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lonals qu'une maladie des poumons ravit & la (leur de Page, mérite un souvenir des Français à cause de la prédilection qu'il eut pour leur littérature. Né, en 1797, au son formidable de l'artillerie qui détruisit Praga, il fil ses premières études, puis son cours de droit à Varsovie. Très-jeune encore à cette époque, il commença pourtant à prendre part â la rédaction de quelques journaux. Cette coopération devint bientôt très-active. 11 y développa un vrai talent pour la critique littéraire, et se Ht beaucoup d'honneur par l'impartialité qu'il joignait au bon gotH dans ses jugements comme dans ses analyses. Mais les déllanres de l'autorité amenèrent la suppression des feuilles auxquelles il travaillait. Bryczynski parfit alors pour l'étranger : il parcourut l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre, et vint se fixer en France. C'est là qu'il fut atteint de la maladie qui le mit au tombeau, en 1823. On a de lui , outre ses nombreux articles iiolitiques et littéraires, une traduction en vers polonais des Plaideurs de Racine. Cet ouvrage, qui avait été composé avant le départ de l'auteur pour les pays étrangers, fut accueilli avec beaucoup de faveur sur le théâtre de Varsovie. Bryczynski a encore laissé un grand nombre de poésies inédites. Val. P.
BRYDA1NE. Voyex Bridaime.
BRYDONE (Patrice), voyageur anglais, nô dans un des comtés du Nord, vers 1741, d'une des plus anciennes familles du pays, reçut une excellente éducation dans les universités britanniques, et fut destiné à la profession des armes. Mais l'étude des sciences physiques l'intéressa plus vivement que tout le reste. Les phénomènes de l'électricité surtout captivèrent son attention. C'était le temps où les expériences de Franklin, en montrant dans la foudre une accumulation, puis une explosion de fluide électrique, et en maîtrisant ses effets par quelques toises de fil de fer, ouvraient un champ immense aux expérimentateurs. Brydone fut de bonne heure pénétré de celte idée que la science de l'électricité n'était encore, malgré les pas faits pendant un siècle, que dans son enfance, et que cet agent était peutêtre celui de tous qui jouait le rôle le plus important dans la nature. Toutefois ce n'est pas a lui qu'était réservé l'honneur de résoudre ces problèmes; mais on voit par la lecture de ses ouvrages que cette idée fondamentale a constamment influé sur ses travaux. La première fois que Brydone mit le pied sur le continent, ce fut avec une collection des meilleurs instruments qu'avait pu fournir la Grande-Bretagne, et dans le double dessein'do faire des découvertes et de préciser l'état et la température do l'air sur les sommités les plus hautes de l'Europe. Dans celte vue, il visita la Suisse, et gravit les Alpes et les Apennins; plus d'une fois il vit à ses pieds éclater les orages. Ses appareils et ses instruments le firent passer chez les pacifiques habitants des montagnes, non pour un philosophe, mais pour un sorcier. Revenu en Angleterre, il s'occupa bientôt d'un autre voyage , repartit en 1767, et parcourut l'Italie et quelques Iles de la Méditerranée. Beaucoup d'Anglais étaient alors répandus dans la péninsule. Introduit dans les cercles les plus dis.
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Ungués, il reçut une infinité de communications sur les monuments, les usages ou les phénomènes physiques de cette contrée. Il vil aussi beaucoup par lui-même. S'étant embarqué à Naples, en compagnie de sir William (depuis lord) Hamilton et de sa première femme, il côtoya tout le littoral de l'ancienne Campanic, traversa la mer, visita Messine, Taormina, l'Etna , où il fit beaucoup d'expériences sur la liauteur de la montagne, sur la température, sur la déclinaison de l'aiguille aimantée; de là il se rendit à la triste cité de Syracuse, si déchue de sa grandeur, fit voile pour Malle et Gozzo; puis, après avoir examiné ces iles peu visitées des étrangers, il revint à Païenne par IJybla et Girgenti, pour reprendre enfin le chemin de Naples. Après y être encore resté trois mois, il alla passer l'hiver à Home, se trouva aux approches du printemps à Venise, où il resta quelques mois, se partagea l'été suivant entre le séjour de Genève et diverses excursions en Suisse, et enfin arriva en Angleterre dans l'automne de 1 771. Le grand nom et la position des [jersounes que Brydone avait en quelque sorte mises de moitié dans ses excursions scientifiques avaient donné une espèce d'éclat à son voyage : la liaute société en désirait avec impatience la publication, et en attendant il reçut du gouvernement une place qui h»i permit de travailler fort a son aise. Arrivé au luit qu'il s'était propose, il renonça aux voyages, se contenta d'écrire dans quelques recueils scientifiques, reçut sa retraite au bout du nombre d'années exigé par les règlements, fut membre de la société royale de Londres, de celle d'Edimbourg, etc., et mourut en 1818, dans un âge avancé. On a de lui en anglais : 1° Tour through Sicily and ilalta, Londres, 1774, 177G, 2 vol. in-»0 avec carte; Paris, 1780, 2 vol. iu-12; Londres, 1790; traduit en allemand , Leipsick, 1777, 2 vol. in-8* avec caries ; traduit en français |>ar Demcunier : Voyage en Sicile el ci Malle, Amsterdam (Paris), 1775, 2 vol. in-8«; 2- édit., révisée sur la 2» édition anglaise, par M. B. P. A., et avec notes de Dcrveil. Londres (Neufchâlel ), 1770, 2 vol. in-8°, lig.;la Haye, 1770, 2 vol. in-12 avecune carte.; Amsterdam (Paris), 1781 ; Paris, 1803, 2 vol. in-12 avec une carte. Campe, en le mettant en allemand, l'a entièrement refondu d'après les relations des voyageursplus modernes. Il en existe une édition française, Paris, 1802, 2 vol. in- 18, faisant partie de la Bibliothèque géographique à l'usage des jeunti gens. Ce voyage, écrit avec agrément et gaieté, est en forme de lettres. Comme a l'époque où il parut on n'avait sur la Sicile moderne d'autre ouvrage que celui de Riedesel (roy. ce nom), il n'est \m étonnant que son succès ait été prodigieux. Quoique Brydone se soit principalement attaché à peindre les mo-urs, il n'a pas uégligé les antiquités des lieux qu'il a visités ; il fait aussi des excursions dans le domaine de l'histoire naturelle, et se livre quelquefois a de profondes dissertations sur l'électricité. Ou lui a reproché d'avoir sacrifié la vérité au plaisir de raconter des choses piquantes. On l'avait accusé aussi d'avoir, i>ar sou indiscrétion, suscité à l'abbé
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Recupero, chanoine de Cutané, des désagréments avec son évèque. Celle indiscrétion n'eut pas heureusement un résultat aussi fâcheux (voy. H ru peho ) ; mais ses erreurs sur plusieurs points sont évidentes : il donne 4,000 toises de liauteur à l'Etna, qui n'en a que 1 ,062 ; il commet d'autres fautes qui ont été relevées par les voyageurs venus après lui. Itartels est même persuadé que le voyage au sommet de l'Etna , chef-d'eeuvre de .narration , n'est qu'un roman, et cet avis est partagé par d'autres. La réimpression de la traduction française, faite i la Haye, contient divers passages que Bemeunier avait omis et qui, pour la plupart, ont peu d'intérêt ; mais dont quelques-uns sont gais et même trèsgraveleux. On y trouve aussi la carte de la Sicile, et la copie d'une inscription clialdécnne qui manquent à l'édition de Paris ; enfin des citations tirées du voyage de Riedesel. Le comte de Borch (roy. ce nom) a donné à Turin, en 1782, des Lettres pour servir de supplément au Voyage de Brydone, 2 vol. in-8», fig. On a encore .de Brydone divers mémoires, presque tous relatifs à l'électricité, insérés dans les Transactions philosophiques de la société royale de Londres. E — s et Val. P.
BRYE.NNE (Nicéphore) occupait un rang distingué dans l'empire d'Orient, en 1074, sous le règne de Michel Parapinacc, qui voulut l'élever à la dignité de César. Les ennemis de Nicéphore détournèrent l'empereur de ce projet, et parvinrent à lui rendre suspect ce même homme qu'il avait voulu s'associer, et qui battait les Croates et les Bulgares pendant qu'on tramait sa perte à Comstantinople. Jean de Bryennc, son frère, menacé comme lui, l'engagea a se révolter; Nicéphore, après quelques hésitations, se fil proclamer empereur à Dyrrachium, et se prépara à ma relier vers Constantinople ; mais il fut |irévenu par Nicéphore Botoniate, qui détrôna Michel en 1(178, et qui, Tannée suivante, chargea Alexis Comnéne de combattre Bryennc, dont le parti se fortifiait de jour en jour. On tenta d'abord d'en venir à un accommodement, que la méfiance de part et d'autre rendit impossible : il fallut combattre. La bataille se livra dans un lieu nommé Calabrya en Thracc. Les talents d'Alexis remportèrent sur la valeur de Bryennc, qui, serré de toutes parts, ne se rendit qu'après avoir abattu de sa main tous ceux qui osèrent l'approcher. Alexis, satisfait d'avoir vaincu un guerrier illustre, le traita avec générosité; mais Bryennc ayant été remis, par ordre de l'empereur, dans les mains de Basile, ce cruel ministre lui lit crever les yeux en 1080. — Nicéphore Bhtefwe, fils du précédent, naquit à Orestias en Macédoine. H s'attira, par son esprit, ses talents et ses agréments personnels, la faveur d'Alexis Comnène, qui lui donna en mariage sa fille Anne, si célèbre par ses écrits. Lorsque Alexis fut parvenu à l'empire, il éleva Bryennc au rang de César, créa pour lui le titre de Panhypersebastus, et lui confia à différentes reprises lo soin des affaires ou le commandement des armées. Pendant la maladie d'Alexis, Anne et sa mère Irène insistèrent auprès de lui pour qu'il laissai le sceptre
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à Nieépliore ; mais l'empereur s'y refusa opiniâtrémeiit. Apres sa mort, Jean Comnène ayant pris la couronne, les princesses Toulurent encore conspirer contre lui ; mais Bryfcnne refusa de se prêter à leurs projets ambitieux, et continua de se partager entre le service de l'État el l'étude des lettres et de l'histoire. En 1137, il fut envoyé pour faire lever le siège d'Antioche ; il y tomba malade, et revint mourir à Constantinople. Nieépliore Bryenne a écrit riiistoire des empereurs Isaac Comnène, Constantin Duras, Romain Diogéne, Michel Paraptnace, et le commencement du règne de Nicéphorc Botoniate. La mort ne lui permit pas d'achever cette histoire, divisée en 4 livres, et qui s'étend depuis l'an 1057 jusqu'à 1071- Le P. Possin, jésuite, en a publié la i" édition d'après un manuscrit de Cujas et de P. Favre de Sl-Joire, en y en joignant une traduction latine, à la suite de son édition de Procope, Paris, 1662, in-fol. Du Cange y a joint de savantes notes historiques et philologiques, dans son édition de Jean Cinnamus, 1670. in-fol. Le style de Nicéphore Bryenne est peut-être moins barbare que celui des autres historiens de son temps. On le lit avec intérêt comme témoin oculaire île ce qu'il rapporte; mais, malgré les éloges qne lui donne Anne Comnène , il n'est pas toujours impartial. L'ouvrage de Bryenne a été traduit en français par le président Cousin, dans le t. S de son HUtoire de Constantinople depuis le règne de Justin, etc. ( Paris, 1672-74, 8 vol. in-4-). L — S — E.
BRYENNE (Jea.n de). Voyez Brie?s.ne.
BRYNTESSON (Magsts), seigneur de Graefnaes, chevalier, sénateur de Suède. Entraîné par l'ambition, il se mit en 4529, avec plusieurs autres grands du royaume, à la tête d'une insurrection contre Gustave VVasa, et fut proclamé roi par ses partisans; mais Gustave, étant parvenu a gagner le peuple, fit arrêter Dr y n tesson, qui eut la tête tranchée à Stockholm. R était d'une des familles les plus anciennes du pays, et qui occupe la première place aux diètes parmi les chevaliers, sous le nom de Liliehak. G — ad.
BU ACRE (Philippe), né à Paris, le 7 février 1700, se distingua d'abord dans l'art du dessin, et commença par remporter un premier prix d'architecture ; mais Delisle le géographe se l'altaclia, et il se livra tout entier à la géographie. Le roi ayant établi à Paris un dépôt de cartes, plans et journaux de la marine, sous la direction dn chevalier de Luynes, le jeune Buache, quoique âgé seulement de vingt et un ans, fut nommé pour classer et mettre en œuvre les matériaux qu'on y avait rassemblés : il a été pendant dix-sept ans attaché à ce dépôt. Il n'avait que 800 livres d'appointements par an, et refusa cependant d'aller en Russie, où Delisle 1 astronome cherchait â l'attirer par des offres brillantes. Delisle le géographe étant mort, Buache s'acquitta envers son bienfaiteur par les services qu'il rendit à sa veuve, dont il épousa la fille unique, en 1729. Il la perdit peu d'années après, et se maria en secondes noces, en 1746, a Élisabeth-Ca-
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général des ponts et chaussées, qui avait été son
premier maître. Ainsi la reconnaissance avait formé les nœuds de ses deux mariages. IS'ayant point eu d'enfants, il prit avec lui deux jeunes gens de ses parents, qui l'ont aidé pendant quinze ans dans ses travaux. A l'âge de vingt- neuf ans, Biiache fut nommé premier géœraphe du roi, er ce fut en sa faveur que l'on créa aussi une place de géographe dans l'académie des sciences, dont il devint membre en 1750. Il mourut le 24 janvier 1773, âgé de près i de 73 ans. Successeur de Delisle et prédécesseur de d'Anville à l'académie des sciences, Buache est loin d'avoir rendu â la géographie les mêmes services que ces deux hommes célèbres. Il est principalement connu par son système de géographie physique et naturelle. Il y divise le globe en autant de cavités ou bassins, subordonnés les uns aux autres, selon le cours des rivières, partageant de même les mers par une suite de montagnes sous- marines, indiquées, suivant lui, par les lies, rochers ou vigies. Ce système ingénieux, et vrai en partie, fut beaucoup trop généralisé par Buache, et exerce encore une influence funeste pour la géographie sur nos dessinateurs de caries les plus connus, qui, au moyen de cette théorie, substituent l'art à la science, et le travail du pinceau à celui de l'étude et de la critique. Malgré l'abus que l'on fait du système de Buache, abus que lui-même a poussé jusqu'à l'extrême, nous devons observer qu'en le combinant avec la découverte de Béring, il est parvenu à de* viner la liaison qui se trouve entre TAiiiérique et l'Asie, par le moyen de la presqu'île d Alashka ; qu'il a tracé passablement sur ses cartes cette presqu'île, avant qu'on en eut constaté l'existence. Les efforts qu'il fit pour suppléer au vide immense que présentaient encore, il y a peu d'années, nos connaissances géographiques sur le nord-ouest de l'Amérique, sont aussi très-louables, et il n'eut pas autant de tort qu'on le croit communément, d'employer, au défaut de renseignements plus précis, la relation de l'amiral de Fonte ou de Fuente. (Foy. Fiente, Deusle et Yaugondv.) Buache publia le résultat des recherches relatives à cet objet, sous le titre de Considérations géographiques et physiques sur Us nouvelles découvertes au nord de la grande mer, appelée vulgairement la mer du Sud, avec des cartes, Paris, 1755, 3 parties, in-4", ouvrage déjà imprimé en 1752, dans le recueil de l'académie des sciences. Depuis que les progrès de la navigation et les voyages de découvertes ont jeté une vive lumière sur l'état du globe vers le pôle sud, les hypothèses les plus importantes de Buache ont été trouvées busses. On ne peut s'empêcher de sourire aujourd'hui en voyant sur les cartes de cet auteur quelques petites portions de la Nouvelle- Zélande, dont on n'avait pas encore fait le tour, et quelques autres terres moins considérables et dont l'existence est même douteuse, converties en deux immenses continents, tout à fait distincts de la Nouvelle-Hollande, et même de la terre de Diémen. Buache en dessine les rivages, et nous assure gravement que le plus grand de ces nouveaux mondes
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doit avoir, le long et près des cotes, une chaîne de montagnes comme les Cordilières d'Amérique, et des fleuves aussi considérables que ceux de la Sibérie. Cette idée d'un grand continent austral a été empruntée aux anciens. Manilius en (hit mention dans son i>oéme de Y Astronomie, et Pomponius Mêla y place la grande nation des Antichtliones.
V Atlas physique de Buache, publié en 4734, est composé de vingt planches, petit in-fol., dont quelques-unes sont relatives au nivellement de Paris ; mais on n'y a pas inséré la carte qui contient le Parallèle des fleuret des quatre parties du monde, une des plus ingénieuses de l'auteur, et une des plus utiles pour l'intelligence de son système. On la trouve dans les IMmairrt de l'académie des sciences, année 17.13, p. 587, pl. 2». Us autres volumes de ce recueil renferment différents travaux relatifs ù ce système, ou à d'autres points de géographie :
V Recherches géographiques sur l'étendue de l'empire d'Alexandre, etc., avec t carte (4T33). 2°Considéralion d'une nouvelle boussole, etc., avec 4 planche (1755). 3° Observation sur r étendue et la hauteur de l'inondation du mois de décembre 1740 ( 174-1). -i" Exposé d'un plan hydrographique de la ville de Paris, avec 3 cartes (1745 t. 3° Essai de géographie physique, etc., avec 2 canes (1750'. 6° Mémoire sur les différentes idées qu'on a eues de la traversée de la mer Glaciale arctique, etc., avec 1 carte (1759). 7° Considérations géographiques et physiques sur les terres australes ou antarctiques [ 1761 ). 8° Mémoire contenant les raisons d'une nouvelle disposition de mapi>emonde pour étudier l'histoire, surtout des premières peuplades, etc. ( ibkl. ). 9° Observations géographiques et physiques, où l'on donne une idée des terres antarctiques et de leur mer Glaciale intérieure , etc., avec 2 cartes ( 1762 ). 10° Sur la Construction de l'ancienne carie itinéraire connue sous le nom de Peutinger { 176V ). 4 1° Observations géographiques sur les iles de Fi ance et de Bourbon, comparées f une avec l'autre (1767 ). 42° Exposé de divers objets de la géographie physique, concernant les bassins terrestres des fleuves et rivières qui arrosent la France, etc., rt en particulier sur celui de la Seine (1770). Buache a revu et publié, avec des changements, un assez grand nombre de cartes de Delisle, son beau père. W— a.
BUACHE (.lEAiv-NicoLAs), de la même famille que le précèdent, ne à la N'euv'dlc-en-Pont, le 13 février 1741, est le dernier savant qui ait porté le titre de premier géographe du roi. Lorsqu'il eut terminé ses éludes, son parent. Philippe Buache, était revêtu de ce titre, et de plus membre de l'académie des sciences : c'est à cette circonstance que le jeune Buache de la Neuville (c'est ainsi qu'on le nommait alors) dut d'avoir parcouru Utilement pour lui, et non sans quelque utilité pour la science, une carrière qui le lit admettre dans l'académie à la place de d'Anxille, puis nommer ingénieur hydrographe en chef, conservateur du dépôt des caries de la marine et membre du bureau des longitudes. Après avoir reçu sa première instruction au collège de Ste-Meneliould, Buache avait été envoyé à Paris
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cl adressé à Collln d'Ambly, qui tenait un pensionnât rué de Plcpus. (Fny. CoLLt.xn'AMBLT.) Collln fUtson premier bienfaiteur; Philippe Buache lut le second. Il le prit avec lui pour l'aider dans ses travaux, et surtout pour préparer les leçons de géographie qu'il était chargé de donner aux trois fils de France, qui (Virent depuis rois sous les noms de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Lorsque l'éducation de ces princes fut terminée, le jeune Buache reçut Une pension de 509 francs sans l'avoir sollicitée. Il venait de publier un Traité de géographie élémentaire ancienne et moderne, Paris, 1769-72, 2 vol. in-12, qui ne présentait rien de neuf, quoique, par l'inihience de son parent, ce traité fut honoré d'une pompeuse approbation de l'académie des sciences. Philippe Buache étant mort, sa veuve confia, pour le faire valoir, son fonds de géométrie à Buache de la Neuville, qui fut obligé de renoncer à le diriger, parce qu'il fut attaché, par la protection de M. de Fleurieu, au dé|>ot des cartes de la marine. Alors il s'appliqua à l'hydrographie. Il avait In, en 1781, à l'académie des sciences, un mémoire sur la terre des Arsacittés reconnue par Surville en 1769, cl démontre que cette terre n'était autre chose que l'archipel des Iles Salomon, découvertes par Mandana en 1367, et indiquées sur les cartes à plusieurs centaines de lieues dans l'est de leur véritable position. Ce mémoire contribua à lui faire obtenir, l'année suivante, les places de premier géographe du roi et de membre de l'académie des sciences, vacantes par la mort de d'Anville. Buache fut ensuite chargé, par M. de Fleurieu, des travaux préparatoires pour le voyage de découvertes de la Péroitse, et fit dresser les caries qui accompagnaient les instructions de ce navigateur par un jeune homme de dix-huit ans, son parent : c'était M. Beaulemps - Beaupré, depuis membre de l'académie des sciences, et auquel l'hydrographie doit une partie des grands progrès qu'elle a laits dans ces derniers temps. Buache consacra les loisirs que lui laissaient les fonctions dont Il était chargé à la rédaction de plusieurs mémoires dont quelques-uns ont été imprimés, et dont d'autres sont restés manuscrits II avait une grande connaissance des CUtes, mais il ne savait aucune langue étrangère, pas même l'anglais, et il était peu familiarisé avec la lecture des auteurs anciens. Imprégné des systèmes de Philippe Buache, son maître, il se livrait & des conjectures que les progrès des découvertes venaient presque toujours démentir; ce qui ne l'empêchait pis de substituer de nouvelles hypothèses à celles qui avaient été détruites. L'intérieur de l'Afrique fut surtout pour lui un long sujet de rêveries. Croyant fermement avoir retrouvé la configuration de celte partie du monde, il lit sur ce sujet plusieurs mémoires qui n'ont point été imprimés. 11 en a conqtosé d'autres qui ont paru dans la recueil de l'académie des sciences et dans celui de rinslilul; nous en présenterons ici la liste : 1° Mémoire sur la position de Trébizonde, d'An-ïloum et de quelques autres villes de l'Asie occidentale, avec 1 Carte (1781); 2« Mémoire *ur Vile de Fristande, avec I carte (1788) ; 3° Observations sur l'existenct
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de quelques lies peu connues situées dans ta partie du Grand Océan comprise entre le Japon et la Californie, avec 1 carte (1798) ; 4» Considérations géo-
Eapkiques sur la Guyane française, concernant ses nites méridionales (1797); 5e Mémoires sur les découvertes à faire dans le Grand Océan ; 6- Mémoires sur les découvertes faites par la Pérouse à la côte de Tartarie et au nord du Japon (1798); 7* Recherches sur Vile de Juan de Lisboa ( 1801 ); 8* Considération» géographiques sur les iles Dina tt Marsevien, avec 1 carte (!80l); 9° Observations sur la carte itinéraire romaine, appelée communément carte de Peutinger, et sur la Géographie de l'anonyme de Itavcnne ( ibid. ) ; 10" Recherches sur tile Antillia (1) et sur l'époque de la découverte de l'Amérique, avec 1 carte. Ouache professa la géographie à l'école normale en 1794, et ses leçons ont été imprimées dans le recueil do cette école. Pendant le règne de la terreur, il fut dénoncé pour avoir donné des leçons de géographie au roi et perdit sa place au dépôt de la marine ; mais, après la chute de Robespierre, il y fut réintégré le 27 août 1795, et il a toujours continué depuis à en exercer avec assiduité les fonctions jusqu'au 21 novembre 1825, époque do sa mort. 11 était alors âgé de 84 ans, et il en comptait soixante-deux de services effectifs. Jusqu'au dernier moment il conserva ses facultés intellectuelles. Il s'était marié deux fois; la seconde fois à l'âge de soixante ans, avec une do ses cousines qui le rendit père d'une fille, objet de ses plus tendres affections, et à laquelle il eut le temps encore, avant de terminer sa longue et heureuse carrière, de procurer un époux (2). Buache avait été fait chevalier de la Légion d'honneur. W — h.
Bl AT-NAMÇAY ( Loijis-Gabkiix, comle ou ), né le 2 mars 1732, d'un gentilhomme de Normandie sans fortune. A peine sorti de l'enfance il entra dans Tordre de Malte; un hasard heureux lui lit faire la connaissance du chevalier Folard, connu par ses commentaires sur Polybe. Cet officier l'accueillit, le logea dans sa maison, et lui donna une éducation qui eût été parfaite, si Folard, zélé janséniste, ne lui inculqué en même temps la doctrine absurde des enthousiastes qui croyaient aux miracles oj >érés sur le tombeau du diacre Paris. Le jeune du Buat se dégagea peu à peu de ces erreurs superstitieuses; mais il uvait puisé a cette école une
(l) Dans ce mémoire, Buache prétend que celte lie Antillia n'e»l autre cho*e que l'une des Açores, qu'elle n'est point une des lies d'Amérique, et qu'ainsi l'Amérique n'était point connue avant le premier voyage de CurMo^ifce Colomb. Cu — t.
(a) Buache était logé aux galeries du Louvre. 11 prenait les litres de premier géographe du roi, gnrde-odjoinl du drpil des caries ti jtmrnaus 'de la marine. 11 avait pour celte plate d'.idjunii un traitement de 2»,t>00 Unes par au. Rn i7S8, lorsque le gouvernement de Louis XVI se trouva dans la dangereuse nécessite de eonvoqncr 1rs états généraux, Duarhe fut chargé, par le garde des sceaux (Lamoignon), de dresser en toute h.1le le* cartes géographiques des grands bailliage*. Mais les événements marchaient plus vile que le géographe qui travailla, écmlt-U an ministre, Iroù moi* entier», prerque jour et mit. Il n'y eut que deux de ces carte» de terminées, et re travail devenant inutile, Buarhe écrivit au garde des seeaux : Je ne demande que le pris de mon temps. Ce prix fut fixé par le ministre, ea novembre <7M, a 1.SW livres, ce qui était bien modique. „ V-tï.
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rigidité de principes qu'il conserva toute sa vie. Folard avait un neveu qui fut depuis ministre du roi de France en diverses cours d'Allemagne, et près de qui le chevalier du Buat se forma a la politique, et commença les études nécessaires à celui qui cutreprend d'écrire l'histoire. 11 fut successivement ministre de France à Batisbonne et à Dresde ; mais ces deux places ne lui fournirent l'occasion d'aucune négociation importante. Cette espèce de nullité, et le déplaisir de voir avancer rapidement des hommes dont la capacité était bien inférieure à la sienne, le déterminèrent à quitter les affaires publiques : sa retraite cul lieu en 177G. 11 s'était marié très-jeune, avait perdu sa femme do bonne heure, et avait pris le titre de comte du Buat. Il épousa en Allemagne une baronne de Falkeniberg. 11 est mort à Kançay en Berri, le 18 septembre 1787, et n'a point laissé d'enfants. Son nom est moins connu et ses ouvrages moius estimés en France que dans les pays étrangers, et surtout en Allemagne. Il avait prétendu déterminer l'origine de la nation bavaroise dans un de ses premiers ouvrages imprimé à Munich en 1762, in-4°, réimprimé à la tète de son Histoire ancienne, etc., et qui est devenu classique parmi les savants d'Allemagne. En continuant ses recherches, il changea de système, et développa avec une grande sagacité, dans un autre ouvrage, les motifs de ce cliangement d'opinion ; mais il avait si fortement établi sa première doctrine, que l'Allemagne savante y a persisté, et y persiste peut-être encore. Il savait fort bien presque tout ce qui peut s'apprendre par l'étude, et fort mal ce qu'enseignent la société et le commerce avec les liommes. Comme il avait un respect scrupuleux pour la vérité, il croyait aisément la mémo disposition dans les autres, ce qui le rendait fort crédule, et peut-être plus qu'il ne convient de l'être dans la profession qu'il avait embrassée; mais s'il fut quelquefois trompé sur des faits particuliers, il le fut rarement dans ses observations sur les affaires générales : il en faisait l'application la plus heureuse au temps présent, et il jugeait l'avenir comme par intuition. On lui a plusieurs fois entendu dire avant 1775 : « La a monarchie française h'nira avec Louis-Auguste,. « comme l'empire romain a fini avec Augustulc. » Dés l'an 4763, il semble pressentir, dans un de ses ouvrages, la révolution de 1789. H travaillait avec une grande facilité : presque tous ses manuscrits sont sans ratures ; mais il y a une grande inégalité dans son style. A côté de pages écrites avec uue grande énergie, et souvent même avtc élégance, on en trouve un plus grand nombre très-négligées, quelquefois même très-incorrectes. Il a publié : 1" Tableau du gouvernement actuel de l'empire d'Allemagne, traduit de l'allemand de J.-J. Schmauss, avec des notes historiques et critiques, Paris, 1755, in-12. 2° Ut Origines, ou l'ancien Gouvernement de la France, de l'Italie, de l'Allemagne. La 1re édition est en 4 vol. in-12, la Haye, 1757; la Hayo (Paris), 1783, 5 vol. in-8». Cet ouvrage, qui fut traduit en allemand (Bambcrg, 1764), n'eut pas d'abord en France tout le succès qu'il méritait, parc*
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que l'érudition y est entassée sans ordre, et que la marche en est obscure ; mais, eu le lisant avec attention, on est frappé de l'étendue des recherches qu'il a demandées. On y remarque, comme dans tous les écrits du même auteur, une grande prédilection pour le gouvernement féodal, et il est aisé d'en démêler la cause. 11 avait envisagé les maux sans nombre qui accablèrent la société lorsque l'empire romain, croulant de toutes parts, couvrit l'Euro|»c de ses ruines; la suite de ses travaux lui montra un ordre nouveau sortant de ce chaos, et les barbares qui avaient mis un terme à de si longues calamités devinrent l'objet de son admiration. 3" Histoire ancienne des peuples de r Europe, Paris, 1772, 12 vol. in-12. Cet ouvrage, le plus considérable de ceux du comte du Buat, lui assure une place distinguée |>armi les historiens. C'était un sujet qui n'avait été traité en aucune langue; il n'y avait que des recherches pénibles et une patience à toute épreuve qui pussent mettre un écrivain en état de donner quelque ordre et quelque liaison à l'histoire confuse de tant de peuples barbares, qui n'ont laissé de leur passage sur la terre que des monuments peu nombreux et des traditions obscures et très-incomplètes. Malgré l'aridité de la matière, du Buat a su porter la lumière dans ce chaos, et répandre même de l'intérêt sur les parties qui en étaient susceptibles, telles que les expéditions d'Attila et de Théodoric; mais on y désirerait un plan mieux conçu et un Style plus soigné. Du lluat était en Allemagne lorsqu'il publia cet ouvrage. Le rédacteur de cet article se chargea d'en diriger l'édition, et y ajouta une préface. *• Les Eléments de la politique, ou Recherches sur les vrais principes de l'économie sociale, sous la rubrique de Londres, 1773, 0 vol. in-8". Ce livre fut composé à Ratisbonne vers 1765 ou 1766. La lecture en est fatigante, parce qu'on n'y trouve ni plan ni méthode ; cependant on y admire l'érudition de l'auteur et ses profoudes connaissances. Ou trouve dans le 4* volume des dialogues tréspiquauts, dans lesquels, en faisant Te tableau d'Athènes, l'auteur a voulu prédire la destinée de l'Angleterre; dans un autre endroit, il fait pressentir notre révolution d'une manière très-remarquable. ISuiis n'avons que 10 livres de cet ouvrage; et le* sommaires des 1 T et 12" font connaître qu'ils n'auraient pas été les moins importants, si des raisons qu'où peut imaginer ne l'avaient empêché de les écrire ou détourné de les rendre publies : ils contiennent une indication hardie des devoirs du monarque. 5° Les Maximes du gouvernement monarchique, pour servir de suite aux Eléments de la politique, Londres, 1778, 4 vol. in-8". Parmi beaucoup de choses remarquables, on est frap|ié d'un (tortrait aussi hardi qu'ingénieux de Frédéric 11, roi de Prusse, et d'un parallèle de ce monarque avec Louis XV. Ce livre détacha du comte du Huât la plupart de ses amis; il y rapporte sans déguisement ses entretiens avec des hommes connus par des ouvrages utiles; il les fait parler, et il réfute à son aise des opinions peut-être erronées, niais qu'il a exposées à sa manière. S'il évite de nommer les
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personnes, il les désigne cependant de sorte qu'on oc peut les méconnaître : c'est ainsi qu'il met en scène le comte de Maurepas, qu'il appelle Mtalcen (maki cena). Les Maximes du gouvernement sont aussi inégalement écrites que les Eléments; on y remarque les mêmes beautés et les mêmes défauts. On a encore attribué au comte du Buat : Remarques d'un Français, ou Examen impartial du livre de M. Necker sur les finances, Genève, 1785, in -8°. Il avait composé dans sa jeunesse une tragédie en 5 actes intitulée Charlemagne, ou le Triomphe des lois, Vienne, 1764, in-80. Du Buat connaissait à fond les i»êtes hébreux , grecs et latins; mais il les avait étudiés moins pour le plaisir que causent les beautés dont ils brillent, que pour y trouver quelques lignes dont l'histoire pût faire son profit. Les journaux étrangers et nationaux, surtout te Journal encyclopédique et la Gazette littéraire de l'Europe, contiennent plusieurs articles de ce savant sur divers points d'histoire, de littérature ou d'économie politique, n'excellentes Observations sur le caractère de Xénophon, etc., recueillies dans les Variétés littéraires (t. 4, soit de l'édition in-12, soit de l'édition in-8°), méritent surtout l'attention des bons esprits. S— n.
BUBENBERG ( Adrien de ) , d'une famille noble de la ville de Berne, à la fondation de laquelle avait présidé son aïeul Conrad. Après avoir (tassé sa jeunesse à la guerre, il occupa successivement différents emplois dans le gouvernement ; mais des divisions entre les premières familles de Berne portèrent atteinte à son crédit, et Nicolas de Diesbach, homme riche et populaire, dévoué aux intérêts de la cour de France, réussit à l'écarter des conseils. Adrien de Bubenberg se trouva attaché au parti de Bourgogne, ayant été député, en (470, au duc Charles, dont il avait reçu des témoignages d'estime, et avec lequel il désirait conserver la paix. Son éloignement s'étant opposé à l'accomplissement de ses vœux, et Charles ayant résolu d'ouvrir la campagne par la conquête de Moral (en 1476), il s'agissait de. défendre cette ville contre 60,000 Bourguignons. Les regards des Bernois s'arrêtèrent sur leur avoyer exilé, qu'ils envoyèrent chercher poulie prier de venir prendre le commandement. Bubenberg, oubliant l'injustice qu'il avait essuyée, se chargea du pénible devoir qu'on exigeait de lui, à condition que les bourgeois et la garnison lui promettraient une entière obéissance, qu'on lui donnerait les secours nécessaires, et qu'on ne négligerait aucun effort pour obtenir la levée du siése. On composa la garnison avec cette attention, dont on avait déjà éprouvé plus d'une fois les heureux effets : on sépara les parents cl les amis, en plaçant les uns dans la ville, les autres dans le corps d'armée destiné à déloger les assiégeants, afin que l'amour de la patrie tut encore, animé par tout l'intérêt de l'amitié et de la piété fraternelle. Tous les historiens s'accordent à célébrer la sagesse, toujours calme au milieu du danger, ainsi que la valeur et l'activité que Bubenberg déploya dans cette occasion, et qui sauvèrent Morat, au sort duquel celui de la