‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 14 sur 61 · scène. En lévrier 1793 il fut , pour ses · texte numérisé non relu

scène. En lévrier 1793 il fut , pour ses

connaissances multipliées, transféré en qualité de capitaine dans l'état-mqor-géaéral et pendant le mois de mai nommé majoradjudant du prince de Saxe-Cobourg. Dana ce grade il conduisit une partie des travaux du siège de Valenciennes pendant lequel il eut plus d'une fois l'occasion de se distinguer. Au mois d'août 1795 il devint lieutenant-colonel d'état-major du corps d'armée Wurmser. Le 29 octobre de la même année , à l'assaut commandé par celui-ci des retranchements du Galgenberg près de Mannheim, il réussit avec le bataillon des grenadiers Bjdeskuty à pousser jusque dans la redoute de Neckar oii il encloua dix-huit canons, de manière que déjà pendant la même nuit les assiégeants purent commencer le bombardement de la place de ce côté. Pour ce fait d'armes le duc de Wurtemberg lui.

conféra la croix de commandeur de son ordre militaire Pour le Mérite.

De Wacquant ne cessa pas de prendre part à tous les événements de l'armée d'Allemagne. Après avoir été nommé commandant des forteresses de Wûrzbourg et d'Ingolstadt, il devint en septembre 1800 commandant en chef de Burghausen et obtint la suivante le commandement du régiment-infanterie Gemmingen qui fut plus tard dénommé du Baron Reiscbacb, N° 21 .

Pendant la campagne de 1805 il se distingua le S décembre au combat de Stecken , à la suite duquel les Français furent obligés d'abandonner Inglau. Après la conclusion de l'armistice il fut chargé de fixer la démarcation entre Tabor et Linz; et lorsque les Français avec les Bavarois se permirent toutes sortes d'excès tant en Bohême qu'en Autriche, il fut député vers l'empereur Napoléon I" à Munich, pour lui faire à cette occasion des représentations pressantes. Après l'évacuation de Braunau par les Français, évacuation qui avait été décidée par voie diplomatique , de Wacquant qui avait été nommé général-major en avril 1807, fut dépêché au mois de novembre de la, même.

année pour recevoir la forteresse des mains du commissaire impérial français, nommé Otton ; et cette commission il la remplit à la grande satisfaction de son souverain.

Au commencement de la campagne de 1809 , de Wacquant obtint une brigade du premier corps d'armée du comte de Bellegarde , général de la cavalerie , et prit part avec elle à tous les combats qui furent livrés en Bavière. A la bataille d'Aspern, le 21 mai, au soir, à la tête de sa brigade, portant la bannière du régiment Vogelsang, aujourd'hui Kinsky, N° 47, au cri de : Suivez-moi camarades, il pénétra dans cetle ville qui était occupée par une garnison française de douze mille hommes et l'arracha à l'ennemi malgré toute une nuit de combat. Pendant cette action il eut trois chevaux tués sous lui. Pour ce trait de bravoure il fut, sur le champ de bataille même , honoré le 24 mai de la croix de chevalier de l'ordre de Marie-Thérèse. A la bataille de Wagram il perdit également deux chevaux.

A la paix de Wacquant fut nommé commissaire pour la remise de Salzbourg et de Berchtesgaden. Il venait à peine de terminer cette affaire lorsqu'il fut envoyé faire la remise de la Galicie orientale à la Saxe et du cercle 'de Tarnopol à la Russie. L'empereur François voulant récompenser les * mérites transcendants de de Wacquant qui avait été, dès le mois d'août 1809, nommé Lieutenant-Feldmaréchal, lui octroya en mars 1810 la propriété du 62e régiment d'Infanterie ainsi que des lettres de Baron.

Pendant la campagne de 1813 il fut envoyé comme commissaire militaire au quartier-général des princes alliés, et assista en cette qualité aux batailles de Dresde, Kulm et Leipsic. Lorsque en décembre les relations des alliés avec le Wurtemberg demandaient à Stuttgart la présence d'un plénipotentiaire énergique, de Wacquant y fat député avec des pouvoirs extraordinaires ; et sur la menace de faire occuper militairement le pays par l'armée

de réserve du Grand-Duc Constantin , il réussit à procurer dès le lendemain la retraite des troupes royales qui avait été refusée jusque-là. 11 fit ensuite la campagne de France à la suite de son souverain. Après la conclusion de la paix il obtint de nouveau la commission de régulariser la frontière contre la France, depuis l'embouchure du Var jusqu'à la Moselle. Il était occupé à ce travail lorsque le retour inopiné de Napoléon Ier de l'île d'Elbe vint le surprendre. L'empereur d'Autriche lui conféra sur ces entrefaites le gouvernement de l'importante forteresse de Mayence, qu'au mois d'avril 1815 il remit à l'archiduc Charles. Appelé au quartier-général des puissances alliées il y obtint pour ses nouveaux services l'ordre de St. Etienne. Au mois de juin il fut chargé du blocus de Strasbourg. Lorsqu'à la suite de la bataille de Waterloo la paix générale eut été faite il conclut avec le général Bapp un armistice sur le Rhin supérieur. Au mois de septembre de la môme année l'empereur d'Autriche le nomma conseiller intime effectif, et le députa peu de temps après à Munich pour aplanir les difficultés qui étaient surgies entre les cours d'Autriche et de Bavière au sujet des provinces que cette dernière devait abandonner à la première : II parvint par d'adroites négociations à les faire disparaître à l'amiable ainsi qu'à mettre à exécution le traité du 14 avril. Ce succès lui valut Tordre de la couronne de fer de lre classe. En septembre de la même année encore il fut nommé envoyé extraordinaire à Cassel oii il resta jusqu'en 1821. A son rappel de ce poste il fut désigné commandant de la division militaire de Troppau.

De Wacquant dont la santé avait eu beaucoup à souffrir pendant un service militaire actif d'un demi-siècle , fit alors des démarches pour obtenir la retraite qu'il avait si bien méritée, et qui lui fut accordée. Il se rendit à Vienne oii, malgré son état de non-activité il avait donné très souvent ses soins au bien de l'Etat en remplissant à plusieurs reprises les fonc-

tîons de président près le tribunal d'appel militaire, lorsqu'en 1833 après la retraite du Feldmaréchal Baron Lattermann l'empereur le nomma Président effectif de cette cour supérieure de justice. De son côté, l'empereur Ferdinand, peu après son inauguration, le désigna Feldzeugmeister. Il occupa le fauteuil de président de la Cour suprême militaire jusqu'en 1839 où son âge de 85 ans le força de nouveau à demander déGnitiyement sa pension.

De Wacquant avait pendant 56 ans servi l'Etat avec loyauté et distinction tant comme militaire que comme diplomate; et ces services avaient été reconnus en dernier lieu par sa promotion à la grande croix de l'ordre de Léopold, lorsqu'il mourut le 18 mars 1844, à l'âge de quatrevingt-dix ans moins deux mois.

A ses obsèques son cercueil était orné de la grand -croix de l'ordre de Léopold, de la décoration de Marie-Thérèse , de celle de la couronne de fer de I™ classe et de celle de St. Etienne de Hongrie, des grand-croix des ordres de St. Wladimir et de Ste. Anne de Russie, des croix de l'Aigle rouge de Prusse, du Mérite civil de la couronne de Bavière et des Guelphes de Hanovre, de celle de Tordre électoral du Lion d'or de Hesse-Cassel et des ordres grand-ducaux du Lion de Zaehringen de Bade et de Louis de Hesse- Darmstadt, de celles de commandeur des ordres royaux militaires de Max-Joseph de Bavière et du mérite de Wurtemberg, de chevalier de ceux pour le Mérite militaire et du Casque de fer de Hesse-Cassel. — Il avait finalement été Chambellan de l'empereur d'Autriche et du roi de Bavière.

Jean -Pierre -Théodore de Wacquant avait été marié, 1°, à Dresde, le 4 mai 1791, à Marie-Christine de Wolff; et 2% en 1825, à Marie-Anne de Wolff, nièce de sa première femme. Cette dame , qui avait été chanoinesse honoraire du très noble Chapitre de Sainte Anne à Munich, est décédée h Vienne, à l'âge de cinquanteun ans et quelques jours seulement avant

son mari. Ni Tune ni l'autre de ces unions ne lui donna postérité.

Au commencement de cet article nous avons promis de dire en peu de mots ce que furent lés agnats du personnage qui vient de nous occuper : Jean-Pierre- Théodore de Wacquant était fils de Jean- Pierre , mort à Briey, en 1780 , avocat aux parlements de Metz et de Nancy, et de Catherine Gérard: c'est la branche dite de Briey. Il avait un frère, Théodore- François, né à Fléville, capitaine au régiment de Saxe-Gotha, au service d'Autriche, mort en 1789, seigneur de Fœtz et d'Udange (c'est la tige de la branche aujourd'hui encore luxembourgeoise). Il avait » épousé Marie-Anne Beving , fille de Guillaume Beving, Seigneur de Pont-pierre et de Wickrange. De ce mariage est issu Pierre-Joseph de Wacquant qui avec Madelaine Hippert procréa la génération actuelle.

Le grand-père de Jean-Pierre-Théodore de Wacquant, nommé François -Nicolas, né à la Grandville, le 24 septembre 1696, et mort à Fléville le 21 novembre 1770, avait été lieutenant des chasses de Stanislas, roi de Pologne et duc de Lorraine. Sa femme avait nom de Anne Gesse.

L'aïeul du même J.-P.-Th., Jean-François de Wacquant, né à Villers-la-Montagne, le 4 octobre 1676 et mort à Briey, avait été marié d'abord à Jeanne Trident, ensuite à Sébastienne Bergeat, laquelle dernière lui donna six enfants morts en bas-Age.

Son bis-aïeul , Martin de Wacquant, né à Longwy en 1643, et mort au château de Mouttier, le 1* février 1733, fut d'abord officier dans une compagnie franche, puis maire royal de Villers-la-montagne. Il avait épousé Elisabeth Beqninet, fille de Martin Bequinet, maire royal de Longwy et feu» dateur des carmes de cette ville. De ce mariage naquirent, outre 1°, Jean-François qui précède, 2°, François qui fut avocat au Parlement, bailly de Cugnon et président du Conseil souverain de Bouillon; 3°, Etienne, carme et grand-pénitencier; 4°, une fille.

Pierre de Wacquant, son tris-aïeul, officier au service d'Espagne, est mort à Longwy. Il avait en de Catherine Paquin, sa femme, Martin qui précède, Guy et Nicolas les de Wacquant.

Enfin son quadri-aïeul , Jean-Baptiste Wacquant, natif du pays de Luxembourg, avait été mestre-de-camp au service du roi d'Espagne qui lui accorda des lettres d'anoblissement le 27 septembre 1658, ainsi qu'à ses frères Jean et Philippe- François Wacquant, « en considération de fleurs services rendus par l'espace de «longues années en la guerre en qualité ce de capitaine de cavalerie et infanterie « et ceux de leurs dits ancêtres. Et ayant « le dit Jean-Baptiste Wacquant continué « les services militaires depuis Foctroy du « dit anoblissement, tant en qualité de ser- « gent-major que mestre-de-camp et étant «décédé sans en avoir levé la patente, « sa veuve a très humblement supplié qu'en ce considération des dits services il Nous ce pleust de la faire expédier pour valoir ce à ses enfants et postérité ; comme si elle ce eut été expédiée durant la vie du dit ce Jean-Baptiste Wacquant leur père .... ce ... . et pour demonstrer davantage la ce favorable considération que nous avons ce aux services du dit J.-B. Wacquant, ce avons de notre plus ample grâce fait ce et faisons par les dites présentes au dit ce J.-B. Wacquant et à ses enfants et poser térité, quittance, don et remission de ce la finance et somme de deniers qui pource roient être due à cause de ce présent ce anoblissement etc. »

HiiTnnu, Der mUitaer Maria-Tkeresieo-Ordeii ; II, 078 et 1746. - Arc h. de Fœts. ~ Tmkss, Hist da CoMilat et Je l'Empire, Ht. 38. — Publ. Soc. are*., &8tfS, VIII, 9tf *m. - Billet nartaaire.

WAGNER, Vépouse, née Anne Maquier, demeurait à Virton , a par testament du 17 avril 179a, fondé dans cette ville une école gratuité ce pour l'enseignement et «l'éducation des filles pauvres». Cette fondation, qui avait péri par l'effet des événements politiques contemporains , fut rétablie par arrêté royal du 15 novembre

Nous ne connaissons sur cette dame aucun renseignement ultérieur.

Expose de la situation dit Luxembourg belge; année 1857, p. 48. — Journal officiel de Belgique; second semestre de £835.

WAGNER , Jean-Michel, né à Niederdonwen , le 22 juillet 1768 , était fils de Jean Wagner et d'Eve Medernach. Son père était aveugle et le fils chargé de le conduire mendier son pain. Cependant ce fils avait des dispositions pour l'étude, et l'occasion pour les faire connaître ne tarda pas à se présenter : Le curé de Niederdonwen, nommé Mathias Waxweiler, s'étant aperçu à son air éveillé que ce jeune homme pourrait devenir un bon sujet , l'attira chez lui et lui proposa de lui enseigner les premiers éléments. Jean- Michel Wagner accepta avec reconnaissance et empressement cette offre généreuse, et le voilà installé au presbytère, étudiant jour et nuit, et faisant des progrès rapides. Cependant son bienfaiteur étant mort quelque temps après, son successeur, le curé Jean-Baptiste Colber continua l'œuvre commencée avec tant de succès, et la continua jusqu'à la fin. En effet, voyant ces heureux fruits de son entreprise, il crut devoir la conduire jusqu'au bout , et envoya son élève à Cologne ou celui-ci termina ses humanités. Il revint, dit-on, faire sa philosophie et sa physique, comme on disait alors, au collège de Luxembourg où il se trouvait en 1793 — 94. Il retourna ensuite à Cologne pour étudier la théologie et obtint daqs cette ville l'ordre de la prêtrise.

Revenu dans ses foyers il fut nommé curé à Winchringen sur la Moselle, où il était installé depuis fort peu de temps lorsque pendant la nuit du 3 au 4 décembre 1797 il fut arrêté et conduit à Luxembourg sous l'accusation d'avoir refusé de prêter le serment révolutionnaire : On le traîna de là de brigade en brigade et de prison en prison jusqu'au port de Rochefort où il arriva le 27 février 1798, avec 12 autres prêtres également arrêtés pour refus du serment républicain de haine à la royauté.

Il fut embarqué le 12 mars suivant sur la frégate la Charmante , qui ayant essuyé des avaries dans un combat en mer contre des navires anglais, ne put faire le voyage de Cayenne. Les déportés , au nombre de 1 93, tant prêtres que criminels condamnés, parmi lesquels premiers se trouvait également Jean-Joseph Havelange (v. son art.) que le curé Wagner vit mourir à ses côtés à l'hôpital de Sinamary , et un autre prêtre luxembourgeois nommé Muller, furent en conséquence transbordés le 22 avril sur le vaisseau la Décade qui les transporta à leur destination dans l'état le plus déplorable, entassés qu'ils étaient dans un espace infect, trois fois trop restreint, sans parler des autres tortures physiques et morales que ces malheureux eurent à endurer pendant cette longue traversée qui ne dura pas moins de deux mois, puisqu'ils ne se trouvèrent en vue de Cayenne que le 11 juin.

Arrivés au terme du voyage , leur supplice ne fit que grandir encore par les mauvais traitements que dans leur misère ils eurent à subir de la part des agents du Directoire qui, les croyant encore trop heureux dans leur prison de Cayenne eurent la cruauté de les interner à Sinamary où , las de vexations et de tortures, lui troisième prêtre et un quatrième déporté qui était ancien membre du Directoire , ils entreprirent de s'évader ; et leur projet , que l'on pourrait être tenté de prendre pour une témérité à cause des dangers dont il était entouré , fut mené à une fin heureuse.

Pendant la nuit du 19 juin 1800, deux ans et onze jours après leur arrivée à Cayenne , les fugitifs s'embarquèrent clandestinement sur une frêle gabarre; et, se livrant à la providence ils abordèrent heureusement , après trois jours et quatre nuits de navigation exposés à mille périls à la Guyane hollandaise d'où ils passèrent a la Martinique oii ils abordèrent le 16 septembre de la même année. Ils avaient l'intention de revenir en Europe ; mais pressés par les religieux capucins qui y avaient

une maison , ainsi que par le gouverneur de la colonie, ils consentirent à rester dans cette île où Jean-Michel Wagner devint curé de la paroisse de St.-Jean-Baptiste au quartier de la Basse-Pointe, et plus tard Vice-Préfet puis Préfet apostolique. Il y mourut le 28 novembre 1828, à l'âge de 60 ans.

Comme nous sommes parvenu à nous procurer une copie authentique du testament olographe de ce vénérable ecclésiastique nous nous voyons engagé à reproduire cette pièce dans son entier, tant pour montrer dans son vrai jour le caractère de cet excellent homme que pour donner quelques renseignements intéressants sur les us et coutumes encore actuellement existants à la Martinique:

a Au nom de la Très-Sainte Trinité, «Père, Fils et Saint-Esprit, amen.

«Aujourd'hui vingt-un de septembre «mil huit cent vingt sept, le matin, je «soussigné Jean-Michel Wagner, missionce naire apostolique, prêtre, natif de la «paroisse St. -Martin de Niederdonven, «dans le duché de Luxembourg, curé de « la paroisse St.-Jean-Baptiste de la Basse- « Pointe , île Martinique , me trouvant de- « puis quelques mois dans un état valétu- « dinaire, mais sain d'esprit et de jugement, « dans la vue de la mort et craignant d'en «être surpris avant d'avoir mis ordre à « toutes mes affaires , j'ai choisi ce mo- « ment pour rédiger par écrit mon testament « et ordonnance de ma dernière volonté, «écrit et signé de ma propre main, ainsi «qu'il suit. 1° Je désire bien sincèrement « et bien vivement remettre mon âme en « état de grâce entre les mains de Dieu « mon créateur et mon sauveur , d'où elle « est sortie, étant auparavant munie de tons « les sacrements des mourants, dans la foi « de la seule vraie église catholique, apos- « tolique et romaine, que j'ai toujours pro- « fessée. J'offre ma mort à Dieu comme «un tribut dû à sa souveraine majesté, «avec toute action de grâces et tout le « repentir de mes pécha dont je suis ca- «pable. Enfin je recommande, et partico-

« lièrement à ma dernière heure, mon âme «à la protection de la S te. Vierge Marie, « de mon ange gardien, de mes Sts. patrons, « de tous les saints et saintes de Dieu, les- « quels je prie d'intercéder pour moi. 2° je « laisse aux pauvres de ma paroisse de la «Basse-Pointe la somme de huit mille «francs, somme qui se trouve dans une «bourse avec étiquette de sa destination « et toute comptée, dans l'intention de sub- « venir à leur misère dans des circonstances « de leurs urgents besoins, et ce aux con- « ditions suivantes : je veux que la dite « somme soit placée sur un bien foqd, pour «en être retiré annuellement les intérêts «de droit, qne M" les curés seuls mes « successeurs aient le maniement de ce re- « venu, sans que jamais, sous quel prétexte « que ce puisse être, ni bureau de charité, « ni comité , on semblables qu'on pourrait « établir par la suite des temps , aient le «droit de s'y mêler.

« Poar la gouverne de M. le curé qui se « trouvera chargé de cette distribution je « déclare que mon intention n'est point de « faire par ce petit secours des fainéants , « ni de favoriser le vice, et qu'à moins il ne « s'agisse de soulager l'humanité souffrante, «il ne doit faire part de ce don qu'aux « Trais pauvres , et qui le sont sans leur « faute : comme des vieillards, des infirmes, « des pères et mères surchargés d'une nom- « breuse famille et encore hors d'état de « gagner leur vie. J'entends seulement par «là les familles légitimes et nullement « celles , quelque nombreuses qu'elles fus- «sent, qui sont le fruit et les suites du « libertinage : il doit favoriser l'instruction « chrétienne aux ignorants pauvres. Je veux « que participent à ce don les blancs et « gens de couleur libres et jamais les es- «clavessous aucun prétexte, que les pau- « Très de bonnes mœurs , pourvu que ce «ne soit point propter Christum aureum, « doivent avoir la préférence cœleris pâur «peribui, enfin qu'il n'a de compte à ren- « dre qu'à Dieu de cet emploi.

«3° Je lègue à la fabrique de la fiasse- « Pointe cinq cents francs pour être éga-

lement placés sur un bien fond, et de « leurs intérêts de droit faire dire annuel- « lement des messes pour le repos de mon « âme et à mon intention.

« 4° Je lègue et donne à M. Jacques «Oneille, comme un faible témoignage « de reconnaissance de l'amitié et de l'atta- «chement qu'il a eu pour moi, mille francs.

« 5° De mes deux calices en argent , je « lègue le plus fort , pesant trois marcs, à «ma paroisse de naissance susdite, en « nature , si on peut l'y envoyer , ou au- « tremeot sa valeur, et le plus petit à mon «ancienne paroisse du vieux fort, ileSte. «Lucie, si je ne pouvais le faire pendant «mon Thrant.

« 6° Je donne à Séraphine et à ses deux « enfants , Victorine et Moïse , mes es- «ctaves, leur corps, les exemptant de «tout esclavage. Je recommande à ma « susdite Séraphine de se maintenir dans «le bon chemin et même d'y avancer de «plus en plus: de donner tous ses soins « pour élever ses dits enfants dans l'amour « et la crainte de Dieu et de les rendre « de bons sujets.

« Quant à Sophie , il y a déjà quelques « années que je lui ai donné , d'après le «désir et la recommandation de son an- « cienne maîtresse , un billet d'exemption « de servitude et d'esclavage , laquelle «exemption je confirme par le présent:

«il lui est libre dès maintenant, ainsi « qu'à sa fille, la susdite Séraphine après «mon décès, de se choisir un patron « qu'elles voudront, qui réponde pour elles « auprès du Gouvernement et ailleurs où « besoin sera. Quant à Alexandrine, autre «fille de la susdite Sophie, et Simplice, «aussi mes esclaves, je voudrais bien « leur accorder la même faveur , mais le «bon ordre s'y oppose, parce que leur « service m'a rarement , presque jamais « pleinement satisfait. Si cependant elles «pouvaient racheter leur corps au bout « d'un certain temps, sans pourtant exiger « trop à la rigueur leur valeur, je prierais « mon exécuteur testamentaire de les laisser «à eux-mêmes.

« 7° Enfin je nomme et institue légataires universels de tout ce qui peut « m'appartenir en droit et lieu quelconques, <( ma sœur Marguerite , les enfants de mon «feu frère Henri, et ceux de ma feue sœur « Catherine , décédée épouse de Nicolas « Lay : et je leur donne ma succession «comme une aumône et non autrement, «afin de relever en quelque sorte leur «petite fortune que la révolution leur a « enlevée. Je veux que le tout soit partagé « en trois lots : un pour ma sœur Marguec rite , un pour les enfants de feu mon « frère Henri et le troisième pour les en- «fants de feu ma sœur Catherine, ces « deux derniers partageront leur lot entr'éux « en parts égales ; il est bien entendu que « si une de ces branches venait à s'éteindre «leur lot serait réversible aux deux autres.

« 8° Je veux qu'aussitôt après mon dé- «ces on donne au R. P. L'huillier, mon «ancien ami et compagnon d'infortune, «cinq cents francs pour dire au plutôt «qu'il pourra des messes à mon inten- « tion.

«Je déclare que tous les meubles de « quelle nature qu'ils soient, qui se trouvent « au presbytère , excepté six couverts en «argent, c'est-à-dire cinq cuillers et sept «fourchettes, grandement usées, deux «cuillers à ragoût et une à soupe; la «table, la vieille armoire et un vieux « fauteuil, tout cassé , qui sont placés dans «la gallerie; le bois de lit seul, sans «autre accompagnement, sur lequel je « couche , placé dans mon cabinet , et «quelques linges qui se trouvent dans «mon armoire, dont l'usage est véritable- « ment reconnu être celui de l'église, soit « que ces objets appartiennent réellement «à l'église, soit que m'appartenant je lui « en aie finit cadeau. Tous autres objets « m'appartiennent comme les ayant achetés «de mes deniers.

« 9° Et enfin pour exécuter et accomplir « le présent testament, je nomme et choisis « monsieur de Chalvet, habitant de cette » paroisse, chevalier de l'ordre royal et « militaire. Je le prie instamment, après « tant de marques de bienveillance qu'il

« n'a cessé de me donner depuis que j'ai « le bonheur de le connaître, de me donner « cette dernière qui sera le sceau de toutes « les précédentes: et j'espère d'autant plus « qu'il aura cette bonté que tout ce que «je laisse est destiné au soulagement des « malheureux : je n'osé lui faire quelqu'offre « pour les soins et peines que pourra lui « occasionner l'exécution du présent, crai- «gnant d'offenser son Ame noble et désce intéressée ; si cependant il se trouvait « quelque objet qui pourrait lui dire plai- « sir , je le prierais de l'accepter ; je le « lui offre de bon cœur ..... je le prie «aussi de vouloir bien être l'interprète « auprès de sa bien respectable , je dirais « même de son admirable épouse , en lui « exprimant , s'il était possible , toute la «reconnaissance que je lui dois et dont « je suis animé pour toutes les bontés sans « nombre qu'elle a eues dans le cours de «ma longue maladie: pour la dédomma- « ger en quelque sorte, il ne me reste que « d'adresser mes faibles prières au seigneur « pour qu'il la récompense dans l'éternité « de toutes ses bonnes œuvres et de la «charité exemplaire qu'elle n'a cessé de « pratiquer toute sa vie.

« Je me démets et désaisis de tous mes « soins au jour de mon décès entre les « mains de mon susdit exécuteur testamen- « taire, M. de Chalvet, lui laissant la fidèle « administration, sans qu'il soit obligé de « rendre compte à qui que ce soit, jusqu'à « ce qu'il ait pu conférer avec mes susdits « légataires universels. Le tout mûrement « réfléchi , je déclare que le présent tes- « ta ment est ma dernière volonté , révo- « quant tout autre testament ou codicile « que j'aie pu faire avant le présent. A la « Basse-Pointe les jour et an que dessus.» « signé J. M. Wagner. »

NB. Ce testament a été ouvert par le président dû Tributtal de première instance d$ la ville de St. Pierre, île de la Martinique, le mercredi 10 décembre 1828, au palais de justice, en la chambre du conseil. Il a été homologué par le mime tribunal, le 16 décembre de la mime année.

Cette succession qui, suivant nn inveo-

taire dressé sur les lieux, avait été estimée à environ deux cent mille francs, tomba paraît-il en de mauvaises mains qui lui firent essuyer des pertes de tous les côtés, au point qu'en définitive il n'est parvenu à la famille qu'une valeur réelle de soixante-treize mille six cent quatre-vingtquatorze francs. Le calice de trois marcs pesant n'a pas été remis non plus à l'église de Niederdonwen.

D'un autre côté, pendant sa vie le curé Wagner avait adressé k sa famille et en différentes fois des sommes assez rondes qui furent mises k la disposition du curé Schanus de Langsur, lequel doit avoir administré ces capitaux assez cavalièrement. Quoiqu'il en soit, les héritiers ont eu de ce chef à partager une somme de quinze mille deux cent et vingt-un francs, soixante-douze centimes. Finalement, les pauvres de Niederdonwen ont obtenu dix mille francs, dont les intérêts sont annuellement distribués par les soins du curé temporaire, entre les plus nécessiteux des habitants originaires de ce village.

Les particularités que nous venons de rapporter sur les tourments soufferts par J.-M. Wagner pendant sa déportation, nous en avons pris le récit dans une biographie manuscrite, de 216 pages in-folio, rédigée par l'abbé Wagner lui-même, et dans laquelle l'auteur dépeint naïvement, jour par jour, le long martyr qu'il a endoré ainsi que les circonstances de son évasion. Ce travail vient d'être publié, beaucoup abrégé, et traduit du français en allemand, par M. le curé Freymann, de Niederdonwen. Effectivement le style de Foriginal laissait k désirer; mais il offrait des détails intéressants qui malheureusement ont été omis dans la traduction. Il pouvait être permis au curé Wagner de ne pas savoir écrire le français avec l'élégance littéraire qu'on demande aujourd'hui, puisque k l'époque où il a fait ses études cette langue n'était pas enseignée en Allemagne. Quant k la publication de M. lé curé Freymann, die offre d'autant plus d'intérêt populaire qu'elle est écrite

dans la langue que tous nous parlons dans le Luxembourg Grand-Duché pour lequel elle est faite.

Suivant M. Freymann l'abbé Wagner serait également auteur d'un catéchisme en deux parties, l'une destinée aux nègres et au commun peuple, tout élémentaire et presque sans raisonnements; l'autre écrit pour les blancs ainsi que les enfants ayant déjà reçu certaines notions d'éducation. Il en avait envoyé en Europe un exemplaire qui malheureusement est perdu.

Aatokiagrapaie da caré J.-M. Wacatai copie ans collections de la Société arckéoL de Lasfe-rg.— Reav •etgaenenU faarais par M. le caré Fa«T«A»a.— Leben aad Wirken des departirtea Prietten Joa. Mica. Wagaer; vea Peter Frejnaan; Laxkrg., V. Back, 1861; 108 payée in-i*. - Douter touchant la •acceteioa Wagaer, coamaaiqeé par H. le aetairc Rirrae, de Greveaaiacker. — Testanent et Codicile da carc Wagner, ea copie aatkeatiqae.

WAHA, la famille de, est une des plus anciennes et des mieux titrées du Luxembourg. Partageant son origine chevaleresque avec les du Faing , par Otton comte de Duras, elle fut plus heureuse que cette dernière par sa durée. Cet Otton, comte de Duras qui vivait pendant le onzième siècle et avait épousé Harlindis , laissa trois fils dont l'aîné continua les Duras, le second, Gisbert commença les du Faing et le troisième, Boêmond ou Buénon prit le surnom de Baron de Wahart, fut chevalier-banneret en 1103, châtelain de Mirwart pour l'évéque de Liège, en 1106, et épousa Béatrix, fille de Henri de Namur, comte dé Laroche*

Gomme cadet de Duras, Boëmond, Baron de Wahart changea las armes primitives de sa race pour prendre :

De gueules, k l'aigle k une téta esployée d'argent, chargée d'hermines, becquée et membrée d'or. Cimier : une couronne d'or, surmontée d'une aigle naissante au btason de l'écu. De ce Boëmond descendent les barons de Waha , de Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg, qui se sont depuis et à des

époques différentes, distinguas en plusieurs branches dont quelques unes subsistent encore de nos jours.

UmsncHucK.— Neyew, Généalogie de la maison dn Faiag; dans: Publications de la Société archéologique du G rond- Duché, X, 81 i<jq.— Pismbt, III. — Arbre généalogique de la très ancienne et noble famille de Waha; certifié et authentiqué par Jaerene, héraut d'armes; original m sert— Bcteeks , I, 668; IV, 16 bis.-B«THOLBT , VII, 489.

WAHA, Guillaume > baron de, de la branche dite de Baillonville , était fils de Guillaume , baron de Waha , seigneur de Maboge, Waha, Charneux, châtelain et prévôt de Rochefort, et d'Elisabeth Scheiffart de Mérode.

Il naquit à Melreux , près de Marche , en 1615, et avait encore un frère ainsi que trois sœurs. Son frère et deux de ses sœurs, renonçant au brillant avenir que leur naissance leur ouvrait, entrèrent en religion comme lui: Conrad, Baron de Waha fut chanoine régulier de Sainte- Gertrude à Louvain ; et Françoise ainsi que Julienne se firent religieuses dominicaines au Val-Notre-Dame (Marienthal ?) tandis que Guillaume entra à l'âge de vingt ans dans la société des Jésuites.

Il régenta d'abord les classes inférieures du collège de cet ordre à Liège, puis il fut chargé d'enseigner la philosophie à celui de Douai. Plus tard il fut successivement promu aux fonctions de recteur des établissements de Mons , de Luxembourg et finalement de Liège ; et ces charges il les remplit avec grande distinction.

Le père Guillaume de Waha est mort à. Liège, en 1690, âgé de 75 ans. On a de lui : 4°. Vie de Jean d'AHamont de Malandry; 1658. — §\ Labores Herculis Christiani Godefridi Buillonii, 1674; ouvrage très sérieux et très profond, publié à Lille, en un volume in-12°.

La Gaaag, Notice sor les luxembourgeois célèbres, 31, êq. — Arbre généalogique de la famille Je Waha. — Ccak*, Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg, 94», 497. — Nmnuna, Les auteurs luxembourgeois, 54»

Walderode, Jean et Pierre; v. VAL- DERODE.

WALFROY, St., Sanctus Wulfilatcus, était né en Lombardie, de parents chrétiens et pendant le sixième siècle. Ayant dès sa plus tendre enfance entendu parler plusieurs fois des hautes vertus ainsi que de la grande sainteté de St. Martin, et sans même savoir s'il avait été martyr ou confesseur , ni de quel pays il était originaire, ni enfin en quel lieu reposaient ses reliques, il conçut pour ce saint une dévotion si singulière qu'il voulut se dévouer entièrement à son service, célébrant des veilles en son honneur et faisant à son intention autant d'aumônes qu'il loi fut possible.

Lorsqu'il fut plus avancé en âge on loi fit apprendre à lire et à écrire. Il s'attacha ensuite à Arredius abbé d'une vie exemplaire qui le prit pour son disciple et le mena visiter le tombeau de St. Martin, à Tours. De là ils se rendirent au monastère de Saint-Irier, en Limousin, dont Arredius était abbé, et où un prodige, disent les biographes de St. Walfroy, le détermina à se donner entièrement à St. Martin : Lorsque les deux pèlerins visitèrent le tombeau du saint, l'abbé Arredius avait pris un peu de poussière de ce tombeau et l'avait enfermée dans un reliquaire qu'il pendit au col de Walfroy. A leur arrivée à St.-Irier cette poussière s'était tellement multipliée qu'elle remplissait non seulement le reliquaire en entier, mais s'était encore répandue dans tous les joints. Le jeune homme vit dans cette circonstance un appel de St. Martin et il obéit. Il se rendit en conséquence vers l'année 565 dans le pays de Trêves et s'établit sur une montagne qui depuis a retenu son nom. Il y bâtit un monastère et une église qui fut dédiée en l'honneur de St. Martin, par St. Magneric, évêque de Trêves.

Il y avait près de là une idole colossale de la Diane ardennaise , Dea ardotna, qui était encore adorée par les peuples Mr

vironnants. Walfroy touché de l'aveuglement de ces hommes simples , et rempli du désir de les convertir à la foi de l'Evangile, fit construire non loin de la statue payeune une haute colonne sur laquelle il s'établit k la manière des solitaires stylites , préchant que Diane n'était rien ; que les idoles ne méritaient aucun culte; que les cantiques que l'on chantait en leur honneur au milieu des débauches , des bacchanales et des festins étaient autant de profanations , et que le seul Dieu créateur du ciel et de la terre était digne des hommages des hommes. Il joignit à ces exhortations de ferventes et de continuelles prières à Dieu pour la conversion de ces idolâtres, demandant en même temps assez de forces pour détruire ce colosse. Dieu l'exauça ; il éclaira ce peuple sur la vanité de son culte , au point qu'il vint protester hautement qu'il y renonçait pour toujours. A ce moment Walfroy appela quelquesuns de ceux qu'il venait de convertir et leur persuada de lui aider à renverser la statue ; mais ils ne purent en venir à bout malgré tous leurs efforts. Walfroy voyant cela , se mit à prier avec ferveur et revint ensuite k l'œuvre : cette fois l'idole tomba et le cénobite se crut aussitôt en devoir d'en achever la destruction k coups de marteau.

II continuait toujours à se tenir sur sa colonne , nu-pieds , par toutes les saisons, priant , jeûnant et prêchant 9 lorsque la réputation de sa sainteté et de ses austérités vint aux oreilles des évêques des environs , de Trêves, de Toul , de Metz et de Verdun , qui s'assemblèrent aussitôt auprès de lui et lui ordonnèrent de descendre et de se retirer dans son monastère, parce que, lui dirent-ils, la disposition du lieu et la rigueur du climat ne pouvaient lui permettre de supporter ce genre de vie. Walfroy obéit par devoir , et fit ce que les évêques lui avaient enjoint: Alors ces derniers firent démolir sa colonne afin de lui ôter l'envie d'y retourner.

Walfroy n'était encore que diacre lorsqu'en~585 Grégoire de Tours et un autre

évêquc , nommé Félix vinrent le visiter et se firent raconter par lui-même les particularités que nous venons de rapporter. Quelque temps après l'évêque .Magneric l'ordonna prêtre et le nomma doyen d'Yvois, aujourd'hui Carignan. Il passa le reste de ses jours alternativement dans cette ville et dans son monastère , édifiant les peuples soumis k sa direction spirituelle par ses vertus et ses exhortations. Il est mort vers l'année 600, le 21 octobre, et fut inhumé dans son abbaye. L'église dans laquelle il reposait ayant été totalement ruinée , Egbert , archevêque de Trêves fit, en 980 , la translation solennelle de ses reliques dans l'église d'Yvois. On ne sait plus aujourd'hui ce que ces reliques sont devenues depuis les fréquents ravages dont cette ville a été le théâtre.

Ghesqoièbe, Acta Sanctorain Bclgii, II, 174, sqqqq. — Bbbtbolbt, II, 64 ad 70. — Lscuv, Annales d'Yvois -Carignan, SU, 55, 818, 414. — Wilbelhcs a Wiltbbih, Disquisttionea antiquarise historiae luxemburgensis, I, cap. 7. §. 5. — Jsamtix , Les Chroniques d'Orral, 275 à 978.

Wallbrodb, Jean et Pierre; v. VAL- DERODE.

Walram de Luxembourg- Ligny ; v. à rAppendice: LUXEMBOURG -LIGNY, Walram de.

WALRAM, dit de Luxembourg , ne nous est connu que par la mention que l'auteur du manuscrit des Viri illustres fait de lui: «1191. Valramus Luxemburgen- « sis militans sub regibus Francise et An* «gliae in Terra Sanctft contra Saladinum, « obsidentibus Acram , Régi Angliae navale vit singularem operam in liberandâ JaphA «a Saladino vicissim obsessâ. »

Ce preux chevalier ne peut appartenir k la maison de Luxembourg, puisqu'à cette époque aucun rejeton de notre famille comtale ne portait ce nom ; il faut donc admettre que, né dans la ville de Luxembourg il aura voulu signaler sa valeur en prenant part k la troisième Croisade : Paquet (v. son art.) semble partager notre opinion k cet égard.

Vin illustres, II, N° IS8. — Paquet, M.

WALTZING, Jean -Baptiste, né k Metzert, commune moderne de Heinschj le 18 janvier 1716, fat ordonné prêtre en 1739. D'abord vicaire à Flaxweiler, il fut, en 1747 nommé curé à Mondorf, place qu'il céda à un compétiteur pour venir en 1749 à Aolier. Ce respectable ecclésiastique s'est rendu recommandable surtout par ses efforts pour propager l'enseignement parmi les indigents et par les fondations qu'il fit en faveur des pauvres. En effet, par acte du 3 mars 1766 il a légué à la fabrique de l'église d' Anlier un capital de cent écus ou 460 francs pour les intérêts à en provenir servir à donner l'instruction aux enfants pauvres de sa paroisse ; plus un capital beaucoup plus considérable dont les intérêts sont à distribuer aux pauvres et à domicile. Malgré les bouleversements dé la fin du dix-huitième siècle le bureau de bienfaisance a encore conservé de cette libéralité une somme de 2886 francs, 80 centimes, produisant 144 francs, et 34 centimes, qui reçoivent annuellement leur destination.

Par son testament il avait laissé une autre somme de quinze cents livres plus quelques obligations pour servir à construire une maison d'école ; mais la révolution française a englouti ces fonds.

D'un autre côté, le curé Waltzing n'a pas été moins généreux envers son église à laquelle il donna de beaux vases sacrés, etc. Il est mort après 43 ans de pastorat k Anlier, dans la 77e de son ftge, le 21 septembre 1793.

J.-B. Waltzing était aussi savant que zélé pour l'instruction et fidèle à l'accomplissement de ses devoirs de prêtre et de curé. Il a composé une histoire ecclésiastique qu'il conduit jusqu'en 1791; elle est manuscrite daus les archives de la cure d' Anlier. On a aussi de lui un ouvrage sur les abeilles dans lequel il dit la manière de les conserver, de les enrucher, de les soigner, etc. Cet ouvrage est très intéressant; imprimé il ne manquerait pas d'attirer l'attention de ceux qui s'occupent de ces laborieuses ouvrières.

Clsms, curé d'A*lier; note* et extraite de» ordures de l'église d'AuUer; et notice su* Anlier dans les Annales de In société historique d'Arlon, 1884-*6, p. 186 sw* — Communication de X' le Bourgmestre d'Aolier.

Wangler, Jean ; v. VANGLER, Jean B.

WARLOMONT originaire de

la partie du Luxembourg qui est restée à la Belgique par les stipulations du traité de Londres, ne nous est connu que par la mention d'une fondation qu'il a faite en faveur de l'instruction publique.

Taons, Exposé de la situation dn Luxembourg belge, 1834; 87.

WARNAGH, Henri, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « 1636. Henricus Warnach, «ex Elscherode, pastor in Hertzig, dece canus Arlunensis, fundator duarum buf- «Sarum in seminario Luxemburgensi, quae « bello reductae ad unam. »

Ces notions sont les seules que nous possédions sur la biographie de ce personnage qui , par la date de sa libéralité, mérite de compter parmi les premiers bienfaiteurs du séminaire ou pensionnat attaché au collège des Jésuites à Luxembourg. Son testament, reçu par le notaire Schwartz, est daté du 19 avril 1635; cependant le testateur vivait encore en 1636. Par cet acte il constituait la fondation de deux *tipendes d'études en faveur d'élèves du collège des Jésuites de Luxembourg ou de Trêves, depuis les classes inférieures jusqu'à la fin de la Théologie. Les boursiers devaient être de la famille du fondateur, pauvres et aptes aux études. Le plus pauvre avait la préférence. A défaut de parents elles pouvaient être données à des jeunes gens d'Arlon ou de la prévôté, pauvres et montrant des dispositions.

Cette fondation, dont le curé, le prévôt et l'ancien ou senior des synodaux d'Arlon étaient les proviseurs, était à la collation du recteur du collège et du président du séminaire. Mais le bénéfice périt par la négligence des proviseurs, puisque déjà en 1641 les revenus en étaient ré-

— sa* —

duits à einquante-deux florins de Brabaat. On n'a compté en tout que trois boursiers qni en ont joui à Luxembourg. Cependant il parait que dans ces derniers temps on est parvenu h récupérer une grande partie des revenus de cette fondation, puisque par arrêté royal belge du 8 mars 1837, ces bourses furent rétablies ; mais nous n'en connaissons pas l'importance.

Namcb, Dissertation sur les bonnes d'études, XII et XXI. — Viri illustres, I, 60. — Manuscrits de HfsftJAi, 94. — Journal officiel de Belgique; i" semestre de 1837. — Exposé de la situatiou dn Luzesabourg belge; 1837, page 48.

WARSBERG ou Warnesberg, la famille de, porte de sable, au lion d'argent, couronné , armé et lampassé d'or. Cimier : un lion au blason de l'écu, assis entre un vol de sable. Cette famille, connue déjà au treizième siècle etdontquelques branches ont porté les titres de baron et de comte, paraît être originaire de la Lorraine al* lemande , et a possédé plusieurs terres importantes dans le Luxembourg.

Ukcbscmca.— D. Caumt, Notice de la Lorraine. — Bcceu*, Germania Topo-Cnrono-Btemmato-Gritica- Sacra et Prophana, III, 534.

WARSBERG, Boëmond de, florissait pendant le treizième siècle. Il était prévôt et archidiacre de Trêves ainsi que princier de l'église de Metz lorsque l'archevêque Henri de Fénestrange on Vinstingen vint à mourir en 1286. Les chanoines s'étant assemblés pour donner un successeur à ce dernier, les voix se divisèrent entre Boëmond de Warsberg, Ebert, chantre de la cathédrale et Jean de Sierck, archidiacre. Ce dernier renonça h son élection; mais Boëmond et Ebert postulèrent chacun de son côté k Rome pour obtenir sa confirmation. Et après plusieurs difficultés, dont l'objet ne rentre pas dans notre sujet, Boëmond reçut ses bulles du Pape Nicolas IV, en 1289, à cause de sa vertu, dit son biographe , de la noblesse de son extraction , de sa sagesse , de son éloquence, /de la pureté de ses mœurs et de ses vastes connaissances, ainsi que du reste Henri

de Fénestrange, son prédécesseur l'avait déjà proclamé à son lit de mort.

Boëmond de Warsberg est mort dix ans plus tard, c'est-à-dire le 9 décembre 1299. Ce prélat est loué principalement à cause de son humeur pacifique. Il était tout occupé des devoirs de l'épiscopat, n'éprouvant pas de plus grand plaisir qu'à célébrer les offices religieux, à conférer les ordres, à donner audience à tout le monde, à porter les ennemis à la réconciliation et à les réunir dans leurs difficultés par ses sages conseils : c'est là l'éloge que Brower fait de lui.

]1 n'eut pendant son pontificat qu'une seule guerre à soutenir: Le château de Schwartzenberg était occupé par une troupe de brigands qui pillaient les environs et commettaient mille maux dans le diocèse de Trêves. Boëmond résolu de les exterminer, se joignit à Ferri, duc de Lorraine qui vint assiéger le château et obligea les assiégés à se rendre. Ceci arriva en 1290.

L'archevêque Boëmond fut inhumé dans l'abbaye de Hemmerode comme il l'avait désiré. Son monument funéraire était en pierre, simple et sans ornementations. Il portait cette courte épitaphe :

HiC JACBT

venerabius dominus boemundus Trevirorum Archibpiscopus ,

qui obiit ANNO Domini M.CG.XC.1X.

Gesta Tre Tiporam , II, 12 ad 179.— D. Caimet, Notice de la Lorraine; art. Warsberg. — Bégm, Biographie de la Moselle, IV, 583. — Heesics, Manipulas Hemmerodensis, 67. — Baowria, Annales Trevirenses.

WARY , Nicolas, de Marville, dit ÎKarius Nicolaus Marvillanus , suivant la mode de son époque, était natif de la Tille dont il porta le nom. Il étudia la philosophie au collège du Faucon , à Louvain et obtint la quatrième place au concours de 1511. En 1526 il fut nommé président du collège des trois langues en remplacement de Jean Stercke, appelé aussi Fortis, qui avait le premier gou-

yerné cet établissement fondé par Jérôme de Busleyden (v. son art.) . Wary ne conserva cette présidence que pendant trois ans environ, c'est-à-dire de 1526 à 1529 en laquelle dernière il mourut, jeune encore , le 2 octobre 9 et fut inhumé dans l'église de St. Pierre près de l'autel de St. Nicolas. Distingué entre bien d'autres par Erasme , Nicolas Wary eut une petite mais fort belle part dans ses suffrages. En effet, il lui dédia sa traduction latine du traité de Saint Jean Chrysostôme sur S. Babylas.

ItttVB, Histoire du collège des trois-langiies , à Louvain, 99, sqq;et 388.— Valskics Asosbas, Faiti •cadem. loyan. 877.

WATLET, famille diekirchoise , habituée dans la maison de son nom, erronémeqt dénommée maison Gœthals par l'Évêque de la Basse-Moûturie. Cette maison appartient de nos jours aux héritiers Vannerus.

Six enfants naquirent du mariage d'André Watlet Prévôt de Diekirch et de Marguerite Butgenbach, savoir: l°en 1720, Jean-François s qui mourut récollet profès du monastère de sa ville natale ; 2° en 1722 , Jean-Nicolas, qui succéda à son père dans les fonctions prévôtales et continua la lignée luxembourgeoise de son nom ; 3° en 1724 , Charles-François; 4° en 1729, Jean-Guillaume; 5° en 1731, Pierre-Louis; 6° enfin, Anne-Marie-Car roline, née en 1738 et qui fut mariée à Pierre-Joseph Augustin , bailly héréditaire de la seigneurie de Brandenbourg.

Charles-François , Jean-Guillaume et Pierre-Louis les Watlet prirent service à l'armée autrichienne et entrèrent en qualité de cadets dans le 29e régiment, dit de Wolfenbuttel , infanterie, régiment qui dans la suite eut pour propriétaire le feldmaréchal Loudon et changea à cette occasion son nom en celui de Griin-Loudou.

Charles-François était parvenu au grade de lieutenant lorsqu'il prit sa retraite pour épouser en Hongrie une riche veuve de la famille de Silbernuget.

Jean-Guillaume et Pierre-Louis restèrent militaires et continuèrent à se distinguer par leur bravoure pendant la guerre dite de sept ans. Ils se couvrirent notamment de gloire aux batailles de Hochkirchen, le 2 septembre 1758, et de Lignitz, le 15 août 1760, tellement que l'Impératrice-Reine leur fit remettre à chacun d'eux , par les mains du feldmaréchal Loudon, une montre en or, ornée du portrait de la souveraine entouré de brillants ou de perles fines.

A la paix , les frères Watlet , qui tous deux étaient passés majors d'infanterie et avaient reçu plusieurs blessures graves, furent mandés à Vienne où la grande Marie-Thérèse leur concéda des lettres de Baron et à chacun d'eux un majorât situé en Bohême : l'aîné obtint la terre de Schibrun , le cadet celle de Hitzbrun.

Ils y ont épousé deux sœurs de Kaebçrlé, d'origine noble: Jean-Guillaume Marie-Joséphine , et Pierre-Louis Amélie.

Ce dernier , qui est mort sans postérité, institua son frère Jean-Guillaume pour son héritier universel , réservant toutefois pour sa sœur Anne-Marie-Caroline, dont mention plus haut , la montre qu'il avait reçue de l'Impératrice : cette montre se trouve de nos jours entre les mains de Mr le Baron de Blochausen qui , à ce que l'on dit, en est devenu propriétaire pour bons services rendus à la famille Augustin.

De l'union de Jean-Guillaume , Baron Watlet, mort à Prague en 1793, avec Marie-Joséphine de Kœberlé , laquelle est décédée à Pozibram en Bohème, en 1814, sont nés quatre enfants: 1° en 1769, Wenceslas ; 2° en 1773 Sophie-Euphrosine , morte chanoinesse à Stabl ; 3° Marie-Anne, morte à Vienne en 1820, veuve du capitaine et chambellan comte Vrécourt de La vaux ; 4° en 1779 enfin, Joseph-Charles-Guillaume, qui fut capitaine de grenadiers au régiment de l'archiduc Louis, et mourut en 1812. Il avait entr'autres assisté à la bataille d'Ulm où il avait été grièvement blessé et fait prisonnier de guerre.

Wbncbslas, l'aîné des enfants de Jean- Guillaume Baron Watlet , était très jeune encore lorsqu'il prit service à l'armée qu'il . ne quitta point. En 1822 il était chevalier de la couronne de fer , lieutenant-général commandant une division à Padoue.

Plus tard il obtînt le grade de lieutenantfeldmaréchal et celui de capitaine-lieutenant des premières gardes d'archers de l'empereur. Il est mort vers la fin de Tannée 1840. En 1799 il avait épousé Rose d'Avanzi, noble vénitienne qui le rendit père de 1° Joséphine; 2° Marie; 3° Sophie et 4° François ; ces deux derniers sont morts jeunes. Avec lui s'éteignit la lignée des Barons Watlet de Bohême.

Malgré toutes nos démarches nous ne sommes pas parvenu à nous procurer une copie des Lettres patentes de Baron délivrées aux frères Watlet de Bohême.

Cette pièce expédiée comme récompense pour des actes de bravoure nous aurait sans doute fourni plusieurs renseignements précieux à noter. Cependant nous recevons une note intéressante , accompagnant la communication du blason Watlet: elle nous fait connaître qu'à cette promotion le Souverain n'a fait qu'une addition et quelques changements à Fancien écusson de cette famille. Or , le portrait du père des trois frères qui passèrent les premiers en Bohême , portrait qui est de nos jours possédé par M. le juge de paix Augustin de Remich , est accompagné de ces armoiries primitives consistant en un écu parti ; au 1 • d'azur, à la croix alézée d'argent ; au deux de ' gueules , au lion montant d'argent , la queue simple et sans couronne. Heaume grillé. Cimier le lion naissant de l'écu.

Lorsque les frères Watlet obtinrent le titre de baron ils conservèrent leur écusson parti avec les meubles , dont les couleurs seules furent changées comme suit : La croix alézée du 1 obtint une bordure d'or ; au 2 le champ devint d'argent , au lion de gueules , portant un écusson du même ; le tout surmonté d'une couronne comtale à perles. Heaume couronné de

même ; cimier le lion de l'écu], saus écussons. Hachements d'argent et de gueules.

Titres et renseignement* de famille. ~ Correspondances de Wehcbslas, Bahox Wmn.- Notes fournies.—Dessins des écassons "Watlet.

Webbr, Conrad; v.VECERUS, Conrad.

WEBER, François s fils de Gérard Weber, pauvre journalier, et de Catherine Kesch, est né à Gœsdorf, au canton de Wiltz, le 21 novembre 1782.

Le jeune Weber avait à peine reçu les premiers principes de lecture et d'écriture, comme du reste on les enseignait alors dans les écoles de village , lorsque ses parents désirèrent lui faire suivre les leçons de latin que le Père Jean-Pierre PemmerSj de Dahl, donnait à cette époque à plusieurs jeunes gens des environs.

Cependant François Weber ne les suivit que pendant quelques années après lesquelles il alla à Mutfort, commune de Contera, où il devint maitre d'école et prit en même temps des leçons de latin chez .l'abbé Schleich alors curé du dit endroit et qui alla plus tard mourir à Feulen.

Vers 1805 Weber avait fini sa philosophie et s'était amassé quelques épargnes qui lui permirent de se rendre à Metz oit il postula son entrée au séminaire dans lequel il ne tarda pas, par sa conduite exemplaire et par son application soutenue comme jamais il n'en fut , à captiver en sa faveur l'admiration des professeurs et un attachement tout k fait paternel de la part de l'évêque Jauffret qui lui offrit, peu après son intronisation en 1807 , la place de maître aux conférences. Weber devait obtenir l'ordination aux quatre-temps d'automne de la même année ; mais désireux de profiter encore pendant une année des leçons de ses professeurs il sollicita et obtint d'être remis pour un an : ce que d'autres moins avides d'apprendre auraient considéré comme un affront, François Weber l'accueillit comme une faveur.

Dès qu'il eut reçu l'onction sacerdotale,

yen 1808 on peut-être même 1809, l'évêqne Jadfret, qui s'était déclaré son protecteur loi offrit les fonctions de supérieur de son séminaire; mais il les refusa par modestie, se contentant d'accepter l'humble poste de vicaire à Sarreguemines, auprès d'un curé accablé par les- années et les infirmités. Il y resta deux ans au bout desquels il fut envoyé à Bliesbrucken, toujours en qualité de vicaire.

Nommé vers 1812 ou 1813 curé-desservant à Dibling, toujours en Lorraine, il y demeura sept ans, faisant son unique occupation à bien diriger sa paroisse et li donner des cours d'humanités, de philosophie et même de théologie à plusieurs étudiants qu'il poussait si avant que plusieurs purent obtenir les ordres mineurs dès leur entrée au séminaire.

Pendant son adolescence déjà, Weber avait conçu un très vif désir pour les voyages lointains , mais surtout pour visiter les Lieux-Saints. Ce désir fut dans la suite changé par lui en un vœu solennel qu'il fit lorsqu'il fut devenu prêtre. Aussi, après qu'il lui eut été possible de réunir quelques épargnes à Dibling, paroisse riche en revenus , voulut-il remplir son pieux dessein. Il donna en conséquence sa démission comme curé, enrichit son église d'un orgue et y fonda, comme souvenir un traitement pour l'organiste ainsi qu'un anniversaire à son intention. Il partit ensuite en pèlerinage pour Rome où il séjourna deux ans et demi, passant ses jours à visiter les églises et les monastères pour y faire ses dévotions. Ses vastes connaissances n'ayant pas tardéàêtre connues, il fut nommé professeur de théologie et de littérature allemande au collège germanique, fonctions qu'il remplit avec la plus grande distinction et qu'il continua jusqu'au printemps de Tannée 1821.

Lorsqu'il crut sa mission religieuse à Rome terminée il se mit en route pour la Turquie, la Palestine, la Syrie, l'Asie mineure et l'Egypte, afin de voir de ses propres yeux tous les lieux remarquables de l'ancien monde, mais surtout ceux que

le Sauveur avait touchés et arrosés de son sang : il demeura entr'autres dôme jours à Jérusalem. Dans nne des provinces de l'Asie-mineure il sut se faire bien voir dm pacha qui lui fit cadeau d'un dromadaire pour transporter ses effets à travers les déserts de l'Arabie.

Après son retour en Europe il voyagea dans toutes les contrées catholiques, mais surtont dans celles où reposent les reliques des grands saints, afin de célébrer la messe sur leurs tombeaux : c'est ainsi qu'il a dit plus tard, que même hors les églises d'Italie il avait accompli le saint sacrifice dans plus de trois cents églises enrichies de reliques d'apôtres, de martyrs, de confesseurs etc. Le 4 mai 1822 il rentra dans son endroit natal, à Gœsdorf, où il prêcha le dimanche 12 mai, jour de la dédicace de cette vieille église qu'il enrichit k cette occasion d'une particule assez considérable de la vraie Croix, avec son authentique* Il v fonda de même un anniversaire fixé au 4 septembre.

Il retourna ensuite à Metz où l'évêque le reçut avec bonté et lui offrit une place importante dans sa cathédrale ; mais l'abbé Weber s'en excusa, prétextant la faiblesse de sa santé. 11 se rendit ensuite a Paris où nous le trouvons déjà le 17 avril 1823 chargé des fondions délicates de prédicateur et de confesseur des dames religieuses du couvent de N.-D. de Charité de Refuge, maison dite de St. Michel, rue St. Jacques, 193.

Pendant sept ans qu'il remplit cet emploi il occupa ses moments de loisir à rédiger Y Histoire de ses voyages dans les trois parties de V Ancien -monde, surtout la Terre -Sainte; 9 volumes in-8°. Cet ouvrage que lui-même il disait important, est resté manuscrit. Nous n'avons pas pu apprendre où il se trouve en ce moment; mais il semble qu'il serait à désirer qu'il fût imprimé ; il offrirait au moins autant d'intérêt que celui de Corneil de Bruyn : « Reizen door de vermaardste Deelen van «Klein Asia, de Eylanden Scio, Rhodns, «Cyprus, Metelino, Stanchio, etc.,Mits-

«gâders de voornaamste Steden van «Àegypten, Syrien en Palestina.» Delft, 1698; in-folio , avec un grand nombre de planches.

Lorsqu'à la suite des journées de juillet 1830 les religieux se trouvèrent exposés à des tracasseries en France, à cause de la part active qu'on les accusait d'avoir prise à la révolution pour soutenir la dynastie déchue, François Weber qui ne voulait accepter aucun parti politique , se renfermant absolument dans sa vocation sacerdotale , quitta Paris et se rendit à Munich où il professa la littérature allemande ; mais il n'y séjourna qu'un an au bout duquel il retourna à Rome pour entrer au noviciat des Jésuites. Envoyé vers 1833 au collège de N.-D. de la paix à Namur , il y professa jusque vers 1852: Le 21 novembre 1 834 , cinquante-deuxième anniversaire de sa naissance , il y prononça ses vœux solennels à l'ordre d'Ignace de Loyola.

Appelé ensuite à la résidence de Gand H fut occupé à ta prédication et y mourut subitement , d'apoplexie ou bien d'un anévrisme, pendant la nuit du 29 avril 1858, à l'âge de soixante-quinze ans et sept mois. Il a été inhumé au cimetière de son ordre , k Tronchiennes près de Gand.

François Weber était un prêtre pieux, vertueux et instruit. Toute sa vie a été passée en prière et en œuvres évangéliques. Ses correspondances avec sa famille , que nous avons eues entre les mains , ne respirent que cette suave onction d'une religiosité tellement absolue qu'en les lisant on se trouve comme transporté dans une atmosphère nouvelle. Cet homme apostolique portait constamment pendue au col une grande croix en argent, richement chargée de reliques qu'il avait acquises pendant ses longs voyages ; et lorsqu'il quitta la ville éternelle le Souverain-Pontife lui avait, par un brevet spécial, donné pouvoir d'absoudre tons les péchés sans exception aucune , môme ceux réservés au Saint- Père.

ReofcigacmciU de famille, — Camapondaittee d« Père Fraaçoi» Weber loi même. — Lettre de faire part du provincial des Jéraitea, à Gand. — Etat civil de la commaae de Gcesdorf.

WEHR, Jean, dit de, du lieu de sa naissance dans la commune moderne de Palzem , Luxembourg prussien , a vécu pendant la première moitié du dix-septième siècle.

Jean de Wehr , né de parents très pauvres, se trouvait réduit à garder les bestiaux dit-on, ou à servir comme domestique, lorsqu'il s'amouracha d'une fille d'un riche cultivateur dont la main lui fut refusée à cause de sa misère. Anéanti par ce mal* heur il alla s'enrôler à Luxembourg dans l'armée espagnole qui y était alors en garnison ; et par sa conduite ainsi que par sa bravoure sur le champ de bataille il monta rapidement de grade en grade jusqu'à celui de général de cavalerie. La * tradition l'apporte que, se trouvant un jour à Luxembourg il lui prit fantaisie de revoir son ancienne bonne amie , cette fille qui n'avait pas voulu l'accepter pour son époux alors qu'encore il n'était couvert que de haillons : il alla à Wehr avec ses aides-de-camp et une suite aussi nombreuse que brillante , et fit appeler cette femme qui avait entretemps été mariée à un autre et avait eu le malheur de devenir pauvre à son tour. Elle se présenta devant le général sans le reconnaître, toute tremblante parce qu'elle ne pouvait savoir ce qu'on lui voulait. Qu'alors Jean de Wehr lui aurait demandé si elle ne connaissait plus en lui son ancien amant Jean , dont elle avait méprisé les hommages? et qu'en même temps il lui coula dans la main un rouleau de pièces d'or. Que cette pauvre femme, tout ébahie en voyant tant d'or et le riche uniforme de celui qui l'avait autrefois si sincèrement aimée , se serait écriée : qui aurait pu le prévoir ?

Tout ce qui précède ne repose que sur une tradition constante qui s'est perpétuée dans Je village de Wehr et les environs. Cette tradition, qui a nécessairement un fondement historique, a fait soupçonner à H. le curé Schammel de Palzem que ce

Jean de Wehr ne serait antre que le fameux Jean dit aujourd'hui généralement de Werth que les biographes des Pays- Bas font naître dans un village belge.

Cette idée, qui n'a pas été publiée jusqu'ici, acquiert une immense vraisemblance, même presqu'uue certitude historique par les titres authentiques que, suivant M. le curé Schammel , la famille Wellenstein d'Ehnen posséderait sur le véritable Jean de Wehr dans le Luxembourg prussien, titres dans lesquels ce nom serait écrit tantôt Wehr, tantôt Werth ou Werdt.

À cette époque ou Ton se dénommait généralement de son endroit natal et où l'orthographie fixe des noms patronymiques était si peu connue , la confusion devenait facile ; et ce surtout , comme cela arrive même souvent encore de nos jours, parce que celui qui, né dans une classe infime parvenait à de hautes dignités, pensait avoir intérêt à cacher l'humilité de son origine.

Quoiqu'il en soit, Jean de Wehr, s'il est différent de Jean de Werth des biographies hollandaises, florissait dans toute sa gloire à la même époque que ce dernier, c'est-à-dire entre 1638 et 1645; tous deux étaient nés pauvres ; tous deux s'enrôlèrent par dépit; tous deux servirent d'abord l'Espagne (l'empire) puis la Bavière; tous deux enfin furent anoblis.

Et nous ferons même observer subsidiairement que la ville de Weert en Gueldre, où les biographes font naître leur Jean de Werth , nous paraît placée bien trop loin des possessions espagnoles d'alors, pour permettre au jeune Jean d'avoir pu facilement exécuter sou cotkp de tête en s'enrôlant dans l'armée espagnole-impériale. Bien des vraisemblances militent ainsi en faveur de la tradition bi-séculaire et constante de l'ancien village luxembourgeois de Wehr pour revendiquer l'honneur d'avoir donné le jour à ce général célèbre.

S'il fallait donc rapporter a notre Jean de Wehr les faits et gestes qui sont généralement attribués à Jean de Werth en faisant de ce personnage unique deux

individualités, nous ajouterions pour compléter son article, que: né en 1594 il servit d'abord et jusqu'en 1631 dans l'armée impériale; qu'il entra ensuite dans celle de Bavière avec le grade de colonel ; qu'il se distingua infiniment dans la guerre dite de trente ans que la maison d'Autriche soutenait à cette époque contre les Suédois, les Français et les potentats de l'Allemagne, et qu'il eut divers succès très brillants qui le firent nommer général de cavalerie. Qu'en 1637 il prit le fort d'Ehrenbreitstein et força le duc Bernard de Saxe-Weimar de lever le siège de Kenzingen, etc. etc. Qu'après avoir ravagé la Picardie il marcha sur Paris; etc. Qu'à la fin il fut fait prisonnier près de Rheiofelden en 1638 et conduit au château de Vincennes d'où il sortit néanmoins bientôt après sur parole, à cause de ses belles manières mais surtout de sa force herculéenne ainsi que de son grand savoir boire et manger, au point que toute la haute volée de Paris voulut le voir. Qu'il récupéra définitivement sa liberté en 1642. Qu'il dégagea ensuite Rotbweil, fit dix régiments français prisonniers; et que par un nouveau dépit il prit service sous l'empereur. Qu'il se couvrit d'une nouvelle gloire pendant la campagne de 1646; que l'année suivante il rentra sous les drapeaux bavarois et se retira après la paix de Munster, en 1648, dans ses propriétés de Bohême où il est mort le 12 septembre 1652 et fut inhumé dans la chapelle du château de Benateck près de Prague, dont l'empereur lui avait fait cadeau.

Les historiens ajoutent que lorsqu'il parlait le français il conservait toujours un fort accent allemand qui du reste était sa langue maternelle; preuve de plus, s'il en fallait encore, qu'il était né allemand, non hollandais ni belge. De Feller ajoute que son amabilité était si grande et si originale qu'il devint le sujet de plusieurs vaudevilles et de chansoonettes à Paris , d'où son nom serait devenu très populaire en France pendant sa captivité,

comme précédemment il y avait été en effroi.

Jean dit de Wehrt forme une des grandes figures militaires de la guerre de trente ans qu'il a faite presque toute entière. Le 4 avril 1635 l'empereur Ferdinand II l'avait créé baron de l'Empire au port d'armes: d'argent , au lion au naturel , couronné d'or , la queue fourchue en sautoir, armé et langue de gueules.

Le 10 juillet 1647 Ferdinand III le créa comte.

Marié trois fois, d'abord à Gertrude de Gand ; ensuite en 1636 , à Cologne , à Marie-Isabelle comtesse de Spaur , morte en 1647 ; enfin le 25 juillet 1648 à Marie- Snsanne, baronne de Kuffstein. Sa première union seule lui donna un fils , mort jeune , et une fille.

François Binder , son biographe populaire fait le portrait suivant du cavalier noir; c'est ainsi qu'il nomme le héros:

Aucun général de la guerre de trente ans n'a, pendant le second stade de ce drame sanglant exécuté avec succès autant d'actes de bravoure que Jean de Wehrt, et peu d'entre eux n'ont comme lui transmis à la postérité leur nom dans des chants patriotiques. Toute sa vie fut remplie d'aventures et d'agitations comme l'époque pendant laquelle il fut sur la scène : aussi chaque page de l'Histoire contemporaine porte-t-elle la mention de ce favori du sort qui ne dut toute sa gloire qu'à lui seul. Admiré d'abord par ses courses en guérillas, fabuleusement rapides et faites en sousordre 9 il commença après la journée de Nœrdliogj n à laquelle il prit une glorieuse part , à briller dans une auréole indépendante ; et son apparition, soudaine comme le vent , en France oh il s'en fallut peu qu'il ne fit le roi lui-même prisonnier; sa chasse en avant de Paris; sa course comme partisan contre les Hessois devant Ehrenbreitstein; la prise de cette forteresse; ses combats heureux contre le duc Bernard devant Wittenweier; l'escalade des retranchements ennemis sur le Rhin ; son héroïsme près de Rheinfelden; sa

détention en France, devenue célèbre; la prise du camp de Tutllingen ; sa noble audace même pendant les batailles oii le sort se montrait contraire ; la célérité d'action qu'il montra près de Herbsthausen oh il décida la victoire ; la délivrance de l'empereur pendant une surprise tentée contre celui-ci au milieu de la nuit ; enfin l'heureuse chasse qu'il fit aux généraux ennemis près de Dachau, tous ces faits sont de brillants joyaux pour orner la vie de Wehrt, et qui ont procuré l'immortalité à son nom dans l'Histoire.

Notes et renseignements fournis par M. Scdammix, curé à Palsem- Wchr. — Di Fkllbi , Dictionn. histor. VI, 838. — Les Délices des Pays-Bas, I, 5821. — Moatai, Suppléa». 111,1013.— Conversations- Lexicon, édif. 1856 et 1881. -Jean deWcrth, der Kcitergeneral; Ton Faanz Biffait*. Schaffaaascn , 1886.

WEIDERT, ou Weydert, François, Jésuite , théologien et confesseur de l'Electeur de Cologne , est mort à Luxembourg, en 1743.

BSBTHOLKT, VIII, 197.

WEIMER, George et Antoine, étaient vraisemblablement frères, ou peut-être oncle et neveu.

Ils entrèrent l'un et l'autre dans la compagnie de Jésus. George, que nous avons lieu de croire le plus âgé, s'est occupé à traduire en allemand l'Histoire du Peuple de Dieu, par le jésuite Berruyer; et Antoine a fait imprimer cet ouvrage en 8 vol. in-4°, après l'avoir retouché. Ce livre, qui est sorti des presses des héritiers Chevalier de Luxembourg, en 1753, semble n'avoir jamais été mis en vente, puisqu'à la suppression des monastères l'édition entière a été trouvée en feuilles , déposée sur les combles de l'église des récollets et a été vendue en hausse publique comme maculature , à des épiciers. C'est ainsi que quelques personnes en ont pu réunir des exemplaires, auxquels tons il manque cependant les quatre dernières pages de la table chronologique ainsi que les quatre premières

du texte de la création, ensemble une feuille d'impression : Un de ces exemplaires se trouve à la Bibliothèque de Luxembourg, un second dans la nôtre et nous en avons dans le temps rencontré un troisième en vente chez un frippier. Il est possible qu'il n'en existe plus d'autres. Les auteurs de ce livre lui ont donné le titre suivant : Die Geschichten des auserwehlten Volcks-Gottes, aus gœttlicher Schrifft allein zusammen getragen. Dos ist: Eine vollslœndig und schrifftmœszige Beschreibung ailes dessen, so sich mit denen Israëliten seit der Erschaffung der Welt, bisz zur Geburt des Messias zugetragen. Erstlich in Frantzœsischer Sprach verfasset durch P. Isaac-Joseph Berruyer der Gesellschafft Jesu Priestern; Nachgehends durch Weil. P. Georg Weimer, erstgedachter Gesellschafft Priestern in dos Hoch-Teutsche uebersetzt. Anjetzo aber mit mœglichstem Fleisz uebersehen, und in Druck verfertiget herausz gegeben durch P. Anton. Weimer, erwœhnter Gesellschafft Priestern. Lutzemburg, In Verlag der Erben des seel. Andreœ Chevalier. Ihro Kayserl. und Kœnigl. Maj. Buchdrucker.

1763. Mit Privilegio Ihro Rœmisch. Kayserlich- und Kœniglichen Majestœt und Erlaubnus der Obern.

Si nous admettons que les deux pères Weimer ont été luxembourgeois, c'est bien parce que ce nom existe encore dans le Luxembourg où une famille Ta changé en Wemmer ; et que les héritiers Chevalier, de la même ville 9 ont été chargés d'imprimer cette œuvre. Il parait du reste qu'Antoine Weimer résidait à Nancy, en 1753, puisque son épitre dédicatoire à Madame Elisabeth-Auguste de Sultzbach, comtesse palatine du Rhin , duchesse de Bavière , Juliers et Clèves , Marquise de Berg-op-Zoom , comtesse de Veldentz, Sponheim et Ravénsberg, est datée de cette ville. A la même époque Georges Weimer était mort, comme le titre même de l'ouvrage l'indique.

Clame*, CaUl. Bibl. Lnxbrg., 84. — Renseigne* mente fournis. — I/ouyrage cité dans le texte.

WELLENSTEIN, Nicolas, néàEhoeo, aujourd'hui commune de Wormeldange, le 16 décembre 1700 , fils de Jean-Guillaume Wellenstein et de Marguerite de Lœn , est décédé au même endroit, le 24 juillet 1771.

Député aux Etats du Duché de Luxembourg et Ecoutête dans les seigneuries luxembourgeoises du chapitre de l'Eglise métropolitaine de Trêves, Nicolas Wellenstein fut parmi ses contemporains un homme distingué et important, souvent consulté par le Gouvernement. Il jouissait dans les Conseils du Pays d'une confiance et d'une influence méritées. Nicolas Wellenstein, père de Jean-Nicolas, fut l'aïeul de Nicolas Wellenstein vivant député aux anciens Etats et décédé Juge de paix du canton de Remich ; et bis-aïeul de Mr Mathias Wellenstein deDreyborn, actuellement Conseiller honoraire de la Cour supérieure de Justice du Grand-Duché, et Conseiller d'Etat, ainsi que des frères de ce dernier.

D'après des notes communiquée!. — Archives 4e la famille. — Archives des anciens Etats.

WELTER, Jean-Joseph, est né à Rédange, aujourd'hui village français près de Belvaux, le 3 mai 1763. Nous ne savons rien sur sa jeunesse qu'il passa vraisemblablement dans la maison paternelle. Plus tard il se rendit à Paris où il se mit, diton, au service comme valet de chambre chez un monsieur qui s'occupait de sciences naturelles et de chimie. C'est là que se décida chez Welter un goût prononcé pour l'étude, goût qu'il sut mettre à profit pendant ses heures de loisir, en se servant des livres de la bibliothèque de son maître; et il eut bientôt fait des. progrès asseft marqués pour pouvoir former le projet de suivre les leçons publiques à l'écol* des sciences : il en demanda la permission à son maître et elle lui fut accordée. Au bout d'une année environ il s'était déjà fait remarquer par le professeur de chimie qui lui proposa la place de préparateur de son cours. Welter qui vit

dans cette offre une excellente occasion pour parvenir à une parfaite connaissance de sa branche favorite, accepta avec empressement ; et de ce jour commença véritablement pour lui une vie nouvelle qu'il devait consacrer uniquement à l'avancement des connaissances humaines.

L'aménité de son caractère, sa sagacité dans la manipulation et son intelligence à suivre comme à analyser les expériences de cette science qui était encore à son berceau , firent bientôt naître entre lui et le célèbre Thenard une amitié qui devait produire les plus heureux résultats. En effet, ce que le professeur ne faisait souvent que soupçonner dans les propriétés des substances soumises à ses études, le préparateur le vérifiait avec soin et le faisait consigner dans les annales des conquêtes de Fart chimique. Ses études lui firent en outre faire des découvertes importantes, telle que la vertu de la solution de chlorure de chaux pour servir au blanchiement de la toile, etc. Mais Welter était trop modeste pour accepter pour siennes les conquêtes qu'il faisait; il se contenta toujours de les indiquer à d'autres qui à leur tour eurent de lui la permission de les publier, mais avec défense expresse de nommer le véritable inventeur. C'est ainsi que Thenard et Gay-Lussac durent réellement une partie de leur réputation à Welter ; et encore aujourd'hui ces circonstances seraient ignorées si la reconnaissance n'avait obligé ces habiles professeurs à les révéler malgré la défense qui semblait les lier au secret.

Welter était aussi charitable et aussi serviable que modeste ; et il ne fut jamais plus heureux que lorsqu'il pouvait montrer aux industriels ses procédés nouveaux.

Il est mort célibataire , à Paris , le 6 juillet 1852, à l'âge de 89 ans. Ses mérites l'avaient fait décorer de l'étoile de la Légion d'honneur et de la croix de l'ordre luxembourgeois de la couronne de chêne.

Notes 4e famille. — Souvenirs personnels. — Les œuvres de Gay-Lussac et de Thehas», etc.— Annales de Chimie et de Physiqne.

WELTER, Théodore-Henri, fils de Henri Welter, régisseur du haut-fourneau dit de Montauban près de Buzenol , au canton moderne d'Etalle , et de Marie Picard, est né le 5 août 1750, au dit fourneau de Montauban. Il avait un frère , religieux profès des écoliers à Houfialize, et deux sœurs, également religieuses h la Congrégation de Longwy. Son autre frère s'est marié.

Après avoir fait de bonnes études, Théodore-Henri Welter fut ordiné et ensuite nommé curé à Eschdorf en 1777.

En 1784 il fut transféré à Ethe-Belmont. C'est dans cette dernière cure qu'il fut témoin des excès commis par les troupes françaises pendant l'envahissement du Luxembourg, vers 1793 — 94, et assista à l'incendie de son village ainsi qu'à la lacération d'une infinité de titres historiques et de famille qu'il avait en dépôt chez lui. Après ces désastres , et lorsque la tranquillité fut revenue il crut faire une œuvre patriotique en réunissant et en transcrivant en un gros registre qui est. resté manuscrit, tous les renseignements généalogiques qu'il a pu recueillir sur les familles nobles du Pays. Ces fragments , qui sont devenus très-importants après la perte des titres originaux , le bon curé les a fait précéder d'une espèce de préface dans laquelle nous remarquons le passage suivant qui est caractéristique: «Un curé (c'est fauteur lui- «méme), qui a vu avec peine brûler «publiquement en 1796 les titres du «siège des Nobles et les archives des «Trois-Etats de la province , déchirer les « papiers des Maisons religieuses et d'une «quantité de familles nobles, détruire les « mausolées et les épitaphes de leurs an- «cétres, soustraire tout ce qui respirait « l'antiquité , etc. , croit rendre service à «la postérité en lui conservant des ren- « seignements manuscrits sur les anciennes « familles du pays , renseignements aux- «quels on pourra en cas de besoin «avoir recours dans la suite, et qui «pourront indiquer à ceux des générale tions à venir qui seraient dans le cas

« de faire quelques recherches généaloa giques, la route à suivre pour déterrer «ce que la nécessité pourrait leur faire «rechercher. Pour conserver ce dépôt aux «générations suivantes , il a eu recours «à . diverses familles pour développer « clairement ce qui les concernait. Il n'a « demandé que le simple historique de ce «qui leur était relatif. On s'est em- « pressé de toutes parts à communiquer « amicalement ce qui était relatif k leurs «ancêtres. » etc.

Ce précieux registre compte 888 pages et est aujourd'hui en la possession d'un petit neveu de Fauteur , Mr le Docteur Burnotte, de Floren ville. La société archéologique du Grand-Duché de Luxembourg en possède des extraits considérables qu'elle doit à l'obligeance de Mr le chanoine Daman , de Wiltz , directeur de l'institut Marci à Chassepierre. Il a pour titre : Généalogies de différentes familles du Pays de Luxembourg.

Le curé Welter a en outre écrit un autre cahier in folio , qu'il a suscrit : Tablettes généalogiques, représentant les ancêtres paternels et maternels de plusieurs Souverains luxembourgeois.

La paroisse d'Ethe était, sur ces entrefaites, devenue trop étendue pour pouvoir être convenablement régie par le curé Welter qui était avancé en âge et voyait ses forces diminuer : Il demanda en conséquence et obtint celle de Chénois près de St. Mard , ou il est mort vers Tannée 1822, regretté pour ses connaissances et pour la douceur évangélique qu'il avait constamment mise pendant près d'un demi siècle à diriger ses ouailles vers le salut.

Le curé Welter dit Fr. L. de Hontheim , était un homme rempli de science, versé dans la langue grecque, un appui de la foi et aurait convenu pour évêque.

Il avait sauvé , lors du sac de l'abbaye d'Orval, un livre d'heures qui avait appartenu à Wenceslas Ier , duc de Luxembourg. Sur la fin de sa vie il en fit cadeau à M. Dutreux-Boch , receveur-général du

Grand-Duché. Ce dernier a fait hommage du précieux manuscrit au Roi Guillaume I.

Renseignements communiqués.— Les manuscrits cités dans le texte.

Weydert, François; t. WEIDERT, François.

WEYDERT, Jean-Baptiste* fils de Michel Weydert, propriétaire de Weyderterhof , près de Larochette , et de Catherine Atem, est né au dit Weydershof, le 5 décembre 1753. Lorsqu'il eut achevé ses humanités au collège de Luxembourg il passa au séminaire de Trêves où il fut ordiné en 1777 , à l'âge de 23 ans, par l'archevêque Clément - Wenceslas , après avoir obtenu le bonnet de Docteur en théologie à l'université de la même ville.

II fut d'abord après son ordination nommé vicaire à Nommera, pois quelques temps après desservant à Dockendorf ou il se trouvait à l'époque de la conquête du pays par les armées républicaines qui abolirent, comme on sait, l'exercice public du culte par les prêtres non assermentés. Le curé Weydert , auquel sa conscience ne permettait pas de prêter ce serment blasphémateur , se crut en devoir de résigner sa paroisse et de vivre en homme privé, de manière à rester ignoré des sans-culottes , se contentant de dire la messe en cachette.

Pour mieux masquer son véritable état, il demanda même et obtint la place de juge de paix dans la commune qu'il habitait, sans être reconnu comme prêtre réfractaire par les agents du pouvoir exécutif comme sans être dénoncé par ses paroissiens qui l'aimaient tous comme un véritable père. Cette situation pour le curé Weydert dura jusqu'au concordat, après la conclusion duquel l'évêque de Metz, Pierre-François Bienaymé le fit passer à la cure primaire de Wiltz , par nomination du 7 novembre 1803. Il en prit possession le 27 du même mois et, pendant vingt-neuf ans qu'il dirigea cette vaste paroisse, il sut se faire chérir par

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