‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 34 sur 97 · IN BUR · texte numérisé non relu

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fortune. Bureaux de Pusy exécuta alors le projet qu'il avait formé depuis longtemps de passer en Amérique. Il fut parfaitement accueilli à Philadelphie, et le congrès le chargea de faire un plan de défense pour la côte de New-York. Ce travail, soumis à l'examen des hommes de l'art les plus éclairés, a reçu leur approbation ; mais les circonstances n'ont pas encore permis de l'exécuter. Rappelé en France par le premier consul, après le 18 brumaire Bureaux de Pusy fut successivement nommé préfet à Moulins, à Lyon et à Gênes. Dans le peu de temps qu'il occupa cetlc dernière place, il sut se concilier les esprit*, éteindre les divisions, étouffer les haines. Il commença des reformes utiles, et il en préparait d'autres, lorsqu'il fut atteint d'une fièvre maligne, qui l'enleva le 2 février 1600. M. Guerre a publié : Éloge historique de J.-X. Bureaux de Pusy, 4807, jn-8*; on y apprend qu'il a laissé de» mémoires sur les événements de la révolution, dont il avait été le témoin. W — 8.

BURETTE (Pierub-Jean), naquit à Paris, le SI novembre 1065. Son père, Claude, originaire de Nuits, devait le jour à un habile chirurgien ; mais il fut obligé d'abandonner la médecine et do quitter son pays, jwur chercher une ressource dans l'état de musicien. Il avait pour la harpe un talent supérieur, et l'on possède de lui plusieurs pièces manuscrites. Le jeune Burette eut une enfance si valétudinaire, qu'on n'o» ni l'envoyer au collège, ni le fatiguer par des éludes sérieuses. Son père se contenta de lui apprendre la musique, dans laquelle il lit des progrès si rapides, qu'à lage de huit ans, il parut à la cour de Louis XIV, touchant une |x'titc épinette, que Claude accompairnait de sa harpe. A dix ans, il donnait des leçons de clavecin , cl bientôt le père et le fils furent tellement en vogue, qu'ils ne pouvaient suffire au nombre de leurs écoliers. Les succès de Burette dans la musique ne purent néanmoins étouffer le goût dominant qu'il avait pour les lettres : il employait à acheter des livres une parlie du produit de ses leçons. Deux ecclésiastiques, amis de sa famille, lui enseignèrent le latin ; ensuite, seul, et sans autre secours que la méthode de Lancelot, il parvint à se rendre familière la langue grecque, tant il mit d'application et d'assiduité dans son travail. Plus son esprit se développait, plus la sphère de ses connaissances sagrandissait, et moins la profession de musicien lui présentait une perspective agréable. Enfin, à force de prières, il obtint de ses (tarants la |>eriuission do quitter un état qui ne pouvait plus lui convenir, et d'embrasser la médecine. Mais, pour parvenir à être membre de la faculté, il fallait d'abord faire un cours de philosophie, ensuite prendre ses degrés. Voilà donc Burette & dix-huit ans, et pour la première fois de sa vie, sur les lianes. Une persévérance peu commune a son âge lui fit surmonter tous ces dégoûts. Il obtint successivement le baccalauréat, la licence, et fut reçu docteur-régent en 1000, n'ayant encore que vingt-cinq ans. Le voisinage du collège Royal lui avait (ait fréquenter cet asile des sciences : il apprit les langues orientales, et sut aussi se rendre familié-

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res plusieurs de celles de l'Europe. Au bout de deux ans de doctorat, on lui confia le soin des malades de la Charité ( hommes), emploi qu'il remplit pendant trente-quatre ans. En 1693, il Ait nommé professeur de matière médicale. Il composa, sur ce sujet, un (ruité lalin , qui réunit les suffrages de tous ses confrères. Il traduisit aussi et réduisit en tables les Eléments de botanique de Tournefort, et son travail servit, dans la suite, à Tournefort lui-même; En 1701, il professa la chirurgie latine. Le cours qu'il dicta dans cette occasion fut adopté par ses successeurs. Ce fut à celte époque qu'il connut l'abbé Bignon, qui le fit nommer censeur royal, et lui ouvrit, en 1705, les portes de l'académie des inscriptions. D'abord élève de Dacier, il eut en 1711 le titre d'associé, et devint pensionnaire en 1718. Dés 1706, il était un des rédacteurs du Journal des Savant*, auquel, pendant trente-trois ans , il ne cessa de coopérer. On évalue à huit volumes in-4" les extraits et autres pièces qu'il y inséra. En 1710, il obtint une claire de médecine au collège Royal; enfin, en 1718, l'abbé Bignon, devenu garde de la bibliothèque du roi , l'attacha à ce magnifique établissement, comme chargé de la recherche des livres d'histoire naturelle et de médecine. 11 est temps de parler des travaux littéraires de Burette. Dès son entrée i l'académie, il s'occupa de payer à cette compagnie le tribut qu'elle a droit d'exiger de ses membres, et, pour ne point s'écarte) de l'art auquel il s'était spécialement consacre, il dirigea d'abord ses recherches sur la gymnastique' des anciens, que l'on regarde comme une des parties de l'hygiène. On sait que celte branche importante de l'éducation des Grecs se compose de deux espèces d'exercices, les orchestriques et les palestriques. La danse et la paume ou sphérislique forment la première classe ; les i«lestres étaient consacrées au peotalhle, c'est- àdirc aux cinq exercices les plus violents, savoir : la lutte, le pugilat, le paucrace, composé des deux premiers; le jet du disque et la course, soit à pied, sait a cheval, soit dans des chars. Burette approfondit toutes les parties de ce vaste sujet dans les mémoires suivants, insérés parmi ceux de l'académie des inscriptions : 1° de la Gymnastique dks anciens (t. 1e', p. 89 de la partie historique) : il y recherche l'origine de cet art , en fait connaître tes diverses branches, et s'étend en particulier sur les gymnases d'Athènes. 2» Des Bains, considérés dans ieun rapports avec les exercices du gymnase (même Vol., p. 93). 3« lie la Danse des anciens : ses réel ic relies sur ce sujet forment deux mémoires (ibid., p. 93 et 117). 4* De ta Sphéristiqut des anciens (ibid., p. 153). 6" Avant que de s'occuper du pentathlc, il crut devoir réunir en un seul corps tout ce <nn concerne les athlètes, dont il donna l'histoire en trois mémoires (ibid., p. 211, 237, 858). 0° De ce qu'on nommait Pcntalhle dans ta gymnastique (t. S, p 218). 7" De ta Lutte des anciens (ibid., p. 228). 8" Du Pugilat et du Pancrace (ibid., p. 256). 9" De f Exercice du disque au palet (p. 330). 10" De ta Courte à pied, à entrai et dans tes chars {ibid., p. 280). Ccsmesnofres laissent peu de chose à désirer pour

l'exactitude de* recherches. Mais il était réserve" au philosophe de Paw de détruire le préjugé que conservaient encore beaucoup d'écrivains en faveur de la gymnastique. Ha montré combien nuisit à la constitution des Athéniens l'abus des exercices violents, contre lesquels Galien lui-même s'élève avec force dans ses divers écrits. Les recherches qu'avait faites l'abbé Fraguier sur un passage de Platon attirèrent ensuite l'attention de Burette. Dans ce lissage, qui se trouve au 7e livre de* Lois, le mot harmonie, plusieurs fois employé, avait fait penser au jésuite que les Grecs connurent ce que nous appelons contre-point, et il inséra, dans les Mémoires de f académie det inscriptions, ses réflexions à ce sujet. Burette réfuta victorieusement cette opinion dans un autre mémoire, t. 3, p. 118 de la partie historique. 11 prouva que les anciens ignorèrent l'art de composer eu plusieurs parties ; que tous les concerts s'exécutaient à l'unisson (homophonic) ou à l'octave, qui n'est qu'une espèce d'unisson (anliphouio) ; que chez eux, l'harmonie n'était autre chose que celte partie de la mélopée qui a pour objet la succession des sons, du grave à l'aigu, de l'aigu au grave, suivant de certains rappris déterminés par les règles. Il ne s'en tint pas à ce premier mémoire. Il publia successivement : {"de la Symphonie des anciens, tant vocale qu'instrumentale {l. 4, p. 1 10). 2° Du Rltythme de l'ancienne musique (t. 3, p. 132). Dans cet écrit, il combat plusieurs assertions d'Isaac Yossius; mais il n'a j.fis toujours lu raison pour lui. 3" De la Mélopée de l'ancienne musique (ibid., p. 109). Ce fut dans ce mémoire que Burette publia trois lambeaux de soi-disant musique grecque, qu'il avait découverts dans un manuscrit, et qu'il prit grande peine a traduire en notes modernes; un hymne à Calliope, un à IS'éraésis, un autre au dieu de Délos. Tout ce qu'il y avait dans Paris d'érudils, de savants, de gens du monde, se réunit plus de viugt fois peur entendre et pour admirer, en baillant, ces précieux restes de l'art des Linus et des Thcrpandre. Avouuns- Ic de bonne foi, rien n'était plus ridicule qu'un tel concert et de pareils auditeurs, u Je suppose, dit llous- « seau, ces échantillons lidéles; je veux mémo que « ceux qui prétendent en juger connaissent suflisam- « ment le fîe-tiie cl l'accent de la langue grecque. « Qu'ils rétléchissent qu'un Italien est juge incom- « pèlent d'un air français ; qu'un Français n'entend a rien du tout à la mélodie italienne; puis, qu'il* « comparent les tcui]>s et les lieux, et qu'ils pro- « noncent s'ils l'osent. » Quant à nous, nuus pensons que ce fut l'ennui que donnèrent à Burette luimême Ces antiques psalmodies qui lui dicta le niémoire sur les effets de la musique ancienne. 4° Histoire littéraire du dialogue dt l'iutarque sur la musique (t. 8, p. 44] . ou y truuve la nomenclature des éditions de ce dialogue, l'indication des variantes du texte, des traductions , la notice et l'examen des critiques et commentateurs. li° Nouvelles Réflexions sur la symphonie des anciens (ibid.. p. U3). Cet écrit est dirige contre le P. du Cerceau, qui avait opposé à Burette un prétendu concert à la tierce, différent du magadis ordinaire. 0" De Dnert

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Ouvrages modernes touchant l'ancienne musiqu* (ibid., p. I") : il y combat le P. Bougeant, qui, partageant l'opinion de l'abbé Fraguier, avait attaqué Burette dans le Journal de Trévoux, et l'abbé de Châteauneuf , auteur des Dialogues sur la musique det anciens. 7° Traité de Plularque sur la musique (t. 8, p. 27) : on en trouve l'analyse à. la p. 80. 8" Dialogue de Plularque sur la musique. Cet ouvrage contient le texte grec, corrigé avec soin, la traduction de Burette, et des notes nombreuses, dans lesquelles on trouve des notices sur plus de soixante-dix musiciens de l'antiquité. Ufut publié en 4 parties (t. 10, p. m ; t. 13, p. 173 ; t. 15, p. 203, et t. 17, p. 31). Le Dialogue de Plularque fut aussi tiré séparément a un petit nombre d'exemplaires, Paris, imprimerie royale, 1733, iu-4*. C'est le seul des mémoires de Burelie que l'on ait détaché de la collection de l'académie. 9* Les merveilleux effets attribués à la musique des anciens ne prouvent pas qu'elle fût aussi parfaite que la nôtre (t. S, p. 133). Burette a montré dans ce mémoire que l'on peut exceller dans la pratique d'un art, tel que la musique, que l'on peut même en posséder parfaitement la théorie, et cependant n'avoir pas la plus légère notion de la poétique de cet art, du principe imitatif qui le constitue art libéral, et de l'espèce particulière d'imitation qui lui est propre ; car, puisqu'ils sont de natures différentes, chacun des beaux-arts doit avoir son genre comme son moyen d'imitation, ce que n'ont point observé la plupart de ceux qui ont écrit sur résiliétique. Il y a sans doute beaucoup d'exagération dans ce que les Grecs nous racontent des effets merveilleux de leur musique ; mais il est incontestable que, pour eux, pour leur langue, pour le rhythme et l'accent de leur poésie, cette musique était beaucoup plus parfaite que la nôtre, qui peut a peine compter six hommes de génie parmi les compositeurs modernes. 10" Observation servant d'épilogue et de conclusion, avec des remarques louchant la musique, dans lesquelles on compare la théorie de f ancienne avec celle de la muderne, en 3 parties (t. 17). Malgré l'érudition répandue dans les mémoires de Burette sur la musique , on ne saurait y puiser une juste idée du diagramme ou grand système. des Grecs, composé de quatre tétracordes , unis entre eux par un tétracorde conjoint, de leurs vraies proportions musicales, et surtout de la formation et de la position des divers tétracordes , relativement aux différents modes. Burette a compté en montant les cordes du système, qui doivent l'être en descendant ; erreur répétée par l'abbé Barthélémy. Une distingue point les faux calculs d'Aristoxène des justes proportions do Pytbagorc. 11 n'a point vu que notre gamme, hors de laquelle nous ne savons (tas apercevoir de musique, n'est elle-même qu'un composé des deux tétracordes semblables, uf si la toi fa m ré ut, dans lesquels le demi-ion occupe la même place. Ce n'est que dans les écrits de l'abbé Roussier (ooy. ce nom) que l'on peut prendre une connaissance exacte de la théorie musicale des Grecs : lui seul a su débrouiller ce que laissent d'obscur les écrits des auteurs anciens recueillis par Meibom. Après avoir passé

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dans le célibat une vie douce et tranquille, Burette termina ses jours le 19 mai 1747, âgé de 82 ans. Il s'était formé, avec beaucoup de soins et de dépenses, une riche bibliothèque, dont Gabriel Martin a publié le catalogue, Paris, 1748, S vol. in-12. Il ordonna , par son testament, que ces livres fussent vendus en détail, afin que chacun put profiter de ce qu'il avait recueilli, avec tant de peines , dans le cours d'une longue vie. Indépendamment des ouvrages que nous avons indiqués ci-dessus, Burette a laissé : 1° Eloge de madame Dacier, Paris, 1721, in — 1° ; 2* Non ergo refusa in sanguinis alveum pinguedo, eedit in corporis nutrimentum, ibid., 1733, in-f • ; S'Ergo canalit intetlinorum glandula primaria, ibid., 1741, in-4*; A' Ergo dum cor contrahifur, ditatanlur arteriœ coronariœ, ibid., 1741 , in-4»; 5° Symphonies des opéras de Lully, arrangées pour le clavecin, dont le manuscrit était dans sa bibliothèque ; 6° de Morbis omissis ; 7° de Aquarum Oalliat medieatarum Natura, Viribus et Usu. Ces deux ouvrages sont manuscrits. Il se trouvait une copie du dernier dans la bibliothèque de Baron. L'éloge de Burette, par Fréret, a été inséré dans le t. 21 des Mémoires de l'académie des inscriptions et belleslettres. Il s'en trouve un autre à la tête du catalogue de ses livres. D. L.

BDRG (Adrien van der), peintre, né à Dordrecht en 1693, eut pour maître Arnold Houbraken. Devenu habile, il commença par peindre des portraits, et le talent, si précieux dans ce genre, d'ajouter des agréments à la ressemblance, fit rechercher les productions de son pinceau. Le duc d'Aremberg voulut être peint par van der Burg, et il l'appela prés de lui à Bruxelles. De retour à Dordrecht, le peintre représenta, en un seul tableau, les administrateurs de l'hôpital des Orphelins, et exécuta ensuite de la même manière les portraits des directeurs de la monnaie : cette dernière production lui fit surtout un grand honneur. Descamps distingue encore, parmi les ouvrages de van der Burg, deux petits tableaux de chevalet, dans le goût de Hiéris et de Metzu. L'un, connu sous le nom de : Eh! voisin représente un marcliand de crevettes qui veut embrasser une jeune fille. Dans l'autre, on voit une jeune femme ivre. Les talents de van der Burg lui devaient assurer une existence heureuse ; mais, livré à l'intempérance et à la débauche, il ne peignait que quand il y était contraint par la détresse, et négligeait ainsi sa maison, ses élèves, son art même. Les excès dans lesquels il se plongea avancèrent le terme de ses jours. 11 mourut le 30 mai 1733. On vante, dans les portraits de cet artiste, la belle fonte et la vérité de la couleur, une touche large et facile. Ses petits tableaux sont d'un fini précieux, et peuvent se soutenir auprès des bonnes productions de ce genre ; mais la manière de vivre et la mort prématurée de van der Burg ne lui permirent pas de les multiplier beaucoup. D— T.

BURG (Je an-Frkdéric), né à Breslau, le 13 mai 1689, et mort dans la même ville, le 6 juin 1766, lit ses études à Leipsick, parcourut une partie de l'Europe, et revint daus sa patrie en 1711, pour s'y

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vouer à la théologie. Il s'y fit distinguer par la sagesse de son esprit, la bonté de son caractère, et parvint aux premières places de l'ordre ecclésiastique. On a de lui : 1° Elementa oraloria, ex anfiquis atque recentioribut facto praceptorum deleclu, etc., Breslau, 1736, in-8»; 1744, in-8«. Cet ouvrage a été traduit en russe, et adopté dans les écoles de Russie pour l'enseignement public. On fait cas de l'édition publiée par Nik. Bentisch Kamcnski, Moscou, 1776, in-12. 2° Institutiones théologies thelicas, Breslau, 1738, in-8*; 1746; 1766. Cette dernière édition est fort augmentée. 3° Un recueil de sermons, en 6 parties, ibid., 17Ô0-S6, in-8«. G— T.

BUBG (Jean-Tobie), astronome, né à Vienne, le 24 décembre 1766, fut placé, fort jeune, chez les jésuites, dans l'ordre desquels il se proposait d'entrer; mais les ordonnances de Joseph II vinrent l'en empêcher. A l'étude des lettres, des langues et de l'histoire, Burg joignit celle de la physique et des mathématiques qui bientôt lui fournirent l'occasion d'ouvrir des livres d'astronomie. Le goût que dès lors il sentit pour cette science décida de sa vocation. Recommandé par ses maîtres, il fut admis à rObscrvatoire de Vienne où, pendant trois ans, il seconda l'adjoint Triesnecker dans ses observations. En 1791, il fut envoyé professeur au lycée de Klagenfurth. L'année suivante, la mort de Hell, qui fut sur-le-champ remplacé par Triesnecker dans le poste de directeur de l'Observatoire de Vienne, laissa vacante la place d'adjoint, et Burg l'obtint 41792). Voué dès lors aux travaux astronomiques, il prit une part active à la confection des Ephimérides de Vienne. En 1798, l'Institut de France mit au concours la question suivante : Fixer, d'après cinq cents observations, au moins, les époques de la distance moyenne de Vapogée de la lune H celte des nœuds ascendants. Au lieu de cinq cents observations, Burg en présenta trois mille deux cent trente-deux. Un seul concurrent, Alexis Bouvard, lui disputait le prix. Delambre, chargé du rapport, rendit justice à l'excellence des deux mémoires, et regretta que la section n'eût pas deux prix à décerner. Bonaparte fil alors les frais d'un autre prix, et les deux astronomes reçurent chacun la valeur de 3,000 fr. Les travaux de Bouvard et de Burg furent imprimés aux frais de l'Institut. Ce fût un grand service rendu à la science, et surtout à la navigation, qui, pendant longtemps, n'a rien possédé de plus exact que les tables lunaires de ces deux savants. C'est dans ces derniers temps seulement que Burckardt ( voy. ce nom ) et Damoiseau en sont venus à préciser plus rigoureusement encore ces observations. Burg continua de suivre le cours de ses études, surtout celle des mouvements de la lune. Il en a considérablement enrichi la théorie par la publication de divers mémoires qui se trouvent dans les Ephimérides de Vienne, dans YAlmanach de Berlin, dans la Correspondance mensuelle, et dans quelques autres recueils. I ."empereur d' Autriche le nomma conseiller d'État, chevalier de l'ordre de Léopold, etc. En 48(9, Burg, devenu sourd par suite d'un refroidissement, obtint sa retraite sans rien perdre de ses émoluments. Il

afta vivre à H maison de campagne de Wiesena près de Klagenfurth; et c'est là qu'il mourut, le 25 novembre 1854. II a laissé quelques manuscrits dont l'Observatoire de Vienne a cherché à faire l'acquisition. Val. P.

BURGENSIS. Vouez Bourges.

BDRGER (Godefroi-Algcste) , poète allemand, né le 1" janvier 1748, à Wolmerswende, village de la principauté de Halberstadt, où son père était pasteur luthérien. 11 montra dans son cnrance peu île dispositions à l'étude des lettres : la Bihlc et les cantiques avaient seuls des attraits pour lui ; il les savait par corur, et ses premiers essais de versitlcation furent des imitations de Psaumes, qui, dans leur imperfection, annonçaient de la verve et une oreille juste. C'est à cette première nourriture de son esprit qu'il faut attribuer les locutions bibliques, les allusions au christianisme, et le style, pour ainsi dire, d'église qu'on retrouve jusque dans ses poésies érotiques. Il aimait la solitude, et s'abandonnait aux sentiments qu'inspirent les déserts et les sombres forêts. De l'école d'AschersIeben, où demeurait son grand-père maternel, et qu'il quitta à la suite d'un châtiment brutal qui lui avait été infligé pour une épigramme, il fut envoyé au Pédagogium de Halle; mais, ni dans l'une ni dans l'autre de ces institutions, ses progrès ne furent sensibles. Il ne montra de goût que pour les leçons de prosodie et de versification qu'on donnait aux élèves du Pédagogium, et que partageait aussi son ami Gokingk, devenu célèbre dans la suite par des épltrcs et des chansons (1 ). En 1764, Bûrger, destiné à la carrière ecclésiastique, commença à suivre les cours des professeurs de l'université. KJotz, savant humaniste, l'admit au nombre des jeunes gens dont il se plaisait à cultiver les dispositions; mais celte société ne parait pas avoir eu sur le caractère moral de Bûrger une influence aussi heureuse que sur son talent. Sa ronduite indisposa contre lui son grand-père Bauer, et ce fut avec peine qu'il obtint de lui de nouveaux secours, et, en 1768, la permission de se rendre à Goetlingue, pour y faire des études de droit, au lieu de celles de théologie. Ce changement ne le rendit pas appliqué; ses mœurs se corrompirent, et son grandpère l'abandonna. Bûrger lit des dettes, et sa position serait devenue tout à fait désespérée, sans l'appui de quelques amis. One réunion mémorable dans les annales de U littérature allemande venait de se former à Goettingue ; elle comptait parmi ses membres, Boje, Biester, Sprengel, Holly, Miller, Voss, les deux comtes de Stolberg, Ch.-Fr. Cramer, Leisewitz, etc. Bûrger y fut admis Tous étaient versés dans la littérature grecque et romaine, et cependant tous idolâtraient Shakspeare. Ce phénomène, qui ne peut s'expliquer ni par les préventions nationales, ni par l'ignorance des grands modèles, tient à l'ensemble du système et de l'organisation des peuples du Nord. Bûrger partageait avec ses amis l'enthousiasme pour le tragique anglais. Le Recueil de

m M. Gokin«k «pleur* la mort rie mu «mi BOrpor dm oae

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vieille» Ballades, principalement écossaises, publié dans ce temps par le docteur Percy , ne lit qu'accélérer sa marche dans la direction qu'il avait prise, et lui inspira quelques-unes des productions que ses concitoyens admirent le plus. Boje fut celui de ses amis qui exerça l'influence la plus marquée sur le choix et l'ordonnance de ses compositions. 11 lui apprit 4 faire diflicilement des vers faciles, et c'est â ses conseils sévères que la période poétique de Bûrger doit en grande partie cetle correction, cette rondeur qui la caractérisent. 11 lui dut aussi quelque adoucissement à sa position, qui fut très-pénible jusqu'à l'an , 1772. A la recommandation de Boje , les barons d'Usslar lui confièrent la place de bailli à Alvengleichcn, dans la principauté de Calenberg. L'hiver suivant, des fragments d'un conte de revenants, qu'il entendit chanter à une paysanne au clair de la lune , enflammèreut son imaginatiou , et sa Uonore parut , pour être incessamment répétée dans toutes les parties de l'Allemagne. Peu après l'impression de cette ballade, une circonstance vint lut inspirer plus de conliance encore dans son talent. Faisant un voyage dans son pays natal , il entendit un soir, dans la chambre à côté de celle où il couchait, le maître d'école lire à une assemblée de villageois réunis a l'auberge , la Léonore , qui venait de paraître , et celte lecture accueillie par les plus vifs applaudissements. Ce succès le flatta plus que les éloges de ses amis. Vers ce temps , il épousa la fille d'un baillif hanovrien , ap|»clé Leonhart; niais cette union ne fut \mw lui qu'une source d'amertume, une malheureu.se passion pour la s<rur catlelle do sa femme s'élant allumée dans son eo?ur. La perte d'une somme dont son grand-pére lui avait fait don avait commencé ses embarras de fortune; l'entreprise de l'exploitation d'une grosse ferme qu'il ne sut pas régir les accrut , et la démission de sa place, qu'il fut oblige île donner en 1781, à la suite de soupçons, probablement mal fondés, élevés contre la lidélilé de sa gestion , mit le comble à son infortune. Il avait, peu auparavant, perdu son excellente femme; et il n'est que trop constant que sa mort fut accélérée par le sentiment coupable que Bûrger nourrissait dans son cœur. Chargé de deux enfants, et réduit aux modiques honoraires de VAImanaeh det Mutes de Goettingue, dont il était éditeur depuis 1779 , il se rendit dans cette ville pour y donner des leçons particulières , et dans l'espoir d'obtenir du gouvernement de Hanovre une chaire de professeur de belles-lettres : cinq ans après , ce titre lui fut conféré, niais sans traitement ; et ce fut là toute la récompense publique qu'obtint , duraut sa vie, un des auteurs favoris de sa nation, qui, très-jeune encore , avait joui d'une grande renommée. A peine les cendres de sa femme étaient-ellea froides , qu'il épousa celte Molly , que ses poésie* n'ont rendue que trop célèbre , et qui avait empoisonné l'existence de sa sœur ; mais il ne jouit pas longtemps du bonheur après lequel il avait tant soupiré : elle mourut en couches au commencement de 1786. Depuis ce moment, il ne fit que languir, et le feu de son génie parut s'éteindre avec celle

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qui l'avait si longtemps nourri. A peine eut-il, dan* des intervalles de forces renaissantes, la faculté d'achever son Cantique des cantique», espèce de dithyrambe , ou hymne nuptial , destiné à célébrer son union, et qui est un monstrueux mélange de passions frénétiques, d'idées religieuses, et de phrases ampoulées. Ce fut la dernière production de Bûrger. Ayant étudié la philosophie de Kant, il eut l'idée de s'en faire une ressource à Goetlinguc , où elle n'avait pas encore été enseignée ; il offrit de l'expliquer dans des cours qui furent suivis par un grand nombre de jeunes gens. Le succès , la satisfaction (pic l'université lui témoigna pour deux cantates qu'il lit en 1787, à l'époque du jubilé quinquagénaire de cette illustre école , et sa nomination à la place de professeur extraordinaire, ranimèrent son courage. La fortune paraissant lui sourire de nouveau, il forma le projet de se remarier, pour donner une mère à ses enfants. Dans un des moments où cette idée l'occupait le plus , il reçut une lettre de Stuttgard , dans laquelle une jeune personne , dont le style annonçait un esprit cultivé, et les sentiments une âme élevée et sensible, après lui avoir peint avec enthousiasme l'impression que ses poésies avaient faite sur clic, lui offrait son cour et sa main. Bûrger ne jwrla d'abord de la chose qu'en plaisantant ; mais les informations qu'il prit sur le caractère, la fortune et l'extérieur de son correspondant, ayant enflammé son imagination, il fit le voyage de Stuttganl, et en ramena une femme qui empoisonna et déshonora le reste de ses jours. En moins de trois ans, il se vit dans la nécessité de s'en séparer par le divorce , et l'épuisement de sa santé se joignit à un dénûment absolu. Enfermé dans une petite chambre , le poète favori de l'Allemagne consuma le reste de ses forces en traductions commandées par quelques libraires étrangers; mais la maladie et la douleur lui ôtérent bientôt jusqu'à celte ressource, et il serait mort dans la plus affreuse" indigence, si le gouvernement de Hanovre n'eût versé sur lui quelques bienfaits. Il mourut le 8 juin 1791, d'une maladie de poitrine, dont il avait constamment méconnu le danger. Bûrger n'est remarquable que comme poète lyrique. Il s'est essayé dans tous les genres qui appartiennent à cette branche des productions du génie ; mais il n'a éminemment réussi que dans la chanson et dans la romance. Nous pensons qu'on caractérisera assez bien son talent , en disant que son imagination est plus fraîche que riche, qu'il a pins de sensibilité que d'élévation, plus de naïveté et de bonhomie que de délicatesse et de goût. Son style brille par la clarté, l'énergie, et une élégance qui lient plutôt au tmail qu'à une grâce naturcllff : il a, en un mot, toutes les qualités qui plaisent au grand nombre. N'accordant le titre de poêles qu'à ceux dont les chants étaient propres a devenir populaires , il s'accoutuma d'assez bonne heure à rejeter tout ce qui ne lui paraissait pas intelligible et intéressant pour toutes les classes de lecteurs. Toujours clair et énergique, il n'est jamais ni bas, ni trivial, et si, dans le choix des détails, on désire quelquefois plut de goût et de délicatesse, ses

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sentiments sont constamment nobles, et le but moral du plus grand nombre de ses poèmes tout à fait irréprochable. Quelques-uns respirent la piété et l'amour de la verlu la plus pure. Wieland a dit ( Mercure allemand, ann. 1778, vol. 3, p. 93 ) qu'en composant sa chanson intitulée : MeenntrkeutchkeU ( la Chasteté de l'homme ), Bûrger avait mieux mérité de la génération naissante et des générations futures de sa nation, que s'il avait écrit le plus beau des traités de morale. Ce morceau a été inséré dans la plupart des recueils d'hymnes à l'usage de la communion luthérienne. On a trois éditions des œuvres de Bûrger ; les deux premières parurent de son vivant, en 1778 et en 1789, 2 vol. in-8", et la troisième après sa mort , par les soins de son ami, Ch. Reinhard, 1796-98 , 4 vol. grand in-84, fig.f toutes les trois à Goellingue. La dernière offre quelques œuvres posthumes cl des mélanges en prose; chacune a des avantages qui la distinguent, et offre la même variété de chansons, d'odes, de romances, de ballades, de sonnets ( qu'il s'efforça de remctlra en honneur parmi ses compatriotes ) , et des épigrammes. Nous devons nous borner à présenter uns notice historique des morceaux auxquels leur mérite ou la singularité du sujet ont procuré une grande célébrité : 1a une traduction ou plutôt une imitation du Petxigilium Vénerie ( Nachifuer der Venus ) : c'est un chef-d'œuvre de diction et d'harmonie rhythmique. 2° Lionort, romance, qui appartient au genre que Bûrger lui-même a appelé ipico-lyrique : le fonds en est emprunté d'une tradition populaire , dont on retrouve les traces dans différentes contrées du Nord. (Voy. Percy, Reliqwe of ancieni poelry, t. 3, p. 136; Monthly Magasine, septembre 1796; et Aage og EUe, ancienne ballade danoise, publiée par le professeur Rahbek, Copenhague, 1819, in-8°.) La Léonore a été traduite en danois, en 1788", six fois en anglais, par Sianley, Pye, Spencer, cic.; et de l'anglais en français, par S. Ad. de la Madeleine, en 1814 (1). La traduction de Spencer (Londres, 1796, in-fol.) est accompagnée de gravures d'après les dessins de lady Diana Beauclerc. Deux compositeurs allemands l'ont mise en musique. Bûrger a paru trés-mécontcnt du grand succès de cette production de sa jeunesse. 11 lui préférait un grand nombre de ses poèmes, et était le premier à blâmer l'abus puéril des onomatopées qu'il s'y était permises. 3« La FUle du minùtrt de Taulirnhain. C'est l'histoire de la séduction et de la fin tragique d'une jeune fille. On y trouve, comme dans presque tous les poèmes de Bûrger, des détails de mauvais goût, mais l'ensemble produit une impression profonde. *• Le Chatteur inhumain. 5« La Chuneon du brave homme, où l'action héroïque d'un paysan qui sauve une famille de la fureur des flots est racontée avec Une sensibilité admira- ■ ble. «• Le Cantique de» c**Hquet, fonçU aux pied» deé auleie : c'est un hymne à la louange de sa Molly. 7* Un travestissement burlesque de la fable de Ju-

(I) Il en eHHs Ut .utre induction (rincaU* pu madame P>uUm de B-, PirU, Miduud, 18U, ta-»9 M » p. Cs-».

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filer H Europe. C'est un morceau de la plaisanterie la plus lourde , et d'un goût détestable. I! eut cependant beaucoup de vogue lorsqu'il parut |>our la première fois. 6* Une traduction ïambiquc des quatre premiers chants et du 22* livre de V Iliade. Le choix du mètre n'était pas heureux. Aussi le pria-t-on ironiquement de vouloir bien mettre Anacrèon en hexamètres, quand il aurait achevé sa version d'Homère en ïambes allemands. 9* Une excellente traduction du Macbeth de Shakspeare. <«• Des morceaux de poétique et de rhétorique en prose. Il avait commencé à écrire des observations eritiqnes sur ses propres ourrages , avec autaut de sévérité que de sagacité. Nous n'avons que des fragments de ce travail. 11° Il a été l'éditeur de VAlmanach des Muses de Gocttingue, de 1779 jusqu'en 1T94. Vctteriein, Polit* et Engcl ont publié on choix de poésies de Bûrgcr, avec des notes; et des compositeurs célèbres , tels que Sfiiulz et Reichardt, ont mis en musique un assez grand nombre de ses chansons. — La troisième femme de Bûrger, que la biographie allemande juge digne de lui avoir été associée par son goût pour les lettres, et surtout pour la poésie, est auteur de plusieurs pièces de vers insérées dans des recueils. Celle qui a pour titre le Badinage d'une mère [voy. le recueil de 1T80) suflit pour prouver son talent poétique. Elle était parente du fameux Ali-I!ey. S— n.

BCRGERMEISTER DE DEYZISAC ( J»:.4N- IÎtiense ), jurisconsulte, né le 10 décembre 1605, à Geisslingcn , petite ville près d'UJin, d'une famille noble , fit, au sortir de ses études, différents voyages qui lui donnèrent occasion d'étendre ses connaissances. En 1691 , il fut reçu docteur en droit à Tubingcn , et fut appelé bientôt après a remplir des fonctions Importantes. La noblesse immédiate de Souabc était alors en différend avec le duc de Wurtemberg au sujet de quelques prérogatives. Burgermeister, en défendant ses droits , se permit , contre la cour de Wurtemberg , quelques expression^ peu mesurées qui le firent arrêter et enfermer pour quelque temps dans un château fort. Après son élargissement, il reçut, en J7I8, de l'empereur Charles VI, le titre de conseiller impérial, et mourut dans ses terres en 1722. On distingue, parmi ses ouvrages : 1° Status equeslris Casaris imperii romano-germanici , c'est-à-dire Etal de la noblesse immédiate des trois cercles de Snuabe, de Franeonie et du Rhin, de ses prérogatives , etc., 1700 , in-4' ; 2e Corpi de droit de la noblesse de T Empire, ou Code diplomatique, Ulm, 1707, in-4°; 3° Corps de droit public et privé des Allemands, ou Code diplomatique des droits et coutumes âes Allemands, etc., Ulm, 1717, 2 vol, in-4°; ',<• Thésaurus juris equeslris, Uni, 1718, 2 voj. in-8": 5° Bibliotheca equeslris, Ulm, 1720, 2 vol. in-r. Tous ces écrits manqueut de clarté , çt de jugemeut dans le choix des preuves ; le style en est embrouillé et difficile, et les matériaux v sont entassés sans choix. — Son lils Wolfgang-Vau) Btnr.EBUEisTEn , né en 1697, mort en 1756, fit les mômes études, suivit |a même carrière, et y porta dp même une érudition

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mal raisonnée et sans criUque. On a de lui : 1' Collalio eapitulalionum Cœsarearum pott patem Weslphalicam factarum cum projeclo capitulalionis perpétua eomitiali, Tubingen, 1710, in-i°; réimprimée, avec des augmentations, daus les dissertations de Ga« briel Schwedcr, 1731, t. 1er, p. 846-1 108. 2° Libéra Wormalia pressa suspirans, Worms, 4739-1740, 3 parties în-fol. Il a laissé aussi quelques dissertations. G— T.

BURGERSDICIUS (François Bubgersdyck, ou), professeur de philosophie, naquit en 1590 à Lier prés de Delfl. Après avoir terminé ses études à l'université de I.cyde , il résolut de parcourir la France et l'Allemague jiour se perfectionner par la fréquentation des savants. Attiré à Saumur par la réputation dont jouissait alors l'académie de cette ville, il s'y lit inscrire parmi les élèves en théologie; mais ses talents précoces ne pouvaient échapper a l'œil exercé de ses maîtres ; et on lui offrit une chaire de philosophie qu'il remplit , pendant cinq ans, de la manière la plus brillante. De retour à Leyde où il a\ait été rappelé par les curateurs de l'université, on lui confia les chaires de logique et de morale; mais il échangea bientôt après celte dernière contre celle de physique, et il resta constamment clwrgé de deux cours. Cet habile professeur mourut en 1629, à l'âge de 59 ans. Il a laissé plusieurs ouvrages élémentaires dont on tiouve les litres dans les Mémoires pour servir à l'Histoire littéraire des Pays-Bas par l'aquot, 1. 1", p. 169, edit. i u- fol. Sou traité de logique, réimprimé plusieurs fois et traduit du latin en néerlandais, a longtemps été suivi dans les écoles de Hollande. Parmi ses autres ouvrages, le seul que les curieux recherchent encore a cause de la beauté de l'édition est : Idea philosophiœ moralis , Lcyde, Elzevir, 1644 , pet. in-12. Le portrait de Bnrgersdicius est un de ceux qui décorent YAthenœ Balavorum de Meursius. Voy., pour plus de détails, son Oraison funèbre prononcée par P. Cuuxus. W — s.

BL RGGRAVE ( JEAN-EnxEST ), médecin superstitieux, partisan de la doctrine de Paracclsc, né a INeustadt, dans le Palatinat, florissait au commencement du 17* siècle, et a laissé un grand nombre d'ouvrages, plus remarquables par la bizarrerie des vues chimériques de l'auteur que par un mérite réel ; les principaux sont ; 1° Biolychnium, seu eura morborum magnelica et omnium venenorum alexipharmacon, Leyde, 1610, et Francfort, 1629, in-8* ; 2° Balneum Diana), seu magnelica priseorum philosophorumclavis, Leyde, 1000; 3* De EUctro philosophorum magico-physico, ibid., 161 1 ; 4* Inlroductio in philosophiam vitalem, Amsterdam, 1612, in-8*; 3' Epistola de acidulis Sicalbacensibus, insérée jiar HclvicusDielcrich dans ses Responsa medica, Francfort, 1631, et 1613, in-4"; 6° Achilles redivivus, seu Panoplia physico-vulcania, etc., Amsterdam, 1612, in-8". — Jean-Philippe Bt'BGu a\ k, médecin distingué, né à Darmstadt, le 1" septembre 1700, mort à Francfort , le 5 juin 1773 , a laissé un très-grand nombre d'ouvrages , et entre autres : 1° Lexicm medicum unitersaU, 1. 1", A-B., Francfort, 1735,

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in-fol. Celle grande entreprise ne fut pas continuée. 2* Historia partus duodecimestris, dans les Miseellanea phy$ico-medico-mathematica , ibid. , 1727, p. 170. 3» De Existentia tpiriluum nervosorvm eorumque vera origine, indole , motu, etc., ibid., 1725, in-1°. 4° Pensées sur la génération (en allcin. ), ibid., 1737, in-4°. 5° De Âere , Aquis et Locis urbis Francofurlanm ad Manum comment latio, ibid., 1751, in-S". On a aussi de lui un grand nombre de dissertations dans les Acla acad. nat. Curios. On a publié après sa mort un recueil intitulé : Cas médicaux peu communs (en allem.), Francfort, 1784, in-8\ Carrèrc et d'autres auteurs l'ont confondu avec son père, médecin, et nommé Jean-Philippe comme lui, mort en 1740, et qui a publié quelques ouvrages : nous ne citerons que sa lettre de Aulomatismo planlarum; on la trouve au commencement du Quadriparlitum Bolanicon de Simon Paulli, édition de Francfort, 1708, in-4a. G— T.

BURGH ( Adiue.n van peu), né à Brimes, dans les Pays Bas, vers le milieu du 16* siècle, devint secrétaire des Étals d'Utrcclit , et mourut en 1600. On a de lui un grand nombre de poésies latines qui eurent de la réputation dans leur temps. Il a principalement traité des sujets pieux : i" Landes ilieronymi Columna et Ascanii Columna, Anvers, 1582, iii-4°; 2° Epigrammalum sacrorum centuries 2, Leytle, 1589, iii-8°; 3° Charités, sive Sylva piorum amorum, ibid., 1595, in-8° ; 4° bides et Spes, 1597, in-8"; 5° Farrago piarum similitudinum, ibid., 1598, in-8-; 6° Fia Decasticha, seu sententiarum et cxemplorum centuriœS, 1599, in-88; 7° Oculi et Oscula, item funerum et tristium liber, Ulrccbt, 1600, in-4»; 8» Pia Solatia. ibid., 1602, in-4- ; Piorum Hexasticon centuriœÂ, Leydc, 1U03, in-8°. Valére André lui attribue encore : Ilorlulus precum ad magistratum lltrajectunum, ouvrage dont il ne donne pas la date , et une byinne pour la fête de Pâques : Hymnus paschalis de Vita, Morte et Resurrectione Chrisli. Adrien van der Burgb a revu et corrigé la 4' éditiou du poëme de P. Apoll. Collatius ( roy. ce nom), prêtre de Novarc , de Excidio Hierosolymitano lib. 4, Anvers, 1586, iu-8°. ( Voy. la Bibliotheca Belgica de Valère André. ) Cil — s.

BURGH (Jacql es), ingénieux écrivain écossais, né en 1714, à Madderty, dans le comté de Pcrlb , étudia à Madderty, et à l'université de St-André , qu'il quitta de bonne heure pour s'attacher au commerce ; mais, ne réussissant point dans cet état . il passa en Angleterre, et, après avoir été quelque temps correcteur d'imprimerie , vint à GrealMarlow, où il remplit la place de sous-maltre dans l'école de celle ville. Ce fut la qu'il commença sa carrière d'auteur par une brochure anonyme, dont on ne peut traduire le titre «pie par celui de Commémorateurde la Grande-Bretagne (Britain's Remeinbrancer), dont l'objet était de rappeler à la nation anglaise les bienfaits qu'elle avait reçus de la Providence, et le droit qu'elle avait d'en jouir. Cet ouvrage eut en deux ans cinq éditions, fut réimprimé en Angleterre, en Irlande et en Amérique, attribue

à plusieurs évéques, et souvent cité en chaire. De Marlow, Burgh passa à Enlield, et au bout cfiin an, en 1747, il ouvrit un établissement d'instruction qui obtint bientôt de la réputation, et lui procura une certaine aisance. 11 publia dans cet intervalle divers ouvrages sur la morale, l'éducation et la politique. En 1771, il abandonna ses fonctions d'instituteur pour s'occuper uniquement de travaux littéraires, et se retira à Islington, où il mourut le 26 août 1775, âgé de 61 ans, après avoir été longtemps en proie aux douleurs de la pierre Ses principaux ouvrages sont: 1» Pensées sur l'éducation, 1747 ; 2° Hymne au Créateur du monde, suivi d'une Idée du Créateur d'après ses outrages, 1748 et 1750, in-8»; 3» Dignité de la nature humaine, 1754, 4 vol. in-4», et 1767, 2 vol. in-8°; une traduction française de cet ouvrage a été publiée à Brunswick, 1778, 2 vol. in-8° ; 4° le Moniteur amical de la jeunesse , 4756 ; 5° le Christianisme démontré raisonnable, 1700 ; 6° Histoire du premier établissement des lois, etc., des Cessares , peuple de- f Amérique méridionale, espèce de roman utopique en forme de lettres, 1760, in-8» ; 7° l'Art de parler, 1762, in-8°, imprimé pour la cinquième fois en 1782 ; 8° Criton, ou Essais sur divers sujets, 2 vol. in-12, publies successivement en 1766 et 1767 : en tète du 2* volume est une dédicace satirique, remplie d'esprit et de linesse, et adressée au bon peuple de la Grande-Bretagne du 20e siècle ; 9* Recherches politiques sur les défauts, les erreurs et Us abus du gouvernement, 1774 et 1775, 5 vol. in-8». Cet ouvrage est, avec celui de la Dignité de la nature humaine, cité plus Itaul, le principal fondement de la réputation de l'auteur. On a aussi de lui quelques essais imprimés dans des journaux anglais. On remarque dans tous ses écrits un profond sentiment de morale, un grand zèle pour la liberté, mais plus de vivacité d'imagination que de justesse et d'ordre dans les idées. X— s.

BURGH (Guillaume), écuyer, membre du parlement anglais, né en Irlande en 1741, d'une famille distinguée, se lit remarquer par son attachement aux principes de l'Église anglicane, et par la chaleur avec laquelle il se prononça contre la guerre d'Amérique, et ensuite contre la révolution française. Lorsque Théophile Lindsey, premier ministre des unitaires, publia, en 1776, son Apologie pour résigner sa cure de Callerick, Burgh s'aperçut que cet ouvrage attaquait la doctrine fondamentale de l'Église, cl composa, en anglais, un écrit remarquable par un profond savoir et une saine critique , intitulé*: Réfutation, d'après l'Écriture, des arguments contre le mystère de la Trinité, in-8°. L'université d'Oxford fut si satisfaite de cet ouvrage, et principalement de la suite, publiée sous le litre de Recherches sur la croyance des chrétiens des trois premiers siècles, York, 1778, in-8°, qu'elle^ envoya à l'auteur le diplôme de docteur. On a encore de Burgh, en anglais, le commentaire et les notes du poëme du Jardin anglais de Mason, 1781, in-4*. Mason et les célèbres orateurs Pitt, Burke et Wilberforce étaient liés particulièrement avec Burgh ,

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