SIXIÈME BRANCHE
m. Jean de Ghambrier, troisième fils de Pierre, premier do nom, et de Jacqueline deVieilmarché, s'attacha au servicede France. Il leva, en 1S75, une compagnie de AOO hommes, par moitié avec un autre officier, pour servir dans l'armée du prince de Condé et du duc Casimir, de la maison Palatine, ainsi que cela est prouvé par l'acte de capitulation passé cette même année entre lui et Robert de la Graffinière, que le prince de Condé avait envoyé en Suisse pour y faire la levée de plusieurs autres compagnies. Il servit dans cette occasion comme maréchal-général des régiments suis-
ses, dans Tannée du duc d'AIencon, frère du roi Henri m. La preuve s'en trouve dans le certificat que ce prince lui délivra , le 28 mai 1S76, à Bar-sur-Seine, signé Français, et revêtu de son sceau, par lequel il dit , que « Jean de Ghambrier a bien et fidèlement servi comme maréchal-général des régiments suisses , choisi comme tel par notre cousin le prince de Gondé, etc. » G'est ce même Jean de Ghambrier dont nous avons parlé au commencement de cette notice, et dont parle LeLaboureur dans ses Mémoires manuscrits pour servir à Fhistoire de France. On voit par divers actes qu'il fut compris avec ses frères, Benoit, Pierre et Georges de Ghambrier, dans les difficultés qu'ils eurent à soutenir contre les héritiers de Georges de Rive, seigneur de Prangins et gouverneur de Neuchàtel, depuis l'année iS50 jusqu'en 1S60. Il mourut en 4582, ayant épousé Magdeleine Marcuard, dont il eut deux fils : 4^ Jean de Ghambrier, qui suit;
2^ Jacques de Ghambrier , gentilhomme de la maison du prince Henri ii de Longueville, comte de Neuchàtel, en 4617, et maire en chef du comté de Valangin, en 4648. Il avait épousé Françoise Wuilleumier, veuve de Pierre Glerc-dit-Guy, colonel au service de France, en 4S90, et mourut le 25 mars 4620, âgé de 46 ans, sans postérité. On voit encore aujourd'hui sa tombe , avec ses armes, dans l'église de Valangin.
IV. Jean de (Siambrier fut aussi gentilhomme de la maison du prince Henri ii, comte de Neuch&tel. Le brevet qui lui en fut ex- P^ié, le 47 septembre 4648, porte que ce prince « lui confère la <^liarge de gentilhomme ordinaire, à raison de ses services, et aussi irce que ses pères ont toujours été reconnus nobles., et ont exercé emplois et offices appartenant à la noblesse. » — Jean de Ghamier mourut en 46&2, ayant épousé Susanne Merveilleux, fille de ^oble David Merveilleux, conseiller d'Etat et d'Elisabeth de Graf- ''^nried, dont il eut:
4*^ Samuel de Ghambrier , nommé trésorier-général en 46&3,
^^Cinseiller d'Etat en 4644 , doyen et président de ce corps pendant
'^^ngtemps. Il contracta trois alliances : la première avec Salomé de
^lambrier; la seconde avec Ursule d'Estavayer; et la troisième
^>ec une autre Salomé de Ghambrier. Dans le traité de son second
tariage , il est qualifié : « noble et vertueux seigneur Samuel de
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Cbambrier, conseiller d'Etat et trésorier-général , et vertueuse demoiselle Ursule d'Estavayé , du consentement et autorité de trèsnoble et généreux seigneur Philippe d'Estavayé, son père, seigneur de Bussy » Mezières , châtelain et baillif de Moudon , et de noble dame Catherine Jeffrey, dame de Forêt, sa mère. » Si l'époux mourait avant l'épouse , il veut que sa dite épouse ne puisse sortir ses enfants hors du lieu de leur naissance , désirant qu'ils soient élevés pour le service de son altesse , à l'imitation de ses prédécesseurs. Samuel de Chambrier n'eut d'Ursule d'Estavayé, qui mourut jeune, qu'une fille, qui fut mariée à Henri de Chambrier, banneret de Neuchàtel. Elle n'avait que Ik ans lorsqu'elle contracta cette alliance. Il n'eut point d'autres enfants , car son premier et son troisième mariages furent stériles. Â l'époque de son troisième mariage , il était très-vieux et perclus de la goutte; il fut obligé d'aller au temple pour se marier, à cheval (1663); on n'avait pas alors de caresses. 11 mourut en 1675;
2^ Henri de Chambrier, qui suit;
3^ David de Chambrier» capitaine de 200 hommes au service du duc de Savoie, en 1625, mort jeune, sans avoir été marié;
4^ Marie de Chambrier, femme de François de Marval, capitaine en Piémont en 1630.
V. Henri de Chambrier, épousa par contrat du 30 décembre 1626, Marie Brun, fille de Jonas Brun, bourgeois de Neucbàtel, et de Marie de Watteville sa femme. Les parents de l'épouse, présents au contrat de mariage, furent: François-Antoine de Neucbàtel, baron de Gorgier, conseiller d'Etat, Nicolas de Watteville, Abraham Thellung, châtelain d'Erguel, etc. Henri de Chambrier commanda le secours envoyé, en 1653 , par le prince de Neucbàtel à la république de Berne, pour sa défense à l'occasion d'une révolte qu'elle essuya dans ses baillages allemands. Il reçut de ce canton, en témoignage de sa valeur, une médaille d'or, accompagnée d'une lettre flatteuse , que la famille conserve. Henri n'eut de Marie Brun , » femme, qu'un fils unique nommé Ferdinand.
YI. Ferdinand de Chambrier, servit comme officier au servie de France, dans sa jeunesse, et mourut en 1668, après avoir épou Marguerite de Montmollin, dont il n'eut qu'un fils, qui suit:
VU. Jonas de Chambrier, fut nommé par le souverain oons^
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1er d*Etat et procureur-général, en 170S. Il contribua beaucoup à faire reconnaUre les droits du roi Frédéric i^' à la succession de Neuchàtel, en 1707. Le roi daigna lui écrire qu'il en était informé et lui en témoigna son plaisir. Jonas de Chambrier est auteur d'un Mémoire sur les finances de VEtal, imprimé à Porrentruy en 1830, plus d'un siècle après la mort de son auteur. Il fut nommé membre du Conseil privé du roi Frédéric-Guillaume , en 1713. Il mourut en 1743, laissant de Susanne de Chambrier, sa femme, un fils unique, nommé Samuel, et auquel il survécut.
ym. Samuel de Chambrier fut pourvu de l'office de procureur-général de la principauté de Neuchàtel , par la résignation de son père, et fut agréé par la cour^ en 1730; il avait déjà été établi conseiller d'Etat en 172K. Il mourut en 1736, n'ayant laissé d'Elisabeth de Chambrier, son épouse, que trois filles:
1^ Elisabeth de Chambrier, femme de Simon Roy, conseiller d'Etat et châtelain du Yauxtravers ;
2^ Lucrèce de Chambrier, épouse de Samuel Petitpierre, conseiller d'Etat et maire de Neuchàtel ;
3^ iV. de Chambrier, morte sans être mariée.
Nous nous sommes peut-être un peu trop étendu sur la généalo- ^e de l'illustre maison de Chambrier , et nos lecteurs seront sans cloute fatigués du grand nombre de détails arides qui remplissent oette notice. Mais cette famille a fourni tant d'hommes remarquahles, d'officiers militaires, d'ambassadeurs, d'officiers supérieurs, t)e conseillers d'Etat , dans le pays , etc. , qu'il était nécessaire de Caire connaître avec quelques développements les divers membres de ^%ile maison, dont plusieurs ont porté le même prénom, ce qui ex- |K>se souvent les personnes qui ne connaissent pas bien la généalo- ^e de la famille de Chambrier à confondre les personnages.
Les armes de la famille de Chambrier sont : d'or , au chevron ^roit entrelacé âCun autre renversé, de sable, à la fasce de mime bro- ^zhant sur le tout. Cimier: un hérault d* armes , portant de sa main droite une masse d'armes , qu'il appuie sur sa hanche , couvert d'un
inmnet à l'albanaise et d'um veste bandée d'or et de sable. Supports :
detix lions.
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On trouve dans une ancienne chronique du pays, que les Ghambrier portent en leurs armoiries la figure de Saturne, telle qu'elle est représentée dans Agrippa, a Aussi, dit la chronique, tous ceux de cette maison tiennent-ils beaucoup du saturnique , sont froids, prudents, politiques, riches et grands ménagers. »
On a vu plus haut que le roi Frédéric \^^, en reconnaissant cette famille pour être d'ancienne noblesse, et en l'agrégeant comme telle dans tous les Etats de la monarchie , lui accorda par le même diplôme , du 8 avril 1709 , un quartier portant la téie de VAigle de Prusse sur un champ d*argent.
On a vu aussi que le roi Frédéric-Guillaume i*"^ accorda, en 1737, au baron de Chambrier , son envoyé à la cour de France , un icu d'argent sur le tout , portant tin aigle de sable couronné d'or , qui est celui du royaume de Prusse. Cette concession a passé, avec l'agrément du roi, à ses deux frères, de même qu'au baron de Chambrier, conseiller d'ambassade à Berlin, mort en 1769.
Sources. Titres des archives de la famille de Chambrier.-— Correspondance du baron J.-F. de Chambrier avec le baron d'Estavayer , dans la biblloUiéque de M. F. de Mulincn-Mutach à Berne. — Notices généalogiques du baron d^Estavayer, t. XI, p. ttS-80. — Pfotices généalogiques , mss. du 18* siècle, dans la bibliothèque de l^abbé Jeanneret. — Encyclopddie , von J.-S. Ersch und J.-G. Grubcr, t. XVI, p. IS6. — I^Laboureur, Mélanges manuscrils pour servira l^liistoire de France, Biblioth. imper., N* IS7 , ancien fonds du cabinet du roi. — May, Histoire militaire de la Suisse et des Suisses dans les services étrangers^ Laus. 1788, 8 vol. in-S*. — Zurlauben , Hist, milit. des Suisses au sertiee de France, Paris 1751, 8 vol. in-8*. — H. Girard, Hist. abrégée des officiers ïïtUêses qui se sont distingues dans les services étrangers, t. I, p. 123-126. -— Huiler de Friedberg , ChronologSsche Darstellung der eidgenôssischen TruppenûberUU" swngen an auswârtige Mâchte, p. 117. — Denina, La Prusse lilléraire som Frédéric II, Berlin 1790, t. I, p. 386-390, 400-430, 432 et 460. — Préeiê de la Soàéié d'EmuL patrioL, du 10 février 1816. — Neue Utteraiur des FôlkerrtehiSf 1784, p. 23. — Discours lu dans l'assemblée publique de l' Académie des seiemees de Berlin, le 10 janvier 1792, parle comte de Hertzberg. — Messager boileux de Neuchâtel, Années iSm, 1823, 1824, 1857, 1838. - Lutz,CArono/o0. - Léo, Ifxicoii, art. Chambrier,— AUg. Preuss, Staatszeitung , iS^S^,p. 1321.— Ferhand. des Geu^erbe-Fereins, 1828. * Barbier, Dictionnaire de* ouvrages anonymes a jmmdonymes, t. IV, p. 134. — Quèrard, La France littéraire. — Berttnis^e Mo^ natsschrift, 1792, t. XIX, p. 244. — Schweizeriseher GeschichUforscher , Ber" 1812 , V partie , p. IX. — Etrennes hist, et intéress. concernant lecotnié rteu:h. et l'ai, pour l'année 1796, p. 17. — Gaullieur , Etudes sur Phisioire Ut
téraire de la Suisse française, au 18* siècle, p. 176-187. — Voyci aussi le Mercure Suiue de 1740 à 1770: on y trouve un grand nombre de détails sur la h-
mille de Chambrier.— Mémoires de la Société économique de Berne 1 764, U XIV, p. 5, etc.) etc.