‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 19 sur 97 · OUF · texte numérisé non relu

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de talent faite pour subjuguer, une deuxième théorie de la terre, assex différente de celle qu'il avait tracée dans ses premiers volumes, quoiqu'il n'ait d'abord l'air que de vouloir défendre et développer celle-ci. Ce grand travail, dont Buffon s'occupa sans relâche pendant cinquante ans, ne forme cependant qu'une partie du plan immense qu'il s'était tracé ; et quoique le comte de Lacépède ait poursuivi ce plan avec gloire dans les histoires des cétacés, des reptiles et des poissons, il reste encore à faire tout ce qui regarde les animaux sans vertèbres et les végétaux. 11 n'y a qu'une opinion sur Buffon (1), considéré comme écrivain : pour l'élévation du point de vue où il se place, pour la marche forte et savante de ses idées, pour la pompe et lu majesté de sés images, pour la noble gravité de ses expressions, pour l'harmonie soutenue de son style dans les grands sujets, il n'a peut-être été égalé par personne. On lui reproche un certain début de flexibilité, et cependant il a souvent réussi à rendre les détails avec une grâce enchanteresse; les réflexions morales par lesquelles il cherche à varier la monotonie d'un sujet quelquefois aride montrent presque partout une sensibilité profonde; enfin ses tableaux des grandes scènes de la nature sont d'une vérité parfaite, et empreints cliacun d'un caractère propre et ineffaçable. Aussi la réputation de son livre futelle prompte, générale, et sans contradicteurs ; les hommes distingués de toutes les nations rendirent à l'auteur des hommages unanimes ; des souverains étrangers lui prodiguèrent les témoignages de leur considération. Il jouit de la plus grande faveur près du gouvernement français. Louis XV érigea sa terre de Buffon

(I) VoUalrc faisait

à Buffon dans ce vers .

un ciuit un jour devant Voltaire Ytttotirt naturelle : e Pis m ns-

« larelte, » dit-il. On » bien justifie Baffon du reproche d'enflure cl d'affectation que renferment ce vers et celle saillie. Le jugement de Voltaire pouvait être un peu suspect, non d'envie, comme on l'a prétendu, mats de ressentiment. Pour s voir soutenu que les bancs de coquillage* découverts su sommet des Alpes u'eiaieol autre chose que du» coquilles dclarhccs du chaperon on du collet des pèlerins qui allaient 1 Home, il .s'était attire des railleries fort piquantes de la part de Buffon ; il les lui rendit, en se moquant de la terre qui n'etall qu'une eclaboussarc dn soleil, des inouïes organiques intérieurs, et eulln du style de Vllitloire tuUurtlU, On pei>uadj fat :leîncnl aces deux écrivains de se rérourilier. Buffon avant cnvo)é une nouvelle édition de se* œuvres a. Voltaire, celui-ci lui écrivit une lettre de reinerctmenl fort aimable, oh 11 lui pariait de son prédécesseur Arthimede premier. Buffon lui répondit qu'on ne dirait jamais Voltaire ucoml, cl cet échange de politesses mit lin a (oui démêlé entre eux. « Je lie veux lias, disait Voltaire, rester brouillé * avec M. de Buffon pour des coquilles. » D'Alrinberi, qn'on ne peut comparer h Voltaire pour le gont, et qui n'aimait point l'auteur de l'Ilitlotre M/iref/e, disait un jour h Rivarol : « Ne me parle» pas de a votre Buffon, de ce comte de Tufliere, qui, au lieu de nommer sim~ « plement le cheral, dit : La plus noble eonquéic que fhomne ait « jomai» faite ett relie de et fier et fongueux animal, etc. — Oni, « reprit Itivarol, «"est comme ce sol de J.-B. Housscau, qui s'avise «dédire»

. An ur j. a» um*m.

« An lieu de dire de 17*f a l'eueir. » La réponse est tire et plaisante ; mais Rivarol ne s'apercevait pis qu'il justifiait nn prosateur et ut naturaliste par l'exemple d'un poète, et d'na poète lyrique.

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bâtiments, lui lit élever, BOUS Louis XVI, de non vivant, une statue à l'entrée du cabinet du roi, avec cette inscription : Majeslati natura par ingenium, et, si l'on excepte quelques critiques obscurs, aucune voix ne troubla ce concert do louanges. On a été plus divisé sur le mérite de Buffon comme physicien et comme naturaliste. Voltaire, d'Alembcrt, Condorcet ont jugé sévèrement ses hypothèses et cette manière vague de philosopher d'après des aperçus généraux de l'esprit, sans calculs et sans expériences, et plusieurs naturalistes étrangers ont attaqué avec aigreur certaines erreurs de détail qui lui sont échappées, et l'éloignemcnt qu'il témoigne pour les méthodes de nomenclature, sans rendre assez de justice à l'étonnante quantité de faits dont il a enrichi la science. Quoique ces reproches ne soient fias sans quelque fondement, il y a certainement aussi de l'exagération ; personne, à la vérité, ne peut plus soutenir dans leurs détails ni le premier, ni le second système de Buffou sur la théorie de la terre : cette comète qui enlève des parties du soleil, ces planètes vitrifiées et incandescentes qui se refroidissent par degrés, et les unes plutôt que les autres, ces êtres organisés qui naissent successivement à leur surface, à mesure que leur température s'adoucit, ne peuvent plus passer que pour des jeux d esprit; mais Buffon n'en a pas moins le mérite d'avoir fait sentir généralement que l'état actuel «lu globe résulte d'une succession de changements dont il est possible de saisir les traces ; et c'est lui qui a rendu tous les observateurs attentifs aux phénomènes d'où l'on peut remonter 4 ces changements. Son système sur les molécules organiques et sur le moule intérieur pour expliquer la génération, outre l'obscurité et l'espèce de contradiction dans les termes qu'il présente, parait directement réfuté par les observations modernes, et surtout par celles de Haller et de Spallanzani ; mais son éloquent tableau du développement physique et moral de l'homme n'en est pas moins un très-beau morceau de philosophie, digne d'être mis 4 côté de ce que Ton estime le plus dans le livre de Locke. Il a eu le tort de vouloir substituer 4 l'instinct des animaux une sorte de mécanisme plus inintelligible peut-être que celui de Descartes'; mais ses idées concernant l'influence qu'exercent la délicatesse et le degré de développement de chaque organe sur la nature des diverses espèces sont des idées de génie, qui feront désormais la base de toute histoire naturelle philosophique, et qui ont rendu tant de services à l'art des méthodes, qu'elles doivent faire pardonner à leur auteur le niai qu'il a dit de cet art. Enfin, ses idées sur lu (]< '( nération des animaux et sur les limites que les climats, les montagnes et les mers assignent à chaque espèce, peuvent être considérées comme de véritables découvertes qui se confirment chaque jour, et qui ont donné aux recherches des voyageurs une base fixe, dont elles manquaient absolument auparavant. La partie de son ouvrage la plus parfaite, celle où il restera toujours l'auteur fondamental, c'est l'histoire des quadrupèdes. Avant lui, on n'avait, pour ainsi dire, que des notions fausses et embrouillées des

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quadrupèdes étrangers; le plan qu'il conçut de faire décrire isolément et en détail chaque espèce, et d'en soumettre l'histoire 4 une critique sévère, a servi de modèle à tout ce que l'on a fait de bon depuis lors sur l'histoire naturelle, et surtout aux excellents ouvrages de Pallas. C'est la confusion où Buffon trouva l'histoire de cette classe d'animaux qui lui avait donné, contre les méthodes et la nomenclature, une humeur qu'il exprime quelquefois trop vivement ; mais il renonça bientôt a cette prévention, et, dans son Histoire des oiseaux, il se soumit tacitement A la nécessité où nous sommes tous do classer nos idées, pour nous en représenter clairement l'ensemble; aussi, quoique V Histoire des oiseaux n'ait point celte sévérité de critique ni cette exactitude de détails qui régnent dans celle des quadrupèdes, elle forme un tout beaucoup plus facile à saisir et plus agréable 4 lire. Elle fait le fond de tous les livres que l'on a écrits depuis sur le même sujet, et dont aucun n'offre encore, relativement à l'époque où il a été fait, autant de critique ni d'exactitude que celui de BufTon. Ce qu'il a de plus faible, c'est son Histoire des minéraux, parce que, séduit par les occasions fréquentes de s'y livrer 4 son goût pour les hypothèses, il ne s'aida point assez de la chimie, et négligea trop de suivre les progrès rapides que la minéralogie faisait par les travaux do Romé de Lislc, de Dergmann, de Saussure, et par ceux de Hafty, qui commençait 4 faire prévoir dès lors ce qu'il serait un jour. En même temps qu'il travaillait a son livre, Buffon s'érigeait encore un autre monument ; il enrichissait le cabinet et le jardin confiés à ses soins par une administration active, en cultivant la faveur des ministres, et en déposant dans ces établissements les dons que lui offraient ses admirateurs. Le goût général pour l'histoire naturelle, que son ouvrage fit naître, la protection qui en résulta pour cette science de la part des souverains et des grands , sont aussi des services dont le souvenir s'attachera toujours à son nom. Partagé entre le jardin du Roi et sa campagne de Montbar, toujours livré nu travail, ne s'en délassant que par des plaisirs faciles 4 se procurer ; recevant volontiers des hommages, mais ne se donnant, pour les obtenir, d'autres soins que ceux qu'exigeaient ses travaux ; étranger aux cabales qui agitèrent de son temps l'État et la littérature ; ne répondant jamais aux critiques que l'on fit de ses ouvrages; assurant son repos par des prévenances envers les hommes et les corps en crédit, il mena une vie tranquille et sans incidents; car on ne peut donner ce nom 4 la petite querelle que lui fit la Sorbonne, ni 4 l'espèce de rétractation par laquelle il apaisa celte compagnie. De longues souffrances causées par la pierre troublèrent ses derniers jours, mais sans l'arrêter dans la poursuite de son grand plan. Il mourut 4 Paris, le 16 avril 1788, 4gé de 81 ans, laissant d'un mariage contracté en 1762, avec mademoiselle de St-Bélin, un fils, colonel de cavalerie, qui a péri sur l'échafaud révolutionnaire, quinze jours avant le 9 thermidor de l'an S, époque qui, comme on sait, mit lin à ce genre d'assassinats. BufTon était

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d'une figure noble, el d'une taille imposante, qu'il relevait encore par sa contenance. On dit que, dans sa vie privée, il affectai t une représentation qui convenait peu i sa naissance, et dont ses études et sa renommée n'auraient pas dû lui laisser le goût ; et que, consacrant à ses travaux toutes les forces de son esprit, il portait dans la société une simplicité de langage peu d'accord avec le ton de ses livres ; on l'accuse aussi d'avoir mieux aimé s'entourer d'admirateurs que de juges (1 ), et d'avoir fini par se complaire trop exclusivement dans ses propres écrits ; mais il faut du moins lui rendre celte justice, qu'il n'a point laissé paraître ces dernières dispositions dans ses ouvrages. Il y conserve partout cette dignité qu'un homme qui parle au public ne devrait jamais perdre. On peut prendre une idée île sa manière de composer dans son Discours sur le ityle, prononcé lorsqu'il fut reçu à l'Académie française, en 1755, ouvrage où il donne à la fois le précepte et l'exemple, et l'un des plus beaux morceaux de prose qui existent dans notre langue ; mais ce qu'il n'y dit pas, c'est le travail excessif qu'il mettait à soigner ses écrits, et à leur donner cette harmonie que l'on y admire. On assure qu'il a été obligé de faire recopier onze fois le manuscrit de ses Epoqutt de la nature. Aussi ne reconnait-on, dans quelques lettres que l'on a de lui, aucune des qualités qui brillent dans son livre. On a deux editious in-'»" de YHitloire naturelle de Buffon faites à l'imprimerie royale : l'une, en 56 vol., parut de 174'.) à 1788 ; c'est la plus estimée, el aucune des nombreuses réimpressions que l'on a faites depuis ne peut la remplacer pour les naturalistes ; l'autre, en 28 volumes, parut en 1774 et années suivantes; elle est peu recherchée, quoiqu'on y ait refoudu les suppléments ; mais la partie auatoraique, par Daubenton, en est retranchée, èt les gravures sont de mauvaises épreuves. A l'une et à l'autre de ces éditions on joint les Quadrupède* oviparet et le» serpents, par le comte de Lacépèdc, 1787-89, 2 vol. în-4"; les Poissons, par le môme, 1799-1805, 5 vol. in-4*; les Cétacés, par le même, 1804, in-4\ Lue édition in-12 de l'Histoire naturelle est aussi sortie des presses de l'imprimerie royale, 1752 et années suivantes, formant 75 ou 54, volumes suivant qu'elle comprend ou non la partie anatomique. La suite, par de Lacépéde, forme 17 vol. in-12. Allamand, professeur d'histoire naturelle à Leyde, fit réimprimer tout ce qui a rapport aux généralités et aux quadrupèdes, en 2f vol. in-4°, à Amsterdam, de

(I) Labarpe, en rendant justice an mérite et an génie de RntTon, do promit loi pardonner de s'être di^ciare ouvertement contre la poésie el même contre les vers île Racine. I.'auleur de VBittrtrt n»t*rcllt n'aimait guère que 1rs vers qui lui étaient adressés, a J'.ii « vu. dit 1'aatear du Courâ if littérature, le respectable vieillard « Buffun soutenir tre*-afBrnialivrmrnt que le» plus beaux vers n étaient remplis de fautes, et n'approchaient pas de la perfection de « la bonne prose. Il ne craignait pas de prendre pour exemple le* t ter» d'AfWîe, et flt une critique détaillée des vers de la première « terne. Tout ce qu'il dit est d'nn homme si étranger aux premières u notions de la poésie, aux procèdes mnnus de la versillcatlon, qu'il « n'eut pas été possible de lui répondre sans l'humilier, ce qui rut ■ été un trrs-grand tort, quand itieuic il ne m'eut pas houore de

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1766 à 1779, en y ajoutant beaucoup de bons articles que Buffon a repris à mesure dans ses suppléments. L'édition faite à Deux-Ponts, 1785-91, n'a que 54 vol., et est très-mal imprimée. Nous passons sous silence d'autres éditions ou contrefaçons étrangères qui ne valent pas mieux. Aussitôt que les dix ans qui ont suivi la mort de ce grand naturaliste ont été écoulés, les libraires français se sont empressés de le réimprimer. On a publié à Paris, de 1798 à 1807, une Histoire naturelle générait el particulière, accompagnée de notes, etc., ouvrage formant un cours complet d'histoire naturelle, rédigé par Sonnini, 127 vol. in-8°. Les 64 premiers tomes de cette immense collection conlieuncnt l'ouvrage de Buffon avec des notes et additions de l'éditeur; des 65 autres volumes, 8 sont consacrés aux reptiles, par Daudin ; 6 aux mollusques , par Denys- Monlfort ; 14 aux crustacées et insectes, par de Latreille; 15 aux poissons, par Sonnini, et un aux cétacés (dont une |«rtie presque entièrement copiée des ouvrages du comte de Lacépéde), par le même ; 18 aux plantes, par Brisseau-Mirbel et autres; les 5 derniers volumes contiennent les tables générales, par Suc. Saugrain, libraire, et Pauquet, graveur, ont fait paraître en l'an 7 (1799) et années suivantes, une édition de YHisloire naturelle de Buffon mise dans un nouvel ordre, par de Lacépéde, son continuateur, à qui les éditeurs l'ont dédiée, 56 volumes in- 18. On a retranché les notes relatives à la synonymie ; mais à la fin du 14* volume des quadrupèdes, on trouve une table dans laquelle tous les quadrupèdes et les oiseaux que Buffon a traités sont inscrits dans l'ordre et dans le genre auxquels ils appartiennent, d'après la méthode de Lacépéde; et, dans celte table, à côté du nom donné par Buffon a cliacune des espèces qu'il a décrites, on a placé, non-seulement les dénominations générique el spécifique établies par de Lacépèdc, mais encore les noms spécifique et générique employés pour ces mêmes espèces dans la 15* édition de Linné. A ces 56 volumes on joint V Histoire des quadrupèdes ovipares et serpents par de , Lacépéde, 4 vol. in 18 ; YHitloire des poissons, jiar le même, 14 vol.; et 17/i'sloire naturelle des cétacés, par le même, 2 vol. Quelques exemplaires de cette édition portent le nom de Didol, et font suite à la collection stéréotype. Castel a donné un Cour* complet d'histoire naturelle, 1799-1802, 80 vol. in-18. L'ouvrage de Buffon a été abrégé et classé |«r Castel , d'après le système de Linné, et réduit ainsi en 26 volumes. Patrin y a ajouté 5 volumes de minéraux; Castel, 10 volumes de poissons, pris de Ylehthyologie de Bloch ; Sonnini et Lalreille , 4 volumes de reptiles; Tigny et Biongniart , 10 volumes d'insectes; Bosc, 10 volumes de coquilles, vers cl crustacés; Lamarle el Mirbel, 15 volumes de botanique. Une traduction italienne de cet abrégé de BufTon a p. un à Plaisance, en 1812. in-16. P. Bernard a publié YHistoire naturelle de Buffon, réduite à ce qu'elle contient de plus instructif et de plus intéressant, 1804, 11 vol. in-8». On a une superbe édition de YHisloire naturelle des

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oiuaux, Paria, imprimerie royale, 1771 et années suivantes, 10 vol. in- fol. el in-4°, avec 1,008 planches enluminées, dont l'exécution fut dirigée sous les yeux de l'auteur par Daubenton le jeune, frère de son collaborateur principal. On peut aussi avoir ces planches sans le texte. On doit regarder comme de véritables suppléments à l'Histoire naturel!* de» quadrupède» les deux ouvrages latins de Pallas, intitulés : Spicilegia soologica et Aorte Speeie» quadrupedum e glirium ordine(voy. Pallas), qui sont écrits dans la même forme, et ont, au style près, le même genre de mérite. Il serait trop long de donner la liste des ouvrages qui ont été publiés contre YHittoire naturelle de BufTon ; presque tous ces écrits n'ont eu qu'une existence épliémère, el ce qui n'a pas peu contribué à les plonger dans l'oubli, c'est le silence que Buffon a toujours gardé envers ses critiques^ Cependant, les Lettre» d'un Américain, Hambourg, 1751 et années suivantes, 0 part. in-12, firent quelque bruit dans le temps; elles sont d'un ex-capucin nommé l'abbé de Lignac, qui était secrètement excité par Réaumur. Il y a aussi des remarques utiles dans les Ooferra/iom tur l'Hittoire naturelle de Buffon, pardcMalesherbes, Paris, 1798, 2 vol. in-4° et in-8°. Malgré son étendue, YUittoire naturelle a été traduite en anglais, en italien, en espagnol, en hollandais; et il y en a deux traductions allemandes, avec des additions de divers genres. Les autres ouvrages de Buffon sont : 1° la Statique de» végétaux et VAnalyte de l'air, expé' riment» nouveaux, par Haies, trad. de l'angl., 1755, in-4° ; la Statique de» végétaux a été réimprimée avec la Statique de» animaux, trad. par Sauvages, 1780, 2 vol. in-8°. 2° Traité de» fluxion», trad. de l'angl. de Newton, 1740, in-4«; 3° des Mémoire», dans la collection de l'académie des sciences, sur divers objets de physique et d'agriculture. 11 y eu a aussi quelques-uns de géométrie, et, entre autres, ceux qu'occasionna une discussion élevée entre Clairaut et Buffon, sur la loi de l'attraction, discussion dans laquelle nous devons convenir que le géomètre eut l'avantage sur le naturaliste. 4* Des Lettre» à l'abbé Bexon, qui lui avait fourni des matériaux pour une partie de YUittoire naturelle de» oiteaux (roy. Bexon), se trouvent dans le t. 1er du Contervaleur de François de Neufchàteau, an 8 (1800), 2 vol. in-8°. 11 n'existait point d'édition complète des Œuvre» de Buffon, lorsque Bastien en donna une par souscription, Paris, 1801, 54 vol. in-8«, fig. En tète du 1" volume, l'éditeur a mis plusieurs pièces relatives à Buffon, telles que les deux odes de Lebrun, etc. Les additions , notes et suppléments de Buffon, sont reportés à leur place; c'est le seul avantage que présente cette édition (1). Condorcet, secrétaire de l'académie des

(I) L'édition de Bastien ne forme qae SI volontés ; les «mares ■ont médiocres: c'est ce qnl fait qn'elle n'a pas conservé son prix. Depuis, nn grand nombre d'éditions des navres de Buffon ont para. Noos allons citer les principales. Histoire naturelle de Buffon, mise dam un nouvel ordre, précédée d'une notice sur ta vie et les outrages de Buffon par M. le baron Cuvler, Paris, Ménard el Détenue, «835-96. 26 vol. m im, ornée de 400

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sciences, et Broussonnet, secrétaire de la société d'agriculture de Paris, ont lu, chacun dans leur compagnie, un éloge historique de Buffon. Vicqd'Azyr, qui lui a succédé à l'Académie française, en a fait, dans son discours de réception, un éloge oratoire, et de Lacépéde lui a consacré un morceau plein d'imagination et d'éloquence en téle du 1*r volume des Serpent». On a imprimé une Vie privée de Buffon, par Aude, Lyon, 1788, in-8°. H parut la même année un ouvrage anonyme, intitulé : Vie de Buffon, in-8° ; mais l'ouvrage le plus curieux sur Buffon est celui de Hérault de Séchelles, imprimé d'abord dans le Mercure, reproduit dans le Magatin encyclopédique quelques années après, et enlin imprimé, avec quelques autres opuscules du même auteur, sous le litre de Voyage à Montbar, contenant de» détail» trè»~intére»»ant* tur le caractère, la personne et les écrit» de Buffon. an 0 (1801), in-8°. Il est fâcheux que les détails où il entre soient en par lie calomnieux, ou doivent au moins être considérés comme une violation manifeste des lois de l'hospitalité. C— v— r.

BUGATTI (Gagtano), né à Milan, le 14 août

se distingue des précédentes par (une bonne classification a,s matières. L'éditeur n'a pas cru devoir y comprendre VHùtoire naturelle de* minéraux a qui, est-Il dit dans le prospectus, n'est a cora- « parer sous aucun rapport anx antres écrits de lloffon. > - CEurret de Buffon, nouvelle édition, publiée parR. Dnihillaml, Donai. i*n, 12 vol. in-8V — GE titres complètes avec les descriptions anatoniiqoes de Daubenton, édition commencée par M. Lamouronx, professer d'histoire naturelle, et continuée (depuis le 15' nt.) |iar M. Desmarest, correspondant de l'aradémk royale des sciences, Paris, Verdu n-, puis Ladrange, 1884 et années suivantes, 40 vol. in-8» Imprimes par Firutin Didot, et contenant ta partie anatomiqae de Daabentnn, les suppléments placés a ta suite des morreanx auxquels Us appartiennent ; l'éloge de Buffon par Yicq d'Atyr, ainsi que de celui de Daubenton par Cavler ; nne synonymie par ce dernier ; un tableau méthodique des espèces décrites par Buffon, une Ublo alphabétique des noms et des synonymes mentionnés dans l'ouvrage ; rnfln le traité de Cuvicr, tur le* Progri* de* sciences- pkftiquet depuù 171». M Ouérard, dans'la Franee littéraire, regrette que l'éditeur n'ait point ajouté a cette édition plusieurs mémoires importants fournis par Buffon au recueil de l'académie des sciences, et que l'on n'a point encore songé ,, reproduire. — Les mêmes, mises en ordre et précédées d'une notice historique par M. A. Richard, Paria, Baudouin frères, Delangle frère*. 1831 rt ann. sulv., 30 taft, m-8e avec 200 planches. Les frère» Baudonin ont* publié, pour sertir de suite a toutes les éditions de Buffon, et a la leur en particulier, nn Complément de* entres de Bnfon, renfermant l'histoire de tous les animaux curieux découverts par les voyageurs depuis ta mon dn célèbre naturaliste, parR.-P. Lésion, Paris, 40 vol. in-8' avec atlas. — Les mêmes, suivies de ta classification comparée de Cuvier, Lesson, etc., Paris, 18.18, S vol. grand in-8*, 9 col., édition revue parM Richard, et faisant partie du Pantkéon littéraire.— Lesmêmes, avec ta classification de Cuvler, el des extraits de Daubenton, Paris, F urne et compagnie, 1859, 6 vol. grand in-8", 3 col., avec 180 pl.— Buffon n'a pas manque d'abréviatenre : on peut citer : l'Atréjré de l'Histoire naturelle de Buffon, classée par ordre et accompagnée d'une notice descriptive de chaque animal, etc. (par J.-B. Rousseau, inipriroeur), Paris, 1800-1801, 4 vol. iu-t', ornés de 174 planches représentant plus de 1,000 animaux. — Histoire naturelle de Buffon, réduite a ce qu'elle contient de pins instructif et de plus intéressant, publie par P. Bernard, Paris, 1*04, H vol. in-8*. — Le Buffon de* demoiselles, ouvrage rédigé d'après relui de Buffon, Paris, 1819, 4 vol. in-13. avec port, et 140 pl. Ferri de Sl-Constanl a> publié le Génie de Buffon, Paris, Panckourke, 1784. On a encore Morceaux choisis de Buffon, ou Recueil de ce que *tt écrit* ont de plu* parfait sou* le rapport dn tlule et de l'éloquence (par Cottaux), Paris, Renouard, 4800, t vol. in-12 et ln-18. Ce livre, devenu classique, a ru nn grand nombre d'éditions, et s'apprend par cceur

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