‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 55 sur 97 · C98 CAB · texte numérisé non relu

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de loin ceux qui avaient participa à ce meurtre , fU saisir la Catanoise, et l'exposa à une torture si violente, qu'elle mourut dans les douleurs de la question. — Son fils, Robert de Cabane, fut arrélé avec elle, et tenaillé en 4345; mais, pendant son supplice, les bourreaux lui mirent un bâillon dans la bouche, pour qu'il ne pût pas accuser la reine d'avoir ordonné le meurtre de son mari [Toy. Anoué de Hongrie et Jeanne Ir#. ) On attribue à l'abbé Lenglct Dufresnoy la Catanoise, ou Histoire secrète des mouvements arrivés au royaume de Xaples sous la reine Jeanne Paris, 4731, in-12. S— S— l.

CABANIS DE SALAGNAC (Jea.n-Bapîiste), avocat et cultivateur, né en 4723, à Yssoudon, à quelques lieues de Brives, où il est mort en 4786, Agé de 03 ans , a des droits à la reconnaissance de la postérité, pour avoir perfectionné l'art de greffer les arbres fruitiers, et introduit dans son pays de nouveaux objets de culture , et des procédés avantageux dans l'agriculture et l'économie rurale. Son père , jurisconsulte éclairé , et qui fût quelque temps juge d'un bailliage des environs, était généralement considéré à cause de ses lumières et de son incorruptible probité. Cabanis lit ses études à 'J ulie, oû les jésuites avaient un collège ; il alla ensuite étudier le droit a Toulouse. Il était destiné à exercer une charge de judicature ; mais, peu après son retour dans se* foyers, il se maria. Un vaste domaine que son épouse lui apporta en dot, et dont le sol était presque stérile , lui donna l'occasion de développer les connaissances qu'il avait déjà en agriculture, et lui inspira un vif désir de les perfectionner par des observations exactes et des expériences suivies, surtout dans la culture des arbres. Dés lors il renonça à la magistrature, et l'on vit bientôt, avec étonnement, des champs qui ne produisaient (pic du sarrazin ou quelques épis de seigle se couvrir annuellement de riches moissons de fromoat ou de mais; des terrains bas et marécageux, pleins de roseaux , étant plantés d'aunes , former des espèces de taillis en coupes réglées. 11 perfectionna la manière de cultiver la vigne dans sa province; il rechercha les meilleurs plants, et choisit ceux qui y réussissaient le mieux , en raison du climat. Les connaissances qu'il avait acquises sur cette partie le mirent en relation avec Turgot, qui était alors intendant de Limoges ; il fut souvent consulté cl employé par cet administrateur éclairé, dont il partagea le zèle pour l'introduction des mérinos dont on faisait alors les premiers estais. Il se chargea de deux béliers et de quelques brebis de race esjiagnolc que le gouvernement lui confia , et il croisa cette race avec celles du Limousin et du Berri. Turgot établit une société d'agriculture à Limoges; il affilia à cette société celle qu'il établit aussi à Brives, et dont Cabanis fut nommé secrétaire perpétuel. Ses observations et ses expériences sur l'art de la greffe n'auraient peut-être jamais été publiées sans les soins de Turgot , qui lui fit surmonter tous les scrupules de sa modestie. Il engagea secrètement l'académie des sciences et belles-lettres de Bordeaux a proposer pour sujet du prix dé 4 762 l'arl de per-

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fectionner la greffe, et il pressa Cabanis de traiter ce sujet. Les mémoires n'ayant pas pleinement satisfait l'académie, clic renvoya le concours à l'année 4764 , avec un prix double. Le programme était ; Quels sont les principes véritables de la greffe , et quels moyens on pourrait en déduire, soil powr h succès de cette opération, soil pour la perfectionner? Cabanis envoya un nouveau mémoire ; il fut cou-» ronné , et imprime par l'ordre de l'académie , à Bordeaux, en 4764, sous le titra d'Essai sur lté principes de la greffe. L'auteur y ajouta des m. te* en 4781. On en a donné à Pari», en 4803, une nouvelle édition in-12, précédée d'une notice hiatorique sur la vie de l'auteur. Cet ouvrage contient un grand nombre d'observations neuves et précieuses sur les arbres fruitiers. Cabanis a perfectionné quelques espèces de fruits. Il a aussi contrihué à rendre l'usage de la pomme de terre plus général dans sa province. D — P — s.

CABANIS ( Pierub-Jean-Georce ) , fils du précédent, médecin, philosophe et littérateur distingué, naquit à Conac, en 4757. Placé à sept ans chez deux bons prêtres du voisinage , qui étaient frères , et dont l'un avait résigné sa cure à l'autre, « il y donna quelques indices de talent. Il y mani- « festa surtout un esprit de suite et une ténacité « dans ses habitudes , qui durent faire pressentir « que, s'il prenait une bonne roule, il pourrait ob» « tenir des succès (4). » A dix ans, il entra au collège de Brives, tenu par des doctrinaires. « On s'a- « perçut dans les basses classes que la sévérité ne « réussissait (as avec lui, et quelque» rigueurs dé- « placées commencèrent à donner à son caractère « une roideur dont il ne a'est corrigé qu'assez « tard. » En seconde, il prit un autre essor. Dirigé par un maître aussi bon et aussi aimable qu'instruit, il devint docile et studieux par affection , prit urt goût vif pour les leiues.et une sorte de passion pour les grands maîtres de poésie et d'éloquence qui furent mis entre ses mains. L'année de sa rhétorique ne fut pas, à beaucoup prés, aussi heureuse. Dévoilé des traitements durs qu'il avait essuyés de la |»art de l'un des chefs du pensionnai , il prit un parti qui tenait à la violence de son caractère : H redoubla d'entêtements, de provocations faites à ses maîtres, se laissa même accuser d'une faute qu'il n'avait pas commise, parvint A les fatiguer de lui, et fut renvoyé à son père. Mais 11 trouva daus la sévérité paternelle plus de désagréments qu'il n'en avait évites. « Son âme se révolta et s'aigrit de plus « en plus; dès ce moment il ne fit plus rien. En- « lin, au bout d'un an , son pèro sentit qu'il fallait « tenter d'autres moyens que ceux de la rigueur. « Il le mena lui-même à Paris, et, reconnaissant « bientôt que sa surveillance ne pouvait avoir sur lui « aucune influence utile, il le livra à lui-même au < milieu de cette grande ville, a l'âge de quatorze a ans. Ce parti était exiréme ; le succès en fut

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« complet. Cabanis ne se sentit pas plutôt libre du « joug que toutes ses forces s'étaient employées a « secouer, que le goflt de l'étude se réveilla chez « lui avec une sorte de fureur, Peu assidu aux 1c- « çons de ses professeurs de logique et de physique, « Il lisait Locke, il suivait les cours de Brisson; en « même temps il reprenait sous œuvre toutes les « différentes parties de son éducation première. « Deux années s'écoulèrent pour lui comme un « jour, dans la société des classiques grecs , latins « et français, et dans celle de quelques camarades % d'études qui joignaient des mœurs aimables au « même goût pour les lettres. » Tout à coup , et presque en même temps, il reçut une lettre de son père qui le rappelait dans sa province , et l'offre d'une place de secrétaire auprès d'un grand seigneur polonais, a Placé entre l'idée d'un voyage « lointain qui dérangeait ses études , mais qui lui « laissait l'espoir de les reprendre , et celle d'une « retraite absolue dans le sein de sa famille , où le « premier essor de son talent se fut bientôt en- « gonrdi sans retour, il ne balance pas ; a l'Age de m seize ans, Il se livre à des mains étrangères, et il « va par mer chercher un pays qu'on lui represen- « tait comme à demi sauvage. » Celait eu 1773, pendant cette diète où il s'agissait de faire approuver par des Polonais le premier partage de la Pologne Les moyens de terreur et de corruption qui furent employés lui offrirent un affligeant spectacle. « Il « en contracta un mépris précoce des hommes , et « une mélancolie que sa bonté naturelle avait peine • à maîtriser.» Après deux ans d'exil, et h l'âge de dis-huit ans, il revint à Paris. Turgot, and de son père , était alors ministre des finances. 11 lui fut

E resente, en fut accueilli avec bienveillance, et allit être placé conformément a ses talents et a ses gonts , quand une intrigue de cour renversa le ministre. Une expérience précoce, mais peu propre à lui donner le goût du inonde, et la connaissance de la km -ut' allemande , étaient les seuls fruits qu'il eût recueillis de son voyage. Il fallait réparer ce temps perdu; c'est de quoi il s'occupa sur-le-champ avec ardeur, et son père, ayant mieux senti la nécessité de seconder ses efforts, lui assura les moyens d'exister pendant encore deux ou trois ans. Cabanis n'en demandait pas davantage. 1) était lié d'amitié avec le poète Boucher, qui jouissait alors d'une grande célébrité. Cette liaison ranima ses goûts poétiques, et l'Académie française ayant proposé pour sujet de prix un fragment de traduction d'Homère , il osa non-seulement concourir, mais entreprendre la traduction entière de l'Iliade. Les deux morceaux qu'il envoya à l'académie n'y furent pas même remarqués ; mais plusieurs hommes de goût en jugèrent autrement; ceux qui furent insérés peu après dans les notes du poème des Jlfoia obtinrent l'approbation générale. Les succès de société que ces essais lui procurèrent, les invitations, les lectures, les applaudissements de quelques cercles qui disposaient alors de la renommée, ne lui en imposèrent paa longtemps. Le vide de cette existence augmentait sa mélancolie; ses éludes excessives ai-

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téraient profondément sa santé; nulle perspective solide ne s'ouvrait devant lui ; son père le pressait de choisir une profession utile ; il se décida enfin pour la médecine, « dont les études variées offraient « une ample pâture à l'activité de son esprit , et « dont les fonctions exigent un exercice continuel g du corps, qui était devenu pour lui le plus près-

* sant besoin. Sa mauvaise santé même influa sur g son choix, et il y fut encore plus particulièrement « confirmé par le médecin Dubreuil. dont il avait a réclamé les secours , et qui s'offrit a lui servir de a guide dans cette nouvelle carrière. » Cabanis travailla six ans sous cet habile maître , le suivant au lit des malades , soit dans l'hôpital , soit dans les maisons particulières, le consultant sur tout ce qu'il voyait, sur tout ce qu'il lisait, et ne se laissant distraire de ses études que par les soins qu'exigeait sa santé. Ces soins lui rendaient nécessaire le séjour de la campagne , et l'état qu'il avait embrasse, et qu'il suivait avec ardeur, demandait le voisinage de Paris : il choisit Auteuil. C'est là qu'il lit la connaissance de la veuve d'IIclvétius, « de cette excellente « et respectable femme qui, depuis, lui a toujours « servi de mère, et qu'il a chérie comme un lils « tendre et dévoué (1). C'est dans la société de ma- « dame Ilclvétius qu'il continua de cultiver la couo naissance de Turgot, qu'il fit celle de d'Holbach, « de Franklin, de Jcfferson ; qu'il s'acquit l'amitié « de Condillac et de Thomas. C'est chez Turgot et « chez d'Holbach qu'il vécut familièrement plu- « sieurs années de suite avec Diderot , d'Alembcrt « et d'autres hommes de lettres distingués. Lors « du dernier voyage de Voltairo a Paris , il lui fut « présenté par Turgot. Il lui lut de» morceaux do « sa traduction d'Homère. Le vieillard, quoique fa- « ligué et déjà malade, parut les entendre avec in- « lérét; il les loua beaucoup, mais on ne doit pas > dissimuler que ce fut presque toujours aux dépens « de l'original. » Cabanis avait cessé depuis longtemps de s'occuper de cet ouvrage. Concentré dans les études et les travaux de sa profession , il avait entièrement renoncé aux belles-lettres, « et son re- « noncement était si complet et si franc, qu'il passa « plusieurs années sans se permettre la lecture d'une « page d'Homère, de Virgile ou de Bacine. » Il lit ses adieux à la |wésie par son Serment d'un médecin, imitation libre de celui d'Hippocrate. Ce petit morceau , composé en 1785, est précieux, en ce qu'il atteste quels étaient dés lors ses sentiments. Il s'y confirma de plus en plus à mesure que la révolution approchait ; lorsqu'elle eut éclaté, il se montra mui

(I) « Ni l'e*polr de b forlune, dit M. de Trary, ui In plares maa lapon*!* qui lui furent plusieurs fui» offert»*, ni l'attrait des §o- < fiete» brillante*, ni nifme le soiu de h snrete, rien De pnt le dé-

• terminer à se séparer de relie qu'il regardait tomme une seconde « im re a Dans ou temps on les eue* ré*olatlt>»n»trts V'e\\«>* i >> i A aax plus grands dangers, on lut offrit d'aller eri Amérique en qualité de ministre de France pré» les Eiats-l'ais. Il refusa, pour ne DM %'cUù gner de madame McUrliu* et de tnaies les personnes qui lui étaient < tien s. C'est a elle* qu'il dodia son Chois 4e tnéuctiên* ailananif*. On troute aiuni dans le t. 14 de la Corré*po*A*MC6 de Grima des von asseï grarirua, adressés, an moi* de février 17*8, à madame Heiveiina- U a g ItwiM te litre d« pi*» J**ne i« t(4 ami». D— »— ».

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- «or lesquels elle était qu'ennemi des fureurs qui l'ont souillée. Il publia des Observations sur Us hôpitaux, Paris, 1789, KHT, avant d'être nommé administrateur de ceux de Paris Des opinions et des liaisons communes l'avaient rapproclié de Mirabeau. Le génie de cet homme extraordinaire, dont on peut dire tant de bien et tant de mal, mettait à contribution les plumes de plusieurs hommes de talent, qui se faisaient un bonheur de lui abandonner leurs idées et leurs ouvrages , persuadés qu'il ne s'en servirait que pour produire d'heureux fruits. Cabanis, en se liant avec lui , regarda comme un devoir d'entrer dans cette association désintéressée: c'est à lui que Mirabeau dut le Travail sur l'éducation publiqu*, trouvé dans ses papiers après sa mort , et publié par Cabanis lui-même en 1791. Dans sa dernière maladie, Mirabeau ne voulut recevoir de soins que de lui ; il mourut en quelque sorte dans ses bras , cl Cabanis publia, peu de jours après : Journal de la maladie et de la mort d'Hon.-Gab.-Yicl. Riqueilide Mirabeau, Paris, 179» , in-8». Cette liaison, et les accusations qui se sont élevées en différents sens contre l'homme qui en était l'objet, ont exj>osé Cabanis lui-mên e à des reproches injustes (1). Il est aisé de voir que l'éclat des grands talents, la séduction des qualités aimables, l'admiration qu'on ne pouvait refuser à des sentiments pleins d'élévation et de noblesse, avaient fait naître en lui une illusion que rien ne put dissiper, et que la pureté de son âme le rendit incrédule à tout ce qui pouvait avilir la mémoire de celui qui

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était mort son ami. Une autre liaison de Cabanis qui fut encore plus intime , cl qui n'exige point les mêmes explications, est celle qu'il eut avec Condorcet. * Avant la révolution, il l'avait rencontré chez « Turgot , chez Franklin et chez quelques autres « de leurs amis communs. Des rapports plus inti- « mes confirmèrent par la suite ce qu'avaient corn- « mencé l'estime de sa personne et l'admiration de « ses lumières. Les malheurs du gouvernement « révolutionnaire, et l'atroce persécution à laquelle « Condorcet fut livré peu de temps après le 31 mai, « resserrèrent encore leur amitié ; mais tous les efc forts pour le dérober à sa fatale destinée furent « vains, et Cabanis n'eut , dans cette catastrophe, « d'autre consolation que de recueillir les derniers « écrits de son malheureux ami , et ses dernières « recommandations , toutes relatives a sa femme et « à son enfant. Ce fut peu de temps après sa mort « que Cabanis épousa sa belle srrur, Charlotte Grou- « chy , sœur du général de ce nom et de Sophie « Grouchy , veuve de Condorcet. » Il a dû à celle union le bonheur et la consolation du reste de sa vie. En l'an 3, après le règne de la teneur, lorsqu'on forma les écoles centrales, Cabanis fut nommé professeur d'hygiène aux écoles de Paris; en l'an 4, il fut élu membre de l'Institut national des sciences tt des arts ; en l'an 5, professeur de clinique à l'école de médecine de Paris ; en l'an G, représentant du peuple au conseil des cinq-cents (1) ; il l'était encore

(I) Ce fui U veille mené de sa mort que Cabanis ces «ois devenus célèbres : « Des f} a abattre, mats II faut des homme* pour reconduire, et nous n eu « avons pas.» Moutgaillard, dans son IMoUt de rrance, t. â, p. 300, parlant de la mort de Mirabeau, s'exprime ainsi : « Le doc- « leur Cabanis fui soupçon»* d'avoir administré le poison. > Nais aucune preuve n*esi venue a l'appui d'une telle accusation, et U m, moire de ce médecin ne saurait en être atteinte. Nous conviction que Mirabeau périt par le poison, parce qi cnieuda MM. Vicq d'Aryr cl Cabanis dire » "..''"'Isceaux. Cbampton de Cké, le premier : « que, d après l état de» o intestins, la mort de Mirabeau pouvait avoir rte occasionnée par a les prep». • tis violentes dont il faisait usage, comme pir le pot- « son ; »et le second : a que les médecins et les i a lant a l'ouverture du cadavre avaient conclu a U « parce qu'il s'agissait dans ce moment d'empêcher les i « d'être extermines par le peuple. » Loiu d'avoir été

neur officieux de son Illustre ami, Cabanis défendit

de l'imputation de suicide, et, dans son écrit Intitulé Journal de la maladie el de U mort de Uirabean, il répondit a diverses critiques sur le traitement qu'il avait employé. On lu dans les Jféaiofau nr Mirake»», publies par M. Lucas, son fils adoplif, que Cabanis, presse de questions sur ce snjel, répondit : « Le fait du pmsou ne m'est c pot pnnri; mais le contraire ne l'est pas non plus.»— Quant au Troratl eur C éducation pnHique. retrouve parmi les papiers de Mirabeau et publié en (in-S° de 206 p.!, bien que cet ouvrage ail été attribue a Mirabeau par Cabanis lui-même, il est peu douteux que c'est le travail de l'éditeur, qui partout est reeonnauwable par m-s idcea républicaines, par sa métaphysique un peu subtile et qui n'a pris nulle part la moindre peine pour déguiser les formes de son «yle. ni pour imiter la manière, bien moins correcte, bien moins He«,n.c de Mirabeau. L'ouvrage est compose de quatre discours et d'autant de projet» de lois, savoir : i°de rinttrtuJion pnHiene et du Offi eutHanant; 8" de* Filée publiât, àrtlee et nul taire» ; f de rttaWmment tu» Ifcée national; «-> de VÈdneation pu- Mon* de f héritier dn trône. Il parait constant que ces projets, malan- le mente de certains détails, n'auraient été ai adopirs par Mini

(I) Sous croyons devoir ciélé.

de la vie politique de et ses relations de sodé plus simple qu'il Vit vi paraître avec enthousiasme delà révolution; mais comme «on urne ardeate était fon- ,.«:ni bonnéte, il en détesta les «ce*. Son ouvrage sur le» hôpitaux daus lequel II indiquait et sollicitait des améliorations dont la pluiùrt se soul réalisée» depuis dans Paris et dans les département», le til appeler à faire partie de l'administration des hospices de Parts : sa liaison avec Mirabeau le Ai nommer ofBcier municipal et éteetear de la commune de Paris. Le S» août IT9J. il réclama contre l'identité de son nom avec celui d'un individu compromis pour « cnn«pondance avec l'intendant de la liste civile. Pendant la lerreur, il sa relira a Autruil. Le 13 mars 1795. il fut nommé juré au tribunal révolutionnaire reconstitué sur des bases plus conformes a U justice el il l'humanité: il y resta peu de temps, car depuis lors il vécut dans la retraite jusqu'au mois de mars 4797. époque à laquelle il fut porté a la représentation nationale par la partie du collège électoral du département de la Seine qui siégeait à l'Institut. Reconnaissant envers le directoire qui avait fait valider son élection, Cabanis vota pour que l'on conférai » cette autorité le droit de nommer a u x places vacantes dans letnbunal de cassation. Us t«et t'i novembre 1798 il ot un rapport sur le mode de n-eeption des candidats eo médecine. Quelques jours après, il lit hommage a l'assemblée de la gravure eu pied de Mirabeau peint par Bote, et saisit crtte occasion de faire le panégyrique de son ami. Pin» tard, il demanda pour la directoire la prolongation du droit de comprimer la presse, el dit que si l'on n'adoptait pas cette mesure, les journaux royaliste» quitteraient bientôt le masque, et « certainement, ajoutait-il, le mèeona lentement étant porté fort loin, le» journaux royaliste» auraient « le plus grand succès. » Cette opinion fut accueillie par de» murmures, et prouve que ce n'est pas d'aujourd'hui que le» philosophes et les écrivains qui par la presse ont fait leur chemin, en révolution, se sont montre* les ardents ennemis de la liberté d'écrire. Une autre fois Cabanis défendit Sieyea attaqué par le» journaux, et prétendit que ses détracteurs étaient ceux de la journée du i* fructidor, saa» n laquelle la liberté, disait-il, et le nom français n'existeraient « plus. » Ainsi lié avec Sieyes, il est tout naturel qu'il ait pris une part active i la révolution du »8 brumaire. Il fut alors nomme membre de la commission des émanante, prise également dan» l u* et l'autre conseil, et qui fut chargée d'appuyer les mesures dea . nouveaux goBvernaat» et de préparer une nouvelle eonMiiuUon.

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en I an 8, lors de la révolution du 18 brumaire , et il fut nommé peu de temps après membre du sénat consenrateur. Il avait publié , dans cet intervalle : Quelques Considération* sur l'organisation sociale tn général, et particulièrement sur la nouvelle constitution, Paris, 1799, in-12. Cependant, depuis plusieurs années, sa santé s'altérait de plus en plus; sa sensibilité , naturellement si vive et si prompte, avait encore été exaltée par de longs travaux , par la méditation et par l'agitation des affaires. Au printemps de 1807, après un léger repas, il fut frappé d'apoplexie. Heureusement Ricberand entrait chez lui à l'instant même; ses soins eurent bientôt dissipé les symptômes et arrêté les suites de cet accident ; mais Cabanis, depuis ce moment, fut forcé de renoncer à tous travaux, même a toute conversation trop animée, et de se concentrer plus que jamais dans la solitude et dans les affections de sa famille. Le voisinage de Paris l'exposait à des visites trop fréquentes; il quitta Auteuil, et alla s'établir au château de M. de Grouchy, son beau-pére, A douze lieues de Paris, prés la petite ville de Meulan. Il y passa toute la belle saison. L'exercice du cheval et la citasse parurent lui faire beaucoup de bien. II revenait par intervalles à la lecture des poètes qu'il avait tant aimés; il songeait même quelquefois à retoucher et achever sa traduction d'Homère. Il trouvait dans sa bienfaisance le plus doux emploi d'une partie de ses journées. On venait de toutes parts le consulter pour de pauvres malades; tantôt il allait lui-même les visiter; tantôt , au défaut de ses soins , il leui prodiguait des conseils et des secours , secondé dans celte pitié si vive par un neveu, admirateur de ses talents et imitateur de ses vertus. Dans l'arrière- saison, au lieu de retourner à Auteuil , il se rapprocha seulement un peu de Meulan , et choisit pour demeure une maison située près du petit hameau de Kueil. Il y passa l'hiver, occupé des mêmes soins, mais de plus en plus sujet à des accidents qui augmentaient sa faiblesse et lui annonçaient sa lin prochaine. Il en parlait souvent , et toujours avec une parfaite sérénité d'esprit et une mélancolie attendrissante. Enfin, le 5 mai 1808, après une promenade pendant laquelle il avait eu avec sa femme les plus doux épanchements de cœur, il se mit tranquillenent au lit , dormit quelques heures , et fut saisi fers une heure du matin d'une nouvelle attaque qui l'emporta, malgré les secours les plus prompts. Ainsi mourut, à l'âge d'environ 52 ans, un des bommes de nos jours qui a réuni au plus haut degré les qualités étninentes de l'esprit, les vertus de l'âme , la noblesse du caractère et l'exquise bonté du cœur. Cette dernière qualité, qui présidait à

Dans cette circonstance, Cabanis prononça i la tribune du conseil de* anciens, dont il était alors membre, nn long discours contre le ttrrarirme et la moMrchie, et Dl l'etoge de la nouvelle constitution consulaire. Devenu sénateur, tl s'opposa vivement, an mois de décembre tSOO, avec Lanjuiuais, Leuoir-Larocbe. Vnnar, Volncy et quelques autres, a ce qu'on s'autorisât de la marbine Infernale pour dresser nue liste de proscription. Cabanis fut aime de l'empereur, qui te Ht commandeur de U Légtoa d'bouneur. D— *— n

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