‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 31 sur 97 · DUO · texte numérisé non relu

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| relies le portaient vers l'étude des arts du dessin, il

le plaça successivement dans les ateliers de François Salviati, du Bronzino et de Vasari. Les succès de Buontalenti ne se Iiomèrcnt pas à la peinture ; il étudia aussi la sculpture et l'architecture, et reçut, dit-on, de Michel -Ange lui-même, les grands principes qui le guidèrent par la suite dans l'exercice de ces deux arts. Il n'avait que quinze ans lorsque le grand-duc le donna pour maître de dessin, ou plutôt pour compagnon d'étude, à son fils le prince François, qu'il amusait beaucoup par ses ingénieuses inventions, avec lesquelles il préludait à de vraies découvertes dans la mécanique appliquée aux arts. Son adresse à disposer les feux d'artifice lui valut le surnom de Bernard dalle Girandolt (des soleils d'artifice), qu'il conserva toute sa vie. 11 se distingua aussi sous la direction de Giulio Clovio, célèbre peintre en miniature, et il exécuta de petits chefsd'uuivre dans ce genre. S'étant adonné ensuite plus sérieusement aux mathématiques, et surtout à la mécanique, il inventa des machines pour élever des fardeaux, porter les eaux à une grande hauteur, cl appliqua cet art à la construction des ponts, des di-

fmes et des fortifications. En 1563, il acconqwgna e prince François en Espagne, et laissa dans ce pays des preuves de ses talents variés. A son retour à Florence, le même prince, devenu grand-duc, ayant acheté la terre de Pratolino dans l'Apennin, ordonna à Buontalenti de lui bâtir un palais dans cet endroit écarté et sauvage. L'artiste mit, dans la construction des bâtiments, dans la disposition des jardins et dans la distribution des eaux qui les arrosent, tout ce que son génie inventif lui suggérait. Ce lieu, semblable aux jardins d'Armide, se para tout à coup des merveilles des arts, des plus rares productions de la nature, et devint le théâtre des tragiques amours de François et de Bianea Clpcllp. Buontalenti eut le bonheur, rare {tour un artiste, de réaliser a Pratolino les rêves de sa brillante imagination ; mais il en conta au prince quatre millions, somme pour lors très-considérable. {Néanmoins on continua de le charger de tous les grands travaux de la Toscane. Il construisit la vaste fabrique de la galerie de Florence et la magnifique salle dite la 7Y (6 une, on Ton plaça la Vénus de MédicU; les Lulleun, le Faune, Y Apolline, et d'autres belles figures antiques formèrent le digne cortège de la déesse. Buontalenti exécuta aussi le corridor qui part de la galerie, et, sur une longueur d'un demi-mille» traverse la ville, le fleuve sur un pont, et atteint le palais Pitti, habitation du souverain. Le même artiste eut la modestie de suivre, dans la distribution des appartements de re palais, les dessins de l'Ammaunato, son habile devancier ; mais il fit briller son propre talent dans la plantation des jardins et dans l'érection d'une grotte, où. l'on voit les statues que Michel-Ange avait laissées imparfaites, et dont Léonard Buonarroti. son neveu, fit hommage au grandduc. Nous ne suivrons pas Buontalenti, nommé suriptendant des bâtiments civils et militaires de sa patrie, dans l'exécution des églises, des palais et des maisons de plaisance qui s'élevaient de toutes parts,

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d'après ses modèles, à Florence, à Pi se et à Sienne. En 1556, il avait été envoyé à Naples, comme ingénieur au service du duc d'Albe. En la même qualité, il donna au grand-duc les plans du port, de la ville et des deux forteresses de Porto-Ferrajo, des fortifications de Livournc, de Pistoic, de Prato et de Florence. Dans cette dernière ville, il contruisit la forteresse de Belvédère. On prétend qu'il perfectionna les batteries des fusils, et que, dans la guerre de Sienne, il fabriqua dans une seule nuit des canons de bois qui suffirent pour battre en brécbe un bastion de la ville ; il en fit ensuite jeter en bronze de tous les calibres, et entre autres une énorme couleuvrine, nommée tcaccia diavoli ( citasse-diables ), dont les boulets, creux comme des bombes, et remplis d'artilice, portaient l'effroi et la mort à une immense dislance. On lui attribue aussi l'invention des grenades incendiaires et de nouveaux procédés pour les mines. En 1576, il fut l'ordonnateur d'une cérémonie magnifique qui eut lieu dans l'église de St- Jean ( le baptistère), à l'occasion du baptême du fils du grand-dur François ; et, depuis cette époque jusqu'en 1600, les fêtes publiques, les joutes, tournois, mascarades, banquets et pompes funèbres dont on le ebargea, firent briller toute la vivacité et la richesse de son imagination. 11 excellait surtout dans la direction des représentations théâtrales ; il y introduisit des décorations mobiles et bien en perspective, et inventa les machines pour les changements à vue ; enfin les merveilles que les auteurs racontent de ces fêles paraissent surpasser tous les prestiges de notre grand Opéra. La maison de Buontalenti devint une espèce d'académie, fréquentée par les savants de Florence, par les princes et seigneurs, tant italiens qu'étrangers, et par une foule d'élèves que la liaute réputation du maître y attirait. Cette école, qui embrassait presque tous les genres d'instruction, dessin, peinture, sculpture, architecture, mathématiques, mécanique, fortifications, etc., fournit des hommes de mérite dans toutes ces parties; les plus connus sont : Jules Parigi, Augustin Migliori , Louis Cigoli, Bernard Pocctli. Buontalcnti était plu:. H le père que le maître de ses élèves; il les aidait de son crédit, de sa bourse, et, loin d'être jaloux de leurs succès, il leur procurait les moyens de se faire honneur et profit de leurs talents. Il était très -désintéressé, même prodigue, et quoique ses talents variés et les grâces du souverain lui donnassent-les moyens d'amasser de la fortune, d la dissipait en essais et en expériences souvent inutiles. Il se trouva si gêné dans sa vieillesse et lorsqu'il devint infirme, que le grand-duc fut obligé de payer ses dettes et de faire une pension à sa fille unique, chargée d'une nombreuse famille. Buontalcnti. rassuré sur le sort des siens, et remerciant la Providence et les Médicis, mourut avec plus de tranquillité, le 6 juin 1608, à l'âge de 72 ans. Considéré comme architecte, Buontalcnti était sans doute le plus habile de son temps. Il savait tirer parti du local le plus ingrat, il mettait beaucoup d'art dans la distribution de ses plans; la disposition de ses intérieurs était élégante et commode; mais le style de .

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décor de ses élévations extérieures, dans lesquelles U sacrifia un peu trop au goût capricieux de son siècle, s'éloigna parfois des grands principes de l'unité et de la simplicité antiques. Au reste, la diversité des talents de cet artiste, l'heureuse fécondité de ses idées, le rapide mouvement qu'il communiqua aux arts par son influence sur l'esprit du souverain , enfin, son désintéressement, la douceur de son caractère et de ses mœurs, le firent aimer de ses contemporains, et lui assignent une place honorable dans la mémoire des artistes. C — ji.

BUONTEMPI (George-Akoré-Akgelim), musicien et poète de la fin du 17* siècle, natif de Perouse, d'abord maître de chapelle , puis ingénieur de l'électeur de Saxe, s'est fait connaître principalement par l'ouvrage intitulé : Hùtoria musica, nella quale ti ha piena cognitione délia teoriea e délia pralica antica délia mutiea harmonica seeondo la dot- Irina de' Crect, etc., Pérouse, 1695, in-fol. On se ferait une fausse idée de ce livre, si on le regardait comme une histoire de la musique, c'est un traité de la science musicale, divisé en deux parties, la théorie cl la pratique. Dans la première, l'auteur admet six espèces de musique : la cosmique, l'humaine, la politique, la rhythmique, la métrique et l'harmonique ; distinction sans fondement comme sans utilité. U expose la théorie des Grecs, d'Alypius, de ISicoinaquc, d'Aristide, etc., sur la division du monocorde, la formation des sons, et leurs rapports numériques; mais il abandonne bientôt les pro|K>rtions authentiques de Py thagore, pour suivre le système vicieux d'Arisloxéne, qui crut pouvoir diviser l'intervalle indivisible appelé ton, institua le tempérament , cl s'écarta ainsi de la progression triple. Buontcmpi traite ensuite des divers modes des Grecs, et de la position, dans chacun d'eux, des létracordes conjoints et disjoints. Des Grecs, il passe aux modernes , et à la formation de notre gamme , qui n'est elle-même que l'union de deux létracordes. Il traite, dans la deuxième partie, de la science harmonique, et termine son ouvrage par un court traité sur le contre-point. Il a encore publié, sur la composition musicale, un livre intitulé : Nova quatuor vocibus eomponendi Methodui , Dresde , 1660. D. L.

BUPALUS, architecte et statuaire , natif de Chio, florissait dans la On' olympiade, 540 ans avant J.-C. (Voy. Antiiermis.) Chargé par les habitants de Smyrne d'exécuter une statue de la Fortune, il donna pour attribut à cette déesse la corne d'Amalthée, et imagina le premier de la représenter portant sur la tête le pôle, c'est-A-dire un emblème du pôle. Il voulut, dit Pausanias qui nous apprend ce fait, donner une idée vive des œuvres de la Fortune. Plusieurs savants ont cherché à connaître l'emblème que l'auteur grec désigne seulement par le nom de pôle. Quelques-uns ont voulu que ce fût le ciel , sans avoir soin de nous dire comment le ciel lui-même pouvait être représenté ; d'autres, que ce Ml le monde ou le globe terrestre; d'autres, un gnomon , une auréole, une étoile ; d'autres ont confondu le pôle avec le modius, ou le boisseau, em-

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blême de l'abondance. Mombucon a cra voir le pôle dans un signe tantôt cylindrique, tantôt en forme de cône tronqué, surmonté quelquefois par une masse à rebords, semblable à une téte de clou, que Ton remarque sur la téte de plusieurs statues antiques de la Fortune, et auquel on a donné la dénomination vague de Tutulus. Si Ton adoptait celte opinion, il faudrait entendre, par le mol de pôle, l'axe ou le pivot sur lequel l'univers parait tourner (polus quasi cœli cardo), et croire que c'est l'extrémité de cet axe que l'artiste plaça sur la téte de la Fortune. Bupalus exécuta aussi pour la ville de Smyrne des statues en or, représentant les trois Grâces, et répéta ce sujet dans d'autres statues dont le roi Atlale orna dans la suite son palais. Toules ces figures étaient vêtues, conformément à l'usage de ces temps anciens, où l'on ne représentait point encore les Grâces nues. Cet artiste, et son frère Antbermus, sculptèrent ensemble plusieurs ouvrages ; on en voyait à Rome quelques-uns dans des temples élevés par Auguste. Tbéodosc plaça à Constantinople une Junon de Bupalus. On a découvert de nos jours à Borne un piédestal portant, en grec, celte inscription : « Bupalus la fci- « sait. » Ec— Dd.

BUQUET on BTJCQUET (César), meunier de l'hôpital général de Paris , à qui il a rendu des services importants pour le perfectionnement des moutures. U imagina, pour l'économie, dans les maisons de charité, la mouture des pauvres, dite à la lyonnaise, et il en résulta un pain de meilleur goût, plus substantiel, et, pour l'hôpital, l'épargne de 5,000 seliers par année. Les preuves de ce fait sont consignées dans les registres de cette maison , et l'abbé Bandeau en a reproduit le calcul dans ses Ephémérides. On y voit que César Bucquet a fait gagner par jour 1,200 livres de farine, qui font au moins 1,600 livres de pain. On ne connaît ni l'époque de la nais* sance de Bucquet ni celle de sa mort , arrivée dans les premières années de ce siècle ; on sait seulement qu'il a publié les ouvrages suivants : 1° Manuel du charpentier de» moulin» et du meunier, 1775, in-8°. Cet ouvrage a été rédigé par Edme Beguillet sur les matériaux que lui fournit Bucquet. Il fut réimprimé en 1791 sous le titre de Manuel du meunier et du constructeur de moulins, in-8° , lig. 2° Traité pratique de la conservation des grains, des farines, et des élûtes domestiques, Paris, 1783, in -8*, flg. 5° Mémoire sur les moyens de perfectionner les moulins et sur la moulure économique, Paris, 1786, in-12, avec cette épigraphe : Multa paucis. Ce mémoire, mis au concours que fit naître la question proposée par l'académie sur le perfectionnement des moulins, obtint l'accessit, et fut imprimé sous le privilège de cette compagnie. Bucquet était membre de la société royale d'agriculture de Paris. D — m — t.

BOQUOI. Toyex BrcQcov.

BURJEUS. Yoyex Bure.

BURAT ( l'abbé Hen ri-Joseph-Edmi), né à Mortagne ( Orne), le 29 décembre 1 755, se consacra à l'état ecclésiastique et exerça son ministère dans s> ville

natale pendant quatre ans. En 1784, appelé dans la capitale, où il venait d'être nommé vicaire de l'église collégiale et paroissiale de St-Honoré, il se livra à son goût pour les lettres, sans négli ger les devoirs de son état. 11 se fit connaître par plusieurs odes, épltres, fables et contes insérés dans divers recueils. Incarcéré à l'époque des massacres des 2 et 3 septembre 1792, il échappa comme par miracle aux égorgeurs, et intéressa en sa faveur un des administrateurs des hôpitaux militaires, qui l'employa à l'armée du- Nord. Lors du traité de Campo-Formio, il fut nommé secrétaire général de la direction des fortifications d'Anvers, où il créa et rédigea une feuille française intitulée Journal d'Anvers. Rentré en France dans la crainte d'une insurrection qui se tramait et qui eut lieu quelques jours après, il revint à Paris, où il s'associa avec un maître de pension, principalement dans la vue de diriger et de surveiller l'éducation de deux de ses neveux. Il rédigea en même temps plusieurs ouvrages sur l'éducation, entre autres : 1° Manuel géogrophique, Paris, Lance, 1811, in-12, publié sous le nom de mademoiselle Virginie Margottée, i qui l'auteur enseignait alors la géographie. 2° Leçons élémentaires sur la rhétorique, la littérature et la versification française, précédées d'un petit abrégé des participes, Paris, 1812; 2* édition, 1823, in-12. V Traité sur tes participes, Paris, 1817, broch. in-12. L'abbé Burat s'est occupé longtemps d'un Manuel du rhétoricien, avec des exemples en langues mortes et vivantes ; mais cet ouvrage, annoncé comme étant à la veille d'être imprimé dans la Biographie portative des contemporains, puis dans la France littéraire de M. Quérard (1828), n'a pas encore vu le jour. L'abbé Burat est mort depuis plusieurs années. — Bu bat he Gurgv (Edmond), neveu du précédent, après avoir fait à Paris d'assez bonnes études, a embrassé la carrière littéraire. 11 a débuté par quelques romans d'assez mauvais goût, entre autres : Paillasse, épisode de carnaval, Paris, 1854, 1 vol. in-8°. Ce roman est d'un cynisme révoltant, rien n'y est gazé. Burat de Gurgy est mort le 5 mars 1840, à la fleur de son âge. Z— o.

BURCH ( Lambert van der ) , fils d'un président du conseil de Flandre, naquit à Mali nés, en 1542. A l'âge de quarante ans, il fut nommé doyen du chapitre de Ste-Marie à Utrecht ; mais , quatre ans après, la disgrâce de son père , qui avait été en opposition avec le gouverneur Leicester, entraîna aussi la sienne. Toute la famille de van der Burch fut exilée ; dans la suite, elle fut rappelée, et Lambert termina ses jours à Utrecht, en 1617. Il était très-instruit et honorait les talents : c'est un témoignage que rendent de lui plusieurs savants contemporains , entre autres Juste- Lipse et Sweertius. On a de lui un ouvrage historique sur la Savoie , sous ce titre : Sabaudorum ducum, principumque Hisioriee genlililiœ, libri 2, Leyde, 1599, et Anvers, 1609, in-4*. A l'exemple de son père, qui a laissé plusieurs livres de piété, il composa : Preces rhylhmica ad divam Virginem , et une histoire de l'origine de l'église de Ste-Marie à Utrecht.— Son frère

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