‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 26 sur 97 · BOL I5Ï · texte numérisé non relu

BOL I5Ï

de Soissons, qui furent suivies d'un traité de paix. Il entra au conseil du gouvernement, composé du duc de la Vieuville, du cardinal de la Rochefoucauld, du duc de Lesdiguiércs et du garde des sceaux d'Aligre : il fut fait surintendant des finances en 1652. Son esprit de conciliation le fit choisir, la même année, pour négocier le raccommodement de Gaston, duc d'Orléans, avec le roi, son frère. Bullion persuada à Monsieur que le seul moyen de sauver la vie au duc de Montmorenéi était de se soumettre. Il parait qu'il n'était autorisé à rien promettre ; le cardinal de Richelieu trompa le prince, et désavoua le négociateur. Ses conseils furent utiles à ce premier ministre, lorsque découragé il voulut quitter le timon des affaires, en 1656 : « Il en aurait fait la folie, dit « Viltorio-Siri, sans le P. Joseph, qui le rassura, « et ce père fut bien secondé par le surintendant « de Bullion. » Sa sagesse parut également dans le conseil qu'assembla Louis XIII, en 1659, à la persuasion de Richelieu, qui ne voulait point paraître. Il s'agissait de décider si le retour de Marie de Médicis pouvait être avantageux au roi, au daupliin et à l'État. Bullion, un des cinq ministres consultés, déclara a que les plus puissants motifs pour engager « Louis XIII a ne pas recevoir sa mère étaient de « nature à ne se devoir dire qu'à l'oreille du maître, c qu'il était de la prudence du roi de presser Marie « d'aller s'établir à Florence, où il lui ferait tenir u son bien et son douaire, ainsi qu'il le lui avait offert « plusieurs fois. » Louis XIII récompensa les services de Bullion, en le faisant garde des sceaux, chevalier de ses ordres, et enfin en créant, en sa faveur, une nouvelle charge de président à mortier au parlement de Paris. Ce fut sous la surintendance de Bullion que les premiers louis d'or furent frappés en 4640. On rapporte à ce sujet une anecdote peu vraisemblable, et qui est puisée dans une source suspecte { Pièces intéressantes et peu connues de Laplace). « Le « suriutendant ayant donné à dîner au maréchal de « Gramont, au maréchal de Yilleroi, au marquis de « Souvré et au comte d'Hautcfeuille, fit servir au des- « sert trois bassins remplis de louis, dont il les enga- « gea a prendre ce qu'ils en voudraient. Ils ne se « firent pas trop prier, et s'en retournèrent les poches « si pleines, qu'ils avaient peine à marcher : ce qui « faisait beaucoup rire Itullion. Le roi, qui taisait les « frais de cette plaisanterie, ne devait pas la trouver « tout à fait si bonne. » Bullion mourut d'apoplexie le 22 décembre 1640. Un recueil de lettres manuscrites de Claude de Bullion, depuis le 9 décembre 1 652 jusqu'au 1 1 décembre 1640, était conservé dans la bibliothèque de François BouthiHier, ancien évèque de Troyes. — Noil de Bullion, marquis de Galardon, seigneur de Bonelles, succéda a Claude de Bullion dans la place de garde des sceaux des ordres du roi, et mourut en 1070. — Son fils, Charles- Denis de Bullion, fut reçu prévôt de Paris en 1685. St— T.

BULLION. Voyez Boileau.

BULLIOL D ( Symphorieî* ), né a Lyon en 1 480, fut successivement évèque de Glandêves en 1508, de Bazas en 1520, et de Soissons en 1528- Lou^ X"

m BOL

le fil gouverneur de Milan, et l'envoya en ambassade auprès de Jules II. Il devint l'un des aumôniers de François I'r et grand maître de son oratoire, charge qui équivalait à celle de grand aumônier, non encore établie. Il assista au concile de Pise tenu contre Jules 11, puis y renonça au nom de l'Eglise gallicane, dans celui de Latran. 11 mourut le 5 janvier 1535, après avoir publié des Si«tuta synodalia pour le diocèse de Soissons, Paris, in-4° et iu-8\ 1352. Ce prélat aimait les sciences et protégeait les savants. Henri- Corneille Agrippa, qu'il avait produit à la cour de France, lui lit une épitaphe qui commençait par ces deux vers :

Pax popull, clerique decus, palriseque patronus Synqihorianus, amor Gulliie et urbis

— Ccst a son cousin Maurice Bclliocd, qui lui avait succédé dans la place de conseiller au parle— ment de Paris, et qui mourut le 27 mal 1511, doyen du chapitre de St-Marccl, que licnolt Court dédia, en 1358, son commentaire sur les Ârresta amorum. — Pierre Bltliocd, procureur général du parlement de Dombcs, parent des deux précédents, était trésversé dans les langues hébraïque, syriaque, grecque, etc. Il mourut à Paris en 1595, après avoir composé plusieurs ouvrages, dont quelques-uns sont restés manuscrits. Le plus connu de ceux qui sont imprimés est intitulé : la Fleur des explications anciennes et nouvelles sur les quatre évangélistes, Lyon, 1596, in-4*. — Pierre BULUOOD, jésuite, iils du précédent, né à Lyon en 1588, mort dans la mémo ville en 1661, a donné des notes sur la \ie de St. Trivier, une vie de Symphoricn Bullioud, intitulée : Symphorianus de Bullioud e lenebris historias educiut in lucem, avec des pièces justificatives, où l'on trouve des clroscs curieuses sur les principales familles du Lyonnais, Lyon, 1615, in-4"; Lugdunum sacro-profanum, Lyon, 1647, in-4*. C'est le prospectus d'une histoire de sa patrie, qui est restée manuscrite.— Un chevalier de Bulliold, capitaine de carabiniers, né en 1741, se distingua dans la guerre de sept ans. A l'âge de dix-huit ans, n'étant que cornette d'une compagnie de carabiniers, il se fit remarquer à la bataille de Crcvelt par un trait d'audace qui lui valut la croix de St-Louis et le brevet de capitaine. Ayant rallié quelques carabiniers et maréchaux des logis, il perça la ligne d'infanterie ennemie, mit hors de service une batterie que Jes ennemis préparaient, et, se voyant dans l'impossibilité de regagner l'armée française, marcha eu avant, traversa plusieurs corps où il fit encore des prisonniers, et occupa le bourg de Gladebec, d'où étant parti le lendemain à la pointe du jour, il ramena par un détour sa petite troupe au camp français, et rapporta son étendard à sa brigade, le 24 juin 1758. Il publia, en 1765, la Pètrissée, ou Voyage de tire Pierre en Dunois, badinage en vers, en 12 chants, par M'", la Haye (Paris, Panckoucke, in-12j. Il mourut dans la même année, âgé de 22 ans. T— d.

BULMER (Guillaume) , célèbre imprimeur anglais, né à Ncwcastle-sur-Tyne, en 1758, fit son apprentissage dans sa ville natale, et forma dés celle

a • mm*

BUL

époque avec l'habile graveur Thomas Bewick une liaison qui n'eut de lin qu'avec la vie de cet ami. S'étant rendu dans la capitale de l'Angleterre, Bulmer y travailla longtemps chez Jean Bell qui publiait de très-jolies éditions, dites miniatures, des poètes do la Grande-Bretagne. En 1787, une circonstance accidentelle introduisit Bulmer chez le libraire Nicol qui s'occupait d'une nouvelle édition nationale de Sliakspeare. Déjà des dépenses considérables avaient été faites pour obtenir de la gravure anglaise des types où fussent combinées les beautés des modèles français et italiens les plus élégants. La connaissance approfondie que Bulmer avait de toutes les ressources de l'art typographique décida Nicol à le mettre à la tête de l'établissement spécial qu'il voulait créer k l'aide de souscriptions, pour l'accomplissement de son projet. Ainsi naquit l'imprimerie shakspearienne sous la raison Bulmer et compagnie ; et bientôt les chefs-d'œuvre qui sortirent do ses presses méritèrent les encouragements les plus flatteurs. Le roi George III surtout appuya un établissement qui s'annonçait comme digne de rivaliser avec celui de Bodoni. Les premiers numéros du Sliakspeare parurent eu 1761; et l'édition entière, composée do 0 vol. in-foi., fut terminée en 1805. Elle est comparable à tout ce que l'art de l'imprimerie, secondé par la peinture et la gravure, a Jamais produit de plus parfait. Peut-être cependant Bulmer se surpassa t-il encore dans la suite. Il porta successivement la vue sur toutes les parties de son art, mais principalement sur la composition de l'encre. Un élève de Iiaskerville lui donna le secret de celle dont son maître s'était servi pour ses belles éditions, et Bulmer, en la perfectionnant, établit, dans sa maison même, un appareil pour cette importante fabrication. Il en résulta que, dans des ouvrages qui ont été dix ans en main, l'encre est d'un bout è l'autre tellement semblable à elle-même, qu'on croirait que tout a été imprimé le même jour. Après trente ans de travaux, Bulmer quitta les affaires en 1819, avec une fort belle fortune, et se retira dans une élégante résidence à Ctapham-Rise. L'imprimerie shakspearienne fut cédée au fils de son ancien protecteur Nicol. C'est à Clapham-Rise que Bulmer mourut le 9 septembre 1830. Son portrait lithographie par Jacques Ramsay, 1627, est plus fidèle que la gravure en taillo-douce donnée comme son portrait dans la Typographie de Hansard. On en trouve encore un autre dans le Décamèron biographique de Dibdin ; mais Bulmer y est représenté fort jeune. Le même recueil contient un catalogue très-détaillé de tous les ouvrages sortis de l'imprimerie shakspearienne (t. 2, p. 384-595). Parmi les plus belles productions qui s'y trouvent mentionnées, indépendamment du Sliakspeare en 9 vol. In-foL, et du Décamèron bibliographique lui-même que l'on regarde, en Angleterre, comme réunissant au plus haut degré tout ce qui consUme les chefs-d'œuvre typographiques qu'on doit désespérer de surpasser, nous citerons les Satires de Perse, 1790, in-4°, texlc latin' et traduction anglaise de Brewster, ouvrage par leque il débuta; les OEwrts poétiques de Milton, 179397, en 3 vol. in-fol., qui le discutent au Sbak-

BUL

speare ; les poèmes de Goldsmilh et de Parnell, 1795, in-40, avec grav. sur bois ; la Chatte, par Sommerville, 1706, in- V, avec grav. sur bois ( c'est le pendant du précédent ) ; un Anacréon, en grec, avec vignette» de miss Bacon, 1802, et \e Muséum Worsleyanum, 2 vol. in-fol. (anglais et italien, 1798- 1805), dont l'impression coûta 675,000 fr. à sir B. Worslcy. Un exemplaire de ce Muicum a été payé 80,001) fr. dans une vente. Val. P.

BULOW ( Frédéric-Ernest pe), né le 5 octobre 1736, dans la terre d'Es6cnrode, mort le 4 mai 1802, abbé du couvent de St-Micliel à Lunebourg, directeur de la société d'agriculture de Zelle, n rendu de grands services à la principauté de Lunebourg par ses soins pour l'agriculture, les chemins, la division et la sûreté des propriétés; il sauva les saliucs de ce pays de la destruction qui les menaçait, et les en préserva pour l'avenir, en en améliorant l'adminislralion. It augmenta les revenus de ton couvent, en y établissant uue grande fabrique de tuiles. 11 a laissé dans tout le pays une mémoire que ses vertus et ses bienfaits onl fait chérir. — Un autre Bulow, ancien conseiller à la chancellerie do la cour de Brunswick, célèbre publicisle, et connu par des ouvrages distingués, tant en histoire qu'en jurisprudence, est mort à Hambourg, le 15 septembre 1810, • l'âge de 67 ans. G— t.

BULOW (Hesri-Gcillai mi , baron de), né a Falkenberg en Prusse, fut élevé à l'académie militaire de Berlin, et, dès l'âge de quinze ans, entra au service dans l'infanterie, d'où il passa dans le régiment de cavalerie do Reilzenstein. Livré dès lors à la lecture des anciens et des ouvrages philosophique» de J.-J. Rousseau, et né avec un caractère inquiet et ambitieux, l'obscurité d'une caserne ne pouvait lui suffire. En 1780, il se rendit dans les Pays-Bas, où l'insurrection contre Joseph II semblait lui ouvrir une carrière conforme à se» vues. La haute idée qu'on avait alors de la tactique prussienne lui procura une place dans un régiment; mais le terme prochain de cette révolution éphémère ayant détruit les espérances de Bulow, il revint à Berlin, où il prit un goût si passionné pour le théâtre, qu'il avait rassemblé une troupe de comédiens pour aller jouer en province, lorsqu'un scrupule inspiré par la noblesse de sa naissance le fit renoncer au métier de directeur de sjtcclacle Il partit alors pour l'Amérique septentrionale, espérant y trouver une liberté dont il se plaignait d'être privé dans sa patrie. Son espoir fut encore trompé ; et c'est ce que l'on voit dans la relation de ce voyage, publiée par son frère qui l'avait accompagné. Les deux frères voulurent cependant mettre leur voyage à profit. Il» avaient remarqué que la verrerie se vendait fort cher en Amérique ; revenus à Hambourg, ils consacrèrent le reste de leur héritage a acheter des verres, et retournèrent en Amérique avec une grande quantité de- cette marcliandise ; mais, dépourvus de» premières notions du commerco, ils perdirent jusqu'à leur capital. Henri de Bulow, grand partisan des idées du visionnaire Swedenborg, prêcha cette doctrine en Amérique ; et ce fui vraisemblablement à cette

BUL 159

époque qu'il composa l'ouvrage suivant qui a été publié après sa mort : Coup d'ail sur la doctrine de la nouvelle Eglise chrétienne, ou te Steedenborgianisme, Philadelphie (Allemagne) 1809, in-8», avec celte épigraphe : Aune permittum ett. Cet écrit est en français, parce que, selon l'auteur, Swedenborg a beaucoup de partisans en France. L'avénemcnt de la nouvelle Église y est fixe aux années 1817 et 1818. Revenu en France sans fortune, Bulow se rappela son premier métier, et la lecture des Considérations sur l'Art militaire, par Bœrenliorst, lui donna l'idée de soumettre cet art a des principes fixes cl aux règles de la géométrie. Ce fut dans cette pensée qu'il coiiq>osa son Esprit du système de guerre moderne, dans lequel, après avoir établi une fausse distinction entre la stratégie et la tactique, il réduit toutes les opérations militaires à la forme du triangle, et lire de ce principe le» conséquences le» plus bizarres. Cet ouvrage a néanmoins eu quelque succès en Allemagne, et il a clé traduit en français par Trancliant de Caverne, Paris, 1801,in-8°,fig. Plusieurs tacticiens ont combattu le système de Bulow ; le général Jomini a surtout parfaitement démontré le» inconvénients de ses lignes de défense, destinées i tout couvrir par leur étendue, et de ses retraite» excentriques, dont il semblerait (pie les Prussiens aient voulu faire une application dans leur déplorable retraita de 1806. Bulow désirait ardemment être employé dan» l'étatmajor do l'armée prussienne ; mais il ne put y réussir, et fut obligé, pour vivre, de faire un métier de son travail d'auteur. Il écrivit d'alwrd sur l'argent, d'après un auteur suédois; il traduisit ensuite en allemand le Voyage de M un go Parck; et, dans l'hi ver de 1801, il publia YHisloin de la campagne de 1800, en Allemagne et en Italie, etc., Berlin, 1801, in-b '. qu'il compila dans la Gasette de Hambourg, et que M. de Sevelinges a traduite en français, Paris, 1804, 1 vol. in-8'. Bans la préface de cette traduction, M. de Sevelinges, contre l'usage des traducteurs, a lui-même discuté et réfuté très-judicieusement une partie du système de Bulow, qui, pour l'application de sa théorie, avait joint à son histoire la traduction d'un autre ouvrage intitulé : Considérations militaires sur le nord de l'Allemagne. Après plusieurs affaires que lui suscita soncaractère bizarre, Bulow passa en Angleterre vers la fin de 1801, et publia à Londres les trois premier» numéro» d'un journal qui ne put être continué faute de lecteurs. Bulow, qui avait fondé son existence sur le succès de celle entreprise, fut obligé de faire de» detles, et il finit |>nr être conduit à Kingsbencb, où il fit un séjour forcé de quelques mois, liendu à la liberté, il vint à Paris, ou il resta pendant plus de deux ans, se disant chargé d'une mission diplomatique par Tordre équestre germanique. Devenu suspect à la police, il fut obligé de quitter la France, et il repa^ rut en 1804 à Berlin, où venait de s'engager une dispute a laquelle il prit part, en publiant, sous le titre de Kapvléon Bonaparte, un ouvrage en faveur des Français. Forcé encore de travailler pour vivre, il composa plusieurs écrit» qui se «uccédèrent rapidement : T Principes de la gturre moderne, ou

BCL

Stratégie théorique et appliquée, abstraite du système de guerre aeluei, Berlin, 1805, in-8- ; 2» Èclaircissemcnls sur cet ouvrage, sous le nom d'un officier prussien, ibid., et même année Nouvelle Tactique det modernes comme elle devrait être, Leipsick, 1805, 2 naît., in-8° ; 4" le prince Henri de Prutte, histoire critique de tes campagnes, Berlin, 1805, 2 pari., in-8°; 5* Aperçus fur l'avenir, mais qui ne sont pas prophétiques, écrits en avril 1801 et qui se vérifieront en 1800; 6° Campagne de 1805, 2 part., in-8», sans désignation de lieu d'impression (Leipsick). Tous ces ouvrages sont en allemand. Le dernier, dans lequel Bulow avait mal parlé de quelques hommes puissants, fut cause de sa perte. La cour de Russie Ht des réclamations. Averti de prendre la fuite, il s'y refusa, et fut enfermé, en août 1806, dans la prison de la prévôté, où une commission de médecins, cliargée d'examiner l'état de son cerveau, déclara « que les esprits vitaux étant fort animés a citez M. de Bulow, une plus longue arrestation « pouvait lui être funeste, et qu'il serait à souhaiter « qu'on lui rendit la liberté, en l'avertissant d'être « plus circonspect. » Les médecins ne furent |>as écoutés, et on lui intenta un procès criminel, dont il ne lit qu'aggraver les suites par la manière dont il se justifia. Après la bataille d'Iéna, on le transféra à Colberg, d'où il écrivit à un de ses amis : « Ne a suis-je pas prophète? Aussi m'a-t-on traité comme < un véritable Ezéchiel. » Il fut conduit dans la prison de Kœnigsberg, puis dans celle de Riga, où il mourut dans le mois de juillet 1807, au moment où il allait être envoyé en Sibérie. H a paru à Cologne (Berlin), 1807, une brochure intitulée : Henri de Bulow peint d'après tes grands talents, son sublime génie et ses aventures, avec une notice authentique de l'arrestation de cet homme étonnant et de son procès criminel. M— D j.

BULOW (le comte FnÉnÉuic-GciLLviiiE de), frère aîné du précédent, est un des généraux prussiens qui dans ces derniers temps ont acquis le plus de célébrité. Il naquit, en 1755, à Felkenberg dans le Mecklenbourg, d'une famille fort ancienne, et qui a donné à la Prusse des guerriers et des hommes d'État distingués. Après quelques éludes rapides, il entra au service à quatorze ans , comme cadet, dans un régiment d'infanterie ; et n'ayant pu se faire remarquer pendant la longue paix qui suivit la guerre de sept ans, il n'était encore que capitaine en 1792, lorsque les Prussiens, sous les ordres du duc de Brunswick , marchèrent contre la France. Cette courte et inutile expédition ne lui offrit encore point d'occasion de se signaler; cependant il passait dès lors pour un des officiers les plus instruits de l'armée prussienne ; et peu de temps après le roi lui confia les honorables fonctions de gouverneur du 'jeune prince Louis-Ferdinand ; ce qui ne l'empêcha pas de conserver son rang dans l'armée. 11 fut même nommé major, et Ht en cette qualité, dans le commencement de 1795, la campagne du Rhin, où il se distingua particulièrement au siège de Mayencc, en défendant le poste important de Marienborn , qu'il par «a vigilance et son cou- J

BUL

rage. H se distingua encore à l'assaut de Zahlbadi, et mérita par ces exploits la décoration du Mérite militaire. Ses fonctions de gouverneur cessèrent en 1795, et il fut alors nommé chef de bataillon. La paix de Baie le rendit encore une fois pour longtemps an repos; et ce repos fut sans doute peu favorable à son avancement. Cependant il était lieutenant-colonel en 1806, et il fut employé sous le général Lestoq à la défense de Thorn, où il reçut une blessure au bras. Nommé colonel, il passa sous les ordres de Blûcher, se distingua aux batailles d'Eylau, de Friedland, et fut nommé général-major aussitôt après la paix de Tilsitt. Après la reprise des hostilités, en 1815, il commanda une brigade sous les ordres d'York, et dirigea le blocus de Stcttin. Nommé bientôt après fcld-maréchal-lieutenant, il obtint, le 5 avril, à Mockcrn un succès important, et pénétra jusque sous les murs de Magdebôurg. Ayant ensuite passé l'Elbe, il s'avança jusqu'à Halle et remporta, le 4 juin, à Lukau, une victoire importante qui sauva Berlin vivement menacé par la gauche de l'armée française. Son souverain le décora, pour cet exploit, de la croix de fer de première classe, et l'empereur de Russie lui envoya celle de su -Anne. Après l'armistice, Bulow fut mis à la tête du troisième corps prussien qui, sous les ordres du prince royal de Suède, n'était pas composé de inoins de 40,000 hommes, et il sauva une seconde fois Berlin, le 23 août, par la victoire de Gross-Bœrn ; puis une troisième fois, le 6 septembre, à Dennewitz, où il fit éprouver au maréchal Ncy des pertes considérables. Cet exploit mémorable valut à Bulow de nouvelles récompenses et de nouveaux honneurs, notamment le titre de comte de Dennewitz. Il concourut aussi très-efficacement à la victoire de Leipsick, et se dirigea aussitôt après sur la YVestphalie, puis sur la Hollande et la Belgique où il s'annonça pour le libérateur des peuples, et leur adressa des proclamations empreintes de toute la haine que les Prussiens portaient alors au nom de Napoléon. Le prince d'Orange lui fit présent d'une épée magnifique. Formant toujours la droite des alliés, Bulow pénétra dans l'intérieur de la France en janvier 1814, par la frontière du Nord, et laissant derrière lui les places les plus importantes, il s'empara de la Fére le 26 février, et le 5 mars, de Soissons, où il recueillit bientôt les débris du corps de Blùcber, qui venait d'être mis en fuite à M on un ira il et à Château- Thierry. Il eut ensuite part aux succès des alliés a Craon et à Laon, et continua de former leur aile droite lorsqu'ils marchèrent sur Paris. Quand la paix fut conclue, le comte de Bulow fut nommé commandant général de l'infanterie prussienne et gouverneur de la Prusse orientale. Il résida en cette qualité à Kamigsbcrg jusqu'à la reprise des hostilité», dans le mois de mai 1815. Alors il se rendit dans les Pays-Bas, où il prit le commandement du 1 4* corps sous les ordres de Bliicher, et ce fut dans cette campagne mémorable qu'il mit le sceau à sa gloire militaire. Après avoir résisté pendant plusieurs jours sur les hauteurs de Wavres aux efforts de Grouchy et de Vandamme, il s<

DDL

ment à sa droite dans la journée du 18 juin, et pa- - rut tout i coup aux champs de Waterloo, lorsque Tannée française, ayant soutenu pendant tout un jour la lutte la plus acharnée, venait de faire un dernier effort. ( Y «y. Blucher.) L'apparition d'un tel secours fut décisive pour l'armée anglaise ; et jamais peut-être le mouvement d'un corps d'armée n'eut de plus grands résultats sur ta destinée des nations. Le duc de Wellington donna de grands éloges à Bulow dans le rapport qu'il fit à son gouvernement. Tous les souverains alliés lui envoyèrent des félicitations et les insignes de leurs ordres. Le roi de Prusse le nomma colonel titulaire du 15* régiment d'infanterie, qui porta désormais son nom. Après avoir concouru & la reddition de Paris avec son corps d'armée, le comte de Bulow retourna dans son gouvernement à Kœnigsberg, où il jouit bien peu de temps de sa gloire, puisqu'il mourut dans celte ville le 25 février 1816. Une statue en marhre blanc lui a été élevée à Berlin dans la rue des Tilleuls, à coté de celles de Scharnost et de Blûchcr. Bulow était un militaire instruit, d'un esprit cultivé, et surtout habile musicien. Il a composé de fort beaux morceaux de musique religieuse. Ce général avait épousé, en 1802, mademoiselle d'Aner dont il se sépara, en 1800, par le divorce, pour épouser la sœur cadette de celle-ci. M— d j.

BULOW (Loch-Frédéric- Victor -Jean, comte de), né le 14 juillet 1774, à Essenroda, dans le bailliage de Fallerslebcn, de la même famille, mais d'une autre branche que le précédent, fut envoyé fort jeune à l'académie de la noblesse k Lunebourg, et de là à l'université de Goettiogue, où il lit son droit et étudia la haute politique. En 1704, se rendant aux conseils du ministre Hardenberg, son proche parent, il entra au service de Prusse en qualité d'auditeur près la chambre collégiale de Bareuth, et fut nommé assesseur deux ans après. Lorsque le comte de Hardenberg fut appelé à Berlin, il y lit venir son cousin qui fut bientôt conseiller de guerre cl des domaines, et en 1804, président de la chambre à Magdebourg. Devenu ainsi chef de l'administration d'une province importante et que devaient bientôt occuper les vainqueurs d'Iéna, il eut de grands obstacles à surmonter, et par conséquent beaucoup d'occasions de déployer son zèle et son activité. Le duché de Magdebourg ayant été englobé dans le royaume de Westphalic par suite du traité de Tilsitt, Bulow demanda au roi de Prusse la permission de rester attaché à son service, et ce ne fut qu'après le refus que ce prince fit de l'employer, qu'il accepta une place de conseiller d'État, puis celle de ministre des finances du nouveau royaume. On conçoit que, dans cette circonstance, sa conduite ne fut pas approuvée de tous les Allemands ; et elle le fut bien moins encore des Français qui abondèrent à la cour du roi Jérôme, et qui ne purent voir sans peine la clef du trésor dans les mains d'un homme dont la sévérité et la franchise tout à fait germanique blâmaient hautement leurs désordres, et qui s'efforçait de réprimer leur cupidité. Ils l'environnèrent de toutes sortes de pièges, et firent tout

BUL 141

pour le perdre dans l'esprit de leur jeune maître. Cependant Jérôme eut assez de raison pour résister, et il soutint longtemps son ministre contre les efforts des courtisans; il lui conféra même le titre de comte, et lui donna de nouveaux témoignages de sa confiance. Mais, en 1811, ayant fait un voyage à Paris, pour empêcher le démembrement du nouveau royaume auquel on voulait ôter quelques parties de territoire, Bulow eut le malheur de déplaire a Napoléon ; et ce qu'il y eut de plus fâcheux pour lui, c'est que les courtisans westphaliens furent informés de celte disgrâce. Alors ils l'attaquèrent avec un nouvel acharnement ; et Jérôme lui-même fut contraint de l'abandonner à son malheureux sort. Forcé de remettre son portefeuille, Bulow se retira dans sa terre d'Esscnroda, avec une modique pension, et se flattant d'y vivre tranquille au sein de sa famille. Mais on ne l'avait pas perdu de vue; au moment où il s'y attendait le moins, on vint l'arrêter, et il fut conduit prisonnier à Casse). Cependant, comme on ne trouva rien dans ses papiers qui put le compromettre, force fut de le rendre à la liberté en lui recommandant toutefois de garder le silence. On conçoit que de telles vexations ne firent qu'ajeuter à la haine de Bulow pour les Français, et qu'il dut saisir avec empressement l'occasion de la faire éclater, lorsqu'il vit leur pouvoir chancelant. Dès la fin de 1812, il avait fait a To?plitz, auprès du roi de Prusse et de son cousin le comte de Hardenberg, plusieurs voyages qui furent remarqués par la police des Français, et signalés au maréchal Augereaudans un rapport que lui adressa le général Bongard. La bataille de Leipsick mit fin à cette périlleuse situation; et Bulow, présenté par son cousin Hardenberg, fut nommé, en 1815, ministre des finances du roi de Prusse. Dans ce poste important, que les circonstances rendaient extrêmement difficile, il fit tout pour concilier les intérêts opposés; mais, comme à Casscl, Bulow était étranger dans Berlin, et beaucoup de Prussiens le voyaient avec une secrète jalousie jouir de tant de faveur. Pour comble de maux, Hardenberg cessa de lui être favorable : une mésintelligence positive éclata entre ces deux hommes d'État , en plein conseil , à l'occasion d'un projet que désapprouva Hardenberg, et que Bulow s'efforça de soutenir avec trop d'obstination. Il donna aussitôt sa démission qui fui acceptée ; mais le roi créa pour lui un ministère du commerce et de l'industrie, et il le nomma en outre président de la section des finances au conseil d'Élat. Bulow s'aperçut bientôt de la nullité de ces nouvelles fondions, et il vit que ce n'était au fond qu'une retraite honorable. Le chagrin qu'il en éprouva , joint à de grands embarras de famille, lui causa une maladie à laquelle il succomba aux eaux de Landek, le 11 août 1825. — Auguite- Frédéric -Guillaume de Bulow, né en 1762, à Verden en Westphalie, fit à Goettingue ses études en droit. Après avoir été président du tribunal d'appel à Hanovre, il passa en 1805 au service de Prusse, et fut successivement nommé membre du conseil provincial, d'abord à Munster, puis à Berlin. Vers 1811 , il entra au conseil d'État En 1814, il fut

142 BLL

nommé secrétaire général du gouvernement prussien à Dresde, puis chef de !:i police secrète do la province de Saxe. En 181 G il fixa sa résidence à Magdcbourg, et, lorsqu'à la suite du congrès de Constat!, des lois sur la censure Turent rendues et qu'on ordonna des reclierches contre les menées démagogiques, Bulow fut alors plus activement employé et vint résider à Iîerlin, et Ion s'attendait à le voir parvenir au ministère, lorsqu'il mourut à Postdam, en 1817, frappé d'apoplexie. H avait publié à Hanovre un ouvrage de droit eu 3 vol. in-8", et à Magdebourg un écrit de peu d'importance sur les affaires de i'Églisc réformée. —J.-T% comte deBiti.ow, mort à Iloslock en 1830, a publié deux recueils de poésies modernes. M — D j.

BULSTRODE (Ricnutn), auteur anglais du 17» siècle, étudia a Londres, dans la société d'Inncr-TtmpIc, et exerça quelque temps la profession d'avocat ; mais la guerre civile étant venue à éclater, il prit les armes pour la défense de son roi ; ses services lui méritèrent bientôt le grade d'adjudant général de l'armée royale. Après la restauration, il fut envoyé par Charles II, comme résident, près la cour de Bruxelles, et il remplit les fonctions d'envoyé prés la même cour, sous le règne de Jacques II. 11 suivit plus tard la fortune de ce monarque en France, où il passa environ vingt années. Ce fut pendant ce temps qu'il composa des Essais divers, qui ont été publies par son lil* ( Londres, 1713, in-8° ). Ils roulent sur la retraite, le bonheur, ^fes femmes, la religion, l'éducation, la vieillesse, etc. Si ce n'était pas l'œuvre du génie, c'était au moins le résultat d'une longue expérience , l'auteur avant vécu prés de 101 ans. X— s.

BLLTEAU (Lotis), né en 1623, à Rouen, d'une ancienne famille distinguée dans la magistrature, posséda, pembnl quatorze ans, une charge de secrétaire du roi, dont il se délit en 1001 , pour vivre entièrement séparé du monde. Il se retira d'abord à l'abbaye de Jumiéges, et de lààSt-Gcrinain-des-Prés, où il se réduisit à la simple qualité de ce qu'on appelait commis clerc, et s'engagea par contrat civil, du I" mai 1072, a consacrer toute sa vie au service de la religion, sous la condition de jouir de tous les privilèges îles religieux, sans quitter l'habit ecclésiastique séculier, quoiqu'il ne fût pas dans les ordres sacrés. C'est dans cet état qu'il mourut subitement d'une attaque d'apoplexie, le 6 avril 1093. Bulteau s'était particulièrement appliqué à l'étude de l'histoire monastique. Il publia, eu 1078, in-8", celle de l'Orient, sous le titre modeste à* Essai; il n'y date l'origine du monachisme que de St. Antoine, et prouve (pie les anciens moines avaient des piètres parmi eux, et des églises où ils se rassemblaient pour leurs prières communes : celte histoire est estimée ; il ne la conduit que jusqu'au 7" siècle. 11 donna, en 4684-1691, V Abri fié de l'histoire de St. Benoit et des moines d'Occident, 2 vol. in-4°, d'après les actes, chroniques et charte*. La mort le surprit comme il niellait la dernière main à Y histoire du 10/ siècle, du môme ordre, qui est resté manuscrite, et qu'il estimait plus que tous ses autres ouvrages. Il avait

BCL

traduit du latin de B. Qualremaire, en 1068, la Défense des droits de l'abbaye de St-Germain-des- Prêt , In-12. et, en 1689, les Dialogues de St. Grégoire le Grand, in-12, avec une pratique intéressante et de savantes notes. Les autres ouvrages de Bulteau sont des traductions de l'/ntrodurfion d la sagesse de Jean-Louis Vives, 1070; et du Cura elericalit, 1670 ; la Défense des sentiments de Laetance sur l'usure, contre le ministre Galltrus, Paris, 1671, in-12; le Faux Dépôt, pour réfuter quelques erreurs populaires, touchant l'usure, Mons, 1674, in-12; réimprimé à Paris en 1720, sous le titre de Traité de rusure, et portant a tort le nom de Nicole. Ce pieux et savant homme ne mit son nom à aucun de ses écrits, par modestie. ( Voy. Ellies Dupin, Dibtiothèque des auteurs ceelésiast. ) — Charles Bilteab, son frère, mort doyen des secrétaires du roi en 1710, à 80 ans, est auteur d'un Traité de la préséance des rois de France sur les rois d'Espagne, Paris, 1674, in-4°. Bulteau a réuni dans ce livre toutes les preuves rapportées par Théodore Godefroi dans son Traité de la préséance, et il y a joint celles dont cet auteur n'avait point parlé, ainsi qu'une réfutation de ce que Chifllet avait avancé pour appuyer les prétentions des rois d'Espagne. {Yoy. la préface du catalogue de la bibliothèque de Charles Bulteau (Bibliolheca Bulleltiana), Paris, Gahr. Martin, 1711, 2 vol. in-12.) Il a donné aussi les Annales Francici ex Gregorio Turoncnsi, Insérées dans l'édition des œuvres de cet historien, Paris, 4699, In-fol. Ces annales s'étendent depuis l'an 438 jusqu'à l'an 591 . On trouve I la suite les Annales Francici, tirées par Bulteau de la chronique de Frédégaire (595-768). Ces annales sont connues sous le nom û'Annales Bultcllani. T— D.

BULYVER (Jean), auteur anglais, a composé : 4" un traité sur l'instruction des sourds-muets, qui a pour titre : Philosnphus , or the deaf and dumb man's Fricnd, exhibiling the philosophical verity of that subtil art tchich may enable one vith an observant cye to hear xchat any man speaks the moving of his lips, Londres, 1648, in-8*. 11 parait que l'auteur est le premier qui ait réduit en principes l'art d'apprendre aux sourds à voir parler ou ù comprendre le discours par le mouvement des lèvres ; ceux qui l'ont précédé (voy. Bonet) s'élant plus attaches a apprendre aux muets à se faire comprendre par signes et à articuler des sons. 2* Pathomyolomia, ou Dissection des muscles qui indiquent les affections de l'Ame, 1619, in-12. 3» Anthropoint lamorphosis, l'Homme transforme, ou te Changement artificiel où l'on fait voir sous quelle étonnante variété de formes et d'habillements l'espèce humaine s'est montrée dans les différents âges et les différentes nations du monde, Londres, 1633, in-4*. Ce dernier ouvrage est très-curieux et a eu plusieurs éditions 4° Chironomia, ou l'Art de la rhétorique de la main ; et Chirologia, ou le Naturel langage de la main, Londres, 1644, in-8», X— s.

BL'LYOWSKI ( Michel ), naquit vers le milieu du 17« siècle, au comté d'Owaron, dans la Hongrie supérieure, et fit successivement ses études dans les

BDN

université* de Witteraberg, de Tubingcn et de Strasbourg. 11 réunit presque toutes les connaissances humaines, car il fut à la fuis philologue, théologien, jurisconsulte, mathématicien, poéic et musicien. La guerre qui désolait sa patrie Tayaut empêché d'y retourner, il se fixa en Allemagne, et deviut recteur à Ochringcn et à Stuttgard. Frédéric, marquis de Bade-Dourlach, le mil ensuite à la téte du collège de Dourlach. Uulyowsky inventa un instrument de musique à clavier, qu'il présenta à l'empereur Léopold, et doul il publia la description en allemand, Strasbourg, 1680, in-12. On a encore de lui : 1° Ilohenloici Gymnatii hodegu* calendariographut, Ohringen, 1693, in-8°; 2° Spéculum librorum politieorum Jutii Lipsii, Dourlach, 1705, in-12, et quelques autres ouvrages. 11 vivait encore en 1712. K.

BUMALDIS. Voyes Monta lu ano (Ovide).

BCSNALÎ ( Hemu, comte de ), conseiller intime de l'électeur de Saxe, roi de Pologne (Auguste III), né à Weisscnfels, le 2 juin 1607, Ht ses études avec distinction à Pforta, à Quolzbach et à Leipsick. Appelé à la cour de Saxe en 1717, il y occupa différentes places : ses voyages interrompirent l'exercice de ses fonctions. 11 passa un an a Paris; mais comme il se disposait à se rendre en Italie, l'électeur le rappela pour lui conlicr d'importanU emplois. A la mort de l'empereur Cliatles VI, il fut envoyé à Maycncc, où il resta jusqu'à l'élecliou de Cliarles VII. Le nouvel empereur le prit à son service, la nomma conseiller intime et le chargea de différentes missions. L'habileté du comte de Bunau justifia la confiance de son souverain, après la mort duquel il rentra au service de la cour de Saxe. Il mourut le 7 avril 1762, dans la terre d'Ossmannstadt, située dans le duchc de Weimar. Il se plaisait à procurer les moyens d'étudier aux jeunes gens sans fortune qui montraient des dispositions, et c'est à ses bienfaits que les lettres et les arts doivent le célèbre VVinckelmann. Sa bibliothèque, l une des plus considérables qu'ait jamais possédées un simple particulier, fut achetée prés de 130,000 te, par le prince Xav ier, et réunie à la bibliothèque de Dresde. Le catalogue raisonné qu'il en ht faire par Franck, pour les livres d'histoire et de philologie seulement [voy. FttA>ck), forme 7 vol. in-4°. On a de lui : 1* une Histoire de» Empereur* el de l'Empire d'Allemagne, tirée de* meilleur* historiens el des archives, el accompagnée d'appendices destinés à ielaircir le droit public de t Allemagne el la généalogie det maisons souveraines (eu alleui.), r part., Leipsick, 1728; 2e part., ibid., 1732; S» part., 1739; 4«part, 1743, in-4», Cet ouvrage, malheureusement incomplet, car il ne s'étend que jusqu'au règne de Conrad I'r inclusivement (en 018), est précieux par l'excellente critique qui y règne et les matériaux qu'il renferme. 2» Recherches courtes , mai* aj>profondies sur iéiat de* droits de la maison de Saxe, sur les duchés de Juliert, de Çlèvet el de Berg, Dresde el Leipsick, 1733, in-4° ; trad. en français dans les Intérêt* des puiuance*, par Roussel, part. 7. 3» Ditt*r~ talio de jure circa rem monetariam in Germania, Leipsick, 1716, 4718, 1790, ia-4\ Cette dernière

édition a été augmentée par G.-€hr. Oobauer. 4° Considérations sur Ut religion tt sa décadence,

publiées à Leipsick en 1769, in-8°, après la mort de l'auteur, par J.-F. Burscher, qui avait écrit en 1768 une Fia du comte de Bunau, Leipsick, in-8" G — t.

BUISDEHEN ou BLNDÈRE ( Jean ), en latin Bundbmus, né a Gand, en 1481, religieux de l'ordre de St-Dominiquc, dont il occupa plusieurs dignités, fut prédicateur et Inquisiteur général de la foi pour le diocèse de Tournay, et mourut le 8 juin 1357, à Gaud, où il était confesseur du grand béguinage. 11 combattit avec ardeur les opinions des réformés, ce qui a fait dire à Sander :

Informes domuil sectas, et dira Lutkeri Contudll impavidus dogmala Bunderius.

On a de Bunderen : 1° Comptndium dittidii quorumdamhœreticorumatque thcologorum, Paris, 1340, 1543, 4343, in-8« ; reimpr. sous le titre de Compendium concertalionit huju* taculi sapientium, etc., Paris, 1549; Venise, 1552; Anvers, 1555, in-8°; et encore sous le litre de Compendium rerum theologicarum, Anvers, 1562, in-12; Paris, 1374, in-8% 1577, in-s ■ : dans ces trois dernières éditions on a inséré Colleclio quatuor doclorum Ambrosii, Hicronymi, Augusiini el Gregorii, super trigenla articulit ob hœretici* modernii disputuli*, recueil qui n'est point de Bundére, mais de KoCl Taillepied. (Voy. Tajllepied.) 2" Dtleclio nugarum Lutheri, Louvain, 1551, in-8*. 39 De vero Chritti Baptitmo contra Mennonem, anabaptitlarum principem, I nu vain, 1553, in-8*; Paris, 1574 . 4° Scutum fidei, Gand, 1556; Anven, 1360, 1574, trad. en flamand par Hacherius, Gand, 1557, in-12. Bunderen avait, sur les mémoires de son confrère le P. Guillaume Carnifex, dressé le catalogue des manuscrits existant dans les bibliothèques de la Belgique et des provinces voisines. Ce travail, qui n'a pas été imprimé, est perdu depuis plus d'un siècle et demi. C'est à tort que Sweert et Val. André donnent à Bundère le titre de docteur en théologie. ( Voy. les PP. Ècliard et Quétif, Scriptor. ord. pretdicat. ; Paquot, Mémoire* pour tervir à l'histoire littéraire, etc., des Pays-Bas; et Lemire, Etogia illutt. Belgii Scriptor.) A. B— T.

BUNEL ( Piekbk ), l'un des écrivains les plus polis de son siôclo, naquit à Toulouse, en 1499. Sie- Marthe dit que son pcVe était Normand. Il (Uses études à Paris au collège de Coquerct. Sans fortune, mais sans ambition, il aurait vécu dans l'indigence sans la généreuse amitié d'Érailc Perrot, qui le logea chez lui à Padouc ; de Lazare Baif et de George de Selve, évéque de Lavaur, qui furent ambassadeurs de France à Venise. Après avoir passé trois années dans celte ville, Bunel suivit l'évéquc de Lavaur dans son diocèse et ne revint à Toulouse qu'apréa la mort de ce prélat. Chargé de l'éducation des fils du président du Faur, « il institua, dit Catel, ès « bonnes lettres le sieur de Pibrac, auteur des qua- « trains. » Il voyageait avec lui en Italie, lorsqu'il mourut à Turin d'une Ûcvrc chaude, l'an 1546. Ou

iA4 BON

a de lui : Défaite du roi contre Ut calomniet de Jacques Omphaliut, jurisconsulte, Paris, 4542 et 4552, in-4°. C'est la traduction de l'apologie de François l", écrite en latin par Jean du Bellay. (Voy. Bellay.) Mais le principal ouvrage de Bunel est un recueil de lettres que Charles Estienne fit imprimer à Paris en 1851, in-8°, qui furent réimprimées à Cologne en 4568, et que Henri Estienne publia sous ce litre honorable : EpittoUs Ciceroniano tlylo teriptos, 1581, »n-8°. C'est l'édition la plus correcte ; celle que Graverai donna à Toulouse en 4687, iu-8°, est estimée pour les notes, mais le texte est rempli de fautes. Plusieurs de ces lettres avaient déjà paru à Toulouse avant que Charles Etienne les recueillit. On en trouve quelques-unes dans le volume intitulé : Epittola clarorum vivorum. Paul Manuce avoue que les lettres de Bunel lui servirent de modèle, et Ménage appelle Manuce et Bunel des etcéroniens de profettion. Le buste de ce dernier a été placé dans la salle dite des Ulustrcs, au Capitole de Toulouse, par les soins de l'historien 1. Maille, capitoul. Bunel trouvait son bonheur dans la culture des lettres. Il écrivait a Duferrier, son ami : Pott Deum, in ttudiit litterarum mihi tunl omnia. Ha vie fait de grands éloges de ses talents et de sa vertu. « C'était, dit-il, un honnête homme. C'était lui que « Diogène cherchait. Ses lettres sont écrites avec la «t dernière pureté, et contiennent des faits curieux.» (Voy. Ste-Marthe, Gallor. doctrina illust. etc., Elogia, et Bayle, Dictionn. hitt. et crit.)— Guillaume Blm i . qu'on croit père de Pierre, savant professeur en médecine dans l'université de Toulouse, coui- |iosa plusieurs ouvrages au commencement du 46* siècle, et les lit imprimer en 4543, in-4°, sous le titre suivant : OEuvre excellente, et à chascun désirant de pette te préterver trez-utile, contenant let médecines pretervalivet et curalivet det maladies pettilentieuset, et conservatrices de santé, etc., letquellrt sont ordonnée!, tant en latin qu'en francoit, par rime; avec plusieurs Epittret à certains (.relient pertonnaiget, en la louange de justice et de la chose publique. Duverdier cite quelques vers médiocres de ce poème singulier :

Je ne dis qu'en mariage, Afin qu'on puisse avoir du frulct, Vous ne fassiez aucun ouvrage, De tard en tard ainsi que duicl; Mais ce soit après la minuict, Parfaicta la digestion, Pour faire génération.

— Jacob Bunel, peintre du roi, naquit à Blois en 1558, et fut chargé, avec Dubreuil, des ouvrages de peinture les plus considérables dans les maisons royales. Ils peignirent ensemble la voihe de la petite galerie du Louvre, brûlée en 1660. Bunel fit, pour l'église des Grands-Augustins, une Descente du Saint- Esprit, et, pour les Feuillants, une Assomption de la Vierge. 11 peignit encore à Fontainebleau quatorze tableaux à fresque. V — vb.

BUNEMANN ( Jean-Ludolthe ), directeur de l'école de Hanovre, né à Calbe, le 24 juin 1687, mort

BO

à Hanovre, le 1"r juillet 1759, a laissé quelques ouvrages intéressants sur la bibliographie et l'histoire de l'imprimerie, entre autres : de Bibliothecis Mindensibus aniiquis et novis, Minden, 1719, in-4* ; 2" Catalogus manuteriptorum, item librorum ab inventa lypographia utque ad an. 1560 impressorum rarittimorum, pro adtignato prelio vrnalium apud J.-L. Jïuwemann, Lcipsick, 4752, in-8»; 3' Obiervationes et SuppUmenta ad Maittairii Annalium lypogr., tomumprimum, dans la 2* édition de 4755» 4° Notitia teriptorum edilorum alque inedilorum artem typographicam illutlranlium, Hanovre, 4740 ; 5* L. Calii Lactanlii Opéra omnia cum notù C. Cellarii, etc. , accedunt nunc primum varia* lectiones et nota, Leipsick, 4739, gr. in-8', etc. G — T.

BTJTSGO ou BUNGUS. Voyez Homo.

BUNIVA (Michel-François), professeur de médecine à Turin et correspondant de l'Institut de France, naquit à Pignerol, en 4764, de parents riches. Après avoir fait ses premières études dans sa patrie, il alla suivre des cours de médecine à l'université de Turin, et, en 4784, il y fut reçu docteur. Admis ensuite à l'examen d'agrégé , il soutint des thèses sur les questions suivantes: Ditterlaliones ex pkytica de gênera tione plantarum ; ex analamia de organis mulierum genitalibus; ex physiologia de hominum generatione , Turin, 4788, 1 vol. in-8". L'importance de ces thèses , et le talent avec lequel le jeune docteur subit cet examen, lui tirent dès lors une grande réputation. En 4790, il était déjà professeur des institutions médicales à l'université ; il le fut ensuite de pathologie depuis 1801 jusqu'à la restauration de 1814. A cette époque, Buniva, Balbis, Vassalli cl le célèbre abbé Valperga de Caluso, furent exclus de la nouvelle organisation de l'université. Buniva se retira avec une pension et le titre de professeur honoraire; mais il fut aussi exclu de l'académie des sciences. On l'accusait surtout d'avoir exprimé, le 8 décembre 4798, des opinions libérales. Alors il se livra à l'étude de la clinique, et fut bientôt un des médecins les plus estimés du Piémont. Devenu président de la société médicale de Racooniggi, il s'y rendait tous les ans de Turin, et il en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée dans le mois d'octobre 4854. On a de lui un grand nombre d'écrits, la plupart en langue italienne, entre autres : 4» Ditserlalion sur Us insectes qui ravagent la récolte des bUt, Turin, 4793, in-8". 2» Sur l'Epizoolie hongroise, communiquée au bétail du Piémont par Us bœufs de l'armée autrichienne, ibid., 4794, in-8*. 3* De l'Inflammation det poumons, ibid., 4795, in-8*. 4* Des Maladies det bœufs, ibid. , 4796, in-8°. 5* Memoria intorno ail' arlicolo di polizia mediea concemente U conexerie cuojarie , ibid., 4797, in-8*. 6° Memoria intorno aile pr évidente contre Vepizoozia mile bovine del Piemonte coW aggiunta délia memoria del grand Haller, ibid., 4798, in-8*. 7- Hagionamento tulCtccidio d'ogni bovina tospetla ed infetta per troncare Vepizoozia tut tara dominante in Piemonte, ibid., 1804, in-8*. 8» Discorso sulla vaccina, ibid., 1805, Jû^^^J ^^ï^ te s ?^^4^i{i^4^ % £ i d \i y i^^i^l , y ^ i^^3*^j

Page 1