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hors de la loi, il se lusarda à rentrer en Angleterre. Accueilli par Fairfax, il lui fil demander k main de sa lille , qui avait conçu de la passion jour lui, el il l'épousa en 10o7. Cromwell, instruit de ce mariage, en conçut un dépit extrême. Duckinghani eut cependant la faculté de rester dans les terres de son beau-père. Ayant voulu aller voir sa sœur, il fut pris dans sa route, et envoyé à la Tour de Londres. Fairfax, outré de celte mesure, en demanda vainemeul satisfaction à Cromwell ; niais la mort de celuici arriva fort à propos pour sauver Duckingham de sa fureur. 11 fut transféré au château de Windsor, où il resta jusqu'à l'abdication de Hichard Cromwell. Mis en liberté sous caution, il vécut paisiblement auprès de son beau-père, jusqu'au moment où Monck se déclara contre Lambert. Fairfax et Duckingham se prononcèrent pour Monck; mais le duc fut obligé de se retirer , parce que sa présence à l'année pouvait faire soupçonner que l'on songeait à rétablir le roi, projet qu'il n'était pas encore temps d'avouer. Au rétablissement de Charles II, Buckingham rentra en possession de ses biens ; mais ses dépenses excessives dérangèrent -sa fortune. Otaries 11 lui avait conféré, en Hollande, l'ordre de la Jarretière; il le fit gentilhomme de la chambre, membre du conseil privé, et peu après lieutenant du comté d'York et grand écuyer. Cependant la jalousie qu'il conçut de la faveur du comte de Clarcndou l'entraîna dans des complots séditieux. Quoiqu'on les fasse remonter jusqu'en 1662, ce ne fut qu'en 1666 que, pour échapper aux poursuites judiciaires, il se tint caché. Après avoir été dépouillé de ses emplois, sommé par une proclamation de se présenter à jour fixe, il obéit. L'indulgence du roi alla si loin, que Buckiugham reprit ses places de gentilhomme de la chambre et de conseiller secret; il regagna même tellement les bonnes grâces du monarque, qu'il finit par l'emporter sur le comte de Clarendon. Il jouit alors d'un crédit sans bornes, et devint chef du conseil privé, que I on surnomma la cabale, parce qu'il était conqtosé de cinq membres dont les noms commençaient par des lettres qui, réunies, formaient le mol anglais cabal. En 1070, Buckingliam fut envoyé en ambassade auprès du roi de Frauce, sous prétexte de faire un compliment de condoléance sur la mort de la duchesse d'Orléans, mais , dans la réalité, pour rompre la triple alliance. Louis XIV flatta tellement sa vanité, qu'il obtint ce qu'il desirait pour l'exécution de ses projets. Vers la lin de celte même année, un assassin ayant attenté aux jours du duc d'Ormond, ami du comte de Clarendon, ce forfait fui imputé à Buckingltam, en présence même du roi, par Ossory, fils d'Ormond. | Yoy. Ossory.) Blood, l'instrument do ce crime, ne fut pas puni ; il reçut même une terre en Irlande, et Buckingham fut élu chancelier do l'université d'Oxford. Lors de la campagne de Louis XI V en Hollande, il fut envoyé dans ce pays avec Halifax et Arlington. On crut qu'ils apportaient la paix ; mais les propositions qu'ils firent aux élat* généraux et au prince d'Orange Turent rejetées. Ils allèrent trouver le roi de France à Utrecht, pour
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négocier. La défection de Shaftesbury avait dissous la fameuse cabale, à laquelle on attribuait tous les maux de l'État. Buckingham fut accusé, dans la chambre des communes, d'avoir révélé les secrets du roi, et d'avoir correspondu avec les ennemis du royaume. Il avoua dans sa défense, conçue en termes vagues et captieux, une partie des fautes de son administration. Peu à peu il quitta le parti de la cour, puis il résigna la place de chancelier de l'université d'Oxford , parce qu'il y était mal vu. Il s'unit avec Sliaftesbury et d'autres contre le fameux bill qui fut présenté en 1675, et qui contenait un nouveau Ittt. Au mois d'octobre suivant, il fut nommé pour assister à la conférence relative à la juridiction de la chambre haute. Le roi ayant prorogé le parlement à un terme qui excédait un an , Buckingliam essaya, avec son parti, de prouver que ce prince avait excédé son pouvoir. Cette opinion , ou l'opiniâtreté avec laquelle elle fut soutenue, lit envoyer ses défenseurs à la Tour. Buckingliam, ayant fait ses soumissions au roi, en sortit. Il fut opposé à la cour dans l'affaire du complot papiste , mil oeaucoup de clialeur dans la poursuite de ceux qui y étaient impliqués , et s'occupa ensuite avec Schaftesbury à exciter dans la cité du tumulte contre l'administration. A la mort de Charles II, le mauvais état de sa santé l'engagea à se retirer dans . une de ses terres. Il savait que ce monarque l'aimait et excusait ses foutes; il ne comptait pas sur la même affection de la part de son successeur. Il écrivit dans sa retraite quelques ouvrages, et passa d'ailleurs son temps à chasser. S'étant assis un jour sur un terrain froid, après s'être échauffé à forcer un renard, il mourut en trois jours, le 16 avril 1688, et fut enterré auprès de ses ancêtres dans la cha|»elle de Henri VII à Westminster. Il n'eut pas d'enfants de sa femme, qui , malgré ses écarts fréquents, l'aimait beaucoup; elle menait une conduite exemplaire, vivait bien avec lui, et lui survécut dixhuit ans. Buckingham était grand et bien fait, avait l'esprit très-vif, le jugement excellent ; plein de douceur et d'affabilité, il se vengeait rarement de ses ennemis, et de l'ingratitude de ceux qu'il avait obligés, si ce n'est par des satires et des bons mots. Ses mœurs furent scandaleuses, comme celles de la cour où il vécut, et il aflicha surtout un goût déréglé pour les femmes. Il donna dans les rêveries de l'astrologie judiciaire et de l'alchimie, ce qui contribua à déranger sa fortune. Cependant c'est à tort que Pope, qui a chargé son portrait dans l'épitrc au lord Balhurst, le fait mourir dans l'indigence. Son J araclère a aussi été tracé par Burnct, Dryden, Ha- [nilton, et les divers auteurs qui ont écrit l'histoire d'Angleterre. On a de lui : 4» ta Répétition, comédie, 1671 ; il y tourna en ridicule le mauvais goût des poêles dramatiques de son temps, et produisit une heureuse révolution. Il fut aidé dans cette composition par Butler, l'auteur d'Hudibras. Johnson , dans la vie de Sheflield, qui fait le sujet de l'article suivant, attribue cette pièce à ce dernier ; dans la vie de Dryden, au contraire, il distingue avec raison l'auteur de la Répétition, de celui de Y Essai
sur la poésie. 2° Epitaphe de lord Fairfax, son beaupère, 1671. 3" Discours succinct pour démontrer qu'il est raisonnable à l'homme d'avoir une religion et d'adorer Dieu, 1680, in— 1*. 4° Preuves de la divinité, 1687. in-8°. 5° Des poèmes, des satires, des lettres, des discours publiés à diverses époques. On remarque principalement les satires intitulées : Timon, the Rum}t-parliament (le Croupion), la Maitretse perdue , complainte contre la comtesse de....t 1675. On a supposé qu'il avait en en vue la comtesse de Shrewsbury ; il tua son mari dans un duel dont elle était l'objet. On ajoute que, pendant le combat, déguisée en page , elle tenait le cheval du duc, qui alla, la même nuit, prendre la place de son mari. La plupart des ouvrages de Buckingham furent publiés après sa mort, en 2 vol in-8°, puis en 1704, 1715 et 1762. On publia en 1679 une satire intitulée les Litanies du duc de B , où l'un
fiassait en revue ses extravagances et ses fautes. Il fut le dernier rejeton de l'ancienne famille de VUliers. E— s.
BUCKINGHAMSHIRE (Jean Sheffield, duc DE ), lils d'Edmond, comte de Mulgrave, naquit en 1649, et perdit son père en 1658. Il fut alors conlié â un gouverneur qui, pour le dérober aux troubles de l'Angleterre, le lit voyager en France. Peu satisfait de son Mentor, le jeune comte s'en débarrassa assez promptemenl, et, âgé seulement de douze ans, résolut de s'élever lui-même, projet qu'il exécuta avec succès. Ses progrès dans les lettres sont d'autant plus étonnants qu'il passa sa jeunesse dans le tumulte de la vie militaire ou dans les plaisirs de la cour. La guerre ayant éclaté avec la Hollande , lorsquHl n'avait que dix-sept ans, il s'embarqua sur le vaisseau amiral. Son zélé fut récompensé par le commandement d'un corps franc de cavalerie, levé pour la défense des cotes. Il eut vers ce temps, avec le comte de Rocheslcr, une affaire d'honneur qu'il a rapportée peut-être avec trop de jactance. Lors d'une nouvelle guerre avec les Hollandais, en 1672, il s'cmliarqua encore comme volontaire sur le vaisseau commandé par le comte d'Ossory, qui fit un rapport si avantageux de sa conduite qu'on le nomma capitaine de vaisseau. 11 leva ensuite un régiment de cavalerie, et on lui en donna un autre ; de sorte qu'il fut à la fois colonel de deux régiments. Fait â vingt-cinq ans chevalier de la Jarretière, puis gentilhomme de la chambre, il passa pvu après au service de la France, alors alliée de l'Angleterre, pour apprendre le métier de la guerre sous Turcnne. Il n'y resta pas longtemps, parce qu'il apprit que le
duc de Mont u i h voulait, à son préjudice, olrtenir
le premier régiment des gardes à cheval. Cboquè de ce procédé, il parvint à inspirer au duc d'York des soupçons sur son neveu, qui ne tarda pas à être disgracié. Mulgrave fut nommé lieutenant du comté d'York et gouverneur de Hull. Cette marche rapide dans la carrière des honneurs ne lui lit pas négliger l'étude. Les Mores ayant assiégé Tanger, il fut envoyé en 1680 au secoure de cette place avec un corps de 2,000 hommes. On prétend que, par un sentiment de jalousie, le roi l'ayant fait embarquer
sur un vaisseau qui faisait eau, le duc ne voulut pas que Ton bût a sa tablé à la santé du monarque avant de se trouver hors de danger. Arrivé en trois semaines devant Tanger, les Mores se retirèrent sans en venir aux mains. A son retour, il rentra dans les bonnes grâces du roi, et reprit la vie de . courtisan et de bel esprit. A l'avènement de Jacques II, qui avait de l'attachement pour lui, il fut fait membre du conseil privé, et grand chambellan. Par affection pour ce prince, il accepta une place dans la haute commission, assista même à la messe et s'y mit à genoux ; mais il refusa d'embrasser la religion catholique. On avait voulu l'associer au projet d'appeler le prince d'Orange; mais on craignit son attachement à Jacques H. Le roi Guillaume lui ayant demandé par la suite ce qu'il eût fait si on lui eût conlié ce plan: « Sire, dit-il, j'aurais « tout découvert au roi que je servais. » Lorsqu'il vit que Jacques II , par sa fuite, était irrévocablement exclu du trône, et que le bien de la patrie exigeait que l'on soutint la révolution, il vota pour qne la souveraineté fut partagée entre le prince d'Orange et son épouse. Quoique cette opinion fut très-agréable à Guillaume, le duc resta plusieurs années sans être employé. Il avait de l'inimitié et même du mépris pour Guillaume , à en juger par ses écrits. Il fut cependant, en 1694, créé marquis de Normanby, et, malgré cette faveur, il se montra opposé à la cour dans plusieurs occasions importantes. I) finit cependant par entrer dans le conseil du cabinet avec une pension de 3,000 livres. Lorsque la reine Anne, à qui on dit qu'il avait autrefois adressé ses vœux, monta sur le trône en 1702, il reçut des marques de la plus haute faveur. Elle le nomma garde du sceau privé, et ensuite lieutenant du district nord du comté d'York; puis il fut un des commissaires choisis pour traiter, avec les Écossais, de l'union des deux royaumes. L'année suivante, il fut élevé au rang de duc de Normanby, et , peu après, à celui de duc de Bueklnghamshire. Ayant conçu de la jalousie contre le duc de Marlborough , il résigna l'emploi de garde du sceau privé, et se joignit aux fort* mécontents, lorsqu'ils firent la proposition, si désagréable à la reine, d'appeler la princesse Sophie en Angleterre. Anne essaya de le ramener par l'offre de la charge de grand chancelier ; il la refusa, se retira des affaires, et bâtit dans le parc de St-James l'hôtel qui porte son nom, et qui appartient aujourd'hui à la reine. Lors du changement de ministère, en 1710, il devint intendant de la maison de la reine, et président du conseil, où il adopta toutes les mesures de ses collègues. A la mort d'Anne, il fut un des lords qui administrèrent jusqu'à l'arrivée de George 1". 11 se montra ensuite constamment opposé à la cour, et, n'ayant plus d'emploi, il s'amusa a écrire ses deux tragédies. 11 mourut le 24 février 4721. Il avait été marié trois fois, et toujours à des veuves. Grand et d'une belle ligure, il avait l'air spirituel, le regard vif et perçant. On lui a reproché d'être hautain, lier, méchant ; il a pourtant donné des preuves d'affabilité et d'humanité. On l'a accusé d'avidité, et il laissa
BUC m
dépérir ses affaires par négligence. Sa morale, sur tous les points, passait pour très-relâchée. Ses poésies, très-vantees dans le temps où son rang et ses largesses imposaient silence à la critique, ont beaucoup perdu dans l'opinion. Quelquefois brillant , il manque de verve et d'éclat réel. Le travail se fait trop sentir dans ses productions. On a supposé que, dans son Euai iur la talirt, il fut aidé par Drydcn, qu'il avait fait nommer, par sa protection , poète lauréat. Son Euai sur la poésie lui a valu de grands éloges, même de la part des meilleurs écrivains de l'Angleterre (1). Il y attachait une haute importance, et le corrigeait sans cesse ; aussi aucune édition ne ressemble à l'autre. Si ses vers, dans ses petites pièces, sont un peu fades, ses ouvrages en prose ont plus de mérite réel. Ses Mémoire» sur la révolution, écrits d'un style vif et agréable, prouvent qu'il avait la perspicacité et l'élégance qui conviennent à un historien (2). Ses œuvres ont été magnifiquement imprimées en 2 vol. in-4°, en 1723, et réimprimées, en 1729, 2 vol. in-8*. Le contient les poésies; le 2*, les mémoires, les discours, des caractères, des dialogues, etc. La première édition fut saisie à cause de quelques passages des mémoires, et du dialogue intitulé la Féle de$ dieux, relatifs a la révolution de 1688. Lorsqu'on 1712, on imprima une édition des œuvres du duc de Buckingham, il offrit de corriger les épreuves, et s'acquitta de ce travail avec un soin infini. Ses deux premières femmes ne lui donnèrent pas d'enfants. Il eut de la troisième, qui était fille naturelle de Jacques II, plusieurs enfants qui moururent en bas âge, et un fils qui naquit en 1716, et fit ses études à Oxford avec distinction. Il servit ensuite dans l'armée française, commandée par le duc de Itervvick son oncle. A la mort de ce général, il quitta l'armée à cause de la faiblesse de sa santé, et voulut essayer si l'air de Naples ne lui conviendrait pas mieux ; mais il ne put aller que jusqu'à Home, où il mourut, le 30 octobre 1735. Pojmï a fait son épitaphe en vers. En lui s'éteignit la maison de Sheffield. (Poy. Anne et Jacques II.) E— s.
BUCKLAIND (IUlpii), ne en 1564, à West- Hatch. dans le comté de Sommerset , fit de trèsbonnes études dans le collège de la Madeleine, A Oxford, et entra dans le barreau. L'application qu'il donna aux devoirs de son étal ne l'empècha»pas de prendre une connaissance très-sérieuse des matières controversées entre les deux Églises qui partageaient l'Angleterre. Cette lecture commença par lui donner de la défiance sur les dogmes particuliers de la nouvelle religion, et il finit par embrasser l'ancienne. Sa conversion fut si sérieuse, qu'il se délit de son riche patrimoine pour se retirer à Douai, où il reçut l'ordre de la prêtrise. Il lit un voyage à Rome, d'où il revint en Angleterre en qualité de
(1) VEêiai iur la ptè*U a été tnrfail par madame d'Arewmlle, et Inséré par elle dana un volume Intitulé : Mèiançe* d* Poitict **glauet. IV- «-a.
(2) Une traduction de ces Mémoire* fait partie de la Colltclhm ie* Uhncire, rtUtif à U retotuie* #4S|M«m publie* pu X. CuUot. D-«-».
missionnaire, fonction qu'il remplit avec succès pendant vingt ans. II mourut eu Ï6I I, après avoir donné îiu public les ouvrages suivants: I* Vie* des Saints, traduites de Sun us; 2* Arguments contre la fréquentation des églises protestantes; 3* de la Persécution des Vandales, traduit du latin de Victor de Vite ; 4» Sept Etincelles de [l'Ame enflammée, avec quatre lamentations composées dans les temps fâcheux de la reine EUsabelli, dédié à la mère de l'auteur. Dès le temps des troubles de 1040, le savant Usscrius. préebant à Oxford, prétendit prouver, par des interprétations forcées de cet ouvrage , que toute la masse des catholiques avait treuqié dans la conspiration des poudres. T — d.
BUC0LD1AMS (Gkkakd Bicoldz ou Blcholdz , plus connu smis le nom latin de ) , philologue et médecin , dont le nom répété dans tous les catalogues n'a pu cependant exciter jusqu'ici l'intérêt des biographes au point de les engager à faire quelques recherches sur sa personne. Il était né dans l'électoral de Cologne, vers la lin du 15* siècle. En i:;27, il publia dans cette ville une édition de Quintilien, revue sur d'anciens manuscrits, et la dédia par une épitre, dont on trouve un passage remarquable dans le Calalog. Bibliothec. Bunavianœ, à Godcfroi Hittorp, l'un de ces savants consciencieux qui consacraient une vie modeste et laborieuse à propager le goût des lettres et à multiplier les ouvrages des auteurs classiques. Deux ans après, Bucoldianus qui, selon toute apparence, remplissait une chaire à Cologne, y prononça, dans une solennité scolastique, une harangue sur l'ivresse. 11 était en 1534 à Bologne. Dans la préface, datée de cette ville, d'un traité de rhétorique qu'il mit au jour cette même année, il se plaint de n'avoir pas eu à sa disposition tous ks livres qui lui auraient été nécessaires pour rendre son ouvrage moins imparfait. On retrouve, en (542, Bucoldianus à Spire, où il exerçait la médecine sans doute avec quelque réputation, puisqu'il avait le titre de médecin du rai (physicus rtgi'is). Le prince qui l'avait créé son médecin était Ferdinand, roi des Humains, qui succéda dans la suite sur le tronc impérial à son frère Cliarlcs-Quint. On ignore les autres particularités de la vie do Bucoldianus. Outre l'édition de Quintilien n'ont on a déjà parlé, Cologne, 1527, iu-fol., et reproduite en 1538, on a de lui : 1° de Ebrielate oralio, ibid., 152 », in-8*. 2« Uinerva cum Musis in Grrmaniam Pfofeclio, poème qui se trouve ordinairement à la suite de l'opuscule précédent. 3" De Inventione et Amplificatione oratorio, «eu usu locorum libri très, Lyon, Séb. Griphe, 1534, in-4°. Cet ouvrage, dont on ne connaît plus guère que le titre, obtint, lors de sa publication, le plus grand succès. Réimprimé la même année a Strasbourg, in-4*, il en fut fait deux autres éditions, l'année suivante, in-8», à Cologne et à Lyon. 4' De Puella quœ sine cibo et potu vitam transigit brevis narratio, Paris, Bob. Ivuienne, 15-12, in-8% édition rare et recherchée. Ce euricux opuscule a été reproduit par Paul Lcntulus, Berne, IGOi, in-4°, à la suite de YUisloria tnirandts Apollonia» Schregerte virginis inedia, et
dans un recueil de dissertations médicales, Gicssen, 1673, m -lui. Bucoldianus y donne l'histoire d'une jeune lille de Spire, cataleptique, laquelle, pendant trois aunées de suite, resta jusqu'à douze jours sans prendre aucune nourriture, et sans éprouver une diminution notable dans ses forces, malgré cette longue abstinence. 5" Un commentaire sur l'oraison Pro Rege Dejolaro, dans le recueil des discours de Cicéron, Baie, 1553, in-fol. \V— s.
BUCQUET iLotis Jean-Baptiste), né à Beauvais, le 10 mars 1731 , procureur du roi au présidial de cette ville, membre de l'académie d'Amiens et de la société d'agriculture de Paris, mourut au château de Marguerie, près de Béarnais, le 13 avril 1801. En lisant le titre de ses écrits, on voit que l'amour de son pays et le désir d'être utile ont toujours guidé sa plume. Les nombreuses citations répandues dans ses ouvrages prouvent qu'il avait beaucoup d'érudition. Il est auteur des ouvrages suivants : 1° Dissertation sur la position de lit utuspantium, lue à la séance publique de l'académie d'Amiens, en 1762. Ce mémoire est resté manuscrit, ainsi que les quatre articles suivants; celui-ci n'est, à proprement |>arlcr, qu'un extrait de l'histoire du Beauvaisis. 2° Mémoire pour servir à l'histoire de l'Amiénois et du Beauvaisis, conservé manuscrit dans les registres de l'académie d'Amiens. 5" Histoire du Beauvaisis, avec des notes historiques et critiques ; elle linil à l'an de J.-C. 1022, et est resléo manuscrite entre les mains d'un ami de l'auteur. 4° Eclaircissements sur les mesures itinéraires des Gaulois, et sur le mille romain, dont parle César. 5° Dissertation où l'on essaye de prouver que Litanobriga de l'Itinéraire d'Antonin n'est autre que Pont-Ste-ilaxence, que Curmiliaca est Cormeitles. et que Petromantalum est la petite ville de Magnyen-Vexin. Bucquct a eu pour collaborateurs dans ces quatre derniers ouvrages deux de ses compatriotes, MM. Bord et Danse. 6* Essai sur la souveraineté et sur It droit de justice qui y est attaché, ou Mémoire pour les officiers du bailliage et siège présidial de Beauvais, Paris, 4767, in-8», et divers autres mémoires imprimés, les uns relatifs au présidial, les autres à des discussions avec l'évéque de Beauvais. 7° Deux discours académiques qui ont remporté le prix, l'un à disions, eu 1783, sur la question de savoir : « Quels seraient les moyens de a rendre la justice en France avec le plus de céle- « rité et le moins de frais possible? » imprimé à Beauvais en 1789, in-4« (t); l'autre discours, couronné à Amiens en 1787, sur cette question : « Quel « est le moyen le plus simple et le moins dispen- « dieux de prévenir et d'éviter dans la généralité a d'Amiens les incendies des campagnes? » fut imprimé à Beauvais en 1788, in-4*. 8° Un grand
(!) Apre* l'impres-don de ce discours, "turque! en lit le sujet d'an grand nomfr. Il le divise p»r livre», chapitres cl article*. Ce travail l' occupa pendant quatre tmmttt. Il le lot fin» de cmemantt (oit, et en fil lui-même qualoru copies de sa main. J'en poieede nue qui forme 3 vol lu-fol contenant 75G pages de note», qui oniaus>t leur» miles. BiKqnel du qu'il s'est applique a l'art de trùre les kommei, •I a pf.irod qu'il faut It UrleMlrs f*u pour U Mai Mi*t>. (Extrait de l'Avertissement. ) V— vi.
nombre de manuscrits sur différents objets, et notamment deux mémoires, dont l'un sur l'utilité de la dissection des cadavres, et l'autre sur les vols des bestiaux dans les campagnes. E — s.
BUCQCET (Jean-Baptiste-Marie), cbimiste, membre de l'académie des sciences, médecin distingué et censeur royal, naquit en 1716 à Paris, oit il professa pendant dix ans la chimie avec éclat. Une élocution facile et une excellente méthode lui attirèrent beaucoup d'élèves, parmi lesquels on ne tarda pas a remarquer Fourcroy, qui lui succéda et le surpassa, en convenant qu'il devait à son maître son goût et sa manière d'étudier. Buequet était destiné à faire faire de grands progrès < la science; mais la mort l'enleva à 53 ans, le 24 janvier 1780. Dans les derniers jours de sa maladie, ne trouvant de soulagement que par l'usage de l'éllier sulfurique, il en prit si fréquemment et a si grandes doses, qu'il accéléra sa lin. On assure qu'il prenait par jour deux pintes d'étlier et cent grains d'opium. Buequet n'a jioint fait de découvertes remarquables, mais il a beaucoup travaillé, et a préparé la révohitlon pneumatique. On a de lui quelques dissertations particulières insérées dans les collections académiques (t) , et il a publié : 4° Ergo digeslia alimentorum vera digestio chimica, dissertatio, Paris, 4769, in-4*. 2° Introduction à l'étude tirs corpi naturel* tiré» du règne minéral, laris, 1771, S vol. in-12. 3° Introduction à l'étude det corps naturels tirés du règne végétal, Paris, 1773, 2 vol. in-42. o Ce dernier ouvrage, dit Fourcroy, était en « son temps le plus complet et le plus méthodique « tableau de l'analyse végétale. » 4° Mémoire tur ta manière dont les animaux son! affectés par les différents fluides aériftrrmes méphitiques, 4778, in-42. 5° Rapport sur l'analyse du rob antityphilitique de Bayreau-Laffecteur, Paris, 4779, in-8". C. G.
BUCQUET (César). Voyez Bi;quet.
BUCQUOI {ClIARLES-BOKAVEJvTl UK DE LoX-
GCEval, comte de ), général célèbre dans la guerre de trente ans, né en 4364, entra de bonne heure au service d'Espagne, cl s'y distingua si rapidement, qu'il ne tarda pas à être fait général par Philippe II, dont le successeur, Philippe III, lui donna dans la suite Tordre de la Toison d'or. Il lit ses premières armes dans la guerre des Pays-Bas, défendit courageusement Arras et Calais, fut fait prisonnier par les Hollandais, se racheta moyennant une rançon de 20,000 écus, reçut plusieurs blessures dans diverses affaires, et seronda habilement les opérations, souvent malheureuses, du marquis de Spinola. L'empereur Ferdinand II l'ayant engagé à passer à son
(»)DaBslcre*n*dde»m»nt*cirM!ger*dc rieadémleitaKlenre* : Et Orientes pkutiro-chmiquét *ur l'air qui te deaant dés corps dans le temps de leur iértmpêaUtO», St qu'on tonnait tout le nom tuifatre d'air fixe (LT).|— Mémoires sur quelque* elromttneu qui 4uromp*f*eni la décomposition du ttl ammoniac par la chaux tire, par le* waiiéres métalliques et par leur chaux, relatiteacnt aux propriété* a/lritiu'es à l'air fixe (1.9);— Amlyu de la sreUlhc ( tbid. ) ; — Mémoire tur plusieurs comhmauons sultan dt l'anémie , ra 3 parties (lbld.) ; — Mémoire sur iaaolutc du êaap, la a ïteséemle dt» sciences en 4774 ( ibid. ). — Usas le rccoeil de U wtkic de médecine : Memoiresur fanalutr de f opium [I776.J
service, lui donna le commandement d'un corps de troupes destiné à combattre le comte de ftlansfeld, général des Bohèmes révoltés. Le comte de Bucquoi obtint d'abord quelques succès; mais il se vit bientôt forcé de se replier en Autriche. Maximilien, duc de Bavière, étant venu le joindre, les deux généraux rentrèrent en Bohème, en 4620, et délirent entièrement, près de Prague, l'armée des protestants. (Voy. Maximilien de Bavière.) Le comte de liucquoi, vainqueur, exerça en Bohème des cruautés qu'expliquent, sans les excuser, le fanatisme et l'esprit du temps. En 4624, il réduisit la Moravie, et rapporta à Vienne quatre-vingt-cinq drapeaux enlevés aux ennemis. Il fut aussitôt envoyé en Hongrie contre le prince Bcthlem-Gabor, et pressa vigoureusement le siège de Ncuhausel, place importante. Un jour qu'avec une faible escorte il était sorti de son camp pour visiter les approches de b place, un parti de la garnison l'attira dans une embuscade, où il fut tué, après s'être vaillamment défendu, le 40 juillet 4624. — Son lils, Albert de Bucqcoi, gouverneur de Valenciennes, mourut en 4663, et son pelil-lils, Charles, fut créé prince de l'Empire en 4681. G— T.
BUCQUOY (Jean-Albert d'Arciiambald , comte de, plus connu sous le nom d'abbé de|, de la même famille que le précédent, est devenu célèbre par la singularité de ses aventures. Né en Champagne vers l'an 4650, et demeuré orphelin à l'âge de quatre ans, son éducation fut trés-négligéc. Après ses premières études, et cinq années passées au service militaire, échappé par miracle, a ce qu'il enit, à un danger imminent, il lit vuu de quitter le monde, se présenta aux chartreux, et, trouvant leur ordre encore trop dissipé, il commença son noviciat à la Trappe. Les austérités qu'il ajoutait encore à celles que prescrivait la règle affaiblirent tellement sa santé, que l'abbé de Bancé fut obligé de le renvoyer. Il reprit son habit galonné, qu'il troqua bientôt après contre les haillons d'un mendiant, résolu de mener au milieu du monde la vie érémitique. Après deux ans de séjour a Paris, craignant de n'y être pas assez caché, il partit pour Boucn, où sous le nom de le Mort , il tint une école gratis pour les pauvres. Les jésuites de cette ville, frappés de ses talents et de son humilité, résolurent de l'attirer dans leur ordre : il s'en défendit tant qu'il put ; et, à peine échappé à cette tentation, un officier avec lequel il avait anlrefois servi le reconnut par hasard. Ne pouvant plus demeurer inconnu, il laisse son érole. et revient à Paris. Il forme bienlAt le projet d'imiter St. Ignace de Loyola, et d'être le fondateur d'un nouvel ordre destiné à prouver aux incrédules la vérité de la religion. Caché dans le faubourg St-Anloine, il conféra de son projet avec plusieurs ecclésiastiques, et ce fut probablement alors qu'il prit l'habit et le litre d'abbé. L'étude mal dirigée qu'il voulut faire des preuves de la révélation, et son cerveau exalté, le conduisirent au scepticisme; et le dépit de voir que, malgré ses austérités et son éloignement du momie, il ne pouvait faire de miracles, acheva de
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lui tourner la téte. Ses parents, auxquels il donna de ses nouvelles, et qui le croyaient mort depuis longtemps, lui procurèrent un bénéfice; mais il préféra bientôt retourner au service militaire, cl se disposait à lever un régiment eu 1704, lorsque les déclamations qu'il se permettait à tout pro|>os contre le despotisme et l'abus du pouvoir le tirent arrêter. On le prit d'abord jour l'abbé de la Bourlic ( roy. ce nom), et on l'aurait bientôt relâché, si de nouveaux propos indiscrets, une tentative d'évasion et des plaintes de l'arelievèque de Sens ne l'eussent fait resserrer plus étroitement. Conduit au For-TÈvéque comme un aventurier que ses propos faisaient prendre pour un chef de contrebandiers, il s'échappa de cette prison, demeura caché {tendant neuf mois dans Paris, et fut repris au moment où il allait sortir du royaume, en 1707 ; conduit à la Bastille, et recommandé aux concierges comme un homme dangereux et entreprenant, il n'en suivit pas moius avec une persévérance infatigable son plan d'évasion, et vint à bout de l'exécuter le 4 mai 1709. On en peut voir les détails vraiment curieux dans le t. 3 des Lettres historiques et galantes (par madame Dunoycr), ou dans le livre intitulé : Evénements des plus rares, que nous citerons plus bas. Pour cette fois, il se hâta de sorUr du royaume et passa en Suisse, d'où il tâcha de se raccommoder avec la cour et d'obtenir la restitution de ses biens confisqués. N'ayant pu y réussir, il alla en Hollande, et proposa aux alliés un projet pour faire de la France une république et y détruire, disait-il, le pouvoir arbitraire. Le général de Schulembourg , qui le connut à cette occasion, le recommanda à différentes cours d'Allemagne, et le mena, en 1714, à Hanovre, où. le roi George 1er lui lit une pension. Sa conversation pleine de saillies amusait ce prince, qui l'invitait souvent à sa table. En 1717, il écrivait encore à la duchesse d'Orléans |>our obtenir de rentrer en France. Sur la lin de ses jours, l'abbé de Bucquoy revint à sa vie de misanthrope ; il négligeait son extérieur, laissait croître sa barbe, et perdit toute sa considération. Lord Scarborough s'etant tué luimême dans un accès de désespoir, Bucquoy lit insérer dans les gazettes une Question sur le suicide, en vers latins, en promettant un prix de 100 écus à celui qui pourrait la résoudre ou la réfuter ; mais comme on vit bien qu'il serait seul juge de l'exactitude de la solution, et qu'on le regardait comme un fou, personne ne se présenta dans la lire. Il mourut subitement, le 14 novembre 1740, presque nonagénaire, laissant son petit mobilier, qui pouvait valoir 4 à 5.000 francs, à l'église catholique de Hanovre, dans la communion de laquelle il vécut toujours. Il a publié un assez :mmi nombre d'ouvrages en vers et en prose, sur des sujets «le morale et de politique; la plupart ne sont que des brochures éphémères. Nous ne citerons «pie les suivants : 1° Evénements les plus rares, ou l'Histoire du sieur abbé comte de Bucquoy, singulièrement son évasion du ForA'Evéque et de la Bastille, avec plusieurs de ses ouvrages, vers et prose, et particulièrement la Gamme des femmes, 1719. Le litre porte pour épigraphe : Avec
mesure ; l'ouvrage est dédié « au prince le plus gé- « néreux et du cœur le mieux bâti, de la paît de la « franchise même ; » avec cette souscription : « Le « plus poli et cependant le plus sincère, M. de Buc- « quoy. » On l'a traduit enTallemand. 2* Lettres sur l'autorité. 3° Pensées sur l'existence de Dieu 4° De Dieu, de la vraie et fausse religion (en vers), Hanovre, 1 732, in-8°. 5* L'Antidote à l'effroi de la mort. 6° Préparatifs à l'antidote à l'effroi de la mort, traduit en allemand (1734, in-4*), ainsi que le suivant. 7* Le Véritable esprit de la belle gloire. 8° Essai de méditation sur la mort et sur la gloire, 1756. 9* La Force d'esprit, ou la belle Mort; récit de ce qui s'est passé au décès d'Antoine Ulric, duc de Brunswig, Lunebourg, 1714, in-8°. C. M. P.
BUCQUOY (Jacques de), voyageur hollandais, était né le 26) octobre 1693, à Amsterdam. Après avoir parcouru la plus grande partie de l'Europe, il entra, en 1719, au service de la compagnie des Indes orientales , comme ingénieur. Parti en novembre, il arriva le 4 mars 1720 au cap de Bonne- Espérance. Ayant été chargé de surveiller la construction des forts qu'on voulait élever dans la baie de Lagoa ou Lorcnzo-M arqués, sur la côte orientale d'Afrique, il s'embarqua le 12 février 1721 , et le 3 mars atteiguit sa destination. L'ouvrage fut achevé malgré l'insalubrité du climat , qui lit périr beaucoup de monde; mais, au mois d'avril 4722, le fort fut pris par des pirates anglais, cl ils emmenèrent Bucquoy avec ses compagnons. Après une longue croisière , les forbans abordèrent à la cote occidentale de Madagascar, où ils laissèrent leurs captifs avec une partie de leur propre équipage. Bucquoy passa huit mois au milieu des habitants du pays. Tout à coup les pirates qui s'en étaient allés revinrent sur un petit navire , leur grand vaisseau ayant péri. B'autres corsaires de différentes nations abordèrent sur cette plage, et pillèrent les Hollandais. Ceux-ci, qui avaient construit un petit vaisseau , s'y embarquéreut et gagnèrent Mozambique. Réduite par les maladies à un très-petit nombre, ils furent conduits à Goa. Bucquoy après bien des courses trouva enfin un navire hollandais sur lequel il arriva, en 4725, dans le port de Batavia. Admis de nouveau au service de la compagnie, il obtint une petite place dans la douane, et s'efforça d'améliorer sa position en donnant des leçons de mathématiques. En 1731, il fut envoyé comme teneur de livres au comptoir de Lygor, sur la côte orientale du royaume de Siam, puis il devint résident en 4733. Bientôt il demanda son congé, revit l'Europe en 1735, et |tassa le re<te de ses jours dans sa patrie, où il mourut vers 1760. Ou a de lui , en hollandais : Voyages de seize ans aux Indes , remplis d'événements remarquables ; notamment du récit des aventures de l'auteur dans son expédition au Rio de Lagoa , etc., le tout accompagné d'observations sur la géographie de* lieux, les mœurs des peuples , etc., Harlem, 1745, ibid., 1757. in-4°, avec deux portraits de l'auteur et deux planches. L'ouvrage est suivi d'une Hydrographie générale abrégée , avec une carte de False-Bay , et de Remarques sur l'utilité de la navigation. 11 a été
traduit en allemand, Leipsick, 1771, in 12 Bucquoy est le premier voyageur qui ait Tait connaître la baie de Lagoa : il donne des détails intéressants sur le pays et les habitants , ainsi que sur Madagascar, Mozambique et les autres lieux qu'il vit durant ses longues et pénibles courses. Le récit de ses aventures est intéressant. L'auteur de cet article en a inséré un extrait dans le t. 21 de YHistoire générale des Voyages de M. Walckcnaer. L'Hydrographie générale abrégée annonce un écrivain qui connaissait ce sujet. E — s.
BUDDJEUS (Jean-François), théologien-luthérien, né à Anclam, en Poméranie, le 25 juin 1607, fit ses études à Grcifswald et à Wittembcrg avec une grande distinction , et s'appliqua surtout aux langues orientales, à la théologie et à l'histoire. Les premières thèses qu'il eut à soutenir donnèrent une haute idée de son savoir ; les principales furent de Hungaria el Transyltania, en 1680; de Rilibut Ecclesia latinw judaieis , eu 1688; de Instrumenta moral*, en 1689. Frédéric III, électeur de Brandebourg , l'appela à Halle, en 1693, pour lui donner la chaire de philosophie morale dans l'université de cette ville; il y demeura jusqu'en 1695, qu'il fut nommé professeur de théologie à Iéna, où il se rendit , malgré les désirs de l'électeur, qui avait recommandé qu'on ne négligeât rien pour le retenir à Halle. 11 remplit sa nouvelle place avec le plus grand succès , entretint avec plusieurs savants étrangers une correspondance régulière, et ne cessa de publier une foule d'ouvrages utiles pour la théologie et l'histoire. Il contribua beaucoup aux Acta erudUorwn de Leipsîck , et au grand Dictionnaire historique, imprimé à f.eipsick , 1709, in-fol. Il mourut le 19 novembre 1729, en se rendant à Gotha. Ses principaux ouvrages sont : 1° de Peregrinationibus Pythagorœ, Iéna, 1692, in-4°. 2° Uistoria juris natura, et synopsis juris naturœ et gentium juxla disciplinant Hebraorum, cumVitriarii Inslil. juris natura et gentium, Iéna, 1095; Leyde, 1711 , et Halle, 1717, in-8°. 5° IHssertationes academiea de pracipuis stoicorum in philosophia morali erroribus, Iéna, 1696. 4° Elemenla philosophia practica, Halle, 1697. 5» Sapientia velerum, hoc est dicta Ulustriora septem Gracia sapientum, ibid., 1699, in-4». 6° Introductio ad hisloriam philosophia Hebraorum, ibid., 1702, 1720, in-8*. 7° Elemmta philosophia instrumentons , 3 vol. in-8»; ibid., 1705, 1705, 1706, 1709, 1710, 1712, 1714, 1710, 1721, 1724, 1727. Cet ouvrage a longtemps servi de manuel aux professeurs de philosophie en Allemagne. 8- Selecla juris natura et gentium, ibid., 1704, in-8» : c'est un recueil de dissertations politiques, qui roulent, pour la plupart, sur des points d'histoire moderne. 9° Analectahistoria philosophica, ibid., 1706, 1724, in-8°. 10* Instituâmes theologia moralis, Leipsick, 171l,in-4*. W Historia etcUtiattica Veteris Testamenti, Halle, 1709, 4 vol. in-4* ; et 1720 , 2 vol. in-4» , ouvrage estimé de son temps en Allemagne. 12° Thèses theologica de atheitmoet super stitione, Iéna, 1716, in-8», ouvrage traduit en français à Amsterdam,
I 1740, in-8». 13» Instilutiones theologica dogmatica, Leipsick, 1723, 1724, 1726, in-4*. 14» IlUtoria crilica theologia dogmatica et moralis, Francfort, 1725, in-4\ 15° Compendium hisloria philosophica. Halle, 1731, in-8°. 16» Dissertatio de Ludovico IV, imperatore, Iéna, 1689, in-4». 17° Quastio polilica : An alchemista sint in rrpublica tolerandi, 1702, in-4°, avec ligures. 18° Ecclesia apotlolica, sire de statu Ecclesia sub apostolis, Iéna, 1729,
: in-8». 19° Miscellanea sacra, Iéna, 1727, in-4». C'est un recueil de savantes dissertations sur des matières ecclésiastiques. Buddxus publia plusieurs dissertations , réunies depuis sous le titre de Jus Austriacum, pour défendre les prétentions de la maison d'Autriche sur le royaume d'Espagne, contre le testament de Charles II. ( Voy. les JUémoire$ de Kiceron, t. 21.) — Charles-François Burnous, conseiller aulique du prince de Saxe-Gotha, et vicechancelier à Gotha, lils du précédent, naquit à Halle, en 1693. Il lit ses études à Iéna, et fut nommé en 1719 avocat de la cour à Weiniar. Il fut envoyé à Vienne pour régler des affaires litigieuses, et occupa, à son retour, différents postes importants, tant à la cour de Weimar qu'à celle de Saxe-Gotha. 11 mourut à Gotha , le 5 juillet 1753. Un a de lui plusieurs ouvrages allemands, parmi lesquels on dislingue : 1" Examen d'une opinion de plusieurs philosophes grecs au sujet de l'àme (dans les Acta erudilor., t. 5). 2* Essai sur le principe d'où découle l'autorité du prince sur l'Eglise, Halle, 1719, in-8*. L'édition de cet ouvrage qui a été publiée à Weimar ou à Erfurth en 1737 a reçu plusieurs cartons. 3* des Mémoires sur sa vie, à l'usage de ses enfants, Gotha, 1748, in-4°. — Augustin Jli vv.ya s, médecin du roi de Prusse, professeur d'anatomic à Berlin , et membre de l'académie de cette ville , né à Anclam, le 7 août 1695, mort le 25 décembre 1753, exerça la médecine et donna des cours d'anatomie avec succès ù Berlin ; ses voyages en France , uu Hollande et en Angleterre, avaient fort étendu se* connaissances et ses idées ; il avait suivi les leçons de Boêrhaavc, el a laissé, dans les Miscellanea lierolinensia, des dissertations intéressantes. On a aussi de lui : Disput. inaug. de musculorum aetionc et antagonismo, Leyde, 1721, in-4». G— T.
BLDÉ (Guillaume), l'un des hommes le»
plus distingués d'un siècle fécond en personnages illustres, naquit à Paris, en 4467, de Jean Btiiié, grand audiencier de France , qui passait pour être, fils naturel de Jean Budé , secrétaire du roi Charles VI. Guillaume fit ses premières éludes a Paris, et son droit à Orléans. Le mauvais goût qui régnait alors dans les écoles , et son penchant |>our la dissipation, ne lui permirent de tirer aucun fruit du temps passé dans l'université. Sa grande fortune d'ailleurs le mettait à même de satisfaire ses goûts. Il s'adonna passionnément à la chasse et mit son plaisii à nourrir des chevaux , des chiens et des oiseaux. Mais, après quelques années perdues dans ces amusements frivoles , sa véritable vocation se déclara tout à coup d'une manière irrésistible ; il se délit de son équipage de chasse et se livra avec ardeur à
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l'étude de» langues anciennes. Ce fut à Page de vingt-trois ou vingt-quatre ans que ce diangemcnt s'opéra chez lui; mais comme il marcha sans guide au commencement de sa carrière littéraire, préférant les commentateurs et les interprètes aux textes originaux, il n'aurait pas fait de grands progrès, s'il n'eût senti de bonne heure le besoin de changer de méthode. Sa passion |>our l'étude le lit bientôt renoncer à tout ce qui pouvait l'en distraire; «•île le jeta même dans un travail si constant qu'il eu tomba dangereusement malade , et qu'il contracta de \ioleuis maux de tête dont il fut tourmente le reste «le sa vie. Il avait embrassé toutes Jes sciences, théologie, jurisprudence, architecture, mathématiques ; mais c'est principalement par ses profondes connaissances en grec qu'il s'acquit la réputation d'un des plus savants hommes de son siècle. Son premier maître dans cette langue fut George llcrmonymc de Sparte, que ce riche et généreux disciple recueillit dans sa maison et glati lia de 500 écus d'or, somme énorme pour l'époque ; avec lui il lut Homère et d'autres auteurs grecs du premier ordre dont Hermonymc avait apporté une copie écrite de sa main. Jean Lascaris, le plus docte des grecs de son temps, lié d'amitié avec Budé, lui donna aussi quelques leçons, lui prêta des livres, alors très-rares , et Je rendit en peu de temps le plus liabilc homme de l'Europe dans la connaissance du grec. Cette langue était fort peu ••ullivée en France a celte époque , qui répond aux règnes de Charles NUI et de Louis X 1 1 : alors des moiues ignorants la proscrivaient comme une dangereuse nouveauté : « Mes frères, disait l'un d'eux a en cliaire, au commencement du règne de Fran- « cois l'r , on a trouve une nouvelle langue qu'on « appelle grcctpie ; il faut s'en garantir atec soin; « cette langue enfante toutes les hérésies ; gardez- « vous du iNOUvcau Testament en grec , c'est un « livre plein de ronces et d'épines. » Malgré cet analhéine, Budé publia en 1520 ses savants Commentaires tur la langue grecque, qui devinrenteomme k* noyau du Thésaurus lingua gracœ, de Henri 1 '.Mienne. Déjà il avait mis au jour plusieurs ouvrages. Le premier est une traduction de quelques traités attribues à Plularque , et d'une Lettre de St. Basile à St. Grégoire de Naziunx:, où il est plus ) araphraste que traducteur. Cet essai fut suivi de ses Annotai ion es in 24 libros Pandectantm , dont il désavoua In première édition de 1508; la meilleure Mt celle de Vascosan, Paris, 1556, in-fol. Ces notes r.nnonrent une connaissance de l'antiquité qui était alors très-rare parmi les jurisconsultes, et Budé est un tics premiers qui se soit servi de cette connaissance pour expliquer les lois romaines. Sa latinité ne manque ni de grâce ni de majesté, quoiqu'elle n'offre pas le cliarme et les ornements qu'on admire dans celle d'Érasme son contemporain et son «mi ; et l'on a dit de Budé qu'il écrivait en latin, sinon avec l'éléganee de Cicéron, du moins avoc la science de Varron. S'il faut en croire Jean Lascaris, Jl pouvait être comparé, lorsqu'il écrivait en grec, aux plus célèbres orateurs de l'ancienne Athènes.
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De tous ses ouvrages, relui qui lui fit le plus d'honneur est le traité de Asse et partibus ejus , dont la V édition est de Paris, 1514, in-fol. , rare : l'édition des Aide, petit in-f, 1322, est lionne et recherchée. Il eu donna depuis plusieurs autres , et un abrégé en français ^Paris, 1522, in-8°; et Lyon, 1555, in-lo ), qui est devenu rare. Ce traité de Asse l oi diffus, et souvent difiieile à entendre. L auteur y réduit les monnaies anciennes aux modernes, éclaircit une infinité de jassages obscurs des auteurs grecs et latins, et dissipe les ténèbres qui couvraient plusieurs (loinls d'antiquité. On pourrait diflieiîeinent se rc|ircscnter aujourd'hui l'effet que produisit en Europe celle savante dissertation, qui a éié de nos jours considérée d'une manière neuve et piquante par M.St-Marc Girardin. ( Journal des Débats du 27 décembre 1853. ) Frasme lui - même qui avait ap|>clé Budé le prodige de la France, ne put cacher sa jalousie et eut la faiblesse d'encourager la calomnie qui essayait de faire passer pour un plagiat ce travail si original. En effet, Léonard Portais el George Agricola disputèrent a Rudé la gloire d'avoir le premier pénétré dans cette carrière difiieile. Il en résulta une querelle savante qui fut un peu vive de la part de Budé ; mais Jean Lascaris, ami commun des deux adilétes, les réconcilia. Le mérite de Budé n'échappa point au chancelier de Rocherort , qui le présenta à Charles VIII. Louis XII le fa secrétaire du roi et l'envoya à Rome. François Pr l'honora de sa familiarité, lui donna une charge de maître des requêtes, dont il fut pourvu, le 21 août 1522, et le nomma maître de la librairie, c'est-à-dire bibliothécaire du roi ; eniin il l'envoya en ambassade auprès de Léon X, qui admira sa vaste érudition et sa capacité dans les affaires, mais n'en mit pas moins tous ses soins à le tromper comme diplomate. 11 s'agissait d'empêcher Léon X d'entrer dans la ligue formée en Italie entre Peuqiereur Maximilien 1", le roi d'Espague, Ferdinand le Catholique el le duc de Milan, Maximilien Sforza, pour empêcher François I" de recouvrer le Milanais. Le pape flottait irrésolu entre la France et la ligue, négociait avec les partis, n'en embrassait aucun. Budé avait avec lui dans son ambassade Antoine-Marie Palaviciui, seigneur milanais, qu'un savait être agréable au pontife; tuais c'était sur Budé qu'on avait compté le plus. Il n'était pas sans talent pour les négociations, son esprit étendn trouvait aisément des ressources, levait aisément les difficultés, mais il portait dan* la cour la plus déliée de l'Europe cette simplicité vertueuse que donnent le silence du cabinet et le commerce aTec les auteurs de l'antiquité. En voyant le pape et les cardinaux lui prodiguer les égards et les honneurs comme savant, il crut d'abord qu'il allait tout obtenir comme diplomate -, mais le |>ape, qui finit par entrer secrètement dans la ligue, lui opposa tant de détours, de variations , de propositions captieuses, de réponses équivoques, qu'enlio Budé, saperoevant qu'il était
(0 Cet t>nvr»|[f • *i* «rrioit »awi m Italien par l.-B. Co»jûBd.. noroict. iseï, »*••. sm.
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joué, sollicita son rappel. « Tirez-moi , écrivait-il, m d'une cour pleine de mensonges, séjour trop « étrange pour moi. » On lui répondit de ne point perdre patience et île négocier toujours, quel que dût être le succès ; car François Tr, qui opposait finesse à finesse, avait intérêt a ce qu'on le crût trompé, et a ee que l'attention du pape, détournée par la continuité de la négociation, n'aperçût point les intrigues ourdies. eu laveur de La France dans le Milanais et daus l'Etat de Gènes. A son retour en France, Budé fut élu par la ville de Paris prévôt des marchands. 11 profita du crédit que lui donnait cette grande faveur pour déterminer efficacement François 1" à consommer la fondation du collège royal, et pour former, de concert avec Lascaris, la bibliothèque de Fontainebleau. L'embarras des charges dont il était revêtu contrariait son goût pour l'étude : il disait que la libéralité du roi et la bienveillance du peuple de Paris Uniraient par faire de lui un ignorant ; sa femme, quoiqu'il l'eût rendue mère d'un grand nombre d'enfants, ses parents, ses amis, tout semblait se réuuir pour le détourner du commerce des muses. Il avait quitté la cour après la mort de Louis Xll ; l'ombrage que le cliancelier Dupral prit de sa faveur auprès de François 1er lui fournit l'occasion de se retirer une seconde fois : l'élévation de Poyct, son ami, l'y rappela malgré lui, et ce rappel lui fut fatal. Ayant suivi la cour sur les cotes de Normandie, pendant les cita leurs de l'été, il tomba dangereusement malade, et se fil reporter a Paris, où, dans peu de jours, une fièvre continue le mit au tombeau, le 25 août 1540. Budé s'est permis de censurer les désordres de la cour romaine et les dérèglements du clergé. Il avait ordonné par son testament que ses obsèques se fissent sans pompe et pendant la nuit, a Str-Nicolas-des-Champs, sa paroisse, pour dérober 08 triste spectacle à sa nombreuse famille. «Je veux, « disait-il dans son testament, être porté de nuit en « terre et sans semonce, à une torche ou deux seu- « lement, et ne veux £tre proclamé à l'église, ne à « la veille, ne alors que je seray inhumé, ne le lenu demain ; car je n'approuvai jamais la couslume u des cérémonies lugubres et pompes funèbres... Je ■ défends qu'on m'en fasse, tant pour ce, que pour « autres choses qui ne se peuvent faire sans scandale; • et si je ne veux qu'il y ait cérémonie funèbre, ni « autre présentation à l'cntour du lieu où je serai « enterré le long do l'année de mon trépas , parce « qu'il me semble imitation des cénotaphes, dont « les gentils ont anciennement usé (I). » Sa veuve et une partie de ses enfants allèrent, en 4549, faire profession deja nouvelle réforme à Genève ; il n'eu fallut pas davantage pour rendre sa croyance suspecte aux catholiques ardents. On aurait pu, avec encore plus de fondement, l'accuser d'un zèle outré en sens contraire; car il avait été , en 152!), un des juges qui condamnèrent Berquin au supplice pour cause de religion ; et, dans plusieurs de ses écrits,
ordonn I peu près les mêmes dépositions, quoiqae boa ca.M,.iae
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surtout dans son traité de TrantHu hellenitmi ad chrittianitmum, dédié à François 1er {Paris, Rob. Estienne, 1555, in-12), il s'exprime comme un homme assez prévenu contre les réformateurs, dont il l'exborte à réprimer les nouveautés : il entend par hellénisme, les belles-lettres profanes, et y oppose la philosophie chrétienne. Budé joignait, au mérite littéraire, celui d'être un bon citoyen , un chrétien exemplaire, et il jouissait d'une réputation de probité à toute épreuve; ce qui était exprimé par ces deux vers de Juvénal , qu'on lisait encore au commencement du dernier siècle sur la porte de sa maison, dans la rue St-Martin :
Su n i nui m crede nefas anfmam pneferre pudori, Et propler vitani Vivendi perdere causas. .
Ou cite, pour preuve de sa grande application a l'élude, que le feu ayant pris à sa maison un jour qu'il était à travailler dans sou cabinet, il répondit froidement à ceux qui vinrent le lui annoncer : « Averti tissez ma femme; vous savez que je ne mêle point « du ménage. » 11 était seigneur d'Yéres, charmant village aux environs de Paris. On montrait encore, il y a cinquante ans, sa modeste maison de plaisance et le cabinet dans lequel il travaillait. A la place où se trouvait son bureau, on distinguait sur le carreau usé la trace de ses deux pieds. Budé était sujet à avoir de l'humeur ; il en montra beaucoup à Erasme, son admirateur et son ami, dans la querelle passagère dont nous avons parlé; irait Erasme, qui avait eu le premier tort, le répara honorablement, en répondant à une lettre fort aigre de Budé : « Quoi que puisse dire et faire Budé, « Érasme sera toujours son ami, » et en supprimant dans une nouvelle édition de son Ciceronianut, un parallèle entre Badins et Budé, dont ce dernier avait été choqué. Ce démêlé entre les deux plus savante hommes de leur siècle se termina, pour l'honneur des lettres , sans aucune suite fâcheuse, a Je ne suis point réconcilié avec Budé, écrivait « Érasme à Égnatius ; je n'ai jamais cessé un in- « stant de l'aimer. » 11 est un de ceux qui ont le plus contribué aux progrès de la langue grecque en France, et le premier qui s'y soit occupé de faire des collections de médailles antiques. Toute la France retentit des éloges de Budé. Son éloge funèbre fut prononcé par Ste-lfarthe. Louis Leroi écrivit sa vie en latm, Paris, 1540, in-4»(4). Clmrles Dumoulin l'appelle doctrinarum omnium tplendor, et Scaliger, le plut grand gree de l'Europe, un phénix qui ne renaitra point de ut eendret. On recueillit tous ses ouvrages en 4 vol. in-fol., Bâle, 1557, rare, avec
(<) Meiin de Sl-Gelais et Théodore de Beic lai composèrent des épitapbes, le premier en rers français le second en vers latins. Celte de Sl-Gelais rappelle ingénieusement la manière dont Uode voulut être Ubumé ; elle * M imitée dans les deux distiques suivants, attribues a Sal. Maerin :
Budvui TOlutl Hvtii* i* IMI •«pjltm
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Cn 1 s.
une longue préface de Cœlius sccundus Curion. On admire dans tous une vasle érudition et une profonde connaissance de la langue grecque ; mais on regrette que , content d'appuyer sa réputation sur des écrits savants et solides, il n'ait pas cherché à l'étendre davantage par des écrits agréables. Son style, en latin comme en français, est énergique , rude, obscur, embarrassé de mots et de phrases grecques. Ces défauts se font encore plus remarquer dans son français que dans son latin. On vante la pureté de style de ses lettres grecques , qui furent, dit-on, admirées des Grecs eux-mêmes. Jacques Tusan les lit imprimer en 1526, avec cinq livres de lettres latines et quelques notes. Outre les ouvrages dont nous avons parlé, on distingue dans son recueil le traité de studio litlerarum recte insliluendo, imprimé à part, Paris, 1532, in-îol. et ses Commentant lingua greecœ, qui avaient aussi paru séparément, Paris, 1529, in-fol. ; ibid., Robert Estienne, 1548, édition augmentée et recherchée ; enlin, Baie, 1556, in-fol. Ce dernier ouvrage suppose une lecture immense, mais on y désirerait plus d'ordre et de méthode. On cite encore son Institution d'un prince, en français, que Jean de Luxembourg lit imprimer, avec ses propres aunotalions, en 1547, dans son abbaye de la Rivour en Champagne, ouvrage rare, quoiqu'il y en ait eu trois ou quatre éditions, et qui ne se trouve pas dans la collection de ses œuvres. Le 5* volume de la collection de l'académie des belles-lettres contient des Mémoires pour la vie de Guillaume Budi, par Boivin. (Voy. aussi Ste-Martlie, Gallor. doetrina illust. Elogia; F. Blancliard, Ilist. des mailres des requêtes; la Croix du Maine, Bibliolh. franç.; enfin Baillet, des Enfants devenus célèbres, etc.) — Louis et Jean BtioÉ ses fils, qui, à l'exemple de leur mère, s'étaient faits calvinistes, cultivèrent les lettres avec quelque succès. Louis Budé publia, un an avant sa mort, le Psautier traduit de Chêbreu en français, Genève, 1551, in-8*. H était professeur de langues orientales. Jean Budé, seigneur de Vorace, fut envoyé, en 1558, avec Farel et de |Bèze, auprès des princes d'Allemagne, pour traiter des affaires des calvinistes de France. 11 se chargea de faire bâtir le collège de Genève, et il traduisit en français, conjointement avec Cliarles de Joinvillers, les Leçons de Jehan Calvin sur Daniel, Genève , 1552, in-fol. Cette famille existe encore à Genève. T— D. et D — r — R.
BUDÉE (G cilla v me), médecin, né à Halberstadt, mort en 1625, lit ses études a Bàle, y obtint, en 1592, le grade de docteur, et devint ensuite médecin ordinaire du duc de Brunswick-Lunebourg. Il s'est occupé avec soin de recherches historiques, mais les ouvrages qu'il a publiés sur ce sujet ont été tirés a un si petit nombre d'exemplaires, ou sont devenus si rares, que les érudils les recherchent maintenant comme de précieuses reliques. Les principaux sont : 1» Chronieon quoddam Halbrrstad. tpiscoporum. Budé fit imprimer, par le moyen d'une imprimerie qu'il avait chez lui, cette chronique; in-4" de 32 p. : elle n'a jamais été mise en vente, r Vil» Atberti 11, tpiswpi Halberslad. La pre-
mière partie de cette vie, imprimée à Halberstadt. 1624 , in-4° de 173 p., va de 1324 jusqu'en 1339 ; la seconde partie, qui devait aller jusqu'en 1338, n'a pas été publiée. 3" OwaroXoTia, «eu Dynasta hujus savuli. Leuckfeld a fait réimprimer ce petit traité dans sa Colleelio Script or. Rerum germante., Francfort, 1707, in-fol. Budée avait composé plusieurs autres petits ouvrages de chronologie et d'histoire, dont les feuilles manuscrites furent perdues ou bridées lors de la prise d'Halberstadt. 4» Familia et Patrimonium B. Stephani Halberslad., 1615, in-4°. 5° Chronologies cenluria prima, trois feuilles. 6° Séries imper ator. roman., etc., deux feuilles, etc. — Un autre médecin du même nom fut reçu docteur à Paris en 1520, nommé professeur en 1524, et se retira à Orléans, sa patrie, en 1553. II est l'auteur d'un traité de Curandis articularibus JUorbis, Paris, 1539. G— T.
BU DEL, ou BUDELIUS (René) jurisconsulte, né à Ruremondc, dans le 16* siècle, obtint la charge de directeur des monnaies du duc de Bavière et des électeurs ecclésiastiques; il a laissé une preuve de l'étendue de son savoir dans un ouvrage devenu très-rare, intitulé : de Monelit et Re nummaria lion duo : his accesserunt tractalus varii atque utiles tam veterum quam neotericorumaulhorum, Cologne, 1591, in-4°. (Voy. la Bibliolh. Belgica de Valère André, p. 793.) W— s.
BUDER (Christian-Gottueb), conseiller auli<|«c et professeur de droit à Iéna, né à KittliU, dans la haute Lusace, le 29 octobre 1693, fit ses études à Leipsick et à Iéna, où il obtint, en 1744, la chaire de jurisprudence, qu'il remplit avec distinction jusqu'à sa mort, survenue le 9 décembre 1763. C'était un savant d'une grande érudition, et qui a laissé un grand nombre de travaux historiques non moins utiles qu'étendus ; les principaux sont : 1* Bibliotheca jurisStruvianaadaucta, Iéna, 1720, in-8*; réimprimée en 1725, 1743, 1756, in-8». L'édition de 1743, qui est la 7*, est fort augmentée. 2* Vit ce clarissimorum Jurisconsullorum selecta, ibid., 1722, in-8 ». 3» Tableau abrégé de Ihisloire moderne de l'Empire, depuis 1714 jusqu'en 1730, ibid., 1730, in-8*, 1731,1740, 1748; en allemand, ainsi que le suivant : V Recueil utile d'écrits non imprimés, de pièces justificatives, de documents, de lettres, etc., relatifs A l histoire du droit naturel et publie de F Allemagne, avec des notes, Francfort et Leipsick, 1755, in-8*. 5° Bibtiothcea historien selectain suas classes distribua, cujus primas lineas duxil B. G. Struvtut. emendavit et copiose loeuplelavit C. G. Buder, etc., Leipsick, 1740, 2 vol. in-8*. C'est une édition considérablement augmentée de la Selecta Bibliotheca historica de B.-G. Struve. On y trouve de grandi détails sur l'Allemagne. Cet ouvrage, indispensable pour ceux qui veulent étudier l'histoire, a été refondu et complété pur Meusel, qui l'a porté à 11 vol. grand in-8", Leipsick, 1782 et suiv. Amami taies juris feudalis, etc., Iéna, 1741, in-4*. 7* Opuseula quibus selcctiora juris publici, feudalis, ecclesiastiei Germaniei et historiés patries ac lilteraria argumenta exhibentur, Iéna, 1745, in-$* 8* Di-
ïeea Schptarutn Rerum Germanicarum, easdem untucrsim illuttranHum, placée en téte du Corpui kùt. gémis Germon, de Struve, léna, 1730, infol.; et 1755, in— fol. ; ouvrage très-estimable (x>ur la méthode et l'exactitude des recherches. On a aussi de Buder un grand nombre de dissertations. (Foy. sa vie écrite par J. Chr .-Fischer, sous ce titre : Mémo ri a (tins muni bus Ç. G. Buderi d tenta, léna, 1777, h>8».) G— T.
BUDES (Silvestre), seigneur d'Czel, en Bretagne, était parent de Duguesclin. 11 fit ses premières armes sous ce héros, combattit près de lui sous Charles de Blois, à la journée d'Auray, le suivit en Espagne, et porta sa bannière aux batailles de Navarette et de Montiel. Budes, de retour en France, avec une grande réputation de valeur, continuait à servir glorieusement son pays contre les Anglais, lorsqu'il fut ap[ielé en Italie, par le pape Grégoire XI, auquel il conduisit 6,000 Bretons, dont il partageai i le commandement avec Jean de Miilestricot, son frère d'armes. Ces braves chevaliers s'ouvrirent les passages du Piémont par la force des armes, et ce secours, moins recommanda ble par le nombre des combattants que par leur courage, rétablit bientôt les affaires du pape en Italie. Grégoire mourut peu de temps après, et laissa deux compétiteurs ambitieux se disputer la chaire pontificale. Silvestre accourut auprès de Clément VU, reconnu par la France, et tomba rudement sur les troupes d'Urbain VI, pour qui tenait la majeure partie de l'Italie. Ce fut sans doute vers ce temps que Budes fut nommé lieutenant général et gonfklonier des armées de l'Église. Il prit les ville* de Viterbe et d'Anagni, et, pour nous servir des expressions naïves de d'Argenlré, « le pa|»e « Urbain s'en irrita fort et damnoit et excoinmu- « nioit les Bretons tant qu'il pouvoit, et l'autre (le « pape Clément) les absolvoit. » Ces armes spirituelles n'arrêtèrent point l'impétuosité de Silvestre ; il marcha droit a Home. Le peuple sortit à la hâte pour eu défendre les approches ; mais le chevalier breton, malgré l'inégalité du nombre , cltargca si rudement celte foule peu aguerrie, qu'en un moment il la mit dans le plus grand désordre, et poursuivit les fuyards avec une telle chaleur, qu'il entra pêle-mêle avec eux dans Borne, et s'empara du château Si- Ange, où il laissa environ cent cinquante soldats. Pendant près d'un an . celte petite garnison causa beaucoup de mal aux Romains, qui ne purent jamais venir à bout de la déloger ; mais enfin le défaut de vivres et de munitions fit ce que la force n'avait pu faire, et le pape Urbain, pour se débarrasser d'un voisinage aussi incommode, accorda à ces braves aventuriers une excellente composition. L'évacuation du château St-Ange eut lien pendant l'absence de Silvestre Budes, qui tenait alors la campagne, et qui n'approuva nullement la capitulation. Un jour, il eut avis, par ses espions, que les premiers de la ville devaient s'assembler au Capitole; il forme aussitôt le projet de les surprendre, marche en loute hâte à Borne par des routes arrive air Capitole au moment où le
conseil se séparait, tombe comme la foudre sur cette foule composée de tout ce qu'il y avait de plus riche et de plus grand dans la ville, et en fait un horrible carnage. Après une expédition aussi, hardie, il reprit promptement le chemin par lequel il était venu ; mais il fut rencontré par Jean Aucnt, capitaine anglais, qui tenait pour Urbain. Cette rencontre ne fut pas heureuse; Silvestre fut défait, pris et conduit au pape, dont il avait à craindre le caractère vindicatif et cruel. Cependant, soit admiration poui la valeur de son prisonnier, soit dans l'espérance de détacher un tel défenseur du parti de son antagoniste, Urbain traita Ihidcs avec bonté, et le renvoya libre, moyennant une faible rançon. Ce trait de générosité devint falal au chevalier breton. De retour à Avignon, le pape Clément l'accusa d'intelligence avec son ennemi, lui reprocliant comme un crime d'être sorti à si bon marché des prisons de Rome. Malheureusement pour laides, le cardinal d'Amiens, prélat détesté en Frauce pour ses déprédations, se trouvait alors à Avignon. 11 n'avait pas oublié que, quelques années auparavant, traversant la Romagne avec une nombreuse suite de mulets, chargés de vaisselle d'or et d'argent, Silvestre Budes s'était trouvé sur son chemin, et que ce guerrier, ne sacliant alors où prendre la solde due à ses gens, leur avait laissé piller les trésors qui se présentaient si à propos. Le cardinal réunit donc ses griefs aux m m pcons du pape, et lit condamner le mail Budes à avoir la tête tranchée. Cette sentence fut i cutée à Maçon, vers le mois de janvier 1579.
BU DI S (Jean-Baptiste). Voyez Guébriact.
BUDGELL (Eustaciie), écrivain anglais, d'une ancienne famille du comté de Devon, naquit vers l'an 1085, A St-Thomas, prés d'Exelcr. Après avoir fait ses éludes a Oxford, il alla à Londres pour y étudier le droit, que lui firent bientôt négliger le goût de la littérature et celui des plaisirs de la société, où son esprit et ses talents le firent accueillir avec distinction. Addison, son proche parent, nommé secrétaire d'État en Irlande, l'y amena en 1710. Budgell travailla avec Addison et Steele au Tatler. Toutes les lettres signées X dans le Spectateur sont de lui, et l'ou assure qu'il a entièrement composé, avec Addison, le 8* volume de cet ouvrage. Cependant Johnson prétend que les articles attribués a Budgell ont été sinon faits, du moins refaits par Addison, dont on y reconnaît en effet la manière. Budgell a aussi travaillé au Guardian; mais on ne sait pas quels articles lui appartiennent. Il publia, en 1714, une traduction des Caractères de Théophraste. Soutenu dans le monde par l'estime et le crédit d'Addison, Budgell se trouvait placé parmi les hommes les plus considérés. Son esprit le faisait rechercher, et sa vanité, au moins égale à son esprit, rarement choquée dans une situation si avantageuse, se faisait rarement sentir d'une manière marquante. 11 avait rempli honorablement plusieurs places dans l'administration, s'était distingué comme orateur dans le parlement d'Irlande, et avait été nommé, en 1717, contrôleur général des revenus de ce royaume; mais le duc de Bolton,
vice-roi d'Irlande, ayant donné à Dudgell quelque sujet de mécontentement, celui-ci s'en vengea par nne violente satire qui lui coûta sa place. Il revint en Angleterre, ae plaignant hautement, et, malgré les efforts de ses amis pour l'empêcher d'envenimer les choses, il commença à écrire contre le ministère. La mort d'Addison, arrivée à cette époque (1719), le privant à la fois de son soutien et de son guide, Dudgell se trouva abandonné à sa mauvaise fortune et à son mauvais génie. Il perdit, dans la désastreuse spéculation de la mer du Sud, 20,000 livres sterling de son patrimoine; le reste fut consumé en efforts inutiles \rnir entrer au parlement. De ce moment, libelliste sans crédit, homme de parti sans consé- . quence, occupé sans cesse à se défendre contre ses créanciers et à suivre des procès, Dudgell perdit toute sa considération ; sa probité devint même suspecte. Le docteur Tindall, son ami, lui ayant légué une somme de 2,(100 livres sterling, Dudgell, qui avait assisté au testament, fut accusé d'y avoir iatroduit cet article. Le legs fut annulé; et Pope a conservé l'opinion de la falsiiicalion dans ces mots d'tfno de ses épilres : « Que Dudgell écrive tout ce « qu'il lui plaira, excepté mon testament. » Mais Pope était en querelle avec Dudgell, et l'auteur de la Dunciade peut, en ce genre, n'être pas regardé comme une autorité. Enfin, dénué de toute ressource, incapable de supporter une existence autrefois si brillante, Dudgell résolut de mettre lin à ses peines. Ayant rempli ses poches de pierres, il prit un bateau sur la Tamise, se lit conduire au milieu de la rhière, et s'y précipita, sans qu'il fût possible de le sauver. On trouva sur son bureau un papier sur lequel il avait écrit : « Ce que Caton a fait, et ce qu'Addison « approuve, ne peut être mal. » Il laissa une fille naturelle, à qui il avait inutilement essayé de faire partager sa résolution, et qui entra quelques années après au théâtre de Drury-Lane. Dudgell a publié, entre autres pamphlets politiques, une feuille intitulée l'Abeille, qui paraissait toutes les semaines, et qu'il continua pendant deux ans. On a aussi de lui des Mémoire» de la famille de Boyle, 1757, in-8*. C'était un écrivain peu profond, mais spirituel et élégant. S — d.
DCDNÉE ou BUDNY (Simon), en latin Brn- N.ctiS, disciple de Servet, chef d'une des sectes d'unitaires sorties du sein de la réforme, naquit en Mazovie, fut ministre à Klécenie, sous la protection du prince de Dadziwil, puis à Lost, sous celle de Jean Kiszka. La rigueur avec laquelle il poussa les principes de Lélie Socin jusque dans leurs dernières conséquences le jeta (Uns des nouveautés qui le firent regarder comme le chef des demi-judarsants, ou ébionites de LiUtuanie. Il changea l'ordre des faits évangéliques, altéra, corrompit divers passages du Nouveau Testament, afin de pouvoir appliquer les uns et les autres à son système. 11 ne se borna pas, comme les sociniens, à nier la divinité de Jésus- Christ et celle du St.-Esprit; il soutint encore qu'il n'y avait eu rien de merveilleux dans la naissance de Jésus-Christ, qu'il était venu au monde commo le» autres hommes, par la voie ordinaire de ht na-
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lure. Il en concluait qu'on ne devait ni Tadorer, ni l'invoquer, ni lui rendre aucun culte. Le talent de la parole, qu'il possédait à un degré «minent, lui servit à se faire de nombreux prosélytes dans la Lithuanie, dans la Pologne rnsse, dans la Prusse et ailleurs. Pour arrêter cette contagion, on l'excommunia avec ses disciples, et on le déposa dans le synode de Ludan, en 1582. Devenu plus circonspect, par la crainte qu'on n'usât encore d'une plus grande rigueur, et peut-être par celle de mourir de faim, il abjura les erreurs qui le divisaient des pincroviens, et se réunit à eux, c'est-à-dire que de juif il devint arien ou socinien. Ses ouvrages imprimés sont : 1» Libellât de du abus naturis in Christ o. auquel est joint un autre petit livre intitulé : Brevi» Demonttralio qwd Chriêtu» non rit Deu§. 2» Apologia Pofonica. S* Une traduction polonaise de l'Ancien et du Nouveau Testament, faite sur les textes originaux, imprimée à Zaslaw, 1572, in~t«, très-rare. Le Nouveau Testament a été imprimé séparément à Lcszko, 1574, in-8". Il avait d'abord commencé celte traduction en société avec Mathias Kawaczyn; mais n'étant pas satisfait du résultat, il recommença seul lo travail d'après les textes originaux, et le termina en dix ans. 4° RefUlalio argumentorum M. Ezechevicii, pour prouver, contre les dialogues de ce dernier, qu'il est permis à un chrétien de remplir des emplois politiques, Leszko, 1504. La secte des budnéens survécut a son auteur. {Voyez DAVint et Palbolocue.) T— d.
DUDOWEZ ( VE>CF.sr.As), baron de Dudowa et conseiller impérial, naquit en Bohême vers 1551 , de parents calvinistes, distingués par le rang et les emplois dont ils jouissaient. Venceslas, après avoir terminé ses études d'une manière brillante, voyagea en Allemagne et dans les États voisins, sous la conduite d'un précepteur habile. De retour dans sa famille, il se maria, et se retira dans une de ses terres, annonçant son projet de se livrer entièrement à l'administration de ses biens et à l'éducation de ses enfants; mais il avait puisé parmi les théologiens de sa communion le goût de la dispute, et il ne put maîtriser son désir de se faire, par ce moyen, une réputation. Le premier ouvrage qui attira sur lui l'attention fut une traduction en langue bohémienne de \'Anti-Alcoran, de Bernard Perez de Chircone, prêtre espagnol. De toutes ses productions, celle qui, malheureusement, le fit connaître davantage, est une espèce d'abrégé d'histoire universelle, qu'il publia sons ce titre singulier : Circulu» horologil lunarit ae tolaris, $eu de variis Eceleria et mundi mulationibut, Hanau, 1610, in-4V Cet ouvrage, dans lequel il laissa échapper plusieurs traits sanglants contre PÉgllsc romaine, lui fit des ennemis poissants parmi les jésuites. Il s'engagea entre eux et Budowez une lutte dans laquelle, loin de convenir de ses torts, il les aggrava par sa fierté. Budowcz fut enfin dénoncé aux magistrats, sous le prétexte que ses déclamations pouvaient occasionner des troubles. Arrêté et mis en prison en 1021, il fut bientôt condamné à mort , à l'âge de 70 ans. On trouve le récit de sa mort et des circonstances qui l'accompagnèrent dans
BUÉ
l'Bistoria persertUionum BceUsiœ Bohemiœ, în-12, 1W8. • W-s.
BUÉE ( Adhibn-Qlentin), chanoine honoraire de Paris, né dans cette ville, en «748, avait embrassé oe Donne neure i eiai ecclésiastique, et nu <i uDom organiste de St-Martin de Tours. Il avait deux frères, prêtres comme lui, Pierre-Louis Buée, qui fut aussi chanoine de Notre-Dame, et N. Buée, supérieur du séminaire de St-Marcel. Adrien et le supérieur du séminaire étaient nés la même année. Adrien, dont les deux fassions dominantes étaient la musique et les mathématiques, quitta l'orgue de Tours en 1786, revint à Paris, et fut nommé secrétaire du chapitre de Notre-Dame, le 1" octobre de la même année. En 1702, il publia, chez le fameux libraire Crapart, un Dictionnaire des terme* de la révolution y in -h». C'est a tort que l'atiteur du Dictionnaire det Anonyme* attribue cet ouvrage à Buée, ancien supérieur du séminaire de St-Michel 4 Paris. Adrien, qui avait préparé, en 1821 , une seconde édition de ce dictionnaire, dit, dans un avnnt-pro|K>s que j'ai trouvé dans ses manuscrits : « La première a édition est datée de janvier 1708, cinq mois après a que Louis XVI eut signé la constitution de 1701 . « Mon but , en le publiant , était de rendre sen- « sibles les principes destructeurs et la tendance « inévitable à la désorganisation de la société qui a caractérisaient cette constitution ; » et il ajoute : a Tous les articles de ce dictionnaire semblent ca- « tirer si bien avec ce qui se jwsse sous nos yeux a en 1821, qu'on pourrait regarder la date de jan- « vier 1792 comme une antidate.... En janvier « 1702, j'ai écrit d'après ce qne j'ai vu depuis la « convocation des états généraux. Ce que j'ai vu de- « puis janvier 1702 jusqu'en avril 1821, je l'ai écrit « en janvier 1792. M 'attribuer le don de prophétie, «ce aérait une très-mauvais' plaisanterie, etc. » Barbier parait aussi avoir été induit en erreur, en attribuant au grave directeur du séminaire de St- Marcel les facéties suivantes, qui parurent la même année, 1792, chez le libraire Crapart : 1» le Drapeau rouge de la mère Duehesne, in-8* ; 2° les grandi Jurements de la mère Duehesne, in-8° ; 5° de par la mère Duehesne, anathèmes très-énerqtques contre Us jureras ( les prêtres assermentés ) , ou Dialogue sur le serinent et la nouvelle constitution du clergé, entre M. Bridoye, franc Parisien, soldai parisien; M, Recto, marchand de livres, ou tout simplement bouquiniste; M. Tournemine, ehanlre de paroisse, et la mère Duehesne, négociante à Paris, autrement dite marchande de vieux chapeaux, in-8°. Ces écrits anonymes doivent être d'Adrien Buée. Après la journée du 10 août, Adrien 6e réfugia en Angleterre, et remporta un prix a l'institution royale de Londres, qui s'empressa de 1 admettre comme membre dans son sein. 11 rentra en France avec les Bourbons, à la lin de juillet 1814, après une absence de près de vingt et un ans, et fut nommé chanoine honoraire de Noire-Dame de Paris. L'étude des sciences exactes occupait ses veilles et ses loisirs; et, en même temps, par une singularité remarquable, il avait une si vive passion pour la musique qu'on le
BLÉ i 15
voyait quitter précipitamment sa stalle, le chœur et l'église , quand les chantres de la métropole détonnaient, ce qui arrivait assez souvent. Eu 1817, Buée publia des Réflexions sur Us deux éditions des oeuvres de Voltaire ( qui paraissaient alors ) , Paris , in-8°. Mais trop préoccupé des sciences exactes, l'auteur attaqua dans sa brochure le géomètre Laplace beaucoup plus vivement que le philosophe de Ferncy : « 11 a suffi, écrivait-il depuis, a M. de
• Laplace de dire , avec un sourire dédaigneux : « M. Buée est trop savant pour moi. On eu a conclu « que M. Buée n'avait pas le sens commun.
• Ces savants ne sont pas ce qu'un vain peuple pense ;
• Notre crédulité fait toute leur scieace. •
Il dit ailleurs, dans un écrit intitulé la Logique des algébristes comparée avec celle des géomètres : u On « ne voit pas quel rapport il y a entre Voltaire et « M. de Laplace, » et il établit ensuite à sa manière ces prétendus rapports. U commence ainsi une Notice sur M. de Laplace , servant de clef aux réflexions sur les deux éditions des œuvres de Voltaire : « C'est « M. de Laplace, ou plutôt ce sont ses formules (al- « gébriques ) qui gouvernent la France, et le roi ne « s'en doute pas. Cette assertion est forte, mais ce « sont ses formules qui ont dicté les décrets sur la « vente des biens du clergé et sur les élections. Ce « sont ses formules qui interprètent la cltarte, et « qui tiennent le roi en tutelle par ces mots : la a charte ne le veut pas. C'est d'après la charte, in- « terprétée par les formules de M. de Laplace, que « le roi n'a pas cru avoir le droit de s'op|x>scr à la « publication des œuvres de Voltaire. » C'était accorder une grande influence politique à la Théorie analytique des probabilités. Buée prétend qu'avec les principes exposés |>ar M. de Laplace ( p. 70 ù 88 de sa Théorie ) ce grand mathématicien « peut dé- « montrer ce qu'il veut sur tous les objets des con- ■ « naissances humaines. » Buée mourut à Paris, le 11 octobre 1826. 11 a laissé un grand nombre de manuscrits qui sont passés entre mes mains, et qui ont pour titre : 1° Essai sur la géométrie de la nature, 1815; 2* Essai d'une théorie des limites au physique et au moral, 1817 ; 3* Essai mathématique sur f organisation, 1818; 4° l'rincipe de simultanéité, 1818; 3° des Degrés de comparaison en mathématiques, point de vue nouveau offert à l'examen des géomètres, 1822 ; 6* Sur les Quantités imaginaires, au docteur Babinglon ; 7° Notice sur M. de Laplace, servant de clef aux réflexions sur deux éditions des œuvres de Voltaire, 1817; 8° Opuscules mathématiques, Problèmes, etc. ; 9° Sur la Révolution française et sur le gouvernement représaxlatif, 1821. L'auteur établit que la révolution n'a point commencé en 1789, et qu'elle remonte à 1715, époque où le parlement de Paris cassa le testament de Louis XIV. — Pierre- Louis Buée, né le 5 septembre 1740, greffier du cliapitre de Notre-Dame avant la révolution, fut chanoine de St-Aignan, puis de St-Benott, dont l'église est devenue après 1830 le théâtre du Panthéon. 11 émigra comme son frère, passa le détroit, et rentra dans sa patrie en
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4802. Il fut nommé secrétaire de l'archevêché de Paris, chanoine titulaire de la métropole, et mourut le 28 juin 1827. 11 publia, en 1792, chez Crapart, deux brochures : Eulogie paschale, et Obstacle à ma conversion constitutionnelle. Ce dernier opuscule est attribué par Barbier à Buée, directeur du séminaire de St-Marcel. V— ve.
BUELL1US. Voyez Blil.
BUFFALMACCO, plus célèbre par ses facéties et ses bons mots, recueillis par Boccace et Sacchelti, que par ses peintures. Son vrai nom était Bui > > \mico ni Cmstofa.no. Il était élève |d' André Tafi ; mais il abandonna la manière scclie et timide de son maître, pour prendre celle de Giotto; néanmoins son talent avait de l'originalité, et il travaillait avec Une grande facilité quand il voulait s'en donner la peine, ce qui lui arrivait rarement. Les meilleurs de ses tableaux ont péri, et il n'en reste qu'à Arezzo et à Pise ; ceux de Campo-Santo sont les inieux conservés. H écrivit au bas de l'une de ces compositions un sonnet qui vaut mieux que la peinture, et qui fait regretter qu'il ne se soit pas de préférence adonné à la poésie. On lui a attribué mal à propos le tabltau où Ton voit une femme qui, par modestie, met sa main devant les yeux ; mais ses doigts sont si écartés qu'on juge que c'est pour mieux voir. Celte ligure a donne lieu à un proverbe; il s'applique à une personne qui n'est modeste qu'en apparence : c'est, dit-on, la Vergognosa di Campo-Sanio. 11 ne faut pas chercher dans les ouvrages de Buffahnacco un autre style que celui du Giotto, qui est maigre dans le dessin, cru dans la couleur, jiauvre d'expression ; ses tètes de femme sont remarquables [>ar leur laideur, et surtout par la grandeur de leurs bouches : quelques-unes de ces ligures ont cependant une expression assez juste dans les traits et dans le mouvement du corps. On raconte à ce sujet qu'un nommé Bruno di Giovanni, peintre fort médiocre, ne pouvant donner autant d'expression à . ses personnages , consulta Buffalmaceo. qui lui conseilla d'y suppléer en faisant sortir de leur bouche des paroles qui exprimeraient leurs sentiments. Bruno prit à la lettre cette plaisanterie, écrivit les demandes et les réponses, et cette idée, toute bizarre qu'elle était, eut un grand succès, cl fut imitée assez longtemps. Ce Bruno et un certain Nello di Dino, compagnons de L'ufTalmaceo, étaient de moitié dans les tours qu'il jouait au crédule Calandiïno, autre peintre de ce temps, et que Boccace a racontés si plaisamment : nous y renvoyons nos lecteurs, nous bornant à rapporter une anecdote moins connue. Buflalmacco ayant été appelé à Arezzo, l'évéque le fit travailler, et lut ordonna de peindre sur la façade de son palais un ai vie qui terrasse un lion ; l'artiste, qui sentit l'amertume de cette allusion, relative à la rivalité des deux républiques de Florence et d'Arezzo, ne voulant pas donner le dessous au lion de Florence, le peignit, au eonlraire, étouffant l'aigle aretin. 11 avait dérobé cette peinture aux regards, sous prétexte de travailler avec plu» de recueillement ; mais à peine fut-elle achevée, qu'il s'échappa d'Arezzo
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et retourna dans sa patrie. Ne le voyant pas revenir, le prélat fit découvrir le tableau. Furieux d'avoir été joué, il mit à prix la tète de Buffahnacco ; mais, bientôt, reconnaissant qu'il avait agi en homme d'honneur, il eut le bon esprit de lui pardonner, et même il lui procura d'autres travaux. Après avoir habité tour à tour Rome et plusieurs autres villes d'Italie, Buffalmacco revint à Florence aussi pauvre qu'il en était parti. Il était généreux et obligeant. Devenu vieux et infirme, il entra a l'hôpital de Florence, et y mourut à 78 ans, en 13*0. C— N.
BCFFARD (Gabriel-Charles), ancien recteur de l'université de Caen , clianoinc de Baveux , où il était né en 1683. Son opposition à la bulle Unigenitus l'exposa à la persécution. Il fut privé de sa chaire, exclu de l'univcrsité^ct exilé hors du dioj cese par lettre de cachet, en 1722. Retiré « Paris, il fut mis à la Bastille, exilé à Auxerre ; remis à la Bastille, d'où il sortit par le crédit du cardinal de Gesvres, dont il était le conseil ; depuis ce temps, il vécut dans la retraite, partageant son loisir entre l'étude et la prière, formant des jeunes gens à l'étude du droit canonique, donnant des consultations, dont quelquesunes sont imprimées. C'est au milieu de ces occupations qu'il mourut à Paris, le 3 décembre 1763. On a de lui : 1" une traduction française de la Défense de la déclaration de l'assemblée du clergé de 1682, par Bossuct, avec le latin à côté, 1733, in-4v Cette traduction, faite d'après l'édition de 1730, donnée sur une copie défectueuse, mutilée en cent endroits, remplie de fautes qui la déiïgurenl entièrement, ne contient que les trois premiers livres qui .forment l'appendix dans l'édition de 1745 et les trois premiers livres du reste de l'ouvrage. Ce 1" volume ayant été saisi, le traducteur ne voulut pas publier la suite. 2" Essai de dissertations pour faire voir l'inutilité des nouveaux Formulaires, 4738, in-48. T — n.
BUFFlER ( Claude ) , naquit en Pologne,. d'une famille française, le 25 mai 1661, fut élevé à Rouen où ses parents étaient venus se fixer, et entra citez les jésuites en 1679. Pendant qu'il professait la théologie dans sa nouvelle patrie, il lança dans le public une brochure contre les sujets de conférences ecclésiastiques que Colberl, archevêque de Rouen, avait proposés a ses curés. Le prélat condamna la brochure, qui contenait quelques propositions de morale peu exactes, par une lettre pastorale du 28 mars 1697. Le P. Buffier, n'ayant pas voulu se rétracter, fit le ; voyage de Rome , d'où , après un séjour de quatre > mois, il revint à Paris, fut associé au Journal de Trévoux , publia un grand nombre d'ouvrages qui annoncent un écrivain habile, élégant, rempli d'esprit et d'instruction. 11 finit ses jours dans cette ville, le 47 mai 1737. Le P. Un nier a publié : 1* Cours général et particulier des sciences sur des principes nouveaux et simples, pour former le tangage, le cœur et l esprit, Paris, 1752, in-fol. Ce recueil trés-eslimé contient : Grammaire française sur un plan nouveau, qui avait déjà eu plusieurs éditions ( Paris, 1709, in-12; ibid., 1744, augmentée), et dont ceux qui ont écrit depuis sur le même sujet ont beaucoup
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profilé; Traité philosophique et pratique de Vèloquence; Traité philosophique et pratique de la poésie { publiés en 1728, 2 vol. in-12); il y a beaucoup de raisonnements métaphysiques. Le Traite' de la poésie a été public avec ce premier titre : Suite de la Grammaire. On y trouve One tragédie en 5 actes et en vers de Mallet de Bresme, intitulée Sylla, et une comédie en 5 actes et en prose, intitulée Damode, ou le Philosophe roi, qui est traduit du latin du P. Lejay. Traite des premières vérités et de la source de nos jugements ; l'auteur a l'art d'y bien développer les idées abstraites ; des Vérités de conséquence, déjà publié en 1714, sous ce titre : les Principes du raisonnement exposés en deux logiques nouvelles; Éléments de métaphysique à la portée de tout le monde, qui avaient paru en 4725; Examen des préjugés vulgaires, pour disposer l'esprit à juger sainement et précisément de tout, 1704, in-12; Trotte de ta société civile et du moyen de se rendre heureux, en contribuant au bonheur des personnes avec qui Ton vit, avec des observations sur divers ouvrages renommés de morale. L'on a relevé dans ce traité quelques maximes qui paraissent j<u conformes à la sincérité chrétienne ; Exposition des vérités les plus sensibles de la véritable religion, avec une analyse succincte et suivie; Eclaircissements des difficultés proposées sur divers traités de ce cours des sciences, Paris, 1732, in-12. Discours sur l'élude et la méthode des sciences, et sept dissertations sur divers sujets. On trouve, dans plusieurs articles de la première Encyclopédie, des pages entières littéralement copiées du Cour* des sciences, sans que Buflier soit jamais cité. Pratique de la mémoire artificielle, pour apprendre et retenir lu chronologie, Chistoire et la géographie, l'an». 1701 à 1715, 4 vol. in-12. Pour lixer dans la mémoire les noms propres, l'ordre et la date des faits, le P. Buflier y emploie le secours de la méthode des vers techniques, dont on se servait avec succès à Port-Hoyal pour l'étude des langues anciennes. Cet ouvrage a été souvent réimprimé : la géographie, surtout, a continué d'être presque exclusivement enseignée dans les collèges des jésuites jusqu'à leur suppression. Pingré en a donné une 11e édition, 1781, in-12; l'édition de Liège, 1786, a de nouvelles cartes ; enfin une dernière édition également donnée à Liège par Saive, 1822, in-12, avec 23 cartes, est augmentée d'un supplément. 3° Quelques ouvrages historiques : Introduction à l'histoire des maisons souveraines de T Europe, 1717, 3 vol. in-l 2, peu exact : le 5' vol. sert d'errata aux deux premiers ; Abrégé de l'histoire d'Espagne, par demandes et par réponses, Paris, 1704, in-12; il y suit partout l'histoire de Mariana; Histoire de l'origine du royaume de Sicile et de Naples, contenant les aventures et les conquêtes des princes normands qui l'ont établi. 1 701 , in-12; traduit en italien par Fr. de Rosa, jésuite, ÏSaples, 1707, in-12. Histoire chronologique du dernier siècle, 1713, in-12. 4" Plusieurs traités de religion et de piété : férilés consolantes du christianisme, 1718, in-16; Pratiques des devoirs des curés, traduit de l'italien du P. Seigneri, Lyon, 1702, in-12; Véritable Esprit du saint emploi des fêtes solennelles.
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Paris, 1712, in-1 2 ; Exercices de piété, souvent réimprimés ; Sentiments chrétiens sur les principales vérités de la religion, en prose et en vers, Paris, 4718, in-16, fig. Vie du comte Louis de Sales, frère de St. François. 1708, in-12; Vie de l'abbé du Val Richer, 1796, in-12; Vie de l'ermite de Compiègne, 1692 et t737, in-12. Cet ermite, nommé Réna Va. avait été capitaine de cavalerie, et, après s'être retiré du service, il mena pendant trente-cinq ans une vie pénitente dans la forêt de Corapiègne, et y mourut en 1691, à 74 ans. 5» Homère en arbitrage, fait en société avec madame Lambert. On a attribué au P. Buflier une Lettre (à cette même dame) sur les Fables nouvelles ( de la Motte ) , avec la Réponse de M"', servant d'apologie; mais il parait plus certain que cet écrit est de la Chaussée. ( Foy. ce nom. } ( Voy. pour plus de détail sur les nombreux ouvrages du P. Buflier, le Journal de Verdun, novembre 4737, et surtout le Moréri de 1759. ) T— d.
BUFFON ( George-Lotis Leclehc, si connu sous le nom de comte de ) , l'un des plus célèbres naturalistes et des plus grands écrivains du 48* siècle, naquit à Montbar, en Bourgogne, le 7 septembre 1707. Son père, Benjamin Leclerc, conseiller au parlement de sa province, jouissait d'une fortune qui lui permit, après avoir donné à ses entants une première éducation très-soignée, de leur laisser une liberté entière pour le choix des occupations de leur vie. Le hasard lia le jeune Buffon, à Dijon, avec un Anglais de son âge (le jeune duc de Kingston), dont le gouverneur, homme instruit, lui inspira le goût des sciences. Ils voyagèrent ensemble en France et en Italie ; BuiTon passa ensuite quelques mois en Angleterre. Pour se perfectionner dans l'étude de l'anglais, sans négliger celle des sciences, il traduisit deux ouvrages célèbres, mais de genres bien différents : la Statique des végétaux de Haies, et le Traité de* fluxions de Newton. Ces traductions, et les préfaces qu'il y ajouta, furent les premiers écrits qui le firent connaître du public. Dans ses propres travaux, il parut aussi, pendant quelque temps, disposé à cultiver à la fois et presque également la géométrie, la physique et l'économie rurale, et il fit, sur ces divers sujets, des reclierches qu'il présenta successivement à l'académie des sciences, dont il avait été nommé membre dès 1733. Les plus importantes de ces recherclies furent la construction d'un miroir dans le genre de celui d'Archiméde, pour incendier les corps à de grandes distances, et des expériences sur la force des bois, et sur les moyens de l'augmenter, principalement en écorçant les arbres quelque temps avant de les abattre. Bu (Ton, dans ses premières années, n'était animé que d'un désir vague d instruction et de gloire; sa nomination à la place d'intendant du jardin du Roi donna une direction fixe à ses idées, et lui ouvrit la carrière où il s'est immortalisé. Son ami Dufay occupait cette place, et commençait à tirer l'établissement de l'abandon où l'avaient trop souvent laissé les premiers médecins du roi, qui en avaient toujours été chargés avant lui. Frappé, en 1739, d'une maladie mortelle, il écrivit au ministre que Buffon seul lui paraissait capable de
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suivre ses projets; Buffon lui succéda, et, dès cet Instant, il calcula tout ce qu'il pouvait faire, en même temps qu'il eut le bon esprit de sentir de quel genre de secours il aurait besoin. Jusqu'à lui l'histoire de la nature n'avait été écrite avec étendue que par des compilateurs sans talent; les autres ouvrages généraux n'offraient que de sèches-nomenclatures. Il existait des observations excellentes, et en grand nombre, mais toutes sur des objets particuliers, Buffon conçut le projet de réunir au plan vaste et à l'éloquence de Pline, aux vues profondes d'Aristote, l'exactitude et le détail des observations des modernes. 11 se sentait la force de tète propre à embrasser ce vaste ensemble, et l'Imagination nécessaire pour le peindre ; mais il n'avait ni la patience, ni les organes physiques convenables pour observer et pour décrire des objets si nombreux et souvent si minutieux. Il s'attacha un de ses compatriotes, Daubcnton, en qui il avait reconnu des l'enfance les qualités qui lui manquaient à lui-même, et, après dix années d'un travail opiniâtre, ces deux amis firent paraître les trois pre— mi ers volumes de l'histoire naturelle. Ils en publièrent ainsi en commun, depuis 1749 jusqu'en 1767, les quinze premiers volumes, qui traitent de la théorie de la terre, de la nature des auimaux, de l'histoire de l'homme, et de celle des quadrupèdes vivipares. Tous les morceaux d'éclat, toutes les théories générales, la peinture des mu m. s des animaux, ou des grands phénomènes de la nature, sont de Buffon. Daubenton se borne au rôle modeste et accessoire de descripteur des formes et de l'anatomie. ( Voy. Daube M t»'. ) Les neuf volumes suivants, qui parurent depuis 1770 jusqu'à 1783, contiennent l'Histoire des oiseaux; Daubcnton refusa d'y continuer ses s>oius, parce que Buffon avait permis au libraire Panckouckc de faire une édition de l'Histoire des quadrupèdes dont toute la partie descriptive et anatomique avait été retranchée. En conséquence, la forme de l'ouvrage changea; des descriptions peu détaillées et presque sans anatomie furent incorporées aux articles historiques, dont une partie fut rédigée en entier par deux amis de Buffon ; d'abord par Guéneau de Montbéliard, qui parvint, en quelques endroits, à imiter son style, bien qu'il tombe de temps eu temps dans l'affectation, et en dernier lieu, por l'abbé Bexon, quand Guéneau, ennuyé des oiseaux, s'occu|ta des insectes. Buffon a publié seul les cinq volumes des tuioéraux, depuis 1785 jusqu'à 1788. Les sept volumes de supplément , dont le dernier n'a p; ii u qu'après sa mort, en 1789, sont composés, presque en totalité, d'articles détachés et relatifs aux trois parties principales du grand corps d'ouvrage. Les deux premier», de 1774 et 1771», contiennent diverses expériences de Buffon sur les minéraux, et , lus mémoires qu'il avait présentés à l'académie des sciences sur le fer, 6ur les bois, etc. , etc.; le 4e, de 4777, donne beaucoup de détails sur l'histoire de l'homme; lo 5', de 1776; le 6*, de 1782, et le 7«, regardent les quadrupèdes; mais le 5', de 1778, est un ouvrage a part, le plus célèbre de tous ceux de Buffon; ses Époques de la nature, où il présente dans un style vraiment sublime, et avec uuc force