‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 37 sur 97 · SUR · texte numérisé non relu

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jugeait ses principes tellement favorables à la liberté, que les whigs de l'opulente cité de Bristol le choisirent pour leur représentant. Les attaques qu'à cette époque il livra aux opérations des ministres portaient principalement sur leur insuffisance, leur sévérité et leur injustice. La guerre devint populaire, et Burke sembla perdre quelque chose dans l'opinion publique en s'y opposant. Il s'aliéna surtout ses constituants de Bristol, quand il sollicita dans le parlement la liberté du commerce pour les Irlandais, et des lots tendant a adoucir le sort des catholiques. Il fut cependant réélu dans la session suivante, et, en même temps, nommé par une autre ville que Bristol. Ce fut alors qu'il parut au milieu de l'assemblée des électeurs de celle-ci, et y prononça un discours réputé son chef-d'œuvre; il y rendait compte de sa conduite, et commençait par ces mots : Gentlemen, I décline the élection (Messieurs, je refuse l'élection....). Quoi qu'il en soit, il recouvra en grande partie la faveur du peuple par son fameux Mil de réforme dans les. mesures fiscales introduites en février 1780. Le ministère de lord North finit au mois de mars 1782, et le marquis dé Rockingham fut rappelé avec tout son parti. Dans ce changement, Burkcobtint le poste lucratif de payeur général de l'armée, et fut admis au conseil privé. Une de ses premières démarches fut la reproduction du bill de réforme, qui précédemment avait été rejeté, n'étant pas aussi agréable aux ministres et aux courtisans qu'à la majorité de la nation, et, cette fois, le bill passa avec des modifications considérables. La mort du marquis de Rockingham avança le terme du ministère dont il était l'Ame, et, lorsqu'on désigna lord Shelburnc pour lui succéder comme chef de la trésorerie, Burke se retira. Le ministère de lord Shelburnc fit place à celui qu'on désignait sous le nom de coalition, parce qu'il était composé d'une portion des ministres qui avaient été l'objet d'une si longue et si forte opposition, et de plusieurs membres de cette opposition elle-même. Le projet de la coalition fut conçu par Burke, qui parut avoir peu calculé l'effet qu'aurait sur le public un choc aussi violent donné à toutes les idées de bonne foi et de stabilité. Cette nouvelle association de pouvoir fut rompue par le bill sur l'Inde, de Fox, (nie Burke appuya fortement, mais qui déplut également au roi et au peuple. Pitt prit alors le limon des affaires, et commença par dissoudre le parlement, opération attaquée avec beaucoup de chaleur par Burke. Il fut également contraire à un plan proposé en 1782 par le minisire, qui portait atteinte aux droits reconnus des propriétaires des bourgs, et il n'approuva jamais l'idée mise en avant d'une réforme parlementaire. Le procès du gouverneur des Indes, Hastings, a été l'un des événements les plus remarquables de la vie de Burke. On a présumé que des. motifs de ressenliment particulier s' étaient joints, dans cette grande cause nationale, à sa passion pour la justice. Au total, sa conduite dans celte auairc ne lui fit rien gagner dans l'estime publique, et servit seulement à donner une plus grande idée de sou talcatd orateur. L'élablissemeat d'une régence à l oc-

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casion de la maladie du rpi.en 1788, fournit à Burke

une occasion de se signaler. 11 lutta avec vigueur contre la proposition de limiter les pouvoirs du régent, et contre le princi|>e, posé par le ministre, que la régence était élective et non héréditaire. Les efforts du parti de l'opposition, en cette circonstance, ne furent ni heureux, ni secondés par la laveur populaire, et Bm ke s'exposa à une censure particulière, en se laissant entraîner, par la clialeur de son imagination, à des expressions peu respectueuses pour la personne du roi. Mais ce qu'il y a de remarquable dans la carrière |>olilique de cet orateur, c'est la manière dont il se prononça contre la révolution française dés son origine. On aurait pu supposer qu'un homme qui avait longtemps fait cause commune avec les amis de la liberté dans son pays, et montré beaucoup d'égards pour les Américains insurgés, applaudirait aux tentatives d'une natiou voisine pour obtenir une forme de gouvernement conforme aux principes qu'il avait si souvent énoncés ; mais son respect |*our les institutions consacrées par le temps, et le sentiment profond de justice et d'humanité qui l'animaient, expliquent son premier éloignemenl et ensuite la haine violente que lui inspira celle grande subversion politique, si terrible même à sa naissance. La première occasion qu'il eut de montrer cette haine se présenta, en février 1790, dans un débat de la chambre des communes, oii il s'agissait de la réduction de l'armée. Fox voulait qu'on témoignât une noble conliance dans les travaux régulateurs de la France. Ce fut à ce sujet que Burke déclara hautement qu'il rompait avec lui tous liens d'amitié. Bientôt après, il conçut l'idée de ses Réflexions sur la révolution française, qui pamrent au mois d'octobre de la même année. 11 falfait que sa pénétration fût extrême pour si bien juger et prédire les suites de la violente commotion que venait d'éprouver la France, tandis que l'enthousiasme des théories nouvelles avait commencé a saisir un si grand nombre d'Anglais, et nommément plusieurs personnages influents. On a vu peu de livres produire une pareille sensation. Il eut un débit dout on n'avait pas d'exemple en Angleterre, et fut recherché en France avec une égale avidité. Les ennemis de Burke eux-mêmes ne pouvaient se refuser à reconnaître une grande profondeur cl des beautés du premier ordre dans cet écrit, qui d'ailleurs trahit une imagination trop ardente, quelquefois mal réglée. D'un autre coté, il rencontra quelques critiques sévères et même assez redoutables. Entre autres réponses auxquelles les JWflexiont donnèrent lieu, on connaît les fameux Droits de VHomme, de Payne. Pendant un certain temps, ils semblèrent, malgré la disproportion de talent et de raison entre les deux antagonistes, devoir balancer l'effet produit par l'illustre orateur; mais bientôt les événements et les grands intérêts mis en jeu se réunirent pour établir l'avantage absolu du coté de Burke, cl on ne peut douter que la direction donnée par sou opinion ne soit entrée pour beaucoup dans l'impulsion |tnpulaire qui porta les Anglais à une guerre dont les funestes conséquences se font

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sentir encore. Il continua le même genre d'attaque en publiant : 1° sa Lettre à un membre de l'assemblée nationale, 1791 ; 2" un Appel des whigs modernes aux whigs anciens; 3° lettre à un lord sur une discussion avec- le duc de Bedford; 4° Pensées sur la paix régicide. Son horreur toujours croissante pour la révolution française était devenue la passion dominante de sou ame. 11 ne pouvait en entendre parler sans éprouver une irritation violente; aussi les succès qui soutinrent celte révolution ont-ils jeté une extrême amertume sur la dernière partie de sa vie. Personne mieux que lui n'en avait étudié les progrès et la nature; les plus petits événements et les personnages les moins influents de cette époque lui étaient connus comme s'il avait vécu au milieu d'eux. Il ne s'occupa plus que d'uu seul objet politique qui y fût étranger, le projet d 'émancipation des catholiques en Irlande. L'utilité d'admettre cette portion de la nation anglaise aux droits d'électeurs lui fournit, en 1792, la matière d'une lettre à sir Hercules Langrishe. Lorsqu'il crut devoir se retirer du parlement, sa place y fut occupée par son fils unique, jeune honunc qu'il admirait autant qu'il le chérissait. La mort de ce lils, arrivée bientôt après, fut pour Burke un coup terrible. Lui-même termina sa carrière le 8 juillet 1797, dans la 08° année de son âge. Burke était très-aimable dans la vie privée. Poussant l'amour des louanges jusqu'à la faiblesse, il rendait libéralement celles qu'il avait reçues. Son goût le portait vers les beaux-arts, qu'il protégea souvent de la manière la plus noble. Il n'encouragea pas moiite l'économie rurale, cherchant en général à étendre dans tout son voisinage les plans de bienfaisance et d'utilité publique. Cette disposition bienveillante de sou âme eut en dernier lieu |>our objet les victimes de la révolution française réfugiées en Angleterre ; et il fonda une école I mu r les enfants des Français momentanément expatries, dont la surveillance presque paternelle et l'instruction paraissent l'avoir occupé jusqu'au jour où il cessa d'exister. Quelques personnes lui ont attribué les célèbres Lettres de Junius, du moins est-il réputé y avoir eu une part considérable ; mais la publication de ce livre est un mystère littéraire qu'on n'a pas encore |»énélré. D'autres morceaux de littérature et de |>olilique, dont nous n'avons pas parlé, sont connus pour avoir exercé la plume de Burke. Sa vie, écrite par Robert Bisset, Ecossais, publiée en 1798, a été réimprimée a Londres en 1808. M. Formie a aussi donné des Mémoires de Burke {l).Yoici la liste de ceux de ses ouvrages qui ont été traduits en I français : 1° Recherches philosophiques sur l'origine de nos idées du sublime et du beau, traduites de l'anglais par D. F. (Desfrançois), Par is, 17«3; nouvelle traduction, avec un précis de la vie de l'auteur, par

(DOn trouve des détail* Intéressant» sur h vie de Borke. sw «ses et rit* et sv sa personne, dans le Mtmoir oftke life ona* iht rkértcitrofEdm. burtt, 2' édition. Londres. I«i7. 2 tôt, ln-««, par James Prior, et dans le journal allemand ZeU CnuuM, n» S, p. 7S- IM. M- Villomain a donné de ce grand orateur et pubîiciste une appréciation tres-remarquable. appnjée de plasinir* «traits de se* diifoors dans le* IJ", 16' et i7» k*ou de «on Cour, it IMertUmre

E. Lagentie de Lavaisse, Paris, 1805, in-8\ 2* Jî<»- , flexions sur la révolution de France, et sur les procédés de certaines sociétés à Londres relatifs à cet 'événement, traduites sur la 3* édition anglaise par Dupont, Paris, 1790, in-88. 11 parut, en 1790 et 1791, à Paris, cinq éditions de celte traduction. Le manuscrit de la première fut distribué, par parties, dans trois différentes imprimeries, et publié dans moins de huit jours (1). Payne répondit au livre de Burke par les Droits de l'homme, traduits par Soûles, avec des notes, Paris, 1791 , in-8». Joseph Prieslley entreprit aussi de réfuter Burke dans des Lettres, traduites en français sur la 2' édition, Paris, 4791, in-8*. Il y eut en France quelques autres réfutations du même livre, que Lally-Tollendal, dans ses lettres à Burke, appelle un ouvrage immortel, en regrettant seulement que l'auteur se soit laissé entraîner quelquefois au delà des bornes de la modération ; que l'ignorance des faits l'ait conduit à plusieurs taux exposés, et qu'il ait trop souvent confondu avec des extravagances criminelles les sentiments généreux qui n'avaient cessé de lutter contre elle. S* Discours «ur la monnaie de papier et sur U système des assignais en France, Paris, 1790, in-8". 4o Lettre aux Français, Londres (Paris), 1790, in-8°. 5° Discours sur la situation actuelle de la France, prononcé dans la chambre des communes, te 9 février 1790, lors du débat sur les estimations de Carmée, Paris, 1790, in-8». Ce discours fut combattu en Angleterre par le comte Stantiope, dans une lettre qui a été traduite en français sous ce titre : Apologie de la révolution française, ou Lettre à Edmond Burke servant de réplique à son discours, etc., traduite de l'anglais sur la 3* édition, Paris, 1791, in-8". 7» Lettre d'Edmond Burke au traducteur de son Discours sur la situation actuelle de la France, Paris, mai 1790, in-8», deux éditions. 7° Lettre à M. l'archevêque d'Aix (Boisgelin), et Réponse de M. l'archevêque d'Aix à M. Burke, Paris, 1791, in-8". 8° Discours improvisés par MM. Burke et Fox dans la chambre des communes, le 6 mai 1791, sur la révolution française, Paris, 1791, in-8°9» Lettre sur les affaires de France et des Pays-Bas, adressée à M. le comte de Hivarol (avec la réponse de ce dernier), Paris, 1791, in-8". Lettre à un membre de l'assemblée nationale de France, Paris, 1791, in-8». Lally- Tolendal, dans sa Lettre à M. Burke, Paris, 1791, in-8°, semble élever des doutes sur l'authenticité de celle i laquelle il répond . cependant Mallct-Dupan la cite comme authentique, et de Lally lui-même finit par répomlre comme si elle l'était. 11» Appel des tchigs modernes aux umigs anciens, traduit par de Rivarol, Paris, 1791, in-8». Burke y parle de lui à la troisième personne. 12° Lettre de M. Burke à un noble lord sur les attaques dirigées contre lui (Burke), dans la chambre des pairs par le duc de Bedfort et le comte de Lauderdale au sujet de ses opinions sur le gouvernement anglais et sur la révolution française, traduite sur la 6» édition de Lon-

édllionde

dres, Paris, in-8". 13° Lettres (deux) à un membre de la chambre des communes sur les négociations de paix ouvertes avec le directoire , traduites par J. Pcltier, Londres et Paris, 1797, in-8°. On publia, en juin et août 1790, des Lucubrations philosophiques, attribuées à Burke, sur divers objets de politique ; la Décadence de la monarchie française; Jugement de l'Europe sur les suites de la révolution française; Alliance de la liberté et de la tnonarchie, in-8". Dans le Tableau religieux et politique de l'Indostan, par de Courcy, on trouve encore la traduction d'une Lettre de Burke à Pitt. L— P— E et V— ve.

BURLAMAQLI (Fabhice), né à Genève en 1626, desservit depuis 4653 l'église italienne do cette ville, et passa, en 4659, à Grenoble comme pasteur. L'année suivante, on lui offrit à Genève une chaire de professeur en théologie, qu'il refusa à cause de la faiblesse de sa santé. 11 mourut en 1693. Il avait acquis une si grande connaissance des livres, que Bayle (voy. ses Lettres) le regardait comme le Photius de son siècle. Il était aussi trèsversé dans les belles-lettres et les langues orientales. On a de lui : 1° Sermon fait au jour du jeûne célébré par les églises réformées du Dauphiné, le 3 décembre 1662, Genève, 1664, in-8». 2° Catéchisme sur les controverses avec l'Eglise romaine, 1668, in-8». 3* Synopsis theologiœ, et speciatim œconomiat faderum Dei, Genève, 1678, in-4». 4* Considéralions servant de réponse au cardinal Spinola, Genève, 1680, in-12, français-latin : tous ces ouvrages sont anonymes. A. B — t.

BURLAMAQDI (Jean-Jacques), de la même famille que le précédent, né à Genève en juillet 1694, y fut professeur honoraire dés l'âge de vingtsix ans. 11 voyagea en France, en Hollande et en Angleterre, et se lia d'une étroite amitié avec Barboyrac, qui suivait la même carrière. Revenu dans sa patrie, en 1723, il y enseigna le droit jusqu'en 17 iO : il entra alors dans le conseil souverain, et y resta jusqu'à sa mort, arrivée en avril 1748 (et non 1750, comme Sénebicr le dit par erreur). Burlamaqui aimait les arts et les protégeait. Sa collection de tableau et d'estampes était citée comme une des plus belles de Genève. Cette ville lui a l'obligation d'un bon dessinateur formé par ses soins, en la personne de Soubeyran. Jean Dassier a gravé sa médaille, qui est d'une grande beauté. On a de J.-J. Burlamaqui : 1° Principes du droit naturel, Genève, 1747, in-4», souvent réimprimés, et traduits en diverses langues (1). Cet ouvrage a longtemps servi de texte aux leçons des professeurs de Cambridge. 2» Principes du droit politique, Genève, 1751 , in-4», ou 2 vol. in-12, rédigés d'après les cahiers de ses écoliers. 3* Principes du droit naturel et politique, Genève, 1763, in-4"; ibid., 4764, 3 vol. in-12. C'est la réunion des deux ouvrages précédents. Le comte Bapt. Crcspi l'a traduit en italien, Venise, 1780, in-8». 4° Principes du droit de la nature et des gens, avec la suite du Droit de la nature, qui n'avait pas

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i, corrigée, revue avec J.-A. A**' (Aumj),i v»n »P»- D— a-m

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encore paru, Yverdun, 1766-68, 8 vol. in-8", édition donnée par de Félice, qui y joignit beaucoup de notes (I). 5° Eléments du droit naturel,... ouvrage posthume d'après le véritable manuscrit de l'auteur, Lausanne, 1774, in-8" (2). Tous ces ouvrages sont estimés pour leur clarté et leur précision. L'auteur y réduit en principes ce que Grolius, Puffendorf et d'autres avaient établi par de longues et savantes discussions. Tout y est en théorie ; rien n'y est appuyé sur les faits. II faut être déjà versé daus les sciences du droit naturel pour apprécier le résumé qu'il en donne. C. II. P.

BIBLE 1 (Claude), médecin, né à Bourges, reçu à la faculté de Paris en 1602, et à l'académie des sciences en 169», fut successivement médecin de Philippe V, roi d'F.spagne, et du dauphin de Fiance, et mourut le 10 août 1731, âgé de 67 ans. II est auteur de plusieurs dissertations académiques : An pluribus llispanorum morbis rcmedium efficax balneum; sur l'usage de l'eau de chaux seconde dans les maladies (an 1703); sur les avantages de la camphorata de Montpellier ( imprimé par extrait dans le recueil de 1704 ) ; sur les eaux de Bourbonne et de Vichy (1708) ; Examen des eaux de Bourbon (id.) ; sur un sel purgatif analogue à celui d'Kpsom, trouvé dans une source a trois lieues de Madrid. Ce dernier mémoire a pour titre lluluire d'un sel cathartique d'Espagne (1720). C. et A— ft.

BLBLKY ( G .u t i En }, ecclésiastique anglais, né fa Oxford eu 127.1, et commentateur d'Aristote, mourut en 1357. 11 était à la tète de la secte des nominaux, et principal adversaire des scolistes. 11 était surnommé doctorplanus. et perspicuus. On a de lui. outre ses volumineux commentaires sur Aristolc, publiés à Venise et à Oxford, dans le 16* siècle, un traité imprimé à Cologne, en 1 172, in-4", sous ce litre : de Yila et Moribus philosophorum ; réimprimé à Nuremberg, 1477, in-fol. Il y a une première édition de Cologne, in-4°, sans date, qui parait antérieure à 1470. X— s.

BURLINGTON (Richard, comte de), pair d'Anglctcrrc, né au commencement du 18* siècle, mort vers 1760, amateur éclairé des beaux-arts, a lui-même laissé deux monuments remarquables de ses latents en architecture. L'hôtel de Burlington à Londres, dont toute la façade donne sur Piccadilly, est de lui, ainsi que sa maison de campagne de Chiswick, village situé a peu de distance de la capitale. Lord Burlington, enthousiaste de Palladio et

(I) M. Dupln, aujourd'hui piwntvur r< n+tat » h tant ,ie ruxalion, l*iD«f une édition des Principes du droit d* ta nature et de* lieu', l«M une i8lroiluclu.il et une laide tres-ample, l»aris, IS.O. 1 vol. iii-8'.— Nouvelle <dnioii a\ec |ps addition* et le» notes de FV- Ure, aupiNMil.»- de Mictions nonvr'lrs et d'exemples tires de l'Iiisloire. par M. Cotelle ai*, docteur en droit. Paris, Janet rt Colelle, l*2t, m-«*.

(i Cet ou* rage a été réimprimé >', ux fois depuis : l'aris, Delestre- Djnlase, tt«0, tn-12; tbld., Janet el Cot. Ile. même ann e. I fort \ni In-s", dan« lequel on trouve le traite 4ti ftetoiri de. rkomme et d* ri/eyra, traduit du latin de PnlTendorf par llarbeyrae. Li-t Me- i menti du droit Muret ont été traduits eo espagnol par D M -B Caret* Sud*, d »,*, rtdinon av, «ko, Paris, Mawou et fit», H25, J NL Ml, j

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d'inigo Jones, a placé la statue de ces deux nommes

célèbres au-devant du péristyle de celle dernière maison. On doit lui savoir gré de la protection qu'il a accordée à Kent, architecte assez habile, quoique! mauvais peintre et marnais sculpteur, mais justement célèbre par la révolution qu'il a opérée dans)' l'art des jardins. Lord Burlington a publié un grand ouvrage sur Palladio. V. S. M.

BLRLTON ( Pieu re- II en m ) , géographe anglais, a contribué à des découvertes importantes pour l'intérieur de l'Asie. Il était lieutenant au corps d'artillerie du Bengale, et occupé, en 1825, fa lever le oour* supérieur du Brahmapoutre ou Bourritampouii qui vient de l'est, et réunit ses eaux fa celles de l'un des bras du Gange au-dessus de leur embouchure commune daus le golfe de Bengale. Ayant remonté le fleuve qui porte dans l'Assam le nom de Lohit ou Borlohit, il parvint jusqu'au point où il cesse d'être navigable, sous 27° 50' de latitude el 05° de longitude est de Paris. Là le Qeuve coulait avec rapidité daus un lit rocailleux dont la plus grande profondeur n'était que de 3 ou 4 pied* anglais : sa largeur n'excédait pas 450 pieds. Les habitants du pays assurèrent à Burilou que le Lohit sortait du Brahma Round, petit lac dans lequel afllueut plusieurs petites rivières, et que ce kte était éloigné de dix journées à l'est du lieu ou ils se trouvaient en ce moment. Un an après, le capitaine Bedford parvint au Braluna Round, et constata que les petites rivières qu'il recevait venaient de liait les montagnes situées à l'est. Plus tard, Burlloa et Wilcox traversèrent la chaîne neigeuse des monts Longlan, et arrivèrent a la source du Sri Serlut, affluent de droite de l'Iraouaddi, et qui est aussi designé par ce nom. Burlton fut ensuite employé avec son camarade Bedinglicld à lever la carte de l'Assam inférieur. Dans l'été de 1829, ils gagnèrent Nancld dans les monts Cossyah, afin d'y rétablir leur santé. Un soir leur maison ayant été investie par une troupe d'environ cinq cents Cossih el Garraoua, Bedinglicld sortit sans armes |iour savoir la cause de ce rassemblement ; il fut égorgé, et ses meurtriers lui couvrent la tète. Burlton, avec quelques cipayes et ses domestiques , se défendit jusqu'au lendemaiu malin. Alors les ennemis ayant mis le feu à la maison en bois, Buriton et ses gens fireut retraite jusqu'à mie distance de dix milles. Le lieu soutenu ds la petite troupe tint constamment l«s assaillanu éloignés; mais une forte pluie ayant mouillé ses munitions et mis ses armes hors d'état de servir, chacun se dispersa de son coté. Burlton, épuisé de fatigue, tomba et fut massacré à l'instant : il n'était iigé que de 25 ans. Les détails de sa découverte et des renseignements ultérieurs qu'il fournit furent insérés dans la Culcutta governement Guette, et par suite dans YAsiatic Journal de Londres. Le résultat des découvertes exposées dans le présent article avait été deviné depuis longtemps par d'Anville et Alexandre Dalrymplc. ( Yoy. ce nom.) Ce dernier, dans son Essai d'une carte de l'empire Birmon, inséré dans la relation du voyage de Symes (vof.ee nom),

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ma pou dra telle que les y yageurs ses compatriotes l'ont trouvée, klaproUi a résumé ces faits dans an écrit intitulé : Mémoire sur les sources du Brahmapoutra et de l'haomddi ( Nouvelles Annalet des voyages, t. 7, f série). Ce savant a aussi donné un Mémoire sur le cours du Yarou-Zangbn Tchou ou grand fleuve du Tibet {dans le Magasin asiatique, t. 1'*). On voit que ce fleuve, nomme par abréviation San-bo, finit par devenir le grand Iraouaddi du royaume d'Ava : ce sentiment était aussi celui de Dalrympic et de d'An ville, niais non de Rennel. ( Voy. lit n \ el. ) E — s.

HIT. M A. M A (Doturm-BoTHMA van), d'une {■mille illustre de Frise, vécut au commencement da i& siècle II s'appliqua à l'étude de l'histoire naturelle, et surtout de la météorologie, science peu connue alors. Il avait observé pendant plusieurs années les variations du temps et de la lumière, et il tirait de tous les changement* de l'air des résultats assez justes. Il les a consignés dans deux petits ouvrages; l'un est une lettre adressée à Ruard Andaia : de Meihodo ratiocinandi de more caeli dubio, Loti vain, 1715, iu-4*; l'autre est une explication de deux tableaux météorologiques : Nieuvc Manier en OndersteUinge oter Weer, ibid., 1715. On ne connaît pas les détails de la vie de ce savant; il mourut en 17 $6. — l'pko Bcumaaia, de la meute famille, mort en 4 810, entra dut* la confédération des nobles contre le gouvernement espagnol, et fut banni de la Hollande. 11 a laissé en manuscrit plusieurs ouvrages généalogiques sur la noblesse de la Frise. — Un autre Bukmama i. Mo. mur. est auteur d'un livre intitulé : de Bcllo anglicano injuste llelgii Ulato, 4662, in-*». B — c.

BURMANN (François), était (ils de Pierre Burmann, pasteur d'abord à Frankcntlial, ensuite * Emmericl.. Il naquit à Leyde en 1648. Après avoir été neuf ans pasteur à Hanovre, et pendant un an sous- régent du collège des Ordres, à Leyde, il passa à Utrecht en qualité de professeur de théologie. On a de lui, en hollandais, des commentaires sur le Penlateuqtu, Utrecht, 1660, in-8», et 4668, in— 4» ; sur Josué, Ruth et les Juges, Utrecht, 4675, iu-4* ; sur les Rois, les Paralipomènes, Esdrae, Né* hémie, Esther, Amsterdam, 46K5, in-4°; sur les livres de Samuel , Utrecht , 4678, in-4°. Les trois premiers de ces ouvrages ont été traduits en allemand. 11 • écrit, en latin, uu abrégé de théologie, Synopsis theologica, Utrecht, 4674, et Amsterdam, 1690, S vol. in-4». Il y en a aussi une édition faite i Genève, et Théodore Smont l'a traduit eu hollandais. On a recueilli en 3 volumes in-4° (Rotterdam, 4683) ses dissertations académiques : Exercilationes; et en un volume, du même format (I trecht, 4700), ses discours académiques : Orationes, etc. La traduction hollandaise de re second recueil parut la même année et dans la même ville. Burmann mourut le 84 novembre 1679. Un traité latin qu'il avait laissé, sur la Passion de Jésus-Christ, fut publié en 1606, in-4°. par van Lent. Son oraison funèbre, prononcée par Gmevius, se trouve jointe au

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BURMANN (Pierre), fils du précédent, naquit à Utrecht, le 6 juillet 4668. Au nombre de ses maltres daus l'université d'Utrecht et dans celle de Leyde, où il fit ses études, furent Grcvius et Jacques Gronovius, hommes d'une grande érudition. En 4688, il soutint, ponr le grade de docteur en droit, une thèse de Transactionibus, qui lui fit beaucoup d'honneur. Il entreprit ensuite un voyage en Allemagne et en Suisse, pour visiter les bibliothèques et les hommes célèbres ; et, de retour à Utrecht, il entra dans la carrière du barreau. Les succès brillants qu'il y obtint ne le détournèrent point de ia culture des lettres anciennes, et, en, 4694, il publia une dissertation très-savante de Vetligalibus populi romani. On en connaît deux autres éditions fuites, l'une en 4714, la seconde en 1754. La dernière est fort augmentée; elle a été réimprimée dans le 4" volume du Supplément de Poleni. Sur la recommandation de Gravius, Burmann fut nommé, en 4606, professeur d'histoire et d'éloquence dans l'université d'Utrecht. Il ouvrit ses leçons par un disceurs de Eloquentia tt Poesi. Depuis cette épotpie, il ne se passa presque |K>int d'année que Bunuami ne publiât quelque ouvrage, soit l'édition d'un classique ornée de ses notes, soit un discours, soit des vers latins ( et il les conqiosait avec beaucoup de talent ), soit quelque pamphlet contre ses adversaires. Il s'en lit beaucoup par le ton tranchant de ses décisions, par son intolérance, son irascibilité, la violence de ses emportements. Aujourd'hui toutes ces querelles sont oubliées, et il ne reste que le souvenir des services importants qu'il a rendus aux lettres latines par ses belles et nombreuses éditions. En général, il le faut avouer, ce n'est pas par le goût et la critique qu'elles sont le plus remarquables ; ce qui lus recommande surtout, c'est l'érudition, l'exactitude philologique, l'abondance des secours qu'elles offrent aux lecteurs, et la beauté de l'exécution. Quelques-unes, comme celles d'Ovide, de Virgile, de Quintilien, de Pétrone, de Phèdre, sont, dans ce genre de littérature, des ouvrages du premier ordre. En 1715, Burmann passa d'Utrecht à Leyde, où la mort de Perizonius laissait vacante la ciiaire d'histoire, d'éloquence et de grec. Elle lui avait été offerte avec des conditions fort avantageuses, et il accepta. La liste complète de ses ouvrages étant trèsétendue, nous n'indiquerons que les plus marquants. 4" Marq. Gudii et doctorum virorum aliorum ad eum Epistola, Utrecht, 1697, in-4«. 2° Phœdri Fabula, Amsterdam, 1698, in-8°; réimprim. en 1718 et eu 4T4K, in-8u. 3» Horace, avec les Leetiones Venusina de Rutgers, Utrecht, 1699, in-12. 4* Jupiter Fulgerator, Utrecht, 1700, in-l°; et Leyde, '.734, in-4", avec le traité de Veetigalibus. Burmann, dans cette dissertation, explique ee que signilie l'image de Jupiter Tonnant sur plusieurs médailles de la ville de Cyrrhus. 5° Petronii Salyrieon, Utrecht, 1709, ln-4°; réimpr. à Amsterdam, 1743, 2 vol. in-4"; à Leipsick, 1781, in-8°. Les notes de Burmann furent critiquées dans le livre intitulé : Chrestomalhia Petronfo-ihirmanm'nna, Florence (Amsterdam), 1734, in-«« : ou l'auribue à Verburgc et à Hcmslerhuys.

6° Antiquilatum Roman, brevit Descriptio, Utrecht, 1711, in-s'. Il y en a de nombreuses réimpressions. 7» Velleius Patcrculus, Leyde, 1719 et 17*4, in-S». Les notes de Burmann ont été réimprimées dans le Paterculus de Kuhneken. 8° Quinlilien, Leyde, 4720, 2 vol. in-4°. Capperonnier, professeur au collège royal, ayant publié, en 1723, une édition de y ni milieu, blâma souvent dans ses notes celles de Burmann. L'irascible Hollandais Fit paraître Tannée suivante Epistola ad Cl. Capperonerium, etc., où il répond à son critique avec une violence inconcevable. S'il cul tort par la forme, on ne peut disconvenir que, pour le fond, il n'ait souvent raison. 9° Justin, avec une préface seulement et des variantes, Leyde, 1722, in-12. 10" Valerius Flaccus, Leyde, 1724, in-4*. 11° Gcorg. Buchanani Opéra omnia, Leyde, 4723, 2 vol. in-4°. 12° Le catalogue des ouvrages contenus dans le Thésaurus Anliquitat. gracar. et romanar. de Grœvius, et dans le Thesaurus Antiquil. et Histor. Italiœ, et le Thésaurus Antiquit. et Histor. Sicilice, du même, avec une préface, Leyde, 1723, in-8°. Plusieurs préfaces, dans ces deux derniers ouvrages , appartiennent à Burmann. Il est aussi l'auteur de celle des Inscriptiones antiquœ de Gruter (Amsterdam, 1707, 4 vol. in-fol.). 43" SyUoges Epistolar. a vins iltustribus scriptar. t. 5, Leyde, 1727, 5 vol. in-4°. 44* Ovide, Amsterdam, 1727, S vol. in-4°. Il faut joindre à celle édition une préface imprimée à part en 1736, sous ce titre : P. Burmanni Prafatio ad Ovidii editionem majorent, etc. 13° Phœdri Fabula, avec un nouveau commentaire, Le) de, 4727, in-4°. 40e Poetœ lalini minores, sive Gratii l'alisci Cynegeticon, M. Aurelii Kemesiani Cynegeticon et ejusdem Eclogœ 4 ; T. Calpurnii Siculi Egloga 7 ; Claudii Rutilii Numiliani lier; Q. Serenus Samonieus de Medicina; Vindicianus, sive Marcellus de Medicina; Q. Hhemnius Fannius Palœmon de Ponderibus et Mensuris, et Sulpitii Satyrœ, Leyde, 1731, 2 vol. in-4*. Cette collection renferme deux poètes (Serenus Samonieus et Vindicianus) qui ne sont pas dans celle de Wcrnsdorf. Burmann, qui ne pouvait souffrir aucune espèce de concurrence ni de rivalité, attaque durement, dans sa préface, un jeune Anglais nommé Bruce (voy. ce nom), qui avait, en 1728, publié quelques-uns de ces poètes, et Havercamp, qui avait donné ses soins à cette entreprise. 17* Suétone, Amsterdam, 1736, 2 vol. in-4°. 18» Lucain, Leyde, 4740, in-4°. 40° Virgile, publie par les soins de son neveu, P. Burmann, Amsterdam, 4746, 4 vol. in 4°. 20* Claudien, publié également par les soins et avec les notes de son neveu, Amsterdam, 1760, in-4°. 21° C'est encore son neveu qui a donné le recueil de ses jioésies latines, Amsterdam, 1743, in-4*. 22° Ses harangues latines furent publiées en 1739 à la Haye, par Nicolas Bondi. Burmann a inséré beaucoup de morceaux dans les Miscellaneœ Observations, collection qu'il dirigea longtemps. On lui atiribuc généralement ceux qui portent le nom de Sinceru* Uollandus. On croit aussi que c'est lui qui lui écrivit contre Everhard Otto sous le nom de Faroritus Noricus. Ce grand philologue mourut le

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31 mars 1741, à 72 ans, après de longues et cruelles souffrances, qu'il supporta avec une religieuse résignation. Dans les derniers temps de sa vie, il reçut de l'abbé Bignon, bibliothécaire du roi, les trois volumes, alors imprimés, du Catalogue de la Bibliothèque royale. L'abbé Bignon lui écrivait que Louis XV lui faisait ce présent, comme au premier des érudits. Burmann laissa deux fils : François, qui suivit avec distinction la carrière des armes, et Gaspard, dont nous allons parler. B — ss.

BURMANN (Gaspaiid), naquit à Utrecht, et fut membre du sénat de cette ville. Son premier ouvrage est intitulé Hadrianus VI, etc. , Utrecht, 1727, in-4°. C'est un recueil de différents écrits relatifs au pape Adrien VI; il y joignit des noies fort savantes. H donna ensuite l'histoire littéraire de sa patrie, sous le titre de Trajeclum erudilum, Utrecht, 1738, in-4* ; et, en hollandais, les annales d'Utrecbt, Ulrechtsche Jaarboeken , etc. , 3 vol. , 1 730-3 1 . La préface de la seconde édition du Pétrone de son père est de lui. H mourut le 22 août 1735. B — ss.

BURMANN (François), lils de François, frère de Pierre et oncle de Gaspard Burmann , naquit à Utrecht, en 1671. H fut pasteur de plusieurs églises de Hollande , et chapelain de l'ambassade hollandaise en Angleterre. On le nomma, en 1713, professeur de théologie dans l'université d'Utrecht. Ses ouvrages sont : 1° Burmannorum Pietas , etc., Utrecht, 4701 , in-8*. C'est une réponse à Philippe Limbourg, professeur des Arminiens a Amsterdam, qui , dans sa Théologie chrétienne, avait accusé le père de Burmann d'être spinosiste. 2* Theologus , etc. ; discours inaugural sur les qualités qui font le véritable et parfait théologien , Utrecht, 1715, in-4*; 3* Un discours latin sur la Persécution de Dioctétien, Utrecht, 1719, in-i*. 4" UHarmonie , ou la Concordance des saints Evangélistes (en hollandais) , Amsterdam , 1713, in-4*. 3* Le plus grand bien des spinosiste» comparé avec le paradis sur terre de M. Fréd. Leenhof, 1704, in-8». 6° Invitation amicale à M. Fréd. Leenhof de se justifier de son spinosisme, etc., 1705, in-8* ; ces deux ouvrages , écrits en hollandais , furent imprimés a Enkhuizen , où Burmann était |>asteur a l'époque où ils parurent. 7* Des dissertations académiques en latin sur la poésie sacrée. Il mourut en 1719, à 48 ans, et laissa quatre fds : Jean, qui fut médecin et professeur de botanique à Amsterdam; François, qui , après avoir exercé les fonctions de pasteur à Nimègue , fut professeur de théologie à Ut redit ; Abraham , qui Ht le commerce à Amsterdam ; et Pierre Burmann , qui cultiva les lettres , et marcha sur les traces de Pierre Burmann, son oncle. B — ss.

BURMANN (Jean), fils du précédent, médecin et professeur de botanique à Amsterdam, né erj 1707, mort en 1780. Quoiqu'il n'ait produit aucun grand ouvrage , il a rendu des services essentiels a la botanique, en mettant au jour plusieurs ouvrages importants , qui restaient ensevelis dans l'oubli. 1 * Thésaurus Ztylanicus , exhibens plantas in insuta Ztylana nascentes , elc, Amsterdam , 475T, grand in-4% avec 110 planches. Cet ouvrage fut

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rédigé sur les notes et les herbiers que Hartog avait envoyés de Ceylan, et sur ceux que Paul Heraiann en avait apportés. Ces planches contiennent encore environ deux cents plantes. 2° Rariorum Africanarum planlarum ad vivum delineatarum Décades 4, Amsterdam, 1738; Decadet 6 , ibid. , 1759, in-4°, avec 100 planches. Les plantes et les dessins venaient des collections d'Oldenland, de Hartog et de Hermann , et de celles de Witsen , bourgmestre d'Amsterdam , célèbre par son gonl jiour la botanique, et qui contribuait à ses progrés par tous les moyens que lui donnaient sa fortune et le crédit de ses emplois. 5* C'est à Burmann que l'on doit la publication de YHerbarium Amboinense de Rumpf, savant naturaliste , mort à Amboine , dont il était gouverneur. On avait envoyé en Europe une copie de son ouvrage manuscrit, écrit en hollandais; mais il périt avec le vaisseau qui le portait. On en demanda une seconde copie à la compagnie des Indes, et c'est sur celle-ci que Burmann Ht une versioa latine. Ce grand et bon ouvrage parut en 1741-1750, en 0 tomes in-fbl., avec 669 planches , le texte sur deux colonnes , l'une en latin , l'autre en hollandais. L'éditeur y ajouta un supplément sous le titre d'Auctuarium, avec des index ou des tables en diverses langues, Amsterdam, 1755, in-fol., avec 30 planches. 4* Ptanlarum Americanarum fascieuli 10, continents plantas quat olim Car. Plumiervs detexit, alque in insulis Antillis ipse depinxit ; edidil, descriplionibus et observationibus illustravit J. Uurmannus, Amsterdam, 1755-1760, in-fol., avec 262 planches. On négligea en France de publier ce beau travail. Boérhaave acheta les dessins, par zèle pour la botanique , et pour honorer la mémoire de Plumier, en les mettant au jour. Ce fut Burmann qui se chargea de ce soin. ( Voy. Plumier. ) 5° Flora Malabariea, rive Index in omnes tomos Horti Malabarici, Amsterdam, 1769, in-fol. C'est une table méthodique et raisonnée de toutes les plantes qui sont décrites et ligurées dans YHorlus Matabarieus de van Rheede [voy. ce nom). Burmann réimprima , à la suite , l'index qu'il avait déjà formé pour VHerbarium Amboinense. 6° 11 avait publié, en 1736, une édition en hollandais du Phytanthosa de Weinmann. 7* Il a composé deux dissertations : Vaehendorfia, Amsterdam , 1757 , in-fol., dans les Nouveaux Actes de l'académie des Curieux de la nature, t. 2, et de ferraria Characlere, ibid., même tome. Ces deux dissertations traitent des caractères de deux genres de plantes; elles prouvent qu'il était bon observateur. Linné, qui l'avait connu en Hollande, et auquel il communiquait ses herbiers et ses collections , a loué plusieurs fois dans ses ouvrages la générosité de son caractère. Ayant été nommé, en 1738, professeur au jardin de botanique d'Amsterdam, il n'épargna rien pour en augmenter les richesses. 11 contribua beaucoup à l'établissement de celui de Batavia, et il entretenait une correspondance avecRademacher, naturaliste et fondateur de la société des sciences de Batavia. On voit le portrait de Jean Burmann en tête de VHerbarium Amboinense et du Thésaurus Zeylanicus. Linné donna , en son hon-

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neur, le nom de Burmann t'a à un genre qui se trouvait décrit, pour la première fois, dans le Thesaurus. D — P— s.

BURMANN (Pierre), frère du précédent, na- . quit le 13 octobre 1714, à Amsterdam, où son pére était alors ministre du saint Évangile. Il le perdit qu'il n'avait encore que cinq ans , et fut confié a la tutelle de son oncle , Pierre Burmann , le philologue, qui l'éleva clans l'amour et dans la culture des lettres savantes. 11 reçut aussi à l'université les leçons de Dukcr et de Drakenborch. On put voir combien il avait profité des leçons de ces trois excellents maîtres, quand il soutint à Ulrecht, en 1734 , pour le degré de docteur en droit, sa thèse de Jure annutorum aureorum. L'année suivante, il obtint, dans l'université de Franekcr, la chaire d'éloquence et d'histoire , vacante par la retraite de Wesseling, qui avait passé à Ulrecht. Son discours inaugural, imprimé en 1736, à Ulrecht, est intitulé : pro Criticis. II fut, en 1741, chargé de la chaire de poésie, et, en 1712, il abandonna l'université de Franekcr pour l'athénée illustre d'Amsterdam , où on lui offrait la chaire d'histoire et de langues que d'Orville quittait. Il ouvrit ses cours par un fort beau discours de Enlhusiatmo poelico. Ce discours est presque tout en vers : on l'attribuait à fonde du nouveau professeur, ce qui était peu vraisemblable. Diétric Smits le traduisit en vers hollandais. Burmann obtint , en 1744, la chaire de poésie ; en 1752, il fut nommé garde de la bibliothèque publique; et, en 1753, inspecteur du pymnase. Il se distingua, comme son oncle, par de belles éditions, et principalement par celles qu'il donna des poètes latins. Comme lui , il eut une érudition très-variée et un rare talent pour la poésie latine. Il ne lui ressembla pas moins par l'irascibilité de son caractère et les longues querelles qui troublèrent sa vie. Klotz et Sax furent ses principaux ennemis. Celte guerre littéraire , dont on peut voir les détails dans sa vie et dans celle de Klotz, écrites par M. Harles, produisit une foule de satires et de libelles en prose et en vers, en latin, en hollandais et en allemand. Sans nous arrêter à l'indication de toutes ces productions, aujourd'hui sans intérêt, nous passerons tout de suite à celle des ouvrages de Burmann qui peuvent faire honneur à sa mémoire , ou qu'il est utile de connaître : 1* Sapientia hyperborealis , 1733. Cet ouvrage a été attribué à l'autre P. Burmann ; nous avons adopté l'opinion de Harles. 2* H. Valesii Emendationes , Amsterdam, 1740, in-*«. 5° Nie. Heinsii Adversaria, Harling,1742, in-4». Burmann, pour se distinguer de son oncle, prit dans cette édition le litre de junior : jusqu'alors il s'était désigné par le titre Fr. Fil. Fr. Nep. ; c'est-à-dire fils de François, petit-fils de François. 4° Oraison funèbre de Corn. Sieben, en latin, Amsterdam, 1743, in-4°. 5° Une édition des poésies latines de Pierre Burmann, son oncle, Amsterdam, 1745, m-4«. 6° L'édition du Virgile, de son oncle, qu'il termina, et à laquelle il mit une savante préface sur les anciens scoliastes, et les commentateurs modernes de Vir- I gile, Amsterdam, 1746, 4 vol. in-4». 7» Spécimen

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d'une nouvelle édition de V Anthologie latine, Amsterdam, 1747, in-r. 8- Oraison funèbre de d'Orville , en. latin , Amsterdam, 1751, in-4"; elle est réimprimée clans les Sicula de d'ûrvillc. 9° /'. Lottichii secundi solitarientit Poemata omnia, Amsterdam, 47.'i4, 2 vol. in-4". Dans le frontispice de cette édition, à l'imitation tic l'auteur qu'il publiait cl de Dinc le jeune, Burmann prit le titre de secundus, bai lien de junior, et le garda désormais dans toutes ses autres productions. 10° Anthologia veterum lalinvrum epigrammatum et poematum, Amsterdam, 2 vol. in-40. Le 4" est de 1759; le 2* de 1773. Klotz lit , dans les Aeta eruditorum de décembre 1750, la critique du I" volume, il parait qu'elle ne manquait ni de mesure ni d'impartialité; cependant elle excita le ressentiment de Burmann , et Tut la cause de la longue et indécente querelle qui s'éleva entre ces deux savants. W Aristophanis Comadiœ novcm.cum nolis Steph. Bergleri, etc., Lcyde, Î7C0, 2 vol. in-40. liurmann a joint au travail de Uergler (I) des notes, également inédites, de Duker. Sa préface est fort savante. Nie. Uondt l'aida un peu dans celle publication. 12° Claudien , avec les notes ^édites de son oncle et les siennes, Amsterdam, 1780, in-4». 12" llhclorica ad Ucrennium , avec les notes inédites de Gravius et dOudemtorp, Lcyde, 47(i|, in 8\ Dans une préface pleine d'érudition, Burmann prouve que l'auteur de cet outrage n'est pas Cicérnn , mais » dù vivre du temps de cet orateur. 15" De Mccatnatibus doclis Oralio, Amsterdam, 1785, in-4". 1 \" Jac. Vhil. d'Oirille Sicula, quibus Sicilim velcri$ rudeia, addilis antiquis tabulis , ï/lustrantur, Amsterdam, 1704, in-fol., lig. D'Orville était mort sans avoir pu publier ce grand ouvrage, où il avait recueilli et expliqué les antiquités de la Sicile, liurmann y ajouta plusieurs dissertations ipipoi Unies. 15» Ses poésies latines, l^yde, 1774, jii-1", avec un appendice ; cl Leyde, 4779. 46« Properre, I treelil, 1780, in-4n. Cette excellente édition, l'une des meilleures productions de Burmann , ne fut pas adievce |>ar lui ; elle était à moitié imprimés quand il mourut, le 24 juin 1778, d'uu coup d'apoplexie. Van Santen mit en ordre les nombreux matériaux qu'il avait laissés , et continua l'ouvrage. Les tables do cette édition furent rédigées par François-Pierre Burmann, lils de l'éditeur, né en 1756, et dont on connaît quelques vers latins imprimés en 1776. B— ss.

BURMANN ( Nicolas- Laurbnt ) , médecin et professeur de Iwtaniquc à Amsterdam, naquit en 1754. Il élait (Ils de Jean Burmann, auquel il succéda dans sa chaire, en 1780. Il est mort en 1795. lîn prenant le bonnet de docteur, à Lcyde, il publia une thèse inaugurale, intitulée : Spécimen bolanieum inaugurale de Gcraniis, 1750, in-4". 11 divise Ira grnuuums en trois genres : Géranium, Eradium, et /V/orj/oniiiiM. Il les établit sur des caractères trèsdifférents et faciles à observer; il décrit soixante-

(1} Dans l'arilrlc BikctER. on a dit que son travail sur Aristo- Hurn ri.it Kcl it% m*. C «M une fente d'imprcslon. Il fnt l*C 171».

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quatorze espèces , et donne des figures exactes de plusieurs. Depuis cette époque, le nombre des espèces étant plus que doublé, on a reconnu la nécessité et la justesse do cette division pour on faciliter la connaissance; et, aujourd'hui, elle est presque généralement adoptée. 2° Disserlatio de Heliopkila dans le t. I r des Nova Aeta tocietalis Up$atien$U : c'est la description d'une plante crucifère du cap de Bonne-Kspérance. 5* Florula Cortiea aucta ex scriplis Dom. Jaussin, dans le t. 5 du même recueil, ap[>endix : c'est l'essai d'une flurc de l'Ile de Corse, dont Allioni avait été l'éditeur, et à laquelle Burmann a fait des additions d'après les notes de Jaussiu. 4° Flora indica cui aecedit $trie$ soophylorum Indicorum, vec non prodromus Florm Cupensis, Lcyde, 1768, in-4», avec 67 planches. 11 ne fut que l'éditeur «le cette Oorc ; il en trouva les matériaux dans 1rs collections de son pére et dans celles de Garcia. Elle contient 4,500 plantes des Indes, et plusieurs du Cap. Les plantes qu'il y i jointes sont inférieures, pour l'exécution, à celles que son père a données. Cet ouvrage est trés-ii)comp!ct, et a peu contribué aux progrès de la botanique. Nicolas Burmann a rendu d'autres services i cette science, par ses correspondances lointaines, par la protection généreuse qu'il accordait à ceux en qui il reconnaissait des talents et le désir de voyager. Ce fut lui qui détermina Thunbcrg, depuis professeur à Upsal , à aller au cap de Ilonne-Uspérancc et au Japon, sur les vaisseaux de la compagnie îles Indes. D— P — s.

BURMANN, proprement Bobmanh (Gottlob- Glillalme), né à Lauban, dans la haute Lusace, le 18 mai 4757, lit sas éludes a Lunrenbcrg et à Ilirschherg. Le professeur Lcuschner, charmé de ses progrés dans les langues classiques, cliangca en plaisantant son nom de liormann en celui de Burmann, nom célèbre dans celle branche des connaissances humaines : Bormonn, llatté de cet éloge, adopta ce changement , et ne signa plus que Burmann. Après avoir étudié le droit i Francfortsur l'Oder, il se rendit à Berlin, où il vécut en donnant des leçons et en faisant des vers, métiers peu lucratifs, dont la bizarrerie de sua caractère accrut encore les inconvénients et qui ne le conduisirent qu'a une triste indigence. Il mourut le 5 janvier 4805. Ses poésies ont de la réputation en Allemagne; elles ne manquent pas d'esprit, de grâce et de naturel ; il avait du talent pour l'improvisation, et élait en outre excellent musicien. Ce qui choque le plus dans ses ouvrages, tous écrits en allemnud, c'est le défaut de plan, d'ordre, et souvent de convenance ; |a vivacité de son iniaguialion n'était |K)inl réglée par un gotii pur et snr. On ■ de lui : 4° des poésies imprimées à Hirschberg, en 4754, in-8". 2" Lettres et (ides sur la tnort d'un serin de Cetnarie, Francfort, 4764. in 8°. »• Fables, Dresde, 4769, in-8» : ces fables ont été réimprimées deux fois avec des augmentations , en 4774 cl 4775. 4° Journal pour la littérature et pour le eamr, Berlin, 1775, in -8*. Chois de poésies, Berlin, 4788, m -S' : ce choix renferme le petit poème intitulé le Quatemr, su Ode sur la Loterie, qui avait d'abord

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