EN 1529, LE U DÉCEMBRE
Cesl dans ce Ueo sacré, sous la voûte des deux. Que de notre pays, Rèfomiateiir heureux, Farel a comaencê d*annoncer l*E^-angile.
D^auditeurs attentifs il peuplait cet asile. Puisse son lèle ardent, tout puissant sur les cœurs, Renaitre dans ses successeurs.
Les bourgeois de la ville ayant appris l'arrivée de Farel à Serriëres , accouraient pour l'entendre. Un jour ils Tentrainèrent à Neuchàlel ; ils entrèrent par la porte du château , et arrivés à la Croix-du-Marché , Farel prêcha à la foule qui l'entourait. Ce fut son premier sermon dans la ville. Les jours suivants il continua de prêcher dans les rues et dans les maisons ; sa prédication avait un grand succès. Ce fut à cette époque que , prêchant à Gorcelles devant le prieuré, les moines se précipitèrent sur lui ; et le prieur Rodolphe de Benoit , un poignard à la main excitait au tumulte. Farel n'échappa qu'avec peine.
Peu de temps après il partit pour Morat , Sienne et l'évéché de Bàle et ne reparut dans notre pays qu'au mois de juin 4530. Pendant son absence sa prédication avait agi , et tout était en fermentation à son arrivée ; la population l'entraina dans la chapelle de l'hôpital, et, montant en chaire il dit : a U parait que comme jadis Christ est né dans une étable pauvrement , & Neuchàtel aussi l'Evangile doit naître parmi les infirmes et les pauvres. »
Si la cause de la réforme marchait à pas de géant parmi les bourgeois, il n'en était pas de même chez les autorités du pays et dans le clergé. Le gouverneur, George de Rive et le collège des chanoines, firent tout pour arrêter le progrès des nouvelles doctrines ; ils étaient appuyés en cela par le gouvernement de Fribourg et par l'évêque de Lausanne dont notre pays dépendait pour le spirituel ; mais la bourgeoisie de Neuchàtel avait pour elle Berne et surtout Tintelligence du peuple neuchàtelois, qui était rassasié de la messe et indigné de la conduite de son clergé.
Le 22 octobre 4530, les partisans de Farel commencèrent à briser les images dans le bas de la ville et se rendirent au château pour en faire de même. Le gouverneur accourut et parvint à les arrêter. Ce fut pour peu de temps, car le lendemain FareL prêchant à l'hôpital , fut entraîné à l'église collégiale : les chanoines et leurs adhérents cherchèrent à lui barrer le passage^ mais ils n'y réussirent pas; Farel monta en chaire et dès ce jour-là cette antique église cessa d'appartenir au culte romain. Les images furent détruites, et le souvenir de cette journée fut conservé par cette inscription :