur quelques littérateurs liégeois. — • 6°. Catalogue de plusieurs auteurs du ci-devant Pays de Liège et de quelques auteurs étrangers qui y ont résidé depuis 1760) pour sertir au tableau de sa littérature pendant l'époque citée ; 1 1 pages in-12*; an X : c'est une suite de l'opuscule précédent. Nous nous croyons en devoir d'en extraire les jugements qu'il donne sur l'ubbé de Feller et sur soi-même :
« Feller. Cet auteur joint le savoir à «une logique solide et subtile; il pense « avec énergie ; son style mâle rend bien « ses idées. Il est difficile de ne pas laisser «apercevoir qu'on a été sous les éten- « dards de St. Ignace. Je ne dis pas que «c'est un mal; mais des ennemis ont pré- « tendu que cet auteur, si recommandable « d'ailleurs par ses talents , son zèle, son «courage, avait quelquefois dépassé les « bornes des systèmes. »
« T. (Trappe) Celui-là a donné un voit lume de Variétés littéraires , dans le- « quel, outre les fautes d'impression il se « trouve des fautes d'incorrection, appartenantes à l'auteur. Au milieu de ces « taches, on apperçoit des traits, des raor- « ceaux tout entiers, qui décèlent une porte tion de talent bien rare. C'est un mé- « lange : je compare en général les ouvrages «de cette nature à des arbres qui de- « mandent à être élagués. Quelques articles « peu philosophiques de ce mélange pour- « raient attirer à l'auteur des désagréments « de plus d'un genre ; nous l'invitons à y «prendre garde.»
«Epprat«( Pseudonyme de Trappe).
« Sans vouloir hasarder mon jugement, je « soupçonne que c'est l'auteur des Variétés. «Il est possible que je me trompe. Je «connais deux morceaux signés Epprat.
«Un discours en vers (sur l'Athéisme), «dans lequel il y a du jugement et de « l'imagination, de la logique et de l'esprit; « et un morceau inséré dans une gazette,
« dont la bouche annonce une profonde « sensibilité. »
7*. Teudimer on la monarchie espagnole, suivi de Guillaume le conquérant ; d'Agenor et Zélie , drame ; d'un essai en trois chants sur la Fronde et de plusieurs autres pièces tant en vers qu'en prose ; par De Gelozan (Pseudonyme de: de Lozange), du département des forêts. Bruxelles, 1805 ; vol. in-8°, de 264 pages : Teudimer et Guillaume le conquérant sont des contes. Le volume est terminé par un chapitre de Variétés, renfermant des pensées philosophiques; une imitation du : Super flumina Babylonis, en vers ; une autre de l'épisode de Cacus, de Virgile, en vers; la mort d'Adam, en vers; le cadran, en vers; une traduction en vers d'un passage du cinquième chant de l'Enéide ; toujours amour, ou l'Amour caméléon, en vers; une imitation en vers de l'épitaphe de Cbevret; des mélanges littéraires (pensées, réflexions) ; une imih/'on de Catule.
8°. Supplément aux Variétés littéraires du citoyen T., né à Liège. Paris, an X; vol. in-8% de 81 pages: C'est un recueil de pensées et de bons mots qui quelquefois ne signifient rien. A la fin se trouve une répétition du Discours sur l'athéisme.
9\ Variétés en vers et en prose, par M. de Trappe , membre de la Société de littéraire de Bruxelles ; Bruxelles , 1808, in-8°; 191 pages. Ce petit volume renferme d'excellentes pièces de vers, des odes, des contes, des satires, des fables. 11 est terminé par des compositions en prose. H y a, comme dans les œuvres précédentes, plusieurs morceaux qui avaient déjà été imprimés. Nous donnons la nomenclature des nouveaux : Léon-Ie-grand ; le sac de Troie; fragment imité du Paradis perdu de Milton ; réponse d'un représentant du peuple à un ami {superbe peinture de la terreur) ; à Mr N. (1788) ; dialogue entre nn européen et un américain ; crainte de Dieu (ode) ; la fin du jour ; retour k sa campagne ; la belle qui n'a pas encore aimé ; le solitaire infortuné ; imita-
tion du débat du poëaie des jardins de Rapin; morceaux imités de l'Uiade ; songe; le vrai poëte ; délices champêtres ; le chien d'Ulysse; à un ami partant pour un long voyage; la paix (m le); à mon médecin; l'abeille; le lion égoïste et la crapaud, fables. Le véritable honnête; à M. Comhaire; Dieu; la vérité; parallèle; qu'estce que le génie? sur Milton; quinze épi- ? ranimes; réflexions et pensées en vers; érusalem rebâtie, en prose ainsi que les pièces suivantes : Amélie ou les dangers d'une première passion (treize lettres); Trazès; discours sur le duel; de la liberté de la presse; sur la religion naturelle; pensées; réflexions et sentiments (beaucoup de répétitions).
{ 0°. Variantes de Léon-le-Grand et de quelques autres ouvrages; par M. de Trappe. Bruxelles, 1808, in-8°; 13 pages.
11°. Mélanges philosophiques, par de
T ; Paris; 1818 , in-8°, 96 pages.
Cette brochure renferme , outre plusieurs morceaux déjà publiés : Constitution de 1815; pensées; parodie de 1791; petit dialogue sur le suicide ; lettre sur le spectacle; le pauvre de Ste. GuUule; promenade; déficit; à un peuple vo;sin; fragment d'une lettre de Londres; impartialité; Montesquieu; guerres civiles.
1$°. Le Baron de Trappe avait en outre composé d'autres manuscrits très nombreux et très volumineux qu'il n'avait pas fait imprimer. Dans son testament il légua une forte somme destinée à rémunérer les peines de trois savants , un ecclésiastique bon théologien, un jurisconsulte expérimenté et un littérateur, qui seraient chargés d'examiner tons ses écrits et de désigner ceux qui seraient dignes de voir le jour, ordonnant a son neveu et son héritier , le Baron Armand - Charles - Herman - Joseph Van den Steen de Jehay , de les faire imprimer sous le titre de ses Oeuvres. De cette compilation vinrent 2 volumes in-12, le premier de 432 pages, le second de 358 , et intitulés : Productions diverses, morales, politiques et littéraires, par le Baron de Trappe ; seconde édition , cor-
rigée et augmentée; Namur, 1829 (cependant cette impression n'a été faite qu'après 1832). Nous allons donner la table des pièces nouvelles. Tome I : Réponse aux doutes d'un philosophe, avec deux suites; lettre de 1789, à M* le comte de M. ; civilisation; le pour et le contre du même sujet ; servitude ; paix générale ; la voix du peuple ; révolution française ; coup d'œil sur la révolution de Liège ; esprit du dix-huitième siècle ; esprit du dix-neuvième siècle ; congés ; l'Amérique à sa découverte; l'Espagne; sur les connaissances du peuple ; les jardins ; réflexions sur l'éducation; réflexions sur différentes matières ; traite des nègres ; l'apocalypse; cloches; méditations diverses; le songe de L» vie; réponse supposée à J.-J. Rousseau sur quelques passages de ses confessions ; diverses pensées religieuses ; tolérance ; culte ; vérité dont on doutera ; coup d'œil sur Rome ancienne ; coup d'oeil sur Rome en 1780 ; fragment d'un discours ; nouvelles du plus haut intérêt ; progrès des lumières ; pouvoir de l'opinion; sur Louis XI; liberté d'écrire; puissances humaines ; jury ; dîmes ; conscription ; maires ; juges de paix ; chasse, grain ; récolte ; doute et embarras ; mendicité; gouvernement; suppression des couvents ; sur Voltaire ; sur la satire de Boileau ; examen de la Veuve de Malabar; examen de Figaro ; sur Felier ; esprit humain; esprit de l'homme; bons mots; réflexions sur l'apologue ; réflexions sur la littérature ; critique ; musique ; style épistolaire ; automne ; épreuve du talent ; projet de comédie; pensées; réflexions et maximes détachées, anecdotes y etc. — Tome II: Argument des poésies sacrées; la justice éternelle ; Dieu ; Dieu dans les Alpes ; naissance du printemps ; le lever de l'aurore ; épttre ; sur la paix de Campo- Formio ; dithyrambe sur la paix ; strophe à un guerrier pacificateur; sur la fin d'une guerre ; sur la paix générale ; à M* H. (1788) ; réponse d'un tyran sur la royauté ; dialogue entre Clylemnestre et Oreste ; description d'un combat ; entrée de Henri IV
à Paris ; essai sur la Fronde ; fragment sar la Fronde; Mahomet, conte allégorique ; vers sur Rome ; stance allégorique ; allégorie sur feu le Dauphin ; l'amitié et la chicane ; l'intérêt et l'envie ; la vérité, son triomphe, sa rareté; définition du génie; définition de la fausse philosophie; l'arrière-saison ; le feu du villageois ; à ma retraite ; voyage vers le temple de l'amour ; description d'un jet d'eau ; promenade poétique ; le cheval de bataille; le dragon; la mine; la tempête; poésies sur divers personnages de la fable ou de l'histoire ; songe; pensées diverses; poésies légères; Sartange, anecdote sentimentale; réimpression de Teudimer , sous le titre de : Pelage ou la monarchie espagnole.
Nous ne pouvons terminer cet article sans ajouter le jugement que la Galerie historique des contemporains porte sur ce personnage extraordinaire : «Ses Mélanges, « son jardin anglais et quelques autres ou- « vrages l'avaient déjà fait connaître avance tageusement du public , lorsque ses œu- « vres réunies sous le titre de Productions « diverses parurent en 1819, Liège , 3 vol. «in-12, et lui méritèrent l'honneur d'être « mis au nombre des Belges qui cultivent «la littérature française avec le plus de « succès. Une philosophie douce et con- «ciliante, des sentiments exprimés avec «noblesse et souvent avec originalité; «voilà surtout ce qui rend attachante la « lecture des vers et de la prose de cet « auteur. » •
Notes communiquées pur M** li Cohtb Xâvic* Va* ou Stibh »c Jkhay, petit neveu du baron de Trappe. — Le même * Estai historique sur l'ancienne cathédrale de St. Lambert, à Liège, 297. — Traditions.— Galerie des contemporains, VIII, 380. — Les différentes œuvres du Baron de Trappe'. — Nanva, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 786.
TRAUSCH, Valentin, né àFischbach, le 7 novembre 1784, était fils de Philippe Trausch , directeur du haut-fourneau de Fischbach, et d'Angélique Gonneringen.
Le jeune Trausch alla faire ses études gymnasiales aux collèges de Munster-Eiffel et de Cologne, puis sa première année
de théologie au séminaire de Trêves et les deux suivantes à celui de Metz où il obtint la prêtrise pendant les quatre-temps d'avril. Nommé peu de temps après vicaire à Bitsch, puis desservant à Biltbourg, il passa ensuite directeur du petit-séminaire de Luxembourg. Au commencement de 1814 il fut désigné curé primaire à Grevenmacher oii il se distingua de la manière la plus éminente , ainsi qu'il l'avait déjà fait dans ses positions précédentes, par son esprit de tolérance éclairée , comme par sa science profonde.
En septembre 1817 le Gouvernement appréciant ses grands talents lui conféra la chaire de philosophie attachée aux cours supérieurs de l'Athénée de Luxembourg. C'est là que l'abbé Trausch eut l'occasion de développer ses connaissances transcendantes au point qu'il ne tarda pas à acquérir la réputation d'être un des meilleurs professeurs de cette branche si importante des connaissances spéculatives; et le nombre des bons élèves qu'il a fournis à la faculté des lettres près des universités du royaume des Pays-Bas est une preuve péremptoire des mérites de l'habile professeur. Comme il n'avait rien plus à cœur que de former des hommes qui pussent faire honneur à l'établissement qui les avait livrés , il résolut de faire imprimer le sommaire de ses différents cours pour servir de guide dans les développements qnî, suivant les usages académiques il donnait oralement ou d'après ses cahiers manuscrits, et il publia dès l'année 1818 les quatre manuels dont nous allons copier les titres : 1 ' Anthropologie psycologicae prima initia, ad usum scholarum Athenaei luxemburgensis. Luxbrg, J. Lamort; 57 pages in-8°. — i°. Institutionum metaphysicarum prima initia; Luxbrg, J. Lamort; 105 pages in 8°. — 5°. Theologiae naturalis prima praecepta ; 14 pages in-8°. — 4°. Philosophiae r .oralis prima lineamenta ; Luxbrg; J. Lamort; 77 pages in-8°.
Il professait la philosophie de Kant, et pendant les dernières années de sa
vie il renonça même à ses propres manuels pour suivre ceux de Mathiae et d'Ascheubrenoer , parce qu'il les trouva meilleurs.
Nous devons enGn à M. l'abbé Trausch : S0. Rœser Golumbani Institutiones metaphysicœ quas nonnullis mutationibus additionibusque usui auditorum suorum denuo imprimi curavit Trausch; in -8°; Luxembourg, 1829. — 6*. Une traduction des œuvres de Snell. — 7°. Un grand nombre de discours. — 8° , enfin , ses adieux comme curé primaire de Greven- 'macher.
L'abbé Valentin Trausch était membre correspondant de l'institut royal des Pays- Bas. Il est mort à Luxembourg, le 16 mars 1840, et fut suivant ses désirs inhumé au cimetière de Hunsdorf, commune de Lorenzweiler, endroit qu'il avait choisi pour sa sépulture parce qu'il y avait acquis une petite propriété qu'il avait prise en affection et dans laquelle il allait passer ses vacances.
Renseignement! de famille.— Souvenirs contemporains.—Namos , Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg, 185 et 194, sq.— Notes de M. le Professeur Eugling.
TRITTHEIH ou Trittenheim, Jean de, du nom de son village natal — situé sur une espèce de péninsule , rive gauche de la Moselle, — est né le 1" février 1462, fils de Jean , dit de Heidenberg et d'Elisabeth de Longuich , non Longwy comme quelques auteurs l'ont avancé en confondant un nom avec l'autre.
Les parents de Jean de Trittheim étaient très pauvres , ce qui obligea celuici à devenir le fils de ses propres œuvres. Doué de grandes dispositions pour l'étude il employa d'abord toute son application à se faire des amis et des protecteurs capables de le mettre en position de suivre les écoles de Trêves, ensuite les universités de Cologne et de Heidelberg.
Un jour de vacances , c'était au mois de février 1482 , pendant qu'il se rendait chez un de ses oncles à Heidenberg,
il fut surpris par une averse de neige qui le força à se réfugier à l'abbaye des Bénédictins de Sponheim près de Creuznach. Gomme il prit cet événement pour un avertissement du ciel il se décida pour la vie religieuse et fit dès le jour de la Conception de l'année suivante, 1483 , sa profession dans Tordre de St. Benoît. Huit mois ptus tard , l'abbé Jean III de Kolnhausen étant mort il fut élu à sa place et prit le nom de Jean IV. -
La bibliothèque de son abbaye de Sponheim ne se composait que de quarantehuit volumes à l'époque de son entrée en fonctions ; et il la porta , pendant les vingt-trois ans qu'il gouverna cette maison , jusqu'au chiffre de deux mille volumes , tant imprimés que manuscrits. Les ouvrages dont il l'enrichit, pour ainsi dire exclusivement k ses propres frais , il les choisit tous parmi les plus importants ; et ce qui plus est il eut la patience de les lire tous d'un bout à l'autre. La grande réputation de science que Jean de Trittheim s'était acquise attira près de lui un grand nombre de savants, de princes et de personnages marquants; et le pieux abbé , tout adonné à l'étude justiGa amplement l'intérêt que de toute part on lui donnait , par les savants ouvrages qui sortaient de sa plume.
En 1503 Joachim Ier, électeur de Brandenbourg , qui lui-même était très instruit, l'invita à se rendre à Francfort sur Mein oii il avait convoqué une diète, et se montra charmé d'avoir eu l'occasion de faire sa connaissance personnelle. De son côté l'empereur Maximilien Ier l'engagea à venir le voir à Cologne , l'entretint longtemps et lui fit des présents très considérables.
Lorsqu'en 1505 Jean de Trittheim s'absenta une autre fois de son abbaye, quelques-uns de ses religieux, mécontents de la rigidité avec laquelle il faisait observer la discipline de l'ordre , complottèrent contre lui et donnèrent lieu à une espèce d'émeute dans le monastère. Labbé, qui n'entendait pas gouverner par la violence ,
résolut à la nouvelle de ces attentats, de se tenir éloigné de sa maison, afin de donner aux moines rebelles le temps de se reconnaître et de réparer leurs fautes. Il profita de cette circonstance pour se rendre à Berlin où il séjourna pendant neuf mois, s'occupant à donner à l'électeur des leçons de grec et de latin ainsi que de mathématiques; et il contribua entretemps beaucoup à l'érection de l'université de Francfort-sur-1'Oder. Gomme après cette absence le repos n'était pas encore entièrement rétabli dans l'abbaye de Sponheim il se décida à l'abandonner définitivement et accepta la crosse abbatiale de St. Jacques, à Wurtzbourg, qui lui était offerte : il poussa même l'abnégation si loiu qu'il laissa sa bibliothèque particulière à Sponheim , comme un souvenir de son attachement à cette abbaye dans laquelle il avait prononcé ses vœux.
Pendant qu'il était à Wurtzbourg l'abbé Jean de Trittheim ne fut pas oisif. Il continua ses études favorites, collecta une nouvelle bibliothèque et composa encore plusieurs ouvrages importants. Il continua en outre une correspondance littéraire suivie avec l'électeur de Brandenbourg et mourut le 3 décembre, d'autres disent le 13 novembre, fête de Sainte Lucie, 1516, à l'âge de 54 ans. On voit encore dans l'église abbatiale de Wurtzbourg la dalle qui porte son épitaphe :
Anno Domini M. D. XVI. ipso die S.
Luciœ obiit Venerabilis Pater Dominus JOANNES TRITHEIMIUS, Abbas hujus Cœnobii.
De Hontheim rapporte une autre épitaphe de ce grand homme. Nous la copions également :
Hanc meruit statuah Germant gloria
[terile Abbas TRITHEMIUS, quem tbgit ista
[domus.
Qcam fuerit literis simul et pibtatb ce-
[lebris, Admiranda sui dant monumenta styli.
Arguit hoc btiam multorum gratia RE*
[ûUM, EX QUIBUS IMPRIMIS MaXIMUS AbMILIUS,
Maximus Abmilius, Romani gloria scep-
[tri, Qui fuit Austriacjeclara propago domus.
Hujus magnificafuitaccbptissimus aula:
Et primum tribuit docta catbrva locum.
ASSIT SUSPICIO DE DiEMONIS ARTB MaGIA ,
Contra quam magnum scribere cobpit . [opus.
Ut vivit fama, sic vivat mente beatus, Et videat summi coelica régna Dei.
On voit encore dans le village de Trittenheim la hutte dans laquelle ce savant a vu le jour, et Ton conserve dans le môme village deux de ses portraits. Sur l'un il est représenté comme abbé : on y lit l'inscription qui suit : « Johannbs Trithemius «abbas Spontheimensis et SH Jacobi Wir- « ceburgi, Ordinis Sa Benedicti, Zelator « ardens, et ejusdem reformater prœcipuus. «Nalus 1462, Pâtre ex Hcidenburg, tnatre «Elisabethâ ex Longovico, obiit 1516.»
Ce portrait fixe une Madone, et de sa bouche sort un cartouche portant ces mots : « ora pro Joanne Trithemio Sancta Maria « Virgo. »
L'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré h Jean de Trittheim le peu de lignes qui suivent : « Joannes Trittheimius « Abbas Spontheimensis, ortus ex Trittheim «pago Ducatus Luxemburgensis pro ma- «ximâ parte, unde et frequens Luxem- «burgi apud Ghristophorum Marchionem «Comitem Sponheimensem. »
Trittheim a composé uu grand nombre d'ouvrages très importants dont une partie a été imprimée tandis que plusieurs sont restés manuscrits. Nous allons citer les titres de» uns et des autres: A. Manuscrits: 1°. De la conduite des Religieux selon la règle de St. Benoit. — 2 '. De l'origine et des grandes actions des ducs et des rois Bretons. — J°. De l'origine des Romains. — 4°. La succession des évêques de Wurzbourg. — 5°. Catalogue des évééhés de la Chrétienté. — 6°. His-
toire de la fondation et de la réforme de l'abbaye de St. Jacques des Ecossais , à Wurzbourg. — 7°. Chronique de Lambert, moine de Harsfeld, Ordre de St. Bénott an Diocèse de Mayence. — S0. La Bibliothèque de Luxembourg possède enfin un ouvrage manuscrit de l'abbé Jean de Trittheim. Ce volume, in- 12 et sur papier, porte la date de 1588, et est suscrit : Trittheraii abbatis liber de Stalu et ruina raonastici ordinis. «
B. Ouvrages imprimés : 9°. De origine Francorum.— i 0° Opéra pia et spiritualia; vol. in folio. — 11°. Catalogus scriptorum ecclesiaslicorum et illustrium in EccIesiA Virorum ; in-4°. — 12°. Commentaria in Regulam S* Benedicti ; in-12\ — 13°. Antipalus malcGciorum ; in-12°. — 14°. De Viris illustribus ordinis Sancti Benedicti; in folio. — 18°. Polygraphioe libri xrI ; in-4D. — 16°. La clef delà polygraphie, ou manière d'écrire en chiffres d'une façon qui ne peut s'expliquer que par le moyen de la clef. — 17°. Chronicon cœnobii Hirsaugiensis. — 18°. Annales Hirsaugienses.
Trittheim a également écrit, à la prière du marquis de Brandenbourg , ces livres devenus fameux à son époque , qu'il intitula Steganoqraphia , et qui donnèrent occasion à Charles de Bouille , très subtile théologien qui lut ce traité dans le cabinet même de l'auteur, de l'accuser de magie. Ce théologien ayant écrit son sentiment h un conseiller du roi , qui depuis devint évêque d'Orléans , le bruit se répandit bientôt que l'abbé Jean de Trittheim était magicien. 0 tempora ! ! ! Mais plusieurs savants de l'époque prirent la défense de l'abbé et turent le bonheur de réussir, à cette époque de si désolante mémoire pour les progrès de l'esprit humain!
Il est certain que Trittheim fut un des hommes les plus savants , des plus profonds et des plus curieux de son siècle. Son érudition était presque universelle; mais sa sagesse et sa piété l'égalait. Son zèle pour le maintien du bon ordre dans les monastères réformés et pour intro-
duire la réforme dans ceux qui ne Tétaient pas , parait dans beaucoup de passages de ses oeuvres.
Viri illustres, I, N» 3i.-B*sscn, Eillio Ulostmta, III, il, i, tiSB, sqq. - v. 8tsa*bs*«, Meselstroan, 945, sqq.— D. 4ÏALH1T, Histoire de Lorraine, H, colonne 935, sqqq; et Bibliotn. lorraine.— Clam, Catalogne de la Diblioth. de Luxembourg, 197, 964, 554, 576, 589, 447, 495. — Nam», Catalogne de la Biblioth. de Luxembourg. — Bestbolot, VIII, 196.— Ai HosTHim, Hirtor. Trerir. diplomate II, 555; et Prodromus Histor. Trevir. 548, 1199 et 1906. sq.— Cbronlqne de Trêves; jonrnal; année 1890, p. 95.-Moasti, VI, 805 * et IX, 890.— Coorrin , Encyclopédie moderne, XXII, 472. — Biographie universelle, XLVI, 551, sqqqq.
TYNNER, Sébastien de, est né à Pfortzheim au marquisat de Baden. Le manuscrit des Viri illustres donne sur loi les notions que nous allons transcrire : « 1632. Sebastianus Tynner oriundus qui- « dem ex marchionatu Badensi , sed uxore « Maria ab Hochstein Luxemburgense et « domicilio a puero indè quasi etiara Lux- « emburgensis , ac marchionum Badensinm « satrapa Unseldingae, tandemque dominas «in Hollenfeltz, neenon aliquando capi- « taneus , inter plurima pia opéra fanda- « vit unâ eu m conjuge très bursas in se- « minario Luxemburgensi , sepultns io « Mariae-Valle. »
Il avait épousé, vers 1B93 , une dame du nom de Marie , que l'auteur du manuscrit des Viri illustres dénomme de Hochstein ou Hohenstein , avec laquelle il vécut trente-cinq ans , sans laisser postérité. Sébastien de Tynner résidait au château de Hollenfeltz et il y est mort vers 1633 ; Sa femme était décédée en 1628: l'un et l'autre de ces époux ont été inhumés au monastère de Marienthal.
Par testament du 8 mars 1633, daté de Luxembourg, Sébastien de Tynner consolida la donation de trois mille detfï cents écus du Pays, ou sept mille six cent quatre-vingts francs, monnaie moderne, que déjà il avait projetée en 1628, de concert avec son épouse, en faveur du séminaire futur à annexer au collège des Jésuites à Luxembourg , pour
trois boursiers pauvres, nés dans la seigneurie de Holleofeltz, laquelle comprenait les yillages de Holleofeltz , Nos* pelt , Greisch , Bour , Dondelange en partie et Reekjngen, se destinant à l'étnde de la théologie et déjà parvenus en syntaxe , à moins que l'un ou l'autre n'eût pas les moyens suffisants pour arriver jusque dans cette elasse gymnasiale : dans ce dernier cas la collation , dont le fondateur a réservé le droit à ses successeurs seigneurs de Holleofeltz , pouvait avoir lieu pour an an et être renouvelée si le titulaire se rendait digne de ce bienfait par sa conduite , son ap-
plication et ses progrès. Jusqu'à ces derniers temps les comtes de Brias, derniers seigneurs féodaux de HoUeafelb ont exercé ce droit de collation pour la fondation en question dont le capital ne fut jamais entièrement réalisé. Aujourd'hui ce capital est de 6652 francs , 20 centimes, au revenu de francs 317 , et 46 centimes , qui sont donnés à un seul boursier.
Vin illustra, III, N* 223-Paqcst, 65. -Na- Mua, Dissertation sur les bonnes d'étude* attachée* à l'athénée de Luxembourg X et XVIII, s* — Les livres des feux; nuerta.— Mémorial lêgisl. et administratif du Grand- Duché, 1848, 667.
UNGESCHUCK, ou Ung$$chick, Antoine* greffier du Conseil provincial de Luxembourg , vivait pendant le dix-huitième siècle.
Ce personnage qui avait des connaissances très étendues , s'est beaucoup occupé de nobiliaire et d'art héraldique. La Bibliothèque de Luxembourg possède de lui, en uianuscrit : i °. Seize fardes in-folio, intitulées : Ungeschuck Àntonii Luxemburgensis Dictionnarium heraldicum, collectum aô 1760—1765: C'est un recueil d'armoiries, découpées et réunies par ordre alphabétique , a. jsi que de fragments d'arbres généalogiques. — £°. L'art héraldique ou du blason, 1764, volume in-folio, qui semble avoir été composé en compagnie avec le notaire Pierret (v. son art.) , à en juger par l'écriture, puisque la main de chacun de ces deux personnages y est clairement reconnaissable , tant dans le texte que dans les corrections marginales.
Il est à croire qu'Antoine Ungeschuck était né à Luxembourg , peut-être aussi à Bivange près de Rœser. II avait des propriétés à Hftflange où l'on voit encore un cadran solaire fait par lui, incrusté
dans l'appui d'une fenêtre et portant son anagramme , A et U entrelacés , avec une légende latine, difficile à déchiifrer.
Classn, Catalogue de la Biblioth. de Luxembourg. 204, 494. — Renseignements recoeiltis.
USELDANGE, Robert ou Robin d\ est un de ces seigneurs féodaux oubliés aujourd'hui mais dont la position était importante à l'époque ou ils ont vécu. L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui à consacré les trois lignes que nous allons transcrire : « 1304. Robinus seu Robertus « de Unseldingen , ex Esch generatus, se- « neschallus Comitatus Luxemburgensis , « sepultus in Mari® va lie, cujus monasterii « futtdationem auxit. »
Ce passage, tel court qu'il est, nous offre une difficulté sérieuse qu'il ne nous est pas donné de résoudre : Nous y lisons en effet que Robin d'Useldange était ex Esch generatus. Ces mots signifient-ils simplement que ce personnage serait né dans cette localité. ou au château de ce nom; ou bien , ce qui nous paraît plus vraisemblable , qu'il appartenait à la maison noble d'Esch? Mais dans ce dernier oas
encore, comment serait-il devenu seigneur d'Useldange dont il aurait adopté le nom patronymique, puisqu'à cette époque Useldange avait aussi sa famille seigneuriale dans laquelle nous trouvons encore en 1259 Nicolas d'Useldange qui donna sous le sceau de Henri II, comte de Luxembourg, sa dime d'Encherange au monastère de Bonnevoie. Si donc notre Robert d'Useldange descendait de la famille d'Esch il faudra bien l'admettre comme fils puîné d'un autre Robert seigneur d'Esch, et d'Irmengarde son épouse , lequel dernier ne paraît plus dans les annales après 1265, tandis que son fils aîné, Joffroy se titrait en 1266 de seigneur d'Esch.
Dans ce cas ce personnage portait: de gueules , à cinq fasces d'argent , qui est d'Esch ancien. Si au contraire il descendait des seigneurs d'Useldange il devait avoir : fascé d'argent et de gueules , de six ou de neuf pièces; et alors il aurait été fils de Nicolas, seigneur d'Useldange, dont il a été question plus haut.
Mais encore la difficulté est accrue par un passage de Pierret où il est dit que ce même Robert avait adopté pour armes celles d'Useldange que nous venons de blasonner, plus une bande d'azur, chargée de trois sautoirs abaissés d'or, brochant sur le tout. Cette addition d'armes a une signification, un motif; et ponr nous , nous l'attribuons à la substitution qui aurait été faite d'un cadet d'Esch dans la seigneurie d'Useldange, éteinte dans la personne de Nicolas d'Useldange. Telle est, à notre avis , l'interprétation que l'on doit proposer à défaut de renseignements plus
positifs, pour expliquer le passage des Viri illustres que nous commentons.
Quoiqu'il en soit, Robin ou Robert, seigneur d'Useldange a dû être on personnage très marquant puisque pendant sa longue carrière il est intervenu aux actes les plus importants concernant le Pays, et qu'il a été jugé digne par nos comtes d'occuper les fonctions de sénéchal du Luxembourg. 11 avait épousé Âleyde ou Hadeline de Merscb , vraisemblable* ment petite-fille de Thierry, seigneur de Hersch (v. son art.) et fondateur du prieuré des dames dominicaines de Marientbal.
Comme ce dernier, Robert contribua à enrichir ce monastère dans lequel lui et sa femme trouvèrent leur sépulture et la courte mention qui suit dans son nécrologe: 6. Kul. Jwrij. obiil Robinus de Useldingen. — 7. Kal. Junij Obiii Àleydis dna de Useldingen; sans ultérieure indication d'année.
Robin d'Useldange , dont nous croyons inutile de rapporter les actes particuliers, paraît depuis 1263 jusqu'en 1310 : il jura la promesse de nos comtes de garder les privilèges de Luxembourg, apposa son sceau h différents contrats de seigneurs à seigneurs , reprit ses terres des dynasfessuzerains de Luxembourg, fut dénommé arbitre pour arranger les difficultés surgies entre ces derniers et les comtes de Bar, se cautionna pour eux , etc. , etc.
Viri illustres, III, W° 184. — Bistbolet, passis». — Piesut, III. — Notes d'études. - Uwgescbcc*.
Urold ; v. DAUN , Urold de.
VALDERODE ou V aller ode t Jean de, dit aussi d'Eckenstein, né à St. Vith, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres: «Joannes de «Valderode vitensis, appellatus ab Eck-
cstein, a Fernando II eum nobilitante coi «uti et Fernando III consiliarius aulkus "iaiperialis et expeditor latinus refereo- «dariusque in Consilio Caesaris intimo.»
Ce personnage, sur lequel nous n'avons»
aucun renseignement ultérieur à noter est mort en 1652.
Viri illartret, III, N» 1154. - Biitbout, VIII, 196, aq.-PiEMur, I, fol. LXXVI.
VALDERODE , ou Vallerode et Walderode, Pierre de, est encore, comme le précédent, un de ces personnages luxembourgeois sur lequel nous ne possédons de donnée que la trop courte mention , sans date , que Fauteur du manuscrit des Viri illustres fait de lui : « Petrus Walderode, « vitensis, canonicus Ecclesiae Metropolita- «nœ Cameracensis, archidiaconus. »
Les archives du Conseil provincial de Luxembourg renferment une copie de Lettres-patentes du 25 avril 1736, qui confèrent à Jean-Henri Wallerode le grade de chevalier. S'agirait-il ici d'un parent de Pierre? et ce dernier était-il frère de Jean qui précède?
Viri illustres, I, N* ii3. — lleg. aux commissions, 1107, p. 103, aux archives du Conseil provincial de Luxembourg.
VALENTINY, Pierre-Jérôme , fils de Henri Valentiny, et de Barbe Kalbusch, est né à Holler, commune de Weiswampach, le 30 mars 1773.
Dès son enfance le jeune Valentiny témoigna une grande propension pour l'état ecclésiastique, et il s'y serait préparé déjà pendant sa jeunesse si ses parents y avaient consenti. Il avait, en effet, atteint sa dix-huitième année lorsqu'il parvint à persuader à son père de le laisser suivre la carrière pour laquelle il se sentait une vocation absolument décidée. Après avoir étudié pendant quelque temps chez le curé d'Ourth , il se rendit à St. Hubert où il acquit beaucoup d'habileté dans la langue latine. Entré au séminaire de Cologne il y obtint la prêtrise en 1796, cinq ans seulement après qu'il eut commencé ses études. Gomme on était alors à l'époque de la persécution contre les prêtres qui refusaient de prêter le serment républicain , Valentiny crut prudent de ne point revenir dans son pays ou déjà il avait été pour le même motif exposé à des désagréments, et se
retira dans un village près de Cologne où il demeura cinq ans occupé à renseignement des enfants d'un fermier et à compléter pour lui-même ce que la rapidité ou le superficiel de ses propres études pouvait laisser à désirer. Après le concordat il retourna dans ses foyers et fut nommé vicaire à Basbellain, où il s'occupa en outre à instruire des jeunes gens pour les préparer à l'étude des humanités, parce que rhabitudfe qu'il avait prise de renseignement, de 1796 à 1801 avait en quelque façon changé cette habitude en une passion. II était tranquillement occupé à remplir ses devoirs comme vicaire et à donner le reste de son temps à ses élèves lorsque, ayant eu un différend avec son curé celui-ci l'accusa avec tant d'insistance que le pauvre vicaire finit par se trouver à la veille d'être arrêté et voir instruire contre lui. Mais, averti à temps il s'esquiva vers le Rhin où il resta jusqu'après le décès de son persécuteur. Revenu dans sa patrie il reprit son vicariat et recommença ses cours qui étaient suivis avec avidité, à tel point qu'il avait quelquefois jusqu'à soixante auditeurs et plus, qui écoutaient ses leçons linguistiques, de Philosophie et de Théologie. Cette vie, toute d'action, il la continua jusqu'en 1822 où il fut nommé curé de la succursale de St. Joseph à Bastogne où quelques uns de ses élèves voulurent le suivre. Transféré en 1828 à la cure de son endroit natal il continua, et jusqu'à la fin de ses jours à occuper tous ses moments à remplir avec zèle, dignité et désintéressement ses devoirs pastoraux, ainsi qu'à forqpr des jeunes gens pour recevoir les ordres. L'institution du collège philosophique de Louvain avait trouvé dans le curé Valentiny un adversaire décidé.
Il avait atteint sa 66e année lorsqu'il est mort, le 25 mai 1838, après avoir fait pour ainsi dire l'éducation entière de plus de quatre cents jeunes gens qui furent tous prêtres, et d'un grand nombre d'autres qui se sont fait une belle carrière dans le monde.
CUt civil. — EacLOïc, Die Luxemburger Glaubeiubtkenner, 197, *<{<{.
Valfroy, St.; v. WALFROY, St.
VANDER NÔOT, Jean-Théodore, appartenait à l'ancienne Camille de ce nom, connue dès Tannée 1339 dans la personne d'Ingelbert qui avait épousé Marie Vêle et habitait Bruxelles. Vander Nôot blasonne : d'or à la coquille de sable ; heaume doublé de gueules et liséré d'or ; cimier : un buste de carnation habillé d'or. Ingelbert Vander Nôot laissa deux fils , Wauthier, écuyer et échevin de Bruxelles en 1350, ainsi que Gerelin qui vivait encore en 1387. Wauthier ■ Vander Nôot retint les armes franches de son nom et Gerelin comme cadet y ajouta pour brisure une étoile d'or à six raies placée au centre de la coquille. Cette famille, dont la branche aînée fut titrée de Baron de Carloo, etc., continua à résider en Brabant jusqu'à ce qu'un cadet à la onzième génération vint s'établir dans le Luxembourg, à Ettelbruck d'abord , où elle florissait vers le milieu du dix-septième siècle dans la personne de Henri Vander Nôot, époux de Catherine Paris, laquelle portait: d'argent à trois merlettes de sable, posées par 2. 1.
Jean-Théodore Vander Nôot est né à Luxembourg, le 6 août 1769, fils de Nicolas Vander Nôot, directeur des fournitures pour l'entretien des fortifications, et de Madelaine Hermann.
Après avoir fait avec distinction ses études préliminaires dans sa ville natale il alla les continuer à l'université de Louvain ou il eut l'hoqpeur de passer primus en philosophie. Il obtint les ordres sacrés à Trêves. De retour dans ses foyers il n'accepta d'abord aucun bénéfice et vivait ainsi tranquille, lorsque la conquête du pays par les républicains français vint amener ta proscription des cultes autres que celui de la Déesse Raison, figurée tout le monde sait comment. Vander Nôot ayant résolument refusé de prêter le serment prétendu civique , fut déclaré hors de la loi et conséquemment décrété de déporta-
tion. Afin d'échapper aux recherches des sbires il se tenait caché chez ses parents lorsque pendant la nuit du trois ou quatre novembre 1797 les agents du pouvoir exécutif se présentèrent dans la maison ou il se trouvait couché. Son frère Jean- Baptiste, qui fut plus tard chirurgien, s'y trouvait également et dans la même chambre. Dans leur précipitation pour s'emparer d'une proie qu'ils croyaient assurée, les gendarmes se saisirent de ce dernier, le confondant avec le prêtre, et le menèrent à la grand'garde pendant que le véritable condamné, qui s'était pendant cette visite inopportune tenu tranquillement blotti dans son lit, saisissant l'occasion propice après leur départ, prenait la fuite, se sauvant à Trêves où il demeura une année entière, au bout de laquelle il revint travesti passer, caché dans la maison paternelle, le reste du temps de la persécution, c'est-à-dire jusqu'au 28 nivôse an VIII, 18 janvier 1800, où il fut déclaré absous de la peine de la déportation.
Après la conclusion du concordat du 18 avril 1802, Jean -Théodore Vander Nôot obtint la cure d'Itzig, dont l'église avait un autel très simple mais proportionné à l'étendue de l'édifice qui luimême est assez petit. Le nouveau curé crut bien faire en achetant vers 1808 celui que le général Jean Baron de Beck (v.
son art. pour la description de cet autel) avait fait placer dans le temple des récollets de Luxembourg: l'autel en question est assez bien fait, et il a certes de la valeur sous le rapport historique ; mais cette masse est déplacée dans la mignonne église d'Itzig. Il y ajouta également des confessionnaux provenant de la même église des récollets.
Pendant son séjour à. Itzig , le curé Vander Nôot sut s'acquérir la confiance de ses supérieurs qui le nommèrent définiteur , et se conquérir l'amour de tous ses paroissiens sans distinction , au point que, lorsqu'en 1823 il fut promu à la cure primaire de Bettembourg plusieurs femmes vinrent en pleurs avec leurs nour-
rissons sur les bras, le trouver aa presbytère pour le conjurer de rester au milieu d'elles, ajoutant « qu'elles auraient préféré ce ne pas devenir mères plutôt que de voir «leur respectable curé les quitter». A Bettembourg comme à Itzig Vander Nôot sut laisser un précieux souvenir de bonté, de charité , mais surtout de ses efforts à maintenir la pureté dans les mœurs et à catéchiser la jeunesse*
Tant de qualités et tant de vertus firent jeter les yeux sur lui pour remplacer le digne et vénérable pasteur de Neunheuser (v. son art.) que la cure primaire de St. Pierre à Luxembourg avait eu le malheur de perdre le 26 juillet 1831; et il fut nommé à ce poste éminent, le plus important alors du pays. Il prit possession de cette église en 1832.
Gomme depuis les événements politiques de 1830 la ville de Luxembourg se trouvait placée comme une espèce d'oasis au milieu des autres communes du pays dans lesquelles la révolution avait importé le gouvernement belge, tandis que la capitale seule était restée soumise au sceptre du roi des Pays-Bas, ce dernier entama des négociations avec la Cour de Rome à l'effet de distraire cette ville de la ju ris diction spirituelle de l'évêché de Namur dont les populations s'étaient insurgées. Ces démarches eurent pour résultat de faire nommer en 1833 le euré J.-Th. Vander Nôot vicaire apostolique pour la ville de Luxembourg, et l'année suivante il administra en cette qualité et avec l'agrément du Souverain-Pontife le sacrement de la confirmation à la jeunesse de la ville.
Lorsque la Maison de Nassau-Orange eut repris possession du territoire dit cédé, qui constitue le Grand-Duché actuel, le Pape Grégoire XVI fit expédier sous la date du 2 juin 1840 un bref qui fut agréé par le roi des Pays-Bas le 13 juillet suivant, et par lequel les pouvoirs du vicaire apostolique de la capitale furent étendus sur le pays entier. Vander Nôot publia à cette occasion , sous la date du 30 décembre de la même année, une lettre
circulaire au clergé, et le 8 janvier suivant une autre au peuple pour annoncer son avènement à cette nouvelle dignité. Ces lettres furent suivies du mandement pour le carême de 1841 (15 février); d'une circulaire contenant interprétation de quelques cas qui avaient paru douteux et sur l'organisation d'un séminaire clérical pour le Grand-Duché (25 mars 1841) ; d'un mandement ordonnant des prières publiques pour les fruits de la terre (5 août) ; de Y annonce de la nomination dïun professeur de philosophie pour le séminaire et pour l'athénée (10 octobre) ; d'une circulaire ordonnant de chanter tous les ans le Te Deum au jour anniversaire de la naissance du Souverain (28 novembre) ; de lettres pastorales accordant aux habitants du Grand-Duché dispense pour faire gras les samedis de toute Vannée, excepté ceux des quatre-temps , du carême et des vigiles (17 janvier 1842); du mandement de carême pour 1842 dans lequel il engageait les fidèles à aider à créer un convictoire pour les jeunes gens qui se destinent au sacerdoce (26 janvier) ; et finalement de ses adieux comme vicaire apostolique, adressés au clergé et au peuple luxembourgeois , en date du 20 février de la même année.
Ces neuf actes , remplis d'une véritable onction apostolique, font vivement regretter qu'à cause de son âge avancé et de ses infirmités Jean-Théodore Vander Nôot n'aît pas pu continuer à diriger le clergé luxembourgeois, qu'il connaissait si bien de même qu'il savait apprécier la religiosité des habitants en général qui ont su se conserver sans tache la réputation d'être avec sincérité et conviction attachés à la foi catholique que leurs pères leur ont léguée. Hais si les pastorales que nous venons d'énumérer se distinguent entre beaucoup d'autres écrits du même genre par leur style simple et naïf autant que par la profondeur des pensées, les monita ad clerum que le vénérable vicaire apostolique a fait insérer à la suite du Directoire pour 1842, révèlent mieux encore ses talents et sa
science comme ses vertus , par leur net* teté ainsi que par la pnreté d'intention qui les a dictés. Ces monita, qui comprennent quinze pages in-8° et portent la date du 8 décembre 1841 , sont en effet remarquables et rédigés dans une forme absolument classique , donnant dans un résumé clair et précis les principales règles suivant lesquelles le pasteur d'âmes a à diriger sa conduite pour marcher suivant le prescrit des canons et pour se rendre en même temps cher à ses paroissiens.
Nous venons de dire que le 20 février 1842 il présenta ses adieux au clergé et au peuple ; il venait en effet, sur sa demande plusieurs fois réitérée, d'être remplacé en qualité de vicaire apostolique, ayant manifesté à cause de sa caducité, le désir d'être admis à passer le reste de ses jours en retraite et libre de tout soin pastoral.
Sa Majesté Guillaume II , qui estimait infiniment Vander Nôot à cause de ses éminentes qualités, lui avait conféré l'Ordre du Lion néerlandais, celui de la Couronne de chêne , qui est particulièrement destiné à récompenser le mérite des luxembourgeois n'étant pas encore créé alors.
Admis à la pension après qu'il eut déposé la dignité de vicaire apostolique il ne lui fut pas donné de jouir longtemps du repos qu'il avait tant désiré ; il mourut dès l'année suivante, le 19 avril 1843, à l'âge de soixante-quatorze ans.
Vander Nôot était un homme simple et bon , chez lequel on ne remarqua jamais rien d'astucieux ; ce qui engagea son panégyriste à le représenter comme un modèle des huit béatitudes célestes dont le Sauveur parle dans l'évangife. Nous n'aurions rien à objecter à la comparaison si Ton ne pouvait peut-être y découvrir une je ne sais quelle idée de mépris ou de ridicule peu charitablement déversé sur la tête d'un vieillard qui avait blanchi dans l'exercice des fonctions pastorales, l'étude, la méditation, la pratique des vertus chrétiennes et la prière.
Son portrait est conservé au vicariat apostolique, à Luxembourg.
8et différents mandements, etc. — Souvenirs personnels. -Notes fournies por M' l'abbé Esolihc, d'après des renseignements de M* P. C. Wûrtk. — Directoire pour Tonnée 1843— Généalogie de la famille Vander Noot, authentiquée le SIS sont 1715» par F.-J. Mostines, Roi et Héraut d'armes, à Bruxelles.
VAN DER STRATEN, Charles-François-Joseph, comte, est né le 3 octobre 1734 y pair du comté de Rochefort, seigneur de Waillet , du Mont , Fresnoy, Gerfontaine et de Ponthoz.
Ch.-Fr.-Jos. Van der Straten entra an service de l'impératrice Marie-Thérèse en 1749, dans le régiment du comte de Puebla; il vint en 1756 rejoindre en Bohème l'armée du maréchal comte Léopold de Daun (v. son art.) qui s'opposait aux envahissements de Frédério-le-grand, roi de Prusse. A la bataille de Collin , le 18 juin 1757 il fut avec ses troupes au plus fort de la mêlée et partagea les dangers qui justifièrent la belle renommée que les Belges s'étaient acquise au service d'Autriche ; le 22 juillet il fut détaché au siège de Zittau et le lendemain il se distingua au bombardement de la place. Après les brillants succès de l'armée autrichienne , mentionnés avec les plus petits détails dans- son journal, Charles Van der Straten partit pour le siège de Schweidnitz , une des places les plus importantes de la Silésie. Nous nous croyons en devoir de copier ici un passage des mémoires que nous venons de citer, c'est le rapport des opérations du siège au comte de Ferraris , le 30 octobre et fin de novembre 1757 :
«Le 19 octobre le comte de Nadas- <( dy donna l'ordre de s'approcher de la « place ; le 20 la première colonne , forte «de quinze bataillons, se mit en route « pour le siège ; le 21 je suis parti avec « la seconde colonne , composée de bacc taillons des régiments de Puebla , de «Molk, de Thurheim, de Hildboarg- « hausen , de Kolowrat , de Harrach > de
« Brown , de Merey , de Darlach , de «Wolffenbuttel, de Wit et d'Esterhazy.
« Vous avez appris par M. de Moutigny «que c'est pendant la nuit du 36 au 27 « que nos troupes ont ouvert la tranchée ; « un chemin creux à la sortie de Schœn- «brunu où se trouvait le quartier-général « du duc d'Aremberg nous a tenu lieu «de première parallèle; on s'approcha « par huit zigzags jusqu'environ cent toises «du chemin couvert où le général or- « donna d'ouvrir la seconde parallèle et « d'établir une batterie pour affaiblir le «feu de l'ennemi qui tirait nuit et jour «sur nos travailleurs.
' «Le 29 à midi Stolberg a relevé la « tranchée avec six bataillons , mais aucun «ordre ne fut laissé eu cas d'attaque; « le capitaine Kolowrat resta seul avec nous «lorsque l'ennemi fit une sortie et nous «attaqua vigoureusement. Malgré le dés- «ordre que cette attaque mit parmi « nos travailleurs nos bataillons reprirent «bientôt leur place dans la tranchée.
« L'ennemi envoya , dit-on, un parle- «mentaire à Nadasdy pour lui deman- « der de capituler ; mais les conditions «ayant été repoussées le feu recommen- « ça avec une nouvelle vigueur. Pendant «la nuit du 10 au 11 novembre l'ordre «de l'assaut ayant été donné on appli- «qua les échelles aux murailles de la « forteresse et notre bataillon qui était de «tranchée monta à l'assaut. Le feu de « l'ennemi cessa une demie-heure après et «moi je tombai des échelles dans la « descente qui conduisait h une poterne. « Deux soldats du régiment de Wurtem- « berg qui s'y étaient réfugiés pendant «que le feu de la place rendait la nuit « aussi belle que le jour me secoururent «et me transportèrent hors de cette re- « traite, mais ils n'empêchèrent pas que «j'eusse la jambe cassée. Quelques heures «plus tard le gouverneur prussien capi- «tula et nos troupes entrèrent le 12 no- « vembre dans Scbweidnitz. »
Après la reddition de cette place et la défaite des Autrichiens à la bataille
de Lissa , Charles Van der Straten suivit l'armée dans sa retraite en Bohême et fut transporté à Neuhaus où il arriva au commencement de 1758. Hors d'état de faire la campagne suivante il obtint sa démission du service avec les témoignages les plus honorables de la chancellerie de la guerre, qui lui furent transmis le 2 mai de la même année par le comte Xavier de Harrach , lieutenant-colonel du régiment de Puebla.
Charles Van der Straten fut admis au siège des nobles des Pays-Duché de Luxembourg et comté de Chiny.
Il épousa le 13 août 1763 sa cousine germaine Marie-Louise-Elisabeth d'Everlange de Witry, famille luxembourgeoise , fille d'Ernest-Guillaume , baron d'Evcrlange , et de Marie- Anne de Brialmont. Cette dame étant morte le 9 mars 1777, Charles Van der Straten épousa en secondes noces, le 19 février 1780, Marie-Cécile-Agnès de Maulde , dame héritière des Seigneuries de Cerfontaine , La Deuze et Le Cornet, fille de Jean- Baptiste de Maulde, seigneur de La Deuze , Bois-Sauvage , La Tour ; et de Thérèse-Alexandrine de Haynin.
A son second mariage Charles Van der Straten s'établit au château de Cerfontaine , en France , et fut , par lettres-patentes du roi Louis XVI, en date du 13 octobre 1788 avec le titre de comte admis à l'ordre de la noblesse du Hainaut français. Il assista aux assemblées générales des États en 1788 et 1789 , à titre de seigneur de Cerfontaine, située sous le bailliage de Maubeuge.
Le comte Van der Straten fut appelé à prendre part aux délibérations des États de Tordre de la noblesse du Hainaut français sur les questions les plus brûlantes qui préoccupaient la France à cette époque mémorable. Quelquefois son découragement était profond; puis dans son dévouement chevaleresque pour la royauté il espérait encore que l'orage pût être détourné si le monarque, mesurant sou courage au danger du pays,
mettait hardiment la main aux sages réformes réclamées par d'impérieuses circonstances.
Les plaintes du comte Van der Straten aux Etats du Hainaut font connaître parfaitement rétendue des réformes qu'il croyait nécessaires. Il repoussait également les innovations des philosophes et celles des encyclopédistes comme devant dévorer la monarchie et rompre le lien religieux , la base de l'unité catholique; toutes ses sympathies étaient acquises aux économistes et au système financier et commercial de l'Angleterre. Il défendit avec talent les plans de réforme de Calonne contre la résistance du clergé et d'une partie de la noblesse ; il prétendait que dès le moment où Tordre serait rétabli dans les finances, le clergé rappelé aux devoirs de sa hante mission et la dilapidation arrêtée parmi les grands de la cour, les véritables maux de la France seraient détruits sans qu'il devînt nécessaire de modifier les institutions fondamentales de la monarchie.
Donnant l'exemple du plus noble désintéressement, le comte Van der Straten disait aux États : «Loin de nous de méconnaître les dangers de la France et de ce nous renfermer dans nos antiques préro- « gatives décorées du nom de privilèges ; («loin de nous un orgueil dont peut-être « nous avons été trop longtemps enivrés. « La distinction à laquelle la noblesse du «Hainaut doit être fière d'aspirer est «celle de seconder les vues du roi en « allégeant à la classe la moins fortunée le «pesant fardeau des charges publiques.
« Il ne doit y avoir en France que deux «impôts, le réel et le personnel; plus « de vingtième et même , s'il est possible, «plus de commis aux frontières; liberté «civile et individuelle; remboursement «des fermiers-généraux et de toutes les «charges vénales qui, pour le bien d'un «petit nombre et le malheur de tous ron- «gent sourdement tous les principes de « vie et la puissance d'un état. Pour toute « distinction en matière d'impôts , la no-
«blesse du Hainaut ne demande qu'à « être imposée ou capitée par ses pairs , «les trois ordres du Hainaut, et non «par les mayeurs et les échevins, ni en « proportion du produit des terres mais «bien selon le rang, la qualité et les «emplois plus ou moins brillants; dans «ce système, le duc, le marquis, le « comte , le baron payeront plus que le «simple gentilhomme, le seigneur de « paroisse plus que le simple fieffé. C'est «le moyen d'imposer le luxe et la vanité, « et d'acquitter les dettes de l'Etat. »
Mais si d'un côté le comte Van der Straten engageait avec chaleur son ordre et celui du clergé à concéder l'impôt ; si pour calmer des exigences du moment il reconnaissait qu'il était juste que le tiersétat pût parvenir librement aux dignités, aux charges et aux emplois dans le militaire , l'église et la robe , bientôt le gentilhomme reparaissait jaloux de défendre les prérogatives de ses pairs , les droits seigneuriaux , corvée , main-morte , « pro- « priété légitime de la noblesse, disait-il, « à laquelle on ne peut toucher sans injus- « tice , parce qu'elle est fondée dans son « origine sur un contrat réciproque et sur une «possession constante et immémoriale.»
« On entend partout réclamer la liberté « de la presse , ajoutait-il , liberté fatale ! « autant vaudrait demander la faculté de «vendre publiquement sans contrôle les « poisons les plus subtils. Au nom de la «religion et de la morale publique, bien « loin d'accueillir cette demande, je sup- « plie, je conjure Sa Majesté de restreindre «encore une liberté aussi pernicieuse au «bien du pays; si par malheur elle de- « venait le vœu général de la France, que « du moins S. M. exhorte plus que jamais « les évéques à veiller sérieusement sur ces « publications dangereuses. Je sais que la « plupart de ceux qui réclament cette con- « cession le font dans de bonnes vues; « ils croient que les honneurs de la per- « sédition ne font qu'augmenter la célébrité « des auteurs et de leurs productions au « lieu que sans cette prohibition elle tom~
« berait d'elle-même ; mais c'est une illu- « sion qui ne peut dissiper mes craintes. « Afin que les dignitaires du haut clergé « puissent pins heureusement que par le « passé s'adonner à leur mission , le roi « daignera exiger d'eux qu'ils résident dans « leurs diocèses ; de là naîtra pour l'état « un double avantage , l'un de mettre les «ministres de la religion plus près de leurs te administrés , l'autre , de ramener l'ordre « et de prévenir que le traitement du haut « clergé n'aille s'engouffrer dans la capitale «au bénéfice de la corruption. Ce n'est «rien faire que de régénérer un grand «royaume sur l'objet de ses finances si «l'on ne cherche pas à le régénérer au « moral. »
Ce système de réformes était celui d'un honnête homme qui croyait que les maux de la France tenaient à des causes accidentelles et faciles à réparer. Van der Straten pensait aussi que si la noblesse et le clergé abandonnaient une partie de leurs privilèges pécuniaires au lieu de révolter le tiers-état par leur hauteur, le reste de leurs immunités aurait été maintenu et la tranquillité rendue à la France ; mais c'était une erreur d'une âme généreuse ! Toujours sous l'empire des souvenirs de l'Allemagne, toujours dévoué à son ordre autant qu'au trône, il ne comprenait pas alors que cette fièvre de nouveauté s'était emparée du cœur de la nation; le temps et la force des choses avaient opéré une révolution morale incompatible avec la féodalité ; chacun marchait en France vers la dissolution du lien social et nulle puissance humaine ne pouvait plus le retenir.
Ayant pris une grande part aux délibérations des Etats et exercé de l'influence sur la rédaction des procès-verbaux, Van der Straten fut élu avec le prince de Lamarck-d'Arenberg , seigneur de Mortagne pour se rendre à Paris aux Etats-généraux et y représenter la noblesse du Hainaut ; mais il déclina cet honneur et fut remplacé par le Comte de Sainte-Aldegonde.
Le comte Charles-François-Joseph Van
der Straten est mort au château de Cerfontaine, le 13 juillet 1791. Sa femme quitta bientôt après ses terres en France pour aller chercher en Allemagne la sécurité que les persécutions révolutionnaires enlevaient aux familles de la noblesse française ; elle se tint en Hollande et en Westphalie jusqu'au moment où les décrets de la République la rayèrent de la liste des émigrés et lui permirent de rentrer aux Pays-Bas. Elle est morte au château de Waillet, le 19 février 1800.
Nptes extraites des archives de famille. — Biographie générale des Belges, 187.
VAN DEI\ STRATEN, Louis-Marie- Joseph, Baron , chevalier , seigneur de Bodange dans le Luxembourg belge, était fils de Charles-François-Joseph Van der Straten dont l'article précède et de Marie- Elisabeth d'Everlange de Witry. Il est né à Ponthoz, le 29 septembre 1770, fut reçu le 13 août 1773 chevalier de Justice de l'ordre de Malte pour la vénérable Langue de France, admis par le grandmaître de l'Ordre, François-Ximenès de Texada , en vertu du bref de minorité du pape Clément XIV, du 3 août 1773.
Au mois de mai 1781 Louis-Marie- Joseph Baron Van der Straten fut reçu page des archiducs Albert de Saxe-Teschen et Marie-Christine d'Autriche, gouverneurs-généraux des Pays-Bas. En 1788, ayant quitté la cour de Bruxelles pour entrer au régiment des gardes wallonnes au service d'Espagne, il fut reçu en mai 1789 au régiment de Barcelonne. L'année suivante il se rendit à Malte et fit les caravannes de cette année sur la galère le Capitaine, commandée par le général de La Tour du Pin. De retour en Espagne pour rejoindre son régiment des gardes wallonnes, il fit les campagnes de Roussillon et de Catalogne de 1793 et 1794 , contre les généraux de la République française ; passa en 1795 à l'armée de Navarre; se rendit en 1797, après la paix de Bâle à Madrid où il sollicita et obtint sa retraite
de Capitaine et revint aux Pays-Bas. Il est mort à Etalle, dans la province de Luxembourg , le 8 juin 1842.
Biographie générale des Belges, 187. — ArehWes de la famille Van der Stratee.
VANGLER , ou Wangler, Jean, né dans les environs de Thionville, est rappelé comme suit par l'auteur du manuscrit des
Viri illustres : « 1631 Vangler, natus
« in pago propre Théonisvillam , filins face bri rotarii , e milite gregario factus Tri- « bunus legionis pedestris sub Tillio cepro Ferdinando II, et tandem prae- » fectus supremus vigiliarum , politus ali- « quot Dominiis in Bobemia duxit Cin- «cendorfianani , primus aperuit Divo Fer- <c dinando II proditionem friedlandicam.»
Jean Vangler , dit-on , est mort en
Viri illustres, II, N° 16». — Paquet, «4. — PiMftET, I, fol. LXXVII. — Manuscrits Cloues.—
Be*TUOLKT, VIII, 197.
VANNERUS, François-Julien, fils de Simon Vanneras, notaire, et d'Anne- Marie Juttel, est né à Diekirch, le 22 février 1779.
Il fut d'abord reçu arpenteur-géomètre , fonctions qu'il remplît pendant quelques années et jusqu'en 1805 où il obtint une nomination en qualité de notaire , avec les protocoles de dix-huit devanciers. L'année suivante il épousa dame Marie-Thérèse Lamborelle , de Bastogne , qui le laissa veuf en 1823 ; et trois ans plus tard il convola en secondes noces avec une parente de sa première femme , dame Ernestine Siville.
Nommé Bourgmestre de Diekirch en 1825 , François-Julien Vannerus conserva cette magistrature municipale jusqu'après les événements de 1830, où il la résigna par attachement à la Maison de Nassau. Pendant cette administration de six ans il sut exercer une haute et salutaire influence sur les habitants en les portait a faire sortir leur ville de l'ancienne ornière de ces constructions incommodes et sans goût dont elle se composait jusque-
là : il donna l'essor, et bientôt son exemple et ses exhortations ayant été écoutés et suivis, on vit Diekirch se transformer pour ainsi dire en entier pour devenir celte petite ville riante, à édifices dégagés, commodes et salubres, tel qu'on se plait à l'admirer de nos jours.
A la reprise de possession du territoire dit cédé , ou du Grand-Duché de Luxembourg avec ses limites actuelles , en 1839, Vannerus fut nommé provisoirement commissaire du district de Diekirch , et conserva ces fonctions importantes jusqu'à la fin de 1843, ou il fut obligé de les résigner parce qu'elles venaient d'être déclarées incompatibles avec le notariat qu'il voulait conserver.
Pendant les dernières années de sa vie il fut appelé à présider la Chambre des notaires de son arrondissement, honneur qu'il conserva jusqu'à son décès, arrivé le 14 août 1850.
Vannerus a toujours nourri un goût très prononcé pour l'archéologie et l'histoire de la patrie ; aussi avait-il formé des collections nombreuses de médailles , cachets anciens, armes , vases, tableaux, Chartres, manuscrits, etc. ; mais on a lieu de regretter chez lui que ses études préliminaires n'eussent pas été plus solides : on lui reprochera toujours un peu de manque de goût et de critique et on lui a reconnu en mainte circonstance un jugement on peu léger, provenant non du défaut de bonne foi , mais de celui d'une critique assez sévère et assez posée. Chez lui l'imagination a souvent remplacé ce que le raisonnement aurait dû disséquer au préalable. Vannerus avait le cœur excellent; mais il fut souvent trop facile à admettre pour absolument vrai ce que ses correspondants lui présentaient sous la forme de doutes plus ou moins fondés. Sous le rapport littéraire , on lui a reproché aussi d'avoir été excessivement expansif pour ses amis ou ceux qu'il regardait comme tels, tandis qu'il aurait été rétif jusqu'à l'injustice à l'égard de quiconque avait eu le malheur de le désobliger en n'admettant
pas comme positivement vrai ce que lai croyait tel. En maintes occasions enfin il s'est approprié indirectement les œuvres d'autrui. C'est ainsi entr'antres qu'il a publié dans le Diekircher Wochenblatt des notices sur Wiltz, sur Bourscheid, etc., qui avaient été écrites par d'autres. Il a aussi fait imprimer des notes détachées sur la Généalogie des anciens seigneurs de Vianden , que feu le notaire André , alors Bourgmestre de cette ville lui avait adressées administrai vement et qu'il n'avait pas destinées à une publication quelconque.
Quoiqu'il en soit, l'Histoire du Luxembourg est redevable à Vannerus de lui avoir conservé un assez grand nombre de pièces intéressantes; et la notice qu'il a publiée en 1837 sur la ville de Diekirch, sous le titre de : Historisch-Oekonomische wie auch industrielle Handehstatistick der Stadt Diekirch; brochure in-8°, de 15 pages; J.-A. Schrœll à Diekirch, mérite d'être lue, avec quelque circonspection cependant, car l'auteur y pèche en plusieurs endroits par bonhomie.
La Notice sur Vianden , qu'il a fait imprimer en français dans le Journal le Courrier du Grand-Duché, ensuite en allemand dans le Wœchter an der Sauer, renferme de même d'excellentes notions, mais qui n'ont jamais eu le mérite de la nouveauté par les recherches personnelles de l'auteur.
Nous connaissons en outre de lui quelques notes sur les seigneurs de Beaufort, d'Esch-sur-la-Sûre, de Brandénbourg, etc., extraites des archives de ces familles dont il était le dépositaire. Ces opuscules sont précieux comme nomenclatures. Finalement, Vannerus avait composé une Chronique contemporaine pour Diekirch, et qui n'a pas vu le jour ; elle le mériterait cependant après qu'elle aurait été retouchée avec les ciseaux d'une critique impartiale.
Quant à ses articles de journal: sur {Instruction publique, sur un établissement de maternité pour le Grand-Duché, sur les fondations de bourses d'études, etc., nous lie saurions trop engager sa famille à les
réunir de nouveau pour en former un petit volume ; car les vues que ces articles renferment conservent leur actualité et leur application aux temps présents comme ils les avaient lorsqu'ils ont été écrits; la Chronique de Diekirch pourrait y être jointe si elle était convenablement revue.
Notes communiquée!. — Souvenirs contemporains et personnels.
VAULX, Charles de, issu d'une ancienne famille noble de Belgique , est né en 1776, à Neufchâteau, chef-lieu d'arrondissement dans le Luxembourg belge.
Entré en 1790 comme volontaire dans le corps des chasseurs Leloup il fit la campagne de cette année contre les belges révoltés. En 1793—1796 il se trouvait en qualité de cadet dans le régiment de Chevaux-légers du prince Windischgrœtz où il reçut trois blessures. En 1799 il défendit pendant 9 jours Heidelberg avec soixante hommes de cavalerie contre des forces décuples ; et peu de temps après il se distingua tellement avec les siens pendant une escarmouche près de Kannstadt qu'il fit prisonniers quatorze officiers et soixante soldats : cet exploit fut récompensé à l'égard de ses soldats par cinq médailles pour bravoure.- Près de Hohenlinden de Vaulx reçut plusieurs coups de sabre.
Après la défaite près d'Ulm , en 1805, de Vaulx, qui était alors adjudant, conduisit l'avant -garde de quatre escadrons qui se forcèrent un passage h travers l'armée victorieuse, et contribua le plus à leur salut. Pendant la campagne de 1809 il fut désigné le 20 avril pour commander l'arrière-garde du quatrième corps d'armée, et mérita que l'ordre du jour général portât la relation des difficultés qu'il éprouva ainsi que de la prudence qu'il mit h défendre avec son corps seul un village attaqué par de la cavalerie et ce jusqu'à l'arrivée des colonnes du troisième corps d'armée : Pour cet exploit l'escadron de Vaulx obtint une médaille de bravoure en or et une en argent.
Pendant la retraite après la bataille de Wagram sa conduite ferme et résolue sauva plusieurs canons et quelques divisions d'infanterie.
Le 28 août 1813 de Vaulx reçut du
général-major, comte Hardegg Tordre de former l'arrière-garde avec sa division et un détachement de chasseurs à la retraite de Dresde. Pendant cette marche il sut par une bonne disposition de ses troupes tenir l'ennemi à distance convenable près de Raeknitz et aider à la conservation du parc d'artillerie russe. Il parvint de même, par ses brusques attaques et sa courageuse persévérance sous un feu très meurtrier, à arrêter l'ennemi qui harcelait la queue des troupes alliées et les colonnes d'artillerie au passage des défilés de Klein-Pestitz, de Notnitz et de Bodewitz, mettant ainsi pendant leur retraite les alliés et leur artillerie en état de s'éloigner sans être harcelés. Lorsque pendant cette retraite la brigade du général Hardegg atteignit Possendorf où elle reçut l'ordre de rejoindre sa division, dite Moritz Liechtenstein , de Vaulx devait également avancer avec sa brigade. Pendant qu'il exécutait ce commandement il toucha près de Bodewitz sur un train de 8 à 10 canons autrichiens de douze, sans escorte, et qui se trouvait presque dans l'impossibilité d'avancer à cause de l'épuisement des chevaux. Gomme l'ennemi n'en était éloigné que de quelques centaines de pas et que déjà douze escadrons de cavalerie s'étaient mis en marche pour l'attaquer la perte en eût été inévitable si de Vaulx n'avait pas regagné le bois qu'il venait de quitter , distribué les pièces à la lisière, placé ses deux escadrons en ordre de bataille , et , par une attaque aussi vigoureuse que pleine de résolution dispersé la cavalerie ennemie qui, irritée en même temps qu'embarrassée par ce mouvement subit de retour et la hardiesse de la conduite de cette poignée de soldats, marcha au combat avec des forces plus considérables et plusieurs pièces de canon. Mais de Vaulx sut tenir les assaillants, bien plus forts que lui en nombre, à distance pendant
plus d'une heure et jusqu'à ce que le train qu'il voulait sauver fut entièrement en sûreté , bien que son second aide de camp eût été grièvement blessé et beaucoup de ses soldats tués ou mis hoirs de combat. Lui-même eut un cheval tué sous lui. Alors seulement il se retira sur Possendorf pour rejoindre sa brigade, après avoir, par cet exploit qu'il avait accompli de son propre mouvement, facilité la conservation de l'artillerie d'une colonne prussienne, composée de plus de cinquante pièces arrivant par Rupken , et dont l'arrière-garde était chargée de rejoindre la brigade Hardegg. Pendant la matinée du 10 octobre il fut commandé pour aller de Stœssen avec trois colonnes renforcer le colonel de Veyder (v. son art.) du 7* Bataillon de chasseurs, qui pendant la nuit précédente avait pris aux Français le village de Wettau et par là coupé la route sur Weissenfels et LeipsiCj après les avoir refoulés jusque sur les hauteurs de Naumbourg. A son arrivée près de Wettau tout le corps du maréchal Augereau venait de se mettre en marche pour repousser le peu de troupes qui restaient à de Veyder. De Vaulx appuyait les chasseurs sur la route du côté de Stœssen pendant qu'une forte colonne ennemie s'était avancée sur le flanc droit vers Garbitz; ce qui força les deux compagnies de chasseurs postées à Wettau à quitter cet endroit pour se rapprocher de Garbitz qui formait un point de défense plus important. Au même moment de Vaulx remarqua un fort détachement de cavalerie ennemie qui débusquait vers le flanc avec l'intention de couper la retraite aux chasseurs, menaçait de rendre le point principal près de Stœssen très périlleux et avait déjà presqu'enveloppé les chasseurs dans la plaine vers Garbitz. Accourant aussitôt de son propre chef au secours des pelotons menacés, il leur aida partout où le terrain le permettait, attaqua enfin avec ses trois colonnes deux escadrons ennemis qui s'étaient le plus avancés , les sabra résolument et força l'ennemi , bien que supérieure en nombre, à battre en
retraite. Par cette conduite courageuse de Vaulx avait non seulement sauvé la division avec les restes de deux autres compagnies du 7* bataillon de chasseurs, mais encore aidé beaucoup à couvrir le flanc du corps autrichien posté près de Stœssen. En récompense de cet exploit il obtint en 1815 la croix de Marie-Thérèse qu'il avait si bien méritée, et en 1820 des lettres de baron , suivant le prescrit des statuts de cet ordre.
Après le passage du Rhin près de Baie de Vaulx fut détaché avec cent-vingt chevaux pour observer le corps de trois mille Français placés sur le lac de Constance, et, si possible, s'emparer de Neuch&tel. Bien qu'il n'eût pas d'infanterie le brave Major remplit si bien sa commission que la prise de cette ville amena celle de dixhuit canons, trois mille fusils et une caisse militaire considérable. Ayant obtenu une compagnie de chasseurs pour renfort il s'ouvrit le passage du défilé vers Pontat* dier, prit cette ville et s'y fortifia pendant trois jours malgré la garnison de 600 hommes qui occupait le fort Joux situé à proximité et son éloignement de dix lieues de la brigade du général-major Scheither à laquelle il appartenait.
De Vaulx avait obtenu plusieurs décorations de souverains étrangers. En 1831 il passa colonel dans son régiment et mourut le 12 août 1837, à Radkersburg , en Styrie avec le titre et le rang de Commandant des chevaux-légers prince Windischgratz, corps dans lequel il avait servi presque sans interruption pendant quarantequatre ans et avec la plus rare distinction.
Hirtkrpkl», Der MilUaer-Maria-Theresien-Orclea, II, 1100 et 174*.
VAULX, Rémacle de, né k Bastogne, suivant Hartzheim, à Luxembourg d'après D. Galmet qui ne lui consacre que sept mots de notice, était licenoié en théologie et professait en 1617 cette science au célèbre monastère de Florinnes. Il fut aussi chapelain de Ferdinand de Bavière, archevêque de Cologne, de môme que chanoine de la collégiale de Fosses.
Le Père Remacle de Vaulx a composé les ouvrages dont nous allons transcrire les titres : i°. R. P. Joannis Gonterii S. J. Presbyteri Stimuli efficaces ad peccatricem animam reducendam, in formam meditationuni redacti, quibus consilia prœmittuntur eorum praxi pernecessaria ; nunc primiim latine e gallico editi studio R. D. Remacli; Cologne, 1618. — S0. Harpocrates divinus seu altissimum de fine mundi silentium, quo falsa vaticinatio, annum 1666 esse mundo futurum ultimum redarguitur; Cologne, 1617. — 5°. Methodus Veroniana, sive brevis et perfacilis modus, quo quilibet Catholicus, etiam scholis theologicis non exercitatus, potest solis Bibliis , sive Geouensia illa sint, sive alia, et coufessione fidei religionis praetensae Ministrum evidenter reddere mutum. Authore R. P. Francisco Verono Parisiensi , S. J. Theologo, gallieè édita interprète R. D. Remaclo de Vaulx; Wesel, 1619. —4°.
R. P. Joannis Gonterii S. J. Presbyteri tractatus de prœsentiâ Dei etc., nunc primiim latine e gallico editus ; Cologne ,
D. Calbit, Bibliothèque lorraine. — Habtsbeiw, Bibliothec» colonieum» 28&, gq. — Neumaiji, Les auteurs luxembourgeois» 21.
VAULDE, Gilles, est né en 1596, a Bavay , alors ville du Hainaut, fit ses premières études dans sa patrie et passa ensuite à LouTain ou il fut proclamé primus. En 1614 il obtiut le degré de licencié en théologie à la même université et quelque temps après il fut nommé coré et chanoine de St. Ursmar à Bincbe. En 1628 il devint archiprétre de son canton et président de rassemblée synodale des pasteurs tenue dans la même ville.
Plus tard il .succéda à Charles de Mansfelt (v. son art.) en qualité de doyen d'Yvois- Carignan et obtint en même temps un canonicat à Ca'mbray. Il était aussi censeur de livres dans l'enclave de cet archevêché, poste qu'il occupait encore en 1648. On ignore Tannée et le Ken de son décès*
Gilles Vaulde a publié: i*. La vie et les miracles de St. Ursmer ou Ursmar,
troisième abbé de Lobbes et évéque régionnaire, mort en 713 ; et celle de sept autres saints du même monastère, avec la chronique de cette abbaye, rédigée par Folcuin; 1628 9 in-4°. — 1°. Harangue funèbre tenue aux obsèques de Madame Isabelle-Claire-Eugénie, infante d'Espagne, célébrées à Binche, en 1634 ; Mons, 1664, in-12.
Db la Haut, Annales civ. et rel. d'YTois-Carigoan, 414. — Paqdot, Mémoires littéraires, IV, 438.— Cl Agita, Catalogne de la bibliothèque de Luxembourg, 2*0.
VECERUS ou Veeerius, d'autres lisent Weber , Conrad, est né à Luxembourg et florissait du temps de Mameranus (v. cet art.). Ce personnage est généralement connu de nos jours sous le nom latinisé par lequel nous le désignons; cependant son nom véritable semble avoir été Weber. Cette confusion qu'il a créée lui-même en suivant la mode de son époque sur les titres de ses œuvres , a fait faire de lui deux personnages distincts par les auteurs qui ont parlé de lui ; et il a bien fallu toute notre attention pour ne pas tomber dans la même erreur.
Conrad Weber, dans la vie commune et Vecerus ou Vecerius devant le monde savant , avait été d'abord greffier du Conseil provincial à Luxembourg, lorsque ses connaissances aussi étendues que multipliées le firent nommer secrétaire de l'empereur Charles~Quint : il avait un talent particulier pour écrire avec élégance , clarté et netteté. Il occupa ensuite et pendant quinze ans les mêmes fonctions auprès des Souverains-Pontifes et fut même admis à prononcer en 1523 l'oraison funèbre d'Adrien VI, en présence des Cardinaux.
Nous ne connaissons pas la date du décès de Conrad Weber , dit Vecerus , dont nous avons les ouvrages suivants:
1°. Historia de seditionibus Siciliae. — 2\ Historia de rébus gestis Henrici VII , Imperatoris; Hanau, 1531;Bâle, 1541 et Francfort, 1584; in folio; dans l'é-
dition des écrivains d'Allemagne , publiée par Juste Reuter. — 3°. L'Oraison funèbre du pape Adrien VI ; Cologne , in-4*.
Wiuklmto a Wnmn, Disquisitiones antiquariss luxemburgenais , II, c. VI, § 5. — PisanuT, I, fol. LXXVI.-D. Caluet, Bibliothèque lorraine.— Nbubabh, Les auteurs luxembourgeois, 13.
VENTSCH, Dominique, ne nous est connu que par la notice que le manuscrit des Viri illustres nous a laissée sur lui: «1644. Dominicus Ventsch , Luxem- «burgensis, Ordinis sancti Francisci de « observantiâ , ob eximiam vite religions» integritatem et exemplares virtutes «Virginum Sanetae Clara pro Gallo-Bel- « gium Commissarius et Visitator per ance nos 40, auxit istarum monasterium In- « sulense multis œdificiis ; mortuus Monti- « bus Hanoniae. »
Il existe encore à Luxembourg des Ventsch qui signent aujourd'hui Wuenscb.
Dominique Wentsch qui nous occupe ici aurait-il appartenu à cette famille? La chose est possible.
Viri illustres, I, N° 78.
WENTSCH, Hubert, neveu du précédent et comme lui originaire de Luxembourg , est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: « 1654.
« Hubertus Ventsch , Luxemburgensis , « prioris Dominici ex fratre nepos , itemce que ordinîs S(i Francisci et monasterii « in Sirck conditor. »
La fondation du couvent des récollets de Sierck dont il est ici parlé , date de l'année 1627. Ce couvent sert aujourd'hui pour le collège ecclésiastique qui y a été installé en 1826.
Viri illustres, I, N° 88.— Vsaaonnais, Statistique historique du Département de la Moselle, 450.— Faauc», Précis statistique et historique de la vUle de Siertk, au 16 septembre 1854; manuscrit dont nous possédons une copie.
VERDUGO , François de, est né à Talavera dans la Vieille-Castille , vers l'année 1531, de parents peu riches mais d'extraction noble et portant le titre de comtes. Dès l'âge de dix-neuf ans il
entra à l'armée , décidé à tenter la fortune dans cette carrière. D'abord simple soldat, sa bravoure le fit monter de grade en grade jusqu'au généralat, et son mérite personnel le fit parvenir aux premiers honneurs. Son corps d'armée se trouvait presque constamment dans les Pays-Bas. Dans la suite il devint gouverneur de Harlem et Amiral, après que le comte Bossut eut été fait prisonnier ; mestre-de-camp de l'armée espagnole et général en chef sous le Prince Farnèse lorsque ce dernier marcha contre la France; enfin gouverneur-général de la Frise, de FOver-Yssel, de Drente, de Truente et de Lingen , pendant quatorze ans. Il s'illustra en outre particulièrement dans plusieurs combats, surtout dans le Luxembourg , et défendit avec succès la ville de ce nom de même que la province contre les incursions des Français qu'il chassa d'Yvois , de La Ferté et de Chauveney.
Cet intrépide guerrier est mort le 20 septembre 1595 , à l'âge de 64 ans, et fut inhumé dans l'église du monastère dit aujourd'hui le vieux Saint-Esprit, oiison fils, Guillaume de Verdugo (v. son art.) lui fit ériger un monument en marbre sur lequel on lisait l'épitaphe suivante qui présente un abrégé de sa biographie :
dbin manibus ilxustrissimi et inyicta virtute memo-
[rabilis D, FRANCISCI VERDUGO.
Propriis meritis gradatim omnibus mi-
[LITIGE HONORIBUSINAUGURATI HaRLEMENSIS
Apud Batavos prjefecti.
Régime maritime classis post captu Bos-
[sUTI COMITEM
Architalassi , totius bxbrcitus catholici castrorcm
[magistri , Et cm Farnesio ParmjE Principe Gal-
{lIS SUPPEDITATUM EUNTE VI CAR 10 IMPERIO GeNERALIS PRjEPOSITI
Proyincurum denique Frisle Transissu- {lan£ dominationum Groninga , Tybnti
[ST LlNGIN XIV ANNIS
supremi gubbrnatoris.
volbnte sic ac f a vente phiuppo ii [hlspaniarum rege cui cum xliv conti- [nuos annos mtjlti8 Contra pebduelles victoriis clarusme- [ruisset. ac Rom anduos vi gallica près-
[sos gl0ri08is Et per quah arduis eventibus liberas- [set, tandem palmaris miles post tot exanlatos labores deinceps [regi regum coelo militatdrus , rudequb [donandus, ET IMMORTALE LAURBA IN HAC AUGUSTA ANIMAM CORPORIS
[sui