‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 58 sur 97 · SI4 CAB · texte numérisé non relu

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geux, habile politique, et capable de porter l'archiduc sur le trône d'Espagne, si ses avis eussent été suivis. B— p.

CABRISSEAU (Nicolas), théologal de Reims, naquit à Rethel, le 1" octobre 1680; fut considéré par Letellier, archevêque de celle ville ; persécuté par son successeur, Mailly, comme appelant; frappe, en 1712, d'une lettre de cachet qui l'exilait à trente lieues de Reims; employé à Paris par le cardinal de Noailles ; enfermé à Vincennes sous Vintimille ; destitué de sa théologale |«r arrêt du conseil, et exilé A Tours, où il mourut d'une attaque d'apoplexie, le 20 octobre 17SO. On a de ce docteur : 1° Discours sur les detoirt des sujets envers leur souverain, ptêché lors du sacre de Louis XV, en présence de la cour. 2° Imtruction* courtes et familières tur le Symbole, Paris, 1728, et ihid., 1742, 2 vol. in-12. S" Discours sur les vies des saints de l'Ancien Testament, Paris, 1732,6 vol. in-12. Suivant quelques personnes, le fond de cet ouvrage est de l'abbé LegrOs, ou plutôt de l'abbé Rogier. 4e /n<(rucf/oni chrétiennes sur les huit béatitudes, Paris, 1752, in-12, et plusieurs fois réimprimées. S* Réflexions morales sur le livre de Tobie, Paris, 1736, in-12. 6» Instructions chrétiennes sur le sacrement de mariage, l»arls, 1737, in-16. Cabrisseau est encore auteur de quelques ranliques el de plusieurs brochures sur les affaires de la constitution l'nigenitus. 11 a été l'éditeur d'un petit ouvrage de l'abbé Lcgros, intitulé : Motifs invincibles d'attachement à l'Eglisê romaine, ainsi que des méditations sur l'épiire aux Romains et sur la Retraite de huit jours, du même. ï— D.

CABIlOL (Barthélémy), chirurgien du 16» siècle, né à Gaillac, pratiqua son art d'abord dans l'hôpital St-André de cette ville, ensuite à Montpellier, où il avait fait ses études chirurgicales, et où il fut rliargé, en 1570, par les professeurs de la faculté, et en 1595, par Henri IV, de démontrer l'analnmie. On a de lui un ouvrage sur celte science, intitulé : Alphabet anatomique, Tournon, 1591, in-4*; Genève, 1602, 1621, in-4" ; Montpellier, 1003, in-4*; et Lyon, 1614 et 1624, in-4*; traduit en latin sous ce "titre : Alphabeton anatomicum, id est, anatomes Klenchus accuratissimus, omnes humani corporis parles, ea qua secari soient methodo, delineans : aceessert osteologia. observationesque medicis ac chirurgis perutiles, Genève, 1604, in-4*; Montpellier, 1606, in-4*: il y en a une édition hollandaise, 1648, in-fol., par Plcmpius, avec des ligures lirées de Vente, de Paaw.etc. Cet ouvrage a cela de remarquable, qu'il est disposé eu tables synoptiques, dispositions plus favorables pour donner trés-promptement une nation claire des objets, et qu'il a déjà daDS son essence quelque chose de philosophique. Cabrul, d'ailleurs, excellent chirurgien, a placé à la fin de cet ouvrage de bonnes observations relatives à des |>oints de physiologie, de chirurgie et de médecine pratique : elles ont été imprimées dans le Cullegium anatomicum clarissim. trium vimrum Jacobini, Severini, Cubrolii, Hanovre, 1654, in-4' ; Francfort, 1 668, in-4\ C. et A-n.

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CACACLT ( François), commandant de ta Légion d'honneur, etc., né h Nantes en 1742, fut baptisé sous le nom de Françoise CoeauU, fille de, etc. On ne s'aperçut do cette erreur qu'après quelques années ; il fallut une longue enquête pour obtenir que son état civil fût rectifié. Le jeune Cacault, dont l'éducation avait été très-soignée, vint à Paris i l'âge de vingt ans, et obtint en 1764 une place de professeur de mathématiques à l'École militaire. 11 quitta cet emploi en 4769, parce qu'une affaira d'honneur l'ayant forcé de se battre, il blessa son adversaire d'un coup d'épéc. Peu de temps après, l'excès du travail ayant dérangé sa santé, les médecins lui conseillèrent de faire un long voyage à pied, et il entreprit celui d'Italie. 11 s'appliqua à l'étude de l'italien, et à faire des observations sur les mœurs des habit. mi i de ce pays, qu'il a ensuite si bien fait connaître dans ses dépèches politiques. Cacault, voyant sa santé rétablie, repartit pour la France, obtint, en 1775, la place de secrétaire des commandements de d'Aubeterrc, commandant des États de Bretagne, suivit ce seigneur dans ses missions d'Italie, et ne tarda pas à être nommé secrétaire d'ambassade a Naples (17851, sous Talleyrand. A la retraite de ce dernier, en 1791, Cacault fut nommé chargé d'affaires dans la même résidence. 11 s'acquitta avec honneur de celle mission délicate, revint à Paris, el y reçut l'ordre d'aller en remplir une autre près du saint-siège. Il se rendait à ce poste lorsqu'il apprit le meurtre de Bass ville. No pouvant pénétrer dans les États du pape, ni revenir en France, parce que tous les passages étaient interceptés par les armées de la coalition, il se trouva dans une position fâcheuse. L'estime qu'on avait en Italie pour ses qualités personnelles lui assura un asile à Florence, et, quoique sans lettres de créance pour le grand-duc, il rallia autour de lui tous les Français qui s'étaient réfugiés dans cette ville. En politique consommé, Cacault sut mettre a profit son séjour dans ce pays; et, en détacliant la cour de Toscane de la coalition, il eut la gloire d'avoir renoué le premier, à cette époque, les relations diplomatiques de la France. Pour le récom[ienser de ce zèle, son gouvernement le nomma successivement agent général en Italie, ministre i Gènes, et le désigna pour signer le traité de Tolcnlino, de concert avec l'illustre général de l'armée d'Italie. Cacault fut ensuite envoyé comme ml- , nistrcà Rome (février 1797), pour Taire exécuter le traité; de là à Florence, et enfin rappelé à Paris, et remplacé par Reinhard (eoj/. ce nom), parce qu'il était accusé d'être l'ami du rois (décembre 1797.) Il J vécut d'abord dans un état voisin du dénôment, parce qu'il avait toujours allié la probité la plus sévère au désir de représenter dignement sa nation. Le département de la Loire-Inférieure le nomma, en 1798, député au conseil des cinq-cents. Après la ré-* volution du 18 brumaire, il fil partie du nouveau corps législatif, el, en mars 1801, il fut nommé par le premier consul ministre plénipotentiaire à Rome pour négocier le concordat. Il montra, dans tout le cours do celte affaire, adresse, fermeté, et tous le» talents d'un vrai politique. Remplacé en juillet 1803

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par lfl cardinal Fesch, Cacault alla aux bains de

Luoquei, pour donner des soins i sa santé, et fut mit le point d'y perdre la vie, parce que les eaux minérales de la Villa lui étaient contraires. Quand il fut de retour à Paris, le premier consul l'envoya présider le collège électoral de son département, qui le proclama candidat au sénat conservateur, où il lut appelé en avril 4804. Cacault n'avait pu Toir l'Italie sans y puiser de bonne heure l'amour des arts. Il avait commencé son premier voyage à y recueillir des tableaux, et il lit voir si constamment son goût pour toutes les belles productions du génie dans les arts, que le pape Pie VI, après la conclusion d'un traité, au lieu de lui faire offrir un corps taint, comme on en offrait à tous les ambassadeurs, lui fit remettre un morceau de mosaïque d'un grand prix, représentant le Colysée. Ce beau morceau, estimé 2,000 piastres, doit faire partie du cabinet laissé par Cacault. Pendant son séjour à Rome, en 1801, 4802 et 4803, la passion de ce connaisseur habile n'ayant pu que s'accroître, il rassembla une grande quantité de tableaux précieux. Depuis, la ville de Nantes a acheté toute sa galerie, que son frère, qui était peintre, avait fait disposer à Clisson de la manière la plus pittoresque. La conversation de Cacault était quelquefois trop animée. On lui a reproclié mémo une sorte de brusquerie qui ne convenait pas i un homme de son rang ; mais |>crsonne ne savait mieux que lui réparer ses torts, et tout prouvait que, sous des dehors quelquefois peu prévenants, il cachait un cœur plein de bonté. Il a donné : 4* Paine* lyriques traduites de l'allemand de Ramier, Berlin, 4777, in-42, dont il est question dans la Correspondance de Grimra; 2* Dramaturgie, au Observalion* critiques sur plusieurs piieet de théâtre, traduit de f allemand de Leuing, par un Français, et publié par M. J. (G. A. Junrker), Paris, 4783, 2 vol. in-42. H est auteur de plusieurs rapports faits au conseil des cinq-cents. Ses dépêches n'offraient

pleines de sens, de raison et de grandes vues. Cacault mourut à Clisson, lo 10 octobre 18415. M. 11 net a parlé avec détail du musée de Cacault dans un ouvrage sur la statistique du département de la Loire-Inférieure, imprimé a Nantes en 1 802. M— o j.

CACGIA ( Jeah-Algl'stix ), d'une ancienne famille de Novwr, dans le Milanais, embrassa la carrière des armes, et servit dans les armées de Cliarks-Ouml, vers le milieu du 40* siècle. Il cultiva le commerce des muses au milieu du tumulte des camps, et se distingua dans deux genres très-différent», dan» des satires ou eapitoti satiriques, du genre plaçant, pmcevoU, et dans des poésies spirituelles ou sacrées; il lut même un des premiers à travailler dans ce dernier genre en Italie. A la noblesse des pensées, Caccia joignait un choix heureux d'expresaioa» et de tournures élégantes. Piwrieurs auteurs en parlent avec éloge : on ignore la date de sa mort. II publia, daus sa vieillesse, deux volâmes de poésies, l'un «iédié à la reine de France, Marie de Médicis, et l'autre au cardinal GrameUe. H. G.

CA4C1A { FttWA» >, d'une noWt famille de

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Bretagne, ou il naquit le 34 décembre 4089. Doué par la nature d'une grande facilité, il 6t de rapides progrès dans toutes les parties de ses études, et surtout dans la langue latine. Elle fut toute sa vie l'un des principaux objets de ses travaux. Il se proposa de corriger les mauvaises méthodes, ouvrages des siècles de (lédantisme et d'ignorance, et de faciliter i la jeunesse des études qui l'avaient tourmentée et rebutée jusqu'alors. Il eut avec le savant Muratorî une discussion littéraire qu'il termina d'une manière peu commune dans la carrière de la critique. Muratorî avait avancé dans l'un de ses ouvrages que le juif Moïse del Brolo, në à Bergame, tlorissait de 1123 à 4137, sous le règne de Lothaire H, et que c'est à cette époque que doit être placé le voyage de ce Moïse à Constantinople. Caccia entreprit de réfuter cette opinion. 11 publia en 4748 un opuscule, où il s'efforça de prouver que Muratori s'était trompé sur l'âge, la personne et le voyage de Moïse; mais •'étant aperçu qu'il était lui-même dans l'erreur, il s'empressa de se rétracter dans un petit écrit publié en 1764, et qui d'ordinaire se joint au premier. A ses connaissances littéraires, Caccia joignait de grands talents en architecture ; il en a donné des preuves par les monuments qu'il a élevés daus sa patrie et ailleurs. Il mourut le 8 janvier 1778, cher à ses concitoyens par la douceur de son caractère et ses autres qualités, autant que par ses talents On a de lut : 4° de Cognitionibut, Bergame, 1719, in-4'; 2° Metodo di grammatica assai brève e facile per imparare eon preste isa e fondamenlo la lingua fait no, Bergame, 4726; 3# Totius régula latinat teiendi Summa, Bergame, 1728 ; 4» fo Stato présente délia lingua latina, Bergame, 1762; 5° Ortagrafia * prutodia, Bergame, 4764. 6* Antiqua regola délie titlabe lunghe e brevi, Bergame, 4764 ; 7° Voeabolario tenta s montait, Bergame, 4776 ; 8» île menti e régale fondamentali délia lingua latina, Florence, 1777; tr Citadinanza di Bergamo, Bergame, 4706; 10* Vila di S. Girolamo Mian,, Rome, 1768; 14» Trallato légale, Bergame, 1772. Outre ces ouvrages imprimés, Caccia en a laissé plusieurs inédits, entre autres une Histoire des médecine de la ville de Bergame, un traité sur Yarekileetmre, et un antre sur les forti/kationt. K. G.

CACCIA ( Gl'ILLacmk), l'un des premiers et des plus habiles peintres de l'école piémontaise, fut surnommé il JHonealvo, parce qu'il passa dans cette ville la plus grande partie de sa vie. Né vers I5«8, a Montabone dans le Monferrtno, de parents originaire» de Novarc, il fut amené fort jeune à Monealvo, et il y reçut son éducation. On conjecture qu'il fut l'élève de George Soleri (roy. ce nom), excellent peintre milanais ; et l'on retrouve en effet dans ses ouvrages la linesse du dessin et le coloris gracieux qui caractérisent ce maître. Caccia pe'ugntt. d'abord quelques sujets de l'histoire sainte dans les chapelles do mont Créa, pèlerinage aux environs de Moacalvo. De là vient que le P. délia Valle, dans ses Lellere sanese, parlant de la première manière de Caccia, la nomme son style de Créa. Mais il Bt bientôt dan» son art des progrés assez rapides pour

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mériter d'être proposé comme modèle à tous les peintres de fresques. Il a décoré plusieurs églises de Milan. Dans celle de St-Antoine, il a peint, outre le patron, un St. Paul ermite, qui soutient, sans y rien perdre, le dangereux voisinage des fresques de Carloni. Les talents que Caccia montra pendant son séjour à Pavie lui méritèrent l'honneur, alors aussi rare que recherché, d'être inscrit sur le livre de la Citadinanza. Jl peignit à Novare la coupole de St- Paul qui représente une gloire d'anges de l'effet le plus gracieux. Plusieurs autres villes de la Lombardie possèdent des tableaux et des fresques de Caccia ; mais c'est surtout dans le Piémont que l'on voit le plus grand nombre des ouvrages de cet artiste laborieux. Sur la route de Turin à Milan il n'est pas une seule ville qui n'offre quelques-unes de ses compositions ; mais Lanzi prévient les curieux qu'ils en trouveront de plus précieuses encore dans les châteaux et les villa principalement du Monferrino. Parmi les meilleurs tableaux de Turin, on cite son St. Pierre revêtu de ses habits pontificaux à Stc- Croix, et Ste. Thérèse en extase, dans l'église de ce nom : mais on s'accorde assez généralement à regarder comme son chef-d'œuvre la Déposition de croix que l'on voit à Novare. Dans ses paysages, Caccia tient de Drill ; son dessin a quelque chose de la pureté de Raphaël, d'André del Sarto et du Parmesan. Le musée royal de Turin possède de lui une Vierge que l'on serait tenté d'attribuer à del Sarto, si le coloris en était plus vigoureux. La petite ville de Chieri, et enlin Moncalvo, sa patrie adoptive, possèdent plusieurs tableaux de Caccia qui seraient l'ornement des églises ou des galeries les plus magniliques. On voit que ses ouvrages sont très-nombreux ; mais comme il s'est fait souvent aider par ses élèves, il en est plusieurs dont les différentes parties ne sont pas également bonnes. Son école à Moncalvo parait avoir été très-fréqucnlée. Au nombre de ses élèves, on doit distinguer deux de ses filles, Françoise et Ursule, qui s'approprièrent si bien la manière de leur père, qu'on aurait peine à distinguer leurs ouvrages des siens, sans la précaution qu'eil. s ont prise de les marquer par une fleur et par un oiseau. Ursule établit une maison d'éducation à Moncalvo, sous le vocable de sa patronne ; et, si l'on en croit Orlandi {Abeeedario piUorko), elle y prit le voile avec ses cinq sœurs. Guillaume mourut en 1625. Le musée royal de Paris ne possède aucun tableau de ce maître. On peut consulter, pour plus de détails, la Storia pittorica de Lanzi, liv. 6. W— s.

CACCIANIGA (François), naquit à Milan en 1700. Ce peintre, élève de Franceschini, qui luimême avait reçu des leçons de Cignani, apprit les premiers principes du dessin à Bologne, et de là vint à Home, où il perfectionna son talent. Il ne manquait à cet artiste qu'une certaine résolution, qui ne s'acquiert pas toujours par l'étude. Il travailla souvent pour des maisons souveraines, et grava à l'eau-forte deux sujets qui lui avaient été commandés par le roi de Sardaigne. Il entreprit ensuite pour Ancône quatre tableaux d'autel, entre

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autres une Institution de TEutharistU, et un Mariage de la Vierge. Ces deux compositions ont particulièrement un coloris gai, flatteur et franc, qui attire sur-le-champ l'attention. On voit à Rome, au palais Gavotti, une fresque très-belle du même artiste. Le palais et la villa Borghèse offrent aussi d'autres compositions ingénieuses de Caccianiga. Devenu vieux et infirme sans avoir acquis de fortune, il trouva dans la personne du prince Marc- Antoine Borghèse, père du duc de Guastalla, un protecteur qui lui assura une (tension considérable pour la fin de sa vie. On peut lire quelques détails sur Caccianiga dans les Memorie per le belle arti, t. 2, p. 155. Il mourut en 1781 . A— D.

CACCIARI (Pibrre-Thoiias), religieux carme de Bologne, docteur en théologie, examinateur apostolique du clergé romain, et lecteur de controverse dans le collège de la Propagande, a donné un ouvrage sous ce titre : Exertitationes in universa saneli Leonis magni opéra, pertinentes ad historias haresium Manichatorum, Priscillianislorum, Pelagianorum, atque Eulychianorum, quas summo studio et labore sanctus pont if ex etertit atque damnavil, in sex libros distinct* et dicatm SS. Patri Benedicto XIV, P. M., Rome, 1751, 2 vol. in-fol. Z— o.

CACHEDEMER (Daniel), seigneur de Nicey, né a Bar-le-Duc, dans le 16' siècle, était fils d'un oflicier au régiment de Florainville. Après avoir étudié en droit à Altorff, sous le professeur Conrad Kittershusius, il embrassa la profession des armes. Il publia à Francfort une grammaire française en latin, sous ce litre : Introductio ad linguam gallicam, 1601, in-8*. Le caustique et superficiel Chevrier, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres de Lorraine (t. 2, p. 215), dit que celte grammaire étant faite pour la Lorraine, il doit paraître extraordinaire qu'elle ail été écrite en latin ; mais l'auteur composa cet ouvrage pour l'Allemagne, où il se trouvait alors et où il avait épousé une fille noble de la maison d'Elzdorff. 11 mourut à Paris, en 1612, dans un voyage qu'il avait fait dans les intérêts de cette maison. L— m — x.

CACHET (Christophe), médecin, né à Neufchateau en Lorraine, le 26 novembre 1572. Après avoir fait ses études à Ponf-à-Mousson, il voyagea en Italie, dans le dessein de visiter les monuments de l'antiquité ; mais, arrivé à Padoue , il fut si charnu de l'éloquence et du savoir des professeurs de 1'universilé de cette ville, qu'il y resta plusieurs années pour proliter de leurs leçons. H reprit ensuite le chemin de son pays, en passant par la Suisse, et s'arrêta à Fribourg pour étudier le droit. H s'aperçut bientôt que l'étude d'une science telle que la médecine ne souffre point de partage, et il s'y livra tout entier. De retour dans sa patrie, il s'acquit en assez peu de temps une grande réputation dans la pratique de son art. Il se fixa d'abord a Toul et vint ensuite à Nancy, le duc de Lorraine l'ayant nommé son médecin ordinaire avec le titre de son conseiller. Il a publié plusieurs ouvrages où on lui reproche d'avoir prodigué une érudition déplacée, et d'avoir mis souvent le raisonnement à la

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place de l'observation; mais Cachet mérite des éloges pour avoir voulu ramener les écoles à l'élude d'Hippocrate et des Grecs, pour avoir été un des premiers commentateurs d'Hippocrate, et pour s'être élevé avec force contre les alchimistes et les charlatans, qui se vantaient, au moyen de quelques recettes, de guérir toutes les maladies. 11 mourut à Nancy, le 30 septembre 1624. On a de lui : 1» Controversia thcoricm praclicœ in primam Aphorismorum Uippocratis sectionem, Toul, 1612, in-12. 2» Pandora Baechica furent medicis armit oppugnata, ibid., 161 », in-12. C'est la traduction d'un ouvrage français de Jean Mousin intitulé : Discours contre l'ivrette et r ivrognerie, imprimé à Toul en 1612, in-8*. Le titre annonce que le traducteur a enrichi Fourrage de plusieurs morceaux ; il n'y a pourtant pas fait une seule addition, et les mots auctum et loeupletatum qu'on lit sur le frontispice y ont été mis par le libraire. S* Apotogia in hermetici cujusdam anonymi teriptum de curalione ealculi, ibid., 1617, in-12. 4° Frai et assuré préservatif de petitevérole et rougeole, divisé en trois livres, Toul, 1617; Nancy, 1625, in-R°. 5° Exereilationes équestres in epigrammatum libros tex districtm, Nancy, 1622, in-8». Cachet donne à ses épigrammes le titre dVqueslres', parce qu'il les avait composées la plupart à cheval, dans les voyages que son état l'obligeait de faire. Ce recueil n'est ni très-connu ni très-eslimé. — Paul Cachet, frère du précédent, bénédictin de la congrégation de St- Vannes, mort le 17 septembre 1652, publia un Mémoire de l'état et qualité de l'abbaye de St-Mihiel. C. et A— R et W— s.

CACHET (Jean), jésuite, de la même famille que les précédents, mourut à Pont-à-Mousson le 22 décembre 1633, âgé de 36 ans, après avoir régenté les basses classes, sa mauvaise santé ne lui ayant pas permis d'occuper des emplois plus distingués. Il était fort laborieux, si l'on en juge par le nombre d'ouvrages et de traductions qu'il a publiés, et dont on peut voir le détail dans Horéri ; ce sont tous des livres ascétiques ; les principaux sont : 1* Vie de Jean Berchmans, jésuite, traduite de l'italien du P. Virgilio Cepari, Paris, 1630, in-8* (1) ; 2° la Vie de St. Isidore, patron des laboureurs, et de la bienheureuse Marie delta Cabeça, sa femme, Verdun, 1651, in-12, traduite de l'espagnol de Jérôme Quintaua ; 3° Vie de St. Joseph, prémontré, Pontà-Mousson, 1632, in-12. C. M. P.

CACHIN (Joseph-Marie-François), ingénieur français, né à Castres, le 2 octobre 1757, fit ses études au collège de Soreze et suivit les cours d'architecture à l'école des beaux-arts de Toulouse, où il étudia en même temps les mathématiques. Admis, en 1776, à l'école royale des ponts et chaussées, il fut pourvu d'uu brevet d'ingénieur ordinaire, et fit a ses frais un voyage en Angleterre pour acquérir de nouvelles connaissances. Revenu en France, et se trouvant employé à Uonfleur dans les premiers temps de la révolution, il fut placé à la tète de S'a. I-

(I) Ouvrage dont il existe un grand nombre d'éditions nu le titre do Parfait itoMe, o» rie de J. Benkmm, Il a rte aussi traduit par l'abbé Prorart Cb-«.

mimstration municipale de cette ville, et s'occupa dés lors d'un canal latéral à la Seine entre Quillebeuf et l'embouchure de cette rivière. Mais les événements politiques forcèrent bientôt le gouvernement à suspendre toutes les entreprises de ce genre, et Cachin dut renoncer à l'examen des travaux exécutés ou projetés à Cherbourg, examen qui avait été confié en 1792, par le roi, à une commission dont Cachin faisait partie. Pendant la crise révolutionnaire il remplit les fonctions d'ingénieur en chef du Calvados ; et il en eut le titre en 1795, lors du rétablissement de l'administration des ponts et chaussées. 11 continua de s'y occuper du redressement de la rivière de l'Orne, entre Cacn et la mer, et d'un établissement de marine militaire dans la fosse de Coleville. 11 composa sur ces deux objets un fort bon travail sous ce titre : Mémoire sur la navigation de l'Orne inférieure, Paris, an 7 (1800), iu-4°. Après la révolution du 18 brumaire, Cachin passa au service de la marine, et fut appelé à Paris comme l'un des directeurs des travaux que le gouvernement se proposait de faire sur différents points, et notamment à Cherbourg. Se livrant alors tout entier à l'élude de ce port célèbre qui avait été longtemps l'objet spécial de ses méditations, il reproduisit dans un rap|K>rl lumineux tout ce qui avait été fait et projeté par la commission nommée en 1792, et il exposa les plans de nouvelles constructions qu'il fut bientôt chargé d'exécuter. Son rapport a été imprimé dans le Moniteur des 25 et 26 juillet 1801. Les changements qu'il proposa d'introduire au système de défense de la digue commencée furent adoptés pour la grande batterie centrale élevée de 20 pieds au-dessus du niveau des plus hantes marées, et Cachin en dirigea la construction, ainsi que celle de la principale batterie qui défend l'entrée de la rade. Ce fut aussi sous sa direction, et d'après les plans conçus et rédigés par lui, que s'ouvrit l'avantport en présence de l'impératrice Marie-Louise, le 27 août 1813. Nommé, en 1804, un des inspecteurs généraux des ponts et chaussées, membre du conseil général, directeur des travaux des ports militaires et chevalier de la Légion d'honneur, dont il devint officier en 1812, il fut candidat pour la chambre des députés en 1816. Créé baron et chevalier de St-Miehel en 1819, nommé, la même année, président du conseil général de la Manche, et candidat, en 1823, pour la section de mécanique à l'académie des sciences, Cachin se trouvait dans la position la plus brillante ; et quoiqu'on l'eut rappelé à Paris, où il passa ses dernières années, il espérait faire bientôt l'ouverture du bassin à Ilot de Cherbourg, quand il mourut, le 20 février 1825. On a de lui un Mémoire sur la digue de Cherbourg, comparée au Break-Water, ou jetée de Ptgmouth, Paris, 1820, in-4», avec 5 planches, qui n'est guère que l'introduction d'un travail plus considérable sur le grand établissement maritime dont il a jeté les fondements ; malheureusement pour la science, il n'a laissé, relativement au port de Cherbourg, que quelques dessins et gravures qui représentent les procédés employés par cet habile ingénieur. Les

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obstacles nombreux et continuels que Cachin eut à surmonter ajoutent à sa réputation et aux mérite* de ses importants travaux. On trouve, dans les Annak< maritimes et coloniales d'avril I82G, une Notice «ur la vie, les. travaux et les services de M. U baron Cachin. A — t.

CADALQLS (Pisrhi), antipape, sous le nom d'Honoiius II. Vuyes Alexandre H. pape.

CADALSO (no* Joseph), colonel espagnol, poète d'un esprit tin et délicat. Eloigné de ces subtilités qui abondent dans la plupart des productions de son pays, il débuta en 177 1 par une tragédie qui n'était pas sans mérite, mais qui n'est pas restée au théâtre. Il se lit connaître davantage par ses poésies légères dans le genre anacréonlique, mais surtout par une satire ingénieuse qui parut en 1772, sous le uom de don Joseph Vasque», et avec le litre de los Ervdilos a la violcla, ouvrage en pruse, daus lequel il ridiculise spirituellement les érudits superficiels, et combat par des exemples les inculpations dont ses compatriotes oui été chargés dans ces temps modernes. Il était à la Heur de son âge et dans la (bree de son talent, lorsqu'il fut tué, en 1782, d'un éclat de bombe, au siège de Gibraltar. Il — G.

CADA MOSTO, ou CA DA MOSTO (Alois oa), né a Venise, vers 1132, y reçut, selon toute apparence, une éducatiou soiguée i mais il se livra de bonue heure au commerce et se forma dam la navigation, pendant plusieurs voyages qu'il lit dans la Méditerranée et même dans l'océan Atlantique. 11 partit le S août U >4, à Tige de vingt-deux ans, sur le bâtiment de Marco Zen, gentilhomme de sa nation, |M>ur retourner en Flandre. Des vents con- . traites arrêtèrent leur course à la sortie du détroit de Gibraltar, et ils furent obligés de relâcher près du cap Sl-Viucent, ou le prince Henri s'était retiré pour se livrer à l'élude et s'occuper entièrement de la découverte des côtes d'Afrique. Aussitôt que ce prince cul appr is l'arrivée d'un bâtiment vénitien, il y envoya son secrétaire el le consul de cette nation, et les chargea d'engager quelque mariu instruit de l'équipage à preudre la conduite des vaisseaux qu'il euvoyail découvrir de uouveaux pays. Ces deux envoyés s'empressèrent de montrera l'équi|>agc des écliantiltons de sang-dragon, de sucre cl de plusieurs autres marchandises que l'on lirait des uouvelles colonies du prince Henri. Ils racontèrent que le prince avait peuplé des iles désertes et a\ ait envoyé des vaisseaux dans des mers où personne n'était eucore allé, et chez des peuples où l'ou trouvait des choses uiervcdleuses. Cada Mosto, frapi>é de ces discours, sculit un vif désir d aller voir de si belles choses. 11 s'agissait d'armer et de charger uu navire à ses frais, ou de recevoir du prince un naure tout équipé, qu'il serait obligé de charger, el qu'alors on partagerait avec lui le pro doit de la cargajsou. « J'étais jeune , dit Cada « Mosto, d'une santé robuste ; je désirais voir des a choses qu'aucun de mes compatriotes n'eut vues; a je voulais surtout acquérir à tout prix le bien et « l'expérience qui devaient m donner dfc la eun*i«

« déralion et des emplois honorables dans ma pa-

■ trie ; j'allai offrir mes services au prince, qui les « accepta sur-le-champ. » Apres avoir été traite avec distinction pendaut le séjour qu'il fit en Portugal, Cada Mosto obtint un navire do quatre-vingt-dix tonneaux, sur lequel on mit un patron portugais. 11 pariii de Lagos le 32 mars 1455, s'arrêta a Porto- Santo, ensuite à Madère, qui était habitée par des Européens depuis 1 431 , et vint aux Canaries relâcher à Goméra ; il ne fit que touclter aux Iles de Fer et de Palme. En quittant ces Iles, il alla prendre vue du cap Blanc, passa par Arguin, où le prince Henri avait fait un établissement en 1443; de la il entra dans la rivière du Sénégal, découverte depuis cinq ans. Les Portugais n'y avaient trouvé aucun établissement, ce qui semblerait détruire l'opinion de plusieurs écrivains français, ou ferait naître du moins une objection très-forte contre les prétentions des marcliands de Dieppe, qui disent y avoir eu des établissements de temps immémorial. ( Voy. Labat. ) Cada Mosto prolongea la cote, en allant vers le sud. H s'arrêta |»our aller visiter le Damel, prince dont les Etals s'étendent depuis le Sénégal jusqu'au cap Vert, et en fut très-bien reçu. Il lit le commerce avec lui, en lira des esclaves et de l'or, ensuite dirigea sa route sur le cap Vert, qui avait été découvert l'année précédente. Près de là on aperçul deux navires, dont l'un était commandé par Antonietlo Lso, gentilhomme génois au service du prince Henri, et l'autre par un des écuyers de ce prince. Les trois navires se joignirent et continuèrent leur route le long de celte côte inconnue, avec toutes les précautions que l'on pourrait prendre à présent quo l'art s'est perfectionné. La description de cette côte et le détail que Cada Mosto donne des manœuvres sont du plus graud intérêt. Ils visitèrent l'entrée de toutes les rivières, et, après) une navigation assez lougue, ils arrivèrent à l'etubouchure de la grande rivière de Gamine ou Cambra, dont on leur avait tant vanté les richesses. Lee habitants vinrent les attaquer dans des pirogues, et furent repoussés. Les capitaines des navires voih laient néanmoins s'avancer dans la rîvièro , mais les équipages, rebutes par les hostilités et par les fatigues, les forcèrent de revenir en Portugal. Cada Mosto lit un second voyage ea 1436, à la rivière de Gambie, de concert avec le même Antonietto Use* et un autre Portugais. Ils essuyèrent, à la vue du cap blanc, un coup de vent qui les força de s'éloigner d« terre, et, après avoir lutté trois jours costtre le gros temps, ils découvrirent les lies du cap Vert, et Minent mouiller sur une île qui fut appelée Buouavisla. Étant moulés sur les parties élevées, Us aperçurent toutes les autres lies de cet archipel. La plus grande reçut le nom de St-Yago. Ils y allèrent mouiller à rentrée d'une rivière qui pouvait recevoir des navires de cinquante tonneaux ; puis à la rivière de Gambie, qu'ils remontèrent jusqu'à soixante milles. Les habitants parurent effrayés des pertes de l'année précédente, et les pirogues, au lieu de les attaquer, se rapprochaient du mage dés qu'elles apercevaient les bâtiments. Enfin, âpre*

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beaucoup de signes pour les engager à s'approcher, elles vinrent près des navires, et Ton commerça avec ces habitants, dont on tira de l'or, mais en bien moindre quantité qu'on ne l'avait espéré. Ces trois navirent remontèrent au sud jusqu'à la rivière de Casamansa et Rio Grande ; ils revinrent ensuite en Portugal. Cada Mosto fit encore quclquo séjour dans ce royaume, et le quitta en 4463, c'est-a-dire Tannée même de la mort du prince Henri. La relation de ses voyages, la plus ancienne des navigations modernes, est un véritable modèle ; elle ne perdrait rien à être comparée à celles des plus habiles navigateurs de notre temps. 11 y règne un ordre admirable; les détails en sont attachants, les descriptions claires et précises. On reconnaît partout l'observateur éclairé. Parmi les choses qu'il a entendu dire, il s'en trouve à la vérité qu'il est difficile de croire ; mais il a la bonne foi d'en convenir lui-même. 11 rend un compte exact de l'apparence des cotes, de la profondeur de la mer près de terre, et de tout ce qui peut être utile a la navigation. Enfin il s'exprime avec tant de propriété et de précision, que. d'après son récit, l'on p. m suivre sa route sur des cartes construites plusieurs siècles après lui. On reconnaît dans sa description des contrées qui bordent le fleuve du Sénégal, et dans la peinture des peuples qui l'habitent, les pays décrits par Labat dans l'Afrique occidentale et les hommes dont ce dernier auteur nous a transmis les mœurs et les usages, d'après les meilleurs mémoires que la compagnie d'Afrique eût en sa possession. La relation de Cada Mosto ne fait aucune mention de latitudes ni de longitudes. On a lieu de croire qu'en 1450, époque de son dernier voyage, l'usage de l'astrolabe n'avait pas encore été introduit sur mer. Tcllésius Silvius, qui a écrit en latin l'histoire de Jean II, roi de Portugal, en 1481, nous apprend que ce fut ce prince qui chargea ses deux médecins et Martin Deheim de Nuremberg de chercher un moyen par lequel les marins pussent se diriger quand ils auraient perdu la terre de vue, et ils proposèrent l'astrolabe. Les cartes hydrographique» de Biancho, datées de 1 430, et qui n'ont été faites que dix-neuf ans avant le premier voyage de Cada Mosto, no portent point d'éeliclles, ni de latitudes, ni de longitudes. ( Voy. IhâHCIlo. ) La seule remarque de Cada Mosto qui ait rapport à l'astronomie se trouve à la lia de son premier voyage. 11 dit qu'à l'embouchure de la rivière de Gambie, on commençait à perdre de vue l'étoile polaire; mais que l'on relevait dans le sud, avec la boussole, six belles étoiles très-peu élevées au-dessus de l'horizon : ce sont celles de la Croix du sud. « Nous « avions, ajoute-t-il . dans les premiers jours de juil- « let, les nuits de onze heures et demie et les jours « de douze heures et demie, s II écrivit à la suite de ses deux voyages le précis de la navigation de Pietro di Cintra, capitaine portugais qui a continué en 1463 la découverte de la cote d'Afrique, et s'est avancé on peu au delà delà rivière de Sierra-Léone. Les voyages de Cada Mosto ont paru sous ce titre : Prima (la) naviqamne per i'Ottano ulle Une de'

negri délia botta Ethiopia, di Luigi Cadamotto,

Vicence, in-4", 1507; les mêmes, Milan, 4519, in-4°. Ils ont été insérés dans la collection de Hamusio. On les trouve traduits en latin dans le Aotus Orbit de Grynée, où, par une étrange méprise, on fait partir Cada Mosto de Venise en 1504, au lieu de 1454; et en français, dans le recueil intitulé : le Nouveau Mondt, et navigation! failtt par Emtrie de Vetpuce, et tranttali d'italien de Monitbaldo ¥rancaioi par Redouet, Paris, Jehan Jan-„ not, sans date, ou Gaillot Dupré, 1516, in-4*, goUi. Il en existe encore une vieille traduction française à la suite de YHittoriale deteription de l'Afrique, de Jean Léon, 9 vol. in-foL, Lyon, Jean Temporal, 1556. R L.

CADA MOSTO ( Marc-Aivtomb ) , astronome, descendait d'une des plus illustres familles de Lodi. Dans sa Jeunesse, il étudia la jurisprudence et la médecine, et reçut le laurier doctoral dans ces deux facultés. Plus tard il cultiva les mathématiques et l'astronomie, et se fil dans cette nouvelle carrière la réputation la plus brillante. A des connaissances variées il joignait une piété sincère. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu d'un canonicat du chapitre de Lodi. En 1305, étant grand vicaire, il établit une confrérie du St-Sépulcre. On ignore la date de sa mort. Le seul de ses ouvrages imprimé est intitulé : Compendium in utum et operalionee aslrotabii Mettahala, eu m deelarationibut et addù tionibut, Milan, 1507, in-4". La bibliothèque du roi en possède un exemplaire sur peau de vélin. {Voy. le Catalogue de van Praet, t. 3, p. 103.) Cet ouvrage a échappé aux recherches -de Lalandc , puisqu'il ne Ta point cité dans la Bibliographie attronom. — Mare Cadamosto, poète, sur lequel on n'a que des renseignements incomplets , était de la même famille que le précédent. I) avait embrassé l'état ecclésiastique, et vivait a la cour de Rome sous Léon X. Si Ton en croit Crccimbeni ( Storia délia volgar poetia, t. 5}« Marc était en grande faveur auprès de ce pontife. Cependant il se plaint dans un sonnet d'être réduit A un état si misérable qu'il regarderait la mort comme un bienfait. Dans un' autre il dit que depuis treize ans qu'il remplit les devoirs d'un honorable prêtre, et depuis dix autres années qu'il fait le métier de solliciteur, il n'a pas encore reçu la moindre grâce, ni obtenu le plus petit bénéfice. Son recueil est intitulé : Sonetii ed altre rime, eon propotte e ritpotle di a! ru ni uomini degni, e eon aleune novelle, eapiloli e ttanee, Rome, Blado, 1544. in-8a. Ce volume est de la plus grande rareté. Dorromeo ( Nolixia de Novellieri) avoue qu'il n'en avait jamais pu voir un seul exemplaire. Les nouvelles qu'il contient sont au nombre de six. Dans un avertissement dont il tes a fait précéder, fauteur dit qu'il en avait composé vingt-sept autres, mais qu'il perdit son manuscrit au sac de Rome, en 4527. (Voy. l'art, du connétable de Bourbon.) Jérôme Zanetti a reproduit la sixième dans le t. 2 du No-> velliero italiano. Les Propœti e ritpotti di aleuni uomini degni sont tirés en grande partie des apophthegmesdePlutarqoe. Cette traduction avait part

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séparément sous ce titre : Molli de' piû buont autori, Venise, 1343, in-8°. Les Notelle ont été réimprimées, Milan, 1819, in-8", avec une préface de l'éditeur, le savant Scaldini. W— s.

CADE (Jean ), simple artisan, avait servi comme soldat sous les ordres de Richard, duc d'Yorck, qui fut le père d'Edouard IV. Profitant des dispositions du peuple qui avait pris en horreur le gouvernement de Marguerite d'Anjou, épouse de Henri VI, et qui régnait sous le nom de son faible éjwux, il se donna pour fils de Jean Mortimer, issu de la maison de Clarence, et exécuté au commencement de ce règne sans aucune formalité judiciaire : 20,000 hommes du comté de Kent se rangèrent bientôt sous ses drapeaux ( 1450). Jean de Cade promettait de réformer tous les abus. Il prit le nom de John amtnds ail (Jean amende tout). Il marche sur Londres et va camper à Blackheath. De là les insurgés envoyèrent au roi deux adresses ayant pour but le redressement des griefs dont se plaignait le peuple, ainsi que le châtiment des conseillers pervers dont les funestes avis eutralnaient au mépris de l'autorité royale. Enlin ls engageaient S. M. à vouloir bien gouverner par les avis des ducs d'Yorck, d'Exeter, de Buckingham et de Norfolk, avec le concours de ses très-affectionnés barons anglais. Ces adresses, qui vouaient implicitement à la mort certains membres du conseil, furent rejelées, et l'on résolut de réduire les insurgés par la force. Une armée de 15,000 hommes marcha contre eux et fut vaincue près de Seven-Aks. Cade et les siens, lîers de leur victoire, vinrent reprendre leur première |>osilion de Blackheath. Le roi Henri leur envoya l'archevêque de Cantorbery avec le duc de nuckiugham pour entamer un accommodement. Dans cette conférence, Cade s'exprima avec autant de convenance que d'énergie ; il refusa de poser les armes jusqu'à l'entier acquiescement aux réquisitions consignées dans les adresses. Après le retour de ses envoyés, la cour se retira au château de Kenilworth, et la Tour de Londres reçut une forte garnison. Cade s'avança jusqu'à Southwark, et Londres lui ouvrit ses portes. Il lit trancher la tète au lord Say, grand trésorier, et à deux autres ministres ; mais il ne put maintenir la discipline parmi les soldats. La garnison de la Tour ayant fait une sortie qui rejeta les rebelles avec perte hors des murs, le commandant proclama une amnistie pour tous les rebelles qui se reliraient chez eux paisiblement. Cade alors, abandonné des siens, charge son butin sur un bateau, et, suivi de quelques compagnons, prend la fuite sous un déguisement. Sa tète est mise à prix ; un gentilhomme du comté de Kent, Alexandre Iden, le fait prisonnier et le tue dans un jardin où il cherchait à se cacher à Lolhfied, dans le comté de Sussex : 1 ,000 marcs furent la récompense de ce meurtre. La cour de Londres soupçonna le duc d'Yorck, Richard, de n'avoir pas été étranger, par ses instigations secrètes, à cette insurrection, qui forme, pour ainsi dire, l'avant -scène de la guerre de la rose rouge et de la rose blanche. D — n — n.

CADENET , troubadour, naquit dans le château de Cadenet sur la Durance, qui fut détruit

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dans les guerres civiles. Cadenet erra longtemps

après ce malheur. Il devint amoureux d'une religieuse d'Aix, encore novice, ne put s'en faire aimer, se fit templier à St-Gillcs, et fut tué dans la Palestine, en combattant contre les Sarrasins, vers Pan 1280. On a de lui un traité contre les galiadourt, ou les médisants, et vingt-quatre chansons où il célèbre le vin et l'amour, et reproche aux barons leurs brigandages. Les manuscrits de la bibliothèque royale contiennent neuf pièces de ce troubadour. — Antoinette de Cadenet, dame de Lambesc, fut, dit-on, célèbre dans le même siècle par ses chansons et ses relations avec les principaux troubadours. K.

CADENET. Voyez Luynes (de).

CADEK-BILLAH , 25* calife abbasside, petitfils de Moctader, fut choisi en chaaban 381 de l'hégire ( novembre 991 de J.-C. ), par le sultan Boha- Eddaulah (roi/, ce nom), pour remplacer le calife Thay, qu'il venait de déposer. Fait pour briller par son savoir, mais incapable de gouverner, Cader mena une vie relirée, cultiva les lettres et les sciences, se soumit à tout ce que les sultans exigèrent de lui, et ne prit aucune part aux affaires de l'empire. Par cette conduite prudente, mais peu digne d'un successeur de Mahomet, et qui fut plutôt l'effet de son caractère que des combinaisons de la politique , il se ménagea des jours tranquilles et un très-long règne. Le peuple ne lui trouva point les qualités d'un monarque, mais il le res|>ecta comme un digne pontife de la religion musulmane. Les princes Bouïdes, qui marchaient à grands pas vers leur ruine, craignirent, en le détrônant, d'exciter une révolte, et ils le laissèrent en possession du califat jusqu'à sa mort, arrivée en dzoulhcddjah 422 de l'hégire ( décembre HI31 de J.-C.). Son régne, ou plutôt son pontificat, car les califes n'avaient plus alors qu'une influence religieuse, fut de 41 ans; il n'offre d'au* tre événement remarquable que les troubles qui déchirèrent la maison des Bouïdes. Cadcr-Billah s'adonna particulièrement à la théologie scolastique , et composa un traité pour réfuter l'opinion de ceux qui prétendaient que le Coran était l'ouvrage des hommes. J— N.

CADET DE GASSICOUBT ( Loois-Claude ) , pharmacien, né à Paris, le 24 juillet 1731. Son père, chirurgien estimé, qui a publié deux ouvrages sur le scorbut, était neveu de Vallot, médecin de Louis XIV : il mourut en 1T43, laissant treize enfants sans fortune. Louis-Claude Cadet trouva un protecteur qui le plaça chez le célèbre Gcoffroi, où il apprit la pharmacie. Cliargé ensuite du laboratoire de Chamoussct, ce philanthrope le lit nommer apothicaire major des Invalides. Quatre ans après, il fut apothicaire en chef des armées d'Allemagne, et ensuite de celle de Portugal. A la paix, l'académie des sciences le reçut dans son sein, et il fut successivement de celles de Lyon, de Toulouse, de Bruxelles et de l'académie des Curieux de la nature. Les mémoires de ces académies, le Journal de physique et d'autres recueils savants, contiennent vingttrois de ses mémoires sur diverses parties de la cm-

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mie. Il a rédigé, dans V Encyclopédie, les articles Bile et Borax. On a encore de lui des Expéricncet et Obtervationt chimique$ tur le diamant, et, 1* Analy$e chimique det eaux de Patty, Paris, 1757, in-8°. 2» Mémoire sur la terre foliée de tartre, ibid., 1764, in-12. C'est un extrait du Journal det Savants. 5° Catalogue det remidet de Cadet, apothicaire, ibid., 1765, in-8°. Cet ouvrage peut être considéré comme la Sédition du Formulaire magittral du chevalier Ch.-L. de Gatticourt. 4° Obtervationt en réponte à Baumé tur la préparation de l'élher, tur le mercure, etc., ibid., 1775, in-4». Louis XV le chargea d'enseigner la chimie à deux jeunes Chinois, fils de mandarins, venus en France pour donner des renseignements sur les derniers événements de l'Inde. Les falsifications exercées sur les vins, les vinaigres et les tabacs, furent aussi l'objet des recherches de Cadet. Chargé par le gouvernement de découvrir ces fraudes pernicieuses, il donna les moyens de les reconnaître et d'y remédier. Ces travaux le firent nommer à une place de commissaire du roi pour la chimie prés la manufacture de Sèvres. Cadet alors était dans l'aisance; il n'accepta la place qu'on lui offrait qu'en refusant les appointements qui y étaient attachés, et en demandant que ces appointements fussent donnés, avec une troisième place de chimiste , à un savant estimable et pauvre, versé dans les parties de la métallurgie qui pouvaient intéresser la manufacture. Les derniers travaux chimiques de Cadet ont eu i»our objet l'examen du métal des cloches, et le moyen d'en séparer l'étain du cuivre. L'académie l'avait cliargé de ces recherches, conjointement avec Darcet et Fourcroy. Depuis cette époque, il se renferma dans la pratique de son état , que l'affluence du public rendait chaque jour plus important. 11 avait puisé dans sa liaison avec Chamoussel l'amour, le besoin et l'habitude de la bienfaisance ; c'était sa seule passion, et il employa constamment la plus grande partie de son revenu à soutenir des vieillards, à élever des orphelins indigents, à encourager des artistes. Il donna beaucoup de lustre à sa profession. Sa pharmacie était regardée comme la première de la France. Il est mort le 17 octobre 1799. M. Eusébe Salverte a publié une Notice tur la vie et let ouvraget de L.-C. Cadet, Paris, au 8 (1800), in-8% et M. P. F. G. Itou lia y, une Notice hittorique tur la vie et let travaux de L.-C, Cadet, 1805, in-8". Z.

CADET DE VAUX ( Antoine ), frère de Louis- Claude Cadet de Gassicourt (1), naquit à Paris,

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(I) Le* principaux membres de celle famille originaire de Champagne sont : V> Cloute Cadet, membre du collège de chirurgie, qui a publié deux outrages sur le scorbot, et es» mon en «7*5, laissant treize enfants sans forluoe; 2» l'un d eux, appelé le êai/netr Cadct, parte qu'il était renomme pour la saignée, appartenait aussi a l'académie de chirurgie depuis Tannée 4735 ; S* Lotit^UUt Cadet dc Cassicowt. de l'académie des sciences, père de C*ffto4M* ; »• Cadet de Vaux (A*tol*e-Aleiu), frère de Uuit-Claude ; 5» Ca-

frere de Lo*u-CU*de, cl père de M. Cadct chef de division, ancien membre et secrétaire du et chaussées, avocat à la cour royale, qui a publié quelque»

le 15 septembre 1745, quatorzième enfant d'un père sans fortune. Le receveur général St-Laurent subvint aux frais de son éducation classique, et le fit entrer chez un pharmacien estimé. Cadet profita si bien du peu de loisir que lui laissaient les soins du laboratoire, qu'il fut bientôt en état de traduire <hi latin des Intlitult de Chimie de Spielman. Ses liaisons avec Duhamel et Parmentier le portèrent à l'étude de l'économie rurale qui devenait une science déjà riche dc bons ouvrages. Cadet l'étendit, sans l'abaisser, aux habitudes populaires de l'économie domestique. Pour se livrer sans distraction à ses goûts dominants, il se défit d'une pharmacie qu'il avait acquise, et qui resserrait dans un cercle trop étroit le besoin qu'il avait d'être utile. On n'imprimait alors pour Paris et pour la province qu'un seul journal, la Gazette de France. Le Mercure était tout littéraire , ainsi que le Journal det Savante , que son titre seul reléguait dans le d'un petit nombre dc lecteurs. Cadet de Vaux çut, en 1777, le projet du Journal de Parit. Une feuille qui promettait une pâture quotidienne à la curiosité de la capitale était une heureuse idée. Cadet de Vaux en eut le privilège, à la charge de s'associer pour collaborateurs Suard, d'Ussieux, Coranccz. Le journal réussit au delà de leur attente, et le bénéfice, quoique morcelé, procura toujours à Cadet de Vaux une assez grande aisance. On peut dire que, de cet instant, toute la carrière de ce philanthrope fut marquée par des travaux dont Tutilité publique était l'objet. Témoin de plusieurs asphyxies occasionnées par la vapeur maligne qui s'échappe des fosses d'aisance au moment de l'ouverture, Cadet indiqua des précautions A prendre pour en prévenir les funestes effets, et la cessation des accidents constata l'efficacité des moyens. Il fit sentir le danger qui résultait, pour tous, de l'usage des vaisseaux en cuivre qu'employaient plusieurs débitants, ainsi que de feuilles de même métal dont les marcliands de vin recouvraient leurs comptoirs ; et, grâce à ses démarches actives et pressantes, il en obtint la prohibition. C'est encore a Cadet de Vaux qu'on a dû la suppression du cimetière des Innocents, de ce foyer d'infection et de pestilence d'où s'exhalait sans cesse un air menaçant; et ce grand service suffirait seul pour recommander sa mémoire à notre reconnaissance. En 1772 s'puvrit i Para une école de boulangerie, dont le but était d'éclairer l'aveugle routine, et de lui substituer une marche raisonnée. Parmentier et Cadet avaient provoqué l'établissement de cette école. Ils professèrent publiquement l'art de la panification, et leur cours fut très-suivi. Les gens du monde en plaisantèrent , c'était leur droit. Il leur parut étrange qu'on allât

; e» Cadet {Lew\

rue Favart.de 47*6

a i80t;7« émail, qnl recul, en 4787, le brevet de rat en ISW ; 8» Cadet {Afflai).

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(M autre sœur Ulembcrt, etc.

a Paris; a»CAD*T le vieux marquis de !

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rapprendre à l'école ce qu'on savait depuis 2,000 ans. On les laissa dire. Les leçons des deux professeurs, simples et claires, à la portée de ceux qui les écoutaient, multiplièrent de très-bons élèves; et ceux-ci, répandus dans les boulangeries de tous les quartiers, eurent bientôt amélioré la fabrication du pain ; les bôpitanx et les prisons ne tardèrent pas à s'en apercevoir. La création des comices agricoles appartient aux Anglais ; Cadet de Vaux, en les leur empruntant, les organisa d'une manière plus conforme â nos mœurs, et pré|«ra le bien que ces réunions ont opéré. L'Œnologie de Chaptal, quoiqu'elle laisse peu à désirer, était pourtant ignorée dos propriétaires de vignobles, c'est-à-dire des hommes les plus Intéressés à la connaître. Le résumé qu'en a fait Cadet de Vaux comprend, dans une feuille ou deux, tout ce qu'il leur importe de savoir, et peut fort aisément être entendu des vignerons les moins intelligents. Les bouillons extraits de la substance des os étaient nne découverte et sont un bienfait. A Paris, l'auteur en fut remercié par des cliansons, et chez l'étranger, par des félicitations et des hommages sérieux et mérités. En 1791 et 1792, il présida l'assemblée de son département, et les moins sages louèrent sa sagesse. Libre de cette honorable fonction et retiré dans son petit domaine de Franconvillc , il y donna suite à des observations sur les arbres à fruits. Là, s'étant aperçu que des rameaux probablement détachés de l'espalier, et pendants le long de la tige, étaient plus chargés de fruits que les branches restées dans la positition horizontale, il crut en avoir trouvé la raison, et publia, comme un fait positif, ce qui avait besoin d être confirmé par des expériences précises et répétées. Cette méthode, offerte sous le nom à'Areure, fut essayée dans plusieurs jardins, même à Vilry; mais les effets ne répondirent point à ses promesses. Toutes les classes de citoyens ont occupé le zèle de Cadet de Vaux. lia pu se tromper, mais de bonne foi, en cherchant le bien, ou le mieux qui n'est pas toujours l'ennemi du bien. Sa probité, sa délicatesse étaient à toute épreuve ; il serait aisé d'en citer plusieurs traits; celui-ci suffira : Cadet fut chargé de prononcer sur des tabacs suspects. Au premier coup d'iml, il les jugea gâtés. Une compagnie, dont cette déclaration allait blesser les intérêts, lui proposa 100,000 fr., et, pour toute réponse, il fit jeter les tabacs à la mer. L'argent est la dernière pensée dos hommes qui se dévouent au bien public. Ceuxlà ne sollicitent ni pensions ni places. Ils ne demandent rien, et le gouvernement les prend au mot. Après cinquante ans de travaux sans interruption , Parmentier possédait 2,000 fr. de rente. Cadet de Vaux, plus qu'octogénaire, en possédait encore moins. 11 allait manquer du nécessaire, quand son fils, manufacturier à IV'ogent-lcs- Vierges, l'enleva de Paris, à force d'instances , et le recueillit dans sa maison. C'est là que ce bon fils, qui prit un tendre soin de la vieillesse de son père, l'a perdu le 29 juin 1828. Tous les écrits de Cadet de Vaux n'ayant pas été rassemblés, nous indiquerons les plus connus : «• ht Inttitult de chimie de Spielman, traduits du

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latin, 1770, 2 vol. 2° Obtervationt iur Ut fouet d'aitanee, 1778. 5° Avit sur le» b(és germétt 1782, 4* Avi» sur les moyens de diminuer l'insalubrité du habitations après les inondations ,1784. 5» Mémoirt sur les boit de Corse, avec des obterrationt générales sur la coupe des arbres, 4792. G" Instruction sur l'art de faire Ict vins, 1800. 7° Recueil de rapport* tt d'expériences sur les soupes économiquu et lu fourneaux à la Rumford, 1801. 8° Mémoire sur la peinture au lait, 1801. 9» Moyens de prévenir tt de détruire le méphitisme des murs, 1801. 10" Mémoire sur la gélatine des os et son application d Véconomie alimentaire, 1805. 11» De la Taupe, de ses moeurs et des moyens de la détruire , 1803. 12* Traité du blanchissage domestique à ta vapeur, 1805. 13" Sur le Café, 1807. 14e Estai sur la culture de la vigne, sans le secours de l'échalas, 1807. 15° De la Restauration et du Gouvernement des arbres A fruits, 1807. 48° Mémoire sur la matière tucrée de la pomme, 1808. 17° Traité de la culture du tabac, 1810. 18» Le Ménage, ou l'Emploi de fruits dans l'économie domestique, 1810. 19" Moyen de prévenir les disettes, 1812. 20* Des Bases alimentaires et de la pomme de terre, 1813, etc. 21' L'Art de l'eenotogie réduit à la simplicité de la nature, par la science et l'expérience, suivi d'observations critiques sur l'appareil Gervais , Paris, 4825, in-12, avec un poslscriptum publié dans la même année. Cadet de Vaux était un des principaux collaborateurs de la Bibliothèque des propriétaires ruraux , et du Cours complet d'agriculture pratique, 0 vol. in-8". M. Deyeux fils a fait de lui un très-bon élose. D — És.

CADET DE GASSICOURT (Chaules-Louis], fils unique de Louis-Claude [voy. ci-dessus), naquit à Paris, le 25 janvier 1769. Son père, qui l'aimait avec tendresse, lui disait souvent : o Je serais bien fà- « ché, mon ami, que tu fusses assez riche pour te « croire dispensé de travailler. Si je te rcgavdais « comme un sot, je thésauriserais pour toi ; mais je « t'estime assez pour penser que tu aimes mieux que « je te laisse des amis que des rentes. » Ces amis étaient d'Alembert, Buffon, Francklin, Bailly, Condorcet, Lalande. Cadet de Gassicourt les voyait souvent chez son père, et son goût se trouva plus naturellement dirigé vers la philosophie et les lettres que vers les travaux du laboratoire. Il appartenait à une famille oélébre dans les sciences et dans les arts. Sa mère descendait, par les femmes, de Vallot, médecin do Louis XIV. Cadet de Gassicourt fit de bonnes études au collège de Navarre et au collège Mararin. L'abbé Charbonnct, ancien recteur, racontait que le grand prix du discours français eut été décerné au jeune élève, si sa composition n'avait été empreinte de cet esprit philosophique qu'il avait puisé dans la société des amis de son père, et dont on craignait l'envahissement dans l'instrueiion publique. Il n'a» vait pas encore quinze ans lorsqu'il envoya un mémoire sur l'histoire naturelle à Iluffon, qui s'étonna en le lisant. A vingt ans il était marié. Il avait embrassé la carrière du barreau, et fut reçu avocat en | 1787. Il plaida quelques causes avec esprit, avec suc-

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ces ; la plus remarquable fut 'celle des deux personnages qui, dans leur jeunesse, avaient fourni à Mar- \ aontd le sujet du conte d'Annrttc et Latin. Memore de la société de Bienfaisance judiciaire, le jeune avocat faisait des vers faciles, publics dans les recueils du temps. Il fut un des fondateurs du lycée, institution longtemps célèbre, qui est connue aujourd'hui sous le nom d'athénée royal. Cadet de Gassicourt embrassa la cause de la révolution aTec ardeur. Entré dans la garde nationale, il marcha avec son bataillon contre les brigands qui pillaient la maison de M t -Lazare. Il adressa a rassemblée constituante des Observations sur les peine» infamante* (1T89, i»-H , : ce mt son premier écrit politique. Apres la suppression des parlements et de l'ancienne magistrature, il cessa de suivre le barreaui En 1798, la veille même des massacres de septembre, il eut le bonheur d'arracher des prisons son oncle Cadet de Chambine. En 1793, appelé comme témoin devant le tribunal révolutionnaire, il donna un exemple de courage alors fort rare, en osant déposer en faveur de l'accusé Poujaud de Monjourdain. Ami de la liberté qu'il voyait compromise par les fureurs révolutionnaires, il balança pendant quelque temps dans sa section du Mont-Blanc la désastreuse influence du terrorisme. Président de cette section lors de la fameuse journée du 13 vendémiaire (S octobre 1798 ), il se prononça contre la convention. Le 17 du même mois, il fut jugé par le conseil militaire ( établi au Palais-Royal, dit alors Palais Égalité), déclaré convaincu d'avoir été un des principaux auteurs et instigateurs de la révolte qui avait éclaté les 12, 13 et 14 vendémiaire, et condamné par contumace à la peine de mort. La justice de ce temps-là était expéditive. Cadet de Gassicourt se réfugia dans une usine du Bcrri, où il s'appliqua, en perfectionnant quelques procédés de l'industrie, a diminuer la fatigue des ouvriers. Quelques mois après sa condamnation, il revint A Paris, demanda des juges , et fut absous par un jury. Dès lors, mêlant à la politique la littérature, il publia divers écrits sous le voile de l'anonyme, et il osa ajouter quelquefois, comme titre d'honneur, aux initiales de son nom ces lettres C. D. Y. (condamné de vendémiaire). Il venait de publier un Voyage en, Normandie, lorsqu'il perdit son |)érc, le 17 octobre 1799. Cadet do Gassicourt avait alors trenle ans. L'année même de sa naissance, son pôre s'était associé à Derosnc. Les produits de sa pharmacie n'étaient alors que de 6 a 7,000 francs. Ils s'accrurent rapidement avec la célébrité de l'officine, et, en 1783, ils s'élevèrent i 59,000 francs. Cadet, voyant son (lis unique se datincr au barreau, et préférer la culture des lettres aux manipulations du laboratoire, vendit, le 85 avril 1760, A son associé sa part et ses droits moyennant la somme de 83,000 francs, que ce dernier s'obligea de payer A Chartcs-I,ouls & l'époque de sa majorité, avec cette clause que, Si Charles- Louis venait à décéder pendant la vie de son pére, il était fait donation à Derosne de ladite somme de 83,000 francs. D'un autre côté, Cadet pére s'engageait à n'élever aucun nouveau fonds de pharmacie,

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et en cas de contravention il devait payer à Derosne 40,000 francs a titre d'indemnité. Enfin Derosne s'obligeait de payer la même somme à Cadet, s'il renonçait à exploiter l'officine qui devait conserver la raison de Cadet tt Derome. Cadet de Gassicourt, à qui son père avait assigné 8,000 francs de rente lors de son mariage, et qui avait A recevoir 83,000 francs de la maison de Derosne, changeant tout i coup de vocation, et descendant du Parnasse A l'officine, éleva une boutique de pharmacie dans la même rue et presque en face de la veuve Derosne. 11 publia d'abord des circulaires A profusion, puis des mémoires où il detnandail d'un ton peu anodin que le nom de Cadtt fût supprimé sur l'écritcau, les étiquettes et les factures de la veuve Derosne. La veuve céda ; mais elle voulut ajouter à la raison r«re Derosne et filé ces mots : suctesseun de Cadet et Derosne. C'était un fait ; cependant Cadet de Cassicourt forma opposition, et gagna son procès en première instance le 18 mai 1801 ; mais 11 le perdit en appel le 17 août suivant. Dés lors le littérateur et l'homme politique parurent se transformer ou plutôt faire mixtion avec le pharmacien et le chimiste. Obligé de se soumettre aux examens du collège de pharmacie, il mit son orgueil à soutenir et A ne pas laisser déchoir la réputation de son pére. Il s'était montré partlsau de la révolution de brumaire, mais sans prévoir et sans vouloir ses conséquences, comme on le remarque dans le Cahier de réforme qu'il fit imprimer avant la publication de la constitution de l'an 8 (décembre 1799). On serait étonné de voir le publiciste et*le pharmacien s'occuper de calembours et de vaudevilles, si Cadet de Gassicourt avait négligé de joindre A ses travaux littéraires des études sérieuses ; mais il publia des livres utiles et encoro estimes. En 1808, Cadet de Gassicourt avait appelé l'attention du gouvernement sur la nécessité d'une nouvelle organisation du conseil de salubrité; le plan qu'il traça fut adopté par le préfet de police (Dubois). Nommé secrétaire général du nouveau conseil, il rendit, pendant quinze années, avec un zèle infatigable et Intelligent, les services les plus utiles A la santé pnblique. Il poursuivit avec courage les empiriques ; mais si dans celte classe trop nombreuse il se fit beaucoup d'ennemis, l'estime générale le dédommagea de la haine des charlatans. Napoléon, qui l'avait nommé son premier pharmacien , l'appela auprès de sa perso n ne pendant la campagne de 1809. Tandis que Gassicourt recueillait les observations qu'il publia depuis sous le titre de Voyage en Autriche, etc., il aidait lui-même à panser les blessés sur le champ de bataille, et il inventait des bagneti s pour remplacer les lances A feu de l'artillerie. En 1812, âgé de quarante- trois ans, il alla s'asseoir sur les bancs do l'université pour prendre le grade de docteur es sciences. 11 soutint, à cette occasion, avec un succès remarqué, deux thèses, l'une sur V Elude simultanée des sciences, l'autre sur l'Extinction de la chaux. 11 établit dans la première que l'on ne possède pas vraiment une science et qu'il devient Impossible de travailler utilement a la perfectionner, si l'on ne peut rapprocher de ses

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principes et de ses applications U philosophie de toutes les autres sciences. M. Salverte dit que Cadet de Gassicourt tenait de son expérience personnelle le droit de croire à la possibilité de cette instruction simultanée, et d'en faire apprécier les grands résultats. Une prodigieuse activité, un talent flexible et un travail facile le firent concourir, par des mémoires ou des articles nombreux et variés, à la rédaction et au succès de plusieurs ouvrages et recueils périodiques : le Dictionnaire d'agriculture, les Annalet de Chimie de MM. Arago et Gay-Lussac, le Bulletin de la société d'encouragement pour f industrie nationale, le Bulletin de pharmacie, les Annales des faits et sciences militaires, l'Epicurien, ouvrage périodique, où, sous le nom de Sartrouville, il inséra un grand nombre de chansons spirituelles, etc. (1). A l'époque de la restauration, Cadet de Gassicourt fut nommé membre de la Légion d'honneur, ce qui ne l'empêcha pas d'entrer bientôt vivement dans l'opposition ; il publia plusieurs brochures sur la garde nationale et sur les élections. Devenu, à la suite de diverses fonctions municipales et gratuites, un des hommes les plus populaires dans son parti, et comme un candidat obligé pour l'emploi de secrétaire des assemblées électorales de son arrondissement, il exerça une grande influence sur le choix des députés dans les années qui suivirent l'ordonnance du 5 septembre 1816. 11 était membre de la société des Amis de la liberté de la presse; et lorsqu'en décembre 18(9 Gévaudan et le colonel Simon furent mis en jugement comme ayant prêté leurs salons pour les séances de cette société. Cadet de Gassicourt figura, avec plus de soixante témoins, parmi lesquels on remarquait MM. Méchin, Voycr d'Argenson, Girod de l'Ain, Lafayettc, Léon Thiessé, le général Tarayre, Dunoyer, Talma, etc. Tous ces témoins auraient pu être poursuivis comme complices. M. Méchin et d'autres déclarèrent que des réunions avaient aussi lieu chez M. le duc de Broglie, mais que ces réunions, généralement avouées, n'avaient ni présidents, ni statuts, ni règlements. Cadet de Gassicourt, interrogé si la société avait un président, répondit qu'il n'y en avait pas plus qu'il n'y a de roi légitime dans les banquets de la fête de l'Epiplianie. Il avait déjà dit devant le juge d'instruction ne connaître d'autre société politique que celle des Francs régénérés, mais qu'il y en avait peut-être une autre qui s'assemblait rue de

(I) Les ouvrages dramatiques de Cadet de Gassicourt ne formant qu'une faible partie de son bagage littéraire, nous en donnons ici la litte, pins exacte que celle qn'en ont donnée M. Mahul et d'autres biographes. Le Souper de Molière, comédie-vaudeville en I acte, jouée avec succès, en (795, au théâtre du Vaudeville. C'est le même sujet que le Souper f.iuteuil, comédie d'Andrienx. En 1700, au théâtre des Troubadours, la Visite de Hacan, comédie- vaudeville en 1 acte, an. peu froide, et reçue froidement. Honneur de Bietre, eu fÂtusde Cesprit, eomedie-vaudeviilc en 1 acte. Cadet de Cassteoirt ne fat qu'un des onze auteurs de celte pièce, comme il ne fat qu'un des six de la snivanlc : Christophe Moi tu. ou Que je suit {icki d'être riche t comédie-vaudeville en < acte, jouée en 1790, an même théâtre, ou elle n'ent pas la vogue de la précédente. Finot, ou V ancien port ter de M. de Bietre, proverbe arcU-MU, en 1 acte (avec M. de Chazet), représentée avec succès au théâtre des Variélés- Montansier, en I «00. Ces cinq pièces ont été imprimées.

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Rivoli, où elle rédigeait le Jtfomïetir royal. Un journal, rendant compte des débats de ce procès, disait que a Cadet de Gassicourt, Y apothicaire, avait fourni une foule de pointes fort piquantes (*.).» — En 1821, une singulière polémique s'engagea entre Cadet de Gassicourt et le docteur Mettemberg, inventeur et débitant de l'eau an tip suri que (contre Ut gale). Le pharmacien avait traité le docteur de charlatan dans le Journal de pharmacie. Le docteur récrimina : enfin la guerre de plume engendra un procès. Au mois de juillet, Cadet de Gassicourt fut cité en police correctionnelle, comme coupable de diffamation. MM. Uiauzal et Berville plaidèrent cette cause dont plusieurs journaux rendirent un compte fort plaisant. Le docteur reprochait au pharmacien, qui avait fait autrefois deux comédies en calembours, d'avoir changé son nom de Mettemberg en celui de tlel-en-bière. Martainville, dans le Drapeau blanc, accusait Cadet d'imprudence pour avoir attaqué l'inventeur et distributeur d'une eau employée dans uue maladie d'un genre chatouilleux : « Devait-il se frotter à M. Mettemberg 1 » Le docteur à l'eau antipsorique ne ménagea pas « M. l'a- « pothicaire versificateur, publiciste et administra- « teur » qui, disait-il, vendait dans son officine IV- . lixir de Cagliostro et un aphrodisiaque connu sous la dénomination de pastilles du sérail de Cadet. Il y avait donc récrimination, renvoi et compensation d'injures. « Vous prétendez que je vous ai diffamé, « disait le pharmacien : je soutiens que votre bro- « chure est une diffamation tout entière ; ainsi noua « sommes quittes. » Cependant le ministère public demanda que Cadet de Gassicourt fût déclaré coupable de diffamation, et le tribunal correctionnel, par jugement rendu le 4" août, après plusieurs considérants, qui tous n'étaient pas défavorables au défendeur, notamment celui qu'il avait été mu par le désir, non de nuire au sieur Mettemberg, mais de faire prévaloir l'opinion du conseil de salubrité ; et que d'ailleurs le sieur Mettemberg s était c luia même permis, dans un écrit intitulé Réponse obli- « gée, des expressions injurieuses contre le sieur « Cadet de Gassicourt, » condamna néanmoins ce dernier à 200 francs d'amende, a 500 francs de dommages et aux dépens. On ne sait jusqu'à quel point le scandale de ce procès affecta Cadet de Gassicourt ; mais il mourut trois mois et demi après le jugement, le 21 novembre 1821, et fut enterré au cimetière du Père-Lachaise, à coté de Parmentier. Il avait été reçu, en 1816, membre delà société philotechnique. 11 appartenait à l'académie royale de médecine, à la société de pharmacie de Paris, à la société de médecine du département de la Seine, à la société d'encouragement pour l'industrie nationale, à la société d'enseignement élémentaire, à la société médicale d'émulation, aux sociétés ou académies de Lyon, Bruxelles, Florence, Turin, etc. 11 était pharmacien de la société maternelle et du

(t) Le IS décembre, les denx accusés, défendes par M. Berville, furent condamnes seulement à 300 fr. d'amende et aux frais da procès.

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corps des sapeurs-pompiers. Un de ses biographes trace ainsi son portrait : « Cadet de Gassicourt avait « la physionomie ouverte, la taille élevée, l'allure « gracieuse. Son tempérament était sanguin , son « humeur enjouée, sa conversation spirituelle et sé- « duisante, son caractère facile et généreux, sa phi- « losophie un peu épicurienne, etc. » — Voici la liste de ceux de ses ouvrages que nous n'avons pas encore cités : 1* V Anti-novateur, 1794, in-8», ouvrage critique. 2* Le Tombeau de Jacquet Molay, ou le Secret det conspirateurs à ceux qui veulent tout savoir, ouvre potlhume, Pan 4 (1796), in-8» de 54 p. 5° Les Iniliit ancien» et modernes, tuile du tombeau de Jacquet Molay (1796), in-»». Le Tombeau et sa suite furent réunis dans une seconde édition sous le titre suivant : le Tombeau de Jacquet Molay, ou Histoire tetrite et abrégée det initiét anciens et modernet, det templier s, det franet-maçons, iUuminét, etc., et recherches sur leur influence dan» la révolution française, avec la clef det loget, an 5 (1797), in-18. Cet ouvrage est singulier, curieux, mais systématique : il fit beaucoup de bruit lors de son apparition, et il est encore recherché. L'auteur a voulu depuis écrire une Hittoire det tociilét secrètes, mais il a laissé son travail inachevé, désespérant de pouvoir saisir en entier ce sujet aussi vaste qu'important. 4° Raison d'un bon choix, ou Théorie des élections, 1797, in-8*. 5° Le Poêle et le Savant, ou Dialogues sur la nécessité, pour les gen» de lettre», d'étudier la théorie des sciences, 1799, in-8°. 6» Mon Voyage, ou Lettres sur la Normandie, suivies de quelques poésies fugitives, 1799, 2 vol. in-12. On y trouve des anecdotes piquantes, des tableaux un peu graveleux, de tendres romances, de la gaieté, des folies, et un style animé qui ne manque ni de grâce ni de correction. 7" Cahier de réforme, ou Vaux d'un ami de l'ordre adressés aux consult et aux commissions législatives, an 8 (1799), in-8*. 8" Essai sur la vie privée a" Honoré-Gabriel Riquetli de Mirabeau, lu dans une séance publique du lycée Thélusson, 1800, et imprimé d'abord dans le Mois, recueil périodique, puis à la téte des Lettres à Sophie, dans l'édition îles Œuvres choisies de Mirabeau, 1820 , 7 vol. in-8*. Gassicouii «lit avoir rédigé cet Essai sur des manuscrits et des notes qui lui avaient été confiées par M. de la Fage, ami de Mirabeau. 9* Esprit des tott passés, présents et à venir, 1801, in-12. Ce petit écrit peut être comparé au traité de M. Necker sur le Bonheur des sots; mais on peut croire au bonheur des sots plutôt qu'à leur esprit. 10" La Chimie domestique, ou Introduction à l'étude de cette science, mise à la portée de tout le monde, 1801, 3 vol. in-12. Ouvrage utile et estimé. 11» Dictionnaire de chimie, contenant la théorie et la pratique de celte teience et son application à i hittoire naturelle et aux arlt, 1803, 4 vol. in-8*. Comme l'auteur mêlait toujours la politique ou la littérature avec la chimie et la pliarmade, le discours préliminaire de son Dictionnaire de Chimie fut mis à l'index à Vienne et à Madrid. Venu après le dictionnaire de Macquer, que les rapides progrès de la chimie et la nouvelle nomen-

clature rendaient insuffisant et presque inutile, le dictionnaire de Cadet de Gassicourt eut un succès mérité qu'a depuis affaibli le dictionnaire de Kla proth et de Wolff, traduit par Bouillon-La grange et Vogel, Paris, 1811, 4 vol. in-8». Il avait senti le besoin de préparer une nouvelle édition de son dictionnaire après les importantes découvertes qui, depuis 1803, ont encore une fois changé la lace de la chimie : la mort Ta saus doute empêché de se livrer à ce travail. Il avait eu l'heureuse idée de placer en téte du 1*r volume un ordre de lecture qui, transformant son dictionnaire en un cours élémentaire, a, pendant plusieurs années, facilité aux élèves l'étude de la science. 12° Sl-Géran, ou la nouvelle Langue françaite, anecdote récente (1807), in-12 de 33 p., critique ingénieuse et souvent trop vraie du premier style de M. de Cliateaubriand, de la Corinne de madame de Staël, et de leurs imitateurs. ( Voy. n'15.) 13° Le thé est-il plus nuisible qu'utile? ou Hittoire analytique de cette plante, et moyens de la remplacer avec avantage, 1808, in-12. Après avoir fait l'analyse chimique des dix variétés de cette plante, dont l'usage ne fut adopté en France qu'en 1G34 ; après avoir trouvé dans le thé une très-légère et minime quantité de cuivre, beaucoup de résine, de l'extractif, du mucilage, de l'acide gallique et du tannin ; après avoir décrit les propriétés physiques du thé et s'être livré à des considérations hygiéniques, d'où il résulte que le thé attaque fortement le système nerveux, que les gens de lettres surtout doivent s'en interdire l'usage; que les vapeurs n'ont coiniiiencé à être connues que depuis l'introduction en Europe de cette boisson ; l'auteur conclut que l'usage du Uié est plus nuisible qu'utile, et, comme il croit aux vertus de l'eau chaude, il propose, pour remplacer le thé avec avantage, vingt et une plantes, dont la plupart croissent en Europe ( les menthes, la véronique, la centaurée, les sauges surtout, etc. (1 ) ; et il remarque à ce sujet que « l'Europe envoie dans « Tlude plus de 50 millions par an ( pour l'achat « du thé ), sans qu'aucune parcelle de cet or repasse « dans notre commerce (2). » Cette histoire avait d'abord paru dans le Journal de Pharmacie. 14* Cours gastronomique, ou les Diners de Manant-Ville, ouvrage anecdotique, philosophique et littéraire, 1 809, in-8*. L'auteur facétieux annonce sur le frontispice que ce livre a été composé par feu M. C. ( Cadet ), ancien avocat au parlement. 13° Suite de Sl-Géran, itinéraire de Lutèce au Monl-Valérien, en suivant

(t) « Si les Chinois el 1m Japonais, dit l'auteur, font un si grand « usage de inc. il faui croire qu'ils nom pas trouve mieux dans « leur pays, puisque la pelile sauge secbee avec soin, que les Holc landais leor oui apportée, leur parul si préférable, qu'ils donnè- « rem jusqu'à Irols caisses de tb* pour une de sauge. «(Voy. l'omet. UMalre des drogue* ; Moretloi, Court de meJùre médicale.)

(3) Selon l'abbé lUrnal, la consommation du lue v*' les Européens esi plus dispendieuse encore. « En i7M, dit-U, il a été Or «porte de la Chine et du Japon «7,400,000 livres de tnc (dont « 2,100,000 P« I» français, «,000,000 par les Anslais

« 4,500,000 par les Hollandais, 4,800,000 parle* Danois el les Sue- « dois). Mais comme les Anglais consomment environ I*,o00,oo0 « livres de tbe par an a raison de « fr. la livre, prix commun, il « faut donc pour cei objet (eu Angleterre) 7*,000,000 de dépense « par an. e

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le fleure séquanien tt revenant par te mont de» Martyrs (l8M)j in-12 de 83 p. Cadet continue la critique* sous le rapport du style, du Uénie du Christianisme, de» Martyre, de l'Itinéraire à lérutalem, et du roman do Corinne. Il emprunte aussi quelques citations aux premiers disciples de la nouvelle école (Hue de Miromesnil, de Livry, François de Mcntclle, Raymond, etc. ) ; chemin faisant, quelques traits sont décochés contre Laharpe, Delille, Geoffroy, Treneuil, Jondot, Soumet, et contre madame de Gcnlis, désignée sous le nom de comtesse de Mascarillis. L' Itinéraire de Lutèce au Mont- Yalérien semble avoir fourni l'idée, le titre et le sujet de l'Itinéraire de Pantin au Mont-Calvaire, qui parut la même année, 1811, in-s\ et dont l'auteur est M. René Perrin. Les -deux pamphlets de Cadet de Gassieourt avaient d'abord été publiés dans V Esprit det Journaux, puis séparément : ils fuient réunis en un petit volume (1812), qui eut assez de vogue pour engager le savant critique Hoffmann a en fait e le Sujet de trois feuilletons dans le Journal de V Empire (I). 16° Formulaire magistral tt Mémorial pharmaceutique, 1812, in-8°; 2* édition, 1814; 3«, 1810, in-18; 4' et îr\ 1823 et 1826. Les noms des docteurs Pariset et Itailly se rattachent A quelques-unes de ces éditions. 17° Des Moyens de dc*~ truction et de résistance que les sciences peuvent offrir dans une guerre nationale, 1814, in-8«. Cet écrit lire sa première im|>ortancc de la grande é|>oquo oû il fut publié. 18° Éloge de A. -A. Parmentier, membre de l'Institut, etc., 1814, in-8". Cadet de Gassicourt avait lu cet éloge a la séance publique de la société de pharmacie, le 16 mai delà inémc année, peu de jours après l'entrée de Louis XVIII à Paris. 19° Pharmdeie domestique, d'urgence et de charité i à l'usage des personnes qui habitent les campagnes, des manufacturiers, des militaires et des marins, 1818, in-8»i 2e édition. Ln première fut donnée par Cadet de Gassicourt pété, auteur de cet ouvrage estimé. 20° Voyage en Autriche, en J/oruvie et Bavière, Pnris, 1817, in-8*. Ce voyage fut fait à la suite de l'armée française pendant la campagnd do 180». L'auteUr y a joint une carte du théâtre de la guerre en Autriche, et les plans des batailles d'Fsling cl de YVagram. On trouve dans ce voyage des détails Intéressants sur les mœurs et les usages, sur la statistique, les sciences et les arts de cette partie de l'Allemagne, et des anecdotes qui servent à expliquer de grands événements. 21» Analyse raisonnée des listes d'électeurs et d'i'liqibles du département de la Seine, 1817, in-8". 22" Candidats présentés aux électeurs de Paris pour la session de 1817, in-8". 23" Les Quatre Ages de la garde nationale, 1818, in-8». L'auteur trace l'histoire de cette institution, qui fut renouvelée en 1780, après une interruption de prés do cent cinquante ans. Il indi-

(I) S, «Sn 17 juin I RU- «Ctllc rrilique est léVèK, <ltt le jourt Mllslc: cst-clle jusip ? ju" n'ose pronoucer. J'ai asw» prouve que « Je |«Mnai« comme ranmijme (Cittet de Gassicourt), cl U sérail ( irnp naît d'afBrnier qu'il a raison. > Horfiniuu anal)sc cusulie el rople «ouvrai. Son persiflage ol encore plus anier que «lui du

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que les moyens de concilier dans son organisation le service d'ordre public et la liberté individuelle. 24» Confidences de l'hôtel Basaneourt , 1818, in-8*. On sait que l'Iiotel Dazancourt était la maison de détention pour la garde nationale de Paris. 26* Qui nommons-nmis? 1820, m-8«, Oa distingue dans le Journal de pharmacie et det Séiêntet accessoires, dont Cadet de Gassicourt Rit un des principaux fondateurs en 1809, parmi un grand nombre d'autres, les mémoires ou articles suivants :

— Mémoire sur le café;— sur quelques Tabacs dd commerce et sur les Sterrmtatoircs en général ; — Conjectures sur la formation du sel dans les végétaux ; — sur la Manne observée sur Un saule ; — Mémoire sur le gluten; — sur l'arbre cirier (Myrica ) ; — Essai sur un nouvel électromètre ; — sur la Coloration des bois indigènes ; — sur les Baguettes d'artillerie propres à remplacer les lances à feu; — Méthode utile pour reconnaître les vins colorés artificiellement;—Mémoire sur la gélatine;- sur les Teintures alcooliques; — notice sur le blanc de krems; — Recherches sur refllorcsccncc des sels;

— Recherches géoponiques avec l'analyse des terres arables; -^Mémoire sur la fermentation acéteuse et sur l'art du vinaigrier; *— Observations sur la propriété dissolvante de l'albumine et d'autres liquides animaux ; — sur nn blutoir pharmaceutique ; — Description d'un a|ipareil propre a extraire le gar. méphitique des puits et des fos-scs d'aisanre ;

— Analyse d'une matière rendue par un goutteux ; Analyse de l'eau minérale de la Chapelle-Godc-

froy ; - Conjectures sur la formation de la glace dons la caverne de la Graee-Dieu; — Examen des différentes colles-fortes employées dans les arts; — Notice sur le papayer, etc. Cadet de Gassicourt fit insérer dans l'Esprit des journaux (juillet 1817) des Lettres sur I/indrts el les Anglais, ouvrage d'un observateur habile et impartial. Le Dictionnaire des sciences médicales lui doit les articles Alciiimik.

CftAItLATASS, COSMÊflQLES, FaRO, IIo.NOU AIKLS,

MfenECi.tE politique. On trouve dans les premiers voiumes de la Biographie universelle plusieurs articles de Cadet de Gassicourt ; dans les 3!émoires de la société médicale d'émulation (8* année, p. 1(50, 174), une Statistique physiologique el murale; dans la Revue encyclopédique. le Projet d'un Dictionnaire bibliographique universel (t. 2, p. .'JOO), et un Projet d'institut nomade (t. 6. p. 256). C'est un des derniers écrits de l'auteur (1820). 11 en fut tiré quelques exemplaires a part. Le but de cet institut nomade devait être de rendre populaire l'application des sciences aux arts el a l'industrie. Cette société ambulante aurait parcouru la France pour olKorver partout les progrès de l'industrie, les procédés perfectionnés qui méritaient de (tasser d'uuc localité dans une autre, et pour appeler l'attention du gouvernement sur les résultais de leurs recherches et de leurs observations. On pourrait trouver dans le plan de cet institut nomade le germe de ces congrès scientifiques qui, depuis quelques années, se réunissent en France, en Allemagne, en Angleterre, et sont un des caractères saillants de notre

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époque. En. 1819, Cadet de Gassicourt publia, dans le ConttUutionnel, uoe série d'articles formant le compte rendu de l'exposition des produits de l'industrie qui eut lieu dans la cour du Louvre, On connaît enfin de ce fécond écrivain les Soupers du jeudi, recueil de poésies légères, et les éloges de Beaumé, pharmacien , de de Parcieux, physicien, de Curaudeau, chimiste, et de Jérôme de Lalande, astronome. 11 avait entrepris un grand ouvrage qu'il n'a pu terminer : c'était un Traité de la salubrité publique, fruit de dix-neuf années de recherches et d'observations. Il avait aussi rédigé un recueil d'anecdotes piquantes : ses amis se souviennent do l'avoir entendu lire des fragments de ce manuscrit, qui annonçaient un observateur toujours ingénieux, mais si caustique, que la publicité de ce recueil ne peut être désirée par plusieurs de nos con temporains. Le docteur Virer, MM. Eusébe Sal verte et Julien (de Paris) ont publié des notices sur Cadet de Gassicourt. V— VE.

CADET DE METZ (Jean-Mabcel), n'est point de la même famille que les précédents. Né à Metz, le 4 septembre 1751, il était depuis vingt-cinq ans subdélégué général à l'intendance de Corse et inspecteur général des mines de cette province, lorsque la révolution éclata. Il fut, en 1800, nommé directeur des contributions du département du Bas- Rhin. Cadet résidait a Strasbourg, où il était eu même temps secrétaire général de la société des sciences, lorsqu'il fut admis à la retraite, en 1822. Il est mort au mois de septembre 1835, à l'àgc de 85 ans. On lui doit divers mémoires intéressants sur la Corse : 1° sur les Jaspes tt autres Pierres précieuses de la Corse. 2° Sur les Stations de la mer 4 différentes dislances du centre de la terre. Dans ces deux mémoires, après avoir comparé entre elles et avec celles du continent les productions de celle Ile, qu'il avait plusieurs fois parcourue dans tous les sens, Cadet s'est servi des rouleaux du cadastre pour la figurer en relief avec les matières mêmes du sol. 5* Observations sur la nécessité de régler VabaHaqi des arbres d'après la latitude et l'élévation du sol, 1728, in-12. Cet écrit, qui avait pour but de relever l'importance des forêts de Corse et de faire sentir l'Intcmittstivité des coupes qu'on en faisait, fixa utilement l'attention de l'administration des forêts. On lui doit encore : 1» Système de l'Angleterre publié aux yeux des nations ; 2° Tarif des centimes aux francs, 1801 ; 3° le déroulement, le calque et la première gravure du plus beau des rouleaux connu d'écritures en hiéroglyphes, sous ce titre : Copi> figurée d'un rouleau de papayer trouvé à Thèbes, Strasbourg, 1805, in-fol.; 4° Mémoire sur l'emploi de ce qui est fait du cadastre pour répartir équilablement la somme de la contribution foncière sur les départements de la France ; 5° Tarifs pour établir avec justesse et célérité les cotes proportionnelles sur les différents revenus; 0° Précis des voyages entrepris pour se rendre par le nord aux Indes, 1818, in-8"; 7» Traité de la lenteur que mettent les substances aéri* formes liquides et solides à suivre les mouvements de fa Itrre, <l des effets de çetle lenteur sur la, ialubritét

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les débordements et les aUuviont ; 8° de l'Air et de la Fièvre insalubres d'Espagne, 1822, in-80 ; 9' du Sol, de l'Air et des Eaux d'Espagne, précautions qu'Ut exigent, 1823, in-8»; 10° Corse, rettduration de celte ile, 1821, in-8». Z-o,

CADIIERD ou CAROUT-BEY, arriére-petite fils de Seldjouc, reçut en 453 de l'hégire (1041) le gouvernement du Kerman de Thoghrul-Bey, et fut le premier prince de la branche des Seldjoucides qui régna dans cette province. De gouverneur qu'il était d'alwrd, il se rendit indépendant, consolida sa puissance, accrut ses possessions, et se forma un Etat considérable. Son histoire et celle des princes de sa maison est peu connue. Selon d'Herbelot, ces princes sont au nombre de onze. Le dernier, Mobammed-Schab, fut dépossédé par l'alide-Malek- Dynar, qui, en 683 de l'hégire (1487-8 de J.-*C.), entra dans le Kerman, et s'en rendit maître. J— a.

CADHOGAN (le comte Guillaume), général anglais sous le règne de la reine Anne, se distingua dans la guerre de Flandre par son habileté et surtout par son dévouement au duc de Marlborough. Il donna une grande preuve de ce dévouement au siège de Menin, en 1706, lorsque, pressé par la cavalerie française, le duc allait être fait prisonnier par suite d'un accident^ la jambe de son cheval. Cadbogan mit pied à terre, donna son cheval à Marlborough, et, en sauvant son protecteur, se condamna lui-même à être pris par l'ennemi. Dès le lendemain, Marlborough le demanda en échange contre tel autre prisonnier qu'il plairait au duc de Vendôme de choisir ; et à l'instant, Cadhogan fut renvoyé sur parole. Constamment attaché à la fortune de Marlborough, Cadhogan en éprouva toutes les vicissitudes. Sa commission auprès des états généraux de 1 lui lande fut révoquée en 1711, lorsque la faveur du duc commença à diminuer, et il perdit sa ciiargc do sous-gouvçrncur de la Tour et de la ville de Londres, lorsque la disgrâce de son protecteur fut complète Après l'avoir accompagné dans son voyage des Pays-Bas, il vint chercher a se foire nommer député au parlement , pour y fortifier le parti des wbigs ; mais sa nomination par le bourg de Woodstock fut annulée, sous prétexta do quelque défaut de formes. A l'avènement de Goorge l*», Cadhogan eut part aux honneurs que recouvra Marlborough. Il fut nommé colonel de l'un des régiments des gardes, et envoyé en Hollande oommo ministre plénipotentiaire, puis, en la même qualité, aux conférences d'Anvers. En 1715, il présenta un mémoire aux états généraux, pour les déterminer a s'opposer au passage du prétendant Jacques III, qui se préparait a faire une descente en Ecosse ; et, l'année suivante, il se rendit en Angleterre à fai tête d'un corps de 6,000 Hollandais, que les étala envoyaient au secours du roi George. H fut accusé au parlement d'avoir détourné a son profit una somme de 10,000 livres sterling», mais l'accusation fut rejetée. En 1717, Cadhogan retourna en Hollande, od il négocia Itabilcment une alliance entra cette puissance, l'Angleterre et la France. Nommé pair d'Angleterre peu de temps après, il se rendit

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de nouveau auprès des états généraux avec le titre d'ambassadeur extraordinaire. Il fit son entrée publique à la Haye en cette qualité, et il harangua les étals généraux au nom du roi d'Angleterre, le 8 juin 1718. En 4722, il succéda à son ami, le duc de Marlborough, dans la charge de grand maître de l'artillerie, et dans celle de colonel du premier régiment des gardes. 11 mourut à Londres, le 26 juillet 1726, laissant une grande fortune et deux filles, dont l'alnéc avait épousé le duc de Richemond. Son frère lui succéda dans le titre de comte. M— d j.

CAD-ABD-ERRAHMAN - PACHA , l'une des principales victimes de la révolution qui coûta la vie à deux sultans ottomans dans les premières années de ce siècle, avait été élevé pour la magistrature, et il exerça la clarge de cadi, dont le nom lui était resté. Mais, entraîné par son inclination guerrière, il prit le métier des armes, et parvint, par sa bravoure et ses talents, jusqu'à l'important pachalik de Caramanie, qu'il occupait en 1800. Sélim III (voy. ce nom) venait alors d'établir a Constanlinople les milices appelées Ifizam-Djedid (nouvel ordre de choses), et voulait en foi-mer un corps assez puissant pour l'opposer aux janissaires insolents et factieux, qu'il se proposait de dissoudre : il envoya ordre aux différents gouverneurs des provinces de lever des régiments pour ce nouveau corps, d'après le plan adopté pour son organisation. Cadi-Pacha exécuta avec le plus grand zèle les intentions du sultan, et, par ses parents et ses amis, par ses sacrifices pécuniaires, il réussit, en trois années, à organiser huit régiments de Nizam-Djedid. Ces milices régulière* ayant été utilement employées, en 1804, à la destruction de diverses bandes de brigands qui infestaient impunément, depuis deux aus, la Bulgarie et la Roumélie, avaient triomphé sans peine des anciennes troupes du pays ; le divan sentit les avantages de la discipline européenne et la nécessité d'augmenter le Nizam-Djedid. Un khatti-chérif du sultan, daté du 3 mars 1805, fut adressé à tous les pachas, portant ordre d'enrôler dans ce corps les hommes de vingt à vingt-cinq ans choisis parmi les janissaires et les jeunes gens les plus robustes. Cet ordre intempestif excita une fermentation générale, des séditions sur divers points de l'empire, et resta presque partout inexécuté. Le seul Cadi-Pacha était parvenu à compléter le nombre qui lui avait été prescrit. Son intelligence et son audace firent juger sa présence nécessaire dans la Turquie d'Europe pour y rétablir la tranquillité et en défendre les frontières contre une invasion éventuelle des armées russes. Cadi-Pacha arriva à Constanlinople en juin 1806, avec tous les Nizam-Djedid de l'Anatolie , formant une infanterie de 15 4 18,000 hommes et 1,500 hommes de cavalerie féodale. S'il eût aussitôt marché sur Andrinople et sur Rondschouk pour s'y réunir i Mustapha-Baïrakhdar (voy. ce nom), il y serait arrivé sans obstacle, et il aurait fait partout respecter l'autorité du sultan ; mais Sélim le retint trois semaines dans les environs de Constantinople, alin de se procurer le plaisir d'y voir camper et manœuvrer set troupes régulières à

la manière européenne. Cette feute laissa aux janissaires le temps d'organiser leur résistance; Cadi- Pacha, qui avait pénétré facilement jusqu'à Selivria et Burgas, hit arrêté à Balacksi ; ses troupes y furent écrasées, et il ne put parvenir jusqu'à Andrinople. Il se dirigea alors sur Roudschouk, où il était attendu par Mustapha-Baïrakhdar ; mais, les rebelles ayant intercepté sa marche et ses convois, il fut obligé de se replier sur Selivria, après avoir tenté une attaque inutile sur Tchiorlou, dont les habitants s'étaient déclarés pour les janissaires. Campé près de Selivria, où il devait recevoir les ordres de la Porte, il y fut attaqué par un audacieux, mais maladroit assassin. Bientôt un changement de ministère ayant rétabli momentanément la paix intérieure, il revint à Constantinople avant la fin de l'année, et repassa en Asie avec ses troupes, qui formaient la majeure partie du corps des Nizam-Djedid, dont il était le généralissime. Sélim commit une autre faute en ne retenant pas dans sa capitale ces troupes et leur intrépide chef, sur le dévouement duquel il pouvait compter. Cadi-Paclia, relégué dans son gouvernement de Caramanie, ne put s'opposer au détrônement de son maître ni à la mort tragique de ce malheureux prince. (Voy. Mustapha IV.) Mats Mustapha-Baïrakhdar, ayant placé sur le trône Mahmoud II, convoqua à Constantinople un divan extraordinaire de toutes les notabilités de l'empire, à l'effet de réformer 1rs abus et surtout de réprimer les excès dont les janissaires s'étaient rendus coupables. Cadi-Pacha y vint au commencement d'octobre 1808, avec un corps de 3,000 hommes, qu'il laissa à Scutari. On y décida la création d'un nouveau corps, qui devait être pris en grande partie dans celui des janissaires, mais qui, formé à la discipline européenne, diviserait cette dangereuse milice et lui opposerait une rivalité avantageuse à l'État. Cette institution, approuvée par le mufti et par le sultan, fut immédiatement organisée sous le titre de Seymen ; mais la précipitation cl surtout l'avidité et la dureté de Mustapha-Baïrakhdar le rendirent odieux et discréditèrent dès l'origine un corps généralement composé de la plus vile canaille. Lorsque éclatèrent la révolte et le terrible incendie où périt [le grand vizir, le 14 novembre, Cadi-Pacha, sur l'invitation de son ami Ramis, capitan-pacha, accourut, le lendemain, de Scutari, avec 2,000 hommes, au secours du sultan Mahmoud. Déjà la rébellion était réprimée en partie, et Ramis, à qui on en était redevable, proposait, pour achever de l'assoupir, une amnistie générale. Cet avis était approuvé par le sultan; mais Cadi-Pacha, animé du désir de venger les injures qu'il avait reçues des janissaires en 1806, opina pour une sortie contre les insurgés, qu'il fallait exterminer, afin d'inspirer la terreur à la population entière de Constantinople. Les cris des soldats, qui espéraient se livrer au pillage, forcèrent le sultan à l'adoption de ce parti violent et impolitique. Cadi-Paclia sortit du sérail à la tète de 4,1)00 hommes, précédé de quatre pièces de canon. 11 repoussa et dispersa les janissaires, s'empara

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d'une de leurs casernes, arriva sur la place de l'hippodrome, et, repousse* par les flammes qui entouraient le palais du malheureux Baïrakhdar, il y laissa une partie de ses troupes, divisant le reste en trois détachements, qui devaient balayer les rues et massacrer tous ceux qu'on trouverait en armes. Mais les cruautés et l'avarice de ses soldats, qui se dispersaient pour piller, affaiblirent les colonnes, portèrent les habitants au désespoir, et rendirent la force aux insurgés. Les Seymens, arrêtés dans leur marche par les incendies qui se multipliaient de tous cotés, vinrent se réunir à Cadi-Pacha, sur la place en avant du sérail. Ils y furent vigoureusement assaillis par la populace et par les janissaires, qui, n'ayant pu reprendre leur caserne, y avaient mis le feu. Enfin Cadi-Pacha reçut ordre de rentrer dans le sérail et de cesser les hostilités. Le sultan fit publier une amnistie ; mais la population, enhardie par la retraite des Seymens, poussait des cris de fureur contre eux, contre le pacha de Cararaanie, et menaçait le sultan du sort de Sélim, en redemandant Mustapha. Dans cette extrémité, Mahmoud crut devoir sacrifier son frère, et Cadi-Pacha fut chargé de présider à l'exécution de cet arrêt de mort. La découverte du cadavre de Baïrakhdar dans «on palais incendié avait calmé la fureur des rebelles et découragé les défenseurs du sérail, inutiles désormais au sultan depuis qu'il restait le seul rejeton de la famille ottomane. Cadi - Pacha, Ramis- Pacha et leurs principaux partisans, abandonnés, menacés par leurs propres soldats, ne furent pas même protégés par Mahmoud, qu'ils avaient si bien servi. 11 leur fournit seulement une clialoupe, dans laquelle ils s'embarquèrent Ici 8, et qui les transporta à Selivria, d'où ils gagnèrent Roudschouk. Ils y furent d'abord accueillis et soutenus par les amis de Baïrakhdar; mais bientôt les hostilités des gouverneurs voisins et les menaces de la Porte forcèrent les habitants d'expulser les fugitifs. Ramis se sauva en Russie. Cadi-Pacha, répugnant à demander l'hospitalité aux infidèles, quoiqu'il admirât leur tactique militaire, osa reparaître à Conslanlinople en habit de derviche, et reprit le chemin de la Caramanie dans l'intention d'y lever un corps d'aventuriers, de parcourir l'Asie Mineure et d'y faire une guerre cruelle aux janissaires. Reconnu a Kiutaych, il fut immédiatement mis à mort, en 1809, et sa tête, envoyée à Constantinople, y fut exposée pendant un mois, pour satisfaire la vengeance des janissaires, qui le regardaient comme leur plus implacable et leur plus dangereux ennemi. A — t.

CAD1ÈRE (la). Voyez Gibaro.

CAD Ml S, fils d'Agénor, qui régnait en Phénicie, s'établit en Béotie vers Tan 1550 avant J.-C., et vint exercer l'empire des lumières chez un peuple où il était venu en fugitif. Quelques savants pensent que Cadmus et ses compagnons pouvaient être des Chananéens refoulés vers la mer par le vaillant chef hébreu Josué. Ainsi, selon la remarque d'un historien moderne, les exploits d'un peuple méprisé, dont à peine les historiens grecs ont eu connaissance, devinrent la cause de tout.ee aue ht littérature a pro-

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duit de grand, de profond et de beau. Cadmus passe généralement pour avoir enseigné aux Grecs récriture alphabétique, connue depuis longtemps des Phéniciens :

C'est de lui que nous vint cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux, Et, par les traits divers de figures tracées, Donner de la couleur et du corps aux pensées.

(Brébsot.)

La colonie qu'il commandait était assez nombreuse pour qu'il pût, dans le trajet des cotes de la Phénicie a celles de la Béotie, laisser une partie de ses compagnons dans les Iles de Rhodes, de Tbéra, de Thasos et dans la Thrace, où il aborda successivement. Son arrivée dans la Béotie, terme de son voyage, a donné lieu à plusieurs Actions qui appartiennent à la mythologie, et qui ont porté bien des savants à conclure que Cadmus n'avait jamais existé, et que ce personnage n'était qu'un mythe. Quoi qu'il en soit, la Béotie était alors habitée par les H vantes el les OEnieus, peuplades pélasgiques. Les Hyantes, vaincus par Cadmus dans un combat, quittèrent le pays et allèrent s'établir ailleurs. Les OEniens se soumirent au vainqueur, et bientôt ils ne firent plus qu'un peuple avec les Phéniciens. Cadmus bâtit une ville qui, de son nom, s'appela la Cadmée. Cette cité, s'étant accrue avec le temps, prit le nom de Thébcs, et la Cadmée ne fut plus que la citadelle de la nouvelle ville. La Béotie formait alors un bassin resserré de tous cotés par les montagnes, d'où se précipitaient une foule de ruisseaux et de torrents qui causaient de fréquentes inondations. Cadmus apprit à ses nouveaux sujets à faciliter l'écoulement des eaux par le moyen des canaux ; il leur enseigna plusieurs arts utiles à la vie. Il iustilua le culte de Bacchus. Les descendants de Cadmus continuèrent de régner en Béotie. D— a— r.

CADMUS DE MILET, fils de Pandion, passe pour être le premier des Grecs qui ait écrit en prose; mais, selon Slrabon, la prose de Cadmus et celle de Pliérécyde, son contemporain, étaient encore une imitation du langage poétique, et ils ne firent que rompre la mesure des vers. Ces deux écrivains florissaient vers la 45* olympiade, sous le règne d'Halyattes, père de Crésus. Strabon nomme Cadmus avant Pliérécyde, et Pline cite Phérécy de avant Cadmus : Prosam orationem ctmdere Phtrecydet Syriui institut! , Cyri régit œtale ; kùtoriam Cadmu» Miletiut; mais, dans ce jassage, Pline parait plutôt classer les genres que la priorité des temps, et l'opinion commune a conservé l'honneur de l'invention de la prose à Cadmus. Cependant Pythagore et ses disciples continuèrent d'écrire en vers. Le langage de la poésie était regardé par eux comme plus convenable à la contemplation et à la dignité des matières qu'ils traitaieut. On ne croit pas que, jusqu'au temps de Platon, la prose se fût accréditée parmi les philosophes ; mais, depuis Cadmus, l'histoire ne connut plus d'autre langage. On attribue à Cadmus une histoire de la fondation de Milet et des autres villes d'Ionic, divisée en 4 livres. Cette

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lustoîre n'existait déjà plus du temps de Denys d'Haliearnasse. Il n'en restait qu'un abrégé fait par Bion de Proconèse. Le savant Hardion observe, à ce sujet, ipie les abréviateurs ont travaillé de bonne heure à la destruction des auteurs originaux. Dcnys d'Haliearnasse parait croire que les histoires attribuées à Cad mus de Milct et à plusieurs autres anciens écrivains étaient des ouvrages supposés. Cadmus est cité par Clément d'Alexandrie, qui lui donne le titre d'ancien, pour le distinguer d'un autre Cadmus, fils d'Archelaûs, qui était aussi histo» rien et né dans la ville do Wilet. On ignore dans quel temps oc dernier a vécu. Suidas dit qu'il avait composé une histoire de l'Attique en 10 livres, qui avait pour titre : de Solutione amatoriarum affeetiomtm, (Voy. les Mémoire* de l'académie dei bslUs-letires, t. 15, p. 119 et suiv.) V— ve.

CADMLS, fils de Scythes, après avoir succédé a son père dans le gouvernement de l ile de Cos, remit volontairement la souveraine puissance entre les mains des habitants, et se retira en Sicile. 11 y fonda, avec quelques Samiens, la villo de Zancle, que les Messéniens, citasses du Péloponèse, prirent dans la suite et appelèrent M titane (aujourd'hui Messine). Cadmus fut envoyé à Delphes par Gélon, tyran de Syracuse, avec trois vaisseaux chargés d'or et d'argent, afin d'observer quel serait le résultat de la guerre de Xorcés contre les Grecs. Si la victoire se déclarait pour le roi des Perses, Cadmus devait lui offrir ces riches présents, ainsi que la terre et l'eau pour les pays de la domination de Gélon ; si, au contraire, les Grecs étaient vainqueurs, il devait reporter ces grands trésors en Sicile. Cadmus les reporta. (Voy. Hérodote, liv. 8.\ V— VB.

CADOC (Saint), était fils do Gonlréc, prince de la partie méridionale du pays de Galles, qui abdiqua la couronne pour vivre dans la solitude, et qui est honoré parmi les saints de la Grande-Bretagne. Cadoc lui succéda, et, bientôt après, dégoûté du pouvoir et des honneurs, il embrassa la vie monastique, fit h&tir dans le diocèse de LandafT les monastères de Llan-lilut et de Llan-Carvan. 11 gouvernait ee dernier en qualité d'abbé, lorsqu'il le quitta, avec St. Gildas, pour cherolier des lieux plus solitaires. Les deux saints se retirèrent dans les iles de Honoche et d Eehni. Cadoc mourut à Wedon, dans le comté de Norihampton. Ses actes ont été recueillis par Capgrave, et l'on trouve sa vie dans les Antiquité» d'Ussérius. Cltastelaln croit que Cadoc est le même que St. Cado ou Caduad, qui est honoré dans le diocèse de Bennes, et qui a donné son nom à la petite Ile de Encaa-Caduad, située sur la céte de Vannes. V— vb.

CA DON ICI ( Jbaj»), chanoine de Crémone, né à Venise en 1705, mort le 27 février 1786, après avoir publié plusieurs ouvrages contre les mollnistes et la cour de Borne, qui supposent une grande connaissance de l'Écriture sainte et des Pères. L'un des plus curieux est intitulé : Explication de ce passage de St. Augustin : l'Eglise de Jésus-Christ sera dans la servitude sous les princes séculiers, Pavic, 1784, in-8°. L'éditeur, M. Zola, professeur de théologie, fa «ocompagné d'une préface Intéressante. Cadonici

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s atuclte à prouver que, si les souverains sont soumis a l'Église dans les choses spirituelles, tous les membres de l'Église sont aussi sous leur dépendance dans les choses temporelles. B y établit l'ancienne pratique de l'Église, de prier nommément dans le sacrifice de la messe pour les souverains, fussent-ils même |>crsécu leurs. 11 fait voir que les formulée de ces prières, supprimées lors des querelles entre les (tapes et les rois, dans lo 12e siècle, se sont conservées dans le Missel Ambrosien, dans le Maiara. bique, dans celui des chartreux et dans quelques autres. Cet auteur avait publié un autre ouvrage, où il soutenait que, selon St. Augustin, les saints de l'Ancien Testament morts avant Jésus-Christ avaient, aussitôt aprea leur mort, joui de la vision intuitive : opinion dénuée de fondement. T— D

CADOT. Voyes Janvier.

CADOUDAL (George), fils d'an meunier, nommé Cadoudal, naquit à Brcch, villaga près d'Anray, dans la Basse-Bretagne , en 1789 ; fut élevé au collège de Vannes, dans des principes de religion, qu'il n'oublia jamais. 11 avait a peine fini ses études, lorsque la révolution éclata : il n'y prit d'abord aucunc part; mais, au mois de mars 1795, lors do la première insurrection du Morbihan , il se réunit commo simple cavalier aux rassemblements royalistes. Ce mouvement n'eut aucune suite en Uretagno ; il n'en fut pas de même dans la Vendée. Le jeune Cadoudal, instruit, en novembre de la même année, qne les Vendéens venaiont de passer la Loire, conçut le projet de les rejoindre; il se mit à la téte d'une eimpiantaine de paysans bas-bretons, traversa les forêts, essuya plusieurs petits combats en route, et arriva à Fougères , où les chefs royalistes firent distribuer des fusils A son détachement. B suivit l'armée vendéenne , et , se distinguant par sa force et son courage, se (il dès lors une sorte de réputation : il fut nommé officier au siège de Granville. A la bataille du Mans , s'étant embusqué , avec ses Morbihanais , près de Pont-Lien , il soutint le premier choc, et revint plusieurs fois à la charge. L'armée royale avait été successivement dispersée ou Mans et à Savenay ; Il rentra dàns son pays natal, avec l'expérience de la guerre , et un ami digne de lui; c'était lo Jeune Leraercler, de Château-Gonlliier, qui avait pris le surnom de la Vendée, ayant joint les Vendéens en même temps que Cadoudal. Devenus compagnons d'armes , Il partagèrent .les mêmes dangers, conçurent les mêmes projets, et furent animés des mêmes sentiments : en un mot, ils devinrent inséparables, et furent les artisans les plus actifs de l'insurrection royaliste du Morbihan. Cette Insurrection était alors fomentée par plusieurs ecclésiastiques et par quelques gentilshommes. Cadoudal et Lemcrcier parcouraient le pays, enrôlaient les paysans et matelots oisifs de la côte. Dans une de ces courses, ils furent surpris par un détachement républicain , et conduits dans les prisons de Brest. Leur captivité dura plusieurs mois : ils trouvèrent dans la même prison M. d'Allègre, gentilhomme provençal du même parti, qui leur donna quelques notions sur l'art de la guerre et sur f«

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pôlltiqUé, pour nUppWér ù M qui manquait fl lèttr Éducation Cependant l'impulsion était donnée dans le Morbihan ; et pendant la captivité dé Cadoudal , en 1 794, le pays fut divisé en mutons d'insurrection : il y eut un conseil civil et militaire, et le comte de Silfc Tut nommé général des royaliste*. Cadoudal, étant parvenu à s'évader sous des habits de maie-» lot avec ses compagnons d'infortune, trouva l'orga* nlsation royaliste aciievée , et il dut se contenter dU grade de chef de canton, il se prononça, en 1795, Contre la pacification de la Mabilais, reprit les armes, et combattit à Grand-Champ, où le comte de 8ilis perdit la vie. OU croit qu'il aspira dés lors aU commandement, lin effet, son caractère inébranlable et son cotlrage froid le destinaient à être citer de parti. OU préparait à cette époque, dons les ports d'AhgIclerre , l'expédition de Qu'beron. Lé commandement du Morbihan avant été conréré au chevalier de Tinteniac, gentilhomme breton, Cadoudat se hfita de le seconder dans sa seconde opé* ration, qui eut pour objet do rassembler sous Car» nae les paysans royalistes , pour soutenir ie débar* quement. À peine ce débarquement fut-il opéré, que les cAotidm firent plusieurs diversions dans l'intérieur du pays; ta plus considérable se dirigea vers les CôtesHlu-Nord ; Cadoudal ot ht Vendée en faisaient partie. Tinteniac ayant été tué à leur tète, et les officiers émigrés qui le suivaient croyant tout perdu après le désastre de Quiberon , licencièrent les chouans; mais Cadoudal , connaissant mieux le pays et les ressources de cette guerre, ranima leur courage, et, après les avoir ralliés, s'engagea à les ramener au centre même du Morbihan : il tint pa* rôle , et les préserva de tout danger. Le succès de cette opération augmenta la réputation de Cadoudal, qui dès lors considéra l'insurrection de laBassc- Ilretagne comme sa propriété. Il adopta le système antihobillaire, c'est-a-dire qu'il écarta du commandement les nobles et les officiers émigrés, s'érigeant en chef du parti plébéien royaliste dans cette contrée. Il voulut se débarrasser en même temps de l'Influence de Pulsaye, accablé alors sous la terrible responsabilité de la catastrophe de Quiberon. Il le Ht arrêter même par son ami la Vendée, dans le dessein de le faire fusiller : mais Pulsaye, ayant demandé à être conduit devant Cadoudal , parvint à le toucher et à le convaincre par son éloquence; et la liberté lui fut rendue. Cependant les soldats de Hoche couvraient le Morbihan ; et vers le mois d'août , Cadoudal se vit contraint de licencier tout les rassemblements royalistes jusqu'à ce que les républicains se fussent retirés. Mais il mit ce temps à profit, s'occupant sans cesse d'une nouvelle organisation : Il eut bien» tôt un état-major, un corps d'élite permanent , des chefs de division ; et à peine âgé de vingt-six ans, il se vit aussi puissant, dans cette partie de la Iiretagne, que Charette l'était dans la Vendée. 11 forma an grand rassemblement a la fin de cette campagne, et attaqua le bourg d'Elven, mais sans succès, malgré l'intrépidité et le sang-froid qu'il montra dans les différentes attaques : lea chouans étalent peu propres à la guerre de sièges et de retranche*

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ment*. Aeéèbie dé nouveau par les troupe» de Ho* èhe, Cadoudal dépêcha l'abbé Gulllo à Puiwye, pour IUI faire connaître l'état désespéré du Morbihan, auquel 11 ne restait plus que le parti d'une feinta soumission. 11 fit en même temps demander une suspension durme» ( mai 1798) ; mais Hoclw la refusa , exigeant une soumission entière et le désarmement des royalistes. Cadoudal feignit de céder, et donna des ordres secrets pour que les armes fussent cachées avec soin. Lui et ses principaux officiera évitèrent de se soumettre à la surveillance des autorités républicaines , aspirant toujours au moment de reprendre les armes. Les royalistes de l'intérieur étalent alors occupés d'un plan général , fbndé sur de fausses bases, et qui , mal conçu et mal conduit* échoua au 18 fl-uctidor (septembre 1797 ). Sûr dé l'appui du gouvernement anglais, Cadoudal n'attchdait que le signal de Paris pour recommencer le» hostilités. Voyant l'espoir des royalistes déçu, il fUt forcé de rester près de deux ans dans l'inaction ; mais ce temps ne fut point perdu pour son instruction et pour -on expérience. Il conservait toujours In même influence sur les paysans bas-bretons , qui aspiraient comme lui a reprendre les armes, quand la guerre du dehors pourrait le permettre avec quelque espoir dé succès. Tout annonçait une nouvelle coalition contre le directoire. Au mois de janvier 1791», Cadoudal , toujours maître de ses élément» d'insurrection , annonça aux chefs royalistes , cachés dans la Bretagne et dans le Maine , un prochain soulèvement. Il s'adressa directement au gouvernement anglais et a M. le comte d'Artois, en dépêchant A Londres Lemercier, son lieutenant, pour avoir des armes et des munitions. La guerre, déjà commencée aux frontières , fut résolue dans l'Ouest. Vers le mois d'août , Cadoudal Ibrma aes rassemblements, et occupa le champ de tieau- Chêne, où il exerçait les paysans et ralliait tes déserteurs* De toutes les divisions, la sienne était la plu» Considérable. A l'arrivée des principaux chefs venant de Londres, il les convoqua ert conseil général au château de la Jonchère ; et cette assemblée décida qu'il conserverait le commandement eb cbcr du Morbihan et des Côtes-tlu-Nord, et que les hostilités commenceraient contre les républicains. Cadoudal occupa un grand nombre de bourgs, menaça Vannes, et prit quelques pièces de Canon à Sarzeau. 11 jouissait de la confiance entière de ses troupes, et se trouvait alors le seul général en chef royaliste qni ne fût pas gentilhomme. La guerre civile se mantrait partout menaçante, surtout dans le Maine, en Normandie et dans la Basse- Bretagne, lorsque la révolution politique du 18 bru maire ( novembre 1799), qui mit Bonaparte en possession de l'autorité , vint paralyser de nouveau les efforts du parti royaliste. Dans les premières conférences tendes a MÔntfaticon , Cadoudal Vota constamment pour la Continuation des hostilités. 11 commandait lui-même au mois de décembre l'expédition qui eut lieu sur les bords de la > Haine, pour recevoir Uh transport de fusils et de munitions qu'y débarquèrent les Anglais. Après avoir escorté le convoi dans l'Inté-

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rieur du pays, à la léte de huit cents chouans d'élite, il répartit ces secours entre toutes les divisions royalistes. S'étant rendu aux conférences de Pouancé, il chercha à ranimer l'ardeur desnutres chefs, et à les exciter au combat; mais ils étaient déjà divisés au sujet des propositions de paix.Toujours opposé à toute espèce de soumission, il rentra dans ses cantonnements. Là, devenu l'objet de la protection spéciale du gouvernement anglais, il redoubla de vigueur et d'audace, s'obstinant à rejeter la paix et ralliant autour de lui près de 15,000 hommes. Mais déjà presque tous les autres chefs avaient succombé , ou s'étaient soumis au gouvernement des consuls. Cadoudal eut bientôt à lutter contre une armée entière commandée par le général Brune. Il disputa le terrain ; mais à la suite des combats de Grand- Champ et d'Elven (25 et 26 janvier 1800), il songea à participer à la paix jiendant qu'il en était encore temps. Le 9 février, il eut une conférence avec le général Brune prés de Theix ; tout fut terminé en une heure d'entretien. Cadoudal promit de licencier ses troupes , et de remettre l'artillerie et les fusils qu'il possédait, mais à des conditions favorables aux royalistes du Morbihan. Une convention en dix articles fut signée entre les deux généraux. Cadoudal se rendit à Paris pour obtenir la ratification ; il y resta prés d'un mois, mais sans pouvoir obtenir la coutirmation des clauses qui devaient soulager les Bas-Bretons. Bonaparte le lit sonder pour l'attirer dans son armée avec un grade supérieur ; et tout fut employé pour le séduire. Cadoudal , inébranlable, et averti secrètement que Bonaparte allait le faire arrêter, passa en Angleterre. Voué au rétablissement de la maison de Bourbon , il ne pouvait renoncer à des plans formés dès sa jeunesse, et qui faisaient , en quelque sorte , une partie de son existence, il fut accueilli avec beaucoup de distinction par le gouvernement anglais , et reçut de M . le comte d'Artois, au nom du roi , le cordon rouge , le grade de lieutenant général , et des félicitations sur sa conduite honorable. Vers la lin de 1800, il repassa secrètement en Bretagne, avec le commandement gén ral du Morbihan, d'Ille-etrVilaine, des Côtes-du-Nordet du Finistère. Il avait alors l'espoir de surprendre Belle-Ile, et de s'emparer de Brest I h m ii' le roi, d'après les plans de M. de Hivoirc, ancien officier de marine royale. Mais tous ces projets furent éventes, et, par suite, abandonnés. La vie de Bona|iarte ayant été en danger par l'explosion de la machine infernale , la police accusa Cadoudal d'avoir été I'àrae de cette conspiration, tramée à Paris par ses officiers. Mais il a constamment nié qu'il eût autorisé ce moyen terrible de destrucliou. Devenu un objet d'inquiétude et de terreur pour .Napoléon, il fut en butte à tous les pièges de sa police : des émissaires furent envoyés de Paris pour l'assassiner ; mais il pénétra leurs desseins, et les lit fusiller par ses soldats. Ne se trouvant plus en sûreté dans le Morbihan , surtout depuis la dissolution générale du parti royaliste, il repassa en Angleterre, où il eut des relations avec Pichegru. Bonaparte re-

gereux , qu'après la paix d'Amiens, il fit demander au gouvernement anglais , par Otto, qu'on le lui livrât, et chargea depuis Andréossi de renouveler la même demande. Pichegru et Cadoudal s'étant concertés sur les moyens de renverser le gouvernement de Bonaparte , Cadoudal proposa , non pas d'assassiner lâchement Napoléon, mais de l'attaquer publiquement et à force ouverte , au milieu de ses propres gardes ; ce fut pour accomplir ce dessein qu'il lit passer en France, dès le mois de janvier

1803, plusieurs de ses officiers, et qu'il débarqua lui-même , le 21 août , au pied de la falaise de Beville. De là , se dirigeant sur Paris par des stations préparées , il resta secrètement , près de six mois, dans différents domiciles, et attendit que Pichegru et Moreau lui donnassent le signal d'agir. Mais trop de tergiversation et de lenteur, et le défaut d'unité de vues parmi les chefs, firent avorter le complot avant même qu'il pût recevoir un commencement d'exécution. Ce fut vers le mois de mars 1804 que la police, ayant obtenu des révélations de la part de quelques conjurés subalternes , fit rechercher Cadoudal avec une activité extraordinaire : la plupart de ses adhérents furent arrêtés. S'étant aperçu que son dernier asile était observé, il essaya de prendre la fuite en cabriolet; mais déjà il était cerné, et son cheval fut arrêté près du Luxembourg. Cadoudal, tirant aussitôt ses pistolets , renverse deux agents de la police à ses pieds, et cherclie encore à s'évader ; mais une foule d'émissaires l'environnent et ameutent le peuple, qui, il faut bien le dire, était loin d'être favorable au chef de chouans. Saisi par les efforts d'un boucher, il est conduit à la préfecture de police, où il déclare, avec sang-froid, au magistrat chargé de l'instruction , que c'est lui-même qui était à la tête de la conspiration pour rétablir les Bourbons sur le trône. Traduit au tribunal criminel avec un grand nombre de co-accusés, il montra dans les débats beaucoup de calme et de fermeté, évitant avec soin de compromettre aucun de ses compagnons d'infortune, faisant tout haut profession du dévouement le plus absolu à la cause du roi légitime , et ne négligeant aucune occasion d'insulter le président du tribunal Thuriot , qu'il appelait Tue-roi, par allusion à son vote régicide. Le 1 1 mai

1804, il fut enveloppé, avec onze de ses officiers, daus une condamnation à mort , comme coupable d'avoir voulu attenter à la vie de Bonaparte. Transférés de la maison de justice à Bicêtre , ils furent tous jetés dans les mêmes cachots. Le lendemain, on apporte à Cadoudal un placet tout rédigé, en l'assurant que , s'il consent à signer, lui et ses compagnons d'infortune obtiendront la vie ; Cadoudal prend tranquillement le papier , et , après avoir lu ces mots : A S. AI. l'Empereur des Français, le rend au concierge avec le même sang-froid , puia se tournant vers ses officiers : Mes camarades, leur dit-il , faisons la prière : c'était celle du soir, qu'ils récitaient en commun. Sa fermeté ne l'abandonna pas un seul instant ; et il donna encore de grandes preuves de courage au moment de son exécution, qui eut lieu le 25 juin sur la place de Grève, en

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présence d'une foule innombrable. Ainsi périt à 35 ans un nomme qui, placé dans d'autres circonstances, eût honoré sa patrie par ses exploite, mais dont mailieurcusement la guerre civile avait seule développé les talents et le caractère. Louis XVIII, en 1814, a élevé à la noblesse le père et le frère de George Cadoudal. Z — o.

CADOVIUS (Jean), également savant en théologie, en médecine et en linguistique, naquit en 1650. Son père, le docteur Mathias Cadovius, surintendant général de la Frise orientale, s'était marié lorsqu'il était encore élève du gymnase de Hambourg. Il crut devoir cacher sa paternité, et cependant il lit étudier son fils Jean sous le nom de Mullcr. Ce fut sous ce nom que Jean Cadovius devint, en 1670, recteur de l'école latine d'Escas, dans la Frise orientale ; puis, en 1675, prédicateur au village de Stadcsdorf, et la protection de son père ne lui fut pas inutile pour obtenir cet emploi. Celui-ci étant mort en 1679, le prétendu Muller se porta son héritier ; mais les autres enfants de Mathias ne voulurent pas le reconnaître pour leur frère. Non-seulement Cadovius parvint a prouver la légitimité de sa naissance, mais en prenant le nom de son père, il eut le bonheur de lui succéder dans la surintendance de la Frise orientale. Cette position le mit à même de pousser aussi loin que pussibie ses éludes et ses recherches sur l'ancienne langue des Frisons, et il écrivit sur ce sujet l'ouvrage suivant : Memoriale lingua Frisim antiqua, offlc ti Gehoegenisse van de ohle Frettke McmUale, où se trouvent des vocables et des verbes de l'idiome de la Frise orientale, quelques locutions frisonnes, ainsi que des notions sur le système monétaire, sur les poids et mesures, sur la numération, sur la grande et petite table de multiplication en usage dans la Frise orientale ; un dictionnaire de la plupart des substantifs frisons ; les cinq parties principales du Catéchisme de Luther avec la doctrine et la formule de la confession et de l'absolution, ainsi que le Symbole du concile de Nicée et de St. Alhanate. Ce livre, dont le manuscrit porte la date de 1691, et que l'oa conservait dans la Frise orientale, n'a jamais été imprimé, et il est à craindre, dans l'intérêt de l'histoire du bas-saxon, comme aussi de la langue des anciens Frisons, qu'il ne finisse par être entièrement perdu. Du temps de Cadovius, son travail excita l'attention de plusieurs savants allemands très-distingués. Meier de Brème en parle dans un écrit adressé à Leibniiz, et qui fait partie de la Collection étymologique. Il donne à l'auteur le nom de Muller, que Cadovius portait encore à cette époque, et il désigne l'ouvrage sous le un e de Induit Frùici MS. Wiarda a également fait usage des recherches de Cadovius dans son Dictionnaire de la langue des anciens Fritons, 1786. Cadovius exerçait la médecine en même temps que les fonctions de prédicateur. Il com]>osa, pour préparer au baptême deux sœurs nées en Turquie, un ouvrage intitulé : Excellent échange de l'incrédulité musulmane contre le véritable christianisme, également resté manuscrit. Il est mort à Statesdorf en 1725. D— a— r.

CADRY ( Jean - Baptiste ) , théologien, naquit

en 1680 à Tretz, diocèse d'Aix, vint à Paris en 1710,

fut successivement vicaire de Sl-Éliennc du Mont et de St-Paul, où il se fit une grande réputation par ses prônes, et devint théologal de Laon, emploi dont il fut destitué en 1721, par arrêt du conseil, à cause du parti qu'il prit dans l'appel de la bulle Vnigenitus. Son zèle contre ce décret l'obligea de fuir de retraite en retraite, jusqu'à ce qu'enfin il trouva un asile auprès de M. de Caylus, évéque d'Auxerre. Après la mort de ce prélat, en f7J8f il se retira à Savigni, aux environs de Paris, où il mourut le 25 novembre 1756. On a de lui : 1° l'rône fait dans une église de l'aris (St-Paul), le 9 octobre 1718, d toccasion de l'appel de S. E. Monseigneur le cardinal de Noailles,^ édition, Paris, 1718, in-12 .2 H, -la ■ lion de ce qui s'est passé dans l'assemblée générale de ta congrégation des lazaristes en 1724, au sujet de la bulle Vnigenitus, in-4* de 44 p. ; réimprimée la même année plus exactement. 3° Apologie pour les chartreux, que la persécution excitée contre eux, au sujet de la bulle Vnigenitus, a obligés de sortir de leurs monastères, Amsterdam. 1725, in-4°. 4° Défense de$ chartreux fugitifs, où l'on traite particulièrement delà fuite dans les persécutions, 1726, in-4*. 5° Uisloire de la condamnation de M. de Soanen, évéque de Sénez, 1728, in-4». 6° Les trois derniers volumes de P Histoire du livre des Réflexions morales sur le Nouveau Testament, Amsterdam, <72C, 1734, 4 vol. in-4*. Le premier volume est de l'abbé Louait. Cette histoire va jusqu'en 1729, époque où commencent les Nouvelles ecclésiastiques, qui en sont la continuation. On y trouve les analyses des principaux écrits pour et contre. 7° Réflexions abrégées sur t'ordonnance de il. l'archevêque de l'aris, au sujet de la constitution Vnigenitus, 1729, 5 parties in-4*. 8° La Cause de l'Étal abandonnée par le clergé de France, 1730, in-4°. 9° Avertissement de l'avts aux censeurs nommés pour l'examen de la collection des conciles de P. Hardouin, 1730, in-4". 10° Observations théologiques et morales sur les deux histoires du P. Berruyer, 1753 et 1756, 3 vol. in-12. IfEnfin plusieurs autres écrits du même genre que les précédents, dont on trouve la liste dans Moréri et dans le t. 4 du Nécrologe des plus célèbres défenseurs et confesseurs de la vérité. Cadry avait porté le nom du Darcy, qui est l'anagramme du sien, pour se soustraire aux perquisitions de ses ennemis. T — d.

CADROY ( Piekre), conventionnel fameux par ses missions dans le Midi après le 9 thermidor, était né en 1755, à St-Sever, où il fit ses études et où il exerçait la profession d'avocat lorsque la révolution vint changer toutes les positions. Il s'en montra d'abord partisan, mais avec sagesse et modération. Nommé, en 1790, administrateur du département des Landes, il fut ensuite député du même département à la convention nationale, où, dès les premières séances, il blâma l'exagération de la plupart de ses collègues. Après avoir voté dans le procès de Louis XVI pour la réclusion comme législateur et non comme juge, et ensuite pour le sursis à l'exécution, il se condamna au plus profond silence ; et bien que l'ami et l'un des plus zélés partisans des Giroo-

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dini, il échappa par sa prudence et ton apparente abnégation aux proscriptions du 31 mai 1795. Ce ne fUt qu'aprûs la chute de Rolicspierre qu'il se prononça hautement contre la montagne, et qu il demanda que le Heu dea séances de la société des jacobins fût converti en un atelier d'armes. Il proposa a la même époque des réformes à la constitution anarchique do 1793; mais cette motion était prématurée : elle fut rejetéc. Envoyé quelques mois plus tard dans le Midi avec Mariette, au moment où la plus violente réaction éclatait contre les terroristes, il donna une grande impulsion à ce mouvement, c Le peuple no a veut plus de montagne, écrivirent alors de Mar*- « scille ces deux représentants. Les jacobins, les « robespierristes sont pour lui des bôtes féroces qu'il « poursuit à outrance... Nous avons licencié l'étal- « mojor de la garde nationale, et remplacé les 1er- « roristes par les amis de la justice et de l'humanité, a Les brigands qui fourmillent dans ces contrées « voient en frémissant le régne de Tordre, de la « justice et de l'humanité succéder au système de * terreur, de pillage et de sang qui, avant le 9 thera tnidor, les rendait arbitres suprêmes de ia vie et a de là fortune de leurs concitoyens. Il n'est pas « d'efforts qu'ils ne fassent |»ur se ressaisir de Pau* « torité dont ils ont fait un abus aussi épouvantable. < Chassés de Marseille qui commence enlin à sortir a de la stupeur, ils se sont répandus dans les autres « districts et surtout dans celui d'Arles. » Les com missaires conventionnels mirent alors Arles en état de siège, et ils parvinrent à soustraire cette ville è l'influence des terroristes. Dans le même temps, ils firent échouer un complot que la même faeuon avait fait éclater dans Toulon. Cadroy fut ensuite chargé des approvisionnements de l'armée des Alpes. Il était à Lyon dans le mois de juin 1793 , lorsque les prisons furent forcées, et que les terroristes qui s'y trouvaient détenus crt grand nombre furent égorgés. Voici comment il rendit compte de cet événement à la convention, de concert avec ses collègues Boissct et Corel : «t Un grand crime a été commis, nous en gémissons « et nous cherchons les vrais coupables... Mais pour- « quoi publier dans toute la France que les patriotes « sont égorgés à Lyon? puisque la loi n'avait pas « prononcé sur le sort des victimes, ce n'est pas à « nous à attester leur crime. Écoulez l'opinion qui « rarement se tromi>c quand elle n'est pas égarée «t par les passions étrangères. Les hommes qui sont a niorls dans les prisons avaient versé dans cette « commune la désolation et le deuil. Les citoyens « égorgés à milliers, les maisons démolles, les arti- « sans, les ouvriers, les commerçants mitraillés en « masse, la probité bannie; toutes les ramilles dis- « persées ; quatorze millions dépensés pour la des-

« truclion des édifices voilà les hauts faits que

« l'accusation universelle attribue aux ministres de

a Collot, de Coulhon Nous n'avons donc pas à

« pleurer des patriotes ; mais nous pleurons sur la « violation de la loi » Quelques jours après, Cadroy se réunît à son collègue Isnard, non moins exalté que lui ( roy. IsnaudJ, et marchant tous le? deux contre les révoltés de Toulon, ils écrivirent a

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la convention que toutes les mesures «aient pu»*, que (a demiiré heurt du ttrrorime allait ionner dam tt Midi. En effet ces deux représentants firent bientôt leur entrée triomphale dans cette Ville , où us iiispeiscreni tes lerrottstes et reprirent t arsenal et tous les établissements militaires dont ils s'étaient emparés. Mais la majorité de la convention était lnin de partager la haine de Cadroy pour celte faction ; il fut rappelé, ainsi que Boisset, son collègue, sur un rapport du comité de salut public; et après la révolution du 13 vendéndaire, Où ce parti triompha, Cadroy fut dénoncé, dans la séance du A brumaire, ainsi que Chambon, par les députés Pelissier et Blanc, comme provocateur de l'assassinat des patriotes dans le Midi. Plus tard, lorsque le sort l'eut placé au conseil des cinq-cents, on lut à la tribune de cette assemblée une violente dénonciation de quelques habitants de Marseille, qui accusaient Chambon, Mariette et surtout Cadroy d'avoir provoqué les massacres du fort St-Jeart et protégé les égorgeurs. ■ Législateurs, disaient les signataires, nous vous * dénonçons ces bourreaux du Midi... » Cadroy répondit avec fermeté et présence d'esprit ; il déclara qu'il n'avait eu hi moyen ni pouvoir de réprimer ces désordres, et que ses dénonciateurs étaient au reste les mêmes hommes qui semblaient déplorer la mort dé Vcrgniaux, et qui avaient fait retentir ies airs de leurs chants de cannibales tandis qu'on le traînait * l'échatoud... Isnard prit aussi la parole pour dire qu'un mouvement d'Indignation qui lui était échappé contre les bourreaux de 1793 avait été faussement attribué A Cadroy par ses dénonciateurs (t). Ce dernier ayant demandé à être mis en jugemeht avec ses dénonciateurs, l'assemblée passa a l'ordre du jour, et l'affaire en resta la. Cependant la faction des terroristes n'oubliait pas l'énergie qu'il avait déployée contre elle, et quelques jours avant la révolution du 18 fructidor ( septembre 4797) , un libelle, où toutes les imputations de ses délateurs se trouvaient reproduites dans le style le plus grossier et le plus brutal, fut affiché sur les murs de Paris. Ce fut alors que, de concert avec Guérln, Durand- Maillanc et Isnard, Cadroy publia nn mémoire justificatif de sa conduite, en réponse û celui que venait de faire paraître Froron (2). Tout cela ne fil qu'ajou-

(1) Isnard, luartbant conlrc les terroristes insorfés de Toulon, avait dit à leurs ennemis qui m plaidaient «e n'avoir pas d'innés par les romaalir* . a Hé bien! déterre, m aatis, vos ptreui»

« bourreau*, » '

(2) Cet mit a pour tlire : C*lreV, mcmlrc âu cotueil itt o»«rétif», à se» eelltgke* nr le Méxioitt Se Prttv*. C'est une pieté ImporiiBia et curieuse pour llilsioire dé et* lenn. déplorables. Frrttio dut s* repentir d'avoir aitaquo cl provoqué Cadre; i r» celui-ci joignit à la fin de son mémoire quelques couru emails de la correspondance de rtéron qui, ayant élabll, le 12 décembre IT9S, une commission nlllulrc 1 Toulon jwer juier tout la Incarcéra, écrivait quelques jours après (8 parier 47*4) : tl v a drj» nul trait Teulwii 4e (uUUt , qui avait étni (10 déceabre I79S) : « Ma « va Lien. Tous les. jnurs, depuis uolre entrée, nous faisons tomm « deux cents letes. Nous avons requis oorcx «ille éaçoxs des dé- « parlements environnant» tW tmr tt *mt» /• M»; » qei écrivait encore s SmuSom, ci-detênt MtrseUle, le t an 2 [ 33 Tevricr 1704 ) : « Il but raitr Bvrdens, tl bal « MvuUU... Nous persistons a croire que

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