‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 15 sur 61 · SS · texte numérisé non relu

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ses ouailles comme à Dockendorf: car, non coûtent de leur prêcher la parole évangélique , il ne cessa pas un seul instant de mettre en pratique les leçons qu'il donnait du haut de la chaire. Le dernier acte de sa vie fut même encore un bienfait pour ses chers Wiltzois , car c'est ainsi qu'il les nommait : il leur abandonna toute sa fortune, par testament olographe du 1er décembre 1831.

Dans cet acte, vrai modèle d'amour et de charité chrétienne , il légua : 1° un capital de 1 500 francs , pour les intérêts à en provenir servir à rémunérer par parts égales, le vicaire de Wiltz et celui de Niederwiltz , qu'il chargea de donner une instruction dominicale à la jeunesse de la paroisse, en expliquant tous les dimanches après les vêpres, un chapitre de l'ouvrage de Chrétien Sturm , intitulé: « Betrachtungen ûber die « Werke Gottes im Reiche der Natur» , ouvrage qui a obtenu l'honneur d'une traduction française sous le titre de : Considérations sur les œuvres de Dieu dans le règne de la nature et de la providence, et dont il laissa un exemplaire déposé au presbytère. Il ajouta que: à défaut de consentir à cette charge, le dit capital et les intérêts à en provenir appartiendront à l'hospice des pauvres de Wiltz.

Pour établir ici cette disposition sans qu'on puisse y opposer une objection quelconque, nous rapporterons le texte même

du testament : « 6l*"\ Verordne ich

« zum Unterricht der Jugend ein Kapital «von fuenfzehn hundert Franken (708 fis. «70 cts. P-B.) welche von den Herrn «Executoren auf gute und sichere Hypo- « thecken zum jœhrlichen Interesse sollen « ausgestellt werden zum Nutzen der zeit- « lichen Herrn Vicarien von Wiltz ùnd «Niederwiltz. Dafuer sollen dièse Herrn « mit halbscheidlicher Theilung der Inte- « ressen gehalten seyn unter der Aufeicht «und Richtung des Herrn Pastors von «Wiltz, jede Sonntage des Jahres, die « vier Hauptfeste und jenes der HH. Àpos- «tetn Petrus und Paulus Tages der hie- « sigen Kirchweihe ausgenommen, die Ju-

«gend der Pfarrei nach der Vesper zu «versammeln, und selbe gehœrig in der « Christlichen Lehre und guten Shten za « unterrichten. Jedesmal sollen auch dièse « Herrn beim Beschlusz des Christlichen « Unterrichts der Jugend dem Monate und « der Zeit nach, ein Kapitel ans Christians « Sturms Betrachtungen ueber die Wercke « Gottes im Reiche der Natur, wovôn ich « ein Exemplar zurueck lasse, verstsndlich «vorlesen und kuertzlich erklœren, um «sich selbst zu ueben und der Jugend «Kenntnisz der Natur und der Wercke «Gottes zur Liebe der Religion beizu- « bringen. Wegen dieser Zulage, welche « sie besonders verdienen, soll den Herrn «Vicarien ihr gewœhnliches Gehalt im « geringsten nicht vermindert werden. Soil- « ten auch dièse Herrn sich nicht gefallen «lassen dièse Zulage mit den gemelten « Bedingnissen anzunehmen, so soll obiges « Kapital mit den Interessen dem hiesigen « Hospital zu nutzen der Armen zu fallen.»

Le même testament renferme en outre les libéralités suivantes: 2° Un capital de pareille somme (1500 francs) est donné, pour les intérêts à un provenir servir à habiller annuellement quatre élèves pauvres, les plus méritants des écoles de Wiltz, en guise de prix.

3° La somme nécessaire pour la fon* dation d'un simple anniversaire pour le repos de l'âme du testateur. — Cette dépense s'est élevée à 298 frs., 41 centimes.

4° La somme de 7134 francs, surplus de sa fortune a été donnée au bureau de bienfaisance de la commune.

Ainsi, ce digne prêtre a fait aux pauvres de sa paroisse une libéralité de dix mille quatre cent et trente -deux francs; c'està-dire qu'il leur a donné tout ce qu'il possédait encore ; ayant, déjà pendant sa vie, soulagé bien des misères secrètes.

Le curé Weydert s'est en outre rendu recommandable par les soins qu'il a mis à introduire à Wiltz et dans les environs la culture des arbres fruitiers, culture qui était jusque là restée tout-a-fait négligée sous ce climat ardennais.

Homme du monde, savant, prudent et

affable en société, autant qu'il était prêtre éclairé, tolérant et zélé, sa connaissance était ardemment recherchée et cultivée par les petits et les grands ; et il n'a dépendu que de lui d'obtenir le rochet de chanoine à Metz; Ton va même jusqu'à ajouter, sur la foi de lettres qui ont été trouvées parmi ses papiers et qui avaient été conservées par Mr le juge de paix Faber (v. son art.) , que l'évéché de Namur lui aurait été offert de la part du roi Guillaume Ier, et qu'il aurait décliné cet honneur.

Jean-Baptiste Weydert est mort le 29 mai 1832, à l'âge de 78 ans et quelques mois. La reconnaissance publiqne lui a élevé un monument en marbre qui porte l'inscription suivante :

DlB PFABRKUtDER BESCHUKTZER

WlLTZ DER SCHULE

zum Andbnken h B. WEYDERT und ihres wcbrdigen woblthjbtbr

Pastors des Hospitals.

Er starb beweint von seiner Herde, den 29 May 1832, in seinem 80taB Le-

BENSJAHRE. FrIEDE SEINER AsCHE.

ArcMies communales de WilU. — Notei et mb- Tenirs comma niques. — Archives du Bureau de Bienfaisance. — Titres originaux de J. B. Weydert.

Weyler , Barthélémy de; v. BARTHÉ- LÉMY, dit de Weyler .

WILLEHAD , quoiqu'étranger au Luxembourg par sa naissance et par son origine, appartient cependant à la Biographie de ce pays à cause du séjour que pendant sa persécution il fit à l'abbaye d'Editer- Bach, sous l'abbé Beonrad (v. son art.).

Né dans le royaume deNorthumberland pendant le huitième siècle, Willehad fut élevé dès son enfance dans les lettres et la piété, Son humilité, son amour pour la prière , l'austérité de sa vie , lui méritèrent l'honneur du sacerdoce. Lorsqu'il considérait les travaux apostoliques de plusieurs de ses compatriotes qui avaient suivi St. Willibrorde dans la Frise et St. Boniface ea Allemagne, Willehad se reprochait souvent son inaction et se sen-

tait enflammé d'un ardent désir d'aller prêcher l'Evangile aux peuples barbares qui étaient encore plongés dans les ténèbres du paganisme. Son zèle ayant été approuvé par ses supérieurs on lui permit de poursuivre sa vocation.

Il s'embarqua en conséquence vers l'année 772 et vint aborder en Frise. Il commença sa mission à Dockum , près dn lieu où Saint Boniface et ses compagnons avaient été martyrisés dix-huit ans auparavant. Plus heureux que ces derniers, Willehad réussit à faire écouter ses instructions, à en convertir plusieurs et à leur administrer le baptême.

De la il passa l'Yssel et dirigea sa route vers le pays nommé de nos jours Ower- Yssel , ou les habitants d'un village nommé Humarck tentèrent de le faire périr Ici et ses compagnons ; mais il échappa à ce danger et alla prêcher dans la province de Drenthe où il opéra un grand nombre de conversions : Quelques-uns de ses disciples s'étant, peut-être par un excès de zèle, mis en devoir de démolir les temples des idoles de ces peuples , ceux-ci en furent si irrités qu'ils voulurent massacrer tous les missionnaires. Un de ces hommes déchargea même sur Willehad un violent coup de sabre qui lui aurait fendu la tète, si l'instrument meurtrier , en touchant un cordon qui retenait une boite de reliques que l'apôtre portait pendue au col , n'avait pas perdu son fil. Les idolâtres surpris de cette circonstance conçurent une si grande vénération pour Willehad, qu'ils oe pensèrent plus à le maltraiter , ni lui ni les siens. Il se rendit de là dans la contrée ou se trouve actuellement placée la ville de Brème et fut ainsi le premier missionnaire qui passa l'Elbe ; il y prêcha pendant sept ans l'Evangile aux différentes tribus des Saxons. Mais au bout de ce temps sa mission fut interrompue par la révolte de ce peuple contre l'autorité de Charlemagne (782).

Afin d'échapper aux massacres qui accompagnèrent cette levée de boucliers, Willehad s'embarqua pour la Frise; et

de là il fit un yoyage à Rome , dans le dessein de faire connaître au pape Adrien les progrès qu'il avait faits dans ses travaux apostoliques. Le Souverain Pontife le reçut honorablement et l'envoya en France, d'où y en attendant la fin de la guerre , il se retira dans le monastère d'Echteroach, chez son parent , l'abbé Beonrad. Il y demeura deux ans qu'il employa à composer plusieurs commentaires sur l'Évangile, les épftres de St. Paul , etc. , que par reconnaissance il laissa à l'abbaye qui les avait soigneusement conservés jusqu'à sa suppression : Il parait qu'ils ont été perdus depuis.

Witikind , le chef des révoltés ayant reçu le baptême , et la paix étant rétablie dans cette province, Willehad rassembla ses compagnons et y retourna. Charlemagne lui permit de fixer sa demeure dans le Wigmore , entre l'Elbe et le Wéser.

Comme il établissait tous les jours de nouvelles églises, il fut enfin sacré évéque des Saxons , le 15 juillet 787 , et fixa en 788 sa résidence à Brème que l'on croit avoir été fondée vers ce temps là.

Après son sacre, cet apôtre de l'Évangile se sentit animé d'une nouvelle ardeur pour le salut des âmes et pour sa propre perfection. Il ne vivait que de pain , de miel , d'herbes et de fruits ; cependant sa santé s'étant considérablement dérangée par ce régime austère , le pape Adrien lui commanda de manger un peu de poisson.

Il s'était interdit l'usage de toute liqueur enivrante et disait tous les jours la messe, à moins qu'il ne lui survînt quelqu'empêchement extraordinaire. La lecture des livres saints et la méditation faisaient ses délices. Il avait coutume de réciter chaque jour le psautier tout entier, et souvent même plusieurs fois par jour. Il dédia, sous l'invocation de St. Pierre , sa cathédrale qu'il fit bâtir à Brème. Même dans sa vieillesse on ne put lui faire interrompre ses fonctions , ni l'engager à modérer son zèle pour la mortification. Pendant qu'il était au lit de la mort un de ses disciples lui dit en pleurant: N'aban-

donnez pas si tôt votre troupeau , vous le laisseriez exposé à la fureur des loups. Eh quoi, répondit le prélat, vous voulez m'empécher d'aller à Dieu! Je recommande mon troupeau à celui qui m'en a confié la garde, et qui par sa miséricorde pourra le défendre. Il mourut dans un village frison nommé alors Blekenzée, aujourd'hui Plexem. On rapporta son corps à Brème et on l'inhuma dans la cathédrale. Il fut missionnaire pendant trente-cinq ans et évêque pendant deux ans trois mois et vingt-six jours ; il est mort ainsi le 16 octobre 789. St. Auchaire, son troisième successeur et premier archevêque de Hambourg l'inscrivit au catalogue des saints, par l'autorité du siège apostolique. Le même prélat a aussi écrit sa vie que Mabiilon a publiée dans les Annales de l'Ordre St. Bénott.

Godescab», Yicf des Pères, des Martyrs et des principaux Saints; XI, 59, sqq. — Michil, Catalogue des abbés d'Echteraach , 6. — Usants, itti.

— v. STRAMSEaG, Metropolis Ecclesise Trader. I, 5S4.

— Coo»Tiii, Encyclopédie moderne , XXIV, 179.— Biographie universelle, L, 874.

W ILLIBRORDE , St. , dit aussi Saint Clèment-Willibrorde , est né en 657 ou 658 dans le royaume de Northumberland.

Son père, Wilgis, qui appartenait à une famille noble d'origine anglo-saxonne, était très pieux et mérita plus tard d'être également inscrit au catalogue des saints.

Le jeune Willibrorde n'avait pas encore atteint sa septième année lorsque ses parents renvoyèrent au monastère de Rippoa où ils le confièrent à la direction de St. Wilfrid sous lequel il croissait en vertu et en science, tellement qu'on a dit de lui : que personne ne fut plus gai que lui, plus serviable, plus obéissant ni plus assidu à l'étude. Il faisait des progrès si rapides dans le chemin de la vertu qu'il eut bientôt dépassé de beaucoup ses compagnons par ses manières élevées et par la gravité de son sérieux, au point que lorsqu'on l'observait de près on ne pouvait assez admirer son esprit, malgré son âge encore si tendre et la délicatesse de son corps.

La direction qui avait été donnée à son éducation lui inspira bientôt le désir de recevoir l'habit religieux dans l'abbaye de Rippon même. Il avait vingt ans et avait déjà obtenu la tonsure cléricale lorsqu'il conçut le désir de passer en Irlande, attiré par l'exemple et la réputation de St. Egbert de même que du vénérable Wigibert qui s'y étaient volontairement relégués afin de jouir de l'avantage d'une tranquille solitude. Lorsque son abbé lui eut permis de faire ce voyage, Willibrorde s'y rendit. Il y était depuis dix ans, qu'il avait passés dans l'étude, la prière et la pratique de toutes les vertus monastiques, lorsque le vénérable abbé Egbert, après s'être assuré de sa vocation , lui fit administrer le sacrement de la prêtrise : Willibrorde avait alors trente ans d'âge.

Depuis son ordination il arrêta le projet d'aller prêcher la foi aux Frisons, malgré les dangers qui devaient être attachés à cette mission apostolique. Egbert, qui avait déjà eu le même dessein mais qui avait été empêché dans son exécution par des obstacles insurmontables, en nourrissait toujours l'espoir et était même occupé à y donner suite en envoyant d'autres apôtres dans ce pays, lorsque Willibrorde lui fit part de son intention. Il approuva cette résolution avec empressement, parce qu'il connaissait son zèle et son habileté ; lai adjoignit onze compagnons vertueux, les accompagna jusqu'à leur vaisseau et les laissa partir après leur avoir donné sa bénédiction.

Willibrorde aborda avec les siens à Catwyck, en l'année 690 ou 691. De là ils se rendirent à Utrecht: Les Frisons habitaient, comme on sait, une grande étendue de terres au bord de la mer du nord , entre l'Escaut et le Wéser. Pépin de Herstal venait de les vaincre avec leur roi Radbod, et avait réuni une partie de leurs possessions à la domination francke. Willibrorde alla d'abord trouver Pépin qui le reçut avec bonté et s'empressa de lui permettre de prêcher l'Évangile dans cette partie de la Frise qu'il avait conquise; il

lui promit en outre de le soutenir dans son entreprise. Dès que le saint apôtre connut les intentions favorables du Maire du Palais il se crut en devoir d'aller à Rome demander au Souverain -Pontife l'autorisation d'enseigner le Christianisme aux peuples idolâtres. Après que le Pape Serge qui occupait alors le siège de Saint- Pierre se fut assuré de son zèle et de sa sainteté, il lui accorda les pouvoirs les plus étendus et lui donna en outre des reliques destinées aux églises qu'il pourrait fonder.

Dès qu'il eut atteint le but de son voyage Willibrorde se hâta de retourner auprès de ses compagnons qu'il avait laissés en Frise. Il chargea Swibert, l'un d'eux, d'aller convertir les Boructes, tandis que lui, avec ses dix autres missionnaires, s'occupèrent à la prédication dans la portion de la Frise qui était soumise au sceptre du roi franck. Au bout de dix ans, c'està-dire en 696, le nombre des convertis se trouva si considérable dans ces parages, que du consentement des évoques voisins, Pépin envoya derechef Willibrorde à Rome avec des lettres de recommandation dans lesquelles il suppliait très instamment le Saint-Père de l'élever à l'épiscopat. Le Pape le reçut avec bonté , et ayant pris connaissance de la demande dont il était porteur , il ne fit aucune difficulté pour lui donner l'onction épiscopale , malgré les protestations du Saint, disent les légendaires , parce que par humilité il voulait refuser cet honneur, engageant le Saint- Père à le conférer à un autre qui fût plus digne. Mais comme le Pape insista , Willibrorde finit par y consentir , par obéissance, et à cette occasion le Vicaire de Jésus-Christ changea son nom Willibrorde en celui de Clément. La cérémonie de sa consécration se fit dans l'église de St. Pierre même : Willibrorde avait alors 39 ans. Il obtint en même temps le pallium et le titre d'archevêque, avec permission d'établir son siège dans tel endroit du Pay* de Frise où il le jugerait convenable. Il partit ensuite de Rome, après un séjour

de quinze jours, retourna en Frise et se fixa à Utrecht où Pépin lui donna pour sa demeure le château royal de Vitalbourg. Il bftiit dans cette Tille l'église de Saint- Sauveur qu'H érigea en cathédrale. 11 reconstruisit aussi et rebénit sous l'invocation de St.-Martin l'ancienne église de St.- Thomas , primitivement élevée par le roi Dagobert à la prière de St. Wîlfried , et qui avait été ruinée par les idolâtres: c'est cette dernière église qui devint plus lard la cathédrale. Le prélat y ajouta un chapitre de chanoines qui célébraient en même temps les offices h Saint-Sauveur pendant l'absence de l'archevêque et de ses compagnons ; et il y ajouta également des écoles.

L'onction épiscopale semblait avoir multiplié le zèle de notre apôtre. En effet, non content d'avoir répandu la lumière évangélique en Friesland il brûlait du désir de parcourir également l'Austrasie pour eu gagner les peuples à la foi du Christ. Deux ans après sa consécration, ainsi en 698 , il fit un voyage à Trêves dans le dessein de fonder dans les environs de cette viHe un monastère ou il pût ter-* rainer ses jours dans la solitude et le repos de la contemplation. Saint Basin était pour lors archevêque de ce dernier diocèse. Ce prélat qui estimait infiniment Willibrorde, le reçut avec joie et apprit de lui avec un sensible plaisir qu'il avait choisi un endroit dans la vallée de la Sûre pour s'y installer. Une vierge vertueuse , nommée Irmine, fille du roi Dagobert II, vint heureusement au-devant des désirs de notre Saint : elle possédait des biens considérables au lieu dit de nos jours Echternach, et elle les donna généreusement à l'archevêque d'Utrecht, de manière qu'il ne se trouva plus arrêté pour exécuter son pieux dessein. Cette dame fit même plus, elle avait depuis peu fait construire dans cette localité un couvent pour y recevoir les voyageurs et les pèlerins (acte du 1" novembre 698) ; dès qu'elle eut connaissance des intentions de Willibrorde elle hri en céda le fonds avec les édifices qui

étaient déjà achevés : les historiens prétendent que l'archevêque Lutwin (v. son art.) , qui succéda à St. Basin , avait porté Irmine à cette grandiose libéralité à laquelle Pépin avec son épouse Plectrude vinrent en ajouter d'autres encore. Tels furent les commencements de la riche et célèbre abbaye d'Echternach.

Lorsque Willibrorde vit la fondation de son monastère assurée , et que d'ailleurs l'état de son diocèse d'Utrecht était satisfaisant sous le rapport de la clôture, il voulut , encore en 698 , passer dans cette partie de la Frise qui était restée soumise au roi Radbod , et qui avait continué k conserver son culte idolâtre. Dans ce dessein il vint visiter Radbod qui le reçut bien, mais ne lui permit pas d'instruire ses sujets, parce que lui-même il était encore attaché au paganisme. Nonobstant cette défense le Saint ne se mit pas moins ii prêcher; mais il quitta bientôt ce pays, parce qu'il vit que le peuple ne voulait pas l'écouter, et alla en Danemark dans l'espoir que là il réussirait plus facilement. Un prince nommé Ongent gouvernait alors cette nation: il était cruel et méchant, disent les légendes ; et ces mauvaises qualités étaient partagées par ses sujets, de sorte que leur conversion parut impossible h opérer. Lorsque le Saint évêque vit cet état des choses il s'en retourna, emmenant avec lui trente enfants du pays qu'il entreprit d'initier au christianisme après les avoir baptisés.

Pendant le trajet il s'éleva une violente tempête qui le jeta sur l'Ile de Fosite, aujourd'hui Àmeland , non loin de la côte septentrionale de la Frise. Cette lie était l'objet d'an culte particulier chez les Danois et les Frisons, parce qu'elle était dédiée au dieu Fosit. Quiconque aurait été assez osé que d'y tuer un animal qui y vivait, de manger une herbe quj y croissait ou de proférer upe seule parole en y puisant de l'eau à une fontaine , aurait passé pour un impie et nu sacrilège. Willibrorde touché de l'aveuglement de ces peuples et voulant leur montrer que

ces défenses n'étaient que le fruit d'une ignare superstition, y fit tuer quelques animaux qu'il mangea avec ses compagnons et baptisa trois enfants dans cette fontaine, en prononçant à haute voix les paroles sacramentelles usitées dans l'Eglise. Les payens qui virent ces actes , s'attendaient à le voir tomber mort, ou bien entrer en fureur, par punition de leur Dieu; mais comme rien de tout cela ne lui arriva ils s'enfuirent pleins d'admiration et allèrent raconter cet événement au Roi.

Celui-ci entra dans une grande colère et voulut venger dans le sang des missionnaires l'affront qui venait d'être fait à sop idole. II ordonna en conséquence de tirer au sort , pendant trois jours , et trois fois chaque jour dans le dessein de faire mettre à mort celui qui aurait été désigné; mais le sort ne tomba point sur Willibrorde. Cependant un de ses compagnons fut la victime de cette aveugle superstition : il fut inscrit au nombre des martyrs.

De là Willibrorde se dirigea vers l'île de Walcheren, une des principales de la Zélande, ou il trouva dans un village une idole célèbre à laquelle le peuple allait jusqu'à faire des sacrifices humains. Dès qu'il la vit il entra en colère et la renversa. Ce que voyant, le prêtre chargé de la desservir lui porta un violent coup de sabre qui , amorti par le cordon qui soutenait les reliques que le saint portait pendues au col, ne le toucha pas. Cet événement que tous prirent pour un miracle , fut cause que beaucoup d'entre les assistants se firent baptiser : Une aventure semblable , rapportée sur le compte de saint Willehad (v. son art.), pourrait peutêtre engager un critique sévère à la révoquer en doute. Quoiqu'il en soit, Willibrorde éleva ensuite au même endroit une église qu'il consacra de ses mains et qu'il soumit à l'abbaye d'Echternach.

Le roi Radbod mourut en 719, et à dater de cette époque l'Evangile eut accès dans toute la Frise.

En 720 Boniface vint trouver Willibrorde et resta avec lui pendant trois ans , après

lesquels il entreprit son voyage en Allemagne. L'historien Bède, qui était contemporain, a écrit de lui ces mots remarquables : «Willibrorde, surnommé Clément, est (tencore en vie. C'est un vénérable vieil- « lard, depuis trente ans revêtu du caractère « d'évêque , et qui attend la palme de la « vie éternelle après avoir courageusement « combattu à la guerre spirituelle. 9 Solvant Alcuin , son biographe , il avait l'extérieur agréable et plein de dignité; il était sage dans ses conseils , infatigable dans l'accomplissement de ses devoirs apostoliques et très soucieux de nourrir ainsi que de fortifier son âme par la prière, la lecture des psaumes, les veilles et les jeûnes.

Ses prédications détruisirent l'idolâtrie dans la plus grande partie de la Zélande, de la Hollande et de toutes les portions des Pays-Bas que St. Arnaud et St. Livin n'avaient pu visiter : Les Frisons, qui avaient été jusque-là un peuple sauvage, adoptèrent peu à peu des mœurs plus douces qui les rendirent dans la suite célèbres par leurs vertus et leurs connaissances.

L'archevêque Willibrorde avait atteint un âge très avancé lorsqu'il commença seulement à désirer de passer le reste de ses jours dans le repos et la retraite. Dans ce dessein il* se choisit un coadjuteur qu'il consacra lui-même évéque et auquel il remit la direction de son diocèse d'Utrecht. Pour lui il alla s'enfermer dans son abbaye d'Echternach ou il mourut pendant la nuit du 6 au 7 novembre 739, à l'âge de 81 ans. En 726 il avait fait son testament par lequel il abandonnait à son monastère tous les biens qui lui avaient . été donnés par les princes, et demanda à y trouver sa sépulture. Il fut en effet inhumé dans l'Eglise de l'abbaye, où son corps fut solennellement relevé de terre en l'année 1031, par Poppon, archevêque de Trêves et par les soins de l'abbé Humbert, pour être placé dans une belle châsse qui fut conservée sous le maître-autel jusqu'à la suppression du couvent, en 1794.

Les religieux s'étaient dispersés pendant

la nuit du 7 au 8 août de cette même année 1794, et le 13 les troupes de la république française entrèrent à Echternach. Le 7 novembre suivant, jour anniversaire de la mort dn bienheureux, les sans culottes vinrent profaner son tombeau et disperser ses ossements. Le lendemain , un pieux prêtre, Willibrorde Meyers étant entré dans le temple dévasté, recueillit avec respect ce qu'il put des reliques de son saint patron, et les remit plus tard au curé-doyen d'Echternach , nommé Mathias Coner (v.

son art.). Ce dernier les fit déposer en 1828 dans la même châsse en pierre qui les avait renfermées pendant près de onze siècles et placer sous le maître-autel de l'église paroissiale oii elles se trouvent jusqu'ici. La même église possède en outre quelques ornements sacerdotaux et le silice du Saint. L'autel portatif dont il se servait pendant ses missions est aujourd'hui déposé au trésor de l'église de Notre-Dame, à Trêves ; il était autrefois conservé à l'abbaye de Notre-Dame aux martyrs de la même ville.

Bède, Àlcuin et Theofrid (v. ce dernier article) ont écrit la vie du saint.

St. Willibrorde , dit-on , avait écrit un ouvrage intitulé : Ecclesiasticorum canonum liber; mais qui est perdu de nos jours. Swertius lui attribue en outre une Relation de set voyages*

8wBftTiof , Athenae Belgîee, 706, tq. — Guttotftu, Actft Sanctontm Belgii, VI, 50 tqqq. — GtttftCA»», Vicf detPèret, de* Martyrs et des Sainte, XI, itf à 96. — Aicviftot, Vita Beat! Ciemeatia- Willibrordi. — Biia, Vita 8li Willibrordi; Hitt. Anglie, lib. III, e. 87. — Taiorti»! ViU fieati WUUbrordi. — Baowaa, I, 550, fqq<f. — Habillon, Anaalet OrdioU ftancU Beacdieti, IV, 57». - Aa Hmtbem, Hitt. Trcvir. diploanat I, 516, 75»; ni, 979. — Mount, VI. 1059, iq. — LebenggesckSelite dca H. Clément Willibrod; Luxembourg, 1840, ia-18°. —t. 8t»am»e»g, Metropolû Eecletic Trêvere**k, I, 891, aqq. - BsmouT, in, 89, «q. 158 ad 189; 968, 990. -Oélieea dea PâTsBài, IV, 950, 968, iq. — Comma, Encyclopédie moderne, XXIV. 185, a* — Tbittob», De Viril ilinstriboa Ordialt SU. Benedicti, Lib. in, c. 157. - Biographie oniTenelle, L, 890. — Iftvnaaa, Lea auteur* Uxemboorfoeti, 8. — Burin, 186, iqqqq.

WILLMAR, Jean-Georges-Otto-Martin- Victorin-Zaccharie 9 fils de Jean-Gaspard Willmar et de Marie-Marguerite Tandel, de Welteldorff, est né à Prum, en 1763. Il passa dès sa plus tendre jeunesse dans le pays de Luxembourg et fit ses humanités an collège de la tille de ce nom. Envoyé ensuite à Louvain il suivit avec distinction le cours de philosophie en 1780 et y obtint la seconde place.

En 1783 il prit ses licences en droit et fut admis, le 13 mai de la même année, au barreau du Conseil Souverain de la Province. Comme il s'était proposé de consacrer ses talents au service de l'Etat et de solliciter dans la suite un emploi dans la magistrature, il demanda la naturalisation luxembourgeoise qui lui fut accordée par Lettres-patentes datées de Vienne, le 10 février 1791.

Sous le régime français, Willmar a rempli divers emplois dans le Luxembourg, nommé alors Département des Forêts : en l'an IV (1796) il était substitut-agent-national, et plus tard Président du tribunal criminels En 1801, Napoléon Ier le nomma sous-préfet du troisième arrondissement, ayant son siège à Bittbourg.

Après les événements de 1814, il fat, par décision du Gouvernement général en date du 4 avril 1815, nommé Conseiller directorial du Département des Forêts, et comme tel chargé des fonctions de commissaire du roi des Pays-Bas en sa qualité de Grand-Duc de Luxembourg. Le 18 octobre 1815, le roi Guillaume Ier le nomma gouverneur civil provisoire du Grand-Duché, et le 29 mai 1817, gouverneur définitif. Il conserva ces éminentes fonctions jusqu'à son décès, arrivé le 1* janvier 1831, à l'âge de 68 ans: il était aussi Conseiller d'Etat du royaume des Pays-Bas et décoré des Ordres du Lion néerlandais et de l'aigle rouge de Prusse.

Willmar avait une réputation bien méritée comme éminent jurisconsulte; les consultations que comme avocat il a données sur Je droit coutumier luxembourgeois,

sont encore aujourd'hui considérées comme des oracles. Comme administrateur il s'est montré un vrai modèle de probité, de délicatesse et de désintéressement. Dans les temps révolutionnaires de 1795 et les années suivantes il a souvent réclamé avec force contre les abus du pouvoir d'alors: sa franchise et l'indépendance de son caractère méritent même d'être citées comme exemples.

Lorsque les troubles de 1830 éclatèrent à Bruxelles, Willmar avait 68 ans. Comme il était entièrement dévoué à Guillaume Ier et à son gouvernement, ces événements firent sur lui une impression foudroyante qui produisit sur sa personne des effets d'autant plus pénibles qu'il sentait bien qu'à son âge la vigueur nécessaire pour éteindre l'incendie à son début lui manquait; et ce fut cette pensée sans doute qui abrégea sa vie , au point qu'il succomba inopinément sous une attaque d'apoplexie, à cinq heures du matin, lorsqu'encore il avait, comme de coutume, passé une partie de la nuit à travailler dans son cabinet.

Willmar avait successivement épousé deux sœurs , le 7 janvier 1787 Marie- Catherine Gras, décédée le 16 décembre 1794 ; et le 31 décembre 1795 Marie- Jeanne Gras. Du premier mariage sont nés cinq fils et une fille; du second un fils unique. La fille et dpux des fils de la première union sont morts jeunes.

Ilotes communiquées. — Archive! de l'Etat. — Hé' raorial administratif du Grand-Duché. — Almanachs du Grand-Duché. — Etat cîtîI de Luxembourg. — BiBasca, Eiflia illustrât», III, 11, i, 554, ftq. et note. — Kolts, Manuel des bourses, 361, 563, 566 iq., 370 sq.

WILLMAR , Jean - Pierre- Christine, fils aîné de J.-G.-O.-M.-V.-Z. Willmar (v. son art.) , ancien membre du Corps législatif de France , mort Conseiller d'Etat du Royaume des Pays-Bas et Gouverneur civil du Grand-Duché de Luxembourg, et de sa première épouse dame Marie- Catherine Gras, est né h Luxembourg, le 29 novembre 1790.

Admis le 28 septembre 1800 à l'é* cole polytechnique , J.-P.-€. Willmar fut promu au grade de sous-lieutenant dû génie à l'écqle d'application de Metz, le 1er octobre 1811. Nommé lieutenant le 12 février 1813 , il devint capitaine cette même année et fut fait prisonnier de gaerre à Leipzig, le 19 octobre ràvant.

Après avoir fait la campagne de 1813 en Saxe et celle de 1815 en France ou il était passé aide-de-camp du général Vandamme avec lequel il Ait près de Wawre pendant que Napoléon 1er était vaincu k Waterloo, il rentra dans sa pairie après les cent jours et fat admis dans le corps des ponts et chaussées avec le grade d'ingénieur de T classe, le 30 septembre 1817; le 4 août 1825 il fut nommé ingénieur en chef de seconde classe pour la province de Liège.

La révolution de Bruxelles de 1830 le trouva dans cette position. Passé au service de la Belgique, Willmar rentra dans la carrière militaire et fut nommé successivement lieutenant-colonel du génie, le 18 octobre 1830 et directeur-général du génie, ad intérim, le 30 du même mois. Promu au grade de colonel le 14 février 1831 , il fut nommé Directeur* général du génie le 24 mars suivant. Du 10 septembre 1831 an 10 juin 1834 it remplit souvent , interimairement les fonctions d'inspecteur-général du génie. Nommé directeur des fortifications le 10 juin 1834, il fut désigné successivement commissaire aux conférences de Zonhoven , pour l'exécution de l'article 4 du traité du 21 mai 1833 et comme membre de la commission chargée de négocier à Paris les modifications à apporter aux tarifs des douanes de Belgique et de France.

Général-major le 7 août 1836, il fat adjoint à l'inspecteur-général des fortifications et du corps du génie. Le 19 août suivant il fut chargé du portefeuille de la guerre en remplacement du général Evain, et le conserva jusqu'au 18 avril 1840.

Le 20 do même mois le Roi des Belges le nomma son aide-de-canap.

Le 24 juin 1840 le général Willmar fut nommé envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Belgique à la cour de Berlin; et en 1845 il passa en la même qualité à celle des Pays-Bas. Elevé aà grade de lieutenant-général le 0 juillet 1847, il fut placé hors de cadre le 18 décembre 1851.

Le lieutenant-général Willmar est mort à La Haye, le 28 janvier 1858, à l'âge de 68 ans.

Dans les importantes fonctions militaires, administratives et diplomatiques que JF.-P.~C. Willmar eut à remplir successivement, depuis 1830 surtout, il sut constamment se montrer directeur à la hauteur de sa réputation , comme il s'est fait un beau nom comme négociateur. Aussi ses éminents services à sa patrie adoptive furent-ils dignement récompensés par le Roi Léopold qui, par Lettrespatentes en forme, l'anoblit lui et sa descendance, et le créa baron de son nom , avec dévolution de ce dernier titre sur la tête de Faîne de ses fils.

L'acte que nous venods de mentionner présente à nos yeux une importance trop grande pour que nous ayons pu nous empêcher de le transcrire ici :

«Nous Léopold, Roi des Belges, à « tous présents et à venir salut,

« Voulant donner une marque de notre « bienveillance au Sieur Jeaa~Pierre-Chri- «stine Willmar, Commandeur dé Notre « Ordre , €rand'Croix de l'Ordre de la « branche Ernestine de la Maison de «Saie, Grand'Croix de l'Ordre de Henri «le lion de Brunswick , Grand'Croix de «l'Ordre d'Albert Tours, Commandeur «de POrdre de la Légion d'honneur, « Général-major , Notre Aide-de-camp , «Notre Envoyé extraordinaire et Ministre « plénipotentiaire près de Sa Majesté le « Roi des Pays-Bas, Grand-Duc de Luxembourg et près de Sa Majesté le Roi dé «Hanovre, Notre ancien Envoyé eitraor- « dinaire et Ministre plénipotentiaire près

a de Sa Majesté l* R<» de Prusàe , près de « Sa Majesté le &*i de Sçxe , près Leurs «Altesses Royales les Ducs régnants de « Notre Maison et près de Son Altesse «Royale le Duo de Brunswick, Notre «ancien Ministre de la guerre, ancien «membre de la Chambre des représen- « tants; filsdeJean-Georgefr-Otton-Martin- « VictorinnZaccharie et de Marie-Christim «Gras, petit-Aïs de Jean-Gaspar et de « Marie-Marguerite Tandel ; . « 11 nous a. plu par décision royale du e30 octobre de l'an 1845 de l'admettre «dans la Noblesse du royaume et de lui «conférer le titre de Baron;

« et désirant profiter de la grâce que

«Nous lui avons faite , les

«s'est retiré pardevant Noire Ministre des «affaires étrangères spécialement à ce par « Nous commis , à l'effet d'obtenir Nos «Lettres-Patentes nécessaires.

« A ces causes, considérant que de tout « temps les concessions de noblesse et de « titres ont été utilement employées, non- «seulement à récompenser les belles ac- « lions et les services rendus à l'Etat, « mais encore à en perpétuer le souvenir « dans les familles ; si est-il qu'il Nous a « plu anoblir, et par les présentes signées « de Notre main, Nous anoblissons de Notre «propre volonté, autorité royale et eonsti* « tutionnelle le Sieur Wittmar et ses des* « eendants des deux sexes nés et à naitre « en mariage légitime, avec les prédicats de « Messire et Eeuyer, lui conférons en outre «le titre de Baron transmissible à ses des* amendants mâles légitimes suivant l'ordre « de primogéniture. Voulant qu'il jouisse « de toutes les prérogatives que la Consti- «tution et les lois du royaume attachent «ou pourront attacher par la suite à là « noblesse et à la dignité de baron ; qu'il « soit inscrit en la dite qualité aux registres « ouverts à cet effet par notre Conseil hé- « raldique et qu'il y fasse dessiner ses ar- « moiries.

«Permettons aux

' « de prendre en tous lieux et en tous actes « le titre de Baron , et de porter les ar-

« moitiés de sa famille, telles qu'elles sont « décrites ci-après et figurées aux présentes, « savoir :

« Un écu parti; à dextre coupé en chef « d'azur à une fleur de lys d'or, et en pointe *<For plein; à senestre d'argent au lion « rempant de gueules. Vécu timbré, pour «le titulaire seulement, de la couronne de 4k Baron belge, et surmonté pour les autres «descendants du dit Sieur Wilhnar d'un « heaume d'argent grillé, liséré, colleté et « couronné d?or, fourré et attaché de gueules, a attaché de ses lambrequins d'azur et éPor, « et sommé au cimier ef une fleur de lys <Tor « de Vécu; ledit écu supporté par deux lions « au naturel.

«Nous requérons les Empereurs , les «Rois, les Ducs, les Princes, Comtes, «Seigneurs et Souverains quels qu'ils «puissent être, ainsi que tous ceux à qui il «appartiendra ultérieurement, de recon- « naître comme noble le susdit Messire «Willmar et ses descendants légitimes, « et comme barons dans Tordre de primo- «géniture masculine, et de les laisser jouir « de l'effet des présentes et des préroga- « tives y attachées.

« Mandons et ordonnons aux Cours et « Tribunaux, aux Autorités provinciales et « communales et à tous officiers, autorités « et fonctionnaires, tels qu'ils puissent être « non seulement de reconnaître le susdit « Messire et ses descendants légitimes dans « tout ce qui précède, mais de les mainte- «nir et protéger au besoin. Et afin que « ce soit ebose ferme et stable à toujours, «Nous avons ordonné que les présentes « Lettres-patentes soient revêtues du sceau * de l'Etat.

« Donné à Bruxelles , sous Notre seing « royal et le contre-seing de Notre Ministre «des affaires étrangères, le quinzième jour «du mois de juin de Tan de grâce 1846.»

Outre les décorations ci-mentionnées, le général Baron Willmar obtint depuis le grand cordon de l'Ordre de la Couronne de f Chêne et la grand-croix de celui du mérite civil de la Saxe royale. 11 portait de même la croix de fer de Belgique et finalement la médaille dite de Sainte-Hélène :

D'un autre côté, pendant sa jeunesse il avait cultivé la poésie avec succès. Le* pièces de vers qu'il a fait insérer dans les recueils des Sociétés d'émulation de Liège et de Cambrai dont il était membre, de même que dans l'Annuaire poétique de Bruxelles font regretter que des soins plu* graves ne lui aient pas permis de poursuivre la culture des lettres , entr'autre* de terminer la traduction en vers du Don Carlos de Schiller.

Le général Baron J.-P.-C. Willmar avait contracté deux alliances; d'abord avec

dame Visschers, de Liège, qui lui

donna un fils et une fille ; ensuite avec une dame de Rignée, veuve Petitboguenin, d'où un fils unique.

Eut civil. — D« ftiUM, Nécrologe des o&cierfr de l'armée belge. — Archives du CoMeil héraldique de Belgique. — Biographie générale dee Belge*, M!* •q. — - Notes communiquées.

WILTHEIM, la famille de, semble être originaire de St.-Vith ou elle a pendant plusieurs générations rempli avec distinction des fonctions municipales. Pendant la première moitié du seizième siècle un de ses membres , qui s'est fixé à Lux* embourg, parait avoir attiré dans cette dernière ville la majeure partie de sa parenté qui depuis cette époque y a eu son siège principal.

Bien que les Wiltheim paraissent avoir eu déjà antérieurement des prétentions à la noblesse, puisque Ungeschuck a conservé les. autographes d'un Jost-IIenri de Wiltheim, portant en 1576: de gueules, à deux chevrons d'argent ; et d'un Melchior de Wiltheim, qui étudiait en droit en 1594, et blasonnait: d'or, à la croix de St. André de gueules , une rose au naturel en chef et denx feuilles de trèfle de si* nople en fosce; cimier: la rose del'écu; et que du reste tout nous dit qu'elle était dans une position de fortune assez brillante , nous ne pouvons la compter réellement dans l'ordre équestre qu'à dater de* Lettres-Patentes de l'Empereur Ferdinand II, datées du château de Prague, le 13 novembre 1627 , par lesquelles ce prince a élevé Guillaume et Jean Wilfc-

faim, frères, arec Eustache, Jeaa et Christophe Wiltheim, cousins, au rang nobiliaire , pour eux et leurs descendants mâles et femelles, leur accordant les pré* rogatives attachées à la chevalerie du Saint-Empire, avec port d'armes: «Un « écusson blanc ou d'argent, à deux bâtons «posés eu sautoir et fleurdelysés chacun « aux deux bouts , accompagnés de huit «hermines, trois en chef, trois en fasce « et deux en pointe , le tout de sable ; * cimier : une fleur de lys de sable entre «deux toIs d'argent, chargés chacun de -«six hermines, trois en chef, deux en « fasce et une en pointe. »

La généalogie de cette famille distinguée, que nous avons publiée en 1842, montre bien quels étaient les cinq personnages compris nominativement dans l'acte d'ano- Glissement: c'étaient deux frères avec le petit-fils de l'un et deux fils de l'autre. Cependant Jean de Wiltheim avait six fils ; pourquoi donc la faveur impériale ne se serait-elle pas également étendue aux autres? voilà une question qu'on pourrait faire d'abord , et ce surtout parce que ces quatre derniers ont été , au moins autant que les deux prétendus privilégiés, des hommes distingués. La réponse est facile à donner: Jean-Gaspard, Jean-Guillaume, Hubert et Alexandre étaient entrés dans les Ordres sacrés, l'anoblissement donné aux descendants de Wiltheim ne pouvait -donc pas les intéresser; et pour euxmêmes, ils le tenaient naturellement de leur père. Christophe de Wiltheim, leur -cousin, est nommé dans les Patentes, parce qu'à la date oii celles-ci ont été expédiées il n'était pas encore engagé dans la compagnie des Jésuites , puisqu'il n'y est entré que l'année suivante. Son père n'a pas pu y être dénommé puisqu'il était mort depuis six ans.

Le nom de Wiltheim semble s'être éteint vers la fin du dix-huitième siècle ou les premières années du dix-neuvième.

On nous pardonnera sans doute de nous être particulièrement étendu sur cette fa- -mille dont plusieurs membres ont, pendant

deux générations surtout, illustré la patrie luxembourgeoise dans la magistrature et le sacerdoce ; mais surtout par leurs sa* vantes recherches et leurs ouvrages sur Phi3toire de la patrie luxembourgeoise,, ouvrages dans lesquels , seuls entre ton* les auteurs nationaux , ils nous ont conservé au moins les dessins d'un grand nombre de monuments antiques qui sont perdus aujourd'hui par l'effet de la cou-* pable incurie, de la condamnable indolence de nos ancêtres, plus encore que par lea ravages du temps.

Niybw, Notice historique sur la femMe dt Wilt* keim. — Bmtmolit. — Patentes d'aoebliMemeot; a«x archives de la maison de Wilts, et dans celles do M* de Mertiey. — Uaossca&cK. — Archives de la, . Société archéologique de Luxembourg.

WILTHEIM, Alexandre de, né à Luxembourg le 3 octobre 1604, était le quatrième fils de Jean de Wiltheim, greffier du Conseil provincial de cette ville (v. son art.) , et de Marguerite Brenner. A vingt ans (1624) il entra dans la compagnie de Jésus, professa ensuite pendant six ans la rhétorique au collège de sa ville natale et fut recteur du même collège les six an* nées suivantes.

Alexandre de Wiltheim est le personnage de cette famille de savants qui s'est rendu le plus recommandable par ses connaissances, ses écrits et ses savantes recherches sur les antiquités romaines dans le Pays de Luxembourg. On peut même dire sans craindre d'être démenti, qu'il est entre les archéologues luxembourgeois le plus remarquable et le plus profond. On lui a reproché quelque dureté dans le style ; mais ce défaut, s'il existait réellement, serait très largement racheté ptr les lumières immenses que ses ouvrages ont répandues sur les faits qui ont signalé la domination du peuple-roi sur le sol luxembourgeois.

Avant lui, son frère Guillaume ou Jean- Guillaume (v. son art.) avait étudié nos antiquités. Alexandre a repris son ouvrage qu'il a rectifié en quelques endroits, corn-* piété par de nouvelles recherches et ré*

digé sur on teoureau plan t Nom ne disons pas cependant, comme un membre de la Société archéologique de Luxembourg a cm pouvoir le faire, que le Luxemburgum romanxm d'Alexandre a effacé les Di$quisitione$ antiquariœ Hisioriœ Luxent* bwgenêis de son frère Guillaume; non»

sommes immensément loin de lk, puisque quiconque a étudié l'une de ces œuvres, étudiera encore l'autre avec ton* autant de Irait ; elles diffèrent en effet grandement entre ettes et pour la matière et peur les considérations. Nous aisseau à croire que notre honorable collègue, dont du reste on doit estimer et apprécier le jugement, me s'est prononcé ainsi qu'à la simple vue des titres de ces dent productions, et qu'il ne s'était pas donné la peine de lire attentivement ces deux ouvrages et de les comparer entre eut, v moins encore d'étudier comme elles le méritent les Disque sitioues antiquariœ, sans cela il se serait certes prononcé dans un autre sens; car bien assurément les deux ceuvres peuvent parfaitement subsister Tune à côté de l'autre et faire également honneur à leurs auteurs. Alexandre de Wiltbeim ne s'est pas contenté de décrire les monuments romains qui passaient sous ses yeux et d'en apprécier la valeur historique ; il eut soin de colliger ceux dont il pouvait faire l'acquisition, pour les conserver à la postérité. C'est ainsi qu'il avait élevé dans le jardin des Jésuites de Luxembourg quatre arcades avec des pierres monumentales, qu'il décrit toutes dans son Luxembvrgum romanum. II avait aussi réuni un musée de médailles , etc. : Mais ces richesses ont été dispersées après sa mort. Les sculptures ont été jetées dans les fondations des nouveaux Mtiments de la maison des Jésuites, et les médailles, urnes, etc., vendues au conseiller de Ballonfeaux (v. son art.) ! ! ! On a pris pour prétexte afin de justifier cet acte de vandalisme , que ees pierres attiraient de trop nombreuses visites de la part d'amateurs étrangers, ee qui occasionnait des dérangements aux Révérends Pères!

Si Alexandre de Wiltbeim a été curieux antiquaire, il fut aussi un pieux prêtre, témoin la statue qu'il avait fait élever à l'Ange-gardien à la destente d'Eick, sur les glacis hors de la porte-neuve à Luxembourg.

Il est mort plein de jours, vers l'année 1694, à l'âge de 90 ans, et fat inhumé dans lu nef de l'église des Jésuites , aujourd'hui Notre-Dame, du côté de l'évangile du maître-autel, en avant des marches de l'autel latéral attaché k la colonne d'entrée du choeur.

Nous ne pouvons terminer l'article de ce grand homme sans transcrire ici les lignes suivantes que le Père Bertholet lui a consacrées : a Le R. P. Alex. Wiltr « hekn , génie de premier ordre , habile « antiquaire , mythologue savant , que les « Boltandietes ont comblé d'éloges, que « les Habillon et les Montfeucon ont con- « suite et que tous les écrivains qui savent a rendre au vrai mérite ce qui lui est dâ, «honorent et révèrent encore aujour- «d'hui;» etc.

Alexandre de Willheim a beaucoup écrit; mais les plus importants de ses ouvrages sont restés manuscrits, h cause sans doute de l'apathie du public , peutêtre des frais considérables que leur impression aurait coûtée avec la gravure dea figures , sans lesquelles ses savantes dissertations restaient inintelligibles. Aussi croyons-nous avoir rendu un vrai service à la science en mettant au jour, en 1842, en un volume in-4°, plus un atlas de 99 planches , même format , et représentant 496 antiques , la plupart perdues aujourd'hui, son immortelle œuvre intitulée:

Luciliburgensia sive Luxemburgum romanum. Hoc est Arduennœ veteris situs, populi, loea prica, ritus, sacra, lingna, vis consulares, castra, castella, villm publicœ , jam iodé a Cassarum temporibna urbis adhœc Luxemburgensis incunnabula et incremetrtum investigata atque a Fabnt* vindicata. Monimentornm insuper, praprimis vero «egfensis Secundinorum daalpinorum principis, inscriptionum , ai-

nralachrorum, sigillorum epitrapezioram, gemmarum et aliaram antiquitatum quamplurimarum tam urbi Luxembnrgensi importatarum qnam per totam passim provinciam sparsaram mythologica romana.

Pleraque aut prorsas noya , aut a nemine hactenas explanata , eradite nom minas qaam operosè eriiderata et illustrata a R. P. Àlexandro Wilthemio, Luxemborgensi, Societatis Jesu Sacerdote. Opus posthumom.

Noas allons donner les titres des autres ouvrages du même auteur, en commençant par ceux qui sont imprimés : 2*. Vita venerabilis Yolandœ, priorissae ad Mariae- Vallem , in Ducatù Luxemburgeusi , cum appendice de Margarethft, Henrici VII Imperatoris sorore, ejusdem loci priorissâ et Genealogiâ historicft veterum Comitum Viennensium in Àrduennâ. Àntwerpiae; 1674; in-8°. — 5°. Catalogus Abbatum munsteriensium Luxemburgi ; Treviris , 1664; in-folio. — 4°. DiptychonLeodiense, ex Consulari factum episcopale , et in illud Commentarius , ubi etiam de Bituriensi et Compendiensi, aliœque Antiquitatis monimentis. Leodii, 1659; in-foh; figg. — S0. Appendix ad Diptycbon Leodiense; Leodii, 1660; in-folio. — (T. Gubernatores Luxemburgenses ; Treviris, 1658; in-folio.— 7°. Acta Sancti Dagoberti, Francorum régis et martyris; cum notis. 1653; in-4°. — tf\ De Phialâ Reliquiarum Sancte Agathae, Virginis et Martyris Dissertatio;

Treviris, 1656; in-4°; figg. Les

compositions suivantes sont restées manuscrites, et se trouvent en grande partie à la Bibliothèque dite de Bourgogne, à Bruxelles , où elles furent déposées après la suppression de la compagnie de Jésus : 9°. Notas et fragmenta Stephani , Tenulio interprète; fragment de quelques pages.

— 10°. Varia armorum gênera, eorumque collatura ; Epitaphia. — 11°. Vita Sancti Simeonis. — fô°. Pièces concernant l'église de St.-Siméon. — 15°. Chronique de St.-Maximin , à Trêves. — i4°. De Symmacho et Ausonio. — #5*. Pièces concernant le Duché de Luxembourg: elles

ont surtout trait à V abbaye de Clairefontaine. — i tf°. Caroli IV, imperatoris Elogium. — il0. Buechlein des streitbaren Lebens. — i&°. Ultrum brutis non sit ratiocinatio? — 19°. De Sa ne ta Catharinâ, Philosophorum patronâ. — 20°. De dicto Joannis Lessii super Beatum Thomam. — îl°. De la vocation du P. Charles de Lorraine. — M*. De miraculis B. Stanislaï Kosta. — 23°. Généalogie de la famille de Wiltheim. — 24°. Notice sur la sépulture de quelques Empereurs d'Allemagne enterrés à Spire. — 25°. Disputatio de Hannonis. — 26°. Fundatio Prumiensis Monasterii. — 27°. Chroniques de Stavelot. — 28. Historiés luxemburgensis discussiones. — 29*. Excerpta ex Chronico manuscripto de Luxemburgo. — 50°. Prospectus d'une Histoire de l'Église. — 51°. Annales Sancti Maximini , libri IV ; deux volâmes in-folio.

Enfin, Fauteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à Alexandre de Wiltheim les trois lignes qui suivent : « Alexan- « der Wiltheim, superioris Wilhelmi frater, « Societatis Jesu , posuit ad Luxemburgum «Statuam Angelo custodi, scripsit Histo- «riam Abbatis Sancti Maximini aliquot « Tomis. » Dans ce passage , nous ne reconnaissons pas le tact qui se découvre dans le reste de l'ouvrage dont nous l'avons extrait.

Viri illustre!, I, N° 99. — Nctsw, Notice historique sur la famille de Wiltheim. — D. Calmet, Bibliothèque lorraine; et; Histoire de Lorraine, I, col. CVIII. — Dk Fellkk, Dictionnaire historique» litt. VIT. — As Hojithsim, Hist. TreTÎr. diplonat III, 225. 1004 et 1020; et: Prodromus Hist. Trevir. I, 7, 74, 113. 181, êq. — Blason, Eiflia illustrata, I, pars T, 61 , sq. — Clvbliiio , 39. — Paquet, 64. — Mcllkb , Programme de l'Athénée de Luxembourg, 1838. — Baylk, Dictionnaire historique et critique, III, 237. — Diobbot, Encyclopédie. — Bbbtuolet, Hist. de Luxbrg., I, 26; et: Lettre au Père Bonaventure. — Scuatbs, Les Pays-Bas avant et durant la domination romaine, II , 256 — Mdlib», Chronique de Trêves; année 1824; p. 255. — Nbomoua, Dissertation sur le monument d'Igei, 12. — Clasbv, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg , 251, 467, 474, 490. — Biographie universelle, L, 609, êq. — IfiUMAsii , Les auteurs lux embourgeois, 32, sq. — BIsbjai, Manuscrits, 24.

WILTHEIM, Christophe de, était fils de Mclehior de Wiltheim et de Marguerite de Busbach (v. son art.) • Ce personnage est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « Christoph. « Wiltheim LuxemburgensisSocietat. Jesu, « fundator unius Bursae in Seminario Luxce emburgensi. »

L'acte d'anoblissement de la famille de Wiltheim, expédié le 13 novembre 1627, porte que déjà alors Christophe de Wiltheim avait été pendant trois ans au service de Jean Swickart, archevêque de Mayence, en qualité de Secrétaire, et qu'il avait été plusieurs fois envoyé en mission par ce prélat. Après la mort de l'archevêque il alla suivre les cours de droit à l'université de Louvain ; mais se sentant une vocation toute particulière pour entrer dans la Compagnie des Jésuites il s'y engagea le 26 septembre 1628 et fut pendant assez longtemps aumônier des armées et missionnaire.

Le père Christophe de Wiltheim fonda, par acte du 27 septembre 1633, la bourse d'études connue sous son nom, et l'annexa au séminaire ou pensionnat attaché au collège des Jésuites de Luxembourg. Pour servir cette bourse il avait affecté la moitié d'un verger , dit jardin Busbach. Ce verger , qui provenait de son patrimoine maternel , fut estimé à quinze cents écus de trente sols du pays, ou 3600 francs, monnaie moderne. Par un codicile subséquent, en date du 20 juillet 16S4, il établit que les étudiants de la famille de Wiltheim auront la préférence pour la jouissance du stipende, s'ils en ont besoin. En seconde ligne viennent les jeunes gens nés à Luxembourg et enfin ceux des environs. Cependant cette libéralité avait été presqu'entièrement anéantie par des pertes successives: en 1836 elle était réduite à son quart environ , lorsque par arrêté royal en date du 13 mars de cette même année il fut ordonné de la laisser vacante jusqu'à ce que par le cumul des intérêts on fût parvenu à rétablir le capital primitif, qui doit être de cent quatre-vingts

francs de revenu annuel. Les Bourgmestre et échevins de Luxembourg en sont aujourd'hui les collateurs.

Le Père Christophe de Wiltheim a écrit la vie de sa mère, Marguerite de Busbach (v. son art.) , connue sous le nom de sœur Monique. Cet ouvrage qui, paraît-il, n'a jamais été imprimé, fut rédigé en 1663. Nous n'avons découvert ni l'année ni le lieu du déeès de ce personnage*

Nabur, Dissertation sur les bourses, X el XIX. — Neyzii, Notice historique sur la famille de Wiltheim, 19, sq<jq. r Viri illustre*, I, N° 101.- Manuscrits de Herjai , 24. — La vie de sœur Monique de Busbach, éditée par un anonyme, d'après le manuscrit du P. Malcuit.— Aa Homtbeim, Histor. Trerir. diplomat, III, 2911, et 1004. — Clash, Catalogue Biblioth. Luxbrg., 406. — NAuua, Catal. Bihliotk. Luxbrg., 810. — Neumanu, Les auteurs luxembourgeois, 53.

WILTHEIM, Eustache desnék Luxembourg pendant le premier décennaire du dix-septième siècle, était troisième fils de Jean de Wiltheim, Greffier du Conseil provincial de Luxembourg, et de Marguerite firenner. Il se titrait de seigneur de Waldbredimus et de Gondelange.

Eustache de Wiltheim s'appliqua à l'étude du droit à l'université de Douai qui était pour lors très en vogue; et après avoir passé Docteur dans cette faculté il revint dans sa ville natale où il fut nommé substitut-secrétaire et greffier de Sa Majesté au Conseil provincial, par lettrespatentes du 15 février 1626, «pour as- «sister Jean Wiltheim son père, secré- « taire et greffier, au fait de son office, « et pour lui succéder à son décès » lequel arriva le 5 janvier 1636, à l'âge de 78 ans. Par décret de l'infante Isabelle-Claire- Eugénie, en date du 21 juillet 1631 et ordonnance du Conseil provincial du 10 novembre suivant, il fut commis à coopérer avec le receveur-général des Domaines Gobin, au Cartulaire de la recette des domaines de Luxembourg. Le 26 décembre 1632 il a de même été nommé garde des Chartres du Conseil, en remplacement do président Jean Benninck, son beau-père qui était mort le 20 janvier précédent.

Il paraît qu'Eustache de Wiltheim n'avait accepté les fonctions de commis-greffier qu'uniquement pour aider son vieux père qui avait atteint sa soixante-huitième année; car dès après son décès il fut nommé conseiller-lettré par patentes du 3 février 1637, et cet emploi était en effet mieux approprié à ses vastes connaissances jo ristiques. Peu de temps après il obtint une commission de surintendant de la justice au Palatinat, et à son retour il fut nommé, le 8 juillet 1646, président provisoire du Conseil provincial, dignité qui lui fut confirmée définitivement par Lettres-Patentes du 23 novembre 1648 : il prêta son serment en cette dernière qualité, à Bruxelles, le 14 mai 1649. Après la paix des Pyrénées , conclue le 7 novembre 1659, il fut nommé commissaire du roi d'Espagne, à Metz, pour les conférences touchant les limites, en vertu des articles 109 et 110 de ce traité.

Eustache de Wiltheim s'est beaucoup occupé à réunir des documents pour servir à la composition de l'histoire du pays de Luxembourg; mais ces pièces, dont il semble que Bertholet a pu profiter, sont restées manuscrites. Elles sont en partie déposées à la Bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles, où elles portent les titres suivants: 1°. Chroniques du Duché de Luxembourg, de 1391 à 1626; extraits de comptes de la ville, etc. — 2°. Chronique de 1452 à 1572. — 5\ Mémoires sur les Annales de la Province, cités par Bertholet.

Il avait en outre fait beaucoup de recherches sur les familles du Pays ; mais il paraît que tout cela est perdu aujourd'hui. Eustache de Wiltheim légua enfin, de concert avec son frère Jean, avocat au Conseil provincial, une somme de mille écus au séminaire de Luxembourg. Cette somme, ils l'avaient reçue en dépôt de Jacques d'Amblève (v. son art.), curé à Berg, sous condition de la destination qu'ils lui ont donnée.

Eustache de Wiltheim est moit le 22 janvier 1667, laissant de sa femme, Marie-

Régine de Benninck, fille du président de ce nom, trois enfants: Jean-Mathieu, qui fut avocat à Luxembourg ; Jean-Baptiste, d'abord avocat, ensuite substitut du Procureur-Général ; et Anne-Marie, qui devint l'épouse de Nicolas de Chérisey.

Nous terminerons cet article en transcrivant le passage concernant du manuscrit des Viri illustres qui ne fait que répéter plusieurs des particularités que nous avons consignées : « Eustachius Wiltheim, « Luxemburgensis, Dominus in Waldbre- « dimus, filius Joannis superioris et gêner «Joannis Benninckh praesidis Luxembur- «gensis, ipse ex graphario ac secretario «status, Consiliario ac etiam superinten- « dente utriusque justiciœ in Palatinatu « etiam praeses Luxemburgensis et prœfec- « tus archivii, collegit quidquid ad publierais et privatarum familiarum hujus du- «catûs historiam exstat, aliquando evul- «gandandum. Ipse et frater ejus Joannes « hujus Consilii advocatus immature mor- «tuus, hœreditatem 1000 Dalerorum a «Domino Jacobo Amblavicnsi pastore in «Bergh, sibidelatam, ad Seminarium Luxer emburgense ab se derivarunt quibus «Joannes moriens adhuc e suo addidit «daleros 100. »

Neybk, Notice historique sur la famille de Wiltheim, 15, sq„ 2(1, sqqq. — Viri illustres, III, N° 259. — D. Calhet, Bibliothèque lorraine; et: Liste des écrivain* de Lorraine. — Paquet, 64.— Archives du Conseil provincial. — Nbcmaww , Les auteurs luxembourgeois, SI.

WILTHEIM, Guillaume, ou plutôt Jean-Guillaume de, était le second fils de Jean de Wiltheim, greffier du Conseil provincial à Luxembourg, et de Marguerite Brenner. Les auteurs le nomment tantôt Guillaume , tantôt Jean- Guillaume et tantôt Jean ; et alors ils font de lui plusieurs personnages, a chacun desquels ils attribuent les mêmes gestes. Cette confusion devient évidente lorsqu'on lit dans la copie du manuscrit des Viri illustres qui se trouve à la Bibliothèque de Luxembourg un article consacré à Jean de Wiltheim (1636) oîi l'on

marque les faits que tout le monde sait appartenir à Guillaume; et sous Tannée 1654 , en parlant de son frère Alexandre , on trouve ce dernier indiqué par: «Supe- «rioriê Wilhblmi f rater» , tandis qu'aucune mention n'y est donnée à un Guillaume, comme Ta fait le copiste de l'exemplaire du même ouvrage qui se trouve à la bibliothèque de Trêves ; ce que du reste, le Conseiller Muller, de cette dernière ville, a fait observer avant nous.

Voici cet article des Viri illustres :

«1636. Joannes— in codice Trevirensi l$ngimus Joannes- Wilhelmus — Wiltheim , « Luxemburgensis , societatis Jesu , ex iti- « nere in regnum Gbinarum in quod mitti « impetraverat , remissus, doctâ prius « Friburgi Briscoviae pbilosophiâ , primus « postmodum Luxemburgi in patriâ do- «cuit Tbeologiam moralem in Collegio « Societatis Jesu , scripsit Historias Luxce emburgenses , potissimum sub Roma- « nis , quas inscripsit Diana arduennatica. »

Il paraît que Jean-Guillaume de Wiltheim est né vers 1594; mais nous ignorons absolument l'année de son décès. Il vivait cependant encore en 1654. Il avait embrassé l'ordre des Jésuites et enseigné pendant quelque temps la philosophie à Fribourg lorsqu'il obtint d'être envoyé en Chine, mission toute de confiance que l'on ne confiait qu'à des sujets très distingués. Cependant il parait qu'il ne passa pas dans ce pays , puisque nous le trouvons peu de temps après donnant le premier cours de Théologie morale au collège de Luxembourg.

Gomme ses frères , Jean-Guillaume a écrit sur l'Histoire de Luxembourg , mais aucun de ses ouvrages n'a vu le jour jusqu'ici bien qu'il serait à désirer dans l'intérêt de la science, que plusieurs fussent publiés. Les manuscrits suivants se trouvent à la Bibliothèque de Bourgogne , à Bruxelles: 1°. Histoire ou Catalogue des abbés de Munster, à Luxembourg.— 2°. De Sanctis Martyribus Trevirénsibus.

— J°. Diana Arduennatica. — 4°. Microscornus , seu Cosmographia. — 5°. Historiœ fabrica , sive quomodo conscribenda his-

torié.— 6°. Disquisitionum antiquariaruai Historiée Luxemburgensis libri très.

L'évêque de Hontheim a analysé le dernier de ces ouvrages qui est le plus important de cet auteur et il est loin de porter à son égard le jugement irréfléchi dont nous avons parlé à l'article Alexandre de Wiltheim ; bien au contraire , après avoir parlé de l'Histoire de Bertels , dans laquelle il voudrait voir un peu plus de critique , et des huit volumes de Bertholet qu'il nomme une rédaction indigeste dont l'auteur ne lui parait pas avoir possédé les premiers éléments du, juge* ment , il ajoute : « Feliciores in hâc pro- «vinciâ fuere Wilthemii Alexander et ce Wilhelmus ; » et il place ces deux der- « niers sur la même ligne pour leur importance littéraire.

Pour démontrer encore davantage que l'œuvre de Jean-Guillaume de Wiltheim n'est pas, comme le critique l'a dit, devenu absolument inutile au public depuis l'impression du Luxemburgum romanum de son frère Alexandre, nous mettrons en regard ici la table des matières de l'un et de l'autre :

DUqmitionesamiquariœ. Luxemburgum romaman.

Lib. L De populis qui /. De Arduennâ in geromanorum tempori- nere.

bus Luxemburgensem IL De Àrdoennae veagrum incoluere. tustis populis, fiu-

minibus et pagis.

III. De viis consularibus romanornnt Provinciae Luciliburgensis.

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