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ter a la haine que lui portaient les jacobins : il fut inscrit sur la liste de déportation du 18 fructidor; mais il réussit a s'y soustraire, et se tint caché jusqu'au 18 brumaire. Peu de temps après cette dernière révolution, le gouvernement consulaire lui permit de rentrer dans sa patrie, et il fut nommé maire de St-6ever, où il vécut paisiblement, mêlant à ses modestes fonctions publiques l'exercice de son premier état d'avocat, et se faisant honorer par la modération de ses idées au milieu d'une population qui avait eu aussi ses violences et ses victimes. Le despotisme de Bonaparte pesait à l'âme «le Cadroy, et ses amis intimes avaient souvent reçu la confidence de ses vreux pour les Bourbons. 11 ne put que pressentir leur retour, car il mourut à St-Sevcr en 1815, peu de mois auparavant. M— 1> j-
CADWALDYB, fils de Cadwallon, lui succéda en 860, et fut le dernier qui prit le titre de roi des Bretons. 11 mourut en 705 à Borne, où il s'était retiré après l'invasion des barbares dans la Grande- Bretagne. — Cadwalotr ( Cé$ail ). Deux poètes gallois unt porté ce nom dans le 16' siècle. Leurs poésie, fort estimées de leur temps, sont restées manuscrites. Z — o.
CADWALLADER, médecin de Philadelphie, a publié, vers 1740, un Traité de médecine, le premier qui ait paru en Amérique. 11 y combat l'usage du mercure et des purgatifs violents. Z— o.
CADWALLON, fils de Cadvon, d'abord vaincu par Edwin, prince de Northumberland, et rétabli ensuite par son neveu Braint-Hir, en 653, prit alors le titre de roi des Bretons, et se maintint dans ses États malgré les attaques continuelles des Saxons. Il eut pour tils et pour successeur Cadwaldyr. ( Yoy. ce nom.) Z — o.
CADVVG AN, fils deBleddyn, régnait dans le nord du pays de Galles vers 1107. Forcé de fuir en Irlande avec son fils, qui avait enlevé la femme de Gérald, autre prince gallois, il n'y rentra que l'année suivante, et fut assassiné par son neveu. Z — o. C«DIT!DS ( Q. ). Voyez Calpursius Flauma. C*DMON. Voyex Cedmon.
CJEL1US AUBELIANUS, médecin, que les uns4 disent d'Aria en Asie , et le plus grand nombre de Sicca en Numldie. Quelques auteurs le font vivre dans le 5» siècle ; d'autres, et c'est le plus grand nombre, le Ibnt contemporain de Galien. Quelquesuns ne le considèrent que comme un copiste et un traducteur de Soranus , médecin qui vivait sous Adrien, et qui a écrit en grec; d'autres, jugeant d'après des passages de ses propres écrits, veulent f soit un écrivain original, ayant seulement une grande admiration pourSoranua, qu'il cite sans cesse. Quoi qu'il en soit de toutes ces difficulté» , Camus Aurelianus n'est recomniandable aujourd'hui que comme auteur de deux ouvrages de médecine, bien propres à nous faire connaître l'ancienne secte des
méthodistes, dont il est, sinon l'inventeur, au moins le premier écrivain : l'un en 5 livres sur les maladies chroniques, et l'autre en trois sur les maladies algues. Il y en a eu de nombreuses éditions. Voici l'ordre dans lequel elles ont paru : Calii Aureliani lardarum Pattionum libri 5, Bàle, 1329, in-fol. ; édition contenant les opuscules d'Oribazc , et due aux soins de Joan. Sichardus; Calii Aureliani ocutarum Pattionum libri 5, Paris , 1555 , in-8», due aux soins de Gonlhier d'Audcrnac et de Brayllon, médecin de la faculté de Paris; Calii Aureliani lardarum Pattionum libri 5, Venise, 1547, in-fol., avec les Mediei aniiqui; Calii Aureliani de Morbit aeutit libri 5, cl de Morbit diulurnit libri 5, Lyon, 1367, in-8°, première édition où les deux ouvrages soient réunis , et due aux soins de Dalecliarop , qui y a mis des notes en marge ; enfin : Calii Aureliani Siccentit, mediei vetutli, teela melhodici, dt Morbit aculit et chronicit libri 8, due aux soins de Conrad Amman, enrichie de remarques de Jansson d'Almelovcen, Amsterdam, 4709,1722, 1755, in-4°; Lausanne, 1773, 2 vol. in-8°, par les soins de liai- 1er : c'est la meilleure de toutes. Dans ses ouvrages, Olius, d'abord , en réfutant les principes des médecins anciens, d'Ilippocrate, Praxagore, Heraclite de Tarente, Asclépiadc, Hérophilc, Érasistrate, etc., nous donne indubitablement des notions sur plusieurs des points obscurs de la médecine antique ; ensuite il y donne le premier et le plus clair développement de cette médecine méthodique, qui concourut à faire recevoir la médecine à Rome , que Prosper Alpin et Baglivi ensuite cherchèrent à faire revivre, et qui contient enfin les genres de celte fameuse doctrine de Brown, dont nous avons fait voir la trop grande généralisation. ( Voy. Brown. ) Toutes les maladies, en effet, y sont rapportées à celles où la libre est trop lâche, à celles où elle est trop tendue, et enlin a celles d'un genre mixte ; ce sont les maladies asthéniques et sthéniques de Brown. On ne comprend pas trop ce que pouvaient être les maladies du genre mixte. La pratique était fort simple, puisqu'il suffisait de donner des fortifiants ou des relâchants , ou les uns. tempérés par les autres ; il importait peu de connaître le siège du mal ; on n'admettait pas conséquemment de spécifiques : les purgatifs, les narcotiques étaient proscrits par cette secte, qui, pour la curalion des maladies, recourait spécialement aux influences qui agissent sans relâche sur l'homme, savoir, a l'air, aux aliments, A l'exercice, etc., et auxquelles ils savaient imprimer de nombreuses modifications , ce qui peut-être est trop négligé de nos jours. Ils forçaient le malade à une abstinence complète pendant les trois premiers jours, et de même ne commençaient qu'alors l'emploi des grands remèdes , pratique sans doute abusive, si elle est trop généralisée, mais cependant très-convenable pour laisser à la nature le temps d« signaler avec évidence le mal qu'elle va produire. Tous ces principes des méthodistes, du reste, ont le vice de toutes les doctriues exclusives; il faut les connaître pour les appliquer diversement selon les cas ; et, outre l'avantage qu'a Caelius Ait»
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rélianus de bien les disposer, il a encore le mérite i de décrire avec précision les symptômes et la mar- ' che des maladies. Quelques bibliographes , trompés par le latinisme barbare de Olius, ont indiqué de lui un ouvrage sur les passions, en 14 livres; ce n'est autre chose que les deux traités que nous avons annoncés , et dans lesquels l'auteur exprime par le mot latin passio celui de maladie. C. et A — N.
CjELILS SABINUS. Voyez Sabikds.
CjEPOLA. Voye: Cepolla.
CJESALPIN. Voyez Césalpin.
CjESAR. Voyez CÉsvn.
C£SAR (Aqlilimjs Ji.lils), né le l,r novembre 1720, à Gralz, en Slyrie, mort le 2 juin 1792, a laissé des travaux d'érudition utiles par l'immensité des matériaux qu'on y trouve , mais dénués de critique et de discernement. Les principaux sont : 1» Annales ducatus Slyriœ , 3 vol. in-fol. , Vienne, 176H-69-79. Le 4" volume de ce grand ouvrage exisie en manuscrit , cl n'a point encore trouvé d'imprimeur. 2° Description de la Slyrie ( en allemand), 2 vol. in-8"; 1773. 3« Histoire politique et ecclésiastique de la Slyrie. 7 vol., 1785-88. 4» Droit canonique national de l'Autriche, 6 vol. in-8", 1788-90, etc. Osar a laissé encore beaucoup de manuscrits, et entre autres un ouvrage fort étendu sur l'église d'Dtrccht. G — T.
CESARIUS, savant ecclésiastique , qui vivait dans la première moitié du 13e siècle, était de la lami'le de Miiendmik, établie aux environs de Ncuss. 11 devint abbé du couvent de lxjnédiclins de Prum; mai? après une administration de quatre ans, il quitta cette dignité cl se retira au monastère de Heislerbach, appartenant a l'ordre de Cltcaux. C'est là qu'il écrivit en 1222 une Explicatio rerumel verborum, employés dans son fiegislrum bonorum Eccletiœ Prunncnsis. Cette explication a été insérée par Lcibnitz dans son Collectan. etymol. (part. 2e, p. 409 et suiv.) non d'après le manuscrit original de Ca>sarius, mais d'api és une copie de troisième main, faite |«r Eccard et que celui-ci donna a Lcibnitz. Quant au manuscrit de l'auteur, on l'a conservé dans la bibliothèque de la ville de Trente. On ignore l'année de \v naissance et celle de la mort de Ca>sarius. Hontlieim, qui a pris le travail deCrsarius pour l'insérer daus son Histoire diplomatique de Trêves (L 1vr, p. 661 et suiv.), n'avait pas eu plus que Leibiutz connaissance du manuscrit original de Grsanus, dont Honthcm fait cet éloge : Virum rerum civilium sui seculi experlissimum, juxta et eruditissimum. — C.tSAitits, surnommé Heislcrbacensis, contemporain du précédent, naquit à Cologne au commencement du 13* siècle, devint prieur de Hcisterbach , et mourut vers l'an 1320. On a de lui une foule d'ouvrages exégétiques dont rémunération serait sans intérêt : on en trouvera la liste dans lt Bibliot h. Coloniens. de Hartzcim. Sesouvrages historiques sont : 1° Vila B. Elisabelhœ Landgravia, ad petitionem fratrum domus Teutonica de 31 arpurg; 2* Nomina et Aclus ponli/icum Colonientium, quœ Chronica nominatur, a S. Metaro ad Henricum a AJolenasck. arch. Colon . . vroducla. Z— o.
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CJESAR1US (Jean ), philosophe et médecin, né à Juliers en 1460, fit ses éludes à Paris , et alla ensuite à Cologne , ou il professa la philosophie , i l'étude de laquelle il consacra sa vie et sa fortune. Persécuté et pauvre dans sa vieillesse, il eut besoin des secours de quelques amis fidèles pour ne pas succomber aux horreurs de la faim et de la misère. En 1543, suspect de luthéranisme, il fut chassé de Cologne ; il y rentra cependaut , et y mourut au sein de l'Église catholique, en 1551, âgé de 91 ans. 11 écrivit un Traité de rhétorique et de dialectique, corrigea et mit en ordre le Traité de médecine pratique de Nicolas Bertrulius, donna des éditions de Y Histoire naturelle de Pline , du Traité de la consolation de Boecc , et fit des notes sur l'ouvrage de Celse , qu'il publia sous ce titre : Castigationes in Cornelium Celsum de fie mediea, Uaguenau, 1528, in-8\ G— T.
CJESIUS BASSES, pot5 te et grammairien latin, avait beaucoup de talent -i»ur la poésie lyrique; Quintilien lui donne le premier rang après Horace ; Pline en fuit aussi un grand éloge ; Perse lui adressa sa sixième satire. Bassus fut englouti avec sa maison de campagne dans l'éruption du Vésuve de l'an 79 de J.-C. Il ne nous reste de lui que des fragments, qu'on trouve dans le recueil des anciens grammairiens donné par Pitiscus, dans les différentes éditious du Corpu* Poetarum, et dans la Colleclio Pisaurensis. — Bernard Cjesils, jésuite de Mantoue, mort en 1630, âgé de 49 ans, esl auteur d'un ouvrage intitulé : Mmeralogia, Lyon, 1636, in-fol., remarquable dans le temps où il parut, mais devenu aujourd'hui inutile par les progrès de la minéralogie. A. B — T.
CAFFA ( Melchior) , dit le Maltais , du nom de sa |iatrie, naquit en 1651, et mourut à Rome en 1687. 11 fut élève du cavalier Bernin , et fit de si grands progrès dans son art, que plusieurs auteurs n'oul pas craint d'avancer qu'il égala son maître; mais ceux qui trouvent de l'exagération dans cet éloge s'accordent à reconnaître que le Maltais eut un génie fécond, et fut excellent dessinateur. Parmi ses ou v rages de sculpture, dont plusieurs églises de Rome sont ornées, on admire surtout, dans celle de St-Augustin, St. Thomas de Villeneuve donnent l'aumône. La mort empêcha l'artiste de mettre la dernière main à ce beau groupe , qui fut terminé par Hercule Ferrata. V — te.
CAFFARELLI DO FALGA (Locis-Makie-Josepii-Maxiuiliek ) , né d'une famille noble , au Falga, dans le liant Languedoc, le 15 février 1756, fit ses étutles a l'école de Soreze , et entra dans le coi^s royal du génie , où il se distingua par son zèle et ses talents. Aîné de neuf autres frères et sœurs, dont il se déclara le père quand ils devinrent orphelins, il turlagca également entre eux un patrimoine dont les lois l'autorisaient à prendre la moitié. A l'époque de la révolution, il embrassa les principes sur lesquels elle se fondait , sans jamais en outrer les conséquences, ni en adopter les fausses explications. En 1792, il refusa hautement, devant toute l'armée du Rhin, où il était employé, de re-
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connaître les décrets du 10 août , par lesquels rassemblée législative prononçait la déchéance du roi, et déclara avec fermeté qu'il était l'ennemi des factieux. Destitué par les commissaires de l'assemblée, il retourna dans sa patrie. Echappé aux proscriptions de 4793, après une arrestation de quatorze mois , il travailla d'abord dans les bureaux du comité militaire , et ses conseils contribuèrent beaucoup au succès des opérations ; bientôt il obtint d'être de nouveau employé aux armées, et il se distingua en septembre 1793, au passage du Rhin près de Dusseldorf, avec le général KÎéber. Peu après , se trouvant à une affaire sur les bords de la Nahe, près de Creutznach, aux côtés du général Marceau, il fut atteint à la jambe d'un boulet de canon, qui nécessita l'amputation. Il souffrit cette opération avec le même calme qu'il avait souffert celle de la pierre, étant encore enfant. 11 fut nommé, vers ce même temps, membre associé de l'institut national, qui se formait. D'excellents mémoires sur diverses branches d'administration, sur des matières de philosophie, et particulièrement sur l'instruction publique, objet le plus chéri de ses méditations et de ses travaux, l'avaient fait connaître avantageusement, bien qu'il ait toujours refusé de livrer ces écrits à l'impression. Ce fut en septembre 1798 qu'il eut le bonheur d'être connu et apprécié par Bonaparte, qui méditait à cette époque l'expédition d'Egypte. 11 le seconda avec zèle dans ses préparatifs , et l'accompagna en qualité de général de division , et comme chef de l'arme du génie. Il ent une part honorable a la prise d'Alexandrie, et, en général, aux succès, tant militaires que scientifiques, de l'expédition. A Suez , il partagea avec le général en chef le danger d'être englouti par la marée montante , et prouva, en s'oubliant lui-même , quel haut prix il attachait aux destinées de l'homme sur qui reposaient alors celles de la France. Une mort glorieuse l'attendait devant St-Jean-d'Acrc, que l'armée française attaqua en mars 1799. Le 9 avril, étant à la tranchée, il eut le coude droit fracassé d'une balle, et par suite, le bras lui fut amputé ; malgré tous les secours de l'art , il mourut des suites de cette blessure , le 27 du même mois. L'ordre du jour du lendemain s'exprimait en ces termes : « Il emporte au tombeau « les rcgTcts universels ; l'armée perd un de ses plus « braves chefs , l' Egypte un de ses législateurs , la « France un de ses meilleurs citoyens, les sciences « un homme qui y remplissait un rôle célèbre. » De Gérando a fait imprimer la Fie du général L. M.-J. M. Caffarelli du Falga, membre associé de r Institut, etc. Paris , 1801 , in-S". V— ».
CAFFARELLI ( Charles -Ambroisk ) , frère du précédent, comme lui naquit au Falga-Villefranche (Haute -Garonne), le 15 janvier 1758. Destiné à l'état ecclésiastique, il se livra à l'étude avec autant d'ardeur que de succès. Il était chanoine de Toul à l'époque de la révolution. Emprisonne pendant la terreur, il ne recouvra la liberté qu'après le 9 thermidor. L'amitié de Napoléon pour Caffarelli du Falga, qui en mourant lui avait recommandé sa famille , ne fut pas inu-
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tile à l'abbé Caffarelli. Dès le 2 mars 1800, lors
de l'organisation des préfectures, il fut nommé préfet de l'Ardèche, puis du Calvados le 2 novembre 1801 , et enlin de l'Aube, le 12 février 1810. Cette dernière nomination était une disgrâce occasionnée par la faiblesse reprochée au préfet dans l'exécution de quelques mesures de police. Préfet de l'Aube, Caffarelli montra, à la fin de 1813 et au commencement de 1814, peu de zèle pour seconder le gouvernement impérial qui penchait vers sa chute. Les alliés s'élant emparés de Troycs, le préfet s'éloigna de cette ville. Le sort des armes y ayant fait rentrer Napoléon peu de temps après , il se montra fort irrité que Caffarelli ne fût pas aussitôt revenu à son poste, et il prononça sa destitution. Après la restauration , une députation du département de l'Aube vint demander au roi son ancien préfet ; mais ce voui ne fut point exaucé, et Charles Caffarelli continua de vivre dans la retraite, où il reprit l'Iiabit et les pratiques de son premier état. Devenu membre du conseil général de la Haute- Garonne, il en fut élu secrétaire chaque année, jusqu'à sa mort, arrivée le 6 novembre 1826. C'était un homme de bien, fort humain, plein de zèle pour l'accomplissement de ses devoirs, intègre et judicieux , joignant à des connaissances littéraires fort étendues le goût de l'agriculture et des beauxarts : il avait fait de Virgile une élude particulière. Il s'était occupé aussi d'économie politique. H fit imprimer, à Caen, en prairial an 9, une notice sur son frère Caffarelli du Falga, in-8° de 18 p., et inséra dans le recueil de la société d'agriculture du département de la Seine ( 1. 15) une bonne traduction abrégée des géoponiques grecs, dont il fil tirer à part quelques exemplaires sous ce titre : Abrégé dtt Géoponiques, extrait d'un ouvrage grec, fait tur l'édition donnée par Jean-Nicolas Niclas à Leipsiek, en 1781, par un mmateur, Paris, 1812, in-8° de 147 p. Cet extrait traduit était fort diflicite à faire, et Caffarelli s'en acquitta honorablement. Dans un tel travail il y a de grandes difficultés à vaincre, surtout pour les expressions techniques , les procédés et les recettes , la désignation des végétaux et des drogues. On attribue le recueil des géoponiques grecs à l'empereur Constantin Porphyrogénète, qui l'avait fait rédiger en grec par Cassianus Bassus. La meilleure édition que nous ayons de cette collection fort curieuse est celle que Niclas donna , en 1781 , avec une version latine et des notes. Peut-être Caffarelli eût-il dû ajouter à sa traduction quelques rapprochements avec l'agriculture des Romains et la nôtre ; il pouvait aussi tirer parti de quelques notes de Niclas. Sans doute les travaux de l'administration dont il était alors chargé ne lui permirent pas de se livrer à cette entreprise. La traduction des géoponiques n'est pas le seul service qu'il ait rendu à la science agronomique : il seconda la nouvelle et excellente édition ( qui fut donnée, en 1804, par la société d'agriculture de Paris ) du Théâtre d'agriculture et ménage des champs d'Olivier de Serres, auquel il fit élever un monument dans le département de l'Ardèche. C'est à Caffarelli qu'on doit
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l'idée des perceptions à vie, dont ii avait dés l'an 0 > fait valoir les avantages dans un mémoire qu'il adressa au miuislre des finances, et qu'il fit imprimer sous le titre de Mémoire* sur les perceptions à vie, Paris, 1800. C'était un excellent moyen de faciliter le prompt recouvrement de l'impôt , et de l'assurer avec un égal avantage pour le gouvernement et pour les contribuables. 11 y a lieu de croire que la famille de Caffarelli a trouvé dans ses papiers, sinon des ouvrages terminés, du moins d'utiles matériaux qui étaient le fruit des bonnes études auxquelles nous l'avons vu se livrer dans les moments de loisir que lui laissait une administration fort active. — Jcan-Uaptisle Marie Caffaiielu, frère du précédent, né en 1703, était clunoiue de l'église de Montpellier au moment de la révolution. 11 fut forcé pendant la terreur de cesser ses fonctions sacerdotales, et ne les reprit qu'après la signature du concordat de 1802. Alors il fut nommé évéque de St-Urieuc, et mourut le 1 1 janvier 1813. D — a — s.
CAFFARO, le plus ancien des historiens de la ville de Gènes, était né vers l'an 1080, d'une famille considérée , et probablement d'origine allemande , à en juger par le nom de Taschifellone, peut-être Tatchenfeld, qu'on voit ajouté au sien dans quelques manuscrits. Il se croisa dans sa jeunesse, et il partit de Gènes le 1" août de l'an 1100, sur la flotte que les Génois envoyaient au secours de Godefroi de Bouillon. Arrivé dans la terre sainte après la mort de ce premier roi de Jérusalem , et avant l'élection de son successeur, il combattit au siège et à la prise de Césarée , et , au bout d'une année , il revint dans sa patrie. Ce fut alors qu'il entreprit d'en écrire les annales, et il les a commencées par cette glorieuse expédition. Élevé de bonne heure aux emplois, mêlé dans toutes les affaires publiques, et décoré, dès l'an 1122, de la première dignité de l'Etat, celle de consul il était plus a portée que personne de connaître les événements dont il a conservé la mémoire. En 1151, les consuls régnants firent lire en plein conseil ces annales, qui contenaient déjà l'histoire d'un demi-siècle ; ils leur donnèrent une entière approbation, et les firent déposer à la chancellerie, en ordonnant qu'elles fussent continuées année par année. Caffaro, qui, dans l'intervalle, fut revêtu a plusieurs reprises delà magistrature suprême, continua les annales jusqu'à l'an 1 163. Il mourut âgé de 86 ans ; mais son continuateur nous apprend que , durant les trois dernières années de sa vie, des affaires importantes et les troubles d'État l'empêchèrent de s'occuper de son ouvrage. Le sénat de Gênes l'a fait continuer par d'autres magistrats jusqu'à l'année 1294. Cette histoire contemporaine, revêtue d'une sanction publique, est singulièrement précieuse au milieu des ténèbres du nroyen Age. Les annales de CafTaro sont écrites dans un latin barbare ; mais, au milieu de leur rudesse et de leur partialité , on sent une franchise et une loyauté antiques. Elles n'avaient jamais été imprimées jusqu'à l'année 1723, où Muratori les inséra dans le t. 6 de sa grande collection des Rerum ItalicarMm Scriptortt pnteipui, etc. —
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On voit, parmi les consuls de Gènes, un Otto et un Anselme de Caffaro, qu'on croit avoir été fils de l'historien. S — S — i.
CAFFÉ (Pierre) , docteur en médecine, né à Saumur, vers 1778, ancien chirurgien-major de» armées, fut impliqué dans la conspiration du général Berton et traduit avec lui devant la cour royale de Poitiers. Condamné à la peine capitale , et apprenant le rejet de son pourvoi , Caffé s'ouvrit l'artère crurale (novembre 1821), et Berton monta seul sur l'échafaud. Z — o.
CAFFIAIX (dom Philippe-Joseph), bénédiclin de la congrégation de St-Maur, né à Valenciennes, en 1712, mort subitement à l'abbaye St-Gcrinain-dcs-Prés, le 26 décembre 1777 , a publié le 1" volume d'un livre intitulé : Trésor généalogique, ou Extrait det tilre$ anciens qui concernent les maisons et familles de France, Paris, 1777, in-4\ Cet ouvrage, plein de reelterebes curieuses, n'a pas eu de suite. Il avait précédemment fait paraître un Essai sur l'histoire de la musique, in-4*. On lui attribue : Défense du beau sexe, ou Mémoires historiques, philosophiques et critiques pour servir d'apologie aux femmes, Amsterdam (Paris), 4753, in-12, 4 parties. D. Caffiaux, lorsqu'il mourut, était chargé, concurremment avec D. Grenier, de travailler à l'histoire de Picardie ; il avait le titre d'historiographe de cette province ; mais il n'a publié qu'un Avis relatif à celte nouvelle entreprise. Z.
CAFFIERI (Philippe), sculpteur, naquit à Rome, en 1634, d'une famille originaire de Naples, et alliée à plusieurs grandes maisons de l'Italie. Ses ancêtres avaient servi avec distinction dans les armées de Charles- Quint et de Philippe 11. Son père était ingénieur du pape Urbain VIII, et fut tué devant une ville de guerre, en 1640, n'étant encore âgé que de trente-six ans. iLc cardinal Mazarin demanda Philippe Caffieri au pape Alexandre VU, et le fit venir à Paris en 1660. Colbcrt lui donna un logement aux Gobclins, et l'employa dans divers travaux pour les maisons royales. Dans la suite , le ministre Colbcrt de Seignelay le lit nommer sculpteur, ingénieur et dessinateur des vaisseaux du roi, et inspecteur de la marine à Dunkerquc. Caffieri mourut en 1716. 11 avait épousé Françoise Renault de Bcauvallon, cousine germaine du célèbre peintre Lebrun. 11 en eut trois filles et quatre fils : François-Cliarles, qui fut nommé, en 1695, sculpteur des vaisseaux du roi à Brest; Philippe, qui devint directeur des postes & Calais; François, qui mourut à Londres ; et Jacques, né aux Gobelius, en 1678, qui était sculpteur et fondeur ; ce dernier travailla beaucoup pour les maisons royales , et mourut à Paris en 1753. On a de lui plusieurs bustes en bronze, parmi lesquels on remarque celui du baron de Bezcnval. Il eut deux fils, dont l'alné nommé Philippe, né en 1714, mort en 1774, se distingua en faisant avec son père divers ouvrages, entre autres la boite en bronze destinée à renfermer la fameuse sphère de Passemant, qui avait sept pieds de hauteur. — Le second, Jean- Jacques Caf-
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fjeri, né en 1723, fut élève de Lemoine , et marcha dignement sur les traces de ses pères ; il l'emporta même sur eux par des travaux qui réunissent à la Ibis le goût, l'expression et la vérité. 11 fut nommé professeur de l'académie de peinture, sculpteur du roi, membre de l'académie des sciences et belles-lettres de Rouen, bonoraire de celle de Dijon. On distingue parmi ses ouvrages, qui sont en assez grand nombre, les bustes de Corneille et de Piron, qui ornent le foyer du Théâtre-Français, les bustes de Qulnault, de Lulli et de Rameau, qu'un voit au foyer de l'Opéra, le buste d'Helvétius, etc. En général, les bustes de cet habile sculpteur ont été trouv Os supérieurs à ses grands ouvrages, tels que la statue de Stc. Sylvie, qui est aux Invalides ; le groupe de Melpomène et deThalic, qui a disparu dans l'incendie de l'Odéon, etc. On distingue cependant, malgré ses défauts, la statue de Molière, faite par ordre du roi, et qui fat exposée au salon de 1787. Dans celte figure, Molière semble épier le ridicule et les folies humaines, et se proposer de les retracer sur la scène, avec cette force, cet esprit et cette vérité qui n'appartiennent qu'à lui. Un vaisseau s'étant rompu dans la poitrine de Caflicri, il dcùnt sujet a des crachements de sang, dont il crut éviter les suites par de fréquentes saignées ; mais ce remède, aussi dangereux que le mal , fut cause de sa mort, arrivée le 21 juin 1792 : il était Agé d'environ 60 ans. Il avait été reçu professeur h l'Académie en 17C5. Jaloux, dit-on , des talents de ses confrères, et misanthrope par caractère , on l'accusait de ne jamais employer les fèves blanches dans les scrutins de réception; aussi, quand on n'y trouvait qu'une fève noire, on la nommait, en riant, la pari de Cafflcrl. Dans ses dernières années, il s'était défait de celte habitude. V — ve et R— n.
CAGLIOSTRO {\c comte Alexandhe de). C'est sous ce nom qu'un aventurier du 18e siècle s'est acquis une assez grande célébrité. Il ne nous est connu plus particulièrement que |»r quelques pamphlets toujours suspects de partialité, et par l'instruction de son procès faite à Rome en 1700. Mais l'ignorance et les contradictions des rédacteurs de cette instruction ne permettent guère d'y ajouter plus de foi. Quoi qu'il en soit, nous allons rapporter succinctement les principaux faits énoncés dans la procédure. Cagliostro naquit, dit-on, à Palcrme, le 8 juin 1743, de parents d'une médiocre extraction ; son vrai nom était Joseph Balsamo. Après une jeunesse assez orageuse et plusieurs tours d'escroquerie, comme celui qu'il lit à un orfèvre nommé Marano, duquel il lira soixanle onces d'or par la promesse de lui livrer un trésor enfoui dans une grotte, sous la garde des esprits infernaux, il quitta sa ville natale, et se mit a voyager. Il visita successivement la Grèce, l'Egypte, l'Arabie, la Perse, Rhodes, l'Ile de Malte, et se lia, dans ses voyages , avec le savant Althotas, qu'il nous a peint luimême comme le plus sage des hommes ; niais H le perdit à Malte, où il fat bien accueilli du grand maître, qui lui donna des lettres de recommandation pour Waples. De Naples, il se rendit à Rome,
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Ce fut dans cette ville qu'il connut la belle Lorênza Féliciani, et qu'il s'unit à elle par les liens du mariage. De Rouie, lea inquisiteurs de sa vie lui font parcourir presque toutes lea villes de l'Europe, sous les noms divers de Tiithio, de Mélisia, de Belmonte, de Pellegrini, d'Anna, de Finis, de liant et de Cagliostro^ vivant tantôt du produit de ses compositions chimiques, tantôt d'escroquerie, le plus souvent du honteux tralic qu'il faisait des charmes de son épouse. L'apparition la plus brillante de ce personnage singulier fut celle qu'il ht h Strasbourg le 10 septembre 1780. 11 serait difficile d'exprimer l'enthousiasme qu'il excita dans cette ville, et de faire connaître les actes multipliés de bienfaisance par lesquels il parut le juttitîer. La Borde ne connaît point de termes assez forts pour peindre le comte de Cagliostro. Dans ses Lvtirts fur la Suisse , il le qualifie d'homme admirable par sa conduite et par ses vastes connaissances. « Sa ligure, dit-il, an- « nonce l'esprit, exprime le génie ; ses yeux de feu « lisent au fond des âmes. 11 sait presque toutes les « langues de l'Europe et de l'Asie ; son éloquence c étonne et entraîne, même dans celles qu'il parle a le moins bien. J'ai vu, ajoute-t-il, ce digne inoru tel, au milieu d'une salle immense, courir de pau- « vre en pauvre, panser leurs blessures dégoûtantes, a adoucir leurs maux, les consoler |iar l'espérance , « leur dispenser ses remèdes, les combler de bien- « faits, entin les accabler de ses dons, sans autre but « que celui de secourir l'humanité souffrante. Ce « spectacle enchanteur se renouvelle trois fois chao que semaine ; plus de 13,000 malades lui doivent a l'existence. » A ces témoignages de la Borde, on peut ajouter les lettres écrites au préteur de Strasbourg eu 1785, |>ar de Miromcsnil, de Yergennes, le marquis de Ségur, par lesquelles on réclame l'appui des magistrats en faveur du noble étranger, dans les termes les plus favorables pour ce dernier. Ces traits, il faut l'avouer, ne ressemblent guère à la hideuse peinture qu'a faite de Cagliostro l'auteur italien de sa vie, qui le représente comme le dernier des escrocs elle plus abject des hommes. Le 50 janvier 1783, le comte de Cagliostro, qui avait déjà fait un voyage à Paris, revint dans cette capitale, et se logea rue St-Claude, prés du boulevard. A cette époque, se tramait, ou plutôt, comme il le dit luimême, était déjà jouée La fameuse scène d'escroquerie du collier. Les liaisons intimes du comte avec le prince Louis de Roltan, fortement impliqué dans celte affaire, devaient lui inspirer des craintes pour sa propre liberté ; mais, fort de son innocence , il résista aux sollicitations de ses amis, qui le pressaient de quitter Paris. 11 fut en effet arrêté le 22 août, et transféré à la Bastille. La comtesse de la Motte l'accusa « d'avoir reçu le collier des mains du « cardinal, et de l'avoir dépecé pour en grossir le a trésor occulte d'une fortune inouïe. » L'accusation était absurde. Cagliostro répondit par un mémoire, qui fut reçu des Parisiens avec l'empressement qu'in* spirail le personnage. Dans ce mémoire, dont on attribua la rédaction à un magistral célèbre, Cagliostro, sans satisfaire pleinement la curiosité du lec-
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teur, détache Quelques traits du roman de sa vie, ' et donne à entendre que sa naissance, quoique inconnue, est illustre. 11 cite, pour les avoir fréquentés, les personnages les plus éminents de l'Europe, et invoque leur témoignage ; il nomme les banquiers qui, dans toutes les villes, lui fournissent des fonds, tuais sans faire connaître la source de ses richesses. L'arrêt du parlement du 51 mai 4786 déchargea le prince Louis et Cagliostro des plaintes et accusations contre eux intentées, mais tous deux furent exilés. Cagliostro se relira en Angleterre; il y séjourna environ deux ans ; passa de Londres à Bâle, puis à Bienne, i Aix en Savoie, à Turin, à Gènes, à Vérone, et finit par venir échouer à Rome, où il fut arrêté le 27 décembre 1789, et transféré au château St-Ange, ainsi que son épouse. On lui fit son procès, et il fut condamné le 7 avril 1791, comme pratiquant la franc-maçonnerie. La peine de mort, motivée sur un délit si singulier, fut commuée en une prison perpétuelle. On dit qu'il mourut en 1795, au château de St-Léon, dans le duché d'Urbin. Sa femme avait été, comme lui, condamnée à une perpétuelle réclusion dans le couvent de Sic-Apolline. Cagliostro, comme on le voit, eut beaucoup de rapports avec son prédécesseur Borri. Tous deux Italiens, tous deux chimistes, tous deux enthousiastes, ils parcoururent l'Europe, étonnant tout le inonde par un faste peu commun, par le prestige irrésistible d'une éloquence entraînante. Un fait remarquable est que tous deux reçurent dans la ville de Strasbourg les honneurs d'une espèce de triomphe ; enfin, leur chute fut la même ; ils tombèrent tous deux sous les coups du redoutable tribunal de l'inquisition. On a débité , sur le comte de Cagliostro, beaucoup de fables, qui n'ont d'autre foudement que la prévention ou les opinions particulières de ceux qui les ont promulguées. Les uns l'ont regardé comme un homme extraordinaire, un véritable thaumaturge ; d'autres ne voient en lui qu'un adroit charlatan. On lui attribue des aires merveilleuses et sans nombre ; il parait néanmoins constant que son savoir en médecine était extrêmement borné. Comme tous les partisans des doctrines hermétique et paraeelsique, il faisait un grand usage des aromates et de l'or. Nous avons eu l'occasion de goûter son élixir vital, ainsi que celui du fameux comte de St-Germain. Ils n'avaient point d'autre base. Les personnes qui regardent la francmaçonnerie comme une association dangereuse pour les gouvernements ont vu dans Cagliostro un membre voyageur de la maçonnerie templière, et attribuent sa constante opulence aux secours nombreux qu'il recevait des diverses loges de l'ordre. L'auteur déjà cité de sa vie lui fait honneur de l'institution d'une maçonnerie soi-disant égyptienne, qui , s'il l'avait fidèlement décrite, n'eût été qu'une pitoyable jonglerie , incapable d'abuser un instant l'homme le moins sensé. Lnc pupille, ou colombe, c'est-à-dire un enfant dans l'état d'innocence, placé devant une carafe, mais abrité d'un paravent, obtenait, par l'imposition des mains du grand cophte, la faculté de communiquer avec les anges,
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et voyait dans cette carafe tout ce que Ton voulait qu'il y vit. Enfin l'abbé Fiard n'a pas hésité de faire de Cagliostro un des esprits du ténébreux empire, et d'associer à l'infernale cohorte, Mesmer, Cornus, Pinetli, voire même l'eugastrimythe de St-Germain-en-Laye, célébré par l'abbé de la Chapelle. ( Voy. la France trompée par lei magicien» et let dé mondât r et.) On a attribué à Cagliostro quelques pamphlets, entre autres une Lettre au peuple anglais, et plusieurs déclamations contre le gouvernement de France ; mais il faut se défier des insinuations du gazellier Morande, qui était devenu son ennemi capital. En 4791, le libraire Onfroy a publié A Paris une Vie de Joseph Balsamo, in-8", qui n'est autre chose que la traduction de l'ouvrage italien dont nous avons parlé, accompagnée de quelques notes peu importantes et de détails très-infidèles sur les divers grades de la franc-maçonnerie ; ce livre a eu de suite deux éditions. L'original italien, qui est devenu extrêmement rare, a pour litre : Compendio délia vila e dette gesti di Giuseppe Balsamo, denominato il conte Cagliostro, cive si e slratlo del processo conlro di lui formato in Roma l'anno 1790. e che puô servire di seorla per cognoscere tindole drlla selta de' libri muratori, Rome, 4791, nella stamperia délia rev. caméra aposlolica, iu-8°. On a tait & Berlin une contrefaçon de celle édition. Z.
CAGNACCI (GuidoCanlassi, dit, à cause de sa difformité, il), naquit à Caslcl-San- Arcangelo , en 1601, et mourut à Vienne en Autriche, en 1681, âgé de 80 ans. Élève du Guide , il imita sa manière dans plusieurs tableaux qui sont très-estimes. Les derniers qu'il fit le seraient bien davantage, s'il n'eût pas erré dans le coloris , en voulant en prendre un plus vigoureux. Cet artiste avait la bizarre habitude d'inuoduirc dans ses tableaux des anges très-âgés. — Alphonse Cagisacci est auteur des Antiquités de Ferrare, imprimées en italien, Venise, 1676, traduites depuis en latin, par Bernardin Morcllo, et réimprimées dans le Thésaurus Antiquit. Grcec. et Rom. de Gravius. Z.
CAGNAT1 (Marsilio), naturaliste, né à Vérone, étudia la médecine à Padoue , sous Zabarella , et y fit de grands progrès, ainsi que dans les langues anciennes, les bcUes-lettres et la philosophie. Sa réputation le fit appeler à Rome pour remplir les fonctions de professeur en médecine, et il y passa le reste de sa vie, sous les pontificats de Clément VIII et de Paul V : il y mourut vers 1610. II fut le contemporain de Césalpin. Cagnali, concentré dans l'exercice et les devoir* de son étal, ou occupé des travaux du cabinet, n'avait rien de cet extérieur qui impose ou qui plait; il était extrêmement mélancolique , d'une humeur sombre et d'un caractère un peu sévère ; il parlait ordinairement très-peu ; mais, dans quelques occasions, il s'exprimait avec une facilité admirable et avec une grande éloquence. Il avait beaucoup étudié les écrits des anciens, et surtout ceux d'Uippocrate, de Théophraste et de Caton , sur l'agriculture et l'économie rurale. On lui doit : Ie Variarum leclionstm libri 2, , «un disputatione de ordine in cibù servando, Rome,
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1581, in-*». Il en a paru une 2* édition , augmentée de deux autres livres, sous ce litre ; Variarum Obtervalionum libri 4, Rome, 1587, in-4» et in-8° ; Trancfort, 1004, in-8'. Cet ouvrage traite spécialement des végétaux : dans le livre 1", des plantes dont parlent Hippocratc et Théophraste, de l'origine des céréales de Théophraste, du tribulus et des roses du même auteur, de l'orge et du froment pour la panification ; le livre 2, des fèves, du schinus et de la scille, des plantes dont les feuilles produisent des racines, du pain, de l'oenanthe; le livre 3, des préparations alimentaires et médicinales que les anciens appelaient chandro et alica, et des oignons ; de la prodigieuse multiplication des plantes, du vin et du moût ; le livre 4, du citronnier et de son fruit ; des remarques sur le traité de C Agriculture de Caton. 2° De Sanitate tuenda libri 2; primut de eontinenlia , ni ter de arte gymnattiea, Rome, 1591, in-4°; Padoue, 1005, in-4". 3* In Hippocraiit Aphoritmorum tecundm tectionit 24 , cvmmtnlariut, Rome, 1591, in-4°. 4° De Tiberit Inundatione, ibid., 1599, in- 5", réimprimé dans les opuscules de l'auteur. 5° De Ligno tanefo ditputalionet binw, Rome, 1002 et 1643, in-4". Ce traité sur le bois de ira un: a été réimprime dans l'ouvrage suivant. 0° Opuicula varia; de Tiberit Inundalione; Epidemia Romana; de Romani aerU Salubritate; de urbana febret curandi Ralione ; de Morte muta partut; de Ligno tanelo, Rome, 1003, in-4°. 7* In Aphoritmorum Hippocralit teclionit prima 22 Expotilio, Rome, 4019, in-8°, ouvrage posthume, publié par Pbilaudre Colutim. — Gilbert Cagnati, auteur italien qui a vécu vers le milieu du 10* siècle, était de INocera, dans le royaume de Naplcs. 11 a composé un petit ouvrage pour célébrer les jardins, intitulé : de Horlorum Laudibut, Râle, 1540. Joachim Camerarius 11 l'a inséré dans le recueil d'opuscules sur l'agriculture qu'il a publié sous le titre de Re rutliea. D— P— s.
CAGNAZZO (Jean), religieux de l'ordre dcSt-Dominique, connu également sous le nom deTABiE>sis, qui lui venait du lieu de sa naissance, fut l'ami du cardinal Cajetan, auquel il dédia la somme des cas de conscience connue sous le nom de Summa Tabiena ou Summa tummarum. Il mourut en 1621. (Voy, les PP. Echardet Quétif, Scriptor. ord. Prœdical.) Z.
CAGNOALD (Saint) ou CAGNON, ou CHA1- NOCBD. Voyes Ciiainould.
CAGNOLA ( le marquis Louis ) , célèbre architecte, né à Milan en 1702, fit ses premières études à Rome au collège Clémentino. Dans les heures de récréation, il recevait de Tarquini des leçons d'architecture, et dans les promenades il s'arrêtait pour contempler les débris des anciens monuments dont cette ville présente l'aspect. Revenu à Milan , Cagnola se livra avec beaucoup de zèle à l'étude de l'architecture, et un peu plus tard il suivit le cours de droit civil à l'université de Pavie, qu'il fut obligé d'abandonner pour veiller à ses affaires de famille après la mort de son père. Il lit ensuite un voyage de huit mois dans les États de Yenisc, où il admira les chefs-d'œuvre de Palladio, de San»-
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vtno et de Pélégrini ; puis il s'occupa de la construction de divers monuments, savoir : 1° en 1802, il composa, sur la demande des frères Zuola de Crémone, le dessin d'une magnifique maison de campagne. 2» L'arc triomplial de la porte du Tésin, d'ordre ionique, exécuté en granit des Alpes. 3° La chapelle de Ste-Marcelline dans la basilique Ambrosienne. 4« L'arc du Simplon, d'ordre corinthien, en marbre blanc de Crevela, orné de bas-reliefs et surmonté de six Victoires à cheval, et de la statue de la Paix assise sur un char, ouvrage en bronze de la fonderie des frères Manfredini de Milan (1). Ce seul monument suffit pour éterniser la mémoire de Cagnola. 5» Le clocher du village d'Orgnano dans le Bergamasque, etc. Taudis qu'il s'occupait de la façade de l'église de Vavallo dans la vallée de la Sesia, une attaque d'apoplexie termina sa vie, le 14 août 1833. Bonaparte avait une haute considération pour Cagnola, il l'avait nommé membre du conseil des anciens de la nouvelle république Cisalpine. 11 était président de l'Institut des sciences et arts de Milan, chevalier de la Couronne de fer, rhambellan de l'empereur d'Autriche. 11 a publié en 1802, à Milan, les Mautolietde Vitconti, Gamboniet Anguizzola, in fol. avec pl. G— c — Y.
CAGNOLI (Belmomt), désigné ordinairement par le nom dabbé Cagnoli, était né dans les États de Venise, et florissait dans le 17* siècle. On ne sait rien de positif sur sa famille ni sur le lieu de sa naissance ; ses ouvrages prouvent qu'il eut plusieurs des qualités qui font le poète, mais ces qualités y sont souvent obscurcies par les défauts qui régnaient de son temps. Le principal fondement de sa réputation est son poème intitulé : di Aquilea dislrulla libri 20, Venise, 1725, in-18, dédié à la république de Venise. L'on peut prouver, par l'épitre dédicatoire, que Cagnoli lui-même joignait à son nom ce titre d'abbé qu'on lui donne ; elle est signée Belmonte Cagnoli abale. (Ménage a remarqué qu'il n'y a pas une rime qui ne se trouve répétée dans tout l'ouvrage.) On a aussi de lui un éloge de St. Grégoire. R — G.
CAGNOLI (Antoine), mathématicien et astronome italien, était né en 1743, à Zante, où son père faisait les fonctions de chancelier de la république de Venise. Le jeune Cagnoli avait étudié avec succès le grec et diverses parties de la philosophie, lorsqu'il se consacra aux sciences mathématiques, dont la précision et l'exactitude plurent davantage à son esprit naturellement positif. 11 passa un temps assez considérable à Paris, où il était attaché à l'ambassade vénitienne, et s'y occupa beaucoup de travaux astronomiques. Revenu à Vérone, il y continua ses recherches de prédilection. Sa maison, dans cette ville comme dans la capitale de la France, était devenue un observatoire qu'on allait visiter par curiosité. Son nom, déjà connu de quelques savants, acquit bien vite de la célébrité. Plusieurs mémoires et traités scientifiques le recommandèrent encore
(I) Les morceau en marbre étant termines, on transporta les ait I chevaux en broute a»ec la mécanique de Krimer.
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plus puissamment à l'attention. En 4798, il fut nommé professeur de mathématiques à l'école militaire de Modène, où il forma un grand nombre d'élèves dont les talents promettent un bel avenir à l'Italie. Plusieurs sociétés savantes, parmi lesquelles figurent, en première ligne, les instituts de France et de Bologne, l'admirent dans leur sein. Porté, en 1800, à la présidonce de la société italienne, il en exerça les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 6 août 4818. Non moins licureux dans l'art d'exposer les principes des sciences que dans ses tentatives pour en reculer les limites, Cagnoli rendit d'éminents services à celles dont il s'occupait, en les popularisant par des publications que leur méthode et leur clarté ont à juste litre rendues classiques. Tels sont ; i" sa Trigonometria piana e sferica, 1785 (approuvée par l'académie des sciences de Paris), 2* édit,
Îui est là plus estimée, Bologne, 4804, in-4", fig. bompré en a donué une traduction française sous ce litre : Traité de trigonométrie rectiligne et sphérique, Paris, 4784, in-4°, ug. ; avec de» augmentations, ib., 4808, in-4", Hg. T Se* Sczioni coniche, Turin, 1802, in-8°. 3" Ses Notions astronomiques adaptées à l'usage commun, pour vulgariser les résultats essentiels de cette science sans descendre dans le labyrinthe des calculs, et plus encore sans avoir recours aux formules de la baute analyse. Ses Observations météorologiques de 1788 à 96, et son Mémoire sur la figure de la terre (publ. dans le t. 0 des Transactions de la société italienne, Vérone, 4792), appartiennent à un ordre plus élevé. Ce dernier ouvrage surtout est remarquable. L'auteur y propose une méthode pour déterminer la ligure de la terre, d'après le* oceuhatious des étoiles par la lune. Ce mémoire lit d'abord peu de sensation. Mais, en 481», Baily le lil réimprimer à Londres, alin de le distribuer à ses amis; et une note mise dans le Philosophical Magasins de mai 1822, cl dans la Bibliothèque universelle de juillet suivant, a roccasiou de l'analyse de* tables astronomiques du même Baily, rappelle à l'attention des astronomes ce beau monument du génie de Cagnoli. Le recueil de mémoires présentés à l'académie des sciences par les savants étrangers renferme de Cagnoli une Méthode pour trouver la situation de l'équaleur d'une planète, et l'obliquité de l'écliptique par rapport à la révolution du soleil et de la lune (t. 40, année I783)< Sa vie a été publiée par J. Labus, mais on a reproché a ce biographe quelques inexactitudes. ( Ribliot. ital., n* 38, p. 247.) Val. P.
CAGNOLO (Jérôme), jurisconsulte italien, né d'une famille distinguée, a Verceil, eu 1492, reçut le bonnet de docteur dans l'université de Turin, y occupa, un peu plus tard, la chaire de droit romain, puis fut appelé par le gouvernement de Venise a l'université de Padoue (et non de Parie, comme l'a écrit Tiraboschi). C'est en cette ville qu'il mourut, en février 1351, avec le renom d'un des jurisconsultes les plus savauts et des professeurs les plus diserts de l'Italie. Denis Simon dit, daus sa Biblioth. hist. des auteurs de droit, que Cagnolo u avait le ta- « lent de rendre intelligibles les choses les plus
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« obscures. » Toutefois U semble avoir «nu plutôt à la lettre des ordonnances et des compilations justinicunes qu'aux principes d'une science transcendentale. La hauteur et la fécondité des vue» n'eussent point compensé à ses yeux la témérité d'un* innovation. Aussi «on mérite n'est-il que celui d'un habile interprète, d'un commentateur non- seulement familiarisé, mais identilié avec son sujet. On a de Jérôme Cagnolo, entre autres ouvrages : i» dt Yita et Regimine boni principis (écrit politiqu« adressé à Emmanuel-Philibert de Savoie, à son retour dans ses États de Piémont.) L'auteur prouve au prince que la seule mesure qui puisse lui faire atteindre le repos et surtout l'indépendance, c'est de travailler dans ses provinces à la conciliation des partis que François l'r et Charles-Quint y avaient excités à l'eus j l'un de l'autre. 2° Exercilationes in constitutions et leges primi, secundi, quinti et duodecimi Pandectar. aurear., etc., Venise, 4549. 3* Commtntaria in titulum Digesti de rtgulis juris, Venise, 4546 ; 2e édition, Lyon, 4559. 4° Commtnlaria in codicem dt paclis, Venise, 4567. .">" De recta principis Institutions libriS, Cologne, 1577. 6° Orodo habita Patavii in initio studiorum. V Commentai ia in quosdam titulos inslilutionum Justiniani. 8* De Origine juris tractatus, de rolatu, de rations sludendi et consilia varia. Tous les ouvrages de ce célèbre professeur ont été réunis en trois vol. in-fol., Lyon, 4579. Un magnifique mausolée fut élevé a Cagnolo, daus l'église de St-François, à Padoue, et son buste fut placé, avec ceux des savants illustres, dans le jardin dH Prato délia vallt. G — G— T.
CAUAGINES (Jacques), docteur et professeur en médecine à Caen, sa patrie, né en 4548, mort en 4612, rédigea les statuts de la faculté de médecin» de l'université de Caen. On lui doit aussi : 4* Elogiorum civium Cadomensium etnturia prima, Caen, 4600, in-4'. On cite une 4" édition de 1585; mais David Clément prouve qu'elle est imaginaire. 2" 0 valu» funebris J. Ruxelii. C'est l'éloge funèbre du maréchal de Granccy de Rouxel. 5° De academiarum InstiMione, 4584, in-49. 4« Mclhodus curandarum febrium, 4616, in-8°. 9° Methodus curandvrwwi capitis affectuum, 4018, in-8". 6" Une traduction des traités de Julieu le Paulmier de Morbis contagiosis et de Vinopomaceo. ( Voy. Paulmibu.) 7° De Morte JV. Micaelis, 1597, iu-40. 8° Rtsponsio censori de aqua fontit Hebecrevonii sub nomine Fr. Chicotii, 4044, in-42. — Etienne Caiiagkes, son pareul et son contemporain, fut aussi médecin ; mais il parait qu'il n'a laissé aucun écrit. 11 avait étudié la peinture, cl il lit même le portrait de Scaliger. Se trouvant en Hollande à la mort de ce savant, il fut un de ses amis qui portèrent le drap mortuaire. Huet, qui fut l'ami de Jacques et d'Etienne Caliagnos, vante l'esprit et l'étendue des connaissances de ce dernier. A. B— t.
CASER BILLAH [Mohammed, surnommé), 49* calife uhbasside, lils de Motadhcd, fut élevé deux fois au califat, détrôné deux fois, et réduit enfin A vivre des aumônes de ses sujets. Moctader, son frère, monarque faible, ayant accorde un crédit sans
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bornes à ses femme* et à ses esclaves, s'attira le
mépris des grands, qui le détrônèrent en moharrem 517 de P hégire (920 de J.-C. ), et mirent à sa place Caher. Celui-ci joignait à la cruauté une ingratitude et une avarice sordide. Il ne voulut point donner aux troiq>es le salaire de leur révolte, ce qui les irrita tellement qu'elles enfoncèrent les portes du palais, le pillèrent et y ramenèrent en triomphe le malheureux Moctadcr. Une nouvelle sédition ayant terminé le règne et la vie de ce calife le 28 de chawal 520 de l'hégire (1" novembre 932 de J.-C.), Caher fut déclaré son successeur. Alors il ne mit plus de frein à ses passions, cl signala cliaque jour de son règne par quelque nouveau crime, lise saisit de son neveu, qu'on avait voulu mettre sur le trùno, et le fit jeter dans une chambre murée, oit il le laissa mourir de faim. Il lit mettre à la question et périr dans les plus affreux tourments sa mère, pour lui arracher le secret d'un trésor qu'elle ne possédait pas,' et il s'acquitta par le meurtre de la reconnaissance qu'il devait aux officiers qui l'avaient élu calife. Abandonné à ses plaisirs, livré à l'ivrognerie, il ne s'occupa nullement des affaires de son empire, menacé par les carmathes, secte puissante et redoutable. (Voy. Caruath.) Enfin, après un règne de dix-huit mois, les grands se révoltèrent et se saisirent de lui. On lui creva les yeux, et il passa du trône dans un cachot. Mis en liberté deux ans après, il fut rédmt a la mendicité, a Je l'ai vu, dit un « Arabe, se tenir, le vendredi, à la porte de la mos- « quée, vêtu d'une mauvaise rol>c rouge, et exciter « la compassion du peuple par ces paroles remar- « quables : Ayei pilié de ce pauvre vieillard, autre- * foii voire calife, et qui implore aujourdhui votre « assistance. » Caher Billah vécut encore quelques années dans cet état de détresse, et mourut le 3 de djoumady I". 539 de l'hégire (18 octobre 950 de J.-C.). [Voy. IUdiiy Billaii.) J— ».
CAUCSAC (Lotis de), né à Montauban, de parents nobles, se fit recevoir au parlement de Toulouse. Il obtint ensuite, dans son pays, la commission de secrétaire de l'intendance ; mais l'amour des lettres lui fit bientôt quitter la province pour venir à Paris, où le comte de Clermont le nomma secrétaire de ses commandements. Après avoir accompagné ce prince dans la campagne de 1743, il abandonna son service pour se livrer sans réserve à son goût pour le tbéâtre. L'auteur des Trois Siècles de littérature fait peu de cas de ses tragédies et de ses comédies, mais il donne de grands éloges à ses opéras. Cahusac, dit ce critique, sut se frayer, dans cette carrière, une route nouvelle qui lui procura des applaudissements mérités. On remarque, dans ses drames lyriques, une adresse heureuse pour ajuster le merveilleux au fond du sujet, et le faire naître de circonstances amenées sans effort. Sa versification, naturelle et facile, fut d'ailleurs très-propre à développer les talents de Rameau, qui se chargea de la musique de ses poèmes. Cahusac mourut à Paris, au mois de mai 1759. Il était membre de l'académie des sciences et belles-lettres de Prusse. On a de lui : V EpUrt sur les danger» <k la poésie,
1759. 2» Grigrt , histoire véritable traduite du japonais en portugais par Didaque lia dec suça, H du portugais en français par l'abbé do "\ Nangizahi, Klupoxzen-kru, l'an du monde 59749 (1741*), traduction supposée en 2 parties, in-8°; réimpr. à Amsterdam, 1774, in-12. 3° La Danse ancienne et moderne, ou Traité historique de la danse, la Haye (Paris), 1754, in-12. Ce traité, quoique partagé en 3 petits volumes, est réellement divisé en 2 parties, dont la 1 r* a pour objet la danse des anciens ; la 2* les ballets et danses théâtrales des modernes. Cette 2e partie commence à la lin du 15' siècle, conduit les ballets jusqu'en 1672, et traite ensuite de l'établissement de l'opéra français. L'ouvrage de Cahn- ' sac est, sans doute, préférable à tous ceux qui l'ont précédé; mais, quoiqu'il ait le premier fait sentir la supériorité de la danse en action, les recherches de Reaucliamps et du duc de la Vallière sur les ballets, et les éloquentes lettres de Noverre sur la danse, ont de beaucoup éclipsé la seconde partie de son histoire ; et quant i la première, plus superficielle encore, le sujet en est mieux approfondi dans les Réflexions sur la poésie de l'abbé Dubot, et dans quelques autres ouvrages plus modernes. 4* Il a fourni, pour V Encyclopédie, tous les articles relatifs au théâtre lyrique et aux grands spectacles de l'Europe. 5° Ses ouvrage» dramatiques sont, au TltéAtre- Français, Pharamond, tragédie, 1750, in-8* ; le Comte de Warwick, 1742, tragédie non imprimée; l'Algérien, ou Us Muses comédiennes, comédie en 5 actes, 1744, in-8°, et Zénéide, comédie en i acte ot en vers, dont le sujet et le plan appartiennent à Wattelct, 1744, in-8». A l'Opéra, il a donné In Fêtes de Polymnie, en 5 actes, 1745, in- I»; les Fêles de l'Hymen et de f Amour, en 5 actes, 1747, in- 4°; Zaïs, en 4 actes, 1748, in-4»; Note, en 5 actes, 1749, in-4% pièce faite à l'occasion de la paix; Z oroastre, tragédie-opéra en 5 actes, 1749, in-4*; Anacréon, en 4 acte, 1754, et la Naissance d'Osirii, ou la Fête de Pamilie, 1754, pièce faite pour la naissance du duc de Berri. La musique de tous ses opéras est de Hameau. On ne soupçonnerait guère que celui de Z oroastre fournit, dans le temps, matière à une belle dissertation hermétique, fort recherchée des curieux, dans laquelle on prête a l'auteur du poème des intentions dont il était loin, sans doute, de se douter. On attribue aussi à Louis de Cahusao les Amours de Tempé, opéra en 4 actes, musique de d'Auvergne, 1752, in-4*. Cet auteur a laissé en manuscrit une tragédie intitulée JfaniiMf, et deux comédies, le Maladroit par finesse et la Dupe di
CAI-CAOTJS. Voyez KaiKaocs.
CAICOBAO. Voyex Kat-Kobad CAI ET. Voyet Cayct.
CAIGNART nu Maillt était né vers 1750, en Picardie, dans le village de Mailly, dont il prit le nom. Après avoir fait ses études à Laon, il fut avocat; et, ainsi que la plupart des gens de cette profession, il adopta les principes de la révolution avec beaucoup d'ardeur, devint dès le commencement officier de la garde nationale, puis administrateur du département