‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 46 sur 97 · DUS · texte numérisé non relu

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évêché à Bristol, Busch en fut nommé le premier évêquc en 1542; mais ayant adopté les opinions nouvelles, il fut privé do l'épiscopat sous le régne de . Marie. Depuis, il fit pénitence et mourut catholique, le 1 1 octobre 15.18 ou 1550, âgé de 68 ans. On a de lui divers ouvrages de piété, entre autres des commentaires sur le psaume Miserere, et un livre de louanges de la sainte croix. Z — o.

BUSCHE (Hermann de), en latin Biscmus, savant allemand, né en 1468, dans l'évêché de Minden, mena une vie errante et agitée. Après avoir fait ses études à Ueidelbcrg, il parcourut l'Italie, la France, et donna des leçons de littérature classique dans plusieurs universités d'Allemagne. Ses connaissances littéraires, l'ardeur avec laquelle il cherchait à propager des études qui déplaisaient au clergé de ce temps, le rendirent partout l'objet de la haine et de la persécutiou des théologiens. Il fut obligé de s'enfuir de toutes les villes où il avait voulu se fixer. Le parti qui se forma bientôt en faveur de Luther lui ouvrit un refuge : Busche embrassa les nouvelles opinions, écrivit en faveur de Luther et fut recommandé par celui-ci nu landgrave de liesse, qui le nomma professeur d'histoire à Marbourg. 11 y publia, en 4529, uu traité de Auctoritale verbi Dei. Les querelles des anabaptistes étant survenues, Busche fut appelé à Munster pour conférer avec eux. Les opinions extravagantes qu'il énonça lui attirèrent les railleries de ses adversaires, et il mourut de chagrin à Dulcn, en 1551. On a de lui des commentaires sur Silius Ilalicus, sur le premier livre de Martial, sur Juvénal, sur Pétrone, des vers latins, et un ouvrage sur l'utilité des belleslettres, intitulé Vallum humanilatis, Cologne, 1518, in-4»; Francfort, 1T19, in-8». (Voy. Trilhême, de Yirii iliustrib. Germait.) G — T.

BUSCIIETTO, architecte et sculpteur grec, naquit à Dulicchio, vraisemblablement vers les années 1020 ou 1050. LesPisans, après avoir conquis Palerme sur les Sarrasins, en 1065, ayant délibéré d'employer le produit des marchandises trouvées dans le port de cette ville à la reconstruction de leur cathédrale, appelèrent Buscbetto en Italie, et le chargèrent de diriger ce monument. Vasari, trompé par une inscription qui se rapporte à une victoire des Pisans, antérieure à celte époque, a cru faussement que la bâtisse de l'église avait été commencée en 1016, et a induit en erreur un grand nombre d'écrivains qui ont cru pouvoir adopter son témoignage avec assurance. La première pierre fut posée à la fin de l'année 4063, ou au commencement de l'année 1064. L'église de Pise est particulièrement remarquable par l'immense quantité de colonnes de marbre, de porphyre et de granit qui la décorent. Ce vaste et riche monument n'est point dans le genre appelé gothique : on y retrouve la manière grecque très -dégénérée, mais présentant encore cette sorte de grandeur qui forme le caractère distinctif de toutes les productions des Grecs, jusqu'au dernier degré de la décadence du goût. Buschetto forma des architectes et des sculpteurs qui élevèrent de grand» monuments dam) différentes

villes de l'Italie. Quelques bas-reliefs antiques, dont la cathédrale de Pise fut ornée, contribuèrent à diriger leur goût. C'est de cette école que sortit Nicolas Pisan, qui devint le régénérateur de l'art statuaire vers le temps où Gujdo de Sienne et Cimabué commençaient à rétablir les vrais principes de la peinture. A la mort de Buschetto, les magistrats de Pise lui élevèrent un tombeau contre la façade de la basilique qu'il avait construite. L'épitaphe qu'ils gravèrent sur ce monument existe encore, et elle prouve de la manière la plus convaincante qu'il avait seul donné le plan de la basilique. Cette épitaphe ne renferme point de date : on voit dans un passage d'un ancien registre cité par Morrona {Visa illustrala) que Buschetto vivait encore en 1 080. ( Voy. les Vies des architectes de Félibicn. Ec — Do.

BUSCHING (Antoine-Frédéric), un des créateurs de la géographie moderne, naquit le 27 septembre 1721. 11 assure que la violence et les excès auxquels avait coutume de se livrer son père, avocat à Sladlhagen, petite ville de Westphalie, lui inspirèrent des habitudes contraires, la frugalité et la tempérance. L'instruction qu'on donnait à l'école publique de Stadthagen étant très-superficielle, un théologien de sa ville natale (Eberh. Dav. Haubcr) tachait de suppléer à ce que cet enseignement avait de défectueux, par des leçons particulières qu'il prodiguait gratuitement aux élèves les plus appliqués. Bùsching eut le bonheur d'y être admis, et c'est a des soius si généreux qu'il dut des sentiments de piété qui ne se démentirent jamais, et les premiers progrès qu'il fit dans les sciences, surtout dans les mathématiques et les langues de l'Orient. * Clia- « que vicissitude, dit Busching dans sa propre bio- « graphie, écrite peu de temps avant sa mort (Halle, « 1789, iu-8°), chaque expérience de ma vie n'a fuit « qu'ajouter à ma reconnaissance envers Hauber, et « ma conviction de l'excellence de l'Evangile du a Christ. C'est la religion chrétienne, la pensée de a mon Sauveur et de l'éternité qui ont été (tour moi « la source des plaisirs les plus purs et les plus déli- « cieux, plaisirs auxquels j'ai, dés ma première jeuci nesse, sacrifié sans peine ceux qui flattent les sens a et qui ne se concilient pas avec une entière recti- « tude ; ce sont elles qui m'ont soutenu dans les plus « grandes adversités, et qui me font maintenant en- « visager les approches de la mort sans crainte, et « même avec joie. » Pour sentir tout le prix de cette profession de foi, il ne faut pas ignorer que Bilsching fut un philosophe très-éclairé, un apôtre de la tolérance, et le défenseur courageux d'opinions qui déplurent beaucoup à quelques théologiens de son temps. En 1742, son père le chassa de sa maison, parce que, dans un voyage à Hanovre, il avait pris avec chaleur le parti de son bienfaiteur contre un homme qui s'était moqué du docteur Haubcr, et que son père avait intérêt de ménager. Chassé de la maison paternelle, il retrouva un père dans ce même Haubcr. qui lui procura les moyens de continuer ses études à Halle. Dans celte université, il suivit les cours du professeur de philosophie François Meier, du physicien Kruger, mais principalement

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ceux de Sigismoud Jacques Baumgarten (rot/. Bauucarte m ; et bientôt son application le mil en état de soutenir une thèse (Introductio in Epitf. Pauli ad Philipp., 1740), et de prendre le degré de maître es-arts. Sa conduite exemplaire augmentait chaque jour l'estime qu'il avait inspirée à ses anciens protecteurs, et lui en procurait de nouveaux. Sur le point d'accompagner à Pélersbourg le comte Frédéric Roche de Lynar, ambassadeur danois, comme gouverneur de son iils, il crut devoir se donner à lui-jnéme une nouvelle garantie de ses mœurs, en offrant sa main à mademoiselle Dilthcy, sœur du plus cher de ses amis d'enfance, jeune personne aussi remarquable par son caractère que par son esprit. Elle consentit à lier son sort au sien par une promesse qui s'exécuterait après son retour, et il s'établit entre eux une correspondance à laquelle Bùsching déclare être en grande partie redevable d'une conduite invariablement pure. Le comte de Lynar, homme d'État distingué jiar ses vertus et |wr ses connaissances (eoy. Lynar), le traitant avec une grande considération, il forma dans toutes les villes sur leur route des liaisons avec les personnes qui tenaient le premier rang dans l'État et dans les lettres. Bien que ce voyage de Russie, ainsi que la mission du comte de Lynar, fût de courte durée, il lit époque dans la vie de Bûscbing, en lui fournissant l'occasion de remarquer les lacunes et les erreurs sans nombre qui déliraient les traités de géographie réputés alors les plus exacts, et en lui suggérant l'idée de l'immense travail qui a donné une nouvelle face à cette science et immortalisé son nom. Celte entreprise l'absorbant désormais tout entier, il piia le comte de Lynar de lui rendre sa liberté, et, après l'avoir obtenue avec peine, il alla s'établir A Copenhague, chez son ancien ami, le docteur liauber, qui avait été nommé pasteur d'une paroisse allemande de cette ville; mais il crut auparavant devoir faire un voyage dans sa Tille natale, pour soigner son père tombé malade, qui lui rendit toute sa tendresse et expira peu de jours après. Arrivé en Danemark, Bùsching commença son grand travail géographique. Tout le inonde s'y intéressait depuis qu'en 4725 sa Description des duchés de Holshin et de Sleswig avait donné une haute idée de son exactitude et de sou talent pour ce genre d'ouvrage. A Coi>enhague, le comte de Berkenthein et l'ambassadeur de Russie, baron de Korff, lui ouvrirent leurs biblioUièques, et l'aidèrent de leurs lumières. La cour, aussi bien que le public danois, aurait désiré qu'il se fixât à Copenhague; mais l'important article de sa gëogra- .phie qui devait traiter de l'Allemagne exigeait qu'il y revint pour s'environner de tous les matériaux nécessaires, il se rendit d'abord à Halle, où il commença à expliquer dans un cours public la constitution des principaux Etats de l'Europe, et bientôt après (en 4754) à Goettingue, où le gouvernement de Hanovre venait de le nommer professeur extraordinaire de philosophie. L'année suivante, il épousa sa chère Christiana Dilthey. Cette union ht son bonheur ; l'esprit aiuguUèmuent oroé de celle femme

(un choix de ses poésies avait paru sous son nom en 1 752, par les soins de Bùsching) necontribua pas peu à lui procurer une grande considération à Goettingue, a St-Pétcrsbourg, à Berlin, et dans toutes les villes où sa destinée l'appela successivement. Bùsching n'aurait peut-être jamais quitté Goettingue, s'il eût obtenu la chaire de théologie qu'il ambitionnait. Ses amis de Hanovre étant sur le point de la lui faire avoir, il crut devoir les prévenir qu'il allait publier un ouvrage dans lequel il énoncerait sur plusieurs points des opinions différentes de celles des théologiens les plus accrédités dans la communion de Luther. On lui conseilla de ne l'imprimer qu'après sa nomination à la place qui lui était assurée ; mais il ne voulut pas dévier de sa loyauté accoutumée, et remit à la faculté théologique de Goettingue un écrit intitulé : Epitome théologies t tolis sacris literis concinnatœ, et ab omnibus rébus et vtrbis scholasticis purgata, où il soutenait a que, pour sepaa rer ce qui, dans la religion, appartient à son es- « senec d'avec ce qui ne mérite d'être placé qu'en « second , ligne, il fallait commencer par poser pour « fondement les passages de l'Écriture saiute où les « principales vérités du christianisme étaient expri- « mées en termes clairs; que les propositions qui y ■ étaient contenues devaient seules être envisagées « comme indubitablement divines, et que tout ce « qui n'en découlait que médiatement devait être « considéré comme problématique, et comme pou- « van t élre l'objet d'une discussion dans les écoles, « sans que la divergence d'opinions à cet égard « intéressât la foi et le salut des chrétiens. » Cet ouvrage déplut à toutes les communions, causa beaucoup de chagrin à Bùsching, lui ferma l'accès à la chaire qui était l'objet de ses vœux, et, en le dégoûtant du séjour de Goettingue, lui lit accepter avec empressement la proposition du consistoire luthérien de la paroisse deSl-Pierrc à St-Pétcrsbourg, qui l'invitait à venir exercer les fonctions de second pasteur auprès de cette église. Cet appel lui prut une vocation divine ; Bùsching, louché de la conliance que les Allemands de St-Pétcrsbourg lui témoignaient, partit pour la Russie en 4761, avec quatre enfants en bas âge. Il est difficile de concevoir comment il a pu, dans les quatre années de sou séjour à St-I'ctersbourg, remplir les devoirs de sa place, et exécuter tout ce qu'il entreprit pour le bien de sa commune. La lecture de la biographie que nous avons déjà citée en peut seule donner une idée. Le principal objet de son activité fut l'organisation d'une école dont il fut nommé recteur, et qui, par ses soins infatigables, devint en très-peu de temps l'établissement d'instruction le plus florissant dans le Nord. Son zèle et ses succès lui gagnèrent l'estime et l'amitié du feldmarcchal de Munich, qui revenait de son exil en Sibérie, et qui avait repris sa place de protecteur de la paroisse luthérienne ; mais, soit que Munich fût blessé de l'énergie avec laquelle le directeur du nouveau lycée soutint ses règlements contre les idées du comte, soit qu'il n'aimât pus les hommes à caractère et â talents qui ne consentaient pas à être ses insirumeuu aveugles, ainsi que l'en accuse

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Bûsching, la bonne intelligence entre le Mécène et le protégé ne fut pas de longue durée. Le comte de Munich finit par lui susciter tant de tracasseries et de dégoûts, qu'il déclara, dans une séance du consistoire, à laquelle le feld-maréchal présidait, qu'il se démettait de sa place de directeur, et qu'on ne le reverrait plus aux séances de ce corps. Munich ayant voulu le forcer de reprendre la direction de l'école, il annonça, du haut de la chaire, à ses paroissiens, qu'il se voyait forcé de les quitter et de retourner en Allemagne pour ne pas être l'occasion d'une funeste scission. Celte déclaration fut un coup de foudre pour la paroisse. Il y eut un concours prodigieux de ses membres dans la maison de Bûscliing pour le supplier de rester. L'impératrice Catherine, informée des mouvements qui agitaient l'église luthérienne, fit des reproches à Munich ; mais la détermination de Bilsching resta inébranlable, quoique le' séjour de St-Pétersbourg lui convint, et plut aussi beaucoup à sa femme. L'impératrice, pour l'y retenir, lui offrit une place à l'académie des sciences, avec le traitement qu'il fixerait lui-même, et la franchise de port, non-seulement dans son empire, mais dans toute l'Europe, pour la correspondance étendue dans laquelle son travail sur la géographie l'avait engagé ; mais la délicatesse de Bilsching ne lui permit pas d'accorder aux largesses d'une souveraine ce qu'il avait refusé aux larmes de ses paroissiens, et il quitta une ville où il avait espéré terminer ses jours. Lorsqu'il prit congé de la czarine, celte princesse lui exprima encore une fois le désir de l'avoir à son service, et l'espérance que plus lard il se rendrait à ce désir. Bûsching partit de St-Pétersbourg. sans trop savoir dans quelle partie de l'Allemagne il fixerait son domicile. Il était sans place et sans fortune. Ses projets littéraires le déterminèrent à choisir Altona ; mais il y resta peu de temps, Dès l'année suivante (176«), il fut appelé à Berlin, pour y diriger le gymnase réuni de Berlin et du faubourg de Colin, avec voix délibérative dans le consihtoire suprême. Cette nomination rut aussi avantageuse à sa famille qu'aux établissements dont il devint le chef. 11 leur rendit le même service qu'à ceux de St-i'étcrsbourg ; il les réorganisa, ou plutôt les créa, et leur prospérité de\int aussi brillante sous sa direction, que leur état avait été languissant avant son arrivée. Rien de plus instructif |>our les hommes qui se vouent à l'instruction publique que l'histoire des travaux de Bûsching dans celte carrière. Il jouit à Berlin de la même considération qui l'avait suivi dans lous les pays qu'il avait habités. Frédéric le traita avec plus de distinction qu'il n'avait coutume d'en accorder aux écrivains de sa nation. Lu reine aimait sa société, et, dans les commencements de son aéjour, elle l'invitait très-souvent à diner; mais, craignant que ses travaux de tout genre ne souffrissent de distractions trop fréquentes, il pria celte princesse, ainsi que les membres de la famille royale, qui lui témoignaient une bienveillance particulière, de le laisser le plus possible à ses occupations. Quand on jette les yeux sur le catalogue des nombreux écrits qui sont sortis de la plume de Bûs-

ching, on est surpris que l'auteur de tant d'ouvrages, pleins des recherches les plus laborieuses, ait pu trouver le temps de passer chaque jour plusieurs heures dans le gymnase et dans les deux écoles secondaires qu'il était chargé de surveiller. Il donnait lui-même des leçons sur l'histoire des sciences et des arts. Nous devons à ses cours plusieurs livres élémentaires, surtout une Histoire des arts du dessin (1781), qui n'a point encore été surpassée. Lorsqu'un instituteur tombait malade, il le remplaçait ; il suivait les progrès de chaque élève dans les trois institutions, et entrait dans tous les détails d'administration avec un zèle que la maladie douloureuse dont il mourut ne ralentit point. Au milieu des plus grandes souffrances, il se faisait rendre compte de tout, de chaque leçon, de chaque disciple, et son intérêt pour les établissements qui lui devaient une nouvelle vie ne cessa qu'avec son dernier soupir. H mourut à Berlin, le 28 mai 1793, d'une hydropisie de poitrine, cl fut, selon ses désirs, enterré dans son jardin, à côté de sa chère Christinna. qu'il avait perdue en 1777. Il s'était remarié la même année avec mademoiselle Reinbesk, fille d'un pasteur de Berlin. Des enfants du premier lit, deux fils lui ont survécu ; des six du second, tous moururent en bas âge, à l'exception d'un seul qui est au service de Prusse, ainsi que ses deux frères. Les ouvrages de Bûsching peuvent se diviser en quatre classes : 1» livres pour la jeunesse ; 2° écrits sur la religion ; 3» ouvrages de géographie et d'histoire; et 4° biographies. Son style est, dans tous, clair et assez correct, mais diffus, négligé, et dépourvu d'éléganeo et surtout de chaleur. On s'aperçoit partout de la rapidité avec laquelle il composait ; mais si la forme n'est pas aussi attrayante qu'on le souhaiterait, on est bien dédommagé par la richesse et la solidité du fonds. Ses écrits de pédagogie (nom d'une acception fort honorable en Allemagne, sous lequel on comprend la théorie et la pratique de tout ce qui concerne l'éducation, soit privée, soit publique), embrassent presque tous les objets de l'instruction élémentaire et de la discipline des écoles. Dans les programmes, il traitait les questions pédagogiques les plus intéressantes. Ardent promoteur d'un perfectionnement graduel, il combattait les nouveautés que l'expérience n'avait pas encore sanctionnées. Personne ne s'éleva avec plus de force que lui contre la maxime qu'il fallait tout apprendre aux enfants en jouant, et contre une autre qui avait à peu prés les mêmes preneurs, et qui tendait à faire substituer à l'étude des langues de l'antiquité une espèce d'encyclopédie des connaissances usuelles. Ses nombreux livres élémentaires se distinguent entre ceux dont on se sert dans le nord de l'Allemagne, où l'on en a tant d'excellents, et si maintenant il y en a de meilleurs sur quelques branches de l'instruction académique, ce sont les livres de Bûsching qui en ont facilité la rédaction. L'impulsion salutaire qu'il donna aux écoles dont il était le chef immédiat s'étant communiquée aux autres établissements de Berlin, et de là à ceux des villes de province, on peut dire que, de son rectorat, date une nouvelle

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ère dans les annales de l'enseignement dans la monarchie prussienne. On a déjà dit quelque cliose de ses ouvrages de théologie. Son idée domiuante était de dégager l'instruction religieuse de tout ce que les liommcs avaient ajouté à la doctrine évangélique, et de la ramener à sa simplicité primitive. C'est dans cette intention qu'il publia, en 1766 ( à Hambourg, in-8°), une Harmonie des quatre Evangélisles avec une explication succincte; et, en 1789, un Mémoire contre l'utilité des livre$ symboliques, et contre Cobligalion imposée aux ministres luthérien» de s'y conformer dans leurs fonctions pastorales. Son but était sans doute louable. Mais il est douteux que les moyens qu'il proposait eussent eu l'approbation de ce Baumgarlen, ce maître de sa jeunesse. Le seul des livres de Uiéologie de Bùsching qui ait un vérilablc prix aux yeux des juges compétents est son Histoire des églises luthériennes en Russie, en Pologne et dans la Lilhuanie ; elle parut en 1766- 84-88. Mais les services qu'il a rendus a la géographie forment son premier titre à la reconnaissance de la postérité. Jusqu'à l'an 1754, où les premiers volumes de sa Géographie ou Description de la terre parurent, on n'avait aucun ouviage qui méritât ce titre (I). Une nomenclature aride ou accompagnée de quelques renseignements pris au hasard, souvent adoptés sans critiques, toujours insuflisants, formait les traités de géographie. Bùsching n'admit les données de tout genre dont il composa la sienne qu'aprés les avoir soumises à l'examen le plus sévère. Lue topographie, peut-être un peu trop détaillée, en est le squelette ; mais c'est la manière dont il a été revêtu qui fait le prix de ce travail. Aucun des faits relatifs à l'organisation politique et civile, à l'instruction publique, à l'industrie, à la richesse et à la puissance de l'État, aux produits de la nature et aux < . .nges que le commerce a su provoquer ou pourrait établir, aucun n'a été oublié; tous sont enregistres avec ordre, après avoir été soumis à une critique aussi scrupuleuse que savante. Il est vrai qu'il en est résulté un ouvrage plus utile à consulter qu'agréable à lire; c'est une masse iuerte, qu'un style sans grâce et sans mouvement n'a pu animer; et Malte Iirun reproche avec raison à Bùsching (Précis de la Géographie universelle, t. 1er, p. 524), « de n'avoir jamais tracé de tableaux propres à « émouvoir lame et a réveiller la pensée. » Le mérite de son ouvrage est dans l'exactitude et dans la richesse des détails : ce sont les archives des nations telles qu'elles étaient au moment où Bùsching a

(l) DU volume* «le la Uogra,kie de Baseaing tt la première partie du oimeiue parurent à Hambourg de 175» a 179% cl {du-

Mi urs \uloniCs di Udié* ont en huit édition.*, sans compter le» r.niin-f.i<oin. SprenRel, Walils, KcfflUU et Ebeling ont sucersslveîneiil lOHlimu' les volumes «, 13 et IS, Il eu tarai nne traduction Ira mai» (par Cranl de llajroeval, l'fetTel cl Uoargoing). Zullieoow ••I Strasbourg, I76IM70», H vol. in »\ Il j i de* exemplaire* de la même date qui ont pour litre : \omemi Traite de Géographie. U uuiw.n Treuttil et Wurti publia le même ouvrage de la même

correction fiiî ne, tt troure*! pat Lm r original,

ITMcl année» suivait*. 16 vol. m-8". Le* •«Mit vi,;.rr»M.„t i lUo9r«vhit de ta rrui.ee (traduit de l'alleuuud),i7M, 11* M*.

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écrit, et U passe, à juste titre, pour un des créateurs

de celte statistique, qui a eu, depuis un demi-siéele, plus d'influence qu'on ne pense sur l'accroissement de l'industrie européenne, et sur les progrès des sciences politiques. Bùsching fournit des matériaux aussi neufs qu'abondants ; il expose au grand jour ce que ses |immenses travaux et ses relations avec quelques hommes d'Étal du premier rang lui avaient appris. Lorsque sa correspondance (I), son érudition et son zèle n'ont pu éclaircir un fait, il en avertit ses lecteurs avec une bonne foi qui ne connaît ni détours ni réserve ; sa candeur leur garantit la certitude des données qu'ils puisent dans ses livres, et son exemple doit être compté au nombre des preuves qu'à égalité de moyens, la science gagne toujours à être traitée par un homme de bien. Bùsching est sans doute bien inférieur à d'AnviUe dans l'application des sciences mathématiques à la construction des cartes qu'il ne s'était pas habitué à dresser ; il est loin d'avoir ce coup d'œil, cette sagacité, cette espèce d'instinct qui distingue si éminemment le géographe français. La conscience scrupuleuse qui a présidé à toutes les actions de la vie de Bùsching l'empêche souvent de se décider sur des points douteux ; il entasse plutôt les données qu'il ne les juge, et, dans la géographie conjecturale, il ne devine pas les positions d'instinct comme d'AnviUe ; mais il est son égal en patience et en exactitude, et lui est quelquefois supérieur en connaissances de tout genre, et même en philologie. Malgré celle réunion de moyens, sa géographie, il fout 1 avouer, n est proprement qu une excellente topographie, nourrie d'une statistique exacte et 1 neuse. 11 n'en a pas moins posé un des les plus imposants par son grand dans toutes les langues de l'Europe , par un précieux recueil intitulé : Magasin pour l'histoire et la géographie des temps modernes (en 22 vol. in-4% 1767- 1788) ; et par un Journal spécialement consacré A l'annonce et à la critique des cartes de géographie [Notices hebdomadaires, etc, Berlin, 1775-1787). Sa géographie, continuée par MM. Ebeling, Wahl, etc., embrasse l'Europe, l'empire de Russie, la Turquie asiatique et l'Arabie. Celte dernière partie (le 1" et seul volume qu'il ait donné sur l'Asie), imprimée d'abord en 1768, et, pour la 5' fois, en 4781, à Hambourg, avec des augmentations, est son chefd'eravre. On doit s'étonner avec Malte Brun, qui en a fait connaître un fragment intéressant (la Description de la mer Morte), qu'elle n'ait pas été traduite en français. Pour se faire une idée du mérite de ce volume, il faut jeter les yeux sur la préface, et parcourir la liste des voyages et des mémoires qui ont servi à le composer; il faut surtout se rappeler que Kiebuhr regretta beaucoup de ne l'avoir pas eu pour guide dans ses voyages. ( Voy. Description de l'Arabie, p. 17 de la préface, traduction française de

<») Si correspondance èt.M d'une été rail pu en supporter le* frais, si le goa liliie de se» t'mau» n eni Oui par lui lettre*. En certain» temp*, eet <U>>et lui etttS, ou 3,000 fr.

iuerojable, et il n auen faveur de l u-

pir an Mui de 1,000

1779, in- K i Outre les vies que nûsching a insérées dans son Magasin historique, on a de lui un recueil de biographies en 6 volumes (Uallc, 1783-89), qui • offre celles du grand Frédéric, du comte de Lynar, du comte Henri XXIV de Reuss, du baron de Korff, et d'autres personnages avec lesquels il a été en relation d'affaires ou d'amitié. Celle de Frédéric est piquante par des lettres allemandes de ce prince, imprimées avec une Qdélilé qui reproduit toutes les fautes d'orthographe, et par des détails qu'on chercherait vainement ailleurs. Il en a paru une U-aduclion française par d'Ârnex, sous ce titre : Caractère de Frédéric le Grand, à Berne, 1789, in-8». Le nombre des écrits qui sont sortis de la plume de cet homme laborieux s'élevant à plus de cent, nous renverrons a l ouvrage ue M eu.se i (t/icitonnaire des écrivains allemands morts de 1750 d 1800, 1. 1, p. 701-12), ceux qui voudront les connaître tous, et nous nous bornerons ici à nommer les plus importants de ceux dont nous n'avons pas déjà parlé, en suivant l'ordre chronologique : 1° Nouvelle Description du globe (Neue Erdbeschreibung) , Hambourg, 1754, in-8o, V édit. des deux premières part, en 2 vol. (8* édit., 1787-88, en 4 vol.); 1er vol. de la 5* part., 1757; 2' et3evol., 1759 (7e édit. en 5 vol., 1789-92); 4* part., 1761 (5'édit., 1792) ; 1" divis. de la 5e part., contenant l'Introdurtion à la Description de l'Asie, la Turquie asiatique et l'Arabie, 1708-72 et 81 ; traduct. franc., 1° de Gérard, Zullichau, 1768-1771, in-8°; 2- d'un anonyme, sur la 5* édit. de l'allem., Strasbourg, 1785-1792, 16 vol.; 3e de Bérenger, Lausanne, 1776, et suiv., 12 vol. gr. in-12. La traduction de l'Allemagne de Busching en français, par R.-J. Julien, a été imprimée séparément dans Y Allas historique et géographique de l'empire d'Allemagne (4 vol. in-4°). Il serait inutile de parler des traductions russe, polonaise, suédoise, anglaise (6 vol., avec une préface de Murdoch, Londres, 1762, in-4°), hollandaise, espagnole, etc.; nous nous contenterons de faire remarquer que l'édition de Venise de la traduction italienne a des suppléments qui offrent la description des pays que Bûsching n'a pas traités. L'extrait que Bûsching a fait lui-même a eu six éditions à Hambourg. 2» Allas de Pologne et de Lilhuanie, publié par Bûsching, Kœnisberg,1770. 3« Commenlalio de vestigiis Lutheranismi in Uispania, Goetlingue, 1735, in-4°. 4* introduction à la géographie, la politique, le commerce et les finances des États de l'Europe, Hambourg, 1758, 1" édit. ; la 6' est de 1784. 11 y a trois traductions françaises de cet ouvrage ; la première est de G.-L. Kilg, Strasbourg (Stein),

1779, in-8°, 2e édit., revue et corrigée; en Suisse,

1780, in-8°, 4» édit. ; Amsterdam, 1781, in-S". La dernière est celle de l'abbé Mann, impr. à Bruxelles, 1786, in-8° ; elle porte sur le titre : Nouvelle édition corrigée et rendue conforme à l'étal actuel des choses, et propre à l'usage des pays catholiques. L'édition de Florence de la traduction italienne de la Géographie offre cette introduction à la léte du 1,r vol. 5° Lue traduction de l'Histoire de Russie par Voltaire, avec des corrections et des suppléments, Goettingue, 1764,

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in-8». 6° Esquisse d'une Histoire de la philosophie, 1772-74, 2 vol. in-8°; trad. en ital. et en holland. 7° Histoire et Principes des beaux - ails , Berlin, 1772-74, 2 vol. in-8». 8° Histoire du collège berlinois du Cloître gris, ibid., 1774, in-4». Ce collège ou gymnase, dont le local est un ancien couvent de cordeliers, est celui pour lequel Bûsching composa tant de livres élémentaires, après que le gymnase de Colln-sur-la-Sprée lui eut été réuni. 9° Abrégé d'histoire naturelle, ibid., 177K, in-8°; 6* édit., 1787, in-8°; trad. en island. par Gudmund-Thcrgrimsen. 10° Programme des contestations entre les écoles supérieures el inférieures sur les limites de leur territoire respectif, ibid., 1775, in-4°. 11° Comparaison de la philosophie des Grecs avec celle des modernes, ibid., 1783, in-8". 12- Esquisse d'une histoire comparative du mérite que les nations anciennes el modernes se sont acquis par leurs travaux et par leurs encouragements pour les progrès des sciences, Hambourg, 1792, in-8". On peut consulter, sur la vie de Bûsching, outre le volume qu'il a publié lui-même, Pûtlcr, Histoire de Funiversité de Goetlingue, 1. 1, § 58 ; t. 2, g 86; G.-L. Spalding Oralio funeb. de Buschingio (Berlin, 1793, in-8°) ; quelques discours et programmes de Gédike, son successeur dans le rectorat du collège réuni, ibid., 1794-05. [Voy. Gédike.) On trouve un fort bon résumé de ces différents morceaux, ainsi que de la biographie que Bûsching a donnée lui-même, dans le Nécrologe de Schlichtegroll , supplément aux années 1790-1793 (Gotha, 1798), 1" partie, p. 58- 446. S— n.

BUSCHING (Jean-Gustave), historien et antiquaire, fils du précédent, naquit à Berlin, le 19 septembre 1783. Il reçut une première éducation trèssoignée et fréquenu ensuite quelques universités du nord de l'Allemagne, où il se livra avec une grande assiduité aux éludes historiques pour lesquelles il se seutait une vocation spéciale. Be retour à Berlin en 1806, il fut nommé référendaire du collège gouvernemental , emploi dont les travaux secs et monotones répugnaient à son esprit ardent et naturellement porté aux investigations ardues. Devenu, en

1809, archiviste de la province de Silésie à Breslau, il se trouva transporté dans une splière d'activité analogue à ses goûts : aussi est-ce depuis celle époque qu'ont paru ses plus importants ouvrages. Dans une tournée qu'il fit en Silésie, pendant les années

1810, 1811 et 4812, il découvrit plusieurs manuscrits historiques très-précieux et quelques monuments de l'antiquité païenne de cette province. Il accepta, en 1822, une chaire de philosophie à l'université de Breslau ; mais les nouvelles occupations auxquelles il dut alors se livrer ne lui tirent point négliger ses recherches lùstoriques, qu'il continua même pendant la longue et douloureuse maladie qui mit un terme à ses jours, le 4 mai 1829. Cet érudit laborieux, dont les travaux ont contribué à remplir laul de lacunes dans l'histoire de l'Allemagne du moyen âge, avait le défaut, assez commun |»rmi les savants de son pays, de ne pas se borner exclusivement A sa spécialité ; ainsi il employa beaucoup

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