LXIV ANNIS S0C1AM C0NSIGNAY1T
Anno CI3.ID-LXXXXV.XX sept.
HUIC AMABO YIAT0R BBNB APPRBGARE.
TANTI VlRI BXUYIAS S1BI NATALITIO JURE [DEBITAS POPOSCIT Iberia ,
romandui vbro suas esse neque Urbis Patrleque tutelarem
quondam umbonem cui quam credere posse neque
Debere ASSUEYBRUNT
Pbpbndit us dum GONTENTIONIS ARBITER
Illustrissimus Dominus D. Wilhelmus
[Verdugo Comes S. R. I. Baro Maschayle et in
troppaw , toparcha in Neprowitz. Sac. C^s. Reg.que
Catholicje Majestatis a supremis belli consijliis
Reip. CAMERARIUS ÂC EQUEST. PEDEST.QUE LEGION. SUPRE-
[mus PRjEFECTUS
In Belgio, Italia , Bohemia , Hungaria,
GeRMANIA, etc. CASTRORUM MAGISTBR ,
Et grayissimarum victoriarum hujus
[&£CULI
magnam partem adbptus , rebusque bel-
[ucis etiamnum intentus ,
Et nomine Suar. Majest. in Palatinatu
[inf. Generalis Gubernator,
Primo otio Romanduis postulatum et
[jam possessum pignus add.
TaNTIQUE PARENT1S MEMORISE DEB1TUM
[moesti f1l1i pieta8 hoc marmorb persolvit ,
Anno M.DC.XXVII.
Le marbre qui porte cette inscription avait été transporté avec le reste du monument, de l'ancienne abbaye du Saint- Esprit dans le nouveau monastère qui fut élevé dans la ville-basse du Pfaffentbal. Aujourd'hui il forme le devant de l'autel de la chapelle de Ham, commune de Sandweiler: nous ignorons par quelle vicissitude ce marbre a été placé dans cet endroit. Le monument même représentait le général , armé de toutes pièces , agenouillé devant le Christ et ayant derrière lui son Saint patron, de grandeur naturelle.
Nous croyons utile de relever ici et en passant Terreur littéraire qui s'est glissée dans Tépitaphe que nous venons de transcrire, et dans laquelle, pour donner le titre d'Augusta à la ville de Luxembourg on Ta nommée Augusta Romanduorum.
Cette supposition ridicule se trouve , pour le même motif sans doute, reproduite dans les Lettres-patentes de Baron du général Jean de Beck. D'après les recherches des frères de Wiltheim , l'Augusta-Romanduorum des anciens ne peut être que la ville de St Quintin, nullement celle de Luxembourg.
François de Verdugo avait épousé Dorothée de Mansfelt, fille du Prince-Comte Pierre-Ernest de Mansfelt (v. son art.), Gouverneur du Pays de Luxembourg. Cette dame est morte à Leuwarden, en 1 585 et fut ramenée à Luxembourg pour être inhumée au vieux St. -Esprit. Quelques auteurs ont prétendu qu'elle était enfant illégitime ; mais nous avons en main des preuves péremptoires pour établir qu'elle était née du mariage de son père avec Marie de Montmorency, sa seconde femme. François de Verdugo a eu quatre enfants, trois fils et une fille. L'atné, mort en naissant, n'a pas reçu de nom : il fut inhumé au côté de l'évangile dans le chœur de l'église du vieux St.-Esprit. Un marbre noir portait son épitaphe :
QCO DIB PBIMAM LUCBM V1DI } ABLUTUS
baptismatb ad coblbstem bbdii origlrtem 17. Augusti 1580, Francisccs de verdugo Et Dobothea de Mansfelt parentes po-
[sUBKB.
Le second fils fut nommé Guillaume.
Il a son article dans cet ouvrage, à la suite de celui-ci.
Le troisième, François, comte de Verdugo comme son père, seigneur de Machao, Touppau et Neprowitz, fut capitaine d'un régiment de S. M. Catholique , du Conseil de guerre, etc. Don Staden (v. son art.) lui a dédié ses Trophaea Verdugiana. ^
La fille, Filiberte ou Walburge, naquit à Leuwarden, en Frise. Sa mère est morte en lui donnant le jour, comme cela résulte de l'épitaphe de Filiberte qui , à son tour, n'a atteint que l'âge de deux ans. Elle fut inhumée à côté de son frère aîné et a obtenu l'inscription tumulaire que nous répétons ici:
HOC TUMULO TEGITCR N0BILIS ET PCDICA
[VlLIBERTA
De Verdugo, qvje XVI Octobris anno
Natcrab dbbitum S0LVIT, cujus anima
[requiescat in pace ,
Frise me donna le jour , et la mort a
ma mbbe; De la vie ib vins içy accompaignbr mon
[frère ; Valburg fus nommée a la sainte fontaine ; Passant tjo vois en nous ce que c'est la
[vie humaine.
L'an 1587 le 16 octobre F. M. B.
Nous ajouterons enfin le court article que l'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à François de Verdugo : « Don « Francisco de Verdugo Hispanus quidem «sed per conjugem Mansfeldii notbam (( Domicilio Luxemburgensis Gubernitor «Frisiae et Principis Parmensis in recu- «perando Belgio consors mortuus et se* «pultus una cum eonjuge Luxemburgi ad
«Sanction Spiritum et juxta eum filius «ejus Nothus. »
Nous pensons qu'il est inutile de relever les deux erreurs qui se sont glissées dans cet article, au sujet de la légitimité de J'épouse de Verdugo et de celle de son $ls aîné : Nous avons déjà dit un mot sur la première , et l'inscription tumulaire du second , que nous avons rapportée, détruit la seconde.
Kouu, 8npplémeat, III, 939. — Wilhelboj a Wilthiin, JDfeqomt. «ntiquar. histor. laxembarg. Hv c. IV. J. 3. — Beitholet, IV, 435, sq. — Manuscrits de Mimai, 24. — Viri illustres, II, N° 148.
— Publication* de la Société archéologique de Luxembourg, JOI, 33, MM ; et V, 96. — Notes d'études.
— Bbrtbls, 193. — Da« y, Extraits de la Notice du monastère du Saint-Esprit; archives de la Société nrohéol. de Luxemhg. — Stade* , Trophaea comitis Verdugo, 1639$ Cologne, in-4*; passim.
VERDUGO , Guillaume, ou Don Guiliertno de, d'où quelques historiens, entre autres Pierret et son plagiaire Bertbolet ont fait un personnage imaginaire de ce dernier nom.
Il parait que Guillaume de Verdugo est né à Luxembourg , si nous en croyons l'assertion du manuscrit des Viri illustres dans lequel nous trouvons la notice suivante qui lui est consacrée : « Don Guilermo Luxem- «burgicus ob ductam primam aciem pra- « gensi in prœlio fractumque Palatinum a «rege Hispaniarum dictus supremus dux « militiae su» in Paiatinatu, ejus denique « Gubernator, seque patremque honestavit <c nobili monumento Luxemburgi ad Saqc- «tum Spiritum.»
Guillaume de Verdugo fit ses premières armes dans les Pays-Bas, sous la conduite de son père, et s'y distingua d'une manière très brillante. En 1618 il alla en Italie où il obtint des commandements très importants et emporta entre antres places celle de Verceil. De lk il se rendit' en 1619 en Bohême où il contribua le plus au succès de la bataille de Mont-Blanc près de Prague ; dans cette action il enleva lui-même un drapeau , se rendit maître de trois pièces de canon qu'il tourna ensuite contre l'ennemi, et fit prisonnier Chris-
tian II, prince d'Anhalt, qui lui offrit vingt mille florins pour sa rançon , que Verdugo ne put accepter parce que le prince était à considérer comme prisonnier de l'Empire et appartenait dès lors à l'empereur , qui lui fit cependant cadeau de trois mille cinq cents florins à titre 4e gratification pour sa prise. Le prince d'Anbalt de son côté lui envoya mille ducats après sa délivrance.
Après la victoire de Prague Guillaume de Verdugo marcha en Moravie pour y rétablir le cardinal de Dietrichstein ; puis contre Bethlem Gabor en Hongrie; ensuite contre Ernest , bâtard de Mansfelt (v. son art.) et le duc de Brunswic qu'il chassa de r Alsace. Nommé finalement gouverneur de la Gueldre et du Bas-Palatinat il mourut à Creuznach, le 15 janvier 1629, des suites d'une blessure qu'il avait reçu deux ans auparavant au siège de Rheinfels. Il était chevalier de St. Jacques, chambellan du roi d'Espagne, membre de son conseil de guerre, seigneur de Mâcha, Toubau et Neprowitz.
Son corps fut embaumé et ramené à Luxembourg où il fut inhumé à côté de celui de son père. Sa pierre sépulcrale portait l'inscription que nous allons transcrire :
D* GUILIELMI VERDUGO quidqwd
[MORTALE FCW
Hoc saxo tegitur; immortalem tanti
[herois Virtuxem n Gloria Orbis et fama pbr-
[loquitur.
tu lector bene apprecare , bt vicinum
[marmor perlege.
(c'est-à-dire l'épitaphe de son père, oh il avait lui-même fait inscrire la plupart de ses titres.)
A la suppression du monastère du Saint- Esprit et la profanation du sanctuaire, même celle des froides tombes , car il faut croire que les restes de Guillaume de Verdugo avaient été rapportés dans le nouveau couvent avec ceux de son père , le cœur du héros, renfermé dans une botte
en plomb qui sans doute était placée à côté du corps embaumé , tomba entre les mains du commissaire administrateur des biens de cette abbaye et fat conservé dans sa famille jusqu'à ce que, par l'officieuse entremise de Monsieur Deny, conseiller du Gouvernement du Grand-Duché , chevalier de plusieurs ordres et membre effectif de la société archéologique de Luxembourg, cette relique passa au musée national de cette société.
Guillaume von Staden a écrit la vie de Guillaume de Verdugo , sous le titre de : Trophaea Verdugiana.
Dans la personne de Guillaume de Verdugo cette famille parait s'être éteinte dans le Luxembourg. Nous ne savons pas s'il a été marié.
Les armes de Verdugo sont : d'argent, écartelé ; aux 1 et 4 parsemé de croisettes recroisetées sans nombre ; sur le tout de sable, au lion d'or. Aux 2 et 3 à l'aigle à double tête de sable, couronnée de même. Cimier: l'aigle de l'écu portant la couronne impériale.
Le musée de la Société archéologique de Luxembourg possède la statue équestre en grès d'un de Verdugo. Cette statue provient sans doute du tombeau de Don Guilermo ou de celui de son père.
Viri illustres, II, N° 149. — Manuscrits de Metjm, 84. — BsftTVOLiT, VIII, 191 (c'est un des suleurs auxquels une étrange étourderie a fait faire de Guillaume de Verdugo un personnage distinct sous le nom de Guilermo). — Pimbbt, I, fol. LXV. — Sta»b«, Trophea Verdugiaoa. — Tbllot, Mémoires manuscrits. — Manuscrits Clohs. — Gaussw, Adelslexicon, II, 1207.— Bas y, Extraits de la Notice sur le monastère du Saint-Esprit; aux archires de la Société archéologique du Grand-Duché de Luxembourg.
VERLAINE, Charles, de Laroche, ne nous est connu que par la mention qni est faite de lai sous Tannée 1722 snr la liste des primus de l'université de Louvain.
Messager des sciences historiques de Gand: année 18»», p. 561.
VERNULEUSou Vernuliz, Nicolas ds, est né à Robelmont , commune de Villers-
la-lone, le 10 avril 1583, Son père, Pierre de Vernulle ou Vernultz , était commandant d'une compagnie de cent hommes dans l'armée de Flandre ; sa mère se nommait Marie de Meriay.
Nicolas Vernuleus fit ses études humanitaires ainsi que sa philosophie à Trêves et à Cologne , et sa théologie à Lonvain oh il passa licencié, le 1 1 décembre 1608 : Il fut depuis 1608 professeur de rhétorique au collège du Porc , et d'éloquence à l'école des arts de la même ville. Son mérite , qui était reconnu et apprécié par tous , lui fit en outre obtenir un canonicat à la collégiale de St. Pierre, et en 16 fi l'emploi de jurisconsulte et d'historien des Princes de Flandre , en remplacement de Jean-Baptiste Grammaye* En 1619 il devint le premier directeur ou principal du collège fondé par Jean Mylius (v. son art.).
Plus tard il fut appelé à Vienne oh on lui confia la chaire d'Histoire. Mais Henri du Puy ou Van de Putt , connu plus particulièrement sous le nom latinisé de Erycus Puteanus, étant venu à mourir en 1646, il fut designé pour succéder à ce savant au collège des trois langues à Louvain , oh il fut chargé d'enseigner l'Histoire ainsi que la Politique , et s'acquit une grande vogue à cause de ses connaissances aussi variées que solides. Ce grand homme est mort dans cet emploi , épuisé par le travail et les veilles , le 6 février 1649, dans sa 66* année, et fut inhumé dans l'église de St.-PLerre , à côté de Puteanus qu'il avait si dignement remplacé.
Vernuleus joignait aux titres que nous venons d'énumérer ceux d'historiographe et d'historien de l'Empire et du roi d'Espagne, ainsi que celui de conseiller aulique. L'auteur du manuscrit des Viri illustres hir a consacré la phrase que nous transcrivons ici: «1634. Nicolaus Vernulejus ex pago* « Luxemburgensi Vienne professor His- « toriae , successor Lypsii ac Êrici Puteani «in Universitate Lovaniensi, Semînarii « Myliani prases , mortuus ibidem. »
Nicolas Vernuleus possédait dans toute leur élégance l'art oratoire ainsi que les-
sciences qu'il était chargé d'enseigner. Il écrivait bien et avec facilité ; mais il parlait plus difficilement, et sa voix n'était pas agréable. Tout ce qu'il a composé , soit en vers soit en prose, — et ses œuvres sont nombreuses , — coulait bien de sa plume : Non seulement il n'avait jamais besoin de le copier, mais il trouvait même à peine, après Tavoir écrit, le moindre changement à ya faire. Il était d'une conduite sage, réglée et très pieux. Il fut pendant trente ans président du collège de Mylius, à Louvain, et trois fois Recteur de l'université.
Voici les titres de ses œuvres : f °. De arte dicendi libri très, avec la pratique de la rhétorique ainsi que ses deux livres des Topiques; in-8°, Louvain, 1619. — S°. Dissertationum politicarum decas prima. — 5°. Dissertationum politicarum decas altéra. — 4°. Quis inter orbis terrarum Monarchos potentissimus ? Discours. — 5°.
Oratio de unâ et verâ religione. — ff*. Collectio orationum rhetorum collegii Porcensis Lovanii et orationes proprise ; Louvain, 1631; vol. in-8°. — 7°. Hîstoriae AcademiseLovaniensis libri très ; Louvain, 1627. — 8°. Institutionum moralium libri quatuor; Louvain, 1625, in-8°. — ^.Institutionum politicarum libri quatuor ; Louvain , 1624, in-8°. — 10°. Institutionum œconomicarum libri duo ; Louvain , 1637, in-8°. — ît°. Eloge oratoire de l'Archiduc Albert (latin). — IV. Eloge oratoire de l'infante Isabelle- Claire - Eugénie (latin). — 15°. Trophœa Cardinalis Ambrosii Spinolae. — fl°. Eloge oratoire du comte de Boucquoy (latin). — 15°. Eloge oratoire de Tilly, avec quelques discours sur différentes Matières, entr'autres sur la reprise de Breda (latin). — i6°. Orationes sacrae XXX; Louvain, 1633. — 17°.
Dix tragédies : Conradin , roi de Suède ; Crispe, empereur ; Théodoric, roi d'Italie; Henri VIII, roi d'Angleterre; Jeanne d'Arc, ou la pucelle d'Orléans (pièce particulièrement remarquable) ; Stanislas , évéque de Cracovie; Ottoacre, roi de
Bohême ; Thomas, archevêque de Cantorbéry; Saint Eus tache, martyr; les martyrs de Gorcum; Louvain, 1631; in-8°.
— fô°. Maxime, tragédie; 1630. — 19°.
Fritland , tragédie , 1635. — 20°. Annus austriacus, seu Ephemeris historica reruni Austriae; Louvain, 1628. — 2f °. Apologia pro augustissimâ gente austriacâ ; 1635.
— ££*. De virtutibus gentis austriacae libri très; 1640. — 25*. De propagatione fidei christians in Belgio, per sanctos Hibcrniae viros; 1639.-24°. Certamen oratorium de militari gloriâ inter septem milites, Hispanum, Germanum, Francum, Italum, Polonum, etc.; 1624, in-4°. — 25°. Dissertatio politica de bello féliciter gerendo ; 1630. — 26°. Triumphus Lovaniensium, ob solutam obsidionem anni 1635 ; in-4°. — 27°. Oratio ad studiosam juventutem, kal. Julii, ciim post solutam obsidionem ad studia reverteretur; 1635, in-4°. — 2S°. Dissertatio oratoria de eausis occupatœ a Francis Lotharingiae ; 1636 ; Louvain. — 20°. De justitiâ armorum Batavicorum adversus Begem Catholicum; Louvain, 1637. — 30°. Triumphus ob caesosad Colloam Balavos; Louvain, 1638 ; in-4°. — 5i°. Laudatio funebris Augusti Ferdinandi II imperatoris; 1637, in-4°. — 52°. Panegyricus gratulatorius ad Ferdinandum III imperatorem. — 55°. Laudatio funebris serenissimi Fcrdinandi Austriaci S. B. E. Cardinalis ; 1641. — 34°. Muons parentale sacris manibus Ferdinandi Austriaci Cardinalis ; 1641. — 55°. Symbola imperatoria ; Ouvrage posthume; 1650. — 36°. Observationes politicœ in Tacitum ; Ouvrage posthume; trois volumes in-12°.
Outre ces ouvrages imprimés , Vernule a laissé plusieurs manuscrits : 37°. Observationes rhetoricae et politicœ in Plinii panegyricum Trajani. — 38°. Commentarius et Quaestiones in Politicam Aristotelis. — 39°. Historia austriacâ. — 40°. Epitome Historiœ universœ et omnium antiquitatum.
— 4i*. Cosmographia universa per monarchias distincta. — 42° enfin, quelques traités détachés concernant l'histoire ro-
maine: a. De censu romaoo ; 6. de tribus et curiis ; c. de comiliis ; d. de magistratibus et eorum oflBciis; e. de militià romanâ.
Viri illustres, III, N° 288. — Swebtius, Athenae belgicae, 583» sq. — MoREai, Supplément, III, 936.
— Claseh, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 441, 244, 591. 415, 434. - Naiioa, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 496, 515.
— L* Gaade , Notice sur les luxembourgeois célèbres, 85 , sq. — De Feller , Dictionnaire historique , litt. V. — D. Calmet, Bibliothèque lorraine; et Histoire de la Lorraine, I, col. CVI. — Paquet, 64. — Bkr- THOLET, VIII, 197. - PieaRBT, I, fol. LXXVII. -
— Coubtin , Encyclopédie moderne, XXIII, 323. — Biographie universelle, XL VIII, 259, sqqq. — Neu- ■aux, Les auteurs luxembourgeois, 25, sq. — Nèvk, Hist. du collège des trois langues, à Louvain, 180 sqqq.
VEYDER de Malberg, François - Charles, baron de, général-major et chambellan, propriétaire du 58e régiment d'infanterie autrichienne , est mort avec le grade de chef de brigade, le 10 avril 1830, à l'âge de o5 ans, à Mayence au siège de laquelle ville il avait en 1795 répandu son premier sang au service de ses princes et souverains. II était né au château de Malberg qui appartenait à sa famille , termina ses études à l'université de Cologne et entra en 1794, comme cadet au régiment Manfredini dans les rangs duquel il prit une part héroïque à onze campagnes très sanglantes. Déjà en 1795, nous Tenons de le dire , il appartenait à la garnison de la forteresse de Mayence pendant le siège ; il avait alors le grade d'enseigne : Il y contribua vaillamment à l'assaut des ouvrages de Hechtsheim ainsi qu'à la prise de 38 canons de gros calibre et reçut une blessure.
L'enthousiasme qu'il mettait dans son attachement à ses souverains légitimes l'avait engagé à sacrifier jusqu'à son patrimoine, qui était considérable dans le Luxembourg. Il refusa en effet d'obtempérer à l'invitation que lui adressa le préfet La Goste de rentrer dans sa patrie sous peine d'être noté comme émigré.
Cependant de Veyder avança de grade en grade , que tous il gagna par sa conduite distinguée ; il assista nommément à
soixante-deux actions importantes et batailles décisives , fut pendant six ans adjudant du lieutenant-feldmaréchal Chasteler et employé avec de grands avantages en 1805 et 1809 en Tyrol, dont il fit le théâtre de ses plus belles actions d'éclat.
Déjà en 1801 de Veyder obtint la grande médaille d'honneur en or pour s'être distingué à l'avantage du Tyrol; pour ses actions près de Wœrgl , Schwaz et Volders. II était major lorsqu'il fut décidé par le chapitre de l'ordre de Marie-Thérèse (1811), qu'il recevrait la croix de chevalier de cet ordre. Présent partout où il y avait du danger pendant ces jours de malheur pour l'Autriche , remplaçant partout le chef que les balles ennemies enlevaient à une division, de Veyder a été constamment le premier à marcher à la tête des siens contre les Français. Près d'Inspruck il rassembla jusqu'à 15,000 Tyroliens avec lesquels il occupa le 14 mai 1809 la position près du pont de Volder , alors si importante pour toute la province, défendit par là, combattant toujours , l'entrée de la capitale du Tyrol au maréchal duc de Danzig qui , s'avançant de Salzbourg avait voulu aller s'en emparer, et sauva ainsi les provisions considérables avec les caisses qui y avaient été laissées , et le 3e bataillon de Vaulx (v. son art.) qui était déjà absolument séparé du reste de l'armée ainsi qu'une division Lusignan qui aurait immanquablement été faite prisonnière de guerre. La salutaire influence que ces belles actions exercèrent sur la conservation du Tyrol procura au major Teimer et à André Hofer les moyens de se livrer aux évolutions décisives qui assurèrent cette conservation.
En beaucoup d'autres occasions encore, comme après de sanglantes batailles, les glorieux exploits de de Veyder ont été rappelés dans les ordres du jour de l'armée avec tous les éloges qu'ils méritaient: Tel en fut-il entr'autres près de Stara- Wischna en Vollynice (1812), près de Fribourg et de Wettau en Saxe, près de Leipsic, où il fut blessé, et à l'escar-
mouche près de Kœsen, le 21 octobre 1813, où avec son bataillon de chasseurs il rendit les services les plus signalés.
L'empereur d'Autriche lui conféra la croix de Tordre Léopold, et le roi de Sardaigne celle des SS. Maurice et Lazare, en reconnaissance de ses services ainsi que de sa noble conduite pendant qu'il commandait en Savoye, en 1814.
En 1816 il s'acquit des droits à la reconnaissance du conseil aulique de guerre pour l'organisation du 45° régiment d'infanterie, et l'admiration de l'empereur pour la prudente conduite qu'il fit tenir au 24°. Nommé général-major en 1820 , le monarque lui accorda déjà sept ans plus tard la propriété du 58* régiment. Gréé chef de brigade à Karlstadt, de Veyder fut constamment attentif à empêcher autant que possible les attaques de la part de la Bosnie, lesquelles se répétaient si fréquemment qu'on s'y serait presque accoutumé : il cherchait personnellement et partout k empêcher les collisions, travaillant jour et nuit à terminer les affaires en litige qui y étaient accumulées en grand nombre. Mais le plus grand de ses services sous ce rapport fut sans doute l'activité qu'il mil un jour à l'occasion d'un pillage commis par une horde de Bosniens : il réunit avec la plus grande célérité toutes les forces dont il pouvait disposer, payant constamment de sa personne sans se ménager contre les fatigues ni les dangers, et marcha contre ces bandits qu'il défit complètement. Cette pénible campagne inocula chez lui le germe de la maladie qui l'enleva peu de mois après son arrivée à Mayence ou il venait d'être transféré, comme nous l'avons vu plus haut.
François-Charles baron de Veyder, surnommé de Malberg, appartenait à une famille distinguée qui se titrait de Seigneur de Malberg , Oberesche , Mehr et Bettenfeld. Les enregislratures du Conseil provincial de Luiembourg possèdent les lettres de baron concédées le 10 janvier 1732 par l'empereur Charles VI à François-Maurice de Veyder, écuyer, grand-père du person-
nage qui nous occupe. Nous en copions les considérants historiques et généalogiques: «François-Maurice de Veyder, y «est-il dit, était fils de Jean-Jacques de «Veyder, écuyer, en son vivant colonel « de la ville et commandant de la forteresse « de Juliers , qui avait été cousin germain « de Jean-Christophe de Veyder , écuyer, « seigneur de Malberg, Mehr et Bettenfeld, «Oberesche, Holenfeltz et Steyer. lequel «avait fait reconnaître et recevoir l'an- « cienneté et l'extraction de la noblesse de « la famille de Veyder et les armes de ses «ancêtres tant au corps de la noblesse o immédiate du Saint-Empire du cercle du «Bas-Rhin, le 9 mars 1706, qu'à celle « du corps noble de l'Etat des pays et « duché de Luxembourg et comté de Chiny, «auxquels Etats il aurait été réellement «admis le 16 janvier 1710; petit-fils de « Christophe de Veyder , vivant seigneur « de Bickendorf, qui a été frère de Jean- « Henri de Veyder, seigneur de Malberg « et arrière petit-fils de Corniel de Veyder, « seigneur de Malberg, etc. »
Ce François-Maurice de Veyder a été créé Baron pour lui ainsi que pour ses enfants et leurs descendants.
Nous ajouterons enfin , qu'un frère de François-Charles baron de Veyder , s'est également distingué d'une manière très glorieuse au service d'Autriche ; mais nous n'avons pu obtenir sur lui aucun renseignement précis : il avait , dit-on , obtenu de même le grade de général.
HiBTEitFEL», Der Militaer-Marvc-TLcresien-Orden, II, 989 et 1747. — Arcb. Cons. prov.: Req. Gomm. N° 4106, p. 206.— Renseignements particuliers.— NeueMainzerZeitung, N° 152 du 15 mai 1850.— Oesterreicliîscnc milîtairische Zeitsckrift, 10e liv. Vienne, 1850, p. 07.
VIANDEN , la puissante maison corntaie de, dont l'origine se perd dans la nuit des temps , a déjà laissé des traces historiques dès le huitième siècle, si pas antérieurement. Eteinte vers le milieu du quinzième, elle portait primitivement : de gueules à l'écusson d'argent; et depuis 1288 elle avait adopté les armes de Per-
weys ou de Loavain: de gueules à la fasce d'argent.
La succession généalogique des comtes de Vianden est positivement établie depuis Frédéric , qui vivait vers la fin du premier quart du douzième siècle. Afin de ne pas nous répéter , nous engageons le lecteur à consulter l'histoire de cette dynastie , continuée jusqu'à nos jours par les femmes dans celle de Nassau-Orange, aujourd'hui régnante dans le royaume des Pays-Bas, Histoire que nous avons publiée en 1851; 259 plus G pages in-8°.
VIANDEN, Gérard, comte de, fils puîné de Frédéric Ier , comte régnant de Vianden , se fit religieux au monastère de Saint-Sauveur à Prum dont il devint plus tard le vingt-neuvième abbé. Les historiens ne tarissent pas sur les louanges qu'ils donnent à sa science , à ses vertus, à sa régularité et surtout à sa piété, au point que plusieurs ont prétendu qu'il doit être inscrit au catalogue des saints; et il a en effet été honoré comme tel dans son abbaye de Prum. En 1189 ou 1190, il fonda à Nieder-Prum un monastère de dames nobles auquel il préposa Sophie , sa parente , en qualité de première abbesse et lui céda les corps de St. Gordian et de St. Epîmache. Vers la môme époque Jean II , abbé de St.- Hubert en Ardenne ayant résigné son abbaye, l'archevêque de Cologne, primat du diocèse de Liège, sede vacante, dont cette maison dépendait pour le spirituel , confia à l'abbé Gérard de Vianden la conduite de ce monastère qu'il gouverna conjointement avec celui de Prum jusqu'à l'année 1195. Il est mort en 1212, après avoir porté la crosse abbatiale de Prum pendant 28 ans.
A» Houtbkih, Historia Tre?ireu«if diplomaties, I, 617 f 619, 630. — ▼. 8TaABSM«, Métropole £ccle»iœ Trerer., I, 471. — IVitii, Histoire de la Tille de Vianden et de set comtes, 70; et PrenTes, VII.-B«mT«OLET, IV. 949 tq.; P.J. XXXIX. -r Knauvr, Defensio abbatis pranrien*is,48.-~PisaaaT, III, 685. — D. Caukt, Notice de la Lorraine.— Dm Roatouc, édition du Caatatoriam, 171.
VIANDEN, Gode froid de, Tirait pen-
dant le douzième et le treizième siècle, à cette époque ou la succession généalogique de sa maison est encore tellement obscure qu'il n'est donné à personne d'établir la filiation régulière de ses membres. Quoiqu'il en soit il semble que Godefroid de Vianden a été oncle de Frédéric I", comte de Vianden, le plus ancien dynaste de cette race dont on peut déduire une succession positive et non interrompue.
Il existe une assez grande obscurité au sujet de ce personnage. Bertholet le croit natif de h ville de Liège , tandis que dans ses annales de Trêves le Père Brower le dit originaire du diocèse et principauté de ce nom : ortus e diœcesi soloque Leodiensi, nobili apud suos loco. Mais dans un autre ouvrage , Metropolis Ecclesias Trevirensis 9 naguère édité par v. Stramberg d'après le manuscrit de Brower , le même auteur le dit positivement de Vianden: Godefridus de Veianden.
Quant au sentiment de Bertholet nous nous croyons autorisé à n'y avoir aucun égard , tandis que pour ce qui regarde celui de Brower , il s'agira de voir si ce qu'il dit dans sa Metrop. Ecoles. Trever. peut se concilier avec les annales du même diocèse éditées par lui. Or, on sait que Vianden ressortissait au diocèse de Liège et que cet endroit pouvait déjà à cette époque reculée être désigné par l'épithète de Nobilis locusj à raison de la puissance de la dynastie qui y dominait Il n'y a dès lors pas de contradiction et partant il nous sera permis d'admettre que Godefroid, archevêque de Trêves descendait de la famille comtale de Vianden.
Il avait choisi la carrière ecclésiastique et il était grand archidiacre ou chorévéque de la cathédrale de Trêves lorsque Far* chevêque Brunon , né des comtes de Belheim vint à mourir en 1124. Le clergé et le peuple s'étant assemblés pour procéder au choix d'un successeur pour le prélat défunt , toutes les voix se réunirent en faveur de l'archidiacre Godefroid de Viandeu; parce que, continue l'annaliste
Brower, ayant remplacé un de ses parents , nommé Arnoul dans la dignité d'archidiacre , il avait tellement su s'acquérir l'estime et la vénération de tous tant par ses belles qualités de l'esprit et du corps , que par son exquise piété et sa vertu exemplaire, qu'il y a eu unanimité pour le juger digne de s'asseoir sur le trône archiépiscopal.
Quelque temps après son élection, Otton comte de Chiny le pria de venir consacrer l'église de l'abbaye d'Orval qu'il venait de fonder. Mais le prélat, qui avait pour le moment d'autres affaires sur les bras et qui d'ailleurs n'avait lui-même pas encore reçu l'onction épiscopale, ne put pas s'y rendre. Cependant, afin de ne pas différer cette consécration il envoya à l'évéque de Verdun les pouvoirs nécessaires pour y procéder en son nom : ce qui eut lieu le 30 septembre de la même année 1024.
L'année suivante l'archevêque Godefroid alla à la diète que de concert avec l'empereur le légat du Pape avait convoquée à Worms pour prendre une résolution au sujet de l'intrusion de Geberhard, évêque de Wurtzbourg. Les archevêques de Cologne et de Mayence ainsi que l'évéque de Toul s'y étaient également rendus avec d'autres prélats ; et Godefroid profita de cette occasion propice pour se faire sacrer archevêque de Trêves.
Il venait de rentrer dans sa capitale lorsque des esprits remuants commencèrent à cabaler contre lui et à lui susciter des embarras qu'on prétendait motiver sur quelques vices dans son élection. Godefroid, qui était déjà avancé en Age et qui se sentait la conscience pure ; mais qui en même temps n'était pas homme à se soumettre h une injustice aussi flagrante, eut un moment la pensée d'abdiquer pour épargner k son église des troubles et des dissentions dont on n'aurait pu calculer ni les suites ni la durée. Mais après de mûres réflexions faites avec calme, il se décida à soutenir l'orage jusqu'à d'autres temps. Cependant, comme des murmures on en vint bientôt après ¥ des accusations formelles, parce
que l'archevêque n'avait pas voulu répondre aux premières invectives , il finit par se lasser absolument d'un fardeau qu'il n'avait ni recherché ni ambitionné , et il se démit de sa dignité en plein chapitre, la troisième année de son épiscopat, pour aller finir ses jours dans la retraite où il mourut très vieux, le 23 novembre 1028. Meginhère, son successeur, l'inhuma dans sa cathédrale, au côté de l'évangile.
Le lecteur se sera aperçu en lisant cet article , que nous n'avons eu aucun égard aux graves accusations que l'exemplaire des Gestes de Trêves, nommé par les éditeurs de ce précieux ouvrage Codex Guelferbytanus a lancées contre ce prélat. Nous avons été engagé à en agir ainsi parce que les faits articulés ne sont répétés par aucun autre auteur digne de foi, tandis que tout ce que nous avons dit de bien sur notre personnage se trouve exactement reproduit dans un autre exemplaire des mêmes Gestes et également inséré dans l'édition de Muller et Wyttenbach.
Nous nous sommes également tenu au sentiment Brower quant à la famille de l'archevêque Godefroid , qui le dit positivement « de Vianden » tandis que le même exemplaire des Gestes, dit Codex Guelferbytanus avance qu'il est né à Falemagne : « ex vico qui Falemaniee dicitur» d'un père nommé Ritfride et de sa femme Fredesinde, son auteur ayant ignoré que Falemanies est le nom du district dit encore de nos jours Famenne et qu'il ne peut s'agir ici du village de Falmagne, au canton de Beauraing, qui n'a jamais possédé de château, partant pas de famille noble dont on aurait pu faire descendre Godefroid qui, pour pouvoir devenir chanoine à Trêves devait nécessairement être: « de nobili génère ortus et natus. »
Bkowbs , Annales Trevirenses , II , 90 ad 9tf . — T. 8TaAnstt6, Broweri et Masenii Metropolis Eccfo» si» Trtier., I, 166. — Bcrrnour, I, P. J. IV.— GestaTreviroran, I, 199 ad 808; annot 4tf,rç.
VIANDEN, Godefroid H, comte de, était fils du comte Philippe Ier (v. son art.) et de Marie de Perweys. Il n'entre
pas dans notre objet de discuter s'il succéda directement à son père, mort en 1272, ou bien s'il ne devint comte régnant qu'après son frère aine.
Quoiqu'il en soit, Godefroid II intervint à des Chartres, même dès l'année 1270, deux ans avant le décès de son père ; et en 1285 il assista aux célèbres tournois de Chauvency oii il entra le premier en lice. Outre la terre de Vianden Godefroid possédait dans le duché de Brabant plusieurs seigneuries considérables qui étaient entrées dans les domaines de sa maison du chef de sa mère. Et ce fut nécessairement ce motif qui le décida à s'attacher de préférence au duc de Brabant plutôt qu'au comte de Luxembourg qui était à cette époque bien moins puissant que le premier.
D'un autre côté, il paraît que le comte Godefroid II était pour son époque un de ces preux batailleurs qui avait su se faire une belle réputation militaire, puisque la bataille de Wœrringen , le 5 juin 1288, il se distingua dans les rangs brabançons au point que plusieurs historiens ont avancé que pendant cette sanglante journée il avait commandé l'aile gauche de l'armée du duc Jean Ier : la bannière de Louvain avait été abattue pendant l'action, et Godefroid II, ne consultant que son courage, brava tous les périls pour la relever au milieu du carnage. Depuis ce jour aussi il substitua , en souvenir de son exploit, cet écusson aux anciennes et primitives armes de Vianden et prit : de gueules, à la fasce d'argent, que ses successeurs ont conservé. Ce ne fut pas seulement à la bataille de Wœrringen que Godefroid II avait pris ouvertement le parti du duc de Brabant contre le comte de Luxembourg, malgré qu'il eût relevé sa terre de Vianden des mains de ce dernier ; pendant toute la durée de la guerre pour la possession du Limbourg il n'avait cessé de guerroyer dans ce parti et de faire des courses sur les terres luxembourgeoises : dans une de ces escarmouches il fut même fait prisonnier en 1283, et ne dut sa liberté qu'à
la parole qu'il donna de ne plus commettre d'hostilité contre Henri III de Luxembourg tant que celui-ci serait en guerre avec le Brabant ; plusieurs de ses vassaux avaient même été constitués pleiges pour lui; mais sa présence à Wœrringen prouve bien que la foi-jurée ne fut pas observée.
Cependant il parait que malgré ces actes que Ton pouvait nommer félonie, Godefroid rentra en grâce auprès de la cour de Luxembourg lorsque, pour cimenter la paix après la victoire de Wœrringen le duc de Brabant donna sa fille Marguerite en mariage au jeune Henri IV, comte de Luxembourg, puisque depuis cette époque il reparut au nombre des seigneurs luxembourgeois, tant à l'occasion de ce mariage même que dans plusieurs circonstances solennelles, et que même il alla jusqu'à faire au comte Henri IV des prêts d'argent.
Nous n'entrerons pas dans les détails intérieurs du gouvernement de Godefroid II , parce que ces détails , insignifiants dans une biographie, n'offrent aucune particularité saillante.
Comme plusieurs de ses ancêtres , Godefroid II se démit vers la fin de sa vie de l'administration du comté de Vianden en faveur de son fils Philippe, IIe du nom, qui paraît déjà en 1308 comme autocrate (v. son art.). Le comte Godefroid II fut marié deux fois ; d'abord à Adélaïde d'Audenarde, morte en 1308; ensuite à Lutgarde de Ligny qui vivait encore en 1318. Il eut plusieurs enfants de chacune de ces deux unions. Du premier mariage advinrent : Philippe II , Godefroid III et Henri II, qui tous trois furent successivement comtes régnants de Vianden , comme nous croyons l'avoir prouvé dans un autre ouvrage.
Du second lit: Louis, chanoiue à Liège et à Munster-Eiffel, qui fut tué par Guillaume Ier, comte de Namur; Jean, d'abord chanoine de St Lambert , à Liège, puis quarante-deuxième évêque de The* rouanne, enfin en 1334 archevêque de Rheims; Marguerite, épouse d'un sei-
gneur de Ninove ou de Pierreforte ; et finalement Lutgarde , mariée à Werner de Dôle, ensuite à un Sire de Sombreffe.
Le comte Godefroid II est mort en firabant, en 1312.
Neyeb, Histoire de Vianden, 122 à 132. — Be«tiolst, V, 270, 351, 280, 296; VI, 208.— Bdtbchs, I, 632, 642. « Dblhotts, Les tournois de Chauvency.— Prœlium Voringanum, jitt ; Biblioth. de M. de la Fontaine, père. — Jean va« Heblu, Chronique rimée, 288. — . Catalogue Bkybb, inscrit. I, S. — La Gamde, Histoire dn Duché de Luxembourg, 11, 24. — Gesta Trerirornm, 11, Cap. CC, 144. — Aa HoNTuam, Historia trevirensis diplomatica, I, 827; III, 189. — Pieaarr, II, 271, note 9; III, 688, 690.
Vianden, Guillaume, dit de; v. GUIL- LAUME , dit de Vianden.
VIANDEN, Henri lw, comte de, était fils aine de Frédéric II , comte de Vianden et de Matbilde comtesse de Salm en Ardenne. Son père, comme cela semble avoir été en quelque sorte la coutume pendant le douzième et le treizième siècle, voulant vers la fin de sa vie faire un pèlerinage en Terre-Sainte, remit à Henri Ier, son fils , les rênes du gouvernement de son comté de Vianden:
Cet événement eut lieu entre les années 1218 et 1220.
Henri I" avait plusieurs frères. Peu après le départ de son père pour la Palestine il eut occasion de mettre son courage à l'épreuve : Walram de Limbourg, second époux de la Comtesse Ermesinde de Luxembourg prétendait à la possession du comté de Namur du chef de sa femme qu'il soutenait en avoir été injustement dépossédée. Henri, comte de Vianden se joignit avec ses frères à Baudouin du Hainaut qui avait obtenu la propriété du comté en litige , et marcha contre Walram qui le défit en 1220 dans une escarmouche et le fit prisonnier avec les siens. Cependant à la paix qui fut conclue très peu de temps après, ils furent relâchés sans rançon.
Ce n'était pas sans motif que Henri de Vianden avait suivi la bannière du
comte de Namur : A cette époque , la terre de Vianden était encore un francalleu , ne relevant que de Dieu et du Saint-Empire, comme on disait alors, et Henri avait épousé Marguerite de Courtenay, parente de Baudouin du Hainaut , comte de Namur : il devait naturellement à celui-ci son bras et l'appui de ses forces plutôt qu'à Walram qui lui était étranger et dont sa position devait naturellement le rendre rival, puisqu'alors le comté de Luxembourg n'était peut-être pas plus considérable que la terre de Vianden.
Un autre motif encore devait le faire pencher en faveur de Baudouin : il pouvait espérer d'arriver un jour à la possession du comté de Namur du chef de son épouse ; et dans ce cas il avait le plus grand intérêt à chercher à ce qu'aucune parcelle de cette terre n'en fût détachée. Ce qu'il a pu prévoir ou soupçonner en, 1220, se réalisa à certains égards huit à neuf ans plus tard. En effet, Philippe-le-noble , fils et successeur de Baudouin dans le comté de Namur, étant mort vers 1229, le comte Henri de Vianden se mit en possession réelle du Namnrois, invoquant pour justifier cette usurpation réelle , des motifs aussi peu fondés en droit qu'en justice ; et il sut s'y maintenir jusqu'en 1237 ou Baudouin de Courtenay , frère de la comtesse Marguerite de Vianden vint revendiquer ses droits réels sur le Pays de Namur , droits qu'il appuya de l'entremise de Louis IX, roi de France et de Jeanne, comtesse de Flandre et du Hainaut. Henri , forcé de céder , se retira dans sa terre patrimoniale de Vianden: En 1231 il avait, de concert avec son épouse , fondé l'abbaye de Grandpré dans le pays de Namur.
D'un autre côté le comte Henri paraît s'être attaché depuis cette époque au simple gouvernement de ses peuples. Il s'occupa de plus de fondations pieuses. Pour donner une parfaite intelligence des faits nous nous voyons amené à remonter aux
sources des événements : Nons ayons dit au commencement de cet article , que vers Tannée 1218 à 1220, Frédéric II comte de Vianden et père du comte Henri I avait entrepris un pèlerinage en Palestine. Arrivé dans ce pays il eut le malheur d'être fait prisonnier par les infidèles et enfermé dans un noir cachot d'oii il fut tiré par le zèle des frères Trinitaires qui payèrent sa rançon. De retour dans ses foyers ce seigneur projeta de fonder un monastère de cet ordre bienfaisant dans sa ville de Vianden, et il laissa le soin d'exécuter ce projet ou ce vœu a son fils Henri Ier qui l'accomplit vingt-quatre ans après le décès de son père , c'est-à-dire en 1248. En effet, par un acte du mois de juin de cette année le comte et la comtesse de Vianden cédèrent aux religieux Trinitaires l'hôpital qu'ils avaient fondé quelque temps auparavant au pied de leur château afin d'y établir un monastère. Cette fondation fut dans la suite augmentée par eux de plusieurs libéralités qui ne regardent pas notre sujet ici. Quelques années plus tard , c'est-à-dire vers 1253 , le comte Henri Ier partit à son tour pour la Terre-Sainte oh il mourut le 19 novembre.
Outre les faits que nous venons de relater nous aurions à ajouter ici la part d'opposition que ce comte fit à la mise à exécution du projet de sa fille Yolande de s'enfermer dans le monastère de Marienthal. Mais nous préférons renvoyer ce récit à l'article que nous consacrerons à cette religieuse comtesse.
Yolande était la plus jeune des enfants du comte Henri Ier , qui comptait en outre : Frédéric , mort avant son père et dont le fils Henri fut violemment dépossédé de son patrimoine par son oncle Philippe, qui fut ainsi comte régnant de Vianden après Henri I"; voir l'art, consacré à Philippe Ier, comte de, Vianden. Puis Tinrent Henri, qui fut évêque d'Utrecht (v. s. art.) et Pierre qui se voua de même au sacerdoce. Ce dernier était en 1264 prévôt des collégiales de S1 Martin à Liège
et de Cologne; puis enfin, dégoûté du monde il entra dans Tordre de S1 Dominique et mourut le 5 février, nous ignorons en quelle année , mais dans tous les cas après 1271. Une autre fille nommée Richarde fut unie à un comte de Salin.
Le manuscrit des Viri illustres donne sur le comte Henri I. l'article que nous transcrivons ici : « 1213. Heinricus cornes «viandanus fundavit sua in urbe Monas- « terium Crucigeris de Ordine redemptionis «Captivorum SS"" Trinitatis quod cum « uxore Margaretha et Philippo filio captas «a Saracenis per istius Religiosos fuisset « redemptus. »
Nous avons voulu rendre ce texte tel qu'il est ; mais nous ferons observer qu'il est fautif; car il est évident que ce ne fut pas le comte Henri I qui avait été fait prisonnier par les sarrasins conjointement avec son épouse et son fils mais bien son père, le comte Frédéric IL
Viri illustres, III, N° 179. — Nbtm, Histoire de Vianden, 81, sqqq. — De Maine, Histoire dn comté de Namnr,' 243, sqqq. — Albxabom a Wilthiih , Vita veuerabilis Tolandse ; passim. — vam Has- •clt, Vianden, de ondste Besittiog der Graren Tan Nassau in het Groot-Hertogdom Lnxemburg, 10.— Piikket, III, 685. — KjufiaBa, Akademische Beitrœge, II, 2SI. - Bbbiholbt , IV, 933 ; V, 9, 10 41, 48. — Hiatus, Opéra diplomatie», I, 306. — Galliot, Histoire de Namnr, V, 399. — Kasbb, Epitome Historise Trevirensis, 471. — Schaybs, Les Pays Bas avant et dorant la domination romaine, II, 489.- Kurtzer nnd sehlechter Bericht nnd Besehreibung des Hans ». Schlosz nnd Landts Luxes*bnrg; msert. dont nons possédons une copie.
VIANDEN , Henri, comte de, troisième fils du comte Henri Ier et de Marguerite de Courtenay, entra dans les ordres sacrés et obtint d'abord une prétende de chanoine avec la dignité de prévôt h la cathédrale de Cologne. Il occupait ce bénéfice lorsque sa sœur Yolande eut à soutenir ces terribles combats moraux contre l'obstination de sa mère qui voulait l'empêcher d'entrer en religion ; et il parvint à fléchir cette femme colère. Nous reviendrons sur cet objet à l'article Yolande de Vianden.
Lorsque Goswin d'Amstel, trente-septième évêque d'Utrecht eut résigné son
évêohé en 1256 , Henri de Vianden loi fut substitué. Le nouvel, évéque s'occupa aussitôt a reconstruire 6a cathédrale qui, bâtie vers 630 par le roi Dagobert I", puis réparée par Adelbode , dix-neuvième évéque vers 1000-1024, menaçait raine.
Son œuvre d'édification, commencée en 1254, n'a pu être achevée par lui. Il mourut le 3 juin 1267 , regretté pour sa science , son intégrité et sa piété.
Henri de Vianden était évêque d'Utrecht lorsque le jeune Henri , connu plus tard sous le nom de Henri de Schœnecken, son neveu , fils de défunt son frère atné , commença à faire des démarches afin d'entrer en possession du comté de Vianden qui lui revenait comme fils et héritier du premier-né du comte Henri I , et que son oncle Philippe I s'obstinait à retenir malgré que comme frère pufné du père du jeune Henri il n'y eût de droit réel que celui de la force. L'évéque Henri prit parti pour son frère Philippe contre son neveu, et, de concert avec Pierre, son autre frère , il négocia avec le comte de Luxembourg afin d'obtenir avec l'aide de ce dernier l'élargissement de ce frère que le neveu tenait enfermé dans la forteresse de Scbœnecken. C'est cette négociation qui amena le vasselage des comtes de Vianden à la maison de Luxembourg , et porta le premier coup à leur indépendance suzeraine : aussi faut-il croire que l'accusation que PHistoire a laneée contre le comte Philippe 1er d'avoir usurpé l'hérédité légitime de son neveu, fils de son frère atné, n'est pas fondée, et que dans cette dynastie il existait une loi ou un usage qui établissait que le gouvernement du comté revenait de droit au fils alné-vivant du dernier dynaste, à l'exclusion même des enfants d'un premier-né qui serait mort avant son père; car, si nous considérons la piété et la science de l'évéque Henri , de même que la vertu du prévôt Pierre de Vianden, qui ont préféré voir descendre les domaines patrimoniaux au second rang féodal plutôt que de permettre qu'ils fussent possédés par «leur neveu qui s'en était
emparé par la force, nous serons bien obligé d'admettre qu'à leurs yeux la justice • se trouvait placée du côté de leur frère Philippe. Cette loi de succession, pour le dire en passant, trouvait cependant encore une variante lorsqu'il s'agissait de l'héritage par les femmes en l'absence de rejetons mêles : il parait que ces dernières conservaient l'administration indivisément . ou à peu près , comme cela a eu lieu à l'égard des comtesses Marie et Adélaïde, les dernières du nom de Vianden.
L'évéque Henri de Vianden fut inhumé dans sa cathédrale d'Utrecbt, ou son mausolée portait ces deux distiques:
Qui nova prœcelsi jecit fundamina te m pli, Praesidium Vreland extrait huic populo , Vir placidus, recti custos, virtutis amator, Tempore quem nullo laus reticenda manet.
NcYt*, Histoire de Viaftde», 90 et XX. — Les Déliées des Pays-Bai , IV, fitfO, 268. — Bsstbolbt, V, fttf «W— Pisssst, III.
Vianden, Jean de; v. JEAN, dit de Vianden,
Vianden, Marguerite, comtesse de; y.
COURTENAY, Marguerite de.
VIANDEN, Philippe /*, comte de, était fils puSné du comte Henri Ier et de Marguerite de Courtenay, et devint Paîné par la mort de son frère premier-né. Dès Tannée 1253 ce seigneur prenait le titre de Comte-régnant de Vianden.
Guerroyeur et dévot comme les chevaliers Tétaient au treizième siècle, il voulut d'abord essayer ses armes contre la puissante cité de Metz qu'il parvint à enceindre et à bloquer* Il ne quitta même cette entreprise que pour voler au secours de son propre castel que par représailles sans doute, le comte de Luxembourg était venu surprendre. Ces faits se passèrent en 1257. Vers la même époque il avait fondé à Roth, . non loin de Vianden, une eommanderie de Templiers avec lesquels il ne tarda pas à avoir bien des démêlés et des contesta* tions , tant pour le spirituel que ponr le temporel. Ces querelles , dans lesquelles
les religieux allèrent même jpsqp'a essayer des armes ecclésiastiques contre leur fondateur et leur bienfaiteur, m furent ter* minées que plusieurs années plus tard et lorsque le comte Philippe eut sur les bras des affaires plus importantes.
En effet, nous avons dit dans quelques* uns des articles qui précèdent qnq le comte Philippe Ier avait eu un frère plus âgé que lui, du nom de Frédéric, mort avant son père et laissant au berceau un fils nommé Henri. Ce fils étant entretempe, avancé en âge , commença vers 1264 k faire à son oncle des représentations pressantes à l'effet d'obtenir l'abandon du comté de Vianden comme son bien patrimonial. Philippe ayant refusé, se fondant peut-être sur un pacte de famille dont nous ne connaissons pas le texte ni même l'existence, Henri, soit par ambition, soit pour soutenir une cause qu'il aura crue juste, se mit en. campagne et vint bloquer son oncle dans le château de Schœnecken ou il l'aurait vraisemblablement forcé si le comte de Luxembourg, appelé à son secours par les frères du prisonnier, n'était venu le dégager. Mais cette délivrance coûta à Philippe 1er son rang de suzerain : il fut obligé de faire hommage à son libérateur et se déclarer son vassal (1269). Le jeune Henri obtint ou conserva la terre de Schœnecken et la paix fut faite.
Le comte Philippe Ve avait épousé Marie de Perweis , héritière de la terre de son nom ainsi que de celles de Grimberg, Ninhpve, Rumpst, Hobocken, Eeckeren, Ingen, Havesdonck, etc., qui restèrent depuis cette époque la propriété de la Maison de Vianden. De ce mariage advfnrent trois fils et une fille : Henri , mort avant son père ; Godefroid II qui devint comte de Vianden; Philippe qui obtint des possessions en Brabant, et Marguerite qui fut l'épouse d'Arnoul IV , comte de Chiny et de Looz.
Philippe Pr, comte de Vianden est; mort le 23 avril 1272, et sa fejnme plusieurs années après lui.
BnuM*, V, 144 U 44t, Itt, «M, MT; V, 14*. — Nirn, HiiUir* de Viaadea, 100 à Ml, et XVEt à Xim. — Aluamm* 4 Wilthbm, Vite ▼taevabille Yelaafa, 1158, §qq. — Pimucr, I, tttf 111, 680, 686. -A» flftSTtfartl, ttbfaria TterfaM» •ie *ijl««Atîc4, 1, 7Wt~ CartalabaeaafH* 4t VSM. aax Archivée du Gtarapeaieat dm Graad-Daeké.— Recueil Gérard; mtert emx archives du Royniae de* P*yt*B«t, k La Ha jv. — Cetelegne Bars*, auert aas eelleetiaae de la4ôtWlé MàéeWtfqae 4a GtaaeV Daeaé. — Eaatw, Bietoift de f.e*iaiae, I, 1S& — Bonus, Tropkéee de Brabaat, I» 652. — Mtmjam, Opéra diplomatie*» I, 441, 64S.— A»»U, Geaealagie der ferafea vea Viaadea. — t. Hatsctr, Viaadea, etc.
VIANDEN, Philippe II, comte de, fils atné du comte Godefroid II et d'Adélaïde cPAedenarde. Ce seigneur a mené nne vie tranquille et paisible, ne se mêlant pas des querelles de ses voisins et ne s'en créant pas avec eux. Mais il sut s'acquérir une réputation bien pins belle que celle qu'obtiennent ces batailleurs ou égorgenrs d'hommes qu'une aberration de l'esprit humain a fait nommer héros : il a cherché de tous ses efforts à améliorer le sort des habitants de sa ville capitale, ou plutôt il leur a formé un sort en les affranchissant de la glèbe ou la féodalité les avait jusqu'alors tenus attachés. Il fit même plus, et le premier des dynastes du moyen-âge, en concédant le bienfait de la liberté, il l'a concédé franchement et sans arrièrepensée, puisque dans l'acte qui fut expédié h cette occasion il fit insérer la clause absolue de permission de la résistance en cas que lui ou ses successeurs seraient tentés de vouloir enfreindre ou restreindre seulement l'émancipation qu'il avait accordée. Et cette clause parut même si importante aux peuples que le$ Belges Ja firent insérer dans leur fameux diplôme connu sous le nom de Joyeuse-entrée.
Les bornes de cet ouvrage ne nous permettant pas de nous étendre sur les- couséquences directes et morales de cet acte d'affranchissement, nous croyons de veir renvoyer le lecteur à notre Histoire de Vianden, dans laquelle nous en. avons déroulé une partie.
Le comte Philippe II est mort vers 1315 ou 1317, sans laisser postérité de
- tJÈtt —
sou épouse, A1ht îPAremberg. Il eut pour successeur son -frère Godefroid III,
Net**, Histoire de \%»dea, I» à I4tt, mil, a*— Piaaaer, I, 979; III, 688; V, tfS. - A» ■oaraaia, Bmterfa YréYirensi» diplomatie», I, 814. ^'Inmi.. PiflH— — Irt géogmfUqw d© la p reviaee de Laxemssmre;, I87.~Baera»i*r, V, BOT et «M; P; X XCV; VII, 34S, 480. - Ninon, Notice tar Tfaadea; daass Berae Belge; septembre 1830.— 9MMsmm9 Hbtetre des Pays-Bas , II, 598. — Bot- :«•**, Tnphèm de Brabaat, I, 4M. — Hmmsss, Aaaales decam Brelmatîeenim» I, HO, sa;.— Livres de Jastice de Viaaden. — Mmuebs , Opéra diplomatie», I, 446.
VIANDBN, Xohnde, la vindrûbk, toutou de, fijfe oadetb* de Henri I,r, conte 4e Viandes,, et de Marguerite de Courteaay (y. leui» art.), est née vers l'aaBée 1231, vraisemblablement à Nau»r, puèsque son père et su mère étaient à «elle époque en possession du oomté ou marquisat de ce nom.
Elevée avec soin dans les pratiques religieuses, la jeune Yolande croissait ep piété et en vertu : son cœur n'avait, dans le manoir de sa famille oii elle fut ramenée en 1237, alors qu'elle n'avait que six ans à peine, son cœur, disons-nous, n'avait pu recevoir jusque là d'impressions que celles que lui inspirait son directeur spirituel et la vue des sites horriblement pittoresques que lui offrait l'horizon : cette dernière surtout était bien capable d'éveiller dans cette Ame impressionable le goût de ces contemplations méditatives qui portent vers la vie religieuse. Et en effet, la jeune ftle n'avait que dix à onze ans lorsque déjà 6He prenait la résolution irrévocable de se consacrer à Dieu dans un monastère : le hasard peut-être , ou bien la Providence ne tarda pas à fixer l'Ordre . qu'elle devait choisir et la porta vers celui de Saint-Dominique qui venait d'être institué.
Ses parents, qui ignoraient encore la pensée d'Yolande, avaient jeté les yeux sur un jeune seigneur , preux , courtois et de haute extraction^ pour la lui donner en mariage. Les préliminaires en étaient même déjà arrangés lorsque la comtesse Margue-
rite informa sa fille des splendjdes projets qui venaient d'être arrêtés pour son avenir. Mais Yolande , sans se laisser éblouir par ce que le parti qu'on lui offrait avait de brillant, répondit à sa mère avec ce calme glacé que peut seul donner une résolution inébranlable, qu'elle remerciait bien sincèrement ses parents pour les peines qu'ils avaient bien voulu se donner en lui choisissant uâ époux qu'ils croyaient digne d'elle ; mais qu'elle ne pouvait l'accepter. Qu'ayant solennellement juré de n'être jamais qu'à Jésus-Christ elle ne reviendrait pas sur sa promesse.
Sa mère , attérée par cette déclaration mais surtout par le ton résolu de sa fille, chercha de toutes les manières à l'ébranler ; elle épuisa successivement toutes les voies de douceur, de ridicule et même de violence afin de briser cette volonté de fer; mais rien ne put réussir, ni les promesses, ni les railleries , ni la prison ; en un mot, Yolande, toujours obéissante et soumise jusque là , se roidissait absolument lorsqu'on entamait le chapitre d'un mariage pour elle.
Ces avanies dont elle était incessamment abreuvée continuaient depuis longtemps déjà, lorsque le frère d'Yolande, qui était évéque d'Utrecht (v. l'art. Vianden , Henri , Comte de) étant venu faire une visite à sa famille , après avoir soigneusement scruté les sentiments de la jeune comtesse et trouvé que chez elle il y avait une vocation réelle pour la vie cénobitique , se joignit à elle pour implorer auprès de leurs parents la permission si ardemment désirée pour aller s'enfermer dans la solitude de Val-Marie ou Marienlhal qui n'était pas à cette époque ce somptueux palais que Ton voyait encore naguère , mais qui se réduisait à quelques modestes cellules dans lesquelles la vertu la plus angélique vivait sous les dehors de la pauvreté éwaugélique. Enfin , après bien des sollicitations les unes plus pressantes que les autres, la permission fut arrachée plutôt qu'accordée ; et la pieuse jeune fille s'empressa de voler dans la re-