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I tous les regards se tournaient vers le royaume de
Sobicski. Un tableau de la Pologne fut denntndé à Malle Brun. Six mois d'un travail opiniâtre lui suffirent pour le terminer. Ce tableau, c'est la Pologne de tous les âges, avec sa géographie naturelle, ses races diverses, ses origines, sa langue, sa littérature, ses antiquités, sa vie orageuse, sa gloire rapide, sa longue agonie et sa mort politique. L'année suivante (1808), Malte Brun lit | «rai Ire les Annales des Voyages, recueil périodique où toutes les découvertes se trouvaient consignées, et qui devint dés son début le dé|)ôt spécial de savants mémoires et d'importantes communications. Malgré les exigences de cette laborieuse rédaction, Malte Brun s'occupait avec persévérance de son grand ouvrage géographique que le public éclairé attendait avec impatience, et dont enfin le I" volume parut en 1810, sous le litre de Précis de la géographie univerulle. Ne cherchons |>as â comparer cette composition tout à la fois littéraire et .scientifique avec ce qui a précédé : les identités manquent. Elle est neuve par la forme, par le style et par les pensées. C'est la géographie rationnelle dans ses trois grandes divisions : histoire, théorie, description. Malte Brun la prend sous la tente de Moïse, il la suit dans l'auliquité avec Homère, Hérodote, Eratostliènc,Slrabon, Pline, Ploléuiée. 11 la suit au moyen âge daus les camps des Arabes, sur les barques des Scandinaves, au milieu tles caravanes et sur les pas des missionnaires. Il la suit dans les temps modernes avec les Ganta, les Colomb et les voyageurs des trois derniers siècles. Puis de l'histoire il passe à la théorie de la science, et de la théorie a la description de la terre, telle que uous la savons aujourd'hui. Il la décrit à la manière de Strabon, en évitant la sécheresse des méthodes abstraites, en combinant les méthodes naturelles et les divisions politiques, en réunissant les peuples d'origine commune, en s' emparant de tous les souvenirs, en rattachant à l'inventaire du sol l'homme dans sa physionomie native avec ses mœurs, sa langue, son culte et ses annales, en parlant toujours à la pensée, à l'imagination, en replaçant enfin sur des bases philosophiques une science trop longtemps dé|KHiillée tle son véritable caractère et de ses charmes naturels. Avec de tels éléments de succès, celui du Précis fut bientôt général (I ). Malte Brun en pour-
({) Cet ouvrage, en étendant la réputation de llttte Brra. lai valut aussi un procès, qui. Mu* nuire au succès de son Preeit 4t h »<Soj»rtfpA»c, donna lieu à un débat scandaleux, dont stalle Brun „..up|.j|..,, -o,,, .|u.-i.,u.s u..urin-ures. Le allaqu. - que. dan»
son ouvrage, il dirigeait contre Pmkenon, nuisaient a la traduction qn'en publiait alors le libraire Denta ; celui-ci. Irrité du tort qu'il éprouvait, lauca contre Malle Brun nn pamphlet iul.lule : Moyen de purremr. etc., puis nn mémoire pU-m d assertions injurieuses a m personne et a son taWnl. Dm rixe, nne plainte en calomnie en furent les *Biies, et nn i«roo-s en contrefaçon, intenté par Dentu contre l'auteur du PréeU. viut compliquer encore ce drame indécent, dont s'amusait le public aux dépens des acteurs. Le libraire avait rencontré dans le Preeit de Malle Brun plusieurs paragraphes copiés daus sa traduction de Pinkerlon. et f.r niant environ «me UrnUine de pages dans l'elendae de trois gros volumes lu-»». Ilicbe de cette découverte. Il en ai la base d une action en contrefaçon, par laquelle il demandait lOO.OCO fr. de doniuuges-intertts el l'abolition du Précis, objet de sou déplaisir. Le géographe n'eut pM beaucoup de peine i renverser nne allsque qui reposait >«r «n fou-
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suivait la publication lorsque les événements de 1X14 rouvrirent pour lui le champ de la politique, qui lui fut toujours ingrat et qu'il aimait cependant de prédilection. Si l'on doit ajouter Toi à quelques détails reproduits dans une biographie d'après une note insérée dans le Spectateur, Halte Brun aurait depuis 1804 fait partie d'une association qui travaillait, fort en silence, à la vérité, à la réunion des trois royaumes du Nord sous le sceptre du Danemark. L'empereur, d'après cette note, avait d'abord prêté la main a ce projet en permettant l'insertion dans les journaux français d'un certain article qu'il lit désavouer lors de l'avénemcnl de Bcrnadotle au trône. Quel que soit le rôle que Malte Brun ait joué dans tout ceci, il essaya sous les Bourbons de rattacher l'indépendance de la Norwége au principe de la légitimité, et il continua d'écrire dans ce sens jusqu'au moment où la Norwége cessa de combattre. Malte Brun avait rédigé en 18H un recueil périodique sous le titre de Spectateur, dont il a paru vingtsept cahiers et qui n'eut point de succès. Il publia pendant les cent jours l'apologie de Louis XVIII, dont la 5* édition contient un préambule remarquable, daté du 22 juin, le lendemain de l'abdication de Napoléon. Il concourut à la rédaction de plusieurs journaux de . nul - un assez différentes, entre autres de la Quotidienne, où il était chargé de la traduction des nouvelles étrangères, et revint, en 1818, au Journal des Débati, qu'il ne quitta plus. Pour en linir avec ses travaux |>oliliques qui l'ont beaucoup trop occupé, nous dirons qu'il publia en 1823 son Traité de la légitimité, ouvrage très-remar-
dciurnt «I léger; mais il n'échappa pas an reproche de plantât, qu'il cul le déboire de s'entendre intimer par 1rs organes de la justire, et qu'il eut été si facile d'eviier par l'emploi de quelques guillemets. Les fartums les plus Injurieux animt renl la lune, ri Mille Brun soutint lui-même sa défense. Il renvoya a son adversaire les expressions de mépris et les outrages qu'on lui avait prodigues à lui-UH'ine, et il inonira, en se livrant a la discussion de» articles de lois qui lui étaient opposes, la facilite de son esprit il se plier à tous les genres; mais, comme le dit on biographe a qni nous empruntons ers détails, « cette preuve de moyens intellectuels ne compensa pas « la fâcheuse impression qui résulte pour un nomme de lettres d'à- « voir Ircuipe daus de pareils débats, s Nous avons sous les veut l'un des fartums publies par Malle llruii. ainsi que son plaidoyer, et l'on |*o l les citer comme des modèles de discussion ; l'on a pour litre : Aualyie fidèle (Tune diatribe de Jeaa-Oabrtel beat», u ditant éditeur de ta Geoaraphie de Ptnkertoa, contenant des lettres de désaveu contre J.-G. Dentn et des iruioiguages de plusieurs savants illustres, entre autres de M. ttanls, | résident <le la société royale de Londres; de M. le sénateur coinie Kr.un.ois de N'euftblteau, de MU. Btot, de Cbaleaubriand, de Huniboldl, Ijmgles, P.-C. Lévesque, membres de 1'lnslilol de France, etc. , l»aris (sans date), lit-8°. Malle-Brun Ht imprimer son plaidoyer sous re titre : Plaidoyer contre J-G. lient u. Ut taire, prononcé le i* novembre IBM, à l'audience du tribunal île première inManre dn ile|<arlement de la Seine, sixième chambre jugeant en police correctionnelle, par M. Malle Brun, l'an*, ISH, io-«» de SI p. A celle même audience du 2» novembre Malte Brun, avant son plaidoyer, avait faii distribuer un /"récit, auquel Dentu opposa une llèfulalio*, elr. Au surplus, dans le Journal de l' Empire, Malle-Biun trouva place pour ses défense» et récriminations, requi ne laissa pas d'ajouter t l'éclat de ce procès, [Ytf, le Journal de f Empire de l'année Mit, pasiim, depuis le 5 mai. —Malle Brun eut eucorc nne querelle» soutenir •vet Cadet de Cassirourt [roy. re nom), auteur d'un ouvrage sur la campagne de 1*09. qu'il axait critiqué dans son journal de la numn la plus mordante. Mais l'action un peu vive qui s'ensuivit ne fut point soumise aux tribunaux ; elle commença dans un rafe et se
plus d'un rapport, mais qui, se posant comme une espèce de transaction entre les principes ennemis des concessions, ne satisfit pas complètement les légitimistes et déplut aux libéraux. Fort heureusement, dés 181», Malte Brun était revenu à la géographie par la publication des Nouvelles Annales des Voyages, qu'il rédigea en société avec .M. Eyrièa, et depuis 1824 avec MM. Eyriès et la Benaudiére, quoique le nom de ce dernier ne ligure pas sur le titre de cette première série. Elle renferme, comme les anciennes Annales, une foule de mémoires et d'articles critiques de Malte Brun qui attestent ses connaissances varices et sa profonde intelligence des questions les plus ardues et les plus difficiles. Il fut, en 18-21, l'un des fondateurs de la société de géographie, et le secrétaire de la commission centrale pendant les premières années. Sa non réélection l'affecta péniblement, .et .celait une faiblesse de sa part. Ce titre, fort honorable sans doute, qti'ajoutait-il donc à sa haute réputation? Elle élail alors européenne. Il avait successivement donné les cinq premier! volumes du Précis. Le 6e, l'un des meilleurs de cet excellent ouvrage, parut en 1825. Mais alors les veilles répélées, l'excès du travail et un régime de vie excitant avaient gravement altéré la santé de Malte Brun. La vigueur et l'activité de sa pensée étaient les mêmes, mais ses forces physiques déclinaient rapidement; loin de les rétablir far le repos, il les épuisait encore en se livrant a une foule de travaux que d'indiscrètes imporlunités arrachaient a son obligeance. Lui seul ne voyait point son état, qui devint bientôt désespéré, et son zèle pour la science ne se ralentit pas un moment. Quelques heures avant d'expirer, il traçait encore pour le Journal des Débats, d'une main ferme et avec une grande liberté d'esprit, un article destiné à faire connaître l'atlas ethnographique de Balbi. Une attaque d'apoplexie l'enleva subitement le 14 décembre 1826. Sa dépouille mortelle, après avoir été présentée au temple protestant de la confession d'Augsbourg, fut portée au cinielière de l'Ouest, suivie d'un nombreux concours d'amis et d'hommes de lettres. La société de géographie, dont il fut un des principaux ornements, a fait élever un monument sur sa tombe. Peu de mois avant sa mort, les |iortcs du Danemark s'étaient rouvertes pour lui : le décret de bannissement avait été révoqué. C'était une de ces justices tardives qui ne méritent pas de reconnaissance. Son pays natal fut dur pour lui. La gloire du grand géographe ne lui appartient pas, elle est toute à la France. Malte Brun, homme de* science et d'imagination, est tout Français dans ses r écrits. Il l'est par l'art si difficile de la composition, par la clarté, I énergie de l'expression, et même on peut ajouter que le petit nombre de germanismes qu'on rencontre chez lui offre un certain caractère pittoresque qui ne déplaît pas toujours. I.a langue française était devenue la sienne, et il la maniait quelquefois comme nos grands maîtres, qu'il avait longtemps étudiés. Sa littérature était immense. Il avait le rare bonheur de pouvoir lire les grands écrivains de l'Europe dans leur propre langue et le
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bonheur non inoins grand de ne rien oublier de ce qu'il avait lu. À ces avantages il réunissait la faculté peu commune de rassembler en quelques lignes la substance de plusieurs volumes. Malte Brun s'est rencontré à une de ces époques de transi lion où la science sort des routes battues pour rentrer dans les I -voies nouvelles tracées par l'observation et le rai- 1 sonnenicnl. II a puissamment contribué à opérer en France une heureuse révolution dans l'exposition de la géographie. Il l'a popularisée par ses vues élevées, ses couleurs locales, ses aperçus piquants, son érudition sans pédantisme, ses tableaux animés et ses ingénieux rapprochements entre la terre et l'homme, entre le monde matériel et le inonde moral. Quels que soient les progrès de la science, le Précis restera comme un beau monument; il restera parce que Malle Brun, comme Strabon, son maître, s'est tenu toujoui-s loin des méthodes purement conventionnelles, si variables de leur nature, et que les chiffres statistiques prétendus rigoureux, et qui chang«nt cependant à chaque heure du jour, n'ont jamais desséché son travail. Savant plein d'érudition, il s'est occupé des masses; pour elles il a décrit la terre, et les masses lui en ont tenu bon compte, car il n'est pas en géographie de nom plus [ populaire que le sien. Malte Brun s'était fait par ses articles de journaux un très-graud nombre d'ennemis; aussi a-t-il été souvent jugé par eux avec toute la partialité de l'amour-proprc irrité. Ils l'ont fait dédaigneux, ils l'ont mis à genqux devant le pouvoir et la fortune, ils l'ont signalé comme égoïste, nous croyons même comme ignorant. C'étaient précisément les qualités contraires qui distinguaient Malte Brun. Nul n'obligea plus facilement ceux-là même dont il savait n'être pis aimé; nul ne fut moins docile aux exigences du pouvoir et des coteries scientiliques et littéraires; nul ne prenait moins de soin de son avenir et de ses intérêts. Malte Brun se passionnait rapidement comme toutes les âmes ardentes 11 niellait beaucoup trop d'inq>ortance à des erreurs scientifiques très-légères, et lors même qu'il avait cent fois raison, ce qui lui arrivait presque toujours en géographie, il perdait de ses avantages par les formes acerbes de ses observations. Sa mobile imagination, qui le servait si bien dans les descriptions animées de la terre et de ses liabilants, l'a plus d'une fois égaré dans des sujets de pure érudition. Malheureusement elle ne l'abandonnait pas dans les matières politiques, et là elle donnait à ses opinions un caractère de versatilité^ qui leur enlevai» toute importance aux yeux des hommes graves et réflééhis. Ses ennemis ne se bornèrent pas à le harceler sur ce dernier terrain, ils employèrent plus d'une fois contre lui cette police ombrageuse et crédule de l'cm-
(I) Ou l'a dit avec raison : « Malte Bran recherchant beaucoup,
■ mais ne puisant pas toujours aux meilleures sources, écrivain « brillant, niais rarement profond, a en la gloire de rendre le pre— « ntier la géographie lisible en France ; il a sacrifié aux Grâces sur ( l'aatel d'Uranie, et a ete le fondateur eu geegraphic <Tunc école a romanlUiae, connue Riner, parmi les Allemands a fondé la geogra-
■ pliie philosophique, et Balbi la géographie positive. » Dictionnaire 4» lé Com<r talion, t. M.
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pire, mise en jeu par d'ignobles dénonciations anonymes. Malle Brun fut surveillé pendant plusieurs années comme un conspirateur : c'était une véritable mystification faiuTSla ponce. Ceux qui l'ont connu savent s'il y avait en lui l'étoffe d'un conspirateur. Était ce donc une de ces ligures (taies et maigres qui faisaient trembler César ? A l'é|»oque dont il s'agit, Malte Brun ne s'occupait nullement de la France ; tous ses rêves ne sortaient pas de la |ni ninsule Scandinave. Voici la liste de ses principaux ouvrages : 1° Vaekkeren (le Réveille-matin), feuille périodique, Copenhague, 1795, plusieurs numéros. 2" Catéchisme des aristocrates (en danois), broch. in-8% Copenhague, 1796, salire violente de la féodalité et de la coalition. 5° Poésies (en danois), broch. iii-80, 1796. 4" Triajuncta in uno, broch. politique, Copenhague, 17U7, in-8°. 8° Géographie mathématique, physique et politique de toutes les parties du monde, par Mentelle et Malle Brun, 16 vol. in-8°, et atlas in-fol., Paris, 1803 à 1805. En 1817, on a fait à cet ouvrage quelques changements nécessités par la nouvelle division |>olitique de l'Europe. 6° 7ableau de la Pologne ancienne et moderne, Paris, 1H07, 1 vol. in 8°. Un assez grand nombre d'exemplaires, achetés par des spéculateurs et transporlés à VVilna, furent détruit lors de la prise de cette ville par les Busses, après la retraite de Moscou. Malte Brun se proposait de revoir cet ouvrage au moment de sa mort. Il en a |»aru une seconde édition entièrement refondue et fort augmentée par M. Chodzko, avec un essai historique sur la législation polonaise par Joatliim Lelcwel, et des fragments sur la littérature ancienne de Pologne par Michel Podrzaszynski, Paris, 1830, 2 vol. in-8°. 7° Annales des Voyages, Paris, 1808-1814, 24 vol. in-8°, ou soixante-douze cahiers, ïabie pour les vingt premiers vol., Paris, 1813, iu-8". C'est le premier recueil périodique spécialement consacré a la géographie, qui ait été publié en France. Il renferme un grand nombre de* mémoires originaux qui n'ont |>uint été imprimés ailleurs. 8* Voyages à la Cochinchine, etc., par John Barroiv, i traduit de l'anglais, avec des notes et additions par Malte Brun, Paris, 1807, 2 vol. in-8% et atlas. Cette publication est un ouvrage original dans plusieurs parties; le texte anglais n'est rien moins que suivi ; quelques cliapilres sont bouleversés; quelques suppressions et beaucoup d'additions ont été faites : parmi ces dernières, on remarque deux mémoires, l'un sur le Brésil et l'autre sur Java, une relation de Boushouanas, une dissertation sur la licorne, et une foule de notes plus ou moins étendues qui rectifient des erreurs géographiques, ou ajoutent des faits nouveaux. 9° Précis de la géographie universelle, Paris, 1810-1829, 8 vol. in-8°, et atlas. Les cinq premiers volumes ont été, en 1819 et 1820, réimprimés page |K)ur page, avec quelques corrections dans les noms de lieux et dans les chiffres de populations ; le 6e, le dernier volume que Malte Brun ail donné, est de 1825. Il avait rédigé les six ou sept premières feuilles du 7« vol. ; le surplus de ce volume et le 8« sont de M. Huot, auquel on doit également la nouvelle édition du Précis dont il a
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commencé la publication en 1831, 12 volumes in-8'. Celle troisième édition, très -augmentée ptr le continuateur, est mise dans un nouvel ordre. 10* Apologie de Louis XVIII, Paris, 1813, in-8». Cette brochure a eu trois éditions. 1 !• Le Spectateur, ou Variétés historiques, littéraires, critiques, politiques et morales, Paris, 1814-1818, 3 vol. in-8» (vingt-sept cahiers). 12* Nouvelles Annales des Voyages, etc., par J.-B. Kvriès et Malte Brun, Paris, 1819-1826, 30 vol. in-8^ 2* st rie du même recueil, juillet 1820 a 1£W inclusivement, par J.-B. Eyriés, la Renandiêrc et Malte Brun, 30 vol. in-8». Après la mort de ce dernier, Klaproih fut au nombre des principaux rédacteurs «les Nouvelles Annales, auxquelles l'auteur de cet article coopérait depuis 1821. Fnc 3* série se public depuis le commencement de 1851. 13° Traité de la légitimité, précédé d'une lettre à M. de Chateaubriand, pair de France, Paris, 1825, in-84. 11" Traité élémentaire de géographie, etc., 2 vol. in-8°, et atlas, Paris, 1851 : le plan seulement a été tracé par Malte Brun, et suivi par MM. la Benaudièrc, Hnot et Balbl, qui ont rédigé ce traité. I/histoirc de la géographie et l'aperçu de la géographie ancienne qui termine le 2e vol. ipptt> tiennent à M. la Renaudiérc. Dans ce travail, la partie mathématique de la géographie des anciens est dégagée, pour la première fois en France, des idées systématiques de Gossclin. On a publié, en 18-27, un Dictionnaire géographique, 2 vol. in-IOTrejm)duil dans les années suivantes sous le nom de Vosgien, qu'oïl annonce avoir été revu |«r Malle lïrûn èi enrichi d'un petit vocabulaire de mots génériques servant à expliquer le sens des mots géographiques les plus importants dans les principales langues. C'est une ébauche, un échantillon fort incomplet d'un grand travail que Malte Brun méditait. Ses principaux articles, insérés dans le Journal des Débats, ont été publiés sous ce titre : Mélanges scientifiques et littéraires de Malte Brun, etc., recueillis et mis en ordre par M. Nwhet, avocat à la cour royale de Paris, 1828, 5 vol. in-8". H a donné aussi beaucoup d'articles à la Biographie universelle. (Voy. sur la vie et les travaux de Malte Brun, Skildone, journal de Copenhague, janvier 1827 ; le Journal des Débats, notice nécrologique du 18 décembre 1826, par fhjviquet; Bory de St- Vincent, Notice t biographique, etc ; la llcnaiidière. Notice annuelle des travaux de la société de géographie, 1827; Iluot, notice placée en léte du 1er volume d* fa 5* édition du Précis tU la géographie universelle. L. R— B.
BRUNACCI, ou BRUNAZI (Jean), naquit à Montselice, dans le Padouan, le 2 décembre 1711. Après ses premières études, il entra, en 1725, au séminaire de Padoue, où il fit de grands progrès dans la théologie, et fut reçu docteur en 1751. Sa plus forte inclination était pour l'étude des antiquités et de l'histoire du moyen Age. L'ardeur avec laquelle il s'y livra lui fit visiter et extraire les archive! de Padoue, «le Venise, et de plusieurs autres villes, dans lesipiclles il recueillit des copies de diplômes, de chartes et de documents précieux. Le bruii de son ntérite étant verni aux oreilles du car-
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dinal Rezzonico, alors archevêque de Padoue, ensuite pape sous le nom de Clément XIII , celui-ci lui lit une pension, et le chargea d'écrire l'histoire de sou église. Celle pension ne fut jwyée à Brunacci que pendant «picl«[ues années. Il s'occit|>a de ce grand travail, et le. poussa jusqu'à la moitié du , 12° siècle. Il le composa d'abord en italien, et voulut ensuite le traduire en latin; mais sa mort, arrivée le 50 octobre 1772, l'empêcha de terminer celte traduction. Kllc ne va que jusqu'à la moitié du 1 Ie siècle. Ces deux ouvrages sont restés manuscrits, malgré l'utilité dont ils pourraient être pour l'histoire du Padouan. I.«>s talents et l'érudition de Brunacri furent appréciés par ses contemporains. Diverses académies, tant italiennes qu'étrangères , s'empressèrent de se l'associer. Il a laissé les ouvrages suivants :imde Re Nummaria Palavinorum, Venise, 1741, in-4°; réimprimé «lans le t. 2 du recueil donné |«r Pli. Argellati, de Monclis Italiœ. 2° Ragionamento sopra il tilolo di canonichesse nelle monache di S. Pictro di Padova, Venise, 1745, in-84. 3* Pomponatius Jo. Brunalii, dans le t. 41 du Raccolta d'opuscoli scientifici e filologici du P. Ange Calogera (roy. ce nom). 1" De Bencdicto Tyriaco-Mantuano Epistola ad Petrum Barbadicum. srnaforem Vcnrtum , dans le même recueil, t. 45. 5° De Fado Marchiw Epistola amico suo Calogera, j même recueil, t. 45. «• Epistola al P. Anselmo ' Costadoni, même recueil, t. 46. 7° Plusieurs lettres publiées dans les Novelle letterarie di Piteuse. 8° Supplemento al Tcatro nummario del Muratori , qui contient trois cents monnaies inédites. Ferrure, 17N0 : la plupart étaient tirées de son cabinet; il possédait en outre une prodigieuse quantité de monnaies du moyen âge, de sceaux, «le plombs, etc. 0° Lezione d'ingresso nell' accademia de Ricovrati di Padova, Venise, 1759, in-4», dans laquelle il traite de l'origine de la langue vulgaire du Padouan et de l'Italie en général. 10" Chartarum S. Justina Explieatio, Padoue, 1765, iu- {°. 11" Uttera al signor Niccolo Vcnezze, sur trois monnaies de la maison d'Esté, in-4°. 12- Vita delta B, Béatrice d'Esté, etc., ln-4'. 13* Conforli delta medicatura dcgli occhi, fadouc, 1763, in-4°, etc. — Va autre BRUNACCI ( Gaudcnce ) , médecin italien du 17^ siècle, fit imprimer, à Venise, un traité sur le quinquina ; il est intitulé : de Cinacina, seu pulvere ad febres, synlagma philosophicum, Venise, 1601, in-8'. R. G.
BRUNACCI ( Vioenzo), géomètre italien, naquit le 8 mars 1768, dans la patrie de Galilée, à Florence. Ses parents, qui d'alwtrd le destinaient au barreau, lui firent faire ses premières éludes aux écoles pies de sa ville natale; mais un gorit ou plutôt une passion irrésistible l'entraînant vers les sciences exactes , il abandonna la jurisprudence pour se livrer entièrement aux mathématiques, ou il eut ta bonheur d'avoir pour premiers guides les géomètres Canovai et Ricco. Vers la fin «le 1781, son père, pressé de lui procurer des moyens d'existence, l'obligea de suivre les cours de médecine à l'université de Pisc : mais sa passion dominante rendit presque
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sans effet les volontés paternelles ; et , en 17&o, il se livra, avec une ardeur toujours croissante, à l'analyse transcendante et à l'astronomie, sous les professeurs Paoli et Slop, s' occupant en mémo temps des mathématique» appliquées. Des répétitions qu'il faisait, ou des leçons particulières qu'il donnait aux élèves de l'université lui procuraient quelques ressources pécuniaires; enfin, lorstro'il eut fourni des preuves non équivoques d'un mérite aussi brillant que précoce, son avenir fut assuré, en 1T88, par sa nomination à la chaire do professeur surnuméraire de pliysiquo à l'université de Pise. Le grand-duc de Toscane, Léopold, instruit des belles espérances que donnait le jeune géomètre, voulut en tirer parti pour des travaux d'utilité publique; il lui accorda une pension qui lui fournit des moyens d'étudier l'hydraulique appliquée, et eu général la science de .' ugénieur, sous la direction de Pio Fantoni et de Salvclli. Tout en se livrant à ces éludes spéciales, il n'en suivait pas moins, avec la plus vive ardeur, relie des mathématiques transcendantes. Si l'on est curieux de savoir quelles étaient les jouissances delicitute» qu'il se procurait à des époques de l'année ordinairement consacrées aux amusements et aux plaisirs, on l'apprendra en lisant une note trouvée et écrite de sa main : Mia delitia net carntvale di que»t' nnno (iT89| era lo itudio délia JUeccaniea analitiea di Lagrange. On doit penser qu'ayant cette Mécanique analytique sous les yeux, il éprouvait un sentiment intérieur analogue à celui qui (it dire au Corrégo, à la vue d'un tableau de HaphaPl : Anch'io ion' piltore. En 1700, à tinfrt-deux ans, il fut nommé, par le grand-duc Fco|K>ld, professeur de mathématiques cl de science nautique à l'institut de marine de Livourne ; et le grand-duc Ferdinand, successeur de Léopold , réunit à cette place celle de professeur d'artillerie et de mathématiques des canonnier» et des cadet». F ne partie de l'année 1791 fut employée par lui à naviguer sur la Méditerranée pour y former les gardes royaux de la marine à la pratique do l'astronomie nautique. Les événements |>oli tiques et militaires qui troublèrent l'Italie à la lin du dernier Biècle dérangèrent aussi beaucoup Brunacci dans ses pacifiques occu (Mitions, et ce fut même par suite de ces événements qu'il vint, a la fin de l'année 4799, a Paris, où il eut occasion de se lier avec les principales notabilités scientifiques de cette capitale, qui possédait alors Lagrançe, Laplace et tagendre. LTtalie étant devenue plus tranquille a la lin do 1809, Brunacci y retourna et fut nommé professeur de mathématiques a l'université de Pisc, en remplacement de Paoli, qui avait obtenu sa retraite. Bientôt après , en I8tlt , il fut appelé à une chaire plus importante, celle de professeur île mathématiques transcendantes à l'université de Parte, dont il a ensuite été trois fois le recteur. Là il ne se borna pas à exercer, avec un grand succès, les fonctions d'enseignement qui lui étaient confiées, il voulut encore introduire dans le système général des études des améliorations dont une de» principales était de prendre pour base de l'exposition de l'analyse transcendante la
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I belle Théorie de» fonction» analytique» de lagrange. Si l'on n'a pas généralement attribué à ce mode d'introduction à la haute analyse la même importance qu'y mettait Brunacci, cette apparente dissidence tient à des considérations particulières applicables au but matériel des études qui ont pour objet certaines applications pratiques, et laisse dans I sa plénitude entière l'admiration qu'Inspirent les , sublimes conceptions de Lagrange (I). Ses soins pour perfectionner renseignement théoriquo ne lui firent |*as négliger les objets de pratique ; on peut le regarder comme le fondateur du cabinet d'hy- ! dromélrie et de géodésie de l'université de Pavie.
Il fut, en i803, compris parmi les trente premiers i membres ( dont le nombre devait être |K>rlé à soixautc) de l'iustiliil national italien des sciences, lettres et Rtts; il reçut, l'année suivante, la décoration de la Légion d honneur, cl, eu 1890, celle de ( la Couronne de fer. L'académie de Berlin, en I8H, | et celle de Monaco, en 1812, le placèrent sur la liste de leurs associés correspondants, et il devint ! successivement membre des principales sociétés *a- ; vantes d'Italie. Cependant, It» travaux do pure
(4) Les fondateurs de l'école polytechnique menaient la plnsbaulc iniporlauce a voir Lagransie attache à rc célèbre établissement, el le grand géomètre Cal, ib s le début, inscrit en première ligne sur la lislc dis professeurs d'analyse. La gloire de l'école étant Icpriuripal . objet dételle inscription, un se gaula bien d'imposer à Lagrange les I fatigues el h* rmbai ras du professorat, assujetti au régime de l'école, on lie l'enseignement tenant an système tpéciat de l'Instruction des rlevis, dout l'auteur du prcseul arlirle, qui avait l'insigne honneur ilYtre nui collègue, resta exclusivement charge. On laissa à Lagrjuge la fa-ulié de f.ilre, aux jours rt heures qui lui conviendraient, des H"ir» sur quelques partie* di'S mathématique* dont le choix restait a M disposition. Ce lut |«>ur repoudrr S cri aji|ict qu'il composa m Thiorietlti («HCitatu analytiques, comptée, avec raison, |<anui les plus belles productions de ce grand génie, el qui fat publiée d'al-ord dans le V cahier îles recueils de l'école polytechnique, puis dans des édilioas séparées. Cette llirorle est assurément une Ircs-iniérr&sanle partie de ce qu'on pourrait appeler l'élude pureiuenl phltosophieue des mal bernât iqucs ; mais, qnaud il s'agit de fane 4c. l'analyse transcendante ON tmlriimtnt ircxploi.il ion pour les questions que présentent l'a<tnmi mie, la marine, la géodésie et les dit*fé rente* branches de la scicitede l'mgeutear, la considération des Infiniment petits conduit au but d'une manière plus facile, pins prompte, plus immédiatement adaptée a la naïuie de ce* questions, et voila ponrqnoi la méthode ItibnUtemt a, en gênerai, preva'ti it.ins le* écoles françaises. Ce n'est pas ici le lieu i'exposcT avec détail te* motifs de celle |<reterrncc ; d'ailleurs les lecteurs instruits regarderont une pareille exposition connue tout a fait sii|tei'flue lorsqu'ils sauront qu'eu résultai elle ne ferati que reproduire l'opinion de deux savant* lels que l.aplare et Poisson. Le premier s'est rsisilivemcnl expliqué, dans plusieurs séances dn conseil de iierfcclionucnicnl de l'école polytechnique, sur les avantages de l'emploi de la méthode UibailiCMC; dans les leçons données aux élèves de relie école, le second ne s'est jus 1« rue a une adhésion verbale. Il a adopté, dans l'édition de 1*33 de sunexeelleni traite de mécanique, l'emploi eiclwtif de la méthode des iafinimeui pHilt. ci consacre quelques pages de son introduction a une ev|n*siiton succincte des principes uY eeJ^j»ieilio<le (t. I, p. U et saiv ). La Thforit dt* fiwtioni nn<mîWjn(< n'eu sera [ms moins on supplément tn-s-inieressant aux études remplissant les comblions de première nécessite, et sera même mieux ronc.BC a la suite de ces élude» qu'elle ne l'aurait été au|iaravant. lie jeunes Italiens qui, ayant suivi des cours d'analyse malbi uiailqtie a SliLu, a Pavie, etc., sont venus compléter leur instruction en France, ont déclaré a l'auteur du présent article qne ce qu'il» appuient it mttixSn laamaoitM ne lear avait paru bien clair qu'après la C4>ui»a(s»uurc acquise dau» les école» françaises de lamelliode tettuilume. Il faut ajoujjf que Biunacci avaii préparé, facihle cette fusiou des. .leux mellMes \at son mode d'exposition et de
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théorie n'ont pas été les seules occupations de sa vie : il fut employé, en 1806, à la confection d'un projet de haute importance, celui du canal navigable de Milan à Pavie. Ce projet envoyé en 1806 a Paris, fut soumis à l'examen de l'auteur du présent article, dont le rapport donna lieu à quelques discussions polénùques entre le savant Italien et lui. En 1807, Brunacci fut nommé inspecteur général des eaux et chemins, et chargé de la direction des travaux du canal navigable de Pavie ; mais il n'a pas assez vécu pour en voir la lin. Il continua a s'occuper, depuis 1807 jusqu'en 1814, avec une constance et un zélé «lignes des plus grands éloges, des travaux cumulés de rédaction d'ouvrages destinés à l'impression , d'enseignement de physique et d'hydraulique expérimentales, de rapports, d'opérations sur le terrain, etc. ; il fut, en 1811, nommé inspecteur général de l'instruction publique. En 1814, la Lombardie rentra sous le gouvernement autrichien, et Brunacci, dont le mérite était généralement reconnu et apprécié , fut maintenu dans les fonctions qu'il exerçait à l'université de Pavie. L'amour de la gloire, un ardent désir de se rendre utile, le dominaient tellement qu'ils lui faisaient oublier le soin de sa santé, de sa conservation personnelle : c'est à cet ouhli qu'on attribue les progrès d'une maladie intérieure qui, négligée, rendit inutiles toutes les ressources de la médecine. Il fut enlevé aux sciences, à ses nombreux amis et à ses élèves, |K>ur qui sa mort fut un sujet de deuil et de désolation, le 16 juillet 1818, âgé de 50 ans et 3 mois. Pendant les dix - sept années écoulées depuis ce déplorable événement jusqu'à l'é|K)quc actuelle (1844), Brunacci aurait certainement, et par de nouveaux ouvrages, et par l'influence que lui donnaient ses fonctions de professeur et d'inspecteur général de l'instruction publique , et par la haute considération dont il jouissait, rendu de nouveaux services aux sciences, et, ce qui augmente bicu sensiblement les regrets de sa perle, il lui resterait encore, d'après les chances ordinaires de la vie, quelques années à leur consacrer. Les homma. s, on pourrait dire le culte, rendus à sa mémoire eu Italie , la haute admiration avec laquelle il est mentionné dans les biographies de ce |»ays, s'expliquent et par le mérite de ses ouvrages, et par les services éminents qu'il a rendus à l'inslrucliou publique. Il est hors de doute qu'il a p'Iaeé en Italie cette Instruction bien au-dessus de ce qu'elle était avant lui ; et, comme les professeurs italiens les plus distingués sont ses élèves, on a la garantie du maintien de l'étal de perfection où il a laissé l'enseignement. Ses premières publications portent la date de 1792, les dernières celles de 1815; leur nombre et leur étendue auraient été plus que suffisants pour remplir tous les instants d'un auteur exclusivement livré au travail de cabinet , et l'on voit avec étonnement que Uruuacci ait pu rendre leur composition compatible avec les fonctions, les occupations multipliées auxquelles il était obligé de sacrilier une iwrtie notable de son temps. Voici la liste de ses ouvrages plus complète
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I quelle ne l'est dans aucun recueil français (1) : ' 1" Opuscolo anatilico $opra l'inlegrasione dette I equationi a différente finite , Livourne, 1792. 2° Traltato di nauiica, trois éditions ; la dernière , posthume, de 1819. 3° Calcul, délie equationi lineari, Florence, 1798. 4° Ânalisi derivala, Pavie , 1802. 5° Memoria topra i principj del caleolo differenziale e intégrale, dans le recueil de l'institut de Bologne, 1806. 6* Memoria sut galiegiante eompotto, ibid. 7° Memoria su i eriteri per distinguer* i manimi dai mini mi neW ordinario caleolo délie variaxioni, idem. 8° Corto di malematiea mblime , 4 vol., Florence , 1804-1810. Le même, abrégé, 2 vol.. Milan. 9° Varie memorie di meeanica animale, dans le Journal de Physique et de Chimie, Pavie. 10» Esperienze idrauliehe, ibid. 11° Tenlaliva per aumenlarc ta portala de' mariai di bomba, ibid. 12" Ditcorso sugli effelti délie ali nelle frecce, ibid. 13* Discorso sul retrocedimento che h scappare de' (luidi produce ne' ra$i che ii conlengono, ibid. 14° Memorie sulla dotlrina detl' atlraiione capillare, ibid. 15° Sut' ur/o de' fluidi, ibid. 16» Suit» misura délia percossa drll' acqua sull' acqua, ibid. 17° Noia sopra gli equilibrj , ibid. 18* Memoria sopra le soluzioni parlicolari délie equazioni aile différente finitc, Vérone, 1808. 19° Memoria sopra le pratiche usale in Italia per ta distribution* délie acque correnti , Vérone, 1814; ouvrage couronné l>ar la société ilalienne des sciences. 20° Memoria sopra i principj del caleolo differenziale , ouvrage couronné par l'académie de Padoue. 21° Traltato detl' ariete idraulico, deux éditions 1810-1815. On trouve de plus grands détails sur Brunacci dans le 208" volume du recueil ayant pour titre : Biblioleca scella di opère ilaliane anliche e moderne , Milan, 1827. „ P— HT.
BRUNCK ( Bichaiid-François-Philippe), ancien commissaire des guerres et receveur des finances, membre associé de l'académie des inscriptions, et depuis de l'Institut national, naquit à Strasbourg, le 30 décembre 1729. Il fut élevé à Paris chez les jésuites de la rue St-Jacques, cl lit d'excellentes études ; mais étant entré dans les affaires immédiatement après le collège, il négligea ces heureux commencemctiLs. Ce ne fut que longtemps après qu'il revint à la liuérature, et prit pour les poètes de l'antiquité celte passion qui a fait sa gloire et le charme de la plus grande |iartic de sa vie. Etant en quartier d'hiver à Gicsscn, |>cndant les campagnes de Hanovre, il se trouva logé chez un professeur, qui, |«r ses conseils et par son exemple, réveilla chez lui le
fl) L'ouvrage numéroté II cl quelques attire* contiennent des recherches et des solutions de problèmes sur lesquelles Brunacci est eu dissidence avec des géomètre*, parai lesquels se trouve le célèbre Laplare. Pour donner a l'exposition de ces controverses quelque clarté et quelque intérêt, il faudrait entrer dans des détails que ne comporte pas un article de biographie. An surplus, la pins importante de ces |wrféniiqucs a en pour objet la Tkiorie de l'action capillaire, et cem qui voudront se procurer tontes les ressources désirables pour juger, apprécier en parfaite connaissance de cause ce qui a été publie sur cette matière, les trouveront dans l'excellent ouvrage de Poisson avant pour Utre I tiomulle Théorie it TectimvafiH(ùre, Pari*, isst.
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gont des lettres, et le ramena à la lecture des classiques. Revenu à Strasbourg, Brunck donna à l'étude du grec tous les moments dont il put disposer. On le vit, âgé de trente ans, et revêtu d'une charge publique, aller, ses livres sous le bras, aux leçons particulières du professeur de grec de l'université. Ce professeur était un homme de peu de goût, mais qui possédait à fond le matériel et le mécanisme de la langue. Jl n'en fallait pas davantage à Brunck. Doué du goût le plus exquis, du sentiment le plus délicat des beautés littéraires et de l'harmonie poétique, il n'avait besoin que des leçons d'un grammairien. L'enthousiasme qui lui avait fait entrepren- i dre cette pénible étude s'augmenta tellement par le : plaisir d'en avoir surmonté les diflicullés, qu'il en j vint à se persuader que toutes les négligences qu'il j remarquait dans les poêles grecs n'étaient que des négligences de copistes. Dans cette conviction, il corrigeait les vers, les déplaçait, les bouleversait avec une audace souvent heureuse, sous le rapport du goût et du sentiment poétique; mais ces hardis changements, que les anciens eux-mêmes n'auraient peut-être pas toujours désavoués, étaient, sous le rapport critique, absolument condamnables. Des personnes qui l'ont connu, et qui ont vu sa bibliothèque et ses manuscrits, nous ont appris qu'il s'était abandonné, sans aucune réserve, à cette fureur de corriger, principalement dans les notes marginales de ses livres, et dans les nombreuses copies qu'il faisait des poêles grecs, pour son plaisir encore plus que pour son usage. Renfermés dans l'enceinte du cabinet de Brunck, ces badinages philologiques étaient sans conséquence ; et, s'il y a un plus utile emploi du temps et de la science, il n'y en a guère de plus innocent. Malheureusement cette manie capricieuse de refaire les textes Jé]>are aussi quelquefois les éditions qu'il a données au public. Bien qu'il y ait été beaucoup plus circonspect et plus prudent que dans ses travaux particuliers, oe|>endant il corrige trop souvent sans autorité et de pure fantaisie ; aussi le voit-on, en plus d'un endroit, se repentir en note de la correction mise dans le texte, en proposer une autre, dont il se repent encore dans le supplément. Cette légèreté, cette témérité, diminuent beaucoup la confiance du lecteur érudit, et l'on ne doit user qu'avec précaution des éditions de Brunck, même des meilleures. Mais ces défauts, quoique très-graves, ne doivent pas nous empêcher de reconnaître que ce grand critique a rendu à la littérature grecque des services signalés , et que, depuis la renaissance des lettres, peu d'hommes ont aussi efficacement contribué à leurs progrès. Ce qu'il a fait dans un espace de vingt ans est véritablement étonnant. Il y a tel de ses ouvrages, Y Anthologie, par exemple, ou Aristophane, ou Sophocle, qui seul eut pris à un autre savant la moitié du temps que Brunck a mis à les faire tous. Au reste, il est juste d'observer que sa méthode était fort expéditive. Il évitait les recherches d'érudition ; il ne faisait point de commentaires, | unit de dissertations; il établissait le texte sur la comparaison des éditions, sur le collationnemcnt fort succinct des manuscrits, sur ses
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conjectures et celles des critiques, et n'écrivait, m général, que de courtes notes, où il parlait des changements qu'il avait faits, ou de ceux qu'il vou - • Irait faire. J'ajoute que Brunck avait beaucoup de loisir; de plus, il était riche, et ne dépendait point des caprices des libraires. Quand il avait préparé une édition, il pouvait la faire imprimer sans dt lai ni lenteurs. Son premier ouvrage est Y Anthologie grecque, qu'il publia sous le litre iY Analecta vete-l'uni Poetarum grœcorum (Su-asbourg, 1776, 3 vol iu-H"). Outre les épigrammes connues, et la parti i jusqu'alors inédite de Y Anthologie, ce recueil contient Anacréon, Callimaque, Théocrite, Bion, Moschus, et plusieurs petits poèmes que l'on est à la foin étonné et charmé d'y trouver; car ils n'apparuVn • nent réellement pas à I Anthologie; aussi M. Jaoubs a-t-il pu se croire autorisé à les retrancher de la réimpression qu'il a donnée des Analecta. Comme critique, Brunck a dans celte édition commis dî très-grandes fautes. 11 a perpétuellement corrigé le texte d'une niauière arbitraire, et n'a même pas eu l'attention d'en avertir en noie. Le savant Wytlenbach, tout en louant la doctrine et le zèle de l'éditeur, a fort justement blâmé cet excès de témérité et d'inexactitude. (Voy. Dibliotheca crilica, t. h", partie 2, p. 41.) Brunck, qui avait fait entrer Anucréon dans son recueil des Analecta, en donna, en 1778, une petite édition séparée, de format in-10, et le lit encore réimprimer deux fois en 1786. Ces deux dernières impressions, pour lesquelles Brunck profila des bonnes leçons du manuscrit du Vatican, offrent chacune des différences, que Larcher a soigneusement indiquées dans les Mémoires de l'aeademie des inscriptions (t. 48, p. 237). Dans cet intervalle de huit années, entre sa 1™ et sa 2* édition d'Anacréon, Brunck avait été occupé de travaux d'une haute importance. En 1770, il donna en deux petits volumes, et comme essai d'une collection complète des poètes dramatiques grecs, YElectre et l'C*'dipe-Roi de Sophocle ; YAndromaque et YOrette d'Euripide . Schweighauser, si connu par ses excellents travaux sur les historiens grecs, en fut l'éditeur. Le Promélhée, les Perses, les Sept devant Thèbes, d'Eschyle, et la Alcdée d'Euripide, parurent aussi, en I77Ù, réunis dans un volume, auquel se joint naturellement un autre volume, publié l'année suivante, et qui contient Yllécube, les Phéniciennes, YHippolyte et les Bacchantes. Ces différentes éditions, dout la critique était en général sage et réservée, dont l'exécution était très-belle, donnaient la plus grande impatience de voir le Sophocle complet, dont Brunck annonçait la publication comme prochaine; mais il se laissa distraire par d'autres idées. Ensuite on vit paraître les Argonautiques d'Apollonius de Rhodes, corrigés avec un soin et une exactitude remarquables (Strasbourg, 1780, in-8") ; mais on regretta que Brunck n'eût pas fait imprimer le scoliaste. Apollonius était un des auteurs favoris de Brunck, et il avait commencé à le traduite en français. Quand il sut que Caussin (roy.ee nom) en préparait ul » traduction, il lui envoya tous ses papiers, et, comme il les appelait, « ses broulilles sur Apollonius;»
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mais ce n'était qu'une faible ébauche, dont Cautsin ne put tirer une grande utilité. La publication d'Apollonius Tut suivie de celle d'Aristophane, (Strasbourg, 1785, S vol. in-8» ). Quoique cette importante édition porte quelques marques de précipitation, elle n'en est pas moins, pour la critique, inllnimcni supérieure à toutes celles qui existaient alurs, et ou ne l'a pas encore surpassée. Rrunck joignit au texte une excellente traduction latine, et il la disposa typographiquemcnl de manière que l'on pût se la procurer a part. Sous le titre de rtM miimt, tive Gnomici Poetm graei, il donnn, en 1784, dans un petit in-8« parfaitement imprime (comme le sont, au reste, toutes ses éditions), les fragments de Tliéognis, de Solon, de Slmonide, et plusieurs autres morceaux de poésie didactique et morale (1). Drunck, qui n'avait point négligé les lettres latines, mit au jour, en 1785, une édition de Virgile, qui est fort estimée pour la correction du texte; elle reparut, eu 1789, de format in-4» : la première impression était in-H». Le Sophocle, si longtemps désiré, et retardé par t int d'obstacles, fut enfin publié à Strasbourg, en 1780, et remplit Patiente des savants: c'est le dtcf-d\ruvre de Drunck. Celte édition de 1786 est en 2 vol. in-!-; en 1788, il en parut une autre, ibid., 3 vol. iii-8°, qui ne fut tirée qu'à deux cent cinquante exemplaires ; elle renferme quelques notes de plus que la précédente, mais on y a omis les scolieset l'index. Il y en eut une 5', ibid., 1780-89, 4 vol. in-8" (2). Le roi, à qui Drunck avait offert un exemplaire in-4°, imprimé magnifiquement sur peau de vélin, lui accorda, en récompense de ses utiles travaux, une pension annuelle de 2,(100 francs. Drunck perdit celte pension à l'époque de la révolution, mais par la suite elle lui fut rendue. Comme sa traduction d'Aristophane avait prouvé qu'il connaissait parfaitement le style des comiques latins, on le pria de revoir le Piaule, publié en 17SK dans lu collection de Deux-Ponts, et les soins qu'il donna a cette édition In firent beaucoup rechercher. Vers ce temps, la révolution française vint interrompre ses études littéraires. Il entra avec ardeur dans les nouvelles idées, et fut un des premiers membres de la société populaire «le Strasbourg Au reste, ses amis ont rendu témoignage à sa modération ; et ce qui la prouve encore mieux, c'est que, pendant la terreur, il fut enfermé à Besançon, et ne sortit de prison qu'après la mort de Robespierre. En 1791, il avait été obligé, par des raisons de fortune, de vendre une portion de sa bibliothèque; et il fut, en 1H0I, forcé de recourir encore à cette ressource. B aimait ses livres passionnément, et celle privation lui fut d'abord Irès-amère. Quand on parlait devant lui de quelque auteur qu'il avait possédé, les larmes lui venaient aux yeux. De ce moment, les lettres grecques, auxquelles il devait sa réputation, lui de-
(•) O rrr neil a Ht rilmprlœe avec de nouvelles notes el des iniiex,
Letprin, 4817, lu ■•. en-»
(ij Le Sunbntkdc Branrka élé n'imprime PluM.iim foi» d.-|«ia, noiawiwf.i a Lciuwl ,„ uoc, eu OUurd en l»ufl et 1*1*, I vul. tu Cm éditions ml iiifcrieww t-ouî ions les rapports a r«llo» «e Mmbourg. Cn— * .
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I vinrent tout à fait odieuses : Il conserva pourtant quelque goût pour les poètes latins, et fit Imprimer une su[*rbe édition de ïérenee : P. Terentii Comadia, ad fidrm oplimar. édition, reeensilte, DAIe, 1797, grand in-T. Plautc devait |>arnHre dans le même format : c'était le désir de Drunck, et son travail
; était tout prêt pour l'impression ; mais sa mort, arrivée le 12 juin 1803, empêcha l'exécution de ce projet. Le manuscrit de Plautc csl entre les mains d'un libraire de Strasbourg, qui en a fait espérer la publication. On a remarqué que Brunck, qui a publié tant de poètes grecs, n'a jamais remis à l'imprimeur un exemplaire imprimé d'une édition antérieure; il donnait toujours un texte écrit de sa propre main. Lorsqu'après avoir fait une copie bien nette d'un auteur qu'il destinait a l'impression, il trouvait nécessaire d'y faire de nombreux changements, il le transcrivait de nouveau d'un bout à l'autre. C'est ainsi qu'il a copié deux fois tout Aristophane, et Apollonius au moins cinq fois. Plusieurs de ces copies sont conservées aujourd'hui à la bibliothèque royale de Paris, avec beaucoup d'autres papiers de la main de Drunck. Au nombre des plus intéressants est une lettre française sur le Longus de Villoison. Drunck, qui était tranchant et très-caustique, comme ses notes imprimées n'en offrent que trop de preuves, critique Villoison avec fort peu de ménagement. Un éditeur de Longus pourrait extraire de cette lettre quelques bonnes observations ; Dast, dans ses remarques sur Grégoire de Corinlhe, en a cité un passage assez curieux (II. B — ss
BhUNDAN ( Lmz-PbrBIBà }, né a Porto, dans le 10' siècle, d'une famille illustre, était à la fois poète et guerrier. Il fut l'ami du célèbre poète Corte Ileal, et il a été représenté comme honorant sa |>atrie par sa valeur, et la charmant par ses beaux vers. Il avait été gouverneur de Malacca qu'il défendit contre le roi d'Ackem, en 1MJ8, et il combattit et fut fait prisonnier dans cette journée d'Aleaçar-Kcblr, qui fut si fatale aux armes portugaises et qui coûta la vie au roi Sébastien ( 1378). Cette mémorable catastrophe a inspiré A Drundan un poème épique en dixhuil chants, bizarrement intitulé Etcqitida. Il renferme une foule de morceaux très-longs, très-ennuyeux ; mais l'auteur rachète ce grave défaut par un style sombre et triste, qui touche profondément. On y remarque le récit de la bataille et un épisode sur les malheurs de I.éanor de Sa. Ce sont deux morceaux écrits avec âme et où l'on trouve des beautés frappantes. I.uiz Perdra Drundan mourut vers la fin du 10* siècle. Ou ne sait rien de plus sur sa vie. Un critique judicieux, M. Sané, a dit en parlant de lui : « Les contrastes de nature et de mirtirs, « que prodiguaient aux pinceaux des poêles les hor- « (les arabes aux prises avec les chevaliers chré- « tiens, honorent toujours l'inégal talent de Luiza Percira. a F— a.
(I) Miy. l'exeelletite édition de Grégoire de Cnrinihe donnée pr Bj»t, 8fh>pf<r cl M. Bot«wiud<' , auteur de rrt arilrle > ii"referù Cortulki tt aller. grtmmaticorMm litri Ht bmlflh li»mm
srtreie, jki/'U» nid. «sur primtii* M0f, W-mieiM 1/oico/m/j hkr île
rsnm p*»»*™^»», LetpHr*. t»u. in-*, ne Cm- 5.
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il HUNE (GliILLAliMB-MARIK-ANNE), maréchal
ds France, naquit le 13 mai 1765, à Urivcs-la- Gaillarde. Son pére était avocat, et un de ses oncles, ofiieier Ue cavalerie, portait la croix de Si- Louis. Apre* «voir fait d'assez bonnes études chez •es doctrinaires, brune se décida pour la carrière du droit et se rendit à Paris afin d'y prendre les formes de la procédure. Il y perdit a peu près son temps; et I unique fruit qu'il tira de sou séjour dans la < <<pitale à celte époque, ce fut le plaisir de se voir imprimer, nous dirions presque de s'imprimer luimême ; car dis bancs de l'école de droit il passa, pour vivre, a la casse de compositeur, et il rêvait littérature en faisant du la ly|iographie (I). C'est dans cette position que le trouvèrent les premiers événements de la (évolution. Ayant alors acheté une petite imprimerie, il dirigea seul, depuis le premier numéro jusqu'au 50 octobre 1789, le Journal général de la cour et de la ville, connu depuis sous le nom du Petit Gauthier (2). Mais il ne concourut pas longtemps à ce journal fort opposé a la révolution, dont Brune adopta les principal avec beaucoup d'enlhousiasme. S'élaut placé dans les rangs de la garde nationale, il s'y lit remarquer par sa luiute taille, sa figure martiale et l'ardeur de son patriotisme. Il s'associa dans le même temps au club des jacobins, et il eut part à toutes les iulrigut-s, à toutes les émeutes du parti républicain, qui îles lors coumieu<;ail à surgir. Ses presses furent saisies à la suite de la révolte du Champ de .Mars, et il tut nus un instant en prison. Bientôt délivre par la croissante puissance de Danton, il se voua corps et àme à ce fougueux artisan de révolutions, et prit |>art à ses complots contre la royauté; puis, quand la journée du 10 août n'eut plus laissé d'autorité légale à Paris, il quitta le second bataillon des volontaires de la Seine, dont il était l'adjudant, et vint dans la capitale, où il l'ut créé adjoint aux adjudants généraux de l'intérieur, le & septembre 1702. C'était le moment où l'horrible commune faisait égorger ses prisonniers de Paris, de Meaux, d'Orléans, etc. On a été jusqu'à dire que Brune tut un de ses agents dans ces affreux massacres : rien ne l'a prouvé. Ce qu'il y a de sur pourtant, c'est (nie cette é|>oquc fut le commencement de ses succès et le prélude de ton élévation. Be simple adjudant dans un bataillon de volontaires, Il devint tout à coup colonel-adjudant général (12 octobre 1792), suivi! eu celle qualité Dumouriez en Belgique, et contribua par sa bravoure
(1) Bruue publia, en 1788, un Voiia/e pittomett rt tenltmtnlal
data plusieurs prwhct* occidentale* de la France (en [.rose et en vers , i vol. 1(4», réimprimé en twtt et isoa, in-IS. Il tic mil pw «on nom à cet outras"", fait dans le goût frivole de l'époque, et où se trouvent les détails un pea long* des vacantes prise» p.rr te jeune écolier chez des amis du Poilu» et de IWngoutnni*. V— VI.
(2) Le Jovrnil feutrai de k cour et de la rille, rédigé par Brune, JùorRninc de St-Meard el Gauthier, paraissant tous tes Jours en mie demi-feuille iii-h*. C'était un de ces Journaux de l'aristocratie qui aWrent pins se mdniivr après le 10 MM. lt avait pour devise : Tout (m*e<tr de journal doit tribut an «M/m. Ainsi Bruno, rjol fut depuis l'ami de Danton ri l'ardent coopéra leur de ses œuvres,- avait été d'abord le collaborateur de Jotirgnlac de St-Méard. (Voy. ce *"»•) V— vi.
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aux succès qui signalèrent l'invasion de cette contrée. Après la défaite de Nerwindc, il fut chargé de rallier les troupes, el ■'acquitta de celte tache avec assez tle fermeté. Ses amis de Paris l'envoyèrent ensuite contre les fédéralistes du Calvados qui, sous le commandement de Puisaye (1), s'étaient avances jusqu'à Vernon. Brune, en même temps chef d'étatmajor et commandant de l'avant-garde, réprima ce mouvement en peu de jours. Ce facile succès éleva très-haut ses prétentions, et il ne visait a rien moins qu'au ministère de la guerre, lorsque Danton lui fit sentir que de telles espérances étaient ridicules. Pour consolation, on le nomma général de brigade, et il retourna a l'armée du Nord, où il donna de nouvelles preuves de courage à la bataille d'Uoudsehoote. Le comité de salut publie le lit revenir pour qu'il allât étouffer les symptômes d'insurrection qui se manifestaient dans la Gironde et il s'acquitta de cette mission avec rigueur. La chute de Danton le lit rentrer dans l'obscurité (2); mais la révolution du 9 thermidor, faite par les dantonistes, qu'elle rélwbilita, le remit sur la scène. 11 suivit Fréron dans les départements du Midi, et le seconda principalement à Marseille cl dans Avignon. Au 15 vendémiaire, Barras lui donna de l'emploi, et il commandait un poste au bas de la rue Vivienne, d'où avec deux obusiers il tira sur les scclionnoires qui étaient à Feydeau. Celte mitraillade, en le mettant un instant sous la direction de Bonaparte, qu'il avait vu dans le Midi, resserra ses
(I) Puisaye, qu'on vit trahir tons les parti», remplaça, dans le
conimandemenl de la petite armée fédéraliste, le baron de Winipffc», qui. ayant vn rejeter Mer indignation, par les députes fugitif* réuni* s Caen- *>n !"■"}<•' «> H»'" te docd'Yorrk sar le trrtne de France, s'était embarqué sur un yacht anglais qui l'atiendait a l'eniboerbnre de l'Orne. Depuis quelques jours, la commune et les jacobins de Parts étaient en alarme. Le général Beysscr, mort bientôt après sur l'ecliafand, mènerait de conduire tambour ballant sa petite armée sur la place dn Carrousel. Mais r'elail Puisave qui commandait es chef. L'armée parisienne était ca partie composée de te qu'on appelait les Aéro* Ue iCftemire. Ils étalent si étrangers au métier des armes, qu'après avoir fait jooer leur mauvaise artillerie, Ils faisaient rentrèr les canons dans la ville pour les recharger. Leur victoire fut pen glorieuse : le combat Uni, les deux armées, saisies d'une panique égale, se mirent en retraite chacune de son coté, cl se trouvèrent le lendemain séparées par nnc distance de dix a douze lieues. Mai- le régiment des dragons de la Manche, qui avaient pris parti pour les fédéralistes, ayant fait défection, et la plujart des départements de l'Ouest, trop occupes par la nécessité du résister sai Vendéens, n'ayant pu envoyer leurs contingents, l'armée fédéraliste se trouva réduite à un bataillon du Finistère et à deux compagnies de la Mayenne, en tout 6X0 hommes. Ainsi les h-ros de septembre ne lardèrent pas a l'emporter, et le gouvernement révolutionnaire put établir sans résistance. V-tk
(J) Lorsdel'iirestatlon de Danton, ses amis espérèrent un moment que Brune se mettrait à la tète d'un rassembioment. et irait arracher Danton I ses bourreaux ; mats 11 se tint prudemment chez lui. Le danger passé. Il alla faire sa cour a Robespierre, et se lit le complaisant de la famille Dnptay, au sein de laquelle vivait te farouche dictateur. L'histoire ancienne nous montre Philoprrmen fendant du bois pour la femme de sou bote, qui, a son humble costume, l'avait pris pour un valet. La chronique scandaleuse de la révolution nous fait voir le beau général Brune épluchant des herbes noer complaire a madame Duplay, excellente ménagère, qni, bien que son mari fat un menuisier fort a son aise, n'avait pas renoncé anx modestes soins de la cuisine. G race a celte conduite, plus habile que généreuse. Brune ne fut point Inquiété sons la tyrannie de Passas-
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]ir.ns avec ce général. Il ne raccompagna pourtant pas en Italie dès le commencement. Retenu à Paris pur son protecteur Darras, il resta de service au camp de Grenelle, et déploya toute son énergie à l'affaire duIO septembre 1791», contre les babouvistes. C'est m la suite de cet événement qu'il partit jiour l'Itali\ Il y arriva au moment où Bonaparte venait de s'ouvrir la Lombardic, et commanda une brigade de la division Masséna. Il se distingua dans tout le cour? de la campagne, notamment à la victoire de Il voli, par une intrépidité qui lui valut plus d'une lofs la mention des rapports officiels. Il repoussa ensuite, tourna et écrasa les Autrichiens au village de Si-Michel en avant de Vérone, et décida par des attaques impétueuses le succès de la journée. Toujours en première ligne, il reçut sept balles dans ses habits sans en être blessé. A Feltre, à Bcllune, dans les gorges de la Carinthie,sur les sommités des Alpes INoriques, partout il montra du courage et de l'habileté. Masséna, étant envoyé à taris |K>ur y porter le traité de Léobeu, laissa le commandement de sa division à Brune, qui peu de temps au|>aravant avait été nommé général de division sur le champ de bataille, et à qui bientôt un arrêté du directoire confia la deuxième division de l'armée, devenue vacante par le départ d'Augereau. Il établit alors son quartier général à Vérone, puis à Brcscia, et l'on pense bien qu'il n'adoucit pas les rigueurs du régime de la conquête. Le traité de Campo-Formio, en donnant l'État vénitien à l'Autriche, amena le retour de Brune en France, où Barras le mandait. La politique astucieuse du directoire couvait alors la sjk>lialion du Piémont, de ISaplcs et de la Suisse. On avait besoin pour accomplir ces projets d'un homme a la fois audacieux et rusé, qui sût faire succéder des menaces et de brusques attaques à des déceptions ou à de vaines promesses. Brune parut offrir ini plus haut degré tous ces avantages : il fut nommé général en chef de l'armée d'IIelvétie, et chargé •l'exécuter le plan concerté entre le directoire et Bonaparte, qui depuis longtemps considérait PHelvétitf comme une position militaire que la France devait occu|)cr pour assurer ses conquêtes en Allemagne et en Italie; et qui d'ailleurs, étant sur le point de s'embarquer pour l'Fgy pie, avait besoin pour cette «ailreprise de sommes considérables que l'on devait trouver à Berne. Déjà des intrigues fomentées par la propagande révolutionnaire et soutenues par le sabre du général Mcsnard avaient changé le pays de Vaud en une république léuianiquc. 11 fallait que Berne et les autres cantons subissent des changeilicnts semblables. Comme ni l'aristocratie bernoise ni la démocratie des petits cantons n'étaient favorables à ces projets, Brune, en attendant l'instant d'agir de vive force, dut se présenter comme pacificateur et endormir les Bernois jusqu'à la réunion de imites ses troupes. Arrivé, au commencement de février 1798, à Lausanne, il jujrea que la révolution ne pouvait pas réussir dans toute la Suisse avec la même facilité que cher les Vaudois, et que temporiser, négocier, diviser les nationaux, étaient les premiers moyens a employer : il ouvrit eu conséquence des
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conférences, d'abord à Baie, ensuite a Païerne. (Test dans le cinquième volume des Mémoires tiré» des papier» d'un homme d'Elal qu'il faut voir comment, de concert avec le commissaire Mengaud, Brune sut par des promesses fallacieuses prolonger l'illusion des malheureux Helvéliens. Tant que ses préparatifs ne furent point achevés et que ses troupes ne furent pas réunies, il déclara que la France ne voulait que le bonheur, la liberté de ses voisins ; que dés qu'il aurait établi une constitution plus démocratique, il avait ordre de se retirer, de respecter leur indépendance, etc. Mais, lorsque tout fut prêt, lorsque Schaumbourg lui eut amené de nombreux renforts, et, que, par de sourdes intrigues, Mengaud eut semé la division et le désordre dans l'armée et dans le sénat de Berne (t?oy. Steigubk), Brune fondit sur cette antique république, qui, malgré les efforts d'un petit nombre d'hommes courageux, tomba presque sans résistance (i),ct livra à la cupidité des directeurs et de leur général ses arsenaux, ses trésors. Les calculs les moins élevés portent à quarante-deux millions de francs les pertes que le seul canton de Berne eut à subir dans cette occasion , et l'on n'a pu y comprendre toutes les concussions, toutes les déprédations particulières. Le fameux trésor de l'État, accumulé depuis tant de siècles et par tant de générations, fut enlevé sans qu'on en dressât procès-verbal ; et lorsque le directoire, qui, sous ce rapport, avait peu de confiance en son général, fut informé de cette omission, il lui envoya par son courrier exuaordinaire l'ordre positif de la réparer. Brune fit alors dresser à la hâte une espèce d'inventaire, et il écrivit aux directeurs : " Vous verrez par l'état dont je vous envoie copie « que les sommes trouvées dans le trésor cadrent à « peu près avec les registres... » Mallet-Dupan, qui était alors sur les lieux, fa accusé de s'être approprié les médailles d'or de l'hôtel de ville de Berne, vingt-deux carrosses, et plus de 300,000 francs en espèces. Tout eu s'adjtigcant ainsi sa part «lu butin, Brune s'efforçait de jouer en Suisse le rôle dont il avait vu Bonaparte s'emparer en Italie. Comme lui il voulut paraître à la fois législateur et conquérant. Il donnait à une partie de la Suisse l'institution du jury, celle des municipalités et la communauté des dépenses. Il excluait les patriciens de toute fonction publique à Berne, à Soleure, à Fribourg, à Zurich. Il dirigeait la nomination des électeurs et des officiers municipaux. Enfin il divisait la Suisse en trois républiques : la Rhodanie, la Tellgurie et f Helvétie. Mais il ne convenait pas au directoire de laisser un de ses généraux prendre tant d'ascendant dans la même contrée. Les plans de Brune ne furent point approuvés, et sous de vains prétextes on le fit passer en Italie, où il alla remplacer Berthier qui devait pirtir pour f Egypte. Dans celte nouvelle position, la tache de Brune, sans être moins difficile, ne lui of-
(<} Le combat le plu important do telle courte campagne fol celai de Moral, où les Français détruisirent le célèbre ossuaire, monument helvétique, et dispersèrent les ossements blanchis de leurs ancêtres qui, depuis plus de quatre siècle* (U7«), y étaient
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frit pas les mêmes avantages. 11 s'agissait de contenir les rébellions que les ennemis de la domination française faisaient éclater sur différents points, et de préparer la dissolution de la monarchie piémontaise. 11 s'acquitta de la première partie de cette mission en battant les paysans révoltés à Pérouse, à Citta di Castello, à Ferenlino, et en sauvant Parme de l'insurrection. Quant à la seconde, il anima sous main ceux des Piémontais qui sympathisaient avec les principes de la révolution française, les soutint en secret, afin de ne point enfreindre ostensiblement le traité qui garantissait au roi de Sardaignc la stabilité de son trône, intervint en leur faveur, lorsque leurs tentatives curent été déjouées, exigea que ce prince donnât amnistie à ses sujets rebelles et cessât les fusillades qui avaient suivi sa victoire ; enfin il sut persuader au monarque que cette petite guerre intestine était causée par les intrigues des républiques cisalpine et ligurienne, et que la puissante protection de la république française pouvait seule le préserver de sa chute. Cette protection fut effectivement demandée, et l'ambassadeur Ginguené la promit; mats il fut alors question d'une garantie de la bonne foi de Charles-Emmanuel, garantie sans laquelle il était impossible de signer; et Brune consulté dit qu'il ne pouvait militairement accéder à la convention, à moins que le roi ne lui remit comme dépôt la citadelle de Turin. C'était la clef du royaume, c'était un des plus magnifiques ouvrages de Yauban. Charles-Emmanuel signa l'accord, et Brune, maître de la citadelle, le S juillet 1798, intima aux gouvernements cisalpin et ligurien l'ordre de cesser à l'instant la guerre contre le iPiémont. Toutefois il ne le fit pas si vite qu'un corps ligurien n'eût le temps de s'em|*rer d'Alexandrie, et l'on prévit que bientôt le directoire , se portant derechef comme médiateur, allait encore demander le dépôt de cette place. En effet, Brune, dans une proclamation, ordonna également aux Piémontais et aux Liguriens d'évacuer Alexandrie, qui pourtant ne lui fut pas remise ; et chaque jour décela, soit de sa part, soit du fait de 1 ambassadeur Ginguené, de nouvelles exigences. Vainement le monarque hésitait, temporisait : on lui arrachait toujours quelques nouvelles concessions. Enlin ce malheureux prince (voy. Charles-Emmanuel) était réduit à l'extrémité par celte guerre en pleine paix, lorsque Brune et Ginguené furent rappelés. Mais une nouvelle coalition venait de se former contre la république française ; c'était surtout en Italie qu'allait être porté le théâtre de la guerre ; et l'on pouvait douter que Brune possédât au même degré que Bonaparte le talent de défendre ses conquêtes. Peut-être aussi pensait-on qu'il lui ressemblait trop par l'ambition et le désir d'indépendance. Cependant sa retraite ne fut point une disgrâce ; et l'année suivante, lorsqu'une escadre anglaise débarqua sur les côtes de Hollande le duc d'Yorck à la téte de 45,000 hommes, Brune fut investi du commandement de l'année franço-batave. Cette armée ne comptait alors que 25,000 combattants, et le pays, divisé entre deux opinions, était loin de lui être favorable. Brune chargea les généraux Daendcls et
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Dumonccau, l'un de la défense de la province de Hollande, l'autre de celle des provinces de l'Est, et conserva pour lui une réserve afin de se porter sur tous les points menacés. Ayant vu les Anglo-Russes débarquer leur matériel malgré un combat assez vif entre eux et Daendels, entrer au Texel, s'cmjrarer du Helder et de la flotte hollandaise (voy. Du.ncan ), Brune concentra ses forces en avant d'Alkmaer, et, voyant les alliés hésiter et rester sur la défensive en attendant de nouvelles forces, il les attaqua brusquement le 0 septembre, mais sans succès : deux frégates et deux bricks -embrasés sur la côte le prirent en flanc, et par un feu meurtrier le forcèrent à se retirer. Le 18, les Anglo-Russes essayèrent à leur tour de le déloger, et ils eurent d'abord quelque succès. Le prince d'Orange, à gauche, avait cutamé les Français ; à droite le général russe Herman dévissait déjà le centre de l'armée franco-balave, tandis que le duc d'Yorck l'attaquait de front. Mais cette attaque, tardive peut-être, fut faite mollement. Brune, tout en la repoussant, fit soutenir Yandumme par un renfort : la colonne anglo-russe, qui s'était trop avancée, fut coupée et forcée de mettre bas les armes. Le prince alors se retira, et les deux armées reprirent leurs positions. Brune se proclama victorieux, puisque, avec des troupes moins nombreuses, il avait fait prisonniers tout un corps et son général, et que ce corps était composé «le Russes que les événements d'Italie et de Suisse faisaient croire si redoutables ; mais, ce qui était bien plus important, il avait rassuré en Hollande les partisans de la France, intimidés par le parti contraire, et avait rattaché à sa cause cette masse d'indifférents qui partout se range sous la loi du plus fort. Les deux armées ne tentèrent rien depuis la bataille de Bergen jusqu'au 2 octobre. De la part de l'ennemi qui était plus nombreux, et qui ne recevait des vivres que par mer, cette inaction fut une faute ; Brune en profita pour fortifier sa position cl pour grossir son armée. Attaqué vivement le 2 octobre, il se vit un instant compromis par les manœuvres des Anglo- Russes qui tinrent en échec son centre et sa gauche, tandis qu' Abcrcromby, auteur de ce plan, se portait en force sur sa gauche, déposté de Kamp et des dunes, la tournait, et se déployait sur Alkmaer et sur les hauteurs de Bergen. Le résultat de cette journée fut une perte de 4,000 hommes du côté des Français, et la translation de leur quartier général à Beverwikcop-Zée et à Kiommen-Dig, où Brune occupa une excellente position. Avec un ennemi plus actif sa retraite eôt été moins facile et plus inquiétée; mais c'est seulement le 6 que la ligne gallo-batave fut attaquée de nouveau : le duc d'York, espérant sans doute refouler Brune au delà de Harlem, s'empara d'abord de Limmen et d'Askerloot, tandis que les Russes se rendaient maîtres de Bakkum ; mais lorsqu'ils furent arrivés devant Castiicum, Brune, qui avait rassemblé autour de lui une grande partie de ses troupes, les culbuta entièrement. Une brillante charge de cavalerie aclicva leur défaite, et les refoula dans leurs positions. La bataille de Bevcrwyk eût pu eo d'autres occasions être
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legardéc comme indécise , cependant, après les faciles et rapides succès que s'étaient promis le duc d'York et le ministère anglais, ne pas vaincre c'était Ctrc vaincu. Le pays ne faisait aucune manifestation contre les Français. La saison avançait et l'apport des vivres devenait diflicile; Brune au contraire pouvait augmenter son armée, qui déjà ne manquait de rien. Ces considérations forcèrent le duc d'York à rétrograder jusqu'à ses retranchements derrière le Zyp ; après avoir détruit tous les établissements maritimes, coupé les digues, incendié les bâtiments de la compagnie des Indes, il se rembarqua pour l'Angleterre ; cl pour «pie cette opération ne put être troublée, il négocia une capitulation. Brune demanda d'abord «pic la flotte hollandaise fût restituée; mais cette prétention dut être abandonnée, sous peine de voir les conférences rompues ; et le général français, trop faible pour rien obtenir par des démonstrations offensives, dut s'estimer heureux de voir le duc accepter, entre autres clauses ignominieuses, le renvoi libre et sans condition de 8,000 Français faits prisonniers avant cette campagne ( 19 octobre 1799). S'il y eut quelque habileté «lans la conduite militaire et politique de Brune à cette époque, il faut avouer aussi qu'il y eut du bonheur et la plus honteuse faiblesse «le la part des Anglais (1). Peu de jours après ce traité étonnant, Bonaparte, revenu d'Kgypte, renversait le gouvernement directorial. Brune, malgré son ancienne liaison avec lui, ou peutêtre à cause de cette liaison , n'eut point de part à celte journée qui mil le |K>uvoir aux mains du consul provisoire. Ban-as avait toujours été le protecteur de Brune ; et lui-même, tout despote qu'il fût par caractère, avait à la bouche et dans la tête, sinon dans le cœur, la routine des principes «lémagogiqttes. Jourdan, Augcreau et «piclipus autres partageaient ses sentiments, mais ne formaient point à proprement parler un parti, un ensemble. Lorsqu'il eut triomphé, Bonaparte, pour les occuper et les éloigner de Paris, leur donna «les commandements. Brune fut d'abord envoyé dans la Vendée qui remuait encore, et il prépara la réduction ou la pacification de l'Ouest (2), où Bernadette vint le remit) la campagne de Brune en Ralavie ne dura pas (tell mois. Ouverte le M août J799. la capiluljtîon du duc d'York fui Mariée le it octobre suivant, et le rembarquement terminé le 39 novembre. Ou trouve dans les iiïmoira kistoriqta sur «•♦•tu* campagne, ré— dijis |«ar un oflidrr de l'eUt-major, et publié* a l'art* eu liât. i»-8°, 1rs actes Je la négociation .suivie enit'c les deux péitcraux eu chef, d on rote par le major gênerai Knox. et de l'autre par le gênerai Rosiollani. L'armé anglu-ruaso se cumpocau de cinquante-neuf baïailoiu et de vingt -quatre escadron*, ruriuaat un effectif de 4».lâo roniluiijtits. Le commandant, eu chef de l'armée russe (lieutenant général llermann) avait été fait prisonnier, le 19 seplemlire, à la bataille de IVrgeo, et, dans la même alfaire, le cnmluaiitUni eu second Jicutenaulgenéral Jerepsoflj avait élu tué.V— v«.
(i) La constitution avait été suspendue dans les département* de* Coles-du-Xord. dïle-et-Viî.iiiie, du Morbihan cl de la Liite-loférieitre. Brune fut envoyé avec «1rs pouvoirs illimités dans ces contrée*, deux mou après le I» biumaire (janvier «MM]. Il établit a ^mes sou quartier général. La garde nationale de cette vidé, dont Jetais mi des i-licK, alla (le il janvier) Ici exprimer son itoiineuicnt ue se voir hor* rfr f„ co»slilnt,rm, et rappela, iLuis un énergique UiMours que j avais rédige, tout ce que les Nantais avaient fait pour ■ liberté. Brune, daus sa réponse qui fui imprimée «I afichée aveo « ducom*. rwdji [iowhw mu(«r^W «vaut. Wj m* pnlm*
placer. Mis jk la téte de l'armée des Grisons, Bruno
resta trois mois dans ce posta, oi» le releva MacdonaKl, et fut envoyé à l'armée d'Italie en remplacement de M asséna- Un armistice avait été conclu avec les Autrichiens à la suite de la bataille de Mareogo, Les hostilités recommencèrent le 24 novembre. Après de légères escarmouches, Brune s'empara de trois camps retranchés à la Voila, rejeta l'ennemi au delà de ce fleuve, et se prépara sur-le-cliamp à le traver ser; mais il s'y prit fort mal. D'après ses ordres, l'armée devait passer en deux endroits, l'un entre le moulin de la Voila cl le village de Pozzolo, l'autre à Moubazau ; mais cette seconde partie de l'opération ayant rencontre des difiicullés, le général eu chef donna ordre de la renvoyer à Yingt-qualru heures, quoique l'aile droite, qui avait commencé à passer sur l'autre point, fût aux prises avec les Au» trichiens. Sans l'énergie et l'habileté que déploya en cette occasion le général Dupant, sans la ténacité avec laipielle il demanda des miforts pour soutenir l'attaque de presque toute l'armée ennemie, l'aile droite eût été atiéanlie ou pri&c, et Brune, forcé de rétrograder eu deçà du Mincto, n'eut de longtemps songé à passer ce fleuve; euliii sa campagne aurait totalement été manquée. Bonaparte, dans le Mémorial de Sic-Hélène, juge très-sevèrcment les disjiosilions de Brune en celle circonstance, et dit qu'à partir de cette époque, il lui fut démontré que co général n'était point tait pour le commandement en chef. Cependant il remporta encore quel«|ues avantages. Poussant toujours en avant, il occupa Caslelnuovo, Legnauo, li,vra plusieurs combats, passa l'Adige, entra «Uns Vérone, envoya des détachements vers Alauloue et Aucune, refusa un armistice au général (tellegarde, à moins qu'il ne lui remit ces deux villes, aveu Pcscliiera et Ferrare ; enlin il opéra sa jonction avec Macdonald qui avait franchi le Splugcu à la lèlo de l'armée des Grisons et occupé la vallée de Trente. Ces succès, joints à ceux de Moreau eu Allemagne, firent trembler l'Autriche et simplilièreut beaucoup les négations. Un armistice lût signé à Trévise; nuis dhéjà Brune avait cédé le commandement à Murât et à Moncey pour revenir à Paris. Membre du conseil d'État depuis sa formation, il fut de plus nommé président du conseil de ht guerre, et, en celle «pjalité, il eut quelque part aux travaux d'or gauisat ion et de législation. Le K septembre 1802, il fut nommé ambassadeur de France prés la Porte, en remplacement du chargé d'affaires D,uf|M, qui resta avec lui pour l'aider de son expérience et de ses conseils. Brune eut peu de succès dans celte mission. Jaloux du crédit dont jouissait l'ancien chargé d'affaires, il voulut l'évincer, et, ne pouvant y parvenir, crut se venger en méprisant ses
se défendre «mire mu armée (te W.W0 Vendéen», ci il termina
«on atloe utiou eu ecl mots : « Xauics rt*tcra en état de siégé, mai* a ne sera pas hort it la constiluihu. » Cependant, en causant avec no«H, il pari» longtemps de la nécessité de faire de* sacrilkés d'argent; il disait* ce sujet i
L» M i»i n'tftit pain*, nt-o ua* fui ua^nt
et peu de jour* après tontes les caisses publiques avaient été vidées par sMurttw. tM*