‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 24 sur 97 · BOL · texte numérisé non relu

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un homme d'une haute intelligence, d'un esprit original, et qui n'eut jamais en vue que l'intérêt de l'humanité et de l'agriculture. Aussi sa mémoire est vénérée par les cultivateurs au milieu desquels Il a vécu si longtemps. F— t— E.

BUKENTOP (Henri de), récollet d'Anvers, et professeur de théologie dans l'université de Louvain, mort dans cette ville, le 27 mai ni 6, a publié un grand nombre d'ouvrages de controverse. Le principal est : Lux de luce libri 3 , in-4°. Dans le

1" livre, il explique les antiquités de la Vulgatc; le 2* renferme les leçons diverses et douteuses ; et dans le 5*, il traite de l'édition de la ftiblc de Sixte V, qu'il compare avec celle de Clément VIII ; il Tait voir en quoi elles différent l'une de l'autre, et prouve que l'édition de Plantin, 1583, qu'on prend communément pour modèle, s'éloigne assez souvent de celle du Vatican. C. T— y.

BCLjECS. Voyez Boclay.

BULARQUE, peintre grec, représenta dans un de ses tableaux une bataille où les Magnétcs avaient été vaincus ; et, suivant le témoignage de Pline, Candaulc, roi de Lydie, acheta ce tableau au poids de l'or. 11 n'est pas vraisemblable que Candaulc eût acheté • si cher l'ouvrage d'un de ses contemporains : on doit, par conséquent, présumer que Bularquc était plus ancien que ce roi de Lydie, qui mourut vers la première année de la 16» olympiade, 713 ans avant J.-C. Bularque employait des couleurs propres à imiter les teintes de la nature. Les peintres monochromates ou peintres en camaïeux étaient connus dans des temps plus anciens. Ec — Do.

BULFINGER (George-Bernard), professeur de théologie à Tubingen, né en 1693, mort en 1750, a publié : Spécimen doctrinw velerum Sinarum mor. <l polit. y Francfort, 1724, in-8\ 11 a aussi cultivé l'histoire naturelle, et principalement la botanique, considérée sous les rapports de la physiologie végétale. En 1729, il donna, dans le 4* volume du recueil de l'académie des sciences de St-Pétcrsbourg, un mémoire de Tracheit plantarum ex mclone obierratio : ce sont des observations microscopiques sur le melon , tendant à confirmer les expériences de Grcw et de Malpighi, sur les trachées spirales des plantes; dans le 3' vol., de Radicibut et Foliis cir/toriï, il traite de la propagatiou des plantes par le moyen des marcottes , et de la transmutation des racines en branches et en feuilles ; dans le 6« vol., Observations bolantc® , il y a des remarques curieuses sur des fruits prolifères- 11 a aussi publié une Anatomie de l'éléphant, et une Dissertation sur le* os de mammouth. Ces deux mémoires sont réunis avec plusieurs autres en un volume qui a paru sous ce titre : Varia m fasciculas collecta, Stullgard, 1753, in-8", avec 4 planches. On peut considérer cet auteur comme ayant contribué aux progrés de la physiologie végétale. D— P— «.

BULGARIS. Voyez Eugène Bti.CAïus.

BULIFON ( Antoine), ne en France, alla sétablir à Naples , où il embrassa le commerce de la librairie. Ses affaires ne l'occupèrent pas exclusivement. Il s'adonna à l'étude de l'histoire et de l'an-

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tiquité. On a de lui un grand nombre d'ouvrages ; les principaux sont : 1° CAuedio di Vienna tcrilto, da G. P. Voelikertn, vulgarissato , Naples, 1684, in-12; 2° Lettere, Pouzzoles, 1683, in-12; 3* Co»npendio délie vite de' re di Napoli, 1688, in-12; 4° Cronica minore, ort'ero Annali e giornaliistorici délia città e regno di Napoli, 1690, in-12; 3» Compendio istorico degV incendj del monte Vetuvio, Naples, 1698 et 1701 , in-12; 6» le Guide des étrangers pourvoir Poussole et ses environs, traduit de P. SarneUi, Naples, 1702, in-12, fig.;7" Journal du voyage d'Italie de Philippe V, Naples, 1704, in-12. 11 a aussi traduit en italien les Voyages de Charles Patin. Les ouvrages de Buiifon , sans être très-profonds, sont assez savants ; mais on voit qu'il n'était pas bien versé dans la connaissance des inscriptions. E — 8.

BULIS. Voyez Xercês

BULL ( George), issu d'une noble et ancienne famille du comté de Sommerset, naquit à Wcls, le 23 mars 1634. Dès son début dans l'université d'Oxford, il annonça de grands talents et beaucoup de goût pour la dissipation. Forcé de quitter celte université , à cause de son refus de prêter le serment d'allégeance ordonné par le gouvernement de Croimvcll, il fut envoyé chea un ministre puritain de sa province, où il trouva sa sœur qui le ramena à l'amour de l'élude. Le fils du ministre , imbu de principes contraires à ceux de son père, lui procura secrètement des livres propres à le fortifier dans ces heureuses dispositions. Le docteur Skinner, chasse de son évèché d'Oxford pour les mêmes raisons qui avaient obligé Bull de se retirer de l'université, l'ordonna prêtre à l'âge de vingt et un ans. Il fut pourvu d'une petite cure prés de Bristol , remplie de quakers, qu'il convertit, pour la plupart, par des instructions lumineuses, de bons procédés, et des secours proportionnés à ses revenus. Il passa successivement à plusieurs autres bénélires plus considérables, et fut nommé, en 1703, évéque de St-David. Dés lors il se consacra entièrement aux devoirs du saint ministère, sans négliger ses études; pour satisfaire cette dernière passion, il veillait fort avant dans la nuit. Sa santé en fut considérablement altérée ; il perdit la vue quelques années avant sa mort, arrivée le S8 février 1710. C'était un prélat vertueux, aussi modeste que savant. Il avait réglé sa conduite sur les maximes de 1 Écriture et des Pères, possédait les langues savantes, et joignait à tous ces avantages un esprit net, un jugement sain, beaucoup de pénéU-ation , de sagacité , et une mémoire sîirc. L'étude de l'antiquité ecclésiastique avait été son principal objet, et les ouvrages qu'il a composés en ce genre lui ont acquis une grande, réputation; en voici la notice : 1° Defensio fidei Mcanas . Oxford , 1685-1688, in-10. Cet ouvrage, que le défaut de moyens pécuniaires pour le faire imprimer l'obligea de garder assez longtemps renfermé dans son portefeuille , trouva enfin un protecteur généreux dans le docteur Fell , évèquo d'Oxford, qui te cliargea des frais de l'impression. A peine fut-il connu du public, qu'il excita un ap-

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plaudissement universel, non-seulement en Angleterre , mais dans tous les pays étrangers , et dans toutes les communions chrétiennes. Quelques auteurs protestants avaient fourni un grand sujet de triomphe aux sociniens, en abandonnant aux ariens la plupart des Pères antérieurs au concile de Nicéc. Ce fut pour venger l'orthodoxie de ces anciens P*WS que Bull entreprit cet ouvrage, dans lequel il prouva que le premier concile œcuménique n'a fait qu'expliquer la foi constante de l'Église, depuis la naissance du christianisme, sur la divinité de Jésus-Christ , et sur sa consubstantialité avec Dieu le Pérc. Ce livre lui valut le litre de docteur en théologie , les diatribes des unitaires , et la critique de Bien. Simon. 2° Judicium Ecclesiœ catholicœ trium priorum sœculorum , Oxford , 4694 , in-4°. Il y prouve , contre Episcopius , que la qualité de flls de Dieu convient à Jésus-Christ , non-seulement parce qu'il a été conçu du St-Esprit, qu'il s'est rendu médiateur entre Dieu et les hommes , qu'il est ressuscité , et est assis à la droite de «on père, mais encore parce qu'il est le vrai et unique fils de Dieu de toute éternité, et par nature; enlin qu'il est Dieu lui-même ; qu'il a été reconnu en cette qualité par les Pères des trois premiers siècles ; que tous ont regardé la divinité de Jésus-Christ comme un dogme fondamental et nécessaire pour être sauvé. L'illustre Bossuet, ayant lu ce livre, fit témoigner sa satisfaction à l'autour, et celle de l'assemblée du clergé de France , pour l'avantage que l'Eglise devait retirer d'un ouvrage si orthodoxe. Le docte prélat exprimait en même temps, dans sa lettre à un ami commun, M. Nelson, pour être mise sous les yeux de Bull, son étonnement de le voir persister dans une communion séparée de cette Eglise , dont il défendait avec tant de zèle et d'érudition la doctrine sur la divinité de Jésus-Christ, et il lui proposait quelques questions sur les caractères de la vraie Eglise, en lui demandant une réponse à ces questions. Bossuet malheureusement était mort lorsque la réponse arriva ; elle a été imprimée depuis sous ce titre : les Corruptions de l 'Eglise de Rome dans le gouvernement ecclésiastique, dans la règle de foi et dans la forme du culte divin. Il est filcheux que Bossuet n'ait ]»as assez vécu pour suivre cette correspondance. 3° Primiliva et ajyostolica Traditio dogmatis in EcHesia catholica recepli de Jesu Chrisli divinitate, 4703, in-fol. Cet outrage est dirigé contre Zuicker, Lcclerc, et divers auteurs anglais , qui prétendaient que les apôtres et leurs successeurs immédiats ont enseigné que Jésus-Christ n'est qu'un pur homme ; que le dogme de sa divinité fut inventé par les platoniciens devenus chrétiens, et surtout par St. Justin. Bull s'attache à prouver que ce dogme a été la doctrine commune de toute l'Eglise; que St. Justin, loin d'avoir cherché à y introduire le platonisme, avait au contraire renoncé aux dogmes des platoniciens , en embrassant le christianisme. 4" Harmonia apostohea . Londres, 46C9, in-4°. Ce sont deux dissertations destinées à concilier St. Jacques avec St. Paul sur la matière de la justification. Ces

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dissertations furent vivement attaquées par les théologiens prolestants de toutes les sectes, dont Bull contredisait la doctrine , et qui traitèrent la sienne de papistique. 11 leur répondit d'abord par V Examen censura, 4676, in-4«, où il s'efforça de montrer que sa doctrine sur cet article n'est point contraire à la confession de foi anglicane, et daus son Apologia pro Harmonia, etc., où il redoubla d'efforts pour faire voir qu'il n'avait pas abandonné les réformateurs pour se jeter dans la doctrine des catholiques romains. Le docteur Grabbe a réuni tous ces différents ouvrages dans l'édition qu'il ta a donnée sous ce titre : Georgii Bulti Opéra omnia, Londres, 4703, in-fol., en y ajoutant des préfaces et des notes de sa façon. Zola, professeur de théologie à Pavic, a publié, en 4784, une nouvelle édition de Defensio fidei Nicanœ, ornée d'une préface et de savantes notes , soit pour confirmer, par de nouveaux passages de l'Ecriture et des Pérès , la foi du mystère de la Trinité, soit pour réfuter les objections des PP. Hardouin et Berruycr. Outre ceux de ses ouvrages déjà cités, le docteur Bull a laissé des sermons anglais qui ont été imprimés après sa mort, Londres, 4703, 3 vol. in-8*, précédés de la vie de l'auteur par l'éditeur ( Nelson ). Parmi plusieurs traités qu'il avait composés, et qui sont perdus , il s'en trouvait un sur la posture dans laquelle les anciens chrétiens recevaient l'eucharistie. T — D.

BULL (John), musicien anglais, né, vers 4563, dans le comté de Somerset, succéda, en 4591, à son maître William Blithcman, organiste de la clwpelle de la reine Elisabeth. Cinq ans après, cette princesse le lit recevoir en qualité de professeur de musique au collège de Gresham, qu'il quitta, en 4607, pour devenir musicien de la chambre du roi, Jacques 1". Telle fut la précoce réputation de Bull que l'université d'Oxford le reçut bachelier en 4586, et docteur en 4592. En 4613, il se rendit auprès de l'archiduc dans les Pays-Bas. On croit qu'il vint s'établir ensuite à Lubeck, où il publia plusieurs compositions. La dernière porte la date de 4622, qui est peut-être aussi celle de sa mort, arrivée a Lubeck ou à Hambourg. Dans sa vie, publiée en 4740 par Marpourg, on trouve une liste de plus de deux cents compositions tant vocales qu'instrumentales, mais cette musique n'csl bonne qu'à cliatouiller les oreilles anglaises (4). 11 y a près i'e dix ans, on imprima plusieurs écrits à Londres, pour déterminer le véritable auteur de l'antienne God save the king. L'un de ces écrits l'attribuait au docteur Bull, sans-aucune preuve. Les Souvenirs de la marquise de Créqui nous révèlent que la musique est de Lully, et qu'elle a été faite sur des paroles françaises chantées devant Louis XIV par les pensionnaires du couvent de St-Cyr. Madame de Créqui se trouvait parmi les assistants ; et voici le couplet tel qu'elle le rapporte :

Grand Dieu, sauvez le roil Grand Dieu, vengez le roi!

(<) Peposch lui iitribuait l'imMioratiou o> b fugue et daennirepoinl. et prtftrail tes wwage»» «uxue Coupeiin. de Scjilaiu,

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nuL

Vive le roi !

Que, toujours glorieux, Louis, victorieux, Voie à ses pieds ses ennemis Soumis.

Grand Dieu, sauva le roi !

Grand Dieu, venges le roi !

Vive le roi >

Lorsque George I,r monta sur le trône d'Angleterre, le célèbre compositeur Haendel ajouta des variations a cette antienne, et les présenta lui-même à la reine. C'est à tort que l'éditeur des Soutenir* de madame de Créqui prétend que Haendel s'est déclaré l'auteur de la musique du Gode save the king, et que la plupart des Anglais soutiennent cette opinion. F — LE.

BULLANT (Jean), architecte et sculpteur, florissailcn 1540, et vivait encore en 1573. Le château d'Écouen, qui a fondé sa réputation, est un des monuments dont la France peut s'Iionorer à plus ju>te titre. Quelques historiens paraissent croire que le connétable Anne de Montmorcnci fit élever cet édifice pendant sa disgrâce, qui dura depuis le commencement de l'an 1 542 jusqu'en 1517 ; d'aulrcs écrivains pensent au contraire qn'il l'avait construit avant de quitter la cour. Quoi qu'il en soit, l'architecture du château d'Écouen offre généralement un style bien supérieur à celui des édifices que François 1" fit commencer à Fontainebleau vers l'an 1529 ;'el il est d'ailleurs constant que Bullant n'étudia point son art sous les maîtres employés par ce prince, mais qu'il l'apprit en Italie, en observant et en mesurant lui-même les ruines antiques. Si ce monument présente, dans diverses parties, quelques restes de la manière appelée gothique, on y trouve en bien plus grand nombre des beautés conformes au goût des Grecs. Chambray, dans son Parallèle de l'architecture antique et de l'architecture moderne, place Bullant parmi les artistes qui ont suivi les traces de l'antiquité avec le plus d'intelligence et de lumières, et estime qu'il est « le seul de tous les « sectateurs de Vitrnve qui soit demeuré dans les « termes réguliers du mailre, toucliant les profils « et les justes proportions des ordres. • Le péristyle majestueux, formé de quatre colonnes corinthiennes, et d'autant de pilastres adossés au mur qui présente un avant-corps au milieu de la façade, situé à gauche de la porte d'entrée, dans la cour du château d'Écouen, est un des chefs-d'œuvre de cet habile architecte. Le portique et la galerie supérieure, qu'il avait établis à l'entrée de la cour, n'existent plus. En 1561, Bullant fut chargé par Catherine de Médicis de bâtir le château des Tuileries, conjointement avec Philibert de Lorme. 11 serait difficile de distinguer dans les décorations extérieures de ce palais, qui ont été conservées lors des agrandissements exécutés dans des temps postérieurs, l'ouvrage particulier de chacun des deux architectes. On croit que Bullant y eut la moindre part. Catherine de Médicis le chargea, en 1572, de réunir en un seul corps la maison des filles pénitentes et un hôtel conligu, dont elle voulait faire son habitation. Ce travail ingrat lui fit moins d'honneur. Le palais qu'il forma de la réu-

nion de ces anciens édifices, appelé alors l'hôtel de la Reine, et, dans la suite, l'hôtel de Soissons, a été démoli dans le siècle dernier. La Italie au blé est construite sur le terrain qu'il occupait : il ne subsiste, des travaux de Bullant que la colonne astronomique, malheureusement engagée dans les murs de la halle, mais que cette disposition a donné du moins le moyen de conserver. Suivant une ancienne tradition, Catherine de Médicis la Ht élever pour y observer les astres avec un astrologue nommé Côme ■ de Ruggcri, natif de Florence, qui se trouva enveloppé, en 1574, clans la conjuration de la Mole et de Cocon nas : elle dut, par conséquent, être construite vers l'an 1573. Bullant, ainsi qu'un grand nombre d'artistes de son temps, joignit l'art de la sculpture à f celui de l'architecture. L'autel de la clm|>elle d'Écouen, conservé dans le musée des Petits-Augustins, et sur lequel on a placé les statues du connétable et de Madelainc de Savoie, sa femme, sculptées par Prieur, passe pour être son ouvrage. Celte opinion est d'autant plus vraisemblable qùc la sculpture de ce monument diffère, quant au style, de tous les ouvrages des sculpteurs qui travaillèrent en France à Ja même époque, et qu'il est, au contraire, parfaitement semblable à celle qui décore l'architecture du château. Les bas-reliefs qui entourent l'autel sont en pierre de liais ; ils représentent les quatre évangélislcs et les vertus théologales. Celui du rélablc est en marbre blanc, et représente le sacrifice d'Abraham. Au-dessus de la corniche est la statue d'un génie qui parait occupé a écrire l'histoire du connélahle. Bullant, qui avait eu l'habileté de se faire, comme architecte, un style à lui et réglé sur l'antique, adopta, comme sculpteur, la manière de dessiner du Rosso, qui entraîna plus ou moins, dans le 16* siècle, presque tous les artistes français. Son dessin est mâle, grandiose, mais un peu sauvage, comme on l'a dit de celui du Rosso et de celui de Bandinclli que ce maître avait imité ; quelques figures offrent des attitudes trop rechercliées ; le faire n'est pas toujours exempt de sécheresse. L'architecture de Bullant renferme de plus grandes beautés et moins de défauts. Il nous rcslc de lui un traité intitulé : Reigle géniralle d'archi lecture de» cinq manières, à savoir tuscane, dorique, ionique, corinlhe et compotite, à l'exemple de l'antique. Cet ouvrage renferme des dessins de plusieurs temples anciens, tels que le Panthéon, le théâtre de Marcellus, etc., et les mesures de ces monuments, que l'auteur dit avoir prises lui-même à l'antique, dedans Rome. Il est daté d'Écouen, l'an 1561, et imprimé à Paris, sous la date de 1568, in-fol., avec des figures. Bullant avait publié auparavant un Rectteil d'hortogéographie , contenant la description, fabrication et usage des horloges solaires, qui fut imprimé â Paris, en 1561, in-4°, avec des figures, et réimprimé en 1608, avec des additions de Claude de Boissière. Les biographes qui ont écrit les vies des architectes célèbres n'ont pas tous été justes envers ce maître. D'Argenville n'en a pas parlé; Milizia n'en a dit qu'un seul mot dans l'article relatif à Philibert Delorme, et ce mot est une critique. Il faut •roire que ces écrivains ne connaissaient pas le cbâ-

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teau d'Ecouen. Si Ton comparait Bullant, soit à Philibert Dclormo, soit à lubbé de Clagny, se* contemporains, on trouverait que son style offre autant d'élégance, plus de simplicité cl plus de grandeur. Androuet du Cerceau, dans son ouvrage intitulé : des plus Excellents JJàtimcHts de France, et liaitard, dans la collection qui a pour titra : Parit et $et Monuments, ont publié des gravures représentant l'architecture cl la sculpture du château d'L>çouen. On peut aussi consulter Y Encyclopédie méthodique [Dictionnaire d'architecture), au mot Bll- Ust. Fc— Bd.

BULLART (Isvac), né à Rotterdam, le î> janvier 1599, de (tarent* catholiques, Tut envoyé à Bordeaux pour y faire ses études, et vint ensuite à Bruxelles, où il se maria. Par le crédit de la famille de son épouse, il obtint la direction du mont de piété nouvellement établi a Arras. I*cs qualités de Bullart et son désintéressement lui méritèrent la place de préteur de l'abbaye do Sl-Waast, et, après la réunion de la province d'Artois à la France, la décoration de l'ordre de Si- Michel. Il mourut le 47 avril 1672, laissant imparfait un ouvrage auquel il avait travaillé plus de trente ans, cl qu'il chargea son lils ( Jacques-Bénigne ) de publier après l'avoir terminé. Cet ouvrage est intitulé : Académie des Sciences et des arts, contenant tes vies et tes éloges^ historiques des hommes illustres de diverses nations. Il est orné de 249 |tor traits gravés avec soin par Larmcssin et Boulounois, auxquels Bullart faisait une pension, et renferme de» anecdotes curieuses. Il fut imprimé à Paris, en 1082, 2 vol. in-fol. Les exemplaires avec la rubrique de Bruxelles, Foppens ou Amsterdam, IMti et enfin Bruxelles, 1693, ne différent de l'édition de Paris que par de nouveaux frontispices. VV— s.

Bl U.IîT ( PiEnns), architecte, né vers le milieu du \T siècle, élève de François Blondel, conduisit, d'après ses plaus, la construction de plusieurs édifices à Paris, et entre autres, celle de la porte Sl- Dcnis; mais il ne se borna point à ce travail subalterne, et il acquit dans la théorie de l'arl des connaissances qui le lirenl nommer membre de l'académie d'architecture, et lui procurèrent la place (f architecte de la ville. Un de ses premiers ouvrages fut une porte d'ordre ionique servant d'entrée à la ponqH: ]Sotrc-D;unc. Les autres édilices construits sur ses dessins sont trop nombreux pour qu'où en donne ici la nomenclature; ou se contentera de parler dis deux principaux. Il fit élever on 1074 |Ve de triomphe ap|>elé porte Sl-Mnrtin, dont les beautés seraient mieux appréciée* sans le voisinage de celte porte St-Dcnis, chef-d 'cruvre du maitre do Bullel. On doit encore à ce dernier l'église des jacobins du faubourg Si- Germain (aujourd'hui St-Thomas-d'Aquin). lin 107.%, il construisit le quai Pelletier, dont le trottoir était totalement en saillie, sur Une voussure in quart de cercle. On lui doit ; 1° Architreturc protique, qui contient la construction générale et U détail des toisés et devis de chaque juirlie, Paris, 1091, in-8°; ibid., 1758, 1741, lig. L'édition donnée par Héris*m, ibid., 1755, u»-8% corrigée

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cl augmentée par Descoulures, architecte, a été réimprimée par le même libraire en 1762, 1768, 1774, et par Jombcrl, en 1780, ln-8*. Celles de la société libre, 1788, ctdeDidot l'ainé, 1792, in-8°, contiennent de nombreuses additions par Séguin. Le même ouvrage a encore été publié sous ce litre : Nouvelle Architecture pratique, ou OuUet rectifié et entièrement refomlu, etc., par Alex. Miché, ingénieur en chef des mines, Mon» et Paris, 1818, iu-8* avec 2.1 planches (I). 2" Traité de l'usage du pantomètre, Paris, 1675. in-12. S" Trait, du nivellement, Paris, 4088, in-12. 4* Observations sur la mauvaise odeur des lieux d'aisances, 4096, in-12. On trouve dans le Jicpertoirt des Artistes six dessins de cheminées, par Bullet. Selon quelques-uns, ce sont les premiers où l'on ail commence à employer des glaces d'après le procédé de François Mansard, auteur de celte heureuse innovation ; mais d'autres l'attribuent à Robert de Colle. ( Voy. ce nom. ) Le lils de Pierre Bullet, connu sous lo nom de Chamblin, exerça avec succès la même profession que son |>érc. D— T.

BLLLET (Jean-Baptiste), membre de l'académie de Besancon, et correspondant de l'académie royule des inscriptions et belles-lettres, naquit à Besançon, en 1609. Il obtint au concours la cliaire de théologie à l'université do celle ville, en 4728. Bullel a publié un grand nombre d'ouvrages pleins d'érudition, mais écrits d'un style peu soigné. Ils sont cependant recherches des savants. 11 mourut le 6 septembre 1775, dans sa 76» année. Droz, secrétaire de l'académie de Besançon, a composé son éloge. On a de Bullet : 4» de Aposloliea Eectesim Gallicana Origine, Besançon, 4752, in-4î. Le but de l'auteur est de prouver que les apôtres, et en particulier Si. Philippe, ont prêché 1'Kvangilc dans les Gaules. 2* Histoire de f établissement du christianisme, tirée des seuls auteurs juifs et païens, oh fan front» une preuve solide de la vérité de cette religion, Lyon et Paris, 4764, petit in-4* (2), ouvrage écrit avec inélhode; il y a de la clarté et de la force dan» le raisonnement. 11 a été traduit en anglais par Wil. Salisbury, Londres, 1782, in-8*. 5° L'Existence de Dieu démontrée par Us merveilles de la nature, Paris, 4768, et ibid., 4775, 2 vol. in-12 (5). On peut lire cet ouvrage après celui de Piieuvventyt qui porte le même titre. On y trouve des morceaux pleins d'une onction et d'une chaleur qu'on ne devait point altendre d'un

(I) Il en »

ordre, couaiderakilrurni augmentée, et arr».ropagn.H! de noies ei de 46 nouvelle* ,,lanrh«*. par M. Jay, architecte, etc. Paris ISM, 3 rot. in S*. K nfl u N. Muret, ancien inspecteur de» Utuneai*, a poblié l'ouvre de ballet sous H titre : AuhittcUrc de Untltt, M le .Veai'M» Billet rf* lo t.lle et iet eamp«gnet, MiiU d'après S.-g«in. augmentée d'ob*er»atloni extraites de Rondelet, Nori«et, Durand, etc., Paris, Audin e» Hr». Uarl. I»», MHS aire» [d..il ut,, tes même*, même format. C»— «.

(2j Réimprime : l'an*. M .-quignon fllj aln.\ ISM. to-S» ; U».d„ Adrien Leilere, Ma*, même formai. Kn ISIT. on a pul.li.-i Pans li brochure suivante : piare.r» «V If. 0*11*1 sur Iet rerlltt rfc I» rtlijwu e*rf/irt«e, eitmt 4e te* «arrêta UUitulé : Httiwt 4ê rHattintment rf« ehruttemUme, eir.,m-l2. C«-t» (3) Réimprime, Besancon et fart», Cautticr frères, l«îo, t

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occupé à des recherches aussi rebutantes que pénibles. 4° Répontet critiqua aux difficultét propotie$ par Ut inerédulet tur ditert endroits de» livret taintt, Paris, 4775-73, S vol. in-12(1). Kr.-X. Moïse, ancien évoque de St-CJaude, a publié uno suite i cet ouvrage. ( Yoy. Moïst; . 5* Recherche» hitloriques tur let cartes à jouer, Lyon, 1757, in-8°, rare et curieux. Dullet prétend que les cartes ont été inventées en France sous Cliarlos VI; mais on sait que les Allemands en connaissaient l'usage bien avant cette époque. 6« Dittertationt tur différents sujets de l'histoire ds France, Besançon et Paris, 1769, in-89. La plupart dos vues nouvelles de l'auteur, sur plusieurs points de l'histoire de France, ne sont fondées quo sur de fausses élymologies tirées de la langue celtique. 7* Du Festin du roi boit, Besançon, 1703, in-8" de 17 p., réimp. dans la même ville, en 1808, à cinquante exemplaires, in-8» de 30 p., et inséré dans le Magasin encyclopédique de décembre 1840, avec des notes de M. Anianton. 8« Dissertations tur la mythologie française et sur plusieurs points curieux de l'histoire de France, Paris, 4771, in-12. Ces différentes dissertations, au nombre de neuf, sont fort estimées; elles concernent Mélusine, la reine Pédauque, le chien de Montargis, l'origine des carrosses, etc. 0" Mémoire sur Ut langue celtique, contenant : 1* V Histoire de celle langue ; 2" une Description étymologique des villes, rivières, montagnes, etc., det Gaules; 3D un Dictionnaire celtique, Besancon, 1754, 1739 et 1770, 3 Yol. in-fol. C'est l'ouvrage de Bullet qui lui a donné le plus de célébrité ; il y raoutre une érudition immense; mais le système qu'il veut établir parait insoutenable. On est fâché de voir l'auteur trouver dans le miracle de Babel l'origine des langues modernes, et employer tout son savoir a découvrir dans le breton les éléments d'une langue primitive, commune à tous les hommes. Les vices d'un pareil système n'empêchent pas que l'ouvrage ne soit curieux et recherché des étrangers, particulièrement des Anglais. VV— s.

BULLEYN ( GtnLLACifE), ecclésiastique et médecin anglais du 16' siècle, naquit dans l'Ile d'ÉIy, sons le règne de Henri VIII. Après avoir commencé ses études A Oxford, il les termina à Cambridge ; il parcourut ensuite l'Angleterre et une partie de l'Allemagne. Ayant embrassé le parti de la réforme, il lut nommé recteur d'une paroisse du comté de Susses ; mais contraint de résigner cette fonction en 1554, vraisemblablement & cause des persécutions qu'il éprouva sous le règne de la reine Marie, il se lit recevoir docteur en médecine, et pratiqua celait à Durliam; de là il passa a Londres, où il fut reçu au collège des médecins, et se Ht une grande réputation. Les dernières années de sa vie ne lurent qu'une longue suite de malheurs : il perdit d'abord, par uu naufrage, sa fortune et le manuscrit d'un ouvrage qu'il avait com|H>$é; on l'accusa ensuite d'a-

(I) Il en i paru deux noavfllf* édition» : Benncoo, Gialiier frrre*, 1 820, 4 loi. lo-IS oa m - dont \t dernier *e «rnipose de 11 ■Hi donu« ru Moïse, ei Pwti, Mrqntfaan junior, itM, 4 tôt.

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voir tué Thomas Hilton, son protecteur ; et quoique son innocence fut reconnue, cet homme étant mort d'uno fièvre maligne, le frère du défunt, persistant dans son accusation, le retint en prison pour dettes jusqu'à sa mort, arrivée en 1576. Ce fut dans ce triste séjour que Bulleyn composa ses ouvrages médicaux : !• Gouvernement of heallh (Guide de la santé), 4538,1 vol. in-8". 2° Boulwarkofdefcnce, etc. (Boulevard de défense contre toutes les maladies), 1562, in-fol. Dans cet ouvrage, Il y a une |»artie, sous le titré de Livre de simplet, dans lequel il traite des plantes de l'Angleterre; il est sous lu forme de dialogue, et les interlocuteurs sont la Santé et la Maladie, le Mal et la Chirurgie, etc. En général, il parle des propriétés des plantes sur la foi des auteurs qui l'avaient précédé ; mais il y a souvent ajouté ce qu'il avait appris par sa propre expérience. On trouve à la fin des gravures en bois de quelques-unes de ces plantes. 5* Dialogue tout à la fois touchant et plaisant, contenant un régime préservatif contre la peste, avec det consolation» contre Ici terreurs de la mort, 1664, in-8°. L'évéque Tanner a donné une notice sur la vie de Bulleyn ; mais il y en a une plus détaillée dans la Biographia Britannica. Bulley avait aussi des connaissances en agriculture, et il a rendu service a sa patrie en attirant l'attention de ses concitoyens sur la douceur du climat et la fertilité du sol de l'Angleterre, qui étaient fort mal appréciés à cette époque. C. et A— sj et D— P— s.

BULLIALDCS. Voyez Bon.LiU'.

BULLIARD ( Pierre ) , botaniste, né à Aubepierre en Barrais, vers 1712, mort à Paris en septembre 1795, lit ses études au collège do Langres. Les auteurs de l'antiquité auxquels il donnait la préférence étaient ceux qui traitaient de l'histoire naturelle. A quinze ans, le goût de cette science était déjà devenu en lui une passion. Dans ses moments de loisir, il avait formé un herbier considérable, et une collection d'oiseaux qu'il avait empailles luimême avec beaucoup d'Iiabilcté. Après avoir achevé sa rhétorique, il retourna dans sa famille, et peu s'en fallut qu'un botaniste qui s'est distingué depuis par de bons ouvrages ne se vit pour toujours condamné i vivre dans l'obscurité. Heureusement des personnes qui l'avaient suivi dans ses études, et qui lui portaient de l'intérêt, lui liront obtenir une plare à la nomination de l'abbé de Clairvaux. A cet emploi, dont le modique revenu suffisait A tous ses besoins, était attaché un logement à l'abbaye; il employa le temps qu'il passa dans cette retraite à étudier l'anatomie et la botanique dans les meilleurs ouvrages. Il apprit aussi le dessin, et vint ensuito à Paris, pour y continuer ses études médicales; mais son goiït pour l'histoire naturelle lui fit changer de résolution, et ses promenades aux environs de la capitale lui donnèrent l'idée de sa Flore Parisienne. Pour l'exécuter d'une manière neuve et utile, il résolut de réunir en lui seul les talents de l'artiste à ceux de l'auteur, il perfectionna les connaissances qu'il avait acquises dans le dessin, et apprit à graver sous François Martinet, habile peintre et graveur. Bulliard lit

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paraître successivement : 1 • Flora Parisiensis, ou Description» et figures de toutes Us plantes qui croissent aux environs de Paris, Paris, Didot,1774, 6 vol. in -8°, avec 640 ligures coloriées d'après nature. Quelques exemplaires ont été tirés sur format iii-4°. Cette Dore, devenue aujourd'hui très-rare, est précédée d'une introduction à la botanique, d'après le système de Linné. 2« Aviceptologie française, ou Traité général de toutes les ruses dont on peut se servir pour prendre les oiseaux, Paris, 1778 et 1790, in-12 (l). 3° Herbier de la France, ou Collection des plantes indigènes de ce royaume, Paris, 1780 à 1793, en 12 parties, renfermant 002 planches coloriées, qui ont paru en 151 cahiers in-fol. L'accueil qu'avait reçu sa llorc le détermina à donner cet ouvrage à peu près sur le même plan, mais plus étendu. Les figures en sont exactes, quoiqu'un peu petites, parce que le texte est gravé sur la planche au bas de chaque ligure. C«t ouvrage a été continué jusqu'en 17»3, époque de la mort prématurée de l'auteur. -'#• Dictionnaire élémentaire de botanique, Paris, 1783, petit in-rol. avec 2 planches. Ce dictionnaire a élé revu et presque entièrement refondu par L.-CI. Richard de Hautcsieu, membre de l'Institut, Paris, 1797, ou an 7 ( 1799); et de nouveau, par le même, avec des changements et des additions,! ibid., an 10 ( 1802). 5° Histoire des plantes vénéneuses et suspecte» de la France, Paris, 1784, in-fol. , et 1798, in-8°. Ce grand ouvrage avait d'abord été proposé par souscription, et il en a paru S vol. in-8" et in-4°. 6° Histoire des champignons de la France, Paris, 1791-1812, in-fol. , avec des planches imprimées en couleur. Ce bel ouvrage, aussi intéressant par son sujet que par la manière dont il est traité, était, lorsqu'il parut, le plus complet que l'on eût encore vu sur cette partie de la botanique ; mais il a été surpassé par celui du docteur Paulct. Les ouvrages de Bulliard n'ont pas reculé les bornes de la botanique, ni ouvert de nouvelles routes, parce qu'il n'a décrit et liguré, dans la plupart, que des espèces déjà connues, et qu'il a rarement considérées sous des rapports nouveaux; mais tous sont utiles et estimés; ils ont propagé les connaissances et répaudu le goût de la science. Son traité des champignons est le seul où il y ait un assez grand nombre d'espèces nouvelles ou peu connues, qu'il a bien décrites et bien figurées. On y trouve aussi des aperçus tout à fait nouveaux, qui sont le résultat de ses recherches et de ses méditations. Bulliard avait des connaissances sur d'autres parties de l'histoire naturelle, et en particulier sur les oiseaux et les insectes. Il avait l'esprit vif et entreprenant, le caractère plein de franchise Visant plus àTulilité réelle qu'à la magnificence, il n'a pas donné à ses ouvrages ce luxe typographique qui rend aujourd'hui les livres de botanique et de zoologie excessivement chers. 11 a fait lui-même les

(I) L» r édition. rcTBe ci augmenté par MM. Kre*z et Cassar lgS«» » Planche*. Le «ne ouvrée ,„ù

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dessins et les gravures de tous ses ouvrages. Il est le premier qui ait employé le moyen plus facile et plus économique d'imprimer les plantes en couleur. Une seule retouche au pinceau suffit alors pour que les figures soient parfaitement coloriées. Ce procédé a élé perfectionné depuis, et il est aujourd'hui presque généralement en usage à Paris, pour les grands ouvrages d'histoire naturelle. W — s et D— P — s.

BLLLINGER ( Henri ) , naquit à Bremgarlen en Suisse, l'an 1 504, et mourut à Zurich, le 1 7 septembre 1575. 11 fit ses premières études à Emmerich, ville du duché de Clèves ; son père lui ayant îefusé les secours nécessaires pour les continuer, il fut obligé de chanter dans les mes, et d'exciter ainsi la charité publique. En 1520, il étudia à Cologne. Il avait formé le dessein de se faire cliartreux ; mais les écrits de Mêlanchthon et des réformateurs, qu'il lut, le firent changer de résolution cl même de religion. Il fréquenta les théologiens de Zurich, et se lia étroitement avec Zwingle, dont il embrassa et défendit la doctrine jusqu'à la mort. H accompagna ce chef des sacramentaires à la fameuse conférence de Berne, qui détermina ce canton à embrasser la nouvelle réforme en 1.Ti28. H combattit avec succès la secte alors fort turbulente des anabaptistes, et cliercha a prouver, dans un écrit particulier, la légitimité des dîmes et des intérêts du prêt d'argent. La guerre de religion l'obligea à se réfugier, en 1531 , à Zurich, où, a la mort de Zwingle, Bullinger fut nommé son successeur, et devint premier pasteur : en 1534, il y fut gratifié du droit de bourgeoisie. Sa nouvelle dignité lui lit prendre une grande part à la réformalion des écoles ; les mesures sévères que le gouvernement adopta contre les sectaires étaient prises d'après ses conseils, cl il a développé dans ses écrits les raisons qui l'avaient convaincu de leur nécessité. La sévérité dont il lit profession fut l'effet de l'esprit du temps, plutôt que de son caractère. Il fut un des auteurs de la première confession helvétique, et il dressa, en société avec Calvin, le formulaire de 1549, liase de l'accord eulre Zurich et Genève; il donna l'édition des œuvres complètes de Zwingle, et fut le prolecteur des réfugiés de France et de Lucarno, pour cause de religion. Les relations étroites qui lièrent l'Église anglicane et l'Église helvétique furent son ouvrage, et, parmi les manuscrits de Bullinger, on conserve les lettres que Jeanne Gray lui a adressées. Ces manuscrits et sa correspondance ornent la bibliothèque de la ville de Zurich ; parmi les premiers, il faut distinguer la Chronique de Zurich (4 vol. in-fol.); X Histoire de la Ré formation, et celle de sa propre vie, dont de nombreuses copies existent dans les bibliothèques. Les ouvrages imprimés de Bullinger forment 10 volumes in-fol. (1) ; ce sont environ quatre-vingts traités différents sut des madères théologiques, dont il sérail inutile de

(I) Plusieurs ont Hé traduits en français, entre antre* Cenfenion i* foi Je* ifltte* rt(armte* en Sui**e, traduit du latin (du Confesno fldel), par Kl. Bertrand, pasteur à llerne, lierue, 170O, in-4"* autre édiiiuii, précédée de quelques réflexions sur la nature, le légitime usage et la nécessité des confessions de foi |>ar |l<s pasieur», J.-J.-C. tcllericr et Causer, Genete et Paris, Semer, m», In S».

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