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de temps à foire des romans historiques, genre d'écrits qui , loin de favoriser les progrès de la science, les entravent plutôt, parce qu'ils répandent des idées plus ou moins inexactes sur l'époque qu'ils ont pour objet de retracer. Le nombre des ouvrages que Busching a composés, soit à lui seul, soit avec des collaborateurs tels que MM. Docen, F.-H. von der Hagen, Streit, Kannegiesser, etc., est très-grand; on en trouve une liste complète dans V Allemagne tarante de Mcusel, t. 13*, 17' et 22». Voici les titres de ceux qui ont été accueillis avec le 'plus de faveur : 4» les Antiquité de la ville de Gœrlitx. G<rrlitz, 4805, in-8*, avec 8 planches lithographiées ; 2e édition , Breslau, 1824. 2» Recueil de ehantonx populaires de l'Allemagne, suivi d'un tupplimtnt contenant quelque» chansons populaires de la Flandre et de ta France ( publié par Busching en société avec von der Hagen ), Berlin, 4807, in-16. 3* Le Livre de l'amour (en société avec le même), ibid., 1809, in-8". 4° Vie de Gœts ton Berlichingen (en société avec le môme), ibid., 4810, in-8*; Sédition, ibid., 4811 ; 3' édition, Breslau, 1813. 5»P<mthéon, journal de sciences et d'ails ( en société avec Kannegiesser ), Berlin, 1810, 5 vol. in-8». 6» Fragments écrits pendant une tournée dans la Silésie , faite en ma qualité d'archiviste, en 1810, 1811 et 4812, Breslau, 1813, in-8", avec gravures. 7* Contes, Poésies, Farces de carnaval et Facéties du moyen Age, Breslau, 1814 et 1815, 2 vol. in-8°. 8° Sceaux de* anciens ducs, villes, abbés, etc., de la Silésie, moulés et en empreintes, 1" livraison, Breslau, 1815. 9° Journal hebdomadaire pour les amis de l'histoire, des arts et des sciences de Cantiquité, Breslau, 1816, 1819, 4 roi. in-8*, avec 17 gravures en taille-douce, 1 1 planches lithographiées et une carte géographique. Les deux derniers volumes ont été aussi publiés séparément sous le titre de Moeurs, Arts et Sciences des Allemands du moyen âge, collection de mémoires. 10* Sur la Forme octogone des anciennes églises, et particulièrement de celles qui existent encore à Breslau, Breslau, 1817, in-8°, avec 2 planches. 11° L'Image du dieu Tyr, découverte dans la haute Silésie, comparée à deux autres images du même dieu trouvées sur les bords du Rhin et dans le grand-duché de Mecklembourg, ibid., 1819, in-8*. avec une planche. 42,Ft*iï«(Reiscdurch, etc.) dans quelques cathédrales et églises du nord de t Allemagne, faites pendant l'automne de 1817, Dresde, 4817, iu-S \ avec 4 planches. 43° Antiquités païennes de la Silésie, Leipsick, 4820-1823, 4 cahiers in-fol.,avec12 lithographies. 1 4» Mémoires sur l'archéologie générale de la Silésie. extraits des papiers et des procès-verbaux de plusieurs sociétés d'antiquaires, Breslau, 4820-1822, 6 cahiers in-8*, avec une lithographie. 15° Vie, Plaisirs et Galanteries des Allemands du 46* siècle, ou les Aventures du chevalier silésien Jean de Schweinchen, Leipsick, 1K20-1H23, 3 vol. in-8». 16* De Signis et Signetis notariorum velerum in Silesiacis tabulis . pramissa brevt comparatione iakulantm Silesiacarum cum Germanicis , avec 7 planches lithographiées représentant cent parafes, Breslau, 1820, in-4». 17» Plan
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d'une histoire de la poésie allemande ( en société avec M. F.-H. von der Hagen), Weimar, 1821, in-8". 18* Le Château des chevaliers allemands à Mariembourg, Berlin, 1823, in-4*, avec 7 planches in-fol. 19° Essai d'introduction à l'histoire de l'ancienne architecture allemande, Breslau, 1821 ; 2* édition, Leipsick, 1823. 20° Annales de la ville de Breslau, Breslau, 1815-1824,3 vol. in-4*, avec gravures. Les trois premiers volumes de cet ouvrage contiennent YHistoire de la ville de Breslau par Nicolas Pol, et ont paru aussi séparément sous ce dernier titre. Les volumes 4 et 5 sont le fruit des ira vaux réunis de Busching et de M. J.-G. Kunisch. 21° Plan d'une archéologie allemande pour servir de base à un cours de celte science. Weimar, 1824, avec une carte géographique. 22* De Antiquis Silesiacis Sigillis et eorum descript. authent. in tabulis Silesiacis reperta literis mandavit disquisitionem ; adnexrn sunt descript. et delineat. 4 monogramm. unius tab. Siles., Breslau, 1824, avec 4 planches lithographiées, représentant 28 anciens sceaux silésiens. 23° Le mont Sacré et ses environs, à OsuHlt, ibid., 1824, in-8*. 24* Temps et Mosurs de la chevalerie, leçons formant un cours, Leipsick, 1824, in-8*. 25° Tradition* et Histoires de la vallée de la Silésie et du château de Kinsberg, Breslau, 1824, in-4», avec deux lithographies. 26* Monuments curieux de l'art antique allemand dans l'Altmark, ibid., 4825, in-fol. avec 2 planches. 27» Tombeau du duc Henri IV de Breslau, mémoire pour servir à rhistoirede Varl en Allemagne dans le 13» siècle, suivi d'une biographie de Henri IV d'après des pièces authentiques, Breslau,
1826, in-fol., avec 5 pl. 28* Description du château de Kinsberg dans la vallée de la Silésie, Breslau .
1827, in-12, avec 2 vues cl 3 plans. Ceux de ces ouvrages dont nous avons indiqué les titres en français sont en langue allemande. M— a.
BUSÉE ( Jean ) , dont le véritable nom était Buys, né à Nimèguc en 1547, jésuite en 4563. professa pendant plus de vingt ans la théologie à Mayence, et mourut dans cette ville, le 30 mai 161 1 . On a de lui différents traités dont les principaux sont : Disputatio theologica de jejunio ; de persona Christi; de descensu Christi ad inferos; Panarion , sive arca medica adversus animi morbos ; Viridartum christianarum virtutum; Modus recte meditandi de rébus divinis, etc. Il a donné des éditions de Pierre de Blois, de Luitprand, d'Abbon de Fleury, d'Hincmar de Reims, de Trithème , d'Anastase le bibliothécaire. Frédéric Spanheim et autres prolestants lui ont fait un crime de n'avoir pas inséré dans l'édition de ce dernier, qui parut à Mayence , en 1602, l'histoire de la papesse Jeanne , trouvée dans deux manuscrits que Marquard Freher lui avait communiqués : comme s'il ertt été convenable de placer cette fable grossière dans un pareil recueil; Blondel, autre savant protestant, le félicite au contraire de ne l'avoir pas adoptée. Elle se trouva cependant imprimée dans deux exemplaires de l'édition de Busée. On dit qu'il avait fait une table de plus de deux cent cinquante barbarismes qu'il avait remarqués dans Pierre de Blois. Jean Busée est cn-
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core auteur d'un grand nombre d'ouvrages de mysticité, les uns de sa composition, en latin, les autres traduits de l'italien ou de l'espagnol. Parmi ces derniers on distingue l'ouvrage du P. Dupont, traduit en français par F. Macé (1684 et 4720, in-12 ) ; par le P. Brignon (voy. ce nom ) ; enfin par Nie. Binet, sous ce titre : Manuel de méditations dévoles sur Us
1717, 2 vol. i n-i 2. — 11 eut deux frères, dont nous avons quelques ouvrages. Pierre BusÉB, jésuite comme lui, né vers 1540, mort en 1587, à Vienne en Autriche, où il était professeur d'hébreu, fut auteur d'un commentaire sur le catéchisme de Canisi us : Opuscatechislicum, site Su m mu doctrines Christian* Pétri Canisii, Cologne, 1577, in-fol. — GVrard Buséb, né vers 1538, docteur à Louvain. fut ensuite précepteur du duc de Clèves, qui lui fit obtenir un canonicat à Xanten. 11 eut de grands succès dans la prédication. 11 composa un catéclùsme flamand , et une Réponse à Flaccius lllyricus, touchant la communion sous les deux espèces, dont on dit que les protestants achetèrent tous les exemplaires, pour qu'elle ne fût pas répandue. ( Voy. Alegambe, Bibliolh. Scriptor, societ. Jesu; Lemire, Elogia illusl. Belgii scriptor. ; Valère André, Bibliotheca Belgica. ) T— d.
BUSENELLI ( le Père Pierre ), professeur de droit canon dans l'université de Padouc, naquit au commencement du 18* siècle. On a de lui un grand nombre de dissertations, entre autres celle-ci : Pétri Butenelli C. R. in gymnasio Patatino publ. ins. eon. prof, de eeelesiastiea jurisdictione habita in soletnni studiorum instaurations, Padoue, 1757, in-8\ Z.
BUSEMBAUM ( Herman ), jésuite, né en 1600, à Notteîen, dans la Westphalie, fut recteur des collèges de Hildcsheim et de Munster, et mourut en 1668. Il est fameux par les événements auxquels a donné lieu , dans le dernier siècle, son ouvrage intitulé: Medulla theofogiœ tnoralis, ex variis probatisque auetoribus concinnala. C'était un in-12 en vogue dans les séminaires des jésuites, et qui avait eu plus de cinquante éditions, lorsque le P. Lacroix, au moyen de ses commentaires et des additions du P. Collendall, confrère de l'auteur, en fil 2 vol. in-fol. Cette édition reparut en 1729 à Lyon, avec de nouvelles augmentations, par les soins du P. Montausan. On accusa dans la suite les journalistes de Trévoux d'avoir annoncé cette édition comme contenant une théologie très-judicieuse et bien digérée ; les journalistes cherchèrent à se disculper en disant que ce n'était qu'une simple annonce bibliographique. L'édition du P. Montausan fut reproduite à Lyon en 1757, avec un nouveau frontispice, sons la rubrique de Cologne. Alors on y releva, sur l'homicide et le régicide, des propositions qui se trouvaient, dit-on, dans quelques moralistes et casuisles contemporains ou prédécesseurs de Busembaum, mais qui parurent d'autant plus réprébensibles, que cette édition paraissait à l'époque de l'attentat de Damiens sur Louis XV. Le parlement de Toulouse en ayant saisi un exemplaire à l'usage du
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séminaire d'AIbi, dirigé par les jésuites, sonna Pilarme, et, par arrêt du 9 septembre 1757, fit brûler l'ouvrage, obligea les supérieurs des quatre maisons des jésuites de comparaître a la barre, où, sur l'interogatoirei qu'on leur fit subir, ils désavouèrent la doctrine du livre, déclarèrent qu'ils ignoraient le lieu de l'impression , le nom et la qualité de l'éditeur, et protestèrent qu'aucun jésuite n'y avait eu part. Le parlement de Paris se contenta de condamner le livre. Le P. Zaccheria , jésuite italien publia, avec la permission de ses supérieurs, l'apo-j logie de Busembaum et de Lacroix, contre les deux, arrêts. Cette apologie fut également condamnée air feu par un nouvel arrêt du parlement de Paris nu 10 mars 1758. Zaccheria a donné, en 1760, une nouvelle édition de l'ouvrage de ses deux confrères. La dernière édition de la Medulta theologia moralis est celle d'Ingolstadt, 1768, 2 vol. in-8\ On a encore de Busembaum : Lilium inttr Spinas , de Virginibus Deo devolis eique in secuto inservientibus. ( Voy. Alegambe, Biblioth. Script, societ. Jesu. ) Z.
BUSI (Nicolas), sculpteur, né en Italie, mais connu seulement par les ouvrages qu'il fit en Espagne. Il passa la plus grande partie de sa vie à Murcie, où les productions de son ciseau furent tres-estimées, et payées des sommes considérables. Il eut le titre de sculpteur de Philippe IV, et fit le buste de ce prince, ainsi que celui de la reine mère. Selon Palomino Velasco, ces bustes sont des chefsd'œuvre. Il mourut dans un Age avancé, en 1709, dans la chartreuse de Valence. D — t.
BLSIUS (Paul), fils d'un jurisconsulte, après avoir exercé, pendant plusieurs années , la profession d'avocat à Zwoll, sa patrie, fut nommé, en 1610, professeur de droit à l'université de Franeker. Il mourut subitement, le 23 septembre 4617. On a de lui: 1* Tractatus de annuis reditibus, Cologne, 1601, in-8°. 2° de Officia judicis, Franeker, 1603, iu-4«; et Leyde, 1610, in-8*. 3" Comment, in Pandectas, la 1" partie à Zwoll, 1610; la 2* partie à Franeker, 1615, in- 4". L'ouvrage entier a reparu à De venter en 1647 et 1656, in-4°. 4» Subliiium juris libri 7, Cologne, 1604 ; réimprimé avec des additions a Franeker, 1612, in-84, et à Heidelberg, 1665, in-4». 5* de Repubtica libri 3, Franeker, 1613, in-4°; Francfort, 1626, in-* ' 6° Illustres Qwest, controversée ad libroe 4 Institutionum, Franeker, 1615, in-4". B— ss.
BUSKAGRIUS (Jean-Pierre ), savant orientaliste suédois, né à Stora-Tuna, dans la Dalécarlie , voyagea en Allemagne, en France, en Angleterre, en Hollande, et fut professeur de langue hébraïque à Upsal, où il mourut en 1602. Il a publié : 1* Dissertation sur la nature de la Massore ( en hébreu ), Upsal, 1651, in-4tt; 2° de Usu et Necessilate linguarum orienlalium, ibid., 1654, in-4 ■ ; 5* de Deorum genlilium Origine et Cul tu. 1655. — Pierre Bcjskagrius n'est guère connu que par son petit ouvrage de Legione veterum Romanorum in génère, opusculum, Amsterdam, 1662, in-12. C. M. P.
BUSLETDENou BUSL1DIUS (Jb&ômb), Km
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des plus zélés protecteurs des lettre» dans les Pays- Bas, était fils d'.£gidius, conseiller d'Etat et trésorier des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Il naquit vers 4470, à Bouleide, en allemand Bautchieiden, dans le Luxembourg. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, 11 fut pourvu d'un grand nombre de bénéfices , puisqu'il était en même temps chanoine de Liège, de Cambray, de Malines, de Ste-Gudule de Bruxelles, et prévôt de St-Pierre d'Aire, etc. Nommé par l'empereur Maximilien, en 1303, conseiller-d'Élat et maître des requêtes au conseil souverain de Malines, il fut employé par ce prince dans différentes négociations avec le pape Jules II, Henri VIII et François F'. Il profita de son voyage en Italie pour recueillir des livres et des manuscrits dont il enrichit sa bibliothèque, l'uue des plus précieuses des Pays-Bas a cette époque. Il rechercliait la société des savants, et il vécut familièrement avec Erasme , qui dans plusieurs de ses lettres se loue de ses bons offices. Lorsque le célèbre Th. Morus vint en F tendre par ordre de Henri VIII, pour assister aux conférences de Cambray (voy. More), Busleydcn l'accueillit de la manière la plus (laiteuse pour un pareil hète. 11 mit à sa disposition ses livres et ses antiquités , et lui donna toutes les marques d'une amitié sincère (1 1. Busleyden se rendait en Espagne pour des affaires d'Étal, lorsqu'il fut atteint d'une pleurésie dont il mourut à Bordeaux, le 27 août 1517. Ses restes fuient rapportés à Malines. Érasme, qui se reprochait de ne lui avoir pas fait sa visite au moment de son départ, composa |>oiir son portrait deux inscriptions, l'une grecque et l'autre latine, que l'on trouve dans le recueil du ses lettres, édit. de Leclerc, p. 578. Foppens n'a donné que l'inscription latine ( Bibl. Bel' gica, p. 481). Par sou testament, Busleyden légua des sommes considérables pour établir à Louvain un collège qui prit le nom de son fondateur, mais que l'on connaît aussi sous le nom de Collegium trilingue, parce qu'on y enseignait les trois langues savantes, le latin, le grec et l'hébreu. Qui le croirait? il fallut que le pape Adrien VI intervint pour lever les obstacles que rencontrait l'exécution des dernières volontés de Busleyden. Ce collège ne fut ouvert qu'en 1523. Les premiers professeurs furent Adr. Baerle pour le latin, Hutger Rescius pour le grec, et Math. Adrianus, Espagnol d'origine juive, pour l'hébreu (2). On ne connaît de Busleyden qu'une lettre à Th. Morus, imprimée dans la belle cl rare édition de VUtopia publiée à Bâte par F robe n, 1518, in-4". Cependant il avait composé des pièces en vers, des harangues et des lettres. Olivier de Vrede uyant découvert a Bruges les ouvrages de Busleyden, s'empressa de les adresser à Valére André; mais on ignore ce qu'ils sont devenus. — FVwnfoi* BrjsLBYDEN, frère du précédent, fut archevêque de Besançon et précepteur de Philippe le Beau ,
(I) Utn% rond cmapie de U réception que lui anll hiie BoslejJen. (Uns mte lettre À Emue, daU-r de Londres, IBIS.
(il li>j. l'histoire dfl ce rwllege, jusU-mmî Ijuuiu i ■ j r li" luérite de tti pmfMwiir»,itB nouihie desquels oa coutil* Ju>Je-Li|»e, Henri Dupuy, èmi fcs r«« «téemim ttMtimU», S. 273.
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père de l'empereur Charles-Quint. Il fit son entrée à Besançon le 21 novembre 1499 ; et les mémoires du temps parlent de celte cérémonie comme d'une des plus magnifiques qu'on eut vues jusqu'alors dans le comté de Bourgogne. Ayant accompagné en Espagne son auguste élève qui ne pouvait se |«sscr de ses conseils, il mourut a Tolède, le 23 août 1502. Sur la demande de Maximilien, le pape Alexandre VI avait compris Busleyden parmi les cardinaux qui devaient être préconisés à la première promotion. De là plusieurs historiens lui donnent le titre de cardinal, quoiqu'il ne l'ait jamais eu. W— s.
BUSMANN ( Jean-Ebe riiaru ), théologien luthérien, né A Verden en 1814, étudia les langues orientales à Hambourg, sous Edzard et Gutbir, voyagea en Angleterre, en Hollande et en France, fut nommé professeur de langues orientales à ïlclmstadt, et, en 1678, professeur de théologie. Il y mourut le 18 mai 1692. Les principaux de ses ouvrages sont : 1 0 de Seheol Iiebrarorum ; 2* de Antiquis Ilebrœorum LHleris ab Etdrain Âstyriaca* mulatis. 3° Il a été aussi l'éditeur de l'ouvrage de Balth. Bonifacio, intitulé : Excerpta de hitloriee romanœ Scrip- (oribus. 1 • Bonipacio). C. M. P.
BUSSdEUS ( André ), antiquaire et historien danois, né en 1679, dans la Nonvégc, où son père était bailli, étudia d'abord en théologie a l'université de Copenhague, et s'altacha ensuite plus particulièrement à la philologie, à l'histoire et à la jurisprudence. Nommé bourgmestre à Elscncur, en 1718, il mourut dans cet emploi, le 4 janvier 1755. On lui doit quelques ouvrages de littérature classique de peu d'intérêt; mais il est surtout connu comme éditeur de deux ouvrages importants pour la littérature Scandinave : 1° Amgrimi Jonœ Grocnlandia in linguam danienm trannlata ; 2° Arii Frodœ polyhistorit Schedœ, $ive libellut de Itlandia, hlendinga bnk dietus, nerestariisque indicibus e veterii Itlandica in latinam tinguam translata et notis illuttrata, Copenhague, 1733, in-4«. Il a aussi laissé en manuscrit un mémoire sur le vieux Groenland ; un Journal dt la vie et du règne de Frédéric IV, et plusieurs autres morceaux concernant l'histoire du Danemark ; ces manuscrits sont presque tons passés à la bibliothèque royale de Copenhague. C. M. P.
BUSSATI ou BISSAIT SAMAHKCNDI, poète persan, commença à se rendre célèbre dans le pays de Samarcande, sous le règne du sultan Cbalil Behadur, neveu de Timour, vers l'an 808 de l'hégire, 1405 après J.-C. Bussati fut d'abord tisseur de couvertures, et dut à ce métier le surnom de Hassiri. Lorsque ses talents furent connus, un célèbre poète contemporain, Ismcl Alla el Bochari, loin de témoigner de la jalousie, releva son mérite en ces termes figurés : « Une belle couverture est le tapis des no- « bles; c'est pourquoi il est plus juste que nous le « nommions Bistati, c'est-à-dire faiseur de tapis. » Le surnom en resta à Bussati. 11 avait un rival dans Schetch Kemal Chodschendi, autre poète contemporain, et tous deux se combattaient dans leurs poésies. Bussati a excellé dans le genre érotique. Lo sultan Chalil Behadur, généreux protecteur des let-
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très, Ait tellement charmé d'une strophe de ce poète que ses musiciens venaient de chanter en sa présence, pour la première fois, qu'il lui lit don de I ,000 pièces d'or. On trouve dans YHittoire det belletlettret en Perte, par M. de Haumer (Vienne, 1818), la traduction de quelques vers de Btissali. Z— o.
BDSSERO ( Joseph-Louis ), religieux de l'ordre des carmes déchausses, naquit à Milan, en 1050. On a de lui : I4 Ditcorti taeri, Modéne, 1093, in-V; 2° Leelor Biblieut, lit* Biblim tacra Antilogia ad roneordiam redactas juxla vient em doclorit angeliei, Crémone, 1725, in-fol. Le 1 " volume de cet ouvrage fut imprimé un an après la mort de son auteur, décédé à Crémone, en 172-4. Quant au i' volume, on l'a gardé manuscrit dans la biblioihèque des cannes de cette ville. Z— o.
BUSSET ( Pierrr dk Bourbon, comte dk ). La famille des Bourbon- Busset, qui s'est perpétuée depuis la dernière moitié du 15* siècle jusqu'à nos tours, est une brandie bâtarde de la maison de Bourbon. Elle eut pour auteur Pierre de Bourbon, l'alné des trois (ils que Louis de Bourbon, évéqne de Liège, eut de Catherine d'Egmont, princesse de la maison de Gueldres. Né dans les Pays-lias vers l'an 1465, il mourut en l'année 1529 : il était titulaire de la baronnie de Busset, conseiller et chambellan du roi Louis XII. Malgré ses démarches auprès de la maison de Bourbon pour se faire reconnaître et obtenir sa légitime, il ne reçut qu'un faible apanage et une pension, et sa lignée continua sur le même pied jusqu'en <789. 1.e témoignage des historiens est unanime sur la bâtardise de cette branche; mais comme on n avait pas encore promut ue preuves positives, on s'est prévalu de cette absence de litres pour prétendre que l'évéque de Liège avait été légitimement marié avec la princesse de Gueldres avant qu'il eût été promu aux ordres sacrés ; en effet, nommé évoque de Liège en 1458, à 1 âge de dix-hnit ans, il ne les recul que dix ans plus tard. Si cette prétention était fondée, il en résulterait que Henri IV et sa postérité auraient usurpé le trône de France au préjudice de la brandie de Busset, seule légitime, puisqua l'extinction de la race îles Valois, die était incontestablement la plus ancienne de toutes les branches de la maison de Bourbon; mais les membres de la famille de Busset ne réclamèrent point à l'avènement de Henri IV, et s'empressèrent même de le reconnaître. Cette prétention bizarre d'être autre chose qu'ime branche bâtarde de notre famille royale s'est produite de nos jours dans la nouvelle édition do Y Art de vérifier Ut datet, t. 6, p. 126 ( 1818, in-8») ; elle ne mérite pas une réfutation sérieuse. Un titre authentique cité par M. Laine, dans un article curieux du Dictionnaire de la conversation (t. 8, p. 63), est venu faire justice de ce mensonge. C'est le contrat de mariage de Jean d'Albon, seigneur de St- André, avec Charlotte de la Roche-Tornoelle, lequel existe en original dans les archives du château d'Avaiges près de Tarare, et dont M. Lainé a eu communication en 1835. Bans cet acte passé le 22 janvier 1509, Pierre de Bourbon, IHs de l'évèqoe de Liège, figure comme témoin, el s'y donne lui-même
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les noms et qualités de Pierre, bâtard de Bourbon, seigneur et baron de Busset. Ce seigneur eut un fils et quatre filles ; l'une d'elles, Suranné de Bourbon, fut gouvernante de Henri IV pendant son bas âge, fonction très-honorable sans doute, mais dont une vraie princesse de Bourbon ne se serait pas chargée sans déroger. Pierre de Busset avait obtenu de Louis XII, par lettres patentes du mois de juillet 1501, quatre foires et un marché pour être tenus en sa terre et seigneurie de Busset. — Philippe de Bourbon, chevalier, baron de Busset, (ils du précédent, servit avec distinction les rois François 1" et Henri II contre l'empereur Charles -Quint et Philippe II roi d'Espagne. Il fut tué à la journée de St-Quentin, le 10 aortt 1557. Il était premier échanson de Louise de Savoie, mère de François I". Henri II lui conféra la charge de sénéchal du Bazadois. Il avait épousé Louise Borgia, fille de César Borgia, duc de Vaicntinois, lequel était lils du pape Alexandre VI.
— Claude I" us Bourbon, comte de Basset, lils du précédent, né au château de Busset, le 18 octobre 1531, mort vers 1588, servit avec distinction, comme son père, sous Henri II, et contribua, en 1557, à la défense de la frontière de Picardie. 11 était chevalier de l'ordre du roi et gentilhomme ordinaire de la chambre. Il fut, en 1577, pourvu par le roi Henri III du gouvernement du Limousin. — César de Bourbon, comte de Busset, lils du précédent, succéda à son père aux gouvernements des vicomtes de Cariai et de Murât. Henri IV, par lettres patentes de l'an 1594, confirma les quatre foires et marchés qui avaient été établis dans le bourg de Busset par Louis XII, en faveur de Pierre, bisaïeul de César de Busset. 11 accorda en outre, à ce dernier, trois autres foires |>ourétre tenues tous les ans, l'une au bourg de St-Martin-dn-Puits, les deux autres à Empury, lieux dépendants des domaines de cette famille. Césarde Busset mourut vers 1651. — Claude II de Bocrbon-Busset, son fils atné, qui lui succéda, mourut sans postérité le 13 mare 1641, et eut pour héritier son frère Jean-Louis de Bourbon, comte de Basset, chevalier de l'ordre dn roi, né le 23 juin 1597, mort le 1,r avril 1667. — Louis 1" de Bourbon, comte de Busset, fils de Jean-Louis, né le 18 octobre 1648, fut un militaire distingué. Il était lieutenant généra] de l'artillerie de France, et périt à 29 ans, le 12 novembre 1677, au siège de FribouTg.
— Après Loris H de Bourbon, comte de Busset, son fils, né Ie50septembre t672, décédé le 14 avril 1724, vient François-Lodis-Antoine de Bourbon, comte de Busset, né le 26 août 1722. Il servit à la tête d'uno compagnie du régiment de cavalerie d'Andlaw, au siège de Prague (4741 ), au combat de Sahai, au ravitaillement de Frauenberg, en 1744 à l'armée du Rhm. Chargé cette même année de défendre Wissembourg à la tête de deux compagnies qui composaient toute la garnison de la place, il fit si bonne conte' nance contre l'armée autrichienne, qu'il obtint une capitulation avantageuse. En 1745, H commanda ce même régiment d'Andlaw en qualité de mestre de camp, au siège de Bruxelles, â la bataille de llaucoux eu 174% à celle de LawMd, et au siège de Berg-op-
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Zoom en 1747, au siège de Maèstricht en 1748,
au camp de Sarre-Louis en 1754. 11 se signala à la bataille d'Hastembcck , à la prise de M inden et d'Hanovre, en 1757. Il fut blessé à la journée de Rosbach, 1758, alors qu'il soutenait à l'aile gauche tout l'effort des ennemis, en attendant la réserve commandée par le comte de St-Germain. Au mois de juin de la même année, il montra sa valeur accoutumée à Crcvelt, et eut un cheval tué sous lui à Lutzelberg au mois d'octobre. 11 servit sur les cotes en 1759, fut employé à l'année d'Allemagne le 1er mai 1760, puisse uxuiva aux affaires de Corbach et de Warbourg, et l'année suivante, 16 juillet, au combat de Filnighausen. Le 20 février de cette même année, il fut promu au grade de maréchal de camp, puis fait lieutenant général par brevet du 1" mars 1780. Il était depuis 1775 gentilhomme de la chambre de M. le comte d'Artois (depuis Charles X), et avait obtenu un brevet du 1*r août 1761 , qui rétablissait en sa faveur et en celle de ses descendants le titre de cousin du roi dont avaient joui ses ancêtres. 11 mourut le 16 janvier 1795. 11 avait épousé, le 16 avril 1745, Madeleine-Louiae-Jeanne de Clermont-Tonnerre, fille du duc de Clcrmont-Tonnerre. — Louis-François- Joseph de Bourbon, comte de Bussct et de Chalus, né le 1" juin 1749, fut connu jusqu'à la mort de son père sous le nom de marquis de Bourbon-Busset. Il fut d'abord menin du dauphin (depuis Louis XVI), puis capitaine de cavalerie au régiment d'Artois, ensuite maréchal des camps et armées du roi ; il mourut dans les premières années de ce siècle. — Louis- Antoine-Paul de Bourbon, vicomte de Bussct, frère du précédent, né à Busset, le 19 novembre 1755, sous-lieutenant dans le régiment de colonel général cavalerie, le 50 novembre 1769, capitaine dans le même régiment le 4 mai 1771, aide maréclial des logis par commission du i" juillet 1779, premier gentilhomme de la chambre de M. le comte d'Artois, par brevet du 19 décembre 1779, charge dont il s'était démis en faveur de son père, sous la condition de survivance. 11 fut, au mois de décembre 1788, nommé commandant par intérim de la province de Bourgogne. En 1789 il émigra, servit dans l'armée des princes, rentra en France en 1800, et mourut à Paris, le 9 février 1802. Ce fut du vicomte Paul de Bussct que se prétendit fils naturel l'avocat Bourbon Leblanc, qui a figuré d'une manière assez équivoque dans le procès d'un autre imposteur, Mathurin Bruneau, le prétendu Louis XV 11, dont il s'était fait le compère. Nous avons sous les yeux les jugements de première instance et d'appel, l'un du 8 juin 1805, l'autre du 28 mars 1804, qui interdit au sieur Leblanc de se qualifier Bourbon-Busset. — Le iils de Louis- Antoine Bourbon-Busset, M. Fban-
ÇOIS-LOUIS-JOSBPH DE BOURBON, COUltC DE BUSSET,
né le 4 février 1782, oflicier général, cordon rouge, nommé pair «le France le 25 décembre 1825, a cessé de siéger dans la chambre haute par refus de serment, depuis 1850. — Son frère, A > toi m: -Louis- Jules de BourbovBi'sset, et leur cousin, Eugène vicomte de Bourbon-Busset, étaient, en 1830, les rcuresentanLs de cette famille Z— O.
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BUSSET ( Adam ), né à Langres, à la fin du 16* siècle, fut un mathématicien distingué et devint le premier ingénieur militaire de France, sous Louis Mil, qui le chargea de fortifier Arras, Pignerol, Perpignan, Mézières et plusieurs autres places importantes. Le grand maître de Malte rappela pour diriger les fortifications de Malle, et lui accorda pour récompense le titre de chevalier. Bussey a laissé des mémoires manuscrits sur l'art militaire et de nombreux plans de fortifications de villes. 11 présenta à Charles 111, duc de Lorraine, le projet d'un canal de jonction de la Seine à la Moselle. Cet ingénieur vivait encore en 1651 . On ignore l'époque de sa mort. T. P. F.
BCSSI. Voyez Bussv
BUSSI (Feliziano), né à Rome ou aux environs, vers 1679, fut quelque temps jésuite, et entra dans la congrégation des infirmiers, ou des clercs réguliers qui se dévouent au soin des malades. Il passa une grande partie de sa vie à Viterbe, et mourut à Rome, le 24 avril 1741. On a de lui : /*toria délia eilta di Viterbo, Rome, 1742, in-fol. Ce volume, publié après la mort de l'auteur, ne contient que la moitié de l'ouvrage ; le reste se conserve en manuscrit & Viterbe, de même que l'ouvrage suivant : Yelerum Etruscorum Monumenta in Viterbienti terriiorio reperla, ameis tabulis édita, brevibusqut nolis explicala. — (Le comte Jules de Blssi), poète italien, était chambellan du pape Clément XI, et mourut à Viterbe, le 14 avril 1714. Outre plusieurs drames en musique, comédies et poésies diverses, il a publié une traduction en vers des héroïdes d'Ovide : Epistole croient d'Ovidio translate in teria rima, Viterbe, 1705-1711, 2 parties in-12. On l'a inséré, en partie, dans le t. 24 de la grande collection des traductions des poètes classiques, imprimée à Milan, 1745, in-4°. C. M. P.
BUSSIÈRES (Jean de), né en 1607, a Villefranebe, près de Lyon, comme il le dit lui-même, et non pas à Lyon, comme l'a dit Chorier, et, d'après lui, le P. de Colonia, fit ses études chez les jésuites, et entra dans cet ordre immédiatement après les avoir terminées. Doué d'heureuses dispositions pour la poésie, il s'y livra avec ardeur; mais il n'avait pas le talent nécessaire pour réussir dans la poésie française, à une époque où la langue ne lui offrait presque aucun modèle. Il eut plus de succès dans la poésie latine. Son poème de Yltle de Ri délivrée des Anglais, applaudi dès qu'il parut, est encore estimé. Le P. de Bussières ne manquait ni d'imagination ni d'enthousiasme; et l'on rencontre dans ses ouvrages des traits d'un ordre supérieur ; mais il ne savait point attendre l'inspiration, et son style est incorrect et inégal. 11 souinuson poeme ae scanderberg, son premier titre littéraire, au jugement de Chapelain, alors l'oracle du goût, et qui lui conseilla de le rendre plus régulier. Il lui aurait été plus facile de suivre ce conseil que de corriger les défauts de son style. Cet ouvrage, malgré toutes ses imperfections, lui a mérité une place sur le Parnasse de Tilon du TiUet, honneur dont il n'était pas tout à
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bre 1678, âgé de Tl ans. Voici la liste de ses principaux ouvrages : 1» Description poétiques en vers françois, Lyon, 1648, in-4°. 2° De Rhea liberata poemalion m 1res Ubros disiribulttm, Lyon, 1633, in-12. 3° Basilica Lugdunensis, site Domus consultais, 1661, in-fol. : c'est une description en vers et en prose de l'hôtel de ville de Lyon. 4" Fiosculi hisloriarum, Lyon, 1662, in-12; traduit en français, et souvent réimprimé sous le titre de Parterre historique. 5° Scanderbergus, poema in 8 libr. , Lyon, 1662, in-8°, réimprimé plusieurs fois. Cette édition, Tune des meilleures, renferme les poésies diverses de l'auteur. 6° Historia franeica ab initio monarchies ad annum 1670; Lyon, 1671, 2 vol. in-4°. C'est l'édition la plus complète; celle de Lyon, 1661 , 4 vol. in-12, ne va que jusqu'en 1660. Cet ouvrage est plus estimé des étrangers que des Français. 7° Mémoires de ce qu'il y a de plus remarquable dans Ville franche en Beaujolais, Villefrancbe, 1671, in-4*, fig. On conserve à la bibliothèque de Lyon plusieurs ouvrages du P. Bussiéres, demeurés manuscrite ; les plus importants sont une Histoire du Japon et une Histoire d'Espagne; celle-ci se termine avec le 12* siècle. ( Voy. Ste-Marthe, Gallia Christiana ; Baillet, Jugement des savants, etc. ) W — s.
BCSSIGNAC (Pierre de), clerc et gentilhomme d'Âulefort, vécut dans le château de Bertrand de Born, et se distingua comme troubadour par ses sirventes : M Raynouard en a publié deux. Dans l'un il y a une allusion aux aventures de Renard et (Tlsengrin, comme il y en a aussi dans les ver» de Richard de Tarascon, de Gui de Cavaillon, de Folquel de Romans, d'Arnaud d'Entrevaux et de Ricliard Cœur-de-Lion ; ce qui semblerait prouver l'existence d'un roman provençal du Renard, antérieur à celui de Perrot de St-Cloud, publié par Méon, et dont Le grand d'Aussy avait déjà donné un extrait ; à moins que l'on ne soutienne que ces allusions se rapportaient, chose peu vraisemblable', à des récits, ou traditions populaires, qui n'étaient pas encore fixés dans une forme poétique complète et arrêtée ; ou qu'elles avaient trait à de plus anciennes compositions des trouvères ; ou enfin, ce qui est moins probable, à des textes en langue latine ou étrangère. Pierre de Bussignac avait cessé d'exister avant le 15* siècle, par conséquent avant l'époque où Perrot de St-Cloud écrivit. Le bel ouvrage de M. Raynouard, consacré à la poésie et à la grammaire occitaniennes, fournit des remarques analogues sur différentes épopées , telles que celles à' Alexandre, d'Artus, de Floris et Blanche fleur (voy. Assenede), de Partenoptx de Blois, de Raoul de Cambray, de Tristan et Y seul t, etc. Mais ne perdons pas de vue non plus une remarque importante faite par M. P. Paris, c'est que des chansonniers français, jusqu'à présent trop oubliés, parce que les trouvères n'ont pas encore eu leur Raynouard, citent à satiété, dès le 15» siècle, les héros de nos Chansons de geste. R — o.
BOSSING (Gaspàro), né en 1658, à Neu-Kloster, dans le Mecklembourg, fut nommé en 1691 professeur de mathématiques au gymnase de Ham-
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bourg, et prit pour sujet de son discours de réception, l'art de voler (deartificio volandi alisque artium). Une fois par semaine, il donnait chez lui des leçons de physique et de mathématiques, et y faisait des expériences publiques qui attiraient un grand concours. Bûssing occupa plusieurs emplois ecclésiastiques dans la même ville, eut de vifs débals avec le pasteur Mayer, qui le taxait de socinianisme, fut ensuite, en 1708, pasteur à Oldembourg, et en 1711 , surintendant du consistoire du duché de Brème. Il perdit la vue en 1715; mais, cinq ans après, un habile oculiste de Hambourg lui abattit la cataracte, et il reprit ses fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 19 octobre 1752. 11 a publié un grand nombre d'ouvrages de mathématiques, d'histoire, de blason, sans parler de beaucoup de discours académiques; nous citerons seulement : 1° Mathemata pura in tabulas redacta ; 2* de Situ lelluris paradisiacœ et chiliastica adeclipticam-recto; 5* Lettre sur la couronne de Radegast, faux dieu des Slaves, et sur le tombeau du roi de Suide Albert, à Gadebusch (en allem.) ; 4« Oralio de Ulustribus Carolorum in Hamburg., a CaroloM. us que ad Carolum XII, meritis, non imprimé. Il a donné aussi une nouvelle édition de la Topographia sacra Hamburgensis, et du Comput chronologique de Cluvier. CH. P.
BUSSOLARI (Frère Jacques des), citoyen de Pavie, avait abandonné le monde dès sa jeunesse, pour vivre en ermite selon la règle de St-Augnslin. Cependant, comme ses talents égalaient sa piété, et que l'activité de son âme avait besoin d'une carrière plus animée, il se voua, au bout de quelque temps, à la prédication, et il brilla bientôt dans la chaire par une éloquence irrésistible. Les supérieurs de son ordre l'envoyèrent à Pavie, en 1556, pour prêcher pendant le carême ; la ville accourut à ses sermons, et déjà sa piété, sa ferveur, son éloquence opéraient une réforme visible dans les mœurs d'une cité corrompue par sa richesse et sa longue paix, mais plus encore par la tyrannie à laquelle elle était soumise. Les jeunes gens de la maison Beccaria (voy. Beccaria) donnaient le scandaleux exemple du vice et de la corruption, et l'on ne pouvait espérer de réforme durable chez le peuple , qu'en en opérant une chez les princes; d'ailleurs ceux-ci étaient élevés par le parti gibelin, et Bussolari, républicain et guelfe de sentiments, avait un double motif de les détester. Pavie, attaquée à celte époque par les Visconli de Milan, avait besoin, pour se défendre, de recouvrer ses antiques vertus. Bussolari prêcha contre la lâcheté des citoyens, leur égoîsme, leur résignation dans l'esclavage, contre la corruption des tyrans et leur cruauté. Il réveilla par ses discours l'amour de la patrie dans des cœurs où cet amour paraissait éteint depuis longtemps, et il dirigea son premier essor contre les souverains de Milan, qui cherchaient alors à ravir aux Pavesans leur indépendance. II excita le peuple à reprendre, pour sa défense, des armes que depuis longtemps il abandonnait à des soldats mercenaires ; et, le 27 mai 1556, il sortit à la tête du troupeau qu'il avait rassemblé dans l'église, et dont il avait fait une année,
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et attaqua successivement toutes les redoutes des
Milanais, les emporta toutes à la pointe de l'épée, et fit lever le siège de sa patrie. Cependant les Beccaria, après avoir obtenu cette victoire signalée par les prédications du moine, commencèrent à prendre de l'inquiétude de la hardiesse de ses discours, el à s'irriter de ses exhortations continuelles à la réforme. Ils furent plus alarmés encore lorsqu'ils virent un esprit nouveau de liberté se manifester parmi leurs sujets, el ils résolurent enfin de faire assassiner Bussolari ; mais toutes leurs embûches furent découvertes et déjouées ; les citoyens, effrayés pour la vie de leur apotre, formèrent une garde volontaire qui l'accompagnait en tous lieux. Bussolari attaqua ses ennemis d'une manière plus directe encore ; de la chaire . il leur reprocha leurs précédents homicides ; il exhorta les Pavesans à ne pas souffrir plus longtemps un joug honteux, et il appela par leurs noms les citoyens les plus distingués de Pavie, les invitant à prendre le commandement des milices et la direction de l'État. Les Beccaria effrayés recoururent aux Visconti, ennemis de leur patrie, et, après quelques tentatives pour leur soumettre Pavie, ils furent obligés de s'enfuir. Mais Bussolari, assiégé dans Pavie par toutes les forces des seigneurs de Milan, et par tous les gibelins de Lombardie, après la plus brillante défense qu'il continua pendant trots ans, fut enfin réduit à capituler. Il avait rejeté les sollicitations de Pétrarque avec qui il était lié ; il n'avait point déféré aux ordres des supérieurs de son couvent et de sa religion ; mais lorsque la famine ôta aux Pavesans les moyens de se défendre, il traita lui-même avec les Visconti, au mois d'octobre 1559. Il obtint la garantie de tous les droits municipaux de Pavie, la sûreté des personnes el celle des propriétés; mais il ne daigna pas même demander pour lui une sauvegarde; et, lorsque Pavie eut été occupée par les troupes de Galcaz Viaconli , Bussolari fut conduit dans la prison d'un couvent à Yerceil. Il y fui enfermé dans un cacliot obscur, dont l'air était corrompu, et c'est la qu'il finit misérablement ses jours. S — S— i.
BLSSON (Jour*), Dé i Dinan, en Bretagne, en 1717, d'une famille de négociants, fit ses études à Paris, et fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, dont il se dégoûta bientôt. Il se livra alors avec ardeur à la médecine, et, en 1742, il fut reçu docteur de La faculté de Paris. La duchesse du Maine le fit son lecteur et son médecin ordinaire ; mais la fatigue que lui occasionnèrent ses emplois et ses travaux habituels détruisit sa santé : il vint respirer l'air natal j>our la rétablir, el se fixa ensuite à Rennes. Nommé successivement , par les états de Bretagne, médecin de la mineduPont-Péan, inspecteur des hôpitaux, secrétaire de la société d'agriculture, il dui int aussi médecin du duc d'Aiguillon, commandant tic la province. Busson quitta Rennes pendnui Ut troubles parlementaires de 17*9, et revint a l'aris. Il fut nommé médecin de la comtesse d'Artois. Il avait une mémoire prodigieuse, une élocution facile, et celle aisance que donne la bonne compa-
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gnie. Il avait épousé une demoiselle d'honneur de la duchesse du Maine, qui lui donna une famille nombreuse. Attaqué d'un polype au nex, qui résista à tous les crforlsde l'arl, il mourut le 7 janvier 1781, à l'âge de 64 ans. Busson a revu el corrigé le Dictionnaire universel de médecine, traduit de l'anglais de James, par Diderot, Eidous et Toussaint, 6 vol. in-fol., 1746. Il a en outre publié plusieurs opuscules relatifs à son état, dans lesquels il fait preuve d'un grand talent d'observation (I).
BU8S0N-DESCARS (Pierre), ingénieur des ponts et chaussées , né, le 34 octobre 1764, à Baugé dans l'Anjou , fil ses études classiques au collège de la Flèche. Il esl auteur d'un essai sur le nivellement, qui fut publié A Paris en 1805, 1 vol. in-8*. Le besoin d'un pareil ouvrage se faisait sentir depuis longtemps. Busson , avant de le publier, fit courir le bruit à Paris, où il était alors, qu'un ex-bénédictin s'occupait d'un traité sur ce sujet ; de sorte que quand son ouvrage parut on l'attribua à l'exbénédiclin imaginaire; el l'auteur eut l'avantage d'entendre dire franchement à lui-même ce qu'on pensait de son livre. Ce ne fut que lorsqu'il vit cet essai favorablement accueilli du public qu'il le reconnut comme sien. Ce Irait étail parfaitement dairt son caractère, que nous avons été longtemps à même de connaître. Avec le goût des petits mystères, il avait une malheureuse disposition à concevoir les soupçons les plus injurieux ; et son amitié n'était pas facile à conserver. Busson-Dcscars lit imprimer depuis un petit traité qui contient la théorie et la pratique du nivellement, réduites à leur plus simple expression, et la description d'un niveau d'eau, de son invention, plus commode et plus exact que celui quia été en usage jusqu'à présent. Cet ouvrage in—l", sur papier vélin, sorti «les presses de Bodoni en 1813, quelque temps avant la mort de ce célèbre imprimeur, est un de ses derniers chefs-d'œuvre. Bnsson-Descars plaisait dans la société par un esprit original, par des mots piquants, et par une heureuse manière de narrer qu'il ne conservait pas lorsqu'il tenait fa plume. Nous avons eu dans les mains un reeneil de ces anecdotes qu'il savait si bien faire valoir ; mais si on l'Imprimait, on ne pourrait se dispenser d'en retoucher la rédaction. Ce manuscrit, épais volume in-4», contient des faits curieux, ignorés ou très-peu connus, sur des savants et des gens du monde avec lesquels l'auteur avait eu des relations. Cet ingénieur, qui fut employé dans les dernières années de sa vie à Tulle (Corrèzc), est mort vers la fin de 1825 (2). L.
BUSSONE (François). Voyez Carmagnole.
BL'SSY D'AM BOISE (Lotis de Ci.ermo.nt de), né vers le milieu du <6* siècle, signala sa fureur dans le massacre de la St-Barthéleniy. Comme il plaidait pour le marquisat de Renel avec Antoine
(I) On !m" jitrilme Ifs ob«rra lions qni rompaient le «fond \olime de Yttutoirt*Em* (4e l'Aine) «rribnée i Thurd. (T. ce nom.) (S) On i fofor* de lai on Ettct i*r Im cvfcstere det l errant*,
arec ion application à U ttnttvt ifl frtndtt retdrt, Psm, IMS, I »ot. ln-84 a»w pl. D — R— ».
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de Clermont, son parent, il profila du tumulte de
cette journée pour l'assassiner, sans avoir, dit l'historien de TImhj, d'autre raison de le haïr que celle de son procès. Quelque temps après la Sl-Bartliélemy, le parlement jugea le procès en faveur de Bussy,qui ne profita pas longtemps de sa victoire ; car, en vertu de l'édit accordé aux protestants, l'arrêt qu'il avait obtenu fut cassé. Bussy, s'étant attaché au duc d'Anjou, obtint le commandement du château d'Angers, et se rendit odieux par son caractère fier et turbulent. 11 avait entrepris de séduire la femme de Charles de Chambea, comte de Montsoreau. Des lettres dans lesquelles il parlait de cette intrigue au duc d'Anjou ayant été communiquées à Charles IX par le duc lui-même, le roi les montra au comte de Montsorcau. et lui lit entendre qu'il était de son honneur de tirer vengeance de cet outrage. Le comte, entlammé de colère, retourna chez lui, et força sa femme à écrire à Bussy, pour lui donner un rendez-vous au château deCoustancières. Bussy ne manqua pas de s'y rendre, accompagné de son seul conlident ; mais au lieu de trouver la femme de Montsoreau, il trouva Monlsoreau lui-même avec plusieurs hommes armés. Ceux-ci se jetèrent sur Bussy, qui se défendit d'abord avec courage, mais qui succomba cnh'n sous le nombre. Toute la pro- « vince, dit l'historien de Tltou, fut charmée de la « mon de Bussy, et le duc d'Anjou lui-même ne fut « pas trop fâché de s'en être défait. » On trouve son éloge dans Brantôme. M— ».
BUSSY-LECLERC (Jean), un des chefs de la faction des seize pendant la ligue. Il avait d'abord été maître en fait d'armes, et, dans la suite, il était devenu procureur au parlement. Le dnc de Guise lui donna le commandement de la Bastille. En 1589 la grand'chambre du parlement étant assemblée, Bussy s'y présenta, suivi de cinquante de ses satellites, et somma celte compagnie de se réunir aux chefs du parti opposé a la maison royale. L'auteur de la Hcnriade met à cette occasion dans la bouche de Lcclcrc un discours qui peut donner une juste idée de l'esprit de la ligue et de ses principaux chefs :
Mercenaires appuis d'un dédale de lois,
Plébéiens, qui pensez cire tuteurs des rois,
Lâches qui, dans les troubles et parmi Us cabales,
Mettez l'honneur honteux de vos j?randeurs vénales,
Timides dans la guerre, et tyrans dans la paix,
Obéissez au peuple, écoutez ses décrets :
Il fut des citoyens avant qu'il lût des maîtres;
Nous rentrons dans les droits qu'ont perdus nos ancêtres.
Ce peuple fut longtemps par vous-même abusé ;
II s'est lassé du sceptre, et le sceptre est brisé.
Effacez ces grands noms qui vous gênaient sans doute,
Césmols de plein pouvoir, qu'on hait et qu'on rcdoule;
Jugez au nom du peuple, et tenez au sénat,
Non la place du roi, maiscelle de l'État. (Cb. 5.)
Comme le parlement refusa de se rendre à la sommation de Bussy, ce chef de la faction des seize tira son épée, et conduisit lui-même à la Bastille ceux dans lesquels il avait remarqué le plus d'opposition Il les fit nourrir au pain et à l'eau, ce qui le fit sur*
nommer le grand pénitencier du parlement. Bussy, comme la plupart des factieux, s'était d'abord acquis une grande popularité en exagérant les opinions de son parti. La peur le rendit ensuite fidèle à cette exagération, et le porta aux plus cruelles violences. « Je n'ai qu'un enfant, disail-il au président « Brisson qu'il soupçonnait d'abandonner la ligue, « et je le mangerais plutôt à belles dents que de me a rendre jamais. J'ai une épée tranchante, ajouta-t-il, « avec laquelle je met ta i en quartier le premier que < je saurai qui parlera de paix. » La paix était pour les factieux le terme de l'impunité, aussi firent-ils tous leurs efforts pour maintenir et augmenter le désordre. Comme ils avaient juré la mort de tous ceux qui espéraient le retour de l'ordre, Bussy désigna à leur fureur plusieurs membres du parlement de Paris. Le 8 novembre 1591, il força quelques ligueurs assemblés chez l'un d'eux ( la Bruyère ) de signer un papier blanc, en leur faisant croire qu'il ne s'agissait que de renouveler le serment de l'union. Le lendemain, les seize, armés de cette signature, dressèrent des tables de proscription, et firent périr Brisson, Larcher, Tardif, Duru, qu'ils soupçonnaient être leurs ennemis secrets. De jiareilles violences révoltèrent jusqu'au parti même des ligueurs. La même année 1591, le duc de Mayenne délivra Paris de la faction des seize. Plusieurs d'entre eux furent pendus. Bussy rendit la Bastille, à condition qu'on lui conserverait la vie. 11 fut obligé de sortir de la capitale, et se retira à Bruxelles, oit il reprit son premier métier de maître en fait d'armes. El vécut encore plus de quarante ans, et mourut dans une profonde misère. iri — u.
BUSSY-RABUTIN (Roger de Rabctik, comte de Bussv, connu sous le nom de), naquit le 5 ou le 13 avril 1618, à Epiry en Nivernais» dans une terre qui cessa bientôt d'appartenir à sa famille. Cette famille était sans contredit une des plus anciennes, et alliée aux plus illustres de la province de Bourgogne. Elle se divisait alors en deux branches principales qui se rejoignaient, chacune par trois générations, à un ancêtre commun, Christophe, baron de Sully et de Bourbilly, gouverneur, en son temps, de Semur. Roger, dont nous parlons, descendait de la cadette. Au même rang dans l alnéc figurait Celse Bénigne, baron de Chantai, lequel mourut en 16*27, et fut père de Marie, depuis marquise de Sévigné; celte dame était donc sa parente au septième degré. Le père de notre Roger s'appelait Léonor , baron de Bussy , Épiry et autres lieux; il servait le roi Louis XIII dans ses armées et devint (1627) mestre de camp d'un régiment d'infanterie. Il avait déjà, il lui vint encore d'autres enfants ; mais Roger finit par rester son seul fils. Elevé d'abord par les jésuites d'Autun, puis à Paris au collège de Clermont, il poussa ses études jusqu'à la logique Inclusivement, et les Interrompit, âgé de seize ans, pour aller commander (1654) une compagnie dans le régiment de son père. Emancipé par une première campagne, le jeune capitaine continua de servir en Lorraine, en Franche- Comté, en Picardie, en Flandre, et, au bout de qua-
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tre ans, ce (fui lui en donnait vingt, son père obtint la permission de lui céder son régiment. Il fit donc, comme mes tre de camp, les campagnes de 1638, 1639, 1640 ; il était à la déroute de Thionville et à la prise d'Arras, où il semble qu'il se comporta en bon officier, mêlant d'ailleurs aux devoirs de guerre la distraction des aventures galantes. Cependant il lui arriva dès lors une première atteinte du malheur. Sous prétexte que ses soldats, dans leur garnison de Moulins, faisaient du désordre, non pas aux dépens du bourgeois et du paysan, niais au préjudice de la gabelle, on le retint cinq mois à la Bastille (1641), ce qui l'empêcha du moins d'être défait avec son régiment au combat de la Marfée. Cette petite contrariété le fit songer au mariage, comme à un moyen « de subsistance » en cas de pire événement. Il avait bien quelque engagement de cirur avec une de ses cousines : mais, comme il avait profité de ses classes, il lut le traité d'Ovide du Remède d'amour, et se guérit assez vite de sa passion pour épouser, le 28 avril 1643, Gabriel le de Toulongeon, sa parente au même degré que l'était Marie de Rabutin. Roger avait donc une femme et n'avait plus de régiment ; car, depuis la défaite de la Marfée, qui conta la vie au comte de Soissons vainqueur, on avait réformé celui qu'il commandait. Pendant qu'il s'essayait à la vie de ménage, de grands cliangements s'étaient opérés dans le royaume, et il n'avait vu que de loin le cardinal de Richelieu mourir, Louis XIII suivre bien vile au tombeau le ministre sans lequel il ne pouvait régner, Anne d'Autriche s'emparer de la régence et donner le gouvernement au cardinal Mazarin, enfin le nouveau régne s'ouvrir par les victoires de Rocroy, de Thionville et de Fribourg. Pour qui savait tenir une épée et dormir sous la tente, ce n'était pas là un temps à faire ses récoltes et à élever des enfants dans un château. La lieutenance de la compagnie deschevaulégers du prince de Condé étant venue à vaquer, il l'acheta 12,000 écus, et bientôt la mort de son père (1645J le fit hériter de sa charge de lieutenant du roi en Nivernais. Rendu au service avec ce double emploi, mais seulement après la bataille de Nordlingen, il acheva la campagne d'Allemagne, suivit, l'année d'après (1646), le duc d'Enghien en Flandre, où il fit preuve d'une brillante valeur, et au retour il perdit sa femme, qui lui laissait trois filles. Dans le même temps, le prince Henri de Condé mourut, et, sa compagnie de chevau-légers passant à son fils, le comte de Bussy se trouva directement serviteur du jeune héros. Il l'accompagna en celte qualité dans sa malheureuse expédition en Catalogne (1647), où le prince ne prit pas Lérida et où le comte prit la lièvre. La campagne suivante (1648) réussit mieux, et ce fut lui qui apporta au roi la nouvelle que la ville d'Ypres avait capitulé. C'était avoir déjà imssablement servi sans qu'il eût encore été question de récompense. Le prince de Condé demandait pour son courrier un brevet de maréchal de camp ; le cardinal Mazarin se contenta de le complimenter. Mais le comte avait alors en tète un projet bien au-
Veuf depuis
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dix-huit mois, bien fait, galant, spirituel, éprouvé à la guerre, estimé du jeune prince qui semblait devoir être bientôt l'arbitre de toutes choses, il lui avait paru fort singulier qu'un tel parti n'eût pas tenté déjà quelques-unes de ces riche» héritières qui sont le rêve éternel des hommes de mérite. Un exemple récent de pareille chance encourageait d'ailleurs cette ambition : « c'était celui de Chabot qui, « par sa bonne mine et sa belle danse, avait épousé « la fille du duc de Rohan. » Voyant qu'on ne venait pas à lui, il s'était mis en quête et il avait fini par découvrir une jeune dame, fille d'un partisan, veuve, après un an de mariage, d'un conseiller au parlement qui lui avait encore laissé de grands biens. Quand il se fut assuré de l'exactitude des renseignements qui lui avaient été fournis, lorsqu'il eut la certitude qu'il n'y avait rien à rabattre sur la somme des revenus, la personne d'ailleurs lui agréant, il se montra en posture d'homme qui veut plaire, et ne fut pas remarqué. Alors il résolut d'appliquer à cette poursuite les leçons de guerre qu'il avait reçues à l'école du prince de Condé, et de se marier en quelque sorte par escalade. Le prince, qui, malgré ses victoires, n'avait tout au plus que la dose de raison afférente à son âge, approuva ce beau dessein, et ce fut uniquement pour en faciliter l'exécution qu'il envoya le comte à Paris. Celui-ci ne perdit pas de temps, s'embusqua, en compagnie de quelques amis, sur le chemin du mont Valérien, où la dame allait faire ses dévotions, arrêta son carrosse, le contraignit à changer de route, en fit descendre la belle-mére de la veuve, et emmena ainsi sa proie, où, comme il dit, « son Hélène, » à vingt lieues de là, dans une maison dont il disposait. Le ravisseur crut avoir alors ville gagnée ; mais il apprit bientôt qu'il y avait quelque chose de plus puissant que toute la force d'un liomme, c'était le refus d'une femme. « Celle-ci, dit Bussy, avait crié tout le long « de ce voyage, » fait en pleine campagne et avec quatre relais de six chevaux. Arrivée au lieu où elle était sans espoir de secours, elle ne cria plus ; mais, s'agenouillant, élevant ses mains vers le ciel et prenant à témoin tous les assistants, serviteurs amis et mercenaires de celui qui la tenait en son pouvoir, elle déclara solennellement faire vœu de chasteté perpétuelle. Cette résolution, nettement exprimée et fort bien comprise de chacun, ne la mettait pas à l'abri d'une violence brutale, mais engageait sa volonté à ne jamais consentir mariage. Or, c'était le contrat, et non la possession que désirait le comte. Il relâcha donc assez piteusement sa prisonnière, et alla raconter au prince de Condé le triste dénoûment de son entreprise, son Lérida, pouvait-il dire. Le prince venait, en ce moment, de gagner la bataille de Lens, et se trouvait en merveilleuse humeur de folie. Il prit le coupable sous sa protection, se moqua de lui, ce qui était juste, et obligea le fils du premier président Molé à négocier un accommodement avec la famille offensée. Quant à la dame, elle maintint son v<ru, dont les plus rigoureux casuistes l'auraient certainement relevée. Elle ne fut ni la comtesse de Bussy, ni la I
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Elle resta, pour l'édification de son siècle et de la postérité, madame de Miramion. Et quand, après quarante-huit ans de bonnes enivres, elle quitta celte terre où déjà Bussy n'était plus, une autre personne du nom de Rabutin, la petite-fille de madame de Chantai, qui allait mourir aussi et qui avait encore une lettre à écrire, répara le tort infâme de son cousin en consignant ces simples mots dans la dernière feuille de son immortelle correspondance : « Pour • madame de Miramion, cette mère de l'Eglise, ce « sera une perte publique. » Cependant on était arrivé (1640) à l'époque des troubles qui s'appellent de la Fronde, et c'était là un bon temps pour faire son chemin. Il ne s'agissait que d'adopter un parti, de le quitter, d'y revenir, d'en sortir encore, et de se foire payer à chaque fois, non pas ce qu'on valait, mais ce qu'on s'estimait valoir. 11 y eut alors de prodigieuses fortunes faites à ces marchés. Le comte de Bussy n'y avança pas la sienne, car il se comporta en cette occasion comme le plus simple des hommes. Il demeura fidèle au roi, au gouvernement établi par la régente, au ministre qu'elle affectionnait. 11 fit la guerre de Paris dans l'armée royale, contre ses meilleurs amis qui tenaient pour la ville, et il n'en rapporta qu'un grand coup de bâton sur la tète, tons les profits étant pour ceux avec lesquels on avait traité. Cela, sans doute, le fit réfléchir, et quand, moins d'un an après (1650), le cardinal Hazarin fit conduire à Yincennes le prince de Coudé, le comte se piqua d'un dévouement généreux pour le prisonnier, avec lequel il était fort mal et dont il se préparait à quitter le service. Il résolut donc (l'éprouver à son tour, sous ce prétexte, ce que pourrait lui procurer le rôle de mécontent. En attendant le moment d'agir, il employa son loisir à contracter un second mariage (mai 1650) avec la fille de Jacques de Rouville, comte de Clinchamp ; puis, à peine j marié, il alla s'enfermer dans le château de Montnml, appartenant an prince, et ce fut là qu'il devint maréchal de camp, de la façon de Claire-Clémence de Maillé-Brézé, princesse de Condé, l'héroïne de la seconde guerre civile. Au début de cette guerre, il avait fort bien expliqué les dispositions qu'il y portait : « Je vais, écrivait-il à sa cousine de « Sévigné, servir contre mon roi un prince qui ne « m'aime pas. Je le servirai, pendant sa prison, a comme s'il m'aimait, et, s'il en sort jamais, je le a quitterai pour rentrer dans mon devoir. » Le cas prévu arriva ; le prince de Condé sortit de prison, et le cardinal Mazarin du royaume. Le prince, qui ne demandait qu'à s'exempter de la reconnaissance, fit beau jeu au serviteur qui voulait se dégager. Aussi, lorsque le premier convia ses amis à reprendre les armes sous son .enseigne, l'autre s'offrit au roi, qui le fit de nouveau et tout à fait maréchal de camp. 11 fut en effet des premiers à se trouver sur le passage du cardinal Mazarin revenant en France avec une armée (1652), et rendit bon office, dans son gouvernement de Nivernais, à cette cour campée que le prince de Condé pourchassait sur le bord de la Loire, pendant que mademoiselle de Montpensier lui fermait Orléans. Lorsque la guerre se porta vers
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Paris, il ne contribua pas peu à 1a prise de Montrond, après laquelle il ne restait plus au prince de Condé que son épée, qu'il porta chez l'Espagnol. Le cardinal Mazarin aussi avait quitté une seconde fois le royaume pour contenter les Parisiens, et avec bonne intention de revenir bientôt les voir. Le comte de Bussy alla le trouver à Bouillon, « dans ce petit « château au milieu des Ardennes où il gouvernait « l'État comme s'il eût été à la cour, » et il en rapporta les assurances les plus chaudes d'une utile amitié. 11 courut encore à sa rencontre (1655) lorsqu'il lui plut de rentrer dans le royaume parfaitement soumis, et il obtint enfin quelque récompense de ce zélé si empressé. On lui permit d'acheter, pour 270,000 livres, la charge de mestre de camp général de la cavalerie légère, et il alla servir en Champagne sous le maréchal de Turenne. Dès l'abord, une violente antipathie parut s'établir entre le chef d'armée, qui ne riait guère qu'à ses moments perdus, et le pétulant officier dont on lui avait raconté les railleuses boutades; mais ils se séparèrent bientôt, et, l'année suivante, le comte alla exercer sa charge en Catalogne, sous le jeune prince de Conli, marié à une nièce du cardinal. C'était là un général qui convenait parfaitement au comte; il avait de l'esprit, de l'instruction, avec grande envie de se battre et de s'amuser ; de plus, il menait à sa suite le poète Sarrasin, intendant de sa maison, qui ne gâtait certainement pas la partie. Ce fut donc la plus agréable campagne qui se pût faire, où l'on obtint quelques succès et où l'on échangea beaucoup de bons mots; le comte y eut encore le bonheur d'être nommé lieutenant général et de gagner 10,000 écus au jeu. L'année d'après
(1655) , il fallut retourner dans l'armée du sévère maréchal, qui ne parut pas d'humeur plus trailable. La mésintelligence augmenta par des injustices que le comte prétendait lui être faites dans la distribution des entreprises, et « comme il se sentait, dit-il, « du talent pour les plaisanteries, » il ne se fit pas faute de l'employer à sa vengeance. Le maréchal, avec un courage à l'épreuve de tous les périls, avait peur de l'épigramme, et se trouvait moins à l'aise sous le regard malin de son lieutenant que devant les batteries espagnoles. Il l'avoua lui-même au comte dans une explication qu'ils eurent ensemble
(1656) . Il lui dit qu'il ne le jugeait pas de ses amis, et qu'en eut-il sa promesse, il ne se croirait pas à l'abri de son sarcasme, s'il lui arrivait quelque malheur de guerre. Les paroles les plus formelles ne purent, en effet, guérir le grand capitaine île cette appréhension, et le comte demeura, par le seul fait d'un esprit enclin à la moquerie, continuellement suspect de mauvais cceur et de caractère dangereux. 11 ne semble pas pourtant qu'il se soit égayé sur la levée du siège de Valencienncs (IftW), ni sur l'entreprise manquée contre Cambray (1657), et il loua autant que personne les ressources admirables par lesquelles le maréchal regagna deux fois l'avantage perdu. On raconte seulement que Bussy fit un couplet sur les amours de son général, et que celui-ci, dans une de ses relations au roi, signala le comte
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« comme !o meilleur officier de son armée pour les
« chansons. » Ainsi celui des deux qui redoutait la raillerie s'y serait montré sans coutredit le plus liabile. Dans le même temps, il lui arriva une rencontre bien plus fâcheuse. Apres avoir encouru l'inimitié d'un grand homme, il se brouilla encore avec une amie que lous les grands hommes lui auraient enviée, et qui lui appartenait, comme telle, par droit de (tareuté, par habitude, par goût. Sa cousine, Marie de Rabutin, dont Paris a eu l'ingratitude de ne pas revendiquer la naissance, venue au monde, le 5 février 4626, dans une maison de la place Royale, mariée en 1644 au marquis de Sévigné, et veuve en 1651, entretenait depuis quelques années avec lui un commerce de lettres ingénieuses. 11 lui était bien venu dans la pensée, à lui, d'y mêler quelque chose de plus tendre ; mais on l'avait arrêté tout court sur ses premières tentatives, et il s'y était tenu d'autant plus volontiers, que nul autre ne semblait en effet avoir reçu l'espoir de mieux réussir. Tout se [tassait donc entre eux en familiarité amicale et en exercice d'esprit. Au commencement de 1658, le comte eut besoin d'argent, et voulut en emprunter à sa cousine. La marquise, comme toutes les veuves, était « peu prêteuse. » Elle hésita, le comte entra en colère, obtint d une maîtresse ce que sa parente lui refusait, et partit pour l'armée, où il arriva peu de jours avant la bataille des Dunes. Son ressentiment s'accrut encore de l'idée qu'il avait failli perdre cette occasion de gloire, où véritablement il eut sa bonne part, et ce mouvement, dans lequel il y avait au moins de l'honneur, le conduisit à la tentation honteuse de punir avec sa plume une femme qui n'avait pas voulu l'aider de sa bourse. Celait alors la mode de rassembler sur le compte des personnes de réputation tout ce qu'on pouvait trouver d'autithèses, de pointes, de métaphores et de délicatesses affectées; on appelait cela faire des portraits. Il s'est conservé, de ces fades barbouillages, des volumes entiers, et malheureusement il en est entré quelque peu dans l'histoire. Si la flatterie s'y déployait sans mesure, la malignité aussi pouvait adopter cette forme commode, et ce fut en laid, ou tout au moins avec des taches, que le comte résolut de peindre sa cousine. 11 n'est pas probable pourtant que cette félonic d'écrivain se soit exécutée en ce moment. Après Il bataille, il eut à prendre Dunkerque, Bergucs et Dixmude, et une cruelle inquiétude vint jeter la stupeur dans l'armécviclorieusc. Le roi tomba malade prés de ses conquêtes, et fut bientôt en telle extrémité, que non-seulement on craignit pour sa vie, mais qu'on prit même des arrangements pour un > autre règne. Le comte se hâta de déclarer que, quoi qu'il advint, il demeurerait attaché au cardinal-ministre. « Monseigneur, lui écrivit-il, et nous copions « sur l'autographe, je supplie très-humblement Vo- ■ lie Emincnce de garder cette lettre-ci pour faire « voir à tout le inonde (pie je suis un coquin, si, en « cas que vous ayez jamais besoin de vos serviteurs, a vous ne me trouvez, avec tous mes amis, en état * de vous témoigner que je suis, envers et contra « tous, votre très-humble, dés obéissant et très-fl-
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« dèle serviteur. Bcssr. » Celte chaleur un peu
exagérée de langage, à laquelle le cadinal de Richelieu n'était pas autrefois insensible, touchait peu le cardinal Maxarin. Pour lui, et alors surtout, un homme qui se donnait si entièrement, c'était autant de moins à payer. Le comle en effet demandait en ce temps-là qu'on lui accordât le commandement d'un corps sé|taré. Le roi guérit, et ce commandement fut donné à un autre. Le cardinal éconduisit encore, avec une politesse extrême, plusieurs requêtes de cet ami trop zélé qui n'avait pas fait son prix, de sorte que, la guerre finissant avec celte campagne, il se trouva sans emploi, sans gouvernement de places, sans cliarge de cour, sans pension, sa licutenance de roi en Nivernais étant déjà devenue inutile par l'installation d'un gouverneur, pendant qu'il voyait avancer, ici et là, tous ceux qui marchaient naguère derrière lui. 11 n'y avait plus qu'à lui trouver un tort pour se défaire honnêtement de ses iniporlunités , et il ne tarda pas à s'en donner un , tel que le plus ardent de ses ennemis aurait pu le choisir. Au printemps de 1659, il courut dans le monde un récit d'impiétés énormes, commises par quelques jeunes gens de la cour durant la sainte semaine. La scène s'était passée à quelques lieues de Paris, dans un château , et l'on ne parlait pas moins que du baptême chrétien administré dérisoireinent à uu cochon de lait, ou d'une victime humaine sacriliée et dévorée. En réduisant le fait à ce qu'on ne pouvait nier, il était toujours certain que , pendant les jours les plus sévèrement consacrés à la pénitence , cinq ou six étourdis , sous le prétexte ordinaire de retraite, s'étaient rassemblés à Hoissy, qu'ils y avaient chassé, joué, bu, chanté , et que Vun des acteurs de celte débauche à contre-temps , un de ces jeunes fous, était le comle de Bussy , âgé alors de quarante et un ans, marié deux fois, père de cinq enfants, celui qui se plaignait d'être le plus vieux des lieutenants généraux. Ce qu'on avait chanté en cette occasion devint plus tard contre lui le plus important grief, car il eut le soin puéril de s'en souvenir après l'orgie et de le conserver. C'était une série de couplets improvisés par chacun des convives, sur le rhythme et avec le refrain du chant pascal. Le premier regardait les amours du roi , et on a écrit cent fois qu'il désignait mademoiselle de la Vallière : c'esl une des erreurs les plus grossières parmi celles que les livres empruntent l'un de l'autre sans examen. Tous les couplets qui commencent par celui-ci :
Que Doéilalus est heureux De baiser ce bec amoureux Qui d'une oreille a l'autre va !
Alléluia !
tous ces couplets, disons-nous, ont une seule et même date, confirmée d'ailleurs par les circonstances auxquelles chacun d'eux fait allusion ; ils sont eclos l'avant-veille de Pâques ( 1 1 avril 1*59 ), et, à cette épocrûe , il s'en fhllait encore de deux ans que mademoiselle de la VatUèrc se fut seulenunt appro-