JEAN- JACQUES BOURGEOIS
On sait qu'au moment où Louis xiv commença à sévir contre les Réformés de son royaume, les Vaudois du Piémont éprouvèrent le contre-coup de ces persécutions. La politique française insinua au duc de Savoie qu'il devait imiter le zèle du grand roi en abolissant aussi la religion des Vaudois. L'ambassadeur de France en Piémont alla jusqu'à offrir 14,000 hommes pour soumettre cette population, et au mois d'avril 1686, les français^ commandés par Gatinat, dont le beau nom militaire fut compromis au service de cette détestable cause, commencèrent cette triste campagne. Après des efforts désespérés, les Vaudois réduits au nombre de trois mille, durent céder aux attaques combinées de deux puissantes armées , et se réfugièrent à grand'peine dans les pays protestants: en Angleterre, en Hollande , en Allemagne et en Suisse. Le pays de Neuchàtel en reçut un grand nombre, auxquels il donna une généreuse hospitalité.
Le pasteur Henri Arnaud, leur chef, demeura pendant les trois années et demie de l'exil à Neuchàtel, et quand il était appelé à faire des voyages en divers pays, il y laissait sa femme, qui y a séjourné beaucoup plus longtemps. Diverses notes des manuels des Quatre-Ministraux et de la Compagnie des Pasteurs montrent même que c'est à Neucbàtel qu'il forma le plan du retour des Vaudois dans leurs Vallées.
Après plus de trois ans , dit-il , ces pauvres gens , aidés par leurs corréligionnaires d'Europe et excités par quelques chefs intrépides, prirent le parti extrême de rentrer à main armée dans leur pays; ils trouvèrent en Suisse et surtout dans la Suisse française , des secours, des encouragements et même la promesse formelle d'une vigoureuse et active coopération. Si le gouvernement de Neuchàtel voyait d'un assez mauvais œil les démarches des Vaudois, et s'il prit une attitude sévère à leur égard, la sympathie des simples particuliers leur était acquise. On se disait qu'il allait se passer parmi eux quelque chose de considérable. La preuve en est que c'était un Neuchâtelois , un bourgeois de Neuchàtel, ancien capitaine de France, homme capable et d'une grande expérience, qui devait être le chef de l'expédition; les deux principaux officiers, Renaud et Furel , tous deux de Die en Dauphiné , devaient être sous ses ordres. Nous voulons parler du capitaine Jean-Jacques Bourgeois, qui n'arriva pas assez tôt au rendez-vous des Vaudois, on ignore pour quelle raison , ce dont il fut si honteux et si désespéré qu'un peu plus tard il se mit en mouvement avec sa troupe* pour rallier la petite armée d'Arnaud. Mais il n'y parvint pas et n'eut rien autre chose à faire qu'à revenir avec sa troupe débandée, après avoir dévasté quelques villages du Chablais, où il fut battu près dcSt-Paul et de Bernex, par les troupes du duc de Savoie. LL. EE. de Berne, qui avaient fait défense à Bourgeois et à sa troupe de s'embarquer, n'ayant pas été obéies , et s'étant au retour emparées de sa personne, à Goppet, au moyen de leurs agents, lui firent faire son procès 9 comme ayant violé les territoires de Berne et de Savoie ;
I II y avait treize compagnies de Français réfugiés, trois de Suisses , deux de Vaudois de Piémont et une de grenadiers , ceux-ci presque tous Neuchâtelois. Peut^tre aux yeux d* Arnaud cette troupe était-elle trop nombreuse sous le rapport des vivres à lui procurer et de la discipline à y entretenir.
elles tenaient à prouver au duc de Savoie qu'elles n'étaient puur rien dans cette éciiauffourée , et ne reculèrent pas devant une condamnation à mort, qui fut cKécutée au mois de mars 4690, à Nyon , malgré le témoignage très-honorable qu'avaient rendu de Bourgeois « les capitaines , officiers et chefs des maisons des Vallées du Piémont. » Ce témoignage, portant la date de: NeticMtel, le troisième jour d'octobre 1689, est signé: Jean Robert, capitaine, Jean Renaud, capitaine.
Bourgeois eut la tète tranchée ; il mourut , paraU-il , avec beaucoup de courage. « Il n'y avait dans la foule des spectateurs que deux yeux secs , dit un récit du temps , c'étaient les siens. » Cette exécution fit alors grande sensation'et il est d'autant plus incroyable qu'elle ait laissé aussi peu de traces à Neuchàtel , car il n'est peut-être pas vingt Neuchàtelois qui en aient connaissance , ou du moins qui sachent que le capitaine Bourgeois était Neuchàtelois. La plupart des historiens ne savent pas s'il était Neuchàtelois ou Yaudois; mais les documents les plus authentiques constatent sa qualité de bourgeois de Neuchàtel .
Arnaud lui-ménve a raconté avec de grands détails le retour des Yaudois dans leurs Vallées et l'expédition malheureuse de Bourgeois, dans un livre qui, par son extrême rareté, a la valeur d'un manuscrit,* mais qui a été réimprimé à Neuchàtel il y a peu d'années. Nous y renvoyons donc les lecteurs qui désireraient connaître cette histoire plus en détail, et nous nous bornerons à citer quelques documents originaux.
I Le Uvre d'Arnaud porte un titre original , qui est à lui seul une chronique, le voici :
Hiftoîre de la glorlenie rentrée des Vandoîi àmm» leort ▼aUées, où
l'on voit une troupe de ces gens, qui n*a jamais éléjusqu*à mile personnes, somtenir la guen'e contre le roi de France et contre S. À. A. le due de Savoye; faire tête à leur armée de vingt-deux mile homme; s'ouvrir le passage par la Savoye, et par le haut Dauphiné; batre plusieurs fois les ennemis, et enfin miraculeuse-ment rentrer dans sfs héritages ; s'y maintenir les armes à la main et y rétablir le culte de Dieu qui en avait été interdit depuis trois ans et demi. Le tout recueilli des Mémoires qui ont été fidèlement faits de tout ce qui s'est poitè dam cette guerre des Faudois ^ et mis au jour par les soins et aux dépens de Heart Arnaud, pasteur et colonel des Fa^idois. MDCCX.
Ce volume, selon toutes les apparences typographiques , fut imprimé à BiJe chez Brandmûller. H est à peu près introuvable ailleurs qu'en Suisse, où on le rencontre quelquefois à des prix élevés dans des ventes faites à Tenchére. Bn 4823, un exemplaire fort mal conditionné de ce méchant in-8*, se vendit chiq livres sterlings et cinq scheiings ; et dés lors on en a offert un pour huit gainées.
Voici ce que nous trouvons sur le capitaine Bourgeois dans les registres du Conseil de ville deNeuchâtel: ((13 septembre 1689, Messieurs les Quatre-Ministraux s'étant transportés auprès de M. le Gouverneur, il leur aurait dit que Tafiaire des Vaudois faisait partout bien du bruit; qu'il venait de recevoir une lettre de Monseigneur le prince, qui la lui avait envoyée par un exprès, laquelle il leur communiqua et qui contenait en substance , que quantité de Français rebelles s'étaient ici attroupés et s'étaient pourvus d'armes; mais encore que le capitaine Bourgeois de cette ville était leur conducteur ; qu'il lui ordonnait d'empêcher cela et même arrester le capitaine Bourgeois jusqu'à nouvel ordre, s'il était possible. — Il a été arresté que l'on écrirait à S. Â. S. Monseigneur le prince pour lui faire connaître que nous n'avons eu aucune part dans l'entreprise des Vaudois, et que nous sommes entièrement innocents de ce qu'on nous accuse, et qu'on n'a nulle part à ce que fait le capitaine Bourgeois, étant une affaire de particulier. — M. le maire a représenté que chacun savait de quelle manière les Vaudois et autres réfugiés français avaient passé à main armée dans les terres de Savoie; qu'après y avoir séjourné quelques jours et fait quantité de dommages, ils se voyaient revenus, que comme nous avions reçu des reproches de différents endroits , à cause de cette affaire , comme si nous avions eu quelque part à leur entreprise; qu'il importait extrêmement de désabuser le monde; que pour cet effet la Seigneurie avait ordonné à M. le châtelain de Vauxmarcus d'établir des gardes, afin d'empêcher que ces Vaudois et Français ne rentrassent dans ce pays; qu'ainsi il importait aussi que la ville fit en cette occasion quelque démarche d'éclat , en établissant des gardes pour empêcher qu'ils n'entrassent dans la ville, soit par les portes, soit par le lac; que par là nous ferions connaître à toute la terre que nous n'avions aucune part en cette affaire et que nous suivrions en cela l'exemple de la Seigneurie. — Il a été arresté qu'on mettrait des gardes aux portes et sur le bord du lac pour empêcher que ces gens n'entrent dans la ville ; de plus, que l'on ordonne aux dizeniers de visiter exactement leurs dixaines, et que s'ils trouvent qu'il y ait des bourgeois ou autres habitants de cette ville qui aient logé des étrangers, ou qu'ils aientété reçus habitants, ils les pourront châtier jusqu'à cinq livres. De plus, que M.
le capitaine Bourgeois s'étant mis à la tête de ces Yaudois et Français, qui sont entrés en Savoye, où ils ont commis des dommages si considérables > tant par les incendies de plusieurs villages et châteaux, pillé plusieurs églises et tué des personnes de qualités; que ces excès se sont commis sous son autorité, puisqu'il était le commandant de ces gens; que pour notre décharge et pour les considérations rapportées ci-devant, comme aussi pour agréer à cette occasion à Monseigneur le prince , que Ton devrait dès à présent, décerner un châtiment contre lui. — Il a été arresté que pour punir le capitaine Bourgeois de son entreprise téméraire, laquelle il a entreprise sans estre advoué de personne et pour les excès qu'il 9 commis , qu'on le trace et raye , dès à présent , de la bourgeoisie, et qu'en cas qu'il revienne dans ce pays, on consent dès à présent, que la Seigneurie le fasse saisir. »
Le récit qui précède offre plus d'un côté remarquable; on y voit les exagérations des bruits populaires, accueillies par les autorités Neuchâteloises , pour motiver des mesures plus ou moins sévères, dans un moment où la rentrée des Yaudois attirait l'attention de toute l'Europe, et pouvait susciter à la Suisse et en particulier au canton de Berne et aux Neuchâtelois des affaires sérieuses. Les particuliers, moins soucieux à l'endroit des dangers que les autorités, continuaient à sympathiser avec les réfugiés, même en apparence mis en déroute. Il paraîtrait que les bourgeois de la ville logeaient clandestinement des Yaudois et étaient pour ce fait menacés de châtiments. 11 fallait, pour en venir là, que les Quatre-Ministraux fussent bien persuadés de la gravité des circonstances; car avant cette époque toutes les pages de leurs registres témoignent de leur active sympathie pour les réfugiés.
Cette sympathie des Neuchâtelois pour les Yaudois ne se montrait pas seulement par l'hospitalité qui leur était accordée, mais encore par des écrits et surtout par une participation active à leur entreprise, par les armes qu'on leur fournissait et par les dangers qu'ils étaient heureux de partager avec eux. Les Mémoires du temps nous apprennent que dans ces siècles-là les Neuchâtelois ne désobéissaient à leurs princes que quand on voulait les empêcher d'aller guerroyer au dehors. Un grand nombre de ceux qui suivirent le capitaine Bourgeois ne demandaient sans doute pas mieux que de
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courir jusqu'au bout les chances de cette chevaleresque entreprise; mais la fortune trahit leur courage. On conçoit que, n'étant pas arrivés à temps au rendez-vous , le fatal trop tard leur ait ôté les bras et les jambes et fait tomber les armes de leurs mains.
Les Suisses donnèrent Thospitalité à ces malheureux Yaudois jusqu'à ce que le duc de Savoie eût permis à ceux qui restèrent encore sur la terre étrangère de rentrer dans leurs Vallées.
Sooroei. Le refu%e dans le pays de lieuchâtel, par A. Guillaume , n« 3 et 4 du Bulletin de la Société d'hiiloire du protestantitme français. — Arnaud, Bisloirede la glorieuse rentrée des Faudois dans leurs Vallées, — Une expédition en Savoie en I6S9, dans les Etrennes naUonales, 4845. — Hagenbach, la Suisse écangélique et la persécution des Faudois au xyii« siècle, in-8<*, 4845. — Histoire de Henri Arnaud, pasteur et chef militaire des Faudois, par Th. Muret, Paris 4853. — Archives de la ville de Neuchàtei, etc.
FRANÇOIS BOURQUIER.
François Bourquier, abbé de Fontaine-Ândré , qui monta sur le siège abbatial en 1458 et mourut le 18 juin 1489, s'est rendu célèbre par ses démêlés avec le chapitre de Neuchàtei. L'abbé de Fontaine-André n'était pas chanoine , mais jouissait d'une prébende dans la collégiale, pour laquelle il devait faire son stage, avec l'habit de son ordre et non revêtu du costume de chanoine.
Le 5 avril 4461, François Bourquier se présente dans l'église collégiale pour y célébrer la messe, sur le grand autel, selon sa dignité, conmie il en avait agi dans la dernière fête de la Toussaint, et comme l'avaient fait depuis longtemps ses prédécesseurs, ensuite d'anciens traités. Le peuple était assemblé pour entendre la messe, a La première heure ayant frappé et le signe pour dire l'office ayant été donné , l'abbé s'approcha avant que la messe fut commencée, et tournant à l'entour du chœur, il chercha, mais en vain, le moyen d'y pénétrer, parce que les portes étaient gardées et fermées à clef. Le prévôt et tous les chanoines étaient alors dans le chœur. L'abbé, grièvement offensé, témoigna de la douleur profonde qu'il éprouvait de ce qu'en un tel jour et en présence de tout le peuple on commit envers Dieu et envers lui-même un pareil acte de violence. Arrivé à la porte du chœur, du côté du couchant, il
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essaya de nouveau de l'ouvrir, mais ne pouvant y parvenir, il s'écria à haute voix: «Monsieur le prévôt et vous, Messieurs les chanoines, ouvrez-moi cette porte.» Mais ils ne daignèrent pas lui faire la moindre réponse et firent la sourde oreille, tout en se promenant dans le chœur; ou bien, d'un air feint de surprise, regardaient Tabbé tout en se moquantde lui et en continuant leur marche.
» L'abbé fit une seconde tentative en adressant de nouveau sa requête au prévôt, mais ce fut inutilement; bien plus, le prévôt commença la célébration des saints mystères en disant prime. L'abbé voyant que pour le moment il n'apporterait aucun remède à ses maux, fit une protestation formelle dont il réclama une expédition. La première heure et les autres ayant été chantées , la procession n'étant pas encore partie, l'abbé s'approcha derechef et se plaça devant la porte , alors fermée, qui donne sur le vestibule de l'église, à l'ouest du chœur, à l'heure où le prévôt et son diacre et sousdiacre sortant du vestiaire revêtus des saints habits, devaient passer par cette porte pour aller au chœur ou devant l'autel de la nef. Il répéta de nouveau à haute et intelligible voix l'objet de sa demande, mais ce fut encore sans succès ; le pi évôt passa sans s'inquiéter (le lui répondre. L'abbé de Fontaine-André fit alors une nouvelle protestation. Un peu plus tard, et alors que le prévôt était devant le grand autel pour y célébrer les mystères, et avant que la procession fut partie, l'abbé, revêtu de ses habits pontificaux, tenant dans ses mains la crosse en signe de sa dignité , vint à la porte sous le clocher du côté du midi ; mais il la trouva également fermée. Dans ces entrefaites , le prévôt récitant le Confiteor et le chœur chantant le Resurreriy l'abbé dit à haute voix au prévôt et au chapitre: « Vous me faites injure et extorsion avec violences; voici je proteste devant Dieu et devant le monde pour le maintien de mes droits et ceux de mon église, pour les injures que m'avez faites en me fermant le chœur et en m'erapêchant d'officier, comme c'était mon droit. » Mais le prévôt et le chapitre se prirent à rire plus fort à l'ouïe de cette nouvelle protestation, dont acte fut demandé à un notaire qui accompagnait l'abbé. »
Ces scènes de scandale donnèrent lieu à un procès entre François Bourquier et l'Eglise de Neuchâtel, plaidé devant l'offieialité et jusqu'en oour de Rome. Le 12 février 1462, les parties déclarèrent
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vouloir se soumettre à la sentence de Tabbé de St-Jean et de Toffidalité de Lausanne , délégués par le pape pour terminer les difficultés toujours renaissantes entre les deux corporations. Le 7 septembre de la même année, l'abbé fit un compromis avec le chapitre, dans lequel Rodolphe de Hochberg fut arbitre avec d'autres ; il convoqua à plusieurs reprises les parties qui produisirent leurs demandes et réponses , dans lesquelles elles déversèrent tout le fiel qu'elles nourrissaient l'une contre l'autre. Tout le procès reposait sur de misérables chicanes , et le ton qui régnait était on ne peut plus mauvais ; les parties allèrent même jusqu'à d'odieuses personnalités. La procédure instruite, elles furent convoquées pour ouïr la sentence, le 31 octobre 4463; mais l'arbitre ayant été obligé de suivre le duc de Bourgogne dans les guerres de France , de Flandre et de Bourgogne , les parties demeurèrent en cet état jusqu'en 1470, où elles renouvelèrent le compromis , à la suite de nouvelles difficultés.
Le 31 octobre 1470, les vêpres étant commencées dans l'église de Neuchàtel , comparut messire François Bourquier , abbé de Fontaine-André, disant qu'il était chanoine du chapitre et qu'il se présentait pour faire le stage prescrit par les statuts, suivant les conventions réglées entre le monastère et le chapitre. Là-dessus Jacques de Fève, chanoine et procureur du chapitre, répondit qu'il ne serait pas reçu avec un habit de chanoine, parce que ce n'était pas la coutume; mais que s'il se présentait dans un autre jour de fête, avec un surplis et une aumusse, comme cela avait lieu jadis, on le recevrait, lui ou le prieur de son couvent. Après quelques discussions entre eux , l'abbé protesta et se retira. En 1471 , le 22 juillet, nous voyons la même scène se reproduire au chœur: l'abbé s'étant présenté, toujours en habit de chanoine, pour faire son stage, messire Guillaume Sugeti, chapelain et marguillier de l'église, l'en empêcha en fermant la grande porte et les trois autres portes de la grille du chœur. Deux ans plus tard de nouveaux scandales se passèrent dans la collégiale. On avait dérobé dans le chœur de l'église un livre nommé la règle ou le livre de vie, soit le martyrologe, contenant les anniversaires et les revenus de la dite église. Ce livre ayant été cherché sans succès, les chanoines s'en mirent fort en peine. Pour le retrouver, ils s'adressèrent à l'official de Lausanne,
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dont ils obtinrent des lettres monitoires portant que celui qui, ayant le dit livre, ne le rendrait pas dans Tespace de 24 heures, serait excommunié. Ces lettres furent lues le jour de Pâques, à la messe, devant l'autel paroissial et à neuf heures dans le chœur. Elles ne demeurèrent pas sans effet: l'abbé de Fontaine-André, François Bourquier, qui avait le livre en question, vint de grand matin à Neuchâlel , se rendit sur le cimetière devant l'église et s'assit sur le banc adossé à la muraille, tenant la règle entre ses mains. Alors Pierre Clerici, chanoine, s'élant présenté, l'abbé lui rendit le livre, disant qu'il ne voulait pas encourir l'excommunication. Cette restitution faite, le chanoine Louis de Pierre protesta contre l'action de l'abbé et la qualifia de larcin et de sacrilège, puis il se fit donner acte par un notaire de tout ce qui s'était passé.
Le 30 avril suivant, Pierre Clerici, chanoine , étant dans l'église collégiale, en présence d'un notaire et de témoins, demanda aux chanoines et chapelains où était l'abbé de Fonlaine-André, qui devait toujours faire son stage sans aucune interruption dans la messe et les heures canonicales et y assister personnellement. Ils lui répondirent qu'il n'avait point paru à la messe et qu'à cause de son absence il avait perdu son stage. Pierre protesta contre l'abbé, et le lendemain après les offices, réitéra la même protestation à l'abbé lui-même qu'il trouva assis sur le banc de pierre du cimetière, et qui lui dit que s'il n'avait point officié, c'était par suite d'une indisposition , à quoi le chanoine Clerici répliqua qu'il était notoire et connu de tout le monde , qu'il n'était point incommodé , comme cela pouvait se voir sur sa figure et à son air , et que l'eùt-il été, il aurait dû se faire récuser selon la coutume.
D'autres difficultés se présentèrent encore entre le chapitre et l'abbé; mais elles furent enfin terminées, au contentement de chacun, par des arbitres, le l^^ juin 1473, qui statuèrent que l'abbé n'était que simple prébendien , qu'il dirait la messe sur le grand autel aux cinq grandes fêtes de l'année; qu'il assisterait à l'élection du prévôt et non à celle des chanoines ; enfin qu'il devrait faire son stage, lui ou son prieur, depuis la veille de la Toussaint jusqu'au mois de mai suivant, avec l'habit blanc de la profession de son- ordre; sur le dit habit un surplis de toile, et sur le surplis uneaumusse d'écureuil et non une chape noire à queue, comme les chanoines, etc.
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On lit encore le nom de François Bourquier sur la bouche de la fontaine qui se trouve près de Tabbaye , et que cet abbé remuant fit réparer: Anno dotnini 1A88> huiw fontem Andrœ redificare fecerunl dominus Franciscus Bourquerii , abbas et {rater Antonvis de Costes canonicus hujus ecclesiœ.
Sources. Recueil manuteril sur Fontaine-Àndré , par ChouparcI, 1. 1, p. i 44, 190, 218, 232, 234, 255. — Ueteripl. de la collégiale de Neuch. , par J.-F. de Chambrier. — Gcichichlfoncher, vi, p. 210. — Archive» de Ncuchàtel, M6 n« 7, Y9nM9, K6n«30, etc.
BOURQUIN.
Quelque modeste qu'ait été la vie des deux compatriotes dont nous allons parler, leur générosité et leur patriotisme vivront longtemps dans la mémoire des habitants de la Gbau\-de-fonds et méritent une place dans un ouvrage destiné à tirer d'un oubli non mérité les titres de gloire des Neuchàtelois illustres.
Par un acte de dispositions testamentaires, du 13 mai 1801 , M. François Bourquin « un modeste ouvrier de la Chaux-dc-fonds, qui à force de travail et d'économie était parvenu à ramasser une fortune relativement considérable, consacrait celte fortune à des œuvres de bienfaisance et de patriotisme et donnait à la communauté de la Chaux- de-fonds:
1^ Une somme de 840 écus pour éteindre les dettes de la Commune.
2^ Une somme de 840 écus à la Chambre de charité.
3^ Une somme de 4000 écus à la Chambre d'éducation.
&® Au fonds de l'orgue, 1680 écus.
S® A la Communauté, en augmentation de son capital, 1680 livres.
6® Pour la construction d'un presbytère , 6000 écus.
7** Pour la construction d'une salle de justice, 3360 écus.
8® Aux pauvres honteux, 1000 écus.
Somme équivalente à 35,440 livres de Neuchâtel, soit environ 50,000 francs de France.
Deux ans plus tard, M. Dayid-Pierr^ Bourquin, par une do-
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nation entre vifs du 21 février 4803, augmenta les largesses de son frère et ajouta aux sommes léguées par ce dernier à la Commune de la Chaux-de-fonds, une nouvelle somme de 30,&96 livres (plus de &2,000 francs), distribuée de la manière suivante:
1** Pour réreclion d'une maison de Commune, 20,000 livres.
2^ Pour la Chambre d'éducation, 6000 livres.
3° Pour l'ameublement de la maison de ville, 302& livres.
4^ Pour l'établissement d'un balcon et d'une grille en fer sur la tour du Temple, 632 livres.
5^ Pour la route neuve , 840 livres.
L'état spécificatif de ces sommes considérables pour le temps, et consacrées ainsi à des objets d'utilité publique par une seule famille, ayant été mis sous les yeux du Conseil d'Etat, le gouvernement en ordonna l'inscription dans ses Manuels, pour en transmettre le souvenir à la postérité, et rendit un arrêt, par lequel il témoignait à M. David-Pierre Bourquin la satisfaction qu'il éprouvait des actes généreux par lesquels, lui et son frère défunt, se sont éminemment distingués. De tels traits portent avec eux leur éloge et leur récompense. Heureux ceux qui savent ainsi honorer leur nom et faire bénir leur mémoire ! et heureux aussi le pays qui compte de tels hommes parmi ses citoyens!
Lorsque la munificence de François Bourquin fut connue, après sa mort arrivée le 27 mai 1801 , la Commune de la Ghaux-de-fonds envoya en cérémonie auprès de sa veuve et de son frèra, une députation, ayant à sa tête le maire de la juridiction et le Consistoire, pour leur manifester l'admiration et la gratitude de la population. Le discours du pasteur, qui prit la parole dans cette circonstance, est imprimé, aussi n'en parlons-nous que pour mémoire. Les frères Girardet consacrèrent aux frères Bourquin un volume entier de leurs Etrennes historiques; et le Conseil d'Etat, désirant à cetle^occasion conserver le souvenir des actes de patriotisme et de bienfaisance, des traits de dévouement, de générosité et de courage, qui lui paraîtraient mériter cette distinction, décréta l'établissement d'un registre, déposé à la Chancellerie , où l'on inscrirait avecle nom de l'auteur et les circonstances de détail convenables, toutes les actions, toutes les entreprises qui contribueraient au bien-être de l'E^tat en général ou d'une partie du pays et de ^es habitants.
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Nous ignorons combien de bonnes œuvres ont été inscrites dans ce livre, mais nous savons que les œuvres des frères Bourquin, aussi bien que celles des autres bienfaiteurs Neucbàtelois , sont écrites dans le ciel et dans le cœur des malheureux qu'ils ont soulagés et secourus par leur charité.
Sonrcef. Rèckner, Rieber Neuchâtel, etc., I807i in-IS*. — Elrennet histori" que$ et moraUs pour la Chaux- de- fonds , pour Pan de grâce 1802. Locle I80S. • Messager boiteux de If euchâiel, 1811, I8i8. ^ Ersch und Gruber, Encyclopœdie, arUcIe Cbaux-de-fonds> etc.
BOYVE.
Famille bourgeoise de Neuchàtel, qui apparaît pour la première fois dans notre histoire à l'époque de la Réformation. Cette famille était originaire de la ville de Lyon. Pierre Boyve s'établit à Gex au commencement du xiv® siècle ; nous voyons son fils, Bernard Boyre, au nombre des bourgeois de Gex, en 1450. Son fils, Antoine Boyve, né à Gex en 1487, accompagna Farel à Neuchàtel, et fut un des plus ardents promoteurs de la Réformatîon. Reçu bourgeois de Neuchàtel en 1S34 , il n'eut qu'un fils nommé Esaïe, né en 1536, châtelain et receveur de Prangins. Cette famille a fourni à l'Eglise Neucbàteloise neuf pasteurs, ainsi qu'un grand nombre d'officiers militaires aux services étrangers, parmi lesquels nous remarquons : 1^ Isaac Boyve, mort en 4728, capitaine dans le régiment d'AfTry, au service de France ; 2® Jérémie Boyve , mort en 1 722 , officier dans le régiment de May au même service, et ses deux frères Frédéric et N. Boyve, capitaines dans le même service; 3^ Jonas- Pierre, fils d'Abram, ministre à Bevaix, Engollon, Dombresson et Verrières, né en 1724, mort en 17.., fut officier au service des Etats-Généraux et banneret de Neuchàtel ; il épousa Esther de Pury, qui ne lui donna qu'une fille, Marie-Henriette Boyve, née en 1772, épouse de J.-L. Pourtalès.
Parmi les membres de cette famille qui méritent une notice spéciale , on peut compter les suivants :
Jonas Bojre , né en 1654 , mort en 1739 , pasteur à Fontaines et fils d'Abram Boyve , pasteur à 3t-Martin et à St-Blaise ^ et dç
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Marie Favargier. La carrière de ce pasteur parait avoir été celle d'un homme très-laborieux, mais occupé exclusivement, soit de ses fonctions pastorales, soit de recherches historiques qui ont eu pour résultat Télaboralion des Annales. Néanmoins ayant vécu à l'époque si agitée pour le pays de Textinction de toutes les branches de la maison de Longueville , il aurait montré une sympathie décidée, soit pour les prétentions du prince de Conti, soit pour celles du comte de Matignon. Voici du moins, indépendamment d'une autre source, ce qu'on lit à cet égard dans r Histoire de Neuchdtelet Valangin, de M. Godefroi de Tribolel: « La sentence du 3 novembre 1707 n'avait pas éteint toute intrigue. Le ministre Boy ve, pasteur à Fontaines , fut dénoncé par ses paroissiens comme suspect de relations secrètes avec un nommé Âbram Nicolet, de Renan, pensionné par l'ambassade de France. » — Nous ne sachions pas que les archives de la vénérable Classe contiennent rien au sujet des vues qui ont été prêtées au pasteur de Fontaines, pas plus qu'à l'égard de l'imputation de l'auteur de VHisloire de Neuchdtel. Ce que l'on sait, c'est que la sentence des Trois-Elats qui, en 4707, adjugea la souveraineté de Neuchâtel à la maison de Prusse, ne fut pas accueillie également par toutes les familles notables du pays. Toutefois l'opposition de la famille Boyve ne parait pas avoir eo des racines bien profondes.
Jonas Boyve a laissé plusieurs manuscrits intéressants , dont un seul a été publié par les soins de M. Gonzalve Petitpierre, de 1854 à 1860 , en 3 vol. in-8^. Nous voulons parler des Annales du comté de NeucMlel et Valangin, vaste compilation , amassée péniblement pendant près de quarante ans, et qui embrasse toute l'histoire de Ncûch&tel depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1722. Malgré les défauts nombreux de ce livre, on doit savoir gré à son infatigable auteur d'avoir recueilli tous les documents, toutes les traditions orales et écrites^ tous les faits et même toutes les particularités de nature à jeter du jour sur ce petit coin de terre qu'on a appelé pendant des siècles le comté de Neuchàlel et Valangin, et auquel la transformation politique qu'il a subie depuis quatorze ans, n'a, abstraction faite de l'opinion qu'on peut avoir de cette transformation, rien fait perdre de l'intérêt qui s'attache à la connaissance de son origine et de son développement successif. Si l'œuvre de Jonas
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Boyve n'est pas un chef-d'œuvre , c'est au moins une œuvre de patience et d'érudition ; comme le dit très-bien M. Gonzalve Petitpierre dans Y Avant-propos qui précède le premier volume des Annales: «Entre l'opinion qui n'aurait que des formules Jaudatives pour les Annales, et celle qui voudrait asseoir des motifs de dénigrements sur des erreurs inévitables à Fépoque où le pasteur de Fontaines enregistrait le résultat de ses recherclies, et où l'absence de documents locaux laissait facilement s'accréditer des traditions hasardées; entre ces deux opinions il y a un milieu à garder; et si les lumières qu'on a acquises de nos jours^ à l'égard de certains faits admis autrefois comme incontestables , ont réduit ces faits à leur juste valeur et ont modifié certaines appréciations empruntées d'une crédulité inhérente à l'époque où l'auteur a vécu , ce n'est pas une raison pour méconnaître l'immense service que Boyve a rendu à la science historique, en recueillant et transcrivant soigneusement, jour par jour, tout ce qui, dans le domaine de la vie publique d'un Etat, lui semblait propre à atteindre le but qu'il s'était proposé. »
Que Ton me permette de citer encore le jugement qu'a porté du travail de son grand-oncle , le chancelier Jérôme-Emmanuel Boyve, dans la préface des Reckerches sur Vlndigénal helvétique de Neuchdtel; il complète les lignes que nous venons d'écrire : aLes Annales travaillées par mon grand-oncle Jonas Boyve, mort en 1739^ pasteur à Fontaines, comprennent l'histoire la plus complète que l'on ait du pays. Elles devaient être rendues publiques du vivant de l'auteur; mais l'étendue de l'ouvrage^ qui est de trois gros volumes in-folio 9 et les frais de l'impression l'en rebutèrent. Cette histoire aurait besoin des attraits du style et de diverses autres perfections qui lui manquent; mais elle i»e cesse pas pour cela d'être très-précieuse ^ par les étonnantes recherches diplomatiques de son auteur infatigable, qui, pendant plus de 40 ans, fouilla par tout l'Etat, dans les dépôts publics et chez les particuliers, pour acquérir la connaissance dé tous les actes et titres qui pourraient servir à son travail. Mon père, Jacques-François Boyve, maire de Bevaix, mort en 4771 , travailla à la fin de sa vie à la perfection de cet ouvrage, par une copie de sa façon qu'il a eu la satisfaction de finir avant sa mort. Il en est résulté assurément plusieurs bonnes corrections;
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n'y eùt-il que les malières de jurisprudence et surtout de droit féodal, qu'il s'est entièrement appropriées, et qu'il a traitées dans le troisième volume en particulier, avec autant de solidité que d'érudition. Mais ni plus ni moins faudrait-il encore passer cet ouvrage par quelque bon tamis, qui achevât d'en épurer le langage et d'en resserrer le style , et qui à l'égard des faits ne retint que la chaîne historique, en laissant couler toutes les particularités incohérentes, dont celles qui sont dignes de mémoire formeraient des notes, etc.»
Jonas Boy ve a laissé trois autres ouvrages manuscrits , intitulés : 1® Dictionnaire historique, étymologique et critique, contenant l'explication des termes surannés qui se trouvent dans les anciennes chroniques, les monnaies, les poids et mesures de la Suisse et de ce pays, in-4®; — 2® Dictionnaire des antiquités suisses, in-4®; — 3® Dictionnaire monétaire de la Suisse, augmenté par son petit-neveu, le chancelier Boy ve , in-4®.
De son mariage avec Esther Pury, Jonas Boyve laissa un fils et deux filles. Son fils, Abram Boyve, né en 1684, mourut en 1746; il fut ministre à Bevaix , à Engollon, à Dombresson et auiL Verrières. Anne-Barbe, sa fille ai née, épousa un anglais, M. Ecnery; la cadette fut mariée en 170S, avec Th. Guerre, chirurgien de Genève. Le pasteur de Fontaines avait été plusieurs fois doyen de la Classe. Le 12 décembre 1739, à 11 heures du soir, Dieu le retira à lui à l'âge de 86 ans. 11 servit l'église pendant 67 ans, ayant reçu l'imposition des mains à l'Age de 19 ans; et prêcha jusqu'à la dernière année de sa vie, ayant toujours refusé un suffragant.
Jacques-François Boyre , fils d'Abram Boyve et de Marguerite Chaillet sa femme , était notaire et membre du Grand-Conseil de la ville de Neuchâtel et maire de Bevaix ; il naquit le 5 août 1692 et mourut en 1771. Son père a transmis le souvenir de cette naissance dans une note originale conçue en ces termes: «Le 5 août 1692, Dieu m'a béni d'un fils entre 10 et H heures devant midi, sur le signe de la Balance; il fut présenté au baptême le vendredi suivant, et un ministre réfugié, nommé Gress, lui administra le saint sacrement du baptême; son nom est Jacques-François; ses parrains, noble François Ghambrier, maitre-bourgeois, le sieur David Rollin , boursier , et le sieur Abram Muuchet ; et ses marraines, dame Suzanne Hory, veuve de Jonas Chaillet, oncle de ma femme,
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et Sara, fille du cousin Jacques Favarger. Dieu lui donne son bon esprit et lui baille la crainte de son nom. »
Jacques-François Boyve fut un des jurisconsultes les plus savants de son siècle. On lui doit plus de vingt factums imprimés sur des procès difficiles , et nous voyons qu'on avait recours à ses lumières et à ses connaissances du droit féodal, non-seulement en Suisse, mais même en France et en Allemagne. Pendant plusieurs années il remplit les fonctions d'avocat à la Chambre suprême des appellations romandes de Berne. Les ouvrages qu'il a publiés sont peu nombreux ; ce sont :
i* Remarques mrleiloUet iiatult du pays de Vaud, Neuchàtel 1756, S vol. iii-4% à la tête desquelles est un morceau remarquable sur le droit féodal de cette contrée.
2* Examen d*un candidal h la charge de justicier de Neuchàtel et Falangin, Neuchàtel 1757. Ouvrage élémentaire, mais rempli de recherches historiques très -curieuses sur ces deux anciens Comtés.
S* Définitions au explications des termes du droite consacrés à la pratique judieiaire du pays de Faud, Berne 1750, in-li. Lausanne 1766, in-12. Petit livre estimé des jurisconsultes, qu'on peut encore consulter avec fruit.
4* Recueil de factums , Imprimés à diverses époques et en diflTcrents lieux, 17 vol. In-folio.
Nous avons vu plus haut qu'il continua et corrigea considérablement les Annales de son oncle Joseph , avec une persévérance digne d'éloge. La bibliothèque de Neuchàtel possède de lui un grand nombre de manuscrits inédits , dont plusieurs mériteraient les honneurs de l'impression. Nous en donnerons les titres des. principaux pour la satisfaction des curieux :
!• dernier lipre et sept titres du second livre des Instituts , à Tusage du pays de Vaud, in-V.
S* Commentaire sur toutes les lois du code du pays de Faud, in-folio.
S* Projet de système sur les us et coutumes écrites et non écrites de la Principauté de Neuchàtel et Falangin, in-folio.
4* Les tnstitutes de l'empereur Juslinien, conférées avec les lois et statuts du pays de Faud et la coutume de Neuchàtel, 1755, 3 vol. in-folio.
5* Dictionnaire de définitions et de remarques pour l'intelligence des lois, us H eoutumee du pays de Faud et de la principauté de Neuchàtel et Falangin, Reoekitel 1733. Le titre seul est Imprimé.
6* Coutumier de Neuchàtel, S vol. In-folio.
7* Jurisprudence féodale, in-folio.
8* Répertoire des matières curieuses que je lis. 1 719, In-folio.
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Jacques-François Boyve épousa Anne-Marguerite Legoux, qui lui donna quatre enfants^ un fils et trois filles. La cadette épousa, en 1771 , Béat de Tavel, membre du Conseil de Berne.
Son fils Jérôme-Emmanuel Moyre , conseiller d'Etat et chancelier delà Principauté de Neuchâtel, obtint, en 1767, des lettres de noblesse de Frédéric ii, roi de Prusse. Il est l'auteur d'un excellent traité de VIndigénat helvétique de la souveraineté de Neuchâtel, Neuchâtel 1778, in-8°. Le but de ce livre, qui appartient à la bonne école historique , fut de faire comprendre Neuchâtel dans les traités que les Suisses étaient à la veille de renouveler avec la France. Les pièces justificatives renferment des fragments de chroniques Neuchâteloises , qui sont des sources originales pour riiistoire suisse au temps des guerres de Bourgogne. 11 a fourni des matériaux aux auteurs du Dictionnaire géographique, historique et politique de la Suisse, et â G.-E. de Haller pour la confection de sa laborieuse Bibliothek der Schweizergeschichte^, et de son Cabinet des médailles suisses*. Ses connaissances dans le droit et l'histoire de la Suisse étaient fort étendues. Le chancelier Boyve épousa, en 1767, Louise Viala, fille d'un négociant français établi à Genève, dont il eut un fils nommé Paul Boyve, né en 1775, qui se voua au commerce, et une fille, Nanette Boyve , morte en 1852.
Mentionnons encore Abram Boyve, le père de l'annaliste, qui naquit en 1626 et mourut en 1684, pasteur à St-Blaise. 11 est auteur d'un livre assez rare intitulé : La sainte Chronologie de la vie du Seigneur Jésus-Christ. Yverdon 1661, un vol. in-12. Enfin un autre Jacques Bôyve publia, en 1740, un ouvrage volumineux sous le titre de : P. Fagerani, jus canonicum sive commentaria in V libros. 1740, 4 vol. in-folio.
Les armes de la famille Boyve sont: écartelé au l^ et k^ de sable à deux branches d'arbustes entrelacées d'or; au 2® et 3® de gueule à la coupe d'argent. C'est ainsi qu'elles sont peintes encore aujourd'hui sur un des vitraux du temple de Gernier.
Souroei . Ànnalet historiques du comté de Neuchâtel et Falanffin, p^r Jonts Boyve, t. I. Avant-propos, par Gonzalve Petitpierre, et dans le sapplément du même Uvrc. — Extraits d'un manuscrit intitulé: Litre contenant les cho$et
i Voyez la Préface de cet ouvrage.
2 Schweizeriscbes Mûnz- und Medaillenkabinet,. I Vorrede, p. 506.
Us plut eurieH$e$ et remarquablet arriçêei dam la famille Boyve depuU Van 1676.— G, de Trfbolet, Histoire de Neuchâlelet Falangin, p, 40. — Messager boitettx de Neuehàlel, année 1859. — Recherches sur Vlndigmat helvétique de la prineipaulé de Neuchâlel, par J.-E. hoy\e , préface, — Notices généalogiaues, mss. du 18* siècle, dans la bibliothèque de Tabbe Jeanneret. ^ Tableau généalogique de la famille Boyve, etc., etc.