‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 56 sur 97 · CAB SOI · texte numérisé non relu

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toutes ses actions , respire aussi dans tous ses ouvrages. Il n'y en a aucun qui ne paraisse dicté par un ardent amour des hommes, et par le désir de les rendre meilleurs et plus heureux. Le seul qui soit purement littéraire est intitulé : Mélanges de littérature allemande, ou Choix de traductions de l'allemand, etc., Paris, an 5 (1797), grand in-8". Il est dédié à madame Hclvélius, et contient neuf morceaux, dont six traduits de l'allemand de Meissnet; une pièce de théâtre de Goêlhe , intitulée Slella; l'élégie anglaise de Gray, le Cimetière de campagne, et l'idylle grecque de liiou, la Mort d'Adonis. Il publia peu de temps après un ouvrage de philosophie médicale intitulé : du Degré de certitude en médecine, Paris, 1797, in-8»; et ibid., 1802 (I), avec ses Observations sur les hôpitaux, un lissai sur les secours publics, et le Journal de la maladie de Mirabeau. Sur le premier de ces ouvrages , nous trouvons ceci écrit par un médecin de réputation et un écrivain plein de talent, M. Pariset : « Cette « question du degré de certitude de la médecine en a supjKMte une autre , savoir, si la médecine existe * réellement. Sur cette seconde question , Cabanis « rassemble les arguments les plus plausibles que « les ennemis de la médecine aient jamais proposes a contre elle, et. après les avoir présentés dans « toute leur force, il les combat avec une logique « victorieuse, et ruine ses adversaires par leurs pro- « près armes. Dans le fond, cette question se réduit a toujours à une simple dispute de mots. Comme « la médecine n'est que l'art d'agir sur l'homme « d'une certaine manière et dans de certaines vues, a et que tout dans la nature agit sur l'homme , il a est évident que, si l'on peut élever un doute sur a cet objet , ce n'est pas de savoir si la médecine a existe . mais s'il sciait possible qu'elle n'existât a pas. Quant a la première question, qui consiste a à savoir s'il est possible d'assujettir cette question « sur l'Iiomme à des règles fixes, invariables, et à a produire a volonté tel ou tel effet déterminé, il est « clair que cette question est beaucoup plus difficile « que. l'autre, et que la certitude que l'on cherche se a reiluim toujours à une probabilité plus ou moins a grande, et par conséquent plus ou moins voisine « d'une vérité absolue ; en quoi la médecine se râpai proche de toutes les sciences par lesquelles on agit a sur l'homme, la morale, par exemple, et ses deux « subdivisions principales, la législation et la poli- « tique. Du reste, ce petit traité de Cabanis porte le « cachet d'un esprit exercé à manier les problèmes « les plus délicats, et â en faire sortir la solution de a tous les éléments qui rembarrassent. » ( Notice hittorique et littéraire sur Cabanis, tue à l'Athénée de Paris. ) On lui doit aussi, sous le titre de Coup a" œil sur les révolutions et la réforme de la médecine, Paris, 1804,in-8«(2), un ouvrage dans lequel les di-

(I) Réimprime depuis, avec l'éloge de Cabanis |*r Rlcberand, Paris 1St9, in-»0, et traduit en espagnol sous ce ri ire : dtt Credo de ceriew de /« medkam, etc., Paris, tSM. in-lS. Cn— s.

(3) C'est une véritable bistoire de la médecine. Apres avoir retracé le temps où les poètes el les béros exerçaient l'art de guérir, ceux où le* prêtres païens s'en emparèrent pour réunir la double

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verses doctrines des grands hommes, qui, à différentes époques, ont influé sur les progrès de la science, sont exposées avec un talent d'analyse et nne critique jndicieuse qui font de cet ouvrage même un moyen de perfectionnement et de progrès. Il a encore laissé : !• un écrit de peu d'étendue, mais dont les gens de l'ai t font grand cas, intitulé : 06lerratiom sur les affections eatarrhales en général, et particulièrement sur celles qui sont connues sous le nom de rhume de eerveau et rhume de poitrine, Paris, 1807, in-8°; ibid , 1815, même format. 2« Dans différents journaux littéraires, plusieurs morceaux de sciences , de philosophie et de politique, entre autres, dans le Magasin encyclopédique, une Dissertation sur le supplice de la guillotine, dans laquelle Il réfute l'opinion de Sœmmering et de Sue, qui regardent ce supplice comme très- douloureux, et qui pensent même que la douleur se fait sentir encore après la décapitation. 5# Dans les journaux politiques, et notamment dans It Moniteur, plusieurs discours prononcés à la tribune du conseil des cinqcents (1). Mais le grand ouvrage de Cabanis, et le fondement le plus solide de sa gloire, est celui qu'il intitula : Ttaité du physique et du moral de l'homme. Six des douze mémoires qui le composent furent d' abord imprimes dans les deux premiers volumes du Recueil de l'Institut national, classe des sciences morales et politiques ; ils reparurent avec les six derniers, Paris, 1802, 2 vol. in-8«; et, dès l'année suivante, on en donna une 2* édition, revue, corrigée et augmentée par fauteur, accompagnée d'un Extrait raisonné servant de table analytique, par Destntt de IVacy, et de Tables alphabétiques et raisonnées des auteurs et des matières, par M. Sue, professeur à l'école de médecine de Paris (2). Ce traité a donné lieu à des accusations que les déclarations formelles de l'auteur même auraient dn prévenir. « Quelques « personnes, dit-Il dans sa préface, ont paru craindre, « à ce qu'on m'assure, que cet ouvrage n'eût pour « but ou pour effet de renverser certaines doctrines, « et d'en établir d'autres relativement à la nature « des causes premières; mais cela ne peut pas être, « et même, avec de la réflexion et de la bonne foi, « il n'est pas possible de le croire sérieusement. Le « lecteur verra souvent, dans le cours de l'ouvrage,

pobvanee que donnent «nr notre faibles»* b crainte de la mort tt l'espoir de ruanuruiiir, fauteur email* l'époque ot la philosophie, observant lej Uiix, It de ta ntedeciua une uueoce exacte.

Il bit connaître legeule dllippocraïc, le système de l'jlhagurc, les travaux de Catien, l'Iullneuce des révolution» politique» sur relies de* sciences, le» eau*** de la décadence de la medeeiue, M renaissance K«t le» Arabe* el «es pragn» jusqu'à oot )o«rt. D— a— «.

(I) Eulrc autres : Happurt fêU m cauat des ctaf-tents t*r Voryn«iHitwn des icolci de mtda,**, imprime séparément, l'arts, an T [1TH), ln-*\ Cn-s.

(1) Cet outrage a M réimprime «nu le litre de A-ppoe/a 4% yhrnu et i* mmd dé l'awisme. I>arts. IMS, 9 toi. !.»-••;ibid., avec une uotire sur la vie de I auicor ipar M. IWseau), ItUS, 5 «il. in-ia; — ibid., revu et augmente de notes par M. PvifCt, 3 vol. in-S» ; enOn .Uns la Bibliothèque Ch<trpe»lter, aver une nouvelle notice sur CatoDif, el nn Essai sur ttt principes et 1rs limite* de I* setenee des rapports du

rjppe.rr* du pkysique et du moral, par H. le docteur Cerise, ibid., 1 vol. grand In- Il — Il a ete traduit en espagnol fooa ce titre : Helaeiones de la fisieo y mrtl «V *Wre, Pari», «M, t vL tn-fi. Cu-s.

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«t que nous regardons ces causes comme placées hors « de la sphère de nos recherches, et comme dérobées « pour toujours aux moyens d'investigation que a l'homme a reçus avec la vie. Nous en faisons Jcj «la déclaration la plus formelle; et, s'il y avait o quelque chose a dite encore sur des questions qui « n'ont jamais été agitées impunément, rien ne serait « plus facile que de prouver qu'elles ne peuvent être « ni un objet d'examen, ni même un sujet de doute, « et que l'ignorance la plus invincible est le seul « résultat auquel nous couduisc, à leur égard, le « sage emploi de la raison. Nous laisserons donc à « des esprits plus confiants, ou si l'on veut plus « éclairés, le soin de rechercher, par des routes que a nous reconnaissons impraticables pour nous, quelle « est la nature du principe qui anime les corps vi- « vattts (1), etc. » Assurément la philosophie ne s'est jamais énoncée avec plus de circonspection, de modestie et de sagesse. Mais, quelle que soit la nature de ce principe, il agit, il opère en nous; de quelle manière le fait-il? Quelle partie de notre organisation est le mobile principal de cette action, do ces opérations? C'est là ce que Cabanis s'est proposé de rechercher. Locke avait ouvert la première voie à cette recherche, en exposant clairement el fortifiant de preuves l'axiome ancien et fondamental, que lou(e* les idées viennent par les sens, ou sont le produit des sensations. ComlilUc avait développé, étendu, perfectionné la doctrine de Locke. Ses disciples ont encore amélioré, quelques-uns même ont corrigé, dans plusieurs points, son tableau des procédés de l'entendement ; mais il y manquait toujours de mieux connaître et de considérer plus attentivement que ne l'ont fait Condillac et son école les fonctions cl le jeu des organes qui contribuent à la formation des idées. lomei h* idées viennent des sens; fort bien; mais comment en viennent-elles? Comment les sensations produisent-elles des idées? Ces questions, comme l'on voit, sont absolument du ressort de la physiologie, et c'est en réunissant toute» les lumières que les progrés de cette science ont produites de nos jours, que l'auteur clierche à les résoudre. Il présente dans son premier mémoire des ronsiderations générales sur l'élude de l'homme et sur les rapport* de «m ©rgviisauon physique avec

(I) Enlisant « passage sans prévention, U etl impos-sibW An n'y pas vu.r U paraphrase un peu aU.ubiquee d« cet* sublime boutade

de l'asal : « L Somme cal un compose de matière et d esprit i U « igutfl l'esprit, il ignore la matière ; il ignore encore plus le lien n qui reanit la matière at'espnt ; et cependant c'est la mot ITionrme.» Ailleurs, c'est d'un* manière encore plus explicite que Cabanis s cm explique en favenr des idée* religieuse*. Apres axoir traaé très rapidement les devoir-, les peines et les jouissances du mcdccic vertueux, il ajoutait : « Enfin, quand le moment approche de payer « eux-mêmes te tribut inévitable qu'ils ont vu payer I tant d'autre», « reportant les yeux sur la carrière qu'ils ont parcourue, ils n'y t votent rien qui ne les remplisse du plus pur contentement, ci n le-jrs dernières paroles sont cucore des acUflus de traces a l'ar- « lotre éternel de la vie et de la mort, et l'expression louchante d'nne «« vertueuse M-runte. u Daignons Cabanis d'avoir, avec de teîl<-s pensrcs, pu donner lit u. pac l'ensemble de ses écrits, aa reproche dont il uc se lavera jamais d'avoir consacre un talent des plus remarquables a. rétablissement de doctrines qui le placeront loujoun i la «le des médecins maKrUUste*.

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ses facultés intellectuelles et morales; dans le second et k) troisième, il trace l'histoire physiologique des sensations ; il suit en quelque sorte la route qu'elles parcourent et les vicissitudes qu'elles éprouvent, depuis les extrémités des ncrls qui reçoivent les premières impressions des objet* , jusqu'au cerveau d'où parlent et où aboutissent tous les nerfs; Us y rapportent toutes ces impressions, et c'est là qu'elles se transforment en idées. Le cerveau est donc le centre commun où se Eut ce travail et d'où part l'émission de la pensée. On sent dès lors combien de diverses causes y peuvent exercer de l'influence, les unes inhérentes à l'être pensant, et constitutives de cet être ; les autres extérieures et accidentelles. Cabanis, dans les six mémoires suivants, examine cette influence qu'exercent, sur la formation des idées et des habitudes morales, les âges, les sexes, les tempéraments, les maladies, le régime et le climat. Le dixième mémoire contient des considérations touchant la vie animale, les premières déterminations de la sensibilité, l'instinct, la sympathie, le sommeil et le délire. Ayant suffisamment examiné ce qui peut influer sur les opérations et sur les affections morales, il passe dans le onzième mémoire à l'examen de l'influence réciproque, ou de la réaction du moral sur le physique. Considérant toujours, comme il le fait dans toutes les parties de son ouvrage, l'organe cérébral comme celui qui, d'après les lois de l'économie vivante, doit exercer la somme d'action la plus constante, la plus énergique et la plus générale, H en conclut que celte influence évidente du moral sur le physique n'est autre que l'influence même du système cérébral, comme organe de la pensée et de la volonté, sur les autres organes dont son action sympathique est capable d'exciter, de suspendre et même de dénaturer toutes les fondions. Enfin, dans son douzième mémoire, il traite des tempéraments acquis. C'est une espèce de complément du quatrième, où il examine l'influence morale des tempéraments. 11 n'avait considéré dans celui-ci que le tempérament naturel, celui qui naît avec les individus, ou dont ils apportent les dispositions en venant au jonr; il considère dans ce dernier mémoire, sous ce nom de tempérament acquis, celui qui se forme chez les individus par la longue persistance des impressions accidentelles auxipielles Ils sont exposés, telles que celles qui naissent des maladies, du climat, du régime, et des travaux habituels du corps ou de l'esprit. Sans qu'il nous soit possible de donner à cette sèche analyse le moindre développement, on .voit assez quelles sont la grandeur, l'importance et la nouveauté des questions et des problèmes que l'auteur s'est proposé de résoudre. 11 y procède avec une méthode qui aide l'esprit, et avec une candenr et une bonne foi qui devaient le mettre à l'abri des accusations dont il a été l'objet. 11 n'ignorait pas ces accusations, et 11 n'a pas dédaigné d'y répondre dans la ¥ édition de son livre. Il s'était abstenu, dans son grand ouvrage, de traiter la question des causes première», cette question si grande et si délicate ; mais il y est revenu ensuite, et l'a traitée dans un essai particulier avec une grande supériorité de talent, de

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raison, de bonne fol et de lumières. Les résultats auxquels il est conduit prouvent que ses sentiments intima étaient bien différents de ceux qu'on lui & supposés. Cet écrit est destiné à tenir sa place parmi les plus beaux morceaux de haute philosophie qui existent dans notre langue. Sa famille possède un travail d'un autre genre, précieux quoique imparlait : c'est la traduction en vers de plus de la moitié de Vltiaie. La publication de ces morceaux et de quelques autres, que Cabanis a laisses, ne pourrait être que bien accueillie (1). G — É.

CABANIS-JONVAL (Pierre), né i Alais, vers 1725, fut longtemps un des principaux rédacteurs du journal littéraire qui, établi en 1759 sous le nom de Feuille nécessaire, prit l'année suivante celui d'^ranf-Coureur, et continua d'être publié, sous la direction de Querlon, jusqu'en 1773. Les connaissances variées de Cabanis, particulièrement en bibliographie, ne pouvaient qu'être ulilcs à celte entreprise. 11 traita avec peu de ménagement, dans quelques-uns de ses articles , l'auteur de la satire dramatique contre les philosophes , et Palissot Ta placé par représailles dans sa Dunciade. Lié avec plusieurs hommes célèbres et surtout avec Helvétius, il se montra un de ses plus chauds partisans, lorsqu'un violent orage s'éleva contre cet écrivain à l'occasion de son livre de l'Esprit. A sa prière, Cabanis parcourut la France cl les pays étrangers, dans l'iutenlion d'arrêter partout la circulation de cet ouvrage ; mais ses soins n'eureut pas plus de succès que ceux de l'autorité pour le supprimer ; et il y a lieu de croire que son voyage fut plutôt une démonstration que l'effet d'un désir bien réel d'empêcher le livre de se répandre. On prétend qu'il a lui-même composé plusieurs écrits anonymes : le seul qu'on puisse lui attribuer avec certitude est un roman intitulé : les Erreurs instructives, ou Mémoires du comte de 3 parties in-12. Depuis la cessation de Y Avant-Coureur, rien ne captivant plus l'inconstance naturelle de Cabauis-Jonval, cosmopolite infatigable, il mena une vie errante jusqu'à sa mort, arrivée à Bruxelles en 1780.— L'abbé Cabanis , supérieur du séminaire Sl-Charles, à Avignon, y publia, en 1743, 2 vol. in-12 : Manuel des cérémonies romaines, tiré des auteurs aulhentiqm$ et des écrivains les plus intelligents, plus complet que l'ouvrage publié précédemment sur les cérémonies de l'Église (2). V. S. L.

Autres ctmptH't et bsUUee de CtHms oui para «

vis, Boswnee et F. It.dol. 5 vol. Inl\ port. — ni i pablie a la même époqoe. cl quelque» mois avint du S» votante : UtM (poslhamr ) ie Cabmit â M. f»» Htmièw. avec des noie», Paris, 1SM, ta-S*. OS

(i) Les (Kutrts 1S23-2S. Paris, ~ M. P. Berard !

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sur lu ewes fremUrts, avee de* acMea, Paria, It2», tn-S*. CS s'iolumc comprend tootes les trnvres poaihtinwe de Cabanis. savoir t Lettre Htf Us MKftJ rremiern ; Discourt towrtvt et aV elUtr* d.c***, «r Hlfferete; Ytlcte At Met *A:yr; nue Miee >ur Be»,«*m Frett»; une Lettre è M. t. #.r les ft*n f Homère; de* Fntmenli en ver» don* trjdnriîon de I Iliade, etc. l nm édition plus complète des ouvres deiCnbaai* vient d'eue publiée. Pari* Fortin et Ma*-on, 5 vol. in-4*. Cb-s.

(J) Cabanis «ail fort tnstrait «tan» la «brique; mais II poosult U devotien jasqn'a Hiitoléraiiee. Il ti enlerm daai le jarlta 4SS Rècollcts on prêtre q»l avait refus» de srçner le formulaire. " »

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CABABRUS (François, comte de), né à Bayonne, en 1752, fut d'abord destiné à suivre la profession de son pore, négociant distingué et trés-considéré. Il fit ses études chez les përes de l'Oratoire à Condor», et ensuite à Toulouse, au collège de l'Esquille; mais il se lassa des études, et quitta brusque* ment Toulouse pour revenir dans la maison de commerce de son pére , qui jugea plus convenable de l'envoyer à Saragosse chez un de ses correspondants, pour continuer son éducation commerciale, et apprendre la langue espagnole. M . Galabert, chez lequel le jeune Cabarrus fut placé, le reçut très-bien et le logea dans sa maison. Cabarrus distingua mademoiselle Galabert, s'en lit aimer, et l'épousa secrètement en 1772. Ce mariage déplut aux deux familles; cependant M. Galabert établit son gendre à Caravanchel, dans une fabrique «le savon dont il lui donna la direction. Cet établissement, à la proximité de Madrid, permit à Cabarrus de faire de fréquents voyages dans cette capitale, et ses goûts le mirent en relation avec quelques gens de lettres, et notamment avec l'abbé Guevara , auteur de la Gazette de Madrid, qui l'introduisit dans plusieurs grandes maisons de Madrid, où il lit la connaissance du comte de Campomanés et de P. Olavidés. Ces relations inspirèrent à Cabarrus des idées d'ambition qui ne firent que s'accroître par d'autres circonstances. La guerre de rindé[>endance des Américains était déclarée , cl l'Espagne fut obligée de se réunir à la France. Privée de ses ressources du Mexique, elle éprouva de l'embarras pour fournir aux dépenses de la guerre ; le gouvernement rechercha les avis des personnes expérimentées, et le ministre des linances, qui avait distingué Cabarrus , le consulta sur les moyens de rétablir les linances et le crétlit de l' Etat. Cabarrus conçut alors le projet de la création des billets royaux, espèce de papier-monnaie priant intérêt. On adopta son plan, et on créa j»ur 10 millions de piastres en billets royaux, qu'on divisa en coupures qui pouvaient rendre plus facile le calcul des intérêts que chaque billet produisait par jour. Ces billets devaient être renouvelés chaque année , cl les intérêts échus payés au dernier porteur. Ils curent d'abord un très-grand succès, et furent même préférés à la monnaie effective sur laquelle ils gagnaient une prime , ce qui donna une grande influence à Caban i s 11 conçnt alors le plan de l'établissement de la banque de St-Charles, qui fut créée le 2 juin 1782, et dont il fut nommé directeur. Cette banque fut cliargée d'acquitter toutes les obligations du trésor ; elle fut aussi chargée des services de l'armée, de l'intérieur et de l'étranger, et on lui alloua une commission d'un sixième pour cent sur tous ces services. Le taux de ses escomptes fut lixé a quatre pour cent. Le fonds capital de cette banque fut porté à 1,"î millions de piastres fortes, et divisé en 150,000 actions de 2,000 réaux chacune. La compagnie des Caraques avait essuyé des pertes considérables pendant la guerre, avait été privée du commerce exclusif du cacao, dont elle avait eu le privilège ; elle cherchait à se rétablir : Cabarrus lui en fournit les moyens, en proposant

d'unir le commerce de l'Amérique avec celui de l'Asie par les Iles Philippines ; son plan fut adopté, et la compagnie des Philippines fut créée le 10 mars 1785. Cabarrus avait encore conçu le plan d'un canal de navigation qui devait prendre sa source dans les montagnes de Guadarrama, passer à Madrid, et s'unir au Guadalquivir. Le gouvernement approuva ce plan. Les travaux étaient commencés, lorsque le ministre Llérena en fit ordonner la suspension en 1784. Cabarrus se lit aussi remarquer lorsqu'il fut question d'établir à Madrid une espèce de mont de piété en faveur des veuves et des enfants des gentilshommes. Il s'opposa à cet établissement, en faisant reconnaître, par l'expérience de ceux qui existaient déjà, que les pauvres se multiplient en raison des établissements destinés à les secourir. Les actions de la banque de St-Charles offraient un aliment trop séducteur aux spéculations pour que l'avidité ne cherchât pas à s'en emparer. Ces actions furent en quelque sorte transplantées sur les marchés de France, et surtout à la bourse de Paris, qui était alors un des foyers les plus actifs du jeu des fonds publics. Les actions de la banque de St-Charles éprouvèrent, comme tous les autres effets, des alternatives de hausse et de baisse, si souvent causées par la tactique des joueurs. Ceux-ci eurent recours à la plume éloquente de Mirabeau, et on vit paraître le Mémoire sur la banque de St~Charlet, dans lequel l'auteur attaquait avec force les bases de cet établissement, et répandait l'amertume de sa critique sur la compagnie des Philippines. Cet ouvrage fit beaucoup de sensation. Cabarrus s'y crut personnellement attaqué, et le roi d'Espagne en défendit l'introduction dans ses États. Cabarrus fut nommé conseiller des finances. La mort de Charles III, à la lin de 1788, causa des changements dans le ministère. Le comte de Florida Blanca fut ! nommé ministre, et la disgrâce de Cabarrus s*en- | suivit. 11 fut même accusé par le ministre Llérena, et arrêté le 21 juin 1790. Ce ne fut qu'à la fin de 1792 qu'il obtint sa liberté. En jugement solennel I détruisit les accusations portées contre Cabarrus. Il i obtint des indemnités , et fut créé comte. Le roi j le nomma son ministre plénipotentiaire au congrès de Basladt en 1797, et le chargea bientôt après I d'une mission particulière auprès du gouvernement 1 français. Les mésintelligences qui se manifestaient I dans le ministère espagnol préparaient encore une fois la disgrâce de Cabarrus. Il fut cependant nommé ambassadeur du roi d'Espagne auprès du gouvernement français. Arrivé à Paris, il se lia avec la faction de Clichy. Le directoire refusa de le reconnaître en cette qualité, sous prétexte qu'étant né Français, il ne pouvait représenter une puissance étrangère. Pour tenir Cabarrus éloigné, le prince de la Paix lui fit donner une mission pour la Hollande. 11 reparut néanmoins à la cour de Madrid après la révolution du 18 mars t808. Le nouvean roi Ferdinand VII le nomma surintendant de la caisse de consolidation, et bientôt après ministre des finances. Pendant un voyage que Cabarrus fil à Séville, il eut une attaque de goutte à la tète, dont il mourut le

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27 avril 4810, âgé de 57 ans. Il a laissé la réputation (Tune capacité peu commune en finances. A ses talents pratiques il joignait une grande facilité d'élocution. Son corps a été déposé au Panthéon de Séville. Il a publié des mémoires intéressants sur les différents plans de finances dont nous avons parlé. On a encore de lui : 4° le Diseur de riens, feuille périodique , dont la hardiesse déplut au gouvernement, qui en ordonna la suppression ; 2* Lettres de François Cabarrus. écrites de sa prison au prince de la Paix ; 3» du Système de contribution» le plus convenable à l'Espagne ; 4» Eloge de Charles III, roi d'Espagne; 5° Eloge de D. M. de Uusquei, ministre des finances (1). V. R — x.

CABASILAS (Nil et Nicolas). C'est le nom de deux savants archevêques de Tiiessalonique, oncle et neveu, qui se succédèrent immédiatement dans le 14* siècle. Nil a composé deux traités contre les Latins, l'un, de Causa dissidii Ecclesiar. latinar. et grœcanicarum, pour faire voir que le pape ne veut pas que la cause de la division des deux Églises soit jugée dans un concile œcuménique, afin d'en être seul juge ; l'autre, dePrimatu papa, pour prouver que le pape n'a qu'une primauté d'honneur fondée sur le simple droit ecclésiastique ; qu'il n'a aucune juridiction sur les autres patriarches ; qu'il est soumis aux canons ; que le siège de Rome n'est pas le seul siège apostolique, etc. : ces deux traités, écrits avec beaucoup d'ordre, de netteté et d'érudition, furent imprimés d'abord en grec, à Londres, sans date, et réimprimés à Dalc en 1544, puis à Francfort, 1559, in-8a, avec la version de Flaccius Illyricus; à Leyde, 1595, sur un manuscrit du Vatican, avec celle de Vulcanius, qui les publia la même année, en latin seulement; à Hanau, en 1608, avec les notes de Saumaise ; enfin a la suite du traité de ce dernier de Primai* papa, Leyde, 1645, in-4°. Quoiqu'il règne un peu d'acrimonie contre les Latins dans ces deux petits ouvrages, ils n'en sont pas moins une des meilleures productions qui soient sorties de la plume des Grecs schismatiques. Nil avait composé un gros ouvrage sur la procession du St- Esprit, et d'autres opuscules dont Al lace i fait mention. — Nicolas succéda à son oncle en 4360. Ce prélat courtisan, après avoir tait longtemps la guerre aux palamitcs, espèce de mystiques qui, dans leurs contemplations, s'imaginaient voir sortir de leur sein des rayons de celte gloire dont Jésus-Christ avait été environné sur le Thabor, se déclara pour ces fanatiques, quand il les vit protégés par l'empereur Jean Cantacuzêne, et persécuta Nicéphore Grégoras, son ancien ami, et le plus grand ennemi des paternités. Cabasilas fut un des plus ardents adversaires des Latins, et publia contre eux plusieurs ouvrages, dont l'un est intitulé : Compendiosa Interpretatio m divinutn officium. C'est une exposition de la liturgie grecque ; l'auteur y traite dogmatiquement des cérémonies de la messe, du culte des saints, etc. Cet

(0 Pendant qu'il élail en crédit à la cour de Charles III, Il anil marie sa Dite a M. de Fonleney, conseiller au parlement, quoiqu'elle eût ete demanda par le peine* de Listenay. Elle est détenue ce- Ww du» la aoite toos le ooni de Tallien. (F»k C*uut. )

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ouvrage a été publié en grec à Paris, en 4524, par Fronton du Duc, dans VAucluarium ducœanum. La version latine, par Genliam Hervet, l'a été à Venise, 4548, et à Paris, 1560, dans la Bibliotheca Patrum. Il a paru en grec et en latin dans les additions à cette Bibliothèque de 1624. Les autres ouvrages de N. Cabasilas sont : un traité de la Procession du St-Espril, une Vie de Jésus-Christ, en 6 livres, traduite en latin par Pontanus, IngoUtadt, 1604, in-4", puis insérée dans la Bibliotheca Patrum ; un discours contrcrusurc,traduit par le même Pontanus, imprimé à Augsbourget ensuite dans la Bibliotheca Patrum : il entreprend d'y prouver que l'usure est contraire à la loi divine ; un commentaire sur le 5* livre de V Aimageste de Ptolémée, dont il a paru une traduction latine à Bâle, en 1538, in-fol., avec ceux de Théon et de Pappus. Ce commentaire un peu diffus est d'ailleurs assez clair ; on y trouve quelques lemmes et des définitions plus précises de plusieurs termes astronomiques employés par Ptolémée. Cabasilas avait composé d'autres ouvrages qui sont restés manuscrits dans la bibliothèque du Vatican. On peut en voir la liste complète dans la Bibliotheca graca de Fabricius. En général, il écrit purement , avec méthode, et d'une manière instructive. On a quelquefois confondu les ouvrages de l'oncle avec ceux du neveu. T — d.

CABASSOLE (Philippe de), cardinal et légat, naquit en 1305, à Cavaillon dans le comtat Venaissin, d'une famille illustre attachée à la maison d'Anjou, et dont une branche était établie à Avignon. II fit ses études dans sa ville natale, y fut chanoine à douze ans, archidiacre en 1330, prévôt l'année suivante, et évéque le 3 août 1334, quoiqu'il n'ciit |«s encore l'âge prescrit par les canons. Il succédait a Gaufridi qui avait été le médecin, l'apothicaire et i'homme de confiance du pape Jean XXII. Les évêques de Cavaillon étaient seigneurs du village de Vaucluse et y possédaient un château dont on voit encore les ruines sur le haut d'un rocher. (1) Pétrarque, étant venu s'établir à Vaucluse en 1338, alla faire visite à Philippe de Cabassoie, son évéque et son seigneur. 11 eu fut bien accueilli, et la sympathie, fondée sur une estime mutuelle, établit entre eux une étroite et constante amitié. Pétrarque eut bientôt occasion de prodiguer les consolations de la philosophie au prélat dont un frère, chevalier de St- Jcan de Jérusalem, venait de périr dans la mer Rouge. Mais l'amant de Laure trouva bien plus souvent auprès de son ami des adoucissements à sa passion malheureuse et à ses cliagrins. En 1543, l'évèque de Cavaillon se rendit à Naplcs, où il était appelé par le testament du roi Robert, pour fairo partie du conseil de régence, pendant la minorité des deux filles de ce monarque, Jeanne et Marie, «t d'André de Hongrie, époux de la première. Au milieu d'une cour corrompue, il résista seul au torrent , mais sa voix ne put se faire entendre, et son exemple

(4) C'est à tort que tes habitants de Vaarlnse disent aux étranger! qne ce sont le» mines de la maison de Pétrarque, dont il n'existepas le moindre testige, et qui cuit située plus bas, entre le * il Lige

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ne fut point imité. Cabassolc n'était resté à Naples que par respect pour les dernières volontés de Robert. Nommé grand chancelier par la reine Jeanne, Il fut presque témoin de la mort violente du roi André de Hongrie : indigné de cet attentat, il demanda son congé et s'embarqua, le 25 décembre I54S, pour retourner à Avignon. Une tempête l'ayant retenu & Herculano où il avait abordé avec peine, il y reçut un courrier de la reine qui l'invitait à venir remplacer le pape comme parrain d'un enfant dont elle venait d'accouelicr. Le prélat retourna sur-le-champ à Naples ; mats, aussitôt la cérémonie du baptême achevée, il se remit en mer, et, malgré une seconde tempête, il arriva, en janvier 1346, à la cour pontificale d'Avignon. Bientôt après il fut envoyé par Clément VI pour rétablir la paix entre Jeanne, comtesse de Bourgogne, et Jean, comte de Cbalons. En

1558, Innocent VI lui confia une mission bien plus délicate et plus désagréable : il s'agissait d'aller lever, au profit de la chambre apostolique, le dixième denier de tous les revenus ecclésiastiques en Allemagne, pour le recouvrement des terres usurpées. Le nonce exposa sa demande dans une assemblée des princes de l'empire à Maycnce. On lui repondit que la cour de Home semblait regarder l'Allemagne comme une mine d'or inépuisable ; que las Allemands envoyaient tous les jours de l'argent en Italie pour les marchandises qu'ils en tiraient, et à Avignon pour y faire étudier leurs enfants et leur acheter des bénéfices, sans compter les frais de procès, de dispenses, d'absolutions, d'indulgences, de privilèges, etc., que les papes faisaient payer fort cher ; que le nouveau subside était inouï et intolérable, etc. Quelques jours après, l'empereur Charles IV signifia à l'évèque dcCavaillon que le clergé d'Allemagne ne donnerait pas ce subside. • Au lieu de demander « tant d'argent au clergé, ajouta ce prince, pour- « quoi le pape ne songe-t-il pas plutôt à le réfor- « mer...? » Huit jours après le nonce descendit le llhiri jusqu'à Cologne, d'où il revint à Avignon en

1559. Cabassole fut amplement dédommagé par le pape des ennuis et des fatigues que lui avait causés celte mission. Nommé patriarche titulaire de Jérusalem en 4361 , et administrateur de l'évêclié de Marseille en 1366, il fut fait cardinal à la promotion du 22 septembre 1368. Urbain V, qui l'aimait et l'estimait beaucoup, lui avait donné une grande marque de confiance, lorsqu'on 4567, transférant sa résidence d'Avignon à Rome, il le laissa pour gouverner le Comtat, en qualité de vicaire spirituel et temporel, le chargea d'achever les murailles d'Avignon, et l'autorisa à faire abattre les maisons des cardinaux qui pourraient nuire a cette construction. Dans l'été de 1569, Cabassolc vint trouver le |>apc à Monte-Fiascone, et fut envoyé comme légat à Pé • rouse, qui, après s'être révoltée, venait de se soumettre. Ce bon cardinal ne put s'accoutumer au climat de l'Italie. Il y fut presque toujours malade, et mourut à Pérouse, le 26 août 1371. Son corps fut transporté en France et enterré dans l'église de la Cliartreusc de Bonpas, où le cardinal Ayceliu de Mouuigu lui lit ériger un mausolée en marbre qui I

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s'est conservé jusqu'en 1791. Philippe de Cabassole, au dire de tous les autres contemporains, fut un homme d'un mérite supérieur et aussi distingué par son esprit que par son érudition; il consacrait à l'étude tous les moments que lui laissaient disponibles les soins d'un diocèse qu'il gouvernait avec sagesse, et les affaires importantes dans lesquelles il fut employé et qu'il conduisit avec dextérité. Pétrarque, son and, a fait son éloge en quelques mots : Citait, dit-il, un grand homme à qui l'on a donné un petil itéchi ; et lorsqu'il apprit que Cabassolc avait été nommé cardinal: « Je savais bien, dit-il, qu'il Icse- « rait un jour, et je suis étonné seulement qu'il l'ait a été si lard. Urbain est le seul qui l'ait bien conte nu. » Il y avait sans doute d'autres causes générales que Pétrarque n'avait pas devinées ; car on peut regarder comme une singularité fort étonnante qu'aucun ecclésiastique d'Avignon et du comtat Venaissin, pays français soumis au saint siège pendant près de 500 ans, n'ait été élevé à la pourpre romaine depuis Philippe de Cabassolc jusqu'au fameux abbé Maury. L'évèque de Cavaillon, voulant jouir souvent de la société d'un homme dont l'esprit et le caractère charmaient ses maux et ses ennuis, avait voulu fixer Pétrarque dans son diocèse en lui procurant un bénéfice. Mais les ennemis du jioêle contrariaient toujours les démarches de son ami. Cabassole rendit un service plus signalé à Pétrarque et aux lettres, en sauvant dans son château de Vaucluse, en 1355, la bibliothèque que le poète avait laissée dans sa maison que des brigands incendièrent pendant un de ses voyages en Italie C'est à Philippe de Cabassolc que Pétrarque envoya, en 1564, son traité de la Vie solitaire, résumé de leurs entretien» à Vauclusc, précédé d'une lettre imprimée depuis en tête de 1 ouvrajre, comme épilre dédicatoirc. On lit dans les Mimoire$ de Fronçai» Pétrarque par l'abbé de Sade quelques fragments de correspondance entre le poète cl le savant cardinal. Cabassole a écrit plusieurs ouvrages qui se trouvaient manu* scrits a la bibliothèque de l'abbaye St- Victor à Paris, entre autres une vie de Sic. Madeleine, dédiée à Henri de Villars, archevêque de Lyon, et dont une copie, faisant partie des manuscrits de Peiresc, existe à la bibliothèque de Carpciilras. Dans cette vie, l'auteur décrit la tempête qu'il essuya, et dément l'assertion des dominicains de la Ste-Baume, en Provence, qui se flattaient de posséder le corps de cette sainte. A— T.

CABASSUT (Jean), né à Aix, en 4604 ou 1605, se destina d'abord au lurrcau, fut reçu avocat, et plaida même quelques causes où il annonça des talents; mais le désir de s'appliquer entièrement à l'étude dans un étal moins bruyant le conduisit, en 1626, dans la congrégation de l'Oratoire. Il apprit* sans le secours d'aucun maître, l'hébreu, le chaidéen, le syriaque, le grec ancien et moderne, et se rendit cette dernière langue si familière, qu'il traduisit selon le ritgrccl'ofliccde St. Pierre de JSolasque pour le patriarche d'Alexandrie, qui, louché du bien que faisaient les religieux do la Merci consacré* à la rédemption des captifs, voulut introduire l'office.

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dû leur saint fondateur dans sa liturgie. Le P. Cabassut s'attacha plus particulièrement a l'étude du droit canon ; mai* c'est mi» fondement que l'ootanus l'en dit professeur à Avignon. 11 virait <i tirelire dans la petite maison de Pertuis, lorsque te cardinal d« Grimaldi, archevêque d'Aix, étant en cours de visite, eut occasion de le connaître et d'apprécier son mérite. Il l'attira à Aix, et l'associa au gouvernement de «on diocèse. Il l'emmena avec lui à Rome en 1HOO, et le choit! l pour son oonçlavlstc tors de l'élection d'Alexandre VII. Pendant les dixhuit mois qu'il demeura dans cette capitale, il s'acquit l'estime dea savants d'Italie, et y recueillit les matériaux des ouvrages qu'il publia depuis. De retour dans sa patrie, il y tut l'oracle de sa province el des provinces cimonvoisines pour les questions de morale et de droit canon. On ne le voyait jamais sortir de aa retraite que pour réjiondre aux consultations de ee genre que lui attirait sa réputation. Ce Ait au milieu de ces occupations qu'il termina sa carrière, le 25 septembre 1685. C'était un homme de piété, de modestie, menant une vie laborieuse, mortifiée, et surtout d'un désintéressement à Unité épreuve. Il refusa un canonteat de la caHiédrale d'Aix et plusieurs bénéfices simples que le cardinal de Grimaldi lui avait successivement offerts. 11 avait abandonné son riche patrimoine à ses parents, et distribué en bonnes œuvres le produit de ses livres. Itans ses ouvrages, il voulut tenir le milieu entre le rigorisme et le relâchement. On lui a reproché quelque pente vers ce dernier. Ces défauts déparent un peu ses ouvrages, d'ailleurs savants et utiles pour ceux qui ne jieuvent pas consulter les sources. En voici la liste . i* Notifia conciliorum, etc., dont l'édition la plus amole et la plus correcte est celle de 1685, in-fol. C'est un bon abrégé de la ConnYiorum Cotttciio ; les principaux canons y sont rapporté! en entier. Les notices des conciles y sont accompagnées de dissertations, d'explications des canons, et d'une bonne introduction a la connaissance des rits de l'Eglise. Il ea a paru une 4" édition à Lyon, 1725, m-foL, et un abrégé estimé, en 1776, in-8°. 2° /«m emomiei Theoria H Praxis, Lyon, 1073, in-4°. Le savant canoniste Gibert en a donné une nouvelle édition, avec des sommaires et des notes, Poitiers, 1758, in-fol. ; Venise, 1757, in-fol. 5° Traité de T vsnre, Aix, in-12, composé à la prière du cardinal de Grima Mi . 4* Iforœ subcesivm. Ce sont des décisinus sur certaines questions de morale et de droit

r eanon. On doute que cet ouvrage ait été imprimé.

! {Voy. la Biblwth. des auteurs eedésiast. de EHics Oupm, t. 5 ) T— o.

i CABBEBO DE VASCONCELLOS (Michel), né à Sétuval, en 1525, après avoir Lut ses éludes à Bordeaux, à Toulouse et à Coimbre, et s'être appliqué au droit avec beaucoup «le succès, parvint aux premières charges à Lisbonne. Il mourut en 1577. On

1 lui doit une traduction latine do Plutus d'Aristophane, imprimée à Paris chez Vascosan, en 1517; quelques poésies imprimées à Lisbonne el à Coimbre ; des lettres et d'autres ouvrages imprimés à Rome, 15OT, in -8". — George Cabbedo, son fils, marcha

aur ses traces, devint chancelier du royaume, puis, lors de la réunion du Portugal à l'Espagne, membre du conseil d'État de Madrid pour le Portugal, et mourut le 4 mars 1004, à 45 ans. On a de lui : 1° Decisiones Lusitaniœ senatus, V partie, Lisbonne, 1002, in -fol.; réimprimée à Offcnbach, 1010; Anvers, 1020 et 1635; Francfort, 1646; 2e partie, 1604, in-fol., réimp. a Offenbach en 1610; à Francfort, en 1046. H compila cette collection d'ordonnances par ordre de Philippe If, et pour établir les prétentions de ce m< marque à la couronne de Portugal, après la mort du cardinal Henri. 2° De Patromstibus ecclesiarum rcgiai coronce lAtsitanicc, 1603, in-4". A. B — t.

CABELIAU (Abraham), négociant hollandais, qui se rendit en Suède au commencement du 17" siècle, sous le régne de Charles IX. Il attira dans le même pays plusieurs de ses compatriotes, et jeta, de concert avec eux, les bases du commerce de la ville de Gothembourg, qui venait d'être fondée. Il fut nommé, sous te règne de Gustave- Adolphe, intendant «les pêcheries et directeur des compagnies de commerce. Son intelligence et son activité lui firent acquérir une fortune considérable, qu'il employa souvent à l'honneur et à la défense du royaume. Lorsque Christian IV, roi de Danemark, menaça la Suède d'une invasion, Cabcliau entretint une escadre pour défendre les côtes, et lit venir à ses frais un corps de troupes a Stockholm. — Sa fille, Marguerite Cabemal', captiva le cœur de Gustave- Adolphe, qui eut d'elle un fils, connu dans l'histoire sous le nom de comte de Yasaborg. C — au.

CABESTAN, ou plutôt CABESTAING (GliLlal'he oe), gentilhomme de Roussillon ou de Provence, poète du 15" siècle, chanta différentes dames, suivant l'usage du temps. Sa dernière maîtresse, selon Jelian de Nostre-Damc, fut Tricline Carbonnel, femme du seigneur deSeillan, qui, jaloux du troubadour, dont 11 avait fait son écuyer, le tua, lui arraclia le cœur et le lit manger à sa femme. Tricline dit à son époux « que , puisqu'elle avait mangé si noble « viande, elle n'en mangerait jamais d'autres; » et elle se laissa mourir de faim en 1213. On sait que cet horrible événement a aussi été attribué à Gabridlc de Vergy et à la marquise d'Astorgas. Suivant Millot, lemari furieux contreCabestaingse nommait Raymond de Castel-Roussillon, et son épouse Marguerite. D'après un manuscrit italien, on rapporte que les parents de celle-ci et du troubadour, ainsi qu'un grand nombre de chevaliers, à la tète desquels se mit Alphonse, roi d'Aragon, démolirent le château de Raymond, firent de pompeuses funérailles aux deux amants et les inhumèrent dans le même tombeau, qui fut placé dans une église de Perpignan. Les chevaliers du Houssillon et du Karbonnais assistaient chaque année à un service solennel fondé par le roi d'Aragon pour le repos de l'ame de Marguerite et de Cabestan ; cependant aucune chronique du temps ne fait mention de tout cela, et l'historien des troubadours, MUIot, déclare lui-même que la vie de celui-ci ressemble beaucoup à un roman. Il reste de Cabestaing sept chansons

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dans les manuscrits de la bibliothèque royale, sous les n»» 27<H, 7225 , 7226, 7614 et 7698. Cinq d'entre elles ont été publiées dans la collection intitulée : Choix des poésies originales des troubadours. Z.

CABEZA DE VACA (Alvar Nunez), gouverneur du Paraguay, chargé, en 1539, par la cour d'Espagne, de continuer la découverte de cette contrée et de la rivière de la Plata, en qualité d'adelantado, ou chef principal, mit à la voile de St-Lucar le 9 novembre 4540, avec quatre vaisseaux et près de cinq cents soldats, mouilla successivement à Cananca, dont il prit possession, et à Santa-Catalina, d'où il lit différentes reconnaissances; mais, ayant perdu deux vaisseaux, il se détermina à se rendre par terre au Paraguay, traversa en novembre 1541 des chaînes de montagnes désertes, et rencontrant, au bout de dix-neuf jours de marche, des plaines peuplées d'Indiens Guaranis, en prit possession au nom du roi d'Espagne, et leur donna le nom de province de Vira, du nom do son père et de son grand-père, qui avait découvert de nouveau les Canaries en 1485. [Voy. Betu en court et Véra.) Cabeza continua sa route par terre, et, le 11 mars 1512. lit son entrée publique à l'Assomption, dont il prit le commandement. Il y bouleversa l'administration, annula les nominations faites par le roi, et, malgré la vive opposition des colons espagnols, réussit d'abord dans ses projets d'oppression. Résolu d'aller en personne chercher un cliemin pour pénétrer au Pérou, il ne put réussir, revint sur ses pas et rentra a l'Assomption. 11 y trouva les esprits en fermentation contre lui. Ses troupes, fatiguées de son avarice et de sa tyrannie, s'unirent aux mécontents, et, le 20 avril 1 544, nommèrent un autre gouvernement. Cabeza fut mis aux fers et embarqué pour l'Espagne avec son conlident, le grenier Pédro Fernandez. A leur arrivée, le conseil souverain des Indes entendit les accusés, et les condamna à être déportés en A impie. Pendant l'instruction du procès, Cabeza de Vaca et Pierre Fernandez, son secrétaire, publièrent pour leur justification, et en forme de mémoire, le premier ouvrage qui ait paru sur le Paraguay et la rivière de la Plata. Il est divisé en 2 parties : la 1", intitulée : Naufragiot de Âlcar Nunes Cabeza de Vaca, a été rédigé par Cabeza ; la 2" est de son secrétaire, et a pour titre : Commentarios de Alvar Nuiiez, adelantado y gobernador de ta provincia del rio de la Plala. Cet ouvrage, imprimé à Valladolid, 1555, in-4% se trouve aussi dans le t. 1 '' du recueil de Barca, intitulé Historiadores primitivos de las Indias occidentales, Madrid, 4749, 5 vol. hvfol. B-petA.B— T.

CABEZALÈRO (Jean-Martin), peintre espagnol, né à Almaden, dans le royaume de Cordoue, en 1653, Tut élève de don Juan Carreno, et, comme lui, remarquable par son coloris. Il n'a peint que des sujets pieux. Plusieurs églises de Madrid sont décorées de ses tableaux. Il mourut dans cette ville en 1673, n'ayant pas encore 40 ans. A— s.

CABIAC (Claude de Bane, seigneur de), de l'ancienne famille des barons d'Avéjan, naquit à

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Nîmes en 1578, et y fut d'abord élevé dans les principes du calvinisme, que ses parents proressaient; mais, ayant été envoyé au collège des jésuites de Tournon, il en sortit non-seulement catholique, mais même animé d'un zèle ardent pour les intérêts de sa nouvelle religion. 11 le signala par la composition d'un ouvrage, qui ne fut néanmoins publié que quelques mois après sa mort, sous ce titre : l'Ecriture abandonnée par les ministres de la religion réformée, 1658. On vanta beaucoup alors le mérite de cet écrit, où l'on trouve un grand nombre de passages des livres saints, des conciles, des Pères, pour prou- Ter que, loin que l'Évangile justifie nulle part la doctrine des réformés, il la condamne, au contraire, presque partout. Ou assure que ce traité opéra un grand nombre de conversions. Tel avait été le zèle de l'auteur, qu'en lui administrant les derniers sacrements, l'évèque de Nîmes le remercia solennellement, au nom du clergé, des services qu'il avait rendus à l'Église. Cabiac avait été pourvu, en 1620, d'un office de conseiller au présidial de Mines. Il mourut dans cette ville, au commencement de 1658. V. S. L.

CABISSOL ( Guillaume -Baltuasar), né à Rouen en 1749, mort à Jumiéges le 26 mai 1820, était membre de l'académie royale des sciences de la même ville. Les recueils de ces deux compagnies contiennent plusieurs mémoires de ce savant qui s'était occupé de profondes recherches sur les antiquités de la ville de Rouen et sur la statistique du département de la Seine-Inférieure. Z— o.

CABIZ. C'est sous ce nom qu'est connu un docteur turc contemporain de Soléiman 1", dont le nom propre ne se trouve pas dans les historiens turcs. Quant à celui d'Aimé, que lui donne Cantemir, il parait être la corruption du mot atmah (égaré, hérétique). Ce docteur, qui était de la classe des oulémas, prétendait que Jésus-Christ était supérieur à Mahomet. Il ne se contentait pas de dévoiler son opinion à ses confères, mais il démontrait publiquement au peuple l'absurdité de la religion mahométane et la pureté des dogmes du christianisme. Les docteurs de la loi, ne pouvant écouter avec indifférence les propos de Cabiz, le firent citer au divan. Le grand vizir Ibrahim-Pacha chargea de l'examen de cet liérésiarquc les deux cadis-askers de Romélie et d'Anatolie, qui ne purent réfuter ses opinions ni détruire les arguments par lesquels il les soutenait : il recouvra donc la liberté. Le Grand Seigneur, qui avait entendu celte discussion par une croisée qui donnait dans la salle du divan, lit de grands reproches à son premier ministre; celui-ci allégua l'ignorance des cadis-askers ; mais le sultan ordonna qu'on fit juger l'affaire par le mufti et le cadi de Constantinople. Ces derniers se rendirent le lendemain au divan ; le mufti Chemseddyn-effendi questionna Cabiz, et, après l'avoir écouté tranquillement, il réfuta tous ses arguments, lit voir la fausseté des interprétations qu'il donnait aux versets du Coran pour soutenir son opinion, et le mit, disent les historiens turcs, dans l'impossibilité de répliquer un mot. Il s'adressa ensuite au cadi de Constanlinople, disant

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qu'il avait fait ce qui le regardait, et l'invita à prononcer ce qu'exigeait la loi. Le cadi tâcha, de son côté, de détourner Cabiz de son opinion et de lui faire abjurer sa croyance ; mais, celui-ci refusant de se rétracter, la sentence de mort fut prononcée, et il eut la téte tranchée le 8 de saler 35 1 de l'hégire (19 septembre 945 de Jésus-Christ.) R— s.

CABOCHE (Simon) était un écorcheur débites à Paris, sous le roi Charles VI. Ce métier l'exerça à la cruauté, et il devint par là un grand personnage dans les séditions d'une époque qui ressemble sous quelques rapport à la nôtre. Il donna même son nom à un parti puissant (les eaboehiens) qui fit trembler les princes et le roi. La France était livrée aux factions des Bourguignons et des Armagnacs, l'une ayant pour chef le duc de Bourgogne, l'autre le duc d'Orléans, frère du roi, toutes deux également souillées de crimes. Le dauphin s'opposait seul, pendant la démence de son père, à cette double sédition ; et le peuple, incertain de l'autorité, se laissait aller, comme il arrive toujours en pareil cas, à l'impulsion des plus férores et des plus audacieux. Simon Caboche, Denis Chaumon, les trois fils du bouclier Lcgoix et le bourreau Capeluche (roy. ce nom) se mirent à la téte de la populace. Leur première pensée fut d'attaquer la Bastille; puis ils se tournèrent vars le palais du roi, qui était alors dans la Cité; et ils demandèrent qu'on leur livrât les ministres, qu'ils voulaient les égorger. On leur résista ; ils se précipitèrent dans le palais, le ravagèrent, et, après avoir commis plusieurs massacres, ils retournèrent à la Bastille, dont ils s'emparèrent. Triomphants alors partout, ils arborèrent les signes de la rébellion ; et ce qui est digne de remarque, c'est que la couleur du peuple étant la couleur blanche, on arbora partout le chaperon blanc, et que le drapeau du roi étant bleu, ceUe couleur fut partout proscrite. Simon Caboche fut porté au faite de la puissance. On appela son parti, composé de tout ce qu'il y avait de plus méprisable, la faction des êrorcheurs, et l'on vit ces misérables, à peu près comme les sanseulatles d'un autre temps, s'enorgueillir de cette odieuse dénomination. Les eaboehiens ou êcorcheurs firent prendre le chaperon blanc au roi, au dauphin, à toute la cour ; et leur orateur, Pavilly, qui était un religieux de l'ordre des carmes, se présenta audacieusemeut au palais du roi, où il injuria, dans une liarangue séditieuse, l'héritier du trône que les factieux avaient essayé vainement d'attirer dans leur parti. Irrités de son refns, ces furieux se vengèrent sur les seigneurs de la cour les plus fidèles. Ils s'attaquèrent ensuite aux bourgeois, et toute la ville fut couverte de meurtres et de pillage. C'était Simon Caboche qui dirigeait ces atrocités. Il avait arraché au dauplrin le commandement des ponts de Charenton, de St-Cloud, et il était ainsi maître absolu de la capitale. Non content de ce rôle, il voulut être législateur, et obtint des états généraux, réunis par ses ordres, la sanction d'une ordonnance qui est restée comme une flétrissure dans nos archives historiques sous le nom d'Ordonnance cabochienne (1).

;i) Les ukochicits, »eunt érigés en législateurs, entreprirent

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Le roi ayant recouvré quelques lueurs de raison, le peuple parut très-content d'être délivré des êcorcheurs, et il se porta en foule dans les églises pour en remercier Dieu ; mais ils reparurent aussitôt avec une nouvelle audace : ils obligèrent le monarque et tcute sa suite à prendre le chaperon blanc, et les massacres, le pillage, recommencèrent avec une nouvelle fureur jusque dans le palais du roi ; enfin les factieux triomphants firent périr le malheureux Desessarts, gouverneur de la Bastille. Le duc d'Orléans ayant essayé de mettre fin à ces calamités par un accommodement, Simon Caboche jura, par le sang distillé goutte à goutte de Jésus-Christ, qu'il tiendrait pour ennemis de la noble ville de Paris quiconque recevrait celte paix fourrée, couverte de peaux de brebis... Le sacrilège factieux épouvanta ainsi tout le monde, et il n'y eut pas de négociations. Cependant le neuple sentait tout le poids de cette tyrannie sanguinaire; et les princes faisaient tous leurs efforts pour s'en affranchir. Le duc de Bourgogne seul, intéressé à prolonger le désordre, excitait en secret la férocité des eaboehiens; mais a la lin, les gens de bien triomphèrent, la paix fut publiée aux acclamations du peuple, et le prince bourguignon lui-même fut obligé d'y mêler des témoignages d'une joie hypocrite. Alors une violente réaction éclata contre les eaboehiens, et plusieurs des chefs furent pendus. On trouva chez eux des preuves d'un vaste plan de massacres. Le duc de Iiourgogne; obligé de quitter Paris, rassembla les débris de cette (action, se mit à leur téte, et marcha de nouveau sur la capitale. Puis le dauphin étant mort dans ces malheureuses circonstances, les êcorcheurs reprirent encore une fois le dessus, et il y eut des massacres tels qu'on n'en avait pas encore vu. Sous prétexte de juger à Paris les prisonniers qui étaient dans le château de Vincennes, on les mit dans des voitures, et des assassins apostés les égorgèrent sur la route I A Paris on tuait dans les rues pêle-mêle tout ce qui se rencontrait, femmes, enfants, vieillards. Les femmes enceintes même n'étaient pas épargnées, et, selon l'expression des historiens, les meurtriers, prenant plaisir à les éventrer, disaient : Voyez ces petits chiens qui remuent ! Mais le duc de Bourgogne fut à la fin assassiné lui-même sur le pont de Montercau (roy. Jean Sans-Peur), et son parti succomba aussitôt. Plusieurs chefs des êcorcheurs mis en jugement furent pendus, et Caboche périt du même supplice, laissant dans l'histoire un exemple frappant de la justice céleste, et un nom digue d'être opposé à celui des plus cruels de nos démagogues. L — T.

CABOT, ou GABOTTO (Sébastien), second fils de Jean Cabot , Vénitien qui vint en Angleterre , peu de temps après la découverte de l'Amérique, proposer au roi Henri VII de l'envoyer découvrir de nouvelles terres, et de chercher un passage par- le nord-ouest pour aller au Catliai oriental. Jean Cabot fut accueilli avec toute sa famine.

une compilation d'anciens règlements, a»ee des additions et des retranchements, et ce nouveau code fol appelé les Ordonnance» eafrotÀitnnet. V—*».

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H nous reste on acte authentique , daté du ïî mars 1493, par lequel Henri VII lui accorda , ainsi qu'à ses enfants , In liberté de naviguer dans toutes les mers, sous le pavillon anglais, et leur permit de former des établissements et de construira des forts. Le commerce exclusif de toutes les contrées qu'ils détalent visiter leur est cédé par le même acte. Nous n'avons aucune relation authentique des navigations de Jean Cabot et de ses trois fils (1). — Le second , Sébastien Cabot, né à Bristol en 1407, a été plus connu que ses frères ; car les fragments qui nous restent sur les voyages des Calwt ne parlent que de lui : mais ces fragments offrent tant de contradictions qu'il est impossible de reconnaître les pays qu'il a visités. Hackluyt, dans sa collection, nous a transmis la pièce où l'on trouve le plus de détails sur la navigation et la vie de Sébastien Cnbol; il dit l'avoir tirée du second volume de la collection de Hamusio; mais nous l'y avons cherchée en vain. Cette pièce est attribuée à Galérius Butigarlus , légat du pape en Espagne, qui dit tenir les particularités qu'elle contient d'un habitant de Cadix , lequel avait eu plusieurs conversations avec Sébastien Cabot. Elle nous apprend (pie ce navigateur, en partant pour l'Angleterre , avait fait roule au nord-ouest, et fut arrêté par une terre qui s'étendait vers le nord. Il la suivit pour tacher de découvrir si elle tournerait à l'ouest et formerait quelque golfe; il s'aperçut au contraire, lorsqu'il fut parvenu à 50» de latitude nord , qu'elle se dirigeait à l'est. Alors, désespérant de trouver un passage, il lit route au sud, et prolongea la même Côte : il vint jusqu'à cette partie de la terre ferme qu'on appelle Floride. Hamusio , connu par son exactitude, n'a donné aucun extrait des navigations de Sebastien Calwt ; il se contente de citer, dans la préface de son 3* volume , un passage d'une lettre qu'il avait reçue de lui. Il en parle comme d'un homme de beaucoup d'expérience , et d'un rare talent dans l'art de naviguer et dans la cosmographie. Ensuite il transcrit le passage de sa lettre, qui nous apprend que Cabot était allé fort loin dans la direction de l'ouest quart nord-ouest, derrière les lies placées le longdc la terre qu'il avait découverte, et s'était avancé jusqu'à 67" et demi de latitude nord. Le 1 1 juin, ayant trouvé la mer ouverte et sans aucun empêchement , il avait cru pouvoir aller au Cathai par ce chemin, et l'aurait fait, si l'esprit de mutinerie ne s'était mis dans ses équipages , et ne l'avait forcé * revenir en Angleterre. Pierre Martyr, qui était aussi contemporain de Cabot dit , dans son Histoire des Indts orientales , que Sebastien Cabot trouva, à 55* de latitude, des glaces qui l'empêchèrent de remonter plus au nord. Le même auteur ajoute qu'il n'y avait pas de nuit dans ces parages, et qu'à minuit on y voit aussi clair que dans nos contrées (tendant le crépuscule du matin : ceci ferait croire que

(M U' ralalofue àe la Mbt»<hi<q<t« kVMlMranr (Otforri. 1074, iu-foi., p. 122, arl Setnjliano Cat-ola) irulu|m- un mmagr suis ut lilfl I Saiiftliuiu Mlle smlê ultenlrùtuii, Vfgkfc «5*3. Mai* ut livre, tofuuoa a lous jf5 feiugTa|>!*c* que uviu avout ruusultc*, est KW-iUt imaginaire. V— w.

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Cabot se serait trouvé au delà de 35* de latitude. 11 ne parait pas possible de concilier ces trois différents récits ; il faut même renoncer à trouver les terres découvertes par Cabot, d'après les latitudes qui y sont désignées. L'opinion la plus générale est qu'il a visité la côte orientale de l'Ile de Terre- Neuve ; cependant , si l'on s'arrête au passage cité par Hamusio, on |>ourrait croire qu'il aurait pénétré dans le détroit de Hudson , puisqu'il y est dit qu'il s'est avancé derrière des lies , à moins que l'on ne suppose qu'il ait pénétré dans le golfe et dans le fleuve St-Laurent. On lisait, sur une ancienne carte que Hackluyt a vue dans les appartements de la reine d'Angleterre , que Jean Cabot et son fils Sébastien avaient découvert une terre , le 24 juin 4 407, à environ cinq heures du matin : elle fut appelée Newfoundland en anglais , ou Terre- Neuve. Une Ile qui en était près reçut le nom de St-Jean , parce que c'était la fête de ce saint. Après avoir fait des découvertes pour le rai d'Angleterre. Sébastien Cabot passa en Espagne en 4526 ; on lui donna des navires avec lesquels il remonta trèsavant dans la rivière de la Plata. On dit aussi qu'il fit d'autres voyages sur des vaisseaux espagnols. Quoi qu'il en soit, il vint chercher le repos en Angleterre ; il y fut nommé grand pilote du royaume , et gouverneur de la compagnie des marchands, formée pour découvrir des terres inconnues. 11 surveilla , en 1553 , l'armement de l'expédition commandée par Willoughby. Hackluyt nous a conservé un acte, daté de I ;" par lequel Edouard VI lut accorde une pension de 166 livres 13 sous 4 deniers sterlings. Celle somme , qui revient à 4,000 francs de notre monnaie, était considérable à cette époque, et fait juger de l'importance des services qu'il avait rendus. Ce dernier acte , ainsi que le premier acte de Henri VII, sont les seules pièces authentiques qui nous restent relativement aux Cabot ; elles suffisent pour ne pas faire regarder leurs découvertes comme fabuleuses, ainsi que quelques historiens ont été tenté de le penser. Il n'est pas possible, à la vérité, de reconnaître les terres qu'ils ont vues; mais tout porte à croire qu'elles font partie de l'extrémité .septentrionale de l'Amérique. R — L."

CABOT ( Vt.vcuiNT ), jurisconsulte du tO* siècle, né à Toulouse, disputa, à l'âge de vingt -quatre ans, une chaire de droit canon à Paris. Sur sa réputation , il fut ap|>clé à Orléans par l'université, et , pendant quatorze ans, il y professa le droit public et privé. Sa célébrité toujours croissante le fit rappeler «lans sa patrie par Dufaur de St-Jorry, premier président du parlement de Toulouse. H y remplit |>endanl vingt-deux ans la chaire confiée à ses soins, avec d'autant plus de succès qu'il cherchait moins à montrer son savoir qu'à le communiquer à ses élèves. Léonard Campistron rapporte qu'il disait à ceux qui auraient désiré plus d'ornement et d'éloquence dans ses leçons « qu'il était seulement « ga^'é du public pour enseigner avec fruit, et non « |>our paraître vainement éloquent ou savant. » Il ne n,' (irisait pourtant pas l'éloquence; mais il préférait une clarté «impie à la pompe <k* paroles. Il

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mourut au commencement du 17* siècle. On a de lui : i* Laudatio funebrii D. 3fichaelis Violai, Orléans, 1592, in-4*; 2* Variorum jurit publici et pritali Dissertalionum libri duo, Orléans, 1398, in-84; S* tJn Traité det bénéfices, que J. Doujat publia en 1656 sous le nom de J. Dart, et dont il a depuis reconnu Cabot pour l'auteur. 4°. Les Politiques de Vincent Cabot , publiées par Léonard Campistron , Toulouse, 1630, in-8". C'est le 1" volume d'un ouvrage projeté | i Cabot, et qui devait avoir 28 livres. Il n'en avait achevé que six ; l'éditeur, qui les revit et les mit en ordre, les dédia au cardinal de Richelieu. Il rapporte qu'en 1621, il les avait présentés aux ministres, au parlement et à l'université de Paris , et qu'on s'accorda généralement à reconnaître que Cabot y avait mis a plus de secret de cette science ( la « politique ) qu'on en trouvait dans tous les autres « livres qui en avaient traité jusqu'alors. » A. B— T.

CABOIS (Cueus-el-Maam}, 4* prince de la dynastie persane des Zayarides [voy. Maiidawwj), s'est rendu célèbre par son esprit, se* vertus cl ses malheurs. Fils de Vachmcghir, il succéda à son frère Bistoun, l'an 366 de l'hégire (976-77 de J.-C). Trois ans après , Fakhr-Eddaulah (voy. ce nom), prince Bouldc, chassé de ses Etats par ses frères (eoy. Adiiad-Eddaclah), alla chercher un asile dans le Djordjan. Cabous refusa constamment de le livrer à ses ennemis, et s'exposa à leur vengeance pour n'avoir pas voulu trahir les droits de l'hospitalité. Vaincu dans les plaines d'Astcrabad, l'an 371, Cabous n'a que le temps d'emporter ses trésors, et se sauve à Nichabour avec Fakhr-Eddaulah. L'émir Samanidc Nouh II, souverain de la Perse orientale, accueille ces illustres fugitifs , et cliarge Hossam- Eddaulah, gouverneur du Khoraçan, de les rétablir dans leurs Etals. Une nouvelle défaite, qu'ils essuient l'année suivante, les force de lever lesiége de Korkan et de retourner à Nichabour. Mais la faction qui alors langea le système politique de la cour de Bokhara (roy. Nouh II) lit disgracier Hossam-Eddaulah, et priva les deux princes des nouveaux secours qu'ils avaient sollicités. Cependant Fakhr-Eddaulah. monté sur Irône, après la mort de ses frères, en 373, se montre à la fois ingrat et reconnaissant : il retient les Elats de Cabous, son allié, sou bienfaiteur, et les cède, à titre de fier amovible, à Hossam-Eddaulah, qui, malgré son attachement à ces princes, ne pouvait accuser que l'intrigue de la perle de ses emplois et de ses dignités. Cabous commua donc de vivre en exil, se reposant ' sur les promesses de l'émir Nouh et de Sebekteghyn, souverain de Ghazna. Mais les troubles qui prépaient la chute de l'empire samanide, les guerres que ces deux monarques eurent à soutenir empêchèrent les efforts de leur bonne volonté, et leur mort, arrivée l'an 387, aurait anéanti les espérances de Cabous, si la forluue, en lui enlevant ses prolecteurs, ne l'eût délivré la même année du perfide auteur de ses malheurs. Fakhr-Eddaulah n'avait laissé que des enfants en bas âge. I ne régence orageuse, des révoltes dans le Thabarislan, dont les peuples, détestant la domina- Uoq des Boutdes, souuiraieut après le retour de

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