ALPHONSE GUILLEBERT
Le 8 mai 1861 , la population de Neuchâtel rendait les honneurs funèbres à M. Alphonse Guillebert, ancien pasteur de la ville, ancien doyen de la Compagnie des pasteurs, ancien professeur au collège et à l'académie, qui a succombé à l'âge de près de 69 ans à une maladie longue et pénible. Nous disons: la population de Neuchâtel, car si elle n'était pas là tout entière, elle était représentée dans tous ses éléments, et Neuchâtel voit rarement un convoi aussi nombreux. U y aurait un long et intéressant travail à faire pour raconter la carrière de cet homme distingué; mais les limites que nous imposent les courtes pages de ce livre , nous forcent à regret à ne donner que les parties les plus saillantes de sa vie publique.
Né à St-Blaise , en 1792 , d'une famille de protestants réfugiés, originaire de la Champagne, ^ M. Alphonse Guillebert eut une jeunesse très-laborieuse ; et au milieu de circonstances particulièrement difficiles, il dut déployer de bonne heure cette énergie de volonté et cette active persévérance qui plus tard le firent nommer, à juste titre, l'homme du devoir. Tout en poursuivant avec succès ses études, il était le soutien de sa famille, autant par ses travaux que par son afiectueux dévouement. Ses études de théologie qu'il fit à l'académie de Genève , où il se concilia l'estime générale et contracta des amitiés durables , ne furent cependant pas longues, car vu le pressant besoin de jeunes minisires où se trouvait alors l'église de Neuchâtel , M. Guillebert dut être consacré en 1813 , à
I Descendant de Gédéon Guillebert, de Roussy en Champagne , reçu bourgeois de Neuchâtel en 1710. Cette famille s'est éteinte avec celui auquel nous consacrons ces lignes.
l'âge de vingt et un ans; et le jour même de sa consécration, il fut nommé suffragant de M. Dardel, pasteur à Neucbàtel.
II se fit bientôt remarquer par une prédication saine , claire et vigoureuse , dont TeSet était encore augmenté par de beaux dons naturels, cultivés avec soin. Car, loin de mépriser les moyens extérieurs , il ne croyait pas qu'il fut permis au chrétien de laisser enfoui aucun talent reçu du Seigneur. Du reste aucun moment ne pouvait être plus favorable pour le déploiement des talents et de l'activité de M. Guillebert. Deux des pasteurs de Neucbàtel étaient arrivés si non au terme de leur carrière terrestre, du moins à celui de leur activité pastorale; et l'époque où il en serait de même da troisième ne pouvait être très-éloignée. Aussi vit-on le jeune suffragant devenir peu à peu l'âme de tout , et dans l'église et dans réducation publique.
Cette activité fut tout à coup interrompue pendant deux ans, par une grave maladie, causée peut-^tre, du moins fort envenimée par une cruelle perte dans sa famille. Pendant une année entière l'usage même de la parole fut interdit au malade. Mais après sa guérison , plus cette maladie l'avait séparé et isolé de la société des hommes , plus aussi sa communion avec Dieu en devint habituelle el intime. On fut frappé de voir tout ce qui s'était amassé et mûri dans cette âme sérieuse et réfléchie, d'instruction, d'expérience, de connaissance du cœur humain et de zèle pour la gloire de Dieu.
L'impulsion donnée alors à l'instruction publique à Neucbàtel fit décider la création d'une chaire de philosophie dans cette ville. H. Guillebert y fut appelé en 4848, avec l'autorisation de passer quelques mois à Paris, pour se préparer à celte nouvelle lâche. Ce séjour à Paris , pendant Içquel le nouveau professeur entra en relations assez intimes avec plusieurs personnages distingués dans la science , et en particulier avec te célèbre Cousin , resta pour lui comme un précieux souvenir , el ce qu'il en rapporta montra i quel point la clarté de son esprit el la simplicité de sa méthode lui i>ormellaient de s'assimiler utilement l'instruction des aulres el de classer avec fruit les faits innombrables qu'il recueillait dans ses infatigables investigations. Nous n'avons pas besoin de rappeler* cHUix qui ont suivi les leçons de M. Guillebert , combien son enseignement était approprié au développement intellectuel de ses élèves,
combien ses idées claires et simples facilitaient l'étude et préparaient à l'enseignement universitaire; quel intérêt afiectueux tous ses étudiants trouvaient en lui ; comment il était toujours disposé à les aider de ses conseils, à les encourager; combien il leur donnait de son temps, si précieux pourtant, et si bien rempli !
Dès lors on vit M. Guillebert prendre une part toujours plus dévouée aux développements de l'instruction publique. Nul membre de la Commission d'éducation n'était plus que lui assidu aux séances, surtout pendant les semaines si laborieuses des examens. La création de l'académie vint donner un but plus élevé encore à son activité. Il aima cette institution nouvelle de toute l'afiection qu'il portait à son pays, et l'on remarqua chez lui un redoublement d'intérêt pour les sciences et un désir bien légitime de voir sa petite patrie devenir un centre de lumière que les Âgassiz, les Dubois de Montperreux, les Matile, les Guyot, etc., faisaient déjà connaître à l'Europe d'une manière si honorable. Sa dissertation sur V Unité en philosophie , publiée par l'académie en 1842^ frappa d'étonnément les juges les plus experts et les plus compétents en cette matière.
Enfin , au milieu des travaux de son ministère , si fidèlement et si consciencieusement accomplis, M. Guillebert sut trouver encore du temps pour s'intéresser utilement et avec succès à beaucoup de branches de la science. Aucun domaine ne lui resta étranger: histoire, annales nationales , géographie , langues, voyages, publications populaires , histoire naturelle , il s'occupa de tout , et sut recueillir tant d'observations et de faits divers, de manière à les employer toujours utilement et en les subordonnant toujours au premier but de son activité , la gloire de Dieu. Personne mieux que lui ne connaissait la vie intime des Neuchàtelois et ne s'intéressa plus à leur gloire. C'est lui qui a écrit la plupart des biographies qui ont paru dans le Messager boitenx de Neuchàtel; l'article Osterwald , dans la biographie de Michaud, sort de sa plume exercée. Son Glossaire nenchdtelois est un des monuments les plus curieux en ce genre de publication , et témoigne hautement de la profonde connaissance qu'il avait de la langue française. On se rappelle les séances qu'il donna, en 1847 , sur un sujet spécial d'histoire naturelle , et comment il intéressa ses auditeurs en leur racontant les
faits curieux qu'il avait observés lui-même , et en les faisant toujours remonter, de ses détails admirables à celui qui est l'étemel gérimëtre. Son Histoire du refuge dans le pays de Neuchdiel , do XTi^ au xviii® siècle, publiée dans le bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, est une patiente étude sur l'histoire des familles, aujourd'hui neuchàteloises , que la persécution chassa de leur patrie , et montre les vastes connaissances historiques et biographiques de M. Guiilebert. Il y aurait bien des chapitres à faire sur toutes ses publications , car on n'épuise pas en quelques lignes rapidement écrites , une carrière si riche et qui ofibre tant de faces à considérer.
Nommé en 1827, quatrième pasteur adjoint, à cause de l'état où se trouvait alors l'église de Neuchàtel , M. Guiilebert succéda , en 1830 , à M. le pasteur Gallot. Nous ne parlerons pas longuement de son activité comme prédicateur et comme pasteur , car nous ne ferions que répéter ce qu'on dit à Neuchàtel depuis quarante ans, ce que chacun disait dans l'immense cortège qui l'accompagnait à sa dernière demeure. Il nous suffira d'en appeler à ces auditeurs affectionnés qui le virent pendant son ministère, toujours prêt, toujours à son poste , accomplissant fidèlement son œuvre; il nous suffira d'en appeler à ceux de ses paroissiens qui eurent des malades à visiter, de cruelles épreuves à adoucir, des enfants à diriger et à placer , des conseils à recevoir, des secours à demander. Et quand les circonstances Teurent contraint à abandonner ces fonctions officielles, il ne cessa point d'être le pasteur de ceux qui réclamaient ses soins; son activité fut à peine diminuée, et ses anciens collègues aimaient à sentir , à côté de la leur, cette action douce et salutaire et à fortifier le lien fraternel qui les unissait encore, dans la vie pastorale , à celui pour lequel ils avaient une si affectueuse estime.
Lorsqu'après la révolution de 1848 , la Compagnie des pasteurs fut dissoute et remplacée par le synode actuel, et les pasteurs soumis à une réélection , la très-grande majorité des ministres ayant en vue rintérél de leur paroisse, résolurent de se soumettre à la loi, et la Classe se sépara le 6 décembre 1849, en adressant ses adieux et ses dernières recommandations aux troupeaux jusqu'alors confiés à ses soins. Un arrêt du Conseil d'état avait fixé les dimanches
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21 et 28 janvier 1849 pour la confirmation des pasteurs dans tout le pays. Deux pasteurs, anciens doyens de la Classe, avaient refusé de se soumettre à une réélection , n'acceptant pas la loi ecclésiastique. Après bien des luîtes intérieures, M. Guillebert s'était décidé à ne pas accepter sa réélection, se réservant de faire connaître par écrit à sa paroisse les motifs de sa décision. Néanmoins ses paroissiens persistèrent à vouloir le réélire , et pendant qu'on dépouillait un des scrutins , une partie d'entre eux se rendirent d'un mouvement spontané à son domicile. M. de Meuron , ancien banneret de la bourgeoisie de Neuchàtel, fut leur organe auprès de lui. M. Guillebert les remercia avec émotion de cette preuve d'attachement; mais sa conscience ne lui permettait pas de se rendre à leurs vœux. Dans une Adresse à sa paroisse , imprimée en janvier 4849 , il faisait connaître les motifs de sa détermination.
« Accorder le droit de me réélire , c'eût été , dit-il . reconnaître qu'on ait eu celui de me déposséder d'un poste qui était légitimement le mien , et dont j'avais été mis en possession pour tout le temps que je ne m'en montrerais pas indigne ; c'était là ce que je ne voulais , ne pouvais ni ne devais faire. Si j'eusse été confirmé dans mon poste, en outre de votations qui auraient privé d'autres pasteurs de leurs prébendes , j'aurais joui avec peine et quelque scrupule de la mienne. Mon refus de me laisser réélire est une protestation contre la suppression du corps auquel j'avais le bonheur d'appartenir. Ministre de Jésus-Cbrist, le seul chef de l'église qu'il a rachetée, et serviteur de l'église , j'ai toujours repoussé de toutes mes forces et selon la qualité que j'en pouvais avoir, une loi que j'envisage comme faisant de nous des fonctionnaires de l'Etat, et ne me sens pas libre de prêter le serment qu'on impose en cette qualité aux pasteurs élus ou confirmés. La loi ecclésiastique froisse mes convictions et blesse ma conscience dans plusieurs points. »
Nous ne parlerons pas davantage des événements qui firent à M. Guillebert un devoir de quitter les places qu'il occupait à Neuchàtel , soit dans l'église , soit dans l'éducation publique. Mais ce qu'il faut dire , ce qu'il ne serait pas même permis de passer sous silence , c'est que quand un homme fait à ses convictions le sacrifice de tous ses avantages temporels; quand pour obéir à sa conscience, il abandonne position, influence, intérêts, afiections, objets
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d'activité, Tod ne tardera pas à s'apercevoir que cet homme-là s'est acquis l'estime même de ses adversaires.
M. Guillebert s'intéressa à toutes les œuvres de son ancienne paroisse , même à celles auxquelles il ne pouvait vouer immédiatement son activité. A la fin de sa vie , il reporta sur quelques-unes les soins que sa vie officielle ne réclamait plus ; et dans ses dernières volontés, après avoir recommandé à sa veuve, chez laquelle il avait trouvé dans ses travaux et dans ses épreuves une compagne digne de lui ; après lui avoir recommandé les pauvres et les œuvres pies en général, il nomme spécialement celle des missions, et il lui demande de lui donner de sa part une preuve particulière de son vif intérêt.
Mais si tous les paroissiens de M. Guillebert ont pu connaître et apprécier en lui le pasteur dévoué, l'homme public, l'écrivain consciencieux , ses intimes amis seuls ont pu apprécier en lui l'homme intérieur : eux seuls ont été à portée de découvrir le trésor de simplicité, d*humiiité, de vraie débonnairelé que ses beaux talents voilaient aux yeux du public. Les intimes amis de M. Guillebert, disje encore une fois , peuvent seuls se faire une juste idée de cette sensibilité exquise et profonde que refoulait souvent , il est vrai, et que contenait toujours un caractère pratique et fort , et qui, si elle fut quelquefois voilée par sa vie officielle, n'en était pas moins la base de ses autres sentiments. C'est cette sensibilité qui, sanctifiée par sa piété, lui inspirait pour les siens , pour son église , pour sa patrie, un amour en faveur duquel aucun sacrifice n'était même discutable. C'est elle qui fit de sa longue carrière pastorale une vie de travail , d'abnégation, de désintéressement , de devoir de toutes les œuvres dans lesquelles se manifeste la fin du chrétien. C'est elle qui lui donna des forces pour tous les travaux , du courage pour toutes les luttes , des consolations dans tous les sacrifices. C'est ce même sentiment qui, dans les dernières années d'une carrière brisée, en nUlachait les liens plus haut que cette terre, dans la véritable {>atrie , bien au-dessus des découragements qui paralysent l'homme terrestre , tandis qu'ils ne peuvent atteindre l'homme qui veut faire Tœuvre de Dieu et non la sienne propre.
Mais si , iH>ur découvrir dans cette i\me noble et simple les Irésoi^ de pieuse sensibilité qu'elle renfermait, il fallait être du nom-
bre de ses intimes amis, d'un autre cAlé, rien n*étail plus facile, et à ses paroissiens et à quiconque avait occasion de l'aborder, que de connaître de prime abord ses intentions, ses motifs, ce que chacun pouvait attendre et espérer de lui. Car jamais caractère d'un homme public n'a été plus étranger à tout mystère , à toute dissimulation. L'homme extérieur était chez lui si parfaitement d'accord avec l'homme intérieur; penser, parler, agir étaient si bien pour lui une seule et même chose , qu'on peut dire qu'il n'y avait pas de coins réservés , de découvertes à faire dans son caractère. Il se faisait connaître de prime abord , comme après une longue fréquentation. De là les regrets universels qu'a causés sa mort: chacun le connaissait, chacun sentait et savait ce qu'on perdait en lui.
Ce fut le IS avril 4860 que M. Guillebert prêcha à Neuchâtel une dernière fois, depuis le commencement de l'année 1849. Cette prédication , qui avait pour sujet l'amour fraternel chrétien , produisit une douce impression. Jamais paroles plus émouvantes et plus douces ne tombèrent sur des cœurs plus touchés.
Enfin l'âge , les longs travaux , les fatigues perpétuelles allaient rendre nécessaire le ralentissement de l'activité de M. Guillebert; et l'on espérait que cette belle carrière serait suivie , comme les jours de l'été, d'un long et paisible crépuscule , pendant lequel cet homme d'élite aimerait à se reposer et à se recueillir. Mais une maladie cruelle , qui le surprit brusquement dans un voyage en France , vint se joindre aux premières infirmités de la vieillesse, pour couvrir ses derniers jours du sombre voile et de la douleur et de l'angoisse. Une amélioration momentanée dans l'état de son corps affaibli , lui permit de réaliser un de ses vœux les plus ardents , celui de rentrer dans sa patrie et de finir ses jours dans sa paroisse , entouré de ceux qui lui furent chers. Rien de plus touchant que la sollicitude avec laquelle , au milieu de ses membres, il s'occupait encore de ses paroissiens , et surtout de ceux qu'il savait être aussi dans la souffrance. Il savait que l'un d'eux, qui l'a suivi de près dans la tombe , était atteint du même mal que lui et était aussi en proie à de terribles angoisses. Il partagea plusieurs fois avec lui certains aliments qu'on lui avait envoyés à lui-même pour le soulager , et il y joignait , écrits de sa propre main , quelques passages de l'Evangile , qui, disait-il , lui ayant fait beaucoup
de bien , en feraient sans doute aussi à son compagnon de souffrance. Rien de plus touchant et de plus empreint de i*esprit do christianisme que les sentiments qu'il exprime par écrit dans ses dernières volontés , et qu'il répéta de bouche aux parents et aux amis qui s'approchaient de son lit de douleur. Ses deux derniers jours furent plus calmes et sans angoisses , et le 5 mai 4861 , le bon pasteur remettait en paix son àme entre les mains de Dieu.
La mort de M. Guillebert fut annoncée avec deuil par tous les journaux de la Suisse et de l'étranger. La Presse même lui a consacré quelques lignes nécrologiques en rendant hommage à ses talents et à ses ouvrages. Parmi les diverses appréciations que le public a porté de sa carrière honorable , nous aimons à citer les lignes qu'un ami de M. Guillebert, établi à l'étranger, écrivait quelques semaines avant sa mort : « Je n'ai pas besoin de vous dire quelles impressions cause en moi la perspective du départ plus ou moins prochain d'un homme si grand par l'àme, si bon et si tendre par le cœur ; dont toute la vie a été un acte de dévouement continuel et de naturel héroïsme , stoïcien du devoir , chrétien par la charité et la tendresse, humble et noble, sans peur et sans reproche, franc et lovai entre tous , et si fidèle dans la bienveillance comme dans Tamitié et le respect ! Quel vide il laissera parmi nous lorsqu'il ne sera plus pour les pauvres et pour nous qu'un grand souvenir! *
Le souvenir que M. Guillebert a laissé chez tous ceux qui l'ont connu, sera d'autant plus durable qu*il est appuyé sur de précieux monuments. Il a pris une part active à des recueils périodiques dans lesquels il faisait paraître d'intéressants articles que l'on peut N retrouver. Parmi ces recueib , il faut citer le Messager boiUux df SfHckiul, dont M. Guillebert a été fort kmglemps le principal, le plus lèlè et le plus laiMrieux rédacteur. Cesl lui qui a Crami à iV miWkste nrtoeil ses articles les plus importants ; c'est lui qui était toujours pnHà se chaîner de ceux dont b rédaction offrait le plus de dilfioultès. C'est à lui enfin que notre almanach a dû , pendant plus do vin^t ans« iv carftclère, cette couleur, cette empreinte nationale et vraiment DeochUeloîse, qui en fait le principal mérite aux \eu\ de la plupart des lecteurs. II a laissé plusieurs opuscules îm-
primés à part , une douzaine de sermons , ou écrits et traités religieux , plusieurs brochures sur divers sujets, que malgré ses innombrables occupations il trouva moyen de faire imprimer à différentes époques. Tous ces écrits , rédigés dans le meilleur esprit, toujours dictés par le désir de se rendre utile à son pays et à sa paroisse , subsistent encore , et il est peu de familles où Ton n'en trouve quelques-uns. Us portent tous son cachet, et sont tous empreints des qualités du cœur et de Tesprit qui distinguaient leur auteur ; en sorte que ceux qui l'ont aimé peuvent y retrouver son image.
Voici le c^tologue des publications de M. Guillebert :
I. Dialecte neuchâtelois, ou dialogue entre H. Patet et M"* Raveur, sa cousine. Neachàtel 4825, in-4*, 98 p.
Réimprimé sous ce titre :
FatUes de langage corrigées, ott^dialogue entre M, P. et Mlle A., précédé d^un dialogue entre le critique et Fauteur. Répertoire: l*des fautes de langage cornmunes à tous les pays où Ton parle le français ; 2* de celles qui sont particulières à la Suisse française ; 3* de celles qui sont particulières au canton de Neuchâtel- Neuchâtel 1829-1832, in-8«, 350 p.
II. Trois sermons sur les plaisirs, Neuchâtel 1826, in-8S 78 p.