‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 57 sur 97 · CAB SU · texte numérisé non relu

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leur légitime souverain, déterminèrent enfin Cabous à profiter d'un concours de circonstances aussi favorables. Pendant un long séjour dans le Khoraçan, son caractère affable et généreux, les charmes de son esprit M de sa conversation, son humanité, surtout ses largesses, lui avaient gagné tous les cœurs. Il lève des troupes et les envoie s'emparer des défilés qui ouvrent l'entrée du Djordjan ; dans le même temps, Amoul lombe au pouvoir des insurgés du Thabarislan : partout les Bouides sont vaincus, partout la khothbah est récitée au nom do Cabous. Il quitte alors sa retraite, rentre dans le Djordjan, au mois do chaban 388 (août 098), conclut la paix avec Madjd-Eddaulah (roy. ce nom), et s'assure la possession du Thabarislan, du Ghilan, de toutes les provinces qui forment le rivage méridional de la nier Caspienne. Pour se maintenir sur le trône, il se ménagea l'amitié du célèbre Mahmoud (voy. ce nom), fils de Sebekteghyn ; mais l'alliance qu'il fil avec ce conquérant ne put le préserver de la catastrophe qui devait terminer son règne et sa vie. A des mœurs pures Cabous réunissait toutes les qualités de l'esprit cl du c«eur ; la sagesse et l'équité présidaient à ses jugements , et son Ame généreuse repoussait toute idée de crime et de perfidie. Cependant, soit que l'âge ou de longues infortunes eussent aigri son caractère, soit que l'anarchie et la licence eussent introduit dans ses États mille désordres dont la répression exigeait la stricte et rigide observance des lois, sa sévérité déplut aux factieux qui eu redoutaient les effets, et aux grands qui voulaient abuser de leur pouvoir. Us accusèrent ce prince de tyrannie et de cruauté, lui reprochant da se livrer a la colère la plus effrénée, et de punir les fautes les plus légères par les plus rigoureux cliatiments. L'exécution peut-être trop précipitée du gouverneur d'Asterabad acheva do mettre l'arméo en fureur. Cabous so délassait dans un château, noa loin de la capitale : il est assiégé par les séditieux qui pillent tout ce qui tombe sous leurs mains; mais, repoussés par la garde du prince, ils retournent à Kokan, s'en emparent et font revenir du Tbabarislau Mcnoulchehr, fils de Cabous. Us lui offrent le trôno, pourvu qu'il consente à la déportation de son père, et le menacent, en cas de refus, de se choisir un autre souverain. Le jeune prince, craignant de les irriter et de perdre la couronne sans sauver son père, so rend à leurs instances. Cabous attendait à Boslham l'issue de celte révolution. Menoutchehr vint l'y trouver, et «'étant jeté à ses pieds, la face contre lerre, il protesta de son respect, de son innocence, et lui offrit de tout entreprendre, au péril même de sa vie, pour le rétablir dans ses droits et le venger des rebelles qui les avaient méconnus. Cabous, satisfait de la démarche de son fils , refusa d'accéder à ses désirs. Il se démit, entre ses mains, de l'autorité suprême, lui remit son anneau avec la clef de son trésor, et se relira dans un château voisin où il espérait vaquer paisiblement à la prière el à la méditation. Mais sa vie était suspecte à ses ennemis ; ils ne cessaient de tourmenter Menoutchehr, pour lui anaolier l'arrêt de sa mort. Enfin, soit que

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ce prince eût cédé à leurs importunités, soit à son insu, quelques-uns de ces scélérats, ayant pénétré dans l'asile de Cabous, se délirent de lui, par le fer ou par le poison, ou, comme le dit Aboulfeda, en dépouillant ce malheureux vieillard de tous ses vêtements, pour le laisser mourir de froid. Telle fut la fin de Cabous, l'an de l'hégire 403 (de J.-C. 1012-15), après un règne de 37 ans, y compris les dix-sept années de son expatriation. Ce prince est regardé comme martyr par les musulmans, et son tombeau est en vénération dans la capitale du Djordjan. Cabous était très-éloquent ; il composait des vers arabes et persans ; il protégeait et honorait les savants et les gens de lettres ; il était versé dans plusieurs sciences, particulièrement dans l'astronomie ; et la beauté de son style et de son écriture était telle que l'illustre vizir Sahêb ibn Ebad (voy. Saheb), quand il recevait quelqu'une de ses lettres, s'écriait : « Ceci est écrit par la main de a Cabous, ou par la plume des paons célestes » (c'est ainsi que les Orientaux désignent les anges). Outre Menoutcbchr qui lui succéda, Cabous laissa un autre fils nommé Dara qui se rendit malheureux par ses inconséquences, sa présomption et sa légèreté, et qui, après une infinité d'aventures, après avoir erré en diverses cours de l'Asie, alla finir obscurément ses jours dans un château où il fut relégué par le fameux Mahmoud, sultan deGhazna. Cabous avait aussi un neveu qui fut guéri par Avicenne [voy. ce nom), que ce prinît reçut à sa cour pendant les plus beaux jours de son régne. A — t.

CABRAL (Pjebre-Alvakez), navigateur portugais, distingué par sa naissance et ses talents militaires, fut choisi par Emmanuel pour commander la seconde flotte que ce prince envoyait aux Indes. Il reçut l'étendard royal des mains du roi dans l'église de Bclcm, etPévêque de Viseu lui mit sur la tête un chapeau béni par le pape. Après celte cérémonie, Cabrai sortit du Tagc, dans le mois de mars de l'an 1500, avec treize vaisseaux et douze cents hommes d'équipage, au bruit de l'artillerie et aux acclamations d'un peuple immense. En heureux hasard le conduisit à la découverte qui a fait sa renommée. Pour éviter les calmes de la côte d'Afrique, Cabrai s'éloigna de la roule ordinaire, et prit tellement à l'ouest qu'il se trouva à la vue d'une terre inconnue : le 24 avril de la même année, cette terre était le Brésil, qui reçut alors le nom de Terre de Sie-Croix. Ainsi l'Amérique ne devait point rester ignorée, et le génie de Colomb ne l'eûlil pas conduit à la découverte de ses rivages, huit ans plus tard l'Européen y eut abordé , sans les chercher. Le premier havre où la flolte portugaise put débarquer fut appelé Porto-Seguro. Après quelques jours passés sur cette terre nouvelle , Cabrai prit la route des Indes ; mais avant d'y arriver, une de ces tempêtes , si communes dans ces mers, fit périr la moitié de ses vaisseaux avec leurs équipages. Parmi les victimes de cet événement, on doit citer Barthélémy Diaz, cet illustre marin, qui avait atteint le premier le cap de Bonne-Espérance. Cabrai, ayant rallié six vaisseaux, alla à Mozambique,

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à Quiloa et à Mélinde, puis à Calicut, qu'il canonna quelques jours après pour se venger de la trahison du roi de celle contrée. Après cet acte de vigueur, qui donnait une haute idée de la puissance et de la valeur portugaise , il parcourut en conquérant les rivages de l'Inde ; il fut recherché des rois de Ce— chin et de Cananor, qui firent un trallé de commerce avec lui. Chargé des riches productions de leurpay8, il reprit la route d'Europe, et mouilla dans le Tagc, le 25 juin 1501 . 11 ne parait pas que Cabrai ait été employé daus les expéditions qui ont suivi la sienne. Ce navigateur tient une place distinguée dans les annales de la géographie. Il détermina d'une manière plus exacte la position des Anchedives, découvertes quelques années auparavant. Il fit décrire par Sancho de Toar la ville de Sofala, où il avait abordé le premier, et procura sur les rivages de Mozambique des aperçus nouveaux. Enfin le Portugal lui doit l'établissement de ses premiers comptoirs aux Indes. L. R — I.

CABRAL, ou CAPRALIS (François), né en 1528 à Covilhana, petite ville du diocèse de Guarda en Portugal, voyageait dans l'Orient, et se trouvait à Goa, lorsqu'il entra chez les jésuites, âgé de vingt-six ans. Son zèle pour les missions lui fit parcourir une grande partie des contrées de l'Inde et de l'Asie, et presque partout il exerça les premières charges de sa société. Après avoir professé la philosophie et la théologie a Goa, et gouverné successivement plusieurs maisons de son ordre dans l'Indoustan, il s'embarqua pour le Japon, où il remplit pendant plusieurs années les fonctions de vice-provincial. De nombreuses conversions y furent le fruit de ses longs et pénibles travaux. Il régénéra dans les eaux du baptême la mère, l'épouse et les enfants du roi d'Omura, et l'exemple de ces illustres proaélytes en fit une multitude d'autres. En 1575, il conféra également le baptême au fils du roi de Bungo, et, quelque temps après, au roi lui-même, qui, vingt ans auparavant, avait ouvert ses ports et donné dans son palais l'hospitalité à St. François- Xavier. Les paroles et les vertus de l'apôtre des Indes l'avaient vivement ébranlé , mais il était réservé au P. Cabrai de le soumettre au joug de la foi chrétienne. Ces conversions éclatantes entraînèrent celles d'une foule de Japonais , parmi lesquels on remarqua même un grand nombre de bonzes. Le P. Cabrai revint ensuite à Macao, où il fut chargé de diriger les nouvelles missions qui commençaient de s'établir à la Chine. Les prédicateurs de l'Evangile venaient enfin de pénétrer dans cet empire ; le célèbre P. Ricci y jetait les fondements de plusieurs églises. Le P. Cabrai ne se contenta pas de pourvoir à tous les besoins de celle chrétienté naissante, il la cultiva lui-même, et partagea pendant plusieurs années les travaux et les succès de ces premiers missionnaires. Rappelé à Goa, il y fut d'abord revêtu de l'autorité de visiteur et de provincial pour toutes les Indes, et enfin établi supérieur de la maison professe de Goa , qu'il gouverna pendant trente-huit ans. En 1600, il assista, au nom et avec les pouvoirs de Pévêque du Japon, au concile que tous les évêques de

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l'Orient tinrent dans l'Inde, et mourut à Goa, le 16 avril 1609, ftgé de 81 ans. On trouve un grand nombre de ses lettres dans les Litlera annuœ, écrites du Japon depuis 1571 jusqu'en 1584, et parmi celles écrites de la Chine dans les années 1585 et 1584. Il en existe encore quelques autres dans le recueil de ces mêmes Lillerœ annuœ, imprimé à Evora en 1608. G— a.

CARRERA (don Bernard de), général, ministre et favori de Pierre le Cérémonieux, roi d'Aragon, lit la conquête de Majorque, soumit les rebelles de Valence, et se signala ensuite dans la guerre contre la république de Gênes , à laquelle le roi d'Aragon disputait la possession de l'Ile de Sardaigne. Nommé général de la flotte aragonaise, il joignit ses forces à celles des Vénitiens, et remporta, le '27 aoiU 1555, à la hauteur de cette lie, une victoire complète sur les Génois , alors formidables sur mer. Le roi lui confia la conduite de cette guerre où il eut plusieurs fois l'occasion de se signaler. Cabrera jouit longtemps de la faveur de son maître et de l'estime publique ; mais se voyant par la suite exposé à l'envie , et craignant l'ingratitude du roi, il se retira dans un monastère, où il ne montra plus que du dégoût pour les grandeurs humaines. Pierre crut avoir encore besoin de lui, alla le tirer luimême de sa solitude, en 1549, le ramena à la cour, et lui fit prendre place au conseil. Une ligue s'étant formée entre Henri de Transtamarc et les rois de Navarre et d'Aragon, pour détrôner le roi de Castille, Cabrera soutint que cette guerre était impolitique, et s'y opposa. Les partisans de la guerre le rendirent suspect au roi d'Aragon ; Cabrera, craignant d'être victime d'un parti puissant que dirigeait la reine elle-même, voulut se retirer en France, mais il fut arrêté, jeté dans les fers, et appliqué à la question. Transtamarc, roi de Navarre, et la reiuc d'Aragon demandèrent son supplice. Le roi , oubliant les services d'un des plus grands hommes qu'ait eus l'Aragon, le sacrifia A la haine de ses ennemis. Cabrera, condamné à mort à 66 ans , par le prince de Gironc, dont il avait été le gouverneur, fut décapité à Sarragosse, le 26 juin 1564. La cour d'Aragon rougit enlin de cette condamnation inique ; la mémoire de don Bernard Cabrera fut réhabilitée, et ses biens furent rendus à son petit-fils, Bernard de Cabrera. b — p.

CABRERA (Bernard de), favori de Martin, roi de Sicile, voulut s'emparer de la couronne de ce prince après sa mort, en 1410, déclara la guerre à Blanche, veuve de Martin, qui refusa de l'épouser, fut pris et enfermé dans une citerne, puis dans une tour environnée d'un filet, dans lequel il tomba en voulant s'évader. Ferdinand, successeur de Martin, fit grâce à Cabrera, à condition qu'il quitterait la Sicile. Il mourut quelque temps après. K.

CABRERA ( loi is de), historien espagnol, né i Cordoue, d'une famille noble, embrassa l'état militaire, et lit plusieurs campagnes, en qualité de capitaine d'infanterie, au commencement du 17' siècle. 11 se livra depuis à l'étude des lettres, et mourut vers 1665. Il est auteur des ouvrages suivants :

1° Tratadode hisloria, para enlenderla y eterivirla, Madrid, 1611, in-4% traite où il donne de bonnes règles sur la manière d'écrire l'histoire. 2» Hùloire de Philippe II, roi d'Espagne, Madrid, 1619, in-fol., en espagnol. « L'auteur est accusé, dit Drouet, « d'être trop partial pour sa patrie ; ce qu'il y a de o sûr, c'est qu'il donne des louanges très-exagérées à Philippe II. » — Un autre Cabrera (Pierre de), natif aussi de Cordoue, et vivant dans le même siècle, Tut religieux de l'ordre de St-Jérome, et écrivit un commentaire sur la 5' partie de la Somme de St. Thomas, en 2 vol., imprimé à Cordoue en 1602. [Voy. la Bibliotheca Uitpana de Nicolas Antonio. ) A. B — t et V— ve.

CABRERA (don Juan-Thomas Hemuquez de), duc de Medina dcl Rio Seco, amiral de Castille et ministre d'État, né du sang royal, descendait d'Alphonse XI, roi de Castille. Connu d'abord à la cour sous le nom de comte de Alelgar, il fut nommé gouverneur de Milan, puis premier ministre en 1695, sons Charles II. L'amiranle (car c'est ainsi qu'on le désigna depuis) jouit d'une grande faveur auprès de la reine, seconde femme de Charles II, et il devint en quelque sorte l'arbitre du royaume ; mais son caractère hautain lui fit des ennemis puissants. Op|>osé au cardinal Porto Carrero, et attaché ouvertement aux intérêts de la maison d'Autriche, il fut exilé, malgré le crédit de sa protectrice. L'amirante était si puissant par ses alliances et par ses richesses, que Philippe d'Anjou, à son avènement à la couronne d'Espagne, essaya de le gagner : il le nomma son ambassadeur à la cour de France. La fierté de l'amirante fut indignée qu'on lui offrit un tel emploi, qu'il regardait d'ailleurs comme un exil. Encouragé par la ligue couclue entre l'Empereur, l'Angleterre et la Hollande, il choisit Lisbonne pour asile , se déclara en faveur de la maison il Autriche, et entraîna le Portugal dans la coalition contre la France. 11 écrivit au pape que le testament de Charles II était une pièce supposée, et soutint qu'il yen avait un véritable en faveur de l'archiduc. Un arrêt de la cour de Madrid le condamna à perdre la tète en effigie, et tous ses biens furent confisques. L'archiduc étant arrivé à Lisbonne avec une armée anglaise, l'amirante fut d'abord en grande faveur auprès de ce prince cl du roi de Portugal. Ses intelligences à Valence et à Grenade donnèrent à Philippe les plus vives appréhensions; mais les généraux alliés négligèrent ses avis. Eu vain l'amirante les exhorta à porter la guerre dans l'Andalousie, vaste et fertile province dont la réduction aurait entraîné celle des deux Castilles ; il prédit que, si l'on s'opiniatrait à s'emparer de la Catalogne et de l'Aragon, les Castillans refuseraient de recevoir un roi de la main d'un peuple qu'ils détestaient : cette prédiction, que l'événement justifia, fut à peine écoutée. Le chagrin et l'indignation de se voir négligé par ceux mêmes auxquels il avait sacrifié ses intérêts, et le mauvais succès de deux entreprises projetées pour soulever Valence et Grenade, le touchèrent si vivement qu'il mourut à Lisbonne, le 25 juin 1705. Ce seigneur, doué de tous les avantages extérieurs, était coura-

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