‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 2 sur 117 · ANDRE ADAM · texte numérisé non relu

ANDRE ADAM

Ministre réfugié, que la persécution chassa du royaume de France. Il se relira à Neuchàtel où la Classe l'occupa quelques années à faire le catéchisme et à des fonctions pastorales. Diverses rêveries mystiques, empruntées aux illuminés de rAllemagne, et qu'il publia en 1703, lui attirèrent des ennuis et le firent expulser du comté de Neuchàtel. Son livre est intitulé: L'impie fanatisme convaincu par la vérité , ou la secte moderne du canton de Berne y qui domine principalement dans la ville de Vevay, Dialogue de deux voyageurs: Thibaud, ortlwdoxe et Trophon , piétiste, Richwig in Stcmpatura Slcmpatorum. 1703, in-H. 94 p.

C'est pour l'impression de ce livre, que Ilaller dit élre aussi rare que mal écrit, que Adam a été chassé de Neuchàtel.

Sooroei. IlaUer , Bibtiothek. 111. N*> 540. — Recueit bibliographique , par V.'A.'M. Jeannerelf mss.

AIGNE.

AIGNE.

AncieDne famille noble du comté de Neuchàlel. On trouve dans les anciennes reconnaissances du pays, que dans le 14* siècle Jean d'Aigné habitait un petit château, situé à Pontareuse, à peu de distance de Boudry. On ne sait d'où ce Jean d'Aigné lirait son origine. Quelques-uns ont pensé qu'il pouvait être issu de la famille d'Agnens, alliée à la maison d'Estavayer ; mais cela ne paraît pas vraisemblable. Il est probable qu'il appartenait à cette classe d'hommes royaux dont il est si fréquemment parlé dans l'histoire deNeuchâtel. Voici ce que l'on connaît de celte famille :

Jean d'Aigné, écuyer, vivant en 1386, épousa Valence , fille de Girard de Vieilmarchc, dit Peslel , bourgeois du Landeron , et de Perissonne, sa femme, et en eut trois fils: l^ Jacquemin d'Aigné; 2** Henri d'Aigné , écuyer , marié à Annelette; 3® Jean d'Aigné, écuyer, dont on ignore la descendance. L'aîné, Jacquemin, écuyer, prit le nom de la famille de sa mère , et sa postérité ne fut connue que sous le nom de Vieilmarché. Jacquemin et ses frères sont qualifiés, dans plusieurs actes, bourgeois du Landeron: cela se trouve constaté par une reconnaissance du 15 novembre 1433, du notaire Passibus. Suivant une autre reconnaissance du 18 septembre 1420, du notaire de la Bruyère, ces trois frères tenaient une maison , assise au lieu du Vieilmarché, du chef de leur mère, et située au Landeron. Jacquemin épousa Marguerite de Cressier, fille de Jean de Cressier et de Grede de Gleressc , fille de Pctremann de Gleresse et de Françoise de Bariscourt. Après sa mort, Marguerite de Cressier épousa en secondes noces , par contrat du 6 août 1496 , François Gruières, châtelain du Landeron. Grede de Gleresse, son aïeule, lui fit don de tous ses biens , hormis certain curtil qu'elle donna a François de Gleresse son oncle , par donation entre vifs du 6 juillet IftOfi. Jacquemin eut de son mariage deux enfants: Jean et Henri d'Aigné dit de Vieilmarché. Ce dernier, qui était le cadet, épousa Johannette , dont le nom de famille n'est pas connu, et en eût: 1** Jacquemin de Vieilmarché, marié à Jeannette d'Enge, du Landeron; 2^ Isabelle de Vieilmarché, mariée en IKOO à Girard Val-

AMÉDROZ.

lier, bourgeois de Landeron; 3® Pierre de Yieilmarché , dont on ignore la postérité.

L'ainé, Jean d'Aigné , prit le nom de Quemin , on ne sait trop pourquoi, et s'appela Jean Quentin de Yieilmarché : c'était une portion du nom de baptême de son père, qui passa comme nom de famille à ses descendants. Cet exemple est peut-être unique, qu'un gentilhomme quitte son nom et sa qualité d'écuyer pour en porter un au-dessous du sien , accompagné d'une portion de nom de baptême, qui devint bientôt un nom de famille. Jean fit un partage avec ses frères, le 12 juillet 1419. Il avait épousé Alix de Fonlaines-Chalangrin,sœur de l'abbé de Fontaine-André de même nom, et fille de Jean de Fontaines-Chalaugrin et de Willermette de Yaux- Iravers, laquelle testa en novembre 1436, l.iissant quatre enfants, dont l'ainé , Messire Nicod Quemin de Yieilmarché , chanoine de Neuchàtel , testa le 19 février 1460. Les derniers membres de la famille d'Aigné apparaissent dans l'histoire à la fin du 15" siècle.

Soaro«i. CollecUon diplomatique du baron J.-F. de Chambrier, chambellan de s. M. le roi de Prusse. — Notices généalogiques du baron d'Estavayer. t. XI. p. 4 à 6. — Collection diplomatique de F. de Mûlinen-Mutach , à Berne.

AMEDROZ.

Jacques-Abram Amédroz^ né à la Chaux-de-Fonds en 1719, mort le IS février 1812, mtiréchal de camp au servicxî de France, chevalier du mérite militaire et premier lieutenant aux Gardes-Suisses. Il entra au service en 1739 , comme officier dans une compagnie neuchàteloise aux petits corps, et passa, en 1744, dans le régiment de Casiella. Après avoir rempli divers grades, il fut fait premier lieutenant des Gardes en 1762. Ses services lui avaient déjà valu, en 1759, la croix du Mérite, et en 1760, le brevet de colonel. Son régiment fut un de ceu% qui, à la déroute de Tarmée française, résistèrent le plus longtemps aux Prussiens, et Amédroz un des officiers qui contribuèrent le mieux à cette résistance. Il se distingua encore plusieurs fois pendant la guerre de sept ans, où les généraux lui confièrent toujours les postes les plus périlleux. Nommé lieu-

AMÉDROZ.

tenant du roi à Casse! , il y soutint un siège mémorable. Après avoir fait longtemps les plus grands efforts pour défendre les ouvrages extérieurs, il refusa constamment de signer la capitulation. Son nom se trouve mentionné de la manière la plus honorable dans la Gazette de Paris de 17i!i5, où l'on rend compte de la bataille de Ceslrières, en Piémont, gagnée par les Français. Amédroz s'y distingua comme aide-dc-camp du général de Sury , et montra une bravoure qui faillit lui devenir fatale, car il fut grièvement blessé dans celte fameuse journée. Il reçut le grade de brigadier le 18 juin 1768 et celui de maréchal de camp en février 1780. Il avait quitté le service de France avant le licenciement des troupes suisses en 1 792 , et vivait dans la retraite à Neuchâtel lorsque la mort le surprit après une longue et honorable carrière, le 15 février 1812. C'est à tort que la Biographie nouvelle des contemporains lui donne le prénom de Jacob.

Le frère du colonel Amédroz , Josué Amédros fut un des bienfaiteurs de la Chaux-de- fonds. Après avoir séjourné à l'étranger une grande partie de sa vie , et acquis une assez grande fortune pour le temps, il était revenu passer ses vieux jours et terminer sa carrière dans sa patrie. Par son testament, daté de l'année 1813, il a donné aux pauvres de la Chaux-dc- fonds, sa commune, et pour en jouir après la mort de son frère, un placement considérable dans un emprunt du gouvernement anglais , et qui produit annuellement environ 2300 francs, mais avec la réserve expresse que cette somme serait chaque année mise en fonds et sa rente seule employée, ensorle qu'à l'expiration de l'emprunt au bout d'un certain nombre d'années, la Chambre de charité de la Chaux-de-fonds est devenue l'un des établissements les mieux dotés du pays. On ne peut assez faire connaître des traits pareils de patriotisme et de charité.

Souroei. Girard, HUloire des officiers Suisses dans les services étrangers, i. I. p. 20. — Ziirlaiihcn, llisloire militaire des Suisses, t. 111. p. 345. — May, Histoire militaire des Suisses, VI. 258. — Hassel, Mlgemeines Handworterbuch der Geschichle, Wciroar i8â6. t. 1. page 258. — Biographie nouvelle des contemporains. 1. I. p. 450, clc.

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