‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 28 sur 97 · DUO · texte numérisé non relu

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une lettre outrageante. Le gouvernement français, 6ur la dénonciation que lui transmit son ministre à Gênes, destitua Duonarroti. De retour à Paris, il se lit recevoir dans la société du Panthéon, foyer des doctrines et des passions démocratiques. Président de oe club, il se lia bicutôt avec les hommes les plus influents et les plus exaltés de la faction anarchique, et entra dans la conspiration de Babeuf. Traduit avec oe dernier devant la haute cour convoquée à Vendôme, loin de recourir, dans sa défense, à des dénégations, il y exposa dans toute leur nudité ses principes démocratiques. Sa doctrine était, disait-il, celle de Rousseau et de Mably. Dien que l'accusateur public eût représenté Duonarroti comme aussi coupable quo Babeuf, le jury ne prononça contre lui que la déportation, et il fut condamné, le 28 mai 1797, à être transféré à la Guyane. Pendant son procès, l'envoyé de Toscane lui fit entendre que la sentence portée contre lui ne serait qu'un simple bannissement, s'il s'engageait à retourner 4 Florence ; mais il répondit « qu'il aimait mieux rester « dans sa patrie adoplive, pour jouir des restes de « la liberté mourante {vettigiomorieniiiliberlalis). • Enfermé avec les autres condamnés au fort de Cherbourg, il y attendit longtemps sa translation à la Guyane. Enlin, en l'an 8, il fut, avec ses compagnons, transféré dans l'Ile d'OIéron, d'où il fut ensuite enlevé pour être soumis à une simple surveillance dans une ville de l'Est. On attribua cette mesure, dont la cause fut toujours ignorée de Duonarroti, au premier consul Donaparte, qui, en Corse, avait éié son camarade de chambre et de lit. Cette surveillance fut levée en 1818. Duonarroti se réfugia alors à Genè#ve, et il y professait les mathématiques et la musique, lorsqu'à la suite des événements de 1815, la diplomatie européenne vint lui disputer cet asile. Les magistrats genevois cédèrent, et Duonarroti alla se réfugier en Delgique, où il vécut de la profession de compositeur de musique. Il publia.en 1828, son livre de la Conspiration de Babeuf. Rentré en France après 1890, il continua d'y vivre du produit de ses leçons, et mourut en 1887, professant, à l'âge 77 ans, avec le même enthousiasme que dans sa jeunesse, les principes qui lui avaient valu une existence si agitée. D— n — R.

DUONCOMPAGNO; grammairien très -célèbre de son temps, Florentin de naissance, enseignait dans l'université de Bologne au 15* siècle. Son livre, intitulé Forma lUterarum tcholasticarum, qu'il lut en public dans ses leçons, lui valut une couronne de laurier. Cet ouvrage se trouve en manuscrit dans les archives des Canonici di S. Pielro à Rome, et n'est autre chose qu'une espèce de manuel épistolaire indiquant la manière d'écrire aux papes, aux princes, aux prélats, aux nobles et aux personnes de tout rang. Dans la préface de ce livre, l'auteur donne les titres de onze ouvrages de grammaire, de jurisprudence et de morale écrits par lui et qui ne nous sont pas parvenus. C'était un homme facétieux, mais qui ne respectait pas les choses saintes; il attaqua en vers latins, rimants entre eux, les miracles de St-Jean de Vicence. Il se moqua aussi des Bolonais qui

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envient à ces miracles , el lei mystifia cruellement en leur annonçant qu'il allait faire une ascension dans les airs. Au jour dit, tout le peuple étant rassemblé stu* la montagne ti'où il devait prendre son vol, Buoncompagno parut avec des ailes attachées aus épaules, puis, après maints quolil-civ il congédia rassemblée en lui disant qu'elle en avait asseï vu. De pareils traits et d'autres encore lui tirent beaucoup d'ennemis. Il Tut obligé de quitter Bologne vieux el pauvre, alla vainement tenter la fortune à Borne, et finit par mourir à Florence dans un hôpital. De tous ses nombreux écrits, il n'y en a qu'un seul qui soit imprimé : c'est une description du siège d'Ancône par l'empereur Frédéric 1", insérée par Muratori dans le t. 6 de ses Script. Rer. Italie. Z— o.

BUONCOMPAGNO, uoblo maison originaire d'Ombrie, une de celles de l'État romain qu'on nomme maisons papales. Il est probable qu'elle compte parmi ses ancêtres le célèbre jurisconsulte de Foligno Catttldini BoxcoMPagko, qui écrivit en 1455, de Syndicalu officintium, de Poletlale papa, de Viribut et Potenlia litlerarum, de Translatione concilii Basilaensis. — Après lui on trouve Christophe Buo.hcoupagko, Bolonais, qui acquit do grands biens dans le négoce, et épousa Angùle Marcscalca, dont il eut deux fils; l'alné, Buo.ncompagno, sénateur de Bologne, épousa Cécile Birgclini, dont il eut Philippe, né le 10 septembre (548, créé cardinal du titra de St-Sixto en 1572, par le pape Grégoire XIII, son oncle. Il vint en qualité de légat à Venise, pour y saluer le roi de France Henri 111, à son retour de Bologne ; il remplit plusieurs autres missions importantes, cl mourut ù Home, en l'année 1580, âgé de 58 ans, sous 1e pontilicat de Sixte V.

— Le second, Hugues, né le 9 février 1802, créé cardinal par le pape Pie IV, le 12 mars 1503, devint pape sous le nom de Grégoire XIII (t-'oy. ce nom), s'immortalisa par le calendrier grégorien, et mourut le 10 avril 4385 (I)- Lorsqu'il n'était encore que clerc, il eut un 111s naturel nommé Jacquet qu'il combla d'honneurs et rie biens lorsqu'il fut devenu pa|ie. 11 le nomma général de l'Église, lui concéda le margraviat de Vlgnola et d'autres domaines, obtint pour lui du roi d' Espagne le duché de Sora et d'Air c, dans la terre de Labour, et le maria avec Constance Storxa, fille du comte François de Santafiore. Jacques eut deux Ms, Grégoire, duc de Sort, qui suit, et François, créé cardinal par le pape Grégoire XV-en ifMf archevêque 4e Naplescn 4620, et qui mourut le 0 décembre 1641. — Grégoire BuoNCOMPAGXOKO, duc de Sora, eut quatre lils :

— Hugues, duc de Sora ; — Jérôme, archevêque de

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