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compositions musicales de Burney, regardées comme sans valeur, même par les Anglais. Ce docteur passa les dernières années de sa vie tranquillement retiré à l'hôpital de Chelsea, dont il avait été nommé organiste en 1790; mais il se faisait suppléer dans ces fonctions. 11 mourut eu 1814. Burney s'était marié deux fois, et avait eu huit enfants, parmi lcs<niels il y en eut quatre, deux garçons et deux filles, qui continuèrent la célébrité de son nom. ( Voy. les articles suivants. ) Ses deux filles, Francisca et Sara, composèrent des romans qui ont joui d'une vogue méritée. La première et la plus connue épousa un émigré français, le comte d'Arblay. C'est à elle que nous devons Evelina, Ceeilia, Camilla, et plusieurs autres romans intéressants qui tous ont été traduits en français et en plusieurs autres langues. Ce qu'il y a de remarquable dans sa carrière littéraire, c'est que ses premiers romans furent composés pour l'amusement de son père, qui, voulant se distraire de ses travaux sérieux, s'était mis à lire des romans. 11 eut bientôt épuisé tous les chefs-d'œuvre du genre; alors mis* Burney, qui n'avait que dix-huit ans, essaya d'y suppléer, et composa des romans qui ont été traduits dans toutes les langues et partout admirés. C'est aussi madame d'Arblay qui a publié en 185*2 les Mémoire* du docteur Burney, rédigés tur set propres manuscrits , sur des papiers de famille et sur des souvenirs personnels, Londres, 3 vol. in-80; la lecture en est trêsaUachanlc. On peut en lire l'analyse dans le Montkly Heview de janvier 1833(1). F — le et M — N — s.
BURNEY ( Jacques) , fds du précédent, naquit en 1749, et annonça de bonne heure d'heureuses dispositions. Le célèbre Samuel Johnson parle de lui en termes très-affectueux dans une de ses lettres à madame Piozzi. Burney entra fort jeune dans la marine, et suivit Cook comme midshipman dans son second voyage autour du monde, puis comme premier lieutenant de la Découverte dans le troisième. Ses services le tirent parvenir au grade de contreamiral. Il devint membre de la société royale, consacra ses loisirs à écrire l'histoire d'entreprises maritimes que sa propre expérience le mettait en état de juger, et mourut d'une attaque d'apoplexie, le 17 novembre 1821. On a de lui : 1« A chronological Uistory ofthe discoverits, etc. (Histoire chronologique des découvertes faites dans la mer du Sud ou Océan Pacifique), Londres. 1804 à 1816, 5vol. in-4», avec cartes et fig. Cet ouvrage, dédié à Banks, embrasse le récit des voyages effectués par les navigateurs européens dans le grand Océan, depuis l'époque où Bal boa le découvrit en 1513, en y arrivant par l'isthme de Panama, jusqu'à l'expédition de Bougainville aux lies Malouincs en 1704. Dans sa dédicace, Burney passe en revue plusieurs écrivains qui, avant lui, se sont occtq>és d'ouvrages du même genre. 11 rend justice à l'esprit méthodique de Hakluyt ( voy. ce nom ) , qui nous a conservé plusieurs relations précieuses : il pense que le pré-
(<) Madame d'Arblay tu morte au mots de janvier »S*0. dans n M* uwte. Depuis loogicmp* elle clan Neuve. D-»— ».
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sident de Brosses ( voy. ce nom ) a recueilli ses renseignements avec précipitation , et déclare que la géographie du grand Qcéan a plus d'obligations à Fleurieu. ( Voy. ce nom. ) Ces sentiments ne peuvent qu'être approuvés par quiconque s'est occupé de l'histoire de la géographie. Burney reconnaît que le célèbre A. Dalrymple (voy. ce nom) lui a été trèsutile pour son travail, qui a obtenu l'approbation de Rcnncl. Le livre de Burney est bien fait, et disposé avec beaucoup d'ordre; les découvertes de cliaque navigateur y sont ex|>osécs avec précision et clarté, et celles qui ont fourni matière à des doutes y sont discutées avec une grande sagacité. L'auteur de cet article peut se féliciter de s'être rencontré avec lui dans l'opinion relative à la terre sur laquelle Gonnevillc ( voy. ce nom ) fut jeté, et dans celle qui concerne le degré de latitude auquel Gali (voy. ce nom) était parvenu sur la côte nord-ouest d'Amérique. A la fin de chaque volume, des suppléments contiennent le redressement des erreurs qui ont échappé à l'auteur, des éclaircissements sur divers points, et des explications des cartes. Celles-ci offrent la marche progressive des découvertes. C'est avec raison que les biographes anglais ont appelé Burney un des plus grands géographes que leur pays ait produits. 2° Uistory of the buceaneers of America ( Histoire des boucaniers d'Amérique), Londres, 1816, in-4", avec cartes. Ce livre forme la première partie du t. 4 de l'ouvrage précédent. Il coudent l'histoire des établissements européens aux Antilles depuis les découvertes de Colomb jusqu'en 1723, et les aventures extraordinaires des hommes qui, pendant prés d'un siècle, remplirent les parages de ces Iles du bruit de leurs hauts faits. On lit cet ouvrage avec intérêt, et l'on y apprend des choses nouvelles, même après avoir consulté ceux qui ont traité le même sujet. ( Voy. OE.XMELiN. ) 3* A chronological Uistory, etc. ( Histoire chronologique des découvertes au nord-est, et des premières navigations des Busses à l'est), Londres, 1819, in-8°, avec cartes. Burney avait eu d'abord le projet de joindre une notice des découvertes des Russes, comme supplément à son Histoire des découvertes dans la mer du Sud ; mais, à mesure qu'il avança dans son travail, il reconnut qu'il serait imparfait, s'il ne s'aidait pas des ouvrages publiés en russe sur cette matière. 11 se borna donc à passer en revue les navigations dont il est question dans le litre : les dernières dont il parle sont de 1809. Il donne sur la mort de Cook des détails qui différent un peu de ceux qu'on lit ailleurs. Burney penche vers l'opinion suivant laquelle l'Asie et l'Amérique seraient unies l'une a l'autre dans le nord ; mais il est prouvé aujourd'hui que c'est une erreur. 4° A Aiemoi r of the voyage, etc. ( Mémoire sur le voyage
I d'Entrecasteaux ) , Londres, 4820, in-8*. E — s. BURNEY (Charles) , frère du précédent, na-
J quit à Lynn dans le comté de Norfolk, le 4 décembre 1757. Très-jeune encore il fut conduit à Londres par son père avec le reste de sa famille, puis placé en 1768 à la Chartreuse ( Charler-house), d'où, pour terminer ses études, il se rendit au collège de Cal us à Cambridge, et au collège du Roi dans \ ieiu-Aber-
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deen. C'est dans ce dernier qu'il prit le degré de maître és-arts en 1781 . L'année suivante il fut admis comme professeur à l'académie de Highgatc, alla seconder à Chiswick le docteur Rose dont il devint l'associé, et s'y distingua non-seidemcnt comme professeur de grammaire et de langues anciennes, mais encore comme critique. Le docteur Rose avait fondé avocCleveland le Monthly Revieu. Plusieurs articles que Burney y inséra commencèrent sa réputation d'helléniste, qui finit par n'avoir de rivales que celle de Parr et celle de Porson. En 1792 l'université d'Aberileen lui conféra le grade de docteur en droit. Gendre Ju docteur Rose depuis 1 785,Burney avait alorsouvert à Hammersmith une institution dans laquelle il jeta les bases d'une trés-bclle fortune ; il l'eût achevée sans doute dans celle que peu d'années après il fonda à Grcenwich, prés de Londres, si quelques traits qui décèlent de l'indélicatesse, pour ne rien dire de plus, ne l'eussent mis dans la nécessité de se retirer, eu la cédant à son fils, vers 1813. Bumey mourut en 1817. Sa bibliodièque pouvait passer pour magnifique, même en Angleterre où le goût de celte noble magnificence est plus répandu qu'ailleurs. Sous quelques rapports, elle surpassait le musée britannique. Ainsi l'on voit, dans un rapport du comité de la chambre des communes, que le nombre des éditions d'Eschyle, d'Anacréon, d'Homère, de Soplwcle, ne passait point treize, dix-sept, quarantecinq, onze au musée britannique, et iro'il s'élevait chez Burney aux chiffres dix-«ept, vingt-six, quarante-cinq, cent deux. Parmi ses manuscrits, on-distinguait le superbe Homère de Townlcy, qui fut évalué 25,000 fr. par les commissaires. Le chiffre des livres imprimés n'allait pas moins de 14,000, dont plusieurs chargés de notes marginales de H. Élienne de Bentley, de Marckland et de Burney lui-même. Une pétition des gardiens du musée britannique sollicita de la chambre des communes l'acliat de cette belle collection : la chambre nomma une commission, et, sur son rapport, vota l'achat au prix de 537,000 fr. Quelques membres se récrièrent sur l'énormilé de la somme, mais sir J. Makintosh s'écria impétueusement : « La restitution d'un soul «passage dans un discours de Démosthéne vaut «toute la somme aux yeux d'uu peuple libre...» Ce ne serait pas du moins aux yeux d'un peuple calculateur ; et il nous semble que si la bibliothèque de Burney valait en effet 337,000 fr., il y aurait eu de meilleures raisons à faire valoir. On lui doit, entre autres ouvrages, les suivants : 1« Appendice au Dictionnaire de Scapula ti autres, Londres, 1789. Les additions contenues dans cet appendice, écrit en latin, sont tirées d'un manuscrit dont Askew avait élé possesseur. 2* Lexique grec de I'hilémon, sous le titre de Lexieon leehnologicum, Londres, 1812. in-4° et in-8°. Cette édition princeps du lexicographe du bas-empire fut faite sur un manuscrit de la bibliothèque royale de Paris ; elle ne contient que le texte grec, et à tous égards elle est de beaucoup inférieure à celle qu'a donnée de Philémon M. Fred. Osann, Berlin, 1821, avec fragments inédits, notes et dissertations sur les différents
grammairiens qui ont porté le nom de Philémon. 2* Tenlamen de melris ab AEschylo in chorieis cantibus adhibitis, Cambridge, 1800, in-8*, ouvrage estimé, tiré à petit nombre d'exemplaires. Burney fait preuve d'érudition et de sagacité dans l'explication do ce sujet difficile; mais il s'en faut de beaucoup que ses théories et ses conjectures soient à l'abri de toute critique. 4» Appmdice sur let vert grec* de Millon (en anglais), à la suite de l'édition des Milton'ê minor Pocmt de T. Warton, 1791, in-8". Val. P.
BDRNEY (GUILLAUME), né vers 1702, avec de grandes dispositions pour l'instruction de la jeunesse, lutta pendant une partie de sa vie contre des circonstances difficiles dont enfin il eut le bonheur de triompher. Son principal litre à la reconnaissance publique est la fondation à Gosporl de l'académie royale, qui, depuis plus de quarante ans, a fourni à la Grande-Bretagne tant de militaires et de marins distingués. Il se plut à y remplir, presque jusqu'au terme de sa carrière, les fonctions d'instituteur; cl c'est en 1828 seulement qu'il consentit à. se laisser remplacer par son fils. On lui doit plusieurs ouvrages auxquels leur spécialité a valu du succès. Ce sont : 1" let Ilârot maritimes île la Grande-Bretagne, ou Viet det amiraux et commandantt distingués, 1806, in-12. Cet ouvrage fut entrepris à l'occasion de la mort récente de Nelson. 2° Neptune britannique, ou Hitloire det perfectionnements de la marine ro\\ale, 1806, in-8». 5° Dictionnaire de marine, très-élcndu. 4» Observation» météorologiquei. Val. P.
BUROINZO BEL SIGNORK (Chaules-Louis), né à Verceil, le 23 octobre 1731, d'une des plus illustres familles du Piémont, fut destiné à l'état ecclésiastique, et entra de bonne heure au collège des nobles à Turin. 11 s'appliqua au droit canonique et civil, et y fit de tels progrès, qu'à l'âge de dix-huit ans il fut admis au doctorat. Il se livra ensuite à la théologie : mais ces éludes sévères n'éteignirent pas en lui le goût de la belle littérature, qui s'était fortement développé dans le cours de ses humanités. If entretenait un commerce presque furtif avec les. muscs, et se dédommageait de la sécheresse du Décret et des Pandectes, en lisant Homère et Virgile. Quelques essais échappés de son cabinet lui méritèrent de tels applaudissements, qu'il oublia presque sa vocation première. Il y revint cependant, abjura tout emploi frivole de ses talents, et les consacra à des travaux plus séants à son état. Pourvu à vingt et un ans d'un canonîcat à Verceil, il fut trois ans après élevé a la première dignité de ce chapitre, et choisi pour vicaire général par les cardinaux Costa et Martiniana, qui se succédèrent dans l'épiscopat de ce diocèse. Le jeune Buronzo montra tant de capacité, de prudence et de régularité dans l'exercice de ses fonctions, que déjà le vam public l'appelait aux plus hautes dignités ecclésiastiques; mais, moins ardent à les poursuivre que jaloux de les mériter, il entreprenait un oui vrage également honorable pour sa patrie et pour » • son Eglise. Parmi les grands évéques qui, depuis St.
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Eusèbe, ont illustré le siège de Verccil, on compte Alton, ou Acton. (Foy. Atton.) Nonibro d'écrivains ecclésiastiques en parlent avec éloge, et il est généralement regardé comme une des rares lumières du 10e siècle. On ne connaissait qu'une partie de ses (puvres, publiées par D. Luc d'Achéry, dans le t. 7 du Si>icilegium; le savant bénédictin en avait obtenu la copie du cardinal Rona : mais celte copie, prise sur un manuscrit très-défoctucux, était défigurée par un grand nombre de lacunes. On préjugeait avoc vraisemblance qu'il devait en exister, dans la bibliothèque du chapitre de Vcrceil, des manuscrits plus exacts, peut-être même les originaux. Cette bibliothèque était dans le plus grand désordre. Buronzo ne parvint qu'avec une peine extrême à fouiller cette mine, intacte jusqu'à lui. 11 y consuma plusieurs années presque sans aucun fruit ; enfin il cul le bonheur de tomber sur un cahier écrit de la propre main d'Alton, et renfermant la majeure partic de ses œuvres. Il sus|H;ndit ses fouilles pour se livrer tout entier à l'examen de ce précieux cahier; il l'étudia dans toutes ses parties, en approfondit les difficultés, joignit des notes ù tous les passages obscurs, et livra cet intéressant travail à l'impression. 11 parut à Vcrceil en 17G8, in-fol., sous ce titre : Altonii, S. Vercellentit ecclesiœ epùcopi, Optra, ad aulographi lercellentii fidem nunc primum exacta, prœfalione cl commenlarii» illuttrala a D. C. Buronlio del Signore, ejusd. eccl. cananico et cantore majore. Ce volume, divisé en 2 parties, contient le commentaire d'Alton sur les Epitret de St. Paul, deux sermons, les capilulaires, les lettres pastorales, et la 4" section du trailé de Pretmrit reclctiasticis; le cahier original ne renfermait rien de plus. Dans la préface, écrite avec une rare clé— grmee, et mise en tête du volume, Buronzo prouve contre d'Achéry, Dupin, Fabricius, Cave, etc., qu'il n'y a eu qu'un seul évoque de Vcrceil du nom d'Alton, que \raiscmblablcment il était Lombard d'origine, qu'il fut évéque de Vcrceil en 924, et mourut en 001. Les éclaircissements et les notes sont de la critique la plus saine et la plus sage, et attestent la profonde érudition de leur auteur dans toutes les parties île la science ecclésiastique. Il observe, sur le centième et dernier des capilulaires, qu'Alton y cite plusieurs anciens livres apocryphes que nous n'avons plus, entre autres Pcenitenlia St. Cypriani, Sortes apostolorum, etc. Nous nous sommes un peu étendus sur ce volume, parce qu'il est ti'ès-rare en France. Il devait être suivi d'un second, qui aurait renfermé les trois sections entières, et sans lacunes, du traité de Pressurit eccleiiaiticit, et le Polypiicum, quod et perpendiculum, eum quo nnxa redarguere et honetta taneire detet, ouvrage dont le titre seul est connu. Buronzo espérait trouver la suite et le complément des manuscrits d'Alton ; mais les dignités auxquelles il fut appelé l'éloignant de Verccil , il fut obligé d'interrompre ce travail. Nommé en 1784 & l'évêché d'Acqui, il passa, en 1791, à celui de Novare, et en 1797, à l'archevêché de Turin : le roi de Sardaigne le choisit en même temps pour son grand aumônier, et le dé-
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cora de la croix du grand ordre de l'Annonciade. Dans ce haut degré d'élévation, et chargé des affaires les plus importantes, Buronzo développa toute la dextérité compatible avec la plus grande délicatesse de sentiment. Honoré de la confiance de son roi, et de celle des souverains pontifes Pie VI et Pie VII, il retraça dans sa conduite la dignité des évêqncs qui ont illustré les plus beaux siècles do l'Église. Enfin des motifs que nous ignorons le décidèrent à se démettre de son archevêché : il se retira à Verccil, où il est mort le 22 octobre 1806 dans sa 77» année. H— T.
BURRHUS (Aframis), était un militaire de réputation, à qui Agrippine, alors femme de l'empereur Claude, fit donner le commandement des cohortes prétoriennes. Son austère probité, sa bonté et sa sagesse lui avaient concilié l'estime des soldats et du peuple. Après la mort de Claude, il détermina les prétoriens à proclamer Néron empereur. Secondé par Sénéque, il mit, pendant un temps, quelque obstacle aux excès sanguinaires de ce jeune prince et aux fureurs d'Agrippine. Quand cette princesse fut accusée par Junia Silana de vouloir se donner un mari, et usurper l'empire, Burrhus arrêta Néron, impatient de faire périr sa mère, en lui promettant sa mort si son crime élait avéré. Il démontra à l'empereur l'absurdité de l'accusation, et sauva Agrippine. Mais, quelques années après, il ne put rien pour elle, quand Néron eut résolu, à quelque prix que ce fût, d'être parricide. Burrhus souilla alors son caractère en autorisant les officiers des cohortes prétoriennes a féliciter l'empereur d'avoir échappé aux trames de sa mère. Cette lâcheté donna l'exemple à la plus monstrueuse adulation. 11 y avait déjà une tache à sa vie : après la mort de Britannicus, il avait consenti à partager ses dépouilles. Burrhus mourut l'an 62 de J.-C., ne sachant pas lui-même s'il succombait à la maladie ou au poison. {Voy. Ta» cite, Annales, 42, 13 et 44.) — Un autre Antittiut Burrhus, beau-père de l'empereur Commode, fut mis à mort par ce prince, vers l'an 486, à la sollicitation de Cléandre, dont il avait dénoncé les concussions. Tous ceux qui osèrent élever la voix en sa faveur éprouvèrent le même sort. Q — R — v.
BURRHUS. Voyel Borri.
BLRRIEL (Andric-Marc), jésuite espagnol, né en 1719, fut chargé par Ferdinand VI, en 1749, sous la direction du P. Rabago, confesseur du roi, d'examiner les archives de l'église de Tolède. 11 fit copier les manuscrits les plus intéressants : de ce nombre étaient ceux de la liturgie mosarabe, formant 4 4 vol. in-fol., et qui diffèrent du Mistaie mi r tu m, dictum Mosarabe*, et du Breviarium, idem, que le cardinal Ximenès fit imprimer à Tolède en 4500 et 4502, 2 vol. in-fol., et qu'on croit n'avoir été tirés qu'à 35 exemplaires. Rurricl mourut dans sa 43* année, le 19 juin 1702, et c'est à son ardeur sans règle pour l'étude qu'on attribue sa mort. Ses ouvrages sont : 1° Noticia de la Califomia, y de $u conquiita temporal y ttpiralual, Madrid, 4758, 3 vol. ia-4», avec des caries. Ce livre, qu'il rédigea d'après les mémoires du P. Yenegas et d'autres mUuoanaires, fut
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traduit en anglais, en hollandais, en allemand, et en français sous ce titre : Histoire naturelle et civile de la Californie, Paris, 1767, 5 vol. in-12, avec line bonne carte ; ce dernier travail a été fait sur la version anglaise par Eidous, qui ne mentionne nulle part le nom des auteurs espagnols. On y trouve sur la Californie des notions plus exactes et plus détaillées que celles que Ton avait eues jusqu'alors : l'auteur s étend peut-être trop sur les travaux des missionnaires, mais en général sa critique est judicieuse. 2° Paléographie espagnole, in-4". 5" Traité sur l'égalité des poids et mesura, in-4°, savant et curieux. 4" Lettre sur la Collection d'Isidore de Sétille, adressée au P. Rabago, sous la date du 22 décembre 1752. Il résulte de cette lettre, dont une traduction française a été insérée dans le Journal étranger (septembre 1760), que la collection publiée sous le faux nom d'Isidore Alercator, ou Peccator, est au fond celle de St. Isidore de Séville, continuée, augmentée, mais altérée et interpolée par un éditeur infidèle, que Purriel prouve avoir été allemand et non espagnol. 5° Préface de la véritable collection des canons de l'Eglise d'Espagne, par St. Isidore. Elle a été publiée en latin par Charles de la Scrna Santander, Bruxelles, an S (1800), iu-8°, et fait partie du '■>" volume ou supplément au catalogue des livres de la bibliothèque de M. de la Serna Santander, an 11 (1803). 0" Plusieurs traités sur les lois anciennes et sur d'autres sujets, imprimés ou manuscrits, et qui tous contiennent des recherches Utiles. V— vu et E— s.
BURROUGH (Étiexne), navigateur anglais, après avoir été second capitaine du navire que commandait Chancellor lors de son premier voyage en Russie, fut expédié dans le nord-est par la compagnie anglaise, qui faisait chercher un passage aux Indes pii le nord. Il partit le 23 avril 1556, et, après avoir doublé le Cap-Nord, il longea la cote septentrionale de la Moscovie, toucha à la Nouvelle-Zemble et aux lies de Waigatz, et arriva au 70e degré et demi de latitude boréale. 11 poursuivit sa route à l'est, pour chercher l'embouchure de l'Oby, objet de sou voyage; mais bientôt la constance des vents contraires, l'énorme quantité de glaces qui s'amoncelaient autour de lui, l'obscurité des nuits et l'approche de l'hiver, le forcèrent a rétrograder. Le 22 août, il quitta ces parages dangereux, et alla passer l'hiver à Kohnogori, prés d'Archangcl, espérant que l'été suivant il pourrait reprendre ses recherches; mais il reçut ordre de se rcudre à U'ardochus, pour aller à la découverte de navires anglais dont on ignorait le sort. Il retourna en AnglcU'i-re. J.a relation de son voyage, qui nous a été conservée par Ilackluyt, annonce un marin actif it instruit. Il est le premier navigateur de l'Europe occidentale qui ait été aussi avant dans le nord-est, et qui ait vu les Sannoyèdes. Ses observations sont nombreuses et exactes. Il s'est glissé dans l'impression de sa relation des erreurs graves relativement a la latitude île quelques points importants. — Un autre Bubroiuii | Guillaume) fit aussi le premier voyage de Russie avec Chancellor, cl, sous la reine Elisabeth, devint