‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 32 sur 97 · W BUR · texte numérisé non relu

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Adrien, greffier de la cour à Utrecht, mort en 1606, éprouva le même sort que lui , par suite de la disgrâce de leur père. 11 a laissé quelques poésies latines sur des sujets sacres. D— G.

BUBC1I VAN DER (François), archevêque, duc de Cambray, prince du 8l-Kmpire, comte du Cambrésis, naquit â Garni, le 20 juillet 1 557. 8a famille , des plus illustres et des plus anriennes de Flandre, avait donné un roi à Jérusalem (I). Dés le 12* siècle, elle était connue par les exploits de ses ancêtres et par leurs alliances aux premières maisons de la province. Sou aïeul Adrien van der Burch servit l'empereur Charles- Quint et son fils Plulippe II dans les plus importantes négociations : il élait président du grand conseil de Flandre (2). Jean van der Burch . son père, mort en 1609, ne fut pas moins dévoué à Philippe II et aux princes de la maison d'Autriche. A cette époque, la Flandre était déchirée par la guerre religieuse. A l'âge de cinq ans, François van der Burch pensa périr victime de la fureur des protestants qui, en 1572, s'étaient emparés de Malines et avaient jeté son père en prison. Quelques années après, en 1 580, les protestants étant rentrés une seconde fois dans Matines , le comte Jean van der Burch eut sa maison brûlée, ses domaines dévastés, et fut obligé de quitter précipitamment cette ville pour éviter une mort cruelle. Sa femme demeura prisonnière des protestants vainqueurs. Leur (ils, alors âgé de treize ans, trouva un asile chez son oncle Lambert van der Burch, doyen de la collégiale d' Utrecht. Sous ce maitre aussi savant que chéri , il lit d'excellentes études. Admis plus lard dans l'université de Douai, il y suivit avec distinction le cours de philosophie. Ce fut i l'université de Louvain qu'il acheva son .droit avec une telle supériorité, que deux fois il fut élu doyen des bacheliers. Non content «l'exceller dans la science des lois civiles et du droit canon , il perfectionna ses connaissances par l'étude approfondie de la théologie. L'éclat de ses éludes se répandit bientôt par toute la Flandre. Le prince-évèque de Liège lui offrit un canon icat dans la cathédrale de St-I^mbert.Sa modestie lui lit refuser cette dignité au début de sa carrière. Le seul désir d'être utile à l'Église lui permit d'accepter une commission de vicaire général , sous Matthieu Moulart , évêque d'Arras, qui, selon l'expression d'un biographe (3) , voulait

(I) nankin van derBurcb fat fait troWeme roi de Jérnsale m en «II*, et mccèiê a Codefroy el a HiuJuwlii de Bouillon {Chromée de l lm.irt de Mejer, liv. «. f. 56 ; BojrCTO, A ««aïeule finir*, l.v. 5. f. I»T).C'*M celui que les hiMwien* français apt>elt<*i]t Bau.l.iuin ilu Bourg. Il élMi le BU aine de Ilucue», «utile de lleil.el, el mourut (0 IUI. {AH 4» vérifier les d«le.,)

(2; Il mourut m 155*. n Londres, où il Mail allé mjiocier le nuruitr de IMitîippe II a»e.- la reine il'AnsJelerre Marie.

P) LrtkiMOlM l.oni, Pookn, qui avait roitstaiumeiit été allarbe I van der llurft, depuis ICot jllW|o'en (Ml. Il fui d'abord son caméricr, pou son aumônier cl son scrr-ulre. Il ladnnuisira lui ces dernier* iu-ianis, n le simii de |ieu de m»is au tombeau. So:i livre écrit en Uiin.ei Intitulé : F.pttome* rft« el rirlsUm Ultutfiitimi et rererendUiimi d«mmt Frûnmtei tan der Hnrck. arehleyiteerl et émit etmeraetatii (liisuli*. 111*7), a clé Iraduji en français par un jt»u!i<?, Cambra,, mi, tn-r.

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attirer un ti bon tujet dans ton dioeiu. Ce prélat lui conféra les ordres mineurs , et enfin la prêtrise en décembre 1591. François van der Burch avait alors vingt-quatre ans. Ses talents cl ses vertus se monirèrcnt avec un tel éclat, que, malgré aa jeunesse , on le nomma doyen du chapitre de Malines, et vicaire général de ce diocèse. Pressé par nui père, il fil violenre â sa modestie el accepta. Peu d'années après (1596), l'alchevêque de Malines, Matin, in Hovins , le fit son vicaire général. H s'appliqua avec tant de zèle â remplir tous les devoirs de sa charge, qu'on vit bientôt refleurir la discipline ecclésiastique dans le diocèse. Réunissant les deux emplois de doyen et de vicaire général , il ne négligeait aucun des devoirs de celte double fonction. Il était toujours le premier au chrrur, quelle que lut la rigueur de la saison. Il donnait tout le temps qu'il pouvait à entendre les confessions , accueillant aussi bien les pauvres que les riches. Plein d'onction dans ses discours, il avait un talent particulier pour réunir les esprits que l'intérêt avait divisés. Il assistait les malheureux de ses biens comme de ses conseils; les étrangers même trouvaient chez lui une hospitalité assurée. Tout dans son intérieur était si bien réglé que sa maison avait plutôt l'air d'une communauté religieuse que d'une maison particulière. L'archevêque de Malines se reposait sur lui d'une grande partie de l'administration de son diocèse, et avait coutume de l'appeler son bras droit. Ayant perdu son père en 16X9, van der Burrh , jiour se livrer sans contrainte à celte piété tendre et affectueuse, qui remplit toujours son enrur, forma le projet de renoncer â toutes les dignités pour se contenter d'un simple canonicat de la collégiale de Slc-Wandru de liions. Mais tous ses amis le dissuadèrent de ce projet , et l'évéque de Gand étant venu à mourir, l'archiduc Albert , gouverneur général des Pays-Bas , fixa pour jamais la destinée de van der Burch, en l'appelant â l'évêché de Gand. « Il élait résolu de refuser cette « dignité, dit le biographe déjà cité, mais il fallut « obéir à l'autorité «lu pape Paul V, qui obligea « M. van der Burch â se charger de la conduite de « ce diocèse, en lui envoyant ses bulles, datées du « 1" octobre, qui est le jour de la fête de St. Bavon, « patron du diocèse de Gand. -» Van der Burcji n'etail pas novice dans les fonctions de l'épiscopal ; il en avait fait l'apprentissage étant vicaire général de Malines; et â celte époque elles n'étaient faciles u remplir dans aucun des diocèses flamands. Les guerres civiles et les dissensions religieuses y avaient laissé des traces profondes. Les habitants , encore irrités par le souvenir récent de l'administration cruelle du due d'AIhe , supportaient impatiemment le joug des princes de la maison d'Autriche. Une grande agitation régnait dans tous les esprits. Les troubles étaient fréquents ; les disputes scolastiques n'avaient rien perdu de leur acrimonie. Les ré-

1 formés conservaient toujours leur eptfiousiasme, non moins intolérant. Enfin tout se ressentait du désordre et de la copfusion, qui, pendant plus d'un

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demi siècle, avaient désolé ce» riches et malheureuses contrées. Van der Burch commença par sonder avec circonspection les plaies qu'il devait guérir. II visita toutes les paroisses de son diocèse, et pendant trois ans qu'il fut évéque de Gand , il renouvela plusieurs fois ses visites. 11 reconnut qu'une des principales causes des dissensions religieuses était la vie mondaine d'une partie du clergé et le relâchement total de la discipline. Quelques prêtres indignes furent déposés; et par cette mosure,

1 s ecclésiastiques sans reproche se trouvèrent mieux affermis. Des la première année , il convoqua a Gand un synode diocésain (septembre 1016), et, après avoir recueilli les diverses opinions, il rédigea des règlements pleins de sagesse et d'équité, qui amenèrent la réforme de» abus. Le diocèse prit hieutét une foi nie nouvelle : le bon ordre renaquit [«artout ; le» vaines disputes cessèrent , comme les scandales, et l'église de Gand, brillant d'un nouvel éclat, pouvait servir de modèle à toutes les églises de» Pays-Bas. Cependant Cambray venait de perdre son évéque, François Buisaeret ( voy. ce nom), mort le

2 mai 1615. Le chapitre de Cambray, conformément aux intention» de l'archiduc Albert ,- choisit tout d'une voix |4 juin 1013) van der IJurch. En vain employa-t-il son crédit pour s'opposer à sa propre élection, il lui fallut encore une fois céder. Le diocèse de Gand , rendu à Tordre et à la paix , était désormais facile à conduire; celui de Camhray, au contraire , était en proie à tous les malheurs. L'anarchie était dan» la province ; le» seigneurs divisé» formaient diverse» factions , toujours disposées les unes a s'appuyer sur la France , les autres â servir la maison d'Autriche. Apré» avoir fait, le 17 octobre lai 6, «on entrée solennel le dans Cambray , au milieu des acclamations et des espérances du peuple, le premier soin du nouvel archevêque fut de convoquer dans son palais les seigneurs et les principaux citoyens du pays pour le» exhorter, tant comme leur prince temporel que comme leur pasteur spirituel, à mettre un terme à leur» divisions et à songer qu'il» ne pouvaient conserver l'indépendance du pays qu'en étouffant parmi eux tout germe de division» ; et alors , ajoutait-il , « vos forces réunie» ■ aérant le plus ferme appui du bonheur et de la « liberté publics. » Uniimi UberMii arx : telle était sa devise pour le gouvernement politique de sa province , et la substance de se» réponses à ceux qui venaient lui faire part de leur» différend» (I). Celte sage et paternelle maxime produisit son effet : on déposa les armes , on oublia les querelles , et le calme se rétablit dans la province. Une longue sécheresse avait amené la stérilité , la famine et la peste dans les campagnes désolées par des gens de guerre. Ces fléaux cessèrent peu de temps après l'arrivée de van der Burch : on eût dit que ses prières et ses vertus avaient fléchi la colère du ciel.

(4) C'est pour consacrer cette maxime si précieuse que l'un eomposa à la louante Je ce prêtai ont pièce/ la vuifUaeuf vers qui, de

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distributions gratuites et journalières , laites par son ordre dans les villes et dans les villages , soulagèrent d'abord les plus pressantes misères. Bientôt il s'occupa de maintes fondations utiles : il augmenta le nombre des maison» de charité et des hôpitaux , et pourvut à l'amélioration de plusieurs établissements qui existaient déjà. A Cambray, il fonda à ses frais personnels l'école dominicale , qui subsiste encore aujourd'hui par ses largesses. Tous les pauvre» enfant» de la ville y sont instruits dans la religion , dans la lecture et dans l'écriture. De peur que la négligence ou l'avidité des parents ne privât leurs enfants de connaissances aussi nécessaires , van der Burch voulut qu'ils participassent chaque semaine à une distribution de pain et d'argent. Il a aussi contribué puissamment à l'établissement du mont de piété de cette ville, et il en posé la première pierre en 1625. Il donna 400,000 livres pour aider à construire la maison des jésuites , qui venaient d'ouvrir des écoles à Cambray. Mais l'etablisscment de bienfaisance le plus important qui soit iln à son ardente charité, celui qui , pendant quinze ans de sa vie, occupa constamment sa solli-. citude, est cette maison de Sle-Agnés qui a immortalisé son nom à Cambray. Quelques filles pieuses, réunies sous le titre de congrégation de Ste- Agnès dans une maison de la paroisse de St-Piicolas, près de la porte du St-Sépulcre, enseignaient la religion à des jeunes filles. Van der Burch pressentit tout le bien qu'il pouvait tirer d'une pareille institution en lui fournissant les moyens d'élever et d'instruire un plus grand nombre d'enfants. Dans cette vue, il acheta, vis-a-vis de l'église paroissiale de Sl-Vaast, un bâtiment appelé la Maiton aux Ourt (I). Là, il (it bâtir un spacieux édilice qui lui coûta plus de S00,000 florins , et dota cette maison d'une rente de 13.000 florins ( environ 90,000 francs ) pour l'entretien et l'instruction de cent jeunes filles 1 Les bâtiments ayant été terminés en 1637 , il dédia la chapelle en l'honneur de Dieu, de la Ste. Vierge et de Ste- Agnès, vierge et martyre; puis il confia aux filles de S te- Agnès la direction de ce nouvel établissement. Elles acceptèrent avec empressement cette charge honorable, ce qui obligea d'augmenter leur congrégation , afin qu'elle pût suffire à tous les soins qu'exigeaient les boursières. Ces jeunes filles, qui reçoivent ainsi le bienfait de l'entretien corporel et d'une éducation chrétienne, doivent appartenir à des familles peu aisées. Elles sont , depuis leur admission a l'âge de douze ans , nourries , entretenues, formées à tous les travaux domestiques, et élevées dan» les principes les plus pur» de la religion et de

la pari de son auteur, est a la fols un monument de patience et <l« mauvais fotl. Les première* Ictim de chaque vers forment son nom : Hatricnt Frêncitcm» van der Burch, et les dernières lettre*. Jusqu'au dix-neuvième vers, offrent sa devise : Vniltu littrlttlii an ; l.-s dix antres se terminent par des lettres indifférentes.

(4) Cet asile de l'enfance et ris la religion porte relie inscription : Maiton ie bienfaitance «I d'éducation (vnitt par ran der Burch en 1*5». L'établissement a son entre* principale rue de Sie-Agaè», sur n roule royale.

(5) Ces M.O0O fx. représentent sojwd hii tue somme double.

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la morale. Leur séjour dans la maison dure ordinairement sept ans ; « mais, à leur sortie, le bienfai- « saut prélat n'abandonne point ses filles adoplives : « il les suit et vient à leur secours dans les cir- *t constances les plus importantes de leur vie. Une « dot leur est accordée lors de leur mariage agréé « par l'administration. Devenues veuves, elles re- < çoivenl une pension. » Les statuts et règlements rte la maison de Sle-Agnés, rédigés par le bon archevêque , font autant d'honneur à son esprit qu'à son cœur : monument précieux de piété , de prudence et de sagesse, ces règlements ont été consultés et imités par madame de Maintenon , quand elle eut à soumettre à Louis XIV les constitutions de la maison royale de St-Cyr qu'il venait de fonder. C'est en suivant littéralement la direction de son vertueux bienfaiteur que la congrégation de Ste-Agnès n'a cessé de former et forme encore tous les jours un grand nombre de fidèles domestiques , d'ouvrières honnêtes et intelligentes , enfin d'estimables mères de famille. Plus heureuse que tant d'autres fondations utiles qu'emporta le flot de nos révolutions , cette congrégation a , durant les orages de 1792 à 1800, conservé la meilleure partie de ses biens (I). On n'a jamais discontinué de recevoir des boursières dans la maison ; les religieuses furent remplacées par des économes. Sous la restauration, la congrégation fut entièrement rétablie sous l'autorité du vertueux Bel mas, évèque de Cambray. Depuis lors, on y reçoit des novices. Enfin, dame Agnès Richard, qui était supérieure en 1702 , a repris les rênes de la congrégation en 1822. Vander Burch, dans ses promenades, dans ses visites pastorales , avait toujours la main ouverte pour l'aumône. Une foule de pauvres écoliers recevaient de lui les sommes nécessaires pour les soutenir dans leurs études ; il distribuait à des époques régulières des secours à des veuves et à des vieillards. Il faisait des pensions viagères, nonseulement aux curés que leur grand âge empêchait d'exercer leurs fonctions, mais encore à des sujets auxquels il ôtait la conduite des âmes , parce qu'il les jugeait peu propres au ministère. 11 adoucissait pour eux l'amertume d'une disgrâce méritée : « En « sorte, dit un de ses biographes , qu'il était vénal tablement le père det pauvres. » Les hôpitaux des paralytiques de St-Julien de Cambray, d'Enghien, de Lessines , de Tournay , de Reux , les orphelins et les paralytiques de Mons, qu'il enrichit de ses libéralités , et dont il perfectionna le régime intérieur, regardent à bon droit ce vénérable évèque comme leur plus grand bienfaiteur. Par ses soins, le palais archiépiscopal de Cambray fut agrandi] embelli ; il lit , en outre , bâtir l'église de Pommereul, celle de Mazenghien et de Robercourt. La ville du Cateau-Cambrésis lui dut la construction

de la fondation van der Bnrrh m com- (5 ans 46 centiares) dp terre dans le

(I) Lwkiws et

Cambre»», de plu de S0.000 fifre* de renie, el de 24 wenrands d. ble sur le» moulins de Lassellcs. On évalue aujourd'hui ce revend a 40 on 13,000 tr., y

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de divers édifices. En même temps qu'il faisait un si noble et généreux usage de ses revenus patrimoniaux et de ceux de l'archevêché , il sut par son administration habile et entendue augmenter les revenus du diocèse. Ce n'est pas que personnellement il attachât le moindre prix aux richesses , lui qui n'avait que pour donner ; mais il ne voulait pas laisser déchoir entre ses mains des revenus qu'il ne regardait que comme un dépôt à lui viagérement confié. Et cependant alors la guerre dévastait encore souvent les propriétés de son archevêché : témoin ce jour, où à la nouvelle que sa résidence du Cateau-Cambrésis et dix-sept de ses fermes venaient d'être pillées, dévastées, incendiées par les Français , il se contenta de dire avec une touchante résignation : « Vous ne m'apprenez rien de nouer veau ; je l'avais prévu ; je m'y attendais depuis ■ longtemps. » Enfin on s'expliquerait difficilement la profusion de ses charités, au milieu des dévastations et de la misère de son diocèse, si l'on ne connaissait la constante simplicité de ses habitudes. 11 fut le réformateur et le bienfaiteur de plusieurs couvents d'hommes ou de filles (1). Un de ses derniers travaux fut la rédaction des Corulitutioru données aux religieuses du monastère de Nolre-Dane-de- Grâce, en la ville d"Alh(2), Ce règlement fut signé par lui le 16 mars 1644. Deux mois après, il avait terminé sa vie el le cours de ses' bonnes œuvres. Ses travaux apostoliques furent aussi multipliés que ses bienfaits. Pendant la première année de son épiscopat, il donna la confirmation à 144,000 personnes ; et dans les quatre années suivantes, on en compta 220,000 à qui le même sacrement fut conféré de sa main. Les plus humbles paroisses étaient visitées par lui : de bons villageois octogénaires versaient des larmes de joie en le voyant faire dans leur modeste église les fonctions épiscopales, eux qui n'avaient jamais va un évèque paraître dans leurs campagnes. Il s'informait avec soin de toutes qui se faisait dans chaque église , proscrivant les pratiques superstitieuses ou surérogatoires. Il avait un journal en trois volumes, où il consignait jour par jour jusqu'à sa mort , c'est-à-dire pendant vingt-huit ans, tout ce qu'il avait fait depuis son entrée dans son diocèse : avant les jours de 1795, qui ont dispersé tant de monuments de ce genre, on le conservait précieusement dans le vicariat du diocèse. 11 avait dressé aussi un registre de ses lettres qui, selon un biographe contemporain (5), sont

(4) Le 47 mal 46*3, du consentement da magistrat de Cambray, car ce bon éveqac respecta toojoars les libertés de son peuple, et sons l'approbation de l'inhale Isabelle, gouvernante des Pays-Bas, il accueillit, avec tons les égards dus an malheur, tes bénédictines anglaises expulsées de la Grande-Bretagne sons le régne de Jacques 1". U leur donna pouvoir de bltir et d'ériger an monastère es cette ville.

(5) Non* avons sons les yeux le manuscrit de ces constitutions, revélo de l'approbation et de la signature de François van der Burch. Ce manuscrit naasa été communiqué par M. Faitly, inspecteur des d-Miaoes a Cambray, qui l'acheU, le II septembre 4157, il la vente après décès de M. l'abbé l'Anglet, cure de Si-Aubert, es cette ville.

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fort œlles et pleines d'onction. II tenait note de toutes les églises et de toutes les chapelles consacrées ou bénites par lui , de tous les évéques qu'il avait sacrés, de tous les abbés et de toutes les abbesses auxquels il avait imposé les mains , enlin de tous les ecclésiastiques ordonnés par lui (1) : le nombre en est considérable. Cette grande exactitude à tout écrire n'était rien en comparaison de celle qu'il mettait à agir ou parler quand son devoir le réclamait. L'enseignement familier du catéchisme était celui qui lui tenait le plus à cœur: il ne cessait de recommander aux curés ce genre d'instruction que l'Écriture appelle tantôt le lail, tantôt le pain dtt en/imts. Et pour exciter encore mieux la sollicitude de son clergé, lui-même assistait au catéchisme qu'on faisait, soit à des enfants, soit à des adultes. 11 prenait plaisir à récompenser ceux qui paraissaient le plus appliqués. De là vint qu'en plusieurs villages du diocèse de Cambray on voyait des personnes avancées en âge qui s'excitaient à l'eus i à mériter ces petites récompenses. Persuadé que les synodes sont le meilleur moyen de corriger les abus d'un diocèse, van der Burch convoquait chaque année on synode à Cambray, le jour de la St-Remi, à moins que la guerre n'empêehàt les curés de sortir de leur paroisse. Il tint même , au mois de mai 1651 , un concile provincial dont les décisions louées , approuvées et confirmées par le pape Urbain VIII, furent reconnues par les tribunaux séculiers, et surtout par le conseil général des Pays-Bas. Malgré ses infirmités toujours croissantes , van der Burch ne voulut jamais cesser de travailler à l'administration de son diocèse. Il s'était rendu à Mons pour administrer aux fidèles la communion et la confirmation, lorsqu'il fut atteint des symptômes qui devaient amener sa lin. Supérieur aux souffrances du corps , il voulait mourir debout , et la mort l'aurait atteint sur son siège . si le prêtre qui avait à lui administrer l'extrêmeonction n'avait exigé qu'il se plaçât sur son lit. 11 cessa de vivre le 23 mai 1644 ; il était dans sa 77* année, et le plus âgé des évéques des Pays-Bas. Il avait été doyen de Malines pendant vingt ans, évoque de Gand, trois ans, et archevêque de Cambray, vingt-huit ans. Ses héritiers lui érigèrent un superbe tombeau en marbre blanc dans la chapelle des jésuites de Mons. La suppression de cet ordre ayant amené la destruction de cette cliapelle, les restes de van der Ilurch furent , par les soins de M. de Flcury, archevêque de Cambray, transférés en 1779 dans le caveau des archevêques de cette métropole. Celte translation fut l'occasion d'une solennité intéressante. Les boursières de SteAgnés précédaient le corps de leur bienfaiteur, qui, après cent trente-cinq ans d'inhumation, avait été trouvé

(<) Cet état se trouve dans la dernière noie de VÊtoge hUtorlaue de tau der Burch, par l'abbé Ouvray. Il a. dil le chanoine Foulon, consacré 5 évéques, béni 3» abbés, ei roilré 7 autre»; bént S abbess«, donné la tonsure a 6.76J clercs, le sons-diaconat a 3,7« personne*, le diaconat k S.SW. la prêtrise a 5.M0. Il a consacré 3,*31 autels, et dédié 89 élises.

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dans un état parfait de conservation. On avait en même temps transféré de Mons à Cambray le monument qui avait été érigé à van der Burch ; il a été en partie réédifié dans la chapelle de Sle-Agnés. En 1793, lorsque les sépultures des archevêques de Cambray furent violées et . leurs cendres jetées au vent, les restes de van der Burch ne furent pas plus respectés que ceux de Fénelon. Mais, il faut le dire, le rebut de la population cambrésienne ne fut, dans cette circonstance, que l'auxiliaire des hussards de la mort, formant l'avant-garde de l'armée de Dumouriez, lors de son passage à Cambray. Au surplus ce général fit payer cher à ses hussards cet attentat déshonorant : il les mit en avant dans une expédition hasardeuse sur Avesne-le-Scc , a, trois lieues de Cambray, où leur régiment fut presque entièrement détruit (1). D — R — a.

BURCH ARD (Saint), premier évêque de Wurtzbourg, né en Angleterre , se trouvait en France lorsque St. Boniface commença à prêcher l'Évangile en Allemagne. Rurchard s'y rendit vers l'an 732, et seconda si bien St. lloniface, qu'il ne tarda pas a acquérir une grande considération. Lorsque les chefs des Francs voulurent déposer Childéric III pour mettre sur le trône Pépin le Bref, Burchard Ait envoyé à Rome pour faire approuver cette mesure au pape Grégoire III, et il réussit aussi bien à plaider la cause du nouveau roi, qu'à convertir les barbares de la Germanie. Pépin le nomma évêque de Wurlzbourg, et lui donna des biens en Franconie. On a prétendu qu'il lui avait accordé un pouvoir absolu sur toute cette province, et que de là venait le titre de ducs de Franconie que portaient encore dans les temps modernes les évéques de Wurtzbourg ; mais ce fait parait controuvé, et Egilword, son biographe, qui entre dans les plus petits détails, n'en fait aucune mention. Rurchard s'occupa du soin d'embellir et d'enrichir son diocèse. En 752 , il fit bâtir à Wurtzbourg l'église de St-Martin, et, sur le Mont Ste-Marie, le monastère de St-André. En 790, avec le consentement de Pépin, il abandonna son évêchô à Maingut , comte de Rotenbourg , et se retira à Hoymbourg, où il mourut le 9 février 752. L'Eglise célèbre sa fête le 1 4 octobre. G — t.

BURCHARD , ou BOUCHARD , que les auteurs latins nomment indifféremment Burcaudis, Bauccadus et BnocARDUS , canoniste du 11e siècle, naquit à la Bassée , ou , plus probablement , dans la Hessc, de parents nobles, qui l'envoyèrent taire ses

(I) M. le Glay, secrétaire perpétuel de la société d'émulation de Cambray, dans l'exposé analytique des travaux de celte société pendant l'année 1820, rappelle les différents ouvrages faits sur la vio de van der Burcb. Selon tni, l'ouvrage de Foulon, cité plusieurs fois dans celle notice, c bon a consulter sous le rapport historique, a est écrit dans un style trop ascétique pour notre siècle. 11 n'est « pas d'ailleurs a la hauteur du sujet, et le style en est trop « aride » (reproche qui doit s'adresser aussi au jésuite traducteur). Quant au discours de l'abbé Ouvray. il ut diffus tt redondant. M. le Glay mentionne encore un tlege de tan der Burch par M. Prefontaine, inséré dans le premier recueil de la société d'émulalion de Cambray (1808 . Vient enon la Notice tur van der Bttrek par M. Duthilleul, dus bquelle tout ce qu'il y avait de mieux rues ses devanciers se trouve habilement mis en cenvre.

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études, d'abord à Coblentz, puis à l'abbaye de Lobbes | ensuite à Liège. 11 est incertain s'il fut moine de Lobbes, on simplement ebauoine de Liège. Villegise , archevêque de Mayence , se l'attacha. Il devint précepteur du jeune Conrad le salique, et Ollion 111 le nomma , en 1006 ou 1008, évêque de Vv'orms. 11 se rendit reconunandable dans Pépia»* pat par sa vie édi liante, par ses immenses charités, par la fondation de plusieurs monastères, et le rétablissement de la discipline régulière dans quelques autres, enfin par la création d'un chapitre de vingt clianoines. A sa mort, en 102(Ï, on ne lui trouva que trois deniers, un coffret, un cilice, et une chaine de 1er, à demi usée du côté où il l'appliquait sur sa chair. Avant de mourir, il donna l'absolution à tous ceux qu'il avait cxi'ommuniés. Il fut inhumé dans sa cathédrale , cl sou épitaphe rappelle qu'il avait aussi fait rebâtir les murailles de Worms. C'est à Burchard que nous devons la conservation des canons du concile de Seligenstadt, auquel il avait assisté en 1022. Cet évéque, l'un des plus savauts prélats de son temps, est surtout célèbre dans l'histuirc de l'Eglise par un recueil de canons, intitulé : Magnum volumen canonum, qu'il composa au commencement de son épiscopat , pour I instruction de son clergé , et avec le projet de faire revivre la pénitence canonique. 11 fut aidé dans celte composition , qui est le plus considérable de ses ouvrages, par Gauthier, évéque de Spire , par Brunichon, prévôt de Worms, et surtout par Albert, abbé de Geniblours , qui avait été son maître. Cette collection , plus ample que celles des autres canouistes qui l'avaient précédé , est faite sans ordre , sa us choix, sans critique : les fausses décrétâtes s'y trouvent confondues avec les véritables. Blondcl s'est donne la peine de marquer tous les endroits de cette compilation où l'auteur cite les premières. Elle est en 20 livres. L'édition de Culogue , 1548, in- fol., passe pour la plus ancienne; car celles de Paris, 1 401», in-8" , dont parle Hendreich , et de Cologne, 1o28, dont il est fuit mention dans la Bibliothèque JiodUicnnc , sont regardées comme supposées. Du reste, toutes les éditions que nous en avons sont incomplètes. L'ouvrage est plus ample dans certains manuscrits , qu'on ne sera pas tenté d'aller consulter. ( Yoy. Lcmire, Billioih. cccUtiatica; Sic-Marthe, Gallia chri$tiana; Ellics Dupiu, Biblioth. ccclétiastique, 1 1* siècle.) T—D.

BURCHARD , évéque dUalberstadt , devint fameux, dans le 11* siècle, par l'acharnement avec lequel il combattit le malheureux empereur Henri I V, à qui il devait sa fortune. Ce prince, qui l'avait nommé, en 1000, évéque dUalberstadt, l'envoya à Home, en 1001, pour y apaiser les différends qui s'étaient élevés entre Alexandre II et Ilonoriui 11, compétiteurs pour la tiare.. Burcliard, contre les intentions de son souverain , se laissa séduire en faveur d'Alexandre, créature du moine llildebrand, depuis Grégoire VII ; et, à son retour en Allemagne, il se joignit ouvertement aux ennemis de l'Empereur. Une campagne qu'il lit, en 1067 , contre les Yenèdcs païens de la Lusace,

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prouva ses dispositions guerrières : il s'empara d'un cheval qu'adoraient ces peuples, et, monté sur cette idole , rentra en triomphe dans Halberstadt. En 1073, il contribua puissamment a soulever contre Henri les évéques saxons , attaqua et prit le château do Heimbourg, qui appartenait à ce prince, et y commit des cruautés plus conformes à l'esprit de son temps qu'à celui de son ministère. Des revers ne tardèrent pas à punir sa rébellion ; battu deux fois dans la Thuringc et dans la Pranconie, il fui obligé de fuir en Hongrie. A son retour en Allemagne , on chercha à le réconcilier avec l'Empereur : Gosslar fut le lieu du rendez-vous; mais Burchard et ses partisans y montrèrent une telle violence, qu'une^ querelle sanglante prit la place de la réconciliation. L'évéque d'Halbcrstadt y fut blessé mortellement, et, transporté dans le monastère d' lise bourg, il y mourut peu de jours après. (Yoy. les Anliquil. de Leukfeld.) G — T.

BUHCHARD, abbé d'Urspcrg, né dans le «• siècle , à Riberach , en Souabe , entra dans l'ordre de Prémontré, et lit ses va ux à Schussenriedt ( Sorethum), abbaye de cet ordre, située a quelques lieues do Biberach. Quelques années après, il fut élu prévôt ou prélat de ce monastère. En 1Ï15, son mérite l'éleva à la dignité d'abbé d'trsperg , maison du même ordre, entre Ulm et Augsbourg, et il quitta pour celte prélature celle de Schussenriedt. II. eut la douleur de voir son nouvel établissement devenir pour la deuxième fois la proie des flammes, en t326. 11 mourut la même année, après de courageux efforts pour relever de ses mines son abbaye, qu'il gouverna onze ans, et qu'il avait, en payant uue grosse somme d'argent , libérée de droits onéreux envers le comte Albert de ISiemburg. De fortes raisons portent à croire que Burcltard est le véritable auteur de la partie de la Ckrvniqn d'Ursperg ( voy. Conrad de Lichtenau ), qui contient l'histoire de l'empereur Frédéric l'\ dit Barberouite, et des princes de sa maison (1) L — Y.

(4) On sait qne le compilateur de la fameuse chronique dTrspcnr. laH.se toujours parler à la première personne le* divers auteurs dont il a cousu les lambeaux. Jean Vossius, trclacr, et lurme Casimir Oudin qui, ayant t ic pu montre, devait ''Ire mieux iuslruil que le* autres de ce qui eonc erne cet urdre, attribuent a Conrad de Lichlenau luul ce qui, dans sa chronique, Ml relatif à Frédéric I". Cependant l'auteur y dit qu'il (ut ordonne prêtre en t ioj, qu'il entra dans l'ordre de* preiuontrts eu 4207, qu'il (ul (ait abbé et transfère a l rspery en 1313, ce qui se rapporte parfutteiueot a ce que dit de Burchard l'ancienne chronique de Schusseiiriedt , relatif dan? les A anales Je Vri montré, par l'abbé. lluROyl. 2, p. 813). Celle histoire de Frédéric 1" a niewe été imprimée séparément longtemps avant la première idillon de la chronique di'rsperg On n'en connaît qu'un exemplaire, sans ila'e ni lieu d'impression : il était dans l'abbaye d* llofxenburg (ordre de prewoniré), ou l'.ibl>e prélat de Wu«g. Michel, le trouva il y a environ uu deml-sléeli» ; lYpaisscpr du papier, l'absence de pagination, l'orthographe, la ponctuation, tout prouve que cet exemplaire remonte aux première* années de l'invention de l'imprimerie. Cet ouvrage a donc existe à part, et Conrad n'est probabliuieut l'auteur que des deux dernières pages de l'histoire de Frédéric I", contenant les événements depuis fin jusqu'à 1219, I ou elle se termine. Casimir Oudin, qui attribue à Conrad des eve- I Déments personnels a Uurcliard, se contredit lui-uieuie eu disant que Conrad fut abbe pendant quatorie an», et en mettant neanttivios sa mort eu (240, qui est sa vraie dajc, et iou cleciUui en

BUR

BURCHARD. Voyez Brocard.

BURCHARD (Jean), né à Strasbourg dans le 16* siècle, fut pourvu de la charge de clerc des cérémonies pontificales, le 11 décembre 1483, nommé dans ta suite évéque de Cilla di Castello, et mourut le 6 mai 1505. Il est auteur du journal ou Diarium d'Alexandre VI, ouvrage extrêmement curieux, écrit d'un style simple, naïf et barbare, et qui n'a point encore été publié en entier (I ). Bayle écrivait à l'abbé Dubos : « Rien de plus simple et de plus négligem- « nient écrit que cet ouvrage ; mais il parait sincère « et de bonne foi germanique. On y trouve des faits « assez singuliers, et qui représentent la corruption « de cette cour-là (d'Alexandre VI ) , sans dessein « de criUquer ou satiriser. » ( OEuvret diver tett t.

Btn

lait, la dissertation on forme de lettres,

nu ii l'abbé de Rejntenbtirg. Ceorge, et

1215. ( l'ut* . pour pins de <1

adressée par l'abbé de W

l'ouvrage de ce dernier, intitule : SpMItu liiierariiu' Horiertimu Hudiotiiu, ele , Aupiboorp, 1T7I.)

(I) Le Diarium de Iturrhsrd n'elall eonnn que par nn frafmient donne par Denis Godrfroy. dans «on tlitiuiré de Ckartrs Mil, publiée en IG8t, et par quelque* citations vagues d'Odorir ttaynaldi, dans sa ronlinnaimn de Baronius, lorsque Leihnltz El Imprimer a Hanovre, en IS98, nn roi. In-** inlilnlé : Spécimen llutvritr tréma-, tire Anccdola; de nia Alexandri VI papa;, *eu etcerpla ez Diario Joann. Burckardi. Le même extrait reparut dans' la même ville, l'année suivante, sons ce litre : tlntstia «reana, «ck de tita Alertuén VI paptt treerpta, rie. Cet extrail fut sans donte rédigé par an Français qui ne comptait pas le rendre publie, puisqu'il est (ail tantiM eu latin, tantôt en français. Lcibultx regrette, daus m préface, de n'avoir pu retrouver le lexle de k'aiivur. qui petti-f tre flan en italien ; ear Bayle rite en relie langue plusieurs p.f.s,igrs du Diarium. (Vog., dans son Dictionnaire kitloriuur, l'article Savon \- MLK| el La Dmertaliott nr let liMIn diffumatisiret.) Letbiiilz frot, quelques années après, avoir trouvé le véritable texte de Burebard, d.ins nu nnnusrril qne l.arroze lui avait rdtiile, et il éceivjk a te dernier, le 50 novembre 1707, qu'il se proposait de publier Intearum Diarium flurekardi ; mais il mourut sans avoir exécute re projet. Jean-tleorge Errard 01 Imprimer ii l.eipsick, en 1732. dans le Y tome de ses Scriplorrt mtdi't (cri, le Didrîum fîurchardi, d'après nn manuscrit de Berlin, qm pourrait bien être !e même qne larron avait communique a l.eibiiii/.. Ce manuscrit était trrs-defectueux, de l'aveu même d'Eerard.^ui, dans son édition, fui souvent oblige d'avoir recours à l'extrait de Leibuilz pour rétablir l'ordre des hits. Interverti par les copistes. Ecrard ajoute que le Diarium qu'il publie roniieni le journal entier du pontifical d'Alexandre VI; mais c'est une erreur. L'extrait même de Leibniu remonte plus haut; il commence m 1402, au 3 août, jour de l'exaltation d'Alexandre VI ; le Diarium donné par Erord ronimnee quatre mois jdu> tard, an premier dimanche de l'Aveni; l'extrait de Leibnitz va jusqu'au S août 1505, qainze jours avant 11 mon d'Alexandre VI, el le Diarium publie parEccard liml <u 32 février de la même année. On remarque d'ailleurs des différences considérables en Ire les deux telles imprimés, dans l'expression el dans les falis On trouve dans Leibniudes article* qui minqiienl dans Retard i el, vers la lin, les drnx textes n'oql plus rien de semblable, et deviennent deux outrages diffêrenls. Ecrard désirait qu'on pût eniiti k" procurer une Vtnne copie du Diarium, mai* il n'osait espérer qne eeli Ml possible, et il disait : Ultt IIM In «rrA.re IV»/le<i,.«. ni <■ rit n m ij >ir Intel»!. Cependant la Curne de Ste-IMlave découvrit a Borne, dnl la bibliothèque Cbigi. un manuscrit en 5 volumes ln-4", qui postait contenir l'ouvrage entier de Burcbard. Il commence an t" de- MS3, jour nli l'autenr fut pourvu de h charge de clore des nies poniilkales. el Unit an 31 mai isoo, un m mente après la mon de Burcbard ; ce qui annonce que ce lut-ci aurait en un eontinnatenr. Ce maiiusorll, sans lacune de lemps, renferme dernb-rs mois de Sixte IY, mot le pniitirirat d'Innocent VIII, d'Alexandre VI ride Pie III. et les trois premières années de Jules M, || existe a la bibliothèque royale plusieurs mnmiserits du Diarium. Voy. le I. 17 des Mémoire* de I académie do Mlo-lellrr*, m E„n- • une notice do Journal de Burcbard, p. 537 à 60B. me bonne uotire sur le même ouvrape dsns le l. I* des .Y»/.r« et Ertraitt rf« manuterirt de la UHiolkéati du roi.

p. 727. ) On a ehcorc de Jean Bilrchard un livre intitulé : Ordn pro inforMalione sacerdotum, Rome, 150», in-t»; et Venise, 1572, in-8°. Il a aussi contribué, avec Jacques de I.utiis, â la correction du Lifter ponlificalh, l\ome, 1197, in-fo!. V— \ e.

BimCIIARD, abbé de Balernc dans le comté de Bourgogne, floi issait au 15^ siècle. Il avait embrassé la vie religieuse tlans l'ordre de Sl-Bcnoit; mais aussitôt que St. Bernard eut établi sa règle à Clairvaux, il vint se ranger sous sa direction; et, guidé par ce grand maître, il lit des progrès remarquables dans la pratique des vertus claustrales. Sur le bruit de sa sainteté, de pieuses femmes qui s'étaient retirées dans un désert (I) prés de Salins, pour y vivre dans les exercices de la pénitence, demandèrent Burcbard pour directeur. Ce fut sans doute pendant son séjour dans cette contrée, encore sauvage, qu'il engagea les sires de Cbcncray et de M ou [faucon a faire almndon à l'Église des terres incultes qu'ils possédaient sur les Iwrds de la Cure, dans l'endroit où s'éleva depuis t'abbnyc de llillon, qui regardait Burcbard comme son fondateur. [Toff, Dulems, Hist. du clergé de France, t. 2.) Cn 1l3!î, é.'u premier abbé de Balernc, il ne négligea rien pour y faite fleurir les vertus ebrétiennes et les bonnes éludes. Par ses soins fut formée dans cette abbaye une bibliothèque précieuse pour 1 "époque, dont Sander a donné le catalogue dans la Biblioth. Bclgica minuterip. , t. 2, p. 133. Burcbard cultivait lui-même les lettres, et l'on conjecture avec beaucoup de vraisemblance qu'il avait composé plusieurs écrits ascétiques ; maison ne connaît de lui que deux opuscules : une lettre A Nicolas, moine de Clairvaux, pour le féliciter sur son changement de vie, dans la Biblioth. tnaxima Patmm, t. 21, p. 523; et un appendice à la vie de St. Bernard, dans l'édition des œuvres du saint donnée par Mabillon, t. 2, p. lOflO. Sa lettre au moine de Clairvaux n'est qu'un tissu d'antithèses ; mais le second morceau de Burcbard est exempt de mauvais goftt. Transféré par ses supérieurs a Tabbavc de Bellcvaux près de Besançon, Burcbard y mourut le 19 avril 1162 on 133. Daunou lui a consacré une notice dans VHittoire ÏUléraire de France, t. 13, 323. W — s.

BI RCHARDCS. Vmjn BCRCtHAAD.

BURCUELATI ( Barthélémy ) , médecin, philosophe et littérateur italien, naquit dans IcTrévisan vers l'an 15 18. Après avoir éludié en diffé renies universités, il passa dans celle, de Padoue en 1572, y fut reçu docieur. et, nu bout de quatre année* d'un travail assidu, revint dans sa pairie, où il fut agréiré au collège de médecine, tt bientôt chargé d'enseigner celle science. F.n 13S5. il y fonda une académie qui d'abord prit le lilre de Burchclata^ du nom de son fondateur, et qui. par la suite, fut connue sous celui de Cotpirantt. Ca plupart des académies d'Italie le comptèrent parmi leurs membres. Il ne s'en livrait pas avec moins d'ardeur et de capa-

(l)Cei établissement i donné naissance par h snlte r.p, T» de Migetie, l'une des cinq nuisons destinées anx demoiselles nobles de la Fnmhe-llonilé. Les quatre antres étaient Cliilcai-Chalons, I Uaume, L<Hrs-le-Simlnie?r et Mcrniigny.

I6i BUR

cité à sa profession de médecin. Il fut revêtu plusieurs fois des charges de conseiller, de proviseur, d'ancien, de président, etc. , de cette faculté : il avait été, dés l'âge de vingt-six ans, nommé chevalier de l'ordre de St-George. Les honneurs et les emplois dont il fut revêtu lui tirent essuyer bien des traverses qu'il soutint avec courage. Il en Ht lui-même la description dans le meilleur de ses ouvrages, intitulé : Commentariorum memoralritium hitloria Tarvisinœ, 'J révise, 1616, in-4*. On y trouve un grand nombre de faits précieux pour l'histoire de sa patrie, où il mourut le 29 septembre 4632. On a de lui divers ouvrages en latin et en italien, en vers et en prose , dont une partie a été imprimée à part, et l'autre dans différents recueils. Les principaux, après celui dont on vient de parler, sont : 1° Tyrocinia poetica, l'adoue , en 2 parties, 1577 et 1578, in-4*. 2* Ckariias , tive Convivium dialogicum seplem phy- $icorum, etc. , Trévise, 1593, in -4°. Ce sont des recherches sur les repas, les mets et le luxe de table des anciens, etc. 3° Mediolanum, tire Ilinerarium lliernmjmi Bononii, teniorit Tarvisinii, carmenepicum, Trévise, 1626, in-4°. 4° Tratlato degli tpirUi di natura tecondo Aritlotilc t Galeno, Trévise, 1591, in-4'. 5e Des poésies latines et italiennes éparses daas plusieurs recueils. Parmi les enfants que Burchelati eut de trois différentes femmes, on doit distinguer César et Jean-Baptiste. Le premier, qui fut clianoine et protonotaire apostolique, a fait des |>oèsies assez estimées ; le second, qui avait embrassé l'étude du droit, était au.ssi né poète, et promettait de surpasser son père par le feu et l'agrément de ses poésies. Il lui fut enlevé à l'âge de 18 ans, en 1598, par l'accident le plus funeste. Élaul allé en vacances à Odcrzo, il fut tué d'un coup d'arme à feu dans la poitrine, par l'imprudence d'un de ses meilleurs amis, son compagnon d'étude. R. G.

BURCHIELLO ( Dominique ) , le poète le plus bizarre et le plus extravagant qui peut-être ait jamais écrit, vivait à Florence, sa patrie, au commencement du 15' siècle. Fils d'un barbier nommé Jean, il n'avait lui-même reçu d'autre nom que celui de Dominique : il se nomma dans la suite Burchiello, sans que I on puisse faire autre chose que des conjectures assez vagues sur ce qui lui lit choisir ce surnom. Il tenait sa boutique de barbier dans le quartier de Calimala, près du vieux marché. Cette boutique devint si célèbre, qu'on n'a pas dédaigné de la peindre dans l'une des voûtes de la galerie de Médicis, On l'y voit partagée en deux pièces; dans l'une on fait la barbe, tandis que dans l'autre on fait des vers et l'on joue des instruments. Le portrait de Burchiello est |>eint au-dessus de sa boutique. C'était le rendezvous des plus beaux esprits de ce temps -là, qui s'amusaient des folies et des traits d'originalité du barbier-poeïe. Quelques auteurs lui ont reproché des vices honteux, et l'ont représenté comme un vil bouffon et uu homme à tout faire pour de l'argent; mais d'autres ont pris sa défense, et lui ont donné des mœurs et un caractère estimables, avec un tour d'esprit malin et satirique, qui se couvrait du masque de la folie pour dire librement la vérité. On peut

difficilement en juger d'après ses poésies, qui sont pour la plupart inintelligibles, et qu'il parait avoir faites ainsi à dessein, pour s'amuser de ceux qui auraient la prétention d'y découvrir un sens, lorsqu'il n'y en attachait aucun lui-même : ce sont des suites de mots qui ont quelquefois l'air mystérieux et qui ne sont que décousus et extravagants. Il n'a cependant pas manqué de commentateurs, qui ont prétendu l'expliquer. Doni, entre autres, a eu cette prétention, mais il n'a réussi qu'à faire un commentaire souvent aussi inintelligible que le texte. Un mérite généralement reconnu dans ces productions singulières, c'est celui de la pureté et de l'élégance du style; elles sont citées comme texte de langue. C'est peut-être le seul exemple d'un auteur que l'on cite comme autorité sans le pouvoir entendre. Doni soutient cependant que c'est la faute de ceux qui l'ont lu avant lui s'ils ne l'ont pas compris, du moins en plus grande partie ; qu'il n'y avait qu'A ranger ses sonnets dans un meilleur ordre, et qu'on y trouverait un sens, que plusieurs même sont relatifs A des circonstances de la vie de l'auteur. Enlin il les range en cinq classes, et tout cela très-sérieusement. « Ceux « de la première classe, dit-il, ont été faits dans l'in- « tention de mordre ouvertement, et ils s'entendent a fort bien ; ceux de la seconde furent écrits pour les « uns ou pour les autres qui les demandaient à l'au- « leur, et ceux-là sont encore assez clairs; ceux de « la troisième ont eu pour but de médire, mais de « manière à n'être entendus que des personnes à a qui ils étaient adresses; cl il est impossible de les « comprendre entièrement. L'auteur écrivit ceux de «t la quatrième classe sur les choses qui lui arrivaient « journellement, et ils sont moitié clairs et moitié « obscurs. Quant à ceux de la dernière classe, vouo lant donner de l'exercice à nos cervelles légères u et toujours curieuses d'entendre, il les fit dans un « genre si fantasque, qu'il est probable que lui-même a ne sut pas bien ce qu'il y voulait dire. » Le plus grand nombre des lecteurs, même depuis ce beau commentaire, trouve plus court de les ranger tous dans cette dernière catégorie, et on n'oserait trop les en blâmer. Burchiello mourut à Rome en 1448. Ses sonnets furent imprimés, pour la première fois, à Bologne, 1475, in-4". H y en eut sept autres éditions, toutes in-4s, avant la lin du 15* siècle. Dans le 16*, après quatre autres in-8", il en parut une dans ce format, en 1552, à Florence, donnée par Grazzini, surnommé le Lasca, avec des sounets d'Antoine Alamanni, dans le même genre que ceux du Burchiello ; c'est cette édition qui est citée dans lé Vocabulaire de la Crusca. La première de Doni, avec des commentaires, est de Venise, 1553; et la deuxième, 1556, in-8*. Elles sont dédiées au peintre Tintoret, et accompagnées du portrait de l'auteur. La meilleure de toutes les éditions du texte seul est celle de 1568, donnée à Florence parles Junte, in-8*. La dernière, datée de Londres et de Florence, 1757, répétée en 1760, a été faite, en partie à Lucques, et en partie A Pise , d'après les deux bonnes éditions de 1532 et de 1568. G — É.

BLRCtiHARD (François), conseiller intime

BUR

et chancelier de l'électeur de Cologne, Ernest, fit ses études à Cologne, se rendit de la à Munich, où il prêta son travail et ses connaissances à Léonard Eck de Randeck, chancelier de l'électeur de Bavière, et retourna ensuite à Cologne, où il écrivit un petit ouvrage qui lit beaucoup de bruit ; il est intitulé : de Autonomia, ou du Libre Établissement de croyances diverses, imprimé, après sa mort, à Munich, 1586, m- ! 1 ; réimprimé en 1593 et en 4602. Cet ouvrage M faussement attribué a André Ersteuberger, à André Gail, et Jœcher s'est trompé en l'attribuant à un autre François Burckhard, théologien protestant. Burckhard mourut à Bonn, le 6 août 1584. — Jacques Bl'hckiiard, né à Bâle en 1642, jurisconsulte et professeur en droit à Sedan, à Herbôrn, et en 1678 i Baie, n'a publié que des dissertations, et mourut en 1720. II y a eu plusieurs autres jurisconsultes de cette famille, dont quelques-uns ont été professeurs à Bâle, mais qui tous n'ont laissé que quelques dissertations. G— T.

BURCKHARD ( Jbak-Henm ) , botaniste et antiquaire allemand. Le catalogue de sa bibliothèque, publié à Uelmstaedt en 1745, donne une idée de la variété de ses connaissances. Pendant sa vie , qui parait n'avoir pas été très-longue, il n'a publié aucun ouvrage, excepté une lettre latine à Leibnilz, mais qui est importante par son sujet , car elle annonce la découverte des principes fondamentaux de la botanique. Il y démontre que l'on ne devait tirer le caractère propre à distinguer les genres de plantes les uns des autres, ni des racines, ni des feuilles, ni de la disposition des fleurs, ni de la forme de la corolle, mais seulement des parties qui servent essentiellement à la génération, c'est-à-dire des étamines et des pistils. Ensuite il y expose un système de classification établi sur ces deux organes. C'était l'indice de la découverte du sexe des plantes, considéré dans leur universalité, et de l'importance des fonctions des deux organes qui concourent réciproquement à la fécondation. Il parait que l'on n'avait |»as fait beaucoup d'attention à cette idée, jusqu'à ce que Linné eût publié son système sexuel. Alors Laurent Heistcr ressuscita cette brochure de Burckhard, et la publia de nouveau ( Uelmstaedt, 1750, in-12), avec une préface très-longue, dans laquelle il donna des détails historiques, et lit des rapprochements, pour venger la mémoire de quelques auteurs qui avaient énoncé sur le même sujet quelques idées vagues et tombées dans l'oubli. Son but principal était de revendiquer une partie de la découverte pour ces ailleurs, de l'enlever à Linné, et de faire voir qu'il avait pris son système dans Burckhard. Il y a effectivement des ressemblances très-sensibles ; cependant elles ne prouvent pas que Linné ait eu connaissance de cet ouvrage, et qu'il en ait emprunté les idées. En considérant son système dans son ensemble et dans tous ses détails, on voit qu'il est une conséquence immédiate de la découverte du sexe des végétaux, dans tous les modes que suit la nature dans leur reproduction. Heistcr, dans le même temps, dédia à cet auteur un genre de plantes sous le nom de bunkhardia, et Duhamel l'adopta; mais celui de

Callicarpa, que Linné avait donné précédemment au même genre, a prévalu. La lettre de Burckhard, publiée en 1702, annonce de la profondeur, et un esprit d'observation très-rare. D — P— s.

BURCKHABD (Jacques) , savant distingué, né à Sulzbach, en 1681 , y commença ses études, puis les continua à Iéna, àHelmstaedt et à Wittcnberg. La faiblesse de sa santé ne l'empêcha pas de s'adonner avec ardeur au travail, maisil faillit plusieurs fois en être la victime. Les leçons de Jacques Gronovius, d'Uor. Turselin, de Perizonius, lui inspirèrent un goût particulier pour l'antiquité et pour l'histoire. Après avoir occupé diverses places dans plusieurs villesd'Allemagne, il se lixa à Wolfenbuttel, où il fut nommé bibliothécaire et conseiller du duc de Brunswick. Il y mourut le 25 août 1755, laissant une bibliothèque considérable, et un cabinet de médailles dont il avait donné le catalogue en 1750, avec des mémoires sur sa vie. Ses principaux ouvrages sont : 1° de Linguœ latines in Germa ni a per 17 secula amplius fatit , 1715, in-8«, 1721, avec des augmentations; ¥ Msloria bibtiolheece Âuguslœqua Wolfenbutteliest, 1744 -45, 4 part, in-4*; 59 ttusœi Burekhardianx t. 1, compUctens bibliothrcam ; t. 2, Numophytaeium , 1750, in-4»; 4» de Ultrichi de Hulten Faiis ae Meritis, Wolfenbuttel, 1717-1725, 5 part, in-4"; 5" quelques opuscules concernant l'histoire littéraire de l'Allemagne, et beaucoup de programmes. G — t.

BLRCKHARDT | Jean-Charles ), astronome, naquit le 50 avril 1775, a Leipsick, où de bonne heure il s'adonna aux études mathématiques. La lecture des ouvrages de Lalande développa chez lui le goût de l'astronomie. Une luneUe, qu'il trouva chez son père, lui servit à faire ses premières observations. Ses progrès le mirent bientôt à la hauteur de tous les travaux des modernes, et il commença à prendre rang parmi ceux qui, par leurs découvertes, agrandissaient le champ de la science. Les calculs astronomiques auxquels il se livrait, spécialement ceux qui concernent les éclipses de soleil et de certaines étoiles, pour la détermination des longitudes géographique, le firent connaître de quelques hommes célèbres. Mis en relation avec le baron de Zach, il passa deux ans auprès de ce savant dans l'observatoire de Seeberg aux environs de Gotha. C'est là qu'il eut pour la première fois la facilité de faire de l'astronomie pratique avec toute la précision désirable, et de se familiariser avec l'emploi des instruments les plus parfaits. Au bout de ce temps, il par- Ut pour la France, muni de pressantes recommandations pour Lalaudc : les meilleures sans contredit étaieut son amour pour la science et son ai Irai ration pour le professeur. Lalande lui fit l'accueil le plus amical, le logea chez lui, le traita comme son neveu, et, mettant son zèle et son aptitude à prolit, l'employa comme son second dans les grands travaux dont il s'occupait à cette époque. C'était en 1797. L'année suivante, Burckhardt était nommé conseiller de légation du duc de Saxc-Meinungen; niais c'est en France que dès lors il avait résolu de passer sa vie. En 1799, il reçut des lettres de naluraliet fui nommé adjoint au bureau des longitu-

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des. En 1800, il remporta le prix d'astronomie de l'Institut : le sujet au concours était la théorie de la comète de 1770. Les années suivantes lui apportèrent successivement les titres de membre de l'Institut, de directeur de l'observatoire de l'École militaire, et enfin de membre titulaire du bureau des longitudes. Burckhardt mourut à Paris, le 21 juin 1828. Il entendait presque toutes les langues vivantes de l'Europe, et devait a cet avantage le privilège de comprendre, sans intermédiaire, tout ce qui se publiait de relatif à l'astronomie. Aussi personne plus que lui n'était au courant des progrès et de l'histoire de la science. On a de Burckhardt : 1° Table des diviseurs pour tous les nombres du I'r, 2* ef y million, avec les nombres premiers qui s'y trouvent, Paris, 1817, gr. in-4° ; 2° Table de la Lune (ouvrage faisant partie des Tables astronomiques publiées par le bureau des longitudes), Paris, 1812, in-4°;5',unc traduction en allemand de la Mécanique céleste de Laplace ; 4" plusieurs mémoires, opuscules ou fragments très-importants sur diverses parties de la science; ce sont : Mémoire sur les micromètres (dans le recueil des savants étrangers, t. 1, 180o); — Détermination des orbites de quelques anciennes comètes ( ibid., 1805); — Mémoire sur l'orbite de la comète de 1770 (dans le recueil de l'Institut, section des sciences physiques et mathématiques, t. 7, 1806: c'est l'ouvrage couronné par l'académie en 1800); — Abl* sur la planète découverte par M. Harding (même recueil , t. 7) ;

— Seconde Correction des éléments de la nouvelle planète (même recueil, t. ï); — sur les Comètes de 1784 et 17C2 (ibid., même volume); — Rapport sur un sextant à réflexion de la construction de M. Lenoir (même recueil, t. 9) ; — Formules générales pour les perturbations de quelques ordres supérieurs (t. 9) ; — Mémoire sur plusieurs moyens propres à perfectionner les tables de la lune (t. y);

— Examen des différentes manières d'orienter une chaîne de triangles (t. 10, 1810). La Correspondance astronomique du baron de Zach contient aussi plusicurs,articles du Burckhardt. K.

BLRCKUARDT (Jeak-Louis), célèbre voyageur, naquît à Lausanne en 1784, d'une famille dis» tinguée et originaire de Bàle. Après avoir reçu les premiers éléments de l'instruction dans la maison paternelle et passé deux ans dans une école publique à Neufchàlel, il compléta ses études a Leipsick et à Goeltingue, puis il revint trouver sa mère à Bàle. Incertain sur la carrière qu'il suivrait, et voulant fuir le continent curo|>écn où s'étendait presque partout la domination de la France, il alla en Angleterre au moi» de juillet 1806, recommande |*ar une lettre du professeur Ulumcnbach à sir Joseph Banks, qui était depuis longtemps un membre très-actif du comité de la société d'Afrique. A celte époque, cette compagnie commençait à désespérer de recevoir des nouvelles de Iiornemann. (Voy, ce nom.) Le résultat des renseignements qu'il avait transmis, comparés à ceux qu'où avait obtenus d'autres voyageurs relativement à la cote occidentale d'Afrique, liront penser que la tentative de pénétrer dans l'intérieur 1

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devait élre faite par le nord. Ces vues de l'association ne lardèrent pas à être connues de Barckhardt, et il offrit ses services pour celte entreprise ; Banks eut beau lui représenter les dangers auxquels il allait s'exposer, Burckhardt resta inébranlable. Sa demande, mise sous les yeux de la société dans la séance générale du mois de mai 1808, fut agréée avec empressement. Aussitôt il éludia sans relâche la langue arabe, tant à Londres qu'à Cambridge, et en même temps 1 astronomie, la minéralogie, la chimie, la médecine et la chirurgie; il laissa croître sa barbe, prit le costume oriental ; et, dans les intervalles de ses travaux, il s'exerça à faire de longues courses, à pied, la téle nue, à l'ardeur du soleil, dormant sur la dure, ne mangeant que des plantes potagères et ne buvant que de l'eau. Le 25 janvier 1800, il reçut ses instructions qui lui enjoignaient d'aller d'abord en Syrie, où il pourrait puiser la connaissance de l'ara be à une de ses sources les plus pures, et acquérir aussi l'habitude des mœurs de l'Orient, dans des lieux assez éloignés, de ceux qu'il devait visiter pour qu'il fût moins exposé à rencontrer des gens qui plus lard le reconnaîtraient. H partit de Portsmouth le 2 mars, et arriva à Malte au milieu d'avril. Dans une lettre qu'il écrivait de cette Ile à Banks, il parle des tentatives projetées, à cette époque, par Seetzen, pour pénétrer en Afrique. (Voy. SEET2E&.) Durant son séjour à Malte, Burckhardt compléta son équipement à l'orientale, prit le nom d'Ibrahim lbn Abdallah, et se donna pour un marchand musulman de l'Inde qui portait des dépoches de la compagnie des Indes au consul anglais à Alcp. Son déguisement empêcha qu'il fut reconnu par des officiers d'un régiment suisse, que d'ailleurs il évitait soigneusement, de même que les habitants de l'Afrique septentrionale. A liord du navire grec sur lequel il s'était cmlnrqué, il soutint le rôle qu'il avait pris. « Durant la traversée, dit-il, on me ques- « tionna beaucoup sur l'Inde, je répondais aussi « bien que je pouvais, et quand on m'invitait à dé- « biter quelques phrases de l'idiome de cette con - « tree, je me tirais d'affaire en employant le pire « des dialectes allemands qu'on parle en Suisse, c presque inintelligible même pour un Allemand, et • qui, par ses sons gutturaux, peut aller de pair « avec la prononciation arabe la plus rude. » Après une longue traversée, Burckhardt atteignit la côte de Syrie à Soucïdié, l'ancienne Séleucie, à l'embouchure de l'Aasi <Oronte), et il partit aussitôt pour Alep avec une caravane. Quelques soupçons se manifestèrent sur la réalité de son islamisme; vraisemblablement il n'était pas encore assez habile pour en imposer à des musulmans accoutumés à voir des Européens. Une fièvre intlammaloire le tourmenta pendant quinze jours après son arrivée à Alcp : ce fut le seul tribut qu'il paya au changement de climat et aux fatigues du voyage. Ensuite, avec l'aide d'un maître capable, il commença l'étude de l'arabe littéral et vulgaire, et ne manqua aucune occasion de converser dans cette langue avec les habitants. 11 réussit a taire connaissance avec plusieurs cheiks, et des 1 animes instruits qui de temps en temps

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1'bonoraient de leur visite, « faveur, dit-il, que je . « devais principalement au Dictionnaire arabe et « persan de M. Ch. H. Wilkins, les lexiques ordi- « naires du pays étant trés-iléfectueux. Les 'l^ircs « instruits étaient souvent obligés d'avoir recours a « U ilkins, et ne pouvaient s'empêcher d'exprimer « leur élonnement de ce qu'un Franc avait une con- « naissance plus exacte de leur langue que leurs « ulémas. » Au mois de juillet 1810, il se mit en route pour Palmyre sous la protection d'un cheik arabe ; pendant que celui-ci était allé à un puits, une tribu hostile dépouilla notre voyageur de sa montre et de sa boussole. Ce cheik le conlia ensuite aux soins d'un autre, et Burckhardt hit volé une seconde fuis à Palmyre, où le bandit qui commandait lui enleva sa selle. Forcé de prendre la roule de Damas, l'état de trouble du pays le retint six semaines dans cette antique cité. Au mois de septembre, il visita Bal bec (l'ancienne Héliopolis), le Liban et l'Anli-Liban. Revenu à Damas, il (it une excursion dans le Haouran, le jiatrimoinc d'Abraham. « A chaque pas, dit-il, je trouvais des vestiges « de villes anciennes, je voyais des restes de tem- « pies nombreux, d'édifices, et d'églises grecques. « Le Haouran et les cantons voisins sont, au prin- « tenqis et en été, le rendez-vous de la plupart des « tribus arabes qui habitent en hiver le grand dé- « sert de Syrie. » Il y retourna par Homs cl Hamah, vers Alep,*où il fut rendu le 1" janvier 1811. H projeta ensuite une autre tournée dans le grand désert, du côté de l'Euphrate, et put l'effectuer dans le cours de la mémo année sous la protection du cheik de Sokhné, village éloigné de cinq journées de marche d'Alep et à douze heures de Palmyre. 11 n'eut qu'à se louer de ce cheik et de son monde. Il fut placé sous la sauvegarde d'un Bédouin dont il n'eut de même qu'un Iwn témoignage à rendre, mais qui ne fut pas assez puissant pour le préserver d'être volé de tout ce qu'il |»ossédait. Ce qui l'affligea le plus, ce fut la perte des notes qu'il avait prises ; mais, ne se décourageant point, dés que les pluies eurent cessé, il se dirigea vers Damas par la vallée de l'Oronte et par le mont Liban, qu'il parcourut dans le plus grand détail. En avril et mai, il tourna de nouveau vers le Haouran et examina les montagnes a l'est et au sud-est du lac de Tibériade; il vit les magnifiques ruines de Djérasch, l'une des anciennes villes de la Décapole. Enfin, le 18 juin, il dit un dernier adieu à Damas, et après avoir passé à Tabarich et à Nazareth, il prit sa route à l'est du Jourdain et de la mer Morte. C'était le chemin que Sectzen avait suivi quatre ans auparavant, mais en tournant à l'ouest, tandis que Burckhardt se dirigea vers le sud, dans la vallée de Glior, qui plus loin prend le nom d'Araha, et se prolonge jusqu'à Akabael-Masr, ville bàlic sur la baie du même nom, au fond du golfe Arabique. A Ouadi Mousa, qui est à deux journées au nord d'Akaba, il découvrit les ruines de Pétra, l'ancienne capitale de l'Arabie Pétréc. Aucun Européen ne les avait encore contemplées. Plus tard elles ont été décrites et représentées par M. Léon Delaborde. A peu de distance de ces

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