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couronnés de bois, couvert* une grande partie de l'année de neiges et de brouillards épais, que Bruno et ses conqugnons construisirent un oratoire, de petites cellules isolées, comme les anciennes laures de la Palestine, et jetèrent les fondements d'un des plus saints ordres monastiques. Les habitant! de ce désert se multiplièrent en peu d'années. Ils bâtirent leur église sur une bailleur, qu'ils entourèrent de leurs cellules, où ils logeaient d'abord deux â deux. Bientôt après chacun eut la sienne. Leurs successeurs, en abattant les bois , formèrent des jardins à force de travail et d'art. Ils établirent des usines, firent exploiter les mines, animèrent l'industrie, et vivifièrent ainsi par leurs soins un lieu qui semblait n'être destiné qu'a un repaire de bttes féroces. Pierre le Vénérable, cinquante ans après leur établissement, faisait le tableau suivant de leur genre de vie : « Ils sont les plus pauvres de tous o les moines; la vue seule de leur extérieur effraye. « Ils portent un rude ciliée, aflligcnt leur chair par « des jeûnes presque continuels, et ne mangent que « du pain de son, en maladie comme en santé. Ils « ne connaissent point l'usage de la viande et ne « mangent de poisson que quand on leur en donne. « Les dimanches et les jeudis, ils vivent d'œufs et « de fromage : Jes herbes bouillies font leur nour- « rilurc les mardis et les samedis ; les autres jours « de la semaine ils vivent de pain et d'eau. Ils ne « font par jour qu'un seul repas, excepté dans les « octaves de Noël, de l'Epiphanie, de Tiques, de la « Pentecôte et de quelques autres fêtes. La prière, a la lecture et le travail des mains qui consiste prin- « cipalemcnl à copier des livres, sont leur oreupa- « tion ordinaire. Ils récitent les petites heures de « l'office divin dans leurs cellules, lorsqu'ils enten- « dent sonner la cloche ; mais ils s'assemblent à « l'église pour chauler vêpres et matines ; ils disent « la messe 1er. dimanches et les fêtes. » Bruno vivait paisiblement dans son désert, chéri de ses disciples comme un père l'est de ses enfants, lorsqu'Urbain H, dont il avait été le mai lie, rappela, eu 1089, auprès de lui pour l'aider de ses conseils dans le gouvernement de l'Eglise. Il obéit contre son gré, et fut suivi de tout son troupeau, qui, bientôt après, dégoûté du séjour de Rome, revint à la Chartreuse sous la conduite de Landwin. La dissqwUion de la cour romaine ne lui convenait point; ses instances auprès du pontife pour obtenir la permission tle regagner sa retraite furent sans cffol ; il refusa l'archevêché de Beggio, qu' Lrbain voulait lui conférer sur les instances du clergé et du peuple; mais enfin il lui Tut permis, en |(ku, d'aller fonder One seconde chartreuse dans la solitude délia Tvrrc, au diocèse de Squillacc, en Lalabre. Il y reprit son ancien genre de vie, gouverna cette nouvelle colonie avec la même sagesse qu'il avait gouverné la première, et mourut saintement, entre les bras de ses disciples, le G octobre Uni. Léon X, en 4514, autorisa les chartreux à célébrer Un ofiiee propre en son honneur, ce qui fut regardé comme une ▼raie béatification. Grégoire XV, en 1025, étendit cet office a. toute rÉdite, et, dès ce moment, sou
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nom fut inscrit sur le catalogue des saints. Bruno n'avait point donné de régie particulière à ses disciples Cuigues, cinquième général de l'ordre, rédigea, en 12-28, les usages et les coutumes qui s'étaient transmises depuis le saint fondateur. Plusieurs chapitres généraux y ajoutèrent de nouveaux statuts. De tout cela il se forma un code complet en 1.ÏKI, qui, ayant été approuvé quelques années après par Innocent IX, produisit ce cpi'on appelle la Règle des Chartreux. Cet ordre a toujours été regardé comme le plus parfait modèle de la vie contemplative ; il n'a jamais eu Iwsoin de réforme, quoique la règle positive ait subi quelques modifications : ce qu'on peut attribuer à son entière séparation du monde cl à la vigilance des supérieurs. Avant les nouvelles suppressions commencées par Joseph 11, il [H>ssédait, dans les différents Ltats catholiques, cent soixante-douze maisons, divisées en seize provinces, dont chacune avait deux visiteurs. Il y avait dans ce nombre quatre couvents de femmes; on avait même un peu adouci la régie en leur faveur, à cause de la délicatesse de leur sexe, surtout relativement à l'article du silence. St. Bruno était l'un des plus savants hommes de son temps. Ses commentaires sur les Psaumes et sur les EpUres de St. Paul, ouvrage solide, clair, précis, d'un latin qui ne le cède à celui d'aucun des autres écrivains de la même époque, prouvent qu'il était versé dans la connaissance du grec et de l'hébreu, cl dans celle des SS. Pères. Presque tous les premiers compagnons de sa retraite avaient fait de bonnes études. Il transmit le même goût à ses dis iples, recommanda qu'on établit des bibliothèques dans chaque maison, et qu'on les fournit de bons livres. I ne de leurs principales occupations, comme on l'a déjà dit, était de ramasser et de copier d'anciens manuscrits. Le bienheureux Guignes en fil un article capital de ses statuts. Chaque particulier n'étail pas libre de corriger arbitrairement les endroits défectueux ; il fallait que la correction subit l'examen du chapitre de la maison. Voilà comment leur travail en ce genre a contribué à conserver la pureté du texte de la Bible cl des Pères, et comment les bibliothèques des chartreux ont fourni un grand nombre de manuscrits précieux aux nouveaux éditeurs de ces sortes d'ouvrages. ISous avons trois éditions des o uvres de St. Bruno; la première de Paris, 1324, in-fol., par Jossc Badins, sur les manuscrits que lui avait procurés Bibaucius, général des cliarucux ( voy. BiBAi cits ) ; celte édition, en bon papier, beaux caractères, avec des planches en bois, qui représentent l'histoire du chanoine de Paris, est rare et recherchée : les deux autres éditions, données par le chartreux Petréius, sont de Cologne, 1 Ut I cl ItilO, in-fol. Mais, à la réserve des commentaires sur les Psaumes et sur St. Paul, et des deux lettres, l'une à ses frères de la chartreuse, et 1 autre a Raoul le Vert, qui a été traduite en français |»ar Leroy do Ilautcfonlaine, dans sa Solitude ehrétieime, les autres ouvrages renfermés dans ces éditions, et attribues à notre saint, sont les uns de Bruno d'Asti et les autres de Bruno de AVurUbourg. Un trouve la cou-
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fession de foi c|tt'il lil à sa mort dans le t. 4 des AnaUcla de I). Mabillon. On a plusieurs vies du saint en latin, en fonçait et en espagnol ; la meilleure est celle qu'en a donnée le P, de Tracy, théatin, Paris, ITRI), in-12. On connaît les belles peintures représentant sou histoire, eu vingt-deux tableaux, dont Ltsiieur avait orné le eloitre des chartreux de Paris. Elles ont passé aujourd'hui de la galerie du palais du Luxembourg dans celle du Louvre. T — D.
BRUNO, ou BRUNON (Saint), né à Soléria, dans le diocèse d'Asti, en Piémont, où il devint chanoine de la cathédrale, disputa fortement contre Bércngcr, an concile de Home, en 1077, devant Grégoire VII, cpii le lit évêque de Scgni dans la Campanie. Il quitta ce siège en 1101, pour aller embrasser la vie monastique au Mont-Cassin, dont il devint abbé en 1107; mais Paschal il, pressé par les sollicitations des habitants de Segni, l'obligea de reprendre le gouvernement de son antienne église, où il mourut en 1 123, et fut canonisé en 1183 par le pape Lucc III. D. Marchcsi, moine et doyen du Mont-Cassin, donna, en 1052, à Venise, une édition de ses œuvres, avec nne bonne dissertation, dans laquelle il explique les endroits qui offrent des difficultés, 2 vol. in-fol. ; réimprimés avec de nouvelles notes du P. Ilruni, Home, 17«!J-9I. On y truuvc : 1° cent quarante-cinq sermons ou homélies, dont la plupart ont quelquefois été imprimés sous le nom d'Eusèbe d'Emése, et d'autres fuis sous celui du saint fondateur des chai lieux ; 2° un commentaire sur le Cantique des cantiques, inséré mal à propos | Kir mi les n?uvres de St. Thomas d'Aquin ; 3" divers traités sur le Cantique de Zacharie, sur l'incarnation et la sépulture de Jésiis- Christ, sur le sacrifice offert avec du pain azyme, sur les .sacrements, les mystères et les riis ecclésiastiques, à la suite duquel est la vie de Léon IX ; 4" deux lettres, où il blamc la conduite de Puschal II, qui, jwur recouvrer sa liberté, accorda les investitures à l'empereur Henri ; et d'autres ouvrages écrits d'un style clair et précis, et qui donnent une idée avantageuse de l'érudition de l'auteur et de sa piété. On a encore de St. Bruno : Expositio de consecralione ecclesiœ, deque vettimentis episcopalibus, imprimée dans le t. 12 du Spicitegium de D. d'Achery. T— 1>.
BRUNO, dit le Grand, archevêque de Cologne, troisième fils de l'empereur Henri l'Oiseleur, et frère d'Othon Ier, eut une grande influence dans les affaires de son temps. Othon, étant parvenu à l'empire, lui confia l'administration du duché de Lorraine, remploya dans diverses négociations, et, forcé de se rendre en Italie, le laissa à la tète des affaires de l'État. Bruno, étant allé en Fiance |>our concilier dc3 différends qui s'étaient élevés entre cette cour et Olhun, tomba malade à Compiègnc, se lit transporter a Reims, et y mourut le 1 I octobre 965. C'était un prélat éclairé: il avait étudié avec soin les lettres grecques et latines, et se faisait accompagner partout do savants qu'il protégeait. On lui attribue des commentaires sur les livres de
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Moïse et quelques vies de saints. — BniNO, bénédictin allemand, qui vivait à la lin du 11' siècle, a écrit une histoire intéressante de ttello Saxonico, de 1073 à 1068, qui se trouve dans les Germanie, rerum Scriptores de Ficher. L'auteur y traite avec beaucoup de sévérité l'empereur Henri IV. G— t.
BRUNO (Gioiwa.no), en latin Bnt.Ms, naquit, de parents nobles, à Noie, dans le royaume de Na pies, vers le milieu du 16" siècle. Son éducation fut extrêmement soignée. Aux sciences mathématiques et philosophiques il joignit l'étude des lettres et de la théologie, annonçant dés sa jeunesse une mémoire heureuse, une conception facile, un esprit ardent et porté naturellement à l'enthousiasme. I.e désir d'accroître ses lumières le lit entrer dans l'ordre des dominicains ; mais les mtrurs corrompues de ses compagnons de cloître, et les diflieullés sans nombre (pie présentaient ù son esprit les dogmes de l'Eglise romaine, ne lardèrent pas à le dégoûter de son nouvel élat. 11 abandonna donc son couvent, sa patrie, et se retira à Genève vers l'an 1380. Dans celle ville, il embrassa le calvinisme; mais, peu satisfait encore de cette nouvelle religion , il quitta Genève au bout de deux ans, passa par Lyon, Toulouse, et se rendit à Paris eu 1582, ainsi que le rouve l'impression de plusieurs livres qu'il y pulia. Ne pouvant y occuper une chaire, à cause de sa religion, il se lit professeur extraordinaire de philosophie, et se mit à fonder publiquement la doctrine d'Aristote, qui comptait alors de nombreux partisans. Les désagréments que lui attirèrent ses opinions le contraignirent à passer en Angleterre : ce dut èlre eu 1583, comme on le verra plus loin. Ce fut à Londres qu'il publia son fameux livre de V Expulsion de la bêle triomphante, et plusieurs autres du même genre. Bruno quitta l'Angleterre en 1580, et se transporta à AVitlcinberg, où il parait avoir enseigné la philosophie. 11 y demeura jusqu'en 1588, passa de Witcmberg à Prague, de Prague à Brunswick, puis à Ilclmslaedt, et se trouvait à Francfort eu 15'JI. Le désir imprudent de revoir sa partie le conduisit, en 1598, a Venise, où il fut arrêté, renfermé dans les prisons de l'Inquisition, ensuite transféré à Rome. H languit dans les cachots de celle ville pendant deux années, qu'on nous représente comme un délai charitable offert à sa rétractation. Euliu, le 9 février 1000, on lui lut sa sentence de mort ; on le dégrada, puis on le livra au bras séculier. Cette horrible sentence fut exécutée le 17 février : on conduisit Bruno dans le champ de Flore, lieu ordinaire des auto-da-fé, et son corps fut livra* aux flammes. On rapporte qu'après la lecture de sou arrêt, il dit à ses juges : « Cette sentence, pro- « noncée au nom d'un Dieu de miséricorde, vous fait « peut-être plus de |>eur qu'à moi-même. j> Il est difficile, sans doute, d'exposer d'une manière à la fois claire et succincte les opinions philosophiques de Bruno. Que Scioppius, le fanatique Lacroze cl beaucoup d'autres lui aient prodigué les injures, cette intolérance a peu de quoi surprendre. Ilrucker le qualifie de semi-pyUiagvricitn, et cette appréciation
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nous parait assez juste. En effet, on retrouve dans les écrits de Bruno : « Que l'Esprit est le Dieu par « excellence, inlus dans tous les êtres ; que Dieu est « la monade principiante, source de tous nombres, a simplicité de toutes grandeurs, substance de toutes « comj)ositions ; que Dieu, sa puissance et ses « «ruvres sont infinis ; qu'il est une essence simple, « homogène, immobile, indivisible, sans oppositions, « sans composition intérieure ; qu'ainsi sa volonté « est une, au-dessus de toutes choses, et qu'elle ne « peut être empêchée ni par elle, ni hors d'elle ; que « la nécessité et la liberté sont unut et idem ; que la « substance des corps est une, immortelle, ini|>éris- « sable, qu'ainsi l'univers, assemblage de tous les « corps, est un ; d'où l'on doit conclure que la na- « tnre des esprits ne diffère point de celle des corps, « et que, par conséquent, l'essence divine est la « même chose que la matière ; qu'il existe ou peut « exister un nombre infini de mondes, semblables « au nôtre, puisque l'espace est infini ; que ces « mondes ne sauraient se nuire, car, dans l'infini, « le milieu est partout ; que, puisque l'espace est « intini, l'univers n'a aucune forme, car ce qui est « infini ne jieut en avoir ; que le bien et le mal, « l'utile et le nuisible, le juste et l'injuste ne sont « rien par eux-mêmes, et n'existent que par compati raison ; qu'en effet, la puissance infinie de Dieu « ne |>ourrait avoir lieu, s'il existait simultanément « un principe infini du mal ; (pic les atomes sont le « fondement et la hase de toutes choses, mais qu'ils « ont été mis en mouvement par l'esprit de Dieu, « Ame du monde, etc. » On lui attribue, en outre, l'opinion de la métempsycose, et l'on prétend que ses spéculations philosophiques ont été fort utiles a Descartes. Les ouvrages de Bruno sont presque tous d'une excessive rareté, et méritent d'être décrits avec soin, d'autant plus que Niceron en a omis plusieurs ; ce sont : 1 " de Umbris idearum, implieantibut arlem qtuerendi, inveniendi, judicandi, ordinandi, et applicandi, Paris, ^EgidiusGorbinus, 1582, in-8°. Ce livre est dédié a Henri III; il contient deux pièces, l'une intitulée de Umbrit idearum, l'autre, yir» mcmoriai. 2" Canlut circaus, ad eam memorim praxim ordinatus quam ip$e judiciariam appellat, Paris, 1582, in-8°, et non 1583, comme le dit Niceron. 3° De eompendiota Ârekileetura et complément arti$ Lullii, Paris, 1582, petit in-12. Bruno s'y donne l'épithéte de Philothêe. On ne peut nier que cet auteur ait consumé beaucoup de temps à l'étude des rêveries de Haimond Lulle, dont il n'est personne aujourd'hui qui ne reconnaisse l'inanité. Si quelque chose pouvait l'excuser, ce serait la réputation, alors colossale, du Maïorquain, et l'ignorance des temps où vivait Bruno. 4° Candelajo, commedia de Bruno Nolano, acluulcmico di nulla achademia, detto il Fatlidito [In trittitia hilarit, in hilarilate trhtii), Paris, Guillaume Julien, 1582, in-12 de 14fl feuillets, rare. Cette comédie est en 5 actes et en prose ; l'auteur a pour objet d'y tourner en ridicule l'a\arice et la pédanterie. On y retrouve la confusion, le mauvais goût et les imbroglio des anciennes comédies italiennes ; elle a été traduite en fran- |
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çais, sous le titre de Bonifaee *t le Pédant, Paris, 1633, in-8°, avec deux prologues. 5» Explicalio triginta tigillorum ad omnium scientiarum et artium inventionem, ditpotitionem et memoriam, etc., sans nom de lieu ni date, in-8°. 11 y a apparence que ce livre a été imprimé à Londres en 1583 ou 84 , ainsi que semble le prouver la dédicace à Michel de Castelnau, seigneur de la Mauvissièrc, ambassadeur de France en Angleterre. L'ouvrage est divisé en 4 parties, dont la première a pour litre : Reeem et compléta ars reminiscendi ; la deuxième, Explicalio tigillorum, est réimprimée à Francfort, 1591, à la suite du traité de Imaginum Compotitione. 6« Spaccio de la Bettia trionfante, propotlo da Giove, effettuato dal conseglo, revelato da Mcrcurio, recitato da Sophia, vdilo da Saulino, registrato dal Nolano, divito in Ire dialogi, subiviii in tre parti, Paris, (Londres), 1584, in-8°. Ce célèbre ouvrage, écrit avec autant d'esprit que de finesse, est dédié au chevalier Philippe Sidney. L'idée en est neuve, et prête facilement aux allusions. Jupiter, irrité de voir son culte négligé, fait comparaître devant lui les quarante-huit constellations, parmi lesquelles il veut établir une réforme. Momus lui représente que tout le mal vient de ce que l'on a donné aux astres le nom des dieux, que leurs aventures scandaleuses ont rendu l'objet du mépris des mortels. Il propose, en conséquence, de substituer à ces noms ceux des vertus. Aussi Hercule est appelé la Valeur; le Dragon, la Prudence ; Calisto, la Vérité ; le Triangle, la Fidélité. L'Eridan, comme se trouvant à la fois au ciel et sur la terre, reçoit le privilège d'être partout et nulle part : qui boira de ses eaux sera comme s'il n'avait point bu ; qui mangera de ses poissons, comme s'il n'avait rien mangé ; qui l'invoquera, comme s'il n'invoquait aucun dieu. Le Grand Chien, image de la chasse Destructrice, est renvoyé en Angleterre, et remplacé \m la destruction des tyrans, la Vigilance et l'Amour de la patrie. Le Centaure leur donne plus de mal : Momus remarque en lui l'union hypostatique des deux natures (d'homme et de cheval) ; il objecte, en outre, que ce mythe présente trois personnes en une, le dieu, l'homme, la bêle ; ce qui , ajoute-t-il, n'est pas trop facile à comprendre. Jupiter lui répond que c'est un mystère, dont on doit faire un article de foi. Enfin, après bien des débats, Jupiter confie au Centaure le ministère de l'Autel, sur quoi Momus observe qu'il pourra servir à la fois de sacrificateur et de victime. Telle est, en peu de mots, l'idée de celte plaisanterie, dans laquelle on doit entendre, par la Bile triomphante , non le pape, comme le prétend Scioppius, mais la superstition en général. Qui connaîtrait les vociférations de Lacroze contre ce livre serait bien étonné du passage suivant du Spectateur : « J'ai lu cet ouvrage, dit-il, avec le « préjugé qu'il contenait des arguments fort redou- « tables ; mais il y a si peu à craindre de cette lec- « turc, que je me hasarderai à rendre ici un lift dèle compte du plan que l'auteur a suivi. » Le Spaccio a été traduit en anglais par Jean Toland I Londres, 1713, in-8<>, édition tirée à un petit nom
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bre d'exemplaires, et dont le frontispice existe en italien et en anglais, L'abbé Louis Valcntin de Vouguy, conseiller de grand'chambre , et chanoine de Notre-Dame, mort le 1 » janvier 1751, a donné le Ciel réformé, essai de traduction de partie du Spareio, sans date ni nom de ville, 1750, 17*1, in-8«. Ce n'est que la première partie du premier dialogue de Bruno. 7° La Cena de le Ceneri; descritta in cinque dialogi, per quatlro interlocutori, ton tre considéraxioni circa doi suggcsli (Londres), 1584, in-8"». Ce livre, dédié à la Mauvissiére, est ainsi nommé, parce qu'on suppose (pic les dialogues symposiaques qui le composent ont eu lieu le jour des Cendres. 11 est très-rare et fort recherché des curieux. L'édition de 1 580, que cite Duverdier, n'a jamais existé. 8" De la Causa, Principio e l'no, Venise ( Londres) , 1381, in-8*. 9° De l'Infinito, L'niverso e Mondi, Venise, (Londres), 1584, in-8". Ces deux ouvrages sont encore dédiés à de la Mauvissiére (I). 10° De gli heroici Furori, Paris, Baïus (Londres), 1585, in-8°, dédié au chevalier Sidncy. 11° Cabala del cavallo Pegateo, in tre dialogi; VÂsino Cillenico, Paris, Baïus (Londres), 1585, in-8°. Ce livre, dont il n'existe qu'un seul exemplaire en France, celui du duc de la Vallière, maintenant a la bibliothèque royale, est dédié à 1). Sapatino, abl>é; on en trouvera une courte description dans la Bibliographie de Débute. 12° Figuratio Aristotelici physici auditus, ad cjusdem intrtligmtiam atque retentionem per 15 figuras explicanda, Paris, Pierre Chevillot, 1586, in-8». Cet ouvrage est imprimé à Londres ou en Allemagne. Il est annoncé comme très-rare par David Clément {Bibliothèque curieuse, t. 5, p. 315). 13" De Lampade combinatoria Lulliana (Witlcmberg), 1587, in-80, dédié au sénat de celte ville. 14" De Progressu et Jjimpade venatoria logicorum (W itlemberg), 1587, in-8". 15* De specierum Scrulinio et Lampade combinatoria Raimundi Lullii, Prague, G. Nigrinus, 1588, in-8°. Ces trois derniers opuscules se trouvent aussi dans l'édition des ouvrages de Baimond Lullc, Strasbourg, 1617, in-8". 16" Âcrolismus, scu Raliones articulorumphysicorum advenus peripalclicos Parisiis propositorum, Wittcinbcrg, Zacharie Craton, 1588, in-8°.
(i) On iront* dans ces deux ouvrages on paniheisme pur uni a dV 1res - hautes idées de Dieu, panthéisme plus complet que lOUt ceux connu* aulerieurement, et pareil a celui qoeSpinosa développa depuis d'une manière encore tien plus méthodique. Maison sait que ce dernier, a l'exemple de son oiattre Oesrarte», avait mis largement a pmût le système rie Bruno, gne nruno regardât Ilieu comme l ame de l'nnivers, et l'univers MMN un orpinismc vivant, c'est te qui' ses contemporains lui eossent encore pardonne; mais la conséquence qu'il en tira: que l'univers était total et incommensurable, et sa doctrine de la pluralité des mondes, ne pouvaient manquer de lui être imputées a crime dans le temps on le système de Copernic, ponr lequel il se montra si lélé. était en botte a de* attaques universelles. Bruno a donne a la plupart de ses écrits philosophiques la forme du dialogue, sans aucune régularité rnéthodiqne. Son langage est un mélange biiarre de latin et d'italien, et son ton presque toujours chaleureux et véhément. La bardirs.se et le m I Unie de ses idées étonnent ceux qni les comprennent Dans set ouvrages de logiqne. Il développe, avec une affectation exlravafinte, les topiques et la mnémonique «I* Kaimond l.ulle. ï*.irnil les singularités de l'époque de llrono, il faut compter une forte croyance a l'astrologie et a la magie, réunie a des connaissances
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1 7° Oratio valedictoria ad auditores in aead. Vitlemberg., ihid., Zacharie Craton, in-4\ prononcée le 8 mars 1588 ; elle se trouve aussi dans les Acla philosoph. d'Hcuman. 18" Artieuli centumet sexaginta adversus mathematicos et philosophos , Prague, 1588, in-8°. 19» Oratioeonsolatoria, habita in acad. Julia, Hclmstaedt, 158!), in-}", discours prononcé le 1" juillet, sur la mort du prince de Brunswick. 20° De imaginum, signorum et idearum Composition, ad omnia inventionum, dispositionum et mémorial gênera, lib. très, Francfort, J. \Vechel,159l, in-8°, dédié à J. Henri Haincellius. 21° DeTriplici, Minimo et Mensura, ad trium speculativarum scientiarum et mullarvm aelivarum artium principia, Francfort, ibid., 1591, in-8". Cet ouvrage, en vers, avec un commentaire en prose, est dédié au prince Henri Jules de Brunswick. Il parait certain que Bruno quitta Francfort avant que ce livre fut mis en vente. 22° De Monade, Numéro et Figura liber consequens. Quinque de minimo, magno et mensura, Francfort, 1501, in-S"; ibid, 1614, in-8'. Les deux derniers ouvrages de Bruno n'ont pas été publiés par lui ; ce sont : 23e Summa lerminorum melaphysicorum, donnée par Raphaël Egin, son disciple, Zurich, Jean Wolph, 1595, in-4°; Marpurg, 1609, in-8". 24* Ârtificium perorandi, a J. Henrico Alsledio traditum, Francfort, Ant. Uummius, 1612, in-8°. On petit, sur Bruno, consulter Bayle, et surtout CliaulTepié, les Mémoires de ISiceron, t. 17, Toppi et JNicodemo, Iliblioth. Napoletana, et les Entretiens sur divers sujets d'histoire par Lacroze, p. 284 (1). D. L.
lUtUM), ou plutôt Bit AL N (Samuel), chirurgien, né à Bal»», vers la lin du 16* siècle, fut, dés sa jeunesse, animé du désir de parcourir les contrées lointaines. Il alla en Hollande, s'embarqua, en 1611, à bord d'un navire qui allait au Congo, et, jusqu'en 1621, lit trois voyages le long de la cote d'Afrique, jusqu'à Angola, et deux voyages dans la Méditerranée. Ses relations n'ont pas tant pour objet les détails de la navigation, que ceux des actions où il s'est trouvé et des pays qu'il a vus, et où il a séjourné; l'exactitude de ses observations se trouve Confirmée par les rapports des voyageurs qui, postérieurement , ont vu les mêmes coulrées. Comme chirurgien, son attention se porte sur les effets pernicieux du climat de la côte d'Afrique, mortel pour les ICuropéens qui ne sont pas tempérants. De retour de ses voyages, Bruno en écrivit la relation en allemand. Klle a été publiée par les héritiers de de Bry, dans leur collection allemande des Petits Voya-
it) L'école philosophique allemande s'est beaucoup occupée de nruno dans ces derniers temps ; et les pins distingués d'entre les philosophes modernes de celle nation ont tiré parti de ses œuvres. Parmi ceux de notre é|ioqae, M. de Schelling s'est le plus approché de lui quant a la métaphysique et la manière d'envisager la Mtare. Il a même choisi son nom pour titre d'au de ses ouvrages : firttno, eu Recherchai tur le principe dirin ou naturel det choses, Derlli'.jso-J. On peut voir encore sur Bruno et sur ses écrits : Doctrine* de &! rire* physiciens, par Rlxner, Sulzharh, |«at, 5» cahier, et les Optrt di Gijrdano Bruno, publiées par M. Adolphe Wagner. Leipsirk, 183», S vol. Knfln M. G. Krterer a donne a Paris une édi- Ikon des ouvrages de Bruno écrits en Jalia : Jordttni Bruni Nottui Serlpta qu* redegit omma, l«
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ges en 1023, puis traduite en latin, et insérée, comme supplément, à la suite de la 1" partie de leur édition latine des Pelitt Voyages, sous ce titre : Appendix regni Congo, qua conlhtentur narigationes qtsinque Samuelit Ilrunonit civis et rhivurgi Itatilcensis, etc., 1023, avec des figures. Cet appendix n'a été imprimé qu'une fois. Le traducteur signe J. L. Golefridus ; Meusel pense (pic c'est un nom qui désigne J. Pli. Abelin. Les estampes jointes aux relations de Bruno paraissent avoir été imaginées d'après ses récits, cl pour orner le texte. Ce qu'elles offrent de plus intéressant est la forme des habitations des nègres. K— s.
BNUNO (Jacques- Pancrace), médecin célèbre, né a Altorf, le 23 janvier 1629, étudia son art, d'abord à léna et à Padoue, et se /it recevoir docteur à Altorî; pratiqua la médecine à Nuremberg, et enlln, en 1002, il fut nommé professeur à Altorf, où il mourut en 17(19. 11 a beaucoup écrit. Outre quelques ouvrages d'autrui qu'il a fait paraître, comme Ylsagoge medica d'Hoffmann, le Judieium de sanguine, MM sceta, dimisso, deJ. de Jessen, on a de lui : t° Oralio de vila, mnribus et scriptis Gatpari lloffmanni, Leipsick, lOlM, 1078, in-12; 2" Dogmala medicinat generalia in ordinrm noviter redacta , Nuremberg, 1070, in-80; 5" //<•morai ac impedimenta purgationis in scriptis Hippocralis délecta, Altorf, 1070, in-4»; 1» CasleUus renovatus, hoc est, texicon tnedieum Ilarthalamœi Casielli , rornrfum et ampli ftcalum , Nuremberg, 1G82, in-4"; Leipsick, 1713, in-4°; Padouc, 1713, 1721, in-4"; Genève, «748, in-4°, etc. ; .V Mantissa nomcneluturai mediem hexaglotta, vnrabula lalina ordine alphubelico , eum annexis arabieit, hrbrais, grœris, gallici» et italicis proponentis , Nuremberg, 1082, in-4"; 0° Kpitome elementa rerw mcdicinw eompleetens , Altorf, 1090, in-S* ; 7° Monita cl Porismata médicinal miseellanea, Altorf, ltï!>8, in-4». 11 a laissé des commentaires sur les Aphorismes d'Ilipporratc, et plusieurs autres traités de médecine qui n'ont jamais été publiés. C. et A — „\.
BUUNOL Voyez Paiiis nE Mo.xt-.Marth.
BRUNON, évèquc de Wurtzbourg , dit llcrbipolemis, oncle paternel de l'empereur Conrad II, riait fils de Conrad, duc de Carinthie. Il naquit en Saxe, et Tut élevé, eu 1053, à répiscopaL C'était un prélat rcconunaudablc par sa science et par .si vertu. Il fat écrasé, le 17 mai 1045, sous les ruines de sa salle a manger. Nous avons de lui, dans la Ilibliulhcca Pa- (rrr/H, des commentaires sur le Pcntaleuque, où il rail usai;e des obeles et des astérisques, à la manière d'Origcne, pour marquer les différences du texte hébreu et des Septante d'avec l'ancienne Vul^ate; d'autres commentaires du même sur le Psautier et sur les cantiques de l'Ancien et dit Nouveau Testament; des traités de piété, mis quelquefois sous le nom de St. Primo ; des explications du Symbole des Apôtres et de celui de St. Alhana>e, qui ont éU; imprimées a Cologne en 1494, et se trouvent au.vsi dans la Ilibliotheca Patrum. T— »
BÎUJNON. Voyez Léon IX.
BULNQli.LL LJeak-Salomo.n) . jurisconsulte
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allemand, né ii Quedlinbourg, en 1693, étudia le droit ô léna et à Leipsick, et professa ensuite cette science à léna, avec un grand succès. Il reçut en 1733, des ducs de Saxc-Gutha et de Saxc-Kiscnach, le titre de conseiller indique, que lui conféra aussi le roi d'Angleterre en 1733, et fut appelé à professer le droit a l'université de Gocttimiue. Brunquell y mourut le 21 mai 1733, peu de mois après son arrivée. Son principal ouvrage est son llisioria juris romano-germanii i, léna, 1727, in-8°. Une grande érudition cl une critique judicieuse rendent cette histoire très-reconnnandable. La 3' édition ( Amsterdam, 1710, in-8"}, plus ample cl plus correcte, est augmentée de la vie de l'auteur. Parmi les autres écrits de Brunquell, les plus importants sont : i" Disscrlationes de eriminum abolitionc ; de Codice Theodosiano; de Piétina honesta et uliti; de UtM linguœ germunicœ relcris in studio juris feudalis Langobardico. 2" Luc édition des Obsen'ationes juris canonici d'Innocent Ciron, qu'il lit précéder d'une dissertation de VlUitale ex liisloria atquc antiquitalibus sacris in jurisprvdenliw erclesiasliew studio eapienda, 1720. 5J Isagogc in uniccrsnm jurisprudeutiam. La mort l'empêcha d'en publier les dernières parties. Ses nombreuses dissertations ont été recueillies et publiées par U.-Z.-O. Ko'iiig, sous le titre iYOpuscula ad liisloriam et jurisprudenliuiii spectantia. Halle, 1774 , iti-8°. On y trouve aussi la vie de l'auteur. G — T.
BRUNSCHWYG , ou BRLNSWICH ( JÉnoME), chirurgien cl apothicaire «le Strasbourg, naquit vers le commencement du 13e siècle, cl parvint à une extrême vieillesse. Suivant Ranzow, il mourut dans la I lir année de son dgc. 11 a publié Von dem Cyrttnjicus.cic. (ou du Chirurgien, etc.), Strasbourg, 1597 ( 1 5!)7), in -fol., lig. en bois, livre singulier cl rare. Il lit imprimer dans la même ville, en 1500, un livre in-fol. en langue allemande, sur l'art de distiller, et sur les propriétés des plantes usuelles. Peu de temps après, il en parut une version en latin, sous ce titre : de Art» distillandi, in-fol. 11 y décrit un petit nombre de plantes, et en donne des lijmres gravées sur bois qui sont très-mauvaises. Ce sont les mêmes qui avaient déjà paru dans VHorlut sanitalis de Cuba ; en sorte que Gesner ne les regardait quo comme une simple édition de ce dernier ouvrage, quoique l'on eu eùl changé l'ordre cl réformé 1 orthographe allemande. Le livre de Brunschwyg fut sans doute très-utile dans ce temps-là, et fut bien accueilli, si Ton peut en juger par plusieurs éditions qui en furent faites suecessivcnient, avec titres différents, entre autres sous celui d'Apolheca vulgi, 1329. Il parait que cet auteur avait fait quelques recherches sur les plantes des anciens, mais avec peu de suecés. 11 a commis un grand nombre d'erreurs, comme on doit l'attendre du temps où il a écrit : c'est ainsi qu'il a pris le sureau, ou sambucus des Latins, pour le sambac des Arabes, qui est le jasmin sambac ou le moguri des Italiens. Urunfels a réimprimé cet ouvrage, sous le litre iVIlieronymi, herbarii Argentoralcnsis, Apodexit vulgi. De là vient l'erreur qu'a commise Seguicr dans sa liibliotheca botanica.
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d'attribuer ce livre à Tragus ou Bock, qui se nommait aussi llieronymui. ])P__g.
BRUNSWICK (Onio.N, dit l'Ekfakt, I" «lue DE ) , fut ainsi nommé, parce qu'à la mort de son père, le duc Guillaume, il n'était âgé que de dix ans. A peine fut-il en état de gouverner qu'il se trouva engagé dans des affaires épineuses. Son oncle Henri, palatin du Rhin, qui avait possédé nue grande partie des États de Brunswick , avait laissé deux lilles, Agnès, femme d'Othon, duc de Bavière, et Ennengarde, femme de Henri, margrave île Bade. Ces deux princesses, se fondant sur un testament de leur père, voulurent fendre à l'empereur Frédéric. II les pays qui lui avaient appartenu dans la basse Saxe. Otlion s'y opposa, et soutint que, tant qu'il restait un héritier mâle, fut-il à un degré plus éloigné, les femmes ne pouvaient succéder. Tour appuyer cette opposition, il commença |Kir s'emparer, en 1227, de la ville de Brunswick, du consentement des citoyens, et prit
• le titre Oc duc, avant d'avoir reçu de l'Empereur l'investiture de ce duclié. Luc guerre malheureuse qu'il eut à soutenir contre les comtes de Holstein et la ville de Lubcck, pour avoir voulu donner du secours à son cousin Waldcmar 11, roi de Danemark, l'empêcha de jouir tranquillement de ses nouvelles possessions; il fut fait prisonnier par Henri, comte de Schvverin. Pendant sa détention, les intrigues de la cour impériale et de plusieurs princes ses voisins soulevèrent contre lui la noblesse de son duché. I.a ville de Brunswick fut assiégée; mais ses beauxfrères, Jean et Otlion, lils d'Albert, margrave de Brandebourg, dont il avait épousé la fille , embrassèrent sa défense ; il sortit de prison, apaisa la révolte et punit les rebelles. Il ne songea plus dès lors qu'à gouverner en paix, cl à se réconcilier avec l'Empereur. L'occasion ne tarda pas à s'en présenter : un légat du pape Grégoire IX parcourait l'Allemagne pour en soulever les princes contre Frédéric; Otlion n'écouta point ses insinuations, et lit solennellement sa paix avec l'Empereur, eu 1253, à la diète de Mayence. A genoux devant ce monarque, il lui remit la ville de Luuebourg, sa banlieue, et les reprit aussitôt de ses mains, comme liefs de l'Empire, avec le titre de duc de Brunswick et de Luncbonrg. Reconnu ainsi légitime possesseur de ses Étals, il ne s'occupa qu'à y maintenir la paix et le bon ordre. Quelques campagne s qu'il lit pour secourir les chevaliers tcutouiques et le margrave Otlion de Brandebourg furent ses derniers exploits militaires. Il mourut le 9 juin 1252, laissant plusieurs enfants. Ses deux lils aînés, Henri cl Jean, se- partagèrent ses Étals, et furent la lige, l'un de l'ancienne maison des ducs de Brunswick, l'autre de celle des ducs de Brunsvvïek-Luncbourg. G— t.
BRUNSWICK ( Otiion de ) , mari de Jeanne 1"», reine de Naples, prince cadet de la maison de Brunswick, n'ayant point d'héritage à espérer en Allemagne, passa en Italie en 15<»3, pour y faire le métier de condottiere, comme faisaient alors plusieurs de ses compatriotes. 11 s'engagea d'abord au service du marquis Jean de Aloulfèrral, et, s'unissant à la compagnie anglaise que ce seigneur avait prise « sa solde,
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il se distingua dans la guerre qu'il fit aux Yisconti. rendant neuf ans, il fui le principal conseiller, le ministre et le général du marquis ; celui-ci, qui mourut au mois de mars 1372, désigna, par son testament, Olhon de Brunswick pour être tuteur de ses enfants. Ce prince s'acquitta de cet emploi avec la même loyauté et le même dévouement. Il força les Yisconti à lever le siège d'Asti ; et, a son tour, il porta la désolation dans le Milanais, jusqu'à ce qu'il Contraignit les seigneurs de Milan à faire la |>aix, et à reconnaître les droits de ses pupilles. Ce|iendanl Jeanne lrp de Naplcs ayant perdu son troisième mari, l'infant d'Aragon, résolut de passer à de quatrième* noces, pour se donner un appui contre le roi Louis de Hongrie, ou contre les princes de sa propre cour. Elle lit choix d'Othon de Brunswick, et elle l'épousa le 25 mars 137G, sans partager avec lui son trône. Olhon néanmoins ne renonça jioitit à la tutelle des jeunes marquis de Montrerai; il maria l'aîné, nommé S«ontlotto, à une saur de Jcan-Galeaz Yisconti; mais ce jeune prince, sujet à de violents accès de colère, ayant été tué en décembre 1378, à Langirano, par un homme qu'il voulait frapjier, son second frère, Jean III, rappela Otlion auprès de lui, pour prendre sa tutelle, et le défendre contre le seigneur de Milan. Jeanne de Naplcs eut bientôt, à son tour, besoin de la protection d'Othon de Brunswick, lorsqu'elle fut attaquée par Charles de Durazzo son cousin, secondé par le roi de Hongrie et par le pope Urbain Yl; niais Olhon, abandonné successivement par la noblesse et les milices de Naplcs, fut obligé de se retirer devant son adv ersaire, cl de le laisser entrer dans la capitale sans livrer de combats. Lorsqu'il sut cependant que Jeanne, réfugiée dans le château Neuf, avait promis de se rendre si elle n'était pas secourue avant, huit jours, il vint présenter la bataille à Charles de Ouraz/o, le 23 août I3S| , devant le château St-Elmc. Il lui était resté si peu de soldats qu'il fut bientôt battu et (ait prisonnier; son pupille, le marquis de Montferrat, fut tué à se» cotés, et Jeanne, obligée de se rendre, fat sacrifiée à la délianec cruelle de son vainqueur. Charles III, le nouveau roi, attaqué peu de temps après par Louis d'Anjou, que Jeanne avait adopté en mourant, fut engagé par cet adversaire devant Barletla, dans une situation si difficile, au mois d'août 1384, qu'il déses|térail presque de son royaume. Alors il tira Olhon de Brunswick du château de Molfelta , où il l'avait retenu trois ans prisonnier, el il ne dédaigna |>as de demander des conseils à cet ennemi, qui passait jour le plus habile général de l'Italie. En effet, Olhon sauva Charles en lui enseignant l'art de temporiser, l ouis d'Anjou, qui ne pouvait jamais l'atteindre, vit son armée détruite par les maladies; il mourut lui-même le 10 octobre de la même année, et Charles, ne redoutant plus de dangers, rendit la liberté à Olhon, qui v int s'établir à Rome. Mais la mort de Charles el la minorité de Ladislas sou lils offrirent à Othon une nouvelle occasion de porter la guerre dans le royaume de Naplcs, et de venger Jeanne. H s'avança contre Naplcs au mois de juin 1387, avec l'armée de Louis II d'Anjou ; il prit cette ville le 20 juillet, et lit juinir
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tous ceux qui avaient contribué au meurtre de la reine. Bientôt après, cc|tcndant, Louis II lit passer à Naples un nouveau gouverneur »jui inan<|ua d'égards pour le duc de Brunswick, et le lit repentir de ses succès. Oilwn irrite quitta le parti des Angevins, et embrassa celui de Ladislus. Jeanne lui avait donné la princi|»aulé de Tarcnte, et il était devenu Italien par le ccrur et par tous ses intérêts, en sorte que le joug des Français lui devenait insupportable, comme à tous les Napolitains. Othon fut fait prisonnier en 1305. dans une bataille livrée aux Sanscverini, qui soutenaient le parti d'Anjou. Il racbeta sa liberté pour 2,000 florins; mais on-exigea de lui sa jurole qu'il ne reprendrait pas les aunes de dix ans. 11 mourut sans enfants, en 1500, avant la lin du repus forcé auquel il se voyait condamne. S— S— l.
BRUNSWICK-LI NEBOl HG (Ente, dit l'Ancien, duc de), né le 10 février 1470, fut envoyé dans son enfance à la cour d'Albert . duc de Bavière, pour y recevoir une éducation analogue <l son rang. Il ne tarda pas à exceller dans tous les exercices militaires. Après avoir fait, à l'Age de dix-buil ans, un voyage en Palestine, pour visiter les lieux saints, il se rendit à la cour de rcm|>ereur Maximilieu I", et obtint bientôt toute la faveur de ce prince. Chargé , en 1 193, du commandement d'un corps de IS.O K» bomuies dans la guerre contre les Turcs, il rcmjiorta plusieurs avantages qui lui valurent une grande considération. Kl le s'accrut encore |iar l'important service qu'il rendit à l'Empereur en 1504, à la bataille de Hatisbonne. Maximilien blessé était tombé de cbeval : Eric se couqwrla si courageusement à ses côtés, que l'Empereur eut le tempe de se relever et de rétablir le coinlat. Le duc obtint pour récompense la permission tic placer dans ses armes une étoile d'or, au milieu de la queue de paon qui les distinguait. .Sa générosité égalait sa bravoure : lors de la prise de la forteresse de Kufstcin, dont la garnison s'était défendue avec une extrême opiniâtreté, l'Empereur jura qu'il la ferait pendre, cl qu'il donnerait un soufllet à quiconque oserait parler en sa faveur. Dix-sept braves soldats avaient déjà subi le cruel supplice; Eric sauva le reste en consentant à rerevoir le soufflet. Tant que vécut i'cnqiercur Maximilien, le duc n'eut rien à craindre de ses ennemis; mais, à la mort de ce monarque, il fut attaqué et fait prisonnier par Jean, évéque de Hildesbeim, né duc de Saxe - Lauenbourg. Charles- Quint, parvenu à l'empire, le lit relâcher ; mais Éric perdit la plus grande partie de ses États. Dans les querelles de leligion qui s'élevèrent alors, il se conduisit avec tolérance, demeurant lidele au culte de ses pères, mais ne gênant eu rien la liberté de ceux de ses sujets qui voulaient en embrasser un nouveau. Il mourut le 20 juillet 1510. laissant la réputation d'un bon prince et d'un babile guerrier. Il s'était trouvé à douze batailles, et avait monté en personne à vingt assauts. Son fils Éric bu succéda. G— t.
BRUNSWICK (Éitic i»k, dit le Jeune), llls du précédent, né le 10 août 1528, fut élevé par sa mère avec beaucoup de soin , et instruit dans la religion luthérienne ; mais on assure que, lorsqu'il se rendit
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à Witlenberg pour voir Luther, celui-ci dit que le jeune prince ne tarderait pas à revenir à la religion catholique. En efTet, il servit l'empereur Charles- Quint contre les princes de la confession d'Augsbourg, et, de retour dans ses États, il s'efforça d'y arrêter les progrès de la réforme ; mais son alliance avec Albert, margrave de Brandebourg, le besoin qu'il eut du secours des villes banséatiques, et les exhortations de sa mère, l'engagèrent à changer de conduite. Il délivra les prédicateurs protestants qu'il avait fait emprisonner, et, en 1533, il permit, par un édit s|>éeial , l'exercice public du nouveau culte. i'hilip|»e II, auprès duquel il jouissait d'une grande réputation, l'employa dans ses guerres avec la France, et se trouva si bien de ses services, qu'il l'en récompensa en lui envoyant l'ordre de la Toison d'or: niais les violences qu'Eric se permit envers ses voisins, et les querelles dans lesquelles il ne cessa de s'engager, l'empêchèrent de jouir tranquillement des faveurs de ce souverain. Ayant entrepris un voyage en Italie, il mourut subitement à l'adoue", en 1581. G-T.
BRUNSWICK -WOLFEN BUTTEL (Henri, duc de), né le 10 novembre 1-580. A peine cut-il le pouvoir en main, qu'il s'engagea dans une sanglante querelle avec l'évèque d'Hildeshcim. En 1525, il travailla, avec d'autres princes de l'empire, à étouffer la rél>ellion dite guerre des |>aysans ; en 1528, il accompagna Charles Quint en Italie; mais ses talents et sa puissance n'étaient pas assez grands pour soutenir son humeur guerrière; il dirigea mal le corps de troupes qu'il avait amené , ne put payer ses soldats, les vit déserter l'un après l'autre, et revint en Allemagne presque seul. Les troubles de la réforme commençaient à agiter cette contrée : Henri avait paru d'abord pencher pour les réformateurs; mais ses démêlés avec quelques princes qui en avaient embrassé le parti, entre autres avec l'électeur de Saxe, le rejetèrent du côté des catholiques. En 1538, il refusa un sauf-conduit à l'électeur de Saxe qui voulait se rendre à Brunswick , où se réunissaient les chers de la nouvelle communion, et aucun courrier protestant ne pouvait traverser ses États. H fut un de ceux qui contribuèrent le plus à former celte même année la ligue catholique de Nuremberg : non content de fomenter les troubles politiques , il travailla à faire naitre des dissensions l>armi ses voisins; il brouilla le duc de Saxe, George, avec son frère Henri, el fut si irrité de ce que la mort du premier de ces princes l:u pécha de tirer de celle brouilleric tout ce qu'il en avait cs- |>éré, qu'il dit un jour avec humeur : « J'aurais a mieux aimé que Dieu fût mort dans le ciel , que « le duc George dans son duché. » Il se dédommagea bientôt de ce mécompte en se jetant dans de nouvelles querelles avec son cousin Éric le Jeune, duc de Brunswick, avec le landgrave de Hesse, la ville de Gosslar, le comte de Mansfeld, le margrave de Brandebourg, et plusieurs autres princes. Chassé à diverses reprises de ses États, lanlôt intrigant pour y rentrer, tantôt forcé d'en sortir encore pour de nouvelles intrigues qui lui wisciiaient de uou-
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veaux ennemis , il passa sa vie dans uno agitation
continuelle : son inconstance ou quelque secret motif lui fit enfin abandonner ia religion de ses pères pour embrasser le luthéranisme, et il mourut dans cette communion, le 12 juin 1568, âgé de 79 ans. K.
BRUNSWICK-LUNEBOURG (Ernest le Confesseur, duc de), fils de Henri le Jeune, naquit le 26 juin 1497, fit ses études à l'université de Wittenberg, et suivit avec beaucoup d'assiduité les leçons de théologie que Luther y donnait alors. 11 alla ensuite faire un voyage en France ; mais les troubles politiques et religieux qui s'élevèrent en Allemagne l'y rappelèrent bientôt. 11 y revint pour se déclarer partisan de la religion réformée , et chercher à l'introduire dans son pays. Il signa la confession d'Augsbourg, s'engagea dans la ligue de Smalkalde, et établit dans son duché la nouvelle doctrine. C'était d'ailleurs un prince sage et vaillant, qui ne négligea rien pour assurer la prospérité de ses Etats; il rebâtit des villes, fonda des écoles. On raconte que, comme les routes étaient infestées par des brigands, nobles et bourgeois, il accompagna un jour lui-même une troupe de marchands qui voyageaient, et en imposa aux voleurs par sa seule présence. Ernest de liruuswick mourut le 1 1 juin 1540, la même année que Luther. On remarqua a cette occasion qu'il était né la même année que Mélanchthon. Ce dernier prononça son éloge. Ses deux fils, Henri de Danncberg et Guillaume le Jeune , furent la tige des deux nouvelles maisons de Brunswick et de Lunebourg. G— t.
BRUNSWICK (Jules de), de la seconde maison de Brunswick, naquit le 29 janvier 1528. Il était le 3* fils du duc Henri de Brunswick, et de Marie de Wurtemberg. Son père le destinait d'abord à l'état ecclésiastique, mais le jeune prince embrassa ia religion luthérienne, et, forcé de fuir la colère de son père, se retira chez le margrave de Custrin. Ses deux frères ayant été tués à la bataille de Sievershausen, en 1553, le duc Henri, se voyant sans héritier, rappela son lils Jules, et lui accorda sou pardon. Ce prince, parvenu a la souveraineté en 1568, donna tous ses soins à l'établissement du luthéranisme dans ses États. Martin Chcmnilz et Jacques André , théologiens luthériens, se partagèrent sa bienveillance. En 1571, il fonda à Gandersheim un gymnase, qu'en 1557 il transporta a Helmstaedt,où l'année suivante il en lit, avec des privilèges qu'il obtint de l'Empereur, une université qui depuis est devenue célèbre. En 1576, parut son Corpus doc- Irinw Julium, qui contenait les trois symboles de la confession d'Augsbourg , les articles de Smalkalde, les deux catéchismes de Luther et plusieurs autres traités lliéologiqùes. Cet ouvrage fut destiné à servir de base aux études de théologie dans l'université de Helmstacdt et dans tous les établissements d'instruction publique du pays de Brunswick, qui s'étendit beaucoup en 1582 et en 1584, par l'accession de la principauté de Calenbcrg et des villas de Stulzenau, Sirck, Diepenau, etc. Le duc Jules mourut le 3 mai 1589. 11 avait pour devise : Aliit in-
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tervmuio cvniumor, et il la justifiait par sa conduite. G — T.
BRUNSWICK (Frédébic-Uliuch de) , fils du duc Henri-Jules, évêque de Halberstadt, et d'Elisabeth, fille de Frédéric II, roi de Danemark, naquit le 5 avril 1591. 11 fit de bonnes études à Helmstaedt et à Tubingen, parcourut la France, l'Angleterre, les Pays-Bas, et retourna en Allemagne en 1612, pour assister à l'élection de l'empereur Mathias. L'année suivante, la mort de son père le laissa possesseur des principautés de Wolfenbûttel , de Calenberg et deGrubenhagcn; mais il fut contraint, en 1617, d'abandonner cette dernière au duc de Brunswick-Lunebourg. La guerre de trente ans étant venue à éclater, il embrassa d'abord le parti de l'Empereur, dans l'espérance d'écarter ainsi du cercle de basse Saxe les malheurs et la dévastation qui s'ensuivent; mais la marche des troupes impériales lui ayant fait perdre cet espoir, il s'unit tout à coup aux Etats saxons qui s'étaient alliés avec Christian, roi de Danemark, contre l'Empereur. La perte de la bataille de Lultcrn, en 1626, le força de nouveau a changer de parti , destinée presque inévitable des petits princes qui, n'ayant pas assez de forces réelles pour soutenir leur caractère, se voient contraints de régler leur conduite d'après des intérêts toujours vacillants. Les nouveaux alliés de Frédéric-Ulrich lui furent bientôt aussi à charge que s'ils avaient été ses ennemis; ses États ne cessaient d'être dévastés par le passage et le séjour des troupes impériales. Il se flatta de trouver dans l'alliance de Gustave-Adolphe, qui ne s'annonçait que par des victoires, plus de sûreté et d'avantage; il sollicita donc et obtint, en 1631, l'amitié de ce prince : elle lui fut en effet très-profitable. Il recouvra, en 1653, la principauté de Calenbcrg ; mais la mort le surprit le 11 août 1634 , à la suite d'une chute où il s'était cassé la jambe. Comme il ne laissa point d'héritier, ses Etats échurent à la maison de Brunswick-Lunebourg. G— t.
BRUNSW ICK-LU NEBOURG (Curistian, duc de) , évêque d'Halbcrstadt , né le 10 septembre 1599, se rendit célèbre, dans la guerre de trente ans, par son courage, son infatigable activité, et son attachement opiniâtre à la cause du malheureux électeur palatin , Frédéric V, élu roi de Bohême. Lorsque ce prince eut pris la fuite après la perte de la bataille de Prague, le duc Christian prit un gant de la main de la princesse sa femme, l'attacha a son chapeau, et jura qu'il ne l'en ôterait pas avant d avoir rétabli Frédéric sur le trône. 11 rassembla aussitôt une armée eu Saxe et en Westphalie, ravagea la liesse, s'empara de Lippe, de Scrst, de Paderborn, et y fil un butin considérable, en pillant les églises et en enlevant les ornements sacrés: il prit entre autres, à Paderboni, la statue de St. Liboire, qui était d'or massif, et du poids de soixante livres. C'était ainsi que faisaient la guerre des chefs qui n'avaient d'ailleurs ni assez d'argent ni assez de moyens pour entretenir une armée. Christian fit frapper, après ce pillage, des écua qui portaient pour devise : « Ami de Dieu, ennemi des prêtres. »
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|| se dirigea ensuite vers le diocèse do Mayence, et y continua ses sacrilèges et .ses dévastations. Bullu par les impériaux au passage du Mcin, il rassembla, malgré sa défaite, un corjw de I3,00i> hommes, se joignit au comte de Mansfeld, se tourna vers l'Alsace, et entra, en 1622, au service des Hollandais, (|ui avuienl grand besoin de secours pour résister à la puissance du roi d'Espagne, et à l'habileté de don Gotualès do Cordoue. Le 10 août de la même année, ce général livra aux confédérés, prés de Fleur IV, une bataille sanglante où la victoire demeura incertaine. Le duc de Brunswick y reçut un coup de feu au bras gauche ; la gangrène se déclara; il se lit couper le bras en présence de l'année, au son des tambours et des trompettes; et, à itoinc guéri, il alla faire lever le siège de Bergop-Zoom. Rentré en Allemagne peu après, il aurait pu se réconcilier avec l'Empereur ; mais il s'y rerusa , parce qu'on ne voulut |«s comprendre dans la réconciliation l'électeur palatin et ses autres alliés. La guerre qu'il recommença ne fut pas heureuse ; battu par le général Tilly, il se vit force de fuir et d'aller chercher des secours en Hollande et en Angleterre. A sou retour, il obtint quelques succès , de concert avec le comte de Mansfeld ; mais la mort l'empêcha de les suivre : il mourut à Wolfcnbuttel, le 9 juin 1026. On répandit le bruit qu'il avait été empoisonné. G — t.
BD. D NSW ICK.-LI NEBOLRG (Auguste de), né le |0 novembre 1568. Le duc Guillaume, son |>ère, avait acquis le duché de Zell . et la princesse Borolhée, sa mère, était .Ile de Christian III. mi de Danemark. 11 lit de bonnes études à W itlcnbeig, à Lcipsick, à Strasbourg , et entra, en toi» I . dans le régiment du prince Christian d'Anhalt, qui se rendait en France |K>ur secourir Henri IV, alors occupé du soin de conquérir son royaume. 11 avait quatre frères, Ernest, Christian, Frédéric et George : ils étaient convenus qu'un seul d'entre eux se marierait publiquement. Le sort tomba sur George, le plus jeune, et Auguste contracta un mariage de la main gauche avec la (ille d'un liourgcoig de Zelle, dont il eut plusieurs enfants, qui furent regardes comme de simples gentilshommes, et appelés seigneurs de Lunetioiirg- En 1635, il convoqua à Lunebourg une assemblée où , de concert avec les princes des Étals de la basse Saxe, et malgré les efforts d'Oxcnstiern , chancelier de Suède , il adhéra au traité conclu la même année entre l'em|iercor Ferdinand II et l'électeur de Saxe, Jean-George. H mourut subitement, le 10 octobre 1030, au moment où il prenait de l'eau pour se laver les naine (4). G— t.
imiJINSWlCK-LUNEBOORG ( Auguste, duc
(t) Pondant qnUI étudiait l WitlonteTf, il écrivit, m «3*8. sur l'aluni» <li- Daniel de IMir. geuliluommc pomnranien, rrlle maxime que Miit m Mpnaturc : f'ulchcirim<tr«m rrrum nolilia m..* clto std negol„<, non «tâ êluMt, non rôtit ,rj latonius. non petite
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Sfffr, (., CrUlum ,1 ttl. ■ - r. Uni. «I Wmptm —'I MMTj S— In tri,.
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t db), dit u Jeune, pour lu distinguer du précédent, naquit le 10 avril I5T0. 11 s'appliqua, des sa prc~ miérô jeunesse, à lu culture des lettres, et fit ses 'éludes à Rostock, à Tubingen et à Strasbourg; il parcourut aussitôt après les principaux Étals de l'Europe, ot s'y lit remarquer, tant |>ar l'étendue de ses connaissances que par sa force et son adresse dans tous les exercices du corps. En Angleterre, il assista au couronnement de Jacques l", successeur d'Elisabeth, et s'acquit en France l'amitié de Henri IV. La mort du duc Frédéric- Ulrich lui transmit, en 1684, la souveraineté du duché de Brunswick- Wolfenbuttel, de la principauté de Calenberg et des comtés d'Ober-Hoya cl de Blankenbourg. Son amour pour la paix lui lit céder, en 1(135, là principauté de Calenberg à la ligne de Brunswick-Zelle, et les comtés de lluya et de Dtepholz à celle de Brunswick-Haarbourg. Le bonheur de ses sujels fut le principal objet de ses soins : il remil sur pied les travaux des mines de métal et de sel, accorda aux lettres une protection éclairée, cl transporta, en 1643, à Wnlfenbuttel, son immense bibliothèque, qu'il avait établie d'abord à Hizaker. Elle était déjà, en 1614, «le 80,000 volumes. Ce vertueux prince mourut dans sa capitale, le 17 septembre 1660, âgé de plus de 87 ans. Sa piété était remarquable ; il lisait chaque jour un chapitre de la Bible, cl avait continué depuis sa jeunesse à écrire des notes latines en marge de sou exemplaire «les livres saints II a publié ses écrits sous le nom de Gustave Selenut, suivant l'usage des érudits de son temps, qui croyaient se donner plus de relief en traduisant leur nom en grec : Selenut, du grec Itkthn (la lune}, était une espèce de traduction du mol l.unebourg, et Gustave est un anagramme d'Auguste. Ses principaux ouvrages sont : 1° un Traité du jeu déchet (en allem.), avec des gravures, Leipsick, 1616 ; <i' un Traité tur la culture dit vergers, publié en 1036, ouvrage estimé en Allemagne ; 3° une Histoire de la passion, de la mort el de la sépulture du Christ, Lunebourg, 1640, in-8°; 4° Cry}>tomenityces el Cryptographia, in quibut el planitsima sténographiai a Jos. l'rilhemio magice el œnigmatice eonteripta enodatio traditur, inspertit ubique aulhorit ac aliorum non contemnendit inventit, Luncbourg, 1624, in-fol. Ce traité de stéganngraphic est fort curieux. ( Yoy. la Chronique de Brunsieick de llcthmeier, en allem., p. 4382-1405, cl 17/ù/or. Bibliolh. Auguste de Burckhard, t. 4M, p. 53-98.) G—T.
BRUNSWICK-WOLFENBUTTEL (Rodolphe- Auguste, duc de), fils du précédent, né le 16 mai 1627, lit ses études littéraires à l'université d'Helmliaedt, et ses études politiques et militaires à la cour de Frédéric-Guillaume le Grand, électeur de Brandebourg. Revenu souverain à la mort de son pére, il partagea le pouvoir avec son frère Antoine Ulrich (voy. l'article suivant), et rien ne put altérer leur union. Il vint à bout de réduire sous sa puissance, en 1071, la ville de Brunswick, devant laquelle plusieurs princes de sa maison avaient échoué. A la vérité, lorsqu'il investit celte place avec un corps de â0;000 hommes, une partie des citoyens étaient hors
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des murs, et les assiégés avaient imprudemment vendu presque toute leur poudre à leur ennemi. Rodolphe ne conserva la possession de celle place qu'en cédant au duc de Brunswick-Zcllc le district de Dannebcrg. Le «lue de Brunswick-IIanovre se contenta, dit-on, des reliques dos saints qu'on avait trouvées dans Brunswick. Rodolphe lit sans doute un sacrifice en les lui cédant; car il était lui-même d'une grande piété; sa devise était : Moriamur quando voluerit Dent, modo qunmodo vclit viramut. Dans la maladie qui précéda sa mort, survenue le 2G janvier 1701, son prédicateur lui disait : Deut fnrtifieabit terenitatem vestram! Plus de vanité, répondit-il, dites : Puupertatcm vrstram. G — t.
BRUNSWICK.-WOLFKMJL ITML ( Antoine- Uluici], duc M), né à llitzakcr, le A octobre 1035, frère du précédent, eut jiour précepteur Juste-George Scholtcl, qui Inspira a son élève le goût le plus vif pour les sciences et pour les lettres. Le jeune duc lit ses études à l'université de Hclmslacdt, et remplit à une promotion idéologique la place de vice-chancclier. La théologie et la poésie étaient les objets favoris de ses travaux. En sortant «le l'université, il parcourut la France, l'Angleterre et l'Italie ; son nom, sou caractère et son esprit lui attirèrent partout l'accueil le plus flatteur. De reloue en Allemagne, il épousa, en 1G.*>6, Elisabeth-Julienne, princesse de Ilolstein, et prit place dans le conseil d'Etat, où ses lumières furent souvent utiles à sa patrie cl à sou l>érc. A la mort de celui-ci, le duc Rodolphe-Auguste nomma Antoine-Ulrich son lieutenant, et, bientôt après, partagea avec lui ses titres et son pouvoir. Ces deux frères étaient unis d'une amitié si tendre, que l'on frappa à cette occasion une médaille (tortant pour inscription : Dulce est feutres habilarc in unum. La supériorité d'esprit du duc Antoine lui assurait presque toujours la prépondérance. Il termina habilement les démêlés du duché de Brunswick avec la couronne de Suède, et reçut du roi de Danemark l'ordre de l'Eléphant ; mais l'élévation de la maison de Hanovre à la dignité électorale fut pour lui une source de contrariétés et d'embarras; il vit de mauvais d'il cette élévation, et fut soupçonné par les états de l'Empire d'avoir contracté, |K»ur s'y Opposer, une alliance avec la France : l'Empereur Voulut le dépouiller de la part qu'il avait au gouvernement du duché de Brunswick, et ces différends tic se terminèrent que lorsque le duc Antoine eut consenti à signer un traité par lequel le duc Rodolphe, son frère, s'était arrangé avec l'électeur de Hanovre. A la mort de ce frère, arrivée en i'iii, il resta seul souverain du duché, devint un des plus zélés défenseurs de la maison d'Autriche, et donna sa lille Elisabeth eu mariage a l'empereur Charles VI. En 1710, il embrassa publiquement à Bainberg la religion catholique romaine, à l'occasion du mariage de su jietitc-lille Elisabeth-Christine avec le roi d'Espagne Charles 11. On croit qu'il était déjà converti depuis quelque temps , mais qu'il a\ait demandé au pape Clément XI la permission de tenir sa conversion secrète. 11 assura ù ses sujets le libre exercice de leur religion, protesta que son cfaange-
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ment de croyance n'en introduirait aucun dansl'Elal, et se contenta de faire bâtir une église catholique à Brunswick. H mourut le 27 mars 171 1, à Salzthal, avec une fermeté d ame et une tranquillité d'esprit qui étonnèrent tous ceux qui rapprochaient. L'abbé de Bueqtioy a donné un récit de sa mort, intitulé : lit Forer d'esprit ou la belle Mort, récit de ce qui s'est passé au décès a" Antoine-Ulrich de lirunucick, 171», in-8". Comme souverain, il était recommaudable par sa pénétration, son énergie et par son amour pour les lettres; il les favorisa et les protégea tant qu'il vécut; il augmenta beaucoup la bibliothèque qu'avait laissée son père, et fonda à Wolfenbuttcl une académie. Les lettres du-' rent sans doute, cette protection aux éludes et aux lumières du due, qui était lui-même un écrivain distingué. 11 a laisse plusieurs ouvrages ; les principaux sont deux romans, intitulés : 1° Aramène, princesse de Syrie, Nuremberg, 1000, in-8" : le sujet est tiré de l'histoire des patriarches. Il y a inséré un épisode pastoral, Jacob trompé tur Rachel. 2° Octavie, Nuremberg, 1G85 cl 1707, in-<S°. C'est l'histoire de la cour de Rome depu>> Claude jusqu'à Vcspasien; l'auteur y a iutercaié, sous des noms romains, un assez grand nombre d'épisodes tirés des événements qui s'étaient pasiés de son temps dans les cours d'Allemagne ; mais ou n'a pas la clef de ces allusions qui scraieut peut-être intéressantes pour l'histoire. Le style du duc de Brunswick a de la noblesse cl du mouvement; mais on lui reproche de manquer de simplicité et de concision. Entraîné par une imagination vive, et |»ar le désir de faire des allusions, il a rarement conservé le costume antique et respecte la vraisemblance. Malgré ces défauts , il sera toujours remarquable, et comme écrivain, et connue un de ces princes qui se sont honorés du commerce des muses. G— T.
BU L .NSW ICK-LL IN EltOLRG (Feiidina.vd-Albeut, duc de), lils d'Auguste, dit le Jeune, naquit le 22 mai 1030. H cul pour instituteur Sigismond de Birckeu, connu par différents écrits, et désigné fréquemment par le nom de Betuliut. Le jemie duc, ainsi qu'il nous le dit lui-même, apprit dix langues, acquit beaucoup de connaissauces, et étudia surtout les auteurs anciens. Dès son enfance, il traduisit du latin en allemand quelques ouvrages qui ont été publiés. Son savoir |»eu commun le fit admettre dans la société des Fructilianls (1), cl, lors de son voyage à Londres, dans la société roynle. La première lui donna la qualilicalion de l'Admirable; il en fut tellement flatté, qu'il aimait à s'intituler ainsi. Après la mort de sou père, eu 1000, il choisit pour sa résidence le château de Bevern, situé sur le Wcscr, et fut le fondateur de la branche de Bevern. 11 mourut le 23 avril I0.S7. En 10o8, à l'âge de vingt-deux ans, il lit son premier voyage à cheval, et sans suite pro-
«) U sorlflé des Frnrilffont» (FmrMhriwwtr) fnt lioUttc le 21 août 1617. par les soir» de Truilrhen, nianS-lial de U rour de
Weimar, qui en fui If premier président. Kltc dura jusqueii IG08, cl ro:n;>ta «bus smi sein uu roi, cent riiiqiiaute-tnus princes H plu* de su cents baron», nnbtesoo «avants distingues. Tons ses membre* prenaient rciigageuicut de travailler a épurer U langue allemande.
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portionnéeà son rrm g , n'ayantavec lui que son gouverneur, qu'il appelle le mordant Kaler. A son retour, il le congédia. Il alla en France par Maycnee, prit à Lyon des leçons d'équitation et d'escrime, et revint par Trêves et Cassel chez son père, qui, à ce qu'il parait, n'avait pas toujours pour lui des procédés bien affectueux. En 1662, il lit son second voyage, accompagné de Philippe de Rickingen, baron du Si- Empire. Il visita l'Italie entière, la Sicile, Malle, le Gore, monta sur l'Etna, revint |iar Salzbourg et Passait, après une absence d'un an et demi. Un 1603, il parcourut les Pays-Bas; en 10(51, l'Angleterre, où il resta dix mois. S'étant marié en 1667, il alla, en 1670, voir ses augustes parents et alliés en Danemark et en Suède. En 1675, il partit pour Vienne, avec son épouse enceinte, pour réclamer une créance à la cour impériale. Il traversa la Hongrie et la Silésic, et, après avoir séjourné un an à Es* hwingen, chez les p irents de son épouse, il s'occupa, à son retour à Bevcrn, de faire imprimer la relation de ses voyages. Elle parut en 1678, sons ce titre : Aventures admirables, et état admirable dam ce monde admirablement perverti, le tant recueilli par la propre expérience et dans les écrits des hommes pieux, sensés et expérimentés par celui que f on appelle, dans la société des Fructifiants : l'Adviiii mi le n\NS les fhiits, 1 ,e partie, contenant la vie et les voyages de l'Admirable, imprimée an château ducal de Bevern. |>ar Jean Ileitmullcr, 1678, 1 gros vol. in-4", en allem., avec le portrait de l'auteur, gravé par Sandrart. Ce livre, assez mal imprimé, était, dès le commencement du 18* siècle, une curiosité bibliographique, parce que l'auteur ne l'avait pas mis en vente et en avait fait des cadeaux. Dans ses voyages, il vit tout ce qui était digne de remarque ; mais ses observations sont si succinctes, qu'elles n'apprennent que peu «le choses. Il ne dit pas un mot de l'état des cours étrangères, sinon pour mentionner quelles sont celles où on l'a reçu avec une certaine |>onq>e. II rapporta de ses voyages beaucoup de curiosités qu'il plaça dans sa collection à Bevern, et en dressa le catalogue cpi'il inséra à la suite d'un de ses ouvrages ascétiques. Partout, dans ses écriu, il se plaint de ses persécuteurs, de ses ennemis, de l'infidélité et de la trahison de ses domestiques ; il prétend même qu'on a voulu l'empoisonner, et que I on a laissé périr par négligence trois de ses enfants. Ses ennemis l'ont empêché aussi, dit-il, de faire paraître la 2* part, de ses Aventures admirables. Elle a cependant été imprimée en partie à Bevern, en 1680, sous le titre de Seconde partie contenant Us choses miraculeuses et divines de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'impression ayant été interrompue, ce qui concerne le Nouveau Testament ne se trouve pas dans ce livre, purement mystique. Ferdinand-Albert prouva, comme beaucoup d'hommes, par un triste exemple, que l'on peut, avec beaucoup de piété, de bonté et de science, n'avoir pas la tête bien saine. 11 se livra aux rêveries théologique*, qui lui attirèrent des railleries de la part des proferanrs de l'université de llelmstacdt, située dans sesTStats; aussi ne leur fit-il pas don de ses
ouvrages, qu'il envoya à différentes universités étrangères. I.a faiblesse de son esprit augmenta avec I âge, et il finit par s'imaginer que ses enfants en voulaient à sa vie. Il a publié, indé|>endamment de sa relation, divers ouvrages dont les titres n'intéresseraient pas plus que leur contenu n'est instructif. E— ».
BRUNSW ICK-WOLFENBITTEL (Cn ahlotte DE), femme du czarovvitz Alexis. Ce jeune prime avait donné tant de sujet de mécon lentement à Pierre le Grand, son jière, et avait montré tant de dégoût pour les affaires du gouvernement, que celui-ci ne vit plus d'autre moyen, pour former son esprit, que de le faire voyager. Alexis se rendit en Allemagne, visita diverses cours, entre autres celle de Brunsvvick-Wolfenbutlcl, ou il connut la jeune princesse Chai lotie. Il l'épousa d'après les ordres de son père. On espérait que les verlus de cette princesse feraient un heureux effet sur le oeur du ezarowilz; mais il resta insensible aux belles qualités que tout le monde admirait dans son épouse, et joignit même l'outrage a son indifférence, en lui préférant une paysanne linnoise. Charlotte n'osa se plaindre; bientôt le chagrin détruisit sa santé. En 1711, elle mit au jour une princesse qui fut nommée Natal >'e; mais ses secondes couches la mirent au tombeau en 1715. Avant de mourir, elle recommanda ses enfants à Pierre le Grand : son mari ne se montra point dans ses derniers moments. Elle mourut le 2 novembre, âgée de 21 ans, et dans la V année de son mariage. Elle avait défendu qu'on embaumât son corps. Ses funérailles furent célébrées avec beaucoup de pompe, et le 7 novembre elle fut inhumée dans l'église de la citadelle de Pélersbourg. Voilà ce que racontent de celle princesse les mémoires authentiques ; mais les mémoires romanesques ont bien d'autres détails à ajouter. La princesse, disent-ils, était grosse de huit mois, quand son mari, le czarovvitz, la maltraita au point qu'elle tomba évanouie et baignée dans son sang. Après celte action brutale, Alexis partit |»our la campagne. Les |»ersonnes qui entouraient la princesse, touchées de pitié, lui conseillèrent de s'enfuir secrètement. A peine rétablie de ses couches, Charlotte s'évada ; la comlcsse de Ku'iiigsmark et les autres |»er.sonnes de sa suite publièrent qu'elle était morte en couches, et lireut enterrer une bûche à sa place , ce qui était d'autant plus aisé, qu'Alexis ordonna de l'enterrer sans cérémonie. Charlotte passa en France, et se rendit, on ne sait pourquoi, à la Louisiane, où elle épousa un gentilhomme sans fortune, nommé d'Autant. Elle revint avec lui en France. Un jour, en se promenant dans le jardin des Tuileries, elle fut reronnuc par le maréchal de Saxe. Dans la suite elle lit de nouveaux voyages, perdit son mari, se maria une troisième fois avec un M. de Moldaek, ni Maldaquc, devint encore veuve, et termina ses jours à Vilry-sur-Seinc. Peu de motssuflisont pour détruire ce roman. On sait positivement (pie les funérailles de la princesse se firent publiquement, et selon l'usage russe, qui veut que les personnes de la famille régnante soient exposées
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sur an lit de parade, et reçoivent les derniers hommages des sujets qui viennent leur baiser les mains. On a Tait lever l'extrait mortuaire de la dame Moldacfc, à la paroisse de Yitry, et Ion a vu qu'elle s'appelait Marie-Elisabeth Vanielson. { Yoy. le Journal de Paris, 13 février 1781. J L ne lettre de Voltaire, insérée dans le même journal, 19 juillet 1782. acheva de démontrer la fausseté du conte de la bûche. « Une Polonaise, en 1722, vint à Paris, et se « logea à quelques pas «le la maison que j'occu- « pais; elle avait quelques traits de ressemblance « avec lY|tousc du czarowirz. Un officier français, « nommé d'Aubant, qui avait servi en Itussic , fut « frappé de la ressemblance ; cette méprise donna « envie à la dame «l'être princesse. Elle avoua in- « génument à l'officier qu'elle était la veuve de
• l'héritier de la Russie ; qu'elle avait fait enterrer « une bûche à sa place, iKnir se sauver de son mari. « D'Aubant fut amoureux d'elle et de sa principauté ; « d'Aubant, nommé gouverneur dans une partie de ■ la Louisiane, mena sa princesse en Amérique. Le « bon homme est mort croyant fermement avoir « épousé une bellc-strur «l'un empereur d'AIlcma- « gne, et la bru de l'empereur de Kussie : ses en- « fauLs le croient aussi, et ses petits- enfants n'en
• douteront pu. » Ce qui a donné un peu de poids au récit «les aventures «le <*ettc dame, c'est qu'il s'est trouvé dans les papiers «le Duclos; mais Lëvesquc observe fort bien, dans son Histoire de Russie, t. 5, qu'en supposant que Ihiclos lui-même ait écrit l'anecdote, il peut l'avoir conservée, aussi bien «|uc plusieurs autres <|ui se trouvent dans son recueil, pour l'examiner à loisir et la réfuter. On trouve dans la Correspondance littéraire de Grimm (novembre 1771 ) de nouvelles preuves de la fausseté «le cette anecdote. D— o.
BKUNSWICK-LL N I KOI KG ( Geoboe Gmi.laume, duc de), naquit le 16 janvier 1624. La succession de son père, le «lue George, et de son frère aîné, le duc Christian-Louis, le jeta dans de longues querelles avec son troisième frère, le «lue Jcao-Frederie, qui s'était empare illégalement des principautés de Zelle et de Calenberg. L'intervention de l'électeur de Brandebourg les termina en 1666, et les deux princes se partagèrent leurs États liéréditaires, dans un traité conclu à llildeshcim. L'activité du duc George-Guillaume, longtemps occupée par ces dissensions domestiques, se porta alors sur les guerres extérieures; il prit part à celles qui déchirèrent l'Europe vers la fin du 17* siècle , et , non content de faire la guerre en personne, tantôt contre la France, tantôt contre le Danemark, tantôt contre des princes ses voisins, il envoya des troupes aux Vénitiens, qui attaquaient File de Candie, et aux Hollandais, qui avaient des démêles avec l'évéque de Munster. En 1688, il favorisa la descente en Angleterre du prince d'Orange, depuis roi sous le nom de Guillaume 111, et en reçut, dans la suite, l'ordre de la Jarretière. En 1689, le dernier duc de Saxe- Lauenbourg étant mort sans héritier mâle, le duc George-GuiHaHme fut le plus heureux des préicndants à sa succession j il commença par s'en cinpa-
rer, et se l'assura en 1697, moyennant une Munie «le 1,100,060 écus, sous la condition que, si la maison de Brunswick-Lunebourg venait à man«|uer d'héritiers mâles, ces biens retourneraient à la maison électorale de Saxe, ce qui arriva effectivement à sa mort. L'Empereur lui avait offert le rang d'électeur ; mais comme il n'avait qu'une lille, il le refusa, et cette «lignite fut conférée à son frère Ernest - Auguste , duc «le Brunswick - Ilanovre. ( Yoy. l'article suivant.) Quoiipie Gcorgc- Guillaumc ait suivi pétulant quelque temps un système politique contraire aux intérêts «le la France, il aimait la langue et les usages de c<: pays, où il avait séjourné dans sa jeunesse. Mademoiselle d'Olbreusc, d'une famille protestante du Poitou , étant passée en Allemagne, le «lue «le Lunebourg- Zelle iui offrit un asile. Elle sut plaire a son bienfaiteur, qui, pour la rapprocher «le son rang, engagea l'empereur d'Allemagne à lui donner le titre de princesse d'Harbourg. Peu apn\s elle devint son éiiouse. I.a duchesse se lit remarquer par son esprit et ses talents, et attira plusieurs Français à '/elle C'est à la cour de George Guillaume que fut dit IUj mot cité dans plusieurs recueils d'anecdotes. Ui« Français, admis à la table du duc, ne voyant, outre le duc lui-même, «pie des compatriotes, dit en plaisantant: « Il n'y a ici d'étrangers «pie Monsei- « gneur. » George-Guillaume mourut le 28 ami* 17<;;, ne laissant, de son mariage avec mademoiselle d'Olbreusc, qu'une fille, Sophie-Dortfhée, «pii avait épousé George-Louis «le Hanovre. G — r.
BRUNSWICK4.UlSEBOUKG(i:uNEs-r-AL(;Lsi i .
due de), premier électeur d'Hanovre, fils du due George et d'Anne-Éléonore, lille de Louis V, landgrave de Hessc-Darmstadt, na«juit le 10 novembre 1629. 11 lit ses études à l'université «le Marbourg, parcourut a diverses reprises la llollamlc, l'Angleterre, la France, l'Espagne, l'Italie, et, «le retour en Allemagne, joua un rôle très-actif dans les affaires de son pays. En 1667, lors de l'irruption des troupes françaises dans les Pays-Bas, il s'allia, pour leur résister, avec le Danemark, le Brandebourg cl la Hollande. En 1668, pour témoigner sa reconnaissance aux Vénitiens «qui l'avaient fort bien reçu dans son voyage en Italie, il leur envoya un corps de troupes sous les ordres du comte de Waldcck, pour les aider a prendre l'Ile de Candie. En 1675, lors de la dévastation du Palalinat, il s'unit à l'Empereur, à l'Espagne et aux états généraux, et remporta <|ucli|ues avantages sur le maréchal de Créqui. En 167», la mort de son frère, le duc Jcan-Fredcrir, l'ayant rendn héritier de la principauté de Calenberg. il fixa sa résidence à Hanovre. Les services qu'il continua de rendre à l'Empereur, dans ses guerres contre la France et la Hongrie, lui valurent, eu 1602, la dignité électorale ; mais le collège des électeurs et plusieurs autres princes protestèrent contre cette innovation, et firent une ligue, appelée celle des princes correspondants, contre l'établissement d'un neuvième électorat. L'an 1693, l'Empereur prévint l'orage qui se formait à cette occasion, en sus|iendant les effets de l'investiture qu'il avait
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donnée au duc de Hanovre, jusqu'à ce qu'elle fût approuvée du collège des princes. Los négociations de Rysvvik s'etaul ouvertes en 1097, celui-ci y envoya un ambassadeur, et prit part au traité conclu le 50 octobre de la même aimée. Il mourut le 25 janvier 1008, hissant plusieurs enfant.*, et, entre autres, George-Louis, son successeur à l'électoral, depuis roi d'Angleterre sous le nom de George l". Ernest-Auguste axait éjiousé Sophie, lille de Frédérie, électeur |ialalin, et petite— lille, par Elisabeth sa mère, de Jacques 1er, roi d'Angleterre. Lorsque le parlement dut désigner un successeur à la reine Aune, il y avait cinquante-quatre prince* ou princesses qui pouvaient prétendre à la succession, les uns descendants de Charles Pr, les autres issus de Frédéric et d'F.Usabeth. On comptait, parmi ces derniers, la maison d'Orléans, celle de Bourbon- Condé et celle de Lorraine; mais Sophie de Hanovre, remporta, parce qu'elle était protestante. Cette princesse mourut avant la reine Aime, et ce lut son lils George-Louis qui alla régner sur les bords de la Tamise. G— t.
BRUNSWlCK-tUNEBOURG-ZKLLF.fSopmE- DOROTHÉE de), lille de George -Guillaume et de mademoiselle d'Olbreuse. File é[iousa George-Louis «le Hanovre, lils aine «l'Ernest-Auguste et «le Sophie. <> marias* avait été propose1 |«ir Friicst; mais Sopliie le désapprouva, en témoigna sou mécontentement, et accueillit très-froidement sa belle— lille. Cette jeune princesse trouva d'ailleurs à la cour de Hanovre un ton très-différent de celui qui régnait a Zelle, et l'humeur sombre de son époux était peu propre a la captiver. Isolée dans son nouveau séjour, et livrée à l'ennui, elle revit avec intérêt un voyageur dont elle avait fait la première connaissance dans le palais de son père : c'était le comte de kienigsmaiek, issu d'une famille illustre, et frète de la comtesse Aurore kirnigsmarcfc, qui avait fixé le co-ur d'Auguste, roi de Pologne, et qui devint mère du maréchal de Save. La liaison qui se forma entre le comte et Sopbie-Borotliée devint bientôt le sujet des propos et des intrigues de la cour. On fit a l'époux des rapports qui l'irritèrent; il montra d'abord do l'humeur, et se livra ensuite à des traitements violents. La princesse prit le parti de quitter un séjour qui lui était devenu odieux. File donna sa confiance à Kirnigsmarck, qui s'engagea à la conduire en France, où elle se proposait de changer de religion, et d'entrer dans un couvent, La résolution était prise ; mais le moment de l'exécution n'était pas fixe. Eu attendant. II» secret transpira par une indiscrétion, à ce qu'on rapporte, du confident de la princesse. I n soir, le comte sortant du cli.iteau fut assailli, dans une allée obscure, par quatre hommes qui le renversèrent n coups de pique, et jetèrent son corps dans un égout. George- Louis désapprouva hautement cet acte de barbarie; niais il consentit que sa femme fut evilée, et demanda le divorce. Les enfants furent cependant reconnus et maintenus dans leurs droits. Sophie- Dorolhée eut pour résidence le vieux château d'AliIden, d'où lui vint le nom de princesse d'AhUltn.
par lequel elle est ordinairement désignée dans les mémoires du temps. Son père ne voulut jamais la revoir ; mais elle fut souvent consolée par sa mère. Quand George— Louis eut été assuré de la succession au troue d'Angleterre, il lit offrir à la princesse de lui rendre sa main; elle refusa celte offre en liquidant : « Si je suis coupable, je ne suis pas digne de a lui ; si je suis innocente, il n'est |ws digue de « moi. » George réitéra sa demande ; mais la princesse persista dans son refus et mourut dans son exil. Son histoire a été chargée de plusieurs circonstances plus singulières qu'authentiques. Iji correspondance qu'elle eut avec le comte de Kunigsmarck est conservée dans la famille Lcwcnhanpt, en Suéde, alliée à celle des kanigsmarck, et entre les mains de laquelle elle fut remise par le valet de chambre du comte, qui était parvenu a la sauver. C — AU.
lîlU I\SWICK-in;V FR.N (Amoike-Ulmc duc HE), lils du duc Ferdinand-Albert, naquit eu 1714. En 1730, il entra comme colonel d'un régiment de cuirassiers au serv ice de Russie, et épousa, en 1751», la princesse Aune, lille de Charles- LéO|»old, duc de Mecklenbourg, et de Catherine, nièce «le Pierre le Grand. Eu 1710, il en eut |KHir lils le prince Iwari, que la czariue Anne, si graud'lafile, nomma son héritier, mais en le plaçant sous la tutelle «le sou favori, Jean-Ernest de Biron, due de Courtaude. Celui-ci lut bientôt chassé par la mère du jeuue empereur, qui s'était déjà faite régente, lorsqu'une nouvelle révolution, opérée par Elisabeth, dernière lille «le Pierre le Grand, vint lui enlever le pouvoir, et précipiter son lils du troue. Elle l'ut envoyée en Sibérie, avec son mari, le duc Antoine, qui, après avoir passé la moitié de sa vie dans une douloureuse captivité, mourut a Kolmogori, dans le mois de mai I77u. «II avait, dit le général de Manslcin dans « ses Mémoires historiques, politiques et militaires «t sur ta Russie, un co ur excellent, les meilleures « qualités «pie l'on puisse concevoir, et ce courage a inébranlable <|iii semble héréditaire dans la mai- «son de Brunswick. » Le sort «le son lils Iwan fut encore plus déplorable. ( Yoy. Iwan.) G — T.
BRUNSWICK-LUNEBOCRG - B K VEIl N ( Al- QDSTE-GoiLLAUlIE, duc de), né à Brunswick, en 171.», entra en I7ÔI au service de la Prusse, fit la guerre en 175'» sur les bords «lu Rhin, fut blessé en 17-50 u la l*ataillc de iMolwilz, et assura, à celle de llohenfriedbcrg, sa réputation de bravoure. A l'ouverture de la guerre de sept ans, il conduisit en Saxe et eu Bolu'ni • un corps de troupes royales, I remporta, le 21 avril 17.77, la victoire de Reichcnbrrg, contribua à la défaite des Autrichiens près de Prague, se distingua ù Coilin, et ne cessa de donner des preuves d'habileté et de vaillance , jusqu'au 27 novembre I7.">7, où il fut fait prisonnier par les Autrichiens, à la reconnaissance de Brrslau. Sorti «le captivité en 17Ô8, il marcha contre les Russes et les Suédois qui occupaient les environs «le Slcttin, commanda encore en diverses occasions, et se retira, sur la lin de sa vie, à Slcttin, où il mourut dam la nuit du l,r au i août 17M. G — t.
BIIUNSWICK ( FEitDixvNn, duc de), l'un des
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généraux les plus célèbres dans la guerre de sept ans, et l'oncle du dernier due de Brunswick, naquit le 11 janvier 1721, de Ferdinand-Albert, duc de Brunsvvick-Wolfcnbuttcl, et d'Antoinette-Amélie, fille de Louis-Rodolphe, due de Brunsvvich-lilankenbourg. Cette princesse était so?ur de l'empereur Charles VI. On lit voyager le prince Ferdinand en Hollande, en France et en Italie. De retour de ses voyages, il entra, en 1740, à l ape de dix-neuf ans, au service de Frédéric le Grand, roi de Prusse, qui venait de remplacer Frédéric-Guillaume I". La première guerre de Silésie, qui éclata presqu'au moment de l'avéncment de ce monarque, offrit à Ferdinand, très-jeune encore, peu d'occasions de se faire remarquer. On sait seulement qu'à l'affaire de Molwitz il fut obligé d'accompagner dans sa fuite Frédéric II, qui, assistant pour la première fois à une bataille, se laissa entraîner par un mouvement irréfléchi de terreur. Lors de la reprise des hostilités, en 1741, Ferdinand se distingua davantage. 11 assista à la prise de Prague, et fut légèrement blessé à la bataille de Soor. Sa conduite y fut toile, que le roi de Prusse le combla d'éloges, et lui donna des biens considérables dans les provinces qu'il avait conquises. Mais ce fut principalement dans la guerre de sept ans que Ferdinand prit sa place au premier rang des chers de l'armée. Le roi d'Angleterre, George II, le demanda à Frédéric pour le mettre à la tête des troupes anglaises et hanovriennes. Ferdinand prit ce commandement a l'époque oii l'Angleterre venait de rompre la convention de Closter.se ven, que le maréchal de Richelieu avait eu le bonheur de conclure, et la maladresse de laisser sans exécution. La rupture de celle convention ayant rendu à Ferdinand des forces considérables, il obligea les Fiançais à repasser le Rhin, les défit à Crevclt en se portant derrière leur ligne par une manœuvre aussi audacieuse que savante, il reçut ensuite un échec à Bcrghen ; mais, l'aimée suivante, il s'empara de Uindeo, et remporta prés de cette ville une victoire éclatante. Ce fut à la balaille de M : ;i I 'ii que s'éleva, entre lui et lord Saek ville, qui commandait la cavalerie anglaise, un démêlé longtemps fameux. Ferdinand sut ménager l'orgueil anglais, en accusant néanmoins de lâcheté un général de cette nation. ( Toy. Sackville, ) Fn 1702, Ferdinand parvint à chasser les Français de la liesse. La paix de 4763 termina sa carrière militaire. 11 eut l'honneur, très-rare dès lors, île déposer le commandement d'une armée nombreuse, sans être plus riche que lorsqu'il en avait clé revêtu. Son désintéressement fut d'autant plus remarqué, qu'il contrastait avec la conduite du général qu'il avait en à combaltre. Tandis que le maréchal de Richelieu construisait des édifices superbes, que le public appelait du nom des provinces où il avait fait la guerre, le duc Ferdinand ne retirait de ses longs travaux que de la gloire, une modique pension du roi d'Angleterre, et la place de doyen du chapitre de Magdebourg : le roi de Prusse, qu'il avait si bien servi, lui disputa même cette place, et W consentit à la lui confirmer que parce que l'opi-
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nion l'y força. Après avoir quitté le service de Prusse, Ferdinand se retira a Brunswick, où il s'occupa principalement de la franc-niaronncrie. Il fut DOmmé grand maître de toutes les loges de francsmaçons dans une grande partie de l'Allemagne; et ici commence une époque de sa vie sur laquelle nous ne pouvons guère nous étendre, et qui toutefois présente assez d'intérêt. L'on assure, et il y a plusieurs raisons pour croire a celle assertion, que les hommes qui captivèrent la confiance de ce prince mêlaient aux secrets de leur ordre des choses surnaturelles, du moins en apparence, des prophéties, des évocations; en gênerai, les doctrine» religieuses secrètes du siècle dernier ont eu, pour la plupart, beaucoup d'analogie avec la théui-gie des platoniciens du 5' et du 4' siècle, peul-êlie ptece que les deux époques se ressemblaient assez elles-mêmes, et que, dans l'une et dans l'autre, la destruction des croyances publiques appelait des croyances individuelles pour satisfaire l'âme humaine, qui, créée |K)ur croire, ne peut s'écarter longtemps de sa destination primitive, et supplée à ce qu'on lui ote. Les bienfaits dont Ferdinand combla ceux qui l'initiaient à ces mystères, étant l'objet de beaucoup d'envie, furent assez naturellement celui de beaucoup de blâme et de quelque ridicule. Ccpemlant on ne peut citer aucun résultat fâcheux de sa condescendance et de sa crédulité à cet égard ; car ce n'est pas un grand mal qu'il ait enrichi quelques thaumaturges, au lieu d'enrichir quelques alliées. La religion avait toujours occupé une grande place dans ses réflexions et dans sa vie. Il en avait professé les principes au milieu de la cour incrédule et ironique de Frédéric II; et ce n'était pas une petite preuve de courage que la résistance à la moquerie qui parlait d'un trône entouré de gloire. Au.ssi Ferdinand avait-il toutes les vertus que la religion donne : il était humain , même dans la guerre, charitable, affectueux avec ses inférieurs. Sa politesse était cérémonieuse et quelquefois fatigante, tant parce qu'il en avait contracté l'habiludo dès l'enfance, que parce qu'il satisfaisait ainsi une vanité douce et bienveillante. Il y a des époques où les vanités du rang et du |touvoir se montrent par l'àpreté des formes : c'est lorsqu'elles sont inquiètes. 11 y en a où elles ne se font sentir que par un excès de |K)lilesse et une surabondance d'affabilité ! c'est lorsqu'elles sont rassurées. Celle de Ferdinand était de cette dernière espèce. Il mourut à Brunswick, le 3 juillet I7!)2, âgé de 71 ans et quelques mois, le jour même où son neveu quitta sa capitale jwur sa déplorable expédition de Champagne. B, G — r.
BRUNS W ICK-WOLF K.N BUTTEL ( Ci ubles- Guillaimk-Feiidi.naau, duc he) naquit à Brunswick, le U octobre 173.'», dans une famille remarquée depuis longtemps entre toutes les maisous souveraines de l'Allemagne par l'éducation des jeunes princes. Aucun soin ne dut y être oublié pour celui des nombreux enfants du duc Charles qui était destiné a lui succéder. Le conseiller de WaJmoden fut son gouverneur ; et il eut jiour précepteurs Jérusalem, Uirchmann et Ga-rlncr. Ses progrès fuicai
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rapides dans toutes les sciences , et princi|>alemcnt dans les langues modernes et dans tout ce qui est relatif à la guerre. Instruit par les leçons du prince Ferdinand cl du -mini Frédéric , tous les deux ses oncles et ses modèles, il obtint de grands succès dès ton début dans celte carrière. A Pâge de vingt-deux nus , il emporta , l'épéc à la main , une batterie française à la bataille d'Hastcmbcck, et, par ce trait de bravoure , il sauva d'un désastre inévitable l'armée du duc de Cumbcrland. Le grand Frédéric a dit à cette occasion que ce jeune prince « avait a montré , par ce coup d'essai , «pic la nature le « destinait a devenir un béros. » En 17?»8, il passa le \\ escr, ù la tète d'un faible détachement, devant l'armée française tout entière , et il ouvrit , par cet exploit , la campagne du Bas-Rhin , qui lit tant d'honneur au prince Ferdinand , et dans laquelle son neveu fut toujours à la tète de l'avant-garde. Au passage du lUiin , à Crcvelt , enfin dans toutes les occasions importantes, le prince héréditaire de ririmswick signala son courage et son habileté. En 1700, il commandait encore Pavant-garde, lorsqu'il rencontra prés de Korback l'armée du maréchal de Broglie. Obligé de se retirer devant des forces supérieures, et pressé vivement par la cavalerie française, il se mil lui-même à la téle de la sienne, et reçut une légère blessure eu assurant, par son seul courage, la retraite de ses troupes. Sept jours après, il se vengea de cet échec en attaquant , auprès d'Emsdorff, un corps ennemi auquel il lit 2,000 prisonniers. Jamais il ne montra mieux combien il méritait la conliance dont l'honora toujours le priucc Ferdinand , que lorsqu'à la tète de 15,000 hommes, il s'avança vers le lias-Rhin |>our assiéger Wcsel, et s'opposer à l'armée du marquis de Castries. il réussit d'abord à surprendre les Français pendant la nuit, à Kloster-Camp ; mais, ayant éprouvé une forte résistance, il fut obligé de se retirer. L ne crue d'eau subite ayant entraîné le pont *ur lequel sa troupe avait passé le Rhin, il ne lit pas paraître le moindre trouble , cl se montra en bataille devant l'ennemi pendant tout le temps que, derrière lui, on reconstruisait le pont. 11 se signala encore à Berghen, où le prince d'Iscmbourg fut lue à ses cotés. Enfin le nom du prince héréditaire de Brunswick est écrit glorieusement dans toutes les [âges de l'histoire de la guerre de sept ans. Dés que la paix fut conclue , avide de tous les genres d'instruction et de célébrité, il voyagea dans différentes contrées , et vint d'abord en France, sous le nom de comte de Blanckcnbourg. 11 séjourna pendant deux mois à Paris, où il vit tout ce qu'il y avait de curieux , et étonna tout le monde par la profondeur de ses connaissances. Il parcourut ensuite l'Italie , et ce fut avec le savant Winkehnann qu'il visita les monuments de Rome. Passionné pour la musique , il entendit dans chaque ville les principaux musiciens, et fut si charmé du talent de ÎVardini , qu'il le lit venir à Brunswick, OÙ il le retint plusieurs mois , et le renvoya comblé de présents. Lu 1770 et ! 771. il fit différents voya-
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ges militaires avec le grand Frédéric, en Moravie, en Silésie et en \\ eslphalie. En 1778, la guerre que ralluma un instant la succession de Bavière donna au prince héréditaire une nouvelle occasion d'ajouter à sa gloire militaire : l'habileté avec laquelle il se maintint dans le poste difficile de Troppau, devant toutes les forces de l'Empereur réunies, lui fit beaucoup d'honneur. En 1780, il succéda a son père dans le gouvernement de son duché ; et, dès lors , il s'illustra autant par la sagesse de son administration qu'il s'était distingué à la guerre par son courage et son liabilcté. Il fonda plusieurs établissements utiles , et , protégeant les lettres avec beaucoup de zèle , il combla de bienfaits ceux qui les cultivaient. [Voy. Jérusalem.) Mirabeau, qui le vit a Brunswick en 1786, en conçut la plus haute idée. « Sa ligure, écrivait alors à son ministère le « diplomate français , annonce profondeur et fi- « nesse. II parle avec précision et élégance; il est « prodigieusement laborieux, instruit, perspicace, o Ses correspondances sont immenses , ce qu'il ne « peut devoir qu'à sa considération pèrsonnelle ; « car il n'est pas assez riche pour payer tant de o correspondants, et peu de cabinets sont aussi bien « instruits que lui. Ses affaires en tout genre sont a excellentes. 11 a trouvé l'État surchargé de près « de 40 millions de dettes par la prodigalité de son « père ; et il a tellement administré , qu'avec un « revenu d'environ 100,000 louis , et une caisse « d'amortissement où il a versé les reliquats des « subsides de l'Angleterre, dès 1790, il aura liquidé « toutes les dettes. Religieusement soumis à son « métier de souverain, il a senti que l'économie était «t sa première ressource. Sa maltresse, mademoi- « selle de Hartfcld, est la femme la plus raisonnable « de sa cour ; et ce choix est tellement convenable, « que le duc ayant montré dernièrement quelque « velléité |»our une autre femme, la duchesse s'est « liguée avec mademoiselle de Hartfcld pour l'écar- « ter. Véritable Aleibiade, il aime les grâces et les « voluptés ; mais elles ne prennent jamais sur son « travail et sur ses devoirs même de convenance. « Est-il à son rôle de général prussien ; personne « n'est aussi matinal, aussi actif, aussi minutieuse- « ment exact que lui. Enivré de succès militaires, « et universellement désigné comme le premier a dans celte carrière, il désire sincèrement la paix, « et semble ne plus vouloir s'exposer aux chances a de la guerre. » Pour preuve de cette dernière assertion, Mirabeau rapporte une conversation remarquable qu'il eut alors avec le duc : « Jamais « homme sensé, lui dit ce prince, surtout en avan- « çant en âge, ne compromettra sa réputation dans « une carrière si liasardeuse, s'il peut s'en dispenser. « Je n'y ai pas été malheureux ; peut-être aujoura d'hui scrais-je plds habile, et pourtant infortuné.» Mirabeau était convaincu que la Prusse ne tarderait pas à être dirigée par l'ascendant des talents du duc de Brunswick; mais le nouveau roi [voy. FkéliÉRlc-GuiLLACME II ) , qui ne voulait pas qu'on pût croire qu'il se laissait diriger, éloigna tous les
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hommei supérieurs. Il n'eut pour le duc que des égards de politesse, et, en le nommant grand maréchal , il ne lui donna aucune autorité. Le duc se tint éloigné de Berlin, et uniquement occupe du bonheur de ses petits États. Ce calme dura jusqu'aux troubles de la Hollande en 1787. Chargé alors du commandémeut de 30,000 Prussiens en Wcstphalie, le duc de Brunswick s'avança peu à peu jusqu'aux frontières de la république , et , voyant que les Français, qui avaient promis du secours au parti patriotique, ne faisaient pas un mouvement, il entra brusquement en Hollande, s'empara d'Llrecht, de la Haye sans coup férir, et, après vingt jours de siège , reçut la capitulation d'Amsterdam , seule ville où il éprouva une faible résistance, dirigée par une centaine de canonniers fiançais. Ce coup d'audace donna une grande influence à la Prusse dans les affaires de l'Europe , et cette puissance se trouvait au même point où l'avait laissée le grand Frédéric, lorsque la révolution de France vint changer tous les rapports et tous les intérêts. Le duc de Brunswick était alors, par son expérience et sa réputation militaire, au-dessus de tous les généraux connus. Dès qu'il fut question de guerre , tous les regards se portèrent sur lui ; et la victoire sembla ne devoir appartenir qu'à la cause qu'il allait défendre. Les chefs du parti patriotique eux-mêmes conçurent l'espoir de lui confier leur défense et de le mettre à la tête de leurs troupes. ( Voy. Cusune fils. ) Ce plan assez bizarre avait été conçu par le ministre Narbonne. C'est cependant depuis cette époque que les fautes les plus évidentes , les revers les plus étonnants ont effacé la gloire de quarante ans de travaux. En 1792, la Prusse et l'Autriche, alliées par le traité de Pilnitz, donnèrent le commandement général de leurs armées au duc de Brunswick, et il fut chargé de marcher contre la France pour délivrer Louis XVI , alors prisonnier dans Paris. Frédéric-Guillaume voulut être luimême de cette expédition chevaleresque; et ce monarque , à la tête de 60,000 Prussiens , 13,000 Autrichiens et 20,000 Français émigrés , pénétra en Lorraine dès les premiers jours d'août. L'invasion du duc de Brunswick fut précédée par un manifeste trés-violent, et accomriagnée de menaces, au moins maladroites, contre le parti delà révolution (1). La journée du 10 août, en livrant le pouvoir à la faction la plus démagogique , venait d'éloigner de l'armée le petit nombre de chefs expérimentés qui lui ctaieat restés après les émigrations successives. Cette armée, disséminée sur toute l'étendue des frontières, ne présentait nulle part une force suffisante pour résister à une pareille attaque. 11 ne
(I) Il ne fol pas l'aoleur de ce manifeste véhément; le rorote de SctimilemUourg-Kcbnert, qui étail alors chef du defiartcmeut des affines étrangères chargea le conseiller de légation Hraffner de rédiger celte pièce. Heuffner, anime coulre la Krance, el voulant complaire an comte de Scliouletnhourg, composa ce fameux manifeste qui menaçait l'aris du sort de Jérusalem (il ne devait être pnlalii' que sous Paris1. Rien au fond ne s'accordait moins avec le caractère du duc de lirons* kx ; mais son esprit calme se sentait ! alors a partager l'indignation générale contre le» excès qui l la Frtoee...
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s'agissait donc que de manœuvrer avec rapidité sur un point- de cette ligne immense, et d'empêcher que les corps épars ne pussent se réunir. Cette opération , commencée avec succès par la prise de Longwi , se lit ensuite avec une extrême lenteur. Ce ne fut que le 3 septembre que Verdun se ren..u ; et, le même jour, les passages de l'Argoune furent occupés par l'armée française, avant que le duc de Brunswick parût en avoir senti l'importance. Ce fut derrière ces défilés que Dumouriez , par des marches hardies ( voy. Dumouriez ) , fit sa jonction avec Kellermann et Bcurnonvillc , sans que l'ennemi eût rien fait pour s'y opposer. « Les Prussiens « ne savent plus faire la guerre, écrivait alors Du- « mouriez au général Biron ; si j'avais eu affaire au a grand Frédéric, dès le 3 j'aurais été chassé jus- « qu'à Châlons. » Le défilé de la Croix-aux-Bois avait été enlevé par les Autrichiens, et celui de Grandpré avait été abandonné dés le 13 septembre. Les alliés y firent passer leur année , et ils entrèrent en Champagne, où de vastes plaines et la supériorité de leur cavalerie leur promenaient tics succès faciles; mais les Français avaient reçu de nombreux renforts : 60,000 hommes étaient réunis au camp de Ste-Mcnchould, et il ne s'agissait plus d'une suite de postes que l'on pût enlever les uns après les autres ; il fallait livrer une bataille sérieuse Le duc de Brunswick n'osa pas en tenter les hasards, quoiqu'il fût encore suj>éricur iwr le nombre et surtout par la discipline de son armée ; il n'osa pas non plus se porter en avant , do jwur d'être coupé de ses communications avec Verdun ; et , malgré l'avis des autres chefs, surtout des émigrés française! de Clairfayt qui commandait le corps autrichien , après deux tentatives insignifiantes, l'une sur le poste des Islettes, et l'autre sur le camp de Vahny, le roi de Prusse, dirigé par les conseils de son général , entama une négociation avec Dumouriez, et, peu de jours après, il capitula pour la retraite de son armée. Le temps n'a pas encore fait connaître les conditions de cette capitulation, et elle parut alors si étonnante , qu'on l'attribua à différentes causes. Nous indiquerons, à l'article Dumouriez, les motifs de cette étonnante retraite, si longtemps restés inconnus. Custine ayant fait aussitôt après une invasion dans les Etats des alliés du roi de Prusse , ce prince se vit obligé de rester sur le Rhin avec son armée, qui fut encore commandée par le duc de Brunswick. Elle obligea les Français à se retirer sur la rive gauche, et s'empara de Mayence après trois mois de siège \jr duc enrta dans le Palatinat, et obtint encore quelques succès à Weissembourg et à Kaiserslautern ; mais quelques différends qu'il eut avec le général autrichien "Wurmser, et plusieurs échecs qu'éprouvèrent les alliés , combattus par Hoche et Pichegru , notamment la levée du siège de Landau, le portèrent à demander sa démission en janvier 171)4. Il quitta en effet le commandement, et publia alors une lettre remarquable qu'il venait d'adresser au roi de Prusse, sur la mésintelligence des alliés. L'armée prussienne ne fit, au reste, plus rien de remarquable ju^a' .
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la paix de Bâic (I) , en H95 , et , depuis ce temps, le dur, dont on ne peut douter que les conseils n'aient " contribué à ce traité, resta paisible dans ses Étals, uniquement occupé de l'administration , rendant heureux ses sujets, et redoutant la guerre par-dessus tout. 11 accueillit de la manière la plus généreuse les Français exilés, et notamment ses anciens adversaires, ceux qu'il avait combattus dans la guerre de sept ans, les maréchaux de Broglie et de Castries. Ce dernier étant mort dans ses Kîats, il lui fit élever un monument. Vers la fin de 1806, voyant que la France , par ses accroissements successifs, prenait une attitude inquiétante pour la Crusse, et craignant pour ses propres États, qui déjà étaient entoures de troupes françaises, il parut vouloir por-
f« tl no sera pas sans intérêt de consigner ici nue noir lataN manuscrite par Alphonse A? Itcau.hamp sur 1rs doute .lému res année* «le U vie de te prime : « Apre* s'être relire du théâtre de « relie puerre, peu li.ir.li de sou naturel, il ne conseilla ni deconti- .< nurr la Riierre m de ia renouveler après le traité de Haie [iVJ3). a U aimail la paix, et. si la Prusse l'a conservée pendant près de u tout ans. elle en est surt-Hit redevable a se* conseils. Il «'«Mil « pas partisan aveugle de l'Angleterre, avait nue haute idée dit gc- « nie de Napoléon ; mais il désapprouvait le despotisme de rel émir perrur II vovail avec une peine secrète la Prusse pencher du cote « de la Russie; il ne pouvait s'expliquer U-des.sus «(«'avec beaucoup • de circonspection. Il no |>AIIVlH qu'être mécontent de l'occupation « du pavs d'Hanovre par les Pmssicns; car par la sa propre souve- « raineleou celle de ses successeurs se trouvait menacée. Celte seule « raison a eu uue grande influence sur sa conduite en ISOG. Dans les
« dernier- j..uts .le septembre jusqu'au I* octobre il « lumeiil u'eneigic. Tout elail perdu >an> uneolfensive vigoureuse, et « pu.irtaiit rien ne pouvait l'y déterminer; son extérieur même « trahissait le relâchement de sou âme. Il ci o) ait, comme Lucbeo sini, que Na|«oleou se retram lierait derrière USaale de rïauconic,
■ et qu'il s'y tiendrait sur la d. feusive, atin que l'Europe ne pût l'ac- « cuser d'avoir de l'agresseur. Lui et le prince de HobeOlotM cher- « chaienl a s'entraîner l'on l'autre, et ce conflit fut cause que dam; m un même jour on vil une mime ai une prussienne (séparée en « deux) livrer deux batailles lout à (ait différentes, lieja les Français «. elateol a Naumboiii g, que le due ne pouvait encore se persuader « qu'ils api^.h liaient; ce ue fui que le »3 l'octobre que le bandeau a tomba de ses yeux, et qu'il comprit le vérilaUe .ial des choses. Le « colonel Masscnbacb, qui, ce jour-la, lui parla pour la dernière fois', u lui dit framheuieut que l'armée se trouvait daus Un elal terrible; u qu'elle eiait sans pain, saus fournqte. et qu'aptes une ullaire un peu «i chaude, elle manquerait aussi de munitions ; que la position du corps a de llohenlobe . lait mauvaise, et;qne les Saxons, se doutant de I i lal «r de* choses, coiiiin.-iiSMieiil a chanceler. Ace discours, le du. .presque « immobile et pétrifie, le regarda pendant quelque temps; après « quoi, revenant li lui, il se jeta dans un fauteuil en s'érrianl d'une « voix éteinte : « Nais, mou Dieu ! n'ya-t il donc poiut de remède? Il m s'agit de notre existence politique ! uLes événements du jour sui-
■ vaut ne flreul que ÛtCf la cbuie de la monarchie |irussieune. La « grandeur du péril avait rendu au duc sa vigueur; Il était a cheval, u » la téle de l'année, dans les environs d'Auersladl. L'ennemi se a montra inopinément, favoris.- par un épai» brouillard qui cachait o Sun nombre et sa position. Ilasaider uue attaque dans des circona stances pareilles n'elail pisdu caractère du duc ; il retourna rapide- « ment auprès «In roi, lui rapporta ce qui venait d arriver, el lut d'avis « qu'où différai I attaque Jusqu'à ce que le brouillard se fut dissipe. « et qu'en alteiniaiit l'armée entière se rangeai en bataille, conseil € digne d'un gênerai expérimente, mais qui ue devait pas être suivi. « Le lieutenant genrral Bltl. her et le maréchal de MoelIcndorfT étaient a attires du roi ; le premier prétendit que le doc ne pouvait avoir
■ rencoutre qu'une troupe de chasseurs, et qu'il se cbarp-ail, lui, de « les balav.r sur-le-champ. Moellcudoitf répéta que, dans uue occa- « sion semblali c, Winief leldt avait dit à Frédéric II : « Sire, tclon a moi, les n'tiN n'en sont que meilleurs pour être plus frais » Le c roi lui-même frappa «xoc impatience sur son epée. Voyant son cou- « (cil rejeté, le duc de l'.nin-vvn k n'eut d'autre parti a prendre que « de se mettre a la teu; U(SS grcjudjct», «l te laùe Uliaque au u»P- » lie» du fcfoutilard. « B-r.
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ter le cabinet de Berlin à prendre un parti décisif; et il est probable que son voyage à St-Pétcrsbourg, vers le commencement de 180C, n'eut d'autre but que d'y trouver des alliés. Porté de nouveau au commandement général , au moment où la Prusse prit définitivement une attitude hostile, il conduisit son armée en Franconie , avec toute la lenteur et l'hésitation qu'il avait montrée en 1792, et que l'âge semblait n'avoir fait qu'augmenter; landis que ses ennemis, conduits par une main habile , et formés par quinze ans de guerre, lui baissèrent à peine le temps de les reconnaître. Déjà l'avant-garde prussienne avait été tournée et dispersée , avant que le duc put croire que les Français approchaient. La grandeur du péril lui rendit cependant quelque vigueur; le U octobre, il se mit à la tète des grenadiers pour repousser l'attaque principale prés d'Auersladl. A peine le feu était-il commence, qu'il fut atteint d'une balle dans les yeux. On lui fit quitter le champ de bataille, et l'armée, restée sans chef, poursuivie par un ennemi actif et impétueux, fut bientôt dans la déroule la plus complète. Leduc se fit d'abord conduire à Erfurth, et ensuite à lilanckenbourg, où il resta plusieurs jours, espérant que les Prussiens se rallieraient. Trompé dans cet espoir, il se fil transporter à Brunswick , puis a Ottcnscn près d'Allona , où il mourut le 10 novembre 1806, après avoir endure les plus cruelles souffrances. Son corps fut déposé dans l'église d'OUeuscn : il ne put être transporté à llruuswick, alors au pouvoir des Français (I). C'est ainsi qu'à l'âge de plus de
(I) Ou ne lira pas sans Intérêt les détails suivants sur la île ce prune. « La veille de la bataille d'Irna (1306). le due | « la soin e au milieu île ses principaux ul liciers. Les généraux « leudorfl et de kl,-ist souiieren! mhis sa lente, mais il ne prit que n deux lasvs de thé, un peu de pain el de beurre : il était se- « neux et pensif. « Oui sait, dil-il. oii nous senms demain ? » l»uis, o revenant sur d'autres souvenirs, il ajoula : « LcU octobre a lou- « jiiurs (té fanait a ma famille. > Il se coucha à minuit, accablé; « de latipue, mais tout habille, en êcliar|ie et en boites. A trots « heures, il éveilla son domestique; a cinq, ses chevaux étaient « prêts. Un tti.it les Prussiens le virent a lenr tête, el l'armée enne- « mie se déploya sou> ses yeux. Le duc avait envoyé en estafette* u tous le ..[liciers de sa suile, el il » tait seul devant les grenadiers « de Hamstein, auxquels il donnait quelques ordres, lorsqu'une balle « de mousquet le priva de ses yeux et le renversa sur un monceau « de pierre-. Uuelque* soldats accoururent a lui, le relevèrent el le « replacèrent à cheval ; nu mousquetaire se plaça derrière lui pour « soutenir sou corps, et un moment après on le vit, le visage rou- « vert d'un mouchoir, passer dans cet eial le long des divisions de a l'armée. U* duc souffrait beaucoup, mais il avait conservé sa pree M in e d'»prit, et voulut continuer sou voyage. Le célèbre ebirur- « |ia PotgMT ue le quitta pas d'an instant ; mais le mouvement «le « la voilure lui devenant pénible, on le plaça snr un brancard, et il <i fut ainsi porte, de station en «talion, jusqu'à nrnnsnick, ou U a arriva après six jouis de marche. L'espoir de revoir le jour ausu |iendai! ses douleurs. « Si Dieu, disait-il, me laisse un de mes o yeux, je serai satisfait. » Cependant la prochaine arrivée desFrann çat> ii Briin-wicli l'obligea a cher lier un autre asile. Ou lui prtfu para un chariot couver), dans lequel il quitta sa résidence le 23 a octobre, en se diriconni sur Hambourg. Ses forces et même sa « vivante ne l'abandonnèrent pas pemiaut tout le voyage ; mais il a éprouvait un ennui qui altérait son humeur. Souvent il faisait « arrêter pour demander où il se trouvait, quelle heure U élan, a u quelle distance on se trouvait d'un (lté. A loal instant, il « calmer son impatience el satisfaire sa curiosité. Ce fut enfla o le villaise d'Utleusen, près d'Allona, qu'il Irnuva un ,mU\
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72 ans ce prince n'échappa que par une mort douloureuse au décret de Napoléon qui finissait son existence politique (I). Il avait épousé en 1764 Augustine d'Angleterre, née en 1737, et dont il a laissé trois CIs et quatre filles (2). Peu
« impatience aigrissait ses douleurs. De* mets froids, des glaces aux « fruit* étaient ce qu'il aimait le mieux. Son médecin lui avait cout seillé de* huître», mai* il n'en mangea qu'une fois, « Ce mets « lu'esi désagréable, dit il; il me semble que mes vêtu ressemblent lit» coquillage. » Insensiblement son eiat devint fâcheux ; ses « forces tombèrent, son visage s'enfla, sa raison s'égara, sa voix « s'éteignit, et la mort lermiua sa carrière. » D— n— «.
(I) Voiei le caractère de ce prince tracé par nne main contemporaine : « il axait la physionomie noble et belle, la vivacité de son a caractère «apportait avec impatience les incommodités. Son a tue « était asseï forte pour résister a la douleur ; mais l'ennui l'irritait, « et il était, dans ces moments, rebelle a ses médecins, grondeur « aTec ses gens et insupportable à lui-même. Tous «es organes « étaient bien constitués. Son regard, dmi* la colère, inspirait de
■ l'effroi ; mais, dans la bonne humeur, il était plein de bonté et t de gTlres. Il avait l'oreille One, délicate et parfaitement musicale. « Les plaisirs de la table lui élaient indifférents ; il ne buvait a son « dliier que quelques verres de vin coupés d'eau ; le lait était en
■ général sa boisson favoriie. Il parlait avec véhémence. Son or- « ganc était mile, sonore et riche en accents. Son esprit militaire « Tarait accoutumé a la ponctualité la plu* minutieuse. Tout devait m se moavoir autour de lui ; il voulait voir tout acheté au moment « où il donnait un ordre. L'n domestique lent, un ouvrier oisif, pert daienl se* bonnes grâce*, et il leur préférait toujours des hommes « diligents, uiéme avec des défauts. Il était a table sombre et sileoo rietix; cet Intervalle à ses occupaiions irritait sa vivacité n;ita- « relie. Dans d'autres moments, ses gens pouvaient s'entretenir « familièrement avec lui ; ils se donnaient même parfois un air de a bouderie. Le duc avait un vieux domestique en possession de- « puis longtemps de lui dire des choses assez dure» ; un jour qu'il a abasatl do cette liberté, le duc appelle on chien et lui dit en le a caressant : « Pour loi, tn resteras toujours mon ami. » L'admic m*tralion de ses Riais se ressentait de l'activité de son caractère. « Avare du lemps, chaque heure avait son emploi. Il se levait assez « tard, mais consacrait la plus grande partie de la mit an travail. « Kiea ne loi éehappatl ; il rédigeait Ini-même dis notes, des mé- « moires. L'elal de se* fermes, les procès, les manufactures, le « commerce, les route», il voulait tout voir, tout régir, el porter la « main partout où il votait uu abus. Décent dans ses plaisirs, il « respectait tontes les bienséances de la société. La conr n'avait que « peu d'allrait pour lui; H s'éloignait de* cercles d'éliqoette, et pre- « ferait une pa'Ge d'ecbec* ou la société d'un ami. Son inditieieoce « pour le séjour de la campagne était une bizarrerie de sou carao e 1ère. Il ne se rendait dans ses terres que lorsque quelque répac ration exigeait sa présence, et n'accordait que peu d'argent a ses « serres et à se* jardins. Il était d'une politesse parfaite, accueilli lait les étrangers avec l'amabilité d'un homme du monde, et ei était avec le beau sexe d'une galanterie que n'eussent pas des- « avouée Ici anciens chevaliers. C'étaii surtout dans la langue fran- « (aise qu'il s'exprimait alors; il en connaissait jusqu'aux nuance* « les plu* délicates, el la maaiait avec toute la fécondité de sou ima- « glnalion. Sa popubrite avait un extrême abandon. Le premier « pavsan qu'il rencontrait était accablé de questions, et il descea- « dail avec lui jre-qi'aux plus minuiieux détails de son économie. Il « s'exprimait alors dans une espèce de patois allemand familier a « l habitant îles campagnes. La musique avait beaucoup de charmes « i-iur lui, et il disait qu'il lui devait les plus lieaux tuoniculs de t sa vie. Souvent le point du jnnr le surprenais son violon dans
■ les mains perdu dans le* passages les pins difficiles, le genou « appâté sur une chaise, oubliant ibeuro et le travail. On lui rr- « produit quelque inconséquence dans ses faveurs; il ne s'en cat rhail pas, mais il la rejerait sur l'ingratitude des hommes. Il « avait fait, disait-il, de cruelles expériences a cet égard, el reconnu « souvent ses plus dangereux ennemis parmi ceux qu'il avait obliges. « Ce fut surtout au moment de la révolution française qu'il parut f se refroidir envers quelques personnes qui avaient aflkhè, jusque « dan* sa résidence, des principes incompatibles avec la tranqnjlc lue de* Eut*, n D— r— r.
(9) L'une de ses filles, Caroline-Amélie-Êlisabetb, aee le 17 mai 1768, épousa, en 1791, le piwce de Galles, depuis Georges IV. {Voy. Caroline et Gbouces.) D— r— r.
de jours avant 1a bataille d'Iéna, H avait perdu son fils atné. On a publié à Tubingen, en 1809, un Portrait biographique de Charles-Guillavme-Ferdinand, duc de Hrunstcick, I vol. in-8D, en allemand : c'est un froid panégyrique où l'on trouve peu tle détails positifs. On a imprimé à Paris, en l'an 5 H795), un vol. in-8* intitulé : Campagne du duc de Hrunstcick contre le» Français en 1792, traduite de l'allemand d'un officier prussien. Cet ouvrage n'est qu'un mauvais pamphlet révolul ionnairc , où l'on chercherait en vain quelque trait historique. On consultera utilement sur ce prince : Yllistoire de la campagne de l'armée prussienne, en 1793', exlraiic des papiers du duc de Brunswick par le lieutenantcolonel Wagner, imprimée en Allemagne en 1822. M— n j.
DR UN SW ICK-W OLFENBUTTE L - OE I,S (Frédéric- Acgcste de), frère du précédent, né en 1740, se livra avec beaucoup d'ardeur à la culture des lettres sous les mêmes maîtres que ses frères, et fut nommé membre de l'académie de Berlin. Il a traduit du français en italien, avec beaucoup de pureté de style et en même temps d'élégance, dit l'abbé de Denina, 1° l'ouvrage de Montesquieu, sur la grandeur et la décadence des Romains : Consi— derasioni sopra le cause délia grandezza dei Romani, Berlin, 1764, in-8° ; 2° une histoire d'Alexandre le Grand qu'il a intitulée : Hiftessioni criliche sopra il carallere e le gesta d'Âlessandro magno, Milan, 1704, in-8°. F.lle a été traduite en français par Frman. Le duc Auguste de Brunswick a aussi composé un Discours sur les grands hommes, Berlin, 1708, in-8-, et pour le théâtre de la cour plusieurs pièces en allemand et en français, dont quelque*unes ont ensuite été jouées à Berlin et à Strasbourg. Ce prince est mort à YVeimar, le 8 octobre 1805 (I). — Son frère (Gi!LL\iME-AnoLPiiE\ né en 1715, fut aussi de l'académie de Berlin, il a publié une traduction de SalluMe, et un Discours sur la guerre qui fut très-agréable au grand Frédéric, dans l'année duquel il servait, ainsi que deux de ses oncles et trois de ses frères. Son poème* en vers français, sur la conquéie du Mexique, intitulé la Alexkndc, n'a pas été publié : Frédéric en parle avec éloge dans ses lettres. Ce jeune prince mourut en 1771, d'une lièvre inflammatoire, en allant combattre les Turcs avec l'armée russe, dans laquelle il avait pris du service. L'abbé Jérusalem a fait son éloge, qui a été traduit en français par Mérian. M — n j.
(|i On trouve sur ce prince une notice détaillée dan* le nnjctopttlKjue de Millin. mai I SOC, p. 103. Nous pouvons citer encore sur Ini cette note enriense d'Alphonse de Reauchauip, que sa conclusion pourrait faire croire tirée d'un rapport de police. On sait que lieauchamp fut pendant un temps attache aux bureaux du ministère de la police politique. « Connu, est-il dit dans celle note, par les soins qu'il prit « ponr déshonorer si s'eur, et surtout son lieau-frére (Frideric- « Guillaume II i aujourd'hui, roi ; libertin sons celui qu'on disait athée, w illuminé sous celui qn'on croit dévot ; stipendiairc des loges maçon- « niques [il eu recuit annuellement 6,000 écut), déraisonnant par « stsiéiue, et rendant pour les secrets qu'il attache uu amas d« « demi-eonlidenres, moitié inventées, moitié inutiles; intriguecontre » le prince Henri cl le duc son frère. Il fournit être un e*»wo « nécessaire ... »
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BRUNSWICK- WOLFENBUTTEL ( Maxijiii i i:s-l.i opold. duc de), frère des précédents, né à Wolfenbutlel, le 10 octobre 1752, a laissé, après une vie fort courte, une mémoire d'autant (dus honorée, que les vertus qui l'ont illustrée, quoique simples et naturelles, sont |dus rares cliez les primes. Il fut élevé avec beaucoup de soin par l'abbé Jérusalem, et voyagea en Italie sous la direction du célèbre Leasing. De retour en Allemagne, il entra, en 1770, au service de Prusse, et prit le commandement, d'un régiment en garnison à Francfort-surl'Oder. La guerre de la succession de Bavière Péloigna momentanément de cette ville; mais, lorsqu'il y revint, il y lixa son séjour, cl ce fui un grand bonheur pour les habitauls. Léo|>old employait ses journées à visiter les malades, les pauvres, et à leur faire donner des secours. Il montait aux étages les plus élevés, entrait dans les plus tristes réduits de la misère, et, outre des aumônes extraordinaires, distribuait par mois 500 fr. pris sur sa cassette, somme considérable pour un prince peu riche, et pour une ville peu étendue. Son régiment était aussi l'objet de sus soins; il y entretenait un maître d'école pour les enfants des soldats, cl leur faisait apprendre des métiers. En 1780. Fraucforl fut préservé, par sa vigilance, d'une inondation qui eût rompu les digues et détruit les faubourgs ; mais, |»ar une fatale succession de calamités, celte même inondation revint avec plus de violence en 1786; elle occasionna d'affreux desastres.
L'Oder a franchi ses rivages, Et, chargé de débris, il |K>ursuil ses ravages. Sur les (lots mugissants ces débris dispersés, Dans les plaines au loin les hameaux renversés, Les troupeaux submerges dans l'ctable écroulée, l.a moisson sur le lleuve encore amoncelée :
Tel était le spectacle qu'offrait celte nallieurcuse ville ;
Deux hommes, seuls eueor de tanl d'infortunés. Luttaient contre les (lots, par les flots entraînés ; Et le triste habitant de la rive opposée Au plus grand des périls voit leur vie exposée. Frémissant, consterné, près de les voir périr, Chacun cherche des yeux qui les va secourir; Mais qui peut du torrent dompter la violence ? Des plus hardis rameurs le courage balance, Lorsqu'un jeune hommearrire, elles mains pleines d'or : « Enfants, qui veut me suivre, il eu est temps encore; « Une barque, et volons au secours de nos frères!»
C'était le duc Leopold : il s'élança dans une barque avec deux rameurs qui consentirent à le suivre, et parvint jusqu'aux infortunés |K>nr le salul desquels il se dévouait si noblement ; mais le retour fut impossible ; ils luitérenl eu vain contre l'impétuosité du neuve, et le peuple eut la douleur «le voir périr du rivage un prince qui, seul parmi tanl d'hommes, avait cru devoir c.\|M>ser sa vie pour sauver deux malheureux. Ce trait de courage el de dévouement, beau en toute occasion, héroïque de la |»arl d'un prince, a été en Allemagne et en France le sujet d'une foule de morceaux eu prose et en vers, consacres à honorer la mémoire de LéOpold. Les vers
que nous avons cités sonl tirés d'un petit poème de Marmontcl, lu à l'Académie française, le 15 mars 1778. Le comte d'Artois proposa un prix pour la meilleure pièce de vers sur ce sujet, que l'Académie, mit au concours. Le nombre d'odes, d'élégies, de poèmes que ce concours produisit «st vraiment extraordinaire : mais peu de ces pièces ont mérité d'être recueillies et conservées. F. From publia a Berlin, en 1785 et 1787, deux essais intitulés : le duc Jjéopold de Urunurick, ami de l'humanité (en allemand ), in 8°. — Un Bnu.tsvvicK ( Vlric-Anloine de), s'est fait catholique ainsi que les princesses ses lilles, el a consigné les motifs de son abjuration dans un écrit intitulé : Fifty notons or motivée why ihe Roman cathotic Religion ought to be preferred lo ail the teels, clc, Loudres, 1798, in-12. (Voy. l'Witoire des secte» religieuses par Grégoire, t. 2, p. 752. G— T.
BRUNSWICK (A>se-Majue). Voyez An.\e- Marib.
BRUNSWICK-OELS (Gcillaume - Frédéric , duc de), quatrième lils du duc Charles-Guillaumc- Ferdinand de Brunswick , si connu par l'invasion de la France en 17D2 (voy. ci -dessus, p. 47), naquit à Urunswick , le 9 novembre 1771. Ses trois frères avaient été, immédiatemcnl après leur naissance, plongés dans l'eau froide, afin d'obéir à la mode qui vantait alors l'hygiène à la Spartiate, a la russe, à la Rousseau. Des infirmités incurables furent les résultats de ce système dont la sage opposition du médecin Brûckmann préserva Guillaume- Frédéric. Celle circonstance, en apparence futile, ne valut [us seulement au jeune prince une santé plus robuste que celle de ses frères, elle devait par la suite lui assurer l'hérédité, du vivant même de ses aînés, ou du moins de deux d'entre eux, Cependant son éducation fut trés-négligée : le gouverneur DU— furlh, à qui le duc régnant avait confié son lils, et auquel il s'en remit aveuglément, élait un homme incapable de comprendre la jeunesse. Ses boutades, sa brutalité, le rendirent odieux au prince que quelquefois il osait frapper au visage. On comprend que l'élève profita peu sous les auspices d'un Ici gouverneur. 0"e l'on y ajoute un maitre de mœurs scandaleuses, un Iokardi, souvent ivre, et que d'ignobhs maîtresses venaient chercher jusque dans la chambre du prince. Il est vrai que Iokardi chassé fut remplace I a r des hommes irréprocliables autant que savants ; tuais l'impression première était ineffaçable : le prince avait, en son cœur, prononcé anathème contre les préposésà son éducation. Ia crainte profonde que lui inspirait son père élait telle, qu'il n'osa pas s'en plaindre à lui, ni même apprendre à sa mére comment il était traité. I,cs sciences, les lettres, les langues étaient également dépourvues d'attraits pour le jeune duc; les exercices militaires seuls faisaient exception : encore n'était-ce que les exercices, car lotit ce qui ressemblait à la théorie, à l'étude méthodique de l'art de la guerre, réveillait subitement ses antipathies. I-cs traces de cette absence d'instruction se laissèrent toujours apercevoir, même après qu'il eut senti le besoin d'y suppléer ; el un
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de ses conseillers d'État l'entendit un jour, non sans surprise, demander s'il était vrai que la maison de Brunswick fût originaire d'Italie. Aussi son pore, plus sévère qu'indulgent, et trop occupé des affaires tant intérieures qu'extérieures pour étudier son caractère, ne voyait en lui qu'un enfant indiscipliné, capricieux, sans goût pour quoi que rc fût de grand ou de noble, et il limitait son avenir à des épaulettes de général subalterne. En attendant, il le fît capitaine, à seize ans, dans le régiment d'infanterie de Ricdescl, et le laissa passer quelque temps à la cour de Brunswick, mais sans cesser de le tenir assujetti par des liens très-étroits. Cette dé|>cndance, froissante pour l'amour-proprc, acheva de jeter le jeune prince dans des idées d'éloignement pour le travail et la modération. 11 partit ensuite jionr achever son éducation par des voyages, sous la tutelle du bibliothécaire Langer, homme savant, mais peu fait [tour obteuir quelque ascendant sur un jeune homme et pour le guider ; ainsi il ne revint guère plus instruit des personnes et des choses. L'espoir «le sentir moins rudement la contrainte paternelle le lit entrer, avec transport, au service de Prusse, où il n'eut que son grade de capitaine. Bientôt la guerre éclata entre cette puissance et la France révolutionnaire. Le «lue, chef «le l'armée d'invasion, l'emmena dans cette campagne, et lui lit faire le service d'adjudant près de sa persoune. Il y «lonna «les preuves «l'un courage brillant et même téméraire, revu: un coup de feu à la cuisse dans un engagement «le hussards, et, sans l'intrépidité de son escorte, il fut demeuré prisonnier. Cette blessure le fil revenir à Brunswick, où il se rétablit promptement, et d'où il partit, en 1795, pour rejoindre son régiment qui alors stationnait dans la Flandre autrichienne, et faisait partie du corps de Knobelsdorf. Il y fut nommé major cl commandant d'un bataillon, reçut l'ordre de l'Aigle noir, et continua de payer de sa personne, avec autant d'audace qu'à son début, soit lorsque le corps de Knobelsdorf se rapprocha du Hhiu et du duc de Brunsvick dans l'automne de 1794, soit lorsque celui-ci eut quitté le commandement de l'armée. La paix de Bàle le fit rentrer à Magdebourg, mais ne l'empêcha pas d'obtenir successivement les grades de lieutenant-colonel , de colonel du régiment de Kleist, et enfin celui de général -major. Halle et Prenlzlau furent ses principaux séjours pciulantccllc |iériode de sa vie qui, semblable à la jeunesse de Henri V, inspira aux uns de sinistres prévisions, aux autres d'inépuisables sarcasmes. L'effervescence avec laquelle il se livrait aux plaisirs qui viennent psrtettt chercher les princes, la brusque franchise qu'il mettait à tout, le choix malheureux de ses favoris, ne justifiaient que Irop les censures et les épi* grammes. Toutefois il est juste de remarquer qu'a Halle, ou le scamlale de ses amours et de ses dépenses fut ; l'tie au plus haut degré, la publicité toujours fâcheuse donnée aux folies des princes fut due bien plus a la curiosité loquace et sans frein des étudiants qu'à un parti pris de la part du jeune duc de braver l'opinion. Les rapports qu'on faisait a son père de toutes ces irrégularités ajoutaient à l'éloi-
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gnement «le celui-ci. Cependant, comme il voyait rester stérile le mariage de son aîné, sans pouvoir espérer que les deux puînés en se mariant remédiassent à ce malheur, il lui témoignait quelque bienveillance et l'engageait fortement à faire un choix. Les états l'en conjurèrent, sa mère s'y employa de tout sou pouvoir : il résista longtemps : le joug de l'hymen l'effrayait. Il éjwusa cependant eufin la princesse Marie de Bade ( I" novembre 1802), qui, dans l'espace de quatre ans, lui donna deux fils. Pendant ce temps, son oncle le duc Frédéric- Auguste de Brunswick- Otls, qui n'avait |>oint de postérité, mourut ( 1805) ; et, conformément à ce qui depuis longtemps avait été réglé par le grand Frédéric luimême, Guillaume-Frédéric lui succéda dans la possession «l'OCIs et de Bcrnstadt. La guerre entre la France et la Prusse venait d'éclater, en 1806, lors- <|tic le prince royal, son frère aîné, mourut. Le vieux duc reçut celte nouvelle à son quartier général de Naumburg; et, reconnaissant le peu d'aptitude de ■es deux puinés pour le gouvernement, il fit signer aux trois frères un traité par lc«|uel les deux premiers cédaient formellement, à certaines conditions, tous leurs droits au duc d'CKels et Bcrnstadt. L'é— |km|iic n'était pas éloignée où la succession allait s'ouvrir ; mais le prince Guillaume- Frédéric ne devait pas en être plus investi que ses frères. La bataille «l'Auerstadl ravit en même temps à la Prusse la faculté de résister à la puissance de l'empereur «les Français, et au vieux duc l'espoir de prolonger le terme de sa vie. Blessé à mort, il n'eut pas même la consolation d'expirer dans le palais de ses pères. Pour ne pas être prisonnier de guerre, il fallut qu'il quittât Brunswick à la hâte; et tandis qu'il allait mourir à Oltensen, le fils courut rejoindre le corps du «lue île Weimar, qui tenait encore, et qui bientôt grossit les divisions que Blûcher traînait à sa suite. C'est à lui que ce général, établi dans Lubeck, corn fia la defeusc «le la |*irlc du Bourg, avec trois bataillais et de l'artillerie. Le prince qui avait eu tête Drouet, Frère, Léopold Bcrtliier et Pacthod, souliut l'atla«|uc avec vigueur; mais il ne put résister à l'inqtéluosite française : voyant déjà les assaillants au milieu de son artillerie et le désordre parmi ceux qui la servaient, il voulut opérer un mouvemeut en arriére alin qu'elle jouât [dus librement. Mais la marche rapide des Français préviut lc\éculiou de ses plans, et la ville fut forcée. Blûcher, dans son rap|H>rt de cette journée, attribua la prise de Lubeck au peu d'exactitude avec la«|uelle ses ordres avaient été exécutés, et à la cour de Prusse on trouva commode «le voir connue lui. Cette injustice ulcéra le co ur du prince. 11 était bien à plaindre en ce moment ! Sou père venait de mourir, sa famille errait fugitive ; ses Etats allaient grossir les préfectures «pie Napoléon créait pour ses frères sous le litre de royaumes : lui-même, comme Blûcher et tout son momie, devenait prisonnier. Eulinceux mêmes pour lesquels il avait combattu méconnaissaient sa conduite ou exagéraient ses torts. Sa captivité ne fut cependant point cruelle : on lui permit de se rendre à Oltensen, où il ne trouva que les restes inanimés de son
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père, et à Carlsruhe, d'où il fit vainement solliciter Napoléon pour l'intégrité de ses Étals. L'incorporation du duché de Brunswick au royaume de Westplia'.ic était résolue. Le duc n'obtint (pie la liberté ; il espérait pourtant encore quelque chose de la médiation de l'empereur Alexandre; mais la paix de Tilsitt vint détruire toutes ses illusions. Soit indifférence, soit impuissance de la part de son beaufrère, qui avait bien d'autres clients dépossédés à réhabiliter, il ne fut mention dans le traité ni de lui ni de l'électeur de liesse. « Le duc de Bruns- « wick, ont dit quelques biographes, n'était |>oiiil en « paix avec Napoléon ; pour lui l'état de guerre « subsistait toujours. » En effet, une spoliation semblable ne pouvait en droit créer au prince que l'on dépouillait l'obligation de vivre soumis et fidèle au conquérant. Le duc ne devait donc à Napoléon que h liberté : il se devait à lui-même de ne point renoncer à ses droits. Irascible et lier, il n'avait pas, comme tant de princes allemands, mendié les faveurs du grand faiseur et défaiseur de rois. Désormais animé de la haine la plus vive contre ce dominateur du continent, devenu sérieux et sombre par suite de cette foule de catastrophes (I), ressentant en même temps la blessure faite a ses intérêts par son expulsion des États héréditaires, et à la patrie allemande par l'intervention dominatrice de l'étranger, il ensevelit ses projets de vengeance au fond de son cu-ur, et visila la Suéde, où la famille ducale s'était réfugiée, cl où Ton avait transporté la plus grande partie de ses biens meubles. Veuf a son retour ( 1808), et dès lors tout entier aux affaires, il se rendit dans son duché d'OEIs, moins pour y réparer, comme il l'annonçait, les brèches faites à ses linances, que pour se préparer à jouer un rôle dans la nouvelle guerre dont l'Allemagne allait devenir le théâtre. Sa |»elite cour était le rendez-vous de tout ce qui avait eu horreur la domination étrangère, et les princes de liesse et d'Orange qui, dans le même temps, donnaient au Tugcnbund une direction politique, le secondaient de tout leur pouvoir. Bientôt H signa un traité avec l'Angleterre qui lui fournit les fonds nécessaires à l'entreprise qu'il méditait, et avec l'Autriche qui, au moment de rentrer en lutte avec son terrible ennemi, ne pouvait compter sur trop d'auxiliaires. 11 promit de lever et d'entretenir a ses frais un corps île 2,000 hommes; en revanche, l'Empereur le reconnut prince souverain, et lui accorda de ne dépendre d'aucun des généraux autrichiens ou autres qui seraient à son service. La Prusse aurait sans |»ciiie fermé les yeux sur les préparatifs du prince, mais Napoléon avait partout des émissaires. 11 fut notifié de Paria au gouvernement prussien qu'on mit des obstacles sérieux aux enrôlements sur les frontières de la Silésic ; sinon que les troupes françaises allaient de Glogau se répandre sur la principauté
(♦) On ht, dans le L 10 dM Mèmoirti tirt, Att papifrt tu» kmmttSttt, i\nt\« dur de BrriiiittUVOEis jura de vrucer suit père «tôt qo'd apprit M mort, et qnedaus le mémo temps sa lurbe,
d'OEIs. Force fut à la Prusse d'obéir (I) ; et les obstacles qu'elle opposa, bien contre sou gré, aux levées du duc la rendirent encore plus odieuse à ce prince, qui déjà, comme on l'a vu, ne manquait pas de préventions contre elle. Cependant la surveillance à laquelle celle-ci était astreinte par l'empereur des Français n'était |>as tellement sévère, qu'il ne vint à bout de réunir autour de lui près d'un millier de soldats. Lorsqu'il lui fut impossible de continuer les enrôlements, il se rendit en Bohème, à Nachov, où il esstya de compléter son corits, qui bientôt se composa de 1,200 hommes de troupes légères. La plupart étaient d'un courage a toute épreuve; beaucoup sortaient des rangs des étudiants, et sentaient pour la cause de l'Allemagne un enthousiasme patriotique qui doublait leurs forces. Le nom des hussards, des chasseurs de Brunswick fut bien vite fameux. Leur uniforme seul attirail l'attention. Il était noir en signe de deuil et de rage : les braudebourgs de la cavalerie offraient l'image des côtes d'un squelette ; les casques et les schakos portaient une téte de mort. Mais les préparatifs du prince durèrent trop longtemps, et la proclamation qu'il adressa, le 21 mai, aux Allemands, de son quartier général de Zittaw, eut |kmi de résultat. Il y avait drja plusieurs jours que les hostilités étaient ouvertes, lorsqu'il se mit en campagne et se dirigea sur la Lusace. S'il eut été plus tôt en mesure, s'il eût réuni ses forces à celles de Schill, de Dœrnburg, de Katl et des autres insurgés, il eût peut-cire soulevé toute l'Allemagne septentrionale ; et l'on sent de quelle importance eut été cette diversion. Mais c'est au milieu de mai seulement qu'il quitta la Bohème. A cette époqae, la débite d'Fcknmhl et la prise de Vienne avaient déjà jeté du découragement dani, les populations germaniques; les corps de Schill et des autres ofliciers qui appelaient le pays à l'indépendance étaient isolés, traques de proche en proche, poursuivis même par des compatriotes adhérents des Français. A peine le duc fut-il arrivé sur les frontières de la Lusace que le général saxon Thiclmann, à la léle de quelques détachements, relarda sa marche assez longtemps pour empêcher l'accomplissement de projets qui auraient dû être exécutés avec la plus grande rapidité. Cependant, lo H juin, le rorju noir entra dans Dresde mus coup férir : 10.000 Autrichiens, sous les ordres du général Am Knde, appuyaient ce mouvement : le SES il était à Leipsick. Mais l'arrivée de l'armée wcstphalienne força bientôt les Autrichiens et le corps noir d'évacuer leurs possessions éphémères. Toutefois celui-ci ne tarda pas à reprendre l'offensire; Dresde retomba le 14 juillet en son pouvoir, tandis qu'à Paris le Moniteur racontait |iompeuscmcnl la délivrance de la Saxe par Jérôme; et le duc, toujours disposé à marcher en avant, était à Schleviz, lorsque la nouvelle de l'armistice de Znaim vint tout à coup paralyser ses forces, lui enlever l'appui du géuéral Am F.nde, qui au reste l'avait
(I) Le gouvernement prussien, pressé par Napoléon, «éqae*lra i cette époque la principauté dOEU, dernière re^wurce qui tût ItMtC
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secondé mollement, et l'inviter i ^kposcr les armes romme compris- dans la convention que venaient de signer les parties belligérantes. Le noble cœuc du prince s'indigna de cette idée. Abandonné, lui si faible, d'alliés si puissants ; incapable de prolonger la lutte contre un ennemi qui disposait de la moitié de l'Europe ; sans asile dans l'Allemagne, après, ce qu'il venait de risquer pour la cause allemande, et bien décidé à ne demander, à n'accepter aucune grâce ; ne voulant pas surtout se rendre prisonnier, il prit la résolution de se frayer, à tout prix, une route jusqu'à des pays amis, ou tout au moins neutres. Puisque le continent n'en offrait plus, la mer seule pouvait le recevoir : mais il fallait atteindre la mer ; et pour cela il y avait à faire une marche de plus de cent lieues dans un pays couvert par de redoutables forteresses et que traversaient incessamment plusieurs armées ennemies. Heureusement ses enfants étaient en sûreté : dans la crainte des événements, il les avait envoyés en Suéde. Déterminé à gagner l'embouchure du Wéser, ou à mourir plutôt que de mettre l»s les armes, le duc communiqua son héroïque résolution à ses soldats, leur laissant pleine liberté de le quitter ou de le suivre. Quelques oflicicrs, prussiens surtout, pi-olitèrent de la permission ; mais le plus grand nombre jura de ne point l'abandonner. La division Graticn était eu Franconie ; Thielmann, croyant le corps noir désorganisé, ne songeait nullemeut à l'attaquer ; la garde royale de Jérôme était retournée à Casscl; Reubell, avec 6,000 hommes, s'était dirigé vers les côtes entre Brème, Zell et Lunebourg, dans la crainte d'un débarquement de troupes anglaises. Il n'y avait donc, pour ainsi dire, nulles troupes de Lcipsick à Brunswick. Le duc s'empara de la première de ces villes après un léger combat contre quelques centaines de cavaliers saxons (25 juillet). Deux jours après il occupait Halle sans résistance. .V .pouvant tenir la campagne, il longea les montagnes du Harz, où il se serait jeté s'il eût rencontré des forces trop nombreuses, et ne parut s'occuper que de sa sûreté. Dans une position aussi difficile, l'idée d'un succès brillant s'offrit cependant à son ardente imagination, et il ne la repoussa pas. Un régiment westpludien de la plus riche tenue, commandé par le grand maréchal du roi Jérôme, veaait d'entrer à Halberstadt ; il conçoit l'idée de l'y surprendre. Aussitôt, se glissant avec sa troupe à travers les bois, il arrive aux portes de la ville, et il y pénètre en sabrant tout ce qui se présente. La brillautc troupe royale est dispersée, et le corps noir enlève tout l'équipage du régiment qui avait coûté plus de 200,000 écus! Après cet éclatant exploit où il eut deux chevaux tués sous lui, et où il risqua de perdre la vie dans une lutte corps à corps avec un oflicier westpbalien, le prince d'OKIs arrive aux portes de Brunswick. On conçoit avec quelle émotion dans tic pareilles circonstances il dut revoir sa capitale. La majeure partie des habitants le reçut sans doute avec le même sentiment ; mais l'expression n'eu fut pas en général hautement exprimée et lui-même s'efforça de la contenir. U demeura hors des murs a son bivouac, ne
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I voulant pas, comme on l'y invitait, rentrer à son palais ducal avant d'avoir-vengé les outrages prodigués â sa famille, et disant à ceux de ses sujets qui veuaient lui offrir leurs hommages : « Mes amis, je « ne suis qu'un fugitif, abandonnez-moi à ma des- « tinée. Ne vous compromettez pas ; nous nous re- « verrons dans un meilleur temps.... » Jamais la prudence n'avait été plus raisonnablement prescrite. Reubell, instruit enfin de l'état des choses, venait, à la tète de 5,000 hommes, pour écraser la. légion vengeresse, et il allait déboucher d'AKIgcr dans la plaine qui sépare ce village de la ville de Brunswick. La perte du prince semblait inévitable, et l'on s'attendait à l'arrivée d'un parlementaire demandant à capituler, quand à la pointe du jour il s'élance avec audace contre le corps de Heubell, culbute l'infaulerie westplialicnnc, puis la cavalerie, et s'empare des armes, des équipages abandonnés. Ainsi 1,500 hommes au plus triomphèrent de 5,000, et le général Ueubell lui-même fut près d'être fait prisonnier. Pendant ce temps, Gratien, parti de Wolfenbutteli, menaçait le con» noir par derrière, et Reubell, revenu de son épouvante, allait le cerner sur ses devants. Plusieurs de ceux qui suivaient la fortune du prince l'abandonnèrent à cet instant. Pour lui, toujours inébranlable dans sa résolution, il continua de marclier vers la mer, entra dans le Hanovre qu'évacua précipitamment le gouverneur français, en emporta quatre canons, atteignit successivement Nieuburg, Hoya, Sike, ElsÛetb, Delmcnhorst, brûlant les I»nts, donnant le change à Reubell, toujours suivi de près, toujours ayant de petits combats à livrer, et ne faisant pourtant que des pertes insignifiantes. Les Français d'ailleurs n'étaient pas seuls à con trarier ses vues. Sur les rives du neuve dont les eaux devaient le porter à la mer, il eut encore a vaincre la mauvaise volonté des habitants de Brème et d'Oldenbourg, peu empressés d'obéir à la réquisition qu'il avait faite de bateaux de toute espèce, pour transporter sa petite armée. 11 les trompa par une ruse'dc guerre et en exagérant le nombre de ses soldats pour les intimider. Enlin il triompha de tous les obstacles : la cavalerie quitta la terre à firake, l'infanterie a Elsfleth : lui-même s'embarqua le dernier de tous (7 août}. Un navire américain le reçut à bord avec vingt-deux ofiieiers, et le remit au brick anglais le Musquido. Huit jours après le duc de Brunswick entrait dans les eaux de 1 Humber, et de là il se rendait à Londres où l'avait précédé la renommée de cette marche audacieuse, de prés de cent cinquante lieues, du errur de l'Allemagne à II mer 'du iS'ord! 11 fut accueilli avec enthousiasme, obtint le rang de général dans l'année anglaise, et vit le i>arlemeiit voter en sa faveur une pension de 250,00!) fr. Le temps qu'il passa dans celte contrée, de 1800 à 1812, au sein de la famille royale d'An* glelerre qui était aussi la sienne, et qui le combla de toutes sortes d'égards, fut sans contredit le plus heureux de sa vie. Cependant le désir de revoir sa patrie, de recouvrer ses États, fixait toutes ses pensée». A peine l'Elbe fut rouvert en 1813, qu'il apparut en
. Allemagne, cl se rendit au quartier général des iou-