‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 27 sur 61 · GOT · texte numérisé non relu

GOT

« Maxima quem pietas ingeniumque

[Patrum

«Buxere ad cœlum, mendici dulce le-

[vamen;

« Vixit, et hodio raptus ab urbe fuit.»

. P* la Dabt et I/fta-Y, Aanaje* eiailts e*. religieuses d'¥*ois*Carignan , 401 , sf.

BOCIISA , Rohrt*Ni*<U<&(Xwl<9, est né à Mont-Médy, le 9 août 17*9. Srà père, musicien au grand théâtre de Lyon,

lui enseigna les premiers éléments de son art ; et il profita si bien qu'à l'âge de sept ans il exécuta en public on concerto de piano. Il apprenait aussi la flûte et s'est de même exercé sur la harpe; de sorte qull finit par se rendre également fort sur ces trois instruments. Très jeune encore et n'ayant étudié que fort superficiellement la composition , il écrivit des concertos, des quatuors, des ouvertures et mit même en musique , à seize ans, V opéra de Trqjan qui fut joué à Lyon à l'occasion du passage du premier Consul par cette ville. Sa fa* mille ayant à cette époque été appelée à Bordeaux il y reçut des leçons de François Beck et composa la musique dé la Dansomanie , ainsi que l'Oratorio le Déluge universel. Bocbsa Tint ensuite à Paris et entra dans l'école du célèbre Catel où dès la première année il remporta le premier prix d'harmonie. Plus tard il a composé un grand nombre de morceaux de musique instrumentale ponr harpe, flûte, haut-bois et violon.

En 1814 il débuta dans le genre lyrique, par V opéra des héritiers Michau qui fut accueilli avec plaisir. Il n'a pas été aussi heureux dans celui d'Alphonse , roi d'Arragon joué quatre mois après. Au mois d'août 1815 il a donné Le Roi et la Ligue, ainsi que Les noces de Gamache qui ont obtenu beaucoup de succès. Tout semblait promettre à ce compositeur une carrière distinguée dans son art si des dépenses excessives n'étaient venues ternir sa réputation et le forcer à se réfugier en Angleterre ou il a mené une vie plus ou moins obscure et joué un rôle subalterne.

Bocbsa avait épousé la fille du marquis Ducrest, union qui lavait rendu neveu de la célèbre Madame de Genlis. Il est mort depuis plusieurs années et dans un état de fortune très modeste.

Gtlëtic des CwitempontM, II, §07, tq-Kotct ftimim et coafideiitielle*.

BOCK, Jean-Nicolas-Etienne, Baron de, était fils d'Etienne de Bock , Lieutenant dés Maréchaux de France au Département

de Thionville, Seigneur de Lelling, et d'Elisabeth Hennequin : Il vit le jour à Thionville, le 14 janvier 1747. Le jeune de Bock embrassa d'abord la carrière des armes et obtint quelque temps après la survivance de la charge de son père , d'abord à Vie, puis à Thionville, Boulay et St.-Avold. Il s'établit à Metz ou il se fit bientôt remarquer par son esprit , son amour pour l'étude et son amabilité dans les sociétés. Il avait un goût décidé pour la littérature allemande , possédant également bien cette langue et la française.

La révolution de 1789 priva de Bock de son emploi, circonstance qui le força à émigrer en 1792. Après avoir parcouru plusieurs provinces d'Allemagne il se fixa à Ansbach en Franconie où il eut recours à sa plume pour se procurer les moyens de pourvoir à son existence. Rentré en France à l'époque de l'amnistie , il dut à la bienveillance du Préfet Colchen d'être rayé de la liste des proscrits.

Sous l'empire, le Baron de Bock fut nommé Conseiller de Préfecture h Luxembourg. Il est mort à Arlon en 1809, laissant un nom justement estimé.

De Bock a publié, soit comme auteur soit comme traducteur, un grand nombre d'ouvrages qui sont encore généralement recherchés. Nous donnons ici la liste des uns et des autres. La première cathégorie comprend : f °. Recherches philosophiques sur l'origine de la pitié , et divers autres sujets de morale; 1787, in-12. — jf.

Mémoire sur Zoroastre, Confucius, et Essai sur l'histoire du Sabéisme; 1787, in-4°.— 5#. Thékla de Thurn ou scènes de la guerre de trente ans; 1815; 3 vol. in-12. — 4°. Histoire du Tribunal secret, d'après les lois et les constitutions de l'Empire; pouvant faire suite aux Chevaliers des Sept-Montagnes et à Hermann d'Una (y. plus bas.); in-8% Metz, 1801.— 5>°. Relation d'un voyage philosophique ; 1788, in-8«.

Viennent les oeuvres qu'il a traduites de l'allemand: 6*. La vie de Frédéric Baron de Trenck, écrite par lui-même;

1787, 2 vol. in-12.— T. Essai sur l'Histoire du Sabéisme , auquel on a joint le catéchisme de la religion des Druses et un mémoire historique sur le peuple nomade appelé en France Bohémiens et en Allemagne Zigeuner; 1788. — 8°. Les Apparitions ; le Voyageur ; et le Tribunal secret, drame historique en cinq actes; 1 vol. — 9°. Histoire de la guerre de sept ans , commencée en 1756 et terminée en 1763; 1789, 2 vol. in-8°. — i0°.

Tableau de l'armée prussienne avant et pendant la guerre de sept ans; d'après d'Archenholtz. — ff°. Hermann d'Una ou aventures arrivées au commencement du quinzième siècle , dans le temps où le Tribunal secret avait la plus grande influence; 1791, 2 vol. in-8*. — 12°. Le tribunal secret; drame historique précédé d'une notice sur cet étrange établissement ; 1791 . — 15°. Petite Chronique du royaume de Tatoïaba; 1797, 3 vol. in-18. — U\ Les chevaliers des Sept-Montagnes ou Aventures arrivées dans le treizième siècle , da temps ou le Tribunal secret avait le plus d'influence; avec une Notice sur l'état ancien et actuel de ce Tribunal ; in-18, 3 vol. — 15°. La vie du Feld maréchal deLoudon. — 16°. Irminia dans les Ruines de Rome ; 1801 , in-12. — 17°. Le mensonge généreux ; drame en un acte ; vol. in-8°. — 18°. De la Fièvre en général ; de la Rage ; de la Fièvre jaune et de la Peste. Du traitement de ces maladies d'après une méthode nouvellement découverte, par Godef. Christ. Reisch, Docteur en Médecine et Professeur à l'Université d'Erlangen, etc. Traduit par J.-N.-E. de Bock ; 1800, in-12. — 19°. Traitement de différentes maladies guéries par le Docteur Reisch , avec le remède qu'il a nouvellement découvert; pour faire suite à son traité sur les fièvres , la peste , la rage ; 1800, in-12.— 20°. Mémoire sur la Peste ; pour faire suite au Traité sur les fièvres , la peste, la rage, duDr Reisch; 1801, in-12.

On a encore attribué d'autres ouvrages au Baron de Bock; mais il n'existe de

lui que ceux dont nous venons de donner le titres.

Tamisa, Histoire de Thionville, 308; et Essai philologique sur la Typographie h Metz, 167, sqq. — Béci*, Biographie de la Moselle, I, 97, sqq. — Québabo, La France littéraire, I, 565.— Bbautais, Dictionnaire historique, ou Biographie uniTerselle classique, 284. - Picota au, Petite Biographie bifcliographico-romancière.— Naucjb, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg , 205, 28», 359, 541, 675.

BONAVENTURE, Georges, est né à Thionville, le 25 mai 1768. Après qu'il eut terminé ses humanités il entra dans une école de pharmacie d'où la conscription militaire vint l'enlever pour l'incorporer dans le service sanitaire de l'armée de la République, puis de l'Empire. Les vastes connaissances qu'il avait acquises dans son art et les branches accessoires , jointes à son excellente conduite le firent promptement avancer en grade et finirent par le faire nommer pharmacien-major des hôpitaux militaires et des armées.

A la chute de Napoléon Ier il prit sa retraite et vint s'établir à Thionville où il publia en 1818 un travail de 27 pages in-8° , sous le titre suivant : Observations sur la Pharmacie en général, sur son exercice en France depuis la suppression des maîtrises; sur les abus qui s'y sont glissés et sur les moyens <F y remédier, etc.. Il adopta pour cette brochure, qui renferme des idées très saines , l'épigraphe : « Lecteurs , ceci est un recueil de bonne « foi. — Félix si prodest. »

Bonaventure a en outre fait insérer plusieurs mémoires sur la pharmacie et V histoire naturelle dans divers recueils académiques. Il est mort pendant ces dernières années dans un âge assez avancé.

Stem, Biographie de la MoieUe, I, 112, tq. — Renseignements priTës.

BONAVENTURE, Nicolas-Melchiade, Baron de, cousin germain du précédent, est né à Thionville, le 7 octobre 1751, fils de Georges Bonaventure, marchand, et de Madelaine Duvivier. Des dispositions heureuses , une imagination ardente,

des reparties fines et spirituelles engagèrent ses parents h soigner son éducation. Il n'avait que seize ans lorsque , ayant fini ses humanités au collège de Thionville on Tenvoya chez un oncle maternel qui habitait Louvain. Celui-ci lui fit suivre

les leçons de l'Université de cette ville.

Ses cours de philosophie et de mathématiques terminés , il étudia le droit, prit ses licences et débuta près le tribunal de Louvain où ses plaidoyers obtinrent un grand succès. La réputation que Bonaventure s'était acquise de bonne heure fit jeter les yeux sur lui dès qu'une place yint a vaquer au Conseil provincial de Tournay. En 1784 il exerçait ces hautes fonctions de manière à mériter l'estime de ses concitoyens. A la révolution brabançonne (1787-88) il fut un des plénipotentiaires envoyés à LaHaye pour traiter de la paix avec le Stadhouder. Cette importante mission , cojnme on sait, fut suivie de près de la pacification générale. Elu par le Département de la Dyle député au Conseil des Cinq-Cents (1797) il porta plusieurs fois la parole dans cette assemblée et sut par ses talents faire passer plus d'une loi utile à son Pays.

Les fonctions législatives de Bonaventure ayant cessé après le 18 brumaire, un arrêté du premier Consul, en date du 17 messidor an VIII (6 juillet 1800), le nomma juge au Tribunal d'appel de la Dyle, et président du Tribunal criminel de Bruxelles. Décoré de la Légion d'honneur en 1804, il devint, par décret du 25 avril 1806 , membre du Conseil de discipline et d'enseignement de l'école de droit de Bruxelles. Le 10 février 1811 il fut présenté à l'Empereur comme député du collège électoral de la Dyle et obtint dans le cours de la même année les titres de Baron et d'officier de la Légion d'honneur. Ayant pris sa retraiie peu de temps après , il se retira à Jette , près de Bruxelles, dans une belle propriété que lui avait laissée Tonde maternel dont nous avons parlé plus haut; C'est 1k que le Baron Bonaventure s'occupait d'études et des

soins qu'il donnait à l'embellissement du village de sa résidence , de même qu'à la prospérité de ses habitants : ses immenses revenus il les utilisait à ces travaux. Il avait réuni dans son château de superbes cabinets de sculpture et de peinture , de même qu'une bibliothèque choisie.

Bonaventure est mort en 1831. Il n'a rien publié ; mais les services qu'il a rendus comme juge et comme législateur lui ont assuré un des premiers rangs parmi les illustrations de son pays natal.

Nous avons jugé inopportun de nous occuper ici des accusations vagues d'arrestations arbitraires qu'il aurait fait opérer pendant qu'il était président du tribunal criminel de Bruxelles, parce que ces accusations n'ont jamais été appuyées de preuves suffisantes pour en faire retomber l'odieux sur la tête du Baron de Bonaventure , qui du reste n'y a pas répondu parce que sans doute il était persuadé qu'elles ne pouvaient l'atteindre, sa réputation de juge intègre et indépendant de caractère étant trop bien établie par ses antécédants honorables.

Bégin, Biographie de la Moselle, I, 108, sqq.— Biographie des hommes vivants, I, 590. — Galerie historique des contemporains, II, 260, sqq. — Biographie nouvelle des Contemporains, III, 240. — VaaaoMf sis , Statistique historique de la Moselle,

BORMANN, Michel, est né à Hollnich près de Bronsfeld, au cercle administratif prussien de Prum , le 6 février 1795, d'une famille assez aisée.

Au sortir de l'école primaire de son endroit natal il entra en 1808 à l'école centrale de Luxembourg qu'il ne quitta qu'en 1814 au moment où cette ville allait être bloquée par les troupes alliées, et alla continuer pendant deux ans encore ses études philosophiques et théologiques sous la direction du curé Arends & Steffeshausen. En 1816 il entra au collège de Trêves et fut admis en 1818 au séminaire de la même ville ou l'année suivante il obtint la prêtrise.

Nommé vicaire à Nittel immédiate-

tament après son ordination, il fat en 1821 promu à la paroisse de Daleyden oh il resta jusqu'à son décès, c'est-à-dire pendant près de quarante ans , aimé et estimé de tous pour sa science , sa vertu et son zèle à remplir ses devoirs pas* toraux. Le gouvernement lui confia l'inspection des écoles de son ressort , l'autorité ecclésiastique le désigna définiteur et plusieurs sociétés savantes , telles que celle pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg , celle pour les recherches utiles de Trêves, celle des antiquaires du Bas-Rhin, l'inscrivirent sur le tableau de leurs associés.

Bormann avait une prédilection trèsmarquée pour les recherches historiques, surtout pour l'archéologie des environs de sa résidence; et à ces études il consacrait toutes les heures que l'accomplissement de ses devoirs lui laissait disponibles. Ces études produisirent là composition de quatre ouvrages dont les deux premiers ont seuls été publiés, tandis que les derniers sont restés en manuscrit. Ce sont: 1° Beitrag zur Geschichte der Ardennen ; 2 vol. in 8°; Trêves, 1841 et 1842, avec plans et cartes. — 2° Nachlese zur Geschichte der Ardennen; vol. in 8°; Trêves, 1849.-5° Geschichte der alten und jetzigen Pfarrei Daleyden ; 3 vol. in folio. — 4° Leben des hl. Willibrord oder Eiufuehrung des Christenthums in den Ardennen.

L'auteur avait fait cadeau de ces deux derniers manuscrits à la Société archéologique de Luxembourg. Le second avait été rédigé dès 1850, en réponse à la question que ce corps savant avait proposée au concours : Donner l'historique de l'établissement du christianisme dans le pays de Luxembourg. Mais il les redemanda plus tard , afin , disait-il , de les revoir et d'y mettre la dernière main.

Il avait renoncé au prix , mais il voulait, ajoutait-il, réunir les noms de localités ainsi que les traditions qui avaient rapport à St. Willibrorde afin de préparer les matériaux nécessaires pour une meil-

leure biographie de cet apôtre des Pays* Bas et fournir de cette manière son contingent pour l'histoire de la première conversion de notre pays au christianisme. Pour ce qui regarde la Chronique de Daleyden, si d'un côté elle ne comprend que des recherches minutieuses sur l'histoire générale du Pays , de l'autre elle devient très intéressante si on la considère sous le point de vue des sources et des traditions locales qui y sont consignées.

L'essai sur l'histoire del'Ardenne luxembourgeoise a déjà ét^ jugé et très diversement. On a dit et répété plusieurs fois que l'auteur n'aurait pas possédé les connaissances préliminaires nécessaires pour bien exécuter un travail de ce genre; qu'il n'aurait pas eu à sa disposition les sources désirables ; que son point de vue aurait été trop borné; qu'il se serait laissé aller trop loin dans ses déductions étymologiques touchant les passages de César qu'il appliquait aux contrées ardennaises; etc. Mais , en concédant même que ces reproches ne sont pas absolument immérités, nous devrons toujours avouer que Bormann n'a fait que suivre en ceci les écarts d'autres auteurs et qu'il n'en a pas moins réuni de nombreux et d'importants matériaux pour l'Histoire du Pays, consigné bien des faits archéologiques et tiré des traditions aussi bien que de la légende plus d'une solution dont l'absence serait à regretter. Nous ajouterons finalement que le pays lui doit au moins de la reconnaissance pour son désintéressement: il faisait toutes ses recherches à ses propres frais , de même qu'il couvrait le prix de ses publications , ayant dépensé pour cela près de deux mille francs qu'il sacrifia sans arrière-pensée à l'idée de se rendre utile.

Le curé Bormann est mort, frappé d'apoplexie par suite de la vie sédentaire que ses études continuelles avaient exigés, le 27 avril 1860, à l'âge de 65 ans. Ses épargnes ainsi que sa fortune patrimoniale il les partagea : une partie échut au convictoire des jeunes étudiants à Trêves, tandis que l'autre servit à la

foodation d'une bourse d'études enjfaveur de sa famille) à défaut de celle-ci, de ses paroissiens et enfin des étudiantsjjoriginaire de son endroit natal.

Eacuae; dans: Publie. Soc. arch. Lushg., XVI, X.— Souvenir». — Correspondances avec Bormann.— Notas fournies.

Bwmt db Puymaigie , Gabriel-François; v. Puymaigr*1, Ga&ne/J- jF> anpot « Boudet de.

BOUILLON , Baudouin de, était fils puîné d'Eustache, comte de Boulogne et d'Ide d'Ardenne, conséquemment frère cadet du fameux Godefroid , dit de Bouillon (v. son art.). On admet généralement qu'il est né en Tuinée 1058.

Les parents de Baudouin l'avaient d'abord destiné à l'état ecclésiastique , mais il préféra bientôt le métier des armes et suivit son frère à la croisade en Palestine où il obtint la principauté d'Edesse , pois après la mort de Godefroid , arrivée en l'année 1100, il fut placé sur le trône de Jérusalem et couronné par le patriarche de cette ville , le jour de Noël de la même année. En 1101 il prit Antipatris , Césarée , Azot, et tua cinq mille Sarrasins à Ascalon. Le 24 mai 1104 il occupa Acre après un siège de vingt mois et avec le secours de soixante-dix vaisseaux Génois; puis Tortose. Assiégé à son tour dans Rama il eut beaucoup de peine à se sauver hors de cette place lorsqu'elle fut enlevée par les infidèles. En 1109 Bernard , fils de Raimond comte do Toulouse prit Tripolis qu'il releva ensuite de Baudouin à titre de comté. L'année suivante le roi de Jérusalem s'empara encore de Barach ainsi que de Saïde, et donna aux Chrétiens qui vivaient an milieu des Arabes des terres près de Jérusalem. Deux ans plus tard l'armée des Sarrasins l'ayant rencontré à la tête de ses troupes pendant qu'il était campé dans un endroit très avantageux pour lui, l'attaqua à l'improviste et le mit dans une déroute tellement complète qu'il lui fut

impossible de couvrir sa capitale , devant laquelle ils vinrent incontinent mettre le siège et qu'ils réduisirent aux abois après en avoir cruellement ravagé les environs. Dans cette extrémité Baudouin parvint cependant à réunir de nouvelles forces avec lesquelles il délogea les assaillants, leur faisant à leur tour éprouver des pertes immenses.

On croit, dit H. le comte de Bec-do* lièvre , qu'avant de se rendre en Palestine ce prince avait été chanoine de l'église de Liège; mais cette circonstance ne nous semble pas vraisemblable , puisque tout le monde sait positivement qu'il a été marié et que, même du vivant de sa femme légitime et apparemment parce qu'elle ne lui donnait aucune postérité, il a épousé Adélaïde, veuve de Roger comte de Sicile, avec laquelle encore il ne laissa pas d'enfant.

Baudouin de Bouillon est mort en 11 18 , la dix-huitième année de son règne k Jérusalem. Il fut enterré au mont Cal* vaire, dans la chapelle dite d'Adam, an* nexée à l'église du St. Sépulcre, à main gauche en entrant. Sa tombe portait l'épitaphe suivante:

Rex Baldewinus, Judas (alter Macha-

[b^us, Spes patrle, vigor Ecclbsle, yibtus

[utriusque , quem formidabant ,cui dona tributa fb-

[rebant Cedar et Aegyptus , Dan , ac homicida

[Damascus , Proh dolor! in modico clauditur HOC

[tumulo,

Hoanai, II, 109, sq.^Da Btn.ua, Dictionnaire historique, litt. B.— Sacva, Histoire «oiYersella , ancienne et moderne; pastim, XIV de l'édition in iS. — 'OssasT, Hfietefcre de Bonillon, peosim. — La €M an Bacoatsivas , Biographie universelle, III, #41, sq.— Goaanus an Bavrn , Aeiaeu door de vera»aavd*tfc Deelen Tan Klein Asie ete. 1698; 987.— Dan A«siseas, 6temmata Lotharingie ae Barri Dacum, 298, ▼•, sqqq. — Cocitw , Encyclopédie moderne, III, 184.— ConTersationsXezikon, édit. de 1851.

BOUILLON, Godefroid de, ditl'an-

rien, Vardennais ou le barbu, était fil» aine de Ricuin , prince d'Ardenoe , ainsi que doc de Mosellane , et de Mathilde de Franconie. Dans le partage de la succession paternelle (945) , Godefroid obtint les terres de Bouillon et de Verdun.

Ce prince , que les historiens représentent comme un guerrier intrépide et plein de dévouement pour son suzerain , mais dont les faits et gestes sont loin d'être tous parvenus jusqu'à nous, se trouva naturellement impliqué dans la guerre que le roi Lothaire entreprit en 984 après le décès de l'empereur, pour récupérer l'ancien royaume de Lorraine ou de Lotharingie qui avait appartenu à ses ancêtres. Godefroid d'Ardenne , décidé à défendre et à soutenir de toutes ses forces Otton III , prince qui était encore au berceau, de même que l'intégrité de l'Empire, se hâta de réunir une armée qu'il mena contre la France, dans la croyance que celle-ci n'était pas préparée & une défense sérieuse: Mais il se vit bientôt trompé dans son attente. En effet, repoussé de toutes parts il se réfugia à Verdun avec son frère Sigefroid , qui fut le fondateur de la dynastie de Luxembourg. Les français enveloppèrent la place, la forcèrent et firent Godefroid prisonnier avec son frère. Ils furent cependant remis en liberté peu de temps après, et Lothaire renonça à ses prétentions sur la Lotharingie.

Depuis cette époque nous ne voyons plus Godefroid s'occuper que des affaires intérieures de ses domaines. En 942 il avait fondé à Verdun le monastère de St. Vanne dans lequel il voulut être inhumé.

Il est mort en 986.

Osbiat, Hutoire de Bouillon; passim. — Diwu, Histoire générale de la Belgique, II, passim. — O* »■ Btc-as-Liayat, Biographie liégeoise, I, 49. — Biams, passim. — Sigkukt as GaHatooas, Chronique. — Nasgios, Chronique; ad aan. 984.

BOUILLON, Godefroid de, nommé par quelques auteurs Godefroid IV, était fils aîné d'Eustache II , comte de Boulogne, et d'Ide d'Ardenne.

* Pour écrire l'Histoire complète de ce héros fameux, de ce preux chevalier, de ce pieux chef de la première Croisade, il faudrait un volume entier. Aussi pour ne pas dépasser les limites du cadre de cet ouvrage nous bornerons-nous à ne noter que très succinctement les faits et gestes de cet homme illustre , en ajoutant toutefois à notre récit les actes particuliers au pays auxquels il a pris part. Ces circonstances, qui peuvent paraître oiseuses dans un ouvrage de Biographie générale, forment toujours un complément nécessaire, indispensable, quand il s'agit d'une notice particulière , nationale.

Né vers le milieu du onzième siècle, en 1060 ou 1061, disent quelques Chroniques, au village de Baizy, près de Nivelle et de Villers, dans le diocèse de Liège ou le Brabant wallon, Godefroid de Bouillon eut pour précepteur un prêtre, gentilhomme picard nommé Pierre PHermite, qui devint à son tour fameux dans l'histoire des croisades.

Godefroid était, à peine sorti de l'enfance lorsque son oncle, Godefroid -le* Bossu, duc de la Basse-Lorraine , fut assassiné près d'Anvers (1076) : Ce dernier avait légué le Duché de Bouillon à son neveu. Dès les premiers temps de son administration , le jeune Godefroid eut des difficultés assez sérieuses à démêler entre les gens de guerre auxquels avaient été données ou qui avaient usurpé par la force certaines terres et des dîmes que l'abbaye de Saint-Hubert en Ardenne réclamait comme siennes; c'est ce que l'annaliste de ce monastère appelle la violence Bouillonnaise : Ces contestations qui durèrent plusieurs années, furent enfin apaisées par Godefroid en sa qualité d'avoué du monastère.

D'autre part, le duc de Bouillon élevé dans des sentiments d'une grande piété et d'une fidélité à toute épreuve, tant à sa Religion qu'à l'Empereur, fidélité qu'on avait eu soin de lui représenter à chaque occasion comme héréditaire dans sa famille, eut pendant longtemps à lutter avec soimême à l'occasion des grandes contesta-

ts —

tions qui pendaient entre l'Empereur et le Souverain-Pontife, dont la ténacité à tous deux tenait l'Europe dans une inquiétude continuelle. Godefroid, en homme sage et prudent , chercha néanmoins par sa conduite à ne déplaire ouvertement à aucun des contendants, tout en restant attaché également à l'un et à l'autre. Il ne se mêla en effet à aucun parti pendant ces contestations et lorsqu'ils se trouvaient en présence, se réservant de les servir chacun séparément contre tout tiers advenant, mais jamais l'un contre l'autre. Dans cet état des choses le pape Grégoire VII, l'ennemi juré de l'Empereur Henri IV, ne voulant ni comprendre ni apprécier la délicatesse de la position de Godefroid, exigeait de lui une obéissance instantanée et absolue, menaçant en cas de refus de le priver de ses fiefs, moyen que la Cour de Rome avait accoutumé de mettre en usage pendant ces siècles que nous ne voulons pas qualifier ici, et il eut même l'audace de tenter de mettre sa menace à exécution en écrivant à Manassès archevêque de Rheims de lui retirer la terre de Douzy, etc. Manassès en serviteur servile voulut obéir à l'injonction papale sans «'enquérir de la justice de la démarche qu'on demandait de lui ; mais Godefroid sut déjouir ces basses intrigues par une courageuse résistance qui lui réussit à un point tel que l'archevêque se vit bientôt forcé de renoncer à sa tentative, de crainte de s'attirer de graves déboires , de décider peut-être sa propre perte : Godefroid avait fait ses premières armes sous son oncle à la guerre de Flandre, et s'était déjà alors fait admirer par son agilité à la course, sa dextérité et sa force dans l'art de la lutte, dans les exercices de l'équitation, et plus que tout cela par son courage et son sangfroid au combat.

Quelque temps après (1077) Albert III lomte de Namur s'étant mis en tête de faire valoir des droits beaucoup plus imaginaires que réels à la possession du duché de Bouillon, s'avança avec une armée jusqu'aux portes du château de ce nom.

Mais Godefroid le défendait; c'est assez dire que le comte de Namur fut repoussé avec des pertes tellement grandes qu'il perdit l'envie de revenir désormais à la charge. Ce nouvel exploit couvrit le duc de Bouillon d'une gloire qui se répandit bientôt au loin.

Dès qu'il fut débarassé du comte de Namur, Godefroid marcha sur Stenay dont il s'empara et força l'évéque de Verdun de lui conférer le titre de Vicomte de Verdun : Stenay fut fortifié et muni d'une imposante garnison.

Bientôt après (1078 — 1080) nous le retrouvons dans les rangs de l'empereur Henri, combattant à Mersebourg où il décida la victoire sur Rodolphe de Souabe qui périt pendant sa défaite : Thierry, comte ou duc de Mosellane, autre ennemi de Henri IV fut fait prisonnier par Godefroid et traîné dans les cachots du castel de Bouillon oii il mourut.

Pendant les guerres que l'Empereur Henri fit en Italie et les événements déplorables que suscita son schisme avec Grégoire VII (1083—85), Godefroid se tint dans l'une et l'autre Lorraines , afin d'éloigner de ces contrées l'esprit de révolte. En 1086 il vint assister aux obsèques de l'abbé de St. Hubert, Thierry I". Deux ans plus tard (1088) il entra avec les plus puissants seigneurs des environs dans la confédération dite Trève-de- Dieu que Henri Ier, évêque de Liège (v. son art. Luxembourg , Henri de) avait organisée pour s'opposer aux maux incessants que suscitaient les guerres et les rapines continuelles de cette époque de désolante mémoire.

Godefroid , dont la réputation de bravoure et de fidélité avait volé partout, vit bientôt augmenter ses titres comme sa puissance : l'empereur avait donné le Duché de la Basse-Lotharingie à Conrad, son fils aîné ; mais ce prince dénaturé trahit son père et son bienfaiteur au point d'oser tramer contre l'auteur de ses jours un complot ayant pour but de lui ôter la vie. Henri IV apprit ce projet; et, plein d'in-

dignation contre l'ingrat , le pri?a de son bénéfice qu'il donna au prince de Bouillon. Bientôt après il demanda même en mariage sa sœur Adélaïde et l'épousa.

Les fêtes qui suivirent cette cérémonie étaient à peine terminées lorsque Gode* froid, devenu très puissant par le concours de tous ces événements, résolut de rentrer dans les domaines que ses ancêtres avaient autrefois possédés et qui alors se trouvaient aliénés. Dans ce dessein il médita et exécuta un nouveau coup de main sur Stenay qu'il prit une seconde fois et qu'il parvint à conserver avec le secours que lui amenèrent fort à propos ses deux frères, Baudouin (t. son art.) et Eustache, ainsi que Henri comte de Grandpré; et cela malgré les forces que le comte de Namur et Tévêque de Verdun avaient mises en campagne pour reprendre cette ville devant laquelle ils avaient déjà mis le siège. Par la paix qui se fit bientôt après par l'entremise de l'évêque de Liège , il fut stipulé que le Duc de Bouillon aurait le haut domaine de Verdun et que Tévêque de cette ville reprendrait de lui le comté en fief.

Après ces exploits Godefroid rentra pour quelque temps dans l'obscurité (1091), ne voulant pas se mêler des dissentions de l'empereur avec l'impératrice et son fils Conrad : le seul acte public que nous le voyons poser dans cet intervalle fut sa recommandation auprès d*Otbert à l'effet d'engager ce prélat à reprendre fabbé de St.-Hubert dans ses bonnes grâces après ravoir chassé de son monastère pour s'être déclaré opposé à sa nomination à l'évéché de Liège.

Mais des événements bien autrement glorieux pour Godefroid se préparaient.

Le Concile de Clermont avait résolu la Croisade contre les infidèles. Pierre THermito, ancien instituteur de Godefroid avait fanatisé le monde chrétien en faveur de cette expédition, et le pape Urbain II avait, de s» main, donné la Croix an duc de Bouillon.

C'était en l'année 1004 ou 1098.

Avant de partir pour cette périlleuse

entreprise qui devait immortaliser son nom^ Godefroid voulut montrer tout l'intérêt qu'il portait â l'abbaye de St.-Hubert en déposant en présence d'un entourage nombreux et choisi, sur l'autel de l'église de Bouillon un acte de donation en faveur de cette abbaye , de l'église de Bahy et ses accessoires, ainsi que la confirmation de celle de Sansanruz avec ses annexes, qui avait été autrefois concédée au même monastère par Godefroid-le-barbu son grand-père, le tout sous la seule charge pour l'abbé et les religieux, de desservir l'église de St.-Pierre près du château et la chapelle de St.-Jean dans ce fort. Vers la même époque il institua en l'honneur de St. Michel un chapitre de douze chanoines à Anvers et rétablit le monastère de Stenay qui avait été ruiné par les guerres.

D'un autre côté , comme il était convaincu que les revenus du domaine de Bouillon et des fiefs ennexés à ce duché n'auraient pu suffire pour subvenir aux frais de son voyage projeté en Terre- Sainte , il résolut d'engager ces terres h l'évêque Albert et à l'église de Liège, contre payement d'une somme d'argent sur le chiffre de laquelle les historiens sont loin d'être d'accord aujourd'hui , le tout sous la réserve expresse que ces biens resteraient à jamais attachés h l'Eglise de Liège si lui ou un d'entre ees héritiers qu'il désignait, ne venait les dégager en remboursant les deniers de l'engager e.

A Févéque de Verdun il abandonne tes droits réels ou prétendus sur le comté de ce nom et loi céda le château de Stenay avec le vittage de Mouua. L'évêque, piqué de générosité, lui compte en retour un secours en argent pour son voyage.

Godefroid a*ait terminé toutes ees «fispositions lorsqu'arriva le moment Axé pour le départ de l'aimée expédition* naite, nu printemps de l*fen de grâce 1096* Les Croisés étaient conveeoa qu'on se réunirait dans la plaine de Covh stantinople; mais pour éviter l'encorn-

bremeut inévitable qu'aurait produit une immense multitude si tous avaient suivi la même route , chaque chef devait prendre un autre chemin: Godefroid, avec soixante mille iiommes la plupart Lorrains, se dirigea par l'Allemagne, traversant la Hongrie, la Valachie et la Thrace.

Afin d'abréger , nous ne parlerons pas des difficultés de tout genre qui se présentèrent presque à chaque pas pendant 4>ette longue marche où l'Occident levé -etn masse , semblait vouloir aller engloutir l'Orient ; ni des embûches nombreuses qui étaient sans cesse tendues aux Croisés; ni enfin des pertes considérables d'hommes de tout âge que les fatigues leur faisaient tous les jours éprouver.

On arriva enfin au lieu du rendezvous ou l'on trouva dans les Grecs , au lieu d'un peuple ami, des ennemis astutieux qui épuisèrent toutes les ressources de la mauvaise foi pour s'opposer au passage des Croisés, ou au moins pour le contrecarrer. Godefroid en chef habile mais surtout courageux et franc, força l'empereur Alexis-Commène à tenir ses ^engagements , à lui ouvrir les chemins d'Orient et à dissimuler les inquiétudes que naturellement il avait dû concevoir en voyant toute cette armée étrangère entrer au cœur de ses états , comme pour tes envahir. Il conclut en effet avec ce prince un traité par lequel il s'engageait à rendre les places de l'Empire grec qu'il prendrait sur les infidèles , à condition qu'Alexis fournirait à l'armée chrétienne les vivres nécessaires. L'Empereur qui s'était vu obligé à accepter ce traité , avait bien souscrit aux conditions qu'il lui imposait; mais il était résolu d'avance de n'en remplir aucune; ce qu'il fit en effet.

Godefroid qui avait été élu un des chefs de l'armée des Croisés , s'avança aussitôt vers Tïicée dont il fit le siège. Cette ville ayant été prise le 14 juin 1097 après un mois d'attaque , les Croisés continuèrent leur marche vers Jérusalem, en

passant par la Natolie où ils enlevèrent encore un grand nombre de places. Leurs forces se composaient encore alors de cinq cent mille hommes de pied et de cent mille chevaux. Cette multitude eût sans doute été capable de tout entreprendre et de réussir en tout, parce que le courage ne lui manquait pas; mais il eût fallu pour cela qu'elle fût homogène; tandis que mal conçue dans son plan autant qu'erronément assortie dans sa composition , elle se voyait chaque jour à la veille de se dissoudre ou de s'entredétruire à cause du défaut d'unité et d'ensemble dans la direction suprême. Cependant Godefroid, le plus vaillant sans doute d'entre ces combattants , était là , il réunissait dans sa personne une énergie presque surnaturelle qui sut en mainte occasion racheter autant que possible le mal que les tiraillements entre les chefs faisaient éprouver à ces différentes cohortes sans discipline.

De la Natolie on passa devant la grande Antioche dont le siège fut immédiatement résolu. Cette ville fut prise , mais par trahison, le 3 juin 1098.

Les Croisés n'y étaient entrés que depuis trois jours lorsqu'une armée immense de Sarrasins vint à son tour les y assiéger. Sans provisions, au point qu'ils se voyaient obligés de se nourrir de chair de cheval et de chameau , et rendus encore de leurs fatigues antérieures , ils se croyaient à deux doigts de leur perte lorsqu'une pieuse fourberie vint les tirer d'affaire : un prêtre visionnaire déclara qu'il avait découvert le fer de la lance qui avait percé le flanc de Jésus crucifié, et que cette trouvaille leur assurait la victoire. Aussitôt le courage renaît parmi les assiégés, la superstition les aveugle; et furieux ils s'élancent sur les assaillants, qu'ils dispersent en les taillant en pièces.

L'année suivante , 1099, ils se trouvèrent devant Jérusalem , la ville sainte, le but de leur voyage et de leurs exploits. Le siège commença le 9 juin ; et cinq semaines après, le vendredi 15 juillet,

cette Tille fat prise après an assaut terrible après lequel le vainqueur se livra à un massacre horrible sur les vaincus:

tout y nageait dans le sang qui montait, disent les historiens contemporains , jusqu'au frein des chevaux.

Toutes ces victoires, les Croisés les durent à l'intrépidité de Godefroid de Bouillon.

Aussitôt après la conquête de Jérusalem , ce chef aussi pieux qu'il était vaillant , s'empressa de satisfaire sa dévotion : il se dépouilla de son armure qu'il avait juré de ne quitter qu'après avoir atteint le terme de son long et périlleux voyage, s'affubla de laine et alla, pieds nus, faire le tour de la ville , puis se rendit au Saint-Sépulcre ou il adressa au Dieu des armées des actions de grâces pour les succès obtenus et ajouta une humble prière de remerctments pour la faveur qui lui était faite de pouvoir contempler de ses yeux le lieu où le corps du Sauveur du monde avait été déposé après son supplice sur la croix.

Huit jours après les Croisés se réunirent pour nommer un roi de Jérusalem et des pays conquis sur les infidèles : leur choix unanime tomba sur Godefroid de Bouillon. Ce prince accepta la dignité qu'on lui offrait , mais il refusa la qualité qui y était attachée , disant que jamais il ne consentirait à porter une couronne d'or dans la ville oii Jésus-Christ, le Dieu des rois de la terre avait été couronné d'épines : Il ne prit en effet que le titre de Duc et d'avoué ou protecteur du Saint-Sépulcre.

Le sultan d'Egypte, qui avait appris les victoires des Croisés, commençait à craindre que , une fois affermis dans leurs conquêtes ils ne voulussent tenter de pénétrer également dans ses états. Comme d'autre part il voyait leur armée réduite à un très petit nombre , puisque de trois cent mille qui avaient pris Antiocfae il ne leur restait que vingt mille combattants , fit marcher contre eux une armée de quatre cent mille hommes. À la nouvelle de leur approche l'intrépide Godefroid ne perd point courage ; il s'avance à leur

rencontre dans la plaine d'Àscalon, engage le combat et s'élance le premier sur eux ; les siens le suivent de près et en font un grand carnage : Cette nouvelle victoire assura au Duc-avoué du Saint-Sépulcre la paisible possession de la Palestine entière , moins deux ou trois places.

Dès lors Godefroid s'occupa moins à étendre ses conquêtes qu'à conserver celles qu'il avait faites et à y établir une bonne police. Il constitua à Jérusalem un patriarche, y fonda deux chapitres de chanoines , l'un attaché à l'Eglise du Saint- Sépulcre , l'autre à celle du Temple , et finalement un monastère dans la vallée de Josaphat. Après cela il fit publier en langue romane ou wallonne les Assises de Jérusalem, monument précieux pour le langage du temps, l'étude des lois du moyen-Age et leur juste application aux besoins de l'ordre social.

On attribue la rédaction de ce code fameux à Philippe de Navarre , savant jurisconsulte qui avait suivi les Croisés. La seconde révision des Assises fut faite en 1260 , par Jean d'Ibelin , et la troisième par Jean de Lusignan. Cette œuvre est perdue; on n'en possède que quelques fragments traduits en latin et qui se trouvent à la Bibliothèque du Vatican.

Godefroid est mort à Jérusalem après un règne d'un an, le 18 juillet 1100. Il fut enterré dans la chapelle dite d'Adam, annexe de l'Eglise du Saint-Sépulcre.

Son tombeau , que de Bruyn a décrit et qui a subsisté jusqu'en 1807 , à disparu depuis la soi-disante restauration de la chapelle qui le renfermait, par les soins d'un architecte grec qui a présidé à cette restauration après l'incendie qui l'avait réduite en cendres. Ce monument portait l'épitaphe suivante:

+ Hic iacet inclitus ddx

GODEFRIDUS DE BuiXON QUI TOTAH ISTAM TbRKAM AQUI-

sivit cultcj xriano cuj.

Anima regnet cum Xro Amen.

Pour terminer cet article, nous aimons à transcrire ici le jugement que l'abbé de Ghoisy a donné sur ce héros de la Chrétienté, dans le Journal des Savants, année 1712, p. 119: «Jamais l'antiqui- «té fabuleuse ne s'est imaginé un héros « anssi parfait en tontes choses , que la «vérité de l'Histoire nous représente «Godefroid de Bouillon. Sa naissance «était illustre, mais ce fut son mérite « qui Téleva au-dessus des autres ; et Ton «peut dire de lui que sa grandeur fut « l'ouvrage de sa vertu. »

En 1848 la Belgique a érigé une statue équestre à la mémoire de Godefroid de Bouillon. Ouvrage du sculpteur Simonis , elle décore la place royale de Bruxelles.

OuftAY, Histoire de Bouillon, tfS à 71.— Comte m Bsc-M-Lisvai, Biographie liégeoise, I. 87, sq. — Dioçraqhie générale des Belges , 55.— Mosaai , lîtt. G.-Butholh, III, 158 à 508, passim. — Di Fmu.be, Dictionnaire historique, UtL G.— De Wau, Lnbores Hereulis ehristiani Godefridi Bnllionii; Lille, 1674.— La Tassa, Jérusalem délWrée; pasiisa.— Gantatorinm; passim; ad annos concordantes. — De Baimi, Aeixen etc., 288.— WAStaaooac , Antiquités, 986, aq.-De Mabvb, IIS, sqqq. — Das AosmaES, 8temmatn Lotharingie ac Barri Dncum, 9515, t°, sqqq. — Les Hommes illustres des Pays- Bas, I, «04 à S08. — GooariR, Encyclopédie moderne, litt G.— Biographie universelle , XVII , 846, sqqq.— Les Belges illustres , 1 , 87 , sqqqq.— Conrer- •atioas-Leiikon, édit. de 1861.

BOUILLON, Godefroid-Charles-Henri de la Tour d'Auvergne, duc de, était fils unique de Charles~Godefroid de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, auquel il succéda en 1772. Il avait une sœur, Louise- Henriette-Jeanne qui fut mariée à Hercule- Mariadec de Boban , prince de Guimenée.

Ce prince, sur la vie duquel nous ne bous étendrons pas , a su s'acquérir de la part de la postérité le beau nom de philanthrope par les soins qu'il n'a cessé de donner au bonheur de ses sujets. Il fonda en effet l'hôpital de Bouillon , créa en 1774 une poste aux chevaux et une messagerie publique, encouragea le commerce , favorisa l'introduction et le développement de l'imprimerie et donna fina-

lement aux Bouillonnais un grand nombre de lois sages.

Godefroid-Charles-Henri est mort en 1792, laissant un enfant unique, Jacques- Léopold-Cbarles, mort en 1802, dépossédé de la terre de Bouillon et sans postérité.

Ozbbay, Histoire de Bouillon, 229, sqqq. — Miusca et Vahdmmalbk , Dictionnaire géographique do Luxembourg, 194 et 265 à 266. — Pkyia*, Histoire de l'ancienne principauté de Sedan, II, passim. — La Cu oc Bec-bB-Linrae, Biographie liégeoise» II, 49». — Godcscab», Vies des Saints, deê Pères et des Martyrs, VII, 562, note.

BBIXHE, Jean-Guillaume, est né à Spa, le 27 juillet 1758. Dès sa plus tendre jeunesse il manifesta le goût le plus passionné pour l'étude , surtout celle de la jurisprudence ; et il y fit des progrès si rapides qu'à l'âge de dix-neuf aus il fut jugé capable d'être admis procureur à la cour de Spa. En février 1780 il reçut son immatriculation en qualité de notaire public au pays de Liège.

Lorsque la révolution liégeoise se préparait, à l'instar de celle de France, Brixhe en embrassa les principes avec enthousiasme et fut nommé Bourgmestre de Spa ainsi que membre secrétaire perpétuel de cette fameuse assemblée représentative dite de Franchimont qui fut toujours la première dans ses propositions ultra-libérales, que plus d'une fois elle fit présenter sous forme d'adresses à la municipalité de Liège h l'effet de les sanctionner à son tour. Elu en 1790 député suppléant au Tiers-Etat du Pays de Liège, il occupait ces fonctions lorsque l'armée autrichienne vint reprendre le pays et réinstaller l'Evéque : Brixhe proscrit comme un des quatorze premiers fauteurs de la révolte, se réfugia à Paris où il devint membre du comité général des Belges et des Liégeois réunis.

Son caractère ardent ne lui permettant pas plus à Paris que dans sa patrie de rester spectateur oisif des événements qui se succédaient avec tant de rapidité, il se mêla bientôt à tous les clubs , au point

que Robespierre le crut mériter d'être inscrit sur sa liste des bous patriotes : Brixhe était loin cependant , dit-on , de partager toutes les doctrines sanguinaires des terroristes.

L'armée française vint sur ces entrefaites conquérir la Belgique et avec elle le Pays de Liège; Brixhe la suivit et se vit bientôt réintégrer dans la municipalité de son endroit natal. Le peuple le députa en outre en même temps à l'administration générale du Pays de Liège où il se montra un des plus chauds partisans de la révolution française et de la réunion des provinces belgiques à la France.

A la retraite de Dumouriez il fut de nouveau forcé de se réfugier à Paris où il fut employé dans les bureaux de la vérification générale des assignats. Au mois de prairial an II (mai ou juin 1794) le comité de salut public , réuni à celui des finances et des assignats le nomma vérificateur dans les départements du Nord et des Ardennes. Par divers arrêtés des représentants du peuple il fut envoyé avec la même qualité à la suite des armées dans les pays conquis : cet emploi il Ta conservé jusqu'à la suppression des assignats.

Se voyant privé de sa place il commença à exercer les fonctions de défenseur officieux près les tribunaux civils et criminels des départements de l'Ourthe, de Sambreet-Meuse et de la Meuse-inférieure : Une âme passionnée, une éloquence vive jointe à une logique serrée , une connaissance approfondie des lois lui firent bientôt obtenir dans cette nouvelle carrière les succès les plus brillants. En l'an VI (1798) l'assemblée électorale scissionnaire le nomma administrateur du département; et la suivante il fut envoyé au Conseil des Cinq- Cents. Il en fut exclu par la loi du 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799) et revint à Liège où il continua la profession de défenseur officieux. Le 27 frimaire an IX (18 décembre 1800) le premier Consul le nomma avoué près le tribunal d'appel de Liège, et le 18 fructidor an XII

(5 septembre 1803) l'école de droit de Paris lui délivra un diplôme de licencié.

Brixhe est mort le 2& février 1807.

Noos avons de lui: |°« Journal des séances du Congrès du marquisat de Franchimont , tenu au village de PoUeur , commencé le 26 aoôt 1789 ; Liège , in-4°. — 2°. Plusieurs adresses de l'assemblée franchimontoise à la municipalité de Liège.

— 3°. Plan de municipalité pour le bourg et la commune de Spa , et dont ta ratification finale est laissée aux cinq élections ; Spa, 1790, in-4°; 20 pages.— 4°. Quet ques plaidoyers remarquables par les questions importantes que l'auteur a su y soulever , et par le talent avec lequel il les a traitées. — SQ. La tribune publique <fei Département de l'Ourthe ; Liège, La tour; an V, in-8°: Il en a paru 18 numéros formant 312 pages.

Pol4ih9 Esqai»e« biographiques de l'ancien Pfejv de Liège.— C*e ai Bac-ai-utTas, Biographie liëgeoiae» H, 894, tqq. — Biographie générale def Belge*, 40.

BROUSSE , Mathias-Pierre, fils d'us conseiller au bailliage de Thionville , est né dans cette ville , le 13 septembre 1742.

Il était Jésuite non profès en 1764, lorsque la société d'Ignace de Loyola fut dissoute en France. Devenu simple prêtre il fut pourvu dès qu'il eut atteint l'âge canonique, de la cure de Volcrange près de Thionville, dont les Jésuites de Trêves étaient collateurs.

En 1787 il fut chargé avec trois autres ecclésiastiques de représenter le clergé du District de Thionville à l'assemblée provinciale des Trois-Evêchés et du Clermontois qui se tenait à Metz sous la présidence de Tévêque, Monseigneur de Montmorency- Laval.

Brousse prêta le serment civique et religieux; intrigua pour être appelé aux Etats-Généraux, réussit dans son projet et aspira à l'évêché de Metz en mars 1791 . Mais son absence , de même que le petit nombre de ses partisans entravèrent ses vues ambitieuses, et Nicolas Francin (▼. son art.) , curé de Kœnigsmacher, élu par

— fi —

aes propres confrères, reçut l'onction épiseopale civique. Celte préférence troubla toute la vie de Brousse qui mourut ignoré et loin de ThionviMe, sa ville natale.

i , Biegrapfcie de la «oteUe , I. f 76.-1 Histoire de ThionWUe, 322.— Tables du Moniteur français, 1787—89.

CjEMMKRER , Frédéric, né à Longwy, le 2 juillet 1785 , était fils d'un ancien chef de bataillon d'infanterie et chevalier de St. Louis, qui s'était marié à Longwy où son régiment était en garnison.

Frédéric Caemmerer fit ses études k Nancy, entra en 1804 dans le corps des Mineurs et se trouvait employé à Hambourg lorsqu'il eut l'occasion de connaître et d'épouser la nièce du poëte Klopstoek.

Nommé plus tard à la direction des postes à Longwy il occupa ses loisirs par l'étude et composa plusieurs petits écrits qui lui valurent la réputation d'un homme savant et de bon goût littéraire. Nous connaissons de lui les opuscules suivants : f \ Mémoire sur un autel antique découvert à Havange, village situé sur la route de Longwy à Meta; 1822, adressé à la société littéraire, plus tard Académie de Metz, qui en retour loi conféra le titre de membre correspondant. — 2*. La même année 1822 cette Soeiété savante avait mis au concours la question suivante : Quelle a été dans ces derniers temps l'influence de l'étude des sciences exactes sur les productions puremeot littéraires? Caemmerer envoya un mémoire portant pour épigraphe: Ànte omma Musse. Cet écrit, quoique ne traitant pas le point principal de la question, au sentiment du jury examinateur, a para digne d'être honorablement mentionné à cause des pensées ingénieuses, des images gracieuses et vives qui y sont exprimées avec un style pur, élégant, animé, et qui décèle dans Fauteur un adorateur zélé des lettres, un amant exclusif des Muses. — î\ En 1826 il adressa au même corps savant quatre petites pièces de poésie:

le jeune poëte ; l'étoile du berger ; le papillon; la barque égarée. — 4°. En 1828 suivirent quatre autres morceaux: sur la solitude; sur le premier amour; sur la marguerite ; sur l'orage. — 0°. Le Chansonnier des Grâces contient plusieurs corn* positions du même auteur dont les œuvres en général ne manquent ni d'élégance ni de naturel. — 6°. Elgirê de Baumgarten, ou trois jours dans les Alpes; po€me,

Caemmerer avait été transféré l Langres, Département de la Hante-Marne, toujours avec les fonctions de Directeur des Postes. Il s'y occupait dé la publication d'une édition complète de ses œuvres lorsque la mort le surprit le 3 février 1838 , à l'âge de 52 ans.

Btow, Biographie de la Moselle, I, 234, sqg.— Essai sur f Histoire de Loagwj, 161 , sqq. — Travaux de r Académie royale de Hets; années 1822 -23, p. 59, 69, 72; 1826-27, p. 151; 1827- 28, p. 98. — Renseignements partienUon.

CHARDON , Mathiai, dit Don Charles est né à Yvois-Carignan en 1695, d'une famille honorable , puisque son frère occupa dans cette ville la charge de baillif. Mathias Chardon entra en religion en 1711, dans l'ordre des Bénédictins de la Congrégation de St.-Vanne , à Verdun, y fit profession le 5 ou le 23 juin 1712 à Page de 17 ans et prit le nom de Don Charles sous lequel il fut connu plus tard dans le monde.

Il se livra avec passion à l'étude de la théologie , de l'antiquité sacrée et profane ainsi que des langues syriaque, hébraïque, grecque et latine ; l'italien ne lui demeura pas étranger non plus et il acquit bientôt

la réputation d'un garant très distingué, an point qu'on lui confia les chaires de rhétorique , de philosophie et de théologie au monastère de Novi-les-moines près de Retbel : il les occupait d'une manière brillante lorsque son opposition à la bulle Unigenitus lui causa des désagréments graves et le fit destituer par le Chapitre général tenu à Tout en 1730. Après cette disgrâce il se retira à l'abbaye de St.-Arnoul à Metz ou il est mort en 1771 , à l'âge de soixante-seize ans.

Le Père Don Cbarles-Mathias Chardon était un religieux très attaché à ses devoirs, ami de la règle , de la discipline et de l'étude; de mœurs austères et généralement estimé. La Clef du Cabinet, journal mensuel qui se publiait à cette époque à Luxembourg, a donné son éloge.

Nous avons de Don Charles : 1 °. Histoire des Sacrements, ou de la manière dont ils ont été administrés dans l'Eglise, et de l'usage qu'on en a fait depuis le temps des apôtres jusqu'à présent; 6 vol. in-12, Paris, 1745; c'est un ouvrage d'une profonde érudition, écrit solidement, plein de recherches et qui a été traduit en italien; Brescia, 3 vol. in-4°. — 2°. Histoire des variations dans la discipline de l'Eglise ; restée manuscrite. — 5°. Traité contre les incrédules modernes ; manuscrit.

Oi la Haut et Laccv, Annales cmlef et religieuse* dTYois-Carignaa, 402. — Dt Ftf.ua, Dictionnaire historique; édition de 1858; Mons, II, 169; suppléaient an même ouvrage, II, 99. — La Ciel dn Cabinet; année 1771. — Couitih, Encyclopédie moderne, V, 585.— Biographie nniTerselle, VIII, 76.

CHOUET de Bollemont, Charles, est né le 20 janvier 1749 , fut créé chevalier de St. Louis et devint par ses mérites et ses talents militaires lieutenant-général d'artillerie. Il est mort à Arrancy , le 17 décembre 1815.

Les notes qui nous ont été transmises sur ce personnage distingué se réduisent malheureusement au peu de mots qui précèdent.

Notes fournies.

COLLAS, Jtan-Paul-Louis, est né à Thionville, le 13 septembre 1735. Il était fils d'un procureur du roi au bailliage de cette ville , et de Catherine-Reine Standt, de Limbourg. Doué d'un esprit propre à l'étude des sciences exactes , Collas s'y livra avec ardeur. Il professa de bonne heure et avec distinction les mathématiques à l'université de Lorraine. Il s'occupa aussi d'astronomie et y fit d'intéressantes observations: il s'aperçut entr'autrea d'une éclypse de soleil qui n'avait été ui prévue ni annoncée par les astronomes de Paris.

Collas avait obtenu les ordres sacrés et partit de France en 1767 , pour aller prêcher en Chine : il fut un des derniers mis* sionnaires qui y furent admis. S'étant rendu à Pékin on l'attacha comme mathématicien au service du palais. Il est mort dans cette ville, le 22 janvier 1781, n'étant encore âgé que de 46 ans.

Collas a fait insérer les mémoires dont les titres suivent dans la collection des Mémoires sur les Chinois : #°. Etat des réparations et additions faites à l'observatoire bâti depuis longtemps dans la maison des Missionnaires français à Pékin. — 2°. Observations astronomiques faites à Pékin, en 1775. — 3°. Lettre sur la quintescence minérale de M. le Comte de Lagaraye.— 4°. Lettre sur un sel appelé par les Chinois Kien. — 5°. Lettre sur la chaux noire de la Chine ; sur une matière appelée Lieou-li, espèce de verre , et sur une sorte particulière de mottes à brûler. — 6°. Lettre sur le Hoang-fau ou vitriol , sur le Naocha ou sel ammoniac , sur le Hoang-pè-mou.

— 7". Notice sur le charbon de terre. — 8°. Notice sur le cuivre blanc de la Chine, sur le minium et l'amadou» — 9*. Notice sur le papier doré sans or. — i0° Notice sur le bambou. — 11°. Mémoire sur la valeur du taël d'argent en monnaie de France.

Béciji, Biographie de la Moselle, I, 296, sqej. — Biographie unÎTerseUe, IX, Ml. — Registres Je l'Etat civil de Thionville. — Cootnn, Encyclopédie moderne, VI, 587. — Biographie universelle, IX, 8tfi.

COLLOZ, Don Michel, vit le jour en 1722, à Offagne, aujourd'hui commune du canton de Paliseul , arrondissement de Neufchâteau et dépendant autrefois du Duché de Bouillon. Colloz embrassa la règle de St. Benoit et devint prieur de l'abbaye de Beaulieu en Argonne. Il était habile archiviste et grand amateur d'antiquités. II est mort vers Tannée 1780.

Don Michel Colloz a publié 4°, l'Histoire mqnastique des Gaules ; précédée de savantes dissertations : Ouvrage très-estimé des savants. Il a aussi travaillé, £°, à l'Histoire de Metz.

C* ra Bic-m-Li*vbi, Biographie liégeoise, II, 480, — BLucblun LaGaim, Notice sur les Luxembourgeois célèbres, 37.

CONSEIL, Louis, officier de la Légion d'honneur , capitaine de chasseurs de la garde impériale , chef de bataillon de la garde nationale et membre du conseil municipal d'Ars-sur-Moselle, est né à Thionville, en 1777. Il était le vingt-deuxième enfant et le seizième fils de sa famille. Son père, fabricant de chandelles à Thionyille , ayant conduit tous ses enfants au sacre de Louis XVI à Rheims, obtint une pension de ce monarque le jour même de la naissance du jeune Conseil qui fut pour ce motif nommé Louis, avec addition du nombre seize, pour le distinguer, dit-on, d'un de ses frères qui portait déjà le même nom, peut-être aussi , et par une coïncidence aussi extraordinaire que remarquable, à cause du rang d'ordre que le roi régnant occupait parmi les monarques homonymes de sa dynastie, rapporté à celui que par sa naissance le jeune homme avait entre les fils du même père et de la même mère.

Il avait à peine quinze ans lorsqu'il s'enrôla dans le V bataillon des volontaires de la Moselle. Simple soldat, il fit dans ce corps les premières campagnes de la République; mais sa jeunesse, les privations et les fatigues de la guerre le ramenèrent malade dans sa famille. Il s'y rétablit cependant et se hâta de reprendre du service dans le 3e régiment de hus-

sards, dans lequel il avait obtenu tous ses grades en 1815 ; ce fut dans ce corps que sa valeur brilla de tout son éclat: Ce serait une longue tâche à raconter les faits d'armes qui ont illustré sa carrière. Dans toutes les campagnes de la République et de l'Empire il se montra constamment aux postes les plus périlleux , paya toujours de sa personne, reçut des blessures graves et eut plusieurs chevaux tués sous lui. Napoléon I" avait reçu des mains de Louis Conseil plusieurs drapeaux enlevés à l'ennemi, lorsque détachant de sa poitrine l'étoile des braves il le créa officier de la Légion d'honneur, distinction qui ne se donnait alors qu'au vrai mérite. Après les désastres de 1814 ses affections patriotiques qu'il ne pouvait cacher, lui attirèrent des disgrâces ; mais le retour de l'île d'Elbe l'en récompensa : Napoléon l'appela dans les chasseurs à cheval de sa garde. A Waterloo il était officier d'ordonnance près de l'Empereur qu'il ne quitta que le dernier. La restauration, pour réparer les fautes qui avaient amené les cent jours, faisait pleuvoir dans les corps des croix de St. Louis: Conseil refusa cette décoration : « Un volontaire de 92, « dit-il à son colonel avec une noble fierté, « ne peut être chevalier de St. Louis. Je «n'ai rien fait d'ailleurs pour ceux qui « m'offrent cette croix ; je ne les connais a pas . i . . . . Celle-ci du moins {en frappant «sur son cœur) je l'ai gagnée : elle n'irait « point avec l'autre. » Une réponse aussi franche le priva du fruit de ses campagnes ; et jeune encore , il n'avait que 38 ans et était à la veille de passer officier supérieur, on le mit à la retraite. Ce fut alors qu'il revint à Thionville oh la vue des ennemis qui occupaient sa ville natale lui fit éprouver de nouveaux chagrins. Il la quitta bientôt pour s'unir, dans le bourg d'Ars-sur- Moselle, à une famille recommandable. En juillet 1830 il se hâta de faire arborer les trois couleurs à sa commune dont il organisa la garde nationale. Ce fut le dernier acte patriotique qu'il accomplit ; il est mort le 23 octobre 1833, à l'âge de 56 ans.

YifttomAis, Stfttistîqve de la Moselle, 468» sq.

COURTOIS , Alexandre-Nicolas, est né àLonguion, le 24 novembre 1758. Il était fils de Jean Courtois, jurisconsulte an bailliage de Longaion, et de Marie-Elisabeth Châtain.

Courtois montra de bonne heure des dispositions heureuses ; moins dissipé que ne le sent ordinairement les jeunes gens de son âge , il copiait à cinq ans dans l'étude de son père, et h huit il écrivait assez bien pour donner des modèles d'écriture aux écoliers de l'instituteur de la commune. A l'âge de dix ans il commença à apprendre le latin ; et à quinze son père, chargé d'une famille de dix enfants, le plaça chez on patricien de Nancy qui en fit bientôt son maître-clerc. Plus tard il entra à l'école de droit de Nancy; lot reçu bachelier le 27 juin 1783 et licencié Tannée suivante, à l'âge de vingt-six ans. Il entra alors au barreau oh il acquit bientôt de la réputation par son éloquence et nés connaissances. Il partageait en outre son temps de manière à pouvoir en consacrer une partie à la littérature et à la poésie. Il fit insérer plusieurs pièces légères dans différents recueils et obtint des succès nombreux à l'académie de Nancy, aux séances de laquelle il assistait régulièrement. Ses correspondances littéraires étaient étendues. Plus tard il se retira même du barreau pour donner tous ses moments à ses études favorites et devint pendant un an un des collaborateurs du journal littéraire de Deux-Ponte. Il travailla ensuite au Journal général de l'Europe qui s'imprimait à Hervé ; et à dater dn mois de juillet 1788 il rédigea seul, pendant huit à dix mois le Journal de Luxembourg intitulé : Mélanges de littérature et de politique. D'autres feuilles publiques reçurent aussi des articles sortis de sa plume.

La révolution française âftata sur ces entrefaites. Alors les événements de la vie de Courtois se succédèrent rapidement. Nomme membre du district de Longrvy il s'y fit remarquer par plu-

sieurs rapports lumineux. Peu de temps après il fut appelé à l'Administration du Département de la Moselle ; mais la commission dont il faisait partie fut presque en même temps supprimée par ordre du Gouvernement. Courtois se rendit alors près du ministre Lebrun qui le jMMmna en 1792 commissaire national du pouvoir exécutif de la République 4aas la Flandre orientale pour opérer la réunion de cette province. Il réussit par ses bons procédés et ses proclamation* à gagner l'esprit des Belges ; opéra la division administrative de leur territoire , y organisa les administrations ainsi qne les tribunaux et sut y maintenir la paix ml milieu des troubles qui agitaient la France il cette époque.

Le 9 décembre 1792, dans une chaleureuse improvisation à la société des amis de la liberté et de légalité à Gand, Courtois engagea les peuples belges à organiser chez eux une Convention nationale. Son discours fut vivement applaudi et l'impression en fut ordonnée.

Le 22 février 1793 il paria également à l'occasion de rassemblée communale de Gand.

Obligé de fuir lors de la défection de Dumouriez, Courtois revint avec une caisse bien remplie qu'il remit au Gouvernement, et fut ensuite à Longwy où il prononça le 22 octobre de la même année un discours éloqnemment écrit à l'occasion de l'anniversaire de la rentrée des troupes françaises dans cette ville. En récompense de sa loyauté et de ses services le ministre Lebrun l'avait fait nommer , le 19 juin 1798, accusateur militaire pris le tribunal du deuxième arrondissement de l'armée de la Moselle dont Metz était le chef-lieu. Mais de telles fonctions cadraient mal avec l'esprit généreux, le caractère paisible de Courtois. Anasi ne tarda-t-il pas à être dénoncé comme *ne- 4éré, accusation fort grave pour l'époque, et qui le mit à l'instant sous le poids d'un mandat d'arrêt. Courtois prévoyant l'orage dont il était menacé, se réfugia à Longuian

pour y occuper une ptace de juge près le tribunal civil où il remplissait depuis quelque temps les fonctions de suppléant. Il obtint cette fois de demeurer chez lui sous la surveillance d'un gendarme pendant que son procès s'instruisait. Toute l'administration départementale ayant été dénoncée k propos de son adresse au roi sur l'affaire du 10 août, Courtois fut du nombre des victimes que l'on traîna à Paris: en route les gendarmes que sa jeunesse et sa candeur intéressaient, voulaient le laisser évader et lui en ménageaient les moyens. Mais sa conscience était calme et il n'envisageait pas la catastrophe qui pesait sur sa tête. Condamné à mort par le tribunal révolutionnaire il périt sur la guillotine , le 12 janvier 1794 , à l'âge de trente-trois ans.

Il avait été marié deux fois. Sa première femme lui donna un ils , Michel- Amédée , qui avait embrassé la carrière des armes et mourut à vingt-six ans des suites de Messures reçues au champ d'honneur en combattant pour la France.

Sa seconde femme s'est plus tard remariée à Liège qu'elle a continué d'habiter.

Courtois jurisconsulte, littérateur et poète, était doué d'une rare facilité dont il abusa quelques fois en composant des futilités qui passeraient peut-être aujourd'hui inapperçues. Elève de l'école de Dorât , il n'a pas eu le temps de mûrir son talent; cependant il parvint parfois à s'élever au-dessus de son mettre.

Outre un grand nombre de compositions en prose et en vers qui n'ont pas été imprimées et qui furent en grande partie lacérées on détruites , on a de lui : !*• Observations sur la ville de Longuion du Département de la Moselle; Paris, in 12; 54 pages; an II de la liberté. — 2\ Idée sur l'estime au marc d'argent, nouvelle mesure de la valeur des hommes, donnée par la majorité en voix de l'assemblée nationale; 24 pages in 12. — 5°. Réflexions sur une brochure nouvelle, intitulée: Ultimatum; 16 pages in 12. — 4*. La Grille, conte gascon, de plus de

deux cents vers; dans le Journal de Deux-Ponts. — 5*. Une infinité de pièces fugitives insérées sous des noms supposés dans la feuille précitée , les Affiches de Metz, le Journal de Nancy, l'Almanach des Muses, les Etrennes lyriques, etc.

Btcm, Bitgrapkie de la M«el!e» lv MB à 51*.

COURTOIS, Anacharsis-Jean, frère du précédent, est né comme lui à Longuion, le 6 octobre 1767, et entra au service militaire, le 11 décembre 1785.

Au passage du Rhin en 1794 il était capitaine au 43* régiment d'infanterie et passa le premier dans une barque avec dix-huit hommes à la tête de l'île de Bedberg, força les retranchements de l'ennemi et fit vingt-deux prisonniers avec un officier. Ayant joint les tirailleurs de Favant-garde il s'empara d'une pièce de canon avant d'entrer dans Kaiscrsvers. A la prise d'assaut de Friedberg il montra la plus grande intrépidité à la tête de sa compagnie : le général Jacopin lui ayant ordonné de charger l'ennemi qui était en masse dans la grande rue il le culbuta et le força à la retraite. Dans cette journée on fit prisonniers deux bataillons autrichiens. Au passage du Tagliamento , le 26 ventôse an V (16 mars 1797) il prit le commandement du 3* bataillon d'après les ordres du général Duffaut, et s'empara de Cividaï qui était encore occupé par les grenadiers hongrois; il en fit beaucoup prisonniers. Le 4 germinal (24 mars 1797) à la prise du fort Chneza il commandait la compagnie de grenadiers du 3° bataillon quand il reçut l'ordre de s'emparer avec la première compagnie de grenadiers du même régiment du glacis de cette forteresse; ils parvinrent à en chasser l'ennemi et s'y établirent. D'après le compte rendu au général Bonaparte de la conduite que Courtois avait tenue dans les affaires du 26 ventôse et du 4 germinal il fut nommé chef de bataillon. Au passage du Mincio , h Pozkolo , le 4 nivôse an IX (25 décembre 1800) le chef de bataillon Courtois se

distingua particulièrement: il fut le premier qui à la tête de son bataillon reprit le village de Pozzolo dont l'ennemi s'était emparé et y marcha le drapeau à la main. Courtois contribua par cette action au succès de la journée dans laquelle il fit quatre cents prisonniers , parmi lesquels se trouvaient quinze officiers. En Italie il se fit une brillante réputation , reçut plusieurs blessures et fut nommé Officier de la Légion d'honneur par l'Empereur. Passé major au 76e de ligne il se conduisit avec bravoure à Marengo, fit la campagne d'Allemagne, commanda à Wagram une brigade de grenadiers et de voltigeurs réunis, reçut deux blessures graves et mérita par sa belle conduite que l'Empereur lui conférât le titre de chevalier avec une dotation. Depuis 1815 le colonel Courtois avait obtenu sa retraite et vivait à Metz , lorsqu'en 1830 il fut nommé colonel d'une légion de la garde nationale de cette ville où il est décédé après une longue

maladie ,1e 4 juillet 1836, à l'âge de 79 ans.

Viaaoaaais, Statistique de la Moselle, 931. *•£— Btciw, Biographie de la Moselle, I, 514.

COURTOIS, Marie-Florentin, frère des deux précédents, entra comme simple soldat dans le quatrième bataillon des volontaires de la Moselle et fut fait souslieutenant par Louis XVI dans Royal- Roussi 11 on. Il s'est trouvé au camp de la Lune , à la bataille de Jemmapes , à celle de Thouars , à celles de Savenay et du Mans ; a fait avec distinction les campagnes d'Italie , de la Vendée , de Prusse et d'Allemagne. Un boulet qu'il reçut eu pleine poitrine en entrant dans le village de BomersdorfF mit fin à sa glorieuse carrière. II était chef de bataillon, membre de la Légion d'honneur et avait assisté avec le colonel Anacharsis-Jean Courtois, son frère (v. son art.) , à plus de trois cents combats , sièges ou batailles.

Béera, Biographie de la Moselle, I, 515, s*— VnaoffRAis, Statistique de la Moselle, 951.

DAGLY né à Spa, était un

artiste distingué qui faisait les meilleurs vernis à l'épreuve de Peau et du feu.

Il est l'inventeur de ce beau vernis des Gobelins en usage depuis 1713 à la manufacture de ce nom et qui est connu sous celui de son inventeur : II est possible cependant qu'on ignore dans cet établissement que c'est à un enfant de Spa que l'on doit cette admirable invention. II employa, dit-on, quarante ans pour le trouver. Son vernis ressemble beaucoup à celui de la Chine et il a de plus la propriété de pouvoir être employé sur des matières ployables, comme les étoffes, la toile, le cuir. Il avait obtenu en 1713 un privilège exclusif pour établir des manufactures en plusieurs endroits de la France. On croit qu'il est revenu finir

ses jours dans le pays de Liège , peutêtre dans son endroit natal.

Dtwis, Histoire do Pays de Liège, II, 555.—- C" at Btc-DB-Liavas, Biographie liégeoise, 11,558. —Biographie générale des Belges , 65.

DELCOUR, Jean, est né vers le milieu du dix-septième siècle à Hamoir, dans l'ancienne principauté de Stavelot.

Dès son plus jeune fige il montra un goût décidé pour la sculpture et s'y adonna avec entraînement : Il fit même deux voyages en Italie pour se perfectionner dans cet art par l'étude des chefs-d'œuvre des grands maîtres. Delcour se fixa ensuite à Liège qui possède ses principaux ouvrages , tels qu'un Saint Jean-Baptiste . en bronze, au-dessus de la fontaine Hors-Château ; une autre statue du même

saint dans la paroisse du même nom ; la fontaine de la place St. Paul où les figures sont également en bronze. L'église des religieuses dites les Bons-Enfants possédait aussi de lui un Christ au tombeau, en marbre blanc , etc. : cette œuvre se trouve aujourd'hui à la cathédrale. On raconte que Vauban , instruit des talents de Delcour , l'avait engagé à faire la statue équestre de Louis XIV pour la place des Victoires , mais que cet artiste s'y était refusé, prétextant son grand fige et ses infirmités.

Delcour est mort à Liège , le 4 avril 1707. La modestie et la probité de cet habile ouvrier ajoutaient encore à ses rares talents. Ses compositions sont d'un bon goût, ses contours élégants et ses draperies bien jetées.

Di Fhui, Dictionnaire historique, litt D.—Dexm, Histoire an Pays de Liège, II, 353. — Coua- TW, Encyclopédie moderne, VIII, 185.

DELCOUR, Jean-Gilles, que Dewez nomme simplement Jean, comme le précédent 9 naquit comme lui à Hamoir et manifesta bientôt une inclination ainsi qu'une disposition particulières pour la peinture qu'il vint apprendre à l'école de Bertholet Flémalle de Liège. Il alla ensuite se perfectionner à Rome où il peignit le tableau de l'assomption pour le maître-autel des Guillelmines de Liège et copia les batailles de Constantin contre Haxence d'après les fresques de Raphaël. Il y fit aussi une copie de la chute de Simon le magicien pour la collégiale de St. Pierre à Liège et composa la table d'autel de la même église; finalement l'Ange gardien dans le couvent des Anges de la même ville , ainsi que le plafond de l'église de Notre-Dame-des-Fonds étaient aussi de lui et passaient pour ses chefe-d'œuvre.

Le peintre Jean-Gilles Delcour est mort subitement à Liège , en 1694.

Diwm, Histoire do Pays de Liège, II, 134.— De Pniua, Dictionnaire nistoriane; article Deleonr, oenlntenr.— Biogranhie générale tes Belges, 68, sa;. ^-Conara, Encyclopédie moderne, VIII, I8&

DOUTRELEPONT , Joseph, est né à Malmédy, le 21 novembre 1775, d'une famille estimable. Il alla étudier la médecine aux universités de Wirzbourg et de Halle, et fut reçu docteur à cette dernière , en 1798. Il fréquenta ensuite les leçons d'accouchement du Professeur Boër, à Vienne; puis il exerça l'art de guérir, de 1799 jusqu'en 1816 , à Salzbourg où il professa en même temps Fart obstétrique.

En 1816 il fut nommé professeur à la maternité de Munich , puis à Wirzbourg; et en 1832 le roi de Prusse lui conféra Tordre de l'aigle rouge.

Doutrelepont est mort le 20 mai 1845 , laissant un assez grand nombre d'ouvrages sur la médecine, qui sont trèsestimés, dit-on, mais dont nous ne sommes pas parvenu à nous procurer les titres.

B*»ecn, Eiflie illnetrata, III, 1, i, 30.

DRION, Dieudonné, originaire de Wanne , à une lieue environ de Stavelot , naquit pendant la seconde moitié du dix-septième siècle. Il entra en religion à l'abbaye de Malmédy , dont il était prieur lorsqu'en 1737 il fut nommé soixantedouzième Abbé-Prince de Stavelot-Malmédy. Ce respectable prélat est mort en 1741 ou 1742, avec la réputation d'une grande science et d'une exquise bonté , qui l'avaient fait chérir de ses religieux aussi bien que des habitants de sa principauté.

CH ne Biooi-Liftvae, Biographie liégeoise, II» 588.-BffcnoLBT, II, P. J. VIII.

DUCHATEAU, Philibert, né à Longuion en 1765, entra à l'armée où il parvint en assez peu de temps au grade de sous-lieutenant au 7* des chasseurs à cheval. Duchateau fit toutes les campagnes de l'an VI et compta plusieurs actions d'éclat : il se distingua entr'autres le 25 floréal an VII (14 avril 1799) à l'affaire de Rome et reçut l'étoile de la Légion d'honneur le 25 prairial an XII (14 juin

1804). Il faisait partie de l'avant-garde qui commença à décider la déroute de l'avant-garde de l'armé* napolitaine et reçut un coup de feu dans ce combat.

Pendant le même mois il enleva deux drapeaux au milieu d'an régiment autrichien , et en récompense de cet acte de bravoure il fut, le même jour, nommé officier sur le champ de bataille. Le 28 thermidor an VII (15 août 1799), à la bataille de Novi, il eut un cheval tué sous lui.

Le lieutenant Duchateau est mort dans sa ville natale, le 13 mai 1806.

Statistique de la Moselle 11511.

DUCLOS, Pierre-Gilbert, est né a Longvry, le 14 mars 1765. Après avoir terminé ses études avec succès , le jeune Duclos entra à l'armée ou il parvint au grade d'officier d'état-major, après s'être distingué en différentes rencontres. Plus tard il quitta la carrière des armes avec une retraite de capitaine, et s'occupa de littérature. Fixé à Paris, il y a donné plusieurs pièces de théâtre qui ont eu du succès, mais dont nous n'avons pas découvert les titres. Il contribua en outre à la rédaction de quelques journaux. Vers 1827 il était professeur d'Histoire et de Géographie au collège de Sorrèze , fonctions qu il a encore quittées depuis pour se livrer sans partage à son goût pour les lettres. Duclos, dit son biographe, avait en portefeuille, en 1829, de nombreux manuscrits qu'il se proposait de publier un jour ; nous ignorons si ce projet a été mis à exécution. Ce littérateur est mort en 1836, à l'Hôtel des Invalides.

Bsti*, Biographie de la Moselle, I, 308. — C""a Essai sur l'Histoire 4e Longwj , 168. — Renseignements particuliers.

DUQUESNOY, Adrien-Cyprien, est né à Briey, le 26 septembre 1759, fils de Charles-Louis Duquesnoy, Conseiller du roi , son procureur au bailliage de Briey, et de Jeanne Perrin. Après avoir fait de bonnes études au collège de Metz il prit le titre d'avocat, demeura quelque temps

k Briey partageant «es loisirs entre l'étude de l'agriculture et celle des belles-lettres, et fut ensuite s'établir à Nancy où résidait une partie de sa famille. Devenu, avant la révolution de 1789, syndic de Lorraine et du Barrois, Duquesnoy se concilia l'estimé publique et mérita d'être élu en 1789, député aux Etats-Généraux par le Tiers- Etat du bailliage de Bar-le-Duc. Apôtre de la liberté, il en devint un des pins nobles défenseurs. 11 siégea peu de temps dans le parti appelé Palais royal qu'il abandonna pour prendre un ton plus modéré que celui de ses fougueux collègues; et plus d'une fois la tribune eut à s'enorgueillir de ses accents généreux. Il servait d* bonne foi la liberté sans s'isoler d'une constitution monarchique qu'il jugeait indispensable à la France, et demeurait attaché w trône tout en proclamant les droits dn peuple, parce que le trône et le peuple lui semblaient devoir rester unis par les liens d'une constitution basée sur les prérogatives nécessaires de l'un et de l'autre. Peu de temps après son arrivée à Paris, Duquesnay se lia d'amitié avec les premiers publicistes et les plus célèbres écrivains de France; il était l'intime ami de Mirabeau à qui ses talents et ses connaissances variées devinrent très-utiles en différentes circonstances.

A peine Duquesnoy eut-il pris place à l'assemblée qu'il se fit remarquer par ses observations justes et sa diction facile. Dans les premières séances de 1789 il accusa la lenteur du travail de la constitution, proposa d'établir quelques principes avant son examen, parla sur le préambule de la déclaration des droits et pour le maintien de l'invocation à l'Etre suprême. Dans beaucoup d'autres circonstances il fit preuve de modération et de justesse de conception de son mandat , et on le vit toujours rangé au nombre des députés les plus éclairés comme les plus francs amis d'une sage liberté.

Rentré dans ses foyers à Nancy, il fnt nommé maire de cette ville, le 12 février 1792. Décrété d'accusation en 1794 et

incarcéré pour avoir contribué à dissoudre rassemblée populaire de Nancy, une des pli» exaltées de toutes celles qui faisaient alors trembler la Fraaco, il eut le bonheur de n'être traduit devant le tribunal révolutionnaire qu'après la chute de Robespierre, et il fut acquitté. Depuis ce moment il ne fit plus parler de lui jusqu'après le 18 brumaire, où Napoléon le nomma chef de division au ministère de l'Intérieur, avec mission d'initier son frère Lucien dans la science du Gouvernement : l'expérience que Duquesnoy avait acquise le rendait digne de cet emploi.

Cependant les travaux que lui imposaient les charges dont il était pourvu ne suffisaient pas à l'activité de son esprit. Il fonda vers cette époque une grande fabrique près de Rouen et une filature qui rendirent d'éminents services à l'industrie française, mais qui ne tardèrent pas à absorber toute sa fortune. Il établit également et entretint pendant plusieurs années à ses frais un hospice où de jeunes filles apprenaient à travailler, institution éminemment philanthropique et qui suffirait pour laver son auteur des torts qu'on lui a généralement imputés.

Nommé maire du dixième arrondissement de Paris, Duquesnoy se montra digne de ces délicates fonctions : ami de l'humanité il se mit à la tète de tous les établissements qui pouvaient contribuer à l'avantage de ses concitoyens. Le conseil de bienfaisance le compta au nombre de ses membres, et l'établissement des sourdset-muets parmi ses administrateurs.

Un événement assez singulier arrêta tout-à-coup la fortune et la prospérité de Duquesnoy. Obligé par ses fonctions de constater l'état civil des citoyens, il inscrivit sur les registres de la mairie l'acte de mariage que Lucien Bonaparte contracta en 1804 avec Mademoiselle Jouberton.

Le premier Consul, violemment irrité du secret qui lui avait été fait de cet acte, s'emporta contre le maire et ne voulut plus entendre parler de lui. Cette disgrâce, qui lui enlevait tout espoir de relever une

fortune qui baissait chaque jour davantage par suite <f obligations que ses entreprises lui avaient fait souscrire, aliéna sa raison ; et, dans un accès de délire il conçut et exéeuta le projet d'un suicide, en janvier 1808 : Son corps fut retrouvé dans la Seine, près de Rouen, vers la fin du même mois. 11 était dans toute la vigueur de l'âge, n'ayant que 40 ans, et pouvait rendre encore de grands services à ses concitoyens et à l'Etat. Plein de zèle pour tout ce qui avait rapport à l'utilité publique, amateur éclairé des beaux-arts, il protégeait de sa bourse et de son crédit ceux qui les cultivaient.

Duquesnoy est auteur des ouvrages dont les titres suivent : im. Mémoire sur l'édu* cation des bétes à laine ; 225 pages in-8% Naney, 1792. — 2*. Recueil de mémoires sur les hospices et les établissements d'humanité, traduits de plusieurs langues étrangères. J799 à 1804 ; 39 numéros, formant 15 volumes in-8°. — 5°. Aperçu statistique des Etats de l'Allemagne, par Hœck ; traduit de l'allemand; Paris, an IX ; in-folio*

— 4°. Histoire des pauvres, de leurs droits et de leurs devoirs; par Th. Ruggels; Paris, an X; traduit de l'anglais. — S0. Esquisse du mémoire en faveur des pauvres de Jérémie Bentham; in-8°; traduit de l'anglais. — 6°. Recherches sur le nombre des habitants de la Grande-Bretagne et de l'Irlande in-80.; de Sir Morton Eden, etc. — 7°. Recherches asiatiques, ou Mé* moires de la Société établie au Bengale pour faire des recherches sur l'Histoire et les antiquités, les arts et la littérature de l'Asie; traduits de l'anglais, par A» Labanue, revns et augmentés de notes pour la partie orientale, physiologique et historique par M. Langlès, et pour la partie des sciences exactes et naturelles par MM. Cuvier, Delambre, Lamarck et Olivier, membres de l'Institut; in-4*. — 8°. Quelques Essais de Rumfort. — 9°.

L'ami des patriotes, etc. , etc.

BteiN, Biographie de la Moselle, I, 4SI à 430.

— ViaftOHitAis, Statistique de la Moselle; 9* partie, 69. — Cocmw, Encyclopédie moderne; IX, 181, sq. — Biographie uniTerselIe9 XII, 534.

DURBACH, Charles-Frédéric, est né à Cattenom, le 15 avril 1763. Occupé d'agriculture dès son enfance , Durbach dota sa province d'an grand bienfait en y introduisant l'usage des prairies artificielles qui y étaient absolument ignorées avant lui. Il était maire de son endroit natal lorsqu'il fut appelé en 1790 à l'administration du département de la Moselle. Ami sincère de la liberté et de la monarchie constitutionnelle, mais éloigné des excès qui compromettaient le salut et la dignité de la France, Durbach s'opposa toujours autant que cela fut en lui aux fureurs d'une multitude égarée, souvent excitée au crime par quelques traîtres soudoyés. Ayant protesté hautement avec tous ses collègues contre les événements du 20 juin 1792, cet acte de courage attira sur sa tête l'animadversion du pouvoir sanguinaire qui commençait à tourmenter la France. Durbach fut nommé le 23 juin membre de la commission de comptabilité. Le 27 il proposa à la Chambre de supplier le roi de compléter les lois relatives aux abus de la presse, et le 30 il développa sa motion qui fut ajournée malgré toute l'éloquence de son auteur.

Plus tard il prit dans plusieurs discussions importantes une part très active aux débats de la Chambre ; mais nous ne pouvons entrer dans ces détails qui nous mèneraient trop loin. Nous ajouterons seulement qu'il était encore à la législature en 1815 oh il montra la plus grande indépendance de caractère comme le plus éclatant civisme. Compris dans l'ordonnance de proscription du 24 juillet, il fut obligé de quitter Paris dans les trois jours , non sans protester contre une mesure qu'il proclamait injuste et tyrannique; et il ne rentra en France qu'après plusieurs années d'exil. Depuis

lors il Vécut loin des fonctions publiques, mais encore occupé d'objets d'utilité générale. Il est mort à Tarbes (Hautes-Pyrénées) , le 16 septembre 1827, à son retour des eaux thermales.

Durbach est auteur de plusieurs brochures, fruit des circonstances, et qui pour ce motif sont oubliées aujourd'hui. Nous allons en copier les titres: 1°. Nécessité d'une Constitution ou Pacte social; 1814. — 2°. Encore un mot sur la Constitution; 1814.-3°. Du mode de présentation de la Constitution au Corps législatif et 3i la nation.— 4°. Aux membres du Corps législatif sur le projet de donner une Charte à la France. — 5P. Discours au sujet de l'adresse au roi ; 6 juin 1814.-6°. Discours sur la liberté de la presse ; 30 juin 1814. — 7°. Opinion sur la liberté de la presse ; 6 août 1814. — 8°. Encore un mot aux défenseurs du projet de loi relatif à la liberté de la presse; 1814. — 9*. Encore quelques lignes sur la liberté de la presse; 1814. — 10*. Opinion sur la loi des Finances; 30 août 1814. — IV. Opinion sur le projet de loi relatif à la naturalisation des Départements qui furent réunis à la France; 1814.-12°. Opinion sur les amendements bits par la Chambre des Pairs au projet de loi relatif à la liberté de la presse; 1814.-13°. Opinion sur le projet de loi concernant la restitution aux émigrés de leurs biens non vendus; 1814.— 14e. Les véritables intérêts de la Maison de Bourbon; 1814.

Galerie des contemporains, IV, 988.— 1 Histoire de Tkio»YiUe, 3U7.— Bsora, Biographie de la MoseUe, 441 à 460.-Vraaomais, StatbtifM de la Moselle, 69.— Biographie des coateuporais* , VI, M5, »w

FARABERT, Farabèrtus, sortait de la maison des Comtes palatins dits de St.

Pol ou peut-être de St. Paul, ex Comitibus S. Pauli de Palatio. Il entra à l'abbaye * de Prum ou il fit sa profession religieuse. Après la mort de l'abbé Ruofrid il fut désigné pour lui succéder dans le gouvernement de ce monastère dont il devint le onzième abbé en rang suivant Bertholet, le dixième seulement d'après Knauff, et le second de son nom.

Les historiens s'accordent à dire que sous l'abbé Farabert le monastère de Prum avait acquis beaucoup de renommée par l'exacte discipline qu'il sut y maintenir et par le nombre de religieux qu'il y avait admis, lorsque Hugues, évéque de Tongres ou de Liège vint à mourir, le 14 janvier 947. Farabert fut appelé à lui succéder et devint ainsi le quarante-deuxième évéque de ce diocèse. En 948 il assista au Concile d'Ingelheim où il prit pour la première fois , disent quelques auteurs, le titre d'évéque de Liège: cependant d'autres annalistes prétendent que Richaire ou Ricaire (v. son art.) , un de ses prédécesseurs avait déjà adopté et pris cette qualification.

Ce prélat qui , paraît-il , a augmenté le nombre des paroisses de la capitale de son évéché, ne gouverna que six ans: il mourut le 28 octobre 953. Les historiens liégeois ne font pas son éloge comme évéque, bien qu'ils ne spécifient aucun reproche direct: Il eût mieux fait, disentils seulement , de rester dans son abbaye qu'il avait parfaitement dirigée.

F***, Hbtoria Eeclesie Leodienrâ, 916» tq. — Fmlup, Hiitoria Leodienrô, I, 168, rç.-Diwu,

Histoire du Paye de Liège, 1, 80. — Cu »i BbgftK-Li*vBK, Biographie liégeoise, I, 57. — Kmaufp, Defensio Abbatûe Pramientis, 44. — Biitboi.it,' II, P. J. XII. — t. STAAHMto, Metropolis Eeelesis* Trerericse, I, 467, §q.

FRANGIN, Nicolas, est né le 20 septembre 1735, a Kœnigs-Macher, village du Luxembourg français, arrondissement de Thionville. Il était curé du même endroit lorsque Durbach (v. son art.) le fit désigner évéque constitutionnel de Metz par l'assemblée électorale, le 15 mars 1791. Francin qui avait alors 56 ans et qui était franchement attaché à la discipline ecclésiastique, hésita longtemps avant d'accepter cette dangereuse mission. Mais après avoir mûrement réfléchi sur le bien qu'il pourrait faire en faveur de l'Eglise de Metz pendant ces temps de triste mémoire ou l'absence d'un officiant assermenté était un arrêt de condamnation prononcé contre les édifices consacrés au culte, flatté peut-être aussi un peu dans son amour-propre pour la distinction qu'on lui conférait , il accepta à la fin et quitta quoiqu'avec regret une retraite où il avait su se faire aimer.

En ecclésiastique honnête il remplit avec beaucoup de dignité les fonctions épiscopales ; mais il n'était assis que depuis un peu plus d'un an sur ce siège lorsque déjà il fut dénoncé pour avoir célébré la fête d'un saint. Cette imputation suffit pour le faire arrêter avec son grandvicaire, en 1793, et le faire jeter dans les cachots de Clermont-Ferrand d'où il ne sortit que quatorze mois après, à la fin de la Terreur.

De retour à Metz , Francin essaya vainement de relever les autels dans son

diocèse: délaissé du Gouvernement, repoussé par un grand nombre de fidèles qui fuyaient les prêtres assermentés , il n'eut plus, même pour faire le bien, qu'une autorité faible et très incertaine. Les épreuves douloureuses dans lesquelles il vécut pendant les neuf années qui suivirent sa mise en liberté eurent enfin un terme. A la signature du Concordat du 18 avril 1802, il résigna ses fonctions épiscopales avec un empressement beaucoup plus grand qu'il n'en avait montré pour Je» accepter, et obtint en échange la cure de Notre-Dame qui venait d'être érigée. Mais il ne conserva cette nouvelle mission que peu de mois, il mourut dès le 24 aoèt de la même année (16 fructidor an X) , à l'âge de 67 ans.

Un regret universel, dit son biographe, honora sa sépulture, et un tombeau lui fiât élevé au cimetière Belle-Croix, à Mets. Il porte l'inscription suivante :

Ci-gît lb RévéaBNDissiMB Pârb en Jbsus-

[Christ 9 NICOLAS FRÂNC1N, Elu Evêqub du Dé*, db la Moselle pah

[la Const. fe-*,

U9B wfcrf APOSTOLIQUE, DBS MOEURS

[douces., Une bienfaisance exemplaire , Furent ses vertus.

Il décéda pasteur bb l'Eglise Notre-

[Dame, a Metz, A l'âge de 67 ANS.

Un regret général honore sa sépulture, Lb 24 août 1802 , 6 fructidor an X bb

[la Rép* fr".

Priez Dieu pour son ame.

Grégoire, ex-évéque de Blois avait proposé cette autre inscription :

Nicolao Francin

Qui tuffragente populo

Invitas iniit epxseopatum ,

Suas oves cognovit

Sicut et suœ ewn cognoverunt;

Manum aperuit inopi

Et palmas extendit ad pauperem

Ipse pauper et inops.

Sacrorum dogmatum fuit propagator

Fideique defensor

Intrepidus.

lnspiœ et insatœ philosophie*

Faetus victima

Carnifiees inter et malefieos

In careere pet quatuordecim menses vinctus

Ad supplieium jam tràlabatur

Impavidus.

Tandem gloriâ decorus

In liberlatetnque vindicatus

24 die Augusti 1802 animant efflavit

Annos nains LXVI1.

Optimo prœsuli metenses planelu magno

Btera, Biographie de la Moselle, II, 910, a* —Guide du Toyagenr à Meta, R95.— Notes corn»»oie^Qces*

FRANÇOIS, Don Jean, est né le 26 janvier 1722 , non 1712 comme M. Marceffin La Garde l'écrit erronément f au village d'Acremont, commune moderne de Jéhonville dans l'ancien Duché de Bouillon. Il fit ses humanités chez les Augustins à Bouillon où il remporta tous les premiers prix. A l'âge de dix-sept ans il embrassa l'ordre de St. Benoît à l'abbaye de Beaulieu en Argonne et y prononça ses vœux en 1740 : il ne fut sacré prêtre que six ans plus tard , lorsqu'il eut atteint l'âge canoniquement requis. En 1749 il fut nommé professeur à l'abbaye de Hautvïlliers, prés de Bheims ; et là , tout en enseignant la théologie , la philosophie , la rhétorique, le droit canonique et les mathématiques, il s'occupa activement de recherches d'histoire pour l'étude de laquelle il se sentait un goût de prédilection: non seulement il réunissait des faite et des dates, mais il les discutait et les soumettait à une critique judicieuse.

On lui donna dans sa congrégation plusieurs emplois dont il s'acquitta avec beaucoup d'honneur. Passé à St.-Vanne de Verdun il y remplit encore les fonction de professeur, et en outre celles de * tre ties neviee». En 17*7 il quitta

maison pour se rendre dans celle de St.* Symphorien à Metz où il devint doyen.

L'Académie de cette dernière ville ayant été fondée vers la même époque par nne réunion de gens de lettres, Don Jean François en fut nommé un des premiers membres : il conçut dès lors le projet de publier l'Histoire générale de Metz , ouvrage à la rédaction duquel il consacra dix-huit années de sa vie. Peu de temps après il fut désigné prieur de St. Arnoul , toujours à Metz; mais il n'occupa pas longtemps cette charge, puisqu'en 1758 les bénédictins de F Académie allemande, siégeant h Trêves, l'invitèrent à s'établir près d'eux et à les seconder dans leurs travaux historiques et littéraires. Il s'y rendit avec empressement et ne tarda pas à être nommé secrétaire de cette importante institution ; ce qui le mit en rapport avec tous les savants de l'Europe. Il vivait à Trêves d'une manière conforme k ses goûts au milieu de personnages voués à l'étude, lorsqu'encore une fois l'obéissance monastique l'obligea à quitter cette résidence favorite pour retourner à Metz occuper la dignité de prieur de l'abbaye de St. -Clément. Il profita de son nouveau séjour dans cette ville pour mettre la dernière main à son Histoire. La bibliothèque de son monastère fut à cette occasion et par les soins de Don François , enrichie de plus de cinq mille volumes choisis; et finalement il fit restituer à sa congrégation deux riches prieurés dont ses études lui firent découvrir l'usurpation sur les bénédictins par des chapitres séculiers.

Ayant été reçu en 1773 au nombre des Académiciens de Chftlons-sur-Marne il s'occupa k composer l'Histoire de cette ville sur le même plan que celle de Metz.

Ce savant religieux était rentré depuis quinze ans environ dans sa maison professe, l'abbaye de Beaulieu, lorsqu'il eut la douleur d'être témoin des commencements de la révolution française de 1789, et de la dissolution des ordres religieux. 11 se vit ainsi, malgré lui , rejeté dans le monde, arraché à un état qu'il aimait, à des tra-

vaux dont il s'était fait une douce habitude, en un mot aux goûts de toute sa vie. Retiré dans le hameau qui l'avait vu naître il y mourut le 22 avril 1791, à l'âge de près de soixante-dix ans.

Ce célèbre bénédictin est auteur des ouvrages suivants qui tous se distinguent par une critique sévère et impartiale:

1° Histoire générale de Metz; en collaboration avec D. Tabouillot; 3 vol. in-4*, avec un vol. de Preuves; in-4°, 1769 et années suivantes. — 2° Vocabulaire austrasien, pour servir à l'intelligence des Preuves de l'histoire de Metz, des loix et atours de la ville, des Chartres, titres, actes, etc., écrits en langue romane, tant dans le Pays messin que dans les provinces wallonnes; volume in-8°, 1773.— Dictionnaire roman, wallon, ultique ettudesque; in-4°, Bouillon, 1777. —4°.

Bibliothèque générale de l'Ordre de St.

Benoît, patriarche des moines d'occident, contenant une notice exacte des ouvrages de tout genre, composés par les religieux des diverses branches , filiations et réformes; 4 vol. in-4°, Bouillon, 1777. — 5°. Il avait en outre formé le projet d'un Recueil d'anciennes Chartres qu'il devait donner sous le titre de : Chartres austrasiennes. — 6°. Il travailla encore, comme nous l'avons dit, k l'Histoire générale de Chftlons-sur-Marne, d'après le plan de l'Histoire de Metz. — 7°. Il avait dressé un Code régulier ou monastique, à l'usage des religieux de quelqu'ordre qu'ils fussent.

— 8° enfin , un Pouillé du diocèse de Metz.

La mort de l'auteur et la révolution, survenues au milieu de ces gigantesques entreprises ont empêché les quatre derniers ouvrages de paraître.

DsFilli», Dictionnaire historique ; édit de 1859» III, 189. — Biographie générale des Belges, 90.

— La Gasdi, Notice fur les Luxembourgeois célèbres, 58, sqq. — Cte »b Bec-Di-Lièvti, Biographie liégeoise, II, 448. — flUncs, Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg, 497, 788. — Coeanif, Encyclopédie moderne, XI, 918. — Biographie uni- Tenelle, XV, 490.

GAMA , Jean-Pierre, est né à Fontoy, «11 1775 ou 1776. Ayant perdu ses parents de fort bonne heure il fut recueilli par un honnête propriétaire de Rombas, village voisin, qui pourvut aux premiers frais de son instruction. Par son travail et ses succès le jeune Gama se montra digne des bienfaits dont il était l'objet, et fit voir dès sa première jeunesse toute la maturité de l'âge mûr. Se sentant une grande vocation pour l'art de guérir il étudia la médecine et fut reçu Docteur. Nommé chirurgien-sous- aide au commencement de la révolution française de 1789, aux armées de la Moselle et du Rhin, il passa ensuite avec le même grade aux hôpitaux d'instruction de Metz et de Strasbourg. Aide -major au 5a* chasseurs à cheval, il fit avec ce corps la campagne de Hanovre ; fut attaché ensuite en qualité de chirurgien-major aux ambulances des armées chargées d'opérer en Prusse, en Pologne et en Espagne , jusqu'en 1810 ou 1811 , où il devint chirurgien principal d'un corps d'armée en Andalousie. Gama remplissait ces dernières fonctions à Waterloo , et partout on l'a vu à la hauteur de sa position.

Elevé aux fonctions de chirurgien en chef de l'hôpital d'instruction de Strasbourg il organisa d'une manière remarquable le service de ce grand établissement et en fit sortir une foule de sujets distingués. Revêtu en 1823 et sans l'avoir sollicité, du titre honorable de chirurgien en chef de l'armée d'Espagne, il dut à une ambition rivale de partager le fardeau qui lui était imposé. On lui conserva son titre,- mais il n'eut que la direction du service de l'armée de Catalogne sous les ordres du Maréchal Moncey. Gama eut en cette circonstance à lutter souvent contre

l'autorité usurpatrice des intendants militaires, et le zèle avec lequel il sut toujours défendre la cause des chirurgiens sous ses ordres l'empêcha, paraît-il, de partager les faveurs qu'on se plut à répandre sur l'armée d'occupation.

Cependant la justice finit par imposer silence aux petites passions qui s'agitaient

autour de lui. Revenu en France il reçut

bientôt après le brevet de chirurgien en chef de l'hôpital de Val-de-Grâce. Depuis il a continué à occuper ces hautes fonctions avec la distinction que l'on retrouve toujours chez les personnages d'un mérite transcendant.

Si Gama s'est distingué comme chirurgien militaire il n'en a pas moins bien mérité pour ses savantes leçons théoriques aux hôpitaux d'instruction auxquels il a présidé pendant les temps de paix ; aussi les premiers corps savants se sont-ils empressés de se l'associer; ainsi il est devenu membre de l'Académie royale de Médecine de Paris, de la Société des sciences, agriculture et arts de Strasbourg, de la Société des sciences médicales de la Moselle, etc., etc. L'étoile d'officier de la Légion d'honneur brillait de même sur sa potrine.

Gama est mort à Paris, dans un âge avancé.

On a de lui : V. Discours prononcé k l'hôpital militaire d'instruction de Strasbourg, le 12 novembre 1822, dans la séance publique destinée à la distribution des prix ; in-8° , Strasbourg. — 2°. Discours prononcé sur la tombe de Mazet; 1825, in-8°; Barcelonne. — 5°. Discours prononcé à l'hôpital militaire d'instruction du Val -de -Grâce, le 16 octobre 1827, dans la séance publique destinée à la distribution des prix ; Paris , in-8°. — 4°.

Mémoire sur les plaies de tête et sur l'encéphalite qui leur est consécutive ; Paris, 1826; in-8°.

Btei», Biographie de la Moselle, II, SI 5, sqq. — Renseignement* administratifs.

GÉRARD, Maurice-Etienne, comte, maréchal et pair de France , est né à Damvillers , Luxembourg français , le 4 avril

En 1791 il entra comme volontaire à Tannée du Nord et combattit pour la première fois à Fleurus sous les ordres de Jourdan. Plus tard il passa capitaine et aide-de-camp de Bernadotte qu'il suivit dans les campagnes du Rhin et d'Italie. Après la paix de Campo-Formio il accompagna Bernadotte à son ambassade à Vienne ou par son courage il sauva la vie à ce dernier pendant une émeute. Nommé colonel il prit part à la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre 1803, et fut grièvement blessé: il obtint sur le champ de bataille même la croix de commandant de la Légion d'honneur. En 1806 il assista avec le grade de général de brigade à la campagne de Prusse, et en 1809 avec celui de chef d'état-major du neuvième corps d'armée il combattit à la bataille de Wagram, toujours sous Beruadotte qui lui avait confié le commandement de la cavalerie saxonne.

Depuis le mois de juillet jusqu'à celui d'octobre 1810 il fut en Espagne. Pendant la campagne de Russie il contribua beaucoup à la prise de Smolensck ; à la bataille de la Moskowa il conduisait la division du général Gudin qui venait d'être tué; à la Bérésina il chercha avec une division du corps du maréchal Ney à couvrir le passage et conserva par ses manœuvres habiles la vie à plusieurs miliers de soldats. Lorsqu'après le départ de Hurat le vice-roi Eugène prit le commandement des débris des troupes stationnées sur la Vistule , Gérard obtint le commandement de l'arrière-garde composée de douze mille napolitains. Avec ce peu de forces il harcela l'ennemi sur l'Oder et se retira ensuite sur l'Elbe où il prit le commandement des avant-postes.

Pendant la campagne de 1813 il était à la tête d'une division du onzième corps d'armée sous Hacdonald. Par une marche hardie, qui toutefois était contraire aux ordres du général en chef, il arracha à Bautzen la victoire aux ennemis qui croyaient déjà la tenir. Gravement blessé quelques jours après dans une escarmouche contre des postes avancés , il fut forcé de quitter l'armée pour quelque temps. Lorsqu'il eut repris son commandement après son rétablissement, il poussa près de Goldberg les prussiens sous les ordres du prince de Mecklembourg jusqu'en Silésie : le commandement du onzième corps d'armée fut la récompense de cette action d'éclat. Comme à la bataille sur la Katzbach , il fut très dangereusement blessé à la tête pendant la seconde journée de celle de Leipsic, de façon qu'encore une fois il dut quitter l'armée. Cependant il se trouvait déjà assez bien guéri vers la fin de l'année pour pouvoir être placé à la tête du corps de réserve de Paris, composé en grande partie de conscrits qu'il conduisit aussitôt contre les puissances alliées. Le sangfroid et la bravoure qu'il montra pendant la campagne de 1814 et qu'il conserva jusqu'au dernier moment, furent sans bornes. Il busculait presque constamment les corps ennemis ; cependant il n'a pas pu poursuivre la victoire faute de moyens suffisants. Au nombre de ses plus belles actions d'éclat on doit nécessairement comprendre la persévérance qu'il montra à la bataille de Larothière , le 30 janvier , où il ne cessa qu'à minuit et encore seulement sur l'ordre exprès de l'empereur , la défense du pont de Dionville sur l'Aube. Le 18 février les français avaient déjà dès la pointe du jour entrepris mais inutilement d'attaquer l'ennemi près de Hontereau, lorsque Gérard reçut de Napoléon l'ordre de se mettre à leur tête. II changea aussitôt le plan d'attaque, marcha à l'ennemi avec impétuosité et remporta sur lui un butin considérable. Après l'abdication de l'empereur, Gérard reçut la délicate commission de ramener la garnison de Hambourg. Le maréchal Suchet lui confia ensuite l'inspection géné-

raie de la cinquième division militaire avec le commandement du camp de Belfort.

Au retour de l'tle d'Elbe, il se rangea de nouveau sous les ordres de Napoléon, obtint le commandement de l'armée de la Moselle et combattit avec gloire à la bataille de Ligny, le 16 juin 1815. Le surlendemain, 18, il se trouvait sous les ordres du maréchal Grouchy. Son corps d'armée était sur la route de Wawre.

Lorsqu'on entendit le canon gronder du côté de la forêt de Soignies, Gérard proposa de marcher immédiatement dans cette direction, manœuvre qui aurait pu donner à la bataille de Waterloo une issue toute autre que celle qu'elle a eue. Mais le Conseil de guerre pencha pour l'opinion de Grouchy et de Vandamme qui s'appuyaient sur des ordres vrais ou prétendus de l'empereur.

Au moment où Gérard à la tête de son infanterie , tenta de pénétrer dans le village de Bierges , une balle l'atteignit à la poitrine. Malgré cette blessure il se fit transporter à la suite dé son corps jusqu'audelà de la Loire et obtint la permission de résider à Tours jusqu'à sa guérison, lorsque le maréchal Macdonald prononça la dissolution de l'armée. Il vint ensuite à Paris , mais le gouvernement lui fit signifier de faire un voyage. Il se rendit en conséquence à Bruxelles où il épousa la fille du Lieutenant-général de Valence. A son retour en France en 1817, il se retira à sa campagne de Villers-Creil , département de l'Oise. En 1822 et 1827 les électeurs renvoyèrent à la chambre législative où il sut défendre avec dignité la Charte et les droits du peuple contre le parti ultra. Il était un jour à la chasse, en 1824, lorsqu'un coup de fusil maladroitement lâché lui fit perdre l'œil gauche. Ce malheur dut lui paraître pénible , surtout à cause de la grande faiblesse qu'il avait déjà auparavant ressentie au droit. Malgré cet accident il se mit le 29 juillet 1830 à la tête du peuple en armes, et fut ensuite nommé ministre de la guerre par Louis-Philippe qui lui donna en outre

le bâton de maréchal et réleva en 1832 à la pairie.

Pendant son ministère il mit tous ses efforts à réorganiser sur un pied respectable l'armée dont la discipline avait été presque complètement viciée sous la restauration. Lorsque pendant le mois d'octobre la situation politique était devenue plus menaçante il résigna pour motif de santé son portefeuille entre les mains du maréchal Soult. Cependant au mois d'août 1831 sous le ministère de Casimir Périer il accepta le commandement en chef de l'armée du Nord, à la tête de laquelle il fit, en treize jours de temps évacuer le territoire belge par l'armée hollandaise. Le 15 novembre 1832 il entra une seconde fois en Belgique pour prendre la citadelle d'Anvers qui loi fut remise par le général Chassé , le 23 décembre suivant Lors du changement ministériel de juillet 1834 il reprit le portefeuille de la guerre qu'il résigna déjà le 29 'octobre suivant. En 1835 il fut appelé à succéder au duc de Trévise en qualité de grand chancelier de la Légion d'honneur, et après le décès du maréchal Lobeau il obtint le commandement en chef de la garde nationale du département de la Seine. Pendant l'émeute du 12 mai 1839 il se conduisit avec autant de ménagement que de fermeté. En 1842 il remit le commandement de la garde nationale entre les mains du général Jacqueminot, à cause de sa grande faiblesse de la vue. Il est mort enfin au mois d'avril 1852, à l'âge de soixante-dix-neuf ans.

ConTcrfâtioni-Lexikon, ëdit de 1851, litt. G. — Victoires et coaqaétes. — Moniteur français. — Bîo graphie universelle, etc.

GOURCYou Gorcey, de, est

né à Longuion vers le milieu du dix-huitième siècle , fils d'un baron de Gourcy , descend d'une famille irlandaise qui était venue en France avec le roi 'Jacques. La famille de Gourcy, Gorcey , Gorcy, porte: d'hermines , à trois annelets de gueules ,• rangés en fasce.

Le jeune de Gourcy entra d'abord chez les Jésuites , mais il les quitta avant d'a-

voir prononcé ses vœux. Il fat ensuite employé à la paroisse de St. Bocb à Paris, où son éloquence et ses talents le firent bientôt remarquer ; il devint prédicateur du roi et acquit par ce titre une abbaye en commande, d'un revenu d'au moins vingt mille livres. L'évéque de Bordeaux se l'attacha plus tard en qualité de grand* vicaire , fonctions qu'il remplissait encore lorsque la révolution de 1789 éclata et le força à émigrer. Il partit pour l'Italie oh il se trouva bientôt réduit au plus

misérable état. Les armées françaises

étant sur ces entrefaites entrées dans ce pays, quelques officiers le reconnurent, le secoururent et l'admirent même à leur table. L'abbé de Gourcy vécut longtemps de cette générosité ; puis il partit pour l'Allemagne et alla mourir k Àngsbourg.

Ce savant personnage était membre de l'Académie de Nancy et d'un grand nombre de sociétés littéraires. Il fat un des ecclésiastiques que l'assemblée du clergé de France choisit pour écrire contre les nouveaux philosophes , à l'époque où ils inondaient l'Europe de leurs ouvrages. Lorsqu'il consacra sa plume au soutien de la religion il s'était déjà fait connaître avantageusement dans le monde littéraire par des écrits judicieux et profonds. Le caractère de ses ouvrages est la méthode et la netteté des idées. Son style est simple et sa critique ainsi que ses raisonnements solides ; ses connaissances trèsétendues.

L'abbé de Gourcy est auteur des compositions suivantes: V. Eloge de René Descartes; 1765, in 8°. — 2°. Histoire philosophique et politique de la doctrine et des lois de Lycurgue; Nancy, 1768, in 12°.— 5°. Quel fut l'état des personnes en France sous la première et la deuxième races de ses rois ? 1769 , in 12 ; 2e édition, 1779, in 8°.— 4#. Jean-Baptiste Rousseau vengé , ou Observations sur la critique qu'en a faite M. de la Harpe , et en général les critiques qu'on a faites des grands écrivains; Paris, 1772, in 12.

— 5°. Essai sur le bonheur; 1777, in 12,

— 6°. L'Apologétique et les Prescriptions de Tertullien ; 1780 , in 4°.— 7\ Suite des anciens Apologistes de la religion chrétienne; traduits et analysés ; in 8°.— 8°. Des droits et des devoirs des citoyens dans les circonstances présentes , avec un jugement impartial sur l'ouvrage de Mably; 1789, in .8*.

Lbcoy, Biographie universelle, XVIII, 499, te^ -Bio», Biographie de U Metelle, H, S4i.-U» GiscaocK.— CooftTM, Encyclopédie moderne, XII, 474.— Biographie universelle, ancienne et moderne.

GUILLAUME , Jean-Joseph, est né à Bourseigne-Grande , au canton moderne de Gedinne , province actuelle de Namur, le 28 mars 1758: En 1779 U mérita d'être proclamé primus à l'université de Louvain. Ordonné prêtre à Namur, en 1782, il fut nommé professeur de théo~ logie et président du séminaire de la même ville. Plus tard il devint Doyen de Fleurus , puis missionnaire , et mou* rut enfin en 1836 , supérieur du séminaire de Namur.

Jean-Joseph Guillaume était un homme d'une vie éminemment chrétienne et sacerdotale; mais surtout d'une exquise charité envers les pauvres. Sa simplicité et sa sainteté pouvaient le disputer pour les premiers temps du Christianisme:

aussi sa mémoire sera-t-elle longtemps en vénération parmi le clergé de son diocèse.

Article fourni par M«" M.-J.-E. Poacnurr , curé de Bonmeigne-nenTe , en 1844.

GURNEZ , Jean-Antoine, est né à Stavelot vers la fin du seizième siècle.

Après avoir fait de bonnes études il fut nommé régent de l'école publique de Malines; mais il quitta ce poste en 1629 pour entrer dans la congrégation de l'Oratoire où il fut ordonné prêtre. Lorsque l'année suivante l'administration de Malines eut, à la demande de l'Infante Isabelle-Claire-Eugénie, confié l'école de cette ville aux Pères de l'Oratoire , sous l'inspection de l'archevêque Boonen , suivant la licence qui en avait été obtenue du St. Siège en 1445 , le Père Gurnez

en devint le premier Préfet. Quelque temps après il partit de nouveau , abandonnant cette charge pour se retirer avec son frère et deux autres Oratoriens t*hez le curé de St. Géry à Bruxelles. L'année d'après il fat nommé premier recteur de la chapelle de Notre-Dame-de-bon-Secours qui dépendait de cette paroisse , et il y demeura jusqu'à sa mort, arrivée dans l'Oratoire même de St. Géry, le 23 octobre 1652.

Le Père Gurnez était versé dans la poésie , l'éloquence , la critique et l'histoire. On a de lui : 1°. Palaestra scholae publics Mechliniensis.— 2°. Elogium R. Domini Cornelii Jansenii, Iprensis Episcopi:

cet opuscule, de cinquante-six hexamètres, se trouve en tète du Commentaire de Jansénius sur le Pentateuque dans les éditions de Louvain , 1660, in 4°, et de Rouen, 1704, in 4°; l'Augustinus y est loué en termes énergiques. — 3° Vita et martyriura S. Liberti Malynatis, et Mechlinensium principum Adonis et Ecclesiae filii , historicâ face et poëmatibus variis aucta, etc. Malines, 1639; in 4°, 217 pages: La vie de St. Libert offre peu de faits nouveaux et intéressants. On y trouve ensuite des épigrammes , des élégies et une églogue à l'occasion de la translation solennelle d'une partie du crâne de St. Libert dans l'église métropolitaine de Malines, à laquelle Hubert Germeys, abbé de St. Trond en avait fait présent. A la fin de cet ouvrage le P. Gurnez jette un grand jour sur la vie de St Libert , sur l'origine de là ville de Malines et sur les antiquités du Brabant. — 4°. Laça , Bruxellense suburbanum , culta ac prodigiis Deiparae , a Normannorum temporibus , id est antc omnia Partheniis aedibus et iconibus miraculosis in Belgio loca clara,

celebrts , etc.; Bruxelles , 1647 , in 4#. — 5°. Chorographia sacra Lac» Partbenia , Mariani cultûs antiquitate et miraculorum glorift illustris , quam e majoribus ejusdem argumentis commentarius nuper editis , etc. : Inséré dans la Chorographia sacra Brabantiœ de Sanderus , 1" édition; 63 pages.

Cto »k Bic-M-LiiYts, BiograpLie liégeoise» II, 414. — CootTi», Encyclopédie moderne, XflJSM.

GUYON, Xavier-Eléonore, né à Fauquemont en 1734, était fils de Charles Guyon, géomètre distingué de l'ancien duché de Lorraine, et petit-fils d'un général autrichien tué devant Virton et enterré à Montmédy.

Le jeune Guyon embrassa d'abord la carrière des armes et parvint en peu d'années au grade d'officier. Mais comme un goût décidé le portait à l'état ecclésiastique il entra chez les Jésuites à Pont-à-Mousson, y fit son noviciat , étudia avec beaucoup de succès les sciences physiques et mathématiques ainsi que les belles-lettres, composa plusieurs ouvrages dont cependant les titres nous sont restés inconnus et devint un des bons prédicateurs de son ordre.

A la suppression des Jésuites il fat nommé chapelain bénéficiaire à Morhange et peu de temps après il obtint la cure de Lelling oii il se fit chérir par ses aumônes et par ses fondations de charité.

Il émigra en 1789, fut à Deux-Ponts, à Rodalbe, puis à Boulach dans le Grand- Duché de Bade, où il est mort en 1795. Il était archiprétre et en vénération dans la contrée.

BéGm, Biographie^cle la Moselle , II, 301, •?.

HENRY né en 1757, à St. Lan- Montmédy, entra à l'armée ou sa bravoure

rent, village de l'arrondissement actnel de le fit avancer jusqu'au grade de général.

Il est mort à Verdun sur Meuse, en 1835 ou 36.

Renaeiguements admioistratiff.

HÉRÉ, Emmanuel 9 est né à Sancy, le 14 octobre 1705. A l'avènement de Stanislas ex-roi de Pologne en Lorraine, il entra an service de ce prince en qualité d'ingénieur et de premier architecte : il fut un des artistes dont les talents contribuèrent le pins à donner à la Lorraine l'éclat dont elle a joui à cette époque. En effet , ce fut à son zèle, à son imagination vive et à ses conceptions aussi hardies que majestueuses que Nancy surtout est redevablo de tant de beaux édifices qui y ont été élevés sous le règne du bon Stanislas. Il donna les plans des palais de la place royale et fut chargé de la direction des travaux qui furent exécutés sous ses yeux. Aussi le roi, pour lui marquer sa reconnaissance pour les services qu'il lui avait rendus, anoblit-il son architecte-ingé-

nieur par Lettres du 15 septembre 1751, pour lui et ses descendants. A cette flatteuse distinction Lonis XV en ajouta de son côté une autre non moins honorable en lui conférant le cordon de St. Michel.

Héré est mort à Lunéville, le 3 février 1763, sincèrement regretté du roi Stanislas qui l'avait comblé de ses bienfaits. Quelques années avant sa mort, et en vertu d'un octroi du 2 janvier 1754 , il avait entrepris d'élever une fabrique d'amidon de marrons d'Inde ; mais ses projets ne lui réussirent malheureusement pas , et les pertes qu'il eut à subir de ce chef dérangèrent sa fortune. La rue qu'il habitait à Lunéville a retenu son nom.

Héré a publié ses plans en 3 volumes in folio.

D. Calbit, Bibliothèque Lorraine» additions et correction!. — Dobiyal, Dictionnaire de la Lorraine et dn Barroif , I» 914, §qq. — Btoiw, Biographie de la Moselle, II, 397, §qq. — Gvaaaiea, Annales de Lunéville, 1818, p. 996.

Io

jr.

JACQUEM1N, Nicolas, est né le 16 janvier 1736 , à Osne , succursale de Cari gnan. Après avoir fait de bonnes études il embrassa l'état ecclésiastique et fut , h la suppression des Jésuites , nommé professeur d'humanités au collège de Sedan.

Après avoir exercé ces fonctions pendant huit ans il passa à l'hôtel-Dieu de cette ville en qualité de chapelain. En 1775 il partit comme missionnaire pour la Guyane et devint pendant dix ans curé à Sinamari. Pie VI récompensa son zèle et ses services par des Lettres de Préfet apostolique dans l'île de Gayenne et Terreferme de la Guyane française, en date du

13 mars 1787; il le créa en outre protonotaire apostolique. Lorsqu'en 1797 il se disposait à rentrer en France , les indigènes , dont il avait su gagner toute la confiance, firent ce qu'ils purent pour le détourner de son dessein, lui promettant de chasser et de pécher pour lui, afin que rien ne lui manquât ; mais rien ne put le détourner. De retour dans sa patrie le Concile des Constitutionnels, assemblé en 1797, le nomma évéque de Cayenne; et l'année suivante il fut sacré en cette qualité : c'était , comme le remarque avec infiniment de raison un de ses biographes, échanger contre un titre et des pouvoirs

bien éphémères ceux qu'il tenait do siège apostolique ainsi que les glorieux témoignages qui les avaient accompagnés. 11 ne put , du reste , aller prendre possession de son évêché qui n'était reconnu ni par la Cour de Rome ni par l'autorité civile. Lors du Concordat il donna sa démission comme évêque , se contentant d'une pension de douze cents francs que le Gouvernement français lui alloua. Il est mort en 1820, dans le modeste poste de curé d'un village près de Hontereau au Département de Seine-et-Marne , diocèse de Meaux.

On a du curé Jacquemin : i°. Rapport concernant l'état de la religion dans les colonies du Nouveau-Monde; 1798, 12 pages in 8°; inséré dans les annales de la Religion, T. VI , N° 2.-5°. Mémoires sur la Guyane française; Paris, 1798, in-12; 108 pages. — 5°. Mémoire sur la Louisiane, contenant la description du sol et des productions de cette ile, et les moyens de la rendre florissante en peu de temps ; avec un vocabulaire et un abrégé de la grammaire et de la langue des sauvages; Paris, 1803, in-12 ; 167 pages..

Di la Haut et Lkcuy, Annales «TYTois-Csrignin, 409, sq.— Journal de Paris, du 30 septembre 1803 ; 37. — La France littéraire, Ie' supplément, SB8; 3* supplément, SOI.

JAUBERT, Louis; Comte de, fils de Werner, comte de Joubert-Jaubert, chevalier de St. Louis, colonel en retraite du régiment de Nassau, infanterie, et de Susanne Lanir, est né à Thion ville, le 19 février 1764.

Destiné comme son père et ses ancêtres à la carrière des armes, le jeune Jaubert commença son éducation au collège des Augustins de Tbionville, et la finit dans une école militaire d'où il sortit en 1781, élève d'artillerie. Il entra comme lieutenant en troisième dans le régiment de Metz, commandé par Faultrier, partit aussitôt pour l'Amérique et» ne tarda pas & se distinguer dans son corps par l'agrément de son esprit et de son caractère. Il re-

vint en France avec le grade de lieutenant en premier. En 1791, tandis que son régiment était en garnison de Besançon, l'exemple de quarante-cinq de ses camarades et de son colonel le détermina à émigrer : il était alors capitaine en second. Son exil dura treize ans pendant lesquels il cultiva par délassement les lettres et l'art du dessin. Les vers qu'il a faits, les articles qu'il fit insérer dans les journaux scientifiques et littéraires d'Allemagne , n'ont pas été réunis : leur auteur y attachait trop peu d'importance pour songer à les conserver. On y trouve toujours empreints la vivacité de son esprit et l'habitude de la discussion littéraire. En société on se plaisait à l'entendre; personne sous ce rapport ne l'égalait. Sans prétention, d'un caractère bienveillant, commandant l'attention autour de lui par des récits toujours animés, il ne pouvait avoir ni ennemis ni envieux ; c'est ainsi qu'il a passé sa vie.

En 1796, pendant son émigration, il fut nommé chevalier de St.-Louis.

Dès que les lois révolutionnaires sur l'émigration eurent été adoucies en France, Jaubert rentra dans sa patrie et vint se fixer à Metz où lui furent offertes quelques années après les fonctions de conservateur de la Bibliothèque publique qu'il accepta avec plaisir sous l'administration du préfet de Vaubianc, et auxquelles le rendaient propre ses connaissances jointes à sa grande aménité : c'est à lui que l'on doit la rédaction des catalogues et l'ordre parfait qui règne dans cette nombreuse et intéressante collection . qui n'était qu'un magasin en désordre lorsqu'il y entra et dont il a créé une Bibliothèque.

11 était bibliothécaire depuis seize à dixhuit ans lorsqu'il mourut le 27 septembre 1823 , & l'Âge de 59 ans.

Le comte Louis de Jaubert n'a publié qu'un seul ouvrage; c'est la traduction de celui de Robert de Spallart, intitulé: Tableau historique des costumes, des mœurs et des usages des principaux peuples de V antiquité et du moyen-âge. Il devait avoir

— êi —

10 volumes de texte et autant de cahiers de planches; 7 seulement ont vu le jour; Mets, 1804 à 1809, in-8°.

Btou, Biographie de la Moselle, II, 303, 144. -Tram, HliUiw de Thioimlle, 315, •**

JEAN, dit de Stavelot, Tulgairement nommé Stabulaus, né en 1386 dans la ville dont il porta le nom, se fit bénédictin à l'abbaye de St.-Laurent à Liège.

11 était poète , dessinateur , peintre et historien. Il a composé une Chronique qui commence à St.-Materne et te termine en 1449 , qui est Tannée de sa mort. Cet ouvrage a été continué plus tard par Jean de Look, ou Lossensis , abbé de Stavelot, qui a été témoin oculaire des événements

t du règne de Louis de Bourbon , évèque de Liège. On confond ordinairement les auteurs de ces deux ouvrages; celui de Stabulaus était conservé en manuscrit h l'abbaye de St.-Laurent. Le même monastère possédait en outre quatre volumes in-folio, transcrits de sa main: les trois premiers renfermaient la Chronique de Jean d'Outre-Meuse et le quatrième la continuation de cette même chronique.

On a aussi du même auteur : S*. Une Traduction en roman-wallon de la Règle de St. Benoit. — 5°. Une Traduction française de la vie de St. Benoit avec ses miracles , rédigée par St. Grégoire : il a orné cette dernière œuvre de vignettes qu'il a dessinées lui-même.

Jean de Stavelot est mort à l'âge de 63 ans.

SwiATive, Atfcen« Belgiesç, 478~ — Dbwii, Histoire du Pays de Liège, II, 555. — C'« m Bmmk Lokvu, Biographie liégeoiee, I, 145.

JEAN-BAPTISTE, dit de Malmédy, vivait pendant la première moitié du dixhuitième siècle et avait embrassé la carrière médicale dans laquelle il s'était fait recevoir Docteur.

Ce personnage ne nous est connu que par un ouvrage intitulé : Disquisitio physico-medica de naturâ aquœ, et quœnam sit saluberrima y a Joanne-Baptistd de Màlmedie, Medicinœ Doctore; Augustw Eburonum, apud J.-P. Gramme, 1735; vol. in-12 , de 95 pages.

L'ouvrage ei-indigué.

Ko

KEBKHERDÊRE, Jean-Gérard, est né en 1678, à Fauquemont. Il étudia d'abord avec succès les humanités à Maastricht, puis la philosophie et la théologie à Louvain , enfin les langues savantes , la critique et l'antiquité. Il enseigna ensuite pendant plusieurs années les belles-lettres et donna conjointement des leçons d'Histoire au collège des Trois-Langues dans la même ville.

En 1708 l'empereur Joseph Ier le nomma son historiographe.

Kerkherdère est mort le 16 mars 1738, & l'âge de 60 ans.

Nous avons de ce personnage : i °. Systema apocalypticum ; Louvain, 1708,

in-12 : C'est l'essai de l'ouvrage qui suit. — 2°. De Monarchie Romœ pagnanae, secundiim concordiam inter SS. Prophètes Danielem et Joannem : consequens historié a monarchiœ conditoribus usque ad urbis et imperii ruinam. Accessit séries historiœ apocalypticœ ; Louvain, 1727, in-12. — 3°. Prodromus Danelicus , sive novi conatus historici, critici, in celeberrimas difficultates historiée Veteris Testament], monarchiarum Asiae, etc. , ac praecipue Danielem prophetam; Louvain, 1711; in-12: cet ouvrage ainsi que le précédent, est plus d'érudition. Les hypothèses de l'auteur, assez vraisemblables, jettent beaucoup de jour sur les difficultés

historiques, chronologiques et géographiques de l'Ecriture-Sainte. — 4°. De situ Paradisi terrestris; Louvain, 1731, in-12: L'auteur place le Paradis terrestre on peu au-dessus de la Babylonie ; prend pour le Phison le bras occidental de l'Euphrate jusqu'à son embouchure , et pour le Gehon le bras oriental du même fleuve, depuis la Tille de Cypara, ou il se mêle à un bras du Tygre, jusqu'à l'embouchure du même Tygre près de la ville et de File de Charax. Ce système diffère de celui du savant Huet, mais il est tout aussi probable. Kerkherdère a fait précéder ce traité de : S0. Conatus noTUs de Gephâ reprehenso ; dans lequel il soutient que ce Céphas est différent de St. Pierre. — On trouve encore dans ce même Volume 5 6 °, une dissertation : sur le nombre des années pendant lesquelles le Sauveur a instruit le peuple ; et 7° une autre intitulée : De Cephft ter correpto. — 8°. Grammatica latina ; Louvaio , 1706 ; in- 12, de 117 pages , où il y a autant d'érudition que dans la plupart des grammaires,

même les plus volumineuses. — 0\ Un grand nombre de poésies latines qui assurent à leur auteur une place distinguée sur le Parnasse. — 40°. Quatuor Aetates ; resté manuscrit , et pouvant servir à l'éclaircissement de plusieurs endroits de la Genèse. — 11°. Opus quatuor monarchiarum ; auquel la Monarchiae Romae Pagenae devait servir de quatrième partie; manuscrit. — 12°. Traité des LXX semaines de Daniel ; qui était entre les mains du censeur lorsque Fauteur est mort. — 13? . Plusieurs autres compositions dont les titres nous sont restés inconnus.

Cu m Btc-M-LiftYBB, Biographie liégeoise, II,

KLAM , né à Bambiderstroff,

canton de Fauquemont, au Luxembourg français, vivait en 1770. Klam était un sculpteur distingué , qui a orné la cathédrale de Strasbourg d'ouvrages en bois fort remarquables.

JNoUe admioUtrottves.

LÀGOUR ou Lacour t, Guiot, Baron de, né à Yvois-Carignan , dans ie courant du dix-huitième siècle, prit fort jeune, et en 1787, le parti des armes où ses mérites le firent parvenir au rang de général sous l'Empire, commandant de la Légion d'honneur et grand-croix de Tordre de St. Henri de Saxe.

Il fit la campagne de Hollande en qualité d'adjudant-général sous Pichegru et celle d'Allemagne sous Moreau dont il fixa plus d'une fois l'attention par son courage et ses talents. Fait prisonnier en Suisse avec plusieurs officiers généraux, il fut d'abord accueilli avec assez de bienveillance par Suwarow; mais bientôt après le général russe le traita avec une extrême rigueur : Cependant il lui rendit la liberté

sur parole. En 1801 il fut nommé général de brigade et investi du commandement des Départements de l'Yonne, de Mayenne et de la Loire. Il passa en 1803 à Tannée d'Italie en qualité de commandant d'une brigade et eut la gloire de terminer le siège de Gaëte. En 1806 le général Lacour se rendit au corps d'armée de Davoust en Pologne, fit la campagne d'Autriche de 1809 et se distingua particulièrement au pont de Landshut qu'il emporta malgré la supériorité de l'ennemi.

Blessé à mort à la bataille de Wagram, il reçut la visite de l'empereur Napoléon qui , après lui avoir témoigné les regrets les plus touchants , lui conféra , avant de le quitter, le grade de général de division. Mais le général Lacour expira à Vienne,

le 28 juillet , vingt-deux jours après la bataille , regretté de tons ses compagnons d'armes.

Napoléon I* estimait le général Lacoor si haut qu'il avait ordonné par un décret formel, daté de Tannée 1810, que sa statue serait une de celles qui devaient orner le pont de la Concorde à Paris.

Biographie nouvelle des Contemporain! f X* 346, sq.— Renseignements officiels.

Lamarck, Robert II de; v. MARCK, Robert II de La.

Latour d'Auvergne, Godefroid-Charles-Henri de; y. BOUILLON, Godefroid- Charles-Henri de Latour d'Auvergne, duc de.

LECUY, Jean-Baptiste, est né le 3 juillet 1740, à Yvois-Carignan , et se fit en 1759 religieux dans l'Ordre de Prémontré dont il devint plus tard Abbé- Général. En 1765 il fut reçu bachelier au collège de Prémontré à Paris, et Docteur en Sorbonne en 1770.

En 1782, 1785 et 1788 il tint des chapitres nationaux relatifs à la discipline, à l'amélioration des études, k la réforme et réimpression du bréviaire et autres livres liturgiques à l'usage des religieux de son ordre. Membre de rassemblée provinciale du Soissonnais en 1787, il présida plus tard l'assemblée du district de Laon , département de l'Aisne. En 1790, l'abbé Lecuy quitta son abbaye par suite de la suppression des ordres monastiques. Arrêté en 1793, il eut le bonheur d'échapper aux plus grandes persécutions de cette époque , et se retira à la campagne où il se livra à l'éducation particulière de quelques jeunes gens. Peu de temps après la révolution du 18 brumaire (9 novembre 1799) le Gouvernement consulaire ayant solennellement relevé les autels en France, l'abbé Lecuy revint à Paris.

Ses vastes connaissances , le tact exquis

. qu'il mettait dans ses relations avec le

monde et sa grande vertu le firent choisir

pour confesseur par le roi Joseph, frère de l'Empereur des Français, et par la reine son épouse.

L'abbé Lecuy fut aussi nommé par le cardinal de Belloy chanoine de Notre-Dame à Paris, où il est mort le 22 avril 1834, à l'âge de 94 ans.

C'est lui qui a soigné la publication de l'excellent ouvrage qui a pour titre : Annales civiles et religieuses <F Yvois-Carignan et de Mouzon; Paris, 1822; vol. in-8% que l'Abbé de la Haut , chanoine régulier de l'étroite observance de Prémontré avait laissé en manuscrit.

On doit en outre k ce respectable et savant ecclésiastique : 2*. Une traduction des Oeuvres de Franklin , revue, corrigée et publiée par Barbeu de Bourg ; Paris, 1773 , 2 vol. in-4#. — 59. Traduction de l'interrogatoire de Franklin devant le Parlement d'Angleterre; février, 1766.

— 4°. Discours prononcé à l'ouverture do chapitre national de Prémontré, en 1770.

— 5°. Amintor et Theodora, suivi de l'excursion ; ou les merveilles de la Nature f Traduit de l'anglais; Paris, 1798, 3 vol. in-8% fig. — 6°. Nouveau dictionnaire uni* versel, historique, biographique , bibliographique et portatif ; traduit de l'anglais, 1803 ; vol. gros in-8°. — 7°. Dictionnaire de poche latin-français, contenant non seulement les mots qui se trouvent dans les auteurs de la bonne latinité , mais encore ceux qui ont été employés par les écrivains du moyen-âge; Paris, 1803, vol. in-4°.

— #°. Abrégé de l'histoire de la Bible, contenant l'ancien et le nouveau Testament; 2 vol. in-8° ; fig. et atlas. — 0*. Un assez grand nombre d'articles dans le journal de Paris , depuis le 30 floréal an IX de la République (20 mai 1801). — ^.Discours pour l'anniversaire du Couronnement et de la bataille d'Austerlitz ; Paris, 1813. — - il0. Plusieurs sermons dignes du caractère et de la réputation de leur auteur.

Renseignements partitnliert. — RiograpLie nouvelle des Contemporains, XI, 325, sq.

LEGROS , né à Bovignes près

de Dinant, alla se filer à Malmédy où il florissait en 1777. 11 a acquis de la réputation pour avoir inventé et confectionné le miroir concave que Ton admirait jadis à l'université de Bonn.

Cu »b Bic-»k-Li*vm , Biographie liégeoise , II,

LELOUP Remacle, né à Spa, florissait vers le milieu du dix-huitième siècle. Il s'est distingué dans les paysages et les perspectives. C'est lui qui a dessiné et gravé les vues des villes et des châteaux , insérées dans les Délices du Pays de Liège.

Il eut un fils, nommé Antoine, qui a réussi comme son père dans les paysages à l'encre de la Chine.

Dewis, Histoire du Pays 4e Liège, 11,549, tq. — €*• m Bic-M-LiiTBB, Biographie liégeoise, II,

LEMÀIRE, Hubert, frère utérin du maréchal de camp baron Thomas et beaufrère du premier Président Pécheur , est né à Cheminot, en 1751. Entré fort jeune en qualité de clerc chez un procureur de Metz, il devint lui-même, en 1777, procureur au parlement de cette Tille. Avocat à la révolution , il eut la réputation d'être un bon jurisconsulte et ne cessa de donner des consultations jusqu'à sa mort.

En l'an Y (1796-97) il avait été élu membre du Conseil des Cinq-Cents , mais il n'y siégea pas, la loi du 19 fructidor (5 septembre 1797) étant venue annuler la nomination du Département de la Moselle avec celles de quarante-huit autres députés. Devenu chef de bureau à la Préfecture en 1800, il passa ensuite secrétaire en chef de la mairie de Metz et occupa ce dernier emploi avec autant de zèle que de distinction. On lui doit la mise en ordre des archives de la commune; il en a fait une table historique en 12 volumes in-folio, travail immense et infiniment précieux.

Hubert Lemaire est mort à Metz, le 19 août 1825.

Btem, Biographie 4e la MoteUe, II, *53.- Notée de Tamiia et Moar.

LEPAUTE, Jean-André, est né en 1720 ou 1728 , au village de Thonne-lalong , à une Heu de Montmédy , ou bien à Puilly près de Carignan ; non à Moûtmédy même , comme on Ta écrit.

Il se destinait à l'état religieux et faisait dans ce dessein les études préliminaires nécessaires à l'effet de pouvoir être admis dans un monastère, lorsque son père, homme intelligent pour la confection des instruments aratoires le détourna de son projet et l'engagea à apprendre le métier de fondeur en cuivre. Il suivit ce conseil et alla à Mathon près d'Yvoia- Carignan, chez un maître-fondeur qui s'occupait en même temps à réparer les horloges et les pendules communes : c'est dans cet atelier que Lepaute développa son génie pour l'horlogerie. Il débuta par la construction de plusieurs horloges de campagne ; et , ayant pris goût à ces ouvrages il se rendit à Paris en 1740 pour s'y perfectionner. Sans ressources comme sans appui il chercha et trouva le moyen d'être admis chez un horloger habile oh ses progrès furent tellement rapides que bientôt cet art lui dut de grands perfectionnements. Le premier il composa de grandes horloges horizontales pour lesquelles il imagina un échappement à repos dont les leviers étaient égaux. L'horloge du Luxembourg, celles du Palais-royal, du Jardin des plantes , des Invalides ainsi que l'horloge décimale des Tuileries sont de lui. En 1780 — 81 il répara ou plutôt il reconstruisit celle de l'Hôtel-deville , ouvrage qui coûta cinquante mille francs. Il a en outre inventé les meyens d'exécution d'un nouveau mouvement dont la courbe fut calculée par de Lalande avec lequel il était en relation d'amitié.

Lepaute a publié : i\ Traité d'horlogerie; in-4*, Paris, 1755-68.— 2\ Description de plusieurs ouvrages d'horlogerie; Paris, 1764, in-12.— 3\ Supplément au Traité d'horlogerie ; Paris.

Il est mort à Paris en 1801 , et avait

épousé en f 749 , Nicole-Reine-Btable de la Brière, née à Paris, le 5 janvier 1723 : Cette dame cultiva l'astronomie et s'y fit de la réputation. Elle était membre de l'académie de Bésters, et coopéra au Traité d'horlogerie, que son mari a publié comme nous l'ayons tu plus haut. En 1757 elle concourut avec Glairant et de Lalande au calcul de l 'attraction de Jupiter et de Saturne sur la Comète prédite par Halley, afin d'avoir exactement son retour. On lai doit en outre on ouvrage fort utile pour les astronomes et les navigateurs; c'est 3* La connaissance des temps, que l'Académie publia chaque année , depuis 1759 jusqu'en 1774. On trouve encore d'elle dans le 18e volume , 1783 , des Ephémérides: 4% les Calculs du soleil , de la lune et de toutes les planètes. — «V. Elle calcula pour toute l'étendue de l'Europe 9 l'éclipsé annulaire du soleil prédite pour le 1er avril 1764 , travail qui fat suivi d'une carte que cette dame publia et où l'on voit de quart en quart d'heure la marche de l'éclipsé avec ses différentes phases. Nous avons encore d'elle : 6\ Description d'un nouvel échappement à repos ; 1753 , in-4°. — 7°.

Description d'une nouvelle pendule , pour servir de supplément au Traité d'horlogerie; Paris, 1760, in-4\ Finalement 8°, l'Académie de Béziers et d'autres corps savants ont obtenu de cette dame plusieurs mémoires savants.

Madame Lepaute est morte à Paris , le 6 décembre 1788.

Ds la Haut, Annales d"Yvoit-t2arignan , 411, gq.-Ds Fnui, Dictionnaire historique; snppl. III, 106.— Biographie «niveneUe, XXIV, 906.— Notée communiquées. — Coouti m , Encyclopédie moderne , XIV, 965.— Biographie nourelle des Contemporains, XI, 571, tq.

LEPAUTE , Jean-Baptiste, frère puîné de Jean-André qui précède, suivit la même carrière et avec le même succès.

Comme lai il a laissé des ouvrages qui ont conservé leur réputation et qui soutiennent la célébrité de l'un et de l'autre. Il est mort à Paris, le 1er mars 1802.

On lui doit la belle horloge de l'hôtelde-ville de Paris , posée en 1786.

De la Haut, Annales d'Yvois-Carignan , 411.*— CouBTin, Encyclopédie moderne, XIV, 265.— Biographie uniTemelle, XXIV, 806, iq. — Biographie nouTeUe des Contemporains, XI, 37i , so\

LEPAUTE d'Agelet, Joseph, est né à Thonne-la-long vers Tannée 1752. Il était neveu des deux précédents qui le firent venir à Paris en 1768 et lui firent étudier l'astronomie sous de Lalande ; il se rendit assez habile dans cette science pour pouvoir être reçu à l'académie des sciences en 1785. En 1773 il avait fait un voyage en Australie , et plus tard l'amour de la science le fit accompagner La Peyrouse dans la désastreuse expédition où il périt avec Téquipage. Lepaute d'Agelet a composé des mémoires sur Y Aphélie de Vénus et sur la longueur de Vannée.

Ds la Haut, Annales d'YTois-Carignan , 419..— f Coubtiv, Encyclopédie moderne, I, 204, sq.— Biographie nniTerselle, I, 985.

LIMBOURG , Jean-Philippe de, médecin célèbre , né à Theux en 1726 , est mort en 1811, laissant une réputation européenne. Membre des Sociétés royales de médecine de Londres et de Paris, on a de lui : 1°. Plusieurs écrits sur les eaux minérales de Spa. — 2°. Un travail sur les caractères des médecins; Liège, 1760, in-12. — 3°. Dissertation sur la goutte et le rhumatisme goutteux. — 4°.

Dissertation sur les affinités chimiques. — 5°. Mémoire sur l'influence des arts.— 6°. Nouveaux amusements de Spa; 2 vol. — 7°. Tableau de l'univers; publié par l'abbé de Feller.

Biographie générale des Belges, 138.

LISSOIR, Remacle, est né à Bouillon, le 12 février 1730. Il dut à l'affection qu'un citoyen notable de sa ville natale avait pour lui, de foire d'excellentes études qui lui permirent, une fois entré en 1748 en qualité de novice à l'abbaye de Val-Dieu au diocèse de Rheims , d'acquérir assez de supériorité pour obtenir successivement

les fonctions de maître des novices, de professeur de théologie , de prieur et enfin d'abbé en 1766. Dès qu'il fut revêtu de cette dignité il prit des mesures qui témoignent de ses intentions généreuses et distinguées: il augmenta la bibliothèque de son couvent, établit une pharmacie gratuite pour les pauvres du voisinage , mit au concours les cures à sa nomination , etc. Il publia Tannée même de son élévation sur le siège abbatial un ouvrage intitulé: De F état de l'Église et de la puissance légitime du Pontife romain; 2 vol. in 12 ; 1766, Wirzbourg (Bouillon) : Dans cet ouvrage , qui reproduit plus ou moins les idées du Febronius de révoque de Hontheim (v. son art.) , Lissoir souleva sur les droits de la papauté des contestations bien hardies pour un religieux. Il fut, du reste, très-utile à son Ordre dont les chapitres nationaux l'avaient nommé visiteur. Il refondit les livres liturgiques des Prémontrés et en surveilla lui-même la réimpression.

La révolution Payant privé de son abbaye , il fut appelé par l'évêque constitutionnel dn Département des Àrdennes à desservir la cure de Charleville. Emprisonné sous la Terreur , il fut rendu à la liberté après le 9 thermidor et vint à Paris ou jl mena une existence chétive jusqu'à ce que le Journal de Paris l'admit au nombre de ses rédacteurs. Il écrivit aussi des articles remarquables dans le Journal d'économie politique et de morale de Rœderer. En 1797 il assista en qualité de député du presbytère des Àrdennes au concile des constitutionnels , et fut appelé après le Concordat aux fonctions d'aumônier de l'Hôtel des Invalides. Il exerça ces fonctions jusqu'à sa mort , arrivée le 13 mai 1806.

La Gab»b , Notice sur les lazembourgeoi* célèbres, 37, sq. — Dr Fsli.br, Dictionnaire historique, édit. 1839, litt L. — CouRTiff, Encyclopédie moderne, XIV, 363.

LISSOIR , Théodore, frère de Remacle qui précède , est né à Bouillon comme ce dernier. II entra dans l'Ordre de St.

Benoît et publia à Paris , en 1776 , ma Tableau géographique du Martyrologe romain; vol. in-12.

La Gabbr, Notice snr les laxtnboutgccis célèbre*, 58. — CotjRTix, Encyclopédie moderne, XIV, 363. — Biographie anirerselle, XXIV» 369.

LUXEMBOURG-LIGNY ou de St. POL, branche cadette de la Maison régnante de Luxembourg, qui prit sa naissance de Walram , fils putné du Comte Henri II et de Marguerite de Bar. Cette branche qui s'est continuée jusqu'à nos jours dans plusieurs de ses rameaux collatéraux et qui a retenu les armes de sa souche, n'appartient pas, à proprement parler à la Biographie du Pays de Luxembourg ; mais nous nous voyons engagé à la mentionner pour pouvoir suivre le manuscrit des Viri illustres que nous avons entrepris de donner en entier, en le complétant. Cependant nous n'en établirons pas la généalogie suivie, comme nous l'avons fait pour la branche principale ou régnante du même nom ; et nous nous contenterons de dire successivement quelques mots sur la Biographie des personnages de cette lignée qui sont rappelés dans le manuscrit cité, renvoyant pour le surplus le lecteur à la descendance presque complète que Bertholet en a donnée en tète du Tome IV de son ouvrage.

LUXEMBOURG-LIGNY, André de, était fils de Gui, Comte de St.-Polou de Luxembourg-Ligny , et de Mahaut de Chàtillon, et frère putné de Pierre (v. son art.) qui fut d'abord archidiacre de Dreux, puis évêque de Metz , ensuite Cardinal et enfin canonisé.

André est né pendant la seconde moitié du quatorzième siècle et obtint , comme son frère, les Ordres sacrés. Voici ce que le manuscrit des Viri illustres dit de lui : « Andréas de Lgxemburgo, istius Pe- « tri — V article de ce dernier précède immé- «diatement dans le dit manuscrit— frater , «Episcopus Cameracensis , S. R. Imp.

« Princeps. »

Nous ne possédons aucune notion ultérieure sur ce personnage, que sa dignité-

d'évéque de Cambray semble seule avoir fait placer au nombre des Viri illustres par l'auteur de cet opuscule. Cependant nous devons mentionner ici une circonstance qui, quoique de mince importance , ne doit pas être passée sous silence à défaut d'autres faits qui pourraient concerner André de Luxembourg: Meurisse rapporte à l'article Pierre de Luxembourg , que celui-ci étant parvenu à l'évéché de Metz, avait résigné entre les mains de son frère André l'archidiaconat de Dreux ; de sorte que ce dernier semble avoir également occupé ce bénéfice avant son épiscopat.

L'ouvrage intitulé: Les Délices des Pays-Bas le fait succéder comme évéque de Cambray à Jean de TSerclaes , mort en 1389 , et ajoute que lui , André , est décédé à son tour en 1396.

Viri Ulutrea, I, H° «5. - Bnrmur, IV; anti testa» V. — Mivbimb, Histoire des Etesques de Mets, 851. — Les Délices des Pays-Bas, II, 363.

LUXEMBOURG-LIGNY, Charles de ou de St. Pol , n'appartient pas à la Biographie luxembourgeoise. Aussi , si nous le citons ici, ce n'est en effet que pour donner dans son entier le Manuscrit des Viri illustres qui sert de base à notre travail. Voici ce que l'auteur de cet ouvrage dit sur ce personnage : « Carolus de a Luxemburgo Ludovici Connestabuli Gal- « liée filius Dux et Episcopus Laudinensis.»

Louis de Luxembourg , Comte de St.

Pol , de Ligny et de Roussy , Châtelain de Lille et Connétable de France, fut le père de Charles dont il est ici question! Sa mère était Jeanne de Bar , Comtesse de Marie et de Soissons, dame de Ghistelles, etc. , première femme du dit Louis. Tout le monde sait la fin tragique du Connétable qui mourut décapité à Paris, en 1475, par un effet de l'implacable rancune de l'astucieux Louis XI , roi de France, et de la basse trahison de Charlesle-téméraire , duc de Bourgogne , qui eut la faiblesse de le livrer à son cruel ennemi.

Charles de Luxembourg, qui fut évéque de Laon , était le troisième des quatre fils de Louis et de Jeanne de Bar. Une fille , Jaqueline , issue du même mariage, fut mariée en 1555 a Philippe, sire de Croy et comte de Porcéan. Les trois autres fils étaient: Jean, comte de Marie et de Soissons, chevalier de la Toison d'or , tué à la bataille de Morat contre les Suisses, en 1476; 2° Pierre, qui continua la lignée de St. Pol-Ligny sous le nom de Pierre II ; 3° enfin , Antoine , tige de la branche de Luxembourg- Brienne.

Viri illoitrea, I, N»SO. — BaaTaotar, III, antè textum VII; et IV, antè teatnm VI, iq.~- Paium •a Coamaas, Mémoires, lib. V, patiim.

LUXEMBOURG-LIGNY, François de, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres: « France ciscus de Luxemburgo Antonii Comiti3 «de Roussy filius episcopus Cenomanensis. D

L'auteur dont nous Tenons d'extraire ce passage verse dans une erreur en nommant le père de ce personnage Antoine , tandis qu'il aurait dû écrire Pierre Ier, seigneur de Beaarevoir et de Richebourg, Comte de St. Pol et châtelain de Lille , lequel avait épousé Marguerite de Baulx. Son père est mort en 1433 et sa mère en 1469.

Viri illoitree, I, N* 34. — Butbolit, IV, aatè Yolamea, VI.

LUXEMBOURG-LIGNY, Jean de, est rappelé comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « 1409 , Jo- « annes de Luxemburgo Dominos de Ba- « varcuoir ab historicis laudatur uti prima- «rius miles sui saeculi. »

Cette notice , plus que sommaire , nous a mis dans un grand embarras pour savoir de quel personnage il pouvait s'agir. Nous avons cru un instant que Ton voulait désigner Jean de Bavière, second mari de la trop fameuse Elisabeth de Gœrlitz, duchesse engagiste du Luxembourg; mais nous n'avons pas tardé à

être détrompé en comparant les dates.

En effet, Antoine de Bourgogne, le premier époux de cette princesse, n'est mort qu'en 1415, conséquemment Jean de Bavière qui avait d'abord été évêque de Liège, n'a pu appartenir au Luxembourg qu'après cette date: il devenait par conséquent moralement impossible de faire concorder l'administration de ce personnage avec le milésime 1409 placé en marge des Viri illustrés. Mais alors quel a été ce Jean de Luxembourg? quelle est cette seigneurie de Bavarcuoir dont le nom semble avoir été estropié pour le plier à une désinence latinisée ? Serait-ce Bernard ? La chose pouvait paraître possible, car vers cette époque vivait un Jean, dynaste de Bernard; mais alors pourquoi le dire de Luxembourg ? seraitce parce qu'il serait né dans cette ville, ou qu'il y aurait résidé?

Cependant en poursuivant nos recherches nous avons trouvé dans la Maison de Luxembourg-Ligny un Jean qui a vécu pendant la première moitié du quinzième siècle. Le manuscrit des Viri illustres a-t-il désigné ce dernier ? Nous sommes absolument porté à le croire depuis que nous avons rencontré un passage de Pierret ou il est dit : « La branche de Luxembourg-Brienne, «St. Pol et Piney , qui commença en Jean « de Luxembourg, seigneur de Beatrevoir, « etc., fils puîné de Gui , comte de Ligny, ad'oh est sorti François-Henri de Mont- « morency , duc de Luxembourg , pair et ce maréchal de France.» etc.

Nous nous croyons donc en devoir de copier ici l'article que la Biographie uni* verselle a consacré à ce Jean de Luxembourg-Ligny , bien qu'à vrai dire ce personnage n'appartienne pas directement au pays , mais parce que , nous le répétons, il est mentionné dans le manuscrit des Viri illustres.

«Jean de Luxembourg, dit le comte ce de Ligny , frère cadet du cardinal Louis « (v. son art.) , se montra comme lui très «attaché aux Anglais et à la maison de «Bourgogne qu'il servit longtemps les

«armes à la main. Il était en 1414 gou- « verneur d'Arras; et il fit sur les frontières « de France différentes incursions dans leste quelles il se montra fort cruel. Henri V, «roi d'Angleterre, loi confia le gouverne- «ment de Paris en 1418, et le lui ôta « deux ans après pour le donner an duc « de Clarence/j Le comte de Ligny corn- « manda ensuite différentes expéditions en « Picardie et dans le Hainaut ; il s'empara «de Mouzon, de Beaumont, ravagea le « Beauvaisis et vint investir Compiègne où «se trouvait Jeanne d'Arc. Cette héroïne «ayant été prise dans une sortie qu'elle «fit à la tête de la garnison, resta en «son pouvoir; et il ne la remit aux «Anglais qu'après de vives sollicitations «et lorsqu'il eut reçu d'eux une somme « de dix mille livres. Jean de Luxembourg «continua ses incursions pendant plusieurs «années, et il commit des cruautés in- « ouïes dans les environs de Laon oh «il conduisit son neveu qu'il voulait ac- «coutumer à un tel spectacle. Sa haine «pour les sujets du roi de France était «telle, que dans plusieurs occasions il «leur tendit des pièges par le moyen «de différentes troupes de brigands ré- «pandue en Picardie et qu'il appuyait «secrètement. Après avoir vainement es- «sayé de réconcilier les Anglais et les «Bourguignons, il refusa en 1435 de «signer le traité d'Arras, en affectant « envers le roi de France et même envers « le duc de Bourgogne un air d'indépen- «dance qu'il n'était pas assez puissant «pour soutenir. Charles VII, irrité d'une «telle conduite, venait de donner ordre «à ses généraux de l'attaquer, lorsque «Jean mourut en 1440, laissant son «neveu héritier de ses vastes domaines, «de son courage et de cette fausse et « insidieuse politique qui devait entraîner « la ruine de sa maison. »

Biographie unirenelle, XXV, 468. — Viri Mwfret, II, N# AU. — Pua», III, S8S.

LUXEMBOUBC-LIGNY , Jean de, évêque d'Âpaume, est noté comme suit

par Fauteur du manuscrit des Viri illustres : « Joannes de Luxemburgo Antonii « comitis de Boussy Nepos , Episcopus «c Apamiensis. »

Bien qu'aucune date ne soit ajoutée à cette phrase , il est k croire que ce personnage a vécu pendant le seizième siècle , puisque l'ouvrage que nous venons de citer est en grande partie rédigé par ordre chronologique , et que Jean de Luxembourg se trouve placé entre d'autres illustrations dont Tune vivait en 1522 et la suivante en 1550. Cette supposition acquiert un grand degré de vraisemblance sinon une certitude absolue, quand on compare avec les indications fournies , la généalogie des cadets de Luxembourg- Ligny donnée par Bertholet qui dit que Charles 1*, comte de Brienne, Ligny et Boussy, fils d'Antoine I", laissa Antoine II , son successeur , Louis mort sans hoirs , Jean, Evéque de Paniers (Apamiensis?), mort à Avignon en 1548; plus d'autres enfants encore qui ne nous intéressent pas ici.

Nous regrettons de n'avoir trouvé nulle part des détails ultérieurs sur ce personnage.

Viri illustres, I, N° 39.

testant, VIU.

-Bkituolbt, IV, antè

LUXEMBOURG -LIGNY, Louis de, n'appartiendrait pas plus à notre biographie que ses agnats dont nous venons de parler, si sa famille n'avait pas possédé en même temps le comté de Boussy ainsi que les terres de Fiennes et de Bohan.

Louis était fils de Jean I", comte de Luxembourg-Ligny , St. Pol et Boussy, Châtelain de Lille , Seigneur de Fiennes et de Bohan, et de Marguerite d'Enghien, comtesse de Conversan et de Brienne.

D'abord cinquante-unième évéque de Terouanne en 1414 , il se déclara pour le parti des Anglais et fut en 1425 fait Chancelier de Henri VI, roi d'Angleterre, qui se titrait en même temps roi de France. Louis exerça cette charge jusqu'en 1435 ou il obtint l'archevêché de Bouen ; puis

en 1439 le pape Eugène IV le nomma cardinal du titre des quatre saints couronnés. Cependant il ne voulut accepter cette dignité qu'à la condition que le roi d'Angleterre n'eût approuvé sa promotion, tellement il était dévoué aux intérêts de ce prince qui , en récompense de son attachement lui fit avoir l'Evéché d'Ely et lui confia ses plus importantes affaires en France. Le prélat les poussa avec vigueur, conduisant lui-même du secours aux places assiégées , animant les faibles , s'opposant à ceux qui étaient las du joug anglais et ne négligeant rien pour rétablir ce parti chaneellant. Il se jeta dans la Bastille, en 1436, lorsque la ville de Paris fut soumise à Charles VII ; mais il fut obligé d'en sortir par composition et se retira pour lors en . Angleterre oh il est mort à Harfield , le 18 septembre ou bien le 4 octobre 1443. Le manuscrit des Viri illustres consacre à ce personnage l'article que nous allons transcrire : « Ludovicus de Luxemburgo «S" Pétri ex Joanne fratre Comiteqne in «Boussy Nepos Archiepiscopus Botoma- « gensis S. B. Ecclesis Cardinalis. »

Délieei des Pays Bas, III, 128- Viri illustres,. I, 28. — Bmtholbt, IV, antè textum, V, sq. — Moiim, II, 602; et IV, 10651, m. — D* Futta, Dictionnaire historique, édit de 1839, IV, 25tf.— Couotiu, Encyclopédie moderne, XV, 47. — Biographie unirerselle, XXV, 487, s«j.

LUXEMBOURG-LIGNY, Pierre de, le bienheureux, est mentionné comme soit dans le manuscrit des Viri illustres : «1387. a Sanctus Petrus de Luxemburgo , Guido- « nis Comitis in Butticb seu Boussy filins, «Episcopus Metensis S. B. Imp. prin- «ceps, S. Bom. Ecclesis Cardinalis miraecculis clarissimus. »

Pierre de Luxembourg n'appartient que fort indirectement à la Biographie du Luxembourg. Fils de Gui de Luxembourg, comte de Ligny, et de Mahaut ou Mathilde de Chfttillon, comtesse de St. Pol, il est né au château de Ligny, le 20 juillet 1369. Il n'avait que dix ans lorsqu'il fut envoyé aux études à Paris où il fit de grands progrès, surtout dans les lettres sacrées

pour lesquelles sa piété innée lui donnait une propension toute particulière» Plus il avançait en âge et plus il se sentait fortifié dans la vocation la plus décidée pour obtenir les Ordres et à mener une vie toute dévouée à Dieu. Son frère voyant ces dispositions, craignit un moment, disent les biographies , qu'il ne finit par se vouer absolument à la solitude. Pour empêcher cette résolution il demanda et obtint pour lui en 1383, un canonicat à Notre-Dame. Pierre qui n'avait que douze ans se mit aussitôt en devoir de desservir les charges de ce bénéfice avec la plus ponctuelle exactitude, tout en continuant ses études. La réputation de sa vie exemplaire, de sa science et de sa vertu n'ayant pas tardé à parvenir aux oreilles de l'anti-pape Clément VII que la France avait reconnu , pour Pontife légitime, ce dernier le nomma d'abord archidiacre de Dreux dans l'église de Chartres ; et peu de temps après , en

1384 il Ini conféra l'évéché de Metz qui était devenu vacant par la mort de Thierry de Boppart* Pierre n'avait encore que quinze ans d'âge; mais le Pape était persuadé que la sagesse et la vertu du jeune prélat suppléeraient à sa grande jeunesse.

Il fit son entrée solennelle à Metz en

1385 ; mais il n'y put jouir pendant longtemps de la paix : les messins considérant sa jeunesse ne crurent pas devoir se soumettre à son choix pour la nomination de leurs magistrats annuels, prétextant que ce choix devait leur appartenir jusqu'à tant que leur évéque aurait atteint l'âge canonique pour pouvoir être ordonné prêtre et recevoir l'onction épiscopale. Ces débats amenèrent bientôt des conflits déplorables entre le comte de St. Pol, frère de Pierre, et les bourgeois. Mais le récit de ces contestations n'entre pas dans notre sujet; nous dirons seulement que l'évéque ne prit aucune part aux actes de violence qui se commirent de part et d'autre.

Ces contestations n'étaient pas terminées lorsque Clément VII , charmé de plus en plus des vertus et de la sainteté de l'Evêque-élu de Metz, résolut de l'attacher

à sa personne. Il le manda en conséquence à Avignon , le créa cardinal du titre de St. George, en 1386, et le retint à sa cour pour le faire servir d'exemple aux prélats de sa suite.

Pierre, loin de se laisser éblouir par l'éclat de la pourpre, ne voulut point se relâcher de ses pratiques de piété ; il se maintint au contraire plus que jamais dans les sentiments de la plus profonde humilité et dans les exercices de la plus rigoureuse austérité de vie et de mœurs, donnant presque toutes ses heures à la prière et à la méditation, et ne prenant de nourriture que ce qu'il en fallait strictement pour soutenir la vie : les jours de jeûne entr'autres il les passait au pain et a l'eau. Il se couvrait en outre le corps d'un rude ciliée1 et , ajoutent les légendaires , se le déchirait souvent avec la discipline, tellement que ces excès de zèle et de piété ayant été dénoncés à Clément VII, celui-ci le manda auprès de lui et crut devoir l'exhorter au nom du ciel à les modérer, ajoutant que dans le poste où la Providenee l'avait placé il ne devait pas vivre tant pour lui-même que pour l'Eglise. Sa charité dépassait toutes les bornes ; quoique né d'une famille opulente et percevant en outre des bénéfices considérables,,, il donnait tout aux pauvres, tellement que plus d'une fois il manqua lui-même du nécessaire, et qu'à sa mort on ne trouva dans ses coffres que vingt sols.

Ses jeûnes excessifs et sa vie plus que pénitente ne tardèrent pas à miner sa santé et à lui gagner enfin le germe de l'affection qui l'enleva à la fleur de l'âge. Pendant sa maladie on le porta à la ville* neuve , près d'Avignon , afin qu'il y fût plus tranquille et hors du bruit. Il y fit son testament par lequel il légua ses biens à ses frères et à sa sœur; il voulut être inhumé dans le cimetière des pauvres à Avignon, sans autre distinction qu'une arcade en pierre, etc. Ses livres il les donna à son frère André (v. son art.) et fit encore quelques legs particuliers à des monastères de même qu'à ses domestiques.

— Si -

Pierre de Luxembourg-Ligny est mort le 2 juillet 1387 , a l'âge de dix-huit ans «oins autant de jours, et fut enterré à l'endroit qu'il avait lui-même choisi. Eu 1395 Charles VI, roi de France fit élever au lieu de sa sépulture un couvent de Gélestins dont l'église, dit-on, possède ses reliques. Il a été béatifié en 1527, cent et quarante ans après son décès.

Bertholet et Meurisse rapportent l'épitapbe qu'on inscrivit sur sou tombeau.

Nous la transcrivons:

HOC COUTER TeMPLO, TBGITUR 81MUL

[aotubà virtus, Cuira Luxemburgi sobous , nitidissuia

[mbrcbs

OrBIS , BT TOUS HONOS MOHTÀLI CORPORS

[COELTJM

Trabsfertur meritis PETRTJS inter

[numina numen, ànnis mille denis sepelitur , sicque

[trecentis hls septem jungens octoginta superad-

[des, Et quinta Juli pollens virtutibus altis a8siduo populo vbneratur quolibet anno.

Pierre de Luxembourg a composé quelques traités de piété; un entr'autres qu'il dédia à sa sœur et dans lequel il a rapporté tous les motifs qu'il croyait convaincants pour la faire renoncer au monde et se consacrer à Dieu. On a imprimé sous son nom : 2°. Le livre de Clergie, nommé l'image du monde. — 3°. La diète du salut. L'original de ses autres ouvrages se conservait aux Célestins de Paris.

Vit* niastres, I, N« 89. - Mavaifsa, Hutoire des ETetjra de Mets, *5t à Ifttf. — Moaaai, V, 8ft6. — Bsbtsu , 198. — Lu Btnéoicnits, Histoire générale de McU, II, 894 à 600. — Wilhwjs a Wiltbiim, Disquiiitioiiet antiquarie Historié laxenlrargeftfîa, II, e. 6. §. 5. — Ckranrçve du Doyen 4e fit Thibaut, de Mets; ad ama. 1384, sfq. — BiaraouT, I, aotètextnm, XUI; V, aatè testant, V; VI, 338; VII, 134 à 160. - De IUb, Vies des Pères, dei Martyrs et des Saints, IV, 38, sqq. — Goon-ria, Eacyclopédie moderne, XV, 47.— BiojiBptte «WYttwelle, XXV, 466, iq, — Baowaa, Annales TreTÎreniei, Uo. XVIII. - Mronuia, Les auteurs lnxemnonrgeoîe, 10.

LUXEMBOURG-LIGNY , Philippe de, Comte de Brienne, est indiqué comme

suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres: «Philippus de Luxemburgo e a Comitibus de Roussy Episcopus Ceno- « maoensis S. R. Ecdesiœ Cardinalis. »

Ce personnage était troisième fils de Thibaut de Luxembourg, tige de la branche dite de Luxembourg-Fiennes , et de Philippotte de Melon, dame de Sottenghien.

Son père étant devenu veuf, se fit ecclésiastique et obtint les abbayes d'Igny et d'Orcamp ; il fut ensuite élu évéque du Mans , et le Pape Sixte IV le désigna cardinal; mais il mourut eu 1477, pendant qu'il se disposait h entreprendre le voyage de Rome pour aller recevoir le chapeau.

Quant à Philippe auquel cet article est consacré, il entra également dans les ordres sacrés et obtint d'abord un canonicat à la cathédrale de Tournay ; puis il devint évêque de Terouanne , ensuite d'Arras par résignation de son oncle, Philippe de Melun , enfin du Mans après le décès de son père. Ce prélat, qui eut toujours beaucoup de part aux affaires de l'Etat, fut en 1496, fait cardinal du titre des SS. Pierre et Marcellin par le Pape Alexandre VI qui le nomma son légat en France, poste qu'il remplit également sous le pontificat de Jules II. Alexandre VI l'employa pour la dissolution du mariage du roi Louis XII avec Jeanne de France. Il obtint en outre en commande les évéchés d'Albano et de Frascati.

Quelque temps après, le désir de la retraite porta Philippe à remettre soo évéché à son parent, François de Luxembourg (v. son art.). Mais comme ce dernier mourut peu d'années plus tard, le chapitre l'engagea à se charger de nouveau de la direction du diocèse, et il finit par y consentir.

Philippe de Luxembourg est mort en 1519, à l'âge de 74 ans, avec la réputation d'avoir été un des plus grands prélats de son époque. Il fut inhumé daw sa cathédrale.

Vis*»*, Hiitoire de Luxembourg. — Moiiu, M, 605; et V, 318. — Lei Délices dei Payi-fiai, Ilï, 77.— BaBivaur, IV, aatè tevtun, X.— VM illtrstres, I, 36.

LUXEMBOURG-LIGNY, Walramde, était fils de Gai de Luxembourg , comte de Ligny-St.-Pol * et de M ah au t de Châtilloii, comtesse de St.-Pol. L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré la notice que nous allons transcrire : «1396. «Valramus de Luxemburgo Cornes S" «Pauli et in Roussy, sine quo Franciae «Rex nihil magnum agebat; duxit exerce citam pro Garolo VI. Gallorum Regc «subsidio Gomiti contra Frisios, qilos et « vicit. >> Nous ajouterons que, né en 1355, il fut en 1396 nommé gouverneur de Gènes et en 1402 grand-maître des eaux-et-forêts de France. Il fit la guerre aux Anglais et fut deux fois battu par eux. Le duc de Bourgogne lui fit obtenir en 1410 la charge de grand-bouteiller de France et en 1411 le gouvernement de Paris avec l'épée de Connétable.

Walram se titrait de Comte de St.-Pol, de Ligny et de Roussy , châtelain de Lille, seigneur de Fiennes et de Bohan. II a été marié deux fois. En premières noces avec Mahaut, fille de Thomas de Hollande et demie-sœur de Richard II , roi d'Angleterre , d'où une fille , Jeanne , mariée à Antoine de Bourgogne, duc de Brabant.

En secondes noces il avait épousé Bonne de Bar qui ne lui donna pas d'enfants.

Il est mort en 1414, à l'âge de 60 ans au château d'Yvois dont il était gouverneur, et fut enterré dans l'église de Notre-Dame de cette ville.

Viri illustre», II, N° 808. — Paquet, 54. — De Feiabb, Dictionnaire hiitoriqac; liti. IV. — Bcatm*iii', IV, aritè textum, IV, rç. — Coumm, Encyclopédie moderne, XV, 47. — Biographie unirertelle, XXV, 404,^* ,

MAIGRET, Georges, né en 1575, d'une bonne famille de Bouillon, entra à 17 ans chez les Augustins qui venaient de s'établir dans sa ville natale. Il acheva ses études à Louvain où il prit en 1604 le grade de Docteur en théologie , pendant qu'il était prieur de son Ordre à Tournay . Sept ans plus tard il fut désigné prieur à Liège et conserva cette dignité douze ans de suite. En 1614 il avait obtenu de Ferdinand de Bavière , alors Prince-Evê^tte , la cure de St. Georges de Huy qui fut unie à un couvent d' Augustins, sans discontinuer d'être une paroisse de cette ville , et l'année suivante il y ouvrit un collège d'humanités.

En 16221e chapitre général qui se tint à Enghien (Anguien) le désigna provincial de la Basse-Allemagne ; il eut aussi le rang de définiteur ainsi que celui de visiteur, et il présida à quatre Chapitres différents de sa province. Enfin en 1624 il fut nommé prieur de Huy oh il mou-

rut pieusement après une longue maladie , le 15 mai 1633 , à l'âge de 61 ans. Le Père Georges Maigret a composé un assez grand nombre d'ouvrages dont nous allons indiquer les titres: 1°. Le Noviciat, ou niveau de la vie monastique , pour l'instruction des jeunes novices ; Douai , 1602 et 1609, in- 12 ; Liège, 1615, même format. — 2°. Le Trésor, ou coffret honoraire de Jésus^Christ et des Saints , auquel est déclarée l'institution et excellence de la confrérie de la ceinture de St. Augustin; Douai , 1604, in-12; Liège, 1611 , in-12: Le P. Melchior de Daelhem a traduit cet opuscule en latin, sous le titre de: Arca honoraria Christi ac Sanctorum etc. Le Pape Eugène IV avait institué cette confrérie le 7 juin 1446 et l'avait mise sous la protection de la Ste. Vierge , de St. Augustin, de Ste. Monique et de St. Nicolas de Tolentin que ce pontife venait de canoniser. — 5°. Petit Rayon (Radiolus) ou Atome

— tt -

de la splendeur monastique sur les fruicts que recueillent les fidelles par la bienvenue et joyeuse entrée des religieux dans les villes, pour contre-poison au régal de Sathan et des hérétiques ses ministres ; Douai, 1608, in-12.— é\ La vie du Bienheureux Jean de Satagthun , de l'Oidre des frères Ermites de St. Augustin , canonisé par Notre S. P. le Pape Clément VIII; Tournay, 1610, in-12: Cet ouvrage , qui est dédié à l'Infante Isabelle- Claire-Eugénie , a été traduit en latin par le P. Nicolas Bax qui dédia cette traduction au P.Maigret; Anvers, 1625, in-12.

— &°. Rejettons sacrés pulullants de la palme triomphante des premiers martyrs de l'Ordre dit des frères Ermites de St. Augustin , recueillis par le frère George Maigret, Bullionoy, Doct. thé. et prieur du mesme ordre au couvent de St Augustin lèz Liège; Liège, 1612, petit in-12: cet ouvrage renferme vingt-sept vies abrégées de martyrs. L'auteur en a aussi donné des éditions latines sous les titres de : Iconographia martyrum , etc. ,

1615; et Martyrographia Augustiniana

^dit. nova, caeteris multo auctior ; Anvers, 1625, in-12.— 6° Les larmes, ou gémissement de l'héraclite chrestien, resaussité miraculeusement de l'Enfer, et baptisé pour apprendre à chascun l'art de déplorer sa misère, selon l'un et l'autre hommes; Liège, 1613, in-12. — 7°. Il a revu l'Antiphonaire et le Procèssional de son Ordre ; imprimés à Anvers, 1625, in-4°. —8°. Augustino-Pyctacium provincis Flandriœ seu Germaniae Inferioris; Bruxelles, 1625, in-12 : C'est une carte de cette province , qu'il présenta la même année au Chapitre-général des Augustins qui se tenait à Rome. —9°. Litaniœ Augustinix ; Louvain, 1626, in-16.— i0\ Abrégé de la vie de St.

Thomas de Ville-neuve, archevesque de Valence , de l'Ordre des frères Ermites de St. Augustin; Liège, 1626, in-12.

— 11°. La vie de Ste. Elisabeth, reine de Portugal; avec les cérémonies faictes ii Rome en sa canonizalion ; Liège , 1626,

in-12 : Le P. Maigret avait assisté à cette solennité. — 12?. Oraison funèbre de Madame Josine l'Aumosnière comtesse de la Marc , etc. , espouse de Monseigneur le comte de Rochefort, prononcée publiquement; Liège, 1627, in-12. — 13°.

Tractatus brevis, quo clarè ostenditur religiosos mendicantes ad alium ordinem , etiam strictiorem , transire non posse , excepte solo Carthusianorum , absque spécial! Summi Pontificis licentiâ ; Liège, 1630, in-12. — ié\ Théâtres tragi-comiques et anatomiques , auxquels sont exposées les principales misères que les Provinces Belgiques ont endurées par guerre civile l'espace de quarante ans ou environ: C'est un carême que l'auteur' avait prêché à Bruxelles. Des raisons de politique en ont arrêté l'impression.

Le Père Georges Maigret avait un neveu , connu sous le nom religieux de PÈRE ATHANASE, qui était né à Bouillon comme lui. Ce dernier se fit également recevoir en 1684 Docteur en Théologie à Louvain , deux ans avant sa mort et après avoir pendant un assez grand nombre d'années enseigné la Théologie à Cologne et h St. Guislain. Il a été, comme son oncle , prieur k Huy , et deux fois visiteur-définiteur de la province de Flandre. Il est mort à Huy , le 5 juin 1686 et fut inhumé dans l'église de St. George de cette ville , aux pieds de son oncle.

Nous trouvons finalement dans le Recueil aux Commissions des archives de l'ancien Conseil provincial de Luxembourg , que François-Joseph de Maigret, ci-devant capitaine au régiment de Ligne, infanterie, a été créé Comte de son nom, par Patentes du 6 décembre 1756. Cependant nous ne savons pas si ce personnage appartient à la même famille: Les comtes de Maigret portent d'azur , à trois coquilles d'or , 2 en chef et 1 en pointe; à la fasce du même.

Swbitios, Athenœ Belgicae, 275. —Cu »g Bbc-»e- LiivRB, Biographie liégeoife, I, 456, §q.; et 459. — Archives du Conseil provincial, fteq. comm. N°

1109, p. 122-Claiu, C»telofte de Ja BiMiothèqoe de Lmenboiirg, 146.— ArchiYes et Alliances de la Famille de Muriel, de Thorn.

MALHERBES , Don Denis, florissait pendant le dix-huitième siècle ei mourut en 1777. Il était prévôt de l'abbaye de Stavelot oh il professa la philosophie et la théologie. Don Malherbes a écrit un opuscule qu'il intitula : Seeundus Triumphus 511 Remacli, dans lequel il chercha à prouver la supériorité dn monastère de Stavelot sur celui de Malmédy, question controversée pendant des siècles et qui n'a jamais reçu une solution absolue.

CN »t Btc-M-Liivai, Biographie fiégeoiie, H,

Malmédy, Jean-Baptiste de; v. JEAN- BAPTISTE , dit de Malmédy.

MANASSÊS, Seigneur de Hierges, au Duché de Bouillon, accompagna Godefroid de Bouillon à la première croisade en Terre-Samte et devint chancelier du royaume de Jérusalem. Il est mort Te» 1099.

C1* m Bt<M>B-LiivM, ffiographie liégeoiie, ï, 157.

MARCK, Robert II, de La, duc de Bouillon, seigneur de Sedan et chevalier de SL Michel , était fils de Robert 1er et de Jeanne de Marley , dame du Sae- Jcy. Il naquit en 1480 et rendit son nom fameux par ses démêlés avec Charles- Quint. Petit-neveu du célèbre Guillaume de La Marck surnommé le Sanglier des Ardennes , il prit cette devise singulière : « Si Dieu ne me vient en aide , le diable «ne me saurait manquer.»

Robert H de La Marck fit ses premières armes en Italie 9 au service de Louis XII, roi de France, lorsque ce prince revendiquait le Milanais et le royaume de Naples. Il obtint le grade de lieutenant-général et se distingua en cette qualité à la bataille de Novarre , ou il commandait les bandes noires.

Au phis fort de faction il apprit que ses deux fils, Flenranges et Jametz,

étaient tombés couverts de blessures des monceaux de morts et de mourants : Il s'élance aussitôt avec quelques-uns de ses plus intrépides hommes d'armes, s'ouvre un passage à travers l'ennemi et parvient au lieu ou gisaient ses enfants baignés dans leur sang et près de rendre le dernier soupir. Les dégager et les placer sur son cheval , ce fat pour loi l'affaire d'un moment; et, chargé de ce précieux fardeau il fut assez heureux pour traverser de nouveau les rangs des ennemis qui, électrisés par ce dévouement paternel de coupage et de sang-freid, se rangèrent avec respect pour Jni ouvrir un passage.

Cependant, à la sollicitation 4e son frère Evrard qui était Prince-Evéque de Liège , Robert abandonna ensuite le parti <te François Ier pour embrasser celui de l'Empereur Charles-Quint, à l'élection duquel H contribua même activement. Mais bientôt après il se brouilla avec son nouvel allié , et cette brouille même devait rehausser encore l'éclat de son non:

Les €himay de Croy étaient en discussion avec les sires d'Eymeries pour la seigneurie de deux petits villages ardennafe.

Les pairs consultés avaient dit : « Ce ehâc< teau appartient aux Chimay ; et comme «le Duché de Bouillon est indépendant et «ne ressortit de nulle suzeraineté notre «jugement doit s'exécuter sans appel.»

Le sire d'Eymeries recourut à la justice de Charles-Quint qui fit réviser l'arrêt par le Conseil antique. Le Sire de La Marck s'en offensa et vint, en sa qualité de duc de Bouillon, réclamer lui-même ses droits a la diète : Il croyait que justice hu serait faite après ses services pour l'élection impériale. Mais Charles-Quint se contenta de répondre : que le Conseil avait décidé et qu'il n'avait aucun pouvoir pour réformer la sentence. Impétueux de caractère, Robert, brisant un de ses gantelets sur la porte du eh&teau, s'écria: a Puisque celui que j'ai créé empereur ne «veut pas me rendre justice, je saurai « bien me la faire moi-même. * Et aussitôt

^ sa ^

il vint s'aboucher avec les commissaires d* François 1*% à Sedan , pour offrir ses services et stipuler ses conditions. Le btas de La Marck était trop fort pour qu'on hésitât à L'employer. D'un caractère ardent, impétueux , Robert ne se contenta pas de s'allier k la France; seigneur à peine de quelques villages et d'une trentaine de lieues de pays dans les Ardennes, il voulut, lui seul déclarer la guerre à l'Empereur et à ses électeurs ! Et en effet il fit défier Charles- Quint en pleine diète k Worms , et se mit aussitôt en campagne. Il entra d'abord dans le Luxembourg et vint en 1520 prendre Yirton qui venait d'être fortifié. Il pénétra ensuite dans l'intérieur du Pays ok il se livra à tous les excès. Mais sa témérité ne tarda pas à être expiée par un grand revers : les impériaux , sous la conduite de Henri de Nassau, vinrent* battre le château de Logne en brèche et le prirent. Les soldats qui en avaient formé la garnison furent pendus aux erénaux restés debout, et le château même, qui avait été engagé aux La Marck , restitué à l'abbaye de Stavelot dont il relevait: l'abbé le fit abattre. La forteresse de Bouillon fut ensuite cernée ; la trahison la fit tomber au pouvoir des assiégeants qui la détruisirent après avoir brûlé la ville (1521) , et en remirent les débris aux mains de l'évêque de Liège:

le traité de Madrid, conclu en 1526, confirma le prélat dans cette possession. Robert II de La Marck est mort en 1535. Il avait épousé Catherine de Croy qui lui avait donné six fils et deux filles.

La Garob, Notice sur les taiemfconrgeoii célèbres, *** tqqq.— Momni, V, 114. -Biographie générale de* Belges» 145. sq.— Oiulay, Histoire du Duché de Bouillon, 185 à 905.

M arisy , Frédéric - Christophe - Henri - Pierre ^Claude Wagnair de; ▼. WAG- NAIR deMarisy, F.-C.-ff.-P.-£.

MARTIN, dit de Remouchamps , ainsi nommé de son endroit natal, situé sor la rivière d'Amblève, vit le jour en 1522.

Apre» avoir achevé ses humanités il entra à l'abbaye de Florennes 9 bourg de l'ancienne principauté de Liège , où il fit sa profession religieuse. Il y exerça pendant vingt-cinq ans la charge de procureur et fut finalement élu abbé en 1574, après la mort de Jean d'Emetbon.

Dès qu'il fut revêtu de cette dignité il s'occupa à rebâtir l'église de son monastère qui avait été ruinée presque de fond en comble par les armées françaises en 1554. Il n'avait pas encore achevé cette construction à laquelle il avait mis tous ses soins, lorsque la mort le surprit le 27 décembre 1600 , épuisé de vieillesse , de travaux et d'études. II fut, comme ses prédécesseurs, inhumé vis-à-vis de l'autel de Notre-Dame , sous une tombe en pierre bleue.

L'Abbé Martin de Remouchamps était très-versé dans les langues grecque et latine, les saintes-écritures, le droit canonique et civil, la géométrie et l'histoire. Jacques Marchant, professeur de théologie à la même abbaye , lui attribue les trois ouvrages suivants, qui sont restés manuscrits: 1°. Eptstolae ad diversos : quelques-unes de ces lettres sont adressées à Jean Molanus qui en a fait usage pour la rédaction de ses Natales Sanctorum Belgii; v. ledit, de 1595, p. 182. — 2°. Antecessorum suorum luculenta historia: c'est un Catalogue historique des abbés de Florennes. — 5°. Aevi sui chronica : ou Histoire de ce qui s'est passé de son temps.

Cto»B Bcc-»E-Lià¥*s, Biographie Uégeoise» I, 537.

MATHIAS , dit de Malmedy , du lieu de sa naissance, religieux du monastère d'Orval, s'est fait un nom comme littérateur sacré et profane. Dans les derniers temps de l'existence de son abbaye on y conservait encore le manuscrit d'une Chronique des faits et gestes des comtes de Chiny qu'il avait composée. Il paraît que cet ouvrage, qui n'a jamais été imprimé, a été perdu.

Afathias de Malmédy est mort en 1555.

C** m Bec-bi-màtu, Biographie liégeoise, I» 909.— BBftTiOLST, III, P. J. IV. — Nbvhamm, Lee

auteurs luxembourgeois , 16. — Bkitkli, 97. — T. 8tiaubbbc, Metrop. Eeelee. Trever. II, 168.

MATIS, Jean-François-de-Salè$ , est né à Thionville le 27 mai 1773, fils de Jean Matis, négociant , et de sa seconde femme Marie Effingen.

Entré au service comme sons-lieutenant an régiment de Picardie, Matis remplit avec honneur toutes les fonctions militaires auxquelles il fat appelé: colonel du 117e d'infanterie de ligne en 1813, il commanda en 1814 le 71 Ml fut de même placé à la tête de la légion des Landes à son organisation. Nommé maréchal de camp le 13 décembre 1821, il fut employé dans la 4e Division militaire et tint garnison à Angers; plus tard, en 1829 il était commandant militaire d'Arras.

Le 28 août 1810 , Napoléon I" l'avait créé officier de la Légion d'honneur; et le 8 avril 1821 , Louis XVIII l'éleva au rang de commandeur de cet ordre.

Le général Matis est mort après 1830, en retraite, dit-on.

Bécih , Biographie de la Moselle, IH9 198» •q.— Tiusikr, Histoire de ThionviUe, 351, sq.

MAUGRÉ , Jean de, quoique né à Sedan , pent à plus d'un titre être réclamé par Carignan , tant parce qu'il a passé ses derniers jours dans cette ville que parce qu'il a été pendant plusieurs années curé à Chauvency-St.-Hubert qui ressortissait autrefois à la Justice d'Yvois, dépendant à son tour du Luxembourg avant la paix des Pyrénées.

Jean de Maugré, qui était fils d'un capitaine de la milice frontière, est né pendant les premières années du dixhuitième siècle. Il fit ses études au collège des Jésuites de sa ville natale et entra plus tard au noviciat de cet ordre dans lequel il fut employé pendant plusieurs années à l'enseignement. Il quitta ensuite les Jésuites et fut nommé vicaire à Balan, puis successivement curé à Chauvancy, Givet, St.-Hilaire, Gentilly près Paris et finalement prieur titulaire de St. Côme de

Chablis. Il se retira plus tard à Carignan après avoir résigné ses bénéfices , et il se trouvait dans cette ville lorsque la révolution de 1789 éclata: Il vit pendant ces jours d'horreur massacrer à ses côtés, dans une émeute à Sedan, son ami Latude; et lui-même , bien qu'âgé de près de 80 ans, il fut arrêté et enfermé au Mont* Dieu , d'où il ne sortit qu'à la chute de la Terreur.

Jean de Maugré est mort en 1811.

On a de lui : 1°. Une requête à l'Impératrice Marie - Thérèse : c'est une œuvre pleine de goût et de galté , qui lui valut une lettre bien flatteuse de cette princesse et une gratification de cent ducats. — 2°. L'oraison funèbre du Maréchal de Belle- Isle; Paris, 1761, in-4°. — 3°. L'oraison funèbre de Don Menn Effleur, Abbé d'Orval, 1765, in-4°. — 4*. Discours sur le rétablissement du culte catholique dans la ville de Sedan; Bouillon, 1785, in-4.— 5°. Le militaire Chrétien; petit in-12:

Ce sont dès extraits de ses sermons, prêches à Givet, ville de garnison oh il avait su se rendre intéressant aux officiers de même qu'aux soldats. — 7°. Une traduction complète des psaumes de David, en vers hexamètres et pentamètres ; manuscrit qu'il avait dédié au Pape Pie VI. — 8°. Panégyrique du Chevalier Bayard j prononcé à Mézières.

Lacer, Annale§ «TYyois-Carignan , 409, *q. — Biographie «nWeneUe, XI, 97. — Waturi, Km- ▼eau Dictionnaire universel, 515. — > De Fauta,. Dictionnaire bit torique; Supplément, II, 195. — Bibliothèque de Luxembourg, H* 1449, in fine.

MENGHERS, Corneille, ni à Zantfleidr petite ville à trois lieues d'Anvers, est particulièrement connu sous ce dernier nom, et vivait pendant le quinzième siècle. Il entra d'abord à l'abbaye de Bénédictin* de St. Jacques, à Liège, puis il devint prieur de celle de Stavelot.

Menghers dit Zantflied, était un homme pieux et instruit, et passa pour un hifrtorien exact et fidèle, qui ne manque pas d'éloquence. Comme écrivain contemporain des événements qui se sont

passés de son temps , il est à considérer comme une autorité; et ce qui ajoute encore à son mérite , c'est son jugement et sa véracité. Si on doit lui reprocher quelquefois un peu de crédulité, ce défaut est largement compensé par la vivacité de ses récits et par les détails curieux qu'il nous a conservés: Chapeauville en parle toujours dans ces termes dans son Histoire des Evéques de Liège. Il a écrit uue Chronique estimée qui cornmenée à la création du monde et se termine à Vannée 1461 , époque où vraisemblablement Fauteur est mort. L'abbaye de St. Jacques a possédé l'original de cet ouvrage jusqu'à sa suppression. Les PP.

Martène et Durand ont publié de cette Chronique la partie qui commence à Vannée 1230 jusqu'à la fin, et qui forme environ quatre cents pages in-folio de l'Amplissima Golleetio.

Cu »• Bsc-M-LiivBB, Biographie liégeoiie, I» 148. — MoiBti, Supplément, III, iOtfi. — Dewix, Histoire du Pays de Liège, II, 588. — Mabtèvk et Do» an», Amplissima Collectif», V. — Cbapcacvillb,

Hif toria Epif eopomm leodîenf inm — ete. , etc.

MERCY, Claude-Florimond, Baron puis Comte de, est né en 1666, au château de Mercy, ou bien a Longwy, comme son grand-père, François, Baron de Mercy dont nous ayons inséré l'article dans le corps de cet ouvrage.

Après avoir terminé ses études, s'être adonné aux mathématiques ainsi qu'aux différentes branches d'éducation suivies par la noblesse de cette époque, il alla en 1682 offrir ses services à l'empereur Léopold, et se signala comme volontaire à la défense de Vienne assiégée par les Turcs. Ayant obtenu peu après une lieutenance dans un régiment de cuirassiers , il fit avec distinction six campagnes en Hongrie et eut un cheval tué sous lui , fut blessé en même temps à un œil et mérita le grade de capitaine. Envoyé en Italie en 1691 avec son corps, il y demeura jusqu'en 1696 et fit éprouver beaucoup de pertes à l'armée française en dirigeant contre elle une guerre de partisans. Les preuves de

courage qu'il avait données en différentes rencontres, et notamment en 1697 à la bataille de Zentha contre les Turcs, lui valurent le grade de major. En 1701 il quitta la Hongrie pour retourner en Italie où avec trois cents chevaux seulement il prit une batterie et mit six escadrons de cavalerie en fuite, le 9 décembre , près de Borgo-Forte; mais le lendemain, étant tombé dans une embuscade il fut fait prisonnier. Il éprouva le même malheur en 1702 à te surprise de Crémone par le prince Eugène qui pénétra dans la ville et emmena captif le maréchal de Villeroy lui-même qui y commandait. Mercy couvert de blessures resta dans la place : il était alors lieutenant-colonel. Dès qu'il fut guéri on l'échangea contre d'autres prisonniers, et un nouveau régiment dont il fut nommé colonel, lui fut confié. Il se rendit avec ce corps sur le Rhin et se distingua au combat de Friedlingen où il eut un cheval tué sous lui et échappa avec peine. Pendant la campagne de 1704 il ne négligea aucune occasion d'inquiéter l'ennemi sur les bords du Rhin. Elevé au grade de feld-major-général , il emporta en 1705 les lignes de Pfaffendorf et obligea les Français à se retirer sous le canon de Strasbourg. L'année suivante il jeta des troupes dans Landau et y fit entrer des provisions malgré que cette ville fût déjà cernée , et la couvrit tellement bien que l'ennemi n'osa pas en entreprendre le siège. En 1707, le 22 septembre, il défit près d'Offenboorg quatre mille hommes commandés par le général Vivans; fut fait feld-maréchal-Iieutenant de la cavalerie impériale en 1708 et couvrit de nouveau les environs de Landau. En 1709 il était à la tête de six régiments dans le Duché de Mantoue. Revenu la même année sur le Rhin, il pénétra avec huit mille hommes dans la Haute-Alsace, au moyen d'un pont qu'il établit près de l'île de Neuchatel. Dès qu'il eut ainsi entamé le territoire de Bâle il attaqua le 26 août le comte Du Bourg, nommé depuis maréchal de France. Hais ce dernier, puissamment

retranché à Rumersen, opposa une résistance insurmontable , bien qu'il eût moins de troupes que son agresseur; et Mercy, blessé et vaincu ne ramena que peu de monde avec lui. Sa retraite fut même si précipitée qu'un grand nombre des siens se noyèrent dans le Rhin. La cassette de Mercy avec tous ses papiers tomba au pouvoir du vainqueur et sa déroute le mit dans l'impossibilité absolue de rejoindre, comme il en avait eu le dessein, les troupes de Savoie qui devaient passer par la Haute- Bourgogne.

Jusqu'en 1716 où commença la guerre avec les Turcs , notre général ne trouva aucune occasion favorable pour se signaler. A la bataille de Peterswaradin à laquelle il commandait en chef la cavalerie , il fit des prodiges de valeur et contribua puissamment à la victoire. Il couvrit le siège de Temeswar, força les Turcs de s'éloigner et demeura dans le bannat de Temeswar avec le titre de général-commandant. Le 9 novembre, Panzowa tomba entre ses mains et le 15 du même mois il prit Vipalanka. Ayant en 1717 rejoint la grandearmée avec son corps de troupes, il s'acquit beaucoup de gloire à la bataille de Belgrade, le 18 août, et fut chargé de mettre le pays à l'abri de nouvelles incursions. En 1719 il quitta son commandement dans le Temeswar , après y avoir rétabli la tranquillité, et se rendit en Sicile dont l'Empereur l'avait nommé commandant-général. Dès son arrivée, son premier soin fut d'enlever l'île de Lipari, au nord de la Sicile.

Le marquis de Leyde qui commandait en chef l'armée espagnole et dont les troupes n'avaient cessé de fuir devant l'ennemi, ayant reçu un renfort, engagea Mercy à lui livrer une bataille avant que les bataillons que ce dernier attendait ne fussent arrivés. Mercy n'écoutant que son courage, met son armée en mouvement le 27 juin, traverse quelques montagnes et vient se mettre en présence des Espagnols retranchés sous Villa-Franca , bourg fortifié du royaume de Naples , du côté du golfe de Venise. A peine fut-il en vue de l'ennemi

qu'il l'attaqua. On se battit pendant cinq heures avec un égal acharnement de part et d'autre; il y eut environ six mille morts et quatre mille blessés. Mercy fut au nombre des derniers avec plusieurs autres généraux. On a jugé différemment les résultats de cette bataille, puisque chaque parti s'est attribué la victoire; cependant les impériaux eurent cet avantage qu'ils rendirent la position de leurs adversaires plus critique en leur enlevant plusieurs points importants et en se conservant pour eux la libre communication avec la mer.

Le général Zumjungen qui avait momentanément remplacé Mercy depuis sa blessure , alla mettre le siège devant Messine qu'il attaqua vivement par terre et par mer. La ville se rendit après une médiocre résistance ; mais la citadelle ne céda qu'après une attaque meurtrière dirigée par Mercy lui-même qui signa aussi la capitulation.

L'année suivante il s'empara de Païenne qu'il fit réduire en cendres, chassa l'ennemi de toute la Sicile et reçut, an nom de l'Empereur , au milieu des ruines de la capitale, les hommages de l'armée vaincue. Cette expédition fit beaucoup d'honneur au baron de Mercy qui se rendit de là à Vienne ou il obtint de nouveau le gouvernement de Temeswar auquel on ajouta tout le bannat: Il en prit possession le 28 juillet 1711.

Le 1er octobre 1723, l'empereur éleva de Mercy à la dignité de feld-maréchal et le nomma peu de temps après son conseiller intime. Désigné en 1733 commandant en chef des troupes impériales qui se portaient en Italie contre la France et ses alliés , il arriva à Mantoue au mois de février 1734. Le premier mai il passa le Pô et s'avança dans le Duché de Parme. Une indisposition soudaine, quelques auteurs disent un coup d'apoplexie , l'ayant fait renoncer aux fatigues de la guerre, il quitta l'armée pour quelque temps. Dès qu'il l'eut rejoint il forma le dessein d'attaquer le prince de Croy qui se trouvait

fortement retranché dans son camp. Mais cet exploit Ait le dernier qu'il entreprit : ce fat le 29 jnin que Faction commença près du village de Croisetta non loin de Parme. A peine Mercy avait-il commandé l'attaque du village qu'un coup de mousquet l'atteignit k la tète et retendit mort. Son corps transporté à Reggio fut enterré dans l'église des chanoines.

Mercy était regardé comme un des premiers capitaines de son siècle; mais sa bravoure était rarement tempérée par la prudence ; et le feu dont il était animé dans une action lui devint souvent nuisible. Ce général a écrit des Mémoires sur les campagnes du duc Charles V de Lorraine en Hongrie. D. Calmet en a profité ; mais cet ouvrage est resté manuscrit.

Le 29 avril 1720 l'empereur avait érigé en sa faveur la Terre de Mercy en Comté. Comme il n'avait pas d'enfants il adopta Antoine, comte d'Argenteau , son parent, à la condition qu'il prît son nom et ses armes: Depuis cette époque la famille d'Argenteau se dénomme de Mercy-Argenteau.

Béni», Biographie de 1* Moselle, III, 316, sqqq. -C,MM. Essai inr l'Histoire de Longwy, 175, $qn, — Me*s*i , V, 9JSJS ; et supplément, III, 397. — Cocans, Encyclopédie moderne, XV, 409. — Biographie nnirerselle, XXVIII, 360, sq.

MERLIN, Antoine-Christophe, dit Merlin de Thionville ou le conventionnel, est né à Thionville, le 13 septembre 1762.

Son père, ancien huissier, destinait son fils à l'état ecclésiastique ; mais ce dernier, après avoir fait d'excellentes études au séminaire de Paris, ne se sentant aucune vocation pour le sacerdoce, quitta la soutane et revint dans son Pays natal où il suivit la carrière du barreau. Il était avocat lorsque les premiers symptômes de la révolution française éclatèrent. Merlin en adopta les principes avec l'enthousiasme d'une jeunesse ardente et d'un caractère fougueux. Il fut élu membre de rassemblée législative par l'arrondissement de Thj#hville , à la majorité de six cent vingt voix sur sept cents électeurs.

Il n'eut pas plutôt pris séance à l'assemblée nationale qu'il se montra l'un des orateurs les plus chaleureux et les plus zélés de cette assemblée. Dès la première séance, le Ier octobre, il réclama l'exécution de la loi qui portait que l'assemblée entière se diviserait en bureaux, une commission ayant l'injuste effet de donner à plusieurs le droit qui appartient ii tous. Depuis ce début on le vit presque toujours à la tribune comme un soldat sur la brèche, défendre souvent avec exaltation, les principes d'un ardent républicanisme. Il demanda que l'assemblée ne permit pas qu'où lui présentât comme loi une décision du comité de constitution ; parla pour qu'elle procédât avec le plus d'activité possible à la Constitution définitive ; engagea fortement les membres à se tenir dans une position plus calme, plus réservée dans le cours des séances ; défendit la validité de certaines élections, de celle du Calvados en particulier et rendit un brillant hommage au civisme de Fauchet, premier député de ce département. Il demanda que Joarnet fût rappelé à l'ordre pour avoir, dit-il, avancé une hérésie politique lorsqu'il avait dit que la Constitution avait besoin de l'acceptation du roi , et provoqua l'appel nominal afin que les députés se constituassent en Assemblée nationale législative, proposition qui fut agréée le 2 octobre, aux cris de * Vive la nation ! » Il pressa ensuite la formation des bureaux ; demanda que la prestation du serment se fit avec une grande solennité ; que la Constitution fût apportée par l'archiviste ; que ce fût en tenant la main posée sur ce livre sacré que chacun prononçât la formule du serment dans toute son intégrité , et que cette formule, imprimée en gros caractères, demeurât placée au-dessous du Bureau du Président, afin que chaque membre qui parlerait désormais à la tribune eût constamment sous les yeux la représentation de ses devoirs. Dans les séances suivantes il proposa de ne plus employer l'expression : Votre Majesté, le seul titre de Louis XVI étant

roi des Français; il proposa en outre de décréter que le corps législatif, malgré l'évidence de la prééminence de ses droits, eût à traiter d'égal à égal avec le pouvoir exécutif, et que le roi même devrait se rendre à l'assemblée nationale toutes les fois que cette dernière le jugerait convenable. Quelques jours après il demanda qu'on arrêtât et que Ton saisît toutes les Toitures qu'on trouverait transportant des armes, des vivres ou des munitions de guerre propres à renforcer les ennemis de l'Etat; le 23 il fit écarter une motion d'ordre qui tendait à restreindre le droit de pétition aux seuls cas où des intérêts individuels auraient été lésés. Les jours suivants il dénonça le transport d'une multitude d'effets de harnachement au chiffre du roi ; s'opposa à ce qu'on renvoyât au pouvoir exécutif le procès-verbal de ceux qui avaient été arrêtés à Longwy; combattit les articles présentés par Condorcet sur l'émigration et demanda la question préalable. Le 6 novembre il fit écarter une proposition tendant à prier le roi de prendre de nouvelles mesures pour l'île de Stt-Domingue. Dans la séance du lendemain, sur un amendement proposé par Merlin, l'assemblée décréta que les souslièutenances vacantes dans les différents corps de l'armée seraient réservées pour être à l'avenir remplies par les gardes nationaux qui servaient aux frontières.

Devenu membre du comité de surveillance , il fit décréter que le pouvoir exécutif enverrait un courrier extraordinaire pour s'assurer de la personne de Tardy et autres, accusés de trahison; le 13 il voulut qu'une somme de dix millions demandée par le roi pour un armement vers St.-Domingue fût imposée sur les colonies, parce que le commerce seul, dit-il, jouit des prétendus avantages qu'on retire des colonies. Il présenta aussi des vues sur le mode de remplacement pour les emplois vacants dans l'armée ; fit charger le comité des dépenses de présenter un projet de loi pour faire payer les pensions des officiers retirés dans leurs Départements ;

demanda la question préalable sur l'article relatif au nouveau serment de la constitution civile du clergé et se plaignit des avantages qu'on donnait aux réfiractaires sur les constitutionnels ; dénonça une lettre signée Delâtre , adressée à Galonné pour lui recommander son fils; signala le 25 les armements qui se faisaient à Coblence et proposa de mettre en accusation les princes français émigrés, leurs agents, fauteurs et adhérents. Dans une nouvelle discussion relative aux colonies, son opinion fut que l'on maintînt chacun dans les droits accordés par l'assemblée coloniale ; il parla en faveur d'une création de petits assignats ; et le 26 il réclama avec force contre l'arrestation qu'où avait exercée sur lui la veille, au passage dit le Chœur-des- Feuillants , et contre l'établissement des clubs de ce nom dans l'arrondissement de l'assemblée.

En 1792 il demanda l'ajournement de la discussion sur la sanction des décrets concernant la haute-cour nationale; fit passer à l'ordre du jour sur les discours relatifs aux désordres arrivés dans Paris ; soutint la légitimité du séquestre des biens des émigrés pour indemnité des frais de la guerre ; s'éleva contre le projet tendant à former en bataillons d'infanterie légère les compagnies de chasseurs de Paris ; s'opposa à ce qu'en temps de guerre on ne pût donner qu'à des officiers de ligne le commandement des places-fortes ; attaqua le projet de faire délivrer aux soldats leur viande en nature , dans la crainte que les ministres ne les fassent mauvaises pour exaspérer le soldat; dénonça une création d'office de notaire par le ministre de la Justice; s'opposa a la suppression des séances du soir; sollicita un rapport sur le mode de séquestre des biens des émigrés ; vota pour que , en attendant cette loi , les corps administratifs fussent autorisés à prendre des mesures conservatrices de ces biens abandonnés; accusa le ministre Narbonne d'avoir fait arrêter te colonel Savignac ; se mêla à la discussion sur le

•équestre des biens des émigrés et s'opposa à l'exception réclamée en faveur des artistes et des savants, comme devant entraîner à des abus , chacun pouvant prendre l'une ou l'autre de ces qualités; fit décréter qu'il n'y avait pas lieu à suivre l'accusation portée contre Vidal et François, arrêtés comme espions des émigrés; demanda qu'un rapport contenant des dénonciations contre l'ex-ministre Narbonne fût ajourné; s'opposa à l'évacuation des tribunes qui avaient applaudi dans cette discussion ; parla en faveur du projet pour la prohibition du costume ecclésiastique; voulut que la poursuite des crimes d'embauchage fût attribuée à la haute cour ; sollicita en faveur de de Noailles, ambassadeur de France à Vienne, la faveur de se justifier à la barre ; combattit vivement le projet d'établir des commandants temporaires dans les placesfortes pendant la durée de la guerre; demanda que la guerre fût déclarée aux rois et la paix aux nations; évoqua le rapport du décret qui consacrait à la patrie le tiers du traitement des députés en y substituant une contribution volontaire; accusa le ministre de l'Intérieur de favoriser les prêtres réfractaires et vota leur exil en Amérique; s'opposa avec chaleur à une motion du ministre de la guerre qui voulait qu'on accordât à chaque général une somme de cinquante mille livres pour entrer en campagne.

Quelques jours après il vota pour que Marat et Royou fussent mandés k la barre; il obtint le renvoi au comité militaire de sa dénonciation d'un brevet intitulé : a De par le Roi et Monseigneur <c le Comte d'Artois. » Lors de la discussion du projet d'établissement des tribunaux correctionnels il déclara que rien, à son avis , n'est plus contraire à l'honneur des guerriers français , que les armées ne s'y soumettraient pas. Dans les séances suivantes, Merlin fit décréter l'envoi aux armées d'un discours du ministre de la guerre, contenant un trait de dévouement généreux du maréchal

Luckner; il annonça la rentrée de trois escadrons de Bercheny , purgés de leurs officiers qui les avaient fait passer à l'ennemi ; fit décréter que tout militaire démissionnaire ne pourrait obtenir ni emploi ni retraite etc.

Au milieu de ces travaux législatifs, Larivière, juge de paix de la section Henri IV, poursuivant un journaliste qui avait parlé d'un comité autrichien, cita comme témoins Merlin , Bazire et Chabot, et décerna un mandat d'arrêt contre chacun d'eux. Merlin fut conduit chez lu; par la gendarmerie, mais il dénonça aussi tôt à l'assemblée cet abus de pouvoir , comme une violation de la représentation nationale. Le juge de paix, arrêté à son tour, fut décrété d'accusation. Les trois députés renouvelèrent bientôt les mêmes inculpations relatives au prétendu complot autrichien et citèrent à l'appui de cette accusation la reprise de la cocarde blanche par des soldats suisses, à Nenilly , et la destruction de plusieurs ballots de papiers brûlés à Sèvres , par Laporte, intendant de la liste-civile: la municipalité de Saint-CIoud affirmait que ces ballots contenaient des papiers appartenant à la Cour. Laporte , mandé à la barre , assura qu'on n'avait brûlé que l'édition entière d'un libelle intitulé: « Mémoires de Madame la Comtesse de Lamothe » que cette dernière avait fait imprimer à Londres. L'information n'en fut pas moins continuée et ne produisit aucun résultat; mais Merlin se porta de nouveau et à diverses reprises , accusateur des ministres. Il vota pour le décret d'accusation porté contre le duc de Brissac, commandant de la garde du roi; appuya le projet de la fédération civique proposé par le ministre Servan; reprocha à Duport-Dutertre , ex-ministre, ses propos contre les jacobins ; appuya la demande que faisaient les cent-suisses d'être employés et secourus; fit lever la suspension de Manuel, procureur de la commune de Paris. Ce fut encore sur le rapport de Merlin que l'assemblée

décréta d'accusation le député Blancgilly, de Sedan. Le 15 août il annonça que les Prussiens et les Autrichiens étaient maîtres de Rodemacher, et qu'au moment où il parlait on ouvrait peut-être la tranchée devant Thionville; «mais, « ajouta-t-il , tous ses concitoyens laissece ront leur vie sur les remparts plutôt « que de livrer la ville. » Et à cette occasion il demanda que les femmes et les enfants des émigrés , ainsi que Louis XVI fussent déclarés des otages pour la France. Dans la même séance il fut d'avis que, tu l'état de siège auquel Longwy se trouvait réduit , on plaçât à Metz le siège de l'assemblée électorale. Sa qualité de membre du comité de surveillance le porta à demander un décret d'accusation contre tout le conseil général de la commune de Sedan pour n'avoir pas mis obstacle à la marche sur Paris de Lafayette dont il proposa de raser la maison pour éterniser, dit-il , le souvenir de son crime. On le vit successivement présenter à l'assemblée deux quittances du trésorier de la liste-civile , sur ordonnance de Louis XVI , constatant le payement , pour 1792, de la dépense des maisons des princes émigrés; insister pour que les femmes et les enfants des émigrés fussent retenus en otages pendant l'occupation du territoire français par l'ennemi; faire autoriser le pouvoir exécutif à nommer aux places militaires; demander que les municipalités pussent disposer des armes des ex-nobles; déclarer qu'à l'expiration de ses fonctions il se rangera dans le corps des tyrannicides dont la formation était sollicitée par Jean Debry ; proposer le rappel de tous les commandants de place , et ne cessa pas dans des discours où respire une fièvre républicaine , de diriger presque à son gré la marche d'une assemblée qu'il domina souvent par l'exaltation de son génie.

Quelques jours après avoir fait entendre ces dernières paroles , il présenta une relation de l'attaque et de la défense de

Thionville; mais elle est généralement inexacte et faite dans un esprit qui ne peut servir de modèle à l'historien. Le lendemain il rendit un compte détaillé de sa mission dans les départements de l'Aisne et de la Somme , où il avait levé sept mille hommes que lui-même il avait conduits à l'armée de Champagne.

Nommé à l'unanimité des électeurs du Département de la Moselle , député à la Convention , Merlin ne tarda pas à y montrer toute la véhémence et l'exaltation de ses opinions républicaines. Il s'opposa à ce que cette assemblée s'engageât par aucun serment et s'éleva contre les défiances jetées dans la Convention par l'idée d'un prétendu parti dictatorial. Dans les séances suivantes , presque toutes signalées par quelque sortie virulente de sa part, il rendit de nouveau compte de l'énergie des habitants de Thionville contre les assiégeants; et il fut accusé un jour par Narbonne d'avoir reçu différentes sommes de sa main, par l'entremise de Lacroix.

On le vit demander que Louis XVI , qu'il appelait infâme, fût jugé par la Convention nationale qui devait être pour lui un jury d'accusation et de jugement ; accuser les feuillants de vouloir seuls une garde départementale ; regarder l'insurrection des ouvriers du camp sous Paris comme l'ouvrage de ceux qui voulaient entourer la Convention d'une forée armée; demander qu'il fût ordonné à l'accusateur public de dénoncer au jury la ci-devant reine; manifester le désir, a l'occasion des débats entre Robespierre et Louvet , qu'on ne s'occupât plus désormais de querelles particulières ; faire suspendre l'exécution du décret qui ordonnait la démolition des maisons de Longwy dont les habitants étaient accusés de s'être mal défendus et demander que les habitations des traitres fussent données aux malheureux bourgeois de Lille.

Le 10 octobre il accusa Roland, ministre de l'Intérieur, d'avoir porté atteinte à l'inviolabilité des correspondances

en retardant le départ de plusieurs courriers , mais il fut plusieurs fois interrompu par les murmures de l'assemblée, pendant que plusieurs conventionnels Tinrent le féliciter. Les jours suivants Merlin demanda que les papiers trouvés chez l'ex-constituant Bonnay ne fussent pas ouverts; que la réponse de Robespierre à Louvet fût imprimée à quinze cents exemplaires , ainsi qu'en avait usé le ministre de l'Intérieur pour la dénonciation de celui-ci; fit arrêter par la Société des Jacobins l'envoi de cette réponse aux sociétés affiliées, etc.

Plus tard il fit décréter d'arrestation Duquesnoy, maire de Nancy; s'opposa à l'ouverture d'une lettre attribuée à Narbonne , Malouet etc. , et relative à la défense de Louis XVI ; demanda que séance tenante on adoptât le mode d'exécution du décret ordonnant la réunion des assemblées primaires, afin de prononcer le rappel des députés qui auraient trahi la patrie; il annonça que le comté de Créhange, enclavé dans le département de la Moselle , venait de déclarer son adhésion à tous les actes de la Convention nationale, et le 16 décembre il prit part à la discussion où l'on agitait l'expulsion de la famille royale. Cette séance fut la dernière de l'année ou Merlin prit la parole: son ardeur républicaine eut à se déployer sur un autr "théâtre ou il parut avec gloire.

La Convention nationale inquiète , ayant à lutter en même temps contre les ennemis du dehors et contre ceux qui déchiraient son sein, nomma deux commissaires aux armées commandées par Biron, Custine et Beurnouvelle, avec pouvoir de faire rendre compte à tous les comptables. Merlin se jetta d'abord dans Mayence que menaçaient à la fois les forces combinées de la Prusse et de l'Autriche ; écrivit que c'était au nom de Louis XVI que les ennemis combattaient les Français , vota la mort du roi , comme nationalicide et fournit ensuite des détails sur la situation de la garnison. Tant que ce

siège dura, Merlin aidé de son collègue Rewbel donna des preuves multipliées d'un courage brillant qui allait même jusqu'à la témérité: Aussi les Allemands lui donnèrent-ils le sobriquet plus honorable encore que singulier de Feuer-Teufel. C'était au milieu des ennemis qu'il faisait l'essai de ses armes: on lui apporta un jour un sabre de prix. Il se mit aussitôt à la tête d'une sortie et le rapporta teint du sang des hussards prussiens, en disant à ses soldats: tï coupe bien. Il fit construire la redoute Merlin qui existe encore et qui porte toujours son nom. Tous les jours il présidait aux travaux , encourageait les ouvriers et bravait le feu meurtrier de l'ennemi. Cette redoute ayant été, vers la fin du siège, emportée par les Prussiens qui y mirent un de leurs meilleurs bataillons pour la défendre, Merlin demanda quelques hommes de bonne volonté : trente grenadiers se présentèrent. II fond à leur tète sur le bataillon ennemi et le chasse. Souvent il pointait lui-même les canons des batteries et il en fit construire une au-delà du Rhin ; il se plaisait, au sortir de table, de conduire vers cette batterie les convives qui venaient de partager avec le Représentant du Peuple un morceau de cheval ou d'autre animal bien plus immonde. Les assiégeants ne manquaient jamais de saluer les visiteurs de leur mitraille, à un endroit oii le chemin couvert était interrompu. Mais il avertissait là tous ses compagnons du danger et leur laissait la liberté de ne le point partager avec lui. Un tel dévouement méritait toute la gratitude de la Convention nationale; aussi Merlin reçut-il les témoignages de sa vive satisfaction, pendant que d'un autre côté le département du Finistère réclamait son expulsion du sein de cette assemblée. Après la plus opiniâtre résistance , Mayence fut cependant forcée de se rendre : les moyens de défense étaient épuisés, la ville se trouvait battue en ruine de tous côtés, la redoute de Gustavenbourg, élevée par les Prussiens, foudroyait les moulins qui ne pouvaient

plus moudre le peu de blé qui existait encore, les munitions de guerre devenaient aussi rares que les subsistances; enfin la capitulation fut délibérée dans un conseil de guerre où siégeaient les généraux Doiret, Aubert-Dubayet, Beaupuis et Kleber. On obtint la capitulation la plus honorable.

Merlin fit à la Convention un rapport sur la reddition de cette place et sur les motifs qui l'avaient engagé à capituler; mais à une époque où les dénonciations calomnieuses se succédaient, les commis* saires à l'armée du Rhin ne pouvaient en être exempts, non plus que les braves qui les avaient si courageusement secondés.

Le général Aubert-Dubayet fut arrêté; Merlin brisa bientôt ses fers, repoussa victorieusement les absurdes calomnies qu'on avait répandues et fit prendre par la Convention un décret portant que « Farce mée de Mayence avait bien mérité de la «Patrie. » Merlin s'étant absenté quelques jours après , Montant renouvela vainement les accusations qu'il avait fait entendre auparavant. Thurot et Chabot s'élancèrent à la tribune, défendirent avec énergie leur collègue et rappelèrent à l'assemblée que , « le 10 août, armé de deux pistolets, « il avait porté l'effroi dans l'âme du tyran. » À son retour, Merlin somma son accusateur de venir de nouveau soutenir ses accusations calomnieuses à la tribune ; mais Montant ne répondit point à cet appel.

Barrère rappela dans cette même séance le courage militaire de Merlin, et ce dernier mit fin aux discussions dont il avait été l'objet, par ces paroles remarquables: « Je n'ai plus qu'un mot à dire ; qu'une « commission militaire nous juge tous, et « si l'on me prouve qu'il existe à Mayence « une place large comme mon chapeau où «un homme pût être en sûreté pendant « une heure , je consens à porter ma tête « sur l'échaffaud, »

Peu de jours après , Merlin , en qui la Convention ne cessait d'avoir la plus haute confiance, fut chargé d'une mission non moins importante que la première. On l'en-

voya dans la Vendée à la tête de l'armée de Mayence, et aucun républicain ne montra plus de valeur ni peut-être plus d'équité. Cette mission peut être considérée comme un des plus beaux épisodes de la vie de Merlin , si remplie d'ailleurs d'événements extraordinaires. Un jour, emporté par son ardeur au milieu des Vendéens, H se trouva bien près de tomber vivant entre les mains de ses implacables ennemis ; un soldat avait déjà saisi la bride de son cheval ; sans s'étonner du danger, il fendit la tête de son agresseur, et, enfonçant les éperons dans les flancs do cheval , il franchit un ravin immense qui le séparait des siens, au grand étonnement des deux partis qui le croyaient prisonnier. Mais si son courage personnel ne fléchit point dans cette funeste guerre intestine , sa fougue et son effervescence politique diminuèrent sensiblement. II s'éleva avec énergie contre tous les excès; dénonça les opérations des généraux envoyés précédemment dans la Vendée , fit un rapport sur la défaite des brigands à Saint -Simphorien, réclama contre la destitution des généraux Caudaux et Aubert-Dubayet qui venaient d'en être frappés au moment même où ils avaient remporté des avantages signalés; il annonça le passage de l'armée à Ancenis et à VaradA, après une marche victorieuse à travers toute la Vendée et donna en plusieurs occasions des preuves de modération et d'humanité envers les vaincus. De retour à la Convention , on l'entendit faire des réclamations équitables et des motions fondées en raison et en sagesse. Epouvanté des horreurs qui se commettaient autour de lui ; voyant tant de députés, dont plusieurs étaient de ses amis , tomber victimes de la haine de Robespierre ; se croyant peut-être menacé lui-même , il se lia d'affection et d'intérêt avec le parti qui renversa le tyran et qui mit fin au règne de la Terreur.

Elu secrétaire de la Convention, il présenta un projet pour détruire la séparation des héritages dans la Vendée ; de-

- ft -

manda qu'Osselin soit entendu avant d'être décrété d'accusation ; voulut qu'on remon* tât à la source des dénonciations contre les députés; fit une motion en faveur d'Aubry, fils d'Olympe de Gouges; demanda que les étrangers ne fussent pas admis dans les armées ; fit décréter d'accusation les accusateurs du député Bernard ; appuya la motion d'échanger le prince de Linange* contre les représentants arrêtés par Dumourier ; donna des éloges au patriotisme des parents des réquipitionnaires du onzième bataillon qui provoquaient eux-mêmes la punition de leurs enfants rebelles ; fit adopter aux jacobins des mesures d'épuration; voulut que le comité de salut public s'appelât comité de gouvernement; demanda que les. gens des cidevant grands-seigneurs ne pussent remplir aucune fonction publique ; fit , aux jacobins , l'éloge de Danton pour avoir sauvé l'Etat le 10 août ; demanda qu'il fût permis à tous les députés de voir Chabot et Bazire au Luxembourg ; fit décréter l'arrestation de Maujean, ancien maître-échevin de Metz , qui avait été dénoncé pour des exactions commises dans le département de la Moselle ; fit traduire au tribunal révolutionnaire Boissard , administrateur du département du Doubs ; s'opposa k l'insertion au Bulletin des lois les détails du jugement de cinq Lillois et obtint le renvoi au comité de Salut public d'une dénonciation portée contre Lavalette et Dufraine son aidc-de-camp ; demanda une loi contre les femmes qui suivent les armées ; réclama l'exécution littérale de celle sur le gouvernement révolutionnaire; justifia Thirion ; obtint en faveur de Bercy- Marigny de Chinon qu'il conserverait le cheval que son fils montait lorsqu'il fut enlevé d'un coup de canon au siège d'Angers; communiqua une dépêche du général Beaupuy annonçant la déroute de l'armée, catholique , et se plaignit dp refus que le ministre faisait à cet officier du brevet de général de division ; parla .en faveur de Bazire et de Chabot; écrivit un article virulent contre Fitz-Gérald , agent d'An-

gleterre en Suisse ; réclama le brevet d'adjudant-général pour un militaire qui s'était distingué à Mayence et dans la Vendée ; etc. . En 1794 9 cet infatigable orateur fit ordonner la reddition des comptes des percepteurs de taxes révolutionnaires et autres impositions semblables; combattit les assertions de Philippeaux sur la Vendée et demanda qu'on entendît Westermann dont il prit la défense ; fit maintenir au rang des émigrés ceux qui avaient fui pendant le siège de Tbjonville ; demanda qu'on imitât les Prussiens qui avaient tout détruit dans leur invasion en France , et que les républicains en pays ennemi fissent tout refluer sur les terres de la République, ajoutant que si les peuples se plaignaient, leur vengeance devait retomber sur leurs Souverains qui voulaient la guerre. Ce fut sur une de ses motions que la Convention jura par acclamation la République une et indivisible, et se rendit en masse à la. fête du 21 janvier. Dans les séances suivantes il proposa de porter l'artillerie volante à neuf régiments ; repoussa comme exécrable la proposition de Ruhl contre l'Electeur de Mayence ; fit adopter son projet sur l'artillerie ; vota le rappel de Javoques et la suppression du tribunal de Lyon; combattit aux jacobins l'envoi de missionnaires aux Pyrénées orientales et demanda que l'agent national du département de la Moselle ainsi que tous les agents public» fussent pris exclusivement parmi les membres de la Société ; fit décréter la condition de savoir lire et écrire pour pouvoir être admis aux grades militaires ; appuya une dénonciation contre le liquidateur de la liste-civile; proposa d'exclure les nobles du service militaire; fit appliquer la loi contre les émigrés contre ceux de leurs débiteurs qui leur envoyaient de l'argent ; demanda la suppression de la mendicité et un prompt rapport à cet effet ; inculpa Bouchotte alors ministre de la guerre; demanda que l'infâme Jourdan d'Avignon, surnommé coupe-téte, fût traduit à la barre pour sa conduite envers Pélissier ; prit la défense des Nantais calomniés ; etc.

Merlin avait, à cette époque montré tant d'aversion pour les menées de Robes* pierre et de son parti, que dans la Journée du 9 thermidor Henriot, commandant de la force armée de Paris, le satellite le plus dévoué des monstres qui ensanglantaient la France depuis dix-huit mois, fondit sur lui, suivi de quarante forcenés disposés à le mettre en pièces ; et le heurtant du canon d'un pistolet qu'il lui mit sur la poitrine , il le traîna au corps-degarde du Palais royal; Merlin le suivit sans résistance; mais reprenant tout à coup son énergie, il harangua à son tour les citoyens réunis , les ramena à son opinion et fit arrêter Henriot lui-même, remplissant ainsi l'un des vœux les plus vife de la Convention. Il fit aussi mander à la barre la municipalité et le département de Paris , ligués avec les Jacobins pour opérer un mouvement contre cette assemblée. Merlin prit part à la discussion sur le remplacement des membres du comité de salut public; demanda que leur nomination fût faite au scrutin; fit rapporter le décret sur le visa des congés accordés aux députés.

Elu membre du comité de sûreté générale il donna des éloges à la manière dont la gendarmerie s'était conduite dans les derniers troubles qui avaient eu lieu , mais lui rappela qu'aucun agent de la force armée ne devait arrêter un représentant du peuple à moins d'être muni d'un décret de la Convention nationale; il obtint la suspension d'un décret rendu la veillle contre les troubles et les prêtres ; demanda que tous les vrais républicains détenus fassent mis en liberté, tandis qu'au contraire on tiendrait les aristocrates sous une verge de fer ; il demanda que Fouqnier- Tainville donnât des explications sur la conspiration de l'étranger et sur celle de Luxembourg ; parla en faveur des citoyens mis en liberté, etc.

Nommé le 2 fructidor président de la Convention , Merlin représenta dignement ce grand corps de l'Etat; et le 8 on le vit avec satisfaction exhorter la Société des

jacobins qui était venue en députation se présenter h la barre, et l'engager à donner désormais l'exemple d'une entière soumission aux lois.

Depuis ce moment un notable changement s'opéra dans la marche politique de Merlin. Il porta des coups sensibles aux partisans de la montagne et même aux jacobins exagérés , et fut un de ceux qui contribuèrent le plus k la ruine de leur parti. Ainsi , on le vit successivement justifier Dubayet accusé de la perte de Mayence , et mettre la responsabilité de ce fait sur la tête de Custine ; dénoncer avec toute l'énergie d'une âme vivement émue et les continuateurs de Robespierre et les jacobins et le comité révolutionnaire de Nantes ; demander le maintien du gouvernement révolutionnaire jusqu'à la paix et la peine de mort contre les agents ultra révolutionnaires ; accuser les jacobins de correspondre avec les égorgeurs de Marseille; etc.

Le 2 vendémiaire , à propos de plusieurs dénonciations portées contre des membres de la Convention, Merlin demanda qu'on mf t fin à de tels débats ; que la Convention formât dans son sein une commission, à l'appel nominal ; qu'on renvoyât les accusateurs aux trois comités de salut public, de sûreté générale et de législation, et que les honnêtes gens pussent enfin faire entendre leur voix si longtemps comprimée.

Le surlendemain il monta de nouveau à la tribune pour parler au sujet des fêtes nationales. Dans ce discours il exprima des idées excellentes sur la manière générale de célébrer des solennités nationales auxquelles il voulait faire intervenir directement le public, et non pas le laisser simple spectateur. Et dans une des séances suivantes il donna des détails étendus sur sa manière de voir à cet égard.

Plus tard il inculpa Carrier et le général Turreau pour leurs excès dans la Vendée; communiqua au nom du comité de salut public des détails sur les troubles qui s'étaient élevés dans l'assemblée de la sec-

taon Guillaume -Tell, à Paris; annonça ^arrestation de Giot, commissaire du pouvoir exécutif aux Pyrénées; provoqua de* mesures contre ceux qui s'assemblaient clandestinement et présentaient ensuite leurs vœux comme étant celui des sections ; lut une lettre du commissaire de guerre Bouquet qui dénonçait l'adjudant-général l*efëvre comme ayant fait noyer à Paimbceuf des femmes et des enfants de rebelles de la Vendée ; s'opposa à ce qu'il fût mis Jkors de la Joi et demanda à ce qu'il fût traduit devant le tribunal militaire; appuya le projet de loi sur la police des sociétés populaires ; s'opposa à la mise en liberté des représentants arrêtés le 9 thermidor ; annonça que la protestation de ces ■députés était au comité de sûreté générale et accusa ceux qui parlaient contre eux d'avoir calomnié le 31 mai; chercha à justifier Dubois-Crancé relativement au siège -de Lyon , en disant que Couthon et Robespierre avaient été ses accusateurs ; annonça l'arrestation de Babeuf et celle du Président et des sociétaires du dnb électoral ; parla en laveur du général Dapican 4u'on «accusait d'avoir gardé le lit le jour du siège d'Angers ; annonça la capitulation du fort du Rhin; fit une sortie contre les -continuateurs de Robespierre; rendit compte de l'assassinat du citoyen Olivier •dans une rixe où il prenait le parti de la Convention ; fit rendre aux indigents leurs effets engagés au Mont-de-piété, en commémoration du 21 janvier ; fit l'éloge de Fhilippeaux et de Camilie-Desmonlins et appuya la proposition d'une fête au 9 thermidor ; demanda des secours pour la veuve Philippeaux; dénonça le citoyen Adam, de Metz, comme nn complice de «Robespierre; provoqua le rapport de la commission des vingt-un sur les anciens membres du Gouvernement; reprocha à Rkber-Sémy d'avoir dénoncé Sieys; demanda l'échange des députés détenus en Autriche ; sollicita le maintien du décret qii rappelait les députés hors la loi avant d'avoir prononcé sur leur protestation, et ioTtta ses collègues à la concorde et k

l'union ; discuta dans plusieurs séances les attributions à donner au comité de salut public ; annonça un avantage remporté sons les murs de Luxembourg; fit rqjcter la proposition de Romme qui vonlait qu'on me prescrivit point de pmites à la quantité de pain que devait recevoir un ouvrier.

Dans la même séance cet orateur engagea ses collègues à frapper la tyrannie partout où elle se trouverait , à ne plus avoir égard aux bruits propagés par les ennemis de la Constitution et à rester également sévères pour les buveurs de sang 4t pour les royalistes.

Ce fut Merlin qui , envoyé à Meudon .pour examiner les pertes qu'on y avait éprouvées, rassura la Constituante sur l'ensemble de ces pertes. La même année il se plaignit des personnalités lancées .contre Leoointre de Versailles ; annonça que le comité militaire avait pris des mesures pour réprimer les désordres qui troublaient la tranquillité publique ; reprocha vivement aux anciens membres du Gouvernement d'avoir fait inspecter sa conduite en attachant des espions sur ses pas et snr ceux de ses collègues ; fit sentir la nécessité de mettre la Constitution en activité et voulut que les assemblées primaires fussent révoquées pour le 10 floréal an IV (29 avril 1706) ; dans la discussion relative aux membres de l'ancien comité de salut public il réclama la mise en jugement de ceux qui avaient couvert la France de cadavres et appuya la proposition faite d'imprimer la liste des détenus , d'y joindre l'énoncé des motifs de leur arrestation et de l'envoyer à chaque section de Paris; dans la journée du 12 germinal il invita au calme et à la retraite hors de la salle les citoyens qui s'y étaient temuUitairement attroupés pour demander la Constitution de l'an 17»3 et du paia, et vota l'impression des adresses de félicitation, afin de prouver qu'en cette même journée les bons citoyens n'étaient pas soulevés contre h Contention

Paris ayant .été mis, en état de siège, on l'adjoignit à Pichegm dans le commande-

ment de cette ville. Si Tan en croit le rapport de Delecloy, Merlin était dans, le même moment l'un des conventionnels désignés par Dahem aux poignards du. café Payen ; mais aucune menace ne pouvait Fébranler, et son bouillant courage lui faisait mépriser l'impuissante furie des derniers restes du parti de Robespierre ; il demanda l'arrestation d'Àmar et sa translation, ainsi que celle de Duhem au château de Ham, et continua de suivre la voie d'améliorations qu'il s'était tracée* Le même jour il annonça que Pichegru se disposait à marcher contre les insurgés rassemblés à la cathédrale de Paris, et que la section de Gravilliers amenait elle-même Léonard Bourdon au comité de sûreté générale.. 11 appuya ensuite la demande d'un rapport sur le 9 thermidor et sur la journée du 12 germinal qui en est le complément; proposa l'affiche et l'envoi aux départements de l'adresse des Lyonnais à la Convention; voulut qu'on prît des mesures à l'égard de Joseph Lebon et des imitateurs de ce tigre; accusa Hentz d'avoir entassé des mourants sur des morts et d'avoir fait incendier la petite ville- de Coussel sous prétexte qu'il y avait circulé de faux assignats. Ayant déposé les pouvoirs militaires dont la Convention l'avait revêtu k l'époque du 12. germinal, il fut envoyé en qualité de représentant du peuple près de l'armée. de Rhin et Moselle , et rendit un compte favorable du moral de cette armée ; il annonça la prise de la tête du pont de Manheim par le général en chef Michau, celle de Luxembourg et la plantation de V arbre de la fcbe rté sur la place d'armes de cette forteresse. On lui dut de longs détails relatifs à la célébration du 10 août à Strasbourg; et le 25 fructidor, à l'occasion de l'acceptation de la Constitution par l'armée de Rbin-et- Moselle , il envoya à la Convention un rapport détaillé et plein de feu sur cet événement.

Le Baron de Hardenberg, ministre de Prusse, ayant offert à Merlin et à Rtvaud les bons offices de son roi pour

accélérer la paix entre l'Empire d'Allemagne et la Franee, Merlin lui écrivit:

« Nous regrettons de ne pouvoir répondre « à vos vœux ; mais , soumis plus que « personne aux lois que nous fait notre .«patrie, nous combattrons pour elleju*- « qu'au moment où elle nous dira : Arrêtez, « nous avons • donné la paix à l'Europe. »

Le 13 vendémiaire an IV , Merlin annonça au comité de salut public que l'armée de Mayence était prête k marcher contre les brigands et les chouans de Paris. Il se montra dans sa mission à l'armée du Rhin ce qu'il n'avait cessé d'être depuis deux ans, ennemi des anarchistes et protecteur du faible et de l'opprimé. Parmi différents traits de modération et 'd'humanité, nous citerons le suivant: Il ordonna au général Marceau de laisser -passer, sans aucun examen, le premier corps que le général ennemi ferait partir , -et dans lequel se trouvaient tous les émigrés que des lois cruelles condamnaient à mort. '

Merlin se trouva nommé dans la correspondance de Lemaître; ce qui n'empêcha pas qu'il ne fût réélu par plusieurs départements membre du Conseil des Cinq-Cents. Dans la session de Tan IV il présenta des modifications au projet relatif à la désertion; demanda que Turreau fût jugé par un Conseil-de-guerre; déclara n'être pas membre de la Société du Panthéon;* repoussa vivement une inculpation dirigée contre lui par le Journal des hommes libres; fit passer à l'ordre du jour sur une lettre de Drpuet, député fugitif qui demandait sa rentrée en France ; il appuya le projet de réintégration civile des administrateurs de Longwy décrétés d'accusation sans indication d'aucun orime et traduits au tribunal révolutionnaire ; il fit renvoyer k une commission la» proposition de Couchery sur le maintien de la loi du 3 brumaire, etc. *

Dans le cours de l'an V , Merlin vota 'pour l'admission d'un article additionnel au Code pénal militaire, présenté par Savary et relatif à la diminution des peines;

il traîta Heintz de proconsul incendiaire et fit nommer une commission chargée d'examiner les motifs d'une destitution qu'il avait provoquée ; demanda instamment que la parole fût accordée à Tarbé, rapporteur de la commission des colonies, et s'éleva contre ceux qui cherchaient à renverser la Constitution. Il démontra combien il était nécessaire d'exiger une déclaration des ministres du culte; appuya l'entrée des troupes dans le rayon constitutionnel, au 18 fructidor , jugeant que ce moyen était le seul qui pût empêcher une faction de mettre à profit la victoire que venait de remporter le parti royaliste. Il provoqua dans le même moment la déportation de Félix Lepelletier, d'Amar et d'Antonelle,. qu'il désigna comme chefs de l'anarchie. L'année suivante, Molsa, ingénieur du département de la Moselle l'accusa, faussement croit-on, d'avoir par dilapidations acquis ses propriétés tandis qu'il n'en possédait aucune avant la révolution.

Ainsi finit , en 1798 , la. carrière, législative d'Antoine-Christophe* Merlin , dit de Thi on ville. Depuis lors il a rem* pli pendant quelque temps les- fonctions de commissaire ordonnateur à l'armée d'Italie, puis celles d'administrateur général des postes. S'étant prononeé contre le Consulat à vie il donna sa démission^ ne voulant pas courber sa tête républicaine sous l'empire, et se retira des affaires et du monde. Il vendit sa propriété du Mont-Valérien pour acheter une *erre peu considérable en Picardie , où il passait tout le temps qu'il ne résidait point k Paris.

A la vue des désastres de 1814, son amour patriotique se reveilla et, persuadé qu'en ce moment critique il servait la France en servant l'Empereur, il demanda l'autorisation de former à Amiens une légion pour combattre de nouyeau l'étranger. L'empereur lui envoya cette permission avec le grade de colonel : Merlin avait alors 52 ans d'âge.

Il donna le 7 avril 1814 au prince de

Bénévent son adhésion au gouvernement provisoire , et sa lettre fut insérée dans tous les journaux. Pendant les cent-jours on lui proposa de se mettre de nouveau h la tête d'un corps-franc , mais il refusa ; ce qui n'empêcha* pas les Prussiens de dévaster sa propriété qui , paralt-il , formait son unique fortune, bien que dans le temps on eût répandu le bruit qu'il était immensément riche. Depuis lors il n'a plus figuré dans les affaires publique*.

Merlin est mort à Paris, le 3 mai 1839, âgé de 77 ans.

■ Il avait épousé , par motif de reconnaissance-, une femme aveugle pour laquelle il eut toujours les attentions les plus grandes et les plus soutenues. Sa tendresse pour cette dame contrastait en apparence, avec son caractère fougueux; mais des personnes qui l'ont intimement connu y ont assuré que son exaltation politique n'a jamais détruit chez lui les sentiments d'un bon cœur.

Bégiiî, Biographie delà Moselle, 111,227 à 967. — Vcm6ii*ai», Statistique historique du Département de la Moselle, 470. — Tsissut, Histoire de Thionville, 324, sq. — Le pioniteur universel; années 4791 ,1794, 1795; sus II, III, IV, V, VH, VIII. • - Biographie des hommes vivants, IV, 415, sqq. 7— Biographie nouvelle des Contemporains, XIII, 240, sqqq. — Conversations-Letikon , éd. de 1851.

MERLIN, Christophe- Antoine, était irère du Conventionnel, et naquit àThion- .ville, le 27 mai 1771.

D'abord simple cavalier , puis successivement chef d'escadron , major et colonel au quatrième régiment de hussards , H servit en même temps que Gabriel son autre frère (v. son art.) > sous les ordres .du comte Bourcier qui loua plusieurs fois sa conduite. Use signala particulièrement à la bataille d'Eylau , à la suite de la- *quelle il obtint le grade de major, le 20 •février .1807. Appelé la même année en Espagne y avec ton corps , il s'y distingua en plusieurs circonstances, notamment au mois d'août 1808. Nommé gé* néral de brigade le 5 juin 1809 , il fit rentrer dans le devoir les habitants de Bilbao qui s'étaient soulevés , et continua de

contenir dignement la réputation de bravoure qu'il «'était acquise. Rentré eu France, il reçut le 5 janvier 1814 le grade de général de division et fit éprouver le 13 mars une perte de plusieurs centaines de prisonniers au corps russe commandé par Le comte de Saiat-Priest. Louis XVIII le nomma chevalier de Saint-Louis , le 9 juillet de la même année: il était déjà commandeur de la Légion d'honneur.

Depuis la seconde restauration , ce général a été inspecteur-général de cavalerie pendant plusieurs années. Une ordonnance du 16 février 1825 le mit à la retraite avec le maximum de la pension , pour cinquante-deux ans deux mois et trois jours de service. Napoléon l'avait créé Baron de l'Empire.

Bêcih, Biographie de la Moselle, III, 969, §q.— Ysmoimm, Statistique kktoriqae an Bepartemeat 4e la Moselle, 470. — Tssssnm, Histoire de Thiaa- Tille, 594, sq. — Biofiapaie des hematet tivaats, IV, 416, sq.

MERLIN, Jea**Bapii$tô-Gàbriel, frère des deux précédents , est né à ThionviHe comme eux, le 17 avril 1708. Il entra au service militaire le 13 août 1787 , comme simple cavalier au régiment de Royal-Cratattes , lorsque ce corps tenait garnison à ThionviHe, Officier au 7* dragons; obef d'escadron de la légion de police , devenu plus tard le fil9 de dragons; puis dans la garde du Directoire, 41 devint colonel du S* cuirassiers à la fin de 1799 , servit pendant la campagne de Prusse sous les ordres du général Sourcier, se signala souvent par sa bravoure et fut élevé au rang de général de brigade le S juin 180», après la bataille de Wagram. Louis XVIII te conserva dans son f rade et lui confia après la seconde restauration la lieutenanoe de roi de 1" classe dans la ville de Strasbourg. Il était commandeur de la Légion d'honneur et chevalier de St. Louis. Une ordonnance du 19 septembre 1831 le mita la retraite après quarante-trois ans et douce jours de service militaire.

Baam, Bîognptic de Is Moselle, III, 260.— Vs*borxais, Statistique historique du Département de H Moselle, 470. — Titrant, Histoire de Thwmt Ole, 4M. sf .

MOLITOR, Gabriel- Jean -Joseph, {Jomte, maréchal et pair de France, grandcroix de la Légion d'honneur , chevalier de Saint-Louis, commandeur de Tordre de Baden , etc. , est né à Hayange , canton de ThionviHe, le 7 mars 1770, fils de Charles Molitor , garde royal des Maréchaux de France, et de Marie Poupart.

Molitor se destinait à Tétât ecclésiastique, avait reçu la tonsure, portait la soutane et terminait à peine ses études lorsque la révolution éclata. De nouvelles inclinations se révélèrent en lui dès ce moment, et il s'empressa de suivre la carrière vers laquelle la jeunesse française se précipitait à cette époque avec enthousiasme. Nommé en 1791 capitaine au 4« bataillon de la Moselle , il devint deux années plus tard adjudant-général et fit en cette qualité toutes les campagnes des armées de la Moselle et du Rhin, se signalant partout et revenant couvert de blessures et de lauriers. En l'an VII Molitor, nommé générai de brigade, quitte Tannée de Jourdan à laquelle il appartenait , passe sous les ordres de Masséna , fait la campagne de Suisse et se signale en plusieurs occasions. Chargé par le général en chef d'occuper le canton de Glaris et de fortifier ainsi la tête de la position de Soult , Molitor forme une sorte de garde-avancée ; mais , en raison de l'étendue du terrain il ne peut guère disposer, que de douze k quinze cents hommes des deuxième et quatre-vingtquatrième demi-brigades. A la tète de cette colonne il attaque brusquement les troupes ennemies qui occupent les sommets du mont Bragel, emporte à la baïonnette cette formidable position et pousse les Autrichiens jusqu'au débouché de Klon- Thal. Ces derniers s'étant retranchés avec de rartîHerie dans le village de Netstall qui ferme le débouché à l'entrée de la vallée de Glaris, Molitor taisse un bataillon

au débouché de Kloo-Thal afin d'assurer sa droite, et marche sur Glaris avec quatre compagnies qu'il place à la tète de la tille, sur la grande route de Lintthal. En retenant k Netstall pour diriger l'attaque, le général français trouve le chemin intercepté et tombe lui dixième au milieu d'un corps de quinze cents Suisses organisés et soldés par l'Angleterre. Il paie d'audace, ne consulte pas le danger qui l'environne, se fait jour l'épée k la main et regagne Klon-Thal où le bataillon de la 84e demibrigade se trouvait engagé. Les Suisses qui avaient suivi Molitor traversent le torrent de Lontsch , prennent les Français en queue et jettent le désordre dans leurs rangs ; mais le général s'élance à la tète des grenadiers, charge à la baïonnette et culbute dans le torrent tout ce qui n'est par tué ou fait prisonnier. De nouvelles colonnes ennemies ayant débouché presqu'en même temps, Molitor fut obligé de combattre toute la nuit pour se défendre. Un combat aussi prolongé avait épuisé presque toutes les munitions de la colonne française. Molitor occupait une hauteur dont le front formait un amphithéâtre très resserré. Il y fit rassembler une grande quantité d'énormes pierres pour s'en servir contre l'ennemi lorsque les cartouches viendraient à lui manquer tout-à-fait. Le lendemain au point du jour les Autrichiens qui s'étaient joints aux Suisses, tentèrent d'enlever d'assaut la position des Français; mais, forts de leur supériorité numérique, ils négligèrent de prendre les précautions nécessaires qui pouvaient assurer le succès de leur attaque : toutefois, malgré la plus vive résistance de la part des assaillis, les assaillants commençaient à faire quelques progrès lorsque Molitor ordonna à ses soldats de faire rouler les quartiers de rocs qu'ils avaient amoncelés la veille. Cette défensive meurtrière à laquelle l'ennemi était loin de s'attendre, épouvanta tellement les Autrichiens et les Suisses qu'ils rétrogradèrent aussitôt dans le plus grand désordre. Molitor saisit ce moment pour faire battre la charge : les soldats,

à la tête desquels il se place lui-même, se précipitent alors des rochers, tombent à la baïonnette sur leurs adversaires, les culbutent et restent maîtres de la position retranchée de Netstall: Cet éclatant fait d'armes raïut aux Français la possession de la Vallée de Glaris. Nous ne nous étendrons pas davantage sur la campagne (THelvétft oii Molitor, bien qu'encore en sous-ordre sous Masséna', se couvrit de gloire dans ses marches, ses contre-marches et ses combats contre les généraux Sowarow, Jellachich et Lincken. Il mérita pendant cette campagne le grade de général de division qu'il obtint le 6 octobre 1800.

A la paix le général Molitor rentra en France. Nommé Gouverneur de la 7* Division militaire, il y demeura jusqu'en 1804 où il fut envoyé à l'armée d'Italie contre les Busses et les Monténégriens. Il s'y distingua dans un grand nombre d'affaires ; s'empara des bouches du Cattaro et fut créé grand-officier de la Légion d'honneur, le 25 juillet 1806. Cette campagne , dont le général Molitor a fait imprimer la relation dans le N° 47 du Spectateur militaire, a été pour lui tout aussi féconde en gloire que celle de la Suisse.

En 1808 , Napoléon l'autorisa à porter la décoration de Commandeur de l'Ordre de Baden.

En 1813 il commandait les troupes françaises en Hollande lorsque les alliés s'approchèrent de cette contrée. Le 12 janvier 1814 il rendit compte au ministre de la guerre de l'enthousiasme et du généreux dévouement qui s'étaient* emparés de ses troupes à la publication du 29* bulletin. Cependant tous ses efforts n'empêchèrent pas la Hollande à être envahie. Forcé à la retraite par la désertion des alliés et les révoltes de LaHaye, etc., il évacua ce pays, ne laissant que de faibles garnisons sur ses derrières.

Au retour des Bourbons , Louis XVIII le nomma chevalier de St. Louis, inspecteur-général d'Infanterie et Grand-

Croix de la Légion d'honneur le 21 janvier 1815. Dès que Napoléon Ier eut remis le pied sur le sol français , Molitor courut se ranger de . nouveau sous ses étendards et fut chargé d'organiser et de commander les gardes nationales de l'Alsace. Rapp était alors Gouverneur de la 5* Division militaire dont Strasbourg était le chef-lieu : ces dépôt guerriers mirent une prodigieuse activité à.

remplir leur mandat, et Molitor était constamment en mouvement pour compléter l'organisation de la défense de ia^ frontière. En peu de jours on le vit mettre en mouvement quarante bataillons de grenadiers et de chasseurs, deux régiments de lanciers et plusieurs compagnies de canoniers , tous composés de gardes-nationaux levés dans le Haut et le Bas-Rhin.

Par décret du 2 juin , l'empereur appela Molitor à la Chambre des Pairs; mais il ne put s'y rendre, étant chargé de la défense du Haut-Rhin et des Vosges.

A la seconde restauration des Bourbons, notre général perdit non seulement son titre à la pairie et son commandement militaire, . mais encore la place de Gouverneur du Palais royal de Strasbourg qu'il occupait depuis le 20 mars de la même année.

En 1818 il fut rappelé de l'inactivité pour inspecter les troupes stationnées dans la 16e Division militaire; et Tannée suivante il fut replacé sur le cadre de l'armée active. Nommé en 1822 inspecteurgénéral d'infanterie, il fut désigné en 1823 pour être employé à l'armée d'Espagne.

Il s'y rendit à la tête du second corps de cette armée, composé d'environ vingtmille hommes , et prit une part très active comme très glorieuse à cette guerre, notamment à la bataille de Campillo, ou ses manœuvres habiles décidèrent la victoire. Aussi son courage lui valut-il , après la campagne d'Espagne, la dignité de Pair de France, et le 9 octobre 1823, le bâton de Maréchal, qu'il avait l'un et l'autre si bien mérités.

. Après la révolution de Juillet 1830, Louis-Philippe le nomma Gouverneur des

Invalides, poste qu'il occupa jusqu'en 1849 où Louis-Napoléon, aujourd'hui Napoléon III, Empereur des Français, le conféra au Prince Jérôme et nomma Molitor Grand-Chancelier de la légion d'honneur.

Le Maréchal Molitor est mort à Paris, le 28 juillet 1849.

Bégiîi, Biographie de la Hoselle, III, 981 à 591. — Vmboukais, Statistique de la Hoselle, 176. — Victoires et conquêtes, etc., des Français, X, XI,

xii, xm, xv, xvi, xvn, xix, xxn,

XXHl, XXIV, XXVI. — Galerie historique des contemporains , VII, i I i f sq. — Biographie nouTeHe des contemporains, XIII, 401, sqqqq. — Renseignements particuliers. — Conrersations-Lexihon, édit. de 1851.

MORLOT, le Baron Antoine, général de Division , commandant de la Légion d'honneur, est un des nombreux exemples de la facilité avec laquelle certains hommes dépourvus d'instruction ont parcouru rapidement la carrière des grades.

Fils de Pierre Morlot, marchand, et d'Anne Bluet, Morlot est né le 5 mai 1766, à Bousse , arrondissement de Thionville.

Elevé au métier des champs , destiné à l'état de charron, ce militaire, ennuyé de la vie paisible , s'engagea dans un régiment d'artillerie en garnison k Metz* et y obtint le grade de sergent. Cassé quelque temps après pour un abus de confiance, dit-on, commis en fait de comptabilité, Morlot rentra dans ses foyers, ne songeant plus à reprendre du service»

Mais ayant appris à la naissance de la révolution, qu'on allait procéder à la formation d'un certain nombre de bataillons de volontaires , il se rendit à Metz à la tête du contingent de sa commune et demanda à d'Hunolstein de commander la compagnie dont il avait été provisoirement élu le chef. Ses concitoyens consultés répondirent unanimement qu'ils y consentaient, et le grade de capitaine lui fut déféré. Des circonstances favorables l'ayant plus tard fait connaître de plusieurs représentants du peuple en mission à l'armée du Nord et à celle de Sambre et Meuse,, il leur dut ses grades les plus élevés. Le 18 avril 1794, Morlot se trouvait au

combat et à la prite d'Arlon. Il a , la même année, fait avec distinction la campagne de Belgique , combattu à Fleuras, h Ostende , au Mont-Palissel , à Mons , à Nivelle , etc. Ou a même été jusqu'à lui attribuer une grande part dans la victoire de Fleurus , 26 juin , parce que , élevé pendant deux heures dans un aérostat , à une hauteur de quatre cents mètres audessus du champ de bataille, il parvint à transmettre au général Jourdan dans deux lettres, les dispositions de l'armée ennemie. Morlot aimait à raconter ces circonstances 9 et il a même voulu en perpétuer le souvenir dans une maison qu'il posséda dans la suite à Richemont, en y faisant adapter une girouette qui représente un ballon avec sa nacelle portant un homme armé d'une lunette : cette girouette subsiste encore , à ce qu'on nous a assuré.

En 1795 il fut appelé devant les comités de la Convention à Paris , pour répondre à une accusation de concussion qu'il aurait eu commise en 1793 étant à Deux-Ponts: Morlot se justifia parfaitement et retourna à sa division.

Etant passé à l'armée d'Allemagne , il prit part à la bataille d'Aldenhoven et à la prise de Juliers. II fit ensuite les campagnes de Suisse et d'Italie ; se trouva à la retraite de Moreau , combattit longtemps dans le Tyrol et commanda en 1797—98 la 3e division militaire. Parti pour Bréda le 27 fructidor an VII (13 septembre 1799), il eut Chateauneuf- Randon pour successeur à Metz.

Au mois de Novembre 1807 l'arrondissement de Thionville élut Morlot candidat au corps législatif. Il commandait alors, dit-on , à Toulouse.

Appelé en Espagne au commencement de la guerre, Morlot s'y distingua par plusieurs traits de bravoure et d'humanité qui lui font beaucoup d'honneur. Il prit part au siège de Saragosse et se rendit recommandable par sa belle conduite envers les prisonniers.

Tombé malade quelque temps après, il fut transporté à Bayonne où il mourut

des suites d'une fièvre pernicieuse, la 21 mars 1809. Il commandait alors la 3e Division du troisième corps de l'armée d'Esr pagne , chargé d'opérer sur Jaca. A l'organisation de la Légion d'honneur en 1804, Morlot en avait été fait commandant. A sa mort il avait le même grade et avait été créé Baron de l'Empire.

Béera , Biographie de la Moselle , III , 557, «qqq. — Vmu.H, Dictionnaire du Département de la Mo* ■elle, II, 68. — VsaaoïNAis, Statistique historique de la Moselle, 54.

MUSSEY, Jean de, fils de Ferry de Musse y et de Catherine Mathieu , naquit à Longwy,le 17 février 1644. Ayant reçu en 1662 les quatre ordres mineurs, il passa l'année suivante mattre-ès-arts à l'Université de Trêves et professa le latin pendant dix ans : Dans cet intervalle il avait obtenu la prêtrise. En 167S il était curé de la ville de Hadamar, au Duché de Nassau , dans laquelle il érigea en l'honneur de la Vierge Marie une chapelle où le peuple se rendait en foule. Ce fut dans la même ville qu'un luthérien qui vivait avec une femme débauchée , irrité de ce que Jean de Mussey avait fait chasser l'objet de sa passion , lui tira un coup de fusil chargé de deux balles qui le blessèrent au genou droit et à la jambe gauche : il prit avec succès les eaux d'Aix-la-chapelle ; et le 13 octobre 1679, trois ans environ après sa blessure , il fut pourvu de la cure de Longwy. Il entra en fonctions le 6 novembre suivant.

Le 27 novembre 1700 , le général des jésuites lui donna des lettres d'affiliation à son ordre. Les soins que de Mussey donnait à son église ne l'empêchaient pas d'exercer sa charité et de pourvoir généreusement au bien-être de sa famille : Il fit étudier les uns , dota les autres et employa toute sa fortune en libéralités. Longwy n'avait pas d'hôpital; Jean de Mussey forma le projet d'en élever un.

Quelques habitants généreux l'ayant aidé dans cette philanthropique entreprise, la première pierre en fut posée en 1705,

par Jean-Pierre Verhorst , évêque suffragant de Trêves , auquel Longwy ressortiaaait pour le spirituel. Ce fat en 1712, Tannée de son décès , arrivé après trentetrois ans d'exercice dans les fonctions de pasteur , qu'il publia son Histoire de Lorraine , à laquelle il donna pour titre : La Lorraine ancienne et moderne, ou Van' eien Duché de Mosellane, véritable origine de la Maison royale et du duché moderne de Lorraine, avec un abrégé de chacun de ses souverains; par M™ Jean Mussey, prêtre, curé de Longwy, M .DCC.X11; sans nom d'imprimeur; in-8°. Cet ouvrage, bien écrit pour son temps , est loin d'être dépourvu de mérite. Mais on critique généralement l'auteur d'avoir eu le tort de prétendre que Gérard , premier duc héréditaire descendait des anciens ducs de Mosellane et des premiers rois des Gaules. Cette opinion , qu'il n'a pas sjy prouver clairement, a dû faire manquer le succès de son œuvre.

Jean de Mussey a en outre composé une Histoire de Longwy qui a été imprimée à Luxembourg , petit in-folio , en 1706 , par André Chevalier, avec le titre de : Famille bourgeoise de Mussey, établie en la ville de Longwy depuis cinq siècles, laquelle sera précédée d'une exacte recherche en forme de dissertation historique, de ce qui se peut tirer des Historiens et autres Autheurs, concernant le lieu de Longwy et de ses .divers événements depuis 14 siècles jusqu'au temps présent. Et sera suivie d'un ample Inventaire des Titres faisans la justification de l'Histoire pour le lieu , que de la par rentée pour la Généalogie; qui sont en une liasse au nombre de quatre cens, cottez et paraphez par premier et dernier, entre mes mains. Achevé en 1766. Jean Mussey, curé de Longwy.

L'Histoire de Longwy comprend 14 pages. Le reste de l'ouvrage se compose de la généalogie de la famille de Mussey qui peut être considérée comme

une des plus anciennes de la province.

Un Poignon de Mussey était Maiour de Longwy en 1200 , et jusqu'en 1600 cette magistrature civique a presque toujours été remplie par des membres de la même famille, qu'en 1456, le 24 juin, René, roi de Sicile et duc de Bar a anoblie dans la personne de Gesse Mussey, an port d'armes: de sable, à l'aigle d'or esployée, tranchée , soutenue de gueules.

Ungeschuck parle évidemment d'une autre famille homonyme lorsqu'il dit :

« Maison de nom et d'armes fort ancienne « et des plus puissantes de la frontière « du pays de Luxembourg, sous la chaftellainie de Longuion, fief donné à «Albert Evêque de Verdun, de l'illustre « maison de Mercy , par Hillians arec chevêque de Trêves en 1519. — Elle « portait d'azur, à quatre chevrons d'or ; «d'autre disent: d'or, au dextrochère «revêtu de gueules, tenant une épée « nue.

«Raimbauld, Paganus, Cono, Hugo, « Jean , chevaliers de Mussey , après « lesquels plusieurs autres de cette mai- «son, tous grands seigneurs, ce château « étant tombé entre les mains de Pierre «de Bar, sieur de Pierre-forte, par « transport qui lui en fut fait , moyennant « quelque récompense par Nicolas de Neu- « ville , évéque de Verdun , du consente- «ment de son chapitre, il lui en fit ses «reprises en 1311, et reconnut que ce « château lui était rendable , et à ses suc- « cesseurs Evêques à leur volonté. »

Ungeschuck désigne sans doute la maison noble qui a pris son nom du manoir , aujourd'hui ruiné , situé auprès de Longuion , et qui avec le village , porte le nom de Mussy-V Evique.

Mussnr, La famille bourgeoise de Mussey.— Btsm, Biographie de la HoseUe, III, 389, sqq.-C""\ Essai sur l'Histoire de Longwy, 180, sq. — D. Calmt, Liste dei auteurs Lorrains ; et Bibliothèque Lorraine. — Clasbh, Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg, 165. — UnontamcK.

NICOLAÏ, Ferdinand, n'appartiendrait pas à la Biographie Luxembourgeoise si les actes de philanthropie qui Font rendu recommandable ne s'étaient point étendus à ce pays.

Ferdinand Nicolaï , né à Stavelot le 30 avril 1772, sortait d'une famille honorable. Il se destina d'abord au négoce ; mais ses débuts ne furent pas heureux. Résolu d'aller tenter la fortune en Allemagne il partit vers 1802, emportant pour tout bien la modeste somme de 45 Louis d'or, 1059 frs. 75 centimes, et se livra au commerce des cuirs tannés et des denrées coloniales.

Ses spéculations ayant été heureuses pendant quelque temps, Nicolaï commença à jouer sur les fonds publics et obtint beaucoup de succès , au point qu'il parvint à réaliser une fortune considérable. I) habita successivement la plupart des grandes villes de l'Allemagne, notamment Cologne, Aixla-Chapelle, Coblence et Hayence. Parvenu enfin à cet âge où le repos devient, un besoin, il se retira des affaires, vint passer quelques années à Stavelot, son en* droit natal, et se fixa enfin définitivement en 1852 h Bruxelles ou il est mort le 15 octobre 1854, à l'âge de 82 ans, 4 mois et 15 jours.

Nicolaï n'avait pas d'instruction, dit-on ; il savait à peine écrire et coordonnait difficilement deux idées dans la même phrase. Maître d'une grande fortune, ajoute fauteur du Nécrologe liégeois auquel nous empruntons les données que nous consignons sur ce personnage, et désireux de faire passer son nom à la postérité , il eut recours à la philanthropie. Ce moyen était assurément le plus louable ; mais l'ostensibilité du mobile atténuait singulièrement le mérite de l'œuvre.

En distribuant ses bienfaits, Nicolaï sem blait moins voir l'infortune qu'il secourait, que la reconnaissance qui lui était acquise. Une manifestation publique, si modeste qu'elle fût, avait pour lui plus d'attrait que les larmes de joie et les bénédictions de familles entières. On connaissait son faible, on savait qu'il ne répandait êeê largesses que pour autant que la renommée en fût l'écho : aussi est-il peu d'hommes qui, en trois années, aient reçu autant d'ovations que lui. Etablissements mis sous son patronage, rues et places baptisées de son nom , inscriptions eu son honneur dans les lieux publics, médailles, portraits, bustes, pièces de vers, rien n'a manqué à ce qu'il croyait devoir assurer son immortalité.

En dehors de ces munificences h éclat, Nicolaï était loin d'être généreux.

Nous ajouterons aussi qu'il se montrait souvent d'une bizarrerie que l'on ne pourrait expliquer sans tomber dans des faits par trop personnels. Il ne se plaisait nulle part, s'ennuyait de tout ; parfois même il ne voulait pas voir les personnes que son vagabond caprice avait gratifiées. Nous pourrions signaler telle localité qui fut disgraciée parce qu'elle s'était refusée d'exprimer sa gratitude de la manière demandée par le donateur.

Ses nombreux actes de bienfaisance lui méritèrent la décoration de l'Ordre Léopold, le 2 novembre 1846; et plus tard, le 19 juillet 1852, le cordon de commandeur du même Ordre lui fut décerné au même titre.

Voici, d'après des documents authentiques, l'indication des libéralités faites par Nicolaï :

1°. Hospice Ferdinand Nicolaï à Stavelot.

Nicolaï acquit une partie des bâtiments

de l'ancienne abbaye de Stavelot et les fit approprier en 1843 pour servir d'asile aux infortunes de tonte nature: le soin des malades fut confié aux Filles de la Croix qui y entrèrent le 26 août 1844. Voulant donner à cet établissement, auquel il avait attaché son nom, un caractère de perpétuité il en fit don aux hospices civils de Stavelot, par acte passé à Bruxelles, le 12 novembre 1845, approuvé par arrêté royal du 25 mars 1846. Cette donation comprend : 0. la susdite partie de l'ancienne abbaye composée des bâtiments, jardins, vergers et dépendances, estimées à un revenu annuel de deux mille sept cents francs ; b. tous les meubles et effets mobiliers qui se trouvaient dans les bâtiments, évalués à quinze mille cinq cent quatrevingt-huit francs; C. une inscription de huit mille francs de rentes au Grand-Livre de la dette publique de Belgique, emprunt de 1836, aux intérêts de 4 °/0.

Par acte du 8 novembre 1850, passé devant le notaire Bigoj, de Stavelot, approuvé par arrêté royal du 9 janvier 1851, Nicolaï fit à Thospice de Stavelot une nouvelle donation d'une rente de dix mille francs au capital nominal de quatre cent mille francs, emprunt de 1845, intérêts de 2'/.%,.

2°. La ville de Stavelot doit à sa munificence une fontaine qui a coûté vingt-mille francs.

Il a aussi donné à l'Eglise paroissiale des orgues dont la confection est évaluée & une somme égale de vingt mille francs ; et un lutrin d'une valeur de deux mille cinq cents francs.

3° Donations manuelles :

Au mois d'août 1854, Nicolaï a fait un don manuel de cent mille francs qu'il a envoyé directement et par sommes égales à MM. les Gouverneurs des provinces du Hainaut, de Limbourg, de Luxembourg et de Namur, pour être distribuées par leur intermédiaire aux bureaux de bienfaisance les plus pauvres de chacune de ces provinces.

4\ Donations à divers Bureaux de Bienfaisance.

Ces donations , en rentes sur l'Etat Belge , ont été faites sous réserve d'usufruit viager au profit du donateur ; elles se divisent comme suit :

Province de Liège, sept mille sept cents francs;

Province de Brabant, onze mille francs ;

Province de Hainaut, dix-neuf mille francs ;

Province de Luxembourg, seize mille neuf cent dix francs;

Province de Namur , dix-sept mille cinq cents francs;

Province de Limbourg, seize mille cinq cents francs.

5°. Dispositions testamentaires.

Dans son testament, passé devant le notaire Morren , le 13 décembre 1853, Nicolaï a inséré la disposition suivante: Je nomme et institue pour mes légataires universels les Bureaux de Bienfaisance des provinces de Hainaut, Namur, Luxembourg et Limbourg auxquels j'ai déjà fait des donations entre-vifs.

Ces donations ayant absorbé toute la fortune du testateur, il n'est plus guère resté dans la succession de celui-ci que le prorata des rentes sur l'Etat dont il s'était réservé l'usufruit.

Les détails qui précèdent, concernant le nombre et l'importance des libéralités de Nicolaï, sont résumés dans l'aperçu numérique qui suit:

Ces libéralités ont fait l'objet de vingttrois actes de Donation.

En 1845, donation à l'hospice Nicolaï de Stavelot : a. les bâtiments , revenu annuel, calculé à 3%> 2,700 frs.; capital 90,000. 00

b. meubles, prix évalué à 15,588. 00

c. inscription de 8,000 frs. de rente, à l'intérêt

de 4 °/0; capital . . 200,000. 00

d. donation de 1850, d'une rente de 10,000 francs aux hospices au

capital de ... . 400,000. 00

e. donation de 1851 au bureau de bienfaisance de Stavelot, de 7,700

. frs. de rentes, au capital de . ... .

f. donation de 1852, à neuf bureaux de Bienfaisance, ensemble de 40,500 frs. de rentes, au capital de • • •

g. donation de 1853 , a onze bureaux de Bienfaisance , ensemble de 40,410 frs. de rentes, au capital de . . .

A. fontaine de Stavelot •

t. orgues de l'église de Stavelot ....

/• lutrin pour l'église de Stavelot ....

k. don manuel fait en 1854 aux bureaux de bienfaisance de Hainaut , Luxembourg , Limbourg et Namur, d'un capital de frs.

L donations à des bureaux de bienfaisance, avec réserve d'usufruit, au capital global de • Le tout outre d'autres

qu'il a pu faire et dont

\ pas été enregistrés ; ce qui a porté la fortune de Ferdinand Nicolaï , dépensée en œuvres de bienfaisance, à la somme énorme de quatre millions environ, si on y com- 485,000. 00 prend les cadeaux sans publicité qu'il a faits quelquefois, comme nous avons eu l'occasion de nous en assurer.

Ferdinand Nicolaï était président de la Société royale de Philanthropie de Bruxelles , président d'honneur de la Société Àmphyonique ainsi que des Refuges des Ursulines et de Sainte Gertrude.

Peu de temps après son décès, on a prétendu qu'il s'était marié pendant son séjour en Allemagne , et qu'il aurait quitté plus tard son épouse parce que son caractère ne lui allait pas ; mais qu'après sa mort cette dame s'était proposé de venir revendiquer sa juste moitié dans les donations et les libéralités que son mari avait accomplies ; parce que , ajoutait-on , mariée sous le régime de la communauté légale , il n'avait pas été loisible à Nicolaï de disposer ainsi de toute sa fortune qui appartenait à la communauté. Quoiqu'il en soit, il semble positif qu'il n'a pas laissé d'enfants de ce mariage, et les bruits dont nous venons de parler sont oubliés aujourd'hui, du moins pour autant que nous sachions.

88,610. 00 dons particuliers les chiffres n'ont

Ulysr Cahtaihi, Nécrologe liégeois pour 57, sqqf. — Les journaux du temps.

OUDET, Don Jean, est né à Yvois- Carignan, pendant la seconde moitié du seizième siècle , et entra dans la Congrégation de St. Vanne a Verdun où il prononça ses vœux religieux le 8 juin 1678.

Don Oudet fut bientôt appelé à enseigner la théologie et fit de bons disciples. Il excellait aussi dans la métaphysique, science pour laquelle il nourrissait une prédilection telle , qu'elle lui * fit entreprendre le voyage de Paris pour aller

trouver Mallebranche afin de disputer avec lui sur son système qui venait de paraître. Mallebranche le reçut avec distinction, et il s'établit bientôt entre ces deux savants des discussions qui durèrent pendant quelque temps , mais après lesquelles les antagonistes se quittèrent sans avoir changé leurs opinions. Ce trait de singularité dans le caractère n'est pas le seul qu'on ait à citer de ce personnage.

D. Oudet a composé plusieurs ouvrages,

mais dont aucun n'a été publié. On dictait dans le temps dans sa congrégation son traité : De jure et justitid, qni , dit-on , était excellent. Don François parle en outre d'an Traité de la grâce du même auteur, où , ajonte-t-il , sans donner dans aucun écueil, il ne laisse rien à désirer que de le voir lifré à l'impression.

D.Ondet est mort le 18 décembre 1736, à Novi-les-moines, maison de sa congrégation près de Rétbel-lfazarin.

Lscer, A ■■•les d*Y*oi« CorigMB, 41S, »{.— Ri Fblu», Dictiouuûre kkteriqmes Soppléacat, m, 81».— D. FfcAiçtit, BibUotliè^e (èaérale tes écri- Taias de I*Ordre de 6t Bé»ott, IV, 179.

PIC ART, Jean, est né en 1380, à Lannois au Duché de Bouillon. Il embrassa Tordre de Gtteaux dont il devint le 39* abbé-général. Député an Concile de Constance) il y prononça une harangue qui a été depuis insérée avec son éloge dans le Supplementum Patrum du Père Homey, et il concourut avec les Cardinaux à l'élection dn Pape Martin V.

L'abbé Picart est mort dans son monastère, en Tannée 1440.

O di Bec-u-Liavai, Biographie liégeoise, I, 157, tq.

POTHO .... était prêtre et religieux de l'abbaye de Prum , non évéque comme le porte par erreur la dernière édition de Paris du Catalogue de la Bibliothèque des anciens écrivains ecclésiastiques. Il écrivit en 1552, comme il le dit lui-même, son livre : de la maison de Dieu , De Statu Domûs Dei, qui fut publié plus tard à Hanau, in-8°, et inséré ensuite dans la Bibliothèque des Pères. Il est de même l'auteur de l'ouvrage intitulé: De magnd Domo Sapientiœ, liber I; Hanau, 1532.

Baowtt , Annales Trerirentei , II , 86. — v. Stkambmo, Metropolit Eeeleeiae Troène», I, 73. -Swee- Tiua, AUenae BeJgîeae, 600.

Prigny, Mathieu-Ànne-Louis Quérteux

de; v. QUÉRIEUX, M.-A.-L., Baron de Prigny.

PUYMAIGRE , Gabriel-François, Boudet de, est né à Thionville, le 7 mars 1729. Il était fils de François Boudet de Puymaigre, seigneur de Sioudray en Berry, commandant du troisième bataillon du régiment de Normandie, chevalier de SU Louis , et d'Elisabeth de Bock.

Entré au service militaire vers 1744 à Fâge de quinze ans , comme officier de cavalerie, il était capitaine du régiment de cavalerie de Condé vers 1766; major au même régiment Tannée suivante , avec rang de mestre-de-camp en 1770, puis lieutenant-colonel, et en 1777 dans les dragons de Condé , il passa brigadier le 1er mars 1780 , maréchal de camp le 1" janvier 1784 et finalement lieutenantgénéral durant l'émigration.

Il est mort à l'étranger.

Tout ce que Ton peut réunir dans la pensée, dit Teissier, de loyauté dans le caractère , de valeur chevaleresque , de dévouement à l'amitié, formait le caractère de ce brave général. Il avait épousé Thérèse Huzac.

Bt«m, Biographie de la Moselle, III, 596.- TiistKft, Histoire de Thioimlle, 313.

QUARREUX, Gérard-Joseph de, est né en 1665 au village de Quarrenx, ancien paya de Stavelot, dont il a retenu le nom. En 1686 il fnt couronné primus à l'Université de Louvain. Pins tard il prit le grade de Docteur en théologie à la même université et obtint un canonicat à la collégiale de St. Pierre. Ses vastes connaissances, surtout en théologie, le firent nommer président du collège dit de Divœus et censeur royal-apostolique des livres, à Louvain. Il fut également examinateur des livres, à Liège.

Quarreux est mort en 1741 , à l'âge de 57 ans. Nous ignorons s'il a laissé des ouvrages.

C* »■ Bic-M-Liivti, Biographie liégeoise, II,

QUÊRIEUX, Mathieu- Anne -Louis , Baron de Prigny, est né à Thi on ville, le

6 août 1774, fils de Liévin-François-Claude de Prigny , seigneur de Quérieux , Garde de corps du roi , et de Marie-Madelaine- Marguerite-Elisabeth Constant-Milleret.

Il montra dès son enfance un goût décidé pour les voyages de long-cours et pour la vie aventureuse. Il entra en conséquence dans la marine où, sans autre protection que sa bravoure il sut se créer une carrière glorieuse et parvenir, à la suite d'une foule d'actions d'éclat, au grade de capitaine de vaisseau de première classe, et de capitaine des gardes du pavillon près du Dauphin, alors grand-amiral de France. Il était depuis longtemps chevalier de St. Louis et de la Légion d'honneur lorsqu'il obtint en 1820 le grade de commandeur de ce dernier ordre.

Le Baron de Prigny-Quérieux est mort à Paris, le 13 novembre 1827.

Bfeia, Biographie de la Moeelle, III, *5&

REBEL, Jean-Nicolas, né à Thionville, le 8 septembre 1737 , était fils de Jean Rebel et de Marie-Marguerite Becker.

Rebel a su se faire dans sa patrie une réputation justement méritée comme homme d'esprit. Il passa sa vie libre de tout lien et sans emploi , consacrant ses loisirs à l'étude, à la promenade et à la poésie. Insouciant pour ses compositions , il les remettait aussitôt achevées à ses amis qui étaient nombreux , et ne s'en occupait plus ; aussi a-t-il été impossible de recueillir ses œuvres. Cependant le journal intitulé Affiches des Trois-Evéchés en a publié plusieurs qui ne sont pas sans goût.

Rebel est mort dans sa ville natale, le 20 mars 1795.

Bac», Biographie Je la Moeelle, IV, JS, tg.

REGINON, Regino, né d'une famille noble et très distinguée d'Alta-Ripa, Haute- Rive ou Altrep, florissait pendant le dixième siècle et les premières années du onzième. Il entra à l'abbaye de Prum et y fit sa profession religieuse sous l'ordre de St. Benoît. Il était custode lorsque Lothaire fut enfermé dans ce monastère : Réginon dit que lui-même il coupa les cheveux à ce prince.

Lorsqu'avec le consentement du roi Arnoul l'abbé Farabert (v. son art.) abdiqua en 892, Réginon fut choisi pour lui succéder dans la dignité abbatiale , le septième en rang.

A une vyte érudition et à une vie exem-

plaire Réginon joignait la ferme volonté de faire refleurir le goût des bonnes études ainsi qu'une exacte* discipline dans son monastère. Et en effet, par suite des incursions des Normands et des guerres continuelles qui ont marqué les huitième et neuvième siècles, les abus las plus graves s'étaient insensiblement introduits dans les maisons religieuses , à un point tel que la discipline monastique avait été remplacée par la licence la plus scandaleuse. Réginon, dès qu'il eut reçu la bénédiction requise, se crut en devoir d'exhorter d'abord très sérieusement ses religieux à changer de vie et à observer les statuts de l'ordre qn'ils avaient embrassé; et il joignit constamment l'exemple au précepte. Cependant, en homme qui aimait l'étude , il saisissait également et avec le plus grand empressement toutes les occasions pour s'y livrer. Comme la vie régulière et appliquée ne sut plaire à la majorité de ses subordonnés, l'abbé fut obligé de sévir contre quelques-uns d'entre eux pour les ramener; mais cette rigueur, quoique nécessaire, déplut tellement à ces hommes qui n'avaient de religieux que leur habit , qu'ils commencèrent d'abord à murmurer; puis, voyant qu'ils n'obtiendraient rien contre la ferme résolution de leur abbé , ils finirent par éclater en plaintes contre lui ; et des plaintes ils en vinrent enfin aux accusations ouvertes auprès du roi Arnoul auquel ils insinuèrent que Réginon passait toute sa vie dans les livres et négligeait ainsi les soins du temporel de son abbaye. Arnoul, qui était pour lors occupé à renforcer son armée et avait conséquemment besoin des secours de ses grands vassaux , se laissa entraîner sans un mûr examen lorsque deux puissants comtes de sa suite, Gérard et Manfred , qui avaient à Prum un frère du nom de Richaire (v. son art.) auquel les religieux avaient promis le titre d'abbé si on parvenait à se défaire de Réginon, se joignirent aux mécontents , et consentit à Téloignement de l'abbé. Ceci se passa en 899.

Réginon , soit qu'il eût volontairement

abdiqué pour se soustraire à l'opposition et aux tracasseries incessantes que lui suscitait la direction de son abbaye en présence du mauvais vouloir des religieux , soit qu'il eût été réellement déposé par l'autorité du roi Arnoul, ce qui est loin d'être constant, quitta cette maison et se retira à Trêves auprès de l'archevêque Radbode, ou bien h l'abbaye de St. Haximin. Il y vécut en simple religieux jusqu'à ce que l'archevêque lui eut donné la conduite de celle de St. Martin , au faubourg de Trêves.

Il passa le reste de ses jours s'occupant à étudier et à écrire. Il composa en effet un ouvrage intitulé: De Disciplinis Ecclesiasticis et de Religions Christiand; 2 volumes divisés en neuf cents chapitres, qu'il dédia à l'archevêque Radbode son bienfaiteur, sur la recommandation duquel ce livre a été rédigé et qui l'approuva ensuite dans un Concile tenu à Trêves. Ce traité est un recueil de canons et de règlements ecclésiastiques, comme son titre l'indique : Il semble qu'il a été le premier qui en Occident ait réuni les sentences des Pères et les lois civiles aux canons. Pour cette compilation , Réginon s'est servi non seulement des Conciles grecs et d'Afrique ainsi que des décrets des Papes, mais aussi des Conciles de France , d'Espagne et d'Allemagne, de même que des ouvrages des auteurs ecclésiastiques grecs et latins, mais surtout du code Théodosien, des Capitulaires de Cbarlemagne et de ses successeurs rois de France , avec d'autres lois que ces Rois avaient données à divers peuples qui leur étaient sujets. Hait à l'égard des Papes il n'employa guère que celles de Sirice et de ses successeurs jusqu'à Hormisdas. Cet ouvrage à été imprimé pour la première fois en 1659, à Helmstadt. Baluze en a fait faire une seconde édition en 1671 , et de Hontheîm en a donné des extraits dans son Prodromus Historiae Trevirensis»

Swertius cite en outre de lui une autre œuvre qui aurait pour titre : De Doctrine Ecclesiaslxcd libri, ex SS. Patrum et Con-

eiliorum Decretis. Ce livre, qu'il dit se trouver en manuscrit à la Bibliothèque impériale à Vienne, semble être le même que celui dont nou9 venons de parler.

Réginon a aussi composé une Chronique, en deux livres, intitulée : Chronicon Francorum et Germanorum, res gestas continens a Natali Domini ad annum MXCC.VHII (Mayence, 1521.) : Cet ouvrage qu'il dédia à Adalbéron Ier, évéque de Metz, n'avait été conduit par son auteur que jusqu'en 906 ou 907 ; un premier anonyme l'a continué d'abord jusqu'à l'année 977 ; puis d'autres et successivement, jusqu'en 1408, comme nous l'indique l'édition imprimée à Mayence, en 1521 : L'œuvre de Kéginon même mérite toute l'attention des savants pour l'exactitude avec laquelle les faits sont rapportés.

Quelques auteurs lui attribuent de plus un Commentaire sur Martianus Capella, des Sermons et une lettre manuscrite qui a pour titre : De Harmonica institutions, dans laquelle il traite de la musique ancienne : Cette lettre est adressée à l'archevêque Radbode.

Réginon est mort vers Tannée 915, et fut inhumé à St. Maximin. On a ouvert son tombeau en 1581, et on y trouve ses os, avec des cendres qui provenaient vraisemblablement du cilice, et une crosse abbatiale garnie de fer et brisée, pour montrer sans doute sa qualité d'abbé dépouillé de son monastère. La pierre sépulcrale portait des restes de son épitapbe :

, fossa Reginonis continet ossa

Abbas egregivs PRjEFVIT ipsb pivs

COBNOBIO QVONDAM PrVMIENSI MORIBVS AL-

POSTQVAM. [MIS

O... •••«••• U.Vi.Li.Li.Li. A V •

Les fastes du monastère de St. Hubert fixent le jour de son décès au cinq des Calendes de juin, c'est-à-dire au 28 mai.

Swumut, Athenae Belgicte, 686. — An Hontheih, Prodromtu Historié Trevircnsis, I, 546, sqqq.; et HbtoriaTrcvirensis diplomatie», I, itfS. — Momm,

VI, .64. — Gesta Treviromm, I, 90; et Annota tioues, 27. — Bbktholet, II, 485. — Bbstels, 23. — Bicascn , Eiflia illustrât» , I, 1 1 2, sqqq. — J. P. Bloh, Die Itegracndung der Caltur in den Ardenneb durch den Benediktiner Orden , dans : Programme de l'Ecole moyenne et industrielle d'Echternach , I8B^ 12, note 19. — D. Calhet, Bibliothèque Lorraine. — v. Stbasbcbg, Mctropolis Ecclc»iac Tre- Ycricae, I, 71, sq. etc. . — Hsmoff, Dcfensio Abbatiae prnmiensîs, 44. — Casiui» Oodin, De Scriptoribus ecclcsiasticù, II, 407. — Baluzb^ Vita Abbatit Régi no ni s; Vienne, 1676. — TRiTTnn», Chronicon Hirsaagiense , ad Ann. DCCCXCII et DCCCXLÏX; De Scriptoribus ecclcsiatticis ; Catalogue illustrium Virornm Germanise. - Vossiuf, G. J., De Historieis latinis, lib. II. — Bbllaihisos, De Scriptoribus ecclcaiasticis. — Coobtik, Encyclopédie moderne, XIX, 529. — Tbittbbih, D« Viris illustribus Ordinis S. Benedicti ; lib. II. , c. 54. — Clakb*, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 199, 484. — Biographie uniTerselle, XXXVII, 250, tq.

Remouchamps, Martin de; v. MARTIN,

dit de Remouchamps.

RICHAIRE ou Ricaire, était né des comtes de Hainaut, si nous pouvons en croire, Foullon et. KnaufL Il avait pour frères les Comtes de Gérard Manfred qui appuyèrent auprès du Roi Arnoul les plaintes des religieux de l'abbaye de Pruin contre leur abbé Réginon (v. son art.), parce que celui-ci voulait mettre un frein salutaire à leur conduite peu régulière, et en même temps les porter à l'étude. Nous avons dit à l'article Réginon que cet appui eut pour effet la déposition soit forcée soit volontaire de cet abbé vertueux pour lui substituer le dit Richaire qui fut, presque en même temps désigné abbé de Stavelot-Malmédy (899). Le prieur Knauff, de Prum , fait l'éloge de ce personnage en le nommant : Pastor bonus et fidelis, tandis que l'abbé Fleury lui reproche dans son histoire ecclésiastique , d'avoir négligé la vie monastique et rendu vénales toutes les charges ou obédiences de l'abbaye de Lobbes.

Quoiqu'il en soit, le clergé et le peuple du diocèse de Tongres l'élurent en 920 pour leur évéque : Il avait un certain Hilduin pour compétiteur. Le pape Jean X les manda tous deux à Rome, et après les avoir entendus l'un et l'autre il sacra

Richaire, lai donna le pattiam et dans ses lettres de confirmation lai attribua le titra (TEvéque de Liège, que ses successeurs ont porte depuis.

Pour augmenter le lustre de sa cathédrale , l'évéque-abbé Richaire y attacha doue abbés, chefs de monastères , qui devaient le servir alternativement chaque mois en qualité de chapelains.

Il est mort le dix avant les calendes d'Août de Tannée 945 , après un épiscopat de vingt-cinq ans, et fut enterré dans la crypte de l'église de St. Pierre, à Liège, qu'il avait rétablie après qu'elle eut été ruinée par les Normands, et dans laquelle il avait institué trente chanoines.

F«vu*«, Hfetoria*Le«dienfMv I, 165 v tuf. — Kmavww, Defeatfo akbatia PrmatauM, 44. — Bn-

TBOLIT, II, P. J. VI. — C* M BlC-M-LlÉVM, BU-

graphie liégecise, I» 57.— Fin*, HUUrU Eccletia Le«4ieaiii* 210, flqqj. — Diwn, Hbteire àm fj* de Liéfe, I, 19.

RODRIQUE, Rodrie ou Rodrigue, Jean- Ignace, est né à Malmédy, le 3 novembre 1697. Après avoir achevé ses humanités il se fit admettre en 1717, le 15 mai au noviciat des Jésuites, dans 1 intention, diton , d'apprendre à connaître le régime, les vrais principes et l'organisation de cet ordre fameux sur lequel on a déjà tant écrit et que personne peut-être n'est parvenu jusqu'à ce jour à apprécier dans ses véritables tendances religieuses et politiques. Rodrique avait vingt ans lorsqu'il fit ce pas; et après huit ans -de séjour chez ces religieux il n'était, paraît-il, pas plus avancé quant à l'objet de son but, que le jour oh il y avait été admis. Il quitta en conséqnence la Société le 27 novembre 1725, sous prétexte d'une maladie, dit Hartiheim, et se mit à voyager en France; puis il se rendit à Cologne oii il épousa une veuve qui était sans biens comme lui, mais qui possédait le privilège impérial pour le journal politique français intitulé: Gazette des Savants. Placé sous sa direction, ce journal prospéra. La guerre de 1741 lui donna quelque mérite, parce que Rodrique avait des relations dans les

différents partis et recevait ainsi des renseignements précieux. Mais n'osant pas imprimer dans sa Gazette tout ce q/m parvenait à sa connaissance, il y suppléait par des Suppléments manuscrits qu'il distribuait à certaines personnes*

Très versé dans la politique des cours, il fut consulté par le prince Charles de Lorraine avant la conclusion 4e la paix d'Aix-la-Chapelle, en 1748, et il donna à ce prince des avis dont la sagesse se vérifia par les événements.

Jean-Ignace Rodrique est mort le 6 avril 1756, à l'âge de 59 ans, et fut enterré dans le corridor du cloître des Pauvres-Clarisses, comme il l'avait demandé par son testament.

Outre sa Gazette , on a de Rodrique quelques ouvrages traitant la plupart de polémique monacale. Nous allons en énumérer les titres : !•. Disputationes de Abbatibus, origine primsvâ et hodiernà coustitutione abbatiarum inter . se unitarum Malmundariensis et Stabulensis, opposite observationibus , maxime Reverendorum Edmundi Martène et Ursini Durand Pnesbyterorum Benedictinorum e Congregatione S. Mauri; in-folio, Wirtzbourg, 1727: Durand opposa à cette attaque d'un passage de son Voyage littéraire sur l'abbaye de Stavelot, un ouvrage qu'il in» Utula Imperialis Stabulensis monasterii jura propugnata adversus iniques disputationes Ignatii Roderici de abbatibus et origine Stabulensis ac Malmundarii; infolio, Cologne, 1730. Rodrique y répliqua par: f°. De Abbatibus monasteriorum Malmundariensis et Stabulensis D. Edmundi Martène; in-folio, Cologne, 1731. — 5°. Coloniensis Ecclesiae de suae Metropoleos origine traditio vindicata ab impugnatoribus Disquisitoris anonymi; sive res praecipuae ab Orbe côndito ad sseculum a Christo nato decinum médium ordine chronologico digestae, et excursibus Philologico- Politicis in mores, instituta, rem civilem, bellicam atque saçram prœcipuorum populorum illustrât», in usum lectionum academicarum ; in-8°, 1734. — 4°. Cor-

respoadanee des savant* ; in- 12 : Outrage périodique , paraissant le mercredi et le samedi. Il a commencé en janvier 1743 et n'a pas été continué au-delà de sa première année ; c'était on journal littéraire.

C* m BK-M-lihti, Biographie liégeoite, II, 4«3. - Na««a, Catabg«e d« la BiblîoUiè^ et Laxearimrg, 280* — CaciTia, Encyclopédie bmderae, XX, 75. — Hamtibeim , Bibliotheca Coloaiea- •TTTTÔ5, ij. Biographe mahrenelle, XXXVIII, H-

SCHNEIDER , Nicolas, né à Hayange, canton de Thionville au Luxembourg français , s'était voué à la carrière militaire sous l'Empire, et était parvenu au grade de capitaine d'artillerie à pied. Il se trouvait, sous les ordres du commandant Laitier, enfermé à Huningue lorsque les alliés vinrent assiéger cette place en 181 S et la réduire à l'extrémité. Lorsqu'il s'agit de la rendre, le capitaine Schneider, qui parlait bien l'allemand, fut envoyé en parlementaire près du général autrichien qui commandait le siège, pour discuter les articles de la capitulation. L'archiduc Jean, bien qu'il eût déjà été renseigné par un déserteur , ne put ajouter foi aux paroles de Schneider qui lui apprit que la garnison n'avait jamais compté que trois cent quatrevingt-quinze hommes, réduits à une cinquantaine par les suites du siège : « Nous « verrons cela demain » , lui répondit l'archiduc d'un air de doute. Effectivement le lendemain , cinquante hommes , blessés pour la plupart, sortirent, enseignes dé-

ployées du milieu des ruines fumantes amon-' celées par le feu de vingt batteries autrichiennes. Ils défilèrent devant les trente mille hommes de l'armée assiégeante et devant les étrangers accourus de loin comme pour assister à un triomphe. Quand l'ennemi sut que c'était là tout , il comprit qu'il était vaincu, et toutefois un sentiment d'admiration s'emparant de ces étrangers , leurs cris d'enthousiasme saluèrent les héroïques défenseurs d'Huningue.

Le capitaine Schneider avait tiré le dernier coup de canon hors de la place , et il termina là sa carrière guerrière: il demanda sa retraite la même année 1815 et se retira dans son endroit natal où il est mort le 24 juin 1841. Il avait été décoré de la Légion d'honneur de la main de Napoléon Ier.

VmoniAii, 6tatiftiqu« bUtoriqae de la MoieUe,

Stavblot, Jean de; v. JEAN, dit de Stavelot.

TAILLEUR, Annê-Vicfain, née en 1763 à Distroff près de Thionville, au Luxembourg français, était fille de Nicolas Tailleur, propriétaire et officier de la Seigneurie de Distroff.

Anne-Victoire Tailleur épousa le 28 août 1786 , Alexis de Héjanès, quartier-maître-

trésorier du régiment de Hainault , infanterie , alors en garnison à Thionville. Son mari étant mort, elle devint la fondatrice, et depuis la supérieure-générale de Tordre des Dames hospitalières de Sainte-Chrétienne de Metz, congrégation qui est très répandue de nos jours en France dans les

diocèses de Metz, de Aheiais et de Cbâlons. Cette pieuse et utile institution , qui est consacrée au soulagement des pauvres et à l'instruction gratuite des jeunes filles, a été approuvée par décret du 26 décembre 1810, et confirmée par ordonnance du 25 avril 1816. Anne-Victoire Tailleur vivait encore en 1830; nous n'avons pas découvert le jour de son décès. ■

Béent, Biographie de la Moselle, IV, 202. — TciS8»a, Histoire de Thionville, 475.

THIBAULT , Nicolas, est né à Bouillon vers 1680. Il fut prêtre et conseiller du duc de Bouillon au Bailliage de Sedan où il est mort en 1742.

Il est Fauteur d'un livre intitulé : Prières et instructions chrétiennes, avec un abrégé de VEcriture sainte.

Gte de Bkc-dk-Liévss , Biographie liégeoise, II,

TRE I LH A RD , Adam-François-Charles, Comte de, est né à Cutry, au canton de Longwy, le 9 février 1764 , fils de Jean- Baptiste Treilhard, qui fut membre de la Convention , puis président du Conseil des Cinq-Cents , membre du Directoire et du Conseil d'Etat, enfin ministre d'Etat, mort en 1810.

Entré de bonne heure dans la carrière des armes, la bravoure du jeune Treilhard le fit passer rapidement par tous les grades : Il était déjà général avant le 18 brumaire, et commanda une brigade qui se distingua par plusieurs charges vigoureuses aux combats de Nuremberg et de Neunkirchen , livrés parle maréchal Augereau, les 18 et 21 décembre 1800. Treilhard se signala plusieurs fois dans les campagnes de 1805 et 1806; se trouva au combat de Pultusk, livré contre les Russes par le maréchal Lannes, le 26 décembre 1806, donna des preuves de courage à la tête de sa cavalerie légère , fut blessé , reçut le 30 du même mois le grade de lieutenant-général, et peu après des lettres de Baron. En 1807 et 1809, le général Treilhard servit avec une égale distinction en Pologne et en Autriche , passa en Espagne et fut

souvent aux prises avec l'ennemi jusqu'à l'évacuation de la Péninsule. .

. Le 21 juillet 1810 , à l'attaque du fort de la Conception défendu par l'armée Anglo-Portugaise, il commandait une division de cavalerie légère sous les ordres du duc d'Elchingen. Il livra au général Crawfurt un Combat sanglant sur le plateau du fort, dans le but de rejeter l'ennemi dans Alméida ; mais il ne put y parvenir et Crawfurt effectua sa retraite par la route d'Alvéara après avoir fait sauter le fort. Ayant ensuite tourné le village de Yal-de-la-Mula , pendant que le général Simon l'attaquait , il débusqua l'eunemi qui occupait la rive gauche du Turon et repoussa six cents cavaliers placés sur la route d' Alméida. L'ennemi revint avec du renfort et fut repoussé de nouveau par les trois régiments de Treilhard qui occupa la rive gauche du ravin entre Val-de-la- Mula et Alméida.

Le 16 février 1812 il battit Morillo qui dans la Haute-Estramadure s'était avancé avec deux mille hommes jusqu'aux portes d'Almagro , dans la Manche , et le poursuivit avec vigueur pendant plusieurs jours.

Le 10 août de la même année il eut à se mesurer avec l'armée de Wellington, d'abord sur les routes de Galapagar, Torrela-Dones et Colmenar , puis à Majalahonda où l'ennemi , soutenu par quatre pièces en batterie, occupait une position avantageuse. Au reçu des ordres du roi Joseph , Treilhard sans attendre le renfort d'une brigade d'infanterie et de six pièces de canon qui devaient le soutenir, partit avec sa Division, impatiente de combattre les troupes anglaises. Le treizième, soutenu par le dixhuitième dragons ayant à sa tête le colonel Reizet , eurent promptement enlevé trois pièces de canon. De nombreux escadrons ennemis chargèrent aussitôt pour les reprendre ; trois fois la brigade fut repoussée et trois fois elle retourna à la charge. Accablée par le nombre, elle allait se retirer lorsque les deux premiers escadrons de la seconde brigade ayant chargé, culbutèrent l'ennemi. Mais sur les hauteurs qui do-

minent Las Rosas plusieurs escadrons réunis les forcèrent à la retraite. La seconde ligne de bataille, composée des 19e et 22e dragons et des dragons Napoléon qui formaient la réserve sous les ordres du général Schasetti , se mit alors en mouvement , fit une charge vigoureuse et remporta un succès complet.

Indépendamment des trois pièces d'artillerie enlevées par la première brigade et que la seconde empêcha d'être reprises, de nombreux bagages et plus de deux cents chevaux tombèrent au pouvoir de la Division Treilhard ; deux lieutenants-colonels blessés avec une soixantaine de prisonniers furent ramenés au quartier-général. Un officier supérieur et plus de cent cinquante anglais et portugais restèrent sur le champ de bataille; enfin, la perte de l'ennemi fut estimée à sept ou huit cents hommes.

Ce combat de cavalerie est un des plus beaux et des plus extraordinaires qui aient eu lieu, tant par la valeur que par l'acharnement qu'on y montra des deux côtés.

Mais ce succès n'empêcha pas les troupes françaises , trop peu nombreuses , d'abandonner Hajalahonda.

Au commencement de 1814 , le général Treilhard ayant reçu l'ordre de ramener sa division en France , arriva le 16 février « Guignes ou Napoléon l'attendait pour reprendre l'offensive sur la grande armée des alliés. Le même général contribua le lendemain au succès du combat de Naogis et se distingua en plusieurs occasions dans la campagne de France. Nommé comte et chevalier de St. Louis par Louis XVIII, le 8 juillet 1814 , Treilhard n'en demeura pas moins attaché à l'Empereur. Il commandait à Belle-IsIe-en-Mer au retour de l'île d'Elbe, et s'empressa de *e réunir aux militaires , chefs et soldats qui étaient sous ses ordres , pour exprimer par une adresse en date du 23 mars 1815, la satisfaction qu'il éprouvait du retour triomphant de Napoléon.

Depuis le retour de Louis XVIII à la * seconde restauration , Treilhard a vécu dans la retraite la plus absolue.

Galerie «le» contemporains, VIII, 585. — Essai anr l'Histoire de Longwy, 185. — Biographie nouvelle des contemporains, XX, 65, sqqqq.

Uo

Va

VALLASTER , né à Bambi-

derstroff, canton moderne de Fauquemont, au Luxembourg français, sculpteur en bois, florissait en 1770 où il a orné l'Intérieur de la cathédrale de Strasbourg d'ouvrages très remarquables.

Notes administratives.

* VAUX , Thierry, baron de, Feldzeugmeister , conseiller intime , vice-directeur du corps du génie et propriétaire du 25° régiment de ligne, originaire d'une

branche ' collatérale de l'antique famille normande des comtes de Vaux , est né à Petit-Fatlly, le 4 juin 1748. Après l'achèvement de ses études il entra à l'école militaire de Sedan; et plus tard {20 septembre 1768) , par l'entremise du duc Charles de Lorraine , il fut admis dans le génie autrichien , en qualité de cadet.

Dix ans après il passa premier lieutenant dans cette arme. Telle courte et telle vide d'événements que fut la guerre pour la succession de Bavière , de Vaux

trouva l'occasion d'y mettre ses connaissances en évidence. II dirigea la construction des retranchements depuis Heidenpiltsch jusque Neu-Czeschdorf et accompagna en toute occasion , comme volontaire le feldmaréchal-lieutenant marquis Botta contre l'ennemi. Au combat de Mœskirch , le 26 novembre , il rassembla sur Tordre du lieutenant- feldmarëchal Stain les soldats qui fuyaient hors de la mêlée et empêcha par la bonne disposition qu'il sut leur donner, tout progrès ultérieur de la part des Prussiens qui s'efforcèrent en vain pendant tout l'hiver, d'entamer sur un point quelconque les retranchements que de Vaux avait établis d'une manière très avantageuse sur tout le terrain entre Hœskirch et Zuckmantel. Après le traité de paix signé, de Vaux fut nommé lieutenant-capitaine en récompense de ses éclatants services en cette a circonstance , et employé à la construction de la forteresse de Theresienstadt, d'où il rejoignit en 1788 , avant la guerre de Turquie , le corps d'armée du général de cavalerie comte Charles de Lichtenstein en Croatie.

Sous les ordres du colonel de génie de Lauer, de Vaux ouvrit pendant la nuit du 20 au 21 avril la première parallèle devant Tuerkisch-Dubicza , fit les plans d'une grande partie des travaux d'attaque et de défense que l'armée d'Autriche entreprit jusqu'à sa première retraite, et les exécuta avec une infatigable activité. Lorsque le feldmaréchal Loudon prit le commandement des troupes croates et s'avança de nouveau pour assiéger Dubicza , de Vaux lui rendit derechef des services signalés et se distingua principalement le 22 août par l'intrépidité avec laquelle il construisit un chemin couvert au pied même de la brèche : Pendant ce périlleux travail une balle vint lui fracasser le bras droit et le mit ainsi hors de combat. Cependant nous le retrouvons dès le mois de mai 1789 au siège de Berbir ou avec son zèle accoutumé il dirigea les ouvrages et accé-

léra de beaucoup la reddition de la place. Employé au siège de Belgrade il y ob* tint des succès non moins brillants: En effet r il offrit d'achever pendant la nuit de 1* au 2 octobre la construction d'un ouvrage important et fermé près de l'aile gauche de la tranchée. Bien que ce travail fût exposé à une très vive fusillade du côté du chemin-couvert qui en était très-peu éloigné il avançait promp* tement, et il était près d'en terminer la couverture lorsqu'une balle vint wde nouveau l'atteindre au bras droit. Saisis»

saut aussitôt l'épée de la main gauche il ramena au travail les ouvriers qui fuyaient et n'abandonna son dangereux poste que lorsque la grande perte de sang et l'ordre précis du colonel de Lauer l'y forcèrent. Cette action héroïque lui valut la croix de Marie-Thérèse et des lettres de baron qu'il obtint en 1792. L'année suivante il dirigea les travaux du siège de Cxettin. Au commencement de la guerre de la révolution française il fut appelé à l'armée. Grièvement blessé devant ThionviUe, le 5 septembre, il resta incapable de tout service militaire jusqu'au mois de décembre ou il alla fortifier les points stratégiques près de Trêves entre la Sarre et la Moselle; employé ensuite au blocus de Valenciennes il contribua glorieusement au succès de l'assaut tenté le 25 juillet au soir contre les avant-forts: il faisait partie de la seconde colonne principale sous le commandement du général baron Wenkheim. Ses services ne furent pas moins importants au siège du Quesnoy après qu'il eut assisté aux combats de Saultin , aux batailles de Famars et de Wattignies ainsi qu'au blocus de Maubeuge. Passé lieutenant-colonel au mois d'août , il reçut l'ordre d'aller visiter les environs de Nieuport, de fixer les meilleurs points pour y établir des ouvrages et des écluses, de trouver une ligne pouvant servir à couvrir les provinces de la Flandre occidentale depuis Ypres par Nieuport jusqu'à la mer , et finalement de mettre cette dernière viHe

ainsi qu'Ostende en état de défense. A son retour de cette commission de Vaux assista à Tassant du camp français près de Landrecies et la Sambre, comme an siège de cette forteresse , et fut beaucoup employé pendant les batailles de Charleroi et de Fleuras. Après la malheureuse issue de cette dernière il se rendit à Juliers , par ordre du Prince de Saxe-Cobourg, pour s'assurer de l'état de cette Tille , et fut plus tard placé sous la division du duc d'Yorck. Lorsqu'après un repos assez long la guerre se ralluma au commencement de l'automne 1795 , de Vaux reçut Tordre de quitter le quartier-général de Limbourg pour se rendre à Neuwied oh il attaqua la tète du pont que les Français y avaient construit. Les dispositions qu'il prit pour exécuter cette Commission furent tellement avantageuses que l'ennemi abandonna avec précipitation et dans le plus grand désordre pendant la nuit du 31 octobre au premier novembre ses retranchements et détruisit le ' pont de bateaux entre ces ouvrages et l'île de Neuwied : Un colonel , 24 officiers et 682 soldats, qui s'étaient attardés dans la fuite , furent faits prisonniers. Après le succès de ce fait d'armes il alla visiter la forteresse d'Ehrenbreitstein et se rendit de là au quartier-général à Mayence. Pendant le siège de Mannheim qui suivit de près , de Vaux mit de nouveau au jour les connaissances .étendues qu'il avait dans sa spécialité et la justesse de son coup d'œil que déjà il avait d'ailleurs eu tant d'occasion de démontrer.

Les batteries construites d'après ses conseils sur la digue du Rhin ainsi que sur les anciennes tranchées , de concert avec les obusiers placés dans les parallèles, ouvrirent le 20 novembre un feu tellement bien dirigé contre la ville que déjà le 23 la garnison qui se composait d'environ 9000 hommes capitula. Sur l'ordre de l'archiduc Charles , de Vaux traça ensuite et acheva le camp retranché de Mayence sur les hauteurs entre Hœchstheim et Laubenheim. Nommé colonel au mois

de mai, il assista au combat près de Bop* fingen , mit la ville d'Ingolstadt en état de défense et entreprit , de concert avec le colonel du génie de Sxereday , la direction du siège de Kehl. Le corps d'attaque de cette place dut à sa parfaite connaissance des lieux et. à son courage que la sortie que Moreau, le général ennemi tenta de faire avec des forces très considérables pendant la nuit du 22 au 23 novembre , échoua et que l'important village de Sundheim ainsi que le pare d'artillerie avec son laboratoire furent sauvés. Bien qu'il eût reçu une large blessure d'arme à feu en plein visage , de Vaux resta au quartier-général à Korck, visitant, même avant que sa plaie ne fût cicatrisée et pendant un froid très-vif , presque tous les jours les tranchées. Le 1er janvier, ayant encore la tète enveloppée de bandages , il s'élança à la tête de sa colonne contre les quatre ouvrages de défense placés sur la rive droite Rhin supérieur. Après la chute de Kehl il alla diriger les travaux de siège en avant de la tète du pont de Hueningen dont la prise précipitée débarrassa la rive du Rhin de la présence de l'ennemi. De Vaux reçut à cette occasion la croix de commandeur de Tordre de Marie-Thérèse. S'étant rendu pour ses propres affaires à Prague et à Vienne , il fut bientôt après chargé de la direction du génie de campagne à l'armée d'Italie et envoyé à Vordernberg.

En vertu d'ordres supérieurs il inspecta ensuite les forteresses de Passau , de Braunau , de Burghausen ainsi que d'autres points militaires importants, et adressa au gouvernement un rapport sur les résultats de sa visite. Appelé après cela au quartier-général de l'archiduc Charles à Kannstatt il resta auprès de ce prince jusqu'aux commencements de l'année 1798, s'occupant à fortifier davantage Braunau , Passau et Burghausen.

Comme cela était à prévoir, la paix de Campo-Formio n'eut qu'une courte durée.

La guerre qui recommença en 1799 sans véritable déclaration à cause des exigences

se ^-

outrées du Directoire français, rappela de Vaux au quartier général de l'archiduc Charles à Heidelberg. Au mois de novembre il fut nommé général-major, et commandé après la bataille d'Engen par le feldzeugmeister Kray pour Donauwœrth et Neubourg où il fut chargé de défendre avec sept bataillons et quatre escadrons ce point important ainsi que les magasins qui y étaient réunis contre les courses des ennemis. Bien qu'il repoussât avec force les attaques et les tentatives de passage que les Français entreprirent près de Donauwœrth, les 16 et 19 juin, il fut forcé de battre en retraite sur Ingolstadt, pendant la nuit de ce dernier jour, parce que Moreau ayant passé le Danube près de Dillingen et de Hochstsetten , pouvait facilement envelopper la faible division autrichienne près de Donauwœrth. Après avoir mis le 22 juin sa brigade en garnison dans la forteresse d'Ingolstadt qu'il avait atteint sans éprouver de perte , de Vaux se rendit au quartier-général d'où, dès le 5 juillet , il fut envoyé sur l'inn supérieure et la Salze avec la charge de fortifier les principaux gués de ces rivières, et construisit la tête du pont près de Muehldorf , ouvrage très important à cause des nombreux accidents du terrain. Il en éleva un autre près de Kraybourg et conseilla à bâtir des ouvrages près de Rosenheim, Wasserbourg, Neu-Oetting, Marktl, Burghausen, Dittmaning, Wildshut, Lauffen et Uberacker. Comme entretemps un corps considérable de troupes avait été réuni sous le commandement du lieulenant-feldmarécbai prince de Reuss pour défendre le Tyrol, de Vaux reçut et exécuta l'ordre de fortifier les passages ainsi que les points stratégiques de ce pays. Peu de semaines plus tard une estafette lui apporta le brevet de Directeur du génie de campagne de l'armée d'Allemagne. Il prit part à la bataille de Hohenlinden.

II était occupé aux fortifications de Vienne l'orsqa'au mois de décembre, après le traité de Lunéville, il fut attaché au bureau principal du génie et placé à la

suite de l'archiduc Jean, qui était directeur général de. cette arme. L'année suivante il accompagna ce prince pendant son yoyage militaire en Tyrol, le pays de Venise, celui de Krain et en Carintbie. A l'irruption de la guerre de 1805 de Vaux entreprit la Direction du génie de campagne attaché à l'armée d'Italie , et dressa le plan de fortification des deux points importants de l'bermitage de Flitsch et de Chiusa-Veneta. Mais comme les événements malheureux qui se déroulèrent en Allemagne rendirent ces postes insoutenables, les ouvrages commencés et qui étaient poussés avec activité, restèrent inachevés. Il fortifia ensuite Prewald et se rendit peu de temps après à Caristadt, où il fit cesser les travaux qui y étaient commencés parce qu'ils ne pouvaient devenir d'aucune utilité et ordonna d'en transférer les canons ainsi que les munitions à Sissefc. Il attendit à Gross- Szigeth l'arrivée de toutes les divisions du génie, des mineurs et du corps de sapeurs qui revenaient du Tyrol, et envoya de là au quartier-général de l'archiduc Charles à Kœrmend sop rapport v que ce prince lui avait demandé, touchant la posr sibilité de la défense des citadelles de Raab, Ofen, Essegg, Peterwaradin, Brood et Gradiska. La paix de Presbourg ramena de Vaux à Vienne, d'où il accompagna l'archiduc Jean pendant son voyage en Autriche et. en Styrie.

Le 31 décembre 1806 de Vaux fut nommé propriétaire du 45e régiment de ligne; le 2 mai 1807 lieutenant-feldmaréchal et au mois de février 1809 vice-directeur général du génie. Pendant la même année il fut fait prisonnier de guerre à la remise de Vienne. Rendu à la liberté sur sa parole d'honneur, il fut peu de temps après échangé contre Kinkel, lieutenantgénéral badois et après la conclusion de la paix chargé en qualité de commissaire autrichien de la réception de la capitale des mains du lieutenant-général français Andreossy. L'année suivante de Vaux alla inspecter avec le lieutenant-feldmarécbal baron Duka les points fortifiés d'Autriche

$t de Styrie et obtint le 25* régiment d'infanterie en échange du 45e qni Tenait d'être licencié.

En septembre 1813 de Vaux fut promu au rang de feld-zeugmeister et au mois de juin 1817 l'empereur le nomma son conseiller intime effectif. Il est mort le 4 avril 1820 à Vienne, des suites d'une maladie longue et douloureuse d'épuisement, après avoir servi avec fidélité et un zèle infatigable sous quatre souverains successifs et pendant au-delà d'un demi-siècle. Au nombre des importantes compositions qu'on lui doit on peut citer surtout les mémoires dans lesquels il démontre l'importance de la forteresse de Komorn et développe ses vues sur les moyens de la rendre encore . plus forte : Les ouvrages qui avaient été commencés en 1809 en grande partie sur •es plans et par le lieutenant-feldmaréchal Chasteler, lesquels il continua en personne et qui furent enfin achevés par le général Dedovich, ont déjà, pendant la première année de leur existence après la bataille de Raab , rendu les services les plus importants; et les événements de ces derniers temps ont de pins en plus prouvé la justesse du jugement de cet ingénieur aussi habile qu'expérimenté, lorsqu'il désignait Komorn comme une des places fortes principales de l'empire d'Autriche.

• Hnmmm.», Der Militer Maria-Tfceretiea-Ordeii, I, S61 et H78 tu*; II, I7S* et 1742.

VECRAI, Don André, né à Clause près de Clermont, ancien fief limbourgeois, entra à l'abbaye deMalmédy. Ce religieux, fort savant , était un industriel distingué : il établit et dirigea une papeterie célèbre et une belle cartonnerie à Malmédy. Ses cartons surtout , d'une qualité supérieure, étaient destinés à presser les draps. Don Vecrai , qui avait beaucoup voyagé pour se perfectionner, est mort en 1767.

Cu m Bic-ii-LitvftK, Biographie liégeoife, II,

VILLATTE , Eugène-Casimir, comte tf Outremont, est né à Longwy, le 14 avril 1770. Il débuta dans la carrière des

armes en qualité de sous-lieutenant au régiment de Bourbonnais, infanterie ; fit avec distinction les premières campagnes de la révolution ; fut aide-de-camp de Bernadotte et parvint rapidement au grade de colonel. Nommé général de Brigade le 29 août 1803, commandant de la Légion d'honneur le 14 janvier 1804, et général de Division le 21 février 1807 à la suite de la bataille d'Eylau , il dut ce dernier grade aux services qu'il avait rendus pendant les campagnes de 1805 et 1806. Le 2 juin 1807 il contribua à la glorieuse défense de la redoute de Spanden , soutint le général Frère qui combattait à la tète d'un pont avec le 27* d'infanterie légère et fut chargé de prendre l'ennemi en flanc Il se distingua avec sa Division à la bataille de Friedland et au combat de Wehlau qui précédèrent la paix de Tilsit.

Le général Villa tte contribua le 31 octobre 1808 en Espagne, à la défaite de Pavant-garde du général Blacke qui défendait les hauteurs de Durango, ainsi qu'à la prise de Bilbao, que le général espagnol fut contraint d'évacuer en désordre. Quelques jours après, sa Division décida la victoire à Espinosa del Rey et se distingua encore à la Santa-Maria-del-Campo , de même qu'à Somo-Sierra.

A la prise de Madrid il emporta par escalade, le 3 décembre, l'établissement royal de Retiro, força la porte d'Alcala et successivement tous les postes retranchés qu'on avait établis dans son enceinte.

A Uclès sa division «'étant avancée droit à l'ennemi, le 13 janvier 1809, pendant que le duc de Bellune tournait les Espagnols par Alcazar avec la Division Ruffin, elle attaqua et battit le corps d'armée commandé par le duc de l'Infantado qui défendait la position et la ville d'Uclès et lui fit dix-huit mille prisonniers , dont deux généraux , sept colonels, vingt lieutenantscolonels, trois cents officiers , etc. La prise de trente drapeaux et de toute l'artillerie complétèrent le succès de cette journée. Le général Villatte eut la plus grande gloire à cette victoire.

Le 16 mars il chassa le$ Espagnols de Vsl-de-Ramas, remonta le Sbor et poursuivit l'ennemi de position en position , de rocher en rocher.

Le 28 il décida, à la tète de ses troupes, la sanglante victoire de Médellirt et mérita en cette circonstance de nouveaux éloges du duo de Bellune.

Le 28 juillet, le comte Villatte It des prodiges de valeur à la bataille de Tallaverade-U-Reyna.

Le 4 mars 1811 , veille de la bataille de CMclana , l'ennemi ayaot opéré on dé* hsrquement près dès lignes de Santi-Fétri, Villatte ordonna de la nuit à ses troupes de marcher contre lai et le culbuta complètement ; un drapeau, trente-six officiers, dont trois colonels, quatre cent cinquanteneuf sous-officiers et soldats faits prisonniers , deux cents hommes noyés et plus de cent tués furent les résultats de cette attaque.

Le 5 mars 1811 le général Villatte fut grièvement blessé à Ghiclana ou des forces triples semblaient devoir écraser les français. Une brigade de sa Division commença l'action , culbuta les Espagnols , leur tua plusieurs centaines d'hommes et détruisit leurs ouvrages commencés à la tète du pont de Santi-Pétri.

Le 26 mai 1812 il était près de Salamanque où il soutint avec six bataillons d'infanterie du 27e léger, des 63e et 94e de ligne et 300 dragons du 12e les attaques et les charges que réitérèrent plusieurs fois sur lui dans la journée huit mille hommes de cavalerie anglaise.

A la défaite de Vittoria il combattit avec succès le général anglais Hill ; mais il ne put profiter de ces succès à cause du désordre qui se mit dans l'armée. Cependant il sut maintenir ses troupes , se retira en bon ordre devant un ennemi qui lui était de beaucoup supérieur et soutint ainsi la retraite jusqu'à Salvatierra.

Pendant les campagnes de 1812 et 13, le général Villatte commandait le corps de réserve des Pyrénées , sur la Bidassoa. Le 25 juillet 1813 , l'armée française sous

les ordres dm duc de Dalmatie ayant repris l'offensive, le général Villatte fat chargé de contenir l'ennemi avec seize mille hommes sur la Basse~Bidassoa. Le 31 aoàt il passa au gué cette rivière vers Bériatu et fit avec le général Reifle des efforts inouïs, mais inutiles pour enlever la gauche des positions de l'ennemi en avant d'Iran et pour se rapprocher de Saint-Sébastien qu'on avait l'intention de débloquer. Cependant une partie de sa Division gravit la montagne des Trois»

Couronnes oii était le camp ennemi , et y mit le feu.

Lors du passage du Bidassoa par les Anglais, le 8 octobre 1813, le général Villatte campé sur les hauteurs d'Aseain, à une lieue de Bayonnette, passa la Nive pour se porter au secours de la Division du général Taupin assailli dans cette redoute et sivement mené par vingt mille ennemis. Cette division soutenue par la réserve du général Villatte put se reformer en arrière de la Nive, et les deux corps se maintinrent dans leur position jusqu'au mouvement que fit l'armée pour aller en prendre une nouvelle en avant de Bayonne.

Villatte avait été blessé à l'affaire de Bessussary sur la Nive, le 10 décembre. Il combattit à Orthez et à Toulouse , les 27 février et 10 avril 1814, et rendit en ces deux occasions des services signalés.

A la première restauration, Louis XVIII nomma le général Villatte chevalier de St. Louis, le 2 juin 1814, et inspecteur-général d'infanterie dans les 1 la et 20e Divisions militaires. En 1815 à la seconde restauration, Villatte commandait les troupes fran* çaises à Paris et avait toute la gendarmerie sous ses ordres. On le nomma membre du Conseil de guerre qui devait juger le maréchal Ney ; mais ce Conseil se déclara incompétent. En 1816 il passa au commandement de la 4e Division militaire à Nancy, et le 17 décembre 1818 1 celai de la deuxième, à Chàlons. Décoré du grand cordon de l'Ordre royal de la Légion d'honneur le 20 septembre 1820, commandeur de l'ordre militaire de St. Louis

if

M mois d'aoftt 1823, ce général commandait depuis le mois de janvier 1820 la 3* Division militaire lorsque la révolution de juillet éclata. Villatte n'ayant pas voulu adhérer au gouvernement de Louis-Philippe, fut mis à la retraite et alla passer le reste de ses jours à sa campagne près de Nancy. Il était aussi commandeur grand-croix de l'Ordre de l'épée , grand-croix de celui de Charles-Frédéric et chevalier de la couronne de Fer.

Le général Villatte est auteur d'un petit ouvrage qui a pour titre : Voyage du Roi à Metz; relation militaire. 1828, in-8°; 43 pages ; fttotz , Verronnais.

Btcia, Biographie de la MoeeUe, IV, 401, tqqq.

— Histoire de Longwy, 187, tq. — Tables du Mo* aitear, de 1000 à 1814/— Dictionnaire des Gênérauy français. — Dictionnaire de Batailles. — Victoires et Contactes des Français, XVII à XXVI.

— Biographie des Posasses tirants, V.

VILLATTE , Fr<tnç9t9-Jean , ou Jean- François, était frère d'Eugène -Casimir qui précède. Il est né à Longwy , le 5 septembre 1786. Elevé à l'école militaire <de Fontainebleau il erttra en 1805 au 5* -régiment d'infanterie légère en qualité de sons-lieutenant; passa ensuite lieutenant an 95* de Kgne et, en 1807, aide-de-camp de son frère qu'il a peu quitté depuis et dont il a partagé les périls , les fatigues et les dangers.

Il a obtenu sur le champ de bataille les grades de capitaine, de chef de bataillon et de lieutenant-colonel.

11 a rempli les fonctions de chef d'étatmajor de la 15e Division militaire; fut ensuite employé en la même qualité à une des Divisions de l'armée d'Espagne sous les ordres du Dauphin et avec le grade de colonel que le roi venait de lui conférer. Au mois de novembre 1823 il fut nommé chef d'état-major-général de la 3e Division militaire à Metz et mourut le 8 mai 1829, à Nancy, des suites d'une blessure affreuse qull avait reçue en 1813 , en avant de Bayonne , et dont il ne put jamais guérir.

Francois-Jean Villatte était officier de l'Ordre roytA de la Légion d'honneur,

chevalier de St. Louis , de Charles III , de St. Ferdinand d'Espagne et du mérite militaire de Charles-Frédéric.

Essai sur l'Histoire de Longwy, 197, sq. — Bsciii, Biographie de la Moselle , IV, 49.

V1SMES, Louiê-Jacob de, est né k Montmédy vers l'année 1705 et dirigea ses études et ses travaux vers les antiquités ecclésiastiques : il s'occupa surtout de la liturgie et du culte. On a de lui : V. Office de St. Charles; Paris, 1768; in-12. — £•. Office de Jésus-Christ enseignant ; Paris, 1764; in-12. —S9. Propre des religieuses de la Madelaine de Trainel ; Paris, in-120. — 4°. Propre de Saint-Germain l'Auerrois; Paris 9 in-12. — 5*.

Propre de St. Josse; Paris, in-12. -*- 6°. Propre de St. Jean en Grève ; Paris, in-12. — 7°. Propre de St. Landry ; in-12.

Le père Yismes est mort le 7 octobre 1753, à l'âge de 48 ans.

Dr. Frxi.n, Dictionnaire historique; B«pptes*ent, lltt. V. — Histoire eeclésiaitiqne, civile et littéraire du Département des Ardennes. — Lscur, Annales <TY?oii-Carignaii, 413, sq.

VOÏART, Jacques-Philippe, est né à Longwy, vers le milieu du dix-huitième siècle. Son père, employé alors dans l'administration des vivres , et depuis contrôleur-général des fermes, ne fit faire à sou fils que des études faibles, parce qu'il le destinait à son administration. C'est ainsi qne Jacques-Philippe Voïart passa une partie de sa vie aux armées, fut longtemps garde-militaire dans les vivres et eut pendant la révolution l'entreprise de la fourniture des Invalides. Il exerçait ce dernier emploi lorsqu'au plus fort de la Terreur il fut enfermé avec son épouse dans les caves de cet hôtel d'où ils n'échappèrent que par hazard.

Voïart avait reçu de la nature le goût des beaux-arts et de la poésie. Dès ses plus jeunes années il dessinait, peignait la miniature, faisait des vers et composait de petits ouvrages en prose. La révolution vint interrompre ces occupations agréables qu'il ne reprit qu'en 1815, époque à h-

quelle la paix le rendit aux muses. Devenu en 1820 l'un des fondateurs de la Société linéenne de Paris , il fut attaché au Bureau de cette Société en qualité de trésorier et publia entr'autres ouvrages les suivants : i°. Entretiens sur la théorie de la peinture ; 1820, in-12. — 2». Choisy. E pitre en vers à mon ami; Paris, 1829, in-8\

Ami du célèbre médecin Alibert, Votait Ta aidé dans la rédaction de quelques-uns de ses ouvrages. Il a été le père de la gracieuse madame Tastu, et doit être mort depuis une dixaine d'années.

Btciw, Biographie de la Moselle. IV. 467. aq.

Wo

WAGNAIR DE MARIS Y, Frédéric- Christophe-Henri-Pierre-Claude , est né le 11 juillet 1764, à Kédange, canton moderne de Metzerwisse , suivant Viville et Verronnais ; à Altropp ou Altroff, même -canton, suivant Bégin. Il était fils de Michel Wagnair, notaire à Kédange, et d'Elisabeth de Marisy.

Frédéric Wagnair entra de bonne heure au service militaire. Cadet au régiment de Conflans, hussards, en 1779, sous-lieutenant le 2 janvier 1784, lieutenant le 27 mai t788 , capitaine le 29 avril 1792, «chef d'escadron le 4 octobre 1793, il devint colonel du septième hussards le 1er messidor au II (19 juin 1794).

Nommé général de brigade le 12 floréal an XI (2 mai 1803), Frédéric Wagnair n'avait cessé jusqu'alors de mener une vie militaire fort active et de se signaler par des actes de bravoure. Le 14 messidor an II entr'autres, sur la hauteur de Martinzée, il dégagea le lieutenant Thumelain, entouré de dix à douze cavaliers prussiens, après avoir sabré et mis cette troupe en fuite.

Il avait fait toutes les campagnes de la République (1792 à 1812) ; avait reçu trois coups de sabre dans l'affaire de Lopfuigen, le 24 thermidor an IV, et avait eu un cheval tué sous lui le 26 vendémiaire de la même année au combat de Villingen. Il avait été fait commandant de la Légion d'honneur à la première promotion, le 25 prairial an XII (14 juin 1804).

Le général Wagnair est mort célibataire à Talaveyra à l'armée d'Espagne , le 2

janvier 1812.

Bcgin, Biographie de la Moselle, IV, 371, sqq. — VemaoRRAit, Statistique bistoriqae «la Département de la Moselle, 9 et 204. — Viville, Dictionnaire da département de la Moselle, II, 914.

Walram de Luxembourg - Ligny ; y. LUXEMBOURG-LIGNY, Walram de.

WANDELBERT, Wandelbertus , religieux de l'abbaye de Prum, florissait vers Tannée 839. Il a écrit en vers un Martyrologe que Molanus a publié , ainsi qu'une vie de St Goar, qu'il dédia à l'abbé Marquard (v. son art.).

▼. STaAHsaae, Metropolia Ecelesiss Trevericss, I» 78, et 464.

WENDEL, François de, né à Charleville, le 20 février 1778, est mort à Metz, le 11 mars 1825. Officier de la Légion d'honneur et chevalier de Saint- Louis, François de Wendel occupait les fonctions d'Inspecteur-Général des gardes nationales du Département de la Moselle. Propriétaire des forges de Hayange, il s'est rendu célèbre comme industriel, en changeant entièrement l'ancien mode de fabrication du gros fer , ainsi que des fers platinés et fendus.

VsaaoRKAis, Statistique historique de la MoscUe,

WIBALDE, Wiebolde ou Guibalde, né dans la Lorraine ardennaise, pays de

-Stavelot, comme jt le dit lui-même dans -une de tes lettre! , appartenait à une famille noble que quelque» auteur* nomment -du Pré, a Prato ou a Prati$. 11 avait deux frères et une sœur qui tons trois entrèrent -en religion comme loi.

Confié dès sa pins tendre enfance à l'éducation des moines, comme cela était généralement la coutume à cette époque dans les bonnes familles , il apprit à l'abbaye de Stavelotla Religion, la Grammaire ainsi que la Rhétorique sous Reinard , il fit des progrès rapides dans ces branches, an point qu'il résolut de passer ensuite à Liège afin d'étudier la Dialectique, l'Arithmétique, la Géométrie et l'Astronomie, sciences dans lesquelles il acquit bientôt la réputation d'un génie du premier ordre : JEn effet , les sciences les plus abstraites n'étaient plus qu'un jeu pour lui , et elles n'avaient point de subtilité qui échappât h sa pénétration.

A la fin de ses cours il résolut d'entrer en religion et choisit pour cela l'abbaye de Vaussor près de Dînant, où il fut chargé de la direction des écoles. Cependant sa réputation avait volé partout, et l'abbaye de Stavelot oh il avait passé ses premières années désira à le revoir. Après plusieurs négociations il y retourna et fut élu abbé de ce monastère vers la fin d'octobre 1130, après le décès de l'abbé Jean de Reuland.

Aussitôt Wibalde se mit en devoir de remettre en ordre la discipline et le temporel de cette maison , et il y avait déjà réussi en grande partie lorsque l'Empereur Lothaire, étant venu le visiter à son retour d'une diète qu'il avait tenue à Liège, conçut pour lui une telle estime qu'il le nomma son ministre et l'envoya en Italie à la tête d'une armée pour soutenir le pape Innocent II. Il fut ensuite chargé du commandement des (lottes impériales dans la Méditerrannée (1137) et presque en même temps nommé, contre son gré, abbé •du Mont-Cassin. Mais il quitta cette maison peu de temps après , afin d'échapper à la vengeance de Roger , roi de Sicile , qui

avait menacé de le faire pendre s'il tombait entre ses mains , et revint à Stavelot en 1138.

Après la mort de Lothaire il contribua beaucoup à faire élire empereur Conrad de Souabe qui eut pour lui la même amitié, et qui le désigna en 1146 abbé de la Nouvelle-Corbie. Il fit partie delà Croisade ordonnée par le pape Eugène III contre les Esclavons, et assista aux Conciles de Rheims et de Trêves au nom du roi Henri le jeune.

L'Empereur Frédéric I lui donna aussi toute sa confiance et l'envoya deux fois en ambassade à Constantinoplc. II assista au couronnement de ce prince par le pape Adrien VI , et mourut , empoisonné diton , au retour de sa seconde ambassade à Constantinople , le 18 juin 1 158 , à Béthulie en Paphlagonie, d'où son corps fut ramené à Stavelot par les soins de son frère Erlebalde qui lui succéda en qualité d'abbé de ce monastère. On lui fit l'épitaphe qui suit:

Dbo et Ecclbsia

WlBALDUS

Qui vixit , dum vixit

Intbr mortalbs omnium Abbatum

Fblicissimus,

SUMMO PONTIFICI, ImPBRATOEI

Et principibus charissimus, exuvias corporis hîc dbposuit ,

Univers^ POSTBRITATI

Ob PIBTATBH, diligentiam ,

Et singclarem zblum

Maxime bt pbrpbtuo commendandus ;

tu , qui post ecm sbdebis ,

Fac idem, et vives.

Ce prélat , d'une prudence parfaite et d'une rare capacité dans les affaires, a laissé cent quarante et une lettres, monument précieux sur l'Histoire de l'Eglise et de l'Allemagne, que Martène et Durand ont publiées dans l'Amplissima Collecta veterum monumentorum , T. II, 153. Swertius cite en outre de lui: 9°. Une vie de SU Boniface ; et 5° , une de Ste Walburge , sœur de ce dernier.

Bnmur, IV, 45 k 68; 117 à 108. - Momm, 8applé»eot, II, 1056, art. Gutbald. — Cu »* Bu- M-Liivts, Bioftraplie Ifégecite, I, 5T5, iq. — *C<m- ▼crtatioM-Lexik**, Mit 1894, XII, 908.— C*imm, Bacyebpéfle MéJerae, XXIV, 469. *- Mmts- ■km, -BibUotliecft Coloniemis, 565. — HastAhb et Dca**», Collectif amflissina, ÏI, 155, âqqq. — Bio- ' graphie uulYersélle, 1», 4W, *q. — SwtftTittt, Athe- *e ftelffote 668.

WIETERSHEIM, Edouard de, ancien ministre d'Etat au royautae de Saxe, est né en 1789, dit le Conversations- Lexicon , à Luxembourg , ou son père , alors capitaine autrichien , était en garnison : cependant après de minutieuses recherches faites dans les registres de baptême de cette Tille , on s'est assuré qu'il n*y est pas inscrit.

Le jeune Edouard de Wietersheim commença son éducation à Puch , près de Bitterfeld, bien appartenant à son père ; puis il se rendit i Leipsic pour suivre les cours de droit. Après qu'il eut terminé ses études il fut admis dans les bureaux de l'administration dont il devint bientôt membre. En 1813 il se rangea sous les drapeaux de la Saxe et fit avec le grade d'officier la campagne dite pour l'indépendance. Bieu que ses propriétés entrèrent en 1816 sous la domination prussienne , il continua de rester attaché au gouvernement saxon qui le nomma conseiller d'état et de justice effectif , poste qui lui procura une -grande influence comme chef du cercle dit Voigtland , mais surtout de celui des mines , dans lequel dernier il sot de préférence montrer ses connaissances approfondies en fait d'arts et de manufactures.

Après la retraite d'Einsiedel , en 1830, Wietersheim lui succéda en qualité de directeur de la chambre de commerce, et lorsque ce corps fut dissous il fut nommé président de la commission générale attachée au ministère de l'intérieur. Comme commissaire du gouvernement près de la diète constitutionnelle depuis 1831 , il fit en plus d'une circonstance preuve de beaucoup d'éloquence et d'une expérience très-étendue. En 1835 il fut nommé di-

recteur de eercle à Dresde et chargé 'en même temps cnrii conseiller intime effectif, de la direction d'une dfriston traitant des intérêts commeteiaux attachée au mhristère de Pirtérhwr. Dm* ces fonctions il mit tout sob «aie à faire prospérer tous les genres de «l'industrie nationale.

Il entra au ministère en 18*0, et fit chargé eu portefeuille des otites et 4e l'instruction pubHqeeoh son udmintotratten fat rendue reoonneancttble par la fondation d'une caisse de retraite p0ur les veuves et les orphelins d'instituteurs protestants, par la otéatien de l'académie royile des sciences de Leipeic , l'annexion de professeurs capables à l'université de la même ville et la publication d'un règlement «nouveau pour les école* supérieures du royaume de Saxe. Après les événements politiques de 1848 il demande et obtint sa retraite; mais il conserva la surveillance sur les établissements industriels.

II se retira ienfin absolument en 1853 dans lu vie privée.

Ou doit à de Wietersheim plusieurs ouvrages importants, au nombre desquels nous dénommerons en première ligne :

1°. 'La Démocratie; Leipsic, 1848; 2°.

Des recherches concernant Tartihéologie -de l'Allemagne ; parmi lesquelles on doit distinguer : 5*. Zur Vorgeschichte detttscher Nation ; Leipsic^ 1352 ; etc.

GonTenaUons-Lezieoii, èàlt de 16*51; XV» fi* partie, S44.

WOLTER DE NEURBOURG, Bênoit- Nicolas , seigneur de Cattenom et autres lieux , maréchal de camp d'infanterie , chevalier de Saint-Louis , est né à Cattenom le 16 juillet 1726, fils de Jean- François de Wolter, conseiller au parlement de Metz , et de Marie-Françoise Desandrouins.

Appelé fort jeune au service militaire, il abandonna sans peine ses prétentions 4 la toge pour suivre la carrière des armes. Il figura avec honneur dans la guerre de sept ans et se trouvait déjà en 1761 lieu-

tenant de I* compacte «tes* oenfe-snisses» M* reçut le brevet de colonel en 176$ et Art nommé brigadier d'infanterie le f* mars 1*780. Maréchal de camp de la promotion du P9 janvier 1784, 11 cesse à cette époque de faite partie de» eenfcsuisses et se retira même peu dé* temps après dans ses terres. Il y rivait tmtqnilte tas» des, oi*g*s qui nuKeMèrint la révolution , lorsqu'en 1787 les vœux de ses concitoyens le désignèrent comme député de la noblesse à l'assemblée provinciale des Trois-Evéchés et du Germon-. fois. Louis XVI confirma ce choix en le

portant à la présidence de Rassemblée du district de Thionville. An mois de juillet 178» le général Wolter fat élu député aux Etats-généraux. Obligé de se tenir caché pendant 1* Terreur , il ventre dans ses foyers après les troubles de la révolution et mourut à Cattenom le 93 février 18»*, k l'âge de 78 ans.

Bbgik, Qio^rapMfi de la VoseUe, IV, 45&, -* VsaaoavAis, Statistique historique da Département de la Moselle, 69.-Moaiai, III, 555 de l'éditioa de 1759. — Tsisswa, Histoire de ThioBYiUe, 328, *q; 550.

XHROUET, Joseph, né à Spa, florissait vers le milieu du dix-huitième siècle et s'est distingué dans le gravure. Il a exécuté le plan du grand-marché do Liège, de l'Hôtel de ville et de la fontaine qui se trouve en face. Ce plan , qui est inséré dans le premier volume, p. 244 , des Délices du Pays de Liège , est admiré par les connaisseurs.

Cto m Bsc-M-Litrai, Biographie liégeoise, II,

XHROUET, Lambert, oncle du précédent, florissait vers la même époque, c'est-à-dire en 1740. Il fut un des premiers tourneurs de son siècle et est né à Spa. Cet homme étonnant exécutait sur des tours, dont il était l'inventeur, des pièces merveilleuses par leur difficulté et leur finesse. La grande réputation qu'il s'était acquise par la beauté de ses ouvrages se répandit bientôt partout et lui valut l'honneur d'être mandé en 1748 à Vienne et d'y être retenu pendant six mois auprès de l'empereur François I". Il avait pris son tour avec lui et donna des leçons de cet art au monarque qui lui fit cadeau d'une belle tabatière en porcelaine de Saxe et de trois médailles d'or.

Il fut aussi appelé à Bruxelles par le duc Charles de Lorraine, qui était égalen^ent amateur, de cet amusement x et séjourna pendant Quelque temps à sa cour.

D'autres princes d'Europe voulurent de même l'avoir auprès d'eux et ornèrent leurs cabinets d'ouvrages de ce célèbre artiste. Xhrouet exerçait encore son art à l'âge de soixante-onze ans ; et malgré sa caducité on voyait sortir de son tour des prodiges de goût et de délicatesse.

Cte os Bsc-M-LiK¥ai, Biographie liégeoise, II» 586. — Dbwks, Histoire da Pays de Liège, II, 551.

XHROUET, Warner, médecin distingué de Spa, est vraisemblablement né d*ns cette ville. Il est mort en 1740, laissant les quatre ouvrages dont nous allons transcrire les titres: 1°. De trium humorum oculi origine , formatione et nutritione; Liège, 1688 , in 8°: Dans cet ouvrage il s'élève contre la doctrine de Nuck et prétend que les conduits aqueux de celui-ci sont de véritables artères. Il entre dans plusieurs autres détails, tels que sur la structure celluleuse de l'humeur vitrée , l'analyse du crystallin et l'humeur aqueuse, la membrane qui ferme l'iris, etc. Nuck publia une réplique en 1691. —

2°. La connaissance des eaux .minérales de Spa, d'Aix-la-Chapelle et de Chaudfontaine, pour leurs véritables principes; Leyden, 1714 , in-12 : cet ouvrage renferme beaucoup d'observations pour confirmer les vertus de ces eaux. — J°. Une traduction française du Spadacrène de Henri de Heers, enrichie de notes savantes ; LaHaye, 1739 , in- 12 : Il y a corrigé les fautes touchant la chimie , et établi par ses ex-

périences l'existence d'un acide, d'un esprit volatile, d'une terre alcaline et du fer dan» les eaux de Spa. — 4°. Une analyse sur le soufre , publiée dans le Journal de Trévoux , année 1707. Il prétend, contre le sentiment de Harobert qu'il attaque, que l'on peut obtenir des fleurs de soufre aucun mélange d'acide.

C** m Btc-M-Liàvas» Biographie tfégeabe,

Zantflied, Menghers, Corneille, dit; v. MENGHERS, Corneille.

Page 1