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* qu'à nos ennemis & l'admirer après les avoir vain- « eus sur terre et sar mer. » Le comte , entendant ces paroles, leva les yeux au dcl, et proféra ce passage d'un psaume : « 0 père du ciel et de la terre , i vous avez caché ma cause aux superbes et aux « prudents, et vous l'arc* révélée aux humbles et « atix pauvres 1 — Quant à moi, dit le preux cheva- « lier, capitaine des trois cents sbires, /aime mieux « qu'on pende Hubert de Burghoquc moi. » Et il le fit placer sur un cheval , lui lia les pieds avec de fortes courroies sous le ventre de l'animal qu'il montait, et l'amena ainsi dans la Tour de Londres. Le roi était tout enorgueilli de ce triomphe , quand Févéque de Londres vint troubler sa joie, en lui reprochant d'avoir violé la paix de l'Eglise, et en le sommant, sous peine d'excommunication, de faire reconduire son prisonnier dans la prison d'où on l'avait arraché. 11 fallut s'y soumettre ; mais Henri ordonna en même temps aux vicomtes de Hertford et d'Esscx, et toujours sous |>eine du gibet, d'investir la chapelle , et de ne laisser ni le prisonnier sortir, ni aucune nourriture entrer. « Mais en lin, sire, « que voulez-vous faire de lui ? » dit au roi l'archevêque de Dublin, ami fidèle du ministre disgracié, ét qui surveillait les projets haineux du criminel évèquc de Winchester. « Qu'il choisisse, répondit le
* roi, ou de s'avouer un traître, ou de subir une i prison perpétuelle, ou de renoncer pour jamais à « l'Angleterre. » Le comte de Kent répondit qu'il ne pouvait renoncer ni à son honneur, ni à sa liberté, ni à son pays, et soutint un vrai blocus dans sa Chapelle, qu'on avait investie d'un profond et large fossé. Privé de deux serviteurs, qui longtemps avaient su tromper la vigilance des assiégeants, et vaincu par la faim, il se rendit aux deux vicomtes Chargés de l'arrêter, fut ramené à la Tour de Londres, et s'attendait chaque jour à y recevoir le coup de la mort, lorsqu'une circonstance singulière commença d'adoucir les dispositions du roi à son égard. Ses ennemis découvrirent et dénoncèrent un dépôt d'or, d'argent, et d'autres objets précieux qu'il avait mis en sûreté dans la maison des templiers. Le maître du Temple, sommé par le monarque de lui livrer tous ces effets, répondit courageusement qu'il ne pouvait remettre un dépôt qu'à celui qui le lui avait confié. Le comte de Kent lit dire à ce fidèle dépositaire que ses biens comme sa personne appartenaient au roi. Henri, charmé de posséder ce trésor, se sentit attendri par la résignation du comte, répondit a ceux qui le pressaient de sévir contre Hubert: « Il a servi fidèlement mon oncle et mon <t père; le bien qu'il m'a fait est constant; le mal
* qu'on lui reproche n'est pas prouvé. J'aime mieux « paraître indulgent Jusqu'à la faiblesse que sévère «jusqu'à la tyrannie. » Henri fit bientôt quelque chose de plus ; il rendit au comte, non pas ses effets mobiliers, mais ses terres patrimoniales, et même celles qui lui avaient été données par le feu roi. La princesse d'Ecosse, épouse de Hubert, reçut aussi quelques marques d'attention, et le comte fut envoyé au château de Devises, pour y résider avec quelque ombre de liberté, sous la garantie de quatre
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seigneurs, dont le premier était le comte Richard , frère du roi. Il ne tarda pas à s'y voir plus étroitement resserré que jamais, par les manœuvres de l'évêquc de Winchester. Ce prélat, après avoir rempli le conseil de sujets, et l'armée de soldats poitevins, résolut de ne s'en fier qu'à lui pour se défaire du comte de Kent, vers lequel il voyait se porter les regards des Anglais et les regrets de leur monarque. Il demanda au roi le gouvernement du château de Devisas, sans prononcer le nom de Burgho ; obtint sa demande, s'occupa sur-le-champ du coup qu'il méditait, mais ne put dérober à tous les yeux son atroce machination. Deux des gardes du comte de Kent, saisis d'horreur et de pitié, résolurent de le faire évader ; cl la nuit, tandis que l'un des deux était de faction à l'entrée du château, l'autre en sortit portant sur ses é|»ulcs l'illustre prisonnier enfermé dans un sac, traversa, sous ce précieux fardeau, un fossé immense, et alla le déposer au pied du maitre-autel dans l'église paroissiale du heu. Le roi, excité par son perlide ministre, renouvela alors la scène de Merton dans sou entier ; mais les évèques ne se bornèrent pas a menacer ; ils fulminèrent l'excommunication, et Henri fut encore obligé de faire conduire le comte de Kent dans l'église d'où la violence l'avait arraché, sauf à l'y faire assiéger par la faim. Mais cette fois ses amis encouragés vinrent l'y délivrer, lui donnèrent des armes, et remmenèrent, lui et ses deux libérateurs, à la cour de Léoliun, prince de Galles, avec lesquels s'étaient confédérés les seigneurs anglais, dépouillés et proscrits par le ministère poitevin. Eulin, après deux ans de discordes et de combats, effrayé des révoltes de ses barons, convaincu par les remontrances de son clergé, éclairé sur les trahisons de ses ministres, Henri destitua ces derniers, fit la paix avec le prince de Galles, et invita les proscrits a revenir à sa cour. Lo comte do Kent se hata d'y reparaître. Le roi courut au-devant de lui, le serra dans ses bras , lui promit le retour complet de ses bonnes grâces, rejeta toutes ses injustices sur les ministres étrangers qu'il venait de disgracier ; et, parmi les actes de trahison dont il les accusa devant toute sa cour, il articula positivement les calomnies contre Hubert de Burglio, ses divers emprisonnements, et le projet formé de le faire périr sur un écliafaud. Hubert passa tranquillement le reste de ses jours, les consacrant à la religiou cl à l'amitié, jouissant de la faveur du roi, et ayant accepté une place dans le conseil, mais déclinant toujours le ministère. L — T — L.
BURGHO (Guillaume Fitz-Adelm de), cousin germain du précédent, partit en 1175 du comté d'York, avec vingt chevaliers ses vassaux, et alla , sur les pas des premiers aventuriers anglais, dits Strongbouiens, tenter la fortune en Irlande. A peine arrive, il fut nommé le premier des cinq seigneurs cliargés d'exercer la vice-royauté dans la partie déjà soumise de l'Ile. Là, sans aucune des qualités nécessaires pour gouverner, il déploya tous les vices qui font haïr un gouvernement. Corrompu dans ses mœurs, cruel et perfide dans son ambition, ne sachant pas même décorer sa cupidité de l'éclat trom-
peur d'une audace périlleuse, tandis que Courcy enlevait du moins à la pointe de I'épée la dépouille des Irlandais du Nord. Guillaume de Burgho cherchait à étendre ses rapines dans le midi et l'occident de l'ile, par les moyens moins hasardeux du mensonge et de la fraude. Envieux de la fortune des premiers colons, autant qu'altéré de la propriété des indigènes, également odieux aux deux peuples et non moins rebelle à l'allégeance envers son souverain, qu'inaccessible à l'humanité envers ses semblables, il fut rappelé en Angleterre par Henri II, qui ne l'employa plus que comme son maître d'hôtcl. Ricliard I" le nomma, dans la première année de son régne, haut shérif du comté deCumbcrland; et, neuf ans après, en 4198, lui accorda non seulement la permission de retourner eq Irlande, mais la concession anticipée de tout le territoire dont il pourrait s'emparer dans la province occidentale. Koderic 0' Connor, le dernier des monarques irlandais, venait de mourir après une retraite de douze ans. Les Anglais avaient partout semé le trouhlc et le désordre, et les diverses branches de cette famille se disputaient le pouvoir. Burgho se joignit à l'un de ces partis, et la cause qu'il avait embrassée triompha ; mais en la servant, il avait vu et convoité les belles plaines de Moênmoye. Sous prétexte de défendre le pays de ses alliés, il avait déjà bâti la forteresse de Miléach, d'où il espérait bientoi le dominer. Il dressa des embûches dans lesquelles vinrent tomber et périr 0' Mul-Lally et son beau-frère 0' Flaherty, prince de la Connacie occidentale. 11 écrivit à l'O' Connor vaincu et réfugié chez 0' Neill, que, s'il voulait lui promettre les domaines de tous les partisans de son adversaire, ce rival vainqueur allait être dé|>ossédé pour lui. Le marché fut conclu. Burgho et les siens changèrent de drapeau. Crovederg, de vaincu et de banni, se retrouva vainqueur et souverain. Curragh, trahi, mourut glorieusement sur le champ de bataille avec la plupart de ses fidèles, du nombre desquels étaient Donall, frère et successeur d'AmlaffO' Mul-Lally, et Amalghaidh, successeur de Corneille 0' iSaghlcn. Burgho suivit ardemment ses projets d'usurpation sur le Moênmoye. Déjà il accusait Crovederg de lenteur à exécuter ses promesses : bientôt il le soupçonna de connivence avec ceux dont la dépouille lui était promise , et il lui déclara la guerre. Le sort des armes .se déclara d'abord contre Burgho, qui fut entièrement ;chassé de la Connacie. 11 courut se dédommager sur ;la Momonie; n'y respecta pas plus les domaines 'déjà acquis à son souverain, que ceux possédés encore par leurs anciens maîtres ; se vit assiégé dans Limerick par le vice-roi anglais; demanda grâce et l'obtint; restitua toutes les- places qu'il tenait en Momonie, à condition qu'on lui abandonnerait toutes celles qu'il désirait en Connacie, et revint dans cette province former une ligue contre le roi d'Angleterre, avec Crovederg, dont il maria la Pille à son fils. Il avait envoyé ses chevaliers porter devant lui le fer et la flamme dans le Moênmoye, qui se défendait avec acharnement. Il suivait la trace de leurs ravages, lorsque dans une bourgade livrée à la dé-
solation, il fut saisi d'une maladie effroyable que les habitants regardèrent comme une puuilion de ses brigandages, et disparut de la terre vers 1206, sans autre sépulture que le fonds d'un puils, où le précipita la fureur de ses victimes. Sa puissante et nombreuse postérité lui a donné le surnom de Conqueror : c'était déshonorer ce titre bien plutôt qu'honorer sa mémoire. Les historiens contemporains, comme ceux des temps modernes, anglais et irlandais, Barry, Léland, Crawford, Mac-Geoghégan, etc.. Pont peint des mêmes couleurs. L — T — l.
BURGHO (Hiciiard de), Pils du précédent, et surnommé le Grand dans les vieilles chroniques, grand en effet \ar sa naissance et sa fortune, mais non par ses vertus, suivit les projets de son père, en y portant une audace plus ouverte et plus de courage personnel. Il n'avait épousé la fille de Cathal-Crovederg 0' Connor, roi de Connacie, que pour exterminer les uns par les autres tous les parents de sa femme, ou pour réduire ceux qui survivraient à n'être que les chefs subordonnés des petits domaines qu'il daignerait leur laisser. Crovederg étant mort en 1224, et les peuples ayant appelé son frère Turlogh à lui succéder, en vertu de leur loi de Tanùtry, Richard de Burgho Pit prononcer, en I22λ, la confiscation de toute la Connacie à son profit. Nommé, en 1227, lord député d'Irlande, pour le gouvernement anglais, il employa pendant cinq ans la force publique à étendre ses usurpations personnelles et le pouvoir royal à dépouiller son roi; car, dans les concessions immodérées qui lui avaient été faites sur ses conquêtes éventuelles, la couronne s'était toujours réservé certains districts, et il envahissait pour lui seul tout ce qu'il pouvait envahir. Mais si les intérêts du monarque anglais ne furent pas très-vivement défendus par ses barons, Richard éprouva de la part des princes irlandais plus de résistance qu'il n'avait cru : Fédhlim, son beau-frère, qu'il avait mis à la place de Turlogh, en espérant bien ne trouver en lui qu'un vassal couronné, fut plus ardent qu'aucun autre à revendiquer l'indépendance de sa souveraineté. Richard furieux lui déclara la guerre, le prit, l'enferma, et rappela Turlogh. Fédhlim s'échappa de sa prison, rassembla ses alliés, délit son rival, tua son oncle, reprit le titre de roi, et se soutenait encore lorsque Hubert de Burgho, le fameux comte de Kent, ayant été disgracié en Angleterre, Richard fut éloigné du gouvernement en Irlande. Le prince connacien saisit ce montent |>our écrire au monarque anglais, dont il se reconnut le vassal ; demandant seulement à n'être celui d'aucun autre, et sollicitant la permission d'aller lui-même réclamer justice auprès de son suzerain. Henri III adressa sur-le-champ à Maurice Fitz-Gerald , son nouveau lieutenant en Irlande , l'ordre de détruire toutes les forteresses de Burglio, d'établir Fédhlim dans la possession de ses États, et de lui donner un passe-port pour Londres. Richard de Burgho trahit alors la cause de son parent et de son bienfaiteur malheureux. Soit qu'il espérât se remettre lui-même en grâce auprès du nwnarque anglais, soit qu'il voulût partager la dépouille du plus
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grand de ses rivaux irlandais, il fut un des acteurs principaux de l'assassinat tlu comte Marcschal, qui avait levé l'étendard contre le ministère tyrannique de l'évèque de Winchester, oppresseur tlu comte «le Kent. Cependant Hubert de Burgho ayant ensuite clé rappelé à la cour de Henri, Richard ne craignit pas de s'y montrer. Le roi lui accorda quelques témoignages extérieurs de bienveillance, et le renvoya en Irlande avec une lettre qui l'avertissait d'être a l'avenir plus juste et plus loyal. Richard affecta un mépris insolent pour les avis de son maître. Non content d'avoir enlevé aux dynastes de Muénmoye (G* Mul-Lally et 0' Naghten) la plus grande partie de leurs domaines, il prétendit encore à la dépouille des 0' Kelly leurs aînés, et toujours à celle des 0* Connor. Au lieu- de remettre les forteresses qui devaient être détruites, il en construisit d'autres formant une chaîne depuis Athlone jusqu'à Gallway. 11 appela son cousin Jean, fils du comte de Kent, à venir partager ces exploits, à faire de toute la Connacie le théâtre de leur tyrannique et insatiable cupidité. Encore vaincu dans une bataille sanglante, qui coûta la vie à 30,000 Irlandais natifs; encore prisonnier de son l>eau-frèrc Hichard, et encore échappé de ses fers, Fédhlim 0' Connor alla de nouveau se jeter avec ses alliés aux pieds de Henri III, dans Tannée 1240. Touché de l'excès de leurs malheurs, le monarque ordonna de vive voix a son lord justicier d'Irlande, Maurice Filz-Gérald, et par écrit aux seigneurs anglo-irlandais, non-seulement de rétablir 0' Connor sur son trône et ses chefs dans leurs principautés , mais « d'extirper jusqu'à la racine « cette inique plantation des Burgho, et de n'en plus « laisser pulluler un seul rejeton. » Filz-Gérald défendit et cultiva la plantation, au lieu de l'arracher; les autres seigneurs, ou intéressés au succès, ou intimidés par la puissance de Richard de Burgho, se lurent devant lui et devant son lits aîné, Waltcr.qui, marié avec l'unique héritière de Lascy, devait un jour réunir sur sa tête le comté d'Ullonie et les domaines île Connacie. Pendant que Fédhlim 0' Connor et ses chers, reconnaissants de la stérile bienveillance de Henri 111, le suivaient dans ses guerres du |.avs de Galles, Richard de Burgho continuait d'envahir leur pays. Il changeait jusqu'au nom de la principauté de Moënmoye, et rappelait Clan-Ricard, ou pays de Richard, il distribuait «les portions de celte grande contrée, qui a forint' depuis sept haronnies royales, à vingt-six vassaux nobles qui devaient les tenir de lui, et qui sont inscrits sur les rdlcs de la chancellerie de l'année I2î2, sous le titre de baron i et ektValieTI du trigneur Richard de Rurgho, dans la Connacie. Enlin son usurpation, sinon consommée, au moins établie de manière à ne lui laisser aucune crainte, comme s'il eût senti le besoin tle braver en face le maître auquel il avait désobéi si scandaleusement, il s'embarqua pour aller joindre le roi Henri à Bordeaux, où la mort le surprit presqu'à son arrivée, en 1243. L — T — l.
BCRGHO ( Walteh de), fils aine de Richard, déploya contre ses rivaux de Connacie des efforts d'autant plus violents, que l'Cltonie anglaise, dont
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il avait épousé l'héritière, lui fournissait de plus puissants moyens. Les historiens le représentent comme ayant, s'il était possible, poussé plus loin encore que ses devanciers le mépris de tout droit et de toute propriété. Par lui Fédhlim 0' Connor, son oncle maternel, fut chassé une troisième fois de ses Etats. Par lui la guerre éclata entre les Mac-Carthy et les Fitz-Gérald, qu'il excitait à B'entrc-détruire, quoiqu'il dût tant aux derniers. Par lui tous les anciens chefs irlandais, qui avaient conservé quelques restes de leurs domaines, furent forcés de recourir à une guerre permanente pour s'y maintenir, et il ne cessa de punir les insurrections que causait sa cruauté, avec une cruauté redoublée, jusqu'au moment où, victime enlin de sa propre injustice, et vaincu par Aodh 0' Connor, successeur de Fédhlim, il ex pi ra en I -27 1 . L— 'I'— L.
BURGHO (Guillaume pe), dernier comte dTJltonie, fut le dernier rejeton mâle de la branche aînée de sa maison. Il avait pour bisaïeul Gauthier (Walter), dont nous venons de parler. Son aïeul Richard, surnommé le comte Rouge, avait été, sous Edouard 1", généralissime de toutes les forces irlandaises. « Malheureusement, dit Lelaud, cette puis- « tance n'avait été employée qu'à opprimer ou dé- « traire tout ce qui se rencontrait sur le chemin de «son insatiable ambition. » Ces Burgho, si formidables pour les autres par leur grandeur et leurs richesses, l'étaient devenus pour eux-mêmes par leur nombre et leurs jalousies, lisse supplantèrent et s'égorgèrent l'un l'autre. Le pclil-lils du comte Rouge, Guillaume, objet de cet article, semblait n'avoir plus de concurrent à redouter. Arrièrc-pctit-fils, par sa mère, du roi Edouard I", petit-neveu de la reine d'Ecosse, il n'avait pas craint de porter lui-même ses vœux jusqu'à Mathildc Plantagenet, fille du comte de Lnncastrc, petit- fils de Henri III, et il avait obtenu la main de cette princesse. A |>einc entré dans une carrière qui s'annonçait si brillamment, figé de vingt et un ans, et invité à se rendre au parlement de Dublin, en 1553, il fut massacré sur la route, au milieu de ses parents et de ses serviteurs, à l' instigation d'une cousine de son nom, dont il avait emprisonné le frère. Sa mort fut vengée par un carnage de trois cents jiersonnes en un seul jour. Longtemps encore après ce funeste événement, dans les amnisties alors fréquemment expédiées, on insérait toujours la formule : « Excepté le cas de complicité a dans la mort de Guillaume, dernier comte d'Ll- « tonie. » Mais le torrent des désordres et des crimes ne s'arrêta pas. La veuve de cet infortuné Guillaume s'était hâtée de fuir à la cour de Londres, emportant dans ses bras une fille au berceau, héritière unique de son père massacré. Edouard III se déclara le tuteur de cette jeune mineure, qu'il devait marier un jour à son troisième fils, Lionel, duc de Clarence, et il mil sous sa garde royale toute la succession du feu comte. On s'était bien attendu que cette ordonnance, facile à rendre, le serait moins à exécuter. On ne fut pas surpris de voir les chefs irlandais, dépouillés de leur ancien patrimoine, se soulever de toutes parts contre la famille divisée de
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leurs spoliateurs. Comme les lois anglaises faisaient descendre la succession des pères aux enfants, au lieu que la loi bréhonne des Irlandais appelait à l'iiérilage d'un chef de dynastie le plus ancien et U plus digne de sa famille, désigné par une élection populaire, trois branches (le Burgho déclarèrent tout à coup qu'elles voulaient vivre sous la loi irlandaise ; abjurèrent leur roi, leur origine, jusqu'à leur nom; se tirent appeler, les uns, Mac-William, les autres, Mac-David, et se vouèrent à un étal de guerre constant, soit contre les dynastes irlandais qui avaient déjà reconquis une partie de leurs domaines, soit contre leur propre monarque. Un oncle de la jeune Itérilière, Edmond-na-Frcizoge, voulut protéger l'enfance et les propriétés de sa nièce : il fut assassiné par un de ses cousins. Ni le prince Lionel, époux de cette héritière en 1 352, et gouverneur d'Irlande en 4361, ni le parlement de Kilkenny, proscrivant tous ces Mac-William en 1367, ne purent les empêcher de rester, pendant deux siècles, souverains de leur principauté irlandaise de Clanricard ; qualifiés, en Angleterre, d'Anglais dégénérés, plus Uibtrnoit que les Hibernois eux-mêmes. Ce ne fut que sous le règne de Henri VI II que le chef des Burgho, en 1538, et en 1342, les chefs des tribus anciennes conquises par eux, remirent à la couronne d'Angleterre, les uns, tout ce qu'ils avaient su acquérir, et les autres, tout ce qu'ils avaient pu conserver. {Voy. Mac-William.) L-ï— l.
BLRGISTElN (Jordan), gentilhomme du canton de Berne, fut un de ceux qui, en 4339, contribuèrent le plus à former la ligue des comtes et des seigneurs qui voulaient réduire les Bernois à l'obéissance. Lorsque les deux armées ennemies en vinrent aux mains près de Uupen, il y envoya un messager pour lui apporter des nouvelles. Celui-ci, frappé de la supériorité du nombre de l'armée des seigneurs, et ayant observé que les Bernois commençaient à plier, retourna en toute hâte au château de Burgistein, apportant la nouvelle de la défaite de l'armée bernoise. « Celui-là est un bon forgeron quia forgé « cette guerre, » s'écria dans sa joie Jordan en faisant allusion à lui-même. Mais dés le leudemain les Bernois, vainqueurs, parurent devant le château. Jordan voulut gagner du temps, et fit des propositions pacifiques aux agresseurs ; mais un arbalétrier, nommé Reifle, lui décocha une flèche à travers la tète : « Un bon forgeron a forgé ce trait, » s'écrièrent les Bernois. Le château fut détruit. — Conrad Buaoistein, frère du précédent, fut citoyen de Berne, et conseiller en 1351. On ignore les autres particularités de sa vie et même l'époque de sa mort. Z — o.
BURGKMAIR ( IU>s, ou Jean ), peintre et graveur, naquit à Augsbourg en 4474. Quelques ouvrages qu'il exécuta en commun avec Albert Durer ont fait supposer qu'il était élève de ce peintre ; mais rien ne le prouve d'une manière authentique. On conserve dans sa ville natale des peintures à fresque et des tableaux de sa main, peints à l'huile sur bois. Ses compositions sont assez Ingénieuses, mais quelquefois bizarres, et généralement entachées du mauvais goût de son siècle. Ce sont des gravures en bois
qui ont le plut contribué à sa réputation. Telle fût son habileté dans ce genre de travail, porté de son temps à une rare perfection, qu'il y égala Albert Durer, et ne fut peut-être surpassé que par Jean Holbein. On connaît environ soixante-dix-huit pièces séparées, entre autres l'Empereur Maxhnilien F à cheval, St. George à cheval, le Martyr de St. Sébastien, gravées par lui, ou exécutées d'après ses dessins par Joase de Negker et d'autres graveurs. Quelques-unes de ces gravures sont en plusieurs couleurs, dans la manière appelée clair-obscur. Burgkmair a eu la plus grande part à quatre collections curieuses de gravures en bois. La première renferme soixante-dix-sept pièces, offrant chacune la ligure en pied d'un des personnages qui formaient la généalogie do l'empereur Maximilion : elle est très-rare. La seconde est intitulée : le Roi sage, ou Narration des actions de l'empereur Maximilien F { en allemand ). Elle n'était pas terminée à la mort de ce prince : les planches, conservées dans différents dépôts, n'ont été retrouvées que vers l'année 4775, et c'est à cette époque qu'elle a été publiée; elle se com|K>sc ordinairement de deux cent trente-sept pièces ; l'exemplaire de la bibliothèque impériale de Vienne en contient treize de plus, dont les planche» ont péri. Quatre-vingt-douze de ces gravures portent la marque de llans Burgkmair; ce sont les plus belles. La troisième collection, intitulée : te Triomphe de l'empereur Maximilien I", représente l'histoire des guerres de Maximilien et les officiers de sa maison ; elle renferme cent trente-cinq pièces, et elle est incomplète. Elle n'a été publiée qu'en 1796, par des causes semblables à celles qui avaient retardé la publication du Roi sage. La quatrième représente les Images des saints et dtt saintes de ta famille de Maximilien ; elle renferme communément cent dix-neuf pièces. L'exemplaire de la bibliothèque de Vienne en contient cent vingt-deux : elle a été publiée en 4799. On en connaissait un grand nombre de pièces auparavant. La plupart de ces gravures ont été exécutées d'après des dessins de Burgkmair; quelques-unes sur des dessins d'Albert Durer. Différents graveurs y ont été employés, et plusieurs ont tracé leur nom sur le revers des planches qui existent encore. Adam Bartsch cite une gravure de Burgkmair à l'eau-forte, représentant Mars et Vénus : elle est d'une extrême rareté. Quelques écrivains ont placé la mort de cet artiste à l'année 1517 ; d'autres à l'année 1559. Il existe des pièces de lui qui sont datées de 1524 et 1526. Son portrait et celui de sa femme, peints par lui-même, portent la date de 1529. Bartsch pense que ui cet artiste, ni Albert Durer, ni llans Scheuffelein, ni la plupart des autres peintres comptés parmi les graveurs en bois, n'ont gravé eux-mêmes, et qu'ils ont seulement dessiné les planches qu'on leur attribue. Nous croyons pouvoir opposer à cet illustre connaisseur, premièrement l'ancienne tradition, qui a dù être établie sur des faits connus ; secondement, le soin qu'ont pris Josse de Negkcr et d'autres artistes, en gravant d'après Burgmair, de signer leurs planches ; troisièmement, la différence du faire, et la supéric-
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rité évidente des gravures qu'on donne à Burgkmair. Ec — Dd.
DURGOS (Alphonse pe). Yoyex Abner.
BDRGOS ( Antoine), né à Salamanque, référendaire à Rome de l'une et l'autre signature, professa pendant vingt ans le droit canonique à Bologne. Sa grande réputation le fit appeler à Rome par Léon X, qui désira, dans les affaires importantes, de prendre ses avis. Burgos exerça la cliargc de la signature de grâce sous Léon X, Adrien VI et Clément VII. 11 mourut à Rome, Âgé de 70 ans, le 10 décembre 1525, et fut enterré dans l'église de l'hôpital de St-Jacqucs, dont il était un des bienfaiteurs, On a de lui un volume in-fol. intitulé : Super ulili e( quolidiano Txlulo de emplione el vendidone in Verre lalibus, Pavie, 1311 ; réimprimé à Parme, 1574; Venise et Lyon, 1575. Il écrivit aussi sur le texte de plusieurs autres titres des décrétâtes, de Constitulionibus, de Rescriplis, etc. On trouve tous ces traités dans l'ouvrage ci-dessus. — Alphonse Burgos, médecin, docteur de l'université de Complutc ou Alcala, exerça la médecine à Cordoue, dans le 17' siècle, et y remplit la cliarge de médecin de l'inquisition. — Jean Blrgos, médecin espagnol, est auteur d'un traité de médecine intitulé de Pupilla oculi, in-8*. V — ve.
BURGOYNE (Jean), général anglais, fils naturel de lord Bingley, après avoir reçu une éducation soignée, entra dans l'état militaire. Il commanda, en 1763, un corps de troupes anglaises envoyé en Portugal, alors en guerre avec l'Espagne. A son retour, il fqt nommé conseiller privé, et ensuite membre du parlement. En 1775, il fut envoyé dans le Canada, et, deux ans après, il fut chargé du commandement d'un corps d'armée envoyé contre le congrès américain. 11 déhuta, en juin 1777, par une proclamation dans laquelle il offrait aux insurgés le pardon de son souverain, et les menaçait des plus grands châtiments s'ils persistaient dans une plus longue résistance. Les chefs de la confédération étaient peints dans cet écrit sous les couleurs les plus odieuses. Washington fit à cette proclamation une réponse pleine de noblesse et de fermeté. Le 6 juillet suivant, Burgoync remporta sur les Américains, à Ticondcrago, un avantage auquel le ministère anglais donna le nom de victoire. Les Américains avaient évacué le fort de l'Indépendance, et s'étaient retirés au delà de Shenesbourg et de Huberton. Burgoyne, yain et présomptueux, prit cette retraite pour une fuite. Emporté par cette idée, i| les poursuivit, sans s'occuper de ses subsistances ni de ses communications. Il se trouva tout à coup entouré, à Saratoga, par ces mêmes hommes qu'il avait traités avec tant de mépris, et il lui fallut accepter une capitulation, dont la générosité des Américains adoucit la rigueur, mais non pas la honte. Son armée obtint les honneurs de la guerre, et il lui fut permis de retourner en Angleterre ; mai? elle s'engagea à ne plus servir contre k» États-Unis, Cette armée, qui était composée de 10,000 hojmnes au commencement de la campagne, se trouva réduite i 5,752, lorsqu'elle mit bas jes armes devant
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la division du général Gates. Ces deux généraux avaient été, dans leur jeunesse, officiers dans le même régiment. Gates, en revoyant son ancien camarade, l'aborda avec la bonhomie d'un fermier américain : « Bonjour, général Burgoyne, lui dit-il, «en lui tendant la main; j'ai beaucoup de plaisir à « vous voir. — Je vous en crois, lui répliqua Bur- « goync ; mais je prends Dieu à témoin que j'ai fait « tout ce que j'ai pu pour m'en dispenser. » Celuici avait, dans plusieurs circonstances, |»arlé de l'Américain comme d'un homme sans mérite, et l'avait comparé à une accoucheuse. Quoique Gates n'ignorât pas toutes les mauvaises plaisanteries que le bel esprit Burgoync s'était permises sur son compte, il le traita avec beaucoup de bonté, et ne se permit à son égard que cette raillerie : « Vous devez, géné- « ral Burgoyne, me regarder à présent comme une « bonne accoucheuse, puisque je vous ai délivré « (delivered) de 6,000 hommes. • La capitulation do Saraloga décida la France à reconnaître l'indépendance des Américains. Burgoyne s'étant rendu en Angleterre aussitôt après, y fut reçu froidement et ne put paraître devant le roi. 11 finit par obtenir la liberté de se justifier, et fut obligé de renoncer à son traitement. Ici finit la carrière militaire de Burgoyne, plus fait pour les rôles de courtisan et de bel esprit de société que pour celui de général d'armée. Il partagea son temps entre la cour, où il fut le favori de la reine, et les sociétés des gens de lettres. 11 fit quelques pièces de vers aussi légères que son caractère, jtt des comédies froides et médiocres : 1° la A'ympht de$ chênes; 2° Richard Cœur-dt- Lion ; 3° ÏJJériliir», Ces pièces eurent un grand succès momentané, parce qu'on croyait y reconnaître la peinture et la satire des mœurs française» ; mais la dernière est plutôt un tableau de la pesante fatuité des Anglais (I). il était aussi inconvenant que peu généreux à Burgoyne, après avoir été vaincu par des officiers français, et traité par eux avec les égards les plus délicats, de Ks exposer, sur la scène, aux risées de ses compatriotes. On lui a attribué mal a propos U Bon Ton ( High life above s lai m ), pièce qui est de Ganick II siégeait au parlement en 1781, au moment où la majorité parut déterminée à la continuation de la guerre, et l'on remarqua qu'il se joignit à l'opposition pour démontrer l'impossibilité de réduire les Américains, et l'inutilité des efforts que l'on faisait contre eux. Quelque temps après son retour d'Amérique, Burgoyne épousa une fille de lord Derby, 11 mourut sans postérité, le 2 aoôt 1702. D — n L—
BCRGSDORF ( I i; > ESTvFaéofcaïc db), ingénieur distingué, enseigna une nouvelle méUiode de fortifications dans un ouvrage publié h Clm en i&èà, in-8». U avait emprunté une partie des idées qu'il y développa à George Rimplera. On a aussi de lui quelques autres traités sur son art : t« le plut mr
(4) VnMtitre a clé rrimpriraëp à Paris en 1116: IheHeirtu, a eomrtty in flre aclt, méà tenutrkt *y Jf. ItuhMi, polit iiHS. Oo iroiïe ane traduction Ce celit piOcw ioa» les Cktf+4<rmr$ ict IHUrti éttmtm. Ca—i.
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Boulevard d'un État, ou nouveau Moyen de défendre les places contre le canon, le bombardement, les mines, etc., Nuremberg, 1(887, in-8"; 2° Essai sur la fortification, publié à Vienne, et accompagné de nombreuses gravures. — Un autre BuRGsnoRP ( Conrad de ), né en 1595, mort le 1" février 1652, (ut, sous Guillaume II, duc de Brandebourg, le premier qui organisa des troupes réglées en Prusse, au commencement du 1 7* siècle. G — t.
UL HGSBORF ( Frédéric-Auguste Louis de), naturaliste, grand maître des forêts de la Marcbe de Brandebourg, de l'académie «les sciences forestières dans la même ville, né à I<eipsiek, le 25 mars 1747, mort à Berlin, le 19 juin 1802, âgé de 55 ans. Son père était grand veneur du duc de Saxe-Gotha, ce qui lui donna occasion d'étudier de bonne beure tout ce qui concerne les forêts, et d'ecrire sur cette matière un grand nombre d'ouvrages, tous en allemand, et qui sont devenus classiques pour cette partic de l'économie rurale : (* Essai d'une histoire complète des espèces de bois les plus avantageuses, V partie, Berlin, 1785, in-4°, 24 plancbes; 2* partie, avec 9 planches, ibid., 17H7 ; elle renferme les chênes indigènes et étrangers : Gledilsch fut l'auteur de la préface de cet ouvrage. 2* Instruction pour cultiver les arbres, tant indigènes qu'exotiques, qui réussissent en Allemagne, 2 parties, Berlin, 1787, in-8*. Manuel du forestier, etc., 2 parties, Berlin et Lcipsick, 1788, in-8». Cet ouvrage a été traduit en français par J.-J. Baudrillart, Paris, 1808, 2 vol. in-8", avec 29 figures. 4. Introduction à la dendrologie, etc., Berlin, 1800, in-fol. On a aussi de lui : Observations tur un voyage dans le Harz, à Helmstaedt et à Harbeke. en août 1785 (dans les Actes de la Société des Scrutateurs de la nature, à Berlin, t. 5); Histoire naturelle du cerf (ibid., t. 6); sur le Cynips de Vécorce du chêne { ibid., t. 5) : c'est un insecte dont la piqArc occasionne au chêne une excroissance foliacée et ligneuse qui ressemble à une rose double; sur les Accidents des forêts, et sur les précautions et les remèdes qu'on doit leur opposer ( dans le recueil de l'académie de Berlin, ami. 1798). Ce dernier mémoire est en français D — P— s.
HLRGUND10 ou BORGONDIO (Horace), jésuite, né à B rescia en 1679, se consacra à renseignement des belles-lettres, et surtout des matltématiques; on le lit depuis bibliothécaire du musée de Kirchcr, et il mourut recteur du collège romain, le 4* mars 1741. I.e P. Boscovich, qui avait été son disciple, en parle avec éloge dans ses poésies ; on lui doit quelques observations astronomiques rapportées dans les Mémoires de Trévoux, années 1727 et 1729 ; quelques poésies latines, et un grand nombre d'opuscules mathématiques, dont les principaux sont : 4* Motus lelluHs in orbe annuo ex novis observationibu» impugnatus, Kome, 1714, in-4°. 2* Aiwa hydrometri Idea, ibid., 1717. 3" Mapparum Construclio in planis spharam tangentibus, ibid., 1718. 4* Antliarum Leges, ibid., 1722. 5° Usus normœ in constructione aqualionum ptanarum et solidarum, ibid., 1727. 6* Telescopium geodeticum, ibid.,
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1728 ; il faut que ce télescope ne soit pas bien important, puisque Boscovich n'en parlé point en décrivant les instruments géodésiques dont il s'est servi pour la mesure du degré ilans l'État romain. 7* De Coherentia calculi astronomiei cum aqmtionibus gregorianis, ibid., 1734, in-4°. Tous ces ouvrages ont échappé aux recherches de Lalande, qui n'eu parle jioint dans sa Biographie astronomique. Burgundio est encore éditeur d'un ouvrage du P. Grimaldi, jésuite, intitulé : de Vila aulica Mri duo, 1740. C. M. P.
BURGUNDIUS, ou BOURGOIGNE (Nicolas), jurisconsulte célèbre, naquit a Enghien, au comté de Uainaut, le 29 septembre 1586. Il cultiva d'à bord les muscs latines, et écrivit ensuite l'histoire avec succès. Il était avocat à Gand lorsque Maxirailien, duc de Bavière, lui donna, en 1627, la première chaire de droit civil à l'université d'Iugolstailt, et le nomma bientôt après conseiller et historiographe. L'empereur Ferdinand 11 le créa comte palatin. Rappelé dans sa patrie, en 1639, il entra au conseil de Brabaut. Burgundius avait un grand talent pour l'intelligence des coutumes. Il était souvent cité au barreau, et jusqu'à nos jours, sur celte partie de la jurisprudence, il a fait autorité comme Dumoulin, Coquille et d'Arpeutré. Ses principaux ouvrages sont : i'Poemata, Anvers, 1621, in-4°. 2* Uisloria Bavarica, seu Ludovicus I V imperator ac ejus vita et res gestœ, ab anno 1313 ad annum 4547, Anvers, 1629, in-4° ; Helmstaed, 1705, in-4°, édition donnée par Just.-Cluist. Bohmer; et Halle, 1708, in-4". 5° Uisloria Belgica, ab anno 1558 ad annum 1567, Ingolstttll, 1629, n:-r, et 1613, in-8°. Cette histoire des premiers troubles des Pays-Bas se termine à l'arrivée du duc d'Albc: elle est exacte et estimée. 4" Ad consuetudines Ftandriœ Traclatus, Leyde, 1631 et 165.%, iu-12. Ce savant ouvrage comprend douze traités et commence par des réflexions générales sur l'origine des lois et des coutumes. 5" De duobus Reis, Louvain, 1657, in-12. 6° Commentahus de erictionibus, Colonne, 1662, in-12. Tous les ouvrages de Burgundius sur le droit ont été réunis en 1 vol. in-4°, imprimé a Bruxelles en 1674. — Burgumdii sou Bot RGt)i>Gi\K(^ntoinf), contemporain de Nicolas et de Gilles, est connu par deux ouvrages rares et singuliers qui ont pour titre l'un : Lingua Vitia et Remédia emblemaliee rxpvessa, Anvers, 4f>51, oblong, fig. ; l'autre : Mundi Lapis Lydius, site vanitus per veritate» fa! si accusala et convicta, Anvers, 1639, in-4% fig. V— ve.
BL RGUS. Voyez Boroo
BURl. Voyez Bury.
BURIDAN (Jean), natif de Béthune, fit ses études à Paris, sous Occham, cl devint professeur de philosophie, procureur de la nation de Picardie, et plusieurs fois recteur de l'université de Paris, qui le compte |»armi ses bienfaiteurs. Elle le députa en 4345, à Philippe de Valois, pour demander l'exemption de la gabelle, qu'elle ne put obtenir, et à Rome, pour y défendre ses intérêts. Il est moins fameux par ses commentaires sur Aristole, que par son sophisme u> V'ane. 11 supposait un de ces animaux, également
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pressé de la faim et de la soif, entre une mesure d'avoine et un seau d'eau, faisant une égale impression sur ses organes, et demandait : a Que fera cet « ine? « Si on lui répondait : « 11 demeurera imc mobile. — Donc, concluait-il, il mourra de faim « et de soif. « Si un autre répliquait : « Cet âne ne « sera pas assez âne pour se laisser mourir. — Donc, « concluait-il, il se tournera d'un côté plutôt que de « l'autre, donc il a le franc arbitre. » Ce sophisme embarrassa les dialecticiens de son temps, et son âne est devenu fameux dans les écoles. Quelques anciens protestants ont témérairement conclu de l'argument de Buridan qu'il avait été un des précurseurs de la réforme. Disciple de Guillaume Occham, et par conséquent attarhé à la secte des nominaux, il fut persécuté parcelle des réaux ; mais on regarde comme peu probable sa fuite a Vienne en Autriche, où il ouvrit, dit-on, pour subsister, une école qui devint le berceau de l'université. Le silence de Gaguin et des registres de l'université sur ce fait le rend très-incertain. Ce qui a pu donner lieu de croire à ce prétendu voyage, rapporté par Jean Aveuli n, est peut-être l'ordonnance postérieure de Louis XI, du Ier mars 1-414, approuvant la doctrine d'Aristote, d'Albert le Grand, d'Averrhoés, de St. Thomas d'Aquin, etc., et condamnant les nominaux, entre autres Buridan, défendant d'enseigner la doctrine de ces derniers, sous peine de bannissement, etc. L'université de Vienne fut fondée en 1257 par l'empereur Frédéric II, et Buridan était a Paris en 1558. Il légua cette année à la nation de Picardie une maison qui a longtemps porté son nom. On croit même que cette date est celle de sa mort. Est-il probable qu'à soixante ans, et usé de travaux, il eût pu se résoudre à aller enseigner dans un pays aussi éloigné? On relègue également parmi les fables Je récit qui le fit complice ou censeur des débauches de Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel, et la vengeance que cette princesse en tira (1). Voici le titre des principaux ouvrages de Buridan: 1° Quailiones super 10 libros Elhicorum Aristotelis, Paris, 1518. 2° Quastionet super 8 libroi Physicorum Aristotélis ; in librot de Anima, et in Parva Naturalia, 1516; 5* in Aristotelis Metaphysica, 4518; 4° super libros Politicorum Aristotelis, Paris, 1500, et Oxford, 1640, in-4' -, 5* Sophismata, in-8*. ( Voy, Crévier. Bût. de l'université, et Bayle, DiVlionn. hisl. et eritiq., au mot Bl ridas. ) — Jean-Baptiste Buridan, né à Guise, fut avocat et professeur de droit à Reims, où il mourut en 4653. Il est principalement connu par son Commentaire sur la coutume de rermandois, Reims, 4651 , in-4» ; ibid., 1 728. Son Commentaire sur la coutume de Reims fut publié
(I) Celte anecdote prêtait trop bien au drame pour que les auteurs d'aujourd'hui, empresses de meure sur la scène nos «teilles earomqses, n'es lissent pas le sujet d'une de leurs \n,-< <•-. r.aridan est, en effet, le principal personnage de la Tour die Huit, drame ci S actes, par MM. Caillardet et Al. Dumas. An reste, c'est Villon, poète presqse contemporain de tiithdan, qui a laimoruiué celte tradition dans ces vers :
après sa mort, par les soins de son fils, Reims, 4665, et Paris, 1665. IS-L.
BLRIGNY (Jean Levesqie de), naquit à Reims en 1602. Ses premières années n'offrirent rien de remarquable que son éloignement pour l'étude : ce ne fut qu'à l'âge de quinze ans que les facultés de son esprit s 'étant développées tout à coup, il sentit naître en lui cette avidité de savoir qui ne l'a point abandonné depuis et qui a fait le charme de sa vie. Il vint à Paris en 1715; et, logé avec Cbampeaux et Lévesque de Pouilly, ses deux frères, il y forma une espèce de triumvirat dont l'histoire littéraire offre |ieu d'exemples. Travaillant de concert, lisant ensemble les meilleurs auteurs, ils se partagèrent l'universalité des connaissances humaines, et passèrent ainsi plusieurs années. Burigny, le plus robuste des trois, était le bibliothécaire et le secrétaire de cette espèce d'académie, et le résultat de leurs travaux communs fut une sorte d'encyclo|icdie manuscrite, en 12 énormes volumes in- fol., qui ont fourni à ce dernier les matériaux d'un grand nombre de ses ouvrages. 11 passa quelque temps en Hollande, et y forma des liaisons avec les hommes de lettres les plus distingues, surtout avec St-IIyacinlhe, qui l'engagea a travailler à l'Europe savante (de 4718 à 1720). Des 12 volumes qui composent ce journal, près de la moitié appartient a Burigny. De retour en France, sa réputation lui ouvrit les portes de l'académie des inscriptions et belles-lettres, en 4756; dès lors il ne cessa de publier de nouveaux ouvrages, l t lut un grand nombre de mémoires dans les séances de ce corps littéraire. A la connaissance des langues hébraïque, grecque et latine, il joignait celle de l'histoire ancienne et moderne, de la philosophie, de la théologie, etc. Sa mémoire était prodigieuse; mais il ne mettait point assez de chaleur et de concision dans ses écrits, et on lui a souvent reproché de manquer d'exactitude. Savant toujours modeste, sans envie et sans intrigue, il n'ambitionnait ni la renommée ni les récompenses, et travaillait parce que le travail seul suffisait à son bonheur. En 1785, le roi le gratifia d'une pension de 2.000 liv. ; son étonnement fut au comble lorsqu'il apprit cette nouvelle. 11 ne concevait pas ce qui avait pu lui mériter une pareille faveur, efrien ne saurait exprimer sa reconnaissance pour un bienfait aussi inattendu. La vieillesse ne lui ôta rien de sa sensibilité; il aimait ses amis avec la même affection : le souvenir de ceux qu'il avait perdus réveillait en lui des regrets touchants ; et, si l'on portait la moindre atteinte à leur mémoire, il la repoussait avec une chaleur qu'il n'aurait pas employée à sa propre défense. Ce doyen de la littérature française mourut a Paris, le 8 octobre 1785, à l'âge de 94 ans. Il con serva toute la force de son esprit jusqu'au dernier soupir. (Quelques instants avant sa mort, i\ dtl a se» amis : « Si j'avais été assez maUteureux pour doutes* « de l'immortalité de Pâme, l'état où je suis me te « tait bien revenir de mon erreur. Mon corps est c insensible et sans mouvement ; je ne sens plus son « existence ; cependant je pense, je réfléchis, je veux, « j'existe ; la madère morte ne peut produire de pa-
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« îv il les opérations. » 11 a laissé : 1* Traité de l'autorité du pape, 1720, 4 vol. in-12, ouvrage peu estimé. Cliiniac de la Bastide en donna une nouvelle édition, 1782, 5 vol. in-12, et cet éditeur publia en 1785 une Réponse à quelque» observations sur le Traite de l'autorité du pape. 2* Histoire de la philosophie païenne (la Haye), 1724, 2 vol. in-12 (voy. Dulckeii), réimprimée sous le litre de Théologie païenne, Paris, 1751. Cette 2* édition est la seule bonne. Le livre est bien fait et fort utile. 5° Histoire générale de Sicile, etc. ( la Haye ), 1745, 2 vol. in-4% ouvrage estimé des savants; le style eu est fort négligé. 4° Histoire des révolutions de l'empire de Constantinople, 1730, in-4«,ou 3 vol. in-12; elle est écrite froidement et sans intérêt. 5° Traité de Porphyre, louchant Cahstinence de la chair, avec la vie de Plot in. traduit du grec, {740, in-12, ouvrage faiblement écrit cl qui manque de notes et d'éclaircissements. 6° Vie de Grotius, l"50, 2 vol. in-12, réimprimée avec de nouvelles remarques, à Amsterdam, 1754, 2 vol. in-J2, ou 1 vol. in-4° : le» nouvelles remarques sont de l'éditeur liollandais. Cette vie offre beaucoup d'intérêt. 7° Vie d'Erasme, dans laquelle on trouve l'histoire de plusieurs hommes célèbres avec lesquels il a été en liaison, 1757, 2 vol. in-12. Elle est pleine de recherches aussi utiles que curieuses sur les écrits du ce grand bonmie, et la part qu'il eut a la renaissance des lettres en Euro|>e. Cet ouvrage a été traduit en allemand par J.-F. Ileicbe, avec des augmentations, Halle, 1782, 2 vol. in-8*. 8° Vit de Bostuet, 1701, in-12 ; elle est incomplète et fort au-dessous du sujet. 0° Fie du cardinal Duperron, 1768, in-12; dernier ou>rage de 1W leur, et qui se ressent trop de sa vieillesse. 10° Letlrt à Mercier de Sl-Liger, sur les démêlés de Voltaire avec Sl-Hyacinthe, 1780, in-8*, contenant quelques anecdotes littéraires et quelques lettres de Voltaire et de St-IIyacinlbc. 1 1° Trente-quatre mémoires ou dissertations sur différents sujets, qui sont répandus dans le recueil de l'académie des inscriptions et belles-lettres. La plupart n'y sont imprimés que par cxlrait. Il est certain que Y Examen critique des apologistes de la religion chrétienne, 1760, in-8°, qui a été attribué à Buiïgny, n'est pas de lui. On lui a de même attribué le Recueil de pièces de différents auteurs, Rotterdam, 1743, in-12, et une lettre au sujet du livre intitulé : Certitude des preuves du christianisme, par Bergier, insérée dans le t. 2 du Recueil philosophique, Londres, 1770, 2 vol. in-12. Dacier a fait son éloge, 1786, in-8". J — B.
BL'RKE (Edmond), né à Dublin, le 1tr janvier 1731), était lils d'un notaire catholique qui, pour éviler la persécution des prêtres anglicans et conserver sa charge, se vil obligé d'abjurer le catholicisme et d'élever son fils dans la religion protestante. Le jeune Burke commença son éducation chez un quaker, pour lequel il conserva toute sa vie le plus grand attachement, et de là passa au collège de sa ville natale. S'il est vrai qu'il eût terminé ses éludes dans relui des jésuites de St-Oincr, comme on l'a souvent imprimé, on conçoit que cette circonstance ait donné lieu plusieurs fois, eu. Angleterre, de le J
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• soupçonner de catholicisme. Burke arriva en 1753 à Londres, où son esprit et ses connaissances le firent bientôt remarquer. D'abord étudiant en droit, puis avocat, il semblait entraîné, par son goût, plutôt vers la littérature que vers les éludes particulières à sa profession, cl il prit rengagement d'écrire dans les journaux et recueils périodiques. Ce fut à cette époque qu'il épousa la fille du docteur Nugent, son médecin. Comme elle était catholique, ce mariage, d'ailleurs constamment heureux, appuya encore l'opinion, déjà établie, qu'il avait un penchant pour cette religion. Le premier ouvrage qu'il avait avoué porte la date de 1750. Il est intitulé : Réclamation en faneur des droits de la société naturelle, ou Coup a" mil sur les maux qu'a produits la eivilisation, outrage posthume de lord *** ( Vindicalion of natural Society). Lord Bolingbroke était celui qu'il désignait ainsi, et il avait parfaitement imité le style et la manière de cet auteur. Son but était de prouver que les arguments dont Bolingbroke s'était servi pour attaquer la religion pouvaient également être employés contre toutes les institutions civiles et politiques. Néanmoins Burke était entré si sérieusement et avec tant de force dans le détail des maux qui tiennent à la tyrannie ou a l'ambition des gouvernements en général, que l'ironie échappait aux yeux vulgaires, et plusieurs fois on a réimprimé son livre comme ayant pour objet unique de contribuer à la réforme radical de l'ordre social. Il publia en 1757 son Estai sur te sublime et le beau (Philosophical Inquiry in îo the or i gin of our ideasof Ihe sublime and beaulifull). Celte seconde production fixa sur lui l'attention de plusieurs personnages célèbres, tels que Reynolds. Sa liaison avec ce dernier, qui n'eut d'autre terme que celui de leur existence, fut également utile à la réputation du peintre et à la fortune de l'écrivain- Johnson avait aussi pour Burke beaucoup d'attachement et d'admiration, et il disait que « c'était l'homme le plus extraordinaire qu'il eût « jamais counu. » En 1758, Burke conçut le plan du recueil intitulé : Annval Regitter, et se chargea d'en écrire la partie historique, qu'il continua avee succès pendant plusieurs années. C'est ainsi qu'il se formait successivement comme [orateur et comme homnie d'Étal. On peut dire que sa carrière publique commença en 1761, lorsqu'il partit pour l'Irlande avec son ami Uamilton, secrétaire du viceroi, lord Halifax. A son retour, en 4765, il fut présenté au marquis de Rockingtiam, premier lord de la trésorerie, qui le prit pour secrétaire particulier. Vers le même temps, il fut élu représentant du bourg de Wcudover. Le lord que nous venons de nommer lui lit alors, sous la forme délicate d'un simple prêt, le don d'une somme considérable, avec laquelle Burke acquit la jolie maison de Beaconslield, qu'il a conservée le reste de sa vie. Ainsi, par sa reconnaissance et son affection pour le marquis de Rockingham, il se trouva engagé dans le parti ministériel, ce qui ne r«mi|>écha nullement de se montrer favorable aux mesures populaires. Les mécontentements qui s'élevaient en Amérique commençaient à intéresser toute la nation anglaise. Le pre-
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discours de Burke au parlement eut pour objet les inconvénients de la taxe du timbre, et fut admiré comme un morceau d'éloquence supérieure. D'après son avis, on prit le moyen terme de révoquer la loi en question, en établissant toutefois par une déclaration le droit qu'avait la Grande-Bretagne de taxer l'Amérique. Ce moyen écartait une difficulté présente, mais laissait aux ministres suivants la tentation de renouveler un projet qui, évidemment, donnerait lieu aux mêmes contestations et aux mêmes risques. Quoi qu'il en soit, on approuva beaucoup la révocation de l'impôt du timbre, et elle allait entraîner d'autres mesures semblables, lorsqu'après une courte durée, le ministère du marquis de Rockingham fut obligé de céder la place â celui de lord North. Burke termina ses travaux officiels par un Tableau du dernier ministère, tracé avec force et simplicité; puis il reprit son poste dans la chambre des communes, et se lit remarquer parmi les membres attachés â ce même ministère déplacé. Nous ne le suivrons pas dans sa conduite comme un des chefs de l'opposition ; nous ne parlerons que d'un de ses écrils politiques qui, à la même époque, produisit une grande sensation. Cet écrit avait pour titre : Réflexions sur la cause des mécontentements actuels. Il y attribue tous les malheurs, toutes les fautes du gouvernement à un plan formé par la cour, de tout conduire |>ar l'entremise de ses favoris. 11 fait voir l'incompatibilité de cette influence secrète avec les principes d'un État libre, et met ert avant quelques opinions populaires concernant la chambre des communes. Du reste, le remède qu'il proposait pour les maux généralement sentis consistait surtout à placer ce pouvoir dans les mains des grandes familles whigs, qui avaient été les soutiens de la révolution de 1688, ainsi que des mesures subséquentes, ce qui était une manière d'indiquer le parti de Rockingham. Cette conclusion lui attira plusieurs censures sévères; mais, pour le justifier du reproche qu'on lui faisait alors de paraître trop porté vers les idées démocratiques, il suffirait de citer l'ouvrage dont nous venons de parler. Dans son opposition aux actes ministériels qui ont précédé et suivi les guerres d'Amérique, il employa toute sa pénétration politique, toute son éloquence, d'abord à prévenir la scission, et ensuite à tenter un moyen de rapprochement. Il était alors parvenu à la maturité de son talent oratoire. Les annales du parlement offrent peu d'exemples d'une éloquence aussi forte, aussi animée que celle de Burke. Chez lui, l'imagination et le sentiment paraissent également puissants, et une audacieuse vigueur s'alliait à une naïveté quelquefois fort piquante. La rapidité de son débit ne lui laissait pas le temps de choisir et de perfectionner. Lorsqu'il commençait à parler, il était difficile de deviner jusqu'où il pourrait aller; mais quelque trait frappant et original ne lardait pis a produire une vive impression. On peut tirer des discours de cet orateur, des discussions sur presque tout ce qui intéresse la société humaine, en même temps qu'un grand fonds de narrations et de portraits historiques habilement tracés. Eu 1774, on