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Londres, fut nommé correspondant de l'académie des sciences de Paris en 1699. On ignore l'année de sa naissance et celle de sa mort. Il a traité des matières curieuses et singulières. On a de lui : 1° Lettre pour servir de réponte au rieur Méry, $ur l'utage du trou ovale dan* le fœtus, Paris, 1700, in-12; 2* Nouvelle Description analomique du cœur det tortues terrestres de l'Amérique etdesesvaitseaux, ibid., 1713, in-12. 11 a fait insérer dans les Transaction* philotophiques : Lettyt sur un veuf trouvé dan* la trompe de Fallope d'une femme, avec de* remarque* tur la génération, 1694 [voy. le Journal de* Savant*, septembre, 1695) ; — Lettre au docteur Sloane, contenant thitloire d'une nouvelle manière de faire l'opération de la pierre, mite en utage par un religieux de France, avec det remarqutt sur cette pratique, 1699 ; — Lettre tur une substance craclue en touttant, et qui ressemble à un vaisseau pulmonaire, 1700 (voy. les Acta eruditor. Lips., mai 1701) ; — Lettre au docteur Sloane sur une vestie triple, 1701 (voy. les Acta crudit., janvier 1702) ; — Description analomique du cœur des tortues de terre, 1700. On trouve du même savant dans le recueil de l'académie des ssciences : Examen des faits observé* par M. Duvemey, du cœur de la tortue de terre, 1703 ; — Réponse d la critique du même, 1705; — Observation* tur de* grain* qui ont germé dan* l'estomac, H tur une grouesse;— Observation *ur det épingle* avalée*. V— ve.
BUISSON (Matthieu-François-Régis), médecin, né à Lyon, en 1776, était cousin du célèbre Bichat, dont il fut en même temps le disciple, l'ami et le collaborateur. Il l'aida surtout, conjointement avec Roux, dans la composition des trois premiers volumes de son Analomie deteriptive, et rédigea seul une partie du t. 5 et le t. 4 en entier, c'esl-àdire tout ce qui a rapport aux organes de la digestion, de la respiration, de la circulation et de l'absorption : c'est à Roux qu'on doit le cinquième et dernier tome. Buisson n'était pas encore parvenu au doctorat lorsqu'il perdit son illustre maître ; mais il s'était déjà distingué dans un concours où il partagea le premitr prix. Sa dissertation inaugurale ne lui fit pas moins d'honneur; elle a pour titre: dclaDivi~ tion la plut naturelle det phénomènet phytiotogiquet consiiléré* dam l'homme, avec un précis historique tur M. F.-X Bichat, Paris, an 10 (1802), 1 vol. in- 8°. L'auteur, partant de cette pensée de de Bonald : « L'homme est une intelligence servie par des ora ganes, » s'attache a faire ressortir les différences qui distinguent l'homme de la brute. En adoptant la plu paît des idées de Bichat, il ne craint pas de le contredire quelquefois, et de relever les erreurs qui avaient pu lui échapper. Bichat lui-même avait reconnu avant sa mort la justesse de ses observations. Une notice historique sur celui-ci se trouve à la tête du 3^ volume de Y Analomie descriptive; quelques exemplaires en ont été tirés séparément. Buisson travaillait à un traité complet de physiologie, d'après le plan qu'il s'était tracé; mais il n'a pu en achever que les prolégomènes, une maladie de langueur l'ayant enlevé en octobre 1805. C. M. P.
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BUISSON (Jean du ), en lattn Rubus, né vers 1536, professeur à l'université de Louvata en 1560, devint ensuite régent du collège royal de Douai prévôt de St-Pierre et chancelier de l'université. Il mourut le 15 avril 1505, laissant tous ses biens a de pauvres étudiants. On a de lui : Historia et Harmonia Evangelica, teu vila Jetu Chritli, quatuor evangelitli* in unum capul congesti* , Home, 1570. ( Voy. la Bibiolh. Belgica de Valêre André, p. 470.) Z— o.
BUISTEB (Philippe), sculpteur, né à Bruxelles en 1595, passa la moitié de sa vie dans son pays natal, et vint ensuite se fixer a Paris, où ses talents furent utilement employés. Il fit pour le parc de Versailles un grou|>e de Deux Satyres , une Flore, un Joueur de tambour de batque , le Poëme satirique et plusieurs autres ouvrages. Son morceau le plus considérable est le tombeau du cardinal de la Rochefoucauld , grand aumônier, placé autrefois dans une chapelle de Ste-Geneviève. D— t.
BUJAULT ( Jacques) , naquit à la Forêi-snr- Sèvre, près Brcssuire, le 1" janvier 1771 , d'une famille qui depuis longtemps occupait la place de sénéchal de celte importante baronnic , dont le château servit de retraite à Duplessis-Mornay, lorsque Louis XIII lui eut été le gouvernement de Saumur. Le jeune Bujault finissait ses études a Angers, où il s'était fait remarquer, lorsque la révolution de 1789 éclata. Destiné à entrer dans la magistrature , et ne pouvant plus faire son droit, puisque les écoles étaient fermées, il se rattacha à une partie dans laquelle les connaissances par lui acquises pouvaient être de quelque utilité, en se faisant imprimeur à Niort. Mais alors les imprimeries de province n'étaient pas ce qu'elles sont devenues depuis. Doué d'une imagination vive cl d'une grande facilité d'éloculion , Bujault se rap- |*la sa première vocation, et après avoir étudié les lois sans maître, mais non sans succès, il débuta d'une manière brillante devant les tribunaux des Deux- Sèvres, et exerça , pendant plusieurs années, les fonctions de défenseur officieux. Quand , plus lard, une nouvelle organisation judiciaire eut établi un tribunal par arrondissement, le fils du sénéchal de la Forêt quitta ses presses et se fil avoué défenseur à Melle. Or, celte position n'était encore que transitoire pour lui, car près de la petite ville où il venait de se fixer, il acheta des domaines sur lesquels il se livra à l'agriculture, en améliorant celle du pays, déjà renommée sous le nom de culture melloise. Cette prédilection pour la vie des champs, qui (mit par devenir un goût prononcé chez Bujault, l'empêcha d'accepter la place de conseiller auditeur à la cour d'appel de Poitiers, où il fut nommé, à la création de cette institution, en 1808. Elu, dans les cent jours, membre de la chambre des représentants, et nommé membre de la cliamhre des députés sous la restauration, il monta à la tribune pour défendre les intérêts de l'agriculture. Mais bientôt il quitta les palais , et renonçant entièrement aux fonctions judiciaires et législatives, il se retira à sa ferme de Cballouc, et se fit paysan, portant, comme il le disait
lui-même, grand chapeau, large blouse el iabott à la
courge. Alors il ne fut plus pour ses voisius et pour ses anciens amis que tnailre Jacques, le laboureur
de Challoue. Ce n'est pas à dire que, dans cette position , il négligeât ses devoirs de citoyen. Nommé membre du conseil général des Deux-Sévres à la révolution de juillet , il présida , pendant plusieurs Années, ce corps délibérant , et contribua puissamment a faire voter les routes qui ont été ouvertes depuis dans ce département. Enlin Bujault, dont la santé s'affaiblissait, se démit de cet emploi, pour être tout entier a ses ebampset pouvoir entreprendre quelques voyages dans l'intérêt de la science agricole, dont déjà il avait prêcbé les bonnes doctrines par ses exemples et par des publication*. Celle qu'il entreprit d'abord s'adressait aux masses , aux cultivateurs pauvres , et ce fut dans un Almanach populaire qu'il inscrivit ses préceptes, eu y joignant des récits dont l'originalité , a la manière de llabelais, prêta ù la critique et parvint eu realité a atteindre le but que se proposait l'auteur. En effet, Bujault trouvait, dans ces formules, le moyen d'arriver jusqu'à ceux qu'il voulait convaincre, a Le \Kl\l livre de trois sous , disait-il, • qui , depuis des siècles , est toute la bibliothèque « du laboureur, sera continuellement entre ses « mains ; il y verra l'enseignement des bonnes mé- « diodes à pratiquer, des nouvelles cultures h in- « t km juin- dans ses ebamps bien labourés et bien m- « més. Je l'exciterai à me lire et à m'étudicr, par « l'attrait du plaisir, car si j'écrivais froidement , il
« ne me lirait pas J'inventerai des formes drola-
« tiques, les personnages grotesques ne memanque- « rout pas. Je les prendrai dans les vices même « qui s'opposent au progrès de l'agriculture. Ainsi « j'aurai à mes ordres Iloutinel, Lambin, Boil-sans- « soif, Peau-lâche , etc. Je les ferai parler et agir m grotcsqucnicnt , de façon qu'ils aient une physio- « nomic ridicule et repoussante , qui corrige par m sa laideur... L'axiome, l'adage et le précepte n s'y montreront... Le proverbe surtout y saillira à u chaque pas, comme une étoile... Enfin tout mar- « chera de telle sorte que dans l'esprit du labou- « reur se gravera , en caractères ineffaçables , le a proverbe fondamental qui renferme dans son sein « tous les secrets de l'agriculture : Si tu veux du blé, « fais des prés. » L'almanacb du laboureur de Citailoue eut tout le succès qu'il en attendait, il fut continué tous les ans, et son débit fut si grand dans diverses parties de la France , qu'on le tira par centaines de milliers d'exemplaires, sans compter les contrefaçons qui en furent faites. Au loin , on prit même au sérieux le titre de laboureur que se donnait l'aiitcur, et dans plusieurs articles de journaux , on s'étonnait de ce qu'un pauvre paysan eût pu écrire de pareilles pages. 11 en résulta que |>lus d'un voyageur curieux arriva à Challoue pour voir l'auteur de Y Almanach populaire, dans lequel ils trouvèrent un homme instruit et aimable, en un mot, l'homme de nos assemblées législatives et l'avocat éloquent. Ses ouvrages , les visites qu'on vint
lui faire, les voyages qu'il entreprit , vers les der* nières années de sa vie, dans le midi et dans le nord de la France, en Belgique et en Hollande, le liront d'autant plus apprécier par les maîtres de la science. Matthieu de Dombasles lui écrivait notamment qu'il avait pris le bon parti en allant sous le toit du laboureur faire entendre la voix de ses utiles leçons , et que s'il y avait dix almanachs comme le sien , une révolution s'opérerait en agriculture. Quoi qu'il en soit, bujault ne se borna pas à la confection de son almanach d'un nouveau genre , il publia plusieurs brochures d'un style plus sérieux, et dans lesquelles il s'éleva même à' une profondeur de vues et à une hauteur de style qui fout connaître tont ce qu'était véritablement "cet écrivain. On Indiquera : i° le Pain à un sou la livre, ou la Pomme de terre employée à la nourriture de l'homme. 2» Lettre à tout le monde. Là , il y a autre chose que de l'agriculture. Plusieurs sujets y sont traites d'une manière piquante, et les considérations sociales et politiques y abondent. 3° Pétition aux chambres législatives, sur les droits d'octroi à percevoir plutôt an poids que par léte de bétail ; 4» Guide des comices agricoles. Du a dit que Bujault joignait l'exemple au précepte : il introduisit dans l'arrondissement de Molle plusieurs plantes jusque-là inconnues, dont l'une porte dans le |«ays le nom de Dujoline. 11 est reconnu qu'il faisait produire à la ferme qu'il exploitait le double du revenu qu'eu aurait tiré un cultivateur ordinaire , et ses voisins s'empressèrent de l'imiter. Des services aussi grands rendus à l'agriculture , sans parler de ses autres services , furent indiqués comme dignes d'une récompense, et le laboureur de Challoue reçut la décoration de la Légion d'honneur sans s'y attendre aucunement. S'il eût su qu'on lui ménageait cette distinction, il l'aurait probablement refusée, tant il avait à cœur de se faire humble paysan. L'existence d'un homme aussi utile était précieuse au pays qu'il habitait, mais des chagrins, résultat de la l>erte d'une fille unique , occasionnèrent au laboureur de Challoue une maladie longue et douloureuse à laquelle il succomba, le 2! décembre 1842. Cette agonie prolongée lui donna le temps de faire une distribution éclairée, en fondations d'institutions et en actes de bienfaisance , d'une fortune d'environ un demi-million , en eu assurant l'usufruit d'une partie à sa veuve , a un parent et à un allié. L'énuméralion de ses dispositions est trop longue pour trouver place ici, el nous mentionnerons seulement le don de 75,000 francs pour la création d'une école d'agriculture dans son village et pour le peuple ; un legs de 1 50,000 francs au bureau de bienfaisance de Mcllc , et 50,000 francs distribués à de pauvres cultivateurs , marchant dans la voie du progrès. Il légua aussi une rente de 700 francs à un de ses amis, pour la continuation de V Almanach populaire, et celui-ci a commencé sa tache en signalant dans les journaux la perle que le département des Deux-Sèvres venait d'éprouver. De ces faits divers, I onlirera cette conséquence, que Jacques Bujault fut