‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 33 sur 97 · DUR • 1OT · texte numérisé non relu

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reatos d'antiquité qu'il no put examiner qu'à la hâte, Burckhardt rencontra une petite troupe d'Arabes qui allaient vendre des chameaux au Caire; il se joignit a eux et traversa le désert d'El-Tih : « C'est, dit-il, « le plus stérile et le plus affreux que j'aie jamais a vu. » Durant dix jours de marche forcée, on n'y rencontre que quatre puits; un seul, à huit heures de distance de Suez, a de l'eau douce : celle des autres est saumatre ou sulfureuse. A son arrivée au Caire, le 4 septembre, Burckhardt s'occupa du principal objet de sa mission. Aucune occasion de pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique par le Fezzan ne s'étant présentée, il voulut au moins faire le voyage de Nubie ; il acheta deux chameaux, un pour lui, l'autre pour son guide, se munit de lettres de recommandation et d'un flrman du pacha, et, le 21 février 1815, il sortit de l'Egypte par Assouan où il laissa son bagage. Il suivait avec son guide la rive orientale du Nil. L'état de la Nubie à cette époque présentait beaucoup de dangers pour un voyageur, à cause de la présence des Mameluks chassés de l'Egypte ; cependant Burckhardt parvint sans accident, le 0 mars, à Ouadi-Halfa, à la hauteur de la seconde cataracte. A Tinareh, dans le pays de Mahass, il se trouva au milieu des hommes les plus farouches et les plus déréglés qu'il eût encore rencontrés. Le chef lui dit nettement : « Tu es un agent a de Mohammed-Ali; mais à Mahass nous crachons a sur la barbe de Mohammed-Ali, et nous coupons « la tête à ceux qui sont ennemis des Mameluks. » Ces menaces ne produisirent pas de résultats fâcheux pour la personne de Burckhardt; seulement elles l'arrêtèrent dans sa marche vers le territoire de Dongolah, de la frontière duquel il n'était éloigné que de deux journées et demie. Il retourna bien vite au nord jusqu'à Kolbé, où il passa le Nil à la nage, en tenant la queue de son chameau d'une main et le poussant de l'autre. II descendit le long de la rive gauche du fleuve jusqu'à Ibsamboul, dont il vit le temple antique encombré par le sable; puis à Bcrr où il se sépara de son guide; il regagna ensuite Assouan le 31 mars, et Esné, où il resta jusqu'au 2 mars 1811, vivant presque solitaire et tâchant de ne pas fixer l'attention. Il se joignit alors à une caravane d'une cinquantaine de petits marchands d'esclaves qui allaient de Daraou eu Egypte au Berber en Nubie, sous l'escorte d'une trentaine d'Arabes ; il eut beaucoup à souffrir de la conduite de ses compagnons de voyage, quoiqu'ils le prissent pour un musulman. On traversa le même désert où Bruce, qui venait d'un côté opposé, avait tant souffert de la disette d'eau. (Foy. Bkice.) BurcUiardtfaitun triste tableau des misères qu'il endura dans le trajet de ces lieux inhospitaliers. Enfin le 23 on entra dans une plaine qui s'abaissait vers le Nil, et le soir on atteignit Ankheïreh, village qui est le chef-lieu du canton de Berber; il n'est habité que par des bandits dont le principal plaisir parait consister à tromper et à piller les voyageurs. La caravane, diminuée d'un tiers, se remit en marche le 7 avril; elle passa par Damer, où l'autorité est entre les mains des fakirs, dont noire voyageur n'eut qu'à se louer, el fit

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halte à Chendi. Burckhardt eut aisément poussé jusqu'a Senna9r qui n'est qu'à neuf journées de mar- | clie, et de là en Abyssinie ; mais il aima mieux visiter des contrées inconnues. Une autre caravane se disposait à partir pour le golfe Arabique; il vendit ses marchandises et acheta un esclave nègre et des provisions. « Tous mes comptes réglés, dit-il, je re- « connus qu'il me restait quatre piastres : l'exiguïté « de cette somme ne me causa aucun souci, parce « que je calculais qu'arrivé sur la côte, je pourrais « me défaire de mon cliameau pour un prix qui me « donnerait le moyen de faire face aux dépenses de « mon voyage jusqu'à Djidda, et j'avais une lettre « de crédit sur cette place pour une somme consi- « dérahle. » On se dirigea vers l'Atbarah (l'Astaboras des anciens), dont les rives sont embellies par une végétation magnifique ; ensuite on entra dans le pays de Taka, très-fertile, mais habité par des Arabes qui ne sont nullement hospitaliers et chez lesquels Burckhardt, qui voyageait comme un pauvre derviche, n'aurait pu demeurer. 11 renonça donc à l'idée de traverser les montagnes pour aller à Massouah. 11 suivit la caravane ; le 20, elle était ùSouakim ; il s'y embarqua sur un navire du pays, et, le 18 juillet, il aborda à Djidda. Mohammed- Ali, qu'il avait vu au Caire et qui était alors à Taïf, étant instruit du fâcheux état de sa garde-robe, lui lit passer un habillement complet et de l'argent, par un mes sager qui amenait deux dromadaires, cl qui apportait aussi une invitation de se rendre au plus tôt auprès du pacha. Burckhardt entra dans Taîf le 28 août, et fut bien accueilli par le pacha, qui ce|>endant, averti [Kir son médecin du désir qu'avait Burckhardt de visiter les deux villes saintes de l'islamisme dans le lledjaz, avait exprimé des doutes sur la sincérité de sa profession de foi. Notre voyageur se montra choqué de ces soupçons, et déclara qu'il n'irait pas à l'audience publique du pacha si celui-ci ne le recevait pas comme un musulman. Les choses s'arrangèrent ; Burckhardt obtint la permission d'aller à la Mecque ; arrivé au lieu désigné, il prit l'habillement des pèlerins et se conforma à tous les usages de ceux qui vont à la ville sainte. Il déclare, dans sa relation, que même les hommes les plus impassibles éprouvent une impression secrète de respect religieux, en voyant 6 ou 8,000 personnes se prosterner toutes a la fois, surtout si l'on pense à î'éloignement et a la diversité des contrées d'où sont venus tant d'hommes rassemblés pour le même but. Le 15 janvier 1815, Burckhardt prit le chemin de Médine avec une petite caravane ; sa santé, qui, après avoir été chancelante, s'était rétablie, reçut une rude atteinte la veille de son entrée dans cette ville : assailli par une pluie d'orage qui dura vingtquatre heures, et ne pouvant quitter ses vêtements trempés d'eau, il fut saisi six jours après d'une fièvre très-violente et forcé de garder la chambre. Ce ne fut qu'au commencement d'avril que le retour de la chaleur lui rendit la santé; mais il resta si faible, qu'il renonça au projet de faire «les excursions dans le Hedjaz. Dès qu'il fut en élat de monter un chameau, il partit, le 21 avril, avec une caravane pour

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Yambo : la peste y exerçait ses ravages .- il ne put en sortir qu'au bout de dix-huit jours sur un bateau ouvert destiné pour Cosseïr ; mais il se fit descendre à terre a Chcrm, port de la presqu'île du Sinaî. Apprenant à Tor que la peste désolait encore Suez et le Caire, il alla passer quelques, jours dans un petit village au milieu des montagnes; enfin, le 24 juin, il revit le Caire; l'hiver suivant il fil un voyage dans la basse Egypte. Au printemps de 1816, la peste ayant reparu au Caire, il se réfugia parmi les Arabes du Sinaî chez lesquels ce fléau est inconnu. Revenu au Caire, il s'y occupa à la rédaction de ses voyages. Tenant toujours à son projet de visiter l'intérieur de l'Afrique, il attendait le départ d'une caravane de Maugrebins , lorsque , le 4 octobre 1817, il fut attaqué d'une dyssenterie violente. 11 mourut le 15, assisté à ses derniers moments de M. Sait, consul général d'Angleterre, et fut enterré dans le cimetière des musulmans. Quoiqu'il eût été arrêté au milieu de sa carrière, il avait mis ses manuscrits en état d'être publiés, et ils le furent par la société pour le compte de laquelle il voyageait. Elle les conlîaaux soins d'éditeurs liabiles. On a de lui, en anglais : 1° Voyaget en Nubie (Travels in ISuhia and in (lie interior of north eastern Africa, performed in 1813), Londres , 1819. in-4°, avec cartes et un portrait de l'auteur vêtu à l'européenne. M. G. -M. Leake publia cet ouvrage cl le suivant, et fit précéder le premier d'un mémoire sur la vie et les voyages de J.-L. Burckhardt. La st>ciété africaine le lit paraître le premier, parce que c'est celui qui a le rapport le plus direct avec l'objet pour lequel elle a été fondée. On y trouve la relation des deux voyages de Burckltardt en Nubie; la description de tous les monuments anciens qu'il aperçut, notamment à la rive gauche du Nil ; des remarques générales sur la Nubie et sur les diverses tribus qui l'habitent. Burckhardt a le premier décrit les cantons de Bcrbcr, de Damer et de Chendi, qui plus tard ont été visités par Cailliaud ; et jusqu'à présent il est le seul voyageur qui ail porté ses pas dans la vallée baignée par l'Albara, dans le Taka, et autres cantons à l'est jusqu'au golfe Arabique. Ses observations sont nombreuses el très- varices; il ne partage pas l'opinion qui fait considérer la peste en Egypte comme venant du sud ; il dit qu'elle est totalement inconnue en Nubie a la hauteur de la seconde cataracte. Il pense aussi que les effets du semoun, ou vent pestilentiel du désert, ont été fort exagères. Ses vocabulaires des langues du Kensy, du Nouliah, du Dar-Saley et du Burgou et Bornou, sont précieux pour l'ethnographie ; en comparant les derniers à ceux que Denhain et Clapperton nous ont fait connaître, on reconnaît leur exactitude respective. L'n supplément contient des itinéraires de l'intérieur dç l'Afrique ; les découvertes des deux voyageurs que nous venons de nommer, et celles des frères Lander, aident à comprendre les détails fournis par les voyageurs africains, et en confirment plusieurs. En lisant ces morceaux avec attention, il est facile de voir que beaucoup d'auteurs qui ont écrit sur l'Afrique au nord de l'équaleur se sont plus occu-

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pés à entasser on grand nombre de faits qu'à les examiner soigneusement. Browne [voy. ce nom) avait parlé d'une rivière Misselad, qui, selon lui, coule à l'ouest du Darfour; jamais Hurckltardt n'a entendu prononcer ce nom. Ce volume est terminé par une traduction des notices de la Nubie contenues dans l'ouvrage de Macrizy sur l'Egypte, avec des notes. 2° Voyage» en Syrie et en terre sainte, Londres, 1832, ut- 4% avec cartes et plans, et un portrait de l'auteur habillé à l'orientale. La géographie ancienne et moderne reçoit de grands et importants services de ce livre, qui contient les voyages énoncés dans le titre; la géographie physique n'en tire pas moins de fruit par la description de l'aspect du pays, des chaînes de montagnes de la Syrie, de la Palestine orientale et de l'Arabie Pétrée, et des rivières qui arrosent ces deux contrées dont nous ne connaissions guère que le nom. Burckhardt a le premier révélé l'existence de cette vallée d'EI-Ghor et d'El-Araba par laquelle les eaux du Jourdain avaient jadis un écoulement vers le golfe Arabique, avant que l'extrémité méridionale du lac Asplialtitc fût été bouchée par l'effet de l'éruption volcanique dont il est parlé dans le cliapitre 19 de la Genèse. Ce volume contient aussi le dernier voyage de l'auteur à la presqu'île de Sinaî. Le supplément offre des notices sur les Turcomans Rayanlah, sur la division politique de la Syrie et sur diverses routes de ce pays en Arabie. 5» Voyages en Arabie, contenant la description des parties du Hedjax regardées comme sacrées parles musulmans, Londres, 1819, in-4», avec carte et plans; ibid., 2 vol. in-8°. Grâce A cet ouvrage, dont M. W. Ouseley fut l'éditeur, nous connaissons parfaitement les villes principales du Hedjaz. Burckardt, après avoir parlé en détail des édilices qui, dans les deux villes saintes, sont l'objet de la vénération des musulmans, présente un tableau fidèle des mœurs et des usages des habitants. « Parmi les choses que Burckhardt ra- « conte et les descriptions qu'il nous offre , dit « M. Silvestrc de Sacy, quelques-unes sont entiè- « renient neuves pour nous ; d'autres sont plus dé- « taillées et plus complètes que celles que nous pos- « sédions ; toutes ont un intérêt spécial pour les « personnes qui se livrent à l'étude de l'histoire, de « la langue et de la littérature des Arabes. » On a vu A l'article Badu l'opinion de Burckhardt sur ce voyageur. 11 avait lu son livre au Caire en 1816; il avait entendu parler de lui en Syrie où on le lui avait désigné sous le nom qu'il avait pris d'Ali- Dey ; on l'avait fortement soupçonné (Tétre chrétien, mais son extrême libéralité et les lettres de recommandation qu'il présentait aux grands personnages arrêtaient toute espèce de recherches. Il fut dépeint avec tant de fidélité a Burckhardt que celui-ci se rappela aussitôt un portrait en miniature de Badia qu'il avait vu chez Banks. 4" A"ol« sur les Bédouins et Essai sur l'histoire des Wahhabites, Londres, 1829, in-40, avec carte; ibid., 2 vol. in-8«. Ce livre offre la description la plus complète qui ait été donnée de ce peuple singulier, qui, depuis les premiers âges de l'histoire, conserve ses traits primitifs. Ses

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lois, ses moeurs, son langage, ses traits, ses vêtements, ses croyances, ses superstitions, tout s'y trouve non-seulement décrit avec la plus scrupuleuse exactitude, mais encore expliqué, comparé, déduit des sources historiques avec une sagacité et un esprit de critique admirables. On peut assurer qu'il est impossible d'entreprendre aujourd'hui un tableau géographique de l'Arabie sans mettre à contribution ces deux ouvrages de Burckhardt. Ils ont été traduits par l'auteur de cet article, Paris, 1834, 3 vol. in-88, avec plans et carte; il les a fait précéder d'une Notice sur diffèrent* voyages en Arabie et d'un supplément contenant l'histoire des Wahhabites jusqu'à la destruction de leur puissance. 5° Proverbes et Maximes des Arabes, Londres, 4830, in-4°. Le texte arabe est imprimé en regard de la traduction. Burckhardt fit ce recueil alin de prouver qu'il comprenait bien l'arabe : « Peut-être, dit-il, je ne possède pas une connais^ « sance approfondie de cette langue. » C'est en effet l'avis des savants qui en ont fait l'objet d« leurs études. Mais il a tiré le meilleur parti de ce qu'il savait, et ses ouvrages en font foi. Sa manière de voyager était extrêmement simple : tantôt il se donnait pour un pauvre marchand, tantôt pour un derviche, tantôt pour un homme qui allait à la recherche de parents dont il ignorait le sort. Dans une occasion, il se fît passer pour un agent de Mohammed-Ali, tandis que ce pacha le prenait pour un émissaire des Anglais. Il s'exprime sur son compte avec animosité, et il étend ce sentiment à tous les Turcs ; il n'a pas d'expressions trop fortes pour les dénigrer. Depuis son départ d'Alep, il était connu sous le nomdeCheik-lbrahim. Browne, qu'il avait vu avaut de quitter l'Angleterre et pour lequel il professe la plus haute estime, lui avait recommandé de ne pas faire beaucoup de questions chez les peuples peu civilisés. Il suivit ce conseil et s'en trouva bien ; son déguisement le forçait en effet a ne point se montrer curieux comme le font les Francs ou Européens. Plus d'une fois la couleur de sa peau excita des signes manifestes de dégoût aux nègres. Il était doué de courage et de cette ardeur qui font entreprendre des choses difficiles, de cette persévérance et de cette sagacité qui en assurent le succès. Sa patience fut fréquemment mise aux plus rudes épreuves et ne se démentit jamais ; il s'efforça toujours, par la régularité de ses mœurs, d'inspirer du respect pour son caractère, même à ceux qui étaient enclins à le mépriser pour sa chétive apparence. Souvent il fut généreux et libéral quand il le put sans exciter la convoitise des hommes grossiers et avides. A ces qualités il joignait le talent de bien observer et celui de raconter avec agrément. Ses relations excitent l'intérêt et la curiosité, et l'on regrette qu'une mort prématurée ait privé le monde des services qu'il aurait pu lui rendre encore (1).— Christophe Burckhardt, mission-

(I) Consulter la Mite (en allemand; sur la rie et le caractère è* BurcktrA, tiret it communications de famille encore luiMti, BUe, I8W.

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naire, était né en Suisse. Animé d'un zèle ardent pour la pro(>agation de l'Évangile, il s'embarqua en Angleterre pour l'Egypte, ayant avec lui six grandes caisses remplies de Bibles et de Nouveaux Testaments en diverses langues. Arrivé au Caire, il y fut visite par des juifs, des Turcs, des Syriens, des cophles, enlin par des idolâtres. Il ne put suffire à l'affiuencc des demandes, et sa provision se trouva bientôt épuisée. Ses pas se portèrent ensuite à Jérusalem, où il put recommencer ses travaux, puis dans la Syrie, et enlin à Alep. Les fatigues de ce voyage l'avaient furt affaibli. Une attaque de fièvre l'enleva au mois de janvier 1810, dans les environs d'Alep. E — s.

Bl'UD ETT | Francis) , membre de la ebambre de* communes d'Angleterre et l'un des orateurs les plus distingués de l'ancienne opposition, naquit en 4770. Quoique simple baronnet, il appartenait a une des plus vieilles familles d'Angleterre et de la noblesse la plus incontestée. Un de ses ancêtres, Uugb Burdett, avait accompagné Guillaume le Conquérant ; le fils de Hugb, W illiam, avait été armé cbevalicr dans la guerre sainte (holy \car, les croisades), et le premier baronnet de la famille, Tliomas, et non Francis, comme l'ont écrit quelques biographes, avait été créé par Jacques 1er. Le jeune Francis fut élevé à Westminslcr-School et en sortit a vingt ans (1790). L'éducation classique l'avait trouvé quelque peu rebelle, et, dans un temps où l'étude des langues mortes était en haute faveur en Angleterre, Burdett avait quitte les baltes du collège avec une médiocre récitation de science. Impatient de tout contrôle, plus remarquable par une imagination déjà aventureuse et déréglée que par une raison sûre et patiente, il se trouva bientôt à une école plus en rapport avec ses goûts d'indiscipline et sa fission naturelle de liberté. 11 visita la France et la Suisse pendant une période de trois ans, do »790 à 1793. C'était alors la belle époque de la révolution française, époque d'organisation et de libertés naissantes que ne souillaient pas encore les excès. Burdett passait sa vie dans les clubs et suivait assidûment les séances de l'assemblée nationale. C'est de là qu'il rapporta à Londres le germe de ses théories réformistes et l'amour des luttes populaires. Une autre circonstance qui devait influer sur la direction politique du jeune baronnet, fut la liaison qu'il forma à son retour avec le spirituel et savant démagogue John Horne Tooke (Parson Horne ), le célèbre auteur des edeaiitepoenta. ou Diversions ofParley. ( Voy. Horne Tooke.) C'est alors que commença la vie publique de Francis Burdett. Son mariage fut déjà une première protestation contre les préjugés nobiliaires de la vieille Angleterre ; Burdett ne craignit pas de se mésallier en éiwusant la seconde fille de T. Coutta Esq., riche banquier. Après cet acte d'indépendance qui lui valut quelque popularité, il entra dans la carrière parlementaire comme représentant de Boroughbridge, dans le Yorkshire, où il avait été nommé par le I crédit du duc de Newcastle. Une chose digne de remarque, c'est que, comme son maître Home Tooke, il fut envoyé pour la première fois au parlement par

un de ces bourgs-pourris qui furent depuis l'objet constant de son indignation réformiste. A peine assis à la chambre des communes, le noble baronnet s'enrôla dans les rangs de l'Association conMtutionneUe pour la réforme parlementaire, et depuis ce moment, pendant de longues anuées, dans le parlement comme en dehors du parlement, tous ses efforts furent dirigés vers ce but. La réforme parlementaire et l'émancipation des caUioliques d'Irlande, telles furent les deux passions politiques de Burdett, les deux grands mobiles de son éloquence libérale. Le jeune représentantde Boroughbridge songea d'abord à fonder sa popularité et à mériter le surnom de tribun du peuple, qui lui fut acquis vers le milieu de sa carrière. Ce n'était pas moins à la chambre des communes, mal préparée alors pour de semblables réformes, que Burdett essayait son éloquence : c'était aux hustings de Covcnt-Garden, à la taverne de PAnclire dans le Strand, qu'il faisait ses premiers débuts oratoires. La suspension de Yhabeas corpus en 1800, le bill sur les séditions de l'Irlande en 1801 (white boy art), trouvèrent en lui un ardent adversaire, et déjà, en 1802, quand il se présenta aux élections pour le siège de Middlesex, le ministère voyait en lui un dangereux chef de parti, et le peuple un zélé défenseur de ses libertés. Burdett fut appelé à représenter Middlesex après une élection vivement contestée. A côté de lui siégeait, comme représentant de Old-Savum, bourgpourri, le révérend John Horne Tooke, son maiire et ami. On objectait à l'écrivain démagogue sa qualité d'ancien ecclésiastique comme un motif d'exclusion, et un bill spécial exclut des élections pour l'avenir tout individu admis dans les ordres sacrés. Burdett s'opposa de toutes ses forces à ce bill, et en prit texte pour une attaque personnelle contre l'administration de M. Addington, plus tard lord Sidmouth, qu'il accusa hautement d'incapacité. Deux tentatives que fit successivement Burdett aux élections générales suivantes, pour conserver et reprendre le siège de Middlesex, restèrent sans succès. A la mort de l'itt, il fut oublié dans la liste des amis de Fox qui prirent part à l'administration nouvelle; et lorsque Fox lui-même succomba, bien que désigné pour le remplacer au siège de Westminster, il s'y refusa, déclarant, dans une adresse publique, qu'il ne pouvait voir, dans les héritiers politiques du dernier ministre, que des ennemis de la nation. En 1807, cependant, il fut élu pour Westminster, et, pendant près de trente ans, il ne cessa de représenter cette partie de la cité. Déjà la popularité de Burdett était immense, et son élection excita un enthousiasme sans exemple. On le vit passer par les rues de Londres, traîné par la foule sur un char de triomphe, tout pàlc encore d'une grave blessure reçue dans un duel avec M. Paull. Ce n'était là qu'un prélude à des scènes plus violentes, et dont le tribun populaire devait assumer sur lui-même la triste responsabilité. L'année suivante, 1810, un Gale Jones, chef obscur d'une sorte de club de bas étage, appelé brilish forum, ayant fait afficher un pamphlet outrageant pour M. lorke, fut dénoncé au parlement, rité cl emprisonné. Burdett s'éleva contre ce qu'il appelait un abus

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de pouvoir, et fit, pour la mise en liberté de cet homme, une motion qui fut rejetée. Burdett en appela au |ieuplc, et publia une lettre à ses commettants dans laquelle il accusait la cliambrc des communes d'usurpation de pouvoir, et lui déniait le droit d'emprisonner {the poicerof commitmenl ) . La lettre de l'honorable baronnet fut déférée à la cliambre des communes, qui, après une discussion des plus violentes, la condamna comme un grave oubli des convenances et des privilèges du parlement, et lança contre l'auteur un mandat d'arrêt |>our être enfermé à la Tour de Londres. Jusque-là Burdett s'était renfermé dans les limites d'une opposition \ iolente et peu convenable, il est vrai, mais légale. Le représentant de Westminster refusa de plier devant le verdict de la cliambre des communes : il fit refuser sa porte au sergent d'armes {tergeanl al armt) envoyé pour lui signifier son arrêt, et adressa au président (the speaker) une lettre dans laquelle il combattait la légalité du vote et du \rarrant, et déclarait qu'il ne se soumettrait qu'à la force. Pendant deux jours le peuple, assemblé en foule compacte devant l'hôtel du baronnet, l'aida dans ses résistances à la loi, gardant à vue la porte de son héros, frappant les officiers de police et brisant les vitres des membres du parlement qui avaient voté la condamnation. Lutin ce ne fut que par ruse que le sergent d'armes

farvint à s'introduire dans l'hôtel de Burdett et à emmener sous bonne escorte d'officiers de police, de troupes de ligne et de dragons. De nombreuses collisions entre la force année et le peuple eurent lieu sur le chemin de la Tour, et plusieurs des séditieux restèrent sur la place. L'emprisonnement qui suivit pour Burdett ces scènes inutiles et déplorables fut de courte durée. La prorogation du parlement vint y mettre une fin, et, à sa sortie de la Tour, l'honorable baronnet, attendu par la populace qui voulait le reconduire en triomphe, eut cette fois le bon esprit et la prudence de se soustraire à d'aussi dangereuses ovations. Nous retrouvons Burdett en 1817, luttant contre la suspension de Vhabeat corpus; en 1818, appuyant, conjointement avec lord Cochrane, des pétitions pour la réforme parlementaire, pétitions couvertes de plus d'un million de signatures, toujours rejetées, toujours représentées avec une persévérante insistance. Chef de l'opposition modérée, démocrate constitutionnel, Francis Burdelt était resté l'idole du peuple, et, lorsqu'il l'emporta de quatre cents voix sur sir Murray Maxwell dans une élection nouvelle ( 1818), un nouveau triomphe lui fut décerné par le peuple, et il fut traîné dans un char magnifique, pavoisé de banderoles et orné d'inscriptions réformistes. Les opinions dont l'honorable baronnet s'était fait le promoteur commençaient déjà à germer dans le pays et à monter du peuple jusque sur les bancs de la chambre des communes : l'opposition était en minorité redoutable, et trouvait Un appui souvent plus dangereux qu'util* dans les émotions populaires soulevées par les Hunt et les Watson. Des sociétés secrètes s'organisaient; une tendance générale se manifestait dans la populace [the mob) vers Tapplication matérielle des principes

politiques de Francis Burdett ; les théories révolutionnaires empruntées à la France de 89 trouvaient des fauteurs dans les chefs de clubs ; un Cliarles Wolscley, baronnet d'une ancienne famille de Staffordshire , et président d'une assemblée populaire , déclarait avoir pris part à la prise de la Bastille et se disait disposé à faire pour son pays ce qu'il avait fait pour la France, De tous cotés on indiquait des réunions de délégués du peuple, afin d'effectuer, par tet propret maint, une réforme radicale. 50,<XK) hommes se rassemblèrent à Birmingham, 80,000 hommes à Smilhfield, faubourg de Londres, regarde comme le clicf-lieu de la réforme : l'exaltation croissant, chose inouïe en Angleterre, un constable fut assassiné. Enfin on annonça publiquement un immense meeting dans lequel devaient être prises des résolutions décisives. Le 16 août 1819, une foule immense d'individus de tout âge et de tout sexe, car les femmes avaient aussi leurs clubs, armés de piques et de bâtons ferrés, coiffés de bonnets rouges, déboucha de tous les côtés sur la place de Blankatfield, à Manchester, venant de Stockport, de Leigh, de Boyton, de Bury... La troupe, les officiers de police et la yeomanry, prévenus à l'avance, chargèrent tout à coup ces niasses compactes, et un massacre épouvantable eut lieu, qui gardera dans l'histoire le nom sanglant de massacre de Pcterloo. Quelle avait été la part de Burdett et de ses amis dans ces imprudentes manifestations?on l'accusa d'un rapprochement avec un des plus célèbres agitateurs de l'époque, ce Uunt qui partageait alors avec lui la faveur de la populace. Quoiqu'il en 'soit, Burdett protesta énergiquement contre cette hideuse violation du droit d'assemblée, écrit de temps immémorial dans la constitution anglaise. Il appuya hautement une adresse du conseil municipal de la Cité de Londres, au régent du royaume, et se joignit à ceux qui réclamaient une enquête sur cette malheureuse afTaii-e. On sait que l'enquête fut refusée. Le nom de l'honorable baronnet s'était trouve mêlé d'une manière fâcheuse à ces scènes déplorables : il le fut encore à des violences d'un caractère tout personnel auxquelles le peuple fut porté par l'échec de Ilobhouse, ami politique de Burdett, dans une nouvelle élection générale. Les protestations de Phonorâblc baronnet contre les massacres de Pcterloo avaient été sans succès. Il crut devoir adresser une lettre véhémente à ses commettants sur celte déplorable affaire. Les termes dans lesquels il s'expliquait sur la conduite du gouvernement furent considérés comme outrageants, et Burdett, traduit devant la cour du liane du roi, fut condamné à une amende de 2,000 livres et trois mois de prison. Depuis ce moment les opinions de Burdett se modifièrent. L'orateur réformiste survécut à l'orateur populaire. Ces vieux combats pour l'émancipation catholique, et surtout pour la réforme parlementaire, Francis Burdett les soutenait encore, mais non plus comme autrefois Burke, Fox, Pitt, Shéridan, ou Burdett lui-même, avec cette énergie admirable de soldats toujours vaincus, jamais découragés, non plus seul avec le peuple contre des préjugés tout-puissants. -Claque aanée apportait de

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nouveaux soutiens au parti de la réforme, et bientôt les principes de l'honorable baronnet triomphèrent, d'abord dans l'administration de Canning, ensuite dans celle de lord Grey. En 1831 et 1832, le bill de réforme, si longtemps réclamé par les whigs, reçut enfin la sanction du parlement, et l'Angleterre vit s'accomplir toute une révolution pacifique. La tache de Francis Burdett était remplie, non que le bill de réforme fût de tous points l'application vraie et complète des doctrines de l'ancien tribun du peuple ; ces doctrines mises en avant par le duc de Richmond en 1780, par Francis Burdett en 1800, contenaient en germe tout un radicalisme nouveau, et ce qui n'avait pas triomphé en 1832, devait enfanter le cliartisme. Faut-il accuser Burdett d'avoir reculé devant les conséquences extrêmes de ses principes, et faut-il s'étonner de le voir se rallier aux torys après la victoire de la réforme parlementaire? N'est-il pas plus raisonnable de penser que, tandis que tout changeait autour de lui, l'honorable baronnet était resté le même? Les idées qui, quarante ans aiqwravant, avaient été des idées nouvelles, passées maintenant dans l'application, appartenaient à tous. Le radicalisme d'autrefois était devenu le torysme d'aujourd'hui. Bien plus, d'autres idées s'élevaient, et un radicalisme nouveau s'avançait vers un nouvel avenir. Il fallait ou marcher encore, ou s'arrêter à maintenir ce qu'on avait fondé. Sans changer donc, et par cela même qu'il ne changeait pas, Burdett devint conservateur, et on le vit, en 1837, se séparer du ministère wigh-radical de lord John Russel, pour se rallier à sir Robert Peel et à l'opposition torie. Celte séparation valut à Burdett la perte de son siège de Westminster, qu'il échangea |KMir celui de Norlh- Wiltshirc. Il est impossible, quand on songe à la haute position et à la fortune princière de l'honorable baronnet, d'expliquer par l'ambition cette évo- | lution politique. Mais les situations n'étaient plus les mêmes, l'âge était venu, et Burdett se reposa de ces luttes qui, pour lui, n'avaient plus d'objet. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas oublier les longs et glorieux travaux parlementaires de l'illustre orateur. Cette popularité dont il jouit si longtemps, il l'avait acquise ; ai- une bonne foi ardente, par une éloquence naturelle et toute-puissante sur les masses. Sans grande suite dans le discours, s'inquiétant peu de finir la phrase commencée, entremêlant ses périodes abruptes de citations mal choisies et mal placées, Burdett rachetait ces défauts et une grande impropriété de langage par une chaleur vraie, par une singulière originalité de termes, par une liante sincérité de conviction ; et de ces qualités unies à ces défauts, sortait une éloquence étrange et heurtée, tiardie et puissante. Du jour où elle ne s'adressa plus au peuple, du jour où elle cessa de fréquenter les tavernes et les meetings, cette éloquence pâlit et devint vulgaire ; commetaussi, du jour où elle se crut victorieuse et satisfaite, la source en fut tarie. Toute la vie politique de l'honorable baronnet se reflétait I et se symbolisait pour ainsi dire, vers la lin de sa carrière, dans ses habitudes extérieures. Plein de distinction naturelle et d'élégantes recherches, il en

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était resté pour le costume et les manières, comme pour les théories politiques, au commencement du 10* siècle, et on le voyait encore sur la Qn de sa vie apporter à la chambre des communes les saines traditions de la vieille gentry anglaise. Burdett mourut âgé de 74 ans, le 23 janvier 1844, presque à l'heure fixée pour les obsèques de lady Burdett, morte peu de jours avant lui. A. F— a.

BURE ou BUR£US (André), le père delà géographie en Suède, naquit en 1571, d'un ministre prolestant, aux environs de Hernosand Ses progrès dans les mathématiques le firent connaître de Charles IX, qui le nomma son premier architecte En 1634, il fut envoyé en Russie pour une négociation importante, et, en 1040, il devint membre du département de la guerre. Le roi l'avait déjà mis à la tète du bureau du cadastre. Il fut chargé de mesurer toutes les provinces, et de dresser une carte générale du royaume. Sous lui, d'habiles ingénieurs concoururent à cette grande entreprise, dont Bura-us se réserva la partie la plus difficile. Son Orbis Arc toi imprimisque regni Sueciœ Tabula, gravée en six feuilles, grand in-fol., par Trauthman, qui parut à Stockholm, en 1626, et son Orbit Arctoi prasertim Sueciœ Deteriplio, publiée la même année à Stock- I holm, et réimprimée à VVittemberg en 1630, in-8*, furent le résultat de ses travaux. II les poursuivait avec ardeur, et se proposait de publier séparément chacune des provinces suédoises ; il en avait déjà terminé neuf, qu'on trouve dans l'atlas des Blaeuw, lorsque la mort vint l'enlever, en 1646, aux sciences géographiques, dont il reculait les limites. Avaut lui, la carte d'Olaùs Magnus, monument de l'enfance de la géographie, servait seule de base aux caries du Nord. Bure créa une géographie nouvelle de ces contrées, et sans l'imperfection des instruments I alors en usage , ses observations astronomiques auraient laissé peu de chose à rectifier. L. R — s.

BURE, BCRJEUS, ou BUREUS (Jeak), né en Suède, en 1568, attaché d'abord à la chancellerie royale, devint bibliothécaire du roi, et antiquaire du royaume. Il mourut en 1652, laissant, sur les antiquités du Nord , et sur divers sujets historiques et théologiques, un grand nombre d'ouvrages remplis d'érudition, mais dépourvus de critique, el dont la plupart ont des titres recherchés et bizarres. Buréus cultiva aussi la poésie, et fut un des premiers, en Suède, qui fît des vers dans la langue du pays. Vers la fin de sa vie, il donna dans les rêveries cabalistiques, et prétendit prédire la fin du monde. Il annonça que le premier terme de cette fin arriverait le 5 mai 1647, et le dernier en 1674. Il distribua eusuile aux pauvres tout ce qu'il possédait ; mais la fin du monde n'étant pas arrivée, il se vit obligé de recourir a la reine Christine pour avoir de quoi subsister. On peut voir dans la Suecia litteratade Jean Scheffer, et dans les Suppléments au Dictionnaire de Jœcher, par Adelung , la liste des ouvrages de I Jean Bure ; nous n'indiquerons ici que ceux qui ont quelque importance pour l'histoire de la littérature suéco-gothique : l« Runa Rantiomt, hoc est EUmenta runica «surpala a Sueco-Gothis veteribus.

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4599. 2° Relalio de ration? et via regiones septentrionalti ad ctdlum reduccndi , auclore Ditmarto qvodam Jona Henricseno de Meldorp, versa in sermonem popularem jussu régit Caroli, Stockholm, 1604 ; ibid., 1656.50 Libellm alphabetarius, literie runicis eu m inlerlinearibut suelicis editus, ibid , 1608 ; ibid., 1624. 4° Monumenla Heltingica a Thorone in Angedaal ante aliquol cenlurias annorum potila. Subjimela promiesione pramii ab ipso impetrandi qui lectionem eorum insolitam incognitamque potuerit demonslrare, ibid., 1624. 5* Spécimen primariœ linguw scanlzianee, eontinens declinationes minimum adjectivorum et substantivorum, ut et synlaxin eorum in tabula, ibid., 1656. 6° Runaredux, seu régis Danim Waldemari Prœdietio de lilerarum runicarum reditu ad suos, rhylhmis * net iris , ibid., 1656. 7° Une édition avec des noies du Konunga Styrelse (Gouvernement des rois), ancien ouvrage suédois, Stockholm, 1654, in- r. Jean Bure fut père de Catherine Bure, née en 1602, morte en 1679, et qui s'est Tait un nom par son savoir. On a imprimé sa correspondance avec Vendela Skytle, fille du sénateur Jean Skytte, autre Suédoise distinguée par tes connaissances, et qu'un auteur contemporain appelle sexus et seculi miraeulum. Catherine Bure épousa Jean Archielm , antiquaire du royaume de Suède, et membre du tribunal de Finlande. — Olaxu-Engtlbert Bure, médecin suédois , né dans I'Angermanie, s'appliqua aux mathématiques, et publia, entre autres ouvrages , la description d'un instrument qu'il avait inventé, sous ce titre : Aritkmeltcœ instrumentai Âbacus ratione nova ex geomelrieù fundamentis atque suppulatione, numeraliones arithmeticas, proporliones simplices, multipliées, directes, reciprocas, disjunctas , et continua» txplieans, et eodem intuilu exempta plura ad oculos demonslrans, Helmstaedt; 1609, in-8*. C — au.

BURE (Guillaume-François). Voyez Deburb.

BUREAU (Laurent), né au 15* siècle à Dijon, ou, suivant quelques biographes, à Liernais près de Saulieu, entra comme profès au couvent des carmes de Dijon, et fut reçu docteur en théologie de l'université de Paris. Il devint ensuite provincial de Narbonne, évèque de Sisteron, en 1494, aumônier et confesseur de Charles VIII, de Louis XII et de la reine Anne de Bretagne. Prédicateur d'une grande distinction, il se signala par son zèle contre les innovations religieuses. A la demande de Louis XII, le pape Alexandre VI le chargea en 150i d'aller avec Thomas Pascal examiner l'hérésie des Vaudois habitant les montagnes du Dauphiné, et il fit sur les principes de cette secte un rapport au parlement de Grenoble. Ses prédications éloquentes et persuasives ramenèrent les Vaudois à la croyance de l'Église, il obtint d'eux un Credo sur toutes les propositions de foi contestées et rapporta au chancelier toutes les procédures qui avaient été faites. Cet évèque mourut à Blois, le 5 juillet 4 404 ; sa mort fut attribuée à un empoisonnement. Bureau a composé sur le prophète Flic un poème latin intitulé VHéliade. On lui attribue aussi un ouvrage sur les hommes illustres de l'ordre des carmes. T.-P. F.

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BUREAU Jean), seigneur de Montçlat, chevalier et chambellan du roi, n'était encore que receveur ordinaire de Paris, lorsque Charles VII le fil maître de r.utillerie de France, en 1459. Il remplit les mêmes fonctions dans la guerre contre les princes du sang (1440), et dans celle contre les Anglais (1441). Jean Bureau servit aux sièges de Pontoiseet de Harfleur, se trouva à la prise de Bayeux, et fut employé à la capitulation de Caen. Il se signala encore devant Bergerac, et, après avoir contribué à la reddition des cliateaux de Montguyon et de Blaye, il assiégea successivement Libourne et n Mi lion, qu'il emporta. La Guyenne entièrement soumise, Charles VII nomma le seigneur de Montglat maire de Bordeaux à perpétuité, et Louis XI le fit chevalier à l'occasion de son sacre. Jean Bureau mourut à Paris, le 9 juillet 1465. Il laissa trois fils : le premier, Jean Bureau, devint évèque de Béziers; le second, Pierre, seigneur de Montglat, fut trésorier de France, et le troisième, Simon, prit le titre de seigneur de Goix. ( Voy. Y Histoire généalogique et chronologique de la maison de France et des grands officiers de la couronne, par le P. Anselme de Ste-Marie.) Ch— s.

BUREAUX DE PUSY (Jean-Xavier), né en 4750, à Port-sur-Saône , bourg de Franche-Comté, entra de bonne heure dans l'arme du génie. Il se lit estimer de ses chefs et aimer de ses camarades. Quoique bien placé dans le inonde, il ne le recherchait cependant point. Doué d'une raison supérieure à son âge, il employait tous ses moments à l'étude des sciences, ou i la lecture des meilleurs auteurs ; aussi n'était-il étranger à aucune science, et il parlait et écrivait avec beaucoup de facilité et d'élégance. Député par la noblesse du bailliage d'Amont à l'assemblée constituante, il en fut nommé trois fois président. Sa modestie l'empêcha de paraître souvent à la tribune, mais il travaillait dans les comités, et il fut chargé de plusieurs rapports, dont les plus remarquables sont ceux sur ï Uniformité des poids et mesures; sur le Classement des places de guerre; sur l'État de l'armée. Il publia aussi des Considérations sur le corps du génie, 1790, in-8°; et un Rapport sommaire sur la nouvelle division du royaume, même année et même format. La session terminée, il rentra au service, avec le simple grade de capitaine du génie. Employé à l'état-inajor du général Lafayette, il fut accusé d'avoir négocié, entre ce général et le maréchal Ltickner, un accord qui devait opérer la réunion des armées pour marcher sur Paris, dissoudre rassemblée législative et délivrer le roi. Un décret le manda à la barre pour rendre compte de sa conduite, et il y parut. La manière courageuse et éloquente avec laquelle il parla força ses ennemis même à l'applaudir. Obligé de fuir avec le général Lafayette, après la révolution du 10 août 1792, il fut, comme lui arrêté par les Autrichiens, et conduit à Magdebourg , puis dans la forteresse cTOImutz, où il resta prisonnier jusqu'à ce qu'en 1797, l'intervention du général Bonaparte, au traité de Campo-Formio, lui eut fait rendre la liberté, ainsi qu'à ses compagnons d'in-

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