‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 12 sur 97 · BL'B · texte numérisé non relu

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entière paraissait attaché. Ce lut à lui que Louis XI attribua principalement le mérite de la victoire. Le roi traita avec une magnificence royale les douze députés suisses qui lui furent envoyés, et donna à Bubcnberg, qui se trouvait i leur téle, des marques de la plus haute considération. Dans les affaires relatives a la succession de Bourgogne, le vainqueur de Morat fut de nouveau envoyé, l'aimée suivante, à la cour de Louis, où l'objet de sa mission avait changé en haine et en froideur la reconnaissance et l'empressement qu'on lui avait montrés auparavant. Mais, tidéle à ses vertus et à son caractère, aussi inflexible qu'incorruptible, Bubenberg, lorsqu'il vit fléchir ses collègues (Waldmann de Zurich, et Imhof du canton d'Uri), se déguisa en ménétrier, revint a Berne en 1 168, et y mourut en 147!). L— i.

BUBNA et L1TTIZ (Ferdina.>d, comte db), général autrichien, était né à Zamer.sk en Bohème, d'une famille très-ancienne, qui possédait le château de Littiz, devenu fameux sous George l'odiébrad, par sa belle défense contre Malhias Corvin. Des orages politiques et des malheurs de famille l'avaient amené à un tel état de détresse, que, dans sa seizième année, se trouvant sans fortune et avec une éducation négligée, il fut obligé d'entrer au service comme cadet dans un régiment d'infanterie. Il assista d'abord au siège de Belgrade, et quatre ans après (16 décembre 1788), il fut nommé portedrapeau. Mais le hasard et ses qualités personnelles lui procurèrent bientôt un avancement plus rapide. Un jour qu'il se trouvait à dîner chez son colonel, le comte Kinski, frappé de sa tournure martiale, le lit entrer comme lieutenant dans le régiment de dragons qu'il commandait et qui vint peu de temps après à Vienne. Le jeune Bubna eut occasion de se faire remarquer par le sang-froid et le courage qu'il déploya lorsque, se trouvant de garde au l'rater, un jour où l'aéronaute Blanchard y faisait une ascension, il parvint à réprimer la multitude prête à se soulever. Bubna fit ensuite, avec son régiment, les premières campagnes de cette longue guerre contre la France, qui éclata eu 1792; il se distingua à l'attaque de Mauheim le 18 octobre 1795, et fut nommé capitaine en second. Dans la campagne suivante, le régiment de Kinski étant passé sous les ordres du prince Jean Lichtenstein, chargé de proléger la retraite du prince Charles, il déploya encore une grande valeur, notamment le 5 août, où il se distingua dans une affaire d'avanl-garde près d'Arlon. Lorsque le prince Charles reprit l'offensive, Bubna fut chargé d'une expédition sur Neumarck, et contribua beaucoup à jeter le désordre dans les rangs de l'ennemi. Lors du dernier combat, ayaut reçu l'ordre de lier les communications de l'armée et ayant complètement réussi dans cette mission, l'archiduc Charles, très-satisfait du compte qu'il en rendit, l'employa dans les postes les plus honorables. Après l'affaire du 3 octobre 1799, ou Bubna avait déployé une si grande valeur, le prince Lichtenstein s'exprima ainsi dans son rapport au général en cltef : « Les services que cet oflicier a rendus « pendant cette campagne sont si nombreux et si

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« importants qu'il a incontestablement des droits à ■ un avancement... » Bubna fut, en conséquence, nommé clief d'escadron, et, au commencement de l'année 1799, le prince Charles le prit à sa suite, d'abord comme oflicier d'ordonnance, puis comme aide de camp avec le grade de major. Pendant la suspension d'armes sur la Limath, il l'envoya en Italie, chargé d'une communication verbale pour le feld-maréchal Souwarow. Bubna s'acquitta de cette mission avec beaucoup d'intelligence; il rejoignit l'armée d'Allemagne au moment où elle venait de faire lever le siège de Philisbourg et marchait sur Mauheim . Le 18 septembre, jour mémorable où l'assaut fut donné à cette ville, l'archiduc conlia à son aide de camp le commandement d'une des deux colonnes qui enlevèrent les retranchements de la Neckcrau et pénétrèrent dans la ville. L'année suivante (mars 1890), le général Kray, ayant pris le commandement de l'armée, conserva Bubna au nombre de ses aides de camp, et lui donna la mission d'établir avec le comte Lehrbach et le ministre anglais Wickham les points de réunion, les dépots, les magasins, etc. Le 3 mai au soir, veille du jour où Moreau devait avec trois divisions, attaquer l'armée autrichienne prés d'Engen et de Slockach avec intention de couper sa retraite ou de séparer ses différents corps, Bubna, dans une reconnaissance dont il fut chargé, remarqua l'importance du délilé d'Ach sur la route d'Engen et de Stockach, et il y établit deux bataillons d'infanterie pour le défendre. Kray approuva celle disposition et envoya deux régiments de cavalerie pour soutenir ces deux bataillons. Les événements du jour suivant prouvèrent la justesse du coup d'ceil de Bubna. Peu de temps après, il fut envoyé à Vienne pour faire connaître à l'empereur la position critique de l'année. Dès qu'il fut revenu avec de nouvelles instructions, le général en chef l'envoya, pendant la suspension d'armes conclue à Pardorf, visiter lngolstadl, IJIni et Philisbourg abandonnées à leurs propres forces. Il lit approvisionner ces places et sut relever le courage îles garnisons. L'empereur François s'étant alors rendu à son armée de Bavière, Bubna fut nommé lieutenant-colonel et attaché au comte Lainberti, premier aide de camp de l'Empereur; puis, comme adjudant de l'archiduc Charles, il fut chargé de défendre la Bohème. Lorsque ce prince reprit le commandement de l'armée, bubna devint son adjudant général et fut envoyé plusieurs fois au quartier général de Moreau comme négociateur. Après la cessation des hostilités, l'archiduc Charles étant chargé de la direction du conseil aulique, et spécialement du département de la guerre, y plaça Bubna qui avait été nommé colonel le V mars 1801, et qui, plus avide d'instruction que d'avancement, se rendit à Berlin pour assister aux manœuvres d'automne et observer l'organisation de l'armée prussienne. Deux ans plus tard, il accompagna l'archiduc Charles aux camps de manœuvres de Pest, Turas, prés de Brunn, et Lupotin, près de Prague. C'est dans ce dernier voyage que, passant par Kreuigsgi atz, il cul le malheur de se casser une jambe, ac-

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cident dont il conserva les" douleurs et l'incommodité jusqu'à la fin de n vie. L'arohiduc Charles avant été appelé au commandement de l'armée d'Italie en 1805, le conseil auliquo subit un changé* ment par suite duquel Bubna en eut la présidence, ce qui l'obligea de rester à Vienne jusqu'à l'approche des Français en 1805. L'empereur l'envoya alors avec une mission auprès de l'archiduc Charles en Italie, où il arriva au moment des succès que ce prince obtenait à Caldiéro ; mais la nouvelle qu'il apportait des désastres de l'armée d'Allemagne obi i-. gea l'archiduc à la retraite. Bubna était à peine de retour à Vienne qu'il fut contraint de se retirer à Bmnu avec le conseil aulique. Il remplit quelque temps les fonctions de chef d'élat-major près d'un corps de troupes qui se trouvaient réunies sur la rive gauche du Danube, et fut ensuite attaché, m la même qualité, à la seconde armée russe. Mais celle-ci ne pouvant se trouver en ligne à la bataille d'Austcrlitz, Bubna se joignit au corps du prince de Lichtenstein, et il y rendit, comme volontaire, «le très-grands services. Après la paix de Presbourg, il prit le commandement d'une brigade de cavalerie à Prague, et fut chargé, en outre, de l'inspection des haras en Bohême. Appelé à Vienne en novembre 4807, il eut, comme conseiller de guerre, la direction des remontes dans toute la monarchie autrichienne. En 1809, lorsque la guerre contre la France éclata de nouveau, il fut attaché à la personne de l'empereur, et l'accompagna à l'armée. Envoyé à Vienne, et trouvant la ville investie, il lit quelques disjiositions pour la défense extérieure le long du Danube, et forlilia la position «lu Schtrarwn Lacke, qui, quelque lcm|w après, fut défendue avec tant d'opiniâtreté. Après les batailles d'Aspcrn et de Wagram, l'empereur, pour récompenser la valeur qu'il y avait déployée, le nomma feldmaréchal-lieucenant et adjoint au prince Lichtenstein, chargé de négocier le traité de paix qui cortta à l'Autriche d'énormes sacrifices. Après avoir travaillé, pendant quelques mois, à fixer les nouvelles limites de la monarchie, Bubna revint à Vienne, où il reprit la direction des remontes, dont il resta chargé jusqu'à l'issue de la campagne de Bussie. A cette époque, Napoléon ayant manifesté, en passant à Dresde, le désir d'avoir à Paris un ministre d'Autriche à la place de Schwar»Hnberg, qui était resté à la tête d'un corps d'armée, le choix tomba sur Itubna, qui précédemment avait reçu des témoignages d'estime de l'empereur des Français. Présenté avec pompe à la cour des Tuileries, le ^'janvier 1815, il jouit de tous les honneurs d'un ambassadeur du premier ordre, et ne quitta Paris que le 13 avril, veille du départ de Natwléon pour la Saxe. Bubna devait encore, dans cette campagne, être chargé de négociations importantes. Le 10 niai, il porta une lettre particulière de l'empereur François à Napoléon, et il eut avec lui un long entretien. Après les affaires de Lutzcn et de Bautzen, il eut encore une mission du même genre, et contribua beaucoup à prolonger la suspension d'armes , puis à fmi e entrer l'Autriche dans la coalition, ce

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qui lui valut de la part de son souverain la croix de commandeur de St-Léopold. 11 prit aussitôt après le commandement d'une division , et défendit la Bohême jusqu'à ce que les mouvements combinés des alliés eussent transporté le théâtre de la guerre en Saxe. Il entra alors dans la Lusace, se joignit aux Prussiens, poussa avec eux jusqu'à Dresde où il eut une brillante affaire le 10 octobre. Il enleva ensuite la (ête du |)ont de Pirna et se porta dans les plaines de Lctpsick, où il forma la gauche des alliés. Ce fut lui qui, le 17, à dix heures du matin commença l'attaque au village de Paunsdorf dont ii s'empara, et où il se maintint malgré les efforts réitères des Français pour l'en déloger. Pour prix de cet exploit, il reçut sur le champ de bataille, des mains de son souverain, la croix de Marie -Thérèse, et le roi de Prusse le décora de l'Aigle rouge de V classe. Ayant pris, après la victoire des alliés, le commandement de l avant-garde, il conduisit luimême une des colonnes qui, sous Jes ordres de Giulay, s'emparèrent des retranchements du Hochheim. Le théâtre de la guerre ayant été transporté en France, Bubna eut Je commandement d'un corps de 20,000 hommes qui passa le Rhin près de Hahlshut, traversa le canton de Berne, le pays du Vaud, et arriva le 28 décembre devant Genève, qui lui ouvrit ses portes sans résistance (1). il se dirigea ensuite sur Lyon, et, après divers combats contre les habitants, il parut sous les murs de cette ville. Mais de nombreux renforts venus des armées d'Espagne, et le soulèvement général de la gardo nationale le foirèrent de sti retirer. Bciioussé jusque sur la hauteur qui domine Genève, il y éleva des retranchements et parvint à contenir la population prête à se soulever. Dés qu'il put reprendre l'offensive, il parut de nouveau aux portes de Lyon, qui lui furent ouvertes par une capitulation. ( Yoy. Atgeiieal. ) Lorsque les alliés furent les maîtres do la France, Bubna eut le gouvernement général du Piémont, de la Savoie et du comté de Nice, et il se rendit à Turin, où i! cul le commandement de l'armée d'occupation. Il s'y trouvait encore lorsque le

(I) Bans les premiers jours de janvier* 1114 lavant-garde de Bnhna Mail sur le point d'euirer dans Bourg-en-Brcsse, quand an déi-.rhenient d'rrlairriir* aulndiicns fut surpris par quelques habitants do lu vitle. qnl s'elaieut embusqué; dans une Corel. Le gênerai pouvait se veuger de celle attaque, aussi munie qa'tmprudenle : il. lima mi. u* i scr d'indulgence; et, «près avoir accueilli une dépulallnn a la lelede laqui-lte .se trouvait le vénérable ahbe Cuapuvs, curé de Notre-Dame de Bonrg. il lu répandre dans le dépjrlrio<nt de l'Ain, en date du «4 janvier, la prociamatinn suivante : « Des h habilauls de votre rlief-lieg Ml osé prendre les armes contre le» « UecpesstlWcs, H leur résista sous ses murs; ils ont cte obliges m de s'enfuir de la ville et de l'abandonner à mon pouvoir. Leurs m ».. m* me sont roimos; vous connaisse* les lois de h guerre : « j'aurais pu disposer de leur Tte et du leurs propriétés ; mais n sourd à lotit esprit do vengeauce, je les ménagerai avec uue ino- « déraiii>n qui leur inspirera le repentir de leur conduite. J'apprends, « a ma grande surprise, que des malveillante uni tépando le bruit « que j'ai mis le feu a la ville. Venez, trop crédules babiiants, re- « tournoi daus les murs de Bourg, vous y verrez régner la iran- « quillite cl l'ordre ; vous j verrez établie une administration proo visi.irc. J'en appille au* moyens de celle ville; il» ont clé lé- « moins de la génémslié are* laquelle j'ai arrêté un combat cul n pouvait leur devenir tMesie : c'est ainsi qu'agissent les troupes

retour de Bonaparte força les alliés à reprendre les armes, en mars 1815. Bnbna fit alors occuper le Mortt-Cenis et Genève , et quand le général Friniont eut passé le Simplon avec l'armée principale pour se diriger sur Lyon, il quitta sa position, et, après un combat sanglant prés de Con- Bans et la prise du fort de la Grotte, il arriva aux portes de Lyon le 12 juillet. La grande quantité de troupes qui se trouvaient réunies dans cette ville, le mouvement qui se faisait remarquer parmi la population, tout semblait annoncer des scènes sanglantes : c'était un devoir que de les prévenir; d'ailleurs le retour de Louis XVIII à Paris devait mettre fin aux hostilités. Une convention fut signée à Montluel avec le maréchal Suchct, et, le 17 juillet, Bubna entra pour la seconde fois dans Lyon, où il déploya une grande sévérité contre les perturbateurs de la tranquillité publique. Il reçut ensuite le titre de conseiller intime, et fut chargé du commandement de la Lombardie. Le roi de Sardaigne, qui lui avait envoyé la grande croix de St- Maurice, le décora, en 1820, de l'ordre de l'Annonciade. Une grande fermentation régnait alors dans plusieurs parties de l'Europe, surtout dans les contrées voisines de la Lombardie, et menaçait toute la péninsule. Les troupes autrichiennes furent obligées de passer le Pô du 8 au 10 février 1821, pour arrêter les premiers mouvements dans le sud de l'Italie, et au même instant les contrées du nord levèrent l'étendard de la révolte. Mais Bubna, qui observait depuis longtemps les mouvements des insurgés, se trouva tout à coup au milieu d'eux à la tète de ses troupes, lorstpi'ils le croyaient encore sur un autre point. En récompense de cette opération, il fut richement doté par le roi de Sardaigne, et décoré par l'empereur de Russie "de l'ordre de 8t-Alexandre-Nc\vski. 11 reçut en même temps de son souverain, avec la grande croix de l'ordre de Léopold, une pension considérable et l'autorisation de prendre toutes les mesures qu'il jugerait nécessaires pour consolider ce qui venait d'être accompli. Après avoir fixé le nombre des troupes qui devaient rester en Piémont, et avoir donné au général qui les commandait des instructions convenables, il retourna à Milan le 9 mai, et y lit son entrée au milieu des acclamations publiques. Le général comte Bubna mourut dans cette ville, le 6 juin 182a, après trente-neuf ans de service. L'empereur François, qui l'estimait d'une manière toute particulière, écrivit de sa main à sa veuve une lettre de condoléance fort honorable, et doubla la pension à laquelle elle avait droit. M— D j.

BLBOtCI (Jean-Nicolas), évêque de Sagone, en Corse, vivait sur la fin du 15* siècle. 11 est auteur d'une histoire intitulée : de Origine cl Rebut §estit Turearvm, Naples, 1496, in -4°; réimprimée dans l'ouvrage de Laon'rc Chalcocondyle : Historia Ttrreantm lib. 10, Paris, 1650, gr. in-fol. Cn— s.

BUC (George), antiquaire anglais qui vivait au commencement du 17* siècle, naquit d'une famille ancienne, dans le comté de Lincoln. 11 Tut crééche- Yshcr . nûmrnc 1 un tics rrt*n t t I^IiomniEs ne I «1 l'Iuiiii-

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bre privée, et intendant des menus-plaisirs, sous le' règne de Jacques 1". On a de lui : 1» la Vie et 1$ Règne de Richard III, en 5 livres (en anglais), Londres, 1611 et 1616, in-fol.; réimprimé dansl'/fistoire d'Angleterre de Kennet. C'est un ouvrage écrit d'un ton pédantesque, et qui offre moins l'histoire que l'apologie de ce monarque, que l'auteur cherche à justifier de tous les crimes dont l'a chargé l'histoire. 2° La troisième Université d'Angleterre, étc, imprimée à la fin de h Chronique île Stow, Londres, 1 C5I , in-fol. C'est une notice des écoles et autres établissements d'instruction de Londres cl des environs de cette ville. Bue a aussi écrit un traité sur l'Art des divertissements (Revels). 11 était très-savant comme antiquaire, et Caniden avoue lui avoir de grandes obligations. X — s-

BUC ( Jean-Baptiste du), naquit à la Martinique, en 1717, d'une famille noble, originaire de Normandie. Sou bisaicul s'était établi dans la colonie en 1657 (voy. le Nouveau Voyage aux isles d'Amérique du P. L bat, t. 3, p. 42 ), et s'était distingué dans les Antilles par des talents militaires; sou grandpère s'était acquis une gronde renommée par des exploits semblables, et, nommé chef par la colonie de la Martinique, en 1717, il avait dirigé et tempéré, avec autant de sagesse que de fermeté, le soulèvement îles colons, poussés au désespoir par les exactions du gouverneur. Jean-IIaptisto du Bue commença ses études à Condom et les acheva à Paris. Retourné à la Martinique, il s'y maria. Le gouvernement ayant, en 1761, établi dans les colonies des chambres d'agriculture, et ayant accordé a cltacune un député pour les représenter à Paris, du Bue, chargé de celte mission, passa en France. Les connaissances qu'il déploya dans plusieurs mémoires sur l'administration des colonies le firent élire, par la compagnie des Indes, (tour un de ses syndics. Celte place le mil en rapport avec le duc de Clioiscul, qui, après une heure de conversation avec lui, le nomma clicf de ses bureaux des colonies des Deux- Indes, place qu'il conserva jusqu'en 1770. Peu de temps avant la disgrâce de ce ministre, il obtint sa retraite, avec le titre d'intendant des colonies, ue conservant que des fonctions consultatives. La doctrine de du Bue , relativement au commerce des colonies, rencontra beaucoup d'opposition, parce qu'elle choquait quelques intérêts particuliers ; mais elle a prévalu : elle est reconnue comme très-saine par la plupart des commerçants éclaires, dont plusieurs l'avaient combattue, parce qu'ils croyaient y voir le renversement total des lois prohibitive*. Du Bue maintenait, au contraire, ces bis, par lesquelles la prospérité des colonies doit toujours être ramenée a celle de leurs métropoles ; mais il voulait cn faire fléchir la rigueur, dans les cas où leur application s'écarterait du but, au lieu d'y conduire. Quelquesuns de ses mémoires sur ces questions donnèrent lieu à la publication d'une foule d'écrits sur ce sujet, et causèrent dans le système colonial une réforme de laquelle datait la prospérité de noscolonies, et qui a même influé sur celle des autres nations qui ont adopté les mômes principes. L'arrêt du 30 août 1784

fut le résultat de toute* ces discussions, et jamais la prospérité des colonies et du commerce de la 'métropole n'a été si grande que depuis qu'on a |>ermis l'approvisionnement des premières par l'étranger, pour les articles que la métropole ne pouvait leur fournir, o La France, dit llaynal, ne s'en était jamais écaru tée (des lois prohibitives), lorsqu'un homme de « génie ( J.-B. du Bue ), fort connu par l'étendue de « ses idées, l'énergie de ses expressions , a voulu em- « pérer la rigidité de ce principe. » [IHti. j>hil. et pol., édit. d'Amsterdam, t. 5, p. 407.) Du lluc n'a publié que Icsmémoires dont nous venons de parler ; mais sa réputation comme homme d'esprit était généralement établie à Paris. Le clwrme de sa conversation était inexprimable : un extérieur agréable, un port noble et gracieux, une belle figure, qui s'animait en parlant, ajoutaient encore à tout ce que son éloculion avait de séduisant. Il faisait grand cas d'une bonne définition, comme d'une chose fort rare, et il disait que « l'homme qui en aurait fait une douzaine « dans sa vie n'aurait pas mal employé son temps. » Sa réputation de probité n'était pas moins éuiblic que celle de ses talents. Il eut un grand nombre d'amis illustres, parmi lesquels il mit toujours au premier rang le duc et la duchesse de Clwiseul, dont il devint l'allié, par le mariage d'une de ses nièces avec M. de Choiseol-Meuse. Quoique fortement attaché aux principes de la monarchie, il conserva toujours une indépendance d'opinion : il exprima une profonde horreur pour l'assassinat judiciaire du général de Lally. Il lit, en 1786, un voyage à la Martinique pour ses affaires, et en revint en 17&S. 11 est mort à Paris, en 1795, dans sa W année. Dans les Mélanges de madame Necker, il est souvent question de du Bue, et lion y rapporte plusieurs de ses pensées, maximes ou reparties. Il voulait qu'on mît |>our épigraphe aux livres des économistes : « Le malade « pourra bien en mourir, mais ce n'en sera pas moins • une très-belle opération. » D — N L— S.

BUC (Louis-Fhasçoisou), fils du précédent, naquit à la Martinique, et fut destiné dés sa jeunesse à la carrière militaire. Après avoir servi quelques années en France, il retourna dans sa patrie, où il se trouvait à l'époque des premiers désordres de la révolution. Le parti des planteurs, qui dès lors forma celui de i'opi>osition, porta du Bue à la présidence de l'assemblée coloniale. Au milieu de l'exaspération générale, il réussit à calmer les passions, et ce fut à lui que Sl-Picrre dut son salut lorsque le parti des planteurs triomphant marcha contre celte ville avec les plus sinistres projets. Un peu plus tard, du Bue réussit encore à sauver la colonie dans la cruelle alternative où elle se trouva de subir la domination des étrangers, ou les excès de l'anarchie révolutionnaire, et il sut obtenir de l'Angleterre un traité par lequel la Martinique échappa au sort de St-Domingue, et put se conserver à la France. Nommé député auprès de la métropole, du Bue obtint de Louis X V 1 1 1 , en 1814, le titre d'intendant de celte colonie, et il y donna de nouvelles preuves de fermeté et de dévouement dans les cent jours de 4815. Il avait été nommé membre de la chambre des

députés, en 1827, lorsqu'il mourut à Paris, le 12 décembre de cette année. 7,.

BUCCA FEBBEI (Louis et JÉnôiœ). Voyez Bocc.t ni Ferro.

BCCELIN (Gabriel), né le 29 décembre 1599, à Diessenhoffen, en Turgovie, se fit bénédictin dans l'abbaye de Weingarten, en Souabe, fut prieur de Veldkirch, dans le Bhinlhal, et mourut en 1691, dans l'abbaye où il avait fait profession, après avoir composé un grand nombre d'écrils, qui lui ont fait la réputation d'un des plus savants historiens d'Allemagne. Cependant son exactitude et sa critique ne répondent pas toujours à l'immensité des recherches. Voici ses principaux ouvrages : 1* Aquila imperii benedictina, de ordinis S. Benedieti per uni-* versum imperium romanum immort alibus mentit, Venise, 1651, iu-4°. 2° Menologium benedictinum, etc., Veldkirch, 1655, in-fol. : l'auteur y suit l'ordre du calendrier. 5° Annales benedielini. Vienne, 1C55; Augsbourg, 1656, in-fol., 4° Benedictus ndivivus, Augsbourg, 1679 : cet ouvrage tend à prouver que l'esprit de St. Benoit vivait encore dans son ordre. 5" Germania topo-chrono-stemmala-çraphica sacra et profana, en 4 vol. in-fol., dont les deux premiers et le 4' furent imprimés, en 1655, 1662, et 1678, à tlm, et le 3*, en 1671, à Francfort. 6° Rhatia, Elrusca, Romana, Galliea, Germanica, Europm provineiarum situ altissima, Augsbourg. 1666, in-4°. C'est une description assez exacte du pays des Grisoas; mais la partie historique y est tellement remplie de fables absurdes, qu'on ne peut y avoir confiance que quand il s'appuie sur des monuments. ( Voy., pour cet ouvrage qui est rare, la Bibliolh. cur. de David Clément, t. 5, p. 548, et llallcr. Bibliothèque de l'hist. suisse, t. 4, p. 827.) 7» Constantin Rhenana, Lotus Mas» olim, hodie Aeronii et Potamici metropoiis sacra et profana, Francfort, 1667, in-4° : c'est une description topographique et historique des environs du lac de Constance, avec une carte. 8* iS'ucleus historia universalis, 1654 et 1658, 2 vol. in- 12. 9e S. imperii romani Majeslas, Francfort, 1680, in-12. — On connaît un autre Jean Blcelin, jésuite de Cambray, né en 1571, mort en 1 629, auteur d'un ouvrage intitulé : Gallo-Flandria sacra et profana. Douai, 1625, 2 vol. in-fol. : c'est une description historique de l'Artois et de la Flandre Wallone. Elle est insérée dans les Annales Gallo-Flandrici. T — D.

Bl ICER (Martin), l'un des coopérateurs les plus zélés de Luther, naquit à Scheleslad, en 1491. Son nom était Kliihorn, mot qui signifie en allemand Corne de vache, et que, suivant l'usage des érudits de son temps, il jugea i propos de changer en celui de Bicer, qui a la même signification en grec. Il entra d'abord dans l'ordre des dominicains, d'où il sortit en 1521, |>our embrasser la nouvelle reforme, à la suite tle plusieurs conférences qu'il eut à Worros avec Luther. Il devint l'apôtre particulier de StrasiMuirg, où il exerça pendant vingt ans le double emploi de ministre et de professeur de théologie. Ses sucrés ne furent pas les mêmes à Cologne, où l'archevèque Hermau Wida l'avait appelé pour y intro-

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