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mmerous illustrations, Londres, 1842, 2 volumes in-8». Z.
BCRNET (Gilbert) , évêque de Salisbury, naquit à Edimbourg:, le 18 septembre 1615, d'une ancienne famille du comté d'Abcrdecn. Son père, l'un des plus habiles jurisconsultes d'Ecosse, avait été créé pnr Charles 11 lord de session, sous le titre de lord Cromont, en reconnaissance de son dévouement à la cause de Charles I". Cet homme respectable, prolitant du loisir que lui laissait l'éloigneinent •le toute fonction durant les troubles, se chargea de la première éducation de son lils, qu'il continua de diriger à l'université d'Alwrdcen (I). Le jeune Burnet, après avoir fait un cours de droit, se destina à l'état ecclésiastique, et se livra à toutes les études qui y sont relatives. Doué d'une mémqire prodigieuse , d'une imagination vive , d'une grande ardeur de s'instruire, d'une santé robuste, habitue à se lever tous les jours dés quatre heures du matin . il ne pouvait manquer d'acquérir en peu de temps de grandes connaissances. L'n voyage qu'il lit en Andett rrc lui donna l'occasion de se lier avec les Rivants de Londres, d'Oxford et de Cambridge. En 1661 , il passa en Hollande, se perfectionna dans l'hébreu, sous un habile rabbin d'Amsterdam, eut des conférences avec les hommes distingués de diverses communions, et, ayant remarqué dans toutes des gens de bien, il contracta, par leur frequentalion, cet esprit de tolérance qu'il conserva depuis dans toute sa conduite. Du retour en Angleterre, il devint membre de la société royale de Londres, et curé de Salton en Ecosse. Il se lit chérir et considérer dans ce poste ; mais s'étanl permis dans un mémoire de représenter aux cvêques écossais le peu de ressemblance qu'il y avait entre leur manière de vivre et celle des évéques de la primitive Église, cette liberté lui attira des désagréments qui l'obligèrent de rester pendant deux ans éloigné de toute société. Cette vie d'anachorète, jointe à une nourriture malsaine et a une trop grande application , le mit dans un état de langueur oit il ne lui était plus possible que de lire et de composer quelques livres ascétiques ; mais cnlln son tempérament ayant pris le dessus, il entra, en 1(ki9, dans la carrière de la controverse par des Dialogues entre un conformiste et un non-conformiste, qui curent d'abord de la vogue, et trouvèrent ensuite bien des contradicteurs. Appelé la même année à Glascow pour y remplir une ebaire de théologie, il s'y rendit odieux aux presbytériens par son zèle pour l'épiscopat, et aux épiscofiaux par sa tolérance pour les presbytériens. Sa Défense de l'autorité de la constitution et des lois de l'Eglise et de la couronne d'Ecosse, Glascqw, 1672, in-8", où il soutenait fortement contre Bucbanan la constitution épiscopalc de cette Église
' (I) a Son pire, dit M. Gulzol dans sa tftffei tur Huma, riait « uu ro>ahsle modéré ; sa mère, zelee presbytérienne; |e u,rd Waru loun, son oncle, l'un îles plus ardents adversaire , de Charles I". « Il apprit ain*i. dès sou enfance. a entendre tons les langages, « peut-être même a sympathiser tonr a tonr avec les dessein, ci les * sentiments les pins d.Tcrs. » ( Mltctivn 4 Mtmntt rclall(» « U rivolum tMfMcrrt, U 17.) D-»-».
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et la souveraineté des monarques écossais, le fit con? naître à la cour. Le duc de Lauderdale, lord -lieutenant d'Écosse, à qui il avait donné , daus l'épltre dédicatoire, des éloges outrés qu'il démentit bientôt après, le présenta à Charles II, en lui disant: « Jo « présente à Votre Majesté un homme qui n'oublie « rien. — En ce cas, milord, répondit le roi, nous « devons bien prendre garde, vous et moi, à ce que « nous dirons devant lui. • Huroet s'était déjà rendu très-intéressant auprès de ce seigneur par un écrit destiné à prouver la légitimité du divorce pour cause de stérilité. 11 s'agissait alors de faire épouser à Charles 11 une femme qui pùt lui donner un héritier, afin d'écarter du trône le duc d'York, que son attachement au catholicisme rendait suspect aux Anglais. On offrit à l'auteur un évèché en Ecosse , avec la promesse du premier archevêché vacant. U refusa ces propositions, parce qu'il ne voulait |»as concourir aux vues de la cour pour rétablir le catholicisme dans ce royaume, et, l'année suivante, il réfuta lui-même son "écrit. Celte variation de princi|>es donna prise à ses ennemis pour le décrier. Lauderdale, fatigué de ses déclamations en chaire, s'exaspéra contre son ancien protégé ; il le représenta au roi comme constamment opposé aux mesures de la cour, de sorte qu'à son retour à Londres, Ruruet s'aperçut que les insinuations du lord-lieutenant avaient fait impression sur le roi, et qu'il pourrait courir le danger d'être arrêté en Ecosse. Alors il se démit de sa chaire de Glascow, et se fixa à Londres, où il se fit une grande réputation par ses sermons et par une conférence publique avec le docteur Slilliugflet, contre Colleman et d'autres prêtres catholiques, dont il a publié une relation, où il ne manque pas de se donner les honneurs du combat. Burnet n'avait pas hérité des sentiments de ses pères |>our la maison des Stuarts , et Charles II fit d'inutiles tentatives pour se l'attacher. Cependant il repoussa les insinuations qui furent hasardées lorsque le comte d'Essex et lord llussel essayèrent de résister de vive force à la cour, parce qu'il tenait irrévocablement au principe de la non résistai: , â moins que la constitution de l'Etal ne fût évidemment renversée (1). En 1683, a l'avènement de Jacques II, dont il avait cn-
(I) l'n des actes les plus louables de la vie dn docteur Bnrnet est la lettre qu'il écrivit, le 29 j amer (680, u Charles II, pour lui représenter le ton que lui faisaient ses desordre* cl le ramener a la vertu. M. t.uuoi, dans la notice déjà citée (roy. la nuic précédente), donne la traduction de cette lettre, honorable ponr l'auteur, et même saisi pour le roi qui ne s'eu ficha poiul. On y trouve pourtant des traits bien vils, tels que ceux-ci : « Le înéco menti leinenl gagne la plus grande partie de la naimu : on se plaint ban- « lemenl de vous, i l on est sans cunliamc en vous. On a d'abord « rejeté sur vos niiuislres ou sur sou Alle>se lloyale (le duc d'Yorck) « le blâme des choses qui déplaisaient ; mais maintenant il tombe sar c vous, et le temps, qui guérilla plupart des autres maladies, aog- « mente celle-ci... Pernieltei-moi de vous dire, avec toute l'bumi- « litc d'un sujet prosterne à vos pieds, que tout ce mécoulrmemeut « de votre penple ronlre vous, tous les embarras on vous vous trouvei « plonge. Mute celte cotere du ciel qui pesé snr vons el se montre * dans le nuovais succès de loutes vos résolutions, viennent de ce « que vous n'avej ni rrainl ni servi Dieu, mais vous êtes abandonné « a tant de plaisirs criminels... Ions cent qui sont aulour de vons, a et qui sont des occasions de péché, prinripslemcni les femmes, dolt vent Être eario» ; vod» cour doii être reformée, tu. » D-n-n.
couru la disgrâce, pour être entré dans le projet de le faire exclure du trône, Burnet passa en France, où il fréquenta les gens de lettres, et de là en Italie, où il reçut un bon accueil d'Innocent XI. Quelques disputes de controverse, dans lesquelles il se livra à sa causticité, ne lui permirent plus de rester à Rome. Il voyagea en Allemagne et en Suisse; la relaliou de ses voyages porte toujours le même caractère de méchanceté et de satire contre tous les objets du culte catholique. Arrivé en Hollande, son dessein était des'arrêierà Ltrecht; mais, sur l'invitation du prince d'Orange, il se rendit à la Haye. Alors son système de la non résistance souffrit quelque altération, avant que Ton pût accuser Jacques II d'avoir lui-même provoqué sa déchéance, par le renversement de la constitution britannique. Admis dans le conseil du slathouder, il ne négligea rien pour l'engager à se mettre en état de soutenir ses pi éleutions au trône d'Angleterre, et lui en prépara les voies
par sa correspond» i avec les mécontents, et par
une foule de pamphlets qu'il faisait circuler dans toutes les parties du royaume, pour prouver que le papisme, dont le roi faisait profession, était inséparable de la tyrannie. Jacques obtint son exclusion du conseil ; mais liiirnet n'en continua pas moins d'être consulté sur toutes les affaires relatives au projet d'envahissement. Instruit qu'on lui faisait son procès en Angleterre, comme coupable du crime de haute trahison, il se lit naturaliser Hollandais, pour se mettre à l'abri de toutes poursuites, sous la protection des lois des Provinces-Unies. Dès lors il ne garda plus de mesures ; il agit ouvertement en faveur du prince d'Orange, dressa le manifeste de ce prince, et s'embarqua sur la Hotte chargée de porter l'usurpateur, qui veuail de le faire son chapelain, alin d'imprimer, par son ministère, un caractère sacré au délrônement du malheureux Jacques. Sous les deux régnes précédents, Burnet avait rerusé plusieurs fois d'être élevé a l'épiscopat. Kn 1689, il demanda à Guillaume III Févêché de Salisbury pour le docteur Lloyd, son ami. Le roi lui répondit froidement: « J'ai un autre sujet en vue; » et, le leu main, il reçut un brevet du nomination pour lui-même. Kn entrant dans la chambre des lords, il trouva qu'on y agitait la question de la tolérance sous le double rapport des ecclésiastiques dissidents, qui, n'admettant point les rites de l'Église anglicane, ne se croyaient pas soumis au serment de conformité, et de ceux des anglicans, qui se faisaient scrupule de prêter le serment d'allégeance au nouveau gouvernement. Il opina fortement en faveur de la tolérance absolue des premiers ; et, pour fcirc accorder un certain délai aux derniers, et lorsque l'acte contraire à son opinion eut passé, il en tempéra la rigueur dans son diocèse par toutes les mesures d'exécution que sa modération put lui suggérer. II fut plus heureux dans ses démarches pour obtenir l'acte d'augmentation des petits bénéfices, en faveur des membres pauvres du clergé. Il contribua plus que personne à faire passer celui qui assurait à lamaison de Hanovre la succession au trône ; .nais
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lettre pastorale, dans laquelle il semblait fonder le titre de Guillaume III à la couronne sur le droit de conquête. Tout son crédit ne put euipêcher que le parlement ne la fit brûler par la main du bourreau. 11 fut même quelque temps après sur le point de voir la chambre des communes demander sa destitution de la charge de précepteur du duc de Glocester. Pendant ses cinq ou six dernières années, Burnet mena une vie très-retirée, presque uniquement occupé du gouvernement de son diocèse. Ayant trouvé en y arrivant que son clergé remplissait mal ses devoirs, il cltoisit un certain nombre de jeunes clercs, vêtus, nourrisà ses dépens; il les instruisait lui-même, et les formait aux diverses fonctions du ministère, pour les placer ensuite à la tète des paroisses. L'université ^'Oxford en prit ombrage, et Burnet fut obligé de sacrilier cette sage institution à l'esprit de corps. Il eut trop peu de soin de sa santé, de sorte que, quoique d'une constitution trés-robuste, il comba sous un rhume négligé, dégénéré en de poitrine, le 17 mars 1715. Burnet était mari tendre, père indulgent, ami constant; mais sa vie publique offre des taches que ses plus zélés partisans n'ont pu déguiser. H en avait passé la plus grande partie dans les affaires d'État, et y avait porté un esprit actif et intrigant. Devenu évêque, il se renferma dans la pratique des devoirs de l'épiscopat. C'était un homme d'un vaste savoir, mais qui fit quelquefois plier ses principes politiques sous l'empire des circonstances. Séduit par son zèle contre le catholicisme, il se laissa aller dans ses ouvrages à un esprit de parti porté à l'excès, qui le rendit crédule jusqu'au mensonge dans une foule de contes sur les catholiques, et à des imputations calomnieuses qui déshonorent les meilleures causes. C'est surtout le reproche que tous les partis ont fait à son Histoire de la rëformalion de l'église d'Angleterre (History of the reformation of Uie churcli of England). Le parlement lui vota des remcrclments pour cet ouvrage (1), et, par une délibération expresse, l'engagea à continuer un si beau livre, honneur que n'a jamais reçu aucun autre écrivain. 11 eut un grand succès, mais il essuya de vives et de nombreuses critiques : en Angleterre, de la pari de Hickey, de Parker.de Henri.de Warthon, déguisé sous le nom de //armer, et surtout du savant Lowth ; en France, de celle de Varillas, de Legrandel de Bossuet. Il répondit à tous ses censeurs dans une infinité de brochures ; mais il ne se justifia |«s pleinement. Lowth lui reprocha d'avoir donné dans quelques opinions de Cranmer, qui croyait que les évèques et les prêtres tiennent leur juridiction du
(i) ■ C'est déjà an grand sujet de méfiance qu'an snrrt* si poc polaire an milieu de l ardent fanatisme qui troublait alors tous « les esprits, dit un sage écrira in protestant, et la méfiance est jus- « liliee par l'ouvrage même. Il abonde en vues Ingénieuses, en re- « rberebes savantes, en passages éloquents ; il faut mené dire qu'a f tout prendre et dans le système gênerai des fails, l'auteur a raison a contre ses adversaires ; mais re n'en est pas moins un livre de « parti, plein de vues étroite», de réticences, de Jugements uassloon nés, et qui, maigre son prodigieux succès, ne mérite aujourd'hui « l'estime ni du philosophe ni de l'historien. Tout ee qu'un peut « dire en faveur de Barnet, c'est que les catholiques qui le combatif tirent ne forent ni plus éclaires ni plus Impartiaux que lai. »
rot, comme chef suprême de l'Église ; qu'originairement ces deux ordres étaient confondus en un seul ; que l'ordination n'est qu'une pure cérémonie de bienséance ; que la soumission des premiers lidéles aux apôtres n'était qu'une déférence purement volontaire, etc. Warton lui lit un crime de son déchaînement outré contre les moines, sans leur tenir compte de leurs services. Bossuet le représente comme un historien plus adroit que fidèle, dont les extraits, faits dans le corps de l'ouvrage, ne sont pas toujours d'accord avec les pièces rapjiortées dans ses preuves justificatives; dont les efforts pour rendre l'Eglise catliolique odieuse et faire l'apologie de la réformation vont jusqu'à généraliser les torts ou les bonnes qualités des individus, suivant une affection de parti ; dont la passion le porte à déguiser les faits les plus constants, à les dénaturer, et même à déligurer les dogmes qui séparent les deux communions, etc. Lcgrand, dans son Hitloirt du divorce de Henri VIII, a porté jusqu'à l'évidence l'exactitude de Sanders dans l'édition originale, et les iiiq>ostures de Burnet. Les trois volumes parurent à Londres, 1679, 1081 et 1715, in-fol. Il donna un abrégé des deux premiers en 1 68*2. Rosemond les a traduits en français, Londres, 1685 et 1685, 2 vol. in-4'; Genève, 1685, 4 vol. in-12; Amsterdam, 1687, plus complète que les deux précédentes. Il y en a une traduction latine par Mittelhorzer, Genève, 1686, in-fol. Les autres ouvrages de Burnet (1) sont : !• Explication des trente-neuf article» de l'Eglise anglicane, 1699, in-fol., explication que la chambre basse de la convocation, ou assemblée du clergé, voulait faire condamner, qui fut soutenue par la chambre haute. L'aul'avait entreprise à la sollicitation de la reine Marie et de l'archevêque Tillotson, pour servir à la réunion des anglicans et des presbytériens; en conséquence il relégua dans la classe des opinions théologiques tout ce qui n'est pas compris dans le Symbole det Apôtret. 2° Binaire de la mort det persécuteurs, traduit de Lactance, avec une longue préface sur les persécutions pour cause de religion, où les catlioliqucs sont fort maltraités. 5» Vies de Jacques et Guillaume, ducs tfHamilton, Londres, 1675, in-fol., rédigées sur des papiers de famille, et qui contiennent beaucoup de détails curieux sur l'histoire de la révolution d'Angleterre. 4° Les Vies de Thomas Morus, traduite du latin; du grand-juge Haie; de l'évéque Bedell, traduite en français (par Louis Dumoulin), Amsterdam, 1687, in-12, avec une épltre dédicatoire et ironique à de Harlay, archevêque de Paris. On y trouve de prétendues confidences de Fra-Paolo à l'ambassadeur d'Angleterre à Venise, dont l'imposture est aujourd'hui démontrée. 5° Quelques Lettres contenant la relation de ce qui a paru de plus remarquable en Suisse et en Italie, etc., Londres, 1686, in-8°, traduites en fran-
le nombre des ouvrage, du — s ; a* ireiie discours on traite* sur ~ protestante;*0 dix-huit mils de controverse
historique»; 5» cota
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çais, sous le titre de Voyages de Suisse, d'Italie, de quelques endroits de l' Allemagne et de la France, fait en 1685 et 1686, Rotterdam, 1718, in-12. 6e Relation de la vie et de la mort de Jtan Wilmot, comte de Rochester : ce dernier était un franc libertin, dont Burnet 0|>cra la conversion. Cet ouvrage a été traduit en français, Amsterdam, 1716, in-12; réimprimé à Zurich en 1745, sous le litre de Mémoires touchant J.-W. comte de Rochester, in-8°. 7* Des instructions jmstorales, des sermons, un grand nombre d'écrits polémiques contre les catholiques, les presbytériens, etc. Burnet avait été marié trois fois. Sa dernière femme, du nom de Berkeley, qu'il avait épousée étant évêque, est auteur d'un ouvrage souvent réimprimé, sous le titre de Méthode de la dévotion. L'un de ses fils, nommé Thomas, mort en 1726, a publié la vie de son père, où il entre dans de trèsgrands détails. Un autre de ses fils, appelé Gilbert, dépositaire de ses manuscrits, donna au public ses Essais de méditations sur la religion et la morale (I ), et l'ouvrage fameux connu sous le titre d'Histoire de mon temps ( Hislory of his own times, etc. ), Londres, 2 vol. in-fol., dont l'un parut en 1724, et l'autre en 1754. l e 1" volume fut traduit en français dès 1725, sous ce titre : Mémoires pour servir à l'histoire de la Grande-Bretagne, la Haye, 5 vol. in-12; et en 1727 (par de la Pillonniére), sous cet autre titre: Histoire des dernières révolutions d'Angleterre, en 1755 : on publia la traduction de l'ouvrage complet à la Haye, 4 parties en 2 vol. in-4°, dont le 1" est la réimpression des 5 volumes donnes en 1725 par de la Pillonniére, et le 2* est dû à un anonyme. Cette édition est intitulée : Histoire de ce qui s'est passé de plus mémorable en Angleterre, pendant la vie de Gilb. Burnet (2). C'est l'ouvrage d'un whig qui ne voit rien que par les yeux de son parti. Charles II, son bienfaiteur, y est indignement traité de scélérat, de tyran, de roi exécrable, d'impie. On y trouverait bien encore d'autres sottises, si Cuningbam et Johnson n'en avaient pas retranché beaucoup (5). On
(I) Ce»! uneerrenr généralement répandue, qu'a relevée M. Culiot dans la Notice inr Burnet. ( Von. les noies précédentes.) t Je trouve,
< disait-il dans un catalogue raisonné des écrits de Burnet, tédt«é « en 1753, et joint a une nouvelle édition de YHhloire de mon « lempt publiée a Londres en «1», le pas.«agc suivant -.«lA-v^ue,
< en mourant, avait laissé, termine et lont prêt pour l'impression, « un ouvrage intitule : lUtaUet mtdUlionê tnr ta morale et I* « religion ; il en ordonnait la publication par son testament; niais « je n'ai pu dècouvrirque cet ordre ail jamaisétë execulé. » l) — n—fi.
(â) Vlliitoire de mon tempt se dmsc en S parties : li t"> s'étend de l'avènement de Charles I" a la révolution de IBM inclusivement, la seconde comprend les régnes de Guillaume III et de la reine Unne jn*quen t7t5. M. Cuiwt n'a traduit que la l™ partie ; « car. dit-ll, elle entrait seule dans notre plan ; » Pari», 18», * vol. in-*8. D— «— ».
(S) M. Guizot (ikld.) porte nn jugement bien moins sévère sur {•Hitloirt de mon lemp$. «... Uuanl a la restauration, dii-sL, il n'est « pas vrai, comme on l'a dit souvent, qu'elle ait a se plaindre de a l'histoire que Burnet nous en i laissée; il a écrit en whig sans a doute, et c'est son mérite ; car les wbigs étaient alors le parti lé- * gitiine et national ; mats il n'a partage ni l'absurde crédulité, ni « les passions égoïstes ou haineuses de son propre parti. Malgré la « rudesse un peu grossière de quelques expressions, il a traité « Charles II, Jacques 11 , leurs rousetllers et leurs amis, avec plus « d'équilé et de douceur qu'ils n'eu ont obtenu de la postérité. La c postérité juge d» gouvernements en gros, d'après leurs principes
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troiirc dans le Journal littéraire de Sallcngre, année 171.1, un Mémoire touchant la vie et Irt écrit» du docteur Burnet. Pour la liste de ses ouvrages, voy. le t. 7 des Mémoire» du P. Niccron. — Son fils, Thomas Blr.vet, a publié un Ettai tur le gouvernement, et le» Preuve» de la vraie religion, en seize sermons, faits d'après la fondation «le Robert Royle. 11 mourut en 1720. — Guillaume IIlh.net, autre lils de Gilbert, né à la Haye en 1688, et dont le prince d'Orange fut le parrain, |tassa en Amérique, et fut nommé gouverneur de New- York en I7Î0. 11 se lit remarquer dans celte place par le soin qu'il mit à apporter des obstacles aux progrès de la puissance française dans le Canada. En 1729, il passa à Boston comme gouverneur de Massacbusset et de Nen- Hampshire, et mourut peu de temps après. Il a publie des Observation» attronomiquet, dans le recueil de la société royale de Londres, et un Ettai tur le» prophedrt de l'Ecriture, 1724, in— 4*. T — D.
BLRNET (Thomas), jurisconsulte et théologien écossais, né à Croft, au comté d'York, vers 1653, fut élevé à l'université de Cambridge, où il entra en 4631, et reçut en 4658 le degré de maitre és-arts. Il publia en 1680 la première partie de sa Tellurit Théon'a taera, in-4°, dont la dernière partie i>arul en 4689. Cet ouvrage, dont la meilleure édition est celle de 1699, in-4°, traite des révolutions qu'a éprouvées et que doit éprouver la terre jusqu'au jugement dernier inclusivement; il eut d'abord un grand succès en Angleterre. L'auteur le traduisit lui-même en anglais, et cette traduction en était, en 1726, à la sixième édition. Addison en parle dans une de ses odes avec une sorte d'enthousiasme. Cependant cet ouvrage a été réfuté dés sa naissance par Herbert, en 4685; par Erasme VVarren,cn 1690, et surtout par le savant docteur Keill, en même temps que !e clergé a désapprouvé, dit-on, les écrits de Uuriiel comme tendant au scepticisme. Le jugement que Buffbn a porté de Burnet et de son système mérite d'être rappelé : • Son livre, dit notre éloquent naturaliste, « est élégamment écrit ; il sait peindre et présenter « avec force de grandes images, et mettre sous les « yeux des scènes magniliques. Son plan est vaste ; « mais l'exécution manque, faute de moyens; son « raisonnement est petit, ses preuves faibles, et sa a confiance si grande, qu'il la fait |>erdre à son lec- « teur. » On peut voir à la suite de ce passage une analyse très-bien faite du système géologique de
cet leur* résultat», sans ) regarder de bien près pour deconrrir si m tel o€ tri roi ou ministre possédait quelques qualités aimables, s'il a c eu dans sa mauvaise conduite quelque* lueurs de justice et de Uni • sens, s'il pouvait alléguer quelque eieusr pour atténuer quelques- « uns Ae ses torts ; elle a porté sen arrêt sur les deux derniers c Smart* et condamne leur mémoire a»er nepris. C'est aussi le ré— c sultil auquel Burnet conduit ses lecteurs; mais en même temps il « leur lait voir tout ce qui |« ui en tempérer la rif ueor. Il a venu u avec les nomme» dont il parle ; quelques-uns l'ont Irait,- avec biensi vedlanc», d'antres l'ont ainu-e par les airreuiruls de leur esprit;
■ il comprend leurs erreurs, leurs torts, leurs vires mi me, et. quoi
■ qu'il eu pense on qu'il eu dise, il reste toujours dans son seiilnitrut < es ses paroles quelque chose de celle unlnlceuce involontaire qui « s'attache a des relations personnelles, et n'est guère qu'une justice « fonde» sur une connaissance plus essele des caractères cl des M*
Burnet. L'archevêque de Cantorbéry (Tillotson),
son professeur, le fit nommer chapelain ordinaire du roi Guillaume, et secrétaire du cabinet du prince ; mais le mécontentement qu'excita dans le clergé son ouvrage intitulé : Arehaologia philotophica», tire doetrina antiqua de rerum originibus, 1692, le fit renvoyer de celte place. Il mourut le 27 septembre 1715. Après sa mort, on a publié de lui : de Fide et Officii» chrittianorum, et de Statu mortuorum et Returgentium, Londres, 1725, in-4*. Ces deux ouvrages, ainsi que les Areharologiai phitotophicce , ont été réimprimés à Londres eu 1727, in-8" (I) ; ils ont été traduits en français, le premier par J. Bion : Traité des morttet des ressuscitants, Rotterdam, IT5I, petit in-8* ; le second par Datidé : Traité de la foi et de» devoirt des chrétiens, Amsterdam, 1729, in-12. S — d.
BURNET (Thomas), médecin écossais, fil ses études à Cambridge, voyagea en plusieurs contrées de l'Europe, devint membre du Collège «les médecins d'Edimbourg, et médecin du roi d'Angleterre. On ne connaît aucune particularité de sa vie : il mourut en 1713. Jucher l'a confondu avec le précédent; mais la Biographie anglaise les distingue. Il a laisse deux ouvrages utiles et estimés : !• Tlwsaurut médicinal practica, Londres, 1675, in-4* ; Genève, 1678, in-12; 1698, in-4°; Venise, 1687, in-12; 1755, in-4«; Lyon, 1702, in-4*; traduit en français, 1691, 5 vol. in-S*. C'est un choix tiré des meilleurs praticiens. 2° Uippocratet eontraetus, in quo Wppocrali» omnia in brevem epitomen redacta habenlur, Edimbourg, 1083, in-8"; Leyde, 1086, in-12; Vienne, 1737, in-tV; Londres, 1743, in-12; 1747, in-8« ; et Strasbourg, 1763, in-8*. C'est un excellent abrégé de ce qu'il y a de meilleur dans les différents ouvrages d'Ilippocrate C. et A — ît.
BL'IINKT (James). Voyez Moxboddo.
BURNET (Chahles), docteur en musique et historien, né à Shrewsbury, en 1726, commença ses études a l'école de cette ville, et les continua à Cltester, où il reçut sa première instruction musicale sous Baker, organiste de la cathédrale. Vers l'année 1741, il retourna à Shrewsbury, et reçut des leçons de liasse chiffrée de James Burney, son frère. En 1744, il vint à Londres, et fut placé sous la direction du docteur Arnc. Obligé, pour vivre, de faire ressource de ses talents, il courait le cachet, cl occupait une place dans un orchestre. En 1749, il fut nommé organiste de l'église dans Fenchurch-Street, avec un traitement de 50 livres sterling. Il composa à la même époque, pour le thiitrc de Brury-I<ane, deux opéras, Alfred, Robin- Bood, et Quten JUab, pantomime. Ces ouvrages eurent peu de succès ; et l'auteur quitta bientôt la capitale pour remplir une place d'organiste a Lynn, dans le comté de Norfolk. Ce fut durant un séjour de neuf ans dans ce javs qu'il conçut le plan de son Histoire générale de la mutique. Revenu dans la capitale, il s'y fixa et composa
(I) U irait* *e Statu maruonn i été réfute par le erièbr» rcutri, dans un ousrafe intitule t 4e JttradiM rttmeu* cmteUi* Ht*~ rié liber, Vérone, 173*, Ut-*». Cl-*.
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plusieurs concerto. Son savoir, son caractère et ses
nwurs honorables lui ouvrirent alors une carrière brillante ; les premières familles de l'Angleterre le donnèrent pour maître à leurs enfants, et quelques années lui suffirent pour se créer une fortune assez considérable. U reçut en 1761, de l'université d'Oxford, le grade de docteur en musique. En 1766, il lit jouer au théâtre de Drury-Lane un divertissement : The cunning Man (l'Homme adroit), traduction du Devin du village de J.-J. Itousscau. Quelques années plus tard il parcourut la Fiance et l'Italie, dans le dessein de recueillir des matériaux |»our son histoire de la musique. De retour à Londres, en 1771 , il publia le journal de son voyage sous ce titre : Musical Tour, or présent State of musie in France and Italy. Le docteur Johnson regardait cette relation comme un modèle (tour les voyageurs, et il en adopta le plan dans son voyage aux Iles Hébrides. L'année suivante Burney parcourut l'Allemagne, les Pays-Ras et la Hollande ; et, en 1773, il publia le résultat de son voyage ( The présent Stute of musie in Grrmania. etc.), 5 vol. in-8°(l). Peu après, il fut élu membre de la société royale de Londres. Le 1" volume de son General llislory of musie (Histoire générale de la musique ] , parut en 1770, in-î°. H renferme l'histoire de cet art chez les peuples de l'antiquité, jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. Le 2*, publié en 1782, continue l'histoire tic la musique depuis Jésus-Christ jusqu'au milieu du 10e siècle; le y, imprimé en 1787, embrasse ["histoire de la musique en Angleterre, en Italie, eu France, en Allemagne, en Ëstragne et dans les Pays-lias, depuis le 16* siècle jusque vers la lin du I7«. Enfin le 4* volume, qui parut en 1789, comprend l'histoire de la musique dramatique depuis son origine jusqu'à la fin du 1K* siècle. Le plan et le style de ret ouvrage ont été admirés du monde savant, mais on y remarque beaucoup de lacunes dans ce qui précède le 15* siècle. Perne, dont la perte s'est fait si vivement sentir, se proposait de remplir ces lacunes, à l'aide de ses propres recherches et des ouvrages publies en 1T8*. i>ar Martin Herbert. ( Voy. ce nom. } Ijh docteur Forkel a donné en allemand une Histoire de la musique que quelques personnes préfèrent à celle du docteur Burncy ; mais il n'en a paru que 2 vol. in-4», et le 3* n'a pas été achevé. Quant aux 2 volumes in s» qni ont été publiés sous le nom de Busby, avec le titre d'Histoire de la musique, la Jterue d'Êdimbourg en a tait justice, en démontrant qne c'était un plagiat littéral des ouvrages de Burney et de Hawklns. Ce qu'il y a d'incontestable, c'est que Y Histoire générale de la musique est un ouvrage immense, qui n'avait de modèle dans aucune langue, ! et qu'on doit le considérer comme un des plus beaux monuments élevés à Tari musical. Burney déclare qu'il mit vingt ans à le méditer, et qu'il en consacra plus de trente à l'écrire. Quand il en publia le dernier volume, la moitié de ses souscripteurs n'existait
(1) C*i oOTOfe i il.' ir*4aiten français par Ch.it 1m Bntk, sou» le Ulre suivant : dt ÏÈlat de ta mmiaiu en Alitmaant H sortait tn Bektms, ocae», 4109-1810, S vol.
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plus. On ne saurait trop le louer pour la profondeur
des recherches, la netteté de ses résumés, la lucidité de ses idées, et l'élégante facilité de son style. Faisant marcher de front l'histoire de l'art et celle des artistes, il n'oublie rien de ce qui peut captiver le lecteur, l'iusU-uire et l'amuser. De temps en temps il joint à son texte des spécimens précieux de musique ancienne ou moderne, soit fragments, soit morceaux entiers : aim>i, par exemple, il donue quelques airs composés par Salvator Kosa, et qnclques-uns des traits de chant les plus difficiles exécutes par Farinelli durant son séjour à Londres. Peut-être le plus grand défaut de son livre consiste-t-il dans l'inégalité de ses diverses [tarties, dans la prédilection accordée à l'histoire de la musique en Angleterre, et à l'analyse des opéras de Haendcl, laquelle ne remplit pas moins de deux cents pages du 4' volume. Néanmoins, et malgré les travaux de Forkel, l'histoire de Burney conserve toujours sa valeur et sa célébrité, parée que c'est un ouvrage fait avec conscience et talent. Traduit en allemand, il ne l'a pas eucore été en français, mais beaucoup de nos écrivains y puisent sans le citer. Aux qualités du savant et de l'artiste, Burney réunissait U»utc l'amabilité de l'homme du monde : aussi ne doit -on pas s'étonner qu'il eût beaucoup d'amis : une circonstance lui en fournit la preuve. Dans le cours de l'année 1793. plusieurs journaux ayant annoncé sa mort, les témoignages de regret les plus vifs et les plus flatteurs éclatèrent de toutes paris. La force de corps cl d'esprit qu'il conserva jusque dans un âge avancé lui permit de recueillir tous les avantages de sa position. Habitant l'ancienne maison de l'illustre Newton, il était lié avec les hommes les plus distingués par leur mérite, tels que le docteur Johnson, le peintre Reynolds, Goldsmith, Ciiraberland, Harrick, Edmond Burke, etc. Après les fêtes musicales données à Westminster en 1784 et 1783, pour la commémoration de Haendcl, le docteur Burney, cltargé d'en publier la description (I), y ajouta un mémoire sur la vie de Hacndel, qu'on regarde comme un modèle dans le genre biographique. On lui doit aussi des mémoires sur la vie et les ouvrages de Métastase (2), Londres, 1796, 5 vol. in-8 1 On y trouve beaucoup de lettres de Mêlas-1 tase, et des remarques critiques, pleines d'intérêt, sur diverses compositions du poète, ainsi que sur son goût pour Jomelli et son aversion pour Gluck. Burney avait publié en 1734 des morceaux qui se chantent à la chapelle pontificale pendant la semaine sainte, tels que le Miserere d'Allegri, les LamenJutions de Jérémie par Paieslrina. Choron en a donné une nouvelle édition, in-8», en 1818. Dans les Transactions philosophiques de 1779, on trouve encore un écrit tlu docteur Burney sur un musicien de sept ans, qui était alors un prodige, et qui est connu aujourd'hui, comme musicien médiocre, sous le nom de docteur Crotch. Nous ne parlerons pas de diverses
(i) C*tiedrsrri|iinn s pour iitn> : Aecoant of Iht mnucal perfor. HMH in WtStmmHet-AVtt% and tkt l'aulkeon, etc., Londres, 17M, in fut.
f>) Ifflnoir* of th* llfe and wrilinat of Melattarit,