‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 82 sur 117 · EUSEBE-HENRI GAULLIEUR · texte numérisé non relu

EUSEBE-HENRI GAULLIEUR

Eusèbe-Henri GauUieur, originaire deCorcelles etCormoDdrèche, naquit à Âuvcrnier le 21 janvier 1808. Il était fils de Louis-Eusèbe Gaullieur et de Henriette L'Hardy. L'amour des lettres était héréditaire dans cette famille. M*^^ de Charrière comptait les dames L'Hardy parmi les personnes qui fréquentaient le plus sa petite cour de Colombier et en faisaient le cbarme , à côté toutefois de la reine du lieu. Louis Gaullieur , mort deux ans avant son fils , aimait riiistoire avec passion ; il a laissé une Histoire dn protestantisme à Bordeaux et dans la province de Guyenne^ en k vol. in-folio; œuvre gigantesque , puisée dans les archives de la ville de Bordeaux. Le frère d'Eusèbe-Henri cultivait aussi les lettres et a publié quelques ouvrages.

Eusèbe-Henri Gaullieur fit ses études au collège de Neuchàleli où il se distingua par son amour pour le travail , sa facilité rare et son intelligence. Il y commença sa philosophie qu'il acheva au collège de Bordeaux. En 18i5 , il se rendit à Paris , suivit les cours de la faculté de droit, et passa, en 18i8, & l'école des Chartes, qu'il quitta en 1830. Le jeune GauUieur fil ensuite un voyage en Allemagne, puis en Italie, attaché «\ la famille Mourawief, visitant les monuments , panx^urant les bibliothèques , étudiant les archives. C'est durant cette excursion que se décela son goût prononcé pour la bibliographie.

Nourri d'idées libérales , bouillant de jeunesse, E.4). Gaullieur revint à Nouohàtei en 1830. La révolution de juillet avait éclaté, et la commotion sVn était fait sentir en Suisse plus que partout ailleurs. NcuchÂtel ne pouvait manquer de subir quelques-unes des èpnE>u>*e$ qui accompagnent toujours les révolutions politiques.

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Gaullieur se mit résolument au service du parti libéral qui voulait affranchir Neuchâtel de la domination prussienne: il paya de sa personne et fut une des colonnes de ce parti. Bornons-nous à quelques faits de notoriété publique à Neuchàtcl, partant du domaine de tous. En septembre 1831 , l'agitation allait croissante; elle avait pris un corps et se préparait à fondre en armes sur le château pour y arborer les couleurs rouge et blanche: le 12 septembre était le jour marqué pour l'exécution du complot. La veille, les libéraux organisaient dans tout le canton des banquets patriotiques pour célébrer la réunion de Neuchâtel à la Suisse. Celui de la capitale fut magnifique , il y régna de Tentrain , de la gaité. Les feux de la fête n'étaient pas éteints que Bourquin et sa troupe arrivaient au milieu de la nuit pour s'emparer du château. Or les banquets concordaient avec l'insurrection , Gaullieur était un de ceux qui avaient le plus contribué à les organiser ; on ne pouvait manquer plus tard de lui adresser le reproche de pactiser avec l'émeute. Il le comprit , et le 13 septembre, trois amis (Olivier, F-Etienne etOonzalve Petitpierre) et lui, publiaient dans le Journal de Neuchâtel une déclaration portant que pour avoir organisé le banquet, ils n'en étaient pas moins étrangers au mouvement qui venait d'éclater. Dix jours après la resLiuration prussienne avait lieu, et les jeunes gens, auteurs de la déclaration , étaient attaqués comme affiliés au complot. Dès le 19 septembre ils avaient communication d'une brochure où ce grief était nettement formulé. La réponse ne se fit pas attendre; elle paraissait le lendemain. ^ Les quatre jeunes Neuchàtelois relevaient le gant qui leur était jeté et exposaient nettement leur conduite du 12 et leurs principes politiques. Comme toutes les feuilles volantes écloses à cette époque ^ ces six pages appartiennent à l'histoire neuchâteloise ; nous en extrayons seulement quelques passages. Voici d'abord l'historique du banquet :

tt Nous crûmes qu'il était bon de chercher à réaliser dans la commune de Neuchâtel le projet d'un banquet patriotique pareil à celu qui devait être célébré dans certaines localités en l'honneur de notre réunion à la Suisse. Tous les préparatifs du banquet étaient déjà faits lorsque le public apprit qu'un parti révolutionnaire vien-

1 Réponse à la brochure de M, C*** relative à un article inséré dans le Journal de rfeuchâtely broch. in-S* (te 6 pages.

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drait le lendemain de la fête envahir à main armée le château de Neuehàtel. Complètement étrangers au complot, et doutant qu*on ie mit jamais à exécution , nous persistâmes dans notre intention de faire réussir la fête: la fête eut donc lieu , et le lendemain Tordre légal était violemment renversé et foulé aux pieds. Dans ces circonstances , il était naturel de supposer que des ftmes charitables chercheraient à répandre le soupçon que si nous avions mis tant de zèle à organiser le banquet , c'était dans le but de couvrir d'un voile de roses un avenir désastreux. Nos prévisions furent justifiées; de bonnes âmes^nous accusèrent et le soupçon plana sur nous. On conçoit qu'il y avait pour nous urgence à exposer à nos concitoyens nos actes et nos opinions. »

Après avoir démontré la nécessité de la déclaration du 14 septembre , les quatre jeunes gens déclaraient sur l'honneur n'avoir pris part ni directement ni indirectement à cette entreprise et refusaient de s'associer aux insurgés. Leur brochure se terminait par le résumé suivant :

(( Nous n'avons point participé au mouvement du cb&teau : nous ne favorisons point l'illégalité de nos vœux secrets; nous n'aurions point obéi au gouvernement provisoire , s'il nous eût dicté des ordres avant que le gouvernement légitime eût été légalement déchargé de ses pouvoirs; nous ne voterons point sous la bouche du canon ou sous l'influence des baïonnettes ; nous désirons que les chefs de Tinsurrection se soumettent sans délai aux injonctions de la diète helvétique ; mais nous resterons fidèles aux convictions de notre cœur, aux sentiments de notre conscience, nous voterons pour la réunion pure et simple à la Suisse , et pour tout cela nous n'en persisterons pas moins à nous croire aussi bons citoyens que M.C*" et tous ceux dont il cherche à propager les opinions. »

Peu de semaines après, GauUieur publia dans le Journal de Ne^h chdtel un article qui fit grande sensation ; il était intitulé : Quatre questions neuchâteloises. Cet article violent dans sa forme fut déféré aux' tribunaux. Gonzalve*Petilpierre, rédacteur du journal, et Gaullieur parurent devant la cour de Neuehàtel. Gaullieur se défendit lui-même et fit imprimer son plaidoyer , mais il ne put échapper à l'amende et à la prison. Un pamphlet qu'il publia à la même époque contre un des premiers chefs de l'Etat , ainsi que la réaction qui

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s'opéra dans les esprits le firent quitter le pays. Le jeune patriote se retira d'abord à Lausanne, puis à Porrentruy, où avec le secours des libéraux Jurassiens, il fonda VHelvétie,

Ce journal parut le 1*' juillet 1832. M. Slockmar^ préfet de Porrentruy, en avait écrit le programme, signé du nom du rédacteur, E.-H. Gaullieur. L'Helvétie se publiait deux fois la semaine. Gaullieur fut d'abord chargé seul de la rédaction. Le dépouillement des journaux, les nouvelles suisses et étrangères absorbaient la majeure partie de son temps; s'il ne pouvait rédiger beaucoup d'articles de fond, il avait pour le seconder puissamment M. Stockmar, qui écrivait dans presque toutes les feuilles. M. Marchand , actuellement professeur à Zurich , se chargeait bénévolement des traductions. Une collaboration nombreuse et choisie , ajouta , dès les premiers jours , de la valeur à ce nouveau journal : les cantons allemands eux-mêmes fournissaient souvent leur contingent. Citons parmi ses correspondants pour le canton de Vaud : Druey , Monnard , Pellis, Leresche, Sambuc; pour Genève: James Fazy, Fazy-Pasteur, et même Petit-Senn, dont les vers charmants illustraient le feuilleton; pour Fribourg: Schaller, Bussard, Kuenlin ; pour le Valais: Barman : pour le Jura bernois et Berne: le doyen Morel, Vautrey, Aubry, et exceptionnellement, quoique s'intéressant au journal, l'avoyer Neuhaus. Les correspondants neuchàtelois abondaient surtout. L'Helvitie était pour eux une tribune , d'où leur voix se faisait entendre facilement jusqu'aux extrémités de la principauté. L'auteur des Fragments neuchàtelois, Ulysse Guinand, se distinguait parmi ces courageux publicistes. Les attaques de VHelvétie contre le gouvernement de Neuchàtel , ne tardèrent pas à encourir les rigueurs de la justice. Le 23 août, le journal publiait un article violent contre la maison de Brandebourgs où il niait ses droits sur Neuchàtel et lui reprochait d'opprimer son pays. L'effet de cet article ne se fit pas attendre : le conseil d'Etat de Neuchàtel décréta de prise de corps Guinand et Gaullieur, comme prévenus du crime de haute trahison.

C'est ici le cas de parler de Gaullieur comme journaliste. Dans les premiers temps son style n'était pas formé; il écrivait peu d'articles saillants; sa manière était rude , saccadée: point de phrases insignifiantes, de remplissage; il n'était pas élégant, mais souvent

frappail fort, et Ton disait : « GauUieur a donné aujourd'hui un de ses coups de boutoir. » Peu à peu son style se forma, ses phrases se polirent , s'enchaînèrent mieux. Bref, d'après un juge compétent , il est devenu écrivain à l'école de VHelvélie. Sans travailler beaucoup en dehors de son journal , il se distinguait déjà par son penchant pour les études historiques, son amour pour la bibliographie, et faisait preuve d'érudition et de connaissances variées. Il y avait en lui l'étoffe de l'homme de lettres , qui plus tard devait doter la Suisse de travaux justement estimés.

De 183:2 à 1836 se firent à Porrentruy des créations importantes, notamment la première réorganisation du collège , la création du cabinet de minéralogie. GauUieur applaudissait aux progrès de Tinstruclion publique dans ces contrées; il aimait à traiter les questions pédagogiques. Son jugement en pareille matière était judicieux. Homme essentiellement littéraire , il voulait cependant l'introduction sérieuse de l'enseignement scientifique au collège ; on n'en était pas encore au réalisme.

M. Stockmar fut appelé en 1836 à entrer au Conseil exécutif de Berne. GauUieur désirait vivement le suivre dans cette capitale et y transférer le siège de VHelvétie ; il était appuyé par l'avocat Bille, par les libéraux neuchâlelois et par ceux des autres cantons. Le fondateur du journal s'y opposa énergiquement^ ne voulant pas priver le Jura d'un organe qui lui donnait du relief en Suisse , qui contribuait puissamment au soutien du libéralisme dans la contrée. Cette opinion prévalut dans le comité, et GauUieur mécontent donna sa démission, quitta Porrentruy et se rendit à Lausanne, où il succéda au professeur Rodieux dans la rédaction du Nouvelliste taudcis; il y demeura de 1837 à 1845.

Orucy. était l'Ame du Nouvelliste , comme Stockmar l'était de VHelvétie. La meilleure harmonie régna de longues années entre le rédacteur neuehàlelois et l'homme d*état vaudois. Il s'entendaient, quoique de caractère différent ; le même contraste se faisait remarquer dans la part que chacun apportait au journal : le second , formé à 1 école germanique , souvent nuageux , théorique surtout; le premier, formé à l'école française , toujours clair et essentiellement pratique. En arrivant h Lausanne, GauUieur placé'sur un plus Krand thé&tre, dans un milieu littéraire, avait cédé instinctivement

i ses goûts de bibliophile et d'érudit; il s'était mis à la culture des lettres, et à côté du journalisme s'était livré à l'enseignement. Ainsi, en 1838 , il avait été nommé professeur d'histoire au collège cantonal , ù l'école moyenne , aux écoles normales et à l'école secondaire des jeunes filles de Lausanne. C'est pour ses cours qu'il publia, en 4841, le premier volume de son Précis d*histo%re généraley comprenant VHistoire ancienne et VHistoire romaine, excellent manuel, renfermant dans un cadre restreint et dans de justes proportions les notions essentielles, tenant compte des travaux historiques modernes qui ont jeté un si grand jour sur les temps anciens. En 1842 encore, Gaullieur avait été chargé d'enseigner le droit romain dans la faculté de Lausanne. Il fallait toute l'activité fiévreuse dont était doué le journaliste-professeur pour qu'il pût suffire à cette tâche multiple.

L'année 18&S s'ouvrit grosse d'orages dans le canton de Vaud ; on était à la veille de la journée de Montbenon. M. Druey, chef du radicalisme, voulait donner au Nomellisle une couleur plus tranchée et en faire l'organe de l'opposition au gouvernement. Il y eut dissidence entre Gaullieur et lui ; une polémique très-vive s'engagea entre eux. Le rédacteur quitta le journal et rentra dans la vie privée.

Les trois années que Gaullieur passa encore à Lausanne ne furent pas perdues pour les lettres. Il continua son enseignement, en partie du moins, et consacra ses loisirs à ses études de prédilection. La Société d'histoire de la Suisse romande le comptait parmi ses travailleurs les plus zélés. Nulle des deux séances annuelles ne se passait sans qu'il y apportât son tribut: une page d'histoire littéraire de la Suisse, quelques correspondances de M""® de Charrière, de Benjamin Constant, la discussion d'un point historique contesté, la biographie de quelque personnage célèbre, etc. Gaullieur habitait alors une délicieuse maison à Beauséjour. C'est là que ses nombreux visiteurs le trouvaient dans une chambre d'étude littéralement tapissée de livres, et quels livres! c'était à faire le désespoir d'un bibliophile: éditions rares et spicndides, curiosités bibliographiques, collection unique d'autographes, de manuscrits, etc. Une porte vitrée, s'ouvrant sur un balcon, donnait sur le Léman, et ajoutait le spectacle grandiose de la nature à ces joies de l'esprit.

Un accueil cordial attendait toujours ses amis et tout homme voué aux lettres , aux sciences et aux arts. Durant cet intervalle , Gaullieur publia de nombreux articles dans la Revue Suisse, laBtbliothèque de Genève et une étude sur M™® de Charrière dans la Revue des Deux Mondes, En 184S, il avait donné le premier volume des Etrennes nationales, qu'il continua quelques années plus tard. Dans ces mélanges helvétiques, dont la Suisse romande faisait les frais, Neuchâtel ne fut pas oublié : ce volume renferme en effet un fragment des Annales Neuchdteloises, du maître- bourgeois Larsche (4700—1770).

Henri Gaullieur se rendit à Genève pour ne plus le quitter, à la fin de 1847. Le 7 août, il avait été nommé maître de géographie et d'histoire à l'école secondaire des filles, et le 26 octobre, il fut appelé à enseigner provisoirement le droit romain à l'acadéiDie. L'année suivante (S novembre), il fut nommé définitivement professeur ordinaire d'histoire à l'académie, et fut également appelé à donner, plusieurs années durant, le même enseignement au gymnase. Le professeur comme le littérateur , avait enfin trouvé un champ digne de son activité , aussi refusa-t-il plus tard la chaire d'histoire qui lui fut offerte à l'Ecole polytechnique de Zurich. Ici Gaullieur se présente à nous sous son véritable point de vue, littérateur et bibliophile, comme il était connu et apprécié en Suisse et à l'étranger. Il s'occupe peu de politique, il n'est pas radical, mais toujours libéral. Il écrit rarement dans les journaux , et fait quelquefois exception en faveur de la Gazelle de Lausanne, qui accueillit ses articles quand il quitta le Nouvelliste. Lorsque le vétéran de la presse suisse, le fondateur de la Gazette, mourut, Gaullieur consacra à Miéville une notice biographique, qui révèle dans son auteur un homme de cœur autant qu'un homme d'esprit.

Une création nouvelle , due à l'inspiration de M. James Fazy, fournit bientôt à Gaullieur l'occasion de déployer son talent et sa prodigieuse activité. Dans la pensée de son fondateur, VInstUut national (1853) devait couronner l'édifice intellectuel de Genève, l'Athènes de la Suisse française. Cet Institut, avec ses cinq sections des sciences physiques et naturelles, des sciences morales et politiques, d'archéologie et d'histoire , de littérature, des beaux-arts, d'industrie et d'agriculture, allait tout à la fois combler une lacune

importante dans la cité de Rousseau, activer le progrès des branches du savoir humain, en leur donnant un centre commun, une direction , réunir sous une même bannière les intelligences de la patrie romande; œuvre grande et belle qui a déjà porté d'heureux fruits. GauUieur lut nommé d'abord membre eflectif de la première et de la seconde section, puis choisi pour secrétaire-général de l'Institut. On ne pouvait faire un meilleur choix, et le professeur justifia la confiance qu'on avait mise en lui. Non-seulement il entra en rapport avec les sociétés suisses et étrangères^ soigna les publications, mais il enrichit encore le BtUletin annuel et les Mémoires de travaux importants. Citons ici V Etude sur l'histoire littéraire de la Suisse française au XVIII^ siècle (1855), ouvrage original, couronné par l'Institut, où Neuchàtel occupe une place d'élite, témoin les pages sur M™* de Charrière et son école, et où le mouvement intellectuel dans le Jura est indiqué pour la première fois dans un ouvrage de ce genre; les Etudes sur la typographie genevoise du XV^ au XIX^ siècle (1858), piquante revue où trouvent à glaner le bibliophile et le littérateur, charmés de se rencontrer et de se compléter en champ si fécond; Isl Notice sur T origine, V accroissement de la ville de Carouge et ses rapports avec Genève (1857), dette de cœur payée à son canton adoplif, pages qu'on dirait écrites par un enfant des bords de l'Arve, tant l'auteur possède bien les secrets de la localité; le mémoire sur les Livres carolins de la Suisse (4854), renfermant notamment une description de la fameuse Bible de Moutiers-Grandval et un jugement définitif sur la matière; enfin le mémoire sur les Chroniques de Savoie dans leurs rapports avec l'histoire de la Suisse romande et la Correspondance du pape Félix V avec son fils Louis, due de Savoie, qui valurent au savant historien, entre autres marques de distinction, la croix de chevalier de l'ordre de St-Maurice et Lazare.

On le voit, Henri Gaullieur n'envisageait point sa place de secrétaire de l'Institut comme une sinécure, il payait noblement de sa personne. Fidèle à ses amitiés et aux cantons où il avait successivement planté sa tente avant de se fixer sur les rives du Léman, l'ancien journaliste n'eut garde d'oublier Neuchàtel et le Jura, lorsque l'Institut choisit ses membres correspondants dans la Suisse romande ; aussi» pour ne parler que de Porrentruy, MM. Stockmar,

Thurmann, Trouillat et Kohler devinrent ses coUëgues. Lorsque la mort frappa Jules Thurmann , il était en relations suivies avec le secrétaire de l'Institut pour la publication dans les Mémoires de ce corps, de son Essai d'orographie jurassique, dont la première partie seulement a paru dans ce recueil en 18S8.

Lors du congrès de Bruxelles sur la propriété artistique et littéraire, rinstitut genevois chargea son secrétaire-général de le représenter. Il y avait là des esprits élevés, des intelligences d'élite: ie député genevois se fit remarquer et les journaux parlèrent de son discours avec éloge. <c Quoique homme de lettres, publiant beaucoup d'ouvrages et intéressé à soutenir les privilèges des écrivains, notre envoyé, dit M. Viridet, fit preuve d'un jugement exquis en soutenant, dans ce concours international, des opinions où il veut, t(»ut en prenant en considération les droits légitimes des auteurs, n'en point exagérer la portée au préjudice des intérêts généraux du public et de la science. »

 côté de son enseignement, H. Gaullieur donnait encore à Genève des cours publics. On aura encore une idée de sa fécondité comme écrivain , si l'on pense aux nombreuses publications sorties de sa plume, outre celles que nous avons indiquées, ces dix dernières années. Il serait trop long de citer tous les articles littéraires parus dans les Revues françaises et suisses , notamment dans la Revue Suisse, notons seulement quelques ouvrages: La Suisse en 1847, histoire de la guerre du Sonderbund, qui n'a pas échappé à la critique de Crétineau-Joly. L'auteur, en l'écrivant, n'oublia pas de consulter les pages que consacrait aux événements du jour dans ïHelirtie l'homme supérieur qui avait fondé et patronait encore ce journal; la Suisse historique et en collaboration avec M. Staub, la Suisse pittoresque , qui eurent un grand succès; ï Histoire et la description de la bibliothèque de Genève (1851 ), qui se dislingue par les mt^mes qualités que Y Histoire de l'imprimerie dans cette ville: la sécheresse d'une nomenclature bibliographique disparaît entièrement pour offrir au littérateur, à l'historien de précieuses données ; c'est un fil conducteur sûr pour se reconnaître au sein des richesses de tout genre qu'étale celte belle collection ; le Gniie sur le chemin de fer de l'Ouest-Suisse, ittinéraire d'un touriste bit par un des hommes qui connaissaient le mieux le pays et exoel-

laienl à le bien décrire; les Etrennes nationales, tom. ii el m, dignes de leur aînée ; l'Histoire de la ville de Genève depuis la Réjormation, VEtude sur itf™« de Charrière, sur Léopold Robert, Dubois de Montperreux, etc.

Si Ton se demande avec élonnement où Gaullieur prenait le temps d'écrire tous ces livres, tous ces articles de bon aloi, à plus forte raison Ton se dit: où prenait-il la trame si riche, si variée dont il tissait son œuvre? Il faut avoir connu Gaullieur pour le comprendre, avoir jugé par soi-même de l'étendue et de la vivacité de son esprit, avoir visité sa bibliothèque unique de Beauséjour, puis des Pàquis. « C'est dans celte riche collection, dit M. Martignier, que Gaullieur avait puisé ce fonds d'érudition qui étonnait dans un homme encore si jeune et dont la vie avait été si occupée. Son heureuse mémoire le faisait ressembler h une bibliothèque vivante, il connaissait admirablement les livres et l'histoire littéraire; on ne pouvait aborder avec lui un sujet ou littéraire ou historique, qu'il n'apportât dans la discussion des faits ou des éléments nouveaux. » M. Viridet confirme ce jugement: «L'érudition de Gaullieur était telle que, dans chaque occasion importante , il avait pour ainsi dire un ouvrage tout prêt à faire paraître pour élucider les questions ou les intérêts du moment. » Enumérer les sociétés savantes dont il faisait partie, les relations qu'il avait dans le monde littéraire, est impossible: la liste en serait trop longue. Quelques jours avant sa mort, il recevait le diplôme de membre de l'Académie royale des sciences de Lisbonne.

C'est au milieu de cette vie active, de ce travail incessant, que la maladie surprit Gaullieur, en mars 4859. Il avait jusqu'alors joui d'une santé excellente, el rien ne semblait présager sa fin prochaine. Cependant son heure était venue. Le mal faisait des progrès rapides; ni les soins empressés de sa femme et de ses enfants, ni les secours de l'art ne purent le conjurer. On espéra que l'air de la campagne lui rendrait des forces ; aux premiers jours de mai, sa famille comptait se rendre avec lui à sa maison de Mornex; la Providence en disposa autrement; il expirait le 29 avril à une heure du matin, pleuré des siens et des nombreux amis qu'il s'était faits dans tous les rangs de la société.

En quittant le monde, H. Gaullieur emportait une consolation;

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JONAS DE GELIEU.

Jonas de Gélieu , surnommé le père des abeilles , membre de la Société économique de Berne , de la Société d'émulation du canton de Yaud , de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève et de la Société helvétique des sciences naturelles, né aux Bayards le 21 août 1740, mort pasteur ù Colombier le 17 octobre 1897, était issu d'une famille d'origine française, réfugiée à NeuchAtel à la fin du seizième siècle, et qui depuis sept générations donne des pasteurs aux paroisses de ce pays. En 1736, le roi Frédéric-Guillaume i*"^, pour récompenser les services de Jonas, Bernard , Jacques et Frédéric de Gélieu , leur donna des lettres patentes de noblesse. Nous trouvons dans la famille de Gélieu deux officiers au service de France , Samuel-Henri de Gilieu , officier dans les troupes suisses capitulées , qui fut tué au siège de Philisbourg, en mai 1734; et Charles-Frédéric de Gélieu, né en 1706, capitaine^ mort en 1777 chez son neveu, M. Jonas de Gélieu, pasteur à Lignières.

Le père de Jonas de Gélieu, M. Jacques de Gélieu, fut pasteur aux Bayards, puis aux Verrières. C'est lui qui inculqua à son fils ce goût passionné pour la culture des abeilles, qui distingua la carrière du vénérable pasteur de Colombier. Lui-même a rendu ce témoignage h la mémoire de son père dans la préface du Conservateur des abeilles: a Dès ma tendre enfance , j'ai passionnément aimé ces admirables insectes ; à l'âge de dix ans, je les observais déjà sous la direction de mon père, Jacques de Gélieu, pasteur de l'église des Bayards, ensuite de celle des Verrières. Il me donna les principes de cette intéressante étude; il m'apprit à les aimer et à les admirer, en me faisant lire les Mémoires de l'immortel Beaumur, avec lequel il avait l'honneur d'être en correspondance. Excellent observateur , il avait préparé dès l'année 1746, un ouvrage en deux volumes qu'il avait intitulé: Nouvelle méthode économique , tendante à la conservation et à la multiplication des abeilles , et à procurer une récolte plus abondante et plus facile du miel et de la cire. Prêt à livrer son travail à l'impression, il perdit dans un jour, par un accident funeste , toutes ses ruches.

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excepté une seule, dont il me fît présent et que je soignai sous sa direction. Jeté dès lors dans un cercle d'occupations très-suivies, il perdit tout à fait de vue Timpression de son ouvrage, que je possède encore en manuscrit. Il contient la description et Fusage des ruches à hausses ou à étages, dont il fut l'inventeur, dont il eut la première idée et qui ont été diversifiées en tant de manières. ^ On ne les a connues que par sa correspondance avec M. de Réaumur et d'autres savants. »

Jonas de Gélieu se voua de bonne heure à l'état ecclésiastique et devint pasteur à Lignières en 1763. C'est là que, pendant vingtsept années, il déploya celte vigueur et cette activité étonnantes qui lui permettaient d'embrasser à la fois plusieurs objets divers, sans négliger jamais aucune de ses fonctions pastorales. Il établit dans le presbytère de Lignières et ensuite dans celui de Colombier une pension qui a été la première école d'uu grand nombre de pasteurs et de ministres. L'agriculture avait été pour lui une étude favorite dès son enfance : elle était à Lignières, sinon négligée, du moins assujettie à une routine aveugle, qui s'opposait à tout perfectionnement. Un terrain considérable, marécageux et rempli de buissons, restait en friche par la négligence des propriétaires, qui auraient pu, à peu de frais, faire écouler les eaux et transformer cette plaine inculte en champs fertiles. M. de Gélieu se mit à défricher lui-même une portion de ce terrain , qui dépendait du domaine de la cure, et réussit si bien, qu'au bout de deux ans il fut plus que dédommagé de ses peines et de ses frais. Son exemple eut l'efiet que n'avaient pu produire ses paroles: ses paroissiens s'empressèrent de l'imiter, et cette plaine autrefois inculte est aujourd'hui l'une des plus productives et des plus belles de la contrée.

L'étude de l'histoire naturelle avait pour M. de Gélieu les plus grands charmes: celle des abeilles surtout, comme nous l'avons déjà dit, était chez lui une véritable passion ; aussi s'empressa-t-il, à son arrivée à Lignières , de se pourvoir de ruches sur lesquelles

I M. Jonas de Gélieu a publié dans les Mémoires de la Société économique de Berne, 4770, II, p. 4, un extrait du livre de son pèY-e, sous ce titre: Instruetion pour les habilants de la campagne, contenant en abrégé la manière lapHis simple et la plus utile de gouverner les abeilles. Ce petit opuscule a été traduit pour l'édiUon allemande du même recueil. 1770» p. 55—144.

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il fit diverses expériences , consignées dans les Mémoires de la Société économique de Berne. Il quitta Lignières en 1790,. pour venir se placer à la tète de l'importante paroisse de Colombier, où il continua et multiplia ses expériences.

Les soins d'une nouvelle et nombreuse paroisse, ceux que réclamait sa famille, l'obligèrent pourtant à interrompre l'étude de plusieurs branches d'histoire naturelle qu'il avait commencée; mais il resta toujours fidèlement attaché à ses chères abeilles, comme il aimait à les appeler. Le résultat de ses travaux a été recueilli dans son Conservateur des abeilles, publié en 1816. Il exerça les pénibles fonctions de son ministère jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. C'est à cet Age avancé qu'il se rendit à Genève, en 1820, dans le double but d'assister à l'assemblée de la Société helvétique des sciences naturelles, et de faire la connaissance personnelle du célèbre Huber, avec lequel il entretenait une correspondance depuis longtemps. Cet aveugle clairvoyant, qui a fait des observations si fines et des recherches si ingénieuses sur les abeilles, disait du Conservateur des abeilles: « Sous le rapport pratique de l'économie et de l'art de les conduire , qu'on brûle tout ce qui a été écrit jusqu'à présent, et qu'on ne garde que le livre remarquable de M. deOélieo. »

Frappé six ans avant sa mort d'une apoplexie qui le priva de l'usage du côté droit, M. de Gélieu se trouva réduit à une oisiveté forcée. Son dernier voyage avait été une course alpestre dans nos montagnes , qu'il acheva le 22 avril 1821. Mais c'est ici l'époque la plus intéressante et la plus instructive de sa longue vie. Dans sa triste position, M. de Gélieu a montré ce que peut une grande force de volonté jointe à une pieuse résignation aux dispensations de la Providence. Pour se préserver de l'ennui qu'aurait pu lui causer Sun genre de vie trop uniforme , il résolut d'apprendre à écrire de la main gauche , s'y exerça avec une courageuse persévérance , et y réussit tellement qu'au bout de quelques mois il fut en état de reprendre sa correspondance avec plusieurs de ses amis , entre autres avec M. Huber , et d'écrire en caractères nets et parfaitement lisibles, plusieurs nouveaux ouvrages dont sa famille conserve soigneusement les manuscrits. Ce sont : une suite au Conservateur des abeilles , contenant divers procédés et quelques idées nouvelles sur

âlfc DE GÉLIEU.

iuLX bourdons ; une Nouvelle théorie des comètes » dans laquelle j. ^uinàiili Topinion généralement admise du retour périodique deoes j6tfrs«v v{u'il croyait destinés à augmenter le feu du soleil ; des contsctto:^ sur les taches du soleil, qu'il croyait n'être autre chose que iiss> noyaux des comètes. Ces deux derniers ouvrages ^ écrits d'un $nile dair et précis, prouvent, il est vrai , que ses nombreuses occttpatkms ne lui avaient pas permis de se tenir au courant des QoaYdles découvertes ; mais aussi ils sont un beau témoignage du «iésir qu'il avait d'employer à des travaux utiles son temps, ses facultés , et comme on l'a dit sur sa tombe , les restes de lui-même que la maladie avait épargnés.

Quoiqu'il ne fût pas étranger à cette curiosité ardente » sans laquelle les sciences ne feraient jamais de progrès, il ne donna point dans les rêveries du scepticisme , ni en aucun genre dans les recherches oiseuses. Son esprit juste et ferme avait reconnu de bonne heure les bornes imposées à l'esprit humain ; il prenait la raison précisément pour ce qu'elle vaut. Bien que son caractère fut ardent , il portait dans le travail un esprit patient et méthodique ; il lisait beaucoup , mais n'oubliait jamais ce qu'il avait lu ; s'il attachait une grande valeur à la science , il appréciait avec beaucoup de modestie la portion qu'il en avait lui-même acquise. « Ne méprisons personne , disait-il à ses enfants ; je ne puis rencontrer un homme de si chétive apparence , qui ne sache quelque chose que j'ignore , ou qui ne s'entende à faire quelque chose d'utile dont je serais incapable. » Cette sage modestie, jointe à l'absence de toute ambition inquiète , le rendit constamment content de son sort. Il aima le bien et s'efforça de le faire partout où pouvait s'étendre son influence. Patriote dans le vrai sens du mot , la découverte d'un objet d'utilité publique à remplir, lui faisait l'efifet d'un devoir qui lui aurait été imposé. Sa famille se rappelle avec attendrissement la devise qu'il avait choisie à la fin de ses jours , et qu'il a si bien remplie: a Bientôt je ne serai plus , mais ma vie a été quelque chose. »

M. de Gélieu avait épousé Marguerite-Isabelle de Frêne, fille du pasteur Frêne de Tavannes, qui lui donna trois enfants: deux fils, messieurs Bernard de Gélieu^ ancien pasteur à Fontaines» et M.

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Jacques de Gélieu, ancien pasteur à St-Sulpice;* ainsi qu'une fille, Isabelle de Gélieu, mariée ù M. Morel , doyen et pasteur de Gorgémont , une des femmes les plus remarquables de notre pays , dont nous donnons la biographie plus loin.

Cet homme de mœurs et de simplicité antiques, doué d'une fermeté et d'une volonté rares, remplit avec un zèle soutenu sa charge et ses fonctions de pasteur pendant cinquante-huit ans. Il a laissé un grand nombre d'écrits dont voici le catalogue détaillé :

I. Eisaiê pour former des essaimi artificiels selon la méthode de Lusace, insérés dans les Mémoires de la Société académique de Berne, année 1770.

— Le même en allemand, publié dans le même recueil , édition allemande, 1770, p. 143-169.

II. Nouvelle méthode pour former des essaims artificiels par le partage des ruches. Mémoires de la Société économique de Berne, 177S, t. Il, p. 141.

— Le même en allemand, 1. 1, p. 165.

— Traduit en italien sous ce titre : « Storia naturale délia regina délie api eoW arte di formare gli sciami del sigr. J, G. Schirachy etc. E. ara dalla fraU'* cese reso in lingua italiana,coU' agiunta di due opwculi sullo stesso argumente , l'une délia sig. Vicat , l'altro del signor Gélieu, tradoUi délia lingua francesca. Omata di rami in Brescia, per Giammaria Rizzordi, 1774, in-8*, 31S p.

III Réflexions d^un homme de bon sen$ sur les comètes et 9ur leur retour f ou préservatif contre la peur, s. 1. 1773, in-8<>, publié à l'occasion de la fameuse comète annoncée pour le 2 octobre 1774.

lY . Description des ruches cylindriques de paille et des ruches de bois^ construites sur les mêmes principes» avec quelques observations sur leurs avantages. Mémoires de la Société des sciences physiques de Lausanne, 1 788, t. III, p. 188-203.

— 2* édition, Neuchâtel 1795, in-8% 48 p. Traduit en allemand, Bâle 1796, in>8*, 48 p.

y. Exposé de quelques inconvénients graves qui peuvent résulter de la plan^ talion de Varbre de la liberté dans les comtés de Neuchàlel et Valangin^ et du moyen d'y remédier, par un bourgeois de yalangin, s. 1. 1793 , in-8*. Publié à Foccasion des troubles politiques suscités dans le pays à Tépoque de la révolution française.

YI. Tableau de la constitution de la principauté de Neuchâtel et Falangin, par un bourgeois de Neuchâtel, 1 793, in-8*, avec cette devise : 0 felices nimium sua si bona norint.

YII. Le Conservateur des abeilles , ou moyens éprouvés pour conserver les

1 H. Jacques de Gélieu , né en 1794 et consacré en 1814, est auteur d*un mémoire intitulé: Essai sur la composition des livres destinés à l'usage du peuple, inséré dans les Ferhandlungen der schweizerischen Gemeinnûtzigen Gesell' iChaft. Zurieh 1827, p. 80-107.

et ks renouveler, avec gravures. Paris et Strasbourg 4816 » in-8*, xxet

— 2«êditioo, Mulhouse 1843. Cette prétendue édition n'est que la première éckie (Ton nouveau titre et d'une introduction. Traduit en allemand, Mul-

1817, in-8*.

nn. Mcaoire sur cette question : Quelle est la cause de Vascemion de la U$ ptamtetf ou quelle esl la force qui la fait monter jusqu'au sommet

éesptms grmmds arbres 1 Bibliothèque universelle. Sciences et arts. Genève IH7. t.\I,p. i57.

DL Ênmarques sur la durée de la vie de la mère abeille , et jusqu'à quel â§e rl^ est ftemÈdee, Même recueil, t. XII, p. 139.

X. Detniption d*un instrument de métal , trouvé en i753 dant une carrière et rvc, « sir pieds de profondeur, près de Neuchâtel en Suisse, Bibliothèque uni- ¥«n<lte. t. XIV, p. 148.

XL Quelques poésies insérées dans le Journal helvétique, de 1763 à 1784. m» sont signées Lignières,

rt. Biographie de Michaud, suppl., art. Gélieu, — Messager boiteux de j^fKA«lelJ839.— Ersch, Mlgemeines Bepertorium der Utteralur fur dieJahre ITfl» «795» t. VIII, n* 4993. — J.-S. Ersch , La France littéraire, contenant les français de 4774 à 4 796. Hambourg 4797-4806 , S vol. in-8*. — Bar- « Dictionnaire des anonymes, etc., n« 17476. — Pfeue allgem, demische M- MMAdt, XL , t. 220. — Allgemeine Litteratur-Zeitung , Jena et Halle 1820. Sai* P> 408. — Meisncr's Naturwissenschafllicher Ànzeiger, t. III, p. 44. — Bi- ^àifihèque universelle. Genève , t. XI, p. 257; XII, p. 439; XIV, p. 448. — BooHienls fournis par la famille de M. de Gélieu, etc. etc.

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