‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 63 sur 117 · ESCHERNY · texte numérisé non relu

ESCHERNY

geoo, ce sot singe de Voltaire, fit manquer son élection en disant: « Oui, messieurs, nous aurions un bon joueur de violon de plus. » Il avait cependant d'autres titres à cette distinction. A la science que Ton puise dans les livres , il joignait celle que Ton n'apprend que dans le monde. Plein d'instruction et de politesse, il écrivait et parlait sur toutes sortes de matières avec une facilité remarquable. A Tftge de plus de 80 ans , il faisait encore sa partie dans les concerts qu'il donnait chez lui toutes les semaines , et chantait avec M!^ Sessi , d'une voi\ assez agréable, les plus beaux airs des opéras italiens et allemands. Son esprit vif et toujours jeune avait besoin d'être occupé ; aussi jusqu'à la fin de sa vie il ne cessa pas d'écrire et de méditer. Parvenu , sans infirmités , au terme de sa longue carrière, il mourut à Paris le 15 juillet 181 S, à 82 ans.

Dans ses ouvrages comme dans sa vie , M. d'Escherny présente une foule de contradictions ; mais on est toujours forcé de les lui pardonner, parce qu'il est constamment de bonne foi. Partisan des principes philosophiques , il montre en même temps un attachement sincère aux idées d'ordre et de hiérarchie sociale. Admirateur enthousiaste de Rousseau, il le contredit souvent; mais comme on l'a déjà remarqué, ses critiques ne tombent pas sur les endroits les plus blâmables. Après avoir étudié cinq ans les mathématiques avec passion , il écrivit qu'il n'y a de bon dans les mathématiques que la partie élémentaire. Ailleurs il fait l'apologie de l'ignorance, et sans être prophète, croit pouvoir prédire que l'imprimerie ramènera les hommes à la barbarie. Ses jugements , comme ses opinions, étaient si mobiles qu'il n'est pas rare de le trouver en opposition dans le même chapitre.

Il nous reste maintenant à faire connaître les ouvrages de d'Escherny :

f Les lacunes de la philosophie. Amsterdam (Paris) 1783 , in-12«. — Cest comme on l'a dit un fragment du Moi humain , ouvrage qui Poccupait depuis trente ans, et qui a été traduit en allemand. Berlin 1787, in-8«.

S^ Ciwt gijiumf«mn #tm habiimU de Paris aoee ses amis de la Suisse et d'Àn^ 0tgem. Paris 1791, in-8*. — Réimprimé soos ce titre: Tùbiâots kisloriquê de te répolution jusqu'à la fin de P Assemblée constituante. Paris, S vol. io-a*^; t* édition revue et augmentée, Paris, Delaunay 1815, S vol. in-8*.

S* De légalité, ou principes généraux sur les institutions civiles, politiques H rdigieuêeSf précédé de Péloge de J.-J. Rousseau en forme d'introduction.

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