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gouverneur des enfants de lord Carey de Lepington, depuis duc de Monmouth , dont la femme était gouvernante du prince Charles, depuis Charles 1". Ce fut par la protection de ce lord qu'il fut nommé secrétaire du cabinet du prince Henri, et, après sa mort, du prince Charles; mais à l'avènement de celui-ci au trône , la place de secrétaire du cabinet ayant été donnée à l'évêquc de Durliam (Neale), qui l'avait exercée sous le régne précédent , Burton en conçut un tel ressentiment , qu'il se livra à des excès qui le lirent renvoyer de la cour. En 16*25, il fut nommé recteur de St- Matthieu à Londres; mais en 1636, ayant prononcé deux sermons où il s'élevait violemment contre les évéques , qu'il accusait d'un projet de ramener lu religion romaine , il fut cité devant la chambre éloiléc pour discours séditieux , et ou le mit en prison. Ses juges, aigris par les réponses qu'il publiait et qui lui attiraient la faveur populaire , procédèrent contre lui avec une grande animosilé, et, le II juin 1637 , il fut condamné , ainsi que deux autres accusés ( Prynnc et Bastwick ) , à une amende de 3,000 livres , à avoir les oreilles coupées, à être mis au pilori, et à être ensuite enfermé à perpétuité, sans communication' avec qui que ce fût : le tout, excepté le payement de l'amende , fut exécuté avec la plus grande rigueur. Burton soutint son supplice avec fermeté, et fut ensuite conduit au château de Lancastre, d'où il trouva cependant moyen de faire parvenir dans le public des libelles contre ses persécuteurs. En conséquence, au bout d'un an, on le transféra bille de Gueruesey ; mais, en 1640, sa femme ayant obtenu que sa sentence fût revue par le parlement, sa route Jusqu'à Londres fut un véritable triomphe ; il fut partout reçu avec des acclamations et comhlé de présents ; le peuple alla au-devant de lui avec des brandies et des fleurs dans les mains. Le |«arlcment annula la sentence portée contre lui , et ordonna qu'en dédommagement de ce qu'il avait souffert , il lui serait accordé 6,000 livres sterling; mais les trouhles survenus alors ne lui permirent pas de loucher celte somme. Il fut seulement rétabli dans son bénélice de Sl-Maltliieu , et mourut en 1648. Outre les deux sermons qui l'avaient fait condamner, et qu'il publia sous ce litre : Pour Dieu et pour te roi, il a laissé un grand nombre d'ouvrages en anglais, relatifs aux controverses qui agitaient alors l'Angleterre. , X— s.
BURTON (Jean), théologien anglais, né en 1696, dans le Devonshire, à Wembworlh, dont son père était recteur. Il étudia avec beaucoup de succès à l'uni vcrsilé d'Oxford. Nommé de bonne heure sous-professeur de grec dans celte université, il se distingua également par son zèle (tour les progrès de ses élèves et par un désintéressement sans bornes. Ayant élé choisi en 1725 proproctor et maître tics écoles, il prononça et publia à cette occasion un discours latin intitulé Lit , qui avait pour but d'encourager le renouvellement de la discipline soolaslique. Il donna ensuite plus de déveh ippcmcnt à ce sujel dans quatre sermons latins prêches devant 1'universiié , et qui ont élé imprimés depuis. Vers
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l'année 1733, il obtint la cure de Maple-Derham, dans le comté d'Oxford , dont le ministre venait de mourir, laissant une femme et trois jeunes filles dans le dénnmenl le plus absolu. Celte femme était aimable ; Burton lui témoigna une pitié généreuse, qui se changea bientôt en un sentiment plus vif, et il finît par l'épouser. Il fut nommé, en 1766, recteur de Worplesdon , dans le comté de Surrey , et s'occupa , dans ses dernières années , à réunir et publier ensemble ses divers écrits, sous le titre à'Oputmla miseellanea. Il avait à peine mis la dernière main à ce recueil, qu'une fièvre vint l'enlever à ses travaux, en 1771, à l'âge de 76 ans. C'était un homme essentiellement animé de l'amour du bien. Il y eut de son temps peu de projets utiles qu'il n'appuyât de sa plume ou de son crédit; il fut particulièrement un des plus zélés promoteurs du projet formé par le docteur Bray pour l'établissement de bibliothèques paroissiales. Il eut l'honneur d'introduire dans l'université d'Oxford les ouvrages de Locke et «le quelques autres philosophes modernes, et d'associer leurs noms au grand nom d'Aristote, qui y régnait alors despotiquement. Le recueil de ses ouvrages se compose principalement de sermons, de dissertations, de quelques écrits en grec et en latin, de poésies latines cl anglaises. Son style un peu |)édantesque a élé l'objet des traits satiriques de Churchill. On a de Burton une édition avec des noies critiques de cinq tragédies grecques, sous le titre do tlmxXoYtx, tice (ragadiarum gracarum Delecfut, etc., 1758, in-8° ; Oxford, 1779, 2 vol. hi-80; ibid., 1801 , in-8<>. L'édition de 1779 est la plus estimée des hellénistes. Ce travail avait été commencé , à sa recommandation , par un de ses élèves, Joseph Bingham ; celui-ci étant mort au milieu de l'entreprise, Burton y mit la dernière main, et en dirigea l'impression. X— s.
BURY ( Richard ). Voyez Aingeuvh.le.
BURY (AiiTiiuit). Guillaume III avait formé le projet de réunir toutes les sectes qui divisent la Grande-Bretagne, nlin de détruire une des principales causes des troubles qui l'avaient déchirée sous ses prédécesseurs. Bury, principal du collège d'Excester, en l'univcrsilé d'Oxford, composa à cet effet un livre devenu fameux, intitulé : The naked Gospel (l'Évangile nu). 11 y prétendait que l'Évangile ne nous est point parvenu dans sa pureté originelle, et qu'il a été considérablement alléré par les anciens Pères, à l'occasion des premières hérésies, d'où il concluait que le meilleur moyen pour réunir les chrétiens dans une même profession de foi était de rétablir ce livre divin dans son intégrité primitive, et de n'admettre dans la nouvelle édition qu'il proposait que les articles absolument nécessaires au salut, c'est-à-dire ceux qui sont ex* primés en termes si clairs, si positifs, que les hommes les plus simples puissent les comprendre. Les Pères lui semblaient avoir exagéré les avantages de , la foi, en avoir trop étendu l'empire, et s'être mal à propos arrogé le droit de prononcer sur des questions au-dessus de leur pouvoir, surtout dans la condamnation d'Anus, dont il entreprenait l'apolo-
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gie. Bury avait pria à la tôt* de son livre le titre de «rat enfant de l'Eglise anglicane. Il l'avait fait imprimer à ses dépens , et n'en distribua des exemplaires qu'aux membres de l'assemblée du clergé, convoquée pour délibérer sur le projet de Guillaume III , sans prétendre lui donner une plus ample circulation ; mais à peine l'impression en était-elle achevée, que tout espoir de réunion s'évanouit, et, quelque mouvement qu'il pût se donner pour retirer les exemplaires distribués , on jeta les hauts cris contre l'ouvrage et contre l'auteur. Il crut calmer l'orage en donnant promptement une seconde édition , purgée des erreurs qui avaient le plus choqué. L'avidité des libraires déjoua cette précaution. Ils réimprimèrent la première , et ce fut sur cette édition originale qu'on le jugea , que le livre fut condamné au feu, et que l'auteur perdit sa place par un décret de l'université , du 19 mai 1690. Jurieu l'ayant fortement attaqué dans sa Religion du lalitudinaire , Bury lui répondit avec la même vivacité dans une addition ù son Laliludinariut orthodoxus, Londres, 1697, in-12, intitulée : Vindieia libertatis chrislianœ Ecclesia anglicanes contra inepliat et calumnias P. Jurieu; il y appela son adversaire odiorum profeitor, malignitatii diabolicœ profeuor. Il eut beaucoup de partisans en Angleterre. Les lalitudinaires de Hollande se déclarèrent aussi pour lui. Le fameux Leclerc prit fortement sa défense, et attaqua le décret d'Oxford par ses défauts de forme. 11 soutint même que celui qui en était l'objet ne pouvait être traité de socinien , parce que , sans nier formellement la divinité de Jésus-Christ, il disait que la croyance de ce dogme n'est pas absolument nécessaire pour être sauvé. T — D.
BURY (Guillaume), né à Bruxelles, en décembre 1618, entra dans la congrégation de l'Oratoire en 1639, et, étant a Rome en 1644, obtint du pape une prébende de la métropole de Matines, qui, peu de temps après, fut érigée en canonicat. Il le permuta en 1696 pour un bénéfice simple, et mourut à Matines, le 50 avril 1700. lia composé un grand nombre de petites poésies latines, relatives aux événements arrivés eu diverses circonstances dans son pays. Par ces pièces, on voit qu'il avait l'esprit naturellement gai. On distingue en ce genre un recueil d'épigrammes badines qu'il composait pour se distraire des douleurs de la goutte. Le mélange du sacré et du profane les rend assez bizarres. Il faisait aussi des vers flamands qui se trouvent confondus, dans quelques-unes de ses compositions, avec les vers latins. Comme écrivain ecclésiastique, il est connu par l'ouvrage intitulé : Brevis Romanorum pontificum Notilia, Malines, 1675, in-8°; Padoue, 1724, in-12; Augsbourg, 1727. Ces deux dernières éditions vont jusqu'à Benoit XIII inclusivement. Cet abrégé de la vie des papes, qui suppose une certaine connaissance de l'antiquité ecclésiastique, est suivi d'un Onomasiicon etymologicum. C'est un petit dictionnaire destiné à l'explication des mou obscurs qui se rencontrent dans la liturgie. Ce n'est qu'un extrait bien sec de YUierokxkon des frères
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(Dominique et Charles) Macri, publié à Rome, 1677,
in-fol. t D>
BURY ou BURI (Richard de), avocat au parlement de Paris, a laissé plusieurs ouvrages historiques du dernier médiocre, mais auxquels les critiques de Voltaire, de la Beaumclle et de Gitan ont donné une sorte de célébrité. Ce dernier nous apprend que Bury était le protégé du comte de Bemstorf, ministre de Danemark. Il débuta dans la carrière littéraire par une brochure intitulée : Lettre de Jf. de If** à M. de Voltaire au sujet de ton abrégé de l'Histoire universelle, Londres, J. Nourse, 1785, in-12. Après quelques réflexions assez justes sur le défaut de plan et l'inégalité de style, parfois trop familier, que l'on reproche à Voltaire, il commettait maintes bévues en descendant à des observations particulières, prétendant, par exemple, qu'il était au-dessous de la dignité d'une histoire de remarquer les inventions de l'industrie, apiwlant ces détails des circonstances basses, comme si, en fait d'histoire, une remarque sur les mœurs d'un siècle et ses usages ne vaut pas mieux que vingt dates de bataille, de naissance et de mort. II montrait la même inintelligence dans l'appréciation du concile de Baie, dans la défense de la vénalité des charges de judicaturc, dans le reproche qu'il faisait à Voltaire de traiter avec trop peu déménagement 1rs rois et les empereurs du moyen âge, comme si les fautes des princes devaient éU'c respectées dans l'histoire ; enfin il l'accusait de ressembler à l'historien Tacite, dont le cœur méchant prête ses façons de penser aux princes dont il écrit l'histoire. Le morceau le plus considérable de cette brochure est uue ridicule apologie du caractère de Louis XI. Voltaire répondit à son critique par l'écrit qui a pour litre : Lettre civile et honnête à l'auteur malhonnête de lu critique de I Histoire universelle de M. de F***, qui n'a jamais fait d' histoire universelle. Bury s'essaya quelques années après, dans le genre historique par YHistoire de la vie de Jules César, suivie d'une dissertation sur la liberté, où l'on montre les avantage* du gouvernement monarchique sur la république, Paris, 1758, 2 vol. in-12 , et par Y Histoire de Philippe et d'Alexandre, rois de Macédoine, Paris, 1760, in-4\ Ces deux ouvrages indiquent que l'auteur ne comprenait pas plus les mours que les intérêts de Rome et de la Grèce. En 1759, il publia une Lettre au sujet de la découverte de la conjuration contre le roi de Portugal, Paris, 1759, in-12, laquelle fut réfutée par Lepaigc. A un Eloge historique de Sully, Paris, 1763, in-8°, il fit bicutôt succéder la Vie héroïque et privée de Henri IV, roi de France, Paris, 1765, 2 vol. in-4"; 1766, 4 vol. in-12. « On est étonné, dit l'auteur des « Trois siècles littéraires, qu'il ait entrepris d'é- * crirc la vie de Henri IV, après celle que nous « avons de Péréflxc. 11 a cru, sans doute, remporter « par le volume sur son prédécesseur, triste avan- « tage qui ne fait pas oublier les défauts de critique « et de style, et qui, au contraire, les fait mieux « sentir et moins pardonner.» Dans sa préface, Bury ■attaquait l'iustoirc de de Tuou, qu'il accusait d'ft-
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voir affecté de dire du mal des princes. Celte témérité excita la bile de Voltaire. « Quel est donc co « M. de Bury, écrivait-il le 17 mai 1766, qui com- « parc Henri IV à ce fripon de Philippe de Macé- « dolnc, et qui ose dire que notre de Thou n'est « qu'un pédant satirique ? Est-ce qu'on ne fera pas « justice de cet impertinent?» El, en effet, quelques jours après, Voltaire publia une réfutation de la préface et de l'ouvrage du malencontreux historien sous ce titre : /<r Président de Thou justifié contre let accusations de M. Bury, 1766, broch. in-8° de 30 pages. De son côté, la Beaumellc attaqua tle Bury dans une brochure intitulée : Examen de la nouvelle histoire de Henri IV de M. de Bury, par M. le marquis de B., lu dans une séance d'académie, auquel on a joint une pièce analogue, Genève, chez Claude Philibert, 1768, in-8°. Dans cette brochure, assez piquante pour qu'elle fût attribuée à Voltaire, la Beaumellc relevait plusieurs fautes commises par de Bury. Giimm, dans sa Correspondance, traite l'historien de Henri IV avec le dernier mépris ; il le qualifie de polisson, l'accuse d'écrire comme un décrotteur, et fait reproche à Voltaire de relever les fautes de M. de Bury, comme si M. de Bury était quelque chose. Ce qu'il y a de plus choquant dans cette histoire, c'est que l'auteur semble s'être attaché à faire de Henri IV un homme médiocre.
Bury même aujourd'hui lui conteste sa gloire,
a dit Voltaire dans une de ses satires {les Trois empereurs). Toutes ces critiques n'empêchèrent pas la Fié de Henri IV d'obtenir quelque succès. Bury (il di-<paraltre une partie des fautes qu'on lui reprochait dans la seconde édition de son livre, qui parut sous le titre plus simple d'Histoire de la vie de Henri IV, Paris, 1707, 1769, 1779, 4 vol. in-12. Deux ans après, il donna l'Histoire de la vie de Louis XIII, roi de France et de Navarre, Paris, 1767, -I vol. in- 12. Bourse venger des critiques de l'auteur de la Henriade, il publia deux lettres, l'une Sur quelques ouvrages de M. de Voltaire, Amsterdam et Paris. 1769, in-8°; l'autre Sur les ouvrages philosophiques condamnés par l'arrêt du parlement du 1 8 «oui 1770, la Haye et Paris, 1771, in-8°. On doit encore à Bury deux ouvrages historiques : 1» Histoire abrégée des philosophes et des femmes célèbres, Paris, 1772, 2 vol. in-12. L'auteur annonce qu'il n'a pas composé cet ouvrage pour les savants, mais pour la jeunesse. 11 remonte, pour les philosophes, jusqu'au patriarche Enoch. 2° Histoire de St. Louis, roi de France, avec un abrégé de rhistoire des croisades, Paris, veuve Desaint, 1775, 2 vol. in-12. C'est le moins médiocre des ouvrages de de Bury, mais il est presque littéralement copié des tomes ;4, li et 6 do {'Histoire de France de Vclly, publiés en 1738. Deux nouvelles éditions en ont été faites de nos jours, l une, Paris et Anvers, 1817, in-12; l'autre, Paris Auguste Delalain, 1822, in-12, lig. On lui doit enfin un Essai historique et moral sur Cédueation française. Paru, 1777, in-12; nouv. édition sous ce titre : le Zélé Compatriote, ou nouveaux Essais historiquts mr l'éducation française, Paris, 1788, in-12. Nous
n'avons trouvé nulle part la date de la mort de de Bury. D — r— n.
BURY (Bernard m), né à Versailles, en 1720, élevé sous les yeux de son oncle, Collin de Blamont, fut reçu, en 1741, maître de la musique du roi, en survivance de Blamont, et, en 17M. fut pourvu de la charge de surintendant de la musique du roi, en survivance de Bebel. 11 a composé : 1° les Caractère» de la folie, ballet en 3 actes, paroles de Duclos, 1743 ; 2° la Parque vaincue, en 1 acte, 1754 ; 3° Jupiter vainqueur des Titans, en 5 actes, 1745 ; 4° le» Fêtes de Thétis, en 2 actes. 1750 ; ces deux derniers en société avec son oncle ; 5" un nouveau prologue pour l'opéra de Persée, exécuté en 1747; 6» l'acte de Titon et l'Aurore, dans les fragments; 7° Hylae et Sylvie, en 1 acte, 1762; 8° Palmire, 1765. On cite encore de lui un De Profundis, motet i grand dateur, compose pour le service de madame la danphine, en 1766. Grimm, dans sa Correspondance t parle avec peu d'estime du talent de ce compositeur. D— u — R.
BUBZOUYÉH, ou BOCRZEVYEH, mage et médecin de Khosrou-Nouchyrvan, gagna, par ses vastes connaissances, la bienveillance de son souverain, et s'acquit une si grande réputation de sagacité ci d'érudition, que le monarque persan le choisit pour faire un voyage scientifique et littéraire dans l'Inde. Depuis longtemps on vantait en Perse plusieurs traités samscrits de morale et de politique, et principalement les fables attribuées à Pidpay, que nous savons maintenant <tre celles du brahmane Vicbnou Sarna. Burzouyéh parvint non-seulement à se procurer un exemplaire de ce précieux ouvrage, mais il apprit encore le sanscrit, et put ainsi faire lui-même une traduction persane qu'il intitula Djavidan Khird (Sagesse éternelle), ou Humayoun Nameh (Livre auguste). Plusieurs autres traductions et imitations en persan plus moderne ont été faites sous le titre tTAnvar Soheily, par Hocéin Alkachéfy, etc. (Voy. Hocéin Alkaciiéft et Viciimou Sarma.) Quelques écrivains substituent le nom de Buzur Djemihr à celui de Burzouyéh, et lui ultrihuent'la première traduction persane du livre dont il s'agit. Cependant Hocéin Alkachéfy, qui parait avoir fait des recherches assez étendues sur l'origine et le destin de ce même ouvrage, assure que Burzouyéh fit un long séjour dans l'Inde, et fut obligé d'employer la ruse jxmr remplir sa mission, et, après avoir fait une traduction de l'ouvrage en pehlvy (langue immédiatement antérieure au persan moderne), il présenta le texte original cl la traduction au monarque j>ersan, qui le récompensa de la manière la plus magnifique. Buzudjcmihr et Burzouyéh ne seraient-ils pas le même personnage T Je serais tenté de le croire; mais sans avoir d'autres preuves à l'appui de celle conjecture que la conformité du principal événement de leur vie et l'obscurité même de leur histoire, car on ignore l'époque de leur naissance et celle de leur mort : on sait seulement d'une manière certaine qu'ils llorissaient & la fin du 6' et au commencement du 7» siècle de l'ère clirétiermc. L— S.
BUS
BUS (César db), instituteur de la congrégation de la Doctrine chrétienne, naquit le S février 1544, à Cavaillon, d'une ancienne famille originaire de Corne, en Italie. Sa première profession fut celle des armes. 11 y joignit le goût de la poésie, et composa même quelques pièces de théâtre. Comme il se disposait à aller servir sur un vaisseau que son frére commandait dans le golfe de Gascogne, une maladie le retint dans sa famille. Lorsque sa santé fut rétablie, il se rendit à la cour et y mena une vie très-dissipée. A l'âge de trente ans, il embrassa l'état ecclésiastique, et se consacra entièrement à l'instruction des enfants et du peuple, et à la réforme du clergé séculier et régulier. Il s'associa plusieurs prêtres pour cette pénible fonction, et les envoya catéchiser dans les campagnes. Ils secondaient utilement le zèle des évoques, qui clierchaient à dissiper l'ignorance en fait de religion. Douze de ses coopératcurs s'attachèrent particulièrement à sa personne, et concou-. rurent avec lui à l'établissement de la congrégation de la Doctrine chrétienne, qui prit naissance, en 4582, dans la pelite ville de l'Isle, au comtat Vcnaissin, et s'établit, l'année suivante, à Avignon. Cette congrégation, après avoir beaucoup souffert de contradictions, fut enfin approuvée par Clément VII, en 1597. César de Bus eut la consolation de la voir prospérer sous son gouvernement. Frappé de cécité dans les treize dernières années de sa vie, ses enfants voulurent continuer à être gouvernés par lui, el il ne cessa de remplir toutes les fonctions du saint ministère compatibles avec son inlirmité, jusqu* à sa mort, arrivée le 15 avril 1607. Le peuple lui rendit longtemps une espèce de culte public, et lui attribua plusieurs miracles. Il avait conq>osé des Intimerions pour faciliter à ses disciples l'exercice de leurs fonctions. Ces Instructions, écrites avec une simplicité vraiment evangélique, furent imprimées à Paris en 1606, 5 vol. in-12. La congrégation instituée j>ar de Dus avait originairement pour objet l'instruction des enfants et des gens de la campague; elle accepta depuis des collèges, et remplit avec autant de zèle que de succès les utiles el pénibles fonctions de renseignement public. Dans ces derniers temps, elle possédait environ soixante maisons, divisées en trois provinces. Far son institution, elle était purement séculière. En 1605, César de Bus y introduisit des vœux simples de stabilité et d'obéissance. Cette innovation produisit un schisme après sa mort. Le P. Romillon, son premier et principal coopératcur, se retira à Aix à la tête des anti- . votistes, et, en 1619, il se réunit, avec les maisons de Provence el de Languedoc, qui lui étaient soumises, à la congrégation de l'Oratoire, où toute espèce de vœu était inconnue. En se réunissant, en 1010, avec les somasques, la doctrine chrélienue obligea ses membres à s'engager par des vœux solennels, et elle passa ainsi de l'état séculier à l'état régulier; maiscctle union ayant été rompue en 1047, les doctrinaires revinrent, tlouze ans après, ù leurs vœux simples, dont ils s'étaient même affranchis dans ces derniers temps. César de Bus avait encore institué une congrégation de femmes destinées a
l'instruction des personnes du sexe. Il leur donna le nom de filles de la Doctrine chrétienne, et ensuite celui d'ursulines, parce qu'il les mil sous le patronage de Sic. Ursule, et que leur vocation était à peu près la même que celle des ursulincs déjà établies en Italie. Celte utile institution se répandit en Dauphiné, en Provence, en Languedoc, en Gascogne. On «n publia l'histoire en 1081, 2 vol. cn-4" ; elle subsistait encore au moment de la révolution, sous le titre de congrégation des ursulines de Toulouse. Nous avons plusieurs vies do ce vénérable religieux : par Jacques de Deauvais, Paris, 1045, in-12; par le P. Dumas, ibid., 1703, in-4°, etc. . Voy. aussi YHisloire de l'établissement des ordres religieux de J. Ilermant.) César de Dus eut trois frères {Bernardin, Pierre et Alexandre) qui se distinguèrent dans les armées. — Ballhasar de Bus, son neveu, jésuite, ne en 1587, mort le 21 décembre 1057, contribua l>caucoup a la propagation de l'institut des ursulincs. 11 professa la rhétorique et la philosophie, et a laissé : 1* Préparation à la mort, sur le modèle de Jésus mourant, Lyon, 1048, Grenoble, 1000, in-12 ; 2» Motifs de dévotion envers la Ste. Vierge, Lyon, 1049, in-12; 5° Occupation intérieure pour les deux semaines de la passion de \otrc-Scigncur Jésus-Christ, 1050, in-24; 4° Motifs de contrition, 1652, in-21; 5" Exercice de la présence de Dieu, Chambéry, 1669, in-12. T— n.
DUSA, dame de l'ApuIic, très-considéréc par sa naissance et ses richesses, et célèbre par la générosité dont elle usa cuver* 10,000 Domains qui, après la bataille de Cannes, s'élaicnl réfugiés dans la ville de Canusiuin ; elle les nourrit, cl leur fournil des liabils et de l'argent. Le sénat romain lui témoigna sa reconnaissance par des honneurs extraordinaires. ( Voy. Titc-Live, liv. 22; Valêrc Maxime, 1. 4. et Ilollin, llitt. rom.,ï. 5.) D— p.
BUSBECQ, BOUSBEKE, ou BOUSEBECQUÉ (Ai.gieii-Ghislai.n de), fils naturel du seigneur de ce nom, naquit en 1522, à Comines, en Flandre, et annonça de si heureuses dispositions, que son père prit un soin tout particulier de son éducation, et le lit légitimer par un rescrit de Charles-Quint. 11 l'envoya successivement dans les plus célèbres universités de Flandre, de France et d'Italie, où il se forma sous les plus habiles maîtres. A son retour dans les Pays-Bas, après avoir achevé ses études, il accompagna Pierre Lassa, ambassadeur de Ferdinand, roi des Romains, en Angleterre. L'année suivante, en 1555, ce prince le choisit pour son ambassadeur auprès de Soliman II. Lorsqu'il arriva à Constautinople, cet empereur était à Amasie, où Busbecq alla le rejoindre. Sa première négociation ne Tut pas heureuse, car il n'obtint qu'une trêve de six mois, et une lettre qu'il apporta sur-le-cliamp à Ferdinand. Busbecq re|>aiiit pour son poste, et, cette fois, son séjour fut plus long et sa négociation eut un plein succès. Il résida sept ans ù la Porte, et ne revint qu'après avoir obtenu un traité avantageux. Son intention, au retour de celte ambassade, était de vivre éloigné de la cour et des affaires, pour cou- I sacrer ses moments aux lettres ; mais son mérite
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était trop connu pour qu'on n'en tirât point parti ( I ) . On le choisit pour gouverneur des fils puînés de Maximilien II (2) ; ce prince, étant devenu empereur, le chargea, en 1570, d'accompagner en France l'archiduchesse Elisabeth, qui allait é[»ouser Charles IX. Il demeura auprès d'elle en qualité d'intendant de sa maison ; et, lorsque cette princesse quitta la cour de France, après la mort de son mari, Busbccq continua d'y résider avec le titre d'amhassadeur de Rodolphe il jusqu'en 1592, époque à laquelle il se rendit en Flandre. Quoique, avant son départ pour cette province, il eût prit le soin de prendre des passe-ports du roi et de la ligue, il fut attaqué |iar un parti de ligueurs dans le village de Cailly, à trois lieues de Rouen. Lorsqu'il eut fait entendre à ceux qui l'assaillirent que sa qualité d'amhassadeur rendait sa personne inviolable, ils le laissèrent aller sans piller ses bagages, et il se fil transporter près de Rouen, au château de Maillot ; mais la frayeur que lui causa cet accident lui donna une lièvre violente qui remporta au bout de quelques jours, le 28 octobre 1592. Son corps fut enterré avec pompe dans l'église du lieu, et son cn-ur porté dans sa pairie, où on le déposa parmi les tombeaux de ses ancêtres. Busbccq a écrit : 1° quatre lettres, qui contiennent la relation de ses deux ambassades en Turquie ; les deux premières, où il rend compte de son premier voyage, furent publiées sans sa permission par Louis Carrion, sous ce titre : Itinera Conslantinopolilanum et Amasianum, et de re militari contra Turcas intlituenda consilium, Anvers, 1582, iu-8". Les quatre lettres parurent ensemble sous ce titre : Légat ionis Turcieœ Epistola 4, Paris, 1589, in-8»; on y ajouta la relation de l'ambassade que Soliman envoya à Ferdinand eu 1562. L'empressement avec lequel le public les accueillit en multiplia les éditions, et il en parut successivement de nouvelles à Ilanau en 1605, in-8»; Munich, 1620, in-12; cette édition est enrichie de figures de Sadcler; Ilanau, 1629, in-8°; Leipsick, 1688, in-12 (selon le titre, celte édition doit contenir les lettres de Laudin, chevalier de Jérusalem, et de quelques hommes bien connus, sur les affaires tic Turquie ; mais Meusel observe que son exemplaire, au lieu de ces lettres, contient celles de Busbccq à Rodolphe); Baie, 1740, in 8°; ce volume renferme les lettres à Rodolphe et la relation de la légation envoyée vers Ferdinand par Soliman. Ces quatre lettres ont été traduites en allemand et publiées a Francfort, en 1596. in-8« (5), et en français,
* fl) C'est de ce ministre, de Scbepperc èe Nicuport et de Rtm de r.and, qui résidèrent également a Onstantinople. que l'em|iereur Maxiuiilien I! disait: « Le* ambassadeurs flamands sont presque les « seuls dont les négociations aient Clo utiles a l'empire d Alle- ■ magne. » n— «.
(») Jiallbias, Maximillrn, Albert et VenecsUs. R-r..
<3| Il les dédia a Nicolas Ment, seigneur dïndeveld, a qui Busbeeq fa avait e-rite». Dans la première de ces Htres, il consigne uik> ofcsenr atien importante. Le chiendent croit nariont ; 1rs chèvres le broutent daus nos prairies comme dans les prairies d'Angora ; mais c'est a Angnra qoe les chèvres se rouvrent de relie toison dont les Turc» font de» étoffe* si magnifiques. Or. ce n'est pas a l'aie d'Angora ni a ses rochers qui » exilent pat, qu'il tant attribuer l'éclat et la Unes» o>» poils de chèvre, mal* aux chiendents long» 1 1 sojeux qoe produisent ses plaines immense*. Pau» U quatrième I
BUS
par Gaudon, sous ce titre : Ambassades et Voyagti en Turquie, Paris, 1640, in-8«. 2* Epistola ad Rudolph. Il Imp., e Gallia srriptœ (I), Louvain, 1630, in-8% et Bruxelles, 1652; cette édition est très-rare. Les EIzévirs ont donné, en 1652, in-24,une édition complète tic tout ce que nous venons d'indiquer. Ils ont refait, dans la suite, un nouveau titre qui porte la date de 1660. Enlin on a lidèlcmcnt réimprimé â Oxford, en 1669, cette édition des EIzévirs. L'abbé Bechet, chanoine dTJscz (mort en 1722), a traduit les Lettres de Uusbecq à Rodolphe d'après l'édition de Louvain. Cette u-aduction se U'ouve dans la Continuation des mémoires de littérature et d'histoire, t. 11,2* partie. Louis-Étiennc de Foy, chanoine de Meaux, a donné une traduction complète de ces lettres avec «les notes, 1748, 3 vol. in-12, ainsi que des quatre dont nous avons parlé plus haut. 5* De Vera Nobititate hisloria. 4° Historia Belgica trium fere annorvm, quibus dux Alençonius in Belgiço est versatus. Ces deux ouvrages sont restes manuscrits, et on en ignore le sort. Les talents de Busbccq pour la diplomatie ne sont pas plus contestés aujourd'hui qu'ils ne le furent de son temps. J. llolman cite les relations des ambassades en Turquie comme un livre digne d'un ministre pubUc, et on peut ajouter que quiconque est obligé «le traiter avec la Porte Ottomane ne saurait trop les méditer. Il y développe avec clarté la |ioliliquc de cette puissance, sa force, et surtout sa faiblesse. Ses quatre lettres seules en apprennent autant que tous les livres composés depuis sur la Turquie, et elles n'ont pas peu contribué à détruire la terreur qu'inspirait en Europe le nom des Ottomans. Ses Lettres à Rodolphe //, selon Yignctil-Marville, sont mieux remplies et plus utiles que celles de Bongars. C'est là «ni'on doit chercher le récit fidèle des intrigues de cour, et des grands comme des plus petits événements de celte époque; c'est là qu'on voit dans leurs véritables attitudes Henri 111, la reine mère, le duc d'Alençon, le roi de Navarre, la reine Marguerite et les autres courtisans, dont on chercherait vainement ailleurs un portrait aussi fidèle. Partout on trouve l'historien exact et l'observateur profond ; son style est pur et élégant, et surtout plein de naïveté. Pendant son séjour en Turquie, il recueillit des inscriptions grenues qu'il cominuni«pta à André Schott. à Juste
Crimée, il^uva^nt'grande ressembla»» entre twr langue et le flamand, analogie que le célèbre voyageur Guillaume de Rubroqws avait deia remaïquee au «r sircle. R-€.
(I| Ile «5*2 a la». Elle* furent publiée» par J.-B. Houwaert de ' Bruxelles, qui le* dédia a Ferdinand de llolssehot, baron de Sateo- Ihoui. du conseil d'Etat et du ronrfil prive, chancelier de Ilrabaut, qui fui aussi charge de mission» en Angleterre et en France, tes lettres sont au nombre de r mquante-lrois ; elles sonten général fort courle*. mais elles n'en soul pas moins intéressante*. La pol'^" de la France et de 1 Europe y es« fort bien appréciée. Le style en est clair et prec is. trop clair et trop précis peut-être pour un diplomate ; mais c'était 1ère de la di|4omatie naïve, quoique habile, et attachant un sens déterminé aux choses et aux mots. Basberq, en parvenant à empêcher la France d'envahir les Pays-Bas et de secourir le duc d'Alençon, donna a la médiation de J'Empire de l'aulorlli et de la grandeur, sans subtiliser sur le principe de «on interwm- Ho*. n—n.