‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 4 sur 97 · BRO · texte numérisé non relu

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consens et en panant paTMlessus toutes les convenances arec le divan. Les graves Turcs furent scandalisés de «on inconséquence, de son irascibilité, de ses bouderies; ils ne furent point effrayés de ses menaces sans suite et sans fermeté, ni troublés par sa brusquerie révolutionnaire. En 1804, il ne put pas même fcire décerner à Bonaparte, |»r la Sublime Porte, les titres de padischah (empereur) et d'autocrate que l'on donnait libéralement à l'empereur du Russie. Le faste qu'il se plut i déployer eût dû lui attirer quelque considération chez un peuple que frappe si puissamment l'éclat extérieur : il"n'en fut rien. Rappelé en décembre 1804, Brune reçut, lors de son retour à Paris, le baion de maréchal d'empire, et fut nommé grand ofllcier de la Légion d'honneur. En 480S, il fut envoyé à Boulogne ppur y commander l'armée des côtes qui devait être transportée par la flottille occidentale sur le rivage britannique. II présida, dans cette tournée, à la construction de quelques forts, à des essais de fusées a la Congre ve et de bombardement, etc. Remplacé par Gouvion St-Cyr en 1807, Brune se rendit à Hambourg comme gouverncurdes villes hanséatiqiies, puis comme commandant d'un corps de réserve de la grande armée, a la place du maréchal Mortier. Un armistice venait d'être conclu à Schlachlkow entre les Français et le roi de Suède : Brune demanda que le délai de dix jours fixé pour la dénonciation de l'armistice fut porté à un mois; le monarque s'y refusa. C'est alors qu'eut lieu, entre ce prince et le maréchal, la singulière conférence dans laquelle le rôle de celui-ci ne fut pas le moins digne ni le moins honorable. C'est avec une convenance remarquable que Brune répondit à des propositions déplacées, il faut le dire, d.ms la bouche d'un souverain. 11 était alors le serviteur, le sujet de Napoléon : il en avait reçu des témoignages multipliés de confiance et d'affection; il ne pouvait pas, sans déshonneur, abandonner sa cause pour celle d'un prétendant qu'il ne connaissait pas, et qui n'avait jamais reçu ses serments. Cependant quelque positif* et précis qu'eussent été ses dénégations et ses refus, Napoléon, qui connut toutes les circonstances de cette conférence, s'en montra fort mécontent ; et il le fut bien plus encore lorsque, dans une convention signée avec le roi de Suède, le maréchal souffrit qu'il fût fait mention de l'armée frantafte, et non de l'armée de Sa Majeité Impériale et RoyaU. «Rien ■ d'aussi scandaleux ne s'est vu depuis Pharamond, * lui écrivit aussitôt Bcrthier, par ordre exprès de Napoléon. Et depuis il ne recouvra plus la faveur impériale *o«t que Bonaparte regardât comme de la faiblesse les réponses dignes et mesurées qu'il avait faites à Gustave-Adolphe; soit que la rapacité avec laquelle Brune secondait, datis le même temps, les concussions de Bourrlcnne à Hambourg ( voy. Bourriensk), eût enfin déplu. Quoi qu'il en soit, le maréchal perdit son commandement et revint dans l'intérieur, où, par un reste d'égards, on l'envoya présider le collège électoral du département de l'Escaut. Ses plaintes contre ce qu'il appelait l'injustice de l'empereur ne furent pas ignorées; et il put craindre un instant que quelque ordre supérieur, en

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le forçant de restituer, ne le privât d'une portion de sa fortune. Rendu prudent par la crainte, il se remit à courtiser l'empereur, à cajoler Berlhier qui, soit intérêt (tour lui, soit pitié, lui faisait espérer un retour de faveur. Cependant 1814 arriva sans que Brune eût obtenu cet avantage. C'est à celte position sans doute qu'on doit attribuer le peu d'intérêt qu'il prit alors aux malheurs de Na|x>léon. Témoin inactif de la lutte qui signala les irois premiers mois de celte année mémorable, il s'était réfugié à sa belle terre de St-Just, d'où il envoya son adhésion aux actes du sénat contre l'empereur et sa famille. Louis XVI 11 le gratifia, ainsi que tous les autres, de la croix de St-Louis; mais comme les faveurs de la royauté n'allèrent pas plus loin, Brune redevint bientôt bonapartiste. Pendant les cent jours, il fut chargé par Na|K)iéou de commander le camp d'observation du Var; et, dans ce poste, il développa, \mw comprimer les passions royalistes des imputations méridionales, toute la brutale vigueur dont il avait fait preuve à une autre époque (I). Cette tyrannie attira sur lui beaucoup de haines; et, lorsque la seconde restauration fut certaine, il résilia de lui-même ses fonctions, et se mit en route pour Paris avec des passe-ports de M. de Rivière. Beaucoup de Provençau x dont les propriétés avaient été ravagées par ses troupes l'attendaient a Aix pour l'égorger. Les soldats autrichiens qui occupaient celte ville les en empêchèrent. Us se rendirent alors à Avignon en passant par St-Andéol. Le maître de poste d'Aix fit tout ce qu'il put pour dissuader le maréchal de se rendre dans uuc ville livrée au désordre le plus affreux, et où le général autrichien Bianchi n'était pas encore arrivé : Brune ne voulut pas changer son itinéraire. Toutefois , en approchant d'Avignon, il sentit qu'il Terait bien de se déguiser ; mais il n'en fut pas moins reconnu dès son arrivée; la foule se pressa autour de lui, poursuivit la voiture, et le força de revenir sur ses pas au moment où il allait sortir de la ville. Le maréchal se réfugia alors dans une auberge, suivi de plusieurs personnes qui, sans partager son opinion, voulaient du moins prévenir un meurtre. L'émeute rugissait à la porte. «Quelle position, criait « Brune, pour un maréchal de France que la mort « a respecté dans tant de batailles ! — Et madame « de Lamballe t » dit alors un jeune homme. Brune, atterré par ce qu'il entendait et au dehors et au

(I) Le IS mal «SIS, il adressa aux Marseillais nnc proclamation remarquable par In sentiments du républicanisme le plos exagéré. « Dans les beaux jours de II liberté, disait-il, vnus vuus été* rap- « pelé de votre illustre origine; le nom de Marseille est Hé t» la re- « voluilon par la gloire des armes, celle de l'rlixluenre, un com- « meree florissant, mais surtool par in patriotisme tout de fen et de < constance. Ma niUsion prés de vous m'a semblé une mission totitc c civique, etc.... Ces illustres citoyens du Midi ne veulent pas rflur- « ber une letc d'esclave sons la féodalité, les dîmes, les abas vexa- « toires, le «épris des tyrans de vilUgrs. etc., etc. » Bientdt après Brune mil la v;llc en état de siège, lit désarmer la parte nationale, où se trouvaient enrore beaucoup de volontaires royaux et de citnvens dévonés aux Bourbons, l'res de 5,000 hommes, qui formaient la garnison de Corse, étant débarqués a Toulon, Brune le* passa en revue, et les envoya pour compléter l'armée du Var, tandis que des bataillons nouveau s'élevaient dans les dcpariemeuts dn Var et do IVanuse. D-»-«

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dedans, ne put que balbutier ces mots : «C'était un « temps... — Et celui-ci eu est un autre, » s'écria le jeune bomme, qui sortit aussitôt. Tout le momie l'imita. Brune abandonné se barricada, mais les obstacles furent rompus : on pénétra dans sa ebambre, et il fut tué de deux coups de pistolet. La poptflace s'empara du cadavre et alla le jeter dans le Rbônc. On affecta de ré|Mindre le bruit qu'il s'était donné la mort ; mais personne ne crut à cette assertion démentie par trop de faits, et surtout par les effroyables fanfaronnades des assassins (I). En 1819, la maréchale Brune adressa une requête au roi pour demander justice du meurtre de son mari, et surtout pour faire évoquer et instruire le procès à Paris, attendu les dangers de le faire instruire au lieu même où le crime avait été commis (2). Plus tard, la maréchale

(0 Voici quelques AétaUf curieux sur l'assassinat de Brune, extraits d'une brochure intitulée : les Êiènemenls dAtianon. Paris, 4SI 8.— Depuis plus de quinte jours Avignon ciait livre au désordre, au ramage et aux flatuujes, quand Itruney arriva, le 2 août 1815, avec deux aides de camp, cl descciidit i*>ur déjeuner a l'bolel du Palais-ltoyal où etail U poste aux tbevaux Heeonnu par un ancien militaire qui le désigna aux curieux, il venait, au bout d'une heure, de remonter en voiture, lorsqu'à cent pas de la porte de la ville, où sou passe-port avait ele v^ile, il fut poursuivi par U ixipulatequl lama sur sa berline une grêle de pierres, la força de s'arrêter et la ramena dans l'hôtel qu'il venait de quitter. La foule augmente sur la place, et demande à grands cris la lete de relui qu'on .lui a signale eomuie l'assassin de madame de Lamhalle. La générale bal; la gendarmerie se met en devoir de dissiper l'attroupement; mais, n'étant >econdée ni par la saule nationale ni par les volontaires royaux, elle se retire après d'inutiles efforts. Kn vain le nouveau préfet. M. de Sl-Cliauiaus, loge dans le même hôtel, interpose sa médiation, sou autorite est méconnue. Kn vain le digne maire, l'uy, U la lélc d'un détachement de garde nationale, vieut défendre en personne la porte de l'hôtel : on escalade les murs de derrière ; on arrive par les toits des nuisons voisines; on pénètre dans la chambre du maréchal. Un jeune bomme, dont le |iere avait été cl fut depuis maire d'Avignon et membre de la chambre des depnles, reproche a Brune te rriiuedont U clameur publique l'accusail; Bruue le desavoue avec indignation, afflnne hautement qu'il n'a jamais don ur la nmrl que sur le champ de bataille et aux dépens de sa vie, dunt il est préi a faire le sacrifice; il réclame du papier pour écrire ses dernières volontés, et ses armes pour mettre lin a ses jours. On lui refuse celle Irisle satisfaction, et deux coups de pislob*t sont lires sur lin a bout portant ; il louiW* au secoud. On lui passe une corde au oui. et on le iraine jusqu'au Bhdne, oU un h-, précipite avec trois invalides qu'on venait de rencontrer, après avoir lire sur lui nue cinquantaine de coup» de fusil. Pendant ce temps, le maire fait sauver ses deux aides de camp déguisés en domestiques. Une troupe de femmes, et même de danies appartenant a des classes plus relevées, vinrent danser la farandole sur la place encore leinle de sang. Ainsi l'on avait vu, vingt-quatre ans auparavant, les femmes de Dupral, de Tournai, la mere des Mainvielle, etc., se réjouir des massacres de la (ïlarirre. On nous a assuré qu'un héros de ces massacres commis au nom de la liberié, avait ligure parmi les assassins du maréchal. Un chirurgien, nomme Allard, appelé pour constater que Brune s'était suicide, refusa d'atlesler ce mensonge, ayant vn plusieurs coups de feu sur les reins du cadavre.' Un autre fat moins courageux ou moins délirai. A — T.

('!) La requête de la maréchale, en daie du 29 mars t Kl»,' fut rédigée par M. Dupin qui 1a signa, et imprimée in—l* de 12 p. Celle pièce est curieuse pour l'histoire. Cent quinte habitants de Brives, patrie de Bruue. exprimèrent, dans une adresse a sa veuve, leur va>u pour que les assassins de leur compatriote fussent enfin tiunaitt et punts. Le 49 mai, la maréchale adressa au garde des sceaux sa plainicqui fut aussi rédigée par M. Dupin el imprim e : « ... Je me rends, disait-elle, partie civile. Je uie plains de ce que, a le 2 août IRIS, le maréchal Bruue a ele assassine dans Avignon... a Son corps a ele prive de sépulture, arrache des mains de ceux « qui le condiiisaieul au champ du repos et précipite dans le Rlioue. « On a écrit sur le puni celle inscription déshonorante pour la « ville (« qo« le préfet n'eut pas la force de faire supprimer) :

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mit en cause le journaliste Martainville, qui, d'après Mallet-Dupan, avait traité Brune de concussionnaire et tic spoliateur. L'éloquence de M. Dupin ne put em|iécher le tribunal d'acquitter le journaliste. Et certes il était difficile qu'il en fût autrement, puisque la vie du maréchal appartenait dès lors à l'histoire, et que d'ailleurs rien n'a été plus notoire et plus incontestable que son caractère de spoliation et de cupidité. On ne parlait pas, il est vrai, daus l'armée de ses fourgons comme de ceux d'Augereau et de M asséna, mais on y disait des pillards les plus audacieux que, s'ils ne volaient pas en plein midi, ils volaient à la brune. Si l'on en croit le Mémorial de Ste- Hélène, Bonaparte lui-même l'a qualifié d'inlrépide déprédateur. On a publié : 1° Journal historique det opéraliont de Farinée d'Italie, commencées par le général Brune depuis le 27 frimaire jusqu'au 26 nivôse an 8 (1 801 ) , in-80, de 1 1 2 p. ; 2° les Evénements d'Avignon, précédés d'une notice biographique sur le maréchal Brune, Paris, 1818, in-8" ; y Notice historique sur la vie politique el militaire du maréchal Brune, Paris, 1821 , in-8°. Tous ces ouvrages ne sont que de ridicules apologies. On a encore publié le Procès des assassins du maréchal Brune, 4 livraisons in-S*, imprimé à Kiom en 1821 . Madame Brune, morte en 1829, dans sa terre de St-Just, a été reunie à son époux dans un même tombeau. C'était une femme spirituelle, très-charitable dans le dernier temps de sa vie, et fort jolie à celui où le marécltal l'épousa. Kn 1841, un monument a été élevé au maréchal Brune à Brives-la-Gaillardc, par une souscription de ses compatriotes. M— D j et Val. P.

BKUNEAU { Antoine), avocat au |>arlement de Paris, dans le 17» siècle, publia, en 1678, son aVou» rrau Traité des criées, 1 vol. in-12, ouvrage estimé, qui fut reimprimé avec des augmentations en 170*, in-4°. Il lit paraître, en 1703, des Observations el Maximes sur les matières criminelles, réimpr. à Paris, 1715, in-4°. Il estencore auteur d'un Supplément con tenant en abrégé l'institution des vingt et une universités de France, Paris, 1080, in-12. Ce qu'il y a de singulier, c'est que Bruueau n'a fait aucun ouvrage précédent dont celui-ci soit le Sucement. On y trouve quelques détails sur la vie des docteurs les plus connus dans le droit civil et canonique, de* remarques historiques el des recherches curieuses, mais disposées sans ordre. L'auteur se proposait de donner une 2' édition de son Supplément, corrigée et augmentée de moitié ; le manuscrit de cette 2°

« C'est ici (le RMne) le ctHETicrtE no maréchal Bui«. a aoit « ». sece xv. » L'autorisation de poursuivre fut enfin doun.T. La cour royale de Riom se trouva saisie de l'affaire. M. Dupin plaida la cause avec autant d'énergie que de talent; et la cour rendit, le 25 février ««21. un arrêt qui condamna a 1a peine capitale le nommé fiaÈtfta dit Roquefort, porlefaix (contumace), déclaré couvaincu d avoir lire le coup d'arw- i feu ,,„, a donne /a mort eu maréchal Uruue. Cet arrêt est termine par ce dispositif singulier : tr La cour ordonne que la maréchale Brune (qui venait d'être rceonc nue ne reclamer ni dommaeet-mtereit mil*, ut dépens) sera « mntmemeertu frais et dépens de ta propre, sauf sou re- « rours contre le condamne. » Or, le condamne était un portefaix d'Avignon : les frais de la procédure se trouvaieul considérables, el le retours devenait, tomme par une irisle ironie, pleinement Illusoire, V— va»

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édition était dans la bibliothèque de l'abbé Goujrt. — Dn autre Brunead est auteur d'un État prêtent des affaires d'Allemagne, imprimé à Paris cl à Cologne en 4075, in-12. Ce qui regarde les araires de l'Empire est imparfaitement traité dans ce volume, mais on estime la relation qu'on y trouve île la campagne de Turenue en Allemagne, eu 1674. L'ouvrage est anonyme. — François Bruseai; a composé une Fie de Si. Phalier, patron de Chabry en.lterri, Paris, 1043, in-8°. — Enlin, un autre Bhuneau, avocat, est cité par Ménage, dans les notes de sa Vita Velri OErodii (Paris, 1675, in-4"), comme auteur d'un ouvrage manuscrit qui a pour titre : Hisloria rerum Andegavensium. V — ve.

BRUNEAUX ( Jean-Edouard), poète dramatique, né au Havre, le 27 décembre 1775, fit des études assez brillantes au collège «le cette ville, et les termina à quinxc ans. Il avait déjà composé quelques essais littéraires lorsqu'il se détermina à suivre la carrière du commerce, sans renoncer toutefois au culte des muses. Il mourut à Condé département du Nord) en 1819, à l'âge de 46 ans. On a de lui : 1° Ariovitle, roi des Celtes, tragédie en 5 actes, en vers, Paris, 1825, in-8". Dans l'avertissement qui précède cette pièce, on trouve une courte notice sur l'auteur, que l'on Tait nallrc en 1774. 2" Pyrame et Thhbé, tragédie en 3 actes, ibid., in-tf\ 3" Ulysse, tragédie en 5 actes, Ibid., 1823, in-8°. Ces trois ouvrages posthumes n'ont jamais été représentés : ils auraient eu besoin de nombreuses corrections |>otir être risqués au théâtre. L'auteur s'y est livré quelquefois à des écarts d'imaginatiou qu'on excuserait aujourd'hui; mais on y trouve aussi des morceaux pleins de vigueur, et d'autres qui ne sont fias dénués de grâce. Bruneaux, qui a laissé ù d'autres le soin de retoucher ses tragédies, s'est chargé d'un pareil travail pour le drame de Bandoux, intitulé : le Crime de l'Amour, joué sur le théâtre de Valenciennes. Sa famille possède encore plusieurs de ses ouvrages inédits : quatre tragédies, trois comédies, des fables et des poésies fugitives. A— t.

BRUNEHAUT, (ille d'Athanagilde.roi des Visigoths d'Espagne, épousa, en 568, Sigebert, roi d'Austrasie, l'un des quatre (ils de Clotaire I". Celle princesse, séduisante par sa beauté, son esprit et son courage, eut le malheur d'avoir un grand ascendant sur son époux, et d'ignorer que les rois eux-mêmes ne peuvent pas toujours se venger impunément. Sa saur Galsuinle, femme de Chilpéric, ayant été assassinée par Frédëgonde, qui prit sa place sur le trône, Bruneiiaul conçut pour celle-ci une haine implacable, résolut de la perdre, cl ne parvint qu'à attirer sur sa propre famille, et sur elle-même, une suite d'infortunes qui changèrent son caractère, et firent un monstre de cette reine, dont les premières actions ont été louées avec justice par les historiens contemporains. Chilpéric vivait d'une manière scandaleuse; ce fut dans l'espérance de le rappeler à la dignité si nécessaire aux rois, que Brunchaut obtint pour lui la main de sa sœur Galsuinle; et Chilpéric prit * cet égard les engagements les plus sacrés, qu'il

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viola bientôt en faisant assassiner Galsuinle, en refusant de rendre les trésors qu'elle lui avait apportés, et eu retenant les places qu'il lui avait assurées pour dot ; il fit plus, il profita de l'éloignement de son frère Sigebert, qui était allé repousser les Huns ali delà du Rhin, pour faire une irruption dans ses Etats : tels furent les crimes dont Brunehaut poursuivit la réparation, et dont elle aurait en effet obtenu une justice éclatante, si elle avait su mettre des bornes à sa vengeance. Trop bien servie par la victoire, elle voulut tenir ses ennemis en sa puissance; ils firent assassiner Sigebert, son époux ; et cette mort, qui produisit une révolution dans l'armée du vainqueur, la rendit elle-même prisonnière de ceux qu'elle était au moment de saisir. Lorsqu'elle eut la permission de retourner en Austrasie, où régnait son fils encore mineur, elle trouva les grands en possession du pouvoir, et n'obtint pas même assez île crédit pour pouvoir garder auprès d'elle le fils de Chilpéric, le jeune Mérovée, que, malgré la différence d'âge, elle avait épousé avec beaucoup d'imprudence. Cette humiliation l'entraîna dans des cabales qui ne tournèrent pas toujours à son avantage; mais elle se montra digne de ses premiers jours, lorsque, voyant en présence les partis formés en Austrasie, elle prit un habit de guerre, s'élança sur un cheval de bataille, se jeta entre les deux armées, et, malgré les injures et les menaces dont on l'accablait, parvint à arrêter l'effusion du sang en sauvant ceux qui s'étaient trop exposes |iour la servir. Comment cette princesse, qui montra tant de courage et de générosité, à laquelle les paj>es témoignèrent publiquement leur reconnaissance pour le zèle qu'elle mit à les servir dans le dessein d'attirer à l'Église les Anglo-Saxons encore idolâtres ; qui fonda des hôpitaux, lit réparer des voies romaines dont les débris portent encore son nom; qui hit épouse fidèle de Sigebert, sœur trop sensible, et mère digne d'être consultée par son fils Childeberl; comment devint-elle, dans sa vieillesse, une femme dissolue, l'auteur présumé de vingt assassinats, la marâtre d'un de ses petits- fils, la corruptrice do l'autre, et l'horreurdela France entière î Lorsqu'elle tomba entre les mains de Clotaire II, fils de Frédëgonde, elle fut condamnée à des tourments si rigoureux, qu'il est impossible de ne pas reconnaître dans son supplice les traces de la vengeance , car ce n'est pas ainsi que la justice punit. Brunehaut, fille, soeur, tante, nièce, aïeule et bisaïeule de rois, fut, sans pitié pour sa vieillesse (elle avait 75 ans), pendant trois jours, exposée dans le camp aux insultes des soldais et à la cruauté des bourreaux; on l'attacha ensuite à la queue d'un cheval indompté ; les lambeaux de son corps furent brûlés, et les cendres dispersées par les vents. Tant de barbarie serait inexplicable même dans les mœurs de ce temps, si l'on ne connaissait la haine que les grands de l'État portaient [ à cette princesse ; son plus grand crime fut d'avoir voulu gouverner sans leur assistance, et d'avoir voulu imposer aux barbares austrasiens les lois et les mœurs romaines : ils s'en vengèrent avec une férocité qui n'appartenait qu'à l'ambition. Plusieurs

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écrivains ont essaye de rétablir sa mémoire; on ne doit pas s'en élonner : les accusations portées contre elle par ses bourreaux, l'ayant chargée des crimes mêmes qui avaient été commis pour la perdre, il n'est pas très-extraordinaire que celte injustice ait frappe quelques esprits jusqu'à leur inspirer le désir de la trouver innocente ; mais les pièces manquent pour revoir ce grand procès. Le résultat d'un nouvel exameu sciait sans doute que cette reine n'a pas commis tous les crimes dont elle a été accusée, sans qu'un puisse conclure qu'elle n'a pas mérité la réputation que les historiens lui ont faite. La

Sostérité a confondu dans le même jugement Fréégondc ci firuucliaut. Ou peut remarquer cependant que la première fonda son élévation sur ses forfaits, et que la seconde fut entraînée par la venkeanec jusqu'à imiter celle qu'elle voulait justement punir, a Brunchaut, dit Bossuet, livrée à Clotaire 11, « fut immolée à l'ambition de ce prince ; sa mémoire a fut déchirée, cl sa vertu, tant louée par le pape « St. Grégoire, a peine encore à se défendre. » Bruîiehaut fut accusée d'avoir fait périr dix rois, deux maires du palais, St. Didier, etc., clc. Parmi les historiens ou chroniqueurs qui ont élé peu favorables à celte reine, on remarque le môiuc Jouas, qui n'était point contemporain ; le crédule Frédégairc, qui écrivait un siècle après l'événement; Adon, cvôque de Vienne, postérieur à Frédégairc île cinquante ans, et Aimon, religieux de l'ordre de Sl-Benoit, qui vivait dans un temps encore plus éloigné. Mais les auteurs qui ont loué cette princesse étaient < ses contemporains. St. Grégoire de Tours, mort en 393, trouve en elle uu modèle de vertu, de sagesse et de douceur. Fortuuat, évéque de Poitiers, qui mourut vers l'an GOD, loue ses grâces cl sa beauté. Le paj>e St. Grégoire, mort rn GO», la peint comme une reine pieuse, une vertueuse régente, une mure chrétienne. Parmi les historiens modernes qui oui défendu la mémoire de Brunchaut, nous citerons Jlariana, du Tillct, Papire Masson, Paul-Emile, Boccace, Pasquier, Cordemoi et Velly. On voit dans la Bourgogne, la Flandre et la Picardie de glandes levées et de superbes chaussées qui portent encore le nom de Brunchaut. Son tombeau, élevé, l'an G 14, dans l'église de l'abbaye tic St-Martin d'Autun, fut ouvert eu GÔ2 ; on y trouva ses cendres, des ossements, quelques morceaux de charbon, cl une mollette d'éperon. F— E.

BB.LNEL (....), était maire de Béziers , lorsqu'eu septembre 1791 , il fut nommé député suppléant à rassemblée législative. L'année suivante, il devint membre de la convention, émit dans le procès de Louis XVI le vole de détention perpétuelle ou de baunissement, si celte dernière mesure était jugée couvcnablc. Envoyé à Lyon, lors de la révolution du 31 mai 1795, qui lit triompher la montagne, Brunei lut mis en arrestation par les autorités insurgées, mais on lui rendit la liberté le 21 juillet. Cliabot le dénonça , peu de temps après, comme ayant correspondu avec les fédéralistes de Bordeaux , et le fit décréter d'accusaiion. Le 9 thermidor lui sauva seul la vie. Euvojé de nouveau en mission dans les

départements du Midi, il était à Toulon , lorsque

les terroristes de cette ville s'insurgèrent eu faveur de leurs frères de Marseille. Au lieu de leur opposer une vigoureuse résistance , lorsqu'ils voulurent enlever les arnics de l'arsenal, il eut la faiblesse de signer un arrêté pour mettre en liberté leurs partisans, qui étaient détenus. 11 s'en punit eu se brûlant la cervelle. Un décret de la convention accorda des secours à sa femme et a ses enfants. W.

BKUNEL (Jear), littérateur, naquit à Arles, en 1743, lit ses études chez les jésuites, et alla de bonne heure s'établir à Lyon, où il donna des leçons de giammaire, et devint l'un des plus laborieux rédacteurs du journal de la langue française entrepris par Oomergue. (Voy. ce nom.) Brunei, qui rimait avec beaucoup trop] de facilité, a fait un grand nombre de vers qui ont élé insérés dans différents recueils périodiques, mais qui n'avaient guère d'autre mérite que celui de la correction ou de la circonstance. Il resta constamment étranger aux débats de la politique comme aux rê ves de l'ambition; et mourut, a Lyon, le 0 janvier 1818. Les ouvrages suivants que Brunei composa pour ses élèves, sont en usage Jans différentes écoles : 1" Cours de Mythologie, orné de morceaux de poésie, ingénieux, agréables, décents et analogue» à chaque article, Lyon, 1800, in-12; 3" édition revue et retouchée A. M. B. G. (I) , Avignon , 1823, in-12; 2° le Phèdre français, ou Choix de fables françaises pour la jeunesse, Paris, 48l2,in-18; réimpriin. plusieurs fois; 3° le Parnasse latin moderne , ou Choix des meilleurs morceaux des poètes latins qui se sont le plus distingués depuis la renaissance des lettres, avec la traduction française et des notices sur les auteurs, Lyon, 1808,2 vol. in-12; compilation mile et faite avec soin. Dans la préface, Brunei cite, parmi les personnes qui l'ont aidé dans ce travail , Hcynal, cx-bihliolhécaire de la ville de Lyon. Foureroy, alors directeur de Instruction publique , accepta la dédicace de cet ouvrage , dont l'auteur se proposait de publier une nouvelle édition peu de temps avant sa mort. P.

BRUJNKLLESCHl (Philippe), né en 1377, à Florence. Son père était notaire , et sa mère de la maison des Spini. On soigna l'éducation de Philippe, qui devait succéder à son père ; mais l'esprit de ce jeune homme était plutôt tourné vers les ouvrages de génie que vers les affaires. Sans cesse occupé des sciences et des arts , il éludia successivement les livres sainls, les ouvrages du Dante, le dessin , la sculpture, la physique, la mécanique, et la perspective, dont les régies étaient à peine connues. Il modela plusieurs ligures , et exécuta des machines ingénieuses. Cependant l'architecture était la partie qui lui plaisait le plus, cl a laquelle il rapportait ses autres études. II n'apprit le dessin que pour pouvoir exprima' ses compositions d'édifices; la sculpture, que pour les orner; la mécanique, que pour en enlever les matériaux. II étudia aussi à fond les ma-

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thématiques et surtout la géométrie, sous la direction de Paul del Pozzo Toscanclli. On ajoute même qu'il dessina les vues perspectives des principaux monuments de Florence, art considéré jwur lors comme très-surprenant, et qu'il enseigna au célèbre Masaccio. Enfin , toutes ces connaissances , qui paraissent d'abord étrangères les unes aux autres , Formèrent par la suite ce faisceau de lumières qui guida Brunellcscbi dans ses entreprises hardies, et lui fit ob- . tenir le titre de régénérateur de l'architecture. Il se lit d'abord connaître comme sculpteur, et il dut ce talent à sa liaison intime avec Donatello, alors fort jeune, hiais déjà trés-liabile. D'après ses conseils, iinmcllesrhi exécuta en bois, pour l'église du Sl-Esprit , une Sle. Marie-Madeleine , qui fut brûlée en 1471 „ lors de l'incendie de cette église. Le maître et l'élève , enthousiastes de leur art , s'exprimaient franchement sur le mérite ou les défauts de leurs propres ouvrages. Donatello, ayant terminé un graud crucifix en bois, pria son ami de lui en dire son sentiment : c Ce n'est point , dit celui-ci , la liguro « d'un Dieu, mais celle d'un paysan, que tu as mis « sur la croix. » Donatello, piqué de cette sévère critique , répondit : « S'il était aussi aisé de faire « «pie de juger, mon Christ te |>ara)trait divin. « Prends du bois, pt essaye d'en faire un toi-même.» Brunelleschi supporta patiemment cette mordante réplique, retourna chez lui , et y resta renfermé pendant plusieurs mois. Un jour, il engagea Donatello à passer à son atelier; celui-ci arrive, et reste stupéfait à la vue d'un Christ de même dimension que le sien , mais d'un style plus grand et d'une plus belle exécution. 11 s'avoue vaincu , embrassa son ami , et va partout publier ses louanges. Tous deux concoururent ensuite pour l'exécution des portes de bronze du baptistère de Florence, avec Jacopo délia Qucrcia, Lorenzo Ghiberii, et plusieurs autres. Les deux amis reconnurent la supériorité de Ghiberti , et dirigèrent le choix du public et celui des magistrats sur son modèle, qui en cfTet était un chef-d'œuvre ; et même Brunelleschi, jugé digue de seconder Ghiberti, refusa de partager l'honneur de celte entreprise. Ce sont ces mêmes portes dont Michel-Ange disait qu'elles méritaient d être les portes du paradis. Brunelleschi et Donatello, toujours amis , et désirant se perfectionner, l'un dans l'architecture , l'autre dans la sculpture , partirent; pour Borne. Le premier vendit une petite propriété pour subvenir aux frais de leur voyage. Les deux artistes, émerveillé* do tous le» chefs-d'œuvre qui se trouvaient alors dans cette capitale, travaillèrent avec ardeur. Brunelleschi dessina et mesura tous les monuments antiques. Animé par deux grandes idées, il voulait recréer, en quelque sorte, l'architecture sur les principes des Grecs et des Romains, et surtout il voulait couronner mine immense coupole , sans y employer le fer, la cathédrale de Florence, Santa Maria del Fiore, entreprise hasardeuse, dont personne n'avait osé se charger depuis la mort d'Arnolphe dt Lapo. Brunelleschi ne parlait jamais de celte idée gigantesque, pas mémo a son ami; nuis il y pensait sans cesse en faisait l'objet de toutes

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ses recherches, et, pour assurer la réussite de ce projet, il dessinait avec soin les voûtes antiques des grandes salles des thermes , des tombeaux , des temples, et particulièrement du Panthéon. En U07, les architectes et les ingénieurs du pays ayant été réunis à Florence pour donner leur avis sur 1rs moyens de couvrir la cathédrale, Bruncllesclii revient aussitôt dans sa patrie, hasarde quelques conseils, s'indigne du peu de cas qu'on en fait , et repart pour Rome. Ce qu'il avait prévu arriva : les autres artistes, ayant épuisé leurs moyens, renoncèrent a un projet au-dessus de leurs forces, et l'on fut oblige d'avoir recours à Brunelleschi. Alors, faisant sentir toute l'importance d'une telle entreprise, il proposa d'appeler à Florence les architectes et les ingénieurs les plus célèbres , non-seulement de l'Italie, mais des pays étrangers, persuadé qu'ils ne feraient que rendre son triomphe plus complet. Les artistes accoururent de toutes |«irls; chacun porta un avis différent. Les uns voulaient faire la voûte de pierre-ponce, pour qu'elle fût plus légère; d'autres l'appuyaient sur d'immenses arcs-boutants, ou bien construisaient un pilier central qui aurait soutenu la retombée d'une voûte annulaire ; enfin on proposa de remplir l'église d'une montagne de terre qui servirait de forme ou d'échafaudage à la coupole , et dans laquelle on disséminerait une quantité de pièces de monnaie , jwur que l'appât du gain engageât le peuple a débarrasser promptement l'intérieur de l'édifice , lorsqu'il serait terminé. Brunelleschi dit à son tour qu'il n'avait l>esoin, pour exécuter le dôme, ni de forme de terre, ni de pilier, ni d'arcs-boutants , ni même d'armature en charpente, et que sa voûte se soutiendrait sans appui , par sou propre poids et par la seule force d'adhésion de ses parties. Cette opinion parut si étrange , qu'on crut qu'il extra vaguait , et on le chassa , ou plutôt on l'emporta de force hors de l'assemblée. Cependant, aucun des autres projets ne répondant aux vœux cl à l'attente des magistrats, on rappela de nouveau Brunelleschi pour lui demander la communicaiiou de ses plans et de ses moyens d'exécution ; mais il ne voulut point faire voir son modèle, et se conlcnta de présenter à rassemblée un œuf: • Voici, dit-il, la forme du dôme; « mais la difficulté est de le faire tenir debout; « celui qui en trouvera le ipoycn sera digne d'être « choisi. » Ses rivaux consentirent à tenter cette puérile expérience; mais ils ne purent réussir. AlOrs Brunelleschi, frappant l'œuf sur une table de marbre, en cassa la poiule, cl résolut ainsi le problème. Chacun de s'écrier qu'il en aurait fait autant. « 11 fallait donc le faire, » leur dit Brunelleschi avec un sourire ironique , et il ajouta : « IS'cn « serait-il pas de même de la coupole, si je vous en a montrais le modèle? » Celte plaisanterie, qu'un attribue aussi , avec moins de raison , à Christophe Colomb, eut d'heureuses suites; elle donna plus de confiance dans les talents de Brunelleschi que tout ce qu'il avait fait et dit jusqu'alors; cl, d'une commune voix, il fut chargé de l'exécution de l'cutrcpruw. KéanmoiM, comme U avait «van^é qu/y, ferait

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sa voûle sans le secours d'un cintre en charpente, on exigea de lui un essai de sa manière d'ocrer, et il construisit deux petites chapelles, suivant son nouveau système. Ses envieux, qui chcrcliaicnt toujours à traverser ses desseins, lui firent nommer un adjoint, ce même Ghiberli, dont il axa.t refuse noblement de devenir le collègue ; mais Brunelleschi iiarvint à faire reconnaître l'ignorance de ce sculpteur, et l'obligea de se retirer. Ayant remarqué qui- plus les travaux s'élevaient, plus on perdait de temps , il imagina d'établir de petits cabarets sur la voûte de l'église, et, par ce moyen, il empêcha les ouvriers de quitter l'ouvrage à la lin de leur journée. Enlin, aidé de son seul génie, cl au milieu des applaudissements de tous ses contemporains, et à la gloire de i-a patrie, il éleva cette fameuse coupole qui est l'une des conceptions les plus hardies de l'esprit humain ; mais il n'eut |»oint la satisfaction de voir son ouvrage parfait, et la lanterne élégante qui couronne ce dôme n'était pas encore terminée lorsqu'il mourut ; cependant elle fut achevée sur ses dessins. Cette lanterne est elle-même un petit temple. On fut effrayé de la quantité de marbre qui entrait dans sa construction, et on craignit que la voûte ne pût supporter cet énorme fardeau. Jtniiullcschi se moquait de ces craintes , et n'en suivait pas moins ses projets. Le* plans et les élévations de celte immense fabrique ont été gravés par Carlo Fontaua, dans l'ouvrage intitulé : Tempio Valirano , et en seize planches qui accompagnent la description qu'en a donnée le sénateur J.-B. Nclli. Celle église est , suivant Ricbardson , une fois et demie aussi grande que St-Paul de Londres, et sa coupole est 1e plus admirable chef-d'œuvre que l'art ait jamais produit. Aucun monument antique ne fut aussi élevé , et le seul dome de St-Pierre, fait depuis, le surpasse en liauleur, mais ne l'égale pas en grâce ni en légèreté. Michel-Ange disait qu'il était diflicile d'imilcr Brunelleschi, cl impossible de le surpasser, Brunellcsehi lit une foule d'autres ouvrages de différents genres; on cite une forteresse qu'il construisit a Milan ; on exécuta sur ses dessins celles de Vico Pisano, de Pcsaro , et la vieille citadelle de Pise : il fut aussi appelé a Mantoue pour construire des digues destinées à contenir le Po. C'est surtout dans l'église du St-Esprit à Florence qu'on découvre le véritable restaurateur de l'art ; le plan et les proportions générales de cet édilice seront toujours un sujet d'étude. H fit aussi les modèles de l'abbaye de Fiésole; de l'église de Si Laurent à Florence , d'un palais que Cosmc I" de Médicis voulait faire construire en face de cette ■ .lise, et enlin du plais Pitti , dont il exécuta la façade extérieure et les principaux appartements. Ce palais , resté imparfait , ayant été acheté plus lard par Eléonorc de Tolède, duchesse de Florence, h- cluc Cosmc chargea l'Ammanato de l'achever sur ses propres dessins, le modèle de Brunclleschi étant (■erdu. Nous ne ferons pas une plus longue énumeration des ouvrages de Brunelleschi, dont plusieurs n'ont pas été finis ; nous ajouterons seulement que «on nom était tellement répandu, qu'on lui deuian-

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Unit de toutes parts des modèles ou dessins pour les monuments de quelque importance. L'emploi qu'il lit des ordres romains, grecs (car il remit en usage les corniches antiques et les ordres toscan, dorique, ionique et corinthien) , jiorta au style gothique le coup le plus funeste. Alberti et Bramante achevèrent de le détruire, en lui opposant ce même style antique qui atteignit bientôt à la perfection entre les mains de Balthasar Perruzzi , de San-Gallo de Palladio et île Vignolc; niais il ne faut pas moins restituer & BruneÙesclii la gloire de leur avoir our vert la carrière où ils ne se sont illustrés qu'en suivant ses traces. Brunelleschi avait la plus haute idée de son art et le sentiment intime de la force de son génie. Si la nature n'avait point doné cet homme célèbre d'un extérieur agréable , elle l'avait amplement dédommagé par les dons de l'esprit et par les vertus dont elle le décora. Il joignait au génie beaucoup de finesse , de facilité , cl , ce qui vaut mieux, une rare bonté, il avait beaucoup d'envieux, mais pas un ennemi; il jugeait sans i*ssion du mérite des autres , et oubliait souvent ses propres intérêts pour ceux de ses amis, il se faisait aimer et respecter des ouvriers, en employant tour à tour la fermeté et la douceur; il leur communiquait sa prodigieuse activité , et leur inspirait la plus grande confiance. Sa patrie récompensa ses longs et éclatants services, en le nommant, en 1423, membre du conseil degli Signori, place qu'il exerça avec autant d'iiabilcté que de sagesse. Brunelleschi mourut en 1444 , âgé de 67 ans. Son convoi se lit avec solennité, et, quoique le tombeau de sa famille fût à St-Marc , on transporta son corps à Ste-Marie del Fiore. On lui érigea un lomlieau surmonté de son buste, exécuté par Buggiano, son élève. 11 avait eu quelques autres élèves, parmi lesquels on distingue Dominique del Lago Lugano, Jérémic da Crcmona , sculpteur qui orna Yenisc de plusieurs ouvrages en bronze; Antonio cl Nicolo de Florence, qui exécutèrent, en 1461 , à Fcrrare , la statue équestre du duc Borso. C— V.

BRTJNELLl (Jérôme), jésuite, né à Sienne en 1850, enseigna au collège Romain les langues grecque et hébraïque, et y traduisit en latin trois homélies de St. Chrysostome. On les trouve dans le t. (!• de l'édition d'Anvers, 1614. On lui doit aussi une édition grecque des hymnes de Synesius : Synesit epitc. Cyrenen». H>imni, Rome, 1609. Jérôme Brunelli mourut le 22 février 1613. C M. P.

BRLNELLI (Gabriel), sculpteur, élève de l'AIgarde, était de Bologne, et florissait au 17* siècle. Il était fort laborieux, et on voit, à Bologne seulement, quarante-quatre statues ou autres ouvrages de marbre de sa main. On en voit aussi à Naples, à Ravenne, à Padoue, et dans d'autres villes de la Lora^ bardie; ils consistent en statues, tombeaux, las-reliefs, bains et fontaines publiques, avec des ligures gigantesques, genre dans lequel il réussissait smgu

liérement. K.

BHLNET (Hcgues), troubadour, né à Rodez, mort en 1223. On le destinait à l'état ecclésiastique, mais il entra par goût dans une autre carrière, où

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il eut tour à tour pour protecteurs son seigneur ie comte de Rodez, le comte de Toulouse, te dauphin d'Auvergne et le roi d'Aragon. Ses pièces roulent sur des sujets souvent traites par les portes provençaux. Dans ses chansons, il se plaint de la rigueur des dames ; dans ses petits poèmes, il déclame contre la dépravation chs mœurs. Il paraît qu'il eut en effet à se plaindre des dames et des grands ; car la belle Galiaua, bourgeoise d'Aurillac, étant aimée du comte de Rodez, lui v.crilia Firunct qui l'adorait. Congédié par elle, il se retira de désespoir dans un monastère de chartreux, où il |*assa le reste de ses jours. P— x.

BRUNET (Claldk), médecin et philosophe qui vivait a Paris à la lin du 17* et au commencement du 48* siècle, n'a pus joui jusqu'ici de la réputation que les idées neuves, grandes et hardies, ré|>aiidues dans ses ouvrages, lui avaient méritée. On ignore le lieu et l'é|toque de sa naissance et de sa mort. Ses livres, cachés dans la |toussiere de quelques bibliothèques, sont devenus excessivement rares. Il en est même qui semblent être entièrement perdus. Tuut ce qu'on sait de sa vie privée, c'est qu'il paraissait aux conférences publiques de l'abbé de la Roque, où il Ht une fuis un discours sur le langage des hèles, en présence de Régis, Auzout, Ozanam, Léméry, Duverncy, etc., et qu'il fréquentait beaucoup la société de l'abbé de Cordenioy. Le 22 avril 4717, il soutint, dans son cours de médecine, une thèse curieuse : A divertis alimentis, indoltt ingeniis diversa. Si l'on savait ce qu'est devenue la bibliothèque de ce savant, et où sout déposés ses papiers, on acquerrait, sans doute, plus de lumières sur Claude Brunei. Ses principaux ouvrages sont : 1° un Traité du progrèt de la médecine, Paris, 1709, in- 12, trèsrare. ( Voy., sur cet ouvrage, la Bibliothèque des philosophes ei des savants, tant anciens que modernes, par Hubert Gautier, Paris, 1723, 3 vol. in-8a. Il se trouve, p. 283-3 du 1" vol., deux articles Hku.net, qui peut-être concernent le même individu.) 2° Le Progrès de la médecine, contenant un recueil de tout ce qui s'observe d'utile à la pratique, avec un jugement de tous les ouvrages qui ont rapport à la théorie de cette science, Paris, de l'imprimerie royale, 4695, 1698 et 1709, 3 vol. iri-42. Cet ouvrage est une sorte de journal rempli de faits curieux et d'observations intéressantes. On trouve encore quelques cahiers, depuis 1093 et les années suivantes. Le premier cal lier est dédié à Bourdelot, médecin de Louis XIV, qui a laissé en manuscrit un Catalogue des livres de médecine, avec une critique abrégée et la vie de leurs auteurs, manuscrit dans leqiu.1 on trouverait peut-être aussi des renseignements sur notre Brunet. Les derniers cahiers de ce journal sont ceux de janvier, février et mars 1709. On ne saurait assurer que Gautier, dans sa Bibliothèque, ne les ait pas eus en vue, et n'ait voulu simplement que les indiquer. I Voy. aussi la Bibliothèque littéraire, historique ei critique de la médecine, par Joseph-Barthélémy-François Carrère, Paris, 1770, iu-4*.) 3' Traité raisonné sur la structure des organes des deux sexes destinés à la génération, 1690,

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in-12. 4" Une thèse. Ergo a diverso glandularum situ

secreliones, Paris, 1757, in-4°; elle est citée par Daller, dans son édition du Methodus studii medici de Boerhaave, t. p. 426. 5' Projet d'une nouvelle métaphysique, lu d'abord dans les conférences de l'abbé de Cordemoy, et imprimé ensuite, Paris, 1703 ou 1704, in-12. C'est par cet ouvrage surtout que Claude Brunet parait singulièrement remarquable. Il a été tout a fait impossible d'en découvrir un seul exemplaire ; mais, par ce qu'en disent les journaux du temps, on voit que son auteur y exposait un système d'idéalisme hardi et conséquent, le même qui, dix ans après, rendit si célèbre l'évêque anglais Berkeley, et que, sous une nouvelle forme, a réveillé de nos jours, en Allemagne, l'ingénieux professeur Fichte, ce qui assurerait au philosophe français la priorité. Et qui sait si son livre n'a pas été le point de départ de l'évêque de Cloync? Brunet, dans le journal de médecine ci-dessus désigné, laisse échap|»er des indications fréquentes du système philosophique qui l'occupait, o Je considère, a dit-il, l'àme ou le moi, comme une lumière d'in- « tclligence et de sentiment qui s'éclaire intimement « elle-même, et qui, connaissant par conscience tout « ce qu'elle est, tout ce qu'elle opère et tout ce qui « se passe en elle, se rend toutes choses intelligibles a et sensibles dans les idées et les modifications « qu'elle se donne par tous ces actes directs et ré- « fléchis, émanés d'elle vers elle-même, suivant les ■ diverses impressions qui se font dans sa propre a essence, toute a|>ercevante et toute aperçue, s'aper- « cevant elle-même à l'inlini ; en qui seule, comme « individuelle, elle borne toutes ses vues, etc. » Brunei doit donc être regardé comme le père de l'idéalisme moderne j puisque ce système hardi était né chez lui spontanément, sans modèle et sans guide, cl non pas d'une manière historique, ou par enseignement. Au reste, l'idéaliste Brunei devait se déclarer contre plusieurs des opinions philosophiques du réalisme de Descartes; mais on aperçoit sans doute, dans celles qu'il leur oppose, le résultat de la fermentation salutaire que ce grand homme avait produite en France dans les esprits. Tout le temps que dura celte belle période, qu'on peut appeler l'âge d'or de la philosophie en France, la pensée s'exerça vigoureusement sur les plus hauts objets, et se montra sous les formes les plus libérales et les plus profondes, chez Pascal, Gassendi, Bayle et tant d'autres, |iarmi lesquels doit être compté Claude Brunet. Les controverses religieuses, celles des partisans de Jansénius et de leurs adversaires, quoi qu'on puisse leur î-eprocher, déposent cependant de cette tendance grave et relevée des esprits d'alors. La pensée fut bientôt après avilie, quand le système de Locke, mal entendu et mal appliqué, vint produire parmi nous le matérialisme en métaphysique, et l'égoïsme en morale. Nous ne nous sommes pas encore relevés de cette honteuse chute. Quant au système d'idéalisme de Brunei, et à quelques autres ouvrages qu'il a publiés, voy. les Pièces fugitives d'histoire et de littérature, par Flachat-St-Sauveur, Paris, 1704, p. 347 à 360 ; le jour-

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s'y exprime ainsi : « M. Brunei, connu dans « la république des lettre* par plusieurs systèmes « de physique, etc., a voulu montrer depuis peu « (pie ses profondes méditations sur les causes gé- « néralcs des choses, et sur les lois les plus con- « stanles de la nature, ne l'éloignaient point de la « pratitpie et de l'usage qu'un médecin doit faire « de son intelligence sur les propriétés de la nia- « tiére et sur l'économie animale. » Ce qui suit nous apprend que Brunei s'occupait alors de l'extraction de la pierre, et que ses idées à ce sujet excitèrent une grande rumeur à l'académie des science», où elles Turent proposées. Cependant le journaliste ne manque pas de s'égayer sur le Projet d'une nouvelle métaphysique, et tie faire, à ce sujet, les objections et les plaisanteries que les gens superficiels opposent d'ordinaire à l'idéalisme, qu'ils ne comprennent pas et dont ils n'apprécient point la sévère conséquence. V — s.

BRU&iET (Jean-Louis), savant canoniste (f), né à Arles, en 1688, d'une famille originaire de Salon, fut reçu avocat au parlement de Paria en 1717, et mourut sur la lin d'avril 1747, a comme meurent « la plupart des savants, dit Durand de Maillanc, a sans fortune et sans récompense, mais jouissant « d'une considération qui rejaillit sur leur nom. » Nous lui devons : 4° le Par/ail notaire apostolique, Paris, 4728, 4730, 4754, 3 vol. in-i°, dont la meilleure édiliou est celle de Lyon, 1775, avec les notes de Durand de Maillant-. 2 vol. in-l". 2* Histoire du droit canonique et du gouvernement de l'Eglise, Paris, 1720, ou avec la date de 1729, in 12. Cet ouvrage, où l'on trouve des opinions trop hardies (2), était destiné à pressentir le goût du public sur des Insdtules du droit canonique de France, auxquelles l'auteur travaillait depuis longtemps, mais qui n'ont pas vu le jour. 3° Traité du Champtirt, impr. a la suite d'une nouvelle édition qu'il a donnée du Recueil det principales décitions sur les dimes de IL Drapicu, 1741. 4" Une nouvelle édition du Traité de l'Abut de Fcvret, corrigée, augmentée, enrichie de savantes notes, dan., lequel il a inséré la Défense de la juridiction ecclésiastique de Haute-Serre, Lyon, 4736, 2 vol. Ml h° Une nouvelle édition du Traité dtt droite et des libertés de l'Eglise gallicane, Paris, 1731, 4 vol. in-fol., avec d'excellentes notes et une dissertation curieuse de l'auteur, en forme de lettres, sur la conférence do Yincenncs en 1329. Le grand vice de cet ouvrage, comme l'a dit l'abbé Fleury, est qu'on veut y établir le droit par les faits, au lieu de juger les faits par le droit : mais le défaut de cette édition est que Brunei a négligé d'y mettre l'ordre didactique dans la distribué >n des pièces, et d'y insérer celles que les événements postérieur» aux première» éditions de cet ouvrage auraient pu

(M M. Q<i«rard, ,|m t, franor littéraire, te nomme Jean-Bafh lit! t.

(î) On fit paraître, iers t73o, une nouvelle édition de cet ooxrige; nu.» t \r. f„, arrêtée par or.lro a> la mur, rt ne recrut queti 117.10 «m, U- mfmt «Ire. rl mu* autre rtijn|;enu-nl qu'un carf8- Yot- » M le tMUiomwrt dtt •tvroytt nonyme, rt pst». U^mt 4e BwUcr

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lui fournir. Prévôt, savant avocat au pailemciù de Paris, mort en 1753, y a Tait des observation; qui sont déposées en manuscrit a la bibliothèque de? avocats. 6° Une nouvelle édition «les Maximes du droit canonique de France, de Louis Dubois, corrigées et augmentée». T— d.

BRUNET ( Pieiihe-Nicoi.as), né à Paris en 1733, mort le 4 novembre 1771, s'annonça, dans l.i république des lettres par un poème héroïque C" -1 chants intitulé Minorque conquise, 1730, Paris, in-8°. En 1758, il donna au Théâtre-Français une comédie en 3 actes et en vers, sous le titre des .Vomi changés, ou l'Indifférent corrigé. Cette pièce, sans avoir un grand succès, y fut jouée sept fois de suite. L'envie de se produire sur tous les théâtres porta Brunet à s'associer avec Sticotti, un des acteurs de la Comédie-Italienne, pour y donner, en 1759, le» Faux Devins, en 3 aeles et en vers, avec des divertissements. L'année suivante, il com|>osa pour la même scène la Rentrée des théâtres, en 4 aclc et en vers. En 1762, il donna sans succès, au théâtre de la Foire, la F'ausse Turque, ouvrage que Brunei n'avait pas fait seul, puisque l'historien de ce théâtre (t. 2, p. 53t) dit <pic les auteurs la retirèrent sans la faire imprimer. Il ne manquait plus à la musc errante de Brunei que de se montrer sur la scène lyrique; il y parut en effet. Les directeurs de l'Opéra le chargèrent de faire des changements dans l'opéra de Scanderbcrg de la Motte, cl dans celui iVAlphée et Aréthuse. Il lit ensuite l'acte du Rival favorable, qu'on ajouta aux Fêtes d'Euterpe; enfin, il donna Hippomène et Atalante, ballet héroïque en I acte, représenté en 1769. Il a même laissé dans ce genre, auquel il paraissait vouloir se lixcr, une tragédie ballet en S acte*, Théagène et Charicléc. Iju France littéraire de 1709 lui attribue encore un acte d'Apollon et Daphné. Brunei, qui coopérait h la rédaction du Mercure pour la partie politique, a répandu dans ce journal plusieurs contes en prose, et autres pièces qu'il réunit depuis sous ce litre : le Passe- Temps, ou Recueil de contes, historiettes, etc., intéressants et récréatifs, Paris, 1769, in-12. Au milieu de tous ces ouvrages légers, il s'occupait d'un ouvrage sérieux, intitulé : Abrégé chronologique des grands fiefs de la couronne de France, Paris, 1759, in-8". qu'il fil en société avec son père, et qui ne passe pis pour être exact. « Bmnet, dit Desessarts, était trés- « instruit; il avait de la facilité pour écrire en vers « et en prose ; mais il ne fut pas le maître d'étudier a ses forces, et de se borner à ce qu'il aurait pu eno treprendre avec soin : d'ailleurs il vécut trop peu « pour produire quehpie ouvrage important. Une « esquinancie l'enleva à l'âge de 58 ans. .< D— n— n.

BU UN ET ( l'abbé ), docteur en théologie de la faculté de Pari», curé de Bernière» au pays de Caux, entreprit de traduire I Histoire romaine de Tile-Live. Sa traduction, qui eut dans le temps quelque succès et qui fut beaucoup U-op vantée par l'abbé Desfontaines, ami de l'abbé Brunet, est aujourd'hui entièrement oubliée. On lui doit encore : 1" des J/o« mélies pour tout lu dimanches de Cannée en forme dt prtoa, Pari», 1776, S vol. lu-li; une Ode sur

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la pais, Paris, 178.1, ln-8«.— Jextti Brinet, ddminicain, a publié les Lettres de milady Worlhlcy Montaigu. trad. de l'angl., Paris, 1765, 2 ftart. In-12. On lui doit encore un ouvrage plus conforme à son état; c'est Y Abrégé des libertés de l'Eglise gallicane, avec des réflexions et des preuves qui en dé- Montrent la pratique cl la justice, Genève et l'aria, *7&». in-12. D-n— n.

BRU IN ET (FRA.Nçois-Ft.onE.vrl.x), assistant généra! des lazaristes, et non supérieur de l'ordre, comme on Ta dit, naquit à Yitel, en Lorraine, vers le milieu du siècle dernier. Admis fort jenric dans la congrégation de la Mission, il s'y distingua par ses talents, et fut choisi pour être, professeur «le philosophie au séminaire de T6ul. 11 obtîftt ensuite le gouvernement de celui de Chalons-sur-Marne. ÏSommé, quelque temps aprè<, assislruit général, il accompagna en celte qualité Cayla «le la G^rde, le dernier supérieur de la Mission, h Rome, lorsqu'il fut y chercher un asile contre les persécutions révolutionnaires. Cayla, en mourant, le désignai pour être sort vicaire général, et lorsque, en 1804, les missionnaires furent rétablis en France, Brunei revint a Paris, où il termina ses jours le 15 septembre I8Û6. Brunei s'est principalement fait connaître par Une volumineuse et savante compilation intitulée : Parallèle des religions, Paris. 1792, 5 t. en 5 vol. in-4°. (Les deux premiers volumes avaient été Imprimés à Châlons en 1783.) Cet ouvra-e, écrit avec simplicité, présente un modèle de méthode et de niodéralion. On y distingue 4 grandes classes : le paganisme, le rttahomélisme, lè judaïsme et le christianisme. Ces Classes se subdivisent en 8 parties. La 1", composée de deux sections, offre dans l'une (le paganisme moderne! les religions de la Perse, de l'Inde, du Thïbet, de la Chine, du Japon, de la Tarlaiïc, de la Laponic, de l'Amérique, des Terres australes et de l'Afrique; dans la 2* (le paganisme ancien) sont décrits les cultes des Finnois, des Sarinate.% Scandinaves, Celle?, Sfylhes, Arabes, Arméniens, Éthiopiens, Africains, Romains, Hlyricns, Ci tes, Thraces, insulaires de la Méditerranée, peuples de l'Asie Mineure, Grées, Egypiierts, Syriens, Phérticiens, Assyriens et Babyloniens. La 2» partie présente le |tarallclc des religions païennes entre elles. Dans la 3* est tracé le tableau du taahométisme, que siilt, dans la V, le parallèle de celle religion et du paganisme. L'auleur truite , dans la 5* partie, du judaïsme, et, dans la 6a, du parallèle de la loi de Moïse avec le culte des païens et celui tics mahoniétans. Edita, la 7' partie est consacrée au christianisme, et la 8' offre le parallèle de cette religion avec toutes celles précédemment déciiles. Le tableau de chaque religion en présente l'exposé, l'histoire et l'explication. Ce sont trois parties distinctes pour l'auteur. Bans la dernière, il met à contribution les savantes recherches île Frérct, d'Anquclil-Dnperron, de Stc Croix, de Gcbelin, de Bupuis, de Dow, de Mallcl, de Bailly, dù président de Brosses, de Bergicr, de Banier, de Balteux, etc. Indépendamment des huit divisions de cet ouvrage, on y trdarc uh trtllé philosophique de la révélation,

destiné 4 sttWr de guide an lecteur Oins le èbolx d'titt culte. Le parallèle1 dès religions fert primitive-* ment proposé par sotrjctlption, èt l'impression s'en lit d'abord à Châlons ■ sur-Marne ; mais la mauvaise exécution typographique drt livre, et peut être aussi l'étendue considérable qne Bfwnet fut obligé de lui donner, le discréditèrent dés sa naissance, cl l'édition presque eniiêre a passé au Brésil. Il n'existe pourtant jioint, snr l'histoire des religions, d'ouvrage plus complet, plus Ùtilc, et les auteurs mil orit écrit depuis n'ont fait bien souvent qne le copier, sans daigner même le citer. On a encore de Brunei : 1° Elementa thcologia ad omnluhi scliolnrum catholicarum usum, ordine novo, ùplala>, Rome, 1801, 5 Vol. m-4». On y trouve un précis du Parallèle des religion*. 2° Traité det devoirs des pénitents et des confesseurs, Metz et Paris, 1788, in-12. S* Du Zèle de ta foi dans les [cimiies, et des heùreux effets qu'il peut produire dans l'Eglise, in-12, trad. en— sliite en l'italien. 4* Lettre sur ta manière d'étudier la théologie. K.

BRl'Nfvf ( Gaspard-Jean -Baptiste ), général fianra.s, né à Valensoles ( Basses- Alpes } , adopta les principe! de la révolution, fut nommé maréchal de camp le f' mai 1791, et lit, l'année suivante, la campagne, de Savoie , sous le général Anselme, dont il commandait l'avant-garde. Eu 1705, Brunet remplaça provisoirement le général Biron dans le commandement en chef de cette année , qui devint celle d'Italie. II se trouvait, le 14 février, à l'attaque des retranchements de Sospello, et reçut, du minisire de la guerre Beunionville, de gramls éloges (khii* la valeur qu'il avait déployée dans cette affaire. Il ne se distingua pas moins dans les combats du 1" et du 2 mars : il s'empara du Belvédère , chassa de cette position presque inexpugnable 5,000 Piémonlais soutenus par du l'artillerie, leur fit deux cents prisonniers , et leur enleva deux pièces de canon. Celte action d'éclat ne demeura jws sans récompense, et, le 20 ma» suivant, le général Brunei obtint le commandement en chef, sous les ordres de Kellcrmann, général en chef des armées combinées des Alpes et d'Italie. Le 8 juin, il força les avanl-|>ostes ennemis du camp des Fourches ii se replier ; mais, le 17 juillet, il lit contre ce camp et celui de Saorgio une nouvelle attaque, après laquelle il fut obligé de se retirer lui-même arec perle. Us jacobins de Paris ne manquèrent pas de crier à la trahison : ils prétendirent en outre que Brunei n'était pas étranger a la reddition de Toulon , et citèrent a l'appui de celle assertion de prélendues intelligences qu'il aurait eues avec l'ancien procureur général syndic du Var, et le refus qu'il aurait fait de seconder les représentants du peuple envoyés dans ce département. Ces accusations, bien que dénuées de toute espèce de fondement, excitèrent les soupçons du pouvoir ombrageux et sanguinaire qui pesait alors sur la France; aussi l'infortune général fut-il bientôt remplacé dans son commandement par Cartaux, arrêté sur un ordre de Barras, et transféré à la pn-

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son de l'Abbaye. Traduit quelque temps après devant le tribunal révolutionnaire, il n'en sortit que pour marcher à l'échafaud, le 16 brumaire an 2 (6 novembre 1793.) ' Cu— s.

BRUNEI ( Jea^i-Baptiste ) , général français, naquit à Reims en 1765; il était fils d'un retordeur de celte ville, et non, comme le disent la Biographie nouvelle des contemporains et celle de Ralibe et Boisjolin, du général en chef qui fait le sujet de l'article précédent. Le lieutenant général Bmnet servit dans le régiment d'Enghien qui fut employé dans les colonies, et il sortait de ce corps avec le grade de sergent quand la révolution éclata. Lors de la formation de la compagnie franche de Reims, comme il avait été un des officiers instructeurs pour l'organisation de la garde nationale, les volontaires de cette ville le nommèrent leur capitaine. Il partit avec cette troupe, le 6 août 17î)2, la dirigeant sur la Lorraine envahie par l'armée prussienne. Ce petit corps s'élant augmenté par de nouveaux enrôlements, Brunei devint chef de bataillon en avril 1793, ensuite chef de brigade commandant la 9* d'inranterie légère. 11 combattit a la tôle de ce corps à Fleuras sous les ordres de Lcfebvre, devint général de brigade à Tannée du Rhin en 1798, cl se distingua en 1M)0 dans la campagne d'Italie. Brunei lit partie de l'expédition de St-Domingue en 1801; il y commandait l'avant- garde du général Rochainbeau, et il y obtint le grade de lieutenant général. Au commencement de l'année 1802, il enleva aux noirs les forts de la Liberté, de l'Anse et de la Hougue, et s'empara de la personne de Toussaint Louverture. H commandait la place du Mole, le (8 novembre, quand il fut attaqué par les noirs qu'il laissa pénétrer jusqu'à rentrée «le la ville, et il en lit ensuite un grand carnage. Le général Brunei remplaça Watrin dans la partie du sud et de l'ouest de cette Ile, et il eut après le général Desbureaux, son compatriote, le commandement des Caves St-Louis. C'est à celte époque que plusieurs noirs et hommes de couleur furent arrêtés et remis à un lieutenant de vaisseau qui les transportait en pleine mer pour les noyer. 1 •• général Brunei fut sans doute étranger à cet acte de cniaulé : car tous ceux qui l'ont connu s'accordent à le représenter comme naturellement bon. Ce crime est reproché à d'autres hommes encore vivants, et que pour cela nous nous abstiendrons de nommer. Bmnet obtint le grade de général de division en 1803. Ayant été obligé de quitter St-Domingue, il fut pris, dans la traversée, par les Anglais qui le gardèrent prisonnier jusqu'à la restauration, en 1814. Rentré dans sa patrie, il reçut la croix de St-Louis, et résida aux environs de la capitale jusqu'au mois de juin 1815 qu'il reprit du service, et commanda sous les murs de Paris. 11 adhéra alors à toutes les mesures prises contre les Bourbons. Ayant cessé «l'être employé au second retour du roi, il se retira à Yïtry, et il y mourut le 21 septembre 4824. Le père de Brunei élait dans une position voisine de l'indigence ; mais ce général, dès qu'il put le faire, remplit envers lui les devoirs d'un bon Ml L-c-J.

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BRttNETTO-LATINI. Voyez LAT1NI.

BRUNFELS, ou BRLNSFELD (Othon), médecin du 16* siècle, fut l'un des premiers fondateurs de la botanique à l'é|>oque de la renaissance des lettres. Il naquit A Mayence, où son père était tonnelier. Il parait que le nom de sa famille venait de celui du bourg de Brunfels, qui n'est pas éloigné de cette ville. Othon, après avoir acquis une profonde connaissance des langues savantes et de la théologie, prit l'habit religieux dans la chartreuse de Mayence. Comme il avait peu de sarilé, il devint inquiet sur sa situation, et tomba dans une mélancolie qui le rendit inconstant sur l'état cl le genre de vie «pj'il avait embrassé. La doctrine de Luther commençait à se répandre en Allemagne, il l'adopta, el fut un des premiers prosélytes de ce réformateur. II quitta secrètement son cloître et alla à Strasbourg, ou il fut obligé de se faire maître d'école pour subsister. Après avoir enseigné pendant neuf ans, il voulut prendre un état plus analogue à son goût, et se rendit à Baie, où, par le moyen de ses épargnes, il put étudier la médecine. Reçu docteur en 1530, il retourna à Strasbourg avec l'intention de s'y lixcr. Dans l'espace de quatre ans, il publia, sur la botanique, la matière médicale et diverses parties de la médecine, plusieurs ouvrages, qui lui acquirent une grande célébrité. En 1534 il fut appelé à Heine pour y remplir les fonctions de médecin pensionné de la ville. Il y mourut le 23 décembre de la même année. Voici le catalogue des ouvrages de Brunfels : 1° Uerbarum rivai Eicones ad naturœ imitationem summa ditigetUia et artificio efjigiatm, una cum effeetibus earumdem. Quibus adjecla est ad calcem appendix isagogica de usu el administration simpticium, Strasbourg, 1530-31-36, 5 vol. in-fol. Les deux premiers volumes furent réimprimés plusieurs fois avec des augmentations ou des changements avant la publication du troisième; ce qui rend les exemplaires différents les uns des autres. Les trois tomes furent imprimés ensemble, et réunis dans le même volume in-fol., en 1537, 1539, 1540, à Strasbourg. C'est un monument curieux et rare des premiers travaux sur la botanique. Othon le publia en allemand, en 1532. Il y donne les figures de 238 plantes gravées sur bois ; il a le mérite d'être le premier qui en ait publié de bonnes. La plupart n'ont pas été sur|>assees, pour la parfaite ressemblance, la correction du dessin, et la beauté de la gravure. Il n'a représenté que des plantes indigènes de l'Allemagne, et quelques-unes qui sont cultivées dans les jardins. Les descriptions, sous le nom de Rapsodies, sont un recueil exact de tout ce qui a été écrit sur les plantes par les anciens, en sorte qu'elles sont surcliargécs d'érudition. Quelquefois les figures ne s'accordent pas avec les descriptions. A cet ouvrage sont réunis des morceaux sur l'histoire des plantes, par différents auteurs, dont quelques-uns sont très-curieux. Dans le 3* volume, Brunfels a ajouté des recherches sur l'élude de l'agriculture chez les anciens, et sur les Romains illustres qui s'en étaient occupés. Cet ouvrage fut publié en allemand, à peu près dans la même, forme.

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sous le titre de Conlràfayl Kranterbruch, Strasbourg, 1533, in-fol ; la 2* partie en 1537. Il en parut une autre édition : h'rauterbruch contrafayt vollkummen, Strasbourg, 1531, iu-4°, dont les planches sont plus petites, Francfort, 1546, in-fol. 2° Caialogus illustrium medicorum, «ru de primis medicinœ Scriploribut, Strasbourg, 1530, in-4», notice si vague et si incomplète qu'elle ne peut être d'aucun usage. 3* Thèses, ttu communes Loci totiut rei medicœ, etc., Strasbourg, 1532, in-8°. 4° Ialrion meditamenlorum simplicium, etc., Strasbourg, 1533, 2 vol. in-8". L'auteur y indique les remèdes les plus vantes par les anciens, pour les maladies, tant des hommes que des animaux domestiques. 5° Neotericorum aliquol nudicorum in medicinam practicam Introduetiones, Strasbourg, 1533, in 21. 6» Onomaslicon medicum, conlinens omnia nomina herbarum, frucluum, arborum, teminum, florum, lapidum preliotoru m , mnrborum, inslrumentorum medieince, et id genui alia, Strasbourg, 1534 et 1543, in-fol. C'est un vocabulaire universel de médecine, très-bon i consulter jxwr les dénominations anciennes On le trouve avec les œuvres de Théophrasle, «le la version de Gaza, Strasbourg, 1534 et 1543, in-fol. 7* Epilome mediees, summam totiut medicinœ cornplectent, Anvers, 1540, in-8°; Paris, 1540, in-8°; Venise, 1542, in-8». 8» Reformalion der Apotheken von Kraulern, xcurzeln, verlenle Hans FAler, Strasbourg, 1536, in-4*. 9« Chirurgia parva, Francfort, 1569, in-8\ Il a écrit aussi quelque chose sur l'asti ologie, et un commentaire sur Dioscorides. On a encore de lui quelques ouvrages idéologiques. Plum:er lui a consacré, sous le nom de Brunfelsia, un des nouveaux genres de plantes qu'il a observés en Amérique; il ne renferme qu'un seul arbuste que Ton rapporte avec doute à la famille des sola- Dtev D-P-s.

BRUNI (Antoine), poète italien, naquit vers la lin du 16* siècle, à câsal-Nuovo, dans la terre d'Otiante. Sa famille, honnête, mais peu riche, était originaire d'Asti en Piémont. Bruni, après avoir étudié la philosophie, la théologie et les lois, se livii tout entier aux belles-lettres. 11 fut secrétaire d-i duc d'Crbin, François-Marie H, et ensuite du cardinal Gessi. Associé aux académies, il fut lié avec le;- poètes les plus célèbres de son temps, et surtout avec le Mari ni, dont il suivit l'école, et imita le mauvais style; mais comme ce style était alors sou» à la mode, il eut de son vivant une grande réputation, qui s'est un peu éclipsée depuis, comme celle de son maître. 11 était très-gai , trèsbon convive, mais d'un embonpoint excessif, et si gourmand , que I on assure qu'il abrégea sa vie par des excès de bonne chère. Il mourut à Rome, le 24 septembi'î 1635. On a de lui : 1° Selva di Parnaso, pat te 1 et 2, Venise, 1615, in-12. Ce sont des poésii's mêlées, des amours, des fantaisies, des éloges, des funérailles, des moralités, des plaisanteries , des dévotions , des madrigaux , des jeux, etc. 2° Bptstole eroiche, libri 2, Milan, 1626 •11627, in-12; Home, 1634, in-8'; Veuisc, 1636, in-12, etc. Hayra annonce que la meilleure édition

est celle où chaque épltrc est ornée d'une gravure, d'après les dessins du Guide, du Dominiquin, et d'autres peintres célèbres. Ce n'est point celle de Venise, 1636, qui porte ces ornements, mais celle de Rome, 1647, augmentée de plusieurs pièces, et donnée par Mascardi , ad istanza d'Âlessandro Ijxncia: c'est la huitième édition Dans ces épitres, Bruni voulut imiter les héroïdes d'Ovide; les personnages qu'il y fait parler, ou plutôt écrire, sonf tirés de l'histoire ancienne et moderne, de la fable , des romans, etc. C'est son meilleur ouvrage, encore y trouve-t-on plus souvent les défauts d'Ovide que ses beautés. 3" Le Tre Grazie, rime, eon la Pallade, exoè proposte e rispotle, Rome, 1630, in-12. 4* £f Veneri, cioè la Céleste e la Terrestre , poésie ; e il Porno d'oro, proposte e risposte, Rome, 1633 et 1034, in 12. G— é.

BRUNI (Théophile) , Vénitjpn, s'appliqua aux sciences mathématiques et surtout à la gnomonique, au commencement du 17* siècle, et publia : Harmonia attronomica e geometrica dove t'insegna la ragione di tutti gli orologi, Venise, 1622, in-4°. — Dominique Bruni, de Pistoic, est auteur d'un petit traité intitulé : Dlfèse délie Donne, imprimé à Florence chez les Junte, 1552, in-8»; Milan, 1559 , in-8". C. M. P.

BRUNI (Léonard), écrivain célèbre en Italie, et l'un des principaux restaurateurs des lettres grecques et latines au 15* siècle, naquit l'an 1369 à Arczzo en Toscane ; c'est ce qui le fait appeler assez communément Léonard Arétin ou d'Arezzo. 11 fit ses premières études dans sa patrie. Rien n'annonçait en lui des dispositions particulières, lorsqu'ayant été fait prisonnier par les Français avec son père, et renfermé dans le clriteau de Ouarata, un portrait de Pétrarque, qui se trouva dans sa chambre, et qu'il regardait souvent, frappa son imagination, et alluma en lui cet amour des lettres qui ne s'éteignit plus. Il se rendit à Florence, où les plus habiles maîtres de littérature, de philosophie et de droit l'eurent parmi leurs disciples, et le distinguèrent pour ses progrès. 11 quitta ensuite pendant deux ans toutes ces études pour se livrer entièrement à celle du grec, sous Emmanuel Chrysoloras. Le Pogge, qui était son ami, lui procura, en 1405, une place de secrétaire apostolique auprès d'Innocent VIL Ce pape, en le voyant, le trouva trop jeune et le lui dit; mais il le soumit à des épreuves dont ce jeune homme se lira mieux que des concurrents plus âgés, et alors Bruni obtint la préférence. Il exerça cet emploi sous Grégoire XII, Alexandre V et Jean XXI IL En 1410, la république de Florence l'ayant nommé son chancelier, il se rendit à son poste, y renonça quelques mois après, reprit son service auprès du pape, et, quoiqu'il eût abandonné l'état ecclésiastique et se fût marié en 1412, il resta attaché a Jean XXIII, jusqu'au moment où celui-ci fut déjiosé dans le concile de Constance. Léonard, qui l'y avait accompagné, s'enfuit à pied, et n'ayant, pendant trois jours, d'autre nourriture que de mauvais fruits. Arrivé à Florence, il y reprit, en 1415, les études qu'il avait

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interrompues depuis plusieurs années. II y composa, entre autres ouvrages, une histoire de Florence dont la république le récompensa par le titre de citoyen ; elle y joignit même quelques revenus transmissiblcs à ses enfants. Alors il se llxa entièrement à Florence, où était la famille de sa femme. On lui offrit de nouveau la place de chancelier; après l'avoir refusée pendant quelque temps, il l'accepta enfin. C'était en 1427, et il la conserva jusqu'à sa mort . il eût même été gonfalonier s'il eût vécu davantage. Le respect que ses concitoyens avaient pour lui était partagé par les étrangers. Tous ceux qui passaient à Florence le visitaient ; ou assure même qu'un Espagnol, qui l'alla voir de la part du roi, se mit a genoux devant lui, et ne se releva qu'après les [dus vives instances. Son caractère plein de dignité, de bonté, de gravité, lui attirait ces hommages, plus encore que sa renommée littéraire et son profond savoir. Il mourut subitement à Florence, le 0 mars 1411. Sou oraison funèbre fut prononcée solennellement à ses funérailles dans l'église de Santa-Crocc ; l'orateur, Giannozzo ManeUi, par décret de la seigneurie, le couronna de laurier. Son histoire dd Florence fut placée sur sa poitrine, et le sculpteur Bernardino Bosselino fut chargé de lui élever en marbre un tombeau qui subsiste encore. Arezzo, sa patrie, voulut rivaliser avec Florence, et décréta qu'il serait fait à son illustra citoyen des obsèques dont la dépense fut fixée a 40 florins d'or. Léonard Arétin laissa un grand nombre d'ouvrages : les plus estimés sout ses traductions du grec et ses ouvrages historiques : ses discours oratoires le sont beaucoup moins, sa latinité n'ayant pas l'élégance nécessaire à ce genre de composition. Le catalogue de ses œuvres imprimées, donne par Mazzuchelli, monte à vingt-six articles, et celui des oeuvres inédiles à plus de cinquante. ÏSotis nous bornerons a citer les principaux ouvrages imprimés : ['de Dello Ilalico advertut Uvllios getto libri 4, Foligno, 1470, in-fol. ; Venise, 1471, in-fol., et réimprimé avec l'histoire de Procope et d'autres relatives à la guerre dcsGoths, Baie, 1531, in-fol. ; Paris, 1551, in-8°, etc. Cette histoire n'est, en grande jiartie, qu'une traduction de Procope, que Bruni eut le tort de ne point nommer dans sa préface, et dont on assura môme, de son temps, qu'il avait cru jiosséder le seul et unique manuscrit. 2* De Temporibus suis libri 2, Venise, 1 475 et 1485, in-f ; Florence, 1188, in-4°, insérée dans le t. 1!» des Seriptores Herum Italie. 3° De Bello Punicu libri 2, etc., 1" édition, sans nom de ville, 4 490. in-fol. ; réimprimée à Brescia, 1498, in-fol. ; Paris, 4512, in-4", etc. 4" llistoriarum Florenlinui uni libri 12, neenon commentarius rerum suo ttmpure in Ilulia gestarum, etc. (I), Strasbourg, 1GI0, in-fol. 5° /> Vile di Dante e dcl Pclrarca, Pérouse, (671, in 12; Florence, 1672, in-12; souveut réimprim. avec les œuvres du Dante et de

(I) Ollc histoire «le Florence a été traduite tu italien par tKmat Acciajuotl, snus ce litre : ttistorla dtt pepola Florentine de messer IMnard» Arttrte (Brniri), ta latine, et tradolla m linftta toteana. Venu*, 1473, m-fol., « icimprim. plusieurs fois OeyoU. Ca-i.

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Pétrarque. 6a Viladi Cicérone, Parme, 1604, iri4-, ouvrage posthume publié par Louis Lamberti, et dont Bodoni lit deux éditions dans la même année, l une grand in 8* et l'autre petit in-8». 7° Des traductions latines de plusieurs vit s de Plutarque, dès Politiques et des Economiques cl'ArMole, des deux harangues d'F.schinc et de Déni' slhénc pro Corona, etc. 8° Des lettres latines : Kpistoktrum familiarium libri 8, dont le recueil est ce qu'il y a île plus précieux parmi ses ouvrages; elles le sont surtout par les renseignements qu'elles fournissent sur l'histoire littéraire du 15e siècle. La première édition parut en 1472, in-fol., sans nom de lieu, niais on croit que ce fut à Bttscia ; il en a été fait plusieurs autres en différents temps; la meilleure et la plus complète de toutes est celle que le savant abbé .Méhus a donnée à Florence, 1731, 2 vul. in-8% précédée d'une vie de l'auteur faite avec beaucoup de soin, et terminée par un catalogue complet et raisonné de ses ouvrages (I). G — Ê.

RHUM ( Antoi.ne-Bautiiki.emy ), violoniste et conqiositeur dramatique, naquit à Coni en Piémont, le 2 février 175'J. Après avoir appris le violon, comme Viotti, à Turin, sous le célèbre Pugnani dont il fut un des meilleurs élèves, il étudia la composition, avec le même succès, sous Speziani , à IS'ovare. lin 1784, il vint en France, fut reçu violon à l'orchestre de la Comédie-Italienne à Paris, et y donna, au mois de janvier 1786, L'oradin, opéra en 3 actes, qui n'eut qu'une représentation en raison de la faiblesse du poème, mais dont la musique, à travers quelques réminiscencps, Ht concevoir une idée avantageuse du talent du conqiositeur. Ce sujet fut traité plus heureusement depuis par Hoffmann et Méhul, sous le titre à'KupInosine. En 1787, Bruni lit représenter une autre pièce en 3 actes , Célesline, dont la musique iiarut encore supérieure aux paroles, et qui pourtant ne réussit guère plus que la première. Peu de mois après l'ouverture du

(I) Gfnguené u°a point f»H nveuiion ici d"un des onvrages de Bruni qui eurent le plus «le vogue, si ron en juge |ur le» diverses traduction* ou imitation* «fui en furent faites: Leonerdi Aretini (Urunt), rlri d«elissimi et ornlorl* elansstmi, Liiellus teit Kpititla de inobn* amantitus Ciiteardo tl 8l$i*fl*9i<l, fiiia Tamrrdi, prtneipuSalerniluni, Paris ivers 1 4731, in-b' «le 9* |>. Les éditions les (dus anciennes, imprimées en Italie sans date et san* nom de ville, sont evtrémemeni rares. On peut en voir l'Indication dans le S* vol. «tes Annale* tvpoeraphict de Panier. Ce petit roman, lite de la in nouvelle de la lr journée du Iheamtron de lk>rcace, a « le traduit, I* en français, sous re tilrc : tu l'iteu\e tt lamentable Histoire du ralliant et teiturui f.uinerd et de lu tres-bell* dame Sit/ismevde, prinff*»e de S>tlerne, etc., arec lettres tt tallode*, Lyon, 1X10, in-10. Luc autre veision as.ul ele inanimée a la suite du livre de* Heyrets d'amvnr faits fur un urritîiif dit le diConforti (Paris, I5IS. in-8°;. 2" F.ii vers frunciis, par Jean Fleury ou Kloridus : Traité Ires-phhant et rhrtutif d* t amour parfaite de Guiseardns et Staismunde, fille de Tancredus, Paris Aul. Y< rard, 1195. m-*", golb. ii'oy. J. Flkvrï). 5" Kn vers èlegiaques latins, par Pbil. Itei>u!d.j l'ancien (>jii> nom de ville ni date) , in l°. CVsl d'après ce dernier onvraje que Fr. IlaWrt a donne : Histoire de Titus et (liupnnt, et autres prlites autres latines de Phil. toalde, interprétées eu rimes, Parts, IMI, in-84, et Hicbard Le- "blanr ; Uni vite de Taaneilut, yrîie des vers latim de Utroalde, traduite en rers franc*!*, Paris, (553. ta-16. 1° KnUn l'opuscule 4a Léonard Bntnt a ele traduit en autant par William w aller : Tkt amorous Hitterf tf Guitturde ami Sftysmunde, ne., Londres, 1533, in-40 Cn-v

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théâtre de Monsieur, aux Tuileries, en 1789, Bruni en fut nommé chef d'orclicstrc, et y Ht représenter P Ile enchantée, ou Alcine, opéra en 3 actes, paroles de Sedaine de Sarey ; mais il fut remplacé en 1700 par Lahoussayc. Il donna, la même année, au théâtre Monunsier. deux opéras-comiques en 1 acte, Spinette et Marini qui eut peu de succès, et te Mort imaginaire, qui prouva encore qu'il ne manquait à Bruni que de rencontrer un bon ouvrage. Il se livra dès lors presque entièrement à la composition, et la plupart des pièces suivantes qu'il ht jouer au théâtre Feydeau y furent applaudies, et sont restées longtemps au répertoire : rOfficier de fortune, ou les Deux Militaires, en 3 actes, pat oies de Patrat, 1792 ; Claudine, ou le Petit Commissionnaire, en 1 acte, paroles de Deschamps, 1794 ; te Mariage de J.-J. Rousseau, en 1 acte, 1794 ; Toberne, ou le Pécheur suédois, en 2 actes, de Patrat, 1795; les Sabotière, en 4 acte, de Pigault -Lebrun , 1796; te Major Patmer, en 2 actes, de Pigaull-Lebrun , 1797 ; la Rencontre en voyage, en 1 acte, de Pujoulx, 1798; l' Auteur dant ton ménage, en 1 acte, de Gosse, 1799 ; l'Esclave, en 1 acte, du même, tsiHi; Augustine et Benjamin, ou le Sarginet de village, en 1 acte, de Uus et Bcrnard-Valville, 1800; la lionne Sœur, en 1 acte, de Petit et Philipon de la Madelaine, 1801. Cette dernière pièce, tirée du roman de Hrick Holding , eut bien moins de succès que la précédente. Dans cet intervalle , Bruui avait dirigé momentanément l'orchestre de rOpéra-Comique. 11 (it ensuite partie, pour la musique, de la composition téméraire des arts crééo |>ar le directoire exécutif. En 4801 , il fut chargé de la direction de l'orchestre du nouvel Opéra-Buffa qui joua d'abord à la salle olympique de la rue Chantereinc , puis au théâtre Favart ; mais il perdit celle place par suite des vicissitudes qu'éprouva ce spectacle étranger, dans les premières années de son établissement. Il a donné encore deux partitions au théâtre Feydeau : te Règne de douze heure$, en 2 actes, paroles de Planard , en 1814 ; et te Mariage par commission, en 4 acte, paroles de Simonin, en 4816. Le Dictionnaire dee muticiens et la liiograpkie portative des contemporain» attribuent à Bruni un autre opéra , Tout par hasard , qui n'est pus de lui , nuis do Caveaux. Les ouvrages de Bruni se distinguent par un chant agréable, expressif, et très-bien adapté aux paroles et aux situations. Il semblait s'être appliqué sur ce point à imiter notre Grétry, pour lequel il professait la plus grande admiration, affectant d'ailleurs, comme la plupart des Italiens, assez de dédain pour les autres compositeurs français. Bruni aimait l'argent, et il avait peine à comprendre que les auteurs dramatiques eussent quelque droit sur la vente des partitions musicales des opéras dont ils avaient fait les paroles. Sou caractère brusque et tranchant fut sans doute h cause dos changements fréquents de sa position sociale. Ces vicissitudes ne nuisirent point cependant j a oa fortune. Il a composé en outre plusieurs ceu- 1 Très pour violon, très-rechcrcliés dans le temps

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